Yom Kippour: Vous avez dit bouc émissaire ? (How a hypothesis hidden, purloined-letterwise, in our common languages for centuries finally found itself vindicated)

12 octobre, 2016
webb_sending_out_the_scapegoat agnus-dei_the_scapegoat__james_tissotherodionazazel
He got no place to ‘scape to, no place to run  (…) Neighborhood bully been driven out of every land He’s wandered the earth an exiled man Seen his family scattered, his people hounded and torn He’s always on trial for just being born He’s the neighborhood bully. Bob Dylan

Le mécanisme sacrificiel

L’Éternel parla à Moïse, après la mort des deux fils d’Aaron, qui moururent en se présentant devant l’Éternel. L’Éternel dit à Moïse: Parle à ton frère Aaron, afin qu’il n’entre pas en tout temps dans le sanctuaire, au dedans du voile, devant le propitiatoire qui est sur l’arche, de peur qu’il ne meure; car j’apparaîtrai dans la nuée sur le propitiatoire. Voici de quelle manière Aaron entrera dans le sanctuaire. Il prendra un jeune taureau pour le sacrifice d’expiation et un bélier pour l’holocauste. Il se revêtira de la tunique sacrée de lin, et portera sur son corps des caleçons de lin; il se ceindra d’une ceinture de lin, et il se couvrira la tête d’une tiare de lin: ce sont les vêtements sacrés, dont il se revêtira après avoir lavé son corps dans l’eau. Il recevra de l’assemblée des enfants d’Israël deux boucs pour le sacrifice d’expiation et un bélier pour l’holocauste. Aaron offrira son taureau expiatoire, et il fera l’expiation pour lui et pour sa maison. Il prendra les deux boucs, et il les placera devant l’Éternel, à l’entrée de la tente d’assignation. Aaron jettera le sort sur les deux boucs, un sort pour l’Éternel et un sort pour Azazel. Aaron fera approcher le bouc sur lequel est tombé le sort pour l’Éternel, et il l’offrira en sacrifice d’expiation. Et le bouc sur lequel est tombé le sort pour Azazel sera placé vivant devant l’Éternel, afin qu’il serve à faire l’expiation et qu’il soit lâché dans le désert pour Azazel. Lévitique 16: 1-10
Vous ne réfléchissez pas qu’il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
 Or, il ne dit pas cela de lui-même; mais étant souverain sacrificateur cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation. Et ce n’était pas pour la nation seulement; c’était aussi afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu dispersés. Jean (11: 50-52)
Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Jésus (Matthieu 11: 25)
Malheur à vous! parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, que vos pères ont tués. Vous rendez donc témoignage aux oeuvres de vos pères, et vous les approuvez; car eux, ils ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux. C’est pourquoi la sagesse de Dieu a dit: Je leur enverrai des prophètes et des apôtres; ils tueront les uns et persécuteront les autres, afin qu’il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la création du monde, depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, tué entre l’autel et le temple; oui, je vous le dis, il en sera demandé compte à cette génération. Jésus (Luc 11: 47-51)
Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite: Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi. Jésus (Jean 15: 20)
Une nation ne se régénère que sur un  monceau de cadavres. Saint-Just
Qu’un sang impur abreuve nos sillons! Air connu
Le marxisme doit mourir pour que la nation renaisse. Banderole de la Grand messe nazie de Berlin (février 1933)
Où est Dieu? cria-t-il, je vais vous le dire! Nous l’avons tué – vous et moi! Nous tous sommes ses meurtriers! Mais comment avons-nous fait cela? Comment avons-nous pu vider la mer? Qui nous a donné l’éponge pour effacer l’horizon tout entier? Dieu est mort! (…) Et c’est nous qui l’avons tué ! (…) Ce que le monde avait possédé jusqu’alors de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous nos couteaux (…) Quelles solennités expiatoires, quels jeux sacrés nous faudra-t-il inventer? Nietzsche
« Dionysos contre le ‘crucifié’  » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation.  (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
Ils disent: nous avons mis à mort le Messie, Jésus fils de Marie, l’apôtre de dieu. Non ils ne l’ont point tué, ils ne l’ont point crucifié, un autre individu qui lui ressemblait lui fut substitué, et ceux qui disputaient à son sujet ont été eux-mêmes dans le doute, ils n’ont que des opinions, ils ne l’ont pas vraiment tué. Mais Dieu l’a haussé à lui, Dieu est le puissant, Dieu est le sage. Le Coran (Sourate IV, verset 157-158)
Tel est le rôle historique de l’affaire Dreyfus. Sur ce bouc émissaire du judaïsme, tous les crimes anciens se trouvent représentativement accumulés. Georges Clemenceau
Al-Aqsa est à nous et l’église du Saint Sépulcre est notre, tout est à nous. Mahmoud Abbas
Si la lettre avait été cachée dans le rayon de leur investigation, ces gaillards l’auraient trouvée, cela ne fait pas pour moi l’ombre d’un doute. (…) Donc, les mesures, continua-t-il, étaient bonnes dans l’espèce et admirablement exécutées ; elles avaient pour défaut d’être inapplicables au cas et à l’homme en question. Il y a tout un ordre de moyens singulièrement ingénieux qui sont pour le préfet une sorte de lit de Procuste, sur lequel il adapte et garrotte tous ses plans. Mais il erre sans cesse par trop de profondeur ou par trop de superficialité pour le cas en question, et plus d’un écolier raisonnerait mieux que lui. (…) Pour la valeur pratique, c’est en effet la condition, répliqua Dupin, et, si le préfet et toute sa bande se sont trompés si souvent, c’est, d’abord, faute de cette identification, en second lieu, par une appréciation inexacte, ou plutôt par la non-appréciation de l’intelligence avec laquelle ils se mesurent. Ils ne voient que leurs propres idées ingénieuses ; et, quand ils cherchent quelque chose de caché, ils ne pensent qu’aux moyens dont ils se seraient servis pour le cacher. Ils ont fortement raison en cela que leur propre ingéniosité est une représentation fidèle de celle de la foule ; mais, quand il se trouve un malfaiteur particulier dont la finesse diffère, en espèce, de la leur, ce malfaiteur, naturellement, les roule. (…) « Et ne voyez-vous pas aussi que des cachettes aussi originales ne sont employées que dans des occasions ordinaires et ne sont adoptées que par des intelligences ordinaires ; car, dans tous les cas d’objets cachés, cette manière ambitieuse et torturée de cacher l’objet est, dans le principe, présumable et présumée ; ainsi, la découverte ne dépend nullement de la perspicacité, mais simplement du soin, de la patience et de la résolution des chercheurs. Mais, quand le cas est important, ou, ce qui revient au même aux yeux de la police, quand la récompense est considérable, on voit toutes ces belles qualités échouer infailliblement. Vous comprenez maintenant ce que je voulais dire en affirmant que, si la lettre volée avait été cachée dans le rayon de la perquisition de notre préfet, en d’autres termes, si le principe inspirateur de la cachette avait été compris dans les principes du préfet, – il l’eût infailliblement découverte. (…) « Il y a d’ailleurs chez nos algébristes, qui sont eux-mêmes des païens, de certaines fables païennes auxquelles on ajoute foi, et dont on a tiré des conséquences, non pas tant par une absence de mémoire que par un incompréhensible trouble du cerveau. (…) « Cela devait impérativement le conduire à dédaigner toutes les cachettes vulgaires. Cet homme-là ne pouvait être assez faible pour ne pas deviner que la cachette la plus compliquée, la plus profonde de son hôtel, serait aussi peu secrète qu’une antichambre ou une armoire pour les yeux, les sondes, les vrilles et les microscopes du préfet. « Enfin je voyais qu’il avait dû viser nécessairement à la simplicité, s’il n’y avait pas été induit par un goût naturel. Vous vous rappelez sans doute avec quels éclats de rire le préfet accueillit l’idée que j’exprimai dans notre première entrevue, à savoir que si le mystère l’embarrassait si fort, c’était peut-être en raison de son absolue simplicité. (…) Il existe, reprit Dupin, un jeu de divination, qu’on joue avec une carte géographique. Un des joueurs prie quelqu’un de deviner un mot donné, un nom de ville, de rivière, d’Etat ou d’empire, enfin un mot quelconque compris dans l’étendue bigarrée et embrouillée de la carte. Une personne novice dans le jeu cherche en général à embarrasser ses adversaires en leur donnant à deviner des noms écrits en caractères imperceptibles ; mais les adeptes du jeu choisissent des mots en gros caractères qui s’étendent d’un bout de la carte à l’autre. « Ces mots-là, comme les enseignes et les affiches à lettres énormes, échappent à l’observateur par le fait même de leur excessive évidence ; et, ici, l’oubli matériel est précisément analogue à l’inattention morale d’un esprit qui laisse échapper les considérations trop palpables, évidentes jusqu’à la banalité et l’importunité. Mais c’est là un cas, à ce qu’il semble, un peu au-dessus ou au-dessous de l’intelligence du préfet. Il n’a jamais cru probable ou possible que le ministre eût déposé sa lettre juste sous le nez du monde entier, comme pour mieux empêcher un individu quelconque de l’apercevoir. Edgar Allan Poe (La Lettre volée, 1844)
Un bouc émissaire est un individu, un groupe, une organisation, etc., choisi(e) pour endosser une responsabilité ou une faute pour laquelle il/elle est, totalement ou partiellement, innocent(e). Le phénomène du bouc émissaire peut émaner de motivations multiples, délibérées (telles que l’évasion de responsabilité) ou inconscientes (telles que des mécanismes de défense internes). Par ailleurs, le processus peut se mettre en place entre deux personnes (e.g., un employé et son subalterne), entre des membres d’une même famille (e.g., un enfant pris pour bouc émissaire), entre les membres d’une organisation (e.g., les responsables d’une entreprise) ou à l’intérieur de tout autre groupe constitué. Outre cet aspect intragroupal, le phénomène peut également être intergroupal et s’observer alors entre des groupes différents (au sein d’un pays ou d’une société). Il existe différents critères guidant la sélection d’une personne ou d’un groupe particulier comme bouc émissaire, tels que la différence perçue de la victime, l’antipathie qu’elle suscite ou le degré de pouvoir social qu’elle possède. Selon les cas de figure et les motivations des agresseurs, les conséquences pour la victime et les réactions possibles des protagonistes peuvent varier. (…) Une des origines de ce concept peut être trouvé dans la Grèce antique où le pharmakos (en grec ancien : φαρμακός, celui qu’on immole en expiation des fautes d’un autre) désigne la victime expiatoire dans un rite de purification largement utilisé dans les sociétés primitives. Le mot a fini par prendre en grec, à l’époque classique, la signification de malfaiteur. Afin de combattre une calamité ou de chasser une force menaçante, une personne, parfois revêtue de vêtements sacrés, ou un animal était choisi et traîné hors de la cité, où il était parfois mis à mort. Cette victime sacrificielle, innocente en elle-même, était censée, comme le bouc émissaire hébreu, se charger de tous les maux de la cité. (…) Le terme de « bouc émissaire » provient de la traduction grecque de « bouc à Azazel », un bouc portant sur lui tous les péchés d’Israël. Si la tradition rabbinique conçoit Azazel comme une vallée désertique hostile, les auteurs de la Septante lisent ez ozel (« bouc en partance ») qu’ils traduisent en grec ancien par ἀποπομπαῖος τράγος / apopompaîos trágos, rendu en latin par caper emissarius. Le terme « bouc émissaire », tant employé au sens figuré dans la culture judéo-chrétienne, n’est cité qu’à une seule reprise dans l’Ancien Testament qui introduit le terme : Dieu demande à Moïse de faire porter les péchés de l’homme par un bouc. Le prêtre pose alors les mains sur le bouc, et le charge par là, symboliquement de tous les péchés. Puis le prêtre envoie l’animal dans le désert pour les porter à Azazel. La notion de sacrifice de substitution est intégrée à la thématique chrétienne, Jésus étant présenté dans les Évangiles comme un agneau immolé, expiant les péchés du monde en mourant sur la croix au terme de sa passion. L’expression française « bouc émissaire » est mentionnée dans le dictionnaire de Furetière (1690), avec une définition liée aux écritures. Par la suite, on l’a utilisée pour désigner une personne sur laquelle on fait retomber les fautes des autres. Ce sens est déjà attesté au XVIIIe siècle. Georges Clemenceau le reprendra plus tard à propos de l’affaire Dreyfus (…) Chez les anthropologues contemporains, le concept de « bouc émissaire » désigne l’ensemble des rites d’expiation utilisés par une communauté. Le premier à avoir utilisé ce concept est James George Frazer dans Le Bouc émissaire, étude comparée d’histoire des religions. (…) pour René Girard, le bouc émissaire est le mécanisme collectif permettant à une communauté archaïque de survivre à la violence générée par le désir mimétique individuel de ses membres (même si la détermination des désirs est, pour une très large part, collective). Le bouc émissaire désigne également l’individu, nécessairement coupable pour ses accusateurs, mais innocent du point de vue de la « vérité », par lequel le groupe, en s’unissant uniformément contre lui, va retrouver une paix éphémère. Le meurtre fondateur génère le religieux archaïque, les rites (répétitions de la crise mimétique) et les mythes (récits, déformés par les persécuteurs, du meurtre fondateur). L’innocence du bouc émissaire, que nous connaissons bien aujourd’hui, est révélée par le biblique et tout particulièrement par la Crucifixion de Jésus-Christ, d’ailleurs parfois appelé «l’Agneau de Dieu» en référence au bouc émissaire. C’est bien la foule, et à travers elle, toute l’humanité, qui rejette ses fautes, culpabilités et péchés sur Jésus. Il est devenu impensable aujourd’hui de se représenter un ordre social antérieur à la révélation évangélique. Avec l’avancée de la révélation évangélique et l’évangélisation du monde au sens fort du terme (en plus du sens exclusivement religieux), le monde, privé de sa solution préférée, le mécanisme émissaire, devient de plus en plus violent, quoique les formes de civilisations ne cessent d’évoluer pour contenir, dans les deux sens du terme, cette violence dite « apocalyptique ». Wikipedia
Azazel appears to be a place, and the word itself gives us some clue as to what kind of place this is and its purpose. Lets go back and get into context. All of the sins of Israel are placed on this goat which is to go to Azazel. The Torah implies that that the goat is going to be simply set free to do what he wants. Not so. According to the Oral tradition of the Jews, recorded not long after the destruction of the Second Temple, the goat was indeed left to run but he was deliberately chased to a cliff where he would be either be forced over the cliff to his death or grabbed and thrown over the cliff to die. This is explained in the Babylonian Talmud at Yoma 67b. The Mishna to that section of Talmud teaches also that as the goat’s body hit the rocks its limbs would fall off. This seems odd, but let’s continue. At Yoma 67b the Talmud offers three definitions of the word Azazel: The first explanation argues that it means hard and rough. (The word az in hebrew means strong) The second opinion argues that Azazel means the hardest of mountains. (The third opinion is a midrashic reference to the atonement process and not relevant to this discussion.) These two definition appears to be descriptive of the place to where the goat was chased. Indeed, not far from Jerusalem is a mountain, called Har Azazel, which has one side covered with flintstone, a very hard rock which (if you saw it you would understand that any animal hitting those stones would be ripped to pieces. There are other explanations for the word. The Septuagint translates Azazel in Lev. 16:10 as « the one to be sent away. » Rabbi J.H. Hertz argues that « Azazel » is a rare technical Hebrew noun, contracted from azlazel — which means « dismissal » — and applied exclusively here to define the animal on whom all of Israel’s sins have been symbolically attached and which will meet his doom when he’s thrown off a cliff to its death. Bruce James
L’expression bouc émissaire remonte au caper emissarius de la Vulgate, interprétation libre du grec apopompaios : « ce qui écarte les fléaux ». Ce dernier terme constitue lui-même, dans la traduction grecque de la Bible, dite des Septante, une interprétation libre du texte hébreu dont la traduction exacte serait : « destiné à Azazel ». On pense généralement qu’Azazel est le nom d’un démon ancien censé habiter dans le désert. Dans le chapitre XVI du Lévitique, l’action rituelle dont le bouc fait l’objet est ainsi décrite : « Aaron lui posera les deux mains sur la tête et confessera à sa charge toutes les fautes des enfants d’Israël, toutes leurs transgressions et tous leurs péchés. Après en avoir ainsi chargé la tête du bouc, il l’enverra au désert sous la conduite d’un homme qui se tiendra prêt, et le bouc emportera sur lui toutes les fautes dans un lieu aride (Lévitique 16, 5-10) (…) L’intérêt de cette conjonction, c’est qu’elle révèle une intuition très largement répandue de choses que la science ethnologique et les sciences de l’homme en général n’ont jamais officiellement reconnu : il existe un rapport entre les formes rituelles et la tendance universelle des hommes à transférer leurs angoisses et leurs conflits sur des victimes arbitraires. Cette dualité sémantique de l’expression bouc émissaire, en français, se retrouve   dans le scapegoat anglais, dans le Sünden bock allemand et dans toutes les Pour peu qu’on y réfléchisse, on verra que nous ne disons rien, à la limite, qui ne soit déjà là dans ce double sens de rien, à la limite, qui ne soit déjà là dans ce double sens de bouc émissaire. Loin d’être saugrenue, et de survenir comme une chose inattendue, notre hypothèse entière est silencieusement dans la langue populaire depuis l’avènement de ce qu’on appelle le rationalisme. C’est la « curiosité sémantique » de ce double sens que nous essayons d’expliciter.  il est étrange à la vérité qu’avant nous, personne, à ma connaissance, ne se soit interrogé sur cette « curiosité ». Si on examine l’histoire de l’ethnologie, on s’aperçoit que de nombreuse théories du religieux ont été proposées. il n’y aen a qu’une qui ne l’a jamais été et c’est celle qui est inscrite dans les langues occidentales depuis deux ou trois siècles au moins. (…) Une hypothèse inscrite dans le langage depuis des siècles a le droit de demander des comptes à une ethnologie qui n’aurait qu’à la formuler pour échapper à ces absurdes catégorisations rituelles qui se pratiquaient encore il ya cinquante ans et que personne n’ose plus mentionner aujour’dh’ui tant elles font penser auc carottes et aux navets à la devanture des épiciers, mais personne n’a réussi à les remplacer. René Girard (Des choses cachées depuis la fondation du monde, 1978)

Attention: un mot peut en cacher un autre !

En ces temps étranges où, à l’instar des pierres millénaires de plusieurs dizaines de tonnes d’un temple prétendument inexistant, les plus grosses évidences se voient jusqu’au siège des Nations Unies systématiquement niées …

En cette journée où nos amis juifs se rémémorent l’institution qui donna au monde, avec la fétichisation de la victimisation qui va avec, le terme et la théorie pour débusquer l’un des phénomèmes les plus prégnants de notre modernité …

Et où en cette année électorale américaine, une bonne partie d’entre nous semble vouloir s’acharner sur la seule figure censément malfaisante du Donald …

Qui il est vrai ne manque jamais une occasion lui-même d’user et d’abuser du même procédé pour ses propres ennemis …

Comment ne pas s’étonner avec l’anthropologue franco-américain récemment décédé René Girard …

Sur la « curiosité sémantique » d’une « hypothèse inscrite silencieusement », à la manière de la fameuse lettre volée de Poe, « dans la langue populaire et les langues occidentales depuis des siècles » …

Et notamment dans ce multimillénaire récit biblique de l’institution suite à l’échec spectaculaire d’une première propitiation qui avait déjà vu la mort des deux fils du frère de Moïse Aaron …

Du rituel, par ailleurs double d’un premier consistant à sacrifier sur l’autel un premier bouc identique mais choisi par le sort, du bouc destiné (« envoyé »comme un « émissaire ») à Azazel censé porter les péchés du peuple …

Et qu’à l’instar du pharmakos grec ou des condamnés de la roche tarpéienne romaine, l’on précipitait en bas d’une montagne du désert de Judée apparemment associée à un démon ancien à une dizaine de kilomètres au sud de Jérusalem …

Comme à toutes les victimes depuis Abel jusqu’au capitaine Dreyfus et à tous ses successeurs …

Mais qui ne prendra véritablement tout son sens qu’avec la mort assumée librement d’un certain rabbin galiléen dont le grand prêtre de l’époque avait sans probablement tout à fait comprendre la portée de ses paroles

Dit qu’il valait mieux « qu’un seul homme meure pour que la nation entière ne périsse » ?

Le «Bouc émissaire », par René Girard

Olivier Berruyer

Les Crises

Introduction

Tout le monde sait grosso modo ce qu’est un « bouc émissaire » : c’est une personne sur laquelle on fait retomber les torts des autres. Le bouc émissaire (synonyme approximatif : souffre-douleur) est un individu innocent sur lequel va s’acharner un groupe social pour s’exonérer de sa propre faute ou masquer son échec. Souvent faible ou dans l’incapacité de se rebeller, la victime endosse sans protester la responsabilité collective qu’on lui impute, acceptant comme on dit de « porter le chapeau ». Il y dans l’Histoire des boucs émissaires célèbres. Dreyfus par exemple a joué ce rôle dans l’Affaire à laquelle il a été mêlé de force : on a fait rejaillir sur sa seule personne toute la haine qu’on éprouvait pour le peuple juif : c’était le « coupable idéal »… Ainsi le bouc émissaire est une « victime expiatoire », une personne qui paye pour toutes les autres : l’injustice étant à la base de cette élection/désignation, on ne souhaite à personne d’être pris pour le bouc émissaire d’un groupe social, quel qu’il soit (peuple, ethnie, entreprise, école, équipe, famille, secte).

Cette expression, employée le plus souvent au sens figuré, trouve sa source dans un rite de la religion hébraïque : dans la Bible (Lévitique) on peut lire que le prêtre d’Israël posait ses deux mains sur la tête d’un bouc. De cette manière, on pensait que tous les péchés commis par les juifs étaient transmis à l’animal. Celui-ci était ensuite chassé dans le désert d’Azazel (= traduit fautivement par « émissaire ») pour tenir les péchés à distance. Ce bouc n’avait rien fait de mal, il était choisi au hasard pour porter le blâme de tous afin que ces derniers soient dégagés de toute accusation. On voit par là que le sens figuré est relativement proche du sens religieux d’origine, axés tous deux sur l’idée d’expiation par l’ostracisation d’un individu jouant en quelque sorte le rôle de « fusible » (bête ou homme).

Avec René Girard (né en 1923), le bouc émissaire, cesse d’être une simple expression pour devenir un concept à part entière. La théorie du Bouc Émissaire est un système interprétatif global, une théorie unitaire visant à expliquer le fonctionnement et le développement des sociétés humaines. La réflexion de René Girard s’origine dans un étonnement, qui prend la forme de deux questions successives.

  1. D’où naît la violence dans les sociétés humaines, quel en est le ressort fondamental ?
  2. D’où vient que cette violence ne les dévaste pas ? Comment parviennent-elles à se développer malgré elle ?

Autrement dit : quel mécanisme mystérieux permet aux sociétés humaines archaïques, enclines à l’autodestruction, de se développer quand même (la logique voudrait en effet qu’elles aient disparu depuis longtemps). À cette question, René Girard apporte une réponse univoque, martelée depuis des décennies dans plusieurs de ses livres, notamment La Violence et le Sacré, et Des Choses cachées depuis la fondation du Monde : le mécanisme du bouc émissaire…

Le désir mimétique

La théorie du bouc émissaire est adossée à une autre théorie qui lui sert de support : à l’origine de toute violence, explique René Girard, il y a le « désir mimétique », c’est-à-dire le désir d’imiter ce que l’Autre désire, de posséder ce que possède autrui, non que cette chose soit précieuse en soi, ou intéressante, mais le fait même qu’elle soit possédée par un autre la rend désirable, irrésistible, au point de déclencher des pulsions violentes pour son appropriation. La théorie mimétique du désir postule en effet que tout désir est une imitation (mimésis) du désir de l’autre. Girard prend ici le contre-pied de la croyance romantique selon laquelle le désir serait singulier, unique, imitable. Le sujet désirant a l’illusion que son désir est motivé par l’objet de son désir (une belle femme, un objet rare) mais en réalité son désir est suscité, fondamentalement, par un modèle (présent ou absent) qu’il jalouse, envie. Contrairement à une idée reçue, nous ne savons pas ce que nous désirons, nous ne savons pas sur quoi, sur quel objet (quelle femme, quelle nourriture, quel territoire) porter notre désir – ce n’est qu’après coup, rétrospectivement, que nous donnons un sens à notre choix en le faisant passer pour un choix voulu (« je t’ai choisi(e) entre mille ») alors qu’il n’en est rien – mais dès l’instant qu’un Autre a fixé son attention sur un objet, aussi quelconque soit-il, alors cet objet (que nul ne regardait jusqu’alors) devient un objet de convoitise qui efface tous les autres !

En clair, le désir n’est pas direct, mais indirect (ou médié), entre le sujet et l’objet : il fonctionne de manière triangulaire en ce sens qu’il passe par un modèle (ou médiateur). L’exemple que donne Girard pour illustrer sa théorie est celui des enfants qui se disputent des jouets en quantité suffisante. Cet exemple montre de manière édifiante qu’on ne désire pas une chose pour ce qu’elle est (sa valeur propre) mais pour ce qu’elle représente aux yeux de l’autre (un objet de désir). Les cas de « désir mimétique » sont nombreux dans la littérature. Don Quichotte, par exemple, ne désire pas être un chevalier, il ne fait qu’imiter Amadis de Gaulle, et tous les autres chevaliers qu’il a lus dans les livres. La médiation est ici littéraire. Don Quichotte est une victime d’autant plus spectaculaire du désir mimétique qu’il désire – c’est la source du comique cervantésien – une chose absurde : être chevaleresque dans un monde déféodalisé. Dans l’univers publicitaire qui est le nôtre, le mécanisme mimétique fonctionne aussi à plein. Les consommateurs ne désirent pas une marchandise parce qu’elle est utile, nécessaire ou aimable, mais parce qu’elle est convoitée, ou supposée l’être, par un tiers (star de cinéma, ami ou groupe d’amis). Le consumérisme moderne est un désir « selon l’autre », quand bien même il nous donne l’illusion de faire un choix personnel, voire unique. La mode et la publicité jouent à plein sur le désir mimétique, raison pour laquelle elles connaissent du succès, alors que ce succès ne repose objectivement sur aucune base rationnelle (beauté, robustesse, originalité de l’objet).

Du désir mimétique à la violence généralisée

Le désir mimétique serait bien innocent s’il ne débouchait sur des conflits en chaîne, et à terme sur la violence généralisée. Que se passe-t-il en effet quand deux individus (ou plus) désirent la même chose ? Ils se battent, voire s’entretuent, pour l’obtenir. Pour René Girard, le désir mimétique, en mettant en concurrence le sujet désirant et son modèle fait naître une rivalité meurtrière. L’objet désiré n’étant généralement pas partageable (pensons au jugement de Salomon : peut-on partager en deux un bébé que deux femmes revendiquent comme le leur ?), le modèle devient nécessairement un obstacle pour le sujet désirant, autrement dit une figure à abattre. C’est ici que la thématique du désir, via le mécanisme de la rivalité, rejoint celle de la violence… Son recours étant, on l’aura compris, le seul moyen de satisfaire le désir mimétique.

Prenons un exemple. Shakespeare écrit dans ses Sonnets : « Tu l’aimes, toi, car tu sais que je l’aime. » On voit bien ici que l’amour qu’éprouve le destinataire du poème (« tu ») est motivé avant tout (« car ») par l’amour qu’éprouve Shakespeare et non par l’objet lui-même de cet amour. Tu l’aimes « toi », insiste le poète, de manière mimétique, alors que moi je l’aime de manière authentique. Nous sommes bien dans le cas de figure du jouet sans valeur que se disputent deux enfants, dont l’issue est bien connue : chamaillerie, cris, crêpage de chignon, et… intervention des adultes, pour séparer les belligérants. Mais que se passe-t-il quand, dans la même situation de rivalité, deux adultes se disputent un objet ? Sans l’intervention providentielle d’un tiers situé au-dessus de la mêlée (Dieu ?), les adultes vont jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à l’élimination du rival, obstacle insupportable à la réalisation de leur désir. Les faits divers et les romans (pensons au Rouge et le Noir de Stendhal : Julien Sorel y désire triangulairement Madame de Rénal) sont remplis de crimes passionnels, motivés à l’origine par un désir mimétique, quoique ces motivations, comme l’explique René Girard, soient toujours dissimulées par le criminel derrière l’idée fallacieuse que son désir est légitime, car premier :

Seul l’être qui nous empêche de satisfaire un désir qu’il nous a lui-même suggéré est vraiment objet de haine. Celui qui hait se hait d’abord lui-même en raison de l’admiration secrète que recèle sa haine. Afin de cacher aux autres, et de se cacher à lui-même, cette admiration éperdue, il ne veut plus voir qu’un obstacle dans son médiateur. Le rôle secondaire de ce médiateur passe donc au premier plan et dissimule le rôle primordial de modèle religieusement imité. Dans la querelle qui l’oppose à son rival, le sujet intervertit l’ordre logique et chronologique des désirs afin de dissimuler son imitation. Il affirme que son propre désir est antérieur à celui de son rival ; ce n’est donc jamais lui, à l’entendre, qui est responsable de la rivalité : c’est le médiateur.

Pour masquer sa brutalité, le sujet mimétique n’hésite pas à ruser avec son désir, c’est-à-dire à faire passer le modèle pour l’imitateur…

Cette violence serait soutenable socialement (maintien de la paix civile), si elle demeurait le propre de quelques individus isolés. Or, ce qui la rend éminemment dangereuse, nous dit Girard, c’est qu’elle est contagieuse. Le désir mimétique se propage à la société tout entière, par effet « boule de neige » : si deux individus désirent la même chose il y en aura bientôt un troisième, un quatrième, et ainsi de suite. Rapidement – à la vitesse d’une traînée de poudre – , le conflit mimétique se transforme en antagonisme généralisé. Un fait divers récent illustre exemplairement cette propagation du désir mimétique, avec son corollaire agonistique de la « guerre de tous contre tous » (Hobbes). « Gaz lacrymogènes, bagarres, échauffourées violentes, arrestations musclées, lit-on dans Le Monde.fr du 25 décembre 2012, telle était l’ambiance apocalyptique dans laquelle plusieurs magasins américains ont ouvert pour la sortie des dernières paires de baskets Nike créées pour l’ancien basketteur Mickael Jordan : […] des milliers de personnes se sont ainsi rassemblées très tôt ce vendredi, parfois dès deux heures du matin, pour figurer parmi les chanceux se procurant les 150 paires seulement disponibles ; […], la même scène s’est déroulée un peu partout aux États-Unis, conduisant notamment à plusieurs arrestations à Atlanta, des personnes légèrement blessées, à la suite de piétinements à l’entrée du magasin ou encore une mère abandonnant ses deux enfants de 2 et 5 ans dans la voiture en pleine nuit. Dans la banlieue de Seattle, avant l’ouverture, la foule avait déjà enfoncé deux portes. Des bagarres ont commencé à éclater, des bousculades, certaines personnes essayaient de couper la file d’attente. Les officiers ont utilisé du gaz incapacitant pour interrompre certaines bagarres. » Aucune de ces personnes n’avait besoin, à strictement parler, de ces chaussures, pourtant toutes se sont battues, presque au risque de leur vie, pour se les approprier. Telle est l’implacable loi du désir mimétique lorsqu’elle s’applique à grande échelle : son escalade conduit à la destruction sociale généralisée. Pire, la violence engendre la violence, dans une chaîne infinie, sous l’empire du mécanisme de la vengeance. « Chaque fois qu’elle surgit en un point quelconque d’une communauté elle tend à s’étendre et à gagner l’ensemble du corps social. » (La Violence et le Sacré). De crimes en représailles (regardons comment les bandes de la Mafia s’autodétruisent), la vengeance menace la société d’éclatement. La loi du Talion, (« œil pour œil, dent pour dent »), qui répond à la violence par une violence égale, et non supérieure, limite certes son risque d’extension et d’escalade, mais ne l’arrête pas. La spirale de la violence est en principe, dans les sociétés primitives où n’existe pas la Justice, incoercible. Le cycle de la violence réciproque est littéralement infernal : elle l’était dans la Grèce antique (voir les Atrides) elle l’est encore dans certains pays où dominent la loi du Talion ou l’usage de la Vengeance (au Mexique dans les Cartels de la drogue, dans la Mafia corse, ou sicilienne).

Le bouc émissaire, rempart contre la violence

Et pourtant, force est de constater que la société a survécu à cette loi effroyable, que les peuples de la terre ont surmonté tant bien que mal le phénomène. Pourquoi ? se demande Girard. Comment se fait-il que le désir mimétique, dont la puissance de nuisance est universellement prouvée (voir Mensonge romantique et Vérité romanesque) ne nous ait pas dévasté totalement ? Comment les sociétés sont-elles parvenues à trouver un antidote à ce poison ? C’est ici qu’intervient la deuxième intuition de Girard, consistant à relier l’apparition du sacré avec le problème de la violence (d’où le titre de son livre majeur : La Violence et le Sacré). L’anthropologue observe en effet, à partir d’une lecture attentive des mythes ancestraux (de toutes origines), que ces mythes nous racontent la même histoire, à savoir la conjuration, ou plutôt la neutralisation de la violence (cette épée de Damoclès qui plane sur l’Humanité) par le sacrifice d’une victime, appelée « bouc émissaire ».

Là encore, pour résoudre l’énigme, Girard renverse une idée unanimement reçue dans la communauté scientifique et a fortiori dans le grand public, le préjugé selon lequel le sacrifice « religieux » (égorger un animal ou un être humain) serait destiné à calmer la colère des Dieux (chez les Grecs), ou à tester la foi des croyants (on pense au sacrifice d’Isaac par Abraham interrompu in extremis par un ange descendu du Ciel). Aux yeux du philosophe, le sacrifice n’est pas une affaire religieuse mais une affaire humaine. Si les hommes vont jusqu’à tuer l’un de leurs semblables, ce n’est pas pour faire plaisir aux dieux, mais pour mettre fin à l’hémorragie de violence qui frappe le groupe, et partant le menace d’extinction. En proie à une violence meurtrière, la société primitive se choisit spontanément, instinctuellement, une victime, qui jouera le rôle à la fois de pansement et de paratonnerre. De pansement, parce qu’elle va recueillir en sa seule personne toute l’agressivité diffuse et soigner le mal ; de paratonnerre parce qu’elle sera remobilisée, sous forme symbolique, chaque fois que la communauté replongera dans la violence. Ainsi se met en place, selon Girard, le rite du bouc émissaire, dont la vertu première est de transformer le « tous contre tous » en « tous contre un ». Le bouc émissaire humain n’est pas tiré au hasard ; c’est un personnage que ses qualités victimaires prédisposent à occuper la fonction de bouc émissaire. Afin d’expulser cette violence intestine, le bouc émissaire doit en effet correspondre à certains critères. Premièrement, il faut que la victime soit à la fois assez distante du groupe pour pouvoir être sacrifiée sans que chacun se sente visé par cette brutalité et en même temps assez proche pour qu’un lien cathartique puisse s’établir (on ne peut expulser que le mal qui est en nous…). Aussi, le véritable bouc émissaire de la tradition hébraïque est à la fois différent par sa qualité d’animal et semblable par son caractère domestiqué. Deuxièmement, il faut que le groupe ignore que la victime est innocente sous peine de neutraliser les effets du processus. Troisièmement, le bouc émissaire présente souvent des qualités extrêmes : richesse ou pauvreté, beauté ou laideur, vice ou vertu, force ou faiblesse. Enfin, la victime doit être en partie consentante afin de transformer le délire de persécution en vérité consensuelle. Dans les mythes, c’est souvent un prisonnier de guerre, un esclave, un enfant informe, un mendiant…

Le sacrifice du bouc émissaire permet donc à la fois de libérer l’agressivité collective (exutoire) et de ressouder la communauté autour de la paix retrouvée (pacte). Dans l’optique girardienne, le rite sacrificiel est donc une violence ponctuelle et légale dont la fonction est d’opérer une catharsis des pulsions mauvaises sur une victime indifférente à la communauté parce que marginale. Ainsi, se produit, aux dépens d’un être innocent, une sorte de solidarité dans le crime, qu’on retrouve dans les scènes de lynchage dans l’Histoire (pogrome, lapidations, etc.) ou dans la fiction (La Nuit du Chasseur1, M. le Maudit2). Le bouc émissaire permet par ailleurs d’expliquer l’émergence du Sacré, car, par un retournement paradoxal, la victime se voit divinisée pour avoir ramené la paix. La victime gît devant le groupe, apparaissant tout à la fois comme la responsable de la crise et l’auteur de ce miracle de la sérénité retrouvée. Elle devient sacrée, c’est-à-dire porteuse du pouvoir prodigieux de déchaîner la crise comme de ramener la paix. En reliant le mécanisme du bouc émissaire à celui du rite sacrificiel, René Girard rend compte ni plus ni moins que de la genèse du religieux archaïque.

Le problème de ce mécanisme régulateur de la violence est cependant son caractère temporaire. En effet, la violence endémique générée par le désir se fait, tôt ou tard, ressentir. Pour contenir la violence, et l’empêcher de ressurgir, il faut trouver un nouveau bouc émissaire. Solution au coût (humain) exorbitant, à laquelle les premières sociétés ont remédié en substituant progressivement des simulacres aux victimes humaines : ainsi seraient nés les rites des religions primitives vivantes : le sacrifice d’un animal permet d’apaiser symboliquement les pulsions agressives, par ce subterfuge (l’animal est substitué à la « cible » humaine), les membres de la communauté sont préservés, la paix est maintenue à ce prix. À chaque crise mimétique, la société répond par des sacrifices symboliques, fortement ritualisés, censés rétablir magiquement l’ordre. C’est ce qui fait dire à René Girard, dans une formule fulgurante : « Le sacré, c’est la violence. » Le sacré est en effet indissociable de la violence, en ce sens qu’il naît d’elle, tout du moins de la volonté des hommes de l’éradiquer.

Relecture du mythe d’Œdipe

Cette approche révolutionnaire du rite religieux – révolutionnaire parce qu’elle fait découler le sacré du profane – ouvre sur une réinterprétation du fameux mythe d’Œdipe3. Là encore, le philosophe prend le contre-pied de tout le monde. Rappelons en deux mots l’histoire : un oracle prédit au roi de Thèbes, Laïos, que s’il a un fils, celui-ci tuera son père et épousera sa mère, Jocaste. Quand Œdipe naît, Laïos l’abandonne. Mais des bergers le recueillent et le portent au roi de Corinthe, Polybe, qui l’élève. Adulte, Œdipe consulte l’oracle de Delphes qui lui conseille de ne pas retourner dans son pays s’il ne veut pas tuer son père et épouser sa mère. Il se dirige donc vers la Béotie, mais à un carrefour, il tue un vieillard, qui se révèle être son père. Plus tard, pour avoir débarrassé la ville de Thèbes du Sphinx (en résolvant l’énigme), on le fait roi, de sorte qu’il épouse sa mère, Jocaste, à son insu. Une peste s’abat sur la ville. La Pythie annonce que la maladie persistera tant que le meurtrier de Laïos ne se sera pas dénoncé. Œdipe mène l’enquête lui-même et découvre, horrifié, qu’il est le coupable. Pour se punir de son aveuglement, Œdipe se crève les yeux ; on le chasse de Thèbes.

Généralement, les exégètes adoptent spontanément le point de vue du narrateur (Sophocle), en rendant Œdipe responsable de la calamité qui s’abat sur la ville. C’est, nous explique-t-on, parce qu’il a tué son père et couché avec sa mère que la peste décime les thébains, aussi n’est-ce que justice que le coupable, une fois découvert, soit banni de la communauté. Faux, écrit Girard, car Œdipe n’est en réalité qu’un bouc émissaire, un homme auquel on fait endosser, sans raison valable, la responsabilité de l’épidémie qui frappe la cité. La peste n’a aucun lien de cause à effet avec les « crimes » de son roi, crimes qui, du reste, d’après Girard, ne sont que des bruits sans fondement : en somme, Œdipe est victime d’une mystification : des rumeurs courent sur son compte (le parricide, l’inceste) mais ce ne sont que des affabulations, des prétextes pour exposer le roi à la vindicte populaire. Ce que raconte le mythe d’Œdipe n’est donc pas la punition d’un coupable, mais au contraire la persécution d’un innocent, l’histoire scandaleuse d’un lynchage collectif. Bref, au lieu d’en faire un Monstre qui se repend, Girard en fait un Martyr à qui l’on ment. Comme tous les boucs émissaires, Œdipe se soumet en effet au verdict de la foule. René Girard en déduit, au plan général, que l’adhésion de l’accusé au processus qui l’élimine (ex : pression policière pour obtenir des aveux) n’est en aucun cas le signe, et encore moins la preuve de sa culpabilité. Au lieu de se révolter contre cette accusation sans fondement, Œdipe l’accepte docilement ; ce faisant, il renforce le mécanisme du bouc émissaire, qui a certes l’avantage de stopper le cycle de la violence, mais l’inconvénient d’alimenter l’injustice par le sacrifice d’un innocent. Si l’on regarde les choses d’un point de vue pragmatique, ce système est d’une grande efficacité ; au point de vue moral, en revanche, il est scandaleux. Le mécanisme du bouc émissaire est en effet basé sur un mensonge collectif (ou déni de réalité), qui est reconduit d’autant plus aisément qu’il arrange la communauté. Tout le monde a intérêt à entretenir le mythe de la résolution surnaturelle et irrationnelle de la violence par la désignation arbitraire d’une victime émissaire. On ne voit pas, dans ces conditions, pour quelles raisons ce phénomène ne durerait pas éternellement… Heureusement, il se trouve quelqu’un pour dénoncer ce mensonge, et ce quelqu’un, d’après Girard, c’est Jésus Christ !

L’Évangile : la vérité sur le bouc émissaire

René Girard considère le Nouveau Testament comme un événement capital de l’histoire de l’Humanité, non pas parce qu’il marque la naissance d’une nouvelle religion (le Christianisme) mais parce qu’il met fin au scandale de la culpabilité du bouc émissaire. Jusqu’alors toutes les victimes émissaires acceptaient de se sacrifier au nom de leurs fautes ou de leurs défauts (tares). Mais voici que le Christ met un coup d’arrêt à cette logique, en jetant une lumière crue sur le mécanisme mystificateur du bouc émissaire. Non que le Sauveur refuse d’assumer son rôle de bouc émissaire, au contraire, il se laisse torturer sans protester et crucifier comme s’il était coupable, mais à la différence des autres victimes émissaires, il clame haut et fort son innocence. Jésus se présente ouvertement comme l’agneau de Dieu qu’on sacrifie sur l’autel de la violence collective (il prend sur lui « tous les péchés du monde »), sauf que sa démarche a un tout autre sens que celle des boucs émissaires classiques qui subissaient leur sort, dans la mesure où elle est annoncée comme l’ultime sacrifice, après lequel devrait régner l’ordre et la paix. En dévoilant le mécanisme caché (depuis la fondation du monde) du bouc émissaire, à savoir que la victime est sacrifiée non par ce qu’elle est coupable (alibi grossier), mais parce qu’il faut un coupable, l’Évangile rend impossible son recours ultérieur. Désormais, la société devra trouver d’autres remèdes pour exorciser la violence (en l’occurrence elle s’appuiera sur le message évangélique de la non-violence). Si le Nouveau Testament marque un tournant majeur dans l’histoire de l’humanité, c’est que la gestion de la violence, à partir de cette date, prend un aspect tout différent. L’une des conséquences inattendues de cette révélation du « pot aux roses » du bouc émissaire, c’est que le monde, privé de sa solution préférée, devient, selon Girard, de plus en plus violent, et cela bien que les formes de civilisations ne cessent d’évoluer pour contenir, dans les deux sens du terme, cette violence.

René Girard se montre en effet très pessimiste sur l’évolution de l’Humanité, à partir du moment où elle se prive de la possibilité d’user de la carte victimaire. L’efficacité du bouc émissaire reposait en effet sur la méconnaissance/ignorance du phénomène de la part de ses usagers : les peuples ancestraux croyaient sincèrement qu’il suffisait de sacrifier une victime, ou d’accomplir un rite symbolique équivalent, pour régler les conflits. À partir du moment où les peuples ont perdu cette foi, ils doivent inventer des solutions alternatives, soit recourir à l’Évangile et sa morale naïve de la non violence (l’amour du Prochain), soit se tourner vers la Justice et son droit compliqué (proportionnalité des peines au crime commis). Or, nous dit René Girard, il n’est pas sûr que les communautés puissent se passer de la fonction régulatrice du bouc émissaire : force est d’observer que les sociétés modernes, dans les périodes de forte crise mimétique, y ont recours, tout se passant comme si elles avaient oublié qu’elle était un procédé barbare et irrationnel. Dans l’entre deux guerres par exemple, l’Allemagne, frappée par une crise économique grave, est animée de tensions sociales extrêmes et de débordements de violence qui mènent le pays au bord de la guerre civile. Or cette violence intestine va se trouver spontanément redirigée vers des boucs émissaires tels que les homosexuels, les communistes, les Tsiganes et vers les Juifs. La propagande – ce travail de sape de la connaissance, cet apprentissage de l’ignorance – se chargera pour sa part de conforter la population allemande dans l’idée que les Juifs ne peuvent pas, par définition, être innocents, ouvrant grand la porte à la tragédie de la Shoah. En dehors de ces cas exceptionnels, le fait que nos sociétés ne soient plus protégées par le mécanisme victimaire constitue paradoxalement un danger majeur, car, sauf à convertir la population entière à l’amour chrétien (idée illusoire), il n’existe désormais plus aucun frein à la violence. Dans son dernier ouvrage, Achever Clausewitz (2007), René Girard va jusqu’à nous promettre l’apocalypse. On aimerait que l’avenir lui donne tort, mais l’explosion de violence à laquelle on assiste sur toute la planète semble hélas aller dans sons sens.

Conclusion

La théorie du bouc émissaire serait-elle trop belle pour être vraie ? Le fait est qu’elle est séduisante, et même fascinante, en ce qu’elle fournit une clé de compréhension simple et efficace pour des problèmes fort complexes. Avec Girard, tout devient lumineux : la question du désir (réglée via le principe du mimétisme), la question de la violence (résolue par l’intervention du mécanisme victimaire), la question enfin de l’apparition du sacré (expliquée par les pouvoirs miraculeux attribués à la Victime). Il n’a évidemment pas manqué de spécialistes de chacune des disciplines dont Girard s’est emparé sans prévenir pour contester les thèses du philosophe : jusqu’à ces dernières années sa pensée était très discutée, voire contestée par ses confrères, mais peu à peu elle s’est imposée ; elle fait désormais partie du paysage intellectuel. Le désir mimétique, la théorie du bouc émissaire, sont cités dans les travaux d’anthropologie4.

Le système girardien présente néanmoins, sinon des failles, quelques zones d’ombre. Le principal reproche qu’on pourrait lui faire, c’est de ne pas laisser de place à la singularité, à la différence, à la complexité. Soucieux avant tout de faire triompher sa théorie, Girard généralise sans nuance, parfois à outrance. N’existe-t-il pas des sacrifices qui n’entrent pas dans la logique du bouc émissaire (les sacrifices d’offrandes) ? Ne peut-on pas trouver des peuplades qui usent du bouc émissaire sans sacraliser ce dernier (ex : les aborigènes d’Australie qui ignorent les dieux). La théorie est aussi fragile à la base, en ce sens qu’elle s’appuie sur une conception du désir qui écarte toute dimension pulsionnelle (vouloir instinctivement une chose pour elle-même). Le désir, pour Girard, n’est que mimétique, c’est-à-dire un processus cérébral. Or, peut-on faire l’économie de la libido dans les rapports humains ? Ne peut- on pas penser que la difficulté d’assouvir son désir est autant sinon plus génératrice de violence que la rivalité mimétique ? Enfin n’est-ce pas accorder une importance exagérée au message évangélique que d’en faire le seul et unique texte à dire la Vérité sur le mécanisme victimaire ?

Reste que, en dépit de son caractère totalisant (une seule explication pour tout !) cette théorie est particulièrement bienvenue aujourd’hui pour expliquer ce qui nous arrive, à savoir la prolifération du désir consumériste, la résurgence de la violence en contexte civilisationnel, le processus de désignation du coupable (l’immigré, l’étranger, etc.), la recherche effrénée de spiritualité. La pensée de Girard n’a pas perdu de son efficacité car, contrairement aux apparences, ce qu’il y a de primitif en chaque homme n’est pas éradiqué et peut ressurgir à tout moment, surtout en temps de crise. Grâce à cette pensée originale, nous sommes donc en mesure de mieux comprendre conjointement la nature biaisée de notre désir, les causes profondes de notre violence, et notre aspiration instinctive au sacré.

Bibliographie

  • Mensonge romantique et vérité romanesque, Paris, Grasset, 1961.
  • La violence et le sacré, Paris, Grasset, 1972.
  • Critique dans un souterrain, Lausanne, L’Âge d’Homme, 1976.
  • Des choses cachées depuis la fondation du monde, Paris, Grasset, 1978.
  • Le bouc émissaire, Paris, Grasset, 1982.
  • La route antique des hommes pervers, Paris, Grasset, 1985.
  • Shakespeare, les feux de l’envie, Paris, Grasset, 1990.
  • Quand ces choses commenceront…, Paris, Arléa, 1994.
  • The Girard Reader, New York, édité par James Wil iams,Crossroad, 1996.
  • Je vois Satan tomber comme l’éclair, Paris, Grasset, 1999.
  • Celui par qui le scandale arrive, Paris, Desclée de Brouwer, 2001.
  • La voix méconnue du réel, Paris, Grasset, 2002.
  • Le sacrifice, Paris, Bibliothèque nationale de France, 2003.
  • Les origines de la culture, Paris, Desclée de Brouwer, 2004.
  • Achever Clausewitz, Paris, Carnets Nord, 2007.
  • Anorexie et désir mimétique, Paris, Éditions de L’Herne, 2008.
  • La conversion de l’art, Paris, Carnets Nord, 2008.

Notes

1 La Nuit du chasseur (titre original : The Night of the Hunter) est un film américain réalisé par Charles Laughton en 1955. Le pasteur Harry Powell, le méchant persécuteur d’enfants, est lynché par les « bons » américains.

2 M le maudit (M – Eine Stadt sucht einen Mörder) est un film allemand réalisé par Fritz Lang, sorti en 1931. Un meurtrier d’enfants jette les habitants d’une grande ville allemande dans la terreur et l’hystérie si bien que la police et même la pègre, tous alliés contre lui, se mettent toutes les deux à sa poursuite.

3 Œdipe roi (en grec ancien Οἰδίπoυς τύραννoς / Oidípous Týrannos, en latin Œdipus Rex) est une tragédie grecque de Sophocle, entre 430 et 415 avant J.-C.

4 La consécration du philosophe a eu lieu récemment, en 2005, avec son élection à l’Académie.

Voir aussi:

Acharei Mot – 5773
Mrs.Cain

The weekly portion

April 19, 2013
L’Azazel!  Go to hell!  A ubiquitous Israeli expression, used across the board amongst the not-quite-polite fold (read all Israelis).  The phrase shows just how deeply connected we are to our Biblical origins, if only linguistically.

The parasha opens with a designation of the sequence of events (remember, the Bible doesn’t always follow a consecutive narrative):

וידבר ה’ אל-משה אחרי מות שני בני אהרן בקרבתם לפני-ה’ וימתו: ויאמר ה’ אל-משה דבר אל-אהרן אחיך ואל יבא בכל-עת אל הקדש…

Hashem spoke to Moshe after the death of Aaron’s sons, when they approached before HaShem and died.   HaShem said speak to Aaron, your brother – he shall not come at all times into the Sanctuary…

The parasha then continues with clear instructions of when Aaron can go into the Sanctuary, how he must be cleansed, and in which proscribed form of dress.  Then follows a description of the sacrifices made for Yom Kippur: two male goats for a sin offering, one male ram for the elevation offering, and one bull for Aaron’s sin offering, covering himself and his family.

ולקח את-שני השעירם והעמיד אתם לפני ה’ פתח אהל מועד: ונתן אהרון על שני השערים גרלות גורל אחד לה’  וגורל אחד לעזאזל:  והקריב אהרון את השעיר אשר עלה עליו הגורל לה’ ועשהו חטאה:  ץוהשעיר אשר עליו הגורל לעזאזל יעמד-חי לפני לכפר עליו לשלח אתו לעזאזל המדברה.

He shall take two he-goats and stand them before HaShem at the entrance of the Tent of Meeting.  Aharon shall place lots on the two he-goats: one lot “for HaShem,” and one lot “for Azazel.”  Aaron shall bring the he-goat designated by lot for HaShem, and make it a sin-offering.  And the he-goat designated by lopt for Azazel shall be stood alive before HaShem, to provide atonement through it, to send it to Azazel in the wilderness.

Let’s look a little more closely at the sequence.  Two promising young priests die for approaching the holy of holies improperly.  Then G-d informs Moshe immediately of what the proper procedure is for doing so:  ‘Tell Aaron how to do it right, or I might have to kill him too!  This is the dress code, this is the ritual, etc.  In fact, the parasha opens with a double warning – not G-d spoke to Moshe once – but twice – i.e “Listen up bro…this is important…”

But more important is a small often underemphasized word:  ואל יבא בכל-עת אל הקדש…   Tell your brother not to just come whenever he wants – there needs to be a purpose for approaching the inner Sanctuary.   And the purpose is atonement for the people, not personal – but communal.

Rituals of elimination were a common aspect of ancient religions throughout the Levant: that is, the slaying of a ritual animal or person (usually representing a god) as a means of cleansing away sin on behalf of the people.  The first millennium Mesopotamian creation myth (Enûma Eliš) elaborates on the slaying of the rebellious god Gingku correlating for the first time in extant text the notion of expiation of guilt and sin with the death of a demi-deity.   Out of Gingku’s blood, the first man is created, free of the sins of the god who was killed.  Am seventh century BCE Hittite text based on earlier first millennium sources of the Sargonnid kings Esahradon and Ashurbanipal (based on earlier first millennium BCE sources) relates that a lunar eclipse was thought to foretell the death of the ruling king.  In order to neutralize the evil portent, a ritual substitution was made by having a substitute king sit upon the throne for one hundred days.  At the end of this period the substitute was killed and the real king was reinstated.  In these rituals the substitute king carries away the impurities, as do animals in earlier substitution rituals.

Within this context, the text in Leviticus is evidence of a distinct departure from the more standard and commonly known substitution rituals of the region.   First of all, there are two substitutions.  One is the transference of impurity, by laying hands of the ram, and sacrificing it as a sin offering.  The second is the transference of the sins of the people onto the scapegoat.   However, the substitution done on behalf of a group or community is not unique to Leviticus.  A text from Ebla (early Akkadian) describes a scapegoat ritual from 2400-2300 BCE, in which two goats are put through a startlingly similar ritual:

(And) we purge the mausoleum|
Before the entry of the gods Kura and Barama a goat
…a silver bracelet hanging from the goat’s neck.
Towards the steps of Alini we let her go…

About a thousand years later an Ugaritic text describes a similar ritual:

If the city is about to be conquered, if death
wickedly treats man
A person will take a goat into the steppes
and send her out

A Hittite scapegoat ritual from about 1350 BCE also describes a situation describing the purification ceremony for ritual pestilence, which involves the designation of a substitute (a ram and a woman), the adorning of the scapegoat, and then sending the scapegoat out into enemy territory.

Similar rituals are documented throughout the outlying regions of the Hittite empire – stretching from modern-day South-East Anatolia and northern Syria.  *1

What is unique about the scapegoat ritual in Leviticus is the concept of drawing lots to ascribe which goat is designated for G-d, and which will carry the sins of the people to Azazel.  The random nature of casting a lot shows development of a wholly new concept within the regional tradition.  Either animal can be sacrificed.  It’s not for man to determine which one is which. Only G-d can determine the fate of man and animal alike.

Two questions have bothered Tannaim, and subsequent, far later Jewish scholars.  One is the actual meaning of “L’Azazel, and the second is why the date of the most important day of the year is designated only at the end of the text, after the description of the substitution ritual.

Was ‘Azazel’ a physical location?  The Jews of the Second Temple Period seemed to believe so.  Documented texts indicate that the goat was physically led to an outlying area 14 km southeast of Jerusalem, now referred to as Har Azazel (Jabel Muntar).  The Mishna relates that the goat was walked for a distance of about 14 km, at which 10 booths were contructed to water and feed the goat (but not the kohenim driving it to its death). Yoma 67b; Sifra, Aharei Mot 2.8 (“to a hard place in the mountains”) Ibn Ezra related the word to Aramic a-z-l , or “ez – alal” – meaning “a goat goes.”  A third interpretation, found in the Talmud relates the term to a demon.  Talmudic Sages wrote (Babylonian Talmud, Yoma 67b):  “It is taught by Rabbi Ishmael:  Azazel, since it atones for the deeds of Uzza and Azael,” the sinful angels who were cast out of Heaven.   According to Pirkei de-Rabbi Eliezer 46, the goat is given to Azazel = Samael to bribe him not to act as the prosecutor against the Jewish people (also cf. Zohar, Aharei Mot).  There it says, “The lot of the Holy One, blessed be He, is the burnt offering, and the lot of Azazel is the he-goat sin offering.”  The contraposition of these two goats alludes to a contest, as it were, between the demons and the Lord.   The Book of Isaiah supports this interpretation as well (Is. 13:21-22, 34:11-15), where Isaiah describes the wilderness as being a place of demons.

According to Leviticus 16:8, Aaron casts lots, “one marked for the Lord and the other marked for Azazel.”   Likewise, Leviticus 17:7 says, “that they may offer their sacrifices no more to the goat-demons (se’irim) after whom they stray.  That would be a pretty powerful argument for sending the goat off to die in wilderness.

Finally, let’s consider the timing of ritual.  Only at the end of the ritual’s description is there mention of when the ritual should take place:

והיתה לכם לחקת עולם בחדש השביעי בעשור לחדש תענו את-נפשתיכם וכל-מלאכה לא תעשו האזרח והגר הגר בתוככם

“And this shall be to you a law for all time: In the seventh month, on the tenth day of the month, you shall practice self-denial, and not do any work, neither the native or the proselyte who dwells amongst you.” (Leviticus 16:29)”  In an excellent drash on the parasha, Manashe Ben Yashar shows that the Vilna Gaon concluded that while Moshe had the right to approach Hashem more frequently, Aaron was limited to specific times when expiation was deemed necessary,  and Aaron’s successors were to be limited to a single day in which they would bear the responsibility of expiation on behalf of a repentant people.   This parasha portrays a ritual that was far more encompassing than the single day of Yom Kippur.

Ancient cultic practices from the region support this conclusion.


Présidentielle américaine: Attention, un sexisme peut en cacher un autre (All victimhood and apple pie: From sexual liberation to the infantilization of women in terms Queen Victoria would find reassuring)

11 octobre, 2016
chippendalesposterslutwalk5 slutwalk3 slut-walkslutwalkmelbournesopranos3Il faut peut-être entendre par démocratie les vices de quelques-uns à la portée du plus grand nombre. Henry Becque
Lay, lady, lay, lay across my big brass bed (…) Why wait any longer for the world to begin You can have your cake and eat it too … Bob Dylan (1969)

NEW YORK, NY - MAY 04: Jay Z (L) and Beyonce attend the "China: Through The Looking Glass" Costume Institute Benefit Gala at the Metropolitan Museum of Art on May 4, 2015 in New York City. (Photo by Mike Coppola/Getty Images)

misogynistic-album-covers-two-live-crew
bubbassexualantics
Paparazzi, catch my fly, and my cocky fresh I’m so reckless when I rock my Givenchy dress (stylin’) Oh yeah, baby, oh yeah I, ohhhhh, oh, yes, I like that I did not come to play with you hoes, haha I came to slay, bitch When he fuck me good I take his ass to Red Lobster, cause I slay If he hit it right, I might take him on a flight on my chopper, cause I slay Drop him off at the mall, let him buy some J’s, let him shop up, cause I slay I might get your song played on the radio station, cause I slay ... Beyonce
You know I thug em, fuck em, love em, leave em Cause I don’t fuckin need em Take em out the hood, keep em lookin good But I don’t fuckin feed em First time they fuss I’m breezin Talkin bout, “What’s the reasons?” I’m a pimp in every sense of the word, bitch Better trust than believe em In the cut where I keep em til I need a nut, til I need to beat the guts Then it’s, beep beep and I’m pickin em up Let em play with the dick in the truck Many chicks wanna put Jigga fist in cuffs Divorce him and split his bucks Just because you got good head, I’m a break bread so you can be livin it up? Shit I parts with nothin, y’all be frontin Me give my heart to a woman? Not for nothin, never happen. Jay Z
I have used sex as a marketing tool and it has worked. I mean, my TV show is called Inside Amy Schumer.” This blushing Victorian violet explains: “My whole life I found friends that are just like me, young girls that were just like me, like we were all whores. Amy Schumer
A cruder and raunchier America of Miley Cyrus and Beyoncé is now far more sexually sensitive than was the staid America of half a century ago — as if the dirtier we become, the more sanctimonious we end up. Past presidents, such as John F. Kennedy and Bill Clinton, trumped even Trump in unleashing their reckless libidos on quite young White House staffers, an array of mistresses, and random women. But they were then young, liberal, loved by the media, and skilled incumbent politicians holding the power of the country at key moments in history. Private buccaneer Trump so far has no such mitigating arguments to contextualize his reprehensible private banter. (…) There are still agendas. Despite the defects of the two candidates, as the debate showed, the race still offers two quite different visions of how America might continue after Obama’s doubling of the debt, racial polarization, foreign-policy disasters, health-care mess, and rampant alphabetic corruption of the FBI, IRS, GSA, VA, and EPA. Hillary will double down on Obamaism, not because she necessarily likes Obama, but because as a past Obama servant she is embedded within his legacy and has mortgaged her political soul to the far Left. (…) The turn-offs of the two candidates are a matter of relative taste and ideology: The more conservative message delivered with uncooked vulgarity, or progressivism baked in refined and polished corruption. Oddly, Obama is the real winner: The more the two sling mud, the more an absentee Obama by default looks better — as long as he stays near comatose, out of sight and sound, and leaves us with the idea rather than the reality of his failing presidency. (…)  Republicans perhaps delude themselves into thinking that if they had nominated another — and more moral — candidate, there would have been far less exposure to left-wing hits. McCain and Romney were unusually decent people by any standard. They ran exemplary, gentlemanly campaigns. They were political moderates of sober speech and judicious temperament. Both lost. Had Rubio or Cruz been nominated, by this juncture we would be reading of their deplorable personal sins — in the manner of John McCain pseudo-extramarital affair or of Romney’s supposed tax avoidance, slurs about the non-federal-income-tax-paying 47 percent, or his various crudities from dog mistreatment to wearing holy underwear. There is no honor among thieves. The law-abiding right wing has excused WikiLeaks scoundrel Julian Assange as a speaker of truth to power in attacking Hillary. Similarly, Russian hackers are now hardly seen as saboteurs of a U.S. campaign, on the theory that they damage Hillary so far more than they do Trump. Leftists, who pose as protectors of privacy, don’t care that Trump’s private taxes were leaked. No one worries that recordings of his private profanity of more than a decade past were dug up — any more than Obama worried about leaking private divorce records in his 2004 primary and general elections. The ends justify the means. Nothing is private, nothing sacred. All that is different is that unethical disclosures and lies are bragged upon rather than excused. So a repugnant dolt like Harry Reid still boasts that his lying about Romney’s tax returns helped sink his campaign. (…) An expiring Trump has revealed yet another life, and may find yet another with a final strong debate. But barring a news bombshell, the cruder, more conservative candidate will still probably lose to the more dishonest and more liberal candidate. Money, the media, and the establishment in cahoots are hard to beat. Hillary has all three. Victor Davis Hanson
Now why might it be that men regard women as sex objects? Surely the ravenous purchase by females of stiletto heels, push-up bras, butt-hugging mini-skirts, plunging necklines, false eyelashes, hair extensions, breast implants, butt implants, lip implants, and mascara, rouge, and lipstick to the tune of billions a year has nothing to do with it. Females would never ever exploit their sexuality to seek attention from men. (…)  How surprising that Trump and Bush noticed Zucker’s legs! As documented in the video, she is wearing a skimpy purple dress, with an extremely short hem cut on the bias, a low neckline and fully exposed back. She is in high heels to accentuate her bare legs. The ratio of exposed skin between Zucker, on the one hand, and Trump and Bush, on the other, is perhaps 100 to one. But all that bare flesh must simply be because Zucker has a high metabolism and gets exceedingly warm; she would never want to broadcast her sexuality to men or have men notice her. The fact that she swishes her hips when she walks must just be a quirk of anatomy. (…)  If any of these newfound exponents of female modesty felt any comparable nausea at the blatant display of female sexuality and, dare I say it, “pussy,” in Beyoncé’s acclaimed rock video “Formation,” say, they kept it to themselves. Beyoncé and her female chorus line rhythmically thrust their butts, crotches, and breasts to the camera, while Beyoncé brags of her sexual prowess (…) Sounds like a sexual quid pro quo, ripe for a harassment lawsuit. The “Formation” video, which inspired Beyoncé’s Super Bowl halftime performance in January (to another universal swoon from the entertainment industry), also shows a very young girl engaging in some precocious twerking, a grotesque travesty of childhood. No objections to that destruction of the innocence of childhood from the DNC. President Obama has singled out Beyoncé for praise, and the singer is a big Hillary Clinton supporter, to not a word of protest from Clinton regarding her status as a role model for young girls. Bill Clinton met with Beyoncé and her husband, rapper Jay Z, in September. If Bill or Hillary thinks the lyrics of Jay Z’s “Big Pimpin‘” “horrific,” in Hillary’s words, they are not letting on (…) The Washington Post primly headlined its scoop on Trump’s bus conversation with Bush: “Trump recorded having extremely lewd conversation about women in 2005.” The New York Times’ follow-up story also labelled Trump’s remarks “lewd.” If either of those paper’s critics have ever objected to such lewdness in popular culture, it has escaped attention. Have they objected to college campus sex weeks, which routinely invite porn stars to offer how-to demonstrations on S & M sex? Do they squirm with discomfort when campus administrators pass out tips on the use of sex toys to achieve better orgasms? Not on the record, at least. (…) The sudden onset of Victorian vapors among the liberal intelligentsia and political class at the revelation of Trump’s locker-room talk is part and parcel of the Left’s hypocrisy when it comes to feminism and sexual liberation. A routine objection to Trump is that he makes, in the words of the New York Times, “gutter attacks on women.” But why should women be exempt from Trump’s gutter attacks on anyone he wants to humiliate? (…) But the feminists can’t have it both ways: declaring that women should be equal to men in all things and then still demand a chivalric deference to female’s delicate sensibilities. Either women are the same as men or they’re not. It is particularly galling to see the selective resurrection of Victorian values from the same crowd that has been pushing transgender locker rooms on the world, in an effort to destroy the last shred of girls’ innate sexual modesty. This opportunistic, on-again, off-again appearance of traditional sexual values characterizes the campus-rape myth as well. Needless to say, actual sexual assault is both criminal and intolerable. But college co-eds insist on the prerogative of maximal promiscuity at the same time that they revert to the role of helpless damsel in distress, when, after drinking themselves blotto to lower their sexual inhibitions, they regret a boozy hook-up and declare themselves raped. The logic is always that the male was responsible for the female’s well-being; the female cannot help drinking herself to a reckless state. It is for the chivalric male to look out for her. Following the release of the studio bus tape, Trump said in his defense that Bill Clinton “has said far worse to me on the golf course.” That may be the most credible thing that Trump has ever uttered. But both Republicans and Democrats are fatally compromised in their responses to the Trump tapes, deliberately released right before the make-or-break second presidential debate. Republicans, having flogged the Bill Clinton sex scandals way past any possible point of relevance, are now not well positioned to dismiss these comments (nor are they trying to), though there is a huge difference between the reality TV star Trump bragging about his libido on a studio bus and Bill Clinton exploiting the power of the presidency to seduce a young intern. But Democrats are the most shameless in their outrage over the Trump braggadocio, having dismissed Bill Clinton’s White House and gubernatorial escapades for years, and standing as the party of maximal sexual liberation, unlike the Republicans. The New York Times rejects the relevance of Clinton’s predatory White House behavior on the ground that “Mr. Clinton is not running for president.” But the Times did not find Clinton’s behavior significant when Clinton was in office, either. Ideally, no man would ever paw a female or push himself on her. The default norm of sexual modesty, coupled with the chivalric ideal that gentlemen should treat females like ladies, used to be the most effective defense against such high-testosterone behavior. Feminism, however, has declared both modesty and chivalry sexist, leaving females to improvise a response to the inevitable excesses of the male sex drive, when they are not trying to leverage it to their own advantage. The only good thing to come out of this tacky episode may be the jettisoning of the ongoing resurrection of the tired Clinton White House escapades by Trump and his supporters. Otherwise, it stands merely as a reminder of how enduring the stance of offended female virtue is, even in the age of crude sexual exhibitionism. Heather Mac Donald
Go beyond the current campaign to the wider culture, and this uproar over Trump’s comments reflects the sexual schizophrenia that for decades has corrupted our understanding of women’s sexuality. When feminism took off in the Sixties, it was all about empowering women to have the same sexual agency as men. All the taboos against female sexual behavior were dismantled, the dreaded “double standard” was discarded, and women started acting just like men. They are free to choose their partners, and the frequency and variety of sexual acts, without judgment from prudish patriarchs and Christian “fundamentalists.” They can go to Chippendales shows and leer and grope the strippers with the same gusto as the wise-guys in the Bada Bing. They can watch pornography on television, and read best-selling soft-porn sadomasochistic novels and then enjoy a girls’ night out to enjoy the movie version. They can drop F-bombs with abandon, objectivize men into sexual commodities, dress like prostitutes, and banter about their conquests. And any criticism of female promiscuity is demonized as “slut-shaming.” Around the Nineties the bill started coming due for this uncritical abandonment of traditional morality. Sexual disease, frequent abortion, children without fathers, and the psychological costs of being objectivized and degraded by men––who were delighted to find that women were now their sexual equals––were all the bitter fruit of liberation. The response to these unforeseen consequences was the new Victorianism, as Rene Denfeld’s perceptive study called it. The sexual freedom would remain, but now men were expected to observe a whole host of minute rules and limitations in order to protect women from the consequences of their own free choices. College students had the right to get drunk at frat parties and make a bad sexual choice of an equally drunk sexual partner, but were absolved by being transformed into victims of sexual predators who were now held to a higher standard––just like in patriarchal Victorian times. Apparently the Victorian feminists didn’t understand that if men should know better, then at some level they are better. Women were now the equal of men, but simultaneously not as resilient or strong enough to own the consequences of their behavior. Our larger public culture is equally schizophrenic. We have easy access to porn, a fashion industry that dresses even pre-teens like prostitutes, television shows and movies filled with casual sex, and an obsession with sexual beauty that drives a whole industry of surgical enhancement. Yet at the same time, we rigorously police our language and jokes for infractions of “sexual harassment,” which is what any woman at any time for any reason believes creates a “hostile and intimidating workplace,” in the words of the law. And we have redefined “sexual assault” to include bad decisions one would think a confident, strong, adult woman would see as a learning experience and try to avoid. Instead we infantilize women in terms Queen Victoria would find reassuring. Democrats promote this identity of victimhood because it delivers political dividends. Remember Obama’s 2012 “Life of Julia” campaign cartoon? The message was the federal government can be a woman’s husband, boyfriend, and father, with the result, of course, that women would be just as dependent as they were in the dark days of patriarchy. Or think of Hillary’s main argument for becoming president: it’s time to elect a woman and correct the continuing injustices of sexism––despite the fact that today on average women are better educated and live longer than the average male. But conservatives should know better and not jump so quickly to validate a dishonest narrative that benefits the other side. True conservatism knows the traditional wisdom that talk is cheap, and that actions speak louder than words. And true conservatism recognizes that freedom is the highest secular good, but that there is no true freedom without acceptance of the consequences of one’s actions. This latest Trump episode illustrates how clearly our sexual schizophrenia marks the decline of conservatism and the dominance of progressivism in our culture and politics. Bruce Thornton

Vous avez dit le beurre et l’argent du beurre ?

Alors qu’en cette veille de la fête où nos amis juifs se rémémorent l’institution qui donna au monde le terme et la théorie pour débusquer le phénomème dit de bouc émissaire mais aussi l’actuelle fétichisation de la victimisation …

S‘acharnent sur le seul Donald  les anciens partisans d’un ex-président qui avait en son temps pas moins d’une quinzaine d’accusations d’abus voire de viols de femmes…

Pendant qu’au nom sacro-saint de la victimisation et avec les conséquences catastrophiques que l’on sait …

C’est, après le coup du premier président noir, celui de la première femme que l’on prétend nous faire …

Comment ne pas voir avec les commentateurs Bill Thornton et Heather Mac Donald …

Tant le deux poids deux mesures …

Que  l’hypocrisie et la véritable schizophrénie …

D’une société qui après avoir revendiqué à grands cris dans l’habillement comme dans le comportement ou le langage …

L’égalité pour les femmes d’une irresponsabilité, sur fond de marches des salopes, jusque là réservée aux hommes …

Prétend aujourd’hui, condamner au nom d’une pudibonderie qui n’aurait rien à envier aux Victoriens …

Les seuls hommes en question quand ceux-ci s’avisent de les prendre au mot ?

Trump, Politics, and Our Sexual Schizophrenia Conservatives should know better than to so quickly validate a dishonest narrative that benefits the other side
Bruce Thornton
Frontpage Mag
October 10, 2016

Bruce Thornton is a Shillman Journalism Fellow at the David Horowitz Freedom Center.

A few minutes into Sunday’s debate Donald Trump’s decade-old crude sexual banter with a reporter from an entertainment show was mentioned by the CNN moderator. Donald again apologized for the comments, and Hillary immediately pounced on Trump’s misogyny, throwing in his alleged racism and Islamophobia. To his credit, Trump ignored her slurs and attacked her record. When Democrat loyalist Martha Raddatz pressed on, Trump let loose with a powerful contrast with Bill’s record of abuse––which Hillary side-stepped.

Welcome to another debate on everything except the issues. Consider the reporting on Trump’s comments, which is the mother of all dog-bites-man-stories. I don’t know what cocoon you have to come from not to know that every single day millions of men––and women–– of all ages, races, and sexual persuasions exchange vulgar, crude banter about sex. And you’d have to be particularly dumb, or duplicitous, to be shocked that a New Yorker with a flamboyant and braggadocios personality who is involved in casinos, reality television, construction, and beauty pageants probably would do so on a regular basis. Or, if not dumb, then a partisan hack indulging in rank hypocrisy in order to gain political advantage. Welcome to another episode of America’s political hypocrisy and sexual schizophrenia.

The Dems, of course, and their minions in the media are hyping this story for obvious reasons. Their candidate has a long history of lies and money-grubbing, possesses no political charisma, and touts no policy proposals other than the same dull progressive clichés and failed ideas. Donald’s juvenile sex-talk is a perfect distraction from the steady drip of revelations about Hillary’s email and server scandal, pay-for-play foundation, video evidence of her questionable health, and news reports from abroad documenting daily her disastrous management of foreign affairs while Secretary of State.  And don’t forget the WikiLeaks release of her Wall Street speeches transcripts, which show her political duplicity and cozy ties to the 1%.

What makes this latest bout of misdirection particularly hypocritical is the glaringly obvious record of Bill Clinton’s sexual depredations, from his time in Arkansas to his sex-tourism on convicted pedophile Jeffrey Epstein’s Lolita Express. Most men engage in smutty talk of exaggerated sexual conquests and fantasies about future trophies. But we know of only one who as governor and then president abused his power to fulfill his sordid wishes in the Arkansas State House and the White House, besmirching the dignity and honor of an office supposedly devoted to serving the people and upholding the Constitution. And few women, when their guilty husband is exposed, unleash a nuclear bombardment of harassment and vilification of the sort famous “feminist” Hillary Clinton launched. The same woman who is now calling Trump’s banter “horrific” was described by her own courtier George Stephanopoulos as someone who will “savage her enemies,” as she did the victims of Bill’s sexual assaults.

But once again, the Democrats and their Republican fifth column think words are more important than reality. Indeed, Planned Parenthood, recipient of much Democrat largesse and political cover, said, “What Trump described in these tapes amounts to sexual assault.” But real sexual assault like Bill Clinton’s gets a yawn when the perpetrator is politically simpatico. I understand why the Democrats do it, but the Republicans’ motives elude me. They seem to be driven by some standard of “conservative” purity of the sort for which they regularly criticize the Tea Party, or by class prejudices that find Trump and his supporters vulgar, stupid upstarts who refuse to listen to their betters. They may be jumping ship to preserve their careers and influence, or making an electoral calculation about getting the woman’s vote. They seem to forget that squeaky-clean Mitt Romney was savaged as a sexist for his “binders” full of the resumes of qualified women. Memo to NeverTrumpers: no matter what a Republican does, no matter how much he panders, he will always be a racist and sexist capitalist pig.

There’s something else, though, going on––some Republicans’ bad habit of accepting identity-politics narratives about race or women, and then preemptively cringing to prove that they are not benighted racists or sexists deserving of political and social shaming. That is, the same gutlessness in the face of political correctness that in part fueled Trump’s improbable rise to become the Republican candidate for president.

So Paul Ryan, who earlier called Trump a “racist,” said that Trump’s comments were “sickening.” No, Congressman, using the power of the presidency to get sexual favors, and then perjuring yourself when questioned about it, is sickening. Calling yourself a feminist and telling us that victims of sexual assault “have a right to be believed,” when you have “savaged” victims of your own husband’s depredations, is sickening. So too with all the other Republicans, including party chairman Reince Priebus, who have eagerly jumped on the holier-than-thou bandwagon. So too with the NeverTrumpers, who have started a campaign to get the candidate to step down. All their ostentatious dudgeon is based not on proven actions, but on sexual big-talk as common in our Republic as flies. When there’s clear evidence that Trump has in fact sexually coerced or assaulted women, then will be the time for condemnation.

Go beyond the current campaign to the wider culture, and this uproar over Trump’s comments reflects the sexual schizophrenia that for decades has corrupted our understanding of women’s sexuality. When feminism took off in the Sixties, it was all about empowering women to have the same sexual agency as men. All the taboos against female sexual behavior were dismantled, the dreaded “double standard” was discarded, and women started acting just like men. They are free to choose their partners, and the frequency and variety of sexual acts, without judgment from prudish patriarchs and Christian “fundamentalists.” They can go to Chippendales shows and leer and grope the strippers with the same gusto as the wise-guys in the Bada Bing. They can watch pornography on television, and read best-selling soft-porn sadomasochistic novels and then enjoy a girls’ night out to enjoy the movie version. They can drop F-bombs with abandon, objectivize men into sexual commodities, dress like prostitutes, and banter about their conquests. And any criticism of female promiscuity is demonized as “slut-shaming.”

Around the Nineties the bill started coming due for this uncritical abandonment of traditional morality. Sexual disease, frequent abortion, children without fathers, and the psychological costs of being objectivized and degraded by men––who were delighted to find that women were now their sexual equals––were all the bitter fruit of liberation. The response to these unforeseen consequences was the new Victorianism, as Rene Denfeld’s perceptive study called it. The sexual freedom would remain, but now men were expected to observe a whole host of minute rules and limitations in order to protect women from the consequences of their own free choices. College students had the right to get drunk at frat parties and make a bad sexual choice of an equally drunk sexual partner, but were absolved by being transformed into victims of sexual predators who were now held to a higher standard––just like in patriarchal Victorian times. Apparently the Victorian feminists didn’t understand that if men should know better, then at some level they are better. Women were now the equal of men, but simultaneously not as resilient or strong enough to own the consequences of their behavior.

Our larger public culture is equally schizophrenic. We have easy access to porn, a fashion industry that dresses even pre-teens like prostitutes, television shows and movies filled with casual sex, and an obsession with sexual beauty that drives a whole industry of surgical enhancement. Yet at the same time, we rigorously police our language and jokes for infractions of “sexual harassment,” which is what any woman at any time for any reason believes creates a “hostile and intimidating workplace,” in the words of the law. And we have redefined “sexual assault” to include bad decisions one would think a confident, strong, adult woman would see as a learning experience and try to avoid. Instead we infantilize women in terms Queen Victoria would find reassuring.

Democrats promote this identity of victimhood because it delivers political dividends. Remember Obama’s 2012 “Life of Julia” campaign cartoon? The message was the federal government can be a woman’s husband, boyfriend, and father, with the result, of course, that women would be just as dependent as they were in the dark days of patriarchy. Or think of Hillary’s main argument for becoming president: it’s time to elect a woman and correct the continuing injustices of sexism––despite the fact that today on average women are better educated and live longer than the average male.

But conservatives should know better and not jump so quickly to validate a dishonest narrative that benefits the other side. True conservatism knows the traditional wisdom that talk is cheap, and that actions speak louder than words. And true conservatism recognizes that freedom is the highest secular good, but that there is no true freedom without acceptance of the consequences of one’s actions. This latest Trump episode illustrates how clearly our sexual schizophrenia marks the decline of conservatism and the dominance of progressivism in our culture and politics.

Voir aussi:

Trumped-Up Outrage

The Left condemns the GOP candidate even as it celebrates crudity and sexual exhibitionism throughout the culture.

Heather Mac Donald

October 9, 2016

Democrats and their media allies, joined by many Republicans, are calling on Donald Trump to withdraw from the presidential race after a newly released, decade-old tape of a frat-house-level conversation between Trump and television host Billy Bush in 2005, in which Trump boasted of his heavy-handed pursuit of females. Trump describes trying unsuccessfully to seduce a married woman by taking her furniture shopping, speaking in the crudest terms. He brags that because he was a star he could “grab [females] by the pussy” and claims to Bush that he starts kissing beautiful women “like a magnet. Just kiss.  I don’t even wait. And when you’re a star, they let you do it.  You can do anything.”  Bush eggs him on:  “Whatever you want!” (Bush being a more admiring confidante than Leporello to Don Giovanni).

The response has been swift and apocalyptic. Hillary Clinton tweeted: “This is horrific. We cannot allow this man to become president.” Vice Presidential candidate Tim Kaine told reporters: “It makes me sick to my stomach.” Slate’s science editor wrote that “I feel sicker after seeing it than I can remember feeling in a while.” Another Slate columnist writes that Trump and Bush “can’t see their female colleagues as anything but collections of fuckable or unfuckable body parts. They exhibit a complete disregard for women’s humanity, agency, and internal lives.”

Now why might it be that men regard women as sex objects? Surely the ravenous purchase by females of stiletto heels, push-up bras, butt-hugging mini-skirts, plunging necklines, false eyelashes, hair extensions, breast implants, butt implants, lip implants, and mascara, rouge, and lipstick to the tune of billions a year has nothing to do with it. Females would never ever exploit their sexuality to seek attention from men. Bush and Trump, driving to the set of Days of Our Lives on a studio bus, comment on the legs of actress Arianne Zucker who is coming to meet them: “Oh, nice legs, huh?” Trump says. “Your girl’s hot as shit, in the purple,” Bush says. How surprising that Trump and Bush noticed Zucker’s legs! As documented in the video, she is wearing a skimpy purple dress, with an extremely short hem cut on the bias, a low neckline and fully exposed back. She is in high heels to accentuate her bare legs. The ratio of exposed skin between Zucker, on the one hand, and Trump and Bush, on the other, is perhaps 100 to one. But all that bare flesh must simply be because Zucker has a high metabolism and gets exceedingly warm; she would never want to broadcast her sexuality to men or have men notice her. The fact that she swishes her hips when she walks must just be a quirk of anatomy.

When Trump and Bush emerge from the bus, they are the embodiment of jocular decorum—this too counts against them in the eyes of the feminist brigades. Writes Slate’s Susan Matthews: “As if public Donald Trump wasn’t bad enough, this video reminds us that there’s an aspect of the man that’s even worse than what he shows to the public. You see it in the transformation Trump and his conversation partner Billy Bush undergo when they exit the bus and move from [what they assumed was] a private sphere into a public one. They are still committing acts of sexual harassment and abusing their power when they ask the actress who greets them to give each of them a hug. But they’re buttoning up—they know the tone of the conversation they had on the bus cannot be repeated in anything close to a public sphere.” Isn’t this a good thing that Trump in this case at least has obeyed the rules of public behavior? Matthews, we are to believe, would never say anything in private that she would not repeat in the public sphere.

If any of these newfound exponents of female modesty felt any comparable nausea at the blatant display of female sexuality and, dare I say it, “pussy,” in Beyoncé’s acclaimed rock video “Formation,” say, they kept it to themselves. Beyoncé and her female chorus line rhythmically thrust their butts, crotches, and breasts to the camera, while Beyoncé brags of her sexual prowess:

Paparazzi, catch my fly, and my cocky fresh
I’m so reckless when I rock my Givenchy dress (stylin’)
Oh yeah, baby, oh yeah I, ohhhhh, oh, yes, I like that
I did not come to play with you hoes, haha
I came to slay, bitch
When he fuck me good I take his ass to Red Lobster, cause I slay
If he hit it right, I might take him on a flight on my chopper, cause I slay
Drop him off at the mall, let him buy some J’s, let him shop up, cause I slay
I might get your song played on the radio station, cause I slay

Sounds like a sexual quid pro quo, ripe for a harassment lawsuit. The “Formation” video, which inspired Beyoncé’s Super Bowl halftime performance in January (to another universal swoon from the entertainment industry), also shows a very young girl engaging in some precocious twerking, a grotesque travesty of childhood. No objections to that destruction of the innocence of childhood from the DNC.

President Obama has singled out Beyoncé for praise, and the singer is a big Hillary Clinton supporter, to not a word of protest from Clinton regarding her status as a role model for young girls. Bill Clinton met with Beyoncé and her husband, rapper Jay Z, in September. If Bill or Hillary thinks the lyrics of Jay Z’s “Big Pimpin‘” “horrific,” in Hillary’s words, they are not letting on:

You know I thug em, fuck em, love em, leave em
Cause I don’t fuckin need em
Take em out the hood, keep em lookin good
But I don’t fuckin feed em
First time they fuss I’m breezin
Talkin bout, “What’s the reasons?”
I’m a pimp in every sense of the word, bitch
Better trust than believe em
In the cut where I keep em
til I need a nut, til I need to beat the guts
Then it’s, beep beep and I’m pickin em up
Let em play with the dick in the truck
Many chicks wanna put Jigga fist in cuffs
Divorce him and split his bucks
Just because you got good head, I’m a break bread
so you can be livin it up? Shit I
parts with nothin, y’all be frontin
Me give my heart to a woman?
Not for nothin, never happen.

The Washington Post primly headlined its scoop on Trump’s bus conversation with Bush: “Trump recorded having extremely lewd conversation about women in 2005.” The New York Times’ follow-up story also labelled Trump’s remarks “lewd.” If either of those paper’s critics have ever objected to such lewdness in popular culture, it has escaped attention. Have they objected to college campus sex weeks, which routinely invite porn stars to offer how-to demonstrations on S & M sex? Do they squirm with discomfort when campus administrators pass out tips on the use of sex toys to achieve better orgasms? Not on the record, at least.

Other Hillary Clinton supporters have hardly been shy about exploiting sex to get ahead. Clinton fan Amy Schumer admits: “I have used sex as a marketing tool and it has worked. I mean, my TV show is called Inside Amy Schumer.” This blushing Victorian violet explains: “My whole life I found friends that are just like me, young girls that were just like me, like we were all whores.” During a lace-clad photo shoot for Marie Claire that of course had nothing to do with projecting sexuality, Schumer joked about her sexual exploits: “My best friend would describe me as loyal . . . to the boyfriend I stole from her.” She confesses to a “weakness for orgasms.” Democratic National Convention star, Hillary fan, and pseudo-campus rape victim Lena Dunham has not exactly set herself up as a model of sexual prudence, either, nor has she shrunk from using her promiscuity as a selling point in the entertainment market.

The sudden onset of Victorian vapors among the liberal intelligentsia and political class at the revelation of Trump’s locker-room talk is part and parcel of the Left’s hypocrisy when it comes to feminism and sexual liberation. A routine objection to Trump is that he makes, in the words of the New York Times, “gutter attacks on women.” But why should women be exempt from Trump’s gutter attacks on anyone he wants to humiliate? Trump’s gratuitous nastiness to men and women alike, kicking  people when they are down, unfits him to serve as the premier civic role model for the nation’s children. But the feminists can’t have it both ways: declaring that women should be equal to men in all things and then still demand a chivalric deference to female’s delicate sensibilities. Either women are the same as men or they’re not. It is particularly galling to see the selective resurrection of Victorian values from the same crowd that has been pushing transgender locker rooms on the world, in an effort to destroy the last shred of girls’ innate sexual modesty.

This opportunistic, on-again, off-again appearance of traditional sexual values characterizes the campus-rape myth as well. Needless to say, actual sexual assault is both criminal and intolerable. But college co-eds insist on the prerogative of maximal promiscuity at the same time that they revert to the role of helpless damsel in distress, when, after drinking themselves blotto to lower their sexual inhibitions, they regret a boozy hook-up and declare themselves raped. The logic is always that the male was responsible for the female’s well-being; the female cannot help drinking herself to a reckless state. It is for the chivalric male to look out for her.

Following the release of the studio bus tape, Trump said in his defense that Bill Clinton “has said far worse to me on the golf course.” That may be the most credible thing that Trump has ever uttered. But both Republicans and Democrats are fatally compromised in their responses to the Trump tapes, deliberately released right before the make-or-break second presidential debate. Republicans, having flogged the Bill Clinton sex scandals way past any possible point of relevance, are now not well positioned to dismiss these comments (nor are they trying to), though there is a huge difference between the reality TV star Trump bragging about his libido on a studio bus and Bill Clinton exploiting the power of the presidency to seduce a young intern. But Democrats are the most shameless in their outrage over the Trump braggadocio, having dismissed Bill Clinton’s White House and gubernatorial escapades for years, and standing as the party of maximal sexual liberation, unlike the Republicans. The New York Times rejects the relevance of Clinton’s predatory White House behavior on the ground that “Mr. Clinton is not running for president.” But the Times did not find Clinton’s behavior significant when Clinton was in office, either.

Ideally, no man would ever paw a female or push himself on her. The default norm of sexual modesty, coupled with the chivalric ideal that gentlemen should treat females like ladies, used to be the most effective defense against such high-testosterone behavior. Feminism, however, has declared both modesty and chivalry sexist, leaving females to improvise a response to the inevitable excesses of the male sex drive, when they are not trying to leverage it to their own advantage.

The only good thing to come out of this tacky episode may be the jettisoning of the ongoing resurrection of the tired Clinton White House escapades by Trump and his supporters. Otherwise, it stands merely as a reminder of how enduring the stance of offended female virtue is, even in the age of crude sexual exhibitionism.

Trump, companies accused of mistreating women in at least 20 lawsuits

Here is a list of Republicans abandoning Donald Trump after the leaked tape of his vulgar comments about women in 2005. USA TODAY

One woman sued Donald Trump’s Miami resort saying she lost her job because she got pregnant.

Two others claimed they were fired after complaining that co-workers sexually harassed them.

And a number of women testified in a lawsuit that Trump himself repeatedly instructed managers to hire younger, prettier workers at his Los Angeles golf club.

The release of a video Friday showing Trump’s sexist remarks in 2005 has created a firestorm of controversy that threatens to derail his campaign. But an ongoing USA TODAY investigation of Trump’s 4,000-plus lawsuits shows that he and his companies have been accused for years of mistreating women. Allegations outlined in at least 20 separate lawsuits accuse Trump and managers at his companies of discriminating against women, ignoring sexual harassment complaints and even participating in the harassment themselves.

The details of these allegations, some not reported until now, suggest that the kinds of lewd and discriminatory actions reported last week may be more prevalent within Trump’s organization than previously known.

In one lawsuit, a female supervisor at Trump National Golf Club near Los Angeles said Trump pulled her aside one day to complain about hiring.

“I want you to get some good looking hostesses here,” Trump told Sue Kwiatkowski, she recounted in a sworn statement corroborated by many other employees’ testimony. She said he went on to say, “People like to see good looking people when they come in.” Managers acted on Trump’s directive, she and colleagues testified, to hire younger and “prettier” staff and to make sure other female workers were not seen whenever the big boss visited.

Another supervisor testified she refused to fire a female employee even after her boss threatened punishment, citing Trump’s desire for the woman to be fired because she was “fat.”

One married waitress testified that Trump always flirted with her, asking whenever she served him whether she was “still happily married.” She didn’t like it, but felt powerless to complain about a powerful, famous man like Trump.

The cases involving women are among about 130 employment cases involving Trump’s companies dating back to the 1980s, although many of them involve the individual companies’ employees and managers rather than Trump personally. A definitive accounting of women claiming mistreatment by Trump or his companies isn’t possible because many such complaints are resolved internally and never escalate to a lawsuit. And, researchers consistently have found, many women don’t report such workplace behavior at all.

Two such examples are at the heart of two of last week’s explosive stories about Trump. Monday, The Associated Press reported that Trump systematically demeaned women during filming of NBC’s The Apprentice television show, discussing in front of them which ones he’d like to have sex with and asking other men in the room which ones they’d like to have sex with, among other vulgar behavior. Friday, The Washington Post published video of Trump’s bragging, in lewd terms, with Billy Bush about his aggressive sexual advances on Nancy O’Dell, a married television host. None of those women have sued, and it’s unknown whether any of them complained to bosses at NBC or the shows’ producers.

Jill Martin, a vice president and assistant general counsel for The Trump Organization who handles the company’s labor cases, told USA TODAY last month that the number of those kind of lawsuits across Trump’s businesses is small for an organization of its size.

The Trump Organization “has a strong policy and does not tolerate harassment of any kind,” she told USA TODAY in response to questions about some of the sexual harassment lawsuits involving Trump’s companies. “We promptly investigate any claims and discipline upon substantiation of those claims and have an open door policy to encourage reporting of any discrimination.”

Sexual harassment? ‘You’re fired!’

This summer, Trump weighed in on the sexual harassment case against Fox News chief Roger Ailes by saying if his daughter Ivanka was sexually harassed, he would tell her to “find another career or find another company.” Eric Trump, vice president of The Trump Organization, added his sister wouldn’t “allow herself to be subjected to that” and would report it to human resources.

In at least three lawsuits reviewed by USA TODAY, women working for Trump companies allege that’s exactly what they did: they reported sexual discrimination or harassment and they lost their jobs. In several other cases, women described retaliation for making such complaints.

Just this summer, a woman who supervised the Trump Kids Club at the billionaire’s golf resort in Jupiter, Fla., sued Trump saying she endured “persistent, unwelcome sexual advances” by a manager. Erin Breen said she alerted human resources and her supervisor. In court, and in separate complaints to the Florida Commission on Human Relations and the Equal Employment Opportunity Commission, Breen said Trump managers fired her two weeks after she complained.

Trump attorneys have yet to file an official response, but assistant general counsel Martin said the allegation is “without merit” and “we look forward to defeating her claims in court.”

Trump’s Chicago hotel also defended a lawsuit in 2010 over similar circumstances. A female server at Sixteen Chicago, a restaurant inside Trump Hotel and Tower, alleged she was subjected to “unwanted and offensive touchings” and “offensive sexual material” by a male chef.

Nausheen Nurani claimed she approached a general manager in 2008 about the issues and was fired two weeks later. Nurani sued and also filed complaints with the federal EEOC and Illinois Department of Human Rights. Trump’s lawyers fought the lawsuit, but a judge rejected their attempt to get the case tossed out. Trump settled the lawsuit in 2010, with undisclosed terms, a tactic that USA TODAY’s investigation has found in hundreds of lawsuits Trump has settled.

At Trump’s other Florida golf resort, a woman sued alleging she lost her job at Trump National Doral after becoming pregnant and complaining about her boss’ treatment after that. In state and federal lawsuits, Itzel Hudek claimed that despite a strong performance record, accommodations to her schedule during her pregnancy annoyed her supervisor, who she said retaliated. Ten days after returning from leave, Hudek said she was told to train another employee to do her job and then was laid off from the Miami resort.

Trump’s lawyers settled the lawsuits, but the terms are not disclosed in court records. Hudek told USA TODAY that she would rather not talk publicly about the case.

Staff not ‘pretty’ enough for Trump

While those claims involve Trump employees and no clear implication of his direct involvement, the case at Trump’s Los Angeles golf course includes a host of sworn statements by employees telling tales about how Trump himself directed managers to discriminate against women who didn’t meet his standard for attractiveness – and those managers’ acquiescence to his wishes.

In a class-action lawsuit Trump’s lawyers settled in 2013 for nearly a half-million dollars, waitress Lucy Messerschmidt alleged Trump’s club in Rancho Palos Verdes, Calif., fired her after she complained about being denied work shifts because of her age and appearance. The suit, on behalf of nearly 1,000 golf club employees over wide-ranging labor issues, features sworn statement after sworn statement claiming discriminatory hiring, firing and on-the-job treatment of women Trump and other senior managers perceived as older, less attractive or overweight.

Messerschmidt, a restaurant hostess in her 40s, said she routinely was rotated off shifts when Trump visited the golf course because he “likes to see fresh faces” and “young girls,” according to court records. She complained to bosses because she was “not being scheduled to work when Donald Trump was on the premises because of my age and Mr. Trump’s known preference for young, pretty women in the hostess position,” according to a sworn statement filed in the case.

Messerschmidt has declined to talk publicly about the lawsuit. Several other employees made similar sworn statements, including catering director Hayley Strozier, who pushed back against male superiors when told that Trump preferred younger women on duty and was disappointed in one of her bosses “as a man and as a father” for abiding Trump’s wishes to fire one female employee because Trump thought she was “fat” and didn’t like seeing her when he visited.

Employee Stacia Solis testified she noticed that – before Messerschmidt complained – younger, prettier waitresses would be assigned to serve Trump’s table, although they weren’t the most talented servers at the resort. One male employee testified he never saw a male waiter serve Trump.

Waitress Maral Bolsajian said she did meet Trump five or six times while serving at the club from 2007 until 2010. The encounters bothered her because she felt Trump was too forward.

“Mr. Trump regularly greeted me with expressions like ‘How’s my favorite girl?’ Later, after he learned (by asking me) that I was married – and happily so – he regularly asked ‘Are you still happily married?’ whenever he saw me.” Bolsajian testified that Trump “regularly” asked her to pose with him for photographs.

“I found these actions inappropriate and uncomfortable, but felt I had little recourse given that Donald Trump is not only the head of the company but also one of the most powerful, well-known people in the United States.”

The ‘American Dream’ calendar girls

In a more well-known case getting renewed attention, Jill Harth alleges Trump repeatedly made verbal and physical sexual advances while she and her future husband, George Houraney, partnered with Trump on a beauty pageant deal called the American Dream Festival.

In a federal lawsuit – filed while she and her husband were suing Trump for allegedly not paying them what he owed on the American Dream contract – Harth alleged that Trump forcibly touched her, time and again, at various meetings and parties over about a year’s time.

At one dinner party at Trump’s Plaza Hotel, she said in the lawsuit that Trump touched her thigh under the table, attempting to grab her “intimate private parts.” She alleged Trump also forced her into a bedroom at his Mar-A-Lago estate in Palm Beach, touched her “private parts in an act that constituted attempted rape.”

What’s more, in her lawsuit and in several interviews she’s given in recent weeks, Harth contends that Trump also harassed several of the models who were part of the American Dream pageant – offering them career opportunities in exchange for sexual encounters.

Harth dropped the suit in 1997 as a condition of Trump agreeing to settle the separate breach of contract lawsuit with American Dream. The terms are undisclosed in court records, though she has said in interviews it was about $100,000.

Trump’s team denied the claims at the time and attacked Harth in the press. As the allegations resurfaced, Trump told the Boston Globe in March that Harth’s claims were “nonsense” and that the sexual harassment allegations were spawned by the soured business deal.

Trump and his aides told The New York Times in May, as part of an article about Trump’s interactions with women that included Harth’s story, that her account should be discredited because she has continued to write Trump’s staff with warm wishes and asking for work as late as this fall and winter, expressing support for his presidential campaign.

Removing female dealers from floor

Beyond the lawsuits, there are other incidents documented in government records. For example, the state of New Jersey fined a Trump casino and its managers $200,000 after investigators found they discriminated against workers to cater to a rich gambler.

The New Jersey investigators said Trump’s casino managers would remove female dealers from the Trump Plaza floor because a particular high-roller gambler didn’t want women – or for that matter, black people – working at his tables when he played.

Employee Cathy Carlino testified at one state hearing that patron Robert Libutti “started cursing, screaming, banging the table, ‘I don’t want no (expletive) woman here. I don’t need these (expletive) in my game. I told you people before. Get her out of here. Why are you doing this to me?’” Lubutti, who has since died, was later banned from all Atlantic City casinos over alleged ties to the mafia. He was cited repeatedly in casino board investigations of Trump’s managers’ penchant for catering to him to keep him spending money at Trump casinos.

“There are, or ought to be, certain things that a casino hotel cannot sell or provide to a customer in order to assure his continued patronage,” then casino commissioner Steven Perskie said. “These things include honor and decency and simple human courtesy and an unwavering commitment to statutory obligations, including the law against discrimination.”

Contributing: Karen Yi and Kevin McCoy


Présidentielle américaine: Les raisons de la colère (What if Michael Moore’s prediction turned out to be true ?)

9 octobre, 2016
trump1trump2
https://i0.wp.com/allnewspipeline.com/images/Bubbassexualantics.png
bercoff
Toutes les stratégies que les intellectuels et les artistes produisent contre les « bourgeois » tendent inévitablement, en dehors de toute intention expresse et en vertu même de la structure de l’espace dans lequel elles s’engendrent, à être à double effet et dirigées indistinctement contre toutes les formes de soumission aux intérêts matériels, populaires aussi bien que bourgeoises. Bourdieu
Il est tellement stupide. C’est un minable, un chien, un porc, un escroc, un artiste de merde, un roquet qui ne sait pas de quoi il parle, qui ne travaille pas ses sujets, qui se fiche de tout, qui pense qu’il joue avec les gens, qui ne paie pas ses impôts. C’est un abruti. Colin Powell l’a dit mieux que tout le monde : c’est un désastre national. Il est une honte pour ce pays. Cela me met tellement en colère que ce pays soit arrivé au point de mettre cet idiot, ce crétin, là où il est aujourd’hui. Il dit qu’il aimerait donner un coup de poing à des gens ? Eh bien, moi j’aimerais bien lui mettre un coup de poing dans la tronche. Est-ce que c’est le genre de personne que nous voulons comme président ? Je ne crois pas. Ce qui me préoccupe, c’est la direction que prend ce pays et je suis très très inquiet au sujet de la mauvaise direction dans laquelle nous pourrions aller avec quelqu’un comme Donald Trump. Si vous vous intéressez à votre futur, votez. Robert De Niro (2016)
Ce n’est pas un témoin de circonstance, explique un avocat du dossier. Monsieur De Niro n’est pas le quidam qui passe par hasard sur le lieu d’une infraction et à qui on demande de venir raconter ce qu’il a vu. Il est au coeur du dossier.» L’artiste est en effet l’un des clients présumés d’un réseau de prostitution qu’auraient mis sur pied le photographe de charme Jean-Pierre Bourgeois et une ex-mannequin suédoise, Anika Brumarck. La filière a été dénoncée par un informateur anonyme de la BRP en octobre 1996. Elle fonctionnait depuis 1994, comme l’établira rapidement l’information judiciaire, confiée au juge N’Guyen le 24 octobre 1996. Anika Brumarck gérait les opérations depuis son appartement du XVIe arrondissement parisien. Usant de sa profession de photographe, Bourgeois se serait occupé de recruter les jeunes filles, alléchées par des propositions de petits rôles au cinéma ou de modèle photo pour des campagnes publicitaires. «Il a un vrai don pour repérer des proies faciles», assure un enquêteur, qui évoque avec dégoût l’exploitation de ce «sous-prolétariat d’aspirantes à une carrière de figurantes». Catalogue. Etudiantes sans le sou, vendeuses de fast-food, filles de la Ddass se laissent attirer dans l’appartement de Bourgeois, pour une première séance de photos nues, au Polaroïd. Ces clichés sont la base du catalogue qui sera proposé aux «clients». Il comporte sept ou huit noms de prostituées professionnelles haut de gamme, et une quarantaine d’autres, non professionnelles. Ensuite, selon les témoignages de plusieurs filles, Bourgeois propose aux modèles de leur raser une partie du sexe, pour des raisons «esthétiques». Opération généralement suivi d’un rapport sexuel. A ce stade, certaines candidates se rebiffent. Quelques-unes portent plainte pour viol et tentative de viol. D’autres passent le cap, afin de préserver leurs chances de décrocher un contrat, sans savoir qu’elles vont se retrouver dans un réseau de prostitution. Et une partie de celles-ci, confrontées à la réalité de leur premier client, iront également se confier à la justice. Les accusations de violences sexuelles sont d’ailleurs si nombreuses dans ce dossier que le parquet de Paris a décidé de le couper en deux. Le juge N’Guyen instruit donc en parallèle le proxénétisme aggravé et les viols et tentatives liées au réseau, pour lequel il dispose d’une multitude de plaintes de gamines, à l’encontre des instigateurs comme de certains clients. Bourgeois se serait essentiellement occupé de la clientèle moyen-orientale, grâce notamment à ses relations avec Nazihabdulatif Al-Ladki, secrétaire du neveu du roi d’Arabie Saoudite. Bourgeois, Brumarck et Al-Ladki sont actuellement incarcérés à Fleury-Mérogis. La partie américaine aurait été l’affaire du Polonais Wojtek Fibak, ex-tennisman de renom et ex-entraîneur de Lendl et de Leconte. C’est notamment lui qui aurait présenté Bourgeois à De Niro et qui aurait assuré le développement de la clientèle américaine, tout en recrutant de son côté quelques candidates. Pas toutes consentantes, apparemment, puisque Fibak fait lui aussi l’objet d’une mise en examen pour «agression sexuelle et tentative de viol». La déposition de De Niro était nécessaire afin d’établir les faits de proxénétisme. Car l’artiste reconnaît avoir eu des relations sexuelles avec au moins deux jeunes femmes qui lui auraient été présentées par Bourgeois. «Dans ce cas très précis, explique un avocat de la partie civile, c’est le client qui induit le proxénétisme.» Habituellement, le client s’adresse à une fille, la paie et s’en va. Aux policiers de démontrer que le souteneur présumé reçoit une partie des sommes et qu’il vit aux crochets de la belle. «Là, c’est l’inverse, poursuit l’avocat. Le client est d’abord au contact de l’intermédiaire. Le proxénétisme est établi d’emblée. Et le juge était sans doute très intéressé par le carnet d’adresses et les agendas de l’artiste, qui auraient pu révéler d’autres contacts. Libération (1998)
Critics have claimed that corner-clearing and other forms of so-called broken-windows policing are invidiously intended to “control African-American and poor communities,” in the words of Columbia law professor Bernard Harcourt. This critique of public-order enforcement ignores a fundamental truth: It’s the people who live in high-crime areas who petition for “corner-clearing.” The police are simply obeying their will. And when the police back off of such order-maintenance strategies under the accusation of racism, it is the law-abiding poor who pay the price. (…) A 54-year-old grandmother (…) understands something that eludes the activists and academics: Out of street disorder grows more serious crime. (…) After the Freddie Gray riots in April 2016, the Baltimore police virtually stopped enforcing drug laws and other low-level offenses. Shootings spiked, along with loitering and other street disorder. (…) This observed support for public-order enforcement is backed up by polling data. In a Quinnipiac poll from 2015, slightly more black than white voters in New York City said they want the police to “actively issue summonses or make arrests” in their neighborhood for quality-of-life offenses: 61 percent of black voters wanted such summons and arrests, with 33 percent opposed, versus 59 percent of white voters in support, with 37 percent opposed. The wider public is clueless about the social breakdown in high-crime areas and its effect on street life. The drive-by shootings, the open-air drug-dealing, and the volatility and brutality of those large groups of uncontrolled kids are largely unknown outside of inner-city areas. Ideally, informal social controls, above all the family, preserve public order. But when the family disintegrates, the police are the second-best solution for protecting the law-abiding. (That family disintegration now frequently takes the form of the chaos that social scientists refer to as “multi-partner fertility,” in which females have children by several different males and males have children by several different females, dashing hopes for any straightforward reuniting of biological mothers and fathers.) This year in Chicago alone, through August 30, 12 people have been shot a day, for a tally of 2,870 shooting victims, 490 of them killed. (By contrast, the police shot 17 people through August 30, or 0.6 percent of the total.) The reason for this mayhem is that cops have backed off of public-order enforcement. Pedestrian stops are down 90 percent. (…) “Police legitimacy” is a hot topic among academic critics of the police these days. Those critics have never answered the question: What should the police do when their constituents beg them to maintain order? Should the cops ignore them? There would be no surer way to lose legitimacy in the eyes of the people who need them most. Heather Mac Donald
A Chicago police officer who was savagely beaten at a car accident scene this week did not draw her gun on her attacker — even though she feared for her life — because she was afraid of the media attention that would come if she shot him, the city’s police chief said Thursday. Chicago Police Department Superintendent Eddie Johnson said the officer, a 17-year veteran of the force, knew she should shoot the attacker but hesitated because “she didn’t want her family or the department to go through the scrutiny the next day on the national news,” the Chicago Tribune reported. Johnson’s remarks, which came at an awards ceremony for police and firefighters, underscore a point law enforcement officers and some political leaders have pressed repeatedly as crime has risen in Chicago and other major cities: that police are reluctant to use force or act aggressively because they worry about negative media attention that will follow. The issue has become known as the Ferguson effect, named after the St. Louis suburb where a police officer shot and killed an unarmed black teenager in August 2014. The shooting set off protests and riots that summer and eventually gave way to a fevered national debate over race and policing. Many law enforcement officers have said that the intense focus on policing in the time since has put them on the defensive and hindered their work. Criminologists are generally skeptical of the Ferguson effect, many arguing that there simply isn’t enough evidence to definitively link spikes in crime to police acting with increased restraint. President Obama and Attorney General Loretta E. Lynch have also said not enough data exists to draw a clear connection. In Chicago, which has experienced record numbers of homicides this year, Mayor Rahm Emanuel has blamed the surge in violent crime on officers balking during confrontations, saying they have become “fetal” because they don’t want to be prosecuted or fired for their actions. The Washington Post
Deux voitures de police chargées de surveiller une caméra de vidéosurveillance victime de plusieurs attaques à la voiture-bélier ces dernières semaines, ont été prises à partie par de nombreux assaillants, armés de cocktails Molotov ce samedi à Viry-Châtillon (Essonne). L’attaque s’est déroulée dans la difficile cité de la Grande Borne, à cheval entre Grigny et Viry-Châtillon. Deux policiers ont été grièvement brûlés et transportés en urgence à l’hôpital. Le Parisien
D’après Guilluy, cette France périphérique, qui regroupe les anciens prolos et la classe moyenne plus ou moins déclassée ou en voie de l’être, représente 60 % de la population. Et la nouveauté de l’époque, dit-il, c’est que l’économie mondialisée, celle qui est concentrée dans les grandes métropoles, fonctionne parfaitement sans elle. Le signifiant France est en quelque sorte le dernier fil qui la relie à l’Histoire. Tenue à l’écart des grands mouvements économiques, dénoncée comme une entrave à la glorieuse marche du Progrès, menacée de devenir culturellement minoritaire, elle voit de surcroît ceux qui la gouvernent s’attacher à détruire ce à quoi elle tient. Alors elle pense, comme Zemmour, que son identité est menacée de disparition et se bat, dos au mur, pour la défendre. Elisabeth Lévy
 This was locker room banter, a private conversation that took place many years ago. Bill Clinton has said far worse to me on the golf course—not even close. I apologise if anyone was offended. Donald Trump
Obviously I’m embarrassed and ashamed. It’s no excuse, but this happened 11 years ago — I was younger, less mature, and acted foolishly in playing along. Billy Bush
I think what we’ve been hearing last Friday night is actually pretty predictable. The Clinton campaign had to change the conversation because she had a lot of really bad news this week. And so this 11-year-old bad boy locker room talk, this is how she wanted to do it. She’s trying to tell the media what she wants them to focus on; the questions she wants Anderson Cooper and the people in the room to ask her on Sunday night. Michelle Bachmann
The sanctimony from many on the left this weekend over Trump’s disgusting comments would be more credible if there had been any such condemnation of Bill Clinton during Gennifer-gate, Paula-gate, Monica-gate, or I-am-sure-there-were-others-gate. We have enjoyed a nearly two-decade marathon of disgust and horror from the Left, from their major pundits in media, from the top elected officials, from the Democratic brass, and from the rank-and-file Democrats who vote and work and live in this country — not disgust and horror at the acts of a serial adulterer or intern-violator — heavens no! Rather, shock and horror at the “sex-obsessed Ken Starr,” as Clinton aide, Paul Begala, so deliciously put it. The sexual obsession was with the man investigating the perjury about the sex, not the man having all of the sex. And why the crazy gymnastics to defend a serial sexual-harasser disbarred for his iniquities? Well, because he was a center-left liberal Democrat, of course. Ergo, “His personal life has nothing to do with anything.” Has the response from these exact same people (not same type of people, but I mean actual same people) been similar with the Trumpian personal conduct? Not quite. Reading their Twitter feeds has felt like my own personal devotion. If I didn’t know better I would guess that overnight every one of these people converted to a strict form of Christianity — and then took a vow of celibacy the next day. The horror at what Trump said and did is not really the issue, as much as the strain on believability their posture now creates. Cigars and interns should be enough to generate a little moral outrage for those who now find Trump’s behavior so lewd and appalling. Daniel L. Bahnsen
Un très vieil enregistrement de Donald Trump d’il y a 10 ans, alors qu’il était invité à participer à une émission de variétés et qu’il ne savait pas que son micro était allumé, vient « miraculeusement » de faire surface, où il parle de ses prouesses avec les femmes dans les termes qu’on utilise dans les salles de garde. Les médias se sont jetés sur cet enregistrement pour assassiner Trump et c’est logique : ils font tout pour que Donald Trump ne soit pas élu. Des politiciens ont déclaré que ces mots disqualifient Donald Trump pour la Maison-Blanche, oubliant que Bill Clinton a été à ce poste tout en se rendant coupable non pas de mots, mais d’agissements sexuels répréhensibles. Donald Trump vient de présenter des excuses publiques pour les propos qu’il a tenus il y a 10 ans. Elles ne seront pas publiées. Les médias feront comme si elles n’existent pas  (…) Oui, les médias se sont jetés sur les propos déplacés de Donald Trump et ont étouffé les propos scandaleux de Clinton. Quelle est la valeur de leurs leçons de morale, quand ils restent silencieux concernant la débauche de Bill Clinton — et je ne parle pas ici de Monica Lewinsky ? (…)  Vous avez tous connaissance maintenant — ou vous allez bientôt l’apprendre — de l’existence de cet enregistrement où Donald Trump dit, entre autres, « Je suis automatiquement attiré par les belles femmes, c’est comme un aimant… quand vous êtes une star, elles vous laissent faire… vous pouvez tout leur faire. » Mais avez-vous jamais entendu ces mêmes médias rapporter que Bill Clinton a violé Juanita Broaddrick non pas une, mais deux fois, en 1978 alors qu’il était procureur général de l’Arkansas ? Et qu’il l’a harcelée pendant encore 6 mois pour tenter de la rencontrer de nouveau ? Avez-vous entendu parler de Paula Jones, ex-fonctionnaire de l’Arkansas, qui a poursuivi Bill Clinton en justice pour harcèlement sexuel, qui a donné lieu à une compensation de 850 000 dollars, et provoqué la destitution de Clinton la Chambre des représentants, bien avant son impeachment de la présidence dans l’affaire Lewinsky ? Kathleen Willey ? Les médias parlent-ils de Kathleen Willey, cette assistante-bénévole à la Maison-Blanche qui a révélé avoir été sexuellement abusée par le Président Bill Clinton le 29 novembre 1993, durant son premier terme, soit deux ans avant sa relation sexuelle avec Monica Lewinsky ? Eileen Wellstone, violée par Clinton après une rencontre dans un pub d’Oxford University en 1969, Carolyn Moffet, secrétaire juridique à Little Rock en 1979, qui a réussi à fuir de la chambre d’hôtel où le gouverneur Clinton l’avait attirée pour lui demander des faveurs sexuelles, Elizabeth Ward Gracen, Miss Arkansas en 1982, qui a accusé Clinton de la forcer à avoir des rapports sexuels avec elle juste après la compétition pour Miss Arkansas, Becky Brown, la nounou de Chelsea, la fille des Clinton, qu’il a tenté d’attirer dans une chambre pour avoir des relations sexuelles avec elle, Helen Dowdy, la femme d’un cousin d’Hillary, qui a accusé Bill Clinton, en 1986, d’attouchements sexuels  lors d’un mariage. Cristy Zercher, hôtesse de l’air lors de la campagne de Clinton de 1991-1992, qui a déclaré à Star magazine avoir été victime des attouchements sexuels de Clinton pendant 40 minutes dans le jet de la campagne sans pouvoir se défendre… Ont-ils rué dans les brancards ? Non. Vous ont-ils informé ? Pas plus. Ont-ils dénoncé le comportement de Hillary Clinton en ses occasions ? Encore moins. Pourquoi ? Parce que les journalistes permettent qu’un homme de leur camp viole des femmes, les agresse sexuellement, forcent une stagiaire à faire des pipes au président dans le bureau ovale, mais ils sont scandalisés qu’un homme de droite prononce des mots sexuellement déplacés. Jean-Patrick Grumberg
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme dans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Hussein Obama
Part of the reason that our politics seems so tough right now, and facts and science and argument does not seem to be winning the day all the time, is because we’re hard-wired not to always think clearly when we’re scared. Barack Hussein Obama
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton
Je suis désolé d’être le porteur de mauvaises nouvelles, mais je crois avoir été assez clair l’été dernier lorsque j’ai affirmé que Donald Trump serait le candidat républicain à la présidence des États-Unis. Cette fois, j’ai des nouvelles encore pires à vous annoncer: Donald J. Trump va remporter l’élection du mois de novembre. Ce clown à temps partiel et sociopathe à temps plein va devenir notre prochain président. (…) Jamais de toute ma vie n’ai-je autant voulu me tromper. (…) Voici 5 raisons pour lesquelles Trump va gagner : 1. Le poids électoral du Midwest, ou le Brexit de la Ceinture de rouille 2. Le dernier tour de piste des Hommes blancs en colère 3. Hillary est un problème en elle-même 4. Les partisans désabusés de Bernie Sanders 5. L’effet Jesse Ventura. Michael Moore
Michael Moore se fait l’avocat du diable, il endosse également un costume prophétique, au sens propre mais sécularisé, puisqu’il met en garde son peuple et l’appelle à se repentir et marcher à nouveau dans le droit chemin. On répète depuis un an que Trump n’a aucune chance: il ne va pas durer, sa candidature va faire long feu, il ne va pas passer le Super Tuesday, il ne va pas rester en tête, il va y avoir une convention contestée et il n’aura pas l’investiture. On voit l’acuité de ces prédictions aujourd’hui. Cette stratégie de la peur a pour fonction de mobiliser contre Trump, mais on voit bien que Clinton n’existe que pour faire barrage. Moore utilise donc une autre tactique: il présente la victoire de Trump non plus comme fortement improbable car irrationnelle mais au contraire comme une quasi-certitude. Le titre anglais de son texte est «Why Trump will win», pourquoi il va gagner. On ne se demande plus s’il va gagner, il s’agit désormais d’en expliquer les raisons. Ce fait accompli a pour fonction de surprendre, d’attirer l’attention du lecteur-cliqueur, en lui faisant peur. Cette stratégie de la peur a pour fonction de mobiliser contre Trump, d’abord, et indirectement en faveur d’Hillary Clinton, mais on voit bien que Clinton n’existe que pour faire barrage à Trump. (…) La victoire du Brexit, qui a surpris bien des analystes, renforce le message de Moore: c’est arrivé là-bas, ça peut arriver ici – ça va arriver ici, sauf si vous m’écoutez… (…) attirer l’attention sur les Etats de la Rust Belt est pertinent. Ce sont des Etats que l’on a laissés pour morts, économiquement et politiquement, à partir des années 1980. Ils étaient en perte de vitesse et on n’avait d’yeux que pour la Sun Belt. Certes la Floride a été décisive en 2000 mais en 2012, la victoire d’Obama a été proclamée avant même que l’on connaisse le résultat en Floride. En 2004, la victoire de Bush s’est décidée dans l’Ohio, qui passe pour l’Etat clé par excellence. Son calcul est un peu simpliste: il a manqué 64 grands électeurs à Mitt Romney et les quatre Etats de la Rust Belt qu’il mentionne (Michigan, Wisconsin, Ohio et Pennsylvanie) totalisent justement 64 grands électeurs. (…) il faut envisager l’élection au niveau local, pas national. Et les enjeux régionaux de la Rust Belt reviennent sur le devant de la scène. Reste à voir s’ils seront déterminants d’ici novembre et s’ils suffiront à dépasser les autres questions. (…) La longévité de Trump dans cette élection en dit long sur le niveau d’exaspération des électeurs américains envers leur classe politique. Trump est le symptôme plutôt que le mal: il montre à quel point le rejet est fort, notamment côté républicain. Cette longévité de Trump me semble d’abord et avant tout traduire l’exaspération d’une partie de l’électorat avec «Washington», le jusqu’au-boutisme, l’inefficacité, le carriérisme coupé des intérêts des électeurs, la suspicion que les élus travaillent davantage pour les lobbies que pour les électeurs. Ils saluent plus la transgression symbolique d’un ordre moral qu’ils récusent que la clownerie en tant que telle. Les électeurs utilisent Trump comme vecteur d’une revanche symbolique sur le politiquement correct. Trump n’est pas tant perçu par ses partisans comme un clown que comme un rebelle: celui qui va mettre un coup de pied dans la fourmilière, celui qui va s’affranchir du politiquement correct qui, selon eux, a installé une chape de plomb discursive notamment sur les «non minorités» (où l’on retrouve les hommes blancs hétérosexuels). Ils saluent plus la transgression symbolique d’un ordre moral qu’ils récusent (mis en place par les composantes de la coalition démocrate) que la clownerie en tant que telle. Evidemment il y a un côté «poli-tainment», «show business» dans lequel Trump excelle: il fait de la campagne une sorte de gigantesque série de télé réalité. Mais ils utilisent Trump surtout comme vecteur d’une forme de revanche symbolique sur le politiquement correct. (…) la clé de l’élection sera la mobilisation des électeurs en nombre. Les proportions de tel ou tel groupe que nous donnent les sondages sont une indication assez trompeuse. Il ne s’agit pas de savoir si tel ou tel candidat emporte tel groupe – y est majoritaire – mais combien d’électeurs il ou elle arrive à déplacer le jour J. Moore a raison de rappeler que c’est surtout dans l’électorat démocrate qu’on trouve les électeurs les plus vulnérables, ceux qui ont le plus de difficultés logistiques à voter, ceux à qui les Etats tenus par les Républicains imposent la présentation de pièces d’identité qu’ils n’ont pas forcément et qui, du coup, les découragent. De ce fait, beaucoup d’électeurs démocrates potentiels (noirs et hispaniques) font défaut, ce qui peut faire basculer un Etat-clé. Ces derniers jours, un certain nombre de lois dans ce sens ont été invalidées car exagérément restrictives, ou carrément racistes dans leur logique. C’est un des enjeux de la campagne. Mais il y en a d’autres: en amont il faut aller voir les gens, faire du porte à porte et les persuader de voter alors qu’ils n’en ont pas forcément l’habitude. (….) Autre enjeu, ceux qui n’ont pas de difficulté logistique pour voter, qui n’ont pas deux emplois dans la journée et qui ne sont pas des minorités: les jeunes blancs. Il y a deux profils: les jeunes votent peu dans l’ensemble, ce sont donc des voix perdues pour les démocrates. Et il y a les jeunes pro-Sanders, qui étaient très hostiles à Clinton. Lauric Henneton (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines)
Il est vrai qu’il existe actuellement, dans chaque parti, un schisme entre les défenseurs de l’«establishment» et un courant populiste. La principale différence, c’est que chez les républicains, ce sont les populistes qui ont gagné, alors que les démocrates ont fini par adouber un candidat de l’ «establishment». Cette situation est pour le moins paradoxal, étant donné que ce sont les démocrates qui se considèrent traditionnellement comme le parti des petits gens, de l’Américain moyen. (…) Femmes, Afro-Américains, Hispaniques, diplômés – voilà les groupes qui soutiennent Clinton, souvent massivement (autour de 76% des Hispaniques, par exemple). Trump, par contre, est essentiellement le candidat d’un électorat blanc, populaire et masculin. On parle beaucoup aux États-Unis du déclin de cette population longtemps dominant. Mais pour le moment, l’électorat populaire blanc demeure assez important, représentant, par exemple, 44% de ceux qui ont voté en 2012. La question est de savoir si une coalition hétéroclite et multiculturelle qui annonce l’avenir se révélera plus puissante que le ressentiment blanc qui s’exprime à travers Trump. (…) Il s’agit d’un effet «apprenti sorcier»: depuis des décennies, au moins depuis Nixon, la stratégie électorale républicaine consiste à attiser les craintes et les rancœurs d’un électorat blanc et populaire, insistant en particulier sur les questions culturelles sur lesquelles ils divergent avec la gauche: la religion, l’avortement, le droit de s’armer, le patriotisme. Cette population s’estime souvent menacée par l’immigration et la discrimination positive en faveur des minorités. Mais les républicains ont toujours su récolter les voix de cet électorat tout en défendant une politique économique libérale favorisée par le monde des affaires et de la finance, axé sur le libre-échange ainsi que la réduction de la fiscalité et des dépenses sociales. Au point que certains se demandent si l’électorat populaire républicain a vraiment profité des politiques économiques qu’il a rendues possibles. Trump représente, si vous voulez, l’émancipation de cet électorat populaire républicain vis-à-vis d’un «establishment» plus libéral (au sens européen) que proprement conservateur. Si Trump a compris au moins une chose, c’est qu’il y avait une demande pour un candidat aux valeurs conservatrices (même si Trump ne satisfait lui-même cette critère que grâce à une hypocrisie plus ou moins tolérée), mais dont la politique économique serait «souverainiste» et nationaliste. L’«establishment» républicain ne maitrise ainsi plus les angoisses d’un électorat qu’il a longtemps cherché à encourager. Le ton agressif et provocateur du discours du Trump ne sort pas non plus de nulle part: il prend le relais des contestataires du Tea Party, des républicains au Congrès qui ont mené une obstruction systématique contre la politique du Président Obama, etc. (…) Trump et Sanders se sont fait chacun le champion des Américains qui pâtissent de la mondialisation et des politiques économiques libre-échangistes poursuivies depuis des années. Mais la ressemblance s’arrête là. En fait, il est difficile d’imaginer deux lignes politiques plus éloignées l’un de l’autre. Trump est l’incarnation de la corruption de la vie politique par les grandes fortunes contre lequel Sanders et ses supporteurs s’insurgent. Si Sanders dénonce, comme Trump, des traités de libre-échange comme étant peu favorables aux ouvriers, il demande pourtant la régularisation des «sans papiers» (moyennant une réforme du système actuel d’immigration), alors que le discours de Trump est franchement xénophobe: déportation des «sans papiers», interdiction provisoire des Musulmans du territoire national, construction d’un mur le long de la frontière mexicaine. On est donc bien loin d’un véritable rapprochement idéologique. (…) Ces mouvements, me semblent-ils, reposent sur deux craintes: une angoisse vis-à-vis de la mondialisation, et des doutes sur l’état de santé de la démocratie. Ses craintes sont souvent liées, la mondialisation et la montée des inégalités étant suspects de mettre à mal la démocratie. Ce qu’on appelle le «déficit démocratique» dans l’Union européenne est devenu un souci plus général. Toutefois il y a des points de discordes majeures à l’intérieur de ces mouvements «anti-systèmes», comme on le voit entre Trump et Sanders, dans les débats autour du Brexit, ou dans les antilibéraux de droite et de gauche en France. Certains, comme Trump et certains partisans du Brexit, rejettent la mondialisation en prônant un repli national, au point d’assumer une certaine xénophobie comme une conséquence logique du protectionnisme. D’autres, comme Sanders ou même Nuit Debout, veulent limiter le libre-échange et le flux des capitaux tout en favorisant les flux migratoires, du moins par la régularisation des «sans-papiers». Pour le moment, c’est plutôt les premiers qui semblent avoir le vent en poupe. (…) Contrairement à ce qu’on a pu penser il y a encore quelques mois, oui, il est tout à fait possible que Trump remporte le scrutin du 8 novembre. Mais la campagne fortement clivante qu’il mène, ainsi que l’histoire électorale récente suggèrent que pour Trump, la voie menant vers la Maison-Blanche reste très étroite. Ces propos qui plaisent à un électoral blanc populaire lui font perdre des voix chez les diplômés. D’autre part, dans les élections américaines, il faut remporter des Etats: pour le moment, Trump n’a jamais eu de solides longueurs d’avances dans les «swing states» (état balançoires) tels que la Floride, l’Ohio, ou la Pennsylvanie, qu’il lui faudra gagner impérativement pour faire mieux que Mitt Romney en 2012. Candidat improviste, Trump n’a pas, comme son rival, sollicité des fonds de la campagne de façon méthodique, et a donc un déficit financier important vis-à-vis des démocrates. Bien sûr, très peu de gens ont cru que Trump arriverait à ce point. Mais pour être élu président, il lui faudra continuer à surmonter les obstacles considérables qui se profilent devant lui. Michael C. Behrent (Appalachian State University, Caroline du Nord)
Experts et commentateurs se sont, dans leur grande majorité, mis le doigt dans l’œil parce qu’ils pensent à l’intérieur du système. À Paris comme à Washington, on reste persuadé qu’un «outsider» n’a aucune chance face aux appareils des partis, des lobbies et des machines électorales. Que ce soit dans notre monarchie républicaine ou dans leur hiérarchie de Grands Électeurs, si l’on n’est pas un familier du sérail, on n’existe pas. Tout le dédain et la condescendance envers Trump, qui n’était jusqu’ici connu que par ses gratte-ciel et son émission de téléréalité, pouvaient donc s’afficher envers cette grosse brute qui ne sait pas rester à sa place. On connaît la suite. (…) Trump est l’un des premiers à avoir compris et utilisé la désintermédiation. Ce n’est pas vraiment l’ubérisation de la politique, mais ça y ressemble quelque peu. Quand je l’ai interrogé sur le mouvement qu’il suscitait dans la population américaine, il m’a répondu: Twitter, Facebook et Instagram. Avec ses 15 millions d’abonnés, il dispose d’une force de frappe avec laquelle il dialogue sans aucun intermédiaire. Il y a trente ans, il écrivait qu’aucun politique ne pouvait se passer d’un quotidien comme le New York Times. Aujourd’hui, il affirme que les réseaux sociaux sont beaucoup plus efficaces – et beaucoup moins onéreux – que la possession de ce journal. (…) Là-bas comme ici, l’avenir n’est plus ce qu’il était, la classe moyenne se désosse, la précarité est toujours prégnante, les attentats terroristes ne sont plus, depuis un certain 11 septembre, des images lointaines vues sur petit ou grand écran. (…) Et la fureur s’explique par le décalage entre la ritournelle de «Nous sommes la plus grande puissance et le plus beau pays du monde» et le «Je n’arrive pas à finir le mois et payer les études de mes enfants et l’assurance médicale de mes parents». Sans parler de l’écart toujours plus abyssal entre riches et modestes. (…) Il existe, depuis quelques années, un étonnant rapprochement entre les problématiques européennes et américaines. Qui aurait pu penser, dans ce pays d’accueil traditionnel, que l’immigration provoquerait une telle hostilité chez certains, qui peut permettre à Trump de percer dans les sondages en proclamant sa volonté de construire un grand mur? Il y a certes des points communs avec Marine Le Pen, y compris dans la nécessité de relocaliser, de rebâtir des frontières et de proclamer la grandeur de son pays. Mais évidemment, Trump a d’autres moyens que la présidente du Front National… De plus, répétons-le, c’est d’abord un pragmatique et un négociateur. Je ne crois pas que ce soit les qualités les plus apparentes de Marine Le Pen… (…) Son programme économique le situe beaucoup plus à gauche que les caciques Républicains et les néo-conservateurs proches d’Hillary Clinton qui le haïssent, parce que lui croit, dans certains domaines, à l’intervention de l’État et aux limites nécessaires du laisser-faire, laisser-aller. (…) Il ne ménage personne et peut aller beaucoup plus loin que Marine Le Pen, tout simplement parce qu’il n’a jamais eu à régler le problème du père fondateur et encore moins à porter le fardeau d’une étiquette tout de même controversée. Sa marque à lui, ce n’est pas la politique, mais le bâtiment et la réussite. Ça change pas mal de choses. (…) il trouve insupportable que des villes comme Paris et Bruxelles, qu’il adore et a visitées maintes fois, deviennent des camps retranchés où l’on n’est même pas capable de répliquer à un massacre comme celui du Bataclan. On peut être vent debout contre le port d’arme, mais, dit-il, s’il y avait eu des vigiles armés boulevard Voltaire, il n’y aurait pas eu autant de victimes. Pour lui, un pays qui ne sait pas se défendre est un pays en danger de mort. (…) Il s’entendra assez bien avec Poutine pour le partage des zones d’influence, et même pour une collaboration active contre Daesh et autres menaces, mais, comme il le répète sur tous les tons, l’Amérique de Trump ne défendra que les pays qui paieront pour leur protection. Ça fait un peu Al Capone, mais ça a le mérite de la clarté. Si l’Europe n’a pas les moyens de protéger son identité, son mode de vie, ses valeurs et sa culture, alors, personne ne le fera à sa place. En résumé, pour Trump, la politique est une chose trop grave pour la laisser aux politiciens professionnels, et la liberté un état trop fragile pour la confier aux pacifistes de tout poil. André Bercoff
La grande difficulté, avec Donald Trump, c’est qu’on est à la fois face à une caricature et face à un phénomène bien plus complexe. Une caricature d’abord, car tout chez lui, semble magnifié. L’appétit de pouvoir, l’ego, la grossièreté des manières, les obsessions, les tweets épidermiques, l’étalage voyant de son succès sur toutes les tours qu’il a construites et qui portent son nom. Donald Trump joue en réalité à merveille de son côté caricatural, il simplifie les choses, provoque, indigne, et cela marche parce que notre monde du 21e siècle se gargarise de ces simplifications outrancières, à l’heure de l’information immédiate et fragmentée. La machine médiatique est comme un ventre qui a toujours besoin de nouveaux scandales et Donald, le commercial, le sait mieux que personne, parce qu’il a créé et animé une émission de téléréalité pendant des années. Il sait que la politique américaine actuelle est un grand cirque, où celui qui crie le plus fort a souvent raison parce que c’est lui qui «fait le buzz». En même temps, ne voir que la caricature qu’il projette serait rater le phénomène Trump et l’histoire stupéfiante de son succès électoral. Derrière l’image télévisuelle simplificatrice, se cache un homme intelligent, rusé et avisé, qui a géré un empire de milliards de dollars et employé des dizaines de milliers de personnes. Ce n’est pas rien! Selon plusieurs proches du milliardaire que j’ai interrogés, Trump réfléchit de plus à une candidature présidentielle depuis des années, et il a su capter, au-delà de l’air du temps, la colère profonde qui traversait l’Amérique, puis l’exprimer et la chevaucher. Grâce à ses instincts politiques exceptionnels, il a vu ce que personne d’autre – à part peut-être le démocrate Bernie Sanders – n’avait su voir: le gigantesque ras le bol d’un pays en quête de protection contre les effets déstabilisants de la globalisation, de l’immigration massive et du terrorisme islamique; sa peur du déclin aussi. En ce sens, Donald Trump s’est dressé contre le modèle dominant plébiscité par les élites et a changé la nature du débat de la présidentielle. Il a remis à l’ordre du jour l’idée de protection du pays, en prétendant au rôle de shérif aux larges épaules face aux dangers d’un monde instable et dangereux. Cela révèle au minimum une personnalité sacrément indépendante, un côté indomptable qui explique sans doute l’admiration de ses partisans…Ils ont l’impression que cet homme explosif ne se laissera impressionner par rien ni personne. Beaucoup des gens qui le connaissent affirment d’ailleurs que Donald Trump a plusieurs visages: le personnage public, flashy, égotiste, excessif, qui ne veut jamais avouer ses faiblesses parce qu’il doit «vendre» sa marchandise, perpétuer le mythe, et un personnage privé plus nuancé, plus modéré et plus pragmatique, qui sait écouter les autres et ne choisit pas toujours l’option la plus extrême…Toute la difficulté et tout le mystère, pour l’observateur est de s’y retrouver entre ces différents Trump. C’est loin d’être facile, surtout dans le contexte de quasi hystérie qui règne dans l’élite médiatique et politique américaine, tout entière liguée contre lui. Il est parfois très difficile de discerner ce qui relève de l’analyse pertinente ou de la posture de combat anti-Trump. (…) à de rares exceptions près, les commentateurs n’ont pas vu venir le phénomène Trump, parce qu’il était «en dehors des clous», impensable selon leurs propres «grilles de lecture». Trop scandaleux et trop extrême, pensaient-ils. Il a fait exploser tant de codes en attaquant ses adversaires au dessous de la ceinture et s’emparant de sujets largement tabous, qu’ils ont cru que «le grossier personnage» ne durerait pas! Ils se sont dit que quelqu’un qui se contredisait autant ou disait autant de contre vérités, finirait par en subir les conséquences. Bref, ils ont vu en lui soit un clown soit un fasciste – sans réaliser que toutes les inexactitudes ou dérapages de Trump lui seraient pardonnés comme autant de péchés véniels, parce qu’il ose dire haut et fort ce que son électorat considère comme une vérité fondamentale: à savoir que l’Amérique doit faire respecter ses frontières parce qu’un pays sans frontières n’est plus un pays. Plus profondément, je pense que les élites des deux côtes ont raté le phénomène Trump (et le phénomène Sanders), parce qu’elles sont de plus en plus coupées du peuple et de ses préoccupations, qu’elles vivent entre elles, se cooptent entre elles, s’enrichissent entre elles, et défendent une version «du progrès» très post-moderne, détachée des préoccupations de nombreux Américains. Soyons clairs, si Trump est à bien des égards exaspérant et inquiétant, il y a néanmoins quelque chose de pourri et d’endogame dans le royaume de Washington. Le peuple se sent hors jeu. (…) Ce statut de milliardaire du peuple est crédible parce qu’il ne s’est jamais senti membre de l’élite bien née, dont il aime se moquer en la taxant «d’élite du sperme chanceux». Cette dernière ne l’a d’ailleurs jamais vraiment accepté, lui le parvenu de Queens, venu de la banlieue, qui aime tout ce qui brille. Il ne faut pas oublier en revanche que Donald a grandi sur les chantiers de construction, où il accompagnait son père déjà tout petit, ce qui l’a mis au contact des classes populaires. Il parle exactement comme eux! Quand je me promenais à travers l’Amérique à la rencontre de ses électeurs, c’est toujours ce dont ils s’étonnaient. Ils disaient: «Donald parle comme nous, pense comme nous, est comme nous». Le fait qu’il soit riche, n’est pas un obstacle parce qu’on est en Amérique, pas en France. Les Américains aiment la richesse et le succès. (…) L’un des atouts de Trump, pour ses partisans, c’est qu’il est politiquement incorrect dans un pays qui l’est devenu à l’excès. Sur l’islam radical (qu’Obama ne voulait même pas nommer comme une menace!), sur les maux de l’immigration illégale et maints autres sujets. Ses fans se disent notamment exaspérés par le tour pris par certains débats, comme celui sur les toilettes «neutres» que l’administration actuelle veut établir au nom du droit des «personnes au genre fluide» à «ne pas être offensés». Ils apprécient que Donald veuille rétablir l’expression de Joyeux Noël, de plus en plus bannie au profit de l’expression Joyeuses fêtes, au motif qu’il ne faut pas risquer de blesser certaines minorités religieuses non chrétiennes…Ils se demandent pourquoi les salles de classe des universités, lieu où la liberté d’expression est supposée sacro-sainte, sont désormais surveillées par une «police de la pensée» étudiante orwellienne, prête à demander des comptes aux professeurs chaque fois qu’un élève s’estime «offensé» dans son identité…Les fans de Trump sont exaspérés d’avoir vu le nom du club de football américain «Red Skins» soudainement banni du vocabulaire de plusieurs journaux, dont le Washington Post, (et remplacé par le mot R…avec trois points de suspension), au motif que certaines tribus indiennes jugeaient l’appellation raciste et insultante. (Le débat, qui avait mobilisé le Congrès, et l’administration Obama, a finalement été enterré après de longs mois, quand une enquête a révélé que l’écrasante majorité des tribus indiennes aimait finalement ce nom…). Dans ce contexte, Trump a été jugé«rafraîchissant» par ses soutiens, presque libérateur. (…) Pour moi, le phénomène Trump est la rencontre d’un homme hors normes et d’un mouvement de rébellion populaire profond, qui dépasse de loin sa propre personne. C’est une lame de fond, anti globalisation et anti immigration illégale, qui traverse en réalité tout l’Occident. Trump surfe sur la même vague que les politiques britanniques qui ont soutenu le Brexit, ou que Marine Le Pen en France. La différence, c’est que Trump est une version américaine du phénomène, avec tout ce que cela implique de pragmatisme et d’attachement au capitalisme. (…) Trump n’est pas un idéologue. Il a longtemps été démocrate avant d’être républicain et il transgresse les frontières politiques classiques des partis. Favorable à une forme de protectionnisme et une remise en cause des accords de commerce qui sont défavorables à son pays, il est à gauche sur les questions de libre échange, mais aussi sur la protection sociale des plus pauvres, qu’il veut renforcer, et sur les questions de société, sur lesquelles il affiche une vision libérale de New Yorkais, certainement pas un credo conservateur clair. De ce point de vue là, il est post reaganien. Mais Donald Trump est clairement à droite sur la question de l’immigration illégale et des frontières, et celle des impôts. Au fond, c’est à la fois un marchand et un nationaliste, qui se voit comme un pragmatique, dont le but sera de faire «des bons deals» pour son pays. Il n’est pas là pour changer le monde, contrairement à Obama. Ce qu’il veut, c’est remettre l’Amérique au premier plan, la protéger. Son instinct de politique étrangère est clairement du côté des réalistes et des prudents, car Trump juge que les Etats-Unis se sont laissé entrainer dans des aventures qui les ont affaiblis et n’ont pas réglé les crises. Il ne veut plus d’une Amérique jouant les gendarmes du monde. Mais vu sa tendance aux volte face et vu ce qu’il dit sur le rôle que devrait jouer l’Amérique pour venir à bout de la menace de l’islam radical, comme elle l’a fait avec le nazisme et le communisme, Donald Trump pourrait fort bien changer d’avis, et revenir à un credo plus interventionniste avec le temps. Ses instincts sont au repli, mais il reste largement imprévisible. (…) De nombreuses questions se posent sur son caractère, ses foucades, son narcissisme et sa capacité à se contrôler, si importante chez le président de la première puissance du monde! Je ne suis pas pour autant convaincue par l’image de «Hitler», fasciste et raciste, qui lui a été accolée par la presse américaine. Hitler avait écrit Mein Kamp. Donald Trump, lui, a écrit «L ‘art du deal» et avait envisagé juste après la publication de ce premier livre, de se présenter à la présidence en prenant sur son ticket la vedette de télévision afro-américaine démocrate Oprah Winfrey, un élément qui ne colle pas avec l’image d’un raciste anti femmes! Ses enfants et nombre de ses collaborateurs affirment qu’il ne discrimine pas les gens en fonction de leur sexe ou de la couleur de leur peau, mais en fonction de leurs mérites, et que c’est pour cette même raison qu’il est capable de s’en prendre aux représentants du sexe faible ou des minorités avec une grande brutalité verbale, ne voyant pas la nécessité de prendre des gants. Les questions les plus lourdes concernant Trump, sont selon moi plutôt liées à la manière dont il réagirait, s’il ne parvenait pas à tenir ses promesses, une fois à la Maison-Blanche. Tout président américain est confronté à la complexité de l’exercice du pouvoir dans un système démocratique extrêmement contraignant. Cet homme d’affaires habitué à diriger un empire immobilier pyramidal, dont il est le seul maître à bord, tenterait-il de contourner le système pour arriver à ses fins et prouver au peuple qu’il est bien le meilleur, en agissant dans une zone grise, avec l’aide des personnages sulfureux qui l’ont accompagné dans ses affaires? Et comment se comporterait-il avec ses adversaires politiques ou les représentants de la presse, vu la brutalité et l’acharnement dont il fait preuve envers ceux qui se mettent sur sa route? Hériterait-on d’un Berlusconi ou d’un Nixon puissance 1000? Autre interrogation, vu la fascination qu’exerce sur lui le régime autoritaire de Vladimir Poutine: serait-il prêt à sacrifier le droit international et l’indépendance de certains alliés européens, pour trouver un accord avec le patron du Kremlin sur les sujets lui tenant à cœur, notamment en Syrie? Bref, pourrait-il accepter une forme de Yalta bis, et remettre en cause le rôle de l’Amérique dans la défense de l’ordre libéral et démocratique de l’Occident et du monde depuis 1945? Autant de questions cruciales auxquelles Donald Trump a pour l’instant répondu avec plus de désinvolture que de clarté. Laure Mandeville

Mépris de la classe ouvrière blanche par des élites toujours plus déconnectées du réel, réformes sociétales – entre mariage et toilettes pour tous – proprement délirantes, casseroles de la candidate démocrate, déception des jeunes soutiens de Bernie Sanders,  effet Jesse Ventura …

Et si pour une fois le bouffon de gauche Michael Moore avait raison ?

Alors qu’avec la dernière ligne droite de la présidentielle, s’accumulent les coups bas à l’encontre des conversations et du comportement de corps de garde – depuis longtemps connus mais cette fois sortis par rien de moins et bien involontairement qu’un cousin des frères Bush – du seul candidat républicain face à une candidate dont l’ancien président de mari n’a pas exactement de leçon à donner dans le domaine …

(A quand,  pour le bannissement final de ce nouvel avatar de l’Oedipe des tragédies grecques de nos classes de lycée, la sortie d’accusations d’inceste, de parricide ou de déclenchement de la peste?)

Pendant que des deux côtés de l’Atlantique, c’est la sécurité des plus démunis que l’on sacrifie lorsque l’on abandonne des quartiers entiers à la pire des racailles

Comment ne pas voir avec la correpondante du Figaro Laure Mandeville et les rares commentateurs – le bouffon gauchiste Michael Moore compris – qui s’en donnent la peine …

Et quelque soit l’issue du scrutin et le côté de l’Atlantique …

La vague de colère et son envers de saut dans l’inconnu qu’incarne le candidat au nom prédestiné (Trump, comme on le sait, désigne en anglais l’atout qui surcoupe toutes les autres cartes) …

Contre la « digue du statu quo », de l’aveuglement volontaire et du politiquement correct « défendue bec et ongles par les élites » ?

Laure Mandeville : «Le débat Trump/Clinton peut être un show Shakespeare trash»
Vincent Tremolet de Villers
Le Figaro
07/10/2016

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – A l’occasion de la publication de «Qui est vraiment Donald Trump?», Laure Mandeville a accordé un entretien fleuve au FigaroVox. La journaliste décrit un homme complexe, moins caricatural que l’image qu’il renvoie.

Grand reporter au Figaro, Laure Mandeville est chef du bureau Amérique depuis 2009. Elle suit le candidat républicain depuis le début de la campagne et vient de publier Qui est vraiment Donald Trump?aux éditions des Équateurs.

FIGAROVOX. La vidéo tout juste sortie montrant Donald Trump en 2005 en train de proférer des propos obscènes sur la manière dont il a tenté de séduire une femme mariée, peut-elle le discréditer définitivement?

-Laure MANDEVILLE. -Cette vidéo d’ une incroyable vulgarité est dévastatrice pour Donald Trump à la veille d’un deuxième débat crucial, dans la dernière ligne droite de la campagne. Elle ouvre un boulevard à l’équipe Clinton pour enfoncer le clou sur le sexisme du candidat républicain et ses manières grossières. La publication de cette vidéo filmée en privé à l’insu du candidat en 2005 , dont le timing n’est certainement pas un hasard, a d’ailleurs envoyé une onde de choc dans le parti républicain. (Il est intéressant de noter qu’il s’agit du cousin de Jeb Bush, Bill Bush, ce qui ressemble fort à une vengeance de la famille Bush contre Trump). Le Speaker Ryan, qui devait se produire avec Donald Trump dans un meeting pour la première fois, a annulé l’événement et vertement condamné les propos de Trump, se disant choqué et troublé. Plusieurs élus de droite l’appellent à la démission. Le politologue Larry Sabato parle d’un coup de couteau dans le cœur de Trump à la veille du débat. Est-ce pour autant la fin? Pas sûr. Donald Trump s’est excusé platement pour avoir prononcé ces paroles insultantes pour les femmes et sous entendu qu’Hillary n’avait pas de leçon à lui donner, vu le comportement de son mari dans le passé. Il est probable que ses fans, qui connaissent depuis longtemps ses faiblesses d’alpha mâle prompt à un comportement de corps de garde, ne l’abandonneront pas à ce stade. Mais la question est de savoir si les hésitants jugeront que cette affaire est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Tout dépendra sans doute du comportement de Donald Trump pendant le débat. D’après les informations que j’ai pu obtenir à Washington auprès de certains conseillers du milliardaire, son entourage lui conseillerait de renouveler platement ses excuses pendant le débat, et de rappeler que ces conversations de vestiaire pour hommes, se sont produites à une époque où il n’était pas un politique. Ils lui auraient conseillé de ne pas se laisser aller à des attaques sur Bill au dessous de la ceinture, jeu auquel il pourrait se retrouver très vite perdant, mais montrer qu’il veut parler des sujets essentiels, et poursuivre sa conversation avec le peuple américain sur le changement qu’il entend incarner. Bien sûr, Hillary tentera sans doute de le pousser à la faute, car sa propre campagne est bâtie autour de l’idée que Trump est inapte à la présidence. Nous verrons s’il se laisse piéger, comme il l’a fait pendant le premier débat. Ce qui est sûr est que l’incident va sûrement pousser des dizaines de millions d’Américains à se remettre devant leurs postes de télévision dimanche, pour un show susceptible d’être du Shakespeare version trash.

Vous consacrez un livre* à Donald Trump que vous suivez pour Le Figaro depuis le début de la campagne. A vous lire, on a l’impression qu’un Trump médiatique (mèche de cheveux, vulgarité etc…) cache un Donald Trump plus complexe. Est-ce le cas?

La grande difficulté, avec Donald Trump, c’est qu’on est à la fois face à une caricature et face à un phénomène bien plus complexe. Une caricature d’abord, car tout chez lui, semble magnifié. L’appétit de pouvoir, l’ego, la grossièreté des manières, les obsessions, les tweets épidermiques, l’étalage voyant de son succès sur toutes les tours qu’il a construites et qui portent son nom. Donald Trump joue en réalité à merveille de son côté caricatural, il simplifie les choses, provoque, indigne, et cela marche parce que notre monde du 21e siècle se gargarise de ces simplifications outrancières, à l’heure de l’information immédiate et fragmentée. La machine médiatique est comme un ventre qui a toujours besoin de nouveaux scandales et Donald, le commercial, le sait mieux que personne, parce qu’il a créé et animé une émission de téléréalité pendant des années. Il sait que la politique américaine actuelle est un grand cirque, où celui qui crie le plus fort a souvent raison parce que c’est lui qui «fait le buzz».

En même temps, ne voir que la caricature qu’il projette serait rater le phénomène Trump et l’histoire stupéfiante de son succès électoral. Derrière l’image télévisuelle simplificatrice, se cache un homme intelligent, rusé et avisé, qui a géré un empire de milliards de dollars et employé des dizaines de milliers de personnes. Ce n’est pas rien! Selon plusieurs proches du milliardaire que j’ai interrogés, Trump réfléchit de plus à une candidature présidentielle depuis des années, et il a su capter, au-delà de l’air du temps, la colère profonde qui traversait l’Amérique, puis l’exprimer et la chevaucher. Grâce à ses instincts politiques exceptionnels, il a vu ce que personne d’autre – à part peut-être le démocrate Bernie Sanders – n’avait su voir: le gigantesque ras le bol d’un pays en quête de protection contre les effets déstabilisants de la globalisation, de l’immigration massive et du terrorisme islamique; sa peur du déclin aussi. En ce sens, Donald Trump s’est dressé contre le modèle dominant plébiscité par les élites et a changé la nature du débat de la présidentielle. Il a remis à l’ordre du jour l’idée de protection du pays, en prétendant au rôle de shérif aux larges épaules face aux dangers d’un monde instable et dangereux.

Cela révèle au minimum une personnalité sacrément indépendante, un côté indomptable qui explique sans doute l’admiration de ses partisans…Ils ont l’impression que cet homme explosif ne se laissera impressionner par rien ni personne. Beaucoup des gens qui le connaissent affirment d’ailleurs que Donald Trump a plusieurs visages: le personnage public, flashy, égotiste, excessif, qui ne veut jamais avouer ses faiblesses parce qu’il doit «vendre» sa marchandise, perpétuer le mythe, et un personnage privé plus nuancé, plus modéré et plus pragmatique, qui sait écouter les autres et ne choisit pas toujours l’option la plus extrême…Toute la difficulté et tout le mystère, pour l’observateur est de s’y retrouver entre ces différents Trump. C’est loin d’être facile, surtout dans le contexte de quasi hystérie qui règne dans l’élite médiatique et politique américaine, tout entière liguée contre lui. Il est parfois très difficile de discerner ce qui relève de l’analyse pertinente ou de la posture de combat anti-Trump. Dans le livre, je parle d’une expérience schizophrénique, tant le fossé est grand entre la perception des partisans de Trump et celle de ses adversaires. Au fond, Trump reste largement insaisissable, malgré les millions d’articles qui lui sont consacrés.

En quoi son enfance et la figure de son père éclairent-elles son parcours?

Donald Trump a plusieurs fois raconté qu’il n’avait pas fondamentalement changé depuis le cours préparatoire. C’est dire si l’enfance compte pour cerner sa turbulente personnalité! Il a toujours été un leader, mais aussi un rebelle, une forte tête, qui bombardait ses instituteurs de gommes et tirait les cheveux des filles même si c’était un bon élève. A l’école élémentaire, le coin réservé au piquet, avait même été baptisé de ses initiales, DT, parce qu’il y séjournait souvent! A l’âge de 13 ans, son père décide même de l’envoyer à l’Académie militaire de New York pour le dresser, parce que, inspiré par West Side story, Donald a été pris en train de fomenter une descente avec sa bande dans Manhattan, avec des lames de rasoir!

Cela vous donne une idée du profil psychologique du père Fred Trump, un homme intransigeant et autoritaire, qui a eu une influence décisive dans la formation de la personnalité de son fils. Fred s’était fait à la force du poignet, en amassant un capital de plusieurs millions de dollars grâce à la construction d’immeubles d’habitation pour les classes populaires à Brooklyn, et il a clairement fait de Donald son héritier, brisant et déshéritant en revanche le fils aîné, Fred Junior, un être charmeur, mais moins trempé et plus dilettante, qui avait eu le malheur de préférer être pilote de ligne que promoteur, et a fini par mourir d’alcoolisme. Cela a beaucoup marqué Donald qui a décidé qu’il ne se laisserait jamais dominer et ne montrerait jamais ses faiblesses contrairement à son frère. Fred Trump a élevé ses enfants dans la richesse – la famille vivait dans une grande maison à colonnades dans le quartier de Queens – mais aussi dans une éthique de dur labeur et de discipline, pas comme des gosses de riches, un modèle que Donald a d’ailleurs reproduit avec ses enfants. L’homme d’affaires raconte souvent que son paternel l‘a formé à «la survie», en lui recommandant d’«être un tueur» pour réussir.

On découvre en vous lisant qu’il existe depuis longtemps dans l’univers américain (succès de ses livres, téléréalité). Ses fans d’hier sont -ils ses électeurs d’aujourd’hui?

Les Américains connaissent Trump depuis le milieu des années 80, date à laquelle il a commencé à publier ses ouvrages à succès, tirés à des millions d’exemplaires, c’est-à-dire depuis 30 ans! «Le Donald» est un familier pour eux. Savez-vous qu’à la fin des années 80, il fait déjà la couverture de Time Magazine comme l’homme le plus sexy d’Amérique? A la même époque, il est cité dans des sondages comme l’une des personnes les plus populaires du pays, aux côtés des présidents toujours vivants, et du pape! Si on ajoute à cela, le gigantesque succès qu’il va avoir avec son émission de téléréalité L’Apprenti, qui à son zénith, a rassemblé près de 30 millions de téléspectateurs, on comprend l’énorme avantage de notoriété dont bénéficiait Trump sur la ligne de départ de la primaire républicaine.

Tout au long de la campagne des primaires, beaucoup de commentateurs ont annoncé sa victoire comme impossible: comment expliquer cette erreur de jugement?

C’est vrai qu’à de rares exceptions près, les commentateurs n’ont pas vu venir le phénomène Trump, parce qu’il était «en dehors des clous», impensable selon leurs propres «grilles de lecture». Trop scandaleux et trop extrême, pensaient-ils. Il a fait exploser tant de codes en attaquant ses adversaires au dessous de la ceinture et s’emparant de sujets largement tabous, qu’ils ont cru que «le grossier personnage» ne durerait pas! Ils se sont dit que quelqu’un qui se contredisait autant ou disait autant de contre vérités, finirait par en subir les conséquences. Bref, ils ont vu en lui soit un clown soit un fasciste – sans réaliser que toutes les inexactitudes ou dérapages de Trump lui seraient pardonnés comme autant de péchés véniels, parce qu’il ose dire haut et fort ce que son électorat considère comme une vérité fondamentale: à savoir que l’Amérique doit faire respecter ses frontières parce qu’un pays sans frontières n’est plus un pays. Plus profondément, je pense que les élites des deux côtes ont raté le phénomène Trump (et le phénomène Sanders), parce qu’elles sont de plus en plus coupées du peuple et de ses préoccupations, qu’elles vivent entre elles, se cooptent entre elles, s’enrichissent entre elles, et défendent une version «du progrès» très post-moderne, détachée des préoccupations de nombreux Américains. Soyons clairs, si Trump est à bien des égards exaspérant et inquiétant, il y a néanmoins quelque chose de pourri et d’endogame dans le royaume de Washington. Le peuple se sent hors jeu.

Trump est l’homme du peuple contre les élites mais il vit comme un milliardaire. Comment parvient-il à dépasser cette contradiction criante?

C’est une vraie contradiction car Trump a profité abondamment du système qu’il dénonce. Il réussit à dépasser cette contradiction, parce qu’il ne le cache pas, au contraire: il fait de cette connaissance du système une force, en disant qu’il connaît si bien la manière dont les lobbys achètent les politiques qu’il est le seul à pouvoir à remédier à la chose. C’est évidemment un curieux argument, loin d’être totalement convaincant. Il me rappelle ce que faisaient certains oligarques russes, à l’époque Eltsine, quand ils se lançaient en politique et qu’ils disaient que personne ne pourrait les acheter puisqu’ils étaient riches! On a vu ce que cela a donné…Si les gens sont convaincus, c’est que Donald Trump sait connecter avec eux, leur faire comprendre qu’il est de leur côté. Ce statut de milliardaire du peuple est crédible parce qu’il ne s’est jamais senti membre de l’élite bien née, dont il aime se moquer en la taxant «d’élite du sperme chanceux». Cette dernière ne l’a d’ailleurs jamais vraiment accepté, lui le parvenu de Queens, venu de la banlieue, qui aime tout ce qui brille. Il ne faut pas oublier en revanche que Donald a grandi sur les chantiers de construction, où il accompagnait son père déjà tout petit, ce qui l’a mis au contact des classes populaires. Il parle exactement comme eux! Quand je me promenais à travers l’Amérique à la rencontre de ses électeurs, c’est toujours ce dont ils s’étonnaient. Ils disaient: «Donald parle comme nous, pense comme nous, est comme nous». Le fait qu’il soit riche, n’est pas un obstacle parce qu’on est en Amérique, pas en France. Les Américains aiment la richesse et le succès.

Alain Finkielkraut explique que Donald Trump est la Némésis (déesse de la vengeance) du politiquement correct? Le durcissement, notamment à l’université, du politiquement correct est-il la cause indirecte du succès de Trump?

Alain Finkelkraut a raison. L’un des atouts de Trump, pour ses partisans, c’est qu’il est politiquement incorrect dans un pays qui l’est devenu à l’excès. Sur l’islam radical (qu’Obama ne voulait même pas nommer comme une menace!), sur les maux de l’immigration illégale et maints autres sujets. Ses fans se disent notamment exaspérés par le tour pris par certains débats, comme celui sur les toilettes «neutres» que l’administration actuelle veut établir au nom du droit des «personnes au genre fluide» à «ne pas être offensés». Ils apprécient que Donald veuille rétablir l’expression de Joyeux Noël, de plus en plus bannie au profit de l’expression Joyeuses fêtes, au motif qu’il ne faut pas risquer de blesser certaines minorités religieuses non chrétiennes…Ils se demandent pourquoi les salles de classe des universités, lieu où la liberté d’expression est supposée sacro-sainte, sont désormais surveillées par une «police de la pensée» étudiante orwellienne, prête à demander des comptes aux professeurs chaque fois qu’un élève s’estime «offensé» dans son identité…Les fans de Trump sont exaspérés d’avoir vu le nom du club de football américain «Red Skins» soudainement banni du vocabulaire de plusieurs journaux, dont le Washington Post, (et remplacé par le mot R…avec trois points de suspension), au motif que certaines tribus indiennes jugeaient l’appellation raciste et insultante. (Le débat, qui avait mobilisé le Congrès, et l’administration Obama, a finalement été enterré après de longs mois, quand une enquête a révélé que l’écrasante majorité des tribus indiennes aimait finalement ce nom…). Dans ce contexte, Trump a été jugé«rafraîchissant» par ses soutiens, presque libérateur.

Le bouleversement qu’il incarne est-il, selon vous, circonstanciel et le fait de sa personnalité fantasque ou Trump cristallise-t-il un moment de basculement de l’histoire américaine?

Pour moi, le phénomène Trump est la rencontre d’un homme hors normes et d’un mouvement de rébellion populaire profond, qui dépasse de loin sa propre personne. C’est une lame de fond, anti globalisation et anti immigration illégale, qui traverse en réalité tout l’Occident. Trump surfe sur la même vague que les politiques britanniques qui ont soutenu le Brexit, ou que Marine Le Pen en France. La différence, c’est que Trump est une version américaine du phénomène, avec tout ce que cela implique de pragmatisme et d’attachement au capitalisme.

Sa ligne politique est-elle attrape-tout ou fondée sur une véritable vision politique?

Trump n’est pas un idéologue. Il a longtemps été démocrate avant d’être républicain et il transgresse les frontières politiques classiques des partis. Favorable à une forme de protectionnisme et une remise en cause des accords de commerce qui sont défavorables à son pays, il est à gauche sur les questions de libre échange, mais aussi sur la protection sociale des plus pauvres, qu’il veut renforcer, et sur les questions de société, sur lesquelles il affiche une vision libérale de New Yorkais, certainement pas un credo conservateur clair. De ce point de vue là, il est post reaganien. Mais Donald Trump est clairement à droite sur la question de l’immigration illégale et des frontières, et celle des impôts. Au fond, c’est à la fois un marchand et un nationaliste, qui se voit comme un pragmatique, dont le but sera de faire «des bons deals» pour son pays. Il n’est pas là pour changer le monde, contrairement à Obama. Ce qu’il veut, c’est remettre l’Amérique au premier plan, la protéger. Son instinct de politique étrangère est clairement du côté des réalistes et des prudents, car Trump juge que les Etats-Unis se sont laissé entrainer dans des aventures qui les ont affaiblis et n’ont pas réglé les crises. Il ne veut plus d’une Amérique jouant les gendarmes du monde. Mais vu sa tendance aux volte face et vu ce qu’il dit sur le rôle que devrait jouer l’Amérique pour venir à bout de la menace de l’islam radical, comme elle l’a fait avec le nazisme et le communisme, Donald Trump pourrait fort bien changer d’avis, et revenir à un credo plus interventionniste avec le temps. Ses instincts sont au repli, mais il reste largement imprévisible.

Faut il avoir peur de Donald Trump?

La question est évidemment légitime, vu la personnalité volcanique du personnage et certaines de ses prises de position, notamment en politique étrangère. De nombreuses questions se posent sur son caractère, ses foucades, son narcissisme et sa capacité à se contrôler, si importante chez le président de la première puissance du monde! Je ne suis pas pour autant convaincue par l’image de «Hitler», fasciste et raciste, qui lui a été accolée par la presse américaine. Hitler avait écrit Mein Kamp. Donald Trump, lui, a écrit «L ‘art du deal» et avait envisagé juste après la publication de ce premier livre, de se présenter à la présidence en prenant sur son ticket la vedette de télévision afro-américaine démocrate Oprah Winfrey, un élément qui ne colle pas avec l’image d’un raciste anti femmes! Ses enfants et nombre de ses collaborateurs affirment qu’il ne discrimine pas les gens en fonction de leur sexe ou de la couleur de leur peau, mais en fonction de leurs mérites, et que c’est pour cette même raison qu’il est capable de s’en prendre aux représentants du sexe faible ou des minorités avec une grande brutalité verbale, ne voyant pas la nécessité de prendre des gants.

Les questions les plus lourdes concernant Trump, sont selon moi plutôt liées à la manière dont il réagirait, s’il ne parvenait pas à tenir ses promesses, une fois à la Maison-Blanche. Tout président américain est confronté à la complexité de l’exercice du pouvoir dans un système démocratique extrêmement contraignant. Cet homme d’affaires habitué à diriger un empire immobilier pyramidal, dont il est le seul maître à bord, tenterait-il de contourner le système pour arriver à ses fins et prouver au peuple qu’il est bien le meilleur, en agissant dans une zone grise, avec l’aide des personnages sulfureux qui l’ont accompagné dans ses affaires? Et comment se comporterait-il avec ses adversaires politiques ou les représentants de la presse, vu la brutalité et l’acharnement dont il fait preuve envers ceux qui se mettent sur sa route? Hériterait-on d’un Berlusconi ou d’un Nixon puissance 1000? Autre interrogation, vu la fascination qu’exerce sur lui le régime autoritaire de Vladimir Poutine: serait-il prêt à sacrifier le droit international et l’indépendance de certains alliés européens, pour trouver un accord avec le patron du Kremlin sur les sujets lui tenant à cœur, notamment en Syrie? Bref, pourrait-il accepter une forme de Yalta bis, et remettre en cause le rôle de l’Amérique dans la défense de l’ordre libéral et démocratique de l’Occident et du monde depuis 1945? Autant de questions cruciales auxquelles Donald Trump a pour l’instant répondu avec plus de désinvolture que de clarté.

Trump peut-il emporter l’élection?

Donald Trump peut toujours gagner cette élection, même si les derniers jours lui ont été très défavorables. Malgré une semaine calamiteuse, les sondages restent proches et l’issue pleine d’un lourd suspense selon moi. J’utilise souvent l’image de la vague et de la digue. La vague, c’est Trump, l’homme de l’année parce qu’il est véritablement celui a défini cette élection, qu’il soit élu ou non d’ailleurs. Hillary elle, représente la digue du statu quo, défendue bec et ongles par les élites. La vague de colère sera-t-elle suffisamment puissante pour passer la digue? C’est toute la question. Comme l’a écrit l’excellente éditorialiste du Wall Street Journal Peggy Noonan, la réponse à cette interrogation dépendra de la force relative de deux sentiments: la colère éprouvée par le pays à l’endroit du système et des élites. Et la peur de l’inconnue que représente Trump. La colère aura-t-elle raison de la peur, ou vice versa?

Voir aussi:

André Bercoff : « Donald Trump le pragmatique peut devenir président des États-Unis »
Alexandre Devecchio
Le Figaro
08/09/2016

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Donald Trump remonte face à Hillary Clinton dans les sondages. André Bercoff, qui l’a rencontré il y a quelques mois à New York et qui publie un livre à son sujet, analyse le succès inattendu du candidat d’une Amérique en colère.

André Bercoff est journaliste et écrivain. Il vient de faire paraître Donald Trump, les raisons de la colère chez First.

FIGAROVOX. – Beaucoup d’observateurs ont enterré Donald Trump dans cette campagne américaine. Pourtant, les derniers sondages indiquent qu’il réduit l’écart avec son adversaire Hillary Clinton. Certains d’entre eux le donnent même devant. Donald Trump peut-il devenir président des États-Unis?

André BERCOFF. – Oui, il le peut. Pas de quartiers, évidemment, dans ce combat entre la Vorace et le Coriace. En dépit de l’hostilité des Démocrates, du rejet de la part des minorités et de la véritable haine que lui porte l’establishment Républicain, Trump peut profiter des casseroles accrochées à la traine d’Hillary Clinton qui semblent se multiplier de jour en jour. En tout cas, le scrutin sera beaucoup plus serré qu’il n’y paraissait il y a encore un mois.

À quoi, selon vous, ressemblerait une présidence Trump?

Je pense qu’il gérerait les USA peu ou prou, comme il gère son empire immobilier, avec une différence de taille: il ne s’agit plus de défendre à tout prix les intérêts de la marque Trump, mais ceux des États-Unis, ce qui nécessite un changement de paradigme. L’homme d’affaires délocalise pour le profit ; le président relocalise pour la patrie. Le négociateur cherche le meilleur deal pour son entreprise, y compris l’art et la manière de s’abriter dans les paradis fiscaux. Le chef de l’État, lui, taxera lourdement les sociétés qui réfugient leurs avoirs sous des cieux très cléments. Ne jamais oublier que Trump est beaucoup plus pragmatique qu’idéologue. Je le raconte dans mon livre: il défendra l’Amérique comme il défendait sa marque, bec et ongles, par tous les moyens.

Personne ne pariait un dollar sur la victoire de Trump à la primaire. Comment les observateurs ont-ils pu se tromper à ce point?

Quand je suis allé le voir à New York il y a quelques mois, tous mes interlocuteurs, en France comme en Amérique, me conseillaient de publier très vite l’entretien, car le personnage allait disparaître dès le premier scrutin des primaires. Les commentaires affluaient tous dans le même sens: il fait ça pour sa pub ; un petit tour et puis s’en va ; c’est un gros plouc, milliardaire peut-être, mais inintéressant au possible ; il est inculte, il ne comprend rien à la politique, ne connaît rien aux affaires du monde, il ne pense qu’à sa pub, à son image et à faire parler de lui. Experts et commentateurs se sont, dans leur grande majorité, mis le doigt dans l’œil parce qu’ils pensent à l’intérieur du système. À Paris comme à Washington, on reste persuadé qu’un «outsider» n’a aucune chance face aux appareils des partis, des lobbies et des machines électorales. Que ce soit dans notre monarchie républicaine ou dans leur hiérarchie de Grands Électeurs, si l’on n’est pas un familier du sérail, on n’existe pas. Tout le dédain et la condescendance envers Trump, qui n’était jusqu’ici connu que par ses gratte-ciel et son émission de téléréalité, pouvaient donc s’afficher envers cette grosse brute qui ne sait pas rester à sa place. On connaît la suite. L’expertise, comme la prévision, sont des sciences molles.

Quel rôle ont joué les réseaux sociaux dans cette campagne?

Trump est l’un des premiers à avoir compris et utilisé la désintermédiation. Ce n’est pas vraiment l’ubérisation de la politique, mais ça y ressemble quelque peu. Quand je l’ai interrogé sur le mouvement qu’il suscitait dans la population américaine, il m’a répondu: Twitter, Facebook et Instagram. Avec ses 15 millions d’abonnés, il dispose d’une force de frappe avec laquelle il dialogue sans aucun intermédiaire. Il y a trente ans, il écrivait qu’aucun politique ne pouvait se passer d’un quotidien comme le New York Times. Aujourd’hui, il affirme que les réseaux sociaux sont beaucoup plus efficaces – et beaucoup moins onéreux – que la possession de ce journal.

Est-ce une mauvaise nouvelle pour les journalistes?

C’est en tout cas une très vive incitation à changer la pratique journalistique. Contrairement à ceux qui proclament avec légèreté et simplisme, la fin du métier d’informer, on aura de plus en plus besoin de trier, hiérarchiser, et surtout de vérifier et de mettre en perspective. En revanche, l’on pourra de plus en plus difficilement cacher la francisque de Mitterrand ou le magot de Cahuzac, et qu’on le déplore ou pas, avec Wikileaks et autres révélations, il faudra dorénavant compter avec les millions de lanceurs d’alertes qui feront, pour le meilleur et pour le pire, œuvre d’information, à tous les niveaux. Le monde n’est pas devenu peuplé de milliards de journalistes, mais les journalistes doivent tenir compte de ce peuple qui clique et qui poste.

Votre livre s’intitule Donald Trump, les raisons de la colère. Les Américains sont-ils en colère?

Ils le sont. Là-bas comme ici, l’avenir n’est plus ce qu’il était, la classe moyenne se désosse, la précarité est toujours prégnante, les attentats terroristes ne sont plus, depuis un certain 11 septembre, des images lointaines vues sur petit ou grand écran. Pearl Harbour est désormais dans leurs murs: c’est du moins ce qu’ils ressentent. Et la fureur s’explique par le décalage entre la ritournelle de «Nous sommes la plus grande puissance et le plus beau pays du monde» et le «Je n’arrive pas à finir le mois et payer les études de mes enfants et l’assurance médicale de mes parents». Sans parler de l’écart toujours plus abyssal entre riches et modestes.

Trump est-il le candidat de l’Amérique périphérique? Peut-on le comparer à Marine Le Pen?

Il existe, depuis quelques années, un étonnant rapprochement entre les problématiques européennes et américaines. Qui aurait pu penser, dans ce pays d’accueil traditionnel, que l’immigration provoquerait une telle hostilité chez certains, qui peut permettre à Trump de percer dans les sondages en proclamant sa volonté de construire un grand mur? Il y a certes des points communs avec Marine Le Pen, y compris dans la nécessité de relocaliser, de rebâtir des frontières et de proclamer la grandeur de son pays. Mais évidemment, Trump a d’autres moyens que la présidente du Front National… De plus, répétons-le, c’est d’abord un pragmatique et un négociateur. Je ne crois pas que ce soit les qualités les plus apparentes de Marine Le Pen…

Comme elle, il dépasse le clivage droite/gauche…

Absolument. Son programme économique le situe beaucoup plus à gauche que les caciques Républicains et les néo-conservateurs proches d’Hillary Clinton qui le haïssent, parce que lui croit, dans certains domaines, à l’intervention de l’État et aux limites nécessaires du laisser-faire, laisser-aller.

N’est-il pas finalement beaucoup plus politiquement incorrect que Marine Le Pen?

Pour l’Amérique, certainement. Il ne ménage personne et peut aller beaucoup plus loin que Marine Le Pen, tout simplement parce qu’il n’a jamais eu à régler le problème du père fondateur et encore moins à porter le fardeau d’une étiquette tout de même controversée. Sa marque à lui, ce n’est pas la politique, mais le bâtiment et la réussite. Ça change pas mal de choses.

«La France n’est plus la France», martèle Trump. Pourquoi?

Ici aussi, pas de malentendu. L’on a interprété cette phrase comme une attaque contre notre pays. C’est le contraire. Il me l’a dit et je le raconte plus amplement dans mon livre: il trouve insupportable que des villes comme Paris et Bruxelles, qu’il adore et a visitées maintes fois, deviennent des camps retranchés où l’on n’est même pas capable de répliquer à un massacre comme celui du Bataclan. On peut être vent debout contre le port d’arme, mais, dit-il, s’il y avait eu des vigiles armés boulevard Voltaire, il n’y aurait pas eu autant de victimes. Pour lui, un pays qui ne sait pas se défendre est un pays en danger de mort.

Son élection serait-elle une bonne nouvelle pour la France et pour l’Europe?

Difficile à dire. Il s’entendra assez bien avec Poutine pour le partage des zones d’influence, et même pour une collaboration active contre Daesh et autres menaces, mais, comme il le répète sur tous les tons, l’Amérique de Trump ne défendra que les pays qui paieront pour leur protection. Ça fait un peu Al Capone, mais ça a le mérite de la clarté. Si l’Europe n’a pas les moyens de protéger son identité, son mode de vie, ses valeurs et sa culture, alors, personne ne le fera à sa place. En résumé, pour Trump, la politique est une chose trop grave pour la laisser aux politiciens professionnels, et la liberté un état trop fragile pour la confier aux pacifistes de tout poil.

Voir également:

Donald Trump peut tout à fait l’emporter le 8 novembre prochain
Alexis Feertchak
Le Figaro
28/07/2016

FIGAROVOX/ENTRETIEN/VIDÉOS – Hillary Clinton est de plus en plus considérée comme la candidate du système, notamment financier, estime Michael C. Behrent. Selon l’historien américain, face à elle, la route est étroite pour Donald Trump, mais il pourrait tout à fait l’emporter.

Docteur de la New York University, Michael C. Behrent est professeur d’Histoire à la Appalachian State University de Boone en Caroline du Nord.

FIGAROVOX. – La convention démocrate qui s’est conclue ce jeudi s’est ouverte un jour après la démission de la présidente du Parti, accusée d’avoir favorisé la candidature d’Hillary Clinton. Comment le Parti démocrate aborde-t-il ce moment crucial de la nomination officielle de sa candidate?

Michael C. Behrent. – Je crois que, pour beaucoup de démocrates, c’est un moment d’appréhension gêné, qu’ils essaient de cacher comme ils peuvent. Le contexte politique leur est pourtant très favorable: avec Hillary Clinton, la première femme à obtenir l’investiture d’un grand parti, ils ont une candidate historique ; leurs caisses de campagne débordent largement celles des républicains ; ils sont le parti sortant dans un contexte économique plutôt favorable. Et pourtant, malgré ces atouts, Hillary Clinton devance Donald Trump de peu dans sondages ; cette semaine, en dépit du caractère rocambolesque de la récente convention républicaine,

Le scandale des emails a été réglé de manière plutôt rapide avec la démission de la présidente de l’instance dirigeante du Parti démocrate, Debbie Wasserman Schultz. Mais l’affaire ne fait que confirmer toutes les réticences de l’opinion publique à l’égard de Clinton: qu’elle est la candidate des intérêts financiers, qu’elle incarne l’ «establishment» contre le peuple, qu’elle préfère magouiller en coulisse que d’obtenir l’assentiment populaire. C’est peut-être injuste, mais l’épisode confirme ces impressions.

On parle souvent des divisions du Parti républicain, accentuées par la candidature de Donald Trump. Le Parti démocrate n’est-il pas aussi divisé? Bernie Sanders le «socialiste» ne va-t-il durablement laisser sa marque idéologique?

L’enthousiasme qu’a suscité Sanders ne s’explique pas par un engouement soudain de la part des Américains pour le socialisme. Ce que Sanders a réussi à faire, c’est de rappeler aux Américains leur passé social-démocrate, ou du moins ce qu’avait accompli, disons entre les années 1940 et 1970, l’Etat-providence américain. Par exemple, les Américains qui ont fait leurs études dans des universités publiques au cours des années 1960 – comme Sanders lui-même – n’ont dû payer que des sommes modiques. Pourquoi un tel système est désormais considéré comme impossible? C’est sur ce genre de question qu’a insisté Sanders, et cela explique l’enthousiasme qu’il a suscité chez les jeunes (qui, entre autres galères, assument souvent des dettes colossales pour financer leurs études).

Surtout, Sanders a su insister sur un constat que les Américains sont nombreux à trouver juste: les inégalités économiques montent, et la démocratie s’en trouve de ce fait corrompue. À cet égard, Sanders est plus «pikettiste» que socialiste au sens classique. S’il a raison, ce n’est pas en effectuant une petite inflexion à gauche que les partisans de Clinton vont satisfaire l’électorat de Sanders: comme le montre le scandale des emails, le Parti démocrate courtise inlassablement les Américains les plus riches, au point que la campagne ressemble à une vaste opération de trafic d’influence. Le scandale confirme, à pleins d’égards, l’analyse et le rejet du système actuel dont Sanders s’est fait le porteur.

Il est vrai qu’il existe actuellement, dans chaque parti, un schisme entre les défenseurs de l’«establishment» et un courant populiste. La principale différence, c’est que chez les républicains, ce sont les populistes qui ont gagné, alors que les démocrates ont fini par adouber un candidat de l’ «establishment». Cette situation est pour le moins paradoxal, étant donné que ce sont les démocrates qui se considèrent traditionnellement comme le parti des petits gens, de l’Américain moyen.

Hillary Clinton demeure très impopulaire. Qu’est-ce qui pourrait la sauver sinon le rejet que beaucoup d’Américains portent aussi à Donald Trump?

Le fait qu’elle est soutenue par une large coalition de couches démographiques, alors que Trump mise essentiellement sur une seule. Femmes, Afro-Américains, Hispaniques, diplômés – voilà les groupes qui soutiennent Clinton, souvent massivement (autour de 76% des Hispaniques, par exemple). Trump, par contre, est essentiellement le candidat d’un électorat blanc, populaire et masculin. On parle beaucoup aux États-Unis du déclin de cette population longtemps dominant. Mais pour le moment, l’électorat populaire blanc demeure assez important, représentant, par exemple, 44% de ceux qui ont voté en 2012. La question est de savoir si une coalition hétéroclite et multiculturelle qui annonce l’avenir se révélera plus puissante que le ressentiment blanc qui s’exprime à travers Trump.

Donald Trump a déjà été désigné officiellement par son parti. Comment expliquez-vous le succès de cet outsider des primaires républicaines?

Il s’agit d’un effet «apprenti sorcier»: depuis des décennies, au moins depuis Nixon, la stratégie électorale républicaine consiste à attiser les craintes et les rancœurs d’un électorat blanc et populaire, insistant en particulier sur les questions culturelles sur lesquelles ils divergent avec la gauche: la religion, l’avortement, le droit de s’armer, le patriotisme. Cette population s’estime souvent menacée par l’immigration et la discrimination positive en faveur des minorités. Mais les républicains ont toujours su récolter les voix de cet électorat tout en défendant une politique économique libérale favorisée par le monde des affaires et de la finance, axé sur le libre-échange ainsi que la réduction de la fiscalité et des dépenses sociales. Au point que certains se demandent si l’électorat populaire républicain a vraiment profité des politiques économiques qu’il a rendues possibles.

Trump représente, si vous voulez, l’émancipation de cet électorat populaire républicain vis-à-vis d’un «establishment» plus libéral (au sens européen) que proprement conservateur. Si Trump a compris au moins une chose, c’est qu’il y avait une demande pour un candidat aux valeurs conservatrices (même si Trump ne satisfait lui-même cette critère que grâce à une hypocrisie plus ou moins tolérée), mais dont la politique économique serait «souverainiste» et nationaliste. L’«establishment» républicain ne maitrise ainsi plus les angoisses d’un électorat qu’il a longtemps cherché à encourager. Le ton agressif et provocateur du discours du Trump ne sort pas non plus de nulle part: il prend le relais des contestataires du Tea Party, des républicains au Congrès qui ont mené une obstruction systématique contre la politique du Président Obama, etc.

Avec un certain isolationnisme et une critique parfois vive du libre-échangisme, Bernie Sanders et Donald Trump ne partagent-ils pas paradoxalement certaines positions idéologiques?

En effet, Trump et Sanders se sont fait chacun le champion des Américains qui pâtissent de la mondialisation et des politiques économiques libre-échangistes poursuivies depuis des années. Mais la ressemblance s’arrête là.

En fait, il est difficile d’imaginer deux lignes politiques plus éloignées l’un de l’autre. Trump est l’incarnation de la corruption de la vie politique par les grandes fortunes contre lequel Sanders et ses supporteurs s’insurgent. Si Sanders dénonce, comme Trump, des traités de libre-échange comme étant peu favorables aux ouvriers, il demande pourtant la régularisation des «sans papiers» (moyennant une réforme du système actuel d’immigration), alors que le discours de Trump est franchement xénophobe: déportation des «sans papiers», interdiction provisoire des Musulmans du territoire national, construction d’un mur le long de la frontière mexicaine. On est donc bien loin d’un véritable rapprochement idéologique.

Les candidatures «anti-système», très diverses sur le fond, progressent aussi partout en Europe, étiquetées souvent sous la catégorie de «populisme». Que pensez-vous de ce mouvement qui concerne l’Occident dans son ensemble?

Ces mouvements, me semblent-ils, reposent sur deux craintes: une angoisse vis-à-vis de la mondialisation, et des doutes sur l’état de santé de la démocratie. Ses craintes sont souvent liées, la mondialisation et la montée des inégalités étant suspects de mettre à mal la démocratie. Ce qu’on appelle le «déficit démocratique» dans l’Union européenne est devenu un souci plus général.

Toutefois il y a des points de discordes majeures à l’intérieur de ces mouvements «anti-systèmes», comme on le voit entre Trump et Sanders, dans les débats autour du Brexit, ou dans les antilibéraux de droite et de gauche en France. Certains, comme Trump et certains partisans du Brexit, rejettent la mondialisation en prônant un repli national, au point d’assumer une certaine xénophobie comme une conséquence logique du protectionnisme. D’autres, comme Sanders ou même Nuit Debout, veulent limiter le libre-échange et le flux des capitaux tout en favorisant les flux migratoires, du moins par la régularisation des «sans-papiers». Pour le moment, c’est plutôt les premiers qui semblent avoir le vent en poupe.

Imaginez-vous que Donald Trump puisse finalement triompher d’Hillary Clinton?

Contrairement à ce qu’on a pu penser il y a encore quelques mois, oui, il est tout à fait possible que Trump remporte le scrutin du 8 novembre. Mais la campagne fortement clivante qu’il mène, ainsi que l’histoire électoral récente suggèrent que pour Trump, la voie menant vers la Maison-Blanche reste très étroite. Ces propos qui plaisent à un électoral blanc populaire lui font perdre des voix chez les diplômés. D’autre part, dans les élections américaines, il faut remporter des Etats: pour le moment, Trump n’a jamais eu de solides longueurs d’avances dans les «swing states» (état balançoires) tels que la Floride, l’Ohio, ou la Pennsylvanie, qu’il lui faudra gagner impérativement pour faire mieux que Mitt Romney en 2012. Candidat improviste, Trump n’a pas, comme son rival, sollicité des fonds de la campagne de façon méthodique, et a donc un déficit financier important vis-à-vis des démocrates. Bien sûr, très peu de gens ont cru que Trump arriverait à ce point. Mais pour être élu président, il lui faudra continuer à surmonter les obstacles considérables qui se profilent devant lui.

Voir encore:

Michael Moore a-t-il raison de prédire la victoire de Donald Trump ?
Alexis Feertchak
Le Figaro
05/08/2016

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Le réalisateur Michael Moore a annoncé la victoire prochaine de son pire adversaire, Donald Trump. Pour Lauric Henneton, certains arguments de Moore sont à prendre au sérieux, notamment celui de la colère des électeurs du Midwest désindustrialisé.

Lauric Henneton est maître de conférences à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, au sein de l’Institut d’Etudes culturelles et internationales. Son dernier livre Histoire religieuse des Etats-Unis a été publié en 2012 chez Flammarion.

FIGAROVOX. – Dans une tribune tonitruante, le réalisateur Michael Moore, marqué très à gauche sur l’échiquier politique américain, annonce que Donald Trump, «ce clown à temps partiel et sociopathe à temps plein», deviendra président des Etats-Unis en novembre prochain. De façon générale, Michael Moore est-il un analyste politique sérieux?

Lauric HENNETON. – A défaut d’être un analyste politique professionnel, Michael Moore est un observateur avisé mais doublé d’un militant. Un observateur engagé en d’autres termes, alors que l’analyste politique est censé rester neutre et clinique dans son analyse – en théorie… Plutôt que la finesse de l’analyse, ici, c’est surtout sur la fonction du texte qu’il faut s’interroger. Michael Moore se fait l’avocat du diable, il endosse également un costume prophétique, au sens propre mais sécularisé, puisqu’il met en garde son peuple et l’appelle à se repentir et marcher à nouveau dans le droit chemin. On répète depuis un an que Trump n’a aucune chance: il ne va pas durer, sa candidature va faire long feu, il ne va pas passer le Super Tuesday, il ne va pas rester en tête, il va y avoir une convention contestée et il n’aura pas l’investiture. On voit l’acuité de ces prédictions aujourd’hui.

Cette stratégie de la peur a pour fonction de mobiliser contre Trump, mais on voit bien que Clinton n’existe que pour faire barrage.
Moore utilise donc une autre tactique: il présente la victoire de Trump non plus comme fortement improbable car irrationnelle mais au contraire comme une quasi-certitude. Le titre anglais de son texte est «Why Trump will win», pourquoi il va gagner. On ne se demande plus s’il va gagner, il s’agit désormais d’en expliquer les raisons. Ce fait accompli a pour fonction de surprendre, d’attirer l’attention du lecteur-cliqueur, en lui faisant peur. Cette stratégie de la peur a pour fonction de mobiliser contre Trump, d’abord, et indirectement en faveur d’Hillary Clinton, mais on voit bien que Clinton n’existe que pour faire barrage à Trump.

Quant à savoir si cette stratégie discursive sera payante, c’est une autre question. Il est probable que le texte soit essentiellement lu par des gens qui n’ont pas besoin de ce message pour être contre Trump. Combien d’Américains vont changer d’avis et ne pas voter Trump après avoir lu ce texte? Pas sûr que ce soit assez pour avoir un impact sur l’élection.

Auteur d’un documentaire sur les usines General Motors de Flint, ville dont il est originaire, Michael Moore connaît probablement mieux qu’Hillary Clinton l’Amérique désindustrialisée du Midwest. Son argument est fort: cette région traditionnellement proche du Parti démocrate pourrait basculer vers Trump par rejet du libre-échangisme, ce que Moore appelle le «Brexit du Midwest». Que penser de cet argument?

Le terme de Brexit est très discutable puisqu’il n’y a rien à quitter (exit) et que l’on parle d’un pays où la guerre civile, il y a 150 ans, a fait plus de 600 000 morts. S’il y a eu un Brexit en histoire américaine c’est celui des Etats du Sud en 1861. A moins de considérer la Révolution américaine comme une forme de Brexit. Ici le terme n’a de sens que du fait de la sociologie électorale et de l’actualité du Brexit, ce qu’on pourrait appeler la revanche des perdants. La victoire du Brexit, qui a surpris bien des analystes, renforce le message de Moore: c’est arrivé là-bas, ça peut arriver ici – ça va arriver ici, sauf si vous m’écoutez…

Attirer l’attention sur les Etats de la Rust Belt est pertinent. Ce sont des Etats que l’on a laissés pour morts à partir des années 1980. Ils étaient en perte de vitesse et on n’avait d’yeux que pour la Sun Belt.
Le terme de Brexit a donc une pertinence assez limitée. En revanche, attirer l’attention sur les Etats de la Rust Belt est pertinent. Ce sont des Etats que l’on a laissés pour morts, économiquement et politiquement, à partir des années 1980. Ils étaient en perte de vitesse et on n’avait d’yeux que pour la Sun Belt. Certes la Floride a été décisive en 2000 mais en 2012, la victoire d’Obama a été proclamée avant même que l’on connaisse le résultat en Floride. En 2004, la victoire de Bush s’est décidée dans l’Ohio, qui passe pour l’Etat clé par excellence.

Son calcul est un peu simpliste: il a manqué 64 grands électeurs à Mitt Romney et les quatre Etats de la Rust Belt qu’il mentionne (Michigan, Wisconsin, Ohio et Pennsylvanie) totalisent justement 64 grands électeurs. En réalité, dans certaines configurations précises, Trump peut se permettre de perdre le Wisconsin par exemple, ainsi que la Virginie, la Floride, le Nevada et le Colorado (où il y a beaucoup d’Hispaniques), mais il faut impérativement qu’il l’emporte dans le Michigan, l’Ohio et la Pennsylvanie, en plus de l’Arizona (et ses Hispaniques), en Caroline du Nord, dans le New Hampshire, notamment. Il n’a pas le droit à l’erreur: si, dans cette configuration, il perdait le petit New Hampshire et ses 4 grands électeurs, il perdrait l’élection. Evidemment, s’il perd en plus le Michigan ou la Pennsylvanie, sa défaite serait plus lourde. Mais voilà, il faut envisager l’élection au niveau local, pas national. Et les enjeux régionaux de la Rust Belt reviennent sur le devant de la scène. Reste à voir s’ils seront déterminants d’ici novembre et s’ils suffiront à dépasser les autres questions.

Michael Moore explique que les électeurs voteront précisément pour Trump parce qu’il est un clown, ce qu’il appelle l’effet Jesse Ventura, du nom d’un ancien lutteur élu à la surprise générale gouverneur du Minnesota. L’appétence pour les clowneries est-elle sérieuse?

La longévité de Trump dans cette élection en dit long sur le niveau d’exaspération des électeurs américains envers leur classe politique. Trump est le symptôme plutôt que le mal: il montre à quel point le rejet est fort, notamment côté républicain. Cette longévité de Trump me semble d’abord et avant tout traduire l’exaspération d’une partie de l’électorat avec «Washington», le jusqu’au-boutisme, l’inefficacité, le carriérisme coupé des intérêts des électeurs, la suspicion que les élus travaillent davantage pour les lobbies que pour les électeurs.

Ils saluent plus la transgression symbolique d’un ordre moral qu’ils récusent que la clownerie en tant que telle. Les électeurs utilisent Trump comme vecteur d’une revanche symbolique sur le politiquement correct.
Trump n’est pas tant perçu par ses partisans comme un clown que comme un rebelle: celui qui va mettre un coup de pied dans la fourmilière, celui qui va s’affranchir du politiquement correct qui, selon eux, a installé une chape de plomb discursive notamment sur les «non minorités» (où l’on retrouve les hommes blancs hétérosexuels). Ils saluent plus la transgression symbolique d’un ordre moral qu’ils récusent (mis en place par les composantes de la coalition démocrate) que la clownerie en tant que telle. Evidemment il y a un côté «poli-tainment», «show business» dans lequel Trump excelle: il fait de la campagne une sorte de gigantesque série de télé réalité. Mais ils utilisent Trump surtout comme vecteur d’une forme de revanche symbolique sur le politiquement correct.

Michael Moore relève aussi l’impopularité d’Hillary Clinton qui pourrait lui coûter les voix des classes populaires, des jeunes et des partisans de Bernie Sanders. Ces derniers voteront-ils pour une ex-Secrétaire d’Etat qui a soutenu la guerre en Irak puis en Libye tout en ayant le soutien de l’establishment financier?

Je le répète depuis des mois: la clé de l’élection sera la mobilisation des électeurs en nombre. Les proportions de tel ou tel groupe que nous donnent les sondages sont une indication assez trompeuse. Il ne s’agit pas de savoir si tel ou tel candidat emporte tel groupe – y est majoritaire – mais combien d’électeurs il ou elle arrive à déplacer le jour J. Moore a raison de rappeler que c’est surtout dans l’électorat démocrate qu’on trouve les électeurs les plus vulnérables, ceux qui ont le plus de difficultés logistiques à voter, ceux à qui les Etats tenus par les Républicains imposent la présentation de pièces d’identité qu’ils n’ont pas forcément et qui, du coup, les découragent. De ce fait, beaucoup d’électeurs démocrates potentiels (noirs et hispaniques) font défaut, ce qui peut faire basculer un Etat-clé. Ces derniers jours, un certain nombre de lois dans ce sens ont été invalidées car exagérément restrictives, ou carrément racistes dans leur logique. C’est un des enjeux de la campagne.

La clé de l’élection sera la mobilisation des électeurs en nombre. Les proportions de tel ou tel groupe que nous donnent les sondages sont une indication assez trompeuse.
Mais il y en a d’autres: en amont il faut aller voir les gens, faire du porte à porte et les persuader de voter alors qu’ils n’en ont pas forcément l’habitude. Pourquoi voter pour Hillary Clinton? D’abord pour faire barrage à Trump: Trump mobilise malgré lui et contre lui chez les Hispaniques mais aussi chez les musulmans, particulièrement peu politisés jusqu’ici et nombreux … dans le Michigan, dont il était question plus haut. Si la victoire dans le Michigan ne tient qu’à quelques milliers de voix et qu’elles sont apportées par des électeurs nouvellement inscrits parce qu’ils voulaient faire barrage à Trump, on serait dans un scénario presque hollywoodien.

Autre enjeu, ceux qui n’ont pas de difficulté logistique pour voter, qui n’ont pas deux emplois dans la journée et qui ne sont pas des minorités: les jeunes blancs. Il y a deux profils: les jeunes votent peu dans l’ensemble, ce sont donc des voix perdues pour les démocrates. Et il y a les jeunes pro-Sanders, qui étaient très hostiles à Clinton. Beaucoup se sont beaucoup investis, émotionnellement, comme des convertis. Ils ont encore du mal à digérer la défaite de leur champion, qu’ils ont hué quand il a appelé à se rallier à Clinton lors de la convention démocrate. On a récemment estimé à 10% les irréductibles qui ont voté Sanders et ne voteront pas Clinton, sous aucun prétexte. Si cela peut sembler insignifiant, ce seront peut-être les quelques milliers de voix qui feront défaut à Clinton dans un Etat-clé. C’est peu probable, mais cela reste un scénario mathématiquement possible, tant l’électorat démocrate est composé de groupes incertains en termes de mobilisation.

Voir enfin:

Cinq raisons pour lesquelles Trump va gagner
Michael Moore Oscar and Emmy-winning Director

The Huffington Post

26/07/2016

Chers amis, chères amies,

Je suis désolé d’être le porteur de mauvaises nouvelles, mais je crois avoir été assez clair l’été dernier lorsque j’ai affirmé que Donald Trump serait le candidat républicain à la présidence des États-Unis. Cette fois, j’ai des nouvelles encore pires à vous annoncer: Donald J. Trump va remporter l’élection du mois de novembre.

Ce clown à temps partiel et sociopathe à temps plein va devenir notre prochain président. Le président Trump. Allez, dites-le tous en chœur, car il faudra bien vous y habituer au cours des quatre prochaines années: « PRÉSIDENT TRUMP! »

Jamais de toute ma vie n’ai-je autant voulu me tromper.

Je vous observe attentivement en ce moment. Vous agitez la tête en disant: « Non Mike, ça n’arrivera pas! ». Malheureusement, vous vivez dans une bulle. Ou plutôt dans une grande caisse de résonance capable de vous convaincre, vous et vos amis, que les Américains n’éliront pas cet idiot de Trump. Vous alternez entre la consternation et la tentation de tourner au ridicule son plus récent commentaire, lorsque ce n’est pas son attitude narcissique.

Par la suite, vous écoutez Hillary et envisagez la possibilité que nous ayons pour la première fois une femme à la présidence. Une personne respectée à travers le monde, qui aime les enfants et poursuivra les politiques entreprises par Obama. Après tout, n’est-ce pas ce que nous voulons? La même chose pour quatre ans de plus?

 Il est temps de sortir de votre bulle pour faire face à la réalité. Vous aurez beau vous consoler avec des statistiques (77 % de l’électorat est composé de femmes, de personnes de couleur et d’adultes de moins de 35 ans, et Trump ne remportera la majorité d’aucun de ces groupes), ou faire appel à la logique (les gens ne peuvent en aucun cas voter pour un bouffon qui va à l’encontre de leurs propres intérêts), ça ne restera qu’un moyen de vous protéger d’un traumatisme. C’est comme lorsque vous entendez un bruit d’arme à feu et pensez qu’un pneu a éclaté ou que quelqu’un joue avec des pétards. Ce comportement me rappelle aussi les premières manchettes publiées le 11 septembre, annonçant qu’un petit avion a heurté accidentellement le World Trade Center.

« Des millions de gens seront tentés de devenir marionnettistes et de choisir Trump dans le seul but de brouiller les cartes et voir ce qui arrivera. »

Nous avons besoin de nouvelles encourageantes parce que le monde actuel est un tas de merde, parce qu’il est pénible de survivre d’un chèque de paie à l’autre, et parce que notre quota de mauvaises nouvelles est atteint. C’est la raison pour laquelle notre état mental passe au neutre lorsqu’une nouvelle menace fait son apparition.

C’est la raison pour laquelle les personnes renversées par un camion à Nice ont passé les dernières secondes de leur vie à tenter d’alerter son conducteur: « Attention, il y a des gens sur le trottoir! »

Eh bien, mes amis, la situation n’a rien d’un accident. Si vous croyez encore qu’Hillary Clinton va vaincre Trump avec des faits et des arguments logiques, c’est que vous avez complètement manqué la dernière année, durant laquelle 16 candidats républicains ont utilisé cette méthode (et plusieurs autres méthodes moins civilisées) dans 56 élections primaires sans réussir à arrêter le mastodonte. Le même scénario est en voie de se répéter l’automne prochain. La seule manière de trouver une solution à ce problème est d’admettre qu’il existe en premier lieu.

Comprenez-moi bien, j’entretiens de grands espoirs pour ce pays. Des choses ont changé pour le mieux. La gauche a remporté les grandes batailles culturelles. Les gais et lesbiennes peuvent se marier. La majorité des Américains expriment un point de vue libéral dans presque tous les sondages. Les femmes méritent l’égalité salariale? Positif. L’avortement doit être permis? Positif. Il faut des lois environnementales plus sévères? Positif. Un meilleur contrôle des armes à feu? Positif. Légaliser la marijuana? Positif. Le socialiste qui a remporté l’investiture démocrate dans 22 États cette année est une autre preuve que notre société s’est profondément transformée. À mon avis, il n’y a aucun doute qu’Hillary remporterait l’élection haut la main si les jeunes pouvaient voter avec leur console X-box ou Playstation.

Hélas, ce n’est pas comme ça que notre système fonctionne. Les gens doivent quitter leur domicile et faire la file pour voter. S’ils habitent dans un quartier pauvre à dominante noire ou hispanique, la file sera plus longue et tout sera fait pour les empêcher de déposer leur bulletin dans l’urne. Avec pour résultat que le taux de participation dépasse rarement 50 % dans la plupart des élections. Tout le problème est là. Au mois de novembre, qui pourra compter sur les électeurs les plus motivés et inspirés? Qui pourra compter sur des sympathisants en liesse, capables de se lever à 5 heures du matin pour s’assurer que tous les Tom, Dick et Harry (et Bob, et Joe, et Billy Bob et Billy Joe) ont bel et bien voté? Vous connaissez déjà la réponse. Ne vous méprenez pas: aucune campagne publicitaire en faveur d’Hillary, aucune phrase-choc dans un débat télévisé et aucune défection des électeurs libertariens ne pourra arrêter le train en marche.

Voici 5 raisons pour lesquelles Trump va gagner :

1. Le poids électoral du Midwest, ou le Brexit de la Ceinture de rouille

Je crois que Trump va porter une attention particulière aux États « bleus » de la région des Grands Lacs, c’est-à-dire le Michigan, l’Ohio, la Pennsylvanie et le Wisconsin. Ces quatre États traditionnellement démocrates ont chacun élu un gouverneur républicain depuis 2010, et seule la Pennsylvanie a opté pour un démocrate depuis ce temps. Lors de l’élection primaire du mois de mars, plus de résidents du Michigan se sont déplacés pour choisir un candidat républicain (1,32 million) qu’un candidat démocrate (1,19 million).

Dans les plus récents sondages, Trump devance Clinton en Pennsylvanie. Et comment se fait-il qu’il soit à égalité avec Clinton en Ohio, après tant d’extravagances et de déclarations à l’emporte-pièce? C’est sans doute parce qu’il a affirmé (avec raison) qu’Hillary a contribué à détruire la base industrielle de la région en appuyant l’ALÉNA. Trump ne manquera pas d’exploiter ce filon, puisque Clinton appuie également le PTP et de nombreuses autres mesures qui ont provoqué la ruine de ces quatre États.

Durant la primaire du Michigan, Trump a posé devant une usine de Ford et menacé d’imposer un tarif douanier de 35 % sur toutes les voitures fabriquées au Mexique dans le cas où Ford y déménagerait ses activités. Ce discours a plu aux électeurs de la classe ouvrière. Et lorsque Trump a menacé de contraindre Apple à fabriquer ses iPhone aux États-Unis plutôt qu’en Chine, leur cœur a basculé et Trump a remporté une victoire qui aurait dû échoir au gouverneur de l’Ohio John Kasich.

L’arc qui va de Green Bay à Pittsburgh est l’équivalent du centre de l’Angleterre. Ce paysage déprimant d’usines en décrépitude et de villes en sursis est peuplé de travailleurs et de chômeurs qui faisaient autrefois partie de la classe moyenne. Aigris et en colère, ces gens se sont fait duper par la théorie des effets de retombées de l’ère Reagan. Ils ont ensuite été abandonnés par les politiciens démocrates qui, malgré leurs beaux discours, fricotent avec des lobbyistes de Goldman Sachs prêts à leur écrire un beau gros chèque.

Voilà donc comment le scénario du Brexit est en train de se reproduire. Le charlatan Elmer Gantry se pose en Boris Johnson, faisant tout pour convaincre les masses que l’heure de la revanche a sonné. L’outsider va faire un grand ménage! Vous n’avez pas besoin de l’aimer ni d’être d’accord avec lui, car il sera le cocktail molotov que vous tirerez au beau milieu de tous ces bâtards qui vous ont escroqué! Vous devez envoyer un message clair, et Trump sera votre messager!

Passons maintenant aux calculs mathématiques. En 2012, Mitt Romney a perdu l’élection présidentielle par une marge de 64 voix du Collège électoral. Or, la personne qui remportera le scrutin populaire au Michigan, en Ohio, en Pennsylvanie et au Wisconsin récoltera exactement 64 voix. Outre les États traditionnellement républicains, qui s’étendent de l’Idaho à la Géorgie, tout ce dont Trump aura besoin pour se hisser au sommet ce sont les quatre États du Rust Belt. Oubliez la Floride, le Colorado ou la Virginie. Il n’en a même pas besoin.

« Cela dit, notre plus grand problème n’est pas Trump mais bien Hillary. Elle est très impopulaire. Près de 70 % des électeurs la considèrent comme malhonnête ou peu fiable. »

2. Le dernier tour de piste des Hommes blancs en colère

Nos 240 ans de domination masculine risquent de se terminer. Une femme risque de prendre le pouvoir! Comment en est-on arrivés là, sous notre propre règne? Nous avons ignoré de trop nombreux avertissements. Ce traître féministe qu’était Richard Nixon nous a imposé le Titre IX, qui interdit toute discrimination sur la base du genre dans les programmes éducatifs publics. Les filles se sont mises à pratiquer des sports. Nous les avons laissées piloter des avions de ligne et puis, sans crier gare, Beyoncé a envahi le terrain du Super Bowl avec son armée de femmes noires afin de décréter la fin de notre règne!

Cette incursion dans l’esprit des mâles blancs en danger évoque leur crainte du changement. Ce monstre, cette « féminazie » qui – comme le disait si bien Trump – « saigne des yeux et de partout où elle peut saigner » a réussi à s’imposer. Après avoir passé huit ans à nous faire donner des ordres par un homme noir, il faudrait maintenant qu’une femme nous mène par le bout du nez? Et après? Il y aura un couple gai à la Maison-Blanche pour les huit années suivantes? Des transgenres? Vous voyez bien où tout cela mène. Bientôt, les animaux auront les mêmes droits que les humains et le pays sera dirigé par un hamster. Assez, c’est assez!

3. Hillary est un problème en elle-même

Pouvons-nous parler en toute franchise? En premier lieu, je dois avouer que j’aime bien Hillary Clinton. Je crois qu’elle est la cible de critiques non méritées. Mais après son vote en faveur de la guerre en Irak, j’ai promis de ne plus jamais voter pour elle. Je suis contraint de briser cette promesse aujourd’hui pour éviter qu’un proto-fasciste ne devienne notre commandant en chef. Je crois malheureusement qu’Hillary Clinton va nous entraîner dans d’autres aventures militaires, car elle est un « faucon » perché à droite d’Obama. Mais peut-on confier le bouton de nos bombes nucléaires à Trump le psychopathe? Poser la question, c’est y répondre.

Cela dit, notre plus grand problème n’est pas Trump mais bien Hillary. Elle est très impopulaire. Près de 70 % des électeurs la considèrent comme malhonnête ou peu fiable. Elle représente la vieille manière de faire de la politique, c’est-à-dire l’art de raconter n’importe quoi pour se faire élire, sans égard à quelque principe que ce soit. Elle a lutté contre le mariage gay à une certaine époque, pour maintenant célébrer elle-même de tels mariages. Ses plus farouches détractrices sont les jeunes femmes. C’est injuste, dans la mesure où Hillary et d’autres politiciennes de sa génération ont dû lutter pour que les filles d’aujourd’hui ne soient plus encouragées à se taire et rester à la maison par les Barbara Bush de ce monde. Mais que voulez-vous, les jeunes n’aiment pas Hillary.

Pas une journée ne passe sans que des milléniaux me disent qu’ils ne l’appuieront pas. Je conviens qu’aucun démocrate ou indépendant ne sera enthousiaste à l’idée de voter pour elle le 8 novembre. La vague suscitée par l’élection d’Obama et la candidature de Sanders ne reviendra pas. Mais au final, l’élection repose sur les gens qui sortent de chez eux pour aller voter, et Trump dispose d’un net avantage à cet effet.

« Les jeunes n’ont aucune tolérance pour les discours qui sonnent faux. Dans leur esprit, revenir aux années Bush-Clinton est un peu l’équivalent d’utiliser MySpace et d’avoir un téléphone cellulaire gros comme le bras. »

4. Les partisans désabusés de Bernie Sanders

Ne vous inquiétez pas des partisans de Sanders qui ne voteront pas pour Hillary Clinton. Le fait est que nous serons nombreux à voter pour elle! Les sondages indiquent que les partisans de Sanders qui prévoient de voter pour Hillary sont déjà plus nombreux que les partisans d’Hillary ayant reporté leur vote sur Obama en 2008. Le problème n’est pas là. Si une alarme doit sonner, c’est à cause du « vote déprimé ». En d’autres termes, le partisan moyen de Sanders qui fait l’effort d’aller voter ne fera pas l’effort de convaincre cinq autres personnes d’en faire de même. Il ne fera pas 10 heures de bénévolat chaque mois, et n’expliquera pas sur un ton enjoué pourquoi il votera pour Hillary.

Les jeunes n’ont aucune tolérance pour les discours qui sonnent faux. Dans leur esprit, revenir aux années Bush-Clinton est un peu l’équivalent d’utiliser MySpace et d’avoir un téléphone cellulaire gros comme le bras.

Les jeunes ne voteront pas davantage pour Trump. Certains voteront pour un candidat indépendant, mais la plupart choisiront tout simplement de rester à la maison. Hillary doit leur donner une bonne raison de bouger. Malheureusement, je ne crois pas que son choix de colistier soit de nature à convaincre les milléniaux. Un ticket de deux femmes aurait été beaucoup plus audacieux qu’un gars blanc, âgé, centriste et sans saveur. Mais Hillary a misé sur la prudence, et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de sa capacité à s’aliéner les jeunes.

5. L’effet Jesse Ventura

Pour conclure, ne sous-estimez pas la capacité des gens à se conduire comme des anarchistes malicieux lorsqu’ils se retrouvent seuls dans l’isoloir. Dans notre société, l’isoloir est l’un des derniers endroits dépourvus de caméras de sécurité, de micros, d’enfants, d’épouse, de patron et de policiers! Vous pouvez y rester aussi longtemps que vous le souhaitez, et personne ne peut vous obliger à y faire quoi que ce soit.

Vous pouvez choisir un parti politique, ou écrire Mickey Mouse et Donald Duck sur votre bulletin de vote. C’est pour cette raison que des millions d’Américains en colère seront tentés de voter pour Trump. Ils ne le feront pas parce qu’ils apprécient le personnage ou adhèrent à ses idées, mais tout simplement parce qu’ils le peuvent. Des millions de gens seront tentés de devenir marionnettistes et de choisir Trump dans le seul but de brouiller les cartes et voir ce qui arrivera.

Vous souvenez-vous de 1998, année où un lutteur professionnel est devenu gouverneur du Minnesota? Le Minnesota est l’un des États les plus intelligents du pays, et ses citoyens ont un sens de l’humour assez particulier. Ils n’ont pas élu Jesse Ventura parce qu’ils étaient stupides et croyaient que cet homme était un intellectuel destiné aux plus hautes fonctions politiques. Ils l’ont fait parce qu’ils le pouvaient. Élire Ventura a été leur manière de se moquer d’un système malade. La même chose risque de se produire avec Trump.

Un homme m’a interpellé la semaine dernière, lorsque je rentrais à l’hôtel après avoir participé à une émission spéciale de Bill Maher diffusée sur HBO à l’occasion de la convention républicaine: « Mike, nous devons voter pour Trump. Nous DEVONS faire bouger les choses! » C’était là l’essentiel de sa réflexion.

Faire bouger les choses. Le président Trump sera l’homme de la situation, et une grande partie de l’électorat souhaite être aux premières loges pour assister au spectacle.

La semaine prochaine, je vous parlerai du talon d’Achille de Donald Trump et des stratégies que nous pouvons employer pour lui faire perdre l’élection.

Cordialement,

Michael Moore

Ce billet de blog a initialement été publié sur The Huffington Post et traduit de l’anglais par Pierre-Etienne Paradis.

Voir par ailleurs:

‘Ferguson effect’? Savagely beaten cop didn’t draw gun for fear of media uproar, says Chicago police chief
Derek Hawkins

The Washington Post

October 7 2016

A Chicago police officer who was savagely beaten at a car accident scene this week did not draw her gun on her attacker — even though she feared for her life — because she was afraid of the media attention that would come if she shot him, the city’s police chief said Thursday.

Chicago Police Department Superintendent Eddie Johnson said the officer, a 17-year veteran of the force, knew she should shoot the attacker but hesitated because “she didn’t want her family or the department to go through the scrutiny the next day on the national news,” the Chicago Tribune reported.

Johnson’s remarks, which came at an awards ceremony for police and firefighters, underscore a point law enforcement officers and some political leaders have pressed repeatedly as crime has risen in Chicago and other major cities: that police are reluctant to use force or act aggressively because they worry about negative media attention that will follow.

The issue has become known as the Ferguson effect, named after the St. Louis suburb where a police officer shot and killed an unarmed black teenager in August 2014. The shooting set off protests and riots that summer and eventually gave way to a fevered national debate over race and policing. Many law enforcement officers have said that the intense focus on policing in the time since has put them on the defensive and hindered their work.

Criminologists are generally skeptical of the Ferguson effect, many arguing that there simply isn’t enough evidence to definitively link spikes in crime to police acting with increased restraint. President Obama and Attorney General Loretta E. Lynch have also said not enough data exists to draw a clear connection.

In Chicago, which has experienced record numbers of homicides this year, Mayor Rahm Emanuel has blamed the surge in violent crime on officers balking during confrontations, saying they have become “fetal” because they don’t want to be prosecuted or fired for their actions.
Chicago, America’s murder capital

Superintendent Johnson stopped short of saying the attack on the officer was an example of the Ferguson effect in action, but said being under a magnifying glass has caused his police to “second-guess” themselves.

According to Johnson, the 43-year-old officer, who has not been identified, was responding to a car crash Wednesday when a 28-year-old man who was involved in the accident struck her in the face, then repeatedly smashed her head against the pavement until she passed out. He said the attack went on for several minutes and that two others officers were injured as they tried to pull the suspect away, the Chicago Sun-Times reported. The suspect was on PCP, he said, and was finally subdued after officers Tasered and pepper sprayed him.

Johnson said he visited the officer in the hospital, where she told him why she did not draw her service weapon during the attack.

“She looked at me and said she thought she was going to die,” he told the audience at the awards ceremony. “And she knew that she should shoot this guy. But she chose not to because she didn’t want her family or the department to have to go through the scrutiny the next day on national news.”

“This officer could [have] lost her life last night,” Johnson continued. “We have to change the narrative of law enforcement across this country.”

The head of Chicago’s police union, the largest in the country, said the incident showed just how concerned officers are about becoming the center of a public spectacle if they use force. Police “don’t want to become the next YouTube video,” he told the Tribune.

But a Chicago civil rights lawyer said that police bore some responsibility for the tension between police and the communities they serve. Decades of abuse by the police department had eroded the public’s trust, attorney Jon Loevy told the Tribune.

“Any fair-minded person acknowledges that police have a very difficult and dangerous job, and this sounds like a very unfortunate situation,” he said. “The hope is that the department and the community can work to repair some of the lost trust so that officers won’t always feel so second-guessed.”

Voir enfin:

Jean-Patrick Grumberg
Dreuz
8 octobre 2016

Un très vieil enregistrement de Donald Trump d’il y a 10 ans, alors qu’il était invité à participer à une émission de variétés et qu’il ne savait pas que son micro était allumé, vient « miraculeusement » de faire surface, où il parle de ses prouesses avec les femmes dans les termes qu’on utilise dans les salles de garde.

Les médias se sont jetés sur cet enregistrement pour assassiner Trump et c’est logique : ils font tout pour que Donald Trump ne soit pas élu.

Des politiciens ont déclaré que ces mots disqualifient Donald Trump pour la Maison-Blanche, oubliant que Bill Clinton a été à ce poste tout en se rendant coupable non pas de mots, mais d’agissements sexuels répréhensibles.

Donald Trump vient de présenter des excuses publiques pour les propos qu’il a tenus il y a 10 ans. Elles ne seront pas publiées. Les médias feront comme si elles n’existent pas :

Here is my statement. pic.twitter.com/WAZiGoQqMQ

Oui, les médias se sont jetés sur les propos déplacés de Donald Trump et ont étouffé les propos scandaleux de Clinton.

Quelle est la valeur de leurs leçons de morale, quand ils restent silencieux concernant la débauche de Bill Clinton — et je ne parle pas ici de Monica Lewinsky ?

Que valent leurs simulacres quand ils cachent les campagnes de diffamation montées par Hillary Clinton pour traîner dans la boue et détruire la réputation des femmes sexuellement agressées par son mari, elle qui se dit la championne de la cause des femmes ?

  • Vous avez tous connaissance maintenant — ou vous allez bientôt l’apprendre — de l’existence de cet enregistrement où Donald Trump dit, entre autres, « Je suis automatiquement attiré par les belles femmes, c’est comme un aimant… quand vous êtes une star, elles vous laissent faire… vous pouvez tout leur faire. »
  • Mais avez-vous jamais entendu ces mêmes médias rapporter que Bill Clinton a violé Juanita Broaddrick non pas une, mais deux fois, en 1978 alors qu’il était procureur général de l’Arkansas ? Et qu’il l’a harcelée pendant encore 6 mois pour tenter de la rencontrer de nouveau ?
  • Avez-vous entendu parler de Paula Jones, ex-fonctionnaire de l’Arkansas, qui a poursuivi Bill Clinton en justice pour harcèlement sexuel, qui a donné lieu à une compensation de 850 000 dollars, et provoqué la destitution de Clinton la Chambre des représentants, bien avant son impeachment de la présidence dans l’affaire Lewinsky ?
  • Kathleen Willey ? Les médias parlent-ils de Kathleen Willey, cette assistante-bénévole à la Maison-Blanche qui a révélé avoir été sexuellement abusée par le Président Bill Clinton le 29 novembre 1993, durant son premier terme, soit deux ans avant sa relation sexuelle avec Monica Lewinsky ?
  • Eileen Wellstone, violée par Clinton après une rencontre dans un pub d’Oxford University en 1969,
  • Carolyn Moffet, secrétaire juridique à Little Rock en 1979, qui a réussi à fuir de la chambre d’hôtel où le gouverneur Clinton l’avait attirée pour lui demander des faveurs sexuelles,
  • Elizabeth Ward Gracen, Miss Arkansas en 1982, qui a accusé Clinton de la forcer à avoir des rapports sexuels avec elle juste après la compétition pour Miss Arkansas,
  • Becky Brown, la nounou de Chelsea, la fille des Clinton, qu’il a tenté d’attirer dans une chambre pour avoir des relations sexuelles avec elle,
  • Helen Dowdy, la femme d’un cousin d’Hillary, qui a accusé Bill Clinton, en 1986, d’attouchements sexuels  lors d’un mariage.
  • Cristy Zercher, hôtesse de l’air lors de la campagne de Clinton de 1991-1992, qui a déclaré à Star magazine avoir été victime des attouchements sexuels de Clinton pendant 40 minutes dans le jet de la campagne sans pouvoir se défendre…

Ont-ils rué dans les brancards ? Non. Vous ont-ils informé ? Pas plus. Ont-ils dénoncé le comportement de Hillary Clinton en ses occasions ? Encore moins.

Pourquoi ? Parce que les journalistes permettent qu’un homme de leur camp viole des femmes, les agresse sexuellement, forcent une stagiaire à faire des pipes au président dans le bureau ovale, mais ils sont scandalisés qu’un homme de droite prononce des mots sexuellement déplacés.

Voilà de quoi est fait le monde médiatique en décomposition.

C’est à vous et à vous seul de réagir et d’en tirer les conséquences. C’est à vous de prendre les bonnes décisions concernant ce double standard que les médias, dans leur dépravation morale, tentent de vous imposer — sur tous les sujets.

Voir enfin:

La longue plainte de Robert De Niro n’en finit pas de résonner.

Depuis trois semaines, la star américaine se livre à une véritable attaque en règle contre «la France des droits de l’homme», sa justice en général et le juge d’instruction parisien Frédéric N’Guyen en particulier. Lequel juge a osé mettre la star en garde à vue, le 10 février, afin de l’entendre à titre de témoin dans une affaire de proxénétisme international. Imprudemment soutenus dans leur croisade par le microcosme artistico-médiatique, l’artiste et ses alliés multiplient les déclarations incendiaires dénonçant la «chasse aux sorcières», le pouvoir «déplorable» accordé aux juges, la «sale besogne» d’un magistrat «narcissique», avide de «publicité». Au point que, vendredi, le Syndicat de la magistrature a fini par demander à la ministre de la Justice, Elisabeth Guigou, «d’assurer publiquement sa protection» au juge Frédéric N’Guyen, «qui fait l’objet, sans pouvoir y répondre, d’attaques personnalisées proprement inacceptables».

Injures

Pourtant, le sieur De Niro a bien bénéficié d’un traitement judiciaire particulier. Mais plutôt en sa faveur. C’est du moins ce qu’avouent en sourdine les enquêteurs, face à la multiplication des entorses aux règles judiciaires qui ont émaillé l’interpellation du célèbre témoin.

Ainsi, le mardi 10 février, lorsque les sept hommes de la Brigade de répression du proxénétisme (BRP), accompagnés d’une interprète assermentée, se présentent à l’hôtel Bristol, rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris, De Niro refuse obstinément de leur ouvrir la porte de la suite numéro 450 qu’il occupe. Lorsqu’ils peuvent enfin pénétrer dans l’appartement, ouvert par un membre du personnel de l’hôtel, ils essuient sans broncher et pendant de longues minutes les bordées d’injures de l’artiste, visiblement très énervé. Ils laissent même Robert De Niro téléphoner à son avocat, Me Georges Kiejman, avant de recevoir l’ordre de quitter les lieux. Il n’existe qu’un précédent célèbre. C’était en juin 1996, lorsque les policiers accompagnant le juge Halphen s’étaient vu intimer l’ordre par leur hiérarchie de ne pas assister le magistrat lors de sa perquisition au domicile du maire de Paris, Jean Tiberi. Pour avoir couvert cette irrégularité, le patron de la police judiciaire, Olivier Foll, avait été privé pendant six mois de son habilitation de police judiciaire par la chambre d’accusation.

Au coeur du dossier

Au Bristol, les choses rentreront dans l’ordre vers 10 h 45, après l’arrivée d’un des patrons de la BRP muni d’une nouvelle commission rogatoire du juge. Robert De Niro consent alors à suivre les policiers, mais ni la fouille à corps, ni la perquisition de l’appartement, pourtant notifiées, ne seront exécutées. Alors même que ces deux exigences justifient le mode opératoire adopté. En effet, s’il s’était agi d’entendre De Niro à titre de témoin, une simple convocation aurait suffi. «Mais ce n’est pas un témoin de circonstance, explique un avocat du dossier. Monsieur De Niro n’est pas le quidam qui passe par hasard sur le lieu d’une infraction et à qui on demande de venir raconter ce qu’il a vu. Il est au coeur du dossier.» L’artiste est en effet l’un des clients présumés d’un réseau de prostitution qu’auraient mis sur pied le photographe de charme Jean-Pierre Bourgeois et une ex-mannequin suédoise, Anika Brumarck. La filière a été dénoncée par un informateur anonyme de la BRP en octobre 1996. Elle fonctionnait depuis 1994, comme l’établira rapidement l’information judiciaire, confiée au juge N’Guyen le 24 octobre 1996. Anika Brumarck gérait les opérations depuis son appartement du XVIe arrondissement parisien. Usant de sa profession de photographe, Bourgeois se serait occupé de recruter les jeunes filles, alléchées par des propositions de petits rôles au cinéma ou de modèle photo pour des campagnes publicitaires. «Il a un vrai don pour repérer des proies faciles», assure un enquêteur, qui évoque avec dégoût l’exploitation de ce «sous-prolétariat d’aspirantes à une carrière de figurantes». Catalogue. Etudiantes sans le sou, vendeuses de fast-food, filles de la Ddass se laissent attirer dans l’appartement de Bourgeois, pour une première séance de photos nues, au Polaroïd. Ces clichés sont la base du catalogue qui sera proposé aux «clients». Il comporte sept ou huit noms de prostituées professionnelles haut de gamme, et une quarantaine d’autres, non professionnelles. Ensuite, selon les témoignages de plusieurs filles, Bourgeois propose aux modèles de leur raser une partie du sexe, pour des raisons «esthétiques». Opération généralement suivi d’un rapport sexuel. A ce stade, certaines candidates se rebiffent. Quelques-unes portent plainte pour viol et tentative de viol. D’autres passent le cap, afin de préserver leurs chances de décrocher un contrat, sans savoir qu’elles vont se retrouver dans un réseau de prostitution. Et une partie de celles-ci, confrontées à la réalité de leur premier client, iront également se confier à la justice. Les accusations de violences sexuelles sont d’ailleurs si nombreuses dans ce dossier que le parquet de Paris a décidé de le couper en deux. Le juge N’Guyen instruit donc en parallèle le proxénétisme aggravé et les viols et tentatives liées au réseau, pour lequel il dispose d’une multitude de plaintes de gamines, à l’encontre des instigateurs comme de certains clients.

Branche américaine

Bourgeois se serait essentiellement occupé de la clientèle moyen-orientale, grâce notamment à ses relations avec Nazihabdulatif Al-Ladki, secrétaire du neveu du roi d’Arabie Saoudite. Bourgeois, Brumarck et Al-Ladki sont actuellement incarcérés à Fleury-Mérogis. La partie américaine aurait été l’affaire du Polonais Wojtek Fibak, ex-tennisman de renom et ex-entraîneur de Lendl et de Leconte. C’est notamment lui qui aurait présenté Bourgeois à De Niro et qui aurait assuré le développement de la clientèle américaine, tout en recrutant de son côté quelques candidates. Pas toutes consentantes, apparemment, puisque Fibak fait lui aussi l’objet d’une mise en examen pour «agression sexuelle et tentative de viol». Carnet d’adresses. La déposition de De Niro était nécessaire afin d’établir les faits de proxénétisme. Car l’artiste reconnaît avoir eu des relations sexuelles avec au moins deux jeunes femmes qui lui auraient été présentées par Bourgeois. «Dans ce cas très précis, explique un avocat de la partie civile, c’est le client qui induit le proxénétisme.» Habituellement, le client s’adresse à une fille, la paie et s’en va. Aux policiers de démontrer que le souteneur présumé reçoit une partie des sommes et qu’il vit aux crochets de la belle. «Là, c’est l’inverse, poursuit l’avocat. Le client est d’abord au contact de l’intermédiaire. Le proxénétisme est établi d’emblée. Et le juge était sans doute très intéressé par le carnet d’adresses et les agendas de l’artiste, qui auraient pu révéler d’autres contacts. Il lui fallait donc ordonner une perquisition, ce qui excluait le recours à la convocation ordinaire.»

Lors de son audition par le juge, Robert De Niro a longuement répondu aux questions. Ces informations, Frédéric N’Guyen les attendait depuis le 14 novembre 1997, date de la délivrance de sa première commission rogatoire visant l’acteur. Trois longs mois avant que les enquêteurs ne se décident. Le 6 février, ils se présentent au Bristol une heure après le départ de De Niro, retourné aux Etats-Unis pour quelques jours. Pas de chance. D’autant que ce ratage est accompagné d’une première fuite bien préparée vers la presse, qui évente l’opération. Fuite réitérée lors de l’interpellation de l’acteur, qui se retrouvera face à une meute d’objectifs et de caméras à sa sortie du palais de justice, vers 21 heures.

Offensive médiatique

A partir de ce moment, les choses tournent au vinaigre pour le juge N’Guyen. Le soir même de l’audition de De Niro, Me Kiejman dépose une plainte contre le magistrat pour «violation du secret de l’instruction» et «entrave à la liberté d’aller et venir». Après quelques jours de répit, l’offensive repart du Festival cinématographique de Berlin, passe par les pages du Monde, qui publie une longue interview de De Niro, et s’étale sur Canal +, lorsque Guillaume Durand invite la star dans Nulle part ailleurs. En fait, on apprend, grâce au Canard enchaîné, que Durand a reçu De Niro chez lui quelques jours avant. Et que, lors de cette petite sauterie organisée pour l’anniversaire de l’animateur télé, Elisabeth Guigou, ministre de la Justice, invitée elle aussi, s’est entretenue une demi-heure en tête à tête avec l’acteur, comme en convient le cabinet de la ministre. Sans compter une mystérieuse visite nocturne au bureau du juge, constatée par les gendarmes du palais de justice le 17 février. Show business. «Il y a une réelle tentative de déstabiliser le juge et de plomber le dossier, estime un avocat du côté des parties civiles. Et De Niro n’est qu’un prétexte dans cette opération.» Il pourrait dissimuler une tentative de sauvetage du producteur de cinéma Alain Sarde. Client présumé du réseau, Sarde est accusé de viol et de tentative de viol par deux jeunes femmes que lui aurait présentées Bourgeois. Sarde, qui nie les faits, est défendu par Georges Kiejman. Comme De Niro. Sarde bénéficie du soutien de grands noms du show business. Dont une partie de ceux qui défendent De Niro. Le patron de Canal +, Pierre Lescure, a adressé au juge une attestation de moralité en faveur d’Alain Sarde. Canal +, qui contrôle la société de production les Films Alain Sarde-Canal +, assure la défense de De Niro, via les interventions de Kiejman et de l’acteur sur son antenne. Effets du hasard, ou scénario bien écrit?


Présidentielle américaine: Vous avez dit fascisme ? (It’s the imperial Obama presidency model, stupid !)

7 octobre, 2016
the-crook
Donald Trump (à droite) et son père, Fred Trump, posent aux côtés du grand promoteur de boxe, Don King, en décembre 1987.
opra
«Qui est vraiment Donald Trump?», par Laure Mandeville
L’amour de l’argent est soit la principale, soit la deuxième motivation à la racine de tout ce que font les Américains.  Tocqueville
Les fascistes de demain s’appelleront eux-mêmes antifascistes. Churchill
The truth is, even with all the actions I’ve taken this year, I’m issuing executive orders at the lowest rate in more than 100 years. So it’s not clear how it is that Republicans didn’t seem to mind when President Bush took more executive actions than I did. Barack Hussein Obama
President Obama has issued a form of executive action known as the presidential memorandum more often than any other president in history — using it to take unilateral action even as he has signed fewer executive orders. When these two forms of directives are taken together, Obama is on track to take more high-level executive actions than any president since Harry Truman battled the « Do Nothing Congress » almost seven decades ago, according to a USA TODAY review of presidential documents. Obama has issued executive orders to give federal employees the day after Christmas off, to impose economic sanctions and to determine how national secrets are classified. He’s used presidential memoranda to make policy on gun control, immigration and labor regulations. Tuesday, he used a memorandum to declare Bristol Bay, Alaska, off-limits to oil and gas exploration. Like executive orders, presidential memoranda don’t require action by Congress. They have the same force of law as executive orders and often have consequences just as far-reaching. And some of the most significant actions of the Obama presidency have come not by executive order but by presidential memoranda. Obama has made prolific use of memoranda despite his own claims that he’s used his executive power less than other presidents.  Obama has issued 195 executive orders as of Tuesday. Published alongside them in the Federal Register are 198 presidential memoranda — all of which carry the same legal force as executive orders. He’s already signed 33% more presidential memoranda in less than six years than Bush did in eight. He’s also issued 45% more than the last Democratic president, Bill Clinton, who assertively used memoranda to signal what kinds of regulations he wanted federal agencies to adopt. Obama is not the first president to use memoranda to accomplish policy aims. But at this point in his presidency, he’s the first to use them more often than executive orders. (…) While executive orders have become a kind of Washington shorthand for unilateral presidential action, presidential memoranda have gone largely unexamined. And yet memoranda are often as significant to everyday Americans than executive orders. (…) Of the dozens of steps Obama announced as part of his immigration plan last month, none was accomplished by executive order. Executive orders are numbered — the most recent, Executive Order 13683, modified three previous executive orders. Memoranda are not numbered, not indexed and, until recently, difficult to quantify. Kenneth Lowande, a political science doctoral student at the University of Virginia (…) found that memoranda appear to be replacing executive orders. (…) « If you look at some of the titles of memoranda recently, they do look like and mirror executive orders, » Lowande said. The difference may be one of political messaging, he said. An « executive order, » he said, « immediately evokes potentially damaging questions of ‘imperial overreach.' » Memorandum sounds less threatening. (…) Presidential scholar Phillip Cooper calls presidential memoranda « executive orders by another name, and yet unique. » (…) Whatever they’re called, those executive actions are binding on future administrations unless explicitly revoked by a future president, according to legal opinion from the Justice Department. USA TODAY
Les drones américains ont liquidé plus de monde que le nombre total des détenus de Guantanamo. Pouvons nous être certains qu’il n’y avait parmi eux aucun cas d’erreurs sur la personne ou de morts innocentes ? Les prisonniers de Guantanamo avaient au moins une chance d’établir leur identité, d’être examinés par un Comité de surveillance et, dans la plupart des cas, d’être relâchés. Ceux qui restent à Guantanamo ont été contrôlés et, finalement, devront faire face à une forme quelconque de procédure judiciaire. Ceux qui ont été tués par des frappes de drones, quels qu’ils aient été, ont disparu. Un point c’est tout. Kurt Volker
Critics have claimed that corner-clearing and other forms of so-called broken-windows policing are invidiously intended to “control African-American and poor communities,” in the words of Columbia law professor Bernard Harcourt. This critique of public-order enforcement ignores a fundamental truth: It’s the people who live in high-crime areas who petition for “corner-clearing.” The police are simply obeying their will. And when the police back off of such order-maintenance strategies under the accusation of racism, it is the law-abiding poor who pay the price. (…) A 54-year-old grandmother (…) understands something that eludes the activists and academics: Out of street disorder grows more serious crime. (…) After the Freddie Gray riots in April 2016, the Baltimore police virtually stopped enforcing drug laws and other low-level offenses. Shootings spiked, along with loitering and other street disorder. (…) This observed support for public-order enforcement is backed up by polling data. In a Quinnipiac poll from 2015, slightly more black than white voters in New York City said they want the police to “actively issue summonses or make arrests” in their neighborhood for quality-of-life offenses: 61 percent of black voters wanted such summons and arrests, with 33 percent opposed, versus 59 percent of white voters in support, with 37 percent opposed. The wider public is clueless about the social breakdown in high-crime areas and its effect on street life. The drive-by shootings, the open-air drug-dealing, and the volatility and brutality of those large groups of uncontrolled kids are largely unknown outside of inner-city areas. Ideally, informal social controls, above all the family, preserve public order. But when the family disintegrates, the police are the second-best solution for protecting the law-abiding. (That family disintegration now frequently takes the form of the chaos that social scientists refer to as “multi-partner fertility,” in which females have children by several different males and males have children by several different females, dashing hopes for any straightforward reuniting of biological mothers and fathers.) This year in Chicago alone, through August 30, 12 people have been shot a day, for a tally of 2,870 shooting victims, 490 of them killed. (By contrast, the police shot 17 people through August 30, or 0.6 percent of the total.) The reason for this mayhem is that cops have backed off of public-order enforcement. Pedestrian stops are down 90 percent. (…) “Police legitimacy” is a hot topic among academic critics of the police these days. Those critics have never answered the question: What should the police do when their constituents beg them to maintain order? Should the cops ignore them? There would be no surer way to lose legitimacy in the eyes of the people who need them most. Heather Mac Donald
Just miles below Mr. Herrou’s self-styled safe haven, citizen collaborators tip off the French police, who have rounded up thousands of migrants over the last year. (…) Young African men, some little more than boys, are routinely pulled off trains, in scenes with ugly echoes of the French persecution of Jews during World War II. (…) On the other hand, people like Mr. Herrou, who has become the de facto leader of a low-key network of citizen smugglers, are countering police efforts in a quasi-clandestine resistance, angered by what they see as the French government’s inhumane response to the crisis. In another demonstration of France’s jumbled approach to migrants, the police know exactly where Mr. Herrou is and what he is doing. Yet they mostly leave him alone. NYT
Notre pays est en colère, je suis en colère et je suis prêt à endosser le manteau de la colère. Donald Trump
I think Oprah would be great. I’d love to have Oprah. I think we’d win easily, actually. Donald Trump
Notre campagne est basée sur les insultes ? Ce n’est rien comparé à Hillary Clinton qui a traité de pitoyables la moitié des supporteurs de Donald Trump. (…) Vous pouvez aligner les chiffres que vous voulez, les gens souffrent. (…) L’Amérique est moins en sécurité aujourd’hui, c’est indéniable. Mike Pence
Selon un sondage Odoxa publié dans Le Parisien dimanche. 86% des Français espèrent que l’ex-première dame américaine emportera la présidentielle, ils ne sont que 11% à souhaiter la victoire du républicain Donald Trump, pour 3% de sans opinion. Hillary Clinton est en tête quel que soit l’appartenance politique des sondés. Dans les partis parlementaires, ils ne sont que 4% à gauche et 11% à droite à soutenir le candidat républicain. Marine Le Pen a annoncé qu’elle votera Trump si elle était américaine, son électorat ne la suit pas puisque 56% des sympathisants du FN sont favorables à Clinton et 39% à Trump. Les Français jugent Hillary Clinton expérimentée et proche des élites (81%), compétente 80% et lui trouvent la stature d’une présidente à 75%. Ils estiment que Donald Trump est agressif (82%), raciste (80%) et dangereux (78%). 94% des Français pensent enfin que Barack Obama est un bon président, contre 8% qui croient qu’il est mauvais. Un résultat inchangé depuis un sondage sur le même sujet il y a trois ans. AFP
J’en suis sûr: Trump n’est pas facsiste. L’utilisation d’un tel terme ne minimise pas seulement les tragédies passées et occulte les dangers futurs, mais il  met injustement en cause ses supporters, qui présentent des doléances légitimes, que les politiciens classiques ignorent à leurs risques et périls. Gianni Rotta
Mr Trump is not a fascist, if by that you mean a successor to Mussolini or Hitler. (…) All these movements had a charismatic leader at their head. None had a coherent set of ideas. Early fascisms had more in common with socialism. Those movements that survived to form dictatorial governments embraced a corporatist sort of capitalism, and set about killing left-wingers. These fascist movements were propelled by the young; Trumpismo, by contrast, has more appeal to the elderly. Perhaps because of this they looked to the future and venerated modernity, whereas Mr Trump often seems to be trying to bring back the 1950s. What does have a familiarly thirties ring to it is the combination of elite-rot and discredited ideas that Mr Trump feeds on. European elites looked unworthy of the description in the 1930s, after a war that had killed more people than any other before it but resolved nothing, followed by the biggest crisis ever faced by capitalism. In Latin America alone 16 countries suffered coups or takeovers by strongmen within a few years of 1929. (…) The dislocations of the 1930s were on a completely different scale to the foreign- and domestic-policy failures of the past decade. Having suffered late-fascism once, the West has some immunity from it, because we know what it looks like. That said, I didn’t think Mr Trump would be the Republican nominee either. The Economist
Il a compris que certaines personnes, plutôt que de cacher leur richesse, voulaient au contraire en faire la promotion. Gwenda Blair
Il a su deviner les goûts des nouveaux riches, parce que ce sont aussi les siens. Il est ce que l’on appelle ici un booster, quelqu’un qui va doper le développement économique d’une ville ou d’un État. Michael Lind
 Son sens de ce que veut le public n’a pas d’équivalent à notre époque. Personne dans les dernières décennies n’a réussi à capter l’attention des Américains aussi longtemps que cet homme. Michael D’Antonio
La phrase « Vous êtes viré ! » – qui est devenue l’une des formules les plus célèbres du vocabulaire populaire – a certainement aussi contribué à l’engouement de la population pour l’émission et pour Trump lui-même.  Elle rappelle aux Américains une vérité essentielle, à savoir que l’on peut échouer, que nos actes ont des conséquences, réalité à laquelle les politiciens ne sont plus soumis et à laquelle l’enseignement actuel se refuse de préparer les élèves.  Les Américains sont fascinés par l’homme d’affaires parce qu’il leur vend à la fois un rêve de succès et un principe de réalité.  Joshua Mitchell (Georgetown)
Incontrôlable, outrancier, provocateur, l’homme a dynamité la politique américaine, prenant à rebrousse-poil les postulats idéologiques traditionnels. Pourfendeur de l’immigration illégale, héraut des « oubliés du système » et chantre de « l’Amérique d’abord », il pétrifie les élites. Mais qui est vraiment Donald Trump ? Le milliardaire à la mèche orangée est-il un diable raciste et machiste qui déteste les musulmans et méprise les femmes ? Un « imposteur » à l’ego surdimensionné ? Ou un businessman patriote qui s’affranchit des limites et veut aller à contre-courant du modèle de globalisation ? Malgré les millions d’articles qui lui sont consacrés, l’homme reste un mystère. Ce livre propose une plongée dans la psychologie et la construction du personnage. Il nous permet aussi de comprendre ce que le phénomène Trump révèle de la révolte profonde qui secoue l’Amérique – et plus largement l’Occident. Enfin, il nous instruit sur les défis posés à l’Europe et à la démocratie. Présentation de l’éditeur
Au-delà de tous ses slogans de campagne, ce que vend le candidat Trump en campagne, c’est… lui-même ! Son profil d’homme d’affaires qui a réussi. Ses capacités de négociateur. Son caractère indomptable et bagarreur. Son côté bad boy qui fait peur et qui projette de la force. Son image d’outsider anti-système. (…) La manière très étudiée dont Trump « vend » son image et sa personne aux électeurs – ses cheveux, ses mimiques, ses postures sur scène – est à cet égard significative. Il a reconnu avoir lui-même choisi pour ses affiches de campagne une photo qui « fait peur ». Novice en politique, l’homme n’en est pas moins un maître de la « com » qu’il pratique avec un brio, une audace et un manque de scrupules qu’on ne retrouve chez aucun de ses concurrents. À travers son compte Twitter, suivi par au moins 5 millions de personnes, il peut lancer ses idées, voir ce qui accroche ou fascine et adapter son discours en fonction des tendances qu’il décèle. Plus que jamais, le mot qui tue, qui piège, qui émeut ou qui détruit a pris le pas sur les débats de fond et les programmes. Ce maniement très personnalisé et très centralisé de la communication politique et des réseaux sociaux lui permet d’anticiper les mouvements de l’opinion. Il y a désormais un lien presque organique entre le milliardaire et le monde de la communication au sens large (médias traditionnels et réseaux sociaux), chacun nourrissant l’autre dans un rapport quasi fusionnel. Donald Trump, de ce point de vue, fait exploser les méthodes traditionnelles de marketing politique – un univers que Barack Obama avait déjà commencé à bouleverser en 2008 en investissant Internet. « Le Donald » invente une nouvelle manière de faire campagne au XXIe siècle. Faut-il avoir peur de Donald Trump ? La question hante la campagne présidentielle américaine depuis plusieurs mois et occupe désormais les pages des journaux quasiment chaque jour. Parfois jusqu’à l’hystérie. Après avoir commencé par rire de la candidature du milliardaire new-yorkais, la jugeant plus ridicule et plus exotique que véritablement dangereuse, les médias et les élites politiques, de gauche comme de droite, crient désormais haro sur le favori de la course républicaine, le dépeignant comme un raciste de la pire espèce. Ses promesses de renvoyer les 11 millions d’illégaux vivant sur le sol américain dans leur pays d’origine, de créer un fichier de surveillance des musulmans et d’« interdire jusqu’à nouvel ordre » à tout musulman étranger d’entrer sur le territoire des États-Unis incitent ses détracteurs à employer à son égard les mots les plus durs. (…) Mais un tel comportement ne suffit pas à justifier les accusations de fascisme qui se sont répandues comme une traînée de poudre dans la presse américaine. Ces anathèmes brouillent les pistes et empêchent une analyse pertinente du profil politique et psychologique de Trump. Malgré ses dérives verbales et ses provocations, il n’a en effet, a priori, pas grand-chose d’un candidat d’extrême droite.(…)  l’homme d’affaires a longtemps été démocrate, pro-avortement et pro-mariage gay, avant de virer républicain dans les années 2000. Un profil que lui reproche d’ailleurs la droite traditionaliste qui l’accuse de représenter les « valeurs new-yorkaises » plutôt que les valeurs conservatrices. La vérité est que Trump n’a pas de credo idéologique fixé et définitif. En 1988, quand il envisageait pour la première fois une candidature à la présidentielle, il avait suggéré qu’il aimerait beaucoup avoir pour vice-présidente… Oprah Winfrey, vedette des médias afro-américaine, connue pour ses opinions très libérales. Un choix qui colle mal avec l’image de raciste qui lui est hâtivement accolée aujourd’hui. Moins anecdotique : il évoque régulièrement la nécessité de mettre urgemment en place un plan pour les quartiers noirs en pleine déshérence – un discours, on en conviendra, très éloigné des vues du Ku Klux Klan. » Laure Mandeville
Barack Obama is the Dr. Frankenstein of the supposed Trump monster. If a charismatic, Ivy League-educated, landmark president who entered office with unprecedented goodwill and both houses of Congress on his side could manage to wreck the Democratic Party while turning off 52 percent of the country, then many voters feel that a billionaire New York dealmaker could hardly do worse. If Obama had ruled from the center, dealt with the debt, addressed radical Islamic terrorism, dropped the politically correct euphemisms and pushed tax and entitlement reform rather than Obamacare, Trump might have little traction. A boring Hillary Clinton and a staid Jeb Bush would most likely be replaying the 1992 election between Bill Clinton and George H.W. Bush — with Trump as a watered-down version of third-party outsider Ross Perot. But America is in much worse shape than in 1992. And Obama has proved a far more divisive and incompetent president than George H.W. Bush. Little is more loathed by a majority of Americans than sanctimonious PC gobbledygook and its disciples in the media. And Trump claims to be PC’s symbolic antithesis. Making Machiavellian Mexico pay for a border fence or ejecting rude and interrupting Univision anchor Jorge Ramos from a press conference is no more absurd than allowing more than 300 sanctuary cities to ignore federal law by sheltering undocumented immigrants. Putting a hold on the immigration of Middle Eastern refugees is no more illiberal than welcoming into American communities tens of thousands of unvetted foreign nationals from terrorist-ridden Syria. In terms of messaging, is Trump’s crude bombast any more radical than Obama’s teleprompted scripts? Trump’s ridiculous view of Russian President Vladimir Putin as a sort of « Art of the Deal » geostrategic partner is no more silly than Obama insulting Putin as Russia gobbles up former Soviet republics with impunity. Obama callously dubbed his own grandmother a « typical white person, » introduced the nation to the racist and anti-Semitic rantings of the Rev. Jeremiah Wright, and petulantly wrote off small-town Pennsylvanians as near-Neanderthal « clingers. » Did Obama lower the bar for Trump’s disparagements? Certainly, Obama peddled a slogan, « hope and change, » that was as empty as Trump’s « make America great again. » (…) How does the establishment derail an out-of-control train for whom there are no gaffes, who has no fear of The New York Times, who offers no apologies for speaking what much of the country thinks — and who apparently needs neither money from Republicans nor politically correct approval from Democrats? Victor Davis Hanson
 Trump (…) says what he pleases. If he blows himself up with a politically incorrect outburst, what is left simply flows back together, as if Trump were some sort of political version of the Terminator. Trump was supposed to fade last summer. His crudity was said to guarantee that he would lose Republican primaries. Then, pundits said Trump’s vulgar style of primary campaigning would not translate well to the general election. Now, even seasoned politicos confess there are no rules that apply to Donald Trump. He just keeps shouting that things are getting worse and no one will admit it. We live in a politically correct age in which President Obama is unable or unwilling to mention radical Islamists as the terrorists who have killed hundreds in Europe and the United States. No one dares suggest that the more than 300 sanctuary cities in the U.S. are a rebirth of the illiberal and neo-Confederate idea of nullification of federal law. Black Lives Matter is idealized as a civil rights group despite the chants at its protests about violence toward police. Doubling the national debt to nearly $20 trillion in just eight years is regarded as no big deal. The public is growing tired of two realities: the one they see and hear each day, and the official version that has nothing to do with their perceptions. Trump comes along with a ball and chain and throws it right into the elite filtering screen — and the public cheers as the fragile glass explodes. If most politicians are going to deceive, voters apparently prefer raw and uncooked deception rather than the usual seasoned and spiced dishonesty. Will Trump fade in August, implode in September, self-destruct in October — or win in November? No one knows. There are no longer rules to predict how a fed-up public will vote. And there has never been a postmodern candidate like Donald J. Trump. Victor Davis Hanson
Mr. Trump said he wanted to run to represent millions of the silenced. These millions, whether or not he was the first or last primary choice, took him at his word, as their last chance to stop what will likely be a 16-year project to fundamentally transform the U.S. into something that would terrify the Founders. He was not the choice of many conservatives, but for better or worse he is now their only viable choice — and that requires a seriousness that was lacking in the first debate. Trump owes it to these forgotten Deplorables to prepare for the last two debates and to talk about them, and not himself. If he doesn’t, he will wreck their hopes, betray their trust, and walk away a loser as few others in history. But if Trump fights Hillary with a coherent plan that is the antithesis of the last eight years, rather than harping about his business reputation and obsessing with the trivial, he still might win a conservative Congress, a cadre of loyal conservative cabinet officers, a rare chance to remake the Supreme Court in a fashion not seen since the 1930s — and at 70 years of age make all his prior celebrity achievements of the past seem as nothing in comparison. Victor Davis Hanson
The model of the imperial Obama presidency is the greater fear. Over the last eight years, Obama has transformed the powers of presidency in a way not seen in decades. Obama, as he promised with his pen and phone, bypassed the House and Senate to virtually open the border with Mexico. He largely ceased deportations of undocumented immigrants. He issued executive-order amnesties. And he allowed entire cities to be exempt from federal immigration law. The press said nothing about this extraordinary overreach of presidential power, mainly because these largely illegal means were used to achieve the progressive ends favored by many journalists. The Senate used to ratify treaties. In the past, a president could not unilaterally approve the Treaty of Versailles, enroll the United States in the League of Nations, fight in Vietnam or Iraq without congressional authorization, change existing laws by non-enforcement, or rewrite bankruptcy laws. Not now. Obama set a precedent that he did not need Senate ratification to make a landmark treaty with Iran on nuclear enrichment. He picked and chose which elements of the Affordable Care Act would be enforced — predicated on his 2012 reelection efforts. Rebuffed by Congress, Obama is now slowly shutting down the Guantanamo Bay detention center by insidiously having inmates sent to other countries (…) One reason Americans are scared about the next president is that they should be. In 2017, a President Trump or a President Clinton will be able to do almost anything he or she wishes without much oversight — thanks to the precedent of Obama’s overreach, abetted by a lapdog press that forgot that the ends never justify the means. Victor Davis Hanson

Attention: un fascisme peut en cacher un autre !

Gouvernement par décrets, ouverture virtuellement complète des vannes de l’immigration mexicaine, amnesties par fait du prince, villes-refuges quasiment soustraites à la loi fédérale, court-circuitage du Congrès accordant l’accès à l’arme nucléaire à un pays appelant à l’annihilation d’un de ses voisins, explosion complètement inouïe du budget fédéral, loi calamiteuse sur la sécurité sociale, élargissement non maitrisé et caché de terroristes notoires, record largement secret d’exécutions parajudiciaires, dénonciation systématique du prétendu racisme policier privant de fait les plus démunis de leur droit à la sécurité la plus élémentaire  …

Alors qu’après un premier débat présidentiel apparement aussi peu préparé que d’habitude et l’excellente prestation au contraire d’un colistier parfaitement maitre de lui-même et de son sujet, un candidat républicain qui incarne pourtant la colère d’une partie croissante de la population américaine se voit condamné à l’image d’outrances verbales et d’amateurisme qui a jusqu’ici fait son succès …

Et qu’avec l’opinion américaine et encore plus française qui’l produit, un Kommentariat y compris conservateur qui semble avoir déjà largement donné l’élection à une candidate démocrate pourtant largement plombée par les affaires, joue à se faire et à nous faire peur en s’interrogeant gravement sur le prétendu fascisme du candidat républicain …

Pendant que de l’autre côté de l’Atlantique, nos belles âmes n’ont pas de mots assez durs pour dénoncer ceux qui pointent les dérives de la politique des bons sentiments et les manquements toujours plus flagrants à la simple légalité

Qui rappelle, avec la correspondante américaine du Figaro Laure Mandeville l’évidente mauvaise foi et forfaiture d’une telle interrogation ?

Et surtout qui souligne avec l’historien américain Victor Davis Hanson …

Derrière le fascisme si bruyamment dénoncé chez le républicain …

Et la traditionnelle relative faveur du président en fin de mandat …

Dont on finira bien par découvrir le calamiteux bilan

La véritable inquiétude du précédent jusqu’ici inédit de par la faillite d’une presse largement aux ordres …

Quelque  soit l’identité ou la couleur politique du prochain locataire de la Maison blanche et futur leader du Monde libre …

D’un modèle proprement impérial d’exercice du pouvoir ?

The Next President Unbound
There is reason to worry about both candidates abusing power as president, because Obama and the press normalized executive overreach.
Victor Davis Hanson
National Review Online
10/2/2016

Donald Trump’s supporters see a potential Hillary Clinton victory in November as the end of any conservative chance to restore small government, constitutional protections, fiscal sanity, and personal liberty.

Clinton’s progressives swear that a Trump victory would spell the implosion of America as they know it, alleging Trump parallels with every dictator from Josef Stalin to Adolf Hitler.

Part of the frenzy over 2016 as a make-or-break election is because a closely divided Senate’s future may hinge on the coattails of the presidential winner. An aging Supreme Court may also translate into perhaps three to four court picks for the next president.

Yet such considerations only partly explain the current election frenzy.

The model of the imperial Obama presidency is the greater fear. Over the last eight years, Obama has transformed the powers of presidency in a way not seen in decades.

Congress talks grandly of “comprehensive immigration reform,” but Obama, as he promised with his pen and phone, bypassed the House and Senate to virtually open the border with Mexico. He largely ceased deportations of undocumented immigrants. He issued executive-order amnesties. And he allowed entire cities to be exempt from federal immigration law.

The press said nothing about this extraordinary overreach of presidential power, mainly because these largely illegal means were used to achieve the progressive ends favored by many journalists.

The Senate used to ratify treaties. In the past, a president could not unilaterally approve the Treaty of Versailles, enroll the United States in the League of Nations, fight in Vietnam or Iraq without congressional authorization, change existing laws by non-enforcement, or rewrite bankruptcy laws.

Not now. Obama set a precedent that he did not need Senate ratification to make a landmark treaty with Iran on nuclear enrichment.

He picked and chose which elements of the Affordable Care Act would be enforced — predicated on his 2012 reelection efforts.

Rebuffed by Congress, Obama is now slowly shutting down the Guantanamo Bay detention center by insidiously having inmates sent to other countries.

Respective opponents of both Trump and Clinton should be worried.

Either winner could follow the precedent of allowing any sanctuary city or state in the United States to be immune from any federal law found displeasing — from the liberal Endangered Species Act and federal gun-registration laws to conservative abortion restrictions.

Could anyone complain if Trump’s secretary of state were investigated by Trump’s attorney general for lying about a private e-mail server — in the manner of Clinton being investigated by Loretta Lynch?

Would anyone object should a President Trump agree to a treaty with Russian president Vladimir Putin in the same way Obama overrode Congress with the Iran deal?

If a President Clinton decides to strike North Korea, would she really need congressional authorization, considering Obama’s unauthorized Libyan bombing mission?

What would Americans say if President Trump’s IRS — mirror-imaging Lois Lerner — hounded the progressive nonprofit organizations of George Soros?

Partisans are shocked that the press does not go after Trump’s various inconsistencies and fibs about his supposed initial opposition to the Iraq War, or press him on the details of Trump University.

Conservatives counter that Clinton has never had to come clean about the likely illegal pay-for-play influence peddling of the Clinton Foundation or her serial lies about her private e-mail server.

But why, if elected, should either worry much about media scrutiny?

Obama established the precedent that a president should be given a pass on lying to the American people. Did Americans, as Obama repeatedly promised, really get to keep their doctors and health plans while enjoying lower premiums and deductibles, as the country saved billions through his Affordable Care Act?

More recently, did Obama mean to tell a lie when he swore that he sent cash to the Iranians only because he could not wire them the money — when in truth the administration had wired money to Iran in the past? Was cash to Iran really not a ransom for American hostages, as the president asserted? Did Obama really, as he insisted, never e-mail Clinton at her private unsecured server?

Can the next president, like Obama, double the national debt and claim to be a deficit hawk?

Congress has proven woefully inept at asserting its constitutional right to check and balance Obama’s executive overreach. The courts have often abdicated their own oversight.

But the press is the most blameworthy. White House press conferences now resemble those in the Kremlin, with journalists tossing Putin softball questions about his latest fishing or hunting trip.

One reason Americans are scared about the next president is that they should be.

In 2017, a President Trump or a President Clinton will be able to do almost anything he or she wishes without much oversight — thanks to the precedent of Obama’s overreach, abetted by a lapdog press that forgot that the ends never justify the means.

Voir aussi:

Is Trump Admiral Bull Halsey or Captain Queeg?

Victor Davis Hanson

National Review

10/4/2016

 In debate No. 2, Trump owes it to the ‘deplorables’ to focus on the issues and exert some self-control. In the first debate, Hillary stuck out her jaw on cybersecurity, the treatment of women, sermons on the need for restrained language, and talk about the shenanigans of the rich — and Trump passed on her e-mail scandals, her denigration of Bill’s women, her reckless smears like “deplorables,” and her pay-for-pay Clinton Foundation enrichment, obsessed instead with the irrelevant and insignificant.
In fact, the first presidential debate resembled the final scene out of the Caine Mutiny. Trump was melting down like the baited Captain Queeg (Humphrey Bogart), in his convoluted wild-goose-chase defenses of his arcane business career. Watching it was as painful as it was for the admiral judges in the movie who saw fellow officer Queeg reduced to empty shouting about strawberries.
Hillary Clinton egged him on in the role of the know-it-all, conniver of the same movie, the smug lieutenant Tom Keefer (Fred MacMurray), who had goaded Queeg, playacted sophisticated and learned — but ultimately proved a vain, empty, and unattractive vessel.
In sum, conservative viewers tuned in, in hopes of seeing Trump as Bull Halsey, the heroic admiral of the Navy’s Third Fleet in WWII, and they got instead Hollywood’s Captain Queeg.
Trump’s detours de nihilo, the constant unanswered race/class/gender jabs by a haughty Hillary, and Trump’s addictions to broken-off phrases, and loud empty superlative adjectives (tremendous, awesome, great, and fantastic) won’t win him the necessary extra 3–4 percent of women, independents, and establishment Never Trump Republicans. Trump’s bragging that he has “properties” in your state or that he found a way to creatively account his way out of income taxes does not come off as synonymous with a plan to make you well off, too.
Moderator Lester Holt did what all mainstream debate moderators of a now corrupt profession customarily do: Before the debate he leaked that they might possibly be conservative, feigned fairness, and then reestablished his left-wing credentials by focusing solely on fact-checking Trump, so that he wouldn’t be targeted later by leftist elites whose pique could lead to temporary ostracism from the people and places Holt values.
So, of course, he audited Trump and exempted Clinton, as if Trump’s businesses were as overtly crooked as the play-for-pay Clinton syndicate, or Trump’s supposed insensitivities to a pampered beauty queen (with a checkered past) were morally equivalent to Hillary’s denigration of Bill’s women who had claimed sexual assault or her eerie post facto chortling over getting a defendant, accused of raping a 12-year-old girl, off with lesser charges.
Most newsreaders know little more than how to news read. So we should not have been surprised that Holt’s audits of Trump on the legality of stop-and-frisk, or Holt’s denial that violent crime was up, was about as accurate as Candy Crowley’s hijacking of the second 2012 debate to rewrite what Barack Obama said into what she thought he should have said. Trump, in fact, was right that his microphone did not work properly and right that the media was biased — but wrong that bringing any of that up mattered in analyses of his debate performance.
The Clinton debate formula should have been clear: Bait and prod Trump to go into egocentric rants about his businesses, or a beauty queen, or another non-story, and then let the moderator massage the playing field, and let Hillary fill in dead time with empty platitudes (we are all racists/we need more solar panels/the wealthy don’t pay their fair share), and unfunded promises, while pandering along race, class, and gender lines.
Trump has to find a way to blow apart that script — largely by repressing his ego and simply not talking about any of his businesses or going down into the Clinton muck. Period.
Who cares about an ancient writ or a spat with a contractor?
He should blunt all Clinton attacks with either an upbeat, simple positive statement (“I built things in Manhattan, where few others on the planet could”), or just offer no more than a ten-second negative joust (“I ran a business that provided jobs and gave people places to live; you, Hillary, helped oversee a foundation syndicate that created nothing really other than cash and free travel for your family and cronies”). Trump should not spend one second beyond that. Any talk about his business or slogging in the mud with Hillary is precious campaign time lost that otherwise could remind the country of her defects and her trite and tired visions as an Obama 2.0.
Otherwise the news cycle should frame the debate. There are about five issues. Trump simply needs to go through them quickly. If he is short, as usual, on specifics, the lack of detail will matter less, the more crises he can cover:
1. Chaos and Change. The world is in chaos — and wants an American leader, not another temporizing college law lecturer or a weak imitation of a tired Angela Merkel. About every week there is either a terrorist attack, news of more scandal, or a riot. The common denominator is that Obama-Hillary lost the country respect and deterrence: No one honors the police and law at home just as no one respects our diplomats and officials abroad. The result is a green light to harm them without expecting consequences. Voters share a collective fear that things of the last Obama-Clinton eight years simply cannot go on as they are.
2. Illegal Immigration. No country can exist without borders. Hillary and Obama have all but destroyed them; Trump must remind us how he will restore them. Walls throughout history have been part of the solution, from Hadrian’s Wall to Israel’s fence with the Palestinians. “Making Mexico pay for the wall” is not empty rhetoric, when $26 billion in remittances go back to Mexico without taxes or fees, largely sent from those here illegally, and it could serve as a source of funding revenueTrump can supersede “comprehensive immigration” with a simple program: Secure and fortify the borders first; begin deporting those with a criminal record, and without a work history. Fine employers who hire illegal aliens. Any illegal aliens who choose to stay, must be working, crime-free, and have two years of residence. They can pay a fine for having entered the U.S. illegally, learn English, and stay while applying for a green card — that effort, like all individual applications, may or may not be approved. He should point out that illegal immigrants have cut in line in front of legal applicants, delaying for years any consideration of entry. That is not an act of love. Sanctuary cities are a neo-Confederate idea, and should have their federal funds cut off for undermining U.S. law. The time-tried melting pot of assimilation and integration, not the bankrupt salad bowl of identity politics, hyphenated nomenclature, and newly accented names should be our model of teaching new legal immigrants how to become citizens.
3. Debt and the Economy. Hillary served in an administration that doubled the national debt to $20 trillion and lobbied to keep interest at near zero to finance it. That incomprehensible sum is a prescription for disaster the moment rates rise. She talks grandly of spending, but never of balancing — largely because she has always lived high on someone else’s money. Slashing defense and raising taxes still got us $500 billion in annual deficits — just what we would expect from those who short the military and soak the well-off in order to waste more money on programs with no record of success. No economy can grow with ever more debt, regulations, and higher taxes.
4. Foreign Policy. The world is becoming a mess, beginning with Clinton’s tenure as secretary of state. Iraq blew up. Syria is a wasteland. So is Libya. ISIS went from declared “jayvees” to undeclared pros. Iran is a regional bully whose neighbors assume it will be nuclear soon. Russia has contempt for the West — NATO and the EU in particular — and seems to be reassembling the old Soviet empire. China is recreating the old Japanese East Asia Co-Prosperity Sphere.
Common denominator? They all figured out Obama-Clinton-Kerry weakness — assured that in any crisis the U.S. would predictably back down from any red line, deadline, or step over a line it so loudly and sanctimoniously set. Talking moralistically and provocatively while carrying a tiny stick is a fatal combination. Electing Hillary Clinton in 2016 is like reelecting Jimmy Carter in 1980. When Obama brags abroad “I don’t bluff,” or Hillary chuckles, “We came, we saw, Qaddafi died,” should we laugh or cry?
5. The deterioration of the middle class. Obamacare is ruining health care for the middle classes, who were asked to pay for the poor while the rich found ways to navigate around the rules they created for others. “Free trade” was certainly not “fair trade,” but it did enrich a global elite at the expense of displaced middle-class workers. Where Obama left off with “clingers,” Hillary has now taken up with “deplorables.” Trump might ask her, “Why do you hate a quarter of the country?”
The more viewers experience Hillary as Mommy Dearest, and the less they see Trump as Captain Queeg, the more key missing independent and Republican moderate voters may sneak into the ballot booth, vote for Trump, and deny they ever considered such a thing.
A final note: Mr. Trump said he wanted to run to represent millions of the silenced. These millions, whether or not he was the first or last primary choice, took him at his word, as their last chance to stop what will likely be a 16-year project to fundamentally transform the U.S. into something that would terrify the Founders. He was not the choice of many conservatives, but for better or worse he is now their only viable choice — and that requires a seriousness that was lacking in the first debate.
Trump owes it to these forgotten Deplorables to prepare for the last two debates and to talk about them, and not himself. If he doesn’t, he will wreck their hopes, betray their trust, and walk away a loser as few others in history.
But if Trump fights Hillary with a coherent plan that is the antithesis of the last eight years, rather than harping about his business reputation and obsessing with the trivial, he still might win a conservative Congress, a cadre of loyal conservative cabinet officers, a rare chance to remake the Supreme Court in a fashion not seen since the 1930s — and at 70 years of age make all his prior celebrity achievements of the past seem as nothing in comparison.

Voir également:

Qui a peur de Donald Trump ?

Laure Mandeville
Grand reporter au Figaro

POLITIQUE INTERNATIONALE N° 151 –

PRINTEMPS 2016

Il était une fois un ouragan politique à la tignasse orangée que personne n’attendait. Le 16 juin dernier sur la Cinquième Avenue, Donald Trump, costume bleu et cravate rouge, est debout sur son fameux escalator de la Trump Tower, quartier général de son empire économique et immobilier, et symbole de son insolente fortune. « J’annonce officiellement que je vais concourir pour le poste de président des États-Unis. Nous allons rendre à notre pays sa grandeur », lance le promoteur milliardaire, reprenant ainsi le slogan qu’avait employé Ronald Reagan lors de la campagne de 1980, tandis que la chanson Rocking in the Free World de Neil Young se met à pulser dans des haut-parleurs.

« Le meilleur programme social d’un pays, c’est l’emploi, et je serai le plus grand président créateur de jobs que Dieu ait jamais créé », déclare le candidat à l’investiture républicaine avec l’immodestie qui le caractérise, dénonçant la désindustrialisation de l’Amérique et les termes des traités de libre-échange qui, selon lui, affaiblissent le pays. « Je ramènerai nos emplois de Chine et du Mexique ; je ramènerai notre argent », insiste-t-il, s’indignant de l’endettement colossal des États-Unis vis-à-vis de Pékin et de la « stupidité » des responsables politiques américains qui acceptent cet état de fait. « Il est temps de ramener un vrai leader à Washington. La réalité est que le rêve américain est mort ; mais si je gagne, je le ferai revivre, plus fort, plus grand et meilleur qu’avant », proclame le mogul. Sur sa lancée, il s’attaque bille en tête à la question de l’immigration illégale, l’autre phénomène qui, à ses yeux, porte atteinte aux intérêts du pays. Il promet d’y mettre fin en édifiant un mur sur la frontière avec le Mexique, note que les voisins mexicains « ne nous envoient pas les meilleurs » et dénonce « les violeurs et les criminels » cachés dans le flot des illégaux qui passent la frontière. La saillie, reprise partout à travers la presse, va susciter un tonnerre de protestations dans les milieux libéraux, poussant même plusieurs grandes corporations à dénoncer leurs accords commerciaux avec l’empire Trump, sous la pression de groupes latinos qui l’accusent de racisme et d’intolérance. Nul ne comprend alors qu’en prenant à bras-le-corps la question des frontières et en se posant en homme fort capable de protéger les intérêts du pays contre les vents de la globalisation et de l’immigration illégale le businessman vient de toucher un jackpot électoral qui va le propulser en tête de la course républicaine.

C’est en effet avec moquerie et condescendance que le petit monde des élites politiques accueille l’idée d’une candidature de « the Donald » – un nabab charismatique, charmeur et fracassant, connu pour étaler sa richesse et son succès, qui a animé jusqu’en 2015 l’émission de télé-réalité L’Apprenti devant 30 millions de téléspectateurs fascinés. Ce n’est pas la première fois que l’homme d’affaires caresse l’idée d’une candidature à la présidentielle. En 1988, déjà, il avait envisagé de se présenter (1). Il fit une tentative plus sérieuse en 1999, participant brièvement aux primaires du Parti de la réforme (2) en vue de l’élection présidentielle de 2000 face à Pat Buchanan – un ex-conseiller de Nixon et de Reagan qui surfait sur le thème de l’immigration illégale, de la désindustrialisation du pays et de « L’Amérique d’abord ». Trump explora à nouveau l’éventualité d’entrer dans la course en 2011, d’autant que plusieurs sondages réalisés à l’époque semblaient prometteurs, mais finit par renoncer au mois d’avril. Pendant cette période, il se fit le bruyant porte-voix de l’embarrassant mouvement des « birthers », un groupe anti-Obama qui s’accrochait à l’idée que le président n’était pas né aux États-Unis pour délégitimer sa présidence et réclamer sa démission (3). Conséquence de toutes ces candidatures avortées : quand Donald Trump sort du bois pour de bon en juin 2015, personne ne veut croire un instant à un phénomène sérieux. Une erreur d’appréciation qui va persister des mois durant, malgré la montée de l’homme d’affaires au firmament des sondages dès juillet. Trop débridé, affirment les observateurs quasi unanimes, qui annoncent sa descente aux enfers à chacun de ses nouveaux dérapages ! Trop politiquement incorrect et trop grossier, se disent-ils, tandis que Trump s’en prend successivement aux Mexicains, à la présentatrice Megyn Kelly de Fox News (4), à John McCain (5) et à l’ensemble d’une classe de politiciens jugés « stupides » et « incompétents ». Mais le postulant va déjouer tous les pronostics et effectuer une véritable OPA sur la vague de colère populaire qui monte depuis des années. Cette exaspération sera le moteur d’une campagne construite sur le rejet des élites et de leurs puissants donateurs. « Notre pays est en colère, je suis en colère et je suis prêt à endosser le manteau de la colère », proclame Trump pour expliquer son succès.

Ce mouvement, qui fait exploser les anciens paradigmes, se met en marche à travers tout le pays – comme le révèlent rapidement les dizaines de milliers d’électeurs frustrés qui vont faire la queue pendant des heures dans la chaleur puis la neige et le froid pour assister aux meetings de leur nouveau héros. Aucun des seize autres candidats républicains en lice, parmi lesquels plusieurs gouverneurs connus et influents, ne suscite un enthousiasme comparable, malgré l’aide que leur apportent des « super PACs » financés par de puissants donateurs. Un seul autre prétendant à la Maison-Blanche génère une excitation similaire, mais il se présente du côté démocrate : il s’agit du septuagénaire Bernie Sanders, sénateur socialiste qui appelle, lui aussi, à une révolution politique contre le système. Mais à droite, dès le début, la course se définit par la domination « du » Donald sur tous les autres. Cette domination reste nette, même si une convention contestée sans clair vainqueur devient une hypothèse de plus en plus probable, le milliardaire ayant multiplié les erreurs. Si incroyable que cette idée eût paru il y a encore un an, Trump reste toujours en pole position dans la course à la nomination républicaine, malgré tous les efforts déployés par l’élite du « Grand Old Party » pour s’y opposer. Une chose est sûre : qu’il gagne ou qu’il perde, le milliardaire a déjà bouleversé son parti et toute la donne politique du pays. Dans tous les cas de figure, son succès stupéfiant mérite que l’on se penche plus avant sur le phénomène Trump.

Qui est vraiment cet homme d’affaires qui se permet tous les dérapages verbaux mais continue de susciter l’admiration de millions de ses compatriotes ? Ce personnage hors norme qui a fait voler en éclats toutes les règles de bienséance et tous les codes habituels des campagnes électorales par ses attaques brutales et souvent grossières contre ses adversaires est-il le Hitler ou le Mussolini que ceux-ci dépeignent ? Faut-il voir en lui un extrémiste raciste comme l’affirme la presse libérale et une bonne partie de l’establishment de Washington ? Ou, au contraire, un « démocrate caché » cynique, qui tente de faire main basse sur le parti républicain mais n’a rien de commun avec le conservatisme, comme le clament son rival Ted Cruz et une bonne partie de la droite traditionnelle partie en guerre contre lui ? Ou bien a-t-on affaire, en sa personne, à un « commercial de la politique », un pragmatique opportuniste sans idéologie surfant sur les attentes populaires et tout à fait capable de se recentrer après avoir ferré la base conservatrice du parti ? Autre piste : l’homme n’est-il pas guidé, avant tout, par un ego gigantesque qui l’incite à assouvir à tout prix sa soif de reconnaissance au moyen d’un populisme sans complexes ? Donald Trump est-il tout cela à la fois ? Bref, qui est vraiment cet OVNI politique et devons-nous avoir peur de lui ?

Malgré ses milliers de tweets, ses flots de paroles déversés sur toutes les chaînes télévisées et les innombrables articles qui ont été consacrés à ce personnage hautement médiatisé depuis les années 1980, un mystère continue d’entourer Trump et son premier cercle, resté très peu accessible à la presse, surtout étrangère. « Flashy », tonitruant, l’homme n’en apparaît pas moins bien plus complexe que la caricature qu’il projette, peu conforme au monstre fascisant que les journaux s’acharnent à décrire – bref, difficile à saisir. En réalité, de nombreuses questions demeurent encore sans réponse sur ses intentions et sur ce que ferait un président Trump. « Ce qui frappe, c’est l’imprévisibilité du personnage, nous confiait en décembre l’influent lobbyiste du parti républicain Grover Norquist (6). Trump reste une énigme. Nous ne savons juste pas comment il se comporterait s’il était élu, et cela nous inquiète. »

Pour tenter d’apporter des éléments d’analyse et éclairer le phénomène Trump, il convient de répondre à quatre grandes questions. 1) D’où Donald Trump vient-il, de quelle planète ? Comment a-t-il été formé et par qui ? 2) Comment mène-t-il campagne ? Quel est son programme ? 3) Que sait-on de son profil politique et psychologique, et des tendances autoritaires qu’il semble manifester ? 4) Last but not least : quelle est la nature de la révolte qu’il incarne et chevauche ?

D’où vient Donald Trump ?

Le fils de son père

Impossible de comprendre Donald Trump sans parler de son père. Comme il le répète souvent, la figure paternelle est déterminante pour expliquer son irrépressible ambition, sa discipline, sa persévérance, sa dureté… bref, sa volonté de puissance, calquée sur celle du père Fred Trump. « Être un leader, c’est dans l’ADN », aime-t-il à affirmer dans ses interviews.

Donald Trump naît en 1946 à Brooklyn dans une famille de six enfants, dont il est l’avant-dernier, mais le deuxième fils. Son grand-père Friedrich Drumpf (dont les services d’immigration américains transformeront le nom) a émigré de Brême (Allemagne) en 1885, pour gagner l’eldorado américain. C’est une personnalité aventureuse et haute en couleur. Il a poussé sa chance vers l’Ouest jusqu’à l’État de Washington, puis au Klondike (Canada) et même jusqu’en Alaska, attiré par la ruée vers l’or. Il n’y découvrira pas de précieuses pépites mais amassera un capital en créant des restaurants qui vendent, notamment, la viande des chevaux morts et servent aussi d’hôtel de passe pour les mineurs qui affluent. À son retour dans le Queens, à New York, avec un pactole, il se met à investir dans l’immobilier, avant de mourir en 1918, à 49 ans, emporté par la grippe espagnole.

C’est son jeune fils Fred qui va poursuivre le rêve à force de labeur et d’obstination, travaillant tout en suivant les cours du soir et plaçant l’argent qu’il possède dans la construction d’immeubles d’habitation dans les quartiers de Queens et de Brooklyn, en pleine expansion. La crise de 1929 va dévaster ses affaires, le forçant à mettre la clé sous la porte et à acheter une épicerie pour survivre. Mais Fred va rebondir, investissant de manière judicieuse dans de nouveaux programmes immobiliers, parfois avec l’appui de personnages douteux, puis raflant pour son compte un contrat de l’Agence fédérale qui investit dans la construction de logements destinés aux pauvres et aux classes populaires. En 1954, il sera d’ailleurs éclaboussé par un scandale qui met en cause le fonctionnement de cette Agence. Il est accusé d’avoir lésé d’anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale (auxquels étaient destinés les logements) en instaurant, avec l’accord de l’Agence fédérale, un prix de construction beaucoup plus élevé que celui vraiment payé, afin de maximiser le prix de la location. « Je n’ai rien fait d’illégal », affirme-t-il devant le Congrès qui le convoque pour une audition, avant d’expliquer qu’il a seulement profité des « lacunes de la loi ». C’est apparemment la vérité, selon le journaliste Michael D’Antonio, qui raconte l’épisode dans un livre consacré à Trump (7) ; il est cependant clair que le père Trump a, par avidité, violé l’esprit de ces programmes. Le monde de l’immobilier new-yorkais de l’après-guerre dans lequel évolue la famille n’est pas un univers de conte de fées, mais une planète brutale et sans scrupules. Le mot d’ordre de cette ère de forte croissance industrielle qui a vu surgir d’immenses fortunes – Rockefeller, Morgan, Carnegie, Vanderbilt… – donne la prime au succès, pas à la morale ni à la gentillesse. Un contexte qui ne va pas manquer d’influencer le jeune Donald, à la fois tenu d’une main de fer mais aussi inspiré et façonné par son millionnaire de père.

Le futur candidat à l’investiture républicaine grandit dans une belle maison de maître du Queens, mais son père l’emmène souvent sur les chantiers afin de récupérer les loyers auprès d’ouvriers qui triment pour des salaires de misère. Il y découvre que ceux qui n’ont pas les moyens de payer leur loyer en temps et en heure risquent l’expulsion. Une réalité qu’il n’oubliera jamais et qui a sans aucun doute contribué à solidifier sa vision hobbesienne d’un monde sans concession, « fait de gagnants et de perdants ». Ces souvenirs expliquent sans doute pourquoi Trump, tout milliardaire qu’il est devenu, ne s’est jamais senti proche de l’élite bien née qu’il qualifie, avec un sens de la formule bien à lui, de « club du sperme chanceux ». Il semble avoir conservé un lien avec le peuple, une connexion instinctive qui vient de loin. C’est un paradoxe car, nous l’avons dit, il a grandi dans le luxe et la facilité. Son père, qui le forçait à distribuer les journaux pour se faire de l’argent, lui prêtait sa limousine pour accomplir sa tâche quand il neigeait. « Il me disait que j’étais un roi », a confié Trump à D’Antonio. Mais Fred apprend aussi à Donald à travailler sans relâche et à se montrer intransigeant pour survivre. « Sois un tueur », lui recommande-t-il, selon Michael D’Antonio.

Cette philosophie carnassière ne va pas profiter à toute la fratrie de la même manière. La dureté et l’ambition de Fred vont dévaster le fils aîné, Fred Junior, au caractère doux et sociable. Fêtard, fantasque, incapable de satisfaire la soif abyssale de réussite que son père nourrit pour lui, il sera mis au ban de la famille pour avoir choisi une carrière de pilote et pour avoir sombré, sans doute sous la pression familiale, dans l’alcool et l’auto-destruction. Il sera même déshérité par son père, de même que ses enfants, avec l’apparent accord de Donald et du reste de la famille, et mourra à 43 ans, après un véritable naufrage personnel et professionnel, réduit à habiter dans l’un des appartements paternels, où il travaillera… dans une équipe de maintenance des immeubles Trump. Une blessure familiale qui a beaucoup marqué Donald, longtemps petit frère admiratif et un peu jaloux de la personnalité ouverte et charmeuse de son aîné, mais qui n’hésitera pas à reprendre à son compte l’ambition dévorante du père, au point de devenir son préféré et son héritier désigné.

Dans ses jeunes années, Donald est pourtant loin d’incarner un modèle de comportement. Sale gosse bombardant ses professeurs de gommes, achetant des lames de rasoir pour faire des virées « à la West Side Story » dans la rue, il affiche un caractère tempétueux et cherche volontiers la bagarre. « J’adorais me battre », se remémore-t-il dans ses interviews à D’Antonio. Conséquence : son père le retire de l’école privée expérimentale qu’il fréquente dans le Queens pour l’envoyer à l’Académie militaire de New York (dans le New Jersey), un lieu où il va apprendre la discipline et la compétition virile sous la direction de son instructeur Theodore Dobias. Ce dernier n’a pas oublié l’esprit compétitif de son élève, qui « aurait fait n’importe quoi pour gagner ». D’autres auraient souffert de l’expérience, mais Donald résiste aux bizutages et aux rigueurs d’une vie quasi militaire. « Il était toujours fier de lui-même », se souvient Dobias, « il pensait toujours qu’il était le meilleur ».

Cette assurance cachait-elle, en réalité, l’anxiété suscitée par les déboires de son grand frère ? Sans doute. Trump a essayé à plusieurs reprises de défendre son aîné contre le harcèlement répété du père, mais il a fini par s’irriter de ses dérives, de sa faiblesse de caractère et de son incapacité à se défendre et à reprendre le contrôle de lui-même. Pendant ses années d’études à l’université de Fordham, puis à la prestigieuse école d’économie de Wharton (à l’université de Pennsylvanie), Donald ne s’adonnera pour sa part jamais à la boisson et à la drogue qui dominent la scène universitaire des années 1960, en pleine libération des moeurs. Pendant que de nombreux étudiants se laissent pousser les cheveux, fument des joints et rêvent de « peace and love », Donald reste concentré sur sa réussite. Tous les week-ends, tandis que les autres « s’éclatent », il rentre à New York travailler sur les chantiers, pour « apprendre le métier » avec son père. Dans une récente interview accordée au New York Times, l’homme d’affaires explique qu’il avait « tiré les leçons » des mauvais choix de son frère et s’était promis de ne pas se laisser submerger ou dominer par les autres. « La vie, c’est survivre. C’est toujours une question de survie », a-t-il confié à Michael D’Antonio.

L’homme d’affaires new-yorkais

Le background new-yorkais de Donald Trump est le deuxième élément important qu’il faut avoir en tête quand on veut comprendre ce qui a façonné sa personnalité. Donald a fait sa fortune dans la « grosse pomme », dont il est devenu l’un des plus célèbres bâtisseurs et promoteurs immobiliers – la Tour Trump sur la Cinquième Avenue est le navire amiral et le symbole de son empire – avant d’aller planter l’enseigne en énormes lettres dorées sur des immeubles situés aux quatre coins de la planète. Une réussite colossale qui révèle une formidable capacité à naviguer dans les eaux agitées d’un business peuplé de requins sans foi ni loi.

Certains observateurs tendent à sous-estimer ses talents d’homme d’affaires, rappelant qu’il n’est pas un self-made man mais un héritier et qu’il n’aurait sans doute pas réussi sans les millions de Fred. « Il était déjà riche quand il s’est lancé, et il a pu utiliser l’assise financière de son père et ses relations politiques locales », note par exemple Gwenda Blair, auteur d’une biographie sur la dynastie Trump (8). Un diagnostic qui a le don de mettre Donald très en colère. « Mon père m’a donné un million et j’ai maintenant une fortune de 8 milliards de dollars », se défend-il, veillant sur sa réputation avec une attention ombrageuse, presque obsessionnelle.

Le talent, indéniable, de Trump sera de faire fructifier le patrimoine paternel en installant ses projets immobiliers au coeur de Manhattan afin de cibler une nouvelle clientèle : non plus les classes populaires et moyennes, mais les grandes fortunes qui émergent à la fin des années 1970 et dans les années 1980. « Il a compris que certaines personnes, plutôt que de cacher leur richesse, voulaient au contraire en faire la promotion », juge Gwenda Blair. « Il a su deviner les goûts des nouveaux riches, parce que ce sont aussi les siens. Il est ce que l’on appelle ici un booster, quelqu’un qui va doper le développement économique d’une ville ou d’un État », ajoute Michael Lind, auteur d’une histoire économique des États-Unis (9).

Le trait de « génie » de Trump est qu’il comprend plus vite que beaucoup d’autres à quel point argent et célébrité avancent désormais main dans la main dans la fièvre de consommation, de mégalomanie et de désir de richesse qui constitue l’essence des années 1980. Contrairement à son père, dur à la tâche mais peu sociable, Donald est un charmeur, plus semblable en cela à sa mère qui savait briller en public. Il devient l’un des piliers des clubs et des soirées où il faut se montrer pour prouver que l’on fait partie du cercle qui compte. Il continue à ne pas boire, mais ce grand amateur de femmes s’affiche avec des mannequins, ouvre les portes de son luxueux appartement aux journalistes, exhibe volontiers son jet 757 de 100 millions de dollars aux ceintures de sécurité dorées et son yacht de 100 mètres de long. Il multiplie les apparitions télévisées et – au gré, notamment, de ses trois mariages et de ses deux douloureux divorces – fait régulièrement la « Une » des magazines people, assumant sans complexe une notoriété tapageuse. Cette célébrité va lui permettre de devenir leader dans le business du « branding » et d’accoler son nom à des hôtels de luxe en Floride, à des clubs de golf, à des vignes de Virginie, à des cravates, à des chemises, à de la viande de boeuf ou encore à des sources d’eau minérale… En 1987, il publie L’Art du deal, un ouvrage destiné à présenter au commun des mortels les règles de base du monde des affaires et de permettre aux lecteurs de « réussir leur vie ». Le livre fera un tabac et sera vendu à des millions d’exemplaires. Il en publiera une douzaine d’autres. Cette omniprésence – au carrefour de la communication et du business – lui assure une popularité stupéfiante. À la fin des années 1980, Donald Trump est classé septième parmi les hommes les plus admirés en Amérique, derrière le pape Jean-Paul II, Lech Walesa et les quatre présidents américains alors toujours en vie.

La fin des années 1980 et le début des années 1990 seront, pour lui, une époque moins glorieuse. Les journalistes américains, qui finissent par s’intéresser aux failles de l’homme d’affaires, pointent tous du doigt ses déboires dans le secteur des casinos d’Atlantic City, sur la côte Est, où ses entreprises, affaiblies par la crise et incapables de payer leurs dettes, doivent être placées sous la protection de la loi américaine sur les faillites. L’effondrement du casino Taj Mahal – qui devait être un nouveau symbole de l’empire Trump mais qui fut la première de ses sociétés décrétée en banqueroute – a notamment fait l’objet d’enquêtes particulièrement approfondies, vu le fiasco qu’il représenta pour son propriétaire : pour éponger les dettes, il n’eut d’autre choix que de se résoudre à abandonner la moitié de ses parts dans l’investissement et à mettre en vente son yacht et son jet privé. Dans un article récent, le Washington Post (10) souligne que l’histoire du Taj Mahal est d’une vive actualité : Trump avait initialement réussi à convaincre les actionnaires de le suivre sur cet investissement en arguant de la puissance de son nom, de ses capacités de négociateur et du fait qu’il serait donc soutenu par les banques sur le projet. « Exactement ce que Donald Trump fait aujourd’hui avec les électeurs : il leur vend la force de son nom et de son pouvoir de négociation pour les persuader de le soutenir », met en garde le quotidien. Mais dans la tourmente qui soufflait sur le secteur (11), le businessman se révéla incapable de tenir ses promesses. Pour développer ses projets, il dut faire appel à des emprunts à taux d’intérêt prohibitifs (junk bonds), ce qu’il avait toujours exclu. Cet endettement contribua ensuite à précipiter la faillite du Taj Mahal et d’autres casinos de son groupe… Trump se défend aujourd’hui en expliquant qu’il s’est finalement bien sorti du guêpier d’Atlantic City grâce à ses talents de négociateur et qu’il fut loin d’être le seul touché par la tempête. Il reste que, même si le milliardaire n’a pas été mis personnellement en faillite, il est permis de mettre en doute les bénéfices qu’a vraiment tirés la ville d’Atlantic City de son association avec lui…

Aujourd’hui, le candidat s’efforce de faire de cette page de sa biographie une force : ce qui compte, assure-t-il, c’est qu’après cette rude période il a rebondi ! Conscient de la nécessité vitale de « préserver la force de son nom », il passe l’essentiel des années 1990 à orchestrer son « comeback » un peu à la manière d’un Bill Clinton qui a su renaître de ses cendres après l’affaire Lewinsky. Là encore, comme à l’occasion de ses tumultueux mariages et divorces, tous très médiatisés, Trump parvient à vendre au mieux sa légende et à se présenter en exemple de cette fameuse résilience américaine qui peut avoir raison de tous les échecs.

Le showman : quand Donald entre dans les foyers d’Amérique

Au début des années 2000, Donald Trump est toujours bien présent dans l’actualité américaine. Nous l’avons rappelé, il se signale au tournant du siècle par sa candidature présidentielle sous les couleurs du Parti de la réforme, avant de renoncer rapidement face à Pat Buchanan (dont il épousera largement les thèses en 2016). Mais c’est en 2004 qu’il va vraiment faire irruption dans le quotidien des familles américaines, quand il devient soudain le grand héros d’un show de télé-réalité intitulé The Apprentice (L’Apprenti). Cette émission consiste à sélectionner, pour seize semaines, seize candidats (huit filles et huit garçons) qui devront prouver à travers de multiples épreuves qu’ils ont les qualités d’un leader et sont taillés pour gérer un business de haut niveau. La récompense ultime, pour le gagnant, est de passer un an à la tête d’une des entreprises du groupe Trump. L’émission, très divertissante, est bâtie sur l’idée que, pour réussir, il faut savoir se battre, prendre des risques et « être le meilleur ». À chaque épisode, Donald Trump, parfaitement à l’aise à l’écran, apparaît dans le rôle de la statue du commandeur pour prodiguer des conseils, faire visiter son fastueux appartement, commenter les étapes de l’émission et, au final, rendre son verdict. Il se moque des uns et des autres, dialogue, soupèse les qualités des candidats, félicite les gagnants et réprimande les beaux parleurs ou les mauvais joueurs. Surtout, il finit par éliminer le perdant du jour. « Vous êtes viré ! », lance-t-il au malheureux d’un ton sans réplique, après avoir évalué les performances de tous. Le show va devenir un véritable phénomène de société : onze ans durant, il battra les records d’audience du pays, réunissant à son apogée près de 30 millions de téléspectateurs fidèles ! « Son sens de ce que veut le public n’a pas d’équivalent à notre époque. Personne dans les dernières décennies n’a réussi à capter l’attention des Américains aussi longtemps que cet homme », constate Michael D’Antonio, qui voit dans l’émission le summum de la stratégie de « vente » de la marque Trump.

Comment expliquer une telle adhésion ? Peut-être par la jubilation sans complexes avec laquelle il offre du rêve à une Amérique moyenne qui a toujours – contrairement à la France – aimé les riches. À l’ouest de l’Atlantique, tout le monde continue de penser qu’on peut devenir riche en une vie. « L’amour de l’argent est soit la principale, soit la deuxième motivation à la racine de tout ce que font les Américains », remarquait déjà Alexis de Tocqueville, avec sa sagacité coutumière, il y a un peu moins de deux cents ans. La phrase « Vous êtes viré ! » – qui est devenue l’une des formules les plus célèbres du vocabulaire populaire – a certainement aussi contribué à l’engouement de la population pour l’émission et pour Trump lui-même, analyse le professeur de théorie politique Joshua Mitchell, de l’Université de Georgetown (12). « Elle rappelle aux Américains une vérité essentielle, à savoir que l’on peut échouer, que nos actes ont des conséquences, réalité à laquelle les politiciens ne sont plus soumis et à laquelle l’enseignement actuel se refuse de préparer les élèves », ajoute-t-il. Les Américains sont fascinés par l’homme d’affaires parce qu’il leur vend à la fois un rêve de succès et un principe de réalité, argumente Mitchell. Deux ingrédients que l’on retrouve au coeur de sa campagne actuelle.

Une campagne nationaliste et populiste

« L’Amérique d’abord »

Dans L’Apprenti, Donald Trump avait vendu du rêve. Dans la campagne présidentielle de 2016, il commence par vendre un tableau très noir de l’Amérique. Le diagnostic qu’il porte sur le pays est que ce dernier « va très mal » et que le « rêve est mort ». « Nous perdons sur tous les fronts, nous ne savons plus gagner », martèle-t-il sur le chemin de la campagne, au moment où le pays semble pourtant sortir de la crise et a réussi à ramener son taux de chômage à 5 %. Ce diagnostic pessimiste se révèle totalement en phase avec la désillusion qui marque la fin des années Obama. Le rêve « Yes we can » du premier président noir américain, qui espérait réconcilier l’Amérique avec elle-même, s’est enlisé dans les luttes partisanes et la paralysie du Congrès, reflet d’un pays profondément divisé. La reprise économique a, certes, sorti les États-Unis du chômage de masse et de la dépression, mais les salaires sont bas, les emplois précaires et les inégalités plus gigantesques que jamais entre, d’une part, un petit groupe de riches qui ne cessent de s’enrichir et, de l’autre, une classe moyenne qui s’est prolétarisée. Le coup d’arrêt porté à la bulle d’endettement privé qui permettait aux Américains de compenser leurs maigres salaires en achetant des produits chinois bon marché leur a ouvert les yeux sur les dégâts de la globalisation et la désindustrialisation du pays. À l’extérieur, les conflits se multiplient et le terrorisme djihadiste gagne du terrain. Les longues guerres que les États-Unis ont menées au prix de lourds sacrifices, en Afghanistan comme en Irak, et plus récemment en Libye, semblent n’avoir récolté aucun fruit durable : au contraire, le monde apparaît plus instable et plus dangereux que jamais. Les Américains sont inquiets de la porosité des frontières, de la multiplication des attentats islamistes, du recrutement de « loups solitaires » par les réseaux terroristes via Internet. Ben Laden a été tué, mais l’État islamique a surgi en lieu et place d’Al-Qaïda, décapitant des otages américains, faisant exploser les frontières de l’Irak et de la Syrie et promettant de semer le feu, le sang et la discorde à travers la planète. Du coup, bon nombre de citoyens ont le sentiment croissant de ne plus être vraiment protégés…

À cette détresse, Trump répond par le slogan de « l’Amérique d’abord », une réaction nationaliste qui promet de protéger le pays et de lui rendre sa grandeur. Cette promesse s’orchestre autour de trois axes majeurs : 1) lutte contre l’immigration illégale ; 2) protectionnisme assumé ; 3) refus de jouer les gendarmes du monde et repli de la politique étrangère sur une définition restrictive et isolationniste de l’intérêt national.

– Premier axe : la lutte contre l’immigration illégale. Trump brise le consensus qui rassemble depuis des années républicains et démocrates autour d’une approche « douce » et humaniste de la question (consistant essentiellement à tolérer le flot des illégaux et à leur permettre de vivre et de travailler dans une zone grise). Il dénonce l’hypocrisie générale – celle des républicains qui profitent de l’immigration illégale parce qu’elle fournit de la main-d’oeuvre bon marché, comme celle des démocrates qui recherchent le soutien des votes hispaniques. Le milliardaire s’engage à « passer réellement à l’action ». Il annonce son intention d’édifier à la frontière avec le Mexique un mur – « très haut, très beau » -, ajoutant : « La construction, je sais faire. » Il assure dans le même souffle qu’il renverra chez eux les 11 millions d’illégaux présents dans le pays et qu’il ne les autorisera à revenir que de manière légale. Il invoque la nécessité de recréer de « vraies frontières » parce qu’un pays sans frontières, assène-t-il, n’est pas un vrai pays. Un programme que les élites jugent totalement irréaliste mais que le peuple, exaspéré par l’impuissance de Washington, plébiscite. Sur ce point, le candidat à l’investiture républicaine prône une politique très comparable à celle que promeut en France Marine Le Pen (et avant elle son père). Il jure de se montrer ferme là où les politiciens traditionnels semblent avoir renoncé. C’est là l’une des grandes raisons de son succès.

– Deuxième axe : le protectionnisme commercial. Là aussi, à l’instar des Le Pen de l’autre côté de l’Atlantique, Trump appelle à refuser l’irréversibilité des vents de la globalisation et à revenir sur les traités de libre-échange qui, depuis les années Clinton, ont été l’un des éléments clés de la doxa économique des élites démocrates comme républicaines. « Nous allons renégocier avec la Chine et le Mexique. Les accords qui ont été signés sont mauvais pour l’Amérique », affirme-t-il, invoquant son art du « deal » pour convaincre les électeurs qu’il arrachera à Pékin et à Mexico des conditions plus favorables, ce qui permettra de faire revenir de nombreux emplois aux États-Unis. La plupart des économistes jugent la promesse illusoire mais, sur ce dossier comme sur de nombreux autres, Trump convainc parce que la population ne croit plus à l’« expertise » des élites. Cette population veut essayer autre chose et voit dans le magnat l’homme capable de révolutionner le statu quo. Peu à peu, les autres candidats – en particulier du côté démocrate – se mettent à faire écho à ses propositions.

– Troisième axe clé : le retour à une approche prudente en politique étrangère. Donald Trump a beau rouler des mécaniques et bomber le torse sur les questions de politique internationale – il déclare notamment qu’il en finira avec l’État islamique, ce que l’actuel président a échoué à accomplir -, son premier réflexe est de redéfinir les circonstances du recours à la force militaire de manière beaucoup plus restrictive qu’au cours des dernières décennies. Bref, il rompt avec l’héritage des néo-conservateurs : avec lui à la Maison-Blanche, c’en sera fini des interventions militaires destinées à exporter la démocratie ou à stabiliser le monde. Il ne croit pas à une « responsabilité particulière » de l’Amérique, contrairement à un Harry Truman, un Ronald Reagan, un Bill Clinton ou un George W. Bush. Si l’on divise les « phases de la politique étrangère américaine » en phases maximalistes et minimalistes, les premières étant marquées par l’interventionnisme et les secondes par le repli, comme le fait Stephen Sestanovitch dans son ouvrage Maximalist, Donald Trump est clairement du côté des prudents qui veulent réduire la voilure. Il ne s’est pas privé de critiquer âprement l’invasion de l’Irak en 2003 – une opération qu’il qualifie d’« erreur majeure ». Il a également exprimé son opposition à l’intervention conduite en Libye par les États-Unis et l’Europe contre le régime de Kadhafi. Quant à la Syrie, il estime qu’il convient de régler le conflit en négociant avec Bachar el-Assad et la Russie. Le magnat new-yorkais partage le mépris de l’actuel président pour le « Washington playbook », ce consensus interventionniste systématique qu’Obama s’est obstiné à combattre pendant sa présidence. Les deux hommes sont tous deux de fervents admirateurs de la politique étrangère de Bush père, beaucoup plus prudente que celle du fils. Bien que Trump ait récemment affirmé qu’il serait éventuellement prêt à déployer 30 000 soldats sur le terrain pour défaire l’État islamique, il apparaît nettement que son instinct est plutôt au désengagement. « Il faudrait beaucoup pour me convaincre d’envoyer des dizaines de milliers d’hommes au Moyen-Orient, même sous la pression du Pentagone », a-t-il confié aux éditorialistes du Washington Post le 21 mars. Sa vision générale est que la menace de l’EI pourrait requérir une opération coup de poing, mais qu’il faut se garder de toute intervention irréfléchie. Cependant, il ne semble pas avoir d’avis très approfondi sur le sujet.

Autre position qui en fait un isolationniste là où Obama faisait plutôt figure de réaliste circonspect : le favori républicain semble douter de la nécessité d’assurer de manière inconditionnelle la sécurité des alliés de l’Amérique, des Européens aux Japonais et aux Sud-Coréens, jugeant qu’ils doivent « s’aider eux-mêmes ». Chez lui, l’idée n’est pas nouvelle : « Le monde nous escroque. L’Allemagne nous escroque comme jamais. L’Arabie saoudite nous escroque comme jamais. La France, ce sont les pires équipiers que j’aie vus de ma vie », disait-il déjà sur CNN en… 2000.

Lors de sa rencontre avec le Washington Post en ce mois de mars 2016, Trump va même jusqu’à exprimer des doutes sur l’engagement des États-Unis au sein de l’Otan – un discours qui le place en rupture avec un consensus bipartisan vieux de soixante-dix ans sur le caractère vital du lien transatlantique et la nécessité de fournir un parapluie de sécurité américain à l’Europe. Pas étonnant, dès lors, qu’il ait exprimé le désir de trouver langue commune avec Vladimir Poutine et qu’il apparaisse prêt à laisser bien plus de latitude aux ambitions de la Russie dans son ex-empire, même si ces ambitions ne peuvent être satisfaites qu’au détriment de l’indépendance de ses voisins. Trump semble, sur cette question, partager l’avis de Pat Buchanan qui nous confiait récemment ne pas comprendre pourquoi l’Otan avait été maintenue après la fin de la guerre froide et pourquoi les Américains devraient « mourir pour les Baltes »… Une approche très inquiétante qui révèle une méconnaissance totale du risque que représente pour l’espace européen le révisionnisme agressif de la Russie poutinienne. L’idée que l’Amérique ait pour mission de défendre l’ordre libéral et démocratique de l’après-guerre semble étrangère à Trump. Ce réflexe isolationniste, quoique peu prisé dans les cercles d’experts américains en politique étrangère, semble traduire une tendance lourde à l’oeuvre dans la société. Mais vu le pragmatisme du candidat – et sa faible connaissance des relations internationales -, il pourrait tout à fait, s’il venait à être élu, revenir sur cette vision des choses. « Nous l’éduquerons », nous a confié une source proche des services de renseignement américains, qui disait ne pas être « particulièrement inquiète » du profil de Trump…

Sus aux élites et au « politiquement correct »

La mise en avant du thème nationaliste n’aurait jamais suffi à propulser Trump en tête de la course à l’investiture républicaine s’il n’avait ajouté à ses propositions une charge véhémente « contre les élites ». Il doit largement son succès à l’idée, martelée en permanence, qu’il est indépendant vis-à-vis de la classe dirigeante et qu’il fait campagne « contre eux et malgré eux ». Contrairement à tous ses rivaux, le milliardaire s’est refusé à utiliser au cours des primaires les services des « Super PACs » et à puiser dans les millions de généreux donateurs. Il a autofinancé sa campagne, en limitant drastiquement les coûts grâce à sa présence permanente et quotidienne dans tous les médias télévisés qui se pressent pour lui donner la parole. « Mes rivaux dépensent les millions des gens qui les contrôlent ; moi, je ne leur dois rien. C’est pourquoi je ferai ce qui est bon pour le pays », ne cesse-t-il de répéter, s’engageant à mettre fin à ce « système de corruption politique » auquel il admet avoir participé en tant qu’homme d’affaires. « Croyez-moi, raconte-t-il aux foules qui se pressent à ses meetings, je connais bien les politiques car j’ai donné de l’argent à tous, démocrates et républicains. J’étais obligé de le faire pour défendre mes affaires, c’est la règle du jeu du système. Je sais à quel point ils sont faibles et dépendants », raconte-t-il.

L’acharnement anti-élites, qui fait merveille dans un pays en rébellion contre Washington, se traduit par son refus de se laisser emprisonner dans les codes de langage et de comportement qui prévalent dans l’establishment politique et médiatique. L’un des attraits de Donald Trump pour ses fans, c’est qu’il est politiquement incorrect dans un pays qui l’est devenu à l’excès. Sur les musulmans et les maux de l’immigration illégale, sur les « toilettes neutres » (13) ou sur la célébration de Noël (dont le nom est peu à peu remplacé par la formule « Joyeuses fêtes » pour ne pas risquer de blesser les non-chrétiens), il « dit les choses telles qu’elles sont », apprécient ses partisans, d’autant moins gênés par ses formules souvent décapantes ou offensantes qu’ils se disent exaspérés par tous ces sujets. À leurs yeux, il parviendra peut-être à rétablir une forme de bon sens et à défendre l’Amérique traditionnelle dont ils ont la nostalgie. À sa manière provocatrice et décomplexée, Trump redonne la parole à cette dernière face à une culture « progressiste » et post-moderne si obsédée par la « défense des minorités » – qu’elles soient raciales, religieuses ou sexuelles – qu’elle semble considérer que tous les maux du monde sont le fait de « l’homme blanc, hétérosexuel, chrétien et occidental ».

Naturellement, ce positionnement iconoclaste suscite une levée de boucliers de l’élite politique et médiatique. Celle-ci est aujourd’hui liguée pour tenter de faire barrage au « grossier personnage ». Une véritable campagne « Non à Trump » bat actuellement son plein. Émissions, articles critiques, rafales de publicités négatives financées par des Super PACs alimentés par de grands donateurs, stratégies destinées à le faire échouer à la convention de Cleveland (nous y reviendrons), voire réunions de brainstorming visant à présenter un « candidat surprise » à l’élection générale si Trump venait malgré tout à rafler la nomination : tout est aujourd’hui envisagé. Pour l’instant, ces attaques semblent se retourner en sa faveur, tant une bonne partie de l’électorat éprouve une haine profonde envers les élites. Mais il reste à voir si ces efforts finiront par affaiblir et faire chuter le candidat dans sa course à la nomination et/ou lors de l’élection générale.

Moi, Donald Trump, je suis le programme

Au-delà de tous ses slogans de campagne, ce que vend le candidat Trump en campagne, c’est… lui-même ! Son profil d’homme d’affaires qui a réussi. Ses capacités de négociateur. Son caractère indomptable et bagarreur. Son côté bad boy qui fait peur et qui projette de la force. Son image d’outsider anti-système. « Il est LE programme, la recette magique offerte aux citoyens pendant un avis de tempête », analyse son biographe Michael D’Antonio. « Il se propose en remède. D’après lui, sa personnalité et ses capacités de leader – de nature presque génétique – permettraient de changer les choses », ajoute l’auteur, visiblement fort sceptique.

La manière très étudiée dont Trump « vend » son image et sa personne aux électeurs – ses cheveux, ses mimiques, ses postures sur scène – est à cet égard significative. Il a reconnu avoir lui-même choisi pour ses affiches de campagne une photo qui « fait peur ». Novice en politique, l’homme n’en est pas moins un maître de la « com » qu’il pratique avec un brio, une audace et un manque de scrupules qu’on ne retrouve chez aucun de ses concurrents. À travers son compte Twitter, suivi par au moins 5 millions de personnes, il peut lancer ses idées, voir ce qui accroche ou fascine et adapter son discours en fonction des tendances qu’il décèle. Plus que jamais, le mot qui tue, qui piège, qui émeut ou qui détruit a pris le pas sur les débats de fond et les programmes. Ce maniement très personnalisé et très centralisé de la communication politique et des réseaux sociaux lui permet d’anticiper les mouvements de l’opinion. Il y a désormais un lien presque organique entre le milliardaire et le monde de la communication au sens large (médias traditionnels et réseaux sociaux), chacun nourrissant l’autre dans un rapport quasi fusionnel. Donald Trump, de ce point de vue, fait exploser les méthodes traditionnelles de marketing politique – un univers que Barack Obama avait déjà commencé à bouleverser en 2008 en investissant Internet. « Le Donald » invente une nouvelle manière de faire campagne au XXIe siècle.

Faut-il avoir peur de Donald Trump ?

Trump n’est pas Hitler

Faut-il avoir peur de Donald Trump ? La question hante la campagne présidentielle américaine depuis plusieurs mois et occupe désormais les pages des journaux quasiment chaque jour. Parfois jusqu’à l’hystérie. Après avoir commencé par rire de la candidature du milliardaire new-yorkais, la jugeant plus ridicule et plus exotique que véritablement dangereuse, les médias et les élites politiques, de gauche comme de droite, crient désormais haro sur le favori de la course républicaine, le dépeignant comme un raciste de la pire espèce. Ses promesses de renvoyer les 11 millions d’illégaux vivant sur le sol américain dans leur pays d’origine, de créer un fichier de surveillance des musulmans et d’« interdire jusqu’à nouvel ordre » à tout musulman étranger d’entrer sur le territoire des États-Unis incitent ses détracteurs à employer à son égard les mots les plus durs. « C’est un fasciste ! », clame par exemple l’ancien président mexicain Vicente Fox.

Ce type d’accusation incendiaire a redoublé quand Trump a relayé sur son propre compte Twitter des messages provenant de comptes liés à des groupes suprémacistes blancs. Les déclarations de David Duke – un ancien dragon du Ku Klux Klan, très lié aux milieux d’extrême droite européens, qui a appelé à voter Trump en raison de ses positions anti-immigration – ont alimenté les soupçons. Le fait, très étrange, que le candidat n’ait pas explicitement condamné le sulfureux Duke lors d’une interview télévisée dominicale – alors qu’il l’avait nettement dénoncé quelques jours plus tôt – a scandalisé le camp républicain qui l’a enjoint, à raison, de s’expliquer. Trump a rectifié le tir quelques heures plus tard par un tweet où il prétendait n’avoir pas entendu clairement le nom de Duke pendant l’interview et a nié toute indulgence à l’égard de cet individu. Mais ses rivaux ont jugé la condamnation trop tardive et estimé que ce manque d’empressement et de clarté le rendait « inéligible ».

Les esprits se sont encore échauffés lorsque, à l’occasion d’un meeting, Trump appela les participants à faire, le bras levé, le serment d’aller voter pour lui – une scène qui a été présentée comme une variante contemporaine du salut nazi. « Je n’avais pas entendu cette comparaison avec Hitler mais c’est une comparaison terrible et je ne suis certainement pas heureux qu’elle soit faite », a-t-il répondu. « Quand j’ai entendu cette comparaison, j’ai été stupéfait. Il s’agissait de quelque chose de totalement inoffensif, nous nous amusions bien ! », a-t-il ajouté, promettant de ne plus recommencer, vu le scandale.

Robert Paxton, célèbre historien du fascisme, professeur à l’Université de Columbia, croit déceler certains parallèles entre la campagne de Trump et les mouvements fascistes du XXe siècle : « Le nationalisme, une politique étrangère agressive, des attaques contre les ennemis à l’intérieur et à l’extérieur qui font fi des processus légaux, une obsession du déclin national et l’appel à l’idée que le pays a besoin d’un homme fort », énumère-t-il (14).

La démonstration est loin d’être vraiment convaincante. Il est vrai que Trump n’hésite pas à répliquer brutalement à ceux qui s’en prennent à lui ou à encourager ses partisans à « corriger » les fauteurs de troubles qui viennent régulièrement perturber ses meetings. « Il faudrait peut-être le secouer un peu car ce qu’il a fait est absolument dégoûtant », claironnait-il en novembre lors d’une réunion électorale à Birmingham (Alabama), après que le service d’ordre eut expulsé un protestataire. « J’aimais bien l’ancien temps. Vous savez comment on traitait les gars qui venaient faire ça ? On les sortait sur des brancards ! », fanfaronnait-il encore en février à Las Vegas, après un incident similaire.

Mais un tel comportement ne suffit pas à justifier les accusations de fascisme qui se sont répandues comme une traînée de poudre dans la presse américaine. Ces anathèmes brouillent les pistes et empêchent une analyse pertinente du profil politique et psychologique de Trump. Malgré ses dérives verbales et ses provocations, il n’a en effet, a priori, pas grand-chose d’un candidat d’extrême droite. Pour certains, comme John Cassidy du New Yorker, sa volonté de stopper l’immigration illégale rappelle les crispations nativistes que l’Amérique a connues dans les années 1830-1840, à l’époque des Know Nothing (15). Mais le label fasciste ne semble pas coller à sa démarche et « met injustement en cause les supporters de Trump, qui présentent des doléances légitimes, que les politiciens classiques ignorent à leurs risques et périls », commente Gianni Rotta dans The Atlantic.

Un pragmatique opportuniste

Contrairement à Marine Le Pen, qui a baigné toute son enfance dans les idées d’extrême droite professées par son père, même si elle s’en est partiellement détachée, l’homme d’affaires a longtemps été démocrate, pro-avortement et pro-mariage gay, avant de virer républicain dans les années 2000. Un profil que lui reproche d’ailleurs la droite traditionaliste (16) qui l’accuse de représenter les « valeurs new-yorkaises » plutôt que les valeurs conservatrices. La vérité est que Trump n’a pas de credo idéologique fixé et définitif. En 1988, quand il envisageait pour la première fois une candidature à la présidentielle, il avait suggéré qu’il aimerait beaucoup avoir pour vice-présidente… Oprah Winfrey, vedette des médias afro-américaine, connue pour ses opinions très libérales. Un choix qui colle mal avec l’image de raciste qui lui est hâtivement accolée aujourd’hui. Moins anecdotique : il évoque régulièrement la nécessité de mettre urgemment en place un plan pour les quartiers noirs en pleine déshérence – un discours, on en conviendra, très éloigné des vues du Ku Klux Klan. »

Voir encore:

Qui est vraiment Donald Trump?

15/09/2016
Dans le livre, Qui est vraiment Donald Trump?, la correspondante du Figaro ­raconte sa face méconnue et la vague sans précédent qui le porte et bouleverse aussi le reste de l’occident. Extraits.
Correspondante du «Figaro» à Washington pendant huit ans, Laure Mandeville a plongé dans l’univers du candidat républicain. Extraits de son dernier livre.
Sur la gigantesque scène de l’arène de Quickens, à Cleveland, une silhouette a surgi. Celle d’un homme maintenu dans l’ombre à dessein, mais marchant dans un chemin de lumière tracé par d’énormes projecteurs. (…) Il ne fait nul doute qu’il s’agit de Donald Trump, nominé républicain de la course présidentielle 2016, dont le sacre va être orchestré au terme des quatre jours d’une convention aux allures de grand-messe hollywoodienne, en cette fin du mois de juillet, après treize mois de batailles sanglantes et de K.O. stupéfiants. Mais en le regardant avancer dans l’ombre, assise dans les gradins au milieu de dizaines de milliers de spectateurs, après avoir suivi pas à pas son irrésistible ascension politique, je me dis que cette apparition est comme une métaphore de l’inconnue énorme que représente toujours le milliardaire new-yorkais. (…) Ce personnage complexe et explosif, qui a pris d’assaut le Parti républicain et fait main basse sur ses électeurs, prenant à rebrousse-poil tous les postulats idéologiques traditionnels, tous les codes de bienséance rhétorique, bref tous les mécanismes bien huilés du monde politique habituel ; cet homme dont la silhouette se découpe en noir sur fond de lumière, ce soir-là, est devenu la page non encore écrite où chacun en Amérique projette espoirs, peurs, doutes, fantasmes, imprécations et interrogations.

Au nom du père

Le soir de son discours d’acceptation de la nomination républicaine, à Cleveland, Donald Trump a secoué la tête, visiblement ému, en parlant de son père. «Je me demande ce qu’il dirait s’il était ici pour voir tout ça ce soir !», s’est-il exclamé en embrassant du regard les milliers de personnes qui l’acclamaient. «Mon papa, Fred Trump, était l’homme le plus intelligent et le plus travailleur que j’ai jamais connu», a-t-il dit. Impossible de comprendre Donald Trump sans parler de la figure paternelle. Comme il le répète souvent, et comme le confirment tous ceux qui le connaissent de longue date, l’homme a été une figure déterminante dans la formation de sa personnalité. Une influence expliquant dans une large mesure son irrépressible ambition, sa discipline, sa persévérance, sa dureté aussi… bref, sa volonté de puissance, dans une large mesure calquée sur celle du père. «Être un leader, c’est dans l’ADN», aime-t-il affirmer dans ses interviews.
C’est à Brooklyn que Donald Trump naît en 1946 dans une famille de six enfants, dont il est l’avant-dernier, mais le deuxième fils. Son grand-père Friedrich Drumpf (dont les services d’immigration américains transformeront le nom) a émigré de Brême en Allemagne en 1885, pour gagner l’eldorado américain. C’est une personnalité aventureuse et haute en couleur. Il a tenté sa chance dans l’Ouest jusqu’à l’État de Washington, puis au Klondike au Canada, et même jusqu’en Alaska, attiré par la ruée vers l’or. Il n’y découvrira pas de précieuses pépites mais amassera un capital en créant des restaurants à qui il arrivait de vendre de la viande de chevaux morts et de servir d’hôtels de passe pour les chercheurs d’or qui affluaient. (…)
C’est son jeune fils Fred qui va poursuivre le rêve américain, à force de labeur et d’obstination, travaillant tout en suivant des cours du soir, et en plaçant l’argent qu’il possède dans la construction d’immeubles d’habitation dans les quartiers de Queens et de Brooklyn, en pleine expansion. (…) Il accumule bientôt une fortune qui le place dans la catégorie des millionnaires américains. Le futur candidat républicain grandit dans une belle maison de maître à colonnades, à laquelle on accède par 17 marches, dans le quartier de Jamaican Estates de Queens, une enclave de prospérité. (…) Son père, qui le forçait à travailler comme livreur de journaux pour apprendre la valeur de l’argent et le sens de l’effort, lui prêtait néanmoins sa limousine pour accomplir sa tâche quand il neigeait! «Il me disait que j’étais un roi», a confié Trump au journaliste D’Antonio. Mais Fred Trump, un traditionaliste qui élève ses enfants à l’ancienne, sûrement pas dans la soie, apprend aussi à Donald à travailler sans relâche et à se montrer intransigeant pour survivre. «Sois un tueur», lui recommande-t-il.

L’irruption médiatique

La limousine glisse sur la 5e Avenue, laissant entrevoir une forêt de gratte-ciel à travers les vitres fumées. La caméra s’attarde sur la porte d’un gigantesque immeuble rutilant, où se détachent les lettres d’or d’un nom célèbre: TRUMP. Puis elle se porte sur l’intérieur du véhicule, pour révéler une silhouette masculine installée sur le siège arrière, dans une pénombre étudiée. Ce jour de 2004, à heure de grande écoute, le milliardaire Donald Trump apparaît à l’écran dans un costume chic, pour lancer son émission de téléréalité «The Apprentice», qui deviendra l’un des succès télévisés les plus retentissants des dernières décennies, avec près de 30 millions de téléspectateurs à son zénith. Pour cette première, il explique qu’il a sélectionné seize jeunes entrepreneurs américains – huit hommes et huit femmes – qui concourront pendant seize semaines et seront progressivement éliminés, avant qu’un gagnant n’émerge. Ce dernier se verra offrir une place de président d’une des compagnies de l’empire Trump, pendant un an, avec «un salaire énorme!», précise le milliardaire. Quand il retrouve les candidats, logés somptueusement dans une suite d’hôtel de ce roi de l’immobilier, Trump donne tout de suite le ton de l’exercice. «Ce sera dur, et sans concession. Mais le jeu en vaut la chandelle.»
(…) C’est avec jubilation qu’il offre du rêve à l’Amérique moyenne qui a toujours aimé les riches – contrairement aux Français – et qui en redemande. De ce côté-ci de l’Atlantique, tout le monde pense qu’on peut devenir riche en une vie. «L’amour de l’argent est soit la principale, soit la deuxième motivation à la racine de tout ce que font les Américains», rappelait déjà Alexis de Tocqueville, qui avait décidément tout compris. Trump, qui est aussi là pour «vendre sa marque et son nom» – et du même coup décupler sa fortune -, fascine parce qu’il est l’incarnation de cette ambition-là. «Son sens de ce que veut le public n’a pas d’équivalent à notre époque. Personne dans les dernières décennies n’a réussi à capter l’attention des Américains aussi longtemps que cet homme», constate Michael D’Antonio. (…) Mais l’émission «The Apprentice» est aussi bâtie sur l’idée que, pour réussir, il faut savoir se battre, prendre des risques et «être le meilleur». (…) Les Américains sont fascinés par l’homme d’affaires parce qu’il leur vend à la fois un rêve de succès et un principe de réalité. Deux ingrédients que l’on retrouve au cœur de sa campagne actuelle.

Il était une fois l’armée de Trump

Une véritable «armée» s’est levée à travers les provinces d’Amérique, à la stupéfaction des élites prises de panique. Elle ne porte pas d’uniforme et frappe par son caractère hétérogène. C’est l’armée de Trump, et elle veut conquérir Washington. Faire le ménage. Coiffeurs, comptables, ouvriers, fermiers, entrepreneurs, policiers ou militaires, hommes et femmes. Ils sont des millions d’électeurs dégoûtés de la classe politique traditionnelle à se rallier à la bannière nationaliste et populiste de l’outsider milliardaire qui promet de rendre sa «grandeur à l’Amérique» en bousculant le système. Ils forment une nébuleuse hétéroclite qui transcende les partis, recrutant aussi bien parmi les conservateurs Tea Party et les chrétiens évangélistes que chez les républicains modérés, les indépendants, voire même chez les démocrates des classes moyennes et populaires déçus d’Obama.
(…) «Je suis ici parce que j’ai découvert que Trump n’est pas un imbécile, il a de bonnes idées», a confié Kelly Davis, une quadragénaire «en arrêt maladie» qui a raconté avoir de sérieux problèmes de dos mais avoir fait le déplacement quand même. «J’aime ce qu’il dit sur l’immigration, nous devons renforcer la frontière. Et j’aime aussi son style, sa manière d’identifier les problèmes et de chercher immédiatement une solution», a-t-elle ajouté, précisant être indépendante, mais s’être inscrite sur les listes républicaines exclusivement pour pouvoir voter Trump. (…) À ses côtés, une vieille dame de 70 ans, emmitouflée dans un manteau de laine, se disait enchantée par Trump, parce qu’il est si «différent» des autres. (…) «Les Américains veulent un antihéros», note le journaliste James Poulos… «Aujourd’hui, nous n’avons pas confiance en des héros politiques. Nous ne voulons personne qui nous délivre, qui nous tire vers le haut. Nous voulons juste quelqu’un qui pulvérise ce qui reste de notre monde dysfonctionnel, qui triomphe de nos ennemis les plus durs et nous laisse capables de décider de nos vies entre nous», explique-t-il.

Une rébellion contre la globalisation et le communautarisme

Ne refusant pas le statut de «nation d’immigrants» de l’Amérique, les électeurs de Trump disent accepter tout le monde mais parlent de «respect des lois et des frontières», comme leur champion. Comme lui, ils semblent aussi soucieux de tirer les leçons de l’échec du multiculturalisme en Europe, des récents attentats terroristes islamistes et des problèmes posés par l’intégration de populations musulmanes substantielles sur le continent européen (…). Ils disent refuser la naïveté. De manière plus générale, on sent monter, dans la mouvance Trump, le désir d’envoyer aux oubliettes le fameux communautarisme à l’américaine. Visiblement peu convaincus par un modèle qui ne pense plus la société que comme un arc-en-ciel de catégories raciales, sexuelles ou religieuses, mais semble peiner à trouver ce qui unit la nation, les trumpistes plaident pour le retour «à l’américanisme», une notion plus universaliste. Une aspiration qui, de manière inattendue, fait écho au modèle traditionnel français, qui ignore la race, le genre, l’origine ou la religion, pour ne voir que le citoyen. Mais il s’agit sans aucun doute d’un crime de lèse-majesté pour le modèle communautariste américain.
(…) Trump, personnage bourré de défauts et d’imprévisibilités, est porteur d’un message qui ne peut être ignoré. En esquissant le thème de l’Amérique d’abord, il remet à l’ordre du jour l’idée de limites, de frontières et de donc nation. (…) Donald Trump parle à la hache, mais il révèle l’ampleur des défis et refuse de les éluder. Les réponses qu’il propose sont controversées, potentiellement dangereuses. Mais elles attaquent le sujet central de front. La capacité de l’Occident à protéger sa civilisation et à établir un nouveau modus vivendi avec le monde.
Voir de plus:
Les médias américains n’hésitent plus à dire que Donald Trump est fasciste

Les dernières déclarations et propositions du candidat à l’investiture républicaine choquent de nombreux éditorialistes.

Pour décrire la campagne de Donald Trump, la presse américaine a commencé à utiliser un mot assez rarement utilisé pour décrire des idées politiques aux États-Unis: «fasciste».

C’est particulièrement le cas depuis les attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis, qui ont été l’occasion pour Trump, qui est toujours en tête des sondages pour les primaires républicaines à la présidentielle, de renforcer son discours sécuritaire xénophobe et raciste.

«Je ne suis pas sûr que Donald Trump sache vraiment qu’il est un néo-fasciste. Il ne connaît peut être pas assez l’histoire du monde pour être conscient de l’odeur maintenant évidente de sa rhétorique, écrit Michael Tomasky dans The Daily Beast. Arrêtez ce que vous faites et pensez à ceci: je viens d’écrire un paragraphe où je me demande si le candidat principal à la présidentielle d’un de nos deux principaux partis est sciemment fasciste.»

Une force fédérale pour expulser les gens

Dans The New Republic, Jamil Smith déclare d’entrée que «oui, Donald Trump est un fasciste», et l’éditorialiste voit une sorte de version du point Godwin dans la campagne du milliardaire républicain: «Plus il fait campagne (en tête) pour les primaires républicaines, plus la probabilité qu’il ressemble à un nazi augmente.»

Même type d’analyse dans le magazine The Week, où Ryan Cooper écrit:

«Alors que les premières primaires approchent, et que Trump gagne des points dans les sondages, sa descente vers le fascisme progresse plus vite que je ne le craignais.»

Même certains républicains ont commencé à utiliser ce mot pour décrire la campagne du magnat de l’immobilier. C’est notamment le cas de Jim Gilmore, un ancien gouverneur de Virginie qui se présente à la primaire (sans faire campagne), et qui expliquait dans une interview télévisée:

«J’ai dénoncé nombreuses de ses idées, y compris celle de la force fédérale qu’il veut mettre sur pied pour expulser [les immigrés illégaux]. Une sorte d’organisation nationale qui expulserait les gens hors du pays. Je ne suis pas d’accord avec ce genre de choses. J’ai dit que c’était de la rhétorique fasciste.»

Ficher les musulmans

De même, en réaction à la réponse de Trump sur un possible fichage des musulmans, un conseiller de la campagne de Jeb Bush avait tweeté

Le fichage fédéral forcé de citoyens américains basé sur la religion est du fascisme. Point final. Pas d’autre mot pour décrire ça.

Ou encore ce tweet d’un chercheur conservateur qui est conseiller du candidat républicain Marco Rubio:

Trump est un fasciste. Ce n’est pas un terme que j’emploie souvent ou à la légère. Mais il le mérite.

Depuis la semaine dernière, la liste des déclarations controversées de Trump est en effet assez impressionnante.

À la question d’un journaliste de savoir si un fichage systématique des musulmans américains était désirable, Trump avait répondu que ce serait une solution envisageable. Il a ausi parlé de fermer les mosquées aux États-Unis, et d’utiliser la technique de torture dite de «waterboarding», car «croyez-moi, ça marche, et vous savez quoi? si ça ne marche pas, ils le méritent quand même». 

Il a aussi colporté plusieurs mensonges sur les musulmans américains en train de célébrer le 11-Septembre, ainsi que de faux chiffres sur la criminalité des noirs américains, et le weekend dernier, ses supporters ont brutalement expulsé un manifestant noir d’un de ses meetings.

Voir de même:

Donald Trump, Postmodern Candidate

Victor Davis Hanson
Townhall
Aug 04, 2016
Early 20th century modernism ignored classical rules of expression. But late 20th century postmodernism blew up those rules altogether.
Barack Obama was a modernist candidate. He turned out vast numbers of young and minority voters, mastered new social media, and in 2008 overturned the old-guard Democratic furniture such as Hillary Clinton.
In contrast, Donald Trump has simply destroyed normal politics. Unlike Obama with his record Wall Street fundraising of 2008 and 2012, Trump has raised almost no money. He ignores endorsements from political kingpins. Trump has organized no serious voter registration drives. His convention was bizarre, showcasing his kids instead of party bosses and special-interest groups.
How about internal polling? Trump seems to have none.
Sophisticated opposition research? Zilch.
Standard talking points? Not so much.
Teleprompted speeches? Trump prefers ad-hoc stream of consciousness.
Candidates are supposed to avoid the pitfalls of press conferences as much as possible — and prep for days when they are obligated to give them. Not Trump. He thrives on unscripted rants to the press without much worry about what he says.
Candidates dislike and fear reporters, and so seek to flatter them. Trump openly insults them and occasionally kicks them out of his press conferences.
Modern politicians generally avoid getting pulled into nasty, lose-lose fights. Trump welcomes brawls against all comers.Hillary Clinton has taken huge quid-pro-quo contributions from rich people as she damns the influence of big money in politics. Trump cannot seem to find any big donors. He trashes crony capitalist insiders on the grounds that he used to be one himself.
Traditional politicians such as Mitt Romney were perfectly groomed and rarely appeared without tailored suits. Modernist politicians such as Obama like to be photographed on the golf links appearing young, hip and cool, wearing shades and polo shirts.
But Trump defies both traditional and nontraditional tastes by wearing loud, long ties, combing his dyed-yellow hair over a bald spot, and tanning his skin a strange orange hue.
Politicians attack each other while faking politeness. The coolest do it with nuance. Not Trump. He uses taboo words like « liar » and « crooked. »
Modernist candidates voice platitudes about border enforcement. But only a postmodern one would demand that Mexico pay for a wall.
For a modern politician, a gaffe is an inadvertent truthful statement. For a postmodern Trump, the only gaffe imaginable is to stay silent.
All presidential candidates court top party officials, former presidents and defeated rivals, and seek praise from newspapers and magazines.
When Trump either does not win such approval or is ridiculed by major media and those in his own party, he pouts, saying his critics are losers without much clout anyway.
The bible for modern politicians is political correctness. They must defer to every imaginable hyphenated group and « community, » employing euphemisms or self-imposed censorship while sidestepping race, class and gender land mines as much as possible.
Again, not Trump. He says what he pleases. If he blows himself up with a politically incorrect outburst, what is left simply flows back together, as if Trump were some sort of political version of the Terminator.
Trump was supposed to fade last summer. His crudity was said to guarantee that he would lose Republican primaries.
Then, pundits said Trump’s vulgar style of primary campaigning would not translate well to the general election.
Now, even seasoned politicos confess there are no rules that apply to Donald Trump. He just keeps shouting that things are getting worse and no one will admit it.
We live in a politically correct age in which President Obama is unable or unwilling to mention radical Islamists as the terrorists who have killed hundreds in Europe and the United States.
No one dares suggest that the more than 300 sanctuary cities in the U.S. are a rebirth of the illiberal and neo-Confederate idea of nullification of federal law. Black Lives Matter is idealized as a civil rights group despite the chants at its protests about violence toward police.
Doubling the national debt to nearly $20 trillion in just eight years is regarded as no big deal.
The public is growing tired of two realities: the one they see and hear each day, and the official version that has nothing to do with their perceptions.
Trump comes along with a ball and chain and throws it right into the elite filtering screen — and the public cheers as the fragile glass explodes.
If most politicians are going to deceive, voters apparently prefer raw and uncooked deception rather than the usual seasoned and spiced dishonesty.
Will Trump fade in August, implode in September, self-destruct in October — or win in November?
No one knows. There are no longer rules to predict how a fed-up public will vote. And there has never been a postmodern candidate like Donald J. Trump.
Voir aussi:
I Know Fascists; Donald Trump Is No Fascist
Can you imagine Mussolini being accused of endorsing “New York values”?
An elderly man salutes a fascist Italian flag during the funeral of Romano Mussolini, the last surviving child of Benito Mussolini, in Rome. Darrin Zammit Lupi / Reuters
Gianni Riotta
The Atlantic

Jan 16, 2016

Is Donald Trump a fascist? Several commentators in America, my adoptive country, on both the left and right, have essentially compared “The Donald” to Mussolini, the fascist strongman who destroyed my old country Italy for a time, leaving behind half a million dead and the lingering poison of civil war.

“The brand of fascism was invented and exported by Italians,” Vittorio Foa, a Resistance hero and the father of Italy’s Republican Constitution, used to quip. He was right and, having grown up in the birthplace of fascism and lived through its aftereffects, I am dead sure: Trump is not a fascist. Using the label not only belittles past tragedies and obscures future dangers, but also indicts his supporters, who have real grievances that mainstream politicians ignore at their peril. America should tackle the demons Trump unleashes in 2016, not tar him by association with ideas and tactics he doesn’t even know about.

Trump’s xenophobic rhetoric, his demagoguery, and his populist appeals to citizens’ economic anxieties certainly borrow from the fascist playbook. Italy’s fascists capitalized on similar themes in a different era of global uncertainty; in their case, it was the unemployment, veterans’ resentments, unions’ strikes, and political violence that beset the country following World War I. But Trump is, fundamentally, a blustering political opportunist courting votes in a democratic system; he has not called for the violent overthrow of the system itself. And whereas it can be impossible to discern any logic or strategy in Trump’s campaign, the fascists who marched on Rome in 1922 were relentlessly, violently focused on a clear goal: to kill democracy and install a dictatorship.

Nearly 30 years after Il Duce Mussolini, Italy’s dictator from 1922 to 1945, was executed by a partisan firing squad, his ideas were still wreaking havoc across the country; the 1970s were years of clashes between neofascist and communist terrorists that we in Italy called the Anni di Piombo, or years of lead. The neofascists were leading riots in Italy’s south; suspected of bombing banks, trains, and political rallies in the north; and accused of plotting a military coup. The violence killed hundreds of innocent people. I witnessed the destruction every day.

In 1971, when I was a senior in high school, a neofascist leaflet denounced me as a “target to be hit,” listing my phone number and address in Palermo, Sicily (my mom still lives there and answers that number). In October of that year, on a day when I was on duty selling the leftist newspaper Il Manifesto, I watched nervously as a squadraccia, a gang of fascist thugs, paraded across the street from me in full arms, heavy bats in hand, chains wrapped around their chests, black helmets on their heads, brass knuckles shining. Fascist dictators were still running Spain, Greece, and Portugal. The neofascists in Palermo had tried to kill the two young sons of a senator, in revenge against a progressive land reform. Watching the squadraccia I wondered if I too would be wounded, or worse.

This was the menace at the heart of fascism, defined by the display of organized violence and terrorism to win political power, and the ultimate imposition of a totalitarian system hostile to capitalism and individual freedom. By my generation, Mussolini himself had been defeated—though it took the devastation of World War II to dislodge two of Europe’s prominent fascists from power, in Italy and Germany, once they had occupied it. What Italy suffered in the 1970s was a failed effort to reimpose his ideas on the country. Thank God I survived that day in October, but it forced me to rush home and quiz my father about the ideology once again threatening the country. Dad had often reminisced about growing up under Il Duce, calmly noting that “In school they taught us that ‘Il Duce’ will soon trash America and those Negroes.’ And I believed them.” It was a Sicilian barber, just returned to Italy after spending much of his life as a steelworker in Pittsburgh, who changed his mind. “I have seen America, worked in America,” the barber told my father. “America is too strong for us.”

And Italy was ultimately too strong for the fascist resurgence, which ended with the arrests of many of the worst terrorists, but also with job growth, welfare programs, and educational reforms that opened up opportunities for the marginalized of Italian society. All of these policies thinned out the angry masses of discontent, underemployed, and alienated people who had been the best recruits for Mussolini and his successors. Thus in the decades after World War II, Western democracies learned how to prevent fascists from taking power again. The danger I see in Trump is that nobody yet knows how to oppose his particular brand of populism, in America or Europe.

Trump, too, is benefitting from voter discontent. Polls show that many Trump supporters come from the white middle- and working-class, a group whose status and salaries have stagnated for decades; these voters are evidently looking for a leader ready to dignify, if not solve, their problems. But Trump will never master the techniques laid out in 1931 by the then-fascist journalist Curzio Malaparte in his Coup D’etat: The Technique of Revolution, which detailed the clear requirements of the fascist manifesto: Seize and hold state power with a sudden attack, coordinated with cunning and force. There is no fascism without this rational, violent plan to obliterate democracy. From Hitler’s Mein Kampf to Mussolini’s speeches on the Palazzo Venezia balcony, fascists told the crowd openly what their goals were and kept a nefarious, disciplined pace to realize them. Mussolini boasted about reducing Italy’s Parliament “to a fascist barrack,” “stopping any antifascist brain from thinking,” and “creating a new Roman Empire.”

Trump has no clear plan of any kind. He is not about to dissolve the Democratic Party and banish the Clintons, Obama, Noam Chomsky, Michael Moore and Jimmy Fallon to exile on Randall’s Island. Americans will not goose-step down Broadway; no screaming squadraccia of middle-aged Trump fans will occupy Grand Central; Amazon will not be nationalized as a “strategic state asset.” Trump is simply an opportunist, perfectly willing to change course (from, for example, saying America has to accept refugees to insisting he would “send them back” within the span of a month) and say anything (Hillary Clinton, who in 2008 he said would make a “great” president, “got schlonged” in the end). During Thursday’s debate, Ted Cruz, who is battling Trump for voters in Iowa and New Hampshire, accused Trump of holding “New York values,” that “are socially liberal or pro-abortion or pro-gay-marriage, [and] focus around money and the media.” Can you imagine Mussolini being accused of endorsing “New York values”?
Witch-hunts, racism, repression, and state surveillance may plague a democracy without morphing it into a fascist dictatorship.

Trump does however gutsily feel how people distrust the media, and so manages to blur the line between true and false; news organizations’ attempts to check Trump’s “facts” have so far been ineffectual. His campaign is a postmodernist masterpiece: a subjective surrogate for the real world, where truth and reality are irrelevant. It is this, and not the bloody ghost of fascism, that distorts the 2016 race.

Voters are nervously looking for a new political home as traditional parties have proved oblivious to their needs. The same angry migration from the old parties, to fringes of both left and right, is wrecking Europe, as people flock to Marine Le Pen in France, Nigel Farage in the U.K., former comedian Beppe Grillo in Italy, Podemos in Spain, the Finn Party in Finland, Syriza in Greece, and all sorts of populist parties in Eastern Europe. Men and women left in the cold by globalization and rising inequality, scared of immigrants often lumped together with foreign terrorists in the media and the popular imagination: This is not the base for the new Western World Fascist Party, but it is a powder keg powerful enough to inflame societies on both sides of the Atlantic. It will not destroy Western democracies, but it may poison them. Witch-hunts, racism, repression, and state surveillance may plague a democracy without morphing it into a fascist dictatorship.

A sense of proportion is crucial to avoid alienating voters further. Trump’s fans are too few to march on Washington, but way too many to ignore or mock. They want jobs, schools, safe communities. If you keep your eyes on their needs, and not on Trump’s distorted hall of mirrors, you will not see “fascists” but instead people forgotten by both Democrats and Republicans. To successfully oppose Trump’s disastrous agenda, without isolating his base, the 2016 candidates will have find some way to speak to them. As Western democracies continue to face the crises of wars and terrorism abroad, and growing inequality and cultural and political unrest at home, it would be a tragedy to go through them so bitterly divided.

Voir par ailleurs:
Trump and the 1930s
Donald Trump is not a fascist*
J.P.P.
The Economist

May 30th 2016

*THAT there is debate among conservative thinkers about whether the Republican nominee might in fact be a fascist is quite a thing. Andrew Sullivan thinks that to apply the label to Donald Trump might be an insult to fascism. Robert Kagan thinks Mr Trump is a precursor to a 1930s revival in politics. The problem with the comparison is that it comes with an accusation of impending genocide that overshadows whatever enlightenment might come from making it. Mr Trump is not a fascist, if by that you mean a successor to Mussolini or Hitler.

But there was more to fascism than those two ogres. In the mid-1930s fascist movements cropped up in most advanced democracies. At one point it was sufficient to put on an adventurously coloured shirt (any colour as long as it’s not white) to start one. France had the Greenshirts, Ireland the Blueshirts, Britain the Blackshirts. Even tiny Iceland had its Greyshirts. America, being a big place that prizes consumer choice, had both Silvershirts and Khakishirts.

All these movements had a charismatic leader at their head. None had a coherent set of ideas. Early fascisms had more in common with socialism. Those movements that survived to form dictatorial governments embraced a corporatist sort of capitalism, and set about killing left-wingers. These fascist movements were propelled by the young; Trumpismo, by contrast, has more appeal to the elderly. Perhaps because of this they looked to the future and venerated modernity, whereas Mr Trump often seems to be trying to bring back the 1950s.

What does have a familiarly thirties ring to it is the combination of elite-rot and discredited ideas that Mr Trump feeds on. European elites looked unworthy of the description in the 1930s, after a war that had killed more people than any other before it but resolved nothing, followed by the biggest crisis ever faced by capitalism. In Latin America alone 16 countries suffered coups or takeovers by strongmen within a few years of 1929.

« Early fascist movements,” writes Robert Paxton in « The Anatomy of Fascism » (published 12 years before Mr Trump’s rise), “exploited the protests of the victims of rapid industrialisation and globalisation-modernisation’s losers, using, to be sure, the most modern styles and techniques of propaganda. » Their successors, in America and in Western Europe, where far-right parties are also flourishing, do the same. Like early fascisms, they have few ideas to speak of. Rather, they point out that the elites don’t know what they are doing and promise an alternative world of prosperity for all with no sacrifice necessary. Plenty of voters take this as plain-speaking.

The best way to refute the contemporary movements might be to ask them to govern. The experience of all those coloured shirts suggests that at that point they would then change into something different. It might be relatively benign: a movement built around a charismatic leader that sought to take the hard edges off economic change by ending immigration and discouraging trade. Or it might be something more like late-fascism, which only really existed in Italy and Germany.

I don’t think such a thing is possible in America or Western Europe now. The dislocations of the 1930s were on a completely different scale to the foreign- and domestic-policy failures of the past decade. Having suffered late-fascism once, the West has some immunity from it, because we know what it looks like. That said, I didn’t think Mr Trump would be the Republican nominee either. Interrogation
Interviews with a point.

Voir aussi:
Is Donald Trump a Fascist?
Yes and no.
Isaac Chotiner
Slate

Feb. 10 2016

Donald Trump’s overwhelming victory in Tuesday night’s New Hampshire primary makes him, according to both betting markets and many analysts, the favorite to win the Republican nomination. Trump has been written off as an entertainer and circus clown, but he has been tagged with another, much more serious label: fascist. Trump’s campaign has stirred bigoted feelings in the electorate and played to voters’ worst fears and prejudices. And so far, it’s working. Two-thirds of New Hampshire Republicans, according to exit polls, favored Trump’s ban on Muslim immigration.
Isaac Chotiner Isaac Chotiner

To discuss Trump’s rise and its historical echoes, I called Robert Paxton, a leading authority on the history of fascism. A regular contributor to the New York Review of Books and an expert on Vichy France, Paxton has written numerous books on European history. We discussed the ways in which Trump is and is not a fascist, whether Trump believes what he says, and why now, of all times, so many Americans seem to be embracing him. The conversation has been edited and condensed.

Isaac Chotiner: As a historian of fascism, what do you make of Trump’s rise?

Robert Paxton: Well, it’s astonishing and depressing because he’s totally foreign to any of the skills that are wanted in a president of the United States. What we call him is another matter. There are certainly some echoes of fascism, but there are also very profound differences.
Get Slate in your inbox.

Start with the echoes.

First of all, let me preface it by saying that I’m very, very reluctant to use the word fascism loosely, because it’s almost the most powerful epithet you can use. I guess child molester might be a little more powerful but not much.

Nazi maybe, but that’s just a version of fascism.

It’s the same thing. It’s enormously tempting. Anyway, the echoes you can deal with on two levels. First of all, there are the kinds of themes Trump uses. The use of ethnic stereotypes and exploitation of fear of foreigners is directly out of a fascist’s recipe book. “Making the country great again” sounds exactly like the fascist movements. Concern about national decline, that was one of the most prominent emotional states evoked in fascist discourse, and Trump is using that full-blast, quite illegitimately, because the country isn’t in serious decline, but he’s able to persuade them that it is. That is a fascist stroke. An aggressive foreign policy to arrest the supposed decline. That’s another one. Then, there’s a second level, which is a level of style and technique. He even looks like Mussolini in the way he sticks his lower jaw out, and also the bluster, the skill at sensing the mood of the crowd, the skillful use of media.

I read an absolutely astonishing account of Trump arriving for a political speech, somewhere out West I think, and his audience was gathered in an airplane hangar, and he landed his plane at the field and taxied up to the hangar and got out. That is exactly what they did in 1932 for Hitler’s first election victory. No one had ever seen a candidate arrive by plane before; it was absolutely dazzling, the impression given, the decisiveness of power, of authority, of modernity. I suppose it was accidental, but wow, that is an almost letter-perfect replay of a Hitler election tactic. And the capacity of Trump to enlist working-class voters against the left is exactly what Hitler and Mussolini were able to do. There are definitely echoes.

Do you think that Trump is consciously using fascist tropes, or do you think that he’s just sort of stumbled into this?

I doubt it’s conscious. I don’t think he’s a bookish man. I’m sure he’s never read a book about Hitler or Mussolini.

He’ll read your books after this interview.

Perhaps.

When people like you and me watch Trump, I think we tend to assume he is a bullshitter who doesn’t have deeply held positions and is acting to a degree.

Yeah.

I think a lot of people would say, Well, Hitler and Mussolini, they believed what they were doing. Fascists generally believe what they’re doing. In fascism, do you think that there was more bullshit and politicking than people assume?

Totally. One of the reasons I wrote my book was that I was so tired of people interpreting fascism as the application of a program. When you read Hitler’s program, his 21 points, when the party was founded in 1920, and when you read Mussolini’s first program in 1919, it had very little to do with what they eventually did. Mussolini, particularly, came from the left, and his first program included things like the vote for women, the abolition of a monarchy. It was more his style than the details of the program. The details of the program were constantly changing. They say whatever seems to suit the mood of the moment. Mein Kampf is taken as a model that [Hitler] carried out—well, in Mein Kampf, he wants to make peace with the British. They are full of inconsistencies, they were very opportunistic, totally opportunistic, and there was a high degree of change in their programs.

Tell me the ways in which you think Trump is not fascist.

I think there are some powerful differences. To start with, in the area of programs, the fascists offer themselves as a remedy for aggressive individualism, which they believed was the source of the defeat of Germany in World War I, and the decline of Italy, the failure of Italy. World War I, the perceived national decline, they blamed on individualism and their solution was to subject the individual to the interests of the community. Trump, and the Republicans generally, and indeed a great swath of American society have celebrated individualism to the absolute total extreme. Trump’s idea and the Republican plan is to lift the burden of regulation from businesses.

That’s fascinating. Anything else?

The other differences are the circumstances in which we live. Germany had been defeated catastrophically in war. Following which was the depression, which was almost as bad in Germany as it was here. Italy was on the brink of civil war in 1919. There were massive occupations of land by frustrated peasants. The actual problems those countries addressed have no parallel to today. We have serious problems, but there’s no objective conditions that come anywhere near the seriousness of what those countries were facing. There was a groundswell of reaction against the existing constitutions and existing regimes. That’s trumped up here; accidental pun, sorry.

Do you think there’s something about this moment in America that makes the country vulnerable to someone like Trump? Because as you noted, it’s hard to say that America is really in a horrible place.

No, this country has the strongest economy in the world and is still the strongest military power in the world without any close rival. The trends are not downward unless you were offended by the presence of a black man in the White House.

There are only millions of Americans that fit into that category.

I’m afraid so. The argument is very clear. Like the argument of Hitler and Mussolini that the existing government is weak, and therefore, we must have a government that is appropriate to the grandeur of America. The portrayal of Obama as weak, which is astonishing considering the degree to which Obama has used military power.

Nevertheless, a lot of people are left behind in the recovery. Poorly educated white males are left behind, and the country is not better for them, and there are enough of those people to make a huge difference. I don’t think there are enough of those people to elect a president, but they can make a powerful movement.

Again, I’m obviously not comparing Trump to Hitler as a person, but watching the “moderate” Republicans tear each other apart over the last few weeks and then split the vote five ways in New Hampshire last night, I thought of the 1932 election in Germany, with everyone kind of thinking, depending on their interests, that there were bigger threats than Hitler and not focusing on him until it was too late.

Trump understands what the classic demagogues of the 20th century understood: namely, that in a democracy it is possible to gain millions of votes by appealing to the worst in people.


BDS ou la continuation de la Solution finale par d’autres moyens (Why do the heathen rage ? – From Judenrein to Zionistfrei, guess who holier-than-thou universities, unions, « human rights » groups and churches are targeting from among the 200 territorial disputes, from Tibet to Ukraine)

28 septembre, 2016
neonazisbdsPourquoi ce tumulte parmi les nations, ces vaines pensées parmi les peuples? Pourquoi les rois de la terre se soulèvent-ils et les princes se liguent-ils avec eux contre l’Éternel et contre son oint? Psaumes 2: 1-2
L’antisionisme est le nouvel habit de l’antisémitisme. Demain, les universitaires qui boycottent Israël demanderont qu’on brûle les livres des Israéliens, puis les livres des sionistes, puis ceux des juifs. Roger Cukierman (président du CRIF, janvier 2003)
Boycotter Israël, c’est lutter pour une paix juste (…) Du Canada à l’Australie en passant par l’Afrique du Sud, les Etats-Unis, l’Amérique latine et l’Europe, c’est un mouvement international, non-violent et populaire qui se développe. Syndicats, ONG, associations, Eglises, universités, municipalités, personnalités de renommée mondiale et simples citoyens se retrouvent pour défendre un même objectif : l’application du droit. (…)  Notre combat n’est pas fondé sur le rejet d’un peuple. Il s’agit d’exercer une réelle pression sur l’Etat d’Israël, en développant un boycott économique, diplomatique, et un boycott des institutions académiques, sportives et culturelles israéliennes. Ces institutions sont en effet trop souvent utilisées par Israël pour soigner son image et mieux masquer sa politique à l’égard des Palestiniens et son mépris des règles internationales. Michel Platini, président de l’Union européenne des associations de football (UEFA), l’a compris, menaçant d’exclure l’Etat d’Israël de l’UEFA s’il continuait d’entraver le développement du sport palestinien. Desmond Tutu, archevêque sud-africain récompensé par le prix Nobel de la paix en 1984 pour son combat contre l’apartheid, s’est de son côté élevé contre la visite prochainement prévue, en Israël, de la troupe de l’Opéra du Cap. En tant que soutien actif de la stratégie BDS, Desmond Tutu mérite-t-il aussi les titres de saboteur et de naufrageur d’espoir ? A ceux qui s’inquiètent de la dégradation de l’image d’Israël et qui accusent la campagne BDS d’en être responsable, nous disons qu’Israël est le seul auteur de cette dégradation. En violant chaque jour le droit international, en commettant des actes criminels comme les bombardements massifs sur Gaza en 2008-2009 ou l’assaut sanglant contre la Flottille de la liberté, en poursuivant le blocus de Gaza, la construction de colonies et l’arrachage des oliviers, Israël ne peut susciter qu’un rejet de plus en plus fort. (…) Nous savons, fort du précédent sud-africain et de la campagne victorieuse de boycott contre le régime d’apartheid, que cette arme, loin d’être indigne, peut être noble et efficace lorsque les circonstances l’exigent. C’est le cas aujourd’hui. Nicole Kiil-Nielsen (députée européenne, Les Verts)
Le Mouvement de la Résistance Islamique croit que la Palestine est un Waqf [patrimoine religieux] islamique consacré aux générations de musulmans jusqu’au Jugement Dernier. Pas une seule parcelle ne peut en être dilapidée ou abandonnée à d’autres. Charte du Hamas
Il n’y a aucun doute qu’à l’intérieur des territoires occupés palestiniens nous avons affaire à un exemple effarant d’apartheid. Jimmy Carter
En tant que membres du monde de la culture, notamment du cinéma, nous sommes troublés par la décision du TIFF de réserver une place de choix à Tel Aviv et de s’être ainsi rendu complice, intentionnellement ou pas, de la machine de propagande israélienne. Nous ne visons pas les cinéastes israéliens dont les œuvres sont inscrites au programme du festival. Mais nous dénonçons l’instrumentalisation du festival, par une campagne de propagande au service d’un régime d’apartheid. Ken Loach
La présentation sélective de la façade moderne et sophistiquée de Tel-Aviv, sans égard au passé et aux réalités de l’occupation israélienne des territoires palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, ce serait comme si on glorifiait la beauté et la vie élégante chez les communautés exclusivement blanches au Cap ou à Johannesburg pendant l’apartheid, sans reconnaître les cantons noirs de Khayelitsha et de Soweto. Ken Loach, Jane Fonda, Naomi Klein, David Byrne, Alice Walker, Danny Glover, Harry Belafonte, Noam Chomsky, etc.
Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu’au XXIe siècle on puisse enfermer 1,5 million de personnes et en faire tout ce qu’on veut en les appelant terroristes ?Mads Gilbert
L’Etat d’Israël est en train de mener une guerre de purification ethnique dans les territoires palestiniens. Nous avons passé 48 heures dans les camps d’internement de l’armée israélienne, où des centaines de Palestiniens, raflés en pleine nuit, sont emprisonnées, les yeux bandés. José Bové (Ramallah, avril 2002)
Il faut se demander à qui profite le crime. Je dénonce tous les actes visant des lieux de culte. Mais je crois que le gouvernement israélien et ses services secrets ont intérêt à créer une certaine psychose, à faire croire qu’un climat antisémite s’est installé en France, pour mieux détourner les regards. José Bové (de retour de Ramalah, Libération, avril 2002)
Vive le Hamas, le Hamas vaincra! Patrick Farbiaz (conseiller politique de Noël Mamère, 2003)
L’université est censée être un lieu où l’on apprend à utiliser son cerveau, à penser rationnellement, à examiner les preuves, à tirer des conclusions à partir de faits avérés, à vérifier ses sources, à comparer les points de vue. Si celle d’Edimbourg ne peut former que des étudiants qui n’ont pas la moindre notion de toutes ces choses, alors l’avenir est sombre. Je n’ai aucune objection à la critique argumentée contre Israël. Mais je m’oppose à ce que des gens supposés intelligents stigmatisent l’Etat juif comme celui qui traiterait sa population de la pire façon. (…) S’il y avait eu un Etat juif dans les années 1930 (ce n’était malheureusement pas le cas), vous ne croyez pas qu’Hitler aurait décidé de le boycotter ? Dr. Denis MacEoin
En Allemagne nazie,  c’était très à la mode de rendre sa ville Judenfrei – débarrassée des juifs-. Maintenant une nouvelle mode balaie l’Europe : rendre sa ville ce que l’on pourrait appeler ‘Zionistfrei’ – débarrassée des produits et de la culture de l’État juif. À travers tout le continent des villes se déclarent ‘zones débarrassées d’Israël,’ isolant leurs citoyens de tout ce qui est produit ou culture israéliens. On y trouve de hideux échos de ce qui s’est passé il y a soixante-dix ans. Brendan O’Neill
The Zionistfrei movement isn’t really about effecting any change in the Middle East. As Leicester Councillor Mohammed Dawood admits, Israel is hardly going to be “trembling in its shoes” over the city’s boycott. Rather, the movement is about making the chattering classes in Europe feel pure and righteous, unsullied by the poisonousness of the state it’s now so fashionable to hate. Where yesteryear’s creators of Judenfrei zones saw the Jewish people as a corrupting presence, today’s lobbyists for Zionistfrei territories see the Jewish state as corrupting, as a toxic entity whose fruit and technology and books must be shunned. No, Jews aren’t being physically expelled from Europe, but they are being made to feel unwelcome. Given that most Jews feel affinity with the state of Israel, what must they think when they see parts of Europe being cleansed of all things Israeli? They must think: “My culture and my people are not wanted here.” And European Jews are voting with their feet. In the first eight months of this year, 4,566 Jews left France for Israel, more than the total number that left in 2013 (3,228). Last year a European Union survey found that 29% of Europe’s Jews had considered emigrating because they no longer feel safe. BDS is one of the ugliest political movements of our time. It is shot through with double standards, treating Israel as more wicked than any other state. It is shrill and censorious, too. Its members boo and jeer and seek to expel from apparently civilized Europe not only Israeli military leaders and politicians but even Israeli violinists and actors. Now, the demand for Zionistfrei zones is taking BDS to its terrifying conclusion, that Israel and everyone associated with it (you know who) should be shunned by respectable communities everywhere. Brendan O’Neill (Spiked)
Aujourd’hui ces campagnes de haine et ces politiques nazies sont en grande partie le fait d’universités, de syndicats, d’entreprises et de groupes hypocrites, soi-disant militant pour les « droits de l’homme », ainsi que d’autres ONG. Et, ce qui est honteux, le fait d’églises. (…) Ils prétendent tous, à tort, être « pacifiques », utiliser des « moyens économiques » pour corriger « les injustices » dans les Territoires palestiniens. Cependant, ils semblent ne jamais essayer de remédier aux torts des gouvernements corrompus et répressifs de l’Autorité palestinienne et du Hamas à Gaza, ni même d’y promouvoir une presse libre, l’état de droit ou l’élaboration d’une économie stable. Leurs véritables motivations sont démasquées. Ils se coordonnent tout simplement avec la stratégie violente des Palestiniens et des fondamentalistes musulmans en Occident, ceux qui ont refusé encore et encore de faire la paix avec Israël depuis sept décennies et, au lieu de cela, ont choisi le terrorisme. (…) L’Union européenne a signé un accord avec le Maroc, qui a une dispute territoriale avec l’Algérie, lui garantissant néanmoins le droit d’exploiter les ressources du Sahara occidental ; il n’y a eu aucune campagne de protestation. Et nous n’avons entendu aucune protestation contre la Turquie pour son occupation du nord de Chypre ou son emprisonnement de masse de dissidents, de journalistes ou d’universitaires. Non, la politique de boycott n’est pratiquée que contre l’État juif qui peut se targuer des plus hauts niveaux de liberté académique, de liberté de presse et d’égalité devant devant la loi de la planète. (…) Ils soumettent aussi les universitaires israéliens à une campagne néo-nazie « de silence » de la part d’universités sans scrupules : envoyer moins d’invitations, rejeter plus d’articles et utiliser les critères des lois de Nuremberg du Troisième Reich pour exclure les juifs de toute participation. (…) Ces néo-nazis répandent leur message dans les universités, les églises, les entreprises et les municipalités. Ils adoptent des mesures comme des pétitions d’enseignants, le harcèlement public, des menaces de poursuites légales (guerre par la loi), des manifestations devant des magasins et, souvent, juste des cris stridents, de l’intimidation, des menaces et des sit-ins. (…) Des syndicats académiques au Royaume-Uni et au Canada, allant de médecins à architectes, ont également soutenu les nouvelles Lois de Nuremberg contre Israël. Des dizaines d’artistes – notamment des musiciens et des cinéastes – ont refusé, comme les premiers nazis avant eux, de se produire en Israël ou ont annulé leurs représentations. Nombre de fonds de pension ont retiré leurs investissements d’Israël.  (…) Les lignes d’avant ou après1967 ne sont qu’un alibi pour ces nouveaux nazis. Nombre d’entre eux considèrent que l’intégralité d’Israël est illégale, immorale ou les deux à la fois – bien que des juifs vivent sur cette terre depuis trois mille ans, une partie s’appelant même la Judée. L’appétit qu’ils mettent à accuser les juifs d’avoir l’audace « d’occuper » leur propre terre historique, biblique, ne fait que révéler leur collusion avec les mensonges les plus sombres des extrémistes islamiques qui essaient de détruire les coptes chrétiens autochtones dans leur terre natale d’Égypte et les Assyriens chrétiens autochtones que l’on voit massacrer dans tout le Moyen Orient. Les Français devraient-ils être accusés « d’occuper » la Gaule ? Il suffit de voir n’importe quelle carte de « Palestine », qui recouvre l’État d’Israël tout entier : pour nombre de Palestiniens, la totalité d’Israël est une seule colonie énorme qui doit être démantelée. À la place d’Israël, ils faciliteraient la création d’un autre État arabo-islamique qui supprimera la liberté d’expression des artistes, des journalistes et des écrivains, qui chassera les chrétiens de chez eux, qui lapidera à mort les homosexuels, qui torturera les détenus en prison, qui mettra à mort des innocents voulant simplement se convertir au christianisme, qui condamnera à des coups de fouet, à la prison ou la mort ceux dont il sera allégué qu’ils ont dit quelque chose que quelqu’un pourrait considérer comme une offense faite à l’islam, qui obligera les femmes à porter le voile et à vivre à part, qui glorifiera les terroristes, qui interdira l’alcool, qui arrêtera ceux qui exprimeront des opinions impopulaires, qui encouragera une nouvelle catégorie de réfugiés musulmans : ceux qui fuiraient volontiers un régime oppressif et meurtrier. Ces néo-nazis, en guise d’arguments, avancent des slogans faux et trompeurs tels que « état d’apartheid », « occupation », « répressif », « violateur des lois internationales » (toutes choses qu’Israël n’est scrupuleusement pas). Leur but, comme celui des nazis d’origine, est de manipuler les gens et de leur instiller préjugés et haine contre Israël, et juste derrière ce subterfuge, contre tous les juifs. Giulio Meotti (Il Foglio)

De Judenrein à Zionistfrei …

Devinez quel pays

Parmi les 200 conflits territoriaux du monde allant du Tibet à l’Ukraine …

Ont choisi comme cible …

Nos universités, syndicats, groupes des droits de l’homme et églises !


First date: Vous avez dit culte de la personnalité ? (Spot the error: Obama hasn’t even left office, but in supposedly racist America the hagiography has definitely begun)

26 septembre, 2016
soutsidewithyou
obamaplaquekisssugarshack

barryobamaindonesianfilmU.S. President Barack Obama speaks during the dedication of the Smithsonian’s National Museum of African American History and Culture in Washington, U.S., September 24, 2016. REUTERS/Joshua Roberts

C’est ça, l’Ouest, monsieur le sénateur:  quand la légende devient réalité, c’est la légende qu’il faut publier. Maxwell Scott  (journaliste dans ‘L’Homme qui tua Liberty Valance’, John Ford, 1962)
We real cool. We Left school. We Lurk late. We Strike straight. We Sing sin. We Thin gin. We Jazz June. We Die soon. Gwendolyn Brooks (1959)
Murders in the U.S. jumped by 10.8% in 2015, according to figures released Monday by the Federal Bureau of Investigation—a sharp increase that could fuel concerns that the nation’s two-decade trend of falling crime rates may be ending. The figures had been expected to show an increase, after preliminary data released earlier this year indicated violent crime and murders were rising. But the double-digit increase in murders dwarfed any in the past 20 years, eclipsing the 3.7% increase in 2005, the year in which the biggest increase occurred before now. In 2014, the FBI recorded violent crime narrowly falling, by 0.2%. In 2015, the number of violent crimes rose 3.9% though the number of property crimes dropped 2.6%, the FBI said. Richard Rosenfeld, a criminologist at the University of Missouri-St.Louis, said a key driver of the murder spike may be an increasing distrust of police in major cities where controversial officer shootings have led to protests. “This rise is concentrated in certain large cities where police-community tensions have been notable,’’ said Mr. Rosenfeld, citing Cleveland, Baltimore, and St. Louis as examples. The rise in killings is not spread evenly around America, he noted, but is rather centered on big cities with large African-American populations. (…) Mr. Rosenfeld said the FBI data suggests the increase in murder may be caused by some version of the “Ferguson effect’’—a term often used by law-enforcement officials to describe what they see as the negative effects of the recent anti-police protests. The killing by a police officer of an unarmed black 18-year-old in Ferguson, Mo., in 2014 led to protests there and around the country. Some law-enforcement officials, including FBI Director James Comey, have argued that since then, some officers may be more reluctant to get out of their patrol cars and engage in the kind of difficult work that reduces street crime, out of fear they may be videotaped and criticized publicly. Mr. Rosenfeld suggested a different dynamic may be at play, though stemming from the same tensions. Members of minority and poor communities may be more reluctant to talk to police and help them solve crimes in cities where officers are viewed as untrustworthy and threatening, he said, particularly where there have been recent controversial killings by police officers. (…) John Pfaff, a professor at Fordham Law School, said the numbers are concerning but that it is too early to draw any definite conclusions from the data, noting that the murder rate in 2015 was still lower than in 2009. “It’s not a giant rollback of things. 2015 is the third-safest year for violent crime since 1970,’’ Mr. Pfaff said. “The last time we saw a jump like this was 1989 to 1990, and that was a much more broad increase in crime.’’ WSJ
Tout ce qu’on sait, c’est qu’on en sait  très peu sur Barack Obama et que ce qu’on sait est très différent de ce qui est allégué. Tous les présidents ont leurs mythographies, mais ils ont également un bilan et des experts  qui peuvent  distinguer les faits  de la fiction. Dans le cas d’Obama, on ne nous a nous jamais donné tous les faits et il y avait peu de gens dans la presse intéressés à les trouver. Comme le dit Maxwell Scott dans L’homme qui a tué Liberty Valance, ‘quand la légende devient fait, c’est la légende qu’il faut imprimer’.  Victor Davis Hanson
Apart from other unprecedented aspects of his rise, it is a geographical truth that no politician in American history has traveled farther than Barack Obama to be within reach of the White House. He was born and spent most of his formative years on Oahu, in distance the most removed population center on the planet, some 2,390 miles from California, farther from a major landmass than anywhere but Easter Island. In the westward impulse of American settlement, his birthplace was the last frontier, an outpost with its own time zone, the 50th of the United States, admitted to the union only two years before Obama came along. Those who come from islands are inevitably shaped by the experience. For Obama, the experience was all contradiction and contrast. As the son of a white woman and a black man, he grew up as a multiracial kid, a « hapa, » « half-and-half » in the local lexicon, in one of the most multiracial places in the world, with no majority group. There were native Hawaiians, Japanese, Filipinos, Samoans, Okinawans, Chinese and Portuguese, along with Anglos, commonly known as haole (pronounced howl-lee), and a smaller population of blacks, traditionally centered at the U.S. military installations. But diversity does not automatically translate into social comfort: Hawaii has its own difficult history of racial and cultural stratification, and young Obama struggled to find his place even in that many-hued milieu. He had to leave the island to find himself as a black man, eventually rooting in Chicago, the antipode of remote Honolulu, deep in the fold of the mainland, and there setting out on the path that led toward politics. Yet life circles back in strange ways, and in essence it is the promise of the place he left behind — the notion if not the reality of Hawaii, what some call the spirit of aloha, the transracial if not post-racial message — that has made his rise possible. Hawaii and Chicago are the two main threads weaving through the cloth of Barack Obama’s life. Each involves more than geography. Hawaii is about the forces that shaped him, and Chicago is about how he reshaped himself. Chicago is about the critical choices he made as an adult: how he learned to survive in the rough-and-tumble of law and politics, how he figured out the secrets of power in a world defined by it, and how he resolved his inner conflicts and refined the subtle, coolly ambitious persona now on view in the presidential election. Hawaii comes first. It is what lies beneath, what makes Chicago possible and understandable. (…) « Dreams From My Father » is as imprecise as it is insightful about Obama’s early life. Obama offers unusually perceptive and subtle observations of himself and the people around him. Yet, as he readily acknowledged, he rearranged the chronology for his literary purposes and presented a cast of characters made up of composites and pseudonyms. This was to protect people’s privacy, he said. Only a select few were not granted that protection, for the obvious reason that he could not blur their identities — his relatives. (…) Keith and Tony Peterson (…) wondered why Obama focused so much on a friend he called Ray, who in fact was Keith Kukagawa. Kukagawa was black and Japanese, and the Petersons did not even think of him as black. Yet in the book, Obama used him as the voice of black anger and angst, the provocateur of hip, vulgar, get-real dialogues. (…) Sixteen years later, Barry was no more, replaced by Barack, who had not only left the island but had gone to two Ivy League schools, Columbia undergrad and Harvard Law, and written a book about his life. He was into his Chicago phase, reshaping himself for his political future … David Maraniss
Nous ne sommes pas un fardeau pour l’Amérique, une tache sur l’Amérique, un objet de honte ou de pitié pour l’Amérique. Nous sommes l’Amérique ! Barack Hussein Obama
Ce n’est pas un musée du crime ou de la culpabilité, c’est un lieu qui raconte le voyage d’un peuple et l’histoire d’une nation. Il n’y a pas de réponses simples à des questions complexes». Lonnie Bunch
Abraham Lincoln was long dead when John Ford polished the presidential halo in the 1939 film “Young Mr. Lincoln.” Mr. Obama hasn’t even left office, but the cinematic hagiography has begun. The NYT
As this primary season has gone along, a strange sensation has come over me: I miss Barack Obama. Now, obviously I disagree with a lot of Obama’s policy decisions. I’ve been disappointed by aspects of his presidency. I hope the next presidency is a philosophic departure. But over the course of this campaign it feels as if there’s been a decline in behavioral standards across the board. Many of the traits of character and leadership that Obama possesses, and that maybe we have taken too much for granted, have suddenly gone missing or are in short supply. The first and most important of these is basic integrity. The Obama administration has been remarkably scandal-free. Think of the way Iran-contra or the Lewinsky scandals swallowed years from Reagan and Clinton. (…) Second, a sense of basic humanity. Donald Trump has spent much of this campaign vowing to block Muslim immigration. You can only say that if you treat Muslim Americans as an abstraction. President Obama, meanwhile, went to a mosque, looked into people’s eyes and gave a wonderful speech reasserting their place as Americans. He’s exuded this basic care and respect for the dignity of others time and time again. (…)  Third, a soundness in his decision-making process. (…) Take health care. (…) President Obama may have been too cautious, especially in the Middle East, but at least he’s able to grasp the reality of the situation. Fourth, grace under pressure. (…) I happen to think overconfidence is one of Obama’s great flaws. But a president has to maintain equipoise under enormous pressure. Obama has done that, especially amid the financial crisis. (…) Fifth, a resilient sense of optimism. To hear Sanders or Trump, Cruz and Ben Carson campaign is to wallow in the pornography of pessimism, to conclude that this country is on the verge of complete collapse. That’s simply not true. We have problems, but they are less serious than those faced by just about any other nation on earth. People are motivated to make wise choices more by hope and opportunity than by fear, cynicism, hatred and despair. Unlike many current candidates, Obama has not appealed to those passions. No, Obama has not been temperamentally perfect. Too often he’s been disdainful, aloof, resentful and insular. But there is a tone of ugliness creeping across the world, as democracies retreat, as tribalism mounts, as suspiciousness and authoritarianism take center stage. Obama radiates an ethos of integrity, humanity, good manners and elegance that I’m beginning to miss, and that I suspect we will all miss a bit, regardless of who replaces him. David Brooks
Le rituel du soir de Barack Obama n’est un secret pour personne : le président des États-Unis est un couche-tard. Ces quelques heures de solitude, entre la fin du dîner et l’heure de dormir, vers 1 heure du matin, sont celles où il réfléchit et se retrouve seul avec lui-même. De menus détails sur sa vie qui sont connus du public depuis plusieurs années.  Alors pourquoi les raconter à nouveau ? pourrait-on demander au New York Times, et son enquête intitulée « Obama après la tombée de la nuit ». Parce que les lecteurs apprécient visiblement ces quelques images de l’intimité d’un président qui quittera bientôt la Maison Blanche. Deux jours après sa publication, l’article est toujours dans le top 10 des plus lus sur le site. Barack Obama a toujours été un pro du storytelling. Tout, dans l’image qu’il donne de lui-même, est précisément contrôlé, y compris les moments de décontraction. Pete Souza, le photographe officiel de la Maison Blanche, en est le meilleur témoin et le meilleur outil. Le professionnel met en avant l’image d’un président plus décontracté, en marge du protocole officiel, proche des enfants, jouant allongé par terre avec un bébé tenu à bout de bras ou autorisant un jeune garçon à lui toucher les cheveux « pour savoir s’ils sont comme les siens ». Dans cet article, c’est encore une fois l’image d’un homme décontracté, mais aussi plus sage et solitaire qu’à l’ordinaire, qui est travaillée. Et d’abord par l’introduction qui compare les habitudes nocturnes de Barack Obama à celle de ses prédécesseurs. « Le président George W. Bush, un lève-tôt, était au lit à dix heures. Le président Bill Clinton se couchait tard comme M. Obama, mais il consacrait du temps à de longues conversations à bâtons rompus avec ses amis et ses alliés politiques. » Là où Bill Clinton appréciait la compagnie jusqu’à tard dans la nuit, Barack Obama choisit la solitude réflexive. Pour enfoncer le clou, l’article cite alors l’historien Doris Kearns Goodwin : « C’est quelqu’un qui est bien seul avec lui-même. » (…) L’huile qui fait tourner les rouages d’un storytelling réussi, ce sont les anecdotes, inoffensives ou amusantes. Ici, on découvre celle des sept amandes que Barack Obama mange le soir. Les amandes montrent que le président a une hygiène de vie impeccable, qu’il n’a besoin de boissons excitantes ou sucrées pour tenir le coup. Et en même temps, le chiffre précis a quelque chose d’insolite, qui donne l’image de quelqu’un d’un peu crispé, qui veut tout contrôler. Mais pas trop. (…) Le portrait de Barack Obama, une fois la nuit tombée, soigne également l’image d’un bourreau de travail, perfectionniste et attaché aux détails. (…) Dans le même temps, il faut entretenir l’image de « Mister Cool » et continuer à travailler sur celle du père de famille. Barack Obama ne fait pas que travailler dans son bureau. Il se tient au courant des résultats sportifs sur ESPN et joue à Words With Friends, un dérivé du Scrabble sur iPad. Le « rituel du coucher » n’a plus vraiment de raison d’être maintenant que ses filles Malia et Sasha ont 18 et 15 ans, mais il reste la « movie night », la soirée cinéma de la famille, tous les vendredis soirs dans le « Family Theater », une salle de projection privée de 40 places. Avec le petit détail qui change tout : Barack et Michelle apprécient les séries ultra-populaires Breaking Bad ou Game of Thrones. Le procédé est efficace, et l’impression générale qui se dégage est celle d’un homme réfléchi, calme, solitaire. Le Monde
George W. Bush avait signé en 2003 la loi créant le Musée national de l’Histoire et de la Culture Afro-Américaines, mais c’est au premier président noir du pays qu’est revenu le privilège de l’inaugurer ce samedi. Outre Barack et Michelle Obama, George W. et Laura Bush les élus du Congrès et les juges de la Cour suprême, quelque 20.000 personnes se sont rassemblées en milieu de journée sur le Mall de Washington, la grande esplanade faisant face au Capitole, au nombre desquelles tout ce que le pays compte de célébrités noires. Oprah Winfrey, qui a donné 20 millions de dollars, a eu droit à une place d’honneur. (…) Au-dessus de lui, le bâtiment de six étages, dessiné par l’architecte britannique d’origine tanzanienne David Adjaye, se dresse comme une couronne africaine de bronze face au Washington Monument (l’obélisque érigé en hommage au premier président des Etats-Unis), à l’endroit même où, il y a deux siècles, se tenait un marché aux esclaves. Son matériau, inspirée des textiles d’Afrique de l’Ouest, laisse passer la lumière et rougeoie au soleil couchant, créant une impression massive de l’extérieur et aérienne de l’intérieur. Il a fallu treize ans et 540 millions de dollars pour bâtir le dix-neuvième musée de la Smithsonian Institution et y rassembler plus de 35.000 témoignages de l’histoire des Afro-Américains, dont aucun aspect n’est occulté: ni la traite des esclaves, ni la ségrégation, ni la lutte pour les droits civiques, ni les réussites contemporaines, du sport au hip-hop et à la politique. La présidence de Barack Obama y est documentée dans l’un des 27 espaces d’exposition, non loin de la Cadillac de Chuck Berry ou des chaussures de piste de Jessie Owens. Mais le visiteur est d’abord invité à passer devant les chaînes, les fouets, les huttes misérables des esclaves, les photos de dos lacérés ou de lynchages (3437 Noirs pendus entre 1882 et 1851), ou encore le cercueil d’Emmett Till, tué à l’âge de 14 ans dans le Mississippi pour avoir sifflé une femme blanche en 1955. «Ce n’est pas un musée du crime ou de la culpabilité, insiste son directeur, Lonnie Bunch, c’est un lieu qui raconte le voyage d’un peuple et l’histoire d’une nation. Il n’y a pas de réponses simples à des questions complexes». Au moment où les marches de la communauté noire se répandent dans le pays pour protester contre les violences policières, Barack Obama a invité Donald Trump à visiter le Musée de l’Histoire et de la Culture Afro-Américaine. Le candidat républicain à sa succession a déclaré que les Noirs vivaient aujourd’hui «dans les pires conditions qu’ils aient jamais connues». Dans une interview vendredi à la chaîne ABC, le président a répliqué: «Je crois qu’un enfant de 8 ans est au courant que l’esclavage n’était pas très bon pour les Noirs et que l’ère Jim Crow (les lois ségrégationnistes, Ndlr) n’était pas très bonne pour les Noirs». Au moment où les marches de la communauté noire se répandent dans le pays pour protester contre les violences policières, Barack Obama a invité Donald Trump à visiter le Musée de l’Histoire et de la Culture Afro-Américaine. Le candidat républicain à sa succession a déclaré que les Noirs vivaient aujourd’hui «dans les pires conditions qu’ils aient jamais connues». Dans une interview vendredi à la chaîne ABC, le président a répliqué: «Je crois qu’un enfant de 8 ans est au courant que l’esclavage n’était pas très bon pour les Noirs et que l’ère Jim Crow (les lois ségrégationnistes, Ndlr) n’était pas très bonne pour les Noirs». Le Figaro
A young Jack Kennedy leads his shipwrecked crew to safety on a deserted island, dragging an injured sailor as he swims. A middle-aged FDR is struck down by polio, then fights to recover his ability to walk in order to step back onto the political stage. An up-and-coming Abraham Lincoln, new to the legal profession, stops a lynch mob from killing two young men suspected of murder, then successfully defends them in court. A young Barack Obama, interning at a corporate law firm, convinces his supervisor to go on a date. They kiss. One of these things is not like the others. The vast majority of presidential movies focus on presidents being presidents, sitting at the head of state, living arguably the most consequential moments of their lives. A man with the power and responsibility of the highest office in the country is instantly interesting, whether that’s JFK with the Cuban missile crisis, Lincoln on the eve of the Civil War, Nixon authorizing break-ins at the Watergate, or that famous speech President Bill Pullman gives toward the end of Independence Day. It’s easy for a president to get turned into a figure of high drama, a hero or villain of our national narrative.But when a film dips into a president’s pre-presidential years, there’s more than just a good story going on. In fact, only a handful of presidential films have ignored a president’s years in the Oval Office entirely: PT-109 (the JFK war movie), Sunrise at Campobello (FDR’s recovery drama), Young Mr. Lincoln (on Lincoln’s… yes, younger years), and now Southside With You, the new movie about Barack and Michelle Obama’s first date in Chicago in 1991.  Iwan Morgan, editor of Presidents in the Movies and professor of U.S. Studies and American History at University College London, explained over email that both JFK’s and FDR’s early biopics “deal with pre-presidential triumph over adversity to emphasize their suitability to lead in office, rather than celebrating their leadership in office.” Morgan added that John Ford, director of Young Mr. Lincoln, “focuses on the pre-heroic Lincoln to explore his formative influences and preparation for greatness.” The whole point of making a presidential prequel is to show the pattern of the POTUS-to-be. So what does Southside with You show us? The film follows the Obamas through a fictionalized version of their famous first date, whose end is already memorialized by a plaque in front of a Hyde Park Baskin-Robbins — inscribed with this quote from a 2007 O, The Oprah Magazine interview with Barack: “On our first date, I treated her to the finest ice cream Baskin-Robbins had to offer, our dinner table doubling as the curb. I kissed her, and it tasted like chocolate.”However sweet the ending, the day didn’t begin as a date, at least in Southside’s telling. Barack is a broke summer associate at a corporate law firm; Michelle, his supervisor. He knows she thinks dating within the office is a bad look (and it is), so he asks her out to a community activist meeting at the Gardens — a housing project on Chicago’s South Side — and he fudges the timing a little so they’ll have an opportunity to hang beforehand. They take a trip to the Art Institute of Chicago, where Barack recites the Gwendolyn Brooks poem “We Real Cool” from memory in front of an Ernie Barnes painting, then meander around a public park, trading political opinions and biographical details. (…) Within the context of the rom-com, this makes for sweet (if somewhat boring) viewing. A first date is all about potential, but we know how this particular love story ends. The Obamas are paragons of the modern married couple; Barack’s promise as a potential partner paid off. But (…) in spite of itself, this plays right to the most persistent criticisms of the Obama presidency, and to the greatest fears of his supporters: that Obama never moved beyond his perceived potential from the 2008 election, and was never able to deliver much more than a solid speech. Dargis called the film a “cinematic hagiography” in the Times, but to borrow another Christian term of art, it’s closer to a piece of apologetics. Instead of a miracle story of a hero’s precocious powers, it presents an argument against his critics, a character study by way of excuse. In Southside, the young Obama doesn’t demonstrate his future leadership ability as much as his ability to convince you of his future leadership ability. Which is, ironically, what many of his strongest critics say about his presidency. That it was — and remained, throughout his eight years in office — about possibility. Southside tells us that, if it wasn’t for the system, Obama could have accomplished more, and despite it all, did an admirable job of keeping his head up. It urges us to believe what we already know: that he’s a cool guy in private, even if he keeps calling for drone strikes and deporting more people  — that’s just playing to the white couple at the movie theater, the conservative crowd. It argues, ice cream cone in hand, that Obama would have made a truly great president, if he had just been given the chance. Sam Dean
The writer and director Richard Tanne’s first feature, “Southside with You,” which will be released next Friday, is an opening act of superb audacity, a self-imposed challenge so mighty that it might seem, on paper, to be a stunt. It’s a drama about Barack Obama and Michelle Robinson’s first date, in Chicago, in the summer of 1989. It stars Parker Sawyers as the twenty-eight-year-old Barack, a Harvard Law student and summer associate at a Chicago law firm, and Tika Sumpter (who also co-produced the film) as the twenty-five-year-old Michelle, a Harvard Law graduate and a second-year associate at the same firm. The results don’t resemble a stunt; far from it. “Southside with You,” running a brisk hour and twenty minutes, is a fully realized, intricately imagined, warmhearted, sharp-witted, and perceptive drama, one that sticks close to its protagonists while resonating quietly but grandly with the sweep of a historical epic. Tanne tells the story of the First Couple’s first date with a tightly constrained time frame—one day’s and evening’s worth of action—that begins with the protagonists preparing for their rendezvous and ends with them back at their homes. In between, Tanne pulls off a near-miracle, conveying these historic figures’ depth and complexity of character without making them grandiose. The dialogue is freewheeling and intimate, ranging through subjects far from the matters at hand, suggesting enormous intellect and enormous promise without seeming cut-and-pasted from speeches or memoirs. The film exudes Tanne’s own sense of calm excitement, nearly a documentarian’s serendipitous thrill at being present to catch on-camera a secret miracle of mighty historical import. Movies about public figures—ones whose appearance, diction, and gestures are deeply ingrained in the minds of most likely viewers—must confront the Scylla of impersonation and the Charybdis of unfaithfulness. Tanne’s extraordinary actors thread that strait nimbly, delivering performances that exist on their own but feel true to the characters, that spin with dialectical delight and embody the ardors, ambitions, and uncertainties that even the most able and aware young adults must face. (…) Tanne achieves something that few other directors—whether of independent or Hollywood or art-house films—ever do: he creates characters with an ample sense of memory, who fully inhabit their life prior to their time onscreen, and who have a wide range of cultural references and surging ideas that leap spontaneously into their conversation. A scene in which Michelle and Barack visit an exhibit of Afrocentric art—he discusses the importance of the painter Ernie Barnes to the sitcom “Good Times,” and together they recall Gwendolyn Brooks’s poem “We Real Cool”—has an effortless grace that reflects an unusual cinematic depth of lived experience. The centerpiece of the film is a splendid bit of romantic and principled performance art on the part of Barack. He plans the non-date date around a community meeting in a mainly black neighborhood that Michelle—who did pro-bono work at Harvard and who admits to frustration with her trademark-law work at the firm—is eager to attend. There, Barack, who had been active with the organization before heading to Harvard, is received like a prodigal son. The subject of the meeting is the legislature’s refusal to build a much-needed community center; frustration among the attendees mounts, until Barack addresses them and offers some brilliant practical suggestions to overcome the opposition. At the meeting, he displays, above all, his gifts for public speaking and, even more, for empathy. He reveals, to the community group but also to Michelle, a preternatural genius at grasping interests and motives, at seeking common cause, and at recognizing—and acting upon—the human factor. There, Barack also displays a personal philosophy of practical politics that’s tied to his larger reflections on American history and political theory. The intellectual passion that Tanne builds into the scene, and that Sawyers delivers with nuanced fervor, is all the more striking and exquisite for its subtle positioning as a device of romantic seduction. Michelle’s sense of principled responsibility and groundedness, her worldly maturity and practical insight, is matched by Barack’s ardent but callow, mighty but still-unfocussed energies. The movie’s ring of authenticity carried me through from start to finish without inviting my speculations as to the historical veracity of the events. Curiosity eventually kicked in, though; most accounts of the first date suggest that its general contours involved Michelle’s reluctance to date a colleague who was also a subordinate, the visit to the Art Institute, a walk, a drink, and a viewing of the recently released film “Do the Right Thing.” The community meeting is usually described as occurring at another occasion, yet it fits into the first date with a verisimilitude as well as an emotional impact that justify the dramatization. As for their viewing of Spike Lee’s movie, the scene that Tanne derives from it is a minor masterwork of ironic psychology and mother wit. It’s too good to spoil; suffice it to say that the scene is set against the backdrop of controversy that greeted Lee’s film at the time of its release, with some critics—white critics—fearing that the climactic act of violence (meaning not the police killing of Radio Raheem but Mookie’s throwing a garbage can through the window of Sal’s Pizzeria and leading his neighbors to ransack the venue) would incite riots. “Southside with You” is the sort of movie that, say, Richard Linklater’s three “Before” movies aren’t—an intimate story that has a reach far greater than its scale, that has stakes and substance extending beyond the couple’s immediate fortunes. There’s a noble historical precedent for Tanne’s film. If the modern cinema was inspired by Roberto Rossellini’s “Voyage to Italy,” from 1954—which taught a handful of ambitious young French critics that all they needed to make a movie was two actors and a car, that they could make a low-budget and small-scale production that would be rich in cinematic ideas and romantic passion alike—then “Southside with You” is an exemplary work of cinematic modernity. Rossellini, a cinematic philosopher, ranges far through history and politics to ground a couple’s intimate disasters in the deep currents of modern life. Tanne does this, too, and goes one step further; his inspiration is reminiscent of the advice that the nineteen-year-old critic Jean-Luc Godard gave to his cinematic elders, “unhappy filmmakers of France who lack scenarios.” Godard advised them to make films about “the tax system,” about the writer and Nazi collaborator Philippe Henriot, about the Resistance activist Danielle Casanova. Tanne picks a great subject of contemporary history and politics—indeed, one of the very greatest—and approaches it without the pomp and bombast of ostensibly important, message-mongering Oscarizables. He realizes Barack Obama and Michelle Robinson onscreen with the same meticulous, thoughtful, inventive imagination that other directors might bring to figures of legend, people they know, or their own lives. “Southside with You” is a virtuosic realization of history on the wing, of the lives of others incarnated as firsthand experience. To tell this story is a nearly impossible challenge, and Tanne meets it at its high level. The New Yorker
Like “Before Sunrise,” a film which invites comparison, “Southside with You” is a two-hander that’s top-heavy with dialogue, walking and a knowing sense of location. Unlike that film, however, we already know the ending before the lights go down in the theater. So, writer/director Richard Tanne replaces the suspenseful pull of “will they or won’t they?” with an equally compelling and understated character study that humanizes his larger-than-life public figures. Tanne reminds us that, before ascending to the most powerful office in the world, Barack and Michelle were just two regular people who started out somewhere much smaller. This down-to-earth approach works surprisingly well because “Southside with You” never loses sight of the primary tenet of a great romantic comedy: All you need is two people whom the audience wants to see get together—then you put them together. So many entries in this genre fail miserably because the filmmakers feel compelled to overcomplicate matters with useless subplots and extraneous characters; they mistake cacophony for complexity. “Southside with You” builds its emotional richness by coasting on the charisma of its two leads as they carefully navigate each other’s personality quirks and life stories. We may be ahead of them in terms of knowing the outcome, but we’re simultaneously learning the details. “Southside with You” is at once a love song to the city of Chicago and its denizens, an unmistakably Black romance and a gentle, universal comedy. It is unapologetic about all three of these elements, and interweaves them in such a subtle fashion that they become more pronounced only upon later reflection. The Chicago affection manifests itself not only in a scene where, in front of a small group of community activists welcoming back their favorite son, Barack demonstrates a rough version of the speechmaking ability that will later become his trademark, but also when Barack takes Michelle to an art gallery. He points out that the Ernie Barnes paintings they’re viewing were used on the Chicago-set sitcom “Good Times.” Then the duo recite Chicago native Gwendolyn Brooks’ poem about the pool players at the Golden Shovel, « We Real Cool. » Even the beloved founder of this site, Roger Ebert, gets a shout-out for championing “Do the Right Thing, » the movie Barack and Michelle attend in the closing hours of their date. Though its depiction of romance is recognizable to anyone who has ever gone on a successful first date, “Southside with You” also takes time to address the concerns Michelle has with dating her co-worker, especially since she’s his superior and the only Black woman in the office. The optics of this pairing worries her in ways that hint at the corporate sexism that existed back in 1989, and continues in some fashion today. Her concern is that her superiors might think she threw herself at the only other Black employee which, based on my own personal workplace experience, I found completely relatable. This plotline has traction, culminating in a fictional though very effective climactic scene between Barack, Michelle and their boss. It’s a bit overdramatic, but the payoff is a lovely ice cream-based reconciliation that may do for Baskin-Robbins what Beyoncé’s “Formation” did for Red Lobster. Odie Henderson
Such hagiography of our chief executives is not unheard of, but it’s also less common than you might think. The complicated portraits of presidents painted by Oliver Stone in Nixon (1995) and W. (2008)—sympathetic, to a point, but unsparing and occasionally unfair—are far more interesting than the offering to Obama’s cult of personality that Southside With You represents. John Ford’s Young Mr. Lincoln (1939) and Steven Spielberg’s Lincoln (2012) are perhaps the two most impressive examples of pure homage to the presidency. Young Mr. Lincoln in particular is a deft piece of filmmaking—as the booklet that comes with the Criterion Collection’s edition of the film notes, the legendary Soviet director Sergei Eisenstein once wrote that if he could lay claim to any American film, it would have been this one—which culminates in as powerful a sequence as any in film history. Honest Abe (Henry Fonda) has defended two brothers from a wrongful murder charge—first saving them from a lynch mob and then proving their innocence in court—and seen the grateful family off. A friend asks if he wants to come back to town. “No, I think I might go on a piece. Maybe to the top of that hill,” Lincoln replies, striding off into the sunset. As he crests the ridge and as the Battle Hymn of the Republic plays, the sky cracks and rain pours forth. He pushes on, into the rain, the lightning, the thunder. It’s a storm Lincoln will have to face alone, a storm similar to the one the nation faced when the film was produced in 1939. It’s not a subtle image, particularly, but it does hold up through the decades, a simple and powerful picture of a man with the weight of a nation on his shoulders. In its own way, the closing moments of Southside With You are also affecting. Barack Obama sits in a chair, smoking a cigarette, a book on his lap. He smiles, thinking of himself and his date. The storm clouds gather again—mass murder in Syria; a destabilized Middle East; a resurgent China and Russia—but you wouldn’t know it from the placid look on the future chief executive’s face. He is detached, concerned with his own affairs, his own place in the world. If that’s the impression Tanne was going for, well, to quote another president: Mission Accomplished. Free Beacon
In a highly effective move, the will they/won’t they drama of Southside with You climaxes with an incident that very much did happen in real life—kinda. Hitting the movies to check out Spike Lee’s controversial new joint Do The Right Thing, the pair find themselves face to face with Michelle’s nightmare: a senior white partner from their law firm, who’s also come to check out the movie. Like Southside’s brief mention of Obama’s white girlfriend at Columbia, the name of the real partner is changed onscreen. “Avery” and his wife Laura were really lawyer Newton Minow and his wife Jo, who ran into the future Mr. and Mrs. Obama at the movies. (…) Unfortunately, the film uses him for its own dramatic purposes: to play up the racial and cultural frictions that theoretically gave Barack and Michelle common ground as two of the only African-Americans at the office, and to justify Movie Michelle’s fears that the older white men of Sidley Austin might lose respect for her as an attorney in her own right if she started dating Barack. Those racially-charged frustrations, portrayed purposefully onscreen by Sumpter, have not been expressed much by the real Michelle and Barack in interviews about their romance. Daily Beast
Pas un soupçon d’intérêt historique (ou autre), tant cette romance cui-cui/cucul baigne dans l’eau de rose. Voici
Après avoir longtemps hésité, Michelle Robinson, associée dans un cabinet juridique, accepte finalement une invitation à sortir de Barack Obama, le stagiaire prometteur engagé pour l’été. Comme la jeune femme ne souhaite pas que leur soirée ressemble à un rendez-vous amoureux traditionnel, il décide d’emmener sa supérieure se promener dans différents endroits du Chicago de la fin des années 1980. Il espère profiter de ces moments informels pour apprendre à mieux la connaître. Durant leur balade, ils visitent l’institut d’art de la ville, où ils évoquent ensemble leur amour pour la poésie de Gwendolyn Brooks ou pour la peinture d’Ernie Barnes. Télérama
Un jour de 1989, une avocate, Michelle, se fait inviter par un stagiaire prénommé Barack… On espère que le premier rendez-vous du futur président des Etats-Unis avec son épouse a été moins ennuyeux et moins pompeux que celui de leurs personnages sur l’écran. On en est même sûr. Sinon, ils se seraient quittés le soir même pour ne plus jamais se revoir…  Pierre Murat
La machine hagiographique hollywoodienne n’a pas attendu le terme du second mandat de Barack Obama pour embaumer le 44e président des Etats-Unis dans sa propre légende. Pour cela, First Date n’emprunte pas les voies traditionnelles du biopic (biographie filmée), mais d’une comédie romantique se déroulant sur une seule journée : celle de 1989 où la future « First Lady » Michelle, alors jeune avocate à Chicago, tombe amoureuse du stagiaire de sa firme, l’humble, pondéré, clairvoyant, attentionné, plébiscité et prometteur Barack. Constitué d’une longue conversation entre les deux personnages, au gré des endroits qu’ils visitent, le film insiste sur leur élégance simple, leur aisance naturelle et la perfection de leur pedigree. Comme dans beaucoup de fictions américaines, la séduction se passe un peu comme un entretien d’embauche, où il s’agit moins de décocher les flèches de Cupidon que de cocher les cases d’un CV imaginaire rempli de bienséance et de respectabilité. Les dialogues en profitent pour énumérer les états de service, éléments biographiques et souvenirs officiels des personnages, en somme tout ce qu’il faut savoir des locataires de la Maison Blanche, à la façon d’une notice Wikipédia. Le tout est enrobé par la mise en scène dans un environnement lisse, soyeux, confortable, soigneusement aseptisé par les lumières douces et les couleurs pastel d’un climat ensoleillé. Les scènes se suivent sans remous : l’une au musée pour nous montrer que Barack est cultivé, l’autre dans sa paroisse de quartier pour prouver sa dévotion à la communauté et ses talents d’orateur, une autre encore au cinéma, devant Do the Right Thing, de Spike Lee, pour marquer son acuité de conscience. (…) Les armes émollientes de la comédie romantique contribuent à déréaliser ces figures politiques, pour en faire de petites marionnettes telles qu’en rêverait une parfaite midinette. Ce qui en dit long sur la manière dont on considère l’électeur démocrate dans les officines du cinéma indépendant. Le Monde
Déjà ? Cinq mois avant leur départ de la Maison Blanche, Michelle et Barack Obama sont les héros d’un biopic qui retrace leur rencontre et leur histoire d’amour. (…) Un autre film, Barry, sur les années new-yorkaises du futur président, alors étudiant à l’université Columbia, sera présenté à la mi-septembre au Festival de Toronto (Ontario, Canada). Sans attendre que l’Amérique tourne la page avec l’élection présidentielle du 8 novembre, la légende cinématographique des Obama se construit déjà. L’histoire de la rencontre entre Barack et Michelle à Chicago (Illinois) est connue. Elle a été racontée par les intéressés eux-mêmes. C’était l’été 1989, en pleine canicule. Michelle Robinson, 25 ans, était avocate associée au cabinet juridique Sidley Austin, un début de carrière brillant pour cette fille d’employé municipal du « South Side », le quartier noir de la ville. Le stagiaire qui venait de lui être assigné pour l’été portait ce drôle de nom, Barack Obama. A 28 ans, il arrivait comme elle de la prestigieuse faculté de droit de Harvard. Michelle était assez sceptique – et caustique – sur les hommes. Dans un cabinet uniformément blanc, elle n’allait pas compromettre sa position en sortant avec le premier stagiaire venu. Barack a dû déployer tout son charme et quelques ruses pour la conquérir. (…) Dans le film, le récit est fidèle à la réalité, à quelques raccourcis près : c’est plus tard, et non le premier jour, que Barack a emmené sa « boss » à la réunion communautaire où il lui a fait la démonstration de ses talents politiques. Mais c’est effectivement devant le glacier Baskin-Robbins de Hyde Park qu’a été échangé ce jour-là le premier baiser (« Je l’ai embrassée et ça avait un goût de chocolat », a-t-il raconté à l’animatrice Oprah Winfrey). Depuis 2012, dans la cité de l’Illinois, une plaque commémore le « first kiss » au coin de Dorchester Avenue et de la 53e Rue. Du jamais vu dans la classe politique. (…) Pour les Noirs, qui ont peu de role models (« figures modèles ») dans les représentations cinématographiques, la vision d’un couple uni et d’une famille « ordinaire » est une bénédiction. Tika Sumpter arrive à peine à l’épaule de « Barack », alors que la First Lady mesure 1,80 m. Mais le film est un hommage à un couple qui a réussi à faire entrer toute la gamme du « cool » à la Maison Blanche. (…) Avec le Barry de Vikram Gandhi, ce sont les années pré-Michelle que les spectateurs vont pouvoir découvrir. 1981, une année torturée. Barack (Devon Terrell), qui se fait encore appeler Barry, est à la recherche d’une famille et d’une identité. Sa girlfriend de l’époque est une Blanche, Genevieve Cook (jouée par Anya Taylor-Joy), la fille d’un diplomate australien. Leur relation est compliquée par les incompréhensions raciales… Aujourd’hui, le président américain a encore cinq mois devant lui ; la date de passation de pouvoir est fixée au 20 janvier par la Constitution. Il y aura un dernier sommet du G20 en Asie, un dernier discours aux Nations unies (ONU), une dernière dinde graciée pour Thanksgiving. Mais la nostalgie a déjà envahi l’Amérique. Obama n’a jamais été aussi populaire. Depuis février, il dépasse les 50 % d’opinions favorables, ce qui ne lui était plus arrivé depuis l’hiver 2013. Le Monde magazine

Cherchez l’erreur !

Plaque commémorant le « first kiss » présidentiel,  sortie de pas moins – sans compter une comédie sur son enfance indonésienne – de deux films de Hollywood six mois avant la fin du deuxième mandat du président, articles du New York Times célébrant le coucher présidentiel ou se lamentant de son départ, sondages pour une fin de 2e mandat stratosphériques …

A l’heure où, si l’on en croit nos petits écrans et nos unes de journaux, certaines rues américaines, victimes du racisme policier sont à feu et à sang …

Et que comme pour l’élimination de Ben Laden, c’est au messie noir de la Maison Blanche que revient le mérite de l’ouverture du musée des horreurs du racisme américain dont le président Bush avait signé l’ordre de construction en 2003 …

Comment ne pas être émerveillé …

Entre les panégyriques de Hollywood et les dithyrambes du New Yort Times ou de Youtube …

Alors que suite à l’indécision ou aux décisions catastrophiques voire à l’aveuglement du soi-disant chef du Monde libre face à la menace islamiste …

Le Moyen-Orient comme certaines de nos rues à l’occasion sont elles réellement à feu et à sang …

De l’incroyable capacité de storytelling du premier président américain noir et plus rapide prix Nobel de l’histoire

Comme de la non moins incroyable capacité d‘aveuglement volontaire de ceux qui sont censés nous informer ?

« First Date » : quand Michelle rencontre Barack

Mathieu Macheret

Le Monde

30.08.2016

L’avis du « Monde » – on peut éviter

La machine hagiographique hollywoodienne n’a pas attendu le terme du second mandat de Barack Obama pour embaumer le 44e président des Etats-Unis dans sa propre légende. Pour cela, First Date n’emprunte pas les voies traditionnelles du biopic (biographie filmée), mais d’une comédie romantique se déroulant sur une seule journée : celle de 1989 où la future « First Lady » Michelle, alors jeune avocate à Chicago, tombe amoureuse du stagiaire de sa firme, l’humble, pondéré, clairvoyant, attentionné, plébiscité et prometteur Barack.

Comme dans beaucoup de fictions américaines, la séduction se passe un peu comme un entretien d’embauche

Constitué d’une longue conversation entre les deux personnages, au gré des endroits qu’ils visitent, le film insiste sur leur élégance simple, leur aisance naturelle et la perfection de leur pedigree. Comme dans beaucoup de fictions américaines, la séduction se passe un peu comme un entretien d’embauche, où il s’agit moins de décocher les flèches de Cupidon que de cocher les cases d’un CV imaginaire rempli de bienséance et de respectabilité. Les dialogues en profitent pour énumérer les états de service, éléments biographiques et souvenirs officiels des personnages, en somme tout ce qu’il faut savoir des locataires de la Maison Blanche, à la façon d’une notice Wikipédia.

Un environnement aseptisé

Le tout est enrobé par la mise en scène dans un environnement lisse, soyeux, confortable, soigneusement aseptisé par les lumières douces et les couleurs pastel d’un climat ensoleillé. Les scènes se suivent sans remous : l’une au musée pour nous montrer que Barack est cultivé, l’autre dans sa paroisse de quartier pour prouver sa dévotion à la communauté et ses talents d’orateur, une autre encore au cinéma, devant Do the Right Thing, de Spike Lee, pour marquer son acuité de conscience.

En fait, tout se passe comme si c’était moins Michelle qu’il devait séduire, que le spectateur. Les armes émollientes de la comédie romantique contribuent à déréaliser ces figures politiques, pour en faire de petites marionnettes telles qu’en rêverait une parfaite midinette. Ce qui en dit long sur la manière dont on considère l’électeur démocrate dans les officines du cinéma indépendant.

Film américain de Richard Tanne avec Parker Sawyers, Tika Sumpter, Vanessa Bell Calloway, Phillip Edward Van Lear (1 h 21).

Voir également:

Les Obama, vrais héros de cinéma

Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)

M le magazine du Monde

26.08.2016

« First Date » relate la rencontre, en 1989, entre Michelle Robinson, avocate à Chicago, et son stagiaire Barack Obama.

Déjà ? Cinq mois avant leur départ de la Maison Blanche, Michelle et Barack Obama sont les héros d’un biopic qui retrace leur rencontre et leur histoire d’amour. Sorti le 26 août aux Etats-Unis, Southside with You est attendu sur les écrans français le 31 août sous le titre de First Date (« premier rendez-vous »).

Un autre film, Barry, sur les années new-yorkaises du futur président, alors étudiant à l’université Columbia, sera présenté à la mi-septembre au Festival de Toronto (Ontario, Canada). Sans attendre que l’Amérique tourne la page avec l’élection présidentielle du 8 novembre, la légende cinématographique des Obama se construit déjà.

L’histoire de la rencontre entre Barack et Michelle à Chicago (Illinois) est connue. Elle a été racontée par les intéressés eux-mêmes. C’était l’été 1989, en pleine canicule. Michelle Robinson, 25 ans, était avocate associée au cabinet juridique Sidley Austin, un début de carrière brillant pour cette fille d’employé municipal du « South Side », le quartier noir de la ville. Le stagiaire qui venait de lui être assigné pour l’été portait ce drôle de nom, Barack Obama.

Comment séduire la sceptique Michelle

A 28 ans, il arrivait comme elle de la prestigieuse faculté de droit de Harvard. Michelle était assez sceptique – et caustique – sur les hommes. Dans un cabinet uniformément blanc, elle n’allait pas compromettre sa position en sortant avec le premier stagiaire venu. Barack a dû déployer tout son charme et quelques ruses pour la conquérir.

« Ce n’est pas un rendez-vous amoureux », ne cessait de répéter Michelle à propos de leur premier après-midi ensemble (visite à l’Art Institute de Chicago et film de Spike Lee). Dans le film, le récit est fidèle à la réalité, à quelques raccourcis près : c’est plus tard, et non le premier jour, que Barack a emmené sa « boss » à la réunion communautaire où il lui a fait la démonstration de ses talents politiques.

Mais c’est effectivement devant le glacier Baskin-Robbins de Hyde Park qu’a été échangé ce jour-là le premier baiser (« Je l’ai embrassée et ça avait un goût de chocolat », a-t-il raconté à l’animatrice Oprah Winfrey). Depuis 2012, dans la cité de l’Illinois, une plaque commémore le « first kiss » au coin de Dorchester Avenue et de la 53e Rue.

Une famille modèle pour la communauté noire

Du jamais vu dans la classe politique. Il est vrai que, dans l’univers très « House of Cards » de Washington, les Obama détonnent. Après sept ans d’exercice du pouvoir, ils ont réussi à échapper aux scandales et ils continuent à afficher une image de complicité. Pour les Noirs, qui ont peu de role models (« figures modèles ») dans les représentations cinématographiques, la vision d’un couple uni et d’une famille « ordinaire » est une bénédiction.

Réalisé par Richard Tanne en dix-sept jours, avec un budget modeste, et produit par le chanteur et compositeur John Legend, un ami des Obama, Southside with You a emballé le Festival de Sundance (Utah) au début de l’année. Pourtant, les deux acteurs – Parker Sawyers, un quasi-inconnu, dans le rôle du futur président et Tika Sumpter (ex- « Gossip Girl »), dans celui de la brillante avocate – n’ont pas le swag (la classe) de Barack et Michelle Obama.

Ni même l’allure. Tika Sumpter arrive à peine à l’épaule de « Barack », alors que la First Lady mesure 1,80 m. Mais le film est un hommage à un couple qui a réussi à faire entrer toute la gamme du « cool » à la Maison Blanche. « On sait où ils sont arrivés, commente John Legend. C’est génial de voir où ils ont commencé. »

Regain d’amour pour le président sortant

Avec le Barry de Vikram Gandhi, ce sont les années pré-Michelle que les spectateurs vont pouvoir découvrir. 1981, une année torturée. Barack (Devon Terrell), qui se fait encore appeler Barry, est à la recherche d’une famille et d’une identité. Sa girlfriend de l’époque est une Blanche, Genevieve Cook (jouée par Anya Taylor-Joy), la fille d’un diplomate australien. Leur relation est compliquée par les incompréhensions raciales…

Aujourd’hui, le président américain a encore cinq mois devant lui ; la date de passation de pouvoir est fixée au 20 janvier par la Constitution. Il y aura un dernier sommet du G20 en Asie, un dernier discours aux Nations unies (ONU), une dernière dinde graciée pour Thanksgiving. Mais la nostalgie a déjà envahi l’Amérique. Obama n’a jamais été aussi populaire.

Depuis février, il dépasse les 50 % d’opinions favorables, ce qui ne lui était plus arrivé depuis l’hiver 2013. « Obama me manque », écrivait au début des primaires le chroniqueur républicain David Brooks dans le New York Times.

L’intéressé en joue lui-même. Lors du dernier dîner des correspondants à la Maison Blanche, début mai, il a été introduit sur la chanson phare de la comédie musicale Pitch Perfect : « Je vous manquerai quand je serai parti. »

Voir encore:

Movies

Review: In an Obama Biopic, the Audacity of Hagiography?

Southside With You

  • Directed by Richard Tanne
  • Biography, Drama, Romance
  • PG-13
  • 1h 24m

“Something else is pulling at me,” the gangly young man with the jug ears says. “I wonder if I can write books or hold a position of influence in civil rights,” he adds. “Politics?” the pretty young woman asks. He shrugs. “Maybe.”

At that point in the romantic idyll “Southside With You,” these two conversationalists are well into one of those intimate walk-and-talks future lovers sometimes share, the kind in which day turns into night and night sometimes turns into the next day (and the day after that). As they amble through one Chicago neighborhood after another — pausing here, driving there — they also meander down their memory lanes. He’s from Hawaii and Indonesia. She’s from Chicago, the South Side. He’s going to Harvard Law. She’s been there, done that, and is now practicing law. You see where this is going.

Sweet, slight and thuddingly sincere, “Southside With You” is a fictional re-creation of Barack and Michelle Obama’s first date. It’s a curious conceit for a movie less because as dates go this one is pretty low key but because the writer-director Richard Tanne mistakes faithfulness for truthfulness. He’s obviously interested in the Obamas, but he’s so cautious and worshipful that there’s nothing here to discover, only characters to admire. Every so often, you catch a glimpse of two people seeing each other as if for the first time; mostly, though, the movie just sets a course for the White House. “You definitely have a knack for making speeches,” Michelle says. Yes he does (can).

The story opens with Michelle (Tika Sumpter) talking about Barack (Parker Sawyers) to her parents (“Barack o-what-a?” says dad), while he tells his grandmother about Michelle. She’s his adviser at the firm where he’s a summer associate. Barack digs her; Michelle thinks their dating would be inappropriate. Still, he perseveres with gentle confidence, chipping away at her defenses with searching disquisitions, a park-bench lunch and a visit to an art show, where this stealth-seducer recites lines from Gwendolyn Brooks’s short poem “We Real Cool,” an ominous, disconcerting pre-mortem of some young men shooting pool that closes with the words “We die soon.”

Like Michelle and Barack’s journey through Chicago, the poem raises a cluster of ideas — literary, political, philosophical — about Barack, suggesting where he’s at and where he’s going. Mr. Tanne has clearly made a close study of his real-life inspirations, yet his movie is soon hostage to the couple’s history. His characters feel on loan and, despite his actors, eventually make for dull company because too many lines and details serve the great-man-to-be story rather than the romance. At the art show, when Barack explains that the painter Ernie Barnes did the canvases featured in the sitcom “Good Times,” it isn’t just a guy trying to impress a date; it’s a setup for another big moment.

Ms. Sumpter’s enunciation has a near-metonymic precision suggestive of Mrs. Obama’s, while Mr. Sawyers’s gestural looseness, playful smile and lanky saunter will be familiar. Mr. Sawyers has the better, more satisfying role, partly because of who he plays, though also because Barack is more complex and vulnerable. He is the one with the thorny father issues who is trying to win over the girl (the audience, the nation). He’s hard to resist even if, by the time he takes Michelle to a community meeting in a housing project — where the aspirations of the family in “Good Times” meet their real-world counterpart — his words sound like footnotes in a political biography.

Mr. Obama wrote one such book, “The Audacity of Hope,” in which he describes this first date in a scene that’s echoed in the movie. “I asked if I could kiss her,” Mr. Obama writes, before cutting loose his smooth operator: “It tasted of chocolate.” It’s no surprise that Mr. Obama is a better writer than Mr. Tanne and has a stronger sense of drama. But it’s too bad that while Mr. Obama’s story about his date has tension, a moral and politics, Mr. Tanne’s has plaster saints. Abraham Lincoln was long dead when John Ford polished the presidential halo in the 1939 film “Young Mr. Lincoln.” Mr. Obama hasn’t even left office, but the cinematic hagiography has begun.

“Southside With You” is rated PG-13 (Parents strongly cautioned) for cigarette smoking. Running time: 1 hour 24 minutes.

Voir aussi:

‘Southside With You’ Review

Hagiographic retelling of Obama’s first date likely to disappoint those uninitiated into his cult of personality

Free Beacon
September 2, 2016

The pivotal moment in Southside With You amounts to a center-left cinematic version of John Galt’s Speech.

Barack Obama (Parker Sawyers) strides to the pulpit of a rundown inner-city church and launches into a clunky but heartfelt riff on the nature of American society—that we can only make progress when we come together and work for the greater good. Though mercifully shorter than John Galt’s stem-winder near the end of Atlas Shrugged, Obama’s speech is also staged poorly: The camera lingers on our hero, static, shot slightly from below to give him a majestic visage. When we cut away, it’s often to Michelle (Tika Sumpter), who is seen smiling in the audience, overcome by the great man’s words, Dagny Taggart gazing at the man who would jumpstart the motor of the world.

“You definitely have a knack for making speeches,” she says, a cringe-inducing summation of Obama’s political talents.

Like Galt’s rambling ode to the Makers-Not-Takers Class, Obama’s vision of a world that works best when compromise is prized bears little relation to the world we’ve seen for the last few years.

The rest of the film is less annoyingly, but rarely more artfully, put together. It’s a lot of shot/reverse shot and slow walk-and-talks, with Barack and Michelle’s faces all-too-often draped in shadows. Oddly, the movie often works better when Michelle and Barack are not on screen together, as in the early going when the two of them discuss the evening’s events with their respective families.

There’s an interesting film to be made about Obama’s relation to his father, but director Richard Tanne doesn’t make much use of this fertile territory. He’s more interested in resurrecting the idea of hope and change, as embodied by the young couple in love, than he is in examining why the former has been lost and the latter has failed. As the New York Times’ Manohla Dargis—no indignant reactionary offended by this mediocre offering’s praise to the heavens, she—put it, “Mr. Obama hasn’t even left office, but the cinematic hagiography has begun.”

Such hagiography of our chief executives is not unheard of, but it’s also less common than you might think. The complicated portraits of presidents painted by Oliver Stone in Nixon (1995) and W. (2008)—sympathetic, to a point, but unsparing and occasionally unfair—are far more interesting than the offering to Obama’s cult of personality that Southside With You represents.

John Ford’s Young Mr. Lincoln (1939) and Steven Spielberg’s Lincoln (2012) are perhaps the two most impressive examples of pure homage to the presidency. Young Mr. Lincoln in particular is a deft piece of filmmaking—as the booklet that comes with the Criterion Collection’s edition of the film notes, the legendary Soviet director Sergei Eisenstein once wrote that if he could lay claim to any American film, it would have been this one—which culminates in as powerful a sequence as any in film history.

Honest Abe (Henry Fonda) has defended two brothers from a wrongful murder charge—first saving them from a lynch mob and then proving their innocence in court—and seen the grateful family off. A friend asks if he wants to come back to town. “No, I think I might go on a piece. Maybe to the top of that hill,” Lincoln replies, striding off into the sunset. As he crests the ridge and as the Battle Hymn of the Republic plays, the sky cracks and rain pours forth. He pushes on, into the rain, the lightning, the thunder. It’s a storm Lincoln will have to face alone, a storm similar to the one the nation faced when the film was produced in 1939.

It’s not a subtle image, particularly, but it does hold up through the decades, a simple and powerful picture of a man with the weight of a nation on his shoulders. In its own way, the closing moments of Southside With You are also affecting. Barack Obama sits in a chair, smoking a cigarette, a book on his lap. He smiles, thinking of himself and his date. The storm clouds gather again—mass murder in Syria; a destabilized Middle East; a resurgent China and Russia—but you wouldn’t know it from the placid look on the future chief executive’s face. He is detached, concerned with his own affairs, his own place in the world.

If that’s the impression Tanne was going for, well, to quote another president: Mission Accomplished.

Voir encore:

Barack Obama: The Rom-Com President

What ‘Southside With You’ says about President Obama’s legacy

Sam Dean

MEL

Aug 31 2016

A young Jack Kennedy leads his shipwrecked crew to safety on a deserted island, dragging an injured sailor as he swims. A middle-aged FDR is struck down by polio, then fights to recover his ability to walk in order to step back onto the political stage. An up-and-coming Abraham Lincoln, new to the legal profession, stops a lynch mob from killing two young men suspected of murder, then successfully defends them in court. A young Barack Obama, interning at a corporate law firm, convinces his supervisor to go on a date. They kiss.

One of these things is not like the others.

The vast majority of presidential movies focus on presidents being presidents, sitting at the head of state, living arguably the most consequential moments of their lives. A man with the power and responsibility of the highest office in the country is instantly interesting, whether that’s JFK with the Cuban missile crisis, Lincoln on the eve of the Civil War, Nixon authorizing break-ins at the Watergate, or that famous speech President Bill Pullman gives toward the end of Independence Day. It’s easy for a president to get turned into a figure of high drama, a hero or villain of our national narrative.

But when a film dips into a president’s pre-presidential years, there’s more than just a good story going on. In fact, only a handful of presidential films have ignored a president’s years in the Oval Office entirely: PT-109 (the JFK war movie), Sunrise at Campobello (FDR’s recovery drama), Young Mr. Lincoln (on Lincoln’s… yes, younger years), and now Southside With You, the new movie about Barack and Michelle Obama’s first date in Chicago in 1991.

Iwan Morgan, editor of Presidents in the Movies and professor of U.S. Studies and American History at University College London, explained over email that both JFK’s and FDR’s early biopics “deal with pre-presidential triumph over adversity to emphasize their suitability to lead in office, rather than celebrating their leadership in office.” Morgan added that John Ford, director of Young Mr. Lincoln, “focuses on the pre-heroic Lincoln to explore his formative influences and preparation for greatness.” The whole point of making a presidential prequel is to show the pattern of the POTUS-to-be.

So what does Southside with You show us? The film follows the Obamas through a fictionalized version of their famous first date, whose end is already memorialized by a plaque in front of a Hyde Park Baskin-Robbins — inscribed with this quote from a 2007 O, The Oprah Magazine interview with Barack: “On our first date, I treated her to the finest ice cream Baskin-Robbins had to offer, our dinner table doubling as the curb. I kissed her, and it tasted like chocolate.”

However sweet the ending, the day didn’t begin as a date, at least in Southside’s telling. Barack is a broke summer associate at a corporate law firm; Michelle, his supervisor. He knows she thinks dating within the office is a bad look (and it is), so he asks her out to a community activist meeting at the Gardens — a housing project on Chicago’s South Side — and he fudges the timing a little so they’ll have an opportunity to hang beforehand. They take a trip to the Art Institute of Chicago, where Barack recites the Gwendolyn Brooks poem “We Real Cool” from memory in front of an Ernie Barnes painting, then meander around a public park, trading political opinions and biographical details.

Barack (Parker Sawyers) and Michelle (Tika Sumpter) mostly speak in expository monologues; their back-and-forth has all the zip and timing of an exchange between animatronics in the Hall of Presidents. It’s less like Before Sunset, the movie’s obvious walk-and-talk precedent, and more like an extended video-game cut scene — even something about the cinematography feels expectant, like something is always about to happen, but never does.

The future POTUS and FLOTUS head to a bar, where Michelle finally agrees to call their day together a “date,” and then they go see Spike Lee’s Do the Right Thing (another movie that takes place in one day, though the similarities end right about there). Walking out, the couple runs into a higher-up from the law firm and his wife.

This presents a double danger: First, Michelle’s main reason for not wanting to date within the office (and especially not wanting to date the only other black person in the office) was to avoid office gossip, and the undermining that comes with being anything less than professional; second, they ask the young black couple if they could explain the famous final scene of Do The Right Thing, in which the main character, Mookie (played by Spike Lee), throws a trash can through the window of the pizzeria where he works.

Mookie threw the trash can to save the life of the pizzeria owner and divert the crowd’s anger toward the restaurant itself, Barack explains, clearly catering to the older white couple. But once they walk away, he assures Michelle that he was just playing to his audience—Mookie threw the trash can because he was angry. Then: the ice cream, and the kiss.

Within the context of the rom-com, this makes for sweet (if somewhat boring) viewing. A first date is all about potential, but we know how this particular love story ends. The Obamas are paragons of the modern married couple; Barack’s promise as a potential partner paid off. But, as Manohla Dargis pointed out in her review in The New York Times, it’s clear throughout Southside that Michelle is meant to be a stand-in for the audience, for the Obama voter, for the nation at large — Barack didn’t just want Michelle, he wanted you.

So what about his promise as a president? Besides getting Michelle to go on a date with him in the first place, two moments where young Barack seemingly takes action are at the meeting in the Gardens and, belatedly, after Do the Right Thing. In the first, he gives a speech about not being discouraged by a fractious and adversarial political system, counseling patience. In the second, he gives a palatable answer to an older, conservative white audience, saving his real charm (and real insight) for Michelle. Now that’s politics.

Perhaps this would all be more touching if we knew that these tactics had made for a rip-roaring two terms as president. Instead, and in spite of itself, this plays right to the most persistent criticisms of the Obama presidency, and to the greatest fears of his supporters: that Obama never moved beyond his perceived potential from the 2008 election, and was never able to deliver much more than a solid speech.

Dargis called the film a “cinematic hagiography” in the Times, but to borrow another Christian term of art, it’s closer to a piece of apologetics. Instead of a miracle story of a hero’s precocious powers, it presents an argument against his critics, a character study by way of excuse. In Southside, the young Obama doesn’t demonstrate his future leadership ability as much as his ability to convince you of his future leadership ability. Which is, ironically, what many of his strongest critics say about his presidency. That it was — and remained, throughout his eight years in office — about possibility.

Southside tells us that, if it wasn’t for the system, Obama could have accomplished more, and despite it all, did an admirable job of keeping his head up. It urges us to believe what we already know: that he’s a cool guy in private, even if he keeps calling for drone strikes and deporting more people  — that’s just playing to the white couple at the movie theater, the conservative crowd. It argues, ice cream cone in hand, that Obama would have made a truly great president, if he had just been given the chance.

Voir de même:

Roger Ebert
August 26, 2016 

As Michelle Robinson (Tika Sumpter) gets dressed in her home on the South Side of Chicago, her mother (Vanessa Bell Calloway) playfully teases her about the amount of effort Michelle is putting into her appearance. “I thought this wasn’t a date,” she chides. Michelle insists it isn’t. “You know I like to look nice when I go out,” she says. When her father joins his wife in ribbing their daughter, Michelle digs in her heels about this being a “non-date”. But it’s clear the lady doth protest too much. In her mind, there’s no way she’s falling for the smooth-talking co-worker who invited her to a community event. She’s seen this type of brother before, and she thinks she’s immune to his brand of charm.

Soon, the brother in question, Barack Obama (Parker Sawyers), picks up Miss Robinson. Our first glimpse of him, backed by Janet Jackson’s deliriously catchy 1989 hit “Miss You Much, » is a master class of not allowing one’s meager means to interfere with one’s confidence level. Barack smokes with the preternaturally efficient coolness of Bette Davis, yet drives a car built for Fred Flintstone. The large hole in the passenger side floor of his raggedy vehicle will not diminish his swagger nor derail his plan. Using the community event as a jumping-off point, he intends to gently push this non-date into the date category.

So begins the romantic comedy « Southside with You, » a mostly-true account of the first date between our current President and the First Lady.Southside with you

Like “Before Sunrise,” a film which invites comparison, “Southside with You” is a two-hander that’s top-heavy with dialogue, walking and a knowing sense of location. Unlike that film, however, we already know the ending before the lights go down in the theater. So, writer/director Richard Tanne replaces the suspenseful pull of “will they or won’t they?” with an equally compelling and understated character study that humanizes his larger-than-life public figures. Tanne reminds us that, before ascending to the most powerful office in the world, Barack and Michelle were just two regular people who started out somewhere much smaller.

This down-to-earth approach works surprisingly well because “Southside with You” never loses sight of the primary tenet of a great romantic comedy: All you need is two people whom the audience wants to see get together—then you put them together. So many entries in this genre fail miserably because the filmmakers feel compelled to overcomplicate matters with useless subplots and extraneous characters; they mistake cacophony for complexity. “Southside with You” builds its emotional richness by coasting on the charisma of its two leads as they carefully navigate each other’s personality quirks and life stories. We may be ahead of them in terms of knowing the outcome, but we’re simultaneously learning the details.

“Southside with You” is at once a love song to the city of Chicago and its denizens, an unmistakably Black romance and a gentle, universal comedy. It is unapologetic about all three of these elements, and interweaves them in such a subtle fashion that they become more pronounced only upon later reflection. The Chicago affection manifests itself not only in a scene where, in front of a small group of community activists welcoming back their favorite son, Barack demonstrates a rough version of the speechmaking ability that will later become his trademark, but also when Barack takes Michelle to an art gallery. He points out that the Ernie Barnes paintings they’re viewing were used on the Chicago-set sitcom “Good Times.” Then the duo recite Chicago native Gwendolyn Brooks’ poem about the pool players at the Golden Shovel, « We Real Cool. » Even the beloved founder of this site, Roger Ebert, gets a shout-out for championing “Do the Right Thing, » the movie Barack and Michelle attend in the closing hours of their date.

Though its depiction of romance is recognizable to anyone who has ever gone on a successful first date, “Southside with You” also takes time to address the concerns Michelle has with dating her co-worker, especially since she’s his superior and the only Black woman in the office. The optics of this pairing worries her in ways that hint at the corporate sexism that existed back in 1989, and continues in some fashion today. Her concern is that her superiors might think she threw herself at the only other Black employee which, based on my own personal workplace experience, I found completely relatable. This plotline has traction, culminating in a fictional though very effective climactic scene between Barack, Michelle and their boss. It’s a bit overdramatic, but the payoff is a lovely ice cream-based reconciliation that may do for Baskin-Robbins what Beyoncé’s “Formation” did for Red Lobster.

Heady topics aside, “Southside with You” is often hilarious and never loses its old-fashioned sweetness. Sumpter’s take on Michelle is a tad more on-point than Sawyers’ Barack, but he compensates by exuding the same bemused self-assurance as his real-life counterpart. The two leads are both excellent, but this is really Michelle’s show. Sumpter relishes throwing those “you think you’re cute” looks that poke sharp, though loving holes in all forms of braggadocio, and Sawyers fills them with surprising vulnerability. The two manage to create a beautiful tribute to enduring love in just under 90 minutes, making “Southside with You” an irresistibly romantic and rousing success.

Voir aussi:

Movies
Tika Sumpter on Playing the Future First Lady, Michelle Obama

Robert Ito

The New York Times

Aug. 18, 2016

WEST HOLLYWOOD, Calif. — Tika Sumpter knew the screenplay was something special. It was, at its core, a romance, with two charming leads slowly falling for each other over the course of a single Chicago day. They speak passionately — at some points, angrily — about moral courage and racial politics and the struggles of staying true to oneself. They take sides on “Good Times” versus “The Brady Bunch,” ice cream versus pie. They quote the poet Gwendolyn Brooks (“We Real Cool”) from memory, while sizing up Ernie Barnes’s painting “Sugar Shack.” They watch “Do the Right Thing.”

It didn’t hurt that the two characters were Barack Obama and Michelle Robinson, in a fictionalized account of their first date, in 1989, when Spike Lee’s film was in theaters and Janet Jackson’s “Miss You Much” was in the air.

“I loved that it was an origin story about the two most famous people in the world right now, and about how they fell in love,” Ms. Sumpter said. “You don’t see a lot of black leads in love stories, and you definitely don’t see a lot of walk and talks with black people.”

In “Southside With You,” which opens Aug. 26, Ms. Sumpter plays the first lady-to-be at 25, a corporate lawyer who is also an adviser to a young man named Barack Obama (Parker Sawyers), an up-and-coming, Harvard-educated summer associate. The film received rave reviews when it had its premiere at Sundance, where it was one of the festival’s breakouts, in large part because of Ms. Sumpter’s performance. But “Southside With You” may not have been made if Ms. Sumpter hadn’t also pitched in as one of three producers.

As much as Ms. Sumpter coveted the meaty role of Michelle Robinson, once she secured the part, reality set in. “At first it was overwhelming,” she admitted. “I’ve never been to Harvard, I’ve never been to Princeton. I didn’t even finish school because I couldn’t afford it. But once I stripped away that ‘Michelle Obama,’ I was able to take it back to that girl from the South Side.”

The actress was here at the London Hotel on a recent morning, holding forth on the challenges of playing the young Ms. Robinson. Dressed in a black sundress and high heels, Ms. Sumpter, 36, would occasionally and animatedly slip into Mrs. Obama’s distinctive speech patterns to describe a scene or illustrate a point. “You feel like she’s talking just to you,” she said. “And she enunciates everything, to show that she really means what she says.”

Born Euphemia LatiQue Sumpter in Queens, the actress was the fourth child of six. Her mother was a corrections officer at Rikers Island; her father died when she was 13. “My mom said I was quiet and observant,” she said. “I always wanted to impress her, so I’d always clean the house.” In school, she was on the cheerleading squad, ran for student council, befriended skinheads and “the preppy girls,” spoke up for the bullied. “I was that girl in high school,” she said.

Ms. Sumpter caught the acting bug in grade school while watching episodes of “The Cosby Show” and “A Different World.” “I was like, I want to be in that box,” she said. “I don’t know how I’m going to get in there, but I want to do that.” At 16, after her family moved to Long Island, she would take the train into Manhattan, paying for acting classes with money she earned working the concession stand at a local movie theater. “I’d go to open calls and be totally wrong for everything,” she remembered. “My hair would not be right.”
Continue reading the main story

At 20, she booked a commercial for Curve perfume. “They probably still sell it at Rite Aid,” she said with a laugh. It was her first gig, and it was filmed in Times Square, and she couldn’t have been happier.

In 2005, Ms. Sumpter secured a regular role on “One Life to Live.” She’s been working steadily ever since, on television (“Gossip Girl,” “The Haves and the Have Nots”) and films (“Get On Up,” “Ride Along 2”).

In 2015, she saw an early synopsis of “Southside With You” by Richard Tanne. “I was like, please write this script,” she said. “I would call him every few weeks, ‘Are you writing it, are you writing it?’”

Even if she didn’t get the part, she told him, she wanted to be a producer on the film, to ensure that it got made. Before long, the first-time producer was doing everything from finding financing and locating extras to pitching studios and helping cast Barack.

“I don’t think she necessarily expected to be the lead producer alongside me,” said Mr. Tanne, who also directed the film. “But I was a first-time filmmaker, and people wanted to maybe impose their own vision on the film. She kind of naturally sprung into action to safeguard what the movie needed to be.”

The details of that storied first date — the stop at the art museum, their first kiss over a cone of Baskin-Robbins — have been recounted in biographies and articles about the first family. Mrs. Obama told David Mendell, author of “Obama: From Promise to Power,” that “I had dated a lot of brothers who had this kind of reputation coming in, so I figured he was one of those smooth brothers who could talk straight and impress people.”

In the film, Ms. Sumpter goes from wary to icy to “maybe this guy isn’t so bad” and back again, as Michelle is initially repelled by some of Barack’s moves (his insistence that this “not a date” actually is) before warming to others (his deep knowledge of African-American art, his gift for lighting up a crowd). “We talked about the levels of guard she might have up at any given time,” Mr. Tanne remembered. “We had three levels, almost like a DEFCON system.”

To prepare the actress worked with a vocal coach to master Mrs. Obama’s speech patterns, and watched videos to see how she walked and carried herself. “Once we started rehearsing,” said Mr. Sawyers, “I was like, oh, that’s it! She nailed it.”

In one scene, Michelle talks about the racism she encountered at Princeton and Harvard — some subtle, some less so — and how, even at her current firm, she has to navigate between “Planet Black and Planet White.” Ms. Sumpter admitted that there were parallels in her own field. “You see the differences in the way certain movies are treated,” she said. “But once you come to terms with that, you have to go, O.K., I’m not going to allow that to hold me back. Which is what I love about Michelle. She never allowed the color of her skin and all the things she was up against to keep her from breaking through.”

A lot of that confidence came from Mrs. Obama’s family, just as it did for Ms. Sumpter, who is expecting her own daughter this fall. “Because of my mom, I never felt less than,” she said, looking back on her early days trying to make it in the business. “I never came into this world thinking, I’m a brown-skinned girl going to Hollywood. I was always like, I’m talented and I’m beautiful and I’m smart. Why wouldn’t you want me?”

Voir de plus:

Roger Ebert
August 26, 2016 

As Michelle Robinson (Tika Sumpter) gets dressed in her home on the South Side of Chicago, her mother (Vanessa Bell Calloway) playfully teases her about the amount of effort Michelle is putting into her appearance. “I thought this wasn’t a date,” she chides. Michelle insists it isn’t. “You know I like to look nice when I go out,” she says. When her father joins his wife in ribbing their daughter, Michelle digs in her heels about this being a “non-date”. But it’s clear the lady doth protest too much. In her mind, there’s no way she’s falling for the smooth-talking co-worker who invited her to a community event. She’s seen this type of brother before, and she thinks she’s immune to his brand of charm.

Soon, the brother in question, Barack Obama (Parker Sawyers), picks up Miss Robinson. Our first glimpse of him, backed by Janet Jackson’s deliriously catchy 1989 hit “Miss You Much, » is a master class of not allowing one’s meager means to interfere with one’s confidence level. Barack smokes with the preternaturally efficient coolness of Bette Davis, yet drives a car built for Fred Flintstone. The large hole in the passenger side floor of his raggedy vehicle will not diminish his swagger nor derail his plan. Using the community event as a jumping-off point, he intends to gently push this non-date into the date category.

So begins the romantic comedy « Southside with You, » a mostly-true account of the first date between our current President and the First Lady. Like “Before Sunrise,” a film which invites comparison, “Southside with You” is a two-hander that’s top-heavy with dialogue, walking and a knowing sense of location. Unlike that film, however, we already know the ending before the lights go down in the theater. So, writer/director Richard Tanne replaces the suspenseful pull of “will they or won’t they?” with an equally compelling and understated character study that humanizes his larger-than-life public figures. Tanne reminds us that, before ascending to the most powerful office in the world, Barack and Michelle were just two regular people who started out somewhere much smaller.

This down-to-earth approach works surprisingly well because “Southside with You” never loses sight of the primary tenet of a great romantic comedy: All you need is two people whom the audience wants to see get together—then you put them together. So many entries in this genre fail miserably because the filmmakers feel compelled to overcomplicate matters with useless subplots and extraneous characters; they mistake cacophony for complexity. “Southside with You” builds its emotional richness by coasting on the charisma of its two leads as they carefully navigate each other’s personality quirks and life stories. We may be ahead of them in terms of knowing the outcome, but we’re simultaneously learning the details.

“Southside with You” is at once a love song to the city of Chicago and its denizens, an unmistakably Black romance and a gentle, universal comedy. It is unapologetic about all three of these elements, and interweaves them in such a subtle fashion that they become more pronounced only upon later reflection. The Chicago affection manifests itself not only in a scene where, in front of a small group of community activists welcoming back their favorite son, Barack demonstrates a rough version of the speechmaking ability that will later become his trademark, but also when Barack takes Michelle to an art gallery. He points out that the Ernie Barnes paintings they’re viewing were used on the Chicago-set sitcom “Good Times.” Then the duo recite Chicago native Gwendolyn Brooks’ poem about the pool players at the Golden Shovel, « We Real Cool. » Even the beloved founder of this site, Roger Ebert, gets a shout-out for championing “Do the Right Thing, » the movie Barack and Michelle attend in the closing hours of their date.

Though its depiction of romance is recognizable to anyone who has ever gone on a successful first date, “Southside with You” also takes time to address the concerns Michelle has with dating her co-worker, especially since she’s his superior and the only Black woman in the office. The optics of this pairing worries her in ways that hint at the corporate sexism that existed back in 1989, and continues in some fashion today. Her concern is that her superiors might think she threw herself at the only other Black employee which, based on my own personal workplace experience, I found completely relatable. This plotline has traction, culminating in a fictional though very effective climactic scene between Barack, Michelle and their boss. It’s a bit overdramatic, but the payoff is a lovely ice cream-based reconciliation that may do for Baskin-Robbins what Beyoncé’s “Formation” did for Red Lobster.

Heady topics aside, “Southside with You” is often hilarious and never loses its old-fashioned sweetness. Sumpter’s take on Michelle is a tad more on-point than Sawyers’ Barack, but he compensates by exuding the same bemused self-assurance as his real-life counterpart. The two leads are both excellent, but this is really Michelle’s show. Sumpter relishes throwing those “you think you’re cute” looks that poke sharp, though loving holes in all forms of braggadocio, and Sawyers fills them with surprising vulnerability. The two manage to create a beautiful tribute to enduring love in just under 90 minutes, making “Southside with You” an irresistibly romantic and rousing success.

Voir par ailleurs:

Barack Obama, le « storytelling » jusqu’au bout de la nuit

Le Monde

05.07.2016

Le rituel du soir de Barack Obama n’est un secret pour personne : le président des États-Unis est un couche-tard. Ces quelques heures de solitude, entre la fin du dîner et l’heure de dormir, vers 1 heure du matin, sont celles où il réfléchit et se retrouve seul avec lui-même. De menus détails sur sa vie qui sont connus du public depuis plusieurs années.

Alors pourquoi les raconter à nouveau ? pourrait-on demander au New York Times, et son enquête intitulée « Obama après la tombée de la nuit ». Parce que les lecteurs apprécient visiblement ces quelques images de l’intimité d’un président qui quittera bientôt la Maison Blanche. Deux jours après sa publication, l’article est toujours dans le top 10 des plus lus sur le site.

Barack Obama a toujours été un pro du storytelling. Tout, dans l’image qu’il donne de lui-même, est précisément contrôlé, y compris les moments de décontraction. Pete Souza, le photographe officiel de la Maison Blanche, en est le meilleur témoin et le meilleur outil. Le professionnel met en avant l’image d’un président plus décontracté, en marge du protocole officiel, proche des enfants, jouant allongé par terre avec un bébé tenu à bout de bras ou autorisant un jeune garçon à lui toucher les cheveux « pour savoir s’ils sont comme les siens ».

Dans cet article, c’est encore une fois l’image d’un homme décontracté, mais aussi plus sage et solitaire qu’à l’ordinaire, qui est travaillée. Et d’abord par l’introduction qui compare les habitudes nocturnes de Barack Obama à celle de ses prédécesseurs.

« Le président George W. Bush, un lève-tôt, était au lit à dix heures. Le président Bill Clinton se couchait tard comme M. Obama, mais il consacrait du temps à de longues conversations à bâtons rompus avec ses amis et ses alliés politiques. »

Là où Bill Clinton appréciait la compagnie jusqu’à tard dans la nuit, Barack Obama choisit la solitude réflexive. Pour enfoncer le clou, l’article cite alors l’historien Doris Kearns Goodwin : « C’est quelqu’un qui est bien seul avec lui-même. »

« Il y a quelque chose de spécial, la nuit. C’est plus étroit, la nuit. Cela lui laisse le temps de penser. »

« C’est plus étroit, la nuit »

L’huile qui fait tourner les rouages d’un storytelling réussi, ce sont les anecdotes, inoffensives ou amusantes. Ici, on découvre celle des sept amandes que Barack Obama mange le soir. Les amandes montrent que le président a une hygiène de vie impeccable, qu’il n’a besoin de boissons excitantes ou sucrées pour tenir le coup. Et en même temps, le chiffre précis a quelque chose d’insolite, qui donne l’image de quelqu’un d’un peu crispé, qui veut tout contrôler. Mais pas trop. « C’était devenu une blague entre Michelle et moi », raconte Sam Kass, le chef cuisinier personnel de la famille entre 2009 et 2014. « Ni six, ni huit, toujours sept amandes. »

Le portrait de Barack Obama, une fois la nuit tombée, soigne également l’image d’un bourreau de travail, perfectionniste et attaché aux détails. Cody Keenan, qui supervise l’écriture des discours à la Maison Blanche, raconte qu’il est parfois rappelé le soir pour revenir travailler. Les nuits les plus longues sont celles où Obama a décidé de retravailler ses discours. Cody Keenan comprend :

Une image de « Mister Cool »

Dans le même temps, il faut entretenir l’image de « Mister Cool » et continuer à travailler sur celle du père de famille. Barack Obama ne fait pas que travailler dans son bureau. Il se tient au courant des résultats sportifs sur ESPN et joue à Words With Friends, un dérivé du Scrabble sur iPad.

Le « rituel du coucher » n’a plus vraiment de raison d’être maintenant que ses filles Malia et Sasha ont 18 et 15 ans, mais il reste la « movie night », la soirée cinéma de la famille, tous les vendredis soirs dans le « Family Theater », une salle de projection privée de 40 places. Avec le petit détail qui change tout : Barack et Michelle apprécient les séries ultra-populaires Breaking Bad ou Game of Thrones.

Le procédé est efficace, et l’impression générale qui se dégage est celle d’un homme réfléchi, calme, solitaire. Dans les commentaires qui accompagnent l’article, les lecteurs se livrent à leurs propres analyses : seul un grand solitaire comme Barack peut incarner la fonction présidentielle, car « sa motivation dans la vie va au-delà du besoin narcissique d’obtenir des confirmations de sa grandeur ».

« J’ai bien plus confiance en quelqu’un qui a cette discipline et cette concentration que pour les extravertis qui candidatent habituellement à ces postes », dit un autre, sans donner de noms.

Voir enfin:

I Miss Barack Obama

As this primary season has gone along, a strange sensation has come over me: I miss Barack Obama. Now, obviously I disagree with a lot of Obama’s policy decisions. I’ve been disappointed by aspects of his presidency. I hope the next presidency is a philosophic departure.

But over the course of this campaign it feels as if there’s been a decline in behavioral standards across the board. Many of the traits of character and leadership that Obama possesses, and that maybe we have taken too much for granted, have suddenly gone missing or are in short supply.

The first and most important of these is basic integrity. The Obama administration has been remarkably scandal-free. Think of the way Iran-contra or the Lewinsky scandals swallowed years from Reagan and Clinton.

We’ve had very little of that from Obama. He and his staff have generally behaved with basic rectitude. Hillary Clinton is constantly having to hold these defensive press conferences when she’s trying to explain away some vaguely shady shortcut she’s taken, or decision she has made, but Obama has not had to do that.

He and his wife have not only displayed superior integrity themselves, they have mostly attracted and hired people with high personal standards. There are all sorts of unsightly characters floating around politics, including in the Clinton camp and in Gov. Chris Christie’s administration. This sort has been blocked from team Obama.

Second, a sense of basic humanity. Donald Trump has spent much of this campaign vowing to block Muslim immigration. You can only say that if you treat Muslim Americans as an abstraction. President Obama, meanwhile, went to a mosque, looked into people’s eyes and gave a wonderful speech reasserting their place as Americans.

He’s exuded this basic care and respect for the dignity of others time and time again. Let’s put it this way: Imagine if Barack and Michelle Obama joined the board of a charity you’re involved in. You’d be happy to have such people in your community. Could you say that comfortably about Ted Cruz? The quality of a president’s humanity flows out in the unexpected but important moments.

Third, a soundness in his decision-making process. Over the years I have spoken to many members of this administration who were disappointed that the president didn’t take their advice. But those disappointed staffers almost always felt that their views had been considered in depth.

Obama’s basic approach is to promote his values as much as he can within the limits of the situation. Bernie Sanders, by contrast, has been so blinded by his values that the reality of the situation does not seem to penetrate his mind.

Take health care. Passing Obamacare was a mighty lift that led to two gigantic midterm election defeats. As Megan McArdle pointed out in her Bloomberg View column, Obamacare took coverage away from only a small minority of Americans. Sanderscare would take employer coverage away from tens of millions of satisfied customers, destroy the health insurance business and levy massive new tax hikes. This is epic social disruption.

To think you could pass Sanderscare through a polarized Washington and in a country deeply suspicious of government is to live in intellectual fairyland. President Obama may have been too cautious, especially in the Middle East, but at least he’s able to grasp the reality of the situation.

Fourth, grace under pressure. I happen to find it charming that Marco Rubio gets nervous on the big occasions — that he grabs for the bottle of water, breaks out in a sweat and went robotic in the last debate. It shows Rubio is a normal person. And I happen to think overconfidence is one of Obama’s great flaws. But a president has to maintain equipoise under enormous pressure. Obama has done that, especially amid the financial crisis. After Saturday night, this is now an open question about Rubio.

Fifth, a resilient sense of optimism. To hear Sanders or Trump, Cruz and Ben Carson campaign is to wallow in the pornography of pessimism, to conclude that this country is on the verge of complete collapse. That’s simply not true. We have problems, but they are less serious than those faced by just about any other nation on earth.

People are motivated to make wise choices more by hope and opportunity than by fear, cynicism, hatred and despair. Unlike many current candidates, Obama has not appealed to those passions.

No, Obama has not been temperamentally perfect. Too often he’s been disdainful, aloof, resentful and insular. But there is a tone of ugliness creeping across the world, as democracies retreat, as tribalism mounts, as suspiciousness and authoritarianism take center stage.

Obama radiates an ethos of integrity, humanity, good manners and elegance that I’m beginning to miss, and that I suspect we will all miss a bit, regardless of who replaces him.

Voir aussi:

The Authentic Joy of “Southside with You”

The writer and director Richard Tanne’s first feature, “Southside with You,” which will be released next Friday, is an opening act of superb audacity, a self-imposed challenge so mighty that it might seem, on paper, to be a stunt. It’s a drama about Barack Obama and Michelle Robinson’s first date, in Chicago, in the summer of 1989. It stars Parker Sawyers as the twenty-eight-year-old Barack, a Harvard Law student and summer associate at a Chicago law firm, and Tika Sumpter (who also co-produced the film) as the twenty-five-year-old Michelle, a Harvard Law graduate and a second-year associate at the same firm. The results don’t resemble a stunt; far from it. “Southside with You,” running a brisk hour and twenty minutes, is a fully realized, intricately imagined, warmhearted, sharp-witted, and perceptive drama, one that sticks close to its protagonists while resonating quietly but grandly with the sweep of a historical epic.

Tanne tells the story of the First Couple’s first date with a tightly constrained time frame—one day’s and evening’s worth of action—that begins with the protagonists preparing for their rendezvous and ends with them back at their homes. In between, Tanne pulls off a near-miracle, conveying these historic figures’ depth and complexity of character without making them grandiose. The dialogue is freewheeling and intimate, ranging through subjects far from the matters at hand, suggesting enormous intellect and enormous promise without seeming cut-and-pasted from speeches or memoirs. The film exudes Tanne’s own sense of calm excitement, nearly a documentarian’s serendipitous thrill at being present to catch on-camera a secret miracle of mighty historical import.

Movies about public figures—ones whose appearance, diction, and gestures are deeply ingrained in the minds of most likely viewers—must confront the Scylla of impersonation and the Charybdis of unfaithfulness. Tanne’s extraordinary actors thread that strait nimbly, delivering performances that exist on their own but feel true to the characters, that spin with dialectical delight and embody the ardors, ambitions, and uncertainties that even the most able and aware young adults must face.

The movie’s first dramatic uncertainty is whether Michelle and Barack’s meeting is even a date. Talking to her parents before his arrival, she denies that it is; talking with him on the street soon after he picks her up in his beat-up car, she not only denies that it is but also demands that it not be one. Michelle explains that, as a black woman with mainly white male co-workers, the perception arising from her dating a black summer associate—especially one whose nominal adviser she is—would be perceived negatively by higher-ups at the firm. But Barack, smooth-talking, brashly funny, and calmly determined, makes no bones about his intentions, even as he apparently defers to her insistence.

The easygoing yet rapid-fire dialogue—and the actors’ controlled yet passionate delivery of it, as they get to know each other, size each other up, and make each other aware of their motives and doubts—evokes the pregnant power of the occasion. Yet the couple’s depth of character emerges all the more vividly through Tanne’s alert directorial impressionism, a sensitivity to the actors’ probing glances that provides a sort of visual matrix for the actors’ inner life. It comes through in small but memorable touches, as when young Barack, smoking a cigarette in his rattling car, sprays some air freshener before pulling up to Michelle’s house. When she gets in, she sniffs the chemical blend; as the car pulls away, she glances down at a hole in the floor of the car, through which she sees the asphalt below. That flickering subjectivity suffuses and sustains the action, lends images to the characters, states of mind and moods to their ideas.

Tanne achieves something that few other directors—whether of independent or Hollywood or art-house films—ever do: he creates characters with an ample sense of memory, who fully inhabit their life prior to their time onscreen, and who have a wide range of cultural references and surging ideas that leap spontaneously into their conversation. A scene in which Michelle and Barack visit an exhibit of Afrocentric art—he discusses the importance of the painter Ernie Barnes to the sitcom “Good Times,” and together they recall Gwendolyn Brooks’s poem “We Real Cool”—has an effortless grace that reflects an unusual cinematic depth of lived experience.

The centerpiece of the film is a splendid bit of romantic and principled performance art on the part of Barack. He plans the non-date date around a community meeting in a mainly black neighborhood that Michelle—who did pro-bono work at Harvard and who admits to frustration with her trademark-law work at the firm—is eager to attend. There, Barack, who had been active with the organization before heading to Harvard, is received like a prodigal son. The subject of the meeting is the legislature’s refusal to build a much-needed community center; frustration among the attendees mounts, until Barack addresses them and offers some brilliant practical suggestions to overcome the opposition. At the meeting, he displays, above all, his gifts for public speaking and, even more, for empathy. He reveals, to the community group but also to Michelle, a preternatural genius at grasping interests and motives, at seeking common cause, and at recognizing—and acting upon—the human factor. There, Barack also displays a personal philosophy of practical politics that’s tied to his larger reflections on American history and political theory. The intellectual passion that Tanne builds into the scene, and that Sawyers delivers with nuanced fervor, is all the more striking and exquisite for its subtle positioning as a device of romantic seduction.

 

Michelle’s sense of principled responsibility and groundedness, her worldly maturity and practical insight, is matched by Barack’s ardent but callow, mighty but still-unfocussed energies. The movie’s ring of authenticity carried me through from start to finish without inviting my speculations as to the historical veracity of the events. Curiosity eventually kicked in, though; most accounts of the first date suggest that its general contours involved Michelle’s reluctance to date a colleague who was also a subordinate, the visit to the Art Institute, a walk, a drink, and a viewing of the recently released film “Do the Right Thing.” The community meeting is usually described as occurring at another occasion, yet it fits into the first date with a verisimilitude as well as an emotional impact that justify the dramatization.

As for their viewing of Spike Lee’s movie, the scene that Tanne derives from it is a minor masterwork of ironic psychology and mother wit. It’s too good to spoil; suffice it to say that the scene is set against the backdrop of controversy that greeted Lee’s film at the time of its release, with some critics—white critics—fearing that the climactic act of violence (meaning not the police killing of Radio Raheem but Mookie’s throwing a garbage can through the window of Sal’s Pizzeria and leading his neighbors to ransack the venue) would incite riots.

“Southside with You” is the sort of movie that, say, Richard Linklater’s three “Before” movies aren’t—an intimate story that has a reach far greater than its scale, that has stakes and substance extending beyond the couple’s immediate fortunes. There’s a noble historical precedent for Tanne’s film. If the modern cinema was inspired by Roberto Rossellini’s “Voyage to Italy,” from 1954—which taught a handful of ambitious young French critics that all they needed to make a movie was two actors and a car, that they could make a low-budget and small-scale production that would be rich in cinematic ideas and romantic passion alike—then “Southside with You” is an exemplary work of cinematic modernity. Rossellini, a cinematic philosopher, ranges far through history and politics to ground a couple’s intimate disasters in the deep currents of modern life.

Tanne does this, too, and goes one step further; his inspiration is reminiscent of the advice that the nineteen-year-old critic Jean-Luc Godard gave to his cinematic elders, “unhappy filmmakers of France who lack scenarios.” Godard advised them to make films about “the tax system,” about the writer and Nazi collaborator Philippe Henriot, about the Resistance activist Danielle Casanova. Tanne picks a great subject of contemporary history and politics—indeed, one of the very greatest—and approaches it without the pomp and bombast of ostensibly important, message-mongering Oscarizables. He realizes Barack Obama and Michelle Robinson onscreen with the same meticulous, thoughtful, inventive imagination that other directors might bring to figures of legend, people they know, or their own lives. “Southside with You” is a virtuosic realization of history on the wing, of the lives of others incarnated as firsthand experience. To tell this story is a nearly impossible challenge, and Tanne meets it at its high level.

Voir enfin:

Politics
Obama After Dark: The Precious Hours Alone

Michael D. Shear

The New York Times

July 2, 2016

WASHINGTON — “Are you up?”

The emails arrive late, often after 1 a.m., tapped out on a secure BlackBerry from an email address known only to a few. The weary recipients know that once again, the boss has not yet gone to bed.

The late-night interruptions from President Obama might be sharply worded questions about memos he has read. Sometimes they are taunts because the recipient’s sports team just lost.

Last month it was a 12:30 a.m. email to Benjamin J. Rhodes, the deputy national security adviser, and Denis R. McDonough, the White House chief of staff, telling them he had finished reworking a speechwriter’s draft of presidential remarks for later that morning. Mr. Obama had spent three hours scrawling in longhand on a yellow legal pad an angry condemnation of Donald J. Trump’s response to the attack in Orlando, Fla., and told his aides they could pick up his rewrite at the White House usher’s office when they came in for work.

Mr. Obama calls himself a “night guy,” and as president, he has come to consider the long, solitary hours after dark as essential as his time in the Oval Office. Almost every night that he is in the White House, Mr. Obama has dinner at 6:30 with his wife and daughters and then withdraws to the Treaty Room, his private office down the hall from his bedroom on the second floor of the White House residence.

There, his closest aides say, he spends four or five hours largely by himself.

He works on speeches. He reads the stack of briefing papers delivered at 8 p.m. by the staff secretary. He reads 10 letters from Americans chosen each day by his staff. “How can we allow private citizens to buy automatic weapons? They are weapons of war,” Liz O’Connor, a Connecticut middle school teacher, wrote in a letter Mr. Obama read on the night of June 13.

The president also watches ESPN, reads novels or plays Words With Friends on his iPad.

Michelle Obama occasionally pops in, but she goes to bed before the president, who is up so late he barely gets five hours of sleep a night. For Mr. Obama, the time alone has become more important.

“Everybody carves out their time to get their thoughts together. There is no doubt that window is his window,” said Rahm Emanuel, Mr. Obama’s first chief of staff. “You can’t block out a half-hour and try to do it during the day. It’s too much incoming. That’s the place where it can all be put aside and you can focus.”

President George W. Bush, an early riser, was in bed by 10. President Bill Clinton was up late like Mr. Obama, but he spent the time in lengthy, freewheeling phone conversations with friends and political allies, forcing aides to scan the White House phone logs in the mornings to keep track of whom the president might have called the night before.

“A lot of times, for some of our presidential leaders, the energy they need comes from contact with other people,” said the historian Doris Kearns Goodwin, who has had dinner with Mr. Obama several times in the past seven and a half years. “He seems to be somebody who is at home with himself.”
‘Insane Amount of Paper’

When Mr. Obama first arrived at the White House, his after-dinner routine started around 7:15 p.m. in the game room, on the third floor of the residence. There, on an old Brunswick pool table, Mr. Obama and Sam Kass, then the Obama family’s personal chef, would spend 45 minutes playing eight-ball.

Mr. Kass saw pool as a chance for Mr. Obama to decompress after intense days in the Oval Office, and the two kept a running score. “He’s a bit ahead,” said Mr. Kass, who left the White House at the end of 2014.

In those days, the president followed the billiards game with bedtime routines with his daughters. These days, now that both are teenagers, Mr. Obama heads directly to the Treaty Room, named for the many historical documents that have been signed in it, including the peace protocol that ended the Spanish-American War in 1898.

“The sports channel is on,” Mr. Emanuel said, recalling the ubiquitous images on the room’s large flat-screen television. “Sports in the background, with the volume down.”

By 8 p.m., the usher’s office delivers the president’s leather-bound daily briefing book — a large binder accompanied by a tall stack of folders with memos and documents from across the government, all demanding the president’s attention. “An insane amount of paper,” Mr. Kass said.

Mr. Obama often reads through it in a leather swivel chair at his tablelike desk, under a portrait of President Ulysses S. Grant. Windows on each side of Grant look out on the brightly lit Washington Monument and the Jefferson Memorial.

Other nights, the president settles in on the sofa under the 1976 “Butterfly” by Susan Rothenberg, a 6-foot-by-7-foot canvas of burnt sienna and black slashes that evokes a galloping horse.

“He is thoroughly predictable in having gone through every piece of paper that he gets,” said Tom Donilon, Mr. Obama’s national security adviser from 2010 to 2013. “You’ll come in in the morning, it will be there: questions, notes, decisions.”
Photo
Mr. Obama often works on speeches late into the night, like the one he gave in Selma, Ala., on the 50th anniversary of “Bloody Sunday.” Here, people listened to his speech last year. Credit Doug Mills/The New York Times
Seven Almonds

To stay awake, the president does not turn to caffeine. He rarely drinks coffee or tea, and more often has a bottle of water next to him than a soda. His friends say his only snack at night is seven lightly salted almonds.

“Michelle and I would always joke: Not six. Not eight,” Mr. Kass said. “Always seven almonds.”

The demands of the president’s day job sometimes intrude. A photo taken in 2011 shows Mr. Obama in the Treaty Room with Mr. McDonough, at that time the deputy national security adviser, and John O. Brennan, then Mr. Obama’s counterterrorism chief and now the director of the C.I.A., after placing a call to Prime Minister Naoto Kan of Japan shortly after Japan was hit by a devastating magnitude 9.0 earthquake. “The call was made near midnight,” the photo caption says.

But most often, Mr. Obama’s time in the Treaty Room is his own.

“I’ll probably read briefing papers or do paperwork or write stuff until about 11:30 p.m., and then I usually have about a half-hour to read before I go to bed, about midnight, 12:30 a.m., sometimes a little later,” Mr. Obama told Jon Meacham, the editor in chief of Newsweek, in 2009.

In 2014, Mr. Obama told Kelly Ripa and Michael Strahan of ABC’s “Live With Kelly and Michael” that he stayed up even later — “until like 2 o’clock at night, reading briefings and doing work” — and added that he woke up “at a pretty reasonable hour, usually around 7.”
‘Can You Come Back?’

Mr. Obama’s longest nights — the ones that stretch well into the early morning — usually involve speeches.

One night last June, Cody Keenan, the president’s chief speechwriter, had just returned home from work at 9 p.m. and ordered pizza when he heard from the president: “Can you come back tonight?”

Mr. Keenan met the president in the usher’s office on the first floor of the residence, where the two worked until nearly 11 p.m. on the president’s eulogy for nine African-Americans fatally shot during Bible study at the Emanuel African Methodist Episcopal Church in Charleston, S.C.

Three months earlier, Mr. Keenan had had to return to the White House when the president summoned him — at midnight — to go over changes to a speech Mr. Obama was to deliver in Selma, Ala., on the 50th anniversary of “Bloody Sunday,” when protesters were brutally beaten by the police on the Edmund Pettus Bridge.

“There’s something about the night,” Mr. Keenan said, reflecting on his boss’s use of the time. “It’s smaller. It lets you think.”

In 2009, Jon Favreau, Mr. Keenan’s predecessor, gave the president a draft of his Nobel Prize acceptance speech the night before they were scheduled to leave for the ceremony in Oslo. Mr. Obama stayed up until 4 a.m. revising the speech, and handed Mr. Favreau 11 handwritten pages later that morning.

On the plane to Norway, Mr. Obama, Mr. Favreau and two other aides pulled another near-all-nighter as they continued to work on the speech. Once Mr. Obama had delivered it, he called the exhausted Mr. Favreau at his hotel.

“He said, ‘Hey, I think that turned out O.K.,’” Mr. Favreau recalled. “I said, ‘Yes.’ And he said, ‘Let’s never do that again.’”
Some Time for Play

Not everything that goes on in the Treaty Room is work.

In addition to playing Words With Friends, a Scrabble-like online game, on his iPad, Mr. Obama turns up the sound on the television for big sports games.

“If he’s watching a game, he will send a message. ‘Duke should have won that game,’ or whatever,” said Reggie Love, a former Duke basketball player who was Mr. Obama’s personal aide for the first three years of his presidency.

The president also uses the time to catch up on the news, skimming The New York Times, The Washington Post and The Wall Street Journal on his iPad or watching cable. Mr. Love recalls getting an email after 1 a.m. after Mr. Obama saw a television report about students whose “bucket list” included meeting the president. Why had he not met them, the president asked Mr. Love.

“‘Someone decided it wasn’t a good idea,’ I said,” Mr. Love recalled. “He said, ‘Well, I’m the president and I think it’s a good idea.’”

Mr. Obama and his wife are also fans of cable dramas like “Boardwalk Empire,” “Game of Thrones” and “Breaking Bad.” On Friday nights — movie night at the White House — Mr. Obama and his family are often in the Family Theater, a 40-seat screening room on the first floor of the East Wing, watching first-run films they have chosen and had delivered from the Motion Picture Association of America.

There is time, too, for fantasy about what life would be like outside the White House. Mr. Emanuel, who is now the mayor of Chicago but remains close to the president, said he and Mr. Obama once imagined moving to Hawaii to open a T-shirt shack that sold only one size (medium) and one color (white). Their dream was that they would no longer have to make decisions.

During difficult White House meetings when no good decision seemed possible, Mr. Emanuel would sometimes turn to Mr. Obama and say, “White.” Mr. Obama would in turn say, “Medium.”

Now Mr. Obama, who has six months left of solitary late nights in the Treaty Room, seems to be looking toward the end. Once he is out of the White House, he said in March at an Easter prayer breakfast in the State Dining Room, “I am going to take three, four months where I just sleep.”

Barack Obama inaugure le Musée afro-américain de Washington
Philippe Gélie
Le Figaro
24/09/2016

VIDÉO – Le président conseille à Donald Trump de « visiter » le nouvel édifice, qui raconte l’esclavage et la discrimination mais aussi les succès des Noirs américains.

De notre correspondant à Washington

George W. Bush avait signé en 2003 la loi créant le Musée national de l’Histoire et de la Culture Afro-Américaines, mais c’est au premier président noir du pays qu’est revenu le privilège de l’inaugurer ce samedi.

Outre Barack et Michelle Obama, George W. et Laura Bush les élus du Congrès et les juges de la Cour suprême, quelque 20.000 personnes se sont rassemblées en milieu de journée sur le Mall de Washington, la grande esplanade faisant face au Capitole, au nombre desquelles tout ce que le pays compte de célébrités noires. Oprah Winfrey, qui a donné 20 millions de dollars, a eu droit à une place d’honneur.

Dans un discours où son émotion a affleuré, le président Obama a célébré «une part essentielle de l’histoire américaine, parfois laissée de côté. Une grande nation ne se cache pas la vérité. La vérité nous renforce, nous fortifie. Comprendre d’où nous venons est un acte de patriotisme.» Parlant au nom des Afro-Américains, il a ajouté: «Nous ne sommes pas un fardeau pour l’Amérique, une tache sur l’Amérique, un objet de honte ou de pitié pour l’Amérique. Nous sommes l’Amérique!»

Au-dessus de lui, le bâtiment de six étages, dessiné par l’architecte britannique d’origine tanzanienne David Adjaye, se dresse comme une couronne africaine de bronze face au Washington Monument (l’obélisque érigé en hommage au premier président des Etats-Unis), à l’endroit même où, il y a deux siècles, se tenait un marché aux esclaves. Son matériau, inspirée des textiles d’Afrique de l’Ouest, laisse passer la lumière et rougeoie au soleil couchant, créant une impression massive de l’extérieur et aérienne de l’intérieur.

Obama a invité Trump

Il a fallu treize ans et 540 millions de dollars pour bâtir le dix-neuvième musée de la Smithsonian Institution et y rassembler plus de 35.000 témoignages de l’histoire des Afro-Américains, dont aucun aspect n’est occulté: ni la traite des esclaves, ni la ségrégation, ni la lutte pour les droits civiques, ni les réussites contemporaines, du sport au hip-hop et à la politique. La présidence de Barack Obama y est documentée dans l’un des 27 espaces d’exposition, non loin de la Cadillac de Chuck Berry ou des chaussures de piste de Jessie Owens.

Mais le visiteur est d’abord invité à passer devant les chaînes, les fouets, les huttes misérables des esclaves, les photos de dos lacérés ou de lynchages (3437 Noirs pendus entre 1882 et 1851), ou encore le cercueil d’Emmett Till, tué à l’âge de 14 ans dans le Mississippi pour avoir sifflé une femme blanche en 1955. «Ce n’est pas un musée du crime ou de la culpabilité, insiste son directeur, Lonnie Bunch, c’est un lieu qui raconte le voyage d’un peuple et l’histoire d’une nation. Il n’y a pas de réponses simples à des questions complexes».

Au moment où les marches de la communauté noire se répandent dans le pays pour protester contre les violences policières, Barack Obama a invité Donald Trump à visiter le Musée de l’Histoire et de la Culture Afro-Américaine. Le candidat républicain à sa succession a déclaré que les Noirs vivaient aujourd’hui «dans les pires conditions qu’ils aient jamais connues». Dans une interview vendredi à la chaîne ABC, le président a répliqué: «Je crois qu’un enfant de 8 ans est au courant que l’esclavage n’était pas très bon pour les Noirs et que l’ère Jim Crow (les lois ségrégationnistes, Ndlr) n’était pas très bonne pour les Noirs».

Voir enfin:

U.S. Murders Increased 10.8% in 2015
The figures, released by the FBI, could stoke worries that the trend of falling crime rates may be ending
Devlin Barrett
The Wall Street Journal

Sept. 26, 2016

WASHINGTON—Murders in the U.S. jumped by 10.8% in 2015, according to figures released Monday by the Federal Bureau of Investigation—a sharp increase that could fuel concerns that the nation’s two-decade trend of falling crime rates may be ending.

The figures had been expected to show an increase, after preliminary data released earlier this year indicated violent crime and murders were rising. But the double-digit increase in murders dwarfed any in the past 20 years, eclipsing the 3.7% increase in 2005, the year in which the biggest increase occurred before now.

In 2014, the FBI recorded violent crime narrowly falling, by 0.2%. In 2015, the number of violent crimes rose 3.9% though the number of property crimes dropped 2.6%, the FBI said.

Richard Rosenfeld, a criminologist at the University of Missouri-St.Louis, said a key driver of the murder spike may be an increasing distrust of police in major cities where controversial officer shootings have led to protests.

“This rise is concentrated in certain large cities where police-community tensions have been notable,’’ said Mr. Rosenfeld, citing Cleveland, Baltimore, and St. Louis as examples. The rise in killings is not spread evenly around America, he noted, but is rather centered on big cities with large African-American populations.

In all, there were 15,696 instances of murder and non-negligence manslaughter in the U.S. last year, the FBI said.

Early figures for 2016 indicate murders may still be rising. While Baltimore and Washington, D.C., are seeing their murder numbers fall back down so far this year, Chicago has seen a tremendous spike, to 316 homicides in the first half of 2016 compared with 211 in the first half of 2015. Chicago Mayor Rahm Emanuel delivered an emotional speech on crime last Thursday, and Chicago police officials have announced an increase of nearly 1,000 officers over two years.

A report by the Major Cities Chiefs Association found that for the first half of this year, murders rose in 29 of the nation’s biggest cities while they fell in 22 others.

Mr. Rosenfeld said the FBI data suggests the increase in murder may be caused by some version of the “Ferguson effect’’—a term often used by law-enforcement officials to describe what they see as the negative effects of the recent anti-police protests.

The killing by a police officer of an unarmed black 18-year-old in Ferguson, Mo., in 2014 led to protests there and around the country. Some law-enforcement officials, including FBI Director James Comey, have argued that since then, some officers may be more reluctant to get out of their patrol cars and engage in the kind of difficult work that reduces street crime, out of fear they may be videotaped and criticized publicly.

Mr. Rosenfeld suggested a different dynamic may be at play, though stemming from the same tensions. Members of minority and poor communities may be more reluctant to talk to police and help them solve crimes in cities where officers are viewed as untrustworthy and threatening, he said, particularly where there have been recent controversial killings by police officers.

The crime rise in such a short period of time eliminates possible causes like economic struggles or changing demographics, Mr. Rosenfeld said.

“What has happened in the course of the last year or two is attention to police-community relations and controversies over police use of deadly force, especially involving unarmed African-Americans,” he said.

Beyond that, the new figures show a growing racial disparity in who gets killed in America.

Nationally, the murder of black Americans outpaces that of whites—7,039 African-Americans were killed last year, compared with 5,854 whites, according to the data. The races of the remaining victims is unknown because not all police departments report it. That is in a nation where 13% of Americans identify solely as African-American and 77% identify solely as white.

In 2014, 698 more blacks were killed than whites, according to the FBI. In 2015, 1,185 more blacks were killed than whites, according to the data.

The number and percentage of killings involving guns also increased. In 2014, 67.9% of murders were committed with guns, compared to 71.5% in 2015, the FBI said. Guns have long been used in about two-thirds of the killings in America, data show.

Attorney General Loretta Lynch, in a speech Monday, said the report shows “we still have so much work to do. But the report also reminds us of the progress that we are making. It shows that in many communities, crime has remained stable or even decreased from historic lows reported in 2014.”

The new figures are certain to fuel the ongoing debate about what causes crime to rise and what should be done to reverse that.

John Pfaff, a professor at Fordham Law School, said the numbers are concerning but that it is too early to draw any definite conclusions from the data, noting that the murder rate in 2015 was still lower than in 2009.

“It’s not a giant rollback of things. 2015 is the third-safest year for violent crime since 1970,’’ Mr. Pfaff said. “The last time we saw a jump like this was 1989 to 1990, and that was a much more broad increase in crime.’’

Still, the new figures could further dampen efforts in Congress to pass laws cutting prison sentences for nonviolent offenders or others. Mr. Pfaff cautioned that the political impact of the data could be disproportionate to their actual significance.

“The politics of crime are very asymmetric,” he said. “We overreact to bad news and underreact to good news.’’

FBI Director James Comey, in releasing the figures, called for “more transparency and accountability in law enforcement.”

Mr. Comey said the FBI has been working to get better crime statistics, and to get them quicker, because the agency has been criticized for the length of time it has taken to process crime figures it receives from states.


Racisme: Vous avez dit pompiers pyromanes ? (Black lies matter: When all else fails, play the race card)

25 septembre, 2016
colin-kaepernick-time-coverofficer-brentley-vinsonramirezsep23Les Européens disent maintenant au revoir à M. Bush, et espèrent l’élection d’un président américain qui partage, le croient-ils, leurs attitudes sophistiquées de postnationalisme, post-modernisme et multiculturalisme. Mais ne soyez pas étonné si, afin de protéger la liberté et la démocratie chez eux dans les années à venir, les dirigeants européens commencent à ressembler de plus en plus au cowboy à la gâchette facile de l’étranger qu’ils se délectent aujourd’hui à fustiger. Natan Sharansky
Aujourd’hui quand dans une rue sombre j’entends un pas derrière moi, je suis soulagé s’il s’agit d’un Blanc. Après tout ce que nous avons traversé. Juste de penser que nous ne pouvons pas marcher dans nos propres rues, quelle humiliation ! Jesse Jackson (1993)
On appelle cela « l’effet Ferguson » : des policiers mis en cause après la mort d’un homme noir, entraînant une sorte de dépression collective. Leurs collègues hésiteraient désormais à procéder à des arrestations, tétanisés à l’idée de devenir les acteurs involontaires de vidéos virales. Résultat : ils ne font plus leur travail et le taux de criminalité est en hausse. C’est la théorie du directeur du FBI. James Comey le reconnaît, il s’appuie sur son intuition, car aucune statistique fédérale n’existe aux Etats-Unis, ni sur le crime en général, ni sur les personnes tuées par la police. Les seules données disponibles sont compilées par des associations ou des journaux. RFI
Il y a un an, quelques personnalités se risquèrent à nommer le phénomène, mais sans avoir les preuves statistiques à l’appui. L’un des protagonistes fut James Comey, le directeur du FBI : comment croire à sa parole dans la mesure où il représente le pouvoir policier ? Obama s’en était ému et avait dénoncé cette funeste théorie : non, les protestations de Black Lives Matter n’avaient eu aucun impact sur le comportement des forces de police. La théorie de l’Effet Ferguson posait en effet que comme les policiers avaient été stigmatisés, ils n’osaient plus prendre de risques, de peur d’être accusés de bavures. Plutôt que de risquer le scandale, ils passeraient désormais leur chemin autant que possible, pour ne pas se trouver au milieu d’une fusillade où ils auraient à sévir par balle. En conséquence, les voyous se tirent dessus sans que plus personne ne les arrête.Rosenfeld, un criminologue réputé qui s’était d’abord opposé à cette théorie, vient de retourner sa veste après avoir épluché les chiffres. Les hypothèses de base ne fonctionnent pas pour expliquer une telle flambée de violence. Sur les 56 plus grandes villes des États-Unis, les homicides ont augmenté de 17% entre 2014 et 2015. Les deux tiers de l’augmentation se concentrent sur une dizaine de villes, celles où les afro-américains représentent une plus large part de la population : Baltimore, Chicago, Houston, Milwaukee, Cleveland, Washington, Nashville, Philadelphia, Kansas City et St Louis. Le saut d’homicides y est de +41% sur un an ! François Desouche
La chaîne de télévision australienne Channel 7 a diffusé ce samedi la vidéo d’une femme en burkini se faisant « chasser » d’une plage de Villeneuve-Loubet par des baigneurs. Selon un témoin, la scène est montée de toute pièce. Selon une vidéo diffusée par une chaîne de la télévision australienne, Zeynab Alshelh, une étudiante de 23 ans, aurait été forcée de quitter une plage de Villeneuve-Loubet où elle s’était installée. En cause? Son burkini, jugé provocateur par d’autres baigneurs. L’histoire a été reprise par tous les médias et notamment par l’AFP. Mais selon une mère de famille qui se trouvait sur la plage à ce moment-là, la scène qui s’est déroulée sous ses yeux était plus que suspecte. « Nous étions installés sur la plage avec mes enfants, quand nous avons vu la caméra débarquer à quelques mètres de nous, explique-t-elle. Ce n’est qu’après qu’un homme et deux femmes en burkini sont arrivés. Ils ont marché quelques minutes le long de la plage, puis sont venus s’installer juste devant l’équipe télé ». Alors, un coup monté? « On s’est immédiatement posé la question. C’est d’ailleurs pour ça que tous les gens sur la plage regardent dans la direction de la caméra. » Mais la vidéo diffusée par la chaîne australienne va plus loin. On y voit un homme se diriger vers la caméra et lâcher: « Vous faites demi-tour et vous partez ». Tel qu’est monté le reportage, cette invective semble dirigée à l’encontre des deux femmes en burkini. Une impression appuyée par la voix off de la vidéo qui confirme: « Nous avons été forcés de partir, car les gens ont dit qu’ils allaient appeler la police. » Mais il n’en est rien. « L’homme sur la vidéo est mon oncle, atteste notre témoin. Il n’a jamais demandé à ce que ces trois personnes quittent la plage. Il s’adressait à la caméra pour demander au cameraman de partir. Il y avait des enfants sur la plage, dont les nôtres, et on ne voulait pas qu’ils soient filmés. » La suite de la vidéo montre le même homme en train de téléphoner. « Oui, il appelait la police. Pas pour les faire intervenir pour chasser ces personnes, mais pour demander comment on pouvait faire pour empêcher la caméra de nous filmer, surtout nos enfants ». Et d’ajouter: « A aucun moment des gens sont venus demander aux femmes en burkini de quitter la plage. » Une version corroborée par un autre témoin de la scène. « On voyait que c’était scénarisé, c’était trop gros pour être vrai et ça puait le coup monté », raconte Stéphane. Ce père de famille était dans l’eau avec ses enfants, au niveau de la plage privée Corto Maltese, quand il a vu débarquer la petite équipe sur la plage. « L’homme et les deux femmes sont arrivés presque en courant pour s’installer. En 10 secondes, ils avaient déplié leurs serviettes et planté leur parasol. Ils se sont mis en plein milieu du couloir à jet-ski de la plage privée. Comme ils gênaient, le propriétaire de la plage est sorti leur demander de se pousser. » Ce n’est qu’après que Stéphane aperçoit la journaliste et son cameraman « planqués » derrière les voitures, en train de filmer. Il raconte qu’à ce moment-là, le propriétaire de la plage a fait entrer le petit groupe dans son restaurant. « Ils sont ressortis au bout d’un moment. L’homme et les deux femmes ont continué à marcher le long de la plage en direction de la Siesta. Des fois, ils se posaient. Puis ils repartaient. » Le journaliste et le cameraman, qui avaient fait mine de partir, étaient en fait toujours cachés derrière les voitures. « On aurait dit qu’ils attendaient des réactions ». Stéphane assistera de loin à la scène du baigneur qui pressera les journalistes de quitter les lieux. « J’ai vu ce monsieur au téléphone. Mais j’étais trop loin pour entendre ce qu’il disait. » Le petit groupe finira par quitter les lieux. « Il y avait un véhicule qui les attendait en haut de la plage, comme pour les exfiltrer au cas où… » Nice-Matin
The Seven Network and the pugnacious Muslim Aussie family it flew to the French Riviera with the aim of provoking beachgoers into a “racist” reaction to the “Aussie cossie” burkini owe the traumatised people of Nice and France a swift apology. The cynical stunt pulled by the Sunday Night program, where it spirited Sydney hijab-proselytising medical student Zeynab Alshelh and her activist parents off to a beach near Nice to “show solidarity” with (radically conservative) Muslims, featured the 23-year-old flaunting her burkini in an obvious attempt to bait Gallic sun lovers into religious and ethnically motivated hatred. Except according to the French people filmed against their will, the claimed “chasing off the beach” that made international headlines never occurred because Seven used hidden camera tactics, selective editing and deliberate distor­tion to reach its predeter­mined conclusions. (…) The manipulation is the latest example of calculated French-bashing fuelled by collusion between the goals of political Islam and compliant media outlets seeking culture clash cliches. (…) No one was hounded off the beach, despite the scripted whining of Seven’s solemn-faced presenter Rahni Sadler and her well-rehearsed talent the Alshelhs. The swimming public were upset to see the camera crew filming them and their children without permission in a country where privacy is legally protected and paparazzi do not have the same rights as they do in Australia to film without consent. (…) The shameful Seven report went viral globally thanks to an international media thirsty for stereotypes about France’s unsubstantiated rising tide of Islamophobia. It was dishonest sensationalism that deliberately skewed complex issues surrounding secularism a la francaise and surging religious fundamentalism of the Islamist variety in the context of ever-present terrorist threats and a state of emergency. The Australian
C’est avec un chapelet et une croix autour du cou que Marina Nalesso, présentatrice du journal télévisée de 13h30 à la télévision publique italienne, la Rai, un des plus regardés, a dirigé dernièrement son programme d’informations. Elle le fait, a-t-elle-expliqué à Fanpage « par foi et pour rendre témoignage. » Ces dernières semaines des centaines de messages louangeurs et d’estime ont fleuri sur Facebook. Mais elle a été aussi attaquée violemment par des athées, des musulmans ou des laïcs convaincus. Un lynchage auquel a pris part également un conseiller de Turin appartenant au Parti Démocrate au pourvoir actuellement, Silvio Viale. Medias-Presse-info
Un homme armé a tué vendredi soir quatre femmes et un homme dans un centre commercial de l’Etat de Washington, dans le nord-ouest des Etats-Unis. Après 24 heures de cavale, le suspect, Arcan Cetin, 20 ans, né en Turquie, a été arrêté. (…) Le FBI, la police fédérale, a fait savoir qu’il n’y avait à ce stade aucun indice d’ « acte terroriste ». Le Figaro
L’avenir ne doit pas appartenir à ceux qui calomnient le prophète de l’Islam. Barack Obama (siège de l’ONU, New York, 26.09.12)
Je crois qu’en ce moment nous sommes tous confrontés à un choix. Nous pouvons choisir d’aller de l’avant avec un meilleur modèle de coopération et d’intégration. Ou nous pouvons nous retirer dans un monde profondément divisé, et finalement en conflit, sur lignes séculaires de la nation et de la tribu et de la race et la religion. (…) Et comme ces vrais problèmes ont été négligés, d’autres visions du monde sont avancées à la fois dans les pays les plus riches et les plus pauvres: fondamentalisme religieux, politiques tribales, ethniques, sectaires, populisme grossier venu parfois de l’extrême gauche mais le plus souvent de l’extrême droite qui cherche à revenir à un temps jugé meilleur et plus simple.(…) Compte tenu de la difficulté qu’il y a à forger une véritable démocratie (…), il n’est pas surprenant que certains soutiennent que l’avenir appartient aux hommes forts, aux verticales du pouvoir plutôt qu’aux institutions fortes et démocratiques. (…) Nous voyons la Russie tenter de récupérer la gloire perdue par la force ; des puissances asiatiques vouloir revenir sur des revendications soldées par l’Histoire ; et en Europe et aux États-Unis, des gens s’inquiéter de l’immigration et de l’évolution démographique en laissant entendre que d’une certaine manière les gens qui apparaissent comme différents corrompent le caractère de nos pays. Barack Hussein Obama (ONU, 20 septembre 2016)
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme dans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent amers et qu’ils s’accrochent à leurs fusils ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Obama
Part of the reason that our politics seems so tough right now, and facts and science and argument does not seem to be winning the day all the time, is because we’re hard-wired not to always think clearly when we’re scared. Barack Obama
Je ne peux qu’imaginer ce qu’endurent ses parents. Et quand je pense à ce garçon, je pense à mes propres enfants. Si j’avais un fils, il ressemblerait à Trayvon. Obama
Et, bien sûr, ce qui est également la routine est que quelqu’un, quelque part, va commenter et dire, Obama a politisé cette question. Eh bien, cela est quelque chose que nous devrions politiser. Il est pertinent de notre vie commune ensemble, le corps politique. Obama
Mon nom ne sera peut-être pas sur les bulletins de vote, mais notre progrès dépend de ce bulletin de vote. Je le prendrai comme une insulte personnelle, une insulte à mon héritage si la communauté afro-américaine baisse la garde et ne s’active pas lors de ces élections. Vous voulez m’adresser des adieux chaleureux ? Alors allez voter. Barack Hussein Obama (devant la fondation du Caucus noir du Congrès)
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton
 Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs.  Colin Kaepernick
C’est vraiment dégoûtant la façon dont il a été traité, la façon dont les médias ont traité cette affaire, dira-t-elle après la partie. Étant homosexuelle, je sais ce que veut dire regarder le drapeau américain en étant consciente qu’il ne protège pas toutes les libertés. Megan Rapinoe
Le joueur de football américain Colin Kaepernick, au cour d’une polémique aux Etats-Unis depuis qu’il boycotte l’hymne américain avant les matches de son équipe, est à la Une du prestigieux hebdomadaire américain Time, un honneur rare pour un sportif. Le quarterback des San Francisco 49ers apparaît, en couverture du magazine publié mercredi, un genou posé à terre, geste qu’il utilise lors de l’hymne américain pour protester contre l’oppression dont est victime, selon lui, la communauté noire aux Etats-Unis, en référence aux bavures policières visant des noirs ces derniers mois. La photo de Kaepernick est accompagnée du titre « Le combat périlleux ». Son boycott a fait tache d’huile au sein de la Ligue nationale de football américain (NFL) mais aussi dans d’autres sports, comme le football et le basket: toutes les joueuses de l’équipe d’Indiana ont ainsi posé un genou à terre mercredi lors de l’hymne américain, joué traditionnellement avant toutes les rencontres sportives aux Etats-Unis. Kaepernick, qui affirme avoir reçu des menaces de mort, est loin de faire l’unanimité au sein de la population américaine. Selon un sondage publié mercredi par la chaîne de télévision ESPN, il est désormais le joueur de NFL le moins apprécié pour 29% des 1100 personnes interrogées. AFP
Savez-vous que les Noirs sont 10 pour cent de la population de Saint-Louis et sont responsables de 58% de ses crimes? Nous avons à faire face à cela. Et nous devons faire quelque chose au sujet de nos normes morales. Nous savons qu’il y a beaucoup de mauvaises choses dans le monde blanc, mais il y a aussi beaucoup de mauvaises choses dans le monde noir. Nous ne pouvons pas continuer à blâmer l’homme blanc. Il y a des choses que nous devons faire pour nous-mêmes. Martin Luther King (St Louis, 1961)
The absurdity of Jesse Jackson and Al Sharpton is that they want to make a movement out of an anomaly. Black teenagers today are afraid of other black teenagers, not whites. … Trayvon’s sad fate clearly sent a quiver of perverse happiness all across America’s civil rights establishment, and throughout the mainstream media as well. His death was vindication of the ‘poetic truth’ that these establishments live by. Shelby Steele
Before the 1960s the black American identity (though no one ever used the word) was based on our common humanity, on the idea that race was always an artificial and exploitive division between people. After the ’60s—in a society guilty for its long abuse of us—we took our historical victimization as the central theme of our group identity. We could not have made a worse mistake. It has given us a generation of ambulance-chasing leaders, and the illusion that our greatest power lies in the manipulation of white guilt. Shelby Steele
But what about all the other young black murder victims? Nationally, nearly half of all murder victims are black. And the overwhelming majority of those black people are killed by other black people. Where is the march for them? Where is the march against the drug dealers who prey on young black people? Where is the march against bad schools, with their 50% dropout rate for black teenaged boys? Those failed schools are certainly guilty of creating the shameful 40% unemployment rate for black teens? How about marching against the cable television shows constantly offering minstrel-show images of black youth as rappers and comedians who don’t value education, dismiss the importance of marriage, and celebrate killing people, drug money and jailhouse fashion—the pants falling down because the jail guard has taken away the belt, the shoes untied because the warden removed the shoe laces, and accessories such as the drug dealer’s pit bull. (…) There is no fashion, no thug attitude that should be an invitation to murder. But these are the real murderous forces surrounding the Martin death—and yet they never stir protests. The race-baiters argue this case deserves special attention because it fits the mold of white-on-black violence that fills the history books. Some have drawn a comparison to the murder of Emmett Till, a black boy who was killed in 1955 by white racists for whistling at a white woman. (…) While civil rights leaders have raised their voices to speak out against this one tragedy, few if any will do the same about the larger tragedy of daily carnage that is black-on-black crime in America. (…) Almost one half of the nation’s murder victims that year were black and a majority of them were between the ages of 17 and 29. Black people accounted for 13% of the total U.S. population in 2005. Yet they were the victims of 49% of all the nation’s murders. And 93% of black murder victims were killed by other black people, according to the same report. (…) The killing of any child is a tragedy. But where are the protests regarding the larger problems facing black America? Juan Williams
« More whites are killed by the police than blacks primarily because whites outnumber blacks in the general population by more than five to one, » Forst said. The country is about 63 percent white and 12 percent black. (…) A 2002 study in the American Journal of Public Health found that the death rate due to legal intervention was more than three times higher for blacks than for whites in the period from 1988 to 1997. (…) Candace McCoy is a criminologist at the John Jay College of Criminal Justice at the City University of New York. McCoy said blacks might be more likely to have a violent encounter with police because they are convicted of felonies at a higher rate than whites. Felonies include everything from violent crimes like murder and rape, to property crimes like burglary and embezzlement, to drug trafficking and gun offenses. The Bureau of Justice Statistics reported that in 2004, state courts had over 1 million felony convictions. Of those, 59 percent were committed by whites and 38 percent by blacks. But when you factor in the population of whites and blacks, the felony rates stand at 330 per 100,000 for whites and 1,178 per 100,000 for blacks. That’s more than a three-fold difference. McCoy noted that this has more to do with income than race. The felony rates for poor whites are similar to those of poor blacks. « Felony crime is highly correlated with poverty, and race continues to be highly correlated with poverty in the USA, » McCoy said. « It is the most difficult and searing problem in this whole mess. » PunditFact
America is coming apart. For most of our nation’s history, whatever the inequality in wealth between the richest and poorest citizens, we maintained a cultural equality known nowhere else in the world—for whites, anyway. (…) But t’s not true anymore, and it has been progressively less true since the 1960s. People are starting to notice the great divide. The tea party sees the aloofness in a political elite that thinks it knows best and orders the rest of America to fall in line. The Occupy movement sees it in an economic elite that lives in mansions and flies on private jets. Each is right about an aspect of the problem, but that problem is more pervasive than either political or economic inequality. What we now face is a problem of cultural inequality. When Americans used to brag about « the American way of life »—a phrase still in common use in 1960—they were talking about a civic culture that swept an extremely large proportion of Americans of all classes into its embrace. It was a culture encompassing shared experiences of daily life and shared assumptions about central American values involving marriage, honesty, hard work and religiosity. Over the past 50 years, that common civic culture has unraveled. We have developed a new upper class with advanced educations, often obtained at elite schools, sharing tastes and preferences that set them apart from mainstream America. At the same time, we have developed a new lower class, characterized not by poverty but by withdrawal from America’s core cultural institutions. (…) Why have these new lower and upper classes emerged? For explaining the formation of the new lower class, the easy explanations from the left don’t withstand scrutiny. It’s not that white working class males can no longer make a « family wage » that enables them to marry. The average male employed in a working-class occupation earned as much in 2010 as he did in 1960. It’s not that a bad job market led discouraged men to drop out of the labor force. Labor-force dropout increased just as fast during the boom years of the 1980s, 1990s and 2000s as it did during bad years. (…) As I’ve argued in much of my previous work, I think that the reforms of the 1960s jump-started the deterioration. Changes in social policy during the 1960s made it economically more feasible to have a child without having a husband if you were a woman or to get along without a job if you were a man; safer to commit crimes without suffering consequences; and easier to let the government deal with problems in your community that you and your neighbors formerly had to take care of. But, for practical purposes, understanding why the new lower class got started isn’t especially important. Once the deterioration was under way, a self-reinforcing loop took hold as traditionally powerful social norms broke down. Because the process has become self-reinforcing, repealing the reforms of the 1960s (something that’s not going to happen) would change the trends slowly at best. Meanwhile, the formation of the new upper class has been driven by forces that are nobody’s fault and resist manipulation. The economic value of brains in the marketplace will continue to increase no matter what, and the most successful of each generation will tend to marry each other no matter what. As a result, the most successful Americans will continue to trend toward consolidation and isolation as a class. Changes in marginal tax rates on the wealthy won’t make a difference. Increasing scholarships for working-class children won’t make a difference. The only thing that can make a difference is the recognition among Americans of all classes that a problem of cultural inequality exists and that something has to be done about it. That « something » has nothing to do with new government programs or regulations. Public policy has certainly affected the culture, unfortunately, but unintended consequences have been as grimly inevitable for conservative social engineering as for liberal social engineering. The « something » that I have in mind has to be defined in terms of individual American families acting in their own interests and the interests of their children. Doing that in Fishtown requires support from outside. There remains a core of civic virtue and involvement in working-class America that could make headway against its problems if the people who are trying to do the right things get the reinforcement they need—not in the form of government assistance, but in validation of the values and standards they continue to uphold. The best thing that the new upper class can do to provide that reinforcement is to drop its condescending « nonjudgmentalism. » Married, educated people who work hard and conscientiously raise their kids shouldn’t hesitate to voice their disapproval of those who defy these norms. When it comes to marriage and the work ethic, the new upper class must start preaching what it practices. Charles Murray
The furor of ignored Europeans against their union is not just directed against rich and powerful government elites per se, or against the flood of mostly young male migrants from the war-torn Middle East. The rage also arises from the hypocrisy of a governing elite that never seems to be subject to the ramifications of its own top-down policies. The bureaucratic class that runs Europe from Brussels and Strasbourg too often lectures European voters on climate change, immigration, politically correct attitudes about diversity, and the constant need for more bureaucracy, more regulations, and more redistributive taxes. But Euro-managers are able to navigate around their own injunctions, enjoying private schools for their children; generous public pay, retirement packages and perks; frequent carbon-spewing jet travel; homes in non-diverse neighborhoods; and profitable revolving-door careers between government and business. The Western elite classes, both professedly liberal and conservative, square the circle of their privilege with politically correct sermonizing. They romanticize the distant “other” — usually immigrants and minorities — while condescendingly lecturing the middle and working classes, often the losers in globalization, about their lack of sensitivity. On this side of the Atlantic, President Obama has developed a curious habit of talking down to Americans about their supposedly reactionary opposition to rampant immigration, affirmative action, multiculturalism, and political correctness — most notably in his caricatures of the purported “clingers” of Pennsylvania. Yet Obama seems uncomfortable when confronted with the prospect of living out what he envisions for others. He prefers golfing with celebrities to bowling. He vacations in tony Martha’s Vineyard rather than returning home to his Chicago mansion. His travel entourage is royal and hardly green. And he insists on private prep schools for his children rather than enrolling them in the public schools of Washington, D.C., whose educators he so often shields from long-needed reform. In similar fashion, grandees such as Facebook billionaire Mark Zuckerberg and Univision anchorman Jorge Ramos do not live what they profess. They often lecture supposedly less sophisticated Americans on their backward opposition to illegal immigration. But both live in communities segregated from those they champion in the abstract. The Clintons often pontificate about “fairness” but somehow managed to amass a personal fortune of more than $100 million by speaking to and lobbying banks, Wall Street profiteers, and foreign entities. The pay-to-play rich were willing to brush aside the insincere, pro forma social-justice talk of the Clintons and reward Hillary and Bill with obscene fees that would presumably result in lucrative government attention. Consider the recent Orlando tragedy for more of the same paradoxes. The terrorist killer, Omar Mateen — a registered Democrat, proud radical Muslim, and occasional patron of gay dating sites — murdered 49 people and wounded even more in a gay nightclub. His profile and motive certainly did not fit the elite narrative that unsophisticated right-wing American gun owners were responsible because of their support for gun rights. No matter. The Obama administration and much of the media refused to attribute the horror in Orlando to Mateen’s self-confessed radical Islamist agenda. Instead, they blamed the shooter’s semi-automatic .223 caliber rifle and a purported climate of hate toward gays. (…) In sum, elites ignored the likely causes of the Orlando shooting: the appeal of ISIS-generated hatred to some young, second-generation radical Muslim men living in Western societies, and the politically correct inability of Western authorities to short-circuit that clear-cut connection. Instead, the establishment all but blamed Middle America for supposedly being anti-gay and pro-gun. In both the U.S. and Britain, such politically correct hypocrisy is superimposed on highly regulated, highly taxed, and highly governmentalized economies that are becoming ossified and stagnant. The tax-paying middle classes, who lack the romance of the poor and the connections of the elite, have become convenient whipping boys of both in order to leverage more government social programs and to assuage the guilt of the elites who have no desire to live out their utopian theories in the flesh. Victor Davis Hanson
Barack Obama is the Dr. Frankenstein of the supposed Trump monster. If a charismatic, Ivy League-educated, landmark president who entered office with unprecedented goodwill and both houses of Congress on his side could manage to wreck the Democratic Party while turning off 52 percent of the country, then many voters feel that a billionaire New York dealmaker could hardly do worse. If Obama had ruled from the center, dealt with the debt, addressed radical Islamic terrorism, dropped the politically correct euphemisms and pushed tax and entitlement reform rather than Obamacare, Trump might have little traction. A boring Hillary Clinton and a staid Jeb Bush would most likely be replaying the 1992 election between Bill Clinton and George H.W. Bush — with Trump as a watered-down version of third-party outsider Ross Perot. But America is in much worse shape than in 1992. And Obama has proved a far more divisive and incompetent president than George H.W. Bush. Little is more loathed by a majority of Americans than sanctimonious PC gobbledygook and its disciples in the media. And Trump claims to be PC’s symbolic antithesis. Making Machiavellian Mexico pay for a border fence or ejecting rude and interrupting Univision anchor Jorge Ramos from a press conference is no more absurd than allowing more than 300 sanctuary cities to ignore federal law by sheltering undocumented immigrants. Putting a hold on the immigration of Middle Eastern refugees is no more illiberal than welcoming into American communities tens of thousands of unvetted foreign nationals from terrorist-ridden Syria. In terms of messaging, is Trump’s crude bombast any more radical than Obama’s teleprompted scripts? Trump’s ridiculous view of Russian President Vladimir Putin as a sort of « Art of the Deal » geostrategic partner is no more silly than Obama insulting Putin as Russia gobbles up former Soviet republics with impunity. Obama callously dubbed his own grandmother a « typical white person, » introduced the nation to the racist and anti-Semitic rantings of the Rev. Jeremiah Wright, and petulantly wrote off small-town Pennsylvanians as near-Neanderthal « clingers. » Did Obama lower the bar for Trump’s disparagements? Certainly, Obama peddled a slogan, « hope and change, » that was as empty as Trump’s « make America great again. » (…) How does the establishment derail an out-of-control train for whom there are no gaffes, who has no fear of The New York Times, who offers no apologies for speaking what much of the country thinks — and who apparently needs neither money from Republicans nor politically correct approval from Democrats? Victor Davis Hanson
In 1978, the eminent sociologist William Julius Wilson argued confidently that class would soon displace race as the most important social variable in American life. As explicit legal barriers to minority advancement receded farther into the past, the fates of the working classes of different races would converge. By the mid 2000s, Wilson’s thesis looked pretty good: The black middle class was vibrant and growing as the average black wealth nearly doubled from 1995 to 2005. Race appeared to lose its salience as a political predictor: More and more blacks were voting Republican, reversing a decades-long trend, and in 2004 George W. Bush collected the highest share of the Latino (44 percent) vote of any Republican ever and a higher share of the Asian vote (43 percent) than he did in 2000. Our politics grew increasingly ideological and less racial: Progressives and the beneficiaries of a generous social-welfare state generally supported the Democratic party, while more prosperous voters were more likely to support Republicans. Stable majorities expressed satisfaction with the state of race relations. It wasn’t quite a post-racial politics, but it was certainly headed in that direction. But in the midst of the financial crisis of 2007, something happened. Both the white poor and the black poor began to struggle mightily, though for different reasons. And our politics changed dramatically in response. It’s ironic that the election of the first black president marked the end of our brief flirtation with a post-racial politics. By 2011, William Julius Wilson had published a slight revision of his earlier thesis, noting the continued importance of race. The black wealth of the 1990s, it turned out, was built on the mirage of house values. Inner-city murder rates, which had fallen for decades, began to tick upward in 2015. In one of the deadliest mass shootings in recent memory, a white supremacist murdered nine black people in a South Carolina church. And the ever-present antagonism between the police and black Americans — especially poor blacks whose neighborhoods are the most heavily policed — erupted into nationwide protests. Meanwhile, the white working class descended into an intense cultural malaise. Prescription-opioid abuse skyrocketed, and deaths from heroin overdoses clogged the obituaries of local papers. In the small, heavily white Ohio county where I grew up, overdoses overtook nature as the leading cause of death. A drug that for so long was associated with inner-city ghettos became the cultural inheritance of the southern and Appalachian white: White youths died from heroin significantly more often than their peers of other ethnicities. Incarceration and divorce rates increased steadily. Perhaps most strikingly, while the white working class continued to earn more than the working poor of other races, only 24 percent of white voters believed that the next generation would be “better off.” No other ethnic group expressed such alarming pessimism about its economic future. And even as each group struggled in its own way, common forces also influenced them. Rising automation in blue-collar industries deprived both groups of high-paying, low-skill jobs. Neighborhoods grew increasingly segregated — both by income and by race — ensuring that poor whites lived among poor whites while poor blacks lived among poor blacks. As a friend recently told me about San Francisco, Bull Connor himself couldn’t have designed a city with fewer black residents. Predictably, our politics began to match this new social reality. In 2012, Mitt Romney collected only 27 percent of the Latino vote. Asian Americans, a solid Republican constituency even in the days of Bob Dole, went for Obama by a three-to-one margin — a shocking demographic turn of events over two decades. Meanwhile, the black Republican became an endangered species. Republican failures to attract black voters fly in the face of Republican history. This was the party of Lincoln and Douglass. Eisenhower integrated the school in Little Rock at a time when the Dixiecrats were the defenders of the racial caste system.(…) For many progressives, the Sommers and Norton research confirms the worst stereotypes of American whites. Yet it also reflects, in some ways, the natural conclusions of an increasingly segregated white poor. (…) The reality is not that black Americans enjoy special privileges. In fact, the overwhelming weight of the evidence suggests that the opposite is true. Last month, for instance, the brilliant Harvard economist Roland Fryer published an exhaustive study of police uses of force. He found that even after controlling for crime rates and police presence in a given neighborhood, black youths were far likelier to be pushed, thrown to the ground, or harassed by police. (Notably, he also found no racial disparity in the use of lethal force.) (…) Getting whipped into a frenzy on conspiracy websites, or feeling that distant, faceless elites dislike you because of your white skin, doesn’t compare. But the great advantages of whiteness in America are invisible to the white poor, or are completely swallowed by the disadvantages of their class. The young man from West Virginia may be less likely to get questioned by Yale University police, but making it to Yale in the first place still requires a remarkable combination of luck and skill. In building a dialogue around “checking privilege,” the modern progressive elite is implicitly asking white America — especially the segregated white poor — for a level of social awareness unmatched in the history of the country. White failure to empathize with blacks is sometimes a failure of character, but it is increasingly a failure of geography and socialization. Poor whites in West Virginia don’t have the time or the inclination to read Harvard economics studies. And the privileges that matter — that is, the ones they see — are vanishing because of destitution: the privilege to pay for college without bankruptcy, the privilege to work a decent job, the privilege to put food on the table without the aid of food stamps, the privilege not to learn of yet another classmate’s premature death. (…) Because of this polarization, the racial conversation we’re having today is tribalistic. On one side are primarily white people, increasingly represented by the Republican party and the institutions of conservative media. On the other is a collection of different minority groups and a cosmopolitan — and usually wealthier — class of whites. These sides don’t even speak the same language: One side sees white privilege while the other sees anti-white racism. There is no room for agreement or even understanding. J. D. Vance
In another eerie ditto of his infamous 2008 attack on the supposedly intolerant Pennsylvania “clingers,” Obama returned to his theme that ignorant Americans “typically” become xenophobic and racist: “Typically, when people feel stressed, they turn on others who don’t look like them.” (“Typically” is not a good Obama word to use in the context of racial relations, since he once dubbed his own grandmother a “typical white person.”) Too often Obama has gratuitously aroused racial animosities with inflammatory rhetoric such as “punish our enemies,” or injected himself into the middle of hot-button controversies like the Trayvon Martin case, the Henry Louis Gates melodrama, and the “hands up, don’t shoot” Ferguson mayhem. Most recently, Obama seemed to praise backup 49ers quarterback and multimillionaire Colin Kaepernick for his refusal to stand during the National Anthem, empathizing with Kaepernick’s claims of endemic American racism. (…) Even presidential nominee and former Secretary of State Hillary Clinton is not really defending the Obama administration’s past “red line” in Syria, the “reset” with Vladimir Putin’s Russia, the bombing of Libya, the Benghazi tragedy, the euphemistic rebranding of Islamic terrorism as mere “violent extremism,” the abrupt pullout from (and subsequent collapse of) Iraq, or the Iran nuclear deal that so far seems to have made the theocracy both rich and emboldened. (…) Racial relations in this country seem as bad as they have been in a half-century. (…) Following the Clinton model, a post-presidential Obama will no doubt garner huge fees as a “citizen of the world” — squaring the circle of becoming fabulously rich while offering sharp criticism of the cultural landscape of the capitalist West on everything from sports controversies to pending criminal trials. What, then, is the presidential legacy of Barack Obama? It will not be found in either foreign- or domestic-policy accomplishment. More likely, he will be viewed as an outspoken progressive who left office loudly in the same manner that he entered it — as a critic of the culture and country in which he has thrived. But there may be another, unspoken legacy of Obama, and it is his creation of the candidacy of Donald J. Trump. Trump is running as an angry populist, fueled by the promise that whatever supposed elites such as Obama have done to the country, he will largely undo. Obama’s only legacy seems to be that “hope and change” begat “make America great again.” Victor Davis Hanson
Hillary Clinton’s comment that half of Donald Trump’s supporters are “racist, sexist, homophobic, xenophobic, Islamophobic”—a heck of a lot of phobia for anyone to lug around all day—puts back in play what will be seen as one of the 2016 campaign’s defining forces: the revolt of the politically incorrect. They may not live at the level of Victor Hugo’s “Les Misérables,” but it was only a matter of time before les déplorables—our own writhing mass of unheard Americans—rebelled against the intellectual elites’ ancien régime of political correctness. (…) Mrs. Clinton’s (…) dismissal, at Barbra Streisand’s LGBT fundraiser, of uncounted millions of Americans as deplorables had the ring of genuine belief. Perhaps sensing that public knowledge of what she really thinks could be a political liability, Mrs. Clinton went on to describe “people who feel that the government has let them down, the economy has let them down, nobody cares about them . . . and they’re just desperate for change.” She is of course describing the people in Charles Murray’s recent and compelling book on cultural disintegration among the working class, “Coming Apart: The State of White America, 1960-2010.” This is indeed the bedrock of the broader Trump base. Mrs. Clinton is right that they feel the system has let them down. There is a legitimate argument over exactly when the rising digital economy started transferring income away from blue-collar workers and toward the “creative class” of Google and Facebook employees, no few of whom are smug progressives who think the landmass seen from business class between San Francisco and New York is pocked with deplorable, phobic Americans. Naturally, they’ll vote for the status quo, which is Hillary. But in the eight years available to Barack Obama to do something about what rankles the lower-middle class—white, black or brown—the non-employed and underemployed grew. A lot of them will vote for Donald Trump because they want a radical mid-course correction. (…) The progressive Democrats, a wholly public-sector party, have disconnected from the realities of the private economy, which exists as a mysterious revenue-producing abstraction. Hillary’s comments suggest they now see much of the population has a cultural and social abstraction. (…) Donald Trump’s appeal, in part, is that he cracks back at progressive cultural condescension in utterly crude terms. Nativists exist, and the sky is still blue. But the overwhelming majority of these people aren’t phobic about a modernizing America. They’re fed up with the relentless, moral superciliousness of Hillary, the Obamas, progressive pundits and 19-year-old campus activists. Evangelicals at last week’s Values Voter Summit said they’d look past Mr. Trump’s personal résumé. This is the reason. It’s not about him. The moral clarity that drove the original civil-rights movement or the women’s movement has degenerated into a confused moral narcissism. (…) It is a mistake, though, to blame Hillary alone for that derisive remark. It’s not just her. Hillary Clinton is the logical result of the Democratic Party’s new, progressive algorithm—a set of strict social rules that drives politics and the culture to one point of view. (…) Her supporters say it’s Donald Trump’s rhetoric that is “divisive.” Just so. But it’s rich to hear them claim that their words and politics are “inclusive.” So is the town dump. They have chopped American society into so many offendable identities that only a Yale freshman can name them all. If the Democrats lose behind Hillary Clinton, it will be in part because America’s les déplorables decided enough of this is enough. Bret Stephens
It doesn’t matter that the cop who killed Keith Scott is black (…) As of Wednesday morning, the most recent story of a black man killed by police is that of Keith Scott in Charlotte. Scott was killed Tuesday and details of the incident are still scant. One of the few bits of information shared by officials and reported by media, however, is that Bentley Vinson, the officer who killed Scott, was also black. As the country struggles to make sense of Scott’s death in relation to the estimated 193 other black people killed by police so far this year (and 306 in 2015), Vinson’s race is being used by some to dismiss charges that Scott was the victim of racist policing. To reduce the role of anti-blackness in policing to merely the race of officers involved in fatal police encounters is misguided, however. It betrays a profound misunderstanding of the ways racism and anti-blackness work within systems, assumes that black people are free of anti-black bias, and that black officers somehow transcend the police cultures in which they’re steeped. (…) Studies have shown that black people are not only capable of anti-black bias but that those who’ve been tested for racial bias are evenly split when it comes to pro-white and pro-black attitudes. Even more, research on the impact of police force diversity on officer-involved homicides has found no relationship between the racial representation of police forces and police killings in the cities they serve. In fact, one study revealed that the best way to predict how many police shootings might occur in a city is to look at the size of its black population. All of that without mentioning the troubling accounts from black police officers of the racism they experience on the force and the pressure they often face to engage in race-based policing in the communities they serve. Ice Cube put it simply in 1988 on N.W.A.’s Fuck tha Police, “But don’t let it be a black and a white one, ‘cause they’ll slam ya down to the street top. Black police showing out for the white cop.” What a 19-year-old Cube understood nearly 30 years ago seems to still elude members of the media and even policymakers today. That’s that there are a number of factors that impact how police officers—yes, even black officers—engage black civilians and suspects, the least of which is shared characteristics. To be sure, America could benefit from more diversity in its police force, especially in communities of color. According to the Bureau of Labor Statistics, nearly 65 percent of the nation’s 3,109,000 law enforcement officers are white. That number jumps to 70 percent for patrol officers and nearly 80 percent for police supervisors. But, while we’re concerned with the race of cops, we should be as concerned with the culture, policy, and practices that guide their actions. The issue at hand isn’t the personal feelings of cops who encounter black civilians but the deadly system of policing that criminalizes blackness, actively profiles black people, over-policies our neighborhoods as a matter of policy, and that uses force against us at three times the rate of whites. That is the ugly state of American policing and that truth doesn’t suddenly change when the boys in blue are black. Donovan X. Ramsey
Brentley Vinson, l’agent lui-même noir qui a abattu la victime, a été suspendu en attendant les résultats d’une enquête administrative, mais la situation ne s’est pas calmée à Charlotte. Deux nuits de violences se sont succédées depuis, et l’Etat d’urgence a été déclaré sur place. Terence Crutcher et Keith Lamont Scott font partie de la longue liste des 822 personnes tuées cette année lors d’une intervention policière aux Etats-Unis, selon le site Mapping Police Violence. Ils font également partie des 214 Noirs américains tués en 2016 par des policiers. Si ces chiffres sont très éloignés des 351 victimes blanches, il convient de les remettre en perspective. Comme l’indique le Washington Post, les Blancs constituent 62% des Américains, mais seulement 49% des victimes policières. Au contraire, les Noirs font partie à 24% des victimes policières, alors que le nombre d’Afro-Américains dans la population totale n’est que de 13%. Le site ProPublica, qui a analysé des chiffres du FBI concernant la période 2012-2012, écrit qu’un adolescent noir a 21 chances de plus d’être tué par la police qu’un adolescent blanc. Si la majorité des Afro-Américains tués en 2016 étaient armés (…), 48 d’entre eux ne l’étaient pas (..) Une étude du Washington Post a démontré qu’en 2015, un Noir non-armé avait sept fois plus de chances d’être abattu qu’un blanc.Impossible cependant d’expliquer ces disparités sans prendre un compte la dimension sociale du phénomène. Comme l’explique Vox, la police patrouille en majorité dans les quartiers aux taux de crimes élevés, où la population noire est plus importante que dans la moyenne américaine. Mais des études ont aussi montré qu’à l’entrainement sur des plateformes de simulation, les policiers tiraient plus rapidement sur des suspects noirs. Un biais qui conduirait à des erreurs d’autant plus importantes sur le terrain. JDD
L’économiste noir nous explique ici que la meilleure façon de lutter contre les violences policières et les ‘mauvaises écoles’ se trouve dans les données, et non dans l’expérience personnelle. (…) Le plus jeune Afro-américain titulaire d’une chaire à l’université d’Harvard explique ses dernières recherches sur les inégalités raciales à travers l’utilisation de la force par la police américaine. Adolescent, Fryer s’est retrouvé face aux armes pointées par des policiers “six ou sept” fois. “Mais, dit-il en traçant une courbe descendante de gauche à droite, il y a une tendance inquiétante, les gens parlent des races aux États-Unis en se basant uniquement sur leur expérience personnelle.” Avec sa voix teintée d’un soupçon d’accent du sud des États-Unis, il poursuit : “Je m’en fiche, de mon expérience personnelle, ou de celle des autres. Tout ce que je veux savoir, c’est comment cette expérience nous amène aux données chiffrées, pour nous aider à savoir ce qui se passe vraiment.” L’année dernière, comprendre ce qui se passe vraiment a conduit Roland Fryer, 38 ans, à remporter la médaille John Bates Clark, récompense annuelle décernée à un économiste américain de moins de 40 ans. La médaille est considérée comme le prix le plus prestigieux en économie, après le prix Nobel. (…) Roland Fryer me raconte qu’il a passé deux jours l’an dernier à suivre les policiers durant leurs rondes à Camden, dans le New Jersey (lors du premier jour de patrouille, une femme a succombé à une overdose devant lui). Roland Fryer cherchait à comprendre si les meurtres de Michael Brown et de Eric Garner, deux jeunes Afro-américains dont la mort a provoqué d’énormes manifestations, s’inscrivaient dans un modèle de répétitions identifiable, comme le mouvement activiste Black Lives Matter l’affirmait. Après une semaine de patrouilles, il a collecté plus de six millions de données des autorités, dont celles de la ville de New York, sur les victimes noires, blanches et latino de violences policières. (…) une fois les facteurs de contexte pris en compte, les Noirs ne sont pas plus susceptibles selon ces données d’être abattus par la police. Ce qui soulève la question : pourquoi ce tollé en 2014 à Ferguson, dans le Missouri, où le jeune Michael Brown a été abattu ? (…) “Ce sont les données” dit Fryer. “Maintenant, une hypothèse pour expliquer ce qui est arrivé à Ferguson – pas la fusillade, mais la réaction d’indignation – : ce n’était pas parce que les gens faisaient une déduction statistique, pas à propos de l’innocence ou de la culpabilité de Michael, mais parce qu’ils détestent cette putain de police.” Il poursuit : “la raison pour laquelle ils détestent la police est que si vous avez passé des années être fouillés, jetés à terre, menottés sans motif réel, et ensuite, vous entendez qu’un policier a tiré dans votre ville, comment pouvez-vous croire que c’était autre chose que de la discrimination ?” “Je pense que cela a à voir avec les incentives et les récompenses” ajoute Fryer. Les officiers de police, explique-t-il, reçoivent souvent les mêmes récompenses indépendamment de la gravité des crimes qu’ils traitent, et ils ne sont pas sanctionnés pour l’utilisation de “la force de bas niveau” sans raison valable [aux États-Unis, les moyens de pression de la police sont classés du plus bas niveau (injonction verbale) au plus haut niveau (arme létale), ndt]. Cela encourage un comportement agressif. Financial Times
In 1978, the eminent sociologist William Julius Wilson argued confidently that class would soon displace race as the most important social variable in American life. As explicit legal barriers to minority advancement receded farther into the past, the fates of the working classes of different races would converge. By the mid 2000s, Wilson’s thesis looked pretty good: The black middle class was vibrant and growing as the average black wealth nearly doubled from 1995 to 2005. Race appeared to lose its salience as a political predictor: More and more blacks were voting Republican, reversing a decades-long trend, and in 2004 George W. Bush collected the highest share of the Latino (44 percent) vote of any Republican ever and a higher share of the Asian vote (43 percent) than he did in 2000. Our politics grew increasingly ideological and less racial: Progressives and the beneficiaries of a generous social-welfare state generally supported the Democratic party, while more prosperous voters were more likely to support Republicans. Stable majorities expressed satisfaction with the state of race relations. It wasn’t quite a post-racial politics, but it was certainly headed in that direction. But in the midst of the financial crisis of 2007, something happened. Both the white poor and the black poor began to struggle mightily, though for different reasons. And our politics changed dramatically in response. It’s ironic that the election of the first black president marked the end of our brief flirtation with a post-racial politics. By 2011, William Julius Wilson had published a slight revision of his earlier thesis, noting the continued importance of race. The black wealth of the 1990s, it turned out, was built on the mirage of house values. Inner-city murder rates, which had fallen for decades, began to tick upward in 2015. In one of the deadliest mass shootings in recent memory, a white supremacist murdered nine black people in a South Carolina church. And the ever-present antagonism between the police and black Americans — especially poor blacks whose neighborhoods are the most heavily policed — erupted into nationwide protests. Meanwhile, the white working class descended into an intense cultural malaise. Prescription-opioid abuse skyrocketed, and deaths from heroin overdoses clogged the obituaries of local papers. In the small, heavily white Ohio county where I grew up, overdoses overtook nature as the leading cause of death. A drug that for so long was associated with inner-city ghettos became the cultural inheritance of the southern and Appalachian white: White youths died from heroin significantly more often than their peers of other ethnicities. Incarceration and divorce rates increased steadily. Perhaps most strikingly, while the white working class continued to earn more than the working poor of other races, only 24 percent of white voters believed that the next generation would be “better off.” No other ethnic group expressed such alarming pessimism about its economic future. And even as each group struggled in its own way, common forces also influenced them. Rising automation in blue-collar industries deprived both groups of high-paying, low-skill jobs. Neighborhoods grew increasingly segregated — both by income and by race — ensuring that poor whites lived among poor whites while poor blacks lived among poor blacks. As a friend recently told me about San Francisco, Bull Connor himself couldn’t have designed a city with fewer black residents. Predictably, our politics began to match this new social reality. In 2012, Mitt Romney collected only 27 percent of the Latino vote. Asian Americans, a solid Republican constituency even in the days of Bob Dole, went for Obama by a three-to-one margin — a shocking demographic turn of events over two decades. Meanwhile, the black Republican became an endangered species. Republican failures to attract black voters fly in the face of Republican history. This was the party of Lincoln and Douglass. Eisenhower integrated the school in Little Rock at a time when the Dixiecrats were the defenders of the racial caste system.(…) For many progressives, the Sommers and Norton research confirms the worst stereotypes of American whites. Yet it also reflects, in some ways, the natural conclusions of an increasingly segregated white poor. (…) The reality is not that black Americans enjoy special privileges. In fact, the overwhelming weight of the evidence suggests that the opposite is true. Last month, for instance, the brilliant Harvard economist Roland Fryer published an exhaustive study of police uses of force. He found that even after controlling for crime rates and police presence in a given neighborhood, black youths were far likelier to be pushed, thrown to the ground, or harassed by police. (Notably, he also found no racial disparity in the use of lethal force.) (…) Getting whipped into a frenzy on conspiracy websites, or feeling that distant, faceless elites dislike you because of your white skin, doesn’t compare. But the great advantages of whiteness in America are invisible to the white poor, or are completely swallowed by the disadvantages of their class. The young man from West Virginia may be less likely to get questioned by Yale University police, but making it to Yale in the first place still requires a remarkable combination of luck and skill. In building a dialogue around “checking privilege,” the modern progressive elite is implicitly asking white America — especially the segregated white poor — for a level of social awareness unmatched in the history of the country. White failure to empathize with blacks is sometimes a failure of character, but it is increasingly a failure of geography and socialization. Poor whites in West Virginia don’t have the time or the inclination to read Harvard economics studies. And the privileges that matter — that is, the ones they see — are vanishing because of destitution: the privilege to pay for college without bankruptcy, the privilege to work a decent job, the privilege to put food on the table without the aid of food stamps, the privilege not to learn of yet another classmate’s premature death. (…) Because of this polarization, the racial conversation we’re having today is tribalistic. On one side are primarily white people, increasingly represented by the Republican party and the institutions of conservative media. On the other is a collection of different minority groups and a cosmopolitan — and usually wealthier — class of whites. These sides don’t even speak the same language: One side sees white privilege while the other sees anti-white racism. There is no room for agreement or even understanding. J. D. Vance
Par son geste, Kaepernick a emboîté le pas à d’autres joueurs professionnels luttant contre les discriminations raciales ou la violence des armes à feu, parmi lesquels les stars du basket-ball Dwyane Wade, LeBron James ou Carmelo Anthony. Mais, contrairement à ces piliers de la NBA, Kaepernick a délivré son message à un moment très sensible. Aux Etats-Unis s’attaquer au Stars and Stripes (le drapeau) ou au Star-Spangled Banner (l’hymne national) est un jeu très dangereux. La chanteuse Sinead O’Connor en avait fait les frais en 1990, excluant de se produire dans le New Jersey si l’hymne américain était joué en préambule. L’Irlandaise avait été la cible d’une campagne de rejet, bannie par plusieurs radios. Un quart de siècle plus tard, Colin Kaepernick se retrouve vilipendé sur les réseaux sociaux, des Américains exigeant de la Ligue nationale de football américain (NFL) sa suspension, voire son licenciement. Accusé de bafouer un symbole et de politiser son sport, Colin Kaepernick s’inscrit aussi dans une lignée d’athlètes protestataires noirs qui ont marqué les Etats-Unis. Inhumé en juin entouré d’hommages planétaires, la légende de la boxe Mohamed Ali avait payé de plusieurs années d’interruption de carrière son refus d’aller combattre au Vietnam. Egalement gravés dans la mémoire collective sont les poings gantés de noir de Tommie Smith et John Carlos, sur le podium du 200 mètres des jeux Olympiques de Mexico de 1968. Ces deux athlètes, dénonçant la ségrégation raciale théoriquement abolie mais encore bien présente alors, ont été boycottés par les médias et honnis durant des décennies, avant d’être réhabilités tardivement. Francetv
Critics have claimed that corner-clearing and other forms of so-called broken-windows policing are invidiously intended to “control African-American and poor communities,” in the words of Columbia law professor Bernard Harcourt. This critique of public-order enforcement ignores a fundamental truth: It’s the people who live in high-crime areas who petition for “corner-clearing.” The police are simply obeying their will. And when the police back off of such order-maintenance strategies under the accusation of racism, it is the law-abiding poor who pay the price. (…) A 54-year-old grandmother (…) understands something that eludes the activists and academics: Out of street disorder grows more serious crime. (…) After the Freddie Gray riots in April 2016, the Baltimore police virtually stopped enforcing drug laws and other low-level offenses. Shootings spiked, along with loitering and other street disorder. (…) This observed support for public-order enforcement is backed up by polling data. In a Quinnipiac poll from 2015, slightly more black than white voters in New York City said they want the police to “actively issue summonses or make arrests” in their neighborhood for quality-of-life offenses: 61 percent of black voters wanted such summons and arrests, with 33 percent opposed, versus 59 percent of white voters in support, with 37 percent opposed. The wider public is clueless about the social breakdown in high-crime areas and its effect on street life. The drive-by shootings, the open-air drug-dealing, and the volatility and brutality of those large groups of uncontrolled kids are largely unknown outside of inner-city areas. Ideally, informal social controls, above all the family, preserve public order. But when the family disintegrates, the police are the second-best solution for protecting the law-abiding. (That family disintegration now frequently takes the form of the chaos that social scientists refer to as “multi-partner fertility,” in which females have children by several different males and males have children by several different females, dashing hopes for any straightforward reuniting of biological mothers and fathers.)This year in Chicago alone, through August 30, 12 people have been shot a day, for a tally of 2,870 shooting victims, 490 of them killed. (By contrast, the police shot 17 people through August 30, or 0.6 percent of the total.) The reason for this mayhem is that cops have backed off of public-order enforcement. Pedestrian stops are down 90 percent. (…) “Police legitimacy” is a hot topic among academic critics of the police these days. Those critics have never answered the question: What should the police do when their constituents beg them to maintain order? Should the cops ignore them? There would be no surer way to lose legitimacy in the eyes of the people who need them most. Heather Mac Donald
La promesse d’une Amérique post-raciale n’a pas été tenue. Il y a quelques jours à peine, Barack Obama a même invité la communauté noire à s’opposer en bloc à Donald Trump le 8 novembre, en disant qu’il serait vexé si elle ne soutenait pas Hilary Clinton. On a beau croire et dire que l’Amérique entretient un rapport décomplexé avec les statistiques ethniques, il n’en demeure pas moins que cet appel explicite au vote ethnique et communautariste ramène l’Amérique a son clivage originel. De son côté, même s’il ne joue pas explicitement la carte raciale, Donald Trump est le candidat de la classe moyenne blanche qui ressent son déclassement symbolique et économique dans une Amérique convertie au multiculturalisme et au libre-échangisme. Il canalise politiquement un ressentiment qui s’accumule depuis longtemps. Aussi fantasque et inquiétant soit-il, il se présente comme le porte-parole d’une Amérique périphérique en révolte. La question de l’immigration est centrale dans la présente présidentielle. On le sait, le mythe américain est celui d’une nation d’immigrants. Il suffirait d’embrasser le rêve américain et les valeurs américaines pour adhérer à la nation. On oublie pourtant l’existence d’une nation historique américaine, qui s’est transformée au fil des vagues d’immigration successives, mais qui n’est pas pour autant un simple amas d’individus indéterminés. Il existe un noyau culturel américain. Aujourd’hui, l’Amérique est confrontée à l’hispanisation des États du sud. Une bonne partie de cette immigration massive est clandestine et on compte plusieurs millions de sans-papiers dans le pays. Rares sont ceux qui croient possible ou qui souhaitent leur expulsion systématique. Mais tous savent qu’une politique d’amnistie jouerait le rôle d’une pompe aspirante pour de nouvelles vagues de clandestins. De grands pans de l’électorat américain sont traversés par une forme d’angoisse identitaire, qu’on ne saurait réduire mesquinement à une forme de panique morale, comme s’il était globalement paranoïaque. On peut y reconnaître la hantise de déclassement d’un empire qui avait pris l’habitude de sa supériorité mondiale. On y verra aussi, toutefois, une peur de la dilution de l’identité américaine et de sa submersion démographique, semblable à celle qui se manifeste dans les pays européens. En s’en prenant violemment il y a quelques jours à la moitié des électeurs de Trump pour les qualifier de racistes, de sexistes, d’homophobes, de xénophobes et d’islamophobes, Hillary Clinton a certainement procuré satisfaction à la frange la plus radicale de la base démocrate, qu’on trouve dans les universités et les médias. Mais un tel mépris de classe de la part de la représentante par excellence des élites américaines pourrait lui coûter cher chez ceux qui se sentent exclus du système politique et qui rêvent de punir la classe politique. Le pays du 11 septembre n’est pas épargné non plus par les nouveaux visages du terrorisme islamiste, comme on l’a vu notamment à Orlando et à San Bernardino. L’Amérique ne se sent plus à l’abri dans ses frontières. L’islamisme a prouvé à plus d’une reprise sa capacité à frapper en son cœur n’importe quelle société occidentale. Le grand malaise de Barack Obama lorsque vient le temps de nommer l’islam radical, par peur de l’amalgame, affaiblit moralement le président américain, qui semble incapable de faire face à l’ennemi qui le désigne. On en trouve de moins en moins pour célébrer cette dissolution du réel dans une rhétorique inclusive qui, pour ne blesser personne, se montre incapable de nommer le principal péril sécuritaire qui pèse sur notre époque. Obama est ici victime d’une illusion caractéristique de l’universalisme radical. (…) Il ne sert à rien de faire aujourd’hui un réquisitoire contre Obama, d’autant que sa présidence ne fut pas sans grandeur. Appelé à présider une Amérique déclinante dans un contexte mondial impossible, il aura, comme on dit, fait tout son possible pour la pacifier. Si on peut faire le bilan d’un échec relatif de sa présidence, on ne saurait toutefois parler d’une faillite morale. Mathieu Bock-Côté

Vous avez dit pompiers pyromanes ?

A l’heure où semble se confirme l’hypothèse de la provocation délibérée et d’un véritable coup monté d’une porteuse de burkini australienne prétendant avoir été chassée par des baigneurs de Villeneuve-Loubet le 18 septembre dernier et où en Italie une présentatrice de la télévison se voit fustigée pour le port d’une croix pendant qu’après la première olympienne, c’est à la première présentatrice voilée que se prépare l’Amérique …

Où, 15 ans après le 11 septembre et un nouveau massacre, le leader du Monde libre ne peut toujours pas donner un nom à la principale menace qui pèse sur ledit Monde libre …

Mais appelle explicitement au vote ethnique et communautariste alors que son ancienne secrétaire d’Etat et candidate de son parti qualifie de racistes, sexistes, homophobes, xénophobes et islamophobes la moitié des électeurs de son adversaire …

Pendant que les médias gratifient de leur couverture pour son antipatriotisme un sportif noir également élevé par des blancs …

Et qu’un mouvement antiraciste dénonce sytématiquement contre toute évidence le prétendu « racisme policier » …

Qui prendra la peine de rappeler que la dernière victime en date dudit « racisme » est comme dans bien d’autres cas aussi noire que celui qui l’a abattu ?

Et qui aura le courage de reconnaitre contre ceux qui s’accrochent à sa prétendue « grandeur » pour se refuser à faire un « réquisitoire » ou parler de « faillite morale » …

Qu’une présidence qui n’ayant jamais eu de mots assez durs pour rabaisser son propre pays et en fustiger les manquements  …

N’a sans compter la hausse du nombre d’homicides lié à l’effet Ferguson qui décourage les policiers d’entrer dans certains quartiers …

Fait en réalité qu’ajouter de l’huile sur le feu et enhardir les ennemis de la liberté ?

L’échec du grand rêve d’Obama
Mathieu Bock-Côté
Le Figaro
24/09/2016

FIGAROVOX/ANALYSE – Sur fond d’émeutes raciales, Barack Obama a livré un plaidoyer pour le multiculturalisme et contre le populisme lors de son dernier discours à l’assemblée générale de l’ONU. Pour Mathieu Bock-Côté, la fin de sa présidence est cependant marquée par la révolte de l’Amérique périphérique.
Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie et chargé de cours aux HEC à Montréal. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l’auteur d’Exercices politiques (VLB éditeur, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois (Boréal, 2012) et de La dénationalisation tranquille: mémoire, identité et multiculturalisme dans le Québec post-référendaire (Boréal, 2007). Mathieu Bock-Côté est aussi chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. Son dernier livre, Le multiculturalisme comme religion politique vient de paraître aux éditions du Cerf.

Dans son dernier discours à l’assemblée générale de l’ONU, Barack Obama a cru devoir livrer un plaidoyer militant contre le populisme qui partout monterait en Occident. En toile de fond de son intervention, il avait naturellement en tête la poussée de Donald Trump, dont on ne peut exclure l’élection à la Maison-Blanche, dans quelques semaines, et qui a mené une campagne portant principalement sur les périls de l’immigration massive et la reconstruction des frontières américaines. On peut croire, toutefois, qu’il visait aussi les mouvements populistes qui progressent sur le vieux continent et qui témoignent de semblables préoccupations. Ce discours en forme d’avertissement permettait à Obama de rappeler les fondements de sa philosophie politique: l’Amérique est un pays d’immigrants et multiculturel. Il a aussi pour vocation de servir d’exemple à l’humanité entière, pour peu qu’il soit à la hauteur de ses idéaux.

Cette mise en garde n’est pas surprenante. L’Amérique n’a rien du paradis multiculturel qu’Obama entendait construire à l’aube de sa présidence, quand on l’imaginait dans les traits du grand réconciliateur d’une nation divisée. La renaissance des tensions raciales, ces derniers mois, plombe une fin de présidence déjà décevante. Si le récit médiatique radicalise une situation déjà difficile, en présentant systématiquement des policiers blancs pourchassant de jeunes noirs, et n’hésitant pas à ouvrir le feu sur eux, on doit néanmoins convenir que la multiplication des bavures rouvre la vieille plaie mal guérie de la ségrégation raciale. En juillet, à Baton Rouge, en Louisiane, cela a même poussé dans une logique de guerre civile un jeune noir qui a assassiné trois policiers blancs. Dans un pays violent, l’Américain moyen a le réflexe de s’armer. Les gated communities se multiplient aussi. La méfiance règne.

La promesse d’une Amérique post-raciale n’a pas été tenue. Il y a quelques jours à peine, Barack Obama a même invité la communauté noire à s’opposer en bloc à Donald Trump le 8 novembre, en disant qu’il serait vexé si elle ne soutenait pas Hilary Clinton. On a beau croire et dire que l’Amérique entretient un rapport décomplexé avec les statistiques ethniques, il n’en demeure pas moins que cet appel explicite au vote ethnique et communautariste ramène l’Amérique a son clivage originel. De son côté, même s’il ne joue pas explicitement la carte raciale, Donald Trump est le candidat de la classe moyenne blanche qui ressent son déclassement symbolique et économique dans une Amérique convertie au multiculturalisme et au libre-échangisme. Il canalise politiquement un ressentiment qui s’accumule depuis longtemps. Aussi fantasque et inquiétant soit-il, il se présente comme le porte-parole d’une Amérique périphérique en révolte.

La question de l’immigration est centrale dans la présente présidentielle. On le sait, le mythe américain est celui d’une nation d’immigrants. Il suffirait d’embrasser le rêve américain et les valeurs américaines pour adhérer à la nation. On oublie pourtant l’existence d’une nation historique américaine, qui s’est transformée au fil des vagues d’immigration successives, mais qui n’est pas pour autant un simple amas d’individus indéterminés. Il existe un noyau culturel américain. Aujourd’hui, l’Amérique est confrontée à l’hispanisation des États du sud. Une bonne partie de cette immigration massive est clandestine et on compte plusieurs millions de sans-papiers dans le pays. Rares sont ceux qui croient possible ou qui souhaitent leur expulsion systématique. Mais tous savent qu’une politique d’amnistie jouerait le rôle d’une pompe aspirante pour de nouvelles vagues de clandestins.

De grands pans de l’électorat américain sont traversés par une forme d’angoisse identitaire, qu’on ne saurait réduire mesquinement à une forme de panique morale, comme s’il était globalement paranoïaque. On peut y reconnaître la hantise de déclassement d’un empire qui avait pris l’habitude de sa supériorité mondiale. On y verra aussi, toutefois, une peur de la dilution de l’identité américaine et de sa submersion démographique, semblable à celle qui se manifeste dans les pays européens. En s’en prenant violemment il y a quelques jours à la moitié des électeurs de Trump pour les qualifier de racistes, de sexistes, d’homophobes, de xénophobes et d’islamophobes, Hillary Clinton a certainement procuré satisfaction à la frange la plus radicale de la base démocrate, qu’on trouve dans les universités et les médias. Mais un tel mépris de classe de la part de la représentante par excellence des élites américaines pourrait lui coûter cher chez ceux qui se sentent exclus du système politique et qui rêvent de punir la classe politique.

Le pays du 11 septembre n’est pas épargné non plus par les nouveaux visages du terrorisme islamiste, comme on l’a vu notamment à Orlando et à San Bernardino. L’Amérique ne se sent plus à l’abri dans ses frontières. L’islamisme a prouvé à plus d’une reprise sa capacité à frapper en son cœur n’importe quelle société occidentale. Le grand malaise de Barack Obama lorsque vient le temps de nommer l’islam radical, par peur de l’amalgame, affaiblit moralement le président américain, qui semble incapable de faire face à l’ennemi qui le désigne. On en trouve de moins en moins pour célébrer cette dissolution du réel dans une rhétorique inclusive qui, pour ne blesser personne, se montre incapable de nommer le principal péril sécuritaire qui pèse sur notre époque. Obama est ici victime d’une illusion caractéristique de l’universalisme radical.

Huit ans plus tard, l’optimisme radieux des premiers mois de la présidence d’Obama semble bien éloigné. L’Amérique misait sur cet homme exceptionnellement doué pour la parole publique pour tourner une page de son histoire et transcender ce qu’on appellera son péché originel. La tâche était probablement trop grande et les fractures américaines, plus profondes qu’on ne le pensait. Peut-être dirons-nous quand même un jour qu’il a marqué une étape majeure dans l’émancipation de la communauté noire, même si l’histoire n’avance pas aussi vite qu’on le souhaiterait. Il ne sert à rien de faire aujourd’hui un réquisitoire contre Obama, d’autant que sa présidence ne fut pas sans grandeur. Appelé à présider une Amérique déclinante dans un contexte mondial impossible, il aura, comme on dit, fait tout son possible pour la pacifier. Si on peut faire le bilan d’un échec relatif de sa présidence, on ne saurait toutefois parler d’une faillite morale.

Voir aussi:

People Who live in High-Crime Areas Ask the Cops to Enforce No-Loitering Policies
Heather Mac Donald
National review
August 31, 2016
What should the police to do when their constituents beg them to maintain order? Ignore them? It is starting to dawn on at least some members of the press that law-abiding residents of inner-city areas desperately want the police to maintain order in their neighborhoods.
“Please help me,” a gas station owner in West Baltimore begged his local police commander during a recent police-community meeting attended by a Washington Post reporter. The gas station’s parking lot had been overrun with loiterers and had been the site of a fatal gang shooting, following a Justice Department report that had accused the Baltimore Police Department of racism.
The Justice Department had singled out for particular opprobrium the police practice of trying to “clear corners” of loiterers and trespassers in high-crime areas. Such loitering enforcement merely oppresses minority communities, according to the federal lawyers. Black Lives Matter activists, academics, and the press have leveled that same charge repeatedly over the last two years. (See, for instance, an op-ed titled “Romanticizing Broken Windows Policing,” by New York Times columnist Charles Blow, or the New York Times editorial “Broken Window, Broken Lives.”) These critics have claimed that corner-clearing and other forms of so-called broken-windows policing are invidiously intended to “control African-American and poor communities,” in the words of Columbia law professor Bernard Harcourt.
This critique of public-order enforcement ignores a fundamental truth: It’s the people who live in high-crime areas who petition for “corner-clearing.” The police are simply obeying their will. And when the police back off of such order-maintenance strategies under the accusation of racism, it is the law-abiding poor who pay the price.
The Post reporter, to his credit, accurately captured the demands of those vulnerable residents:
The 40 or so longtime residents who gathered in a West Baltimore church basement on this August night — many of whom were older black women afraid to walk to the store or leave their homes at night — had come to urge police to clear their corners of miscreants and restore order to their crime-plagued community.
A 67-year-old social worker worried that if the convenience stores in her neighborhood received permission to operate around the clock, they would become hangouts for youth. “We’ll need more police to watch it,” she told the commanders. When crowds of teens hang out on corners, she said, residents have no option but to call the police.
The Washington Post is not the only newspaper to belatedly notice the grassroots source of order-maintenance policing. The Baltimore Sun wrote a story on “corner-clearing” after the Justice Department report, and stumbled across the same inconvenient fact: It is locals who urge the police to enforce trespassing and loitering laws. A 54-year-old grandmother told the Sun why she had posted a “No Loitering” sign in her window: “If I come home from work, ain’t nobody supposed to be sitting on my steps,’ Sophia McMurray said. “I don’t even sit on my steps.” Ms. McMurray understands something that eludes the activists and academics: Out of street disorder grows more serious crime. She doesn’t want groups of teens hanging out, she said, because she wants her “grandkids to be in a safe environment.”
The Sun also heard from the beleaguered owner of a local copy store. After the Freddie Gray riots in April 2016, the Baltimore police virtually stopped enforcing drug laws and other low-level offenses. Shootings spiked, along with loitering and other street disorder. The scene outside the copy store got so threatening that the owner, June Crisp, painted the admonition “No loitering. No sitting on steps. Violators will be arrested” on the steps leading to his store and obtained an official No Loitering placard from his local councilman.
“After the riots, it got bad, like the drug dealers were having conventions on this block,” Crisp told the Sun. “All this drug activity, it scares people away. Legitimate people, honest people.” Crisp calls the police if the people hanging out in front of his store don’t leave. “You’ve got to do what you’ve got to do,” he told the paper. “I’m trying to make money. I’m trying to pay my bills.”
It is impossible to attend a police-community meeting in a high-crime area without hearing some variant on these heartfelt requests for public order. Through hard experience, the law-abiding residents of gang- and drug-plagued areas perceive large groups of people hanging out as a threat. In April 2016, a 17-year-old girl in Coney Island, Brooklyn, Ta’Jae Warner, tried to protect her brother from a group of girls gathered outside her apartment building who were threatening to kill him; one of the group knocked Ta’Jae unconscious, and she hit her head on the pavement. She was taken off life support four days later and died.
On March 25, 2016, two groups of youths were fighting on a street corner on Chicago’s West Side. One of the teens started shooting at his rivals, instead hitting 13-year-old Zarriel Trotter, an innocent bystander, in his back near his spine. The bullet punctured Zarriel’s intestines.
In a community-council meeting in the 41st precinct of the South Bronx in June 2015 that I attended, residents complained repeatedly about large groups of youth hanging out on corners. “There’s too much fighting,” one woman said. “There were more than 100 kids the other day; they beat on a girl about 14 years old.” Another man asked: “Why are they hanging out in crowds on the corners? No one does anything about it. Can’t you arrest them for loitering? They’re perched there like birds.” A middle-aged man wondered: “Do truant officers exist anymore?”
At a meeting in the 23rd precinct in East Harlem in 2015 that I observed, residents asked why the police hadn’t stopped a recent stampede of youth down Third Avenue.
Several years ago, an elderly lady in the 32nd precinct in Harlem proudly reported to her precinct commander that her building had just gone co-op. But kids had colonized her stoop. “What ever happened to loitering laws?” she asked.
In 2013, I spoke with an elderly cancer amputee in the Mt. Hope section of the Bronx. She was terrified to go to her apartment lobby because of the loiterers hanging out around and in her building. If the loiterers gain access, she said, all hell breaks loose: “You can smell their stuff in the hallway; they’re cussing and urinating.” The only time she felt safe was when the police had cleared the area: “As long as you see the police, everything’s A-okay. . . . You can come down and get your mail and talk to decent people.”
This observed support for public-order enforcement is backed up by polling data. In a Quinnipiac poll from 2015, slightly more black than white voters in New York City said they want the police to “actively issue summonses or make arrests” in their neighborhood for quality-of-life offenses: 61 percent of black voters wanted such summons and arrests, with 33 percent opposed, versus 59 percent of white voters in support, with 37 percent opposed.
The wider public is clueless about the social breakdown in high-crime areas and its effect on street life. The drive-by shootings, the open-air drug-dealing, and the volatility and brutality of those large groups of uncontrolled kids are largely unknown outside of inner-city areas. Ideally, informal social controls, above all the family, preserve public order. But when the family disintegrates, the police are the second-best solution for protecting the law-abiding. (That family disintegration now frequently takes the form of the chaos that social scientists refer to as “multi-partner fertility,” in which females have children by several different males and males have children by several different females, dashing hopes for any straightforward reuniting of biological mothers and fathers.)
This year in Chicago alone, through August 30, 12 people have been shot a day, for a tally of 2,870 shooting victims, 490 of them killed. (By contrast, the police shot 17 people through August 30, or 0.6 percent of the total.) The reason for this mayhem is that cops have backed off of public-order enforcement. Pedestrian stops are down 90 percent. “The streets are gone,” the head of Chicago’s police union, Dean Angelo, told me earlier in August. “The cops are driving by people on the drug corners, they’re not sweeping the corners anymore.”
“Police legitimacy” is a hot topic among academic critics of the police these days. Those critics have never answered the question: What should the police do when their constituents beg them to maintain order? Should the cops ignore them? There would be no surer way to lose legitimacy in the eyes of the people who need them most.
— Heather Mac Donald is the Thomas W. Smith fellow at the Manhattan Institute and author of The War on Cops.

Voir également:

Etats-Unis: «l’effet Ferguson» ou la peur des policiers américains
RFI
25-10-2015
Le grand rassemblement annuel des chefs de police américains se tient en ce moment à Chicago. 14 000 officiers sont réunis pour évoquer les problèmes rencontrés et les changements qui affectent leur travail. Barack Obama s’exprimera devant cette assemblée ce mardi, dans le contexte des tensions raciales de ces derniers mois aux Etats-Unis. Le directeur du FBI, James Comey, a déjà provoqué une polémique en déclarant que les forces de l’ordre avaient désormais peur de remplir leur mission.
Avec notre correspondante à Washington,  Anne-Marie Capomaccio

On appelle cela « l’effet Ferguson » : des policiers mis en cause après la mort d’un homme noir, entraînant une sorte de dépression collective. Leurs collègues hésiteraient désormais à procéder à des arrestations, tétanisés à l’idée de devenir les acteurs involontaires de vidéos virales. Résultat : ils ne font plus leur travail et le taux de criminalité est en hausse. C’est la théorie du directeur du FBI.

James Comey le reconnaît, il s’appuie sur son intuition, car aucune statistique fédérale n’existe aux Etats-Unis, ni sur le crime en général, ni sur les personnes tuées par la police. Les seules données disponibles sont compilées par des associations ou des journaux.

Pratiques policières

Cette thèse, très diversement appréciée par les responsables de la police américaine réunis à Chicago, a eu le mérite d’animer débat sur les pratiques des forces de l’ordre. La police est-elle raciste ? Les officiers utilisent-ils leurs armes sans réel motif ? Ont-ils peur des personnes qu’ils sont censés protéger ?

Les policiers sont d’accord sur le fait qu’il faut améliorer d’urgence les relations avec le public. Une prise de conscience qui arrive tard et sous la pression de la rue, excédée à la fois par les violences policières et le nombre de crimes en hausse dans les grandes métropoles.

Voir encore:

CARTES. Etats-Unis : les abus de la police à l’encontre des Afro-Américains

La mort d’un Noir américain tué mardi par la police a conduit à des émeutes importantes à Charlotte, où l’état d’urgence a été déclaré. Vendredi, un autre Afro-Américain a été abattu à côté de sa voiture alors qu’il n’était pas armé et semblait coopérer.

JDD

22 septembre 2016

Après la mort le 16 septembre dernier de Terence Crutcher, abattu par la police près de son véhicule alors qu’il n’était pas armé et avait les mains en l’air, le problème des abus des forces de l’ordre à l’encontre des Afro-Américains revient sur le devant de la scène outre-Atlantique. D’autant plus depuis mardi et la mort dans des conditions troubles de Keith Lamont Scott, un Noir américain de 43 ans, lui aussi tué par des policiers à Charlotte en Caroline du Nord. La police maintient qu’il était armé et faisait peser une menace vitale réelle, mais la soeur de la victime contredit cette version, arguant qu’il lisait un livre au moment de sa mort.

En 2016, déjà 822 tués par la police

Brentley Vinson, l’agent lui-même noir qui a abattu la victime, a été suspendu en attendant les résultats d’une enquête administrative, mais la situation ne s’est pas calmée à Charlotte. Deux nuits de violences se sont succédées depuis, et l’Etat d’urgence a été déclaré sur place. Le gouverneur, Pat McCrory, a en outre annoncé sur Twitter avoir « pris l’initiative de déployer la Garde nationale et la police autoroutière pour aider la police locale ».

Terence Crutcher et Keith Lamont Scott font partie de la longue liste des 822 personnes tuées cette année lors d’une intervention policière aux Etats-Unis, selon le site Mapping Police Violence :

Ils font également partie des 214 Noirs américains tués en 2016 par des policiers. Si ces chiffres sont très éloignés des 351 victimes blanches, il convient de les remettre en perspective.

Comme l’indique le Washington Post, les Blancs constituent 62% des Américains, mais seulement 49% des victimes policières. Au contraire, les Noirs font partie à 24% des victimes policières, alors que le nombre d’Afro-Américains dans la population totale n’est que de 13%. Le site ProPublica, qui a analysé des chiffres du FBI concernant la période 2012-2012, écrit qu’un adolescent noir a 21 chances de plus d’être tué par la police qu’un adolescent blanc.

Des disparités sociales

Depuis janvier 2016, les Etats enregistrant le plus grand nombre de victimes Afro-Américaines sont la Californie, la Floride et le Texas, toujours selon Mapping Police Violence. Des chiffres liés à la densité de population des agglomérations. Il n’est donc pas surprenant de retrouver aussi une densité importante de victimes dans la zone allant de New York jusqu’à Washington.

Si la majorité des Afro-Américains tués en 2016 étaient armés (en rouge sur la carte), 48 d’entre eux ne l’étaient pas (en noir). Une étude du Washington Post a démontré qu’en 2015, un Noir non-armé avait sept fois plus de chances d’être abattu qu’un blanc.

Impossible cependant d’expliquer ces disparités sans prendre un compte la dimension sociale du phénomène. Comme l’explique Vox, la police patrouille en majorité dans les quartiers aux taux de crimes élevés, où la population noire est plus importante que dans la moyenne américaine. Mais des études ont aussi montré qu’à l’entrainement sur des plateformes de simulation, les policiers tiraient plus rapidement sur des suspects noirs. Un biais qui conduirait à des erreurs d’autant plus importantes sur le terrain. « Dans la situation où ils devraient être le plus entraînés, note ainsi le chercheur Josh Corell, qui a enquêté sur ce sujet, nous avons des raisons de croire que leur entraînement les conduit à se tromper. »

Voir également:

Cops and Political Narratives

In case you hadn’t heard, the Charlotte police shooter is black.

Wall Street Journal

Sept. 23, 2016

We realize this is a prosaic point but it is also roundly ignored as the media and politicians try to fit each shooting episode into the same political narrative: trigger-happy, racist cops kill defenseless young black man, and then the racist system conspires to deny the victim and his family the justice they deserve.

The reality is that policing is hard and dangerous work, confrontations in the street are complicated, and the political uproar since Ferguson has made police more fearful and offenders more brazen. Sometimes the shootings are defensible, and sometimes not, depending on the specific circumstances. But shootings are investigated thoroughly in most cases and the truth does usually emerge.

In Tulsa the police and prosecutors investigated and have charged a white female police officer with first-degree manslaughter for shooting unarmed Terence Crutcher. The district attorney charged Betty Shelby with overreacting to a situation that did not justify lethal force. She will get her day in court and could go to prison for years, so this certainly is no law-enforcement cover-up.

The Charlotte investigation is still underway, but this too fits no easy narrative. The policeman who shot Keith Lamont Scott is black, and so is Charlotte police chief Kerr Putney. There are conflicting accounts about whether Scott had a gun. The video released Friday by Scott’s family is painful to watch but hardly definitive about what happened.

Chief Putney is withholding other videos from the public pending the investigation, a delay that offends distant progressives who want to make political statements. But the goal should be justice, not electing Hillary Clinton or Donald Trump, and witnesses should be interviewed about what they saw before they can be influenced by publicly released videos.

Time after time in these cases reality has confounded politically motivated snap judgments. In Ferguson, the initial claim was that Darren Wilson, a white cop, shot Michael Brown while he was surrendering with his hands up. But it turned out Brown had scuffled with the cop over his gun, and even Eric Holder’s Justice Department found that the original witnesses weren’t credible and declined to indict Mr. Wilson.

In Baltimore in 2015, the district attorney charged six cops involved in the arrest of Freddie Gray with murder, manslaughter or illegal arrest. But three were acquitted at trial, another was freed after a mistrial, and eventually all charges were dropped in the case. Three of the cops are black, as is Judge Barry Williams, who presided over the trials.

Americans may disagree with these outcomes, but they cannot say that the cases were handled with racial animus or legal indifference. The cases in their various details also do not show that there is some widespread racial bias in American policing. With the exception of Ferguson, the police forces involved in most of these controversial killings are ethnically diverse and many have black chiefs.

In any event, none of these cases justify rioting in Charlotte or anywhere else. A civilized society cannot tolerate vandalism or protests that shut down business in a city every time there is a police shooting.

Political leaders, President Obama above all, should defend public order. Mr. Obama should defend police and the judicial system as they handle these sensitive cases. And he should highlight and work with House Speaker Paul Ryan and other politicians who have shown a commitment to bringing opportunity back to American cities.

One tragedy of the Obama Presidency—perhaps the greatest—is that our first black President will leave office with race relations more polarized than when he was elected with such hope eight years ago. The reasons are more complex than we can offer today. But in the weeks he has left, Mr. Obama could do his country a service if he would resist indulging easy but false narratives and do more to bridge the growing divide between the police and young black Americans.

 Voir de plus:

It Doesn’t Matter That the Cop Who Killed Keith Scott Is Black
Donovan X. Ramsey
Complex.com

Sep 21, 2016

As of Wednesday morning, the most recent story of a black man killed by police is that of Keith Scott in Charlotte. Scott was killed Tuesday and details of the incident are still scant. One of the few bits of information shared by officials and reported by media, however, is that Bentley Vinson, the officer who killed Scott, was also black.

As the country struggles to make sense of Scott’s death in relation to the estimated 193 other black people killed by police so far this year (and 306 in 2015), Vinson’s race is being used by some to dismiss charges that Scott was the victim of racist policing. To reduce the role of anti-blackness in policing to merely the race of officers involved in fatal police encounters is misguided, however. It betrays a profound misunderstanding of the ways racism and anti-blackness work within systems, assumes that black people are free of anti-black bias, and that black officers somehow transcend the police cultures in which they’re steeped.

What we know from police accounts is that four officers from the Charlotte-Mecklenburg Police Department were serving a warrant at an apartment complex when they say a man, later identified as Scott, emerged from his car with a handgun. Police say Scott then got back into his car before coming out for a second time with the gun, posing an “imminent threat.” At least one of officers fired at Scott, killing him.

Witnesses have claimed that Scott was unarmed. Officials insist that he was, however, and have shared little else about in the incident, including video footage from the body cameras some of the officers involved. Curiously, though, the CMPD released officer Vinson’s name to the media the day of the incident, an unusual act for a police department in the early phases of an investigation and something that often hasn’t been done in other high-profile police shooting cases. Of course, within no time, a photo sourced from the CMPD’s official Facebook page surfaced of Vinson—a black man—in uniform surrounded by other smiling black people and colleagues.

The caption from CMPD’s post of the picture reads, “An anonymous donor sent an ice cream truck into the Dillehay neighborhood. Some of the neighbors were still without electricity following the power outage. Metro division officers Vinson, Kennedy, Reiber and Pinckney served sweltering community members. One little girl said, ‘Well now I like the po-po!’”

It should go without saying, with all the nation has learned about policing in the past two years, but the race of the officer who killed Scott has little to no bearing on if Scott himself was killed because he was black. Given the complexity of our system of policing, it is as relevant to the matter as is whether or not that officer loves passing out ice cream.

Studies have shown that black people are not only capable of anti-black bias but that those who’ve been tested for racial bias are evenly split when it comes to pro-white and pro-black attitudes. Even more, research on the impact of police force diversity on officer-involved homicides has found no relationship between the racial representation of police forces and police killings in the cities they serve. In fact, one study revealed that the best way to predict how many police shootings might occur in a city is to look at the size of its black population. All of that without mentioning the troubling accounts from black police officers of the racism they experience on the force and the pressure they often face to engage in race-based policing in the communities they serve.

Ice Cube put it simply in 1988 on N.W.A.’s Fuck tha Police, “But don’t let it be a black and a white one, ‘cause they’ll slam ya down to the street top. Black police showing out for the white cop.” What a 19-year-old Cube understood nearly 30 years ago seems to still elude members of the media and even policymakers today. That’s that there are a number of factors that impact how police officers—yes, even black officers—engage black civilians and suspects, the least of which is shared characteristics.

To be sure, America could benefit from more diversity in its police force, especially in communities of color. According to the Bureau of Labor Statistics, nearly 65 percent of the nation’s 3,109,000 law enforcement officers are white. That number jumps to 70 percent for patrol officers and nearly 80 percent for police supervisors. But, while we’re concerned with the race of cops, we should be as concerned with the culture, policy, and practices that guide their actions.

The issue at hand isn’t the personal feelings of cops who encounter black civilians but the deadly system of policing that criminalizes blackness, actively profiles black people, over-policies our neighborhoods as a matter of policy, and that uses force against us at three times the rate of whites. That is the ugly state of American policing and that truth doesn’t suddenly change when the boys in blue are black.

Voir encore:

Football Américain
Colin Kaepernick au coeur d’une polémique aux Etats-Unis
Marine Couturier, AFP
Francetv
30/08/2016

Boycotter l’hymne américain ? Une hérésie au pays de l’oncle Sam. Pourtant Colin Kaepernick, quaterback des San Francisco 49ers, a refusé vendredi de se lever au moment de l’hymne américain lors d’un match de pré-saison. Sa motivation : protester contre « l’oppression » de la communauté noire aux Etats-Unis. De l’autre côté de l’Atlantique, la polémique enfle portée notamment par le candidat républicain à la Maison Blanche Donald Trump.

Pendant que la France se divise sur la question du burkini, les Etats-Unis ont eux aussi des débats nationaux houleux. La faute – si cela en est une – au joueur de football américain Colin Kaepernick, qui a refusé vendredi de se lever de sa chaise tandis que retentissaient les notes de « La Bannière étoilée » dans le Levi’s Stadium, où son équipe accueillait les Green Bay Packers. Le métis de 28 ans, dont le père biologique était noir mais qui a été adopté et élevé par un couple de Blancs, a ensuite justifié son geste : « Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs. Il y a des cadavres dans les rues et des meurtriers qui s’en tirent avec leurs congés payés » faisant ainsi référence à de récents abus policiers ayant causé la mort brutale de Noirs non armés.

Des internautes se sont filmés en train de brûler le maillot du quarterback, qui avait pourtant conduit San Francisco jusqu’au Super Bowl 2013 (défaite contre Baltimore 34-31). Pour l’instant, le joueur aux bras tatoués semble pouvoir compter sur le soutien de son club. « Nous reconnaissons le droit à tout individu de choisir de participer, ou non, à la célébration de notre hymne national », ont fait savoir les 49ers, qui ont remporté le Super Bowl à cinq reprises. La Maison Blanche s’est elle clairement démarquée du sportif, en lui reconnaissant toutefois le droit de proférer ses opinions.

Donald Trump prend parti
Lundi, le candidat républicain à la maison Blanche Donald Trump y est allé de sa déclaration lors d’une interview à une radio de Seattle, qualifiant d' »exécrable » la posture de Kaepernick et lui conseillant de « chercher un pays mieux adapté ».

La légende du football américain Jerry Rice a lui aussi pris position sur un message posté sur Twitter :

« Toutes les vies sont importantes. Il se passe tellement de choses dans ce monde aujourd’hui. Est-ce qu’on ne peut pas tous vivre ensemble ? Colin, je respecte votre position mais ne manquez pas de respect au drapeau. »

Kaepernick dans la lignée d’autres sportifs
Par son geste, Kaepernick a emboîté le pas à d’autres joueurs professionnels luttant contre les discriminations raciales ou la violence des armes à feu, parmi lesquels les stars du basket-ball Dwyane Wade, LeBron James ou Carmelo Anthony. Mais, contrairement à ces piliers de la NBA, Kaepernick a délivré son message à un moment très sensible. Aux Etats-Unis s’attaquer au Stars and Stripes (le drapeau) ou au Star-Spangled Banner (l’hymne national) est un jeu très dangereux.

La chanteuse Sinead O’Connor en avait fait les frais en 1990, excluant de se produire dans le New Jersey si l’hymne américain était joué en préambule. L’Irlandaise avait été la cible d’une campagne de rejet, bannie par plusieurs radios. Un quart de siècle plus tard, Colin Kaepernick se retrouve vilipendé sur les réseaux sociaux, des Américains exigeant de la Ligue nationale de football américain (NFL) sa suspension, voire son licenciement.

Accusé de bafouer un symbole et de politiser son sport, Colin Kaepernick s’inscrit aussi dans une lignée d’athlètes protestataires noirs qui ont marqué les Etats-Unis. Inhumé en juin entouré d’hommages planétaires, la légende de la boxe Mohamed Ali avait payé de plusieurs années d’interruption de carrière son refus d’aller combattre au Vietnam. Egalement gravés dans la mémoire collective sont les poings gantés de noir de Tommie Smith et John Carlos, sur le podium du 200 mètres des jeux Olympiques de Mexico de 1968. Ces deux athlètes, dénonçant la ségrégation raciale théoriquement abolie mais encore bien présente alors, ont été boycottés par les médias et honnis durant des décennies, avant d’être réhabilités tardivement.

Au regard de précédents historiques, Colin Kaepernick peut s’attendre à naviguer en mer agitée un bon bout de temps. D’autant que le joueur a promis de continuer à s’asseoir pour les prochains matches. Le feuilleton n’a pas fini d’être alimenté.

Voir aussi:

Colin Kaepernick divise l’Amérique, mais fait des émules
Ce joueur de football américain refuse de se lever quand retentit l’hymne américain avant les matchs, pour protester contre les violences policières. D’autres sportifs commencent à l’imiter
Gilles Biassette
La Croix
06/09/2016

Depuis qu’il reste assis lors de l’hymne d’avant-match, le joueur de football américain Colin Kaepernick est l’objet de vives attaques. Mais il a aussi reçu le soutien d’autres sportifs.

Protestation muette
Pour la troisième fois en moins de deux semaines, Colin Kaepernick ne s’est pas levé jeudi 1er septembre, alors que l’hymne américain retentissait dans le stade de San Diego et que le public, comme les joueurs, se tenaient debout, main sur le cœur et regard rivé sur le drapeau.

Le joueur de 28 ans de l’équipe des « San Francisco 49ers », dont le père biologique était noir et absent, et la mère blanche et pauvre, et qui a été adopté très jeune par un couple de Blancs, proteste à sa façon contre les violences policières. « Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs », a-t-il expliqué après être resté assis la première fois.

Cet acte lui a valu d’être conspué jeudi à chaque fois qu’il a eu le ballon entre les mains. On ne badine pas avec la bannière étoilée à San Diego, port d’attache de l’immense flotte du Pacifique.

Des soutiens venus du terrain
Cette attitude alimente la polémique outre-Atlantique. Certains internautes se filment même brûlant un maillot frappé du nom de Colin Kaepernick, en dépit de ses exploits passés.

Mais d’autres se ruent pour acheter la tunique, en signe de soutien, au point d’en faire l’un des maillots désormais les plus vendus. Le joueur a promis de donner un million de dollars (900 000 €) à différentes associations intervenant dans les quartiers difficiles du pays.

Mieux encore, d’autres sportifs suivent son exemple. Jeudi, un de ses coéquipiers l’a imité à San Diego. Au même moment, à l’autre extrémité de la côte ouest, à Seattle, Jeremy Lane restait aussi sur son banc avant d’affronter l’équipe d’Oakland.

Dimanche soir, c’est une joueuse de football qui se joignait au mouvement. Megan Rapinoe, 31 ans, posait un genou à terre lorsque les notes de la « bannière étoilée » retentissaient, en signe de solidarité avec Colin Kaepernick.

« C’est vraiment dégoûtant la façon dont il a été traité, la façon dont les médias ont traité cette affaire, dira-t-elle après la partie. Étant homosexuelle, je sais ce que veut dire regarder le drapeau américain en étant consciente qu’il ne protège pas toutes les libertés. »

La Maison-Blanche s’en mêle
La polémique a pris une telle ampleur que la classe politique a été interpellée. Depuis la Chine, où il venait de participer au sommet du G20, Barack Obama a défendu lundi 5 septembre la démarche du joueur, jugeant qu’il avait réussi à attirer l’attention « sur des sujets qui méritent d’être abordés ».

« Il exerce son droit constitutionnel à faire passer un message », a souligné le locataire de la Maison-Blanche. Reconnaissant que cela pouvait être « quelque chose de difficile » à digérer pour les familles de militaires, Barack Obama a estimé que la démarche du joueur pouvait se comprendre.

« Je préfère voir des jeunes gens qui sont impliqués et essayent de concevoir comment ils peuvent participer au débat démocratique plutôt que des gens qui se comportent en spectateurs et ne prêtent pas attention du tout à ce qui se passe », a-t-il conclu.

Gilles Biassette

Profil
Colin Kaepernick, l’homme qui a lancé un débat national sur le patriotisme aux Etats-Unis
LIBERATION

22 septembre 2016

Colin Kaepernick, meneur de jeu des San Francisco 49ers, le 26 août 2016 à Santa Clara en Californie Photo Thearon W. Henderson. AFP
En refusant de se lever pendant l’hymne d’avant-match pour protester contre le racisme de la police américaine, le footballeur américain âgé de 28 ans a lancé une polémique nationale, à tel point que d’autres athlètes américains, comme lui, s’interrogent sur leur rapport au patriotisme.

Colin Kaepernick, l’homme qui a lancé un débat national sur le patriotisme aux Etats-Unis
Le magazine américain Time consacre cette semaine sa couverture au footballeur américain Colin Kaepernick, qui a initié un débat vif dans son pays lorsqu’il a refusé, cet été, de se lever pendant l’hymne américain lors d’un match.

Qui est Colin Kaepernick ? Agé de 28 ans, il joue au poste de quarterback pour les 49ers de San Francisco. Mais ce ne sont pas ses qualités de joueurs qui lui offrent, le 26 août, une notoriété internationale. Ce vendredi-là, au Levi’s Stadium de Californie où son équipe affronte les Green Bay Packets, il reste assis au moment de l’hymne national, alors que tout le monde se lève. Et s’en justifie ensuite : «Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs.» «Il y a des cadavres dans les rues et des meurtriers qui s’en tirent avec leurs congés payés», explique-t-il.

A lire aussi : Le footballeur Colin Kaepernick snobe l’hymne national dans un geste politique

Son geste a choqué de nombreuses personnes aux Etats-Unis, certains supporters de son équipe mettant le feu à son maillot dans des images diffusées sur les réseaux sociaux. Mais le joueur a tenu bon. «Quand des changements significatifs auront été apportés et que je sentirai que ce drapeau représente ce qu’il doit représenter, que ce pays représente le peuple de la manière dont il doit le faire, alors je me lèverai», a-t-il dit, soutenu par son équipe, qui a expliqué dans un communiqué : «Dans le respect de grands principes américains telles que la liberté de religion et la liberté d’expression, nous reconnaissons le droit d’un individu de participer, ou non, à la célébration de notre hymne national».

Le joueur porte aussi régulièrement des chaussettes figurant des images de porcs en uniforme policier. Dans un message sur Instagram, Kaepernick s’en est expliqué : «Les policiers sans scrupule qui se voient confier des postes dans des services de police mettent en danger non seulement la population mais aussi les policiers ayant de bonnes intentions, car ils créent une atmosphère de tension et de défiance».

Depuis, Colin Kaepernick a aussi suscité un vaste mouvement de soutien : les ventes de son maillot ont explosé. «La seule façon dont je peux vous rendre ce soutien est de faire don de tous les gains que je reçois de ces ventes aux communautés !», a-t-il annoncé sur son compte Instagram.

Ces derniers jours, le footballeur, fort de presque un million d’abonnés sur Twitter, a abondamment tweeté et retweeté des messages sur le meurtre de Terence Crutcher par une policière de l’Oklahoma le 16 septembre.

En lui consacrant sa couverture, le magazine Time explique que Colin Kaepernick a lancé un mouvement de protestation chez les athlètes américains, qui s’interrogent sur la façon dont les Etats-Unis définissent le patriotisme.

Colin Kaepernick (San Francisco) divise les Etats-Unis
L’Equipe

30/08/2016
Le quarterback des San Francisco 49ers a refusé de se lever pour l’hymne national des Etats-Unis, vendredi lors d’un match de pré-saison, créant une polémique dans son pays. Kaepernick a agi de la sorte pour protester contre  »l’oppression » de la communauté noire américaine.

Colin Kaepernick avait emmené les San Francisco 49ers au Super Bowl il y a trois ans. Les Californiens avaient été battus par Baltimore. (Reuters)
Aux Etats-Unis, la tradition veut que joueurs, entraîneurs et spectateurs se lèvent et se découvrent la tête pour entonner l’hymne, regard tourné vers le drapeau. Mais, juste avant d’affronter les Green Bay Packers il y a quatre jours, Colin Kaepernick, joueur métis âgé de 28 ans, n’a pas quitté sa chaise. «Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs, a-t-il ensuite déclaré, faisant référence à de récents abus policiers ayant causé la mort brutale de Noirs non armés. Il y a des cadavres dans les rues et des meurtriers qui s’en tirent avec leurs congés payés.» Kaepernick a suivi d’autres joueurs professionnels luttant contre les discriminations raciales ou la violence des armes à feu, parmi lesquels Dwyane Wade, LeBron James ou Carmelo Anthony.

Mais, contrairement aux stars de la NBA, le quarterback des San Francisco 49ers a délivré son message à un moment très sensible. Aux Etats-Unis on ne s’attaque pas impunément au Stars and Stripes (le drapeau) ou au Star Spangled Banner (l’hymne national). Cela lui vaut aujourd’hui d’être vilipendé sur les réseaux sociaux. Des Américains ont même exigé de la NFL sa suspension, voire son licenciement. Et des internautes se sont filmés en train de brûler le maillot du quarterback des 49ers. La polémique a pris une dimension nationale, quand Donald Trump, le candidat républicain aux prochaines élections présidentielles, a qualifié «d’exécrable» la posture de Kaepernick et lui a conseillé de «chercher un pays mieux adapté».

La Maison Blanche, elle, s’est clairement démarquée du sportif, en lui reconnaissant toutefois le droit de proférer ses opinions. Mais Colin Kaepernick semble pouvoir compter sur le soutien de son club. «Nous reconnaissons le droit à tout individu de choisir de participer, ou non, à la célébration de notre hymne national», ont fait savoir les San Francisco 49ers. Kaepernick a promis de continuer à s’asseoir pour les prochains matches.
Rédaction avec AFP

Voir par ailleurs:

Femme en burkini chassée d’une plage à Villeneuve-Loubet, un coup monté ?

Marie Cardona

Nice-Matin

20/09/2016
La chaîne de télévision australienne Channel 7 a diffusé ce samedi la vidéo d’une femme en burkini se faisant « chasser » d’une plage de Villeneuve-Loubet par des baigneurs. Selon un témoin, la scène est montée de toute pièce.

Selon une vidéo diffusée par une chaîne de la télévision australienne, Zeynab Alshelh, une étudiante de 23 ans, aurait été forcée de quitter une plage de Villeneuve-Loubet où elle s’était installée. En cause? Son burkini, jugé provocateur par d’autres baigneurs.

L’histoire a été reprise par tous les médias et notamment par l’AFP.

Mais selon une mère de famille qui se trouvait sur la plage à ce moment-là, la scène qui s’est déroulée sous ses yeux était plus que suspecte.

« Nous étions installés sur la plage avec mes enfants, quand nous avons vu la caméra débarquer à quelques mètres de nous, explique-t-elle. Ce n’est qu’après qu’un homme et deux femmes en burkini sont arrivés. Ils ont marché quelques minutes le long de la plage, puis sont venus s’installer juste devant l’équipe télé ».

Alors, un coup monté? « On s’est immédiatement posé la question. C’est d’ailleurs pour ça que tous les gens sur la plage regardent dans la direction de la caméra. »

Mais la vidéo diffusée par la chaîne australienne va plus loin. On y voit un homme se diriger vers la caméra et lâcher: « Vous faites demi-tour et vous partez ». Tel qu’est monté le reportage, cette invective semble dirigée à l’encontre des deux femmes en burkini.

Une impression appuyée par la voix off de la vidéo qui confirme: « Nous avons été forcés de partir, car les gens ont dit qu’ils allaient appeler la police. »

Mais il n’en est rien. « L’homme sur la vidéo est mon oncle, atteste notre témoin. Il n’a jamais demandé à ce que ces trois personnes quittent la plage. Il s’adressait à la caméra pour demander au cameraman de partir. Il y avait des enfants sur la plage, dont les nôtres, et on ne voulait pas qu’ils soient filmés. »

La suite de la vidéo montre le même homme en train de téléphoner. « Oui, il appelait la police. Pas pour les faire intervenir pour chasser ces personnes, mais pour demander comment on pouvait faire pour empêcher la caméra de nous filmer, surtout nos enfants ». Et d’ajouter: « A aucun moment des gens sont venus demander aux femmes en burkini de quitter la plage. »

« C’était trop gros pour être vrai »

Une version corroborée par un autre témoin de la scène. « On voyait que c’était scénarisé, c’était trop gros pour être vrai et ça puait le coup monté », raconte Stéphane. Ce père de famille était dans l’eau avec ses enfants, au niveau de la plage privée Corto Maltese, quand il a vu débarquer la petite équipe sur la plage.

« L’homme et les deux femmes sont arrivés presque en courant pour s’installer. En 10 secondes, ils avaient déplié leurs serviettes et planté leur parasol. Ils se sont mis en plein milieu du couloir à jet-ski de la plage privée. Comme ils gênaient, le propriétaire de la plage est sorti leur demander de se pousser. »

Ce n’est qu’après que Stéphane aperçoit la journaliste et son cameraman « planqués » derrière les voitures, en train de filmer. Il raconte qu’à ce moment-là, le propriétaire de la plage a fait entrer le petit groupe dans son restaurant.

« Ils sont ressortis au bout d’un moment. L’homme et les deux femmes ont continué à marcher le long de la plage en direction de la Siesta. Des fois, ils se posaient. Puis ils repartaient. » Le journaliste et le cameraman, qui avaient fait mine de partir, étaient en fait toujours cachés derrière les voitures. « On aurait dit qu’ils attendaient des réactions ».

Stéphane assistera de loin à la scène du baigneur qui pressera les journalistes de quitter les lieux. « J’ai vu ce monsieur au téléphone. Mais j’étais trop loin pour entendre ce qu’il disait. »

Le petit groupe finira par quitter les lieux. « Il y avait un véhicule qui les attendait en haut de la plage, comme pour les exfiltrer au cas où… »

Voir aussi:

Inquirer
Seven and its burkini family owe France an apology
Emma-Kate Symons
The Australian
September 24, 2016

The Seven Network and the pugnacious Muslim Aussie family it flew to the French Riviera with the aim of provoking beachgoers into a “racist” reaction to the “Aussie cossie” burkini owe the traumatised people of Nice and France a swift apology.

The cynical stunt pulled by the Sunday Night program, where it spirited Sydney hijab-proselytising medical student Zeynab Alshelh and her activist parents off to a beach near Nice to “show solidarity” with (radically conservative) Muslims, featured the 23-year-old flaunting her burkini in an obvious attempt to bait Gallic sun lovers into religious and ethnically motivated hatred. Except according to the French people filmed against their will, the claimed “chasing off the beach” that made international headlines never occurred because Seven used hidden camera tactics, selective editing and deliberate distor­tion to reach its predeter­mined conclusions.

This unethical exercise in journalism deliberately painted France as “hostile to Muslims” even though the most hostile countries in the world for Muslim women are places such as Iran and Saudi Arabia, where being female entails forcible veiling and the threat of punishment with the lash, prison or worse for flouting bans on driving, playing sport, committing “adultery” or doing much at all without a male guardian.

The manipulation is the latest example of calculated French-bashing fuelled by collusion between the goals of political Islam and compliant media outlets seeking culture clash cliches.

Alshelh and her family, just like her burkini — which leading French Muslim women such as broadcaster Sonia Mabrouk, Charlie Hebdo journalist Zineb El Rhazoui and radicalisation prevention champion Nadia Remadna condemn as a standard bearer of extremism and the retrograde notion that women are impure vessels whose bodies must be covered — are not just your regular mainstream Muslims, as presented in the program. Au contraire.

Alshelh’s father, who appeared in this cringe-worthy report complete with jarring Jaws-like music, is Ghayath Alshelh, head of the Islamic Charity Projects Association in Sydney’s Bankstown.

His association was formed from the hotly contested Lebanese-Ethiopian al-Ahbash movement and repeatedly condemned as a “fringe sect” by prominent mainstream Australian Muslim figures and organisations, who even pushed for what they describe as its radical Muslim radio station 2MFM to be taken off the air. The association, which proclaims “Islam the true religion” on its home page, was forced to defend itself last year after a police counter-terrorism investigation into a student allegedly exposed to violent ideologies drawing on radical Islam in its prayer groups at Epping Boys High.

Beyond the Alshelh family’s zealotry, which puts them firmly in an ultra-orthodox, unrepresentative minority, locals claim Seven hoodwinked us again: the seaside ostracism of this Aussie girl desperate to give a Down Under lesson in tolerance to those xeno­phobic French never even took place. According to people quoted in the newspaper Nice-Matin, the entire show smelled of a set-up.

No one was hounded off the beach, despite the scripted whining of Seven’s solemn-faced presenter Rahni Sadler and her well-rehearsed talent the Alshelhs. The swimming public were upset to see the camera crew filming them and their children without permission in a country where privacy is legally protected and paparazzi do not have the same rights as they do in Australia to film without consent.

The beachgoers were also well aware France’s highest judicial body had struck down the mayoral burkini ban at Villeneuve-Loubet.

A French mother who witnessed the incident, which she considered “more than suspect”, told Nice-Matin she was sitting on the beach with her family and children when she saw the camera planted only a few metres away. “And it was only at that point the man and two women in burkinis arrived. They walked up and down the beach for several minutes, then they stopped and sat down right in front of the TV crew.

“We immediately asked ourselves if it was a set-up. And that was why everyone on the beach started looking in the direction of the TV crew.

“The man on the video (who said, ‘You turn around and you leave’) was my uncle. He never asked these three people to leave the beach. He spoke to the camera because he was asking the cameraman to leave.

“There were children on the beach, including our own, and we didn’t want them to be filmed.

“Yes, he called the police, but not to get them to chase these people away; instead it was to ask how he could stop them from filming us, and especially our children.

“At no point did anyone come and demand these people leave the beach.”

Another witness told Nice-Matin: “We could see it was being dramatised, it was too much to be true and it stank of a set-up. The man and the two women almost ran to get themselves set-up. In 10 seconds they had laid out their towels and planted their umbrella. They put themselves right in the middle of the jet-ski corridor of the private beach. Because they were in the way of others, the owner of the beach came out and asked them to move.”

It was at this moment that the witness Stephane saw the journalist and her cameraman “planted” behind cars, filming. “The man and the two women continued to walk the length of the beach … sometimes they sat down. Then they started moving again.” But the journalist and cameraman, who had given the impression of leaving, were in fact hidden all the time behind the cars. “You would say they were waiting for some reactions,” he said. “There was a car waiting for them at the top of the beach, as if it was going to spirit them away them just in case.”

Zeynab Alshelh still insisted on air that she was “threatened” and told to leave as she rambled undergraduate-style: “At least in Australia if there is some racism here and there and whatever, but like, the government does not say that it’s OK to be racist towards anyone.”

L’Express magazine attacked the Sunday Night beat-up as a “caricature of France as racist” and publications including Europe1 online and Causeur responded caustically to Australians giving “moral lessons” to France, mocking our “multicultural paradise” and citing the Cronulla race riots and ethnically targeted crimes as evidence. (Alshelh, who denies the set-up, tells Inquirer she “won’t comment on financing questions”, directing inquiries to Seven, but contradicting the show’s script in admitting the network contacted her family first about the French trip).

The shameful Seven report went viral globally thanks to an international media thirsty for stereotypes about France’s unsubstantiated rising tide of Islamophobia. It was dishonest sensationalism that deliberately skewed complex issues surrounding secularism a la francaise and surging religious fundamentalism of the Islamist variety in the context of ever-present terrorist threats and a state of emergency.

Next time Seven should finance Zeynab Alshelh trying her luck taking off her veil in Saudi Arabia or Iran, or perhaps the trainee doctor could use hidden camera techniques in Egypt on doctors practising illegal female genital mutilation on the vast majority of little girls.

But as she confesses to Inquirer: “I’m not going to put myself in that kind of danger — and anyway, they are not preaching secularism (like France) they are just doing whatever they want to do.”