Présidence Trump: Vous avez dit surréaliste ? (It’s the unbearable smugness of the press, stupid !)

19 février, 2017
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Montage - Parler comme Macron

Le plus difficile n’est pas de dire ce que l’on voit mais d’accepter de voir ce que l’on voit. Charles Péguy
Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. LaFontaine
Nous crions d’un bout à l’autre de l’Afrique : Attention, l’Amérique a la rage. Tranchons tous les liens qui nous rattachent à elle, sinons nous serons à notre tour mordus et enragés. Sartre (1953)
Les deux grands partis, c’est l’amicale des boulistes. Mais sans l’amitié et sans les boules… Emmanuel Macron
La politique internationale que je veux conduire pour notre émancipation vraie et donc pour notre sécurité, c’est celle qui respectera l’équilibre, qui préservera l’indépendance française, qui assurera la stabilité des Etats et qui, partout, défendra nos valeurs et nos principes. Emmanuel Macron
Coup sur coup, Emmanuel Macron nous a dit en deux déclarations son rapport à l’Histoire. Affirmant qu’il n’existe pas de culture française, il s’inscrit , digne enfant du «terranovisme», dans cette perspective sans racines que le rapport avorté du conseiller d’Etat Tuot exaltait en 2013 pour mieux reconstruire un passé accueillant aux vents de tous les communautarismes. L’assimilation de la colonisation française en Algérie à un «crime contre l’humanité», outre qu’elle sur-infecte des plaies mémorielles chez nombre de nos compatriotes pieds noirs et harkis, criminalise notre histoire au service d’une repentance dont la visée électorale n’échappe à personne . Cette double prise de position à quinze jours d’intervalles efface les clins d’œil plus anciens à Jeanne d’Arc et au récit national que sa visite ministérielle au Puy-du-fou en terre vendéenne avait esquissé. Accélérant sa campagne, toute de symboles bien plus que d’offre programmatique, Macron déroule le discours dominant, celui de la com’, celui de la sidération par l’activisme communicant et par l’exaltation d’un imaginaire rallié au culte de l’immédiat . Le jeune Macron n’aime pas l’ancien ; il le fait savoir et à son corps défendant il en vient même parfois à l’avouer jusque dans une rhétorique post-oratoire nourrie d’un phrasé saccadé tout droit issu de cette culture «power-point» qu’il parle couramment à l’instar des nouvelles élites sans lettre ni mémoires. Macron s’installe ainsi, jour après jour, comme la plus exacerbée et exacerbante métaphore de la com’. Il en délivre tous les rythmes et tous les codes. Les premiers se manifestent par une hyper-saturation de l’espace médiatique, par un face-à-face permanent et construit avec les médias, par une économie de la com’ qui circule non pas du candidat au peuple mais du produit au people… Le marketing n’est pas tant celui du préau , du marché – lieux de mémoire des vieilles politiques républicaines – que celui des scènes calculées avec ses plans médias, ses salles chauffées par des agitateurs de shows télévisés, ses photos calculées à destination d’une presse magazine friande de poses prétendument spontanées mais millimétriquement sophistiquées. Macron reflète la société médiatique ; il en est tout à la fois le Narcisse et la Léthé, la déesse de l’oubli … Car là où souffle l’esprit de la com’ se déploie aussi le voile de l’amnésie. La com’ agit par magie ; elle vise d’abord à transformer notre rapport au réel, soit en le liquidant par dénégation et en lui substituant un avenir tout d’optimisme et d’harmonie, soit en exorcisant son passé. Macron joue des deux registres: il promet un horizon de bonheur consumériste et liquide les spectres d’une histoire lourde, belliqueuse, conflictuelle, traumatisante… Il est le héraut des générations mainstream pour lesquelles il n’y a pas d’Histoire mais des histoires qui viennent se greffer les unes aux autres, morceaux d’un puzzle très «united color» à la mode Benetton… Macron préfère la publicité au réel, on l’aura compris. Cette vieille culture française, son Histoire, il n’a sans doute pas appris à les aimer… et en ce sens il est le produit d’un temps où les maîtres ont failli à transmettre . Quand il n’y a plus de transmission reste alors la com’… Arnaud Benedetti
C’est une manière de s’exprimer qui rappelle la campagne de Tony Blair, en Grande-Bretagne. On l’appelait aussi le candidat du flou (« Tony Blur »). Enoncer des lieux communs permet à chacun de comprendre ce qu’il a envie de comprendre. Tout cela est très fluide et offre donc peu de prises à ses adversaires, au-delà du ‘ »ah, mais vous n’avez pas de programme !' » (…) Ces dix dernières années, nous avons eu des programmes-catalogues de plus en plus précis jusqu’aux 1.000 pages de Bruno Le Maire. Or, ça ne fonctionne pas car les Français n’y croient plus. La présidentielle se joue surtout autour de la confiance en un homme ou une femme politique. Emmanuel Macron préfère donc créer un imaginaire autour de sa candidature en utilisant des mots apaisants. Le programme de Macron, c’est Macron. Christian Delporte
Chaque réunion publique est guettée par les médias car elle révélera une facette inédite, tenue secrète longtemps et indéfiniment annoncée, du ‘produit’ fini (ici le programme), qui est toujours en projet, fruit d’ajustements en fonction du marché politique et des « feedbacks » de clients/électeurs sur les phases bêta. Cécile Alduy
Ces intellectuels tétanisés par la culpabilité postcoloniale battent la campagne médiatique. Ils font de l’islamophobie le ressort exclusif des grandes manifestations antiterroristes du 11 janvier… Proclamer « Je suis Charlie », c’est pour eux faire acte d’islamophobie ! Cette cécité les conduit à minimiser le péril djihadiste de peur de désespérer Molenbeek comme les compagnons de route du Parti communiste s’interdisaient de dénoncer les exactions du stalinisme de peur de « désespérer Billancourt ». Par-delà l’organisation terroriste Daech, qui a fracturé la cohésion rêvée de la patrie, je crois que deux forces de désintégration sont à l’œuvre dans la société française. D’une part, les mouvements communautaristes, qui font prévaloir l’appartenance religieuse et ses marqueurs dans l’espace public. De l’autre, une conception identitaire et étroite de la France, dont le fond est ethno-racial et xénophobe. Gilles Kepel
Nous pourrons nous souvenir de ce jour et dire à nos enfants (…) qu’alors la montée des océans a commencé à ralentir et la planète à guérir. Barack Hussein Obama (discours de nomination, St Paul, 04.06. 2008)
The average reporter we talk to is 27 years old, and their only reporting experience consists of being around political campaigns. That’s a sea change. They literally know nothing. (…) We created an echo chamber. They were saying things that validated what we had given them to say.  Ben Rhodes (conseiller-adjoint à la sécurité extérieure d’Obama)
Je ne sais pas, on m’a donné cette information. En fait, j’ai vu passer cette information. Mais c’était une victoire très substantielle, vous ne croyez pas ? Donald Trump (18.02.2017)
Je ne considère pas le président-élu comme un président légitime. Je pense que les Russes ont contribué à aider cet homme à être élu. Et ils ont aidé à détruire la candidature d’Hillary Clinton. Ça n’est pas bien, ça n’est pas juste et ça n’est pas le processus démocratique. Je n’irai pas à l’investiture. John Lewis
Look, to be totally honest, if things are so bad as you say with the white, working class, don’t you want to get new Americans in? Bill Kristol
I think she’s the favorite. I have a sense that it would have happened anyway and that, at the end of the day, people were going to come home to who they were. And what’s depressed me, frankly, most about this race is, we went into this country a divided nation, and now the chasms are just solidified, so divided along race, divided along gender, urban/rural, college-educated/non-college-educated. We can go down the list. And, basically, less educated or high school-educated whites are going to Trump. It doesn’t matter what the guy does. And college-educated going to Clinton. Everyone is dividing based on demographic categories. And, sometimes, you get the sense that the campaign barely matters. People are just going with their gene pool and whatever it is. And that is one of the more depressing aspects of this race for me. (…) And, well, it’s a campaign of hate. Obama is a campaign of at least hope. At least his first campaign was. This is just a campaign of hate. And, you know, people who don’t like Trump really don’t like Trump. And I guess I’m among them. And we just saw in our report about the Trump voters in Pennsylvania. Did you see — when they were shouting on the road, did you see anything nice about Trump? No. Send Clinton to jail. (…) So we had a lot of good things over the years that were really good for America. I think globalization has been really good for America. I think the influx of immigrants has been really good for America. Feminism has been really good for America. But there are a lot of people who used to be up in society, because of those three good things, are now down, a lot of high school-educated white guys. And they have been displaced. And shame on us for not paying attention to that and helping them out. And, therefore, as a result, what happened was, they were alienated, they got super cynical, because they really were being shafted. And so they react in an angry way. David Brooks (November 5, 2016)
Theodore White wrote that America is Republican until 5:00 or 6:00 at night. And that’s when working people and their families got off work, had supper, and if America is going to vote — be Democratic, it’s going to happen between 5:30 and 8:00 at night. That has been totally turned on its ear. The working-class, blue-collar, non-college-educated base of the Democratic Party is the base of Donald Trump’s campaign this year. And the Democrats are now an upscale party. Mark Shields
How can we get rid of Trump ?  We’re just a month into the Trump presidency, and already so many are wondering: How can we end it? One poll from Public Policy Polling found that as many Americans — 46 percent — favor impeachment of President Trump as oppose it. Ladbrokes, the betting website, offers even odds that Trump will resign or leave office through impeachment before his term ends. Sky Bet, another site, is taking wagers on whether Trump will be out of office by July. (…) Trump still has significant political support, so the obstacles are gargantuan. But the cleanest and quickest way to remove a president involves Section 4 of the 25th Amendment and has never been attempted. It provides that the cabinet can, by a simple majority vote, strip the president of his powers and immediately hand power to the vice president. The catch is that the ousted president can object, and in that case Congress must approve the ouster by a two-thirds vote in each chamber, or the president regains office. The 25th Amendment route is to be used when a president is “unable” to carry out his duties. I asked Laurence Tribe, the Harvard professor of constitutional law, whether that could mean not just physical incapacity, but also mental instability. Or, say, the taint of having secretly colluded with Russia to steal an election? Tribe said that he believed Section 4 could be used in such a situation. (…) The better known route is impeachment. But for now it’s hard to imagine a majority of the House voting to impeach, and even less conceivable that two-thirds of the Senate would vote to convict so that Trump would be removed. Moreover, impeachment and trial in the Senate would drag on for months, paralyzing America and leaving Trump in office with his finger on the nuclear trigger. My take is that unless things get much worse, removal may be a liberal fantasy. Progressives thought that Trump would never win the nomination or the election. He survived the “Access Hollywood” tape and countless crises that pundits thought would doom him, so it’s not clear why Republicans would desert him now that he’s president. Some people believe that the 2018 midterm elections will be so catastrophic for the G.O.P. that everyone will be ready to get rid of him. I’m skeptical. In the Senate, the map is disastrous for Democrats in 2018: The Republicans will be defending only eight Senate seats, while Democrats will in effect be defending 25. (…) And what does it say about a presidency that, just one month into it, we’re already discussing whether it can be ended early? Nicholas Kristof
We have never taken seriously from the very beginning Russia hacked our election. That was a 9/11 scale event. They attacked the core of our very democracy. That was a Pearl Harbor scale event. Can you imagine if Hillary Clinton were where Trump was, what the right would be doing on this issue? This goes to the very core of our democracy. Thomas Friedman
L’enjeu est trop important pour demeurer silencieux (…) Nous croyons que la grave instabilité émotionnelle révélée par le discours et les actions de M Trump le rend incapable de servir comme président de façon sécuritaire. Lettre ouverte de 35 psychiatres et personnels psychiatriques
Lancer des insultes psychiatriques est une mauvaise façon de répliquer aux attaques de M Trump contre la démocratie. Allen Frances
It was a wild press conference. (…) He spent the first part of his remarks talking about accomplishments that he thought the media, the fake media, whatever he wants to call us, we’re not paying enough attention to. But then, instead of focusing on these accomplishments and offering an optimistic, positive view of what he’s doing for this country, it was an airing of grievances. It was Festivus. It was complaints about the media. At one point, he said the leaks were real, but the news is fake, which doesn’t make any sense whatsoever. He said things that were not true. Peter Alexander from NBC pointed out one of them when (Trump) said he had the biggest electoral victory win since Ronald Reagan. That’s not true. Clinton, Clinton, Obama, Obama, George H. W. Bush, all were bigger. But, moving on. If you are a soldier in harm’s way right now, if you are a hungry child in Appalachia or the inner city, if you are an unemployed worker in a hollow shell of a steel town, that’s not a President that seemed focused on your particular needs and wants. That’s a President focused on his bad press. It was unhinged, it was wild and I can’t believe that there are Republicans on Capitol Hill and in the White House who don’t understand that might play well with the 44% of the population that voted for the President, but a lot of Americans are going to watch that press conference and think ‘That guy isn’t focused on me.’ I don’t know even what he’s focused on. Jack Tapper (CNN)
En août dernier, Donald Trump avait qualifié Barack Obama de «pire président» de l’histoire américaine. Avide consommateur de médias (même s’il les déteste), Donald Trump a sans doute vu passer l’enquête réalisée par la chaîne parlementaire C-SPAN. Et il n’a sans doute pas apprécié les résultats. Selon cette étude, publiée vendredi, les historiens classent Barack Obama au douzième rang des présidents américains, la meilleure performance depuis la neuvième place de Ronald Reagan en 1988. Dans trois catégories, Obama entre dans le top 10 : «quête d’une justice égale pour tous» (3e), «autorité morale» (7e) et «gestion économique» (8e). En revanche, il se classe parmi les derniers (39e sur 44) en matière de relations avec le Congrès et termine à une très moyenne 24e place en relations internationales. A en croire cette étude, les trois meilleurs présidents de l’histoire se nomment Abraham Lincoln, George Washington et Franklin Delano Roosevelt. Libération
Avec son sens du détail et son éloquence habituels, Donald Trump résume ainsi sa position : «Je regarde deux Etats ou un Etat, et j’aime la solution que les deux parties aiment. Les deux me conviennent». En une petite phrase digne d’un élève de CM1, Donald Trump balaie plusieurs décennies de diplomatie américaine. Le négociateur-en-chef est déjà au travail. Libération
I’ve got to say, with all due respect, Mika, you and immediate members of your family didn’t care four years ago or eight years ago when you all were running around screaming hope and change. Hope and change. What does that mean? And Barack Obama, remember? He said when I get elected, people will look back on this as the moment when the oceans began to recede. Joe Scarborough (July 2016)
Have you heard the one about the presidential candidate who was once so popular that comedians were frightened to make jokes about him? (…) Mr Obama has provided rich fodder for comedians looking to prick his pomposity, predicting that people would look back at his nomination as the moment « when the rise of the oceans began to slow ». He also told Congressmen that his campaign was « the moment . . . that the world is waiting for ». The attitude was summed up by Dana Milbank, the Washington Post’s resident political humourist, who declared: « Barack Obama has long been his party’s presumptive nominee. Now he’s becoming its presumptuous nominee. » Mr Letterman listed top ten signs that Barack Obama is overconfident, which included « Offered Bush 20 bucks for the ‘Mission Accomplished’ banner » and « Having head measured for Mount Rushmore. » Mr Obama is also under fire for moving politically towards the centre ground, moderating positions he had once boasted were evidence of his unique appeal. Jay Leno, of the long-running Tonight Show, said: « Barack Obama now says he’s open to offshore oil drilling. So, apparently, when he promised change, he was talking about his mind. » The Telegraph (09 Aug 2008)
Nobody could describe Donald Trump as lacking in self-confidence, but the billionaire egomaniac is emotional jelly compared with King Barack. Even before he won the Nobel peace prize, Obama was telling America that his elevation to the presidency would be remembered as ‘the moment when the rise of the oceans began to slow’. He doesn’t have Mr Trump’s gold-plated helicopter, private jet, penthouse and yacht. But when it comes to self-reverence and sheer hauteur there is no one to beat him. Someone who believes his political personality can reverse global warming will have no doubts about his ability to persuade the British people to stay in the European Union. Just a few of his mellifluous sentences and a flash of those teeth and surely the British people will go weak at the knees! The polls show that Britain is split on the EU, so King Barack will come and help the nation resolve its indecision — to the delight of David Cameron and George Osborne. The timing of his visit, halfway through the EU referendum debate, is no accident. There is a longstanding international understanding that world leaders don’t visit during election campaigns — but such conventions were obviously designed for lesser mortals. Obama has no qualms and the Prime Minister has no shame: he needs every endorsement he can get. The Chancellor is pulling all the strings he can so the likes of the IMF’s Christine Lagarde ask us to stay in. Short of engineering a Second Coming, a visitation from King Barack is to their minds the best plug imaginable. That enthusiasm does not seem to be shared as much by British voters. Polls show that only 4 per cent of us think Mr -Obama’s primary reason for wanting us to stay in the EU is because ‘he cares about Britain’. A majority of us recognise that Mr Obama finds it easier ‘to deal with Europe as one bloc’. It’s not, as some Tory MPs have alleged, that Obama hates Britain. It’s just that he cares less about us — and our neighbours — than any of his recent predecessors. The ‘pivot’ to Asia, turning America’s strategic gaze away from Europe and towards the Pacific, has been his chief international objective. The turmoil in Europe and the Middle East — the Ukraine and Syrian refugee crises which have, at the very least, been encouraged by US withdrawal from the world — were distractions from his focus on China and the rising economies of East Asia. The world has not become a safer place as a result of Obama’s policy of ‘leading from behind’. (…) The arrogance is breathtaking but it is far from the only manifestation of, dare I say it, the madness of King Barack. Mr Obama does not let any adviser, voter or foreign leader get in his way. During his two-term presidency, his Democratic party has lost control of both the House of Representatives and the Senate. But King Barack was unimpressed at the verdicts of the people. By royal decree, or as the White House calls it, executive order, he has attempted to stop illegal immigrants being deported, increase the minimum wage, intensify gun regulation and cut greenhouse gas emissions. All of these policies may be cheered from Europe. But the US constitution is quite clear: it’s the job of the House of Representatives and the Senate to pass laws and it’s the job of the President to either veto or implement them. There is a word for ignoring and overruling the legislative branches of the American government and that word is ‘undemocratic’. It was not supposed to be this way when Mr Obama launched his transformational bid for the presidency. He came to national attention with an uplifting speech to the 2004 Democratic Convention. He told his party about gay Americans living in red-leaning Republican states and how blue-leaning Democratic states worshipped ‘an awesome God’. There weren’t red states or blue states but ‘one America: red, white, and blue’. An America demoralised by the Iraq war, the global recession and bitterness towards the often tongue-tied George W. Bush embraced Obama and his soaring oratory in 2008, in the hope that he would unite an unhappy, fractious nation. It has not come to pass, of course. Whether it’s the Black Lives Matter protests at police violence or the fact that only 1 per cent of Americans think the people who caused the 2008 crash have been brought to justice, the American left is as energised and angry as the right. Today, barely a quarter of Americans think their country is heading in the right direction. They are more pessimistic about their economic prospects than the Brits or Germans. You would, perhaps, expect the American right to be angry, because Mr Obama does little to build ties with them. He didn’t attend the funeral of the conservative Supreme Court justice Antonin Scalia or that of Nancy Reagan — choosing to speak at a music festival instead. But his lack of respect and charity is not confined to Republicans. It recently emerged that Obama declined to invite the Clintons to dinner at the White House because Michelle, the First Lady, has struggled to forgive Bill Clinton for criticising her husband. Jeffrey Goldberg’s extraordinary recent essay in the Atlantic magazine about Obama’s foreign policy gave insight after insight into the President’s arrogance. Angela Merkel is ‘one of the few foreign leaders Obama respects’. When Obama reversed his Syrian policy and decided that President Assad’s crossing of those famous ‘red lines’ would not, after all, be punished, his secretary of state, John Kerry, and defence secretary, Chuck Hagel, found out hours after he’d told his advisers. It’s a common experience for so many of his colleagues. Hillary Clinton was overruled on Syria, generals were overruled on Iraq. Obama blamed David Cameron and Nicolas Sarkozy for the Libyan ‘shit show’. It is never King Barack’s fault. Obama’s election in 2008 inspired the world. But after eight years, it’s hard not to blame his abrasive style of politics for the rise of anti-politicians such as Bernie Sanders and Donald Trump. Americans are rebelling against the emergence of an imperial presidency. As Barack Obama offers his hand to the Queen this week, and lectures the British on their place in the world, voters here might feel somewhat resentful, too. Tim Montgomerie
Tiré à quatre épingles, col blanc éclatant et cravate rouge vif, l’homme grand, noir, élégant, fait son apparition sur scène devant des milliers de drapeaux américains portés par une marée humaine en délire. Des applaudissements se mélangent aux cris hystériques, pleurs et voix hurlant en chœur « Yes we can ». Les larmes coulent sur les joues du révérend Jesse Jackson qui vient d’apprendre que le rêve de Martin Luther King s’est réalisé en ce 4 novembre 2008. Et le monde entier assiste, le souffle coupé, à cette scène inédite de l’histoire. « Hello Chicago », lance le quadragénaire avec un sourire tiré des publicités de dentifrice. « S’il y a encore quelqu’un qui doute que l’Amérique est un endroit où tout est possible, ce soir, vous avez votre réponse. » Et la foule s’enflamme. Ce soir-là, Barack Obama a réussi son pari en devenant le premier président noir des Etats-Unis. Aux yeux de ses électeurs, il n’était pas seulement l’incarnation de l’ » American dream ». Il était aussi celui qui allait tendre l’oreille aux difficultés des minorités, sortir une nation de la pire crise économique depuis la Grande Dépression, ramasser les pots cassés de George W. Bush, soigner les plaies d’un pays hanté par la guerre et l’insécurité, rendre aux familles leurs soldats partis en Irak et en Afghanistan, offrir des soins de santé aux plus démunis… La liste est sans fin. (…) Les attentes étaient particulièrement grandes au sein de la communauté afro-américaine (…) « Tout le monde a cru qu’avec Obama nous allions rentrer dans une ère post-raciale. C’est donc assez ironique que la race soit devenue un problème majeur sous sa présidence », affirme Robert Shapiro, politologue à l’université new-yorkaise de Columbia. (…) Outre quelques discours, le Président se distingue par le peu d’initiatives prises en faveur de sa communauté. Certes, il a nommé un nombre sans précédent de juges noirs. Et, paradoxalement, cette reprise de la lutte pour l’égalité est parfois notée comme une victoire du Président, malgré lui. (…) Dans un premier temps, l’ancien sénateur a aussi suscité la colère des immigrés en situation irrégulière en autorisant un nombre record d’expulsions. Barack Obama finira par faire volte-face et s’engagera dans une lutte féroce pour faire passer au Congrès le « Dream Act », projet de loi légalisant 2 millions de jeunes sans-papiers. En vain. Furieux, le chef d’Etat signera alors un décret permettant à ceux-ci d’obtenir un permis de travail et donc de les protéger. Aussi, peu de présidents américains peuvent se targuer d’avoir fait autant progresser la protection des droits des homosexuels. En mai 2012, « Newsweek » surnommait Barack Obama « the first gay president », pour saluer sa décision de soutenir le mariage homosexuel. Quelques mois plus tard, la loi « Don’t ask, don’t tell », interdisant aux militaires d’afficher leur homosexualité, était abrogée. Et, en 2015, Barack Obama criait « victoire », alors que la Cour suprême venait de légaliser le mariage gay. Reste que le natif de Hawaii n’est pas parvenu à réduire les inégalités sociales et raciales qui sévissent toujours aux Etats-Unis. En 2012, 27,2 % des Afro-Américains et 25,6 % des Latinos vivaient sous le seuil de pauvreté, contre 9,7 % des Blancs. Autre épine dans le pied du Démocrate : la débâcle de la ville de Detroit, majoritairement peuplée par des Noirs et déclarée en banqueroute de 2013 à 2014. (…) Peut-être était-il trop dépensier. Surnommé « Monsieur 20 trillions », Barack Obama est accusé d’avoir doublé la dette publique. (…) L’histoire se souviendra d’Obama comme de celui qui aura doté les Etats-Unis d’un système d’assurance santé universelle. L’ »Affordable Care Act », lancé en 2010 après quinze mois de tractations, est « la » grande victoire du Démocrate. (…) Mais (…) le système montre-t-il ses limites puisque (…) il comprend (…) trop de personnes malades, nécessitant des soins, et pas assez de personnes en bonne santé. Ce problème est devenu récurrent et des compagnies d’assurances quittent le programme », explique Victor Fuchs, spécialiste américain de l’économie de la santé. (…) En 2009, le Président envoie 30 000 hommes supplémentaires en Afghanistan, pour ensuite déclarer la fin des opérations militaires en Irak, avant de bombarder la Libye. (…) Sa crédibilité en prend un coup lorsqu’il refuse de frapper la Syrie, même après que Bachar Al-Assad eut franchi la fameuse ligne rouge, tracée par Obama lui-même, en utilisant des armes chimiques contre les rebelles. En huit ans, le prix Nobel de la paix, arrivé au pouvoir comme un Président antiguerre, aura entériné le recours à la force militaire dans neuf pays (Afghanistan, Irak, Syrie, Pakistan, Libye, Yémen, Somalie, Ouganda et Cameroun). Le « New York Times » indique d’ailleurs que « si les Etats-Unis restent au combat en Afghanistan, Irak et Syrie jusqu’à la fin de son mandat […] il deviendra de façon assez improbable le seul président dans l’histoire du pays à accomplir deux mandats entiers à la tête d’un pays en guerre ». Le Congrès aura été le talon d’Achille de Barack Obama. (…) Résultat : l’adepte du « centrisme » laissera derrière lui un paysage politique plus polarisé que jamais. « Il n’y a pas une Amérique libérale et une Amérique conservatrice, il y a les Etats-Unis d’Amérique. Les érudits aiment à découper notre pays entre Etats rouges et Etats bleus […] mais j’ai une nouvelle pour eux. Nous formons un seul peuple », avait-il pourtant déclaré lors de la Convention démocrate de Boston le 27 juillet 2004. Ce jour-là, une star politique était née. Barack Obama avait tout : la rhétorique enflammée, le charisme hors norme, l’intelligence, le parcours au parfum de rêve américain et la famille idéale. Avec son style châtié, son allure juvénile, sa capacité à susciter l’enthousiasme des jeunes électeurs, il était le candidat parfait du XXIe siècle. Trop parfait, peut être. A tel point qu’il aura suscité plus d’espoirs qu’il ne pouvait en porter. « Il a été meilleur candidat en campagne qu’il n’a été président », regrette M. McKee. La Libre Belgique
My frustration (…) is that for eight years, I wanted the press to press President Obama on things like the jayvees, the red line, leading from behind, Aleppo, and they didn’t. And in the first month, they’re pressing Trump, and they’re upset that he’s not saying (…) things that Manhattan-Beltway media elites want him to say. Instead, he says this. Let me play for you, I think, the key line in the 77 minute press conference yesterday, is this one, cut number four: « Look, I want to see an honest press. When I started off today by saying that it’s so important to the public to get an honest press, the public doesn’t believe you people anymore. » (…) that’s the key. The public doesn’t believe you people anymore. (…) He never corrects anything that he says, and he says lots of wrong things. But that one comment, they don’t trust you anymore, is a summation of where we are in America, because I really do think Manhattan-Beltway elites have lost the country. They’ve lost it. There’s just no confidence in, I’m not going to say us, because I am neither in nor of the Beltway-Manhattan media elite. I live in California still. Hugh Hewitt
It’s not because of anything obviously Donald Trump did. The press did all that good work ruining its reputation on its own, and we can have a long conversation about what created that. Part of it, though, is what you mentioned about the local weather report, which is to say a lot of hysterical coverage about every little last thing that doesn’t warrant it. John Dickerson
If there are winners and losers in America, I know the losers. They lost jobs to China and Vietnam. And they’re dying younger, caught in an endless cycle of jail, drug charges and applying for disability to pay the child support bill. They lost their influence, their dignity and their shot at the American Dream, and now they’re angry. They’re angry at Washington and Wall Street, at big corporations and big government. And they’re voting now for Donald Trump. My Republican friends are for Trump. My state representative is for Trump. People who haven’t voted in years are for Trump. He’ll win the primary here on March 15 and he will carry this county in the general. His supporters realize he’s a joke. They do not care. They know he’s authoritarian, nationalist, almost un-American, and they love him anyway, because he disrupts a broken political process and beats establishment candidates who’ve long ignored their interests. Michael Cooper (writer, attorney, and liberal Democrat who lives in rural North Carolina, March 2016)
The mood in the Washington press corps is bleak, and deservedly so. It shouldn’t come as a surprise to anyone that, with a few exceptions, we were all tacitly or explicitly #WithHer, which has led to a certain anguish in the face of Donald Trump’s victory. More than that and more importantly, we also missed the story, after having spent months mocking the people who had a better sense of what was going on. This is all symptomatic of modern journalism’s great moral and intellectual failing: its unbearable smugness. Had Hillary Clinton won, there’d be a winking “we did it” feeling in the press, a sense that we were brave and called Trump a liar and saved the republic. So much for that. The audience for our glib analysis and contempt for much of the electorate, it turned out, was rather limited. This was particularly true when it came to voters, the ones who turned out by the millions to deliver not only a rebuke to the political system but also the people who cover it. Trump knew what he was doing when he invited his crowds to jeer and hiss the reporters covering him. They hate us, and have for some time. And can you blame them? Journalists love mocking Trump supporters. We insult their appearances. We dismiss them as racists and sexists. We emote on Twitter about how this or that comment or policy makes us feel one way or the other, and yet we reject their feelings as invalid. It’s a profound failure of empathy in the service of endless posturing. There’s been some sympathy from the press, sure: the dispatches from “heroin country” that read like reports from colonial administrators checking in on the natives. But much of that starts from the assumption that Trump voters are backward, and that it’s our duty to catalogue and ultimately reverse that backwardness. What can we do to get these people to stop worshiping their false god and accept our gospel? We diagnose them as racists in the way Dark Age clerics confused medical problems with demonic possession. Journalists, at our worst, see ourselves as a priestly caste. We believe we not only have access to the indisputable facts, but also a greater truth, a system of beliefs divined from an advanced understanding of justice. You’d think that Trump’s victory – the one we all discounted too far in advance – would lead to a certain newfound humility in the political press. But of course that’s not how it works. To us, speaking broadly, our diagnosis was still basically correct. The demons were just stronger than we realized. This is all a “whitelash,” you see. Trump voters are racist and sexist, so there must be more racists and sexists than we realized. Tuesday night’s outcome was not a logic-driven rejection of a deeply flawed candidate named Clinton; no, it was a primal scream against fairness, equality, and progress. Let the new tantrums commence! That’s the fantasy, the idea that if we mock them enough, call them racist enough, they’ll eventually shut up and get in line. It’s similar to how media Twitter works, a system where people who dissent from the proper framing of a story are attacked by mobs of smugly incredulous pundits. Journalists exist primarily in a world where people can get shouted down and disappear, which informs our attitudes toward all disagreement. Journalists increasingly don’t even believe in the possibility of reasoned disagreement, and as such ascribe cynical motives to those who think about things a different way. We see this in the ongoing veneration of “facts,” the ones peddled by explainer websites and data journalists who believe themselves to be curiously post-ideological. That the explainers and data journalists so frequently get things hilariously wrong never invites the soul-searching you’d think it would. Instead, it all just somehow leads us to more smugness, more meanness, more certainty from the reporters and pundits. Faced with defeat, we retreat further into our bubble, assumptions left unchecked. No, it’s the voters who are wrong. As a direct result, we get it wrong with greater frequency. Out on the road, we forget to ask the right questions. We can’t even imagine the right question. We go into assignments too certain that what we find will serve to justify our biases. The public’s estimation of the press declines even further — fewer than one-in-three Americans trust the press, per Gallup — which starts the cycle anew. There’s a place for opinionated journalism; in fact, it’s vital. But our causal, profession-wide smugness and protestations of superiority are making us unable to do it well. Our theme now should be humility. We must become more impartial, not less so. We have to abandon our easy culture of tantrums and recrimination. We have to stop writing these know-it-all, 140-character sermons on social media and admit that, as a class, journalists have a shamefully limited understanding of the country we cover. What’s worse, we don’t make much of an effort to really understand, and with too few exceptions, treat the economic grievances of Middle America like they’re some sort of punchline. Will Rahn (CBS, 10.11.2016)
When he makes claims like this, the press takes him literally, but not seriously; his supporters take him seriously, but not literally. Salena Zito
Les journalistes prennent toujours Trump au pied de la lettre mais sans le prendre au sérieux. Ses électeurs, en revanche, le prennent au sérieux mais ne le prennent pas au pied de la lettre. Par exemple, quand il propose de construire un mur à la frontière mexicaine, les journalistes exigent des détails, veulent savoir comment il va s’y prendre. Ses électeurs comprennent qu’il ne veut pas vraiment édifier un mur. Ils entendent simplement qu’il propose une politique migratoire plus saine et plus intelligente. Peter Thiel
I expected some broken dishes, some firings, some chaos, and some rookie mistakes. We got all of that. But I also expect a systems-thinker to tame the chaos over time as he learns on the job. For example, the leaks will stop as soon as Trump fires the right people. He’ll figure out which meetings he can skip. He’ll know who to trust. He’ll learn where all the buttons and levers are. It’s a process. If you are comparing the incoming Trump administration to the smooth transfer of power that defines our modern history, that’s an irrational comparison. If the country wanted a smooth ride it would have elected Hillary Clinton. Instead, voters opted to “drain the swamp.“ And you can’t drain the swamp without angering the alligators and getting some swamp water on your pants. That’s what we’re watching now. My liberal friends are gleefully scouring the semi-fake news and sending me articles that show Trump is “incompetent.” That’s the new narrative on the left. The Hitler illusion is starting to fade because Trump refuses to build concentration camps as his critics hallucinated he would. And Israel likes Trump, which is making the Hitler illusion harder to maintain. So the critics are evolving their main line of attack from Hitler to “incompetent,” with a dash of “chaos.” You’ll see those two words all over the Opposition Media’s coverage. It isn’t a coincidence. Persuasion-wise, focusing on incompetence and chaos is a strong play by the anti-Trumpers. One would expect the new Trump administration to have lots of growing pains. That means the Opposition Media will have plenty of fodder that they can frame as incompetence and chaos. Confirmation bias will make it all seem to fit the narrative. This is the same persuasion play that Trump used when he assigned to his opponents nicknames such as Lyin’ Ted and Crooked Hillary. He depended on future news cycles to serve up lots of confirmation bias to make his labels more credible over time. Trump’s opposition is running the same persuasion play on him. Now everything he does will be seen through their frame of “incompetence” and “chaos.” Even if it isn’t. That is strong persuasion. If you step out of the Opposition Media’s framing of Trump, another frame that fits the data is that he’s learning on the job, just like he learned every other field that he entered and eventually mastered. I don’t know what you expected when Trump went to Washington, but it isn’t too different from what I imagined. I assumed there would be broken dishes. And I assumed it would take him months to get his systems in place. When I worked in corporate America, I was usually involved in setting goals for the department. When we didn’t meet those goals, I always pointed out that the problem could be on either end. Either the goals were unrealistic or the performance was bad. Both explanations fits the data. Likewise, Trump’s first few weeks do look exactly like “incompetence” and “chaos” if you are primed to see it that way. But they also look like a systems-thinker simultaneously draining the swamp and learning on the job. Scott Adams
We live in our own personal movies. This is a perfect example. Millions of Americans looked at the same press conference and half of us came away thinking we saw an entirely different movie than the other half. Many of us saw Trump talking the way he normally does, and saying the things he normally says. Other people saw a raving lunatic, melting down. Those are not the same movies. So how can we know who is hallucinating in this case? The best way to tell is by looking for the trigger for cognitive dissonance. In this case, the trigger is clear. Trump’s unexpected win forced the Huffington Post to rewrite their mental movies from one in which they were extra-clever writers to one in which they were the dumbest political observers in the entire solar system. You might recall that the Huffington Post made a big deal of refusing to cover Trump on their political pages when he first announced his candidacy. They only carried him on their entertainment pages because they were so smart they knew he could not win. Then he won. When reality violates your ego that rudely, you either have to rewrite the movie in your head to recast yourself as an idiot, or you rewrite the movie to make yourself the hero who could see what others missed. Apparently the Huffington Post chose to rewrite their movie so Trump is a deranged monster, just like they warned us. That’s what they see. This isn’t an example of so-called “fake” news as we generally understand it. This is literally imaginary news. I believe the Huffington Post’s description of the press conference is literally what they saw. If you gave them lie detector tests, they would swear they saw a meltdown, and the lie detector would say they were telling the truth. There are two clues that the Huffington Post is hallucinating and I’m not. The first clue is that they have a trigger and I don’t. Reality violated their egos, whereas I was predicting a Trump win all along. My world has been consistent with my ego. No trigger. All I have is a warm feeling of rightness. The second clue is that the Huffington Post is seeing something that half the country doesn’t see. As a general rule, the person who sees the elephant in the room is the one hallucinating, not the one who can’t see the elephant. The Huffington Post is literally seeing something that is invisible to me and other observers. We see a President Trump talking the way he normally talks. They see a 77-minute meltdown.  Scott Adams
Buried deep beneath the Michael Flynn hysteria this week was Judicial Watch’s release of newly obtained State Department documents related to the Benghazi terrorist attack on September 11, 2012. One email confirms—again—that the Obama administration knew the day after the attack it was not a random act of violence stemming from an anti-Muslim video. That was the excuse shamefully propagated by top Obama administration officials (including the president himself) and swallowed whole by a media establishment desperate to help Obama win re-election six weeks later. According to the summary of a call on September 12, 2012 between State Department Under-Secretary Patrick Kennedy and several congressional staffers, Kennedy was asked if the attack came under cover of protest: “No this was a direct breaching attack,” he answered. Kennedy also denied the attack was coordinated with the protests in Cairo over the video: “Attack in Cairo was a demonstration. There were no weapons shown or used. A few cans of spray paint.”It’s somewhat ironic—galling?—that this email was disclosed the same day the anti-Trump universe was spinning into the stratosphere over Flynn’s resignation as President Trump’s national security advisor. It begs for a little trip down memory lane, to a kinder, gentler time when the media gave a great big pass to another national security advisor in the days after four Americans, including an ambassador, were murdered in Libya by Islamic terrorists under her watch. Fun fact: While Trump press secretary Sean Spicer fielded 55 questions on February 14 related to the Flynn debacle, Obama’s press secretary Jay Carney received only 13 questions from reporters on September 12, 2012, three of which were set-ups to blast Mitt Romney’s criticism of the administration after the attack. 55 to 13. So as we now suffer through yet another patch of media mania, conspiracy theories, and unsubstantiated claims about how Trump hearts Russia, as well as the daily beatings endured by Spicer, let’s reminisce to when the media and Obama’s press flaks spun, deflected—even joked about golf and “Saturday Night Live!”—less than a week after Benghazi. (…) But of course nothing matches the audacity of trope by Obama’s National Security Advisor Susan Rice on September 16, 2012. Rice went on several Sunday shows to peddle a story she knew was completely phony, one that was already quickly unraveling even as most in the media and administration tried to keep it intact. (…) In a press gaggle on Air Force One the next day, guess how many times Deputy Press Secretary Josh Earnest was asked about Rice’s comments? Ten? Five? One? Not once. Let me repeat that. The day after Obama’s national security advisor was on five news programs to blame a terrorist attack on a YouTube video, not one reporter asked the White House about it. I actually had to re-read the transcripts several times, even checking the date over and over, to make sure this was accurate. Her name did not even come up. (…) Sometimes the hypocrisy, double standard, and outright lies by the media under the Trump presidency is funny. Sometimes it is infuriating. But never was the media’s complicit sheep-like coverage more evident than in the days after Benghazi, behavior you can never imagine now. They have yet to admit their mistakes and failures, even as more evidence is revealed. Remember that the next time you want to worry about how Trump is responsible for undermining the media’s integrity and credibility. Julie Kelly
Trump thrives despite, not because of, his crudity, and largely because of anger at Barack Obama’s divisive and polarizing governance and sermonizing — and the Republican party’s habitual consideration of trade issues, debt, immigration, and education largely from the vantage point of either abstraction or privilege. Victor Davis Hanson
Democrats would seed the summer and autumn election battlefields with new and updated models of politically correct IEDs. They used this technique very effectively in 2012 to render a decent Mitt Romney as a tax-cheating, greedy Wall Street vulture, who ignored his regular garbageman, beat up kids in prep school, and strapped his terrified dog to his car top. Four years earlier the Democrats had blown John McCain to smithereens and left him little more than a closet racist and an adulterous and senile coot, who could not remember how many estates he owned nor the shenanigans of his pill-popping spouse. To avoid the rain of shrapnel, Romney had to battle both the moderator and his opponent in a presidential debate while contextualizing his own personal success and fortune. McCain, meanwhile, swore off referring to the racist personal pastor of Barack Obama and to Obama’s own litany of “typical white person” and “get in their face.” We forget that long before the wild man Trump, the most un-Trumpian, sober and judicious McCain and Romney were flattened by bogus charges against their spouses and false claims, respectively, of adultery and tax-cheating — and were completely unable to defend themselves from such smears and slanders. Instead of staying on a winning message and avoiding the subterranean traps, Trump on cue tramped right through this progressive minefield. The explosive result was predictable. He wasted precious hours rudely taking on a Mexican-American judge — who, to be fair, had foolishly joined a “La Raza” lawyers’ organization (imagine a white counterpart as a member of a local legal organization with “The Race” in its name) — or jousting with a Gold Star family, indifferent to the fact that the father was an immigration lawyer who logically would oppose Trump’s immigration moratoria. So when all these mines went off, Trump in theory always had some sort of legitimate counter-argument: Yes, Megyn Kelly was not commensurate in her sexism questions, in that she did not ask Hillary Clinton to account for her own sexist past, whether laughing over aspects of a case involving a rapist client, or demonizing Bill’s victims of coerced sex. And, yes, it was also a fact that bombastically inviting Putin to find Hillary’s missing 30,000 e-mails could not be a breach of security if they were truly about yoga and Chelsea’s wedding. Victor Davis Hanson
Any Republican has a difficult pathway to the presidency. On the electoral map, expanding blue blobs in coastal and big-city America swamp the conservative geographical sea of red. Big-electoral-vote states such as California, Illinois, New York, and New Jersey are utterly lost before the campaign even begins. The media have devolved into a weird Ministry of Truth. News seems defined now as what information is necessary to release to arrive at correct views. In recent elections, centrists, like John McCain and Mitt Romney – once found useful by the media when running against more-conservative Republicans — were reinvented as caricatures of Potterville scoundrels right out of a Frank Capra movie. When the media got through with a good man like McCain, he was left an adulterous, confused septuagenarian, unsure of how many mansions he owned, and a likely closeted bigot. Another gentleman like Romney was reduced to a comic-book Ri¢hie Ri¢h, who owned an elevator, never talked to his garbage man, hazed innocents in prep school, and tortured his dog on the roof of his car. If it were a choice between shouting down debate moderator Candy Crowley and shaming her unprofessionalism, or allowing her to hijack the debate, Romney in Ajaxian style (“nobly live, or nobly die”) chose the decorous path of dignified abdication. In contrast, we were to believe Obama’s adolescent faux Greek columns, hokey “lowering the seas and cooling the planet,” vero possumus seal on his podium as president-elect, and 57 states were Lincolnesque. Why would 2016 not end up again in losing nobly? Would once again campaigning under the Marquess of Queensberry rules win Republicans a Munich reprieve? The Orangeman Cometh In such a hysterical landscape, it was possible that no traditional Republican in 2016 was likely to win, even against a flawed candidate like Hillary Clinton, who emerged wounded from a bruising primary win over aged socialist Bernie Sanders. Then came along the Trump, the seducer of the Right when the Republican establishment was busy early on coronating Jeb Bush. After the cuckolded front-runners imploded, we all assumed that Trump’s successful primary victories — oddly predicated on avoidance of a ground game, internal polling, ad campaigns, sophisticated fundraising, and a sea of consultants and handlers — were hardly applicable to Clinton, Inc. She surely would bury him under a sea of cash, consultants, and sheer manpower. That Trump was an amateur, a cad, his own worst enemy, cynically leveraging a new business or brand, and at any time could say anything was supposedly confirmation of Hillary’s inevitable victory. Her winning paradigm was seen as simply anti-Trump rather than pro-Hillary: light campaigning to conserve her disguised fragile health, while giving full media attention to allow Trump to elucidate his fully obnoxious self. Her campaign was to be a series of self-important selfies, each more flattering to the beholder but otherwise of no interest to her reluctant supporters. For insurance, Clinton would enlist the bipartisan highbrow Washington establishment to close ranks, with their habitual tsk-tsking of Trump in a nuanced historical context — “Hitler,” “Stalin,” “Mussolini,” “brown shirt,” etc. For all Hillary’s hundreds of millions of corporate dollars and legions of Clinton Foundation strategists, she could never quite shake Trump, who at 70 seemed more like a frenzied 55. Hillary would rely on the old Obama team of progressive hit men in the public-employee unions, the news ministries, the pajama-boy bloggers, the race industry, and the open-borders lobbies to brand Trump supporters as racist, sexist, misogynist, Islamophobic, nativist, homophobic. The shades of Obama’s old white reprehensible “Clingers” would spring back to life as “The Deplorables.” Yet for all Hillary’s hundreds of millions of corporate dollars and legions of Clinton Foundation strategists, she could never quite shake Trump, who at 70 seemed more like a frenzied 55. Trump at his worst was never put away by Hillary at her best, and he has stayed within six to eight points for most of his awful August and is now nipping her heels as October nears. Fracking Populist Fury Trump’s hare-and-tortoise strategy, his mishmash politics, reinventions, mastery of free publicity, and El Jefe celebrity had always offered him an outside chance of winning. (…) Trump’s electoral calculus was easy to fathom. He needed to win as many independents as Romney, enthuse some new Reagan Democrats to return to politics, keep steady the Republican establishment, and win at least as much of the Latino and black vote as had the underperforming McCain and Romney — all to win seven or eight swing states. He planned to do that, in addition to not stepping on IEDs, through the simple enough strategy of an outraged outsider not nibbling, but blasting away, at political correctness, reminding audiences that he was not a traditional conservative, but certainly more conservative than Hillary, and a roguish celebrity billionaire with a propensity to talk with, not down to, the lower middle classes. That the establishment was repulsed by his carroty look, his past scheming, his Queens-accented bombast, and his nationalist policies only made him seem more authentic to his supporters, old and possibly new as well. In sum, if Trump’s D-11 bulldozer blade did not exist, it would have to be invented. He is Obama’s nemesis, Hillary’s worst nightmare, and a vampire’s mirror of the Republican establishment. Before November’s election, his next outburst or reinvention will once again sorely embarrass his supporters, but perhaps not to the degree that Clinton’s erudite callousness should repel her own. Victor Davis Hanson
In his energetic harnessing of popular anger, Trump, my own least favorite in the field, was the more effective candidate in gauging the mood of the times. These are all valid rejoinders to those who say that recalcitrant conservatives, independents, and women should not hold their nose and vote for Trump. But they are not the chief considerations in his favor. Something has gone terribly wrong with the Republican party, and it has nothing to do with the flaws of Donald Trump. Something like his tone and message would have to be invented if he did not exist. None of the other 16 primary candidates — the great majority of whom had far greater political expertise, more even temperaments, and more knowledge of issues than did Trump — shared Trump’s sense of outrage — or his ability to convey it — over what was wrong: The lives and concerns of the Republican establishment in the media and government no longer resembled those of half their supporters. The Beltway establishment grew more concerned about their sinecures in government and the media than about showing urgency in stopping Obamaism. When the Voz de Aztlan and the Wall Street Journal often share the same position on illegal immigration, or when Republicans of the Gang of Eight are as likely as their left-wing associates to disparage those who want federal immigration law enforced, the proverbial conservative masses feel they have lost their representation. How, under a supposedly obstructive, conservative-controlled House and Senate, did we reach $20 trillion in debt, institutionalize sanctuary cities, and put ourselves on track to a Navy of World War I size? Compared with all that, “making Mexico pay” for the wall does not seem all that radical. Under a Trump presidency the owner of Univision would not be stealthily writing, as he did to Team Clinton, to press harder for open borders — and thus the continuance of a permanent and profitable viewership of non-English speakers. Trump’s outrageousness was not really new; it was more a 360-degree mirror of an already outrageous politics as usual. One does not need lectures about conservatism from Edmund Burke when, at the neighborhood school, English becomes a second language, or when one is rammed by a hit-and-run driver illegally in the United States who flees the scene of the accident. Do our elites ever enter their offices to find their opinion-journalism jobs outsourced at half the cost to writers in India? Are congressional staffers told to move to Alabama, where it is cheaper to telecommunicate their business? Trump’s outrageousness was not really new; it was more a 360-degree mirror of an already outrageous politics as usual. (…) The problem, however, is that a displaced real person, unemployed and living with his 80-year-old grandmother in a financially underwater and unsellable home, cannot easily move to the North Dakota fracking fields, any more than the destruction of an 80-acre small-farming operation owing to foreign agricultural subsidies is in any way “creative.” What we needed from our conservative elites and moderates was not necessarily less free-market economics, but fair in addition to free trade — and at least some compassion and sensitivity in recognizing that their bromides usually applied to others rather than to themselves and the political class of both parties. When Trump shoots off his blunderbuss, is it always proof of laziness and ignorance, or is it sometimes generally aimed in the right direction to prompt anxiety and eventual necessary reconsideration? Questioning NATO’s pro forma way of doing business led to furor, but also to renewed promises from NATO allies to fight terror, pony up defense funds, and coordinate more effectively. Deploring unfair trade deals suddenly made Hillary Clinton renounce her prior zealous support of the “gold standard” Trans-Pacific Partnership deal.(…) Many of us did not vote in the primaries for Trump, because we did not believe that he was sufficiently conservative or, given his polarizing demeanor, that he could win the presidency even if he were. The irony is now upon us that Trump may have been the most conservative Republican candidate who still could beat Hillary Clinton — and that if he were to win, he might usher in the most conservative Congress, presidency, and Supreme Court in nearly a century. Victor Davis Hanson
The United States (…) is one of the few successful multiracial societies in history. America has survived slavery, civil war, the Japanese-American internment, and Jim Crow—and largely because it has upheld three principles for unifying, rather than dividing, individuals. The first concerns the Declaration of Independence and the American Constitution, which were unique documents for their time and proved transcendent across time and space. Both documents enshrined the ideal that all people were created equal and were human first, with inalienable rights from God that were protected by government. These founding principles would eventually trump innate tribal biases and prejudices to grant all citizens their basic rights. Second, given America’s two-ocean buffer, the United States could control its own demographic destiny. Americans usually supported liberal immigration policies largely because of the country’s ability to monitor the numbers of new arrivals and the melting pot’s ability to assimilate, integrate, and intermarry immigrants, who would soon relegate their racial, religious, and ethnic affinities to secondary importance. Finally, the United States is the most individualistic and capitalistic of the Western democracies. The nation was blessed with robust economic growth, rich natural resources, and plenty of space. It assumed that its limited government and ethos of entrepreneurialism would create enough widespread prosperity and upward mobility that affluence—or at least the shared quest for it—would create a common bond superseding superficial Old World ties based on appearance or creed. In the late 1960s, however, these three principles took a hit. The federal government lost confidence in the notion that civil rights legislation, the melting pot, and a growing economy could unite Americans and move society in the direction of Martin Luther King Jr.’s vision (…) This shift from the ideal of the melting pot to the triumph of salad-bowl separatism occurred, in part, because the Democratic Party found electoral resonance in big government’s generous entitlements and social programs tailored to particular groups. By then, immigration into the United States had radically shifted and become less diverse. Rather than including states in Europe and the former British Commonwealth, most immigrants were poorer and almost exclusively hailed from the nations of Latin America, Asia, and Africa, resulting in poorer immigrants who, upon arrival, needed more government help. Another reason for the shift was the general protest culture of the Vietnam era, which led to radical changes in everything from environmental policy to sexual identity, and thus saw identity politics as another grievance against the status quo. A half-century later, affirmative action and identity politics have created a huge diversity industry, in which millions in government, universities, and the private sector are entrusted with teaching the values of the Other and administering de facto quotas in hiring and admissions. In 2016, Hillary Clinton ran a campaign on identity politics, banking on the notion that she could reassemble various slices of the American electorate, in the fashion that Barack Obama had in 2008 and 2012, to win a majority of voters. She succeeded, as did Obama, in winning the popular vote by appealing directly to the unique identities of gays, Muslims, feminists, blacks, Latinos, and an array of other groups, but misjudged the Electoral College and so learned that a numerical majority of disparate groups does not always translate into winning key swing states. At one point Clinton defined her notion of identity politics by describing Trump’s supporters: “You know, to just be grossly generalistic, you could put half of Trump’s supporters into what I call the basket of deplorables. Right? The racist, sexist, homophobic, xenophobic, Islamaphobic—you name it. And unfortunately there are people like that. And he has lifted them up… Now, some of those folks—they are irredeemable, but thankfully they are not America.” (…) but (…) ethnic solidarity can cut both ways. In the 2016 elections, Trump won an overwhelming and nearly unprecedented number of working class whites in critical swing states. Many either had not voted in prior elections or had voted Democratic. The culture’s obsession with tribalism and special ethnic interests—often couched in terms of opposing “white privilege”—had alienated millions of less well-off white voters. Quietly, many thought that if ethnic activists were right that the white majority was shrinking into irrelevance, and if it was acceptable for everyone to seek solidarity through their tribal affiliations, then poor whites could also rally under the banner of their own identity politics. If such trends were to continue in a nation that is still 70 percent white, it would prove disastrous for the Democratic Party in a way never envisioned during the era of Barack Obama. Hillary Clinton discovered that Obama’s identity politics constituencies were not transferrable to herself in the same exceptional numbers, and the effort to ensure that they were often created new tribal opponents. (…) it is not certain that immigration, both legal and illegal, will continue at its current near record rate, which has resulted in over 40 million immigrants now residing in America—constituting some 13 percent of the present population. Trump is likely not just to curtail illegal immigration, but also to return legal immigration to a more meritocratic, diverse, and individual basis. Were immigration to slow down and become more diverse, the formidable powers of integration and intermarriage would perhaps do to the La Raza community what it once did to the Italian-American minority after the cessation of mass immigration from Italy. There are currently no Italian-American quotas, no Italian university departments, and no predictable voting blocs. (…) class is finally reemerging as a better barometer of privilege than is race—a point that Republican populists are starting to hammer home. The children of Barack Obama, for example, have far more privilege than do the sons of Appalachian coal miners—and many Asian groups already exceed American per capita income averages. When activist Michael Eric Dyson calls for blanket reparations for slavery, his argument does not resonate with an unemployed working-class youth from Kentucky, who was born more than 30 years after the emergence of affirmative action—and enjoys a fraction of Dyson’s own income, net worth, and cultural opportunities. Finally, ideology is eroding the diversity industry. Conservative minorities and women are not considered genuine voices of the Other, given their incorrect politics. For all its emphasis on appearance, diversity is really an intolerant ideological movement that subordinates race and gender to progressive politics. It is not biology that gives authenticity to feminism, but leftwing assertions; African-American conservatives are often derided as inauthentic, not because of purported mixed racial pedigrees, but due to their unorthodox beliefs. The 2016 election marked an earthquake in the diversity industry. It is increasingly difficult to judge who we are merely by our appearances, which means that identity politics may lose its influence. These fissures probably explain some of the ferocity of the protests we’ve seen in recent weeks. A dying lobby is fighting to hold on to its power. Victor Davis Hanson
Struggling rural America proved disenchanted with the country’s trajectory into something like a continental version of Belgium or the Netherlands: borderless, with a global rather than national sense of self; identity politics in lieu of unity and assimilation; a statist and ossified economy with a few winners moralizing to lots of losers—perhaps as a way of alleviating transitory guilt over their own privilege. The full lessons of the 2016 election are still being digested (or indeed amplified), but one constant is emerging that the world outside our bi-coastal dynamic, hip, and affluent culture is not very well understood by those who lead the country. The Left feels that the interior is a veritable cultural wasteland of obesity, Christianists, nihilist self-destructive behavior, and evenings that shut down at dusk in desperate need of federal moral and regulatory oversight. The doctrinaire Right advises the interior losers of globalization to hit the road in search of good jobs and take a hard look in the mirror and cure their self-inflicted pathologies. Such stereotyped pessimism about rural America are no exaggeration. (…) The plight of the contemporary rural America in a word was not due to an epidemic of laziness or of innate genetic ineptness, but more likely the onslaught of globalism, a sort of Tolkien master ring that gave its coastal wearers enormous power to create and manage worldwide wealth, prosperity, and power, but by its very use proved corrupting to those in its midst. (…) But the rural shakedown did not mean that our red-state interior tuned out from politics, big business, universities, government, popular culture and mass entertainment. Far from it; cable TV, the Internet, and smart phones plugged rural America into coastal culture as never before. And what fly over country saw and heard each day, it often did not like. The first disconnect between coastal and interior America was the elevation of race over class—with a twist of scapegoating the losers of globalization as somehow culpable winners because of their supposed “white privilege.” Fairly or not, the lower middle classes heard a nonstop message from mostly affluent white liberals and well-off minority activists, virtue-signaling one another by blaming those far less well off as somehow beyond redemption. So-called middle and rural America—oddly people more likely to put their children in public schools and assimilate and integrate than was the elite—grew accustomed to being insulted by Barack Obama as clingers, or by Hillary Clinton as “irredeemables” and “deplorables,” as popular culture became fixated on privileged whiteness. And that tired message soon became surreal: coastal white people with the money were liberal and accusatory; interior white people without it were conservative and thus culpable. The villains of television and Hollywood, when not corporate conspiracists, Russian oligarchs, or South African residual Nazis, were often redneck Americans with southern drawls. The new minstrel shows were reality television’s ventures into the swamps, the seas, the forests, the Alaskan wilderness, and the empty and endless highways, where each week with condescension we saw smoking, overweight and gap-toothed fishermen, loggers, and truckers do funny and stupid things with boats, saws, and semis. The second unwelcome message was the politicization of almost everything. Beyoncé turned her 2016 Super Bowl show, traditionally non-political entertainment, into a peaen to Black Lives Matter and the old Black Panther party. Multimillionaire Colin Kaepernick deflected attention from his own poor play on the field for the San Francisco 49ers by scapegoating America for its supposed -ologies and –isms—but of course himself did not take the trouble to vote. Hollywood actors, who make more in an hour than most do in a year, periodically finger-pointed at Middle America for its ethical shortcomings. Turn on late night talk shows or early morning chat sessions to receive the monotonous message that entertainment is properly indoctrination. Even charity became progressive politics. The locus classicus of multimillionaire moralizing was the Clinton team: she selling influence at the State Department, he collecting the ensuing checks at the Foundation; both veneering the shake-down with left-wing moralistic preening. (…) Third, the gulf in America between concrete and abstract things widened. Banking, insurance, universities, government, social media, and programing were reflections of the work of the mind and well compensated; fabrication, construction, transportation, drilling, mining, logging and farming were still muscular, essential for the good modern life—and yet deprecated as ossified and passé. The ancient wisdom of the necessary balance between thought and deed, muscle and mind, was forgotten in the popular culture of the coasts. Yet rural America assumed it could still learn how to use iPhones, search the web, and write in Microsoft Word; but coastal America did not know a chainsaw from a snow blower. A tractor or semi might as well have been a spaceship. And those with expansive lawns soon had no idea how to mow them. That divide by 2016 posed a Euripidean question: What is wisdom and who were the real dullards, who were the real smart ones: the supposed idiots with Trump posters on their lawn who swore they were undercounted, or the sophisticated pollsters and pundits who wrote off their confidence as delusional if not pathetic? Finally, speech, dress, and comportment bifurcated in a way not seen since the 19th century. Ashley Judd and Madonna might have thought screaming obscenities, vulgarities, and threats established their progressive fides, but to half the country they only confirmed they were both crude and talentless. What do Ben Rhodes, Pajama Boy, and Lena Dunham have in common? They all appeared to the rest of the country as arrogant, young, hip, and worldly without knowing anything of the world beyond them. Some object that Trumpism is pure nihilism and a vandal act rather than a constructive recalibration. Perhaps. But red-state America shouted back that if those who demanded open borders never themselves lived the consequences of open borders, then there would be no open borders. If those who proposed absolute free transfers of capital and jobs always expected others to lose money and jobs as the cost of the bargain, then there would be no such unlimited free flows. If the media were continually to stereotype and condescend to others, then they themselves would be stereotyped and talked down to. For a brief moment in 2016, rural America shouted that the last shall be first, and first shall be last. Before we write off this retort that led to Trump as a mindless paroxysm, remember that it was not those in Toledo, Billings, Montgomery, or Red Bluff who piled up $20 trillion in collective debt, nearly destroyed the health care system, set the Middle East afire, turned the campus into Animal Farm, or transformed Hollywood into 1984-style widescreen indoctrination. Trump was rural America’s shout back. One way or another, he will be its last. Either Trump will fail to restore prosperity and influence to the hinterland and thus even as president go the way of a flash-in-the-pan, would-be president Ross Perot—or he will succeed and thus make a like-minded successor superfluous.  

Attention: un surréalisme peut en cacher un autre !

Surréaliste, hallucinant, déjanté

Au lendemain d’une première conférence de presse du président Trump …

Pour laquelle nos médias n’avaient à nouveau pas de mots assez durs …

Alors qu’entre vote populaire, piratage russe, taille de la foule ou boycotts de l’investiture, fuites des services secrets, prétendues analyses psychiatriques ou appels explicites à l’assassinat …

Tout est bon, du premier DJ venu aux prétendus historiens, pour remettre en question la légitimité du choix du peuple américain …

Pendant qu’à coups de fuites judiciaires désormais quotidiennes et au profit d’un énième démagogue du déni et du « hope and change »

L‘hallali continue en France contre le seul véritable candidat de l’alternance …

Comment ne pas voir …

Non seulement l’incroyable deux poids deux mesures comparé à l’élection d’un Barack Obama …

Présenté il y a huit ans  comme le nouveau messie …

Mais l’incapacité proprement surréaliste des médias, sauf rares exceptions, à prendre toute la mesure …

Non seulement de la dimension historique d’une victoire (Congrès et postes de gouverneurs compris) que tout le monde annonçait impossible …

Face à la machine infernale qui avait laminé avant lui les trop gentils McCain et Romney …

Mais aussi de la défiance et de la colère de toute une partie de l’électorat américain …

Que les interminables chipotages actuels ne peuvent que renforcer ?

Commentary: The unbearable smugness of the press

Bill Rahn

Nov 10, 2016

The mood in the Washington press corps is bleak, and deservedly so.

It shouldn’t come as a surprise to anyone that, with a few exceptions, we were all tacitly or explicitly #WithHer, which has led to a certain anguish in the face of Donald Trump’s victory. More than that and more importantly, we also missed the story, after having spent months mocking the people who had a better sense of what was going on.

This is all symptomatic of modern journalism’s great moral and intellectual failing: its unbearable smugness. Had Hillary Clinton won, there’d be a winking “we did it” feeling in the press, a sense that we were brave and called Trump a liar and saved the republic.

So much for that. The audience for our glib analysis and contempt for much of the electorate, it turned out, was rather limited. This was particularly true when it came to voters, the ones who turned out by the millions to deliver not only a rebuke to the political system but also the people who cover it. Trump knew what he was doing when he invited his crowds to jeer and hiss the reporters covering him. They hate us, and have for some time.

And can you blame them? Journalists love mocking Trump supporters. We insult their appearances. We dismiss them as racists and sexists. We emote on Twitter about how this or that comment or policy makes us feel one way or the other, and yet we reject their feelings as invalid.

It’s a profound failure of empathy in the service of endless posturing. There’s been some sympathy from the press, sure: the dispatches from “heroin country” that read like reports from colonial administrators checking in on the natives. But much of that starts from the assumption that Trump voters are backward, and that it’s our duty to catalogue and ultimately reverse that backwardness. What can we do to get these people to stop worshiping their false god and accept our gospel?

We diagnose them as racists in the way Dark Age clerics confused medical problems with demonic possession. Journalists, at our worst, see ourselves as a priestly caste. We believe we not only have access to the indisputable facts, but also a greater truth, a system of beliefs divined from an advanced understanding of justice.

You’d think that Trump’s victory – the one we all discounted too far in advance – would lead to a certain newfound humility in the political press. But of course that’s not how it works. To us, speaking broadly, our diagnosis was still basically correct. The demons were just stronger than we realized.

This is all a “whitelash,” you see. Trump voters are racist and sexist, so there must be more racists and sexists than we realized. Tuesday night’s outcome was not a logic-driven rejection of a deeply flawed candidate named Clinton; no, it was a primal scream against fairness, equality, and progress. Let the new tantrums commence!

That’s the fantasy, the idea that if we mock them enough, call them racist enough, they’ll eventually shut up and get in line. It’s similar to how media Twitter works, a system where people who dissent from the proper framing of a story are attacked by mobs of smugly incredulous pundits. Journalists exist primarily in a world where people can get shouted down and disappear, which informs our attitudes toward all disagreement.

Journalists increasingly don’t even believe in the possibility of reasoned disagreement, and as such ascribe cynical motives to those who think about things a different way. We see this in the ongoing veneration of “facts,” the ones peddled by explainer websites and data journalists who believe themselves to be curiously post-ideological.

That the explainers and data journalists so frequently get things hilariously wrong never invites the soul-searching you’d think it would. Instead, it all just somehow leads us to more smugness, more meanness, more certainty from the reporters and pundits. Faced with defeat, we retreat further into our bubble, assumptions left unchecked. No, it’s the voters who are wrong.

As a direct result, we get it wrong with greater frequency. Out on the road, we forget to ask the right questions. We can’t even imagine the right question. We go into assignments too certain that what we find will serve to justify our biases. The public’s estimation of the press declines even further — fewer than one-in-three Americans trust the press, per Gallup — which starts the cycle anew.

There’s a place for opinionated journalism; in fact, it’s vital. But our causal, profession-wide smugness and protestations of superiority are making us unable to do it well.

Our theme now should be humility. We must become more impartial, not less so. We have to abandon our easy culture of tantrums and recrimination. We have to stop writing these know-it-all, 140-character sermons on social media and admit that, as a class, journalists have a shamefully limited understanding of the country we cover.

What’s worse, we don’t make much of an effort to really understand, and with too few exceptions, treat the economic grievances of Middle America like they’re some sort of punchline. Sometimes quite literally so, such as when reporters tweet out a photo of racist-looking Trump supporters and jokingly suggest that they must be upset about free trade or low wages.

We have to fix this, and the broken reasoning behind it. There’s a fleeting fun to gang-ups and groupthink. But it’s not worth what we are losing in the process.

Voir aussi:

Commentary: Hot takes are written by the winners

Bill Rahn

June 29, 2016

Have you heard much recently about the white working class? If not, then you haven’t been paying attention to the pundits, a profession currently obsessed with divining their motives, parsing their logic, and blaming them for the sorry state of politics in the Western world.

And why not? The white working class is responsible for Donald Trump – just look at how he cleaned up in Appalachia during the primaries! They, or at least people like them, gave us Brexit, which caused even American media folk to convulse in despair, partly because this overseas event is somehow an indicator that Trump can win.

We think to ourselves: what will these idiots do next? What do they really want? How much of it is their fault? How much of it is ours?

Is drug addiction to blame? The decline of family and religion? Or what about neoliberalism, the retreat of the welfare state and the return of rapacious capitalism? Maybe they’re just racist. Maybe it’s a mix of all this, a bouillabaisse of grievances both real and imagined that just might spell the end of the global projects so beloved by elites.

Regardless, the white working class has captured the imagination of journalists, who have come to talk about them like colonial administrators would talk about a primitive inland tribe that interferes with the construction of a jungle railway: They must be pacified until history kills them off.

Just about all the mainstream punditry concerning the white working class, from the left and the right, fits this description. The elites (and if you write for a living, you’re a damn elite) all seem to be talking about a people who seem vaguely alien. There’s an anthropological quality to it, like when the New York Times’ David Brooks pledges to leave New York more often, living among the natives in order to better understand their dysfunction.

The reporters and pundits cloistered along the coasts look upon the white working class with a mix of fascination and disdain. The tribe’s beliefs, savage as they are, can be excused somewhat (« you know, free trade sure did kill a lot of their jobs ») or simply mocked (« these jerks don’t realize how good they’ve got it »). In either case, it’s easy to see we are all writing about people we can’t fully empathize with.

That’s the sort of statement that will rub a lot of journalists the wrong way, so let me explain. You don’t have to go far in Washington to hear an impressive, noteworthy person at this or that publication tell you about their hardscrabble upbringing on the mean streets of wherever, and that such meager beginnings don’t justify political radicalism.

Sure, OK. But every time you talk to someone who has a media job in New York or D.C., you’re probably talking about someone who has skills that our economy rewards, regardless of upbringing. They can write or speak or analyze something complex. They have abilities that haven’t yet been outsourced or automated. The people who report and talk about the news, for all their griping about low wages and the decline of print, tend to do quite well in our globalized economy.

The white working class is made up of people without such gifts. And moreover, because no set of policies can prioritize everyone, they were always designed to be the losers of our globalized economy. Their jobs would be taken away in the name of efficiency, with the marginal upside that the goods they purchase would be cheaper because they were now being made for less by people overseas.

So what we’re left with is a bunch of beneficiaries of the current economic order discussing the losers of the current economic order. And this raises the question of whether people who have a lot to gain from the status quo are well equipped to report accurately about how it’s cracked up.

Because that is what we’re seeing, a profound upending of the order of things. And predictably enough, journalists have been among the last people to realize this development, which makes more sense when you consider that the news is reported and analyzed by globalization’s winners, even as the subject increasingly becomes globalization’s losers.

The rise of Trump, a candidate tapping into a deep well of resentment that both conservatives and liberals were unwilling to touch, shouldn’t have come as such a surprise. Same with the Brexit vote — why are we so shocked that a multinational and barely democratic bureaucracy would be so unloved? Again, as reporters scramble to understand what in hell is going on with the world, we’ve seen a consensus develop that Britain surely must have left the EU by accident — a thesis that’s almost wholly dependent on a limited number of anecdotes about regretful voters.

Maybe. Or maybe the European project, like so many cosmopolitan initiatives, has just produced a lot more losers than the elites, including the press, ever accounted for.

Voir également:

A Message From Trump’s America

Working-class whites have been ignored by both parties, and they’re dying from despair.

Michael Cooper Jr. | Contributor

US News

March 9, 2016

Donald Trump received 70 percent of the primary vote in Buchanan County, Virginia, and 60 percent in Martin County, Kentucky. He is strongest in Appalachia because the biggest indicator of support for Trump, according to a survey by the RAND Corporation, is agreeing with the statement, « people like me don’t have any say. »

I live in Trump’s America, where working-class whites are dying from despair. They’re dying from alcoholism, drug addiction and suicide, trying to take away the pain of a half century’s economic and cultural decline. In the foothills of Appalachia, Wilkes County, North Carolina, is second in the nation in income lost this century, where the number of manufacturing jobs decreased from 8,548 in the year 2000 to about 4,000 today, according to Stateline.



On the losing side of automation, globalization and the « rural brain drain » our community was powerless to stop furniture factories from closing down or Wal-Mart from coming in. And after decades of decline folks were too beaten down and disorganized to fight back when pharmaceutical companies flooded the area with OxyContin. As a result, Wilkes had the third highest overdose rate in America in 2007 and busted 50 meth labs in 2013. [Overdose rates dropped 69 percent by 2011 after North Carolina responded to the crisis.]

Now, I walk into the courtroom every week and see the faces of childhood friends in a town where 23 percent of the population lives in poverty and 25 percent never finished high school.

So if there are winners and losers in America, I know the losers. They lost jobs to China and Vietnam. And they’re dying younger, caught in an endless cycle of jail, drug charges and applying for disability to pay the child support bill.

They lost their influence, their dignity and their shot at the American Dream, and now they’re angry. They’re angry at Washington and Wall Street, at big corporations and big government. And they’re voting now for Donald Trump

My Republican friends are for Trump. My state representative is for Trump. People who haven’t voted in years are for Trump. He’ll win the primary here on March 15 and he will carry this county in the general.

His supporters realize he’s a joke. They do not care. They know he’s authoritarian, nationalist, almost un-American, and they love him anyway, because he disrupts a broken political process and beats establishment candidates who’ve long ignored their interests.

When you’re earning $32,000 a year and haven’t had a decent vacation in over a decade, it doesn’t matter who Trump appoints to the U.N., or if he poisons America’s standing in the world, you just want to win again, whoever the victim, whatever the price.

Trump won’t win the presidency, of course. If he’s nominated conservatives will walk out of the Cleveland convention in July and run a third ticket candidate, and there are not enough disaffected white males in Pennsylvania or Ohio to make up for the independent women who would vote for Hillary Clinton in November. But the two parties can no longer afford to ignore Trump’s America.

To win again in the Deep South and Appalachia, the Democratic Party must recall the days of Roosevelt’s New Deal and Kennedy’s New Frontier by putting people to work rebuilding America, and making college free after two years of national service.

Trump’s appeal as a strongman reveals the desire in Middle America for public action. His supporters want healthcare, like Social Security and are frustrated by the gridlock on Capitol Hill, so they must return to the days of Eisenhower, standing for conservative principles but also compromising when possible.

As productivity climbed, working-class Americans wanted their wages to rise also. Instead, Republicans gave them tax cuts for the rich while liberal Democrats called them racists and bigots.

According to the Republican Party, the biggest threat to rural America was Islamic terrorism. According to the Democratic Party it was gun violence. In reality it was prescription drug abuse and neither party noticed until it was too late.

Unlike registered independents who are socially liberal and fiscally conservative, America’s non-voters tended to be poorer, less educated citizens who are fiscally liberal and socially conservative. Neither party listened to them, let alone represented this populist center, until Trump gave them a voice.

America will survive Trump’s campaign, and the temptations of protectionism and xenophobia he offers. But in the aftermath that follows, both political parties must start prioritizing the working-class for a change. And that starts by listening to Trump’s forgotten America.

Voir encore:

The Deplorables Shout Back

Struggling rural America proved disenchanted with the country’s trajectory into something like a continental version of Belgium or the Netherlands: borderless, with a global rather than national sense of self; identity politics in lieu of unity and assimilation; a statist and ossified economy with a few winners moralizing to lots of losers—perhaps as a way of alleviating transitory guilt over their own privilege.

The full lessons of the 2016 election are still being digested (or indeed amplified), but one constant is emerging that the world outside our bi-coastal dynamic, hip, and affluent culture is not very well understood by those who lead the country.

 The Left feels that the interior is a veritable cultural wasteland of obesity, Christianists, nihilist self-destructive behavior, and evenings that shut down at dusk in desperate need of federal moral and regulatory oversight.

The doctrinaire Right advises the interior losers of globalization to hit the road in search of good jobs and take a hard look in the mirror and cure their self-inflicted pathologies. Such stereotyped pessimism about rural America are no exaggeration. Recently Bill Kristol, former editor of the Weekly Standard, seemed to dismiss the white working class as mostly played out—an apparent argument for generous immigration that was critical in replacing it: “Look, to be totally honest, if things are so bad as you say with the white, working class, don’t you want to get new Americans in?” He went onto imply that poor whites were purported lazy and spoiled in comparison to immigrant groups—a fact not born out by comparative rates of reliance on government aid programs. PBS commentator and New York Times columnist David Brooks earlier had suggested the white working classes who were voting for Trump did not exercise independent judgement, but as the less educated were just “going with their gene pool.”

The plight of the contemporary rural America in a word was not due to an epidemic of laziness or of innate genetic ineptness, but more likely the onslaught of globalism, a sort of Tolkien master ring that gave its coastal wearers enormous power to create and manage worldwide wealth, prosperity, and power, but by its very use proved corrupting to those in its midst.

As I look outside the windows of my farmhouse this morning and scan a 360-degree panorama, I can absorb globalization, its success and failures. The countryside is now devoid of farmers who used to anchor small-town life—everything from the school board to the Masonic Lodge—of the San Joaquin Valley of California. In its place is a mosaic of huge vertically-integrated corporate farms that have swallowed up the tesserae of failed small acreages and turned the land into the most productive and profitable food production units in the history of agriculture.

But who am I to look out the window at others, when the story is my own as well? All my siblings went belly up in small farming. I held on to the old homestead and a remnant 40 acres only by renting out to a superb farming corporation while earning my living from the coast. Such a strange Faustian bargain globalization proved to be: unlimited affluence for some without shared prosperity, instant electronic social media and communications without much to communicate, and hip culture without much cultural transcendence. I could assure Bill Kristol that my siblings who could not make a living when peaches went from $9 a lug to $4 and raisins crashed from $1,400 a ton to $450 were not lazy. And I would say to David Brooks that their genetic material did not preclude rational judgment.

America’s rural class was gobbled up in a variety of ways. The consolidation of agriculture, the outsourcing and automation of manufacturing, and franchising of retailing created an underclass dependent on social services and low wages. A smaller and mostly younger group got with the plan, left rural America, fled to the coasts or regional big cities, obtained the proper credentials and became successful. Some in between stayed on and went about their old ways, often confused that the familiar but often empty landscapes and infrastructure might still mean that business could go on as usual.

But the rural shakedown did not mean that our red-state interior tuned out from politics, big business, universities, government, popular culture and mass entertainment. Far from it; cable TV, the Internet, and smart phones plugged rural America into coastal culture as never before. And what fly over country saw and heard each day, it often did not like.

The Great Divides(s)

The first disconnect between coastal and interior America was the elevation of race over class—with a twist of scapegoating the losers of globalization as somehow culpable winners because of their supposed “white privilege.” Fairly or not, the lower middle classes heard a nonstop message from mostly affluent white liberals and well-off minority activists, virtue-signaling one another by blaming those far less well off as somehow beyond redemption.

So-called middle and rural America—oddly people more likely to put their children in public schools and assimilate and integrate than was the elite—grew accustomed to being insulted by Barack Obama as clingers, or by Hillary Clinton as “irredeemables” and “deplorables,” as popular culture became fixated on privileged whiteness. And that tired message soon became surreal: coastal white people with the money were liberal and accusatory; interior white people without it were conservative and thus culpable.

The villains of television and Hollywood, when not corporate conspiracists, Russian oligarchs, or South African residual Nazis, were often redneck Americans with southern drawls. The new minstrel shows were reality television’s ventures into the swamps, the seas, the forests, the Alaskan wilderness, and the empty and endless highways, where each week with condescension we saw smoking, overweight and gap-toothed fishermen, loggers, and truckers do funny and stupid things with boats, saws, and semis.

The second unwelcome message was the politicization of almost everything. Beyoncé turned her 2016 Super Bowl show, traditionally non-political entertainment, into a peaen to Black Lives Matter and the old Black Panther party. Multimillionaire Colin Kaepernick deflected attention from his own poor play on the field for the San Francisco 49ers by scapegoating America for its supposed -ologies and –isms—but of course himself did not take the trouble to vote. Hollywood actors, who make more in an hour than most do in a year, periodically finger-pointed at Middle America for its ethical shortcomings. Turn on late night talk shows or early morning chat sessions to receive the monotonous message that entertainment is properly indoctrination.

Even charity became progressive politics. The locus classicus of multimillionaire moralizing was the Clinton team: she selling influence at the State Department, he collecting the ensuing checks at the Foundation; both veneering the shake-down with left-wing moralistic preening. When Hillary lost her reins of power; Bill had no more influence to sell; the Foundation lost its reason to be, and the entire criminal enterprise was exposed for what it always was: QED.

Third, the gulf in America between concrete and abstract things widened. Banking, insurance, universities, government, social media, and programing were reflections of the work of the mind and well compensated; fabrication, construction, transportation, drilling, mining, logging and farming were still muscular, essential for the good modern life—and yet deprecated as ossified and passé. The ancient wisdom of the necessary balance between thought and deed, muscle and mind, was forgotten in the popular culture of the coasts. Yet rural America assumed it could still learn how to use iPhones, search the web, and write in Microsoft Word; but coastal America did not know a chainsaw from a snow blower. A tractor or semi might as well have been a spaceship. And those with expansive lawns soon had no idea how to mow them. That divide by 2016 posed a Euripidean question: What is wisdom and who were the real dullards, who were the real smart ones: the supposed idiots with Trump posters on their lawn who swore they were undercounted, or the sophisticated pollsters and pundits who wrote off their confidence as delusional if not pathetic?

Finally, speech, dress, and comportment bifurcated in a way not seen since the 19th century. Ashley Judd and Madonna might have thought screaming obscenities, vulgarities, and threats established their progressive fides, but to half the country they only confirmed they were both crude and talentless. What do Ben Rhodes, Pajama Boy, and Lena Dunham have in common? They all appeared to the rest of the country as arrogant, young, hip, and worldly without knowing anything of the world beyond them.

‘The Last Shall be First, and First Shall be Last’

Some object that Trumpism is pure nihilism and a vandal act rather than a constructive recalibration. Perhaps. But red-state America shouted back that if those who demanded open borders never themselves lived the consequences of open borders, then there would be no open borders. If those who proposed absolute free transfers of capital and jobs always expected others to lose money and jobs as the cost of the bargain, then there would be no such unlimited free flows. If the media were continually to stereotype and condescend to others, then they themselves would be stereotyped and talked down to.

For a brief moment in 2016, rural America shouted that the last shall be first, and first shall be last. Before we write off this retort that led to Trump as a mindless paroxysm, remember that it was not those in Toledo, Billings, Montgomery, or Red Bluff who piled up $20 trillion in collective debt, nearly destroyed the health care system, set the Middle East afire, turned the campus into Animal Farm, or transformed Hollywood into 1984-style widescreen indoctrination.

Trump was rural America’s shout back. One way or another, he will be its last. Either Trump will fail to restore prosperity and influence to the hinterland and thus even as president go the way of a flash-in-the-pan, would-be president Ross Perot—or he will succeed and thus make a like-minded successor superfluous.

Voir de plus:

The End Of Identity Politics

Victor Davis Hanson
Defining Ideas (Hoover Institution)
 

Who are we? asked the liberal social scientist Samuel Huntington over a decade ago in a well-reasoned but controversial book. Huntington feared the institutionalization of what Theodore Roosevelt a century earlier had called “hyphenated Americans.” A “hyphenated American,” Roosevelt scoffed, “is not an American at all.” And 30 years ago, another progressive stalwart and American historian Arthur Schlesinger argued in his book The Disuniting of America that identity politics were tearing apart the cohesion of the United States.

What alarmed these liberals was the long and unhappy history of racial, religious, and ethnic chauvinism, and how such tribal ties could prove far stronger than shared class affinities. Most important, they were aware that identity politics had never proved to be a stabilizing influence on any past multiracial society. Indeed, most wars of the 20th century and associated genocides had originated over racial and ethnic triumphalism, often by breakaway movements that asserted tribal separateness. Examples include the Serbian and Slavic nationalist movements in 1914 against Austria-Hungary, Hitler’s rise to power on the promise of German ethno-superiority, the tribal bloodletting in Rwanda, and the Shiite/Sunni/Kurdish conflicts in Iraq.

The United States could have gone the way of these other nations. Yet, it is one of the few successful multiracial societies in history. America has survived slavery, civil war, the Japanese-American internment, and Jim Crow—and largely because it has upheld three principles for unifying, rather than dividing, individuals.

The first concerns the Declaration of Independence and the American Constitution, which were unique documents for their time and proved transcendent across time and space. Both documents enshrined the ideal that all people were created equal and were human first, with inalienable rights from God that were protected by government. These founding principles would eventually trump innate tribal biases and prejudices to grant all citizens their basic rights.

Second, given America’s two-ocean buffer, the United States could control its own demographic destiny. Americans usually supported liberal immigration policies largely because of the country’s ability to monitor the numbers of new arrivals and the melting pot’s ability to assimilate, integrate, and intermarry immigrants, who would soon relegate their racial, religious, and ethnic affinities to secondary importance.

Finally, the United States is the most individualistic and capitalistic of the Western democracies. The nation was blessed with robust economic growth, rich natural resources, and plenty of space. It assumed that its limited government and ethos of entrepreneurialism would create enough widespread prosperity and upward mobility that affluence—or at least the shared quest for it—would create a common bond superseding superficial Old World ties based on appearance or creed.

In the late 1960s, however, these three principles took a hit. The federal government lost confidence in the notion that civil rights legislation, the melting pot, and a growing economy could unite Americans and move society in the direction of Martin Luther King Jr.’s vision—“I have a dream that my four little children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin, but by the content of their character.”

This shift from the ideal of the melting pot to the triumph of salad-bowl separatism occurred, in part, because the Democratic Party found electoral resonance in big government’s generous entitlements and social programs tailored to particular groups. By then, immigration into the United States had radically shifted and become less diverse. Rather than including states in Europe and the former British Commonwealth, most immigrants were poorer and almost exclusively hailed from the nations of Latin America, Asia, and Africa, resulting in poorer immigrants who, upon arrival, needed more government help. Another reason for the shift was the general protest culture of the Vietnam era, which led to radical changes in everything from environmental policy to sexual identity, and thus saw identity politics as another grievance against the status quo.

A half-century later, affirmative action and identity politics have created a huge diversity industry, in which millions in government, universities, and the private sector are entrusted with teaching the values of the Other and administering de facto quotas in hiring and admissions. In 2016, Hillary Clinton ran a campaign on identity politics, banking on the notion that she could reassemble various slices of the American electorate, in the fashion that Barack Obama had in 2008 and 2012, to win a majority of voters. She succeeded, as did Obama, in winning the popular vote by appealing directly to the unique identities of gays, Muslims, feminists, blacks, Latinos, and an array of other groups, but misjudged the Electoral College and so learned that a numerical majority of disparate groups does not always translate into winning key swing states.

At one point Clinton defined her notion of identity politics by describing Trump’s supporters: “You know, to just be grossly generalistic, you could put half of Trump’s supporters into what I call the basket of deplorables. Right? The racist, sexist, homophobic, xenophobic, Islamaphobic—you name it. And unfortunately there are people like that. And he has lifted them up… Now, some of those folks—they are irredeemable, but thankfully they are not America.”

***

What is the future of diversity politics after the 2016 election? Uncertain at best—and for a variety of reasons.

One, intermarriage and integration are still common. Overall, about 15 percent of all marriages each year are interracial, and the rates are highest for Asians and Latinos. Forty percent of Asian women marry men of another race—one quarter of African-American males do, as well—and over a quarter of all Latinos marry someone non-Latino.

Identity politics hinges on perceptible racial or ethnic solidarity, but citizens are increasingly a mixture of various races and do not always categorize themselves as “non-white.” Without DNA badges, it will be increasingly problematic to keep racial pedigrees straight. And sometimes the efforts to do so reach the point of caricature and inauthenticity, through exaggerated accent marks, verbal trills, voice modulations, and nomenclature hyphenation. One reason why diversity activists sound shrill is their fear that homogenization is unrelenting.

Second, the notion of even an identifiable and politically monolithic group of non-white minorities is also increasingly suspect. Cubans do not have enough in common with Mexicans to advance a united Latino front. African-Americans are suspicious of open borders that undercut entry-level job wages. Asians resent university quotas that often discount superb grades and test scores to ensure racial diversity. It is not clear that Hmong-Americans have much in common with Japanese-Americans, or that Punjabi immigrants see themselves politically akin to Chinese newcomers as fellow Asians.

Third, ethnic solidarity can cut both ways. In the 2016 elections, Trump won an overwhelming and nearly unprecedented number of working class whites in critical swing states. Many either had not voted in prior elections or had voted Democratic. The culture’s obsession with tribalism and special ethnic interests—often couched in terms of opposing “white privilege”—had alienated millions of less well-off white voters. Quietly, many thought that if ethnic activists were right that the white majority was shrinking into irrelevance, and if it was acceptable for everyone to seek solidarity through their tribal affiliations, then poor whites could also rally under the banner of their own identity politics. If such trends were to continue in a nation that is still 70 percent white, it would prove disastrous for the Democratic Party in a way never envisioned during the era of Barack Obama. Hillary Clinton discovered that Obama’s identity politics constituencies were not transferrable to herself in the same exceptional numbers, and the effort to ensure that they were often created new tribal opponents.

Fourth, it is not certain that immigration, both legal and illegal, will continue at its current near record rate, which has resulted in over 40 million immigrants now residing in America—constituting some 13 percent of the present population. Trump is likely not just to curtail illegal immigration, but also to return legal immigration to a more meritocratic, diverse, and individual basis. Were immigration to slow down and become more diverse, the formidable powers of integration and intermarriage would perhaps do to the La Raza community what it once did to the Italian-American minority after the cessation of mass immigration from Italy. There are currently no Italian-American quotas, no Italian university departments, and no predictable voting blocs.

Fifth, class is finally reemerging as a better barometer of privilege than is race—a point that Republican populists are starting to hammer home. The children of Barack Obama, for example, have far more privilege than do the sons of Appalachian coal miners—and many Asian groups already exceed American per capita income averages. When activist Michael Eric Dyson calls for blanket reparations for slavery, his argument does not resonate with an unemployed working-class youth from Kentucky, who was born more than 30 years after the emergence of affirmative action—and enjoys a fraction of Dyson’s own income, net worth, and cultural opportunities.

Finally, ideology is eroding the diversity industry. Conservative minorities and women are not considered genuine voices of the Other, given their incorrect politics. For all its emphasis on appearance, diversity is really an intolerant ideological movement that subordinates race and gender to progressive politics. It is not biology that gives authenticity to feminism, but leftwing assertions; African-American conservatives are often derided as inauthentic, not because of purported mixed racial pedigrees, but due to their unorthodox beliefs.

The 2016 election marked an earthquake in the diversity industry. It is increasingly difficult to judge who we are merely by our appearances, which means that identity politics may lose its influence. These fissures probably explain some of the ferocity of the protests we’ve seen in recent weeks. A dying lobby is fighting to hold on to its power.

Voir de même:

How Can We Get Rid of Trump?

We’re just a month into the Trump presidency, and already so many are wondering: How can we end it?

One poll from Public Policy Polling found that as many Americans — 46 percent — favor impeachment of President Trump as oppose it. Ladbrokes, the betting website, offers even odds that Trump will resign or leave office through impeachment before his term ends.

Sky Bet, another site, is taking wagers on whether Trump will be out of office by July.

There have been more than 1,000 references to “Watergate” in the news media in the last week, according to the Nexis archival site, with even some conservatives calling for Trump’s resignation or warning that he could be pushed out. Dan Rather, the former CBS News anchor who covered Watergate, says that Trump’s Russia scandal isn’t now at the level of Watergate but could become at least as big.

So let’s investigate: Is there any way out?

Trump still has significant political support, so the obstacles are gargantuan. But the cleanest and quickest way to remove a president involves Section 4 of the 25th Amendment and has never been attempted. It provides that the cabinet can, by a simple majority vote, strip the president of his powers and immediately hand power to the vice president. The catch is that the ousted president can object, and in that case Congress must approve the ouster by a two-thirds vote in each chamber, or the president regains office.

The 25th Amendment route is to be used when a president is “unable” to carry out his duties. I asked Laurence Tribe, the Harvard professor of constitutional law, whether that could mean not just physical incapacity, but also mental instability. Or, say, the taint of having secretly colluded with Russia to steal an election?

Tribe said that he believed Section 4 could be used in such a situation.

“In the unlikely event that Pence and a majority of Trump’s bizarre cabinet were to grow the spine needed to do the right thing with the process set up by that provision, we would surely be in a situation where a very large majority of the public, including a very substantial percentage of Trump’s supporters, would back if not insist upon such a move,” Tribe said. “In that circumstance, I can’t imagine Trump and his lawyers succeeding in getting the federal courts to interfere.”

The better known route is impeachment. But for now it’s hard to imagine a majority of the House voting to impeach, and even less conceivable that two-thirds of the Senate would vote to convict so that Trump would be removed. Moreover, impeachment and trial in the Senate would drag on for months, paralyzing America and leaving Trump in office with his finger on the nuclear trigger.

My take is that unless things get much worse, removal may be a liberal fantasy. Progressives thought that Trump would never win the nomination or the election. He survived the “Access Hollywood” tape and countless crises that pundits thought would doom him, so it’s not clear why Republicans would desert him now that he’s president.

Some people believe that the 2018 midterm elections will be so catastrophic for the G.O.P. that everyone will be ready to get rid of him. I’m skeptical. In the Senate, the map is disastrous for Democrats in 2018: The Republicans will be defending only eight Senate seats, while Democrats will in effect be defending 25.

So while Democrats can gnash their teeth, it’ll be up to Republicans to decide whether to force Trump out. And that won’t happen unless they see him as ruining their party as well as the nation.

“The only incentive for Republicans to act — with or without the cabinet — is the same incentive Republicans had in 1974 to insist on Nixon’s resignation,” Larry Sabato of the University of Virginia told me. “The incentive is survival.”

Trump does have one weakness, and it’s parallel to Nixon’s. Republicans in Congress were willing to oust Nixon partly because they vastly preferred his vice president, Gerald Ford — just as congressional Republicans prefer Mike Pence today.

If I were betting, I’d say we’re stuck with Trump for four years. But as Sabato says: “Lots of things about Donald Trump’s election and early presidency have been shocking. Why should it stop now?”

And what does it say about a presidency that, just one month into it, we’re already discussing whether it can be ended early?

Voir de plus:

When President Obama’s National Security Advisor Lied, The Media Laughed

It’s somewhat ironic that this email was disclosed the same day the anti-Trump universe was spinning into the stratosphere over Michael Flynn’s resignation as President Trump’s national security advisor.

 Julie Kelly

Buried deep beneath the Michael Flynn hysteria this week was Judicial Watch’s release of newly obtained State Department documents related to the Benghazi terrorist attack on September 11, 2012. One email confirms—again—that the Obama administration knew the day after the attack it was not a random act of violence stemming from an anti-Muslim video. That was the excuse shamefully propagated by top Obama administration officials (including the president himself) and swallowed whole by a media establishment desperate to help Obama win re-election six weeks later.

According to the summary of a call on September 12, 2012 between State Department Under-Secretary Patrick Kennedy and several congressional staffers, Kennedy was asked if the attack came under cover of protest: “No this was a direct breaching attack,” he answered. Kennedy also denied the attack was coordinated with the protests in Cairo over the video: “Attack in Cairo was a demonstration. There were no weapons shown or used. A few cans of spray paint.”

It’s somewhat ironic—galling?—that this email was disclosed the same day the anti-Trump universe was spinning into the stratosphere over Flynn’s resignation as President Trump’s national security advisor. It begs for a little trip down memory lane, to a kinder, gentler time when the media gave a great big pass to another national security advisor in the days after four Americans, including an ambassador, were murdered in Libya by Islamic terrorists under her watch.

Lying to Us Only Matters If We Dislike You

Fun fact: While Trump press secretary Sean Spicer fielded 55 questions on February 14 related to the Flynn debacle, Obama’s press secretary Jay Carney received only 13 questions from reporters on September 12, 2012, three of which were set-ups to blast Mitt Romney’s criticism of the administration after the attack. 55 to 13.

So as we now suffer through yet another patch of media mania, conspiracy theories, and unsubstantiated claims about how Trump hearts Russia, as well as the daily beatings endured by Spicer, let’s reminisce to when the media and Obama’s press flaks spun, deflected—even joked about golf and “Saturday Night Live!”—less than a week after Benghazi.

The day after Hillary Clinton’s deputy had that call with key Capitol Hill staffers, including advisors to senators Durbin, Feinstein, and McGaskill, to dispute the notion the attack was about an anti-Muslim video, here’s what Carney said: “I think it’s important to note with regards to that protest that there are protests taking place in different countries across the world that are responding to the movie that has circulated on the Internet. As Secretary Clinton said today, the United States government had nothing to do with this movie. We reject its message and its contents. We find it disgusting and reprehensible.”

On September 14, hours before the remains of the Benghazi victims would arrive at Andrews Air Force Base, Carney was still blaming the video. Just steps from the Oval Office, Carney opened his briefing with this: “First of all, we are obviously closely monitoring developments in the region today. You saw that following the incidents in response to this video, the president directed the administration to take a number of steps to prepare for continued unrest.”

Carney went on to mention the video/film/movie another 30 times during his briefing. He stuck with his story even after some reporters pushed back, citing other sources who said it was indeed a pre-mediated attack. One reporter said several senators admitted the “attack on Benghazi was a terrorist attack organized and carried out by terrorists, that it was premeditated, a calculated act of terror,” and asked Carney, “is there anything more you can — now that the administration is briefing senators on this, is there anything more you can tell us?”

Carney: “Again, it’s actively under investigation, both the Benghazi attack and incidents elsewhere. And my point was that we don’t have and did not have concrete evidence to suggest that this was not in reaction to the film. But we’re obviously investigating the matter…” Who cares, Sean Spicer called Justin Trudeau Joe, OMG!

Susan Rice’s Audacity of Trope

But of course nothing matches the audacity of trope by Obama’s National Security Advisor Susan Rice on September 16, 2012. Rice went on several Sunday shows to peddle a story she knew was completely phony, one that was already quickly unraveling even as most in the media and administration tried to keep it intact.

You can read most of her comments here, but Rice repeats the line that Benghazi attack was not premediated and was connected to the demonstrations in Cairo over the video (a document obtained by Judicial Watch last year shows Hillary Clinton met with Rice a few days before her television appearances). Which presidential administration is fact-challenged, again?

In a press gaggle on Air Force One the next day, guess how many times Deputy Press Secretary Josh Earnest was asked about Rice’s comments? Ten? Five? One? Not once. Let me repeat that. The day after Obama’s national security advisor was on five news programs to blame a terrorist attack on a YouTube video, not one reporter asked the White House about it. I actually had to re-read the transcripts several times, even checking the date over and over, to make sure this was accurate. Her name did not even come up.

No discussion about the investigation. No discussion about emerging evidence from around the world that Benghazi was indeed a terrorist attack. (The only time it was mentioned was when Jen Psaki criticized Mitt Romney’s comments about how the administration handled Benghazi and questioned whether he was ready for “primetime.”)

Here’s what they did discuss: Debate prep, Occupy Wall Street, and the Chicago’s teachers strike. An actual human reporter asked this: “It was a beautiful weekend for golf and he wasn’t out on the course. Is it safe to assume maybe he was doing some preparation at the White House?” WHAT? Then they joked about football and “Saturday Night Live.”

Sometimes the hypocrisy, double standard, and outright lies by the media under the Trump presidency is funny. Sometimes it is infuriating. But never was the media’s complicit sheep-like coverage more evident than it the days after Benghazi, behavior you can never imagine now. They have yet to admit their mistakes and failures, even as more evidence is revealed.

Remember that the next time you want to worry about how Trump is responsible for undermining the media’s integrity and credibility.

Voir par ailleurs:

US Election 2008: The joke is finally on Barack Obama
Have you heard the one about the presidential candidate who was once so popular that comedians were frightened to make jokes about him?

Tim Shipman in Washington
The Telegraph

09 Aug 2008

The punchline is this: the more seriously he took himself, the more Barack Obama has become a laughing matter.

Only a month ago American comedians and satirists were complaining that they found it hard to get people to laugh at the first black presidential nominee. A New Yorker cover cartoon showing him as a Muslim extremist was roundly denounced.

But growing Obama fatigue among voters after his pseudo-presidential visit to Europe and the Middle East has unleashed a wave of satirical fire, mocking Mr Obama for his apparent belief that he has the election in the bag.

Last month Jon Stewart, host of the satirical news programme The Daily Show, had to tell his audience that they were allowed to laugh at Mr Obama after a joke fell flat.

But Mr Stewart made comedic hay during the Illinois Senator’s international trip, mocking his progress through the Holy Land, where he said the candidate stopped « in Bethlehem to see the manger where he was born. »

Late night comic Jimmy Kimmel also cracked a joke at Mr Obama’s expense: « They really love Barack Obama in Germany. He’s like a rock star over there. Impressive until you realise that David Hasselhoff is also like a rock star over there. »

The jokes are important because they increasingly draw on evidence that voters are tiring of Mr Obama’s elevated opinion of himself, the wall to wall coverage of his pronouncements, and the feeling that he should concentrate on voters back home.

A writer with one of the leading comedy shows in the US, who preferred not to be named because of continuing sensitivities about how far comedians should go from some network executives, said: « We had a hard time convincing people that Obama is funny for a long time. Our audiences seemed unsure whether to laugh at him. The first black president is not a gag. But that’s changing because he’s doing more stuff that’s easy to mock and people are more familiar with him. »

Too familiar, some say. A poll last week by Pew research found 48 percent of those questioned said they had been hearing too much about the Democratic presidential candidate recently, nearly double the figure for his Republican rival John McCain.

Mr Obama has provided rich fodder for comedians looking to prick his pomposity, predicting that people would look back at his nomination as the moment « when the rise of the oceans began to slow ».

He also told Congressmen that his campaign was « the moment . . . that the world is waiting for ».

The attitude was summed up by Dana Milbank, the Washington Post’s resident political humourist, who declared: « Barack Obama has long been his party’s presumptive nominee. Now he’s becoming its presumptuous nominee. »

Mr Letterman listed top ten signs that Barack Obama is overconfident, which included « Offered Bush 20 bucks for the ‘Mission Accomplished’ banner » and « Having head measured for Mount Rushmore. »

Mr Obama is also under fire for moving politically towards the centre ground, moderating positions he had once boasted were evidence of his unique appeal.

Jay Leno, of the long-running Tonight Show, said: « Barack Obama now says he’s open to offshore oil drilling. So, apparently, when he promised change, he was talking about his mind. »

BEST OBAMA JOKES

Craig Ferguson: « Barack Obama was in Germany » today, and « he did this speech and 100,000 people showed up. There were so many Germans shouting and screaming that France…surrendered just in case. »

Jimmy Kimmel: « They really love Barack Obama in Germany. He’s like a rock star over there. Impressive until you realize that David Hasselhoff is also like a rock star over there. »

David Letterman: Signs Barack Obama Is Overconfident.

Proposed bill to change Oklahoma to ‘Oklabama.’

Offered Bush 20 bucks for the ‘Mission Accomplished’ banner.

Asked guy at Staples, ‘Which chair will work best in an oval-shaped office?’

Having head measured for Mount Rushmore.

Offered McCain a job in gift shop at Obama Presidential Library.

Jay Leno: « Of course, Obama’s supporters got him his usual birthday gifts of gold, frankincense, and myrrh. »

Jay Leno: « Obama’s people are trying to portray McCain as cranky, and McCain is trying to portray Obama as arrogant, you see. And when Obama was asked what he thought about being called arrogant, well, he said he was ‘above having to answer that question.' »

Jay Leno: « See Barack Obama on the news? He’s becoming a workout fanatic. He’s at the gym, like, twice a day, sometimes three times a day at the gym, yeah, according to his staff. Well, he has to stay in shape to do those flip-flops. »

Jay Leno: « Barack Obama back from his big European tour. Did you see him in Europe? People were cheering him, holding up signs, blowing him kisses. And that was just the American media covering the story. »

Voir par ailleurs:
Une semaine à la Maison Blanche

Première démission, rupture diplomatique, conférence de presse surréaliste : Trump en roue libre

Frédéric Autran, correspondant à New York
Libération
18 février 2017

Le président américain, visiblement éprouvé, a traversé cette semaine la première crise majeure de son mandat. Et elle vient de l’intérieur de son administration.

Samedi 11 février – Secret défense à la bougie

Tout le week-end, Donald Trump recevait le premier ministre japonais Shinzo Abe dans son club privé de Mar-a-Lago, en Floride. Samedi soir, les entrées du dîner, une salade arrosée de sauce au bleu, venaient d’être servies quand le président américain a reçu un appel : la Corée du nord venait de lancer un missile balistique de moyenne portée. La suite est stupéfiante. Plutôt que de se retirer dans une salle sécurisée, Trump et Abe ont évoqué le sujet à leur table, sur la terrasse. Faute d’éclairage suffisant, des conseillers des deux dirigeants ont éclairé des documents avec leur téléphone portable. Le tout à quelques mètres de richissimes membres du club venus, eux aussi, dîner à la bougie. Officiellement, le président américain avait été informé plus tôt, et dans une salle sécurisée, de la provocation de Pyongyang. Et les documents étalés sur la table n’étaient pas confidentiels. Les observateurs ne sont guère convaincus. Et soulignent l’hypocrisie de Donald Trump qui, tout au long de la campagne, n’a eu de cesse d’attaquer Hillary Clinton sur sa gestion chaotique des informations confidentielles.

Dimanche 12 février – «Abus de pouvoir judiciaire»

ABC, CBS, NBC, Fox News : le benjamin des hommes clés du président, Stephen Miller, a fait le tour des émissions politiques dominicales. A 31 ans, le conseiller politique de Donald Trump – dont il est aussi la «plume» – a défendu avec véhémence le décret anti-immigration du président, suspendu par la justice. «Les pouvoirs du président en ce domaine ne peuvent pas être contestés. Ce pays ne vit pas dans un régime de suprématie judiciaire», a-t-il martelé sur Fox News, criant à l’«abus de pouvoir judiciaire». Il faut dire que pour le très droitier Miller, l’échec du décret controversé est personnel. Selon plusieurs sources, il a fait partie du cercle restreint de conseillers chargés de sa rédaction. Après quelques jours de réflexion, la Maison Blanche a finalement décidé de ne pas poursuivre la bataille en justice. Au lieu de ça, un nouveau décret devrait être signé en début de semaine prochaine par Donald Trump. Un texte préparé, cette fois, par des experts et des juristes.

Lundi 13 février – Trump est-il malade ?

Le débat avait déjà fait rage lors de la campagne, poussant l’Association américaine de psychiatrie à rappeler à l’ordre ses membres. Pas question, prévenait-elle dans un communiqué, de se livrer à une quelconque analyse mentale du patient Trump. Les débuts chaotiques du nouveau président ont relancé les discussions. Lundi, une trentaine de professionnels de la santé mentale ont adressé une lettre ouverte au New York Times. «L’enjeu est trop important pour demeurer silencieux», écrivent-t-ils, dénonçant notamment «l’incapacité» du président «à tolérer des opinions différentes des siennes» et «sa profonde incapacité à faire preuve d’empathie». En conclusion, les auteurs de la lettre disent croire que «la grave instabilité émotionnelle indiquée par les discours et les actions de M. Trump le rendent incapable de servir sans risque comme président».

Mardi 14 février – La Maison Blanche en crise

Donald Trump avait sans doute rêvé d’une autre Saint-Valentin. Ce mardi, on est loin de l’ambiance mots d’amour et bouquets de fleur. C’est la crise, la grosse, à la Maison Blanche. La veille au soir, le conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, a démissionné à la demande de Donald Trump. Une première aussi tôt dans une présidence américaine. Ancien général, Flynn paie officiellement le prix de ses mensonges au vice-président Mike Pence, à qui il aurait assuré n’avoir jamais parlé des sanctions contre la Russie lors de ses conversations téléphoniques avec l’ambassadeur russe à Washington. La presse, alimentées par des fuites massives au sein des services de renseignement, révèle que cela a pourtant été le cas. Au-delà du cas Flynn, l’épineux dossier des relations troubles entre l’équipe Trump et le Kremlin refait surface. Il n’est sans doute pas prêt de disparaître.

Mercredi 15 février – Négociateur en chef

Après Theresa May, Shinzo Abe et Justin Trudeau, Donald Trump reçoit à la Maison Blanche le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu. Dans les heures précédant la rencontre, l’administration américaine fait planer le doute sur l’appui à la «solution à deux Etats» au Proche-Orient. Avec son sens du détail et son éloquence habituels, Donald Trump résume ainsi sa position : «Je regarde deux Etats ou un Etat, et j’aime la solution que les deux parties aiment. Les deux me conviennent». En une petite phrase digne d’un élève de CM1, Donald Trump balaie plusieurs décennies de diplomatie américaine. Le négociateur-en-chef est déjà au travail.

Jeudi 16 février – 77 minutes de folie

Attendue fébrilement chaque samedi soir, l’imitation de Donald Trump par Alec Baldwin au Saturday Night Live vaut son pesant de cacahuètes. Mais l’acteur américain, salué à chacun de ses performances, arrivera-t-il seulement un jour à la hauteur de l’original ? Le Donald n’est jamais aussi bon que lorsqu’il fait le show. Et jeudi après-midi, sous les dorures de la East Room de la Maison Blanche, il avait décidé de descendre dans l’arène pour se payer son ennemi favori : les médias. Pendant les 77 minutes d’une conférence de presse extrêmement tendue, débutée par un long monologue de doléances et d’auto-satisfaction, Donald Trump a rendu coup pour coup. Il a critiqué les médias «très très malhonnêtes», n’hésitant pas à demander à un journaliste de se taire, à un autre de s’asseoir. Il a promis de pourchasser les auteurs des «fuites criminelles» d’informations confidentielles et nié toute collusion avec la Russie. Au jour 28 de sa présidence (sur 1460), Donald Trump a dégoupillé. Le ton de la campagne est de retour : taper fort, mentir souvent, détourner l’attention à tout prix. Décidément, le milliardaire a bien du mal à abandonner le costume de candidat pour endosser celui de président.

A suivre Trump au jour le jour

Vendredi 17 février – Obama dans le haut du panier

En août dernier, Donald Trump avait qualifié Barack Obama de «pire président» de l’histoire américaine. Avide consommateur de médias (même s’il les déteste), Donald Trump a sans doute vu passer l’enquête réalisée par la chaîne parlementaire C-SPAN. Et il n’a sans doute pas apprécié les résultats. Selon cette étude, publiée vendredi, les historiens classent Barack Obama au douzième rang des présidents américains, la meilleure performance depuis la neuvième place de Ronald Reagan en 1988. Dans trois catégories, Obama entre dans le top 10 : «quête d’une justice égale pour tous» (3e), «autorité morale» (7e) et «gestion économique» (8e). En revanche, il se classe parmi les derniers (39e sur 44) en matière de relations avec le Congrès et termine à une très moyenne 24e place en relations internationales. A en croire cette étude, les trois meilleurs présidents de l’histoire se nomment Abraham Lincoln, George Washington et Franklin Delano Roosevelt. Vivement 2020 que Donald Trump fasse son entrée dans le classement.

Voir aussi:

Pour sa première conférence de presse, Trump fait du Trump !

VIDÉO. Le président élu, qui sera investi le 20 janvier, a répondu aux questions des journalistes. Et, comme souvent avec Donald Trump, c’était surréaliste.

Le Point.fr (avec AFP)

 11/01/2017
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Populisme: La révolution, c’est comme l’amour (The problem with economic populism is that it works – for a while)

14 février, 2017
roses-are-red-violets-are-blue-sugar-is-sweet-and-so-are-you-7tu-seras-pour-moi-unique-au-mondemacronTu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde… Le Petit Prince
Don’t cry for me Argentina The truth is I never left you … Madonna
La politique, c’est mystique. (…) C’est tout mon combat. C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne. Les médias passent du commentaire d’un point de détail mineur du programme aux pires polémiques, et ainsi de suite. (…) Comment se construit le pouvoir charismatique? C’est un mélange de choses sensibles et de choses intellectuelles. J’ai toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance, mais en même temps elle doit s’ancrer dans de l’immanence complète, de la matérialité. Je ne crois pas à la transcendance éthérée. Il faut tresser les deux, l’intelligence et la spiritualité. Sinon l’intelligence est toujours malheureuse. Sinon les gens n’éprouvent de sensations que vers les passions tristes, le ressentiment, la jalousie, etc. Il faut donner une intensité aux passions heureuses. (…) La dimension christique, je ne la renie pas ; je ne la revendique pas. Je ne cherche pas à être un prédicateur christique. Emmanuel Macron
 Tu sais, ce n’est pas marrant de vivre avec Jeanne d’Arc. Brigitte Macron
The economy, academia, immigration, and the environment could benefit from Trump’s unorthodox approach. Populism of the center (as opposed to Bernie Sanders’s socialist populism) has received a bad media rap — given that it was stained in the past by xenophobic and chauvinistic currents. Who wishes to emulate all the agendas of William Jennings Bryan, Huey Long, or Ross Perot? Yet there were some elements of Trump’s populist agenda — mostly concern for redeveloping the industrial and manufacturing base of the American heartland, and with it creating better-paying jobs for globalism’s losers — that were not only overdue but salutary for the Republican party. His idea that broad-based prosperity could diminish tribalism and racial fault lines sought to erode traditional Democratic support. Populism is certainly identified with lots of grassroots movements, from far left through the center to far right. The common tie is that ordinary voters feel estranged from an elite class in politics, government, the media, and entertainment — a phenomenon that dates from the Solonian crisis at Athens and the Gracchi of Rome to Ross Perot, the Tea Party, and Donald Trump. Often prairie-fire outrage manifests in emotional responses to existing affronts rather than carefully crafted policies designed to remedy perceived grievances. (One can remember Al Gore’s 1993 pompous but undeniable evisceration on CNN of a stuttering, ill-informed populist Ross Perot, on the NAFTA treaty.). All that said, these periodic uprisings in consensual societies are needed to disabuse an insular governing class of its sense of entitlement and privilege. The spark that ignites populist movements is not so much disparities in wealth and status (they are not always French Revolution or Bolshevik-like class-driven attempts to grab power) as rank hypocrisies: Elites condescendingly prescribe nostrums to hoi polloi, but always on the dual premise that those who are dictating will be immune from the ramifications of their own sometimes burdensome edicts, and those who are dictated to are supposedly too dense to know what is good for them. (…) We’ve already seen Trump’s anti-doctrinaire approach to jobs, trade, and the economy: his notion that the free-market in reality can often became a rhetorical construct, not a two-way street when it comes to trading blocs. Free-market purists might see the outsourcing of jobs and unbridled importation of foreign subsidized products as a way to toughen up the competitiveness of American companies and trim off their fat; but people who take this view are usually the ones who benefit from globalism and who are in little danger of having their own job downsized, eliminated, or shipped overseas. Few of us often ask whether full professors are very productive, whether op-ed writers are industrious and cogent, whether Hollywood actors are worth millions per picture, whether politicians are improving the nation’s lot, or whether journalists are disinterested and competent. Instead, we assume that because they all have well-compensated jobs, they are qualified, essential, and invaluable to the economy. If Trump avoids ruinous tariffs and subsidies for inefficient companies, then his economic populism, combined with tax and regulation reform, might spark some job creation and undermine the foundations of the Democratic party. But there are lot of applications of populist approach in other areas that need commensurate reform and that would yield political advantage. Take academia. Right now, the campus is plagued by several interrelated pathologies: staggering student debt and costs, administrative bloat (often in conjunction with the vast investment in race/class/gender politics), an increasing absence of free speech and due process, and a shallow and therapeutic curriculum that does not guarantee the indebted students even basic literacy upon graduation. (…) Immigration populism is likewise sorely needed. That debate also needs to be turned upon its head. The great loser is the very idea of diversity, when immigration is not ethnically blind, meritocratic and multiethnic and multiracial, but instead focused on political lobbying that inordinately favors Mexico and Latin America. Other losers under open borders are the citizen poor, minorities, entry-level workers, and legal immigrants: They suffer from stagnant wages brought on by the off-the-books employment of illegal aliens; their public schools are more often directly affected by the infusion of non-English speakers, and they receive less-than-stellar treatment from overtaxed social services, from the emergency rooms to the DMVs that are swamped with millions of foreign nationals. The winners are usually elite Democratic and La Raza political activists, corporations in need of inexpensive labor, and the upper middle classes who hire domestic help. The legal immigrant ends up ignored if not rendered a fool for in good faith following immigration law and naïvely expecting prompt attention, given his needed skills and prior education. Parity is a populist idea, and we certainly have been treating the lawbreaker with greater deference than the law-abider. Why does a U.S. citizen face felony indictment for identity theft or falsification of Social Security numbers, while we take such violations as simply a fact of life inherent in illegal immigration? (…) Environmental populism is also long overdue. The old noble idea of conserving our air and water purity and stopping the unsustainable exploitation of natural resources has morphed into something akin to a green version of the antebellum South’s furious opposition to internal improvements. California is the locus classicus of boutique environmentalism in which a coastal elite blocks new dams, reservoirs, and aqueducts while counting on existing water-transfer infrastructure for their own unnatural Los Angeles and Bay Area urban sprawls in areas without sufficient water supplies. Favored with balmy year-round coastal weather, West Coast greens embrace energy-pricing policies that fall heavily on others who rely on air-conditioners and heaters in far harsher climates. Fracking, horizontal drilling, reasonable mining and logging, highway construction, and low-cost affordable housing are often opposed by elite progressives, partly because their own affluence allows them the luxury of stopping the sort of development that provides jobs, income, and a more tolerable existence to distant others. Elites’ opposition also derives from an Old South sense (rising up anew in areas of zero growth and ossified infrastructure) that progress must be stopped and modern lifestyles can be frozen in amber; elites, after all, have the time and money to disengage from the so-called rat race. Victor Davis Hanson
El gobierno es la mierda, pero es el nuestro. (the government is terrible but it’s ours). Chilean workers’s slogan
Now we have our government, let’s celebrate. Chilean workers
Marxism is a revolution of production; Allende’s was a revolution of consumption. Fidel Castro
Once  in power,  and  armed  with  the above paradigm,  populist policymakers  rapidly  move  to  implement  ambitious  economic  programs  aimed  at  redistributing  income,  generating  employment,  and  accelerating  growth.  Although  each  historical  populist  episode  exhibits  some unique  features,  it  is still possible to distinguish four phases  common  to  the  vast  majority  of  experiences.  Phase  1.  -In  the  first  phase,  the  policymakers  are fully  vindicated  in  their  diagnosis and prescription:  growth  of  output,  real wages,  and employment are  high,  and  the  macroeconomic  policies  are  nothing  short  of  successful.  Controls  assure  that  inflation  is  not  a  problem,  and  shortages  are  alleviated  by  imports.  The  run-down  of  inventories and  the availability of  imports  (financed  by  reserve  decumulation  or  suspension  of  external  payments)  accommodate  the  demand expansion  with little impact on  inflation.  Phase  2.-The  economy runs  into bottlenecks,  partly  as  a result of  a strong  expansion  in  demand  for  domestic  goods,  and  partly  because  of  a  growing  lack  of  foreign  exchange. Whereas  inventory  decumulation  was  an  essential  feature  of  the  first  phase,  the  low levels of  inventories  and  inventory building  are  now  a  source  of  problems.  Price realignments  and devaluation,  exchange  control,  or  protection  become  necessary.  Inflation  increases  significantly, but  wages  keep up.  The  budget  deficit  worsens tremendously  as a result  of pervasive subsidies  on  wage  goods  and foreign exchange.  (…)  Phase  3.  -Pervasive  shortages, extreme  acceleration  of  inflation,  and  an  obvious  foreign  exchange gap  lead  to  capital  flight and  demonetization  of  the  economy.  The  budget  deficit  deteriorates  violently  because  of  a steep decline  in  tax  collection  and  increasing  subsidy  costs.  The  government  attempts  to  stabilize  by  cutting  subsidies and  by  a real  depreciation.  Real wages  fall massively,  and policies  become  unstable.  It  becomes  clear that  the  government  is  in  a desperate situation. Phase  4.  -Orthodox  stabilization  takes  over  under  a  new  government.  More  often  than  not,  an  IMF  program  will  be  enacted;  and,  when  everything  is said and  done,  the real  wage will have  declined  massively,  to  a level significantly  lower than  when  the whole episode began.  Moreover, that  decline  will  be  very  persistent,  because the politics  and  economics  of  the  experience  will  have  depressed investment  and  promoted capital flight. The extremity  of  real  wage  declines  is  due  to  a  simple  fact:  capital is  mobile across  borders,  but  labor  is not.  Capital can  flee from  poor  policies, labor is trapped.  The  ultimate dismantling is often accompanied  by  major  political change,  including  violent  overthrow  of  the  government. Rudiger Dornbusch and Sebastian Edwards
There can be no disagreement that Latin Americans have been the longest and best practitioners of economic populism. In the twentieth century, Perón and Vargas, plus Alan García in Perú (at least during his first term), Daniel Ortega in Nicaragua and Salvador Allende in Chile, and many others, engaged in trade protectionism, ran large budget deficits, overheated their economies, allowed inflation to rise, and eventually suffered currency crises. In recent years, Hugo Chávez and Nicolás Maduro of Venezuela took these policies to new lows. (…) Populist policies are called that because they are popular. And they are popular because they work – at least for a while. A sizeable fiscal stimulus in a sluggish economy produces a pickup in growth and job creation. If financial markets turn bullish (as they often do), the exchange rate appreciates, quelling nascent inflationary pressures and making it cheaper to import. And, as Argentine economist and Columbia University professor Guillermo Calvo has long argued, precisely because they are unsustainable, populist policies cause people to shift spending from the uncertain future to the present, when the going is good. This reinforces the expansionary impact of the stimulus, which is particularly strong under fixed exchange rates. (…) With consumption, credit, and employment booming and asset prices sky-high, a warm and fuzzy feeling of prosperity permeates society. Populist leaders feel vindicated, and they are not shy about claiming credit. Their approval rating can only go up – and it does. Soon, teetotalers begin to warn that debt is accumulating too quickly, credit quality is deteriorating, inflationary pressures are incubating, and an overvalued exchange rate is doing lasting harm to exporters. But the music is too loud and the dancing too lively, so no one listens to the warnings. How long can the party go on? One thing we know from the Latin American episodes is that the answer depends, first of all, on initial conditions. (…) Anti-populists in the US, the UK, and elsewhere must come to terms with the reality that bad policies pay off, both economically and politically, long before they become toxic. Yes, the excessive private and public debt, the loss of export capacity, and the weakening of institutions harm the economy (and the polity) – but only in the long run. If critics do not understand that and act accordingly, populists will have as long (and destructive) a run in the rich countries as they once had in Latin America. Andrés Velasco

En cette Sainte Valentin où la planète entière célèbre l’amour  …

Et de Trump et Marine à Macron et Hamon, la redécouverte enchantée et quasi-christique du peuple …

Qui veut casser l’ambiance avec ces esprits chagrins et des empêcheurs de tourner en rond d’économistes …

Qui comme l’ancien ministre des finances chilien Andrés Velasco ou le Polono-américain Paul Rosenstein-Rodan …

Nous embêtent avec les expériences passées, de Peron à Allende, des champions historiques du populisme ?

Qui veut entendre que le problème du populisme éonomique, c’est que pendant un temps ça marche …

Ou que comme pour l’amour, il est toujours unique, on ne peut apprendre des erreurs des autres ?

How Economic Populism Works
Andrés Velasco, a former finance minister of Chile
How Economic Populism Works
Project Syndicate
Feb. 7, 2017

SANTIAGO – Now that populists are coming to power in the West, a conflict over the intellectual ownership of their approach is brewing. Writers like John Judis claim that nineteenth-century Americans invented political populism, with its anti-elitist stance and inflammatory rhetoric. Argentines, who gave the world über-populist Juan Domingo Perón, or Brazilians, who brought us Getúlio Vargas, might beg to differ.

Yet there can be no disagreement that Latin Americans have been the longest and best practitioners of economic populism. In the twentieth century, Perón and Vargas, plus Alan García in Perú (at least during his first term), Daniel Ortega in Nicaragua and Salvador Allende in Chile, and many others, engaged in trade protectionism, ran large budget deficits, overheated their economies, allowed inflation to rise, and eventually suffered currency crises. In recent years, Hugo Chávez and Nicolás Maduro of Venezuela took these policies to new lows.

What should the rich world, now undergoing its own bout of economic populism, learn from Latin America’s experience?

Make no mistake: judging by the track record of its establishment pundits, the rich world needs some lessons. In Britain, Brexit opponents insisted that if voters decided to leave the European Union, a recession, if not a full-blown economic crisis, would be inevitable. After the referendum, the pound depreciated some, but nothing much else happened. Today, the British economy continues to grow.

In the United States, academic economists repeatedly warned that Trump’s economic plans were little short of lunacy, and in the aftermath of his shocking election victory, some prophesied immediate economic catastrophe. Since then, the stock market has reached record heights, commodity prices have recovered, and forecasts of US economic growth keep rising.

Have the pundits been smoking something? Or have Trump and pro-Brexit leader Nigel Farage abrogated the principles of introductory macroeconomics?

Nothing of the sort. But to understand the effects of populist policies, one must first understand their logic. In a classic paper, Sebastian Edwards of UCLA and the late Rudiger Dornbusch of MIT define economic populism as “an approach to economics that emphasizes growth and income redistribution and deemphasizes the risks of inflation and deficit finance, external constraints, and the reaction of economic agents to aggressive nonmarket policies.” They add that populist approaches “do ultimately fail,” not because conservative economics is better, but as “the result of unsustainable policies.”

“Ultimately” can be a very long time. Populist policies are called that because they are popular. And they are popular because they work – at least for a while.

A sizeable fiscal stimulus in a sluggish economy produces a pickup in growth and job creation. If financial markets turn bullish (as they often do), the exchange rate appreciates, quelling nascent inflationary pressures and making it cheaper to import. And, as Argentine economist and Columbia University professor Guillermo Calvo has long argued, precisely because they are unsustainable, populist policies cause people to shift spending from the uncertain future to the present, when the going is good. This reinforces the expansionary impact of the stimulus, which is particularly strong under fixed exchange rates. So, eurozone countries: beware!

With consumption, credit, and employment booming and asset prices sky-high, a warm and fuzzy feeling of prosperity permeates society. Populist leaders feel vindicated, and they are not shy about claiming credit. Their approval rating can only go up – and it does.

Soon, teetotalers begin to warn that debt is accumulating too quickly, credit quality is deteriorating, inflationary pressures are incubating, and an overvalued exchange rate is doing lasting harm to exporters. But the music is too loud and the dancing too lively, so no one listens to the warnings.

How long can the party go on? One thing we know from the Latin American episodes is that the answer depends, first of all, on initial conditions. Most industrial economies have grown little since the financial crisis. Deflation, not inflation, has been the problem.

Yes, the unemployment rate has dropped considerably in the US. But after so many shocks and so much technological change over the last decade, there is considerable uncertainty about how much unused capacity remains and where the non-accelerating inflation rate of unemployment (NAIRU) lies. It could well be that the likes of Trump find that they can stimulate the economy for quite a while before obvious imbalances emerge.

The other thing we have learned is that debt, both public and private, does become a constraint. But when and how depends crucially on what kind of debt it is. Today, advanced economies borrow in their own currencies at near-zero (and sometimes negative) interest rates. Even if the starting point is a high debt-to-GDP ratio, it can be a long time before growing debt triggers an emergency. Just ask the Japanese.

What happens when financial markets finally get cold feet and stop lending? Well, as the Nobel laureate economist Paul Krugman was at pains to demonstrate in a recent paper, an economy with flexible exchange rates and debt denominated in domestic currency will expand, not contract, in response to a foreign deleveraging shock. (Of course, Krugman was arguing for fiscal expansion under a Democratic president, but the point still stands.) Not even then do you get an immediate crisis.

In 1953, Perón sent a message to Chilean president Carlos Ibáñez, a fellow army general. “My dear friend: give the people, especially the workers, all that is possible,” he wrote. “There is nothing more elastic than the economy, which everyone fears so much because no one understands it.” Trump, should he come to think about it, might stumble to the same conclusion.

Anti-populists in the US, the UK, and elsewhere must come to terms with the reality that bad policies pay off, both economically and politically, long before they become toxic. Yes, the excessive private and public debt, the loss of export capacity, and the weakening of institutions harm the economy (and the polity) – but only in the long run. If critics do not understand that and act accordingly, populists will have as long (and destructive) a run in the rich countries as they once had in Latin America.

Voir aussi:

Postscript

Paul N. Rosenstein‐Rodan

The New York Times
June 16, 1974

Paul N. Rosenstein‐Rodan has been adviser on development to the governments of Italy and India, as well as to that of Eduardo Frei in Chile. He is Director of the Center for Latin American Development Studies at Roston University. This article is in part a summary of two lectures he, gave at the Center, and published in Challenge, a magazine of economic affairs.

The death of Salvador Allende was a three‐fold tragedy. It was a tragedy because it has been taken as a breakdown of socialism, and socialism is a great, perhaps the greatest, ideal of this century. It was a tragedy because it has been taken as proof that socialism and democracy are incompatible, that only a dictatorship can impose socialism, but the Chilean experience offers no proof of that. And it was the personal tragedy of a man whose hopes and dreams had been shattered, ending in suicide or murder.

Salvador Allende died not because he was a socialist, but because he was an incompetent. After he took office, he accomplished a major redistribution of income that dramatically increased demand, but he did nothing to increase production to satisfy that demand. Instead, he printed money. A breakdown was inevitable, and the resulting inflation not only destroyed the income redistribution that had taken place, but lowered real wages below the level of 1970.

The election of a Marxist president signaled a decisive move to the left in Chile, but the events surrounding the erection must be put in historical perspective, Chile is potitically the most developed country in Latin America. It has evolved a form of parliamentary democracy, an efficient and independent civil, service, a substantial middle class, and a lively labor movement. It also has the good educetion system required for modern development. Moreover, there are ample natural resources and enough good land to assure an adequate food supply and, if properly managed, even some agricultural surplus for export.

What distinguishes Chile, however, is not only a vocation for freedom and respect for the law, but also a growing stratification of social forces: army, church, trade unions and the student movement. Since 1920, there has been a continuous historical trend—accelerated in 1964 by the Frei Government—toward increasing diversification of Chilean society and a corresponding change in political power. Participation increased rapidly. In 1958, 850,000 persons voted in the presidential election; by 1970, the number of voters had risen to about 3 million. Growing participation was accompanied by a movement toward the left and the increasing polarization of political groups.

In the first year following Mr. Allende’s election there was great division. Twenty per cent of the people were in a state of revolutionary euphoria; 10 to 20 per cent experienced a spasm of violent (un‐Chilean) hatred; and the remaining 60 per, cent seemed paralyzed by shock. The middle and upper classes lived in a fin de siècle mood: tomorrow we die. Instead of saving, everybody spent. One had to phone to find a seat in a luxury restaurant. Santiago almost became a swinging town whose ambience was reminiscent of the unreal atmosphere that pervaded Vienna the midst of the despair and doom of the 1920s. During the first few weeks there was a run on the banks, a flight of capital, and an emigration of many technicians.

The panic subsided gradually and the Allende economic program began. It consisted of a short‐run policy, which was Keynesian, and a long‐run policy of transition to socialism, which was vaguely Marxian. The short‐run program had three objectives: a substantial redistribution of income, full employment, and stabilization of prices. There was a recession in Chile in 1969–70, with some unemployment and considerable unused capacity. The Keynesian policy assumed that by raising wages substantially (they were raised on the average of 50 per cent), the increased demand would lead to the absorption of excess capacity and the recovery would therefore be, in a way, self‐financed. According to the plan, the main actors of the Allendista demonology—the imperialists and the landowners—were to be properly squeezed and eviscerated. Money, considered only a bourgeois veil, was increased at an unprecedented pace of 10 per cent per month and price controls were imposed.

After a considerable redistribution of income, the increased purchasing power indeed led to a great increase demand, and to an increase in production and employment which, if it could have been sustained, would have made the first year of Allende Government an economic triumph. Industrial production was increasing at a rate of 11 to 12 per cent. Unemployment, in spite of the fall in private investment, was almost halved, and economic well‐being undoubtedly improved.

It is not only obvious now, but should have been then, that this desirable state of affairs could not possibly have been sustained. Excess capacity in industry may have been 30 per cent, but it was not equally distributed among the goods for which demand was increasing. Moreover, there certainly was no excess capacity in agriculture, and radical measures of agrarian reform, whatever the long‐run structural effects, were more likely to reduce than to increase ?? production. Thus food imports had to be more than doubled. Many of the supplies necessary for the production of other goods were scarce and also had to be imported. The Government paid for these imports with the $400‐million in foreign exchange reserves it had inherited.

The squeeze and reduction of profit in private enterprise led to decapitalization in the private sector and a fall private investment. The redistribution of income to the lower income classes was not accompanied by any measure designed to increase the savings of the workers, which would have provided funds for investment. Last but not least, the price policy of public enterprises and of enterprises nationalized under the Allende Government kept prices low, vastly reducing investment funds in the public sector. Output and employment increased, but investment fell by per cent in 1971.

Fidel Castro correctly pointed out that “Marxism is a revolution of production; Allende’s was a revolution of consumption.” During his first year, Mr. Allende won the battle of consumption but lost the war by not fighting the battle of production.

Production was also hindered by the nationalizations. Under Mr. Allende, the nationalization of Chilean enterprises proceeded partly by buying up all the banks (paying for them and for subsequent expropriations with freshly issued money), partly by nationalizing big industrial enterprises, and partly by invoking a 1932 law which allowed the government to take over an enterprise whenever a strike or a breakdown would be against the public interest.

Taking over the banks is not the main point, Whether not it is a nationalized banking system does not matter half as much as what that banking system is made to do. The nationalization of the banks enabled Mr. Allende prescribe credit irrespective of credit worthiness—or any other consideration, A policy that directed the banks to operate efficiently would have had a completely different outcome.

The Flight of the Experts

The question of compensation is complex. For example, copper is Chile’s main source of foreign exchange. Had the Allende Government promised adequate compensation for nationalization of the copper mines, Chile would have been able to run the mines more efficiently and to open new mines. It was a matter of just a few people: the emigration of two dozen experts meant that the plans to expand production were never implemented. These experts, most of whom were Chilean, are now employed in Australia and elsewhere by the same companies they worked for in Chile. The international experts later brought into Chile from Russia and Japan were unfamiliar with Andean conditions, and their advice was useless.

Adequate compensation to the multinationals could have been something like an annual payment over forty years at a 3 per cent rate of interest. Or the payment could have been in newly issued bonds. In either case, this sort of settlement amounts to a confiscation of 30 to 50 per cent, an amount which is internationally acceptable.

Expropriation of the copper mines reduced Chile’s major source of foreign exchange but, even more important, expropriation resulted in less production.

The case of agriculture is also instructive. Chilean agriculture was characterized by the conventional inequality: a small percentage of large units controlled a high percentage of cultivation. But there were two types of large landholdings: those that were intensively cultivated and those that were not. In the first case, redistribution may have had socially positive effects, but the impact on production was negative. Under Eduardo Frei, agrarian reform was based on a productivity principle which forced the redistribution of land not intensively cultivated. That kind of reform should have a beneficial effect on production. For example, under the normal sharecropper’s agreement, the tenant pays rent equal to 40 to 50 per cent of the crop. It does not pay the tenant to cultivate more intensively—to invest in fertilizers, insecticides, or tractors—because half the increased product then has to be paid to the landlord; but it does not pay the landlord (often an absentee) either, because half his investment returns will go to the tenant.

Under Mr. Allende’s program, holdings above 250 acres were to be expropriated. For those farms already intensively cultivated, the effect on production was negative. Even this type of reform, if properly managed, could have been positive on balance. But seizures were completely haphazard, and many were illegal, and the effect of the uncertainty on production was enormous.

In the mining sector; nationalization was a popular and emotional issue. But viewed functionally, the Allende program was a disaster not only because Chile could not open new mines but because production broke down in the old mines. President Allende’s Government failed to induce labor discipline. The very same workers who loyallydemonstrated with slogans of “El gobierno es la mierda, pero es el nuestro” (the government is terrible but it’s ours) said: “Now we have our government, let’s celebrate.” On Mondays absenteeism ran 20 per cent. Thus the nationalizations failed in part because of the labor movement. The trade union mentality in Chile (and elsewhere) is not concerned with an equitable income distribution within the working class. The average wage of the copper miners in Chile was three and a half times the average for all workers. Nonetheless, they were the first to strike for a wage hike.

If after the first or even the second year, Mr. Allende had said: “We have established the basis of social justice and we are building a new socialist society; the coming year must be a year of consolidation,” he could have saved the situation. Lenin was not bourgeois, yet he proclaimed the New Economic Policy (N.E.P.) in Russia. Something similar was needed in Chile, but it didn’t happen. The economy slowed to It standstill and then lost ground. Queues formed. Workers took off to stand in the queue; half of what they got, they sold in the black market — and their profit was more than a day’s wages. There was a complete breakdown of labor discipline. Inflation reached one per cent a day.

Beginning of the End

The collapse came with the truckers’ strike. Those drivers employed by large firms had benefited from Mr. Allende’s initial reforms, but many of the truckers were small, selfemployed entrepreneurs. The strike began as a normal collective bargaining dispute, but rapidly acquired a political tone. The lower middle class was entering into a revolutionary euphoria of its own. The truckers wanted guarantees that the expropriations would not be applied to them. Eventually, their goal became President Allende’s resignation.

It was not just the lack of adequate planning or the inefficiencies of democratic Marxism that “caused Mr. Allende’s downfall. It was also his personal leadership. Being a revolutionary is like being in love. The characteristic of people. in love is that they do not believe that anybody else in their lifetime has also been in love. So they do not learn from other people’s mistakes and repeat all the same errors. This was eminently true of Mr. Allende and may now be true of the junta generals.

By August 1973, Mr. Allende’s power was gone. My estimate is that had a plebiscite been held then, at least 60 per cent would have voted for a new government. The people. almost wished for a military coup.

Despite the excesses of the Chilean generals—and there is reason tol fear these days for the state of human rights in Chile—I still suspect that their concept of the ideal leader is not Mussolini or Franco but de Gaulle. They have all read the memoirs of de Gaulle, they know what he did for France in the 1950s, and they admire him. Fundamentally, however, the Chilean generals (unlike the Peruvian or Brazilian ones) never planned to govern the country permanently. They are critical of the shortcomings of their society (both under Mr. Allende and before) but have no clear, positive ideas of what to do about it.

Voir enfin:

The Uses of Populism

Victor Davis Hanson

National Review

The economy, academia, immigration, and the environment could benefit from Trump’s unorthodox approach.

Populism of the center (as opposed to Bernie Sanders’s socialist populism) has received a bad media rap — given that it was stained in the past by xenophobic and chauvinistic currents. Who wishes to emulate all the agendas of William Jennings Bryan, Huey Long, or Ross Perot? Yet there were some elements of Trump’s populist agenda — mostly concern for redeveloping the industrial and manufacturing base of the American heartland, and with it creating better-paying jobs for globalism’s losers — that were not only overdue but salutary for the Republican party. His idea that broad-based prosperity could diminish tribalism and racial fault lines sought to erode traditional Democratic support.

Populism is certainly identified with lots of grassroots movements, from far left through the center to far right. The common tie is that ordinary voters feel estranged from an elite class in politics, government, the media, and entertainment — a phenomenon that dates from the Solonian crisis at Athens and the Gracchi of Rome to Ross Perot, the Tea Party, and Donald Trump.

Often prairie-fire outrage manifests in emotional responses to existing affronts rather than carefully crafted policies designed to remedy perceived grievances. (One can remember Al Gore’s 1993 pompous but undeniable evisceration on CNN of a stuttering, ill-informed populist Ross Perot, on the NAFTA treaty.).

All that said, these periodic uprisings in consensual societies are needed to disabuse an insular governing class of its sense of entitlement and privilege.

The spark that ignites populist movements is not so much disparities in wealth and status (they are not always French Revolution or Bolshevik-like class-driven attempts to grab power) as rank hypocrisies: Elites condescendingly prescribe nostrums to hoi polloi, but always on the dual premise that those who are dictating will be immune from the ramifications of their own sometimes burdensome edicts, and those who are dictated to are supposedly too dense to know what is good for them. (Think Steven Chu, the former energy secretary, who either did not commute by car or had a short drive to work, while he hoped that gas prices for the nation’s clueless drivers might climb to European levels of $9–$10 a gallon.)

We’ve already seen Trump’s anti-doctrinaire approach to jobs, trade, and the economy: his notion that the free-market in reality can often became a rhetorical construct, not a two-way street when it comes to trading blocs. Free-market purists might see the outsourcing of jobs and unbridled importation of foreign subsidized products as a way to toughen up the competitiveness of American companies and trim off their fat; but people who take this view are usually the ones who benefit from globalism and who are in little danger of having their own job downsized, eliminated, or shipped overseas. Few of us often ask whether full professors are very productive, whether op-ed writers are industrious and cogent, whether Hollywood actors are worth millions per picture, whether politicians are improving the nation’s lot, or whether journalists are disinterested and competent. Instead, we assume that because they all have well-compensated jobs, they are qualified, essential, and invaluable to the economy.

If Trump avoids ruinous tariffs and subsidies for inefficient companies, then his economic populism, combined with tax and regulation reform, might spark some job creation and undermine the foundations of the Democratic party. But there are lot of applications of populist approach in other areas that need commensurate reform and that would yield political advantage. Take academia. Right now, the campus is plagued by several interrelated pathologies: staggering student debt and costs, administrative bloat (often in conjunction with the vast investment in race/class/gender politics), an increasing absence of free speech and due process, and a shallow and therapeutic curriculum that does not guarantee the indebted students even basic literacy upon graduation.

Trump could announce that he was returning academic emphases away from administrators and professors to the student. That might entail reconfiguring student loans by calibrating them to cost containment on the part of universities (make ineligible for loans any institution whose costs increased beyond the rate of inflation). Truth-in-lending statements would provide students with a breakdown of university income and outlay. Trump could cap tax-free donations to university endowments above $1 billion and provide entering students with estimates of their approximate debt incurred upon graduation, the costs of serving that debt, and the employment prospects of particular majors.

The Department of Education might ensure students due process in all campus investigations as a requirement for reception of federal funds. A national exit test would reassure employers of the value of a bachelor’s degree. (If it’s acceptable for colleges to demand test scores upon entry, why not similarly quantify students’ investments upon graduation?) And the substitution of an academic master’s degree for a teaching credential in K–12 public schools would help shift emphasis from ideology to competency in the classroom. Finally, part-time and graduate-student instruction would conform to labor laws outside of campus, to avoid the present illiberal practices of often paying quite different compensation for identical work and preparation. The Left would mostly oppose all such measures because its current prime interest is the political support of the existing university — mostly its faculty and administration — not in improving the institution to enhance students’ cost-effective education.

Immigration populism is likewise sorely needed. That debate also needs to be turned upon its head. The great loser is the very idea of diversity, when immigration is not ethnically blind, meritocratic and multiethnic and multiracial, but instead focused on political lobbying that inordinately favors Mexico and Latin America. Other losers under open borders are the citizen poor, minorities, entry-level workers, and legal immigrants: They suffer from stagnant wages brought on by the off-the-books employment of illegal aliens; their public schools are more often directly affected by the infusion of non-English speakers, and they receive less-than-stellar treatment from overtaxed social services, from the emergency rooms to the DMVs that are swamped with millions of foreign nationals. The winners are usually elite Democratic and La Raza political activists, corporations in need of inexpensive labor, and the upper middle classes who hire domestic help.

The legal immigrant ends up ignored if not rendered a fool for in good faith following immigration law and naïvely expecting prompt attention, given his needed skills and prior education. Parity is a populist idea, and we certainly have been treating the lawbreaker with greater deference than the law-abider. Why does a U.S. citizen face felony indictment for identity theft or falsification of Social Security numbers, while we take such violations as simply a fact of life inherent in illegal immigration?

(Note: Trump’s biggest obstacle in deporting illegal aliens who have violated the law will be the Left’s pushback that driving under the influence, assuming fake identities, filing false Social Security numbers, and lying on government affidavits about social-service eligibility are serious crimes only for citizens, but not necessarily for illegal immigrants, or at least not serious enough to warrant their deportation.)

Environmental populism is also long overdue. The old noble idea of conserving our air and water purity and stopping the unsustainable exploitation of natural resources has morphed into something akin to a green version of the antebellum South’s furious opposition to internal improvements. California is the locus classicus of boutique environmentalism in which a coastal elite blocks new dams, reservoirs, and aqueducts while counting on existing water-transfer infrastructure for their own unnatural Los Angeles and Bay Area urban sprawls in areas without sufficient water supplies. Favored with balmy year-round coastal weather, West Coast greens embrace energy-pricing policies that fall heavily on others who rely on air-conditioners and heaters in far harsher climates.

Fracking, horizontal drilling, reasonable mining and logging, highway construction, and low-cost affordable housing are often opposed by elite progressives, partly because their own affluence allows them the luxury of stopping the sort of development that provides jobs, income, and a more tolerable existence to distant others. Elites’ opposition also derives from an Old South sense (rising up anew in areas of zero growth and ossified infrastructure) that progress must be stopped and modern lifestyles can be frozen in amber; elites, after all, have the time and money to disengage from the so-called rat race.

We are witnessing a great populist experiment on the part of Trump: Will his unorthodox grassroots approaches to existential challenges finally expose the progressive movement as one mostly fueled by elite concerns, as Republicans hold their noses and piggyback on his electoral inroads?

At this juncture, Trump’s populist fixation on jobs and trade has befuddled his enemies and offered new areas of populist agendas for his allies. But no one knows to what degree Trump’s personal excesses fuel his populist appeal — or whether they eventually will undermine his own agendas.


Présidence Trump: Attention, un fascisme peut en cacher un autre (Behind the Left’s constant crying wolf, Trump’s actions are largely an extension of prior temporary policies and a long-overdue return to sanity)

14 février, 2017
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Les fascistes de demain s’appelleront eux-mêmes antifascistes. Churchill
Normally intercepts of U.S. officials and citizens are some of the most tightly held government secrets. This is for good reason. Selectively disclosing details of private conversations monitored by the FBI or NSA gives the permanent state the power to destroy reputations from the cloak of anonymity. This is what police states do. (…) Flynn was a fat target for the national security state. He has cultivated a reputation as a reformer and a fierce critic of the intelligence community leaders he once served with when he was the director the Defense Intelligence Agency under President Barack Obama. Flynn was working to reform the intelligence-industrial complex, something that threatened the bureaucratic prerogatives of his rivals. He was also a fat target for Democrats. Remember Flynn’s breakout national moment last summer was when he joined the crowd at the Republican National Convention from the dais calling for Hillary Clinton to be jailed. In normal times, the idea that U.S. officials entrusted with our most sensitive secrets would selectively disclose them to undermine the White House would alarm those worried about creeping authoritarianism. Imagine if intercepts of a call between Obama’s incoming national security adviser and Iran’s foreign minister leaked to the press before the nuclear negotiations began? The howls of indignation would be deafening. In the end, it was Trump’s decision to cut Flynn loose. In doing this he caved in to his political and bureaucratic opposition. Nunes told me Monday night that this will not end well. « First it’s Flynn, next it will be Kellyanne Conway, then it will be Steve Bannon, then it will be Reince Priebus, » he said. Put another way, Flynn is only the appetizer. Trump is the entree. Eli Lake
There does appear to be a well orchestrated effort to attack Flynn and others in the administration. From the leaking of phone calls between the president and foreign leaders to what appears to be high-level FISA Court information, to the leaking of American citizens being denied security clearances, it looks like a pattern. Devin Nunes (House Permanent Select Committee on Intelligence)
The United States is much better off without Michael Flynn serving as national security adviser. But no one should be cheering the way he was brought down. The whole episode is evidence of the precipitous and ongoing collapse of America’s democratic institutions — not a sign of their resiliency. Flynn’s ouster was a soft coup (or political assassination) engineered by anonymous intelligence community bureaucrats. The results might be salutary, but this isn’t the way a liberal democracy is supposed to function. Unelected intelligence analysts work for the president, not the other way around. Far too many Trump critics appear not to care that these intelligence agents leaked highly sensitive information to the press — mostly because Trump critics are pleased with the result. « Finally, » they say, « someone took a stand to expose collusion between the Russians and a senior aide to the president! » It is indeed important that someone took such a stand. But it matters greatly who that someone is and how they take their stand. Members of the unelected, unaccountable intelligence community are not the right someone, especially when they target a senior aide to the president by leaking anonymously to newspapers the content of classified phone intercepts, where the unverified, unsubstantiated information can inflict politically fatal damage almost instantaneously. President Trump was roundly mocked among liberals for that tweet. But he is, in many ways, correct. These leaks are an enormous problem. And in a less polarized context, they would be recognized immediately for what they clearly are: an effort to manipulate public opinion for the sake of achieving a desired political outcome. It’s weaponized spin. But no matter what Flynn did, it is simply not the role of the deep state to target a man working in one of the political branches of the government by dishing to reporters about information it has gathered clandestinely. It is the role of elected members of Congress to conduct public investigations of alleged wrongdoing by public officials. In a liberal democracy, how things happen is often as important as what happens. Procedures matter. So do rules and public accountability. The chaotic, dysfunctional Trump White House is placing the entire system under enormous strain. That’s bad. But the answer isn’t to counter it with equally irregular acts of sabotage — or with a disinformation campaign waged by nameless civil servants toiling away in the surveillance state. Those cheering the deep state torpedoing of Flynn are saying, in effect, that a police state is perfectly fine so long as it helps to bring down Trump. It is the role of Congress to investigate the president and those who work for him. If Congress resists doing its duty, out of a mixture of self-interest and cowardice, the American people have no choice but to try and hold the government’s feet to the fire, demanding action with phone calls, protests, and, ultimately, votes. That is a democratic response to the failure of democracy. Sitting back and letting shadowy, unaccountable agents of espionage do the job for us simply isn’t an acceptable alternative. Down that path lies the end of democracy in America. Damon Linker
The model of the imperial Obama presidency is the greater fear. Over the last eight years, Obama has transformed the powers of presidency in a way not seen in decades. Obama, as he promised with his pen and phone, bypassed the House and Senate to virtually open the border with Mexico. He largely ceased deportations of undocumented immigrants. He issued executive-order amnesties. And he allowed entire cities to be exempt from federal immigration law. The press said nothing about this extraordinary overreach of presidential power, mainly because these largely illegal means were used to achieve the progressive ends favored by many journalists. The Senate used to ratify treaties. In the past, a president could not unilaterally approve the Treaty of Versailles, enroll the United States in the League of Nations, fight in Vietnam or Iraq without congressional authorization, change existing laws by non-enforcement, or rewrite bankruptcy laws. Not now. Obama set a precedent that he did not need Senate ratification to make a landmark treaty with Iran on nuclear enrichment. He picked and chose which elements of the Affordable Care Act would be enforced — predicated on his 2012 reelection efforts. Rebuffed by Congress, Obama is now slowly shutting down the Guantanamo Bay detention center by insidiously having inmates sent to other countries (…) One reason Americans are scared about the next president is that they should be. In 2017, a President Trump or a President Clinton will be able to do almost anything he or she wishes without much oversight — thanks to the precedent of Obama’s overreach, abetted by a lapdog press that forgot that the ends never justify the means. Victor Davis Hanson
Key to the strategy of change is to remind citizens that the present action is a corrective of past extremism, a move to the center not to the opposite pole, and must be understood as reluctantly reactive, not gratuitously revolutionary. Such forethought is not a sign of timidity or backtracking, but rather the catalyst necessary to make change even more rapid and effective. Take Trump’s immigration stay. In large part, it was an extension of prior temporary policies enacted by both Presidents Bush and Obama. It was also a proper correction of Trump’s own unwise and ill-fated campaign pledge to temporarily ban Muslims rather than take a pause to vet all immigrants from war-torn nations in the Middle East. Who would oppose such a temporary halt? Obviously Democrats, on the principle that the issue might gain political traction so that they could tar Trump as an uncouth racist and xenophobe, and in general as reckless, incompetent, and confused. Obviously, the Left in general sees almost any restriction on immigration as antithetical to its larger project of a borderless society run by elites such as themselves. Obviously Republican establishmentarians fear any media meme suggesting that they are complicit in an illiberal enterprise. Perhaps the Trump plan was, first, to ensure that radical Islamist terrorists and their sympathizers do not enter the U.S., as they so often enter Europe; second, to send a message to the international community that entry into the country is a privilege not an entitlement; and, third, symbolically to reassert the powers of assimilation, integration, and intermarriage as we slow and refine legal immigration. (The U.S. currently has about 40 million foreign-born residents, or a near record 14 percent of the population; one in four Californians was not born in the United States.) (…) Take the wall with Mexico and the campaign promise to make “Mexico pay.” (…) The aim again is to remind the country that the action is a reaction to past excess and extremism. To take another example, if we are going to get into a minor tiff with Australia over its refugee problem, then it might be wise to explain that Australia’s own refugee policies are among the most restrictive in the world, and that, on principle, the United States cannot involve itself in the internal immigration affairs of other nations and therefore must allow Australia free rein to determine its own immigration future. And we carefully would explain the consequences of that decision of non-interference. In truth, Australia, not Trump, was the more culpable. (Immigrants, many from the Middle East, heading toward Australia will undergo vetting that permits them entry into the U.S. but not into Australia — in a deal that was understandably not much publicized by the lame-duck Obama administration?) In terms of strategy, the Trump people surely grasp the rationale of their opponents: to react hysterically to every presidential act, raising the volume and chaos of dissent to such a level that moderate Republicans go into a fetal position and sigh, “Please just make all this go away” — and thus turn their animus upon their own. Trump may think that the Left’s crying wolf constantly will imperil their authenticity and turn their shrieks into mere background noise Or he may wager that the protesters will raise the temperature so high they themselves will melt down before the administration does. Perhaps. But just as likely, the Left is gambling that each outrage is a small nick to the capillaries of the Trump administration — after a few months the total blood loss will match the fatal damage of an aneurysm. The result will then be such a loss of public credibility that the Trump administration will become paralyzed (think Watergate, Iran-Contra, or the furor over Iraq), or so deterred that it will shift course and fall into line. Trump needs to carefully consider the full effect of executive orders and the certain reactions against them to the second and third degree — not because he should cease issuing them (so far the orders have almost all been inspired), but to ensure that they are effective and understood. In this way, they may win rather than lose public support, especially if the relevant cabinet secretaries are on board and out front with the media. In other words, only by taking actions deliberately and with forethought can he bring about not so much change as a long-overdue return to sanity. Victor Davis Hanson
La chancelière allemande Angela Merkel et les Premiers ministres des 16 Landers allemands ont conclu jeudi un accord visant à faciliter les expulsions de réfugiés dont la demande d’asile a été rejetée. Les expulsions sont normalement du ressort des landers, mais Merkel souhaite coordonner un certain nombre de choses au niveau fédéral pour accélérer les procédures. Le gouvernement fédéral veut s’accaparer plus de pouvoirs pour refuser des permis de séjour et effectuer lui-même les expulsions. L’un des objectifs centraux du plan en 16 points est de construire un centre de rapatriement à Potsdam (Berlin) qui comptera un représentant pour chaque lander. En outre, il prévoit la création de centres d’expulsion à proximité des aéroports pour faciliter les expulsions collectives. Un autre objectif est de faciliter l’expulsion des immigrants qui présentent un danger pour la sécurité du pays et de favoriser les «retours volontaires» d’autres migrants par le biais d’incitations financières s’ils acceptent de quitter le pays avant qu’une décision ait été prise au regard de leur demande d’asile. Une somme de 40 millions d’euros est consacrée à ce projet. Selon le ministère allemand de l’Intérieur, 280.000 migrants ont sollicité l’asile en Allemagne en 2016. C’est trois fois moins que les 890.000 de l’année précédente, au plus fort de la crise des réfugiés en Europe. Près de 430 000 demandes d’asile sont encore en cours d’instruction. L’Express
Jamais les Etats-Unis n’ont expulsé autant d’immigrés clandestins. Au point où « The Economist  » n’hésite pas à qualifier Barack Obama de « deporter-in-chief » (le chef des expulseurs). Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, quelque 2 millions de clandestins ont été expulsés, soit à un rythme neuf fois plus élevé qu’il y a vingt ans et un record pour un président américain. Et la « machine infernale à expulser  » coûte cher aux Etats-Unis, plus que tout autre budget fédéral destiné à la lutte contre la criminalité. La conséquence de ces expulsions est lourde. Non seulement elles conduisent à des séparations familiales déchirantes, mais elles appauvrissent l’Amérique, affirme l’hebdomadaire. Le nouveau patron de Microsoft, Satya Nadella, né en Inde, est évidemment l’exemple des bienfaits de l’immigration pour l’économie. La moitié en outre des doctorats universitaires sont obtenus par des immigrés, ainsi que quatre cinquièmes des brevets dans le domaine pharmaceutique. Les refus de plus en plus fréquents d’accorder des permis de séjour à des étudiants réduisent les chances de former de nouveaux Nadella. Sans oublier les clandestins non qualifiés qui acceptent des emplois dont les Américains ne veulent pas… et qui paient leurs impôts. Pour Obama, il s’agit d’un paradoxe qui s’explique peut-être par sa volonté de faire porter le chapeau à son opposition républicaine hostile à son projet de réforme visant à légaliser 12 millions d’immigrés illégaux. Mais le président ne devrait pas utiliser une telle stratégie et plutôt s’employer à enrayer la machine infernale des expulsions. Les Echos (10/02/2014)
Washington s’inquiète de voir la violence liée à la guerre contre les narcotrafiquants empiéter sur les États-Unis (…) La guerre contre le narcotrafic menée par le président Felipe Calderon a provoqué une explosion de violence (plus de 7 200 morts officiellement en 2008). Barack Obama s’est dit mardi «préoccupé par le niveau accru de la violence (…) et son impact sur les communautés vivant de part et d’autre de la frontière.» Dans la foulée, la Maison-Blanche a dévoilé une nouvelle stratégie pour endiguer la montée en puissance des gangs mexicains, qui gagnent des milliards de dollars en exportant la drogue vers les États-Unis, où ils se fournissent en armes et en argent liquide. Washington prévoit d’augmenter les effectifs des agents des ministères de la Justice, du Trésor et de la Sécurité intérieure et ­d’installer de nouveaux outils de surveillance aux postes frontières. L’Administration Obama compte aussi s’appuyer sur les 700 millions de dollars d’aide aux forces de sé­curité mexicaines alloués pour 2008 et 2009. Parallèlement, les États-Unis en­visagent de placer des troupes en état d’alerte, probablement des réservistes de la Garde nationale, qui seraient envoyés à la frontière en cas d’urgence. Ils souhaitent aussi imposer un nouvel accord militaire au Mexique. Le Figaro (25/03/2009)
Newly obtained congressional data shows hundreds of terror plots have been stopped in the U.S. since 9/11 – mostly involving foreign-born suspects, including dozens of refugees. The files (…) give fresh insight into the true scope of the terror threat and cover a wide range of cases, including: A Seattle man plotting to attack a U.S. military facility An Atlantic City man using his “Revolution Muslim” site to encourage confrontations with U.S. Jewish leaders “at their home An Iraq refugee arrested in January, accused of traveling to Syria to “take up arms” with terror groups While the June 12 massacre at an Orlando gay nightclub marked the deadliest terror attack on U.S. soil since 2001, the data shows America has been facing a steady stream of plots. For the period September 2001 through 2014, data shows the U.S. successfully prosecuted 580 individuals for terrorism and terror-related cases. Further, since early 2014, at least 131 individuals were identified as being implicated in terror. Across both those groups, the senators reported that at least 40 people initially admitted to the U.S. as refugees later were convicted or implicated in terror cases. Among the 580 convicted, they said, at least 380 were foreign-born. The top countries of origin were Pakistan, Lebanon and Somalia, as well as the Palestinian territories. (…) Specifically, they show a sharp spike in cases in 2015, largely stemming from the arrest of suspects claiming allegiance to the Islamic State. (…) The allegations detailed in the subcommittee’s research pertain to a range of cases, involving suspects caught traveling or trying to travel overseas to fight, as well as suspects ensnared in controversial sting operations which civil-liberties groups including the ACLU have criticized. In a 2014 report, Human Rights Watch said nearly half of the federal counterterror convictions at the time came from “informant-based cases,” many of them sting operations where the informants played a role in the plot. (…) But even in some of those cases, federal agents got involved after learning of a serious suspected plot. In the case of the Seattle suspect, Abu Khalid Abdul-Latif, authorities said he approached someone in 2011 about attacking a military installation. That citizen alerted law enforcement and worked with them to capture Latif and an accomplice. Fox news (June 2016)
A review of information compiled by a Senate committee in 2016 reveals that 72 individuals from the seven countries covered in President Trump’s vetting executive order have been convicted in terror cases since the 9/11 attacks. These facts stand in stark contrast to the assertions by the Ninth Circuit judges who have blocked the president’s order on the basis that there is no evidence showing a risk to the United States in allowing aliens from these seven terror-associated countries to come in. In June 2016 the Senate Subcommittee on Immigration and the National Interest, then chaired by new Attorney General Jeff Sessions, released a report on individuals convicted in terror cases since 9/11. Using open sources (because the Obama administration refused to provide government records), the report found that 380 out of 580 people convicted in terror cases since 9/11 were foreign-born. (…) The Center has extracted information on 72 individuals named in the Senate report whose country of origin is one of the seven terror-associated countries included in the vetting executive order: Iran, Iraq, Libya, Somalia, Sudan, Syria, and Yemen. (…) According to the report, at least 17 individuals entered as refugees from these terror-prone countries. Three came in on student visas and one arrived on a diplomatic visa. At least 25 of these immigrants eventually became citizens. Ten were lawful permanent residents, and four were illegal aliens. These immigrant terrorists lived in at least 16 different states, with the largest number from the terror-associated countries living in New York (10), Minnesota (8), California (8), and Michigan (6). Ironically, Minnesota was one of the states suing to block Trump’s order to pause entries from the terror-associated countries, claiming it harmed the state. At least two of the terrorists were living in Washington, which joined with Minnesota in the lawsuit to block the order. Thirty-three of the 72 individuals from the seven terror-associated countries were convicted of very serious terror-related crimes, and were sentenced to at least three years imprisonment. The crimes included use of a weapon of mass destruction, conspiracy to commit a terror act, material support of a terrorist or terror group, international money laundering conspiracy, possession of explosives or missiles, and unlawful possession of a machine gun. Some opponents of the travel suspension have tried to claim that the Senate report was flawed because it included individuals who were not necessarily terrorists because they were convicted of crimes such as identity fraud and false statements. About a dozen individuals in the group from the seven terror-associated countries are in this category. Some are individuals who were arrested and convicted in the months following 9/11 for involvement in a fraudulent hazardous materials and commercial driver’s license scheme that was extremely worrisome to law enforcement and counter-terrorism agencies, although a direct link to the 9/11 plot was never claimed. The information in this report was compiled by Senate staff from open sources, and certainly could have been found by the judges if they or their clerks had looked for it. Another example that should have come to mind is that of Abdul Razak Ali Artan, who attacked and wounded 11 people on the campus of Ohio State University in November 2016. Artan was a Somalian who arrived in 2007 as a refugee. Center for immigration studies

Attention: un fascisme peut en cacher un autre !

Gouvernement par décrets, ouverture virtuellement complète des vannes de l’immigration mexicaine, amnisties par fait du prince, villes-refuges quasiment soustraites à la loi fédérale, court-circuitage du Congrès accordant l’accès à l’arme nucléaire à un pays appelant à l’annihilation d’un de ses voisins, explosion complètement inouïe du budget fédéral, loi calamiteuse sur la sécurité sociale, élargissement non maitrisé et caché de terroristes notoires, record largement secret d’exécutions parajudiciaires, dénonciation systématique du prétendu racisme policier privant de fait les plus démunis de leur droit à la sécurité la plus élémentaire  …

A l’heure où, quand ce n’est pas l’ancien président lui-même, nos beaux esprits et nos belles âmes des médias et du monde du spectacle (ou même apparemment de la fonction publique ou des services secrets ?)

Multiplient, entre révélations d’écoutes secrètes ou analyses de poignées de mains, les fuites, obstructions et  dénigrements pour saboter les premières semaines, certes quelque peu cahotiques, de l’Administration Trump …

(Contrairement à ce que nos médias paresseux et partiaux nous rabâchent, ce n’est pas pour « contacts inappropriés » avec l’ambassadeur russe mais pour mensonge à ses chefs – du moins officiellement – que Flynn démissionne et que – vendetta personnelle ? – le FBI n’a pas hésité à confirmer, pour ceux qui ne le savaient pas encore, la mise sur écoute systématique de tous les contacts des citoyens américains avec l’étranger, hauts fonctionnaires et ambassadeurs compris) …

Pendant que se confirme l’origine majoritairement musulmane des auteurs d’attentats sur le sol américain depuis ou avant le 11 septembre …

Et qu’alors que la fameuse générosité européenne semble se heurter elle aussi au dur mur de la réalité de ce côté-ci de l’Atlantique, se poursuit l’hallali contre la seule véritable alternance aux cinq années de gâchis socialiste …

Comment ne pas voir …

En creux pour ceux qui ont encore un peu de mémoire …

Et au-delà de l’évident correctif face à la véritable radicalité d’une administration ayant battu tous les records, si l’on ajoute les « memorandums », de décrets présidentiels …

L’incroyable indulgence complice qui avait suivi l’élection de Barack Obama il y a huit ans …

Mais aussi la non moins incroyable amnésie …

Pour une administration qui non seulement appliqua plusieurs moratoires sur l’immigration de certains pays musulmans  …

Mais poursuivit, au moins jusqu’en 2010 et sur fond d’intensification du trafic de drogue, la construction d’un des pas moins de douze murs que compte la planète

Et, entre deux promesses d’amnistie, battit en son temps le record toutes catégories d’expulsions de clandestins ?

Entre les États-Unis et le Mexique, un mur très politique
Philippe Gélie

Le Figaro

02/10/2006

LES ÉTATS-UNIS vont ériger une barrière de 1 120 kilomètres de long sur leur frontière avec le Mexique. La loi adoptée en ce sens par le Sénat vendredi soir, juste avant la fin de la session parlementaire, ignore la volonté du président d’introduire une réforme globale de l’immigration, dans laquelle le volet répressif aurait été complété par un programme d’accueil des travailleurs étrangers. Mais, à cinq semaines des élections de mi-mandat, George W. Bush a annoncé son intention de ratifier la loi telle qu’elle est, plutôt que d’offrir un spectacle de division dans son propre parti.

Le texte prévoit l’érection d’au moins deux rangées de palissades et de grillages sur un peu plus de la moitié des 3 200 kilomètres de frontière entre les États-Unis et le Mexique, principal point d’entrée des immigrants clandestins. Il donne 18 mois au département de la Sécurité du territoire pour prendre «le contrôle opérationnel» de la frontière, notion définie par l’arrêt de «tous» les passages illégaux. En moyenne, 1,2 million de clandestins sont arrêtés chaque année du côté américain, un chiffre constant depuis dix ans malgré le renforcement incessant des contrôles.

Des obstacles juridiques

Cent vingt kilomètres de palissades existent déjà, le nombre de gardes-frontière a été triplé et 6 000 soldats de la Garde nationale ont été déployés en renfort l’été dernier. Le seul résultat visible jusqu’ici a été de repousser les candidats à l’immigration toujours plus loin dans des zones désertiques, faisant passer le nombre de morts d’une douzaine à 400 par an. Selon les autorités d’Arizona, la fortification de la frontière a donné le jour à une nouvelle criminalité organisée, plus sophistiquée que les passeurs d’autrefois. À raison de 1 600 dollars par immigrant, son chiffre d’affaires atteindrait 2,5 milliards de dollars par an.

La réponse du Congrès a été de budgéter 1,2 milliard de dollars pour lancer un projet qui devrait en coûter au total 7 milliards d’ici à son achèvement fin 2008. Il prévoit la multiplication des drones, des radars, des caméras de surveillance et des plaques sensibles enfouies dans le sol. Les zones concernées par ce «mur» de haute technologie s’étendent sur une partie de la Californie, la quasi-totalité de la frontière sud de l’Arizona et du Nouveau-Mexique, ainsi que deux tronçons le long du Rio Grande au Texas. Le terrain, extrêmement difficile par endroits, jette le doute sur la faisabilité de l’opération : il faudra gravir des sommets escarpés, plonger au fond de canyons ou traverser des rivières rapides.

Des obstacles juridiques sont également prévisibles, la barrière étant censée traverser plusieurs réserves indiennes dont les tribus sont opposées à sa construction. Des associations de protection de la nature prévoient d’introduire des recours en justice au nom du respect de la vie sauvage. Même les ranchers du Texas s’inquiètent de l’impact sur leur main-d’oeuvre de travailleurs frontaliers. «Ce n’est pas réalisable, estime le sénateur de l’Arizona Jim Kolbe, c’est juste une déclaration politique avant les élections.»

Voir aussi:

Barack Obama veut sécuriser la frontière avec le Mexique

Lamia Oualalou, à Rio de Janeiro
Le Figaro

25/03/2009

Washington s’inquiète de voir la violence liée à la guerre contre les narcotrafiquants empiéter sur les États-Unis, alors que Hillary Clinton est attendue mercredi à Mexico.

La secrétaire d’État Hillary Clinton doit s’attendre à un accueil plutôt froid en arrivant au Mexique mercredi. Sa visite, la première d’une série de visites de hauts fonctionnaires avant le voyage du président Barack Obama, prévu à la mi-avril, a pour objectif de panser les plaies alors que les relations entre les deux pays, qui partagent une frontière de 3 000 kilomètres, traversent une phase délicate.

La guerre contre le narcotrafic menée par le président Felipe Calderon a provoqué une explosion de violence (plus de 7 200 morts officiellement en 2008). Barack Obama s’est dit mardi «préoccupé par le niveau accru de la violence (…) et son impact sur les communautés vivant de part et d’autre de la frontière.» Dans la foulée, la Maison-Blanche a dévoilé une nouvelle stratégie pour endiguer la montée en puissance des gangs mexicains, qui gagnent des milliards de dollars en exportant la drogue vers les États-Unis, où ils se fournissent en armes et en argent liquide.

Washington prévoit d’augmenter les effectifs des agents des ministères de la Justice, du Trésor et de la Sécurité intérieure et ­d’installer de nouveaux outils de surveillance aux postes frontières. L’Administration Obama compte aussi s’appuyer sur les 700 millions de dollars d’aide aux forces de sé­curité mexicaines alloués pour 2008 et 2009.

Parallèlement, les États-Unis en­visagent de placer des troupes en état d’alerte, probablement des réservistes de la Garde nationale, qui seraient envoyés à la frontière en cas d’urgence. Ils souhaitent aussi imposer un nouvel accord militaire au Mexique. «La question de la sécurité a pris une place excessive et exclusive, il faut que les États-Unis se recentrent sur la relation commerciale, qui est fondamentale», dit Laura Carlsen, directrice des Amérique au Centre de politique internationale – CIP, basé à Washington.

Représailles commerciales
La semaine dernière, le gouvernement de Felipe Calderon a établi une liste de 90 produits américains qui seront surtaxés à l’entrée du territoire mexicain. Une décision prise en représailles à une mesure du Congrès américain mettant fin à la circulation de camions mexicains au-delà du Rio Grande, comme le prévoyait l’accord de libre-échange nord-américain (Alena), qui unit les États-Unis, le Canada et le Mexique. Le Congrès estime que les véhicules mexicains ne répondent pas aux normes de sécurité américaines. «C’est une mesure protectionniste, dictée par le puissant syndicat de camionneurs Teamsters», tranche Leo Zuckermann, analyste au Cide, un centre d’études politiques et économiques à Mexico.

«En ces moments de crise économique, alors qu’il faut éviter le protectionnisme, les États-Unis envoient un signal négatif au Mexique et au reste du monde», estime le ministre de l’Économie Gerardo Ruiz Mateos. La liste des produits frappés de surtaxe – fruits, légumes, shampoings – exclut les denrées de première nécessité afin de ne pas pénaliser le consommateur. Mexico a également tenu à ce qu’ils proviennent de 40 États américains. «Le but est de montrer à la Maison-Blanche que la relation commerciale pèse dans les deux sens, et qu’elle est fondamentale pour certains États», explique Laura Carlsen.

Pour Barack Obama, la crise avec le Mexique vire au casse-tête. «Il a promis pendant sa campagne de renégocier l’Alena à l’avantage des travailleurs américains, une proposition rejetée par Mexico, rappelle Tomas Ayuso, chercheur au Coha (Conseil sur les affaires hémisphériques) de Washington. Mais il est dangereux de froisser le Mexique, qui est son troisième partenaire commercial.»

Obama semble l’avoir compris. Il a changé de discours, substituant aux critiques des éloges sur «l’ex­tra­ordinaire travail» de Felipe Calderon.

Voir également:

Le mur États-Unis-Mexique en 15 images

Le reportage de Christian Latreille

Radio Canada

7 juin 2016

L’immigration est un sujet controversé de la campagne présidentielle américaine. Le candidat républicain Donald Trump promet notamment de bâtir un mur plus haut et plus long entre les États-Unis et le Mexique. Nous sommes allés voir ce fameux mur.

Le mur entre les deux pays se construit par étapes. Le fondateur de l’association des Anges de la frontière, Enrique Morones, montre deux générations de murs. La première atteint trois mètres et a été fabriquée sous Bill Clinton avec de la tôle recyclée de la guerre du Vietnam. La deuxième, d’environ cinq mètres de hauteur, a été construite sous George W. Bush.

Derrière Enrique Morones, une brèche dans le mur. En fait, le mur n’est pas uniforme et ne s’étend que sur 1120 km des 3200 km de la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Plus souvent une montagne, une rivière ou un désert séparent les deux pays.

Après le mur, le désert. Les bénévoles des Anges de la frontière, un groupe né en 1986, déposent des bouteilles d’eau pour aider ceux qui doivent survivre dans le désert aride après avoir franchi le mur.

Les clandestins attachent des morceaux d’étoffe sous leurs souliers pour éviter de laisser des traces de pas facilement détectables par les gardes-frontières.

La zone de San Diego-Tijuana comprend un des systèmes de sécurité les plus sophistiqués le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

Mur, clôture, caméras, détecteurs et barbelés. Il y a aussi les patrouilleurs qui surveillent continuellement le mur. Malgré tout cet arsenal, de nombreux immigrants réussissent à passer illégalement chaque semaine.

Les clandestins parviennent à percer le mur avec des scies mécaniques. Selon les gardes-frontières, seulement 30 % des clandestins qui tentent d’entrer illégalement au pays se font prendre. « On fait du mieux qu’on peut, avec ce qu’on nous donne », dira l’un d’eux.

Le syndicat des gardes-frontières a appuyé le candidat Donald Trump. Le vice-président, Terence Shigg, apporte des nuances à la position de Trump sur l’immigration. Le candidat républicain propose notamment de déporter les quelque 11 millions de sans-papiers qui se trouvent aux États-Unis. Selon Terence Shigg, la déportation massive n’est pas la solution; il faut plus de gens pour traiter les demandes d’asile, plus de juges en immigration, plus de centres de détention.

Christopher Harris, du syndicat des gardes-frontières, se tient du côté américain de la frontière. À quelques pas de là, il a tué un clandestin; un douloureux souvenir qui le hante encore. Il aime citer une ancienne patronne : « Montrez-moi un mur de 15 pieds, et je vous montrerai une échelle de 16 pieds ».

On estime à près de 11 000 le nombre de personnes mortes depuis 1994 en tentant d’entrer illégalement aux États-Unis. Plusieurs centaines d’entre elles sont enterrées ici, dans ce cimetière de fortune.

Les corps de nombreuses personnes n’ont pas été réclamés. Elles restent donc anonymes. Des « John Doe », comme l’indique l’inscription sur la pierre. C’est pour éviter que les victimes ne tombent dans l’oubli que les Anges de la frontière entretiennent régulièrement le cimetière.

Jeune enfant, Walfred a été abandonné au Guatemala par sa mère, qui a tenté sa chance aux États-Unis. Après quatre ans d’attente, il a réussi à franchir la frontière illégalement pour la rejoindre. Pour le moment, il est protégé par un décret présidentiel signé par Barack Obama en 2012.

Walfred et sa mère connaissent des jours plus heureux. Elle gère une petite entreprise d’entretien ménager, tout en vivant dans la clandestinité. Un sacrifice qu’elle accepte volontiers pour être avec son seul enfant.

Voir encore:

The Obama Administration Stopped Processing Iraq Refugee Requests For 6 Months In 2011

Although the Obama administration currently refuses to temporarily pause its Syrian refugee resettlement program in the United States, the State Department in 2011 stopped processing Iraq refugee requests for six months after the Federal Bureau of Investigation uncovered evidence that several dozen terrorists from Iraq had infiltrated the United States via the refugee program.

After two terrorists were discovered in Bowling Green, Kentucky, in 2009, the FBI began reviewing reams of evidence taken from improvised explosive devices (IEDs) that had been used against American troops in Iraq. Federal investigators then tried to match fingerprints from those bombs to the fingerprints of individuals who had recently entered the United States as refugees:

An intelligence tip initially led the FBI to Waad Ramadan Alwan, 32, in 2009. The Iraqi had claimed to be a refugee who faced persecution back home — a story that shattered when the FBI found his fingerprints on a cordless phone base that U.S. soldiers dug up in a gravel pile south of Bayji, Iraq on Sept. 1, 2005. The phone base had been wired to unexploded bombs buried in a nearby road.

An ABC News investigation of the flawed U.S. refugee screening system, which was overhauled two years ago, showed that Alwan was mistakenly allowed into the U.S. and resettled in the leafy southern town of Bowling Green, Kentucky, a city of 60,000 which is home to Western Kentucky University and near the Army’s Fort Knox and Fort Campbell. Alwan and another Iraqi refugee, Mohanad Shareef Hammadi, 26, were resettled in Bowling Green even though both had been detained during the war by Iraqi authorities, according to federal prosecutors.

The terrorists were not taken into custody until 2011. Shortly thereafter, the U.S. State Department stopped processing refugee requests from Iraqis for six months in order to review and revamp security screening procedures:

As a result of the Kentucky case, the State Department stopped processing Iraq refugees for six months in 2011, federal officials told ABC News – even for many who had heroically helped U.S. forces as interpreters and intelligence assets. One Iraqi who had aided American troops was assassinated before his refugee application could be processed, because of the immigration delays, two U.S. officials said. In 2011, fewer than 10,000 Iraqis were resettled as refugees in the U.S., half the number from the year before, State Department statistics show.

According to a 2013 report from ABC News, at least one of the Kentucky terrorists passed background and fingerprint checks conducted by the Department of Homeland Security prior to being allowed to enter the United States. Without the fingerprint evidence taken from roadside bombs, which one federal forensic scientist referred to as “a needle in the haystack,” it is unlikely that the two terrorists would ever have been identified and apprehended.

“How did a person who we detained in Iraq — linked to an IED attack, we had his fingerprints in our government system — how did he walk into America in 2009?” asked one former Army general who previously oversaw the U.S. military’s anti-IED efforts.

President Barack Obama has thus far refused bipartisan calls to pause his administration’s Syrian refugee program, which many believe is likely to be exploited by terrorists seeking entry into the United States. The president has not explained how his administration can guarantee that no terrorists will be able to slip into the country by pretending to be refugees, as the Iraqi terrorists captured in Kentucky did in 2009. One of those terrorists, Waad Ramadan Alwan, even came into the United States by way of Syria, where his fingerprints were taken and given to U.S. military intelligence officials.

Obama has also refused to explain how his administration’s security-related pause on processing Iraq refugee requests in 2011 did not “betray our deepest values.”

Voir de même:

Study Reveals 72 Terrorists Came From Countries Covered by Trump Vetting Order

Jessica Vaughan
Center for immigration studies
February 11, 2017

A review of information compiled by a Senate committee in 2016 reveals that 72 individuals from the seven countries covered in President Trump’s vetting executive order have been convicted in terror cases since the 9/11 attacks. These facts stand in stark contrast to the assertions by the Ninth Circuit judges who have blocked the president’s order on the basis that there is no evidence showing a risk to the United States in allowing aliens from these seven terror-associated countries to come in.

In June 2016 the Senate Subcommittee on Immigration and the National Interest, then chaired by new Attorney General Jeff Sessions, released a report on individuals convicted in terror cases since 9/11. Using open sources (because the Obama administration refused to provide government records), the report found that 380 out of 580 people convicted in terror cases since 9/11 were foreign-born. The report is no longer available on the Senate website, but a summary published by Fox News is available here.

The Center has obtained a copy of the information compiled by the subcommittee. The information compiled includes names of offenders, dates of conviction, terror group affiliation, federal criminal charges, sentence imposed, state of residence, and immigration history.

The Center has extracted information on 72 individuals named in the Senate report whose country of origin is one of the seven terror-associated countries included in the vetting executive order: Iran, Iraq, Libya, Somalia, Sudan, Syria, and Yemen. The Senate researchers were not able to obtain complete information on each convicted terrorist, so it is possible that more of the convicted terrorists are from these countries.

The United States has admitted terrorists from all of the seven dangerous countries:

  • Somalia: 20
  • Yemen: 19
  • Iraq: 19
  • Syria: 7
  • Iran: 4
  • Libya: 2
  • Sudan: 1
  • Total: 72

According to the report, at least 17 individuals entered as refugees from these terror-prone countries. Three came in on student visas and one arrived on a diplomatic visa.

At least 25 of these immigrants eventually became citizens. Ten were lawful permanent residents, and four were illegal aliens.

These immigrant terrorists lived in at least 16 different states, with the largest number from the terror-associated countries living in New York (10), Minnesota (8), California (8), and Michigan (6). Ironically, Minnesota was one of the states suing to block Trump’s order to pause entries from the terror-associated countries, claiming it harmed the state. At least two of the terrorists were living in Washington, which joined with Minnesota in the lawsuit to block the order.

Thirty-three of the 72 individuals from the seven terror-associated countries were convicted of very serious terror-related crimes, and were sentenced to at least three years imprisonment. The crimes included use of a weapon of mass destruction, conspiracy to commit a terror act, material support of a terrorist or terror group, international money laundering conspiracy, possession of explosives or missiles, and unlawful possession of a machine gun.

Some opponents of the travel suspension have tried to claim that the Senate report was flawed because it included individuals who were not necessarily terrorists because they were convicted of crimes such as identity fraud and false statements. About a dozen individuals in the group from the seven terror-associated countries are in this category. Some are individuals who were arrested and convicted in the months following 9/11 for involvement in a fraudulent hazardous materials and commercial driver’s license scheme that was extremely worrisome to law enforcement and counter-terrorism agencies, although a direct link to the 9/11 plot was never claimed.

The information in this report was compiled by Senate staff from open sources, and certainly could have been found by the judges if they or their clerks had looked for it. Another example that should have come to mind is that of Abdul Razak Ali Artan, who attacked and wounded 11 people on the campus of Ohio State University in November 2016. Artan was a Somalian who arrived in 2007 as a refugee.

President Trump’s vetting order is clearly legal under the provisions of section 212(f) of the Immigration and Nationality Act, which says that the president can suspend the entry of any alien or group of aliens if he finds it to be detrimental to the national interest. He should not have to provide any more justification than was already presented in the order, but if judges demand more reasons, here are 72.

Voir aussi:

Homeland Security

Anatomy of the terror threat: Files show hundreds of US plots, refugee connection

Now PlayingWhy are Democrat women so rattled by Trump?

Newly obtained congressional data shows hundreds of terror plots have been stopped in the U.S. since 9/11 – mostly involving foreign-born suspects, including dozens of refugees.

The files are sure to inflame the debate over the Obama administration’s push to admit thousands more refugees from Syria and elsewhere, a proposal Donald Trump has vehemently opposed on the 2016 campaign trail.

“[T]hese data make clear that the United States not only lacks the ability to properly screen individuals prior to their arrival, but also that our nation has an unprecedented assimilation problem,” Sens. Jeff Sessions, R-Ala., and Ted Cruz, R-Texas, told President Obama in a June 14 letter, obtained by FoxNews.com.

The files also give fresh insight into the true scope of the terror threat and cover a wide range of cases, including:

  • A Seattle man plotting to attack a U.S. military facility
  • An Atlantic City man using his “Revolution Muslim” site to encourage confrontations with U.S. Jewish leaders “at their homes”
  • An Iraq refugee arrested in January, accused of traveling to Syria to “take up arms” with terror groups

While the June 12 massacre at an Orlando gay nightclub marked the deadliest terror attack on U.S. soil since 2001, the data shows America has been facing a steady stream of plots. For the period September 2001 through 2014, data shows the U.S. successfully prosecuted 580 individuals for terrorism and terror-related cases. Further, since early 2014, at least 131 individuals were identified as being implicated in terror.

Across both those groups, the senators reported that at least 40 people initially admitted to the U.S. as refugees later were convicted or implicated in terror cases.

Among the 580 convicted, they said, at least 380 were foreign-born. The top countries of origin were Pakistan, Lebanon and Somalia, as well as the Palestinian territories.

Both Sessions and Cruz sit on the Senate Judiciary Subcommittee on Immigration and the National Interest, which compiled the terror-case information based on data from the Justice Department, news reports and other open-source information. The files were shared with FoxNews.com.

The files include dates, states of residence, countries of origin for foreign-born suspects, and reams of other details.

Specifically, they show a sharp spike in cases in 2015, largely stemming from the arrest of suspects claiming allegiance to the Islamic State. They also show a heavy concentration of cases involving suspects from California, Texas, New York and Minnesota, among other states.

The senators say the terror-case repository still is missing critical details on suspects’ immigration history, which they say the Department of Homeland Security has “failed to provide.” Immigration data the senators compiled came from other sources.

Sessions and Cruz asked the president in their letter to order the departments of Justice, Homeland Security and State to « update » and provide more detailed information. The senators have sent several letters to those departments since last year requesting immigration histories of those tied to terror.

“The administration refuses to give out the information necessary to establish a sound policy that protects Americans from terrorists,” Sessions said in a statement to Fox News.

Asked about the complaints, DHS spokeswoman Gillian M. Christensen told FoxNews.com the department “will respond to the senators’ request directly and not through the press.”

“More than 100 Congressional committees, subcommittees, caucuses, commissions and groups exercise oversight and ensure accountability of DHS and we work closely with them on a daily basis. We’ve received unprecedented requests from a number of senators and representatives for physical paper files for more than 700 aliens,” she said, adding that officials have to review each page manually for privacy and other issues.

Cruz ran unsuccessfully this year for the Republican presidential nomination. Sessions, an ardent critic of the administration’s immigration policies, is supporting presumptive GOP nominee Trump.

The allegations detailed in the subcommittee’s research pertain to a range of cases, involving suspects caught traveling or trying to travel overseas to fight, as well as suspects ensnared in controversial sting operations which civil-liberties groups including the ACLU have criticized.

In a 2014 report, Human Rights Watch said nearly half of the federal counterterror convictions at the time came from “informant-based cases,” many of them sting operations where the informants played a role in the plot.

The report said: “In some cases the Federal Bureau of Investigation may have created terrorists out of law-abiding individuals by conducting sting operations that facilitated or invented the target’s willingness to act.”

But even in some of those cases, federal agents got involved after learning of a serious suspected plot. In the case of the Seattle suspect, Abu Khalid Abdul-Latif, authorities said he approached someone in 2011 about attacking a military installation. That citizen alerted law enforcement and worked with them to capture Latif and an accomplice.

FoxNews.com’s Liz Torrey contributed to this report. 

Voir par ailleurs:

La guerre des cartels mexicains franchit la frontière des Etats-Unis

Déjà, l’Arizona subit une hausse alarmante de la criminalité. Selon différentes sources, l’Etat frontalier serait devenu la principale plaque tournante nord-américaine de l’immigration illégale et du narcotrafic. Ailleurs, sur l’ensemble du territoire, les cartels mexicains contrôleraient la plupart du marché, d’après un rapport du Centre national de renseignement des drogues. Liés aux gangs américains, ils seraient parvenus à s’implanter dans 230 villes des Etats-Unis.

Nicolas Bourcier

EL PASO (TEXAS) ENVOYÉ SPÉCIAL

Le Monde

24.03.2009

« N ‘y allez pas. » D’emblée, l’injonction de Ramon Bracamontes prend des allures de mise en garde. Les mots, le ton de ce journaliste texan d’El Paso, enquêteur reconnu, calme et d’habitude souriant, en disent long sur le degré d’inquiétude qui prévaut de ce côté-ci de la frontière.

Evoquer le Mexique et la ville d’en face, Ciudad Juarez, située juste de l’autre côté du Rio Grande et de son « rideau de fer », c’est prendre le risque de subir une logorrhée interminable de crimes et d’horreurs liés à la guerre des narcotrafiquants et leurs sicaires. « Moi-même, j’ai peur, insiste-t-il. Les autorités américaines au Mexique m’ont affirmé qu’elles ne pouvaient plus assurer la protection des ressortissants des Etats-Unis. Et de ce côté-ci, nous assistons, chaque jour un peu plus, au débordement de cette violence. »

C’est dire l’importance de la première visite, prévue les mercredi 25 et jeudi 26 mars, de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton au Mexique. Sa venue a été placée sous le signe de la lutte contre la drogue. Plus de 800 policiers et militaires y ont été tués depuis décembre 2006. Quelque 6 000 assassinats y ont été recensés l’année dernière (le double de 2007). Avant Noël, les autorités ont découvert dans la petite ville de Chilpancingo, enveloppées dans des sacs en plastique, huit têtes décapitées de soldats puis trois autres dans une glacière à Ciudad Juarez en janvier. Quelques jours plus tard, c’était au tour du responsable de la police locale de démissionner sous la pression des cartels de la drogue. Le maire de la ville frontière, lui, a fini par s’installer avec sa famille en face, à El Paso.

Déjà, en décembre 2006, lors de son élection, le président mexicain, Felipe Calderon, avait admis que « le crime organisé était devenu hors de contrôle ». Depuis, le chef de l’Etat, conservateur et partisan d’une stratégie musclée contre le crime organisé, a déployé sur le territoire 45 000 soldats contre les gangs des narcotrafiquants, dont près de 5 000, cagoulés de noir et lourdement armés, pour la seule ville de Ciudad Juarez.

Les arrestations se sont multipliées – souvent de façon arbitraire, d’après les organisations de défense des droits de l’homme. Les règlements de compte dans les prisons ont atteint de nouveaux sommets. Tout comme les attaques contre des domiciles, les extorsions, les saisies de cocaïne, les prises d’otages et les meurtres avec plus de 1 100 homicides pour les seules huit premières semaines de l’année.

Les autorités mexicaines assurent que le pouvoir central est en train de gagner. A les en croire, l’explosion de violence serait paradoxalement le fruit des efforts de l’Etat pour désorganiser le trafic de drogue. En novembre 2008, Noe Ramirez, le procureur en charge de l’unité spécialisée dans le crime organisé, n’a-t-il pas été inculpé pour avoir fourni des informations au cartel de Sinaloa contre un demi-million de dollars par mois ? Et Francisco Velasco Delgado, le chef de la police de Cancun, arrêté pour avoir protégé le cartel dit du Golfe, commanditaire présumé de l’assassinat en janvier d’un général ?

Pour Washington, l’effort reste insuffisant. Rendu public il y a quelques semaines, un document du Pentagone concluait que deux grands pays pouvaient connaître un effondrement rapide de l’Etat : le Pakistan et, précisément, le voisin mexicain. Un avis rejeté fermement par Mexico, mais alimenté depuis par de nombreuses voix. Barry McCaffrey, général à la retraite et « M. Drogue » de Bill Clinton, affirme que les Etats-Unis ne peuvent pas se permettre d’avoir « un narco-Etat à leur porte« , ajoutant que « les dangers et les problèmes croissants du Mexique menacent la sécurité nationale de notre pays ».

Déjà, l’Arizona subit une hausse alarmante de la criminalité. Selon différentes sources, l’Etat frontalier serait devenu la principale plaque tournante nord-américaine de l’immigration illégale et du narcotrafic. Ailleurs, sur l’ensemble du territoire, les cartels mexicains contrôleraient la plupart du marché, d’après un rapport du Centre national de renseignement des drogues. Liés aux gangs américains, ils seraient parvenus à s’implanter dans 230 villes des Etats-Unis.

C’est dans ce contexte que le général Victor Renuart, le chef du commandement de la zone Amérique du Nord, a expliqué, lors d’une audition au Sénat, le 17 mars, que Washington envisageait d’envoyer plus de troupes ou d’agents spécialisés à la frontière. Selon lui, toutes les composantes des forces de l’ordre et de l’armée seront probablement concernées dans ce combat sans pour autant donner une estimation chiffrée des besoins.

Deux semaines auparavant, Rick Perry, le gouverneur républicain du Texas, avait exigé l’envoi de 1 000 hommes supplémentaires. « Je me fiche de savoir s’il s’agit de militaires, de gardes nationaux ou d’agents des douanes, a-t-il lâché. Nous sommes très préoccupés par le fait que le gouvernement fédéral ne s’occupe pas de la sécurité à la frontière de façon adéquate. »

Une équipe formée de représentants de plusieurs agences gouvernementales s’est réunie la semaine dernière afin d’épauler Mexico. Une initiative qui fait suite au déjeuner, le 12 janvier à Washington, entre Barack Obama et le président mexicain. D’après l’hebdomadaire The Economist, citant des sources mexicaines, M. Calderon aurait proposé un « partenariat stratégique » et la mise en place rapide d’un groupe binational d’experts afin d’améliorer la coopération entre les deux pays.

Devant l’éventualité d’une nouvelle militarisation de la frontière, le président mexicain a exhorté, il y a quelques jours, Washington à surveiller, de son côté, plus étroitement ses importations d’armes et leur vente aux particuliers. Il a demandé des contrôles plus stricts à la frontière d’où les cartels reçoivent leur arsenal et des millions de dollars en espèces en provenance des Etats-Unis.

Après Hillary Clinton, le président américain effectuera à son tour une visite officielle, les 16 et 17 avril, au Mexique. La première en Amérique latine depuis son accession à la Maison Blanche.

Nicolas Bourcier – EL PASO (TEXAS) ENVOYÉ SPÉCIAL

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/03/24/la-guerre-des-cartels-mexicains-franchit-la-frontiere-des-etats-unis_1171893_3222.html#Z3v6zkJA11su7rMg.99

Ce que peut (encore) faire Barack Obama avant la fin de son mandat

Le président sortant a jusqu’au 20 janvier 2017, date de l’investiture de Donald Trump, pour prendre ses dernières mesures.

Lucas Wicky

Le Monde

28.12.2016

Barack Obama entre dans la dernière ligne droite de son mandat présidentiel. Le 20 janvier 2017, Donald Trump, dont l’élection a été confirmée le 19 décembre par le vote des grands électeurs, prêtera serment et s’installera à la Maison Blanche. Le président sortant se trouve ainsi placé dans la position inconfortable du « lame duck » (canard boiteux), selon l’expression consacrée outre-Atlantique : celle d’un élu dont le mandat arrive à terme et qui est toujours en poste, alors que son successeur est déjà élu mais n’occupe pas encore le poste.

Pour autant, M. Obama ne semble pas disposé à faire « profil bas » durant cette période de transition officielle, qui limite, théoriquement, ses marges de manœuvre. Pour preuve, le 20 décembre, il a décrété l’interdiction des forages gaziers et pétroliers dans de vastes zones de l’Arctique et de l’Atlantique. Les observateurs y ont vu une sorte de coup de force avant l’arrivée de M. Trump, tant cette disposition s’inscrit à rebours des orientations de ce dernier, qui, au contraire, a promis de déréguler l’extraction pétrolière pendant son mandat.

Barack Obama va-t-il profiter des prochaines semaines pour faire passer d’autres mesures avant de quitter la fonction présidentielle ? En a-t-il les moyens ? Voici un tour d’horizon des leviers dont il dispose encore, ou pas, et de la pérennité des mesures qu’il pourrait prendre.

Peut-il faire voter de nouvelles réformes ?

Non

En tout cas, pas en passant par le Congrès (pouvoir législatif). Depuis deux ans, M. Obama n’y dispose pas d’une majorité. C’est pourquoi toutes les réformes d’ampleur du président sortant ont été bloquées. Les élections de mi-mandat avaient en effet permis aux républicains d’obtenir la majorité au Sénat, tandis qu’ils contrôlaient la Chambre des représentants depuis 2010. Les démocrates n’ont pas réussi à renverser ce rapport de force lors des dernières élections, en novembre.

Peut-il « contourner » les parlementaires ?

Oui, dans certains cas

Des leviers ont notamment permis à M. Obama d’agir sur la question des armes, de promouvoir la diversité au sein de la Sécurité nationale ou de protéger une partie de la mer de Bering. Il s’agit des executive actions, en l’occurence des décrets présidentiels (executive orders) ou des mémorandums, qui viennent préciser la manière dont une loi existante doit s’appliquer (les décrets doivent nécessairement mentionner la loi concernée, à la différence des mémorandums).

Le président dispose d’un troisième outil afin de se passer de la validation du Sénat : les accords exécutifs. M. Obama y a eu recours en politique étrangère. Par exemple pour « signer l’accord de Paris sur le changement climatique et conclure l’accord controversé sur le programme nucléaire iranien », note John Copeland Nagle, professeur de droit à l’université Notre Dame law school.

M. Obama a toutefois eu moins recours aux décrets présidentiels que ses prédécesseurs républicains, Ronald Reagan et George W. Bush, mais à plus de mémorandums, selon USA Today.

Les décisions prises à travers des « actes exécutifs » sont-elles irréversibles ?

Non

L’utilisation de ces executive actions n’est pas explicitement prévue par la Constitution des Etats-Unis. Leur utilisation a plusieurs fois été jugée abusive ou « anticonstitutionnelle » par les républicains. En réalité, il revient aux tribunaux fédéraux (s’ils sont saisis par un plaignant) ou à la Cour suprême (en cas d’appel) de juger si ces actes exécutifs respectent ou non la Constitution.

Quoi qu’il en soit, la plupart de ces actes exécutifs peuvent être « instantanément défaits par Donald Trump », prévient Vincent Michelot, professeur de civilisation américaine à Sciences Po Lyon.

C’est d’ailleurs ce que promet le futur locataire de la Maison Blanche, qui a l’intention de revenir sur plusieurs réformes de son prédécesseur. Dans son contrat présidentiel, on peut lire ce qu’il compte faire dès son premier jour de mandat :

« Premièrement, abroger toutes les actions exécutives inconstitutionnelles, mémorandums et décrets mis en place par le président Obama. »

Certains actes présidentiels pris par M. Obama peuvent-ils contraindre son successeur ?

Oui

Face au risque de détricotage par son successeur, M. Obama possède une marge de manœuvre : appliquer, à travers des executive actions, des lois n’étant pas prévues pour être réversibles. C’est ce qu’il a fait pour interdire les forages offshore en Arctique et Atlantique : il s’est appuyé sur l’Outer Continental Shelf Lands Act, loi sur les terres du plateau continental, qui donne au président le pouvoir de protéger les eaux fédérales et rend cette protection permanente dans le temps.

Le texte actuel ne permet pas d’autoriser à nouveau l’exploitation d’hydrocarbures une fois qu’une zone a été sanctuarisée. Et Vincent Michelot de préciser :

« Certaines règles édictées ces derniers jours seront très difficiles à abroger […] et consommatrices de temps parlementaire. Elles donnent aussi la possibilité aux associations de défense de l’environnement de porter le débat devant le judiciaire, ce qui signifie des procédures d’une durée de deux à quatre ans. »

Ce type de mesure pourrait-il être multiplié dans les prochains jours ? Vincent Michelot n’exclut pas cette possibilité :

« Si d’autres décisions similaires sont dans les tuyaux, notamment en matière d’environnement, M. Obama a tout intérêt à ne pas les annoncer à l’avance, pour bénéficier de l’effet de surprise et surtout mettre l’administration Trump au pied du mur. »

Le président sortant dispose-t-il d’autres pouvoirs en cette fin de mandat ?

Oui

Barack Obama a par exemple la possibilité de suspendre des dirigeants de l’administration ou de l’armée et de rendre publics des programmes confidentiels. L’hebdomadaire de gauche The Nation l’a appelé, début décembre, à utiliser une partie de ces pouvoirs. Notamment pour « déclassifier des documents secrets, gracier des lanceurs d’alertes [comme Chelsea Manning ou Edward Snowden] et punir des hauts responsables ayant abusé de leur pouvoir ». Pour l’heure, le président démocrate n’a pas donné suite à leur demande.

Par ailleurs, l’article II de la Constitution des Etats-Unis confère au président le pouvoir « d’accorder […] des grâces pour crimes contre les Etats-Unis ». Il s’agit d’une prérogative que M. Obama a largement utilisée au cours des derniers jours.

Pour la seule journée du 19 décembre, il a accordé 153 « commutations » (réduction ou suppression de peine) et 78 « pardons » (oubli de la condamnation après que celle-ci a été effectuée et plein rétablissement des droits civils – le vote par exemple). Il a d’ores et déjà battu le record historique du nombre de grâces accordées par un président en exercice.

« Il y aura d’autres grâces présidentielles pour certains condamnés », pronostique Vincent Michelot. L’administration Obama redoute un tournant sécuritaire avec M. Trump. Ce mouvement de grâces est donc également un message politique. Le dernier communiqué de la Maison Blanche sur le sujet est explicite :

« Nous devons rappeler que la grâce est un outil de dernier ressort et que seul le Congrès peut mettre en place les réformes plus larges nécessaires pour assurer à long terme que notre système de justice pénale fonctionne plus équitablement et plus efficacement au service de la sécurité publique. »


Médias: Le Monde ressuscite l’Index (Who will fact-check the fact-checkers ?)

12 février, 2017
decodex
Exemple de fiabilité pour le site de «Valeurs actuelles» et le blog «les Crises»le-monde-decodexNous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor (février 2007)
Nous avons recensés 600 sites, majoritairement français mais aussi anglais et américains et quelques allemands, avec cinq niveaux de fiabilité, repérés par cinq couleurs. Nous distinguons en gris les sites collectifs, donc non classés, comme Wikipedia, en bleu les sites parodiques, comme Le Gorafi ou NordPresse, en rouge les sites pas du tout fiables, complotistes ou trompeurs, comme le portail IVG.net qui, sous couvert d’informations, veut manipuler les femmes pour les décourager d’avorter, en orange les sites peu fiables ou très orientés, type FdeSouche, ou les attrape-clics qui republient des informations non recoupées, et enfin en vert les sites très fiables. C’est n’est pas un jugement sur leur opinion, mais sur leur démarche journalistique. L’idée n’est pas de faire du clic ni de l’argent, c’est une démarche citoyenne. Samuel Laurent
L’Index librorum prohibitorum (Index des livres interdits) est un catalogue instauré par le pape Paul IV en 1559 durant le Concile de Trente (1545-1563). Il s’agit d’une liste d’ouvrages que les catholiques romains n’étaient pas autorisés à lire. Le but de cette liste était d’empêcher la lecture de « livres pernicieux » jugés immoraux ou contraires à la foi. La Congrégation de l’Index fut instituée en 1571. L’Index fut régulièrement mis à jour jusqu’en 1961, par ajout de la Congrégation de l’Inquisition ou du pape. La liste n’était pas un simple travail de réaction ; les auteurs étaient invités à défendre leurs travaux, qu’ils pouvaient corriger et rééditer s’ils désiraient éviter l’interdiction, et une censure avant publication était encouragée. (…) Depuis la « Notification de la suppression de l’index des livres interdits », émise par le Vatican en 1966, cet index perd son caractère obligatoire et n’a plus valeur de censure, même s’il reste un guide moral. C’est de cet Index qu’est venue l’expression “Être mis à l’Index“. Ainsi, cette censure a gravement attenté à la Liberté d’expression, et a pourri le débat public pendant plus de 400 ans. Nous en étions débarrassés depuis plus de 50 ans, croyant être enfin entrés définitivement dans une période de liberté de pensée et d’expression. Et puis Le Monde a ressuscité l’Index… Les Crises
En proposant à ses lecteurs un moteur de recherche permettant de vérifier la fiabilité des sites d’information, «le Monde» se met dans une situation où il est à la fois juge et partie. (…) Jusqu’à présent, les fact-checkeurs se contentaient de fact-checker au détail, article par article, rumeur par rumeur, photo par photo, assertion par assertion, chiffre faux par chiffre faux. C’était (quasi) irréprochable déontologiquement, même si ce travail indispensable n’a pas empêché, aux Etats-Unis, l’élection de l’affabulateur complotiste Trump. Mais sans doute rien ne pouvait-il empêcher l’élection de Donald Trump, face à l’impopularité de Hillary Clinton. Désormais, donc, le Monde décode en gros. Tant de savoir accumulé devait trouver un débouché. Sur le papier, le saut est défendable. Dans la pratique, le diable est dans les détails. Depuis que l’extension est entrée en service, les critiques ont été nombreuses, essentiellement de la part des classés rouges. On pouvait s’y attendre. Encore faut-il distinguer les grandes objections qu’on peut faire au projet. (…) Plus sérieuse est une troisième critique : le Monde a catégorisé à la hache. A ma droite, en vert, tous les médias «professionnels», avec journalistes encartés. A ma gauche, en rouge, tous les autres. Hors carte de presse, point de salut. D’un coup d’un seul, l’apport historique d’Internet à l’enrichissement de l’info traditionnelle est jeté avec l’eau du bain Trump-Brexit. Ainsi, Valeurs actuelles, et sa condamnation à la haine raciale, est en vert, alors que Fakir, le site de François Ruffin, auteur de Merci patron !, est en rouge. Sur le point particulier de Valeurs actuelles, on sent d’ailleurs bien l’embarras de Decodex, qui assure dans le même mouvement que «le site est en principe plutôt fiable», tout en nuançant que «certaines enquêtes sont à prendre avec précaution». Décode qui pourra. Mais ce n’est pas le pire. Le pire, c’est que ce partage lui-même ne vaut que pour la presse française. Si le Monde n’a pas voulu se fâcher avec les chers confrères (et concurrents) français en les badigeonnant tous de vert, il n’a pas les mêmes scrupules s’agissant de la presse étrangère. Prenons la Grande-Bretagne. Le Daily Mail, pro-Brexit, qui a repris les mensonges du camp du «Leave», est catalogué orange («présente souvent les faits de manière racoleuse et exagérée»). Pourquoi pas ? Mais le Guardian, média phare du Remain anti-Brexit, qui a multiplié les prédictions apocalyptiques pour l’instant nullement confirmées dans les faits, est catalogué fiable. Pourquoi l’un et pas l’autre ? Plus sérieux : de quel droit, une source d’information vient-elle dire que d’autres sources d’informations concurrentes sont fiables ou non ? Quelle est sa fiabilité ? C’est comme si on demandait à la compagnie de taxis G7 de labelliser Uber ou aux agences immobilières de dire si Airbnb est une appli cool. Journal favorable à la mondialisation, le Monde classe en vert les journaux pro-mondialisation et les autres en rouge. Le Monde est purement et simplement en conflit d’intérêts. Juge et partie. Mort (provisoire ?) d’une belle idée. Daniel Schneidermann
Verificator arrive. Les menteurs n’ont qu’à bien se tenir. Orwell aurait pu l’inventer : un outil qui prétend distinguer le vrai du faux, ça aurait fait rêver Big Brother. C’est Le Monde qui l’offre aujourd’hui au lecteur-citoyen supposé égaré dans le maquis de l’information. Grâce à une panoplie informatique appelée Decodex (dont fait partie Verificator), il pourra se repérer et distinguer le bon grain journalistique de l’ivraie propagandiste. Dès ce matin, 600 sites, français en majorité, seront notés par un moteur de recherches à l’aide d’un système de pastilles de couleurs notant leur fiabilité: gris pour les sites collectifs, comme Wikipedia, bleu pour les sites parodiques, comme Le Gorafi, rouge pour les sites « pas du tout fiables, complotistes ou trompeurs », orange pour les sites « peu fiables ou très orientés », vert pour les sites « très fiables ». Ce système rappelle furieusement celui qui classe les voitures en fonction de leur nocivité pour l’environnement. Faut-il comprendre que Le Monde fait la chasse aux pollueurs du web ? (…) C’est tout de même curieux. En général, les journalistes du Monde n’aiment pas du tout qu’on les accuse d’être des donneurs de leçon. Or, voilà qu’ils se proclament eux-mêmes arbitres des élégances morales de la profession. Au nom de quoi le service « Décodeurs » du Monde serait-il habilité à décerner des brevets de fiabilité ? N’y aurait-il pas un petit conflit d’intérêt dans le fait que Le Monde, qui est producteur d’information, soit aussi celui qui délivre l’AOC ? Bien sûr, Jérôme Fenoglio, interrogé sur France Inter par une Sonia Devillers en pamoison devant tant de génie, se défend de toute volonté de censure idéologique : il s’agit simplement d’offrir à ceux qui le veulent (il insiste sur le fait qu’on n’est pas obligés, ouf) un moyen de savoir s’ils sont chez des charlatans ou chez des gens sérieux, si ce qu’ils consomment est de l’information ou une contrefaçon. Intention fort louable bien sûr. Reste à savoir comment on distingue les uns des autres. Et, à entendre les rares exemples donnés par les initiateurs de cette usine à gaz, on peut déjà redouter un filtre idéologique. Ainsi sait-on déjà que FDesouche sera classé « orange », en raison, suppose-t-on, de son caractère « très orienté ». Comme FDesouche ne publie que des informations puisées ailleurs, dans des médias certainement labellisés « verts » par Decodex, cela signifie qu’une information cachère dans Le Parisien devient immangeable chez FDesouche. En réalité, FDesouche publie des informations avérées et orientées. Tout comme Le Monde qui a, des années durant, dénoncé à grand bruit la menace populiste, et informé à très bas bruit sur la menace islamiste. La conclusion, c’est qu’une sélection particulière d’informations parfaitement exactes peut se révéler « très orientée ». En attendant, on aimerait savoir si l’Humanité et les Inrocks auront droit à leur pastille orange. Mais peut-être Verificator considèrera-t-il que ces titres, certes « très orientés », le sont aussi très bien. Qu’on ne se méprenne pas, quand Jérôme Fenoglio affirme qu’on peut être en désaccord à condition d’être d’accord sur les faits, il soulève un problème grave. Les complotistes de tout poil, qui pullulent sur internet, menacent le monde commun. Mais ce n’est pas un label décerné par Le Monde qui y changera quelque chose. Nos vaillants décodeurs oublient que ne s’informent sur les sites complotistes que ceux qui veulent croire aux complots. Et pour ceux-là, la pastille orange décernée par Le Monde fonctionnera comme un signe de ralliement plutôt que comme une marque d’infamie. En réalité, Decodex repose sur une définition pour le moins problématique de l’information. Celle-ci serait faite de faits dont le journaliste, nous disent Fenoglio et ses camarades, n’est que l’humble interprète. Interprète est le mot juste. Car si on a besoin d’interpréter les faits c’est qu’il n’est pas si facile de les définir. On peut sans doute savoir assez facilement combien de gens ont assisté à l’intronisation de Donald Trump (ou en tout cas avoir la certitude que le président américain ment). Mais la plupart des faits sont étroitement dépendants de celui qui les observe : s’il existait des faits autonomes, il serait facile de savoir si, oui ou non, le niveau baisse à l’école (sujet sur lequel les journalistes de Causeur et ceux du Monde n’ont pas la même vérité). Ou si l’intégration progresse. Ou si les Français sont de plus en plus racistes. Et il ne suffit pas de brandir des chiffres. Le problème, presque insoluble, c’est que, souvent, les mots n’ont pas le même sens pour tout le monde. On peut dire, chiffres à l’appui, que les capacités de lecture des élèves s’améliorent. Mais le mot « lecture » ne désigne plus la même réalité. Croire qu’on réinventera le monde commun à coups d’algorithme relève au mieux de la naïveté technologique, au pire de l’arrogance politique. Aucun robot ne résoudra pour nous la difficile question de la vérité. Alors chers confrères, arrêtez de décoder ! Elisabeth Lévy

Vous en aviez rêvé, Le Monde l’a fait !

Au lendemain d’une revanche des bouseux

Qui a décidément, du côté des mauvais perdants, beaucoup de mal à passer …

Et ce, malgré l’accumulation, entre accusation de piratage russe ou du système électoral, des excuses et des coups bas …

Devinez ce que viennent de nous sortir les décodeurs du Monde ?

Non content de s’écrire désormais avec l’histoire et la sociologie dans les prétoires …

Le journalisme va enfin pouvoir disposer, digne de la Sorbonne ecclésiastique des plus beaux jours, de son propre Index à lui tout seul  !

I. Quand le Monde ressuscite l’Index librorum prohibitorum

L’Index librorum prohibitorum (Index des livres interdits) est un catalogue instauré par le pape Paul IV en 1559 durant le Concile de Trente (1545-1563).

Il s’agit d’une liste d’ouvrages que les catholiques romains n’étaient pas autorisés à lire. Le but de cette liste était d’empêcher la lecture de « livres pernicieux » jugés immoraux ou contraires à la foi.

La Congrégation de l’Index fut instituée en 1571. L’Index fut régulièrement mis à jour jusqu’en 1961, par ajout de la Congrégation de l’Inquisition ou du pape. La liste n’était pas un simple travail de réaction ; les auteurs étaient invités à défendre leurs travaux, qu’ils pouvaient corriger et rééditer s’ils désiraient éviter l’interdiction, et une censure avant publication était encouragée.

On a ainsi pu trouver parmi les centaines d’auteurs dans l’Index : René Descartes, Daniel Defoe, Blaise Pascal, Pierre-Joseph Proudhon, Jean de La Fontaine, Johannes Kepler, Alexandre Dumas, Érasme, Honoré de Balzac, Charles Baudelaire, François Rabelais, Jean-Jacques Rousseau, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Pierre Larousse, Fénelon, Gustave Flaubert, Fontenelle, John Locke, Martin Luther, Jean Calvin, Anatole France, Baruch Spinoza, Nicolas Machiavel, Frédéric II de Prusse, André Gide, Auguste Comte, Condorcet, Nicolas Copernic, Thomas Hobbes, David Hume, Emmanuel Kant, Montaigne, Montesquieu, Voltaire, Victor Hugo, Émile Zola…

J’ai une pensée émue pour toutes ces personnes, qui, un jour, ont découvert qu’elles étaient mises à l’Index et que c’était diabolique de les lire – vous comprenez pourquoi.

Depuis la « Notification de la suppression de l’index des livres interdits », émise par le Vatican en 1966, cet index perd son caractère obligatoire et n’a plus valeur de censure, même s’il reste un guide moral.

C’est de cet Index qu’est venue l’expression “Être mis à l’Index“.

Ainsi, cette censure a gravement attenté à la Liberté d’expression, et a pourri le débat public pendant plus de 400 ans.

Nous en étions débarrassés depuis plus de 50 ans, croyant être enfin entrés définitivement dans une période de liberté de pensée et d’expression.

Et puis Le Monde a ressuscité l’Index…

Voir aussi:

Au Monde, on décode à pleins tubes!

Decodex est en ligne

Elisabeth Lévy
est fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur.

Causeur

02 février 2017

Verificator arrive. Les menteurs n’ont qu’à bien se tenir. Orwell aurait pu l’inventer : un outil qui prétend distinguer le vrai du faux, ça aurait fait rêver Big Brother. C’est Le Monde qui l’offre aujourd’hui au lecteur-citoyen supposé égaré dans le maquis de l’information. Grâce à une panoplie informatique appelée Decodex (dont fait partie Verificator), il pourra se repérer et distinguer le bon grain journalistique de l’ivraie propagandiste. Dès ce matin, 600 sites, français en majorité, seront notés par un moteur de recherches à l’aide d’un système de pastilles de couleurs notant leur fiabilité: gris pour les sites collectifs, comme Wikipedia, bleu pour les sites parodiques, comme Le Gorafi, rouge pour les sites « pas du tout fiables, complotistes ou trompeurs », orange pour les sites « peu fiables ou très orientés », vert pour les sites « très fiables ». Ce système rappelle furieusement celui qui classe les voitures en fonction de leur nocivité pour l’environnement. Faut-il comprendre que Le Monde fait la chasse aux pollueurs du web ? En tout cas, pour Causeur, les paris sont ouverts. J’avoue qu’une pastille verte me vexerait presque.

Un léger conflit d’intérêt

C’est tout de même curieux. En général, les journalistes du Monde n’aiment pas du tout qu’on les accuse d’être des donneurs de leçon. Or, voilà qu’ils se proclament eux-mêmes arbitres des élégances morales de la profession. Au nom de quoi le service « Décodeurs » du Monde serait-il habilité à décerner des brevets de fiabilité ? N’y aurait-il pas un petit conflit d’intérêt dans le fait que Le Monde, qui est producteur d’information, soit aussi celui qui délivre l’AOC ? Bien sûr, Jérôme Fenoglio, interrogé sur France Inter par une Sonia Devillers en pamoison devant tant de génie, se défend de toute volonté de censure idéologique : il s’agit simplement d’offrir à ceux qui le veulent (il insiste sur le fait qu’on n’est pas obligés, ouf) un moyen de savoir s’ils sont chez des charlatans ou chez des gens sérieux, si ce qu’ils consomment est de l’information ou une contrefaçon. Intention fort louable bien sûr. Reste à savoir comment on distingue les uns des autres. Et, à entendre les rares exemples donnés par les initiateurs de cette usine à gaz, on peut déjà redouter un filtre idéologique.

FDesouche classé « orange », en raison, suppose-t-on, de son caractère « très orienté »

Ainsi sait-on déjà que FDesouche sera classé « orange », en raison, suppose-t-on, de son caractère « très orienté ». Comme FDesouche ne publie que des informations puisées ailleurs, dans des médias certainement labellisés « verts » par Decodex, cela signifie qu’une information cachère dans Le Parisien devient immangeable chez FDesouche. En réalité, FDesouche publie des informations avérées et orientées. Tout comme Le Monde qui a, des années durant, dénoncé à grand bruit la menace populiste, et informé à très bas bruit sur la menace islamiste. La conclusion, c’est qu’une sélection particulière d’informations parfaitement exactes peut se révéler « très orientée ». En attendant, on aimerait savoir si l’Humanité et les Inrocks auront droit à leur pastille orange. Mais peut-être Verificator considèrera-t-il que ces titres, certes « très orientés », le sont aussi très bien.

Pas de problème pour Les Inrocks ou l’Humanité

Problème de référence?

Qu’on ne se méprenne pas, quand Jérôme Fenoglio affirme qu’on peut être en désaccord à condition d’être d’accord sur les faits, il soulève un problème grave. Les complotistes de tout poil, qui pullulent sur internet, menacent le monde commun. Mais ce n’est pas un label décerné par Le Monde qui y changera quelque chose. Nos vaillants décodeurs oublient que ne s’informent sur les sites complotistes que ceux qui veulent croire aux complots. Et pour ceux-là, la pastille orange décernée par Le Monde fonctionnera comme un signe de ralliement plutôt que comme une marque d’infamie.

En réalité, Decodex repose sur une définition pour le moins problématique de l’information. Celle-ci serait faite de faits dont le journaliste, nous disent Fenoglio et ses camarades, n’est que l’humble interprète. Interprète est le mot juste. Car si on a besoin d’interpréter les faits c’est qu’il n’est pas si facile de les définir. On peut sans doute savoir assez facilement combien de gens ont assisté à l’intronisation de Donald Trump (ou en tout cas avoir la certitude que le président américain ment). Mais la plupart des faits sont étroitement dépendants de celui qui les observe : s’il existait des faits autonomes, il serait facile de savoir si, oui ou non, le niveau baisse à l’école (sujet sur lequel les journalistes de Causeur et ceux du Monde n’ont pas la même vérité). Ou si l’intégration progresse. Ou si les Français sont de plus en plus racistes. Et il ne suffit pas de brandir des chiffres. Le problème, presque insoluble, c’est que, souvent, les mots n’ont pas le même sens pour tout le monde. On peut dire, chiffres à l’appui, que les capacités de lecture des élèves s’améliorent. Mais le mot « lecture » ne désigne plus la même réalité.

Croire qu’on réinventera le monde commun à coups d’algorithme relève au mieux de la naïveté technologique, au pire de l’arrogance politique. Aucun robot ne résoudra pour nous la difficile question de la vérité. Alors chers confrères, arrêtez de décoder !

Voir aussi:

Chronique «Médiatiques»
Decodex décodé
En proposant à ses lecteurs un moteur de recherche permettant de vérifier la fiabilité des sites d’information, «le Monde» se met dans une situation où il est à la fois juge et partie.

Daniel Schneidermann

Libération

5 février 2017

Dans le monde merveilleux des surveillants surveillés et des fact-checkeurs fact-checkés, amusons-nous aujourd’hui à décoder Decodex. Decodex, c’est le nouveau joujou mis en ligne la semaine dernière par le Monde, et qui partage les médias en ligne entre plutôt fiables et pas fiables du tout. Vous arrivez sur pipeule.com ou sur bidon.fr, et le joujou, pardon l’extension, vous le classe en vert ou en rouge, avec quelques lignes d’explication de vote.

C’est un pari audacieux. Jusqu’à présent, les fact-checkeurs se contentaient de fact-checker au détail, article par article, rumeur par rumeur, photo par photo, assertion par assertion, chiffre faux par chiffre faux. C’était (quasi) irréprochable déontologiquement, même si ce travail indispensable n’a pas empêché, aux Etats-Unis, l’élection de l’affabulateur complotiste Trump. Mais sans doute rien ne pouvait-il empêcher l’élection de Donald Trump, face à l’impopularité de Hillary Clinton.

Désormais, donc, le Monde décode en gros. Tant de savoir accumulé devait trouver un débouché. Sur le papier, le saut est défendable. Dans la pratique, le diable est dans les détails. Depuis que l’extension est entrée en service, les critiques ont été nombreuses, essentiellement de la part des classés rouges. On pouvait s’y attendre. Encore faut-il distinguer les grandes objections qu’on peut faire au projet.

Première objection : Decodex ne convaincra que les convaincus. Seuls la téléchargeront ceux qui font a priori confiance au Monde, pour discerner la bonne de la mauvaise info. Objection rejetée : entre les convaincus de la fiabilité, par nature, de la presse traditionnelle, et les convaincus de sa congénitale propension au mensonge et à la manip, reste heureusement le grand marais de tous ceux qui doutent, cherchent, tâtonnent, hésitent, recoupent. Et donc, oui, il existe pour une initiative de ce genre un public intéressé.

Objection de rechange : auprès de la seconde catégorie, l’anathème jeté par Decodex sur les sites «douteux» n’aura aucun effet. Il ne fera que les conforter dans leur certitude que l’objet de cet anathème est digne de confiance, du fait même de l’anathème d’un «média du système». Objection retenue cette fois, mais c’est un risque à courir.

Plus sérieuse est une troisième critique : le Monde a catégorisé à la hache. A ma droite, en vert, tous les médias «professionnels», avec journalistes encartés. A ma gauche, en rouge, tous les autres. Hors carte de presse, point de salut. D’un coup d’un seul, l’apport historique d’Internet à l’enrichissement de l’info traditionnelle est jeté avec l’eau du bain Trump-Brexit. Ainsi, Valeurs actuelles, et sa condamnation à la haine raciale, est en vert, alors que Fakir, le site de François Ruffin, auteur de Merci patron !, est en rouge. Sur le point particulier de Valeurs actuelles, on sent d’ailleurs bien l’embarras de Decodex, qui assure dans le même mouvement que «le site est en principe plutôt fiable», tout en nuançant que «certaines enquêtes sont à prendre avec précaution». Décode qui pourra.

Mais ce n’est pas le pire. Le pire, c’est que ce partage lui-même ne vaut que pour la presse française. Si le Monde n’a pas voulu se fâcher avec les chers confrères (et concurrents) français en les badigeonnant tous de vert, il n’a pas les mêmes scrupules s’agissant de la presse étrangère. Prenons la Grande-Bretagne. Le Daily Mail, pro-Brexit, qui a repris les mensonges du camp du «Leave», est catalogué orange («présente souvent les faits de manière racoleuse et exagérée»). Pourquoi pas ? Mais le Guardian, média phare du Remain anti-Brexit, qui a multiplié les prédictions apocalyptiques pour l’instant nullement confirmées dans les faits, est catalogué fiable. Pourquoi l’un et pas l’autre ?

Plus sérieux : de quel droit, une source d’information vient-elle dire que d’autres sources d’informations concurrentes sont fiables ou non ? Quelle est sa fiabilité ? C’est comme si on demandait à la compagnie de taxis G7 de labelliser Uber ou aux agences immobilières de dire si Airbnb est une appli cool. Journal favorable à la mondialisation, le Monde classe en vert les journaux pro-mondialisation et les autres en rouge. Le Monde est purement et simplement en conflit d’intérêts. Juge et partie. Mort (provisoire ?) d’une belle idée.

Voir également:

«Qui fact-checkera les fact-checkeurs ?» : le Decodex du Monde suscite des critiques

Des journalistes ont exprimé leur scepticisme envers la démarche du Monde qui consiste à établir le degré de fiabilité des sites d’information sur internet. Certains acteurs mis à l’index se demandent ce qui fonde la légitimité du Monde à distribuer les bons points.

«Un premier pas vers la vérification de masse de l’information». C’est ainsi que se définit «Decodex» le nouvel outil du Monde pour décrypter la fiabilité de l’information sur internet et lutter contre les intox qui pullulent sur le web. La démarche, qui se veut pédagogique, prend notamment la forme d’un moteur de recherche, le logiciel classe les sites soumis en plusieurs couleurs: vert pour «plutôt fiable», jaune pour «peu fiable» rouge pour «très peu fiable» ou bleu pour «parodique». Ainsi le site Gorafi reçoit une pastille bleue, tandis que «Fdesouche», la revue de presse identitaire, reçoit une gommette jaune, et le site ivg.net, dans le viseur du gouvernement parce qu’il culpabiliserait les femmes désirant avorter, une pastille rouge. La liste de tous les sites classés par Decodex assortis des commentaires a par ailleurs été publiée par un blog.

Labellisation du bon journalisme

A première vue, l’idée de séparer le bon grain de l’ivraie journalistique peut paraître louable. Mais très vite, des voix se sont élevées pour dénoncer un monopole de la labellisation du «bon journalisme» assez contestable. Où est la part de la ligne éditoriale dans le jugement de ce qu’est un site fiable? Par exemple le site «Valeurs

actuelles» d’abord classé en vert, s’est vu attribuer la gommette orange «peu fiable» quelques jours plus tard. En cause, la condamnation de l’hebdo pour «provocation à la haine raciale» pour sa Une sur les Roms en 2015. «Certaines enquêtes ou reprises d’autres médias sont à prendre avec précaution.» indique le «Decodex».

Du côté de l’hebdo droitier, on préfère rire de cette mise à l’index. «Au début nous étions très inquiets d’être en vert, mais on s’est très vite rassurés en voyant qu’on était passé au orange», se gausse Geoffroy Lejeune, le directeur de la rédaction. «Nous songeons d’ailleurs à Valeurs Actuelles à mettre en œuvre notre propre Decodex. Les Décodeurs du Monde y seraient en violet ou en marron», lâche-t-il.

Autre mécontent: Olivier Berruyer, blogueur et fondateur du site Les Crises, qui s’est vu lui carrément décerner l’infamante étiquette rouge «très peu fiable» en raison de la diffusion de «théories conspirationnistes, notamment sur la crise ukrainienne.». Il se retrouve dans le même sac qu’Égalité et réconciliation, le site d’Alain Soral, ou le site complotiste antisémite Panamza. Pour justifier son choix, Le Monde s’appuie sur une source unique: un article issu d’un blog hébergé par…. le Monde. Dans un article documenté, Olivier Berruyer, développe un long argumentaire contre ce qu’il appelle une «liste maccarthyste» et compare le Decodex à l‘Index librorum prohibitorum, la liste établie par l’Eglise des ouvrages que les catholiques n’avaient pas le droit de lire. «Je n’ai pas créé un site d’information, mais un simple blog personnel pour échanger avec les lecteurs ; et le Monde n’a pas à utiliser l’immense poids de son image pour tenter de me discréditer – sans fondement en plus.», se plaint le blogueur. La journaliste Aude Lancelin, auteur du Monde libre, un brûlot remarqué sur les dérives du journalisme, l’a soutenu.

Juge et partie

Outre les plaintes de réprouvés, Decodex suscite des doutes chez d’autres journalistes. «Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. Qui veut discréditer un site trouvera toujours une fausse information quelque part.» remarque Vincent Glad qui tient un blog sur le site de Libération. Le journaliste fait remarquer que si le blog de l’économiste souverainiste Jacques Sapir est classé «orange» parce qu’il «il relaie parfois de fausses informations, niant la présence de soldats russes en Ukraine en 2014, pourtant établie», «il serait facile de rétorquer que Le Monde publie aussi à l’occasion de fausses informations, comme récemment le faux piratage par les Russes d’une centrale américaine.» On peut aussi noter que le magazine people France dimanche reçoit une pastille verte «plutôt fiable», alors que le journal avait annoncé en Une le divorce d’Emmanuel Macron, ce qui avait suscité une plainte de ce dernier.

«Au nom de quoi le service «Décodeurs» du Monde serait-il habilité à décerner des brevets de fiabilité? N’y aurait-il pas un petit conflit d’intérêt dans le fait que Le Monde, qui est producteur d’information, soit aussi celui qui délivre l’AOC?» se demande Élisabeth Lévy dans Causeur. Pour Daniel Schneiderman, fondateur du site de critique des médias Arrêts sur image, il y a également une difficulté à ce que Le Monde soit à la fois juge et partie. «De quel droit, une source d’information vient-elle dire que d’autres sources d’informations concurrentes sont fiables ou non? Quelle est sa fiabilité? C’est comme si on demandait à la compagnie de taxis G7 de labelliser Uber ou aux agences immobilières de dire si Airbnb est une appli cool», écrit-il dans Libération.

Derrière cette polémique, c’est toutes les mutations du journalisme contemporain qui sont en question. A l’ère des populismes, des réseaux sociaux, et de la «post-vérité», les médias traditionnels peuvent-ils garder le monopole de l’information? Y-a-t’il une définition «légale» du journalisme? Certains ont eu beau jeu de rappeler que Le Monde et Libération avaient applaudi en une l’entrée des Khmers rouges dans Phnom Penh en 1975, et qu’il n’y a pas d’objectivité journalistique pure, définissable a priori.

D’aucuns soulignent qu’en plus d’être contestable, cette démarche pourrait bien être inefficace et ne prêcher que les convertis, à l’heure où la confiance des Français dans leurs médias n’a jamais été aussi faible. Ainsi, pour Jean-François Kahn, une telle opération ne peut être crédible que si les médias font leur mea-culpa. «Cette démarche pourrait être positive et courageuse si elle était précédée d’un examen de conscience», explique au Figaro l’ancien directeur de Marianne.

«Il y a une telle suspicion envers les médias qui se sont trompés qu’il faut reconquérir la confiance des gens. Il faudrait faire un grand examen de conscience médiatique sur le traitement de l’Irak, la Libye, la Syrie par exemple.» Il s’interroge aussi sur les modalités que pourrait prendre une éventuelle labellisation des sources: «Il faudrait que ce soit une institution, un genre de Conseil constitutionnel de journalistes, qui puisse élaborer cette classification.»

Voir encore:

Who will check Facebook’s ‘fact checkers?’

In response to recent concerns about “fake news” and opinion-swaying hoaxes, Facebook has unveiled new measures to address the issue. But unless done right, these steps may create more problems than they solve — and boost claims that the “fake news crisis” is an attempt to impose political controls on the media.

One Facebook measure gives power to consumers themselves: Anyone will be able to report a hoax by clicking the upper right hand corner of a post.

This may accomplish some good, but the potential for abuse is immediately obvious. People can flood the system with fake reports of fake news, either to punish websites and news organizations they dislike or to subvert the fake-news-flagging process itself

More than a few people on the right and the “anti-establishment” left will get a huge kick out of slapping the “fake news” label on The New York Times, The Washington Post or CNN.

However, Facebook’s main mechanism for “fake news” oversight will be a program involving third-party fact-checkers. These organizations will check stories submitted as “fake” by readers. If they are, in fact, determined to be fake, they will be flagged as “disputed by third parties.”

People will see the “disputed” warning when they are about to share a link to such a story and will be encouraged to read the fact-checking report. Opportunities for advertising revenue from “disputed” news items will be severely limited as well.

Of course, that brings us to the great question first posed by the Roman satirical poet Juvenal some 2000 years ago: Who will watch the watchmen?

The announcement that established fact-checking organizations will be in charge of classifying some stories as fake was quickly met with derision on the right.

Indeed, conservatives have long claimed that fact-checking was riddled with anti-conservative bias and even conflicts of interest (as when PolitiFact, one of Facebook’s six United States-based fact-checkers, shot down a critique of a Clinton Foundation initiative without disclosing that one of that program’s principal funders was a major donor to PolitiFact’s parent organization, the Poynter Institute).

Conservatives argue that most fact-checking is opinion dressed up in the mantle of “Just the facts” — a blatant liberal attempt to control the discourse.

Are those charges fair? Depends on how you look at it.

For instance, in 2013 the Center for Media and Public Affairs found that over a four-month period, PolitiFact had rated 32 percent of Republicans’ claims as totally false (“pants on fire”) compared to just 11 percent of claims by Democrats, while rating 22 percent of Democratic claims and just 11 percent of Republican claims as “entirely true.”

The CMPA did not evaluate these ratings but merely tabulated them. Does this mean that PolitiFact was biased, or that Democrats were actually more truthful? The only thing we know for sure is that the fact-checking is, to use Facebook’s terms, “disputed.”

A look at fact-checkers’ explanations of their ratings will show that truth and falsehood are rarely black and white, at least in the mouths of politicians. More often than not, the devil is in the details — or in the context.

In at least some cases, accusations of dishonest fact-checking have been based on highly tendentious interpretation.

For instance, fact-checkers from several organizations took a lot of flak for branding then-Republican presidential candidate Carly Fiorina a liar after she talked about watching a pro-life group’s video exposé of Planned Parenthood, supposedly showing:

“a fully formed fetus on the table, its heart beating, its legs kicking while someone says we have to keep it alive to harvest its brain.”

In fact, one of the videos showed a former Planned Parenthood technician, now a pro-life activist, claiming that she had witnessed such a scene; her account was illustrated by footage of an aborted fetus with its leg twitching.

Conservative critics argued that since the fetus in the clip was “the same gestational age” as in the former technician’s account, Fiorina’s assertion was fundamentally accurate. But an uncorroborated allegation illustrated by unrelated footage is not even close to a video record of an actual incident — which is what Fiorina claimed.

Those who side with Fiorina over the fact-checkers should try turning the political tables.

Suppose a Democratic candidate had described watching video footage of a white police officer hurling racial slurs while repeatedly firing his gun into an unarmed, helpless black man. Suppose the actual video showed an ex-cop turned Black Lives Matter activist asserting that he had witnessed such an incident, with his story accompanied by footage of a dead body from a different police shooting.

Would any conservatives rise to defend the Democrat’s truthfulness?

In other instances, the fact-checkers fully deserved the backlash.

Last year, PolitiFact gave Donald Trump a “pants on fire” rating for his claim that “crime is rising,” based on government crime data from 1993 to 2014 (which show a steady drop in both violent crime and property crimes).

In response, the American Enterprise Institute, a conservative think tank, pointed to preliminary data from 2015 which do, in fact, show an upward trend in crime statistics.

But PolitiFact stood by its rating, arguing that Trump’s claim was false since it was made in the context of “sweeping rhetoric about a nation in decline” and did not include such qualifiers as “recently” or “in the past year.”

That’s not fact-checking, it’s nit-picking.

You don’t have to like or support Trump to conclude that on this matter, PolitiFact was being more political than factual.

What lessons does this offer for fake news-checking?

Unlike claims by politicians, many “fake news” stories that have made the rounds in the past year have involved outright fabrications, not just skewed reporting.

Pope Francis endorsing Donald Trump, Hillary Clinton selling weapons to ISIS, or Trump rally-goers shouting anti-black slogans is not a matter of context or interpretation; these stories were simply made up.

If Facebook’s third-party fact-checkers limit themselves to flagging stories that are straightforward hoaxes, that will go a long way toward making them credible. Tendentious reporting is not “fake news;” it happens all the time, across the political spectrum, and the only answer to it is more critical thinking on the part of readers and viewers, not more social-media controls.

Adding more conservatives to fact-checking operations would also help.

A fact-checking panel made up of journalists and experts from news organizations and think tanks across the political spectrum would be an excellent addition to the media landscape. It would promote cooperation across ideological lines, something that is becoming regrettably rare.

Most importantly, it would allay fears that the pushback against “fake news” is a vehicle for censoring real news and opinion.

Cathy Young is a contributing editor for Reason magazine and a columnist for Newsday. Follow her on Twitter at @CathyYoung63.


Liberté d’expression: Après l’histoire, c’est désormais la sociologie qui se dit dans les prétoires (French historian sued for spilling the beans on Arab antisemitism)

10 février, 2017
deracinement
https://www.thesun.co.uk/wp-content/uploads/2017/02/nintchdbpict000300125351.jpg?strip=all&w=960

‘All further migration from mainly Muslim countries should be stopped’

Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor (février 2007)
Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse. Emmanuel Macron
Poland showed the strongest opposition to migrants arriving from Muslim countries, with 71 per cent supporting the ban. Opposition to further migration was also intense in Austria (65 per cent), Belgium (64 per cent), Hungary (64 perc cent) and France (61 per cent) and Greece (58 per cent). The idea of a Trump-style ban also received support in Germany, with 53 per cent calling for increased curbs and 51 per cent in Italy. But there was not majority support in Britain or Spain, which was most opposed to the idea of a ban with only 41 per cent voicing support. Overall, across all ten of the European countries an average of 55 per cent agreed that all further migration from mainly Muslim countries should be stopped. The Sun
Selon une étude menée par l’institut de recherche britannique Chatham House, les Européens seraient majoritairement favorables à la fermeture de leurs frontières aux individus originaires de pays musulmans. 55% des personnes interrogées ont ainsi déclaré être d’accord avec cette affirmation : “Toute immigration supplémentaire venant de pays à majorité musulmane doit cesser”. Un chiffre impressionnant. Dans le commentaire de l’étude, l’institut livre ses conclusions : “Nos résultats sont frappants et donnent à réfléchir. Ils suggèrent que l’opposition à l’immigration venant de pays à majorité musulmane n’est pas confinée à l’électorat de Donald Trump aux Etats-Unis mais est largement répandue”. Largement, mais plus spécialement dans les pays qui “ont été au centre de la crise migratoire ou ont vécu des attaques terroristes ces dernières années”. La Pologne (71%), l’Autriche (65%), la Hongrie et la Belgique (64%), ainsi que la France (61%), sont ainsi parmi les plus favorables à l’assertion de départ. Valeurs actuelles
Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit. (…) On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif… (…)  Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France. Karim
Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. « Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : « Non à Allah, non au prophète ». C’est pour cela que les arabes ont inventé le « Mecca-cola ». Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés. Ali
En fait, tout est écrit dans le Coran. Le châtiment des juifs, c’est l’enfer. L’histoire de Moïse est belle. Dieu lui a fait faire des miracles. Il a coupé la mer en deux pour qu’il puisse la traverser. Mais après tous ces miracles, les juifs ont préféré adorer un veau d’or. C’est à cause de cela que ce peuple est maudit par Dieu. Je parle avec mon père de ces choses-là. Parce que parmi les autres musulmans, il y a des sectes, des barbus qui peuvent t’envoyer te faire exploser je ne sais où. Alors je mets des remparts avec eux. Je suis fragile d’esprit, je préfère parler de ça avec ma famille, elle m’apporte l’islam qui me fait du bien. Djamal
À en croire, par ordre d’entrée en scène, Enzo Traverso, Luc Boltanski et Arnaud Esquerre, Edwy Plenel, Philippe Corcuff, Renaud Dély, Pascal Blanchard, Claude Askolovitch et Yvan Gastaut: les années 1930 sont de retour. La droite intégriste et factieuse occupe la rue, la crise économique pousse à la recherche d’un bouc émissaire et l’islamophobie prend le relais de l’antisémitisme. Tous les auteurs que j’ai cités observent, comme l’écrit Luc Boltanski: «la présence de thèmes traditionalistes et nationalistes issus de la rhétorique de l’Action française et la réorientation contre les musulmans d’une hostilité qui fut dans la première moitié du XXe siècle principalement dirigé contre les juifs». Cette analogie historique prétend nous éclairer: elle nous aveugle. Au lieu de lire le présent à la lumière du passé, elle en occulte la nouveauté inquiétante. Il n’y avait pas dans les années 1930 d’équivalent juif des brigades de la charia qui patrouillent aujourd’hui dans les rues de Wuppertal, la ville de Pina Bausch et du métro suspendu. Il n’y avait pas d’équivalent du noyautage islamiste de plusieurs écoles publiques à Birmingham. Il n’y avait pas d’équivalent de la contestation des cours d’histoire, de littérature ou de philosophie dans les lycées ou les collèges dits sensibles. Aucun élève alors n’aurait songé à opposer au professeur, qui faisait cours sur Flaubert, cette fin de non-recevoir: «Madame Bovary est contraire à ma religion.» Il n’y avait pas, d’autre part, de charte de la diversité. On ne pratiquait pas la discrimination positive. Ne régnait pas non plus à l’université, dans les médias, dans les prétoires, cet antiracisme vigilant qui traque les mauvaises pensées des grands auteurs du patrimoine et qui sanctionne sous le nom de «dérapage» le moindre manquement au dogme du jour: l’égalité de tout avec tout. Quant à parler de retour de l’ordre moral alors que les œuvres du marquis de Sade ont les honneurs de la Pléiade, que La Vie d’Adèle a obtenu la palme d’or à Cannes et que les Femen s’exhibent en toute impunité dans les églises et les cathédrales de leur choix, c’est non seulement se payer de mots, mais réclamer pour l’ordre idéologique de plus en plus étouffant sous lequel nous vivons les lauriers de la dissidence. (…) Pour dire avec Plenel et les autres que ce sont les musulmans désormais qui portent l’étoile jaune, il faut faire bon marché de la situation actuelle des juifs de France. S’il n’y a pratiquement plus d’élèves juifs dans les écoles publiques de Seine-Saint-Denis, c’est parce que, comme le répète dans l’indifférence générale Georges Bensoussan, le coordinateur du livre Les Territoires perdus de la République (Mille et Une Nuits), l’antisémitisme y est devenu un code culturel. Tous les musulmans ne sont pas antisémites, loin s’en faut, mais si l’imam de Bordeaux et le recteur de la grande mosquée de Lyon combattent ce phénomène avec une telle vigueur, c’est parce que la majorité des antisémites de nos jours sont musulmans. Cette réalité, les antiracistes officiels la nient ou la noient dans ses causes sociales pour mieux incriminer au bout du compte «la France aux relents coloniaux». Ce n’est pas aux dominés, expliquent-ils en substance, qu’il faut reprocher leurs raccourcis détestables ou leur passage à l’acte violent, c’est à la férocité quotidienne du système de domination. (…) Au début de l’affaire Dreyfus, Zola écrivait Pour les juifs. Après m’avoir écouté sur France Inter, Edwy Plenel indigné écrit Pour les musulmans. Fou amoureux de cette image si gratifiante de lui-même et imbu d’une empathie tout abstraite pour une population dont il ne veut rien savoir de peur de «l’essentialiser», il signifie aux juifs que ceux qui les traitent aujourd’hui de «sales feujs» sont les juifs de notre temps. Le racisme se meurt, tant mieux. Mais si c’est cela l’antiracisme, on n’a pas vraiment gagné au change. Et il y a pire peut-être: l’analogie entre les années 1930 et notre époque, tout entière dressée pour ne pas voir le choc culturel dont l’Europe est aujourd’hui le théâtre, efface sans vergogne le travail critique que mènent, avec un courage et une ténacité admirables, les meilleurs intellectuels musulmans. (…) Pendant ce temps, tout à la fierté jubilatoire de dénoncer notre recherche effrénée d’un bouc émissaire, les intellectuels progressistes fournissent avec le thème de «la France islamophobe» un bouc émissaire inespéré au salafisme en expansion. En même temps qu’il fait de nouveaux adeptes, l’Islam littéral gagne sans cesse de nouveaux Rantanplan. Ce ne sont pas les années 1930 qui reviennent, ce sont, dans un contexte totalement inédit, les idiots utiles. (…) Autrefois, on m’aurait peut-être traité de «sale race», me voici devenu «raciste» et «maurrassien» parce que je veux acquitter ma dette envers l’école républicaine et que j’appelle un chat, un chat. Entre ces deux injures, mon cœur balance. Mais pas longtemps. Mon père et mes grands-parents ayant été déportés par l’État dont Maurras se faisait l’apôtre, c’est la seconde qui me semble, excusez-moi du terme mais il n’y en a pas d’autres, la plus dégueulasse. (…) J’attends d’avoir fini le livre d’Eric Zemmour pour réagir. Mais d’ores et déjà, force m’est de constater que ceux qui dénoncent jour et nuit les amalgames et les stigmatisations se jettent sur l’analyse irrecevable que Zemmour fait du régime de Vichy pour pratiquer les amalgames stigmatisants avec tous ceux qu’ils appellent les néoréactionnaires et les néomaurrassiens. Ils ont besoin que le fascisme soit fort et même hégémonique pour valider leur thèse. Le succès de Zemmour pour eux vient à point nommé. Mais je le répète, ce n’est pas être fasciste que de déplorer l’incapacité grandissante de la France à assumer sa culture. Et ce n’est surement pas être antifasciste que de se féliciter de son effondrement. Alain Finkielkraut 
L’antisémitisme traditionnel en France est originellement marqué par l’Eglise, l’extrême droite et le nationalisme: c’est l’antisémitisme de l’affaire Dreyfus qui connaît son acmé sous Vichy. L’antisémitisme nouveau est un antisémitisme d’importation. Il est lié à la fois à la culture traditionnelle des pays magrébins, à l’islam et au contexte colonial. En Algérie, le décret Crémieux qui permit aux juifs de devenir français dès 1870 attise la jalousie des musulmans. En Tunisie et au Maroc, les juifs n’étaient pas français mais leur émancipation par le biais de l’école leur a donné une large avance sur le plan scolaire et social sur la majorité musulmane. Cela s’est terminé par le départ de la minorité juive. Cet antisémitisme-là s’est transposé sur notre territoire par le truchement de l’immigration familiale (c’est cela qui a été importé et pas le conflit israélo-palestinien comme le répètent les médias). Un antisémitisme qui préexistait toutefois auparavant (mais en mode mineur) comme le rappellent les affrontements survenus à Belleville en juin 1967 ou le Mouvement des Travailleurs arabes au début des années 1970. Paradoxalement, cet antisémitisme ne s’est pas dilué, mais enkysté. C’est dans les familles qu’il se transmet et s’apprend. Arrivé à l’école, l’affaire est déjà jouée. Nouveau par les formes et l’origine, il épouse parfois le vocabulaire de l’antisémitisme traditionnel. Par exemple, le mot «youpin», qui avait tendance à disparaître en France, est réutilisé dans des milieux de banlieues qui ne le connaissaient pas. Bref, les différentes branches de l’antisémitisme sont en train de se conjuguer. L’extrême droite traditionnelle qui connait un renouveau, une certaine ultra gauche qui par le biais de l’antisionisme a parfois du mal à maquiller son antisémitisme (l’enquête Fondapol d’octobre 2014 menée par Dominique Reynié était édifiante à cet égard). On a oublié que l’antisémitisme plongeait de longues racines à gauche, depuis Proudhon jusqu’aux propos de Benoît Frachon en juin 1967, secrétaire général de la CGT. Mais la branche la plus massive, et de loin, est la branche arabo-islamiste. Celle-là seule passe aux actes, elle insulte, frappe et tue. Elle n’est d’ailleurs pas seulement arabo-islamiste car elle déborde aujourd’hui dans les banlieues. Nombre de jeunes qui ne sont pas issus de l’immigration arabo-musulmane adoptent pourtant le code culturel de l’antisémitisme, lequel est devenu un code d’intégration dans les cités. Ainsi, ici, l’intégration à la France se fait-elle à rebours, en chassant la part juive de la société française. Adopter ces clichés et ce langage c’est se donner plus de chances d’être intégré dans l’économie sociale des banlieues. Et pour parler comme la banlieue, il faut parler «anti-feuj». (…) En tant qu’historien, je suis frappé par la stupidité d’une telle comparaison [sort des musulmans aujourd’hui à celui des juifs hier]. Je n’ai pas souvenir dans l’histoire des années 30 d’avoir entendu parler de l’équivalent juif de Mohammed Merah, de Mehdi Nemmouche ou des frères Kouachi se mettant à attaquer des écoles françaises, des boutiques ou des Eglises. Assistait-on dans les années 1930 à un repli communautaire des juifs? Tout au contraire, s’agissait-il d’une course éperdue vers l’intégration et l’assimilation. Les juifs cherchaient à se faire le plus petit possible. Ils étaient 330 000, dont 150 000 juifs étrangers qui vivaient dans la crainte d’être expulsés. Beaucoup étaient des réfugiés de la misère, d’autres fuyaient le nazisme et les violences antisémites d’Europe orientale. Aujourd’hui, place Beauvau, on estime la minorité musulmane entre six et dix millions de personnes. Ils n’ont pas été chassés par un régime qui veut les exterminer mais sont venus ici, dans l’immense majorité des cas, pour trouver des conditions de vie meilleures. Les situations sont incomparables, ne serait-ce qu’au regard des effectifs concernés: en Europe, aujourd’hui, un musulman sur quatre vit en France. Cette question est toutefois intéressante à un autre titre: pourquoi une partie de la population française d’origine maghrébine est-elle habitée par un mimétisme juif, une obsession juive, voire une jalousie sociale comme si l’histoire du Maghreb colonial se perpétuait ici? L’histoire de la Shoah est-elle en cause? Elle n’a pas été surestimée, il s’agit bien de la plus profonde coupure anthropologique du siècle passé, et elle dépasse de loin la seule question antisémite. En réalité, c’est la trivialisation de cette tragédie historique qui a produit des effets pervers. Car la Shoah, elle, au-delà de toutes les instrumentalisations, reste une question d’histoire cardinale qui interroge politiquement toutes les sociétés. Qu’est-ce qu’un génocide? Comment en est-on arrivé-là? Pourquoi l’Allemagne? Pourquoi l’Europe? Pourquoi les juifs? Comment une idéologie meurtrière se met-elle en place? Comment des hommes ordinaires, bons pères de famille, deviennent-ils parfois des assassins en groupe? Cette césure historique, matrice d’un questionnement sans fin, a été rabaissée à un catéchisme moralisateur («Plus jamais ça!») et à une avalanche assez niaiseuse de bons sentiments qui, pédagogiquement, ne sont d’aucune utilité. Et qui fait que nous passons parfois à côté des mécanismes politiques qui régulent des sociétés de masse d’autant plus dangereuses qu’anomiées. Le discours de la repentance a pu stériliser la pensée et frapper de silence des questions jugées iconoclastes. Comme les questions d’histoire culturelle évoquées tout à l’heure. Comme si invoquer le facteur culturel à propos de minorités dont l’intégration est en panne serait emprunter le «chemin d’Auschwitz». Cet affadissement a paralysé la réflexion politique, enté sur la conviction erronée que les situations se reproduisent à l’identique. Or, si les mécanismes sont les mêmes, les situations ne le sont jamais. Le travail de l’historien illustre sans fin le mot d’Héraclite: «On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve…» (…) Mais ces lois [mémorielles] ont des effets pervers. Dans des sociétés de masse animées par la passion de l’égalité, toute différence, est perçue comme une injustice. La Shoah étant perçue comme le summum de la souffrance, le peuple juif aux yeux de certains est devenu le «peuple élu de la souffrance». De là une concurrence des mémoires alimentée plus encore par un cadre de références où la victime prend le pas sur le citoyen. Comme s’il fallait avoir été victime d’une tragédie historique pour être reconnu. Second élément de la dérive, la transgression qui permet d’échapper à l’anonymat. Et dans une société qui a fait de la Shoah (contre les historiens) une «religion civile», la meilleure façon de transgresser est de s’en prendre à cette mémoire soit dans le franc négationnisme hier, soit dans la bêtise de masse (qui se veut dérision) type Dieudonné aujourd’hui. Sur ce plan, tous les éléments sont réunis pour favoriser la transgression qui canalise les frustrations innombrables d’un temps marqué au sceau du «désenchantement du monde». C’est d’ailleurs pourquoi on a tort de réagir à chacune des provocations relatives à la Shoah. C’est précisément ce qu’attend le provocateur, notre indignation est sa jouissance. (…) Pour une journée de jumelage avec Tel-Aviv, il a fallu déployer 500 CRS. L’ampleur de la polémique me parait disproportionnée. Israël n’est pas un Etat fasciste et le conflit avec les Palestiniens est de basse intensité. Il y a pratiquement tous les jours entre cinquante et cent morts par attentats dans le monde arabo-musulman dans l’indifférence générale. La guerre civile en Syrie a fait à ce jour, et en quatre ans, 240 000 morts. Le conflit israélo-palestinien en aurait fait 90 000 depuis 1948. La disproportion est frappante. Peu importe que des Arabes tuent d’autres Arabes. Tout le monde s’en moque. Les juifs seuls donnent du prix à ces morts. Dès qu’ils sont de la partie, on descend dans la rue. Cette passion débordante, disproportionnée, n’interroge pas le conflit. Elle interroge ce que devient la société française. Les menaces sur Tel Aviv sur scène sont venues des mêmes milieux qui ont laissé faire les violences de Barbès en juillet 2014, la tentative d’assaut contre la la synagogue de la rue de la Roquette à Paris et une semaine plus tard contre celle de Sarcelles. Bref, je le redis, ce n’est pas le conflit qui a été importé, c’est l’antisémitisme du Maghreb. Les cris de haine d’aujourd’hui sont l’habillage nouveau d’une animosité ancienne. (…) A la lecture de Christophe Guilluy, on comprend d’ailleurs qu’il n’y a pas deux France, mais trois. La France périphérique méprisée par les élites, qui souffre et est tenue de se taire. Elle constitue le gros du vivier FN. La France des biens nés, intégrée socialement, plus aisée et qui regarde avec condescendance la France populaire qui «pense mal». Enfin, une troisième France, tout aussi en souffrance que la première, en voie de désintégration sous l’effet de la relégation géographique, sociale, scolaire, et dont une frange se radicalise. Mais l’erreur, ici, serait de lier la poussée islamiste à la seule déshérence sociale: dès lors que des jeunes intégrés, et diplômés basculent vers la radicalité islamiste, on comprend que le facteur culturel a été longtemps sous-estimé. (…) A force de nier le réel, on a fait le lit du FN. Les millions de Français qui sont aujourd’hui sympathisants du Front national n’ont pas le profil de fascistes. Beaucoup d’entre eux votaient jadis à gauche, et le FN authentiquement parti d’extrême droite, est aussi aujourd’hui le premier parti ouvrier de France. Comment en est-on arrivé-là? Quelle responsabilité ont les classes dominantes dans ce naufrage et, notamment la classe intellectuelle? Voilà les questions qui importent vraiment. En revanche, la question rhétorique du «plus grand danger», FN ou islamisme, vise à nous faire taire. Avec à la clé ce chantage: «A dénoncer la poussée de l’islamisme, du communautarisme, la désintégration d’une partie de l’immigration de masse, vous faites le jeu du Front national!». Tenter de répondre à la question ainsi formulée, c’est tomber dans ce piège rhétorique. Il faudrait, au contraire, retourner cette question à ceux qui la posent: n’avez-vous pas fait le jeu du FN en invalidant la parole d’une partie du peuple français, en le qualifiant de «franchouillard», de raciste, de fasciste? Et en sous estimant le sentiment d’abandon et de mépris vécu par ces dominés de toujours? Georges Bensoussan
En 2002, nous étions encore habités par le mot «République», agité comme un talisman, comme un sésame salvateur. Or, la République est d’abord une forme de régime. Elle ne désigne pas un ancrage culturel ou historique. La nation, elle, est l’adhésion à un ensemble de valeurs et rien d’autre. Ce n’est pas le sang, pas le sol, pas la race. Peut être Français, quelle que soit sa couleur de peau ou sa religion, celui qui adhère au roman national selon la définition bien connue d’Ernest Renan: «Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis.» Nous avions un peu délaissé cette définition pour mettre en avant les valeurs de la République. Nous avons fait une erreur de diagnostic. Nous n’avions pas vu que la nation, et non seulement la République, était en train de se déliter. Une partie de la population française, née en France, souvent de parents eux-mêmes nés en France, a le sentiment de ne pas appartenir à celle-ci. Alors qu’ils sont français depuis deux générations pour beaucoup, certains adolescents dans les collèges et lycées, comme aussi certains adultes, n’hésitent plus à affirmer que la France n’est pas leur pays. Ajoutant: «Mon pays c’est l’Algérie…» (ou la Tunisie, etc…). Les incidents lors de la minute de silence pour les assassinés de Merah comme pour ceux de janvier 2015 furent extrêmement nombreux. On a cherché comme toujours à masquer, à minimiser, à ne pas nommer. Dans la longue histoire de l’immigration en France, cet échec à la 3° génération est un fait historique inédit. Certains historiens de l’immigration font remarquer, à juste titre, qu’il y eut toujours des problèmes d’intégration, même avec l’immigration européenne. Mais pour la première fois dans l’Histoire nous assistons à un phénomène de désintégration, voire de désassimilation. C’est pourquoi, ce n’est pas la République seule qui est en cause, mais bien la nation française: notre ancrage historique, nos valeurs, notre langue, notre littérature et notre Histoire. Toute une partie de la jeunesse de notre pays se reconnaît de moins en moins dans notre culture. Elle lui devient un code culturel étranger, une langue morte et pas seulement pour des raisons sociales. Nous sommes en train d’assister en France à l’émergence de deux peuples au point que certains évoquent des germes de guerre civile. (…)  la culture est tout sauf une essence. Ce qui est essence s’appelle «la race». Lorsqu’on est né dans un groupe ethnique, on n’en sort pas. On restera toujours ethniquement parlant Juif du Maroc ou Sénégalais peul. En revanche, la culture s’acquiert. Elle est dynamique. On peut être Juif du Maroc ou Sénégalais peul, lorsqu’on vit en France et qu’on finit par aimer ce pays, on devient français. La culture est le contraire absolu de l’essence. L’histoire culturelle, c’est l’histoire des mentalités, des croyances, de la mythologie, des valeurs d’une société qui permet de comprendre l’imaginaire des hommes d’un temps donné. Cette histoire n’est pas fixe. Il suffit pour s’en convaincre de réfléchir à la conception de l’enfant dans la culture occidentale, à l’image qu’on s’en faisait au Moyen-Age, au XVIIIe siècle, au XXe siècle. Il s’agit là d’un processus dynamique, rien d’un fixisme. Mais si la culture est le contraire de la race, pourquoi une telle frilosité à faire de l’histoire culturelle, une telle peur de nommer les problèmes culturels par leurs noms? Dans un domaine moins polémique, pourquoi certains ont-ils encore peur de dire que le nazisme est un enfant de l’Allemagne et pas seulement de l’Europe? Qu’il y a dans le nazisme des éléments qui n’appartiennent qu’à la culture allemande traditionnelle depuis Luther et même bien avant. Les grands germanistes français du XX° siècle le savaient, depuis Edmond Vermeil jusqu’à Rita Thalmann et plus près de nous Edouard Husson. Est-ce faire du racisme anti-allemand que le dire? Est-ce faire du racisme que constater dans la culture musulmane, le Coran et les hadiths sont présents des éléments qui rendent impossible la coexistence sur un pied d’égalité avec les non musulmans. Je ne parle pas de la tolérance du dhimmi. Je parle d’égalité et de culture du compromis et de la négociation. Travaillant plusieurs années sur l’histoire des juifs dans le monde arabe aux XIXe et au XXe siècle (pour juifs en pays arabes. Le grand déracinement, 1850-1975, Tallandier, 2012), j’avais constaté l’existence d’une culture arabo-musulmane, du Maroc à l’Irak, entachée d’un puissant antijudaïsme, et ce bien avant le sionisme et la question d’Israël et de la Palestine. Il existe en effet, et de longue date, une culture arabo-musulmane anti-juive, souvent exacerbée par la colonisation (mais qui n’en fut toutefois jamais à l’origine). Il fallait faire de l’histoire culturelle pour comprendre comment, pourquoi et quand la minorité juive qui s’était progressivement émancipée grâce à l’école, s’était heurtée à une majorité arabo-musulmane aux yeux de laquelle l’émancipation des juifs était inconcevable et irrecevable. Il n’était question alors ni de sionisme, ni d’Israël ni de Gaza. Et encore moins de «territoires occupés» qui, pour les ignorants et les naïfs, constituent le cœur du problème actuel. Ce conflit entre une majorité qui ne supporte pas que le dominé de toujours s’émancipe, et le dominé de toujours qui ne supporte plus la domination d’autrefois, se traduit par un divorce, et donc un départ. Il s’agit là d’histoire culturelle. Où est le racisme? Georges Bensoussan
Nous sommes dans le déni. Peut-être parce qu’étant donnée l’horreur des exactions subies par les juifs dans le monde chrétien, et particulièrement sous les nazis, on a voulu croire à un islam tolérant. Or la légende d’Al Andalus, cette Espagne musulmane où les trois monothéismes auraient cohabité harmonieusement sous des gouvernements musulmans, a été forgée de toute pièce par le judaïsme européen au XIXe siècle, en particulier par les Juifs allemands, afin de promouvoir leur propre émancipation. Elle a ensuite été reprise par le monde arabe dans le but de montrer que les responsables de l’antagonisme entre juifs et Arabes étaient le sionisme et la naissance de l’État d’Israël. Coupables du départ massif des communautés juives d’Irak, d’Égypte, de Syrie, de Libye, du Maroc, etc., soit près d’un million de personnes entre 1945 et 1970. Mais, s’ils étaient si heureux dans leur pays d’origine, pourquoi ces gens sont-ils partis de leur plein gré ? En Irak, par exemple, les juifs comptaient parmi les plus arabisés d’Orient, et n’étaient guère tentés par le sionisme. Or ils ont été plus de 90 % en 1951-1952 à quitter le pays, après avoir subi le pogrom de Bagdad en juin 1941 – plus de 180 morts –, après avoir été victimes de meurtres, d’enlèvements, d’arrestations, de séquestrations, de vols et de torture dans les commissariats. C’est cette réalité-là qui a poussé ces juifs à l’exil. Un véritable processus d’épuration ethnique, d’autant plus sournois qu’à l’exception de l’Égypte, il n’a pas pris la forme d’une expulsion. (…) à eux seuls, des agents sionistes peuvent difficilement déraciner une communauté qui ne veut pas partir. Si les Juifs du Maroc ont quitté en masse leur pays – un tiers déjà avant l’indépendance –, c’est parce qu’ils avaient peur. D’expérience, ils craignaient le retour de la souveraineté arabe sur leurs terres. Ils ne se voyaient pas d’avenir dans leur pays, où la législation leur rendait la vie de plus en plus difficile. (…) Le Sultan, dit-on, se serait opposé au port de l’étoile jaune par ses sujets juifs. À ceci près qu’il n’y eut jamais d’étoile jaune au Maroc (et pas même en zone sud en France). Le sultan a fait appliquer à la lettre les statuts des juifs d’octobre 1940 et de juin 1941. (…) L’administration de Vichy était si gangrenée par l’antisémitisme (à commencer par le Résident général Charles Noguès) que l’attitude du sultan, par contraste, en apparaissait presque bienveillante ! En second lieu, les Juifs marocains partis en masse s’installer en Israël constituaient la partie la plus pauvre de la judéité marocaine, celle qui, de faible niveau social et professionnel, essuiera de front le racisme des élites ashkénazes. Être « marocain » en Israël était (et demeure) un « marqueur » péjoratif. Cette immigration s’est mise à idéaliser son passé marocain, sa culture, le temps de sa jeunesse, parfois tissé, au niveau individuel, de relations d’amitié entre juifs et Arabes. Ajoutons que la mémoire collective est socialement stratifiée. Il faut donc compter avec celle, moins douloureuse, des classes plus aisées qui ont émigré, elles, davantage, en France ou au Canada. Il justifie l’infériorisation du juif par le musulman : il autorise en effet les membres des religions dites du Livre à pratiquer leur foi, à la condition de payer un impôt spécial et d’accepter de se comporter en « soumis ». Leurs maisons ne doivent pas être plus hautes que celles des musulmans, ils doivent pratiquer discrètement leur foi, et leur voix ne vaut rien devant un tribunal musulman. Tout cela a fait du juif un être de second ordre. Les témoignages abondent, de non-juifs en particulier – des militaires, des commerçants, des médecins –, sur la misère et la manière infamante dont les juifs pouvaient être traités. Mais ce statut avait été intégré par des communautés profondément religieuses, marquées par l’attente messianique et considérant que ce qu’elles vivaient était le prix de l’Exil. Les choses ont changé avec l’arrivée des Européens et la possibilité d’avoir accès à une éducation marquée par les valeurs issues des Lumières. Pour autant, le regard arabo-musulman sur « le Juif » ne changera pas de sitôt : un sujet toléré tant qu’il accepte son infériorité statutaire. Même les juifs qui rejoindront le combat des indépendances arabes comprendront peu à peu qu’ils ne seront jamais acceptés. De fait, tous ont été écartés ou sont partis d’eux-mêmes, et la création de l’État d’Israël ne fera qu’accroître le rejet. (…) il faut distinguer le monde turc, plus tolérant que le monde arabe, même si la situation est loin d’y avoir été idyllique. Le statut de dhimmi a été aboli dans l’Empire ottoman par deux fois, en 1839 et 1856, et l’on constate que les contrées où les juifs connurent la condition la plus dure – le Yémen, la Perse et le Maroc – ne furent que peu ou pas du tout colonisées par les Turcs. (…) Dans la France d’aujourd’hui, les problèmes d’intégration d’une fraction des jeunes Français d’origine arabo-musulmane font rejouer les préjugés ancestraux et donnent prise à la culture du complot qui cristallise sur « le Juif », cette cible déjà désignée dans l’imaginaire culturel maghrébin, et aggravée par la réussite de la communauté juive de France. Mais qu’y a-t-il de « raciste » à faire ce constat, à moins d’invalider toute tentative de décrire le réel ? Ce qui est inquiétant dans mon affaire, au-delà de ma personne, est que la justice donne suite à la dénonciation du CCIF, dont l’objectif est de nous imputer le raisonnement débile du racisme pour mieux, moi et d’autres avec moi, nous réduire au silence. (…) Quand les faits leur donnent tort, ils invoquent l’« objectivité » alors que le seul souci de l’historien face aux sources, a fortiori quand elles contreviennent à sa vision du monde, demeure l’honnêteté. Comme au temps où il était impossible de critiquer l’Union soviétique au risque, sinon, de « faire le jeu de l’impérialisme », la doxa progressiste s’enferme dans cette paresse de l’esprit. Il n’est donc pas possible aujourd’hui de dire que le monde arabe, quoique colonisé hier, fut tout autant raciste, antisémite et esclavagiste. Quand la sociologue franco-algérienne Fanny Colonna a montré dès les années cinquante le poids de l’islamisme dans le nationalisme algérien, elle s’est heurtée aux « pieds rouges », ces intellectuels qui soutenaient le FLN et qui ne voulaient pas faire le jeu des opposants à la décolonisation. Orwell le soulignait jadis, certains intellectuels ont du mal à accepter une réalité dérangeante. Georges Bensoussan
La pire insulte qu’un Marocain puisse faire à un autre, c’est de le traiter de juif, c’est avec ce lait haineux que nous avons grandi. Saïd Ghallab (Les Temps modernes, 1965)
Cet antisémitisme il est déjà déposé dans l’espace domestique. Il est dans l’espace domestique et il est quasi naturellement déposé sur la langue, déposé dans la langue. Une des insultes des parents à leurs enfants quand ils veulent les réprimander, il suffit de les traiter de juif. Mais ça toutes les familles arabes le savent. C’est une hypocrisie monumentale que de ne pas voir que cet antisémitisme il est d’abord domestique et bien évidemment il est sans aucun doute renforcé, durci, légitimé, quasi naturalisé au travers d’un certain nombre de distinctions à l’extérieur. Mais il le trouvera chez lui, et puis il n’y aura pas de discontinuité radicale entre chez lui et l’environnement extérieur parce que l’environnement extérieur en réalité était le plus souvent dans ce qu’on appelle les ghettos, il est là, il est dans l’air que l’on respire. Il n’est pas du tout étranger et il est même difficile d’y échapper en particulier quand on se retrouve entre soi, ce sont les mêmes mots qui circulent. Ce sont souvent les mêmes visions du monde qui circulent. Ce sont souvent les mêmes visions du monde, fondées sur les mêmes oppositions et en particulier cette première opposition qui est l’opposition « eux et nous ». Smain Laacher
L’intégration est en panne aujourd’hui effectivement nous sommes en présence d’un autre peuple qui se constitue au sein de la nation française qui fait régresser un certain nombre de valeurs démocratiques qui nous ont portés » (…) Cet antisémitisme viscéral (…) on ne peut pas le laisser sous silence. Il se trouve qu’un sociologue algérien, Smaïn Laacher, d’un très grand courage, vient de dire dans un film qui passera sur France 3 « c’est une honte de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes en France, et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme on le tête avec le lait de la mère ». Georges Bensoussan
L’insulte en arabe « espèce de juif ! » n’est pas antisémite car « on ne pense pas ce qu’on dit ». Il s’agit « d’une expression figée, passée dans le langage courant. Nacira Guénif (Paris VIII)
Les juifs ne tuent pas d’Arabes ? Et en Palestine ? Avocat du CCIF
Si le tribunal cède à cette intimidation, ce sera à la fois une catastrophe intellectuelle et une catastrophe morale… Si on refuse de voir la réalité et si on incrimine ceux qui s’efforcent de la penser, on n’a plus aucune chance d’échapper à la division et à la montée de la haine ! Alain Finkielkraut
Bensoussan a rappelé qu’il y avait un antisémitisme de tradition culturelle dans les pays arabo-musulmans. Une tradition qui fait l’objet d’un déni massif, mais qu’avait eue le courage de proclamer par exemple un sociologue comme Smain Laacher, professeur à Strasbourg, dans un documentaire télévisé de France 3. (…) L’autre accusation concerne (…) l’affirmation répétée de son interlocuteur d’une unité sans problème de la population française. Il exprimait au contraire sa crainte que la population musulmane ne finisse par constituer une forme de contre-société, un peuple dans le peuple. Cette crainte, partagée par beaucoup d’observateurs et d’analystes ne relève que de la liberté de jugement qui est le propre d’un homme d’étude. M. Bensoussan ne soulignait d’ailleurs le phénomène que pour le déplorer et insistait sur la nécessité de le regarder en face pour mieux le dominer. Le déni de la réalité n’ayant jamais été le meilleur moyen de la transformer. Il paraît évident que l’accusation du CCIF n’est qu’une manière de tester la résistance de la justice républicaine aux pressions sur la liberté d’opinion et d’expression. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Pierre Nora
Les propos reprochés ne sont en rien un acte d’islamophobie… (…) J’ai moi-même dénoncé cette culture de la haine inculquée dans les familles arabes à leurs enfants, haine contre le juif, le chrétien, l’homosexuel. (…)  Dire que l’antisémitisme relève de la culture, c’est simplement répéter ce qui est écrit dans le Coran et enseigné à la mosquée. Boualem Sansal
Comment aurais-je pu imaginer un jour, en trente années de vie d’avocat à avoir à défendre un chercheur qui a fait de la dénonciation du racisme l’essentiel de sa vie professionnelle, à avoir à le défendre contre une accusation aussi infâme ! (…) Comment ces plaintes ont-elles pu être considérées comme recevables par le ministère public, alors que le CCIF a partie liée avec les idéologues islamistes ? » »Comment accepter ces dénonciations d’un racisme d’Etat alors même que le CCIF a refusé de condamner les attentats, les crimes contre Charlie ? M° Michel Laval
La justice française ne badine pas avec les figures de style. Pour avoir paraphrasé une citation utilisant une métaphore, l’historien Georges Bensoussan comparaissait le 25 janvier devant la 17ème chambre correctionnelle, pour « provocation à la haine raciale ». C’est à la suite du signalement fait auprès du Procureur de la République par le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France) que celui-ci a décidé de poursuivre Bensoussan. Plusieurs autres associations antiracistes (Licra, MRAP, LDH, SOS Racisme) se sont jointes au CCIF et se sont donc aussi portées partie civiles. (…) On étudie l’antisémitisme nazi, stalinien, communiste mais  l’antisémitisme issu du monde arabo-musulman reste un tabou majeur dans notre République des lettres. « Pas d’amalgame », « islamophobie », les injonctions ne manquent pas pour censurer tout regard critique, tout constat raisonné de ce qui ravage la culture commune d’une grande partie de la jeunesse « issue de la diversité » dans les « quartiers difficiles». Les euphémismes sont indispensables pour ne pas oser nommer ces territoires occupés dans la République, ceux qui ont été désertés par les familles juives pour mettre leurs enfants à l’abri des menaces et des insultes antisémites. Ces euphémismes sont la règle obligée du discours pour ne pas nommer les choses et il faudra attendre que Mohamed Merah tue des enfants juifs parce qu’ils sont Juifs pour que enfin on prenne la mesure de cet aboutissement. (…) Bensoussan était jugé pour avoir dit explicitement que la haine antijuive, en France, avait muté, qu’elle n’était plus le fait exclusif de l’extrême droite nazifiante et de ses épigones et qu’elle se manifestait aujourd’hui de manière particulièrement vivace dans les mentalités arabo-musulmanes. Pire, il aurait suggéré que cette haine antijuive était profondément inscrite dans la culture des populations arabo-musulmanes. Pour certains, cet état de choses ne peut être vrai, cette parole ne doit pas être dite. Elle serait une affabulation qui obéirait à une obsession idéologique de Bensoussan, celle d’un projet destructeur du récit enchanté du « vivre-ensemble » judéo-arabe ou judéo-musulman. (…) Les paroles de Bensoussan dans Répliques évoquaient avec lucidité l’antisémitisme de personnes de culture arabo-musulmane ou maghrébine. Il n’était pas le premier à le dire puisque de grands intellectuels, notamment maghrébins, l’avaient déjà souligné en faisant remarquer qu’il était plus facile de se voiler la face que de dire le réel dans sa crudité, sans pour cela tomber dans un racisme nauséabond. Boualem Sansal, Kamel Daoud, Fethi Benslama, Riad Sattouf,  pour ne citer que des auteurs reconnus en France, ont largement décrit et dénoncé ces éléments culturels, hélas fréquemment présents dans les mentalités d’une partie de ces populations. L’erreur de Georges Bensoussan, la seule, fut de ne pas reprendre exactement les mots prononcés par Laacher dans le documentaire diffusé par FR3. (…) Des plaidoiries des parties civiles au réquisitoire de la procureure, ce fut un défilé des poncifs idéologiques du politiquement correct, défenseur de l’humanité souffrante sous le joug du colon sioniste, du planteur raciste et esclavagiste en Caroline du sud. Ce Juif-SS-Dupont la joie de Bensoussan en prit pour son grade. (…) Plus grave fut le témoignage de Mohamed Sifaoui cité par la Licra. Comment cet adversaire farouche de l’islamisme pouvait-il se retrouver ainsi sur le même banc que le CCIF ? Comment ce journaliste, menacé de mort par les islamistes, ne se trouvait-il pas au contraire aux côtés de Bensoussan ? Comment la Licra elle-même, peut-elle être partie civile contre Bensoussan ? Comment Sifaoui qui écrivait, le 6 juillet 2015, que cette « prétendue association antiraciste (le CCIF) avait beaucoup de mal à condamner l’antisémitisme » pouvait-il à ce point changer de bord alors qu’en juin 2015, le CCIF traitait Sifaoui de « chantre de la haine » ? En revenant sur la fameuse métaphore de « l’antisémitisme tété au sein », il évoque même « un biberon empli d’un lait fabriqué en Israël ! ». (…) Un procès de même nature a été intenté par l’association des Indigènes de la République, contre Pascal Bruckner  qui avait déclaré, début 2015, qu’il fallait « faire le procès des collabos des assassins de Charlie ». Pascal Bruckner fut aussi trainé devant la 17e chambre pour des propos visant deux associations, selon lui, seraient des «complices idéologiques» des terroristes: «Les Indivisibles» de la militante « antiraciste » Rokhaya Diallo (qui n’en est plus membre) et «Les Indigènes de la République» dont Houria Bouteldja est la porte-parole. L’écrivain avait déclaré au cours de l’émission d’Arte 28 minutes qu’il fallait «faire le dossier des collabos, des assassins de Charlie» et accusé ces associations de «justifier idéologiquement la mort des journalistes de Charlie Hebdo». Ces deux associations qui avaient attaqué Pascal Bruckner pour diffamation suite à des propos sur l’islamisme ont été déboutées par la justice. Comment un Etat, la France, qui combat militairement le djihadisme après avoir été attaquée sur son propre sol par le terrorisme islamiste, peut-elle, dans le même temps, faire un procès à ceux qui dévoilent les stratégies de diffusion de son idéologie ? Comment la justice peut-elle accorder un crédit aux accusations de racisme énoncées par ceux-là même qui sont les promoteurs de la haine antijuive et antifrançaise ?  Comment peut-elle être à ce point aveugle devant la manipulation des mots, le dévoiement des institutions, celui des règles démocratiques visant justement à les retourner contre la première des libertés qui est celle de penser librement? Lentement mais sûrement, l’islamisme impose son agenda à l’Europe et à la France. Bien sûr, la police marque des points contre les projets terroristes, les déjoue et arrête préventivement des tueurs, mais l’arbre des terroristes ne saurait cacher la forêt de leurs complices, collabos et idiots utiles. Quand quelques jours après le massacre au camion tueur sur la promenade des Anglais à Nice, le 14 juillet dernier, l’affaire du burkini a occupé le devant de la scène estivale, il fallait bien se rendre compte que la République avait affaire à des ennemis particulièrement retors et intelligents : avoir réussi à faire qualifier la France de pays raciste alors que le sang à Nice n’était pas encore sec, révélait une grande efficacité de la propagande islamiste. Chaque jour qui passe nous révèle cette progression tous azimuts avec un partage des taches bien ordonné : présence dans le paysage, conquête de nouveaux territoires perdus pour la République, menaces contre les femmes, intimidation, action en justice contre des supposés islamophobes, chantage, séduction sur les vertus cachées de la religion de paix et d’amour. Alors que Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes de la République, est l’auteur du livre Les blancs, les juifs et nous explicitement raciste et antisémite, ce sont Bensoussan et Bruckner qui sont convoqués devant le tribunal pour répondre de leur « racisme » ou de leur « islamophobie ». Dans cette affaire, les idiots utiles ne sont pas ceux que l’on croit : ce ne sont pas les terroristes, mais bien plutôt ceux qui les inspirent, les promeuvent, les soutiennent. Ce sont eux qui occupent le terrain conquis, abandonnés par des démocrates soucieux de ne pas apparaître comme « islamophobes ». Ces islamo-fascistes ont lu Gramsci : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » Les monstres nouveaux ont bien compris que la victoire politique avait un préalable : la conquête des esprits. Au bal orchestré par Tariq Ramadan et le CCIF, les faux culs de l’antiracisme, la LICRA, le MRAP, la LDH, SOS Racisme, seront sur la piste. Jacques Tarnero

Après l’histoire, c’est désormais la sociologie qui se dit dans les prétoires !

A l’heure où sur l’immigration, l’Europe vote largement Trump

Et qu’après le lynchage médiatique du seul véritable espoir d’alternative pour la prochaine présidentielle …

La nouvelle coqueluche des médias pour mai prochain en est à nier l’existence même d’une culture française

Pendant que pris à son tour entre kippa, burkha et double nationalité dans les fausses équivalences morales dont raffolent nos médias, le parti des bonnes questions s’enferre à nouveau dans les mauvaises réponses

Et qu »à l’ONU sur fond d’épuration religieuse du Moyen-Orient, c’est la présence même des juifs sur leurs lieux les plus sacrés qu’on dénie …

Devinez qui désormais l’on traine, entre deux attentats ou menaces islamistes, devant nos tribunaux débordés …

Pour après les « territoires perdus » de nos écoles et les « territoires interdits » de nos services publics …

Avoir osé évoquer le secret de polichinelle de l’origine proprement familiale de l’antisémitisme de nombre de nos chères têtes blondes ?

Affaire Bensoussan: au bal des faux-culs antiracistes

SOS Racisme et la Licra au secours du CCIF

Jacques Tarnero est essayiste et auteur de documentaires.

Causeur

04 février 2017

Georges Bensoussan et Pascal Brucker sont traînés devant les tribunaux pour avoir dénoncé l’antisémitisme culturel d’une partie du monde arabo-musulman, banlieues françaises comprises. C’est affligeant. Mais que dire des authentiques antiracistes qui se joignent au choeur des pleureuses?

La justice française ne badine pas avec les figures de style. Pour avoir paraphrasé une citation utilisant une métaphore, l’historien Georges Bensoussan comparaissait le 25 janvier devant la 17ème chambre correctionnelle, pour « provocation à la haine raciale ». C’est à la suite du signalement fait auprès du Procureur de la République par le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France) que celui-ci a décidé de poursuivre Bensoussan. Plusieurs autres associations antiracistes (Licra, MRAP, LDH, SOS Racisme) se sont jointes au CCIF et se sont donc aussi portées partie civiles.

Le procès d’une métaphore 

Cette audience de douze heures devant la 17ème chambre correctionnelle est à marquer d’une pierre noire : la justice fit procès, au nom de l’antiracisme, à un historien ayant dénoncé par ses travaux, l’antisémitisme. On retiendra ce moment symbolique: ce Durban-sur-Seine, en tous points semblable à ce qui s’est déroulé l’été 2001, à Durban, en Afrique du sud, lors d’une conférence de l’ONU, censée dénoncer le racisme, ce sont des « mort aux juifs » qui furent scandés au nom de l’antiracisme. Cette agonie de la lucidité, drapée  dans les vertueux habits de la justice et de la vérité, signifie une effroyable défaite intellectuelle, morale et politique. Les derniers mots de Georges Bensoussan, à la fin de l’audience, ont donné toute l’intensité symbolique à ce moment : « Ce soir, Madame la présidente, pour la première fois de ma vie, j’ai eu la tentation de l’exil. » On ne saurait mieux dire l’accablement ressenti car il était déjà minuit passé dans ce siècle qui commence.

Du début de l’après-midi jusqu’à une heure du matin, ce fut un concentré des mauvaises passions de l’époque qui fut exposé, trituré, contesté, plaidé. « L’antisémitisme n’est pas une pensée, c’est une passion. », ces mots de Sartre conservaient toute leur pertinence au Palais de justice. De ces passions toujours vives, cette audience en fut le miroir. Toute l’œuvre de l’historien Georges Bensoussan a consisté à démasquer, à révéler, à mettre à jour, à raconter l’antisémitisme. Directeur éditorial de la Revue d’histoire de la Shoah, Bensoussan fouille depuis trente ans les labyrinthes multiples de cette passion. Mais ce que Bensoussan ne savait peut-être pas, c’est qu’il existait en France, en 2017, des interdits de penser.

Un antisémitisme tabou

On étudie l’antisémitisme nazi, stalinien, communiste mais  l’antisémitisme issu du monde arabo-musulman reste un tabou majeur dans notre République des lettres. « Pas d’amalgame », « islamophobie », les injonctions ne manquent pas pour censurer tout regard critique, tout constat raisonné de ce qui ravage la culture commune d’une grande partie de la jeunesse « issue de la diversité » dans les « quartiers difficiles». Les euphémismes sont indispensables pour ne pas oser nommer ces territoires occupés dans la République, ceux qui ont été désertés par les familles juives pour mettre leurs enfants à l’abri des menaces et des insultes antisémites. Ces euphémismes sont la règle obligée du discours pour ne pas nommer les choses et il faudra attendre que Mohamed Merah tue des enfants juifs parce qu’ils sont Juifs pour que enfin on prenne la mesure de cet aboutissement. On a cru un temps que l’immense manifestation du 11 janvier où tout le monde fut « Charlie », c’était sans compter avec la Nuit debout des cervelles éteintes.

Bensoussan était jugé pour avoir dit explicitement que la haine antijuive, en France, avait muté, qu’elle n’était plus le fait exclusif de l’extrême droite nazifiante et de ses épigones et qu’elle se manifestait aujourd’hui de manière particulièrement vivace dans les mentalités arabo-musulmanes. Pire, il aurait suggéré que cette haine antijuive était profondément inscrite dans la culture des populations arabo-musulmanes. Pour certains, cet état de choses ne peut être vrai, cette parole ne doit pas être dite. Elle serait une affabulation qui obéirait à une obsession idéologique de Bensoussan, celle d’un projet destructeur du récit enchanté du « vivre-ensemble » judéo-arabe ou judéo-musulman. C’est bien connu. Depuis Mohamed Merah, depuis le Bataclan et l’Hyper casher, ce vivre-ensemble s’épanouit de jour en jour. C’est donc pour réinjecter l’espoir et la fraternité dans la République, que le MRAP, la Licra, SOS Racisme et la LDH se sont associés au  CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France), pour poursuivre devant la XVIIe chambre correctionnelle ce raciste voilé nommé Georges Bensoussan.

De quoi Bensoussan était-il présumé coupable ?

Dans l’émission Répliques du 10 octobre 2015, produite et animée par Alain Finkielkraut sur France Culture, Georges Bensoussan débattait avec Patrick Weil de l’état de la France. Les propos mis en cause furent les suivants : « (…) l’intégration est en panne aujourd’hui effectivement nous sommes en présence d’un autre peuple qui se constitue au sein de la nation française qui fait régresser un certain nombre de valeurs démocratiques qui nous ont portés » (…) Cet antisémitisme viscéral (…) on ne peut pas le laisser sous silence. Il se trouve qu’un sociologue algérien, Smaïn Laacher, d’un très grand courage, vient de dire dans un film qui passera sur France 3 « c’est une honte de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes en France, et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme on le tête avec le lait de la mère ».

En octobre 2015, à la suite d’une pétition hébergée par Mediapart et signée par une quinzaine de personnes, le MRAP déclarait qu’il entendait  « faire citer Georges Bensoussan devant le tribunal correctionnel pour injures racistes et provocation à la haine et à la violence raciste ». De leur côté, les sites internet Palestine solidarité et Oumma.com s’étaient associés à ces dénonciations dans des termes d’une extrême violence. Oumma.com avait publié un texte signé Jacques-Marie Bourget dont on peut aujourd’hui saisir toute la menace: «  Je n’ai pas entendu dire que le CSA ou la direction de France Culture, s’ils existent encore, avaient rappelé Finkielkraut à ne pas propager haine et mensonge. Car si l’antisémitisme n’est pas une opinion mais un délit, il doit en aller de même de l’islamophobie la plus grotesque et primaire. À Smaïn Laacher, qui n’est pas Gandhi, on pourrait faire remarquer que ce que les musulmans français « tètent », ce n’est pas l’antisémitisme mais d’abord le lait d’amertume, celui de l’injustice historique faite au peuple palestinien. Si personne ne vient crier « halte à la haine », armons-nous et préparons dès maintenant la guerre civile ».

Les paroles de Bensoussan dans Répliques évoquaient avec lucidité l’antisémitisme de personnes de culture arabo-musulmane ou maghrébine. Il n’était pas le premier à le dire puisque de grands intellectuels, notamment maghrébins, l’avaient déjà souligné en faisant remarquer qu’il était plus facile de se voiler la face que de dire le réel dans sa crudité, sans pour cela tomber dans un racisme nauséabond. Boualem Sansal, Kamel Daoud, Fethi Benslama, Riad Sattouf,  pour ne citer que des auteurs reconnus en France, ont largement décrit et dénoncé ces éléments culturels, hélas fréquemment présents dans les mentalités d’une partie de ces populations.

Crime contre la pensée juste

L’erreur de Georges Bensoussan, la seule, fut de ne pas reprendre exactement les mots prononcés par Laacher dans le documentaire diffusé par FR3. Il ne faisait qu’exprimer à travers une métaphore ce que celui-ci déclarait: “donc cet antisémitisme il est déjà déposé dans l’espace domestique. Il est dans l’espace domestique et il est quasi naturellement déposé sur la langue, déposé dans la langue. Une des insultes des parents à leurs enfants quand ils veulent les réprimander, il suffit de les traiter de juif. Mais ça toutes les familles arabes le savent. C’est une hypocrisie monumentale que de ne pas voir que cet antisémitisme il est d’abord domestique et bien évidemment il est sans aucun doute renforcé, durci, légitimé, quasi naturalisé au travers d’un certain nombre de distinctions à l’extérieur. Mais il le trouvera chez lui, et puis il n’y aura pas de discontinuité radicale entre chez lui et l’environnement extérieur parce que l’environnement extérieur en réalité était le plus souvent dans ce qu’on appelle les ghettos, il est là, il est dans l’air que l’on respire. Il n’est pas du tout étranger et il est même difficile d’y échapper en particulier quand on se retrouve entre soi, ce sont les mêmes mots qui circulent. Ce sont souvent les mêmes visions du monde qui circulent. Ce sont souvent les mêmes visions du monde, fondées sur les mêmes oppositions et en particulier cette première opposition qui est l’opposition « eux et nous ».

Nulle part on ne peut trouver trace d’arguments « biologiques» pour nourrir ces constats et leur prêter une valeur « raciste ». L’expression “téter avec le lait de la mère”, est d’un usage courant dans la langue française depuis plusieurs siècles. Georges Bensoussan, en s’y référant, avait usé métaphoriquement de l’expression « l’antisémitisme, on le tète avec le lait de sa mère ». Ce crime contre « la pensée juste », Bensoussan, douze heures durant, va en savourer les effets.

Ce procès fut un grand moment judiciaire

Georges Bensoussan fut donc d’abord interrogé par la Présidente du Tribunal, Fabienne Siredey-Garnier, sur ses propos mais aussi sur ses travaux. Rappelant qu’il travaille depuis vingt-cinq ans sur les sujets liés à la Shoah, au nazisme, à l’antisémitisme et plus généralement aux mécanismes conduisant à la haine de l’autre. Il a élargi son champ de recherches, notamment, sur le statut des juifs dans les pays musulmans. Bensoussan devait citer l’expression utilisée en 1965 dans la revue les Temps modernes par l’auteur marocain Saïd Ghallab. Sous le titre Les juifs vont en enfer, qui écrivait alors : « ... la pire insulte qu’un Marocain puisse faire à un autre, c’est de le traiter de juif, c’est avec ce lait haineux que nous avons grandi… ». Désormais, en France, toutes les enquêtes réalisées sur l’antisémitisme par la Fondation pour la recherche politique, comme les témoignages multiples recueillis dans son enquête collective Les territoires perdus de la République ou son dernier ouvrage Une France soumise, attestent d’une croissance des préjugés antijuifs chez les jeunes de culture musulmane. La récente enquête de l’Institut Montaigne révélant que 28% de ces mêmes publics estiment que la loi islamique (la charia) prime les lois françaises, confirme la radicalisation en cours.

Bensoussan rappelait le contexte du moment : l’enlèvement et l’assassinat de Ilan Halimi, en 2006, dont la justice avait nié dans un premier temps le caractère antisémite, les crimes de Mohamed Merah, les attentats de l’Hypercasher et du Bataclan. Les élèves juifs désertent les écoles et les lycées publics des quartiers dits « sensibles ». Bensoussan conclut cette première déposition par ces mots : « Est-ce moi qui dois me trouver devant ce tribunal aujourd’hui ? N’est-ce pas l’antisémitisme qui nous a conduits à la situation actuelle qui devrait être jugé ? »

Des parties civiles très politiquement correctes

Des plaidoiries des parties civiles au réquisitoire de la procureure, ce fut un défilé des poncifs idéologiques du politiquement correct, défenseur de l’humanité souffrante sous le joug du colon sioniste, du planteur raciste et esclavagiste en Caroline du sud. Ce Juif-SS-Dupont la joie de Bensoussan en prit pour son grade.

Quelques perles à charge contre Bensoussan méritent d’être rapportées : une éminente universitaire de Paris VIII, Nacira Guénif, déclara pour commenter les propos de Smain Laacher, que l’insulte en arabe « espèce de juif ! » n’est pas antisémite car « on ne pense pas ce qu’on dit », et qu’il s’agit « d’une expression figée, passée dans le langage courant »….

Plus grave fut le témoignage de Mohamed Sifaoui cité par la Licra. Comment cet adversaire farouche de l’islamisme pouvait-il se retrouver ainsi sur le même banc que le CCIF ? Comment ce journaliste, menacé de mort par les islamistes, ne se trouvait-il pas au contraire aux côtés de Bensoussan ? Comment la Licra elle-même, peut-elle être partie civile contre Bensoussan ? Comment Sifaoui qui écrivait, le 6 juillet 2015, que cette « prétendue association antiraciste (le CCIF) avait beaucoup de mal à condamner l’antisémitisme » pouvait-il à ce point changer de bord alors qu’en juin 2015, le CCIF traitait Sifaoui de « chantre de la haine » ? En revenant sur la fameuse métaphore de « l’antisémitisme tété au sein », il évoque même « un biberon empli d’un lait fabriqué en Israël ! ». Plus tard, dans sa plaidoirie, l’avocat du CCIF interpellera l’historien : « Les juifs ne tuent pas d’Arabes ? Et en Palestine ? »

Les choses sont dites. Sous Bensoussan, l’ennemi subliminal est nommé : Israël, dont Bensoussan a écrit l’histoire du mouvement national, le sionisme. En attribuant à Bensoussan une volonté de destruction de «  tous les moments positifs entre juifs et arabes. N’est-il pas en train d’écrire une histoire qui peut servir à des milieux douteux ? C’est un destructeur des ponts entre juifs et arabes. » En rejoignant à son tour le camp du déni du réel la Licra et Sifaoui effectuent un inquiétant retournement.

Ce fut surtout un grand moment politique

Cité en défense de Bensoussan, Alain Finkielkraut présentait tout l’enjeu de ce procès: « Si le tribunal cède à cette intimidation, ce sera à la fois une catastrophe intellectuelle et une catastrophe morale… Si on refuse de voir la réalité et si on incrimine ceux qui s’efforcent de la penser, on n’a plus aucune chance d’échapper à la division et à la montée de la haine ! » La jeune procureure de la République, dans son réquisitoire, était-elle du côté de ceux qui essaient de penser la complexité du moment présent ou bien s’est-elle conformée aux mécanismes du politiquement correct, à  l’idéologie dominante ? On peut craindre le pire tant son propos était empreint des mots et des clichés déjà énoncés par les parties civiles. Revendiquant fièrement qu’elle était l’auteur de la décision de poursuivre Bensoussan en justice, elle justifiait ce choix par « le passage à l’acte dans le champ lexical » opéré par Bensoussan. Ce très chic déplacement du propos juridique vers le jargon linguistique, est un indicateur de la finesse intellectuelle de l’accusation.

En rappelant que Georges Bensoussan avait dirigé deux publications de la Revue d’Histoire de la Shoah, consacrés au génocide des Arméniens et à celui commis au Rwanda contre les Tutsis, Elisabeth de Fontenay tint à mettre en valeur dans son témoignage, les qualités d’ouverture intellectuelle de l’historien : son travail n’obéit pas à une vision communautariste des choses, bien au contraire, il a su mettre en valeur la folie universelle du XXe siècle comme siècle des crimes contre l’humanité, des massacres de masse et des totalitarismes génocidaires. C’est aussi ce que Yves Ternon vint confirmer. Pour cet ancien chirurgien ayant soutenu le FLN pendant la guerre d’Algérie, le soutien aux victimes des fascismes, du colonialisme ne se partage pas. Le crime contre l’humanité et sa négation forment un ensemble problématique pour penser les parts maudites de histoire contemporaine. Georges Bensoussan fait ce travail de fouilles ? quitte à exhumer des vérités dérangeantes. Regarder au plus près les discours ayant conduit au crime ou pouvant y conduire, est-ce cela qui est reproché à Bensoussan ? Elisabeth de Fontenay et Yves Ternon disent leur stupéfaction devant l’accusation faite à Bensoussan. C’est ce que le témoignage écrit de Pierre Nora, lu par la présidente du tribunal, vint confirmer : « Bensoussan a rappelé qu’il y avait un antisémitisme de tradition culturelle dans les pays arabo-musulmans. Une tradition qui fait l’objet d’un déni massif, mais qu’avait eue le courage de proclamer par exemple un sociologue comme Smain Laacher, professeur à Strasbourg, dans un documentaire télévisé de France 3. (…) L’autre accusation concerne (…) l’affirmation répétée de son interlocuteur d’une unité sans problème de la population française. Il exprimait au contraire sa crainte que la population musulmane ne finisse par constituer une forme de contre-société, un peuple dans le peuple. Cette crainte, partagée par beaucoup d’observateurs et d’analystes ne relève que de la liberté de jugement qui est le propre d’un homme d’étude. M. Bensoussan ne soulignait d’ailleurs le phénomène que pour le déplorer et insistait sur la nécessité de le regarder en face pour mieux le dominer. Le déni de la réalité n’ayant jamais été le meilleur moyen de la transformer. Il paraît évident que l’accusation du CCIF n’est qu’une manière de tester la résistance de la justice républicaine aux pressions sur la liberté d’opinion et d’expression. Car c’est bien de cela qu’il s’agit ».

Faut-il désespérer de la justice de la République ?

Dans sa plaidoirie en défense de Bensoussan, M° Michel Laval fit d’abord part de sa stupéfaction devant le moment qu’il était en train de vivre : « Comment aurais-je pu imaginer un jour, en trente années de vie d’avocat à avoir à défendre un chercheur qui a fait de la dénonciation du racisme l’essentiel de sa vie professionnelle, à avoir à le défendre contre une accusation aussi infâme ! »

Il fit aussi remarquer plusieurs erreurs bien plus ordinaires dans la citation à comparaitre signifiée à Bensoussan : il y était question d’une émission de radio nommée « les Répliques » qui aurait eu lieu en novembre 2015 (et non pas en octobre)

En assimilant les propos de Bensoussan à ceux d’Eric Zemmour, Madame la procureure ne fit pas preuve de finesse. Sans doute les grandes causes ne s’embarrassent pas de détails, portées qu’elles sont par le souffle puissant de leur générosité. En voulant caricaturer Georges Bensoussan, en le présentant comme un réactionnaire raciste, le ministère public s’est aligné sur l’idéologie du célèbre « mur des cons » bien connu pour son impartialité.

De cette accumulation d’accusations diffamatoires, M° Laval, fit son miel. Le ton se fit ensuite plus ironique devant la sottise et la posture morale de l’accusation, devant la « traque des mots » alors que « dans ce palais de justice la valeur la plus importante c’était la liberté de penser ! » M° Laval dénonça le moment présent, celui de la « perversion du système judiciaire par l’idéologie » « Comment ces plaintes ont-elles pu être considérées comme recevables par le ministère public, alors que le CCIF a partie liée avec les idéologues islamistes ? » »Comment accepter ces dénonciations d’un racisme d’Etat alors même que le CCIF a refusé de condamner les attentats, les crimes contre Charlie ? »

Le témoignage du grand écrivain algérien Boualem Sansal, lue par la présidente, vint conclure la défense de Bensoussan : « Les propos reprochés ne sont en rien un acte d’islamophobie… (…) J’ai moi-même dénoncé cette culture de la haine inculquée dans les familles arabes à leurs enfants, haine contre le juif, le chrétien, l’homosexuel… » Boualem Sansal écrit ensuite : « Dire que l’antisémitisme relève de la culture, c’est simplement répéter ce qui est écrit dans le Coran et enseigné à la mosquée ». Sera-t-il poursuivi à la XVIIe chambre ?

Un procès de même nature a été intenté par l’association des Indigènes de la République, contre Pascal Bruckner  qui avait déclaré, début 2015, qu’il fallait « faire le procès des collabos des assassins de Charlie ». Pascal Bruckner fut aussi trainé devant la 17e chambre pour des propos visant deux associations, selon lui, seraient des «complices idéologiques» des terroristes: «Les Indivisibles» de la militante « antiraciste » Rokhaya Diallo (qui n’en est plus membre) et «Les Indigènes de la République» dont Houria Bouteldja est la porte-parole. L’écrivain avait déclaré au cours de l’émission d’Arte 28 minutes qu’il fallait «faire le dossier des collabos, des assassins de Charlie» et accusé ces associations de «justifier idéologiquement la mort des journalistes de Charlie Hebdo». Ces deux associations qui avaient attaqué Pascal Bruckner pour diffamation suite à des propos sur l’islamisme ont été déboutées par la justice.

L’étrange défaite

Comment un Etat, la France, qui combat militairement le djihadisme après avoir été attaquée sur son propre sol par le terrorisme islamiste, peut-elle, dans le même temps, faire un procès à ceux qui dévoilent les stratégies de diffusion de son idéologie ? Comment la justice peut-elle accorder un crédit aux accusations de racisme énoncées par ceux-là même qui sont les promoteurs de la haine antijuive et antifrançaise ?  Comment peut-elle être à ce point aveugle devant la manipulation des mots, le dévoiement des institutions, celui des règles démocratiques visant justement à les retourner contre la première des libertés qui est celle de penser librement?

Lentement mais sûrement, l’islamisme impose son agenda à l’Europe et à la France. Bien sûr, la police marque des points contre les projets terroristes, les déjoue et arrête préventivement des tueurs, mais l’arbre des terroristes ne saurait cacher la forêt de leurs complices, collabos et idiots utiles. Quand quelques jours après le massacre au camion tueur sur la promenade des Anglais à Nice, le 14 juillet dernier, l’affaire du burkini a occupé le devant de la scène estivale, il fallait bien se rendre compte que la République avait affaire à des ennemis particulièrement retors et intelligents : avoir réussi à faire qualifier la France de pays raciste alors que le sang à Nice n’était pas encore sec, révélait une grande efficacité de la propagande islamiste.

Chaque jour qui passe nous révèle cette progression tous azimuts avec un partage des taches bien ordonné : présence dans le paysage, conquête de nouveaux territoires perdus pour la République, menaces contre les femmes, intimidation, action en justice contre des supposés islamophobes, chantage, séduction sur les vertus cachées de la religion de paix et d’amour. Alors que Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes de la République, est l’auteur du livre Les blancs, les juifs et nous explicitement raciste et antisémite, ce sont Bensoussan et Bruckner qui sont convoqués devant le tribunal pour répondre de leur « racisme » ou de leur « islamophobie ».

Dans cette affaire, les idiots utiles ne sont pas ceux que l’on croit : ce ne sont pas les terroristes, mais bien plutôt ceux qui les inspirent, les promeuvent, les soutiennent. Ce sont eux qui occupent le terrain conquis, abandonnés par des démocrates soucieux de ne pas apparaître comme « islamophobes ». Ces islamo-fascistes ont lu Gramsci : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » Les monstres nouveaux ont bien compris que la victoire politique avait un préalable : la conquête des esprits.

Au bal orchestré par Tariq Ramadan et le CCIF, les faux culs de l’antiracisme, la LICRA, le MRAP, la LDH, SOS Racisme, seront sur la piste.

Voir aussi:

GEORGES BENSOUSSAN : »Si les juifs ont quitté en masse le Maroc, c’est parce qu’ils avaient peur »
Le Point

24/01/2017

INTERVIEW. Pour Georges Bensoussan, la tolérance de l’islam n’est qu’un mythe. La preuve, les souffrances subies par les juifs en terre musulmane.
PROPOS RECUEILLIS PAR CATHERINE GOLLIAU

Mercredi 25 janvier, Georges Bensoussan passe devant un tribunal pour avoir dit que l’antisémitisme des musulmans était une transmission familiale. À tort ou à raison ? Ce spécialiste de l’histoire des juifs d’Europe de l’Est et de la Shoah est un historien engagé. En 2002, il rédigeait la postface des Territoires perdus de la République (Fayard), où des professeurs de collège témoignaient de la violence des adolescents, de leur racisme, leur antisémitisme et leur sexisme. Lui-même sort chez Albin Michel Une France soumise, un ouvrage collectif préfacé par Élisabeth Badinter « herself », où enseignants, policiers, travailleurs sociaux disent pourquoi ils ne peuvent plus exercer leur métier dans les écoles et les banlieues. Toujours à cause de cette violence et de ce rejet de l’autre – et particulièrement du Juif – , qui ne font que s’accentuer. Mais cette haine, d’où vient-elle ? Pour l’historien, comme il l’explique dans Les Juifs du monde arabe. La question interdite, qui paraît également cette semaine chez Odile Jacob, elle est directement liée au statut du dhimmi, imposé par le Coran au juif et au chrétien, soumission imposée qui s’est perpétuée jusqu’à la période coloniale, et qui est resté dans les consciences, même s’il a officiellement disparu des États modernes.

Le Point.fr : Pour vous, contrairement à ce qu’affirment nombre d’historiens, les juifs n’ont pas été bien traités dans le monde musulman…
Georges Bensoussan : Oui, nous sommes dans le déni. Peut-être parce qu’étant donnée l’horreur des exactions subies par les juifs dans le monde chrétien, et particulièrement sous les nazis, on a voulu croire à un islam tolérant. Or la légende d’Al Andalus, cette Espagne musulmane où les trois monothéismes auraient cohabité harmonieusement sous des gouvernements musulmans, a été forgée de toute pièce par le judaïsme européen au XIXe siècle, en particulier par les Juifs allemands, afin de promouvoir leur propre émancipation. Elle a ensuite été reprise par le monde arabe dans le but de montrer que les responsables de l’antagonisme entre juifs et Arabes étaient le sionisme et la naissance de l’État d’Israël. Coupables du départ massif des communautés juives d’Irak, d’Égypte, de Syrie, de Libye, du Maroc, etc., soit près d’un million de personnes entre 1945 et 1970. Mais, s’ils étaient si heureux dans leur pays d’origine, pourquoi ces gens sont-ils partis de leur plein gré ? En Irak, par exemple, les juifs comptaient parmi les plus arabisés d’Orient, et n’étaient guère tentés par le sionisme. Or ils ont été plus de 90 % en 1951-1952 à quitter le pays, après avoir subi le pogrom de Bagdad en juin 1941 – plus de 180 morts –, après avoir été victimes de meurtres, d’enlèvements, d’arrestations, de séquestrations, de vols et de torture dans les commissariats. C’est cette réalité-là qui a poussé ces juifs à l’exil. Un véritable processus d’épuration ethnique, d’autant plus sournois qu’à l’exception de l’Égypte, il n’a pas pris la forme d’une expulsion.

Vous ne pouvez nier pourtant que les sionistes ont largement œuvré pour que les juifs viennent s’installer en Israël…
Bien évidemment, et comment le leur reprocher ? Ils voulaient renforcer leur jeune État. Mais à eux seuls, des agents sionistes peuvent difficilement déraciner une communauté qui ne veut pas partir. Si les Juifs du Maroc ont quitté en masse leur pays – un tiers déjà avant l’indépendance –, c’est parce qu’ils avaient peur. D’expérience, ils craignaient le retour de la souveraineté arabe sur leurs terres. Ils ne se voyaient pas d’avenir dans leur pays, où la législation leur rendait la vie de plus en plus difficile.
L’administration de Vichy était si gangrenée par l’antisémitisme que l’attitude du sultan du Maroc, par contraste, en apparaissait presque bienveillante !

Le sultan du Maroc a pourtant la réputation d’avoir protégé les juifs entre 1939 et 1945, quand le pays était contrôlé par le gouvernement de Vichy…
Le Sultan, dit-on, se serait opposé au port de l’étoile jaune par ses sujets juifs. À ceci près qu’il n’y eut jamais d’étoile jaune au Maroc (et pas même en zone sud en France). Le sultan a fait appliquer à la lettre les statuts des juifs d’octobre 1940 et de juin 1941.

Si c’est une légende, elle est pourtant entretenue dans les milieux juifs d’origine marocaine…
En partie, oui, et pour plusieurs raisons. L’administration de Vichy était si gangrenée par l’antisémitisme (à commencer par le Résident général Charles Noguès) que l’attitude du sultan, par contraste, en apparaissait presque bienveillante ! En second lieu, les Juifs marocains partis en masse s’installer en Israël constituaient la partie la plus pauvre de la judéité marocaine, celle qui, de faible niveau social et professionnel, essuiera de front le racisme des élites ashkénazes. Être « marocain » en Israël était (et demeure) un « marqueur » péjoratif. Cette immigration s’est mise à idéaliser son passé marocain, sa culture, le temps de sa jeunesse, parfois tissé, au niveau individuel, de relations d’amitié entre juifs et Arabes. Ajoutons que la mémoire collective est socialement stratifiée. Il faut donc compter avec celle, moins douloureuse, des classes plus aisées qui ont émigré, elles, davantage, en France ou au Canada.
Leurs maisons ne doivent pas être plus hautes que celles des musulmans, ils doivent pratiquer discrètement leur foi, et leur voix ne vaut rien devant un tribunal musulman
Le statut de « dhimmi » imposé aux chrétiens et aux juifs par le Coran explique-t-il l’antisémitisme que vous dénoncez ?
Il justifie l’infériorisation du juif par le musulman : il autorise en effet les membres des religions dites du Livre à pratiquer leur foi, à la condition de payer un impôt spécial et d’accepter de se comporter en « soumis ». Leurs maisons ne doivent pas être plus hautes que celles des musulmans, ils doivent pratiquer discrètement leur foi, et leur voix ne vaut rien devant un tribunal musulman. Tout cela a fait du juif un être de second ordre. Les témoignages abondent, de non-juifs en particulier – des militaires, des commerçants, des médecins –, sur la misère et la manière infamante dont les juifs pouvaient être traités. Mais ce statut avait été intégré par des communautés profondément religieuses, marquées par l’attente messianique et considérant que ce qu’elles vivaient était le prix de l’Exil. Les choses ont changé avec l’arrivée des Européens et la possibilité d’avoir accès à une éducation marquée par les valeurs issues des Lumières. Pour autant, le regard arabo-musulman sur « le Juif » ne changera pas de sitôt : un sujet toléré tant qu’il accepte son infériorité statutaire. Même les juifs qui rejoindront le combat des indépendances arabes comprendront peu à peu qu’ils ne seront jamais acceptés. De fait, tous ont été écartés ou sont partis d’eux-mêmes, et la création de l’État d’Israël ne fera qu’accroître le rejet.

Mais leur situation était-elle la même partout ? Les Juifs de Salonique ont prospéré sous les Turcs et ont vu leur statut se détériorer quand les Grecs orthodoxes ont pris le contrôle de la ville, en 1922…
En effet, il faut distinguer le monde turc, plus tolérant que le monde arabe, même si la situation est loin d’y avoir été idyllique. Le statut de dhimmi a été aboli dans l’Empire ottoman par deux fois, en 1839 et 1856, et l’on constate que les contrées où les juifs connurent la condition la plus dure – le Yémen, la Perse et le Maroc – ne furent que peu ou pas du tout colonisées par les Turcs.
Dans la France d’aujourd’hui, les problèmes d’intégration d’une fraction des jeunes Français d’origine arabo-musulmane font rejouer les préjugés ancestraux

Vous dénoncez l’antisémitisme des émigrés de la troisième génération en France, ce qui vous vaut d’ailleurs un procès pour racisme intenté par le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF).
J’ai effectivement été assigné pour « propos racistes », parce que, lors d’une émission de France Culture, et à propos d’une partie de l’immigration maghrébine, j’ai usé de la métaphore d’un « antisémitisme tété avec le lait de sa mère ». Je ne faisais pourtant, par cette formule, que reprendre celle utilisée par le sociologue Smaïn Laacher qui, dans un documentaire diffusé sur France 3, parlait d’un antisémitisme « quasi naturellement déposé sur la langue, déposé dans la langue […]. Bon, mais ça toutes les familles arabes le savent ! C’est une hypocrisie monumentale de ne pas voir que cet antisémitisme, il est d’abord domestique […] comme dans l’air qu’on respire ». Ces deux métaphores disaient la même chose, une transmission culturelle et non génétique : le lait n’est pas le sang. À ceci près que l’une est dite par un Arabe, l’autre par un juif. L’indignation est sélective… Dans la France d’aujourd’hui, les problèmes d’intégration d’une fraction des jeunes Français d’origine arabo-musulmane font rejouer les préjugés ancestraux et donnent prise à la culture du complot qui cristallise sur « le Juif », cette cible déjà désignée dans l’imaginaire culturel maghrébin, et aggravée par la réussite de la communauté juive de France. Mais qu’y a-t-il de « raciste » à faire ce constat, à moins d’invalider toute tentative de décrire le réel ? Ce qui est inquiétant dans mon affaire, au-delà de ma personne, est que la justice donne suite à la dénonciation du CCIF, dont l’objectif est de nous imputer le raisonnement débile du racisme pour mieux, moi et d’autres avec moi, nous réduire au silence.

Vos collègues vous reprochent de manquer de l’objectivité indispensable à l’historien…
Quand les faits leur donnent tort, ils invoquent l’« objectivité » alors que le seul souci de l’historien face aux sources, a fortiori quand elles contreviennent à sa vision du monde, demeure l’honnêteté. Comme au temps où il était impossible de critiquer l’Union soviétique au risque, sinon, de « faire le jeu de l’impérialisme », la doxa progressiste s’enferme dans cette paresse de l’esprit. Il n’est donc pas possible aujourd’hui de dire que le monde arabe, quoique colonisé hier, fut tout autant raciste, antisémite et esclavagiste. Quand la sociologue franco-algérienne Fanny Colonna a montré dès les années cinquante le poids de l’islamisme dans le nationalisme algérien, elle s’est heurtée aux « pieds rouges », ces intellectuels qui soutenaient le FLN et qui ne voulaient pas faire le jeu des opposants à la décolonisation. Orwell le soulignait jadis, certains intellectuels ont du mal à accepter une réalité dérangeante.

Les Juifs du monde arabe. La question interdite, Odile Jacob, 167 pages, 21,90 euros
Une France soumise – Les voix du refus, Albin Michel, 2017, 664 pages, 24,90 euros

Voir également:

Valeurs actuelles

8 février 2017

Islamisation. Selon une étude de l’institut britannique Chatham House repérée par RT, plus de la moitié des Européens sont d’accord avec l’idée de stopper l’immigration en provenance des pays à majorité musulmane.

 C’est ce que Donald Trump avait promis pendant la campagne présidentielle, et qui avait fait hurler tant de commentateurs : stopper l’immigration en provenance de certains pays à majorité musulmane, pour réduire la menace terroriste qui pèse sur les Etats-Unis. Depuis son élection, le décret pris par le président suscite l’indignation et l’opposition d’une large partie de la classe politique américaine, malgré le sceau apposé par le suffrage.

“Toute immigration supplémentaire venant de pays à majorité musulmane doit cesser”

Une telle mesure pourrait-elle être prise en Europe ? Le vieux continent a été touché depuis deux ans par une série d’attentats terroristes, commis le plus souvent par des individus visés par le controversé décret anti-immigration.

Selon une étude menée par l’institut de recherche britannique Chatham House, les Européens seraient majoritairement favorables à la fermeture de leurs frontières aux individus originaires de pays musulmans. 55% des personnes interrogées ont ainsi déclaré être d’accord avec cette affirmation : “Toute immigration supplémentaire venant de pays à majorité musulmane doit cesser”. Un chiffre impressionnant.

“Nos résultats sont frappants et donnent à réfléchir”

Dans le commentaire de l’étude, l’institut livre ses conclusions : “Nos résultats sont frappants et donnent à réfléchir. Ils suggèrent que l’opposition à l’immigration venant de pays à majorité musulmane n’est pas confinée à l’électorat de Donald Trump aux Etats-Unis mais est largement répandue”.

Largement, mais plus spécialement dans les pays qui “ont été au centre de la crise migratoire ou ont vécu des attaques terroristes ces dernières années”. La Pologne (71%), l’Autriche (65%), la Hongrie et la Belgique (64%), ainsi que la France (61%), sont ainsi parmi les plus favorables à l’assertion de départ.

Voir enfin:

The Jewish Chronicle

February 7, 2017

French Jewish scholar Georges Bensoussan is being sued by Muslim anti-racism groups for saying in a radio debate: “In French Arab families, babies suckle antisemitism with their mothers’ milk.”

Mr Bensoussan, who is the editor of the magazine The Shoah History Review, said he was roughly quoting Algerian sociologist Smain Laacher, but the groups suing him claim his statements amounted to incitement to hatred.

In a Paris court last week, Mr Bensoussan argued that many Muslim scholars “have said the same things that I have but they’re not being sued”.

Several scholars testified at the stand, some saying they were outraged to see Mr Bensoussan in court, others saying the historian had crossed red lines.

“I was shocked by his words. I am an Arab and I’m not an anti-Semite. My family has never taught me to hate Jews,” said journalist Mohamed Sifaoui. “I sent emissaries to Georges Bensoussan to ask him to apologize to those he has hurt but he refused. He’s a historian he should be more subtle. Of course many Muslims are anti-Semitic. Saying otherwise would be dishonest. But there are also Muslims who fight antisemitism. Denying that is also dishonest.”

But the judge noted that Mr Sifaoui himself had written in an article that “Arabs don’t visit Auschwitz” and that Arabs are either “swamped by a culture of indifference” or “they suckle on anti-Semitic hatred nipples”.

“My expression is completely different from the one Bensoussan used,” replied Mr Sifaoui.

“Many Muslim scholars have said the same things that I have but they’re not being sued. That’s racism!” argued Mr Bensoussan.

“I’m surprised I have to defend him in front of a court,” said philosopher Alain Finkielkraut who hosts the radio show on which Mr Bensoussan made the controversial statement. “Anti-racist groups want to ban all thought and debate. They say we’re accusing a whole community but Bensoussan says he’s fighting for integration. He’s quoting Arab scholars. If he’s convicted it would be an intellectual and moral catastrophe. Denying reality will only bring more division and hatred.”

“Georges Bensoussan is not a bigot. He signed petitions for peace in the Middle East. He dedicated several issued of the Shoah memorial magazine to the Armenian and Rwandan genocides. He’s denouncing a problem that exists. All those who cherish democracy should thank him,” said retired Professor Elisabeth de Fontenay.

Historian Yves Ternon, who has studied the Armenian genocide said he admired Mr Bensoussan. “We’ve worked together for decades, studying the scientific similarities between genocides,” said Ternon. “You know revisionists have tools: one of them is to accuse those who accuse them. Bensoussan is a whistleblower. When hatred against Jews spreads, everyone gets hurt.”

The judge read out a study showing that the far-right and Muslims tend to have antisemitic beliefs.

He said: “Nineteen per cent of the French population believes Jews have too much political power. The share is at 51 per cent among Muslims and 63 per cent among religious Muslims.”

“I don’t believe in that study but it’s true that among Muslims we use the expression ‘Jew – sorry!’ to disapprove of something. However that’s not really hatred. It’s an old expression which isn’t really considered as a hate insult today,” said Nacera Guenif, a sociologist testifying against the historian. “What’s important is that Mr Bensoussan is spreading a dangerous theory. When you say all Muslims behave in a bad way, you encourage suspicion that can lead to hate and violence. When you’re a historian, when you have a popular radio show you also have responsibilities.”

Mr Bensoussan told the court he had apologised several times to those who were hurt by his comments. He said he did not mean to generalise his remarks to all Muslims.

The court is due to rule on March 7.

Voir par ailleurs:

La victoire de l’Orientalisme
Richard Landes
(publié dans le Middle-East Quarterly du site Middle East Forum)
Hiver 2017
Traduction Magali Marc/Dreuz
The Augean Stables
29 janvier 2017

Que l’on considère l’impact d’Edward Saïd (1935-2003) sur le monde universitaire comme un grand triomphe ou comme une tragique catastrophe, peu de gens peuvent remettre en question l’étonnante portée et la pénétration de son magnum opus, L’Orientalisme.

En une génération, une transformation radicale a dominé les études du Moyen-Orient : une nouvelle catégorie d’universitaires «post-coloniaux», ayant une perspective libératrice et anti-impérialiste, a remplacé une génération d’érudits que Saïd a dénigrés en les traitant d’«Orientalistes».

Cette transformation ne se limitait pas aux études du Moyen-Orient : Saïd et son paradigme post-colonial réunissaient un large éventail d’acolytes dans de nombreux domaines des sciences sociales et humaines.

Pourtant, quand on examine les événements des deux dernières décennies, on peut dire que les héritiers académiques de Saïd se sont plantés de façon spectaculaire dans leurs analyses et prescriptions concernant la façon dont il fallait s’y prendre pour régler les problèmes du Moyen-Orient.

Nulle part cela n’a été aussi évident que dans la lecture erronée du désastreux «processus de paix» israélo-palestinien d’Oslo et des fameux «printemps arabes» qui se sont rapidement détériorés en vagues de guerres tribales et sectaires, créant des millions de réfugiés, dont beaucoup ont littéralement détruit les malheureux rivages de l’Europe.

Une grande partie de cet échec peut être attribuée aux restrictions imposées par la pensée postcoloniale sur la capacité de discuter de la dynamique sociale et politique du Moyen-Orient. Si les experts et les journalistes ont été hypnotisés par les perspectives de paix arabo-israélienne et le mirage d’une vague de démocratisation arabe, c’est en partie parce qu’ils avaient systématiquement sous-estimé le rôle de la culture d’honneur et de honte dans les sociétés arabes et musulmanes et son impact sur la religiosité islamique.

La dynamique «honneur-honte» dans les dimensions politique et religieuse
Les termes honneur-honte désignent des cultures où l’acquisition, l’entretien et la restauration de l’honneur public triomphent de toutes les autres préoccupations.

Alors que tout le monde se soucie de ce que les autres pensent et veut sauver la face même si cela signifie mentir, dans les cultures d’honneur et de honte, ces préoccupations dominent le discours public : il n’y a pas de prix trop élevé à payer– y compris la vie– pour préserver l’honneur.

Dans de telles cultures politiques, l’opinion publique accepte, attend, exige même que le sang soit versé pour l’honneur.

Dans de telles sociétés, quand les gens critiquent publiquement ceux qui sont au pouvoir– ceux qui ont l’honneur– ils attaquent leur être même. Si ces derniers ne répondaient pas– de préférence par la violence– ils perdraient la face.

Les sociétés autoritaires permettent donc à leurs mâles dominants de supprimer violemment ceux dont les paroles les offensent.

Conséquemment, les cultures d’honneur et de honte ont une immense difficulté à tolérer la liberté d’expression, de religion, de la presse tout autant que de traiter avec les sociétés qui pratique cette tolérance.

Dans les cultures où les gens se font eux-mêmes justice, cette insistance sur l’honneur peut signifier tuer quelqu’un qui a tué un parent, et dans la culture japonaise, l’honneur peut signifier se suicider.

Cependant, dans certaines cultures d’honneur, cette préoccupation signifie tuer un membre de la famille pour sauver l’honneur de la famille. Le «jugement public», dont le verdict détermine le sort de la communauté demeure le vecteur qui motive le besoin de sauver la face, et définit les façons de faire. Le terme arabe pour «commérage» est kalam an-nas, (la parole du peuple), qui est souvent sévère dans son jugement des autres.

À ce sujet, le psychologue Talib Kafaji a écrit :

«La culture arabe est une culture de jugement, et tout ce qu’une personne fait est sujet au jugement… induisant de nombreuses peurs… avec de graves conséquences sur la vie individuelle. Éviter ce jugement peut être la préoccupation constante des gens, presque comme si toute la culture était paralysée par le kalam [an] –nas.»

Autrement dit, dans la société arabe, tous les individus sont les otages les unes des autres.

En dépit de sa résonnance «orientaliste», cette attention à un jugementalisme paralysant et omniprésent fournit des aperçus importants sur les dysfonctionnements du monde arabe d’aujourd’hui.

Les cultures d’honneur et de honte ont tendance à être à somme nulle : les hommes d’honneur gardent jalousement leur honneur et considèrent l’ascension des autres comme une menace pour eux-mêmes. Dans les cultures à somme nulle de «bien limité», l’honneur pour une personne signifie la honte pour les autres. Si l’autre gagne, vous perdez. Afin que vous ayez le dessus, l’autre doit perdre.

Ceux qui sont juste en dessous continuent de défier ceux qui sont juste au-dessus, et l’ascension n’est possible que par l’agression. Tu n’es pas un homme tant que tu n’as pas tué un autre homme. La prise des biens d’autrui –par le vol ou le pillage– est supérieure à la production. Domine ou soit dominé. Le visage noirci (de la honte) est lavé dans le sang (de l’honneur).

Cette même mentalité dite «à somme nulle», «gouverne-ou-soit-gouverné», qui domine la plupart des interactions dans la politique des cultures d’honneur et de honte, a son analogie dans la religiosité du triomphalisme, la croyance que la domination de sa religion sur les autres constitue la preuve de la vérité de cette religion.

De la même manière que les chrétiens ont pris la conversion de l’Empire romain au Christianisme comme un signe que leurs revendications sur les Juifs avaient triomphé ; les musulmans triomphalistes, dans une expression suprême de la religiosité inspirée par l’honneur, croient que l’islam est une religion de domination destinée à gouverner le monde.

Cette dynamique d’honneur et de honte explique en grande partie l’hostilité arabe et musulmane envers Israël, ainsi qu’envers l’Occident.

Israël, un État de Juifs libres (c’est-à-dire, des infidèles non-dhimmis), vivant à l’intérieur du Dar al-Islam historique (royaume de la soumission), constitue un blasphème vivant. La capacité d’Israël à survivre aux efforts répétés des Arabes pour le détruire constitue un état permanent de honte arabe devant toute la communauté mondiale. Cela fait de l’hostilité musulmane triomphaliste envers Israël un cas particulièrement grave d’une hostilité généralisée envers les infidèles et les musulmans «modérés».

Tout effort pour comprendre ce qui se passe dans le monde arabe aujourd’hui doit tenir compte de cette dynamique religio-culturelle.

Pourtant, dans l’ensemble, cette dynamique n’est pas seulement ignorée, mais ceux qui en parlent sont réprimandés pour (prétendument) contribuer à aggraver le conflit plutôt que de le comprendre.

Une grande partie de cette ignorance (à la fois active et intransitive) remonte à Saïd, qui a fait de l’analyse «honneur-honte» un péché «orientaliste» particulièrement impardonnable.

Avant même que n’arrive la contribution de Saïd, l’anthropologie s’était éloignée de cette analyse. Lui en a fait un dogme. A tel point que, dans le dernier tiers du XXe siècle, il est devenu paradoxalement honteux– voire raciste– qu’un anthropologue discute de l’«honneur et de la honte» arabe ou musulmane.

La honte de Saïd et la désorientation de l’Occident
L’Orientalisme de Saïd a exploité une tendance occidentale à l’autocritique morale concernant l’analyse des autres cultures, dans le but de protéger son peuple de la honte. Pour lui, la critique des Arabes ou des musulmans reflète les préjugés ethnocentriques de l’Occident et de son projet culturel discriminatoire de domination impérialiste.

Ce n’était pas ce que les orientalistes croyaient faire, eux pensaient qu’ils offraient des observations précises concernant les caractéristiques et les conditions d’une autre culture et de son histoire.

Pour Saïd, au contraire, tout contraste entre les cultures de l’Occident démocratique et celles des Arabes et des musulmans– certainement ceux qui montraient ces derniers sous une lumière peu flatteuse– étaient des exemples lamentables de xénophobie hostile dirigée contre des «inférieurs», et ne pouvaient pas constituer une réflexion sur une réalité sociale.

À propos du dix-neuvième siècle, Saïd a écrit : «Tout Européen qui parlait de l’Orient était raciste, impérialiste et presque totalement ethnocentrique».

Saïd a lancé un plaidoyer en faveur d’une alternative : il fallait à tout prix éviter d’orientaliser l’Orient, encore et encore.

Sans l’«Orient» il y aurait des érudits, des critiques, des intellectuels, des êtres humains pour lesquels les distinctions raciales, ethniques et nationales seraient moins importantes que l’entreprise commune dans la promotion de la communauté humaine.

Bien compris, cet appel demande aux chercheurs de ne pas parler de différences ethniques, raciales ou religieuses, alors que la plupart des moyen-orientaux vous diront que ce sont des questions culturelles très importantes pour eux.

Ainsi, dans la nouvelle édition d’«Orientalisme» publiée en 1994, SaÏd se plaignait-il de la focalisation croissante de l’Occident sur le danger que représente l’islam : «les médias électroniques et imprimés ont été inondés par des stéréotypes dégradants qui amalgament l’islam et le terrorisme, les Arabes et la violence, l’Orient et la tyrannie.»
Ces phénomènes, insistait Saïd, ne faisaient pas partie de l’ensemble de l’image et se concentrer sur eux «était humiliant et déshumanisant pour les gens en situation d’infériorité… qui se trouvaient niés, supprimés, déformés.»

En substance, Saïd exhortait ses collègues non-musulmans à ignorer les questions mêmes qu’ils avaient le plus besoin de comprendre afin de suivre les développements du XXIe siècle.

De ce fait, les facteurs qui prédominent aujourd’hui dans la culture politique arabe et musulmane– le zèle religieux, la violence, le terrorisme, l’autoritarisme débridé et l’exploitation des faibles, y compris des femmes, des réfugiés et bien sûr de ces victimes permanentes de la culture politique arabe, les Palestiniens, ne doivent pas être mentionnés parce que cela déprécierait les Arabes et les musulmans et les heurterait dans leur sensibilité.

Ceux qui violent ces nouvelles directives anti-orientalistes déclenchent la colère de ceux qu’ils critiquent et les protestations véhémentes, quoique moins violentes, de leurs concitoyens, les accusant lorsqu’ils critiquent l’islam de faire preuve de racisme et de rejeter le blâme sur les victimes. Ceux qui critiquent le discours haineux musulman sont accusés d’aggraver le conflit.

Ainsi, les traits que les esprits racistes ont développés en Orient et qui font leur force, ne sont discutés qu’à contrecœur par les mandarins des études du Moyen-Orient et les universitaires post-coloniaux, et seulement quand ils sont poussés à le faire, principalement pour les minimiser. Avec pour conséquence, que les auditoires occidentaux demeurent à ce jour mal informés sur les Arabes et sur les musulmans.

Alors que Saïd a formulé sa critique de l’Occident en termes postmodernistes et humanistes, elle pourrait bien être reformulée en fonction de la dynamique culturelle de l’honneur et de la honte. Le «kalam an-nas»– l’opinion publique dont la désapprobation est si douloureuse– contribue à expliquer la direction qu’a prise la pensée de Saïd menant à l’orientalisme.

En tant qu’Arabe qui a connu un grand succès en se servant des règles occidentales, entouré de collègues admiratifs (son «monde d’honneur»), Saïd a vécu la défaite arabe catastrophique de la guerre des Six Jours de 1967 comme une «punition du destin».

Le tissu de racisme, de stéréotypes culturels, d’impérialisme politique, d’idéologie déshumanisante qui règne chez les Arabes ou les musulmans est très fort, et c’est ce tissu que chaque Palestinien en est venu à ressentir comme étant son destin exclusif et punitif.

Aucun universitaire américain ne s’était identifié sans réserve avec les Arabes culturellement et politiquement.

Il y a certainement eu des identifications à un certain niveau, mais elles n’ont jamais pris une forme «acceptable» comme l’a fait l’identification de la gauche américaine avec le sionisme.

En tant que «Palestinien», Saïd avait perdu la face dans cette catastrophe. Sa réponse d’honneur ne fut pas de porter un regard autocritique sur les attitudes et les acteurs arabes qui avaient contribué à la fois à cette guerre inutile et à cette défaite catastrophique, mais fut plutôt d’exprimer sa colère envers ceux qui pensaient du mal des Arabes et qui prétendaient occuper le haut du pavé en matière de morale.

En conséquence, il ne s’est pas préoccupé de savoir si la cause palestinienne qu’il soutenait «sans réserve» en souhaitant que les autres suivent reflétait (ou dédaignait) les valeurs de la gauche auxquelles il avait fait appel.

Pour celui qui défend son honneur, la défense d’un côté ou un autre dans un conflit n’est pas basée sur l’intégrité ou sur les valeurs de la gauche, mais sur l’idée de sauver l’honneur, sur la façon dont on sauve la face.

Il n’est donc pas surprenant que peu de sujets aient autant enflammé Saïd que la discussion sur le rôle de la culture arabe dans la recherche, le maintien et la reconquête de l’honneur et l’évitement et l’élimination de la honte.

Étant donné que des traits culturels tels que le patriarcat misogyne, les homicides d’honneur, les querelles sanglantes, l’esclavage, les massacres de civils, etc., ne semblaient pas très bons aux gauchistes occidentaux, Saïd devait sauver la face arabe en évitant ce regard occidental hostile.

Il a eu l’idée brillante de rendre honteux pour les universitaires occidentaux le fait même de se référer à ces questions dans la discussion du monde arabe, en qualifiant ce type de questionnement de raciste.

Ses règles du jeu de l’orientalisme, au contraire, exigeaient une action positive et morale. En conséquence, Saïd et ses acolytes réprimandaient quiconque osait expliquer l’obsession périlleuse musulmane arabe de détruire Israël en termes de questions culturelles. «Comment osez-vous les traiter comme un groupe de sauvages, d’irréductibles, de fous superstitieux qui se nourrissent de fantasmes de vengeance génocidaire pour rétablir l’honneur perdu et retrouver leur situation de domination ?!»

Au contraire, disait Saïd «la relation entre Arabes, musulmans et terrorisme» que tant d’orientalistes établissent est «entièrement factice».

Pour tout outsider, soupçonner les dirigeants palestiniens (ou Arabes ou musulmans) de comportements belliqueux constitue pour les post-coloniaux, une agression inacceptable, une forme de racisme. Selon eux, le conflit concerne l’impérialisme israélien et la résistance naturelle qu’il provoque.

Grâce à cette brillante sauvegarde de la «face» arabe, à cette façon d’utiliser le kalam an-nas, l’orientalisme de Saïd a su contourner les vecteurs du jugement négatif paralysant.

D’une part, cette défense protégeait les Arabes des critiques publiques, de l’autre, elle faisait de l’Occident «impérialiste» (et de son avant-garde supposée les «colons» israéliens), l’objet d’une critique implacable.

Son succès à cet égard a donné naissance à une génération de spécialistes du Moyen-Orient, y compris des universitaires, qui ont décrit les mondes arabe et musulman comme des «sociétés civiles florissantes», d’imminentes «démocraties» tout en décrivant l’Occident comme un monde raciste, impérialiste, qui a besoin d’être déconstruit, théoriquement et pratiquement.

Un tel mouvement a peut-être flatté l’image que les Arabes et les Occidentaux (gauchistes) avaient d’eux-mêmes, mais il a eu pour prix l’ignorance des réalités plus sombres sur le terrain.

Pourtant, pour beaucoup, cette ignorance semblait être un faible prix à payer. Après tout, le cadre de référence de Saïd offrait aux progressistes pacifistes un moyen d’éviter le choc des civilisations.

Donner aux Arabes et aux musulmans le bénéfice du doute, les traiter avec honneur plutôt que de les inciter gratuitement à la critique, voilà la façon de résoudre les conflits et d’apporter la paix.

Les éducateurs occidentaux qui adoptaient le discours de Saïd considéraient ses thèses comme une sorte de récit thérapeutique qui, en accentuant le positif et en dissimulant le négatif, encourageait l’autre plutôt que de l’aliéner.

Il s’agissait, entre autres, de traiter les Arabes et les musulmans comme si leur culture politique avait déjà atteint ce niveau de modernité, d’engagement sociétal envers les droits universels de l’homme, de paix par la tolérance, d’égalitarisme. Tout cela dans le but de favoriser les relations positives– alors qu’en réalité, une telle évaluation n’était pas objective.

Le monde postmoderne ne peut pas être (est même très éloigné) de toute évaluation objective (ce que, présumément, il prétend être).

De la «Paix» d’Oslo au Jihad
Peu de débâcles illustrent mieux la folie qui consiste à ignorer la dynamique de la honte et de l’honneur que le «processus de paix» d’Oslo qui a fondé sa logique sur le principe d’un échange de «terre pour la paix» : Israël céderait des terres aux Palestiniens (la plus grande partie de la Judée/Samarie et Gaza) afin de créer un État indépendant et les Palestiniens enterreraient la hache de guerre puisqu’ils obtiendraient ce qu’ils voulaient sans avoir à se battre.

Ainsi, les accords d’Oslo changeraient l’engagement palestinien défini par leur charte, de reconquérir l’honneur arabe et musulman en effaçant la honte qu’est Israël, et les amèneraient à accepter la légitimité de l’existence de l’État hébreu.

Un tel changement dépendait de la compréhension de ce que cette concession promise à Israël amènerait, étant donné que les Palestiniens «aspirent», à la liberté de se gouverner dans la paix et la dignité. Cela semblait être un contrat gagnant-gagnant si évident, que, comme Gavin Esler de la BBC l’avait déclaré, «le conflit allait être résolu avec un courriel.»

Ce que les architectes d’Oslo et leurs partisans occidentaux ont si complètement sous-estimé, c’est l’emprise que l’univers basé sur l’honneur aurait sur le président de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Yasser Arafat.

Ce manque de perspicacité a non seulement dominé la pensée dans les cercles occidentaux (eux qui n’étaient pas mis en danger par un tel pari), mais avait aussi cours dans les cercles politiques et du renseignement israélien, qui eux avaient beaucoup à perdre.

Il est clair que ce n’est pas seulement la direction politique d’Israël qui a été prise en otage par la conception chimérique de l’instauration d’une ère de paix avec l’Autorité palestinienne. Le système de sécurité militaire et le service de sécurité Shin Bet ont eu des difficultés à se libérer du même sentiment. Les fonctionnaires du renseignement n’étaient pas toujours disposés à laisser les faits perturber leur perception idéalisée de la réalité.

Le simple fait que les analystes occidentaux et israéliens aient négligé de leur prêter attention, cependant, ne signifie pas que les règles d’honneur et de honte aient cessé d’opérer.

Après la cérémonie de signature de l’entente sur la pelouse de la Maison-Blanche, le président de l’OLP, Arafat, s’est trouvé la cible d’une immense hostilité de la part de son groupe d’honneur arabe et musulman pour avoir porté la honte à tous les Arabes et à tous les musulmans.

Lorsqu’il est arrivé à Gaza en juillet 1994, le Hamas l’a dénoncé en ces termes : «Sa visite est honteuse et humiliante, car elle se produit dans l’ombre de l’occupation et à l’ombre de la soumission humiliante d’Arafat devant le gouvernement ennemi et sa volonté. Il veut présenter une défaite comme une victoire.»

Edward Saïd, fier membre du Conseil national palestinien, semi-parlement de l’OLP, a fait écho aux paroles du Hamas : les compromis impliquaient un acte humiliant et «dégradant… d’obéissance… Une capitulation… qui a produit un état d’abjection et d’obéissance… se soumettant honteusement à Israël.»

Ainsi l’intellectuel «post-colonial» a utilisé le langage tribal à somme nulle d’honneur et de honte arabe et musulmane, attaquant la négociation comme déshonorante. C’était la langue même dont les Occidentaux évitaient de discuter de peur qu’ils n’«orientassent l’Orient».

Et pourtant Arafat a utilisé le même langage d’honneur et de honte en arabe, dès que les accords ont été signés et que le Prix Nobel a été accordé.

Six mois après son retour de Tunisie en juillet 1994 à ce qui était devenu un territoire sous contrôle palestinien grâce aux accords d’Oslo, il a défendu sa politique devant des musulmans d’Afrique du Sud, non pas en parlant de la «paix des braves», mais plutôt en invoquant le traité de Mahaybiya de Muhammad, signé quand il était en position de faiblesse, rompu quand il fut en position de force.

Dans la mesure où les Arabes avaient accepté le processus d’Oslo, ils le considéraient comme un cheval de Troie, non pas comme une concession (nécessairement) humiliante. Un projet de guerre honorable et non pas de paix ignominieuse.

Dans les cultures où, pour l’honneur, «ce qui a été pris par la force doit être repris par la force», toute négociation est forcément honteuse et lâche.

De façon générale, les journalistes et les décideurs occidentaux, y compris le «camp de la paix» en Israël, et même les services de renseignement, ont ignoré les invocations répétées d’Arafat à Hudaybiya.

Les partisans de la paix les considéraient comme des railleries conçues pour apaiser l’opinion publique (en elle-même une chose qui méritait qu’on y réfléchisse) et étaient persuadés que, finalement, l’appel plus mature de la communauté internationale placerait Arafat du côté de la raison positive. Les praticiens du «journalisme de paix» en Israël, par exemple, ont délibérément évité des nouvelles décourageantes de ce genre et le sens de Hudaybiya en particulier.

Dans son mémoire de 800 pages sur l’échec d’Oslo, Dennis Ross, l’envoyé américain du Moyen-Orient le plus impliqué dans les négociations avec la direction palestinienne, n’a pas eu un mot à dire sur la controverse de Hudaybiya, en dépit du fait qu’il avait correctement jugé le comportement problématique d’Arafat et son «échec à préparer son peuple aux compromis nécessaires à la paix».

Le péché d’Arafat n’était pas d’omission, mais de commission : il préparait systématiquement son peuple à la guerre sous le nez des Israéliens et de l’Occident.

Plutôt que d’examiner les conséquences de cette contre-preuve, ceux qui appuyaient le processus attaquaient quiconque y attirait l’attention.

Le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR), une soi-disant organisation de défense des droits civils musulmans ayant des liens avec les mêmes confréries musulmanes dont le Hamas est une branche, a mené l’attaque au nom de la protection de la réputation du prophète Muhammad.

Daniel Pipes a écrit plusieurs textes concernant le discours de la mosquée de Johannesburg et le sens du traité de Hudaybiya, ainsi que sur les problèmes rencontrés par les Occidentaux quand ils osaient soulever ce sujet.

En dépit de son insistance à se montrer juste envers le prophète musulman sur des bases historiques, les écrits de Pipes lui ont amené une volée de condamnations furieuses et une accusation précoce d’islamophobie.

Les protestataires interdisaient essentiellement aux critiques d’examiner les preuves pertinentes à leurs préoccupations pressantes. Au lieu de cela, les enthousiastes de la paix voyaient Arafat et les dirigeants palestiniens comme des acteurs modernes à part entière qui souhaitaient avoir leur propre pays et leur liberté, et auxquels on pouvait faire confiance pour le respect de leurs engagements.

La plupart pensaient qu’Arafat, quand l’occasion se présenterait, choisirait l’imparfait, la somme positive, le gagnant-gagnant, plutôt que la somme nulle, tout ou rien, gagnant-perdant.

Ils «avaient foi» en la direction palestinienne et faisaient honte à quiconque osait suggérer que les Palestiniens s’accrochaient encore fermement à leur désir atavique de vengeance.

Ainsi, alors que Jérusalem et Washington se préparaient à une grande finale du processus de paix à Camp David à l’été 2000, alors même que les médias israéliens préparaient leur peuple à la paix, les médias d’Arafat préparaient les Palestiniens à la guerre. Et aucun des principaux décideurs n’y a porté attention.

L’incapacité à comprendre la dynamique du maintien de l’honneur (en luttant contre Israël) et à éviter la honte (provoquée par le compromis avec Israël) a condamné Oslo à l’échec dès le départ.

Les gens impliqués, qui pensaient que les deux parties étaient «si proches» et que si seulement Israël avait donné plus, les accords auraient réussi, ont été dupés.

Pour les décideurs palestiniens, ils n’ont jamais été proches. Même une entente réussie aurait mené à plus de guerres.

En effet, selon cette logique, plus l’accord favorisait les Palestiniens– c’est-à-dire, plus les Israéliens étaient affaiblis– plus l’agression accompagnerait leur mise en œuvre.

Une fois qu’Oslo a explosé, les Occidentaux qui se sont accrochés à leurs fantasmes ont continué à mal comprendre les événements ultérieurs.

Au lendemain du «non» retentissant mais prévisible d’Arafat à Camp David en juillet 2000, et à plusieurs reprises après le déclenchement de sa guerre de terreur (minimisée en tant qu’«Intifada al-Aqsa») fin septembre, les apologistes ont fait des efforts héroïques afin d’interpréter son comportement comme étant rationnel et d’ignorer sa planification délibérée de la guerre de terreur, et ont blâmé Israël.

Dans le cadre de la contre-attaque, les critiques à l’encontre d’Arafat, en particulier pour son comportement caractéristique de la culture d’honneur et de honte, ont suscité des cris de racisme.

Par exemple, lors d’une interview avec l’universitaire israélien Benny Morris, l’ancien premier ministre israélien Ehud Barak se plaignait des mensonges systématiques d’Arafat, qui faisait de chaque discussion un calcul entre la dénonciation des mensonges ou l’idée de les ignorer et d’accepter de se mettre en position de faiblesse.

Ces remarques ont agacé les observateurs du Moyen-Orient, Hussein Agha et Robert Malley :

Les mots de [Barak] dans l’entretien initial étaient sans équivoque. «Ils sont le produit d’une culture dans laquelle dire un mensonge… ne crée pas de dissonance». «Ils ne souffrent pas du problème du mensonge tel qu’il existe dans la culture judéo-chrétienne. La vérité est perçue comme non pertinente.» etc. Mais, clairement, la précision factuelle et la cohérence logique n’étaient pas souhaitées par Morris et Barak. Ce qui importe, c’est l’autojustification de quelqu’un qui a choisi de faire carrière– et peut-être de revenir– en se livrant à la vilification d’un peuple tout entier».

C’est du classique Edward Saïd : attaquez les motifs de vos critiques (souvent par projection) ; clamez que vous subissez une blessure morale à cause de l’insulte, et dans le processus, détournez l’attention de la précision des remarques orientalistes.

Bien qu’appuyées sur des preuves tangibles de l’utilisation étendue et typiquement palestinienne de mensonges évidents lors des négociations, l’accusation de Barak devenait, dans les mains des apologistes d’Arafat, la «vilification d’un peuple entier».

Le succès de cette utilisation de ce que l’on pourrait appeler la «carte raciste» signifie que la littérature académique sur le mensonge dans la culture arabe, qui devrait couvrir les murs des bibliothèques (du moins dans les bibliothèques de nos services de renseignement) est sérieusement sous-développée. Si Oslo a échoué, c’est principalement parce que les Israéliens et les Américains ont refusé de croire que les Palestiniens leur mentaient –d’un bout à l’autre du processus.

Ignorance de la quête du califat
Pour cette raison, et bien des raisons analogues, lorsque les djihadistes sont sortis du ventre du cheval d’Oslo à la fin de septembre 2000, trop d’Occidentaux, désireux d’interpréter la violence comme le «désespoir» des combattants de la liberté dont les droits ont été niés, ont ignoré les preuves à l’effet qu’Arafat avait planifié la guerre, et ont jeté le blâme sur Israël.

En conséquence, de nombreux journalistes et spécialistes, qui ont dit à leurs auditoires occidentaux que l’Intifada al-Aqsa était un soulèvement national de libération contre l’occupation, semblaient n’avoir aucune idée (ou s’ils en avaient une, ont choisi de ne pas la révéler) que dans l’esprit de plusieurs de ces combattants l’intifada al-Aqsa était le lancement d’une nouvelle phase de djihad global apocalyptique dont l’objectif messianique était un califat mondial pour lequel la terreur des attaques suicides constituait l’arme la plus nouvelle et la plus puissante.

La réaction indifférente, voire négative, de la communauté d’experts aux premières études de la pensée apocalyptique du Hamas dans les années 1990, signifiait que la sphère publique occidentale allait devoir attendre la seconde décennie du XXIe siècle pour découvrir que le djihad global qui a créé un califat dans des parties substantielles de la Syrie et de l’Irak et qui ciblait les infidèles dans leur propre pays, était issu des mêmes visions apocalyptiques.

En fait, la plupart des observateurs ne savent toujours pas comment les djihadistes mondiaux ont exploité l’Intifada al-Aqsa pour alimenter leurs campagnes et leur recrutement.

Ainsi, au lieu de se méfier de ce nouvel impérialisme religieux violent et de condamner les opérations de martyre sauvage du djihad, les journalistes européens diffusent sa propagande de guerre antisioniste en tant que nouvelle tandis que les progressistes européens le saluent et l’encouragent.

Désinformés par les reportages des médias en avril 2002 du massacre supposé des forces de défense israéliennes à Jénine, les manifestants occidentaux marchaient dans les rues avec des simulations de ceintures explosives pour montrer leur solidarité avec les «martyrs» du Hamas.

Après la guerre du Liban en 2006, des savants comme la pacifiste Judith Butler, ont accueilli le Hamas et le Hezbollah dans la «gauche progressiste mondiale» en tant que «camarades dans la lutte anti-impérialiste».

Les progressistes malheureusement mal informés ont accueilli avec enthousiasme un djihad qui frappait alors Israël, mais qui maintenant hante le monde entier, et en particulier le monde musulman.

Les professionnels de l’information occidentaux– journalistes, experts, analystes politiques, même traducteurs– ont été tellement aveuglés par leur propre rhétorique post-coloniale, qu’ils ont été incapables d’identifier l’islam triomphaliste qui a constamment augmenté son élan vers un califat mondial dans cette génération et ce siècle.

S’ils se sont rendu compte de la présence de ces musulmans impérialistes, ils refusent d’en parler et attaquent quiconque le fait. Cette attitude prédominante a gravement endommagé la capacité de l’Occident à distinguer entre les faux modérés qui veulent réduire les infidèles du monde entier à la dhimmitude et les modérés qui veulent vraiment vivre en paix avec les non-musulmans.

Presque tout le monde conviendra que ces djihadistes qui recourent à l’épée, comme Al-Qaïda ou l’État islamique, ne sont pas des modérés.

Mais qu’en est-il de ceux qui s’en tiennent au da’wa (sommation à la conversion), et qui travaillent de manière non violente dans le même but ultime de rétablir le califat ?

Quand Yusuf Qaradawi des Frères Musulmans dit que «les États-Unis et l’Europe seront conquis non pas par le djihad, mais par le da’wa», cela fait-il de lui un modéré ? Et si le prédicateur du da’wa jouait juste au bon flic pendant que le djihadiste joue au méchant flic ? (NDT : good cop, bad cop)

Du point de vue de l’objectif millénaire d’un califat mondial, la différence entre les islamistes radicaux et les «modérés» est moins une question de vision que de calendrier, moins une question de buts différents que de tactiques différentes.

De telles connexions, cependant, ne s’inscrivent pas sur les écrans radars des professionnels de l’information qui demeurent fidèles aux réticences anti-orientalistes de Saïd. Ils nous poussent plutôt à les voir comme étant clairement distincts. Une telle approche tombe dans le piège djihadiste classique.

Lorsque les partisans du da’wa du califat dénonce les violences d’Al-Qaïda ou de l’ÉI, insistant sur le fait que ces djihadistes n’ont rien à voir avec l’islam, ils le font comme une tactique de guerre cognitive trompeuse.

Ils savent très bien que l’Islam qu’ils ont adopté est une religion de conquête. Ils ne veulent tout simplement pas que les «infidèles» occidentaux, leurs ennemis jurés et leurs cibles, reconnaissent cette hostilité implacable et impérialiste, du moins tant que le djihad mondial est militairement faible.

Ils préfèrent que les décideurs occidentaux renoncent au discours «islamophobe» de la domination mondiale et, apaisent plutôt les griefs des musulmans.

Beaucoup trop d’Occidentaux se sont conformés –en partant du discours de George W. Bush sur l’«Islam, religion de paix» juste après les attentats terroristes du 11 septembre, aux grands efforts de l’administration Obama pour ignorer, refuser et sublimer tout ce qui ressemble à de la violence islamique, jusqu’à une longue série d’universitaires qui auraient dû se hâter de corriger le dossier après la concession rhétorique de Bush et ont plutôt fait des efforts pour souligner la nature pacifique de l’Islam.

Les choses s’aggravent progressivement. L’insistance sur la similitude fondamentale de la culture arabe/musulmane et de la culture occidentale (la «grande majorité» des musulmans pacifiques, les «sociétés civiles dynamiques» en Syrie et en Irak) est passée d’une expérience thérapeutique à une formule dogmatique : la remettre en question est raciste et «islamophobe».

Ceux qui violent cette norme et qui discutent de ces choses désagréables sont punis, exclus, exilés. En effet, la crainte de l’accusation d’«islamophobie» est si forte qu’elle est venue jouer le rôle du serpent de mer qui a étranglé Laocoon quand il a essayé d’avertir les Troyens de la ruse du Cheval de bois offert par les Grecs.

Les politiciens, les policiers et les journalistes britanniques, par exemple, n’ont rien fait pour protéger des milliers de jeunes filles contre l’exploitation sexuelle pendant plus d’une décennie, afin d’éviter d’être qualifiés d’«islamophobes».

Peu d’incidents illustrent mieux cette cécité et cette incompétence auto-induites que la façon dont les professionnels de l’information occidentaux ont traité les soulèvements arabes de 2010-11. Dans une interprétation erronée des manifestations populaires, propulsées dans les médias sociaux, qui ont chassé certains dictateurs arabes de leurs perchoirs, les érudits ont interprété les soulèvements à la lumière des révolutions démocratiques européennes : le «Printemps des Nations» de 1848 et la libération de l’Europe de l’Est et de la Russie en 1989.

Rejetant systématiquement le danger que les Frères musulmans puissent prendre le pouvoir lors d’élections démocratiques, les commentateurs et les décideurs ont appelé à soutenir le mouvement islamiste, considéré par les professionnels de l’information post-coloniaux comme leur miroir, leur compagnon d’armes.

Si les «Orientalistes» pré-Saïd n’avaient (soi-disant) vu que le mauvais côté (des islamistes) par projection, après eux, les post-orientalistes ne pouvaient voir que le bien.

Cette approche politiquement correcte a même infecté les services de renseignements américains.

En février 2011, juste au moment où l’administration Obama prenait des décisions cruciales (et trompeuses) sur la façon de faire face à la crise égyptienne, James Clapper, directeur des renseignements au niveau national, a présenté une étonnante évaluation devant le Congrès (qu’il a reniée par la suite) :

«Le terme “Fraternité musulmane”… est un terme générique pour une variété de mouvements, dans le cas de l’Égypte, c’est un groupe très hétérogène, largement laïque, qui a évité la violence et a dénoncé Al Qaïda comme une perversion de l’islam ..»

Il est difficile de cataloguer les idées fausses impliquées dans cette déclaration étonnamment stupide. Elle traduit un manque de compréhension du comportement religieux triomphaliste et une application superficielle d’une terminologie inappropriée qui laisse l’observateur se demander s’il s’agissait d’un acte délibéré de désinformation ou d’un véritable produit de la collecte et de l’évaluation des renseignements des États-Unis.

Il est aussi difficile de séparer cette évaluation opérationnelle totalement désorientée de la discussion académique qui la sous-tend, largement influencée par le paradigme pénitentiel auquel Saïd exhortait l’Occident. Ici les dupes occidentaux doivent interpréter la non-violence comme un signe de modération musulmane et attribuer la violence musulmane à la provocation occidentale. Nous devons supposer que lorsque les musulmans dénoncent la violence, ils sont avec «nous» et non avec «eux», qu’ils ne partagent pas l’objectif djihadiste d’un califat mondial.

Plutôt que de combattre un ennemi aspirant à la domination mondiale, les islamistes exhortent l’Occident à s’attaquer au sentiment d’impuissance des musulmans en les habilitant.

Les résultats de cette méconnaissance aveugle de la réalité sur le terrain– le pouvoir des mouvements religieux inspirés par l’honneur ; le calcul variable de la violence selon que l’on se sent faible ou fort ; les réponses à la faiblesse perçue et à l’absence de détermination de la part des ennemis signifient que ce que les leaders de la pensée occidentale prenaient pour un printemps démocratique, qu’ils accueillaient avec enthousiasme, était en réalité le printemps de la guerre tribale et apocalyptique. Un djihad d’Oslo à grande échelle. Une guerre générationnelle, cataclysmique, «une Guerre des Trente ans» qui ne fait que commencer.

Où l’Occident est intervenu (Libye, Egypte), il a échoué, et où il n’est pas intervenu (la Syrie), la situation a explosé.

Alors que des millions de réfugiés sont jetés sur les rivages européens par ces bouleversements, les décideurs occidentaux restent captifs de leurs clichés suicidaires («nous ne pouvons simplement pas leur refuser l’entrée») qui témoignent d’une profonde ignorance de la culture arabe et musulmane, de ceux qui les font fuir, et de ceux qui ont le pouvoir, mais pas le désir de s’attaquer à cette destruction de leurs sociétés sous les coups du califat.

Conclusion
A travers la porte dérobée d’une préoccupation pour les «autres», sans réciprocité, les Occidentaux éduqués ont permis à un discours hostile, intimidant basé sur l’honneur et la honte d’occuper une grande partie de leur espace public : c’est l’«islamophobie», et non l’islamisme qui est le problème.

Les Palestiniens continuent de sauver la face et de retrouver leur honneur en salissant Israël qui, par son existence même et son succès, leur fait honte.

Pendant ce temps, de nombreux guerriers de la justice sociale, remplis de culpabilité post-coloniale et craignant le label «islamophobe», unissent leurs forces à la «brigade d’honneur» afin de pousser Israël au-delà des limites acceptables.

Dans le cadre plus large du développement civilisationnel, c’est lamentable. Il a fallu un millénaire d’efforts constants et douloureux pour que la culture occidentale apprenne à sublimer la libido dominandi de l’homme au point de créer une société tolérante à la diversité, qui résout les différends avec un discours d’équité plutôt que de violence et où l’échange est gagnant-gagnant. Les échanges à somme positive sont la norme souhaitée.

Insister, comme le font beaucoup de gauchistes, pour que cette réussite exceptionnelle soit considérée comme le mode par défaut de l’humanité, indépendamment de la mesure dans laquelle l’autre est éloigné de cet objectif précieux et de manière à exempter les ennemis de la démocratie de la responsabilité civique de l’autocritique au prix de redoubler son propre fardeau, fini par saper les libertés que la civilisation occidentale s’est données au cours des siècles.

À moins que les universitaires et les professionnels de l’information ne s’emparent et ne cultivent les champs de connaissance tels que la dynamique de la honte et de l’honneur et le triomphalisme islamiste, les Occidentaux ne pourront pas comprendre les sociétés arabes et islamiques et continueront d’accuser les critiques et non l’objectif légitime des critiques au risque de perdre leurs valeurs démocratiques et leurs intérêts nationaux.

L’incapacité de s’engager dans l’autocritique est la plus grande faiblesse des cultures basées sur l’honneur et la honte, et la capacité de le faire est la plus grande force de ceux qui croient fermement à l’intégrité.

Pourtant, maintenant, paradoxalement, l’incapacité des islamistes est devenue leur force, et notre surempressement à compenser est devenu notre faiblesse.


Affaire Fillon: A qui profite le crime ? (French presidential election: Hope and change now so things can stay as they are tomorrow)

9 février, 2017

francois fillon penelope juges medias
Sondage : Macron le plus capable pour l\'Elysée, Hamon le plus honnête
https://www.thesun.co.uk/wp-content/uploads/2017/02/nintchdbpict000300125351.jpg?strip=all&w=960

‘All further migration from mainly Muslim countries should be stopped’

Il faut que tout change pour que rien ne change. Le Guépard
Is France on the brink of a political revolution? Already, four established candidates for the presidency — two former presidents and two former prime ministers — have backed out or been rejected by the voters, and another, François Fillon, is on the ropes. The campaign is being taken over by outsiders, principally the Front National’s Marine Le Pen and a youthful former banker, Emmanuel Macron, while the Socialists have chosen an eccentric radical, Benoît Hamon. Should we welcome a shake-up in the cradle of European revolutions? What kind of shake-up might it be — socialist (the least likely), liberal with Macron or nationalist with Le Pen? Or can the outsiders still be beaten by an electoral system designed to keep them out of power? France in its modern history has worn out five monarchies, five republics and 16 constitutions — and two of this year’s presidential hopefuls are demanding a 17th. Its people are still more ready than most to go into the streets. It was, and is, a country in which rhetoric and visions play a prominent part in politics. (…) This is because France fluctuates between short spasms of change and longer periods of immobility. It has developed institutional barriers and tacit compromises to hold things steady. Its current Fifth Republic is a ‘republican monarchy’, with parliament downgraded and a powerful president supposed to unite the nation — a task sadly beyond most politicians. Another, less noticed, institution goes back even further than Enjolras’s fictional death on the barricades: the two-round ballot, designed in the 1820s to prevent hotheads like him from winning elections. It gives voters and politicians a second chance, not so much to reconsider their own choices as to react against the choices of others. In the first round you vote for the person you want; in the second you vote against the person you fear. (…) Consider the long-term consequences of the two-round voting system. Many British commentators — and indeed some in France — call periodically for a ‘French Thatcher’ to sweep away institutional barriers to economic dynamism. Nicolas Sarkozy was one who briefly claimed this mantle. The latest is Emmanuel Macron, a former economics minister of Blairite tinge in François Hollande’s socialist government. But Margaret Thatcher could never have been elected in a French-style second round. The British system not only can but regularly does give power to a united minority over a divided majority. Mrs Thatcher could carry out a peaceful revolution without ever having the clear support of a majority of voters. In a French-style system, she and her parliamentary supporters would inevitably have been defeated in second-round ballots by a combination of Labour and the Liberals: Jim Callaghan would have been triumphantly re-elected. In short, precisely because of its turbulent political history, France has developed a series of barriers against radical change. A leading sociologist, Michel Crozier, described it in 1970 as a ‘société bloquée’ — a ‘stalemate society’. Of course, much in France does change: but the price of political stability is that certain fundamental rights and privileges remain untouched. Advantageous retirement rights and pensions. Certain influential professions. Farmers, sheltered by the Common Agricultural Policy. People in permanent employment, protected by laws penalising redundancy and limiting hours of work. The public sector — in French le service public, significantly in the singular — is the core of this system: schools, public hospitals, railways, universities, local government, the post office. All are arms of the state. Think of le service public as the NHS multiplied by five. The politics of its workforce, combining a real sense of public service with a jealous defence of rights and privileges, explains why France is the most anti-capitalist country in Europe. There are benefits. Many British people have happy memories of French hospitals, schools or trains. But one does not need very right-wing views to see the accumulating disadvantages. The highest taxes in the developed world, especially on businesses. Chronic unemployment, worst among the young and ethnic minorities. Slow growth, including among small companies afraid of the burden of regulation incurred by getting too big. Crumbling infrastructure. Anyone who arrives at the Gare du Nord must see that something is amiss. People in France do too, and have done for years. Even in the 1980s President Mitterrand lamented national ‘moroseness’. Bookshops have long been piled high with works by economists, politicians and academics warning that France was in accelerating decline. Young people emigrate, over 200,000 to London alone. On top of this chronic malaise has come the tension between republican secularism and Islam, sparked off three decades ago by a row about girls wearing headscarves in a provincial secondary school. It is a fraught mixture of cultural difference, social deprivation and historic mistrust, but none can doubt its brooding presence, hugely inflamed by a series of terrorist attacks. (…) None of these observations is unique to France. Characteristic of France, however, is the seeming inability of the political system to do much about them, even over many years. Here we come back to the ‘stalemate society’ problem. Even limited reforms — by British standards minor tinkering — with the education system or the labour market have caused huge and prolonged student demonstrations and sit-ins, and damaging strikes by public-sector unions. They often produce complicated half-measures that create a destabilising sense of unresolved problems and leave continuing tensions. A ‘French Thatcher’ — assuming that there is one, however diluted — faces not only the electoral barrier but a wider ideological polarisation than that of Britain in the 1980s. Then a large minority, even at times a majority, felt that something radical had to be done, and accepted that this included weakening the trade unions and increasing the freedom of the market. There is little sign that any such consensus exists in France, where both left and right are deeply suspicious of economic liberalism. Marine Le Pen thunders against free trade and ‘unfair’ competition. The very word ‘liberal’ has long been a political kiss of death: we shall see whether Macron is immune. So there is widespread dissatisfaction, but no accepted solution. Robert Tombs
If Macron’s unique selling point is unclear, his unique talking point is that he married his former school teacher, a lady 24 years older than him. This startling fact, when first encountered, tends to bring political discussion to a halt, while all pause for a few moments of profound reflection. His latest fan is Ségolène Royal. Ségolène is the current minister of the environment, and, by chance, she too is 24 years older than the dynamic new arrival. She has repeatedly spoken of her affection and admiration for Macron. Ségolène was the defeated Socialist presidential candidate of 2007, but last week she urged the party’s voters to ignore their own candidate, Benoît Hamon — a hardline leftist sacked as education minister by Valls in 2014 — and back Macron instead. Macron has not just divided the Socialists, he has replaced them. So how has this apparently isolated and underfunded individual managed all this in such a short time? It is clear that Macron has powerful supporters behind the scenes, and a clue may lie in the little-discussed fact that some years ago he was identified as a member of ‘les Gracques’ — a discreet centre-left pressure group loosely staffed by influential chief executives and civil service mandarins. They are pro-market socialists who long ago gave up on the Socialist party. Many are fellow ‘énarques’ (graduates of ENA) and every step of Macron’s career could have been directed by them. Spotted as a brilliant and charming student, Macron could first have been launched into the prestigious state Finance Inspectorate, then switched into Rothschild to gain business experience (and wealthy support) and then placed like a time bomb in Hollande’s outer office, where he ticked away until he could be moved into the heart of the Valls government. Last August he finally exploded into action at the perfect moment to cause maximum damage to Hollande, Valls and the entire Socialist presidential election campaign. Macron’s rise bears all the hallmarks of a classic ENA undercover operation, a fundamental part of the énarques’ stock-in-trade and one in which the country’s leading bureaucrats are cynically trained. Now that the Socialists have lumbered themselves with a dinosaur — Hamon — as their candidate, Macron is in an even stronger position. He will be able to tune his campaign to attract moderate Socialist voters as well as the centrists and centre-rightists who flock to his meetings and are having second thoughts about François Fillon. Mr Fillon and his British wife Penelope are currently under investigation for misuse of public funds. The Spectator
No one in France disputes Fillon’s right to have paid his wife as an “assistant” over the course of eight years. While nepotism laws in America prohibit such practices — unless you are president — not so in France. More than one-fifth of French parliamentary representatives — 115 of 577 — employ one or more family members as “assistants.” Yet, while it is not illegal for political officeholders in France to hire family members, it is illegal to create so-called emplois fictifs, or make-believe jobs where you pay relatives for work they have not, are not, and never intend to do. Herein lies the rub with the Fillons. Until the Canard’s scoop, there was no reason to believe that the Welsh-born Penelope Fillon devoted her life to anything other than her family of five (unless you count the five horses stabled near the family’s 12th-century chateau). Mme Fillon has previously conceded that she had extra time on her hands. (…) Fillon did not help his cause by revealing in the same interview that, while a senator, he had also paid two of his children to handle specific cases for him because of “their particular competence as lawyers.” (The problem, as several newspapers quickly pointed out, is that neither child was a lawyer yet; the latest Canard story reports that they were paid approximately $90,000 for their work.) Over the weekend, fresh news broke out that between 2005 and 2007, Fillon had written himself seven checks totaling about $28,000 from an account earmarked for paying assistants; then came the new revelations that his wife’s pay had been even more than first thought. The two pillars of Fillon’s candidacy have been the economic imperative of scaling back the state’s social protections, and the political imperative of being untouched by scandal. The two are interconnected; the former relies on the latter. That Penelope Fillon drew an exorbitant salary for reading her husband’s speeches before saddling up for a morning canter will not go down well with an electorate being asked to make financial sacrifices. At the same time, Fillon has always emphasized that his hands, unlike those of his fellow Gaullist contenders, were clean. (…) France is not a particularly corrupt country, in global terms, but in the West it is something of an outlier. According to Transparency International’s 2016 “corruption perception” index, France ranked 23rd among 176 nations, just behind Estonia and just ahead of the Bahamas. It is not, of course, Somalia or Syria. But neither is it Denmark, New Zealand, Canada, or even the United States. In Western Europe, it outranks only Portugal, Italy, and Spain. What may make matters worse is that French corruption is particularly high-profile: It doesn’t come in the form of cops asking for petty bribes, or companies buying off bureaucrats. Rather, thanks to the peculiarly French principle of a republican monarchy, French corruption involves vast sums and takes place at the highest levels of government. Created by De Gaulle in 1958, the Fifth Republic hands vast power and prestige to the presidency. The president, in principle, is not answerable to Parliament; the president, in essence, reigns and his ministers merely rule. While De Gaulle also endowed the office with his personal imperiousness and incorruptibility, his descendants have held tight to the former while mostly trashing the latter. From the late 1970s, when Central African Republic Emperor Jean-Bedel Bokassa showered Valéry Giscard d’Estaing with diamonds, through the 1980s, when Chirac, while mayor of Paris, embezzled public funds for his presidential campaign, to Sarkozy and the kaleidoscope of court cases confronting him, ranging from influence peddling to accepting $54 million in campaign financing from former Libyan dictator Muammar al-Qaddafi, the French presidency has been consistently mired in scandals worthy of the Bourbons. (François Hollande, for all his fecklessness, has — to give credit where it’s due — kept his hands relatively clean during his time in office; his scandals have been of the personal sort.) This relentless drip of scandals both dampens public attitudes toward the mainstream parties — a Transparency International poll taken late last year revealed that three-quarters of the French believe that parliamentary deputies and government ministers are corrupt — and continues to raise the boat of the far-right National Front (FN). Marine Le Pen’s party has its own instances of financial misbehavior: The European Union had determined that the FN defrauded the European Parliament budget of more than $324,000, which it used to illicitly pay FN staffers. Perhaps because the victim was Brussels, however, and because Le Pen was not enriching herself personally, the scandal has had little traction in France; this week, while Fillon was busy battling for his political life, Le Pen was scoffing at the notion that she might return the funds. More to the point, it hasn’t stopped Le Pen from positioning herself as the only candidate able to drain the French swamp. Given the steady 25 to 26 percent support her party attracts in polls, a sizable group, it seems, believes her. The reluctance of French governments to address the problem of corruption is well known. In 2014, a European Union report rapped France’s knuckles for its faulty firewalls in campaign financing, its judiciary’s relative lack of independence, and the absence of political willpower to tackle a culture of corruption. Until recently, moreover, the foot-dragging of politicians over these issues has not unduly bothered French voters. As Jean-Christophe Picard of the watchdog group Anticor notes, through the 1980s and 1990s the public mostly tolerated such wheeling and dealing. “In France, there is the idea that defrauding and wasting public money is not too serious a problem as long as there are no direct victims,” he said in a recent interview with the weekly French magazine L’Obs. There have been some recent attempts to remedy the problem: Last year, the country enacted the Sapin II Law, which, for the first time, creates an anti-corruption agency, requires members of Parliament to render public the names of everyone listed on their official payrolls, and affords fuller legal protection to lanceurs d’alerte, the rather awkward French term for whistleblowers. The law has been hailed as an important step by transparency advocacy groups, but much of the law is aimed at targets lower down than the Élysée. It is still too early to tell if the recent revelations will bar Fillon from the presidency, but it is looking increasingly likely. He has already vowed that he will end his campaign if formal charges are brought against him; on Tuesday, police were spotted at his parliamentary office looking for evidence. Even if the courts do not act before this spring’s election, Fillon’s reputation has already taken a serious hit. In an Odoxa poll taken after the Canard’s scoop, 61 percent of respondents had a bad opinion of Fillon, while just 38 percent thought favorably of him — a 4 percent drop since Jan. 8. An even more recent poll, conducted by Elabe, shows that Fillon is now in danger of not even making it past the first round of France’s two-stage election process. One of the beneficiaries of his decline will be Le Pen, who even before Penelope-gate had overtaken Fillon in a Le Monde poll; another may be Emmanuel Macron, the center-left independent whose campaign continues to gain momentum. French politics is looking more unpredictable than ever, and much can still happen between now and the first round of the election, which is slated for late April. But one thing does seem clear: With Penelope-gate, a long French tradition looks set to continue. Foreign Policy
Trois pays qui ont profondément modernisé leur administration dans les vingt dernières années, le Canada, la Suède et la Nouvelle-Zélande (…) ont en commun d’avoir mis en œuvre cette réforme en réponse justement à des situations de crise économique profonde. (…) L’expérience de ces trois pays montre que plusieurs éléments doivent se conjuguer pour mener à bien ces transformations : tout d’abord la légitimité sortie des urnes pour une équipe qui place le redressement de l’économie et la défense d’un contrat social comme objectif prioritaire à atteindre, la réforme de l’État n’étant qu’un moyen d’y parvenir. Ensuite, la prise de conscience à travers une grave crise économique et budgétaire de la rareté de la ressource publique et de la nécessité d’en « avoir pour son argent ». Désormais, les exigences des citoyens sont renforcées, ce qui rend impossible le maintien de prélèvements obligatoires élevés et le blocage des réformes indispensables. Enfin, la réforme implique une attitude pragmatique des parties prenantes : c’est la recherche d’une plus grande efficacité du modèle social qui doit être mise en avant par les pouvoirs publics, plus qu’une simple logique comptable. Pour les syndicats, c’est un changement de stratégie qui passe par la négociation des réformes plutôt qu’une opposition systématique. C’est au prix de ces efforts que l’on pourra, en France, réussir la réforme de l’État et des politiques publiques. Sandrine Gorreri (2009)
Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse. Emmanuel Macron
Que voulez-vous que j’en pense? Il est cynique. Un peu homme, un peu femme, c’est la mode du moment. Androgyne. Ce qui vous plait chez Macron, c’est que vous aimez toujours ceux qui ne vous obligent pas à choisir. Nicolas Sarkozy
Sur les « qualités nécessaires » pour être chef de l’Etat, le candidat de la droite est certes à la deuxième place. L’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy est cité en premier ou deuxième par 36% des personnes interrogées. Seul Emmanuel Macron fait mieux, cité en premier ou deuxième par 46%. Benoît Hamon est cité par 34% des Français, devant Marine Le Pen (28%) et Jean-Luc Mélenchon (18%). François Fillon est même celui qui est le plus cité en premier, par 22% des personnes interrogées, contre 21% à l’ancien ministre de l’Economie de François Hollande. Sur la question de l’honnêteté, le palmarès est radicalement différent, même si Emmanuel Macron reste bien placé puisqu’il est sur la deuxième marche du podium, cité (en premier ou second) par 30% des Français. Cette-fois, c’est Benoît Hamon qui arrive en tête. Le candidat du PS est cité (toujours en premier ou deuxième) par 33% des personnes interrogées. Suivent Marine Le Pen (25%), Jean-Luc Mélenchon (23%) et François Bayrou (21%). Plombé par la polémique sur les emplois présumés fictifs de son épouse Penelope, François Fillon est à la peine : 17% seulement le citent en premier ou deuxième parmi les candidats « les plus honnêtes ». Il ne devance que les petits candidat (Nicolas Dupont-Aignan, Philippe Poutou, Nathalie Artaud, Jannick Jadot), qui pâtissent, eux, de leur manque de notoriété dans l’opinion. Les Echos (01.02.2017)
Poland showed the strongest opposition to migrants arriving from Muslim countries, with 71 per cent supporting the ban. Opposition to further migration was also intense in Austria (65 per cent), Belgium (64 per cent), Hungary (64 perc cent) and France (61 per cent) and Greece (58 per cent). The idea of a Trump-style ban also received support in Germany, with 53 per cent calling for increased curbs and 51 per cent in Italy. But there was not majority support in Britain or Spain, which was most opposed to the idea of a ban with only 41 per cent voicing support. Overall, across all ten of the European countries an average of 55 per cent agreed that all further migration from mainly Muslim countries should be stopped. The Sun
Selon une étude menée par l’institut de recherche britannique Chatham House, les Européens seraient majoritairement favorables à la fermeture de leurs frontières aux individus originaires de pays musulmans. 55% des personnes interrogées ont ainsi déclaré être d’accord avec cette affirmation : “Toute immigration supplémentaire venant de pays à majorité musulmane doit cesser”. Un chiffre impressionnant. Dans le commentaire de l’étude, l’institut livre ses conclusions : “Nos résultats sont frappants et donnent à réfléchir. Ils suggèrent que l’opposition à l’immigration venant de pays à majorité musulmane n’est pas confinée à l’électorat de Donald Trump aux Etats-Unis mais est largement répandue”. Largement, mais plus spécialement dans les pays qui “ont été au centre de la crise migratoire ou ont vécu des attaques terroristes ces dernières années”. La Pologne (71%), l’Autriche (65%), la Hongrie et la Belgique (64%), ainsi que la France (61%), sont ainsi parmi les plus favorables à l’assertion de départ. Valeurs actuelles
Jusqu’en 2012, les députés pouvaient conserver le reliquat du crédit collaborateurs qui leur était attribué. Vincent Goyet
Marine Le Pen bénéfice d’un électorat fidèle et déjà très mobilisé: 76% de ses anciens électeurs en 2012 se disent d’ores-et-déjà certains d’aller voter à la présidentielle, 90% de ses anciens électeurs en 2012 voteraient à nouveau pour elle en 2017 et parmi eux, près de huit sur dix se disent sûrs de leur choix. (…) Telle n’est pas la situation d’Emmanuel Macron, dont l’électorat potentiel apparaît sensiblement plus incertain, une personne sur deux exprimant une intention de vote en sa faveur nous disant qu’elle peut encore changer d’avis. Ceci s’explique par la nouveauté qu’incarne Emmanuel Macron et la structure politique de son électorat potentiel. Sa volonté de transcender les clivages politiques traditionnels séduit une partie des électeurs, et nos récents sondages attestent de sa capacité à attirer sur son nom d’anciens électeurs de François Hollande, de Nicolas Sarkozy et François Bayrou. Reste à savoir si cette alliance perdurera jusqu’au au premier tour de l’élection présidentielle, ce qui n’est pas acquis. Un moment de vérité sera certainement le jour où il dévoilera officiellement son programme, ce qui est annoncé pour fin février ou début mars. C’est à ce moment-là que l’on pourra juger avec davantage de certitude de sa capacité à fédérer sur son nom des électeurs venus de divers horizons politiques, et donc de la solidité de son électorat potentiel. (…) Dans notre enquête, ce sont 72% à 75% des électeurs potentiels de François Fillon qui se déclarent d’ores-et-déjà sûrs de leur choix. C’est un peu moins que Marine Le Pen, et nettement plus que pour Emmanuel Macron, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. Ce résultat doit toutefois être mis en perspective avec l’érosion qu’a connue le socle électoral de François Fillon ces dernières semaines, nous rapprochant d’un noyau dur d’électeurs qui lui sont acquis quoiqu’il arrive. Ceci contribue à augmenter mécaniquement la proportion d’électeurs se disant certains de leur choix. Notons d’ailleurs que ceci tendrait à valider l’hypothèse selon laquelle le potentiel à la baisse pour François Fillon est désormais limité. Reste à savoir dans quelle mesure il lui sera possible, d’ici au premier tour, d’inverser la tendance et de regagner les parts de voix qu’il a subitement perdues. Alexis Feertchak
François Fillon (…) a vigoureusement posé les termes du débat et de l’affrontement. D’un côté le tribunal médiatique – il a affirmé sa confiance pour l’issue judiciaire -, de l’autre le peuple français. François Fillon de retour n’a été animé par rien d’autre que le souci de rendre à une part importante de celui-ci une victoire qu’on croyait déjà lui avoir volée. Philippe Bilger
Le lynchage médiatique de François Fillon et l’écho qu’il semble rencontrer dans l’opinion montrent à quel point le système politico-médiatico-judiciaire tombe en déliquescence. Mise à mal par le gouvernement des juges et des médias la démocratie représentative est en danger. (…) Il est stupéfiant de constater la façon dont certaines des allégations sorties par Le Canard enchaîné et Médiapart sont reprises en boucle par presque tous les médias. Ces affirmations sont totalement à charge et peu de rédactions osent donner des arguments à décharge, alors que ceux-ci existent et sont d’importance. Il est encore plus stupéfiant de constater que la justice s’est emparée de cette affaire alors que rien ne justifie qu’elle le fasse. (…) A tel point que même les plus ardents supporters de François Fillon se sont mis à douter de son honnêteté. Et l’information est devenue un feuilleton quotidien. (…) Pourquoi cette affaire sort-elle précisément en janvier 2017 alors que les faits reprochés remontent à plusieurs années ? Pourquoi la justice s’en empare-t-elle avec une telle diligence ? Quel objectif cherchent à atteindre ceux qui ont manipulé et fabriqué l’opinion, ceux qui l’ont mise sous tutelle ? La réponse est évidente. Dans un premier temps, il s’agit de faire baisser François Fillon dans les sondages et dans les intentions de vote pour arriver au constat que le candidat de la droite et du centre ne sera pas qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle. L’objectif suivant étant de l’obliger, sous la pression des mauvais sondages, à renoncer à se présenter à l’élection pour laisser le champ libre au duel rêvé par les médias – entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron (ce dernier est d’ailleurs une pure fabrication du système médiatique). Dès que l’objectif sera atteint, la presse cessera de s’intéresser au cas de François Fillon. Le « PénélopeGate » disparaîtra immédiatement des radars médiatiques. Concernant la justice, notons que c’est le parquet national financier (PNF) qui s’est autosaisi de l’affaire, 24 heures seulement après les révélations du Canard enchaîné. Le PNF, présenté comme « autonome », a été installé par le gouvernement socialiste le 6 décembre 2013, et son procureur, la magistrate Éliane Houlette – une proche de Ségolène Royal – a été choisie et nommée à la discrétion de François Hollande. Marc Joncour
François Fillon fait l’objet d’un lynchage en règle depuis plusieurs semaines. Chaque nouvelle information sur lui, même la plus anodine, est présentée comme un délit potentiel. Quoi qu’il dise, on considère qu’il aggrave son cas. Les circonstances commanderaient pourtant que l’on fasse le tri entre ce qui doit lui être reproché et ce qui est sans conséquence, et que l’on aille jusqu’à faire l’effort de ne pas publier dans la presse les faits et gestes relevant de la seconde catégorie. Comment peut-on accepter que cet homme et sa famille soient scannés avec une telle obsession, un tel niveau de détails, une telle suspicion ? Ce délire donne la nausée. Si François Fillon a octroyé un emploi fictif à sa femme et/ou à ses enfants, il est normal qu’il soit sanctionné. La décision relèvera d’un tribunal et sera prise à la lumière du contexte dans lequel ces contrats ont été conclus, des éléments fournis par les personnes mises en cause et des éclairages apportés par les enquêteurs. Ce n’est pas aux journaux, même les plus prestigieux, d’en décider. En attendant, il conviendrait de ne pas faire preuve d’une mauvaise foi telle qu’elle ne pourrait que révéler une forme d’animosité. Certains ont écrit que la fille de M. Fillon, lorsqu’elle travaillait à ses côtés au Sénat, était sortie de ses fonctions en participant à l’écriture d’un ouvrage publié par son père, comme si François Fillon était le seul responsable politique à se faire aider pour écrire ses livres ! On a pareillement reproché au fils de M. Fillon d’avoir planché sur le programme … Charles Consigny
Les réseaux sociaux s’en donnent à cœur joie, ces temps-ci. Les twittos lynchent comme ils respirent. Bienvenue dans le monde de Dark Vador, chez les aigris, les haineux en furie. Dommage qu’on ne puisse pas marcher dessus, ça porterait bonheur. Il paraît que cette meute électronique incarne la modernité. Mille excuses, mais elle n’a pas le pouvoir qu’elle croit. Sous l’Occupation, ses ancêtres parvenaient à leurs fins quand ils envoyaient leurs lettres de dénonciation à la Kommandantur. Aujourd’hui, son hystérie a tendance à se retourner contre elle : l’élection de sa bête noire, Donald Trump l’a hélas confirmé. Nous voilà sommés de condamner sans autre forme de procès François Fillon, qui, de tout évidence,a fauté, comme nous l’avons écrit la semaine dernière.  Les bois de justice sont déjà dressés, il est urgent de raccourcir le prévenu. Depuis peu, il règne sur la France un climat qui rappelle, à certains égards, celui de la terreur de 1793. Sauf que la guillotine est devenue métaphorique. Les médias, ces nouveaux dieux ont soif. Franz-Olivier Giesbert
Macron, c’est tout ce que les Français sensibles à la fragilité du pays rejettent. Annoncer vouloir voter pour lui, même en dernier recours, est incompatible avec la défense d’une nation unifiée et assimilatrice. Son usage du mot « hexagone », vocabulaire désincarné qu’il partage avec Hamon, fait comprendre la froide distance qui sépare Macron de l’âme française. Samedi, à Lyon, le faux rebelle d’un Système qui le soutient a défendu le modèle multiculturel, qui est au cœur de la crise identitaire abordée par Fillon, mais aussi Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan. Il a déclaré : « Il n’y a pas une culture française ; il y a une culture en France : elle est diverse, elle est multiple ». Il a aussi dénoncé l’ »obscurantisme », mais il le voit chez Donald Trump, et non dans l’idéologie islamiste qui nargue la République et a pris le monde occidental pour cible. Macron dit refuser les murs, les quotas, les frontières, les conflits. Un tel homme à l’Elysée signifierait l’abandon de la société d’intégration au profit d’une « inclusion » dans un espace ouvert et bienveillant. Pour le leader d’En Marche!, le FN représente « une France qui n’a jamais existé ». Mais le communautariste qu’il avalise, et qui se consolide dans les cités, est celui qui produit les tensions et annonce les guerres civiles. Lundi soir, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) des policiers encerclés ont dû tirer en l’air à balles réelles. Si la droite ne s’affirme pas, elle poussera nombre d’électeurs dans les bras de Marine. Ivan Rioufol
Dans l’affaire Fillon, le « plan B » s’appelle Marine Le Pen : voilà à quoi ont conduit les justiciers qui, depuis deux semaines, chargent le dossier contre le candidat de la droite, plébiscité par la primaire. S’il y a un scandale à ce stade c’est celui qui consiste à faire taire, à moins de trois mois de la présidentielle, un homme qui a su désigner le libéralisme comme allié et le totalitarisme islamique comme ennemi. La tentative de kidnapping du favori pour l’Elysée, devenu le symbole d’une classe politique déconnectée de la vie des gens, n’est pas plus respectable que les pratiques dénoncées, sans preuve pour l’instant, par les donneurs de leçons. Le spectacle donné par ceux qui, chez Les Républicains paniqués, pressent Fillon de céder la place, illustrent la pusillanimité qui habite les opportunistes et les carriéristes. Alain Juppé est resté, ce lundi, à la bonne hauteur quand il a une nouvelle fois rejeté les appels du pied pour remplacer Fillon : « Clairement et définitivement, c’est non ! ». Ni lui, ni Nicolas Sarkozy, ne seraient acceptés d’un électorat qui les a clairement éliminés, dans un jeu de massacre qui n’est pas terminé. Pour ces raisons, Fillon a raison de tenir bon. Lui qui refusait le « tribunal médiatique » donnera, ce lundi à 16 heures, une conférence de presse. Il est attendu de lui qu’il dise tout, de ses erreurs de jugement comme de ceux qui veulent l’abattre. Le hold-up électoral peut encore être déjoué, tant les méthodes de chasse à l’homme sont odieuses. Ivan Rioufol
Une constatation se dégage du « Pénélopegate » : le troublant amateurisme de François Fillon. Cette impréparation apparaît d’autant plus que, comme il l’a souligné mardi, il doit faire front à « une opération de calomnies très professionnelles, d’une extrême ampleur, sans précédent sous la Ve République ». Ses fautes de communication et ses imprécisions dans des faits qu’il a tardé à reconnaître s’ajoutent aux maladresses de ses porte-paroles qui, avant même cette affaire, avaient déjà laissé voir un manque de coordination et une impréparation au sommet. Face aux révélations du Canard Enchaîné, qui en remet une louche ce mercredi sur les sommes perçues par l’épouse du candidat Les Républicains (près d’un million d’euros au final) et deux de leurs enfants (84.000 euros), Fillon a fait le choix, erroné selon moi, de se draper dans sa dignité bafouée et sa présomption d’innocence. Or le tribunal médiatique, cette régression démocratique, est pareil aux anciens Comités de salut public : il juge et condamne sur le champ celui qui ne sait se défendre dans l’urgence. Ce qui est en cause ici dépasse le népotisme de Fillon, qui est commun à d’autres hommes politiques, de droite ou de gauche. François Mitterrand faisait travailler ses fils à l’Elysée, et Jacques Chirac sa fille. Le problème se situe dans les largesses annexes que se sont accordés les parlementaires, ces nouveaux fermiers généraux. Rien ne semblait interdire à Fillon de puiser dans les fonds mis à sa disposition pour rémunérer des assistants. Mais cette pratique doit être réformée. Sa position de nouveau « paria de la République », que dénonce Maxime Tandonnet, en fait le bouc-émissaire d’un système politique qui a trop longtemps vécu dans l’entre-soi des carriéristes. Cette relative injustice s’ajoute à l’acharnement visant à faire taire un homme ayant choisi de répondre à la crise identitaire qui taraude la société. Ceux qui, derrière Le Canard, veulent méthodiquement abattre Fillon, qui se défend mal pour l’instant, sont à deux doigts de réussir leur dessein. Les dégâts sont déjà considérables dans l’opinion. Cependant, la gauche à la manœuvre suit là une stratégie agressive à courte vue. Rien ne dit qu’elle sera profitable à Macron, cet avatar d’un hollandisme rhabillé de neuf. Seule Marine Le Pen partage avec Fillon, au-delà des divergences économiques, la même inquiétude sur la crise de civilisation et les moyens d’y répondre. Forcer Fillon à renoncer à représenter le courant conservateur, très majoritairement choisi par les électeurs de la primaire, donnerait au FN l’opportunité de se placer en recours pour la droite orpheline. La chasse à l’homme lancée par les Fouquier-Tinville peut amener Le Pen à l’Elysée. Ivan Rioufol
L’éviction de Valls laisse un boulevard aux défenseurs du multiculturalisme, cheval de Troie de la charia. Emmanuel Macron partage avec Hamon la vision irénique d’un « Hexagone » ouvert à tous. À droite, Alain Juppé défendait cette posture, qui récuse l’exigence d’assimilation. La large victoire de François Fillon à la primaire était venue porter un coup d’arrêt à cette défrancisation voulue par les « modernistes ». Mais, depuis, les accusations qu’il subit l’affaiblissent dangereusement. Oui, la droite, majoritaire dans le pays, peut perdre. Il suffit de lire les satisfactions de la twittosphère islamiste après l’élection de Hamon pour constater la proximité entre le candidat du PS et la partie militante de l’électorat musulman. La mouvance fondamentaliste peut se frotter les mains : l’élimination de Valls, coupable d’avoir nommé le djihadisme comme fauteur de guerre, est une aubaine qui s’ajoute à l’avenir incertain de Fillon, pourfendeur du nouveau totalitarisme coranique. L’autre jour, à Paris, l’historien de la Shoah, Georges Bensoussan, a comparu en correctionnelle pour avoir décrit l’antisémitisme culturel qui s’exprime dans des banlieues : à côté du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), qui milite pour rendre l’islam intouchable, s’étaient joints, comme accusateurs, la Licra, SOS-Racisme, le Mrap, la Ligue des droits de l’homme. Et c’est Bensoussan que la jeune procureur a éreinté. La trahison des mouvements antiracistes, qui trouvent chez des magistrats l’appui pour poursuivre ceux qui dénoncent la nouvelle judéophobie, fait mesurer l’emprise de l’idéologie conquérante sur les esprits… Ivan Rioufol
Une victoire de Macron en mai viendrait concrétiser la stratégie du trou de souris, cette opportunité que François Hollande se réservait pour lui-même. Macron serait surtout la victoire des minorités militantes qui voient dans la consolidation d’une France multiculturelle l’opportunité d’affirmer encore davantage leur visibilité. Ceux qui, de ce point de vue, soutiennent Hamon sont les mêmes qui espèrent en une victoire de Macron. C’est donc bien un choix de société, capital, qui est en jeu dans la présidentielle. Mais alors que la société civile fait savoir, majoritairement, son attachement à la nation unitaire et assimilatrice, l’option communautariste peut espérer l’emporter en jouant sur les droites divisées. Ivan Rioufol
Macron incarnerait la gauche moderne, européenne, mondialisée, affranchie des traditions politiques françaises : ceux qui rêvent du postnational l’adulent. D’un coup, n’importe quelle occasion semble bonne pour lui tresser des lauriers. La dernière en date, c’est ce discours en anglais, prononcé en Allemagne, qui selon l’expression employée par certains journalistes, aurait « ringardisé » la majorité de la classe politique … il y a dans les élites françaises une agaçante fascination pour l’anglais, et même une délirante anglomanie. À la télévision comme au quotidien, on parlera des « news », de son « smartphone », de la « battle de France », de la « society », du « Coca light », des « mails », des « guests », comme si ces termes ne trouvaient aucune correspondance en français. Qu’on me pardonne cette référence personnelle : on peut comprendre les Québécois d’intégrer plus de mots anglais qu’ils ne le devraient dans leur vocabulaire courant : ils vivent aux marches de l’empire américain, et, dans la mesure du possible, ils y résistent, même si la tentation est forte de s’y laisser dissoudre. Mais la France est moins soumise à l’impérialisme américain qu’elle ne semble hypnotisée par lui. Comment ne pas voir dans l’anglomanie des élites françaises une forme de dévalorisation de soi, comme si le français était la langue d’un monde déclassé ? Mathieu Bock-Côté
La droite française, déstabilisée à la première bourrasque alors qu’elle se veut, à juste titre, majoritaire dans le pays, devrait réfléchir à sa fragilité. Elle semble ne pas comprendre le moment historique, ni même savoir ce qu’elle est dans ce moment, au point que, incapable de faire bloc, elle se laisse manœuvrer par toutes les opérations de l’adversaire. Pourtant, la théorie gramscienne du «bloc historique», qu’on cite sans cesse mais en ne l’effleurant que du bout de l’aile, et sous son acception la plus lapidaire (l’idée que la pensée précède le combat politique – «Au fond des victoires d’Alexandre, on trouve toujours Aristote» comme disait de Gaulle) donnerait de fameuses clefs, si du moins on se donnait la peine de l’étudier de plus près. Le théoricien italien observait que les générations constituaient à tour de rôle des «blocs historiques» soudant l’ensemble d’une société autour de paradigmes communs – subversifs d’abord, puis peu à peu dominants, avant de se faner et décliner. Ces ensembles idéologiques sont d’abord élaborés par les «intellectuels centraux» (écrivains, universitaires, autorités morales qui, par des livres ou des revues, «donnent les mots») avant de faire peu à peu système et «d’infuser» par degrés l’ensemble de la population: les intellectuels de seconde ligne (professeurs, instituteurs, journalistes…), puis les dirigeants politiques, les hauts-fonctionnaires et les magistrats, les chefs d’entreprise, les professions libérales, et, par degrés, l’ensemble d’un peuple ainsi soudé autour de «points de communion». S’est de la sorte constitué, dans les années 70 (en France, les dates majeures sont 1968, 1974 et 1981), un bloc historique progressiste, fait de cette gauche particulière que Chevènement nomma «gauche américaine», celle qui tient que la «modernité» a toujours raison et le passé toujours tort, et qui croit même que l’on peut tout changer, peuples, hommes, femmes, institutions etc. -voir son slogan de 1974, «Tout est possible». En quelques années, une jeune escouade de «déconstructeurs» (de la langue, des codes et, surtout, du socle politique classique – Etat, nation, civilisation), donna mots et paradigmes à la vaste ruche des professions intellectuelles ; ils finirent par devenir omniprésents à l’université, dans l’édition, puis dans les médias, parmi les cléricatures et les magistratures, et même chez les grands patrons, lesquels trouvèrent grand intérêt au fameux «jouir sans entrave» qui fut le passeport du consumérisme à outrance, comme le «sans frontiérisme» festif fut celui du libre-échange généralisé. La doxa moderniste conquit finalement l’immense majorité des politiques, y compris de la dite «droite» – celle-ci finit même par accepter de se lire dans une typologie extérieure, et très contestable, celle de René Rémond dont deux des trois branches l’orléanisme et le bonapartisme sont en fait des centrismes… La droite perdit ainsi jusqu’à son nom, ce légitimisme ou, pour mieux dire, ce classicisme politique qui ne sut jamais actualiser ses paradigmes et mots de passe, ni conséquemment se rassembler, et qui, divisée, se laissa exclure du débat public. Une génération intellectuelle domine en général une trentaine d’années -telle la génération précédente, que l’on peut dire «de la reconstruction», qui fut dominante entre 1944 et 1970, déclinante ensuite. Celle qui prit tous les pouvoirs dans les années 70 et 80 devrait donc disparaître depuis quelques années. Certes, elle s’épuise: le Non de 2005 prit à angle droit la pensée unique – les oligarques se revanchant vite à Lisbonne. Plusieurs de ses bastions se lézardent: il n’est un secret pour personne que la presse de gauche vit sous perfusion d’argent public, tandis que celle de droite progresse. L’éclatante réussite de la Manif Pour Tous, celle du Puy du Fou exhumant l’archaïque national (est archaïque non ce qui est vieux et passé, mais au contraire ce qui fonde et ne passe pas), les succès de librairie de Patrick Buisson, Philippe de Villiers ou Eric Zemmour sont autant de signes ; par dessus tout, on voit peu à peu ressurgir une droite classique (Patrick Buisson parla de «révolution conservatrice») dont la manifestation fut la victoire aux «primaires» de François Fillon, le catholique qui refuse Babel, ne croit pas que les arbres montent au ciel ni que l’on puisse dépenser sans limite, qui entend restaurer les frontières, l’Europe des nations, les enseignements classiques -on pourrait dire un «identitaire», comme le fut de Gaulle. Hélas, si le grand reversement idéologique est différé, et si la victoire politique est conséquemment si difficile, c’est que la droite française, qui n’a soutenu nul écrivain, nulle revue, nul grand média capable de jouer le rôle décisif que joua par exemple, dans la génération précédente le Nouvel Observateur, a négligé un travail intellectuel qu’elle ne regarde encore qu’avec un profond mépris -ou non moins profonde paresse. (…)  On comprend la violence des jours que nous vivons, qui sont peut-être ceux de la crise maximale: le bloc UMPS disparaît (qui peut encore assimiler Hamon et Fillon?), la droite, en son cœur légitimiste, menace directement, et au moment crucial des présidentielles, un bloc soixante-huitard attardé qui jette ses dernières forces de ses derniers bastions et cela sans préparation idéologique sérieuse, de sorte que, comme on voit hélas, elle se débande assez vite – à commencer par les parlementaires «républicains» qui révèlent à cette occasion combien la presse de gauche a prise sur eux, et si profondément qu’ils utilisent le vocabulaire même de leur adversaire. Pendant ce temps, la complicité entre puissances d’argent, médias et magistrature joue encore à fond: un article le mercredi, une audition le vendredi, un mauvais sondage le dimanche, une perquisition le lundi puis vient le pilonnage médiatique, certes disproportionné (les problèmes qui font sous nos yeux disparaître la France comme nation, comme Etat et comme civilisation sont sans rapport de gravité avec la façon dont le candidat a utilisé son enveloppe parlementaire) mais capable de faire vaciller le favori, issu pour la première fois depuis longtemps d’une droite assumée – mais si mal préparée au combat idéologico-judiciaro-médiatique qu’elle n’a pour arme qu’internet, ou des manifestations de rue. Bref: les mains nues. C’est pour cela que M. Fillon doit tenir coûte que coûte ; et qu’il faut toutes affaires cessantes reconstruire une droite idéologique, à commencer par ses paradigmes, qui réunira ses composantes et permettra de conquérir les places décisives, à l’université, dans l’édition, dans les médias et la haute fonction publique sans lesquelles il n’est pas de légitimité forte, donc par de puissance de gouvernement. (Au passage, souhaitons que la droite étourdie, du coup la plus bête du monde, sache enfin sortir du piège de Mitterrand qui la coupant depuis trente ans en deux camps, en commençant par jouer des porosités avec le FN. Si, alors que la relève est pourtant là, et que les jeunes plumes ne manquent pas, nous échouons à opérer ce grand renversement qui est dans els rythmes mêmes de l’Histoire, il est possible qu’une nouvelle relève, un modernisme plus violent encore (tel le trans-humanisme) prenne sa place, et nous partons alors vers une «civilisation» qui n’aura plus rien à voir avec ce que nous appelons encore la France. Pendant ce temps la gauche perdure alors que toute sa matrice est disqualifiée, tirant encore de fameuses salves sur une droite sans leviers ni relais et plongée dans l’hébétude. Il est donc temps de lire Gramsci, puis, comme disait Boutang, de «reprendre le Pouvoir» -de le reprendre réellement, et de l’exercer. Paul-Marie Coûteaux Les masques tombent : l’affaire François Fillon se révèle être un véritable assassinat politique, mené tambour battant et avec une efficacité redoutable. (…) Ce matin, sur France Info, un journaliste s’indignait de la réaction de ceux qui critiquent la charge médiatique sur François Fillon en vociférant (enfin presque) « mais on fait notre travail de journaliste ! ». Cette proclamation « On fait notre travail de journaliste » m’a laissé rêveur quand on songe à ce que nous dit, en creux, cette affaire Fillon sur le mode de fonctionnement de notre démocratie. (…) La plupart des élus, si ce n’est la totalité, emploient des proches sur des postes directement rattachés à l’exercice de leur mandat électif : la femme, l’époux, les enfants, la maitresse ou l’amant et parfois d’autres parents, sont rémunérés sur des postes d’attaché parlementaire. La pratique est courante, non interdite par la loi et connue de la presse depuis des lustres. C’est légal, mais évidemment moralement douteux dans un pays où tant de gens sont au chômage et où on invoque à tout bout de champ la nécessité de faire ses preuves. Certains, dans notre République, bénéficient de piston, de rente de situation en étant les parents ou ami(e)s intimes d’un élu. C’est triste mais ce n’est affreusement pas nouveau. Ce que l’on peut reprocher à François Fillon sur ce point, c’est d’avoir été comme les autres élus, ni plus, ni moins vertueux. Or, on attend d’un candidat à la présidence de la République une droiture certaine et une exemplarité de fait. Bon, ça c’est dans un monde idéal. Dans nos démocraties du 21ème siècle, la droiture et la moralité sont en dose limitée dans le sang du politique. En somme, sur la question du principe de la rémunération de Pénélope Fillon par François Fillon, il est difficile de faire les vierges effarouchées qui découvrent comment on fait des enfants sauf à avoir une sacré dose d’hypocrisie. (…) Les parlementaires rémunèrent leurs collaborateurs en puisant dans une enveloppe mise à leur disposition par les institutions. Le montant mensuel de cette enveloppe est de 9 561 euros (si l’Assemblée Nationale est en charge de la gestion du contrat de travail et paye les charges sociales) ou de 14 341 euros (dans ce cas c’est l’élu qui gère le contrat de travail et qui verse lui-même les charges patronales à prélever dans cette enveloppe). Mme Fillon a été rémunérée de 1989 à 2013 pour un montant de 830 000 euros…..bruts ! Et oui, la presse brandit ce montant proche du million d’euros en omettant de préciser que la somme est en euros bruts. En net, Mme Fillon a perçu 639 000 euros et l’Etat a récupéré 191 000 euros ! En salaire mensuel net, sur la période considérée, Mme Fillon a donc perçu 2 218,75 euros. C’est une jolie somme, mais le travail d’un attaché parlementaire correspond à un travail d’agent de catégorie A de la fonction publique et le montant du salaire net n’est pas manifestement choquant ni déraisonnable. (…) François Fillon, à la différence de M. Macron, n’est pas un jeune nouveau dans le paysage politique. Il a détenu différents portefeuilles ministériels et il a été Premier ministre de Nicolas Sarkozy pendant cinq années… Cinq années au cours desquelles son épouse a perçu une rémunération d’attaché parlementaire. Etrange que la presse qui fait son travail ne se soit pas emparée de cette question à l’époque. Curieusement, ce sujet qui est un vrai sujet légitime, n’est évoqué qu’au lendemain de la primaire de la droite et à quelques mois de l’élection présidentielle. Les Français et les électeurs ne sont pas des gens dénués de sens critique. Il est clair que tout ce remue ménage à un but : tuer politiquement François Fillon. Pourquoi le tuer ? Assurément pour l’empêcher d’accéder au poste de Président de la République. Pour comprendre les vrais motifs du lynchage médiatique de François Fillon, il convient de voir en quoi François Fillon se distingue des autres candidats et quel(s) autre(s) candidat(s) à l’élection présidentielle est susceptible de tirer les marrons du feu. Sans se lancer dans une analyse approfondie du programme de François Fillon, ce qu’il conviendrait de faire pour mettre en parallèle ce programme avec celui du (des) candidat(s) avantagé(s) par cette affaire, on peut déjà identifier quelques lignes de force qui distingue François Fillon des autres : sa volonté de réforme, sa vision d’un monde multipolaire, son catholicisme affiché, sa volonté de renouer les liens avec Moscou et la Syrie, sortir le pays d’une situation d’endettement, l’idée de redonner à la France une place forte au sein de l’Union européenne. En clair, François Fillon est une « horreur » pour le système qui depuis des décennies est aux commandes. (…) Dans cette affaire, François Fillon a eu le tort de ne pas être le candidat du système en place. Les électeurs de la primaire ont placé en tête de leur choix un candidat qui ne satisfaisait pas aux critères du système. (…) La désignation inattendue de Fillon par les électeurs de la primaire a coupé l’herbe sous le pied de ceux qui attendaient la désignation d’Alain Juppé, un candidat en tout point conforme aux désirs du système. Il était donc nécessaire de virer Fillon et nous assistons aujourd’hui à son assassinat politique pour que ce dernier n’accède pas à la fonction présidentielle. Cette mise à l’écart de Fillon est d’autant plus nécessaire qu’un autre beau et jeune candidat, sorti de presque nulle part, est en vogue et correspond en tout point au profil du candidat du système : Emmanuel Macron. Méditons sur le beau travail des journalistes qui laissent dans l’ombre cette fameuse histoire des 120 000 euros (80% de l’enveloppe budgétaire de représentation du ministère de l’économie) consommée par Macron avant son départ de Bercy pour financer des prestations sans lien avec le ministère de l’économie mais en très fort lien avec la préparation de sa candidature présidentielle. Sur ce sujet, mutisme de la presse. On objectera que si 120 000 euros c’est une somme, elle est toujours inférieure aux 639 000 euros de Mme Fillon, heu pardon, reprenons la méthode de désinformation des médias… les 830 000 euros de Mme Fillon. C’est moins important mais cela s’est produit sur une échelle de temps bien plus courte. Mais vu l’efficacité de la dépense de M. Macron, je vous laisse calculer ce que cela aurait représenté sur 24 ans d’activités politiques…cela donne des frissons.. (…) Enfin la chronologie des évènements parle de façon assez claire : le 25 janvier 2017, le Canard enchaîné publie son article sur l’affaire « Pénélope Fillon », le 26 janvier 2017, le Parquet national financier ouvre une enquête judiciaire et le lendemain plusieurs témoins sont auditionnés….il faut vite virer Fillon. En conclusion, vous l’avez compris : la démocratie a « dérapé » en plaçant François Fillon candidat de la droite française. Le système a vite réagi pour sortir ce candidat gênant de la scène politique et tracer un boulevard à un autre candidat construit, façonné et adulé par le système. Si ce dernier candidat ne devait pas percer, alors ce n’est pas un problème car le nouveau candidat de la droite fera l’affaire car, quel qu’il soit, il sera forcement le candidat désigné de force par le système. Sauf erreur d’analyse de ma part, François Fillon va être sommé de renoncer à l’élection présidentielle pour être remplacé par un candidat cautionné par le système. Les millions d’électeurs qui se sont prononcés lors de la primaire sont donc désavoués et rappelés à l’ordre : vous deviez désigner celui qui était le favori des sondages ! Regis Desmarais 
Depuis janvier 2015, il a été le sujet de plus de 8 000 articles dans Libération, l’Obs, le Monde et l’Express. C’est plus que tout autre candidat, sans parler des multiples couvertures de Paris Match ou VSD façon couple glamour avec sa femme. Et personne ne pourra l’accuser de ne pas savoir trouver les mots qui font rêver et galvanisent les foules (…) De fait, trouver les mots, aussi creux soient-ils, fut le grand travail de sa campagne et dans ce domaine, rien ne fut laissé au hasard. Là encore, on ne pourra pas reprocher à Emmanuel Macron de ne pas avoir exploité à fond toutes les possibilités de la magie du verbe pour captiver un auditoire prêt à tomber en pâmoison. Au cours d’une « grande marche » qui s’est déroulée en porte-à-porte cet été, des « Marcheurs » ont eu « 100 000 conversations » et ont recueilli « 25 000 questionnaires », constituant autant de verbatim dont les mots – pardon on dit « prédicats » à présent – furent analysés via des algorithmes complexes, par la société Liegey Muller Pons, la « première start-up de stratégie électorale en Europe » et par Proxem dont le métier consiste à « changer les conversations en données » (au contraire des journalistes dont le métier consiste à transformer des conversations en courants d’air chaud). (…) Ce discours, ce style, ce show bien orchestré plaisent beaucoup, aux médias, aux socialistes en mal de représentation politique, à tous ceux qui cherchent une nouvelle tête, à tous ceux qui attendent un discours rassurant du type « Yes We Can », à tous ceux qui veulent gagner en liberté sans perdre en protection tutélaire de l’État, à tout ceux qui pensent qu’il suffit d’améliorer la gestion de nos structures sans les remettre en cause fondamentalement. Bonne pioche ! Emmanuel Macron se dit d’une « gauche qui se confronte au réel », c’est-à-dire typiquement d’une gauche sociale-démocrate façon Rocard et même Hollande, le style et la persuasion en plus. Forcément, ça attire : d’après les responsables, En marche ! aurait à ce jour 170 000 adhérents. L’adhésion gratuite, en ligne, ça aide. Bonne pioche toujours, lorsque Benoît Hamon est désigné candidat du PS. Bonne pioche encore, lorsque les affaires embourbent Fillon dans des emplois présumés fictifs. Et super bonne pioche, lorsque les sondages placent finalement notre héros en deuxième position au premier tour de la présidentielle ! (…) Aux grincheux qui pointent régulièrement l’absence d’un vrai programme politique derrière les envolées lyriques, les « Marcheurs », tendrement hypnotisés par leur candidat, rétorquent que si Macron les attire, c’est justement parce qu’il « fédère une vision, il y a une espèce de fluide ». Lubrifiant qui permet d’éviter les frottements douloureux et de rêver à son aise à un monde meilleur (…) C’est ainsi que les 35 heures sont « une avancée sociale non contestable » qui présente « un bilan contrasté » qu’il faudra « adapter sans remettre en cause le principe ». Jolie bourrasque d’air tiède. On souhaite bon courage au futur ministre de l’économie si d’aventure Emmanuel était élu ! Si le mystère reste entier quant au programme de gouvernement de Macron, on a cependant quelques idées sur ce qu’il sera en observant les soutiens qui s’agglutinent à lui. (…) À gauche, on peut citer Gérard Collomb et tous les députés socialistes orphelins de la candidature Valls, les hommes d’affaires Marc Simoncini (Meetic), Xavier Niel (Free) et Pierre Bergé, les deux derniers étant de plus co-propriétaires de l’Obs qui a largement ouvert ses pages à Macron, l’écrivain Erik Orsenna, ancienne plume de Mitterrand, Daniel Cohn-Bendit, Alain Minc, Bernard Kouchner, sans oublier Ségolène Royal qui apporte indirectement le parrainage de François Hollande et une caution de sérieux assez originale dans la gestion des affaires publiques, et sans oublier non plus Geneviève de Fontenay, génialissime caution populaire, venue spécialement à Lyon pour vérifier que Macron n’avait pas  ♥ «  une banque à la place du cœur  » ♥ ! À cette brochette de cadors, ajoutons la droite énarchiste et étatiste représentée par Renaud Dutreil, ancien ministre responsable de la création du pitoyable RSI (que Macron veut réformer, pas forcément pour le bien des Indépendants) et Anne-Marie Idrac, ancienne secrétaire d’État aux transports sous Chirac et ex-présidente de ces fleurons de la réussite nationale que sont la RATP et la SNCF. (…) Il n’en reste pas moins que le vide grandiloquent de ses propos associé au déjà-vu, au progressisme revendiqué et à l’étatisme assumé de l’équipe qui l’entoure fait irrésistiblement penser à la réflexion de Tancrède à son oncle le prince Salina dans le Guépard : « Il faut que tout change pour que rien ne change. » Nathalie MP et H16

Vous avez dit déjà vu ?

A l’heure où sur l’immigration, l’Europe vote Trump

Et où comme pour ledit Trump et à l’aide de violations sytématiques et continues du secret judiciaire, se déchaine la curée médiatique contre le seul véritable espoir d’alternative pour la prochaine présidentielle française …

Coupable certes d’avoir largement profité, avec nombre de ses confrères, de pratiques longtemps légales de maximisation (récupération comprise, jusqu’à 2012, des reliquats non utilisés ?) de ses enveloppes d’assistance parlementaire …

Mais seul, 20 ou 30 ans après la Suède, la Nouvelle-Zélande ou le Canada, à avoir le courage d’affronter enfin au nom d’une plus grande efficacité du modèle social …

La véritable réforme de l’État et des politiques publiques qui pourra enfin sortir notre pays du chômage de masse qui le mine …

Comment ne pas voir avec l’excellent billet de nos confrères des blog Nathalie MP et H16 …

Et face tant à l’irrationnalité mariniste qu’à l’honnêteté hamoniste à 300 milliards …

Le véritable bénéficiaire de tant d’acharnement et dernier avatar en date, après ses versions Obama, Hollande ou Trudeau …

A savoir, selon la formule du célébrissime film de Visconti

Celui du changement maintenant pour que rien ne change vraiment ?

Avec Macron, le changement, c’est mollement !

Nathalie MP
9 février 2017

Article écrit en commun par   h16 et Nathalie MP.

Personne ne pourra accuser Emmanuel Macron de ne pas soigner tous les détails de sa candidature présidentielle. Ainsi, fini les petits couinements et le passage aux ultrasons éraillés comme à la fin de son grand meeting de la porte de Versailles en décembre dernier : il suit maintenant les cours d’un chanteur d’opéra ! ♫♪♬ ! 

Macron Couv Maris Match 110816Personne ne pourra l’accuser non plus de négligence avec les médias. Depuis janvier 2015, il a été le sujet de plus de 8 000 articles dans Libération, l’Obs, le Monde et l’Express. C’est plus que tout autre candidat, sans parler des multiples couvertures de Paris Match ou VSD façon couple glamour avec sa femme.

Et personne ne pourra l’accuser de ne pas savoir trouver les mots qui font rêver et galvanisent les foules :

Notre révolution est En Marche… On ne peut plus faire comme avant, il faut dépasser les clivages, rebattre les cartes, remettre la France en mouvement, libérer les forces et apporter l’espérance… Je compte sur votre mobilisation et votre engagement, c’est notre force ! etc…

Pour Manu, qui s’adresse ♫♪♬ « à tous les recalés de l’âge et du chômage, les privés du gâteau, les exclus du partage » ♫♪♬,  il faut dépasser les clivages ♥ et le chacun pour soi. Quand il pense à eux, il pense à lui ❥ et la coïncidence avec les Restos du Cœur ♥ n’est pas tout à fait fortuite parce que c’est de cœur ♥qu’il s’agit, mes amis, mes amours, mes enfants, ♥♥♥♫♪♬ ! 

Voici en substance la teneur de ses appels (vidéo ci-dessous), voici ce qu’il martèle de meeting en meeting sous les applaudissements frénétiques (ou médusés) de milliards milliers de personnes.

Lorsqu’il parade au Palais des Sports de Lyon, des millions milliers de personnes viennent boire ses paroles : 8 000 selon les organisateurs, 800 000 selon les médias et plusieurs milliers d’autres, massées aux abords. Telle une rock-star, Macron fend la foule en musique (vidéo ci-dessous), voit dans « ce mur de présence » un désir d’avenir, une « démonstration d’envie de sa candidature », et, se prenant manifestement pour Napoléon Ier à Austerlitz et prenant visiblement ses « Marcheurs » (le petit nom des « adhérents ») pour les fantassins de sa campagne, lance avec cette modestie onctueuse de ceux qui osent tout (et c’est à ça qu’on les reconnaît) :

« Vous pourrez dire : ‘J’étais là’. Parce que nous allons changer les choses encore aujourd’hui et nous continuerons à avancer. Ensemble ! »

Dans la même veine, voici une petite vidéo hautement réjouissante alignant les « meilleurs moments » d’Emmanuel Macron aux instruments à vent : « Ce que nous ferons pour la culture, mes amis, c’est un chemin » – « Je veux réconcilier la France avec le Monde » – etc … etc…

De fait, trouver les mots, aussi creux soient-ils, fut le grand travail de sa campagne et dans ce domaine, rien ne fut laissé au hasard. Là encore, on ne pourra pas reprocher à Emmanuel Macron de ne pas avoir exploité à fond toutes les possibilités de la magie du verbe pour captiver un auditoire prêt à tomber en pâmoison.

Au cours d’une « grande marche » qui s’est déroulée en porte-à-porte cet été, des « Marcheurs » ont eu « 100 000 conversations » et ont recueilli « 25 000 questionnaires », constituant autant de verbatim dont les mots – pardon on dit « prédicats » à présent – furent analysés via des algorithmes complexes, par la société Liegey Muller Pons, la « première start-up de stratégie électorale en Europe » et par Proxem dont le métier consiste à « changer les conversations en données » (au contraire des journalistes dont le métier consiste à transformer des conversations en courants d’air chaud).

Cette « grande marche », au-delà du côté proximité, écoute et rencontre avec la France « vraie de vraie », a surtout eu pour objectif de définir au mieux le discours qui sera « le plus intelligible possible pour le plus de monde possible. » En clair, le discours qui ratissera le plus large, déclenchera le plus de réactions positives et transformera les auditeurs en adhérents scotchés.

Ajoutez qu’Emmanuel Macron est jeune, intelligent, tout beau et tout nouveau. Il n’a jamais été élu, mais l’Elysée direct, ça ne lui fait même pas peur ! Mieux encore : il est de gauche (il l’a dit cent fois) mais il peut aussi être de droite si besoin est, d’autant qu’il n’est plus membre du PS tout en étant socialiste, et ayant participé à un gouvernement de gauche, « mais quelle importance ? » (vidéo 01′ 10″) :

Ce discours, ce style, ce show bien orchestré plaisent beaucoup, aux médias, aux socialistes en mal de représentation politique, à tous ceux qui cherchent une nouvelle tête, à tous ceux qui attendent un discours rassurant du type « Yes We Can », à tous ceux qui veulent gagner en liberté sans perdre en protection tutélaire de l’État, à tout ceux qui pensent qu’il suffit d’améliorer la gestion de nos structures sans les remettre en cause fondamentalement.

Bonne pioche ! Emmanuel Macron se dit d’une « gauche qui se confronte au réel », c’est-à-dire typiquement d’une gauche sociale-démocrate façon Rocard et même Hollande, le style et la persuasion en plus. Forcément, ça attire : d’après les responsables, En marche ! aurait à ce jour 170 000 adhérents. L’adhésion gratuite, en ligne, ça aide.

Bonne pioche toujours, lorsque Benoît Hamon est désigné candidat du PS. Bonne pioche encore, lorsque les affaires embourbent Fillon dans des emplois présumés fictifs. Et super bonne pioche, lorsque les sondages placent finalement notre héros en deuxième position au premier tour de la présidentielle !

Décidément, Manu Macron, c’est de la très bonne pioche !

Aux grincheux qui pointent régulièrement l’absence d’un vrai programme politique derrière les envolées lyriques, les « Marcheurs », tendrement hypnotisés par leur candidat, rétorquent que si Macron les attire, c’est justement parce qu’il « fédère une vision, il y a une espèce de fluide ». Lubrifiant qui permet d’éviter les frottements douloureux et de rêver à son aise à un monde meilleur :

« Un président, ce n’est pas un épicier. L’important, c’est d’avoir une vision, pas forcément d’être dans les détails de la comptabilité. » (un participant au meeting de Lyon, 4 février 2017)

Malgré tout, ce programme trop diaphane gêne certains militants. Sa divulgation ayant été souvent annoncée puis repoussée, pour être finalement fixée à début mars, les « Jeunes avec Macron » ont pris sur eux de construire un site internet reprenant les principales déclarations de leur leader pour leur donner un semblant de consistance.

Ça ne s’invente pas, ce site s’appelle « Vision Macron » et surfe avec application sur un océan de lieux communs des plus vagues, dispatchés en une partie « Diagnostic » puis une partie « Action ». La partie « Réaction » est laissée comme exercice au lecteur.

C’est ainsi que les 35 heures sont « une avancée sociale non contestable » qui présente « un bilan contrasté » qu’il faudra « adapter sans remettre en cause le principe ». Jolie bourrasque d’air tiède. On souhaite bon courage au futur ministre de l’économie si d’aventure Emmanuel était élu !

Si le mystère reste entier quant au programme de gouvernement de Macron, on a cependant quelques idées sur ce qu’il sera en observant les soutiens qui s’agglutinent à lui.

Au-delà de sa tendresse pour le socialisme du réel qui signe son tropisme social-démocrate, on constate sans trop de surprise que les ralliements qu’il enregistre en nombre sont tous le fait d’individus extrêmement à l’aise dans « le système » dont il prétend s’affranchir et que certains d’entre eux sont de vieux routards de la politique depuis des dizaines d’années.

À gauche, on peut citer Gérard Collomb et tous les députés socialistes orphelins de la candidature Valls, les hommes d’affaires Marc Simoncini (Meetic), Xavier Niel (Free) et Pierre Bergé, les deux derniers étant de plus co-propriétaires de l’Obs qui a largement ouvert ses pages à Macron, l’écrivain Erik Orsenna, ancienne plume de Mitterrand, Daniel Cohn-Bendit, Alain Minc, Bernard Kouchner, sans oublier Ségolène Royal qui apporte indirectement le parrainage de François Hollande et une caution de sérieux assez originale dans la gestion des affaires publiques, et sans oublier non plus Geneviève de Fontenay, génialissime caution populaire, venue spécialement à Lyon pour vérifier que Macron n’avait pas  ♥ «  une banque à la place du cœur  » ♥ !

À cette brochette de cadors, ajoutons la droite énarchiste et étatiste représentée par Renaud Dutreil, ancien ministre responsable de la création du pitoyable RSI (que Macron veut réformer, pas forcément pour le bien des Indépendants) et Anne-Marie Idrac, ancienne secrétaire d’État aux transports sous Chirac et ex-présidente de ces fleurons de la réussite nationale que sont la RATP et la SNCF.

Le vrai défi, maintenant, consistera à croire que ce sont ces personnes qui seront capables de mettre en marche une révolution vertueuse, alors qu’elles sont toutes liées à tout ce que la France fait sans succès depuis quarante ans en terme de chômage, de dépenses publiques, de déficit et de dette.

Il va en falloir, de la foi, pour imaginer que l’État, gonflé d’orgueil à l’idée d’être stratège, va continuer à l’être sans se fracasser sur des catastrophes financières qui se chiffrent en milliards d’euros.

Il va en falloir, de la ferveur, pour voir en Emmanuel Macron l’artisan d’une transformation libérale de la France, lui dont le bilan se résume à des conseils catastrophiques pendant un quinquennat calamiteux et à une loi qui aura permis d’ouvrir quelques lignes d’autocars et quelques magasins un nombre limité de dimanches.

Conclusion

Certes, Emmanuel Macron s’est montré particulièrement habile à mobiliser médias et public autour de lui. Certes, il a su trouver les mots les plus susceptibles de toucher des Français désorientés et désireux de changement, mais aussi de protection et d’attention. Certes, il a su faire passer un message de nouveauté et de modernité en menant une campagne aussi originale que calibrée au millimètre comme s’il vendait le produit Macron à des consommateurs et non pas un programme politique à des électeurs. Soit.

Il n’en reste pas moins que le vide grandiloquent de ses propos associé au déjà-vu, au progressisme revendiqué et à l’étatisme assumé de l’équipe qui l’entoure fait irrésistiblement penser à la réflexion de Tancrède à son oncle le prince Salina dans le Guépard : « Il faut que tout change pour que rien ne change. »

Emmanuel Macron n’est rien d’autre que la nouvelle frimousse « hors-système » choisie par le « système », coterie de médias et de politiciens qui nous gouvernent. C’est un changement purement formel, sans rien de fondamental pour la France et les Français, qui préservera nos élites au pouvoir.

Le navire de gauche a coulé. Celui de droite prend l’eau. Les rats quittent ces navires incertains pour courir chez Macron, ce « révolutionnaire » qui rassure tous les étatistes et leur promet qu’il suffit de dire que tout va changer pour que finalement rien ne change. ♫♪♬ !

Voir aussi:

Lynchage de Fillon: la France est-elle encore une démocratie?

Non au gouvernement des juges et des médias
Marc Joncour est retraité de l’informatique.

09 février 2017

Le lynchage médiatique de François Fillon et l’écho qu’il semble rencontrer dans l’opinion montrent à quel point le système politico-médiatico-judiciaire tombe en déliquescence. Mise à mal par le gouvernement des juges et des médias la démocratie représentative est en danger

Jusqu’à une date récente, le lynchage médiatique était plutôt une spécialité anglo-saxonne. La presse française pouvait s’honorer d’être plus mesurée et plus équilibrée que ses consœurs britanniques ou américaines. Mais l’arrivée d’Internet, des réseaux sociaux, des chaînes d’informations permanentes, a bouleversé le paysage médiatique partout dans le monde. La France n’y échappe pas.

Il est stupéfiant de constater la façon dont certaines des allégations sorties par Le Canard enchaîné et Médiapart sont reprises en boucle par presque tous les médias. Ces affirmations sont totalement à charge et peu de rédactions osent donner des arguments à décharge, alors que ceux-ci existent et sont d’importance. Il est encore plus stupéfiant de constater que la justice s’est emparée de cette affaire alors que rien ne justifie qu’elle le fasse.

Quelles sont les accusations formulées ? François Fillon aurait employé son épouse et deux de ses enfants au cours de ses mandats successifs de député puis de sénateur. Et ces emplois ne seraient pas réels mais fictifs.

Collaborateur parlementaire, tout un métier

Quels sont les journalistes qui ont étudié la loi concernant le statut et les fonctions des collaborateurs parlementaires ? Quels sont les journalistes qui ont rapporté à leurs lecteurs ces éléments de base permettant de se faire une opinion éclairée sur les allégations formulées par les accusateurs ? Quasiment aucun ! Ce qui montre la partialité de la majorité des organes de presse et leur absence éhontée de déontologie !

Alors rappelons la loi telle qu’elle existe. Chaque député dispose d’un crédit mensuel forfaitaire de 9.561 € lui permettant de recruter et rémunérer jusqu’à cinq collaborateurs. Quant au sénateur, il dispose d’un crédit de 7.593 € pour la rémunération, lui aussi, d’un maximum de cinq collaborateurs. Pour la simplicité du propos, je me limite ci-après au seul cas des députés.

Chacun des députés a la qualité d’employeur. Le collaborateur est le salarié du député, non celui de l’Assemblée nationale. Les collaborateurs sont recrutés sur la base d’un contrat de travail de droit privé. Le député recrute librement ses collaborateurs, licencie, fixe les conditions de travail et le salaire de son personnel, dans le respect des dispositions du code du travail. Les contrats de travail comportent deux stipulations directement liées au mode de gestion du crédit collaborateur. La première, relative à l’objet du contrat, dispose que « le député-employeur, agissant pour son compte personnel, engage le salarié qui lui est juridiquement et directement subordonné et a toute sa confiance pour l’assister dans l’exercice de son mandat parlementaire ». La seconde précise que « la cessation, pour quelque cause que ce soit, du mandat du député-employeur constitue une juste cause de rupture automatique du contrat ». Depuis 1978, des indemnités de fin de contrat, financées par l’Assemblée nationale,  sont allouées aux collaborateurs en cas de cessation du mandat du député-employeur (ce qui justifie les indemnités – qualifiées de « licenciement » par le Canard enchaîné – perçues deux fois par Pénélope Fillon).

La fiction des emplois fictifs

Certains prétendent qu’il s’agirait d’emplois fictifs. Dès lors que les contrats de travail et les feuilles de paie existent en bonne et due forme – ce qui semble être le cas – il ne peut pas y avoir emploi fictif puisque la seule personne à pouvoir juger et contrôler le contenu et la valeur du travail effectué est le parlementaire lui-même. Imagine-t-on la justice intervenir dans une entreprise pour vérifier la réalité du travail d’un de ses salariés ? Seul l’employeur a qualité pour le faire.

On reproche à François Fillon de ne pas apporter de preuves du travail réel effectué par Pénélope. Peut-être en a-t-il d’ailleurs fourni à la justice. Mais en tout état de cause, comment prouver qu’on a préparé un discours du député, qu’on l’a corrigé à plusieurs reprises, qu’on a préparé les réponses aux nombreux courriers des administrés, qu’on a mené un travail de réflexion ou de recherche sur un sujet donné ?

La façon dont les médias ont traité cette affaire est assez exceptionnelle. Les accusations à l’encontre de François et Pénélope Fillon ont monopolisé depuis plus de deux semaines la quasi-totalité de l’information en France. Paul Valéry affirmait à juste titre : « Le mensonge et la crédulité s’accouplent et engendrent l’opinion ». Jamais ces paroles n’ont été aussi vraies. A tel point que même les plus ardents supporters de François Fillon se sont mis à douter de son honnêteté. Et l’information est devenue un feuilleton quotidien, chacun cherchant à justifier les propos de Samuel Butler, cet écrivain britannique du XIXe siècle : « Le meilleur menteur est celui qui fait servir le même mensonge le plus longtemps possible ».

L’opinion sous influence

Pourquoi cette affaire sort-elle précisément en janvier 2017 alors que les faits reprochés remontent à plusieurs années ? Pourquoi la justice s’en empare-t-elle avec une telle diligence ? Quel objectif cherchent à atteindre ceux qui ont manipulé et fabriqué l’opinion, ceux qui l’ont mise sous tutelle ?

La réponse est évidente. Dans un premier temps, il s’agit de faire baisser François Fillon dans les sondages et dans les intentions de vote pour arriver au constat que le candidat de la droite et du centre ne sera pas qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle. L’objectif suivant étant de l’obliger, sous la pression des mauvais sondages, à renoncer à se présenter à l’élection pour laisser le champ libre au duel rêvé par les médias – entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron (ce dernier est d’ailleurs une pure fabrication du système médiatique). Dès que l’objectif sera atteint, la presse cessera de s’intéresser au cas de François Fillon. Le « PénélopeGate » disparaîtra immédiatement des radars médiatiques.

Concernant la justice, notons que c’est le parquet national financier (PNF) qui s’est autosaisi de l’affaire, 24 heures seulement après les révélations du Canard enchaîné. Le PNF, présenté comme « autonome », a été installé par le gouvernement socialiste le 6 décembre 2013, et son procureur, la magistrate Éliane Houlette – une proche de Ségolène Royal – a été choisie et nommée à la discrétion de François Hollande.

La démocratie confisquée

François Fillon risque d’être la dernière victime en date de cette presse uniquement motivée par la réussite des lynchages médiatiques qu’elle met en œuvre. Dans la série des assassinats politiques, il succédera ainsi à Jacques Chaban-Delmas (l’affaire de sa feuille de paye et de l’avoir fiscal), à Valéry Giscard d’Estaing (l’affaire des diamants de Bokassa), à Pierre Bérégovoy (l’affaire de son prêt à taux zéro qui le conduira au suicide), mais aussi à Dominique Baudis, Michèle Alliot-Marie ou Nicolas Sarkozy.

À propos de l’action du PNF dans l’affaire Fillon, un ancien juge interrogé par Valeurs actuelles dénonce une « très belle opération de déstabilisation » et « un coup d’État de droit ! ». Il ajoute : « Ces officines pensent qu’elles peuvent disqualifier un candidat à la présidentielle, c’est extrêmement choquant. » Dans le même journal, un ancien ministre s’indigne : « Pour la première fois dans l’histoire dela Ve République, on a créé un “cabinet noir légal” au service de l’exécutif. »

La question est désormais simple : sommes-nous en train de glisser vers une dictature des médias et des juges, auquel cas la démocratie représentative serait en grand danger ! Notre démocratie, qui donne au peuple le pouvoir ultime, va-t-elle être confisquée par ceux qui se prétendent être ses défenseurs, à savoir les juges et les médias ?

Quatre millions et demi de Français se sont déplacés au mois de novembre dernier pour désigner – à une très large majorité – François Fillon comme candidat de la droite et du centre à la prochaine élection présidentielle. Ils ont voté pour un programme et ils ont voté pour l’homme en capacité de le mener à bien. Si cet homme devait se trouver dans l’impossibilité de poursuivre sa candidature, le peuple français vivrait alors un véritable déni de démocratie.

Le risque, après toute cette affaire, c’est de faire le jeu de Marine Le Pen au second tour de l’élection, en amenant tous les électeurs qui se seront fait confisquer leur élection par le retrait forcé de François Fillon, à voter en masse pour elle. Dès lors, bonjour le destin de la France !

Voir également:

L’assassinat politique de François Fillon
Regis Desmarais
4 févr. 2017

Les masques tombent : l’affaire François Fillon se révèle être un véritable assassinat politique, mené tambour battant et avec une efficacité redoutable. Pourtant, un léger recul permet de voir cette affaire d’une façon différente et instructive. Ce qui se passe n’est rien de moins que la révélation des simulacres dans lesquels nos démocraties ont sombré.

Ce matin, sur France Info, un journaliste s’indignait de la réaction de ceux qui critiquent la charge médiatique sur François Fillon en vociférant (enfin presque) « mais on fait notre travail de journaliste ! ». Cette proclamation « On fait notre travail de journaliste » m’a laissé rêveur quand on songe à ce que nous dit, en creux, cette affaire Fillon sur le mode de fonctionnement de notre démocratie.

Pour décrypter et comprendre ce que cache l’affaire Fillon, il convient évidemment de s’abstraire du tumulte médiatique pour poser à plat les données de cette affaire, en apprécier la portée, voir les mécanismes de pouvoir en jeu et essayer d’identifier qui sera bénéficiaire de tout ce brouhaha médiatique.

Que se passe-t-il dans la maison Fillon ? La révélation, au moment où François Fillon est devenu le candidat de la droite à l’élection présidentielle française, d’une pratique commune dans le microcosme politique : rémunérer ses proches à des postes laissés à discrétion de l’élu.

La rémunération de Pénélope Fillon par François Fillon

M. Fillon a ainsi rémunéré sa femme sur un poste d’attaché parlementaire. Sur ce sujet, rien de neuf dans le monde politique. La plupart des élus, si ce n’est la totalité, emploient des proches sur des postes directement rattachés à l’exercice de leur mandat électif : la femme, l’époux, les enfants, la maitresse ou l’amant et parfois d’autres parents, sont rémunérés sur des postes d’attaché parlementaire. La pratique est courante, non interdite par la loi et connue de la presse depuis des lustres. C’est légal, mais évidemment moralement douteux dans un pays où tant de gens sont au chômage et où on invoque à tout bout de champ la nécessité de faire ses preuves. Certains, dans notre République, bénéficient de piston, de rente de situation en étant les parents ou ami(e)s intimes d’un élu. C’est triste mais ce n’est affreusement pas nouveau.

Ce que l’on peut reprocher à François Fillon sur ce point, c’est d’avoir été comme les autres élus, ni plus, ni moins vertueux. Or, on attend d’un candidat à la présidence de la République une droiture certaine et une exemplarité de fait. Bon, ça c’est dans un monde idéal. Dans nos démocraties du 21ème siècle, la droiture et la moralité sont en dose limitée dans le sang du politique. En somme, sur la question du principe de la rémunération de Pénélope Fillon par François Fillon, il est difficile de faire les vierges effarouchées qui découvrent comment on fait des enfants sauf à avoir une sacré dose d’hypocrisie.

Un autre argument est abondamment déversé par la presse afin d’effarer le citoyen électeur : le montant des salaires versés.

Des salaires pharamineux perçus par Mme Fillon ?

Les parlementaires rémunèrent leurs collaborateurs en puisant dans une enveloppe mise à leur disposition par les institutions. Le montant mensuel de cette enveloppe est de 9 561 euros (si l’Assemblée Nationale est en charge de la gestion du contrat de travail et paye les charges sociales) ou de 14 341 euros (dans ce cas c’est l’élu qui gère le contrat de travail et qui verse lui-même les charges patronales à prélever dans cette enveloppe).

Mme Fillon a été rémunérée de 1989 à 2013 pour un montant de 830 000 euros…..bruts ! Et oui, la presse brandit ce montant proche du million d’euros en omettant de préciser que la somme est en euros bruts. En net, Mme Fillon a perçu 639 000 euros et l’Etat a récupéré 191 000 euros ! En salaire mensuel net, sur la période considérée, Mme Fillon a donc perçu 2 218,75 euros. C’est une jolie somme, mais le travail d’un attaché parlementaire correspond à un travail d’agent de catégorie A de la fonction publique et le montant du salaire net n’est pas manifestement choquant ni déraisonnable.

Les salaires perçus par Mme Fillon sont-il pharamineux ? La réponse est non et cette réponse résulte des chiffres eux-mêmes et non d’un sentiment ou d’une opinion personnelle sur ce que devrait être le salaire d’un attaché parlementaire.

Autre argument avancé pour déstabiliser la candidature de François Fillon : l’effectivité du travail réalisé par Mme Fillon.

Mme Fillon a-t-elle perçu une rémunération de complaisance ?

Une interview de Mme Fillon circule dans laquelle elle dit qu’elle n’avait pas travaillé pour son mari. Là, c’est désastreux. Ou bien Mme Fillon a perçu 2 218,75 euros nets par mois pour un travail effectif ou bien elle a perçu cet argent sans contrepartie. Comment répondre à cette question à la place du principal et de la principale intéressée ? En essayant de suivre un raisonnement logique. Si Mme Fillon n’a pas travaillé pour son mari pendant 24 ans alors quelqu’un d’autre a exercé ces fonctions d’attaché parlementaire car il est impossible à un élu national d’exercer son mandat électif sans l’aide d’un attaché. Or, que pouvons-nous observer ? Un grand silence de la presse à ce sujet. Personne ne nous dit qui a réellement travaillé et surtout qui a travaillé pendant 24 ans pour les beaux yeux de François Fillon, c’est-à-dire gratuitement puisque l’enveloppe réservée à la rémunération de l’attaché parlementaire de M. Fillon servait à rémunérer une femme qui ne faisait rien.

Vous connaissez beaucoup de gens qui travaillent pendant 24 ans sans percevoir de salaire ? Moi non. La logique veut que Mme Fillon ait bel et bien travaillé pour son mari. Alors cette interview ? Rappelons que cette interview a été sortie de son contexte, est ancienne et est l’interview d’une femme qui ne considérait sans doute pas que travailler pour son mari était un travail classique, voire un travail tout court. Je ne vais pas écrire que le couple Fillon est innocent et que le travail a été effectif en l’absence de preuves matérielles mais le bon sens et la logique doivent nous interpeller et nous conduire à poser les bonnes questions. Qui aurait alors travaillé pendant 24 ans sans rémunération pour François Fillon ? Personne assurément. De fait, Mme Fillon n’est certainement pas restée inerte pendant toute cette période. Avant de hurler à la mort politique du candidat Fillon, les journalistes qui font leur travail devraient creuser cette question.

Tout ceci nous interpelle sur le contexte dans lequel surgit cette affaire…

Le contexte

François Fillon, à la différence de M. Macron, n’est pas un jeune nouveau dans le paysage politique. Il a détenu différents portefeuilles ministériels et il a été Premier ministre de Nicolas Sarkozy pendant cinq années… Cinq années au cours desquelles son épouse a perçu une rémunération d’attaché parlementaire. Etrange que la presse qui fait son travail ne se soit pas emparée de cette question à l’époque. Curieusement, ce sujet qui est un vrai sujet légitime, n’est évoqué qu’au lendemain de la primaire de la droite et à quelques mois de l’élection présidentielle. Les français et les électeurs ne sont pas des gens dénués de sens critique. Il est clair que tout ce remue ménage à un but : tuer politiquement François Fillon. Pourquoi le tuer ? Assurément pour l’empêcher d’accéder au poste de Président de la République. Pour comprendre les vrais motifs du lynchage médiatique de François Fillon, il convient de voir en quoi François Fillon se distingue des autres candidats et quel(s) autre(s) candidat(s) à l’élection présidentielle est susceptible de tirer les marrons du feu.

Sans se lancer dans une analyse approfondie du programme de François Fillon, ce qu’il conviendrait de faire pour mettre en parallèle ce programme avec celui du (des) candidat(s) avantagé(s) par cette affaire, on peut déjà identifier quelques lignes de force qui distingue François Fillon des autres : sa volonté de réforme, sa vision d’un monde multipolaire, son catholicisme affiché, sa volonté de renouer les liens avec Moscou et la Syrie, sortir le pays d’une situation d’endettement, l’idée de redonner à la France une place forte au sein de l’Union européenne. En clair, François Fillon est une « horreur » pour le système qui depuis des décennies est aux commandes. Quel est ce système : celui du monde financier dont le seul dieu est l’argent et dont le moteur est la consommation des masses sans cesse développée grâce à l’endettement. Système dont le rêve est celui d’un monde globalisé où les populations se distinguent par leur indistinction car toutes soumises au dictat de la dépense avec pour finalité à l’existence : consommer pour vivre et vivre pour s’endetter. Je sais, je force le trait mais il n’est pas nécessaire de trop appuyer le feutre sur le papier pour le forcer.

Dans cette affaire, François Fillon a eu le tort de ne pas être le candidat du système en place. Les électeurs de la primaire ont placé en tête de leur choix un candidat qui ne satisfaisait pas aux critères du système. Or, vous le savez bien, qui a l’argent possède le pouvoir. Dans un monde ou plus de 99% des richesses planétaires sont entre les mains de 1% de la population mondiale, il est hors de question que la démocratie, qui par nature est la loi de la majorité donc des moins fortunée, laisse passer des candidats qui ne sont pas autorisés et souhaités par le système. Ce que les électeurs citoyens doivent comprendre dans cette affaire, c’est que nos démocraties contemporaines sont des simulacres. Oui, on choisit les candidats puis celui qui occupe la fonction suprême mais à la condition que ces candidats soient validés et pré-filtrés par le système lequel est le système financier et le lieu de pouvoir de ces 1% de la population qui possède plus de 99% de la richesse mondiale (8 personnes au monde possèdent même en patrimoine ce que possède la moitié de la population planétaire la plus pauvre cela donne le vertige et permet de comprendre que nos démocraties sont aujourd’hui des simulacres).

La désignation inattendue de Fillon par les électeurs de la primaire a coupé l’herbe sous le pied de ceux qui attendaient la désignation d’Alain Juppé, un candidat en tout point conforme aux désirs du système. Il était donc nécessaire de virer Fillon et nous assistons aujourd’hui à son assassinat politique pour que ce dernier n’accède pas à la fonction présidentielle.

Cette mise à l’écart de Fillon est d’autant plus nécessaire qu’un autre beau et jeune candidat, sorti de presque nulle part, est en vogue et correspond en tout point au profil du candidat du système : Emmanuel Macron. Méditons sur le beau travail des journalistes qui laissent dans l’ombre cette fameuse histoire des 120 000 euros (80% de l’enveloppe budgétaire de représentation du ministère de l’économie) consommée par Macron avant son départ de Bercy pour financer des prestations sans lien avec le ministère de l’économie mais en très fort lien avec la préparation de sa candidature présidentielle. Sur ce sujet, mutisme de la presse. On objectera que si 120 000 euros c’est une somme, elle est toujours inférieure aux 639 000 euros de Mme Fillon, heu pardon, reprenons la méthode de désinformation des médias… les 830 000 euros de Mme Fillon. C’est moins important mais cela s’est produit sur une échelle de temps bien plus courte. Mais vu l’efficacité de la dépense de M. Macron, je vous laisse calculer ce que cela aurait représenté sur 24 ans d’activités politiques…cela donne des frissons.. M. Macron ne vient pas vraiment de nulle part mais de la banque Rothschild…eh oui M. Macron est un pur produit du système financier et du monde de l’argent. Regardons ses soutiens : Jacques Attali, Pierre Bergé ou le maire de Lyon qui récemment hurlait sa douleur existentielle en déclarant que vivre qu’avec 4 000 euros par mois était insupportable… Jamais un candidat se déclarant anti-système n’aura été un candidat à ce point issu du système et validé par ce système.

Enfin la chronologie des évènements parle de façon assez claire : le 25 janvier 2017, le Canard enchaîné publie son article sur l’affaire « Pénélope Fillon », le 26 janvier 2017, le Parquet national financier ouvre une enquête judiciaire et le lendemain plusieurs témoins sont auditionnés….il faut vite virer Fillon.

En conclusion, vous l’avez compris : la démocratie a « dérapé » en plaçant François Fillon candidat de la droite française. Le système a vite réagi pour sortir ce candidat gênant de la scène politique et tracer un boulevard à un autre candidat construit, façonné et adulé par le système. Si ce dernier candidat ne devait pas percer, alors ce n’est pas un problème car le nouveau candidat de la droite fera l’affaire car, quel qu’il soit, il sera forcement le candidat désigné de force par le système. Sauf erreur d’analyse de ma part, François Fillon va être sommé de renoncer à l’élection présidentielle pour être remplacé par un candidat cautionné par le système. Les millions d’électeurs qui se sont prononcés lors de la primaire sont donc désavoués et rappelés à l’ordre : vous deviez désigner celui qui était le favori des sondages ! Pour la première fois, jamais le simulacre de la démocratie ne se sera dévoilé avec autant de pertinence aux citoyens qui acceptent d’ouvrir les yeux et de raisonner en dehors de tout mouvement d’humeur. Un conseil, pour l’élection présidentielle, comme tout est joué d’avance, autant aller à la pêche et conserver en vous une place pour le souvenir de François Fillon, martyr du simulacre de démocratie.

Voir encore:

Philippe Bilger : «François Fillon est de retour !»
Philippe Bilger
Le Figaro

06/02/2017

FIGAROVOX/OPINION – Le magistrat honoraire, Philippe Bilger, a regardé la conférence de presse de François Fillon. Il a trouvé la plaidoirie du candidat LR convaincante.

Magistrat honoraire, président de l’Institut de la parole, Philippe Bilger a été plus de vingt ans avocat général à la Cour d’Assises de Paris. Auteur de très nombreux ouvrages, il tient le blog Justice au singulier et vient de publier La parole, rien qu’elle (éd. Le Cerf, 2017).
Depuis ses remarquables prestations politiques et médiatiques pour la primaire de la droite et du centre, François Fillon avait en quelque sorte disparu.

Comme si l’éclat de sa victoire l’avait presque déstabilisé à cause des immenses responsabilités qu’elle faisait peser sur lui.

Puis il y a eu l’article sur les prétendus emplois fictifs de son épouse Pénélope dans le Canard enchaîné du 25 janvier. Cet hebdomadaire, dont on aimerait qu’il s’attachât avec tant d’obstination et de malignité à d’autres responsables politiques de haut niveau, n’a jamais cessé de s’en prendre à François Fillon et ce depuis longtemps. Mediapart s’est associé à cette entreprise qui ressemblait plus à de la démolition qu’à de l’investigation.

Il y a eu, cette campagne lancée contre lui, un flot inouï d’attaques, d’insinuations, d’absurdités, de partialités et de trahisons qui avaient tous pour objectifs de présumer François Fillon coupable, de désespérer la droite qui avait enfin trouvé un candidat à la fois intègre, courageux et digne et de laisser croire à certains ambitieux qu’ils avaient leurs chances à sa place. Il faudra retenir leur nom si la campagne présidentielle confirme le prélude de la primaire.

Comment n’y aurait-il pas eu de la part de François Fillon plus qu’un flottement, comme un bouleversement, des variations, des tentatives presque désespérées pour faire admettre sa bonne foi et l’ignoble du procès médiatique intenté à la famille Fillon?

Qui aurait pu résister à ce terrifiant cumul d’une autorité judiciaire se saisissant dans l’urgence après un simple article, de quelques médias acharnés à sa perte, de la honte et de l’indignité déversées sur un couple et ses enfants, du lynchage voluptueux d’une personnalité à laquelle il fallait faire payer le fait qu’elle avait eu le droit de donner des leçons de morale, de prétendus soutiens se plaisant à distiller le doute et le soupçon à son encontre, d’un pouvoir qui à l’évidence n’était pas resté indifférent à ce qui se déroulait et qui aurait pu aboutir à rien de moins qu’à l’élimination du candidat de la droite honorable et heureusement radicale du second tour de l’élection présidentielle? Qui aurait pu affronter sans faiblesse ni approximations ce maelstrom de quelques jours?

D’autant plus que le moins qu’on puisse dire est que la cellule de communication auprès de François Fillon a connu des ratés qu’un amateur aurait su prévenir, notamment dans la distinction trop lentement appréhendée entre le légal et le décent, au cœur de l’affaire Fillon.

François Fillon a eu le courage de l’avouer lors de la conférence de presse qui a marqué son retour. Il a été assommé, il a pris un coup dans l’estomac et a perdu un temps sa réactivité et sa lucidité. Encore troublé, ému, affecté, mais sa maîtrise recouvrée, il a offert non seulement une défense mais une justification de qualité. Non seulement il n’a transgressé aucune loi mais il a toujours favorisé, par son action politique, l’élévation de la morale publique.

Je ne me fais aucune illusion. On ne le laissera quitte de rien. Les officines du pouvoir et les médias ne désirant l’impartialité que pour leurs amis continueront à le harceler.
Lors de cette rencontre avec les journalistes qui n’a duré que 45 minutes, il a été si convaincant, si clair, si net, si vigoureux dans certaines de ses répliques, si lucide dans l’analyse politique de cette machine de guerre lancée contre lui, son programme et donc le peuple de droite auquel on prétendait voler son enthousiasme d’avoir enfin une personnalité à soutenir par adhésion et non plus par défaut que les professionnels du questionnement sont vite demeurés cois.

Rien sur La Revue des Deux Mondes, des interrogations répétées sur un éventuel remboursement. S’ils n’ont pas été à la hauteur, cela tenait d’abord au fait qu’une baudruche enflée jusqu’à la démesure avait éclaté et surtout à ce constat qu’ayant enfin décidé de s’expliquer et de tout dire, François Fillon avait réduit à néant tout un dispositif qui se plaisait, sans véritable contradiction, à l’accabler alors que l’honnêteté, la sincérité et peut-être une certaine maladresse étaient de l’autre côté.

Pour ma part, j’ai apprécié que François Fillon ait maintenu sa phrase sur la mise en examen, qu’un remboursement serait injuste pour ses proches et qu’en définitive il soit parvenu à faire réapparaître celui qu’il avait été lors de la primaire.

Je ne me fais aucune illusion. On ne le laissera quitte de rien. Les officines du pouvoir et les médias ne désirant l’impartialité que pour leurs amis continueront à le harceler.

Mais quelque chose a changé.

Enfin il a compris. Il ne s’agissait pas seulement de Français troublés mais de bien plus. Il a présenté ses regrets, des excuses. Il l’a affirmé avec force: ce qui est légal peut être perçu comme peu moral.

Il a vigoureusement posé les termes du débat et de l’affrontement. D’un côté le tribunal médiatique – il a affirmé sa confiance pour l’issue judiciaire -, de l’autre le peuple français.

François Fillon de retour n’a été animé par rien d’autre que le souci de rendre à une part importante de celui-ci une victoire qu’on croyait déjà lui avoir volée.

Voir de plus:

«François Fillon doit lire Gramsci»

Paul-Marie Coûteaux

Le Figaro
06/02/2017

FIGAROVOX/TRIBUNE – Avec Benoît Hamon et François Fillon, l’opposition historique entre droite et gauche est redevenue maximale. Pour l’ancien eurodéputé souverainiste, «il faut toutes affaires cessantes reconstruire une droite idéologique».


Paul-Marie Coûteaux, né le 31 juillet 1956 à Paris, est un haut fonctionnaire, essayiste et homme politique français. Il a été député européen souverainiste de 1999 à 2009.


La droite française, déstabilisée à la première bourrasque alors qu’elle se veut, à juste titre, majoritaire dans le pays, devrait réfléchir à sa fragilité. Elle semble ne pas comprendre le moment historique, ni même savoir ce qu’elle est dans ce moment, au point que, incapable de faire bloc, elle se laisse manœuvrer par toutes les opérations de l’adversaire. Pourtant, la théorie gramscienne du «bloc historique», qu’on cite sans cesse mais en ne l’effleurant que du bout de l’aile, et sous son acception la plus lapidaire (l’idée que la pensée précède le combat politique – «Au fond des victoires d’Alexandre, on trouve toujours Aristote» comme disait de Gaulle) donnerait de fameuses clefs, si du moins on se donnait la peine de l’étudier de plus près.

Le théoricien italien observait que les générations constituaient à tour de rôle des «blocs historiques» soudant l’ensemble d’une société autour de paradigmes communs – subversifs d’abord, puis peu à peu dominants, avant de se faner et décliner. Ces ensembles idéologiques sont d’abord élaborés par les «intellectuels centraux» (écrivains, universitaires, autorités morales qui, par des livres ou des revues, «donnent les mots») avant de faire peu à peu système et «d’infuser» par degrés l’ensemble de la population: les intellectuels de seconde ligne (professeurs, instituteurs, journalistes…), puis les dirigeants politiques, les hauts-fonctionnaires et les magistrats, les chefs d’entreprise, les professions libérales, et, par degrés, l’ensemble d’un peuple ainsi soudé autour de «points de communion». S’est de la sorte constitué, dans les années 70 (en France, les dates majeures sont 1968, 1974 et 1981), un bloc historique progressiste, fait de cette gauche particulière que Chevènement nomma «gauche américaine», celle qui tient que la «modernité» a toujours raison et le passé toujours tort, et qui croit même que l’on peut tout changer, peuples, hommes, femmes, institutions etc. -voir son slogan de 1974, «Tout est possible».

En quelques années, une jeune escouade de «déconstructeurs» (de la langue, des codes et, surtout, du socle politique classique – Etat, nation, civilisation), donna mots et paradigmes à la vaste ruche des professions intellectuelles ; ils finirent par devenir omniprésents à l’université, dans l’édition, puis dans les médias, parmi les cléricatures et les magistratures, et même chez les grands patrons, lesquels trouvèrent grand intérêt au fameux «jouir sans entrave» qui fut le passeport du consumérisme à outrance, comme le «sans frontiérisme» festif fut celui du libre-échange généralisé. La doxa moderniste conquit finalement l’immense majorité des politiques, y compris de la dite «droite» – celle-ci finit même par accepter de se lire dans une typologie extérieure, et très contestable, celle de René Rémond dont deux des trois branches l’orléanisme et le bonapartisme sont en fait des centrismes… La droite perdit ainsi jusqu’à son nom, ce légitimisme ou, pour mieux dire, ce classicisme politique qui ne sut jamais actualiser ses paradigmes et mots de passe, ni conséquemment se rassembler, et qui, divisée, se laissa exclure du débat public.

Vers le grand renversement

Une génération intellectuelle domine en général une trentaine d’années -telle la génération précédente, que l’on peut dire «de la reconstruction», qui fut dominante entre 1944 et 1970, déclinante ensuite. Celle qui prit tous les pouvoirs dans les années 70 et 80 devrait donc disparaître depuis quelques années. Certes, elle s’épuise: le Non de 2005 prit à angle droit la pensée unique – les oligarques se revanchant vite à Lisbonne. Plusieurs de ses bastions se lézardent: il n’est un secret pour personne que la presse de gauche vit sous perfusion d’argent public, tandis que celle de droite progresse. L’éclatante réussite de la Manif Pour Tous, celle du Puy du Fou exhumant l’archaïque national (est archaïque non ce qui est vieux et passé, mais au contraire ce qui fonde et ne passe pas), les succès de librairie de Patrick Buisson, Philippe de Villiers ou Eric Zemmour sont autant de signes ; par dessus tout, on voit peu à peu ressurgir une droite classique (Patrick Buisson parla de «révolution conservatrice») dont la manifestation fut la victoire aux «primaires» de François Fillon, le catholique qui refuse Babel, ne croit pas que les arbres montent au ciel ni que l’on puisse dépenser sans limite, qui entend restaurer les frontières, l’Europe des nations, les enseignements classiques -on pourrait dire un «identitaire», comme le fut de Gaulle.

Hélas, si le grand reversement idéologique est différé, et si la victoire politique est conséquemment si difficile, c’est que la droite française, qui n’a soutenu nul écrivain, nulle revue, nul grand média capable de jouer le rôle décisif que joua par exemple, dans la génération précédente le Nouvel Observateur, a négligé un travail intellectuel qu’elle ne regarde encore qu’avec un profond mépris -ou non moins profonde paresse. Significative fut la mésaventure d’une revue lancée en 1998 par Philippe Séguin, Une certaine Idée, que j’eus l’honneur de diriger aux cotés de Jean de Boishue, et qui releva le gant du «débat d’idées» jusqu’à ce que, dès sa création, l’UMP la fasse disparaitre au profit d’une Fondation, la FondaPol, confiée à… un homme de gauche.

On comprend la violence des jours que nous vivons, qui sont peut-être ceux de la crise maximale: le bloc UMPS disparaît (qui peut encore assimiler Hamon et Fillon?), la droite, en son cœur légitimiste, menace directement, et au moment crucial des présidentielles, un bloc soixante-huitard attardé qui jette ses dernières forces de ses derniers bastions et cela sans préparation idéologique sérieuse, de sorte que, comme on voit hélas, elle se débande assez vite – à commencer par les parlementaires «républicains» qui révèlent à cette occasion combien la presse de gauche a prise sur eux, et si profondément qu’ils utilisent le vocabulaire même de leur adversaire. Pendant ce temps, la complicité entre puissances d’argent, médias et magistrature joue encore à fond: un article le mercredi, une audition le vendredi, un mauvais sondage le dimanche, une perquisition le lundi puis vient le pilonnage médiatique, certes disproportionné (les problèmes qui font sous nos yeux disparaître la France comme nation, comme Etat et comme civilisation sont sans rapport de gravité avec la façon dont le candidat a utilisé son enveloppe parlementaire) mais capable de faire vaciller le favori, issu pour la première fois depuis longtemps d’une droite assumée – mais si mal préparée au combat idéologico-judiciaro-médiatique qu’elle n’a pour arme qu’internet, ou des manifestations de rue. Bref: les mains nues.

C’est pour cela que M. Fillon doit tenir coûte que coûte ; et qu’il faut toutes affaires cessantes reconstruire une droite idéologique, à commencer par ses paradigmes, qui réunira ses composantes et permettra de conquérir les places décisives, à l’université, dans l’édition, dans les médias et la haute fonction publique sans lesquelles il n’est pas de légitimité forte, donc par de puissance de gouvernement. (Au passage, souhaitons que la droite étourdie, du coup la plus bête du monde, sache enfin sortir du piège de Mitterrand qui la coupant depuis trente ans en deux camps, en commençant par jouer des porosités avec le FN. Si, alors que la relève est pourtant là, et que les jeunes plumes ne manquent pas, nous échouons à opérer ce grand renversement qui est dans els rythmes mêmes de l’Histoire, il est possible qu’une nouvelle relève, un modernisme plus violent encore (tel le trans-humanisme) prenne sa place, et nous partons alors vers une «civilisation» qui n’aura plus rien à voir avec ce que nous appelons encore la France. Pendant ce temps la gauche perdure alors que toute sa matrice est disqualifiée, tirant encore de fameuses salves sur une droite sans leviers ni relais et plongée dans l’hébétude. Il est donc temps de lire Gramsci, puis, comme disait Boutang, de «reprendre le Pouvoir» -de le reprendre réellement, et de l’exercer.

Voir également:

Pourquoi M. Fillon sera élu président de la République
Maxime Tandonnet

7 février 2017

Paradoxalement, les événements de ces derniers jours me confortent dans l’idée que F Fillon sera élu président de la République en mai prochain. Sept raisons me font dire qu’il est aujourd’hui le mieux placé des grands candidats pour gagner la présidentielle.

Le lynchage médiatique qu’il subit depuis deux semaines a pris une tournure caricaturale. Presse, télévisions, radios, sites Internet, réseaux sociaux, dans une sorte de délire mimétique et d’acharnement, se livrent à une chasse à l’homme rituelle qui va provoquer une réaction naturelle de victimisation du paria et un retournement de l’opinion en sa faveur, en tant que gibier de potence d’un système politico-médiatique dont les Français ne veulent plus.

Malgré cette curée d’une violence sans précédent lors d’une campagne, il a tenu bon dans la tempête. Au plus fort de cette tentative d’assassinat politique, son niveau dans les sondages n’est pas descendu à moins de 18%, signe d’un socle de popularité solide.

L’opposition républicaine a tenu bon autour de lui, aucun des grands leaders battus des primaires n’a manqué à la solidarité, bien au contraire, notamment A. Juppé et N. Sarkozy qui lui ont apporté un soutien sans failles. L’assise politique est solide.

Le néant de ses principaux adversaires est effarant. Le succès de M. Macron est spectaculaire, mais au-delà de son visage avenant et de son sourire, nul n’a la moindre idée des orientations qu’il propose, surtout sur le régalien (sécurité, terrorisme, international, frontières). Les propositions lepénistes sont sidérantes d’irréalisme: par exemple le « référendum d’initiative populaire » à la demande de 500 000 signataires (à la portée de tout groupuscule et de toutes les démagogies) plongerait l’Etat de droit dans un chaos permanent et une banalisation destructrice de la procédure référendaire. Un jour ou l’autre, la torpeur générale à cet égard prendra fin.

Fillon est le seul à pouvoir espérer disposer d’une majorité parlementaire cohérente et à réussir l’alternance que souhaitent les Français. M. Macron qui se dit « ni droite ni gauche », détesté par une partie de la gauche,  ne disposerait pas d’une majorité socialiste stable et devrait compter sur une vague alliance centriste de circonstance, totalement instable. Quant à la candidate lepéniste, élue, elle se trouverait face à un Parlement  presque unanimement hostile et serait radicalement paralysée.

Seul F. Fillon se présente comme un personnage expérimenté, ayant une longue expérience du sommet de l’Etat et en politique étrangère. Or les Français n’attendent pas un président « zébulon », bavard et gesticulant, faute de pouvoir agir, mais une forme de sagesse et de recul à l’Elysée. Le temps des super communicants est passé et celui de la vérité et de l’action est venu. A cet égard, il semble mieux placé que les autres candidats pour rendre de la hauteur à la fonction présidentielle, même s’il doit encore donner des gages à ce sujet.

Lui seul offre une forme de troisième voie entre le repli nationaliste qu’exprime le lepénisme (thème de la « préférence nationale » ou de la taxe à 3% sur les importations qui entraînerait des représailles foudroyantes sur les exportations) et la grande ouverture à tous les vents, sans limite ni protection, que reflète M. Macron.

Voir de plus:

Affaire Fillon : un ex-attaché parlementaire témoigne

Vincent Goyet
02-02-2017

Titulaire à la Sorbonne d’une licence de philosophie politique et d’une maîtrise d’Histoire contemporaine, puis d’un master en stratégie et décision publiques et politiques de l’ISMaPP , Vincent Goyet a travaillé durant cinq ans, comme attaché parlementaire à l’Assemblée nationale. Il nous confie son témoignage.

Parce que j’ai été attaché parlementaire, beaucoup de ceux qui me connaissent m’ont demandé comment faire le tri entre tous les éléments qu’ils ont lus dans la presse ces derniers jours à propos du fonctionnement de l’équipe qui entoure chaque député. Je tiens à préciser tout de suite que si je soutiens François Fillon depuis la défaite et le départ de Nicolas Sarkozy en mai 2012, les éléments que je donne ci-dessous sont ma propre analyse et mon propre ressenti. Je laisse chacun y puiser ce qu’il voudra.

Avant tout, le cabinet parlementaire fonctionne de fait comme une TPE. Le député embauche et rémunère librement ses collaborateurs, sur la base de contrats de travail de droit privé, qui prennent automatiquement fin en cas d’interruption du mandat parlementaire. Pour rémunérer ses collaborateurs, chaque député dispose d’une enveloppe mensuelle de 9 561 € (lorsqu’il laisse l’Assemblée nationale gérer ces contrats et payer les charges patronales), 14 341 € s’il décide de tout gérer lui-même. Sur les 9 561 €, il doit donc encore acquitter les charges salariales (précision technique pour les puristes). Dans les faits, l’immense majorité des députés laisse l’Assemblée s’occuper de tout.

Chaque député organise à sa guise le travail de son équipe, avec des collaborateurs dont le travail peut être très divers : agenda, logistique, courriers, dossiers législatifs, dossiers locaux, réunions, questions au Gouvernement, amendements, relations presse, relations avec les élus, relations avec la population, communication, rendez-vous, représentation, conseil, etc. Ce travail répond en fait aux trois fonctions remplies par un parlementaire : 1/ il représente le peuple ; 2/ il vote les lois ; 3/ il contrôle l’action du Gouvernement et des administrations.                             Bref, le travail est gigantesque, et la politique est bien souvent le lieu où les militants viennent donner un coup de main bénévole (mise sous pli, distribution de documents à la population, logistique des réunions publiques, réseaux sociaux, etc.). Il y a plutôt trop de travail que pas assez !

François Fillon est aujourd’hui attaqué non pas pour avoir rémunéré son épouse et deux de ses enfants, mais parce que certains soupçonnent qu’il s’agirait d’emplois fictifs, sans travail réalisé en contrepartie. Comme je viens de le souligner, ce n’est pas le travail qui manque autour d’un député. J’ai croisé des dizaines et des dizaines de parlementaires, davantage encore de collaborateurs, et la plupart d’entre eux sont des passionnés, qui ne comptent pas leurs heures. De même, il est inimaginable qu’un élu fasse une carrière politique durant 35 ans (François Fillon a été élu pour la première fois en 1981) sans que sa / son conjoint(e) ne lui apporte au quotidien un soutien et une aide de tous les instants, surtout si elle / il n’a pas une autre activité professionnelle à côté.

Quid du niveau de rémunération pour le conjoint non salarié du chef d’entreprise ? Comme dans n’importe quelle TPE, il est fréquent que le conjoint participe de fait à l’activité sans percevoir de salaire. Quand la structure trouve l’espace d’une rémunération, il peut y avoir ensuite une forme de rattrapage salarial, en contrepartie de toutes les années de bénévolat. S’agissant de Pénélope Fillon, elle n’a pas été rémunérée entre 1981 et 1988. Puis elle a bénéficié d’un salaire comme attachée parlementaire jusqu’en 2013 (avec manifestement un rattrapage salarial). Elle a perçu 639 000 euros net sur cette période (les médias parlent en brut pour gonfler la somme). Ramené à 35 années de travail aux côtés de son mari, nous arrivons à l’équivalent d’un salaire net mensuel de 1521 €.                                                                                                            Tous ceux qui se scandalisent du montant de 830 000 € brut devraient méditer sur la période concernée… Si j’avais travaillé durant 35 ans aux côtés de François Fillon, sur la base du salaire de 2600 € net que je touchais en 2007, j’aurais coûté bien plus de 830 000 € brut (faites le calcul : 1,4 million d’euros brut – et par souci de simplicité, je n’ai pas tenu compte du 13e mois…).

Mais quel travail a donc bien pu réaliser Pénélope Fillon ? Sans doute un travail de petite main pour un grand nombre de courriers reçus au domicile (François Fillon n’avait pas de permanence parlementaire en circonscription). Un soutien logistique également. Un travail de conseil, relecture (c’est ce qui semble ressortir de la bouche de l’avocat de François Fillon). Un travail de représentation, aussi, accompagnant son mari, ou se substituant à lui quand il n’était pas disponible.                                                                                                                                   Pénélope Fillon n’aurait-elle pas pu remplir toutes ces tâches sans être rémunérée ? Si, sans doute. Mais en France, la loi autorise les parlementaires à salarier leurs proches. De très, très nombreux élus le font, ponctuellement ou de façon pérenne. C’est fréquemment le cas pour les enfants étudiants des députés ou sénateurs, dont les parents mettent ainsi le pied à l’étrier professionnel.

Mais alors, pourquoi cette brusque poussée de fièvre concernant François Fillon ? Qui ne voit pas l’opération de déstabilisation à quelques semaines de la présidentielle ? « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose » proclame Francis Bacon dans son Essai sur l’athéisme.

Interrogeons-nous maintenant sur le niveau de rémunération des enfants de parlementaires : n’est-il pas excessif ? On peut parfaitement le penser dans certains cas. Mais 1/ ce montant reste à la discrétion du parlementaire et 2/ on sort du débat sur le caractère fictif de l’emploi. Les enfants de Fillon avaient fait des études de droit, l’un d’eux a d’ailleurs obtenu son diplôme d’avocat l’année suivante. Ils avaient donc des compétences utiles pour aider leur père dans ses missions parlementaires. Il ne s’agit pas d’emplois fictifs. Or, c’est là-dessus que Fillon est attaqué.

Certains s’étonnent aussi que Pénélope Fillon n’avait pas de badge pour accéder à l’Assemblée, ni d’adresse e-mail personnalisée. J’ai travaillé durant 5 ans à l’Assemblée (entre 2002 et 2007), j’avais évidemment un badge pour accéder à mon lieu de travail, mais ce n’était pas le cas de tous mes collègues de circonscription. Je n’ai par ailleurs jamais eu d’adresse e-mail professionnelle à mon nom : j’ai toujours utilisé l’adresse des parlementaires pour lesquels j’ai travaillé.

Autres questions légitimes que se posent beaucoup de gens : pourquoi Pénélope Filllon a-t-elle été rémunérée par le suppléant de François Fillon ? A quel travail est-ce que cela correspond ? Pourquoi un salaire si élevé ? Lorsqu’un parlementaire devient ministre, il conserve un lien avec le territoire d’où il est originaire. Les collaborateurs du suppléant devenu député font souvent le lien et la navette entre la circonscription et le ministère. Et Pénélope Fillon a pu être d’autant plus sollicitée dans ce cadre que l’agenda de son mari le rendait beaucoup moins disponible. Le suppléant de François Fillon était par ailleurs peut-être davantage présent en circonscription qu’à Paris, n’ayant pas forcément les mêmes ambitions et appétences pour le travail législatif que son prédécesseur.                                                                                                                     Enfin, un élément important : jusqu’en 2012, les députés pouvaient conserver le reliquat du crédit collaborateurs qui leur était attribué. Cet argent ne serait donc pas resté dans les caisses de l’Assemblée. Ceux qui demandent à Pénélope Fillon de « rendre l’argent » ignorent manifestement qu’il s’agirait de le rendre… à François Fillon lui-même.

Mais alors, pourquoi Pénélope Filllon a-t-elle dit qu’elle ne travaillait pas et ne s’était jamais mêlée de politique ? Peut-être simplement parce qu’elle ne considérait pas son action comme un travail, mais comme un engagement aux côtés de son mari. Il n’empêche que si elle n’avait pas été là, toutes les tâches qu’elle a accomplies auraient dû l’être par quelqu’un d’autre. En outre, un attaché parlementaire ne fait pas de politique : il travaille dans le domaine politique, mais c’est le parlementaire qui fait de la politique. Pas ses collaborateurs.

Posons-nous maintenant la question de l’orchestration de cette affaire politico-médiatique :

– le mercredi 25 janvier, le Canard Enchaîné publie un article

– le jeudi 26 janvier, le Parquet national financier ouvre une enquête judiciaire

– le vendredi 27 janvier, ce même parquet auditionne plusieurs témoins

Une vitesse absolument stupéfiante !

Pour rappel, le parquet national financier a été créé par Christiane Taubira en 2014, qui y a placé ses amis : le procureur du PNF, Eliane Houlette, était commissaire du gouvernement auprès du Conseil des ventes volontaires. Elle doit son incroyable et fulgurante promotion au Garde des Sceaux de l’époque, laquelle a également constitué une équipe de procureurs adjoints et vice-procureurs parmi ses très proches (Michel Pelegry, Ulrika Delaunay-Weiss, Patrice Amar, Monica d’Onofrio…). Rappelons aussi qu’en France, le parquet (a fortiori le parquet national financier) n’est pas indépendant du pouvoir exécutif : les procureurs dépendent directement du ministre de la Justice, ce qui est d’ailleurs pointé du doigt par la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

La vitesse avec laquelle le parquet s’est jeté sur François Fillon ne manquera pas d’interpeller tous ceux qui déplorent les lenteurs habituelles de la Justice. La perquisition de l’Assemblée nationale qui a eu lieu hier après-midi relève là encore de l’exceptionnel. Parallèlement, quand des journalistes publient dans le livre « Nos très chers émirs » des accusations nominatives de corruption envers un ministre du Gouvernement, le même parquet reste curieusement muet. Pourquoi une telle différence de traitement ?

Face à cette situation, je suis persuadé de l’impossibilité pour Pénélope Fillon de ne pas avoir participé au travail parlementaire de son mari. Son travail n’a pas été fictif, et il dure depuis 35 ans. Je suis aussi persuadé que cette opération de déstabilisation a été sciemment préparée et orchestrée. Je n’ai pas voulu croire à une machination envers DSK en 2011, ses propres turpitudes étant suffisantes pour provoquer la chute d’un candidat annoncé par tous comme le prochain président français. La similitude de l’acharnement qu’il a subi alors, avec l’acharnement subi aujourd’hui par François Fillon, fait naître le doute. Les mêmes officines semblent à l’oeuvre. D’ailleurs, ce sont les mêmes qui en furent et en seraient les grands bénéficiaires : François Hollande et ses proches, du PS à Macron.

Et toute cette agitation éloigne les citoyens de ce qui devrait nous préoccuper à titre principal : la situation de la France, qui compte un nombre record de chômeurs, dont la dette n’a jamais été aussi élevée, et qui n’offre aux jeunes générations que le choix entre le déclassement ou l’émigration.

Voilà pourquoi je continue plus que jamais à soutenir François Fillon. Parce que le projet qu’il porte me semble nécessaire pour redresser notre pays. Parce qu’il faut desserrer l’étau de l’étatisme. Parce qu’il faut permettre à chacun de travailler davantage s’il le souhaite pour gagner davantage. Parce qu’il faut améliorer le financement et la couverture maladie de notre assurance sociale. Parce que la France doit redevenir un interlocuteur crédible sur la scène internationale. Et parce que je ne suis pas dupe du matraquage médiatique actuel.

Voir encore:

Sondage : Macron le plus capable pour l’Elysée, Hamon le plus honnête
Pierre-Alain Furbury

Les Echos

Le 01/02/17

EXCLUSIF + DOCUMENT et VIDEO – Pour les Français sondés par Elabe pour « Les Echos », le leader d’En Marche est celui qui a le plus « les capacités nécessaires » pour l’Elysée et le porte-drapeau du PS celui qui est le plus « honnête ». Victime de l’« affaire Penelope », Fillon apparaît capable, moins honnête.

Quels sont les candidats à la présidentielle qui ont, dans l’opinion publique, « les qualités nécessaires » pour être à l’Elysée ? Et quels sont « les plus honnêtes ». L’institut Elabe a interrogé ces lundi et mardi les Français et les résultats, pour « Les Echos » et Radio classique, illustrent à la fois la progression d’Emmanuel Macron et Benoît Hamon, qui accèdent respectivement à la deuxième et quatrième places dans les intentions de vote. Et la chute de François Fillon, qui, à 19-20%, serait aujourd’hui éliminé dès le premier tour .

Sur les « qualités nécessaires » pour être chef de l’Etat, le candidat de la droite est certes à la deuxième place. L’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy est cité en premier ou deuxième par 36% des personnes interrogées. Seul Emmanuel Macron fait mieux, cité en premier ou deuxième par 46%. Benoît Hamon est cité par 34% des Français, devant Marine Le Pen (28%) et Jean-Luc Mélenchon (18%). François Fillon est même celui qui est le plus cité en premier, par 22% des personnes interrogées, contre 21% à l’ancien ministre de l’Economie de François Hollande.

Sur la question de l’honnêteté, le palmarès est radicalement différent, même si Emmanuel Macron reste bien placé puisqu’il est sur la deuxième marche du podium, cité (en premier ou second) par 30% des Français. Cette-fois, c’est Benoît Hamon qui arrive en tête. Le candidat du PS est cité (toujours en premier ou deuxième) par 33% des personnes interrogées. Suivent Marine Le Pen (25%), Jean-Luc Mélenchon (23%) et François Bayrou (21%).

Plombé par la polémique sur les emplois présumés fictifs de son épouse Penelope, François Fillon est à la peine : 17% seulement le citent en premier ou deuxième parmi les candidats « les plus honnêtes ». Il ne devance que les petits candidat (Nicolas Dupont-Aignan, Philippe Poutou, Nathalie Artaud, Jannick Jadot), qui pâtissent, eux, de leur manque de notoriété dans l’opinion.

Voir par ailleurs:

Who’s behind the mysterious rise of Emmanuel Macron?

Until recently, he had no visible record of political commitment. But he might be about to destroy the Socialist party

The Spectator

4 February 2017

Before the horrified gaze of its militants, the French Socialist party — which has been a major force in French politics since 1981, and forms the present government — is falling to pieces.

There are many reasons behind this catastrophe. They go back to 2005 and the dithering leadership of the then secretary-general, François Hollande, at a time when the party was dangerously divided after the referendum on a European constitution. And they continue up to 1 December last year, when President Hollande, after again dithering for months, announced on national television, in tears, that he had bowed to the inevitable — his own failure and unpopularity — and would not run for re-election. But the most significant reason for the Socialist implosion is the sudden arrival of a man from nowhere called Emmanuel Macron.

Macron, at 39, would normally be considered at least 15 years too young to mount a serious presidential challenge in France, but the most recent polls show him in third place, just behind the front-runner, the far-right Front National’s leader, Marine Le Pen, and François Fillon, the candidate of the conservative party, Les Républicains.

His rapid rise makes Macron a genuine original in French politics and his opponents do not know what to make of him. Unlike all other serious contenders, he has no visible record of political commitment. In 2004 he graduated from the National School of Administration (ENA) and joined the upper civil service. Then, in 2008, he paid €50,000 to buy himself out of his government contract and became an investment banker with Rothschild, where he was highly regarded and quickly made a small fortune. Then, in 2012, with the election of President Hollande, his career took another unexpected change of direction: he left Rothschild to become deputy secretary-general at the Elysée. When Manuel Valls became Hollande’s second prime minister in 2014, with instructions to deregulate the French economy, Macron was catapulted into the economics ministry.

Hollande and Valls congratulated themselves on an imaginative choice, and Macron set out to please Brussels by cutting France’s deficit while encouraging business activity. In 2015 he introduced la loi Macron, a measure designed to stimulate growth by abolishing public service monopolies and union restrictions on hours. This had to be forced through the National Assembly by decree, against the opposition of Socialist deputies, an unpopular move that consecrated Macron as the bête noire of the left.

As the months in office passed, Macron openly developed a separate political agenda, often disagreeing in public with Valls. Soon after his appointment, a mysterious movement appeared called ‘Les Jeunes avec Macron’ (‘Young people for Macron’). This was launched as a ‘spontaneous’ internet site, but quickly grew into a well-organised group numbering several thousand activists whose average age was said to be 33.

Macron then began to dominate the debate on European and welfare policy — but Hollande and Valls did nothing to rein him in. In 2015, a few days after Hollande insisted that Macron was ‘respecting his authority’, the maverick minister attacked the wealth tax — a central plank of Socialist fiscal policy since it was introduced in 1989. Meanwhile, party leaders mocked his inexperience and lack of support on the left, and estimated his electoral appeal at 6 per cent.

Undaunted, the economics minister announced that he was forming his own political ‘movement’, ‘En Marche!’ (Let’s Go!), ‘open to everyone of progressive views’ and ‘aimed at younger voters’. Last August he started touring French holiday resorts appealing for a vision that would ‘re-forge the country’s politics, culture and ideology’. At the end of the month he announced his resignation, and in November he launched the presidential campaign that he must have been secretly preparing ever since he joined the government.

While the seven hapless candidates for the Socialist party’s nomination were struggling throughout December to achieve three-figure attendance at their meetings, Macron — with no party machine behind him — was attracting thousands. In Clermont-Ferrand it was 2,500, in Lille 4,000, and in Paris last month 12,000 people packed into the hall to hear him speak.

As a presidential candidate, Macron is seen as an outsider, someone who will ‘break the system’ and challenge the stifling consensus of unions, over-entitled functionaries and remarkably youthful pensioners that prevents France from responding to the challenges of globalisation. He usually describes himself as ‘centrist’ but he also objects to being called ‘anti-socialist’.

If Macron’s unique selling point is unclear, his unique talking point is that he married his former school teacher, a lady 24 years older than him. This startling fact, when first encountered, tends to bring political discussion to a halt, while all pause for a few moments of profound reflection. His latest fan is Ségolène Royal. Ségolène is the current minister of the environment, and, by chance, she too is 24 years older than the dynamic new arrival. She has repeatedly spoken of her affection and admiration for Macron. Ségolène was the defeated Socialist presidential candidate of 2007, but last week she urged the party’s voters to ignore their own candidate, Benoît Hamon — a hardline leftist sacked as education minister by Valls in 2014 — and back Macron instead.

Macron has not just divided the Socialists, he has replaced them. So how has this apparently isolated and underfunded individual managed all this in such a short time? It is clear that Macron has powerful supporters behind the scenes, and a clue may lie in the little-discussed fact that some years ago he was identified as a member of ‘les Gracques’ — a discreet centre-left pressure group loosely staffed by influential chief executives and civil service mandarins. They are pro-market socialists who long ago gave up on the Socialist party. Many are fellow ‘énarques’ (graduates of ENA) and every step of Macron’s career could have been directed by them. Spotted as a brilliant and charming student, Macron could first have been launched into the prestigious state Finance Inspectorate, then switched into Rothschild to gain business experience (and wealthy support) and then placed like a time bomb in Hollande’s outer office, where he ticked away until he could be moved into the heart of the Valls government. Last August he finally exploded into action at the perfect moment to cause maximum damage to Hollande, Valls and the entire Socialist presidential election campaign. Macron’s rise bears all the hallmarks of a classic ENA undercover operation, a fundamental part of the énarques’ stock-in-trade and one in which the country’s leading bureaucrats are cynically trained.

Now that the Socialists have lumbered themselves with a dinosaur — Hamon — as their candidate, Macron is in an even stronger position. He will be able to tune his campaign to attract moderate Socialist voters as well as the centrists and centre-rightists who flock to his meetings and are having second thoughts about François Fillon.

Mr Fillon and his British wife Penelope are currently under investigation for misuse of public funds. Both deny the accusations. Interestingly, the information that has placed him under suspicion seems to have come from dissident members of Les Républicains, his own party — angry that neither ex–president Nicolas Sarkozy nor Alain Juppé, mayor of Bordeaux, won the nomination. If Mr Fillon is formally charged, he has said that he will not run. In which case the most likely solution for his party, at this short notice, would be to select Mr Juppé in his place.

Voir encore:

The French election is now Marine Le Pen vs a collapsing French establishment

A Le Pen victory would be the worst crisis for half a century. Even if she doesn’t, the system is in deep trouble

The Spectator

11 February 2017

Is France on the brink of a political revolution? Already, four established candidates for the presidency — two former presidents and two former prime ministers — have backed out or been rejected by the voters, and another, François Fillon, is on the ropes. The campaign is being taken over by outsiders, principally the Front National’s Marine Le Pen and a youthful former banker, Emmanuel Macron, while the Socialists have chosen an eccentric radical, Benoît Hamon. Should we welcome a shake-up in the cradle of European revolutions? What kind of shake-up might it be — socialist (the least likely), liberal with Macron or nationalist with Le Pen? Or can the outsiders still be beaten by an electoral system designed to keep them out of power?

France in its modern history has worn out five monarchies, five republics and 16 constitutions — and two of this year’s presidential hopefuls are demanding a 17th. Its people are still more ready than most to go into the streets. It was, and is, a country in which rhetoric and visions play a prominent part in politics. In Victor Hugo’s Les Misérables, the romantic revolutionary Enjolras waxes lyrical from the top of his barricade about the glorious time when ‘thinkers will be completely free, believers completely equal, no more hatred, fraternity in the workshop and the school, jobs and rights for all’. But Enjolras gets killed, and his wish list is still at the top of the agenda nearly two centuries on.

This is because France fluctuates between short spasms of change and longer periods of immobility. It has developed institutional barriers and tacit compromises to hold things steady. Its current Fifth Republic is a ‘republican monarchy’, with parliament downgraded and a powerful president supposed to unite the nation — a task sadly beyond most politicians. Another, less noticed, institution goes back even further than Enjolras’s fictional death on the barricades: the two-round ballot, designed in the 1820s to prevent hotheads like him from winning elections. It gives voters and politicians a second chance, not so much to reconsider their own choices as to react against the choices of others. In the first round you vote for the person you want; in the second you vote against the person you fear.

This evolved historically into what was called ‘republican discipline’: in the first round there could be a range of competing candidates of all shades, but in the second round all loyal republicans, from the mildest liberal to the reddest communist, would vote for the candidate best placed to beat the enemy of the republic — usually a royalist or authoritarian nationalist. The apparition of Jean-Marie Le Pen’s Front National in the 1970s, combining traditionalist conservatives, embittered nationalists and nostalgic fascists, met the same response. When Le Pen shocked France by getting through to the second round of the 2002 presidential election, he was crushed by Jacques Chirac, who got 82 per cent of the vote. Good republicans rallied, including those on the far left: ‘Better a crook than a fascist’ said one slogan. The crucial question in this election is whether the republican reflex still operates. If not, Marine Le Pen could win.

Consider the long-term consequences of the two-round voting system. Many British commentators — and indeed some in France — call periodically for a ‘French Thatcher’ to sweep away institutional barriers to economic dynamism. Nicolas Sarkozy was one who briefly claimed this mantle. The latest is Emmanuel Macron, a former economics minister of Blairite tinge in François Hollande’s socialist government. But Margaret Thatcher could never have been elected in a French-style second round. The British system not only can but regularly does give power to a united minority over a divided majority. Mrs Thatcher could carry out a peaceful revolution without ever having the clear support of a majority of voters. In a French-style system, she and her parliamentary supporters would inevitably have been defeated in second-round ballots by a combination of Labour and the Liberals: Jim Callaghan would have been triumphantly re-elected.

In short, precisely because of its turbulent political history, France has developed a series of barriers against radical change. A leading sociologist, Michel Crozier, described it in 1970 as a ‘société bloquée’ — a ‘stalemate society’. Of course, much in France does change: but the price of political stability is that certain fundamental rights and privileges remain untouched. Advantageous retirement rights and pensions. Certain influential professions. Farmers, sheltered by the Common Agricultural Policy. People in permanent employment, protected by laws penalising redundancy and limiting hours of work. The public sector — in French le service public, significantly in the singular — is the core of this system: schools, public hospitals, railways, universities, local government, the post office. All are arms of the state. Think of le service public as the NHS multiplied by five. The politics of its workforce, combining a real sense of public service with a jealous defence of rights and privileges, explains why France is the most anti-capitalist country in Europe.

There are benefits. Many British people have happy memories of French hospitals, schools or trains. But one does not need very right-wing views to see the accumulating disadvantages. The highest taxes in the developed world, especially on businesses. Chronic unemployment, worst among the young and ethnic minorities. Slow growth, including among small companies afraid of the burden of regulation incurred by getting too big. Crumbling infrastructure. Anyone who arrives at the Gare du Nord must see that something is amiss. People in France do too, and have done for years. Even in the 1980s President Mitterrand lamented national ‘moroseness’. Bookshops have long been piled high with works by economists, politicians and academics warning that France was in accelerating decline. Young people emigrate, over 200,000 to London alone.

On top of this chronic malaise has come the tension between republican secularism and Islam, sparked off three decades ago by a row about girls wearing headscarves in a provincial secondary school. It is a fraught mixture of cultural difference, social deprivation and historic mistrust, but none can doubt its brooding presence, hugely inflamed by a series of terrorist attacks. Had I risked forgetting this, I would have been dramatically reminded a few weeks ago when in a quiet street in Paris I walked into a 25-man military patrol in full combat gear.

None of these observations is unique to France. Characteristic of France, however, is the seeming inability of the political system to do much about them, even over many years. Here we come back to the ‘stalemate society’ problem. Even limited reforms — by British standards minor tinkering — with the education system or the labour market have caused huge and prolonged student demonstrations and sit-ins, and damaging strikes by public-sector unions. They often produce complicated half-measures that create a destabilising sense of unresolved problems and leave continuing tensions.

A ‘French Thatcher’ — assuming that there is one, however diluted — faces not only the electoral barrier but a wider ideological polarisation than that of Britain in the 1980s. Then a large minority, even at times a majority, felt that something radical had to be done, and accepted that this included weakening the trade unions and increasing the freedom of the market. There is little sign that any such consensus exists in France, where both left and right are deeply suspicious of economic liberalism. Marine Le Pen thunders against free trade and ‘unfair’ competition. The very word ‘liberal’ has long been a political kiss of death: we shall see whether Macron is immune. So there is widespread dissatisfaction, but no accepted solution.

The party structure, always weak in France, has struggled to produce agreed strategies or new generations of politicians. Party funding problems have produced endless financial scandals, in which Sarkozy is now again entangled. Many politicians have roots in local government, and in one way that’s a strength. But it also creates what the French call fiefs — feudal domains — which can provide impregnable political bases for big beasts and questionable sources of funds. Not untypical is Alain Juppé, mayor of the great city of Bordeaux — and, despite his advanced age and conviction for corruption, until recently regarded as the leading presidential candidate. He has memorably remarked that only death ends a political career in France: he might still prove it again.

Parties struggle to clear out the dead wood and choose new people. It is telling that the charismatic Macron, astonishingly young for French politics at 39, has never held elected office and must stand as an independent, having created his own party. However, the recent introduction of party primaries, which started with the Socialists, has unexpectedly let the frustrated grass roots see off a succession of ‘big-beast’ candidates including Juppé, Sarkozy and the former Socialist prime minister Manuel Valls, whose defeat marks the Corbynisation of the Socialist party under the evidently unelectable Benoît Hamon.

So is France in crisis? It remains one of the world’s richest, most powerful and most active states, which should make us beware excessive pessimism. The historian Emile Chabal has noted that the French often talk up crisis as ‘a key catalyst’ for change. But this time the crisis is more than just rhetoric: many voters really have lost faith in the established parties and see change as coming from outside the system. The main embodiment of disillusion is Marine Le Pen. Her Front National continues to grow in rust-belt regions and those with high levels of immigration, largely by attracting disaffected working-class voters. It is probably France’s largest party, supported by nearly a third of the electorate.

Le Pen has laboured since taking over from her father in 2011 to convince voters that the Front National, though still radical, is no longer ‘anti-republican’, and indeed is the staunchest upholder of republican secularism against Islamic encroachment. The message is that voting for her is not a betrayal of the republican heritage so central to France’s self-image.

She has added to her nationalist agenda vehement denunciation of the European Union as a foreign capitalist plot. Nearly the whole French establishment unquestioningly accepts the EU as France’s historic destiny. The Front National’s denunciation makes support for it a shibboleth of progressive values. The country is more polarised than Britain: more people strongly support the EU, but also more people strongly reject it. So while Brexit provoked some asperity in private and a few polite demonstrations in public, any attempt at a French exit would cause mayhem.

Le Pen will surely win through to the second round of the election, and it is quite possible that she will head the poll in the first round on 23 April. Fillon was supposed to be able to rally moderate conservative and moderate Socialist voters and beat her in the second round. But a tawdry financial scandal (which many suspect was leaked by a vengeful and still ambitious Sarkozy) has damaged and may eliminate him. He fought back by producing his diffident Welsh-born wife Penelope — accused of being paid for a fake job — at a rally where she tearfully held his hand while supporters shouted ‘Je suis Penelope!’ Polls indicate that two thirds of conservative voters still support him. How many of the other third might defect to Le Pen?

Brexit and Trump have created a sense that the unthinkable is possible, which could further weaken the taboo against voting for her. But it will mobilise her opponents too. I cannot believe that enough moderate voters will stay away from the second-round poll to let ‘the fascists’ win. ‘Republican discipline’ should still rally support for whoever polls best against Le Pen, which at the moment looks likely to be Macron.

Nevertheless, few now rule out a Le Pen victory completely, and if Macron’s campaign runs into serious trouble, all bets are off. Every new scandal or terrorist incident plays into her hands. If she did become president, France would face a genuine crisis, the worst for half a century. There would certainly be strikes and violent demonstrations by those who would see themselves as defending the republic against fascism. How she could form a viable government or win a majority in parliament is unclear. We would see a conflict between the Fifth Republic’s powerful president and its parliament under a constitutional system that one liberal critic has called dangerous even in the hands of a saint. The consequences for the euro, the EU, western security and Britain’s relations with one of its closest allies would be dire.

More likely is that a very different kind of outsider, Emmanuel Macron, will win in the second round. This would gain him goodwill and authority — for a time. But his, and France’s, problems would not be over. He is committed to liberal economic reforms likely to arouse widespread and even turbulent opposition. He is a one-man band, and established politicians of right and left have an interest in his failure. He himself will have won only because people who dislike him have seen him as a barrier to Le Pen. She will probably get a higher vote than ever and will continue working inexorably towards the next election. A French friend recently said to me, ‘I am not voting for anyone. I’m only voting against.’ This is the depressing mantra of French politics today.

Robert Tombs is professor of French history at St John’s College, Cambridge. He discusses the fate of the Fifth Republic in this week’s Spectator podcast, available at www.spectator.co.uk/podcast. He is the author of The English and Their History, and, with his wife, Isabelle, That Sweet Enemy: the British and the French from the Sun King to the Present.

Voir enfin:

Why Is France So Corrupt?
France’s lax ethical standards are catching up with Francois Fillon — and boosting Marine Le Pen’s campaign for president.
Robert Zaretsky
Foreign Policy
February 1, 2017

Last week, France’s Les Républicains had an American Republican moment — namely, they relived Richard Nixon’s televised 1952 Checkers speech. Just as the U.S. vice presidential candidate responded to charges that he and his family had dipped into a political campaign fund, so too did François Fillon, the French Républicains’ presidential candidate, appear on television to defend himself against similar charges.

Nixon’s gamble paid off. His remark that his wife, Pat, wore a “respectable Republican cloth coat” instead of mink won over enough Republican voters to salvage his place on Dwight Eisenhower’s ticket. Whether Fillon’s will do the same remains to be seen. He faces greater odds. As the satirical and investigative weekly Le Canard Enchaîné revealed last Wednesday, Fillon had funneled enough money — about $540,000 — from his taxpayer-funded parliamentary account into his wife’s private bank account for her to buy plenty of fur, should she so choose. One week later, the news got worse: turns out, according to Canard, the figure was closer to $900,000.

No one in France disputes Fillon’s right to have paid his wife as an “assistant” over the course of eight years. While nepotism laws in America prohibit such practices — unless you are president — not so in France. More than one-fifth of French parliamentary representatives — 115 of 577 — employ one or more family members as “assistants.” Yet, while it is not illegal for political officeholders in France to hire family members, it is illegal to create so-called emplois fictifs, or make-believe jobs where you pay relatives for work they have not, are not, and never intend to do. Herein lies the rub with the Fillons. Until the Canard’s scoop, there was no reason to believe that the Welsh-born Penelope Fillon devoted her life to anything other than her family of five (unless you count the five horses stabled near the family’s 12th-century chateau). Mme Fillon has previously conceded that she had extra time on her hands. In 2007, she told an interviewer with The Telegraph that she had just enrolled in a Shakespeare class: “I realized that my children have only known me as just a mother but I did a French degree, I qualified as a lawyer and I thought ‘Look here, I’m not that stupid.’ This will get me working and thinking again.”

During his televised interview, Fillon insisted that his wife’s work was real: Penelope Fillon reviewed his speeches, met with associates, gathered and collated news stories, and the like. And yet not only was she never seen in the halls of the National Assembly, even the residents of Sablé-sur-Sarthe (the village that is home to chateau Fillon ) were astonished to learn she was her husband’s assistant. As one local official told a journalist, “The separation was always clear: He took care of politics, she took care of the family.”

And if the goal of appearing on television was to contain the damage, it does not appear to have worked: Fillon did not help his cause by revealing in the same interview that, while a senator, he had also paid two of his children to handle specific cases for him because of “their particular competence as lawyers.” (The problem, as several newspapers quickly pointed out, is that neither child was a lawyer yet; the latest Canard story reports that they were paid approximately $90,000 for their work.) Over the weekend, fresh news broke out that between 2005 and 2007, Fillon had written himself seven checks totaling about $28,000 from an account earmarked for paying assistants; then came the new revelations that his wife’s pay had been even more than first thought.

The two pillars of Fillon’s candidacy have been the economic imperative of scaling back the state’s social protections, and the political imperative of being untouched by scandal. The two are interconnected; the former relies on the latter. That Penelope Fillon drew an exorbitant salary for reading her husband’s speeches before saddling up for a morning canter will not go down well with an electorate being asked to make financial sacrifices. At the same time, Fillon has always emphasized that his hands, unlike those of his fellow Gaullist contenders, were clean. During his primary debate with Alain Juppé, who was found guilty in 2004 of creating phony jobs while serving under Jacques Chirac, Fillon announced: “One cannot lead France if one is not irreproachable.” Fillon also blasted his rival Nicolas Sarkozy’s many entanglements over alleged campaign finance shenanigans by evoking the moral rectitude of the national conservative patriarch Charles de Gaulle: “Who could imagine the Général ever being taken in for a police questioning?” Now that finance inspectors have begun a preliminary investigation into Fillon’s case, the General seems more alone than ever.

France is not a particularly corrupt country, in global terms, but in the West it is something of an outlier. According to Transparency International’s 2016 “corruption perception” index, France ranked 23rd among 176 nations, just behind Estonia and just ahead of the Bahamas. It is not, of course, Somalia or Syria. But neither is it Denmark, New Zealand, Canada, or even the United States. In Western Europe, it outranks only Portugal, Italy, and Spain.

What may make matters worse is that French corruption is particularly high-profile: It doesn’t come in the form of cops asking for petty bribes, or companies buying off bureaucrats. Rather, thanks to the peculiarly French principle of a republican monarchy, French corruption involves vast sums and takes place at the highest levels of government. Created by De Gaulle in 1958, the Fifth Republic hands vast power and prestige to the presidency. The president, in principle, is not answerable to Parliament; the president, in essence, reigns and his ministers merely rule. While De Gaulle also endowed the office with his personal imperiousness and incorruptibility, his descendants have held tight to the former while mostly trashing the latter. From the late 1970s, when Central African Republic Emperor Jean-Bedel Bokassa showered Valéry Giscard d’Estaing with diamonds, through the 1980s, when Chirac, while mayor of Paris, embezzled public funds for his presidential campaign, to Sarkozy and the kaleidoscope of court cases confronting him, ranging from influence peddling to accepting $54 million in campaign financing from former Libyan dictator Muammar al-Qaddafi, the French presidency has been consistently mired in scandals worthy of the Bourbons. (François Hollande, for all his fecklessness, has — to give credit where it’s due — kept his hands relatively clean during his time in office; his scandals have been of the personal sort.)

This relentless drip of scandals both dampens public attitudes toward the mainstream parties — a Transparency International poll taken late last year revealed that three-quarters of the French believe that parliamentary deputies and government ministers are corrupt — and continues to raise the boat of the far-right National Front (FN). Marine Le Pen’s party has its own instances of financial misbehavior: The European Union had determined that the FN defrauded the European Parliament budget of more than $324,000, which it used to illicitly pay FN staffers. Perhaps because the victim was Brussels, however, and because Le Pen was not enriching herself personally, the scandal has had little traction in France; this week, while Fillon was busy battling for his political life, Le Pen was scoffing at the notion that she might return the funds. More to the point, it hasn’t stopped Le Pen from positioning herself as the only candidate able to drain the French swamp. Given the steady 25 to 26 percent support her party attracts in polls, a sizable group, it seems, believes her.

The reluctance of French governments to address the problem of corruption is well known. In 2014, a European Union report rapped France’s knuckles for its faulty firewalls in campaign financing, its judiciary’s relative lack of independence, and the absence of political willpower to tackle a culture of corruption. Until recently, moreover, the foot-dragging of politicians over these issues has not unduly bothered French voters. As Jean-Christophe Picard of the watchdog group Anticor notes, through the 1980s and 1990s the public mostly tolerated such wheeling and dealing. “In France, there is the idea that defrauding and wasting public money is not too serious a problem as long as there are no direct victims,” he said in a recent interview with the weekly French magazine L’Obs.

There have been some recent attempts to remedy the problem: Last year, the country enacted the Sapin II Law, which, for the first time, creates an anti-corruption agency, requires members of Parliament to render public the names of everyone listed on their official payrolls, and affords fuller legal protection to lanceurs d’alerte, the rather awkward French term for whistleblowers. The law has been hailed as an important step by transparency advocacy groups, but much of the law is aimed at targets lower down than the Élysée.

It is still too early to tell if the recent revelations will bar Fillon from the presidency, but it is looking increasingly likely. He has already vowed that he will end his campaign if formal charges are brought against him; on Tuesday, police were spotted at his parliamentary office looking for evidence. Even if the courts do not act before this spring’s election, Fillon’s reputation has already taken a serious hit. In an Odoxa poll taken after the Canard’s scoop, 61 percent of respondents had a bad opinion of Fillon, while just 38 percent thought favorably of him — a 4 percent drop since Jan. 8. An even more recent poll, conducted by Elabe, shows that Fillon is now in danger of not even making it past the first round of France’s two-stage election process. One of the beneficiaries of his decline will be Le Pen, who even before Penelope-gate had overtaken Fillon in a Le Monde poll; another may be Emmanuel Macron, the center-left independent whose campaign continues to gain momentum. French politics is looking more unpredictable than ever, and much can still happen between now and the first round of the election, which is slated for late April. But one thing does seem clear: With Penelope-gate, a long French tradition looks set to continue.


Présidence Trump: Attention: une ignorance peut en cacher une autre ! (Don’t know much about history: Our geographically and historically challenged leaders are emblematic of disturbing trends in American education)

8 février, 2017
superhackDon’t know much about history … Sam Cooke
Barack is one of the smartest people you will ever encounter who will deign to enter this messy thing called politics. Michelle Obama
Féru d’histoire, je sais aussi la dette que la civilisation doit à l’islam. Barack Hussein Obama
Le Saint Coran nous enseigne que quiconque tue un innocent tue l’humanité tout entière, et que quiconque sauve quelqu’un, sauve l’humanité tout entière. Barack Hussein Obama
Nous cherchons à ouvrir un nouveau chemin en direction du monde musulman, fondé sur l’intérêt mutuel et le respect mutuel. (…) Nous sommes une nation de chrétiens, de musulmans, de juifs, d’hindous et de non croyants. Barack Hussein Obama (discours d’investiture, le 20 janvier 2009)
Une nation de musulmans, de chrétiens et de juifs … Barack Hussein Obama (Entretien à la télévision saoudienne Al-Arabiya, 27 janvier, 2009)
Nous exprimerons notre appréciation profonde de la foi musulmane qui a tant fait au long des siècles pour améliorer le monde, y compris mon propre pays. Barack Hussein Obama (Ankara, avril 2009)
Les Etats-Unis et le monde occidental doivent apprendre à mieux connaître l’islam. D’ailleurs, si l’on compte le nombre d’Américains musulmans, on voit que les Etats-Unis sont l’un des plus grands pays musulmans de la planète. Barack Hussein Obama (entretien pour Canal +, le 2 juin 2009)
Salamm aleïkoum (…) Comme le dit le Saint Coran, « Crains Dieu et dis toujours la vérité ». (…) Je suis chrétien, mais mon père était issu d’une famille kényane qui compte des générations de musulmans. Enfant, j’ai passé plusieurs années en Indonésie où j’ai entendu l’appel à la prière (azan) à l’aube et au crépuscule. Jeune homme, j’ai travaillé dans des quartiers de Chicago où j’ai côtoyé beaucoup de gens qui trouvaient la dignité et la paix dans leur foi musulmane. Barack Hussein Obama (Prêche du Caire)
If we don’t deepen our ports all along the Gulf — places like Charleston, South Carolina; or Savannah, Georgia; or Jacksonville, Florida . . .  Barack Hussein Obama
It is just wonderful to be back in Oregon, and over the last 15 months we’ve traveled to every corner of the United States. I’ve now been in fifty …. seven states? I think one left to go. One left to go. Alaska and Hawaii, I was not allowed to go to even though I really wanted to visit but my staff would not justify it. Barack Hussein Obama
The average reporter we talk to is 27 years old, and their only reporting experience consists of being around political campaigns. That’s a sea change. They literally know nothing. (…) We created an echo chamber. They were saying things that validated what we had given them to say. Ben Rhodes (conseiller-adjoint à la sécurité extérieure d’Obama)
It is with a heavy heart and somber mind that we remember and honor the victims, survivors, heroes of the Holocaust. It is impossible to fully fathom the depravity and horror inflicted on innocent people by Nazi terror. Yet, we know that in the darkest hours of humanity, light shines the brightest.‎ As we remember those who died, we are deeply grateful to those who risked their lives to save the innocent. In the name of the perished, I pledge to do everything in my power throughout my Presidency, and my life, to ensure that the forces of evil never again defeat the powers of good. Together, we will make love and tolerance prevalent throughout the world. Donald Trump
Despite what the media reports, we are an incredibly inclusive group and we took into account all of those who suffered. Spokesperson Hope Hicks
 I mean, everyone’s suffering in the Holocaust including obviously all of the Jewish people affected, and the miserable genocide that occurred is something that we consider to be extraordinarily sad and something that can never be forgotten. White House Chief of Staff Reince Priebus
There were indeed millions of innocent people whom the Nazis killed in many horrific ways, some in the course of the war and some because the Germans perceived them—however deluded their perception—to pose a threat to their rule. They suffered terribly. But that was not the Holocaust. Deborah Lipstadt
After the Holocaust took away so much from the Jews, we must not take the Holocaust itself away from the Jews. Those victims were murdered not merely because they were different. They were murdered not merely because they were an ‘other.’ They were murdered because they were Jews. Ron Dermer, the Israeli ambassador to the United States
Je le respecte, mais «ça ne veut pas dire que je vais m’entendre avec lui.  C’est un leader dans son pays, et je pense qu’il vaut mieux s’entendre avec la Russie que l’inverse. (…) Beaucoup de tueurs, beaucoup de tueurs. Pensez-vous que notre pays soit si innocent? Donald Trump
Je ne pense pas qu’il y ait aucune équivalence entre la manière dont les Russes se comportent et la manière dont les États-Unis se comportent. C’est un ancien du KGB, un voyou, élu d’une manière que beaucoup de gens ne trouvent pas crédible.  Mitch McConnell (chef de file des républicains au Sénat)
Quand est-ce qu’un activiste démocrate a été empoisonné par le parti Républicain, ou vice-versa? Nous ne sommes pas comme Poutine. Marc Rubio (sénateur républicain de Floride)
Dans son « parler vrai » à l’adresse du monde arabe, après avoir commencé par prétendre mensongèrement que, comme l’Amérique, l’islam cultivait « la justice et le progrès, la tolérance et la dignité de tout être humain », Obama a été sciemment et fondamentalement malhonnête. Par cette malhonnêteté, il a entrepris de placer le monde musulman sur un pied d’égalité morale avec le monde libre. (…) Malheureusement, une analyse attentive de ses déclarations montre qu’Obama adopte bel et bien le point de vue des Arabes, selon lequel Israël serait un élément étranger – et donc injustifiable – dans le monde arabe. En réalité, loin de dénoncer leur refus d’accepter Israël, Obama le légitime. L’argument fondamental que les Arabes utilisent contre Israël est que la seule raison de sa création aurait été d’apaiser la mauvaise conscience des Européens après la Shoah. Selon leurs dires, les Juifs n’auraient aucun droit sur la Terre d’Israël du point de vue légal, historique et moral. Or, cet argument est complètement faux ». (…) « La communauté internationale a reconnu les droits légaux, historiques et moraux du peuple juif sur la Terre d’Israël bien avant que quiconque ait jamais entendu parler d’Adolf Hitler. En 1922, la Société des Nations avait mandaté la « reconstitution » – et non la création – du foyer national juif sur la Terre d’Israël dans ses frontières historiques sur les deux rives du Jourdain. Cependant, dans ce qu’il présentait lui-même comme un exemple de parler-vrai, Obama a ignoré cette vérité fondamentale au profit du mensonge arabe. Il a donné du crédit à son mensonge en déclarant, hors de propos, que « l’aspiration à un territoire juif est ancrée dans un passé tragique ». Il a ensuite lié de façon explicite la création de l’État d’Israël à la Shoah, en formulant une leçon d’histoire intéressée sur le génocide des Juifs d’Europe. Pire encore que son aveuglement délibéré vis-à-vis des justifications historiques, légales et morales de la renaissance d’Israël, il y a la manière dont Obama a évoqué Israël même. De façon odieuse et mensongère, Obama a allègrement comparé la manière dont Israël traite les Palestiniens à celle dont les esclavagistes blancs, en Amérique, traitaient leurs esclaves noirs. De même, il a assimilé les terroristes palestiniens à la catégorie, moralement pure, des esclaves. De façon plus ignoble encore, en utilisant le terme de « résistance », euphémisme arabe pour désigner le terrorisme palestinien, Obama a conféré à celui-ci la grandeur morale des révoltes des esclaves et du mouvement des droits civiques. Caroline Glick (Haaretz)
Les squelettes qui encombrent tous les placards d’Obama n’ont jamais été dérangés ni examinés par la presse dite Mainstream, c’est-à-dire la presse « honorable ». Alors qu’un comportement systématique et permanent de coopération avec l’extrême-gauche raciste, violente et fraudeuse, avec les plus extrêmes représentants du Black Power, apôtres d’un fascisme noir, a été démontré par des enquêtes répétées, la grande presse, les networks de télévision sont restés d’un silence de plomb. Sa carrière politique a-t-elle été lancée par le terroriste non repenti Bill Ayers, du Weather Underground, équivalent américain d’Action directe ? Obama ment sans vergogne. A propos d’Ayers : « c’est un type qui habite dans ma rue », alors que l’autre l’a fait entrer au conseil d’une fondation où il siège, et qui finance toutes sortes d’organisations louches mais situées à l’extrême-gauche, dont ACORN, aujourd’hui inculpée de fraude électorale dans dix Etats de l’Union. La presse ne pipe mot. Alors que sa carrière politique a été couvée et promue par la sordide organisation démocrate de Chicago, machine à tricher et à voler, qui fait pâlir la Corse, Marseille et Naples réunies, qu’il y a été financé par l’escroc syrien Antoine Rezko, actuellement pensionnaire des prisons fédérales, on n’en trouve pas un mot dans les media. (…) De même, les networks de télévision procèdent par montage pour présenter un Obama clair, clairvoyant, décidé, alors qu’il bafouille et hésite quand le téléprompteur lui manque, ou qu’il n’est pas en situation de réciter les talking points (les paragraphes pondus par son équipe). Ce qui donne des discours et des réponses pleins de « mots codes » et vides de contenu ; comme il a remarquablement assimilé l’art tout washingtonien de réciter les dossiers, un peu à la façon énarque, il peut prétendre savoir de quoi il parle, alors qu’en matière de politique étrangère, il a l’ignorance crasse du novice. On me dira : vous exagérez ! Il est brillant diplômé de Harvard ! A quoi je ferai remarquer qu’un universitaire décrit comme de grande classe devrait avoir écrit quelques articles de grande revue de droit qui auront fait date. Ici, rien, le désert. Qu’on se souvienne des présidentielles de 2000 – Bush avait été un étudiant pas très assidu, quoique diplômé de la prestigieuse université de Yale ; mais il avait été bambocheur et buveur – la grande presse faisait florès du moindre verre de whisky jamais avalé. Aujourd’hui, elle passe au microscope le moindre pas de la famille Palin, et s’acharne à trouver tous les poux du monde dans la tête du gouverneur de l’Alaska. Les media se sont transformées en une machine à faire élire Obama, qui est donc à la fois le candidat du Parti Démocrate et du Parti de la presse. Laurent Murawiec
Obama demande pardon pour les faits et gestes de l’Amérique, son passé, son présent et le reste, il s’excuse de tout. Les relations dégradées avec la Russie, le manque de respect pour l’Islam, les mauvais rapports avec l’Iran, les bisbilles avec l’Europe, le manque d’adulation pour Fidel Castro, tout lui est bon pour battre la coulpe de l’Amérique. Plus encore, il célèbre la contribution (totalement inexistante) de l’Islam à l’essor de l’Amérique, et il se fend d’une révérence au sanglant et sectaire roi d’Arabie, l’Abdullah de la haine. Il annule la ceinture anti-missiles sise en Alaska et propose un désarmement nucléaire inutile. (…) Plus encore, cette déplorable Amérique a semé le désordre et le mal partout dans le monde. Au lieu de collaborer multilatéralement avec tous, d’œuvrer au bien commun avec Poutine, Chavez, Ahmadinejad, Saddam Hussein, Bachir al-Assad, et Cie, l’insupportable Bush en a fait des ennemis. (…) Il n’y a pas d’ennemis, il n’y a que des malentendus. Il ne peut y avoir d’affrontements, seulement des clarifications. Laurent Murawiec
Si vous êtes Israéliens, Obama vous laisse le choix du costume : si l’uniforme SS vous déplait, vous avez celui d’esclavagiste faisant claquer son fouet dans une plantation de la banlieue d’Atlanta en 1850, ou celui de policier au service de la discrimination du côté de Soweto. Joli choix, non? Guy Millière
Obama (…) dit que Thomas Jefferson était un lecteur du Coran, mais omet de rappeler, ce que tout lecteur de la correspondance de Jefferson sait, que si celui qui fut le troisième Président des Etats-Unis a lu le Coran, c’était pour comprendre la mentalité de gens qui exerçaient des actes de prédation violente contre des navires marchands américains. Obama cite par ailleurs une phrase de John Adams disant que ‘les Etats-Unis sont en paix’ avec le monde musulman, mais il omet de signaler que la phrase de John Adams figure dans un accord de paix qui suit une action de guerre menée par les Etats-Unis aux fins que les actes de prédation susdits cessent. (…) Et je passe sur les propos concernant l’invention de l’algèbre, du compas, de la boussole, de l’imprimerie de la médecine moderne, par des musulmans. Obama, ou son téléprompteur, n’ont jamais dû ouvrir un livre d’histoire des sciences et des techniques. (..) Je garde le meilleur pour la fin: ‘tout au long de l’histoire, l’islam a démontré, par les paroles et par les actes, les possibilités de la tolérance religieuse et de l’égalité raciale’. (…) Dire une telle phrase en gardant son sérieux implique un talent certain dans l’aptitude à dire n’importe quoi en gardant son sérieux. Enfin, et c’est le plus grave, c’est même si grave que là, on n’est plus dans le douteux, mais dans le répugnant, Obama pousse le relativisme moral et les comparaisons bancales jusqu’à un degré où il frôle le révisionnisme qu’il dénonce par ailleurs. Oser comparer la destruction des Juifs d’Europe par le régime nazi et ses complices au sort subi par le ‘peuple palestinien’ depuis soixante années montre, qu’à force d’écouter des gens comme Jeremiah Wright, il reste des salissures dans les neurones ». Guy Millière
Le réel, c’est un pays en proie à la plus grave menace d’éclatement social et culturel depuis les années 30. Le réel, c’est une explosion sans précédent des inégalités. Le réel, c’est l’abîme qui sépare les privilégiés et les élites mondialisées. Le réel, ce sont des usines fermées, des entreprises délocalisées, des emplois raréfiés, des salariés déprimés, et des électeurs frustrés. Le réel, c’est une immigration massive (11 millions de clandestins sans doits et sous-payés !) encouragée par le patronat pour accentuer le dumping social et la guerre des pauvres contre les pauvres. Le réel, c’est le bide de l’ère Obama à l’exception de l’Obamacare, qui a joué de son image pour faire oublier un bilan se ramenant à un grand vide. Le réel, c’est le rejet de la famille Clinton, considérée à tort ou à raison comme le symbole de l’entre-soi, de l’arrivisme et du copinage. Le réel, enfin, c’est un candidat qui a surfé sur toute ces frustrations pour l’emporter alors qu’il est lui-même le représentant type de l’Amérique du fric. Clinton, un discours convenu et rejeté. Le réel, c’est un Donald Trump que l’on a réduit à ses propres outrances – ce qui n’est guère compliqué – en oubliant que sur nombre de sujets (la folie du libre-échange, les délocalisations, la misère ouvrière, le rejet de l’élite), il a su développer une démagogie d’autant plus efficace qu’en face, Hillary Clinton s’est contentée de reprendre un discours convenu, attendu et rejeté. Cette dernière est même allée jusqu’à traiter les électeurs de Trump de personnes « pitoyables », étalant ainsi un mépris de classe qui n’a sans doute pas été pour rien dans sa déroute. Et voilà comment on en est arrivé à un résultat que les experts en tout et en rien n’ont pas vu venir, car eux-mêmes vivent dans une bulle. Tout comme ils ont été incapables de prévoir le Brexit, ou quelques années plus tôt la victoire du non au traité constitutionnel européen en 2005, il était inconcevable à leurs yeux qu’un homme aussi détestable que Donald Trump puisse l’emporter. Toutes proportions gardées, c’est la même cécité qui les conduit à ne rien comprendre au phénomène Le Pen en France, lequel n’est pas sans analogie avec l’effet Trump. Face à la colère qui conduit nombre de citoyens déboussolés à se tourner vers le FN, ils se contentent encore trop souvent de condamnations morales, sans prendre en compte un mouvement de fond qui se joue des barrières de la diabolisation. Mieux vaudrait s’en apercevoir avant qu’il ne soit trop tard. Marianne
Donald Trump, éreinté par les prêcheurs d’amour, en devient estimable. La gauche morale, qui refuse de se dire vaincue, dévoile l’intolérance qu’elle dissimulait du temps de sa domination. Cette semaine, les manifestations anti-Trump se succèdent à Washington, où le président prête serment ce vendredi. La presse ne cache rien de la répulsion que lui inspire celui qui a gagné en lui tournant le dos. Les artistes de variétés se glorifient de ne vouloir chanter pour lui. Des stylistes de mode font savoir qu’ils n’habilleront pas la First Lady, Melania. Des peintres demandent à Ivanka, la fille, de décrocher leurs œuvres de son appartement. Au pays de la démocratie, le choix du peuple et des grands électeurs est refusé par une caste convaincue de sa supériorité. (…) Le sectarisme des prétendus bienveillants montre leur pharisaïsme. Les masques n’ont pas fini de tomber. C’est un monde ancien qu’enterre Trump à la Maison-Blanche : celui des bons sentiments étalés et des larmes furtives, alibis des lâchetés. La vulgarité du cow-boy mégalomane et son expression brutale ne suffisent pas à le disqualifier. D’autant que ses procureurs se ridiculisent. Le mondialiste George Soros, qui avait parié sur la frayeur des marchés, aurait perdu près d’un milliard de dollars. En quelques tweets, Trump a obtenu que Ford annule un projet d’usine au Mexique au profit d’un investissement dans le Michigan. Fiat-Chrystler va également rapatrier une production de véhicules. General Motors promet d’investir un milliard de dollars. Carrier (climatiseurs) va sauver 1 000 postes. Amazon annonce 100 000 emplois et Walmart 10 000. L’effet Trump s’est déjà mis en branle. L’éléphant va casser de la porcelaine. Mais la révolution des œillères, ôtées grâce à lui, est à ce prix. Il va être difficile, pour les orphelins de l’obamania et les pandores du bien-pensisme, de faire barrage à l’insurrection populaire qui s’exprime, faute de mieux, derrière ce personnage instinctif. Ivan Rioufol
Iran now stands at the apex of an arc of influence stretching from Tehran to the Mediterranean, from the borders of NATO to the borders of Israel and along the southern tip of the Arabian Peninsula. It commands the loyalties of tens of thousands in allied militias and proxy armies that are fighting on the front lines in Syria, Iraq and Yemen with armored vehicles, tanks and heavy weapons. They have been joined by thousands of members of the Iranian Revolutionary Guard Corps, Iran’s most prestigious military wing, who have acquired meaningful battlefield experience in the process. For the first time in its history, the Institute for the Study of War noted in a report last week, Iran has developed the capacity to project conventional military force for hundreds of miles beyond its borders. “This capability, which very few states in the world have, will fundamentally alter the strategic calculus and balance of power within the Middle East,” the institute said. America’s Sunni Arab allies, who blame the Obama administration’s hesitancy for Iran’s expanded powers, are relishing the prospect of a more confrontational U.S. approach. Any misgivings they may have had about Trump’s anti-Muslim rhetoric have been dwarfed by their enthusiasm for an American president they believe will push back against Iran. The Washington Post
Now that Obama is out of office, the Washington Post is beginning to look at the consequences of his policies. One of the biggest: Iran is now a regional superpower, but still as hostile to the U.S. and its allies as ever…. The American interest
Donald Trump was not my favorite in the primaries; but once he was likely to win the nomination (April 2016), I simply went to his website and collated his positions with Hillary Clinton’s on sanctuary cities, illegal immigration, defense, foreign policy, taxes, regulation, energy development, the EPA, the 2nd Amendment, the wall, school choice, and a host of other issues. The comparison supported my suspicions that he was more conservative and would not lose the Supreme Court for a generation to progressive massaging of the law, which was inevitable under Hillary Clinton. I think his appointments, Supreme Court pick, and executive orders have supported that belief that he is far more conservative than Hillary Clinton’s agendas. Oh, I came to another conclusion: I initially thought Trump might be the only nominee who would lose to Hillary Clinton; soon, however, I began to believe that he might be the only one who could beat her, given he was the first Republican to campaign in the Lee Atwater-style of 1988 and actually fought back against the WikiLeaks nexus of the media and Democratic Party. As for his sometimes reckless tweets and outbursts, I calibrated three variables: 1) Were they any different from past presidents’? In fact, they were—but not to a degree that I thought his behavior endangered the republic. For all his antics at rallies, he did not yet say “punish our enemies” or urge his supporters to take a gun to a knife fight or to get in “their faces.” His silliness was similar to Joe Biden’s (“put you all in chains,” or his belief that FDR went on TV to the nation in 1929). Yes, I wish Trump was more sober and judicious, but then again we have had very unsober presidents and vice presidents in the past (LBJ showed the nation his surgery scars and reportedly exposed himself during a meeting). FDR carried on an affair while president. No need to mention JFK’s nocturnal romps. So far Trump is not using the Oval Office bathroom for trysts with subordinate interns. Much of Trump’s oafishness is media created and reflects a bit of class disdain. We all need, however, to watch every president and call out crudity when it occurs. (I am still not happy with the strained explanations of his jerky movements as not an affront to a disabled person.) 2) Did the media play a role in the demonization of Trump? I think it did. In the last few weeks we were told falsely that his lawyer went to Prague to cut a deal with the Russians, that he removed the bust of Martin Luther King from the Oval Office, and that he engaged in sexual debaucheries in Moscow—all absolutely not true. Who would trust the media after all that? So much of the hysteria is driven by a furious media that was not so furious when Obama signed executive orders circumventing the law or the Clintons ran a veritable shake-down operation (where is it now?) at the Clinton Foundation. Not wanting to take refugees from Australia that had sent back to sea arriving migrants and had them deposited them in camps in nearby islands is not exactly an extreme position (by liberal standards, Australia is the illiberal actor, not Trump). 3) Do Trump’s episodic outbursts threaten his agendas? I don’t know, but the media will ensure that they will, if he is not more circumspect. So far he is by design creating chaos and has befuddled his opponents, but I think in the long run he must limit his exposure to gratuitous attacks by curbing his tweets—and I have written just that in the past. Trump’s agenda is fine; his pushback against an unhinged Left and biased media is healthy, but he must economize his outbursts given that the strategy of his opponents is to nick him daily in hopes of an aggregate bleed. We have four more years and he needs to conserve his strength and stamina and not get sidelined with spats with Merle Streep or Arnold at the Apprentice. Remember, Obama was the revolution that sought to remake the country; the reaction to it is pushing the country back to the center—which appears now revolutionary. Trump’s stances on energy development, immigration, and foreign policy are not that much different from Bill Clinton’s or George H.W. Bush’s. They seem revolutionary because again he is correcting a revolution. Who had ever dreamed in 1995 of a sanctuary city, emulating the nullification policies of the Old Confederacy? Victor Davis Hanson
President Obama has a habit of asserting strategic nonsense with such certainty that it is at times embarrassing and frightening. Nowhere is that more evident than in his rhetoric about the Middle East. (…) in July 2015, Obama claimed that the now growing ISIS threat could not be addressed through force of arms, assuring the world that “Ideologies are not defeated with guns, they are defeated by better ideas.” Such a generic assertion seems historically preposterous. The defeat of German Nazism, Italian fascism, and Japanese militarism was not accomplished by Anglo-American rhetoric on freedom. What stopped the growth of Soviet-style global communism during the Cold War were both armed interventions such as the Korean War and real threats to use force such as during the Berlin Airlift and Cuban Missile Crisis— along with Ronald Reagan’s resoluteness backed by a military buildup that restored credible Western military deterrence. In contrast, Obama apparently believes that strategic threats are not checked with tough diplomacy backed by military alliances, balances of power, and military deterrence, much less by speaking softly and carrying a big stick. Rather, crises are resolved by ironing out mostly Western-inspired misunderstandings and going back on heat-of-the moment, ad hoc issued deadlines, red lines, and step-over lines, whether to the Iranian theocracy, Vladimir Putin, or Bashar Assad. Sometimes the administration’s faith in Western social progressivism is offered to persuade an Iran or Cuba that they have missed the arc of Westernized history—and must get back on the right side of the past by loosening the reins of their respective police states. Obama believes that engagement with Iran in non-proliferation talks—which have so far given up on prior Western insistences on third-party, out of the country enrichment, on-site inspections, and kick-back sanctions—will inevitably ensure that Iran becomes “a successful regional power.” That higher profile of the theocracy apparently is a good thing for the Middle East and our allies like Israel and the Gulf states.  (…) In his February 2, 2015 outline of anti-ISIS strategy—itself an update of an earlier September 2014 strategic précis—Obama again insisted that “one of the best antidotes to the hateful ideologies that try to recruit and radicalize people to violent extremism is our own example as diverse and tolerant societies that welcome the contributions of all people, including people of all faiths.” The idea, a naïve one, is that because we welcome mosques on our diverse and tolerant soil, ISIS will take note and welcome Christian churches. One of Obama’s former State Department advisors, Georgetown law professor Rosa Brooks, recently amplified that reductionist confidence in the curative power of Western progressivism. She urged Americans to tweet ISIS, which, like Iran, habitually executes homosexuals. Brooks hoped that Americans would pass on stories about and photos of the Supreme Court’s recent embrace of gay marriage: “Do you want to fight the Islamic State and the forces of Islamic extremist terrorism? I’ll tell you the best way to send a message to those masked gunmen in Iraq and Syria and to everyone else who gains power by sowing violence and fear. Just keep posting that second set of images [photos of American gays and their supporters celebrating the Supreme Court decision]. Post them on Facebook and Twitter and Reddit and in comments all over the Internet. Send them to your friends and your family. Send them to your pen pal in France and your old roommate in Tunisia. Send them to strangers.” Such zesty confidence in the redemptive power of Western moral superiority recalls First Lady Michelle Obama’s efforts to persusade the murderous Boko Haram to return kidnapped Nigerian preteen girls. Ms. Obama appealed to Boko Haram on the basis of shared empathy and universal parental instincts. (“In these girls, Barack and I see our own daughters. We see their hopes, their dreams and we can only imagine the anguish their parents are feeling right now.”) Ms. Obama then fortified her message with a photo of her holding up a sign with the hash-tag #BringBackOurGirls. Vladimir Putin’s Russia has added Crimea and Eastern Ukraine to his earlier acquisitions in Georgia. He is most likely eyeing the Baltic States next. China is creating new strategic realities in the Pacific, in which Japan, South Korea, Taiwan, and the Philippines will eventually either be forced to acquiesce or to seek their own nuclear deterrent. The Middle East has imploded. Much of North Africa is becoming a Mogadishu-like wasteland. The assorted theocrats, terrorists, dictators, and tribalists express little fear of or respect for the U.S. They believe that the Obama administration does not know much nor cares about foreign affairs. They may be right in their cynicism. A president who does not consider chlorine gas a chemical weapon could conceivably believe that the Americans once liberated Auschwitz, that the Austrians speak an Austrian language, and that the Falklands are known in Latin America as the Maldives. Both friends and enemies assume that what Obama or his administration says today will be either rendered irrelevant or denied tomorrow. Iraq at one point was trumpeted by Vice President Joe Biden as the administration’s probable “greatest achievement.” Obama declared that Iraq was a “stable and self-reliant” country in no need of American peacekeepers after 2011. Yanking all Americans out of Iraq in 2011 was solely a short-term political decision designed as a 2012 reelection talking point. The American departure had nothing to do with a disinterested assessment of the long-term security of the still shaky Iraqi consensual government. When Senator Obama damned the invasion of Iraq in 2003; when he claimed in 2004 that he had no policy differences with the Bush administration on Iraq; when he declared in 2007 that the surge would fail; when he said in 2008 as a presidential candidate that he wanted all U.S. troops brought home; when he opined as President in 2011 that the country was stable and self-reliant; when he assured the world in 2014 that it was not threatened by ISIS; and when in 2015 he sent troops back into an imploding Iraq—all of these decisions hinged on perceived public opinion, not empirical assessments of the state of Iraq itself. The near destruction of Iraq and the rise of ISIS were the logical dividends of a decade of politicized ambiguity. After six years, even non-Americans have caught on that the more Obama flip-flops on Iraq, deprecates an enemy, or ignores Syrian redlines, the less likely American arms will ever be used and assurances honored. The world is going to become an even scarier place in the next two years. The problem is not just that our enemies do not believe our President, but rather that they no longer even listen to him. Victor Davis Hanson
President Obama (…) believes history follows some predetermined course, as if things always get better on their own. Obama often praises those he pronounces to be on the “right side of history.” He also chastises others for being on the “wrong side of history” — as if evil is vanished and the good thrives on autopilot. When in 2009 millions of Iranians took to the streets to protest the thuggish theocracy, they wanted immediate U.S. support. Instead, Obama belatedly offered them banalities suggesting that in the end, they would end up “on the right side of history.” Iranian reformers may indeed end up there, but it will not be because of some righteous inanimate force of history, or the prognostications of Barack Obama. Obama often parrots Martin Luther King Jr.’s phrase about the arc of the moral universe bending toward justice. But King used that metaphor as an incentive to act, not as reassurance that matters will follow an inevitably positive course. Another of Obama’s historical refrains is his frequent sermon about behavior that doesn’t belong in the 21st century. At various times he has lectured that the barbarous aggression of Vladimir Putin or the Islamic State has no place in our century and will “ultimately fail” — as if we are all now sophisticates of an age that has at last transcended retrograde brutality and savagery. In Obama’s hazy sense of the end of history, things always must get better in the manner that updated models of iPhones and iPads are glitzier than the last. In fact, history is morally cyclical. Even technological progress is ethically neutral. It is a way either to bring more good things to more people or to facilitate evil all that much more quickly and effectively. In the viciously modern 20th century — when more lives may have been lost to war than in all prior centuries combined — some 6 million Jews were put to death through high technology in a way well beyond the savagery of Attila the Hun or Tamerlane. Beheading in the Islamic world is as common in the 21st century as it was in the eighth century — and as it will probably be in the 22nd. The carnage of the Somme and Dresden trumped anything that the Greeks, Romans, Franks, Turks, or Venetians could have imagined. (…) What explains Obama’s confusion? A lack of knowledge of basic history explains a lot. (…) Obama once praised the city of Cordoba as part of a proud Islamic tradition of tolerance during the brutal Spanish Inquisition — forgetting that by the beginning of the Inquisition an almost exclusively Christian Cordoba had few Muslims left. (…) A Pollyannaish belief in historical predetermination seems to substitute for action. If Obama believes that evil should be absent in the 21st century, or that the arc of the moral universe must always bend toward justice, or that being on the wrong side of history has consequences, then he may think inanimate forces can take care of things as we need merely watch. In truth, history is messier. Unfortunately, only force will stop seventh-century monsters like the Islamic State from killing thousands more innocents. Obama may think that reminding Putin that he is now in the 21st century will so embarrass the dictator that he will back off from Ukraine. But the brutish Putin may think that not being labeled a 21st-century civilized sophisticate is a compliment. In 1935, French foreign minister Pierre Laval warned Joseph Stalin that the Pope would admonish him to go easy on Catholics — as if such moral lectures worked in the supposedly civilized 20th century. Stalin quickly disabused Laval of that naiveté. “The Pope?” Stalin asked, “How many divisions has he got?” There is little evidence that human nature has changed over the centuries, despite massive government efforts to make us think and act nicer. What drives Putin, Boko Haram, or ISIS are the same age-old passions, fears, and sense of honor that over the centuries also moved Genghis Khan, the Sudanese Mahdists, and the Barbary pirates. Obama’s naive belief in predetermined history — especially when his facts are often wrong — is a poor substitute for concrete moral action. Victor Davis Hanson
Let’s hope that the era of ‘lead from behind’ and violated red lines is over. For eight years, the Obama administration misjudged Vladimir Putin’s Russia, as it misjudged most of the Middle East, China, and the rest of the world as well. Obama got wise to Russia only when Putin imperiled not just U.S. strategic interests and government records but also supposedly went so far as to tamper with sacrosanct Democratic-party secrets, thereby endangering the legacy of Barack Obama. Putin was probably bewildered by Obama’s media-driven and belated concern, given that the Russians, like the Chinese, had in the past hacked U.S. government documents that were far more sensitive than the information it may have mined and leaked in 2016 — and they received nothing but an occasional Obama “cut it out” whine. Neurotic passive-aggression doesn’t merely bother the Russians; it apparently incites and emboldens them. (…) Russia had once lost a million civilians at the siege of Leningrad when Hitler’s Army Group North raced through the Baltic States (picking up volunteers as it went) and met up with the Finns. At Sevastopol, General Erich von Manstein’s Eleventh Army may well have inflicted 100,000 Russian Crimean casualties in a successful but nihilistic effort to take and nearly destroy the fortress. The Kiev Pocket and destruction of the Southwestern Front of the Red Army in the Ukraine in September 1941 (700,000 Russians killed, captured, or missing) may have been the largest encirclement and mass destruction of an army in military history. For Putin, these are not ancient events but rather proof of why former Soviet bloodlands were as much Russian as Puerto Rico was considered American. We find such reasoning tortured, given Ukrainian and Crimean desires to be free; Putin insists that Russian ghosts still flitter over such hallowed ground. Reconstruction of Putin’s mindset is not justification for his domestic thuggery or foreign expansionism at the expense of free peoples. But it does remind us that he is particularly ill-suited to listen to pat lectures from American sermonizers whose unwillingness to rely on force to back up their sanctimony is as extreme as their military assets are overwhelming. Putin would probably be less provoked by a warning from someone deemed strong than he would be by obsequious outreach from someone considered weak. There were areas where Obama might have sought out Putin in ways advantageous to the U.S., such as wooing him away from Iran or playing him off against China or lining him up against North Korea. But ironically, Obama was probably more interested in inflating the Persian and Shiite regional profile than was Putin himself. Putin would probably be less provoked by a warning from someone deemed strong than he would be by obsequious outreach from someone considered weak. If Obama wished to invite Putin into the Middle East, then at least he might have made an effort to align him with Israel, the Gulf States, Egypt, and Jordan, in pursuit of their shared goal of wiping out radical Islamic terrorism. In the process, these powers might have grown increasingly hostile to Syria, Hezbollah, and Iran. But Obama was probably more anti-Israeli than Putin, and he also disliked the moderate Sunni autocracies more than Putin himself did. As far as China, Putin was delighted that Obama treated Chinese aggression in the Spratly Islands as Obama had treated his own in Ukraine: creased-brow angst about bad behavior followed by indifference. The irony of the failed reset was that in comparative terms the U.S. — given its newfound fossil-fuel wealth and energy independence, the rapid implosion of the European Union, and its continuing technological superiority — should have been in an unusually strong position as the leader of the West. Unhinged nuclear proliferation, such as in Pakistan and North Korea and soon in Iran, is always more of a long-term threat to a proximate Russia than to a distant America. And Russia’s unassimilated and much larger Muslim population is always a far more existential threat to Moscow than even radical Islamic terrorism is at home to the U.S. In other words, there were realist avenues for cooperation that hinged on a strong and nationalist U.S. clearly delineating areas where cooperation benefitted both countries (and the world). Other spheres in which there could be no American–Russian consensus could by default have been left to sort themselves out in a may-the-best-man-win fashion, hopefully peaceably. Such détente would have worked only if Obama had forgone all the arc-of-history speechifying and the adolescent putdowns, meant to project strength in the absence of quiet toughness. Let us hope that Donald Trump, Rex Tillerson, and Jim Mattis know this and thus keep mostly silent, remind Putin privately (without trashing a former president) that the aberrant age of Obama is over, carry huge sticks, work with Putin where and when it is in our interest, acknowledge his help, seek to thwart common enemies — and quietly find ways to utilize overwhelming American military and economic strength to discourage him from doing something unwise for both countries. Victor Davis Hanson
In reference to the Falkland Islands, President Obama called them the Maldives — islands southwest of India — apparently in a botched effort to use the Argentine-preferred “Malvinas.” The two island groups may sound somewhat alike, but they are continents apart. Again, without basic geographical knowledge, the president’s commentary on the Falklands is rendered superficial. When in the state of Hawaii, Obama announced that he was in “Asia.” He lamented that the U.S. Army’s Arabic-language translators assigned to Iraq could better be used in Afghanistan, failing to recognize that Arabic isn’t the language of Afghanistan. And he also apparently thought Austrians speak a language other than German. The president’s geographical illiteracy is a symptom of the nation’s growing ignorance of once-essential subjects such as geography and history. The former is not taught any more as a required subject in many of our schools and colleges. The latter has often been redefined as race, class, and gender oppression so as to score melodramatic points in the present rather than to learn from the tragedy of the past. The president in his 2009 Cairo speech credited the European Renaissance and Enlightenment to Islam’s “light of learning” — an exaggeration if not an outright untruth on both counts. Closer to home, the president claimed in 2011 that Texas had historically been Republican — while in reality it was a mostly Jim Crow Democratic state for over a century. Republicans started consistently carrying Texas only after 1980. Recently, Obama claimed that 20th-century Communist strongman Ho Chi Minh “was actually inspired by the U.S. Declaration of Independence and Constitution, and the words of Thomas Jefferson.” That pop assertion is improbable, given that Ho systematically liquidated his opponents, slaughtered thousands in land-redistribution schemes, and brooked no dissent. Even more ahistorical was Vice President Joe Biden’s suggestion that George W. Bush should have gone on television in 2008 to address the nation as President Roosevelt had done in 1929 — a time when there was neither a President Roosevelt nor televisions available for purchase. In 2011, a White House press kit confused Wyoming with Colorado — apparently because they’re both rectangular-shaped states out West. Our geographically and historically challenged leaders are emblematic of disturbing trends in American education that include a similar erosion in grammar, English composition, and basic math skills. The controversial Lois Lerner, a senior official at the IRS — an agency whose stock in trade is numbers — claimed that she was “not good at math” when she admitted that she did not know that one-fourth of 300 is 75.  In the zero-sum game of the education curriculum, each newly added therapeutic discipline eliminated an old classical one. The result is that if Americans emote more and have more politically correct thoughts on the environment, race, class, and gender, they are less able to advance their beliefs through fact-based knowledge. Despite supposedly tough new standards and vast investments, about 56 percent of students in recent California public-school tests did not perform up to their grade levels in English. Only about half met their grade levels in math. A degree from our most prestigious American university is no guarantee a graduate holding such a credential will know the number of states or the location of Savannah. If we wonder why the Ivy League–trained Obama seems confused about where cities, countries, and continents are, we might remember that all but one Ivy League university eliminated their geography departments years ago. As a rule now, when our leaders allude to a place or an event in the past, just assume their references are dead wrong. Victor Davis Hanson
Attention: une ignorance peut en cacher une autre !
Oubli des juifs dans son discours sur la Journée de l’Holocauste, résurrection involontaire de l’abolitionniste noir Frederick Douglass mort en 1895, défense de Poutine et appel obamien à l’examen de conscience de son propre pays …
A l’heure où en une Amérique plus que jamais divisée …
La bienpensance des mauvais perdants multiplie déclarations, manifestations ou obstructions à la politique et à la personne du nouveau président que s’est choisi le peuple américain …
Et que refusant de reconnaitre ses réels faux pas face à tant de mauvaise foi, l’Administration Trump s’enferre dans les explications les plus farfelues …
Pendant qu’avec les nouvelles provocations du régime voyou iranien, une presse jusqu’ici aux ordres commence à peine à découvrir l’état du désastre laissé par l’ancien locataire de la Maison Blanche …
Comment ne pas y voir aussi avec l’historien américain Victor Davis Hanson …

Le symptôme d’un système éducatif ayant sacrifié au nom de la pensée politiquement correcte sur l’environment, la race, la classe ou le genre …

Les connaissances les plus basiques sur l’histoire ou la géographie ?

Mais ne pas repenser également à l’ignorance dans les mêmes domaines de base …

D’un certain Lecteur de téléprompteur en chef …

 A qui tant l’exotisme de sa couleur que la prétendue coolitude de son âge …

Avait si longtemps valu l’indulgence complice de nos mêmes censeurs des médias aujourd’hui ?

Victor Davis Hanson
National Review
August 15, 2013
Today’s leaders are totally ignorant of what used to be the building blocks of learning. In Sam Cooke’s classic 1959 hit “Wonderful World,” the lyrics downplayed formal learning with lines like, “Don’t know much about history . . . Don’t know much about geography.”
Over a half-century after Cooke wrote that lighthearted song, such ignorance is now all too real. Even our best and brightest — or rather our elites especially — are not too familiar with history or geography.
Both disciplines are the building blocks of learning. Without awareness of natural and human geography, we are reduced to a self-contained void without accurate awareness of the space around us. An ignorance of history creates the same sort of self-imposed exile, leaving us ignorant of both what came before us and what is likely to follow.
In the case of geography, Harvard Law School graduate Barack Obama recently lectured, “If we don’t deepen our ports all along the Gulf — places like Charleston, South Carolina; or Savannah, Georgia; or Jacksonville, Florida . . . ” The problem is that all the examples he cited are cities on the East Coast, not the Gulf of Mexico. If Obama does not know where these ports are, how can he deepen them?
Obama’s geographical confusion has become habitual. He once claimed that he had been to all “57 states.” He also assumed that Kentucky was closer to Arkansas than it was to his adjacent home state of Illinois.
In reference to the Falkland Islands, President Obama called them the Maldives — islands southwest of India — apparently in a botched effort to use the Argentine-preferred “Malvinas.” The two island groups may sound somewhat alike, but they are continents apart. Again, without basic geographical knowledge, the president’s commentary on the Falklands is rendered superficial.
When in the state of Hawaii, Obama announced that he was in “Asia.” He lamented that the U.S. Army’s Arabic-language translators assigned to Iraq could better be used in Afghanistan, failing to recognize that Arabic isn’t the language of Afghanistan. And he also apparently thought Austrians speak a language other than German.
The president’s geographical illiteracy is a symptom of the nation’s growing ignorance of once-essential subjects such as geography and history. The former is not taught any more as a required subject in many of our schools and colleges. The latter has often been redefined as race, class, and gender oppression so as to score melodramatic points in the present rather than to learn from the tragedy of the past.
The president in his 2009 Cairo speech credited the European Renaissance and Enlightenment to Islam’s “light of learning” — an exaggeration if not an outright untruth on both counts.
Closer to home, the president claimed in 2011 that Texas had historically been Republican — while in reality it was a mostly Jim Crow Democratic state for over a century. Republicans started consistently carrying Texas only after 1980.
Recently, Obama claimed that 20th-century Communist strongman Ho Chi Minh “was actually inspired by the U.S. Declaration of Independence and Constitution, and the words of Thomas Jefferson.” That pop assertion is improbable, given that Ho systematically liquidated his opponents, slaughtered thousands in land-redistribution schemes, and brooked no dissent.
Even more ahistorical was Vice President Joe Biden’s suggestion that George W. Bush should have gone on television in 2008 to address the nation as President Roosevelt had done in 1929 — a time when there was neither a President Roosevelt nor televisions available for purchase. In 2011, a White House press kit confused Wyoming with Colorado — apparently because they’re both rectangular-shaped states out West.
Our geographically and historically challenged leaders are emblematic of disturbing trends in American education that include a similar erosion in grammar, English composition, and basic math skills.
The controversial Lois Lerner, a senior official at the IRS — an agency whose stock in trade is numbers — claimed that she was “not good at math” when she admitted that she did not know that one-fourth of 300 is 75.
In the zero-sum game of the education curriculum, each newly added therapeutic discipline eliminated an old