Attentats de Paris: Lutter contre le nazisme tout en invitant Hitler à sa table (Like the Obama administration’s hasty exit from Iraq, working with Iran would only push more Sunnis into the arms of the Islamic State)

19 novembre, 2015
nos-amis

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AlloFrançois
Le problème qui se pose est d’imposer à certains pays un minimum. Je pense en particulier à la Turquie, compte tenu de l’ambiguïté de ses relations avec l’OEI. (…) Plus largement, la France n’est pas crédible dans ses relations avec l’Arabie saoudite . Nous savons très bien que ce pays du Golfe a versé le poison dans le verre par la diffusion du wahhabisme. Les attentats de Paris en sont l’un des résultats. Proclamer qu’on lutte contre l’islam radical tout en serrant la main au roi d’Arabie saoudite revient à dire que nous luttons contre le nazisme tout en invitant Hitler à notre table. Marc Trévidic
Il y a un toboggan dans lequel on est installés depuis plusieurs années, et qui nous amène à l’irréparable, puisque maintenant, malheureusement, ces quartiers produisent des terroristes. Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, ce sont des terroristes. Malek Boutih
Tu crois quand même pas ce qu’ils nous racontent!. Réfléchis trois secondes: un musulman, ça tue pas. Tuer, chez nous, c’est haram. C’est marqué dans le Coran. (…) Un communiqué, ça se fabrique, c’est comme les images: tout est bidon. La vérité, de toute façon, on la connaît: c’est un complot contre nous et contre l’islam, comme avec Merah et le reste. Tu vois, les Kouachi. J’ai un copain qui les connaissait bien. Il m’a dit que le deuxième frère était mort en 2009. C’est pas une preuve, ça? Le but, c’est de salir les musulmans. Malik
Les gros salauds, les barbares, les criminels qu’faudrait régler à la kalach, c’est les Juifs! Mais ça, tu pourras pas l’écrire dans ton journal vu qu’ils contrôlent tout. Reda
Les Juifs, enfin les sionistes plutôt. C’est eux les grands caïds. Même l’Etat français est une marionnette entre leurs mains. Kamel
Demain, il nous faudra résister et combattre. Résister au repli sur soi et aux tentations radicales. Combattre la peur, les amalgames et la haine. Plus que jamais, Saint-Denis est une ville populaire, tolérante et ouverte. C’est cette coexistence inépuisable qui permet aux 110 000 Dionysiens, issus de plus de 130 nationalités différentes, de vivre, de travailler, de s’épanouir ensemble, autour de notre bien le plus précieux, les valeurs démocratiques de liberté, d’égalité et de fraternité. C’est pour revendiquer ces valeurs et repousser les peurs que je vous invite à vous joindre au rassemblement en hommage aux victimes des attentats du vendredi 13 novembre qui se tiendra demain soir, jeudi 19 novembre à 18h, devant le Stade de France (avenue Jules-Rimet). En France, à Saint-Denis, la meilleure réponse à la barbarie, c’est de faire face, ensemble. Didier Paillard (Maire de Saint-Denis)
Vendredi, l’ancien directeur de France Inter était chez des amis lorsqu’il a appris que des fusillades simultanées avaient lieu dans la capitale. (…)  Sur le chemin du retour, se tenant au courant par la radio du scénario macabre qui était en train de se dérouler, il est passé, raconte-t-il, devant une pizza halal où des jeunes barbus ou encapuchonnés nés ne cachaient pas leur joie… Écœuré, groggy, Philippe Val n’a pas dormi jusque tard dans la nuit. Et lui qui dénonce dans son dernier livre (C’était Charlie, Grasset) les dérives d’une gauche « rouge-brune » – qui, sous couvert de protéger le peuple, le méprise en réalité – , peine depuis à contenir sa colère. «Je suis ulcéré par ce que j’entends en ce moment. On ne nomme pas le danger. On va en crever !  On parle de guerre, certes, mais on ne nomme pas l’ennemi, nous déclarait-il hier. Dans les années 1930, Winston Churchill, lui, était le seul à nommer Hitler et à dire « il faut tuer Hitler ». On a l’impression que certains aujourd’hui ont le même réflexe que dans les années 1930. Ils relativisent. Au discours, « il ne faut pas humilier les Allemands de l’époque, on a substitué un réflexe similaire vis-à-vis de l’islam radical – étant entendu naturellement que tous les musulmans ne sont pas des islamistes», s’indigne-t-il. Un refus, une incapacité à nommer les choses que l’on retrouve dans les médias, mais aussi, regrette-t-il, chez les politiques et certains intellectuels. Philippe Val
La France est-elle à ce point naïve qu’elle imagine pouvoir déclarer la guerre à des pays musulmans sans que ceux-ci ripostent ? Michel Onfray 
Les Européens ont compris qu’il y avait un danger, mais les mesures qui auraient dû être prises ne l’ont pas été, comme par exemple une réforme de la législation permettant l’écoute de terroristes potentiels. Moshe Yaalon
Quand on est en guerre, il ne faut pas avoir peur de tuer, et il ne faut pas avoir peur d’être tué. On ne vainc pas la terreur depuis le ciel. Daech a des points de vulnérabilité, surtout s’il est attaqué sur terre. Général Ashkenazi
En Europe, l’équilibre entre la sécurité et les droits de l’homme penchait jusqu’à présent en faveur des droits de l’homme. Mais il n’y a plus le choix : il faut faire pencher la balance du côté de la sécurité pour défendre la démocratie. dans la lutte antiterroriste, nous sommes tous dans le même bateau. Ministre israélien de la Défense
Gaby Ashkenazi, comme d’autres responsables actifs de la défense israélienne estime que Daech a exploité les failles et les points faibles des régimes démocratiques européens, qui de leur côté ont préféré continuer à croire que le conflit se limitait au Proche-Orient et ne les concernait pas directement. Pour faire face à cette nouvelle réalité qu’il est désormais impossible d’occulter, la doctrine de défense telle que les Israéliens la recommandent aujourd’hui à leurs alliés français et européens, repose sur trois piliers : frontières, renseignement et actions préventives. L’espace Shengen a vécu. La France et l’Europe, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, ont voulu croire que les conflits de civilisation étaient révolus, et depuis la fin de l’ère soviétique, que leurs frontières pouvaient s’ouvrir sans limitation, car la démocratie avait gagné et ne serait plus jamais menacée. Le terrorisme islamiste vient de s’engouffrer dans la brèche qu’il faut donc refermer. Les Etats d’Europe vont devoir reprendre le contrôle de leurs frontières, et en particulier avec la Turquie, recommande notamment le ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon. Actualité juive
Un rapport explosif fourni par le département d’État et le Pentagone circule depuis plusieurs semaines sur les sites d’information alternatifs, sans que les grands médias américains – hormis quelques titres conservateurs – ne s’en fassent l’écho. Il met pourtant en avant le fiasco de l’administration Obama dans sa gestion des crises syrienne et irakienne, qui ont enfanté l’organisation État islamique (EI). Dès le 5 août 2012, ce rapport d’information de la DIA (Defense Intelligence Agency, les services de renseignements du Pentagone) alarmait les responsables de la CIA, du département d’État, et du Pentagone sur la radicalisation de la rébellion syrienne et le possible établissement d’un « État islamique » à l’est de la Syrie, avec de « graves conséquences en Irak . Deux ans plus tard, la « prédiction » devenait réalité avec la proclamation en juin 2014 d’un « califat » à cheval sur la Syrie et l’Irak. Le Point (10/06/2015)
On sait que l’Arabie saoudite a financé et armé les factions les plus radicales de la rébellion et que la Turquie a laissé massivement passer des armes vers ces groupes pour précipiter la chute de Bachar el-Assad. Si les États-Unis ne s’y sont pas opposés activement, on ne peut pas dire pour autant qu’ils aient encouragé les djihadistes. François Géré
Le califat islamique de Daech entend simplement refaire ce qu’ont fait les premiers califes qui ont étendu le royaume de l’Arabie aux portes de la Chine jusqu’au Sud de l’Espagne. Ils expriment aujourd’hui cette volonté de conquête massive globale où l’ennemi n’est pas que le juif, mais l’Occident chrétien. L’attaque spectaculaire à Paris vise à sidérer l’ennemi, créer l’effroi général, créer un syndrome de Stokhcolm généralisé chez les populations pour que celle-ci exigent un infléchissement de la stratégie syrienne et arabe de la France. (…) La hiérarchie est la suivante: en premier il y a les « vrais » musulmans, les salafstes, puis les autres musulmans sunnites, puis les chiites orthodoxes, puis les chrétiens et les juifs, puis, bien plus bas, les sectes hétérodoxes « apostates » issues du chisme (Alaouites, druzes, etc) et les idolâtres. Enfin, l’objectif des Jihadistes est atteint: le pays ennemi est plongé dans l’effroi, les magasins et lieux publics sont sur contrôlés, les citoyens sont terrifiés par les médias qui ne parlent que de cela en boucle et qui ne cessent de relayer les revendications des Jihadistes. Pendant ce temps, Daech continue d’envoyer des activistes futurs terroristes dans le flux global des immigrés clandestins… (…)  Tout d’abord, Abou Moussab Al-Souri, de son vrai nom, Setmariam Nazar possédant la double nationalité syro-espagnole (par mariage), est un idéologue d’Al-Qaida « canal historique », bien qu’ayant toujours fait preuve d’une grande indépendance personnelle vis-à-vis de la direction du mouvement. Comme cela est dit dans le film « les barbouzes », « il encombre aux archives » de tous les services de renseignement. Seul détail gênant, depuis sa libérations des geôles syriennes en 2011 (il avait été « rendu » au régime de Bachar el-Assad par les Américains – qui l’avaient arrêté en 2005 – quand celui-ci était encore fréquentable), personne ne sait où il est passé. Ses théories vont à l’opposé de celles de Daech dans le cadre de la création d’un « État » islamique. Il jugeait cette façon de faire comme trop dangereuse car présentant une cible trop facile à frapper par les Occidentaux. Ayant une grande connaissance de l’étranger, il prônait la créations de cellules clandestines sans liens avec un commandement central pour ne pas se faire détecter. Ces cellules devaient pouvoir passer à l’action avec leurs propres moyens pour déclencher une guerre civile en créant des divisions entre les musulmans et les populations locales. (…) Daech, à la différence d’Al-Qaida « canal historique », ne possède pas (encore) de « réseau » à l’étranger. Cela dit, Al-Qaida « canal historique » a perdu beaucoup de ses contacts à l’étranger en dehors de ses mouvements affiliés (AQMI au Sahel, AQAP au Yémen, etc.). C’est pour cette raison que Daech lance des « appels au meurtre » via le net en espérant que des adeptes s’en inspireront. Daech qui « patine » sur le front syro-irakien depuis l’été, en particulier en raison des frappes de la coalition, de la résilience des Kurdes et de l’appui apporté par Téhéran (et le Hezbollah libanais) à Bagdad et à Damas, souhaite desserrer l’étau qui pèse sur lui en déclenchant des actions terroristes de par le monde. En dehors des mouvements qui lui ont fait allégeance en Libye, en Tunisie, en Algérie, au Liban, dans le Sinaï et en Extrême-Orient, il n’en a pas les moyens matériels et humains. En Occident, il est particulièrement démuni, ce qui explique son « appel dans le désert ». Le problème réside dans le fait que des individus isolés trouvent dans la « cause » de l’État Islamique la raison de passer à l’action. Cette « cause » est différente de celle d’Al-Qaida car il existe aujourd’hui un véritable État islamique situé à cheval sur la Syrie et l’Irak. C’est du « concret ». Les motivations des nouveaux adeptes sont souvent dictées par la volonté de venir à bout d’un mal-être personnel. Daech ne s’en prend pas plus aux Occidentaux qu’Al-Qaida. De plus, il profite des combattants étrangers pour se fournir en « chair à canon ». Il est en effet en sous-effectifs par rapport aux territoires qu’il tente de contrôler. Les djihadistes étrangers sont priés de ne pas repartir. Pour ce faire, leurs papiers leur sont confisqués dès leur arrivée. La rumeur court qu’une centaine auraient été exécutés car ils souhaitaient déserter. Il n’est toutefois pas impossible que quelques fanatiques puissent revenir et se lancer dans des attentats vengeurs.(…) Ce qui est inquiétant, c’est la surenchère qui existe aujourd’hui entre Al-Qaida « canal historique » et  Daech. C’est à celui qui fera parler le plus de lui. D’ailleurs, Al-Qaida qui n’a pas dit son dernier mot est en train de créer un État dans le nord-ouest de la Syrie. Son objectif est de faire la pige à Daech. Il va falloir aussi voir ce que va faire Al-Qaida en Afghanistan quand les talibans mèneront leur « offensive de printemps » qui pourrait voir, à terme,  l’effondrement du régime en place à Kaboul. (…) . Al-Qaida se livrait essentiellement à du prosélytisme via des mosquées, des clubs sportifs et des associations. Cette phase semble terminée car les services de police surveillent particulièrement ces structures. Le principe pour recruter des activistes est de les valoriser personnellement en leur démontrant qu’ils sont « maltraités » par la société. Cette manière de faire est aussi valable pour d’autres mouvements contestataires ou séparatistes. Il n’y a rien de nouveau dans le monde révolutionnaire. D’ailleurs, si le salafisme-djihadiste disparaissait demain, d’autres mouvements révolutionnaires utiliseraient alors le terrorisme qui n’est, en fin de compte qu’un moyen de combat (« mouvement terroriste » ne veut rien dire. Il faudrait dire un mouvement idéologique, politique, religieux, sectaire, etc. qui « utilise » l’arme du terrorisme). Alexandre Del Valle
Au lendemain des attentats du 7 janvier, j’ai passé deux jours scotché aux informations télévisées en continu sans pouvoir en détourner les yeux. Au lendemain des attentats du 13 novembre, je crois que je n’ai même pas allumé la télévision. Je me suis contenté d’appeler les amis et les connaissances qui habitent dans les quartiers touchés (et ça représente du monde). On s’habitue à tout, même aux attentats. La France résistera. Les Français sauront résister même sans se prévaloir d’un héroïsme exceptionnel, sans même avoir besoin d’un +sursaut+ collectif d’orgueil national (…). Ils résisteront parce qu’on ne peut pas faire autrement, et que l’on s’habitue à tout. Parce qu’aucune émotion humaine, pas même la peur, est plus forte que l’habitude. +keep calm and carry on+. Reste calme et avance. D’accord, on va faire exactement comme ça (même si – hélas – nous n’avons pas un Churchill à la tête du pays). Contrairement à ce que l’on pense, les Français sont plutôt dociles et ils se laissent gouverner facilement, ce qui ne veut pas dire qu’ils sont de complets imbéciles. Leur principal défaut est une sorte de superficialité qui incline à l’oubli, ce qui signifie qu’il faut leur rafraîchir la mémoire périodiquement. La situation regrettable dans laquelle nous nous trouvons doit être attribuée à des responsabilités politiques spécifiques ; et ces responsabilités politiques devront tôt ou tard être étudiées à la loupe. Il est très improbable que l’insignifiant opportuniste qui occupe le fauteuil de chef de l’Etat, tout comme l’attardé congénital qui occupe les fonctions de Premier ministre, pour ne rien dire des +ténors de l’opposition+ (LOL) sortent avec les honneurs d’un tel examen. Qui a décidé les coupes dans les forces de police, jusqu’à réduire ces dernières à l’exaspération, [ à les rendre ] quasiment incapables d’effectuer leurs missions ? Qui, pendant des années, nous a répété que les frontières sont une antique absurdité, symbole d’un nationalisme dépassé et nauséabond ? Il ne faut pas longtemps pour comprendre que ces responsabilités ont été largement partagées. (…) Les gouvernements qui se sont succédé au cours des dix (vingt ? trente ?) dernières années ont failli péniblement, systématiquement, lourdement, dans leur mission fondamentale qui consiste à protéger la population française dont ils ont la charge (…). On pourrait multiplier à l’infini les exemples de la fracture – aujourd’hui abyssale – qui existe entre les citoyens et ceux qui devraient les représenter. Michel Houellebecq
Cela ne fait jamais que quarante ans que la gauche, mimée par la droite, poursuit cette politique désastreuse. Un effet d’optique laisse croire que la France ne serait en guerre que contre le « terrorisme djihadiste », que François Hollande n’a d’ailleurs pas osé nommer plus précisément, mardi devant le Congrès réuni à Versailles. Or, si l’idéologie salafiste menace la France, c’est bien parce qu’elle a pu s’y installer et y prospérer sans contraintes, sous la protection des belles âmes aveuglées par leur dévotion à la « diversité ». C’est donc aussi l’idéologie relativiste et sansfrontiériste, toujours en vigueur quand on observe Bartolone s’enfermer dans les mêmes dénis des réalités, qu’il s’agit de combattre. Ivan Rioufol
President Obama and other Western leaders desperate to resolve the conflict in Syria should keep in mind that the enemy of your enemy can also be your enemy. For the U.S. and the West, allying with Iran, Mr. Putin’s Russia and the Assad regime would be morally repugnant, strategically disastrous and entirely unnecessary. The immorality of such an alliance is self-evident: The U.S. officially designates Iran and Syria as state sponsors of terror. The argument in favor of such an alliance cites the World War II precedent that the Allies joined Stalin to defeat Hitler. The comparison is inapt. First, NATO doesn’t need the help of Mr. Putin or Iran to defeat ISIS; NATO simply needs the resolve to do it. Second, such an alliance would only undermine the effort. Seeing the U.S. working with Mr. Assad and the Shiites of Iran—who essentially control Baghdad, too—would further convince the region’s Sunnis that they have no choice but to turn to ISIS for protection. Americans above all should realize the importance of the Sunnis. The 2007 U.S. military surge in Iraq was so successful because it included the protection and recruitment of Sunni tribes to fight Sunni extremists. The Obama administration’s hasty exit from Iraq left the Sunnis at the mercy of a hostile Shiite government in Baghdad. Conditions were made ripe for the rise of Islamic State. Even with France’s stepped-up bombing campaign against ISIS in Syria, and U.S. vows to intensify its own bombing effort, the fact remains: You can’t win hearts and minds from 30,000 feet. The problem with an air-power-only offensive is not only that you don’t always kill the right people, but that you can’t protect anyone. The people of Syria and Iraq need the protection and stability that will starve ISIS of its main source of recruits. No bombs, whether American or French, can provide that. Airstrikes will inspire as many ISIS volunteers as they kill, while also creating countless new refugees. Destroying infrastructure makes the refugees’ eventual return less likely.  “Boots on the ground” is the phrase that must never be mentioned, but mention it we must. Anything less than a major U.S. and NATO-led ground offensive against ISIS will be a guarantee of continued failure and more terror attacks in the West. It is immoral to continue putting civilians—Syrian and Western alike—instead of soldiers on the front line against terrorists. (…) Heartfelt expressions of solidarity and candlelight vigils for the victims won’t stop ISIS unless that goodwill is turned to action. Playing defense is hopeless. The world today is too small, the threats too big. The only solution is to fight the problem at its source. You cannot have liberté, égalité, fraternité without sécurité. Garry Kasparov

Attention: un ennemi peut en cacher un autre !

A l’heure où suite au plus grave acte terroriste qu’ait connu la France …

Pendant que dans l’indifférence générale continue à frapper en Israël le terrorisme palestinien

Se confirment  tant les risques d’une immigration incontrôlée que la présence et la mort dans la ville aux 110 000 habitants  et  130 communautés d’un des terroristes les plus recherchés d’Europe …

Et où l’on apprend sur fond d’emballement des théories du complot voire de franche réjouissance dans nos banlieues dites « sensibles » et de propagation des menaces en Allemagne, Italie ou Suède

Que les autorités françaises auraient refusé, si l’on en croit un ancien responsable des services secrets, une liste de djhadistes français en Syrie sous prétexte qu’elle était proposée par les services syriens …

Pendant qu’après cet incroyable ratage dix mois après le tragique avertissement de Charlie hebdo et de l’Hyper cacher, le gouvernement français consent enfin à reconnaitre que nous sommes en guerre (et que, comme le rappellent nos écrivain et philosophe groupies des dhimmis Villepin et Chirac, faire la guerre, ça se paie) …

Mais, non content de frayer depuis des décennies avec les financiers (Arabie saoudite et Qatar) et soutiens (Turquie) mêmes du terrorisme mondial, annonce à présent son ralliement avec des partenaires aussi peu fiables que la Russie et l’Iran …

Comment ne pas voir, avec Garry Kasparov, autre chose que l’aggravation de la mesure même qui a donné le jour à l’Etat islamique

A savoir le retrait inconsidéré, par le président Obama, des troupes en Irak …

Et l’abandon consécutif au pouvoir et aux milices chiites de Bagdad …

D’une minorité sunnite sans laquelle, comme l’avait brillamment démontré et réussi le général Pretaeus juste avant la funeste décision de l’actuelle administration américaine, toute défaite de l’Etat islamique est parfaitement illusoire ?

Dancing With Dictators Against Islamic State
The U.S. and its allies can defeat ISIS. Joining with Putin, Assad and Iran’s regime would be immoral.
Garry Kasparov
The Wall Street Journal
Nov. 17, 2015

Three days after coordinated terror attacks in Paris killed at least 129 people and put the lie to President Obama’s recent claim that Islamic State was “contained,” Mr. Obama took to the podium on Monday. Speaking from Antalya, Turkey, where he was attending a G-20 meeting, he threw the full weight of his rhetoric behind solidarity with France and behind the French military response against Islamic State, or ISIS. But he offered no policy changes. In other words, once again America is leading from behind.

Mr. Obama’s remarks in Turkey came after he sat down for an impromptu discussion with Russian dictator Vladimir Putin, who has shipped troops and military hardware to Syria to prop up the Bashar Assad regime and to produce desperately needed new war propaganda back home. A suggestion gaining currency in recent days—encouraged by the Putin-Obama photo op—that the U.S. and NATO cooperate with Mr. Putin against ISIS is ludicrous on many levels. The most obvious one being that Russian forces aren’t in Syria to fight ISIS.

Even after the death of 224 people—most of them Russian tourists—in the Oct. 31 Metrojet crash in Egypt that was almost certainly an ISIS terror bombing, Mr. Putin remains focused on his goals. He is in Syria to help Iran and Mr. Assad destroy any legitimate alternatives to the status quo. What is that status quo? The Assad regime and its Iranian backers controlling the region by force.

The Kremlin also wants to maintain a stream of Syrian refugees pouring into Europe. The migrant crisis is useful to Mr. Putin in two ways. It distracts European attention from his continuing military campaign against Ukraine. And the flood of refugees will enhance the fortunes of far-right European parties that openly embrace Mr. Putin, increasing pressure on the European Union to lift sanctions against Russia. If one of the terrorists in the Paris attack slipped into Europe with Syrian refugees, so much the better.

President Obama and other Western leaders desperate to resolve the conflict in Syria should keep in mind that the enemy of your enemy can also be your enemy. For the U.S. and the West, allying with Iran, Mr. Putin’s Russia and the Assad regime would be morally repugnant, strategically disastrous and entirely unnecessary. The immorality of such an alliance is self-evident: The U.S. officially designates Iran and Syria as state sponsors of terror.

The argument in favor of such an alliance cites the World War II precedent that the Allies joined Stalin to defeat Hitler. The comparison is inapt. First, NATO doesn’t need the help of Mr. Putin or Iran to defeat ISIS; NATO simply needs the resolve to do it. Second, such an alliance would only undermine the effort. Seeing the U.S. working with Mr. Assad and the Shiites of Iran—who essentially control Baghdad, too—would further convince the region’s Sunnis that they have no choice but to turn to ISIS for protection.

Americans above all should realize the importance of the Sunnis. The 2007 U.S. military surge in Iraq was so successful because it included the protection and recruitment of Sunni tribes to fight Sunni extremists. The Obama administration’s hasty exit from Iraq left the Sunnis at the mercy of a hostile Shiite government in Baghdad. Conditions were made ripe for the rise of Islamic State.

Even with France’s stepped-up bombing campaign against ISIS in Syria, and U.S. vows to intensify its own bombing effort, the fact remains: You can’t win hearts and minds from 30,000 feet. The problem with an air-power-only offensive is not only that you don’t always kill the right people, but that you can’t protect anyone. The people of Syria and Iraq need the protection and stability that will starve ISIS of its main source of recruits. No bombs, whether American or French, can provide that. Airstrikes will inspire as many ISIS volunteers as they kill, while also creating countless new refugees. Destroying infrastructure makes the refugees’ eventual return less likely.

“Boots on the ground” is the phrase that must never be mentioned, but mention it we must. Anything less than a major U.S. and NATO-led ground offensive against ISIS will be a guarantee of continued failure and more terror attacks in the West. It is immoral to continue putting civilians—Syrian and Western alike—instead of soldiers on the front line against terrorists.

Pacifying the region and protecting its people from the predation of terrorists and brutal dictatorships is the only path left. It is also the only way to ever repatriate the millions of refugees the Syrian civil war has created. We must support these people now, not watch from afar as they are slaughtered and enslaved, paying attention only when the horror makes its way into our capitals. Our fate is tied to theirs.

Heartfelt expressions of solidarity and candlelight vigils for the victims won’t stop ISIS unless that goodwill is turned to action. Playing defense is hopeless. The world today is too small, the threats too big. The only solution is to fight the problem at its source. You cannot have liberté, égalité, fraternité without sécurité.

Mr. Kasparov is the chairman of the New York-based Human Rights Foundation and the author of “Winter Is Coming: Why Vladimir Putin and the Enemies of the Free World Must Be Stopped” (PublicAffairs, 2015).

Voir aussi:

Après les attentats à Paris, le « J’accuse » de Michel Houellebecq
Jean Michel Gradt

Les Echos

Le 19/11/15

Dans une tribune publiée par le quotidien transalpin, « Il Corriere della Sera », l’écrivain fustige les gouvernements de droite comme de gauche qui ont failli dans leur mission de protection de la population française. Il a des mots particulièrement durs pour François Hollande et Manuel Valls.

Son dernier roman « Soumission », une farce grinçante dans laquelle il décrit une France gouvernée par un parti islamiste en 2022, était paru le… 7 janvier, jour de l’attentat contre « Charlie Hebdo ». Puis la terreur a frappé à nouveau la capitale le 13 novembre. Ce jeudi, Michel Houellebecq revient sur ces attentats, dans une tribune intitulée « J’accuse Hollande et je défends les Français » parue dans le grand quotidien transalpin « Il Corriere della Sera ».

L’occasion pour lui d’administrer une volée de bois vert aux hommes politiques français et à leur action diplomatique.

« Au lendemain des attentats du 7 janvier, j’ai passé deux jours scotché aux informations télévisées en continu sans pouvoir en détourner les yeux. Au lendemain des attentats du 13 novembre, je crois que je n’ai même pas allumé la télévision. Je me suis contenté d’appeler les amis et les connaissances qui habitent dans les quartiers touchés (et ça représente du monde) », confie-t-il.

« On s’habitue à tout, même aux attentats »
Avant d’ajouter, sur le mode désabusé. « On s’habitue à tout, même aux attentats. La France résistera. Les Français sauront résister même sans se prévaloir d’un héroïsme exceptionnel, sans même avoir besoin d’un +sursaut+ collectif d’orgueil national (…). Ils résisteront parce qu’on ne peut pas faire autrement, et que l’on s’habitue à tout. Parce qu’aucune émotion humaine, pas même la peur, est plus forte que l’habitude. »

Puis, on note une rupture de ton. Après la résignation (feinte ?), il amorce l’offensive : « +keep calm and carry on+. Reste calme et avance. D’accord, on va faire exactement comme ça (même si – hélas – nous n’avons pas un Churchill à la tête du pays). Contrairement à ce que l’on pense, les Français sont plutôt dociles et ils se laissent gouverner facilement, ce qui ne veut pas dire qu’ils sont de complets imbéciles. Leur principal défaut est une sorte de superficialité qui incline à l’oubli, ce qui signifie qu’il faut leur rafraîchir la mémoire périodiquement. »

Puis l’écrivain se fait procureur, passe du réquisitoire à la charge : « la situation regrettable dans laquelle nous nous trouvons doit être attribuée à des responsabilités politiques spécifiques ; et ces responsabilités politiques devront tôt ou tard être étudiées à la loupe. Il est très improbable que l’insignifiant opportuniste qui occupe le fauteuil de chef de l’Etat, tout comme l’attardé congénital qui occupe les fonctions de Premier ministre, pour ne rien dire des +ténors de l’opposition+ (LOL) sortent avec les honneurs d’un tel examen. »

Les gouvernements entre faillite et discrédit
L’auteur de « Extension du domaine de la lutte » interroge : « qui a décidé les coupes dans les forces de police, jusqu’à réduire ces dernières à l’exaspération, [ à les rendre ] quasiment incapables d’effectuer leurs missions ? Qui, pendant des années, nous a répété que les frontières sont une antique absurdité, symbole d’un nationalisme dépassé et nauséabond ? Il ne faut pas longtemps pour comprendre que ces responsabilités ont été largement partagées. »

Michel Houellebecq reproche aux leaders politiques français – exception faite de Dominique de Villepin dont il salue l e discours contre la guerre en Irak en 2003 à l’ONU – d’avoir engagé le pays dans des opérations militaires « absurdes et coûteuses » qui ont eu pour principal résultat d’avoir « plongé dans le chaos, d’abord l’Irak, puis la Libye. Et ces dirigeants étaient sur le point, il y a peu de temps encore, de faire la même chose en Syrie ».

Conclusion : « Les gouvernements qui se sont succédé au cours des dix (vingt ? trente ?) dernières années ont failli péniblement, systématiquement, lourdement, dans leur mission fondamentale qui consiste à protéger la population française dont ils ont la charge (…). On pourrait multiplier à l’infini les exemples de la fracture – aujourd’hui abyssale – qui existe entre les citoyens et ceux qui devraient les représenter. »

Voir également:

SCANDALE D’ÉTAT ? : Valls a refusé la liste des djihadistes français proposée par la Syrie !
Olivier Berruyer

Les Crises

18 nov 2015

Yves de Kerdrel, directeur de la publication de Valeurs actuelles, révèle l’information inédite de l’interview de Bernard Squarcini (ancien chef du renseignement français) qui paraîtra dans l’édition de ce jeudi 19 novembre :

L’ancien directeur de la DCRI y affirme que :

les services secrets syriens ont la liste des combattants djihadistes français opérant en Syrie, qu’ils l’ont proposée à la France il y a deux ans, que Manuel Valls a répondu “pas question, nous n’échangeons pas d’informations avec un régime tel que la Syrie”

Kerdrel commente “cette information a de quoi faire sauter un certain nombre de personnes en France” – tu m’étonnes !

Squarcini n’est pas un ange, Valeurs actuelles non plus, mais enfin, on parle ici du chef de la DST ! Qui ne s’amuse pas à proférer des accusations pareilles sans biscuits… Et si on attend que ces informations sortent dans Libé…

Il a donné une intéressante interview ici en 2014 :

 Vous êtes politisé ?

Je n’ai pas de couleur politique, je n’ai même pas de carte. Enfin si… Carte Vitale, de police et de préfet. J’ai servi la gauche avec force avant de servir la droite et vice versa. On m’a relié à un homme. Certains disent de vous que vous étiez l’homme de Sarkozy… S’ils savaient… Je disais « non » neuf fois sur dix. Le grand journaliste Georges Malbrunot dénonce ces politiques délirantes depuis longtemps :

mais là on apprend surtout, non pas le crétinisme de la décision, mais la valeur de ce qui a été refusé…

Cette histoire va finir par être très intéressante, car la vérité va finir par apparaître :

un ministre des affaires étrangères qui fricotte avec des islamistes, qui trouve qu’al-Qaïda fait du bon boulot sur le terrain en Syrie, qui déclare que “Bachar el-Assad ne mérite pas d’être sur terre” (empêchant toute coopération, et suscitant nombre de vocation dans les banlieues du coup, répondant à son appel… Mais QUI lui a confié la Diplomatie)
un Premier Ministre comme ça…
un Président qui a reconnu avoir livré des tonnes d’armes aux rebelles syrien, 90 % ayant fini chez les islamistes d’al-Qaïda ou de Daesh…  (ce qui est interdit par le Droit international pour mémoire)
tout ça pour mettre à terre un régime certes pas sympathique et autoritaire (avec des crimes encore limités en 2011), mais qui ne nous a rien fait, ne nous menaçait en rien, était même un régime ami il y a 5 ans !

On a confié notre sécurité à des clowns. N’y voyez pas de polémique partisane, c’est Alain Juppé qui a commencé, en reconnaissant les “islamistes modérés” comme légitimes.

Grace à Chirac et Villepin, la France était aimée de tout le monde arabe en 2007. Passent le cyclone Sarkozy puis le typhon Hollande, alimentés par la dépression BHL, et on se retrouve ennemi n’°1 de l’État islamique !

Ces droits-de-l’hommistes ayant d’ailleurs une grande cohérence dans leurs relations, ne fréquentant que des “démocrates”…

“Démocrates” qui, certes, financent le terrorisme, mais bon, comme ils ne financent pas que ça…

Réécoutez-le hier, défendant ses amis, dénoncés partout :

“Plus largement, la France n’est pas crédible dans ses relations avec l’Arabie saoudite . Nous savons très bien que ce pays du Golfe a versé le poison dans le verre par la diffusion du wahhabisme. Les attentats de Paris en sont l’un des résultats. Proclamer qu’on lutte contre l’islam radical tout en serrant la main au roi d’Arabie saoudite revient à dire que nous luttons contre le nazisme tout en invitant Hitler à notre table.” [Marc Trevidic, juge antiterroriste français, 15/11/2015]

À suivre demain avec l’article, ce n’est que le début…

En route vers une commission d’enquête !

Voir encore:

Comment les experts israéliens analysent les attentats de Paris

Pour les spécialistes de la défense israélienne, les attentats de Paris s’expliquent d’abord par une conception du monde dépassée et inadaptée de la part de la France et des autres pays d’Europe.

« L’Europe n’était pas préparée à ce type d’attaque ». Au lendemain des attentats qui ont frappé Paris, le diagnostic de Gaby Ashkénazi est sans appel. Pour l’ancien chef d’état-major de Tsahal, la France n’est pas seule à avoir refusé de regarder la réalité en face, même après les attentats de janvier. Daech n’a jamais caché ses objectifs et c’est ouvertement que le mouvement terroriste a promis de s’en prendre à la France. Gaby Ashkenazi, comme d’autres responsables actifs de la défense israélienne estime que Daech a exploité les failles et les points faibles des régimes démocratiques européens, qui de leur côté ont préféré continuer à croire que le conflit se limitait au Proche-Orient et ne les concernait pas directement.

Pour faire face à cette nouvelle réalité qu’il est désormais impossible d’occulter, la doctrine de défense telle que les Israéliens la recommandent aujourd’hui à leurs alliés français et européens, repose sur trois piliers : frontières, renseignement et actions préventives. L’espace Shengen a vécu. La France et l’Europe, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, ont voulu croire que les conflits de civilisation étaient révolus, et depuis la fin de l’ère soviétique, que leurs frontières pouvaient s’ouvrir sans limitation, car la démocratie avait gagné et ne serait plus jamais menacée. Le terrorisme islamiste vient de s’engouffrer dans la brèche qu’il faut donc refermer. Les Etats d’Europe vont devoir reprendre le contrôle de leurs frontières, et en particulier avec la Turquie, recommande notamment le ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon.

Les mesures n’ont pas été prises

Le renseignement doit être plus efficace. « Les Européens ont compris qu’il y avait un danger, mais les mesures qui auraient dû être prises ne l’ont pas été, comme par exemple une réforme de la législation permettant l’écoute de terroristes potentiels » estime encore Moshe Yaalon. Sans tomber dans certains excès américains, il y a des dispositions qui peuvent améliorer le traitement et l’analyse des informations pour une utilisation optimale. Cela passe aussi par la coopération internationale, qu’Israël pratique déjà avec ses alliés européens, dont la France. « Israël a des informations. Nous ne sommes pas exactement un acteur subalterne dans ce domaine. Les renseignements que nous obtenons, nous les partageons avec la France et avec d’autres Etats concernés; et pas seulement depuis hier » a déclaré Binyamin Netanyahou au lendemain des attentats du 13 novembre.

« Quand on est en guerre, il ne faut pas avoir peur de tuer, et il ne faut pas avoir peur d’être tué » rappelle pour sa part le général Ashkenazi. « On ne vainc pas la terreur depuis le ciel », estime l’ancien chef d’état-major, convaincu que les frappes aériennes en Syrie ou en Irak ne seront pas la solution. « Daech a des points de vulnérabilité, surtout s’il est attaqué sur terre ». Des actions contre le mouvement terroriste sur son terrain sont possibles et nécessaires.

« En Europe, l’équilibre entre la sécurité et les droits de l’homme penchait jusqu’à présent en faveur des droits de l’homme. Mais il n’y a plus le choix : il faut faire pencher la balance du côté de la sécurité pour défendre la démocratie » affirme le ministre israélien de la Défense, qui espère que la France et l’Europe ont maintenant compris que « dans la lutte antiterroriste, nous sommes tous dans le même bateau ».

Voir aussi:

Europe
Key ISIS figure targeted in Paris raid may have slipped in and out of Europe
Anthony Faiola

The Washington Post

November 18

PARIS — French security forces mobilized Wednesday on a surprising lead: The man considered to be the ringleader of the Paris attacks — an Islamic State operative and the puppet master of its effort to terrorize Europe — was potentially hiding out right under the noses of French intelligence.

Based on the lead, police officers and soldiers launched a seven-hour siege on an apartment building in Paris’s Saint-Denis district that left at least two dead, officials said.

Two senior European officials familiar with the investigation said they received confirmation from the French that one of the dead was Abdelhamid Abaaoud — a 28-year-old Belgian of Moroccan descent who cajoled his own 13-year-old brother into fighting in Syria.

French officials Wednesday said they could not confirm that Abaaoud was among the two dead. But they said he was not among the eight taken alive.

Social video captures police raid in Saint-Denis
Gunfire broke out in the northern Paris suburb of Saint-Denis early on Nov. 18 as police pursued suspects from the terror attacks on Nov. 13. Witnesses documented the flood of police into the historic suburb as the raid grew. (Jenny Starrs/The Washington Post)
His death would bring a measure of justice to the French investigation into the deadliest attack on French soil since World War II, an assault in which three squads of militants killed 129 people and left more than 300 wounded. But Abaaoud’s ability to successfully traverse the porous borders of Europe and hide in France would also suggest just how large a security threat the continent is facing.

Officials believe the man who has boasted of easily escaping “crusader intelligence” as he sneaked in and out of Europe is a guru behind the Paris massacre. In the hours and days after the attacks — which struck a stadium, a concert hall, bars and restaurants — authorities have pieced together a picture of a network of attackers with ties that radiate back to Abaaoud.

Two European officials familiar with the case said Abaaoud is thought to have arrived in Syria sometime in 2013 or 2014 and to have slipped in and out of Europe since. Following the Paris attacks, the intelligence community was divided on where Abaaoud might be. Some officials believed he might be in Syria. But Paris prosecutor François Molins said Wednesday that investigators received information from a witness Monday that Abaaoud was in France.

 “It was taken very seriously and was double-checked through the verification of phone records and banking operations,” he said.

At least two of the men believed to be directly involved in the Paris attacks — including Salah Abdeslam, a 26-year-old who is on the run — had years-long connections to Abaaoud and came from the same hardscrabble neighborhood in Brussels that has become a breeding ground for European jihadists. The bearded Islamic State operative, officials say, may also have been directly involved in the recruitment of other assailants in Friday’s attacks, and he was actively involved in several other attempts this year to stage terrorist acts in Europe.

Abaaoud has been linked by authorities to several foiled terrorist plots in France and Belgium over the past two years, including the attempted attack in August on a Paris-bound high-speed train from Amsterdam that was thwarted with the aid of three Americans.

Authorities say as many as 20 people may have been involved in the plot to attack Paris. Here’s what we know about them so far. (Gillian Brockell/The Washington Post)
In August, Reda Hame, a French foreign fighter, was arrested in France after returning home from Syria. He told the police that he had met Abaaoud in Syria and had been instructed to strike at densely populated targets. He said he had been given several targets for attacks in France, including “concert halls” and “food markets.”

“These weren’t specific targets,” a French official said, “rather, ideas of places to strike, so as to spread fear everywhere.”

Abaaoud spent his youth in the Molenbeek neighborhood of Brussels and was arrested for petty crimes — a profile common among young jihadists who were also wayward youths. But he is thought to have later associated with members of Sharia4Belgium, an Islamist activist group that was designated a terrorist organization this year.

Abaaoud is believed to have joined the Islamic State, also known as ISIS or ISIL, sometime in 2013. He has appeared in a number of its videos, including one from March 2014 in which he drives a pickup truck with a string of dead bodies attached.

 “He contributed to sending hundreds of Belgians to Syria, coordinating departures,” said Jean-Charles Brisard, a counterterrorism expert based in Paris. “He has a big role in recruitment of the French-speaking jihadists.”

Voir de plus:

Attentats – Goldnadel : « Et dire qu’il était interdit avant vendredi de lier invasion migratoire et risque terroriste »
Gilles-William Goldnadel

Valeurs actuelles

18 Novembre 2015

Stop ou encore ? Mots belliqueux creux ou détermination ? Certes, nous ne sommes plus dans l’escroquerie Charlie, mais sommes-nous vraiment sortis de 30 ans de complaisance médiatique et politique pour la radicalité islamique ? Le jour d’avant le vendredi noir, il était encore interdit de lier invasion migratoire et risque terroriste, tous les migrants étant indiscutablement cultivés et pacifiques. Le jour d’avant, le président d’une Europe crépusculaire et démissionnaire tançait le « nombrilisme » des Européens égoïstes. Ceux qui osaient penser que c’était mieux avant la société multiculturelle et le métissage obligatoire étaient d’affreux « déclinistes » rétrogrades. Le jour d’avant, une marche « des dignités » pouvait tranquillement insulter les policiers « violents » et vouloir exclure les  blancs « racistes ».Le jour d’avant, le seul danger qui guettait la France s’appelait le « populisme », du moins celui de droite. La fermeture des frontières était une chimère. Mais le samedi matin, rien n’était encore dit, au nom d’une commode « unité nationale », sur la dimension religieuse antichrétienne contenue dans le message de revendication de l’État islamique. Aucune réflexion n’était amorcée sur cette société multiculturelle avancée qui tourne au cauchemar, sur la dangerosité avérée d’une invasion qu’on n’a pas le droit de nommer. Stop ou encore ? Sommes-nous vraiment au jour d’après ?

Voir de même:

Saint-Denis, cité des rois et désormais de l’islam

C’est à deux pas de la basilique Saint-Denis, là où se trouve le gisant de Charles Martel, qu’un assaut des forces de l’ordre a été mené, ce mercredi matin, contre des suspects liés aux attentats islamistes de vendredi. Deux d’entre eux ont été tués, dont une femme qui a actionné sa ceinture d’explosifs. Sept personnes ont été interpellées, tandis que l’armée a massivement pris position dans ce quartier central. Difficile ce matin, devant les images télévisées de ces soldats surarmés patrouillant dans les rues, de ne pas faire le rapprochement avec des scènes souvent vues en Israël. Certes, Saint-Denis n’est pas Jérusalem-est. Néanmoins, comme l’explique Gilles Kepel dans  son livre, Quatre-vingt-treize, « l’ancienne ville des rois puis de la Révolution et de la classe ouvrière est devenue La Mecque de l’islam de France ». Le département de Seine-Sain-Denis, choisi pour promouvoir la candidature de Paris aux Jeux Olympiques, fait lui-même partie de ces territoires qui ont largement entamé leur bascule démographique et culturelle, sous le poids de l’immigration arabo-musulmane et de sa fécondité.  Les derniers autochtones quittent progressivement les lieux pour rejoindre la France périphérique. Il n’est donc guère étonnant que des islamistes aient pu trouver refuge, aux portes de Paris, dans cette ville de plus en plus homogène, par l’effet d’une substitution de population, d’un changement de peuple. Ce matin, sur Europe 1, le député PS du département, Claude Bartolone, a appelé à ne pas faire de lien entre les « banlieues populaires » et « ces terroristes ». Il a juré, sans rire, qu’ « il n’y avait jamais eu d’angélisme » dans son camp. Il a donc continué à défendre les mérites du « vivre ensemble ». Cela ne fait jamais que quarante ans que la gauche, mimée par la droite, poursuit cette politique désastreuse.
Un effet d’optique laisse croire que la France ne serait en guerre que contre le « terrorisme djihadiste », que François Hollande n’a d’ailleurs pas osé nommer plus précisément, mardi devant le Congrès réuni à Versailles. Or, si l’idéologie salafiste menace la France, c’est bien parce qu’elle a pu s’y installer et y prospérer sans contraintes, sous la protection des belles âmes aveuglées par leur dévotion à la « diversité ». C’est donc aussi l’idéologie relativiste et sansfrontiériste, toujours en vigueur quand on observe Bartolone s’enfermer dans les mêmes dénis des réalités, qu’il s’agit de combattre. L’éventuel  démantèlement du commando d’assassins d’une jeunesse parisienne ne mettra pas pour autant la France à l’abri, tant les cités elles-mêmes sont devenues inflammables. Le député PS, Malek Boutih, estime que les « terroristes » ont remplacé les « émeutiers », le rejet de la République et de ses valeurs étant très profond selon lui. Les lanceurs d’alerte qui, en 2002, avaient en vain sonné le glas sur les « territoires perdus de la République » voient leurs craintes confortées. L’un de ceux-là, Georges Bensoussan, explique ce mercredi dans Le Figaro : « Une partie de la population française ne se reconnaît plus dans les valeurs démocratiques et républicaines de la France. Et encore moins dans son histoire. La radicalisation islamiste de certains, et l’approbation apportée par les mêmes aux attentats de janvier 2015, évoquent les germes d’une guerre civile ». En fait, cette guerre civile est déjà là, quand des Français tuent d’autres Français et quand l’armée se déploie dans les villes. Elle peut en rester à ce stade, si le gouvernement affronte enfin clairement l’ennemi, sans désespérer les citoyens déjà en rupture avec l’Etat. Sinon, l’autodéfense pourrait être le risque.
Voir aussi:
FIGAROVOX/TRIBUNE – La journaliste et philosophe Alexandra Laignel-Lavastine, qui habite en Seine-Saint-Denis, a interrogé les jeunes de son quartier dès le matin du 14 novembre. Si leurs propos ne reflètent pas l’opinion majoritaire dans ce département, ils traduisent une réalité dérangeante.Alexandra Laignel-Lavastine a fait ses études à l’Université Paris Sorbonne-Paris IV puis au Centre de formation des journalistes (CFJ), avant de se consacrer à une carrière d’essayiste, d’universitaire et d’éditeur, collaborant aussi, depuis 1987, à de nombreux médias écrits et audiovisuels, dont Le Monde (près de 250 articles, portraits et chroniques de 1998 à 2009, accessibles via le site du quotidien), Libération, Le Monde des débats, Philosophie Magazine… Elle est l’auteur d’ un livre de combat sur les enjeux de l’après Charlie, intitulé La Pensée égarée(Grasset, Prix de la Licra, mai 2015)* et sous titré «Islamisme, populisme, antisémitisme: essai sur les penchants suicidaires de l’Europe». La chronique d’une catastrophe annoncée en même temps qu’une invitation à décréter l’état d’urgence intellectuel.

Alors qu’en ce lugubre matin du samedi 14 novembre, la France était en état de choc et le monde glacé d’effroi, comment les jeunes de mon quartier, dans le 93, avaient-ils vécu, eux, les carnages de la nuit? Un vague espoir m’avait saisi: et si les tueurs islamistes venaient, par ce bain de sang, de s’aliéner un peu leurs admirateurs de banlieue, généralement fascinés par leurs «exploits guerriers»? Dans cet univers clos et à la dérive, où la fêlure morale est souvent vertigineuse, le principe qui prédomine est en effet celui de la valeur contraire. Les décapitations en ligne, les prières de rue et le voile intégral horrifient ou dérangent? Ils «kiffent» puisqu’ils «niquent la France». Mais cette fois? Se pouvait-il que les images atroces des tueries les laissent de marbre et ne suscitent pas l’ombre d’un écœurement ou d’une identification aux victimes? En s’en prenant au public jeune et festif d’un concert de rock ; pis, en ciblant les spectateurs d’un match de foot, leur passion, de surcroît au Stade de France, situé à quelques encablures de là et où ils auraient tous pu se trouver, les tueurs de Daech n’avaient-ils pas commis une erreur d’appréciation? J’avoue que je m’attendais au moins à un vague: «Là quand même, ils abusent!». Je descends au bistrot du coin vers 10 heures.

Aussi brillant que celui d’Emmanuel Todd et d’une bonne partie de la doxa de gauche politiquement correcte, pour qui il ne s’agissait déjà plus, quatre mois après « Charlie », de combattre l’islamisme, mais le « laïcisme radical » porté par les néo-réactionnaires, très vite tenus, en toute indécence, pour les coupables indirects des crimes de janvier.
Première surprise: rien n’y laisse deviner qu’une tragédie vient de frapper le pays. La télé est pourtant allumée au-dessus du comptoir, le film des événements passe et repasse en boucle. La clientèle, exclusivement masculine, regarde du coin de l’œil, mais personne ne semble concerné. J’interroge le patron, les yeux rougis par l’absence de sommeil, un sympathique arabe chrétien qui se définit comme «assyro-babylonien»: «J’y crois pas», me dit-il à voix basse. Depuis que j’ai ouvert à 8 heures, les gens parlent de tout et de rien, mais surtout pas de ce qui vient de se passer. C’est biz as usual: circulez, y’a rien à voir. Je m’attable avec Malik* en train de boire son café, le visage fermé. Je lui dit qu’il a une mine fatiguée et qu’il y a de quoi après les massacres horribles des dernières heures. «Pourquoi horribles?», me lance-t-il d’un air hostile, «tu crois quand même pas ce qu’ils nous racontent!». Ma crédulité lui fait même «pitié»: «Réfléchis trois secondes: un musulman, ça tue pas. Tuer, chez nous, c’est haram. C’est marqué dans le Coran». Je tente la carte bobo nunuche bien-pensante: l’islam est certes une religion-de-tolérance-et-de-paix, mais il peut y avoir de mauvais musulmans, des fanatiques qui le déforment et s’en servent à de vilaines fins politiques. «C’est quoi ces conneries?», poursuit-il. «Un communiqué, ça se fabrique, c’est comme les images: tout est bidon». Et comme un musulman ne peut donc être un meurtrier, il faut bien que «y’ai un truc derrière tout ça». Le raisonnement est implacable. Aussi brillant que celui d’Emmanuel Todd et d’une bonne partie de la doxa de gauche politiquement correcte, pour qui il ne s’agissait déjà plus, quatre mois après «Charlie», de combattre l’islamisme, mais le «laïcisme radical» porté par les néo-réactionnaires, très vite tenus, en toute indécence, pour les coupables indirects des crimes de janvier.

Or on a quand même le droit de se sentir chez soi, c’est normal ! ». J’ose faire remarquer que Nicolas Sarkozy a pourtant l’air de se trouver physiquement à Paris. « Ben c’est normal, vu que c’est Rockefeller qui dirige BFM et iTélé». J’admet que je n’y avais pas pensé… De toute façon, « ils sont tous islamophobes, faut arrêter de nous stigmatiser », conclut un autre.

Entre temps, les copains de Malik sont arrivés et ils se mêlent à la conversation. Nidal, passablement agressif, renchérit: «La vérité, de toute façon, on l’a connaît: c’est un complot contre nous et contre l’islam, comme avec Merah et le reste». Le reste? Un autre m’éclaire de façon assez prévisible en m’expliquant que les chambres à gaz seraient une «invention sioniste», le 11-Septembre un complot du Mossad et le massacre de Charlie-Hebdo un coup monté de la DCRI. «Tu vois, les Kouachi. J’ai un copain qui les connaissait bien. Il m’a dit que le deuxième frère était mort en 2009. C’est pas une preuve, ça? Le but, c’est de salir les musulmans». Avant, m’expliquent-ils, ils ne disposaient que de la version officielle que leur servaient «les médias». Désormais, ils possèdent un savoir inaccessible au profane: «On peut plus nous enfumer». À ce propos, je leur demande quels sont leurs sites préférés: Dieudonné, Soral, Médiapart, oumma.com, les Indigènes de la République? Ils ne comprennent pas le sens de ma question: «Internet, quoi, YouTube. Tu connais YouTube?». Je n’insiste pas, voyant que la notion même de source leur échappe. Je me résigne aussi assez vite à laisser de côté la question de la vraisemblance dudit complot — la paranoïa conspirationniste étant par définition immunisée contre tout démenti en provenance des faits —, pour m’intéresser aux chefs d’orchestres cachés: un complot, mais orchestré par qui? «Justement, on le saura jamais», dit Kevin d’un air grave et dubitatif. «Tu déconnes!», s’énerve Réda qui prend à son tour la parole avec véhémence: «T’sé quoi Madame, avec tout mon respect: les gros salauds, les barbares, les criminels qu’faudrait régler à la kalach, c’est les Juifs! Mais ça, tu pourras pas l’écrire dans ton journal vu qu’ils contrôlent tout». Vraiment tout? «Nan, en fait, seulement 80 %», estime Kamel, plus raisonnable et qui dispose de chiffres plus… exacts. Son voisin, un peu gêné devant moi, tient lui aussi à… nuancer: «Les Juifs, enfin les sionistes plutôt. C’est eux les grands caïds. Même l’Etat français est une marionnette entre leurs mains». Tous acquiescent avec vigueur et considèrent, pour de mystérieuses raisons, que seul Poutine, «un mec génial», pourrait nous «sauver».

Les trois mots magiques — «Juif», «sioniste» et «complot» — étant lâchés, ces vocables ont aussitôt pour effet d’échauffer le groupe, toujours aussi peu disposé, autour de midi, à verser une larme de compassion, même une toute petite, envers les morts et les blessés de la nuit. Une insensibilité et une indifférence absolues. Tandis que je songe à la réflexion d’Hannah Arendt sur le fait que c’est aussi dans le vide de la pensée et l’incapacité d’être ému que la barbarie se déploie, voilà que Toufik infléchit avec succès la discussion sur les francs-maçons, «les alliés du grand caïd» qui, manifestement, les passionnent. Et d’ajouter: «De toute façon, en France, c’est simple: si tu fais pas partie d’une loge, t’as pas de boulot». Son pote le coupe: «Faut pas oublier non plus Sarko et sa bande qui, après avoir vendu cinq tonnes d’or aux Américains pour une bouchée de pain, se sont tous tirés à Tel-Aviv». Son voisin complète: «Même les Français en ont marre, ils sont plus chez eux avec ces Juifs pourris. Or on a quand même le droit de se sentir chez soi, c’est normal!». J’ose faire remarquer que Nicolas Sarkozy a pourtant l’air de se trouver physiquement à Paris. «Ben c’est normal, vu que c’est Rockefeller qui dirige BFM et iTélé». J’admet que je n’y avais pas pensé… De toute façon, «ils sont tous islamophobes, faut arrêter de nous stigmatiser», conclut un autre.

Là, il me sidère: ces jeunes esprits déstructurés, abreuvés aux discours de haine et aux fantasmes complotistes, ont en même temps très bien capté le prêt-à-penser du jour et l’intérêt qu’ils pouvaient en retirer, entre chantage à l’islamophobie, vulgate du padamalgame (les procès en dérive «néo-réac», ils ne connaissent pas encore) et complaisance victimaire. Il est vrai que l’axiome de Malik — «Un musulman, ça tue pas» — rejoint le principe intangible de la bien-pensance contemporaine, à savoir que le Mal ne saurait en aucun cas surgir du camp du Bien, celui des anciens «damnés de la terre». D’où l’exploit d’Edwy Plenel qui, en 2013, osait encore parler d’un «terrorisme dit islamiste».

C’est ainsi que sans ces territoires occupés de la pensée progressiste, toute à son déni idéologique du réel, Les Territoires perdus de la République*, un livre qui réunissait dès 2002 les témoignages alarmés de professeurs du secondaire, aurait pu permettre de faire — à temps? — le bon diagnostic. La gauche, dont la lâcheté fut affligeante, a préféré le bouder et le considérer comme raciste: comment osait-on constater une offensive salafiste dans certains quartiers? Scandaleux. Résultat: la France enregistre quinze ans de retard à l’allumage face à la menace représentée par un islam qui se radicalise. À se demander où réside le plus horrifiant. Dans cette perte absolue de repères parmi une jeunesse pourtant née et éduquée en France? Ou dans le manque de courage de nos élites somnambules qui, de renoncements en capitulations, ont contribué à accuser cette fracture qu’il était jusqu’à présent de mauvais goût de vouloir voir et sur laquelle il était donc de bon ton de ne rien savoir. Tragique. Au début des années 2000, mes interlocuteurs étaient encore enfants. Nos milliers de djihadistes de fabrication locale — dont les massacreurs du 13 novembre —, l’étaient aussi.

* 220 pages, 18 €.

* Les prénoms ont été changés

Voir aussi:

Philippe Val, celui qui « vit avec »
Anne Fulda
Le Figaro
17 novembre 2015

PORTRAIT – L’ancien directeur de Charlie Hebdo, qui vit depuis dix ans sous protection policière, vient de publier un livre dans lequel il raconte l’histoire du journal et fustige la dérive d’une gauche qui nie la réalité. La trahison des clercs revisitée.

«C’est terrible tout ça. On a l’impression que cela ne finira jamais, qu’il faudra vivre avec…» Philippe Val est choqué, peiné, mais pas vraiment étonné par les attentats dramatiques intervenus dans la nuit de vendredi à samedi. Lui, il «vit avec» depuis près de dix ans, ne se déplaçant jamais sans protection policière depuis qu’il publié, quand il était directeur de la rédaction de Charlie Hebdo, de 1992 à 2009, les fameuses caricatures de Mahomet.

Vendredi, l’ancien directeur de France Inter était chez des amis lorsqu’il a appris que des fusillades simultanées avaient lieu dans la capitale. Comme un citoyen à part qu’il est devenu, il a été aussitôt « exfiltré. Comme Hollande l’a été du Stade de France. « Ses » policiers à lui sont venus le chercher: « Il faut partir ».  Sur le chemin du retour, se tenant au courant par la radio du scénario macabre qui était en train de se dérouler, il est passé, raconte-t-il, devant une pizza halal où des jeunes barbus ou encapuchonnés nés ne cachaient pas leur joie… Écœuré, groggy, Philippe Val n’a pas dormi jusque tard dans la nuit. Et lui qui dénonce dans son dernier livre (C’était Charlie, Grasset) les dérives d’une gauche « rougebrune » – qui, sous couvert de protéger le peuple, le méprise en réalité – , peine depuis à contenir sa colère.

«Je suis ulcéré par ce que j’entends en ce moment. On ne nomme pas le danger. On va en crever !  On parle de guerre, certes, mais on ne nomme pas l’ennemi, nous déclarait-il hier. Dans les années 1930, Winston Churchill, lui, était le seul à nommer Hitler et à dire « il faut tuer Hitler ». On a l’impression que certains aujourd’hui ont le même réflexe que dans les années 1930. Ils relativisent. Au discours, « il ne faut pas humilier les Allemands de l’époque, on a substitué un réflexe similaire vis-à-vis de l’islam radical – étant entendu naturellement que tous les musulmans ne sont pas des islamistes», s’indigne-t-il. Un refus, une incapacité à nommer les choses que l’on retrouve dans les médias, mais aussi, regrette-t-il, chez les politiques et certains intellectuels.

Nommer les choses

Zappant d’une chaine à l’autre dans la nuit de vendredi à samedi, il s’étonne ainsi de n’avoir jamais entendu parler de « terrorisme islamiste ».  Or, objecte-il, on doit pouvoir nommer les choses et de parler d’islamofascisme, même avec l’épicier du coin. Et d’enfoncer le clou : « Lorsque l’on n’ose pas mettre le mot islam dans la problématique, c’est comme si on disait que l’Inquisition n’a rien à voir avec le catholicisme».

Évidemment, ces propos ne vont pas arranger l’image de Philippe Val parmi certains de ses anciens de ses anciens petits camarades gauchistes. Pour eux, c’est clair : Philippe Val  est devenu « réac». Infréquentable. Il a mal tourné. Il est devenu le traitre majuscule. Il a l’habitude. Lui qui dans d’autres vies a été artiste – humoriste en duo avec Font – chanteur compositeur, journaliste puis directeur de journal et de radio a affronté les mêmes adversaires à plusieurs reprise ces dernières années. Au moment de la guerre du Kosovo, du référendum sur la constitution européenne, quand il a licencié Siné en 2008 ou lorsqu’il s’est retrouvé seul lors d’un dîner aveec des amis journalistes, qu’il raconte dans son livre, à se dire favorable à l’interdiction des signes religieux à l’école.

Cette mise au ban de la gauche politiquement correcte ne le touche pas outre mesure. Désormais, en liberté mais conditionnelle, entravé dans sa manière de vivre, de travailler et circuler, celui qui a passé sa vie dans un univers peuplé d’anars et de gauchistes n’entend pas museler sa liberté de parole. Ni rentrer dans le rang. Il se sent toujours proche d’une gauche laïque et politiquement libérale qu’il regrette de ne pas voir incarnée.

Conformisme moralisateur

Déjà, dans son livre précédent, Ravage dans l’inculture, Philippe Val dénonçait les ravages du « sociologisme », ce conformisme moralisateur cher à une bonne partie de la gauche et visant à finira jamais, qu ‘ü faudra  .  une bonne partie de la gauche et visant à expliquer pratiquement tout par un déterminisme social exemptant l’individu de toute responsabilité individuelle. Dans c’était Charlie, il raconte dans un même élan l’aventure de Charlie hebdo et la poussée d’une gauche antisioniste et anticapitaliste qui a érigé l’islam en religion des opprimés, interdisant de ce fait toute réflexion concernant les crimes commis en son nom. C’est selon lui la trahison des clercs revisitée. L’expression aussi d’une blessure, d’une incompréhension: pourquoi après l’attentat du 7 janvier, certains journaux de gauche ont-ils pris leur distance ou insinué que les journalistes de Charlie hebdo avaient insulté l’islam pour gagner de l’argent ? Pourquoi à l’époque la presse n’a-t-elle pas eu le courage de publier les caricatures  , ce qui aurait dilué le danger et n’aurait pas transformé charlie en symbole et en cible ?

Philippe Val n’a pas vraiment de réponse. Ou alors celle-ci, guère encourageante: la peur. Et d’expliciter: « Je pense que lorsque les élites sentent un danger massif, structurel, elles ont tendance à défendre l’ennemi plutôt que le peuple. »
Voir par ailleurs:

Terrorisme. Les menaces d’attentats gagnent l’Allemagne

Courrier international

18/11/2015

Cela devait être un “symbole de liberté” malgré les menaces terroristes, commente Der Spiegel. Ces dernières ont fini par avoir le dessus. A moins d’une heure du coup d’envoi d’Allemagne – Pays-Bas mardi 17 novembre à Hanovre, la rencontre est annulée, le stade évacué. Le chef de la police de la ville évoque “une situation de grave mise en danger”.

Le ministre de l’Intérieur Thomas de Maizière a confirmé la menace, sans donner de précisions. Selon Der Spiegel, les services de renseignements français auraient alerté les autorités allemandes d’un danger planant sur le match.

Faux colis piégé

Pour le président par intérim de la Fédération allemande de football, Reinhard Rauball, il s’agit là d’un “triste jour pour l’Allemagne et le football allemand”, selon la Süddeutsche Zeitung. “Que notre équipe [nationale] vive deux fois en quatre jours de tels événements tragiques, ce n’est pas imaginable.” La Mannschaft avait déjà passé la nuit de vendredi à samedi au Stade de France, à la suite des attentats à Paris.

Hanovre a également été le théâtre d’une plaisanterie macabre : la police a retrouvé dans un train, toujours mardi soir, un faux colis piégé. “Une fausse bombe bien réalisée, et pas une vraie, comme on l’a craint dans un premier temps”, rapporte Der Spiegel.

Une annulation “justifiée”

“Hanovre n’est pas devenu un deuxième Paris”, se félicite Die Welt. Le quotidien salue l’attitude du public et des policiers, qui ont réagi avec calme à l’annulation de la rencontre. “Hanovre a envoyé un signal fort et a bravé la terreur – même sans football.”

L’annulation du match était “absolument justifiée”, commente la Frankfurter Allgemeine Zeitung, une ligne suivie par une large majorité des médias allemands. “Mais que l’organisation appelée ‘Etat islamique’, ou ses imitateurs, décide de l’agenda public, cela ne doit pas créer un précédent”, prévient le quotidien, qui appelle l’Etat et tous les citoyens à “opposer à cette idéologie meurtrière leur culture de la liberté”.

Voir de même:

Attentats : le FBI inquiet pour Rome et Milan

Scala de Milan, place Saint-Pierre au Vatican… La police fédérale américaine s’inquiète d’attentats potentiels dans des sites touristiques italiens et désigne cinq suspects.

Le Parisien

19 Nov. 2015
Les Etats-Unis ont mis en garde contre des menaces d’attentats en Italie. Ils ont également signalé cinq suspect aux autorités italiennes qui tentaient ce jeudi de les identifier.

Sur son site internet, l’ambassade des Etats-Unis à Rome énumère les sites «identifiés comme cibles potentielles» par le FBI.

La police fédérale américaine cite ainsi la place Saint-Pierre à Rome, le Duomo, la Scala de Milan et «les églises, synagogues, restaurants, théâtres et hôtels» des deux villes.

«Des groupes terroristes peuvent utiliser des méthodes similaires à celles utilisées dans les récents attentats de Paris», ajoute l’ambassade, en appelant les Américains à la «vigilance». Toutefois, l’ambassade ne déconseille pas directement de se rendre dans ces lieux.

150 sites identifiés comme à risque

Par ailleurs, le FBI a signalé mercredi cinq suspects aux forces de sécurité italiennes, qui «travaillent pour (les) identifier», a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni, à la télévision Rai 3. Le même jour, la police a contrôlé plusieurs «bed and breakfast» de Rome, pour tenter de trouver un suspect recherché par les autorités françaises, selon des médias italiens.

Au lendemain des attentats à Paris, l’Italie est passée au niveau 2 de l’alerte sécurité, juste un cran en-dessous du niveau maximal déclenché en cas d’attentat sur son sol. «Le ministère de l’Intérieur a déjà expliqué plusieurs fois que nous étions à des niveaux d’alerte très élevés pour les sites symboliques», a rappelé le ministre des Affaires étrangères. A Rome, où patrouillaient déjà 1300 militaires, 700 hommes supplémentaires ont été déployés dans les rues, le métro ou encore les centres commerciaux. Selon les médias, le nombre de sites identifiés comme à risque est passé de 90 à 150.

La sécurité du Pape en question

A moins d’un mois de la grande célébration du Jubilée au Vatican, qui devrait attirer des millions de personnes à Rome, les médias italiens s’inquiètent pour la sécurité du souverain pontife.

Le 14 novembre, au lendemain des attentats de Paris, une menace circulait par ailleurs sur les réseaux sociaux : «C’est maintenant le tour de Rome, Londres et Washington.», a relayé le quotidien Il Sole 24 Ore.

En avril dernier, le FBI avait arrêté un adolescent de 15 ans à Philadelphie qui avait planifié une attaque contre le pape François, s’inspirant du groupe terroriste Etat islamique.

En octobre 2014, Qatib, le magazine de propagande de Daech, publiait une photo du drapeau de l’organisation terroriste hissé en plein milieu du Vatican, rapportait à l’époque Le Corriere della Sera.

 Voir de même:

Suède : un homme activement recherché pour «préparation d’acte terroriste»

 AFP/Direct matin
18 Novembre 2015

Un homme soupçonné d’avoir préparé un attentat en Suède était recherché mercredi par toutes les polices du pays, où le niveau d’alerte antiterroriste a été relevé, ont annoncé les services de sécurité.

La Norvège et le Danemark, théâtre en février d’attaques meurtrières commises par un Danois d’origine palestinienne, ont également relevé leur niveau d’alerte face à la menace terroriste.

L’homme traqué en Suède, dont l’identité n’a pas été révélée, fait l’objet d’un «mandat d’arrêt dans le cadre d’une enquête pour préparation d’acte terroriste», a indiqué le chef des services de renseignement intérieur et du contreterrorisme (Säpo), Anders Thornberg. «Il est activement recherché», a-t-il ajouté au cours d’une conférence de presse à Stockholm. Il s’est refusé à confirmer des informations de presse selon lesquelles il s’agit d’un Irakien formé au combat en Syrie.

Pas de lien avec les attentats de Paris

Les recherches se concentrent sur le territoire suédois et aucun élément de l’enquête ne permet pour l’heure d’établir un lien avec les attentats du 13 novembre à Paris, selon la Säpo. La Suède a relevé mercredi son niveau de menace terroriste à «élevé», le deuxième le plus haut sur une échelle de cinq, invoquant des «renseignements concrets». «Les attentats à Paris le 13 novembre démontrent probablement des capacités accrues» pour Daesh «de perpétrer des attentats relativement complexes en Europe.

Certains individus pourraient éventuellement s’en inspirer», craint la Säpo. De fait le groupe terroriste «considère la Suède comme une cible légitime», a souligné le directeur du Centre d’évaluation national de la menace terroriste (NTC), Mats Sandberg, lors de cette conférence de presse.

La Norvège et le Danemark en alerte

Au Danemark, le «niveau d’alerte interne» a été fixé à «préparation considérablement élevée», soit le deuxième le plus haut sur une échelle de cinq, «à la suite des attaques terroristes à Paris», a indiqué la police dans un communiqué. En février, Omar El-Hussein, 22 ans, avait tué à Copenhague un réalisateur en marge d’un débat sur la liberté d’expression puis un juif qui montait la garde devant la synagogue de la capitale. Mercredi, l’un des deux terminaux de l’aéroport de Copenhague a été brièvement évacué à la mi-journée après que deux hommes eurent été entendus en train de discuter de la présence d’une bombe dans leurs bagages. Placés en garde à vue, «ils ont dit qu’ils plaisantaient», a rapporté à l’AFP un porte-parole de la police, Steen Hansen.

En Norvège, le service de renseignement intérieur (PST) a indiqué mercredi que le niveau d’alerte des forces de sécurité avait déjà été relevé lundi dans le sillage des attentats de Paris. Interrogée mercredi par l’AFP, Mona Sahlin, coordinatrice pour la protection de la démocratie contre la violence extrémiste en Suède, a estimé qu’il fallait «faire plus en termes de répression, nos lois ne sont pas à la hauteur». «Une partie de la société suédoise ne prend pas le jihadisme comme un problème pour le pays», selon Mona Sahlin qui déplore une certaine «naïveté». Le gouvernement doit présenter avant Noël un projet de loi de sécurité qui va, entre autres, alourdir les peines pour voyage à l’étranger dans le cadre d’une entreprise terroriste ou utilisation de passeport falsifié, a annoncé le ministre de l’Intérieur Anders Ygeman.

La Suède a jusqu’ici été épargnée par le terrorisme islamiste, à l’exception d’une attaque-suicide à la bombe sur un marché de Stockholm en décembre 2010, lancée par un Suédo-Irakien qui avait trouvé la mort et seulement blessé légèrement des passants.

Voir également:

Pourquoi l’Etat islamique n’est pas dans une fuite en avant désordonnée mais dans une stratégie extrêmement pensée de déclenchement d’une guerre civile en Europe

Les actions se réclamant du terrorisme islamiste en Occident s’inscrivent dans une stratégie plus large, théorisée en 2004 par un dénommé Abou Moussab Al-Souri dans un ouvrage de 2 500 pages. On en retrouve l’idée dans la revendication de l’Etat islamique des attentats perpétrés vendredi 13 novembre à Paris.

Atlantico : Quelle analyse peut-on faire du communiqué de l’Etat islamique revendiquant les attentats perpétrés vendredi 13 novembre à Paris quant à la stratégie de l’EI ?

Alexandre Del Valle : Tout d’abord, nous pouvons constater la marque de fabrique de Daech, une extrême radicalité barbare mêlée à des références coraniques et chariatiques orthodoxes et rigoureuses puis le souvenir idéalisé de l’Age d’or du Califat conquérant. Le Communiqué commence d’ailleurs par une citation de la sourate 59, verset 2. et le titre du communiqué, « L’Attaque bénie de Paris contre la France croisée » s’inscrit dans une stratégie de choc civilisationnel global et dans une symbolique de longue durée. Une fois encore, Daech tente de s’inscrire dans la tradition des grands califats des premiers siècles de l’islam. C’est une stratégie efficace et très séduisante pour le monde musulman car dans ces pays, surtout arabes, contrairement à l’Europe, le passé califal est très fortement et unanimement valorisé et glorifié, y compris aux niveaux éducatifs et officiels. Daech escompte donc prendre aux mots les leaders musulmans qui ont inculqué cette fierté impériale et tentent d’être ainsi cohérents avec les racines de leur histoire religieuse. En commençant avec une sourate du Coran, les jihadistes essayent de se montrer comme très orthodoxes, ce qui est le propre et la raison des succès des salafistes en général partout dans le monde. Les acteurs de l’EI essayent ainsi de séduire les cœurs des croyants intégristes qui ne sont pas forcement totalitaires. En prônant la mort pour les croisés, les blasphémateurs et les idolâtres, la déclaration ne fait que s’appuyer sur la Tradition islamique sunnite orthodoxe jamais réformée et qui prévoit en effet la mort pour les blasphémateurs, les idolâtres et les croisés qui attaquent un territoire islamique. Et la dimension de guerre psychologique, vrai but de tout terrorisme, est très présente à travers l’expression « jeter l’effroi et la peur dans le coeur des ennemis infidèles ».

Ensuite, dans ce communiqué, les cibles-ennemis sont les Français dans leur semble : qu’ils soient favorables à Charlie Hebdo, païens, non croyants ou croisés catholiques. Cela fait écho à l’expansion de l’Etat islamique qui ne s’appelle d’ailleurs plus DAECH (Etat islamique en Irak et au Levant) depuis l’été 2014 mais Etat islamique tout court, à l’image de sa prétention planétaire. Ainsi, Daech veut clairement reprendre le flambeau des premiers califats, successeurs de Mahomet, qui s’en prenaient au monde croisé, au monde byzantin, au monde mécréant, ou au monde perse et avec succès foudroyants grâce à la stratégie de la «  sidération ». Les Jihadistes se réfèrent aux grands premiers califes (Rachidoun, omeyyades, abbassides) des premiers siècles de l’islam conquérant. à cette époque, le jihad permanent rencontrait des succès extraordinaires et permettait d’étendre le règne de l’islam. Le califat islamique de Daech entend simplement refaire ce qu’ont fait les premiers califes qui ont étendu le royaume de l’Arabie aux portes de la Chine jusqu’au Sud de l’Espagne. Ils expriment aujourd’hui cette volonté de conquête massive globale où l’ennemi n’est pas que le juif, mais l’Occident chrétien. L’attaque spectaculaire à Paris vise à sidérer l’ennemi, créer l’effroi général, créer un syndrome de Stokhcolm généralisé chez les populations pour que celle-ci exigent un infléchissement de la stratégie syrienne et arabe de la France. Bizarrement, la Russie n’est pas mentionnée clairement. Mais l’Allemagne l’est.  La France est présentée comme ce qu’il y a de pire au sein des nations « Mécréantes ». Elle cumule à la fois la tare d’être la fille aînée de l’Eglise, le pays de croisés et en même temps d’être le pays de la révolution française, le pays de Charlie Hebdo, le pays qui a « humilié » les religions, et surtout l’Islam, et qui a en plus d’avoir participé à des guerres contre les musulmans au Mali et en Syrie. C’est de ce point de vue un désaveu total de la politique de François Hollande qui a voulu choisir ni entre l’Etat islamique ni entre Bachar El-Assad.

Ridiculisation et discrédit du dirigeant français 

Dans le cadre de l’efficace et froide guerre psychologique livrée par l’Etat islamique, François Hollande est traité comme un imbécile, « l’imbécile de France François Hollande ». Cette attaque en ridiculisation ne doit pas être sous-estimée ou considérée comme un délire pamphlétaire ou un dérapage verbal qui témoignerait d’une pauvreté intellectuelle. En stratégie de communication, la ridiculisation d’un chef d’Etat, d’un responsable et de n’importe quel dirigeant est très puissante et dommageable. Ici, Daech ne se contente pas de diaboliser l’ennemi, il cherche aussi à le ridiculiser pour lui faire perdre le peu de crédit qui lui reste encore au sein des populations. Lorsqu’on veut détruire un ennemi dans le cadre d’une guerre psychologique, c’est extrêmement habile d’allier la diabolisation au ridicule. Le but est de discréditer l’autorité suprême au sein de sa propre population, afin d’entraîner le chaos et la division, ce que préconisait d’ailleurs Sun Tzu. J’appelle cette guerre des représentations ou guerre psychologique la « DCR2 (Discréditer, Culpabiliser, Ridiculiser et Renverser) : 1/ Discréditer: ici le chef illégitime est jugé responsable des attentats a cause de l’intervention en Syrie contre Daech et du refus de renverser Bachar, 2/ Culpabiliser :la France est le pays « croisé ancien colonisateur qui persécute l’islam »), 3/ Ridiculiser : Daech tente de faire perdre le respect et l’autorité morale du dirigeant. 4/ Renverser: le « vrai » responsable des attentats et des morts français n’est pas le barbare jihadiste kamikaze mais le dirigeant qui a fait bombarder les camps terroristes.

L’extension du domaine de l’ennemi: la France pays des croisés et des idolâtres

Le communiqué de Daech met en fait en avant une rhétorique double : il accuse les victimes des attentats de Paris d’avoir été soit des « idolâtres » soit des « croisés ». L’attaque vise donc le monde païen mécréant autant que et le monde chrétien. Il s’agit d’une revendication tout à fait nouvelle car l’ennemi sioniste, juif, « apostat » ou « blasphémateur », qui avait motivé les attentats de ces dernières années, a été remplacé par un ennemi plus large encore: l’ensemble des Français (croyants ou pas) et l’ensemble du monde chrétien ou post-chrétien. La France est maintenant visée sous tous ces régimes, dans l’ensemble de son histoire, à travers toutes ses composantes et pour des raisons à la fois religieuses et géopolitiques (action militaire en Syrie et refus de combattre Bachar al-Assad).

-Avant, les islamistes évoquaient les croisés sionistes, les judéo-croisés, on tuait soit des Juifs enfants ou adultes, on visait des écoles ou centres juifs (Hypercasher), des journaux « anti-musulmans » (Charlie Hebdo) ou des soldats ou policiers français souvent « apostats » d’origine maghrébine. La cible était plus « ciblée ». Cette fois-ci, l’élément juif est beaucoup moins présent que d’habitude, et le mobile puis les cible sont élargis à un niveau bien plus global. Autant l’an dernier, en janvier 2015, les attaques étaient portées surtout contre des juifs et un journal « blasphémateur » « païen ». Autant cette fois-ci le communiqué désigne l’ennemi français de façon globale, en tant que croisé et idolâtre à la fois. Dans la traduction du monde salafiste djihadiste, le « croisé » renvoie à l’époque où la France était à la tête de la lutte contre le Califats islamiques et de l’occupation de la terre sainte. La France est depuis lors considérée dans les représentations islamistes comme le pays « porte-bannière de la croix », ce qui est évoqué dans le communiqué. Paris est représentée, à égalité avec Rome, comme la capitale de la chrétienté croisée. La France est visée ici dans sa globalité, dans son histoire de longue durée et sous tous ses régimes, en tant que royaume des Francs, fille aînée de l’Eglise, et du fait qu’il existe dans ce pays la plus forte mobilisation catholique, comme on l’a vu notamment  à l’occasion du mariage pour tous.

-D’un autre côté, la France représente également pour DAECH et les islamistes en général, le pays du blasphème, la république laïque qui offense l’islam, interdit le voile et la burka et pratique le sacrilège (Charlie Hebdo), lequel a déjà été puni pour avoir « insulté le prophète ». Les islamistes jihadistes voient donc dans la France une double matrice anti-islamique, à la fois catholique de l’Ancien Régime et républicaine laïcarde et anticléricale depuis la Révolution française. D’un point de vue philosophique, la revue de DAECH en français (Dar al-Islam, n° de juillet dernier) et ce communiqué de revendication des attentats de vendredi soir soulignent le fait que la France est la « pire » des nations d’Occident et la plus « anti-islamique » pour ces raisons. Les Jihadistes accusent également la France d’abriter des «  idolâtres », donc des païens, pire accusation théologique dans l’islam sunnite car les païens sont considérés comme les plus hostiles au Dieu unique et à la religion monothéiste islamique en vertu du principe de base des salafistes qui est le culte du Tawhid, l’Unicité. Ainsi, le communiqué décrit les victimes présentes au Bataclan au concert de Hard Rock comme des « idolâtres » assistant un un évènement de « perversité » (hard rock). Ces Idolâtres et « associateurs » (Muchrikûn) pervers représentent ce qu’il y a de pire dans les écrits du Coran et de la Charia et dans la démonologie islamiste. La hiérarchie est la suivante: en premier il y a les « vrais » musulmans, les salafstes, puis les autres musulmans sunnites, puis les chiites orthodoxes, puis les chrétiens et les juifs, puis, bien plus bas, les sectes hétérodoxes « apostates » issues du chisme (Alaouites, druzes, etc) et les idolâtres.

Enfin, l’objectif des Jihadistes est atteint: le pays ennemi est plongé dans l’effroi, les magasins et lieux publics sont sur contrôlés, les citoyens sont terrifiés par les médias qui ne parlent que de cela en boucle et qui ne cessent de relayer les revendications des Jihadistes. Pendant ce temps, Daech continue d’envoyer des activistes futurs terroristes dans le flux global des immigrés clandestins…

Atlantico : En 2004, Abou Moussab Al-Souri, théoricien du djihadisme, publiait un ouvrage de 2500 pages donnant les indications des actions à mener pour composer un djihadisme mondial, qui ne s’arrêterait pas à la seule région du Proche et Moyen-Orient. Qu’est-ce qui dans ses écrits prédit un projet de guerre civile ? Quelle était le processus imaginé en théorie ? 

Alain Rodier : Tout d’abord, Abou Moussab Al-Souri, de son vrai nom, Setmariam Nazar possédant la double nationalité syro-espagnole (par mariage), est un idéologue d’Al-Qaida « canal historique », bien qu’ayant toujours fait preuve d’une grande indépendance personnelle vis-à-vis de la direction du mouvement. Comme cela est dit dans le film « les barbouzes », « il encombre aux archives » de tous les services de renseignement. Seul détail gênant, depuis sa libérations des geôles syriennes en 2011 (il avait été « rendu » au régime de Bachar el-Assad par les Américains – qui l’avaient arrêté en 2005 – quand celui-ci était encore fréquentable), personne ne sait où il est passé. Ses théories vont à l’opposé de celles de Daech dans le cadre de la création d’un « État » islamique. Il jugeait cette façon de faire comme trop dangereuse car présentant une cible trop facile à frapper par les Occidentaux. Ayant une grande connaissance de l’étranger, il prônait la créations de cellules clandestines sans liens avec un commandement central pour ne pas se faire détecter. Ces cellules devaient pouvoir passer à l’action avec leurs propres moyens pour déclencher une guerre civile en créant des divisions entre les musulmans et les populations locales.

L’Etat islamique semble vouloir « rationaliser » ses actions sur le territoire européen – et français – avec des appels à recrutement, et à mener des actions, lancées depuis la Syrie notamment. En quoi leur modèle d’importation de la « guerre civile » en France diffère-il de celui des précurseurs d’Al-Qaïda ? Pourquoi ? 

Daech, à la différence d’Al-Qaida « canal historique », ne possède pas (encore) de « réseau » à l’étranger. Cela dit, Al-Qaida « canal historique » a perdu beaucoup de ses contacts à l’étranger en dehors de ses mouvements affiliés (AQMI au Sahel, AQAP au Yémen, etc.). C’est pour cette raison que Daech lance des « appels au meurtre » via le net en espérant que des adeptes s’en inspireront. Daech qui « patine » sur le front syro-irakien depuis l’été, en particulier en raison des frappes de la coalition, de la résilience des Kurdes et de l’appui apporté par Téhéran (et le Hezbollah libanais) à Bagdad et à Damas, souhaite desserrer l’étau qui pèse sur lui en déclenchant des actions terroristes de par le monde. En dehors des mouvements qui lui ont fait allégeance en Libye, en Tunisie, en Algérie, au Liban, dans le Sinaï et en Extrême-Orient, il n’en a pas les moyens matériels et humains. En Occident, il est particulièrement démuni, ce qui explique son « appel dans le désert ». Le problème réside dans le fait que des individus isolés trouvent dans la « cause » de l’État Islamique la raison de passer à l’action. Cette « cause » est différente de celle d’Al-Qaida car il existe aujourd’hui un véritable État islamique situé à cheval sur la Syrie et l’Irak. C’est du « concret ». Les motivations des nouveaux adeptes sont souvent dictées par la volonté de venir à bout d’un mal-être personnel.

Daech cible beaucoup plus les étrangers qu’Al-Qaïda ne le faisait, et fait plus confiance à des « 100% occidentaux » pour mener des actions. Pourquoi cette plus forte internationalisation ?  

Daech ne s’en prend pas plus aux Occidentaux qu’Al-Qaida. De plus, il profite des combattants étrangers pour se fournir en « chair à canon ». Il est en effet en sous-effectifs par rapport aux territoires qu’il tente de contrôler. Les djihadistes étrangers sont priés de ne pas repartir. Pour ce faire, leurs papiers leur sont confisqués dès leur arrivée. La rumeur court qu’une centaine auraient été exécutés car ils souhaitaient déserter. Il n’est toutefois pas impossible que quelques fanatiques puissent revenir et se lancer dans des attentats vengeurs.

Al-Qaïda a déjà largement mis en oeuvre en son temps un processus structuré pour mener ce djihadisme mondial. In fine, quel était leur but en Europe ? Quel était l’objectif final des réseaux qui ont mené des actions comme les attentats de Londres ou de Madrid ? 

Al-Qaida « canal historique » souhaite créer un « califat mondial ». Ses leaders savent que cela devrait prendre plusieurs générations. En Europe comme ailleurs, l’objectif est de créer le chaos qui devrait amener la destruction des sociétés en vigueur. Sur ce chaos, l’islam radical serait alors imposé comme la solution. Toutefois, cette organisation n’a plus les moyens nécessaires pour déclencher des attentats du type « 11 septembre ». Cela n’exclue pas des opérations de moindre importance mais pouvant être meurtrières du style des attentats de Londres. Ce qui est inquiétant, c’est la surenchère qui existe aujourd’hui entre Al-Qaida « canal historique » et  Daech. C’est à celui qui fera parler le plus de lui. D’ailleurs, Al-Qaida qui n’a pas dit son dernier mot est en train de créer un État dans le nord-ouest de la Syrie. Son objectif est de faire la pige à Daech. Il va falloir aussi voir ce que va faire Al-Qaida en Afghanistan quand les talibans mèneront leur « offensive de printemps » qui pourrait voir, à terme,  l’effondrement du régime en place à Kaboul.

Quel était le modèle de recrutement et d’endoctrinement pour créer des « ennemis de l’intérieur » dans les pays occidentaux ? Comment sont formés ceux qui étaient chargés de continuer le combat en Occident ? 

Les islamistes radicaux ne sont pas le KGB. Ils n’ont pas de techniques de recrutement en vigueur comme dans les services secrets. Al-Qaida se livrait essentiellement à du prosélytisme via des mosquées, des clubs sportifs et des associations. Cette phase semble terminée car les services de police surveillent particulièrement ces structures. Le principe pour recruter des activistes est de les valoriser personnellement en leur démontrant qu’ils sont « maltraités » par la société. Cette manière de faire est aussi valable pour d’autres mouvements contestataires ou séparatistes. Il n’y a rien de nouveau dans le monde révolutionnaire. D’ailleurs, si le salafisme-djihadiste disparaissait demain, d’autres mouvements révolutionnaires utiliseraient alors le terrorisme qui n’est, en fin de compte qu’un moyen de combat (« mouvement terroriste » ne veut rien dire. Il faudrait dire un mouvement idéologique, politique, religieux, sectaire, etc. qui « utilise » l’arme du terrorisme).

Voir enfin:

Les services secrets américains avaient prédit l' »État islamique »
DOCUMENT. Un rapport déclassifié des services du Pentagone alertait dès août 2012 sur la possible formation d’un califat islamique à l’est de la Syrie.
Armin Arefi
Le Point
10/06/2015

Un rapport explosif fourni par le département d’État et le Pentagone circule depuis plusieurs semaines sur les sites d’information alternatifs, sans que les grands médias américains – hormis quelques titres conservateurs – ne s’en fassent l’écho. Il met pourtant en avant le fiasco de l’administration Obama dans sa gestion des crises syrienne et irakienne, qui ont enfanté l’organisation État islamique (EI). Dès le 5 août 2012, ce rapport d’information de la DIA (Defense Intelligence Agency, les services de renseignements du Pentagone) alarmait les responsables de la CIA, du département d’État, et du Pentagone sur la radicalisation de la rébellion syrienne et le possible établissement d’un « État islamique » à l’est de la Syrie, avec de « graves conséquences en Irak . Deux ans plus tard, la « prédiction » devenait réalité avec la proclamation en juin 2014 d’un « califat » à cheval sur la Syrie et l’Irak.

« Il s’agit d’une compilation d’informations extrêmement précises qui prédit tout ce qui allait arriver dans la région avec l’essor de l’EI », se félicite Tom Fitton, président de Judicial Watch,un cabinet d’avocats spécialisé dans la surveillance des activités du gouvernement américain. Classée à droite de l’échiquier politique, l’organisation, qui se déclare « conservatrice » mais « non partisane », a obtenu les documents après avoir poursuivi l’administration Obama en mai 2015 devant la justice fédérale au nom du Freedom of Information Act (Loi pour la liberté d’information), qui oblige l’exécutif américain à fournir à tout citoyen qui en fait la demande des documents classifiés. « C’est tout bonnement incroyable », poursuit Tom Fitton. « Quatorze mois après que le département de la Défense eut tiré la sonnette d’alarme, Obama décrivait l’EI comme une équipe de juniors », rappelle le président du Judicial Watch, pour qui Washington aurait clairement minimisé l’impact du rapport pour garantir les chances de réélection du président en novembre 2012.

Parmi la centaine de pages de rapports déclassifiés obtenus par l’ONG, notamment au sujet de l’attaque du consulat américain de Benghazi, dans laquelle est mort l’ambassadeur Christopher Stevens le 11 septembre 2012, sept sont consacrées à la situation en Syrie en août 2012, un an et demi après le début de la « révolution ». Largement censuré, le document, classé « Secret » (l’équivalent du « confidentiel-défense » en France, soit un faible niveau de confidentialité), résume les forces en présence sur le terrain, leurs alliés internationaux, leurs motivations politiques, les gains territoriaux acquis et les scénarios possibles.

Rebelles islamistes
« La source est tout à fait fiable, souligne François Géré, directeur de l’Institut français d’analyse stratégique (Ifas). Il s’agit d’une méthode de renseignements classique. On décrit avec précision une menace sans savoir pour autant comment elle va évoluer. C’est ensuite au destinataire politique d’évaluer ces renseignements et de prendre des décisions. » Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les conclusions du rapport tranchent radicalement avec les analyses en cours à l’époque au département d’État. À ce moment-là, aux yeux de l’administration Obama comme du Quai d’Orsay, la rébellion syrienne est dominée par des forces modérées, qui ont entamé un an plus tôt des manifestations pacifiques aux slogans démocratiques. Mais face à la répression aveugle de Damas, des officiers déserteurs de l’armée régulière syrienne ont pris les armes dès septembre 2011 pour créer « l’Armée syrienne libre », une force rebelle présentée à l’époque comme laïque.

« Les salafistes, les Frères musulmans et Al-Qaïda en Irak (l’ancêtre de l’EI) sont les forces principales conduisant l’insurrection en Syrie », estime pourtant le document, qui affirme qu’un an après avoir débuté, la révolte prend une « tournure sectaire majeure ». « Après le début de l’insurrection en Syrie, explique le rapport, les forces religieuses et tribales dans la région ont commencé à adhérer à cette insurrection sectaire. Cette (sympathie) est apparue dans les sermons de la mosquée du vendredi, qui appelaient les volontaires à soutenir les sunnites (majoritaires en Syrie). »

Scénario écrit
Mais le rapport frappe surtout par la troublante justesse de ses prévisions quant à l’évolution de la crise, qui s’apparente même aujourd’hui à une « prophétie ». Après avoir brièvement évoqué la possibilité d’une victoire finale du régime syrien, le service de renseignements américain s’attarde sur le scénario d’une guerre par procuration entre les parrains étrangers de chaque camp, conduisant à une partition de facto du pays. « Avec le soutien de la Russie, de la Chine et de l’Iran, le régime contrôle(rait) les zones d’influence le long de la côte (villes de Tartous et de Latakié), et défend(rait) avec vigueur Homs, qui est considérée comme la principale voie de transport en Syrie. De l’autre côté, poursuit le rapport, les forces d’opposition essaie(raient) de contrôler les zones de l’Est adjacentes aux provinces orientales irakiennes, en plus de la frontière turque. Les pays occidentaux, les États du Golfe et la Turquie soutien(draient) ces efforts. »

Un scénario – il est vrai déjà potentiellement valable à l’été 2012, avant que Damas ne reprenne le dessus sur la rébellion – qui demeure plus que jamais d’actualité en 2015, à l’heure où le régime syrien, massivement soutenu par Moscou et Téhéran, est acculé sur la côte, après avoir enchaîné les défaites dans la province d’Idleb (Ouest) face à l’armée de la Conquête, une coalition islamiste dominée par le Front al-Nosra et financée par l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie.

Toutefois, le rapport commet une erreur de taille, en confondant Al-Qaïda en Irak, ancêtre de l’EI, créé en 2004 dans le pays au lendemain de l’intervention américaine et contrôlant l’est du pays, où il a établi son califat, et le Front al-Nosra (Front de défense du peuple syrien), organisation djihadiste créée à l’été 2011 après que Bachar el-Assad a libéré de prison la quasi-totalité des djihadistes syriens. D’ailleurs, les deux groupes s’affrontent sur le terrain depuis janvier 2014, Al-Nosra faisant de la chute de Bachar el-Assad sa priorité, au contraire de l’EI qui reste concentré sur l’établissement de son « califat ».

« Principauté salafiste »
En revanche, le service de renseignements américain voit juste en pointant les graves risques que fait peser la crise en Syrie sur l’avenir de l’Irak voisin. « Si la situation se démêle, affirme le document, il y a une possibilité que s’établisse une principauté salafiste déclarée ou non déclarée dans l’est de la Syrie (dans les provinces de Hassaké et de Deir Ezzor) », indique le rapport, près de deux ans avant la proclamation du « califat ». « Cela crée une atmosphère idéale pour qu’Al-Qaïda retourne dans ses anciennes poches de Mossoul et de Ramadi (en Irak), pour fournir un nouvel élan à l’unification du djihad entre les sunnites d’Irak et de Syrie », poursuit-il, allant même jusqu’à parler de l’établissement d’un « État islamique » à travers l’union d’Al-Qaïda en Irak avec d’ « autres organisations terroristes en Irak et en Syrie ». Un scénario qui se vérifie au mot près deux ans plus tard, l’EI ayant pu se servir de son territoire à l’est de la Syrie pour se lancer à l’assaut des villes irakiennes de Mossoul en juin 2014, et de Ramadi en mai 2015.

S’il juge le rapport « intéressant et bien renseigné », l’expert François Heisbourg, président de l’Institut international des études stratégiques (IISS), lui reproche néanmoins ses imprécisions. « Tous les différents scénarios sont présentés de façon égale, sans aucune hiérarchie ni degré de crédibilité des sources, comme il est pourtant de coutume » de le faire, souligne-t-il. « Le champ des hypothèses est très large, ce qui empêche la prise d’une décision politique. » Outre la confusion entre EI et Front al-Nosra, la DIA commet une autre approximation en jugeant crédible l’hypothèse de zones d’exclusion aérienne pour servir de refuge aux populations syriennes déplacées. Or celles-ci n’ont en réalité jamais été sérieusement envisagées.

« Washington savait »
Enfin, le rapport fournit un dernier élément troublant, en totale contradiction avec le discours officiel occidental. Outre le soutien aux rebelles islamistes déjà évoqué, il affirme que l’Occident, les États du Golfe et la Turquie seraient favorables à l’établissement de la « principauté salafiste » dans l’est de la Syrie. « C’est exactement ce que les puissances soutenant l’opposition veulent, dans le but d’isoler le régime syrien, qui est considéré comme la profondeur stratégique de l’expansion chiite (Irak et Iran) », affirme le service de renseignements du Pentagone.

« Il s’agit d’un scénario prospectif pour le moins fantaisiste, qui ne signifie en aucun cas qu’il allait se réaliser », réagit l’expert François Géré. « On sait que l’Arabie saoudite a financé et armé les factions les plus radicales de la rébellion et que la Turquie a laissé massivement passer des armes vers ces groupes pour précipiter la chute de Bachar el-Assad. Si les États-Unis ne s’y sont pas opposés activement, on ne peut pas dire pour autant qu’ils aient encouragé les djihadistes. »

« On peut déduire de cet excellent rapport que Washington savait ce qui allait se passer », tranche Alain Rodier, directeur de recherche au Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Et d’interroger : « Mais qu’auraient pu faire les États-Unis ? »


Attentats de Paris: Les barbares sont déjà à l’intérieur et il n’y a plus de murs (Behind the candlelight vigils and hashtags, the massive failure of French intelligence and the West’s collusion with the supporters of islamic barbarity)

17 novembre, 2015
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An unnamed man brings his portable grand piano and plays John Lennon's Imagine by the Bataclan, Paris, one of the venues for the attacks in the French capital which are feared to have killed around 120 people.Qatar1https://jcdurbant.files.wordpress.com/2015/11/murs.jpg?w=450&h=240
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Comme toutes les entreprises du site aéroportuaire, ce groupe «souffre des conséquences de la politique de recrutement suivie depuis plusieurs années», qui institue une préférence géographique liée à un «bassin d’emploi formé du département de la Seine-Saint-Denis, du Val-d’Oise et de l’Oise». Le résultat a été l’introduction de «délinquants de ces secteurs à fort taux de criminalité (…) dans les zones les plus sensibles de la plate-forme» et dans les entreprises travaillant pour l’aéroport. L’exemple de CBS est significatif. L’évolution récente est celle d’une dérive ethnico-religieuse. Deux cadres de l’entreprise, d’origine maghrébine, s’appuyant sur le «noyautage» des syndicats par les islamistes, ont imposé, de fait, à la société, le «recrutement quasi exclusif de ressortissants algériens provenant d’une petite ville du nom de Ghazaouet. Ces recrues forment un véritable réseau au sein de CBS». (…) Après une longue énumération d’individus dangereux, porteurs de badge et donc habilités à travailler en toute liberté sur la zone réservée de la plate-forme aéroportuaire, la note conclut : «Les faits ainsi décrits sont le reflet de l’atmosphère qui règne sur l’ensemble du site tant dans les zones réservées (pistes, zones bagages, zones techniques) que dans les entreprises. Islamistes et délinquants des cités oeuvrent de concert pour placer l’aéroport sous la loi de la charia, usant de menaces à l’encontre des cadres et rares employés d’origine française. Il s’agit également d’éliminer la main-d’oeuvre non musulmane du tissu professionnel de la plate-forme.» Cette description est assez effrayante. D’autant qu’elle se poursuit ainsi : les renseignements généraux, la gendarmerie du transport aérien, certains cadres d’Air France et des sociétés concernées ont commencé à percevoir cette situation. Par ailleurs, «le sous-préfet de Roissy est, quant à lui, tout à fait conscient de la réalité de ce problème. La société Aéroports de Paris, toute préoccupée de dissimuler sa longue gestion catastrophique en vue de sa privatisation, n’a pas un instant de disponible». (…) Matignon vient de recevoir, le 6 janvier 2006, un nouveau rapport («Rapport sur le fonctionnement administratif et budgétaire de la Direction de la police de l’air et des frontières (DPAF) de Roissy-Le Bourget», janvier 2006) sur Roissy, qui, à la suite d’une longue enquête interministérielle menée au plus haut niveau, décrit une situation toujours aussi inquiétante. Le rapport constate que les recommandations exprimées dans un document précédent, datant de novembre 2002, signé par l’Inspection générale de l’administration, n’ont pas été suivies d’effet : rien n’a été fait. Puis les inspecteurs généraux tirent deux sonnettes d’alarme. La première, c’est une confirmation : des organisations islamistes interviennent sur la plate-forme de Roissy, devenue la «première porte d’accès au territoire national, voire à celui de l’espace européen de Schengen». Le rapport souligne la forte exposition de la zone bagages au risque terroriste lié aux activités de cette mouvance, libre de s’activer autour des avions. La seconde alerte, c’est « une couverture insuffisante des risques en zone réservée. Du fait de la faiblesse des moyens de la gendarmerie du transport aérien et de l’aménagement critiquable du contrôle et de l’embarquement des bagages, ainsi que du traitement du fret, il est trop facile de prélever dans les bagages mais aussi d’y ajouter». En termes simples, cela veut dire qu’on peut tout aussi facilement retrancher un objet précieux qu’introduire un explosif dans n’importe quel bagage qui a franchi les portiques de filtrage et de contrôle. Qui peut mettre la main pour voler un bagage peut y mettre une bombe. Du reste, les gendarmes et les policiers appellent cette ligne des portiques, devenue ultra-sophistiquée à la suite du renouvellement des techniques de lecture et de repérage, la ligne Maginot. Comme sa célèbre aînée, elle est impénétrable, mais aisément contournable. Selon les informations les plus récentes, Roissy est donc un gruyère. Les trous sont nombreux et multiples. Il est possible, chaque jour, d’entrer dans la zone réservée par une porte régulière sans même être contrôlé, pour peu qu’on choisisse le point de passage connu de tous les initiés. Il est très facile de franchir le périmètre, en dehors des portes officielles, à certains endroits névralgiques. Il n’est pas du tout impossible – bien qu’Aéroports de Paris le conteste – de faire entrer des explosifs ou des armes dans la zone réservée, et il n’est pas très compliqué de glisser un kilo de semtex dans une palette de fret avion qui voyage sous les pieds des passagers, comme 60% du fret aérien.» Philippe de Villiers (2006)
Il y a un toboggan dans lequel on est installés depuis plusieurs années, et qui nous amène à l’irréparable, puisque maintenant, malheureusement, ces quartiers produisent des terroristes. Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, ce sont des terroristes. Malek Boutih
Cet attentat odieux a voulu frapper les israélites qui se rendaient à la synagogue, il a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic. Raymond Barre (1980)
Les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes. Jacques Chirac
Ce n’est pas un délit de prôner le djihad. Bernard Cazeneuve (août 2014)
On identifie la communauté juive à Israël et on identifie les musulmans à Daech. C’est le même raisonnement. Jean-Christophe Cambadelis (secrétaire du PS), février 2015)
Il faut le dire avec force: l’islam n’a rien à voir avec ça. Jean-Luc Mélenchon
Les attaques terroristes comme celles de France proviennent de la frustration des musulmans au Moyen-Orient, comme c’est le cas avec les Palestiniens.  Pour contrer l’extrémisme, nous devons revenir à une situation normale au Moyen-Orient. Actuellement, les Palestiniens ne voient plus d’avenir, nous constatons que leur désespoir se traduit par un comportement violent de leur part. Margot Wallström (ministre des Affaires étrangères de Suède)
Leur comportement est finalement également lié au conflit israélo-palestinien. Les gars – je suppose qu’ils étaient des gars – qui ont mené les attaques viennent probablement d’un groupe de personnes indignées des banlieues françaises. Le conflit israélo-palestinien est le moyen de faire croître une telle attaque. Jan Marijnissen (président du parti socialiste néerlandais)
Il y a quelque chose de différent par rapport à ce qui est arrivé pour Charlie Hebdo, et je pense que tout le monde peut ressentir cela. Il y avait une sorte de focalisation particulière et peut-être même une légitimité — pas une légitimité, mais une justification à laquelle vous pouviez vous attacher et vous dire quelque part en vous-même, « okay, ils sont vraiment en colère à cause de ceci et de cela”. Ce vendredi a été absolument sans discrimination. Ce n’était pas pour punir une faute très particulière. C’était pour terroriser les gens. C’était pour attaquer tout ce que nous défendons. John Kerry
Ca n’a rien à voir avec janvier. Médiapart
Ils sont stupides mais ils ne sont pas mauvais. Ils sont les victimes d’un système qui les a exclus de la société, c’est pour cela qu’ils pensaient que cela [le restaurant] ne leur appartenait pas et qu’ils pouvaient l’attaquer. Ce sont eux qui vivent ici dans l’aliénation, et nous sommes tous responsables de cette aliénation. Sabrina (employée administrative dans l’un des théâtres du 11e arrondissement)
Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils, mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur. Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Antoine Leiris
Le problème qui se pose est d’imposer à certains pays un minimum. Je pense en particulier à la Turquie, compte tenu de l’ambiguïté de ses relations avec l’OEI. (…) Plus largement, la France n’est pas crédible dans ses relations avec l’Arabie saoudite . Nous savons très bien que ce pays du Golfe a versé le poison dans le verre par la diffusion du wahhabisme. Les attentats de Paris en sont l’un des résultats. Proclamer qu’on lutte contre l’islam radical tout en serrant la main au roi d’Arabie saoudite revient à dire que nous luttons contre le nazisme tout en invitant Hitler à notre table. Marc Trévidic
Quand on voit des pays qui vivent avec le terrorisme larvé, les Etats-Unis ou Israël. Ces pays ont changé leur façon d’être. A New York, il y a des numéros d’urgence partout dans le métro. Il faut avoir les mêmes pratiques en France. Nous avons trop laissé faire. Il faut changer beaucoup d’habitudes. Nous avons une certaine lassitude de la sécurité mais il va falloir faire passer ça. Patrice Pelloux
On a un souci de contrôle aux frontières Schengen, et un gros. Son arrivée aurait dû provoquer la levée d’un drapeau rouge. Mais ces gars maîtrisent bien les techniques d’entrée et de sortie de Schengen, pour l’avoir beaucoup pratiqué. S’il a pris soin de ne pas rentrer par une frontière française, personne ne l’a vu. S’il rentre par la Belgique, par exemple par un vol low-cost à Charleroi… Allez-y à Charleroi, vous verrez les contrôles. Par définition s’il y a eu un attentat, c’est qu’il y a eu un problème, conclut Alain Chouet. « Mais bon, on ne reproche pas les feux de forêts aux pompiers… Si vous mettez un pompier tous les cinq mètres dans les forêts de France, vous n’aurez plus de feux de forêts… Alain Chouet (ancien chef du service de renseignement de sécurité à la DGSE)
Il y a trois hypothèses. Soit personne n’a rien vu, et c’est un gros souci; soit on a vu des trucs et on ne les a pas compris, ce qui est aussi un problème; soit on a vu des trucs et malgré tout l’équipe a pu passer à l’action. On a peut-être raté la phase de préparation terminale, celle où les types disparaissent dans la nature. Dans les trois cas, c’est très embêtant. Ça veut dire qu’on a soit un problème de renseignement, soit d’analyse du renseignement soit de chaîne de commandement dans les services. C’est accru par le fait que ça se passe en partie en Belgique. Pour le renseignement anti-jihadiste, la Belgique est sous bouclier français. Et il faut bien le dire, alors qu’ils ont la plus grosse proportion de départs en Syrie des pays occidentaux, les Belges ne sont pas au niveau (…). Dans cette équipe beaucoup de mecs sont connus à Bruxelles, quelqu’un s’est manifestement planté. Ancien spécialiste du contre-terrorisme (DGSE)
 Pour Alain Chouet, ancien chef du service de renseignements de sécurité à la DGSE, la “guerre de civilisation” et celle contre le “terrorisme” brandies par le gouvernement comme par l’opposition de droite constituent une imposture qui en masque une autre, celle de l’alliance militaire entre les pays occidentaux et les parrains financiers du djihad. L’Humanité
 Ce que nous appelons « salafisme », en arabe, cela s’appelle « wahhabisme». Et là nous sommes à contre-emploi de manière systématique et dans toutes les situations d’affrontement militaire, puisqu’au Moyen-Orient, au Sahel, en Somalie, au Nigeria, etc., nous sommes alliés avec ceux qui sponsorisent depuis trente ans le phénomène terroriste. (…) On s’épuise à s’attaquer aux exécutants, c’est-à-dire aux effets du salafisme, mais pas à ses causes. Sur 1,5 milliard de musulmans, si 1 sur 1 million pète les plombs, cela fait déjà un réservoir de 1 500 terroristes. Cela, on ne pourra jamais l’empêcher à moins de mettre un flic derrière chaque citoyen. Tout cela est une vaste plaisanterie: on ne fait pas la guerre à la terreur mais à des criminels. Cela relève des techniques de police et de justice. Alain Chouet
The tantrum of Islam, another eruption of rage (…)  feeds off our astonishing willingness to indulge it. Before Friday’s carnage in the City of Light, the world was treated to the hideous spectacle of Palestinians knifing Jews in Israel. The supposed motive of these stabbings was a rumor among Palestinians—fanned by Palestinian President Mahmoud Abbas—that the Israeli government intended to allow Jews to pray on the Temple Mount. This was a story the Israeli government adamantly denied and every serious person knew was false. Yet no senior Western leader dared call out Mr. Abbas to correct the record. Palestinian tantrums are sanctified tantrums. The violence they breed might be condemned, but the narrative on which they rest has the status of holy writ. It is no more to be questioned than the Quran is to be burned. “To counteract the radicalization [in Europe],” Swedish Foreign Minister Margot Wallström said in a televised interview only hours after the Paris attacks, “we must go back to the situation such as the one in the Middle East in which . . . the Palestinians see that there is no future; we must either accept a desperate situation or resort to violence.” Here was the sanctified tantrum par excellence: People murder and maim because they have been put (by Israel) to a bleak choice. Rage is not to be condemned but understood, mitigated and mollified. (…) Nowhere are Islamist tantrums so richly indulged as in Europe.(…) Now 129 people are dead in Paris because Europe decided to make a fetish of its tolerance for intolerance and allow the religious distempers of its Islamist communities to fester over many years. That’s what happens when you sanctify political tantrums, explain and appease them, refuse to name them, try to look away. Bret Stephens
First, learn from Israel, which has been dealing with Islamist terror from the day it was born and dealing with much more frequent threats to its citizens’ security. True, Islamic extremists inside Israel today resort to using knives and cars as their weapons of choice, but that is because attacks like those in Paris last week are now simply impossible for the terrorists to organize. Instead of demonizing Israel, bring their experienced, trained experts to Europe to develop a coherent counterterror strategy. Second, dig in for a long battle of ideas. European leaders will have to address the infrastructure of indoctrination: mosques, Muslim schools, websites, publishing houses and proselytizing material (pamphlets, books, treatises, sermons) that serve as conveyor belts to violence. Islamic extremists target Muslim populations through dawa (persuasion), convincing them that their ends are legitimate before turning to the question of means.European governments must do their own proselytizing in Muslim communities, promoting the superiority of liberal ideas. This means directly challenging the Islamic theology that is used by the Islamist predators to turn the heads and hearts of Muslims with the intent of converting them into enemies of their host countries. Third, Europeans must design a new immigration policy that admits immigrants only if they are committed to adopt European values and to reject precisely the Islamist politics that makes them vulnerable to the siren song of the caliphate. There are distinct weaknesses in Europe’s current immigration policy: It is too easy to gain citizenship without necessarily being loyal to national constitutions; it is too easy for outsiders to get into European Union countries with or without credible claims for asylum; and, thanks to the open-borders policy known as Schengen, it is too easy for foreigners, once they are in the EU, to travel freely from country to country. This state of affairs has been revealed as unsustainable by this year’s migrant flood into Europe. Does this amount to “Fortress Europe,” with a new Iron Curtain to the east and a naval cordon sanitaire in the Mediterranean and the Adriatic? Yes. For no other strategy makes sense, given a threat like the one posed to Europe by Islamic extremism. And if Europe’s leaders persist, like German Chancellor Angela Merkel, in making a virtue of the openness of their borders, they will soon be chased out of office by populists better attuned to public feeling. Ayaan Hirsi Ali
Je sais que la paix ne viendra pas d’une chanson de John Lennon. Je sais que la paix ne viendra pas de petites bougies allumées place de la République, ou de drapeaux tricolores déployés un peu partout. Je sais que la paix ne viendra pas des larmes, même si je comprends pleinement la douleur de ceux qui ont perdu des proches ou des amis dans les attentats de vendredi 13 novembre. Je sais que la paix ne viendra pas des actions de l’armée française contre l’Etat Islamique, actions qui auront peu d’impact, et auxquelles l’Etat Islamique s’est sans aucun doute préparé. (…) Je sais que prévoir une vaste coalition qui inclurait l’Iran est une inepte monstruosité : combattre l’islamisme par l’islamisme, quelle bonne idée ! La France a failli recevoir le Président potiche du régime des mollahs, et celui-ci est censé avoir rejoint la « communauté internationale ». Qui serait assez stupide pour penser cela ? Je sais que penser à une coalition incluant la Turquie, elle-même islamiste, et grâce à laquelle l’Etat Islamique survit est une autre inepte monstruosité : la cible d’Erdogan, ce sont, essentiellement les Kurdes ! Je sais que de nombreux Français ont un penchant pour la Russie, et, parce que l’amour rend aveugle, sont aveugles concernant Poutine, qui veut surtout sauver ce qui reste du régime syrien, et n’est pas très pressé de détruire l’Etat Islamique, parce que celui-ci lui sert de moyen de pression sur l’Arabie Saoudite, qu’il veut voir se rapprocher de lui, et parce qu’il craint des opérations islamistes en Russie même, où l’Etat Islamique est très présent. Je sais que le grand absent de l’équation est le sinistre personnage qui est encore pour un an à la Maison Banche, et qui ne fera rien pour détruire l’Etat Islamique, parce que la Russie ne veut pas détruire l’Etat Islamique et parce que (je le dis pour ceux qui ne comprennent rien à la situation, autrement dit tous les spécialistes de la spécialité, qui passent leur temps à la télévision parce qu’ils se trompent constamment sur tous les sujets qu’ils abordent, c’est ce qui en fait des spécialistes de la spécialité), l’Iran ne veut pas que l’Etat Islamique soit détruit : l’Iran lui aussi veut que l’Arabie Saoudite, l’Egypte, et aussi la Jordanie soient déstabilisés, et l’Etat Islamique orienté dans la bonne direction est un bon instrument pour cela. (…) Comme l’écrivait récemment Mark Steyn, les barbares sont dans les murs de l’Europe, et il est trop tard pour fermer les frontières. (…) La réalité est que les dirigeants français ont peur, très peur, et réagissent lâchement : jamais Israël n’est cité parmi les pays victimes du terrorisme islamique. Quand on veut s’allier avec l’Iran, on fait des choix. La réalité est que désigner l’Etat Islamique comme l’ennemi n’a aucun sens. Avant l’Etat Islamique, il y avait al Qaida, après l’Etat islamique il y aura autre chose, et avant il y avait autre chose encore. L’ennemi est l’islam radical. Point. Et l’ennemi est l’islam radical partout où il agit et parle. L’islam radical est une excroissance de l’islam, et il y a un problème découlant de ce qu’est l’islam. (…) Et puisque j’ai commencé en parlant de la chanson de John Lennon, je dirai que j’imagine, un monde sans l’islam. Combien de vies seraient sauvées ! Combien de monuments seraient toujours là ! Comme ce serait facile de prendre l’avion ! Guy Millière
Pour la même raison, que pour l’esprit Charlie, cette messe consensuelle, que j’ai refusé de chanter à tue-tête parce que précisément elle tuait la pensée critique, je refuse de participer à une unité nationale factice qui sert objectivement d’écran de fumée dissimulant les dures réalités. La seule question qui vaille d’être posée est de se demander si le dernier acte de barbarie qui vient d’ensanglanter Paris va ou non accélérer le processus définitif de libération des esprits décérébrés par trente ans de complaisance médiatique et politique envers la radicalité islamique. (…) L’esprit Charlie avait empêché de nommer le mal par son nom: «islamisme», préalable psychologique à toute possibilité de le combattre et de le vaincre. Cette prohibition sémantique n’avait même pas eu comme contrepartie de faire descendre dans la rue la population d’origine islamique. Au lendemain du drame, le Premier ministre avait cru devoir lier ses causes avec un apartheid social et ethnique imaginaire. Le fait que cette explication participant pleinement d’une culture de l’excuse trentenaire et fantasmatique émane d’un des esprits les plus déterminés et les plus libérés ne pouvaient qu’accroître la confusion d’autres moins structurés. (…) Quand nos authentiques martyrs reposeront dedans la terre froide, est-il possible, au regard de ce qui est arrivé et qui était tellement prévisible, d’espérer, sinon la repentance au moins un peu d’esprit d’humilité dans certaines salles de rédaction ou quelques salons artistiques? Pourra-t-on librement, sans encourir l’excommunication, la dénonciation, la diffamation, la dérision ou la dénégation poser certaines questions: Pourquoi avoir occulté la dimension religieuse des messages de revendications des assassins dans lesquels, sourates du Coran à l’appui, ils s’en prennent aux juifs et aux chrétiens? À la lumière blafarde du nouveau massacre, est-il permis de ne pas être extatique devant l’arrivée forcée d’une nouvelle vague migratoire musulmane? (…) Enfin, dernière question, la plus délicate, celle qui fait rougir ou bégayer: cette société multiculturelle rêvée avec son métissage obligatoire et son vivre ensemble si harmonieux et sécure qu’on veut nous l’imposer de force, n’est-elle pas en train de virer au cauchemar? Gilles William Goldnadel
There’s nowhere to get away from it; the barbarians who yell « Allahu Akbar! » are there waiting for you …when you go to a soccer match, you go to a concert, you go for a drink on a Friday night. They’re there on the train… at the magazine office… in the Kosher supermarket… at the museum in Brussels… outside the barracks in Woolwich… (…) When the Allahu Akbar boys opened fire, Paris was talking about the climate-change conference due to start later this month, when the world’s leaders will fly in to « solve » a « problem » that doesn’t exist rather than to address the one that does. But don’t worry: we already have a hashtag (#PrayForParis) and doubtless there’ll be another candlelight vigil of weepy tilty-headed wankers. Because as long as we all advertise how sad and sorrowful we are, who needs to do anything? (…) I’m Islamed out. I’m tired of Islam 24/7, at Colorado colleges, Marseilles synagogues, Sydney coffee shops, day after day after day. The west cannot win this thing with a schizophrenic strategy of targeting things and people but not targeting the ideology, of intervening ineffectually overseas and not intervening at all when it comes to the remorseless Islamization and self-segregation of large segments of their own countries. (…) Because if M Hollande isn’t prepared to end mass Muslim immigration to France and Europe, then his « pitiless war » isn’t serious. And, if they’re still willing to tolerate Mutti Merkel’s mad plan to reverse Germany’s demographic death spiral through fast-track Islamization, then Europeans aren’t serious. In the end, the decadence of Merkel, Hollande, Cameron and the rest of the fin de civilisation western leadership will cost you your world and everything you love. So screw the candlelight vigil. Mark Steyn

Attention: une bande de barbares peut en cacher une autre !

A l’heure où après un nouveau massacre perpétré par les tenants de la prétendue religion de paix …

L’on semble reparti comme en janvier dernier pour un nouveau tour de bougies, illuminations et signes de la paix tout droit sortis des magasins d’accessoires des années 60 …

Aussi larmoyants et vides que la plus inconsistante et bêlante chanson de John Lennon …

Pendant que reprenant le langage (« guerre ») et les mesures (« Patriot act », Guantanamo ?) si longtemps reprochés au président Bush, on continue la comédie de frappes aériennes dont on est bien incapable de donner les résultats …

Comme le trafic de pétrole et de la drogue du djihad qui remplit les caisses de l’Etat islamique ..

Sur fond de l’invasion consentie et même désirée de centaines de milliers et bientôt millions de crieurs d’Allah akbar

D’une Europe qui en même temps tente de reconstruire les murs qu’elle avait elle-même fait tomber …

Pendant que, des ministres des affaires étrangères suédois et américain au président du parti socialiste néerlandais, on nous ressort l’habituel discours de l’excuse ramenant toujours tout au conflit israélo-palestinien ou faisant des distinctions entre le degré supposé d’innocence desdites victimes …

Comment, avec l’éditorialiste canadien Mark Steyn, ne pas être atterré devant tant de bêtise …

Mais surtout derrière la sempiternelle guimauve et la réelle souffrance  …

Par le manque de curiosité complice de nos médias ou têtes pensantes …

Aussi bien pour l’incroyable ratage de la part de nos services de renseignement …

Que pour l’irresponsable flirt de nos gouvernants avec, de l’Arabie saoudite au Qatar et à la Turquie et sans compter à présent l’Iran …

Les financiers et propagateurs de l’idéologie meurtrière qui nous valent aujourd’hui ce nouveau désastre ?

The Barbarians Are Inside, And There Are No Gates
Mark Steyn
Steyn on Europe
November 13, 2015

As I write, Paris is under curfew for the first time since the German occupation, and the death toll from the multiple attacks stands at 158, the vast majority of them slaughtered during a concert at the Bataclan theatre, a delightful bit of 19th century Chinoiserie on the boulevard Voltaire. The last time I was there, if memory serves, was to see Julie Pietri. I’m so bloody sick of these savages shooting and bombing and killing and blowing up everything I like – whether it’s the small Quebec town where my little girl’s favorite fondue restaurant is or my favorite hotel in Amman or the brave freespeecher who hosted me in Copenhagen …or a music hall where I liked to go to hear a little jazz and pop and get away from the cares of the world for a couple of hours. But look at the photographs from Paris: there’s nowhere to get away from it; the barbarians who yell « Allahu Akbar! » are there waiting for you …when you go to a soccer match, you go to a concert, you go for a drink on a Friday night. They’re there on the train… at the magazine office… in the Kosher supermarket… at the museum in Brussels… outside the barracks in Woolwich…

Twenty-four hours ago, I said on the radio apropos the latest campus « safe space » nonsense:

This is what we’re going to be talking about when the mullahs nuke us.

Almost. When the Allahu Akbar boys opened fire, Paris was talking about the climate-change conference due to start later this month, when the world’s leaders will fly in to « solve » a « problem » that doesn’t exist rather than to address the one that does. But don’t worry: we already have a hashtag (#PrayForParis) and doubtless there’ll be another candlelight vigil of weepy tilty-headed wankers. Because as long as we all advertise how sad and sorrowful we are, who needs to do anything?

With his usual killer comedy timing, the « leader of the free world » told George Stephanopoulos on « Good Morning, America » this very morning that he’d « contained » ISIS and that they’re not « gaining strength ». A few hours later, a cell whose members claim to have been recruited by ISIS slaughtered over 150 people in the heart of Paris and succeeded in getting two suicide bombers and a third bomb to within a few yards of the French president.

Visiting the Bataclan, M Hollande declared that « nous allons mener le combat, il sera impitoyable« : We are going to wage a war that will be pitiless.

Does he mean it? Or is he just killing time until Obama and Cameron and Merkel and Justin Trudeau and Malcolm Turnbull fly in and they can all get back to talking about sea levels in the Maldives in the 22nd century? By which time France and Germany and Belgium and Austria and the Netherlands will have been long washed away.

Among his other coy evasions, President Obama described tonight’s events as « an attack not just on Paris, it’s an attack not just on the people of France, but this is an attack on all of humanity and the universal values we share ».

But that’s not true, is it? He’s right that it’s an attack not just on Paris or France. What it is is an attack on the west, on the civilization that built the modern world – an attack on one portion of « humanity » by those who claim to speak for another portion of « humanity ». And these are not « universal values » but values that spring from a relatively narrow segment of humanity. They were kinda sorta « universal » when the great powers were willing to enforce them around the world and the colonial subjects of ramshackle backwaters such as Aden, Sudan and the North-West Frontier Province were at least obliged to pay lip service to them. But the European empires retreated from the world, and those « universal values » are utterly alien to large parts of the map today.

And then Europe decided to invite millions of Muslims to settle in their countries. Most of those people don’t want to participate actively in bringing about the death of diners and concertgoers and soccer fans, but at a certain level most of them either wish or are indifferent to the death of the societies in which they live – modern, pluralist, western societies and those « universal values » of which Barack Obama bleats. So, if you are either an active ISIS recruit or just a guy who’s been fired up by social media, you have a very large comfort zone in which to swim, and which the authorities find almost impossible to penetrate.

And all Chancellor Merkel and the EU want to do is make that large comfort zone even larger by letting millions more « Syrian » « refugees » walk into the Continent and settle wherever they want. As I wrote after the Copenhagen attacks in February:

I would like to ask Mr Cameron and Miss Thorning-Schmidt what’s their happy ending here? What’s their roadmap for fewer « acts of violence » in the years ahead? Or are they riding on a wing and a prayer that they can manage the situation and hold it down to what cynical British civil servants used to call during the Irish « Troubles » « an acceptable level of violence »? In Pakistan and Nigeria, the citizenry are expected to live with the reality that every so often Boko Haram will kick open the door of the schoolhouse and kidnap your daughters for sex-slavery or the Taliban will gun down your kids and behead their teacher in front of the class. And it’s all entirely « random », as President Obama would say, so you just have to put up with it once in a while, and it’s tough if it’s your kid, but that’s just the way it is. If we’re being honest here, isn’t that all Mr Cameron and Miss Thorning-Schmidt are offering their citizens? Spasms of violence as a routine feature of life, but don’t worry, we’ll do our best to contain it – and you can help mitigate it by not going to « controversial » art events, or synagogues, or gay bars, or…<

…or soccer matches, or concerts, or restaurants…

To repeat what I said a few days ago, I’m Islamed out. I’m tired of Islam 24/7, at Colorado colleges, Marseilles synagogues, Sydney coffee shops, day after day after day. The west cannot win this thing with a schizophrenic strategy of targeting things and people but not targeting the ideology, of intervening ineffectually overseas and not intervening at all when it comes to the remorseless Islamization and self-segregation of large segments of their own countries.

So I say again: What’s the happy ending here? Because if M Hollande isn’t prepared to end mass Muslim immigration to France and Europe, then his « pitiless war » isn’t serious. And, if they’re still willing to tolerate Mutti Merkel’s mad plan to reverse Germany’s demographic death spiral through fast-track Islamization, then Europeans aren’t serious. In the end, the decadence of Merkel, Hollande, Cameron and the rest of the fin de civilisation western leadership will cost you your world and everything you love.

So screw the candlelight vigil.

~I’ll be talking about events in Paris on Fox & Friends Saturday morning at around 9am Eastern/6am Pacific.

Voir aussi:

Europe’s Loss
Jon N. Hall
American thinker
November 16, 2015

Just over a century ago, the nations of Europe were the Masters of the Universe. Europe’s far-flung empires girded the globe. Europe had the biggest, the best, and the most of everything. Then everything went to hell. The relatively peaceful century after Napoleon I ended with World War I, which led to WWII. Europe lost her preeminence and her empires, and fell under the protectorate of a former colony.

Europe was brought low by a century of horrible political leadership. From Asquith, Wilhelm II, Clemenceau, Chamberlain, the fascists, the traitors of the Euro-Arab Dialogue to the current bureaucrats at the EU headquarters, Europe’s leaders have been one godawful disaster after another. For every Churchill there’s been bunches of scoundrels, incompetents, madmen, and dummies with delusions of national, if not personal, grandeur.

After her blunders, failures, and sins over the last century, Europe is now a “fallen continent.” The most cataclysmic events of the last century started in Europe. The Holocaust was not so very long ago, yet naked anti-Semitism is again common in Europe. European Jewry is again under attack, and Jews are again emigrating. Europe seems to have learned nothing.

Europe is committing suicide. Europe has been working on that little project since 1914, however. But now Europe is getting really serious about suicide, as it allows millions of unassimilable Muslims to invade the homeland. Europe’s leaders seem paralyzed to stop the influx.

The demographers have done the math, and it is almost certain that unless something is done, and soon, Muslim immigration and breeding, combined with the low birthrates of native Europeans, will transform Europe into a Muslim-majority continent in this century. Europe will cease being Europe. Europe will become Eurabia, a caliphate. The wellspring of Western Civilization will be gone, and it will be the greatest tragedy in history.

On pages 188-9 of While Europe Slept: How Radical Islam is Destroying the West from Within, American author Bruce Bawer quotes Danish journalist Lars Hedegaard on Europe’s dismal future:

“Unless they build up a cadre of intellectuals in Europe who can think,” he said, America “can kiss Europe good-bye.” The Continent’s future, he predicted, “is going to be vastly different than we imagine…. It’s going to be war. Like Lebanon,” with some enclaves dominated by Christians and others by Muslims. There will be “permanent strife,” and no one will have the “power to mollify or mediate… It will be more gruesome than we can imagine.” When the horror comes, he warned, the journalists who helped bring it about will “wag their heads and flee — and leave it to those who can’t flee to fight it out.”
Speaking to his party leadership on Muslim immigration, the late Dutch politician Pim Fortuyn said: “But this is about the future of your children and grandchildren …There is no other issue [p. 167].” Decent Europeans must then ask themselves: what has brought us to this dreadful point?

Europe’s problem is, yet again, its leadership. It is Europe’s leaders who have brought the continent, yet again, to the edge of the abyss. But the problem is not only its political elites; it’s Europe’s entire cultural elite: its intellectuals, media, academics, and even its clergy.

What Europe needs is a purge of its elites. If need be Europeans must do as the martyred Pim Fortuyn did: create new political parties. Europeans must vote out the establishment and vote in a new bloc of patriots who won’t sell them out, who won’t betray them. If Europe and its civilization are to be saved, Europeans must do whatever it takes, even if it means the breakup of the EU. And while they’re at it, Europeans need to start making babies again. (One can understand why young Europeans might be averse to starting families, given the future their elders are giving them.)

Outside the West, the world is a pretty bleak affair. But under a caliphate Europe will be a Hell, a Hell in which Europe’s children will live. Europe got yet another horrific look at Hell with the terrorist attacks in Paris on November 13. That very night Canadian Mark Steyn dashed out this must-read article: “The Barbarians Are Inside, And There Are No Gates.”

If Europe is to avoid the New Dark Ages that Steyn predicts in his seminal America Alone: The End of the World as We Know It, then Europe needs to act now. To spur such action, Europeans might reflect on what they’re about to lose.

The foundation of all that Europe will lose is Freedom. All else that Europe holds dear is built upon that foundation of Freedom. The entire history of the West can be seen as one long painful march towards Freedom. Only in the West can the Common Man have a little dignity and hope.

But Freedom can degenerate into license unless in the service of a higher cause. And that’s the core of the problem in Europe: nihilism. This is where the Islamists have an edge on Europe. They believe in something, and too many Europeans don’t. And with that loss of belief, Europeans are unwilling to sacrifice. So the Islamists sneer at Freedom; what good is it?

Apart from Freedom, Europe is about to lose its identity. Will Europe’s new Muslim overlords allow Europe to keep the Vatican and Chartres? Or will they destroy them, like the Taliban destroyed Afghanistan’s ancient Buddhist statues or like ISIS destroyed the antiquities in Iraq and Syria? But perhaps Europe’s structures will be spared destruction if they are sufficiently Islamized. Maybe they’ll look better adorned with minarets. Or maybe their loss of faith makes Europeans indifferent to the fate of Christendom’s monuments.

One of the dearest things Europeans will lose is their self-respect. For after 1,300 years of success at fighting these guys, today’s generation will be the one that lost it all. But how will they have lost? In pitched battles? Or by doing not a damned thing? And if Europe is lost, today’s Europeans will not be worthy of their great ancestors nor the great civilization their forefathers bequeathed them. Their sin will be more egregious than Esau’s: rather than selling their own birthright for a mess of potage, they will have given away their children’s inheritance.

Europe will also lose, and let us not minimize its importance — fun. Fun has been an important element in Western advances, in addition to being a value in itself. But will the caliphate allow fun? Will they ban kite flying like the Taliban did? How would old Ben Franklin have learned about electricity without a kite?

And Europeans will also lose modernity, prosperity, and everything they cherish and take for granted. It will all be ground to dust.

Contrary to certain Muslim propagandists, the word “Islam” doesn’t mean “peace”; it means “submission.” Islamism is an ideology of submission, a breed of fascism, entirely totalitarian. There can be no accommodation, no middle ground, only submission. So, I submit: If Europeans can believe in neither God nor Western Civilization nor Freedom, they should believe in their children’s future. If they cannot do that, is Europe worth saving?

If Europe is to survive, Europe must change. Europe must get past the loss of the last century. Instead, Europeans should focus on pre-1914 Europe, the 2,500 years of glory and advancement. That is the heritage the whole world is about to lose.

Jon N. Hall is a programmer/analyst from Kansas City.

Voir également:

The Islamist Tantrum
People are dead in Paris because Europe decided to make a fetish of its tolerance for intolerance.
Bret Stephens
WSJ

Nov. 16, 2015

We live in the age of the sanctified tantrum—the political and religious furies we dare not name or shame, much less confront.

Students bully college administrators with contrived political demands. The administrators plead they can do better, then capitulate. Incompetent writers pen trite racial screeds aimed at the very society that lifts them above their ability. They are hailed as geniuses. Donald Trump’s bid for the Republican presidential nomination epitomizes the politics of the tantrum. He’s angry as hell, and so is his base. We’re supposed to respect this.

And then there is the tantrum of Islam, another eruption of rage that feeds off our astonishing willingness to indulge it.

Before Friday’s carnage in the City of Light, the world was treated to the hideous spectacle of Palestinians knifing Jews in Israel. The supposed motive of these stabbings was a rumor among Palestinians—fanned by Palestinian President Mahmoud Abbas—that the Israeli government intended to allow Jews to pray on the Temple Mount.

This was a story the Israeli government adamantly denied and every serious person knew was false. Yet no senior Western leader dared call out Mr. Abbas to correct the record. Palestinian tantrums are sanctified tantrums. The violence they breed might be condemned, but the narrative on which they rest has the status of holy writ. It is no more to be questioned than the Quran is to be burned.

“To counteract the radicalization [in Europe],” Swedish Foreign Minister Margot Wallström said in a televised interview only hours after the Paris attacks, “we must go back to the situation such as the one in the Middle East in which . . . the Palestinians see that there is no future; we must either accept a desperate situation or resort to violence.”

Here was the sanctified tantrum par excellence: People murder and maim because they have been put (by Israel) to a bleak choice. Rage is not to be condemned but understood, mitigated and mollified.

Later that day, at the Democratic debate, Hillary Clinton and the two noncontenders for the Democratic presidential nomination each refused to use the term “radical Islam” in referring to the ideological force behind the Paris killings. The furthest Mrs. Clinton would go to naming the enemy was to say “you can talk about Islamists who also are clearly jihadists.”

Apparently, however, you cannot mention Islamists who are not yet “clearly jihadists,” lest some other invisible line be transgressed. To do so might set off another tantrum among people who tend toward violence whenever they are accused of violent tendencies.

Nowhere are Islamist tantrums so richly indulged as in Europe.

Take the Brussels neighborhood of Molenbeek, which turns out to have been home to at least one mastermind of Friday’s attacks. “In Molenbeek, the newspaper Het Volk published a study of the local Muslim population,” I noted in this column in August 2006. “The editor, Gunther Vanpraet, described the commune as a ‘breeding ground for thousands of Jihad candidates.’ ”

For many years the mayor of Molenbeek was a man named Philippe Moureaux, a Socialist best known as the author of the 1981 Law Against Racism and Xenophobia. In 2004 he helped pass a law allowing noncitizens to vote in municipal elections. Roughly a quarter of Molenbeek’s 96,000 residents are not Belgian citizens.

Mr. Moureaux was also instrumental in engineering the political marriage of his Socialist Party with Muslim arrivals from Turkey and North Africa—a Europe-wide phenomenon that accounts for left-wing sympathies for Islamists whose views on subjects such as gay rights or the equality of women are less than progressive.

It was under Mr. Moureaux’s indulgent eye that Molenbeek became what it is. For years, a group called Sharia4Belgium—no prizes for guessing its goals—was active in the neighborhood until a Belgian judge shut it down in February. The Muslim fanatic who last year opened fire on the Jewish museum in Brussels, killing four, also once lived in Molenbeek, as had the man who tried to open fire on a high-speed train in August. “I notice that each time [there is a jihadist attack] there is a link with Molenbeek,” Charles Michel, Belgium’s prime minister, admitted Sunday. Nice of him to connect the dots.

I lived near Molenbeek for two years when I worked for this newspaper’s European edition and used to jog along the canal that cuts through the neighborhood. It took no special insight to see what was likely to come out of the place.

Now 129 people are dead in Paris because Europe decided to make a fetish of its tolerance for intolerance and allow the religious distempers of its Islamist communities to fester over many years. That’s what happens when you sanctify political tantrums, explain and appease them, refuse to name them, try to look away.

Voir encore:

Europe’s Terrorist War at Home

Learn from Israel, end the open-borders policy, and dig in for a long war of ideas against Islamists.

A European Union flag and a French national flag fly at half-staff at the French Embassy in Berlin, Nov. 14. Photo: Zuma Press

French President François Hollande declared the Nov. 13 terrorist attack in Paris an “act of war” by Islamic State, and he was right, if belated, in recognizing that the jihadists have been at war with the West for years. Islamic State, or ISIS, is vowing more attacks in Europe, and so Europe itself—not just France—must get on a war footing, uniting to do whatever it takes militarily to destroy ISIS and its so-called caliphate in Syria and Iraq. Not “contain,” not “degrade”—destroy, period.

But even if ISIS is completely destroyed, Islamic extremism itself will not go away. If anything, the destruction of ISIS would increase the religious fervor of those within Europe who long for a caliphate.

European leaders must make some major political decisions, and perhaps France can lead the way. A shift in mentality is needed to avoid more terror attacks on an even bigger scale and the resulting civil strife. Islamic extremists will never succeed in turning Europe into a Muslim continent. What they may well do is provoke a civil war so that parts of Europe end up looking like the Balkans in the early 1990s.

Here are three steps that European leaders could take to eradicate the cancer of Islamic extremism from their midst.

First, learn from Israel, which has been dealing with Islamist terror from the day it was born and dealing with much more frequent threats to its citizens’ security. True, Islamic extremists inside Israel today resort to using knives and cars as their weapons of choice, but that is because attacks like those in Paris last week are now simply impossible for the terrorists to organize. Instead of demonizing Israel, bring their experienced, trained experts to Europe to develop a coherent counterterror strategy.

Second, dig in for a long battle of ideas. European leaders will have to address the infrastructure of indoctrination: mosques, Muslim schools, websites, publishing houses and proselytizing material (pamphlets, books, treatises, sermons) that serve as conveyor belts to violence. Islamic extremists target Muslim populations through dawa (persuasion), convincing them that their ends are legitimate before turning to the question of means.

European governments must do their own proselytizing in Muslim communities, promoting the superiority of liberal ideas. This means directly challenging the Islamic theology that is used by the Islamist predators to turn the heads and hearts of Muslims with the intent of converting them into enemies of their host countries.

Third, Europeans must design a new immigration policy that admits immigrants only if they are committed to adopt European values and to reject precisely the Islamist politics that makes them vulnerable to the siren song of the caliphate.

There are distinct weaknesses in Europe’s current immigration policy: It is too easy to gain citizenship without necessarily being loyal to national constitutions; it is too easy for outsiders to get into European Union countries with or without credible claims for asylum; and, thanks to the open-borders policy known as Schengen, it is too easy for foreigners, once they are in the EU, to travel freely from country to country. This state of affairs has been revealed as unsustainable by this year’s migrant flood into Europe.

Does this amount to “Fortress Europe,” with a new Iron Curtain to the east and a naval cordon sanitaire in the Mediterranean and the Adriatic? Yes. For no other strategy makes sense, given a threat like the one posed to Europe by Islamic extremism. And if Europe’s leaders persist, like German Chancellor Angela Merkel, in making a virtue of the openness of their borders, they will soon be chased out of office by populists better attuned to public feeling.

The trouble is that such people generally bring to the table other ideas beyond immigration control—not least the kind of fervent, illiberal nationalism that has torn Europe apart in the past.

To achieve all this, Europe would need to overhaul treaties, laws and policies—in other words, take steps that before the atrocities in Paris on Friday couldn’t even be discussed. Maybe this will be the watershed moment for Europe to rethink the path it has been traveling.

Ms. Hirsi Ali, a fellow at the Harvard Kennedy School and the American Enterprise Institute, is the author of “Heretic: The Case for a Muslim Reformation” (HarperCollins, 2015).

Voir également:

Why the Paris Massacre Will Have Limited Impact
Daniel Pipes
Philadelphia Inquirer
November 17, 2015

[N.B.: Inquirer headline: « West’s leaders in denial over Islamist terrorism. » Some comments refer to the earlier National Review Online version of this article.]
The murder of some 127 innocents in Paris by a jihadi gang on Friday has again shocked the French and led to another round of solidarity, soul searching, and anger. In the end, however, Islamist violence against Westerners boils down to two questions: How much will this latest atrocity turn public opinion? And how much will it further spur the Establishment to deny reality?

As these questions suggest, the people and the professionals are moving in opposite directions, the former to the right, the latter to the left. In the end, this clash much reduces the impact of such events on policy.

Public opinion moves against Islamists specifically and Islam more generally when the number of deaths is large enough. America’s three thousand dead on 9/11 stands out as by far the largest mortality but many other countries have had their equivalent – the Bali bombings for Australia, the railroad bombing for Spain, the Beslan school massacre for Russia, the transportation bombings for Britain.

Sheer numbers are not the only consideration. Other factors can multiply the impact of an assault, making it almost the political equivalent of mass carnage: (1) The renown of those attacked, such as Theo van Gogh in the Netherlands and the Charlie Hebdo office in France. (2) The professional status of the victim, such as soldiers or police. (3) High-profile circumstances, such as the Boston Marathon bombing.

In addition to the over 27,000 attacks globally connected to Islam since 9/11, or more than 5 per day (as counted by TheReligionOfPeace.com), a huge increase in illegal immigration from the Middle East recently exacerbated feelings of vulnerability and fear. It’s a one-way street, with not a single soul ever heard to announce, « I used to worry about Islamism but I don’t any more. »

These cases make more Westerners worried about Islam and related topics from the building of minarets to female infibulation. Overall, a relentless march rightwards is underway. Surveys of European attitudes show 60 to 70 percent of voters expressing these concerns. Populist individuals like Geert Wilders of the Netherlands and parties like the Sweden Democrats are surging in the polls.

But when it comes to the Establishment – politicians, the police, the press, and the professors – the unrelenting violence has a contrary effect. Those charged with interpreting the attacks live in a bubble of public denial (what they say privately is another matter) in which they feel compelled to pretend that Islam has no role in the violence, in part out of concern that to recognize it would cause even more problems.

These 4-P professionals bald-facedly feign belief in a mysterious « violent extremist » virus that seems to afflict only Muslims, prompting them to engage in random acts of barbaric violence. Of the many preposterous statements by politicians, my all-time favorite is what Howard Dean, the former governor of Vermont, said about the Charlie Hebdo jihadis: « They’re about as Muslim as I am. »

This defiance of common sense has survived each atrocity and I predict that it will also outlast the Paris massacre. Only a truly massive loss of life, perhaps in the hundreds of thousands, will force the professionals to back off their deeply ingrained pattern of denying an Islamic component in the spate of attacks.

That pattern has the very consequential effect of shutting out the fears of ordinary voters, whose views thereby have negligible impact on policy. Worries about Shari’a, rape gangs, exotic diseases, and bloodbaths are dismissed with charges of « racism » and « Islamophobia, » as though name-calling addresses these real issues.

More surprising yet, the professionals respond to the public’s move to the right by themselves moving to the left, encouraging more immigration from the Middle East, instituting more « hate speech » codes to suppress criticism of Islam, and providing more patronage to Islamists. This pattern affects not just Establishment figures of the Left but more strikingly also of the Right (such as Angela Merkel of Germany); only Eastern European leaders such as Hungary’s Viktor Orbán permit themselves to speak honestly about the real problems.

Eventually, to be sure, voters’ views will make themselves heard, but decades later and more weakly than democratically should have been the case.

Placing the murderous rampage in Paris into this context: it will likely move European public sentiments substantially in one direction and Establishment policies in quite the opposite way, therefore ultimately having only a limited impact.

Voir encore:

Goldnadel : trente ans de complaisance envers la radicalité islamiste
Le Figaro
17/11/2015

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Au lendemain des attentats de Paris, Gilles-William Goldnadel estime que certaines questions méritent d’être posées, sur la société multiculturelle, l’immigration et le salafisme.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l’association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l’actualité pour FigaroVox.

Pour la même raison, que pour l’esprit Charlie, cette messe consensuelle, que j’ai refusé de chanter à tue-tête parce que précisément elle tuait la pensée critique, je refuse de participer à une unité nationale factice qui sert objectivement d’écran de fumée dissimulant les dures réalités.

La seule question qui vaille d’être posée est de se demander si le dernier acte de barbarie qui vient d’ensanglanter Paris va ou non accélérer le processus définitif de libération des esprits décérébrés par trente ans de complaisance médiatique et politique envers la radicalité islamique.

J’écris «définitif», car il est indubitable qu’en ce qui concerne la majorité du peuple français, et sans doute européen, la cause est entendue depuis que l’idéologie intellectuelle et médiatique qui l’avait longtemps égaré s’est fracassée sur le roc de la sanglante réalité.

L’enjeu réside dans un combat culturel dans lequel l’idéologie médiatique et artistique continue à posséder un pouvoir de sidération et d’intimidation paralysant.

L’enjeu réside dans un combat culturel dans lequel l’idéologie médiatique et artistique continue à posséder un pouvoir de sidération et d’intimidation paralysant.

Il est inutile ici de s’appesantir longuement sur les raisons de cette longue complaisance envers l’islamisme dont on se bornera à nommer le responsable: le faux antiracisme gauchisant et ses terribles conséquences en cascade: la xénophilie, la phobie du blanc, le chantage à l’islamophobie, l’interdiction de s’interroger sur l’islam conquérant, l’impossibilité de questionner l’immigration islamique, la culture de l’excuse absolutoire en matière de délinquance, le déni ou la minimisation de la dangerosité du terrorisme islamique et son caractère antichrétien et antisémite.

La question complémentaire est de se demander si, au rebours des massacres du 11 janvier, un véritable choc des consciences prétendument élitistes peut être attendue de l’hécatombe du vendredi noir.

L’esprit Charlie avait empêché de nommer le mal par son nom: «islamisme», préalable psychologique à toute possibilité de le combattre et de le vaincre. Cette prohibition sémantique n’avait même pas eu comme contrepartie de faire descendre dans la rue la population d’origine islamique.

Au lendemain du drame, le Premier ministre avait cru devoir lier ses causes avec un apartheid social et ethnique imaginaire. Le fait que cette explication participant pleinement d’une culture de l’excuse trentenaire et fantasmatique émane d’un des esprits les plus déterminés et les plus libérés ne pouvaient qu’accroître la confusion d’autres moins structurés.

Pour se persuader de ce que les lendemains du 11 janvier n’ont pas empêché l’idéologie encore active de remplir son office de décérébration, il suffit de résumer de quoi elle faisait encore sa pitance médiatique le jour d’avant ce sombre vendredi 13.

Le jour d’avant, le danger principal, seriné à toute heure, ce n’était pas le terrorisme islamique mais, leurre commode pour la diversion, le «populisme», évidemment celui de droite. Le jour d’avant, c’étaient aussi, ces intellectuels du déclin, ces nostalgiques de la France des clochers, ces pessimistes professionnels qui avaient le front très national de considérer que c’était mieux avant une immigration irrésistible et forcée. Quand la question des migrants est venue se poser brutalement, les téméraires qui, au-delà des questions économique et identitaire, ont osé poser celle du principe de précaution contre le terrorisme islamiste, ont été traités par le mépris ou la dérision.

Le jour d’avant, notre ministre de la justice si humaniste continuait à expliquer qu’il ne servait à rien d’incarcérer les jeunes délinquants, fussent-ils très violents.

Le jour d’avant, un quotidien du soir écrivait sans rire qu’un antiracisme nouveau était né et qu’il programmait d’exclure les blancs. Cela tombait bien car c’était exactement le programme de la responsable de la télévision d’État.

Le jour d’avant, une marche «pour les dignités» conspuait les policiers «violents» et les blancs «racistes». On y entendit même quelques slogans antisémites qui ne génèrent pas la presse antiraciste.

Bref, le jour d’avant le vendredi 13 novembre n’était pas très différent de ce qu’on pouvait lire ou regarder le 10 janvier au soir.

Quand nos authentiques martyrs reposeront dedans la terre froide, est-il possible, au regard de ce qui est arrivé et qui était tellement prévisible, d’espérer, sinon la repentance au moins un peu d’esprit d’humilité dans certaines salles de rédaction ou quelques salons artistiques?

Pourra-t-on librement, sans encourir l’excommunication, la dénonciation, la diffamation, la dérision ou la dénégation poser certaines questions:

Pourquoi avoir occulté la dimension religieuse des messages de revendications des assassins dans lesquels, sourates du Coran à l’appui, ils s’en prennent aux juifs et aux chrétiens? À la lumière blafarde du nouveau massacre, est-il permis de ne pas être extatique devant l’arrivée forcée d’une nouvelle vague migratoire musulmane?

Est-il obligatoire de devoir préciser que cette question n’incrimine pas la majorité de la population musulmane française irréprochable et qu’il convient d’aimer parce qu’elle est aimable, mais une minorité hélas non négligeable qui, arithmétiquement, rend déjà presque insoluble la résolution du problème sécuritaire dans un pays ouvert et démocratique?

Le mot «frontière» nationale est-il désormais sorti du dictionnaire des gros mots?

Enfin, dernière question, la plus délicate, celle qui fait rougir ou bégayer: cette société multiculturelle rêvée avec son métissage obligatoire et son vivre ensemble si harmonieux et sécure qu’on veut nous l’imposer de force, n’est-elle pas en train de virer au cauchemar?

Voir de plus:

Marc Trevidic : « D’autres attentats sont à prévoir »

Marc Trevidic, vice-président du TGI de Lille, ex-juge d’instruction au pôle antiterroriste de Paris, donne son analyse sur les attentats qui ont fait 129 morts vendredi à Paris.

Richard Hiault
Les Echos
15/11/15

Les Français doivent-ils s’attendre à d’autres attentats de même type que ceux de vendredi soir ?

De même mode opératoire ou pas, d’autres attentats sont à prévoir. Nous sommes entrés dans une logique d’affrontement avec l’Organisation Etat islamique (OEI) qui ne s’attend pas à la fin des bombardements. La France va les frapper plus durement et l’OEI réagira encore plus fort par des frappes sur notre territoire. Nous sommes dans cette logique désormais.

Quelles sont les mesures que doit prendre le gouvernement dans les prochaines heures ?

Le gouvernement a déjà décrété l’état d’urgence. C’est une réponse forte qui permet, par exemple, d’effectuer des perquisitions 24 heures sur 24 sans mandat judiciaire. En allant au-delà, en construisant des centres de rétention à l’instar de ce qu’ont fait les Etats-Unis avec Guantanamo, le gouvernement risque de sortir des principes républicains. Ce serait contraire à la Constitution française et à la Convention européenne des droits de l’homme. Il est impossible, en France, de s’engager sur cette voie.

Ne tombons pas dans la sur-réaction qui consisterait à interner toutes les personnes susceptibles d’être radicalisées. Nous risquerions de précipiter un mouvement de bascule où des musulmans modérés, sous prétexte d’avoir le sentiment d’être persécutés, emprunteraient la voie d’une radicalisation certaine. C’est ce qu’ont cherché les islamistes d’Al Qaida par le passé, et l’OEI aujourd’hui.

Le renseignement français est-il à la hauteur ? En terme d’effectifs ou financiers ?

Beaucoup d’efforts ont été entrepris depuis ces deux dernières années avec, notamment, le vote de la loi sur le renseignement. Malheureusement, nous n’avons pas voulu mettre le renseignement au service du judiciaire. Le système n’a pas été conçu en ce sens. Nous faisons face à un goulet d’étranglement : quand près de 2.500 personnes travaillent au renseignement, en face, il n’y a que 150 personnes du côté judiciaire. Ce déséquilibre signifie, en clair, que les juges n’ont pas les moyens de traiter les renseignements qui leurs sont transmis.

Il est vital de renforcer les effectifs des magistrats et des enquêteurs de police judiciaire. Il importe de doubler les effectifs du département judiciaire de la DGSI. Cela permettra notamment d’éviter la situation actuelle où seulement la moitié des personnes qui se sont rendues en Syrie pour des raisons terroristes sont aux mains de la justice. Le reste circule librement en France parce que nous n’avons pas les moyens nécessaires de traiter leur dossier.

Au nom de la sécurité intérieure, faut-il restreindre les libertés individuelles, au risque d’être liberticide ?

Evoquer cette question revient à s’interroger sur l’internement, dans des camps de type Guantanamo, de personnes soupçonnées d’être dangereuses. Mais comment faire une distinction entre un radical non violent et un radical prêt à commettre des attentats ? Nous n’avons pas une échelle de Richter du radicalisme.

De tels camps seraient inutiles. L’état d’urgence est déjà une réponse suffisamment forte à ce stade. A mes yeux, ce ne sont pas les lois qui manquent, mais les moyens évoqués précédemment.

La France doit-elle revoir de fond en comble sa politique étrangère ?

Le problème qui se pose est d’imposer à certains pays un minimum. Je pense en particulier à la Turquie, compte tenu de l’ambiguïté de ses relations avec l’OEI. Côté syrien, la France n’a pas besoin d’un revirement et d’annoncer qu’elle soutient Bachar Al-Assad pour frapper l’OEI.

Plus largement, la France n’est pas crédible dans ses relations avec l’Arabie saoudite . Nous savons très bien que ce pays du Golfe a versé le poison dans le verre par la diffusion du wahhabisme. Les attentats de Paris en sont l’un des résultats. Proclamer qu’on lutte contre l’islam radical tout en serrant la main au roi d’Arabie saoudite revient à dire que nous luttons contre le nazisme tout en invitant Hitler à notre table.

Voir aussi:

Imaginez qu’il n’y ait pas d’islam…
Guy Millière

Dreuz
17 novembre

Je ne regarde plus du tout les chaînes d’information françaises, même avec parcimonie. Je ne peux regarder un programme ces derniers temps sans voir ce pianiste qui est venu jouer au milieu de la rue la chanson de John Lennon, Imagine.

Oui, j’aimerais imaginer un monde en paix, mais je sais que la paix ne viendra pas, si elle doit venir d’un pianiste venu jouer au milieu d’une rue. Je sais que la paix ne viendra pas d’une chanson de John Lennon. Je sais que la paix ne viendra pas de petites bougies allumées place de la République, ou de drapeaux tricolores déployés un peu partout. Je sais que la paix ne viendra pas des larmes, même si je comprends pleinement la douleur de ceux qui ont perdu des proches ou des amis dans les attentats de vendredi 13 novembre.

Je sais que la paix ne viendra pas des actions de l’armée française contre l’Etat Islamique, actions qui auront peu d’impact, et auxquelles l’Etat Islamique s’est sans aucun doute préparé.

Je sais que la paix ne viendra pas du discours de François Hollande, même s’il fait quelques pas dans la bonne direction.

Je sais que, dire que la guerre doit être menée contre l’Etat Islamique, est très insuffisant, maintenant que l’Etat Islamique est disséminé sur trois continents, et dans une vingtaine de pays, et ne se limite pas à ce qu’il est en Syrie et en Irak.

Je sais que prévoir une vaste coalition qui inclurait l’Iran est une inepte monstruosité : combattre l’islamisme par l’islamisme, quelle bonne idée ! La France a failli recevoir le Président potiche du régime des mollahs, et celui-ci est censé avoir rejoint la « communauté internationale ». Qui serait assez stupide pour penser cela ?

Je sais que penser à une coalition incluant la Turquie, elle-même islamiste, et grâce à laquelle l’Etat Islamique survit est une autre inepte monstruosité : la cible d’Erdogan, ce sont, essentiellement les Kurdes !

Je sais que de nombreux Français ont un penchant pour la Russie, et, parce que l’amour rend aveugle, sont aveugles concernant Poutine, qui veut surtout sauver ce qui reste du régime syrien, et n’est pas très pressé de détruire l’Etat Islamique, parce que celui-ci lui sert de moyen de pression sur l’Arabie Saoudite, qu’il veut voir se rapprocher de lui, et parce qu’il craint des opérations islamistes en Russie même, où l’Etat Islamique est très présent.

Je sais que le grand absent de l’équation est le sinistre personnage qui est encore pour un an à la Maison Banche, et qui ne fera rien pour détruire l’Etat Islamique, parce que la Russie ne veut pas détruire l’Etat Islamique et parce que (je le dis pour ceux qui ne comprennent rien à la situation, autrement dit tous les spécialistes de la spécialité, qui passent leur temps à la télévision parce qu’ils se trompent constamment sur tous les sujets qu’ils abordent, c’est ce qui en fait des spécialistes de la spécialité), l’Iran ne veut pas que l’Etat Islamique soit détruit : l’Iran lui aussi veut que l’Arabie Saoudite, l’Egypte, et aussi la Jordanie soient déstabilisés, et l’Etat Islamique orienté dans la bonne direction est un bon instrument pour cela.

Hollande prend des poses, court comme un canard sans tête. S’il voulait se donner une tête avec un cerveau, il penserait à l’article 5 de la charte de l’OTAN, dirait que la France est en guerre et demanderait à Obama de réagir en chef du monde libre. Obama ne ferait rien, mais on verrait, au moins, que le roi est nu.

L’ordre du monde mis en place après 1945 est en ruine, par l’œuvre d’Obama, et cela, nul ne le dira
La triste réalité est que l’ordre du monde mis en place après 1945 est en ruine, par l’œuvre d’Obama, et cela, nul ne le dira.

La réalité est que l’Europe est en lambeaux, et que ce n’est que le début.

Comme l’écrivait récemment Mark Steyn, les barbares sont dans les murs de l’Europe, et il est trop tard pour fermer les frontières.

La réalité est qu’il y aura d’autres attentats meurtriers : ceux du 13 novembre sont, pour partie, des attentats ratés. Il y aura des attentats réussis. C’est effroyable, mais c’est ainsi.

La réalité est que tous ceux qui se réjouissaient de l’élection d’Obama il y a sept ans devraient se réjouir à plus haute voix : ils l’ont voulu, ils l’ont.

Les dirigeants français ont peur, très peur, et réagissent lâchement
La réalité est que les dirigeants français ont peur, très peur, et réagissent lâchement : jamais Israël n’est cité parmi les pays victimes du terrorisme islamique. Quand on veut s’allier avec l’Iran, on fait des choix.

La réalité est que désigner l’Etat Islamique comme l’ennemi n’a aucun sens. Avant l’Etat Islamique, il y avait al Qaida, après l’Etat islamique il y aura autre chose, et avant il y avait autre chose encore.

L’ennemi est l’islam radical. Point. Et l’ennemi est l’islam radical partout où il agit et parle.

L’islam radical est une excroissance de l’islam, et il y a un problème découlant de ce qu’est l’islam.

Il y a un problème découlant de ce que tout débat sur le sujet est devenu impossible, car s’y risquer est risquer sa vie.

Dès que certains sujets sont abordés, les modérés sont au abonnés absents. Et ils ont les renforts du politiquement correct disséminé par des armées d’abrutis tels le pianiste dont je parlais au début.

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J’ai mis sur ma page Facebook récemment un article de Salem ben Ammar : j’a reçu une bordée d’injures par divers Musulmans, à l’évidence ouverts au débat, et se disant « modérés », bien sûr.

Certains étaient de mes anciens étudiants, et j’ai pu voir qu’enseigner dans l’université française de nos jours est à peu près aussi utile qu’uriner dans un violon en espérant faire de la musique. Le lavage de cerveau commence à la maternelle, il passe par l’université, il se poursuit à la télévision. Certains étudiants très intelligents m’ont dit que l’islam était une race, et que je devrais être exclu de l’université : ils ont découvert que je venais de m’exclure moi-même en prenant ma retraite pour me livrer à d’autres activités. Ils en sont restés dépités. Certains m’ont dit que je devrais lire le Coran. J’en ai déduit que l’université ne rendait pas seulement con, mais arrogant.

J’en ai déduit, surtout, que la France était dans un état désespéré.

J’imagine, un monde sans l’islam. Combien de vies seraient sauvées ! Combien de monuments seraient toujours là ! Comme ce serait facile de prendre l’avion !
Et puisque j’ai commencé en parlant de la chanson de John Lennon, je dirai que j’imagine, un monde sans l’islam. Combien de vies seraient sauvées ! Combien de monuments seraient toujours là ! Comme ce serait facile de prendre l’avion !

Je sais, il y aurait sans doute d’autres totalitarismes. Les étudiants cons, arrogants et islamophiles d’aujourd’hui, il y a trente ans, adoraient Mao ou Che Guevara. Il y a soixante dix ans, les mêmes adoraient Staline.

Il est des jours où je me demande pourquoi j’écris et où je repense aux conversations que j’avais avec Jean-François Revel à la fin de sa vie, quand nous partagions un déjeuner. Je repense aussi aux conversations que j’avais avec André Glucksmann : c’était un homme bien, et courageux. Je ne lui ai pas rendu hommage ici tant l’actualité s’est fait pressante. J’aurais au moins écrit ces quelques mots. Il y a de moins en moins d’hommes bien et courageux. Bientôt il n’y aura plus personne. Et je me demande moi-même pourquoi j’écris encore.

Voir par ailleurs:

Alain Chouet : « Nous sommes alliés avec ceux qui sponsorisent depuis trente ans le phénomène djihadiste »
Entretien réalisé par Marc de Miramon
Vendredi, 3 Juillet, 2015
Humanité Dimanche

Pour Alain Chouet, ancien chef du service de renseignements de sécurité à la DGSE, la « guerre de civilisation » et celle contre le « terrorisme » brandies par le gouvernement comme par l’opposition de droite constituent une imposture qui en masque une autre, celle de l’alliance militaire entre les pays occidentaux et les parrains financiers du djihad.

HD. Comment analysez-vous le profil de Yassin Salhi ? Correspondil à celui du « loup solitaire » ou à celui d’un terroriste agissant pour le compte d’une organisation structurée ?
ALAIN CHOUET. Il ne s’agit pas d’un loup solitaire mais plutôt d’un crétin solitaire! Les réactions médiatiques sont dans l’ensemble pathétiques. La presse a soutenu pendant trois jours que c’était un dangereux terroriste et j’ai refusé toute interview à ce sujet parce qu’il semblait bien qu’il s’agissait d’un acte personnel sans lien avec la mouvance terroriste. Ce type pète les plombs, tue son patron avant de tenter de rationaliser son acte comme le font tous les psychopathes et les sociopathes. Alors il hurle « Allahou Akbar », et il envoie une photo au seul copain qu’il connaît qui se trouve en Syrie, peut-être dans l’espoir que l ’« État islamique » revendique son acte.

HD. Est-il possible d’établir un lien entre la tuerie de Sousse et l’attentat commis au Koweït contre la minorité chiite ?
A. C. On a affaire à deux choses différentes. En Tunisie, on assiste à la poursuite de ce que je dénonce depuis un an et depuis la chute du parti islamiste Ennahdha: avant de quitter le pouvoir, ils ont organisé une réforme fiscale qui ruine la classe moyenne laïcisée, laquelle constitue le pire ennemi des Frères musulmans. Depuis, de nombreux attentats ont ensanglanté la Tunisie visant à tuer son économie, ruiner le secteur touristique, les syndicats, les associations, de façon à revenir au pouvoir. C’est la stratégie systématique des Frères musulmans. Au Koweït, l’attentat s’inscrit davantage dans le contexte de la guerre menée par l’Arabie saoudite contre les minorités chiites.

HD. Dans ce cadre, est-il sérieux, comme l’a fait le premier ministre, d’évoquer une « guerre de civilisation » ?
A. C. Non, on est en train de redécouvrir l’eau tiède de George W. Bush et se lancer dans une guerre contre la terreur. On a vu les résultats désastreux de cette politique aux États-Unis.

HD. D’autres responsables politiques se sont appuyés sur le drame de l’Isère pour évoquer l’urgence d’adopter la loi sur le renseignement.
A. C. D’abord, cette loi constitue un peu une liste à la Prévert. Il y a des choses qui me paraissent utiles d’un point de vue professionnel, en particulier la légalisation des infiltrations. Concernant les écoutes électroniques, j’ai déjà dit ce que j’en pensais. Le « dragage massif » des données n’a jamais produit de résultat probant.

« TOUT CELA EST UNE VASTE PLAISANTERIE: ON NE FAIT PAS LA GUERRE À LA TERREUR MAIS À DES CRIMINELS. »

HD. Personne n’évoque le lien entre l’idéologie de ces organisations terroristes et celles diffusées par l’Arabie saoudite et le Qatar …
A. C. Effectivement, pourtant ce n’est pas faute de le répéter: ce que nous appelons « salafisme », en arabe, cela s’appelle « wahhabisme». Et là nous sommes à contre-emploi de manière systématique et dans toutes les situations d’affrontement militaire, puisqu’au Moyen-Orient, au Sahel, en Somalie, au Nigeria, etc., nous sommes alliés avec ceux qui sponsorisent depuis trente ans le phénomène terroriste.

HD. Depuis le 11 septembre 2001, des sommes colossales ont été investies dans la lutte contre le terrorisme, des lois liberticides ne cessent d’être votées, et jamais pourtant la « menace » terroriste n’a paru aussi présente …
A. C. On s’épuise à s’attaquer aux exécutants, c’est-à-dire aux effets du salafisme, mais pas à ses causes. Sur 1,5 milliard de musulmans, si 1 sur 1 million pète les plombs, cela fait déjà un réservoir de 1 500 terroristes. Cela, on ne pourra jamais l’empêcher à moins de mettre un flic derrière chaque citoyen. Tout cela est une vaste plaisanterie: on ne fait pas la guerre à la terreur mais à des criminels. Cela relève des techniques de police et de justice.

Voir également:

“Les États occidentaux ne peuvent combattre le jihadisme en soutenant ses parrains pétromonarchiques !”
Maxime Chaix
les Crises
13/11/2015

En deuil et en colère.

Depuis plusieurs années, j’ai pu comprendre, étayer et documenter le fait que les réseaux jihadistes sont non seulement des ennemis mortels des peuples à travers le monde, mais qu’ils sont aussi des forces clandestinement utilisées par les États occidentaux et leurs alliés du golfe Persique dans la satisfaction d’intérêts profonds inavouables. En mars dernier, dans un important article intitulé « L’État islamique, cancer du capitalisme moderne », Nafeez Ahmed avait résumé cette instrumentalisation récurrente de milices jihadistes par les principales puissances de l’OTAN et leurs partenaires afin de déstabiliser l’Afghanistan, la Bosnie, le Kosovo, la Libye puis la Syrie. Comme l’a souligné le journaliste Marc de Miramon dans L’Humanité en juillet 2015, « [p]our Alain Chouet, ancien chef du service de renseignements de sécurité à la DGSE, la “guerre de civilisation” et celle contre le “terrorisme” brandies par le gouvernement [français] comme par l’opposition de droite constituent une imposture qui en masque une autre, celle de l’alliance militaire entre les pays occidentaux et les parrains financiers du djihad. » Dans le contexte de cette interview, Alain Chouet désignait les pétromonarchies wahhabites, essentiellement l’Arabie saoudite et le Qatar, auxquelles la France vend des armements sophistiqués malgré leur soutien notoire aux principaux réseaux jihadistes – et pas seulement en Syrie. Soulignons-le : Monsieur Chouet est un ancien officier de renseignement qui a travaillé de nombreuses années en tant que chef du contre-terrorisme à la DGSE, les services secrets extérieurs français. Cet homme plus que tout autre sait de quoi il parle lorsqu’il affirme que nos « alliés » du Golfe sont « les parrains financiers du djihad ». Ainsi, son constat est aussi alarmant que révoltant en ce funeste 13-Novembre, dans notre France déjà meurtrie par les attentats de Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher et de Montrouge.

En janvier 2015, à la suite de ces attentats abominables, j’avais écrit dans un élan de rage et de tristesse que « notre actuel ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a ouvertement soutenu en décembre 2012 le Front al-Nosra – c’est-à-dire la branche “syrienne” d’al-Qaïda. [À cette époque, cette organisation incluait Daech, ces deux factions s’étant séparées en avril 2013]. (…) [S]elon les informations du journal Le Monde, “la décision des États-Unis de placer Jabhat Al-Nosra, un groupe djihadiste combattant aux côtés des rebelles, sur leur liste des organisations terroristes, a été vivement critiquée par des soutiens de l’opposition [en Syrie]. M. Fabius a ainsi estimé, mercredi, que “tous les Arabes étaient vent debout” contre la position américaine, “parce que, sur le terrain, ils font un bon boulot”. “C’était très net, et le président de la Coalition était aussi sur cette ligne”, a ajouté le ministre.” (…) Plus grave encore : en août 2014, le journal Le Monde a révélé que le Président Hollande avait ordonné aux services spéciaux français de livrer clandestinement des armes de guerre à des rebelles “modérés” en Syrie – ce qui est contraire à la Charte des Nations Unies [et à l’embargo sur les armes alors en vigueur]. Malheureusement, il s’est avéré [que, selon le Canard Enchaîné du 21 janvier 2015, la plupart] des armements livrés par les services français sont – d’une manière ou d’une autre – tombés entre les mains de groupes jihadistes, qui se réjouissent aujourd’hui de la vague d’attentats qui déstabilise la France en profondeur. » Et l’État français n’est pas le seul fautif dans ce fiasco syrien. Selon l’expert Joshua Landis, « entre 60 et 80 % des armes que les États-Unis ont introduites en Syrie [depuis 2011] sont allées à al-Qaïda et les groupes qui lui sont affiliés ».

À partir de l’année 2014, deux parlementaires de l’opposition ont successivement dénoncé le rôle trouble des services spéciaux français dans ce conflit, l’un d’entre eux ayant même déclaré en juin 2015 sur La Chaîne Parlementaire que « la France soutient al-Qaïda en Syrie ». En effet, d’après le député Claude Goasguen, « la France [appuie] des rebelles syriens, qui sont soi-disant des rebelles démocrates. (…) Qui a récupéré les rebelles syriens démocrates ? [Le Front] al-Nosra. Qu’est-ce que c’est qu’al-Nosra, al-Nosra c’est pas al-Qaïda ? (…) [C]ertains rebelles ont été récupérés par al-Qaïda avec des armes françaises[.] (…) Monsieur [le député (PS) Olivier Dussopt], nous continuons à fournir des armes à al-Nosra, par l’intermédiaire des rebelles syriens ! Je le dis, je l’ai dit à Monsieur le Drian en Commission de la Défense, je l’ai dit à Monsieur Fabius, comme tous les autres députés [sic]. Il va falloir éclairer tout ça ! L’attitude de la France en Syrie n’est pas nette ! » Comme je l’avais souligné à l’époque, ces révélations fracassantes du député Goasguen ont été quasiment ignorées par les médias français. J’avais également relevé le fait que ce « député LR accus[ait] l’actuel gouvernement de soutenir al-Qaïda en Syrie (Front al-Nosra), alors que la majorité précédente, dont il est issu, s’était accommodée du fait qu’al-Qaïda en Libye (GICL) avait été intégrée aux opérations de l’OTAN ! Voila à quel niveau notre État s’est abaissé, depuis quelques années, dans sa post-“politique arabe de la France”. Néanmoins, même en cas de changement de majorité, le prochain gouvernement continuera certainement de vendre des armements sophistiqués au Qatar et à l’Arabie saoudite – qui restent les principaux soutiens du jihadisme à travers le monde. »

Plus globalement, depuis le 11-Septembre, les intérêts profonds évoqués au début de cet article représentent un nombre inestimable de milliards de dollars de bénéfices pour différentes entreprises privées, principalement générés par la soi-disant « guerre “contre” le terrorisme ». Financées à perte par les contribuables occidentaux, ces interventions militaires catastrophiques et meurtrières ont engendré d’immenses profits pour les multinationales impliquées dans ce désastre mondial – tout en déstabilisant le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Asie centrale au point que les groupes extrémistes qui y sévissent aujourd’hui semblent inarrêtables. La catastrophe qu’a constitué jusqu’à présent cette soi-disant « guerre “contre” le terrorisme » est sans précédent : elle aurait tué au moins 1,3 millions de civils rien qu’en Irak et en « AfPak » depuis 2001, les foyers jihadistes se sont multipliés à travers le monde, et tant Daech qu’al-Qaïda semblent plus menaçants, fanatiques et enracinés que jamais. Affirmons-le clairement : dans le monde occidental, ce fléau jihadiste justifie des guerres à la légalité, à l’efficacité et à la légitimité douteuses, tout en accélérant un basculement autoritaire de nos États – ce qui s’est notamment traduit en France par la dangereuse « loi Renseignement ». À l’heure où j’écris ces lignes, le Président Hollande vient de décréter l’état d’urgence national, et nul doute qu’un durcissement sécuritaire majeur est en vue – sans parler d’une escalade militaire qui aggravera certainement ces conflits trop lointains et complexes pour que les citoyens s’y opposent. Au vu de l’échec retentissant de la « guerre globale “contre” le terrorisme », il serait peut-être temps de réfléchir collectivement à son utilité, au lieu de céder à la tentation de répondre à la violence par la violence.

Néanmoins, ces guerres auto-génératrices ne doivent plus masquer une réalité aussi cruelle que scandaleuse : depuis la fin des années 1970, des puissances occidentales majeures et leurs alliés du Golfe ont soutenu l’essor des principaux réseaux islamistes à travers le monde, que ce soit de manière directe ou non selon les circonstances et les acteurs concernés. En octobre 2015, après qu’une parlementaire états-unienne ait dénoncé sur CNN le soutien d’al-Qaïda par la CIA pour renverser Bachar el-Assad, un ancien officier de la CIA spécialisé dans le contreterrorisme m’a confirmé la collaboration de l’Agence avec cette nébuleuse terroriste pour faire tomber le gouvernement syrien. Récemment, j’ai étudié en profondeur l’implication massive et clandestinedes services spéciaux occidentaux et moyen-orientaux dans le soutien de réseaux jihadistes combattant le régime el-Assad, dont la branche « syrienne » d’al-Qaïda. Insistons sur ce point : cet engagement clandestin de l’Agence et de ses alliés contre le gouvernement syrien implique militairement la France. En effet, en la comparant à la guerre secrète de la CIA en Afghanistan, l’éditorialiste du Point Michel Colomès a récemment écrit que les « Américains et [les] Français, depuis l’entrée de la Russie dans la guerre syrienne, fournissent des armes à des islamistes réputés fréquentables. Ils ont la mémoire courte ». D’autres « islamistes réputés fréquentables » qui seraient revenus de Syrie sont-ils à l’origine de ces terribles attentats du 13-Novembre ? Il est encore trop tôt pour répondre à cette question, mais il est clair que ces terroristes ont agi de façon coordonnée selon un mode opératoire clairement militarisé et jihadiste – deux, voire trois kamikazes ayant actionné leurs bombes devant notre Stade de France, symbole de l’unité, de la liesse populaire et du rassemblement.

Dans notre pays meurtri par ce funeste 13-Novembre, le fait que le gouvernement français soutienne des jihadistes à l’étranger, et qu’il commerce sereinement avec leurs principaux parrains étatiques est grave, dangereux et inacceptable ! Aucune raison d’État, aucun intérêt supérieur, aucun impératif économique, diplomatique ou géopolitique ne peuvent le justifier. Ce constat doit susciter la mobilisation générale de tous les citoyens français. Nous devons faire pression sur notre gouvernement afin qu’il cesse d’armer et de soutenir les États qui répandent le fléau jihadiste à travers le monde depuis des décennies, au premier rang desquels l’Arabie saoudite et le Qatar. En effet, comme l’avait déclaré Alain Chouet dans l’interview citée au début de cet article, « ce que nous appelons “salafisme”, en arabe, cela s’appelle “wahhabisme”. Et là nous sommes à contre-emploi de manière systématique et dans toutes les situations d’affrontement militaire, puisqu’au Moyen-Orient, au Sahel, en Somalie, au Nigeria, etc., nous sommes alliés avec ceux qui sponsorisent depuis trente ans le phénomène terroriste. »

Mes chers compatriotes, je vous remercie d’envoyer massivement cet article au Président de notre République, à nos élus et à votre entourage, puisque l’État français et ses alliés occidentaux ne peuvent combattre le fléau jihadiste en soutenant ses parrains du golfe Persique. Ils ne pourront pas non plus lutter efficacement contre le terrorisme s’ils appuient clandestinement des réseaux islamistes pour renverser des gouvernements étrangers, comme en Libye puis en Syrie. Mobilisons-nous pour mettre en échec ces politiques profondes dangereuses et inacceptables !

Voir aussi:

Massacre du 13 novembre: les « failles dans le renseignement » commencent à apparaître

France 24

16 novembre 2015

PARIS (AFP) – Comme après chaque attentat islamiste réussi, le massacre du 13 novembre va relancer la polémique sur « la faille » dans les systèmes antiterroristes français et européens. Et cette fois, comme les précédentes, il semble que les dysfonctionnements se soient accumulés.

En l’état actuel de l’enquête, le plus grave semble être le cas de Samy Amimour: ce Français de 28 ans, soupçonné de vouloir partir pour le Yémen, est mis en examen en octobre 2012 pour « association de malfaiteurs terroristes », placé sous contrôle judiciaire. Ce qui ne l’empêche pas de rejoindre, un an plus tard, la « terre de jihad » syrienne.

Cela provoque l’émission d’un mandat d’arrêt international. Malgré cela, il parvient à rentrer en France incognito pour participer, vendredi soir à Paris, au pire attentat jamais commis en France.

« On a un souci de contrôle aux frontières Schengen, et un gros », assure à l’AFP Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité à la DGSE. « Son arrivée aurait dû provoquer la levée d’un drapeau rouge. Mais ces gars maîtrisent bien les techniques d’entrée et de sortie de Schengen, pour l’avoir beaucoup pratiqué ».

« S’il a pris soin de ne pas rentrer par une frontière française, personne ne l’a vu. S’il rentre par la Belgique, par exemple par un vol low-cost à Charleroi… Allez-y à Charleroi, vous verrez les contrôles », ajoute-t-il.

Autre problème, un autre tireur du Bataclan, Omar Ismaïl Mostefaï, avait d’une part attiré dès 2010 l’attention des services français, qui avaient émis à son encontre une fiche S (« sûreté de l?État »), et d’autre part avait été, selon Ankara, signalé deux fois à Paris pour son appartenance à la mouvance jihadiste.

La police turque « a informé la police française en décembre 2014 et janvier 2015 » à son propos (il était entré sur le territoire turc en 2013, pour ensuite certainement rallier la Syrie), et « nous n’avons jamais eu de retour de la France », a affirmé lundi à l’AFP un responsable turc.

Par ailleurs d’autres membres du commando, installés en Belgique, étaient connus de la police belge. « Vous comprendrez bien que si les Belges ne nous préviennent pas, ici on ne peut rien faire », confiait lundi à l’AFP une source policière.

– ‘Ça m’empêche de dormir’ –

Ces faisceaux d’indices, ces signalements, ce mandat d’arrêt international auraient dû constituer les points d’un schéma qui, en les reliant, auraient pû conduire les enquêteurs, en France ou en Belgique, à passer à l’action contre cette cellule avant qu’elle n’ensanglante Paris.

« Il y a trois hypothèses », explique à l’AFP un ancien spécialiste du contre-terrorisme à la DGSE, sous couvert d’anonymat. « Soit personne n’a rien vu, et c’est un gros souci; soit on a vu des trucs et on ne les a pas compris, ce qui est aussi un problème; soit on a vu des trucs et malgré tout l’équipe a pu passer à l’action. »

« On a peut-être raté la phase de préparation terminale, celle où les types disparaissent dans la nature. Dans les trois cas, c’est très embêtant. Ça veut dire qu’on a soit un problème de renseignement, soit d’analyse du renseignement soit de chaîne de commandement dans les services. C’est accru par le fait que ça se passe en partie en Belgique », ajoute-t-il.

« Pour le renseignement anti-jihadiste, la Belgique est sous bouclier français. Et il faut bien le dire, alors qu’ils ont la plus grosse proportion de départs en Syrie des pays occidentaux, les Belges ne sont pas au niveau (…). Dans cette équipe beaucoup de mecs sont connus à Bruxelles, quelqu’un s’est manifestement planté. »

Submergés par le nombre de jihadistes rentrant de Syrie et d’Irak, auxquels ils doivent ajouter les anciens des filières afghanes ou irakiennes, qui parfois reprennent du service, les services spécialisés sont contraints d’établir des listes de noms, par ordre décroissant de dangerosité présumée.

« Ça m’empêche de dormir la nuit », confiait récemment un des responsables de l’antiterrorisme en France. « Avoir les bons noms à la bonne place. Nous sommes très loin d’une science exacte. »

« Par définition s’il y a eu un attentat, c’est qu’il y a eu un problème, conclut Alain Chouet. « Mais bon, on ne reproche pas les feux de forêts aux pompiers… Si vous mettez un pompier tous les cinq mètres dans les forêts de France, vous n’aurez plus de feux de forêts… »

Voir de plus:

Après les attentats, les similitudes entre les discours de Hollande et de Bush en 2001

William Audureau

Le Monde

17.11.2015

Le président américain Geroge W. Bush, le 20 septembre 2001, et le président français François Hollande, le 16 novembre 2015, s’exprimant devant le Congrès de leur pays respectifs.

Trois jours après les attaques meurtrières qui ont fait 129 morts et 352 blessés à Paris et Saint-Denis, François Hollande a prononcé, le 16 novembre devant le Congrès, un discours aux tonalités martiales et à l’orientation politique sécuritaire. Celui-ci n’est pas sans rappeler celui qu’avait tenu le président américain George W. Bush, le 20 septembre, devant le Congrès américain, un peu plus d’une semaine après les attaques du 11 septembre qui avaient coûté la vie à 2 985 personnes.

  • Le pays « en guerre »

Sur la forme, le discours de François Hollande est fait d’un même moule patriotique que ceux de George W. Bush à l’époque, jusque dans son analyse des mobiles terroristes. L’« armée djihadiste qui nous combat parce que la France est un pays de liberté, parce que nous sommes la patrie des droits de l’homme » fait ainsi écho aux terroristes qui avaient « attaqué l’Amérique parce que nous sommes la maison et les défenseurs de la liberté ».

Un même ton belliqueux rapproche le discours des présidents français et américain. Le 20 septembre 2001, ce dernier avait employé quatorze fois le terme « guerre », et la formule « nous sommes en guerre contre la terreur » avait fait date. Plus de 14 ans plus tard, le même mot est revenu treize fois dans la bouche du président français, pour qui la France « est en guerre ».

Des discours accompagnés de faits : le 20 septembre 2001, George W. Bush annonçait qu’il avait mobilisé son armée, et le 7 octobre, moins d’un mois après les attentats du 11-septembre, les forces américaines et britanniques bombardaient l’Afghanistan. François Hollande, à la veille de son discours, a pour sa part déjà ordonné le bombardement de camps militaires de l’Etat islamique à Rakka, en Syrie, et un nouveau raid a eu lieu le lundi 16 novembre dans la nuit.

  • Appel à la solidarité internationale

Dans les deux discours, les dirigeants des puissances attaquées en appellent à la solidarité internationale, mais le ton adopté n’est pas le même. Le président américain n’hésite à pas à employer le ton de la menace : « Nous poursuivrons les nations qui fournissent de l’aide ou de la protection au terrorisme. Chaque nation, dans chaque région, a maintenant une décision à prendre. Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les terroristes. »

François Hollande cherche, lui, davantage à convaincre de la nécessité de cette réaction internationale : « Depuis le début de l’année, l’armée terroriste de Daech [l’acronyme arabe de l’Etat islamique] a notamment frappé à Paris, au Danemark, en Tunisie, en Egypte, au Liban, au Koweït, en Arabie saoudite, en Turquie, en Libye. Elle massacre chaque jour et opprime des populations. C’est la raison pour laquelle la nécessité de détruire Daech constitue un sujet qui concerne toute la communauté internationale. J’ai donc demandé au Conseil de sécurité de se réunir dans les meilleurs délais pour adopter une résolution marquant cette volonté commune de lutter contre le terrorisme. »

Le président français est par ailleurs contraint par les circonstances à réviser sa position par rapport à la Russie dans le dossier syrien. « En Syrie, nous cherchons inlassablement une solution politique dans laquelle Bachar [Al-Assad, le président syrien] ne peut constituer l’issue. Mais notre ennemi en Syrie, c’est Daech », a avancé pour la première fois le président français, tout en appelant à une coalition intégrant la Russie.

  • Réforme de l’antiterrorisme

Sur le plan intérieur, le discours tenu par le président français marque un virage sécuritaire, comme celui de Bush en 2001. Difficile pour autant de le comparer au Patriot Act : cette loi antiterroriste d’envergure, qui a marqué l’Amérique post 11-Septembre, n’existe pas encore lorsque le président américain prend la parole le 20 du mois.

Mais le discours de George W. Bush annonce déjà un vaste chantier législatif aux fins de lutte contre le terrorisme, comportant notamment la création d’un Bureau de la Sécurité Intérieure. « Nous allons mettre nos forces en commun pour renforcer nos capacités de renseignement pour connaître les plans des terroristes avant qu’ils n’agissent, et les trouver avant qu’ils ne frappent », prévenait alors George W. Bush sans davantage de détails.

A l’inverse des Etats-Unis, le cadre de la lutte contre le terrorisme a déjà été largement réformé en France, notamment par deux lois sur le terrorisme et une loi sur le renseignement. Les mesures annoncées par François Hollande « compléteront » donc l’arsenal déjà disponible, au lieu de le chambouler.

Tout en annonçant plusieurs mesures de renforcement de la sécurité, comme l’embauche d’officiers de police et de gendarmerie, ou la déchéance de nationalité pour des personnes nées françaises, François Hollande a tenu à marquer son attachement au respect de l’Etat de droit, dans un contexte où la loi de renseignement a été très critiquée par la presse pour son caractère liberticide.

« Le gouvernement, dans un esprit d’unité nationale, va saisir le Conseil d’Etat pour vérifier la conformité des propositions sur la surveillance des personnes fichées “S”. Cet avis sera rendu public et j’en tirerai toutes les conclusions nécessaires », a-t-il ainsi prévenu, affichant ici une précaution qui n’apparaît nulle part dans la rhétorique bushiste. Il a également évoqué la fin de l’état d’urgence au-delà de sa prorogation exceptionnelle de trois mois en cas d’accord de l’Assemblée.

  • Réforme de la Constitution contre Patriot Act

Enfin, François Hollande a ouvert un autre chantier, celui de la réforme de la Constitution, et notamment des articles 16 et 36, qui définissent les conditions du recours aux pleins pouvoirs présidentiels et l’état de siège, pour y ajouter l’état d’urgence.

« J’estime en conscience que nous devons faire évoluer notre Constitution pour permettre aux pouvoirs publics d’agir, conformément à l’Etat de droit, contre le terrorisme de guerre. […] Nous sommes en guerre. Mais cette guerre d’un autre type face à un adversaire nouveau appelle un régime constitutionnel permettant de gérer l’état de crise. » Une manière de donner au gouvernement plus de pouvoir, tout en restant dans un cadre contrôlé.

Aux Etats-Unis, le Patriot Act a été institué le 26 octobre 2001 sous la forme d’un texte de 132 pages renforçant notamment le pouvoir des agences de renseignement et de lutte contre le crime de l’Etat fédéral américain. Elle a permis l’émission de 200 000 fiches de consultation de données d’usagers de télécommunications, et surtout servi dans la lutte contre le trafic de drogue. Prolongée en 2005 puis pérennisée en 2006, cette loi d’exception n’a jamais été abrogée, malgré les nombreuses critiques quant à sa constitutionnalité et son caractère liberticide. François Hollande, lui, a assuré vouloir « éradiquer, dans le respect de nos valeurs, le terrorisme. »

Voir également:

Opposition syrienne : « Les frappes françaises n’ont tué aucun combattant de l’EI »

Le Monde juif

16 nov 2015

Les frappes menées dimanche par l’armée française sur la ville de Raqqa en Syrie – capitale autoproclamée de l’Etat islamique – n’auraient tué aucun combattant du groupe terroriste, selon l’opposition syrienne.

Dix chasseurs-bombardiers Rafale et Mirage 2000 ont largué 20 bombes qui ont détruit un poste de commandement et un camp d’entraînement de l’EI dans la région de Raqa (nord), selon le ministère français de la Défense.

Parmi les cibles visées, figure la « brigade 17″, un camp d’entraînement incluant des dépôts d’armes.

Pour Charlie Winter, un expert des mouvements djihadistes basé à Londres, il est « difficile de croire que de hauts dirigeants (de l’EI) soient à Raqa » où ils seraient une cible facile.

Voir de même:

Liban: un prince saoudien arrêté à Beyrouth après une saisie de drogue
RFI

26-10-2015
Au Liban, un prince saoudien et quatre autres personnes ont été arrêtés à l’aéroport de Beyrouth alors qu’ils tentaient d’embarquer dans un avion privé à destination de Riyad avec près de deux tonnes de pilules de Captagon.
Avec notre correspondant à Beyrouth,  Paul Khalifeh

Le prince Abdel Mohsen ben Walid ben Abdelaziz, un petit-fils du roi fondateur du royaume saoudien, tentait avec ses hommes de main d’embarquer à bord d’un avion privé les pilules de Captagon dissimulées dans une quarantaine de valises.

Les trafiquants étaient tellement sûrs d’eux qu’ils n’avaient même pas pris la peine de bien cacher la drogue, permettant aux douaniers libanais d’effectuer la plus grosse saisie de stupéfiants jamais réalisée à l’aéroport de Beyrouth.

Appelé la potion magique des jihadistes, le Captagon est une drogue stimulante, très prisée dans les pays du Golfe et largement répandue dans les rangs des jihadistes et des rebelles en Syrie. Cette amphétamine fait oublier la douleur et surmonter la fatigue. Le groupe Etat islamique (EI) la distribuerait systématiquement à ses combattants, notamment aux kamikazes.
Depuis le début de la guerre en Syrie, le Liban est devenu la principale plaque tournante du trafic de Captagon. En mai dernier, la douane avait saisi, au port de Beyrouth, 15 millions de pilules également destinées aux pays du Golfe.

Certains médias ont fait état de fortes pressions exercées sur les autorités libanaises pour la libération du prince saoudien. Des informations catégoriquement démenties par le ministre de l’Intérieur, Nouhad el-Machnouk, un proche de l’Arabie saoudite.

Voir encore:

Attentats de Paris | Patrick Pelloux : « Il faut prendre exemple sur Israël »

L’urgentiste et ancien membre de Charlie Hebdo, Patrick Pelloux, a appelé les autorités françaises à prendre exemple sur Israël au niveau sécuritaire après les attaques terroristes qui ont ensanglanté Paris vendredi.

Monde juif

15 nov 2015

« Quand on voit des pays qui vivent avec le terrorisme larvé, les Etats-Unis ou Israël. Ces pays ont changé leur façon d’être. A New York, il y a des numéros d’urgence partout dans le métro. Il faut avoir les mêmes pratiques en France. Nous avons trop laissé faire. Il faut changer beaucoup d’habitudes. Nous avons une certaine lassitude de la sécurité mais il va falloir faire passer ça », a déclaré l’urgentiste sur RMC.

« Le vendredi matin on a préparé un exercice d’attentat multisites grâce au travail des médecins du Samu. Et le soir quand ça a sonné l’alerte générale, on est tous rentrés d’emblée au Samu, on a fait du mieux qu’on a pu. On est intervenu dans des zones où ça tirait encore, où ces ordures étaient encore en train d’abattre des gens », a-t-il ajouté.

« Quand on a vu arriver le pré-bilan des médecins sur le terrain, on a su que l’on était dans un carnage de guerre. On a fait tout ce qu’on a pu pour sauver le maximum de personnes. Il y en a encore 70 qui sont en train de lutter. Les blocs opératoires ont tourné jusqu’à tard hier, je pense qu’il y a encore des chirurgies qui ont lieu », a poursuivi M. Pelloux.

Au moins 129 personnes ont été tuées dans les attentats et plus de 350 blessées. 103 des personnes tuées dans les attentats vendredi à Paris ont été jusqu’à présent identifiées.

Voir par ailleurs:

Le Mein Kampf des djihadistes, en vente sur internet

  • Claire Rodineau
  • Le Figaro
    06/07/2015

    Le programme de conquête du monde des djihadistes, accessible en quelques clics sur le site de la Fnac.

    Pour moins de 25€, n’importe quel internaute peut mettre la main sur Gestion de la barbarie, l’ouvrage de référence des chefs de l’État Islamique.

    «Ce document hallucinant, Mein Kampf des islamistes, donne un sens aux informations de la presse. Il faut le lire et le faire connaître, pour qu’il ne soit pas dit: ‘Nous ne savions pas!’». C’est ainsi que les Éditions de Paris, éditeur basé à Versailles, justifient la présence dans leur catalogue du livre d’Abu Bakr Naji, Gestion de la barbarie.

    Publié en 2004, traduit en français et en anglais en 2007, cet ouvrage théorise, en 248 pages, les violences perpétrées par les djihadistes en les inscrivant dans une stratégie globale d’établissement du califat islamique. Un texte violent, prônant le chaos et la destruction… qui est aujourd’hui accessible sur Internet pour la somme modique de 24 €. Si le livre n’est plus disponible sur Amazon, il est toujours en vente sur le site de la Fnac.

    Écrit par un certain Abu Bakr Naji, pseudonyme derrière lequel certains reconnaissent un leader d’Al-Qaïda, d’autres un collectif, Gestion de la barbarie serait le livre de chevet d’Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram. Le livre dresse, en usant parfois d’un jargon peu compréhensible, le programme à suivre pour que les djihadistes accèdent à leur but ultime: l’établissement d’un État islamique régi par la charia.

    Première étape de cette stratégie de conquête, propager «la terreur dans le coeur de l’ennemi, une terreur qui n’aura pas de fin». Assassinats, attentats, kidnappings: citant en exemple la dynastie musulmane des Abbassides, qui se serait imposée par la violence, le texte explique que tous les moyens sont bons pour créer le chaos et affaiblir l’ennemi – comprendre l’Occident, États-Unis en tête.

    Un texte comparé au manifeste d’Adolf Hitler

    Dans un contexte où les autorités ne parviennent plus à rétablir l’ordre, les djihadistes interviennent alors pour rassurer les populations au moyen d’une loi stricte – la charia. C’est la deuxième phase du processus – «la gestion de la barbarie», qui donne son titre à l’ouvrage. Enfin, les djihadistes peuvent prendre le pouvoir et proclamer le califat. La stratégie opérée par l’État Islamique, qui a diffusé vendredi une nouvelle vidéo montrant une exécution de masse, correspond vraisemblablement à la deuxième phase du plan établi dans le livre.

    Gestion de la barbarie est fréquemment comparé à un autre manifeste resté tristement célèbre – Mein Kampf d’Adolf Hitler. Peut-on alors appliquer à l’ouvrage djihadiste le conseil du Maréchal Lyautey, cité en avant-propos du texte d’Hitler, «Tout Français doit le lire»? Aujourd’hui, tout Français en a, en tout cas, la possibilité.

    Voir enfin:

    MENACE ISLAMISTE SUR ROISSY ?
    Philippe De Villiers
    Le Figaro Magazine
    21/04/2006

    Dans un livre à paraître le 26 avril, et qui fera sûrement polémique, «Les Mosquées de Roissy» (Albin Michel), Philippe de Villiers affirme que des organisations extrémistes ont infiltré le plus grand aéroport français, où bagages et zones de fret seraient accessibles et vulnérables. Vrai ou faux ? Extraits en avant-première.

    Dès la première lecture (NDLR : d’un dossier remis à l’auteur), je comprends qu’on a voulu m’éclairer sur cette infiltration qui touche au coeur de la sécurité nationale. Avec ces documents, nous ne sommes plus dans le fait divers, nous sommes devant une affaire d’Etat. L’inquiétude fait place à la stupéfaction.

    Le premier document (NDLR : note des renseignements généraux sur la plate-forme Roissy-Charles-de-Gaulle) explique que «le mercredi 19 octobre 2005», la gendarmerie du transport aérien procédait, dans le cadre d’une commission rogatoire, à l’arrestation des vingt-deux bagagistes de la société Connecting Bag Services (CBS) pour «association de malfaiteurs et vols en bande organisée». Cette affaire portait à l’origine sur des vols de téléphones portables dans les valises des passagers. L’utilisation de ces appareils cellulaires par des malfaiteurs permettait à la gendarmerie de déboucher sur un réseau de spoliation de bagages. Ces malversations concernaient particulièrement des employés indélicats de la société CBS, «filiale de la société European Flight Services, elle-même filiale du groupe Vinci».

    La note s’attarde ensuite sur le groupe European Flight Services, avec les précisions suivantes. Comme toutes les entreprises du site aéroportuaire, ce groupe «souffre des conséquences de la politique de recrutement suivie depuis plusieurs années», qui institue une préférence géographique liée à un «bassin d’emploi formé du département de la Seine-Saint-Denis, du Val-d’Oise et de l’Oise». Le résultat a été l’introduction de «délinquants de ces secteurs à fort taux de criminalité (…) dans les zones les plus sensibles de la plate-forme» et dans les entreprises travaillant pour l’aéroport. L’exemple de CBS est significatif. L’évolution récente est celle d’une dérive ethnico-religieuse. Deux cadres de l’entreprise, d’origine maghrébine, s’appuyant sur le «noyautage» des syndicats par les islamistes, ont imposé, de fait, à la société, le «recrutement quasi exclusif de ressortissants algériens provenant d’une petite ville du nom de Ghazaouet. Ces recrues forment un véritable réseau au sein de CBS».

    «Ghazaouet est une ville portuaire de trente mille habitants, située à soixante-quinze kilomètres de Tlemcen et à cent kilomètres à l’ouest d’Oran. Depuis 1998, un flux incessant d’habitants de cette région vient alimenter les rangs des employés de la société CBS.»

    Sur sept cent cinquante-huit salariés, soixante-dix-sept sont directement originaires de la ville en question. Une trentaine d’autres proviennent des villes avoisinantes. Les trois personnes fondatrices de ce réseau sont «K. (appelons-le Karim), qui posséderait encore une maison à Ghazaouet, Abdel, également propriétaire d’une maison à Ghazaouet, et enfin Mustapha, né à Ghazaouet». Ce dernier n’hésite pas à exprimer ses sentiments antifrançais et son aversion pour le mode de vie occidental.

    Les deux premières têtes du réseau se rencontrent lorsqu’ils séjournent dans cette ville algérienne. Sur place, les deux hommes recrutent des volontaires pour l’émigration vers la France et leur intégration au sein de CBS. Ils fournissent aux candidats de faux certificats d’embauche à en-tête de l’entreprise française. Ils procèdent aux démarches auprès de la représentation diplomatique française et obtiennent les documents indispensables à une entrée sur notre territoire.

    Il existe un accord entre la France et l’Algérie permettant au titulaire d’un certificat d’embauche d’obtenir un titre de séjour valable un an. Karim et ses complices prélèveraient au passage une «contribution» sur ces immigrants. Chef incontesté du «réseau Ghazaouet», secondé efficacement par Abdel et Mustapha, Karim se comporte en véritable tyran à l’égard des intérimaires et des employés français de cette société de service, placée involontairement dans une situation très délicate, se substituant à la véritable direction de l’entreprise. Aucun recrutement ne peut avoir lieu sans son aval.

    Or, circonstance étrange, l’intéressé s’oppose, chaque fois qu’il le peut, à l’embauche des Français de souche. Les employés présents dans la société sont souvent évincés de toute promotion au profit des salariés musulmans. «Il s’agit, ni plus ni moins, d’un apartheid ethnique et religieux. Karim n’exerce plus son obligation professionnelle et il provoque un véritable désordre pouvant nuire à la circulation aérienne, les employés étant laissés dans un abandon total pour ce qui concerne le traitement des bagages.»

    Les chiffres de l’évolution des embauches, au sein de la société CBS, démontrent une constante progression des contrats au profit des natifs de Ghazaouet. On est effectivement passé de 8% en 1998 à 13% en 2005, avec des pointes à plus de 17% en 2001 et 2003. Par l’intermédiaire de son réseau, Karim contrôle totalement le recrutement des intérimaires. Il est en contact direct avec plusieurs salariés de l’entreprise de travail temporaire Randstad, eux-mêmes originaires de la ville de Ghazaouet. D’après des informations provenant de la société d’intérim Onepi, présente sur l’aéroport, Karim fermerait les portes de CBS aux autres agences d’intérim afin de privilégier l’agence Randstad. Cette société est le plus gros pourvoyeur d’emplois intérimaires sur la plate-forme de Roissy. Certains de ses cadres musulmans favoriseraient discrètement le recrutement d’individus au profil islamiste afin de développer le prosélytisme sur l’aéroport. La société concernée s’en défend en invoquant les contingences du marché de l’emploi local.

    «Dans son projet de maîtrise complète de CBS, indique le rapport confidentiel, Karim est activement assisté par Mustapha. Celui-ci, représentant syndical, participe à la politique du chef de réseau en exerçant des chantages syndicaux auprès de la direction de l’entreprise, qui n’est, bien sûr, pas informée de la mise en place de ce réseau. Sur l’aspect pratique, la totalité des membres du réseau Ghazaouet est chargée des transferts de bord à bord. Ces opérations consistent à assurer, au cours des correspondances, le transport des bagages d’un avion à l’autre, sans contrôle de sécurité ; ces valises en provenance d’un aéroport étranger, déchargées des soutes du premier aéronef, sont réputées sécurisées par l’aéroport de provenance. Cette situation stratégique au sein du dispositif d’assistance des avions a des conséquences évidentes en matière de sûreté.»

    Suit la liste édifiante des membres de ce réseau algérien ; on y retrouve des personnages sulfureux, par exemple Samir, «connu pour son activité intégriste et son appartenance aux Frères musulmans».

    Un certain Mohamed, «délégué syndical, compléterait le dispositif de la sphère Ghazaouet et se livrerait à des campagnes virulentes de prosélytisme dans les chaînes de traitement des bagages».

    Une autre note évoque le criblage récent de tous les fichiers des personnels munis du badge rouge Aéroports de Paris. La moisson est abondante : les ouvriers d’Allah sont nombreux. A titre d’illustration, la note cite quelques exemples significatifs : «Bachar apparaît dans la  »fadet » d’un téléphone portable appartenant à un membre de Ansar al-Islam («Les Soldats de Dieu»), qui recrute des kamikazes destinés à commettre des attentats en Irak… Djamel est connu comme responsable en France d’une organisation turque d’extrême gauche et membre du PKK.»

    Une enquête du 11 novembre 2005 permet d’apprendre que la société Bag Flight Services «intègre également dans son personnel des membres des Frères musulmans». Il y a donc, sur le tarmac de Roissy, une mouvance des Frères musulmans. Plusieurs d’entre eux, comme Elakhtar et Taricq, sont réputés «fréquenter les salles de prière clandestines situées sur l’aéroport de Roissy».

    Après une longue énumération d’individus dangereux, porteurs de badge et donc habilités à travailler en toute liberté sur la zone réservée de la plate-forme aéroportuaire, la note conclut : «Les faits ainsi décrits sont le reflet de l’atmosphère qui règne sur l’ensemble du site tant dans les zones réservées (pistes, zones bagages, zones techniques) que dans les entreprises. Islamistes et délinquants des cités oeuvrent de concert pour placer l’aéroport sous la loi de la charia, usant de menaces à l’encontre des cadres et rares employés d’origine française. Il s’agit également d’éliminer la main-d’oeuvre non musulmane du tissu professionnel de la plate-forme.» Cette description est assez effrayante. D’autant qu’elle se poursuit ainsi : les renseignements généraux, la gendarmerie du transport aérien, certains cadres d’Air France et des sociétés concernées ont commencé à percevoir cette situation. Par ailleurs, «le sous-préfet de Roissy est, quant à lui, tout à fait conscient de la réalité de ce problème. La société Aéroports de Paris, toute préoccupée de dissimuler sa longue gestion catastrophique en vue de sa privatisation, n’a pas un instant de disponible». Cette analyse très sévère est contestée par Aéroports de Paris qui considère qu’elle consacre à la sécurité tous les efforts nécessaires. Certes. Mais alors pourquoi les services de l’Etat sont-ils aussi inquiets sur le sujet ?

    Ayant enquêté pour savoir ce qu’étaient devenus les suspects interpellés, j’ai été stupéfait d’apprendre que dix-sept des vingt-deux islamistes identifiés au sein du réseau Ghazaouet travaillent encore à Roissy, comme si de rien n’était.

    Tout ce que j’ai pu rapporter des actions de déstabilisation menées au sein de la société CBS a été minutieusement vérifié. (…)

    Il semble bien que tous les principes de l’action subversive soient scrupuleusement mis en oeuvre par le «réseau Ghazaouet», pointe avancée des sentinelles islamistes implantées au coeur du premier aéroport français : infiltration, recrutement et formation d’agents dormants, mise en connexion des militants, intimidation des neutres et neutralisation des bavards, pénétration des hiérarchies, installation dans les postes d’encadrement, et, finalement, prise de pouvoir. (…)

    Matignon vient de recevoir, le 6 janvier 2006, un nouveau rapport («Rapport sur le fonctionnement administratif et budgétaire de la Direction de la police de l’air et des frontières (DPAF) de Roissy-Le Bourget», janvier 2006) sur Roissy, qui, à la suite d’une longue enquête interministérielle menée au plus haut niveau, décrit une situation toujours aussi inquiétante. Le rapport constate que les recommandations exprimées dans un document précédent, datant de novembre 2002, signé par l’Inspection générale de l’administration, n’ont pas été suivies d’effet : rien n’a été fait. Puis les inspecteurs généraux tirent deux sonnettes d’alarme.

    La première, c’est une confirmation : des organisations islamistes interviennent sur la plate-forme de Roissy, devenue la «première porte d’accès au territoire national, voire à celui de l’espace européen de Schengen». Le rapport souligne la forte exposition de la zone bagages au risque terroriste lié aux activités de cette mouvance, libre de s’activer autour des avions.

    La seconde alerte, c’est « une couverture insuffisante des risques en zone réservée. Du fait de la faiblesse des moyens de la gendarmerie du transport aérien et de l’aménagement critiquable du contrôle et de l’embarquement des bagages, ainsi que du traitement du fret, il est trop facile de prélever dans les bagages mais aussi d’y ajouter». En termes simples, cela veut dire qu’on peut tout aussi facilement retrancher un objet précieux qu’introduire un explosif dans n’importe quel bagage qui a franchi les portiques de filtrage et de contrôle. Qui peut mettre la main pour voler un bagage peut y mettre une bombe. Du reste, les gendarmes et les policiers appellent cette ligne des portiques, devenue ultra-sophistiquée à la suite du renouvellement des techniques de lecture et de repérage, la ligne Maginot. Comme sa célèbre aînée, elle est impénétrable, mais aisément contournable.

    Selon les informations les plus récentes, Roissy est donc un gruyère. Les trous sont nombreux et multiples. Il est possible, chaque jour, d’entrer dans la zone réservée par une porte régulière sans même être contrôlé, pour peu qu’on choisisse le point de passage connu de tous les initiés. Il est très facile de franchir le périmètre, en dehors des portes officielles, à certains endroits névralgiques. Il n’est pas du tout impossible – bien qu’Aéroports de Paris le conteste – de faire entrer des explosifs ou des armes dans la zone réservée, et il n’est pas très compliqué de glisser un kilo de semtex dans une palette de fret avion qui voyage sous les pieds des passagers, comme 60% du fret aérien.»

    Editions Albin Michel
    PHILIPPE DE VILLIERS


Attentats de Paris: Nous sommes israéliens et nous ne le savons toujours pas ! (If Israel is an occupant in its own land then Christianity is also an occupant like any other infidel state)

14 novembre, 2015
made-in-france

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MursLabelsForeignjihadists

D’abord ils sont venus (…) pour les Juifs, mais je n’ai rien dit parce que je n’étais pas juif … Martin Niemöller
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
Si Israël est un occupant dans son pays, le christianisme, qui tire sa légitimité de l’histoire d’Israël, l’est aussi comme le serait tout autre État infidèle. Bat Ye’or
Depuis la guerre d’Algérie (1954-1962), l’idée d’une « guerre asymétrique » est devenue le principe de base de la stratégie anti-Occident. Inspiré de la « guerre indirecte », de Sun-Tzu – dont L’art de la guerre était déjà diffusé en éditions officielles en URSS et chez ses satellites, dans les années 50 -, ce concept est essentiellement celui d’un combat dans lequel l’un des protagonistes n’accepte aucune forme d’entrave à ses actions. Il entend faire ce qui lui plaît et se prévaut cependant, comme d’une arme, des engagements moraux, légaux et sociaux qui lient les mains de son adversaire.(…) le FLN (Front National de Libération de l’Algérie) avait régulièrement recours aux : « grèves, embuscades, terrorisme contre sa propre population et contre d’autres organisations algériennes de libération, assassinat, torture, mutilation, extorsion de grosses sommes d’argent de la population civile, sabotage industriel et agricole, destruction de biens publics, intimidation et exécution de collaborateurs présumés, campagnes de désinformation, etc. » Dans le même temps, le plus infime acte illégal de la part des forces d’occupation était exploité par des militants intellectuels de Paris, pour exercer un chantage moral conçu de telle sorte qu’il condamnait le gouvernement français à la paralysie, par crainte d’un scandale. Pour réaliser son objectif, l’asymétrie doit s’imprimer profondément dans les habitudes de jugement des gens, afin que l’opinion publique ne détecte pas l’immoralité intrinsèque des exigences, prétendument morales, qu’elle impose à l’un des protagonistes, tout en accordant à l’autre le bénéfice d’un silence indifférent ou complice. On peut prendre pour exemple l’inégalité de traitement de l’occupation de l’Irak par rapport à celle du Tibet, calculée de manière à faire pénétrer dans l’esprit du public l’impression qu’une opération militaire provisoire – conçue, comme aucune autre ne l’a été dans l’histoire, pour éviter de causer des dommages à la population civile – est un crime plus grave que l’occupation préméditée et permanente, et la destruction d’une culture plus que millénaire, ainsi que le génocide permanent d’un peuple, qui a déjà fait un million de victimes. L’asymétrie, dans ce cas, est devenue chose si normale et contraignante, que le seul fait de suggérer une comparaison entre le comportement américain et celui des Chinois semble déjà non seulement anhistorique, mais également de mauvais goût et suspect d’être lié à « d’obscurs intérêts », invariablement « financés par Wall Street » (le présent article ressortissant évidemment à cette catégorie !). De même, une demi-douzaine d’abus sanglants commis par des soldats américains en Irak – chose inévitable dans toute guerre, malgré un strict contrôle des troupes – sont présentés, dans les médias, comme des actes d’une cruauté plus honteuse que la pratique courante de la torture et de l’assassinat politique en temps de paix, qui est chose commune dans les pays communistes et islamiques, sans parler de la persécution religieuse (jamais mentionnée au Brésil), qui a déjà tué plus de deux millions de chrétiens, au cours des dernières décennies. La guerre asymétrique est plus facile à mener pour des organisations révolutionnaires, qui ne sont pas soumises aux mêmes normes que les Etats constitués [à cause de l’inconsistance de la social-démocratie]. Mais il arrive que certains Etats utilisent la même stratégie. (…) Quelques jours après les attentats du 11 septembre 2001, l’hebdomadaire français Le Monde Diplomatique, avec une hypocrisie non déguisée, parlait de « la stratégie américaine officielle de la guerre asymétrique ». Il n’expliquait évidemment pas comment les Etats-Unis pourraient se lancer dans une guerre asymétrique tout en étant, en même temps, le pays le plus exposé du monde au jugement de l’opinion publique, et qui ne peut compter sur un réseau organisé de défenseurs – dans les médias internationaux, ou même américains – comme celui dont disposent les mouvements de gauche, qui sont aujourd’hui capables d’imposer, en quelques heures, à toute la population de la planète, leur version des événements, créant, de ce fait, une sorte de convergence spontanée. « La force du terrorisme, ce sont les médias », affirme Jacques Baud, auteur de La Guerre asymétrique, ou la défaite du vainqueur (…). Toute l’opération acquiert bien plus d’efficacité quand elle est effectuée sur un terrain qui a été au préalable préparé par l’ »occupation des espaces », prêchée par Antonio Gramsci. En bloquant quelques sources d’information et en en choisissant d’autres, [cette occupation des espaces] prédispose le public à accepter comme normale et innocente la manipulation idéologique la plus mensongère dans les reportages. (…) Comment quelqu’un qui est élevé dans cet environnement peut-il se douter qu’il y ait quoi que ce soit à redire aux attaques des médias, qui font de George W. Bush une espèce de Staline de droite ? Briser ce blocus est un défi qui ne peut être relevé seulement par des individus travaillant dur et instruits, au prix de travaux de recherches qui sont hors de portée du citoyen moyen. Outre que la voix de ces individus semble ridiculement inaudible quand ils essayent d’avertir la population de la réalité effrayante suivante: depuis l’avènement de la stratégie asymétrique, la désinformation – au sens technique et littéral du terme – la désinformation comme arme de guerre, est devenue l’occupation la plus constante et la plus régulière des grands médias, au point de supplanter presque entièrement la tâche qui était celle du journalisme. Olavo de Carvalho
The progress of totalitarianism depends on and is inseparable from this kind of liberal naïveté. Without the cooperation of the Fellow Travelers with Stalin, without the French anti-war socialists in the case of Hitler, without the naïveté of any number of conservatives and democratic right-wingers in the case of a variety of fascists and Nazis, without the naïveté even of the United States with regard to Hitler straight through the 1930s, it would be inconceivable to imagine that these movements would have gotten very far. So it is a mistake to think of the totalitarian movements as isolated. They existed in a dynamic, and part of the dynamic is the liberal naïve unwillingness to recognize them as what they are. (…) The success of Muslim totalitarianism has depended on liberal naïveté — in fact, blindness. The eyes of the world have not been on these millions who have been killed in the last twenty years. Always the liberals all over the world have wanted to describe these movements as in some way rational and conventional, as movements based on grievances — “The movements are anti-Zionist, and isn’t it the case that Israel has often been at fault?” “The movements are anti-American, and isn’t it the case that the United States has often been at fault?” And these grievances do exist, but the effort to take them seriously tends often to distort their madness in such a way as to make it unrecognizable, for totalitarian doctrines are always mad. The Nazis thought they were engaged in a biological struggle. The Stalinists thought they were the proletariat and their enemies were the bourgeois exploiters. The Baathists and Islamists see a cosmic Zionist-Crusader conspiracy. It is important to keep a sense of the madness in these ideas, even if it is true that in the years after World War I some Germans were oppressed outside of the borders of Germany, and Israel and the U.S. have done bad things. All of the totalitarian movements were at bottom ideological movements, not based on a normal sense of grievances of political claims or expression of real-life interests, but movements based on ideological visions. Each of these movements in the past was defeated not militarily but ideologically. World War II was violent and military, but although D-Day was important, de-Nazification was the actual victory. The defeat of Nazism militarily would not have been all that helpful if Germany, which is inherently an extremely wealthy and powerful society, had continued to remain a society of millions and millions of convinced Nazis. The same is true now. The struggle we are involved in now has, had, and will continue to have a military aspect, but this aspect must be secondary to the ideological aspect, to the war of ideas. The basic danger we are facing now is not weapons of mass destruction, per se, because we know very well that box cutters can be lethal weapons of the worst sort. The danger that we face is not inherently military; it’s not armies in the conventional sense. It is above all ideological. As long as millions of people are committed fanatically to doctrines that are ultimately mad and that follow in the tradition of the totalitarian madnesses of Europe in the twentieth century, the danger persists. I maintain that the struggle we are involved in is, or ought to be, ultimately a war of ideas. Paul Berman
Nous imaginons, parce que la Guerre froide est finie en Europe, que toute la série de luttes qui ont commencé avec la Première guerre mondiale et qui sont passées par différents mouvements totalitaires — fasciste, nazi et communiste — était finalement terminée. (…) Hors de la Première guerre mondiale est venue une série de révoltes contre la civilisation libérale. Ces révoltes accusaient la civilisation libérale d’être non seulement hypocrite ou en faillite, mais d’être en fait la grande source du mal ou de la souffrance dans le monde. (…) [Avec] une fascination pathologique pour la mort de masse [qui] était elle-même le fait principal de la Première guerre mondiale, dans laquelle 9 ou 10 millions de personnes ont été tués sur une base industrielle. Et chacun des nouveaux mouvements s’est mis à reproduire cet événement au nom de leur opposition utopique aux complexités et aux incertitudes de la civilisation libérale. Les noms de ces mouvements ont changé comme les traits qu’ils ont manifestés – l’un s’est appelé bolchévisme, et un autre s’est appelé fascisme, un autre s’est appelé nazisme. (…) À un certain niveau très profond tous ces mouvements étaient les mêmes — ils partageaient tous certaines qualités mythologiques, une fascination pour la mort de masse et tous s’inspiraient du même type de paranoïa. (…) Mon argument est que l’islamisme et un certain genre de pan-arabisme dans les mondes arabe et musulman sont vraiment d’autres branches de la même impulsion. Mussolini a mis en scène sa marche sur Rome en 1922 afin de créer une société totalitaire parfaite qui allait être la résurrection de l’empire romain. En 1928, en Egypte, de l’autre côté de la Méditerranée, s’est créée la secte des Frères musulmans afin de ressusciter le Califat antique de l’empire arabe du 7ème siècle, de même avec l’idée de créer une société parfaite des temps modernes. Bien que ces deux mouvements aient été tout à fait différents, ils étaient d’une certaine manière semblables. (…) La doctrine islamiste est que l’Islam est la réponse aux problèmes du monde, mais que l’Islam a été la victime d’une conspiration cosmique géante pour la détruire, par les Croisés et les sionistes. (le sionisme dans la doctrine de Qutb n’est pas un mouvement politique moderne, c’est une doctrine cosmique se prolongeant tout au long des siècles.) L’Islam est la victime de cette conspiration, qui est également facilitée par les faux musulmans ou hypocrites, qui feignent d’être musulmans mais sont réellement les amis des ennemis de l’Islam. D’un point de vue islamiste, donc, la conspiration la plus honteuse est celle menée par les hypocrites musulmans pour annihiler l’Islam du dedans. Ces personnes sont surtout les libéraux musulmans qui veulent établir une société libérale, autrement dit la séparation de l’église et de l’état. (…) De même que les progressistes européens et américains doutaient des menaces de Hitler et de Staline, les Occidentaux éclairés sont aujourd’hui en danger de manquer l’urgence des idéologies violentes issues du monde musulman. (…) Les socialistes français des années 30 (…) ont voulu éviter un retour de la première guerre mondiale; ils ont refusé de croire que les millions de personnes en Allemagne avaient perdu la tête et avaient soutenu le mouvement nazi. Ils n’ont pas voulu croire qu’un mouvement pathologique de masse avait pris le pouvoir en Allemagne, ils ont voulu rester ouverts à ce que les Allemands disaient et aux revendications allemandes de la première guerre mondiale. Et les socialistes français, dans leur effort pour être ouverts et chaleureux afin d’éviter à tout prix le retour d’une guerre comme la première guerre mondiale, ont fait tout leur possible pour essayer de trouver ce qui était raisonnable et plausible dans les arguments d’Hitler. Ils ont vraiment fini par croire que le plus grand danger pour la paix du monde n’était pas posé par Hitler mais par les faucons de leur propre société, en France. Ces gens-là étaient les socialistes pacifistes de la France, c’était des gens biens. Pourtant, de fil en aiguille, ils se sont opposés à l’armée française contre Hitler, et bon nombre d’entre eux ont fini par soutenir le régime de Vichy et elles ont fini comme fascistes! Ils ont même dérapé vers l’antisémitisme pur, et personne ne peut douter qu’une partie de cela s’est reproduit récemment dans le mouvement pacifiste aux Etats-Unis et surtout en Europe. Paul Berman
Notre pays est en guerre contre des fascistes islamiques, qui utilisent tous les moyens pour détruire ceux d’entre nous qui aiment la liberté, pour faire du mal à notre pays. George W. Bush (2006)
Bush dénonce les «fascistes islamiques» Le Figaro
Pour combattre cet islamofascisme, l’unité doit être notre force. Il ne faut ni céder à la peur ni à la division. Manuel Vals (16.02.15)
Qu’il est bon, ce Manuel Valls. Le Premier ministre a pigé que l’excès attirait la lumière. Après avoir parlé d’« apartheid », le voilà qui évoque « l’islamofascisme », en sachant très bien qu’il va provoquer stupeur… Rue 89
Les deux mouvements se basent sur le culte de la violence qui exhale la mort et la destruction et déteste la vie de l’esprit. Les deux mouvements sont hostiles à la modernité et violemment nostalgiques d’empires passés et de gloires perdues. Les deux mouvements sont obsédés par les humiliations de l’histoire – réelles ou fantasmées – et sont avides de revanche. Les deux mouvements sont infectés de la toxine de la paranoïa antijuive. Les deux mouvements sont enclins au culte de la personnalité et la focalisation unique sur le pouvoir d’un “grand” livre. Les deux mouvements s’attachent à réprimer les “déviances” sexuelles et subordonne la femme tout en détestant le féminin. Les deux mouvements détestent l’art et la littérature, qui sont pour eux des symptômes de dégénérescence et décadence. Christopher Hitchens
We have tolerated extreme Islamic terrorism from the very beginning with the Palestinian state « born in terrorism, » with the assent of governments including France and Germany. When the Israeli athletes were murdered in Munich [in 1972], most European countries freed them when they came to their country. Germany let them go, and most European countries have freed terrorists. It shouldn’t surprise anybody. In Europe, they’ve never fought terror. Not tens, hundreds or thousands, but millions will be supporting what happened today. It’s very, very big problem. The reason it has so many supporters is because it works. Terrorism works. It achieves the goals and results. Palestinians would not be getting a state today if it wasn’t for their terrorists. Alan Dershowitz (Jan. 2015)
Au total trois millions de personnes supplémentaires devraient arriver dans l’Union européenne» de 2015 à 2017, révèle aujourd’hui la Commission européenne, dans son rapport de prévisions économiques. Selon elle, l’impact de cette arrivée devrait être «faible mais positif». (…)Le plus surprenant est le ton sur lequel cette annonce est faite: comme un événement banal, sans grande conséquence, sinon qu’il serait plutôt positif pour l’économie européenne… La Commission a fait de l’accélération de l’immigration sur le continent européen l’un de ses objectifs depuis longtemps. (…) En 2015, un spectaculaire basculement idéologique est intervenu. Depuis l’été 2015, le verrou a sauté. Les distinctions classiques se sont effacées. Tout est désormais confondu: immigration légale destinée au travail ou à une vie familiale, réfugiés fuyant les persécutions, et immigration illégale, par voie maritime, aérienne, routière, qui jusqu’alors devait être farouchement combattue. Les flux de personnes sont désormais englobés sous le vocable de «migrants» et considérés sans nuance comme un bienfait que l’Europe doit accepter sinon favoriser, pour des raisons multiples, démographiques, économiques, civilisationnelles – favoriser la diversité – morales et humanitaires. Les barrières ont été levées. Sous l’impulsion de la Commission, l’Europe a renoncé à contrôler ses frontières, à reconduire dans leur pays d’origine les migrants clandestins. «Il est temps de faire preuve d’humanité et de dignité» a proclamé le président de la Commission M. Juncker le 9 septembre 2015 devant le Parlement européen, en plaine harmonie avec la chancelière allemande Mme Merkel, en appelant à une large ouverture de l’Europe. Un gigantesque appel d’air a été ainsi déclenché, dont nul ne voit quand et comment il pourrait prendre fin ou se ralentir. (…) Pourquoi cette soudaine conversion de l’Europe officielle, jusqu’alors prudente, à un accueil désormais massif et inconditionnel? Il faut y voir d’abord un aveu d’impuissance. Puisque ces événements nous échappent, feignons de nous en féliciter! En outre, la presse, les médias, les lobbies humanitaires, certains milieux patronaux, exercent une pression constante sur les hauts responsables européens et les bureaux pour les convaincre du devoir d’ouverture généralisé et de sa nécessité sur le plan économique et démographique. (…) L’ouverture inconditionnelle fait désormais partie d’une stratégie de la Commission. Quand M. Juncker exigeait des Européens qu’ils se répartissent les migrants par quotas, il était dans une logique de pouvoir. La Commission est en quête d’un nouveau rôle, absolument décisif, s’attribuant un pouvoir colossal, sans équivalent historique, celui de plate-forme de répartition des populations sur tout le continent. Alors que le marché unique est achevé, elle tente ainsi de se replacer au cœur du processus de décision européen. (…) Enfin, à long terme, dans une Europe en crise, l’acceptation voire l’encouragement de mouvements considérables de populations vers le vieux continent sont vécus comme un levier de relance du rêve européen: puisque les passions nationales ne s’effacent pas d’elles-mêmes, les flux migratoires massifs, grâce à l’arrivée de nouvelles cultures, nouveaux modes de vie en Europe, vont contribuer peu à peu à l’effacement des vieux réflexes nationaux au profit d’un homme nouveau, vierge, propice à l’émergence d’une culture européenne multiple et fondée sur la diversité. Dans le même texte du 3 juin 2003, la Commission en appelait à «un engagement clair à promouvoir des sociétés pluralistes.» (…) Les Palais bruxellois sont à des années-lumières des enjeux concrets engendrés par la hausse brutale de l’immigration en Europe: la prolifération partout sur le continent des squats et bidonvilles, à l’image de la Jungle de Calais, le drame des banlieues ghettoïsés, les taux de chômage gigantesques d’une partie de la population issue de l’immigration, les coûts sociaux comme l’aide médicale d’Etat (AME) d’un milliard d’euros par an en France pour les migrants clandestins, les phénomènes de désintégration, de chaos, de repli identitaire et religieux, les risques de violences liées aux difficultés de l’intégration dans le contexte de flux migratoire que les sociétés européennes sont dans l’incapacité absolue d’intégrer, surtout sur leur marché du travail. Alexis Théas
La situation a évolué dans le mauvais sens. Je pense qu’il y a un toboggan dans lequel on est installés depuis plusieurs années et qui nous amène à l’irréparable, puisque maintenant, ces quartiers produisent des terroristes. Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, non, ce sont des terroristes. Il n’y a pas d’efficacité car il y a une mécompréhension du problème. Au-delà des clivages, la question des banlieues a toujours été vécue comme: ‘Ce sont des quartiers pauvres et modestes, quand l’économie ira mieux, ça ira mieux dans les quartiers’. Or, l’aspect économique n’est pas le coeur du problème, qui est beaucoup plus vaste. Malek Boutih (député socialiste des Essones, ancien président de SOS-Racisme)
Ce n’est pas un délit de prôner le djihad. Bernard Cazeneuve (août 2014)
Eight militants killed in Paris attacks: investigation source. Dépêche AFP
Une fois de plus, nous avons assisté à une tentative intolérable visant à terroriser des civils innocents. (…) Nous sommes prêts à fournir toute l’assistance dont le gouvernement et la population de la France auront besoin. (…) Tous ceux qui pensent qu’ils peuvent terroriser le peuple de France et les valeurs qu’il défend se trompent. Barack Hussein Obama
Ceux qui ont perpétré ces crimes n’ont rien à voir avec l’islam, l’humanité et la morale. L’Iran réaffirme qu’un front international uni doit être constitué pour éliminer le terrorisme. Ministère iranien des Affaires étrangères
Le président Mahmoud Abbas condamne fermement les attaques terroristes qui ont eu lieu à Paris et exprime sa solidarité et sa compassion avec le gouvernement et le peuple français face au terrorisme. Le président Abbas a insisté sur « la nécessité pour la communauté internationale de s’unir pour faire face à ces attaques terroristes graves qui participent à la montée des tensions partout. Présidence palestinienne
Nous présentons nos condoléances les plus profondes aux familles des victimes et souhaitons la sécurité et la stabilité pour la France. Le terrorisme n’a pas de religion. Bassem Naim (Hamas)
Nous condamnons ce crime contre des innocents et ce message de haine. L’islam rejette les meurtres indiscriminés. Nafez Azzam (Jihad islamique)
La cible des attaques odieuses à Paris est l’humanité toute entière. La Turquie condamne fermement ces attaques. Ahmet Davutoglu (Premier ministre turc)
 Les attentats à Paris constituent une « violation de toute éthique, morale et religion. Adel al-Jubeir (ministre saoudien des Affaires étrangères)
Le Qatar condamne les attaques armées et les explosions à Paris qui sont contraires à tous les principes et valeurs morales et humanitaires. L’Etat du Qatar réitère son rejet de la violence sous toutes ses formes et quelles que soient ses causes. Communiqué du Qatar
Nous venons d’apprendre qu’il s’est tenu ce dimanche 25/01/2009 à Paris un concert de soutien et de collecte de fonds en faveur de la police des frontières israéliennes, plus connue sous le nom de MAGAV. Ce concert, annoncé en premier lieu au Bataclan, a fini par se tenir secrètement dans un petit centre communautaire juif du 5ème arrondissement de Paris. Le caractère clandestin et extrêmement réduit auquel ont été acculés les organisateurs est le fruit de la forte protestation et indignation à l’égard d’un tel événement, surtout au moment où l’armée israélienne commettait les pires crimes à Gaza. Reste que nous nous interrogeons sur la position des pouvoirs publics, qui continuent d’accepter, année après année, la tenue sur le sol français de ce type de soutien à une armée d’occupation. Cette attitude est contradictoire avec les déclarations de M Kouchner qui a affirmé pendant l’agression israélienne sur Gaza vouloir « éviter l’importation du conflit en France ». Elle laisse croire que dans la conception de la France de MM Sarkozy et Kouchner, s’insurger contre le massacre de la population civile de Gaza est « communautariste » et importateur du conflit du Moyen Orient en France, alors que soutenir l’armée israélienne, occupante et auteure de crimes de guerre, est chose normale. Communiqué de Presse CCIPPP/UJFP/AFPS/GP (26.01.09)
A en croire le journaliste français, Jonathan Simon Salem, résidant en Israël, « les Juifs de France avaient été informés des attentats qui devaient frapper Paris. « Times of Israel » souligne que les Juifs de France s’attendaient à ce que quelques petites attaques visent la France. Bfm TV, chaine de tv pro-israélienne de France, s’ est livrée, aujourd’hui et, pour la première fois, à une analyse étrange de la situation post-attentat. Interrogeant Dominique Rizette, expert des questions militaires, la chaîne a prétendu que ce qui s’ est produit, en France, se produit, depuis 20 ans, en Israël!! La salle de spectacle du Bataclan appartient à un Juif français. Sahartv
Deux hommes recherchés par la police française dans le cadre des attentats à Paris vendredi ont été enregistrés en Grèce comme demandeurs d’asile cette année, a annoncé la police grecque samedi. RTL info
En choisissant de faire de son infiltré horrifié un musulman pratiquant, et en montrant les plus extrémistes du groupe comme des convertis ignorant le Coran, le cinéaste désigne clairement sa cible : non pas l’islam, mais plutôt le marasme social, qui donne prise à un embrigadement pathétique et suicidaire. Télérama
Selon nos informations, un homme a été arrêté le mois dernier par la DGSI parce qu’il projetait de perpétrer un attentat sur le sol français. Il n’avait pas encore acheté d’armes mais son projet a été jugé sérieux. (…) Mis en examen le 15 août, il s’agit d’un djihadiste français qui a séjourné en Syrie au mois de mai. C’est là qu’il aurait reçu pour instruction de perpétrer une attaque dans une salle de concert, un endroit très fréquenté où il aurait pu faire un maximum de victimes. (…) Inconnu des services de renseignements, personne ne s’aperçoit de son retour. C’est un djihadiste espagnol, arrêté dans un autre pays européen, qui va donner son nom lors d’une audition et permettre à la DGSI de l’interpeller, le 11 août, après un mois et demi de surveillance. Le suspect n’avait pas encore choisi de date ni de lieu de son attentat. Il n’avait pas encore acheté d’armes. Mais les enquêteurs considèrent que son projet était sérieux, suffisamment pour l’arrêter. (…) Au mois de juillet, un autre jihadiste français de retour avait aussi déclaré qu’on lui avait demandé de frapper dans une salle de concert. BFM
Ce n’est pas la bataille d’Israël, c’est la bataille de la France, car s’ils réussissent ici et que nous ne sommes pas solidaires, et bien cette peste du terrorisme viendra chez vous. C’est une question de temps mais elle viendra en France. Et c’est déjà le cas. Benjamin Netanyahu (2014)
Israël vit avec le terrorisme aveugle au quotidien depuis le jour de sa création. Nous n’avons pas connu d’autre mode de vie donc, nous n’avons eu aucun problème pour nous y adapter. Mais l’Europe à l’habitude d’un autre genre de vie : la bonne vie, sans restriction et sans souci. Si la terreur islamique menacent de priver les Européens de leur mode de vie, ils [les Européens] n’auront en fin de compte pas d’autre choix que de décider entre ces deux alternatives : se soumettre ou se battre. Expert en contre-terrorisme israélien
Les Européens ont quatre problèmes. Trois d’entre eux portent sur des fondamentaux, le troisième est technique. Le premier problème c’est une question de définition. Il faut appeler un chat un chat. La terreur à laquelle ils doivent faire face actuellement n’est pas idéologique. Il ne s’agit ni des Brigades Rouges [Italie] ni de la Bande à Bader [allemande], et n’est même pas une terreur d’origine criminelle. Cette terreur est alimentée par une forte idéologie religieuse. Certes, il est difficile pour les Européens de se l’avouer, mais le fait est que, bien que tous les musulmans ne soient pas des terroristes, tous les terroristes à notre époque sont musulmans. Vous ne pouvez pas gagner la guerre sans une identification précise de l’ennemi. Le deuxième problème, c’est le renseignement. Il faut avoir une bonne connaissance du terrain et du milieu dans lequel gravitent les terroristes, pour obtenir des renseignements. Après tout, il est clair que ces terroristes ne se trouvent pas parmi la population calviniste suisse. Il n’y a pas d’autre moyen que d’utiliser des méthodes de renseignement agressives. La formule éprouvée et qui a fait ses preuves, c’est que si vous ne les mettez pas sur écoute, vous ne saurez rien. Oui, les populations civiles, aussi. Et oui, vos propres citoyens. Parce que ce sont vos citoyens aussi, qu’ils se fondent parmi eux, ont étudié dans votre système scolaire et c’est pourquoi vous n’avez pas le choix. Vous devez recourir aux écoutes électroniques, les prendre en filature, parce que sans cela il n’y a pas de renseignements et sans renseignements, vous ne pouvez pas gagner la guerre. C’est ce que la France a appris à ses dépends la semaine dernière. Le troisième problème, c’est l’utilisation des renseignements. Dans le milieu de criminalité qui relève du pénal, si les malfaiteurs sont sur écoute électronique et que vous les entendez planifier de braquer une banque, vous ne pouvez pas faire grand chose, sauf continuer à avoir l’œil sur eux. Vous ne pouvez pas poursuivre les gens pour leurs intentions. Mais quand il s’agit de terrorisme, où tant de vies humaines sont en jeu, vous n’avez pas d’autre choix que de prendre des mesures préventives, au moins d’avoir recours à des détentions administratives. Le quatrième problème est d’ordre technique. L’Europe est composée de 28 états et 28 forces de police. Il n’y a pas de système fédéral qui intègre toutes les informations. Vous pouvez voyager du Portugal à la Lituanie sans être contrôlé, même une seule fois en chemin. Dans ce contexte, vous pouvez faire un attentat quelque part puis disparaître, sans que personne ne soit en mesure de vous traquer. Vous ne pouvez pas lutter contre le terrorisme de cette façon. Amidror
Pour éviter et stopper la vague actuelle de radicalisation en Europe, il est indispensable d’intervenir ainsi dans la vie civique. Les autorités doivent créer des institutions qui doivent travailler à combler le fossé culturel entre les musulmans et les populations européennes. La radicalisation est le résultat du désespoir et de la jeunesse qui a le sentiment d’être privée de perspectives économiques. Des mouvements de jeunesse et des centres culturels doivent être fondés ; des ressources, de l’énergie et de la matière grise doivent être investis. C’est un processus long et sisyphique, mais c’est la vraie solution. L’organisation du renseignement et ses applications dont je viens de parler sont des mesures immédiates à prendre pour stopper le carnage, mais pas des solutions sur le long terme. Igra
Je conseille aux Européens de déplacer leurs curseurs entre ces deux opposés, tous deux d’importance ; d’une part un ensemble de valeurs : la vie privée et les droits humains, et d’autre part le droit des êtres humains à la vie et l’obligation qui en découle de préserver leur sécurité. Les Israéliens et les Américains ont trouvé un point d’équilibre entre les deux, avec lequel les autorités qui appliquent la loi sont autorisés [une fois l’autorisation reçue et assortie des restrictions appropriées] de recueillir des renseignements sur des citoyens du pays pour le bien et la sécurité de tous et parer au terrorisme. Les Européens sont prisonniers de leur discours « politiquement correct », et ne sont pas efficaces pour lutter contre le terrorisme. C’est pourquoi ils sont limités dans la lutte anti-terroriste au niveau national. En outre, ils n’empêchent pas le retour des combattants étrangers qui possèdent des passeports européens et se sont rendus au Moyen-Orient pour y être formés au combat dans des organisations comme al-Qaïda, Jabhat al-Nusra, l’État islamique et autres organisations djihadistes radicales. Ils ne surveillent pas assez ceux qui reviennent en Europe avec un passeport européen – tant qu’ils n’ont pas commis un crime en Europe – et quand cela arrive, il est parfois trop tard. Surtout qu’ils ne sont pas disposés à ficher ces combattants et les mettre sur des listes de personnes à surveiller par les renseignements », et pour recueillir des renseignements sur eux. Ancien chef du renseignement militaire israélien
La France a-t-elle pris du conscience du danger qui la guette depuis des années et dont elle a trop souvent nié l’existence ? A-t-elle pris la mesure des changements profonds qu’elle devra accomplir dans son état d’esprit, dans sa vie quotidienne, et dans sa volonté politique pour vaincre le fléau qui la menace ? Rien n’est moins sûr et les premiers signes au lendemain d’une mobilisation sans précédent et d’un grand happening national ne sont pas encourageants. Il faut espérer que nous ne sommes pas en train de revivre les heures tragiques de l’après Munich, lorsqu’en 1938 une foule en délire pensait avoir sauvé la paix alors qu’elle se condamnait à une guerre en situation d’infériorité. Aucune guerre n’a jamais été gagnée par une manifestation, aussi importante soit-elle ; ce qui ne signifie pas qu’il faut se priver de cet outil de démonstration. Cependant, l’important ce n’est pas l’esprit bon enfant, la convivialité, l’âge des participants, l’originalité des pancartes ou le nombre de célébrités reconnues, mais de s’entendre sur la nature de cette guerre, sur son sens, sur les valeurs communes qu’elle entend porter, et sur l’ordre qu’elle entend rétablir. Or on assiste, comme souvent dans la société française, à un déplacement à la fois sémantique et psychologique des questions et des problèmes. Comment peut-on croire un instant que les événements tragiques de la semaine dernière ont un rapport quelconque avec la laïcité ? Car de deux choses l’une, ou bien on dit laïcité pour ne pas dire islamisme intégral (et alors il faut se demander pourquoi ?), ou bien on ne comprend pas le terme de laïcité, qui, par définition, si j’ai bien relu mon dictionnaire grec provient de l’adjectif laïkos, dont l’origine est le mot laos et induit l’existence d’un peuple sacré. Réduire le conflit moral et politique avec le salafisme ou le djihadisme à un débat entre l’esprit de Voltaire, la tolérance ou les idéaux de la Révolution avec le Coran est une vision intellectuellement bien pauvre de ce qu’est la France, surtout si l’on se souvient de l’antisémitisme virulent de l’auteur de Candide, du génocide vendéen ou de l’application de la guillotine par la Terreur révolutionnaire. Michaël Bar-Zvi
Nous avons en face de nous un groupe ­terroriste plus puissant que jamais. Bien plus puissant qu’Al-Qaïda à sa grande époque. L’EI, fort d’environ 30 000 “soldats” sur le terrain, a recruté plus de membres que l’organisation fondée par Ben Laden en quinze ans ! Et ce n’est pas fini. La France est, de fait, confrontée à une double menace. Celle du déferlement de ce que j’appelle les “scuds” humains du djihad individuel, ces hommes qui passent à l’action sans grande formation ni préparation, agissant seuls, avec plus ou moins de réussite, comme on a pu le voir ces derniers temps. Et celle, sans commune mesure, que je redoute : des actions d’envergure que prépare sans aucun doute l’EI, comme celles menées par Al-Qaïda, qui se sont soldées parfois par des carnages effroyables. (…) Ceux que l’on arrête et qui acceptent de parler nous disent que l’EI a l’intention de nous frapper systématiquement et durement. Comprenez-moi bien, il ressort de nos enquêtes que nous sommes indubitablement l’ennemi absolu. Les hommes de Daech ont les moyens, l’argent et la faculté d’acquérir facilement autant d’armes qu’ils veulent et d’organiser des attaques de masse. Le terrorisme est une surenchère ; il faut toujours aller plus loin, frapper plus fort. Et puis, il reste “le prix ­Goncourt du terrorisme” à atteindre, et je fais là référence aux attentats du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center. Je n’imagine pas un instant qu’un homme tel qu’Abou Bakr ­al-Baghdadi et son armée vont se satisfaire longtemps d’opérations extérieures de peu d’envergure. Ils sont en train de penser à quelque chose de bien plus large, visant en tout premier lieu l’Hexagone. (…) Traditionnellement, l’adversaire numéro un du terrorisme djihadiste a longtemps été les Etats-Unis, mais les paramètres ont changé. Les Américains sont plus difficiles à atteindre. La France, elle, est facile à toucher. Il y a la proximité géographique, il y a des relais partout en Europe, il y a la facilité opérationnelle de renvoyer de Syrie en France des volontaires aguerris, des Européens, membres de ­l’organisation, qui peuvent revenir légalement dans l’espace Schengen­ et s’y fondre avant de passer à l’action. (…) La France est devenue l’allié numéro un des Etats-Unis dans la guerre contre Daech et les filières djihadistes. Nous combattons par les armes aux côtés des Etats-Unis. Nous avons mené des raids aériens contre l’EI en Irak. Maintenant, nous intervenons en Syrie. (…) Longtemps notre dispositif antiterroriste nous a permis de porter des coups sévères aux terroristes et aux ­djihadistes de toute obédience. (…)  la donne a changé. L’évidence est là : nous ne sommes plus en mesure de prévenir les attentats comme par le passé. On ne peut plus les empêcher. Il y a là quelque chose d’inéluctable. Bien sûr, on arrête des gens, on démantèle des cellules, on a de la chance aussi, comme on a pu le voir avec certaines affaires récentes, mais la chance ou le fait que les terroristes se plantent dans leur mode opérationnel, ou encore que des citoyens fassent preuve de grande bravoure, ça ne peut pas durer éternellement. Quant aux moyens affectés à la lutte antiterroriste, ils sont clairement devenus très insuffisants, et je pèse mes mots. On frise l’indigence à l’heure où la menace n’a jamais été aussi forte. Ces deux dernières années, j’ai constaté par moi-même qu’il n’y avait parfois plus d’enquêteurs pour mener les investigations dont nous avions besoin ! On fait donc le strict minimum, sans pouvoir pousser les enquêtes, sans “SAV”, au risque de passer à côté de graves menaces. Les politiques prennent des postures martiales, mais ils n’ont pas de vision à long terme. Nous, les juges, les policiers de la DGSI, les hommes de terrain, nous sommes complètement débordés. Nous risquons d’“aller dans le mur”. (…) Sentinelle, Vigipirate, on ne peut pas se permettre de s’en priver, la population ne le comprendrait pas, mais fondamentalement cela ne résout rien. Cela ne freinera pas les hommes de l’EI le jour où ils décideront de passer à la vitesse supérieure et de commettre des attentats d’ampleur. D’autant que nous sommes incapables d’enrayer leur montée en puissance constante. Nul doute que le groupe soit actuellement en train de bâtir les structures, les réseaux, de former les hommes pour concevoir des plans d’attentats de masse. Ils préparent le terrain pour pouvoir frapper fort. (…) Procéder à des frappes “extra-judiciaires” revient à se calquer sur le modèle américain. Cela fait des années que les Etats-Unis éliminent des chefs, des stratèges, des recruteurs au Yémen, en Afghanistan, en Somalie, mais sans affaiblir les groupes visés. Cela n’a jamais marché ! (…) Si l’on prend l’exemple des frères Kouachi, les auteurs de la fusillade de “Charlie Hebdo”, ils étaient, au vu de ce que l’on sait, “en route” pour une campagne d’attentats. On y a échappé parce que, dans un accident de voiture, l’un des frères a perdu sa carte d’identité. C’est cela qui a permis de les identifier et de lancer la chasse à l’homme qui s’est soldée par la mort des deux terroristes, tués par le GIGN. Les Kouachi n’étaient pas partis pour une opération suicide ! S’ils avaient pu, ils auraient continué à frapper. Comme Nemmouche, le tueur du Musée juif de Bruxelles, comme Merah… L’an dernier, j’ai fait neutraliser un réseau de djihadistes très dangereux qui voulait créer un commando de dix “Merah” autonomes, opérant simultanément sur l’ensemble du territoire. L’idée que nous soyons un jour confrontés à une ou plusieurs campagnes d’attentats majeurs ne peut être écartée. Ceux qui nous attaquent veulent nous faire le plus de mal possible. Et le faire dans la durée. Ils s’y préparent. Les Français vont devoir ­s’habituer non à la menace des attentats, mais à la réalité des attentats, qui vont à mes yeux immanquablement survenir. Il ne faut pas se voiler la face. Nous sommes désormais dans l’œil du cyclone. Le pire est devant nous. Marc Trévidic (ex-juge antiterroriste)
Sur les dernières années sûrement et sur les derniers mois évidemment, puisque les gens qu’on arrêtait et qui voulaient bien reconnaître les faits nous disaient : ils ne rêvent que d’une chose, l’Etat islamique, c’est d’attaquer la France, et ils mettront tous les moyens nécessaires. (…) Le dernier que j’ai vu, c’était mi-août. Et on lui avait demandé de faire un attentat dans un concert de rock. (…) C’était l’Etat islamique. Ils ont trop de monde, plein de monde, donc ils peuvent faire des attentats kamikazes, ils peuvent perdre des gens, en envoyer autant qu’ils en veulent. Ils peuvent être arrêtés, ce n’est pas grave. Si ça ne marche pas la première fois, la deuxième fois, la troisième fois, ça marchera la 5 ou la 6e. Ils ont cette grande capacité que n’a plus vraiment Al-Qaeda de gâcher du personnel. (…) Quand on voit le degré d’organisation de ces attentats : il a quand même fallu fabriquer les ceintures d’explosifs, ou les amener directement de Syrie. Ce sont des produits instables. Il faut être assez professionnel. Il faut se balader avec. Vous voyez, ce sont des professionnels, ce sont des guerriers qu’on nous a envoyés. (…) Je pense que si l’émir de l’Etat islamique en Syrie demande à main levée à ses recrues ‘qui veut aller faire un attentat en France’, vous aurez 200 bras levés en une demi-seconde. (…) Ils ont une capacité de projection qui est importante et qui est logique, puisque pendant trois ans on les a laissé grossir et devenir surpuissant. On a laissé un monstre grossir. Quand un groupe terroriste est fort, il s’exporte. (…)  C’est toujours la même histoire : on laisse un groupe se développer et on dit ‘Ah ! On a un monstre devant nous !’ Ben ouais ! (…) Il faut vraiment voir ce problème sur dix ans. Après le premier conflit en Irak, on a vu croître la propagande djihadiste, et la radicalisation monter en flèche. On commence à traiter les causes maintenant, parce que cela a explosé. Mais pendant dix ans, on n’a rien fait. On ne faisait rien en maison d’arrêt, on ne faisait rien dehors, ou pour empêcher les sites internet d’arriver dans tous les foyers, pour qu’un gamin de 12 ans puisse regarder des vidéos djihadistes. (…) Et c’est notre ambiguïté, l’ambiguïté des sociétés modernes. on est copains avec des gens qui ont des idéologies très proches. (…) Le wahabisme a diffusé cette idéologie sur la planète depuis le conflit en Afghanistan, pour simplifier depuis 79. (…) On est dans un paradoxe total. (…) Le plus probable, c’est ça: ils ne vont rien faire pendant cinq-six mois pour voir la réaction de la France, qu’est-ce qui se passe, est-ce qu’on prend des mesures, est-ce qu’on met dans des centres de rétention… (…) C’est la technique, ça, depuis Ben Laden. C’est l’idée qu’on va taper sur la communauté musulmane, les musulmans vont dire: ‘voyez, ils nous en veulent, l’Occident nous en veut, etc’. Donc ils vont se radicaliser encore plus facilement. C’est l’effet boule de neige. Et ça, ça a été vraiment écrit comme stratégie par Al Qaeda dans le temps il y a bien longtemps. Il faut que les populations musulmanes se soulèvent et pour ça il faut qu’on leur tape dessus. Il faut que nous, on leur tape dessus pour qu’après ils se soulèvent. (…) Quoiqu’on en dise, malgré tout, ça fait moins de morts que la grande criminalité de droit commun …. Il faut donc relativiser. Et si on est  soudés, si on fait comme les Anglais après ce qui s’est passé dans le métro,etc., on est quand même pas un pays si faible qu’on va avoir peur de l’État islamique. Marc Trévidic
We went to school on that attack [2008 Mumbai errorist attack]. We had great fear that we would see copycat versions of that attack — and now, I fear that our fears have been realized, and we’re seeing that carried out tonight in Paris. It shows the fragility of free societies. It shows the great danger that international terrorism presents to all of us. (…)  It really upset us because here was an attack of great damage, great harm, great carnage, great strategic significance that was conducted by a small number of people — about a dozen — armed with nothing more than automatic weapons and cell phones. (…) Obviously, they were soft targets. They were targets where masses of people were located — and there were targets where they could create mass casualties with a minimum amount of effort, and frankly a minimum amount of participants. You’ve got to be on your guard for all possible options going forward. Retired Air Force Gen. Michael Hayden (former director of the CIA and the National Security Agency)
Dans cette guerre, les plus aguerris sont les Israéliens. Cela veut dire que nous devons profiter pleinement et explicitement de leur avance en la matière. André Sénik
Les assassins parlaient français. Ils sont de chez nous. Comment pouvons-nous encore laisser partir pour la Syrie des tueurs qui vont là-bas pour tuer ? Comment pouvons-nous les laisser revenir sans les emprisonner pour qu’ils tuent en France ? Comment pouvons-nous tolérer sur notre territoire des prédicateurs de haine suffisamment habiles pour ne pas appeler au meurtre et suffisamment fanatiques pour nous traiter de chiens ou de « souchiens ». Benoit Rayski
« Nous avions un projet d’attentat contre le Bataclan parce que les propriétaires sont juifs. » Cette phrase, glaçante au regard de la prise d’otages et du carnage qui aurait fait ce vendredi « une centaine de morts », selon des sources policières, a été prononcée dans les bureaux de la DCRI, en février 2011. Les services français interrogeaient alors des membres de « Jaish al-Islam », l’Armée de l’islam, soupçonnés de l’attentat qui a coûté la vie à une étudiante française au Caire en février 2009. Ils planifiaient un attentat en France et avaient donc pris pour cible la célèbre salle de spectacle parisienne. En 2007 et en 2008, le Bataclan avait déjà été sous la menace de groupes plus ou moins radicaux. En cause : la tenue régulière de conférences ou de galas d’organisations juives, notamment le « Magav », une unité de garde-frontières dépendant de la police d’Israël. En décembre 2008, alors qu’une opération de l’armée israélienne a lieu dans la bande de Gaza, les menaces autour du Bataclan se font plus précises. Sur le Web, une vidéo montrant un groupe d’une dizaine de jeunes, le visage masqué par des keffiehs, qui menacent les responsables du Bataclan à propos de l’organisation du gala annuel du Magav. À l’époque, Le Parisien y consacre un article sans que cette poignée de militants soit véritablement identifiée. Dans la foulée, ce meeting annuel sera reporté. (…) la presse israélienne rappelait que le groupe de rock Eagles of Death qui se produisait ce vendredi 13 au soir avait effectué une tournée en Israël. Le groupe avait alors dû faire face à plusieurs appels au boycott, ce qui ne les avait pas empêchés de s’y produire. Le Point
Plus grave encore, dès sa quatrième audition devant la DCRI, Dodi Hoxha charge Farouk Ben Abbes, interpellé en même temps qu’elle au Caire. Il aurait avoué à la Sécurité d’État qu’il «avait un projet d’attentat en France contre le Bataclan» (la salle de spectacle parisienne). Fatima F., incarcérée au Caire avec Dodi Hoxha aurait, elle, justifié cette action terroriste au motif que «les propriétaires [du Bataclan] sont des juifs». La Française aurait alors cessé tout transport de fonds pour ne pas être «manipulée». La mention de la célèbre salle de spectacle du XIe arrondissement de Paris n’est pas anodine. Car, en janvier 2007, Le Bataclan a été la cible de menaces de mouvements islamistes pour avoir accueilli un concert en soutien «aux gardes frontières israéliens». Le Figaro
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, vous ne vous êtes pas demandé depuis combien de temps cette occupation israélienne s’est prolongée sur notre terre : 67 ans (soit, depuis la création d’Israël), combien de temps pensez-vous que cela peut encore durer. Mahmoud Abbas
L’Etat actuel d’Israël n’est pas légitime. C’est pourquoi nous n’avons pas de relations avec eux car nous ne considérons pas cet Etat comme légitime. Nous pensons que toutes les personnes qui étaient d’origine palestinienne et qui sont en errance à l’étranger doivent pouvoir tous revenir sur leurs terres. Il faut qu’il y ait des élections publiques sous la supervision des Nations unies et quels qu’en soient les résultats, nous les accepterons. (…) nous parlons d’un Etat. Que tout le monde se réunisse et vote. Avant 1948, il y avait un seul pays. Nous voulons retourner à cette situation. (…) Nous parlons du vote du peuple. Une fois réunis, tous les juifs, tous les musulmans, tous les chrétiens, tous ceux qui appartiennent à cette terre et sont aujourd’hui réfugiés doivent revenir dans leur pays et voter. C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas de relation avec cet Etat. La seule solution, c’est une élection libre. (…) De grandes compagnies, notamment Airbus, sont présentes en Iran. Nous achèterons, c’est vrai, à ces grandes compagnies, et notamment Airbus.  (…) L’Iran, à aucun moment, n’a souhaité fabriquer une bombe atomique, ni hier, ni aujourd’hui. Hassan Rohani
Aux peuples d’Autriche-Hongrie, dont nous désirons voir sauvegarder et assurer la place parmi les nations, devra être accordée au plus tôt la possibilité d’un développement autonome.  La Roumanie, la Serbie et le Monténégro devraient être évacués ; les territoires occupés devraient être restitués ; à la Serbie devrait être assuré un accès à la mer libre et sûr; les relations des états Balkans entre eux devraient être déterminés par une entente amicale le long de lignes historiquement établies d’allégeance et de nationalité; des garanties internationales quant à l’indépendance politique et économique, et l’intégrité territoriale des États des Balkans devrait également être introduites. Aux régions turques de l’Empire ottoman actuel devraient être assurées la souveraineté et la sécurité ; mais aux autres nations qui sont maintenant sous la domination turque on devrait garantir une sécurité absolue de vie et la pleine possibilité de se développer d’une façon autonome ; quant aux Dardanelles, elles devraient rester ouvertes en permanence, afin de permettre le libre passage aux vaisseaux et au commerce de toutes les nations, sous garantie internationale. Un État polonais indépendant devrait être créé, qui inclurait les territoires habités par des populations indiscutablement polonaises, auxquelles on devrait assurer un libre accès à la mer, et dont l’indépendance politique et économique ainsi que l’intégrité territoriale devraient être garanties par un accord international. Une association générale des nations doit être constituée sous des alliances spécifiques ayant pour objet d’offrir des garanties mutuelles d’indépendance politique et d’intégrité territoriale aux petits comme aux grands États. Woodrow Wilson (Quatorze points, 18 janvier 1918)
Le traité de Saint-Germain-en-Laye, parfois appelé traité de Saint-Germain, signé le 10 septembre 1919 au château de Saint-Germain-en-Laye, établit la paix entre les alliés et l’Autriche, et consacre l’effondrement de la monarchie austro-hongroise : l’ancien Empire des Habsbourg est démantelé et remplacé par une demi-douzaine d’États successeurs selon le principe, posé dans le 9e des 14 points du président américain Woodrow Wilson, du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». (…) Il est fait droit à l’aspiration des Polonais d’intégrer la Galicie dans l’État polonais, restauré dans son existence et dans ses droits, et à l’aspiration des Roumains d’intégrer la Bucovine dans l’État roumain agrandi des provinces à majorité roumanophone de l’ancienne Autriche-Hongrie et de l’ancien Empire russe. La revendication des Tchèques et des Slovaques en vue de se doter d’un pays commun est reconnue et officialise l’existence de la Tchécoslovaquie. Les Allemands des Sudètes, population germanophone majoritaire à la frontière allemande, se retrouvent avec le statut de minorité linguistique au sein du nouveau pays. La revendication des Slovènes, des Croates et des Serbes d’Autriche-Hongrie de se doter d’un pays commun englobant également la Serbie et le Monténégro, est reconnue et officialise l’existence du (nouveau) Royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Quelques zones germanophones de la Basse-Styrie ainsi que la vallée de Mieß en Carinthie font partie de ce nouvel État. Dans le Haut-Adige, outre 90 000 Italiens, 200 000 Allemands sont intégrés malgré eux à l’Italie, la délégation italienne ayant fait valoir que la ligne de partage des eaux sur le col du Brenner est une frontière naturelle de l’Italie1. L’Italie annexe également Trieste, l’Istrie et des parties de la Dalmatie (que revendiquaient également les Slovènes, les Croates et les Serbes). Wikipedia
Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les juifs jouissent dans tout autre pays. Déclaration Balfour
Le Conseil de la Société des nations … Considérant que les Principales Puissances Alliées ont convenu que le Mandat est chargé d’appliquer la déclaration annoncée le 8 novembre 1917 par le Gouvernement Britannique et adoptée par les autres puissances alliées, en faveur de l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif ; étant clairement entendu qu’aucune démarche ne devrait être entreprise pouvant porter préjudice aux droits civils et religieux des communautés non juives en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont bénéficiaient les Juifs dans d’autres pays. Résolution de San Remo (24  avril 1920, confirmée par le Conseil de la Société des nations le 24 juillet 1922, mise en application en septembre 1923)
3. Reconnaît que la dissolution de la Société des Nations mettra fin à ses fonctions en ce qui concerne les territoires sous mandat, mais note que des principes correspondant à ceux que déclare l’article 22 du Pacte sont incorporés dans les chapitres XI, XII et XIII de la Charte des Nations Unies; 4. Note que les Membres de la Société administrant actuellement des territoires sous mandat ont exprimé leur intention de continuer à les administrer, en vue du bien-être et du développement des peuples intéressés, conformément aux obligations contenues dans les divers mandats, jusqu’à ce que de nouveaux arrangements soient pris entre les Nations Unies et les diverses Puissances mandataires. Résolution de l’assemblée de la Société des nations (18 avril 1946)
À l’exception de ce qui peut être convenu dans les accords particuliers de tutelle conclus conformément aux Articles 77, 79 et 81 et plaçant chaque territoire sous le régime de tutelle, et jusqu’à ce que ces accords aient été conclus, aucune disposition du présent Chapitre ne sera interprétée comme modifiant directement ou indirectement en aucune manière les droits quelconques d’aucun État ou d’aucun peuple ou les dispositions d’actes internationaux en vigueur auxquels des Membres de l’Organisation peuvent être parties. Chapitre XII : Régime international de tutelle (article 80, San Francisco, 26 juin 1945)
Ayant en vue spécifiquement la mise en œuvre de la résolution du Conseil de sécurité du 16 Novembre 1948, les objectifs et principes suivants sont confirmés:
1. Est reconnu le principe selon lequel aucun avantage militaire ou politique ne devrait être acquis pendant la trêve ordonnée par le Conseil de sécurité;
2. Il est également reconnu, les dispositions du présent accord étant dictées exclusivement par des considérations militaires, qu’aucune disposition du présent Accord ne porte en rien atteinte aux droits, revendications et positions de l’une ni de l’autre Partie dans le règlement pacifique et final de la question palestinienne. Accord Jordano-israélien d’armistice général du 3 Avril 1949 (article II)
La ligne de démarcation de l’armistice ne doit être interprétée d’aucune façon comme une frontière politique ou territoriale. Accord Israélo-égyptien d’armistice général du 24 Février 1949 (Article V)
À la fin du XIXe siècle, se structure un nationalisme juif, le sionisme, qui soutient la création d’un État-nation juif en Palestine qu’il définit comme « Terre d’Israël ». En 1917, les Britanniques, par l’intermédiaire de la Déclaration Balfour, se déclarent en faveur de l’établissement d’un foyer national pour le peuple juif. En 1919, est signé l’Accord Fayçal-Weizmann en tant qu’élément de la Conférence de paix de Paris. Cet accord prévoit l’établissement d’une coopération judéo-arabe pour le développement d’une patrie juive et d’une nation arabe en Palestine. La même année se tient à Jérusalem le Congrès de la Palestine arabe qui exige l’annulation de la déclaration de Balfour et l’inclusion de la Palestine comme partie intégrante du gouvernement arabe indépendant de la Syrie et rejette le sionisme tout en acceptant l’aide britannique sous condition de ne pas empiéter sur la souveraineté arabe en Palestine envisagée en tant qu’élément d’un État syrien indépendant. La population arabe du pays s’oppose au projet. Des émeutes sont régulièrement organisées dans toute la Palestine dès 1919. En avril 1920, des émeutes à Jérusalem font une dizaine de morts et près de 250 blessés à la veille de la Conférence de San Remo qui doit étudier la question du futur de la Palestine. La Société des Nations s’y déclare favorable au projet d’établissement d’un foyer national juif et en 1922, elle officialise le mandat britannique sur la Palestine. Dès 1920, Mohammed Amin al-Husseini devient l’un des principaux leaders du nationalisme palestinien ayant pour but la création d’un État arabe palestinien indépendant; il s’oppose activement au sionisme et est considéré comme l’instigateur de 1921 à 1937 des émeutes violentes en réaction au projet de l’établissement d’un « Foyer juif » en Palestine. Il est réputé antisémite. En 1937, alors qu’il est recherché par la police britannique pour son rôle dans ces émeutes il s’enfuit en Syrie. En 1941, il se réfugie en Allemagne nazie et demande à Hitler de lui apporter son soutien contre la création d’un Foyer juif. En 1925, Izz al-Din al-Qassam, né en Syrie, prône la lutte armée comme action politique, en 1930 il fonde une organisation paramilitaire, La main noire qui se lance dans des attaques contre les juifs et les britanniques, prêchant la violence politique d’inspiration religieuse, le Jihad et l’anti-sionisme. En 1935 est fondé le Parti arabe palestinien créé par la famille Al-Husseini. L’opposition arabe palestinienne culmine avec la Grande Révolte de 1936-1939. Menée par les nationalistes palestiniens, elle s’oppose à la fois à la présence juive et britannique en Palestine et aux hommes politiques palestiniens se revendiquant d’un nationalisme panarabe. Le 18 février 1947, les Britanniques annoncent l’abandon de leur mandat sur la région et transfèrent la responsabilité sur la Palestine mandataire à l’ONU. Wikipedia
Le rejet du plan de partition de 1947 était une erreur, l’erreur du monde arabe dans son ensemble, mais est-ce qu’ils [les Israéliens] nous punissent de cette erreur soixante-quatre ans plus tard ? Mahmoud Abbas (Président de l’Autorité palestinienne, 28 octobre 2011)
L’argument fondamental que les Arabes utilisent contre Israël est que la seule raison de sa création aurait été d’apaiser la mauvaise conscience des Européens après la Shoah. Selon leurs dires, les Juifs n’auraient aucun droit sur la Terre d’Israël du point de vue légal, historique et moral. Or, cet argument est complètement faux ». (…) « La communauté internationale a reconnu les droits légaux, historiques et moraux du peuple juif sur la Terre d’Israël bien avant que quiconque ait jamais entendu parler d’Adolf Hitler. En 1922, la Société des Nations avait mandaté la « reconstitution » – et non la création – du foyer national juif sur la Terre d’Israël dans ses frontières historiques sur les deux rives du Jourdain. Caroline Glick
The state of Israel came into being by the same legitimate process that created the other new states in the region, the consequence of the dismantling of the Ottoman Empire after World War I. Consistent with the traditional practice of victorious states, the Allied powers France and England created Lebanon, Syria, Iraq, and Jordan, and of course Israel, to consolidate and protect their national interests. This legitimate right to rewrite the map may have been badly done and shortsighted––regions containing many different sects and ethnic groups were bad candidates for becoming a nation-state, as the history of Iraq and Lebanon proves, while prime candidates for nationhood like the Kurds were left out. But the right to do so was bestowed by the Allied victory and the Central Powers’ loss, the time-honored wages of starting a war and losing it. Likewise in Europe, the Austro-Hungarian Empire was dismantled, and the new states of Austria, Hungary, Yugoslavia, and Czechoslovakia were created. And arch-aggressor Germany was punished with a substantial loss of territory, leaving some 10 million Germans stranded outside the fatherland. Israel’s title to its country is as legitimate as Jordan’s, Syria’s and Lebanon’s. Bruce Thornton

Attention: une délégitimation peut en cacher une autre !

A l’heure où après les semaines noires que viennent de connaitre dans la plus grande indifférence les rues israéliennes …

Où se multiplient, des dirigeants palestiniens et iraniens aux plus hautes instances de l’Union européenne, les appels à la délégitimation d’Israël …

Et que, selon les paroles récentes du député socialiste Malek Boutih, dix ans après les émeutes qui avaient suivi la mort accidentelle de Zyed Benna et Bouna Traoré, « les émeutiers sont devenus terroristes »

C’est au tour de la France, avec cette véritable opération « militaire » concertée,  de subir à nouveau la barbarie islamiste …

Dument dénoncée, en une belle unanimité et entre deux théories du complot, par tous les mouvements terroristes qui se respectent (Abbas, Hamas, Djihad islamique) comme leurs financiers (Arabie saoudite, Qatar) et les génocidaires actuels et passés (Iran et Turquie) …

Et à l’instar de dirigeants dépassés et d’intellectuels, journalistes ou cinéastes complètement irresponsables, de finalement comprendre qu’elle était en guerre …

Avec les tenants d’une religion que la Maison Blanche se refuse toujours à nommer …

Pendant qu’une Europe complètement désarmée ouvre ses portes à une véritable invasion de crieurs d’Allah Akbar

Tout en multipliant les « murs de la honte » jusque là reprochés au seul Israël et récompensant économiquement et diplomatiquement toute une génération de terroristes

Et fustigeant comme première menace les seuls partis qui tentent de donner l’alerte …

Qui se souvient des paroles du premier ministre israélien il y a un peu plus d’un an …

Avertissant que le sort d’Israël et de la France était lié et que la « peste du terrorisme » allait aussi venir en France ?

Et qui rappelle avec Bat Ye’or que « si Israël est un occupant dans son pays, le christianisme, qui tire sa légitimité de l’histoire d’Israël, l’est aussi comme le serait tout autre État infidèle » ?

Autrement dit que la délégitimation d’une nation issue, bien avant 1948 et le génocide nazi, du démembrement de l’Empire ottoman suite à la Première guerre mondiale…

Pourrait bien entrainer la perte non seulement pour ses voisins du Liban, de la Syrie, de l’Irak et de la Jordanie…

Mais aussi pour nombre de pays européens issus eux aussi de l’éclatement d’un empire cette fois austro-hongrois …

De la légitimité que leur avait attribué à tous, dès 1920 et juste après le génocide musulman des chrétiens de Turquie, la Société des nations à San Rémo ?

Israel’s Worst Enemy: Lies and Myths
Bruce S. Thornton
FrontPage Magazine
April 8, 2014

The Washington Post reports that some members of Secretary of State John Kerry’s senior staff think it’s time to say “enough” of Kerry’s futile and delusional attempts to broker peace between the Israelis and Arabs and implement the “two-state solution.” That’s a revelation one would think the chief diplomat of the greatest power in history would have experienced decades ago. Since the failed 1993 Oslo Accords, it has been obvious to all except the duplicitous, the ignorant, and the Jew-hater that the Arabs do not want a “Palestinian state living in peace side-by-side with Israel,” something they could have had many times in the past. On the contrary, as they serially prove in word and deed, they want Israel destroyed.

As Caroline Glick documents in her new book The Israeli Solution, the “two-state solution” is a diplomatic chimera for the West, and a tactic for revanchist Arabs who cannot achieve their eliminationist aims by military means. But the “Palestinian state” is merely one of many myths, half-truths, and outright lies that befuddle Western diplomats and leaders, and put the security and possibly the existence of Israel at risk.

First there is the canard that Israel is somehow an illegitimate state, a neo-imperialist outpost that Westerners created to protect their economic and geopolitical interests. In this popular myth, invading Jewish colonists “stole” the land and ethnically cleansed the region of its true possessors, the indigenous “Palestinian people.” This crime was repeated after 1967 Six Day War, when Israel seized the “West Bank,” occupying it as a colonial power and subjecting its inhabitants to a brutally discriminatory regime. The continuing power of this lie can be seen in the frequent comparison of Israel to apartheid South Africa. And this false historical analogy in turn drives the “Boycott, Divest, and Sanctions” movement, which is attempting to make Israel even more of a pariah state in order to duplicate the success of those tactics in dismantling white rule in South Africa.

Every dimension of this narrative is false. The state of Israel came into being by the same legitimate process that created the other new states in the region, the consequence of the dismantling of the Ottoman Empire after World War I. Consistent with the traditional practice of victorious states, the Allied powers France and England created Lebanon, Syria, Iraq, and Jordan, and of course Israel, to consolidate and protect their national interests. This legitimate right to rewrite the map may have been badly done and shortsighted––regions containing many different sects and ethnic groups were bad candidates for becoming a nation-state, as the history of Iraq and Lebanon proves, while prime candidates for nationhood like the Kurds were left out. But the right to do so was bestowed by the Allied victory and the Central Powers’ loss, the time-honored wages of starting a war and losing it. Likewise in Europe, the Austro-Hungarian Empire was dismantled, and the new states of Austria, Hungary, Yugoslavia, and Czechoslovakia were created. And arch-aggressor Germany was punished with a substantial loss of territory, leaving some 10 million Germans stranded outside the fatherland. Israel’s title to its country is as legitimate as Jordan’s, Syria’s and Lebanon’s.

Then there is the melodrama of the “displacement” of the “Palestinians,” who have been condemned to live as stateless “refugees” because of Israel’s aggression. This narrative of course ignores the fact that most of the Arabs fleeing Palestine left voluntarily, the first wave, mainly the Arab elite, beginning in November 1947 with the U.N. vote for partition. At the time it was clear to observers that most of the Arabs chose to flee their supposed ancestral homeland. In September 1948 Time magazine, no friend of Israel, wrote, “There is but little doubt that the most potent of the factors [explaining the Arab flight] were the announcements made over the air by the Arab Higher Committee urging the Arabs to quit.” These were followed in 1948 by 300,000 others, who either were avoiding the conflict, or were induced by the Arab Higher Committee with the promise that after victory they could return and find, as Arab League Secretary-General Azza Pasham said in May 1948, “that all the millions the Jews had spent on land and economic development would be easy booty, for it would be a simple matter to throw Jews into the Mediterranean.” Indeed, the withdrawal of Israelis from Gaza in 2005 confirmed the prediction that failed in 1948. The Gaza greenhouse industry, which American Jewish donors purchased for $14 million and gave to the Palestinian Authority in order to help Gaza’s economy, was instead destroyed by looters.

But from a historical perspective, it is irrelevant how the Arabs became refugees. When in 1922 the Greeks lost their war they fought against the Turks in order to regain their sovereignty over lands their ancestors had lived in for nearly 3000 years, 1.5 million Greeks were transferred out of Turkey in exchange for half a million Turks from Europe. After World War II, 12 million Germans either fled or were driven from Eastern Europe, with at least half a million dying. In both cases, whether justly or not, the wages of starting a war and losing included the displacement of the losers. Yet only in the case of the Palestinian Arabs has this perennial cost of aggression been reversed, and those who prevailed in a war they didn’t start been demonized for the suffering of refugees created by the aggression of their ethnic and religious fellows.

In still another historical anomaly, in no other conflict have refugees failed to be integrated into countries with which they share an ethnic, religious, and cultural identity. Most of the some 800,000 Jews, for example, driven from lands like Egypt and Iraq in which their ancestors had lived for centuries, were welcomed into Israel, which footed the bill for their maintenance and integration into society. The Arab states, on the other hand, kept their brother Arabs and Muslims in squalid camps that have evolved into squalid cities, their keep paid for by the United Nations Relief Works Agency, the only U.N. agency dedicated to only one group of refugees. Thus the international community has enabled the revanchist policy of the Arab states, as Alexander Galloway, head of the UNRWA, said in 1952: “It is perfectly clear that the Arab nations do not want to solve the Arab refugee problem. They want to keep it an open sore, as an affront against the United Nations, and as a weapon against Israel. Arab leaders don’t give a damn whether the refugees live or die.”

This brings us to the chief myth: that there exists a distinct Palestinian “people,” the original possessors of the land who have been unjustly denied a national homeland. In the quotes above notice that no Arab ever refers to these people as “Palestinians,” but as “Arabs,” which is what most of them are, sharing the same religion, language, and culture of their Arab neighbors in Jordan, Lebanon, and Syria. In fact, as Sha’i ben-Tekoa documents in hisbook Phantom Nation, the first U.N. resolution referencing “Palestinians” instead of “Arabs” occurred 3 years after the Six Day War, marking international recognition of a “Palestinian people” and nation as yet another Arab tactic in gaining support in the West by exploiting an idea alien to traditional Islam. Before then “Palestinian” was a geographical designation, more typically applied to Jews. Numerous quotations from Arab leaders reveal not a single reference to a Palestinian people, but numerous one identifying the inhabitants of the geographical entity Palestine as “Arabs.”

For example, in 1937, Arab Higher Committee Secretary Auni Abdel Hadi said, “There is no such country as Palestine. ‘Palestine’ is a country the Zionists invented. ‘Palestine’ is alien to us.” The Christian Arab George Antonius, author of the influential The Arab Awakening, told David Ben-Gurion, “There was no natural barrier between Palestine and Syria and there was no difference between their inhabitants.” Later in his book he defined Syria as including Lebanon, Palestine, and Jordan. In testimony to the U.N. in 1947, the Arab Higher Committee said, “Politically the Arabs of Palestine are not independent in the sense of forming a separate political identity.” Thirty years later Farouk Kaddoumi, then head of the PLO Political Department, toldNewsweek, “Jordanians and Palestinians are considered by the PLO as one people.” After the Six-Day War a member of the Executive Council of the PLO, Zouhair Muhsin, was even more explicit: “There are no differences between Jordanians, Palestinians, Syrians and Lebanese. We are all part of one nation. It is only for political reasons that we carefully underline our Palestinian identity… Yes, the existence of a separate Palestinian identity serves only tactical purposes. The founding of a Palestinian state is a new tool in the continuing battle against Israel.”

Such examples can be multiplied, which makes all the talk of a separate Palestinian “people” deserving of their own nation nothing but propaganda supported by a bogus history that claims the Arabs who came to Palestine in the 7th century A.D as conquerors and occupiers, or later as migrant workers and immigrants, are the “indigenous” inhabitants descended from Biblical peoples like the Canaanites or the shadowy Jebusites––a claim unsupported by any written or archaeological evidence. Meanwhile, of course, abundant evidence exists showing that the Jews have continuously inhabited the region since 1300 B.C. Once more the logic of history is turned on its head, with the descendants of the original inhabitants deemed alien invaders, while the descendants of conquerors and occupiers are sanctified as victims.

Such an inversion is worthy of Orwell’s 1984. Yet these lies and myths––and there are many more–– have shaped and defined the conflict between Israel and the Arabs, and set the parameters of diplomatic solutions. But we should heed the Biblical injunction about the liberating power of truth. And the truth is, for a century fanatics filled with genocidal hatred have violently and viciously attacked a liberal-democratic nation legitimately established in the ancient homeland of its people. Until our diplomacy and foreign relations in the region are predicated on this truth, the “two-state solution” will continue to be a dangerous farce.

Voir aussi:

Michael Hayden: ‘Our Fears Have Been Realized’

Todd Beamon

Newsmax

13 Nov 2015

Retired Air Force Gen. Michael Hayden told Newsmax TV Friday that the Paris violence was « certainly a terrorist attack » and said that « our fears have been realized » because the assaults greatly mirror the 2008 terrorism in Mumbai that left more than 160 people dead and hundreds injured.

« We went to school on that attack, » Hayden, the former director of the CIA and the National Security Agency, said on « Newsmax Prime. » He was being interviewed by hosts J.D. Hayworth, John Bachman and Miranda Khan.

« We had great fear that we would see copycat versions of that attack — and now, I fear that our fears have been realized, and we’re seeing that carried out tonight in Paris, » Hayden said. « It shows the fragility of free societies. It shows the great danger that international terrorism presents to all of us. »

Hayden sized up the Paris attacks quickly: « This is probably a jihadist attack. It’s certainly a terrorist attack.

« If you ask me on a forced-choice test to pick a group, I’d say ISIS, » he added, referring to the Islamic State. « But we don’t know any of that for sure yet.

« We’re going to have to wait and see the evidence as it comes in so that we can form a rational response to a very irrational act, » Hayden said.

Special:

In the attacks in Mumbai, India, 10 Pakistani members of an Islamic militant group carried out 12 coordinated shootings and bombings in November 2008.

The assaults ended four days later, with 164 people dead and as many as 308 wounded.

One key target was the luxurious Taj Mahal Palace & Tower Hotel in Mumbai. Six bombs exploded in the hotel on the morning of Nov. 26, 2008.

Hostages were taken — and at least 160 people were killed, including many Americans and other foreign tourists.

« It really upset us because here was an attack of great damage, great harm, great carnage, great strategic significance that was conducted by a small number of people — about a dozen — armed with nothing more than automatic weapons and cell phones, » Hayden told Newsmax.

He said the Paris attacks appeared as if they « had been carefully planned.

« It looks as if these were synchronized attacks. It looks as if this had been in the making for some while.

« Obviously, they were soft targets, » Hayden continued. « They were targets where masses of people were located — and there were targets where they could create mass casualties with a minimum amount of effort, and frankly a minimum amount of participants. »

Regarding future terroristic attacks, Hayden could not speculate — but he issued a warning.

« You’ve got to be on your guard for all possible options going forward. »

Voir également:

14 novembre 2015
André Sénik
est professeur agrégé de philosophie ; à la retraite, heureusement pour lui

« À la guerre comme à la guerre ». 

Ce qui veut dire qu’il nous faut continuer à vivre en amoureux de la vie et de la liberté, mais en permanence sur un pied de guerre, sachant que le pire surviendra, et cela aussi longtemps que cette longue guerre pour ou contre le califat mondial n’aura pas été gagnée par nous, nous les sociétés ouvertes, pluralistes, démocratiques.

Dans cette guerre, les plus aguerris sont les Israéliens.

Cela veut dire que nous devons profiter pleinement et explicitement de leur avance en la matière.

Les terroristes du califat s’en prennent indistinctement à tous les Français.

Il en résulte que tous les Français, indistinctement cette fois, peuvent dire : « Je suis Français. » Si cela se produit, la France ne sera pas un vivier de terroristes islamistes prêts à mourir pour le califat, mais une société unie sur des valeurs communes.

Voir encore:

Chers djihadistes, que pensez-vous de la loi du talion ?
Faisons en sorte que ça soit à votre tour d’avoir peur
Benoit Rayski

Atlantico
14 Novembre 2015

Chers djihadistes, toutes ces réflexions aussi brèves que superficielles n’avaient pour but que de vous faire savoir où vous mettez les pieds. Et, une fois encore, de vous avertir que nous vaincrons parce que nous sommes les plus faibles. Craignez la fureur des moutons ! Craignez la colère des brebis enragées ! […]

Craignez le courroux de l’homme en bermuda ! Craignez la colère du consommateur, du voyageur, du touriste, du vacancier descendant de son camping-car !

Vous nous imaginez vautrés dans des plaisirs et des loisirs qui nous ont ramollis ? Eh bien nous lutterons comme des lions pour protéger notre ramollissement. […] Et nous vaincrons. Bien évidemment. Parce que nous sommes les plus morts.

Il est encore possible que cette terrible prophétie de Philippe Murray ne s’accomplisse pas. La défaite et la soumission ne sont pas une fatalité. Il n’est inscrit dans aucune table de la loi que la France doive devenir un califat islamique. Pourtant, et a priori, si Philipe Murray dit vrai, nous partons battus.

Les assassins de la nuit dernière aiment la mort autant que nous aimons la vie. Ils tuent – et là, il s’agit d’un meurtre de masse – ceux, c’est-à-dire nous, qui ne sont pas comme eux. Ils tuent ceux qui ne professent pas la même religion que la leur ou qui n’en n’ont aucune. Ils tuent parce qu’ils espèrent, en acceptant de mourir eux-mêmes, que « l’homme en bermuda » va se soumettre pourvu que son petit confort soit préservé.

Nous ne sommes pas comme ça. Nous respectons les autres et surtout ceux qui ne sont pas comme nous et dont on nous répète depuis des années que nous avons des comptes à leur rendre. Nous sommes attachés à la lettre de nos lois faites pour protéger nos libertés individuelles. Nous refusons évidemment les amalgames. Et nous regardons pétrifiés les assassins en nous demandant, la tête basse, puisqu’on nous l’intime, quel mal nous leur avons fait dans le passé.

Mais après l’affreux carnage d’hier, le mouton a le droit de devenir enragé. La loi du talion a un sens quand l’horreur est exceptionnelle. Cessons de pleurer les morts, ce que nous savons très bien faire. Vengeons-les, ce que nous ne savons pas encore bien faire. Vengeons-les, car le deuil ne convient qu’aux pleureuses.

Les assassins parlaient français. Ils sont de chez nous. Comment pouvons-nous encore laisser partir pour la Syrie des tueurs qui vont là-bas pour tuer ? Comment pouvons-nous les laisser revenir sans les emprisonner pour qu’ils tuent en France ? Comment pouvons-nous tolérer sur notre territoire des prédicateurs de haine suffisamment habiles pour ne pas appeler au meurtre et suffisamment fanatiques pour nous traiter de chiens ou de « souchiens ».

Nos lois nous laissent désarmés face à ce tsunami de haine. Les lois, ça se change. Peut-être pas œil pour oeil et dent pour dent, mais coup pour coup. Plus de 120 morts, dont la plupart étaient réunis pour écouter de la musique ! Des jeunes, donc. Et on laisserait leur sang sécher comme ça, sans rien faire ?

Voir de plus:

Attaques à Paris : la sortie du film “Made in France” de Nicolas Boukhrief repoussée

Télérama

14/11/2015

Suite aux attaques simultanées perpétrées à Paris et Saint Denis, les distributeurs du film Made in France ont décidé de reporter la sortie du film de Nicolas Boukhrief, prévue ce mercredi 18 novembre. Il faut dire qu’il raconte l’infiltration par un journaliste d’une cellule djihadiste qui veut semer le chaos dans Paris…  L’affiche résonne aussi spécialement dans le contexte des attentats : elle surimpose une kalachnikov et la Tour Eiffel. Le Film français précise que « la RATP procède au retrait des affiches et les opérations promotionnelles en cours sont annulées. »

Voici la critique qui était prévue pour ce film dans Télérama.

Un journaliste musulman voit le petit groupe de Français islamistes radicaux, dans lequel il s’est infiltré pour écrire un livre, se muer en groupuscule terroriste sous l’influence d’un leader ­illuminé… Tourné avant la tuerie de Charlie Hebdo, jugé trop « sensible » par la profession, Made in France sort finalement en salles grâce à un distributeur britannique. Suivant la tradition du film du genre qui s’empare des problèmes et des peurs de son temps, Nicolas Boukhrief choisit le thriller violent pour décrire la spirale fatale de l’endoctrinement djihadiste. Même si la fin et certains personnages manquent un peu de nuances, la mise en scène reste impressionnante de tension. En choisissant de faire de son infiltré horrifié un musulman pratiquant, et en montrant les plus extrémistes du groupe comme des convertis ignorant le Coran, le cinéaste désigne clairement sa cible : non pas l’islam, mais plutôt le marasme social, qui donne prise à un embrigadement pathétique et suicidaire. (Guillemette Odicino)

Voir de même:

Attentats à Paris: la police française recherche deux réfugiés syriens enregistrés en Grèce
RTL info

14 novembre 2015

Deux hommes recherchés par la police française dans le cadre des attentats à Paris vendredi ont été enregistrés en Grèce comme demandeurs d’asile cette année, a annoncé la police grecque samedi.
Les autorités françaises ont demandé à leurs homologues grecs de vérifier le passeport et les empreintes digitales d’un de ces hommes, et les empreintes de l’autre, dont ils pensent qu’ils ont été enregistrés en Grèce, principale porte d’entrée dans l’Union européenne pour les réfugiés notamment syriens.

Un passeport syrien a été retrouvé près du corps de l’un des sept assaillants morts vendredi soir lors des attentats. « Nous confirmons que le possesseur du passeport (syrien) est arrivé sur l’île de Leros le 3 octobre où il a été enregistré selon les règles de l’Union européenne », a indiqué le ministre grec de la protection des citoyens Nikos Toskas. La police française a indiqué que le passeport avait été trouvé « près du corps de l’un des assaillants » ayant participé à l’attaque contre la salle de concerts du Bataclan qui a fait 89 morts.

L’authenticité du passeport était en train d’être vérifiée samedi soir, mais sa découverte montre une possible connexion avec la Syrie, qui est une hypothèse de travail des enquêteurs après les six attaques distinctes dans Paris.

Une source policière grecque a indiqué que le second homme avait également été enregistré en Grèce, la chaîne de télévision Mega ajoutant que cet homme était également sur Leros, au mois d’août.

Les responsables de la sécurité en Europe redoutent depuis longtemps que des jihadistes puissent s’être glissés parmi les centaines de milliers de personnes en provenance de Syrie qui sont arrivées dans l’Union européenne cette année, principalement via les îles grecques.

Voir aussi:

Pourquoi le Bataclan est-il régulièrement visé ?

VIDÉO. Voilà des années que cette salle parisienne était la cible d’antisionistes. Le groupe de rock qui s’y produisait était en tournée en Israël l’été dernier.

Le Point

14/11/2015

Voir enfin:

Étiquetage des produits israéliens : comment le mouvement BDS s’implante peu à peu en Europe (et en France)
Pour affaiblir l’économie israélienne un mouvement encourageant le boycott a été mis en place, ils s’agit du BDS (boycott, désinvestissement, sanctions). Son objectif n’est pas seulement d’affaiblir Israël sur le plan économique mais également de l’isoler sur la scène internationale.

Boycott
Atlantico

14 Novembre 2015

Atlantico : Mercredi 11 novembre, la Commission européenne demandait officiellement aux Etats membres de l’Union européenne de faire appliquer un étiquetage spécifique signalant les produits fabriqués dans des colonies israéliennes en Cisjordanie. Controversée, cette mesure suit les incitations du mouvement BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions). Qu’est-ce que ce mouvement ? Quels sont ses objectifs ?
Gil Mihaely : A l’origine de ce mouvement se trouvent des personnes engagées dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du sud. Pendant les années 1990 et jusqu’à la conférence de Durban en 2001, deux idées se sont diffusées : Israël est la nouvelle Afrique du Sud (et le sionisme est une forme d’apartheid) et en conséquence il faut appliquer la même stratégie qui a si bien marché avec le régime sud-africain, c’est-à-dire le boycott et la mise au ban des nations. Ces idées et initiatives portées par les anciens militants anti-apartheid notamment au Royaume Uni, ont été récupérées par des organisations palestiniennes et pro palestiniennes pendant les années 2000, pour devenir vers 2005 une véritable campagne organisée.

L’impasse dans laquelle se trouve le processus entamé à Oslo en 1993, les guerres à répétition à Gaza et la montée au pouvoir de la droite dure israélienne ont servi d’arrière-plan pour l’évolution du mouvement. Il faut dire aussi que cette stratégie est dans l’air du temps car « citoyenne » : chacun doit trier ses déchets pour sauver la planète et utiliser son caddie pour sauver les damnés de la terre.

Comment ce mouvement prend-t-il de l’ampleur? Quelles sont ses actions pour rallier un maximum de personnes et d’Etats à sa cause ?
Comme je viens d’expliquer, cette stratégie « citoyenne » est à la mode aujourd’hui et c’est très efficace de pouvoir dire aux gens « vous pouvez changer le monde avec vos actions quotidiennes les plus banales ».  Ensuite le volet culturel – empêcher des artistes de se produire en Israël – et la mobilisation des célébrités permettent d’assurer des relations publiques mais aussi de sensibiliser des personnes, surtout jeunes, pour lesquelles la politique n’est pas un sujet d’intérêt majeur.  Finalement, cette cause et cette stratégie permettent de mobiliser des militants des associations et dans les campus universitaires.

Jusque là, quels ont été les résultats de leurs incitations au boycott d’Israël ? A-t-il été suivi en France, en Europe ou aux Etats Unis ? De façon plus générale d’autres actions à l’encontre d’Israël ont-elles été prises suite à la création de ce mouvement ?
Les conséquences négatives pour Israël sont réelles même s’il est difficile de les quantifier ne serait-ce que du fait de ses résultats indirects : on ne connait pas le volume d’échanges non effectués, les marchés non conclus, les tournées d’artistes non effectuées sans que le mot de boycott soit prononcé ou la « situation » soit évoquée.

Pour les conséquences directes, le boycott des produits cosmétiques de la mer morte est un bon exemple. Quoique l’usine se trouve à l’intérieur de la ligne verte (et donc il ne s’agit pas d’une colonie) ses produits, ses boutiques franchisées et ses importateurs ont été ciblés par des manifestations et autres formes de pressions parce qu’une partie de matières premières utilisées a été extraite de l’autre côté de la ligne verte. Cette campagne, efficace du point de vu de la communication, n’a eu pour autant qu’un impact faible sur l’entreprise dont l’actionnaire principal aujourd’hui est chinois.

Cependant, ce défi est pris au sérieux en Israël dont l’intégration avancée à l’économie mondialisée et le niveau de vie élevé de ses habitants le rend vulnérable à une rupture avec le monde occidental. Mais l’impact principal du mouvement est sa contribution au grignotage de la légitimité même de l’Etat d’Israël.

Pourquoi l’action du BDS est-elle contestée? Quels pourraient être les effets de ses actions pour les Palestiniens travaillant dans des colonies ?
L’objectif majeur est de remplacer l’Afrique du Sud des années 1980 par Israël et dans ce sens le mouvement gagne des points. Sa force réside dans sa capacité de dissimuler cet objectif pour pouvoir mobiliser ceux qui souhaitent uniquement mettre la pression sur le gouvernement israélien  afin de le faire changer de politique. Et puis il y a la question de la véritable motivation de ceux qui se focalisent sur Israël au point d’en faire la source du Mal sur terre. Quand il s’agit de la politique marocaine en Sahara occidentale ou de la politique kurde de la Turquie, il est très difficile de mobiliser des centaines de milliers d’étudiants, de lancer de campagnes ou d’attirer l’attention des médias. Tout le monde s’en fout éperdument.

Quant à la question de l’emploi des palestiniens, il est difficile d’y répondre car pour le moment il est impossible d’évaluer l’impact direct sur les acteurs économiques concernés. Cependant, il est évident que si cette mesure mettait en difficulté des exploitations agricoles ou des entreprises israéliennes, leurs employés palestiniens paieraient eux aussi le prix, le boycott n’est pas une arme de précision et ses dégâts collatéraux sont considérables.

Voir par ailleurs:

Attentats de Paris: la France, trahie par Israël!!

Sahartv

14 novembre 2015

Israël savait-il que la France serait touchée par un attentat terroriste?!
IRIB- Selon les médias la communauté des Juifs de France était bien au courant des attentats, qui ont frappé, dans la nuit de vendredi et samedi, six localités de la capitale.

A en croire le journaliste français, Jonathan Simon Salem, résidant en Israël, « les Juifs de France avaient été informés des attentats qui devaient frapper Paris. « Times of Israel » souligne que les Juifs de France s’attendaient à ce que quelques petites attaques visent la France. Bfm TV, chaine de tv pro-israélienne de France, s’ est livrée, aujourd’hui et, pour la première fois, à une analyse étrange de la situation post-attentat. Interrogeant Dominique Rizette, expert des questions militaires, la chaîne a prétendu que ce qui s’ est produit, en France, se produit, depuis 20 ans, en Israël!! La salle de spectacle du Bataclan appartient à un Juif français.

Voir aussi:

In France, defense experts ‘see parallels to Israel’
French-born Israeli Jonathan-Simon Sellem says Jewish community was warned of impending mass terror attack
Amanda Borschel-Dan

November 14, 2015

Just Friday morning, security officials in France’s Jewish community were informed of the very real possibility of an impending large terrorist attack in the country, according to Jonathan-Simon Sellem, a freelance journalist and a representative of French citizens in Israel.

The Jewish community, already on high alert ahead of several planned high-profile events Sunday, had been told that after several minor attacks in France this month, a large terrorist event was thought to be on the horizon.

Security experts in France, Sellem told The Times of Israel from Paris on Saturday morning, are now comparing the country’s situation with that of Israel.

On BFMTV, France’s largest mainstream news channel, defense analyst Dominique Rizet said what is happening in France today has been happening in Israel for the past 20 years — and it is just the beginning.

The Bataclan theater, site of Friday’s deadliest attack, was until recently Jewish-owned, said Sellem. As the site of annual fundraisers for the IDF, it is frequently targeted by anti-Israel protests, phone calls and emails, he said.

But, Sellem emphasized, the Jewish community in France “should not fall into paranoia.”

He called Friday night’s attacks “very crazy.”

“It’s like living in Israel,” said Sellem. He had intended to be at the soccer match at Stade de France on Friday night, but instead went to a movie, which was interrupted in the wake of the four-pronged attack and patrons told to go home.

Sellem said central Paris was a ghost town on Friday night — with no vehicles in the streets, nor people on the sidewalks.

But on Saturday morning, said Sellem, he felt a more normalized Paris — albeit with a bolstered security presence. The airline he is with flying on Saturday, he said as he prepared to take off from Charles de Gaulle airport, is trying to elevate its security measures with more questioning, a la Israel’s national carrier El Al.

“But they don’t know what to do. They’re really not ready for this,” he said.

Voir également:

Bush dénonce les «fascistes islamiques»
Le Figaro
11/08/2006

«Notre pays est en guerre contre des fascistes islamiques, qui utilisent tous les moyens pour détruire ceux d’entre nous qui aiment la liberté, pour faire du mal à notre pays», a déclaré George W. Bush hier à Greenbay (Wisconsin), à propos du complot déjoué «en excellente coopération» avec les Britanniques. «Notre pays est en guerre», avait déjà rappelé avant lui le ministre de la Justice, Alberto Gonzales : «Nous avons un ennemi mortel qui se réveille chaque matin en pensant à de nouvelles manières de tuer des innocents, hommes, femmes, enfants et se couche tous les soirs en rêvant de détruire des pays amoureux de liberté.» Le président américain s’était entretenu avec le premier ministre Tony Blair sur le sujet dès dimanche. Le ministre américain de la Sécurité intérieure Michael Chertoff a indiqué que le complot présumé était dans «sa phase finale» de préparation quand il a été contrecarré par la police britannique. Son département a, pour la première fois, eu recours au niveau le plus élevé du code d’alerte mis en place après le 11 septembre 2001. Le «rouge», risque «sévère», ne concerne que les vols commerciaux en provenance de Grande-Bretagne. Le niveau de sécurité des vols intérieurs a été élevé un cran au-dessous, à l’orange.En décembre 2005, les dix membres de la commission d’enquête sur le 11-Septembre avaient dans un rapport accordé un F, la plus mauvaise note, à la sécurité aérienne. «Bien que nous ayons renforcé la protection des avions contre les détournements, ils restent vulnérables à des explosions à bord, avait déclaré James R. Thompson, l’un des membres de la commission. Quatre ans plus tard, il est difficile à croire qu’on ait accompli de si faibles progrès dans ce domaine.»G. F.

Voir enfin:

 Valls parle d’« islamofascisme » : peut-on vraiment comparer Hitler et Ben Laden ?
Qu’il est bon, ce Manuel Valls. Le Premier ministre a pigé que l’excès attirait la lumière. Après avoir parlé d’« apartheid », le voilà qui évoque « l’islamofascisme », en sachant très bien qu’il va provoquer stupeur…

Rémi Noyon

16/02/2015

Qu’il est bon, ce Manuel Valls. Le Premier ministre a pigé que l’excès attirait la lumière. Après avoir parlé d’« apartheid », le voilà qui évoque « l’islamofascisme », en sachant très bien qu’il va provoquer stupeur et tremblements. C’est de l’art, un peu comme Marine Le Pen parlant d’« Occupation » pour qualifier les prières de rue du quartier de la Goutte d’Or.

« Two strands »
Le terme peut se dérouler selon deux axes bien distincts :

d’une part, la critique de l’islamisme comme idéologie totalitaire, qui aurait des accointances avec le fascisme. Les plus acharnés expliquant que la dérive islamiste se trouve en germe dans l’islam ;
d’autre part, dans une perspective différente, l’éude « historique » des liens entre le nazisme et le mufti de Jérusalem, en passant par la Treizième division de la Waffen SS musulmane et les partis Baas irakien et syrien.
Mais c’est bien sa première acception, plus « philosophique » qu’ »historique », qui suscite les plus âpres controverses.
Le terme « islamofascisme » (ou « fascisme vert », « nazislamisme ») est parfois utilisé dans la mouvance identitaire – rencontre de l’ethno-différentialisme et de la culture internet – et dans le milieu des ultralaïcs issus de la gauche (Riposte laïque).

Mais le rapprochement du fascisme et de l’islamisme est aussi employé par des gens qui ne peuvent être suspectés de connivence avec cette « nouvelle droite », tels le philosophe Michel Onfray, dans son « Traité d’athéologie », le député écologiste Noël Mamère ou encore Bernard-Henri Lévy (qui consacre un chapitre de l’un de ses nombreux livres au « fascislamisme »).

La recrudescence du terme dans le débat public ne doit pas faire oublier sa relative ancienneté. Même si certains soulignent que « Islamischer Faschismus » est utilisé par des auteurs allemands dès les années 50, le concept apparaît réellement au début des années 90, sous la plume de l’historien Malise Ruthven, dans le quotidien britannique The Independent, avant d’être repris par les néoconservateurs américains.

L’anaphore de Hitchens
C’est en effet le journaliste Christopher Hitchens, passé de la gauche au néoconservatisme, qui popularise l’expression. Avec ses collègues qui soutiendront la guerre en Irak (Daniel Pipes, Stephen Schwartz), il établit une liste de parallèles supposés entre le fascisme et l’islamisme radical.

En octobre 2007, alors que le terme fait déjà l’objet de vives critiques, il défend sa thèse, dans une longue anaphore :

« Les deux mouvements se basent sur le culte de la violence qui exhale la mort et la destruction et déteste la vie de l’esprit.
Les deux mouvements sont hostiles à la modernité et violemment nostalgiques d’empires passés et de gloires perdues.
Les deux mouvements sont obsédés par les humiliations de l’histoire – réelles ou fantasmées – et sont avides de revanche.
Les deux mouvements sont infectés de la toxine de la paranoïa antijuive.
Les deux mouvements sont enclins au culte de la personnalité et la focalisation unique sur le pouvoir d’un “grand” livre.
Les deux mouvements s’attachent à réprimer les “déviances” sexuelles et subordonne la femme tout en détestant le féminin.
Les deux mouvements détestent l’art et la littérature, qui sont pour eux des symptômes de dégénérescence et décadence. »
Hitchens semble un temps reconnaître des différences historiques (nationalisme intégral, supériorité raciale), mais c’est pour aussitôt dresser de nouveaux parallèles : le pangermanisme n’évoque-t-il pas le rêve du « califat » ? Et la distinction entre des purs et impurs (« les mécréants ») ne fait-elle pas penser au racisme hitlérien ?

Sur ce noyau conceptuel se greffent d’autres considérations, plus ou moins spécieuses, destinées à renforcer la comparaison. Ainsi, Francis Fukuyama avance que l’islamisme radical s’est développé après que des « populations ont été déracinées de leur village ou de la vie tribale » [PDF]. Ce qui fait écho aux « Origines du totalitarisme », d’Hannah Arendt, qui fait de la « solitude » l’un des terreaux du fascisme.

Un « concept creux »
L’utilisation du terme se déploie d’abord en France autour de Bernard-Henri Lévy et des épigones du néoconservatisme américain. Ceux-ci font ainsi valoir que l’islamisme radical est le troisième totalitarisme, après le communisme et le national-socialisme.

L’historien Pierre-André Taguieff, qui a lui même évolué vers la droite, estime ainsi qu’il peut être « intellectuellement fécond » de réfléchir sur les dimensions « fascistes » ou « totalitaires » de l’islamisme radical, même si les expressions polémiques « conceptualisent mal leur objet » :

« On peut reconnaître dans l’islamisme radical une rhétorique et un esprit “totalitaires”, et y découvrir l’utopie d’un Etat “totaliste”, sinon totalitaire, qu’il s’agit de restaurer : celle du califat. »
Mais il rencontre aussi très vite des critiques, dont la plus articulée est certainement celle de Stefan Durand, qui y voit un « concept creux ».

Construire un ennemi absolu
Pour lui, cette inscription des fondamentalismes musulmans dans la lignée des totalitarismes vise « à relégitimer des politiques bellicistes, en se fondant sur des amalgames et sur les vieilles ficelles de la politique de la peur ». Surtout, elle gomme les différences entre Al Qaeda, les Frères musulmans, le Hamas, le Hezbollah, etc. :

« Certains éléments du fascisme traditionnel peuvent assurément être décelés dans des mouvements fondamentalistes musulmans : la dimension paramilitaire, le sentiment d’humiliation et le culte du chef charismatique (dans une mesure toutefois relative et peu comparable avec les cultes du Duce ou du Führer).

Mais toutes les autres dimensions (nationalisme expansionniste, corporatisme, bureaucratie, culte du corps…), fondamentales, du fascisme font généralement défaut. »
Bref, le terme est critiqué en ce qu’il écrase la complexité du réel pour construire un ennemi absolu dans une perspective historique longue, allant d’Hitler à Ben Laden, en passant par Staline et Mussolini.

Mais aujourd’hui, comme en 2001, l’urgence semble plus être aux mots mobilisateurs qu’aux finasseries universitaires. « Il y a des termes qui peuvent paraître appropriés dans le langage politique mais qui scientifiquement le sont beaucoup moins », souligne Jean-Yves Camus, dans les Inrocks. C’est ainsi qu’un terme popularisé par les néoconservateurs se retrouve dans la bouche de Manuel Valls.

Voir enfin:

3 millions d’arrivants : comment la Commission européenne favorise le chaos migratoire
Alexis Théas
Le Figaro

06/11/2015

FIGAROVOX/TRIBUNE – Alexis Théas estime que la Commission encourage un appel d’air aux migrants : au lieu de traiter la question, elle accroîtrait le problème pour se poser en rempart ultime face aux Etats.

Alexis Théas est universitaire, juriste, et spécialiste de l’immigration.

«Au total trois millions de personnes supplémentaires devraient arriver dans l’Union européenne» de 2015 à 2017, révèle aujourd’hui la Commission européenne, dans son rapport de prévisions économiques. Selon elle, l’impact de cette arrivée devrait être «faible mais positif». Les mots utilisés sont ambigus. Chaque année, depuis vingt ans, le chiffre des entrées de nouveaux migrants publié par Eurostat fait état de bien plus d’un million de ressortissants non communautaires qui s’installent dans l’Union européenne: 1.455.953 en 2010, 1.399.934 en 2011, 1.170.665 en 2012. La nouvelle annonce de Bruxelles semble ainsi paradoxale. Les arrivées massives de migrants clandestins en Europe, en plus du flux habituel, sans aucun précédent historique, étant évaluées à un million en 2015, (250 000 pour le seul mois d’octobre) comment une baisse globale de l’immigration pourrait-elle se concevoir pour les années 2015, 2016 et 2017? La clef du mystère réside probablement dans le mot «supplémentaire». Les trois millions de migrants «supplémentaires» en trois ans annoncés par le rapport publié ce jour, sont probablement à comprendre comme «en supplément» du flux habituel, normal. Dès lors, on observerait, à compter de 2015, un quasi doublement du flux migratoire sur l’Europe qui avoisinerait, dans cette hypothèse, deux à deux millions et demi chaque année en incluant toutes les formes d’immigration: des chiffres considérables.

La Commission a fait de l’accélération de l’immigration sur le continent européen l’un de ses objectifs depuis longtemps.
Le plus surprenant est le ton sur lequel cette annonce est faite: comme un événement banal, sans grande conséquence, sinon qu’il serait plutôt positif pour l’économie européenne… La Commission a fait de l’accélération de l’immigration sur le continent européen l’un de ses objectifs depuis longtemps. Le 3 juin 2003, delà, dans une communication sur l’immigration, l’intégration et l’emploi, elle déclarait «les flux d’immigration vont continuer à s’accroître et seront plus que jamais nécessaires.» La Commission se déclarait attachée au droit d’asile, à l’accueil en Europe des victimes de persécutions qu’elle a favorisé à travers de nombreux règlements et directives. Pourtant, jusqu’alors, Bruxelles tenait un discours équilibré, souhaitant une hausse de l’immigration régulière et un respect scrupuleux du droit d’asile, mais acceptant le principe de la lutte implacable contre l’immigration clandestine.

Les barrières ont été levées. Sous l’impulsion de la Commission, l’Europe a renoncé à contrôler ses frontières, à reconduire dans leur pays d’origine les migrants clandestins.
En 2015, un spectaculaire basculement idéologique est intervenu. Depuis l’été 2015, le verrou a sauté. Les distinctions classiques se sont effacées. Tout est désormais confondu: immigration légale destinée au travail ou à une vie familiale, réfugiés fuyant les persécutions, et immigration illégale, par voie maritime, aérienne, routière, qui jusqu’alors devait être farouchement combattue. Les flux de personnes sont désormais englobés sous le vocable de «migrants» et considérés sans nuance comme un bienfait que l’Europe doit accepter sinon favoriser, pour des raisons multiples, démographiques, économiques, civilisationnelles – favoriser la diversité – morales et humanitaires. Les barrières ont été levées. Sous l’impulsion de la Commission, l’Europe a renoncé à contrôler ses frontières, à reconduire dans leur pays d’origine les migrants clandestins. «Il est temps de faire preuve d’humanité et de dignité» a proclamé le président de la Commission M. Juncker le 9 septembre 2015 devant le Parlement européen, en plaine harmonie avec la chancelière allemande Mme Merkel, en appelant à une large ouverture de l’Europe. Un gigantesque appel d’air a été ainsi déclenché, dont nul ne voit quand et comment il pourrait prendre fin ou se ralentir.

Pourquoi cette soudaine conversion de l’Europe officielle, jusqu’alors prudente, à un accueil désormais massif et inconditionnel? Il faut y voir d’abord un aveu d’impuissance. Puisque ces événements nous échappent, feignons de nous en féliciter! En outre, la presse, les médias, les lobbies humanitaires, certains milieux patronaux, exercent une pression constante sur les hauts responsables européens et les bureaux pour les convaincre du devoir d’ouverture généralisé et de sa nécessité sur le plan économique et démographique.

L’ouverture inconditionnelle fait désormais partie d’une stratégie de la Commission. Quand M. Juncker exigeait des Européens qu’ils se répartissent les migrants par quotas, il était dans une logique de pouvoir. La Commission est en quête d’un nouveau rôle, absolument décisif, s’attribuant un pouvoir colossal, sans équivalent historique, celui de plate-forme de répartition des populations sur tout le continent. Alors que le marché unique est achevé, elle tente ainsi de se replacer au cœur du processus de décision européen.

Enfin, à long terme, dans une Europe en crise, l’acceptation voire l’encouragement de mouvements considérables de populations vers le vieux continent sont vécus comme un levier de relance du rêve européen: puisque les passions nationales ne s’effacent pas d’elles-mêmes, les flux migratoires massifs, grâce à l’arrivée de nouvelles cultures, nouveaux modes de vie en Europe, vont contribuer peu à peu à l’effacement des vieux réflexes nationaux au profit d’un homme nouveau, vierge, propice à l’émergence d’une culture européenne multiple et fondée sur la diversité. Dans le même texte du 3 juin 2003, la Commission en appelait à «un engagement clair à promouvoir des sociétés pluralistes.»

La Commission pourrait s’inquiéter du spectacle tragique et affligeant de cette Europe politique en pleine implosion sous l’impact des migrations qu’elle ne cesse d’encourager.
Les Palais bruxellois sont à des années-lumières des enjeux concrets engendrés par la hausse brutale de l’immigration en Europe: la prolifération partout sur le continent des squats et bidonvilles, à l’image de la Jungle de Calais, le drame des banlieues ghettoïsés, les taux de chômage gigantesques d’une partie de la population issue de l’immigration, les coûts sociaux comme l’aide médicale d’Etat (AME) d’un milliard d’euros par an en France pour les migrants clandestins, les phénomènes de désintégration, de chaos, de repli identitaire et religieux, les risques de violences liées aux difficultés de l’intégration dans le contexte de flux migratoire que les sociétés européennes sont dans l’incapacité absolue d’intégrer, surtout sur leur marché du travail.

Face à la perspective d’une sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, des vives tensions qui ont frappé l’Europe centrale et orientale, en particulier la Hongrie, la Slovénie, l’Autriche, la construction de barrière de fils de fer barbelé entre les Etats, le recours aux armée pour contenir les migrants, les soubresauts incohérents, erratiques et inquiétants de l’Allemagne, la montée fulgurante du racisme et du vote d’extrême droite dans toute l’Europe, la Commission pourrait s’inquiéter du spectacle tragique et affligeant de cette Europe politique en pleine implosion sous l’impact des migrations qu’elle ne cesse d’encourager. Ce n’est pas du tout le cas. Elle est aujourd’hui dans la stratégie du pire. La Commission pense consciemment ou inconsciemment tirer son épingle du jeu d’une Europe en plein chaos, dont les gouvernements nationaux sont totalement désemparés, se voyant ainsi en ultime recours sur les ruines du vieux continent. Le pari est risqué…


Médias: Quand le chien est mordu par l’homme (Disinformation 101: Dog bites dog)

12 novembre, 2015
Man_Bites_Dog_film
palestinian woman shot deadriotingmigrantsArtificiaIislandSpratly_IslandsChinataiwanBurmademo BuddhistBinladen

La loi naturelle n’est pas un système de valeurs possible parmi beaucoup d’autres. C’est la seule source de tous les jugements de valeur. Si on la rejette, on rejette toute valeur. Si on conserve une seule valeur, on la conserve tout entier. (. . .) La rébellion des nouvelles idéologies contre la loi naturelle est une rébellion des branches contre l’arbre : si les rebelles réussissaient, ils découvriraient qu’ils se sont détruits eux-mêmes. L’intelligence humaine n’a pas davantage le pouvoir d’inventer une nouvelle valeur qu’il n’en a d’imaginer une nouvelle couleur primaire ou de créer un nouveau soleil avec un nouveau firmament pour qu’il s’y déplace. (…) Tout nouveau pouvoir conquis par l’homme est aussi un pouvoir sur l’homme. Tout progrès le laisse à la fois plus faible et plus fort. Dans chaque victoire, il est à la fois le général qui triomphe et le prisonnier qui suit le char triomphal . (…) Le processus qui, si on ne l’arrête pas, abolira l’homme, va aussi vite dans les pays communistes que chez les démocrates et les fascistes. Les méthodes peuvent (au premier abord) différer dans leur brutalité. Mais il y a parmi nous plus d’un savant au regard inoffensif derrière son pince-nez, plus d’un dramaturge populaire, plus d’un philosophe amateur qui poursuivent en fin de compte les mêmes buts que les dirigeants de l’Allemagne nazie. Il s’agit toujours de discréditer totalement les valeurs traditionnelles et de donner à l’humanité une forme nouvelle conformément à la volonté (qui ne peut être qu’arbitraire) de quelques membres ″chanceux″ d’une génération ″chanceuse″ qui a appris comment s’y prendre. C.S. Lewis (L’abolition de l’homme, 1943)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Si un homme est mordu par un chien, ce n’est pas une nouvelle intéressante, mais si un chien est mordu par un homme, ça, c’est une nouvelle. Alfred Harmsworth
L’expression anglaise « dog bites dog » (« chien mordu par un homme » en français) est une version raccourcie d’un aphorisme de journalisme qui décrit comment un événement inhabituel, peu fréquent (par exemple, un chien mordu par un homme) est plus susceptible d’être considéré comme nouvelle qu’un événement ordinaire ayant des conséquences similaires, tel qu’un chien qui a mordu un homme. Un événement est généralement considéré comme plus médiatique s’il a quelque chose d’inhabituel; un événement banal est moins susceptible d’être considéré comme digne d’intérêt, même si les conséquences des deux événements ont des résultats objectivement semblables. Il en résulte que les événements plus rares apparaissent plus souvent sous forme de nouvelles  alors que les événements plus courants apparaissent moins souvent, ce qui fausse la perception des consommateurs de nouvelles de ce qui constitue un taux ‘normal » d’occurrence. On retrouve le même phénomène dans une autre aphorisme journalistique selon lequel ‘pn ne parle pas des avions qui ne s’écrasent pas » (« on ne parle jamais des trains qui arrivent à l’heure » en français). Wikipedia
L’assemblée générale (…) considère que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale. Résolution 379 (ONU, le 10 novembre 1975)
L’assemblée générale décide de déclarer nulle la conclusion contenue dans le dispositif de sa résolution 3379 (XXX) du 10 novembre 1975. Résolution 4686 (ONU, le 16 décembre 1991)
You can be full of kindness and love, but you cannot sleep next to a mad dog. I call them troublemakers, because they are troublemakers. Buddhist leader Ashin Wirathu
Ashin Wirathu (..) est un moine bouddhiste birman, un des leaders spirituels du mouvement s’attaquant à la minorité birmane Rohingya de confession musulmane. Il est le leader du mouvement 969 et un membre influent de l’association Ma Ba Tha (မဘသ) qui prône notamment le boycott des commerces musulmans et l’interdiction des mariages interreligieux. Il attise la haine, crime pour lequel il a d’ailleurs été condamné en 2003 à 25 ans de prison. Il a été libéré en 2010 lors d’une amnistie nationale. Le magazine Time du 20 juin 2013 qui le met à la une comme étant le « Hitler de Birmanie » a été interdit de diffusion en Birmanie. Le magazine The Economist du 27 juillet 2013 le décrit comme un « chauviniste notoire », pour qui « le bouddhisme est l’équivalent d’un nationalisme étroit ». Son mouvement fait un large usage des réseaux sociaux pour diffuser des propos islamophobes qui se sont faits de plus en plus violents dans la période préelectorale des élections législatives de novembre 2015, favorisant la volonté du gouvernement d’exclure de ces élections les candidats musulmans et les électeurs Rohingyas. Wikipedia
Jewish man dies as rocks pelt his car in West Bank NYT headline
Les Américains défient Pékin en mer de Chine Le Monde
Aux fins de la délimitation de la mer territoriale, les installations permanentes faisant partie intégrante d’un système portuaire qui s’avancent le plus vers le large sont considérées comme faisant partie de la côte. Les installations situées au large des côtes et les îles artificielles ne sont pas considérées comme des installations portuaires permanentes. article 11
Sous réserve de la Convention, les navires de tous les Etats, côtiers ou sans littoral, jouissent du droit de passage inoffensif dans la mer territoriale. Article 17
1. L’Etat côtier ne doit pas entraver le passage inoffensif des navires étrangers dans la mer territoriale, en dehors des cas prévus par la Convention. En particulier, lorsqu’il applique la Convention ou toute loi ou tout règlement adopté conformément à la Convention, l’Etat côtier ne doit pas : a) Imposer aux navires étrangers des obligations ayant pour effet d’empêcher ou de restreindre l’exercice du droit de passage inoffensif de ces navires ; b) Exercer de discrimination de droit ou de fait contre les navires d’un Etat déterminé ou les navires transportant des marchandises en provenance ou à destination d’un Etat déterminé ou pour le compte d’un Etat déterminé. Article 24
Ainsi, les Chinois en plusieurs endroits procèdent à une interprétation abusive du droit de la mer pour potentiellement faire valoir une souveraineté non fondée sur la mer de Chine du Sud au détriment des autres états riverains. Si ces états sont en premier chef concernés par les conséquences des méthodes que la Chine utilise progressivement pour faire valoir des droits qui ne sont pas encore reconnus comme fondés, la communauté internationale peut à tout instant en subir les contre coups, parce qu’il peut y avoir menace sur la liberté de la navigation tant maritime qu’aérienne, tant civile que militaire. En ce sens les compagnies maritimes et aériennes européennes sont elles aussi concernées et leurs états d’appartenance ne peuvent accepter de se contenter de belles promesses chinoises quant à une quelconque garantie pérenne de la liberté de la navigation en mer de Chine du Sud. Et cela tant que la Chine persistera à vouloir faire de cette mer une mer chinoise. La mer de Chine du Sud est une mer internationale et il ne peut en être autrement. S’il est indéniable que derrière les prétentions chinoises se cache un souci de sécurité nationale avant même de quelconques appétits économiques liés à l’exploitation des richesses de la mer, il ne peut en aucun cas être reconnu à la Chine de s’emparer d’une mer internationale pour construire une partie de sa stratégie de défense. Daniel Schaeffer
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, vous ne vous êtes pas demandé depuis combien de temps cette occupation israélienne s’est prolongée sur notre terre : 67 ans (soit, depuis la création d’Israël), combien de temps pensez-vous que cela peut encore durer. Mahmoud Abbas
L’Etat actuel d’Israël n’est pas légitime. C’est pourquoi nous n’avons pas de relations avec eux car nous ne considérons pas cet Etat comme légitime. Nous pensons que toutes les personnes qui étaient d’origine palestinienne et qui sont en errance à l’étranger doivent pouvoir tous revenir sur leurs terres. Il faut qu’il y ait des élections publiques sous la supervision des Nations unies et quels qu’en soient les résultats, nous les accepterons. (…) nous parlons d’un Etat. Que tout le monde se réunisse et vote. Avant 1948, il y avait un seul pays. Nous voulons retourner à cette situation. (…) Nous parlons du vote du peuple. Une fois réunis, tous les juifs, tous les musulmans, tous les chrétiens, tous ceux qui appartiennent à cette terre et sont aujourd’hui réfugiés doivent revenir dans leur pays et voter. C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas de relation avec cet Etat. La seule solution, c’est une élection libre. (…) De grandes compagnies, notamment Airbus, sont présentes en Iran. Nous achèterons, c’est vrai, à ces grandes compagnies, et notamment Airbus.  (…) L’Iran, à aucun moment, n’a souhaité fabriquer une bombe atomique, ni hier, ni aujourd’hui. Hassan Rohani
These findings show the degree to which the recent Palestinian perpetrators of violence reflect and are acting on the basis of views widely held in their society. Though they may be lone wolves in the technical sense of not belonging to an organizational command structure, they are anything but alone within their communities. To the contrary, they are surrounded by people who share many of their core beliefs, who justify the attacks they are carrying out, who see their actions as potentially valuable in furthering Palestinian goals, and who can be counted on to venerate them and their families. (…) 79 percent of Palestinians believed Hamas had won the war and only 3 percent saw Israel as the victor (…) 64 percent declared their support for “armed attacks against Israeli civilians inside Israel” (meaning, among other things, suicide bombings in Israeli population centers), and 54 percent applauded the event that in large measure had precipitated the 50-day war: the abduction and murder by Hamas operatives of three Israeli teenage boys hitchhiking home from school. (…) the view commanding an absolute majority in all 25 polls, at an average of 59 percent, is that Israel’s aspirations are “Extending the borders of the state of Israel to cover all the area between the Jordan River and the Mediterranean Sea and expelling its Arab citizens.” (…) A majority of Palestinians, 51 percent, assert that Israel will “destroy al-Aqsa and Dome of the Rock mosques and build a synagogue in their place.” (…) On average, only 11 percent believe Israel will maintain the status quo; 16 percent hold that it will allow Jews to visit any time or to pray there; one-fifth claim that it will “divide the al-Haram area between Muslims and Jews, allowing Jews to establish a synagogue next to al-Aqsa mosque”; while the majority, 51 percent, assert that Israel will “destroy al-Aqsa and Dome of the Rock mosques and build a synagogue in their place.” Again, a position with no basis in the policies of any of the parties in Israel’s governing coalition or opposition is assumed by an absolutely majority of Palestinians to reflect the true intentions of its government. (…) Regarding the first characteristic, “violent,” 76 percent gave Israelis the highest rankings, a 4 or 5. On the second trait, “honest,” 67 percent scored Israel a 1 or 2. The third trait was “intelligent,” and here Palestinians gave Israelis credit, with 61 percent rating them a 4 or 5. Two years later, with the second intifada well under way, JMCC did a similar poll showing even more pronounced results. The proportion of Palestinians scoring Israelis at 5 for violence went up to 88 percent, with another 7 percent giving them a 4. More than four-fifths saw Israelis as dishonest. In place of “intelligent,” JMCC pollsters asked to what extent Israelis were “strong,” and here 58 percent of Palestinians gave them high marks. (…) Regarding Jews, 94 percent of Palestinians reported a “very unfavorable” opinion. (Only 23 percent reported a very unfavorable opinion of Christians.) In this respect, Palestinian views are par for the course in the Arab world: between 92 and 95 percent of Lebanese, Egyptians, and Jordanians also expressed very unfavorable opinions of Jews. Two years later, Pew repeated the questions and achieved comparable results. In the latter survey, Pew also asked whether some religions were more prone than others to violence. More than half of Palestinians averred that this is the case, and of these, 88 percent fingered Judaism as the most violent. (The other choices were Islam, Christianity, and Hinduism.) (…) When presented with several statements describing actions that could be viewed as morally right or wrong, 72 percent declared it morally right to deny that “Jews have a long history in Jerusalem going back thousands of years,” while 90 percent declared “Denying that Palestinians have a long history in Jerusalem going back thousands of years” to be morally wrong. (…)  In 1995, when JMCC asked whether Israel had a right to exist, 65 percent responded negatively. Similarly, in a 2015 poll commissioned for the Washington Institute for Near East Policy by David Pollock, who has conducted surveys of the Arab world for more than two decades, fieldworkers from the Palestinian Center for Public Opinion asked residents of the West Bank and Gaza: “Do you think that Jews have some rights to the land along with Palestinians?” Only 12 percent agreed that “Both Jews and Palestinians have rights to the land,” while more than 80 percent asserted that “This is Palestinian land and Jews have no rights to it.” (…) In 2011, the Greenberg poll asked Palestinians to choose which statement is more accurate: “I am certain Israel will exist 25 years from now as a Jewish state with a Jewish majority” or “I am not so certain . . . .” Over 60 percent doubted Israel would continue to exist as a Jewish state. In the 2015 Washington Institute poll, a similar question was asked, with different wording and a lengthened time horizon. In response, only a quarter of Palestinians believed Israel would continue to exist as a Jewish state “in another 30 or 40 years.” A comparable number thought it would exist as a bi-national state of Jews and Palestinians, while close to half said Israel would no longer exist either “because Arab or Muslim resistance will destroy it” or “because it will collapse from internal contradictions. » In (…)  a PSR poll in December 2001, one of whose questions was: “In your opinion, are there any circumstances under which you would justify the use of terrorism to achieve political goals?” Fifty-four percent responded that there were no such circumstances; 37 percent said there were. At first glance, this would indicate the majority’s rejection of terrorism on moral grounds, a particularly significant finding since the poll was conducted at the height of the second intifada. (…)  In that same poll, 98 percent said the 1994 killing of 29 Palestinians in Hebron by Baruch Goldstein was terrorism, but only 15 percent were willing to label as terrorism a 2001 attack by Palestinian suicide bombers that killed 21 Israelis at the Dolphinarium night club in Tel Aviv. Likewise, 93 percent described as terrorism Israel’s August 2001 assassination of the head of the PFLP, a PLO wing that repudiated the Oslo accords and carried out numerous attacks against Israelis, but only 10 percent countenanced the term to describe the PFLP’s assassination of the right-wing Israeli government minister Rehavam Ze’evi two months later. When asked hypothetically if Israel’s use of chemical or biological weapons against Palestinians would constitute terror, 93 percent said yes, but when the identical question was posed regarding the use of such weapons of mass destruction by Palestinians against Israelis, only 25 percent responded affirmatively. 98 percent of Palestinians said the killing of 29 Palestinians in Hebron by Baruch Goldstein was terrorism, but only 15 percent were willing to say the same for an attack by suicide bombers that killed 21 Israelis in Tel Aviv. Also in the same survey, Palestinians were asked whether “The destruction of the Twin Towers in New York City by people suspected to be members of Bin Laden’s organization” was terrorism. Only 41 percent were willing to say yes; 53 percent rejected the term. The same pattern crops up in surveys conducted between 2006 and 2009 by the Arab Barometer project, in which Palestinians consistently distinguished themselves from other Arabs in rejecting the term terrorism for such jihadist operations as the “Madrid train explosions” (March 2004, 191 killed) and the “London underground explosions” (July 2005, 52 dead). In both cases, a majority of Palestinians averred these were not acts of terror, whereas comparable figures in the other Arab publics ranged from 17 percent down to 2 percent. (…) one constant is that the Palestinians were always the leaders in seeing suicide bombings and similar attacks as justified. On average, 59 percent saw them as being justified often or sometimes; no other Arab or Muslim public came close. When pollsters specified a nationality for the attacks’ targets, the Palestinians were again ahead of any other people in the Arab world in seeing the attacks as legitimate. In surveys conducted by the Arab Barometer in 2006, 2010, and 2012, a higher percentage of Palestinians—on average, three in five—than of any other Arab public consistently agreed with the following statement: “U.S. involvement in the region justifies armed operations against the U.S. everywhere.” (…) In December 2000, a few months into the second intifada, 69 percent told JMCC that the violence had rendered Israelis more willing to make concessions. A couple of years later, with the conflict having become more violent, similarly high proportions said the intifada had helped Israelis “understand the Palestinians’ demands in order to reach a peace agreement.” These findings were replicated and extended by PSR in 21 polls between December 2001 and September 2006, in which majorities of two to one consistently backed the view that “armed confrontations so far have helped achieve Palestinian rights in a way that negotiations could not. » (…) regarding the decision by the government of Prime Minister Ariel Sharon to leave the Gaza Strip. When asked by PSR in September 2005, a month after the pullout, what was “the single most important factor” in the Israeli decision, 57 percent chose “attacks by Palestinian resistance.” Time and again in polls before and after the pullout, three-quarters on average would tell PSR they saw “Sharon’s plan to evacuate the Israeli settlements from Gaza as a victory for the Palestinian armed resistance against Israel.”  The same pattern is discernible in opinions about the three Gaza wars. In December 2012, after the second war, 84 percent responded affirmatively to AWRAD pollsters asking whether “the results of the Gaza conflict will lead to tangible progress toward Palestinian independence,” and despite a slight decline the figure remained robust for months afterward. Following the 2014 war, as I noted earlier, PSR reported that 79 percent saw Hamas as the winner. In fact, after each of the three wars, overwhelming majorities asserted to pollsters from each of the Palestinian institutes that their side was the victor. The same view, moreover, informs the response to questions regarding the future. When asked a few months before the outbreak of the second intifada whether “a return to armed confrontations will achieve Palestinian rights in a way that the negotiations cannot,” those banking on violence outnumbered those betting against by nearly 20 percentage points. After the intifada broke out, the gap between the two rose to nearly 50 points. This point was made more explicit in a 2002 survey carried out by JMCC on behalf of the polling expert Steven Kull of the Program on International Policy Attitudes at the University of Maryland. West Bank and Gaza residents were asked: “Do you think that when Palestinians use violence that injures and kills Israeli civilians this makes the Israelis more willing or less willing to make compromises?” Sixty-four percent opted for “more willing,”and only 17 percent for “less willing.” (…)  a substantial majority, 61 percent, thought it morally “right” to “nam[e] streets after Palestinian suicide bombers like Dalal al-Maghrabi who killed Israeli civilians within Israel.” 61 percent thought it morally “right” to “name streets after Palestinian suicide bombers like Dalal al-Maghrabi who killed Israeli civilians within Israel.” (…) , from the Oslo accords in September 1993 until spring 2000, a plurality of Palestinians were against most kinds of armed attacks. According to a question posed by CPRS sixteen times during this period, 49 percent opposed “armed attacks against Israelis” and 42 percent favored them. A handful of JMCC polls confirmed this reading of public sentiment. But a caution is in order. When large numbers are supportive of armed attacks—and 42 percent is a large number—it does not much matter if they are slightly outnumbered by those opposed to such actions. Anyone contemplating an attack can still expect to benefit from a substantial network of backers, and if successful to bring great honor upon himself and his family. Needless to say, though, actual majority support will provide all the more fertile ground for attacks—and since the eve of the second intifada in September 2000 until today, there has been, during most periods, majority support among Palestinians for violence of almost every kind against Israelis. (…) Whereas an October 2003 poll by PSR reported 54-percent support for attacks on Israeli civilians in general, when asked about “the bombing operation in the Maxim restaurant in Haifa, which led to the death of 20 Israelis,” the proportion of support reached 74 percent. Parallel leaps from in-principle backing for future actions to after-the-fact support for concrete attacks are reported in polls from September 2004 (after a bomber in Tel Aviv killed 11 Israelis), June 2006 (lethal attack on a shopping center in Dimona), and March 2008—when respondents were asked about “the bombing attack in the religious school in Jerusalem inside Israel . . . in which eight Israeli students were killed in addition to the Palestinian attacker.” For that event, support swelled to 84 percent.An even larger consensus has favored violence against Israeli settlers, reaching 87 percent on average in polls by CPRS and PSR during the decade ending in 2004. Indeed, since that year, PSR ceased asking about attacks on settlers, perhaps because the answers were already so consistent. But the phenomenon bears relevance to the current round of violence, a substantial part of which has been aimed at Israelis living or traveling in the West Bank. Moreover, in the eyes of the Palestinian mainstream, Jews living in Jerusalem’s Old City or in the neighborhoods that Israel captured in 1967, such as Pisgat Ze’ev and Armon Hanetziv, are also considered settlers. Palestinian news reports about the latter, for example, routinely refer to “the Israeli settlement of Armon Hanetziv built on the lands of Jabal al-Muqaber.” These areas have been targeted in part because of the relative ease with which the perpetrators (most of whom have hailed from eastern Jerusalem or Hebron) can reach them, but an additional factor may have been the higher level of support for attacking Israelis in such places. (…)  Even more formidable is the societal consensus behind attacks on Israeli soldiers. In a dozen polls between 2001 and 2004, PSR found such support averaging 90 percent, with strong backers outnumbering strong opponents by a lopsided fifty to one. This particular feature of Palestinian opinion, about which pollsters stopped asking questions a decade ago, could help explain why so many recent attacks have been aimed at soldiers and policemen. (…) In a December 2014 poll, PSR posed the question: “Recently there has been an increase in Jerusalem and the rest of the West Bank in attempts to stab or run over Israelis. Do you support or oppose these attempts?” Seventy-eight percent were supportive, only 20 percent opposed. Though the question has not been repeated since then, there is no reason to believe the response today would be substantially different. (…) Palestinian support for violence, and the attitudes underlying that support, have developed and become entrenched over a period of decades. Altering those attitudes can only begin once the attitudes are recognized for what they are, without blinking and without excuses. Daniel Polisar
Every day brings new knife attacks by Palestinians. And if you search the Internet, you can find the most horrifying videos and photos that depict actual death in war, on roads, in stores, and in homes. The images have lost their power to shock. However, there’s a very efficient way to show the murderously violent that what they plan on carrying out isn’t a computer game. Our movies now contain violence that’s indistinguishable from the real thing. There are videos from Syria that show everything you see above, including one notorious clip of a rebel losing his entire face. The man was hit by a fragment from an exploding tank shell. It struck with such speed that he didn’t even react. He simply stood there, with nothing but empty space from chin to forehead. It’s a profile shot, surreal in the extreme. His head looks like a crescent moon. People have used that clip as the avatar for their social media accounts. That’s how little impact video and photos of actual death have in our present-day world. Some cultures use film of murder as religious icons, while others use it as entertainment. Neither side cares that actual human beings were killed in front of the camera. Movies like Saving Private Ryan desensitize people to graphic violence. The alleged reason for showing such gore is to drive home what the soldiers experienced, but that’s bunk. And this is how to deter the murderously violent. It does no good to show the aftermath of their crimes. Muslim suicide bombers have been told that they’ll feel no pain but will simply pop softly, like soap bubbles. However, a hospital emergency-room doctor once said to me that every single street thug brought in with a gunshot wound was shocked at how painful it was. These criminals screamed and cried, wondering why it hurt so much. They’d grown up watching films in which people take a bullet to the arm and simply shrug it off. Well, in real life, there’s no such thing as a “flesh wound.” When a bullet goes through your arm, it destroys muscle, tendons, and nerves. It hurts like hell. Thomas Wictor
One of my main concerns is what happens after year 15, when they basically can have as large a program as they want, and the gap between threshold status and weapon status becomes very small.(…) The more you make it clear that for any misbehavior they pay a price, and it’s the kind of price that matters to them, the more likely they are to realize the firewall is real, and the less likely they are to ever test it.” [But] We’re already seeing them ratchet it up in Syria. Everyone is focusing on what the Russians are doing, but Iran is adding significant numbers of Revolutionary Guard forces to the ground, it’s not just Hezbollah forces. I think this is a harbinger of things to come. (…) It tends to look at Israel through a lens that is more competitive, more combative, that sees Israel more in problematic terms (…) [since Obama] looks at the Palestinians as being weak, there is this reluctance to criticize them. ‘They’re too weak to criticize’ is what I say in the Obama chapter. And if they are too weak to criticize, they are too weak to be held accountable, too weak to be responsible. They’re too weak to have a state. Well, if you want the Palestinians to have the responsibility of a state, you have to hold them responsible. (…) When the president comes in, he thinks we have a major problem with Arabs and Muslims. And he sees that as a function of the Bush administration — an image, fairly or not, that Bush was at war with Islam. So one of the ways that he wants to show that he’s going to have an outreach to the Muslim world is that he’s going to give this speech in Cairo. So he wants to reach out and show that the US is not so close to the Israelis, which he thinks also feeds this perception. That’s why there’s an impulse to do some distancing from Israel, and that’s why the settlement issue is seized in a way. » Dennis Ross (former senior adviser to President Obama)

Quand le chien est mordu par l’homme, ça, c’est une nouvelle !

Pierres qui attaquent des voitures ou des personnes …

Palestiniens abreuvés de haine tués par des forces de sécurité qui, prétendent-elles, voulaient les poignarder …

Européens qui n’en finissent pas de s’auto-fustiger face à des centaines de milliers et bientôt millions de faux réfugiés leur imposant leur Allah Akbar et leurs dégradations …

Américains qui défient une Chine qui viole sciemment le droit de la mer …

Avancée historique d’une démocratie birmane où l’armée se réserve un quart des sièges et les postes les plus importants tout en ayant pris soin de faire voter une loi interdisant l’accès à la fonction suprême à leur principale opposante …

En ces temps étranges de tueurs devenus victimes et de victimes dénoncées comme tueurs

A l’heure où en ce 40e anniversaire de la tristement célèbre résolution onusienne dite « sionisme = racisme » (révoquée 16 ans plus tard) …

Et ignorant tant d’autres cas, de la Turquie à Chypre à la Chine au Tibet, de territoires disputés (plus de 200) ou occupés (pas moins d’une douzaine) …

Une Union européenne qui non contente d’importer des crieurs d’Allah akbar bientôt par millions, annonce un marquage (à l’étoile jaune ?) des seuls produits israéliens …

Pendant qu’après le révisionnisme d’un Abbas faisant remonter l’occupation à 1948 et sous le vieux prétexte de la défense d’Al aqsa appelant au djihad …

Le représentant d’un régime qui appelle ouvertement à l’annihilation d’un de ses voisins se voit inviter en grande pompe à Paris pour fêter le droit à l’arme nucléaire qui vient de lui être accordé et  les contrats juteux qui vont avec …

Se voit offrir les ondes de la télé d’Etat pour entre deux mensonges renouveler ledit appel …

Et que du côté de l’Asie, on nous bassine avec une prétendue rencontre historique du président sortant taiwanais avec des bouchers de Tienanmen …

Que les Etats-Unis auraient défié pour s’être construit au mépris de toute loi internationale des iles artificielles pour imposer leur loi dans la Mer de Chine …..

Ou avec la non-élection tout autant prétendument historique et démocratique d’une Birmanie où …

Comme en Iran ou dans bien des pays africains, on ne vote que pour amuser la galerie et reprendre au plus tôt les juteux échanges …

Pendant que, mimétisme oblige, même les maitres du zen se comportent comme de véritables Hitler ou Ben Laden du bouddhisme ..

Comment ne pas repenser à la fameuse boutade au  début du siècle dernier du patron de presse britannique Alfred Harmsworth …

Qui avec la métaphore du chien mordu par un homme sert depuis outre-Manche et outre-Atlantique de définition à ce qui est digne de figurer dans les journaux ?

Mais aussi à ce fameux faux documentaire belge à qui elle a servi de titre anglais …

Et qui tout en jouant lui-même il y a déjà 23 ans, dénonçait le voyeurisme, la manipulation des images et la complaisance de tant de nos médias ?


Wave of Palestinian Violence Accompanied by Spate of Bad Writing
CAMERA
Some correspondents and headline writers are doing a fine job reporting on the outbreak of terror in Israel, but all too many others are failing at this task. Journalists in the latter category have relied on the passive voice, euphemism, and imprecision — reportorial smoke and mirrors — to obscure Palestinian terror attacks and even recast terrorists as victims of arbitrary Israeli violence. Below are a few examples. (This piece will be continuously updated.)

Haaretz Headline: « Palestinian woman shot dead »

« Palestinian woman shot dead » is the Haaretz print edition headline for a story about a Palestinian woman who attempted to carry out a stabbing attack. The accompanying article reported: « A Palestinian woman was shot to death yesterday at a checkpoint in the West Bank after she drew a knife and advanced toward soldiers. . . She ignored several demands from Israeli security forces to stop, and when warning shots were fired into the air she drew a knife from her bag. »

CNN Headline: « Israel’s New Terror »

The many visitors to CNN’s Web site who only glance at the headline and don’t read the article would reasonably understand that Israel is the perpetrator of terror. In fact, Oren Leibermann’s accompanying article describes Palestinian terror: the series of recent Palestinian attacks, « unplanned, uncoordinated and largely unpredictable, using knives or other sharp objects, making them difficult to prevent. » He also describes the Palestinian terror that preceded this new wave: the suicide bombings, rocket attacks and tunnel attacks.

New York Times: Assailant’s butterfly knife is a « Boy Scout » knife

new york times rudoren boy scout knife
Where to begin? First: the reporter, Jodi Rudoren, quotes a witness claiming a knife was planted, but doesn’t point out that MSNBC showed video footage of the man holding a knife as he raced toward Israelis. Second: although some reports say the « teenager » was 19, Palestinian media and monitoring sources state that he was 20. And finally, the photo shared by the Israeli police is of a butterfly knife — which is definitely not the a pocketknife of the type « Boy Scouts use »:

Reuters Captions: Palestinians « confront » Israelis

Reuters photo captions refer to Palestinian stabbing, shooting and ramming attacks against Israelis as « Palestinians confronting Israelis. » The above caption, for instance, states: « A Palestinian woman supporting the Islamic Jihad movement holds a copy of the Koran as another holds a knife during a rally in Gaza City to show solidarity with Palestinians confronting Israelis in the West Bank and Jerusalem. »  If the recent spate of stabbings, shootings and rammings are Palestinians « confronting » Israelis, how exactly would Palestinians attack Israelis?

Reuters Graphic: Palestinians, Israelis die in « street violence »

Following earlier photo captions which whitewashed Palestinian attacks against Israelis as « Palestinians confronting Israelis, » Reuters’ graphics department has come up with new terminology for Palestinian stabbings, shootings and ramming attacks against Israeli civilians and security forces: « street violence. » Were Israeli and Palestinian gangs of errant teenagers duking it out in « street violence » in Raanana, Petah Tikvah, Tel Aviv, Beit Shemesh, Beersheba, and more?

CNN: « Palestinians shot boarding kids’ bus. » But not really.

cnn palestinian shot boarding bus.jpg
CNN, with its latest creative phrasing, may be entrenching itself at the top of this ignominious list. A Palestinian was shot while boarding a kids’ bus, the network’s ticker informed viewers watching news of Hillary Clinton’s congressional testimony.

Not quite. What actually happened? Two Palestinians attempted to board a school bus carrying a group of children. The driver didn’t allow them to board. So instead they, and the knives they were armed with, went down the street, found a Haredi Jew, and stabbed him several times. Police arrived on the scene and shot the pair.

CNN: Joseph’s Tomb site spontaneously combusts.

« Fire broke out overnight at the compound housing Joseph’s Tomb, a religious site venerated by Jews, the Israel Defense Forces said Friday, » CNN’s story begins. And it’s true. The holy site did catch fire. Right around the time Palestinian arsonists set it on fire.

CNN’s headline is one of the worst examples yet of obscuring violence and concealing the identity of the perpetrators. And as one observer on Twitter noted, such opaque writing seems reserved for Palestinian attacks. When the roles were reversed early last year, a CNN headline clearly noted, « West Bank mosque attack blamed on Israeli settlers. »

(Update: After CAMERA pressed editors, CNN amended its headline to « Joseph’s Tomb site set ablaze amid wave of Palestinian-Israeli violence. » It’s a step in the right direction, but still fails to note the identity of the arsonists.)

BBC Headline: « Palestinian shot dead after Jerusalem attack kills two. »

Could you tell from that headline that the Palestinian who was shot dead is the very same Palestinian who killed two? (Killed two Jews, we should add, since the headline only noted the ethnicity of the Palestinian victim, also known as the attacker.)
It took much outcry and three BBC revisions before the headline finally relayed the news in a straightforward way: « Jerusalem: Palestinian kills two Israelis in Old City. (See details here.)

Wall Street Journal Facebook post: Palestinian teens shot. Separately, a « knife-wielding assailant » is on the loose.

Also relevant, but inexplicably unmentioned in the post: The Palestinian teenagers shot by the police are actually the very same knife-wielding attackers described in the vague Facebook blurb. One of those attackers had just stabbed a 13-year-old Jewish boy on a bike. The newspaper eventually revised its headline to « Israeli Police Fatally Shoot Two Palestinian Teen Attackers, Injure Two Others. » See? That wasn’t too hard.

MSNBC: He was in a rush.

« Man shot after rushing past police in Jerusalem, » is the way MSNBC headlined its report about a Palestinian who was shot. While wearing army fatigues. While brandishing a butterfly knife and, yes, « rushing » toward Israeli security guards with that knife.
Although MSNBC headlines continue to cast this as the shooting of a rushed man, the heading on subsequent television broadcasts improved: « Israeli police kill man after attempted stabbing. »

Reuters: « Israelis kill Jerusalem knife man. »

Who is this Knife Man, and why did Israeli kill him? Is he a knife salesman? A juggler? A superhero? You need to look for the fine print to learn that he’s actually « a Palestinian man who tried to stab a trooper who tried to search him in Jerusalem. »

Los Angeles Times: « Israeli violence » strikes down Palestinians.

Yes, there’s a pattern here. Headline writers seem to have an aversion to mentioning « Palestinian violence, » even though that is the main story coming out of Israel this week. CAMERA contacted the newspaper, and to its credit, it revised the headline to explain that violence (not « Israeli violence ») left six dead, « including stabbing suspects. » (Two were killed after stabbing attempts; two were involved in violent rioting; and two were civilians that tragically died when their house, next to a Hamas training facility, collapsed after an Israeli air strike on that facility.)

New York Times: The asphalt is under attack.

« Pelted the road« ? The newspaper couldn’t bring itself to admit, either in the headline or the lede, that Palestinian attackers stoned Israeli cars, not Israeli « roads. » The identity of the « attackers, » moreover, was not specified anywhere in the article.

Al Jazeera: Knife-wielding injured woman is an unarmed dead woman.

This report claims a Palestinian woman was killed and casts doubt on « claims » she was holding a knife. Unfortunately for Al Jazeera, there is video of the incident and numerous other media reports got the story right, including, one from … Al Jazeera:
See more details here.

Independent: So many words, so little information.

The Independent is based out of England, which is the birthplace of English — but you might not know it judging by the clunky wording of the headline above. How about this: « Anti-Israel terrorism continues: a Palestinian attacker killed after stabbing two Jews. » A subsequent change to the headline reduced the number of words, but not the opacity. Even with the new headline, « Israeli security forces kill boy, 16, after stabbing in Jerusalem as violence continues, » it remained unclear that the 16-year-old boy teen was the stabber. (When Israeli 16-year-olds were murdered by Palestinians, the Independent described them as teens, not as « boys. »)

New York Times: Israel going around accusing people of things.

Palestinian leader Mahmoud Abbas announced on television that Israel had « executed in cold blood » a Palestinian. In fact the teen, Ahmad Manasra, who had just gone on a stabbing spree, is very much alive, convalescing in an Israeli hospital from where he has reportedly confessed to his attacks.
In other words, Abbas simply did not tell the truth in the broadcast, which appeared meant to incite hate against Israel. Yet the headline found a way to make Israel appear to be the unpleasant actor. There are countless possibilities of better headlines. Here’s one: « In inflammatory speech, Abbas accuses Israel of ‘executing’ Palestinian attacker who is in fact alive. »

USA Today Headline: Israel Knocks Off 4 Palestinians, Just Because

Following four Palestinian stabbing attacks against Israelis Saturday, Oct. 17, a USA Today headline falsely depicts the Palestinian attackers as victims. The article’s first paragraph is equally derelict as it fails to clearly report that the four Palestinians were killed had carried out, or attempted to carry out, stabbing attacks yesterday — three in Hebron, one in Jerusalem. It obscures: « Four Palestinians were shot and killed by Israelis Saturday in separate stabbing incidents in Jerusalem and the West Bank in the latest in a month-long upsurge in violent confrontations. »

Voir aussi:

Israelis kill 4 Palestinians they say were trying to stab them

At least 40 Palestinians and 8 Israelis have been killed in the past month

The Associated Press
CBC news

Oct 17, 2015

Palestinian assailants carried out five stabbing attacks in Jerusalem and the West Bank on Saturday, authorities said, as a month-long outburst of violence showed no signs of abating. The unrest came despite new security measures that have placed troops and checkpoints around Palestinian neighbourhoods in east Jerusalem.In Jerusalem, where most of the violence has taken place, police spokeswoman Luba Samri said a 16-year-old Palestinian drew a knife on officers early Saturday when they asked for identification after a bystander said he was behaving suspiciously. She said the officers shot and killed the teenager after he tried to stab them.The incident took place near where two Palestinian men boarded a bus earlier in the week and began shooting and stabbing passengers, killing two.Later, another assailant stabbed a policeman on the outskirts of Jerusalem, lightly wounding a member of the paramilitary border police. The assailant was shot and killed.The other three stabbing attacks Saturday took place in the West Bank city of Hebron, a frequent flashpoint where a few hundred Jewish settlers live in close proximity with tens of thousands of Palestinians..

A relative kisses the body of Iyad Awawdeh, 26, during his funeral in the West Bank village of Dora, near Hebron on Saturday. Awawdeh was killed after he stabbed an Israeli soldier during clashes Friday. (Nasser Shiyoukhi/Associated Press)

Israel’s military said an Israeli pedestrian shot and killed a Palestinian who tried to stab him in the West Bank city of Hebron, a frequent flashpoint where a few hundred Jewish settlers live in close proximity to tens of thousands of Palestinians. The military said the Palestinian was shot dead before he could harm the man.Later, police said a Palestinian woman stabbed a female officer at a border police base in Hebron before the officer shot her dead. The officer’s hand was lightly wounded.Over the past month, eight Israelis have been killed in Palestinian attacks, most of them stabbings. In that time, 40 Palestinians were killed by Israeli fire, including 19 labelled by Israel as attackers, and the rest in clashes with Israeli troops.Attacks add to fear across IsraelPalestinians say the violence is the result of nearly 50 years of Israeli occupation, 20 years of failed peace efforts and a lack of hope for gaining independence anytime soon. Most of the attacks on Israelis have been carried out by Palestinians with no known ties to militant groups.Israel has taken unprecedented steps in response to the attacks. It has deployed soldiers in Israeli cities and erected concrete barriers outside some Arab neighbourhoods of east Jerusalem, where most of the attackers came from. Ordinary citizens have also increasingly taken up arms to protect themselves.On Saturday, roadblocks on the outskirts of Arab neighbourhoods caused massive traffic jams, with some frustrated motorists saying they had been waiting for several hours. On the edge of the Issawiyeh neighbourhood, drivers honked their horns at a group of Israeli police and paramilitary border police who were taking their time checking each car and asking some of the younger Palestinians to lift up their shirts to show they were not armed.Palestinians said the roadblocks are collective punishment and ineffective in deterring attackers since those with bad intentions would try to reach Jewish neighbourhoods through dirt roads anyway. »People are very upset, » said Emad Obeid, a 30-year-old taxi driver. « This will just cause new attacks. »The daily attacks have caused a sense of panic across Israel and raised fears that the region is on the cusp of a new round of heavy violence.The violence erupted a month ago over the Jewish New Year, fuelled by rumours that Israel was plotting to take over Jerusalem’s most sensitive holy site, a hilltop compound revered by Jews as the Temple Mount and home to the al-Aqsa Mosque, Islam’s third-holiest shrine and a key national symbol for the Palestinians.Israel has adamantly denied the allegations, saying it has no plans to change the status quo at the site, where Jews are allowed to visit but not pray. The Palestinian fears have been fueled by a growing number of Jews visiting the compound in recent months, especially during holidays, with the encouragement of Jewish activists groups and senior government officials.Palestinian President Mahmoud Abbas has at times tried to calm the situation by saying violence is not in the Palestinians’ interest and behind the scenes has ordered his security forces to reduce frictions.But Israel accuses him of incitement, saying he has not condemned attacks on Israelis and falsely accused Israel of having « summarily executed » a Palestinian boy who stabbed an Israeli boy. The Palestinian teen is recovering in an Israeli hospital.More citizens arming themselvesIsrael has taken unprecedented steps in response to the attacks. It has deployed soldiers in Israeli cities and erected concrete barriers outside some Arab neighbourhoods of east Jerusalem, where most of the attackers came from. Ordinary citizens have also increasingly taken up arms to protect themselves.On Saturday, the roadblocks on the outskirts of Arab neighbourhoods caused massive traffic jams, with some frustrated motorists saying they had been waiting for several hours. On the edge of the Issawiyeh neighbourhood, drivers honked their horns at a group of Israeli police and paramilitary border police who were taking their time checking each car and asking some of the younger Palestinians to lift up their shirts to show they were not armed.At one point, tensions rose palpably and the officers, in riot gear, moved a few metres into the crowd. One of the officers threw a stun grenade into the line of waiting cars.’« People are very upset. This will just cause new attacks. » – Taxi driver Emad Obeid

Palestinians said they felt the roadblocks were intended as collective punishment and would be ineffective in deterring attackers. Anyone with bad intentions would not pass through a checkpoint and instead try to reach Jewish neighbourhoods through dirt roads, they said.Taxi driver Emad Obeid, 30, said he and his passenger had been waiting for close to four hours, and the line had barely moved. »People are very upset, » he said. « This will just cause new attacks. »In one of the attacks Saturday, Uri Nuriel, 31, said he was riding his bike in Jerusalem when he noticed a Palestinian smiling oddly. « He was holding his bag suspiciously, I thought it was an explosive, » he said. He informed police officers stationed nearby, who then confronted the youth. Police said they shot him dead after he tried to stab them.Call to restrain Palestinian youthMany of the attackers have been Palestinian youth, and a local police commander at the scene of Saturday’s incident pleaded for their parents to restrain them. »I call on the parents to show responsibility for their children and tell us, the police, about any unusual behaviour, » said Haim Shmueli. « Inform us so that we can deal with these kids and won’t have to get to a place where we have to track them down here on the streets and neutralize them. »On Friday, Palestinian assailants firebombed a West Bank site revered by Jews as the tomb of the biblical figure Joseph. United Nations Secretary-General Ban Ki-moon condemned the attack, saying extremists were trying to make the current conflict a religious one.

Voir également:

Un sommet Chine-Taïwan pour freiner les ardeurs des indépendantistes taïwanais

INFOGRAPHIE – Lors d’une rencontre historique, les deux présidents Ma Ying-jeou et Xi Jinping ont réaffirmé samedi leur attachement au principe d’«une seule Chine, mais avec des interprétations différentes». Un avertissement à peine voilé adressé à Tsai Ing-wen, la candidate du parti pro-indépendance, donnée gagnante à la présidentielle de janvier à Taïwan.

La poignée de main entre Ma Ying-jeou et Xi Jinping était historique. En terrain neutre, samedi à Singapour, les présidents de deux pays aux systèmes politiques antagonistes, Taïwan et la République populaire de Chine, se sont rencontrés pour la première fois depuis 1949. Séparés depuis la fin de la guerre civile, qui a abouti à l’avènement du Parti communiste chinois (PCC) sur le continent après la fuite des troupes nationalistes du Kuomintang (KMT) sur l’île de Taïwan, les deux États ont toujours refusé de reconnaître leur légitimité réciproque. La Chine communiste considère Taïwan comme une partie de son territoire qui doit être amenée dans son giron, par la force si nécessaire, tandis que Taïwan s’est forgé une identité propre, depuis l’époque du protectorat japonais, de 1895 à 1945, jusqu’à la démocratisation des années 1990 après plusieurs décennies de dictature. Dans son histoire récente, hormis une parenthèse forcée de 1945 à 1949 (la Chine était alors dirigée par le Kuomintang), l’île n’a jamais été rattachée au continent et est, depuis 66 ans, indépendante de facto.
La rencontre de samedi a donc été le rapprochement le plus important opéré entre les deux rivaux. Pourtant, difficile de ne pas voir derrière ce sommet des manœuvres politiciennes. Jusqu’ici, la position de la Chine était inflexible. Des contacts au plus haut niveau avec Taïwan étaient exclus, et ce, malgré le réchauffement continu des relations sino-taïwanaises depuis l’arrivée en 2008 de Ma Ying-jeou au pouvoir sur l’île. Pourtant, en acceptant aujourd’hui une rencontre qui offre à Taïwan une tribune internationale et à Ma Ying-jeou de rentrer dans l’histoire, Xi Jinping a fait un pari peu risqué.
Ma Ying-jeou, faire-valoir de Pékin?Cravate bleue pour le Taïwanais, cravate rouge pour le Chinois, debouts devant une toile de fond jaune – la couleur de l’empereur en Chine – comme pour unifier le tableau, chaque détail de la poignée de main a été savamment millimétré. «Nous sommes une famille, a déclaré Xi Jinping. Même cassés, nos os restent liés par des tendons», ajoutant que la Chine et Taïwan ne devaient pas se laisser diviser par les partisans de l’indépendance. C’était bien là tout l’enjeu du sommet.

Favorable à un resserrement des liens avec Pékin, l’impopulaire président Ma Ying-jeou (moins de 10% dans les enquêtes d’opinion) achèvera en mai 2016 son second et dernier mandat. Après la débâcle de 2014 aux municipales, la formation politique du président taïwanais, le Kuomintang, est donnée perdante aux élections présidentielle et législatives de janvier prochain. Au plus haut dans les sondages, Tsai Ing-wen, issue du Parti démocrate progressiste (DPP), devrait accéder aux plus hautes fonctions de l’État. Cette autre grande formation politique taïwanaise est honnie par Pékin pour ses visées indépendantistes. Face au spectre d’une nouvelle approche conflictuelle des relations sino-taïwanaises, tout porte à croire que Xi Jinping s’est servi de Ma Ying-jeou comme faire-valoir tant sur le plan intérieur que sur la scène internationale.
Car, si le sommet de Singapour a peu de chance d’influencer le résultat du scrutin de janvier, il aura surtout servi à mettre des bornes à la relation sino-taïwanaise. Les deux leaders ont réaffirmé leur attachement au consensus de 1992, selon lequel il n’y aurait qu’«une seule Chine, mais avec des interprétations différentes». Autrement dit, les échanges entre les deux rives du détroit de Formose ne pourront être abordés que dans ce cadre restreint. Une façon de mettre en garde le parti de Tsai Ing-wen et une frange toujours plus large de la population taïwanaise opposée à toute mise sous tutelle de Pékin.

Quatre Taïwanais sur cinq favorables à l’indépendance formelle

Attachés à leurs libertés et à leur démocratie, les Taïwanais nés à partir des années 1980 sont une écrasante majorité à vouloir en finir avec l’encombrant héritage chinois et pouvoir, enfin, déterminer eux-mêmes leur avenir. Depuis sa découverte par les Portugais au XVIe siècle, l’île de Taïwan a été façonnée dans son histoire par une succession d’annexions de puissances étrangères – la dernière en date étant celle du Kuomintang de Tchang Kaï-chek au sortir de la deuxième guerre mondiale. Une enquête réalisée annuellement depuis 2003 par l’université nationale Chengchi à Taïwan montre que, de manière assez constante, 80% des Taïwanais se déclarent favorables à une indépendance formelle à la condition que cette déclaration ne déclenche pas une attaque militaire chinoise. Le statu quo actuel – ni unification, ni indépendance, ni recours à la force – est donc un choix par défaut. Quand Ma Ying-jeou évoque, lors du sommet, les quelque 1500 missiles dirigés en permanence vers l’île, Xi Jinping botte d’ailleurs en touche.

À Taïwan, le déplacement du président taïwanais à Singapour continue de susciter la controverse. «La rencontre Ma-Xi, en s’inscrivant dans le cadre d’une seule Chine, a définitivement nui au droit des Taïwanais de rejeter certains futurs possibles», s’est inquiété dimanche un député de l’opposition, en marge d’une manifestation de protestation devant le palais présidentiel, à Taipei. D’autres opposants estiment que Ma Ying-jeou ne représente plus la volonté du peuple depuis sa tentative de passage en force d’un traité de libre-échange avec la Chine, qui avait abouti à l’occupation du parlement et au mouvement citoyen des Tournesols au printemps 2014.

De son côté, Tsai Ing-wen a regretté que le président n’ait pas abordé la question de la préservation des libertés démocratiques à Taïwan. «Ce qui est plus important encore, c’est que le peuple taïwanais a le droit de choisir librement. Mais il n’en a pas dit un mot», a déclaré la candidate du DPP à la présidence. «Seul le peuple de Taïwan peut décider de son avenir et il le fera lors d’élections prévues en janvier», a-t-elle poursuivi. Bien qu’elle ne reconnaisse pas le consensus de 1992, Tsai Ing-wen a maintes fois répété qu’en cas de victoire, elle travaillerait au maintien du statu quo à travers le détroit de Formose. Après l’alliance de circonstance entre le KMT et le PCC à Singapour, il lui faudra aussi travailler avec le peuple taïwanais pour effacer toute conséquence dommageable de ce sommet historique.

 

Birmanie : Wirathu, le « Ben Laden bouddhiste » antimusulmans

Enfants palestiniens terroristes au couteau : justification erronée d’un New York Times qui devrait revoir sa copie
Hélène Keller-Lind
Desinfos
11 novembre 2015

On voit de plus en plus d’enfants palestiniens s’attaquer à des Israéliens, le couteau brandi pour tuer ou blesser. Les raisons de leur passage à l’acte sont multiples : endoctrinement multiforme, ambiance familiale, incitation à la haine et la violence systématiques de la part des “responsables”, glorification du terrorisme, société violente. Or, le très réputé New York Times, évoquant un cas précis, y voit une cause unique : l’action forcément rude menée par les forces de l’ordre israéliennes lorsqu’elles sont confrontées à ce phénomène. Ces journalistes ignorent sans doute aussi que les enfants palestiniens sont habitués aux violences. Familiales ou à l’école, cette fois.Enquête du New York Times et “justification” : article intitulé “Une boucle de violence engloutit les jeunes à Jérusalem”Le jeune âge de certains terroristes “au couteau” qui s’attaquent à des Israéliens, parfois du même âge, interpelle, bien évidemment. Le New York Times – NYT – a mené enquête à propos de Ali Alqam, douze ans, et son cousin, Muawiya Alqam, quatorze ans, qui ont été arrêtés après avoir attaqué un garde dans le tramway de Jérusalem. [Dans leur article du 10 novembre 2015 les journalistes Isabel Kershner et Rami Nazza rapportent les propos de la famille des enfants expliquant que “la veille de l’attaque, les cousins ont regardé des clips vidéo de l’interrogatoire d’Ahmad Manasra, un garçon palestinien de treize ans qui va être jugé. Il est accusé d’avoir participé à l’attaque au couteau d’un garçon juif de treize ans et d’un autre civil israélien dans le même quartier de Jérusalem Est le mois dernier”. Vidéo diffusée entre autres par la télévision officielle palestinienne cherchant à inciter à la vengeance. Ce que ne précise pas le NYT.Rappel : dans leur équipée meurtrière Ahmad Manasra et son cousin, à peine plus âgé, ont blessé grièvement leurs jeunes victimes israéliennes, ce qui n’est pas rappelé dans cet article du NYT. Blessé lors de son arrestation Ahmad Manasra a été soigné à l’hôpital Hadassah de Jérusalem où il s’est rapidement rétabli, bien plus que ses victimes, avant d’être arrêté. Mahmoud Abbas avait tenté d’instrumentaliser l’incident, prétendant que Ahmad avait été abattu de sang froid, sans bien entendu, condamner ni même évoquer son attaque terroriste…. Un site palestinien tentait d’utiliser cette mort qui n’en était pas une, en comparant Ahmad Manasra à Mohamed al-Dura, autre mort contestée– “L’enfant, la Mort et la Vérité” remarquable analyse complète de l’affaire vient de sortir en français.Le NYT nous livre une analyse-justification d’Isabel Kershner et Rami Nazzal qui écrivent : “L’attaque de mardi semble refléter une dynamique en boucle de la violence israélo-palestinienne : des attaques d’Israéliens au couteau suivies de réponses immédiates, souvent mortelles, des forces de sécurité israéliennes et des séquences vidéo crues qui inspirent des attaques palestiniennes contre des Israéliens en réplique ». Les journalistes du NYT appuient alors leur “analyse” en citant un oncle du jeune terroriste qui justifie ainsi son acte : “ Quiconque voit ce clip voudra aller chercher à se venger ou à combattre l’ennemi”. Il annonce que d’autres agressions seront donc commises par de très jeunes Palestiniens…A contrario on n’a guère vu d’enfants ou d’adolescents israéliens aller attaquer des Arabes, ni au couteau, ni au Cocktail Molotov… pourtant des scènes de violences antisémites, autrement plus graves que des cris ont été fréquentes ces dernières semaines.Impasse sur les déclencheurs réels de ces attaques terroristesQuant aux causes bien plus réelles de ce type d’agression, le NYT les évacue en deux lignes se bornant à dire que Benyamin Netanyahou a qualifié le mensonge de Mahmoud Abbas concernant Ahmad Manasara “d’illustration de qu’il a décrit comme une incitation et un faux narratif palestiniens”. Exit toute réflexion sérieuse qui s’imposerait pourtant sur cette incitation systématique, omniprésente, sur la glorification du terrorisme, sur ce qui est présenté comme une obligation nationaliste et religieuse qui façonnent les Palestiniens depuis leur plus jeune âge et en font de pitoyables terroristes, eux-mêmes victimes de “responsables” ou “pro-Palestiniens” qui les instrumentalisent sans scrupule…Quant à l’interrogatoire d’Ahmad Manasra dans lequel on voit les policiers crier, le très respecté NYT qui semble penser que cela suffit à pousser de jeunes Palestiniens au meurtre, occulte tout simplement le fait que la société palestinienne est violente, que les violences domestiques y sont très répandues, et les enfants en étant victimes dans une proportion très élevée.Fort pourcentage d’enfants palestiniens victimes de violences à la maison et à l’école, y compris de la part d’enseignants…Concernant les enfants palestiniens un rapport de l’UNICEF est tristement instructif. Citant en préambule le Bureau Central des Statistiques Palestinien, il dresse ce constat effarant “ en Cisjordanie 53% des mères rapportent qu’un de leurs enfants entre 5 et 17 ans a été exposé à la violence en 2005, surtout à la maison (93%) et à l’école (45%). De plus, un sondage pour une Initiative pour l’Éducation des Filles des Nations Unies a montré que plus de 50% des élèves sont soumis à des violences physiques et verbales de la part d’enseignants et parfois d’élèves eux-mêmes…un rapport dans des écoles de l’UNRWA montre que la violence à l’école a augmenté des dernières années. Des discussions de groupes menées pour cette étude ont montré que les participants ont identifié discrimination (« pauvres » contre « riches ») et jalousie entre les étudiants comme principales causes de violences à l’école. Certains participants ont dit que les parents n’étaient pas au courant, sont restés passifs ou permettaient à leurs enfants d’adopter des comportements agressifs.Les participants ont également dit que le stress causé par la pauvreté, les problèmes familiaux, la densité à la maison, les disputes parentales, des problèmes psychologiques, la situation politique, et la violence et les abus à la maison étaient d’autres causes de la violence à l’école.L’étude de Birzeit – Université palestinienne – a révélé une situation de violence persistante vécue dans les écoles. Les chiffres rapportés incluent ceux de la violence pratiquée par les enseignants contre les élèves, révélant que 41% des élèves à l’école ont été battus par leurs enseignants au moins une fois dans l’année qui a précédé la date de l’étude, avec 48% des sondés déclarant avoir été insultés par des enseignants au cours de la même période.L’étude a également montré que 20% des étudiants ont reconnu avoir utilisé de la violence (coups) contre leurs enseignants au moins une fois. Plus de 27% des étudiants ont reconnu avoir insulté verbalement leurs enseignants, tandis que 20% des enseignants ont déclaré avoir été en butte à de la violence à l’intérieur des écoles de la part d’élèves et 30% avaient subi des violences de la part des parents.Il y a eu aussi de la violence entre élèves, avec 21% des élèves ayant subi de graves passages à tabac par leurs pairs et 61% des élèves victimes de violences verbales d’autres élèves. Alors que les agressions verbales et psychologiques sont perpétrées contre des élèves filles aussi bien que garçons, presque à égalité, l’étude a révélé que les formes de violence physique étaient pour la plupart dirigées contre les garçons.Une autre conclusion de l’étude est que les enseignants considèrent le recours à la violence un moyen « socialement acceptable » de punir les enfants.Dans l’ensemble, 44% des enseignants interrogés ont dit qu’ils avaient battu des élèves pour les punir au cours de la dernière année, 51% pensent que frapper les élèves est un moyen acceptable de les punir et d’améliorer les résultats éducatifs tandis que 70% des enseignants interviewés ont dit qu’ils avaient avec eux des bâtons et des tuyaux à l’école.

L’étude a révélé que la surveillance des violences et les systèmes pour le suivi de cette question dans les écoles étaient médiocres. Il y avait un manque de communication et de dialogue entre les enseignants ;Les parents trouvent acceptable que les enseignants battent leurs enfants ; et les élèves n’ont pas connaissance de règlements devant être appliqués dans les écoles pour les protéger. Plus significatif encore, l’étude a révélé que la réussite scolaire a un lien clair avec le niveau d’exposition à la violence par le personnel de l’école : plus le niveau de réussite des élèves est bas, plus sont élevés les niveaux de différentes formes de violence perpétrées contre eux ». Alors, des policiers qui crient…On pourrait sans doute ajouter que plus les enfants palestiniens sont soumis à des violences chez eux et à l’école, plus ils sont malléables et faciles à transformer en chair à canon… Isabel Kershner et Rami Nazzal devraient revoir leur copie s’ils entendent faire un vrai travail de journaliste…


11 nov 2015

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Les Américains défient Pékin en mer de Chine

Harold Thibault (Pékin, correspondance) et Gilles Paris (Washington, correspondant)

Le Monde

28.10.2015

Après avoir tergiversé puis longuement préparé le terrain en annonçant leurs intentions par fuites de presse et autres voies de communication, les Etats-Unis ont finalement pénétré lundi 26 octobre dans la zone des douze milles marins entourant certains des îlots que Pékin a fait émerger ces derniers mois en mer de Chine méridionale. Un destroyer américain, le Lassen, s’est approché de Subi et a également patrouillé autour de Mischief, des bancs de sable que la Chine a transformé en îles.

La marine américaine n’était pas entrée depuis 2012 dans cette zone de l’archipel des Spratleys revendiqué par la Chine, mais aussi par les Philippines, la Malaise, le Vietnam et Brunei. Depuis, la situation a grandement évolué, les îles artificielles apparaissant à partir de 2014, construites à l’aide de navires de pompage des sédiments. Sur les photos satellite de think tanks américains, déjà deux pistes d’atterrissage semblent en construction avancée, à Fiery Cross et Subi, tandis qu’un plateau rectangulaire s’étendant sur 3 000 mètres de longueur à Mischief laisse penser qu’une troisième pourrait voir le jour.

Militarisation de territoires contestés

L’administration américaine, qui prône un règlement pacifique de ce contentieux territorial, s’est contentée d’arguer de la liberté de navigation pour justifier cette mission annoncée dès le 8 octobre par des sources anonymes de l’administration américaine citées par le Financial Times, et a tenté de banaliser l’envoi du bâtiment de guerre. Recevant le 25 septembre, à Washington, son homologue chinois Xi Jinping, le président Barack Obama avait annoncé que les Etats-Unis continueront de « naviguer, de voler et d’opérer partout où les conventions internationales le permettent », ajoutant que les travaux de construction et de militarisation de territoires contestés compliquent un règlement entre les différentes parties prenantes. Trois mois plus tôt, le 1er juin, M. Obama avait déjà critiqué la politique chinoise du fait accompli en mer de Chine méridionale, estimant que Pékin « joue des coudes pour chasser les autres ».

Le porte-parole du département d’Etat, John Kirby, ancien officier de marine, a ainsi estimé que la patrouille du Lassen relevait de la « routine » puisque en l’absence d’eaux territoriales, la marine américaine n’est pas tenue, selon lui, d’en informer Pékin. Devant le Sénat, un adjoint du secrétaire à la défense, David Sear, avait jugé le 13 mai que, les îlots concernés étant érigés sur des récifs immergés, la règle des 12 milles nautiques pour les eaux territoriales ne s’applique pas selon le droit de la mer, ce que conteste Pékin.

Dès mardi, l’ambassadeur américain à Pékin, Max Baucus, a été convoqué par le vice-ministre chinois des affaires étrangères, Zhang Yesui, lui-même ancien ambassadeur aux Etats-Unis, qui a fait part du « fort mécontentement » chinois. L’agence de presse officielle, Chine Nouvelle, se faisant l’écho de cet échange, a cité M. Zhang employant les termes de « souveraineté » et de « droits juridiques maritimes », précisément les notions contestées, et déclarant : « La Chine fera tout ce qui est nécessaire pour s’opposer à la provocation délibérée de n’importe quel pays. »

Opinion publique nationaliste

Deux navires chinois, le destroyer Lanzhou et le patrouilleur Taizhou, ont suivi le bâtiment américain et se sont contentés d’une mise en garde, restant toutefois à distance. Sur les réseaux sociaux, une partie de l’opinion chinoise demande pourquoi l’Armée populaire de libération n’a pas réagi davantage. Quelques jours plus tôt, la Chine avait protesté contre les vols répétés d’un avion de surveillance américain au-dessus de la zone concernée par ces travaux.

La Chine, qui considère avoir déjà engrangé un gain en parvenant à construire ces îles sans opposition plus forte, joue désormais la modération par rapport à une opinion gonflée au nationalisme. La Chine a proposé, le 16 octobre, à ses voisins d’Asie du Sud-Est anxieux d’organiser des exercices militaires ensemble. Le 25 septembre à Washington, Xi Jinping en personne s’engageait à ne pas « militariser » les nouvelles îles, laissant analystes américains et chinois perplexes. « On ne sait pas trop ce que Xi Jinping entend par là car s’il y a des applications civiles, les îles peuvent évidemment être employées à des fins militaires, mais la Chine ne veut pas paraître trop agressive », estime Shi Yinhong, directeur du centre d’études américaines à l’université du Peuple à Pékin

Dès juin 2015, un porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Lu Kang, précisait en effet que les travaux de construction des îles à proprement parler seraient achevés « dans les prochains jours », après quoi suivraient les infrastructures. Si la Chine soutient que les îles ont également une utilité civile, pour des missions de sauvetage par exemple, M. Lu ne cachait absolument pas alors qu’elles serviront également à « répondre à un besoin nécessaire de défense militaire ».

La patrouille américaine intervient à quelques semaines seulement des sommets de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean) en Malaisie et du forum annuel de la Coopération économique en Asie-Pacifique (APEC), qui se tiendront dans la deuxième partie du mois de novembre et auxquels Barack Obama a confirmé lundi sa présence. Les Etats-Unis doivent rassurer leurs alliés dans la région, car l’administration Obama a tardé à réagir sur la question de ces îlots dans l’archipel que les Chinois nomment Nansha, « les sables du Sud ».

Les nouveaux totalitaires et leurs idiots utiles se focalisent sur Israël

Lucien SA Oulahbib12/11/2015

Tout d’abord, lorsque l’on possède encore la patience de lire leur prose, les bras hélas en tombent toujours tant leur justification aurait pu être être signée paraphée par Mr Jourdain dans une pétition écrite à sa gloire. Ainsi, clament dans Libération (29.10.2015) Sandra Laugier, « Professeure de philosophie à l’université Paris-I Panthéon Sorbonne et Albert Ogien, Sociologue, directeur de recherche au CNRS » :

C’est bien parce qu’ils se sont opposés à l’exploitation, à la subordination et à l’aliénation des dominés que les intellectuels se sont rangés «à gauche».

Mais qui donc pourrait être pour « l’exploitation, la subordination, et l’aliénation des dominés » ? Qui ? À part quelques adeptes du sang bleu ou de la supériorité en soi de la race, de la religion ? Où l’on voit bien que ces doctes universitaires et scientifiques du haut de leur chaire et laboratoire voguent dans des généralités qu’ils pensent encore être sous-tendues par des analyses solides telles que « le capitalisme repose sur l’exploitation », la « société de classe » sur la « subordination » et « l’ordre social » sur « l’aliénation des dominés » ; sauf que ces analyses sont fausses dans leur globalité, mais peuvent localement toujours trouver des exemples qui semblent les corroborer puisqu’ils se trouvent que depuis que le monde est monde il a existé, il existe, il existera, des tricheurs des menteurs, des voleurs, les dix commandements viennent de cet état de fait d’ailleurs.

Mais revenons à leur incipit. C’est la seule substance en réalité de leurs propos étayés il est vrai par une vague analyse sur un « capitalisme exténué » à force de « financiarisation » (ce que dénoncent par ailleurs certains au sein de  cette « pensée réactionnaire » qu’ils font voeu de pourfendre au début de leur « tribune »…) alors que cet aspect n’en est pas la quintessence ou le substrat mais toujours l’excès vieux encore une fois comme Mathusalem, même si la numérisation de la spéculation peut nuire et mérite certes une solution à hauteur de jeu ; mais elle ne mérite pas de jeter le bébé avec l’eau du bain ce qui ne veut pas dire qu’il faille se satisfaire de changer son eau pour apprendre à ce bébé que la seule conservation de puissance ne suffit pas pour atteindre la réelle magnificence… Sauf que nos pourfendeurs n’iront pas jusqu’à ces hauteurs. Aussi leur faut-il plutôt un bouc émissaire, une « victime sacrificielle », devinez qui…

Ainsi, la fureur de ces nouveaux totalitaires ira jusqu’à émettre l’idée que par exemple l’avion russe aurait été abattu par un drone…israélien, ce n’est pas dit tel que, mais comme ceci :

 » Pour la BBC et les médias contrôlés par les sionistes, omettre la possibilité que l’avion ait été détourné à distance grâce à la technologie du drone, révèle le rôle clé joué par les médias dans la tromperie sioniste-bankster imposée aux Étasunien et au monde. L’omission par les médias contrôlés de la théorie du détournement à distance est destinée à cacher cette possibilité au public. Et cela suggère qu’ils peuvent très bien savoir comment l’avion a été abattu » (1)
Ensuite, mais à un niveau plus décent, seyant, surtout lorsque l’on est « académicien », ou éminent professeur au Collège de France, leurs franges les plus « modérées » en viendront à stipuler que le conflit israélo-arabe serait le coeur même du brasier moyen-oriental, ce qui justifierait ce boycott encore partiel d’Israël (mais guère de la Chine à cause de sa politique au Tibet ou de l’Arabie Saoudite du fait de ses massacres opérés au Yémen) telle est l’idée, défendue par l’académicien Alain Duhamel (sur RTL le 11 novembre au soir) sans pour autant spécifier, d’une part, que la principale cause de ce supposé « coeur » vient plutôt et pour une grande part de la partie arabe refusant de faire les compromis nécessaires s’agissant des réfugiés de 48 et de Jérusalem ; d’autre part, le coeur supposé de ce brasier préexistait bien avant l’émergence d’Israël car l’impossibilité arabe et musulmane depuis la fin du Califat turc en 1923 ne vient pas de causes extérieures, mais profondément internes issues du refus de penser l’insoumission, celle d’Eve, de Prométhée, Spartacus, Jésus…ou la liberté humaine.
Aujourd’hui, les nouveaux totalitaires et leurs idiots utiles mettent à l’Index tous ceux qui refusent de croire que les problèmes internes à la nation française viendraient d’Israël, du capitalisme, des USA, du réchauffement climatique, et non de ces causes externes bien connues depuis des lustres qui ont pour nom le clientélisme, l’affairisme (le colbertisme ou comment faire affaire avec les puissants du moment) le jacobinisme, le robespierrisme, le communisme, le national socialisme, le sans frontières, toutes ces doctrines totalisantes qui ont le mot « réactionnaire » à la bouche pour mieux faire peur si l’on ne pense pas comme eux…alors qu’elles sont les plus nihilistes, les plus dangereuses pour la démocratie et les libertés.

(1)  http://www.alterinfo.net/Crash-de-l-avion-russe-L-hypothese-sciemment-oubliee-par-la-presse_a118605.html#wv3SL0RUqy7iV67X.99

What Do Palestinians Want?

It’s time to take a close look at an often ignored subject: what ordinary Palestinians think about Israel, Jews, and terrorist attacks on civilians.

Daniel Polisar

Mosaic
Nov. 2 2015
About the author
Daniel Polisar, a political scientist, is the provost and executive vice-president of Shalem College in Jerusalem. His research has focused on democratization, Israel’s constitutional development, and the challenges of liberalization in the Palestinian Authority.

The most recent wave of Palestinian terror attacks, now entering its second month, has been mainly the work of “lone wolf” operators running over Israeli civilians, soldiers, and policemen with cars or stabbing them with knives. The perpetrators, many in or just beyond their teenage years, are not, for the most part, activists in the leading militant organizations. They have been setting forth to find targets with the expectation, generally fulfilled, that after scoring a casualty or two they will be killed or badly wounded. What drives these young Palestinians, experts say, is a viral social-media campaign centered on claims that the Jews are endangering the al-Aqsa mosque in Jerusalem and that Israel is executing Palestinian children.Pundits and analysts in Israel and the West, struck by the elements that make this round of violence different from its predecessors over the past decade-and-a-half—which typically featured well-orchestrated shootings, suicide bombings, or rocket fire—have focused on the motivations of individual attackers, on how and why the Palestinian political and religious leadership has been engaging in incitement, and on what Israeli officials or American mediators might do to quell the violence.Absent almost entirely from this discussion has been any attempt to understand the perspective of everyday Palestinians. Yet it is precisely the climate of public opinion that shapes and in turn is shaped by the declarations of Palestinian leaders, and that creates the atmosphere in which young people choose whether to wake up in the morning, pull a knife from the family kitchen, and go out in search of martyrdom. Whether commentators are ignoring the views of mainstream Palestinians out of a mistaken belief that public opinion does not matter in dictatorships, or out of a dismissive sense that they are powerless pawns whose fate is decided by their leaders, Israel, or regional and world powers, the omission is both patronizing and likely to lead to significant misunderstandings of what is happening. In this essay I aim to fill the lacuna by addressing what Palestinians think both about violence against Israelis and about the core issues that supply its context and justification.My interest in Arab public opinion in the West Bank and Gaza is longstanding, dating back to the time regular surveying began there shortly before the 1993 Oslo accords between Israel and the PLO. In 1996, I appeared on a panel with Khalil Shikaki, the pioneering director of the Palestinian Center for Policy and Survey Research (PSR); since then, I have been increasingly impressed with his insights and his institute’s professionalism. I therefore took particular notice of a PSR survey that appeared after the August 2014 ceasefire ending the latest war between Israel and Hamas. It reported, among other findings, that fully 79 percent of Palestinians believed Hamas had won the war and only 3 percent saw Israel as the victor. So convinced were respondents of their side’s strength that nine in ten favored continued rocket fire at Israel’s cities unless the blockade of Gaza were lifted, 64 percent declared their support for “armed attacks against Israeli civilians inside Israel” (meaning, among other things, suicide bombings in Israeli population centers), and 54 percent applauded the event that in large measure had precipitated the 50-day war: the abduction and murder by Hamas operatives of three Israeli teenage boys hitchhiking home from school.In the ensuing months, I read further polls from PSR and other research institutes to see whether support for violence would drop appreciably once the emotions fired by war had cooled. Yet despite a modest decline over time in most indicators, a majority continued to support virtually every kind of attack against Israelis about which they were asked—including rocket fire, suicide bombings, and stabbings. These and other findings led me back to the polls conducted in earlier years, and eventually to embarking on a comprehensive analysis of all reliable and publicly available surveys in the West Bank and Gaza over the past two decades.For this project, I examined over 330 surveys carried out by the four major Palestinian research institutes, each of which has been conducting regular polls for a decade or more: the PSR headed by Shikaki and its predecessor, CPRS; the Jerusalem Media and Communications Center (JMCC); the Birzeit Center for Development Studies (CDS), whose work was later continued under the same director by the Arab World for Research & Development (AWRAD); and the Opinion Polls and Survey Research Unit of An-Najah National University. Each of the four has conducted between 50 and 120 polls and has made the results available online in English (and generally in Arabic).Although commentators typically describe the four as having differing perspectives, all are independent of any government, party, or other institutional framework that might introduce systematic bias into their work. All conduct face-to-face interviews; customarily include more than 1,000 people in each survey; use variants of “area-probability” sampling; and train fieldworkers extensively—which means that the margin of error for their polls is typically 3 to 5 percent, with a confidence level of 95 percent. Moreover, many of their questions are asked repeatedly over time, making it possible to adjust for momentary swings of opinion. And since the questions asked by the four institutes are themselves often similar, it is possible to compare responses, thus testing the degree to which the findings are or are not affected by the specific perspective or methodology of a given institute.Tellingly, poll respondents in the West Bank regularly voice strong criticism of President Mahmoud Abbas and the Palestinian Authority (PA) government that rules there, while those in Gaza often speak negatively about the Hamas leadership, so it appears that Palestinians are not cowed from giving their honest opinions. The consensus among informed scholars is therefore that the surveys are reliable, valid, and genuinely reflective of what Arab residents of the West Bank and Gaza think.I also examined data from two international institutes that have conducted parallel surveys among residents in the West Bank/Gaza and in Arab and Muslim countries: the Pew Research Center, which since 2002 has included countries in the Middle East in its annual global surveys, and the Arab Barometer initiative, a consortium founded by Princeton University and the University of Michigan that since 2006 has overseen three waves of polling in the Middle East. To round out the picture, I incorporated a handful of surveys carried out by Palestinian polling firms on behalf of well-known international experts.In what follows, I focus on three related questions: What do Palestinians think of Israel and of Jews? How do they view the Jewish claim to at least a part of the land of Israel, and especially Jerusalem? And what do they believe about the legitimacy, efficacy, and desirability of carrying out terrorist attacks against Israelis? My hope is that, on the basis of these findings, I can provide a better sense of what lies behind the current wave of violence and perhaps stimulate discussion about how it might be curbed.I. What Palestinians Think of Israel Since the establishment of the PA in 1994, the Palestinians have been beset by problems. The government has increasingly been viewed as corrupt, undemocratic, and unable to enforce law and order or to reform itself. The economy has generally been weak, infrastructure sub-par, and the PA unable at times to pay salaries. Since Hamas took over Gaza in 2007, the Palestinian state-in-the-making has been divided, with Fatah continuing to rule the West Bank and all efforts at reconciliation a failure. The peace process with Israel has been stalled much of the time, in part because of periodic outbreaks of violence, and the handover of territory and authority to the PA has been far slower than envisioned in the Oslo accords.Who is responsible for the problems plaguing the Palestinians? During the last two decades, the four institutes whose surveys I examined have asked numerous questions on this subject, and on 53 occasions have offered Israel as one of the possible answers. In all but one case, Israel was the answer most widely chosen, usually by a statistically significant margin—including when it came to problems that at least at first glance seemed largely internal. Among these were clashes between PA police and Hamas that left thirteen dead (1994), Palestinian economic problems (2000), the hindering of political reform in the PA (2001), Mahmoud Abbas’s decision to resign as prime minister (2003), lack of law and order in PA-held territories (2004), the blocking of reform in the PA (2004), the Hamas coup that wrested control of Gaza from Fatah (2007), a water crisis in the West Bank and Gaza (2010), a fuel shortage in Gaza (2012), the inability of the PA to pay its employees (2013), and the ongoing inability of Hamas and Fatah to reconcile (2015).

A large majority of Palestinians were convinced that Israel sought deliberately to target civilians, and held Hamas blameless for positioning its leadership, fighters, and weapons in populated areas.

In matters that necessarily involved both Israel and the Palestinians, massive majorities blamed Israel and denied any responsibility on their side. Cases in point include the suspension of negotiations between Israel and the PLO (1997), the failure of talks at Camp David (2000), the breakdown of a ceasefire during the second intifada (2003), the collapse of the peace process (2004), the outbreak of the first Gaza war (2008), the non-implementation of the Oslo accords (2012), the outbreak of the second Gaza war (2012), and the breakdown of negotiations between the sides and the third Gaza war (2014).

So convinced were Palestinians that Israel was responsible for the Gaza wars, for example, that after each conflict, when asked by JMCC pollsters whether they believed it was “possible for the Palestinian side to avoid it, or was Israel planning to launch the war in all cases,” overwhelming majorities averred that Israel was intending to go to war regardless of Palestinian actions. Likewise, a large majority of Palestinians were convinced that Israel sought deliberately to target civilians, and held Hamas blameless for positioning its leadership, fighters, and weapons in populated areas.

Over the years, there were also many questions posed about problems for which Israel wasn’t listed as a possible culprit; on these, respondents assigned blame to their government, to leading figures and parties, or to society as a whole. But when Israel was offered as an option, both where its culpability could plausibly be claimed and where doing so was farfetched in the extreme, more Palestinians passed responsibility to Israel than opted for any other answer. Whatever else this might say, it indicates a tendency to ascribe to Israel greater power than it actually wields—along with intentions so diabolical as to lead it to act in ways detrimental to the Jewish state’s own interests, so long as this will cause suffering to Palestinians.

The perception of Israel as implacably hostile and even demonic affects responses to questions not only about the past and present but also about what Israelis and their government are likely to do vis-à-vis the Palestinians in the future. For instance: as anyone observing Israeli politics over the last decade is aware, the most widely held position within Israel favors the establishment of a Palestinian state in most or all of the West Bank and Gaza; a minority prefer to increase Palestinian autonomy but with Israel remaining in charge overall. Palestinian polls, however, tell a very different story.

On over two dozen occasions since 2009, PSR fieldworkers asked West Bank and Gaza residents, “What do you think are the aspirations of Israel for the long run?” With clock-like consistency, the options espoused by most of the parties represented in the Israeli Knesset and by consistent majorities of Israelis—namely, that Israel is seeking “withdrawal from all [or part] of the territories it occupied in 1967”—are chosen least often. More popular is the belief, held by one-fifth of Palestinians, that Israel’s goal is “Annexation of the West Bank while denying political rights of Palestinian citizens.” But the view commanding an absolute majority in all 25 polls, at an average of 59 percent, is that Israel’s aspirations are “Extending the borders of the state of Israel to cover all the area between the Jordan River and the Mediterranean Sea and expelling its Arab citizens.”

Assuming one takes respondents at their word, three of every five Palestinians living next door to Israel believe its aspirations are to reconquer the Gaza Strip and the Arab-populated areas of the West Bank, annex them, and expel the more than four million Arab residents currently living there plus the 1.7 million Arab citizens of Israel. And this, despite the fact that in the past quarter-century, not a single Israeli Knesset member, respected public figure, or major media personality has advocated such a view in public or is reliably claimed to have expressed it in private.

A majority of Palestinians, 51 percent, assert that Israel will “destroy al-Aqsa and Dome of the Rock mosques and build a synagogue in their place.”

It is in this context that one must consider Palestinian public opinion about the area of Jerusalem known by Jews as the Temple Mount and by Muslims as Haram al-Sharif (the Noble Sanctuary). Here stood the ancient Israelites’ First and Second Temples until the latter was destroyed by the Romans nearly 2,000 years ago, and here for thirteen centuries have been situated the al-Aqsa mosque and the Dome of the Rock. The area, captured by Israel from Jordan during the Six-Day War in 1967, has been administered by Jordanian (and, to a lesser extent, Palestinian) religious officials representing the Islamic Waqf. The status quo, unchanged for a half-century except at the margins, is that Muslims can visit the Temple Mount at all hours and pray at its mosques, while Jews are restricted in their visiting hours, have no structure for worship, and are forbidden from praying even as individuals. In 2014, a few right-wing Israeli politicians did propose modifications that would augment the hours for Jewish visits and enable Jews to pray; since then, however, Prime Minister Benjamin Netanyahu and other senior officials have reiterated dozens of times that the status quo will not be changed.

Against that background, on four occasions in the last year PSR asked residents of the West Bank and Gaza for their views on Israel’s plans for the Mount. On average, only 11 percent believe Israel will maintain the status quo; 16 percent hold that it will allow Jews to visit any time or to pray there; one-fifth claim that it will “divide the al-Haram area between Muslims and Jews, allowing Jews to establish a synagogue next to al-Aqsa mosque”; while the majority, 51 percent, assert that Israel will “destroy al-Aqsa and Dome of the Rock mosques and build a synagogue in their place.” Again, a position with no basis in the policies of any of the parties in Israel’s governing coalition or opposition is assumed by an absolutely majority of Palestinians to reflect the true intentions of its government.

II. What Palestinians Think of Israelis and Jews

The specific findings noted above fit with a more broadly negative view of Israelis and Jews that Palestinians espouse on the rare occasions when pollsters have given them the opportunity to generalize. In February 1999, JMCC offered survey participants “a list of characteristics that could be used to describe the Israelis” and asked for a score on a scale of 1 to 5. Regarding the first characteristic, “violent,” 76 percent gave Israelis the highest rankings, a 4 or 5. On the second trait, “honest,” 67 percent scored Israel a 1 or 2. The third trait was “intelligent,” and here Palestinians gave Israelis credit, with 61 percent rating them a 4 or 5.

Two years later, with the second intifada well under way, JMCC did a similar poll showing even more pronounced results. The proportion of Palestinians scoring Israelis at 5 for violence went up to 88 percent, with another 7 percent giving them a 4. More than four-fifths saw Israelis as dishonest. In place of “intelligent,” JMCC pollsters asked to what extent Israelis were “strong,” and here 58 percent of Palestinians gave them high marks.

What emerges, then, is a picture of Israelis as violent and untrustworthy, but clever and strong—which matches up with Palestinian assessments of Israel’s outsized power and diabolical nature in its past behavior and future intentions.

In 2009, the Pew Research Center asked publics in two dozen countries how they viewed Muslims, Christians, and Jews. Regarding Jews, 94 percent of Palestinians reported a “very unfavorable” opinion. (Only 23 percent reported a very unfavorable opinion of Christians.) In this respect, Palestinian views are par for the course in the Arab world: between 92 and 95 percent of Lebanese, Egyptians, and Jordanians also expressed very unfavorable opinions of Jews. Two years later, Pew repeated the questions and achieved comparable results. In the latter survey, Pew also asked whether some religions were more prone than others to violence. More than half of Palestinians averred that this is the case, and of these, 88 percent fingered Judaism as the most violent. (The other choices were Islam, Christianity, and Hinduism.)

On the rare occasions when they have been given the opportunity to generalize, Palestinians characterize Israelis as belligerent and untrustworthy but clever and strong, and finger Judaism as the most violent of all religions.

Palestinians also see Jews as lacking a historical tie to the land of Israel or to Jerusalem. In 2011, the American political consultant Stanley Greenberg commissioned a survey of Palestinians on behalf of The Israel Project. When presented with several statements describing actions that could be viewed as morally right or wrong, 72 percent declared it morally right to deny that “Jews have a long history in Jerusalem going back thousands of years,” while 90 percent declared “Denying that Palestinians have a long history in Jerusalem going back thousands of years” to be morally wrong.

A majority of Palestinians appear to have translated this historical understanding into political conclusions. On fifteen occasions between 2003 and 2014, pollsters from PSR asked whether it would be acceptable, in the framework of a comprehensive agreement for a two-state solution, to divide Jerusalem so the Palestinians would have their capital in eastern Jerusalem and exercise sovereignty over the Arab neighborhoods and the Old City, including Haram al-Sharif, while Israel would be sovereign over Jewish neighborhoods, the Jewish quarter of the Old City, and the Western Wall. On every occasion, respondents soundly rejected the proposal, with opposition almost always exceeding three-fifths. These findings match those of a poll by Bir Zeit’s CDS. No reliable survey to date has shown that a majority of Palestinians are willing to accept such a division of the city.

Given such a negative view of Israelis and of Jews, and of the Jewish link to the land, it is hardly surprising that most ordinary Palestinians do not believe Jews have a right to a state there. In 1995, when JMCC asked whether Israel had a right to exist, 65 percent responded negatively. Similarly, in a 2015 poll commissioned for the Washington Institute for Near East Policy by David Pollock, who has conducted surveys of the Arab world for more than two decades, fieldworkers from the Palestinian Center for Public Opinion asked residents of the West Bank and Gaza: “Do you think that Jews have some rights to the land along with Palestinians?” Only 12 percent agreed that “Both Jews and Palestinians have rights to the land,” while more than 80 percent asserted that “This is Palestinian land and Jews have no rights to it.”

This denial of Jewish roots and rights might help explain why Palestinians are skeptical that Israel, not yet three-quarters of a century old, will continue to exist as a Jewish state, or perhaps at all, in another generation. In 2011, the Greenberg poll asked Palestinians to choose which statement is more accurate: “I am certain Israel will exist 25 years from now as a Jewish state with a Jewish majority” or “I am not so certain . . . .” Over 60 percent doubted Israel would continue to exist as a Jewish state. In the 2015 Washington Institute poll, a similar question was asked, with different wording and a lengthened time horizon. In response, only a quarter of Palestinians believed Israel would continue to exist as a Jewish state “in another 30 or 40 years.” A comparable number thought it would exist as a bi-national state of Jews and Palestinians, while close to half said Israel would no longer exist either “because Arab or Muslim resistance will destroy it” or “because it will collapse from internal contradictions.”

In sum, when the Palestinians look at Israel, they see a country of enormous power and influence that has done great harm to them, that seeks to displace them entirely from historical Palestine, and whose people are deficient as individuals and also lacking any collective rights to the land in general or to Jerusalem in particular.

III. How Palestinians See Violence against Israelis

Palestinian views of Israel hardly provide the fertile ground of trust, respect, or shared assumptions that would facilitate reaching a long-term accommodation or bringing about co-existence. But must they lead to support for violence against Israelis? To back such violence, after all, Palestinians must hold a set of views that prejudice them in favor of carrying out actual attacks. To those views we now turn.

On the surface, the decision of ordinary Palestinians to support or not to support the initiative of young people who take knives and go out to attack Jews in Jerusalem’s Old City, or run over Israelis on the roads of the West Bank, seems straightforward enough. Yet views on the use of violence in these and other cases are based on a host of assumptions and attitudes, most of which are probably not considered consciously. In light of the salience of Palestinian violence, and in an effort to understand its contours and origins, pollsters have asked a large variety of questions and compiled a rich body of data. Before examining levels of support for specific kinds of actions, it is valuable to consider the attitudinal evidence,  grouped here under three headings.

1. Is Violence against Israelis and Westerners Legitimate?

To what extent do Palestinians see it as morally right and appropriate to use violence against Israelis, or against Westerners more generally? A good place to begin this inquiry is a PSR poll in December 2001, one of whose questions was: “In your opinion, are there any circumstances under which you would justify the use of terrorism to achieve political goals?” Fifty-four percent responded that there were no such circumstances; 37 percent said there were. At first glance, this would indicate the majority’s rejection of terrorism on moral grounds, a particularly significant finding since the poll was conducted at the height of the second intifada.

To understand what this finding means in practice, however, we must take into account how Palestinians interpret the word “terrorism.” In that same poll, 98 percent said the 1994 killing of 29 Palestinians in Hebron by Baruch Goldstein was terrorism, but only 15 percent were willing to label as terrorism a 2001 attack by Palestinian suicide bombers that killed 21 Israelis at the Dolphinarium night club in Tel Aviv. Likewise, 93 percent described as terrorism Israel’s August 2001 assassination of the head of the PFLP, a PLO wing that repudiated the Oslo accords and carried out numerous attacks against Israelis, but only 10 percent countenanced the term to describe the PFLP’s assassination of the right-wing Israeli government minister Rehavam Ze’evi two months later. When asked hypothetically if Israel’s use of chemical or biological weapons against Palestinians would constitute terror, 93 percent said yes, but when the identical question was posed regarding the use of such weapons of mass destruction by Palestinians against Israelis, only 25 percent responded affirmatively.

98 percent of Palestinians said the killing of 29 Palestinians in Hebron by Baruch Goldstein was terrorism, but only 15 percent were willing to say the same for an attack by suicide bombers that killed 21 Israelis in Tel Aviv.

Also in the same survey, Palestinians were asked whether “The destruction of the Twin Towers in New York City by people suspected to be members of Bin Laden’s organization” was terrorism. Only 41 percent were willing to say yes; 53 percent rejected the term. The same pattern crops up in surveys conducted between 2006 and 2009 by the Arab Barometer project, in which Palestinians consistently distinguished themselves from other Arabs in rejecting the term terrorism for such jihadist operations as the “Madrid train explosions” (March 2004, 191 killed) and the “London underground explosions” (July 2005, 52 dead). In both cases, a majority of Palestinians averred these were not acts of terror, whereas comparable figures in the other Arab publics ranged from 17 percent down to 2 percent.

This highly differentiated usage of “terrorism” affects the wording of all surveys conducted among Palestinians. In describing attacks by Arabs on Westerners or Israelis, pollsters therefore resort to more acceptable formulations like “resistance operations,” “military operations,” “armed attacks against Israeli civilians in Israel,” and the like.

Palestinian attitudes toward the legitimacy of violence can be further understood from a second set of international polls by Pew. On six occasions in the last decade, Pew asked the following question in the West Bank and Gaza, as well as in Muslim and Arab countries: “Some people think that suicide bombing and other forms of violence against civilian targets are justified in order to defend Islam from its enemies. Other people believe that, no matter what the reason, this kind of violence is never justified. Do you personally feel that this kind of violence is often justified, sometimes justified, rarely justified, or never justified?” Though the level of support varied widely among countries and across time, one constant is that the Palestinians were always the leaders in seeing suicide bombings and similar attacks as justified. On average, 59 percent saw them as being justified often or sometimes; no other Arab or Muslim public came close.

When pollsters specified a nationality for the attacks’ targets, the Palestinians were again ahead of any other people in the Arab world in seeing the attacks as legitimate. In surveys conducted by the Arab Barometer in 2006, 2010, and 2012, a higher percentage of Palestinians—on average, three in five—than of any other Arab public consistently agreed with the following statement: “U.S. involvement in the region justifies armed operations against the U.S. everywhere.”

Though I am unaware of any polls asking Palestinians whether it is legitimate to attack Israelis with the aim of securing political or other gains, it is hard to imagine that such attacks would command less support than the three-fifths justifying such actions to defend Islam in general, or to strike at American targets in particular.

2. Does Violence Work?

For a majority of Palestinians, the use of violence against Westerners is seen as a legitimate means of defending Islam or securing political or other gains; but, with respect to Israel, is it also an effective means of achieving their goals? On this subject, numerous questions have been asked over the last two decades, both retrospectively about past events and prospectively about the future.

Regarding the past, the picture is fairly clear.

In December 2000, a few months into the second intifada, 69 percent told JMCC that the violence had rendered Israelis more willing to make concessions. A couple of years later, with the conflict having become more violent, similarly high proportions said the intifada had helped Israelis “understand the Palestinians’ demands in order to reach a peace agreement.” These findings were replicated and extended by PSR in 21 polls between December 2001 and September 2006, in which majorities of two to one consistently backed the view that “armed confrontations so far have helped achieve Palestinian rights in a way that negotiations could not.”

Similarly, Israeli decisions to pull out of previously held territory have been seen by Palestinians as a consequence of their “armed resistance” and not as a function of Israeli strategic interests, international pressure, or other factors. This was pointedly true regarding the decision by the government of Prime Minister Ariel Sharon to leave the Gaza Strip. When asked by PSR in September 2005, a month after the pullout, what was “the single most important factor” in the Israeli decision, 57 percent chose “attacks by Palestinian resistance.” Time and again in polls before and after the pullout, three-quarters on average would tell PSR they saw “Sharon’s plan to evacuate the Israeli settlements from Gaza as a victory for the Palestinian armed resistance against Israel.”  

The same pattern is discernible in opinions about the three Gaza wars. In December 2012, after the second war, 84 percent responded affirmatively to AWRAD pollsters asking whether “the results of the Gaza conflict will lead to tangible progress toward Palestinian independence,” and despite a slight decline the figure remained robust for months afterward. Following the 2014 war, as I noted earlier, PSR reported that 79 percent saw Hamas as the winner. In fact, after each of the three wars, overwhelming majorities asserted to pollsters from each of the Palestinian institutes that their side was the victor.

The same view, moreover, informs the response to questions regarding the future. When asked a few months before the outbreak of the second intifada whether “a return to armed confrontations will achieve Palestinian rights in a way that the negotiations cannot,” those banking on violence outnumbered those betting against by nearly 20 percentage points. After the intifada broke out, the gap between the two rose to nearly 50 points. This point was made more explicit in a 2002 survey carried out by JMCC on behalf of the polling expert Steven Kull of the Program on International Policy Attitudes at the University of Maryland. West Bank and Gaza residents were asked: “Do you think that when Palestinians use violence that injures and kills Israeli civilians this makes the Israelis more willing or less willing to make compromises?” Sixty-four percent opted for “more willing,”and only 17 percent for “less willing.”

When Palestinians look back at sustained campaigns of violence, whether in the second intifada or in the three wars with Hamas, they see them as victories, and they tend to believe that armed campaigns are also likely to be effective in the future.

To be sure, there have been occasions when the majority of Palestinians have looked back at particular attacks and concluded they did more harm than good. In 2010, for example, members of Hamas’s military wing shot and killed four Israelis near Hebron, including a pregnant woman and the father and mother of a family of six children. The attack, which came a couple of days before Israeli and Palestinian officials were slated to launch a new round of negotiations in Washington, shattered a period of relative calm. When asked about it shortly afterward, twice as many respondents predicted it would hurt rather than advance Palestinian interests. Likewise, in polls on a number of occasions between September 2010 and December 2011, a small majority expressed the view that, should armed clashes erupt, they would not have a better chance to bring about gains than would negotiations.

Under certain circumstances, then, a majority of Palestinians conclude that the timing for an outbreak of violence is wrong. But these are exceptions: when Palestinians look back at sustained campaigns of violence, whether in the second intifada or in the three wars with Hamas, they see them as victories, and they tend to believe that armed campaigns are also likely to be effective in the future.

3. Is Violence Praiseworthy?

If violence against Israelis is seen as both legitimate and effective, it stands to reason that those responsible for it will be celebrated and admired—and so they are. A case in point comes from the 2011 Greenberg poll, in which respondents were asked to characterize a series of actions as “right” or “wrong.” One such action was the 1978 hijacking of two Israeli buses and a taxi; in the ensuing firefight, the PLO hijackers, among them a young woman named Dalal al-Maghrabi, were killed along with 38 Israeli civilian victims. In the poll, a substantial majority, 61 percent, thought it morally “right” to “nam[e] streets after Palestinian suicide bombers like Dalal al-Maghrabi who killed Israeli civilians within Israel.”

61 percent thought it morally “right” to “name streets after Palestinian suicide bombers like Dalal al-Maghrabi who killed Israeli civilians within Israel.”

Similar questions have been asked about leading figures known for threatening or using violence against Israel or the West. In Pew studies conducted in dozens of countries and in the Palestinian territories, Palestinians have been the most fervent admirers of, for instance, Hassan Nasrallah, who led the Hizballah terrorist organization against Israel in the 2006 Lebanon war and since then has repeatedly threatened to attack the Jewish state and its citizens. Though absolute levels of support for Nasrallah have varied over the years, the Palestinians outstripped every other people in expressing their confidence in him on the three occasions the question came up.

Although the Palestinian population is overwhelmingly Sunni, Palestinians consistently led others in their admiration not just for Nasrallah but for Shiite Hizballah itself. Within the Middle East, they expressed the highest levels of confidence in Iranian president Mahmoud Ahmadinejad, another prominent Shiite Muslim known for his repeated threats to annihilate Israel. Moreover, they led the world over the course of a decade in believing that Osama bin Laden, the mastermind behind the 9/11 attacks and a vociferous foe of Israel, could be counted on to “do the right thing in world affairs.” In 2011, the last time Pew asked about bin Laden before his death at the hands of American commandos, the Palestinians once again outdid all others in their admiration, just as they did on various occasions in their favorable assessments of al-Qaeda—and (the one time they were asked in a Pew survey) of the Taliban.

 IV. Palestinian Support for Armed Attacks

So much for Palestinian views on the foundational issues of the legitimacy, effectiveness, and praiseworthiness of violence. When it comes to the actual question of whether to support particular types of violence in advance, or to express backing for concrete attacks after they happen, what views do ordinary Palestinians hold?

Broadly speaking, from the Oslo accords in September 1993 until spring 2000, a plurality of Palestinians were against most kinds of armed attacks. According to a question posed by CPRS sixteen times during this period, 49 percent opposed “armed attacks against Israelis” and 42 percent favored them. A handful of JMCC polls confirmed this reading of public sentiment.

But a caution is in order. When large numbers are supportive of armed attacks—and 42 percent is a large number—it does not much matter if they are slightly outnumbered by those opposed to such actions. Anyone contemplating an attack can still expect to benefit from a substantial network of backers, and if successful to bring great honor upon himself and his family. Needless to say, though, actual majority support will provide all the more fertile ground for attacks—and since the eve of the second intifada in September 2000 until today, there has been, during most periods, majority support among Palestinians for violence of almost every kind against Israelis.

Anyone contemplating an armed attack can expect to benefit from a substantial network of backers, and if successful to bring great honor upon himself and his family.

For most of the last decade-and-a-half, suicide bombings, which have generally been aimed at civilians and have been the most lethal in their impact, have enjoyed the support of solid Palestinian majorities. On 17 occasions between April 2001 and March 2013, JMCC asked, “How do you feel toward suicide-bombing operations against Israeli civilians?” Supporters outnumbered opponents all but four times, and on average the level of support exceeded opposition by a full twenty points. Breaking down the data further, we see that strong supporters constitute the single largest group, followed by moderate supporters, then moderate opponents and, smallest of all, those strongly opposed.

Although PSR, for its part, did not ask specifically about suicide bombings, on 48 occasions between 2000 and 2015 it did inquire about views on “armed attacks against Israeli civilians inside Israel”; in most cases, supporters outnumbered opponents, with those expressing strong support almost always outpacing, often by as much as six to one, those voicing strong opposition. On the half-dozen occasions this question was asked in the last twelve months, supporters outnumbered opponents every time.

Even higher levels of support have been registered after attacks that succeed in killing Israelis. Whereas an October 2003 poll by PSR reported 54-percent support for attacks on Israeli civilians in general, when asked about “the bombing operation in the Maxim restaurant in Haifa, which led to the death of 20 Israelis,” the proportion of support reached 74 percent. Parallel leaps from in-principle backing for future actions to after-the-fact support for concrete attacks are reported in polls from September 2004 (after a bomber in Tel Aviv killed 11 Israelis), June 2006 (lethal attack on a shopping center in Dimona), and March 2008—when respondents were asked about “the bombing attack in the religious school in Jerusalem inside Israel . . . in which eight Israeli students were killed in addition to the Palestinian attacker.” For that event, support swelled to 84 percent.

One may speculate about the reasons behind heightened support for specifically named attacks. It may be a consequence of the society-wide adulation of shahids (those who die carrying out attacks) during the weeks after they attain bloody martyrdom, of the higher regard for suicide bombings than for other kinds of actions, and/or of enthusiasm for striking Israelis in places of special significance—like Tel Aviv, the symbol of Jewish economic power, or Jerusalem, the focal point of religious contention, or Dimona, the epicenter of Israel’s military might. Whatever the reason, individuals considering such an attack can expect the prospect of even greater honor and celebration than might otherwise be anticipated—for themselves, their families, and any militant organization with which they are connected.

An even larger consensus has favored violence against Israeli settlers, reaching 87 percent on average in polls by CPRS and PSR during the decade ending in 2004. Indeed, since that year, PSR ceased asking about attacks on settlers, perhaps because the answers were already so consistent. But the phenomenon bears relevance to the current round of violence, a substantial part of which has been aimed at Israelis living or traveling in the West Bank. Moreover, in the eyes of the Palestinian mainstream, Jews living in Jerusalem’s Old City or in the neighborhoods that Israel captured in 1967, such as Pisgat Ze’ev and Armon Hanetziv, are also considered settlers. Palestinian news reports about the latter, for example, routinely refer to “the Israeli settlement of Armon Hanetziv built on the lands of Jabal al-Muqaber.” These areas have been targeted in part because of the relative ease with which the perpetrators (most of whom have hailed from eastern Jerusalem or Hebron) can reach them, but an additional factor may have been the higher level of support for attacking Israelis in such places.

Even more formidable is the societal consensus behind attacks on Israeli soldiers. In a dozen polls between 2001 and 2004, PSR found such support averaging 90 percent, with strong backers outnumbering strong opponents by a lopsided fifty to one. This particular feature of Palestinian opinion, about which pollsters stopped asking questions a decade ago, could help explain why so many recent attacks have been aimed at soldiers and policemen.

During the recent wave, moreover, Palestinian support for the favored modes of attack has in all likelihood been high as well. In a December 2014 poll, PSR posed the question: “Recently there has been an increase in Jerusalem and the rest of the West Bank in attempts to stab or run over Israelis. Do you support or oppose these attempts?” Seventy-eight percent were supportive, only 20 percent opposed. Though the question has not been repeated since then, there is no reason to believe the response today would be substantially different.

V. What Is to Be Done

To sum up: these findings show the degree to which the recent Palestinian perpetrators of violence reflect and are acting on the basis of views widely held in their society. Though they may be lone wolves in the technical sense of not belonging to an organizational command structure, they are anything but alone within their communities. To the contrary, they are surrounded by people who share many of their core beliefs, who justify the attacks they are carrying out, who see their actions as potentially valuable in furthering Palestinian goals, and who can be counted on to venerate them and their families.

These popularly held attitudes also make it difficult for Palestinian officials to limit their own incitement of violence or to deploy security forces vigorously to curb the attacks. So long as Palestinian popular opinion remains where it is, eruptions of violence will always be possible, and once begun can easily and quickly escalate.

Could anything change this state of affairs? It seems highly improbable that the Palestinian masses, whose views have been relatively stable for so long, will spontaneously shift gears in the foreseeable future. Nor are there any signs that Palestinian media or religious leaders are rethinking their own, often incendiary role in shaping public opinion. Moreover, the populations of the neighboring Arab states and the media that cater to them—a main reference point for Palestinians—are hardly poised to help bring about positive change. Not only is public opinion in these countries unrelentingly hostile to Jews and Israel, but the Arab world as a whole is suffering a wave of internecine violence, which hardly makes it a model to be emulated.

It’s unlikely that a change in Israeli actions will help dampen the situation. A half-century of Israeli restraint at the Temple Mount, for example, hasn’t convinced Palestinians that there is no plan to replace the mosques with a Third Temple.

Similarly farfetched, but for other reasons, is the idea that Israeli leaders, by modifying their rhetoric or restraining the reactions of the security forces, can appreciably dampen Palestinian support for violence. Doves might argue that Israel could transform Palestinian opinion in the long term with an offer of a two-state solution more generous than those advanced by former prime ministers Ehud Barak and Ehud Olmert (and rejected by the Palestinian leadership). Hawks might contend that change can be brought about by exacting a price for violence and ensuring that it never serves to advance Palestinian interests. But in the short and medium term, neither of these approaches is likely to be effective.

Palestinians view Israeli words and deeds through a powerfully distorting lens. A half-century of Israeli restraint at the Temple Mount has failed to convince most Palestinians that there is no plan to replace the mosques on Haram al-Sharif with a Jewish house of worship. A decade-and-a-half marked by prolonged and intense bouts of violence has persuaded Palestinians that the use of force generally helps them, and many have formed these views based on earlier rounds of attacks against Israelis and Westerners dating back a number of decades. Additionally, a series of confrontations between the West and the Arab/Islamic world has ingrained in most Palestinians a belief that attacking Western or Israeli targets, far from constituting terrorism, is legitimate resistance. Hence, Israel is an unlikely candidate to mitigate Palestinian support for violence.

The onus is therefore on the Palestinian leadership to recognize the dangers posed to its own self-interest by the current volatile circumstances and to take a firm and consistent stance against violence. Of course, there is no expecting Hamas to adopt such a position, which would contravene its organizational ethos and traditions ingrained over two-and-a-half decades. But is it utterly inconceivable that a successor to the eighty-year-old Abbas might do so? Whatever his weaknesses may be—and they have been abundantly on display in recent weeks—Abbas has preached for a decade that violence is not beneficial to the Palestinian cause and has consistently ordered his security forces to cooperate with Israel in quelling armed attacks. This is at least a precedent on which a stronger and more courageous leader might build.

In any such effort, the Arab countries with the greatest stake in preserving stability and preventing the further ascendancy of radical Islamic forces in their neighborhood might have a refreshingly constructive role to play (especially Jordan, Egypt, and Saudi Arabia). So might the United States and Europe, which have both an interest in cooling fevers and various diplomatic, political, and financial levers at their disposal. Though Palestinians possess a remarkable capacity to form their own, independent perception of the world around them, they are not immune to the consequences of their actions or to the changing incentives they face. If the U.S. and other Western powers were to begin vociferously condemning violence initiated by Palestinians, to penalize the PA and Hamas until attacks stop, and to ensure that under no circumstances will gains, diplomatic or otherwise, accrue from them, this, too, might exercise a meliorating effect over time.

Palestinian support for violence, and the attitudes underlying that support, have developed and become entrenched over a period of decades. Altering those attitudes can only begin once the attitudes are recognized for what they are, without blinking and without excuses. Toward that end, I hope this essay, along with the broader research project of which it is a part, can serve as a catalyst.

How do we deter the murderously violent?

Every day brings new knife attacks by Palestinians. And if you search the Internet, you can find the most horrifying videos and photos that depict actual death in war, on roads, in stores, and in homes. The images have lost their power to shock. However, there’s a very efficient way to show the murderously violent that what they plan on carrying out isn’t a computer game. I’ll get to that in a moment.

But first, let me give you my take on how violence is presented in art. I hated the film Saving Private Ryan. It’s childish, anti-American, histrionic, confusing, and full of continuity errors.

What made the film famous was its graphic depictions of violence, such as this scene. Keep in mind that nobody got hurt in what you’re about to watch.

First, an American soldier tries to blow up a German tank with a “sticky bomb.” They used a robotic mannequin and computer-graphic imagery (CGI) to depict the catastrophic failure of this attempt.

After blowing off the tank tread with sticky bombs, the Americans swarm the vehicle, trying to get at the crew. A German 20mm autocannon is brought up and opens fire at close range, exploding several of the Americans into pieces. Again, a combination of mannequins and CGI is used.

Our movies now contain violence that’s indistinguishable from the real thing. There are videos from Syria that show everything you see above, including one notorious clip of a rebel losing his entire face. The man was hit by a fragment from an exploding tank shell. It struck with such speed that he didn’t even react. He simply stood there, with nothing but empty space from chin to forehead. It’s a profile shot, surreal in the extreme. His head looks like a crescent moon.

People have used that clip as the avatar for their social media accounts. That’s how little impact video and photos of actual death have in our present-day world. Some cultures use film of murder as religious icons, while others use it as entertainment. Neither side cares that actual human beings were killed in front of the camera.

Movies like Saving Private Ryan desensitize people to graphic violence. The alleged reason for showing such gore is to drive home what the soldiers experienced, but that’s bunk. One of the greatest war movies of all time is Battleground (1949), about American airborne troops in the Battle of the Bulge.

It has two utterly chilling combat scenes in it. One takes place in heavy fog, and in the other, all the action is obscured by trees, vehicles, or hummocks. The only thing that indicates violence is the sound. Believe me, you’ll never forget these scenes. They’ll stay with you forever.

And this is how to deter the murderously violent. It does no good to show the aftermath of their crimes. Muslim suicide bombers have been told that they’ll feel no pain but will simply pop softly, like soap bubbles.

However, a hospital emergency-room doctor once said to me that every single street thug brought in with a gunshot wound was shocked at how painful it was. These criminals screamed and cried, wondering why it hurt so much. They’d grown up watching films in which people take a bullet to the arm and simply shrug it off. Well, in real life, there’s no such thing as a “flesh wound.” When a bullet goes through your arm, it destroys muscle, tendons, and nerves. It hurts like hell.

Here’s a video of a home invader shot after he kicked down the door in Pocatello, Idaho. The criminal was armed with a machete and knew his intended victims. He was shot three times in the chest. You’ll see nothing gruesome in the video, but I want you to listen closely to the criminal after he was shot.

He was quite the brave man when he thought that his victims wouldn’t fight back.

“Oh, it hurts, it hurts, it hurts! You killed me!” the criminal whines. He spent nine months in the hospital before being tried for and convicted of attempted murder and aggravated assault.

This was the second time he’d broken down the neighbor’s door, the first assault having prompted the victim to buy the gun. Though the criminal was given a maximum of twenty years in prison by the kindhearted judge—who said there was hope for him—it’s likely that being shot three times made more of an impression than anything he’d ever experienced.

Israelis need to release audio recordings of terrorists after they’re shot while trying to stab people to death. Photos won’t do it. Palestinians tell me that this shows a great victory.

It doesn’t matter that the terrorist was shot dead, or that all normal human beings run for their lives, or that anybody can ambush anybody else. No, the terrorist completely overcame the armed might of the entire Israeli Defense Forces, which surrendered out of fear and has now been defeated.

This is what many Palestinians believe. They can’t be reached, since they’re not rational. The knife-intifada is based on a stupid social-media lie, that Israel plans to demolish the al-Aqsa Mosque. Palestinians who attack Israelis are insane time travelers from the Dark Ages. Since they revel in butchery, showing their bullet-riddled bodies will do nothing except turn them on.

The only solution is to record the writhing, moaning, screeching primitives after they’ve been shot, and then release the tapes.

Here’s an Islamic State position in Syria hit by artillery. Again, there’s no gore; just listen. The rounds are fired at 0:04, but the idiots don’t know enough to take cover.

They used proximity fuses that exploded the rounds above the men’s heads.

Those thousands of razor-sharp fragments are what’s known as “steel rain.” The propagandist and camera crew were shredded alive, which is why they’re making those unearthly noises.

Still want to go to Syria, boys?

Although I study war, I hate it. The reason I’ve immersed myself in military issues for over forty years is that I accept that some people must be removed from this plane of reality. They can’t be saved. My study of war is a quest for a better world.

Israel needs to entirely change the way it thinks about Palestinian terrorists. Deterrence is the only effective means of protecting Israelis from deluded, infantile maniacs who haven’t had to face reality. I hope that Israeli authorities will begin to show the same ruthlessness as the owners of a mall in Australia. Teenagers were loitering there all day, making messes and intimidating the customers. After much thought, the mall owners installed special lights that made acne look far worse than it was, and they began playing nothing but Frank Sinatra music. Within days, the teenagers had fled. And they never returned.

Mer de Chine : la tension monte entre Washington et Pékin

  • Patrick Saint-Paul
  • Le Figaro
  •  22/05/2015

Le survol de l’archipel des Spratleys par un avion espion américain mercredi dernier a déclenché la colère de la Chine, qui l’a fait savoir vendredi. Des avertissements qui n’ont pas empêché les États-Unis d’affirmer leur intention de poursuivre les patrouilles dans cette zone revendiquée par la République populaire.

De notre correspondant à Pékin

La tension ne cesse de monter en Mer de Chine méridionale. Le survol, mercredi, par un avion de surveillance américain de l’archipel des Spratleys, revendiqué par la République populaire, a provoqué une nouvelle passe d’armes diplomatique entre Pékin et Washington. Dénonçant des «actions irresponsables» après que l’appareil de l’US Army eut ignoré huit avertissements de la marine chinoise, le gouvernement chinois s’est dit «très mécontent», vendredi. De son côté, l’administration Obama s’est engagée à poursuivre ses patrouilles.

Les pilotes du PS-8 Posseidon, l’appareil de surveillance le plus sophistiqué de l’armée américaine, ont répondu à huit reprises, qu’ils traversaient l’espace aérien international. «Ceci est la marine chinoise. Vous partez», a répondu un opérateur radio chinois sur un ton exaspéré. Visiblement, l’équipage américain ne s’est pas laissé impressionner. Une équipe de la chaine d’information CNN avait été embarquée pour immortaliser le survol, aggravant l’affront fait à Pékin.

Visiblement, l’équipage américain ne s’est pas laissé impressionner

Les images prises par PS-8 Posseidon montrent les activités de construction chinoises sur des polders érigés dans les Spratleys et consolidés grâce au remblaiement mené par des bateaux chinois. Notamment sur le récif de Mischief. «Je suis certain que cela vient de la rive, de cette facilité-là», dit le capitaine américain, Mike Parker, en référence à l’interpellation de la marine chinoise, tout en désignant des installations sur le récif de Fiery Cross. Un système de radar avancé serait posté sur l’îlot, selon l’officier américain.

Les ouvrages chinois, parfois qualifiés de «grande muraille de sable», sont situés dans l’archipel des Spratleys, revendiqué pour tout ou partie à la fois par la Chine, le Vietnam, les Philippines, Brunei, Taïwan et la Malaisie. Des voies de commerce maritime stratégiques traversent ces eaux troublées riches en poisson et potentiellement en hydrocarbures. Des photos satellites montrent que la Chine s’emploie à remblayer des récifs coralliens qu’elle transforme en ports et autres installations, dont une longue piste d’atterrissage. Grâce à ces conquêtes sur la mer, les surfaces utilisables chinoises sont passées en un an de 200 à 800 hectares, selon le Pentagone.

Des récifs coralliens transformés

Des photos satellites montrent que la Chine s’emploie à remblayer des récifs coralliens qu’elle transforme en ports et autres installations, dont une longue piste d’atterrissage.

Washington avait affirmé, la semaine passée, sa volonté de faire respecter la liberté de circulation dans les eaux internationales en envoyant dans la zone des navires américains et des avions militaires. Les voisins de la Chine redoutent que l’Armée populaire de libération (APL) utilise ces îlots semi-artificiels pour imposer une zone de

défense et d’identification aérienne (ADIZ) dans la région. «Personne n’empêchera l’US Navy d’opérer, ça ne serait pas un bon pari, a prévenu Daniel Russel, secrétaire d’Etat adjoint pour l’Asie. Cela ne suffit pas qu’un avion militaire américain puisse survoler les eaux internationales, même s’il est intercepté… Nous croyons que chaque pays, chaque acteur civil doit avoir un accès illimité aux eaux internationales et à l’espace aérien international». Le secrétaire d’Etat adjoint américain, Anthony Blinken, a enfoncé le clou, jeudi, en jugeant que les revendications territoriales de Pékin de plus en plus assertives sur la Mer de Chine méridionale sont une menace pour la liberté et la stabilité et risquent de provoquer des tensions, qui pourraient aboutir à un conflit.

Pékin a riposté vendredi en tirant la sonnette d’alarme. «Les troupes chinoises stationnées dans la région ont éloigné l’appareil américain par radio, conformément aux règlements chinois, a confirmé Hong Lei, porte-parole de la diplomatie chinoise. Les actions américaines constituent une menace pour les territoires maritimes chinois. Il y a une forte probabilité que cela déclenche des incidents, c’est hautement irresponsable et dangereux. La Chine prendra les mesures adéquates et nécessaires pour se prémunir contre tout préjudice infligé à ses possessions maritimes. La Chine défend la liberté de navigation et de survol, mais cela ne signifie pas qu’un pays puisse délibérément pénétrer à sa guise dans les eaux territoriales ou l’espace aérien d’un autre pays».

Prétentions chinoises en Mer de Chine du sud et routes commerciales européennes

Daniel Schaeffer

Diploweb

20 septembre 2014

Général (2s) Daniel Schaeffer. Membre du groupe de réflexion Asie21 (asie21.com)

Par le biais d’interprétations erronées de la Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer (CNUDM) la Chine procède à une succession d’actes offensifs dont l’objectif vise, à terme, de faire de la mer de Chine du Sud une mer territoriale.

Dans la mesure où la communauté internationale accepterait tacitement que cette mer internationale se transforme en mer nationale chinoise et par conséquent que puissent s’y appliquer la réglementation chinoise de police maritime, apparaît d’ores et déjà une menace potentielle sur la liberté de navigation qui s’attache depuis toujours à la haute mer. Ce risque futur est donc à prendre en considération par les compagnies maritimes européennes. Cet article est illustré par 6 cartes.

DEPUIS 2006, la Chine se montre de plus en plus agressive dans ce qu’elle estime être ses droits souverains, si ce n’est sa souveraineté, en mer de Chine du Sud. Elle fonde ses prétentions sur des revendications territoriales qui la mettent en opposition à plusieurs pays de la région, Vietnam, Philippines, Malaisie et Brunei. Contrairement à ce que laisse souvent croire la presse mondiale, Taiwan n’est pas concernée. En effet les revendications communiste et nationaliste chinoises sur la mer de Chine du Sud se rejoignent complètement, au nom de la grande Chine, au nom de l’héritage d’une prétention initiée par le gouvernement nationaliste de Tchang Kaishek en 1947, encore au pouvoir en Chine à cette date-là [1].Sur le plan universel, de telles prétentions constituent une violation de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM). Par ce biais là la Chine prétend vouloir s’arroger 80% à 90% d’une mer internationale dont la superficie est pratiquement équivalente à celle de la Méditerranée. Par voie de conséquence, si une telle prétention venait à être tacitement reconnue par un silence complice de la communauté internationale, elle ne pourrait manquer de provoquer de très graves répercussions sur la liberté de la navigation en cette mer.

Une voie de passage vitale

Or la mer de Chine du Sud constitue une voie de passage vitale pour les pays de la région : Asie du Sud-est mais aussi et surtout Chine, Japon et Corée du Sud. Par conséquent, la liberté d’y circuler constitue un intérêt économique majeur pour toutes les compagnies maritimes qui desservent la région, et parmi elles les compagnies européennes notamment. Il en ressort ainsi que la perspective d’une mise en coupe réglée de la mer de Chine du Sud par Pékin contre l’intérêt international ne peut laisser indifférente.

Pour disposer d’une image de l’importance que représente la mer de Chine du Sud en tant que voie navigable, ce sont en moyenne 60 000 navires qui la traversent annuellement. Cela représente approximativement trois fois le trafic du canal de Suez, six fois celui de Panama. En termes de fret, celui-ci équivaut au quart du commerce mondial, à la moitié des volumes commerciaux de la Chine, du Japon, de la Corée du Sud, à 50% des transports mondiaux hydrocarbures, à 85% des pétroliers en provenance du Moyen Orient ; à 80% des approvisionnements chinois en hydrocarbures. La voie d’eau de la mer de Chine du Sud constitue donc pour Pékin une énorme fenêtre de vulnérabilité.

Une mer qui fait l’objet de contentieux

Or cette mer fait l’objet de contentieux territoriaux majeurs entre la Chine et les autres pays riverains de l’Asie du Sud-est : Vietnam, Philippines, Malaisie, Brunei, ou de contentieux à droits souverains entre la Chine et l’Indonésie [2]. Les tensions qui s’animent autour de cela sont ainsi susceptibles d’engendrer à tout instant des répercussions négatives graves sur la navigation internationale, et par conséquent sur les intérêts des compagnies commerciales européennes.Pour le comprendre, cela conduit d’abord à examiner comment s’organisent les contentieux entre pays intéressés. Ces contentieux portent aussi bien sur des îles, des récifs, des hauts fonds tant découvrants que non-découvrants (« submarine elevations » en anglais) [3]. Il s’agit de l’archipel des Paracels, situé sur le 16ème parallèle, au sud-est de l’île chinoise de Hainan et à l’est de la côte vietnamienne ; de l’archipel situé à l’ouest des côtes philippines, soit celui des Spratleys, un agrégat insulaire qui présente près de 250 émergences dont quelque dix à quinze à peine peuvent prétendre au statut d’île au sens de la définition qu’en donne le droit de la mer [4] ; des récifs de Scarborough, un atoll effondré situé à quelque 120 milles marins [5] de l’île philippine de Luzon. En ce qui concerne les hauts fonds, tous non-découvrants, il s’agit : du banc Macclesfield morphologique, précision qui a son importance comme cela est démontré par la suite, qui prolonge les îles Paracels ; le haut-fond de Truro (Truro shoal en anglais), à mi-distance entre le banc Macclesfield et l’île philippine de Luzon ; le haut-fond de Reed (Reed bank) situé au Nord-est de l’archipel des Spratleys, les hauts-fonds de Luconia (Luconia shoal en anglais) et James (James shoal), situés à quelque 100 milles marins [6] au nord de l’état malaisien de Sarawak, au nord de l’île de Bornéo.

A ce stade, il est important de préciser la nature d’un haut-fond au sens strict du terme. Ce n’est pas un haut-fond découvrant. L’article 131.1 de la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer (CNUDM) précise que « Par « hauts-fonds découvrants », on entend les élévations naturelles de terrain qui sont entourées par la mer, découvertes à marée basse et recouvertes à marée haute ».

Le haut-fond est encore moins une île puisqu’il est en permanence recouvert par les eaux. Il ne peut donc être présenté que soit comme un ressaut du plateau continental, soit comme un pinacle, reste d’un ancien atoll complètement dégradé et enseveli sous les eaux. En tout état de cause, qu’il s’agisse d’un ressaut ou d’un pinacle, il ne peut en aucun cas faire l’objet d’une quelconque revendication territoriale sauf s’il se situe dans les eaux territoriales de l’état voisin puisqu’il entre dans la constitution normale des dites eaux. En revanche, lorsqu’il se situe dans la zone économique exclusive (ZEE) de ce même état, s’il ne peut pas non plus être l’objet d’une revendication territoriale de la part du dit état, ce dernier y jouit toutefois d’avantages souverains liés au droit à l’exploitation de sa ZEE. De telles précisions sont nécessaires pour comprendre les enjeux qui se jouent dans tous les secteurs ainsi définis de la mer de Chine du Sud.

Ces bases étant posées, comme s’organisent les contentieux territoriaux en mer de Chine du Sud ? [7]

Les Paracels et leurs deux groupes d’îles, Amphitrite au nord-est et Croissant au sud-ouest, font l’objet d’une confrontation bilatérale entre le Vietnam et la Chine, tous deux faisant valoir un héritage des époques impériales. Après le départ complet d’Indochine des Français en 1956 à la suite des accords de Genève (1954) et de la scission du Vietnam en deux entités à hauteur du 17ème parallèle, le Vietnam du Sud ne réussit pas à conserver l’archipel que les Chinois, par approches successives, finissent par conquérir complètement en 1974.

La première tentative chinoise se situe en 1947, à la faveur des décisions prises lors de la commission de Potsdam, en 1945, par lesquelles il est dévolu à la Chine de désarmer les Japonais au nord de l’Indochine. C’est la raison pour laquelle Tchang Kaishek installe des troupes sur l’île Boisée, la plus importante des îles de l’archipel et du groupe Amphitrite, et entend les y laisser. En réplique, au nom de l’état protégé d’Annam, les Français installent un élément militaire sur l’île Pattle, dans le groupe du Croissant. Cela aboutit à une confrontation entre la France et la Chine qui depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale oppose d’énormes difficultés aux Français dans leur ambition de reconquérir leur place perdue en Indochine. Pour mettre fin au différend naissant, la France propose à la Chine de recourir à un arbitrage international, ce que Tchang Kaishek, guère loin de sa défaite contre les communistes, refuse. En 1950, peu après l’arrivée de Mao Zedong au pouvoir (1er octobre 1949) celui-ci retire toute présence militaire sur les Paracels. Le contrôle de l’archipel revient alors en totalité au Sud Vietnam, retour logique dès lors que les Paracels se situent sur le 16ème parallèle, soit au Sud de la ligne de démarcation établie sur le 17ème parallèle en vertu des accords de Genève (1954). Mais en 1956, à la faveur du départ définitif des Français tel que planifié dans le cadre des accords, les Chinois profitent de la situation pour revenir s’installer sur le groupe Amphitrite, et ce malgré les protestations du Sud Vietnam qui par ailleurs a repris la place des Français sur le groupe du Croissant. Et en 1974, la Chine parachève violemment sa conquête commencée quelques années auparavant. Depuis les Chinois sont installés dans les Paracels où ils renforcent leur présence avec méthode, constance et détermination en vue d’y créer manifestement une situation de « fait accompli » irréversible, se dotant de ce fait de la capacité de démontrer, dans l’hypothèse d’un recours contentieux contre eux, qu’ils exercent sur ces îles une administration continue depuis près de soixante ans.

Dans les Spratleys la situation est plus complexe. Les Vietnamiens revendiquent la totalité de l’archipel au nom de la succession à la France qui avait officiellement établi sa souveraineté sur lui en 1930, puis l’avait confirmé en 1933. A la suite des accords de Genève, la République du Vietnam, plus communément connue sous l’appellation de Sud Vietnam, avait pris possession de ces îles en y installant quelques troupes. Après la réunification du pays, en 1975, ce sont des unités communistes vietnamiennes qui viennent y remplacer celles de l’ex Sud Vietnam. Le même archipel est aussi revendiqué dans son entièreté par la Chine qui en commence la conquête partielle en mars 1988, en lançant un assaut amphibie surprise ciblé contre 11 émergences tenues par les Vietnamiens. Elle y installe des fusiliers marins qui depuis ont quitté les abris précaires des premières heures de leur occupation pour des constructions en dur sans cesse améliorées, équipées et armées. Lorsque l’opportunité se présente, les Chinois s’installent sans coup férir sur d’autres sites tel que le récif Mischief (Mischief reef), ce qu’ils réalisent en 1995 contre des Philippines et un Vietnam qui ne peuvent rien faire d’autres que de se livrer à d’inefficaces protestations. Les mêmes Spratleys sont aussi revendiquées dans leur quasi-totalité par les Philippines, soit grossièrement les quatre cinquièmes en leur partie nord [8]. Le dernier cinquième, au sud, n’est en effet pas inclus dans le territoire insulaire que celles-ci se sont ainsi taillé en 1956 sur l’initiative privée d’un amiral en retraite, Thomas Cloma. Dénommé par ce dernier Kalayaan, ou « territoire de la liberté », mais parce que la prise de possession revêtait un caractère privé, l’espace ainsi aliéné ne pouvait recevoir le statut officiel de territoire souverain des Philippines. Il faut attendre 1976 pour que Manille, sous le gouvernement Marcos, déclare les Kalayaan terre philippine, ce qui ne manque pas de déchaîner les colères chinoise et vietnamienne.

A la faveur de l’adoption de la Convention des Nations Unies sur le droit de mer (CNUDM) le 10 décembre 1982 la Malaisie et Brunei voient leur ZEE respective atteindre le sud des Spratleys, ce qui les amènent à avancer des prétentions sur les émergences touchées. Le résultat est qu’un tel fait nouveau place d’une part la Malaisie en conflit avec les Philippines, le Vietnam et la Chine et d’autre part Brunei avec le Vietnam et la Chine. Sur le plan du droit international, les prétentions malaisiennes et brunéiennes devraient normalement être aisées à débouter. Dans ce cadre en effet, ce ne sont pas les eaux qui génèrent des droits à souveraineté territoriale mais la terre qui génère des droits à souveraineté maritime. Or avant 1982, aucun de ces deux pays n’était partie aux contentieux. Ils ne peuvent donc se prévaloir d’un droit à souveraineté sur les îles et récifs qu’ils revendiquent. Seul le pays, Chine ou Vietnam, qui serait finalement reconnu souverain sur ces méridionales émergences insulaires et rocheuses, pourra déterminer des eaux territoriales autour et le cas échéant, des ZEE. Par voie de conséquence, une telle issue ne devrait pas manquer de provoquer de nouveaux conflits de partage des eaux entre les différentes parties intéressées à ce secteur : Chine ou Vietnam contre Malaisie et Brunei.

Enfin, les récifs de Scarborough sont revendiqués par la Chine contre les Philippines.

Dans ce cadre-là, il faut aussi prendre en considération le fait que des hauts-fonds, au sens strict du terme, font l’objet des revendications chinoises contre les autres pays riverains sauf exception. Ces exceptions sont : le banc Macclesfield morphologique qui, à l’est des îles Paracels, pourrait constituer le ressaut de leur plateau continental ; à mi-parcours entre le banc Macclesfield et les récifs de Scarborough, le haut-fond de Truro (Truro shoal). Sinon les revendications chinoises s’opposent aux droits des autres riverains : le banc Reed contre les Philippines, les hauts-fonds de Luconia et James contre la Malaisie.

Des prétentions territoriales dissymétriques

Or il s’avère que dans l’affichage des prétentions territoriales, il n’y a pas similitude entre celles de la Chine et celles des pays concernés d’Asie du Sud-est. Elles donnent l’impression d’être les mêmes. Mais ce n’est qu’une impression. Elles sont dissymétriques [9] car, si la Chine revendique les mêmes territoires, elle le fait en s’appuyant sur une interprétation abusive de la partie IV (Etats archipels) de la CNUDM. Par là les dits territoires qu’elle revendique servent de support à une prétention globale qui ne porte plus seulement sur les espaces insulaires et les espaces maritimes que ces émergences peuvent générer autour, mais sur un espace maritime beaucoup plus large. C’est la raison pour laquelle il y a dissymétrie entre les revendications chinoises et celles des autres riverains.

Pour en arriver là les Chinois appliquent aux archipels qu’ils revendiquent le principe de délimitation territoriale réservé aux « états archipels », ce qui constitue un dévoiement des articles 46.a de la CNUDM, article qui définit l’état archipel [10], et 47.1, qui spécifie comment un état archipel peut déterminer les limites de son territoire national : « Un Etat archipel peut tracer des lignes de base archipélagiques droites reliant les points extrêmes des îles les plus éloignées et des récifs découvrants de l’archipel à condition que le tracé de ces lignes de base englobe les îles principales et définisse une zone où le rapport de la superficie des eaux à celle des terres, atolls inclus, soit compris entre 1 à 1 et 9 à 1 ». La CNUDM ne donne par ailleurs aucune précision sur la façon dont doivent être délimités les archipels qui ne sont pas des états. En toute rigueur, ce devrait donc être le régime des îles, prises une à une, qui devrait s’appliquer aux archipels de la mer de Chine du Sud. Ce qui change tout, compte tenu de ce que, si dans les Paracels plusieurs îles peuvent être considérées comme telles, il n’en est pas de même dans les Spratleys. Là, seules quelque dix à quinze peuvent se prêter « à l’habitation humaine ou à une vie économique propre », tel que cela se déduit du troisième paragraphe de l’article 121, « régime des îles », de la CNUDM : « Les rochers qui ne se prêtent pas à l’habitation humaine ou à une vie économique propre, n’ont pas de zone économique exclusive ni de plateau continental ». Dès lors, la façon dont les eaux territoriales pourraient se déterminer à partir des élévations pouvant être considérées comme des îles authentiques dans les Paracels et dans les Spratleys ne permettraient certainement pas de couvrir 80% de la superficie de la mer de Chine du Sud comme prétendent le faire les Chinois.

L’application du principe de délimitation des archipels que ceux-ci revendiquent selon le régime réservé aux « états archipels », les Chinois la pratiquent depuis 1995. C’est en effet le 15 mai 1995 qu’ils déclarent des lignes de base archipélagiques droites autour des îles Paracels. Pour l’heure, ils ne l’ont pas encore fait autour des îles Spratleys, ni de Zhongsha qundao, archipel constitué d’un assemblage tout à fait artificiel des récifs de Scarborough, du haut-fond de Truro et du banc Macclesfield. Mais délimiter ces deux derniers archipels selon le principe des lignes de base archipélagiques droites, ce qui n’est que virtuel pour l’heure, reste bien une réelle intention chinoise. Pour les Spratleys cela se décline de la note verbale N° CML/08/2011 adressée par le gouvernement chinois à l’ONU le 14 avril 2011, selon laquelle l’archipel des « Nansha [11] a pleinement droit à une mer territoriale, une zone économique exclusive et un plateau continental » [12]. Quant à Zhongsha qundao, si l’intention n’apparaît pas aussi évidente, elle apparaît clairement au travers d’un écrit du professeur Zou Keyuan publié à l’été 1999 dans Boundary and Security Bulletin7 [13]. Notons enfin que lorsque les Chinois parlent de Zhongsha qundao, la presse internationale traduit le terme par banc Macclesfield, ce qui est réducteur par rapport au concept chinois, et par voie de conséquence trompeur à l’égard d’un regard international loin d’être avisé de l’ambition chinoise sur ce secteur. Si l’opinion publique internationale entend parfois parler des démêlés vigoureux entre la Chine et les Philippines à propos de Scarborough, cette même opinion ne fait jamais le lien avec le banc Macclesfield et encore moins avec Truro. Enfin ce qui ajoute au caractère factice de Zhongsha qundao est qu’il ne présente aucune unité morphologique puisque le haut-fond de Truro et le banc Macclesfield sont séparés par un abysse de 4 000 mètres.

C’est ainsi que, en opérant une telle délimitation inappropriée des archipels qu’elles revendiquent, la Chine détermine autour de ces derniers des eaux territoriales qui couvrent un espace nettement supérieur à celui qui pourrait exister si c’était le régime des îles qui était appliqué. C’est la raison pour laquelle, et pour simplifier, elle engerbe les trois archipels revendiqués à l’intérieur d’un vague tracé en neuf traits qui en fin de compte couvre quasiment toute la mer de Chine du sud, ne laissant à peine aux autres riverains que leurs seules eaux territoriales [14].

Ce tracé en neuf traits est alors défini comme la ligne médiane qui partage équitablement la mer entre les territoires insulaires et maritimes chinois et les autres états côtiers [15].

Les prétentions chinoises à mer territoriale en mer de Chine du Sud

Si les Chinois ont laissé longtemps planer le doute sur ce que représentait l’espace inclus dans le tracé en neuf traits, espace que par dérision les autres états riverains appellent la « langue de buffle » , le choix de la dénomination se situe aujourd’hui entre mer historique et mer territoriale. Mer historique : la prétention n’est en aucun cas recevable sur le plan du droit maritime international. Seules certaines baies peuvent être considérées comme historiques. Encore faut-il qu’il y ait acquiescement de la part des états voisins, voire de la communauté internationale, pour que le caractère « historique » soit reconnu au profit du pays qui sollicite une telle reconnaissance pour la baie qui baigne sa côte.

Quant à en faire une mer territoriale, nous ne sommes plus très loin du compte. En effet, le 11 janvier 2013, sinomap press, organe officiel de presse chinoise, a publié une carte sur laquelle le tracé en neuf traits est complété par un dixième trait [16]. Lorsque six mois après le Japon et les Philippines protestent contre cette publication, Manille, qui a décrypté les textes qui accompagnent la carte, appelle l’attention sur le fait que ce tracé en dix traits est présenté comme représentant les
« frontières nationales  » chinoises. Bien que ce nouveau tracé n’ait pour l’heure aucune valeur de revendication officielle parce que la carte n’a pas encore été présentée en accompagnement d’un document officiel établissant la prétention, il aggrave manifestement la revendication globale. En effet, à supposer que par un silence tacite la communauté internationale en vienne à accepter un tel état de fait indirectement imposé par les Chinois, Pékin pourrait non plus seulement prétendre à des droits souverains sur la « langue de buffle » mais à souveraineté pleine et entière. Il en résulte que tous les usagers non chinois de la mer de Chine du Sud, que ce soit dans l’espace maritime ou dans l’espace aérien, se trouvent dès aujourd’hui placés face à un risque potentiel de violation du droit international sur la liberté de la navigation en mer et dans l’air.

Et cela parce que vient s’ajouter une seconde interprétation abusive du droit de la mer par la Chine en ce sens que, pour traverser sa mer territoriale, Pékin n’accorde le droit de passage inoffensif à tout navire, de commerce comme de guerre, que si les armateurs ou les états concernés en présentent auparavant la demande d’autorisation. Or en agissant ainsi, de même que d’autres pays d’ailleurs le font, tels que le Vietnam, la Malaisie ou l’Indonésie, la Chine contrevient aux articles 17 et suivants de la CNUDM, par lesquels est instauré le droit de passage inoffensif dans les eaux territoriales d’autres états [17], soit dans l’espace des douze milles marins qui s’étendent au-delà des lignes de base droites qui dessinent les côtes.

Or si l’on en revient au tracé en neuf/dix traits et au fait que ce tracé entend représenter les frontières nationales chinoises, l’on s’aperçoit que la Chine met tout en œuvre pour faire admettre que la « langue de buffle » est sa mer territoriale. A cette fin la voici qui, par touches successives, fait progresser le statut de l’entité administrative des trois bancs (Sansha en chinois). Cette entité rassemble les trois archipels revendiqués : Paracels (Xisha ou banc de l’ouest), Spratleys (Nansha ou banc du sud) et Zhongsha (banc du milieu). L’idée est ancienne puisque l’équipe de Mao Zedong l’avait déjà envisagée en son temps. Mais depuis 2007 la Chine tend de plus en plus à donner un tour concret à l’idée. C’est ainsi que le 19 novembre 2007, elle crée le district des Sansha et en fait une subdivision de la province de Hainan, la grande île au sud de la Chine. Le 21 juin 2012 les Sansha sont élevées à un rang équivalent à celui de sous-préfecture, et leur chef-lieu est implanté dans les Paracels, sur l’île Boisée (Woody island en anglais, Yongxing en chinois). Enfin le 29 novembre 2012, elle annonce que des patrouilles maritimes pourront inspecter tout navire étranger pénétrant illégalement dans les eaux territoriales de la province de Hainan et que la décision entrera en vigueur le 1er janvier 2013.

Par cette annonce la Chine joue une nouvelle fois sur une ambiguïté qui ne peut manquer de tromper une observation internationale superficielle. La communauté jugera en effet que puisqu’il s’agit des eaux territoriales de l’île de Hainan, elle risque de comprendre qu’il ne s’agit que des eaux autour de l’île. Dans ce cas cela donnerait effectivement toute légitimité à la décision chinoise. Or il ne s’agit pas de cela. En effet, puisque la sous-préfecture des Sansha est une subdivision de la province de Hainan, les eaux territoriales de la province de Hainan ne peuvent être autres que celles de la « langue de buffle ». Cette interprétation conforte indéniablement la prétention affichée par le biais de la publication du tracé en dix traits. Si la presse internationale ne parle plus de ce tracé en dix traits, en revanche il est très bien pris en compte par les autorités chinoises. Il suffit pour s’en rendre compte de visiter le site internet de l’Administration de la sécurité maritime chinoise [18].

Les compagnies maritimes européennes concernées

Il résulte de tout ce qui précède que tout navire étranger, commercial comme militaire, qui traversera la « langue de buffle » sans autorisation préalable pourra être considéré comme entrant illégalement dans les eaux territoriales de la Chine et sera susceptible d’être soumis au contrôle de sa police maritime. Ce que d’ailleurs, avant même la nouveauté du tracé en dix traits, Pékin avait, authentique acte d’usurpation de droits souverains, déjà commencé à entreprendre. Pour ce faire, les modes opératoires se situent entre souplesse et manifestation de puissance selon les besoins : souplesse avec les secours en mer, manifestation de puissance par un déploiement massif de forces de police maritime dont il faut relever qu’il s’agit de moyens civils et non pas militaires. En n’engageant pas sa marine militaire sur zone, la Chine se réserve ainsi la faculté de mettre en tort une partie adverse qui, pour protéger ses droits, pourrait utiliser des moyens militaires contre des moyens civils chinois de police. Bien qu’au plan du droit à souveraineté sur le site de l’incident ce serait la Chine qui serait en tort, la faute en incomberait toutefois à l’état défenseur du simple fait qu’il aurait utilisé un moyen militaire contre un moyen civil.

En 2012, Pékin a en ce sens accentué son action, de manière tout à fait bénigne, ses unités de police maritime venant à la rencontre des bâtiments de commerce en traversée pour les saluer et leur poser de banales questions sur leur provenance, leur destination, mais sans tenter de procéder à des inspections de bord. En agissant ainsi, la Chine entendait manifestement marquer ce qu’elle considère être son territoire. Au passage du détroit de Malacca les commandants de navires étaient avisés de ce risque par les autorités du Centre international de renseignement maritime (Information Fusion Centre/IFC) implanté à Singapour. Il leur était en outre recommandé de ne pas opposer de difficultés mais plutôt d’obtempérer afin de ne pas générer de stériles disputes de principe. Mais ce type d’action visait manifestement à forcer une reconnaissance implicite internationale de la souveraineté chinoise sur la mer de Chine du Sud. Depuis 2013 la Chine a cessé ce genre d’opération mais maintient une très force présence étatique dans toute la « langue de buffle ».

A cette fin, Pékin met à la mer une multitude de moyens de police maritime dont les commandements sont en partie en cours de regroupement. Il s’agit des garde-côtes, de l’Agence de surveillance maritime, de l’Administration de sécurité maritime, du Commandement de la surveillance des pêches et de l’Administration générale des douanes. Les capacités opérationnelles mises en œuvre font en outre l’objet d’un très important programme, tant de modernisation des unités en service que d’accroissement du parc.

Ces opérations d’un exercice usurpé de l’action de l’état en mer [19] représentent ainsi pour la Chine un moyen de renforcer ses prétentions sur le bassin contre les intérêts des autres riverains. C’est aussi un moyen biaisé de tenter de faire reconnaître implicitement sa souveraineté par la communauté internationale en vertu, sur le plan du droit, de la règle du consentement par le silence.

En raison de tout cela les compagnies maritimes européennes sont concernées. Pour l’heure, sauf exception, elles n’ont, à notre connaissance, pas encore connu de difficultés avec les autorités de police maritime chinoise. CMA-CGM, Maersk, Euronav, Socatra, Bourbon, Louis Dreyfus armateurs, BW GDF Suez, Gazocéan naviguent toujours sans encombre actuellement en mer de Chine du Sud. En revanche, dans le cadre de sa coopération avec Petrovietnam, le Viking II, bâtiment de recherche sismique de CGG Véritas, a vu, le 9 juin 2011, les câbles de ses antennes acoustiques linéaires volontairement tranchés par un navire chinois alors que les recherches s’effectuaient en zone économique exclusive vietnamienne, sur le block 136/03. Mais le block se situe, selon les prétentions chinoises à l’intérieur du tracé en neuf/dix traits, à l’intérieur de la « langue de buffle ».

La menace potentielle chinoise de créer une zone d’identification de défense aérienne (air defense identification zone / ADIZ) au-dessus de la mer de Chine du Sud

A cela s’ajoute la menace chinoise de créer une ADIZ au-dessus de la mer de Chine du Sud, à l’instar de celle installée en mer de Chine de l’Est le 23 novembre 2013 [20].

L’objectif serait de réaliser au-dessus de l’espace maritime qu’elle revendique un espace aérien national dès lors qu’elle considère la « langue de buffle » comme constituant ses eaux territoriales. En effet la règlementation internationale veut qu’un espace aérien national corresponde à la colonne d’air qui s’élève au-dessus du territoire de l’état concerné à partir de ses eaux territoriales. Or à l’heure actuelle, en mer de Chine du Sud et hors des eaux territoriales continentales des états côtiers, la colonne d’air au-dessus de la mer est partagée sans tenir compte des contentieux maritimes. La responsabilité de la gestion du ciel est ainsi répartie entre les régions d’information en vol (Flight information regions / FIR) de Singapour, de Manille pour les Philippines, d’Ho Chi Minh Ville et de Hanoï pour le Vietnam, de Canton et de Hong Kong pour la Chine, le tout sous le très haut arbitrage et l’entérinement définitif par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

Pour souligner la haute importance de cette question rappelons que l’ADIZ décrétée en mer de Chine de l’Est vise à établir un système d’observation lointaine pour permettre à la Chine de détecter au plus loin tout intrus potentiel dans son espace aérien national. En ce sens la mesure est légitime. De leur côté, le Japon, la Corée du Sud, Taiwan, ont déjà procédé à la mise en place d’une ADIZ destinée à répondre à leurs besoins respectifs de sécurité aérienne. La différence est que dans l’ADIZ ainsi établie, la Chine entend imposer aux aéronefs en transit au-dessus de la mer de Chine de l’Est des procédures de contrôle identiques à celles qu’elle applique aux aéronefs qui pénètrent dans son espace aérien. A ces procédures arbitraires de contrôle sont adjoints des avertissements à l’attention des éventuels contrevenants. En tout état de cause une telle mesure n’est en aucun cas conforme tant au droit aérien international qu’à la liberté de la navigation aérienne internationale. Elle est illégale.

Cela dit, au travers de la création d’une telle ADIZ, qui couvre grossièrement les trois quarts de la mer de Chine de l’Est, l’objectif de la Chine n’est pas tant d’assurer un contrôle aérien serré sur ce qui survole cette mer que d’essayer de renforcer ses prétentions territoriales maritimes face au Japon. En effet lorsque l’on considère la configuration de l’ADIZ dessinée l’on s’aperçoit, à quelques légères différences près, que sa forme polygonale coïncide très bien avec les revendications de Pékin sur la mer de Chine de l’Est, celles-ci incluant bien évidemment, les îles Senkaku, objets aujourd’hui de forts tiraillements entre les deux parties. L’éventuelle perspective de la transposition du schéma de l’ADIZ en mer de Chine de l’Est vers la mer de Chine du Sud est de ce fait tout à fait envisageable.

Les Etats-Unis ont cependant déjà averti fermement la Chine qu’ils n’accepteraient pas de modification du système actuel de partage de l’espace aérien en mer de Chine du Sud comme elle a osé le faire en mer de Chine de l’Est où, par ailleurs, une telle manière de procéder est aussi un moyen d’amener la communauté internationale à accepter implicitement la souveraineté chinoise. En effet, compte tenu des menaces que contiennent les procédures chinoises imposées pour le franchissement de l’ADIZ, les compagnies aériennes internationales, par mesure de sécurité pour leurs passagers, ont décidé de se plier aux exigences de Pékin. Le résultat s’apparente bien à une prise en otage camouflée des lignes aériennes internationales par la Chine. Ce qui conforte l’idée que le schéma est tout à fait transposable en mer de Chine du Sud. Les compagnies aériennes européennes, dont Air France, sont donc concernées par cette problématique et par ce risque d’atteinte à leur liberté de navigation.

Conclusion

Ainsi, les Chinois en plusieurs endroits procèdent à une interprétation abusive du droit de la mer pour potentiellement faire valoir une souveraineté non fondée sur la mer de Chine du Sud au détriment des autres états riverains. Si ces états sont en premier chef concernés par les conséquences des méthodes que la Chine utilise progressivement pour faire valoir des droits qui ne sont pas encore reconnus comme fondés, la communauté internationale peut à tout instant en subir les contre coups, parce qu’il peut y avoir menace sur la liberté de la navigation tant maritime qu’aérienne, tant civile que militaire. En ce sens les compagnies maritimes et aériennes européennes sont elles aussi concernées et leurs états d’appartenance ne peuvent accepter de se contenter de belles promesses chinoises quant à une quelconque garantie pérenne de la liberté de la navigation en mer de Chine du Sud. Et cela tant que la Chine persistera à vouloir faire de cette mer une mer chinoise. La mer de Chine du Sud est une mer internationale et il ne peut en être autrement. S’il est indéniable que derrière les prétentions chinoises se cache un souci de sécurité nationale avant même de quelconques appétits économiques liés à l’exploitation des richesses de la mer, il ne peut en aucun cas être reconnu à la Chine de s’emparer d’une mer internationale pour construire une partie de sa stratégie de défense. Mais là est une autre question.

Manuscrit clos en juin 2014

Copyright Septembre 2014-Schaeffer/Diploweb.com


[1] A titre de rappel, les communistes chinois n’ont pris définitivement le pouvoir en Chine que le 1er octobre 1949, date de la création de la République populaire de Chine

[2] Pour toute la suite du présent article, il est important de conserver à l’esprit la différence entre souveraineté et droits souverains. Dans le premier cas, un état a complète juridiction sur les territoires sur lesquels il est souverain. Dans le second cas, il ne dispose que d’une juridiction limitée sur un territoire donné. C’est le cas lorsque les états opèrent en mer dans leur zone économique exclusive (ZEE) : ils n’y disposent de droits souverains que pour l’exploitation économique de la dite du zone et des opérations de police liée aux activités économiques uniquement.

[3] Voir carte 1

[4] Cf ci-après p.4

[5] Approximativement 220 kilomètres

[6] Approximativement 180 kilomètres

[7] Voir carte 2

[9] Cf carte 2 : commentaires

[10] CNUDM, Art 46.a : « Etat archipel » : un Etat constitué entièrement par un ou plusieurs archipels et éventuellement d’autres îles ; »

[11] Spratleys en chinois

[12] un.org/depts/los/clcs_new/submissions_files/mysvnm33_09/chn_2011_re_phl_e.pdf

[13] Zou Keyuan, « Scarborough reef : a new flashpoint in sino-philippine relations ? », International Boundaries Research Unit, Boundary and Security Bulletin7, no 2, (Summer 1999) : 71-81

[14] Voir carte 3

[15] XU Sen’an, “The Connotation of the 9-Dotted Line on the Chinese Map of the South China Sea” in ZHONG Tianxiang, ed., Paper Selections of the Seminar on “The South China Sea in the 21st Century : Problems and Perspective”, Hainan Research Center of the South China Sea, 2000.

[16] Voir carte 4

[17] Article 17 de la CNUDM : « Sous réserve de la Convention, les navires de tous les Etats, côtiers ou sans littoral, jouissent du droit de passage inoffensif dans la mer territoriale » sachant que les autres articles modulent ces dispositions en prenant en considération les événements qui peuvent soit renforcer, soit restreindre ce droit.

[18] en.msa.gov.cn/index.php ?m=chart&c=reporting&a=get_map ; consulté le 22 juin 2014

[19] Police maritime

[20] Cf carte 5

Voir par ailleurs:

Rohani aux Français : « Israël n’est pas un État légitime »

Le président iranien, Hassan Rohani, qui doit effectuer lundi une visite d’État en France, a appelé au retour de l’ensemble des réfugiés palestiniens en Palestine et a qualifié l’État d’Israël d’illégitime, dans un entretien à des médias français. Monde juif
12 novembre 2015

« L’Etat actuel d’Israël n’est pas légitime. C’est pourquoi nous n’avons pas de relations avec eux car nous ne considérons pas cet Etat comme légitime », a déclaré M. Rohani dans un entretien accordé à France 2 et Europe 1.« Nous pensons que toutes les personnes qui étaient d’origine palestinienne et qui sont en errance à l’étranger doivent pouvoir tous revenir sur leurs terres. Il faut qu’il y ait des élections publiques sous la supervision des Nations unies et quels qu’en soient les résultats, nous les accepterons », a-t-il ajouté.Le dirigeant iranien a rejeté l’idée de l’existence de deux pays, la Palestine et Israël. « Non, nous parlons d’un Etat. Que tout le monde se réunisse et vote. Avant 1948, il y avait un seul pays. Nous voulons retourner à cette situation », a-t-il affirmé.« Ce qui voudrait donc dire qu’il n’y aurait plus d’Etat d’Israël ? », lui ont demandé les journalistes. « Nous ne parlons pas de cela ! Nous parlons du vote du peuple. Une fois réunis, tous les juifs, tous les musulmans, tous les chrétiens, tous ceux qui appartiennent à cette terre et sont aujourd’hui réfugiés doivent revenir dans leur pays et voter », a-t-il expliqué.

« C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas de relation avec cet Etat. La seule solution, c’est une élection libre », a-t-il conclu.

Interrogé par Le Monde Juif .info, le président du CRIF, Roger Cukierman, avait affirmé début octobre que « voir la France renouer avec l’Iran, un pays ennemis des Juifs, est inquiétant ».

Plusieurs organisations juives de France ont appelé à manifester le 15 novembre à Paris contre la visite officielle du président iranien Hassan Rohani.

Hassan Rohani : « L’État actuel d’Israël n’est pas légitime »
Le Figaro
11/11/2015

A quelques jours de sa visite officielle en France, le président iranien s’est exprimé sur France 2. Il a également évoqué l’accord nucléaire et réaffirmé son soutien à Bachar el-Assad.

Interviewé sur France 2, le président iranien Hassan Rohani a déclaré que «l’État actuel d’Israël (n’était) pas légitime» et qu’un vote sur le rétablissement du territoire d’avant 1948 devait être organisé parmi les réfugiés d’origine palestinienne, dans un entretien à des médias français. «L’État actuel d’Israël n’est pas légitime. C’est pourquoi nous n’avons pas de relations avec eux car nous ne considérons pas cet État comme légitime», a déclaré M. Rohani selon la traduction de ses propos par France 2.

«Nous pensons que toutes les personnes qui étaient d’origine palestinienne et qui sont en errance à l’étranger doivent pouvoir tous revenir sur leurs terres. Il faut qu’il y ait des élections publiques sous la supervision des Nations unies et, quels qu’en soient les résultats, nous les accepterons», a-t-il ajouté. Invité à préciser sa pensée, M. Rohani a déclaré qu’il ne parlait pas de deux États (un israélien et un palestinien vivant côte à côte), mais «d’un seul».

«Nous disons que tout le monde doit se réunir pour voter sur l’ensemble du territoire palestinien tel qu’il était dans ses frontières d’avant 1948 (date de la création d’Israël ndlr) (…) Nous disons que tous les juifs, tous les musulmans, tous les chrétiens et toutes les personnes qui sont originaires de la Palestine et qui sont en errance doivent pouvoir revenir en Palestine», a-t-il poursuivi.

«C’est au peuple syrien de décider»

L’Iran, longtemps au ban des nations, a entamé sa réintégration sur la scène internationale après la signature de l’accord historique sur le nucléaire entre Téhéran et les grandes puissances, le 14 juillet dernier à Vienne. Israël, qui considère l’Iran comme une menace existentielle, n’a eu de cesse de dénoncer cet accord et la légitimation de la République islamique.

«L’Iran tiendra ses engagements», a martelé Rohani. «L’Iran a accepté l’accord de non-prolifération, notre pays a toujours collaboré avec l’ AIE, notre pays est prêt à tenir tous ses engagements, à la conditions que nos partenaires tiennent aussi les leurs.» «L’Iran, à aucun moment, n’a souhaité fabriquer la bombe atomique, ni hier ni aujourd’hui, nous n’avons poursuivi nos recherches que dans le nucléaire civil.»

Le président Rohani, considéré comme modéré par rapport à son prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad, est attendu lundi et mardi en France pour sa première visite. Il devrait négocier des accords économiques, et a évoqué d’éventuels achats d’Airbus. «Nous utilisons déjà des Airbus ou des Boeing, ces deux-là sont les principaux, si les conditions sont bonnes, nos acheteurs se fourniront chez l’un des deux, et ce sera probablement Airbus» a affirmé le président.

Enfin, interrogé à propos de Bachar el-Assad, il a réaffirmé son soutien inconditionnel du président syrien: «Je pense que nous devons changer la manière de poser la question, ce n’est pas une question de personnes mais du peuple syrien, il est question de stabilité et de sécurité.»

«Certaines personnes essaient de détourner le débat, nous devons éradiquer le terrorisme en Syrie» «Pensez-vous qu’on puisse lutter contre le terrorisme sans un état légitime à Damas? Quel pays peut lutter contre le terrorisme sans un état fort?» a-t-il demandé.

«On n’a pas le droit de décider pour un pays qui doit être candidat et qui ne doit pas l’être, c’est au peuple syrien de décider», a-t-il dit, en réaction à la proposition de François Hollande d’éliminer Assad d’éventuelles élections syriennes.

Voir enfin:

There’s news in planes that don’t crash
Ruth Ann Dailey
Pittsburgh Post-Gazette
September 14, 2006It’s a cliche of journalism that you never read about a plane that did not crash. We report on routine success far less often than we examine the things that go wrong, the accidents and law-breaking and crime.But the things people don’t hear can distort public opinion, sometimes to detrimental effect.Four planes crashed five years ago this week. Many heart-warming « then and now » stories on 9/11’s survivors appeared to commemorate the anniversary, but the analytical articles on the war on terror focused on failure. Our front page, for example, carried a Washington Post article headlined « Hunt for bin Laden goes cold » and an in-depth look at Vice President Dick Cheney’s waning power.There was no article on planes that have not crashed. Why not « No attack on U.S. soil since 9/11 » or « Five-year war on terror breaks al-Qaida’s back »? Those observations are part of The Atlantic Monthly’s thoughtful September cover story titled, simply, « We Win. »The article’s author is James Fallows, who was Jimmy Carter’s chief speech-writer and editor of the left-leaning Washington Monthly before becoming national correspondent for The Atlantic, a publication known for its in-depth reporting and intellectual vigor. (The entire September issue is so excellent, in fact, that you should do whatever you can to get your hands on a copy.)After interviewing 60 experts on terrorism, the military and business, Mr. Fallows comes to an upbeat conclusion that surprised him and will surprise most news consumers: America has largely achieved all reasonable objectives in the war on terror and could help itself tremendously by saying so.Why would « Declaring Victory, » as the inside title reads, be such a boost? Because it’s a valid conclusion that would lessen our anxiety and thus lessen our inclination to over-react to terrorist provocation, the most threatening weapon in al-Qaida or any terrorist’s arsenal.Most of Mr. Fallows’ broad array of experts supported the war in Iraq and agreed that the subsequent occupation has been « disastrously mismanaged. » But if their well-researched assessment of the war on terror has the power, if widely accepted, to change America’s actions and, thus, the world’s destiny, wouldn’t the same approach similarly affect other areas of conflict?How much of this country’s dispirited view of our military’s efforts in Iraq, for instance, is due to too little information about the good they’re accomplishing?Story after story since late 2003 has focused on the failure of American troops to restore basic necessities such as « full » electrical power. But it matters very much whether those complaining about power shortages are Sunnis or Shiites.Before Saddam was toppled, his 30 years of tyranny had devastated the country’s infrastructure, according to Gen. Martin Dempsey of the 1st Armored Division, and Saddam distributed whatever supply was available primarily to members of his Baath Party (Sunni Muslims). Thus, people in the (Sunni) Mansour district had electricity round the clock, Gen. Dempsey said, while those in the Shiias’ Sadr City had it perhaps three hours a day.Because America’s rebuilding effort has distributed utilities in an egalitarian manner, the Sunnis have experienced a dramatic loss. I have yet to find a news story that reports the religious affiliation of any now-under-supplied Iraqi it profiles.A Christian Science Monitor article from February is typical, focusing on a Baghdad carpenter who might have to sell his shop because he doesn’t get enough electricity to work or enough business to pay the rent.You have to read far into the article to learn that Iraq was generating 4,500 megawatts before the US invasion and 3,995 megawatts in November, despite regular sabotage by insurgents. Supply wasn’t meeting demand before the invasion. Demand has now risen to 7,000 megawatts because, as job opportunities and salaries increase, Iraqis are buying more electricity-using consumer goods. Is this primarily good news or bad?I found Gen. Dempsey’s information on Saddam’s unequal allocation of utilities in the May 9 issue of National Review, in a cover story titled « We’re Winning. » The terrorists’ insurgency has gained much strength in the year since its publication. If, as Mr. Fallows’ more recently interviewed experts hope, the United States is not destined to leave Iraq in defeat, the public’s patience with the occupation will have to be bolstered.It would be nice to find reason for optimism, not through a political PR campaign, but via the responsible news coverage of the planes that didn’t crash. We trust the military to report American deaths in Iraq. Why not trust it to report America’s victories?The truth is in the details that we’re not hearing. Maybe that’s where hope is, too.

Why We Shouldn’t Expect Too Much From Burma’s Election
Burma’s opposition may score gains in the upcoming elections — but the military will still be in charge.
Richard Cockett
Foreign Policy

November 3, 2015On November 8, the people of Burma (also known as Myanmar) will head to the polls for a general election. Rather than provoking cynicism and eye-rolling, as such an exercise would have done in the past, this election demands to be taken seriously as a genuine test of popular will.Indeed, it is just one example of how far the Southeast Asian nation of about 50 million people has come in the four short years since the quasi-military government led by a new president, Thein Sein, started its vaunted reform program. Burma released most political prisoners (though there have been new arrests), lifted strict censorship and travel bans, and more. In 2012, the country held free and fair by-elections which saw opposition leader Aung San Suu Kyi elected to parliament.The forthcoming election might well be the most competitive of its kind for over fifty years, certainly since the military took over in a coup in 1962, just fourteen years after Burma won independence from the British. The National League for Democracy (NLD), led by Aung San Suu Kyi, might well win the most seats, having boycotted the last (rigged) general election in 2010. Many hope that Burma, once the most prosperous country in the region, might regain some of its former eminence, and even become a reliable Western ally, detached from its previous paymaster, China.Yet it is far too early to declare victory.However well-conducted these elections are, they won’t mark the sort of transformational moment many expect.

However well-conducted these elections are, they won’t mark the sort of transformational moment many expect. For they will be conducted entirely on terms set by the quasi-military government, ensuring that however much the votes stack up against it, it will still retain a lock on power.Most obviously, under the constitution introduced by former dictator Than Shwe in 2008, a quarter of the members of the lower house of parliament (166 of them) are appointed directly by the head of the armed forces, rather than being elected. As the votes of more than three-quarters of legislators are needed to change the constitution, the military-designed constitution will likely remain in place for some time, no matter how well the NLD and other smaller opposition parties perform.Among other things, this constitution guarantees the army a paramount role within the state, allowing it to wage war against internal enemies, especially the ethnic minority militias, with virtual impunity. Furthermore, and more controversially, the constitution specifically prevents Aung San Suu Kyi from standing for president, since it bars anyone from that office whose spouse or children are foreign citizens. Suu Kyi’s late husband, Michael Aris, was a British academic, while her two sons were born in Britain and hold UK passports.The NLD gathered millions of signatures in support of changing these clauses, but all attempts to amend the constitution over the last two years have failed — and this has probably been the most significant setback for Burma’s reforms. Indeed, having awakened so many hopes when it began in 2011, the entire reform process now appears stalled. In sum, the deeply unpopular military, faced with likely electoral humiliation at the hands of the NLD and the dozens of other ethnic-minority opposition parties at this election, has stubbornly clung on to all the constitutional safeguards that will protect its power. As a result, even though the NLD and other opposition parties should win the most seats on November 8, their subsequent power to change the country for the better will be severely constrained.Some have argued that the anti-democratic nature of the constitution is what has given the military the confidence to concede some power and pass reforms. That may be true. In reality, though, the constitution has come to look like more a comfort blanket for the large cohort of officers who have become fearful of any further liberalization. Due to the West’s hasty lifting of almost all economic sanctions quickly after the reforms started in 2011, these officers have already got most of what they wanted from the West: renewed economic engagement with the IMF, the World Bank, a big boost in aid money, and a flood of foreign capital. These men clearly don’t feel under any great pressure to take reforms any further, despite the Obama administration’s increasingly desperate attempts to prod them into doing so.Moreover, just as Burma’s rulers have prejudged the outcome of these elections, so they have also handpicked the electorate. This offers more disturbing pointers to Burma’s future. Whereas, for instance, during the last election in 2010 the 800,000 or so Muslim Rohingya in western Rakhine state were mostly allowed to vote, this time they have lost even that basic right. Notoriously, they have never been granted Burmese citizenship, so they have no redress against their disenfranchisement.The Rohingya, of course, were stateless five years ago. What has changed, however, is that whereas in 2010 the military’s ruling party, the widely loathed Union Solidarity and Development Party (USDP), needed the Rohingya to vote for them against the local Rakhine nationalist party in Rakhine state, this time round their disenfranchisement serves another purpose — to exploit anti-Muslim sentiment in the country, also for political gain.For the USDP has resorted to stoking the fires of sectarian distrust as virtually its sole electoral strategy to avoid a stunning political defeat. The party has raised the fear of the Muslimization of the country in order to pose as the only genuine defenders of the Burman Buddhist majority. Protecting the precarious interests of the majority, apparently, means not only banning the Rohingya from voting, but also passing extremely discriminatory anti-Muslim laws.These laws were largely produced by a murky pressure group called the Association for the Protection of Race and Religion, or “Ma Ba Tha” in Burmese. The Ma Ba Tha has been inspired and supported by many among the sangha, Burma’s revered community of monks, and the government, in turn, has eagerly embraced their “race and religion” agenda. With well over 100 ethnic groups, Burma is divided enough as it is without the military exacerbating the problem — but division will probably be one of the uglier consequences of this election.Even Aung San Suu Kyi has been intimidated into silence by the feverish anti-Muslim atmosphere that prevails in Burma. This champion of human rights has notoriously failed to offer any direct support to the Rohingya. Indeed, she cannot even bring herself to mention them by name.So although these elections are a step forward, a significant improvement on the manifestly rigged affair in 2010, they should be seen for what they really are: a flawed, partial exercise in democracy that won’t lead to the profound changes that people would almost certainly vote for if only they were given the opportunity. The polls should be supported. But the international community — and especially those countries, such as Britain and America, that have invested heavily, politically and financially, in the reform program — should be pressing for the constitutional and institutional changes that will, eventually, make the real difference. It is clear from the experience of the last two years that, elections or not, the military is not going to give up power lightly in Burma, and will probably have to be bullied into doing so. In this context, these elections are just one more battle in a very long war.

Voir enfin:

Meet the Cry-Bully: a hideous hybrid of victim and victor

In the 1970s, there was a big difference between bullies and cry-babies. Your mum would have preferred you to hang around with the latter, but sometimes the former had a twisted charisma so strong that you found yourself joining in the taunts of ‘Onion Head! ’ at some poor unfortunate creature sporting a cranium of a somewhat allium caste. After a bit, of course, if you had anything about you, you realized what a knob you were being and went off to sample the more solitary, civilized pleasures of shoplifting and reading Oscar Wilde with the bedroom curtains closed. But you could be certain, as you festered in your pilfered Chelsea Girl vest, that bullies were bullies and cry-babies were cry-babies and never the twain would meet.

Fast forward some four decades and things are not so simple. This is the age of the Cry-Bully, a hideous hybrid of victim and victor, weeper and walloper. They are everywhere, these duplicit Pushmi-Pullyus of the personal and the political, from Celebrity Big Brother to the frontline of Islamism. Jeremy Clarkson is a prime cry bully, punching a producer and then whining in The Sunday Times about ‘losing my baby’ (The baby being Top Gear). Perez Hilton, recently of the CBB house, is a good example too, screaming abuse at his wretched room-mates until they snapped and hit back, at which point he would dissolve in floods of tears and flee to the Diary Room to claim that he felt ‘unsafe’. Stephen Fry is one, forever banging on about his own mental fragility yet mocking Stephen Hawking’s voice at a recent awards ceremony.

Esther Rantzen — an anti-bullying campaigner — strikes me as another. An otherwise anodyne interviewer recently felt moved to ask her if she was a bully, due to her reputation as an over-bossy boss during her That ’s Life heyday and the rather vile reports of her yelling out ‘My husband’s ex-wife ’ during a trivia quiz at a TV bash – the question being ‘What burnt in Richmond?’, the locality in which the woman whose husband she took had recently been cremated. Rantzen has re-created herself as a pathetic widow, complaining about having no one to go on holiday with, so desperately lonely for human companionship that she once rang her daughter to say that the Almighty would want them to live together. (Not as much as He’d want people not to gloat over the deaths of people whose lives they had ruined, surely.)

Even social media – the source of so much fun and friendship for most of us – becomes a double-edged sword in the hands of the Cry-Bully. They will threaten women with rape on Twitter then boo-hoo about the invasion of their privacy when called to account. It’ s a sort of Munchausen’s syndrome – causing one’s own misery then complaining about it – seen most sadly in the case of Hannah Smith, the 14-year-old girl who took her own life in 2013 after allegedly being cyber-bullied on the teen website Ask.fm. It turned out that some 98 per cent of the abusive messages came from poor Hannah herself, with only four posts being contributed by actual trolls.

Cry-Bullies do end up isolated, as their determination to be victim and victor eventually wears out the patience of the most forebearing friend. But they can also be found hanging around in gangs; then, Cry-Bullies really come into their own and are not just irritating but dangerous. Islamism is the ultimate Cry-Bully cause; on one hand stamping around murdering anyone who doesn’ t agree with you, on the other hand yelling ‘ISLAMOPHOBIA’ in lieu of having a real adult debate about the merits of your case. Their ‘helpline’ is even called Tell Mama – bless. The British-born Islamist recently sentenced to twelve years had no problem posing with severed heads (‘Heads, kaffirs, disgusting’) and asking friends back home to send him condoms which he planned to use raping women captured as ‘war booty’ but then claimed to be having nightmares and suffering from depression in order to escape jail.

The transexual and pimp-lobbies bring classic Cry-Bully tactics into play whenever they come across someone who doesn’t – shock, horror! – think the same as them, as unashamed feminists from the activist Julie Bindel to the comedian Kate Smurthwaite have discovered. In these cases, the claim that ‘safe spaces’ might be violated by the presence of someone who thinks differently to them; but born women, mysteriously, are expected to surrender the ultimate Safe Space – the female toilets – to pre-op chicks with dicks if they are not to be accused of violent bigotry.

I don’t like much about monarchy, but the old saw they are said to live by – ‘Never complain, never explain’ (if only Prince Charles could do this!) – is a good one. The Cry-Bully always explains to the point of demanding that one agrees with them and always complains to the point of insisting that one is persecuting them. They really are the very worst sort of modern moaner.


Primaires républicaines: Attention, un racisme peut en cacher un autre ! (It’s not race, it’s class, stupid ! – Republican front-running candidate calls out the media’s double standards)

11 novembre, 2015
Espace social (Bourdieu)
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La culture, c’est ce qui demeure dans l’homme lorsqu’il a tout oublié. Emile Henriot
La perfection ne s’atteint que par le dédain de tous les moyens qui permettent de renchérir. Paul Valéry
Les groupes n’aiment guère ceux qui vendent la mèche, surtout peut-être lorsque la transgression ou la trahison peut se réclamer de leurs valeurs les plus hautes. (…) L’apprenti sorcier qui prend le risque de s’intéresser à la sorcellerie indigène et à ses fétiches, au lieu d’aller chercher sous de lointains tropiques les charmes rassurant d’une magie exotique, doit s’attendre à voir se retourner contre lui la violence qu’il a déchainée.  Pierre Bourdieu
L’idéologie du goût naturel tire ses apparences et son efficacité de ce que, comme toutes les stratégies idéologiques qui s’engendrent dans la lutte des classes quotidienne, elle naturalise des différences réelles, convertissant en différences de nature des différences dans les modes d’acquisition de la culture et reconnaissant comme seul légitime le rapport à la culture (ou à la langue) qui porte le moins les traces visibles de sa genèse, qui, n’ayant rien d’appris », d' »apprêté », d » »affecté », d' »étudié », de « scolaire » ou de « livresque », manifeste par l’aisance et le naturel que la vraie culture est nature, nouveau mystère de l’Immaculée Conception.  Bourdieu
 Les héritiers bénéficiant d’un capital social qui ne peut s’acquérir dans son ampleur, sa complexité, ses subtilités que par ceux qui sont nés et ont grandi dans le milieu adéquat. Alors que les autres, d’extraction modeste, trahissent toujours leurs origines, ce qui en fait des parvenus, grossièrement acquis à leur nouvelle cause, auxquels on reproche de trop en faire, de ne maîtriser que les codes les plus évidents, de manquer de nuances, de rester gauches et maladroits, à l’instar de l’étranger toujours trahi par son accent en dépit de ses efforts pour le cacher. Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron (Les Héritiers : les étudiants et la culture, 1964)
Parce qu’il n’a pas acquis sa culture selon l’ordre légitime qu’instaure l’institution scolaire, l’autodidacte est voué à trahir sans cesse, dans son anxiété même du bon classement, l’arbitraire de ses classements, et, par là, de ses savoirs, sortes de perles sans fils, accumulés au cours d’un apprentissage singulier, ignorant les étapes et les obstacles institutionnalisés et standardisés, les programmes et les progressions qui font de la culture scolaire un ensemble hiérarchisé et hiérarchisant de savoirs implicatifs. Les manques, les lacunes, les classements arbitraires de sa culture n’existent que par rapport à une culture scolaire qui est en mesure de faire méconnaître l’arbitraire de ses classements et de se faire reconnaître jusque dans ses lacunes. L’allure disparate des préférences, la confusion des genres et des rangs, opérette et opéra, vulgarisation et science, l’imprévisibilité des ignorances et des savoirs, sans autre liens entre eux que les hasards biographiques, tout renvoie aux particularités d’un mode d’acquisition hérétique. Faute de posséder cette sorte de sens du placement qui, armé d’indices souvent tout extérieurs tels que le nom de l’éditeur, du metteur en scène ou de la salle de théâtre ou de concert, permet de repérer les consommations culturelles “de premier choix” à la façon dont on s’assure de la qualité des produits en se fiant à ces “garanties de qualité” que sont certaines “griffes” ou certains magasins, le petit-bourgeois, toujours exposé à en savoir trop ou trop peu, à la façon des héros de jeux télévisés que leur érudition mal placée rend ridicules aux yeux des “esprits cultivés”, est ainsi voué à thésauriser sans fin des savoirs disparates et souvent déclassés qui sont aux savoirs légitimes ce que la collection de petits objets de peu de prix (timbres, objets techniques en miniature, etc.) auxquels il consacre son temps et sa minutie classificatoire est à la collection de tableaux et d’objets de luxe des grands bourgeois, une culture en petit. Mais surtout, victime par défaut des effets du titre scolaire, l’autodidacte ignore le droit d’ignorer que confèrent les brevets de savoir et il serait sans doute vain de chercher ailleurs que dans la manière dont il s’affirme ou se trahit ce qui fait la différence entre l’éclectisme forcé de cette culture acquise au hasard des rencontres et des lectures, et l’éclectisme sélectif des esthètes qui aiment à chercher dans le mélange des genres et la subversion des hiérarchies une occasion de manifester la toute-puissance de leur disposition esthétique.” (…)  le prétendant prétentieux (…) a toutes les chances de voir ses connaissances et ses techniques dévaluées comme trop étroitement subordonnées à des fins pratiques, trop “intéressées” trop marquées, dans leurs modalités, par la presse et l’empressement de leur acquisition, au profit de connaissances plus “fondamentales” et aussi plus “gratuites” ; et on n’en finirait pas de recenser les marchés, depuis les grands concours jusqu’aux rédactions des magazines, aux entretiens de recrutement ou aux réunions mondaines, où les productions culturelles de l’habitus petit bourgeois sont subtilement discréditées parce qu’elles rappellent l’acquisition en des matières où, plus que partout ailleurs, il s’agit d’avoir sans avoir jamais acquis et qu’elles trahissent trop clairement, par le sérieux même avec lequel elles sont offertes, les dispositions éthiques qui sont à leur principe, et qui sont l’antithèse à peu près parfaite du rapport légitime à la culture. Les petits-bourgeois ne savent pas jouer comme un jeu le jeu de la culture : ils prennent la culture trop au sérieux pour se permettre le bluff ou l’imposture ou, simplement, la distance et la désinvolture qui témoignent d’une véritable familiarité ; trop au sérieux pour échapper à l’anxiété permanente de l’ignorance ou de la bévue et pour esquiver les épreuves en leur opposant ou l’indifférence de ceux qui ne sont pas dans la course ou le détachement affranchi de ceux qui se sentent autorisés à avouer ou même à revendiquer leurs lacunes. Identifiant la culture au savoir, ils pensent que l’homme cultivé est celui qui possède un immense trésor de savoirs et ils ne peuvent pas le croire  lorsqu’il professe, par une de ses boutades de cardinal qui peut prendre avec le dogme des libertés interdites au simple curé de campagnr que, ramenée à sa plus simple et sa plus sublime expression, elle se réduit à un rapport à la culture (« La culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié »). Faisant de la culture une question de vie ou de mort, de vrai ou de faux, ils ne peuvent soupçonner l’assurance irresponsable, la désinvolture insolente, voie la malhonnêteté cachée que suppose la moindre page d’un essai inspiré sur la philosophie, l’art ou la littérature. Hommes de l’acquis, ils ne peuvent entretenir avec la culture la relation de familiarité autorisant les libertés et les audaces de ceux qui lui sont liés par la naissance, c’est-à-dire par nature et par essence. Pierre Bourdieu (La Distinction, 1979, pp. 378-381)
Les dominants, du fait même de leur position, sont en accord profond avec le monde social tel qu’il est. Celui-ci est ce qu’il doit être puisqu’ils y exercent la domination qu’ils sont convaincus de mériter. Rares en effet sont les dominants qui, le préjugé naturaliste aidant, n’ont pas la conviction d’être pétris dans une pâte un peu spéciale, d’être porteurs de propriétés hors du commun, de dons, de charismes qui les mettent au-dessus du grand nombre, de façon distincte, distinctive et distinguée. Ils transforment ainsi leur essence sociale, c’est-à-dire l’identité que leur confèrent les verdicts plus ou moins arbitraires et hasardeux des institutions, en essence naturelle et personnelle, irréductible et ineffable. En étant comme ils sont, ils sont «comme il faut». Ils sont le devoir-être incarné. Ils constituent ce qu’il est convenu d’appeler des élites, des aristocraties, d’autant plus assurés de leur excellence que pour exceller continûment il leur suffit de rester eux-mêmes, sans ostentation et sans emphase. L’observation des différents champs (et en particulier du champ des classes sociales) montre que les stratégies des agents dominants (et singulièrement de la fraction dominante de la classe dominante, la grande bourgeoisie) se caractérisent par la mesure, la sobriété, la discrétion. Quand on est réellement en position de force, surtout quand on l’est de longue date, on n’a pas besoin de faire étalage de sa puissance. Les dominants notoires sont suffisamment reconnus et autorisés, ils disposent d’un capital symbolique suffisant pour ne pas avoir à faire et refaire sans arrêt la preuve qu’ils sont bien ce qu’ils sont réputés être et que l’institution dit qu’ils sont. De sorte que la façon la plus distinctive de manifester la supériorité éclatante des moyens dont on dispose, c’est précisément de ne pas chercher à attirer l’attention, de ne pas se donner en spectacle. D’où le caractère habituellement réservé, pondéré et détendu des comportements des dominants que leur habitus détourne spontanément des pratiques les plus voyantes et de la recherche de l’effet par lesquelles les prétendants trahissent leurs prétentions et les parvenus leurs origines modestes. L’insistance pesante, la pose qui veut en imposer, l’enflure, la surenchère tapageuse, la provocation, l’agitation bruyante, l’éclat retentissant, sont des traits révélateurs de l’angoisse et de la tension engendrées par une légitimité insuffisante ou douteuse, chez ceux que leur position dominée -ou leur accession trop récente à une position dominante- condamne à «se faire remarquer», à «en rajouter» pour «être distingués» sans jamais être sûrs d’y parvenir tout à fait. L’agent dominant, au contraire, se sent sûr de lui, pleinement justifié d’être ce qu’il est. Cette certitude de soi-même est la racine commune de toutes ces propriétés emblématiques (discrétion, retenue, flegme, litote, aisance, élégance, etc.) caractérisant un art de vivre qui se reconnaîtrait sans doute dans ce que Valéry disait de l’art classique : «la perfection ne s’atteint que par le dédain de tous les moyens qui permettent de renchérir». Alain Accordo
To avoid being mistaken as a sellout, I chose my friends carefully. The more politically active black students. The foreign students. The Chicanos. The Marxist professors and structural feminists and punk-rock performance poets. We smoked cigarettes and wore leather jackets. At night, in the dorms, we discussed neocolonialism, Franz Fanon, Eurocentrism, and patriarchy. (…) I watched Marcus as he spoke, lean and dark and straight-backed, his long legs braced apart, comfortable in a white T-shirt and blue denim overalls. Marcus was the most conscious of brothers. He could tell you about his grandfather the Garveyite; about his mother in St. Louis who had raised her kids alone while working as a nurse; about his older sister who had been a founding member of the local Panther party; about his friends in the joint. His lineage was pure, his loyalties clear, and for that reason he always made me feel a little off-balance, like a younger brother who, no matter what he does, will always be one step behind. Barry Obama
Only Malcolm X’s autobiography seemed to offer something different. His repeated acts of self-creation spoke to me; the blunt poetry of his words, his unadorned insistence on respect, promised a new and uncompromising order, martial in its discipline, forged through sheer force of will. All the other stuff, the talk of blue-eyed devils and apocalypse, was incidental to that program, I decided, religious baggage that Malcolm himself seemed to have safely abandoned toward the end of his life. And yet, even as I imagined myself following Malcolm’s call, one line in the book stayed me. He spoke of a wish he’d once had, the wish that the white blood that tan through him, there by an act of violence, might somehow be expunged. I knew that, for Malcolm, that wish would never be incidental. I knew as well that traveling down the road to self-respect my own white blood would never recede into mere abstraction. I was left to wonder what else I would be severing if and when I left my mother and my grandparents at some uncharted border. Barack Hussein Obama (Dreams of my father)
Même si ce livre repose principalement sur des journaux intimes ou sur des histoires orales de ma famille, les dialogues sont forcément approximatifs. Pour éviter les longueurs, certains personnages sont des condensés de personnes que j’ai connues et certains événements sont sans contexte chronologique précis. A l’exception de ma famille et certains personnages publics, les noms des protagonistes ont été changés par souci de respecter leur vie privée. Barack Hussein Obama jr. (préface des Rêves de mon père, 1995)
Je connais, je les ai vus, le désespoir et le désordre qui sont le quotidien des laissés-pour-compte, avec leurs conséquences désastreuses sur les enfants de Djakarta ou de Nairobi, comparables en bien des points à celles qui affectent les enfants du South Side de Chicago. Je sais combien est ténue pour eux la frontière entre humiliation et la fureur dévastatrice, je sais avec quelle facilité ils glissent dans la violence et le désespoir. Barack Hussein Obama jr. (préface de Rêves de mon père, l’histoire d’un héritage en noir et blanc, 2004)
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme dans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Obama
Why did Obama make the conscious decision to take on his formal African name? His father was also Barack, and also Barry: he chose the nickname when he came to America from Kenya on a scholarship in 1959. His was a typical immigrant transition. Just as a Dutch woman named Hanneke might become Johanna, or a German named Matthias becomes Matt, the elder Barack wanted to fit in. America was a melting pot, and it was expected then that you melt—or at least smooth some of your more foreign edges. But Obama, after years of trying to fit in himself, decided to reverse that process. The choice is part of his almost lifelong quest for identity and belonging—to figure out who he is, and how he fits into the larger American tapestry. Part black, part white, raised in Hawaii and Indonesia, with family of different religious and spiritual backgrounds—seen by others in ways he didn’t see himself—the young Barry was looking for solid ground. At Occidental, he was feeling as if he was at a « dead end, » he tells NEWSWEEK, « that somehow I needed to connect with something bigger than myself. » The name Barack tied him more firmly to his black African father, who had left him and his white mother at a young age and later returned home to Kenya. But that wasn’t the primary motivation. Obama wrote a whole book about his quest for identity, called « Dreams From My Father, » and in it he never directly deals with the reasons he reverted to his birth name, or the impression it made on his relatives. The book is a deeply personal narrative that takes some liberties with the facts for the sake of a coherent tale. (Some of the characters, he points out in the introduction, are composites.) Old friends contacted by NEWSWEEK who were present during the time he changed his name recall or intuit a mix of reasons—both personal and social. By Obama’s own account, he was, like most kids at that stage of life, a bit of a poseur—trying to be cool. So that could have played a part. He was also trying to reinvent himself.  It’s clear that he was trying to fit in somehow, but not in the way of his father’s generation. He wanted to be taken seriously, perhaps to rebel against the compromises blacks and others were expected to make in a white-dominated society. But more generally, he was also looking for a community that would accept him as he was, inside and out. (…) He could be part of a black world where his pastor and spiritual mentor, the Rev. Jeremiah Wright Jr., expressed paranoid fantasies about white conspiracies to spread drugs or HIV, because he understood in his gut the history of racism that stoked those fears. He could, for a time, shrug off Wright’s more incendiary views, in part because he knew that whites, in their private worlds, often expressed or shrugged off bigotry themselves, partly because of fears that might seem irrational to African-Americans. Obama’s own grandmother, as he pointed out in his Philadelphia speech last week, « on more than one occasion uttered racial or ethnic stereotypes that made me cringe. » (…) Keith Kakugawa was a close friend of Obama’s at the Punahou School (…) says that Obama, being a dark-skinned kid growing up in a white household, sensed that something was amiss. « He felt that he was not getting a part of who he was, the history, » says Kakugawa, who is also of mixed race. He recalls Obama’s reading black authors —James Baldwin, Ralph Ellison, Langston Hughes—looking for clues. Keith didn’t know at first that Obama’s given name was Barack. « We were in the library and there was a Malcolm X book, » Kakugawa tells NEWSWEEK. « He grabbed it and looked at it and he’s checking it out, and I said, ‘Hold on, man. What you gonna do? Change your name to something Muslim?’ He said, ‘Well, my name is Barack Obama.’ And I said, ‘No it isn’t.’ And we got in an argument about that in the library and they had to tell us, ‘Shhhh’. » (…) Barry Obama met Eric Moore fresh on arrival from Hawaii at Occidental College in Los Angeles. (…) Their kinship was strengthened in conversations like the one they had about a trip Moore took during the summer of 1980. He visited Kenya—the homeland of Obama’s father and other relatives—as part of a program that sent teens abroad to do volunteer work. Moore told Obama about his experiences, and explained how the trip was one of the most powerful events of his life. « It helped me find my own identity, » Moore says. « I think for an African-American to go back to Africa is a powerful experience. It’s like going to Israel if you’re Jewish. » (…)  « What kind of name is Barry Obama—for a brother? » Moore asked with a grin. « Actually, my name’s Barack Obama, » he replied. « That’s a very strong name, » Moore told him. Obama responded that he didn’t want to have to explain his name. « Barry » was just a way of simplifying things—a small compromise to smooth the way in society. Moore knew then that Obama had been called Barry for a very long time, but he made a point to call him Barack anyway. He did this because he liked the name, he says, but also because he respected anything African. « It was a time when we were very conscious and he actually appreciated that I called him Barack, » Moore says. A handful of people, mostly close friends, would use Barack and Barry interchangeably. (…) Wahid Hamid, a good friend at Oxy who attended Obama’s wedding years later, says that even before he became Barack, most friends simply called him « Obama. » « It wasn’t surprising to me that he decided to embrace that identity because ‘Barry’ could be perceived as trying to run away from something and trying to fit in, rather than embracing his own identity and, in many ways, kind of opening himself to who he is. » For Wahid, an immigrant from Pakistan also trying to find his way in America (he is now a corporate executive in New York), the name Barack was perfectly natural and « somewhat refreshing. » (…) Obama wanted a clean slate. « Going to New York was really a significant break. It’s when I left a lot of stuff behind, » he says. « I think there was a lot of stuff going on in me. By the end of that year at Occidental, I think I was starting to work it through, and I think part of the attraction of transferring was, it’s hard to remake yourself around people who have known you for a long time. » It was when he got to New York that, as he recalls it, he began to ask people to call him Barack: « It was not some assertion of my African roots … not a racial assertion. It was much more of an assertion that I was coming of age. An assertion of being comfortable with the fact that I was different and that I didn’t need to try to fit in in a certain way. » (…) He stopped drinking and partying, leading what he calls « a hermetic existence » for two years. « When I look back on it, it was a pretty grim and humorless time that I went through, » he recalls. « I literally went to class, came home, read books, took long walks, wrote. (…)  Obama kept detailed journals in New York. It was good practice. « Writing journals during those two years gave me not only the raw material for the book, but also taught me to shape a narrative in ways that would work, » he says. When he later became a community organizer in Chicago, part of his job was storytelling. « His job largely consisted of interviewing community members and creating a narrative out of their experiences, the problems the community faced, » says his boss at that time, Gerald Kellman. Eventually, even Chicago would seem too small a stage. He told Kellman « he did not feel there would be large-scale change brought about by organizing. » Large-scale change was what Obama was aiming for. (…) The absence of his father taught Obama the importance of stories. These tales helped him make sense of who he was. (At least two acquaintances in his postgraduation years thought he was on a track to become a writer.) Stories made the murkier aspects of life coherent, or at least gave him confidence—that he could author his own life story, and thus become a master of the tale and not a victim. As a teenager, he had been skeptical of some family yarns, thinking they had been burnished a little too bright. He was at an age then when kids distinguish between fairy tales and truth, when they often become disillusioned with their parents. Newsweek
L’Amérique est toujours le tueur numéro 1 dans le monde. . . Nous sommes profondément impliqués dans l’importation de la drogue, l’exportation d’armes et la formation de tueurs professionnels. . . Nous avons bombardé le Cambodge, l’Irak et le Nicaragua, tuant les femmes et les enfants tout en essayant de monter l’opinion publique contre Castro et Khaddafi. . . Nous avons mis Mandela en prison et soutenu la ségrégation pendant 27 ans. Nous croyons en la suprématie blanche et l’infériorité noire et y croyons davantage qu’en Dieu. … Nous avons soutenu le sionisme sans scrupule tout en ignorant les Palestiniens et stigmatisé quiconque le dénonçait comme anti-sémite. . . Nous ne nous inquiétons en rien de la vie humaine si la fin justifie les moyens. . . Nous avons lancé le virus du SIDA. . . Nous ne pouvons maintenir notre niveau de vie qu’en nous assurant que les personnes du tiers monde vivent dans la pauvreté la plus abjecte. Rev. Jeremiah Wright ( janvier 2006)
Au lieu de dire : “que Dieu bénisse l’Amérique”, il faut dire : “que dieu maudisse l’Amérique […], que Dieu damne l’Amérique. Rev. Jeremiah Wright
I think the President’s speech yesterday was the reason we Americans elected him. It was grand. It was positive. Hopeful…But what I liked about the President’s speech in Cairo was that it showed a complete humility…The question now is whether the President we elected and spoke for us so grandly yesterday can carry out the great vision he gave us and to the world. Chris Matthews
I mean in a way Obama’s standing above the country, above – above the world, he’s sort of God.(…) : « He’s going to bring all different sides together…Obama is trying to sort of tamper everything down. He doesn’t even use the word terror. He uses extremism. He’s all about let us reason together…He’s the teacher. He is going to say, ‘now, children, stop fighting and quarreling with each other.’ And he has a kind of a moral authority that he – he can – he can do that. Evan Thomas
He told the story in brilliant, painful detail in his first book, Dreams from My Father, which may be the best-written memoir ever produced by an American politician. Joe Klein (Time, October 23, 2006)
Given what I do for a living, I suppose it’s only natural that I have a high degree of respect for those who write well. Good writing very often signals a strong intellect and in many cases a deep vision. It also shows its author to be a person of some discipline, in that even those who are born with a great deal of talent in this area still usually have to work hard and make sacrifices to develop their abilities. All of which is making me giddy at the prospect of Barack Obama’s coming presidency. Like many politicians Barack Obama is also an author. What makes him different is he’s also a good writer. Most books by today’s policies are glossy, self-serving, sometimes ghost-written puffery, which are designed to be sold as throwaway literature. Obama has written a couple of these books, and the best that can be said about them is that they’re a cut above the usual tripe politicians slap between two covers. Earlier, however, way back in 1995, Barack Obama penned another book, Dreams from My Father: A Story of Race and Inheritance, which is easily the most honest, daring, and ambitious volume put out by a major US politician in the last 50 years. Rob Woodard (The Guardian)
Much has been made of Mr. Obama’s eloquence — his ability to use words in his speeches to persuade and uplift and inspire. But his appreciation of the magic of language and his ardent love of reading have not only endowed him with a rare ability to communicate his ideas to millions of Americans while contextualizing complex ideas about race and religion, they have also shaped his sense of who he is and his apprehension of the world. Mr. Obama’s first book, “Dreams From My Father” (which surely stands as the most evocative, lyrical and candid autobiography written by a future president), suggests that throughout his life he has turned to books as a way of acquiring insights and information from others — as a means of breaking out of the bubble of self-hood and, more recently, the bubble of power and fame. He recalls that he read James Baldwin, Ralph Ellison, Langston Hughes, Richard Wright and W. E. B. Du Bois when he was an adolescent in an effort to come to terms with his racial identity and that later, during an ascetic phase in college, he immersed himself in the works of thinkers like Nietzsche and St. Augustine in a spiritual-intellectual search to figure out what he truly believed. Michiko Kakutani (The New York Times)
I was interested really in him because of his book, « Song of Solomon. » It was quite extraordinary. I mean, he’s a real writer type. (…) Yeah, well, we said a few little things about « Song of Solomon, » and I sort of acknowledged that he was a writer, also, in my high esteem. (…) He’s very different. I mean, his ability to reflect on this extraordinary mesh of experiences that he has had, some familiar and some not, and to really meditate on that the way he does and to set up scenes in a narrative structure type of conversation, all of these things that you don’t often see, obviously, in the routine political memoir biography. But I think this was when he was much younger, like in his 30s or something. So that was impressive to me. But it’s unique. It’s his. There are no other ones like that. Toni Morrison
That’s a good book. Dreams of My Father, is that what it’s called? I read it with great interest, in part because it’d been written by this guy who was running for president, but I found it well done and very persuasive and memorable too. Philip Roth
Apart from other unprecedented aspects of his rise, it is a geographical truth that no politician in American history has traveled farther than Barack Obama to be within reach of the White House. He was born and spent most of his formative years on Oahu, in distance the most removed population center on the planet, some 2,390 miles from California, farther from a major landmass than anywhere but Easter Island. In the westward impulse of American settlement, his birthplace was the last frontier, an outpost with its own time zone, the 50th of the United States, admitted to the union only two years before Obama came along. Those who come from islands are inevitably shaped by the experience. For Obama, the experience was all contradiction and contrast. As the son of a white woman and a black man, he grew up as a multiracial kid, a « hapa, » « half-and-half » in the local lexicon, in one of the most multiracial places in the world, with no majority group. There were native Hawaiians, Japanese, Filipinos, Samoans, Okinawans, Chinese and Portuguese, along with Anglos, commonly known as haole (pronounced howl-lee), and a smaller population of blacks, traditionally centered at the U.S. military installations. But diversity does not automatically translate into social comfort: Hawaii has its own difficult history of racial and cultural stratification, and young Obama struggled to find his place even in that many-hued milieu. He had to leave the island to find himself as a black man, eventually rooting in Chicago, the antipode of remote Honolulu, deep in the fold of the mainland, and there setting out on the path that led toward politics. Yet life circles back in strange ways, and in essence it is the promise of the place he left behind — the notion if not the reality of Hawaii, what some call the spirit of aloha, the transracial if not post-racial message — that has made his rise possible. Hawaii and Chicago are the two main threads weaving through the cloth of Barack Obama’s life. Each involves more than geography. Hawaii is about the forces that shaped him, and Chicago is about how he reshaped himself. Chicago is about the critical choices he made as an adult: how he learned to survive in the rough-and-tumble of law and politics, how he figured out the secrets of power in a world defined by it, and how he resolved his inner conflicts and refined the subtle, coolly ambitious persona now on view in the presidential election. Hawaii comes first. It is what lies beneath, what makes Chicago possible and understandable. (…) « Dreams From My Father » is as imprecise as it is insightful about Obama’s early life. Obama offers unusually perceptive and subtle observations of himself and the people around him. Yet, as he readily acknowledged, he rearranged the chronology for his literary purposes and presented a cast of characters made up of composites and pseudonyms. This was to protect people’s privacy, he said. Only a select few were not granted that protection, for the obvious reason that he could not blur their identities — his relatives. (…) Keith and Tony Peterson (…) wondered why Obama focused so much on a friend he called Ray, who in fact was Keith Kukagawa. Kukagawa was black and Japanese, and the Petersons did not even think of him as black. Yet in the book, Obama used him as the voice of black anger and angst, the provocateur of hip, vulgar, get-real dialogues. (…) Sixteen years later, Barry was no more, replaced by Barack, who had not only left the island but had gone to two Ivy League schools, Columbia undergrad and Harvard Law, and written a book about his life. He was into his Chicago phase, reshaping himself for his political future … David Maraniss
It has recently been discovered by Washington Post editor and Obama biographer David Maraniss that Obama’s memoir likely went much farther than just the character « compression » and chronology rearrangement that Obama admitted to in his memoir’s introduction. Maraniss reveals in his new book that, much like Frey’s memoir, Dreams contains fabrications of material aspects of Obama’s life narrative. (…) Ultimately, what Maraniss did discover is that Obama’s actual upbringing was simply too comfortable and boring to lend itself to a compelling memoir. So he did what Frey did and turned an otherwise mundane life story into a more meaningful and interesting one. Mendy Finkel
Not only did he grow up in Indonesia and Hawaii, but he also grew up amid diversity in both places, which brought him into casual, daily contact with Africans, Asians, Natives and Caucasians, people of all kinds of ethnic variations and political and social differences. What he did not experience in his early life is mainland, American-style racism. Growing up in places that were diverse, he never had to confront his identity as a black man until his college years. There are no slaves in the Obama family tree, and he missed most of the tumultuous civil rights struggle because of his youth and the physical distance from the mainland. There is an amusing section on the future president’s more than casual acquaintance with marijuana as a high school student in Hawaii. I won’t ruin the fun, but if you get the e-book, search for « Choom Gang, » « Total Absorption » (the opposite of not inhaling) and « Roof Hits. » Enough said. Even when Barry, which is how he was known, finally made it to the mainland as a college freshman, he chose elite Occidental College in Los Angeles, a diverse environment in a sheltered section of the city that gave him virtually no taste of the typical experience of blacks in America. In fact, one of his Oxy college friends said that Barry, who was starting to refer to himself as Barack in part to reconnect to his black roots, decided to transfer after his sophomore year to Columbia in New York so that he could « discover blackness in America. » What hits home in Maraniss’ book is how race was, for Barack Obama, primarily an intellectual journey of study and self-discovery. He had to discover his blackness. This sets him apart from the dominant African American experience, and it accounts for some of the reluctance on the part of veteran civil rights advocates like Jesse Jackson to embrace his candidacy early on. Dave Cieslewicz 
It almost seemed too good to be true. When President Barack Obama’s 1995 memoir, « Dreams From My Father, » was re-published soon after the young politican catapulted onto the national stage with a charismatic speech at the 2004 Democratic National Convention, his amazing life story captured the hearts and minds of millions of Americans. But like many memoirs, which tend to be self-serving, it now appears that Obama shaped the book less as a factual history of his life than as a great story. A new biography, « Barack Obama: The Story, » by David Maraniss, raises questions about the accuracy of the president’s account and delivers fresh revelations about his pot-smoking in high school and college and his girlfriends in New York City. In his memoir, Obama describes how his grandfather, Hussein Onyango, was imprisoned and tortured by British troops during the fight for Kenyan independence. But that did not happen, according to five associates of Onyango interviewed by Maraniss. Another heroic tale from the memoir about Obama’s Indonesian stepfather, Soewarno Martodihardjo, being killed by Dutch soldiers during Indonesia’s fight for independence also is inaccurate, according to Maraniss. The president explains in his memoir that some of the characters in his book have been combined or compressed. Maraniss provides more details about the extent of that alteration. One of Obama’s « African American » classmates was based on Caroline Boss, a white student whose Swiss grandmother was named Regina, according to Maraniss, a Washington Post editor and author who has won a Pulitzer Prize. The president also described breaking up with a white girlfriend due to a « racial chasm that unavoidably separated him from the woman, » writes Maraniss. But Obama’s next girlfriend in Chicago, an anthropologist, also was white. The young Obama’s lack of playing time on the high school basketball team was due more to his ability than the coach’s preference for white players, Maraniss writes. And Obama’s mother likely left his father — not the other way around — after domestic abuse, note reviews of the book in the Los Angeles Times and Buzzfeed. The Huffington Post
In his 1995 memoir, [Mr. Obama] mentioned smoking “reefer” in “the dorm room of some brother” and talked about “getting high.” Before Occidental, he indulged in marijuana, alcohol and sometimes cocaine as a high school student in Hawaii, according to the book. He made “some bad decisions” as a teenager involving drugs and drinking, Senator Obama, now a presidential candidate, told high school students in New Hampshire last November. Mr. Obama’s admissions are rare for a politician (his book, “Dreams From My Father,” was written before he ran for office.) They briefly became a campaign issue in December when an adviser to Senator Hillary Rodham Clinton, Mr. Obama’s chief Democratic rival, suggested that his history with drugs would make him vulnerable to Republican attacks if he became his party’s nominee. Mr. Obama, of Illinois, has never quantified his illicit drug use or provided many details. He wrote about his two years at Occidental, a predominantly white liberal arts college, as a gradual but profound awakening from a slumber of indifference that gave rise to his activism there and his fears that drugs could lead him to addiction or apathy, as they had for many other black men. Mr. Obama’s account of his younger self and drugs, though, significantly differs from the recollections of others who do not recall his drug use. That could suggest he was so private about his usage that few people were aware of it, that the memories of those who knew him decades ago are fuzzy or rosier out of a desire to protect him, or that he added some writerly touches in his memoir to make the challenges he overcame seem more dramatic. In more than three dozen interviews, friends, classmates and mentors from his high school and Occidental recalled Mr. Obama as being grounded, motivated and poised, someone who did not appear to be grappling with any drug problems and seemed to dabble only with marijuana. Serge F. Kovaleski
Maraniss’s Barack Obama: The Story punctures two sets of falsehoods: The family tales Obama passed on, unknowing; and the stories Obama made up. The 672-page book closes before Obama enters law school, and Maraniss has promised another volume, but by its conclusion I counted 38 instances in which the biographer convincingly disputes significant elements of Obama’s own story of his life and his family history. The two strands of falsehood run together, in that they often serve the same narrative goal: To tell a familiar, simple, and ultimately optimistic story about race and identity in the 20th Century. The false notes in Obama’s family lore include his mother’s claimed experience of racism in Kansas, and incidents of colonial brutality toward his Kenyan grandfather and Indonesian step-grandfather. Obama’s deliberate distortions more clearly serve a single narrative: Race. Obama presents himself through the book as “blacker and more disaffected” than he really was, Maraniss writes, and the narrative “accentuates characters drawn from black acquaintances who played lesser roles his real life but could be used to advance a line of thought, while leaving out or distorting the actions of friends who happened to be white.” (…) Maraniss’s deep and entertaining biography will serve as a corrective both to Obama’s mythmaking and his enemies’. Maraniss finds that Obama’s young life was basically conventional, his personal struggles prosaic and later exaggerated. He finds that race, central to Obama’s later thought and included in the subtitle of his memoir, wasn’t a central factor in his Hawaii youth or the existential struggles of his young adulthood. And he concludes that attempts, which Obama encouraged in his memoir, to view him through the prism of race “can lead to a misinterpretation” of the sense of “outsiderness” that Maraniss puts at the core of Obama’s identity and ambition. (…) In Dreams, for instance, Obama writes of a friend named “Regina,” a symbol of the authentic African-American experience that Obama hungers for (and which he would later find in Michelle Robinson). Maraniss discovers, however, that Regina was based on a student leader at Occidental College, Caroline Boss, who was white. Regina was the name of her working-class Swiss grandmother, who also seems to make a cameo in Dreams. Maraniss also notices that Obama also entirely cut two white roommates, in Los Angeles and New York, from the narrative, and projected a racial incident onto a New York girlfriend that he later told Maraniss had happened in Chicago. (…) Across the ocean, the family story that Hussein Onyango, Obama’s paternal grandfather, had been whipped and tortured by the British is “unlikely”: “five people who had close connections to Hussein Onyango said they doubted the story or were certain that it did not happen,” Maraniss writes. The memory that the father of his Indonesian stepfather, Soewarno Martodihardjo, was killed by Dutch soldiers in the fight for independence is “a concocted myth in almost all respects.” In fact, Martodihardjo “fell off a chair at his home while trying to hang drapes, presumably suffering a heart attack.” (…) Maraniss corrects a central element of Obama’s own biography, debunking a story that Obama’s mother may well have invented: That she and her son were abandoned in Hawaii in 1963. “It was his mother who left Hawaii first, a year earlier than his father,” Maraniss writes, confirming a story that had first surfaced in the conservative blogosphere. He suggests that “spousal abuse” prompted her flight back to Seattle. Obama’s own fairy-tales, meanwhile, run toward Amercan racial cliché. “Ray,” who is in the book “a symbol of young blackness,” is based on a character whose complex racial identity — half Japanese, part native American, and part black — was more like Obama’s, and who wasn’t a close friend. “In the memoir Barry and Ray, could be heard complaining about how rich white haole girls would never date them,” Maraniss writes, referring to Hawaii’s upper class, and to a composite character whose blackness is. “In fact, neither had much trouble in that regard.” Ben Smith
The errant Obama biography in the Acton & Dystel booklet does not contradict the authenticity of Obama’s birth certificate. Moreover, several contemporaneous accounts of Obama’s background describe Obama as having been born in Hawaii. The biography does, however, fit a pattern in which Obama–or the people representing and supporting him–manipulate his public persona. David Maraniss’s forthcoming biography of Obama has reportedly confirmed, for example, that a girlfriend Obama described in Dreams from My Father was, in fact, an amalgam of several separate individuals. In addition, Obama and his handlers have a history of redefining his identity when expedient. In March 2008, for example, he famously declared: “I can no more disown [Jeremiah Wright] than I can disown the black community. I can no more disown him than I can my white grandmother.”  Several weeks later, Obama left Wright’s church–and, according to Edward Klein’s new biography, The Amateur: Barack Obama in the White House, allegedly attempted to persuade Wright not to “do any more public speaking until after the November [2008] election” (51). Obama has been known frequently to fictionalize aspects of his own life. During his 2008 campaign, for instance, Obama claimed that his dying mother had fought with insurance companies over coverage for her cancer treatments.  That turned out to be untrue, but Obama has repeated the story–which even the Washington Post called “misleading”–in a campaign video for the 2012 election. The Acton & Dystel biography could also reflect how Obama was seen by his associates, or transitions in his own identity. He is said, for instance, to have cultivated an “international” identity until well into his adulthood, according to Maraniss. Regardless of the reason for Obama’s odd biography, the Acton & Dystel booklet raises new questions as part of ongoing efforts to understand Barack Obama–who, despite four years in office remains a mystery to many Americans, thanks to the mainstream media. Joel B. Pollak
Obama a toujours eu une sensibilité particulière pour une pathologie inquiétante chez les riches élites libérales blanches qui cherchent souvent, de façon condescendante, à promouvoir des aspirants candidats minoritaires dans des positions de pouvoir et d’influence en raison de leur profil, plutôt que de leur bilan. D’où le retour du Barry Dunham issu des meileures prépas pour le nom autrement plus exotique de Barack Obama, un « autre » assez authentique tout fraîchement sorti de l’église du révérend Wright, mais aussi le chouchou de l’Ivy League. (…) Obama s’est brillamment faufilé dans le créneau yuppie presque tout comme nous, multiculturel, Ivy league, prep-school, affirmative action. Je vous laisse décider si la gauche caviar pratique un tel paternalisme raciste en raison de ses sentiments de culpabilité, de son aversion intrinsèque aux  classes populaires et moyennes fans des courses auto et de Sarah Palin, ou comme une sorte d’exemption médiévale, l’énorme panneau « Obama for President » sur la pelouse du professeur de Palo Alto permettant de ne jamais avoir à mettre ses enfants dans les écoles touchées par le busing des quartiers hispaniques d’East Palo Alto. Mais ce qui est absolument incontestable, c’est que le bilan antérieur d’Obama dans ses premières années de fac, comme rédacteur en chef de la Harvard Law Review, professeur de droit de Chicago, parlementaire de l’Illinois et sénateur fut aussi quelconque que furent éblouissants ses efforts pour obtenir ces postes. (…) Obama, à qui on a tout passé, du révérend Wright à Tony Rezko, est avec raison surpris: qui est-ce qui change les règles à présent ? Pourquoi devrait il soudainement être tenu responsable d’une manière dont il ne l’a jamais été auparavant ? Il s’est engagé à être un président transformationnel au-dessus de la politique, pas une personne, soumis aux aléas des scandales de Washington. (…) c’est nous qui sommes à l’origne de la règle  Obama qui veut que ce soit les symboles (et non la performance) et l’amnistie (et non la responsabilisation) qui comptent. Alors pourquoi rompre le contrat avec lui et commencer maintenant à exiger des réalisations concrètes et honnêtes quand le prompteur avait toujours été suffisant ? En 2008, nous sommes-nous inquiétés du contenu de « l’audace de l’espoir » ou demandés comment quelqu’un qui n’avait pas manqué un service à Trinity Church (« Oui, chaque semaine. Au service de 11 h « ) avaient on ne sait pas comment pu manquer les séries de harangues racistes, antisémites et antiaméricaines du révérend Wright ? Que nous voulions maintenant connaître le rôle du Président à Benghazi, ou dans les scandales du fisc, de l’agence de presse AP et de la Fox ne faisait tout simplement pas partie de l’offre plus intelligent président de l’histoire- comme si l’Amérique avait jamais demandé « mais qu’est-ce que c’est que cette histoire d’ espoir et de changement ? » Victor Davis Hanson
The Obama memoir is revealed not really to be a memoir at all. Most of his intimate friends and past dalliances that we read about in Dreams From My Father were, we learn, just made up (“composites”); the problem, we also discover, with the president’s autobiography is not what is actually false, but whether anything much at all is really true in it. If a writer will fabricate the details about his own mother’s terminal illness and quest for insurance, then he will probably fudge on anything. For months the president fought the Birthers who insist that he was born in Kenya, only to have it revealed that he himself for over a decade wrote just that fact in his own literary biography. Is Barack Obama then a birther? Has any major public figure (57 states, Austrian language, corpse-men, Maldives for Falklands, private sector “doing fine,” etc.) been a more underwhelming advertisement for the quality of a Harvard education or a Chicago Law School part-time billet? Has any presidential candidate or president set a partisan crowd to laughing by rubbing his chin with his middle finger as he derides an opponent, or made a joke about killing potential suitors of his daughters with deadly Predator drones, or recited a double entendre “go-down” joke about a sex act? Victor Davis Hanson
NBC Nightly News anchorman Brian Williams frequently fabricated a dramatic story that he was under enemy attack while reporting from Iraq. NBC is now investigating whether Williams also embellished events in New Orleans during his reporting on Hurricane Katrina. (…) Former CBS anchorman Dan Rather tried to pass off fake memos as authentic evidence about former President George W. Bush’s supposedly checkered National Guard record. CNN news host Fareed Zakaria, who recently interviewed President Obama, was caught using the written work of others as if it were his own. He joins a distinguished array of accused plagiarists, from historian Doris Kearns Goodwin to columnist Maureen Dowd. Usually, plagiarism is excused. Research assistants are blamed or clerical slips are cited — and little happens. In lieu of admitting deliberate dishonesty, our celebrities when caught prefer using the wishy-washy prefix “mis-” to downplay a supposed accident — as in misremembering, misstating, or misconstruing. Politicians are often the worst offenders. Vice President Joe Biden withdrew from the presidential race of 1988 once it was revealed that he had been caught plagiarizing in law school. In that campaign, he gave a speech lifted from British Labor party candidate Neil Kinnock. Hillary Clinton fantasized when she melodramatically claimed she had been under sniper fire when landing in Bosnia. Her husband, former president Bill Clinton, was more overt in lying under oath in the Monica Lewinsky debacle. Former senator John Walsh (D., Mont.) was caught plagiarizing elements of his master’s thesis. President Obama has explained that some of the characters in his autobiography, Dreams from My Father, were “composites” or “compressed,” which suggests that in some instances what he described did not exactly happen. What are the consequences of lying about or exaggerating one’s past or stealing the written work of others? It depends. Punishment is calibrated by the stature of the perpetrator. If the offender is powerful, then misremembering, misstating, and misconstruing are considered minor and aberrant transgressions. If not, the sins are called lying and plagiarizing, and deemed a window into a bad soul. Thus a career can be derailed. Young, upcoming lying reporters like onetime New York Times fabulist Jayson Blair and The New Republic’s past stable of fantasy writers — Stephen Glass, Scott Beauchamp, and Ruth Shalit — had their work finally disowned by their publications. Former Washington Post reporter Janet Cooke got her Pulitzer Prize revoked for fabricating a story. Obscure senator Walsh was forced out of his re-election race. Biden, on the other hand, became vice president. It did not matter much that the Obama biography by Pulitzer Prize–winning author David Maraniss contradicted many of the details from Obama’s autobiography. Hillary Clinton may well follow her husband’s trajectory and become president. The Reverend Al Sharpton helped perpetuate the Tawana Brawley hoax; he is now a frequent guest at the White House. Why do so many of our elites cut corners and embellish their past or steal the work of others? For them, such deception may be a small gamble worth taking, with mild consequences if caught. Plagiarism is a shortcut to publishing without all the work of creating new ideas or doing laborious research. Padding a resume or mixing truth with half-truths and composites creates more dramatic personal histories that enhance careers. Our culture itself has redefined the truth into a relative idea without fault. Some academics suggested that Brian Williams may have lied because of “memory distortion” rather than a character defect. Contemporary postmodern thought sees the “truth” as a construct. The social aim of these fantasy narratives is what counts. If they serve progressive race, class, and gender issues, then why follow the quaint rules of evidence that were established by an ossified and reactionary establishment? (…) Our lies become accepted as true, but only depending on how powerful and influential we are — or how supposedly noble the cause for which we lie. Victor Davis Hanson
Ce qui rendait Obama unique, c’est qu’il était le politicien charismatique par excellence – le plus total inconnu à jamais accéder à la présidence aux Etats-Unis. Personne ne savait qui il était, il sortait de nulle part, il avait cette figure incroyable qui l’a catapulté au-dessus de la mêlée, il a annihilé Hillary, pris le contrôle du parti Démocrate et est devenu président. C’est vraiment sans précédent : un jeune inconnu sans histoire, dossiers, associés bien connus, auto-créé. Il y avait une bonne volonté énorme, même moi j’étais aux anges le jour de l’élection, quoique j’aie voté contre lui et me sois opposé à son élection. C’était rédempteur pour un pays qui a commencé dans le péché de l’esclavage de voir le jour, je ne croyais pas personnellement le voir jamais de mon vivant, quand un président noir serait élu. Certes, il n’était pas mon candidat. J’aurais préféré que le premier président noir soit quelqu’un d’idéologiquement plus à mon goût, comme par exemple Colin Powell (que j’ai encouragé à se présenter en 2000) ou Condoleezza Rice. Mais j’étais vraiment fier d’être Américain à la prestation de serment. Je reste fier de ce succès historique. (…) il s’avère qu’il est de gauche, non du centre-droit à la manière de Bill Clinton. L’analogie que je donne est qu’en Amérique nous jouons le jeu entre les lignes des 40 yards, en Europe vous jouez tout le terrain d’une ligne de but à l’autre. Vous avez les partis communistes, vous avez les partis fascistes, nous, on n’a pas ça, on a des partis très centristes. Alors qu’ Obama veut nous pousser aux 30 yards, ce qui pour l’Amérique est vraiment loin. Juste après son élection, il s’est adressé au Congrès et a promis en gros de refaire les piliers de la société américaine — éducation, énergie et soins de santé. Tout ceci déplacerait l’Amérique vers un Etat de type social-démocrate européen, ce qui est en dehors de la norme pour l’Amérique. (…) Obama a mal interprété son mandat. Il a été élu six semaines après un effondrement financier comme il n’y en avait jamais eu en 60 ans ; après huit ans d’une présidence qui avait fatigué le pays; au milieu de deux guerres qui ont fait que le pays s’est opposé au gouvernement républicain qui nous avait lancé dans ces guerres; et contre un adversaire complètement inepte, John McCain. Et pourtant, Obama n’a gagné que par 7 points. Mais il a cru que c’était un grand mandat général et qu’il pourrait mettre en application son ordre du jour social-démocrate. (…) sa vision du monde me semble si naïve que je ne suis même pas sûr qu’il est capable de développer une doctrine. Il a la vision d’un monde régulé par des normes internationales auto-suffisantes, où la paix est gardée par un certain genre de consensus international vague, quelque chose appelé la communauté internationale, qui pour moi est une fiction, via des agences internationales évidemment insatisfaisantes et sans valeur. Je n’éleverais pas ce genre de pensée au niveau d’ une doctrine parce que j’ai trop de respect pour le mot de doctrine. (…) Peut-être que quand il aboutira à rien sur l’Iran, rien sur la Corée du Nord, quand il n’obtiendra rien des Russes en échange de ce qu’il a fait aux Polonais et aux Tchèques, rien dans les négociations de paix au Moyen-Orient – peut-être qu’à ce moment-là, il commencera à se demander si le monde fonctionne vraiment selon des normes internationales, le consensus et la douceur et la lumière ou s’il repose sur la base de la puissance américaine et occidentale qui, au bout du compte, garantit la paix. (…) Henry Kissinger a dit une fois que la paix peut être réalisée seulement de deux manières : l’hégémonie ou l’équilibre des forces. Ca, c’est du vrai réalisme. Ce que l’administration Obama prétend être du réalisme est du non-sens naïf. Charles Krauthammer (oct. 2009)
Qu’est-ce que cela fait d’avoir un nouveau président des Etats-Unis qui sait lire ? Du bien. Cela fait du bien d’apprendre qu’il a toujours un livre à portée de la main. On a tellement flatté ses qualités d’orateur et ses dons de communicant qu’on a oublié l’essentiel de ce qui fait la richesse de son verbe : son côté lecteur compulsif. A croire que lorsqu’il sera las de lire des livres, il dirigera l’Amérique pour se détendre. Michiko Kakutani, la redoutée critique du New York Times, d’ordinaire si dure avec la majorité des écrivains, est tout miel avec ce non-écrivain auteur de trois livres : deux textes autobiographiques et un discours sur la race en Amérique. Elle vient de dresser l’inventaire de sa « bibliothèque idéale », autrement dit les livres qui ont fait ce qu’il est devenu, si l’on croise ce qu’il en dit dans ses Mémoires, ce qu’il en confesse dans les interviews et ce qu’on en sait. Adolescent, il lut avidement les grands auteurs noirs James Baldwin, Langston Hugues, Ralph Ellison, Richard Wright, W.E.B. Du Bois avant de s’immerger dans Nietzsche et Saint-Augustin en marge de ses études de droit, puis d’avaler la biographie de Martin Luther King en plusieurs volumes par Taylor Branch. Autant de livres dans lesquels il a piqué idées, pistes et intuitions susceptibles de nourrir sa vision du monde. Ce qui ne l’a pas empêché de se nourrir en permanence des tragédies de Shakespeare, de Moby Dick, des écrits de Lincoln, des essais du transcendantaliste Ralph Waldo Emerson, du Chant de Salomon de la nobélisée Toni Morrison, du Carnet d’or de Doris Lessing, des poèmes d’un autre nobélisé Derek Walcott, des mémoires de Gandhi, des textes du théologien protestant Reinhold Niebuhr qui exercèrent une forte influence sur Martin Luther King, et, plus récemment de Gilead (2004) le roman à succès de Marylinne Robinson ou de Team of rivals que l’historienne Doris Kearns Goodwin a consacré au génie politique d’Abraham Lincoln, « la » référence du nouveau président. Pardon, on allait oublier, le principal, le livre des livres : la Bible, of course. Pierre Assouline
Dans sa biographie du président, le journaliste David Maraniss décrit lui aussi un jeune homme qui se cherche, et qui, lorsqu’il devient politicien, cisèle sa biographie, Dreams from my Father, pour la rendre plus signifiante politiquement et romanesque littérairement qu’elle ne l’est en réalité. Non, son gran-père kenyan Hussein Onyango Obama n’a pas été torturé et emprisonné par les Britanniques; non, le père de son beau-père indonésien n’a pas été tué dans la lutte contre le colonisateur hollandais; non, il ne semble pas avoir sérieusement consommé de drogues lorsqu’il était au lycée puis à Occidental College avant de trouver la rédemption; non, l’assurance santé de sa mère n’a pas refusé de lui payer le traitement de base de son cancer. Tous ces détails ne sont pas des inventions ou des mensonges: ce sont des embellissements, souvent repris de mythes familiaux, qui donnent du sens à son parcours. Justin Vaïsse
Pourquoi cette apparence anticipée de triomphe pour le candidat dont le bilan des votes au Sénat est le plus à gauche de tout le parti Démocrate? L´électorat américain a-t-il vraiment basculé? Comment expliquer la marge énorme de différence entre les instituts de sondage à 3% et ceux à 12%? L´explication, me semble-t-il, réside dans la détermination sans faille du «peuple médiatique»; comme Mitterrand parlait du «peuple de gauche», les uns, français, habitaient la Gauche, les autres, américains, habitent les media, comme les souris le fromage. Le peuple médiatique, l´élite politico-intellectuelle, le «paysage audiovisuel», comme on dit avec complaisance, ont décidé que rien n´empêcherait l´apothéose de leur candidat. Tout ce qui pouvait nuire à Obama serait donc omis et caché; tout ce qui pouvait nuire à McCain serait monté en épingle et martelé à la tambourinade. On censurerait ce qui gênerait l´un, on amplifierait ce qui affaiblirait l´autre. Le bombardement serait intense, les haut-parleurs répandraient sans répit le faux, le biaisé, le trompeur et l´insidieux. C´est ainsi que toute assertion émise par Obama serait tenue pour parole d´Evangile. Le terroriste mal blanchi Bill Ayers? – «Un type qui vit dans ma rue», avait menti impudemment Obama, qui lui devait le lancement de sa carrière politique, et le côtoyait à la direction d´une fondation importante. Il semble même qu´Ayers ait été, si l´on ose oser, le nègre du best-seller autobiographique (!) d´Obama. Qu´importe! Nulle enquête, nulle révélation, nulle curiosité. «Je ne l´ai jamais entendu parler ainsi » -, mentait Obama, parlant de son pasteur de vingt ans, Jeremiah Wright, fasciste noir, raciste à rebours, mégalomane délirant des théories conspirationnistes – en vingt ans de prêches et de sermons. Circulez, vous dis-je, y´a rien à voir – et les media, pieusement, de n´aller rien chercher. ACORN, organisation d´activistes d´extrême-gauche, aujourd´hui accusée d´une énorme fraude électorale, dont Obama fut l´avocat – et qui se mobilise pour lui, et avec laquelle il travaillait à Chicago? Oh, ils ne font pas partie de la campagne Obama, expliquent benoîtement les media. Et, ajoute-t-on, sans crainte du ridicule, «la fraude aux inscriptions électorales ne se traduit pas forcément en votes frauduleux». Laurent Murawiec
Je ne me souviens pas d’un tel niveau d’examen pour le président Barack Obama quand il faisait campagne pour la présidence. En fait, je me souviens du contraire. Je me souviens qu’on disait ‘O-o-oh, nous ne voulons pas parler de ça. On ne va pas parler de cette relation. Frank Marshall Davis? On ne va pas parler de ça. Bernardine Dohrn, Bill Ayers ? Il ne le connaissait pas vraiment. Tout ce que disait Jeremiah Wright, oh non, ce n’est pas un gros problème. Va à Occidental college, ne brille pas vraiment par ses résultats, se retrouve on ne sait pas trop comment à Columbia. Oh, je ne sais pas. Ses notes sont sous scellé. Pourquoi vous ne vous intéressez pas aux raisons pourquoi ses notes sont sous scellé ? Ben Carson
Conservateur, Ben Carson l’est jusqu’à la caricature lorsqu’il s’agit notamment d’homosexualité, qu’il associe à la bestialité, ou de la réforme de santé de M. Obama, qualifiée de pire fléau pour les Etats-Unis depuis l’esclavage. Mais c’est précisément ses positions éloignées du consensus qui lui valent de figurer à la hauteur des candidats déjà déclarés à l’investiture, comme les sénateurs Rand Paul (Kentucky) et Ted Cruz (Texas) dans les sondages mesurant les intentions de vote. Un rang flatteur compte tenu de la modestie de ses lettres de créances politiques, même si le rôle d’iconoclaste ne garantit pas contre les chausse-trappes d’une campagne. Bien au contraire. Le Monde
These pictures of Ben Carson’s Maryland mansion reveal a further insight into the eccentric mind of the embattled Republican presidential candidate. A marble engraving on a wall proclaims: ‘By humility and the fear of the Lord are riches and honor and life – poverbs 22:4′. Unfortunately, Proverbs is misspelt. Above that, is a portrait of Carson in his surgeon’s coat. Over in the hallway, is another striking portrait of Carson… with Jesus. Carson is again, wearing a surgeon’s coat over scrubs, and Jesus has an arm on his shoulder. And in the family room, is a spectacular shrine to the 64-year-old – with almost every inch of the wall covered in his awards, plaques and diplomas. (…) There are numerous honorary doctorate degrees – ranging from Yale to Morgan State University – as well as cases filled with certificates, photographs and trophies. Carson’s Presidential Medal of Freedom, awarded in 2008, takes pride of place close to the front door as well as pictures with then-president George W. Bush and his wife in his makeshift shrine. Also on display are pictures from the movie about Carson’s life – Gifted Hands: The Ben Carson Story. The film, based on his autobiography, aired on network TNT in February 2009, with Oscar-winning actor Cuba Gooding Jr. playing Carson. Magazine articles about Carson, who found fame after becoming the first surgeon to successfully separate twins joined at the head in 1987, also feature on his wall. Carson and his wife, who have three sons, bought the 48-acre property in Upperco, Baltimore County, in 2001 and lived there with Carson’s mother Sonya before moving to Florida. The palatial property, boasts eight bedrooms and 12 bathrooms. It’s decorated in the Georgian style but with Corinthian columns featuring gold-leaf capitals. These photographs, taken in 2014, are a far cry from Carson’s oft-repeated life story – beginning with a childhood living in poverty in Detroit, where his mother Sonya single-handedly raised her sons by working several jobs after their father left. (…) But in recent days, questions surrounding the accuracy of Carson’s autobiography – Gifted Hands – have dominated his presidential campaign. It tells the story of Carson’s rise from a childhood in inner-city Detroit to becoming the youngest chief of pediatric neurosurgery at Johns Hopkins Hospital in Baltimore at 33. As Carson is relatively new to politics, much of his career and published works are being scrutinized for the first time. The Daily Mail

La polémique qui monte autour de Ben Carson finira-t-elle, comme tous les scandales, par révéler sur ce qui avec Obama avait fini par passer pour normal ?

Anti-avortement, opposé à l’homosexualité et à l’aberration du mariage dit « pour tous », climatosceptique, fervent défenseur du port d’armes, fils de pasteur adventiste qui respecte le sabbat juif et met en doute l’évolution, virulent critique du président Obama et d’Obamacare, commentateur-vedette de Fox news, objet d’une série télé sur sa vie, dérapeur occasionnel (pyramides d’Egypte silos à grains, armement juif qui aurait pu éviter le génocide nazi), approximations ou enjolivements de son autobiographie (offre informelle d’entrée à West Point transfigurée en offre de bourse, violence sur un membre de sa famille transformé en camarade de classe), relation non assumée avec une firme de compléments alimentaires, demeure qualifiée de palatiale avec salle de trophées, tableaux et multiplication des livres célébrant sa réussite personnelle, vendeur de mèche sur l’évident favoritisme des médias pour le président actuel lors des élections précédentes  …

Inventions biographiques (emprisonnement et torture inexistants de son grand-père kenyan par les Britanniques, assassinat imaginaire du père de son beau-père indonésien par les colons hollandais, exagération de son expérience du racisme ou de la drogue, passage sous silence ou colorisation de ses amis blancs, racialisation – entre deux relations avec des étudiantes blanches – d’une rupture sentimentale avec une autre copine blanche ou de son évincement de l’équipe de basket-ball de son lycée, rupture de sa mère avec un père violent présentée comme abandon dudit père, refus de traitement du cancer de sa mère), amitiés sulfureuses (ancien membre d’un mouvement terroriste, pasteur complotiste et raciste, association accusée de fraude éléctorale maassive,  ex-porte-parole antisémite de l´OLP, financier véreux aux multiples condamnations), dizaines de millions de fonds de campagne d´origine douteuse et invérifiée, utilisation des services de l´Etat pour enquêter sur les finances personnelles d’opposants …

A l’heure où, entre cérémonie de naturalisation en niqab et refus accepté de serrer la main des femmes, triomphent le multiculturalisme et le politiquement correct dans un Occident toujours plus désarmé face un islam toujours plus hégémonique …

Et où, entre les barbaries de l’Etat islamique et les attaques au couteau ou à la voiture bélier des Palestiniens et du Moyen-Orient à l’Europe, on mesure chaque jour un peu plus les effets de la vacance du pouvoir à la tête de ce qui reste du Monde prétendu libre …

Pendant qu’avec sa percée dans les sondages, l’intérêt des médias pour le passé et les moindres déclarations du candidat républicain Ben Carson n’est pas loin de tourner à l’acharnement …

Comment ne pas voir l’étrange deux poids deux mesures quand on se souvient de l’incroyable traitement de faveur dont avait bénéficié…

Tant en 2008 que 2012 et entre ses amitiés troubles et ses mensonges répétés un certain candidat Obama …

Noir lui aussi mais trainant un nombre incroyable de casseroles  ?

Mais comment ne pas deviner également derrière la véritable dénonciation que faisait il y a deux jours, photos et faute d’orthographe à l’appui, le Daily Mail de la résidence et de la salle de trophées de l’ancien neuro-chirurgien adulé …

Autre chose, au-delà des évidents a priori idéologiques, que le racisme de classe face à quelqu’un qui n’ayant pas hérité du « cool » que confère la naissance dans le milieu enchanté de l’université et de l’expatriation …

Avait toutes les chances de ressembler à ces parvenus dont parlait Bourdieu …

Qui entre leur « avidité accumulatrice » des marques de reconnaissance, leur « érudition mal placée » de « héros de jeux télévisés » et leurs côté  « tape-à-l’oeil » et « m’as-tu vu » de prétentieux incultes qui en font toujours trop  …

N’ont pas compris que l’essence de la vraie culture, c’est « tout ce qui reste quand on a tout oublié » …

« Rappelant » ainsi, faute de goût et péché impardonnables, « l’acquisition en des matières où, plus que partout ailleurs, il s’agit d’avoir sans avoir jamais acquis » ?

Inside Ben Carson’s eccentric Maryland mansion – complete with a shrine to himself, gold leaf columns and a portrait WITH Jesus
Pictures of Carson’s 48-acre mansion in Upperco, Maryland, reveal insight into the mind of retired neurosurgeon
Carson bought the eight-bedroom, 12-bathroom, property in Baltimore County, with his wife Lacena in 2001
The family room features a massive wall dedicated to Carson’s career with countless awards, pictures and diplomas
Khaleda Rahman

The Daily Mail

9 November 2015

He’s a celebrated neurosurgeon who denies evolution. He is also a devout Christian facing claims he has lied about certain aspects of his life story.

And these pictures of Ben Carson’s Maryland mansion reveal a further insight into the eccentric mind of the embattled Republican presidential candidate.

A marble engraving on a wall proclaims: ‘By humility and the fear of the Lord are riches and honor and life – poverbs 22:4′. Unfortunately, Proverbs is misspelt.

Above that, is a portrait of Carson in his surgeon’s coat. Over in the hallway, is another striking portrait of Carson… with Jesus. Carson is again, wearing a surgeon’s coat over scrubs, and Jesus has an arm on his shoulder.

And in the family room, is a spectacular shrine to the 64-year-old – with almost every inch of the wall covered in his awards, plaques and diplomas

‘It took me around 12 hours to put all these up,’ his wife Lacena ‘Candy’ Carson told Baltimore Magazine in 2009.

‘I had to lay them all on the floor first to get the proportions just right.’

She added: ‘I wanted it to be art – not just a bunch of plaques on the walls – and I still have so many to put up that are still in storage.’

There are numerous honorary doctorate degrees – ranging from Yale to Morgan State University – as well as cases filled with certificates, photographs and trophies.

Carson’s Presidential Medal of Freedom, awarded in 2008, takes pride of place close to the front door as well as pictures with then-president George W. Bush and his wife in his makeshift shrine.

Also on display are pictures from the movie about Carson’s life – Gifted Hands: The Ben Carson Story.

The film, based on his autobiography, aired on network TNT in February 2009, with Oscar-winning actor Cuba Gooding Jr. playing Carson.

Magazine articles about Carson, who found fame after becoming the first surgeon to successfully separate twins joined at the head in 1987, also feature on his wall.

Carson and his wife, who have three sons, bought the 48-acre property in Upperco, Baltimore County, in 2001 and lived there with Carson’s mother Sonya before moving to Florida.

The palatial property, boasts eight bedrooms and 12 bathrooms. It’s decorated in the Georgian style but with Corinthian columns featuring gold-leaf capitals.

These photographs, taken in 2014, are a far cry from Carson’s oft-repeated life story – beginning with a childhood living in poverty in Detroit, where his mother Sonya single-handedly raised her sons by working several jobs after their father left.

‘There’s no question I loved the idea of space,’ Carson said, of the luxurious home, in 2009.

‘Having grown up in places that were not very spacious with lots of people around, I like the idea of having your own space, and the idea of being so secluded really appealed to us.’

But in recent days, questions surrounding the accuracy of Carson’s autobiography – Gifted Hands – have dominated his presidential campaign.

It tells the story of Carson’s rise from a childhood in inner-city Detroit to becoming the youngest chief of pediatric neurosurgery at Johns Hopkins Hospital in Baltimore at 33.

As Carson is relatively new to politics, much of his career and published works are being scrutinized for the first time.

Voir  aussi:

Un Ben Carson différent

Richard Hétu

7 novembre 2015

Depuis le début de sa campagne présidentielle, Ben Carson a impressionné plusieurs électeurs par son ton calme et son sourire quasi permanent. Lors des débats, certains observateurs lui ont même trouvé un air plutôt somnolent.

Le neurochirurgien à la retraite a cependant montré un autre aspect de sa personnalité hier soir lors d’une conférence de presse houleuse en Floride. Il a adopté un ton combatif et parfois sarcastique pour attaquer CNN et Politico, qui ont mis en doute son récit de moments charnières de sa jeunesse. Le premier de ces moments concerne une attaque au couteau qui a failli tuer un de ses amis (il avait alors 14 ans) et l’autre son acceptation à l’académie militaire West Point (il avait alors 17 ans).

«Attendez une minute, ne mentez pas! Je n’ai jamais dit que j’avais reçu une bourse complète», a-t-il notamment déclaré en interrompant un journaliste qui l’interrogeait sur l’épisode de West Point, à propos duquel il a pourtant écrit ceci dans son livre, Gifted Hands :

«J’ai été présenté au général Westmoreland et j’ai dîné avec lui et les gagnants de la Médaille du Congrès. Plus tard, on m’a offert une bourse complète (pour étudier) à West Point.»

Qualifiant le reportage de Politico de «mensonge éhonté» et celui de CNN de «ramassis de balivernes», Carson s’est décrit comme la victime d’«une chasse aux sorcières» menée par des médias.

«Je ne me souviens pas d’un tel niveau d’examen pour le président Barack Obama quand il faisait campagne pour la présidence. En fait, je me souviens du contraire. Je me souviens qu’on disait ‘O-o-oh, nous ne voulons pas parler de ça’», a-t-il déclaré sur un ton sarcastique en mentionnant le nom de Bill Ayers, l’ancien membre du Weather Underground qu’Obama a connu à Chicago.

Il a de plus prédit que l’archarnement des médias finira par l’aider.

Quoi qu’il en soit, le Wall Street Journal s’est joint hier à CNN et à Politico pour mettre en doute un autre épisode de la jeunesse de Carson. Dans Gifted Hands, celui-ci raconte avoir suivi un cours de psychologie à l’Université Yale appelé Perceptions 301 dans lequel le professeur a mené une expérience sur l’honnêteté de 150 étudiants. Il a écrit qu’il avait été le seul à réussir l’expérience, ce qui, a-t-il précisé, avait incité le Yale Daily News à le photographier.

Selon cet article du Wall Street Journal, Yale n’offrait pas de cours de psychologie connu sous ce nom et ce numéro pendant les années de Carson à cette université. Le Yale Daily News n’a par ailleurs publié aucune photo de Carson à l’époque où il était étudiant.

Le Journal souligne que plusieurs des histoires de Carson sont difficiles à confirmer ou à infirmer. Le quotidien mentionne notamment le récit que le candidat a fait récemment d’un holdup perpétré dans les années 1980 dans un restaurant Popeye de Baltimore au cours duquel le voleur lui a enfoncé un revolver dans les côtes. Carson lui aurait dit : «Je pense que tu veux le gars derrière le comptoir.» La police de Baltimore a été incapable de confirmer qu’un holdup a eu lieu dans un restaurant Popeye à la même époque.

Il est trop tôt pour dire si la prédiction de Carson se réalisera. Mais certains de ses adversaires ont commencé à mentionner les controverses autour de certains épisodes de sa jeunesse. «Il devra répondre aux questions» sur son passé, a déclaré Chris Christie sur MSNBC hier. Donald Trump a pour sa part déclaré sur Twitter que la bio de Carson pourrait être «une fabrication totale».

Voir également:
The Fix

Ben Carson rants at media, and it seems to be serving him well

November 8 2015
Whatever happens to the presidential candidacy of former neurosurgeon Ben Carson, the news conference he held in South Florida this weekend will live on. It was as if the sleepy-eyed motivational speaker known to millions of people had been swapped out for a ringer – a flame-breathing, uncompromising scourge of media bias. »There is a desperation on behalf of some to try to find a way to tarnish me, » he said. « My prediction is that all of you guys trying to pile on is going to help me. When I go out to these book signings and meet these thousands of people, they say, ‘Don’t let the media get you down.' »Pushed and pushed, Carson channeled the conservative id. Why, he asked, was he being subjected to the kind of scrutiny the current president never was? »I do not remember this level of scrutiny for one President Barack Obama when he was running, » Carson said. « In fact, I remember just the opposite. I remember people saying, oh, we won’t really talk about that relationship. Frank Marshall Davis? We don’t want to talk about that. Bernardine Dohrn, Bill Ayers? He didn’t really know him. All the things that Jeremiah Wright was saying. Goes to Occidental College, doesn’t do all that well, somehow ends up at Columbia University. Oh, I don’t know. His records are sealed. Why are you guys not interested in whether his records are sealed? »On Twitter, liberal critics of Carson thought they saw a man in full meltdown, like Lonesome Rhodes after the public caught him on a live mike. The Carson campaign saw something else: dollar signs. According to Carson spokesman Doug Watts, the campaign raised $3.5 million during its toughest week of coverage. Tellingly, a full $500,000 of that came from telemarketing on Friday, the day of the news  conference, when CNN, Politico and Wall Street Journal all carried stories about claims made by Carson relating to his life story.Also, tellingly, the only Republican rival to join in the pile-on has been Donald Trump, who appears constitutionally incapable of doing otherwise. Jeb Bush, who has fallen far beyond Carson in poll numbers, told Fox News that he trusts him. To say otherwise would be to anger the conservative base, which had been waiting for a rant such as Carson’s.The fury of party activists shouldn’t overwhelm investigative journalism. Like Columbia Journalism Review’s David Uberti, I thought Politico’s Kyle Cheney had the grist of a good story, deeply reported, muddied by the Web site’s initial headline. It was not news that Carson had never applied to West Point. Yet during the weekend, conservative readers wrote in to ask me how a reporter could be so unfair to Carson. A sample:

The statement may be correct in a very technical way, but most people who hear that a student gets a full ride with all tuition, room and board paid for would call that a scholarship.

Your readers will recall the lack of serious scrutiny by the Post of President Obama’s claims in his book and his extreme equivocation on multiple contradictory statements made relative to his relationship with Jeremiah Wright. Why should readers be urged to consider the President’s statements in their « context » but the same accommodation not be extended to Dr. Carson?

I do think it rich to see the press suddenly so interested in the academic records of potential presidential candidates. Especially subtle recollected details of events 35+ years ago. I’m sure I’ve never misremembered anything in my past. After all, as another candidate so eloquently put it, « What difference does it make? »

The last two e-mails were representative, because, on the right, it is accepted as truth that the media failed to vet Obama and smoothed his path to the White House. It doesn’t matter that ABC News broke the Jeremiah Wright story or that Politico broke the Bill Ayers story. Because those stories were not piled on Obama — or because he was able to break free of them — they are proof that the media went easy and allowed him to become president.

This take on the press is basically immutable. In 2012, Breitbart News published a series on a young Obama titled “The Vetting,” predicated on the idea that « the complicit mainstream media had refused to examine President Obama’s ideological past. » When the stories failed to blow up the president’s reelection, a process called « BenSmithing » was blamed, named for the editor of Buzzfeed. BenSmithing, according to the New York Times, meant « writing an article that supposedly tackles a Democratic Party scandal, but is actually intended to dismiss the issue. » Why was Smith a fitting namesake? Well, before Buzzfeed, he was the Politico reporter who first wrote about Obama’s political debts to Ayers. The assumption that the media vets Democrats only as a way to clear them runs as deep as the assumption that it vets Republicans to destroy them.

Carson, more than almost any Republican politician, is suited to make this argument. He is not really comparable to Herman Cain, a popular but minor tea party figure who become a primary phenom and blamed bias for the scrutiny that ended his campaign. Carson is an icon whose memoir has passed through the hands of home-schoolers and even public school students for decades.

More people have read « Gifted Hands » than perhaps will ever read « Dreams from My Father, »Obama’s memoir. Obama was known to Democratic voters roughly 2½ years before he started running for president. Carson and his biography have been known since the late 1980s. Cover a Carson mega-rally, and you’ll find people who know a young person who benefited from a Carson-endowed scholarship, or were even operated on by the man himself.

The reporters now vetting Carson may know this, but it hasn’t stopped them from falling into a trap. In Florida, after Carson asked why reporters had demanded his records but not those of Obama, one reporter could be heard quizzically asking why Obama’s biography would ever be questioned. He had never tried to hide his mediocre early school tales.

« He wrote them in the book, » the reporter said.

That was exactly Carson’s point. One candidate’s book was a shield; another candidate’s, a Republican one, had suddenly become an oppo file. If that’s his defense, millions of conservatives are ready to endorse it.

David Weigel is a national political correspondent covering the 2016 election and ideological movements.
Voir encore:
National review
November 8, 2015
 It’s been less than two weeks since CNBC’s train wreck of a debate exposed just how much of a double standard the mainstream media can have against GOP presidential candidates.
Now a new example comes in the attack on Ben Carson for saying in his autobiography that he was offered a full scholarship to West Point. In a news conference on Friday, Carson said the offer from Army officials was informal and he never in fact applied to the military academy, which is how he described it in his book Gifted Hands, first published in 1990:
I was offered a full scholarship to West Point. I didn’t refuse the scholarship outright, but I let them know a military career wasn’t where I saw myself going. . . . As overjoyed as I felt to be offered such a scholarship, I wasn’t really tempted. . . . I wanted to be a doctor. . . . Each college required a ten-dollar non-returnable entrance fee sent with the application. I had exactly ten, so I could apply to only one.
Carson has also been questioned by CNN about why several people who knew him growing up don’t recall that he had exhibited anger or violence. Carson noted that most of the people the media has talked to knew him in high school, and that his last “violent episode” occurred in the ninth grade, before he had a religious conversion. Carson said that he did try to stab someone, “a relative who does not want to be subjected to the media.”
But Carson’s news conference was most memorable for his willingness to push back against the media:
I do not remember this level of scrutiny for one President Barack Obama when he was running. In fact I remember just the opposite. I remember people saying, ‘Oh, we won’t really talk about that. We won’t talk about that relationship. Well, Frank Marshall Davis, well, we don’t want to talk about that. Bernardine Dohrn, Bill Ayers, well he don’t really know him. All the things that Jeremiah Wright was saying, oh, not a big problem.
A reporter responded to Carson’s complaint that there was a “desperation on behalf of some” to find some kind of scandal surrounding him by saying, “Our job is to ask questions.” Carson paused and said: “There is a fair way to do this and a very unfair way to do this. . . . My job is to call you out when you are unfair.” At another point he said: “You are not going to find with me, somebody who will sit back and let you be completely unfair without letting the American people know what is going on. The American people are waking up to these games.”

Carson’s comments about the media, and his complaints about Barack Obama, were — no surprise — barely reported. But they deserve an airing. By those standards, Barack Obama was clearly the beneficiary of enormous media forbearance while he ran for president. The real bias in the profession isn’t in how a story is covered, but in which stories the media chooses to focus on and which they ignore or actively suppress. When Bob Schieffer retired as host of CBS’s Face the Nation last June, he admitted to Howard Kurtz of Fox News: “Maybe we were not skeptical enough. It was a campaign.” He added that in his view it is the role of the opponents to “make the campaign” question the records of candidates. I wouldn’t want to tell that to Woodward and Bernstein about their coverage of Watergate during the 1972 election. Just before the 2008 election, Mark Halperin, co-author of the best-selling campaign book Game Change and now a Bloomberg TV host, was asked at a conference if the media had been too soft on Obama. He answered yes and went on to say that through the subtle choice of which stories to cover and where to deploy investigative resources, the national media had handed Obama “hundreds of millions in free publicity.” As I described in 2011: Halperin attributed the positive coverage in part to the historic nature of Obama’s candidacy. But he also noted that only a few hands had gone up in the crowded room when the audience had been asked how many had voted for George W. Bush. “I find it curious that far more time and media energy has been spent on Sarah Palin’s time in Wasilla, Alaska’s, city government in the last eight weeks than in looking at Barack Obama’s dozen years in Chicago politics and government over the last 18 months of his candidacy,” he noted dryly. And Ms. Palin was only running for vice president. . . . He called on reporters to look at their 2008 coverage of candidates after the election, in hopes that in the future they will “do a better job treating people equally.” As Ben Carson might say: fat chance of that happening.
It’s worth revisiting just how much the media gave Obama a pass in 2008. Take the infamous videos of the Reverend Jeremiah Wright, Obama’s Chicago pastor. Brian Ross’s ABC News report on Wright didn’t air until March 13, 2008, after more than 40 states had voted in the Democratic nomination contest and Obama needed only 225 delegates to wrap up the race against Hillary Clinton. Ironically, the videos of Wright’s speeches had been hiding in plain sight, easily obtainable in the gift store of Wright’s church. “After the videos hit, Obama narrowly limped home to the nomination as Hillary outperformed him badly, 302 to 171 in delegates in the final three months,” noted media critic Dan Curry earlier this year on his blog, Reverse Spin. If the Wright videos had hit prior to the Iowa caucuses, he says they “would undoubtedly have been devastating and fatal to a largely undefined Barack Obama.” Ironically, the Wright videos had in fact emerged earlier, in February 2007, when Rolling Stone ran a piece called “The Radical Roots of Barack Obama” right before Obama announced his bid for the presidency. The story so rattled the Obama team that they pulled Wright from the speaking roster less than 24 hours before the campaign announcement. But as former CBS News reporter Bernie Goldberg noted, the follow-up coverage on the Wright story was scant and notably apologetic. The story should have prompted full explorations of the Obama-Wright connections. Instead, there was media malpractice. The media malpractice extended to many other areas of Obama’s life. In October 2007, the New York Times ran an article headlined “Obama’s Account of New York Years Often Differs from What Others Say.”  It reported that Obama resisted any attempts to reconcile his account in his 1995 memoir Dreams from My Father with the recollections and records of those who knew him. The Times reported: Yet he declined repeated requests to talk about his New York years, release his Columbia transcript, or identify even a single fellow student, co-worker, roommate, or friend from those years. A campaign spokesman, Ben LaBolt, had this explanation for the candidate’s silence: “He doesn’t remember the names of a lot of people in his life.” Obama was also not willing to part with many of the names of people he knew and did remember, even those of whom he would have had records. His campaign declined to release a list of the approximately 30 clients for whom he worked personally while he was a lawyer with a law firm with close ties to the Daley machine in Chicago. His campaign also concealed and obfuscated relevant facts about Obama’s ties to the radical group ACORN — in the 1990s, he had served as a top trainer and lawyer for ACORN. Let’s stop pretending that there isn’t a glaring double standard in how presidential candidates are treated if they depart from the mainstream media’s ideological premises. Jack Cashill, the author of Deconstructing Obama, noted this weekend that Carson was right to point out the media’s lack of interest in Frank Marshall Davis, a well-known Communist who was Obama’s mentor in Hawaii. Davis wasn’t someone whose membership in the Communist party was a youthful indiscretion. He was a member of the party during the Stalin era until he was well into his 40s, and in 1956, Davis even took the Fifth Amendment in front of the Senate Internal Security Subcommittee. Obama spent 2,500 words in Dreams from My Father describing Davis’s influence on his life, but, before the 2008 election, no mainstream media outlet examined the connection. But Obama was clearly worried that Marshall’s past might haunt Obama in the run-up to this presidential campaign. His publisher said he “personally approved” the audio version of his memoir when it was released in 2005. That version removed all 22 of the book’s references to his mentor “Frank.”In 2012, David Maraniss of the Washington Post published a biography of Obama that belatedly discussed Davis as well as the many discrepancies in Obama’s account of his life. In his review of the Maraniss book, Buzzfeed’s Ben Smith wrote, “I counted 38 instances in which the biographer convincingly disputes significant elements of Obama’s own story of his life and his family history.” But reporters investigated very few of those discrepancies before the 2008 election. No one is suggesting that Ben Carson be given a pass on statements he made in his autobiography. Those are fair game. Carson has also at times unfairly lashed out at reporters — he criticized NRO’s Jim Geraghty for investigating Carson’s speeches and appearance for Mannatech. We should call out Carson for these unfair assaults. But let’s stop pretending that there isn’t a glaring double standard in how presidential candidates are treated if they depart from the mainstream media’s ideological premises. As Ben Carson put it in his news conference last Friday: “There is a fair way to do this and a very unfair way to do this.” — John Fund is National Review Online’s national-affairs correspondent.

Voir de plus:

Primaires républicaines
Accusé de mensonges, Ben Carson remet les points sur les iParis match
07 novembre 2015

Ben Carson, candidat à l’investiture républicaine pour la présidentielle américaine, accusé d’avoir menti sur sa jeunesse violente et sur une offre reçue par une prestigieuse école militaire, a maintenu ses propos et dénoncé une «chasse aux sorcières» contre lui.

Attaques fondées ou non ? L’avenir le dira. Toujours est-il que Ben Carson, le principal adversaire de Donal Trump en vue des primaires républicaines, selon les sondages * a été la cible d’accusations graves de la part de deux médias américains réputés sérieux : Politico et CNN. Le premier a affirmé vendredi que le neurochirurgien noir à la retraite avait prétendu avoir été reçu à l ‘une des plus prestigieuses écoles militaires des Etats-Unis –avant de choisir la filière médicale. L’histoire dit qu’il aurait obtenu son admission, assortie d’une bourse d’étude, après avoir dîné en mai 1969, à Detroit, avec le général William Westmoreland, devenu célèbre lors de la guerre du Vietnam. Or, l’institution n’a gardé aucune trace d’une acceptation dans ses rangs de Carson, ni même d’une candidature de celui-ci, a indiqué à Politico Theresa Brinkerhoff, porte-parole de l’académie militaire. Le site politique américain va plus loin : le général Westmoreland ne pouvait se trouver à Detroit au moment indiqué par Carson….

L’équipe de campagne du candidat a rejeté en bloc ses accusations. «Il n’a jamais déclaré avoir été admis ni même avoir candidaté» à West Point, a rétorqué Doug Watts, porte-parole de Carson, dans un communiqué publié par le site Daily Caller. Il a seulement dit, et le confirme, s’être vu proposer, à l’âge de 17 ans, une bourse d’étude par l’Académie de West Point. Suite à quoi Politico a quelque peu précisé ses propos : «Ben Carson a dit qu’il avait reçu une bourse d’études complète de West Point», ce qui «implique clairement», selon le site, une admission.

Des victimes imaginaires ?

Quant à CNN, elle a remis en cause le même jour les récits que le Dr Carson a fait, à plusieurs reprises, concernant les accès de colères auxquels il aurait dû faire face étant jeune. Dans plusieurs livres et discours, il a raconté plusieurs anecdotes qui ont surpris l’opinion, le chirurgien à la «voix douce», pour reprendre les mots de la chaîne américaine, étant réputé pour son flegme. Le petit Carson, qui a grandi dans un quartier défavorisé de Detroit, aurait notamment frappé un camarade de classe avec un cadenas ; mais aussi blessé avec une pierre un garçon ; ou encore menacé sa mère avec un marteau… De son côté, il affirme avoir été victime de «colères pathologiques», avant d’être «sauvé» par la religion. A l’âge de 14 ans, il aurait tenté de poignarder un garçon de son âge. Mais la lame de son couteau se serait cassée sur la boucle métallique de la ceinture de sa victime miraculée: une intervention divine, selon lui, qui l’a remis sur le droit chemin.

Problème : «neuf amis, camarades et voisins ayant grandi avec Carson ont déclaré à CNN n’avoir aucun souvenir de la colère ou de la violence que le candidat décrit.» En réponse à ces attaques, le médecin s’est dit outré de ce «tissu de mensonges qui veut faire croire qu’(il) men(t) sur (sa) propre vie.» «C’est lamentable, je pense que les médias tentent de détourner l’attention des sujets de débat importants de ce pays», a-t-il conclu lors d’une conférence de presse. Une fois n’est pas coutume, il a même perdu un peu de son calme olympien, interrompant un journaliste pour lui dire d’«arrête(r) de mentir», et dénonçant une «chasse aux sorcières».

* Ce samedi, la compilation réalisée par le site spécialisé RealClearPolitics le place même à la première place des intentions de vote (24,8%, contre 24,6% pour Trump).

Voir de même:

Monde
Ben Carson dans la tourmente sur son CV
ETATS-UNIS La vie du leader républicain des sondages est passée au microscope…
Philippe Berry
20 minutes

06.11.2015

C’est l’histoire d’un jeune Afro-Américain au tempérament violent, élevé dans la pauvreté par une mère célibataire, transformé par une intervention divine pour devenir un neurochirurgien brillant. La vie de Ben Carson semble tout droit sortie d’un film hollywoodien. Elle a même été portée à l’écran en 2009. Le problème pour le candidat républicain, qui fait la course en tête dans les sondages aux côtés de Donald Trump, c’est qu’il y a de gros doutes sur un épisode central de sa vie qu’il a mis en avant à de nombreuses reprises.

«Une offre informelle»
Dans son autobiographie, il raconte avoir reçu «une offre de bourse complète» pour rentrer à la prestigieuse académie militaire de West Point après ses excellentes notes au lycée. Mais il affirme l’avoir refusée pour choisir la médecine. Sauf qu’une enquête du site Politico montre qu’il n’y a aucune trace de cet épisode. Accusé d’avoir inventé l’histoire, Carson a tenté de s’expliquer dans une interview au New York Times: «Je ne me souviens plus des détails, mais on m’a dit qu’avec mes notes, je pourrais facilement obtenir une bourse pour West Point. C’était une offre informelle.»

Dans sa biographie, il écrit: «J’étais si fier. On m’a présenté le général Westmoreland, l’un des héros du Vietnam. J’ai dîné avec lui et ensuite, on m’a offert une bourse complète pour West Point». Sauf qu’il n’y a aucune trace de cet épisode du côté de l’administration de l’académie, et que ce soir-là, le général jouait au tennis à Washington.

Entrer à West Point est un processus compliqué. Il faut notamment être parrainé. Et il n’y a pas de bourse à proprement parler, l’éducation est gratuite en échange des années de service dans l’armée. Le seul qui pourrait confirmer sa version est le général, mais il est décédé.

Donald Trump au taquet
Il n’a pas fallu longtemps à Trump, qui se trouve au coude-à-coude avec Carson, pour réagir sur Twitter : « Ce n’est pas bon. Wow, l’un des nombreux mensonges de Ben Carson ! Grosse affaire. »

Ce n’est pas la première fois qu’un homme politique est accusé d’avoir enjolivé ou inventé une histoire. Mais pour Carson, qui fait de sa morale son argument principal, l’affaire prend de l’ampleur. CNN a enquêté sur son passé soi-disant violent et n’a trouvé personne pour confirmer des épisodes marquants. Carson affirme notamment qu’il a attaqué un ami avec un couteau, sa mère avec un marteau et qu’il a cassé le nez et les lunettes d’un camarade avec un caillou.

Acculé, Ben Carson a choisi d’attaquer les médias. Sur CNN (avant les révélations de Politico), il a dénoncé « des mensonges » et des « attaques pathétiques ». « Vous n’avez pas autant enquêté sur le passé de Barack Obama », accuse-t-il. Il aura l’occasion de s’expliquer mardi prochain, lors du prochain débat républicain.

Voir encore:

Présidentielle américaine : Ben Carson, l’improbable candidat républicain
À 64 ans, le plus improbable des candidats aux primaires se retrouve en tête des sondages avec 25 % des voix, au coude-à-coude avec Donald Trump. Portrait.
Hélène Vissière
Le Point
0/11/2015

Cet homme est une mine d’or pour les médias. Il y a d’abord ses perles. Obamacare, la réforme de la santé, est « la pire chose qui soit arrivée dans cette nation depuis l’esclavage ». Si les Juifs avaient été armés en Allemagne, ils auraient pu tenir tête aux nazis et éviter l’Holocauste. La preuve que l’homosexualité est un choix, c’est que « beaucoup d’hétéros qui sont emprisonnés ressortent de prison gays ». Pour défendre le port d’arme, il est allé jusqu’à clamer : « Sans aucun doute, la violence absurde est affreuse, mais je n’ai jamais vu un corps criblé de balles qui soit plus dévastateur que de supprimer le droit d’être armé. » Et tout récemment, il a expliqué que les pyramides ont été construites par Joseph, le fils de Jacob, pour servir de silo et stocker le grain. Ce qui a enchanté la twittosphère qui a multiplié les parodies : « Le Taj Mahal a été construit à l’origine pour être un terrain de handball », se moque un tweet.

Tu changes la radio ? Coup de couteau !
Apparemment, les étranges déclarations de Ben Carson, le neurochirurgien noir à la retraite, ne choquent pas l’électorat républicain. En effet, à 64 ans, le plus improbable des candidats aux primaires se retrouve en tête des sondages avec près de 25 % des voix, au coude-à-coude avec Donald Trump. Il est aussi celui qui a collecté le plus de fonds au dernier trimestre. Il est particulièrement populaire auprès de l’aile conservatrice religieuse du parti, qui adore sa biographie exemplaire. Ben Carson est issu d’une famille très pauvre de Détroit. Sa mère illettrée s’est mariée à 13 ans, mais divorce lorsqu’elle découvre que son mari, un pasteur baptiste qui deviendra ouvrier chez Cadillac, a déjà une autre famille. Le petit Ben raconte dans un de ses livres qu’il a un tempérament violent. Il a essayé de frapper sa mère avec un marteau, et, à 15 ans, a tenté de poignarder un ami parce qu’il avait changé la station de radio, mais la lame a heureusement heurté sa boucle de ceinture. Ben Carson se met alors à lire la Bible, découvre Dieu et, comme il l’écrit, « n’a plus jamais eu un problème de comportement ».

Élève brillant, il intègre Yale puis l’Université de médecine du Michigan et devient à 33 ans directeur du Centre de neurochirurgie pédiatrique à l’hôpital John Hopkins dans le Maryland. Il est célèbre notamment pour avoir séparé des jumeaux reliés par le crâne. Il en profite pour écrire six livres qui racontent son succès, faire des conférences et il a même fait l’objet d’une série télé sur sa vie. À part cette belle histoire de rédemption, ses partisans aiment beaucoup ses manières calmes et posées, à l’inverse du bravache Trump, autre outsider trublion qui insulte tout le monde. Ils apprécient aussi le fait que Carson ne soit pas un politicien de carrière. Et s’il n’a aucune expérience politique, ce n’est pas un handicap, comme il le dit dans un tweet merveilleux : « Les gens qui ont construit l’arche de Noé étaient des amateurs et ceux qui ont construit le Titanic étaient des professionnels. » Contrairement à Donald Trump, il est très pratiquant. Ce père de famille de trois enfants est adventiste du Septième Jour, une dénomination protestante qui célèbre le Sabbat et encourage ses fidèles à manger végétarien.

Chat sur Facebook
Ben Carson mène une campagne peu conventionnelle. Il interrompt ses meetings électoraux pendant plusieurs jours pour aller faire la promotion de son nouveau livre. Au lieu de s’entraîner avec un ou deux conseillers pour le débat télévisé, il a fait un questions-réponses avec un groupe d’électeurs. Il tchatte sur Facebook et se rend dans des temples et des cliniques plutôt que dans des cafés comme les autres candidats. Et il vient de lancer une pub radio avec un rappeur qui entremêle sa chanson d’extraits de discours. Il espère ainsi toucher une partie de l’électorat noir, en majorité démocrate.

Son ascension dans les sondages laisse analystes et médias dubitatifs. Même Donald Trump, qui a toujours réponse à tout, a avoué récemment « je ne sais pas ce qui se passe » lorsque Carson lui est passé devant dans l’Iowa. Le magnat de l’immobilier multiplie les piques en l’accusant de manquer de vigueur. Et c’est vrai qu’en débat, Carson est totalement soporifique. Outre ses gaffes incessantes, il semble aussi assez ignorant. Il a confondu le budget et le plafond de la dette. Sur Facebook, il affirme que comme lui « chaque signataire de la Déclaration d’indépendance n’avait aucune expérience d’élu », ce qui est faux. Benjamin Franklin, Thomas Jefferson et John Adams ont occupé des fonctions électives. Il rejette l’idée que l’activité industrielle provoque le réchauffement climatique et a déclaré en bon scientifique qu’il « va toujours y avoir soit un refroidissement soit un réchauffement ». Sans parler de ses positions fluctuantes sur les impôts, l’avortement…

Des liens étranges avec une société

Longtemps les médias l’ont un peu ignoré, jugeant l’individu trop bizarre. Mais sa remontée spectaculaire dans les sondages a changé la donne. Ces jours-ci, plusieurs articles ont montré qu’il avait tendance à enjoliver sa biographie. Il n’a cessé par exemple de répéter qu’au lycée, après une rencontre avec le général Westmoreland, il avait reçu une offre de bourse pour West Point, la prestigieuse école militaire, mais qu’il l’avait refusée car il voulait être médecin. En fait, après une enquête du journal Politico, il a reconnu qu’il n’avait pas reçu d’offre et n’a même pas postulé. Le même jour, le Wall Street Journal a mis en doute d’autres anecdotes comme celle où Carson prétend que pendant des émeutes raciales au lycée, il a protégé des étudiants blancs. Quant à CNN, elle n’a trouvé personne parmi ses copains qui se souviennent de son comportement violent et Carson a reconnu qu’il avait changé le nom de l’ami qu’il avait poignardé.

Les médias ont aussi mis au jour ses relations étroites avec Mannatech, une firme de compléments alimentaires. Il a fait des conférences à plusieurs de leurs manifestations, est apparu dans des vidéos promotionnelles, a figuré sur leur site internet et a dit que l’entreprise avait fourni de l’argent à son hôpital… Mais lors d’un des débats télévisés, il a clamé haut et fort qu’il n’avait aucun lien avec eux. Ce week-end, le chirurgien habituellement imperturbable s’est rebiffé et a attaqué violemment les journalistes, qui, selon lui, essaient de le traîner dans la boue parce qu’il constitue une menace « au mouvement progressiste laïque dans ce pays ». Est-ce que ces révélations successives vont nuire à sa popularité ? Pas sûr, car ses partisans sont farouchement loyaux et méprisent les médias. Mais s’il a des chances de remporter l’Iowa, le premier État des primaires dominé par la droite évangélique, en revanche, il aura plus de mal à s’imposer ailleurs, surtout si l’avalanche de révélations se poursuit.

Voir de plus:

Pour le candidat républicain Ben Carson, la Shoah aurait pu être évitée si les juifs avaient eu des armes
Repéré par Claire Levenson

Slate
09.10.2015
Le candidat à l’investiture républicaine multiplie les déclarations sur le droit de posséder des armes après la fusillade dans l’Oregon.

Après la fusillade qui a fait neuf morts le 1er octobre à Roseburg dans l’Oregon, le candidat aux primaires républicaines Ben Carson a fait plusieurs déclarations incendiaires. Quelques jours après la tuerie, il avait écrit sur Facebook:

«Il n’y a aucun doute que cette violence est terrible, mais je n’ai jamais vu un corps criblé de balles qui soit plus dévastateur que le fait de nous retirer le droit à porter des armes.»

Carson, un neurochirurgien à la retraite pour l’heure crédité de 17% des intentions de vote –ce qui le place en deuxième position après Donald Trump– a aussi dit que s’il se retrouvait face à un tireur, il ne se laisserait pas faire:

«Je ne le laisserais pas me tirer dessus. Je dirais: “Eh les gars, il faut tous qu’on l’attaque.” Peut-être qu’il peut me tirer dessus, mais il ne peut pas tous nous avoir.»

Point Godwin
Ces déclarations ont beaucoup choqué, ce qui n’a pas empêché le candidat républicain d’en rajouter hier sur CNN, où il a expliqué que si les juifs avaient eu des armes, la Shoah n’aurait pas eu lieu. Pendant l’interview, le journaliste Wolf Blitzer a cité un extrait du livre que vient de publier Carson («A More Perfect Union»):

«Les citoyens allemands ont été désarmés par leur gouvernement à la fin des années 1930, et au milieu des années 1940, le régime de Hitler avait massacré six millions de juifs et de nombreuses autres personnes considérées comme inférieures… En confisquant les armes et en diffusant de la propagande mensongère, les nazis ont pu mettre à exécution leur intentions meurtrières en rencontrant assez peu de résistance.»
Le journaliste a demandé à Carson de clarifier son propos, et celui-ci a déclaré:

«Je pense que la probabilité qu’Hitler atteigne ses buts aurait été fortement diminuée si les gens avaient été armés. Je vous dis qu’il y a bien une raison pour laquelle les dictateurs confisquent d’abord les armes.»

Dire que le port des armes aurait pu empêcher le totalitarisme nazi est une vieille tradition de l’ultradroite américaine, et par extension, tous ceux qui défendent le contrôle des armes sont associés à des nazis. Après la tuerie de l’école élémentaire de Sandy Hook en 2012, le site conservateur Drudge Report avait illustré un article sur les décrets présidentiels d’Obama sur le contrôle des armes à feu avec une image d’Hitler et de Staline.

La même année, le président de la NRA David Keene avait comparé le gouverneneur de New York Andrew Cuomo à Hitler parce qu’il voulait faire passer des réformes sur les armes à feu.

«Les gens qui connaissent l’histoire, pas juste en Allemagne mais ailleurs, regardent l’histoire et disent qu’on ne peut pas laisser ce genre de choses arriver ici», avait-il dit.

Les historiens contestent ces théories. Comme l’expliquait l’Anti-Defamation League, une association de lutte contre l’antisémitisme: «un petit nombre d’armes aux mains des juifs allemands qui étaient restés en Allemagne en 1938 (environ 214.000) n’aurait absolument pas pu arrêter le pouvoir totalitaire de l’Etat nazi».

Ce qui n’empêche pas la droite dure américaine de constamment présenter le port d’armes comme le seul rempart contre la tyrannie et le totalitarisme.

Voir de même:

Ben Carson, de la success-story à la course à l’investiture républicaine
Gilles Paris (Washington, correspondant)
Le Monde
04.05.2015

Avant le 7 février 2013, Ben Carson était une illustration presque consensuelle du rêve américain. Né en 1951 à Detroit (Michigan) au sein d’une famille modeste, cet Afro-Américain avait poursuivi une carrière météorite jusqu’à devenir l’un des neurochirurgiens vedettes du pays, rattaché au très huppé John Hopkins Hospital de Baltimore (Maryland). Cette trajectoire empreinte de religiosité (il est le fils d’un pasteur de l’Eglise adventiste du septième jour, une chapelle du protestantisme constituée aux Etats-Unis) avait d’ailleurs nourri plusieurs best-sellers et une pluie de décorations et de récompenses, dont la Presidential Medal of Freedom, la plus haute distinction pour les civils, accordée en 2008 par le président George W. Bush.

Principal orateur d’un rendez-vous annuel de Washington, le National Prayer Breakfast, M. Carson avait exécuté ce 7 février 2013, en moins d’une demi-heure, la politique du président démocrate Barack Obama, assis à la tribune à moins de deux mètres de lui. Une attaque en règle qui lui avait valu les louanges de la presse conservatrice et alimenté les interrogations sur d’éventuelles ambitions politiques, d’autant qu’il avait annoncé un mois plus tard sa décision de mettre un terme à sa carrière professionnelle. L’annonce de sa candidature à l’investiture républicaine, qui devait être formalisée dans sa ville natale lundi 4 mai, constitue l’épilogue attendu de cette offensive.

Soutien du Tea Party
Franc-tireur, Ben Carson se lance dans la course à la présidentielle de 2016 sans expérience ni soutien en dehors des cercles très conservateurs et souvent proches des Tea Party, que ses livres et ses interventions médiatiques ont fédérés. Sa démarche à cet égard est très proche de celle d’un autre Afro-Américain, Herman Cain, brillant homme d’affaires issu, lui aussi, d’une famille modeste et qui avait professé pendant les premiers mois des primaires républicaines un mélange de libéralisme économique et de conservatisme social avant que son amateurisme et surtout d’embarrassantes accusations de harcèlement sexuel mettent un terme à ses ambitions.

Conservateur, Ben Carson l’est jusqu’à la caricature lorsqu’il s’agit notamment d’homosexualité, qu’il associe à la bestialité, ou de la réforme de santé de M. Obama, qualifiée de pire fléau pour les Etats-Unis depuis l’esclavage. Mais c’est précisément ses positions éloignées du consensus qui lui valent de figurer à la hauteur des candidats déjà déclarés à l’investiture, comme les sénateurs Rand Paul (Kentucky) et Ted Cruz (Texas) dans les sondages mesurant les intentions de vote. Un rang flatteur compte tenu de la modestie de ses lettres de créances politiques, même si le rôle d’iconoclaste ne garantit pas contre les chausse-trappes d’une campagne. Bien au contraire.

Voir enfin:

Ben Carson : l’Obama républicain ?

Guillaume Lagane
Le Figaro
17/09/2015

FIGAROVOX/OPINION – Ben Carson peut-il devenir le candidat du parti républicain aux élections de 2016 ? La question se pose au moment où cet ancien chirurgien rivalise, dans les sondages, avec le favori du moment, le milliardaire Donald Trump. L’analyse de Guillaume Lagane.

Guillaume Lagane est maître de conférence à Sciences-Po Paris.

Ben Carson a des atouts. Né dans la pauvreté à Detroit, il est entré à Yale avant d’embrasser une carrière médicale qui l’a mené à la célébrité: il est le premier à séparer des jumeaux reliés par la tête en 1987, une success story typique du rêve américain. Seul noir dans la compétition pour l’investiture républicaine, il peut, sans risque d’être taxé de racisme, critiquer le président Obama dont la réforme de la santé est, dit-il, «la pire chose depuis l’esclavage».

Très conservateur, marié et père de trois enfants, il plaît à la frange Tea Party de la droite américaine. Ses convictions sont ancrées dans sa foi religieuse, celle des adventistes du septième jour. Violent dans sa jeunesse, Carson a calmé son tempérament par une lecture assidue du Livre des Proverbes. L’austérité de cette église protestante, dont les membres ne travaillent pas le samedi et prônent une alimentation équilibrée (William Kellog, fabriquant de céréales au petit déjeuner, était adventiste), plaisent à la frange évangélique du parti, un peu dubitative devant la vie amoureuse agitée de Donald Trump.

Le parti républicain est contraint de naviguer entre une ligne de fermeté en matière d’immigration (mexicaine pour l’essentiel) et soutien au libéralisme économique malgré les critiques contre le libre-échange, qui favoriserait la Chine.

En même temps, la candidature de Carson est encore fragile. Il a en effet en face de lui un formidable concurrent en la personne de Donald Trump, très connu, très riche et dont les propos populistes, sur l’immigration ou le déclin de l’Amérique, plaisent beaucoup à la base du parti républicain. Carson pourrait séduire les élites du parti, effrayées par la perspective d’une candidature Trump, qui ferait fuir les électeurs centristes. Mais, dans cette portion de l’électorat, il doit faire face à des adversaires coriaces, au premier chef Jeb Bush, plus modéré, mieux formé du fait de son passé de gouverneur, et soutenu par les vastes réseaux du clan familial.

Les primaires sont une compétition sans pitié, où la roche tarpéienne n’est jamais loin du Capitole. En 2012, un autre Noir, Herman Cain, avait connu un moment de gloire. Tout aussi conservateur, il s’appuyait sur sa réussite professionnelle après avoir dirigé une chaîne de pizzerias, la Pizza du Parrain (dont la devise était: «la pizza que vous ne pouvez pas refuser»). Mais ses errements en politique étrangère – il évoquait l’Ouz béki béki stan – et la révélation de ses infidélités conjugales l’avaient ensuite ramené dans les profondeurs du classement.

Reste que, pour le parti républicain, le choix d’un candidat est de plus en plus complexe. D’un côté, la base du parti est de plus en plus radicalisée et semble parfois tentée par l’abstention ou le vote pour un tiers parti (en 1992, la défaite de George Bush tenait beaucoup à la candidature de l’indépendant Ross Perot). Or, il est impossible de gagner sans mobiliser le cœur de cet électorat républicain. De l’autre, la victoire à l’élection présidentielle suppose de plaire à une portion plus modérée et centriste de l’électorat, en particulier les minorités ethniques, de plus en plus nombreuses (en 2042, les blancs seront minoritaires aux Etats-Unis).

Le parti est donc contraint de naviguer entre une ligne de fermeté en matière d’immigration (mexicaine pour l’essentiel) et soutien au libéralisme économique malgré les critiques contre le libre-échange, qui favoriserait la Chine. Une stratégie d’équilibre subtile, qui n’est pas sans rappeler celle de Nicolas Sarkozy, entre radicalisation de l’électorat et propositions réalistes, à la tête… des Républicains français.

Voir enfin:

Ben Carson : le deuxième président noir des Etats-Unis ?Jonathan Mann
Le Figaro

11/11/2015
FIGAROVOX/ANALYSE – Le journaliste de CNN, Jonathan Mann a suivi le dernier débat de la primaire du parti républicain. Il compare l’ascension de Ben Carson à celle de Barack Obama.


Jonathan Mann , journaliste et présentateur de «Political Mann» sur CNN International


L’histoire se répète et parfois très rapidement. Il a fallu plus de 200 ans aux États-Unis pour élire son premier président afro-américain. Des millions d’électeurs pensent désormais élire, sans grande explication, un autre afro-américain pour lui succéder.

Le candidat républicain Ben Carson, un neurochirurgien retraité sans aucune expérience politique, est en tête des récents sondages, un conservateur chrétien qui prêche le bien-fondé d’un gouvernement de taille réduite, de l’autonomie et de la foi.

«J’adore voir les gens venir vers moi pour me dire, ‘mais vous n’avez jamais occupé une fonction publique, vous ne savez pas ce qu’il faut faire’,» murmure Carson. «Mais permettez-moi de vous dire quelque chose. L’Arche a été construite par des amateurs. Le Titanic par des experts.»

À mesure que les navires progressent, Carson a le vent en poupe.

Il est passé du milieu de la myriade des candidats républicains pour se situer à la deuxième place à quelques encablures du milliardaire Donald Trump. Dans plus d’un sondage, la différence entre les deux candidats relève d’une marge d’erreur statistique, ce qui signifie que les résultats sont extrêmement serrés. Mais les chiffres de Trump sont stables alors que ceux de Carson ont augmenté.

La comparaison la plus intéressante est à faire avec Barack Obama. Pour ce qui est de leurs instincts politiques, ils se situent aux antipodes l’un de l’autre – mais il existe un parallèle frappant au sujet de leur passé.

Obama, 54 ans, et Carson, 64 ans, ont été élevés par des mères volontaires après que leurs pères les ont abandonnés.

Dans l’autobiographie de Carson, l’un des huit livres qu’il a écrit, nous apprenons que sa mère faisait partie d’une famille de 25 enfants et qu’elle s’était mariée à l’âge de 13 ans. Elle a eu deux enfants avant de découvrir que son mari était bigame, puis elle éleva seule ses fils.

Carson décrit sa mère comme une femme presque analphabète, mais il a étudié d’arrache-pied pour s’inscrire à la prestigieuse Université de Yale et devint un célèbre neurochirurgien pédiatrique. Parmi ses patients, on peut citer des frères siamois attachés par la tête. Carson fut le premier neurochirurgien à avoir séparé avec succès des frères siamois.

Carson sera parmi les candidats lors du prochain débat républicain. Nous sommes mardi soir aux États-Unis, il est très tôt mercredi matin en Europe, et ce débat vaut la peine d’être regardé uniquement pour Carson. Il parle d’une voix douce et choisit ses mots avec attention, mais il dit des choses étonnantes.

Il a nommé le nouveau régime d’assurance-maladie américain, connu sous le nom Obamacare, «la pire chose qui soit arrivée dans ce pays depuis l’esclavage.»

Carson insiste pour dire qu’il veut que tous les Américains aient accès aux soins de santé, mais sans l’intervention de l’État, qui, selon lui, donne au gouvernement le pouvoir de vie ou de mort sur ses citoyens.

Quelle que soit la politique qu’il a à l’esprit, la comparaison avec l’esclavage était incroyable venant d’un Afro-Américain, en particulier de la part de quelqu’un qui a rarement évoqué la notion de race au cours de sa campagne.

Cela peut s’avérer être l’une des grandes surprises de la candidature de Carson. Contrairement à la campagne électorale d’Obama il y a huit ans, personne ne semble prêter beaucoup d’attention à la couleur de sa peau.

Obama a fait de l’idée, jusque-là impensable et selon laquelle un homme noir occuperait la Maison Blanche, un fait banal et familier.

Ron Brownstein, analyste politique sur CNN, déclare que Carson a également des qualités plus intéressantes, pour les chrétiens évangéliques qui constituent un bloc d’électeurs très influents dans le parti républicain: il parle souvent de religion de manière très ouverte.

«Il tire davantage profit de sa foi que de sa race. Cela dit, une question ouverte demeure à savoir si Carson se verra imposer des limites chez les électeurs républicains blancs, en particulier dans le Sud, s’il demeure une option viable à une étape avancée dans le processus électoral.»

Entre-temps, le médecin est toujours dans la course et le pronostic est prometteur.

Voir par ailleurs:

UNE LECTURE DE BOURDIEU
Alain Accordo

Initiation à la sociologie
L’illusionisme social
CHAPITRE 6

Les stratégies

Le terme de «stratégie» exprime habituellement (conformément à son origine militaire) l’idée d’un plan réfléchi, d’un calcul rationnel mettant explicitement en rapport des objectifs définis et des moyens précis pour atteindre ces objectifs.

Si l’on s’en tenait à cette définition usuelle de la stratégie, il faudrait logiquement en déduire que toutes les stratégies par lesquelles un agent cherche à accroître son capital, en s’appropriant les profits spécifiques que produit l’activité d’un champ, sont des calculs délibérés et totalement conscients. En fait, d’un point de vue psychosociologique, il faut donner une autre acception au terme de stratégie. Non pas que les agents sociaux ne fassent jamais de calculs, de plans explicites et mûrement réfléchis. Mais cela ne constitue qu’une partie, et pas la plus grande, de nos pratiques. Comme nous l’avons déjà dit, grâce à notre habitus, à notre système complexe et transposable de prédispositions durables, nous possédons tout un potentiel de pratiques adaptées d’avance à un grand nombre de situations capables de nous assurer un rendement satisfaisant de nos investissements en capital dans tel ou tel champ. En somme, l’habitus est un opérateur de calcul inconscient qui nous permet de nous orienter correctement dans l’espace social sans avoir besoin d’y réfléchir. Les actions pédagogiques multiples auxquelles nous sommes soumis nous permettent d’acquérir les compétences indispensables pour tenir convenablement notre place dans le jeu social (1). Mais à la différence des rôles de théâtre, les rôles sociaux ne sont pas appris par cœur dans les moindres détails. Ce sont des rôles largement improvisés à partir du canevas constitué par la rencontre entre notre habitus et la situation concrète dans laquelle nous nous trouvons. Il suffit d’avoir bien intériorisé les règles du jeu, la logique du champ, pour jouer correctement et ramasser les gains correspondant à nos mises, c’est-à-dire à nos investissements. On peut dire à cet égard que tout agent possède un certain niveau de maîtrise de la pratique dans laquelle il est engagé. Mais il doit être bien clair que cette maîtrise est d’abord essentiellement une maîtrise pratique de la pratique, c’est-à-dire une aptitude à adopter les stratégies conformes (à la logique du champ, à la position occupée dans le système) sans le secours de la pensée réfléchie et explicite. Il y a ainsi une foule innombrable de choses que nous savons faire parce que nous avons appris à les faire, et au sujet desquelles nous n’avons jamais eu à nous interroger. Pourquoi faire ceci plutôt que cela, pourquoi le faire ainsi et pas autrement, comment pourrait-on faire autrement, pourquoi faire cela plutôt que rien du tout, etc. ? Ces questions ne nous ont jamais effleurés. Et on le comprend bien. S’il fallait en effet réfléchir au moindre de nos actes, à la moindre parole, à la moindre réaction, nous serions bien embarrassés et bien limités dans nos comportements. Tant que nos pratiques spontanées sont adaptées noui n’avons pas de raison majeure d’y réfléchir. En revanche lorsqu’une situation nouvelle exige une réponse qui n’est pas déjà inscrite dam notre habitus, nous sommes bien obligés de réfléchir au problème qui se pose. C’est alors que nous quittons le plan du vécu, celui de la maîtrise pratique de la pratique, pour nous situer au plan du conçu, celui de la maîtrise symbolique de la pratique. Maîtriser symboliquement la pratique c’est devenir capable d’engendrer des pratiques non spontanées qui obéissent à des règles explicites, à des raisonnements formels. Ce sont les insuffisances, les lacunes, les échecs de la maîtrise pratique de la pratique qui suscitent le passage à la maîtrise symbolique et rationalisée. Autrement dit c’est là où les stratégies inconscientes et automatiques d’ l’habitus sont mises en échec qu’il faut leur substituer des stratégies; conscientes et délibérées. Ainsi toutes nos pratiques peuvent se distribuer à des degrés divers entre deux pôles opposés : à une extrémité les pratiques qui nous donnent le sentiment d’agir de façon totalement libre parce qu’elles sont en fait commandées par une logique qui nous échappe, celle de l’habitus, à l’autre extrémité les pratiques consciemment et expressément réglées, codifiées par des règles grammaticales, techniques, morales, juridiques, etc. D’un côté des pratiques qui vont de soi, tellement évidentes qu’on n’a pas besoin de les expliquer ou de les justifier. De l’autre des pratiques que seule la raison et la règle peuvent imposer. Par exemple pour un enfant élevé dans une cité ouvrière la pratique langagière spontanée consiste à parler le français comme on le parle dans son milieu, dans sa bande, dans sa famille. Cela ne lui pose aucun problème tant qu’il s’agit de communiquer avec ses parents ou ses copains. Mais à l’école ses stratégies de communication automatiques sont mises en échec par la nécessité de parler et écrire une langue académique qui est pour lui presque l’équivalent d’une langue étrangère. Et comme son habitus linguistique est incapable de lui faire maîtriser spontanément cette langue scolaire, l’enfant est obligé de fournir des efforts considérables et parfois insurmontables pour maîtriser une nouvelle stratégie conforme aux impératifs de la logique scolaire.

Cet exemple nous permet d’ailleurs de souligner au passage à quel point la rencontre avec des situations nouvelles, des milieux nouveaux, des mœurs nouvelles, des univers sociaux différents est propice à la prise de conscience par les agents du caractère arbitraire du système de croyances et de mœurs dont ils avaient jusque-là la maîtrise pratique. Tant que je n’ai pas rencontré de pratiques différentes des miennes je peux m’imaginer que mes pratiques sont nécessaires, c’est-à-dire qu’elles sont «naturelles» et ne peuvent pas être autres que ce qu’elles sont. Je peux continuer à croire que ma façon de parler ou de manger, de me réjouir ou de m’attrister, de travailler ou de me divertir, d’aimer ou d’envisager le temps et l’espace, que tout cela est évident, normal, inévitable. Jusqu’au jour où, me trouvant dans des conditions objectives nouvelles, mon habitus continue à fournir des réponses spontanées manifestement désaccordées par rapport aux conditions nouvelles. Il est temps alors de réfléchir et de remplacer, si possible, la stratégie automatique par la stratégie rationnelle, qui finira peut-être par tomber elle-même, à la longue, au rang de stratégie automatique, puisque, comme nous l’avons vu un peu plus haut, l’habitus ne cesse de subir et d’intégrer les effets pédagogiques de l’expérience.

Ce n’est donc pas par hasard que les agents obtiennent les résultats qu’ils obtiennent. Qu’il s’agisse de métier, de salaire, d’établissement scolaire, de diplôme, de résidence, de vacances, de mariage, d’activités culturelles ou sportives, etc., tout se passe comme si la maîtrise pratique des agents leur permettait de connaître intuitivement les probabilités objectives d’appropriation de telle ou telle variété de capital. La maîtrise pratique du champ se traduit chez l’agent par des attentes, des espérances subjectives en concordance avec la position occupée (et avec la trajectoire suivie jusque-là). Les aspirations sont spontanément ajustées au capital possédé, de telle sorte que les agents n’obtiennent rien qu’ils n’aient raisonnablement voulu et ne veulent raisonnablement que ce qu’ils peuvent obtenir. Il peut paraître surprenant de voir à quel point les agents savent se limiter et s’accommoder de ce que les conditions objectives les autorisent à revendiquer et de ce qu’elles leur refusent. Le vieil adage légué par les anciens («cordonnier, ne regarde pas plus haut que la chaussure») semble être la règle de l’immense majorité des agents. Sans avoir le sentiment de se contraindre, de s’imposer un renoncement, chacun est conduit à adopter la stratégie compatible avec sa position dans le champ. Cela ne signifie pas que les agents s’abstiennent de nourrir des aspirations ou de formuler des revendications ; cela signifie seulement que ces aspirations et ces revendications sont dans l’ensemble «convenables», «raisonnables», non exorbitantes par rapport à la position occupée, et que sans effort particulier les agents évitent d’avoir «les yeux plus gros que le ventre», ou de vouloir «péter plus haut que leur derrière», ou de «vouloir décrocher la lune», conformément au «bon sens», c’est-à-dire au sens pratique qui leur a été inculqué.

Si les agents s’accommodent aussi facilement des limitations de leur condition, c’est évidemment parce que ces limitations sont inscrites dans leur habitus et que celui-ci ne leur dicte en conséquence que des choix socialement acceptables. Les agents vivent ces choix comme l’expression même de leur volonté personnelle, et ils n’ont absolument pas conscience que tout choix est en même temps une censure, un refoulement, la négation de toutes les autres possibilités. Le choix est vécu positivement comme une réalisation effective, un accomplissement, et non pas négativement comme une impossibilité de faire autrement, comme une mutilation. Bref, chacun a appris à faire de nécessité vertu. Semblables au renard de la fable qui ne pouvant atteindre les raisins d’une treille trop haute décrète que ces raisins après tout «sont verts et bons pour des goujats», transformant ainsi son échec en marque de dédain et de supériorité, nous excellons habituellement à tourner à notre avantage et à percevoir comme des vertus les nécessités qui nous sont imposées par la position objective que nous occupons. On peut, de ce point de vue, dire que les goûts sont le produit de l’intériorisation de la nécessité. Plus exactement ils sont le produit incorporé et naturalisé de conditions sociales d’existence qui se définissent par leur distance à la nécessité (et tout d’abord à la forme la plus contraignante de la nécessité : la nécessité économique). La distance à la nécessité et donc le degré de liberté dans le choix sont évidemment plus grands pour les agents pourvus d’un capital important que pour ceux qui en sont dépourvus. On aime forcément la viande de porc et les haricots secs quand on ne peut pas s’offrir du bifteck et des haricots verts frais. Pascal faisait à juste raison remarquer que personne n’est malheureux de n’être pas roi, sauf un roi dépossédé de son pouvoir parce que justement la condition normale d’un roi est de continuer à régner. De même personne n’est malheureux de n’avoir qu’une seule bouche alors que tout le monde se lamenterait de n’avoir qu’un œil. Faire de nécessité vertu c’est avoir appris à refuser nous-mêmes ce que la société nous refuse, à assumer sans réticence le destin social le plus probable qui nous est réservé et à nous réconcilier avec l’inévitable, comme un spectateur de music-hall qui croit sincèrement avoir lui-même choisi dans le paquet que lui présente le prestidigitateur la «carte forcée» que celui-ci l’a en réalité obligé à prendre. Qu’il s’agisse d’épouser un ouvrier spécialisé ou un P.D.G., de préparer un D.U.T. d’électronique ou une agrégation de médecine, d’habiter une cité-dortoir ou un quartier résidentiel, de boire du gros rouge ou des grands crus à tous les repas, chacun a le sentiment qu’il fait ce qu’il doit, qu’il a ce qui lui est dû. En d’autres termes l’ordre établi n’est pas seulement un ordre établi à l’extérieur de nous-mêmes. C’est aussi et surtout un ordre établi en nous-mêmes, et qui se reproduira d’autant mieux à l’extérieur qu’il est plus profondément enraciné à l’intérieur.

Et pourtant, malgré ces pesanteurs du système, malgré cette inertie de l’habitus, la réalité bouge, et finit par changer. Il importe à cet égard de préciser qu’il n’y a pas à opposer mécaniquement la stabilité et le mouvement des structures sociales parce qu’en fait, c’est la même logique qui entraîne la reproduction des structures et leur transformation. L’accumulation des différentes espèces de capital modifie le rapport des forces sociales, en modifiant les conditions objectives d’existence. Par exemple au XIXe siècle, l’accumulation capitaliste a entraîné la prolétarisation des masses paysannes, la massification industrielle urbaine, l’accroissement du niveau moyen d’instruction des travailleurs, etc. D’où inévitablement l’apparition d’un nouvel habitus de classe : l’habitus ouvrier avec ses aspirations, ses revendications spécifiques ; habitus qui lui-même a continué à évoluer avec les transformations du système industriel capitaliste. Ces transformations ont aussi entraîné le développement de couches et de catégories nouvelles de travailleurs (par exemple les «cols blancs», les employés, etc.), elles-mêmes porteuses de revendications, de besoins. Si les revendications et les besoins qui apparaissent à mesure que le capital s’accumule étaient normalement satisfaits, chacun y trouverait son compte et la stabilité serait assurée. Mais la logique de l’appropriation du capital par les dominants qui tend vers la monopolisation fait que des aspirations légitimes ne sont pas satisfaites. On ne peut pas à la fois tendre à monopoliser le capital et le répartir équitablement en fonction des besoins réels. D’où des frustrations, du malaise, du mécontentement, des luttes pour modifier les choses. Et ainsi, d’une génération à l’autre, l’habitus se transforme en intégrant des dimensions nouvelles et des aspirations contradictoires à la fois au changement et au maintien de l’ordre existant. Par exemple, les couches moyennes sont partagées entre le désir de faire tomber les barrières qui les séparent de la bourgeoisie dominante et la crainte de voir tomber les barrières qui les séparent des classes populaires. Dans les classes populaires elles-mêmes on est loin de voir régner uniformément, tant s’en faut, des aspirations révolutionnaires. Les militants révolutionnaires savent combien il est difficile de mobiliser les travailleurs les plus exploités, les plus démunis. En effet, le comble de la dépossession c’est d’être aussi dépossédé de la capacité de réfléchir à la dépossession dont on est victime et de ne pas pouvoir prendre conscience qu’il est possible de se battre pour mettre fin à cette dépossession.

Ainsi donc la reproduction des structures sociales n’exclut pas mais au contraire implique une certaine dose de changement inévitable. Il n’y a pas reproduction stricte, étroite, des structures (au sens où on l’entend quand on parle de la copie fidèle d’un original), mais reproduction élargie, qui à terme engendre des rapports nouveaux. (Que l’on songe par exemple à la façon dont les rapports économiques capitalistes se sont lentement constitués au sein même de la société féodale qui s’est pourtant «reproduite» pendant des siècles tout en se transformant progressivement).

Il n’est donc pas contradictoire avec l’affirmation que les choses peuvent changer, de dire qu’elles ne changent pas vite et que la cause de cette lenteur c’est, entre autres causes, l’inertie des habitus qui conduit les agents à se comporter pour une large part en reproducteurs sociaux (et cela est vrai même pour les agents qui au plan politique adoptent des positions révolutionnaires).

Pour être tout à fait rigoureux, il faudrait préciser que la disposition à faire de nécessité vertu, à se censurer et à renoncer à ce à quoi on n’a pas droit, est elle-même une disposition qui s’acquiert et se renforce avec les enseignements de l’expérience.

Les nouveaux entrants dans un champ, c’est-à-dire le plus souvent les agents les plus jeunes, n’ont pas encore entièrement intériorisé la logique de fonctionnement du champ. N’étant pas, par définition, pourvus d’un important capital spécifique, ils peuvent se permettre toutes les ambitions. Celles-ci ne coûtent rien, et tous les espoirs sont permis quand on n’a rien à perdre et tout à gagner. C’est pourquoi les nouveaux entrants se comportent généralement en prétendants à la domination dans le champ. (Nous verrons un peu plus loin que tous les prétendants n’adoptent pas les mêmes stratégies d’accès aux positions de pouvoir.) En fait toutes les prétentions (aspirations préexistant aux moyens de se satisfaire) ne seront pas satisfaites. Bien des prétendants comprendront, plus ou moins rapidement, qu’ils ont visé trop haut, qu’ils n’avaient pas «les pieds sur terre», et qu’il faut savoir «mesurer ses forces». La répétition de ces désillusions, l’accumulation de ces échecs, grands et petits, dans un champ, dans un autre, puis dans un autre encore, exercent une action pédagogique considérable sur les agents qui intériorisent ainsi, un peu mieux à chaque déception, sous forme d’un habitus toujours mieux structuré, ce fameux «sens des réalités», ce sens du placement (au double sens de place dans le jeu et d’investissement rentable) qui fait que chacun se réconcilie avec sa condition et finit par «faire son deuil» de tout ce que sa condition lui interdit d’espérer. Mais à la différence du deuil qu’on prend à la mort d’un être cher, le deuil de nos espérances n’engendre pas le chagrin parce que le désenchantement vient progressivement et que d’ailleurs on ne peut pas pleurer la mort d’espérances qui n’ont pas eu le temps de vivre puisque, à mesure que nous avançons en âge et en expérience, notre habitus censure toujours plus étroitement nos aspirations et nos goûts. On peut dire que le vieillissement social se mesure à cette aptitude à assumer sa condition objective, à se satisfaire de n’être que ce qu’on est, à en être content et même à s’en faire une gloire. Il est vrai que tout au long de ce processus de vieillissement social, les agents sont soutenus et réconfortés par toutes les variantes (morales, philosophiques, religieuses, politiques) du discours idéologique dominant sur le thème majeur de «après tout, chacun a ce qu’il mérite».

Fondamentalement, les stratégies mises en œuvre par les agents dans les luttes qui les unissent ou les opposent sont commandées par la position qu’ils occupent dans le champ, c’est-à-dire dans la structure de répartition du capital spécifique de ce champ. La position occupée commande les stratégies de l’agent par l’intermédiaire de son habitus qui lui fournit à tout moment une évaluation pratique des chances de profit objectivement inscrites dans la position. En toutes circonstances l’habitus répond aux sollicitations de la situation en engendrant les besoins, les vœux, les aspirations, et donc les pratiques qui correspondent à la position occupée (2).

On peut ainsi distinguer schématiquement trois grands modèles de stratégies correspondant d’une part aux positions ordonnées autour du pôle dominant, d’autre part à celles qui s’ordonnent autour du pôle dominé, enfin à celles qui se situent dans les zones intermédiaires de l’espace social.
a) Les stratégies dominantes :

d’une façon générale les agents en position dominante dans un champ tendent à adopter des stratégies défensives, favorables au statu quo et de nature à reproduire les rapports de force établis. Les dominants ont une propension au conservatisme d’autant plus forte que leur position est plus puissante et mieux assurée. On ne scie pas une branche sur laquelle on est assis ; on ne peut éprouver sérieusement le besoin de modifier en profondeur la logique d’un champ qui fonctionne à votre profit, à moins, bien sûr, que le changement, devenu nécessaire et irrépressible, ne s’intègre lui-même à une stratégie de reproduction et de conservation plus réaliste qui fait des concessions pour mieux conserver (on «lâche du lest», on «fait la part du feu», on «recule pour mieux sauter»).

Les dominants, du fait même de leur position, sont en accord profond avec le monde social tel qu’il est. Celui-ci est ce qu’il doit être puisqu’ils y exercent la domination qu’ils sont convaincus de mériter. Rares en effet sont les dominants qui, le préjugé naturaliste aidant, n’ont pas la conviction d’être pétris dans une pâte un peu spéciale, d’être porteurs de propriétés hors du commun, de dons, de charismes qui les mettent au-dessus du grand nombre, de façon distincte, distinctive et distinguée. Ils transforment ainsi leur essence sociale, c’est-à-dire l’identité que leur confèrent les verdicts plus ou moins arbitraires et hasardeux des institutions, en essence naturelle et personnelle, irréductible et ineffable. En étant comme ils sont, ils sont «comme il faut». Ils sont le devoir-être incarné. Ils constituent ce qu’il est convenu d’appeler des élites, des aristocraties, d’autant plus assurés de leur excellence que pour exceller continûment il leur suffit de rester eux-mêmes, sans ostentation et sans emphase.

L’observation des différents champs (et en particulier du champ des classes sociales) montre que les stratégies des agents dominants (et singulièrement de la fraction dominante de la classe dominante, la grande bourgeoisie) se caractérisent par la mesure, la sobriété, la discrétion. Quand on est réellement en position de force, surtout quand on l’est de longue date, on n’a pas besoin de faire étalage de sa puissance. Les dominants notoires sont suffisamment reconnus et autorisés, ils disposent d’un capital symbolique suffisant pour ne pas avoir à faire et refaire sans arrêt la preuve qu’ils sont bien ce qu’ils sont réputés être et que l’institution dit qu’ils sont. De sorte que la façon la plus distinctive de manifester la supériorité éclatante des moyens dont on dispose, c’est précisément de ne pas chercher à attirer l’attention, de ne pas se donner en spectacle. D’où le caractère habituellement réservé, pondéré et détendu des comportements des dominants que leur habitus détourne spontanément des pratiques les plus voyantes et de la recherche de l’effet par lesquelles les prétendants trahissent leurs prétentions et les parvenus leurs origines modestes. L’insistance pesante, la pose qui veut en imposer, l’enflure, la surenchère tapageuse, la provocation, l’agitation bruyante, l’éclat retentissant, sont des traits révélateurs de l’angoisse et de la tension engendrées par une légitimité insuffisante ou douteuse, chez ceux que leur position dominée -ou leur accession trop récente à une position dominante- condamne à «se faire remarquer», à «en rajouter» pour «être distingués» sans jamais être sûrs d’y parvenir tout à fait. L’agent dominant, au contraire, se sent sûr de lui, pleinement justifié d’être ce qu’il est. Cette certitude de soi-même est la racine commune de toutes ces propriétés emblématiques (discrétion, retenue, flegme, litote, aisance, élégance, etc.) caractérisant un art de vivre qui se reconnaîtrait sans doute dans ce que Valéry disait de l’art classique : «la perfection ne s’atteint que par le dédain de tous les moyens qui permettent de renchérir».

Cette tranquille assurance est aussi à l’origine du discours d’orthodoxie, discours de rappel à l’ordre que le m’as-tu-vuïsme insolent et dérangeant des nouveaux entrants finit par arracher aux dominants. Le discours d’orthodoxie consiste, en substance, à réactiver le nécessaire respect des règles du jeu, dont il importe de rafraîchir le souvenir chez ceux qui auraient tendance à les perdre de vue, en particulier chez les nouveaux venus qui manifestent des velléités de remise en cause de l’ordre établi dans le champ. Ce qui n’empêche nullement les dominants d’un champ de prendre eux-mêmes des libertés avec la règle du jeu. Là encore il s’agit d’une propriété de position intériorisée sous forme d’une disposition de l’habitus à agir en prenant avec le strict respect du code, de l’étiquette, des convenances, les distances que seul le virtuose accompli peut se permettre de prendre. Le dominant étant par essence un maître, un expert, un champion, reconnu comme tel, sa virtuosité même le met à l’abri de la tension, de la crispation pouvant aller jusqu’à l’inhibition totale qu’engendrent le souci d’être approuvé, la crainte du ridicule et l’angoisse du conformisme. Du coup la marque de la virtuosité du dominant devient sa capacité de jouer le jeu en jouant avec la règle du jeu, comme on peut le voir à l’évidence dans les comportements de condescendance, entre autres. Un grand bourgeois maîtrisant parfaitement le code des «bonnes manières» peut, à l’occasion, se permettre des familiarités de parole ou de geste avec son personnel domestique. Le domestique ne peut, lui, se permettre de se laisser-aller. Le même comportement qui serait une faute dans sa position devient chez son patron un témoignage de l’aisance propre à quelqu’un qui maîtrise tellement bien les règles, qui les a si bien incorporées et dont la supériorité est tellement reconnue, qu’il n’a plus besoin de se «surveiller», de se contraindre et de se censurer, comme un académicien célèbre qui s’autorise à utiliser des locutions populaires ou des expressions triviales dans la conversation avec le détachement tranquille de celui qui sait que personne n’ira le soupçonner de manquer de compétences linguistiques légitimes. Au contraire, les transgressions de la règle par les dominants ont toute chance de leur valoir un profit symbolique supplémentaire. On dira d’eux que «non seulement ils sont forts, mais en plus ils sont tellement simples», et ils réaliseront ainsi, sans même le rechercher expressément, le paradoxe de se mettre au niveau de leurs interlocuteurs devenus pour un instant leurs pairs, sans amoindrir si peu que ce soit la supériorité statutaire de leur position, une telle stratégie permettant de jouer gagnant à la fois sur le tableau de la distinction et sur celui de la légitimité. Les dominants peuvent se permettre des accommodements avec les grands principes dictés par un sens du compromis qui est un trait de leur habitus. Familiarisés avec tous les aspects du commandement, de la gestion, ils savent d’expérience que le bon gouvernement d’un champ implique de savoir négocier et faire le cas échéant les concessions ou les entorses qui s’imposent, avec souplesse et réalisme, pour mieux préserver l’essentiel, à savoir leur domination. Tous les dominants s’accorderaient avec le grand-bourgeois Buddenbrook pour reconnaître la nécessité d’admettre des «tolérances»(3), qui, au regard d’une stricte orthodoxie, ne seraient pas «tout à fait irréprochables». Du coup ils offrent à des prétendants dominés, condamnés par position à être impeccables, la possibilité de développer, sur le thème du nécessaire «retour aux sources», des stratégies de dénonciation et de moralisation qui consistent à retourner le discours d’orthodoxie contre les dominants en les accusant de «trahir» la pureté de l’idéal originel et de tomber dans la compromission. Les prétendants s’efforcent ainsi à la fois de discréditer les dominants et de s’ériger eux-mêmes en défenseurs intransigeants de l’intégrité d’un jeu dans lequel, à la morale de l’intérêt qui est celle des dominants, ils peuvent opposer leur propre intérêt à et pour la morale.

De ce que le jeu avec la règle du jeu est un trait typique des pratiques de dominants il faut toutefois se garder de conclure que les dominants ne sont pas sincèrement convaincus du bien-fondé de la règle, du sérieux du jeu et de ses enjeux. Les marques de désinvolture, les concessions et les transgressions, ne sont pas forcément des signes de tiédeur dans l’adhésion mais plutôt une façon qui se veut plus «intelligente» et détendue d’appliquer les règles, dans leur esprit plutôt que dans leur lettre. Cette distance au rôle n’interdit nullement aux dominants de se percevoir comme exemplaires et de «donner l’exemple» qui conditionne et entretient la reconnaissance. Faisant là encore de nécessité vertu, leur habitus les incline à s’imposer eux-mêmes ce que leur assigne leur essence sociale. La devise de l’aristocratie d’Ancien Régime, «noblesse oblige», est celle de toutes les noblesses, de toutes les élites, obligées par leur position même de se montrer «à la hauteur» en toutes circonstances, et de se faire un devoir de ce qu’à la limite personne d’autre ne les croirait tenues de faire.

Bien évidemment tous les agents des classes supérieures ne disposent pas des mêmes moyens de domination et nous avons déjà vu que, selon la structure de répartition des différents capitaux, c’est-à-dire plus précisément selon le rapport entre capital économique et capital culturel, on peut distinguer pour le moins une fraction dominante, plus riche en capital économique qu’en capital culturel et une fraction dominée, plus riche en capital culturel qu’en capital économique, constituée essentiellement par les diverses catégories intellectuelles et artistiques. Il s’agit là d’une des oppositions les plus importantes du monde social. En effet ces deux grandes fractions de la classe dominante détiennent, l’une l’essentiel du pouvoir temporel, l’autre l’essentiel du pouvoir symbolique, et cette division du travail de domination a pour effet de les faire fonctionner dans un rapport de frères-ennemis, à la fois solidaires et concurrents, complémentaires et antagonistes, cette opposition s’incarnant sous sa forme peut-être la plus exemplaire dans les personnages du patron d’entreprise et du professeur (ou encore de l’artiste d’avant-garde).

Selon les circonstances, les dominés de la classe dominante adoptent des stratégies qui, schématiquement, sont tantôt commandées davantage par leur intérêt générique, à savoir par leur appartenance aux dominants, tantôt commandées davantage par leurs intérêts spécifiques, à savoir les intérêts liés à leur position de dominés. En tant que dominants, ils font cause commune avec les autres et assurent efficacement leur part du travail de domination, non pas d’ailleurs au nom de l’intérêt de la seule classe dominante, mais généralement au nom de valeurs qu’ils perçoivent et promeuvent comme universelles. Dans la mesure où ils sont dominés et souvent mal traités par les autres dominants, ils peuvent être conduits à sympathiser diversement avec certaines fractions des classes dominées, à l’intention desquelles ils déploient des stratégies de séduction et d’alliance qui leur permettent de s’appuyer sur une base sociale solide dans leur lutte contre les autres dominants, en particulier sur le plan des luttes politiques où les intellectuels les plus dominés ont toutes chances de se transformer en représentants, porte-parole et délégués des classes populaires ou de la petite-bourgeoisie dont la confiance et le soutien leur permettent d’obtenir pleinement la reconnaissance qui leur est mesurée, voire refusée, par les autres dominants.

Mais si ces stratégies d’alliance ont souvent pour origine l’antagonisme entre fractions dominantes et fractions dominées des classes dominantes, elles peuvent avoir aussi pour origine la concurrence que se livrent inévitablement entre elles les différentes catégories d’agents du monde intellectuel et artistique. En effet, dans tous les champs et sous-champs de la vie culturelle, intellectuelle, artistique, politique, ces catégories sont engagées dans une concurrence acharnée pour le monopole du pouvoir symbolique qui en est l’enjeu spécifique par excellence. Comme on peut s’en douter, on trouve à l’intérieur de ces fractions dominées, une inégale répartition du capital spécifique, avec des agents en position dominante et des agents en position dominée.

Les dominants sont ceux qui ont réussi à imposer (contre leurs prédécesseurs) une nouvelle définition légitime dans tel ou tel domaine des pratiques intellectuelles et artistiques (nouvelle théorie, nouveau dogme, nouvelle méthode, nouveau style, etc.). Bref, ce sont les partisans et les défenseurs d’une orthodoxie (religieuse, politique, esthétique, juridique, morale, etc.) par rapport à laquelle toute innovation risque d’apparaître comme une hérésie dangereuse. Tout nouvel entrant dans un champ intellectuel ou artistique a donc le «choix» entre deux types de stratégie opposés : ou bien il adopte une stratégie de succession qui consiste à se soumettre à l’orthodoxie, à intérioriser les modèles dominants, et à faire patiemment l’apprentissage de la domination sous le patronage des dominants. Dominants et candidats respectueux à la succession trouvent également leur compte dans cet échange de reconnaissance, les uns en s’assurant l’obéissance et la fidélité des aspirants à la domination, les autres en s’assurant la caution et la protection des titulaires et la garantie que, le moment venu, la passation des pouvoirs s’effectuera à leur profit (toutes les «élites» fonctionnent de cette façon-là, en recrutant leurs membres, par sélection et cooptation, parmi des héritiers dûment façonnés et prédisposés). Ou bien alors le nouvel entrant, à défaut d’être un héritier, se comporte en hérétique et s’engage dans une stratégie de subversion. Un agent subversif est un agent qui, en règle générale, «n’a rien à perdre» à tenter d’imposer d’un seul coup son autorité, sans attendre la reconnaissance octroyée par les dominants. Il s’agit en l’occurrence de réaliser sans délai une accumulation de capital initial qui demande habituellement plus de temps (les formations aristocratiques sont toujours plus longues que les autres). Ces «jeunes loups» pressés, qui «pour leurs coups d’essai veulent des coups de maître», se livrent en fait à de véritables coups de force symboliques qui, lorsqu’ils réussissent, les propulsent dans les sphères dominantes au détriment de certains dominants et de leurs successeurs désignés. Les stratégies de subversion ne vont évidemment pas sans perturber plus ou moins profondément l’ordre établi dans le champ, dans la mesure où elles impliquent une rupture plus ou moins radicale avec les définitions légitimes, les règles canoniques, les modèles académiques, les taxinomies officielles et autres expressions de l’orthodoxie régnante. Aussi sont-elles généralement combattues avec vigueur par les dominants et dénoncées par eux comme d’intolérables menaces pour le champ tout entier. En réalité, comme nous l’avons vu précédemment, la logique de fonctionnement d’un champ est indissociablement consensuelle et conflictuelle. Il y a inévitablement dans la population du champ une proportion variable d’agents, dominés de préférence, animés d’une volonté de subversion dont l’expérience montre qu’elle va rarement jusqu’à la consommation intégrale de la rupture. L’objectif essentiel des stratégies de subversion c’est la hiérarchie existante et non pas les principes mêmes qui sont au fondement de la hiérarchie. Dans les champs fonctionnant au capital symbolique plus encore que dans les autres, il convient de se méfier des apparences. Il est plus facile qu’ailleurs d’y faire figure de révolutionnaire, mais les stratégies de subversion y sont plutôt des révolutions de palais, ou mieux, des sacrilèges rituels, c’est-à-dire des pratiques qui donnent l’apparence d’attenter aux valeurs dominantes mais qui, loin de désacraliser le jeu et ses enjeux, contribuent en définitive à renforcer leur caractère sacré et à alimenter la foi dans les valeurs fondamentales du champ. On pourrait, parmi bien d’autres illustrations, évoquer l’histoire du champ artistique où les rapports entre générations d’artistes vont traditionnellement sur le mode de l’anathème, de l’excommunication et de l’exclusion réciproque, sans que le fonctionnement du champ en soit affecté, bien au contraire, car les concurrents les plus féroces participent, par leur concurrence même, à la concélébration fétichiste des valeurs transcendantes de l’Art éternel et universel.

Le propre des pratiques culturelles et artistiques étant d’être des pratiques symboliques c’est-à-dire de consister essentiellement en une production — et une consommation — de sens (au moyen de mots, signes, images, formes, et autres signifiants dont on peut manipuler la signification à l’infini), on conçoit qu’elles se prêtent mieux que toutes autres aux surenchères distinctives de la part des agents en compétition, engagés dans une escalade dont le principe consiste à affirmer sa différence en niant ou en annulant symboliquement la différence précédemment imposée par d’autres concurrents. Mais la même logique qui pousse certains agents à adopter une stratégie de contre-pied, les expose inévitablement à être eux-mêmes, à terme, pris à contre-pied. D’où la prolifération des chapelles, écoles, sectes, obédiences, courants, tendances, cénacles, artistiques,religieux, philosophiques, politiques, etc., qui, à partir d’une même source d’inspiration originelle, en arrivent à s’opposer sur des différences de plus en plus ténues et d’autant plus âprement défendues qu’elles risquent d’être plus insignifiantes, vues objectivement. (Que l’on songe par exemple à l’extraordinaire morcellement des écoles psychanalytiques nées des divergences d’interprétation des mêmes théories freudiennes, au foisonnement des églises chrétiennes réformées, à l’extrême diversité des courants marxistes, aux multiples manières de concevoir et de pratiquer le libéralisme, le socialisme, l’idéalisme philosophique, le réalisme esthétique, etc., pour s’en tenir à quelques exemples spectaculaires.)

Ce sont ces stratégies de contre-pied qui, de négation en négation de la négation, sont à l’origine de convergences, de rencontres, de collusions symboliques qui, de prime abord, peuvent paraître assez étranges, comme celles de certains artistes ou intellectuels d’avant-garde qui, à force de vouloir s’éloigner de ce qu’ils perçoivent et définissent comme une mentalité «bourgeoise», un goût «pompier», un style «académique», etc., sont conduits à adopter une démarche populiste, c’est-à-dire à aller chercher leur inspiration et leurs modèles du côté des classes populaires auxquelles ils empruntent des pratiques qui jusque-là étaient plutôt perçues comme vulgaires ou grossières, et donc plutôt stigmatisantes au regard des normes légitimes. Mais ils les transfigurent, les ennoblissent en les combinant avec des formes plus raffinées, plus élaborées, plus savantes, à la façon par exemple dont les musiciens de cour du XVIIe siècle (comme Lulli) ont emprunté à la culture paysanne cette danse sautillante et sans prétention qu’était le menuet pour en faire une structure musicale nouvelle, sans rapport avec la danse paysanne, en l’intégrant dans la forme savante de la suite (XVIIe) puis de la sonate (XVIIIe), ou encore à la façon dont les écrivains (comme Honoré d’Urfé et Mlle de Scudéry) ont introduit dans la littérature romanesque de la même époque, des bergers et des bergères qui échangent des propos amoureux et dialoguent avec distinction dans la langue des beaux esprits des salons parisiens. De nos jours, le populisme des intellectuels et des artistes est tout aussi réel, et il se manifeste dans toutes sortes de stratégies de récupération, de restauration et de réhabilitation des propriétés appartenant (ou ayant appartenu) au «petit peuple» des villes et des campagnes : habitations, mobilier rustique, vêtements, musiques et danses «folkloriques», recettes culinaires, cérémonies et rituels, façons de parler dialectales, etc. Il s’agit là d’un bricolage symbolique, c’est-à-dire de la production pour les besoins de la concurrence interne dans des champs où les classes populaires n’accèdent guère, d’un objet nouveau à partir de l’assemblage de bouts et de morceaux détachés d’une culture populaire et qui n’ont plus aucun rapport avec leur ensemble d’origine, (cf. par exemple l’«invention» de l’Occitan et de l’Occitanie par les théoriciens régionalistes militants, à partir de dialectes et de territoires qui ont certes existé historiquement mais qui n’ont jamais eu cette unité culturelle ni politique).

On ne saurait terminer l’examen des stratégies dominantes sans dire un mot des stratégies d’alliance matrimoniale, qui jouent un rôle particulièrement important parmi les stratégies de reproduction : elles servent en effet à assurer la reproduction biologique du groupe sans mettre en péril sa reproduction sociale (sa position) par des mésalliances. Elles visent donc à unir les membres d’un groupe dominant aux membres d’un groupe au moins équivalent sous tous les rapports pertinents.

Naguère encore les mariages étaient arrangés par les familles. Aujourd’hui certes on tient compte davantage des inclinations et des sentiments personnels, mais le risque de mésalliance reste minime, d’abord pour la raison fondamentale que les jeunes gens et les jeunes filles de la bonne bourgeoisie ont un habitus dûment façonné et fortement structuré par leur socialisation spécifique, ensuite parce que toutes les précautions sont prises pour rendre hautement improbables des rencontres imprévues en dehors du milieu de la bonne société (cf. par exemple l’institution des rallyes). Si on y ajoute que les familles bourgeoises sont en général nombreuses, ramifiées, avec une parentèle étendue, on ne s’étonne pas que les stratégies matrimoniales présentent une très forte homogamie, avec une proportion élevée de redoublements d’alliance et de mariages consanguins. Ainsi se sont constituées et se maintiennent des lignées, des dynasties qui font de la bourgeoisie de vieille souche, la noblesse de l’époque contemporaine.

b) Les stratégies dominées :

s’agissant des agents les plus dominés du champ des classes sociales, c’est-à-dire des classes populaires, le faible volume des capitaux qu’ils détiennent, en tous domaines, et leurs conditions objectives d’existence caractérisées par le poids plus ou moins contraignant de la nécessité (et d’abord de la nécessité économique), entraînent que leurs pratiques ont pour principe le choix du nécessaire. En d’autres termes, leur habitus les incline à opérer de façon systématique des choix, à exprimer des goûts, des opinions, qui sont en conformité avec la modestie de leur condition. Les gens «simples», les «petites gens», comme on les appelle, ont des stratégies à la mesure de leurs moyens. Grâce à leur intuition pratique de ce qui leur est accessible et inaccessible et à leur évaluation spontanée des chances de profit qui sont les leurs, ils sont généralement à l’abri des tentations démesurées, des ambitions exorbitantes et ils parviennent à s’accommoder de leur situation, satisfaits d’être ce qu’ils sont. D’autant plus satisfaits que pour l’immense majorité des agents des classes populaires, l’expérience de la misère et de l’insécurité n’est jamais très éloignée dans le temps ni dans l’espace social. Ils ont souvent connu eux-mêmes le dénuement, la détresse matérielle, ou alors ce sont leurs parents, leurs proches, leurs amis. Leur mémoire personnelle (et collective) est pleine de souvenirs de la condition terrible des sous-prolétaires dont leur famille a réussi un jour à sortir et où ils redoutent toujours d’avoir à replonger. Au fond, pour eux, la réussite sociale consiste non pas tant à se promouvoir vers des positions supérieures qu’à éviter de retomber dans une condition inférieure, au-dessous du «seuil de pauvreté», celle du «quart-monde», par rapport à laquelle gagner honnêtement sa vie, avoir «une bonne place», manger à sa faim, «avoir la santé», constituent d’inappréciables privilèges.

C’est ce qui explique le réalisme des stratégies populaires, gouvernées plus que toutes autres par le principe de conformité (conformité aux attentes du groupe et à la position occupée). Sans avoir le plus souvent le sentiment douloureux d’être frustrés, de s’automutiler, les agents des classes populaires s’interdisent spontanément ce qui leur serait de toute façon refusé socialement. Ils ne cherchent pas à «décrocher la lune» dans quelque domaine que ce soit. Il y a d’ailleurs peu de domaines de la vie sociale auxquels les classes populaires aient pleinement accès objectivement et où par conséquent elles pourraient avoir subjectivement un réel désir d’accéder. Dans nombre de champs sociaux, les classes populaires sont soit totalement absentes, soit présentes par procuration, comme on peut le voir avec une évidence particulière dans les champs fonctionnant principalement au capital symbolique ( dans ses différentes variétés intellectuelles, artistiques et politiques). Rien n’est plus symptomatique de cette exclusion à la fois objective et subjective que le maigre bilan —quand ce n’est pas dans bien des cas le fiasco complet— en matière de participation du public populaire, de toutes les entreprises culturelles pieusement intentionnées qui s’efforcent (par expositions, représentations, formations, etc.) de faire accéder «le peuple» aux pratiques et aux consommations culturelles les plus légitimes.

Si les stratégies populaires sont aussi «raisonnables», c’est que l’habitus populaire a profondément intériorisé la logique des rapports de domination qui,nous l’avons vu, implique l’adhésion des dominés à l’ordre établi et s’inscrit chez eux sous forme d’une disposition à l’acceptation, à l’obéissance et au respect des distances sociales. Les classes supérieures ont d’ailleurs toujours tiré le meilleur parti (pour elles) de cette disposition fondamentale des classes populaires à se laisser maneuvrer, entretenue par des contreparties éventuelles, réactivée par des miettes de profit matériel et /ou symbolique. Et de l’Antiquité à nos jours, on a souvent vu dans l’histoire se produire un phénomène de mobilisation des fractions les plus démunies, les plus misérables des classes populaires, en faveur des puissants, des riches, des maîtres (4). Ce qui peut s’expliquer aisément : le sous-prolétariat agricole ou industriel est constitué d’agents qui se trouvent non seulement dans un extrême dénuement matériel mais aussi dans une extrême pauvreté idéologique. Privés des instruments symboliques qui leur permettraient de théoriser leur expérience, et d’analyser la réalité, ils connaissent le comble de la dépossession qui est de ne même pas pouvoir comprendre qu’ils sont dépossédés. Cet état d’aliénation leur interdit de se constituer en groupe-pour-soi ayant une identité commune et corollairement une solidarité et une cohésion. Atomes sociaux isolés, ils dérivent dans l’espace social, prêts à céder à l’attraction du plus minime des profits immédiats que les démagogues de toute envergure ne manquent pas de leur faire miroiter. Dans leurs luttes internes pour s’emparer des leviers du pouvoir, les fractions concurrentes des classes dominantes se sont souvent servi de ces cohortes de nécessiteux marginalisés par la faillite, la misère, la solitude, le chômage, l’analphabétisme, pour en faire une masse de manoeuvre utile à la réalisation de leurs ambitions» En particulier les classes dominantes s’efforcent de dresser le sous-prolétariat contre les fractions les plus avancées idéologiquement des classes populaires et les plus contestataires. Cette opération de division des dominés n’a cessé de faire la preuve de son efficacité depuis les patriciats de l’Antiquité gréco-latine jusqu’aux bourgeoisies latino-américaines, en passant par la bourgeoisie bonapartiste du XIXe siècle ou la bourgeoisie nazie du XXe.

Au demeurant, l’existence dans les classes populaires de fractions éclairées, progressistes, parvenues à la conscience de leur identité et à la définition d’une stratégie de lutte autonome, prouve que ces classes ne forment pas un ensemble amorphe, indifférencié, uniformément et passivement soumis à la domination des classes supérieures. Mais il faut bien constater que la fraction parvenue à une vision critique de l’ordre social est loin de constituer une majorité et qu’elle a bien du mal à mobiliser l’ensemble des dominés sur des mots d’ordre spécifiques. Cela s’est produit à certains moments de l’Histoire, dans des périodes révolutionnaires, ou d’intense lutte sociale, et ces grandes mobilisations populaires, parfois en alliance avec d’autres forces, ont imposé des rapports de forces et par voie de conséquence des changements importants dans l’organisation sociale. En France, 1789 fut l’un de ces temps forts, avec 1848, La Commune, 1936, etc. On comprend aisément qu’aux yeux des dominants, l’existence chez les dominés de fractions capables de contester rationnellement et durablement l’ordre établi, constitue un danger qu’il faut se garder de négliger et qu’il convient de combattre le cas échéant par tous les moyens.

Un des grands enjeux des luttes sociales (en particulier des luttes idéologico-politiques) c’est, aujourd’hui comme hier, de réussir à enrôler la grande masse des classes populaires sous la bannière du maintien de l’ordre social ou au contraire sous celle du changement. Mais les structures de l’habitus étant ce qu’elles sont, il semblerait que les classes populaires forment encore aujourd’hui un public dans l’ensemble plus disposé à entendre les variantes modernistes du discours traditionnel d’euphémisation et de célébration de l’ordre établi qu’un discours de dénonciation et de subversion.

En résumé, l’analyse des stratégies des agents des classes populaires conduirait à un tableau assez nuancé selon la position et la trajectoire des agents dans la structure de répartition des capitaux à l’intérieur de ces classes sociales. Il est sûr, par exemple, que la probabilité de voir ces agents adopter une démarche critique et explicitement politisée augmente en fonction du volume du capital culturel détenu, bien qu’il n’y ait pas de lien automatique (nous y reviendrons dans le prochain chapitre). Mais si l’on devait s’en tenir aux propriétés les plus répandues dans les classes populaires, il faudrait souligner la propension à faire de nécessité vertu, à s’accommoder de son destin social, entretenue par les immanquables et incessants rappels à l’ordre que les groupes populaires adressent à ceux de leurs membres qui, à l’occasion, se laissent aller à transgresser les interdits et à manifester des prétentions, à «faire des chichis», à «prendre la grosse tête», etc., ces sanctions et mises en demeure diverses contribuant efficacement à l’homogénéisation de l’univers social populaire et à l’ effet de clôture qui en découle.
c) Les statégies moyennes :

quand on entreprend l’examen des stratégies des classes moyennes, il est bon d’avoir à l’esprit que celles-ci aussi comportent des fractions différentes et qu’en toute rigueur, il conviendrait de distinguer entre les dispositions caractéristiques de la petite-bourgeoisie traditionnelle et celles de la petite-bourgeoisie d’exécution ou celles de la petite-bourgeoisie nouvelle. Mais sans entrer dans l’examen détaillé de leurs différences, il est possible de montrer ce que les stratégies de ces différentes fractions ont en commun et qu’elles doivent à une raison fondamentale : elles sont commandées par un habitus qui, dans tous les cas, est celui d’agents occupant des positions intermédiaires, échelonnées dans une zone moyenne, une espèce d’entre-deux social entre le pôle dominant et le pôle dominé de la structure des classes sociales. Cette situation objective commune a, entre autres conséquences importantes, celle d’obliger les agents des classes moyennes à se définir en permanence par le double rapport aux classes supérieures et aux classes inférieures (c’est-à-dire populaires). La logique de la distinction leur impose de maintenir et si possible d’accroître la distance qui les sépare de celles-ci, et de diminuer en même temps la distance qui les sépare de celles-là. Le petit-bourgeois est, par essence sociale, un prétendant, doublement tendu, d’une part par sa crainte d’être rejoint, de se voir dévaloriser par la divulgation de ses propriétés (la hantise du nombre) et d’être englouti dans le flot nombreux et obscur des «masses populaires», d’autre part par son ambition d’acquérir des propriétés plus rares, plus distinctives, de s’élever vers des positions supérieures et d’accéder à la bourgeoisie.

Il s’ensuit que les stratégies des classes moyennes présentent fréquemment un aspect subversif, une tonalité contestataire. Contestation qui peut revêtir les formes les plus diverses, y compris les plus radicales en apparence, mais qui relève en général plutôt de l’opposition dans le système que de l’opposition au système. Ce qui, au demeurant, est logique : le prétendant au titre ne peut pas vouloir sérieusement contester l’existence du titre ; il ne peut que vouloir se mettre à la place du titulaire ou partager le titre avec lui. Au-delà de ses intérêts spécifiques le prétendant a un intérêt générique puissant en commun avec les occupants des positions supérieures : l’intérêt au maintien de l’ordre établi, des hiérarchies existantes, à l’intérieur desquelles il aspire à se promouvoir davantage, en empruntant d’ailleurs aux bourgeois dominants certains traits de leur style de vie et en contribuant ainsi à diffuser ces modèles dominants dans tout le corps social.

Il n’en demeure pas moins que la distance entre les classes moyennes et les classes supérieures est considérable. Les capitaux détenus par les unes sont sans commune mesure avec les capitaux accumulés par les autres. Les membres des différentes fractions de la petite-bourgeoisie ne sont ni immensément riches ni supérieurement instruits, ils n’occupent pas des postes de responsabilité très élevés, ils n’ont pas des héritages économiques et culturels impressionnants. En conséquence, leurs prétentions à accéder à des positions supérieures se heurtent à des obstacles nombreux et parfois insurmontables. Aussi sont-ils constamment obligés d’en rabattre et de se contenter d’une apparence plus ou moins illusoire de supériorité. Ils deviennent des praticiens du faux-semblant et du vraisemblable, des consommateurs de simili, avides des signes extérieurs et des symboles apparents d’une domination temporelle et spirituelle à laquelle ils n’ont pas réellement les moyens matériels et culturels d’accéder pleinement. D’où la fréquence des stratégies de bluff caractéristiques des classes moyennes, toujours préoccupées de se mettre en scène pour donner la représentation la plus valorisante possible de leurs propriétés (5). S’il y a un univers social qui évoque l’illusion théâtrale, c’est bien celui des classes moyennes, dans lequel les agents ne sont pas vraiment ce qu’ils donnent l’apparence d’être, cette comédie sincère, ce mentir-vrai, exprimant le décalage entre l’importance sociale que ces agents se donnent à eux-mêmes (ou, si l’on préfère, leurs prétentions) et l’importance qui leur est reconnue effectivement par les institutions et les autorités légitimes. Et comme la reconnaissance sociale s’exprime, entre autres signes, par des appellations contrôlées, des labels et des titres officiels, on comprend pourquoi les agents des classes moyennes, dans leurs efforts pour se mettre en scène et en valeur, accordent tant d’importance aux appellations qui servent à désigner leurs positions et leurs fonctions, par exemple leurs catégories socio-professionnelles (6). Il est connu, en effet, que selon l’intitulé employé pour la désigner, une pratique peut gagner ou perdre en prestige social et donc rapporter une plus-value symbolique différente.

Certes, tous les agents sociaux sont obligés, plus ou moins, de faire de la mise en scène. Mais la propension à en faire est moins nette dans les classes supérieures et dans les classes populaires que dans les classes moyennes ; dans les classes populaires parce qu’on y est «modeste» (en moyens d’existence et en prétentions) et qu’on accepte plus facilement d’être ce que l’on est visiblement, d’où le franc-parler, le franc-manger, le style «à la bonne franquette» ; et dans les classes supérieures, parce que disposant des moyens réels d’assurer une légitime supériorité on peut se permettre de cultiver une aristocratique «simplicité». Les agents des classes moyennes au contraire sont constamment poussés à «en faire trop» de peur de ne pas en faire assez, et à tomber dans la surenchère. Il est significatif à cet égard que les métiers de la communication, de la relation, de la présentation et de la représentation, attirent particulièrement aujourd’hui les membres de la petite-bourgeoisie que leur habitus prédispose à recourir à toutes les technologies du faire-voir et du faire-savoir, pour produire et reproduire un produit qui n’est rien d’autre que leur propre style de vie érigé en modèle, et pour promouvoir le besoin de ce style de vie.(7)

Ce besoin de paraître exprime à sa façon, spectaculaire, une volonté d’ascension sociale qui s’actualise de manière moins évidente mais tout aussi caractéristique dans les stratégies de fécondité des classes moyennes. A la différence des classes populaires et de la bourgeoisie dominante, les petits-bourgeois ont peu d’enfants (moins de deux par ménage, en moyenne). La limitation des naissances, qui est la forme la plus élémentaire et la plus spontanée du numerus clausus, traduit bien la tension et les prétentions inscrites dans l’habitus de ces agents que leurs ambitions mêmes, leur désir de promotion, obligent à concentrer les moyens dont ils disposent et leurs investissements éducatifs sur le minimum de têtes.

En résumé on pourrait dire que les stratégies des classes moyennes ont pour dénominateur commun leur situation en porte-à-faux dans la structure des classes sociales. Ni dominants, ni dominés, mi-dominants, mi-dominés, les petits-bourgeois, portés par des dispositions contradictoires à la fois à accepter et à contester l’ordre existant, sont conduits à jouer, dans la reproduction de celui-ci, un rôle ambivalent, en ce sens qu’ils contribuent efficacement par leur travail d’encadrement, de formation et de manipulation symbolique à intégrer l’ensemble des dominés et à les soumettre à la domination des classes supérieures, et qu’en même temps, encouragés par la légitimité que leur confère la reconnaissance de leur supériorité par les classes populaires, ils entretiennent avec les classes supérieures une relation à la fois fascinée et agressive, où les meilleurs sentiments sont toujours mêlés de ressentiment, dans la logique du dépit amoureux.

A la fin de ce chapitre consacré aux stratégies , il est bon d’insister encore une fois sur la nécessité d’écarter toute interprétation intellectualiste et volontariste de ce concept qui tendrait à faire des investissements des agents le produit d’un calcul explicite et délibéré mettant consciemment en relation des moyens et des fins. S’il faut constamment réitérer cette mise en garde c’est parce que le langage courant à lui seul entretient un contresens permanent sur la nature exacte de nos stratégies en les décrivant dans des termes connotant l’intentionnalité, en parlant de «buts», de «visées», etc. Si nos investissement sont stratégiques, c’est bien parce qu’ils sont finalisés, mais leur finalité est le plus souvent objective, sans intention expresse. Cet apparent paradoxe s’explique, nous l’avons vu , par la nature même de l’habitus, structure interne de subjectivité qui, parce qu’elle se constitue par intériorisation des structures objectives externes, est capable d’engendrer spontanément des pratiques pertinentes et adaptées, raisonnables sans être raisonnées, c’est-à-dire obéissant à une rationalité implicite, inscrite dans l’habitus même. Ce qui explique pourquoi les agents, même les plus enclins à l’auto-analyse, sont si souvent embarrassés par la question de savoir pour-quoi ils font ce qu’ils font. En s’inspirant de la formule célèbre de Pascal, on pourrait dire que l’habitus a des raisons que la raison ignore.

(1) A cet égard, l’habitus peut se définir comme un système de compétences, au double sens du terme (savoir-faire et aussi droit socialement reconnu à exercer ce savoir-faire).

(2) Nous avons vu plus haut que la réponse de Fhabitus peut – à cause de son mouvement inertiel – prendre du retard sur l’évolution du champ et par conséquent ne plus être adaptée à la situation. Ainsi par exemple les membres des groupes en déclin social peuvent être conduits par la nostalgie de leur puissance passée à adopter ce qu’on pourrait appeler la stratégie d’Alceste, Le Misanthrope de Molière, qui, au milieu d’une noblesse devenue courtisane, totalement soumise au bon plaisir du roi, s’obstine à vouloir se comporter en «homme d’honneur», c’est-à-dire conformément à la morale de l’ancienne noblesse, ce qui finit par le rendre inadapté à la vie de cour et par là-même insupportable à son entourage.

(3) «II y a dans la vie moderne des affaires, des choses qu’on est convenu d’appeler des tolérances…Une tolérance, comprends-tu, c’est une manoeuvre qui n’est pas tout à fait irréprochable, qui ne se conforme pas tout à fait à la loi écrite et qu’un esprit profane juge déloyale, mais qui cependant, par un accord tacite, est admise couramment dans le monde des affaires. La ligne de démarcation entre tolérance et délit est très difficile à tracer…N’importe…» Thomas MANN, Les Buddenbrook, Points, Fayard, p.457.

(4) On voit aussi se produire constamment des flambées de violence meurtrière contre les maîtres (révoltes d’esclaves, jacqueries paysannes, émeutes,etc.) Celles-ci ne contredisent pas vraiment l’affirmation de la tendance à la soumission. En effet ces violences explosives ne s’inscrivent pas dans une stratégie de conquête du pouvoir, elles ne contestent pas la domination dans son principe même. Ce sont des réactions sans projet et sans lendemain à un excès d’oppression.

(5) La société américaine offre à cet égard un terrain d’observation privilégié à cause du développement des classes moyennes aux Etats-Unis. Mais cet aspect important de l’american way of life a été depuis longtemps importé et adopté dans les sociétés européennes occidentales. Et cette diffusion culturelle doit justement beaucoup à la volonté de distinction d’une petite-bourgeoisie nouvelle soucieuse d’optimiser son look et de donner l’image la plus favorable d’elle même.

(6) II peut paraître insignifiant et même dérisoire à première vue de s’intituler «kinésithérapeute» plutôt que «masseur», «artisan d’art» plutôt que «potier», «artiste capillaire» ou «visagiste» plutôt que «coiffeur», mais dans la logique de la distinction symbolique cela cesse d’être indifférent ou ridicule, tout comme il est préférable de s adonner à des activités désignées par des termes anglo-américains (mailing, marketing, body-building, etc., quand ce n’est pas «brioching»!) plutôt que par des termes banalement français.

(7) Pour être tout à fait précis, il faudrait nuancer le propos en fonction des différentes fractions de la petite-bourgeoisie. On trouvera un tableau plus détaillé de leurs styles de vie en annexe, à la fin de l’ouvrage.

Voir encore:

Cérémonie de naturalisation en niqab au Canada : les ravages du relativisme culturel

Le Figaro

09/11/2015

FIGAROVOX/TRIBUNE – Zunera Ishaq est devenue canadienne à visage couvert, prêtant le serment de citoyenneté en niqab. Alban Ketelbuters estime que l’Occident assiste à la montée en puissance d’un islam conquérant dans la sphère publique sans condamnation des progressistes et des féministes.


Alban Ketelbuters est doctorant en Histoire & civilisations à l’Ecole des hautes études en sciences sociales; et doctorant en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).


Si le niqab était promu par des intégristes catholiques, l’immense majorité des progressistes et des féministes l’auraient condamné. Beaucoup de ceux qui se montrent intraitables avec la violence machiste orchestrée par des mâles blancs de culture chrétienne, qui font le plus souvent l’objet d’une condamnation immédiate et unanime, se font beaucoup plus discrets, nuancés et compréhensifs quand il s’agit d’hommes et de femmes non blancs de culture islamique. Dans une société qui dénonce à l’envi la «culture du viol», un étendard pornographique aussi archaïque et avilissant que le niqab, vecteur d’une idéologie fasciste, qui met en scène de manière aussi caricaturale l’infériorité du sexe féminin, ne mériterait aucun débat universitaire ou politique digne de ce nom.

Le relativisme culturel s’est tellement propagé en Amérique du Nord que l’on peut désormais prêter serment le visage dissimulé. Une telle exaltation de l’obscurantisme religieux ne revient-elle pas à gifler ces millions de femmes qui, dans les pays du Moyen et du Proche-Orient, du Maghreb, d’Afrique et d’Asie luttent au péril de leurs vies pour s’en affranchir? Pire, elle alimente l’amalgame qui consiste à ne plus distinguer, chez les musulmans, les démocrates laïques des intégristes réactionnaires.

Alors qu’un islam politique, impérialiste et totalitaire ne cesse de croître à l’échelle du monde, beaucoup de progressistes et de féministes ont rendu le climat social encore plus malsain à travers des prises de position contre-nature vis-à-vis des principes et des idéaux dont ils se réclament. Quand celles et ceux qui sont supposés défendre l’idée de progrès, la justice sociale, l’égalité (entre les peuples, entre les sexes), l’instruction, la culture et l’émancipation du plus grand nombre s’accommodent volontiers du sectarisme religieux, défendent le voilement des cheveux, du corps et du visage d’une partie de la population, procèdent à une dénonciation à géométrie variable du patriarcat et renoncent à promouvoir la laïcité, il est légitime et nécessaire de s’interroger sur la crédibilité et la nature de cette «gauche».

Quand des progressistes n’osent pas dénoncer le niqab en tant qu’il véhicule une idéologie sectaire d’extrême droite, ou quand des féministes qui traquent la moindre plaisanterie machiste et dénoncent quotidiennement (et à juste titre) les résidus patriarcaux à l’œuvre dans la société, mais sont incapables du moindre examen probant vis-à-vis d’une telle aberration démocratique, il ne faut pas s’étonner que le progressisme et le féminisme soient l’objet d’un désamour grandissant et de critiques virulentes.

Comme l’a écrit Fethi Benslama dans sa Déclaration d’insoumission à l’usage des musulmans et de ceux qui ne le sont pas (Flammarion, 2005), «si la logique du patriarcat gouverne l’Islam à l’instar d’autres civilisations, elle revêt néanmoins, dans son système, des caractéristiques qui la rendent plus virulente, plus cruelle, plus difficile à ébranler […] L’inégalité instituée, le ravalement légitimé des femmes par la loi théologique sont des faits patents». Et le psychanalyste d’ajouter que «l’islamisme radical a trouvé à travers le voile le moyen retors de faire revenir la honte du corps féminin dans l’espace public».

Pourquoi vouloir débusquer la moindre inégalité et se taire face à la plus spectaculaire d’entre elles? Pourquoi livrer les citoyens de culture ou de confession musulmane, vivant en conformité avec les mœurs des pays qui les ont accueillis, aux intégristes les plus réactionnaires faisant primer les lois de la «chari’a» sur toute autre considération? Pourquoi se taire sur le fanatisme islamique alors qu’il n’a jamais été aussi présent, aussi conquérant et aussi meurtrier à l’échelle du monde? Pourquoi des féministes célèbrent-elles chaque année la mémoire des disparues de la tuerie de l’École polytechnique de Montréal, et se taisent sur le despotisme ordinaire qui est à l’œuvre à travers le voile islamique? Faudra-t-il que des islamistes promènent leurs femmes en laisse pour qu’elles réagissent?

Ne pas dénoncer cette idéologie d’extrême droite qui travaille en profondeur les démocraties occidentales, comme s’y refuse pour des raisons obscures une large part de la gauche intellectuelle et politique, est une véritable trahison. Car aujourd’hui, force est de constater que nombre de progressistes et de féministes ne combattent plus l’intégrisme religieux. Ils ne font que l’accompagner, voire l’encourager.

Voir de plus:

Le footballeur néerlandais, Nacer Barazite, dans l’œil du cyclone pour avoir refusé de serrer la main à une journaliste sportive

Oumma

10 novembre 2015

Encensé, il y a une semaine, pour son excellente prestation sous le maillot du FC Utrecht qui en a fait « le joueur du match » incontesté, Nacer Barazite, le footballeur néerlandais d’origine marocaine, est aujourd’hui immolé pour une poignée de main qui a définitivement éclipsé ses deux buts victorieux.

Une poignée de main refusée à une journaliste de Fox TV, Hélène Hendricks, laquelle s’était précipitée vers le héros de la rencontre pour recueillir ses impressions sur la pelouse de ses exploits, au nom de croyances religieuses qui étaient connues de tous et qui avaient fait l’objet d’un communiqué de presse, en début de saison, portant le sceau officiel de la direction de son club afin de parer à toute polémique passionnelle.

Mais patatras ! Après été couvert de fleurs, Nacer Barazite essuie à présent une salve de critiques assassines, fusant notamment de la part d’un ancien responsable de football des Pays-Bas qui a été le premier à tirer à boulets rouges sur son refus de tendre la main à une femme. « Barazite peut s’en aller et rejoindre l’Etat islamique », a vitupéré ce dernier, en perdant son sang-froid et tout sens de la mesure…

Comble de l’ironie dans cette violente tempête extra-sportive, la journaliste, présentée comme la malheureuse victime du dogmatisme islamiste ou encore intégriste, ne s’est pas le moins du monde offusquée du comportement de Nacer Barazite à son égard, l’essentiel étant ailleurs, en l’occurrence à la célébration du meilleur buteur du moment.

All That’s Left Is the Bitterness
Noah Rothman

Commentary magazine

Nov. 10, 2015

Last night, the promise of Barack Obama’s presidency was fully exhausted
The president had strived in the wake of his party’s second consecutive midterm drubbing to portray himself as an indefatigable warrior who would not succumb to the same lame duck syndrome that afflicted his two-term predecessors. Disillusioned with the delineation of powers, Obama sought to demonstrate his force of will by expending as much executive authority as he could get away with – even if that meant running afoul of the Constitution he swore to uphold and protect. The climax of Obama’s caudillo act came when he signed a series of “executive actions” – one dare not call them executive orders, for that implies their legitimacy – pertaining to the status of several classes of illegal immigrants. Obama declared his intention to interpret broadly his discretionary authority to enforce existing immigration law and simply insisted that some of those laws were to be ignored. On Monday night, a three-judge panel on the Fifth Circuit Court of Appeals upheld an injunction on those actions. The president, for all his accumulated powers that would surely make the Founders cringe, had been checked by a co-equal branch; his “executive actions” will remain blunted if and until the Supreme Court weighs in on the matter.

Perhaps there remain a handful of holdouts that still believe Obama’s potential might eventually be realized, but most Americans have come to terms with the president’s unmet expectations. Conservatives, even those who were temporarily swayed by the passions of 2008, long ago accepted that the president was no competent steward of American affairs. Progressives who once saw Obama as their savior have now embraced the flesh-and-blood expression of angst that is Bernie Sanders, in part as a vehicle to register their dissatisfaction with Obama and his anointed heir. Only a waning and unwittingly humorous cast of true believers still hope that the president might fulfill their expectancies, but they are only kidding themselves. The court’s thwarting of Obama’s will is a fine example of how his most ballyhooed legacy achievements are being methodically torn down around him. These so-called accomplishments were hard-won, and they left in their wakes substantial acrimony and division. The status quo ante is gone; it will not return. Rather than leave behind him a set of progressive accomplishment and a nation appreciably more left-of-center than he found it, Barack Obama might end up leaving behind him only the bitterness he roused.

If Obama had hoped to move the cultural needle to the left by cementing the impression for Hispanics that Democrats were the party that would save illegal residents from mandated deportation – itself a bizarre misreading of the priorities of voters of Latin American descent – his efforts have failed. Similarly, Obama probably wanted to be remembered as the president who realized the perennial progressive dream of instilling in Americans the belief that access to health care is both a right and a public good. Increasingly, John Roberts’ Supreme Court, which went to absurd lengths to preserve the Affordable Care Act, looks prescient. Had they taken any of the two opportunities they had to dismantle the law, they might have made martyred it. Instead, this structure is collapsing under its own weight.

On Monday, the largest health care co-op in the country, Health Republic of New York, failed. State regulators shuttered the low-cost insurance provider that had insured over 200,000 New Yorkers due to the likelihood that it would soon become financially insolvent. The state informed those who will lose their health care that they have a handful of weeks to now seek coverage on New York’s state health insurance exchange, but few are entirely certain that the state can handle the task. “[O]ther health insurers have no way to identify whether Health Republic’s customers met their 2015 deductible, or how far they are toward the out-of-pocket maximums put in place by the Affordable Care Act,” Politicoreported.

This is a problem repeating itself all over the country. Health Republic is just the latest co-op to fold; over half of those insurance cooperatives established under Affordable Care Act have gone under. “Most co-ops that grew the fastest are now ruined — namely, six of the eight that exceeded the enrollment projections in their loan applications,” the Wall Street Journal editorial board observed.  “The reason is that they bought customers with discounted premiums below the cost of medical claims.” As the immutable laws of economics take their revenge on the nation’s unsuspecting health insurance consumers, human interest stories focused on the plight of the newly uninsured are filling up the nation’s newspapers. “I am an advocate for the health care law,” the disillusioned 33-year-old Liz Jackson told the New York Times after Republic Health collapsed. “And if I can’t navigate this, who can?”

As National Review’s Rich Lowry observed, premiums are skyrocketing, enrollments are well below projections, and the already unsustainable burdens imposed on Medicare and Medicaid are growing. As the law fails in its primary charge, insuring those who could not afford insurance in the ancien régime, Americans will increasingly be left to conclude that experiments in massive, socialized insurance models cannot work in the United States. When Obama boards Marine One for the final time, he will leave behind him a country bitterly divided over a failing law for which he sacrificed hundreds of Democratic officeholder and national comity. With his signature legislative achievement in tatters, he might also leave behind him a broadly popular mandate for a free market-based alternative health care reform.

This isn’t the only trust that Obama has sacrificed. The president might have had no more pressing mandate when he took office than to extricate the United States from Iraq. The Middle East he inherited was one of such relative passivity when compared with the present state of affairs that Obama was able to fulfill that mission with alacrity.  “We are leaving behind a sovereign, stable and self-reliant Iraq,” Obama averred as the last American troops returned home. Before his final term was out, American soldiers are again returning to Iraqi (and now Syrian) battlefields. What’s more striking is that, as war-weary as the American public is, most have again warmed to the notion that American security and national interests can no longer be guaranteed from afar.

In October of 2014, as the Islamic State rampaged across the region, only 39 percent of respondents in a Pew Research Center survey supported sending U.S. ground troops to combat the threat. By October of 2015, 47 percent favored backed a renewed presence on the ground in Iraq. By March, a Quinnipiac University poll found that 62 percent of respondents — including a majority of both Democrats and Republicans, men and women, and all age groups – supported essentially re-invading Iraq. What had Obama accomplished by prematurely withdrawing from the region save for squandering the support of America’s regional allies and augmenting their sense of alienation and mistrust in the United States?

The most plentiful commodity that the next president will inherit from Barack Obama will be the rancor he fostered in order to secure a handful of fleeting and unsustainable notches on his belt. Perhaps no other president in living memory entered office with such grand expectations or has failed so spectacularly to meet them.


Science/religion: Et qui est mon prochain ? (Study confirms Bible’s good Samaritan teaching: religion can make you less generous and meaner)

7 novembre, 2015

 

A world with no Israel (cartoon)12132506_10201070344117812_303036371585407351_o(1)
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atheistsMais lui, voulant se justifier, dit à Jésus: Et qui est mon prochain? Jésus reprit la parole, et dit: Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups, et s’en allèrent, le laissant à demi mort. Un sacrificateur, qui par hasard descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre. Un Lévite, qui arriva aussi dans ce lieu, l’ayant vu, passa outre. Mais un Samaritain, qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion lorsqu’il le vit. Il s’approcha, et banda ses plaies, en y versant de l’huile et du vin; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l’hôte, et dit: Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour. Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands? C’est celui qui a exercé la miséricorde envers lui, répondit le docteur de la loi. Et Jésus lui dit: Va, et toi, fais de même. Luc 10: 25-37
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres: gardez-vous d’être troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume, et il y aura, en divers lieux, des famines et des tremblements de terre. Tout cela ne sera que le commencement des douleurs. Alors on vous livrera aux tourments, et l’on vous fera mourir; et vous serez haïs de toutes les nations, à cause de mon nom. Jésus (Matt. 24: 6-9)
Et même l’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. Jésus (Jean 16: 1)
Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc rusés comme les serpents et candides comme les colombes. Matthieu 10: 16
Nous sommes comme des nains assis sur des épaules de géants. Si nous voyons plus de choses et plus lointaines qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur, c’est parce que nous sommes élevés par eux. Bernard de Chartres
Bernard de Chartres avait l’habitude de dire que nous sommes comme des nains sur les épaules de géants, afin que nous puissions voir plus qu’eux et les choses plus éloignées, pas en vertu d’une netteté de la vue de notre part, ou d’une distinction physique, mais parce que nous sommes portés haut et soulevé vers le haut par leur taille gigantesque. John de Salisbury (1159)
Si j’ai vu plus loin que les autres, c’est parce que j’ai été porté par des épaules de géants. Isaac Newton (1676)
Tous les efforts de la violence ne peuvent affaiblir la vérité, et ne servent qu’à la relever davantage. Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence, et ne font que l’irriter encore plus. Pascal
Il n’y a que l’Occident chrétien qui ait jamais trouvé la perspective et ce réalisme photographique dont on dit tant de mal: c’est également lui qui a inventé les caméras. Jamais les autres univers n’ont découvert ça. Un chercheur qui travaille dans ce domaine me faisait remarquer que, dans le trompe l’oeil occidental, tous les objets sont déformés d’après les mêmes principes par rapport à la lumière et à l’espace: c’est l’équivalent pictural du Dieu qui fait briller son soleil et tomber sa pluie sur les justes comme sur les injustes. On cesse de représenter en grand les gens importants socialement et en petit les autres. C’est l’égalité absolue dans la perception. René Girard
On apprend aux enfants qu’on a cessé de chasser les sorcières parce que la science s’est imposée aux hommes. Alors que c’est le contraire: la science s’est imposée aux hommes parce que, pour des raisons morales, religieuses, on a cessé de chasser les sorcières. René Girard
Les mondes anciens étaient comparables entre eux, le nôtre est vraiment unique. Sa supériorité dans tous les domaines est tellement écrasante, tellement évidente que, paradoxalement, il est interdit d’en faire état. René Girard
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la “victime inconnue”, comme on dirait aujourd’hui le “soldat inconnu”. Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
On n’arrive plus à faire la différence entre le terrorisme révolutionnaire et le fou qui tire dans la foule. L’humanité se prépare à entrer dans l’insensé complet. C’est peut-être nécessaire. Le terrorisme oblige l’homme occidental à mesurer le chemin parcouru depuis deux mille ans. Certaines formes de violence nous apparaissent aujourd’hui intolérables. On n’accepterait plus Samson secouant les piliers du Temple et périr en tuant tout le monde avec lui. Notre contradiction fondamentale, c’est que nous sommes les bénéficiaires du christianisme dans notre rapport à la violence et que nous l’avons abandonné sans comprendre que nous étions ses tributaires. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
Le christianisme est la seule religion qui aura prévu son propre échec. Cette prescience s’appelle l’apocalypse. René Girard
Aimez-vous les uns les autres (…) est une formule héroïque qui transcende toute morale. Mais elle ne signifie pas qu’il faille refuser le combat si aucune autre solution n’est possible. René Girard
Je me souviens très bien de la remilitarisation de la Rhénanie en 1935. Si les Français étaient entrés en Allemagne, ils auraient pu changer le cours des événements : les Allemands étaient incapables de leur opposer la moindre résistance. Seulement Albert Sarraut [président du Conseil] et le gouvernement français seraient passés pour les salopards qui empêchaient le monde de revenir à la normale. Ils n’étaient pas assez forts moralement pour tenir le coup. Par la suite, on a beaucoup reproché à Sarraut sa passivité. Mais il était dans une situation inextricable. René Girard
Les moyens dits pacifiques ne sont pas toujours ni même nécessairement les meilleurs pour préserver une paix existante. On sait aujourd’hui que si les Français et les Anglais avaient eu une autre attitude lors de l’entrée des troupes allemandes dans la zone démilitarisée en 1935, on aurait peut-être réussi à faire tomber Hitler et ainsi empêché la guerre de 1939. Il y a également de fortes chances qu’une action offensive des Alliés les aurait fait passer pour coupables aux yeux de l’opinion mondiale. En général ; on ne connaît qu’après coup l’utilité d’une guerre préventive pour préserver la paix. Julien Freund
Obama demande pardon pour les faits et gestes de l’Amérique, son passé, son présent et le reste, il s’excuse de tout. Les relations dégradées avec la Russie, le manque de respect pour l’Islam, les mauvais rapports avec l’Iran, les bisbilles avec l’Europe, le manque d’adulation pour Fidel Castro, tout lui est bon pour battre la coulpe de l’Amérique. Plus encore, il célèbre la contribution (totalement inexistante) de l’Islam à l’essor de l’Amérique, et il se fend d’une révérence au sanglant et sectaire roi d’Arabie, l’Abdullah de la haine. Il annule la ceinture anti-missiles sise en Alaska et propose un désarmement nucléaire inutile. (…) Plus encore, cette déplorable Amérique a semé le désordre et le mal partout dans le monde. Au lieu de collaborer multilatéralement avec tous, d’œuvrer au bien commun avec Poutine, Chavez, Ahmadinejad, Saddam Hussein, Bachir al-Assad, et Cie, l’insupportable Bush en a fait des ennemis. (…) Il n’y a pas d’ennemis, il n’y a que des malentendus. Il ne peut y avoir d’affrontements, seulement des clarifications. Laurent Murawiec
Le manque de soutien des Américains aux Français est, en vérité, la marque de fabrique de Barack Obama (…) Le Président américain avait trouvé une stratégie d’évitement pour ne pas intervenir, à condition que le gouvernement syrien renonce à son arsenal chimique : toutes les autres formes d’assassinat de masse restaient donc tolérées par le Président américain. Un million de morts et deux millions de réfugiés plus tard n’empêchent apparemment pas Barack Obama de dormir la nuit : il a d’autres priorités, tel lutter contre un hypothétique déréglement du climat ou faire fonctionner une assurance maladie, moralement juste et pratiquement dysfonctionnelle. On connaît les arguments pour ne pas intervenir en Syrie : il serait difficile de distinguer les bons et les mauvais Syriens, les démocrates authentiques et les islamistes cachés. Mais ce n’est pas l’analyse du sénateur John Mc Cain, plus compétent qu’Obama sur le sujet : lui réclame, en vain, que les États-Unis arment décemment les milices qui se battent sur les deux fronts, hostiles au régime de Assad et aux Islamistes soutenus par l’Iran. Par ailleurs, se laver les mains face au massacre des civils, comme les Occidentaux le firent naguère au Rwanda – et longtemps en Bosnie et au Kosovo – n’est jamais défendable. Il est parfaitement possible, aujourd’hui encore en Syrie, d’interdire le ciel aux avions de Assad qui bombardent les civils, de créer des couloirs humanitaires pour évacuer les civils, d’instaurer des zones de sécurité humanitaire. C’est ce que Obama refuse obstinément à Hollande. Comment expliquer cette obstination et cette indifférence d’Obama : ne regarde-t-il pas la télévision ? Il faut en conclure qu’il s’est installé dans un personnage, celui du Président pacifiste, celui qui aura retiré l’armée américaine d’Irak, bientôt d’Afghanistan et ne l’engagera sur aucun autre terrain d’opérations. Obama ignorerait-il qu’il existe des « guerres justes » ? Des guerres que l’on ne choisit pas et qu’il faut tout de même livrer, parce que le pacifisme, passé un certain seuil, devient meurtrier. « À quoi sert-il d’entretenir une si grande armée, si ce n’est pas pour s’en servir ? », avait demandé Madeleine Albright, Secrétaire d’État de Bill Clinton, au Général Colin Powell, un militaire notoirement frileux. Les États-Unis sont le gendarme du monde, la seule puissance qui compte : les armées russes et chinoises, par comparaison, sont des nains. On posera donc à Obama – si on le pouvait – la même question que celle de Madeleine Albright : « À quoi sert l’armée américaine et à quoi sert le Président Obama ? ». Il est tout de même paradoxal que Hollande, un désastre en politique intérieure, pourrait passer dans l’Histoire comme celui qui aura dit Non à la barbarie et Barack Obama, Prix Nobel de la Paix, pour celui qui se sera couché devant les Barbares. Guy Sorman
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude.  G.K. Chesterton
Il vous faut abandonner les armes que vous avez car elles n’ont aucune utilité pour vous sauver vous ou l’humanité. Vous inviterez Herr Hitler et signor Mussolini à prendre ce qu’ils veulent des pays que vous appelez vos possessions…. Si ces messieurs choisissent d’occuper vos maisons, vous les évacuerez. S’ils ne vous laissent pas partir librement, vous vous laisserez abattre, hommes, femmes et enfants, mais vous leur refuserez toute allégeance.  Gandhi (conseil aux Britanniques, 1940)
Si j’étais né en Allemagne et y gagnais ma vie, je revendiquerais l’Allemagne comme ma patrie au même titre que le plus grand des gentils Allemands et le défierais de m’abattre ou de me jeter au cachot; je refuserais d’être expulsé ou soumis à toute mesure discriminatoire. Et pour cela, je n’attendrais pas que mes coreligionaires se joignent à moi dans la résistance civile mais serais convaincu qu’à la fin ceux-ci ne manqueraient pas de suivre mon exemple. Si un juif ou tous les juifs acceptaient la prescription ici offerte, ils ne pourraient être en plus mauvaise posture que maintenant. Et la souffrance volontairement subie leur apporterait une force et une joie intérieures que ne pourraient leur apporter aucun nombre de résolutions de sympathie du reste du monde. Gandhi (le 26 novembre, 1938)
Des juifs sont persécutés, volés, maltraités, torturés, assassinés. Et vous, Mahatma Gandhi, dites que leur position dans le pays où ils souffrent tout ceci est un parallèle exact avec la position des Indiens en Afrique du sud au moment où vous inauguriez votre célèbre « force de la vérité » ou « force de la campagne d’âme » (Satyagraha) (…) Mais, Mahatma, savez-vous ou ne savez-vous pas ce qu’est un camp de concentration et ce qui s’y passe? Martin Buber
Capitalism is the way of the devil and exploitation. If you really want to look at things through the eyes of Jesus Christ–who I think was the first socialist–only socialism can really create a genuine society. Hugo Chávez
Imagine (…) no religion  (…) all the people living life in peace… You may say I’m a dreamer But I’m not the only one I hope someday you’ll join us And the world will be as one … John Lennon
Nous sommes ici aujourd’hui parce que le printemps de Prague – parce que la quête, simple et légitime, de liberté et de perspectives d’avenir – a couvert de honte ceux qui s’appuyaient sur le pouvoir des tanks et des armes pour écraser la volonté du peuple. Nous sommes ici aujourd’hui parce que, il y a vingt ans, les gens de cette ville sont descendus dans la rue pour réclamer la promesse d’un jour nouveau et les droits humains fondamentaux qui leur avaient été refusés depuis bien trop longtemps. Sametová revoluce (la « révolution de velours ») nous a enseigné beaucoup de choses. Elle nous a montré qu’une protestation pacifique pouvait ébranler les fondations d’un empire et révéler la vanité d’une idéologie. Elle nous a montré que de petits pays pouvaient jouer un rôle pivot dans les événements du monde, et que des gens jeunes pouvaient montrer le chemin pour surmonter d’anciens conflits. Et elle a prouvé que le pouvoir moral était plus puissant que n’importe quelle arme. (…) Tout comme nous nous sommes dressés au XXe siècle pour défendre la liberté, nous devons nous dresser ensemble au XXIe siècle pour vivre libres de toute peur. Et en tant que puissance nucléaire – en tant qu’unique puissance nucléaire ayant eu recours à l’arme nucléaire -, les Etats-Unis ont la responsabilité morale d’agir. Nous ne pouvons réussir seuls dans cette entreprise, mais nous pouvons la conduire. Ainsi, aujourd’hui, j’affirme clairement et avec conviction l’engagement de l’Amérique à rechercher la paix et la sécurité dans un monde sans armes nucléaires. Ce but ne pourra être atteint avant longtemps, sans doute pas de mon vivant. Il faudra de la patience et de l’obstination. Mais maintenant, c’est à nous d’ignorer les voix qui nous disent que le monde ne peut pas changer. (…) Nous soutiendrons le droit de l’Iran à disposer d’une énergie nucléaire pacifique dans le cadre de contrôles rigoureux. Barack Hussein Obama (2009)
Pour les personnes persécutées pour des raisons politiques, le droit fondamental d’asile ne connaît pas de limite. Merkel (2015)
Donors in Southern states, for instance, give roughly 5.2 percent of their discretionary income to charity — both to religious and to secular groups — compared with donors in the Northeast, who give 4.0 percent. Before you jump to conclusions that religion and generosity were somehow connected, keep in mind that those numbers included giving “both to religious and to secular groups”… In other words, church counted as charity. But when you excluded donations given to churches and religious groups, the map changed dramatically, giving an edge to the least religious states in the country. Friendly atheist
Nos observations remettent en question le fait que la religion serait vitale pour le développement moral, et appuient l’idée que la sécularisation du discours moral ne va pas diminuer la bonté humaine – en fait, elle fera tout le contraire. Jean Decety
Il n’y a pas d’interprétation présentée pour la propension des enfants musulmans à proposer des punitions plus sévères. Angela Sirigu (Centre de neurosciences cognitives de Lyon)
Les auteurs invoquent un mécanisme de « licence morale » : la religiosité étant perçue en elle-même comme un gage de bonté, les pratiquants pourraient s’autoriser – « inconsciemment », précise Jean Decety – un plus grand égoïsme au quotidien. (…) dès le XIXe siècle, on avait constaté que les prisons de droit commun comptaient une proportion très faible d’athées, et dans les années 1940 aux Etats-Unis, des psychologues avaient montré la moindre générosité et la plus grande prévalence des préjugés envers les minorités chez les croyants, « ce qui avait constitué un grand choc ». En Afrique du Sud, la majorité des opposants blancs à l’apartheid étaient des non-croyants, « juifs séculiers », souligne aussi Jean Decety, actuellement en année sabbatique dans ce pays. Benny Beit-Hallahmi estime que les chercheurs qui traquent l’avantage évolutif offert par la religion se fourvoient : « la coopération sociale, observée chez d’autres animaux, est un comportement tellement élémentaire qu’elle n’a pas besoin de substrat moral. Le vrai enjeu moral, c’est de faire le bien envers autrui, quel qu’il soit, indépendamment de la crainte d’être puni dans l’au-delà. » Une exigence apparue selon lui récemment dans l’histoire du monde, incarnée par des organisations séculières, « universalistes », comme Médecins sans frontière. « Il y a un siècle, rappelle-t-il, faute d’athées, une telle étude comparative aurait été impossible. » Le Monde
C’est une explication plausible. D’autres recherches ont montré que la religiosité traditionnelle est associée à des dons charitables plus élevés, mais pas avec une aide offerte dans des situations spontanées, ce qui concorde avec la présente étude. Luke Gallen (université du Nebraska)
323 said they were non-religious, 3 were agnostic and 2 ticked the box marked “other”. The Economist
Methodological problems that limit the interpretation of religious prosociality studies include the use of inappropriate comparison groups and the presence of criterion contamination in measures yielding misleading conclusions. Specifically, it is common practice to compare high levels of religiosity with “low religiosity” (e.g., the absence of denominational membership, lack of church attendance, or the low importance of religion), which conflates indifferent or uncommitted believers with the completely nonreligious. Finally, aspects of religious stereotype endorsement and ingroup bias can contribute to nonprosocial effects. Luke W. Galen

Attention: une subversion peut en cacher une autre !

Au lendemain de la mort, au vénérable âge de 91 ans, de l’anthropologue franco-américain de la violence et apologiste assumé du christianisme René Girard

Et à l’heure où avec le plus rapide prix Nobel de la paix de l’histoire et fidèle de 20 ans du pasteur Wright à la tête du Monde libre et la fille de pasteur élevée au lait du communisme Mother Angelica à la tête de l’Union européenne …

Un Moyen-Orient à feu et à sang voit la résurgence, au nom d’Allah même, d’une barbarie d’un autre âge et la reconnaissance par ledit Monde libre du droit à l’arme nucléaire d’un régime appelant explicitement à l’annihilation d’un de ses voisins …

Et qu’une Europe qui n’arrive même plus à assurer sa reproduction démographique s’abandonne aux flots d’une invasion grosse potentiellement de millions de migrants clandestins issue pour l’essentiel de ladite religion …

Pendant que sous prétexte que les athées seraient plus généreux que les croyants, une étude franco-américaine se félicite aussi sottement qu’un Gandhi ou qu’un John Lennon d’avoir démontré rien de moins que la nocivité de la religion pour le développement moral  …

Comment ne pas voir à la lumière des travaux du plus américain des penseurs français …

Non seulement la formidable force subversive des Evangiles et l’incroyable chaos que peut déclencher à l’échelle à présent de la planète entière l’application la plus radicale de leurs principes

Mais surtout, au-delà des évidents problèmes méthodologiques et notamment d’échantillonnage (eg. l’invention récente et justement occidentale et souvent issue de milieux favorisés de l’athéisme – combien d’athées au Pakistan ?) …

Et l’impasse sur les quelque 100 millions de victimes d’un régime athée comme le communisme

La non moins incroyable fatuité de tous nos Monsieur Jourdain du christianisme  …

Et qui, tels ces nains assis sur les épaules de géants, n’ont même pas conscience qu’ils ne font que vérifier l’enseignement évangélique …

Qui 2 000  ans avant eux sous les traits du bon samaritain avait averti les croyants du risque de l’empathie limitée à son propre groupe ?

Les enfants non religieux sont plus altruistes que ceux élevés dans une famille de croyants

Hervé Morin

Le Monde

05.11.2015

Certains observateurs attentifs de l’actualité des derniers millénaires l’avaient déjà noté : la religion n’est pas toujours un gage de concorde et de fraternité. Une étude publiée jeudi 5 novembre dans la revue Current Biology suggère que le mode de transmission des valeurs et des pratiques religieuses d’une génération à l’autre risque de faire perdurer cette situation. Menée dans six pays auprès de 1 170 enfants de cinq à douze ans, elle montre que l’altruisme n’est pas la chose la mieux partagée chez ceux issus de familles pratiquant une religion. Ils présenteraient aussi une prédilection pour l’application de châtiments plus sévères que les rejetons de familles se définissant comme « non religieuses ».

Conduite au Canada, en Chine, en Jordanie, en Turquie, aux Etats-Unis et en Afrique du Sud, cette étude dirigée par Jean Decety (Département de psychologie de l’université de Chicago) avait pour objectif de mesurer si la religion, ainsi qu’on le croit fréquemment, renforce les comportements dits « prosociaux ».

L’enquête est financée par une bourse de la Fondation américaine John Templeton. D’inspiration chrétienne, celle-ci avait en 2007 remis son prix (mieux doté que le Nobel) au philosophe canadien Charles Taylor, qui défend l’idée selon laquelle les sociétés laïques occidentales ne sont pas aptes à satisfaire la quête humaine de sens.

« La sécularisation du discours moral ne va pas diminuer la bonté humaine – en fait, elle fera tout le contraire »

Sont-elles pour autant moins « morales » ? La fondation risque d’être déçue par la réponse. Les chercheurs réunis par Jean Decety concluent en effet que leurs observations « remettent en question le fait que la religion serait vitale pour le développement moral, et appuient l’idée que la sécularisation du discours moral ne va pas diminuer la bonté humaine – en fait, elle fera tout le contraire ». Un manifeste politique, inhabituel dans une revue de biologie. Jean Decety y tient, notamment du fait qu’aux Etats-Unis, où ce Français naturalisé américain est installé depuis 14 ans, il est impossible à quiconque se déclarant non croyant d’espérer accéder à de hautes fonctions, notamment électives, « car il serait suspecté d’être immoral, voire amoral ».

Capacité d’empathie

Qu’a montré son équipe ? Elle a d’abord mesuré le niveau de pratique religieuse des familles dont elle a étudié les enfants. Pour des raisons de robustesse statistique, ceux-ci ont été divisés en trois groupes – non religieux (dont athées), chrétiens, musulmans – les autres cultes étant sous-représentés dans l’échantillon. Les chercheurs ont demandé aux parents d’évaluer la capacité d’empathie et la sensibilité à l’injustice de leurs enfants. Les chrétiens et musulmans les estimaient plus élevées que ce que rapportaient les parents non croyants.

Les chercheurs ont ensuite fait visionner par chaque enfant des petites vidéos montrant d’autres enfants se poussant ou se faisant trébucher, de façon intentionnelle ou non, en leur demandant de noter le niveau de « méchanceté » et celui des punitions méritées par les fautifs, sur une échelle graduée, mais non spécifique – « on ne proposait pas 40 coups de fouets ! », précise Jean Decety. Les enfants religieux estimaient en moyenne ces actes plus répréhensibles, et – que les méfaits aient été ou non volontaires – proposaient des punitions plus sévères que les athées, les petits musulmans étant les plus intransigeants.

« Jeu du dictateur »

Enfin, pour évaluer la générosité des enfants, les chercheurs ont fait appel à une adaptation du « jeu du dictateur », imaginé par les économistes : parmi trente autocollants, ils leur ont proposé de choisir leurs dix préférés, en précisant qu’ils n’auraient pas le temps d’en distribuer à tous les écoliers. Ils leur demandaient ensuite s’ils seraient prêts à en donner pour leurs camarades moins chanceux. Le nombre d’autocollants cédés, hors de la vue de l’expérimentateur, augmentait avec l’âge (un effet déjà connu du développement de l’altruisme chez l’enfant). Mais les petits athées se montraient significativement plus généreux que leurs pairs croyants, chez qui les dons étaient inversement proportionnels à l’intensité de la pratique religieuse – « quelle que soit la culture, c’est-à-dire le pays d’origine », précise Jean Decety, en réponse à des objections sur la répartition statistique des données.

Comment expliquer ce dernier phénomène ? Les auteurs invoquent un mécanisme de « licence morale » : la religiosité étant perçue en elle-même comme un gage de bonté, les pratiquants pourraient s’autoriser – « inconsciemment », précise Jean Decety – un plus grand égoïsme au quotidien. « C’est une explication plausible, commente Luke Gallen (université du Nebraska). D’autres recherches ont montré que la religiosité traditionnelle est associée à des dons charitables plus élevés, mais pas avec une aide offerte dans des situations spontanées, ce qui concorde avec la présente étude. »

Angela Sirigu, chercheuse au Centre de neurosciences cognitives de Lyon (et contributrice de cartes blanches pour le cahier Science & Médecine du Monde) juge l’étude « très intéressante », mais reste sur sa faim sur l’explication de comportements mis en lumière. « Il n’y a pas d’interprétation présentée pour la propension des enfants musulmans à proposer des punitions plus sévères », commente-t-elle.

Voltaire et les athées

Pour Benny Beit-Hallahmi (université de Haifa), auteur d’une somme sur la psychologie et la religion, l’étude de Current Biology « est une contribution très importante car elle confirme pour la première fois chez un grand nombre d’enfants de différentes cultures, pays et religions, des observations connues chez les adultes ».

Certes, Voltaire lui-même se méfiait de l’athéisme, « estimant qu’il fallait des limites religieuses pour border les comportements moraux », rappelle-t-il. Mais dès le XIXe siècle, on avait constaté que les prisons de droit commun comptaient une proportion très faible d’athées, et dans les années 1940 aux Etats-Unis, des psychologues avaient montré la moindre générosité et la plus grande prévalence des préjugés envers les minorités chez les croyants, « ce qui avait constitué un grand choc ». En Afrique du Sud, la majorité des opposants blancs à l’apartheid étaient des non-croyants, « juifs séculiers », souligne aussi Jean Decety, actuellement en année sabbatique dans ce pays.

Benny Beit-Hallahmi estime que les chercheurs qui traquent l’avantage évolutif offert par la religion se fourvoient : « la coopération sociale, observée chez d’autres animaux, est un comportement tellement élémentaire qu’elle n’a pas besoin de substrat moral. Le vrai enjeu moral, c’est de faire le bien envers autrui, quel qu’il soit, indépendamment de la crainte d’être puni dans l’au-delà. » Une exigence apparue selon lui récemment dans l’histoire du monde, incarnée par des organisations séculières, « universalistes », comme Médecins sans frontière. « Il y a un siècle, rappelle-t-il, faute d’athées, une telle étude comparative aurait été impossible. »

Aujourd’hui, 5,8 milliards d’humains, soit 84 % de la population de la planète, s’identifient comme croyants, rappellent Jean Decety et ses collègues.

Voir aussi:

Matthew 22:39
Far from bolstering generosity, a religious upbringing diminishes it
The Economist
Nov 7th 2015

AN ARGUMENT often advanced for the encouragement of religion is that, to paraphrase St Matthew’s report of Jesus’s words, it leads people to love their neighbours as themselves. That would be a powerful point were it true. But is it? This was the question Jean Decety, a developmental neuroscientist at the University of Chicago, asked in a study just published in Current Biology.

Dr Decety is not the first to wonder, in a scientific way, about the connection between religion and altruism. He is, though, one of the first to do it without recourse to that standard but peculiar laboratory animal beloved of psychologists, the undergraduate student. Instead, he collaborated with researchers in Canada, China, Jordan, South Africa and Turkey, as well as with fellow Americans, to look at children aged between five and 12 and their families. Altogether, Dr Decety and his colleagues recruited 1,170 families for their project, and focused on one child per family. Five hundred and ten of their volunteer families described themselves as Muslim, 280 as Christian, 29 as Jewish, 18 as Buddhist and 5 as Hindu. A further 323 said they were non-religious, 3 were agnostic and 2 ticked the box marked “other”.

Follow-up questions to the faithful among the sample then asked how often they engaged in religious activities, and also about spirituality in the home. That let Dr Decety calculate how religious each family was. He found that about half the children in religious households came from highly observant homes; the spiritual lives of the other half were more relaxed. He then arranged for the children to play a version of what is known to psychologists as the dictator game—an activity they use to measure altruism.

In truth, the dictator game is not much of a game, since only one of the participants actually plays it. In Dr Decety’s version, each child was presented with a collection of 30 attractive stickers and told that he or she could keep ten of them. Once a child had made his selection, the experimenter told him that there was not time to play the game with all the children at the school, but that he could, if he wished, give away some of his ten stickers to a random schoolmate who would not otherwise be able to take part. The child was then given a few minutes to decide whether he wanted to give up some of his stickers—and, if so, how many. The researchers used the number of stickers surrendered as a measure of altruism.

The upshot was that the children of non-believers were significantly more generous than those of believers. They gave away an average of 4.1 stickers. Children from a religious background gave away 3.3. And a further analysis of the two largest religious groups (Jews, Buddhists and Hindus were excluded because of their small numbers in the sample), showed no statistical difference between them. Muslim children gave away 3.2 stickers on average, while Christian children gave away 3.3. Moreover, a regression analysis on these groups of children showed that their generosity was inversely correlated with their households’ religiosity. This effect remained regardless of a family’s wealth and status (rich children were more generous than poor ones), a child’s age (older children were more generous than younger ones) or the nationality of the participant. These findings are, however, in marked contrast to parents’ assessments of their own children’s sensitivity to injustice. When asked, religious parents reported their children to be more sensitive than non-believing parents did.

This is only one result, of course. It would need to be replicated before strong conclusions could be drawn. But it is suggestive. And what it suggests is not only that what is preached by religion is not always what is practised, which would not be a surprise, but that in some unknown way the preaching makes things worse.

Voir également:

Does Religious Belief Promote Prosociality? A Critical Examination

Luke Galen

Grand Valley State University

1. Social perception.
People in much-studied religious places such as the United States tend to view religious people favorably.
2. Ingroup bias.
That’s likely because most people, being religious, display commonplace ingroup preferences. Ingroup bias
operates within all sorts of groups, including religious groups.
3. Ingroup giving.
Much giving and volunteering (in communities) and sharing (in laboratory games) is directed to ingroups.
4. Priming effects.
Priming people with religious concepts increases sharing and honesty, but it can also increase negativity, including antigay prejudice.
5. Religious diversity.
There are, as William James long ago recognized, varieties of religious experience, and the variations matter (Paloutzian & Park, in press). Intrinsic religiosity predicts prosociality; extrinsic religiosity does not. Fundamentalists differ radically from peace-and-justice-promoting Mennonites and liberation Catholics. “The social, historical, and moral realities of religions are just as complicated, scrambled, and difficult as every other social practice and institution in human life—both the ones we personally like and the ones we don’t,” wrote sociologist Christian Smith (2012, p. 14). “The truth about religions is complex and challenging. Historically and today, religion involves plenty of good and bad, light and darkness, splendor and evil to go around.”
6. Intentional versus spontaneous prosociality.
Religiosity predicts planned more than spontaneous helping behaviors.
7. Private versus public charity.
Religiosity also correlates more with private charity (giving money and time) than with support for public (government) charity
8. Self-justification.
Religion can justify outgroup prejudice.
“The role of religion is paradoxical,” observed Gordon Allport (1958, p. 413). “It makes prejudice and it unmakes prejudice.” Thus religious prophets from Jeremiah to Desmond Tutu have often faulted their own community for failing to walk the compassion talk.
9. Curvilinear associations.
Religiosity has some curvilinear relationships with prosociality and human flourishing. An example is the oft-reported curvilinear association between religiosity and racial prejudice, which Allport and Ross (1967) and others found lowest among the nonreligious and highly religious. More recently, an analysis of more than 676,000 Gallup–Healthways Well-Being Index interviews conducted in 2010 and 2011 found that “very religious” Americans had the highest levels of well-being (69.2%), with those “moderately religious” (63.7%) scoring lower than the “nonreligious” (65.3%; Newport, Witters, & Agrawal, 2012). Comparisons of prosocial highly religious people with less prosocial nominally religious people also fail to consider the existence of a growing third group—the relatively prosocial nonreligious. These include today’s religious “nones” and atheists (many of whom are highly educated).
10. Cultural variation.
The religiosity–happiness association is stronger in relatively religious countries than in more secular countries—a finding recently reported by Diener et al. 1(2011) and also by Gebauer, Sedikides, and Neberich (2012).

 Voir de plus:

Does Religious Belief Promote Prosociality? A Critical Examination

Luke Galen

Grand Valley State University

Numerous authors have suggested that religious belief has a positive association, possibly causal, with prosocial behavior. This article critiques evidence regarding this “religious prosociality” hypothesis from several areas of the literature. The extant literature on religious prosociality is reviewed including domains of charity, volunteering, morality, personality, and well-being. The experimental and quasiexperimental literature regarding controlled prosocial interactions (e.g., sharing and generosity) is reviewed and contrasted with results from naturalistic studies. Conceptual problems in the interpretation of this literature include separating the effects of stereotypes and ingroup biases from impression formation as well as controlling for self-report biases in the measurement of religious prosociality. Many effects attributed to religious processes can be explained in terms of general nonreligious psychological effects. Methodological problems that limit the interpretation of religious prosociality studies include the use of inappropriate comparison groups and the presence of criterion contamination in measures yielding misleading conclusions. Specifically, it is common practice to compare high levels of religiosity with “low religiosity” (e.g., the absence of denominational membership, lack of church attendance, or the low importance of religion), which conflates indifferent or uncommitted believers with the completely nonreligious. Finally, aspects of religious stereotype endorsement and ingroup bias can contribute to nonprosocial effects. These factors necessitate a revision of the religious prosociality hypothesis and suggest that future research should incorporate more stringent controls in order to reach less ambiguous
conclusions.
A significant number of studies, including several recent reviews, have suggested that religiosity has a causal connection to a host of prosocial outcomes including greater moral behavior, selfcontrol, and helpfulness. An extensive literature has also linked religiosity to subjective well-being and mental health in addition to positive personality characteristics. These studies often receive media coverage beyond academic circles (Tierney, 2008) and claim to establish a solid empirical connection for what I will refer to as the “religious prosociality hypothesis”—that religious belief or concepts lead to prosocial attitudes and behaviors. In the following, I will present a synopsis of this hypothesis followed by conceptual and methodological critiques, and recommendations for future research.
Prosociality itself subsumes dispositional aspects such as personality traits and also includes helping behaviors, whether
planned and initiated by the individual (e.g., charity, volunteering) or spontaneous and elicited by the situation (e.g., bystander assistance). It can also be assessed in controlled studies via economic behavior (e.g., sharing, cooperation). Religiosity has been suggested as a causal factor in increasing altruistic behavior and empathy (Saroglou, Pichon, Trompette, Verschueren, & Dernelle, 2005). Religiosity is said to strengthen communities, unify social groups, and influence compliance with group norms (Baumeister, Bauer, & Lloyd, 2010). For example, Myers (2000) stated that “actively religious North Americans are much less likely than irreligious people to become delinquent, to abuse drugs and alcohol, to divorce, and to commit suicide” (p. 63). In sum, as stated by Putnam and Campbell (2010), the religious are thought to be “better neighbors.” Some of this work has been integrated within the positive psychology movement as well, by establishing religion and spirituality as sources of virtues (Hood, Hill, & Spilka, 2009).
Religiosity has been said to promote aspects of prosociality as a function of its relationship with personality and temperament (McCullough & Willoughby, 2009; Saroglou, 2010). Prosocial personality characteristics associated with religiosity are thought to underlie personal restraint, resistance to temptation, benevolence, social comity, and interpersonal trust (Baumeister et al., 2010). Reviews of th