Secretariat/40e: Le cheval le plus rapide au monde (Looking back at the horse God built)

16 juin, 2013

https://i0.wp.com/www.posters57.com/images/SECRETARIAT_001.jpeg

https://i2.wp.com/www.coverart.com/wp-content/uploads/2011/03/newsweek19730611-secretariat.jpghttps://jcdurbant.files.wordpress.com/2013/06/74ee2-affirmed_sports_illustrated.jpghttps://i2.wp.com/0.tqn.com/d/longisland/1/5/3/A/-/-/belmont-park-secretariat-statue-400x378.jpghttps://i2.wp.com/www.visitcaroline.com/Tourism/images/stamp.jpgEst-ce toi qui donnes la vigueur au cheval, Et qui revêts son cou d’une crinière flottante? Le fais-tu bondir comme la sauterelle? Son fier hennissement répand la terreur. Il creuse le sol et se réjouit de sa force, Il s’élance au-devant des armes; Il se rit de la crainte, il n’a pas peur, Il ne recule pas en face de l’épée. Sur lui retentit le carquois, Brillent la lance et le javelot. Bouillonnant d’ardeur, il dévore la terre, Il ne peut se contenir au bruit de la trompette. Quand la trompette sonne, il dit: En avant! Et de loin il flaire la bataille, La voix tonnante des chefs et les cris de guerre. Job 39: 19-25

Cheval de l’année en 1972 & 1973, meilleur 2 ans en 1972, meilleur 3 ans en 1973, meilleur cheval sur le gazon en 1973, triple couronne (Kentucky Derby, Preakness Stakes: Baltimore), Belmont Stakes: banlieue de New York), membre du Hall of Fame des courses américaines depuis 1974, 144 au classement Timeform (140 et plus – Cheval exceptionnel) 2e rang derrière le mythique Man O’War dans le classement des 100 meilleurs chevaux de l’histoire des courses américaines au 20ème siècle, 35e rang des 100 plus grands athlètes du siècle (seuls deux autres « non-humains » l’accompagnent dans ce classement, Man O’War et Citation, respectivement 84e et 97e),  deuxième place du classement des 100 plus grands exploits individuels du sport pour sa performance dans les Belmont Stakes, statue à son effigie trône dans l’hippodrome de Belmont Park, couvertures de Time, Newsweek and Sports Illustrated, timbre émis en son honneur, rue à son nom en Californie, 21 courses, 18 victoires, plus d’un million trois cent mille dollars  de gains …

Retour, en ce 40e  anniversaire de sa victoire historique de la triple couronne,  l’un des plus grands champions de l’histoire des courses …

Le fameux pur-sang, au coeur deux fois plus gros que les autres et à l’allure la plus efficace jamais observée, Secretariat (1970 –1989) qui fut l’objet d’un film quelque peu romancé  il y a trois ans …

Secretariat: La légende du cheval le plus rapide au monde

Secrétariat (Mars 30, 1970 – Octobre 4, 1989) était un cheval de course pur-sang américain, qui en 1973 est devenu le premier américain champion de la Triple Couronne en vingt-cinq ans, établissant des records nouvelle course dans deux des trois épreuves de la Série-du Kentucky Derby (1:592 / 5), et le Belmont Stakes (02h24)-dossiers qui sont encore debout aujourd’hui.

Secrétariat a été engendré par Ruler Gras de Somethingroyal, par Princequillo. Il a été pouliné au Meadow Farm en comté de Caroline, en Virginie. Comme son prédécesseur fameuse guerre Man O ‘, le Secrétariat a été un poulain marron large et a donné le même pseudo, « Big Red ». Secrétariat du Grand-Sire Nasrullah est aussi le père Grande-Grande Grand-Couronne de 1977 Slew Triple vainqueur de Seattle.

Possédé par Penny Chenery (alias Penny Tweedy), il a été formé par Lucien Laurin et surtout monté par son compatriote Ron Turcotte-jockey, avec l’apprenti-jockey Feliciano Paul (les deux premières courses), et le vétéran Eddie Maple (dernière course). Il a couru en bleu et blanc Stable Meadow Penny Chenery couleurs de carreaux et son palefrenier était Sweat Eddie. Secrétariat était d’environ 16,2 mains (66 pouces, 168 cm) de hauteur et pesait £ 1175 (533 kg), avec une circonférence 75 pouces, dans sa course premier.

Penny et Secretariat

(Contexte)

L’histoire de Secrétariat a commencé avec le tirage au sort en 1968 entre Christopher Chenery des écuries Meadow et Ogden Phipps de Wheatley stable. L’idée d’un tirage au sort venus de Phipps, le propriétaire du Souverain Bold, et « Bull » Hancock Fermes Claiborne comme un moyen d’obtenir le meilleur pour les juments Ruler Téméraire, et quand le tirage au sort a leur façon, d’ajouter bien élevés pouliches de leur jumenterie propres. Règle Téméraire était considéré comme l’un des étalons importants de son temps. Il avait un bel équilibre entre la vitesse et l’endurance, ayant eu un style frontrunning mais l’endurance pour aller 11 / 4 miles, il a terminé quatrième dans le Derby du Kentucky 1957 [2] Après sa carrière de coureur, maîtresse Gras a été retiré, mais Fermes Claiborne. était encore contrôlée par la famille Phipps. Cela signifiait qu’il serait essentiellement élevés pour les juments Phipps et pas beaucoup de ses descendants auraient à trouver leur chemin à l’anneau de vente aux enchères. Phipps et Hancock ont ​​convenu de renoncer à un prix de saillie pour le Souverain Téméraire en échange d’apprendre à garder l’un des deux poulains produite par la jument qu’il élevés en saisons successives ou deux juments qu’il élevés dans la même saison. Qui obtient poulain ou même reçu le premier choix serait décidé par un clapet d’une monnaie [3].

En 1968, Chenery a envoyé deux juments nommée Hasty Matelda et Somethingroyal au Souverain Bold, et en 1969, un poulain et pouliche étaient le résultat. En 1969, Hasty Matelda a été remplacé par Cigale, mais elle ne concevait pas. Seul un poulain entraîné entre gouvernants Bold et Somethingroyal. Comme indiqué dans l’accord initial, le gagnant du tirage au sort pourrait choisir le poulain qu’il voulait mais ne pouvait prendre un, tandis que le perdant recevrait les deux autres. Les deux parties ont assumé Somethingroyal livrerait un poulain sain au printemps de 1970. Le tirage au sort entre Penny Chenery et Ogden Phipps a eu lieu à l’automne 1969 dans le bureau de New York Racing Association Président Alfred Vanderbilt II, avec Hancock en tant que témoin. Phipps a gagné le toss et ont pris la pouliche sevrés de Somethingroyal, laissant Chenery avec le poulain de Hasty Matelda et le poulain à naître de Somethingroyal [3].

Sur Mars 30, à 00h10, Somethingroyal pouliné un rouge vif châtaigniers Colt avec trois chaussettes blanches et une étoile avec une liste étroite. Au moment où le poulain était un yearling, il était encore anonyme. Secrétaire Stables Meadow « , Elizabeth Ham, avait présenté 10 noms pour le Jockey-Club, qui ont tous été refusé pour des raisons diverses. Approbation finalement venu à la soumission 11e, un nom de Ham-même repris par une association de carrière précédente, le Secrétariat [4].

(Comme une enfant de 2 ans)

Le 4 Juillet 1972, le Secrétariat a terminé quatrième, battu 11 / 4 longueurs, à sa première course à l’hippodrome Aqueduc quand il a été entravé au départ, forcé de prendre place sur la ligne droite arrière et ensuite ne pouvait pas faire le sol. Après cette perte, le Secrétariat a ensuite remporté 5 courses d’affilée, dont trois importants de deux ans, les courses enjeux, les enjeux Sanford et enjeux d’espoir à Saratoga Race Course, et les enjeux Futurité à Belmont Park. Dans le plein d’espoir, il a fait un énorme mouvement, passant de 8 chevaux 1 / 4 mile de prendre la tête puis soutirage à gagner par 5 longueurs. Il a ensuite couru dans les enjeux de la Champagne, à Belmont, où il a terminé premier, mais a été disqualifiée et a terminé deuxième pour le compte et interférant avec Stop the Music, qui a été déclaré vainqueur.

Secrétariat vengé que la perte de la Futurité Laurel, l’emportant par 8 longueurs plus arrêter la musique, et a terminé sa saison avec une victoire dans le Futurité Garden State. Secrétariat a remporté le Prix Eclipse pour American Champion Deux-Year-Old cheval masculin, et, dans une occurrence rare, deux à deux ans en tête du scrutin de 1972 American Horse des honneurs d’année avec le Secrétariat devançant la pouliche, La Prévoyante. Secrétariat a reçu les voix des Associations Thoroughbred Racing Amérique du Nord et le Daily Racing Form, tandis que La Prévoyante a été choisi par l’Association nationale des écrivains Turf [5]. Un seul cheval, depuis lors, truc favori en 1997, a remporté ce prix en tant que deux ans.

(Préparation pour le Derby du Kentucky)

Secrétariat a commencé ses trois ans ans avec une victoire facile dans les enjeux de Bay Shore à Aqueduct. Dans son prochain départ, les enjeux de Gotham, le Secrétariat a conduit de fil à fil pour la première fois de sa carrière. Il a couru le premier 3 / 4 de mile au 1:083 / 5 et a terminé la course d’un mile en 1:332 / 5, égalant le record piste. Cependant, dans son prochain départ, il a terminé troisième dans le Mémorial du bois à son écurie et de Lumière Angle Santa Anita vainqueur du Derby Sham, dans leur course de préparation finale pour le Derby du Kentucky. En raison des résultats Mémorial du bois, certains envisageaient de Sham le premier choix pour le Derby du Kentucky. Sham a été au sommet de la liste dans le Louisville Courier-Journal and Times évaluations de Derby, le 22 avril 1973.

(Après la Triple Couronne)

Secrétariat a continué de se prouver que l’un des pur-sang de tous les temps. Il expédiées à Chicago juste 3 semaines après le Belmont Stakes et facilement remporté le Invitational Arlington à Arlington Park. Il est allé à Saratoga, longtemps connue comme le « cimetière des favoris », et a succombé à la guigne, perdant Stakes Whitney à l’Allen « le tueur de géants » Jerkens formés d’oignon par une longueur. Il a ensuite remporté le premier Marlboro Cup contre un domaine qui comprenait écurie Secrétariat, le 1972 de Derby et Belmont Stakes lauréat Riva Ridge, haut en Californie enjeux lauréat Cougar II, champion canadien Kennedy Road, l’oignon, Em Travers lauréat Annihilate ‘, et le 1972 champion américain Trois-Year-Old cheval masculin clé de la Monnaie. Secrétariat a couru 1:452 / 5 pour 11 / 8 miles, puis un record du monde pour la distance.

Secrétariat a subi une autre perte pour une Allen Jerkens stagiaire, s’avère efficace, de 41 / 2 longueurs dans les enjeux de 11 / 2 mile Woodward dans son prochain départ. Secrétariat a ensuite été déplacé vers le gazon pour écraser son opposition dans les deux enjeux de la guerre de Man ‘S (11 / 2 miles) de 5 longueurs Tentam, établissant ainsi un temps de piste encore debout record de 2:244 / 5.

Propriétaire Secrétariat a conclu un accord de syndication qui empêchait le cheval de course après l’âge de trois ans. En conséquence, la dernière course du Secrétariat [10] [11] a été contre le vieux chevaux dans le Canadian International Stakes à Woodbine Racetrack, à Toronto, Canada le 28 Octobre 1973. C’était la deuxième fois de sa carrière qu’il a couru sur l’herbe et la première fois qu’il a été demandé d’aller de un à cinq huitièmes miles (juste un Furlong plus loin qu’il avait déjà exécuté deux fois cette année). Secrétariat a remporté avec une autre performance impressionnante. Avec Ron Turcotte avec une suspension de cinq jours, Eddie Maple roulé Secrétariat à la victoire de 61 / 2 longueurs.

Au total, le Secrétariat a remporté 16 de ses courses carrière de 21, avec trois secondes et un tiers, dans la monnaie se termine dans 20 des 21 mises en chantier, et le bénéfice total de 1.316.808 $.

À trois ans, a de nouveau été nommé Secrétariat Cheval de l’année, ainsi que de gagner des prix Eclipse comme le champion américain Trois-Year-Old cheval masculin et le cheval champion américain Turf Homme.

(Honneurs et la retraite)

Dans le cadre de sa première récolte au haras, le Secrétariat a engendré canadienne Bound, qui fut le premier cheval de course pur-sang âgés d’un an déjà vendu plus de 1 million $ US. Lors de la vente 1976 Keeneland Juillet, l’appel d’offres aux enchères pour canadiens liés non seulement brisé la barrière 1 million de dollars, mais le poulain a fini par être vendu pour 1,5 millions de dollars [12]. Canadienne Bound a été un échec complet de la course et pendant plusieurs années, la valeur de la progéniture Secrétariat a considérablement diminué. Toutefois, il a finalement engendré un certain nombre de gagnants des enjeux majeurs, y compris 1986 Cheval de Secret de la Dame de l’An 1988, Preakness et le Belmont Stakes lauréat ressuscité Star, 1991 Melbourne vainqueur de la Coupe de Kingston règle, qui a battu le record du parcours les plus riches de course en Australie, et le 1994 , 1995 Vainqueur de la Classique G1 Pacifique, Way Tinners, né en 1990 à la dernière récolte Secrétariat.

Il a aussi engendré l’Assemblée générale, qui a remporté le 1979 Stakes Travers à Saratoga en établissant un record de course toujours debout de 02h00 à plat. Andrew Beyer a dit que la figure la vitesse de l’Assemblée générale dans cette course a été un des plus rapides dans l’histoire. Comme le Secrétariat dans le Belmont, l’Assemblée générale jamais égalé cette performance dans une autre course.

Finalement, le Secrétariat a engendré pas moins de 600 poulains. Il ya eu quelques critiques du Secrétariat comme un étalon, en partie en raison de son incapacité perçue pour produire des descendants mâles de son calibre identique. Cependant, il s’est avéré être une note pères de mères, étant le grand-père maternel (aka « damsire ») de 1992 Cheval de l’Année et réussie Sire AP Indy, petit-fils du Secrétariat grâce à sa grande surprise, Week-end fille, et engendré par un autre gagnant de la Triple Couronne, Seattle Slew. AP Indy est le père de Rags Belmont Stakes 2007 lauréat à la richesse, la première pouliche à gagner à Belmont depuis 1905. Secrétariat est également le damsire de Storm Cat étalons grande (par Bird Storm), à travers son Terlingua fille, elle-même une excellente racemare, et de l’Ouest Gone, à travers son Secrettame fille. Secrétariat est également le grand-grand-père de la Chaussée des Géants à travers son petit-fils de Storm Cat et sa fille Terlingua. L’héritage génétique du Secrétariat peut être en partie liée à la probabilité qu’il portait la « X-Factor », un trait lié à un grand cœur, porté uniquement sur le chromosome X, et donc, un trait qui le Secrétariat ne pouvait que passer par l’intermédiaire de son filles [13].

Secretariat La légende du cheval le plus rapide au monde

(Mort)

À l’automne 1989, le Secrétariat était en proie à la fourbure, une condition du sabot douloureuses et souvent incurables. Lorsque son état a échoué d’amélioration après un mois de traitement, il a été euthanasié le 4 Octobre à l’âge de 19 ans [14]. Populaires à la fois comme un champion de la Triple Couronne et à la retraite, le Secrétariat a été pleuré par des millions et enterré à Claiborne Farm à Paris , dans le Kentucky, étant donné le rare honneur d’être enterré ensemble;. habituellement seulement la tête, le cœur et les sabots d’un cheval de course gagnantes sont enterrés, et le reste du corps est incinéré [15]

Une autopsie a révélé que son cœur était significativement plus grande que celle d’un cheval ordinaire [16]. Un cœur extrêmement grand est un trait qui se produit occasionnellement en pur-sang, liée à une maladie génétique transmise par la ligne de barrage, connu comme le «x- facteur. « [13] [17] [18] [19] Le facteur X peut être attribuée à cheval de course historiques Eclipse, qui a été autopsiés après sa mort en 1789. Parce que le cœur d’Eclipse semble être beaucoup plus grandes que les autres chevaux, il a été pesés, et trouvés être de 14 livres (6,4 kg), plus du double du poids normal. On croit Eclipse passé le trait sur la via ses filles, et la recherche pedigree vérifié que les traces du Secrétariat dans sa ligne de barrage pour une fille d’Eclipse [16]. Au 20e siècle, au cœur de Phar Lap a été pesé et a également documenté à 6,35 kg (14,0 lb) [20], ou essentiellement la même taille que celui d’Eclipse.

Au moment de la mort du Secrétariat, le vétérinaire qui a effectué l’autopsie, le Dr Thomas Swerczek, pathologiste chef à l’Université du Kentucky, ne pesait pas le cœur du Secrétariat, mais a déclaré: «Nous avons juste resté là dans un silence stupéfait. Nous ne pouvions croire elle. Le cœur était parfait. Il n’y avait aucun problème avec lui. C’était juste ce moteur énorme. « [14] Plus tard, Swerczek également effectué une autopsie sur le Sham, qui est décédé en 1993. Swerczek ne pèsent coeur Sham, et il était de 18 livres (8,2 kg). Basé sur la mesure de Sham, et avoir autopsié les deux chevaux, il a estimé que le cœur Secrétariat a probablement pesé 22 livres (10,0 kg), [16], soit environ deux fois et demie plus grande que celle du cheval en moyenn

(Reconnaissance posthume

Le 16 Octobre 1999, dans le cercle du vainqueur à l’hippodrome de Keeneland à Lexington, le US Postal Service honorés Secrétariat, dévoilant un timbre de 33 cent avec son image. ESPN énumérés lui 35ème des 100 plus grands athlètes du 20e siècle, le plus haut de trois non-humains sur la liste (les deux autres étaient aussi des chevaux de course: Man O ‘War au 84e et au Citation 97e). Secrétariat a été intronisé au Musée national des courses et Hall of Fame en 1974, l’année suivante sa triple couronne. En 2005, il est apparu dans montrent ESPN Classic Qui est n ° 1?. Dans la liste des « Performances Greatest Sports » (par des athlètes individuels), le cheval était le seul non-humain sur la liste, avec sa course au deuxième rang derrière Belmont Wilt Chamberlain de 100 points de jeu. Le 2 mai 2007, le Secrétariat a été intronisé au Kentucky, hall de la renommée sportive, marquant la première fois qu’un animal a reçu cet honneur [21]. Secrétariat, un Disney live-action film écrit par Mike Rich et réalisé par Randall Wallace, a été libéré sur Octobre 8, 2010. [22] Un nouveau prix créé en 2011 intitulé «Secrétariat Vox Populi » (voix du peuple) a été présenté par Penny Chenery le premier lauréat, le Cheval de l’Année 2010, Zenyatta. Ce prix annuel sera reconnaissent le cheval qui apporte le plus d’enthousiasme et d’attirance pour le sport. [Citation nécessaire]

Voir aussi:

This day in history: June 9, 1973

Secretariat became the first horse since Citation in 1948 to win America’s coveted Triple Crown: the Kentucky Derby, the Preakness and the Belmont Stakes. Of the three events, his win at the Belmont Stakes may be the most famous in horse racing history.

Vancouver

June 9, 2012

Secretariat became the first horse since Citation in 1948 to win America’s coveted Triple Crown: the Kentucky Derby, the Preakness and the Belmont Stakes. Of the three events, his win at the Belmont Stakes may be the most famous in horse racing history.

He and Sham went at it right from the gate, duelling through fractions that appeared suicidal in a race a mile-and-a-half long. Sham cracked, but Secretariat kept going, hitting the wire a staggering 31 lengths ahead, in a time that slashed almost three seconds off the record.

Here’s the call from race announcer Charles David (Chic) Anderson: « They’re on the turn, and Secretariat is blazing along! The first three-quarters of a mile in 1: 09 and four fifths. Secretariat is widening now! He is moving like a TREMENDOUS machine! Secretariat by twelve, Secretariat by fourteen lengths on the turn! Sham is dropping back – Secretariat is all alone! He’s out there almost a sixteenth of a mile away from the rest of the horses! Secretariat is in a position that seems impossible to catch. He’s into the stretch. Secretariat leads this field by 18 lengths, and now Twice a Prince has taken second and My Gallant has moved back to third. They’re in the stretch. Secretariat has opened a 22-length lead! He is going to be the Triple Crown winner! Here comes Secretariat to the wire.

An unbelievable, an amazing performance! »

Almost 100,000 people were at Belmont Park to see if Secretariat – also known as « Big Red » due to the fact he stood more than 16 hands high – could pull off the feat. Trained by Canadian Lucien Laurin and ridden by Canadian jockey Ron Turcotte, the performance attracted immense interest across Canada. Turcotte gave full credit to the horse, saying he’d lost control of Secretariat at the Belmont and the horse sprinted to victory of his own accord.

Upon his death in 1989, it was discovered that Secretariat’s heart was 2.5 times larger than that of an average horse, which likely contributed to his racing prowess. In 1999, ESPN ranked Secretariat No. 35 in its list of the Top 50 North American athletes of the 20th century, the only non-human on the list.

Voir également:

Movie Review | ‘Secretariat’

Putting Faith in Speed and Sinew

Manohla Dargis

The New York Times

October 7, 2010

Diane Lane might be the two-legged star of “Secretariat,” a gauzy, gooey, turf-pounding, Bible-thumping tribute to the celebrated 1970s thoroughbred from the wonderful weird world of Disney. But the bigger and truer stars of this enjoyable, sometimes accidentally entertaining movie are the five horses that take turns playing Secretariat — one was used for running, another posed for the cameras — along with the memory of that original breathtaking beauty. This was a champion whose races thrilled the usual society swells and off-track gamblers along with a larger public swept up by the story of the big red horse who could and did.

Squeaky clean and as square as a military flattop, “Secretariat” doesn’t take the wide or long view when it comes to horse racing or anything else, despite an occasional oblique nod to Vietnam. Instead it sticks to the Disney gospel that life means following your dreams, which here belong largely to those who surrounded Secretariat in his glory years, including his owner, Penny Chenery (Ms. Lane, sincere and dulled down), and trainer, Lucien Laurin (John Malkovich, insincere and showboating). Don’t fret, though: there are plenty of pretty horses — and a few hilarious close-ups of Secretariat and a rival at the starting gate eyeballing each other like boxers in the ring — even if the triumph here is of the human spirit and not the horse.

That tale gets swishing in Denver in 1969 with Penny, immaculately dressed and coiffed, whipping something up for her four children and husband, Jack Tweedy (Dylan Walsh). One phone call later and Penny and brood are back in her Virginia childhood home, burying her mother. She stays to care for her ailing father, Chris (Scott Glenn), a horseman whose mind and farm are slipping away. After a Kodak-moment flashback of her father and her as a child, Penny determines to save her patrimony, telling her husband that she’s taking care of business, a declaration of independence that might resonate more inspirationally if the movie actually showed you how she managed to care for the farm and her children (two of whom look under 12).

But uplift is the name of the game in “Secretariat,” not little details like life. Directed by Randall Wallace with his previous lack of subtly (“We Were Soldiers”), it opens with a shot of the sky and Penny reading in voice-over a passage about horses from the Book of Job: “Do you give the horse his strength?” (That passage, in a different translation, is also used in Peter Shaffer’s play “Equus.”) The rest of the writing can be blamed on Mike Rich, whose screenplay was, as the credits put it, “suggested by” William Nack’s book “Secretariat: The Making of a Champion.” It’s hard not to think that the folks behind “The Blind Side” — last year’s inspirational about a steel magnolia of faith and a sports hero — deserve some credit too.

Alas, Ms. Lane, smoothed and nearly emptied out, doesn’t have the material or direction that Sandra Bullock enjoyed in “The Blind Side” (or the flattering costumes). Penny Chenery’s story is not uninteresting, and she certainly doesn’t appear to have been the paper doll of the movie. The real woman hired the William Morris Agency to book Secretariat’s appearances, and said of her horse-racing life, “I love the prestige, the excitement and the money.” The movie’s Penny spends a lot of time fretting and every so often stares meaningfully into Secretariat’s eyes (or muzzle). That said, in one mad, delicious moment, she does bathe Secretariat alongside his black groom, Eddie Sweat (Nelsan Ellis, from HBO’s “True Blood”), the two humans working up quite the lather and harmonious vision to the sounds of “Oh Happy Day” (When Jesus Washed).

What did Secretariat think at that moment? The question seems reasonable given how the movie treats its animal star (familiar Disney meat) as both a cute-and-cuddly and a spiritual messenger. It was said that Secretariat liked to be photographed, a delightful idea that the movie embraces by showing him turn to the cameras. And certainly the movie flirts with the standard Disney take on animals as sentient creatures in command of their destinies and serving human needs. Yet this fuzzy humanism is at odds with the movie’s other message — deliriously blasted during the final race of the Triple Crown with reprises of Job and “Oh Happy Day” — that Secretariat galloped down the stretch guided by something other than the jockey’s crop.

What made Secretariat run? Sometimes it was the whip, which the movie omits, much as it elides anything really uncomfortable about horse racing. Money played a part, though it generally doesn’t in the movie, an exception being Penny’s shrewd decision to sell shares in Secretariat’s future as a sire. Every so often, mainly when one of the digital cameras is hovering right next to the horse as he tears down the track, his legs churning and breath hammering, you can pretend that Secretariat ran because he could and not because someone put a saddle on him and rode him out of the gate. It’s a pleasurable, seductive fantasy partly because, as we have known from the start of cinema, the sight of a running horse is a beautiful thing.

“Secretariat” is rated PG (Parental guidance suggested). The only dirty things here are the jockey silks.

SECRETARIAT

Opens on Friday nationwide.

Directed by Randall Wallace; written by Mike Rich, suggested by the book “Secretariat: The Making of a Champion” by William Nack; director of photography, Dean Semler; edited by John Wright; music by Nick Glennie-Smith; production design by Tom Sanders; costumes by Michael T. Boyd; produced by Gordon Gray and Mark Ciardi; released by Walt Disney Pictures. Running time: 1 hour 56 minutes.

WITH: Diane Lane (Penny Chenery), John Malkovich (Lucien Laurin), Dylan Walsh (Jack Tweedy), Dylan Baker (Hollis Chenery), Margo Martindale (Miss Ham), Nelsan Ellis (Eddie Sweat), Otto Thorwarth (Ronnie Turcotte), Fred Dalton Thompson (Bull Hancock), James Cromwell (Ogden Phillips) and Scott Glenn (Chris Chenery).

Voir encore:

Hollywood Unnecessarily Embellishes the Real Tale of Secretariat

Kevin Blackistone

AOL news

Oct 7, 2010

Secretariat was not Pegasus.

On the day he died in 1989 at 19 years old at Claiborne Farm in Kentucky, a necropsy performed by University of Kentucky veterinary scientist Dr. Thomas Swerczek revealed that Secretariat’s heart was roughly twice the size of a normal horse’s heart. It was little wonder then how Secretariat 16 years earlier pulled off a feat that hadn’t been witnessed in nearly half a century, and did so with a domination that theretofore could only be imagined: he won the 1973 Triple Crown while setting course records in the Kentucky Derby, Preakness and Belmont that still stand.

The truth, however, wasn’t good enough for the director of Secretariat, the movie about the horse’s spectacular run scheduled to debut Friday. For Randall Wallace, who grew up steeped in Baptist churches in the South and majored in religion at Duke, Secretariat was bathed in divine intervention. Indeed, one of the turning points in the film — as if the greatest racehorse, with literally the biggest heart, needed one — is when Secretariat’s owner Penny Chenery (played by Diane Lane, photo below) and groom Eddie Sweat (played by Nelsan Ellis) wash him down after a rare loss to the tune of the Edwin Hawkins Singers’ hit soul gospel Oh Happy Day. It’s the one with the refrain, « When Jesus washed, he washed my sins away. »

I don’t know what the sin was, or who the sinners were, in Secretariat’s biography.

Secretariat on Moviefone

Check out what the stars had to say on the making of Secretariat, plus the actors’ takes on horses, racing, and their director, Randall Wallace. — Moviefone Blog Secretariat (portrayed above by a stand-in that walked the red carpet at the movie’s debut in Hollywood recently) was real and was blessed from birth. He was the son of great thoroughbreds. He was, as the necropsy discovered, a genetic marvel.

He wasn’t Seabiscuit, the subject of Laura Hillenbrand’s brilliant Seabiscuit: An American Legend that became a bestseller in 2001 and a best picture nominee at the 2003 Academy Awards. He wasn’t undersized and funny-legged. He didn’t have to come back from injury. He wasn’t an underdog.

Secretariat was literally and figuratively, in the vernacular of sports, a beast. He was supposed to win and did in amazing fashion, stalking his prey before knocking them down one by one. He turned his Triple Crown winning Belmont Stakes race into a one-horse show, winning by an astounding 31 lengths. That’s akin to a full stretch.

Dominance doesn’t make for great drama, however. So Wallace, who wrote the script for the zealous Mel Gibson-directed Braveheart, and Disney invented some drama to give their interpretation of Secretariat’s unparalleled greatness some suspense.

Secretariat is a typically cute movie in a Disney-fied sense. It just plays unnecessarily, if not unconvincingly, with the facts, like too many histories Hollywood gets its hands on.

The Daily Racing Form columnist, longtime turf writer Steven Crist, posited earlier this week that at least Secretariat wasn’t likely to turn off any potential new fans to what once was a favorite American pastime. I’m not so sure. For one of the dramatic vehicles Wallace and Disney drove into the movie was of Chenery’s family farm — The Meadow in Doswell, Va., where Secretariat was born — being on the brink of financial ruin.

« The idea that Secretariat had to win the Triple Crown to save Meadow Stud is sheer fiction, » Crist wrote, referencing William Nack’s seminal text on Secretariat titled Big Red of Meadow Stable. « [It] also ignores the contributions of Riva Ridge — who won the Kentucky Derby and Belmont Stakes for Chenery the year that Secretariat was a 2-year-old but is not once even mentioned in the movie. »

Nonetheless, the story goes in the movie, Chenery’s family farm saw its better days many years before. The patriarch of the family is in failing physical and mental health. The matriarch dies unexpectedly. The books for the farm were bleeding red. Chenery and her brother don’t have the money to save it and the brother and Chenery’s husband want Chenery to divest the farm. The only asset they see is Secretariat and Chenery puts her hoof down in refusal of the idea of selling Secretariat.

Yet Chenery is portrayed in the most-unseemly of narratives in horse racing, running a horse to save the family grounds even against warnings that running him so much and so hard could be cataclysmic. It could kill him. She even hires jockey Ron Turcotte (played surprisingly well by real jockey Otto Torwarth) despite his reputation that he once rode a horse so hard that its heart burst.

It is a perverted sense of love of animal that has come to permeate the horseracing industry. It gets called the « sport of kings » and glamorized as a playground of the wealthy who treat their beasts better than many people are able to care for themselves and their progeny. But Secretariat reminds of the sad truth that the sport’s main motive is profit, and animal welfare may not be.

Horses today are allowed to run on drugs. Some tracks are fighting racing on synthetic surfaces that some think are less injurious to horses and reduce horrific episodes like that Barbaro suffered a few years ago in the midst of a Triple Crown bid. Horses get injected with milkshakes of chemicals to lessen lactic-acid buildup in their bodies that causes fatigue and warns of potential breakdown.

None of that happened to Secretariat that we know of, but the incentive to run Secretariat as portrayed by the movie is the foundation to all of it. There are so many people in horseracing who want to win no matter what and simply to put their horses up for stud.

Breeding shares for Secretariat were, in fact, sold before he won the Triple Crown. The movie gets that right. It’s just frustrating it invented so much wrong for what was a mortal and not mythical story out of the gate.

Voir enfin:

Peerless Stallion

Bill L.L. Barich

The New York Times

June 3, 2007

THE HORSE GOD BUILT

The Untold Story of Secretariat, the World’s Greatest Racehorse.

By Lawrence Scanlan.

Illustrated. 335 pp. Thomas Dunne Books/St. Martin’s Press. $24.95.

It takes a brave writer to tackle a subject as well documented as Secretariat, among the most popular racehorses ever. Already celebrated in two substantive biographies, Big Red, as he was called, was such a media darling that he has been commemorated on a United States postage stamp. As Lawrence Scanlan notes, Secretariat came of age during the corrupt Watergate era, and since he didn’t cheat, lie or order any illegal wiretaps, he embodied the wholesome values Americans treasure. When his picture appeared on the cover of Time in 1973, many readers found it “refreshing” to see the front end of a horse in the space usually reserved for politicians.

Scanlan’s goal is “to paint a fresh portrait in words,” and he approaches the task from the perspective of an avid horseman rather than a track insider. His quest sends him on a road trip through Kentucky, South Carolina and Florida as he digs for any scrap of information that might provide a new twist on the old story. A zealous researcher, he seems to have read everything about racing and even attends such mundane events as the unveiling of a bronze statue of Secretariat in hopes that it will yield some clues.

From the start, Secretariat had the look of a matinee idol. Born at the Meadow Stud in Virginia, he was a handsome chestnut — “bright as an orange, shiny as brass” — and the manager of the farm described him as a “big, strong-made foal with plenty of bone.” Despite such assets, the colt was so clumsy when he first took to the track that he earned the nickname Ol’ Hopalong, and it would be months before he was comfortable with his magnificent physique. (His heart was twice the normal size, and his gait the most efficient ever measured, according to an M.I.T. equine specialist.) Under the tutelage of Lucien Laurin, his French Canadian trainer, he went on to astound the public, never more so than when he won the 1973 Belmont Stakes by 31 lengths.

It’s unfortunate for Scanlan that Laurin is dead, as are other members of Secretariat’s entourage. More than 30 years have passed since the horse’s last race, and memories grow dim. Racetrack folks are notoriously tough nuts for an outsider to crack, too, pledged as they are to a peculiar code of omertà. When a jockey or an exercise rider does open up to Scanlan, the results are hardly revelatory. Secretariat was a wonderful horse, they all agree, and everybody loved him. It doesn’t help matters when Scanlan consults the Internet and reproduces similarly bland sentiments from the fans.

Scanlan fares better with Edward (Shorty) Sweat, Secretariat’s devoted groom, a flashy dresser who liked vodka, danced the boogaloo and fathered four children by three different women. Powerfully built, with massive forearms, Sweat joined the exodus of Southern black men who hired on as grooms because the job paid a halfway-decent wage and beat picking cotton. The son of a poor sharecropper, he was working steadily with horses at 14 and eventually landed at Laurin’s Holly Hill Farm, the ticket that led him to the big time in New York.

Like Laurin, Sweat has been dead for years, so Scanlan must rely on the testimony of friends and relations. He locates Marvin Moorer, Sweat’s son, and the groom’s old cronies Gus Gray and Charlie Davis, among others. Again the comments he records are remarkably uniform. By all accounts, Sweat was kind and generous, with a habit of deference to whites and a gift for drawing out the best in a horse. He adored Secretariat and even slept on a cot outside his stall before important races. Their rapport was extraordinary. Moorer says Sweat talked constantly to his charge in a Creole patois known as Geechee, a centuries-old slave language, and Secretariat listened.

In the end, though, there’s a fair degree of unsolved mystery about Sweat, who lost his house in Queens in a dispute over back taxes and died a pauper. Drink played a part, apparently, and he may not have been properly compensated for his efforts on behalf of Secretariat and Riva Ridge, another Derby winner, but grooms are a strange tribe and often contribute to their own misery. Scanlan rightly praises them as unsung heroes who deserve better pay and living conditions, yet they also resemble Melville’s Bartleby, in that they “prefer not to.” Shorty Sweat had the skills to be a trainer, for instance, but Moorer suggests he didn’t want the responsibility.

A case can be made that Sweat’s sad decline was a form of mourning for the horse he loved, and the celebrity that went with it, but it’s equally probable that Sweat knew how to do only one thing — be a groom — and it ultimately wore him down. Scanlan is a compassionate reporter, but he doesn’t bring Sweat to life or explore his dark side, so the rough-and-tumble aspects of racing stay under wraps. Still, the author is an amiable companion on the road, and his portrait, though neither gritty nor entirely fresh, will satisfy those who can’t get enough of Secretariat.

Bill Barich’s racing books “A Fine Place to Daydream” and “Laughing in the Hills” have recently been published in new paperback editions.

..


Religion: Nous sommes automate autant qu’esprit (Monkey see monkey do: looking back at the tebowing craze)

6 avril, 2013
https://i0.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/2a/Tim_Tebow_Tebowing.jpghttps://i1.wp.com/www.francetvinfo.fr/image/74mypmdv7-4811/908/624/182263.jpghttps://i1.wp.com/www.francetvinfo.fr/image/74mypmdm4-99da/908/624/182233.jpgLa skieuse américaine Lindsey Vonn imite Tim Tebow après sa victoire lors du Super G de Beaver Creek, dans le Colorado, le 7 décembre 2011. Les fans de tebowing dans tous les endroits possibles et imaginables. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Jean 3: 16
Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. Jésus (Mathhieu 6: 5-6)
It’s hard to be a saint in the city. Bruce Springsteen
Cette affaire confirme que la pratique du plagiat est rarement ponctuelle – le fait malheureux d’un auteur qui a failli accidentellement -, mais bien une méthode d’écriture par procuration, parfaitement au point chez certains publiants – inutile de parler d’auteurs, et encore moins d’écrivains. Encore que ces types de livres soient quelquefois les plus lus, puisqu’ils sont plus des produits de promotion d’une personnalité ou d’une institution qu’un véritable travail intellectuel s’inscrivant dans une réflexion personnelle. Hélène Maurel-Indart
 Je viens de prendre connaissance de la polémique qui s’est développée à propos du plagiat présumé d’un texte de JF Lyotard commis par Gilles Bernheim. Etant le dernier survivant des personnes interviewées par Elisabeth Weber dans « Questions au judaïsme », je peux témoigner des méthodes de travail d’Elisabeth Weber. Elle procédait à un long entretien enregistré au magnétophone. On revenait, parfois, sur des sujets abordés au début de la conversation, ce qui donnait un produit brut, je suppose, assez décousu. Quelques semaines plus tard, EW vous adressait une mise en forme de votre entretien, qui en ce qui me concerne était réalisée de manière remarquable, donnant à ces échanges décousus une cohérence parfaite. Je ne peux imaginer que JF Lyotard, que j’ai bien connu, ait débité devant Elisabeth un texte appris par coeur d’un cours délivré en 1980 par GB… Cela me navre d’autant plus que ceux qui connaissent mes interventions publiques actuelles peuvent constater que sur nombre de sujets (mariage gay, Israël) je suis en parfait accord avec les prises de position du Grand Rabbin… Luc Rosenweig
On ne commande bien à la nature qu’en y obéissant. Bacon
Nul ne peut être formé à la vertu contre les leçons de la multitude. Platon
Ayant considéré combien un même homme, avec son même esprit, étant nourri dès son enfance entre des Français ou des Allemands, devient différent de ce qu’il serait s’il avait toujours vécu avec des Chinois ou des cannibales. Descartes
Nous sommes automates dans les trois quarts de nos actions. Leibniz
L’homme n’est ni ange, ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête. Pascal
Qu’est‑ce que nos principes naturels, sinon nos principes accoutumés ? Et dans les enfants, ceux qu’ils ont reçus de la coutume de leurs pères, comme la chasse dans les animaux ? Une différente coutume en donnera d’autres principes naturels. Cela se voit par expérience. Pascal
C’est la coutume…. qui fait tant de chrétiens ; c’est elle qui fait les Turcs, les païens, les métiers, les soldats. Pascal
C’est être superstitieux de mettre son espérance dans les formalités, mais c’est être superbe de ne vouloir s’y soumettre. (…) Il faut que l’extérieur soit joint à l’intérieur pour obtenir de Dieu; c’est-à-dire que l’on se mette à genoux, prie des lèvres, etc., afin que l’homme orgueilleux qui n’a voulu se soumettre à Dieu soit maintenant soumis à la créature. Attendre de cet extérieur le secours est être superstitieux; ne vouloir pas le joindre à l’intérieur est être superbe. (…) Les autres religions, comme les païennes, sont plus populaires, car elles sont en extérieur, mais elles ne sont pas pour les gens habiles. Une religion purement intellectuelle serait plus proportionnée aux habiles, mais elle ne servirait pas au peuple. La seule religion chrétienne est proportionnée à tous, étant mêlée d’extérieur et d’intérieur. Elle élève le peuple à l’intérieur, et abaisse les superbes à l’extérieur, et n’est pas parfaite sans les deux, car il faut que le peuple entende l’esprit de la lettre et que les habiles soumettent leur esprit à la lettre. (…) Car il ne faut pas se méconnaître, nous sommes automate autant qu’esprit. Et de là vient que l’instrument par lequel la persuasion se fait n’est pas la seule démonstration. Combien y a(-t-) il peu de choses démontrées? Les preuves ne convainquent que l’esprit, la coutume fait nos preuves les plus fortes et les plus rues. Elle incline l’automate qui entraîne l’esprit sans qu’il y pense. Qui a démontré qu’il sera demain jour et que nous mourrons, et qu’y a(-t-)il de plus cru? C’est donc la coutume qui nous en persuade. C’est elle qui fait tant de chrétiens, c’est elle qui fait les Turcs, les païens, les métiers, les soldats, etc. Il y a la foi reçue dans le baptême de plus aux chrétiens qu’aux païens. Enfin il faut avoir recours à elle quand une fois l’esprit a vu où est la vérité afin de nous abreuver et nous teindre de cette créance qui nous échappe à toute heure, car d’en avoir toujours les preuves présentes c’est trop d’affaire. Il faut acquérir une créance plus facile qui est celle de l’habitude qui sans violence, sans art, sans argument nous fait croire les choses et incline toutes nos puissances à cette croyance, en sorte que notre âme y tombe naturellement. Quand on ne croit que par la force de la conviction et que l’automate est incliné à croire le contraire ce n’est pas assez. Il faut donc faire croire nos deux pièces, l’esprit par les raisons qu’il suffit d’avoir vues une fois en sa vie et l’automate par la coutume, et en ne lui permettant pas de s’incliner au contraire. Inclina cor meum deus. La raison agit avec lenteur et avec tant de vues sur tant de principes, lesquels il faut qu’ils soient toujours présents, qu’à toute heure elle s’assoupit ou s’égare manque d’avoir tous ses principes présents. Le sentiment n’agit pas ainsi; il agit en un instant et toujours est prêt à agir. Il faut donc mettre notre foi dans le sentiment, autrement elle sera toujours vacillante. Blaise Pascal
On ne peut pas observer les Dix commandments si on vit au sein d’une société qui ne les respecte pas. Un soldat doit porter l’uniforme et vivre à la caserne. Celui qui veut servir Dieu doit arborer les insignes de Dieu et s’écarter de ceux qui ne se soucient que d’eux-mêmes. La barbe, les papillottes, le châle de prière, les franges rituelles – tout cela fait partie de l’uniforme d’un juif. Ce sont les signes extérieurs de son appartenance au monde de Dieu, pas aux bas-fonds. Herz Dovid Grein (ombres sur l’Hudson, Isaac Bashevis Singer, 1957)
Les neurones miroirs sont des neurones qui s’activent, non seulement lorsqu’un individu exécute lui-même une action, mais aussi lorsqu’il regarde un congénère exécuter la même action. On peut dire en quelque sorte que les neurones dans le cerveau de celui/celle qui observe imitent les neurones de la personne observée; de là le qualitatif ‘miroir’ (mirror neurons). C’est un groupe de neurologues italiens, sous la direction de Giacomo Rizzolati (1996), qui a fait cette découverte sur des macaques. Les chercheurs ont remarqué – par hasard – que des neurones (dans la zone F5 du cortex prémoteur) qui étaient activés quand un singe effectuait un mouvement avec but précis (par exemple: saisir un objet) étaient aussi activés quand le même singe observait simplement ce mouvement chez un autre singe ou chez le chercheur, qui donnait l’exemple. Il existe donc dans le cerveau des primates un lien direct entre action et observation. Cette découverte s’est faite d’abord chez des singes, mais l’existence et l’importance des neurones miroirs pour les humains a été confirmée (1). Dans une recherche toute récente supervisé par Hugo Théoret (Université de Montréal), Shirley Fecteau a montré que le mécanisme des neurones miroirs est actif dans le cerveau immature des petits enfants et que les réseaux de neurones miroirs continuent de se développer dans les stades ultérieurs de l’enfance. Il faut ajouter ici que les savants s’accordent pour dire que ces réseaux sont non seulement plus développés chez les adultes (comparé aux enfants), mais qu’ils sont considérablement plus évolués chez les hommes en général comparé aux autres primates. Simon De Keukelaere
Ce n’est pas de la chance. La chance ne fait pas gagner six matchs de suite. C’est une faveur. Une faveur de Dieu.  Wayne Hanson (Pasteur,  Castle Rock, Colorado)
Ce geste, répété à tous les matchs, est devenu le « Tebowing ». Le Global Language Monitor, une compagnie qui liste, entre autres, les nouveaux mots les plus à la mode, a officiellement sanctionné l’arrivée du « Tebowing » dans la langue anglaise. Une arrivée aussi rapide qu' »Obamania » en 2007. Les détracteurs de Tim Tebow font remarquer qu’aujourd’hui, plus personne ne parle d’ « Obamania », et que le « Tebowing » ne fera pas long feu. () Avant de prier sur le terrain, Tim Tebow se peignait sous les yeux des passages de la Bible. Une pratique finalement interdite, qu’on a appelé la « Tebow Rule ».  Il est ensuite passé à la prière sur le terrain, fin 2010. Ce geste a fait de Tim Tebow un sex-symbol. Les supportrices se lâchent, car on ne lui connaît pas de petite amie. C’est d’ailleurs l’une des recherches les plus fréquentes sur les sites sportifs américains. Ces fans ne sont pas les seules à chercher à profiter de la popularité de Tebow. Depuis que le phénomène a commencé, le prix des billets pour les matchs des Broncos a augmenté de 50 % ! Ce geste, devenu célèbre aux Etats-Unis, a inspiré d’autres sportifs. Ces vainqueurs d’une épreuve de Nascar (course de stock-cars) en Floride ont imité Tim Tebow, le 18 novembre dernier. Ce sont ses adversaires qui ont commencé à parodier Tebow. Ainsi, Stephen Tulloch, des Detroit Lions, a imité son geste sur le terrain, après avoir plaqué le joueur de Denver. Une star de la NBA, Dwight Howard, un joueur de baseball qui faisait du tourisme en Europe, Dexter Fowler, un partenaire de Tebow à Denver, et un joueur de golf américain ont tous publié des photos d’eux faisant le « Tebowing » sur leur compte Twitter. La skieuse américaine Lindsey Vonn a elle aussi « tebowé » après sa victoire lors du Super G de Beaver Creek, le 7 décembre dernier. Au point que les médias américains lui ont demandé s’il y avait quelque chose entre Tebow et elle… Ce que Vonn a démenti : « si je fais le ‘Tebowing’, ça ne veut pas dire que je suis avec lui. J’admire juste ce qu’il fait. » Le « Tebowing » n’est pas réservé qu’aux champions. Le site tebowing.com recense les photos des internautes faisant le « Tebowing » dans les endroits les plus improbables (à Disneyland, au Machu Pichu, sur leur lit d’hôpital, sous la Tour Eiffel…). Ils ont même dégotté des photos de chien et de gorilles en train de tebower ! Francetvinfo
Ces victoires in extremis, ainsi que sa personnalité particulière, entraînent une véritable vague médiatique autour de Tebow, appelée Tebow mania, qui se manifeste notamment par une importante présence sur les réseaux sociaux et d’information américains, ou encore par l’explosion des ventes de maillots à son nom. Tim Tebow devient alors un phénomène de société aux Etats-Unis. À cela s’attache la pratique du tebowing, soit de l’imitation de la posture particulière qu’il prend, à demi-agenouillé et la tête sur un bras, pour célébrer l’inscription d’un touchdown. Wikipedia
Brady, 34, is living an American male fantasy, a Faustian swirl of physical prowess, sexual aura, weekly heroics and fame. He’s so cool that he can wear Uggs and get away with it. But when the Patriots meet the Denver Broncos in a divisional playoff game at Gillette Stadium, Brady will not be the most riveting athlete on the field; he won’t even be the most riveting quarterback. That honor will belong to a young Bronco named Tim Tebow. (…) Tebow, 24, is the quarterback question mark; he’d rather run than throw another wobbly pass that wouldn’t make a Pop Warner football highlight reel. He is an unmarried, self-declared virgin with no supermodel on his arm. He is a devout Christian who thanks his Lord and Savior so often that a recent “Saturday Night Live” skit had Jesus telling him: enough already. Yet, somehow, this N.F.L. sophomore — who has been Denver’s starting quarterback for all of 12 games — has upended cynical assumptions about professional athletics to become more than an unlikely playoff contender and the country’s favorite active athlete, as declared by a recent poll by ESPN. Tim Tebow is now a cultural touchstone. (…)  Some fans are wearing Broncos jerseys with Tebow’s number and Jesus’ name. Around the world, people are “tebowing” — kneeling in prayer, with head resting on one hand, oblivious to surroundings, just as Tebow does after victories. Still, when a wedding party tebows in Las Vegas, or a couple tebows on Abbey Road in London, or two scuba divers tebow underwater in Belize, it can be hard to tell whether they are celebrating or mocking him for his virtuous ways. What, exactly, is it about Tim Tebow that so fascinates and provokes us? Why do some people project onto him the best of this country (humility, tenacity, plain old decency) — and the worst (sanctimoniousness, overexposure, political intolerance)? Part of the answer may lie in the way he seems oblivious to the throaty roars that envelop him on and off the field, as though Tebow is always tebowing, whether kneeling or standing up. It seems a stretch to interpret his calm indifference as a particularly arrogant strain of piety. More likely, it is his way of saying that none of this — the rah-rah football Sunday, followed by the weeklong football Kremlinology — is what truly matters. (…) Legions of pundits, writers and insomniac callers to late-night radio have analyzed the subject. But maybe no investigation or deep sociological inquiry is required. Maybe the key to the Tebow phenomenon is just this: He wins games. What’s more, Tebow tends to win in the closing minutes, against considerable odds and amid the persistent doubts about his ability by the football establishment. He often can seem like a regular guy suddenly thrust into the middle of a professional football game, only to win by summoning a superhuman will that we all wish we had. Finally, and it cannot be denied, Tebow’s very public conviction about his faith resonates (Isn’t he a model for how to live?), intrigues (How can he be so certain?) or annoys (Can’t he keep it in the church pew?). If he were not in the playoffs, perhaps we would not care as much. But since he is, his extraordinary athleticism and proven heroics — including two college championships and a Heisman Trophy — are routinely forgotten in favor of a more mystical possibility. (…) In 2009, a reporter at a news conference asked Tebow whether he was “saving” himself for marriage. When the virile young college hero answered yes, many in the room were so dumbstruck that he jokingly wondered whether he had just stunned the reporters into silence. (Of course, a Playboy playmate and others were soon volunteering to free him of his virginity.) (…) While some athletes swan around at “gentlemen’s clubs,” he plays flashlight tag with his family. While some athletes dedicate themselves to video games in their free time, he visits hospitals and prisons, and goes to the Philippines in the off-season as part of a ministry to help orphans. Those who distrust this kind of faith-based outreach, perhaps because they detect a conservative political agenda behind it all, found an aha moment during the 2010 Super Bowl. In a 30-second commercial paid for by Focus on the Family, an evangelical Christian nonprofit organization, Tebow and his mother told the story of his birth — a “miracle baby” — and her choice not to have an abortion. There was no tebowing that week in the halls of Planned Parenthood. (…) Decent people who are proud of their faith, do good things and succeed in life tend to irritate some of us; they remind us of our private failures, so, naturally, we hope they stumble. Spectacularly. Face-first into the mud. And those who dislike Tebow were rewarded when the Broncos lost the final three games of the regular season. In living rooms around the country, some people were gleefully channeling Billy Crystal’s parody of Edward G. Robinson in “The Ten Commandments”: “Where’s your Messiah now, Moses?” The NYT

Monkey see, monkey do ?

En relisant l’histoire du joueur de football américain le plus médiatisé de la saison 2012-2013 qui, après les véritables « miracles » réalisés sur le terrain des Broncos de Denver et un peu à l’instar du prodige taiwanais-américain Jeremy Lin des New York Knicks, a vécu un véritable chemin de croix quand les résultats n’ont plus suivi dans l’enfer du banc des Jets de New York avant la probable relégation cette année à une équipe bien moins prestigieuse …

Mais qui, au faite de sa gloire l’an dernier et entre ses références bibliques collées sous les yeux  ou ses naïves confessions de virginité, avait suscité une véritable mania – avec site dédié sur l’internet et nouvelle entrée dans le dictionnaire – avec sa pratique de l’agenouillement après chaque touchdown …

Comment ne pas repenser, en ces temps étranges, où, hypermédiatisation oblige, l’hypermimétisme (des neurones miroirs aux bâtiments qui tombent malades et du plagiat à la cryptomnésie !) se lie à la plus grande revendication d’originalité et d’individualisme …

Et où jusqu’au Grand rabbin de France lui-même semble avoir succombé aux miroirs au alouettes médiatiques …

Pendant qu’un Robert Redford qui pose la question de la responsabilité de Hollywood dans la violence qui s’abat régulièrement sur les écoles de son pays nous sort à présent un film à la gloire des terroristes des années 70 dits Weathermen

Aux fameuses Pensées de Pascal sur les gestes de la foi?

A savoir, comme le rappelle si bien Simone Manon contre l’angélisme et le diktat actuels de la spontanéité et de l’authenticité …

Cet ensemble d’attitudes corporelles et de mouvements du corps, cette gymnastique et cette musique faites d’automatismes et d’habitudes collectives de penser, d’agir et de sentir …

Qui conditionnent les dispositions de l’âme et constituent en quelque sorte les conditions matérielles et sociales de possibilité de toute croyance religieuse véritable?

Le « Tebowing », ce geste qui est en train de faire le tour du monde

Francetvinfo

14/12/2011

C’est l’histoire d’une prière, celle du quarterback américain Tim Tebow. Lors d’un match où son équipe était mal embarquée, Tebow renverse le cours de la partie, et permet à son équipe de l’emporter. Après avoir marqué, il pose un genou à terre et prie. Un geste qu’il repète désormais avant chaque match, et qui porte bonheur à son équipe : les Broncos de Denver ont enchaîné six victoires. Ce geste est devenu un phénomène de société.

1/10 Tim Tebow prie, parfois avant le match, parfois dans les dernières secondes, parfois après avoir marqué. Son équipe des Broncos de Denver (Colorado) vient d’enchaîner une série de six victoires consécutives, et paraît bien partie pour disputer les phases finales du championnat, la NFL.

2/10 D’après le pasteur Wayne Hanson, qui prêche dans l’église fréquentée par la famille Tebow, à Castle Rock, près de Denver, tout est lié. « Ce n’est pas de la chance. La chance ne fait pas gagner six matchs de suite. C’est une faveur. Une faveur de Dieu », témoigne-t-il dans la presse américaine.

3/10 Ce geste, répété à tous les matchs, est devenu le « Tebowing ». Le Global Language Monitor, une compagnie qui liste, entre autres, les nouveaux mots les plus à la mode, a officiellement sanctionné l’arrivée du « Tebowing » dans la langue anglaise. Une arrivée aussi rapide qu' »Obamania » en 2007. Les détracteurs de Tim Tebow font remarquer qu’aujourd’hui, plus personne ne parle d’ « Obamania », et que le « Tebowing » ne fera pas long feu.

Avant de prier sur le terrain, Tim Tebow se peignait sous les yeux des passages de la Bible. Une pratique finalement interdite, qu’on a appelle la Tebow Rule.

4/10 Avant de prier sur le terrain, Tim Tebow se peignait sous les yeux des passages de la Bible. Une pratique finalement interdite, qu’on a appelé la « Tebow Rule ». Il est ensuite passé à la prière sur le terrain, fin 2010.

Les fans (de plus en plus nombreuses) de Tim Tebow, le 11 décembre 2011, lors d’un match entre les Denvers Broncos et les Chicago Bears.

5/10 Ce geste a fait de Tim Tebow un sex-symbol. Les supportrices se lâchent, car on ne lui connaît pas de petite amie. C’est d’ailleurs l’une des recherches les plus fréquentes sur les sites sportifs américains. Ces fans ne sont pas les seules à chercher à profiter de la popularité de Tebow. Depuis que le phénomène a commencé, le prix des billets pour les matchs des Broncos a augmenté de 50 % !

Les vainqueurs d’une course de Nascar en train d’imiter Tim Tebow, le 18 novembre 2011 à Homestead, en Floride.

6/10 Ce geste, devenu célèbre aux Etats-Unis, a inspiré d’autres sportifs. Ces vainqueurs d’une épreuve de Nascar (course de stock-cars) en Floride ont imité Tim Tebow, le 18 novembre dernier.

Ce sont ses adversaires qui ont commencé à parodier Tebow. Ainsi, Stephen Tulloch des Detroit Lions après un plaquage sur le joueur de Denver, à son geste!

7/10 Ce sont ses adversaires qui ont commencé à parodier Tebow. Ainsi, Stephen Tulloch, des Detroit Lions, a imité son geste sur le terrain, après avoir plaqué le joueur de Denver.

Une star de la NBA, Dwayne Howard, et un joueur de baseball qui faisait du tourisme en Europe, Dexter Fowler, ont publié sur leur compte Twitter, des photos de tebowing dans des lieux publics.

La skieuse américaine Lindsey Vonn imite Tim Tebow après sa victoire lors du Super G de Beaver Creek, dans le Colorado, le 7 décembre 2011.

9/10 La skieuse américaine Lindsey Vonn a elle aussi « tebowé » après sa victoire lors du Super G de Beaver Creek, le 7 décembre dernier. Au point que les médias américains lui ont demandé s’il y avait quelque chose entre Tebow et elle… Ce que Vonn a démenti : « si je fais le ‘Tebowing’, ça ne veut pas dire que je suis avec lui. J’admire juste ce qu’il fait. » DOUG PENSINGER / AFP

Les fans de tebowing dans tous les endroits possibles et imaginables

10/10 Le « Tebowing » n’est pas réservé qu’aux champions. Le site tebowing.com recense les photos des internautes faisant le « Tebowing » dans les endroits les plus improbables (à Disneyland, au Machu Pichu, sur leur lit d’hôpital, sous la Tour Eiffel…). Ils ont même dégotté des photos de chien et de gorilles en train de tebower !

Voir aussi:

He’s a Quarterback, He’s a Winner, He’s a TV Draw, He’s a Verb

Dan Barry

The NYT

January 13, 2012

On Saturday night in Massachusetts, a Jim Thorpe-Fabio hybrid in a New England Patriots uniform will emerge from the Foxborough shadows with all the confidence granted by good looks, athletic gifts and the home-field advantage: Tom Brady, the quarterback ideal. A three-time Super Bowl champion. Married to a world-famous model. So laserlike in his throws that he could hit the 11 bus in Boston, 30 miles away — in the numbers.

No question. Brady, 34, is living an American male fantasy, a Faustian swirl of physical prowess, sexual aura, weekly heroics and fame. He’s so cool that he can wear Uggs and get away with it.

But when the Patriots meet the Denver Broncos in a divisional playoff game at Gillette Stadium, Brady will not be the most riveting athlete on the field; he won’t even be the most riveting quarterback. That honor will belong to a young Bronco named Tim Tebow. Perhaps you’ve heard of him.

Tebow, 24, is the quarterback question mark; he’d rather run than throw another wobbly pass that wouldn’t make a Pop Warner football highlight reel. He is an unmarried, self-declared virgin with no supermodel on his arm. He is a devout Christian who thanks his Lord and Savior so often that a recent “Saturday Night Live” skit had Jesus telling him: enough already.

Yet, somehow, this N.F.L. sophomore — who has been Denver’s starting quarterback for all of 12 games — has upended cynical assumptions about professional athletics to become more than an unlikely playoff contender and the country’s favorite active athlete, as declared by a recent poll by ESPN. Tim Tebow is now a cultural touchstone.

ESPN’s “SportsCenter” dedicated an hourlong program to Tebow on Thursday, triggering a case of nationwide Twitter hyperventilation. Some fans are wearing Broncos jerseys with Tebow’s number and Jesus’ name. Around the world, people are “tebowing” — kneeling in prayer, with head resting on one hand, oblivious to surroundings, just as Tebow does after victories.

Still, when a wedding party tebows in Las Vegas, or a couple tebows on Abbey Road in London, or two scuba divers tebow underwater in Belize, it can be hard to tell whether they are celebrating or mocking him for his virtuous ways.

What, exactly, is it about Tim Tebow that so fascinates and provokes us? Why do some people project onto him the best of this country (humility, tenacity, plain old decency) — and the worst (sanctimoniousness, overexposure, political intolerance)?

Part of the answer may lie in the way he seems oblivious to the throaty roars that envelop him on and off the field, as though Tebow is always tebowing, whether kneeling or standing up. It seems a stretch to interpret his calm indifference as a particularly arrogant strain of piety. More likely, it is his way of saying that none of this — the rah-rah football Sunday, followed by the weeklong football Kremlinology — is what truly matters.

Tebow may not think that Tebow is what matters, but much of the country apparently does. Why?

Legions of pundits, writers and insomniac callers to late-night radio have analyzed the subject. But maybe no investigation or deep sociological inquiry is required. Maybe the key to the Tebow phenomenon is just this: He wins games.

What’s more, Tebow tends to win in the closing minutes, against considerable odds and amid the persistent doubts about his ability by the football establishment. He often can seem like a regular guy suddenly thrust into the middle of a professional football game, only to win by summoning a superhuman will that we all wish we had.

Finally, and it cannot be denied, Tebow’s very public conviction about his faith resonates (Isn’t he a model for how to live?), intrigues (How can he be so certain?) or annoys (Can’t he keep it in the church pew?). If he were not in the playoffs, perhaps we would not care as much. But since he is, his extraordinary athleticism and proven heroics — including two college championships and a Heisman Trophy — are routinely forgotten in favor of a more mystical possibility.

To date, there’s no hard evidence of any divine intervention. Instead, the Tebow effect conforms to a more familiar narrative: that of fans seeing what they want to see — hero or villain, the genuine article or another fraud — in a person who plays sports for a living.

Tebow’s background reads like a movie script rejected for being too improbable. The son of Christian Baptist missionaries. Born in the Philippines after his mother rejected recommendations to end the life-threatening pregnancy with an abortion. Home-schooled in Florida. On to a public high school to play football. On to the University of Florida, where he placed Biblical citations — John 3:16 or Philippians 4:13 — on black bands beneath his eyes.

In 2009, a reporter at a news conference asked Tebow whether he was “saving” himself for marriage. When the virile young college hero answered yes, many in the room were so dumbstruck that he jokingly wondered whether he had just stunned the reporters into silence. (Of course, a Playboy playmate and others were soon volunteering to free him of his virginity.)

By the time Tebow was selected in the first round of the N.F.L. draft in 2010, older fans could be forgiven for recalling a story from 1985 about Sidd Finch, a rookie pitcher who supposedly showed up at a Mets training camp throwing 168-mile-an-hour fastballs. He had grown up in an English orphanage, studied yoga in Tibet, played the French horn, and was entirely fictional — part of an April Fool’s Day hoax perpetrated by George Plimpton and Sports Illustrated.

But the Tebow story was true — almost too good to be true. While some athletes swan around at “gentlemen’s clubs,” he plays flashlight tag with his family. While some athletes dedicate themselves to video games in their free time, he visits hospitals and prisons, and goes to the Philippines in the off-season as part of a ministry to help orphans.

Those who distrust this kind of faith-based outreach, perhaps because they detect a conservative political agenda behind it all, found an aha moment during the 2010 Super Bowl. In a 30-second commercial paid for by Focus on the Family, an evangelical Christian nonprofit organization, Tebow and his mother told the story of his birth — a “miracle baby” — and her choice not to have an abortion. There was no tebowing that week in the halls of Planned Parenthood.

Last season, in his rookie year with the Broncos, Tebow mostly played a backup role. One can only imagine how his imperfect throwing motion and preference for bulling through the defensive line ached the teeth of John Elway, the legendary Broncos quarterback — the pass-perfect Tom Brady of his day — who this year became the team’s executive vice president for football operations.

Tebow began this season on the bench as well. But when the Broncos fell to 1-3, and were in the midst of losing a fourth game against the San Diego Chargers, the much-maligned backup stepped in to start a gripping comeback. The Broncos lost the game, but Tebow won the right to start at quarterback.

This epithet-averse quarterback led the Broncos to victories in seven of their next eight games, often in last-minute, unorthodox ways. Against the Kansas City Chiefs, for example, he threw the ball only eight times and connected only twice — although one was for a 56-yard touchdown in the fourth quarter. And against the Chicago Bears, he somehow led his team to a 13-10 victory in overtime — after the Broncos had trailed, 10-0, with less than three minutes to play in regulation.

Decent people who are proud of their faith, do good things and succeed in life tend to irritate some of us; they remind us of our private failures, so, naturally, we hope they stumble. Spectacularly. Face-first into the mud. And those who dislike Tebow were rewarded when the Broncos lost the final three games of the regular season. In living rooms around the country, some people were gleefully channeling Billy Crystal’s parody of Edward G. Robinson in “The Ten Commandments”:

“Where’s your Messiah now, Moses?”

But the Broncos backed into the playoffs.

Then, on Sunday, in the first seconds of overtime against the favored Pittsburgh Steelers, Tebow threw a pinpoint, Brady-like pass for a winning touchdown to extend his team’s improbable season. In a game that was the highest-rated television show since last year’s Super Bowl, Tebow threw for 316 yards. Add John and a colon, and it becomes one of the Biblical citations he used to paint on his face.

Holy Vince Lombardi!

The Broncos’ season may very well end in Foxborough on Saturday night, at the hands of an ideal quarterback who throws rockets from the pocket. But at least Tim Tebow has made more than a few people think about life beyond the gridiron.

And New England fans might take note of this. The other day, Luke Ravenstahl, the mayor of losing Pittsburgh, made good on a friendly bet. He put on a Broncos jersey, knelt down in his city’s Roberto Clemente Memorial Park — and tebowed.

Voir aussi:

Lire de la joie au lieu de la colère sur les visages permettrait d’être moins agressif

Le HuffPost

11/04/2013

BIEN-ÊTRE – La façon dont vous percevez les émotions de ceux qui vous entourent pourrait bien avoir un impact réel sur votre propre état d’esprit, d’après une étude britannique.

Publiée dans la revue Psychological Science, cette recherche démontre que le fait d’entraîner des personnes à voir dans les expressions faciales de la joie là où elles lisent habituellement de la colère pourrait les aider à se sentir moins agressives et moins énervées.

« Les résultats apportent des preuves non négligeables que notre analyse des émotions joue un rôle déterminant par rapport à notre colère et qu’elle peut entretenir notre comportement agressif », affirme l’un des chercheurs Marcus Munafo, professeur d’université. « Cela pourrait potentiellement faire naître de nouveaux traitements comportementaux dans le futur ».

Conditionnement

Les chercheurs de l’université de Bristol, au Royaume–Uni, ont mené leur étude sur des volontaires en bonne santé et des adolescents connus soit pour leurs risques élevés de commettre un crime ou d’adopter une attitude agressive.

Au début de l’étude, les chercheurs ont demandé aux premiers volontaires de classer une série d’expressions faciales comme étant « joyeuses » ou « en colère ». Ils leur ont ensuite affirmé que certains des visages qu’ils avaient classés comme « en colère » étaient en fait heureux.

« Conditionnés » de cette façon, les volontaires adultes ont commencé à voir des visages heureux au lieu de les reconnaître comme en colère et ont ensuite déclaré se sentir moins agressifs et moins énervés.

Le sourire, remède anti-stress

Les chercheurs ont obtenu les mêmes résultats quand ils ont mené l’expérience sur les adolescents (âgés de 11 à 16 ans). Les jeunes volontaires auraient même eu moins d’incidents liés à leur agressivité dans les semaines qui ont suivi l’expérience.

Une découverte dans la même veine que les conclusions d’une étude — publiée l’année dernière dans le même journal — qui démontrait que les expressions faciales joyeuses, et plus particulièrement un véritable sourire, pouvait réduire le stress en diminuant le rythme cardiaque après un évènement crispant.

Voir encore:

PASCAL ET LA MACHINE

Pierre Macherey

SZ

09/11/2005

Pascal a manifesté un intérêt pour la machine et les conditions de son emploi dans deux occasions bien précises au moins : d’une part, lorsqu’il a conçu et contrôlé la construction de la toute première machine à calculer, la « Pascaline » ; et d’autre part, lorsque dans les fragments de son Apologie de la religion chrétienne, il fait allusion à un énigmatique « discours de la Machine », dont le propos est résumé par la surprenante formule : « Cela vous abêtira ! », qui avait affolé les messieurs de Port-Royal au point de les amener à la censurer dans leur édition des Pensées. Dans les deux cas, est impliqué un certain rapport de la machine à l’esprit humain : la Pascaline supplée et soulage l’intelligence dans l’une de ses opérations caractéristiques, en effectuant à sa place, et sans risque d’erreurs, des calculs (addition, soustraction, multiplication et division, pour autant que toutes ces opérations soient ramenées à des additions), calculs dont la longueur et la complexité la découragent, ce qui a parfois conduit à appliquer à ce type de mécanisme la désignation de « machine pensante », et à voir avec elle émerger, pour la première fois, le problème de l’« intelligence artificielle » ; d’autre part, le recours à la « machine », c’est-à-dire dans ce cas précis au corps conçu, comme le fait Descartes, sur le modèle d’une horloge dont les mouvements sont fixés par la seule disposition de ses organes, mécanisme qui permet d’orienter l’esprit réticent, ou tout simplement indifférent, vers les vérités de la foi, exploite la possibilité que la machine, non plus secoure ou supplée l’esprit défaillant en se substituant à lui dans l’accomplissement de certaines de ses tâches, mais l’incline, donc exerce sur lui une décisive influence dont les résultats sont destinés à être consolidés et fixés par l’habitude de manière à devenir pour lui, selon une thématique qui revient à maintes reprises chez Pascal, une « seconde nature ».

Ces deux formes d’interférences de la machine avec le fonctionnement de l’esprit, telles qu’elles peuvent être restituées à travers l’emploi des deux verbes « secourir » et « incliner », ont retenu l’intérêt de Pascal à des époques et dans des contextes bien différents : il a eu pour la première fois l’idée de la machine à calculer vers sa dix-huitième année, donc bien avant sa conversion, et dans une perspective strictement utilitaire et mondaine, tout d’abord en vue d’aider son père, alors Commissaire aux Aides dans la province de Normandie, dans le calcul administratif de l’impôt, travail fastidieux dans lequel il s’était personnellement investi en s’aidant de sa culture mathématique, puis dans l’espoir de réaliser une fructueuse opération publicitaire et financière en commercialisant son invention ; alors que le discours sur la « Machine », qui redouble la signification du terme d’une dimension métaphorique signalée par la majuscule dont l’inscription du terme est alors ornée, prend place dans le dispositif de persuasion que, plus tard, alors qu’il était dans un tout autre état d’esprit, il a tenté d’élaborer en vue de convaincre le destinataire de l’Apologie de la nécessité de se soumettre aux règles d’une vie chrétienne au lieu de s’abandonner aux vaines tentations du monde et de compromettre ainsi ses chances de salut. En simplifiant à l’extrême, on pourrait encore dire que la conception et la construction de la machine à calculer, soumises à une exigence de stricte exactitude, et excluant toute incertitude, obéissent aux rigides rigueurs de l’esprit de géométrie, alors que le discours sur la Machine, qui exploite, en vue d’en tirer parti, les contradictions de la nature humaine, épouse les méandres de l’esprit de finesse qui commande le raisonnement du pari.

Il reste cependant que, à travers la distance qui les sépare, ces deux traitements de la problématique de la machine, dans lesquels la question traditionnelle de l’union de l’âme et du corps est impliquée sous des biais singuliers, se prêtent à être rapprochés et confrontés l’un à l’autre : tous deux soulèvent la question de la nature et des limites de l’action spirituelle qu’est susceptible d’exercer la machine, dans les deux cas de l’automate matériel qu’est la machine à calculer destinée à secourir l’intelligence, et de la machine animée qu’est censé être le corps humain, dont les mouvements sont capables d’incliner l’esprit dans un sens ou dans un autre, thème qui se tient à l’arrière plan de toute la réflexion que Pascal consacre par ailleurs au problème de l’imagination. Secourir et incliner, est-ce la même chose ? Ces deux interventions sont-elles de même nature ? Et en quoi éclairent-elles le rapport que l’esprit entretient avec un dispositif matériel relevant d’un autre ordre que le sien, que ce dispositif soit celui de la machine artificielle ou celui du corps naturel ?

A rebours de l’ordre chronologique, commençons par examiner les passages de l’Apologie dans lesquels Pascal mentionne son projet d’un « discours de la machine » :

« Ordre – Une lettre d’exhortation à un ami pour le porter à chercher. Et il répondra : mais à quoi me sert de chercher, rien ne paraît. Et lui répondre : ne désespérez pas. Et il répondrait qu’il serait heureux de trouver quelque lumière. Mais selon cette religion même quand il croirait ainsi cela ne lui servirait de rien. Et qu’ainsi il aime autant ne point chercher. Et à cela lui répondre : La Machine. » (Lafuma 5/Brunschvicg 247)

« Lettre qui marque l’utilité des preuves. Par la Machine – La foi est différente de la preuve. L’une est humaine et l’autre est un don de Dieu. Justus ex fide vivit. C’est de cette foi que Dieu lui-même met dans le cœur, dont la preuve est souvent l’instrument, fides ex auditu, mais cette foi est dans le cœur, et fait dire non scio mais credo. » (7/248)

« Ordre – Après la lettre qu’on doit chercher Dieu, faire la lettre d’ôter les obstacles qui est le discours de la Machine, de préparer la Machine, de chercher par raison. » (11/246)

Ces fragments développent un même thème, que résume la formule « La foi est différente de la preuve » : on ne va pas à Dieu, au vrai Dieu, en suivant seulement le chemin du raisonnement pur, contrairement à ce que se figurent ceux qui confondent le Dieu dont parlent les philosophes et le Dieu que révèle l’Ecriture Sainte ; la religion véritable, celle qui mérite qu’on lui sacrifie tout, est celle qui, avant de parler à l’esprit, parle au cœur, ce qui ne peut se faire sans le secours de la grâce. Mais alors, ceci reconnu, la voie du salut paraît d’emblée bloquée, son ouverture étant dépendante d’une élection miraculeuse, qui ne relève pas d’une initiative humaine. De là un désespoir, une angoisse, dont l’unique remède paraît être le divertissement, qui a pour fonction essentielle de détourner d’y penser : le dilemme étant, semble-t-il, indépassable, on s’occupe d’autre chose pour remédier au vide ainsi installé, et par là même on évacue la nécessité d’adopter une règle de vie conforme aux exigences de la foi, seule capable de restituer à l’homme une partie de sa grandeur première dont il s’est par sa faute éloigné, sans se rendre compte qu’en procédant de cette façon on comble le vide par du vide, c’est-à-dire qu’on creuse encore un peu plus l’abîme intérieur qu’aucune affaire humaine n’est en mesure de supprimer ; et ainsi on s’engage dans le cycle infernal qui éloigne toujours un peu plus de Dieu et rend de plus en plus misérable. Comment se sortir de là ? En « préparant la Machine », solution de dernière chance qui, si elle n’est pas en mesure de résoudre définitivement le problème, ouvre néanmoins la possibilité de rompre l’inéluctabilité du cycle qui vient d’être évoqué, en « ôtant les obstacles » et en relançant la recherche du salut dans une nouvelle direction, ce qu’elle effectue en lui fournissant un instrument relativement sûr, la Machine, dont il serait suicidaire, dans la situation extrême où on se trouve, de ne pas exploiter les potentialités.

La Machine, qu’est-ce à dire ? Dans les passages qui l’évoquent, cette référence présente un caractère quelque peu magique, qui l’enrobe dans un voile de mystère. Ce mystère est partiellement levé dans le cadre de la réflexion menée par Pascal autour de la thématique du pari, qui donne un début de consistance au discours de la Machine :

« Infini. Rien…

Je le confesse, je l’avoue, mais encore n’y a-t-il point moyen de voir le dessous du jeu ? oui l’Ecriture et le reste, etc. Oui, mais j’ai les mains liées et la bouche muette, on me force à parier, et je ne suis pas en liberté, on ne me relâche pas et je suis fait d’une telle sorte que je ne puis croire. Que voulez-vous donc que je fasse ? – Il est vrai, mais apprenez au moins que votre impuissance à croire vient de vos passions. Puisque la raison vous y porte et que néanmoins vous ne le pouvez, travaillez donc non pas à vous convaincre par l’augmentation des preuves de Dieu, mais par la diminution de vos passions. Vous voulez aller à la foi et vous n’en savez pas le chemin. Vous voulez vous guérir de l’infidélité et vous en demandez les remèdes, apprenez de ceux qui ont été liés comme vous et qui parient maintenant tout leur bien. Ce sont gens qui savent ce chemin que vous voudriez suivre et guérir d’un mal dont vous voulez guérir ; suivez la manière par où ils ont commencé. C’est en faisant tout comme s’ils croyaient, en prenant de l’eau bénite, en faisant dire des messes, etc. Naturellement même cela vous fera croire et vous abêtira. Mais c’est ce que je crains – Et pourquoi ? Qu’avez-vous à perdre ? mais pour vous montrer que cela y mène, c’est que cela diminue les passions qui sont vos grands obstacles, etc.

Fin de ce discours

Or quel mal vous arrivera-t-il en prenant ce parti ?

…..

Je vous dis que vous y gagnerez en cette vie.

…..

O ce discours me transporte, me ravit, etc. Si ce discours vous plaît et vous semble fort, sachez qu’il est fait par un homme qui s’est mis à genou auparavant et après, pour prier cet être infini et sans parties, auquel il soumet tout le sien, de se soumettre aussi le vôtre pour votre propre bien et pour sa gloire, et qu’ainsi la force s’accorde avec cette bassesse… » (418/233)

La Machine, c’est donc le corps : la main qui prend l’eau bénite et fait le signe de la croix, le genou qui se plie devant l’autel, les lèvres qui marmonnent machinalement, sans les comprendre, les paroles du rituel, et aussi, bien que Pascal n’y fasse pas ici explicitement allusion, le torse flagellé qui subit la mortification de la « discipline », toute une anatomie en mouvement qui, sans nécessiter une intervention directe de l’esprit, mime les postures de la soumission, et, misant sur l’habitude et sa répétitivité, prépare ceux qui en sont empêchés par leur condition humaine trop humaine à croire réellement, en les aidant à surmonter les obstacles qui les empêchent de croire. Etant définitivement impossible de « voir le dessous du jeu », il n’y a en effet pas d’autre issue, lorsqu’on se trouve au rouet de la misère et de la grandeur, que d’imiter « ceux qui font comme s’ils croyaient »: une fois reconnu que « qui fait l’ange fait la bête », il est permis d’espérer, en retournant la fatalité indiquée par cette formule, que qui fait la bête parvienne à devenir ange, autant que sa condition le lui permet, en faisant son salut.

Faire la bête, feindre les gestes extérieurs de la croyance à défaut de l’éprouver effectivement et de s’en voir octroyer les bénéfices, c’est bien ce que prescrit la terrible phrase, effacée de l’édition des pensées de 1670 et restituée seulement au dix-neuvième siècle par Victor Cousin à partir de la lecture des manuscrits, cette phrase dont le sens qui fait scandale a été souvent débattu : « Naturellement même cela vous fera croire et vous abêtira ». Dans un article sur « Le sens du terme « abêtir » chez Blaise Pascal » repris dans le recueil Les idées et les lettres (éd. Vrin, 1932, p. 262-274), E. Gilson a montré de façon convaincante que « s’abêtir » n’a pas seulement ici la signification allégorique : conduisez-vous comme des fous de Dieu en faisant les idiots ou les simples d’esprit, donc en vous abaissant devant sa puissance à l’égard de laquelle vous n’êtes vous-mêmes que comme un point dans l’infini, mais doit être pris à la lettre et veut dire : modelez vos comportements sur ceux des bêtes ou des animaux. Alors, la référence à la machine prend tout son sens, avec à l’arrière-plan, la conception cartésienne du corps organisé comme une machine, dont l’une des conséquences est l’étonnante théorie des animaux-machines, qui était prise très au sérieux dans les milieux port-royalistes, et que Pascal semble ainsi s’être lui-même appropriée en vue d’en faire une pièce de son projet apologétique. S’abêtir, c’est donc adopter, de son plein consentement et en connaissance de cause, des comportements purement machinaux, dans lesquels l’esprit n’est en rien engagé, ce que font naturellement les bêtes qui agissent par instinct. De là le paradoxe de la position pascalienne, qui revient à dire : renoncez en raison et en conscience à ce qui est en vous un témoignage irrécusable de votre grandeur, votre raison et votre conscience, et comportez-vous comme des bêtes privées de raison et de conscience, dans l’espoir (c’est ici qu’intervient le pari) de rejoindre la vérité en suivant ce chemin détourné, donc en vous éloignant, ou en feignant de le faire, pour mieux vous rapprocher, par une ruse stratégique qui pourrait faire penser, dans un contexte « dialectique », à une sorte de travail du négatif. C’est de cette manière que se comportent ceux qui font comme s’ils croyaient, et qui, faute d’arriver à soumettre leur esprit, se résignent à plier d’abord leur corps, en vue que celui-ci incline l’esprit dans le bon sens, en brisant petit à petit ses résistances, dont la cause principale réside dans les passions.

Comment le corps parvient-il à exercer cette fonction d’entraînement ? Précisément parce qu’il est constitué sur le modèle d’une machine, c’est-à-dire d’une combinaison ou d’une association d’éléments matériels que leur rigide ajustement contraint à exister comme un seul corps, structuré de manière à reproduire à l’identique de mêmes mouvements, suivant une nécessité dont il ne peut par lui-même s’écarter parce qu’elle est inscrite dans sa constitution ou dans sa « fabrique », et lui est consubstantielle : c’est en ce sens qu’il doit être considéré comme un automate, dont le fonctionnement ne dépend d’aucune volonté, sinon de celle de son constructeur, qui, dans le cas de cette machine naturelle qu’est le corps animal ou humain, n’est autre que Dieu qui l’a créée, en en effectuant le montage et en lui insufflant la capacité de se mouvoir par elle-même, capacité dont le principe réside, selon Descartes, dans la chaleur du cœur, c’est-à-dire dans une cause qui est elle-même mécanique. La machine, qui est sans volonté propre, peut donc servir d’antidote aux errements de la volonté, dont les passions constituent l’exemple par excellence : elle remplit à leur égard un rôle de régulateur ; elle en contient à l’avance les agitations, auxquelles elle oppose le retour ordonné et monotone de ses mouvements mécaniques, réglés comme sur une horloge. En pliant systématiquement le genou à heure fixe, sans même avoir à y penser, en psalmodiant des lèvres des prières dont on ne cherche pas à pénétrer le sens, en versant machinalement l’obole destinée à faire dire des messes, on s’habitue progressivement à se conduire de façon soumise, en aveugle, de même qu’est censé le faire le corps lorsqu’il est livré à lui-même, comme c’est le cas des animaux qui, étant entièrement constitués comme des machines, sont par là même libérés du jeu aliénant des passions. Du même coup, on brise la volonté, et les risques de dérapage qui lui sont inéluctablement associés.

L’assimilation du corps à une machine vient de Descartes, qui développe cette idée dans de nombreux textes, comme la cinquième partie du Discours de la méthode, le Traité de l’homme, et la Description du corps humain. Le début du Traité de l’homme dit précisément ceci :

«Je suppose que le corps n’est autre chose qu’une statue ou une machine de terre que Dieu forme tout exprès pour la rendre la plus semblable à nous qu’il est possible. En sorte que non seulement il lui donne au-dehors la couleur et la figure de tous nos membres, mais aussi qu’il met au-dedans toutes les pièces qui sont requises pour faire qu’elle marche, qu’elle mange, qu’elle respire et enfin qu’elle imite toutes celles de nos fonctions qui peuvent être imaginées procéder de la matière et ne dépendre que de la disposition des organes. »

Lorsqu’il commente ce passage dans son texte sur « Machine et organisme » (La connaissance de la vie, 2e éd. Vrin, 1965), Canguilhem souligne le caractère éminemment paradoxal de la thèse qui y est développée. Que dit en effet Descartes ? Qu’il se représente par hypothèse le corps sur le modèle d’une machine qui serait fabriquée de manière à reproduire ou à imiter, non seulement de l’extérieur comme le ferait une sculpture, mais aussi de l’intérieur, quoi ?, le corps, qui est ainsi fait à l’image d’une machine faite elle-même à sa propre ressemblance.

On est ici plongé dans un espace de réflexion où il n’y a plus que des images et des images d’images qui se reflètent spéculairement à l’infini, espace dont l’élément organisateur est fourni par le concept d’imitation, qui paraît ouvrir la perspective d’un univers en toc, où tout ne serait que faux-semblant : si la nature imite l’art, c’est parce que l’art imite lui-même la nature, sans que, comme dans l’histoire de l’œuf et de la poule, il soit possible de déterminer laquelle des deux composantes de ce cycle en constitue le terme initial. Ceci veut dire que la relation d’imitation ne passe pas seulement entre la nature et l’art, mais pénètre intimement la constitution propre de l’un et de l’autre. C’est facile à comprendre dans le cas du mécanisme artificiel, qui est monté de façon à s’imiter lui-même, en répétant indéfiniment le programme assigné à son fonctionnement, ce dont les comportements instinctifs des animaux constituent une réalisation exemplaire :

« Le bec du perroquet qu’il essuie, quoiqu’il soit net. » (107/343)

Les bêtes, c’est le cas de le dire, sont bêtes ; elles font des choses sans raison, de même qu’un automate reproduit toujours les mêmes mouvements, en l’absence de tout projet qui lui soit personnel et que, l’ayant élaboré, il puisse modifier :

« Si un animal faisait par esprit ce qu’il fait par instinct, et s’il parlait par esprit ce qu’il parle par instinct pour la chasse et pour avertir ses camarades que la proie est trouvée ou perdue, il parlerait bien aussi pour des choses où il a plus d’affection, comme pour dire : rongez cette corde qui me blesse et où je ne puis atteindre. » (105/342)

Cette image de la corde à laquelle l’animal est attaché et qu’il tire désespérément sans parvenir à s’en libérer fournit une représentation saisissante de la servitude qui donne sa loi à tout le monde corporel, astreint à des « cordes de nécessité », c’est-à-dire à des rapports de pure force, auxquels il ne peut de lui-même penser à se soustraire, ce qu’est au contraire en mesure de concevoir, et de souhaiter, le plus infime roseau pensant, qui, si on peut dire, ne pense même qu’à ça, ce qui, du fond de sa faiblesse, le distingue définitivement d’un simple mécanisme matériel. C’est pourquoi la nature tout entière, vue sous ses aspects matériels, est assimilable à une immense Machine, dont les lois de fonctionnement, fixées une fois pour toutes, ne sont pas susceptibles d’être renégociées : elle est condamnée à s’imiter sans fin, comme les aiguilles de la montre qui, entraînées par des rouages compliqués, refont avec une régularité inexorable le tour du même cadran, comme mues par un instinct aveugle.

Ce point est acquis, sans discussion possible, et c’est pourquoi, selon Pascal, il n’y a pas lieu d’ergoter sans fin à propos du rapport de proximité qui unit étroitement la nature et la machine, et d’en faire toute une histoire, comme si cela donnait le dernier mot des choses, car le dernier mot est justement qu’il n’y a pas, sauf pour Dieu, de dernier mot :

« Descartes. Il faut dire en gros : cela se fait par figure et mouvement. Car cela est vrai, mais de dire quelles et composer la machine, cela est ridicule. Car cela est inutile et incertain et pénible. Et quand cela serait vrai, nous n’estimons pas néanmoins que toute la philosophie vaille une heure de peine. » (84/79)

Que veut dire au juste Pascal lorsqu’il déclare que l’effort en vue de « composer la machine », outre le fait d’être pénible et au fond inutile, est « incertain » ? La machine n’est-elle pas au contraire réglée avec un maximum d’exactitude, au quart de poil comme on dit familièrement, ce qui est la condition pour qu’elle fonctionne correctement, ses boulons une fois bien serrés ? Comment parler alors à son propos d’incertitude ? Soulever cette interrogation, c’est commencer à comprendre que la nature, si elle est effectivement faite comme un machine, n’est cependant pas tout à fait une machine comme les autres, et ceci parce qu’elle est entraînée dans le vertige de la double infinité, qui propulse sa connaissance sans cesse vers l’avant en ouvrant devant elle de nouveaux abîmes d’inconnaissabilité. L’un des premiers sans doute, Pascal a eu l’idée d’une historicité constitutive de la science, comme en témoigne ce qui reste de sa Préface au Traité du vide : mais il s’est représenté le progrès de la connaissance, qui consiste dans le fait de mieux maîtriser, par la voie de l’explication, certains rouages de la grande Machine, ainsi qu’ il y avait lui-même contribué par ses travaux sur la mécanique des fluides, comme une sorte de fuite désespérée vers l’avant, qui n’a certainement rien de triomphal, chaque acquis de ce développement ayant pour corrélat, et pour prix, la position de problèmes supplémentaires, qui sont encore des motifs d’incertitude et de trouble, voire d’angoisse existentielle, thème on le sait central à la réflexion de Pascal, et qui permet de comprendre comment son activité de savant s’articule à ses préoccupations d’apologiste de la religion chrétienne auxquelles elle n’est nullement antinomique comme on l’a cru trop souvent.

Mais alors, comment faire confiance au corps, s’il n’est qu’une toute petite machine finie mue par la seule disposition de ses organes qui jouent sans raison dans le milieu infini que constitue la très grande machine de l’univers infini, donc en pleine incertitude ? La réponse à cela est que l’existence humaine se déroule entièrement sous l’horizon du corps, qui témoigne de sa condition, qu’elle n’a de cesse d’oublier, et qu’il est urgent de lui rappeler :

« Il est dangereux de trop faire voir à l’homme combien il est égal aux bêtes, sans lui montrer sa grandeur. Et il encore dangereux de lui faire voir sa grandeur sans sa bassesse. Il est encore plus dangereux de lui laisser ignorer l’un et l’autre, mais il est très avantageux de lui représenter l’un et l’autre. Il ne faut pas que l’homme croie qu’il est égal aux bêtes ni aux anges, ni qu’il ignore l’un et l’autre, mais qu’il sache l’un et l’autre. » (121/418)

Pascal rejoue ici la thématique traditionnelle de l’union de l’âme et du corps, telle qu’elle est à la base de la conception cartésienne de l’homo duplex, mais en la croisant avec la thématique apologétique des deux natures, qui rend compte du fait que l’homme est à la fois grand et misérable, grand tout en étant misérable, grand jusque dans sa misère pour autant que celle-ci témoigne a contrario de sa condition initiale, telle qu’elle était avant que sa nature n’ait été, par sa faute, corrompue. Et ainsi,

« ce qui est nature aux animaux nous l’appelons misère en l’homme par où nous reconnaissons que sa nature étant aujourd’hui pareille à celle des animaux il est déchu d’une meilleure nature qui lui était propre autrefois » (117/409)

Ce qui, dans les bêtes, est l’expression d’une nature immuable, vouée inexorablement à se répéter à l’identique, est en l’homme le produit d’un changement : quelque chose a été perdu, qu’il faudrait retrouver, mais qu’on ne sait comment ni de quel côté chercher, ce qui explique que tous les désirs humains, à la clé desquels se trouve la nostalgie de la félicité perdue, se retournent inévitablement contre eux-mêmes, et enfoncent toujours un peu plus les hommes dans leur misère, qui coïncide avec leur rêve de grandeur. Animaux, les hommes ne le sont que parce qu’ils le sont devenus : c’est la raison pour laquelle ils ne supportent pas leur condition, et se lancent dans de folles agitations qui les détournent d’y penser, en les incitant à pratiquer le divertissement. S’étant, par orgueil, voulu trop grand, l’homme s’est rendu misérable, et a été rejeté au rang des bêtes, tout en conservant en lui le principe qui le distingue des bêtes, cette étincelle de grandeur dont il ne sait plus bien quoi faire, ce qui fait de lui, au sens propre du terme, un monstre, comme une machine déréglée, qui serait devenue folle :

« Inconstance. On croit toucher des orgues ordinaires en touchant l’homme. Ce sont des orgues à la vérité, mais bizarres, changeantes, variables. (Ceux qui ne savent toucher que les ordinaires) ne seraient pas d’accord sur celles-là. Il faut savoir où sont les touches. » (55/111)

C’est pourquoi, existant avec un corps qui brime ses élans mais sans lequel il ne pourrait continuer à être, l’homme est si mal dans ce corps, dont il subit les contraintes contre son gré. Mais, s’il y réfléchissait, il s’apercevrait que ces contraintes, qui le rendent malheureux, présentent un côté positif, qui, convenablement exploité, ce qui nécessite qu’il apprenne à jouer convenablement de l’instrument désaccordé qui est à sa disposition, le mettrait sur la voie du salut :

« Car il ne faut pas se méconnaître, nous sommes automate autant qu’esprit. Et de là vient que l’instrument par lequel la persuasion se fait n’est pas la seule démonstration. Combien y a-t-il peu de choses démontrées ? Les preuves ne convainquent que l’esprit, la coutume fait nos pensées les plus fortes et les plus crues. Elle incline l’automate qui entraîne l’esprit sans qu’il y pense… Enfin il faut avoir recours à elle une fois que l’esprit a vu où est la vérité afin de nous abreuver et de nous teindre de cette créance qui nous échappe à toutes heures, car d’en avoir toujours les preuves présentes c’est trop d’affaire. Il faut acquérir une créance plus facile qui est celle de l’habitude qui sans violence, sans art, sans argument nous fait croire les choses et incline toutes nos puissances à cette croyance, en sorte que notre âme y tombe naturellement. Quand on ne croit que par la force de la conviction et que l’automate est incliné à croire le contraire ce n’est pas assez. Il faut donc faire croire nos deux pièces, l’esprit par les raisons qu ’il suffit d’avoir vues une fois en sa vie, et en ne lui permettant pas de s’incliner au contraire. Inclina cor meum deus… » (821/252)

Ce texte est une suite de variations sur le terme « incliner », qui exprime le mieux le rapport très particulier que l’être humain entretient avec la machine à laquelle il est attaché, et qui fait qu’étant, pour une part, un automate, comme les animaux, il n’est cependant pas automate tout à fait de la même façon. Le terme « incliner », qui suggère la représentation d’une courbure ou d’un changement d’orientation, – c’est le sens de la formule des Psaumes sur laquelle s’achève la précédente citation -, est inapproprié s’agissant des animaux, dont les comportements sont une fois pour toutes réglés et réglementés, sans qu’ils puissent s’écarter de la voie droite qui leur est imposée et arriver à se courber ou à prendre, comme on dit, la tangente, en rompant ou en relâchant les cordes qui les tiennent attachés. L’homme, être de divertissement, ce qui est le concept de base de l’anthropologie pascalienne, est au contraire voué à la diversion, ce qui fait à la fois, inextricablement, sa grandeur et sa misère. Ployable en tout sens, comme un roseau, il dispose, jusque dans la relation qu’il entretient avec sa propre machine corporelle, d’une mobilité, d’une plasticité, qui constitue, en même temps qu’une faiblesse, une richesse à exploiter. Chez Pascal, le thème l’inconstance est foncièrement ambigu : au départ, il indique que l’homme est constitutionnellement voué au changement, ce qui est sa croix ; mais il suggère aussi, en même temps que sa disposition au changement qui rend son existence incertaine, sa capacité de cultiver à son profit cette mobilité, et à terme, si on peut dire, de changer le changement, de devenir autre tout en restant le même, ce qui est définitivement exclu dans le cas des animaux.

Quelle forme devra prendre cette action sur le changement ou ce devenir du changement dans le changement ? Celle d’une maîtrise de l’esprit sur le corps, qui lui permette d’en conduire les mouvements à son gré ? Si cette option était retenue, l’issue de l’opération serait inévitablement l’échec : il faut que l’esprit se résigne à admettre qu’il ne peut sortir que vaincu d’un affrontement dont la base serait le rapport de forces, ce qui l’entraînerait sur un autre terrain que celui où ses armes, qui relèvent d’un tout autre ordre, sont efficaces. C’est pourquoi ne reste comme issue à l’esprit, qui témoigne de la grandeur de l’homme, mais est aussi la cause de sa misère, que la ruse : il faut qu’il se démette de ses ambitions propres, tout au moins provisoirement, et qu’il abandonne à la Machine, c’est-à-dire en l’espèce à la coutume qui, par le biais de l’habitude, incorpore ses allures dans le corps, la responsabilité de l’incliner et de l’entraîner dans le bon sens. Confier au seul esprit le soin d’approcher la vérité, c’est se condamner à ne jamais pouvoir s’approprier celle-ci de manière suivie, mais à n’en arracher que d’impalpables éclats, aussitôt dissipés ou échappés. Il faut donc se soumettre en conscience à la loi du corps, à laquelle il n’est de toutes façons pas possible de se soustraire :

« Il faut que l’extérieur soit joint à l’intérieur pour obtenir Dieu ; c’est-à-dire que l’on se mette à genoux, prie des lèvres, etc., afin que l’homme orgueilleux qui n’a pas voulu se soumettre à Dieu soit maintenant soumis à la créature. Attendre de cet extérieur le secours est être superstitieux ; ne vouloir pas le joindre à l’intérieur est être superbe. » (944/250)

Joindre l’extérieur à l’intérieur, « faire croire nos deux pièces », de manière à limiter les excès de leurs fonctionnements respectifs, excès inévitables s’ils étaient assurés isolément, c’est la seule tactique sur la réussite de laquelle il est raisonnable de parier, tout en sachant que ce pari est incapable d’apporter une absolue certitude, un succès garanti, car le salut ne relève en dernière instance que de la grâce de Dieu, c’est-à-dire d’une décision qui ne dépend et ne peut être connue que de lui, puisqu’il est seul à voir les dessous du jeu.

On comprend alors le cheminement tortueux par lequel Pascal est amené à reconnaître la nécessité d’une influence du corps sur l’esprit, et le profit pouvant être tiré de cette influence qui n’est pas fatalement pernicieuse. C’est que, à son point de vue, la singularité de l’homme tient au fait qu’en celui-ci esprit et corps, inextricablement mêlés, ne peuvent jamais être complètement séparés, au contraire de ce que s’était figuré Descartes lorsqu’il avait prescrit à l’intelligence d’oublier provisoirement, durant le temps de la méditation, qu’elle était un esprit uni à un corps, et de se refermer complètement sur son intérieur, en coupant tout rapport avec ce qui lui est extérieur, et en particulier avec les données de la sensibilité. De là la nécessité pour l’esprit, jusque dans ses opérations les plus abstraites qui relèvent de la spéculation pure, de ne jamais oublier qu’il est condamné à l’ambiguïté, du fait qu’il subsiste et agit toujours dans la proximité du corps, ce qui, lui ôtant à jamais la perspective de n’exister que sous sa propre loi, et de décider par lui-même de ce qu’il veut et de ce qu’il peut, lui offre en même temps un espoir, fort mince à la vérité, d’échapper à sa propre errance, en se plaçant à l’écoute et à l’école de la machine corporelle, de manière à en faire, en le détournant de sa destination immédiate, un instrument manipulable en vue de son propre perfectionnement.

Pascal a-t-il été préparé aux considérations autour du thème de la Machine qui figurent dans les Pensées par les tentatives auxquelles il s’était consacré antérieurement, et sans doute dans un tout autre état d’esprit, en vue de la conception et de la fabrication de sa « machine arithmétique », qui a retenu l’attention de nombre de ses contemporains éminents, qu’il s’agisse de savants comme Mersenne, Roberval, Descartes et Huygens, plus tard Leibniz, ou de grands personnages comme le Chancelier Séguier, le Prince de Condé et la reine Christine de Suède, entre autres ? Y a-t-il un lien entre son travail sur l’objet on ne peut plus matériel et tangible qu’est la « Pascaline », dont quelques exemplaires sont aujourd’hui encore conservés dans des collections et dans des musées, et l’application ultérieure de la métaphore mécanique au problème théorique et pratique que pose l’union de l’âme et du corps ? Il est raisonnable de se le demander, ce qui conduit à examiner les conditions propres à ce travail, qui l’a occupé durant plusieurs années, à partir de 1640, moment où son père Etienne Pascal, nommé commissaire de l’impôt en Haute-Normandie par le chancelier Séguier auprès duquel il avait été auparavant en disgrâce, s’installe à Rouen avec ses enfants, et dont l’ultime témoignage est, en 1652, alors que Pascal, après la mort de son père, est installé à Paris, l’envoi à la reine Christine d’un exemplaire de cette machine accompagné d’une lettre dans laquelle est préfigurée la théorie des ordres (ordre de la chair, ordre de l’esprit, ordre de la charité) qui tiendra une place importante dans la doctrine ébauchée par les Pensées.

Dans la « Vie de monsieur Pascal par Madame Périer sa sœur », l’invention de la machine à calculer est ainsi présentée :

« Ce fut en ce temps-là (en 1642-1643) et à l’âge de dix-neuf ans qu’il inventa cette machine d’arithmétique, par laquelle non seulement on fait toutes sortes d’opérations sans plume et sans jetons, mais on les fait même sans savoir aucune règle d’arithmétique et avec une sûreté infaillible. Cet ouvrage a été considéré comme une chose nouvelle de la nature, d’avoir réduit en machine une science qui réside tout entière dans l’esprit, et d’avoir trouvé les moyens d’y faire toutes les opérations avec une entière certitude sans avoir besoin de raisonnement. Ce travail le fatigua beaucoup, non pas pour la pensée ni pour les mouvements qu’il trouva sans peine, mais pour faire comprendre aux ouvriers toutes ces choses, de sorte qu’il fut deux ans à la mettre dans la perfection où elle est présentement. »

Pascal a donc eu à résoudre deux problèmes de nature assez différente. D’une part il s’est demandé, sans doute sur une suggestion de son père qu’il secondait dans ces tâches, comment parvenir à mécaniser des opérations comptables telles qu’elles se faisaient auparavant, assistées par des jeux d’écriture et par des manipulations de jetons, avec tous les risques d’erreur que cela impliquait, dont les conséquences pouvaient être fort graves puisqu’il s’agissait, durant une période où l’administration des finances publiques connaissait une extension considérable, de répartir l’impôt dans une Province qui, au moment où les Pascal s’y installèrent, venait d’être agitée par des troubles liés précisément à cette question ; ce problème était donc lui-même à l’articulation du théorique et du politique, comme le souligne justement C. Meurillon dans une étude sur « Le Chancelier, les nu-pieds et la machine » :

« L’argent des tailles est transmué par Pascal en un médium entre un en deçà scientifique constitué par les bases arithmétiques de la machine et un au-delà politique et éthique, concrétisé dans les implications de la répartition de l’impôt. L’additionneuse fournit en effet le moyen par lequel un impôt pesant peut, par la grâce d’un calcul juste sur une base équitable, favoriser la pacification d’une province. Dans le traitement de l’argent, se rejoignent ainsi une exigence arithmétique de justesse et une exigence morale de justice : il faut que les calculs soient doublement justes. » (in Les Pascal à Rouen, Publications de l’Université de Rouen, 2001, p. 100)

D’autre part, il s’est personnellement impliqué dans la fabrication de la machine dont il avait eu l’idée, tâche qui mettait en jeu des compétences techniques et nécessitait l’assistance d’artisans ou d’ouvriers exercés dans le maniement de la lime et du marteau ; lorsque, en 1645, étant venu à bout des difficultés que comportait ce travail, il a envoyé au chancelier Séguier qui s’était intéressé à son projet et lui avait accordé un Privilège extraordinaire lui assurant l’exclusivité, non seulement pour le prototype qu’il avait mis au point mais pour toute entreprise en vue de mécaniser le calcul, un exemplaire de l’instrument qu’il était parvenu à réaliser (celui-ci est actuellement conservé au Musée du CNAM), il a assorti cet envoi d’une Lettre dédicatoire et d’un « Avis nécessaire à ceux qui auront curiosité de voir la machine d’arithmétique et de s’en servir », véritable prospectus publicitaire de lancement de son invention en vue de sa commercialisation, dans lequel il donne lui-même de précieuses indications sur les difficultés qu’il a eu à surmonter avant de parvenir à la réalisation finale de son projet :

« La forme de l’instrument, en l’état où il est à présent, n’est pas le premier effet de l’imagination que j’ai eue sur ce sujet. J’avais commencé l’exécution de mon projet par une machine très différente de celle-ci en sa matière et en sa forme, laquelle (bien qu’en état de satisfaire à plusieurs) ne me donna pas pourtant la satisfaction entière ; ce qui fit qu’en la corrigeant peu à peu j’en fis insensiblement une seconde, en laquelle rencontrant encore des inconvénients que je ne pus souffrir, pour y apporter remède, j’en composai une troisième qui va par ressorts et qui est très simple en sa construction. C’est celle de laquelle je me suis servi plusieurs fois, au vu et au su d’une infinité de personnes, et qui est encore en état de servir autant que jamais ; et toutefois, en la perfectionnant toujours, je trouvai des raisons de la changer et enfin, reconnaissant dans toutes où de la difficulté d’agir ou de la rudesse aux mouvements, ou de la disposition à se corrompre trop facilement par le temps ou par le transport, j’ai pris la patience de faire jusqu’à cinquante modèles, tous différents, les uns en bois, les autres d’ivoire et d’ébène, et les autres de cuivre, avant d’être venu à l’accomplissement de la machine que maintenant je fais paraître. »

Pascal a donc eu, outre le projet général de mécaniser les calculs qui appelait des solutions appropriées, le souci de réaliser un instrument pratique, de maniement aisé pour ses utilisateurs, se prêtant à être transporté, répondant donc, comme il l’explique dans le texte de l’Avis nécessaire, à des exigences de simplicité, de facilité, de commodité et de solidité, et il n’a pas ménagé sa peine et son temps pour parvenir à un résultat satisfaisant à cet égard. Dans les faits, son entreprise, qui l’a rendu aussitôt célèbre, n’a cependant connu qu’un demi-succès, en raison du coût élevé de fabrication de l’objet, qui en a limité la diffusion, et l’a condamné à être surtout conservé et contemplé, comme un objet d’art et non comme un objet d’usage, dans des cabinets de curiosité, au lieu d’être, comme Pascal l’avait prévu, employé efficacement par des commerçants ou des administrateurs en vue du service on ne peut plus concret auquel il l’avait destiné.

De ceci se dégage une première conséquence : Pascal n’a pas eu seulement, en savant, l’idée théorique d’une machine fonctionnant, si on peut dire, dans l’abstrait, ou sur le papier, comme les machines volantes dessinées par Léonard de Vinci ; mais, en même temps qu’il poursuivait le travail de réflexion nécessaire à la mise au point et au perfectionnement d’une telle idée, il s’est préoccupé, en véritable ingénieur et entrepreneur, de sa réalisation concrète, qui répondait à des objectifs pratiques bien précis, ce qui l’a conduit, comme il l’explique longuement dans l’Avis nécessaire, à affronter des difficultés qui n’avaient rien de théorique, comme celles liées à la collaboration avec des hommes de l’art ignorants des problèmes généraux de l’arithmétique, et plus concrètement encore celles liées aux risques de contrefaçons qui, en la dénaturant, portaient atteinte à la qualité de son invention. La machine qui est le résultat de ses efforts n’a rien d’idéal, mais elle est incarnée dans un corps matériel dont tous les organes ont été fabriqués et ajustés avec le plus grand soin, au prix de toute une suite de rectifications : et si, aujourd’hui encore, elle éveille intérêt et admiration, c’est précisément à ce titre, en tant qu’idée qui, au terme d’un processus d’élaboration difficultueux, a fini par prendre corps grâce aux efforts personnels de son concepteur et inventeur.

En même temps, cette machine, qui calcule toute seule, en traitant, donc en transformant de l’information au lieu de simplement restituer celle-ci à l’identique, comme le faisaient par exemple les mécanismes d’horlogerie précédemment connus, reproduit certaines opérations mentales, en les projetant en extériorité, comme le faisait d’ailleurs déjà pour une part la main qui inscrit des calculs ou qui dispose des jetons, de manière, c’est cela qui est neuf, à ce que ces opérations, entièrement exécutées par les organes de la machine, c’est-à-dire essentiellement un ensemble de roues à griffes s’entraînant les unes les autres, se fassent de manière automatique, sans requérir l’intervention de l’attention ou de la mémoire de l’opérateur, et donc sans risque d’erreur, infailliblement. Les principales erreurs dans les calculs comptables compliqués dont Pascal avait eu à s’occuper lorsqu’il travaillait aux côtés de son père avaient leur cause dans le problème posé par la retenue : et le dispositif le plus ingénieux que comportait la Pascaline, le sautoir, dont l’action était réglée par l’entraînement de la pesanteur, qui permettait de relier entre eux par une transmission en cascade les mouvements des différentes roues des unités, des dizaines, des centaines, etc., permettait justement de résoudre cette difficulté. C’est par là que la machine peut être présentée comme un « secours » pour l’esprit à la place duquel elle travaille.

Faut-il en conclure que des fonctions mentales mettant en jeu la réflexion et le jugement ont été purement et simplement transférées à des mécanismes qui se meuvent d’après des lois purement matérielles ? Il semble bien que les contemporains de Pascal aient vu les choses ainsi, comme en témoigne le passage de la vie de Pascal par sa sœur Gilberte précédemment cité. C’est aussi dans cet esprit qu’un étonnant passage du prologue de l’Entretien avec Monsieur de Saci, rédigé après la mort de Pascal par Fontaine, relate l’invention de la machine à calculer :

« On sait qu’il semblait animer le cuivre et donner de l’esprit à l’airain. Il faisait que de petites roues sans raison, où étaient sur chacune les dix premiers chiffres, rendaient raison au personnes les plus raisonnables, et il faisait en quelque sorte parler les machines muettes, pour résoudre en jouant les difficultés des nombres qui arrêtaient les plus savants : ce qui lui coûta tant d’application et d’effort d’esprit que, pour monter cette machine au point où tout le monde l’admirait, et que j’ai vue de mes yeux, il en eut lui-même la tête démontée pendant plus de trois ans. »

Le curieux jeu de mots sur lequel s’achève ce passage fait penser à une sorte de conte fantastique à la Hoffmann, dont le héros, un inventeur inspiré et quelque peu dément, se livrerait à un échange démoniaque, et démonterait son propre cerveau pour en faire passer intégralement la constitution dans les mécanismes de sa machine qui en seraient la reproduction ou la projection. Plus sérieusement, le texte de Fontaine signale la particularité de la Pascaline qui a le plus étonné sur le moment : à savoir qu’elle permettait de compter à ceux mêmes qui ne savaient point compter, donnant ainsi de la science à des ignorants, sous la seule condition cependant qu’ils apprennent à s’en servir.

Car la machine à calculer n’est pas en réalité un automate au sens propre du terme : elle requiert au minimum l’intervention d’un opérateur qui sache en manipuler les commandes, pour y injecter les données du problème à résoudre en tournant à l’aide d’un stylet les roues de l’inscripteur, dont les mouvements, communiqués par une série d’engrenages à l’intérieur de l’appareil, c’est-à-dire dans sa partie non visible sur laquelle l’utilisateur ne peut intervenir, finissent par entraîner les tambours du viseur où se lisent les résultats de l’opération, addition ou soustraction suivant la manière dont a été placée la règle glissante qui fait apparaître sous forme de série croissante ou décroissante les chiffres inscrits sur les tambours. Il faut donc bien faire la distinction entre ce qui se passe au dehors, sur la face supérieure du boîtier de la machine qui est la partie de celle-ci à laquelle son utilisateur a directement accès, et qui en constitue en quelque sorte le tableau de bord, et ce qui se passe au dedans, sous le capot, dans le ventre de l’appareil où, par leur logique propre telle qu’elle a été initiée par le constructeur, jouent ses rouages internes. Et il faut donc aussi distinguer deux types de compétences : celle dont relève l’emploi ou le maniement de la machine, et celle qui suppose la connaissance de son fonctionnement, ces deux compétences étant en principe indépendantes l’une de l’autre, l’une étant réservée à l’utilisateur et l’autre à l’inventeur. A cet égard, le texte de l’Avis nécessaire présente une particularité qui mérite de retenir l’attention : Pascal commence par s’y excuser de ne pas exposer « selon la méthode des géomètres » le détail de son invention, c’est-à-dire de ne pas « représenter par figures les dimensions, la disposition et le rapport de toutes les pièces et comment chacune doit être placée pour composer l’instrument et mettre son mouvement en sa perfection », ce qui serait, dit-il, fastidieux ; et, de fait, c’est seulement dans un texte bien postérieur (daté de 1659, l’année précédant la mort de Pascal), resté d’ailleurs sur le moment confidentiel, une lettre de Belair à Huygens, que seront pour la première fois dévoilés à l’aide de schémas détaillés les mécanismes internes de la Pascaline, qui ne seront véritablement exposés au regard de tous que dans le cinquième volume de planches de l’Encyclopédie publié près d’un siècle plus tard.

On ne s’étonne pas que Pascal ait cherché à tenir caché le secret de son invention, ce qui était la condition pour qu’il conserve l’exclusivité de sa diffusion telle qu’elle lui avait été garantie par le Privilège consenti par le chancelier Séguier. Mais, du même coup, l’objet qu’il lançait dans le commerce y apparaissait paré d’une auréole de mystère, sous la forme d’une boîte fermée en bois, à l’intérieur de laquelle se passaient des choses, des déplacements de roues mécaniques, qui échappaient à une vue claire au double sens de la perception et de la compréhension, ceci étant d’ailleurs la condition pour que ces déplacements, placés hors d’atteinte de celui qui manipule l’appareil, produisent infailliblement le résultat escompté en effectuant par eux-mêmes des calculs dans lesquels l’esprit n’avait plus à intervenir. Ceci peut faire penser au dispositif de la « boîte noire » tel qu’il se retrouve dans les artéfacts intelligents ou censés intelligents que l’on construit aujourd’hui : une chose est de prendre connaissance des résultats de leur fonctionnement, qui peuvent se lire à la sortie de la boîte, une autre est de prendre connaissance du cheminement mécanique complexe accompli à l’intérieur de la boîte qui a rendu possible l’obtention de ces résultats. Et c’est pourquoi on peut raisonnablement se demander si, les effets du fonctionnement de ces machines pouvant être tenus pour équivalents à l’arrivée à ceux que produirait un travail de l’esprit, ils sont obtenus de la même manière que celle dont l’esprit procède, ce qui constitue le problème de fond posé par l’intelligence artificielle, problème que posait déjà, sous une forme évidemment beaucoup plus simple, la machine de Pascal : celle-ci fait à la place de l’esprit certaines opérations, mais elle les fait sans penser, sans esprit, ce qui est la condition pour qu’elle les fasse de façon infailliblement juste ; autrement dit, c’est précisément parce qu’elle ne pense pas, mais se contente de faire tourner ses roues, que la machine ne risque pas de se tromper. Nous commençons alors à mieux comprendre ce qui, aux yeux de Pascal, distingue l’esprit d’une machine : à savoir que le premier, précisément, est faillible, alors que la seconde ne l’est pas, sous réserve bien sûr qu’elle fonctionne correctement, qu’on sache s’en servir et qu’elle ne tombe pas en panne, conditions bien connues de ceux qui, aujourd’hui, essaient tant bien que mal de se servir d’un ordinateur dont ils sont le plus souvent incapables de maîtriser en totalité le fonctionnement, fonctionnement dont, par ailleurs, ils ignorent généralement le principe.

Et c’est ici que nous retrouvons un thème fondamental de l’apologétique des Pensées, à savoir celui de la faillibilité constitutive de l’esprit humain, qui place celui-ci au rouet de la misère et de la grandeur, contradiction qui le crucifie et à laquelle il lui est impossible d’échapper. On sait que Pascal a placé la question du salut sous la caution d’un pari, qui est en premier lieu un calcul, un calcul pour lequel il est vital de ne pas se tromper. Mais il est clair que ce calcul, dont les enjeux sont existentiels, échappe aux capacités d’une machine, parce que seul peut l’effectuer un esprit qui a pris conscience de la nécessité dans laquelle il se trouve de travailler pour l’incertain, et a su en tirer toutes les conséquences : ce calcul tire sa valeur salvatrice du fait que son résultat ne peut être obtenu infailliblement, mais requiert qu’on y engage sa vie entière, en prenant le risque de tout perdre. Il y a donc dans l’esprit que la Machine « incline » quelque chose qui le sépare définitivement de la machine qui « secourt » l’esprit : au premier fait constitutionnellement défaut, du moins lorsqu’il a été démis de sa première condition, l’exactitude dont la seconde est dotée artificiellement par l’ingéniosité de son constructeur, qui en a mis au point le dispositif de telle manière qu’il ne puisse effectuer d’autres opérations que celles pour lesquelles, sans possibilité d’écart, il a été programmé. Cette faillibilité propre à l’esprit est celle du jugement, c’est-à-dire, selon la définition qu’en donne Descartes, de l’instance dont dépend la coordination des activités de l’entendement et de la volonté. La machine peut donner l’impression qu’elle ressemble à un entendement, dont elle effectue à sa place certaines opérations ; mais il est exclu qu’elle puisse s’apparenter à la volonté : la machine qui calcule intelligemment le fait justement parce qu’elle obéit à des impulsions involontaires dont la maîtrise lui échappe complètement, ce qui, répétons le, est la condition de l’exactitude de son fonctionnement.

Dans le texte des Pensées ne se trouve qu’un seul fragment qui fasse allusion explicitement à l’invention de la Pascaline :

« La machine d’arithmétique fait des effets qui approchent plus de la pensée que tout ce que font les animaux ; mais elle ne fait rien qui puisse faire dire qu’elle a de la volonté comme les animaux. » (761/340)

Ce passage est déroutant parce qu’il remet apparemment en cause la théorie des animaux-machines sur laquelle reposait la doctrine de l’abêtissement telle que nous l’avons précédemment reconstituée. C’est sans doute parce que Pascal, si, pour des raisons de commodité, il reprend à son compte cette théorie qui a intéressé ses amis de Port-Royal et obtenu leur créance, ne le fait qu’en maintenant personnellement à son égard une « pensée de derrière », qui affecte son adhésion d’une certaine dose de relativité, sur fond de méfiance : dans son esprit, elle ne peut être moins inutile, incommode et incertaine que tous les autres aspects du mécanisme cartésien, avec sa vaine prétention à expliquer la Nature en totalité, et à percer définitivement le mystère des deux infinis, ce dont l’esprit humain est bien incapable. Qu’est-ce qui justifie que les animaux, tout en étant peut-être fabriqués comme des machines, ce qui est d’ailleurs aussi le cas du corps humain, ne soient pas néanmoins tout à fait des machines? C’est qu’on peut, à tort ou à raison, imputer certains de leurs comportements à l’initiative d’une volonté, qui en grève la rectitude d’une certaine marge d’incertitude et de faillibilité, comme c’est le cas du corps humain qui n’agit qu’accompagné par l’esprit, ce qui justifie qu’on ne puisse jamais lui faire tout à fait confiance, de même que l’esprit ne fonctionne de son côté que dans la proximité du corps, ce qui, parallèlement, justifie qu’on ne puisse jamais non plus lui faire tout à fait confiance. Jamais l’esprit uni au corps n’aura la force, la puissance, de la machine, force et puissance purement matérielles qui sont d’ailleurs spécialisées dans l’accomplissement de certaines fonctions, à l’exclusion d’autres : mais, comme nous l’avons vu, il peut aussi retourner sa faiblesse, son impuissance, en force, pour autant qu’il sache exploiter l’union qui le lie au corps d’une manière qui satisfasse ses intérêts profonds, en manipulant le corps comme il le ferait d’une machine, qui lui sert à contenir le jeu des passions. Toute l’astuce du raisonnement qui est ici à l’œuvre se trouve dans l’emploi du « comme » : le corps, n’étant pas une machine comme les autre, est comme une machine, sans en être une, tout en l’étant, sans l’être. Et une machine comme la machine arithmétique est de son côté, non comme un corps, mais comme un esprit, puisqu’elle produit les mêmes effets que l’esprit qui calcule, dont elle imite le fonctionnement, sans cependant fonctionner, du moins tout à fait, de la même façon, ce qui laisse à l’esprit toute liberté à l’égard de ce fonctionnement qu’il manipule comme il le ferait d’un instrument à sa main : si la machine est comme l’esprit, ou, inversement, si l’esprit est comme la machine, c’est que la machine n’est pas l’esprit et l’esprit n’est pas la machine, le « comme » creusant entre eux une distance impossible à supprimer complètement.

Pour conclure, proposons, à titre de contre-exemple, quelques rapides remarques au sujet de la notion d’automate spirituel telle qu’elle se retrouve chez Spinoza et chez Leibniz, qui, elle aussi, exploite la métaphore de la machine en vue de faire comprendre la nature et le mode de fonctionnement de l’esprit. Que signifie-t-elle au juste ? Que l’esprit agit entièrement d’après ses propres lois, en enchaînant ses productions, les idées, selon des mécanismes expressifs ou causaux, sans que puissent interférer avec ces enchaînements des incitations ou des impulsions relevant d’un autre ordre : l’esprit lui-même est partie prenante à ces enchaînements à l’intérieur desquels sa place est déterminée, de telle manière qu’il ne peut s’en extraire, pour autant qu’il est, selon Spinoza, soumis à un principe de raison nécessaire, et, selon Leibniz, à un principe de raison suffisante, qui, en même temps qu’ils lient entre elles ses opérations, le lient lui-même à ses opérations. De ce point de vue, il peut être considéré comme étant à sa manière infaillible : selon Spinoza, toutes les idées sont vraies en Dieu, même les fausses ; et selon Leibniz, l’harmonie préétablie coordonne entre elles les opérations de tous les esprits comme s’il s’agissait de mouvements d’horloges bien accordées et strictement remontées à la même heure. La position défendue par Pascal va complètement à l’opposé : à son point de vue, la pensée, qui est comme une montre déréglée, n’a pas d’ordre propre, et elle est essentiellement faillible ; et c’est pourquoi elle entretient avec la machine et ses mécanismes des rapports de connivence associant proximité et distance, rapports équivoques, qui tirent précisément leur éventuelle efficacité de leur caractère équivoque. L’esprit, dans sa seconde condition postérieure à la chute, est définitivement compromis avec le corps : et c’est dans ce contexte, en tenant compte des conditions restreignantes qui le caractérisent, qu’il peut espérer tirer quelque perfectionnement de l’utilisation de machines, qui régulent, en partie du moins, et sans garantie, son fonctionnement.


Sport: Les sionistes ont même inventé le panier à trois points ! (Harlem Globetrotters and three-pointers: Is there anything the zionists haven’t invented ?)

27 mars, 2013
https://i1.wp.com/www.canada.com/8030387.binSéoul est à une cinquantaine de kilomètres de la frontière. Ils ne sont même pas obligés de viser juste ! Pierre Rigoulot
I think it’s ridiculous. I think that if you’re going to meet someone with the record on human rights, and nuclear testing in a reckless way, counterfeiting U.S. dollars, and exporting a horrible brand of whatever it is that he’s exporting, starving his people, and locking them up, it should be done only in conjunction with the State Department with an agenda. If not, you shouldn’t go. (…) it was the burden of somebody to try to educate Dennis a little bit so he doesn’t come back and say, ‘the dude is really cool. His father was great. His grandfather was great. And really why doesn’t the President just give him a buzz? David Stern (NBA commissioner)
Le peuple juif a été l’historien, le jurisconsulte, le sage, le poète de l’humanité. Lacordaire

Superhéros, Hollywoodchants de Noël, Amériquesoft power,  dix commandements, génocide

Y a-t-il une chose que les sionistes n’aient pas inventé ?

Alors que malgré les énièmes annonces de sanctions le dernier goulag à ciel ouvert continue, avec le soutien cynique de la Chine, à martyriser et affamer sa population et s’est remis à menacer le monde

Pendant que, dans nos chaumières, on joue à légender la photo du tortionnaire

Et qu’après le pape lui-même, nos amuseurs publics en sont à faire ami-ami avec lui …

Retour, en ces jours où nos amis juifs commémorent leur expulsion des goulags égyptiens, sur l’homme qui, inventant au passage le tir à trois points, lança le basket ball noir …

A savoir le juif américain Abraham (Abe) Saperstein

A Small Man with a Large Legacy: Abe Saperstein and the Harlem Globetrotters (VIDEO)

Jspace Staff

3/15/2013

You’re born in England where they hardly play the sport. You’re Jewish. You’re just north of five feet tall. Chances are you’re not going to make it into the basketball Hall of Fame. Yet Abe Saperstein, who was all these things, did just that. Saperstein saw a chance and he took it. In so doing, the unlikely hall of famer changed basketball forever.

Saperstein was born in London in 1902. When Abe was six, his father moved the family to America and opened a tailor shop in a mainly Irish and German neighborhood on Chicago’s North Side. The Sapersteins were the only Jewish family in the area. Young Saperstein threw himself into sports, running track and playing baseball and basketball through high school. By the time he reached college, however, his lack of height caught up with him. He was considered too short to play in basketball at the University of Illinois, and failed to make the team.

Saperstein dropped out of college and started work as a playground supervisor for the Chicago public parks system. He was assigned a job at a small park on the predominantly African-American South Side of Chicago. Ever the sport fan, Saperstein would watch basketball games in the park. Impressed by what he saw, he had an idea. Saperstein would assemble a great basketball team from the black community.

It was 1926. Basketball was a relatively new sport without a clearly defined niche. Exhibition games were often used to promote other events, a warm-up for the main attraction. Saperstein took an interest in a team of black basketball players named the Savoy Big Five, who played before dances at the Savoy dancehall in Chicago. When they didn’t attract enough people to the club, and were replaced by roller-skating after a month, Saperstein had a plan.

He was going to form an all-black team that would wow the crowds. His team would be the main event. To achieve this, Saperstein appreciated the power of branding. He believed that an out of state team would hold more allure. He figured nowhere was more glamorous than New York City. So Saperstein asked his tailor father to design uniforms with « New York » on the front, and a new team was born.

On January 7, 1927, Saperstein’s new team played its first game in Hinckley, Illinois. They won—as they would 100 of their first 106 games. Yet despite the team’s abundant talent, Saperstein noticed that Midwestern audiences were more intrigued by the players’ skin color than their skills. It was the first time that many in the crowd had seen a black person. Again, Saperstein saw a chance. He decided to use this curiosity to his team’s advantage and to rename the team to clearly advertise the players as black. Nowhere was more famously black than Harlem, so Harlem it was. Keen to suggest that the team was world-famous and toured widely, Saperstein added “Globetrotters.”

The team’s early years were anything but glamorous. Saperstein would drive all five players from game to game in his Model T. He served as the team’s manager, coach, chauffeur and substitute. In the 1920’s, the team earned approximately $25 a game, which Saperstein split seven ways. Each of the five players received one seventh, and he received two sevenths. The team played seven nights a week to earn enough to survive, driving around the Midwest to play anyone and anywhere they could.

The Globetrotters were itinerant workers, a cross between Lenny and George from “Of Mice and Men” and a struggling college band on a self-financed tour. They played lumberjacks in British Columbia and farmers in Iowa. And they almost always won. By 1934, they had won over 1,000 games. But the team didn’t just beat their opponents on points; they played a whole different style of basketball. The white teams played a stricter, more structured game. Globetrotter basketball was more like jazz—a freer game, where structure was simply a start point from which to improvise.

Although this was the jazz age, it was also the days of the Jim Crow laws. The team faced racism on a daily basis. Children would rub their skin to see if the color would come off. Racist laws enforced strict separation: the players were barred from eating at certain restaurants and sleeping at “white” hotels. Once, when the team played in a Nebraska town that only had “white hotels” the team had to sleep in the county jail.

It is unclear how forcefully Saperstein fought against discrimination on behalf of his black players. It is clear that he was not always popular with the team. In 1939, four players refused to play unless they received more of a say in team affairs; they accused Saperstein of being paternalistic. Rather than accede to their demands, he cut the players and replaced them with four rookies. Saperstein made it clear he was in charge.

On the court, however, the team was in control. Once they had assumed a big enough lead, the players would showboat. They would perform moves that many opposition players—never mind fans—had never seen before. They’d spin the ball on their fingers, run it down their arms, and pass it through their legs. Often, the crowd would respond with laughter. It seemed that white audiences would accept a black team if it was comedic.

By the early 1940’s, the team had moved on from small town arenas and was playing against other professional teams before larger audiences. They would often play against other ethnic teams, such as the New York Celtics. By the mid-1940’s, professional basketball leagues were established. The NBA was born in 1949 but it too was segregated. Black players were ghettoized to Negro leagues, as was the case in baseball. The rationale was that white people had their places to eat, sleep and play and black people had theirs. Meanwhile, the Globetrotters, who would play anywhere that would have them, had become one of the best-known sports teams in America.

As basketball grew in popularity, Saperstein realized there was great interest in how the Globetrotters would fare against an established, professional white team. So in 1948 he challenged the world-champion Minneapolis Lakers to a one-game, winner-takes-all contest. The two teams were evenly matched. In the final seconds with the scores tied, a Globetrotter made a 20-foot basket to decide the game. The team had proved it could compete against any other.

The team beat the Lakers again in a rematch in Chicago in 1949. By this time, the color barrier was being challenged. In 1947, Jackie Robinson had broken baseball’s color line. And in 1950, Earl Loyd became the first black man played in the NBA. A few days later, former Globetrotter Nat Clifton appeared for the New York Knicks. Clifton was the first black player to sign an NBA contract.

Clifton’s departure showed how basketball was changing. It also shed light on tension among the Globetrotters. Clifton had grown frustrated with Saperstein’s treatment, especially when he learned Saperstein was paying a team of touring white college all-stars more than his own Globetrotters. As there was gradual integration of black players into the NBA, there was more money to be made than Saperstein was offering. When the Knicks bought out Clifton’s contract, Saperstein claimed to take half of the $5,000 fee; later, however, Clifton learned that the Knicks paid $20,000. Saperstein was an uncompromising businessman. He may have wanted to do the right thing, but he wanted to get paid for it.

As basketball grew in popularity, so did the Globetrotters. They featured in movies screened around the world. The team achieved worldwide fame and in 1952, launched an international tour. The Globetrotters lived up to their name, travelling 52,000 miles in five months. They became a symbol of America, and the State Department named them “ambassadors of goodwill.”

Saperstein continued to have tense relationships with some of his players. In the mid-1950’s he lost two of the team’s biggest stars: Marques Haynes and Goose Tatum, who set up their own team. Saperstein failed to sign future hall of famer Bill Russell because he wouldn’t discuss contract terms with the black player instead of his white coach. But he did sign the legendary Wilt Chamberlain, who declared his year with the team was the most fun he had playing before he too left to join the NBA.

As the NBA grew and became more open to black players, the Globetrotters had to adapt. The team was no longer the refuge for disenfranchised black players; they could play in the NBA. Instead, its focus shifted toward comedy. Still, Saperstein took his role as coach seriously. He remained courtside into his 60’s having devoted his life to making the Harlem Globetrotters the best, and the best-known, basketball show on earth. When, in 1966, he died of a heart attack at the age of 63 he had achieved just that. By helping to break down doors, Abe Saperstein had as big an influence on the game of basketball as any other man in its history. He was inducted into its Hall of Fame in 1971.

Voir aussi:

How basketball became three-dimensional

Jerry Crowe

The NY Times

May 06, 2008

Whenever a three-point basket brings a crowd to its feet or swings the momentum in a basketball game, Bill Sharman remembers an old friend.

Abe Saperstein, an energetic promoter best remembered as the founder of the Harlem Globetrotters, introduced the three-point shot to professional basketball as founder of the short-lived American Basketball League, which launched in 1961, crowned only one champion and lasted barely 1 1/2 seasons.

Saperstein, however, did not unveil the innovation that would revolutionize the sport, Sharman says, until first consulting with Sharman and eliciting an enthusiastic thumbs up from the former USC and Boston Celtics star, one of the NBA’s first great shooting guards and an unflinching proponent.

« I thought it was great because I was an outside shooter, » the 81-year-old former Lakers coach said during an interview at his home in Redondo Beach. « He thought it was going to be as popular as the home run. »

Saperstein and Sharman first met when the USC All-American played for a college all-star team that toured with the Globetrotters after the 1949-50 season.

Their friendship grew during Sharman’s 11-year NBA career, when NBA teams and the Globetrotters often paired for attendance-boosting doubleheaders and, in the last half of Sharman’s career, the Celtics were the NBA’s best team.

« We were close, » Sharman said.

So Sharman heard all about it when Saperstein was denied an NBA franchise in Los Angeles, as he believed he’d been promised after helping prop up the league, and owner Bob Short instead moved the Lakers from Minneapolis.

An angry Saperstein reacted by starting his own league, enlisting help from a group of others that included a young George Steinbrenner, owner of the Amateur Athletic Union national champion Cleveland Pipers.

Sharman, an eight-time NBA All-Star who retired as a player after the 1960-61 season, was hired to coach the ABL’s Los Angeles Jets.

Saperstein told him about his plan for a three-point shot.

« He wanted to call it the 25-foot home run, » Sharman said. « He was such a great promoter. He said, ‘When the fans see this, they’ll think it’s one of the best things in basketball.’ And I think he might be right. It’s one of the most fun. »

Sharman, though, told him 25 feet was too far out.

« It’s farther than it looks, » said Sharman, who joined Saperstein in a gym and, after attempting a number of shots from that distance, suggested the three-point arc be painted 25 feet from the back of the rim, rather than the front.

The compromise, Sharman says, put the arc at about the same distance from the basket as it is in the NBA today: 23 feet 9 inches, 22 feet in the corners.

As a coach, Sharman was quick to embrace the shot.

« I didn’t emphasize it that much, » he says, « but I told the players, ‘If you have time to really get set, take it.’ I would say we had two or three plays where we’d set a double pick with a man coming behind it, hoping he would have more time to get set because it’s not a shot you can rush. »

Midway through the season, however, the Jets folded. In Cleveland, where Steinbrenner had made John McClendon the first African American coach of a major pro basketball team, McClendon stepped aside, citing owner meddling. Sharman replaced McClendon and the Pipers won the championship, winning the deciding game, appropriately enough, on a three-point basket by John Barnhill.

Less than a year later, the ABL was gone. The Eastern Professional Basketball League adopted the three-point shot in its 1964-65 season and the success of the American Basketball Assn., which launched in 1967, popularized it.

The NBA, though, didn’t adopt the three-pointer until 1979.

« The NBA didn’t want to promote anything the ABA had done, » Sharman said. « They didn’t want to look like copycats. »

After the ABL, Sharman coached two seasons at Cal State Los Angeles without the three-point shot, which was briefly tested in college basketball as early as 1945 but wasn’t added permanently until 1986, and two with the NBA’s San Francisco Warriors before coaching in the ABA, where he was reintroduced to the three.

« I really thought it added to the game, » he said. « I didn’t feel like I was in a position to push for it, but I sure would give my opinion if anyone asked. »

Saperstein died in 1966, but his innovation lives on.

Nearly 45,000 three-point shots were attempted in NBA games this season, an average of about 36 a game and almost 40,000 more than were put up in the 1979-80 season, when the rule was adopted. About 13 a game were successful.

« It’s like a magnet out there, » the Lakers’ Jordan Farmar says of the three-point arc. « You know you’re a good shooter, so you want to be rewarded. »

Farmar, who launched more three-pointers than any Laker other than Kobe Bryant this season, says the long-range shots are counterintuitive to fundamental basketball — « The closer you get to the hole, the higher the percentages » — but acknowledges that they’re a « valuable weapon. »

And, as Saperstein predicted, fans love them.

« I’m sure the game would have survived without three-point shots, » Sharman says. « But it wouldn’t be as popular, nor would the games be as exciting. »


Football: Plus extra-terrestre que Messi, tu meurs ! (Looking back at the Messi anomaly)

13 mars, 2013
The trait we commonly call talent is highly overrated. Or, put another way, expert performers — whether in memory or surgery, ballet or computer programming — are nearly always made, not born. And yes, practice does make perfect. These may be the sort of clichés that parents are fond of whispering to their children. But these particular clichés just happen to be true. Ericsson’s research suggests a third cliché as well: when it comes to choosing a life path, you should do what you love — because if you don’t love it, you are unlikely to work hard enough to get very good. Most people naturally don’t like to do things they aren’t « good » at. So they often give up, telling themselves they simply don’t possess the talent for math or skiing or the violin. But what they really lack is the desire to be good and to undertake the deliberate practice that would make them better. « I think the most general claim here, » Ericsson says of his work, « is that a lot of people believe there are some inherent limits they were born with. But there is surprisingly little hard evidence that anyone could attain any kind of exceptional performance without spending a lot of time perfecting it. » This is not to say that all people have equal potential. Michael Jordan, even if he hadn’t spent countless hours in the gym, would still have been a better basketball player than most of us. But without those hours in the gym, he would never have become the player he was. (…) If nothing else, the insights of Ericsson and his Expert Performance compatriots can explain the riddle of why so many elite soccer players are born early in the year. Since youth sports are organized by age bracket, teams inevitably have a cutoff birth date. In the European youth soccer leagues, the cutoff date is Dec. 31. So when a coach is assessing two players in the same age bracket, one who happened to have been born in January and the other in December, the player born in January is likely to be bigger, stronger, more mature. Guess which player the coach is more likely to pick? He may be mistaking maturity for ability, but he is making his selection nonetheless. And once chosen, those January-born players are the ones who, year after year, receive the training, the deliberate practice and the feedback — to say nothing of the accompanying self-esteem — that will turn them into elites. Stephen J. Dubner and Steven D. Levitt

Plus extra-terrestre que Messi, tu meurs !

Au lendemain, grâce au jeu miraculeux du petit Poucet du football mondial (1m 69, meilleur buteur mondial, 4 ballons d’or), de la divine surprise (on l’espère sans trop de potion magique ?) de la qualification de Barcelone en ligue des champions contre un Milan qui avait gagné 2-0 à l’aller …

Comment ne pas repenser à ce papier des célèbres inventeurs de la Freakonomics …

Et histoire de mesurer encore un peu mieux l’incroyable singularité du phénomène …

Sur la raison pour laquelle, contrairement à l’exception d’un Messi né en juin, nombre des meilleurs joueurs de football se trouvent être nés en début d’année ?

(et donc physiquement et psychologiquement les plus à mêmes d’être recrutés et de pouvoir profiter du plus grand suivi et de la plus grande pratique qui font les grands champions lors de la sélection des joueurs en fin d’année)  …

Mais surtout sur la part nettement surévaluée du talent et du don naturel face à l’entrainement …

A Star Is Made

Stephen J. Dubner and Steven D. Levitt

The New York Times

May 7, 2006

The Birth-Month Soccer Anomaly

If you were to examine the birth certificates of every soccer player in next month’s World Cup tournament, you would most likely find a noteworthy quirk: elite soccer players are more likely to have been born in the earlier months of the year than in the later months. If you then examined the European national youth teams that feed the World Cup and professional ranks, you would find this quirk to be even more pronounced. On recent English teams, for instance, half of the elite teenage soccer players were born in January, February or March, with the other half spread out over the remaining 9 months. In Germany, 52 elite youth players were born in the first three months of the year, with just 4 players born in the last three.

What might account for this anomaly? Here are a few guesses: a) certain astrological signs confer superior soccer skills; b) winter-born babies tend to have higher oxygen capacity, which increases soccer stamina; c) soccer-mad parents are more likely to conceive children in springtime, at the annual peak of soccer mania; d) none of the above.

Anders Ericsson, a 58-year-old psychology professor at Florida State University, says he believes strongly in « none of the above. » He is the ringleader of what might be called the Expert Performance Movement, a loose coalition of scholars trying to answer an important and seemingly primordial question: When someone is very good at a given thing, what is it that actually makes him good?

Ericsson, who grew up in Sweden, studied nuclear engineering until he realized he would have more opportunity to conduct his own research if he switched to psychology. His first experiment, nearly 30 years ago, involved memory: training a person to hear and then repeat a random series of numbers. « With the first subject, after about 20 hours of training, his digit span had risen from 7 to 20, » Ericsson recalls. « He kept improving, and after about 200 hours of training he had risen to over 80 numbers. »

This success, coupled with later research showing that memory itself is not genetically determined, led Ericsson to conclude that the act of memorizing is more of a cognitive exercise than an intuitive one. In other words, whatever innate differences two people may exhibit in their abilities to memorize, those differences are swamped by how well each person « encodes » the information. And the best way to learn how to encode information meaningfully, Ericsson determined, was a process known as deliberate practice.

Deliberate practice entails more than simply repeating a task — playing a C-minor scale 100 times, for instance, or hitting tennis serves until your shoulder pops out of its socket. Rather, it involves setting specific goals, obtaining immediate feedback and concentrating as much on technique as on outcome.

Ericsson and his colleagues have thus taken to studying expert performers in a wide range of pursuits, including soccer, golf, surgery, piano playing, Scrabble, writing, chess, software design, stock picking and darts. They gather all the data they can, not just performance statistics and biographical details but also the results of their own laboratory experiments with high achievers.

Their work, compiled in the « Cambridge Handbook of Expertise and Expert Performance, » a 900-page academic book that will be published next month, makes a rather startling assertion: the trait we commonly call talent is highly overrated. Or, put another way, expert performers — whether in memory or surgery, ballet or computer programming — are nearly always made, not born. And yes, practice does make perfect. These may be the sort of clichés that parents are fond of whispering to their children. But these particular clichés just happen to be true.

Ericsson’s research suggests a third cliché as well: when it comes to choosing a life path, you should do what you love — because if you don’t love it, you are unlikely to work hard enough to get very good. Most people naturally don’t like to do things they aren’t « good » at. So they often give up, telling themselves they simply don’t possess the talent for math or skiing or the violin. But what they really lack is the desire to be good and to undertake the deliberate practice that would make them better.

« I think the most general claim here, » Ericsson says of his work, « is that a lot of people believe there are some inherent limits they were born with. But there is surprisingly little hard evidence that anyone could attain any kind of exceptional performance without spending a lot of time perfecting it. » This is not to say that all people have equal potential. Michael Jordan, even if he hadn’t spent countless hours in the gym, would still have been a better basketball player than most of us. But without those hours in the gym, he would never have become the player he was.

Ericsson’s conclusions, if accurate, would seem to have broad applications. Students should be taught to follow their interests earlier in their schooling, the better to build up their skills and acquire meaningful feedback. Senior citizens should be encouraged to acquire new skills, especially those thought to require « talents » they previously believed they didn’t possess.

And it would probably pay to rethink a great deal of medical training. Ericsson has noted that most doctors actually perform worse the longer they are out of medical school. Surgeons, however, are an exception. That’s because they are constantly exposed to two key elements of deliberate practice: immediate feedback and specific goal-setting.

The same is not true for, say, a mammographer. When a doctor reads a mammogram, she doesn’t know for certain if there is breast cancer or not. She will be able to know only weeks later, from a biopsy, or years later, when no cancer develops. Without meaningful feedback, a doctor’s ability actually deteriorates over time. Ericsson suggests a new mode of training. « Imagine a situation where a doctor could diagnose mammograms from old cases and immediately get feedback of the correct diagnosis for each case, » he says. « Working in such a learning environment, a doctor might see more different cancers in one day than in a couple of years of normal practice. »

If nothing else, the insights of Ericsson and his Expert Performance compatriots can explain the riddle of why so many elite soccer players are born early in the year.

Since youth sports are organized by age bracket, teams inevitably have a cutoff birth date. In the European youth soccer leagues, the cutoff date is Dec. 31. So when a coach is assessing two players in the same age bracket, one who happened to have been born in January and the other in December, the player born in January is likely to be bigger, stronger, more mature. Guess which player the coach is more likely to pick? He may be mistaking maturity for ability, but he is making his selection nonetheless. And once chosen, those January-born players are the ones who, year after year, receive the training, the deliberate practice and the feedback — to say nothing of the accompanying self-esteem — that will turn them into elites.

This may be bad news if you are a rabid soccer mom or dad whose child was born in the wrong month. But keep practicing: a child conceived on this Sunday in early May would probably be born by next February, giving you a considerably better chance of watching the 2030 World Cup from the family section.

Stephen J. Dubner and Steven D. Levitt are the authors of « Freakonomics: A Rogue Economist Explores the Hidden Side of Everything. » More information on the research behind this column is at http://www.freakonomics.com.

Voir aussi:

Foot – Ligue des Champions – 8es : La folle remontée du Barça

Battu 2-0 à l’aller à Milan, le Barça a réussi l’exploit de se qualifier pour les quarts de finale après sa démonstration au match retour (4-0). Les Catalans sont (re)lancés vers les sommets européens.

L’Equipe

Le 12/03/2013

Non, le Barça n’est pas mort. Il est même plus vivant que jamais. Cette équipe que l’on disait perdue depuis sa défaite à Milan il y a trois semaines (2-0) s’est retrouvée au meilleur moment. Cette «remuntada» que tout le peuple catalan appelait de ses vœux a bien eu lieu (4-0), envoyant les Blaugrana en quarts de finale de la Ligue des champions. Il y avait longtemps que le Barça n’avait pas été à telle fête, que le Camp Nou n’avait pas rugi de plaisir aux sons des «Messi, Messi, Messi».

Messi mène la révolte

Transparent au match aller et pas vraiment dans son assiette lors des deux défaites dans les Clasicos, l’Argentin a pris ses responsabilités et porté son équipe vers l’exploit. Son bijou du gauche dans la lucarne d’Abbiati après six petites minutes de jeu a donné le ton d’une soirée historique (1-0, 6e). Il fallait voir ses coéquipiers presser très haut, monopoliser le ballon et multiplier les accélérations dans les 20 derniers mètres pour comprendre la métamorphose du Barça. Deux parades du portier milanais sur des tentatives d’Iniesta (13e) et Xavi (17e) ont retardé l’échéance… pas pour longtemps. Car Messi était bien présent au rendez-vous pour tromper Abbiati d’une frappe à ras de terre imparable (2-0, 40e).

Les regrets de Niang

Méconnaissables, les hommes de Massimiliano Allegri n’ont pas vu le jour, si ce n’est en fin de match. Mais ils ont eu leur chance, une énorme opportunité non convertie par Mbaye Niang. Titularisé en l’absence de Balotelli et de Pazzini, l’ancien Caennais a profité d’une erreur de Mascherano pour s’offrir un face à face avec Valdes, mais sa frappe s’est écrasée sur le poteau (39e). C’est sur le contre que le quadruple Ballon d’Or a doublé la mise… Un tournant qui a fait très mal aux visiteurs autant qu’il a transcendé les Catalans. D’un plat du pied imparable sur un service parfait de Xavi, David Villa a définitivement renversé la vapeur (3-0, 55e). En toute logique…

Les Lombards n’ont pas pour autant baissé les bras. Mais ils n’ont jamais eu les moyens d’inscrire ce but qui les aurait qualifiés et effacé une soirée cauchemardesque. Entré en jeu à la place de Niang, Robinho a cru reprendre victorieusement un centre de Bojan mais Jordi Alba a sauvé devant le Brésilien (79e). Le latéral gauche a scellé le score de la rencontre dans les arrêts de jeu (4-0, 90e+2). Après une telle prestation, la qualification ne pouvait définitivement pas échapper au Barça. En 90 minutes, il a montré à l’Europe entière qu’il est bel et bien de retour.


Londres 2012: Vous avez dit déclin? (London finally vindicates America’s decentralized entrepreneurial approach and reveals inherent limitations of Beijing consensus)

27 août, 2012
All-time Summer Olympics medals table 1896-2012You will find more statistics at Statista
Être sujet hellène libre, ni esclave, ni métèque. Serment olympique (1er point, 338 av. JC)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. Paul (55-56?)
Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans le stade courent tous, mais qu’un seul remporte le prix? Courez de manière à le remporter. Tous ceux qui combattent s’imposent toute espèce d’abstinences, et ils le font pour obtenir une couronne corruptible; mais nous, faisons-le pour une couronne incorruptible. Paul
Un des grands problèmes de la Russie – et plus encore de la Chine – est que, contrairement aux camps de concentration hitlériens, les leurs n’ont jamais été libérés et qu’il n’y a eu aucun tribunal de Nuremberg pour juger les crimes commis. Thérèse Delpech
Le thème du déclin de l’Occident est utilisé de plus en plus fréquemment par ceux qui cultivent à son égard ressentiment, désir de revanche, ou franche hostilité : c’est le cas de la Russie, dont tous les Occidentaux cultivés intègrent pourtant le génie artistique dans le patrimoine occidental ; de la Chine, qui attend son moment historique avec une impatience qu’elle a du mal à dissimuler ; ou du régime de Téhéran, dépositaire autoproclamé d’une mission d’expansion de l’islam dans le monde. Quels que soient les arguments utilisés par ces pays, ils méritent qu’on leur fasse au moins une concession : ils disposent pour étayer leur thèse de solides appuis, et notamment de la répugnance croissante du monde occidental, Etats-Unis compris, à continuer d’être des sujets de l’histoire. En revanche, ces adversaires ignorent une chose aussi importante que ce qu’ils comprennent : le déclin est un des plus grands thèmes de la culture occidentale, depuis le récit d’Hésiode Les Travaux et les Jours à l’orée de la civilisation grecque, jusqu’à l’ouvrage, médiocre celui-ci mais beaucoup plus connu, d’Oswald Spengler au début du XXe siècle Le Déclin de l’Occident. (…) Il y a là une vraie supériorité des pays occidentaux, qui ont passé des décennies à tenter de comprendre l’abîme dans lequel ils ont plongé, sur la Chine et la Russie, qui auraient pourtant matière à réflexion. (…) La réflexion et le souvenir seuls peuvent donner la force de reconnaître dans la violence et la désorientation de l’époque le prélude potentiel de nouvelles catastrophes. Ils constituent même le premier pas pour tenter de les éviter. Si les massacres passés sont des sujets tabous, comment condamner ceux du présent ? Si les liens de Pékin avec le régime de Pol Pot sont censurés au moment du procès des Khmers rouges, si le nombre des victimes de la révolution culturelle ne fait l’objet d’aucun travail sérieux en Chine, si les archives du goulag ou de la guerre en Tchétchénie doivent être protégées des autorités russes, que penser de l’attitude de ces pays à l’égard de massacres à venir ? Thérèse Delpech
Tout se passe comme si, à l’heure actuelle, s’effectuait une distribution des rôles entre ceux qui pratiquent le repentir et l’autocritique – les Européens, les Occidentaux – et ceux qui s’installent dans la dénonciation sans procéder eux-mêmes à un réexamen critique analogue de leur propre passé (..). Tout indique même que notre mauvaise conscience, bien loin de susciter l’émulation, renforce les autres dans leur bonne conscience. Jacques Dewitte
Oui, on entend cela [que la Chine n’est pas faite pour la démocratie], et pas seulement en Chine, de la part d’occidentaux aussi. Que l’on arrête avec ces stupidités dégradantes pour notre peuple, pour moi, la démocratie, c’est tout simplement la justice et le parti unique conduit forcément aux injustices. Et quoi, la justice ne serait pas faite pour la Chine ? L’air, l’eau, le ciel ne conviennent pas à la Chine ? L’ordinateur ou le téléphone portable ne sont pas faits pour la Chine? Bao Tong (Ancien bras droit de Zhao Ziyang, le patron du PC au moment de Tiananmen)
Une théorie à la mode veut que le succès de la Chine ait donné naissance à un nouveau «consensus de Pékin», qui remettrait en cause l’importance de l’économie de marché et de la démocratie —les deux marques de fabrique du «consensus de Washington». Le consensus de Pékin proposerait ainsi un système économique pragmatique et une politique autoritariste prête à l’emploi.  Richard McGregor
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Commencer le relais en Grèce et le terminer environ 2.400 kilomètres plus loin, à Berlin, renforçait l’idée d’un héritage aryen entre l’ancien et le nouveau pouvoir. Cela faisait également allusion à la conception d’Hitler d’une progression naturelle et civilisationnelle entre l’empire grec, romain et allemand. Max Fisher
Des pays comme la Jamaïque n’ont pas de programme aléatoire, ce qui fait qu’il se passe parfois des mois sans que personne ne soit contrôlé. Je ne dis pas que leurs athlètes sont sous substance, mais tout le monde devrait être logé à la même enseigne. Carl Lewis (2008)
60% des athlètes des JO sont dopés. Victor Conte
Je trouve ça plutôt amusant que les Australiens s’en offusquent. Parce que dans l’eau, si vous regardez Brenton Rickard (nageur australien) dans la ligne d’eau à côté de moi, il fait exactement la même chose (…) Si vous ne faites pas ce geste, vous rétrogradez. Moralement, ce n’est pas la chose à faire mais je ne vais pas sacrifier ma performance et quatre années de travail alors que quelqu’un va utiliser ce geste et repartir avec la médaille. Chaque nageur le fait, au point que pour moi, ce mouvement est légal. Cameron van der Burgh
Il n’y a pas de secret, il faut 10 ans et 10.000 heures de travail pour arriver au plus haut niveau. Michel Gadal, Directeur technique national (DTN) de la Fédération française de tennis de table (FFTT)
Les hommes ont fait appel après avoir été exclu des Jeux Olympiques d’été pour deux disciplines. Même s’il y a un nombre croissant de compétiteurs masculins, la natation synchronisée et la gymnastique rythmique, ne présenteront aucun homme en compétition. (…) Un groupe de nageurs synchronisés a écrit au CIO et à la FINA (Fédération Internationale de Natation, ndlr) au mois de juin dernier pour exprimer leur ressenti vis-à-vis de cette exclusion. Belinda Goldsmith
China’s projected medal decline points to a common post-host hangover and a more fundamental weakness in its approach to athlete development: the decline of the sports school. Over the past decade, the number of sports schools in China has decreased by 40%, according to state-run newspaper Global Times, as the country’s booming economy has created more career options for rural youth whose families once viewed sports schools as a meal ticket or the only means of social mobility. Now families are more likely to turn down an invitation to a sports school because other options exist.
The potency of the U.S. system is its ability to spread money and opportunity to the broadest spectrum of athletes. « You’ve got this competitive system of clubs and coaches and schools all looking for talent, » says Chris Welton, chief executive of Helios Partners, a sports-consulting firm that works with Olympic organizations around the world. « If you’ve got athletic talent in this country, it’s so much harder to be missed. » The system largely leaves training up to the athletes, forcing them (and their parents) to be hungry and entrepreneurial in their search for the best coaching and money to fund their training. The WSJ
 Les préleveurs ont éprouvé des difficultés à effectuer des contrôles inopinés sans que Lance Armstrong puisse bénéficier d’un délai de vingt minutes. Il a été prévenu avant tous les contrôles. Je repense à un prélèvement inopiné alors qu’il s’entraînait dans le sud de la France lors de son retour sur le Tour en 2009. Son entourage avait accumulé prétextes et palabres pour obtenir ce fameux délai. En vingt minutes, beaucoup de manipulations sont possibles. Il effectuait des perfusions de sérum physiologique pour diluer son sang. Il remplaçait sa propre urine par une urine artificielle. Il s’administrait l’EPO par petites doses. La substance était indécelable. (…) Sur le Tour 1999, Lance Armstrong a été contrôlé positif aux corticoïdes mais l’affaire a été étouffée. (…) Ces appuis débordaient sur l’UCI et sur le Comité international olympique. Aussi, Lance Armstrong s’était entouré de scientifiques physiologistes, dont certains se sont défaussés par la suite. (…) On ne savait qu’à la dernière minute dans quel hôtel il s’était installé. D’où ces nombreux barrages. Ce fut un vrai parcours du combattant car il était prévenu sur ses lieux de résidence. Il avait des moyens considérables pour se protéger et mettre en place une logistique. La rumeur voulait qu’il eût fait acheminer du sang depuis les Etats-Unis dans son jet privé. (…) En octobre 2009, Armstrong est convié à un déjeuner à l’Elysée. Derrière cette visite, on sait qu’il souhaitait obtenir le départ du président de l’AFLD, Pierre Bordry. Lequel a démissionné un an plus tard. En mars 2010, Armstrong a offert un vélo au chef de l’Etat. Quelques mois plus tard, le président de la République a profité d’une étape du Tour pour ériger Lance Armstrong en modèle pour la jeunesse. (…) Le cas Armstrong (…) n’est pas un cas isolé. Son auréole a été consolidée au fil des années. Lance Armstrong est le produit d’un système, celui du pognon, de la gagne à tout prix, du retour sur investissement. Michel Rieu (conseiller scientifique de l’Agence française de lutte contre le dopage)
Armstrong (…) se dope mieux que les autres, s’entoure des meilleurs médecins, comme le Dr Ferrari ; et, au sein de son équipe, les autres, à son service, se dopent pour lui », relate Antoine Vayer. Il prend principalement de l’EPO, substance qui permet d’oxygéner le sang et d’augmenter le transfert d’oxygène, mais pas uniquement, « en 1999 et même avant, il prenait un vrai cocktail de substances : des corticoïdes, de l’hormone de croissance, de la testostérone », poursuit le chroniqueur sportif. Ces substances dopantes lui permettent d’entrer « dans le trio majeur des recordmen de puissance. Sur les cols, il dépasse les 430 watts », précise Antoine Vayer. (…) Comment échappe-t-il aux contrôles antidopage ? « Armstrong avait de très bonnes relations avec l’Union cycliste internationale (UCI) et son président de l’époque Hein Verbruggen », raconte Antoine Vayer. Le champion était en effet l’un des principaux donateurs de l’UCI. (…) Armstrong, qui répète encore aujourd’hui qu’il n’a jamais été contrôlé positif de toute sa carrière, avait mis en place un protocole bien rôdé pour ne pas être pris par la patrouille. Michel Rieu évoque la « technique d’Armstrong » : « Il y avait toujours un délai de vingt minutes entre le moment où le médecin se présentait pour contrôler Armstrong et le moment où le champion se présentait, il postait notamment des vigies devant son immeuble pour augmenter ce délai », explique-t-il. « Pendant ces vingt minutes, poursuit Michel Rieu, un protocole était mis en place par des scientifiques pour que le contrôle soit négatif : on évacuait son urine et on la remplaçait par de l’urine artificielle, on diluait son sang et on perfusait du sang physiologique. (…) Quand les tests détecteurs de l’EPO ont été introduits, en 2000, des protocoles de fond ont été mis en place par son équipe pour empêcher la détection du produit miracle dans son sang. « Il faisait des cures d’EPO dans des lieux inaccessibles, puis s’en injectait des toutes petites doses, indétectables, pour entretenir l’effet du produit », relate Michel Rieu. Autre technique : « Le cumul de l’autotransfusion sanguine et d’EPO, qui permet de prolonger les effets de la substance », poursuit le membre de l’AFLD. (…) Il y a toujours des coureurs au-delà des performances humainement possibles. Par exemple, Contador sur le Tour d’Espagne fait du 420 watts très fréquemment, ce n’est pas possible sans dopage », note Antoine Vayer. Le spécialiste continue d’appliquer ses outils mathématiques pour mesurer la puissance des cyclistes et observe « des différences entre les résultats des tests et les performances sur le terrain en consommation maximum d’oxygène. Si l’on regarde les performances on sait donc qui triche, mais on laisse faire, comme pour Armstrong », analyse-t-il. Le Monde

Attention: un déclin peut en cacher un autre!

10 500 athlètes et 204 nations participantes (plus trois indépendants contre 241 athlètes et 14 nations en 1896 – manque plus que le Vatican!), accession  – certes au prix de l’apparition du voile islamique et de l’exclusion (par manque de pratiquants?) des hommes de la gymnastique rythmique et de la natation synchronisée – des femmes à tous les sports boxe comprise pour la première fois; logo censé dissimuler le mot Zion; refus de commémoration du 50e anniversaire du massacre de Munich;  quasi-incident diplomatique pour confusion de drapeaux;  exclusions ou retraits de médailles pour dopage, refus de jouer, manifestation nationaliste, propos racistes ou délit d’opinion par petit ami interposé!; demandes d’asile politique, « évasions » et autres « disparitions »; nouvelle et toujours aussi invraisemblable rafle jamaïcaine sur l’athlétisme (12 médailles dont 4 en or pour un pays de moins de 3 millions d’habitants!); jeune (Chinoise) de 16 ans nageant plus vite que les meilleurs hommes

Au lendemain de la mort de celui qui, en marchant le premier sur la lune (exploit répété par onze de ses compatriotes et toujours inégalé depuis un demi-siècle), avait finalement démontré au monde il y a plus de 40 ans la supériorité technologique du modèle occidental …

Comme de la révélation du secret de polichinelle de lincroyable système de dopage et surtout de complicités au plus haut niveau qui avaient permis à l’infâme homonyme du marcheur lunaire de gagner dans la plus grande impunité la bagatelle de sept tours de France …

Les Jeux olympiques d’été de Londres n’ont pas manqué de motifs de satisfaction comme de polémiques.

Pourtant avec la suprématie retrouvée (avec prédiction à l’avance du WSJ, s’il vous plait, malgré un suspense qui dura jusqu’au bout!) de l’équipe olympique américaine et sa plus grande moisson de médailles (104 dont 46 d’or) depuis Saint Louis 1904 (242 dont 79 d’or – transformé, du fait notamment de la distance, en véritable championnat national américain du fait de la présence de seulement 12 nations ou, après le boycott de Moscou 1980 suite à l’invasion soviétique de l’Afghanistan, Los Angeles 1984 (effet-hôte + boycott soviétique) …

Ne faisant en fait que confirmer son incontestable domination pour le total des médailles (2 406 médailles dont 978 d’or) depuis la réinvention, après leur interdiction avec les sordides jeux du cirque en 393-394 par l’empereur chrétien Théodose Ier, des jeux sacrés antiques en 1896 et ce même si ses grands rivaux ne se joignirent que bien plus tard à la compétition (1952 pour l’Union soviétique qui avec son satellite est-allemand trusta les 1ères places jusqu’en 1992 avant de laisser la place en 1996 à la Fédération russe, la Russie ayant précédemment fait deux petites apparitions en 1908 et 1912, et 1984 pour la Chine) …

Il est clair que ceux qui avaient un peu vite enterré les Etats-Unis depuis leur 2e place de Pékin (en médailles d’or – 51 contre 36 – et non en total de médailles – 110 contre 100) où effet-hôte oblige, la Chine avait pu un temps faire illusion (la Russie, elle pour la première fois, n’atteint même pas le podium derrière une Grande-Bretagne bénéficiant à fond de l’effet-hôte!), en sont malgré leurs éventuelles dénégations ou jérémiades pour leur argent.

Mais surtout, comme le rappelait dans un brillant article du Monde d’il y a trois ans la récemment décédée et regrettée Thérèse Delpech, que la vraie supériorité du modèle occidental (notamment le si décrié « Consensus de Washington ») sur le  « Consensus de Pékin » des bouchers toujours impunis du laogai et du goulag censé l’avoir détroné est justement sa formidable capacité d’autocritique

Le déclin de l’Occident

Le thème de l’effondrement civilisationnel n’est pas qu’une dérive nostalgique. C’est un trait majeur de notre culture qui lui permet de s’autocritiquer

Thérèse Delpech

Le Monde

23 novembre 2009

Le thème du déclin de l’Occident est utilisé de plus en plus fréquement par ceux qui cultivent à son égard ressentiment, désir de revanche, ou franche hostilité : c’est le cas de la Russie, dont tous les Occidentaux cultivés intègrent pourtant le génie artistique dans le patrimoine occidental ; de la Chine, qui attend son moment historique avec une impatience qu’elle a du mal à dissimuler ; ou du régime de Téhéran, dépositaire autoproclamé d’une mission d’expansion de l’islam dans le monde.

Quels que soient les arguments utilisés par ces pays, ils méritent qu’on leur fasse au moins une concession : ils disposent pour étayer leur thèse de solides appuis, et notamment de la répugnance croissante du monde occidental, Etats-Unis compris, à continuer d’être des sujets de l’histoire.

En revanche, ces adversaires ignorent une chose aussi importante que ce qu’ils comprennent : le déclin est un des plus grands thèmes de la culture occidentale, depuis le récit d’Hésiode Les Travaux et les Jours à l’orée de la civilisation grecque, jusqu’à l’ouvrage, médiocre celui-ci mais beaucoup plus connu, d’Oswald Spengler au début du XXe siècle Le Déclin de l’Occident.

Le fil du déclin court dans notre histoire comme un refrain lancinant, qui n’est nullement lié à l’horreur du changement, dont le monde occidental a au contraire considérablement accéléré le rythme, mais à une véritable obsession, qui est celle de la chute. Ce n’est pas simplement un héritage judéo-chrétien : avant la chute des mauvais anges du christianisme, il y avait déjà, dans la mythologie grecque, celle des Titans. Dans les deux cas, les héritiers de ces histoires conservent la mémoire d’une irrémédiable perte.

Les versions philosophiques ou littéraires de ce thème sont innombrables : Le Timée de Platon comprend le récit d’un temps circulaire où il n’est mis fin à la dégénérescence progressive de la création qu’avec l’intervention divine. Avant Platon, Socrate avait dénoncé un des signes du déclin de la pensée avec la montée des sophistes – Thrasymaque ou Calliclès – qui s’intéressaient beaucoup plus à la puissance qu’à la vérité. Au début du XVIIe siècle, John Milton donne de la lutte des anges une version si terrible dans Le Paradis perdu que Bernard Brodie choisira d’en retenir le récit pour introduire un de ses livres sur la bombe atomique.

A peu près au même moment, Miguel de Cervantès consacre son oeuvre la plus importante à la nostalgie du monde de la chevalerie : la triste figure de Don Quichotte exprime la tristesse d’un homme qui ne peut pas vivre dans un monde où l’héroïsme et les aventures n’ont plus de place que dans l’imagination. Quand l’illusion est devenue impossible à soutenir, il meurt de mélancolie sous le regard désespéré de son fidèle Sancho, prêt à reprendre seul les folles entreprises de son maître.

Douze ans avant Le Déclin de l’Occident (1918-1922) de Spengler,  Andrei Biely donne une version beaucoup plus puissante de l’incendie qui commence à saisir le monde d’hier au début du XXe siècle : « Les événements commencent ici leur ébullition. Toute la Russie est en feu. Ce feu se répand partout. Les angoisses de l’âme et la tristesse des individus ont fusionné avec le deuil national pour produire une horreur écarlate singulière. »

En somme, comme le disait Jacques Bainville, « tout a toujours très mal marché ». Les avenirs radieux, les lendemains qui chantent, ne sont que des épiphénomènes dans la culture occidentale, qui finissent d’ailleurs le plus souvent de façon catastrophique, ce dont témoigne amplement le XXe siècle. Comme quoi le pessimisme peut avoir du bon. C’est un avertissement que peu de grands esprits ont négligé.

Même les auteurs dont on cite à tort et à travers les propos enthousiastes sur l’histoire en ont souvent conservé précieusement une solide dose. Emmanuel Kant, par exemple, dont on vante volontiers le projet de paix perpétuelle, sans doute parce qu’il n’a jamais été aussi utopique et perdu dans le brouillard, affirmait qu’avec le bois tordu de l’humanité on ne saurait rien façonner de droit.

C’est une conclusion que les Européens ne sont jamais tout à fait parvenus à faire partager aux Américains, dont l’Eden semble manquer d’un acteur essentiel : le serpent. Cette absence est, si l’on peut se permettre cette expression, particulièrement frappante dans l’administration Obama, qui ouvre les bras à tous vents, sans craindre les tempêtes ou même les mauvais courants d’air à l’abord de l’hiver. Le président américain devrait relire Herman Melville, qui, pour avoir de solides racines écossaises, n’en est pas moins un des plus grands écrivains que l’Amérique ait produit.

Certes, il y a dans le thème du déclin un risque évident : le découragement face à toute entreprise humaine, voire, ce qui est pire, une forme de complaisance dans la chute, qui est, précisément, l’attitude du personnage de Jean-Baptiste Clamence dans l’oeuvre de Camus qui porte ce nom. Tout le monde est coupable dans un monde où la chute est la règle et la rédemption un leurre. Il n’y a plus ni valeurs, ni hiérarchie, ni jugement possibles. La différence entre le meurtrier et sa victime est une affaire de perspective, comme l’est celle qui sépare le « bon » du « mauvais » gouvernement dont une célèbre fresque de Sienne a représenté les caractéristiques. On peut se vautrer dans le déclin – public et privé – comme d’autres dans la fange et y trouver un certain confort : les choses sont ainsi, pourquoi s’en faire ?

Mais la force du thème est celle du retour sur soi et de la réflexivité, qui permet de mesurer les erreurs, les fautes, et de porter un jugement sur l’engourdissement éthique où le monde est plongé. Les peuples qui refusent de se pencher sur leur passé n’atteindront jamais la maturité historique. A bon entendeur, salut !

Il y a là une vraie supériorité des pays occidentaux, qui ont passé des décennies à tenter de comprendre l’abîme dans lequel ils ont plongé, sur la Chine et la Russie, qui auraient pourtant matière à réflexion. Les Européens ont, encore aujourd’hui, conscience de se trouver « au milieu des débris d’une grande tempête », comme l’écrivait Balzac des rescapés de la Révolution française. Il suffit pour en témoigner de suivre la production cinématographique allemande.

La réflexion et le souvenir seuls peuvent donner la force de reconnaître dans la violence et la désorientation de l’époque le prélude potentiel de nouvelles catastrophes. Ils constituent même le premier pas pour tenter de les éviter. Si les massacres passés sont des sujets tabous, comment condamner ceux du présent ? Si les liens de Pékin avec le régime de Pol Pot sont censurés au moment du procès des Khmers rouges, si le nombre des victimes de la révolution culturelle ne fait l’objet d’aucun travail sérieux en Chine, si les archives du goulag ou de la guerre en Tchétchénie doivent être protégées des autorités russes, que penser de l’attitude de ces pays à l’égard de massacres à venir ?

Certes, le retour sur soi, pour être nécessaire, n’est pas suffisant. Le monde occidental doit encore affronter d’épineux problèmes : la disparition progressive des grandes questions qui ont agité l’esprit au profit des « puzzles » ou des « minuties » dénoncées par Karl Popper dès 1945 traduit un rétrécissement de la vie intellectuelle au moment précis où la possibilité d’éclairer de nouveaux horizons a considérablement augmenté avec les moyens de communication contemporains ; la revanche du sacré, avec un retour fracassant de la religion sous des formes violentes et destructrices, renvoie au vide spirituel de nos sociétés : elle ne rencontre d’ailleurs aucune autre réponse que celle des armes. Le travail est à peine engagé sur ces sujets en Occident. Mais le don du souvenir est pour les peuples comme pour les individus le début de la cure psychique. D’où l’intérêt du thème du déclin.

Pour conclure donc, ce thème n’a pas pour fonction d’entretenir une culture crépusculaire ou d’annoncer sans trop de réflexion l’avènement de l’Asie sur la scène mondiale. De quoi parle-t-on au juste en évoquant un ensemble géographique aussi disparate ? Et qui peut dire ce que cet avènement nous réserverait ? L’avenir nous paraîtrait moins profondément déstructuré si nous tirions les conséquences d’une vérité toute simple : le seul moyen de participer à la réalisation d’un monde plus stable est d’en avoir une idée.

Ceux qui disposent des meilleurs outils pour la produire sont aussi ceux qui ont la conscience la plus aiguë du caractère tragique de l’histoire. Les grandes catastrophes du XXe siècle font partie de notre héritage. Nous sommes des êtres du déclin et du gouffre qui ont soif de renaissance et de salut. Beaucoup de peuples pourraient se reconnaître dans ce miroir.

Politologue et philosophe, chercheur associé au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) et membre du conseil de direction de l’Institut international d’études stratégiques (IISS), elle a notamment écrit chez Grasset « L’Ensauvagement » (2005), « Le Grand Perturbateur : réflexions sur la question iranienne » (2007), et publiera en 2010 « Variations sur l’irrationnel ».

Voir aussi:

Get Ready for a U.S. Romp

London was supposed to be China’s moment to seize the Olympic medal count. But our projections suggest the U.S. will win—and win big.

MATTHEW FUTTERMAN, LORETTA CHAO AND GEOFFREY A. FOWLER

The WSJ

July 20, 2012

Time to unfurl Old Glory and break out the red, white and blue boxer shorts.

Four years after China became the first country since 1992 to win more Olympic gold medals than the U.S., The Wall Street Journal’s medal projections for London suggest the Star-Spangled Banner will once again play more often than any other anthem.

And for the fifth consecutive Summer Games, the U.S. should finish atop the overall medal table.

China’s victory in the gold-medal race in 2008 was supposed to herald the arrival of the newest Olympic superpower, a vast country with 1.3 billion people and a proven government-sponsored training program. Even at the U.S. Olympic Committee headquarters in Colorado Springs, there was a growing sense that China would win the most gold and overall medals in 2012.

And the Winner Is …

The top national teams ranked by projected gold-medal count at the London Olympics. Wall Street Journal projections are a product of the probabilities of success based on recent performance, interviews with experts and other factors.

How China’s Powerhouse Ran Out of Steam

Instead, London should vindicate America’s decentralized and entrepreneurial approach to developing the world’s best athletes. The Wall Street Journal’s projections show Team U.S.A.’s 530 athletes should leave London with 40 gold medals and 108 overall, topping the Chinese, who are projected to collect 38 gold medals and 92 overall.

The Journal’s forecasting system takes into account basic information such as interviews with experts and the performances of athletes in recent national and international competitions. But rather than simply anointing first-, second- and third-place finishers in each event and calling it a day, the model assigns probabilities to the top medal contenders, then uses those probabilities to project the most likely outcomes.

Can China’s Olympians keep up with U.S. Olympians in London 2012? Will they match the success they saw in Beijing 2008 when they hosted the event, or will the London 2012 be a bust? The WSJ’s Emily Veach makes a few predictions.

For instance, the U.S. women’s basketball team, which hasn’t lost a game at the Olympics since 1992, is an 80% favorite to win the gold by our count—while the next most likely winners come in at 10%. Serbian tennis star Novak Djokovic, who has to prevail over stiff competition from Roger Federer and hometown favorite Andy Murray, has just a 40% chance for gold. After tallying those probabilities, we enlisted sports actuary John Dewan, owner of Baseball Info Solutions, to run 1,000 simulations of the Games.

The results were emphatic: The U.S. won or tied for the most medals 998 times. And while the gold-medal race was less certain, the U.S. won it 746 times to 304 for China. There were 57 ties and seven scenarios in which Russia was a surprise winner.

Some events were so close they were tough to handicap. This year, there’s a cracker of a match before the Opening Ceremony even takes place, as the U.S. women’s soccer team takes on a talented French side in a rematch of their 2011 World Cup semifinal. We expect the U.S. to survive on the strength of deadly scoring duo Abby Wambach and Alex Morgan, and to earn a medal, but the match shouldn’t be missed.

Same goes for the showdown in the men’s 110-meter hurdles, where China’s Liu Xiang, Cuba’s Dayron Robles, and Jayson Richardson of the U.S. are all capable of winning gold and setting a world record. Wall Street Journal projections have Xiang and Robles in a dead heat. And only a fool would miss the men’s 200-meter freestyle, where American Ryan Lochte should beat France’s Yannick Agnel by a fingernail, but not more.

As for individual sports disciplines, the predictions show the U.S. dominating where it usually does—in medal-rich swimming and track and field. Those two sports should account for 57 U.S. medals, or 53% of the U.S. haul. Swimmer Michael Phelps isn’t chasing eight gold medals again, but he could easily win five gold and seven overall.

Chinese success in winning medals relies less on raw athletic talent than it does on intense training. The Chinese do best in the sorts of events where a tireless commitment to practice pays dividends. China, for example, should rack up medals in weightlifting (eight), diving (nine) and table tennis (six). In 2008, China won 16 medals in badminton and shooting and just two in swimming and track. Its swimming is improved, thanks to distance specialist Sun Yang, who is expected to win both the 1,500-meter and 400-meter freestyle races.

Britain’s Olympic improvement should continue, too, with the country’s hopes riding on a few key athletes, including distance runner Mo Farah, who may try to pull off the rare feat of winning both the 5,000- and 10,000-meter races. Meanwhile, Germany should continue to confound the experts, winning just 49 overall medals, far below what a country so populous, wealthy and successful at the Winter Olympics should.

On the other end of the spectrum: Jamaica. Led by Usain Bolt, the planet’s fastest man, and the world’s top sprint team, Jamaica should claim a dozen medals, four of them gold. Not bad for a country of just 2.9 million people.

Sore Ankles and Split Seconds

A return to U.S. Olympic supremacy would come at a time when the economy is lagging and when Americans are feeling somewhat less than superpower-like. It also arrives in the middle of a presidential race in which both candidates could use the outcome for their benefit: President Obama by noting that the triumph occurred on his watch and Mitt Romney by touting his credentials as the chief of the 2002 Winter Games in Salt Lake City.

Team U.S.A.’s projected success is subject to the whims of world-class athletic competition, of course—an environment where a sore ankle or a few hundredths of a second can make the difference between victory and defeat. Two American swimmers, Phelps and Missy Franklin, could help the U.S. win a dozen gold medals, or they could get the flu and leave empty-handed.

If probability becomes reality, however, a U.S. romp could presage more dominance in the future. The USOC receives no support from the federal government. But nothing gets Americans to reach into their pocketbooks on behalf of the Olympics more than seeing Americans win.

« The better we do, the more money we can raise, » says Scott Blackmun, chief executive of the USOC.

Olympic improvement tends to come with hosting the Games, as when China soared in 2008. Besides the psychological advantage of competing at home, host countries invest in facilities, coaching and athlete development. China poured money and effort into « Project 119, » a program to target the 119 potential gold medals in sports where China was traditionally weak, such as swimming, boxing and athletics. The Chinese won 51 gold medals and 100 overall in 2008, up from 28 and 63 in 2004.

The British have spent nearly $500 million to fund training and athletic-development programs since 2009. The Journal projects that Team GB, as it is known, will win 22 gold medals and 66 overall this year, a vast improvement from eight years ago, when Britain won nine gold medals and 31 overall.

The U.S. hasn’t hosted a Summer Olympics since 1996 and won’t host another one until at least 2024. It spends relatively little on athletes. The USOC shells out on average $106.2 million a year to train and treat its winter and summer athletes and maintain its training centers in Colorado Springs, Lake Placid, N.Y., and Chula Vista, Calif.

However, while the USOC has the ultimate power of naming the country’s Olympic team, it has relatively few resources and athletes under its direct control. The national governing body for each sport, such as USA Track & Field and USA Swimming, is largely responsible for developing future Olympians. In most cases, those groups rely largely on the U.S. collegiate, scholastic and recreational sports systems.

During the 2010-11 school year, the latest for which figures are available, U.S. college athletic departments spent $12.1 billion, according to U.S. Department of Education filings. High-school athletic departments spend several billion dollars more. U.S. parents dig deep also, spending hundreds of millions on training in hopes their kids become the next Abby Wambach or Nastia Luikin.

Compare that with China, where state-run sports schools comb through communities searching for the extremely tall to play basketball and the double-jointed to learn diving. The state oversees their training into adulthood.

That system, says Bill Martin, the former president of the USOC, wouldn’t work in the U.S. « It’s not part of the DNA of our country to have one controlling authority on sports, » he says. « The beauty of our system is that Olympians can come out of anywhere, and they do. »

China’s projected medal decline points to a common post-host hangover and a more fundamental weakness in its approach to athlete development: the decline of the sports school. Over the past decade, the number of sports schools in China has decreased by 40%, according to state-run newspaper Global Times, as the country’s booming economy has created more career options for rural youth whose families once viewed sports schools as a meal ticket or the only means of social mobility. Now families are more likely to turn down an invitation to a sports school because other options exist.

Chinese sports officials declined to comment for this story, but Susan Brownell, a professor of anthropology at the University of Missouri, St. Louis, who has written extensively about Chinese sports, says the country « is just really slowly moving toward a sports system that is more in line with what other countries have—very slowly. »

Hunting for Talent

The potency of the U.S. system is its ability to spread money and opportunity to the broadest spectrum of athletes. « You’ve got this competitive system of clubs and coaches and schools all looking for talent, » says Chris Welton, chief executive of Helios Partners, a sports-consulting firm that works with Olympic organizations around the world. « If you’ve got athletic talent in this country, it’s so much harder to be missed. »

The system largely leaves training up to the athletes, forcing them (and their parents) to be hungry and entrepreneurial in their search for the best coaching and money to fund their training.

Jesse Williams, the NCAA high-jump champion in 2006, failed to make the final at the 2008 Olympics. When his career continued to sputter, Williams switched coaches to train with Cliff Rovelto at Kansas State University. Rovelto overhauled his training and jumping style. Williams did away with his 300-meter repetitions and now never runs farther than 60 meters leading up to a major competition. His regimen is focused on reaching maximum speed in his final steps before his jump as he sprints toward the bar, clawing the track with his whole foot instead of bounding into his jump while running on his toes.

The changes helped Williams win the gold at the IAAF World Championships in South Korea last summer, and now he is headed for London. « I feel like I can jump over Times Square, » he said in a recent interview.

GENERATION NEXT

The decentralized U.S. approach produces elite talent like Gabrielle Douglas.

Then there is Gabrielle Douglas, the 16-year-old who won the U.S. Olympic Trials competition in gymnastics. Her family cobbled together enough money and support to send her from her home in Virginia at 14 to West Des Moines, Iowa, where she lived with a host family and trained with Liang Chow, coach of 2008 gold medalist Shawn Johnson.

Douglas is part of a U.S. Olympic gymnastics team that includes 2011 world all-around champion Jordyn Wieber (Michigan) and gold-medal hopeful Alexandra Raisman (Massachusetts).

The team is favored to win the women’s team gold medal in London, something few would have predicted eight years ago when the Chinese were ascendant.

Steve Penny, president of USA Gymnastics, says the relatively decentralized American approach has created « a system that has a pipeline that continues to bring new kids into the elite level. »

Mr. Futterman, a Wall Street Journal staff reporter in New York, can be reached at matthew.futterman@wsj.com. Contact Ms. Chao, a staff reporter in Beijing, at loretta.chao@wsj.com, and Mr. Fowler, a staff reporter in San Francisco, at geoffrey.fowler@wsj.com. Laurie Burkitt and Kersten Zhang contributed to this article.

Voir également:

The Comeback Country

How America pulled itself back from the brink—and why it’s destined to stay on top.

Daniel Gross

Newsweek

April 8, 2010

In the wake of the 2008 financial meltdown and the deep, long recession that followed, the decline of America has become the preferred intellectual preoccupation of the elite—left, right, and center. Joseph Stiglitz, the Nobel-winning economist, has argued that the Obama administration’s tepid response to the recession and the financial meltdown will sandbag the U.S. recovery. Historian Niall Ferguson has made the case that high debt and profligate spending will cause the downfall of a once mighty empire. Harvard economist Ken Rogoff frets that the U.S. could become the next Greece. In January, French President Nicolas Sarkozy, once dubbed l’Americain, delivered a blistering speech at the World Economic Forum in Davos that criticized the U.S.-led model of global capitalism.

After the failure of Lehman Brothers in September 2008, industries and institutions tethered to the easy-money era were nearly sliced in half. And so was America’s economic self-esteem. Between the end of 2007 and the first quarter of 2009, $9 trillion of wealth evaporated. The relentless boom of China, India, and Brazil, with their cheap labor and abundant natural resources, emerged as a frightening new threat. The collapse coincided with other foreboding omens: $4-a-gallon gas, the rise of the tea partiers, an ungovernable Senate, an oddly blasé White House, unrepentant banks, and stubbornly high unemployment. The broad measure that tallies frustrated part-timers and those who have given up remains at 16.9 percent. If the U.S. doesn’t tumble back into recession, the consensus holds, we’ll face a Japan-style lost decade. A 2009 NBC/Wall Street Journal poll found that only 27 percent were confident their children’s standard of living would be better than their own.

Bleak is the new black.

But the long-term decline of the U.S. economy has been greatly exaggerated. America is coming back stronger, better, and faster than nearly anyone expected—and faster than most of its international rivals. The Dow Jones industrial average, hovering near 11,000, is up 70 percent in the past 13 months, and auto sales in the first quarter were up 16 percent from 2009. The economy added 162,000 jobs in March, including 17,000 in manufacturing. The dollar has gained strength, and the U.S. is back to its familiar position of lapping Europe and Japan in growth. Among large economies, only China, India, and Brazil are growing more rapidly than the U.S.—and they’re doing so off a much smaller base. If the U.S. economy grows at a 3.6 percent rate this year, as Macroeconomic Advisers projects, it’ll create $513 billion in new economic activity—equal to the GDP of Indonesia.

So what accounts for the pervasive gloom? Housing and large deficits remain serious problems. But most experts are overlooking America’s true competitive advantages. The tale of the economy’s remarkable turnaround is largely the story of swift reaction, a willingness to write off bad debts and restructure, and an embrace of efficiency—disciplines largely invented in the U.S. and at which it still excels. America still leads the world at processing failure, at latching on to new innovations and building them to scale quickly and profitably. « We are the most adaptive, inventive nation, and have proven quite resilient, » says Richard Florida, sociologist and author of The Great Reset: How New Ways of Living and Working Drive Post-Crash Prosperity. If these impulses are embraced more systematically and wholeheartedly, the U.S. can remain an economic superpower well into the current century.

So what will our new economy look like once the smoke finally clears? There will likely be fewer McMansions with four-car garages and more well-insulated homes, fewer Hummers and more Chevy Volts, less proprietary trading and more productivity-enhancing software, less debt and more capital, more exported goods and less imported energy. Most significant, there will be new commercial infrastructures and industrial ecosystems that incubate and propel growth—much as the Internet did in the 1990s.

The current pessimism is part of a historical economic inferiority complex. To hear some critics tell it, things have been going south in this country since the cruel winter in Jamestown, Va., in 1609, when most of the settlers died. And for most of the 19th century, America was the immature, uncouth cousin that required huge infusions of European capital to build its railroads. The U.S. emerged from World War II as the globe’s industrial, financial, and technological leader by default—the rest of the developed world had destroyed much of its industrial capacity. Yet Americans were insecure about their rising status. In the 1920s, many Progressives returned from Mussolini’s Italy convinced that Il Duce had a superior economic model. During the New Deal, bankers and industrialists earnestly fretted that Franklin Roosevelt would ruin the nation’s prospects for growth by establishing a new safety net. The U.S.S.R.’s launch of the sputnik satellite in 1957 inspired fears that the Soviet Union’s presumed technological lead would allow it to triumph in the Cold War. And in the 1980s, Japan threatened the U.S. with exports of electronics and cars and by buying trophy properties like Rockefeller Center and the Pebble Beach golf resort. « The Cold War is over, and Japan won, » as Sen. Paul Tsongas put it in 1992.

Of course, the declinists were often wrong—Rockefeller Center and Pebble Beach returned to U.S. ownership within a decade. Just as exuberant projections are generally made precisely at the top (remember Dow 36,000?), prophecies of long-term decline usually gain traction after we’ve suffered a catastrophic fall. This time around, the chorus of naysayers reached its climax in March 2009, when Federal Reserve chairman Ben Bernanke was widely mocked for his identification of « green shoots » of recovery. In the first quarter of 2009, the economy was shrinking at a 6.4 percent annual rate. By the fourth quarter it was growing at a 5.9 percent rate. Consider the scope of that swing: the growth rate of a $14.5 trillion economy shifted by 12.3 percentage points in about nine months. Like a massive sailboat pivoting 180 degrees in choppy seas, this wrenching turnaround produced a massive wake, and induced nausea among many of its passengers.

The recovery came quickly because the public and private sectors reacted with great speed. In the 1990s, Japanese policymakers deliberated and delayed before embarking on a program that included interest-rate cuts, a huge stimulus program, expanded bank insurance, and the nationalization of failed institutions. In 2008 and 2009 it took the U.S. just 18 months to conduct the aggressive fiscal and monetary actions that Japan waited for 12 years to carry out. And the patient responded to the shock therapy, as the credit markets and financial sector bounced back. Since the announcements of the Treasury-imposed stress tests in May 2009, banks have raised more than $140 billion in new equity capital. In August 2009, not even the most cockeyed optimists could have projected that within four months, Bank of America, Citi, and Wells Fargo would return $100 billion in borrowed funds to the taxpayers. But they did.

CIT Group, the small-business lender that lost its way in an ill-timed foray into subprime, is a perfect example of those quick reflexes. It filed for Chapter 11 on Nov. 1, 2009. In five weeks it wiped out $10.4 billion in debt (including $2.3 billion of TARP funds) and emerged from bankruptcy. It has brought in a new CEO—John Thain, who had run the New York Stock Exchange and Merrill Lynch—and is now focusing on its core business of lending to small and midsize firms. « Restructuring, whether it is done out of court or bankruptcy, is an accepted genre in the U.S., whereas overseas it still carries much more of an onus, » says Stephen Cooper, a founder of Zolfo Cooper, which pioneered the business of administering triage to seriously wounded companies.

Fixing broken financial structures is only the beginning. In periods of slack demand, the single most important factor that drives profitability is the ability to do more with less. Here again, Americans seem to have an innate competitive advantage. Whether it was Frederick Taylor, the inventor of scientific management, walking around Victorian-era factories with stopwatches, timing workers’ motions; or Henry Ford perfecting the assembly line; or W. Edwards Deming developing total quality management; or Walmart’s insanely effective supply chains—the pursuit of efficiency is as American as apple pie. In this crisis, companies embraced cost cutting and efficiency. From the fourth quarter of 2008 to the fourth quarter of 2009, productivity rose 5.8 percent. In 2007 and 2008, productivity growth was 1.7 percent and 2.1 percent, respectively.

In the short term, the ruthless pursuit of efficiency translates into the uncomfortable—and unsustainable—dichotomy of rising profits and falling employment. But the focus on efficiency is creating new business opportunities for smart companies. At BigBelly Solar, a Needham, Mass.–based firm whose solar-powered trash compactors reduce the need for both labor and energy, sales doubled in both 2008 and 2009. « Cities and institutions like universities and park systems are eager to do more with less, » says CEO Jim Poss. Leasing 500 compacting units has allowed Philadelphia to cut weekly pickups from 17 to five, and will save it $13 million over 10 years. BigBelly employs fewer than 50 people, but like many businesses in fast-growing markets it indirectly supports a much larger number of jobs. At Mack Molding, an Arlington, Vt., contract manufacturer, 35 workers are kept busy on two shifts producing compactors. « When you add the employees at the more than 50 component suppliers, this work is supporting another 180 jobs, » says Joan Magrath, vice president of sales and engineering at Mack Molding. BigBelly compactors, which are entirely made in the U.S., have been exported to 25 countries. It’s a drop in the bucket. But thousands of startups and small businesses are trying to crack the markets developing at home and abroad.

In fact, since bottoming in April 2009, exports have risen smartly, from $121.7 billion in April 2009 to $142.7 billion in January 2010—an increase of 17.3 percent. Boeing will deliver about 460 commercial planes in 2010, up from 375 in 2008, with the vast majority going to non-U.S. buyers.

All well and good, the skeptics note, but we’ve got a long way to go. To recoup the 8.2 million jobs lost since December 2007, it’ll take four years of growth at 170,000 jobs per month. And by definition, it’s hard to identify the next transformative economic force—the next steam engine or interstate-highway system. White House economic adviser Larry Summers tells a story about the economic summit in Little Rock after the 1992 election. In the thousands of pages of briefing papers and policy briefs, one word didn’t appear: Internet.

Beyond creating jobs for those who built and maintain it, the Internet functions as a powerful platform on which all sorts of new businesses—and ways of doing business—can be rolled out. And constructing entirely new ecosystems is another discipline at which the U.S. excels. « In a reset, we get great individual innovation, » notes Richard Florida. But more important is the rise of systems innovation, like Thomas Edison and George Westinghouse building electrical systems. « That leads to new models of infrastructure and new kinds of consumption. »

Apple launched the iTunes Music Store in April 2003 with a single product: songs selling for 99 cents. Seven years later, iTunes is a much larger business: hardware like the iPhone, iPod Touch, and iPad; audiobooks, movies, ringtones, apps, and e-books. It’s a boon for retailers, movie studios, independent coders, analytics firms, and accessories makers—the market for cases, sleeves, and headphones for i-devices is north of $1.5 billion annually. In late March, the venture-capital firm Kleiner Perkins Caufield & Byers doubled the size of its two-year-old iFund, which backs app makers, to $200 million.

Now consider two interrelated systems: energy and auto manufacturing. In the past two years, the old policy of subsidizing housing and Wall Street has been replaced by a new one that seeks to boost national operating income through efficiency. Skepticism about the potential for millions of « green jobs » to materialize overnight is warranted. But in some areas, a process similar to the iTunes experience is developing. The Danish wind-turbine maker Vestas in recent years has announced investments of nearly $1 billion in wind-turbine-manufacturing plants in Colorado, which, when completed, will directly employ about 2,500 people. But Vestas has also attracted a dozen-odd suppliers, including components producers like Aluwind, PMC Technology, Bach Composite, and Hexcel. And it’s not just about the hardware. Renewable Energy Systems Americas, the largest manager of wind farms, moved its corporate headquarters to Broomfield, Colo., in 2008. Last month Colorado mandated that 30 percent of the state’s energy be produced from renewable sources by 2020.

A similar dynamic is playing out in the wounded auto industry, in which even small gains in efficiency can produce big economic gains. Simply improving the mileage of the U.S. fleet by one mile per gallon would save 6.1 billion gallons of gas per year, or $17 billion at today’s prices. To help the industry respond to a new mandate that the U.S. car and light-truck fleet reach average fuel efficiency of 35.5 miles per gallon by 2016, up from 20.5 today, the Energy Department is providing loans and loan guarantees to large companies—Ford has received $5.9 billion in loans to transform several factories—and to startups like Fisker Automotive.

Henrik Fisker, a veteran auto executive born in Denmark, started his eponymous company in August 2007 to produce a premium plug-in hybrid. « The U.S. is traditionally a nation of innovators, but the reason it makes the most sense to be here is because the consumer is also willing to take risks, » he says. Fisker raised $250 million in venture capital, snapped up engineering talent on the cheap, and has tapped into the automotive supply chain, which is eager for new business. Last October the company bought a recently shuttered General Motors plant in Wilmington, Dela., for the knockdown price of $18 million. Armed with a $528.7 million federal loan guarantee, Fisker plans to spend more than $150 million retooling the plant. It’s preparing to ship the first Karma (retail price: $87,000) to dealers by the end of this year. But the rollout of electric and plug-in hybrids also has the potential to create its own ecosystem—dealers, charging stations, accessories, software applications. Henrik Fisker says: « The development of this industry will influence how we make electricity in this country. »

Such Silicon Valley bravado may ring hollow in a period of diminished expectations. Yet even amid its historic humbling, the U.S. has shown an ability to bring new ideas to global scale rapidly. At Davos, where the world seemed to celebrate the demise of America as a vital economic force, the hottest ticket was the party thrown by Google. Elites elbowed for position at the bar, danced poorly, and tapped out text messages on their iPhones, made by?.?.?.?Apple. Google and Apple are the nation’s third- and ninth-largest companies by market capitalization, respectively, with a combined value of $398 billion. Now consider that in early 2002, in the wake of the last meltdown and the post-Enron crisis in American confidence, their combined value was a few billion, consisting mostly of Apple, which traded for less than the cash available on its balance sheet. Google was a privately held company with about 600 employees. Now both are iconic global brands, major exporters, and spurs to innovation and growth—they represent America the way Chevrolet and McDonald’s once did.

The last two expansions have been 120 months and 92 months, respectively. If the U.S. continues to adapt as it has, and if it produces a few more game changers like Google and Apple, there’s no reason that the expansion that started in July 2009, against all the odds and predictions, can’t last just as long.

Voir enfin:

China’s Silicon Ceiling

Free markets require free minds.

Daniel Gross

Newsweek

January 14, 2010

Google vs. China represents a clash of what may be the two most powerful forces of the first decade of the 21st century. Like China, Google has changed the terms of competition in several crucial markets, thanks to its advantages in hardware, productive capacity, and engineering brainpower. The juggernaut rolls into new industries—e-mail, GPS, smart phones, operating systems for netbooks—heedless of the competition, racking up profits and disheartening competitors.

But now one of the world’s most rapidly growing companies has threatened to pull up stakes from one of the world’s most rapidly growing markets. It’s a move that raises many questions about Google and its future—and a larger question about China. Can China get rich without becoming free?

History suggests it can’t. Until recently China, which was technologically more advanced than Europe in the middle of the last millennium, had been left behind. Historians, led by the magisterial David Landes of Harvard, have made a convincing case that the slow erosion of arbitrary authority—the Reformation, the Enlightenment, the rise of rights, constitutions, democracy—helped stoke the capitalist revolution. For the past few centuries, the developed world has been led economically by democratizing commercial empires—Britain in the 18th and 19th, and the U.S. in the 20th. Without free minds, it’s difficult to have free markets, and vice versa. Trying to develop economically while controlling the flow of information has generally been a losing bet. Either such regimes fail to grow and collapse (the Soviet bloc), or the forces of economic liberalism ultimately lead to political liberalism, as in Chile.

For the past 30 years China has been testing a new, inverted model: breakneck economic development while retaining strict limits on personal liberty. The Communist Party has wrenched the nation into the 21st century. The hardware is certainly impressive—the maglev trains, shiny new airports, and modern skyscrapers. China has displaced the U.S. as the world’s largest car market, and is about to surpass longtime rival Japan as the second-largest economy. Such growth has attracted American companies, which inevitably make a series of trade-offs when they decide to head east. They accept local joint-venture partners and the risk of intellectual property theft, and learn to negotiate a commercial culture in which the government may arrest and jail a key executive, as happened with Australian mining giant Rio Tinto. As a group, the Fortune 500 has overlooked or come to terms with the lack of political freedom. After all, General Motors or KFC are in the business of selling stuff, not principles. And they have to be in China because that’s where the action is. « If you don’t come to the Chinese markets, other countries will, » said Zheng Zeguang, director general of North American Affairs in China’s Ministry of Foreign Affairs.

That’s why Google came. Last summer, Google advertisements were ubiquitous in Shanghai. But Google is unlike other U.S. companies that have succeeded in China. It sells access to information. Its business model requires freedom of linking, surfing, and expression. And that’s why it, along with other media and New Economy companies, hasn’t done well in China. Google has 14.1 percent of the Chinese search market, compared to homegrown Baidu’s 62.2 percent. Worse for Google (motto: don’t be evil), doing business in Guangzhou means being complicit in activities that are antithetical to its mission. « How far do you go down the path to becoming a de facto adjunct to government control of information? » asks Zachary Karabell, author of Superfusion: How China and America Became One Economy.

Like Google, China is led by engineers—but the leaders were trained as civil engineers. Google’s software engineers became billionaires by devising a democratic algorithm. China’s civil engineers are turning the process on its head. They believe the nation is getting richer precisely because they are keeping democratic tendencies in check. In the two weeks I spent in China last November, I heard Westernized elites make all sorts of rationalizations for why the time isn’t right for democratization. The main argument: in a nation of 1.3 billion people, 56 ethnic groups, and unbalanced development, encouraging free elections, civil society, and political organizing would be a recipe for chaos—and an obstacle to growth. One senior bureaucrat pointed out that the growth rates of South Korea, Taiwan, and Indonesia declined once they became more democratic. « When you emphasize development and efficiency, then you have a problem with the system of democracy, » said Zhe Sun, director of the Tsinghua University Center for U.S.–China Relations in Beijing. For a regime whose legitimacy rests on economic progress, no such delays can be tolerated.

Yes, Shanghai feels a lot like New York. But don’t presume that just because Americans and Chinese share a consuming culture that they also share a political one. As I stood in Tiananmen Square on a chilly November day, I turned to my guide. « That was really something, what happened here 20 years ago, » I said. « Yes, » he responded in his near-fluent English. « Those terrorists really killed a lot of soldiers. »

Market forces prevail, but the government clearly has its hands on the steering wheel and its feet on the gas pedal and brakes—especially in information-intensive industries like Internet search. And so even as it welcomes investments by the Fortune 500, China engages in large-scale cyberattacks on the most technologically advanced company in the world. The crisis that plunged the world into recession has only given the Chinese more confidence in their model. In November, I met with Qian Xiao-qian, vice minister of the State Council for Information of China. « To say the Chinese government controls the Internet is exaggerated, » he said. (After the meeting, I fired up my laptop and was blocked from getting to Twitter, Facebook, and Andrew Sullivan’s blog.) Qian enumerated all the things people can’t do on the Internet: no online pornography, no attempts to incite racial discrimination, and no attempts « to violate the Chinese Constitution and subvert the state. » The rules, however, are arbitrary, opaque, and subject to change.

Qian ticked off the impressive numbers—China has 338 million Netizens as of June 2009, 700 million mobile subscribers, and 180 million blogs. That’s certainly enough users to build businesses around, with or without Google.

Can China continue to grow without allowing Google—and the next Googles of the world—free rein in China? It’s worked out well so far. But there are a few caveats to the story.

First, China still has a long way to go before it’s considered rich. And some sympathetic analysts argue that it’s not fair to hold China’s civic development to American standards. The U.S. had China’s present-day economic profile—per capita GDP of about $5,000, 40 percent of the workforce in agriculture, 30 years into the process of industrialization and urbanization—in 1900, a time when there were no direct elections for Senate, women couldn’t vote, and segregation reigned in the South.

Second, much of China’s extraordinary development has been based on moving peasants into manufacturing. The key to future job growth, says Stephen Green, chief economist at Standard Chartered Bank in Shanghai, will lie in the service sector. And the largest components of the services sector—financial services, entertainment, media—remain firmly in the grip of the state. Going forward, it will become more difficult for a services-based economy to prosper with restraints on communication and expression. China faces a fundamental paradox, says Damien Ma, an analyst at the Eurasia Group. « It needs to have fairly closed information flow for political stability purposes, but doing so stifles innovation. »

And that’s the rub. Any type of political system can produce excellent hardware; the Soviet Union, which ruled Russia when Google cofounder Sergey Brin was born there in 1973, managed to produce nuclear weapons and satellites. Likewise, China has built truly impressive hardware: some 67 bridges now span the Yangtze River, a superfast supercomputer made entirely from parts made in China, high-speed trains. But in the 21st century, a country needs great software in order to thrive. It has to have a culture that facilitates the flow of information, not just goods.


Football français: Plus antiraciste que moi, tu meurs! (French football: Caught up by the hell of its own good intentions)

1 mai, 2011
Etre musulman, pour moi, c’est choisir mon camp. Vincent Mansour Monteil (orientaliste français)
 La noble idée de « la guerre contre le racisme » se transforme graduellement en une idéologie hideusement mensongère. Et cet antiracisme sera, pour le XXIe siècle, ce qu’a été le communisme pour le XXe. Alain Finkielkraut
Mais si cette équipe ne représente pas la France, hélas, elle la reflète: avec ses clans, ses divisions ethniques, sa persécution du premier de la classe, Yoann Gourcuff. Elle nous tend un miroir terrible. Ce qui est arrivé à Domenech est le lot quotidien de nombreux éducateurs et de professeurs dans les cités dites sensibles. Cette équipe renvoie à la France le spectacle de sa désunion et de son implacable déliquescence. (…) On a voulu confier l’équipe de France à des voyous opulents et pour certains inintelligents, il faudra maintenant sélectionner des gentlemen. Alain Finkielkraut (juin 2010)
Voyant que 25 % des médailles gagnées par les Etats-Unis [aux JO de Berlin de 1936] l’avaient été par des Afro-Américains, les autorités sportives françaises de l’époque et L’Auto [ancêtre de L’Equipe] se sont dit qu’il serait stupide de ne pas faire la même chose. Une mission en Afrique occidentale française a été organisée, des milliers de gamins ont été réunis torse nu dans des stades. Cela n’a rien rapporté sur le coup, mais cela a semé une idée. Des clubs pro ont vite compris l’intérêt de regarder en direction de ce potentiel composé de joueurs coûtant peu cher. Une dynamique s’est installée. Dont l’équipe de France a ensuite profité. Pascal Blanchard
Le public russe avait conspué les Bleus parce que cinq Noirs figuraient dans leurs rangs (Gérard Janvion, Marius Trésor, Jean Tigana, Jacques Zimako et Alain Couriol). Pascal Blanchard (en référence à un match de l’équipe de France contre l’URSS à Moscou en 1980)
Les spectateurs étaient surpris. Ils imaginaient l’équipe de France… différente. Lilian Thuram (après un match de l’équipe de France en Afrique du Sud,  2000)
Foot français: les dirigeants veulent moins de noirs et d’arabes Moins de noirs et moins d’arabes sur les terrains de foot ! Plusieurs dirigeants de la Direction technique nationale de la Fédération française de football, dont le sélectionneur des Bleus, Laurent Blanc, ont approuvé dans le plus grand secret, fin 2010, le principe de quotas discriminatoires officieux dans les centres de formation et les écoles de foot du pays. Objectif: limiter le nombre de joueurs français de type africains et nord-africains. Pour les plus hautes instances du football français, l’affaire est entendue: il y a trop de noirs, trop d’arabes et pas assez de blancs sur les terrains. Plusieurs dirigeants de la Direction technique nationale (DTN) de la Fédération française de football (FFF), dont le sélectionneur des Bleus en personne, Laurent Blanc, ont approuvé dans le plus grand secret, fin 2010, le principe de quotas discriminatoires officieux dans les centres de formation de la fédération, les écoles de foot du pays, selon une enquête de Mediapart. L’objectif avoué au sein de la DTN, mais inavouable au grand public, est de limiter, en les triant dès l’âge de 12-13 ans, le nombre de joueurs français de type africains et nord-africains. Une authentique ségrégation appliquée au football. Mediapart (accès payant)
Même fermement démenties, les intentions prêtées par Mediapart aux instances dirigeantes du football français n’auront malheureusement pas surpris les amateurs de cuir, témoins traumatisés de la crise traversée par les Bleus lors du Mondial sud-africain. Pire que le fond de jeu, fadasse, offert par l’équipe nationale, c’est le fond de sauce, nauséabond, dans lequel elle aura été contrainte d’évoluer qui aura, de fait, durablement marqué les esprits. Le sociologue Stéphane Beaud l’a brillamment déglacé dans un essai récent, réhabilitant du même coup ces «traîtres à la nation» qui avaient osé se mettre en grève. Ce fond de l’air moisi ne date pas d’hier, et dépasse de loin les lignes blanches des rectangles engazonnés. Il est le produit d’une série de dérapages et de tacles, de hors-jeu malsains menés au nom de l’anti-politiquement correct par tous ceux qui voudraient nous faire croire que l’antiracisme est devenu un problème plus grave que le racisme, ou que le racisme anti-Blanc serait désormais autrement préoccupant que celui qui vise les Noirs et les Arabes. Loin d’être l’apanage des classes populaires, le racisme est sans doute l’une des choses les mieux partagées dans ce pays. Et, de ce point de vue, la responsabilité de certains segments des élites politiques, intellectuelles et télévisuelles apparaissait déjà décisive. Si ces révélations se confirment, il faudra se rendre à l’évidence : le football, autrefois creuset efficace et visible de l’intégration à la française, sera devenu une marmite peu ragoûtante. Libération
Je ne retire rien aux propos que j’ai tenus hier. Que certains termes employés au cours d’une réunion de travail, sur un sujet sensible et à bâtons rompus, puissent prêter à équivoque, sortis de leur contexte, je l’admets et si, pour ce qui me concerne, j’ai heurté certaines sensibilités, je m’en excuse. Mais être soupçonné de racisme ou de xénophobie, moi qui suis contre toute forme de discrimination, je ne le supporte pas. Il faut être de mauvaise foi pour ne pas voir que le débat auquel j’ai participé n’avait évidemment pas pour objectif de « diminuer le nombre de noirs et d’arabes dans le football français » comme voulait le laisser entendre le titre outrancier de l’article, mais uniquement d’envisager le futur du football français et donc d’aborder, par voie de conséquence, le lourd et délicat problème des joueurs à double nationalité ainsi que les modalités de détection/sélection pour un nouveau projet de jeu. Que cela ait des incidences, à moyen ou long terme, sur les différents profils de joueurs en préformation ou en formation, c’est l’évidence, mais il n’y a là aucun lien, strictement aucun, avec une préférence ou un rejet de telle ou telle nationalité. Mon seul souci est d’avoir de bons joueurs pour une bonne équipe de France, qu’ils soient petits ou grands, quels que soient leur lieu de naissance ou leurs ascendances. C’est assez facile à comprendre sauf, apparemment, pour ceux qui, pour des motifs qui m’échappent, mais avec des procédés douteux, mélangent tout et font un mal considérable, et pas seulement au football français. Laurent Blanc 
C’est le problème des sélections avec des joueurs à double ou triple nationalité: ce sont des nombres qui augmentent et qui font qu’on ne peut plus assurer le fonctionnement des sélections. C’est bien pour eux de pouvoir choisir, mais ça pose un problème de gestion des effectifs. Quand on voit sur une génération entre 10 et 30% de joueurs de 18 à 21 ans nous quitter, c’est un problème. On a 45% de joueurs dans les sélections qui ont la possibilité de nous quitter, on pense que c’est beaucoup. On veut essayer de le réduire. C’est un problème dans la gestion de l’effectif. (…) L’idée était de dire: ‘Faites attention à ne pas avoir trop de joueurs binationaux’. On s’est aperçu que ce n’était pas une bonne solution: cette histoire nous aurait amenés à éliminer des joueurs d’avenir. On a envisagé de limiter cette situation pour ne pas nous mettre en danger, mais à partir du moment où ce n’est pas une bonne solution, on l’a éliminée. On va travailler sur l’accompagnement relationnel pour évaluer la motivation des joueurs à jouer pour l’équipe de France et les accompagner éventuellement pour faire leur choix. Nous avons abandonné cette idée de pourcentage, mais nous avons demandé d’être vigilants sur la motivation des joueurs. François Blaquart
La FIFA s’est copieusement vendue aux nations africaines. Ce sont des enjeux électoraux. Ces pays se sont débrouillés pour qu’il y ait beaucoup plus de souplesse et d’ouverture au niveau de la réglementation. (…) Actuellement, en moyenne, 50 % des jeunes des sélections nationales sont des binationaux. (…) En France, on reproche aux joueurs de ne pas chanter la Marseillaise. Mais là, ils ne connaissent même pas l’hymne. (…) Ce qui me choque, c’est que nous faisons un gros travail, et ils viennent prendre ce travail tel qu’il est fait. C’est un rôle facile. (…) Un joueur de 20 ans comme Boudebouz qui joue dans un club pro en France va devoir attendre cinq ans pour gagner sa place en équipe de France. Là, le pays l’appelle et lui propose de jouer une Coupe du monde tout de suite. Derrière, il y a aussi l’agent et la famille qui peuvent mettre une pression. (…) Jusque-là, on avait pas trop bougé, parce que les cas étaient particuliers et rares. Aujourd’hui, le système s’amplifie, donc ça nous pose des problèmes. (…) Il faut que l’on travaille avec ceux dont on est sûr. Il s’agit pour nous de réguler l’approche, mais sans être discriminant. (…) C’est très prononcé en France [car le pays] a été une terre d’immigration, à une époque où d’autres grandes nations du foot ne l’étaient pas. (…) Ces dernières années, l’Espagne a accueilli massivement des immigrés marocains et roumains. Et la sélection allemande des moins de 17 ans, par exemple, compte 7-8 joueurs d’origine turque. François Blaquart (directeur technique national)
De plus en plus de joueurs sont sollicités par des équipes de leurs pays d’origine. Toutes les fédérations qui ont un peu de moyens s’organisent. Aujourd’hui, avec Internet, c’est assez facile de voir les effectifs de jeunes dans les clubs et de les repérer. (…) Certains jeunes sont perturbés par les agents et les recruteurs, qui les harcèlent. Vous avez des jeunes qui se cherchent et forcément, ce ne sont pas des moments propices à réaliser des performances collectives et à s’améliorer d’un point de vue individuel. (…) Ce sont des mercenaires, pour la grande majorité. Certains garçons se sentent certainement rattachés à un pays, mais quand on est soi-même né en France, et que subitement on se trouve des origines étrangères, j’ai du mal à comprendre. Luc Bruder (directeur du centre de formation du Toulouse Football Club)
Pour ces joueurs-là, le premier choix, c’est d’abord l’équipe de France. Ensuite, s’ils n’ont pas la possibilité, ils se rabattent. Ahmed Chouari
Depuis juin 2009, le règlement de la Fédération internationale de football (FIFA) autorise un joueur à changer une fois d’équipe nationale, sans limite d’âge, à condition de n’avoir pas joué de compétition en « A » avec sa précédente sélection. C’est pourquoi il est possible de jouer avec l’équipe de France espoirs par exemple, et d’être sélectionné en équipe nationale d’Algérie l’année suivante. Ce changement de réglementation s’est appliqué sur proposition de l’Algérie. (…) en l’état actuel des choses, un joueur qui fait le choix d’une autre sélection continue de bénéficier, de fait, de son statut de joueur français pour évoluer en Europe. Or, dans les clubs européens, le nombre de joueurs hors UE est limité – la limite est de trois en France. Le statut de joueur français, qui est indépendant de la nationalité civile, accroît ses chances d’être recruté dans un club européen. Le DTN souhaite donc que le fait de jouer pour une autre équipe nationale ne donne plus droit au statut de joueur français. En d’autres termes, il demande à ce que chaque joueur n’ait le droit qu’à une seule « nationalité footballistique ». Le Monde
Vendredi, c’est le nouveau DTN, François Blaquart, qui est venu expliquer une idée qui aurait été mal interprétée. Pour lui, la fameuse formation à la française, encensée du temps où ça rigolait pour les Bleus, se serait en fait fourvoyée, en privilégiant chez les gamins les capacités physiques aux facilités techniques. Dans les centres de formation des clubs, il est de fait interdit de dribbler. D’où la volonté de revenir sur cette doxa. D’autant que les succès de l’Espagne et du FC Barcelone, avec des joueurs de poche, prouvent que l’on peut gagner au foot sans aligner des équipes de Golgoths. En France, les Barcelonais Xavi (1,70 m) et Iniesta (1,69 m) se seraient sans doute vus claquer au nez la porte des centres de formation, a reconnu Laurent Blanc. «Nos critères de sélection doivent désormais être liés au potentiel des joueurs, défend Blaquart. Nous estimons qu’il y a des joueurs qui passent à côté, trop souvent à cause du gabarit et d’une maturité physique moins précoce. Ce retard dans leur formation physique les pénalise. Je rappelle qu’avant l’âge de 16 ou 17 ans, on ne sait rien d’un joueur. Alors imaginez à 12 ou 13 ans… c’est un moment où on leur dit surtout d’être patients… » Libération
Vouloir changer le type de joueur qui sort des centres de formation, très bonne initiative, parce que tout le foot français en a marre des grands bourrins (…) à cause des centres de formations français qui ont pendant des années, après la coupe du monde 98, privilégié ce type de joueur « noir costaud » (la couleur de peau faisant parti du profil (…) suite aux succès des Desailly, Thuram, Viera, Henry, etc) Le petit noir technique il passait à la trappe autant que le petit blanc technique. Ali (forum arrêt sur images)
L’Espagne est fougueuse, l’Espagne joue remarquablement au football (61% de possession du ballon, selon la Fifa), mais l’Espagne ne bat jamais l’équipe de France dans les compétitions qui comptent. L’Equipe (juin 2006)
En France, on s’est aperçu que les clubs s’étaient trop attachés à former des athlètes pour les transformer en footballeurs privilégiant ainsi le physique sur la technique, contrairement à ce que fait le Brésil ou l’Espagne. En se privant de joueurs très techniques qui n’avaient pas un gabarit assez imposant, on a mis à la trappe d’excellents jeunes. En France, Messi ne serait peut-être pas devenu professionnel. (…) On a remarqué, après avoir décortiqué les images à la vidéo, que certains buts de l’Espagne pendant la Coupe du monde en Afrique du Sud étaient clairement d’inspiration futsal de par le jeu de passes rapides, les mouvements et les centres en retrait notamment. Franck Ferrier (FFF)
Depuis vingt ans, une des caractéristiques principales de l’équipe de France est la puissance physique et athlétique de ses joueurs, développée de manière consciente et volontaire dès le plus jeune âge. Un atout unanimement souligné par les observateurs après la victoire contre l’Espagne et ses petits gabarits techniques en huitième de finale de la Coupe du monde 2006. Mais cinq ans plus tard, deux fiascos consécutifs des Français et deux victoires indiscutables de l’Espagne en 2008 et 2010 ont bouleversé les certitudes. Les responsables du football français se demandent désormais si des joueurs comme Xavi ou Iniesta, grands artisans des succès espagnols, auraient eu leur chance dans le système de formation français où le physique est le critère de sélection numéro un. Pour remédier à cette situation, François Blaquart cherche à rendre obligatoire des séances de futsal, discipline très pratiquée chez les jeunes en Espagne et au Brésil et qui fait travailler la technique, au programme des clubs formateurs. Slate.fr
« Islamistes », « gris », « sarrasins »: selon Mediapart, il ne serait pas rare d’entendre ainsi désigner les joueurs maghrébins dans les couloirs de la Fédération. Où, toujours selon le site, nombreux sont ceux qui imputent le fiasco du Mondial aux Blacks et/ou aux musulmans : les Evra, Abidal, Anelka, Ribéry, supposés être les meneurs de la mutinerie. Les problèmes de la FFF avec les Bleus ne sont pas récents. En 2008, après un Euro piteux, la fédé reprochait aux internationaux qui snobaient la Marseillaise, d’être «peu attachés à leur identité française». A tel point qu’on avait même imaginé leur faire signer une charte rappelant «les devoirs qu’impose l’appartenance à une équipe de France et cela dès les premières sélections de jeunes : respect du maillot, de l’arbitre, de l’adversaire, du public, et de l’hymne national. » Libération
Tant qu’on y est, il ne serait pas idiot de poser des questions plus en amont sur le problème de fond qui ronge le football français. Il est clair qu’en tant que sport populaire, miroir aux alouettes pour un grand nombre de jeunes issus de classes populaires défavorisées, il attire des gamins qui avant de penser à jouer aspirent à devenir riches et célèbres sans passer par la case « éducation ». Les premiers effets désastreux de cet héritage social ne datent pas d’hier et voilà la FFF rattrapée par les effets pervers d’une formation qui se veut juste « rentable » avant d’être éducative. Si procès il y avait à instruire, on pourrait commencer par dénoncer les camps d’entraînement européens – et pas seulement français – qui ont fleuri un peu partout en Afrique, lesquels ont participé largement à l’exploitation de jeunes joueurs sans bagage intellectuel à garnir à moindre coût les grands clubs de notre continent. Avec le temps, on s’est rendu compte que ces flux migratoires organisés par les agents, les clubs eux-mêmes, s’ils ont permis de révéler des talents n’ont pas laissé le temps à ces garçons de devenir des hommes. Il serait bien aisé de les montrer du doigt aujourd’hui alors que nous les avons « fabriqués ». Autre effet dommageable, ces mêmes joueurs dont la carrière ressemble de plus en plus à une succession de transferts marchands, toute une jeunesse française issue de l’immigration s’y identifie. Elle rejette l’école, le savoir, qu’elle perçoit comme élitiste et inutile pour réussir dans la vie et croit que le football est une sorte de bulle euphorisante, tapissée de billets de banque et habité de filles faciles, dans laquelle on peut être adulé des foules sans savoir lire un livre. Dans les clubs cela se traduit par une compétition acharnée entre élèves footballeurs pour intégrer un centre de formation. L’ambiance dans ces petits clubs (généralement pauvres) a souvent été décrite comme délétère parce qu’on y joue pas avec les autres mais pour soi. La violence et la bêtise peuvent s’y répandre plus facilement qu’ailleurs puisque le niveau culturel y est très faible. Cela est d’autant plus dangereux que l’on sait qu’à ce petit niveau, coaches, dirigeants et joueurs poursuivent souvent tout en s’en défendant le seul objectif de sortir « une pépite » dont la couleur importe peu et le sens de « l’équipe » encore moins. Enfin, conséquence de tout cela, les gamins qui en parallèle du football poursuivent une scolarité « normale », ou montrent d’autres dispositions que cette basique envie de faire du football leur quotidien ont également souvent des parents qui s’inquiètent pour leur avenir. Et quel que soit le niveau de leur gosse, il le retire le plus souvent de ce qu’ils considèrent rapidement aujourd’hui comme un ghetto ne favorisant aucunement la mixité, l’échange. Ainsi, nombre de « petits blancs » mais pas seulement quittent le football pour d’autres sports qui offrent un peu plus que du pognon ou des rêves. Pour faire revenir ces joueurs (pas parce qu’ils sont blancs ou plus intelligents mais pour cultiver leur différence au contact des autres), c’est effectivement tout un système qu’il faut repenser. Un système d’éducation sportive et sociale qui n’a rien à voir avec la couleur de la peau mais avec une éthique du sport dont le football s’éloigne dramatiquement chaque jour un peu plus. Olivier Villepreux
Mediapart mêle deux sujets : la question de la discrimination selon des critères ethniques et celle de la binationalité des joueurs et du choix du pays d’origine de leurs parents comme équipe nationale. Ils n’ont, à mon avis, rien à voir. Le fait que la FFF, conformément au vœu tôt formulé par Laurent Blanc, s’empare de ce problème posé par le départ en nombre croissant de jeunes joueurs français très doués, formés dans les meilleurs clubs formateurs français, qui ont joué pour les équipes françaises de jeunes, ne me paraît pas illégitime : ce n’est pas faire preuve de nationalisme étroit que de clarifier cette question, d’encadrer le choix de cette nationalité sportive et de les inciter à jouer pour leur pays de naissance (la France). (…) Cette grève des Bleus a provoqué un séisme non seulement dans le football professionnel, mais pour l’ensemble du football amateur. En 2010-2011, il y aurait 8% de licenciés en moins. C’est considérable. La DTN a dû se demander à la hâte comment, à l’avenir, éviter un tel fiasco. Le vrai problème que doivent aujourd’hui affronter à tous les niveaux (amateur comme professionnel) les dirigeants et éducateurs de foot, ce n’est pas la couleur de la peau des joueurs, mais la difficulté croissante d’adapter ces joueurs, venus pour beaucoup de cités, aux contraintes du football en club. Et c’est un travail de tous les jours, ingrat, difficile, qui renvoie aux conditions de socialisation des jeunes de milieux populaires. (…) J’ai du mal à imaginer que ces personnes qui ont consacré leur vie professionnelle au foot, qui ont passé des heures et des heures avec ces différentes générations de joueurs plus ou moins «colorés» puissent tenir des discours, au sens propre du terme, «racistes». Qu’ils puissent être exaspérés par certains comportements, qu’ils reprennent parfois des expressions discutables («sarrasins», dans quel contexte est-ce dit ?….), certes ! Mais de là à les accuser de racisme, c’est un pas que je ne franchirai certainement pas. (…) si on pouvait cesser d’instrumentaliser le football et surtout de «projeter» à ce point sur cette équipe de France de foot les graves problèmes sociaux et politiques de notre nation en crise… Stéphane Beau
Le triste paradoxe est que le foot amplifie les discours de ségrégation alors que c’est un endroit où il ne semble pas y avoir discrimination raciale dans le recrutement des joueurs. Stépane Beaud

Attention: un racisme peut en cacher un autre!

Après, avec la main du déshonneur de Thierry Henry, la honte de la sélection pour le Mondial puis, avec insultes et grêve sans parler des histoires de prostitution, la véritable catastrophe dudit Mondial d’Afrique du sud …

Mais aussi, du côté supporters, les sifflets d’hymnes nationaux et les saccages urbains suite à des rencontres des équipes des pays d’origine …

Voici, dans probablement le sport le plus « intégré » qui soit et par un site d’information prêt apparemment (sans compter la sortie dument distillée en petits bouts à la WikiLeaks d’informations à destination purement interne et l’emballement un peu rapide des confrères) à tous les amalgames pour exister, la prétendue affaire des « quotas ethniques« !

Sur-représentation de jeunes d’origine africaine issus des quartiers défavorisés (jusqu’à 60 %) produits de conditions d’existence difficiles et d’une contre-culture (rap, difficultés avec la discipline, pour certains retour à l‘islam) de plus en plus difficiles à gérer, fuite et évitement complémentaires des jeunes des classes moyennes et notamment d’origine franco-française vers d’autres sports, brimades systématiques, comme pour Gourcuff, des Français de souche qui restent, véritable braconnage, facilité par l’assouplissement récent de la législation européenne, de la part des équipes nationales africaines pour recruter (tout en leur reprochant leur non-adaptation à leur prétendu pays d’origine!) des jeunes formés à grand frais par les centres de formation français, comportement complémentaire de jeunes binationaux « mercenaires » prêts à se vendre au plus offrant …

En ces temps étranges de tribalisme à l’envers (respect pour toutes les cultures à l’exception de la sienne propre) où l’on s’extasiait il y a peu de la première victoire d’un sprinter blanc en 100 m sous les 10 s …

Et où, politiquement correct oblige, les cadres et dirigeants sportifs se voient cloués au pilori pour avoir  réfléchi en petit comité pour tenter de redresser la barre, en ces nouveaux temps de « joueurs de poche » à l’espagnole ou à la Messi (respectivement, s’il vous plait, doubles champions du monde et d’Europe et double ballon d’or!),  après la triple impasse technique, administrative et culturelle mise au jour lors de la « mutinerie » sud-africaine de l’été dernier où quand ils ne finissent pas par opter pour leurs pays d’origine de « grands gabarits » mercenaires  ne sont pas loin de la sécession contre-culturelle via notamment le rap ou les conversions à l’islam …

Petite remise des pendules à l’heure avec le sociologue Stéphane Beaud.

Qui, s’il ne résiste pas lui aussi à l’occasion à l’accusation facile contre la sélection des cadres, a le mérite de pointer justement les quasi-insolubles contradictions que tout le beau monde de nos censeurs s’efforce depuis des décennies de balayer sous le tapis.

Et notamment l’incroyable paradoxe de dirigeants accusés de racisme dans un sport où, du racisme à l’envers aux résultats catastrophiques que l’on sait,  les dérives de l’antiracisme auront justement été… le plus loin!

Stéphane Beaud : « Un endroit où il n’y a pas de discrimination raciale »

Le Monde

30.04.11

Auteur de  » Traîtres à la nation ?  » (éd. La Découverte), un ouvrage où il récuse la stigmatisation racialiste de l’équipe de France pendant la déroute du Mondial 2010, Stéphane Beaud, sociologue et enseignant à l’Ecole normale supérieure, réagit à l’  » affaire des quotas  » de joueurs.

Après la Une de L’Equipe sur Anelka, c’est encore par un article de presse que le scandale arrive. Y-a-t-il un lien entre ces deux polémiques ?

Oui, car la réaction de la Direction technique nationale est une conséquence de l’épisode du bus à Knysna. L’opinion publique a été fortement choquée par le comportement de ces Bleus trop payés,  » grévistes « , accusés d’un manque de loyauté nationale. Il y a une pression sur l’équipe de France depuis la déclaration de Le Pen en 1996 sur les noirs dans l’équipe de France et la polémique absurde sur La Marseillaise. Les gens de la DTN ont dû, sous cette pression, intérioriser l’idée qu’il fallait reconquérir le cœur des supporters.

Comment ? En  » blanchissant  » les bleus ?

Il y a deux points amalgamés dans l’article de Mediapart : celui des quotas dits ethniques et la fuite des joueurs binationaux. Sur le premier, l’argument de la DTN n’est pas à rejeter : la précocité et la carrure des joueurs noirs les amènent à être rapidement recrutés. A un jeune âge, ce sont souvent des joueurs souples avec des capacités physiques exceptionnelles : Marius Trésor, Marcel Desailly, Lilian Thuram, Mamadou Sakho aujourd’hui. En même temps, point de déterminisme par morphotype : Jean Tigana a été exclu de la Ligue 1 pendant des années parce qu’il était petit et chétif… Mais il y a une réalité sociologique plus prégnante, celle de joueurs qui ont grandi dans les quartiers d’aujourd’hui, ségrégués, paupérisés.

Il faudrait regarder de près comment on sélectionne les joueurs dans les centres de formation. Le sélectionneur des Espoirs, Erick Mombaerts, avait donné une statistique : 60 % d’entre eux seraient issus des cités de la banlieue parisienne. Ils sont d’abord le produit des conditions d’existence difficiles et d’une contre-culture – rap, difficultés avec la discipline, pour certains retour à la religion.

Pour les cadres/éducateurs du foot, ils peuvent apparaître dans un premier temps comme des sortes d’ovnis sociaux. Le risque dans le contexte sociopolitique actuel est de tout réduire à question de la couleur de peau. Les facteurs sociaux et proprement sportifs importent certainement plus. Peut-être que pour Laurent Blanc, né d’un père ouvrier de la région d’Alès, CGT et communiste, le terme  » black  » renvoie à la réalité de joueurs difficiles à gérer.

Certains misent tout dans le foot et, une fois arrivés, peuvent se comporter de manière incompréhensible pour ces  » anciens « , voir la violente réaction de Thuram à la grève des Bleus. Alors,  » blanchir  » l’équipe de France ? D’abord l’expression est odieuse, ensuite cela n’a pas vraiment de sens au niveau sportif : d’une part, le foot continuera de recruter dans les cités que la société française a fabriquées, d’autre part les enfants des classes moyennes se dirigent moins vers le foot.

Quelle est votre position s’agissant des  » binationaux  » ?

Le problème c’est qu’on est pour eux dans une sorte de concurrence de sollicitations. Le décret de la Fifa les place dans une situation impossible, soit être fidèle à l’équipe de France, soit choisir l’autre sélection nationale. Je reviens d’Oran, où on s’interroge sur la sélection algérienne avec des joueurs  » qui ne sont pas d’ici « … Le triste paradoxe est que le foot amplifie les discours de ségrégation alors que c’est un endroit où il ne semble pas y avoir discrimination raciale dans le recrutement des joueurs. Si problème il y a, il se situerait peut-être dans la sélection des cadres du football. C’est là que la FFF peut agir.

Propos recueillis par Bruno Lesprit

Voir aussi:

Les « binationaux », enquête sur ces footballeurs français qui ne jouent pas en bleu

Thomas Baïetto, Noé Gandillot et Camille Maestracci

Le Monde

29.04.11

Lors de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, neuf footballeurs français ont joué la compétition avec une autre équipe que les Bleus, alors qu’ils avaient porté le maillot de l’équipe de France en sélection de jeunes. Ces « binationaux » sont nés et ont grandi dans l’Hexagone, mais ont choisi de jouer pour le pays d’origine de leurs parents. Un mouvement qui inquiète la Fédération française de football (FFF), laquelle aurait, selon Mediapart, acté le principe de « quotas discriminatoires officieux » pour limiter le nombre de jeunes d’origine étrangère dans les écoles de football du pays. Une information vivement démentie par les intéressés et par Laurent Blanc, qui admet toutefois que la question des « binationaux » pose problème. Retour sur un phénomène qui secoue le football français.

Ryad Boudebouz est né à Colmar et joue depuis ses 12 ans au FC Sochaux. Natif de Poitiers, Yassine Jebbour évolue, lui, au Stade rennais depuis juin 2007. Sébastien Bassong, enfin, est parisien d’origine et joue actuellement pour le club londonien de Tottenham. Tous ont connu des sélections au sein des équipes de France de jeunes. Pourtant, aucun de ces trois joueurs ne porte aujourd’hui les couleurs de l’équipe de France. Boudebouz, Jebbour et Bassong ne sont pas des cas à part. Lors du Mondial sud-africain, dix-huit des vingt-trois joueurs de la sélection algérienne étaient nés en France, mais ont choisi de porter les couleurs du pays de leurs parents. Et l’Algérie est loin d’être la seule nation africaine à compter un certain nombre de « binationaux » dans sa sélection. Le Maroc, la Tunisie, le Cameroun, le Sénégal, la République démocratique du Congo ou encore la Côte d’Ivoire font partie des nations qui allouent des moyens spécifiques pour aller chercher des joueurs dans les clubs européens. Pour ces pays, l’avantage est évident : la France est l’une des meilleures nations formatrices de football au monde, et ces joueurs arrivent « tout faits » dans leur sélection, avec une bonne expérience du haut niveau.

Pour l’équipe de France, en revanche, la situation pose problème : les Bleus se voient privés de joueurs de classe internationale et la FFF forme de facto des joueurs pour d’autres sélections nationales. Le sélectionneur de l’équipe de France, Laurent Blanc, avait lui aussi vigoureusement regretté cette tendance sur le plateau de l’émission « Canal Football Club », le 27 février : « C’est un grave problème, on ne peut pas continuer comme ça. Il y a des joueurs qui font l’équipe de France des moins de 16, 17, 18, 19, 20 ou 21 ans, qui font même parfois l’équipe de France A, puisque quand on fait un match non officiel ça ne compte pas, et qui au dernier moment choisissent leur pays d’origine. » Pour illustrer son propos, Blanc prenait l’exemple de Moussa Sow. Actuel meilleur buteur du championnat de France, ce natif de Mantes-la-Jolie (Yvelines) a remporté l’Euro 2005 avec l’équipe de France des moins de 19 ans, et joué en équipe de France espoirs, avant de se laisser convaincre d’opter pour la sélection sénégalaise en 2009, à un moment où ses performances sportives étaient moyennes.

« Il n’y a rien à faire, les lois sont contre nous ! », s’insurgeait Laurent Blanc. Moussa Sow et la Fédération sénégalaise de football ont en effet profité d’une évolution de la réglementation internationale. Depuis juin 2009, le règlement de la Fédération internationale de football (FIFA) autorise un joueur à changer une fois d’équipe nationale, sans limite d’âge, à condition de n’avoir pas joué de compétition en « A » avec sa précédente sélection. C’est pourquoi il est possible de jouer avec l’équipe de France espoirs par exemple, et d’être sélectionné en équipe nationale d’Algérie l’année suivante. Ce changement de réglementation s’est appliqué sur proposition de l’Algérie. Interrogé le 4 avril sur le sujet, François Blaquart, le directeur technique national du football français, ne mâche pas ses mots : « La FIFA s’est copieusement vendue aux nations africaines. Ce sont des enjeux électoraux. Ces pays se sont débrouillés pour qu’il y ait beaucoup plus de souplesse et d’ouverture au niveau de la réglementation. »

UN PHÉNOMÈNE QUI PREND DE L’AMPLEUR

L’histoire du football compte des précédents célèbres de joueurs qui ont porté les maillots de deux sélections nationales. Rachid Mekhloufi, grand buteur de l’AS Saint-Etienne dans les années 1950 et 1960, a joué pour l’équipe de France en 1956 et 1957, avant de rejoindre la sélection du Front de libération nationale (FLN) entre 1958 et 1962, puis de jouer pour l’Algérie jusqu’en 1968. De même, le légendaire attaquant Ferenc Puskas a joué plus de dix ans pour la Hongrie avant de connaître quatre sélections avec l’Espagne en 1961 et 1962. Cependant, ces précédents font figure de cas isolés liés à des contextes politiques très particuliers. L’inflation galopante du nombre de joueurs binationaux qui choisissent le pays de leurs parents témoigne d’un changement d’échelle.

François Blaquart livre à cet égard une statistique révélatrice : « Actuellement, en moyenne, 50 % des jeunes des sélections nationales sont des binationaux. » Luc Bruder, directeur du centre de formation du Toulouse Football Club (TFC), s’accorde également à dire que le phénomène s’amplifie : « De plus en plus de joueurs sont sollicités par des équipes de leurs pays d’origine. Toutes les fédérations qui ont un peu de moyens s’organisent. Aujourd’hui, avec Internet, c’est assez facile de voir les effectifs de jeunes dans les clubs et de les repérer. »

Pour convaincre les joueurs de porter les couleurs du pays d’origine de leurs parents, certaines fédérations mettent en place des moyens spécifiques : des recruteurs salariés sont chargés de sillonner la France et les clubs de football, à la recherche de joueurs potentiels pour leur sélection. Ahmed Chouari, ancien entraîneur des jeunes gardiens du TFC, est superviseur en France pour la fédération marocaine depuis octobre 2010. Il cible les joueurs d’origine marocaine qui ont un « bon niveau et qui ne jouent pas en équipe de France » et va les voir jouer. Ensuite, il prend contact avec le footballeur, et lui expose un projet de carrière internationale. Il explique avoir recours à des « arguments personnels » pour convaincre les joueurs, mais refuse d’entrer dans les détails. Un travail très proche de celui d’un recruteur de club. Dans un deuxième temps, Chouari contacte le club, afin de glaner des informations supplémentaires sur le joueur. En six mois, il assure avoir approché une dizaine de joueurs (dont Yassine Jebbour, qui a joué en équipe de France jeune) et n’avoir essuyé qu’un seul refus.

Luc Bruder a une position assez critique vis-à-vis de ces méthodes de recrutement : « Certains jeunes sont perturbés par les agents et les recruteurs, qui les harcèlent. Vous avez des jeunes qui se cherchent et forcément, ce ne sont pas des moments propices à réaliser des performances collectives et à s’améliorer d’un point de vue individuel. » François Blaquart regrette aussi le « manque de scrupule » de certains pays, qui n’hésitent pas à aller chercher des joueurs qui n’ont « aucune identification au pays ». « En France, on reproche aux joueurs de ne pas chanter la Marseillaise. Mais là, ils ne connaissent même pas l’hymne », s’amuse le directeur technique national. Il poursuit : « Ce qui me choque, c’est que nous faisons un gros travail, et ils viennent prendre ce travail tel qu’il est fait. C’est un rôle facile. »

En septembre 2010, l’attaquant d’Arsenal Marouane Chamakh, confiait à l’UEFA qu’il avait pris la décision de jouer pour le Maroc « peut-être un peu à la hâte », avant d’ajouter : « Mais je savais combien cela serait important pour mes parents et je suis fier d’avoir déjà disputé cinquante rencontres pour le Maroc. Je voulais garder ce lien avec mes origines. » Une déclaration paradoxale qui met en lumière la complexité du problème et la multiplicité des facteurs qui entrent en ligne de compte au moment du choix.

« DES MERCENAIRES »

Pour une large majorité de joueurs, il s’agit avant tout d’un calcul stratégique. D’un strict point de vue économique, un joueur a tout intérêt à jouer pour une équipe nationale : le fait d’être international lui permet d’augmenter sa valeur sur le marché des transferts. « Pour ces joueurs-là, le premier choix, c’est d’abord l’équipe de France, explique Ahmed Chouari. Ensuite, s’ils n’ont pas la possibilité, ils se rabattent. » Luc Bruder va plus loin : « Ce sont des mercenaires, pour la grande majorité », précisant : « Certains garçons se sentent certainement rattachés à un pays, mais quand on est soi-même né en France, et que subitement on se trouve des origines étrangères, j’ai du mal à comprendre… »

A ce titre, l’exemple de Ludovic Obraniak est symptomatique. En 2004, il connaît une sélection en équipe de France espoirs, mais ne sera ensuite plus jamais appelé pour jouer en bleu. En 2009, il a 25 ans et décide de prendre les devants : il demande la nationalité polonaise, à laquelle ses origines lui donnent droit. En effet, son grand-père est originaire de Pologne, Etat où le droit du sang est en vigueur. Le 12 août 2009, pour son premier match avec sa nouvelle sélection, le Lillois pose pour la première fois de sa vie un pied dans le pays de ses ancêtres.

Pour beaucoup de joueurs, donc, la sélection en équipe nationale est une aubaine. Walid Mesloub, par exemple, n’a pas été confronté à un choix cornélien. Ce milieu offensif, qui n’a pas fait de centre de formation, a éclos tard. Jusqu’à 24 ans, il joue en championnat de France National pour le FC Istres, avant de rejoindre la Ligue 2 et Le Havre AC début 2010. Il y réalise de bonnes prestations. Lorsqu’il est contacté par un recruteur de la fédération algérienne, juste après la Coupe du monde, il n’hésite pas une seconde : « J’ai dit oui immédiatement. Je ne vais pas me voiler la face. J’ai 25 ans et je ne joue pas dans un grand club. Je n’ai aucune raison de postuler pour une place en équipe de France. J’aurais pu marquer 30 buts en Ligue 2, je n’aurais jamais été sélectionné. »

Rémy Loret, chargé de la direction administrative et organisationnelle du centre de formation du TFC, reconnaît que pour beaucoup de joueurs, le choix entre sélection française et sélection étrangère ne se pose pas vraiment. Mais il nuance : « Cela peut aussi être quelqu’un qui redécouvre sa culture, ses origines. » Ainsi pour Ryad Boudebouz, la décision de jouer pour l’Algérie n’est pas du tout un choix par défaut. A 21 ans, il aurait pu légitimement postuler, à terme, à une place en équipe de France A. Son choix de porter les couleurs de l’Algérie est délibéré : « Je suis encore très jeune. Si j’avais voulu jouer en équipe de France, j’aurais pu patienter. J’ai choisi l’Algérie plutôt que l’équipe de France. A 14 ans déjà, je disais à mon père que je souhaitais jouer pour l’Algérie, c’est depuis toujours un choix du coeur. » François Blaquart ne nie pas que cet attachement culturel puisse jouer, mais montre que d’autres facteurs entrent en compte : « Un joueur de 20 ans comme Boudebouz qui joue dans un club pro en France va devoir attendre cinq ans pour gagner sa place en équipe de France. Là, le pays l’appelle et lui propose de jouer une Coupe du monde tout de suite. Derrière, il y a aussi l’agent et la famille qui peuvent mettre une pression. » Ryad Boudebouz ne se sent pas plus algérien que français : « Je suis né et j’ai fait toute ma formation en France, mais mes parents sont algériens. C’est impossible pour moi de choisir entre la France et l’Algérie, les deux sont mes pays. » Comme un symbole, son joueur préféré est Zinédine Zidane.

UNE SITUATION QUI INQUIÈTE LA FFF

La Fédération française de football est déterminée à trouver des solutions à ce mouvement qui prend de l’ampleur. « Jusque-là, on avait pas trop bougé, parce que les cas étaient particuliers et rares. Aujourd’hui, le système s’amplifie, donc ça nous pose des problèmes », explique le DTN. Autrement dit : tant que le phénomène ne concernait que des joueurs de second plan, la FFF ne s’en est pas préoccupée. La plupart des joueurs concernés jusqu’ici (dont Drogba et Chamakh) ont éclos tard. Aussi n’ont-ils pas bénéficié du système de formation français. François Blaquart comprend même que des joueurs qui pensent n’avoir plus d’espoir de jouer en bleu choisissent de jouer pour le pays d’origine de leur parents. « Ce sont les règles du jeu », estime le DTN. Ce qui pose problème à la fédération, ce sont les joueurs, comme Boudebouz, qui ont fait leurs classes dans les structures de formation nationales (pôles espoirs, équipes de jeunes) et qui, ensuite, sont allés voir ailleurs. Pour la Fédération, le retour sur investissement sur ces jeunes est nul.

Les moyens d’agir pour la FFF sont peu nombreux et complexes à mettre en oeuvre. L’un d’eux consiste à fidéliser les jeunes joueurs au maillot tricolore dès les premières sélections, en leur proposant un projet sportif sur le long terme. Pour François Blaquart, il est également important de repérer les footballeurs qui montrent le plus d’attachement à l’équipe de France. « Il faut que l’on travaille avec ceux dont on est sûr », explique le DTN. Mais le problème est délicat. Pour « créer un noyau dur de joueurs motivés », faut-il privilégier les Franco-Français et écarter les binationaux, dont on ne sait pour quel pays ils pencheront ? A la limite de la discrimination, la question pose des difficultés éthiques. « Il s’agit pour nous de réguler l’approche, mais sans être discriminant », répond avec prudence le directeur technique national.

Autre piste : faire pression sur la FIFA pour changer la réglementation. Si François Blaquart estime irréaliste un retour en arrière pur et simple, il pense qu’il est possible de limiter le phénomène en modifiant légèrement le règlement. Par exemple, en l’état actuel des choses, un joueur qui fait le choix d’une autre sélection continue de bénéficier, de fait, de son statut de joueur français pour évoluer en Europe. Or, dans les clubs européens, le nombre de joueurs hors UE est limité – la limite est de trois en France. Le statut de joueur français, qui est indépendant de la nationalité civile, accroît ses chances d’être recruté dans un club européen. Le DTN souhaite donc que le fait de jouer pour une autre équipe nationale ne donne plus droit au statut de joueur français. En d’autres termes, il demande à ce que chaque joueur n’ait le droit qu’à une seule « nationalité footballistique ».

Mais pour faire évoluer la réglementation, il faut convaincre d’autres pays de soutenir le projet. Or, pour l’instant, la France est isolée, car elle est la seule vraiment concernée par la question. « C’est très prononcé en France [car le pays] a été une terre d’immigration, à une époque où d’autres grandes nations du foot ne l’étaient pas », résume François Blaquart (lire à ce sujet la contre-enquête du Monde, « Le bleu et le noir »). La situation pourrait toutefois évoluer rapidement. « Ces dernières années, l’Espagne a accueilli massivement des immigrés marocains et roumains. Et la sélection allemande des moins de 17 ans, par exemple, compte 7-8 joueurs d’origine turque », constate le DTN. Pour ces pays, la question risque aussi de se poser dans les prochaines années. Si la France, l’Espagne et l’Allemagne venaient à perdre leurs meilleurs joueurs, la hiérarchie du football mondial pourrait s’en trouver bouleversée.

Voir de même:

Quotas dans le football, une absurdité française

Olivier Villepreux

Contre-pied

30 avril 2011

Selon le journal en ligne Mediapart, une discussion informelle – sinon secrète – réunissant les membres les plus influents de la DTN de la Fédération française de football aurait eu pour sujet la possible instauration de quotas visant à protéger les joueurs « franco-français » au détriment des dits « bi-nationaux ». L’argument général serait sportif. Par exemple, tout en récusant les accusations de « ségrégation » institutionnalisée qu’avance l’article, Laurent Blanc et François Blaquart constatent qu’un certain nombre de joueurs formés en France ne correspondent pas au type de jeu (lequel d’ailleurs ?) que veulent mettre en place les cadres techniques pour « in fine » en faire des footballeurs de l’équipe de France. Cela impliquerait de réfléchir à de nouveaux critères de sélection des jeunes talents. En gros, les centres de formation français auraient privilégié les gabarits athlétiques précoces (on doit comprendre alors que l’on parle de joueurs d’origine africaine) ce qui irait à l’encontre d’un enseignement du football à plus long terme avec des joueurs blancs, plus stratèges, plus vifs, plus à même de s’insérer dans un collectif correspondant à un style identifié mais ne s’épanouissant que dans le temps. Pour faire bref et en caricaturant, ce qu’il ressort de ce débat au sein de la FFF relaté par Mediapart est que l’élite du football français gagnerait à former des joueurs plus intelligents (des blancs) que de simples jeunes gens doués mais dont la progression et l’intégration au système de jeu français seraient plus difficiles (les autres), voire nulles, puisque les bi-nationaux ont l’avantage d’être formés en France et de pouvoir choisir une autre sélection nationale que les Bleus.

Qu’il y ait un débat sur le jeu et ses composantes technico-tactiques n’a rien de scandaleux. C’est même le boulot de la DTN. Aucune équipe nationale n’en fait l’économie, on le voit dans le hand ou le rugby où « l’intelligence » du joueur, hors critères physiques objectifs, est souvent valorisée. La redéfinition des critères de sélection des jeunes talents est aussi une partie du travail qui incombe à la DTN dans l’idée de mieux servir les intérêts de l’équipe nationale. L’Allemagne notamment en a fait la démonstration lors de la dernière Coupe du monde, où toute une génération « mixte » de joueurs a explosé en pratiquant un jeu éminemment collectif, intelligent, puisqu’arrimé à un référentiel commun réclamant un investissement intellectuel et personnel au service d’un style de jeu. Parallèlement, l’Italie, équipe composée de blancs, s’est ramassée.

Il paraît curieux que Laurent Blanc, ou des cadres de la DTN pensent pouvoir (ou vouloir) écarter de leur choix des joueurs uniquement sur des critères de couleur de peau ou d’origine étrangère, et même de religion comme le suggère l’article, pour s’assurer d’un « état d’esprit ». Mediapart affirme détenir les preuves de propos racistes qui augureraient de la mise en place de quotas pour favoriser l’éclosion de joueurs français blancs. Si cela était le cas, il va sans dire qu’il faudrait répudier ces gens. Il est permis d’en douter car il semble que la seule question qui se pose et qui n’est pas nouvelle est de savoir si la formation française bénéficie pleinement à l’équipe de France. Il n’y a pas là de racisme mais un souci de retour sur investissement pour les dirigeants et les entraîneurs. Poser une telle question aujourd’hui dans le contexte politique français du moment est évidemment plus que piégeux. La DTN et la FFF ont donc le devoir de faire attention à ce qu’elles disent.

Le problème ou plutôt la tentation de voir le mal partout est qu’après le fiasco du dernier Mondial, la FFF a déjà montré combien il était facile de jeter le discrédit sans preuve, sans argument, sans transparence, sur quelques joueurs sans se remettre en question. Depuis Laurent Blanc a heureusement déjà démontré qu’il pouvait rappeler des joueurs sans grande envergure morale pour des raisons purement sportives, (Evra ou Ribéry), sans poser la condition de l’appartenance religieuse, de la couleur de peau, de leur passé, voire de leur casier. Laurent Blanc n’est pas dingue, encore moins raciste, il se peut qu’il ait conscience toutefois des insuffisances du système de formation français. 

Tant qu’on y est, il ne serait pas idiot de poser des questions plus en amont sur le problème de fond qui ronge le football français. Il est clair qu’en tant que sport populaire, miroir aux alouettes pour un grand nombre de jeunes issus de classes populaires défavorisées, il attire des gamins qui avant de penser à jouer aspirent à devenir riches et célèbres sans passer par la case « éducation ». Les premiers effets désastreux de cet héritage social ne datent pas d’hier et voilà la FFF rattrapée par les effets pervers d’une formation qui se veut juste « rentable » avant d’être éducative. Si procès il y avait à instruire, on pourrait commencer par dénoncer les camps d’entraînement européens – et pas seulement français – qui ont fleuri un peu partout en Afrique, lesquels ont participé largement à l’exploitation de jeunes joueurs sans bagage intellectuel à garnir à moindre coût les grands clubs de notre continent. Avec le temps, on s’est rendu compte que ces flux migratoires organisés par les agents, les clubs eux-mêmes, s’ils ont permis de révéler des talents n’ont pas laissé le temps à ces garçons de devenir des hommes. Il serait bien aisé de les montrer du doigt aujourd’hui alors que nous les avons « fabriqués ». Autre effet dommageable, ces mêmes joueurs dont la carrière ressemble de plus en plus à une succession de transferts marchands, toute une jeunesse française issue de l’immigration s’y identifie. Elle rejette l’école, le savoir, qu’elle perçoit comme élitiste et inutile pour réussir dans la vie et croit que le football est une sorte de bulle euphorisante, tapissée de billets de banque et habité de filles faciles, dans laquelle on peut être adulé des foules sans savoir lire un livre. Dans les clubs cela se traduit par une compétition acharnée entre élèves footballeurs pour intégrer un centre de formation. L’ambiance dans ces petits clubs (généralement pauvres) a souvent été décrite comme délétère parce qu’on y joue pas avec les autres mais pour soi. La violence et la bêtise peuvent s’y répandre plus facilement qu’ailleurs puisque le niveau culturel y est très faible. Cela est d’autant plus dangereux que l’on sait qu’à ce petit niveau, coaches, dirigeants et joueurs poursuivent souvent tout en s’en défendant le seul objectif de sortir « une pépite » dont la couleur importe peu et le sens de « l’équipe » encore moins. Enfin, conséquence de tout cela, les gamins qui en parallèle du football poursuivent une scolarité « normale », ou montrent d’autres dispositions que cette basique envie de faire du football leur quotidien ont également souvent des parents qui s’inquiètent pour leur avenir. Et quel que soit le niveau de leur gosse, il le retire le plus souvent de ce qu’ils considèrent rapidement aujourd’hui comme un ghetto ne favorisant aucunement la mixité, l’échange. Ainsi, nombre de « petits blancs » mais pas seulement quittent le football pour d’autres sports qui offrent un peu plus que du pognon ou des rêves. Pour faire revenir ces joueurs (pas parce qu’ils sont blancs ou plus intelligents mais pour cultiver leur différence au contact des autres), c’est effectivement tout un système qu’il faut repenser. Un système d’éducation sportive et sociale qui n’a rien à voir avec la couleur de la peau mais avec une éthique du sport dont le football s’éloigne dramatiquement chaque jour un peu plus.

Voir enfin:

Football : des quotas qui feraient tache

Libération

30/04/2011

Tout en démentant les informations de Mediapart sur des quotas de joueurs blancs chez les Bleus, la fédération a longuement expliqué vendredi pourquoi il lui fallait changer sa politique de détection.

Après la pathétique mutinerie des Bleus lors Mondial sud-africain en juin 2010, la fédération française de football (FFF) se retrouve face à une autre sale affaire. Jeudi, le site Mediapart publiait un article l’accusant formellement de vouloir mettre en place des quotas de Blancs afin de diminuer le nombre de Noirs et d’Arabes en équipe de France. Vendredi, réactions offusquées et démentis cinglants ont rythmé la journée. Profitant d’un conseil fédéral prévu de longue date, le président de la FFF, Fernand Duchaussoy, et le directeur technique national, François Blaquart – directement mis en cause par Mediapart -, ont été contraints de convoquer une conférence de presse de clarification, doublée d’une autre à distance, tenue à Bordeaux par le sélectionneur tricolore, Laurent Blanc, qui aurait également appelé de ses vœux une politique de quotas en termes très crus, selon le site.

Y a-t-il eu dérapage ? La réunion à la direction technique nationale de la FFF où aurait été prise la décision a-t-elle vraiment eu lieu ? A Mediapart on affirme détenir des preuves ; le site entend les dégainer petit à petit, selon une stratégie éprouvée lors de l’affaire Bettencourt. A la FFF, on nie fermement et en bloc, promettant enquête et transparence.

Vendredi, Duchaussoy est arrivé devant les journalistes en disant: «J’essaie de prendre de la hauteur.» Puis il s’est fâché, se déclarant «meurtri et indigné à titre personnel». «J’ai fait toute ma carrière en tant que bénévole, qu’on me démontre les différentes accusations. Je suis garant de tous les bénévoles et dirigeants qui m’entourent, a-t-il insisté. Le football est un sport populaire et nous tenons à le rester.» Les propos rapportés par Mediapart relèvent-ils de la conversation de bistrot, ou constituent-ils la version trash d’une position officielle de la FFF ? «Je ne peux pas être présent partout», se défend Duchaussoy. Qui promet toute la transparence sur l’enquête ordonnée vendredi par Chantal Jouanno, ministre des Sports, et affirme être prêt à prendre toutes les dispositions nécessaires, y compris judiciaires, dans une affaire à trois volets.

Le volet technique : l’Impasse du Tout physique

Vendredi, c’est le nouveau DTN, François Blaquart, qui est venu expliquer une idée qui aurait été mal interprétée. Pour lui, la fameuse formation à la française, encensée du temps où ça rigolait pour les Bleus, se serait en fait fourvoyée, en privilégiant chez les gamins les capacités physiques aux facilités techniques. Dans les centres de formation des clubs, il est de fait interdit de dribbler. D’où la volonté de revenir sur cette doxa. D’autant que les succès de l’Espagne et du FC Barcelone, avec des joueurs de poche, prouvent que l’on peut gagner au foot sans aligner des équipes de Golgoths. En France, les Barcelonais Xavi (1,70 m) et Iniesta (1,69 m) se seraient sans doute vus claquer au nez la porte des centres de formation, a reconnu Laurent Blanc. «Nos critères de sélection doivent désormais être liés au potentiel des joueurs, défend Blaquart. Nous estimons qu’il y a des joueurs qui passent à côté, trop souvent à cause du gabarit et d’une maturité physique moins précoce. Ce retard dans leur formation physique les pénalise. Je rappelle qu’avant l’âge de 16 ou 17 ans, on ne sait rien d’un joueur. Alors imaginez à 12 ou 13 ans… c’est un moment où on leur dit surtout d’être patients…»

Dans les annexes du papier de Mediapart, Blaquart évoque un quota de 30 %. Il concernerait un ratio de joueurs nés après le 1er juillet à respecter : à 12-13 ans, la différence de taille entre un gosse né en janvier et un autre né en décembre de la même année peut être pénalisante pour le plus jeune. La FFF, qui n’a aucune prise sur les centres de formation des clubs, ne pourrait appliquer d’éventuels quotas que dans les 14 pôles espoirs qu’elle gère directement. François Blaquart entend révolutionner la formation française, notamment «en revalorisant le jeu par rapport à la compétition», dans lequel les jeunes seraient trop précocement plongés.

Le volet administratif : la question des binationaux

Ils ont été formés en France, ils ont porté le maillot bleu dans les sélections de jeunes, mais, à leur majorité, ils ont opté pour l’équipe nationale de leur pays d’origine. Ceux-là posent problème, reconnaissent les responsables de la fédération. L’été dernier, au Mondial, neuf types qui avaient porté le maillot bleu chez les jeunes, jouaient pour un autre pays que la France, comme Ryad Boudebouz (Algérie), ou Benoît Assou-Ekotto (Cameroun). Dix-huit des vingt-trois Algériens étaient nés en France. Laurent Blanc : «C’est un grave problème. Il y a des joueurs qui font partie de l’équipe de France des moins de 16, 17, 18, 19, 20 ou 21 ans, où même parfois de l’équipe de France A et qui, au dernier moment, choisissent leur pays d’origine.» La question a également été longuement évoquée vendredi par François Blaquart, le DTN. «Il faut tout remettre dans le contexte, a-t-il expliqué. Ce sujet avait été abordé lors de la réunion fédérale du 8 novembre dernier [celle au cours de laquelle aurait été décidé la politique des quotas, ndlr] qui faisait l’état des lieux des sélections. Chez nous, 45% des jeunes bénéficient de la double nationalité. C’est unique en Europe. Sur dix ans, les pôles Espoirs ont formé 12 internationaux A pour la France et une vingtaine pour d’autres nations. Ça nous pose des interrogations.»

Le volet culturel : La FFF contre les Bleus

«Islamistes», «gris», «sarrasins»: selon Mediapart, il ne serait pas rare d’entendre ainsi désigner les joueurs maghrébins dans les couloirs de la Fédération. Où, toujours selon le site, nombreux sont ceux qui imputent le fiasco du Mondial aux Blacks et/ou aux musulmans : les Evra, Abidal, Anelka, Ribéry, supposés être les meneurs de la mutinerie.

Les problèmes de la FFF avec les Bleus ne sont pas récents. En 2008, après un Euro piteux, la fédé reprochait aux internationaux qui snobaient la Marseillaise, d’être «peu attachés à leur identité française». A tel point qu’on avait même imaginé leur faire signer une charte rappelant «les devoirs qu’impose l’appartenance à une équipe de France et cela dès les premières sélections de jeunes : respect du maillot, de l’arbitre, de l’adversaire, du public, et de l’hymne national.»

Les dirigeants, issus du foot amateur et qui ont grimpé un à un les échelons du pouvoir – président de club, de district, départemental, puis de ligue régionale, viennent en général «d’un milieu sans trop de diversité»,loin des cités d’où sortent les joueurs (lire ci-contre), note le président d’un club amateur. «Au bord des terrains, il peut y avoir des relents de racisme.» La diversité, elle n’augmente pas avec le niveau. En France, sur 20 clubs de L1, aucun n’est dirigé par un Noir ou par un Maghrébin, seuls deux ont un coach de couleur (Tigana à Bordeaux et Kombouaré au PSG). Arbitres et présidents de club sont tous blancs depuis que Pape Diouf ne dirige plus l’OM.


Superbowl XLV: Ca a toujours été notre zèle à nous Américains (Vince Lombardi: It is and always has been an American zeal to be first in anything we do)

7 février, 2011
Plus les femmes deviennent fortes, plus les hommes aiment le football. Mariah Burton Nelson (1994)
Inévitablement, nous considérons la société comme un lieu de conspiration qui engloutit le frère que beaucoup d’entre nous ont des raisons de respecter dans la vie privée, et qui impose à sa place un mâle monstrueux, à la voix tonitruante, au poing dur, qui, d’une façon puérile, inscrit dans le sol des signes à la craie, ces lignes de démarcation mystiques entre lesquelles sont fixés, rigides, séparés, artificiels, les êtres humains. Ces lieux où, paré d’or et de pourpre, décoré de plumes comme un sauvage, il poursuit ses rites mystiques et jouit des plaisirs suspects du pouvoir et de la domination, tandis que nous, »ses« femmes, nous sommes enfermées dans la maison de famille sans qu’il nous soit permis de participer à aucune des nombreuses sociétés dont est composée sa société. Virginia Woolf (Trois guinées, 1938)
Le privilège masculin est aussi un piège et il trouve sa contrepartie  dans la tension et la contention permanentes, parfois poussées jusqu’à l’absurde, qu’impose à chaque homme le devoir d’affirmer en toute circonstance sa virilité. (…) Tout concourt ainsi à faire de l’idéal impossible de virilité le principe d’une immense vulnérabilité. C’est elle qui conduit, paradoxalement, à l’investissement, parfois forcené, dans tous les jeux de violence masculins, tels dans nos sociétés les sports, et tout spécialement ceux qui sont les mieux faits pour produire les signes visibles de la masculinité, et pour manifester et aussi éprouver les qualités dites viriles, comme les sports de combat. Pierre Bourdieu (La Domination masculine, 1998) 
Ca a toujours été notre zèle à nous Américains d’être premiers à tout ce qu’on fait, et de gagner, gagner, gagner. Vince Lombardi
Si l’important n’est pas de gagner, pourquoi on compte les points alors? Vince Lombardi
Là, excusez-moi l’expression, mais il en a dans le pantalon! Commentateur français du Super Bowl (W9, 07.02.11)

En cette rare occasion annuelle …

Où, dans certainement sauf exception l’un des plus virils des sports et certes au prix fort que l’on sait …

La fierté masculine ose encore s’exhiber dans toute sa flamboyante brutalité …

Famous Quotes by Vince Lombardi
Teamwork
« The achievements of an organization are the results of the combined effort of each individual. »
« People who work together will win, whether it be against complex football defenses, or the problems of modern society. »
« Individual commitment to a group effort – that is what makes a team work, a company work, a society work, a civilization work. »
Commitment
« Winning is not a sometime thing, it is an all the time thing. You don’t do things right once in a while…you do them right all the time. »
« Unless a man believes in himself and makes a total commitment to his career and puts everything he has into it – his mind, his body, his heart – what’s life worth to him? »
« Once a man has made a commitment to a way of life, he puts the greatest strength in the world behind him. It’s something we call heart power. Once a man has made this commitment, nothing will stop him short of success. »
« The quality of a person’s life is in direct proportion to their commitment to excellence, regardless of their chosen field of endeavor. »
« It’s not whether you get knocked down, it’s whether you get up. »
« I would say that the quality of each man’s life is the full measure of that man’s commitment of excellence and victory – whether it be football, whether it be business, whether it be politics or government or what have you. »
Success/Sacrifice
« Football is a great deal like life in that it teaches that work, sacrifice, perseverance, competitive drive, selflessness and respect for authority is the price that each and every one of us must pay to achieve any goal that is worthwhile. »
« To achieve success, whatever the job we have, we must pay a price. »
« Success is like anything worthwhile. It has a price. You have to pay the price to win and you have to pay the price to get to the point where success is possible. Most important, you must pay the price to stay there. »
« Once you agree upon the price you and your family must pay for success, it enables you to ignore the minor hurts, the opponent’s pressure, and the temporary failures. »
« A man can be as great as he wants to be. If you believe in yourself and have the courage, the determination, the dedication, the competitive drive, and if you are willing to sacrifice the little things in life and pay the price for the things that are worthwhile, it can be done. »
Discipline
« I’ve never known a man worth his salt who, in the long run, deep down in his heart, didn’t appreciate the grind, the discipline.  »
« There is something good in men that really yearn for discipline. »
« Mental toughness is many things and rather difficult to explain. Its qualities are sacrifice and self-denial. Also, most importantly, it is combined with a perfectly disciplined will that refuses to give in. It’s a state of mind – you could call it character in action. »
« The good Lord gave you a body that can stand most anything. It’s your mind you have to convince. »
« Once you learn to quit, it becomes a habit. »
« Perfection is not attainable. But if we chase perfection, we can catch excellence. »
« Once you have established the goals you want and the price you’re willing to pay, you can ignore the minor hurts, the opponent’s pressure and the temporary failures. »
Will to Win
« The spirit, the will to win and the will to excel – these are the things that endure and these are the qualities that are so much more important than any of the events that occasion them. »
« There’s only one way to succeed in anything, and that is to give it everything. I do, and I demand that my players do. »
« The difference between a successful person and others is not a lack of strength, not a lack of knowledge, but rather in a lack of will. »
« You never win a game unless you beat the guy in front of you. The score on the board doesn’t mean a thing. That’s for the fans. You’ve got to win the war with the man in front of you. You’ve got to get your man. »
« If you’ll not settle for anything less than your best, you will be amazed at what you can accomplish in your lives. »
Leadership
« Leaders are made, they are not born. They are made by hard effort, which is the price which all of us must pay to achieve any goal that is worthwhile. »
« It is essential to understand that battles are primarily won in the hearts of men. Men respond to leadership in a most remarkable way and once you have won his heart, he will follow you anywhere. »
« Leadership is based on a spiritual quality — the power to inspire, the power to inspire others to follow. »
« Having the capacity to lead is not enough. The leader must be willing to use it. »
« Leadership rests not only upon ability, not only upon capacity – having the capacity to lead is not enough. The leader must be willing to use it. His leadership is then based on truth and character. There must be truth in the purpose and will power in the character. »
« A leader must identify himself with the group, must back up the group, even at the risk of displeasing superiors. He must believe that the group wants from him a sense of approval. If this feeling prevails, production, discipline, morale will be high, and in return, you can demand the cooperation to promote the goals of the community. »
Excellence
« ….I firmly believe that any man’s finest hours – his greatest fulfillment of all that he holds dear – is that moment when he has worked his heart out in good cause and lies exhausted on the field of battle – victorious. »
« The spirit, the will to win and the will to excel — these are the things what will endure and these are the qualities that are so much more important than any of the events themselves. »
« They call it coaching but it is teaching. You do not just tell them…you show them the reasons. »
« After all the cheers have died down and the stadium is empty, after the headlines have been written, and after you are back in the quiet of your room and the championship ring has been placed on the dresser and after all the pomp and fanfare have faded, the enduring thing that is left is the dedication to doing with our lives the very best we can to make the world a better place in which to live. »
Mental Toughness
« If you’re lucky enough to find a guy with a lot of head and a lot of heart, he’s never going to come off the field second. »
« Teams do not go physically flat, they go mentally stale. »
« Mental toughness is many things and rather difficult to explain. Its qualities are sacrifice and self-denial. Also, most importantly, it is combined with a perfectly disciplined will that refuses to give in. It’s a state of mind – you could call it ‘character in action.’ »
« Mental toughness is essential to success. »
Habit
« Winning is a habit. Watch your thoughts, they become your beliefs. Watch your beliefs, they become your words. Watch your words, they become your actions. Watch your actions, they become your habits. Watch your habits, they become your character. »
« The harder you work, the harder it is to surrender. »
« Confidence is contagious and so is lack of confidence, and a customer will recognize both. »
« If you don’t think you’re a winner, you don’t belong here. »

Faith
« I believe in God. »
« I derived my strength from daily mass and communion. »

Passion
« It is and has always been an American zeal to be first in everything we do, and to win… »
« It is essential to understand that battles are primarily won in the hearts of men. Men respond to leadership in a most remarkable way and once you have won his heart, he will follow you anywhere. »
« If you aren’t fired with enthusiasm, you’ll be fired with enthusiasm. »
« To be successful, a man must exert an effective influence upon his brothers and upon his associates, and the degree in which he accomplishes this depends on the personality of the man. The incandescence of which he is capable. The flame of fire that burns inside of him. The magnetism which draws the heart of other men to him. »

Results/Winning
« Running a football team is no different than running any other kind of organization… »
« Some of us will do our jobs well and some will not, but we will all be judged on one thing: the result. »
« Winning is not everything – but making the effort to win is. »
« Success demands singleness of purpose. »
« If it doesn’t matter who wins or loses, then why do they keep score? »
« Winning is not a sometime thing…it’s an all the time thing. You don’t win once in a while…you don’t do the right thing once in a while…you do them right all the time. Winning is a habit. »

Truth
« The object is to win fairly, by the rules – but to win. »
« Morally, the life of the organization must be of exemplary nature. This is one phase where the organization must not have criticism. »

 

Voir enfin: 

 The Rage of Virginia Woolf 
 

In 1938, the year my mother left Germany for good and never saw her parents again, Virginia Woolf published a book entitled Three Guineas. It was about how women could prevent war.
City Journal

Summer 2002

In 1938, the year my mother left Germany for good and never saw her parents again, Virginia Woolf published a book entitled Three Guineas. It was about how women could prevent war.

Virginia Woolf’s name is not normally associated with great affairs of state, of course. Quite the reverse. She regarded them with a fastidious disgust, as a vulgar distraction from the true business of life: attendance to the finer nuances of one’s own emotional state. Along with the other members of the Bloomsbury group—that influential and endlessly chronicled little band of British aesthetes of which she was a moving spirit—she was dedicated to the proposition that beings as sensitive as they to the music of life ought not to be bound by gross social conventions, and that it was their duty (as well as their pleasure) to act solely upon the promptings of the sympathetic vibrations of their souls. In a demotic age, however, their justification for personal license could not long be confined to socially superior types such as themselves. Before very long, what was permissible for the elite became mandatory for hoi polloi; and when the predictable social disaster occurred, in the form of a growing underclass devoid of moral bearings, the elite that had absorbed (indeed, reveled in) Bloomsbury’s influence took the growth of the underclass as evidence that their original grudge against society and its conventions had been justified all along. The philosophy brought about the disaster, and the disaster justified the philosophy.

The Cambridge Guide to English Literature describes Three Guineas as an established classic—but a classic of what genre exactly? Of political philosophy? Contemporary history? Sociological analysis? No: it is a locus classicus of self-pity and victimhood as a genre in itself. In this, it was certainly ahead of its time, and it deserves to be on the syllabus of every department of women’s studies at every third-rate establishment of higher education. Never were the personal and the political worse confounded.

The book is important because it is a naked statement of the worldview that is unstated and implicit in all of Virginia Woolf’s novels, most of which have achieved an iconic status in the republic of letters and in the humanities departments of the English-speaking world, where they have influenced countless young people. The book, therefore, is truly a seminal text. In Three Guineas, Virginia Woolf lets us know without disguise what she really thinks: and what she thinks is by turns grandiose and trivial, resentful and fatuous. The book might be better titled: How to Be Privileged and Yet Feel Extremely Aggrieved.

The guineas of the title refer to a unit of currency: a pound and a shilling. Even in Woolf’s day, no guinea coin or guinea banknote actually existed. It was purely a notional unit, used for transactions of superior social status, such as the purchase of art at auction, the payment of surgeons, or, as in this book, the giving of charitable contributions. Virginia Woolf writes of three requests made of her for donations of one guinea each: the first by an eminent lawyer for his society for the protection of intellectual freedom and the promotion of peace; the second by the head of a Cambridge University women’s college to help rebuild and enlarge the college; and the third by the treasurer of a society for the aid of professional women, to enable them to buy the evening clothes necessary to their status in life.

Three Guineas

tries to show how the threat of war is linked to the condition of women. War throughout the ages, Mrs. Woolf says, has been a male activity, and during those same ages men have suppressed women: ergo, if men cease to suppress women and treat them as equals, there will be no war. One might think that to descend from the aesthetic to the ideological plane would be distasteful for a woman of such languorous, highly strung, thoroughbred equine beauty as she; but under the influence of a general idea, Mrs. Woolf revealed herself to be a thoroughgoing philistine of the most revolutionary and destructive type, quite prepared to bring the temple crashing down about her ears, that her grudges might be paid back. Let my ego be satisfied, though civilization fall!My copy of the book is a slightly battered first edition that was once in the library of Michel Leiris, the French writer and anthropologist who knew all the best-worst (or worst-best) people, such as Sartre and de Beauvoir. Leiris’s annotations consist only of a list of three pages of special impact to him, written in the elegant hand of a bygone era, and small crosses on the top outside corners of the pages themselves—pages 62, 63, and 64.

And what do pages 62, 63, and 64 say? On the preceding page, page 61, Mrs. Woolf begins her discursive reply to a request for a contribution for the rebuilding and extension of a Cambridge women’s college. Where education is concerned, Mrs. Woolf certainly does not want more of the same—the granting of the same opportunities to more women—having previously argued that all the education prior to the Great War did not prevent that cataclysm from happening but on the contrary actually provoked it by fostering a spirit of competition among those who underwent it. « Let us, » she writes,  » . . . discuss as quickly as we can the sort of education that is needed. » Since the past has been nothing but a catalog of vice, folly, cruelty, and the suppression of women, the college of her dreams « must be an experimental college, an adventurous college. Let it be built on lines of its own. »

And what might these lines be? « It must be built not of carved stone and stained glass, but of some cheap, easily combustible material which does not hoard dust and perpetrate traditions. » This is surely an odd architectural position for an aesthete to take: a position whose baleful practical consequences are, alas, visible throughout the whole island of Great Britain, where hardly a townscape has escaped being ruined by it. The avoidance of dust (and therefore presumably of housework or other oppressive forms of maintenance) is elevated to the pantheon of life’s highest goals: and Mrs. Woolf’s use of the word « perpetrate » in connection with « traditions » is indicative of her revolutionary state of mind, since « perpetrate » generally takes as its object a heinous crime or a massacre or some other disaster. For Mrs. Woolf, tradition in general, not any particular tradition, is what needs to be eliminated.

What furnishings should the college of Mrs. Woolf’s dreams contain? Certainly not a repository of the best that has been said and thought. « Do not have museums and libraries with chained books and first editions under glass cases, » she advises. No: « Let the pictures and the books be new and always changing. Let it be decorated afresh by each generation with their own hands cheaply. » (By now we have passed on to the pages bearing Michel Leiris’s marks.) What is this but a manifesto for Cool Britannia avant la lettre, an expression of the shallow belief that the new is better than the old merely by virtue of its novelty?

And what, most importantly, would be taught in Mrs. Woolf’s college of dreams? « Not the arts of dominating other people; not the arts of ruling, of killing, of acquiring land and capital. » (Let us remind ourselves that she is talking of the university of Milton, Wordsworth, and Wittgenstein.) « The . . . college should teach only the arts that can be taught cheaply and practised by poor people; such as medicine, mathematics, music, painting and literature. » The superior virtue of poverty and the poor is assumed; and Mrs. Woolf obviously conceives of medicine as a kind of Gandhian cottage industry (though she personally always availed herself of the best specialists available), carried out by bucolics and wise-women, gathering herbs by moonlight and operating, if at all, on kitchen tables. She continues: The college « should teach the arts of human intercourse; the art of understanding other people’s lives and minds, and the little arts of talk, of dress, of cookery that are allied with them. » Not being a systematic thinker, to put it kindly, Mrs. Woolf here fails to realize that she is proposing to enclose women in precisely the little domestic world from which she also claims to be rescuing them.

Mrs. Woolf’s ideal college—the kind that would prevent rather than promote wars—would not be in any way elitist. It would « not [be] parcelled out into the miserable distinctions of rich and poor, of clever and stupid. » It would, rather, be a place « where all the different degrees and kinds of mind, body and soul met and co-operated. » It would be entirely nonjudgmental, even as to intellect. For her, the urge to compete does not inhere in man’s nature, nor does it result in anything other than violent strife. Henceforth, there is to be no testing oneself against the best, with the possibility, even the likelihood, of failure: instead, one is perpetually to immerse oneself in the tepid bath of self-esteem, mutual congratulation, and benevolence toward all.

Of course, it is a mistake to suppose that a hypothetical future state of perfect toleration means toleration in or of the present: far from it. Mrs. Woolf would not let her opponents, or those who think differently, live in peace: on the page after the last marked by Michel Leiris, she gives full expression to her slash-and-burn concept of cultural renewal: « No guinea of earned money should go to rebuilding the college on the old plan. . . . [T]herefore the guinea should be earmarked ‘Rags. Petrol. Matches.’ And this note should be attached to it. ‘Take this guinea and with it burn the college to the ground. Set fire to the old hypocrisies. Let the light of the burning building scare the nightingales and incarnadine the willows. And let the daughters of educated men dance round the fire and heap armful upon armful of dead leaves upon the flames. And let their mothers lean from the upper windows [before, presumably, being burned to death] and cry « Let it blaze! Let it blaze! For we have done with this education! »’ »

This incendiary passage, Mrs. Woolf insists in her very next sentence, is not mere empty rhetoric: though she subsequently retreats a little from her incitement to arson by pointing out the self-defeating nature of that crime, insofar as the college she was proposing to burn down was necessary to train women to be able to earn the guinea of discretionary income with which to buy the materials to burn it down in the first place. What a dilemma! The passion, if not the logic, of her argument is clear and perhaps casts a new light on the deliberate destructiveness of the motives that lay behind her literary innovations. She was nothing if not a great hater of all that had gone before her.

What was the wellspring of this great hatred? No doubt some would say it was the sexual abuse that she was alleged to have suffered as a child at the hands of her two half-brothers, George and Gerald Duckworth: but the extent and gravity of that abuse is open to question and would in any case hardly explain (let alone justify) the desire of a famous and successful 56-year-old novelist to destroy civilization in the name of preventing war. And if by any chance it were the explanation, it would certainly not redound to her credit: for the conclusion that an entire civilization needed to be destroyed because it permitted her sexual abuse is no better than the conclusion that the existence of any injustice demonstrates that all efforts to achieve justice are a sham. A self-pitying lack of proportion, far from alien to Mrs. Woolf, was in fact the very signature of her mind.

Mrs. Woolf belonged by birth not merely to the upper middle classes but to the elite of the intellectual elite. She was a Stephen, her father, Sir Leslie Stephen, being an eminent essayist, editor, and critic, the founding editor of the monumental and magnificent Dictionary of National Biography and at one time the publisher of Thomas Hardy. He knew everyone who was anyone in the literary and intellectual world. Mrs. Woolf’s uncle, Sir James Fitzjames Stephen, was an eminent legal scholar and historian, jurist, judge, and political philosopher, who wrote a brilliant and still-classical riposte to John Stuart Mill’s essay on liberty. She grew up in a rarefied intellectual atmosphere in which it would clearly be difficult to equal, let alone surpass, the achievements of her elders. One way to surpass her father and her uncle in achievement was, of course, to disparage and destroy all they had erected.

Her historiography was very modern: she scoured the records to justify the backward projection of her current resentments. For her, there was no such thing as the human condition, with its inevitable discontent and limitations. She thought that all the things she desired were reconcilable, so that freedom and security, for example, or artistic effort and complete selflessness, might abide in perpetual harmony. As a female member of the British upper middle class and one of what she called « the daughters of educated men, » she felt both socially superior to the rest of the world and peculiarly, indeed uniquely, put upon. The very locution, « the daughters of educated men, » is an odd one, capturing her oscillation between grandiosity and self-pity: she meant by it that class of women who, by virtue of their gentle birth and hereditarily superior minds, could not be expected to perform physical labor of any kind, but who were prevented by the injustice of « the system » from participating fully in public and intellectual affairs.

In her descriptions of this class, self-pity vies with snobbery. Her reply to the philanthropist who requested a donation to buy evening clothes for professional women vibrates with outrage that the daughters of educated men should find themselves in financial difficulties (which, in her view, should properly belong only to social inferiors). « Not only are we incomparably weaker than the men of our own class, » she writes to the eminent lawyer; « we are weaker than the women of the working class. » « Economically, the educated man’s daughter is much on a level with the farm labourer. » « Society has been so kind to you [the educated men, one of whom is her interlocutor], so harsh to us [the daughters of educated men, of whom she is one]: it is an ill-fitting form that distorts the truth; deforms the mind; fetters the will. » It must therefore be destroyed—presumably by those whose will has been fettered and whose minds have been deformed.

For those who actually know anything about the hardships endured by the British working class, male and female, during the years of the Depression, statements that insinuate an equality, or even a superiority, of suffering on the part of the daughters of educated men are little short of nauseating: but they would clearly appeal to the pampered resentful, a class that was to grow exponentially in the postwar years of sustained prosperity.

According to Mrs. Woolf, women of her own class were so dependent upon men that for centuries they were incapable of having, much less expressing, opinions of their own. For her, « independent opinion » was indispensably based upon independent income, though later in the book she lays down criteria for the independence of income that are so stringent and rarefied that only heiresses could meet them. Poor struggling Mrs. Oliphant, for example, the Victorian novelist and biographer, came nowhere near meeting them, be-cause she was obliged to earn money herself for the upkeep of her children. (Mrs. Woolf suggested as a solution that the daughters of educated women should be paid a government subsidy, so that they might create works of art—or do nothing at all—free of all sordid monetary conditions.) Her desire to have it all ways at once—to be utterly independent because unconditionally supported by the tax-payers—illustrates her kind of querulous and irresponsible sense of entitlement.

Her sole conclusion from the entire literature of the nineteenth century is that women were constantly ridiculed for « attempting to enter their solitary profession, » marriage—as if that vast and magisterial literature accorded women no other role in life; as if it depicted relations between men and women as being nothing but domination and subordination. So grotesque is this as a reading of, say, Jane Austen that it amounts to an outright lie. And is Mrs. Micawber an object of contempt or of affection, even admiration?

As for the fabled influence of women on men, Mrs. Woolf will have none of it. She writes that it is so « beneath our contempt » that « many of us would prefer to call ourselves prostitutes simply and to take our stand openly under the lamps of Piccadilly Circus rather than use it. » I confess that I find the idea of Mrs. Woolf as a streetwalker under the lamps of Piccadilly Circus irresistibly funny: but could there be a clearer case of the triumph of hyperbolic self-pity over honesty?

No interpretation of events, trends, or feelings is too silly or contradictory for Mrs. Woolf if it helps to fan her resentment. Explaining the evident enthusiasm of the daughters of educated men at the outbreak of the Great War, she writes, « So profound was [their] unconscious loathing for the education of the private house with its cruelty, its poverty, its hypocrisy, its inanity that [they] would undertake any task however menial [such as working in factories and hospitals], exercise any function however fatal that enabled [them] to escape. . . . [U]nconsciously [they] desired our splendid war. » That they might have been actuated by the same patriotism as the men who volunteered for the slaughter was for her an impossibility, for she denies that the daughters of educated men were truly English: like the proletarians of Marx’s imagination, they have no country. « The law of England, » she writes, « denies us, and let us hope it will long continue to deny us, the full stigma of nationality. » As ever wanting it both ways, she complains at one moment of exclusion and at the next, that inclusion is not worthwhile. She is like a humorless version of Groucho Marx, who did not want to be a member of any club that would accept him. What is a joke for Groucho Marx is serious political philosophy for Virginia Woolf.

She explains the falling birthrate among the daughters of educated men by their refusal any longer to provide cannon fodder for wars: thus ignoring the fact that the decline in fertility had been long and continuous, affecting all classes of society—even in Sweden, which had not had a war since Napoleonic times.

Not that one could entirely blame Mrs. Woolf for her lack of dialectical rigor, for, as she writes, « The daughters of educated men have always done their thinking from hand to mouth. . . . They have thought while they stirred the pot, while they rocked the cradle. » This piece of self-pity drew the memorable riposte from the literary critic Q. D. Leavis, herself no unqualified admirer of the common man, that Mrs. Woolf wouldn’t know which end of the cradle to stir.

Resentment playing so large a part in Mrs. Woolf’s mental economy, much of her intellectual effort went into justifying it. She is thus a very modern figure indeed, even though she died 60 years ago. Her lack of recognition that anything had ever been achieved or created before her advent that was worthy of protection and preservation is all but absolute, along with her egotism. How, she asks, can we, the daughters of educated men, enter the professions and yet remain civilized human beings?—a question that implies that such professionals as Lister, Lord Birkenhead, or Marconi, working during Mrs. Woolf’s lifetime, were neither civilized themselves nor contributed anything to civilization. By so contemptuously denying the achievements of the past, bought at so great a cost of thought and effort, she totally misunderstood the material and intellectual conditions that made possible her own life, with its languorous contemplation of the exquisite.

The only occasion in the book when Mrs. Woolf implicitly recognizes past achievement, she does so not to praise it but to denigrate the lack of it among her fellow countrymen. Suppose an outsider (as she far from truthfully calls herself) feels the temptation to patriotism: « Then she will compare English painting with French painting; English music with German music; English literature with Greek literature. . . . When all these comparisons have been faithfully made by the use of reason, the outsider will find herself in possession of very good reasons for her indifference. » There is nothing here of Shakespeare or Newton, of Wren or Turner—an omission extraordinary in the daughter of the first editor of the Dictionary of National Biography. And it is extraordinary to believe that patriotism is justified only by supremacy in all the arts and sciences simultaneously—a doctrine that would be exceedingly hard on, say, a Norwegian or a Bolivian patriot.

Patriotism is for Mrs. Woolf only one of the many « unreal loyalties » against which she rails. Loyalty to school, to university, to church, to club, to family, to traditions or structures of any kind—even municipal pride—are to her the equivalent of Marx’s false consciousness. The only clue that Mrs. Woolf offers as to what she considers real rather than unreal loyalties occurs in a brief discussion of the Antigone of Sophocles: « You want to know which are the unreal loyalties which we must despise, which are the real loyalties which we must honour? Consider Antigone’s distinction between the laws and the Law. . . . Private judgement is still free in private; and that freedom is the essence of freedom. » Louis XIV claimed only that he was the state: Mrs. Woolf claimed that she was the Law. For Mrs. Woolf, loyalty to herself was the only real, true loyalty.

It comes as no surprise that a thinker (or perhaps I should say a feeler) such as Mrs. Woolf, with her emotional and intellectual dishonesty, should collapse all relevant moral distinctions, a technique vital to all schools of resentment. Time and again we find her misappropriating the connotation of one thing and attaching it to another, by insinuating a false analogy: that since both the British policeman and the Nazi stormtrooper wore a uniform, the British policeman was a brute. It is one of the chief characteristics of modern rhetoric, designed not so much to find the truth as (in the words of former Australian prime minister Gough Whitlam) to « maintain your rage. »

One would hardly guess from reading Three Guineas that it was written at a uniquely dangerous historical juncture, in the shadow of a barbaric threat. It would be unfair to blame Mrs. Woolf for lacking the prescience of the catastrophe to come that many other people lacked: though she had had the advantage of seeing the virulence of the Nazis firsthand when she toured Hitler’s Germany with her Jewish husband, whom the Foreign Office had advised not to go, as his safety could not be assured. But all that the experience taught her was that English society—with its unfairness toward women, especially the daughters of the educated class—was proto-Nazi, if not worse. At least the Nazis had the courage of their brutality and were not hypocrites, like the English.

Thus, when a man wrote to the newspaper to suggest that the employment of women was a cause of mass unemployment among men, and that the real place of women was in the home, Mrs. Woolf comments: « There we have in embryo the creature, Dictator as we call him when he is Italian or German, who believes he has the right, whether given by God, Nature, sex or race is immaterial, to dictate to other human beings how they live; what they shall do. »

Comparing the letter writer’s views on the subject with those of Hitler, she continues: « But where is the difference? Are they not both saying the same thing? Are they not both the voice of Dictators, whether they speak English or German, and are we not all agreed that the dictator when we meet him abroad is a very dangerous as well as a very ugly animal? And he is here among us, raising his ugly head, spitting his poison, small still, curled up like a caterpillar on a leaf, but in the heart of England. Is it not from this egg . . . to quote Mr Wells . . . that ‘the practical obliteration of [our] freedom will spring?’ And is not the woman who has to breathe that poison and to fight that insect, secretly and without arms, in her office, fighting the Fascist or the Nazi as surely as those who fight him with arms in the limelight of publicity? »

Her inability to distinguish metaphor from the literal truth is unremitting. Discussing the struggle for female emancipation, she says: « It is true that the combatants did not inflict flesh wounds; chivalry forbad; but you will agree that a battle that wastes time is as deadly as a battle that wastes blood. »

As deadly? As deadly? It is small wonder that Mrs. Woolf finds it difficult to draw a distinction between the Church of England and the Nazi party. Citing a Church of England commission that recommended against the ordination of women, she writes: « The emphasis which both priests and dictators place upon the necessity for two worlds [the public for men and the domestic for women] is enough to prove that it is essential to their domination. »

Over and over she lets her rage and resentment blind her. Discussing the need, in the name of peace and the avoidance of all competition between people, to eschew all ceremonial and public distinctions, she writes that right-minded people such as she « will dispense with personal distinctions—medals, ribbons, badges, hoods, gowns—not from any dislike of personal adornment, but because of the obvious effect of such distinctions to constrict, to stereotype and to destroy. Here, as so often, the example of the Fascist States is at hand to instruct us—for if we have no example of what we wish to be, we have, what is probably equally valuable, a daily and illuminating example of what we do not wish to be. With the example, then, that they give us of the power of medals, symbols, orders . . . to hypnotize the human mind, it must be our aim not to submit ourselves to such hypnotism. » There is thus no real difference between a university degree convocation and a Nuremberg rally.

In reply to the lawyer who asks her for a contribution to promote peace, she writes: « The whole iniquity of dictatorship, whether in Oxford or Cambridge, in Whitehall or in Downing Street, against Jews or against women, in England or in Germany, in Italy or in Spain, is now apparent to you. » In other words, there is no relevant difference between the defects of Britain and those of Germany, or between the Garrick Club (which still admits no women members) and Treblinka. Referring to the dictator Creon in Sophocles’ Antigone, she writes, « And he shut [Antigone] not in Holloway [the women’s prison to which suffragettes who broke the law were briefly sent] or in a concentration camp, but in a tomb. » Holloway equals a concentration camp: Mrs. Woolf’s signature mode of argument.

For Mrs. Woolf, the man in uniform is inherently evil, whether the uniform be that of the SS or the Great Western Railway, of the Gestapo or the Metropolitan Police. There is no difference; it all leads to the same calamity. Oddly enough, the one comparison that Mrs. Woolf does not make is that between the Nazis’ book-burning and her own proposal to burn down colleges with libraries, replacing the old books with new ones. The Nazis, too, were all in favor of new books. Had they ever occupied Britain, she would have found common cause with them, since to her the culture and intellectual freedom that the eminent peace-loving lawyer wants her to protect are « rather abstract goddesses. »

A person who believed that all the established institutions of her own country were tyrannical, as tyrannical as those of the worst tyrannies ever established in the history of the world, and who believed that all loyalty to country or to anything other than one’s own inner freedom was false, that all uniforms were equally evil and therefore that there was nothing to choose between them, that war on all occasions was a manifestation of male psychopathology and the desire to dominate brought about by competitive education, and that therefore there could be no such thing as a just war, would have made a wonderful collaborator, ready with every sophistical excuse to hand. She was most unlikely to be a furious defender of her country against the foreign invader: Mrs. Woolf believed she had nothing to defend, her life as the daughter of an educated man being already so intolerable. When in 1936 a British Member of Parliament, Sir E. F. Fletcher, « urged the House of Commons to stand up to dictators, » Mrs. Woolf saw not the desire to oppose radical evil but only « a desire for dominance, » exactly analogous in her opinion (and here I can hardly refrain from pointing out that I am rendering the literal truth of what she wrote) to the demand of a husband, whose wife appeared in a Bristol court at the same time as Fletcher made his speech, applying for financial support after she left him because he had insisted that she address him as Sir and obey his every command without delay. It was not even Hitler, nota bene, who was analogous in Mrs. Woolf’s mind to the domineering husband, but the man who proposed to stand up to Hitler.

There was no more intellectual freedom in Britain than in Nazi Germany, as far as Mrs. Woolf was concerned, because « Mrs. Oliphant sold her brain, her very admirable brain, prostituted her culture and enslaved her intellectual liberty in order that she might earn her living, » and all writers were more or less in the same position. She protests and complains as a woman and as a writer, but above all as a human being, who has discovered with bitterness that being born privileged does not alter the conditions and limitations of human existence.

So what, in Mrs. Woolf’s opinion, should women actually do if war with Germany came? Since it was evidently a matter of indifference if the Nazis won (every British male being already a virtual Nazi), the answer was obvious to Mrs. Woolf: they should do nothing.

« Their first duty . . . would be not to fight with arms. . . . Next they would refuse . . . to make munitions or nurse the wounded [because the prospect of being nursed if wounded would give men a perverse incentive to fight]. . . . [T]he next duty to which they would pledge themselves [would be] not to incite their brothers to fight, or to dissuade them, but to maintain an attitude of complete indifference. » And she commended as wise and courageous the mayoress of the London suburb of Woolwich, who made a speech in December 1937, in which she said that she « would not even so much as darn a sock to help in a war. »

Well, war came—as it happens, not so very long after Mrs. Woolf wrote her book and my mother arrived in England. Strangely enough, my mother, who was 17 at the time (about 40 years younger than Mrs. Woolf) and who had been denied an education in a far more forceful manner than anything to which Mrs. Woolf and the daughters of educated men had been subjected, was able despite her disadvantages to spot at once the morally relevant difference between Britain and her erstwhile homeland. Had Mrs. Woolf’s views prevailed, of course, my mother’s life would have been a short one. Failing to notice the brutal dictatorship under which the daughters of educated men lived, she became a fire-watcher by night during the Blitz and a mechanic constructing tank engines by day. She did not refuse to knit socks.

Once the war started and the bombs began to fall (destroying the Woolfs’ London house), even Mrs. Woolf began to think that a Nazi victory might not be such a good thing. Even more astonishing, she began to see virtues in the very people whom previously she had only disdained. Writing to the composer Ethel Smyth in 1940, she said: « What I’m finding odd and agreeable and unwonted is the admiration this war creates—for every sort of person: chars, shopkeepers, even more remarkably, for politicians—Winston at least—and the tweed-wearing, sterling dull women here . . . with their grim good sense. »

Eventually, Mrs. Woolf must have wondered from what deep source the virtues she noticed had arisen—or could they have been present all along and she had failed to notice them? Might the revelation by the war of the utter frivolity of her previous attitudinizing have contributed to her decision to commit suicide? If the good life is a matter of judgment, the war proved that all her adult life she had none. My mother, with her wrench by day and helmet by night, did more for civilization (a word that Mrs. Woolf enclosed in quotation marks in Three Guineas, as if did not really exist) than Mrs. Woolf had ever done, with her jeweled prose disguising her narcissistic rage.

 

Had Mrs. Woolf survived to our time, however, she would at least have had the satisfaction of observing that her cast of mind—shallow, dishonest, resentful, envious, snobbish, self-absorbed, trivial, philistine, and ultimately brutal—had triumphed among the elites of the Western world.


%d blogueurs aiment cette page :