Phénomènes mimétiques: Quand les villes tombent malades (After Jerusalem, Florence, Paris, Goa and Tahiti, Havana gets its own syndrome)

31 janvier, 2018
L’opprobre me brise le coeur et je suis malade. Psaumes 69: 21
J’étais incapable de voir ce dont le désir n’avait pas été éveillé en moi par quelque lecture (…) Que de fois, je le savais bien, même si cette page de Goncourt ne me l’eût pas appris, je suis resté incapable d’accorder mon attention à des choses ou à des gens qu’ensuite, une fois que leur image m’avait été présentée dans la solitude par un artiste, j’aurais fait des lieues, risqué la mort pour retrouver. Marcel Proust
La violence collective passa, jadis, de l’homme à l’animal et, maintenant, de la bête, absente de nos villes, à des objets techniques. Parmi ces révoltes fument des chevaux-vapeur. Michel Serres
Plus d’un siècle après que Charcot a démontré que les hystériques n’étaient pas des simulateurs et que Freud a découvert l’inconscient, il nous est difficile d’accepter que nos souffrances puissent être à la fois réelles et sans cause matérielle. Georges Saline (responsable du département santé environnement de l’INVS)
Chacun a bien compris que « syndrome du bâtiment malsain » est la traduction politiquement correcte d’ »hystérie collective ». Le Monde
J’étais dans une sorte d’extase, par l’idée d’être à Florence, et le voisinage des grands hommes dont je venais de voir les tombeaux. Absorbé dans la contemplation de la beauté sublime, je la voyais de près, je la touchais pour ainsi dire. J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber. Stendhal (1817)
Devant tant de beauté et de spiritualité, je me suis effondré en pleurs. J’avais des tremblements nerveux. C’était une douleur jouissive. Je ne sais pas combien de temps je suis resté là, peut-être un quart d’heure. Pierre Josse (Guide du routard)
Jérusalem attire toutes sortes de gens. Des fanatiques religieux et des excentriques dérangés mentalement à divers degrés, qui semblent être attirés comme par un aimant dans la ville sainte. Certains d’entre-eux […] étaient des hommes et des femmes qui se prenaient pour des saints, des prophètes, des prêtres, des messies et des rois. Bertha Spafford-Vester
Au rythme où l’on va, toutes les capitales auront bientôt leur syndrome. Pourquoi pas le syndrome de Ouagadougou? Youcef Mahmoudia (psychiatre, Hôtel-Dieu)
C’est une fumisterie. Ils s’inscrivent dans deux contextes particuliers. Soit les patients sont déjà atteints d’un trouble psychiatrique et sont dans un processus délirant à thématique persécutive, messianique ou politique. Soit ce sont des sujets qui sont pré-délirants, qui présentent des troubles minimes qui pour l’œil non avisé passent pour un état dépressif, une angoisse, un ras-le-bol, alors que le délire commence à s’élaborer progressivement. Quand ils arrivent à destination, il s’installe au bout de 24 ou 48 heures. Youcef Mahmoudia (Hôtel-Dieu, Paris)
Ce n’est pas le lieu qui est pathogène. Croire qu’un endroit fait qu’on décompense, ce serait nous ramener à la psychiatrie du 19ème, où l’on croyait aux miasmes. Federico A. Caro (psychiatre, Pôle Paris Centre)
Il s’agit d’un petit nombre de touristes, dont la plupart ont des antécédents psychiatriques importants, qui viennent chaque année à Jérusalem et se prennent pour des personnages bibliques ou des messies. Ils utilisent Jérusalem comme une scène ou une arène pour jouer leur rôle. Moshe Kalian
C’est très difficile de poser l’étiquette de « syndrome du voyageur », on ne le reconnaît pas de façon formelle. Des pétages de plombs, on en a partout, dans le monde entier. On en a eu dernièrement en Chine, au Maroc et en Turquie. Il y a des gens qui, dans un contexte hors habitudes, peuvent déclencher un épisode délirant. Catherine Port-Arondelle (Mondial Assistance)
Ils comptent parmi les curiosités locales de Jérusalem. On les croise dans la vieille ville, aux abords du Mur des lamentations et du dôme du Rocher. Certains sont accoutrés comme Jésus ou Abraham, portant une toge ou enroulés dans des draps piqués à l’hôtel, traînent parfois une croix, tandis que d’autres courent nus dans les rues, sur un mode Adam et Ève. Ils errent en prêchant au milieu des touristes et se lancent dans de grands sermons rarement intelligibles, persuadés qu’ils sont investis d’une mission divine. Chaque année, une trentaine de touristes en visite dans la ville trois fois sainte sont hospitalisés au Centre psychiatrique de Kfar Shaul, situé dans la vieille ville. Le «syndrome de Jérusalem» a été identifié dans les années 1930 par le psychiatre Heinz Herman, après avoir vu défiler plusieurs patients en proie au même délire. Deux tiers des victimes sont de confession juive, les autres sont chrétiennes. (…) Contrairement aux psychiatres Graziella Magherini et Régis Airault, qui affirment respectivement que le syndrome de Stendhal et le syndrome indien frapperaient des voyageurs en bonne santé mentale, Yaïr Bar-El considère qu’il touche à la fois des personnes avec et sans antécédents psychiatriques. Il a établi une typologie précise distinguant trois grands profils de victimes: les psychotiques, les personnes présentant divers troubles mentaux —le voyage de ces deux catégories de personnes étant motivé par une conviction délirante ou bizarre—, et enfin celles qui n’avaient pas de pathologie déclarée. Ces dernières sont rares: selon les résultats de l’étude, sur les 470 victimes recensées entre 1979 et 1993, seules 42 n’avaient pas d’antécédents psychiatriques. La plupart venaient de l’Amérique rurale et avaient reçu une éducation protestante très stricte. Le psychiatre a donc émis l’hypothèse que ces personnes auraient eu un choc en arrivant à Jérusalem car la ville ne correspondait pas à la représentation idéalisée qu’elles en avaient. Sept étapes cliniques ont par ailleurs été identifiées, telles que, par exemple, «l’expression du désir de se détacher du groupe ou de la famille et de visiter Jérusalem seul», «l’obsession d’être pur et propre, avec prise de bains et douches, taille compulsive des ongles de mains et de pieds» ou encore «le besoin de crier, de hurler ou de chanter à haute voix des psaumes, des versets de la Bible, des hymnes religieux ou des negro spirituals». Après une à deux semaines de traitement, les patients sont en général capables de rentrer chez eux. (…) Mais certains refusent de quitter la ville. (…) Au cours de ses recherches, Moshe Kalian a trouvé des  premières descriptions du syndrome remontant au 19ème siècle, extraites des mémoires d’habitants de Jérusalem et de récits de pèlerins. (…) La «capitale éternelle» d’Israël semble donc condamnée à continuer d’attirer année après année, parmi le flot ininterrompu de pèlerins, une poignée d’illuminés à la recherche d’un décor à la hauteur de leur démesure. Annabelle Georgen
J’ai craqué dans le Palais des Doges. J’étais dans la salle du Grand Conseil, dont les murs et les plafonds sont entièrement recouverts de peintures. Je me suis sentie submergée par la beauté des lieux. Le décalage avec les autres visiteurs, qui passaient dans la salle en regardant à peine les murs, m’a frappée. J’ai fondu en larmes. C’était comme si je devais porter toute cette beauté à moi toute seule. Séverine (hypnothérapeute, 31 ans)
J’applique ce terme à une série d’attaques soudaines de souffrance mentale aiguë, qui peuvent durer quelques heures ou quelques jours. Les crises vont de l’attaque de panique à l’inconfort physique, comme la peur de s’évanouir, de suffoquer, de mourir ou de devenir fou, avec des vertiges ou de la tachycardie, et dans certains cas la sensation extrêmement désagréable de se trouver dans un environnement hostile. Graziella Magherini
Magherini a choisi le terme de syndrome de Stendhal en référence à l’écrivain français, qui fut l’un des premiers à décrire la vive émotion que peut provoquer la contemplation d’une œuvre d’art lorsqu’il partit à la découverte du berceau de la Renaissance en 1816 (…) Après avoir vu défiler à l’hôpital de Florence une centaine de touristes «en bonne condition mentale» et qui étaient pourtant pris d’une bouffée délirante alors qu’ils visitaient un musée, une église ou un monument, Graziella Magherini a élaboré l’hypothèse que ces crises seraient provoquées par la confrontation à la beauté des œuvres d’art. La majorité de ses patients étant européens, la psychiatre est arrivée à la conclusion qu’ils étaient plus susceptibles d’être victimes du syndrome car ils maîtrisaient les références culturelles permettant d’apprécier les œuvres et de percevoir leurs significations cachées, contrairement à d’autres touristes venus de régions éloignées, comme l’Amérique du Nord ou l’Asie, et aux Italiens eux-mêmes, en quelque sorte «immunisés» à force de vivre entourés d’œuvres d’art. Ce syndrome frapperait surtout les touristes qui visitent Florence en raison de sa concentration exceptionnelle de chefs-d’œuvre artistiques, mais aurait aussi été observé à Ravenne et à Venise. (…) La définition du syndrome de Stendhal proposée par Magherini va à l’encontre de celle du voyage pathologique en cela qu’elle considère que ses victimes ne souffraient pas de troubles psychiatriques avant leur voyage. Communément admise en psychiatrie, la notion de voyage pathologique est considérée comme un trouble du comportement. Au regard de cette définition, l’existence du syndrome de Stendhal est vivement contestée par de nombreux psychiatres pour qui les voyages ne peuvent pas rendre fou. «C’est une fumisterie», lance Youcef Mahmoudia, psychiatre à l’Hôtel-Dieu à Paris. Selon lui, seul le concept de voyages pathologiques est pertinent (…) Au-delà du débat, reste une certitude, à voir les foules qui se pressent devant le David à Florence ou devant la Joconde à Paris: l’art peut éblouir et provoquer une émotion intense même chez les plus sceptiques. Annabelle Georgen
Très souvent, cette déception concerne des étudiantes qui viennent avec une vision de la France assez liée aux films de Godard. Philippe Adam
Il y a pas mal de grèves, les gens peuvent être un peu agressifs verbalement, on peut se faire voler son porte-feuille dans le métro, le taxi peut arriver avec un quart d’heure de retard. C’est quelque chose d’inconcevable au Japon car c’est un pays où tout fonctionne dans la vie quotidienne. On peut par exemple se donner rendez-vous à 13h01 sur le quai et être sûr d’arriver à l’heure. Les Japonais qui sont fragiles peuvent donc devenir très dépressifs à Paris, avoir le sentiment d’être rejetés, ignorés. Eriko Thibierge-Nasu (psychanalyste japonaise)
Identifié dans les années 1980 par le psychiatre japonais Hiroaki Ota, ce syndrome frapperait des Japonais choqués par le décalage entre le Paris romantique et raffiné qu’ils pensaient découvrir et la réalité qu’ils arpentent. (…) Qualité de service laissant à désirer, insécurité et impolitesse sont les principaux griefs des Japonais qui séjournent dans la Ville-Lumière. (…) Difficile d’obtenir des informations précises sur les observations d’Hiroaki Ota, ancien médecin-conseil auprès de l’ambassade du Japon à Paris et attaché à l’hôpital Saint-Anne: il se refuse à toute interview depuis plusieurs années et son livre consacré au sujet n’a été publié qu’en japonais. Ses travaux parallèles sur les voyages pathologiques de Japonais à Paris, qui sont le fait de patients souffrant d’un trouble psychiatrique antérieur au voyage, sont en revanche consultables dans la revue psychiatrique Nervure. Une étude publiée en 2004, et dont Ota est co-auteur, indique que 63 patients japonais ont été admis à l’Hôpital Sainte-Anne «dans un état aigu» entre 1988 et 2004. Il s’agissait de personnalités fragiles «en quête d’une liberté ou d’une libération illusoires» ou de personnes souffrant d’une psychose et dont la venue était motivée par des convictions délirantes. La plupart des patients avaient moins de 30 ans, près d’un sur trois était schizophrène. À l’instar d’une Japonaise de 39 ans, qui s’était rendue à Paris après avoir vu une affiche touristique dans le métro de Tokyo avec pour slogan «La France vous attend», persuadée que cette injonction lui était personnellement destinée. L’étude pointe les obstacles auxquels sont confrontés les Japonais qui viennent s’installer à Paris, au-delà de la déception liée à la ville, telles que la barrière de la langue et les différences de comportements en société. «Ces difficultés, qui peuvent créer très vite une incapacité de communication ou être sources d’erreurs grossières, entraînent sentiment d’étrangeté, angoisse, isolement», notent les chercheurs. (…) Le syndrome de Paris continue d’être le sujet de nombreux reportages dans les journaux du monde entier, mais il est largement remis en cause par la communauté psychiatrique française. «Ça n’existe pas», laisse choir avec une pointe de lassitude dans la voix Youcef Mahmoudia, psychiatre à l’Hôtel-Dieu, pour qui «il ne faut pas confondre un état d’angoisse passager qui peut survenir chez quelqu’un qui est en voyage et n’arrive pas à s’adapter et un état délirant entraînant des troubles du comportement sur la voie publique». Sur la cinquantaine de «voyageurs pathologiques» qui sont hospitalisés chaque année à l’Hôtel-Dieu, à deux pas des principaux sites touristiques, la majorité ne sont d’ailleurs pas des Japonais mais des provinciaux, fait remarquer Youcef Mahmoudia: «Il y a aussi des Italiens, des Belges, des Allemands… Seuls 3 à 5 % sont des Japonais. » Annabelle Georgen
Je n’avais plus aucun repères, tout ce que je regardais était différent, les odeurs et les goûts aussi. Je n’étais jamais seule, il se passait toujours quelque chose autour de moi. L’absence d’hygiène m’a aussi rendu dingue car je n’arrivais plus à aller aux toilettes. J’étais saoulée, hypnotisée, je ne me rendais plus compte de la réalité, je me laissais aller. (…) J’étais au bout du rouleau… Je pensais que j’allais mourir, alors j’ai écrit un journal au cas où ma famille retrouverait mon corps… Claire Kaczynski (artiste)
Le syndrome indien peut toucher tout le monde, j’ai vu des gens qui ne prenaient pas de drogue et qui étaient délirants, qui avaient essayé de partir à la nage pour rentrer chez leurs parents. Heureusement que les proches les avaient entendu hurler au téléphone, sinon on aurait pu croire que je me faisais payer un voyage aux frais de la princesse! Chaque culture semble désigner à ses membres des lieux où il est plus facile de « vaciller ». Pour les Occidentaux, c’est l’axe oriental, avec le grand tour en Italie, Jérusalem, les îles et enfin le syndrome indien, sur les traces de Marco Polo. Ce sera la France pour les Japonais, les pays du Nord pour d’autres ou les lieux chargés de mysticisme… Régis Ayraut
L’évocation de l’Inde fait jaillir une ribambelle de clichés hauts en couleur mêlant le merveilleux à l’affreux, des temples somptueux du Rajasthan aux bûchers de Bénarès, des énigmatiques sadous drapés d’orange aux lépreux endormis sur les trottoirs de Bombay. Dans l’imagerie occidentale, l’Inde est aussi associée aux hippies qui s’y installèrent à partir des années 1960, ce qui fait d’elle le décor idéal du voyage initiatique qu’entreprennent chaque année des milliers de jeunes à travers le monde. Le psychiatre Régis Airault la compare au monde enchanté d’Alice au pays des merveilles ou de Peter Pan dans l’imaginaire des jeunes. Ils ont la vingtaine et c’est souvent leur premier grand trip. Et leur premier choc, à en voir les témoignages qui abondent sur les forums de voyage, évoquant «des regards intenses voire un peu effrayants», «une sensation d’insécurité permanente due à un manque de repères» ou encore «un mal-être devant la misère et le harcèlement perpétuel»… Confrontés à la spiritualité qui imprègne le quotidien, à la foule et à la misère, de nombreux touristes sont victimes d’un choc culturel: ils sont angoissés, certains vont jusqu’à ne plus quitter leur chambre d’hôtel. (…) Certains voyageurs seraient eux victimes du «syndrome indien», décrit par le psychiatre Régis Airault comme une «bouffée délirante avec des mécanismes interprétatifs, hallucinatoires, à thématique persécutive, mystique, qui apparaît après un séjour de quelques semaines». Les principales personnes concernées seraient des jeunes d’une vingtaine d’années. Les histoires de touristes persuadés d’entendre la voix de Kali ou Shiva et qui jettent leurs billets dans la rue en faisant vœu de pauvreté sont légion dans les ambassades en Inde. Lorsqu’il travaillait au consulat de France à Bombay dans les années 1980, Airault a rencontré de nombreux illuminés du bord des routes de l’Inde et procédé à plusieurs rapatriements. Une expérience surprenante qu’il raconte dans un livre passionnant, Fous de l’Inde. Comme la psychiatre italienne Graziella Magherini lorsqu’elle décrit le syndrome de Stendhal, il fait l’hypothèse que le voyage n’est pas pathologique mais pathogène, c’est-à-dire que le syndrome indien frappe des personnes qui n’ont pas d’antécédents psychiatriques. L’Inde rendrait donc fou. Une position contestée par de nombreux psychiatres qui considèrent que les pétages de plombs fréquemment observés chez les touristes circulant en Inde sont à imputer à des pathologies préexistantes ou à une fragilité psychologique favorable à l’éclosion d’un délire, ou encore, dans bien des cas, à la prise de drogues, comme à Goa ou Manali. Annabelle Georgen
Il s’agit de gens qui sont en errance, qui débarquent avec un sac à dos et sont souvent en rupture de traitement. Ils viennent sur un nom qui fait rêver, sur un mythe. Ils se disent: « Pourquoi pas essayer de recommencer ailleurs? » Ils espèrent mettre une aussi grande distance entre eux et leurs problèmes que la distance kilométrique qu’il y a entre la métropole et Tahiti. Michel Mardina (infirmier psychiatrique)
L’île telle qu’on la voit représentée sur les dépliants touristiques, avec ses plages de sable blanc et ses eaux turquoises, est un mythe à elle seule. Dans l’imaginaire de ceux qui vivent sur un continent, elle est la destination de rêve par excellence, le symbole absolu du dépaysement. Ce «fantasme occidental» dont parle le psychiatre Régis Airault, qui a lui-même vécu plusieurs années sur une île, à Mayotte, convoque une imagerie assez naïve et désuète. Dans une étude consacrée aux voyages pathologiques à Tahiti, co-écrite en 1993 par des psychiatres du Centre hospitalier de Polynésie française, trois mythes «qui sous-tendent les velléités des voyageurs en partance pour la Polynésie» ont été dégagés. Le mythe du Robinson, tout d’abord, concerne les «exilés volontaires à la recherche de l’île déserte, où ils pourront se retrouver et mesurer l’essentiel de leur être dans un grand face-à-face avec une nature vierge et rebelle». Le mythe du bout du monde fait lui appel aux «lieux mystérieux et lointains, en général difficiles d’accès, qui apparaissent en communication par des canaux, plus ou moins mystérieux, avec les forces vives du cosmos, où se situent les restes de civilisations disparues, civilisations « mères » détentrices du grand secret». Les auteurs citent l’île de Pâques ou celle de Rapa en exemple. Enfin, le mythe de la Nouvelle Cythère, «le plus connu et le plus galvaudé», notent les auteurs, s’inscrit lui dans la pensée rousseauiste: «C’est le mythe de « l’île de Félicité, où règne la volupté », chère à la pensée du XVIIIème siècle; celui du bon sauvage sans vice parce qu’innocent, et encore à l' »état de nature »: l’enfance de l’humanité.» Les auteurs donnent l’exemple d’un Belge en proie à un état délirant qui s’était rendu sur l’île de Rapa pour «redresser l’axe de la Terre» et «conduire le peuple d’Israël sur le continent Antarctique», puis d’un jeune métropolitain sans antécédents psychiatriques qui était venu à Tahiti pour y refaire sa vie, et qui, face à une «désillusion totale», avait sombré dans la dépression et fait une tentative de suicide. «Il s’agit d’un voyage non pathologique chez un sujet ayant développé par la suite une pathologie […] suite à la confrontation avec la réalité des antipodes», estime l’étude. Pour autant, aucun terme spécifique n’a été établi à ce jour pour désigner les voyageurs en proie à un état délirant lors d’un séjour sur une île tropicale. Régis Airault parle ainsi à la fois de «syndrome des îles ou insulaire, d’Hawaï, de Tahiti, de la Réunion et de Mayotte». Au Centre hospitalier de Polynésie française, «environ quatre ou cinq voyageurs ont été admis ces dernières années», estime Michel Mardina, infirmier psychiatrique. Tous avaient un profil semblable: des jeunes métropolitains âgés de 18 à 35 ans, présentant des troubles psychiatriques, instables sur le plan affectif et souvent sans emploi. (…) Des rêves de vie facile et d’abondance plein la tête, ces jeunes routards sont vite confrontés à la réalité à leur arrivée: un marché de l’emploi saturé et un coût de la vie très élevé. «La pathologie refait alors surface parce qu’ils ne trouvent pas ce qu’ils cherchaient. Ils décompensent et arrivent à l’hôpital en état de crise, sur un mode qui ressemble à une bouffée délirante», poursuit l’infirmier. Déprime et sentiment de solitude attendraient aussi souvent au tournant les métropolitains sans antécédents psychiatriques qui plaquent tout pour aller vivre au soleil, dans les Dom-Tom. (…) Les forums de métropolitains expatriés sous les tropiques évoquent souvent ce spleen, et il existe même un guide pratique destiné à ceux qui partent s’installer aux Antilles. Là encore, la carte postale s’avère trompeuse. (…) Au terme de ce voyage dans les folies touristiques, de l‘Italie à l’Inde en passant par la France et Israël, une question demeure: sommes-nous donc prédisposés à décompenser dans certains endroits plus qu’ailleurs? Dans des lieux chargés d’histoire, de spiritualité ou tout simplement idéalisés quand on les contemple de loin, depuis chez soi? La communauté psychiatrique est divisée à ce sujet et peu de travaux actuels tentent de l’aborder d’un point de vue global. La classification de «syndrome du voyageur» n’est d’ailleurs pas utilisée aujourd’hui chez les assureurs. (…) L’utilisation du terme de syndrome est considérée comme abusive par de nombreux psychiatres, et son rattachement à des lieux spécifiques fait craindre une surenchère de son emploi. Annabelle Georgen

Après les syndromes de Jérusalem, FlorenceParis, Goa et Tahiti…

Voici, entre  le syndrome de La Havane !

A l’heure où après les diplomates américains à Cuba …

Et entre troubles auditifs et douleurs cérébrales …

C’est à présent aux touristes d’être touchés …

Comment ne pas repenser …

A ces fameux syndromes du voyageur

Dont Anabelle Georgen avait fait il y a quelques années une intéressante recension sur Slate …

Avec naturellement comme pour les bâtiments qui tombent malades

Et derrière les termes médicaux qui se multiplient (hystérie collective ou de masse, contagion comportementale, psychose collective, réaction collective au stress, dérangement psychique transitoire, contextuel et épidémique réaction de conversion collective, psychopathologie de groupe, panique de masse, épidémie de symptômes psychiatriques, malaises de masse sociogéniques ou psychogéniques) …

Les manifestations de somatisation étrangement récurrentes voire stéréotypées (douleurs et malaises musculo-squelettiques, difficultés à respirer, nausées, faiblesses, étourdissements, maux de tête, embrouillement de la vision) …

Le même mode de déroulement: convergence (plusieurs personnes développent des symptômes indépendamment les unes des autres), déclencheur (l’occurrence ou la perception d’un événement précis et inhabituel ou souvent une odeur étrange) et la contagion (propagation soit par rayonnement via les travailleurs-euses voisins soit par le réseau des individus intimement liés, compliqué à nouveau par l’accès à l’internet) …

Et le contexte de tension sociale ou internationale (crises sociales ou économiques, guerres, bouleversement sociaux ou religieux, etc.) …

Depuis les « maladies dansantes » de l’Europe médiévale (danse de Saint-Guy, intoxications ergotées, « feu Saint-Antoine » ou « mal des ardents »),  les épidémies de couvents (manie de morsure dans des couvents allemands au moment de l’éclatement du monde religieux de la Réforme), les renouveaux protestants américains (phénomènes collectifs extatiques), ou européens (sainte Bernadette, sainte Thérèse) …

Les hystéries collectives des établissement d’enseignement et des usines et manufactures (Hodder Bridge, écoles de garçons 1860, réactions de panique dans l’armée, évanouissements en chaîne des campagnes de collecte de sang, suicides collectifs, poussées de violence, émeutes raciales …

Tous les ingrédients des crises mimétiques si bien décrites par René Girard …

A partir de la nature notoirement mimétique des animaux supérieurs que nous sommes (« monkey see monkey do »), comme on le voit quotidiennement autour de nous que ce soit les épidémies de quintes de toux dans les concerts ou de fous rires en classe de nos enfants ou de nos enfances ou, plus contrôlés, pendant les spectacles des humoristes, mais aussi les « épidémies » de symptômes des maladies étudiées dans les écoles de médecine …

Mais surtout sur ce besoin d’exutoire et d’externalisation des surcharges de stress, au niveau individuel comme de tout un groupe social, que l’on retrouve dans toutes les sociétés sacrificielles mais qui, avec la disparition desdits sacrifices ou de leurs substituts sociaux (les pogroms de juifs et autres cagots servant de boucs émissaires) tendraient à s’internaliser et à se somatiser?

Cuba : des touristes se plaignent du même mal que les diplomates américain

Le département d’État des États-Unis a reçu « une poignée » de plaintes de touristes américains à Cuba qui disent avoir souffert de symptômes similaires à ceux des diplomates affectés à La Havane par de mystérieuses « attaques », a annoncé un responsable. Le gouvernement américain n’est cependant pas en mesure de vérifier les informations communiquées par ces ressortissants.

L’administration Trump a ordonné mardi l’expulsion de 15 diplomates de l’ambassade de Cuba à Washington après le rapatriement de la moitié du personnel diplomatique américain en poste à La Havane la semaine passée, en raison de ces « attaques » auditives.

La semaine dernière, le département d’Etat avait émis un avertissement, déconseillant aux touristes américains de se rendre à Cuba en raison de ces attaques inexpliquées, sources de pertes d’audition, de vertiges et de fatigue chez 22 diplomates américains.

Cuba dément toute implication. Les enquêtes lancées sur place n’ont pour le moment donné aucun résultat.

Voir aussi:

Jérusalem ou le choc messianique

Annabelle Georgen

[FOLIES DE VOYAGE 4/5] Chaque année, quelques centaines de touristes craquent à l’étranger, incitant certains spécialistes à parler de «syndromes du voyageur» très contestés. Quatrième étape de notre cartographie de ce phénomène avec les crises mystiques observées en Israël.

Touristes pris d’un étrange accès de folie face à un tableau de maître, routards en plein délire mystique sur les routes de l’Inde, Japonais qui dépriment à Paris, vagabonds se prenant pour le Messie à Jérusalem, Robinsons occidentaux échoués sur les plages de Tahiti… Quelques centaines de voyageurs «décompensent» chaque année à divers points du globe au cours de ce que les psychiatres appellent «voyages pathologiques», la grande majorité de ces touristes ou expatriés souffrant déjà d’un trouble psychiatrique avant leur départ. Certains spécialistes font eux l’hypothèse de l’existence d’un «syndrome du voyageur». Au-delà des définitions, une cartographie culturelle se dessine en pointillés, comme si «là où l’on allait» délirer dépendait aussi de «là d’où l’on venait». Tour du monde en cinq étapes.

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Ils comptent parmi les curiosités locales de Jérusalem. On les croise dans la vieille ville, aux abords du Mur des lamentations et du dôme du Rocher. Certains sont accoutrés comme Jésus ou Abraham, portant une toge ou enroulés dans des draps piqués à l’hôtel, traînent parfois une croix, tandis que d’autres courent nus dans les rues, sur un mode Adam et Ève. Ils errent en prêchant au milieu des touristes et se lancent dans de grands sermons rarement intelligibles, persuadés qu’ils sont investis d’une mission divine.

Chaque année, une trentaine de touristes en visite dans la ville trois fois sainte sont hospitalisés au Centre psychiatrique de Kfar Shaul, situé dans la vieille ville. Le «syndrome de Jérusalem» a été identifié dans les années 1930 par le psychiatre Heinz Herman, après avoir vu défiler plusieurs patients en proie au même délire. «Il s’agit d’un petit nombre de touristes, dont la plupart ont des antécédents psychiatriques importants, qui viennent chaque année à Jérusalem et se prennent pour des personnages bibliques ou des messies. Ils utilisent Jérusalem comme une scène ou une arène pour jouer leur rôle», explique le docteur Moshe Kalian, psychiatre au ministère de la Santé israélienne et spécialiste du syndrome de Jérusalem.

Deux tiers des victimes sont de confession juive, les autres sont chrétiennes. Contacté afin de savoir si des ressortissants français avaient été touchés par ce syndrome ces dernières années, le consulat général de France à Jérusalem n’a pas souhaité répondre à nos questions.

«Besoin de chanter des psaumes»

Contrairement aux psychiatres Graziella Magherini et Régis Airault, qui affirment respectivement que le syndrome de Stendhal et le syndrome indien frapperaient des voyageurs en bonne santé mentale, Yaïr Bar-El considère qu’il touche à la fois des personnes avec et sans antécédents psychiatriques. Il a établi une typologie précise distinguant trois grands profils de victimes: les psychotiques, les personnes présentant divers troubles mentaux —le voyage de ces deux catégories de personnes étant motivé par une conviction délirante ou bizarre—, et enfin celles qui n’avaient pas de pathologie déclarée.

Ces dernières sont rares: selon les résultats de l’étude, sur les 470 victimes recensées entre 1979 et 1993, seules 42 n’avaient pas d’antécédents psychiatriques. La plupart venaient de l’Amérique rurale et avaient reçu une éducation protestante très stricte. Le psychiatre a donc émis l’hypothèse que ces personnes auraient eu un choc en arrivant à Jérusalem car la ville ne correspondait pas à la représentation idéalisée qu’elles en avaient.

Sept étapes cliniques ont par ailleurs été identifiées, telles que, par exemple, «l’expression du désir de se détacher du groupe ou de la famille et de visiter Jérusalem seul», «l’obsession d’être pur et propre, avec prise de bains et douches, taille compulsive des ongles de mains et de pieds» ou encore «le besoin de crier, de hurler ou de chanter à haute voix des psaumes, des versets de la Bible, des hymnes religieux ou des negro spirituals».

Après une à deux semaines de traitement, les patients sont en général capables de rentrer chez eux. «Le traitement dépend de l’état du patient, de son passé psychiatrique et de la capacité d’établir un contact verbal avec lui», explique Moshe Kalian. «Lorsque ceci est possible, nous essayons toujours de l’aider à comprendre le contexte ou la raison de ce qu’il lui est arrivé».

Aimant à fanatiques et excentriques

Mais certains refusent de quitter la ville. Dans un reportage paru dans la revue israélienne Ariel, Leah Abramowitz décrit quelques illuminés qui se sont installés à Jérusalem et qu’on croise aux heures tardive aux abords du Mur des lamentations, à l’instar de Motelé, «toujours de blanc vêtu, portant barbe fleurie et grisonnante»:

«Des fois, pour la frime, il se tient sur le toit du grand rabbinat pour vociférer une prière. Les non-initiés s’imaginent que c’est une voix céleste et on en a vu même qui s’engagent au repentir, du moins pour la demi-heure qui suit.»

Au cours de ses recherches, Moshe Kalian a trouvé des  premières descriptions du syndrome remontant au 19ème siècle, extraites des mémoires d’habitants de Jérusalem et de récits de pèlerins. Bertha Spafford-Vester, fille de colons américains établis en Israël à la fin du 19ème siècle, raconte ainsi dans ses mémoires:

«Jérusalem attire toutes sortes de gens. Des fanatiques religieux et des excentriques dérangés mentalement à divers degrés, qui semblent être attirés comme par un aimant dans la ville sainte. Certains d’entre-eux […] étaient des hommes et des femmes qui se prenaient pour des saints, des prophètes, des prêtes, des messies et des rois.»

La «capitale éternelle» d’Israël semble donc condamnée à continuer d’attirer année après année, parmi le flot ininterrompu de pèlerins, une poignée d’illuminés à la recherche d’un décor à la hauteur de leur démesure.

Voir également:

Florence ou le choc esthétique

Annabelle Georgen

[FOLIES DE VOYAGE 1/5] Chaque année, quelques centaines de touristes craquent à l’étranger, incitant certains spécialistes à parler de «syndromes du voyageur» très contestés. Première étape de notre cartographie de ce phénomène en Italie.

Touristes pris d’un étrange accès de folie face à un tableau de maître, routards en plein délire mystique sur les routes de l’Inde, Japonais qui dépriment à Paris, vagabonds se prenant pour le Messie à Jérusalem, Robinsons occidentaux échoués sur les plages de Tahiti… Quelques centaines de voyageurs «décompensent» chaque année à divers points du globe au cours de ce que les psychiatres appellent «voyages pathologiques», la grande majorité de ces touristes ou expatriés souffrant déjà d’un trouble psychiatrique avant leur départ. Certains spécialistes font eux l’hypothèse de l’existence d’un «syndrome du voyageur». Au-delà des définitions, une cartographie culturelle se dessine en pointillés, comme si «là où l’on allait» délirer dépendait aussi de «là d’où l’on venait». Tour du monde en cinq étapes.

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Il s’en souvient comme si c’était hier:

«Les couleurs se sont mises à éclater, à exploser!»

Pierre Josse, rédacteur en chef du Routard, le célèbre guide de voyage, a été submergé par une émotion intense lors d’un voyage à Florence il y a vingt-cinq ans, alors qu’il contemplait une vierge à l’enfant peinte par Fra Angelico:

«Devant tant de beauté et de spiritualité, je me suis effondré en pleurs. J’avais des tremblements nerveux. C’était une douleur jouissive. Je ne sais pas combien de temps je suis resté là, peut-être un quart d’heure.»

A-t-il été victime du «syndrome de Stendhal» identifié à la fin des années 1980 par la psychiatre italienne Graziella Magherini? «Je l’ai effectivement vécu. C’est mieux « vécu » plutôt que victime, car j’en garde un souvenir ému!»

«Attaques soudaines»

Sa description est en effet assez éloignée des symptômes signalés par Magherini: «J’applique ce terme à une série d’attaques soudaines de souffrance mentale aiguë, qui peuvent durer quelques heures ou quelques jours», explique la psychiatre. «Les crises vont de l’attaque de panique à l’inconfort physique, comme la peur de s’évanouir, de suffoquer, de mourir ou de devenir fou, avec des vertiges ou de la tachycardie, et dans certains cas la sensation extrêmement désagréable de se trouver dans un environnement hostile.» Dans son livre La Sindrome di Stendhal, elle décrit entre autres le cas d’une jeune femme en état de grande confusion mentale, qui errait dans le jardin de Boboli deux dessins à la main, inspirés par des peintures de Botticelli.

Magherini a choisi le terme de syndrome de Stendhal en référence à l’écrivain français, qui fut l’un des premiers à décrire la vive émotion que peut provoquer la contemplation d’une œuvre d’art lorsqu’il partit à la découverte du berceau de la Renaissance en 1816:

«J’étais dans une sorte d’extase par l’idée d’être à Florence et le voisinage des grands hommes dont je venais de voir les tombeaux. Absorbé dans la contemplation de la beauté sublime, je la voyais de près, je la touchais pour ainsi dire. J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber.»

Les Européens en première ligne

Après avoir vu défiler à l’hôpital de Florence une centaine de touristes «en bonne condition mentale» et qui étaient pourtant pris d’une bouffée délirante alors qu’ils visitaient un musée, une église ou un monument, Graziella Magherini a élaboré l’hypothèse que ces crises seraient provoquées par la confrontation à la beauté des œuvres d’art.

La majorité de ses patients étant européens, la psychiatre est arrivée à la conclusion qu’ils étaient plus susceptibles d’être victimes du syndrome car ils maîtrisaient les références culturelles permettant d’apprécier les œuvres et de percevoir leurs significations cachées, contrairement à d’autres touristes venus de régions éloignées, comme l’Amérique du Nord ou l’Asie, et aux Italiens eux-mêmes, en quelque sorte «immunisés» à force de vivre entourés d’œuvres d’art.

Ce syndrome frapperait surtout les touristes qui visitent Florence en raison de sa concentration exceptionnelle de chefs-d’œuvre artistiques, mais aurait aussi été observé à Ravenne et à Venise. C’est ainsi que Séverine, hypnothérapeute de 31 ans, a succombé à la beauté de la Sérénissime il y a quatre ans, lors d’un séjour en amoureux:

«J’ai craqué dans le Palais des Doges. J’étais dans la salle du Grand Conseil, dont les murs et les plafonds sont entièrement recouverts de peintures. Je me suis sentie submergée par la beauté des lieux. Le décalage avec les autres visiteurs, qui passaient dans la salle en regardant à peine les murs, m’a frappée. J’ai fondu en larmes. C’était comme si je devais porter toute cette beauté à moi toute seule.»

Mais comme Pierre Josse, elle n’a ni fini à l’hôpital ni été rapatriée en France. Elle préfère parler d’un «choc émotionnel».

Vivement contesté

La définition du syndrome de Stendhal proposée par Magherini va à l’encontre de celle du voyage pathologique en cela qu’elle considère que ses victimes ne souffraient pas de troubles psychiatriques avant leur voyage. Communément admise en psychiatrie, la notion de voyage pathologique est considérée comme un trouble du comportement.

Au regard de cette définition, l’existence du syndrome de Stendhal est vivement contestée par de nombreux psychiatres pour qui les voyages ne peuvent pas rendre fou. «C’est une fumisterie», lance Youcef Mahmoudia, psychiatre à l’Hôtel-Dieu à Paris. Selon lui, seul le concept de voyages pathologiques est pertinent:

«Ils s’inscrivent dans deux contextes particuliers. Soit les patients sont déjà atteints d’un trouble psychiatrique et sont dans un processus délirant à thématique persécutive, messianique ou politique. Soit ce sont des sujets qui sont pré-délirants, qui présentent des troubles minimes qui pour l’œil non avisé passent pour un état dépressif, une angoisse, un ras-le-bol, alors que le délire commence à s’élaborer progressivement. Quand ils arrivent à destination, il s’installe au bout de 24 ou 48 heures.»

Federico A. Caro, psychiatre au Pôle Paris Centre et auteur d’un mémoire consacré au voyage pathologique, enfonce le clou:

«Ce n’est pas le lieu qui est pathogène. Croire qu’un endroit fait qu’on décompense, ce serait nous ramener à la psychiatrie du 19ème, où l’on croyait aux miasmes.»

Au-delà du débat, reste une certitude, à voir les foules qui se pressent devant le David à Florence ou devant la Joconde à Paris: l’art peut éblouir et provoquer une émotion intense même chez les plus sceptiques.

Voir de même:

Paris ou le choc de la réalité

Annabelle Georgen

[FOLIES DE VOYAGE 3/5] Chaque année, quelques centaines de touristes craquent à l’étranger, incitant certains spécialistes à parler de «syndromes du voyageur» très contestés. Troisième étape de notre cartographie de ce phénomène avec le supposé «syndrome japonais».

Touristes pris d’un étrange accès de folie face à un tableau de maître, routards en plein délire mystique sur les routes de l’Inde, Japonais qui dépriment à Paris, vagabonds se prenant pour le Messie à Jérusalem, Robinsons occidentaux échoués sur les plages de Tahiti… Quelques centaines de voyageurs «décompensent» chaque année à divers points du globe au cours de ce que les psychiatres appellent «voyages pathologiques», la grande majorité de ces touristes ou expatriés souffrant déjà d’un trouble psychiatrique avant leur départ. Certains spécialistes font eux l’hypothèse de l’existence d’un «syndrome du voyageur». Au-delà des définitions, une cartographie culturelle se dessine en pointillés, comme si «là où l’on allait» délirer dépendait aussi de «là d’où l’on venait». Tour du monde en cinq étapes.

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«Arrêtez de croire que tout le monde vous regarde. Arrêtez de croire que tout le monde vous juge et que tout le monde vous en veut. Vous êtes à Paris, vous avez de la chance», s’entend répéter chaque fois qu’elle se rend à l’ambassade du Japon l’étudiante japonaise déprimée qu’imagine l’écrivain français Philippe Adam dans sa nouvelle Le Syndrome de Paris.

Identifié dans les années 1980 par le psychiatre japonais Hiroaki Ota, ce syndrome frapperait des Japonais choqués par le décalage entre le Paris romantique et raffiné qu’ils pensaient découvrir et la réalité qu’ils arpentent. «Très souvent, cette déception concerne des étudiantes qui viennent avec une vision de la France assez liée aux films de Godard», estime Philippe Adam, qui a séjourné au Japon et rencontré des Japonaises vivant à Paris avant d’écrire sa nouvelle consacrée au sujet. Qualité de service laissant à désirer, insécurité et impolitesse sont les principaux griefs des Japonais qui séjournent dans la Ville-Lumière.

«Il y a pas mal de grèves, les gens peuvent être un peu agressifs verbalement, on peut se faire voler son porte-feuille dans le métro, le taxi peut arriver avec un quart d’heure de retard», indique la psychanalyste japonaise Eriko Thibierge-Nasu. «C’est quelque chose d’inconcevable au Japon car c’est un pays où tout fonctionne dans la vie quotidienne. On peut par exemple se donner rendez-vous à 13h01 sur le quai et être sûr d’arriver à l’heure. Les Japonais qui sont fragiles peuvent donc devenir très dépressifs à Paris, avoir le sentiment d’être rejetés, ignorés», ajoute la psychanalyste, qui trouve le terme de «syndrome» exagéré et lui préfère celui de «malaise».

Différences de comportement

Difficile d’obtenir des informations précises sur les observations d’Hiroaki Ota, ancien médecin-conseil auprès de l’ambassade du Japon à Paris et attaché à l’hôpital Saint-Anne: il se refuse à toute interview depuis plusieurs années et son livre consacré au sujet n’a été publié qu’en japonais. Ses travaux parallèles sur les voyages pathologiques de Japonais à Paris, qui sont le fait de patients souffrant d’un trouble psychiatrique antérieur au voyage, sont en revanche consultables dans la revue psychiatrique Nervure.

Une étude publiée en 2004, et dont Ota est co-auteur, indique que 63 patients japonais ont été admis à l’Hôpital Sainte-Anne «dans un état aigu» entre 1988 et 2004. Il s’agissait de personnalités fragiles «en quête d’une liberté ou d’une libération illusoires» ou de personnes souffrant d’une psychose et dont la venue était motivée par des convictions délirantes. La plupart des patients avaient moins de 30 ans, près d’un sur trois était schizophrène. À l’instar d’une Japonaise de 39 ans, qui s’était rendue à Paris après avoir vu une affiche touristique dans le métro de Tokyo avec pour slogan «La France vous attend», persuadée que cette injonction lui était personnellement destinée.

L’étude pointe les obstacles auxquels sont confrontés les Japonais qui viennent s’installer à Paris, au-delà de la déception liée à la ville, telles que la barrière de la langue et les différences de comportements en société. «Ces difficultés, qui peuvent créer très vite une incapacité de communication ou être sources d’erreurs grossières, entraînent sentiment d’étrangeté, angoisse, isolement», notent les chercheurs.

Le suivi du patient par un psychiatre de langue japonaise et une médication adaptée aux troubles permettent de calmer la crise. La plupart des patients n’étant pas en état de rentrer seuls au Japon, ils sont généralement accompagnés par un proche dépêché à Paris ou bien rapatriés. Contactée à ce sujet, l’ambassade du Japon à Paris indique ne pas avoir «procédé à des rapatriements de ressortissants japonais touchés par ce type de syndrome» en 2011, contrairement à ce qu’affirmait récemment le magazine américain The Atlantic, sans citer ses sources.

«Ça n’existe pas»

Le syndrome de Paris continue d’être le sujet de nombreux reportages dans les journaux du monde entier, mais il est largement remis en cause par la communauté psychiatrique française. «Ça n’existe pas», laisse choir avec une pointe de lassitude dans la voix Youcef Mahmoudia, psychiatre à l’Hôtel-Dieu, pour qui «il ne faut pas confondre un état d’angoisse passager qui peut survenir chez quelqu’un qui est en voyage et n’arrive pas à s’adapter et un état délirant entraînant des troubles du comportement sur la voie publique».

Sur la cinquantaine de «voyageurs pathologiques» qui sont hospitalisés chaque année à l’Hôtel-Dieu, à deux pas des principaux sites touristiques, la majorité ne sont d’ailleurs pas des Japonais mais des provinciaux, fait remarquer Youcef Mahmoudia:

«Il y a aussi des Italiens, des Belges, des Allemands… Seuls 3 à 5 % sont des Japonais.»

Ce phénomène ne semble en tout cas pas décourager les Japonais: 700.000 d’entre eux se sont rendus en France en 2010 et la plupart sont bien informés de la réalité parisienne avant le départ, et munis de plans de Paris mentionnant les quartiers dans lesquels Amélie Poulain n’irait jamais se perdre.

Voir de plus:

Annabelle Georgen

[FOLIES DE VOYAGE 2/5] Chaque année, quelques centaines de touristes craquent à l’étranger, incitant certains spécialistes à parler de «syndromes du voyageur» très contestés. Deuxième étape de notre cartographie de ce phénomène en Inde.

Touristes pris d’un étrange accès de folie face à un tableau de maître, routards en plein délire mystique sur les routes de l’Inde, Japonais qui dépriment à Paris, vagabonds se prenant pour le Messie à Jérusalem, Robinsons occidentaux échoués sur les plages de Tahiti… Quelques centaines de voyageurs «décompensent» chaque année à divers points du globe au cours de ce que les psychiatres appellent «voyages pathologiques», la grande majorité de ces touristes ou expatriés souffrant déjà d’un trouble psychiatrique avant leur départ. Certains spécialistes font eux l’hypothèse de l’existence d’un «syndrome du voyageur». Au-delà des définitions, une cartographie culturelle se dessine en pointillés, comme si «là où l’on allait» délirer dépendait aussi de «là d’où l’on venait». Tour du monde en cinq étapes.

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L’évocation de l’Inde fait jaillir une ribambelle de clichés hauts en couleur mêlant le merveilleux à l’affreux, des temples somptueux du Rajasthan aux bûchers de Bénarès, des énigmatiques sadous drapés d’orange aux lépreux endormis sur les trottoirs de Bombay. Dans l’imagerie occidentale, l’Inde est aussi associée aux hippies qui s’y installèrent à partir des années 1960, ce qui fait d’elle le décor idéal du voyage initiatique qu’entreprennent chaque année des milliers de jeunes à travers le monde.

Le psychiatre Régis Airault la compare au monde enchanté d’Alice au pays des merveilles ou de Peter Pan dans l’imaginaire des jeunes. Ils ont la vingtaine et c’est souvent leur premier grand trip. Et leur premier choc, à en voir les témoignages qui abondent sur les forums de voyage, évoquant «des regards intenses voire un peu effrayants», «une sensation d’insécurité permanente due à un manque de repères» ou encore «un mal-être devant la misère et le harcèlement perpétuel»…

Confrontés à la spiritualité qui imprègne le quotidien, à la foule et à la misère, de nombreux touristes sont victimes d’un choc culturel: ils sont angoissés, certains vont jusqu’à ne plus quitter leur chambre d’hôtel. L’écrivain anglais William Sutcliffe décrit ce choc d’une façon hilarante dans le roman Vacances indiennes, carnet d’anti-voyage initiatique d’un étudiant cynique, coincé en Inde en compagnie de backpackers en mal de spiritualité.

«Le syndrome peut toucher tout le monde»

Certains voyageurs seraient eux victimes du «syndrome indien», décrit par le psychiatre Régis Airault comme une «bouffée délirante avec des mécanismes interprétatifs, hallucinatoires, à thématique persécutive, mystique, qui apparaît après un séjour de quelques semaines». Les principales personnes concernées seraient des jeunes d’une vingtaine d’années.

Les histoires de touristes persuadés d’entendre la voix de Kali ou Shiva et qui jettent leurs billets dans la rue en faisant vœu de pauvreté sont légion dans les ambassades en Inde. Lorsqu’il travaillait au consulat de France à Bombay dans les années 1980, Airault a rencontré de nombreux illuminés du bord des routes de l’Inde et procédé à plusieurs rapatriements. Une expérience surprenante qu’il raconte dans un livre passionnant, Fous de l’Inde.

Comme la psychiatre italienne Graziella Magherini lorsqu’elle décrit le syndrome de Stendhal, il fait l’hypothèse que le voyage n’est pas pathologique mais pathogène, c’est-à-dire que le syndrome indien frappe des personnes qui n’ont pas d’antécédents psychiatriques. L’Inde rendrait donc fou. Une position contestée par de nombreux psychiatres qui considèrent que les pétages de plombs fréquemment observés chez les touristes circulant en Inde sont à imputer à des pathologies préexistantes ou à une fragilité psychologique favorable à l’éclosion d’un délire, ou encore, dans bien des cas, à la prise de drogues, comme à Goa ou Manali.

«Le syndrome indien peut toucher tout le monde, j’ai vu des gens qui ne prenaient pas de drogue et qui étaient délirants, qui avaient essayé de partir à la nage pour rentrer chez leurs parents», affirme Airault, qui a constaté que les troubles disparaissaient subitement dès que les gens étaient rentrés chez eux, dans leur culture d’origine. «Heureusement que les proches les avaient entendu hurler au téléphone, sinon on aurait pu croire que je me faisais payer un voyage aux frais de la princesse!»

«Des lieux où il est plus facile de « vaciller »»

Le psychiatre va plus loin en émettant l’hypothèse que «chaque culture semble désigner à ses membres des lieux où il est plus facile de « vaciller ». Pour les Occidentaux, c’est l’axe oriental, avec le grand tour en Italie, Jérusalem, les îles et enfin le syndrome indien, sur les traces de Marco Polo. Ce sera la France pour les Japonais, les pays du Nord pour d’autres ou les lieux chargés de mysticisme… »

Amoureuse de l’Inde, Claire Kaczynski, artiste, considère qu’elle n’est plus la même depuis son premier séjour là-bas, en 2007. Elle avait 26 ans:

«Je n’avais plus aucun repères, tout ce que je regardais était différent, les odeurs et les goûts aussi. Je n’étais jamais seule, il se passait toujours quelque chose autour de moi. L’absence d’hygiène m’a aussi rendu dingue car je n’arrivais plus à aller aux toilettes. J’étais saoulée, hypnotisée, je ne me rendais plus compte de la réalité, je me laissais aller».

De cette expérience traumatisante, elle a ramené un livre, Journal d’une parisienne à Jaïpur, qu’elle a commencé à écrire après que sa compagnie d’assurance a refusé de la rapatrier en France. Elle était alors effrayée par l’idée de devoir rester encore plusieurs semaines en Inde, jusqu’à la date de retour inscrite sur son billet:

«J’étais au bout du rouleau… Je pensais que j’allais mourir, alors j’ai écrit un journal au cas où ma famille retrouverait mon corps…»

Étrangement, comme Claire, qui est repartie en Inde six mois à peine après son retour en France, la plupart des voyageurs soumis à «l’épreuve de l’Inde» dont parle Airault n’ont qu’une idée en tête une fois rentrés chez eux: y retourner. Bien que leur voyage ait tourné au cauchemar, l’Inde ne semble pas à leurs yeux avoir perdu de sa force d’attraction.

Voir encore:

Annabelle Georgen

[FOLIES DE VOYAGE 5/5] Chaque année, quelques centaines de touristes craquent à l’étranger, incitant certains spécialistes à parler de «syndromes du voyageur» très contestés. Cinquième et dernière étape de notre cartographie de ce phénomène avec les crises observées sous les tropiques.

Touristes pris d’un étrange accès de folie face à un tableau de maître, routards en plein délire mystique sur les routes de l’Inde, Japonais qui dépriment à Paris, vagabonds se prenant pour le Messie à Jérusalem, Robinsons occidentaux échoués sur les plages de Tahiti… Quelques centaines de voyageurs «décompensent» chaque année à divers points du globe au cours de ce que les psychiatres appellent «voyages pathologiques», la grande majorité de ces touristes ou expatriés souffrant déjà d’un trouble psychiatrique avant leur départ. Certains spécialistes font eux l’hypothèse de l’existence d’un «syndrome du voyageur». Au-delà des définitions, une cartographie culturelle se dessine en pointillés, comme si «là où l’on allait» délirer dépendait aussi de «là d’où l’on venait». Tour du monde en cinq étapes.

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L‘île telle qu’on la voit représentée sur les dépliants touristiques, avec ses plages de sable blanc et ses eaux turquoises, est un mythe à elle seule. Dans l’imaginaire de ceux qui vivent sur un continent, elle est la destination de rêve par excellence, le symbole absolu du dépaysement. Ce «fantasme occidental» dont parle le psychiatre Régis Airault, qui a lui-même vécu plusieurs années sur une île, à Mayotte, convoque une imagerie assez naïve et désuète.

Dans une étude consacrée aux voyages pathologiques à Tahiti, co-écrite en 1993 par des psychiatres du Centre hospitalier de Polynésie française, trois mythes «qui sous-tendent les velléités des voyageurs en partance pour la Polynésie» ont été dégagés. Le mythe du Robinson, tout d’abord, concerne les «exilés volontaires à la recherche de l’île déserte, où ils pourront se retrouver et mesurer l’essentiel de leur être dans un grand face-à-face avec une nature vierge et rebelle».

Le mythe du bout du monde fait lui appel aux «lieux mystérieux et lointains, en général difficiles d’accès, qui apparaissent en communication par des canaux, plus ou moins mystérieux, avec les forces vives du cosmos, où se situent les restes de civilisations disparues, civilisations « mères » détentrices du grand secret». Les auteurs citent l’île de Pâques ou celle de Rapa en exemple.

Enfin, le mythe de la Nouvelle Cythère, «le plus connu et le plus galvaudé», notent les auteurs, s’inscrit lui dans la pensée rousseauiste: «C’est le mythe de « l’île de Félicité, où règne la volupté », chère à la pensée du XVIIIème siècle; celui du bon sauvage sans vice parce qu’innocent, et encore à l' »état de nature »: l’enfance de l’humanité.»

Distance kilométrique

Les auteurs donnent l’exemple d’un Belge en proie à un état délirant qui s’était rendu sur l’île de Rapa pour «redresser l’axe de la Terre» et «conduire le peuple d’Israël sur le continent Antarctique», puis d’un jeune métropolitain sans antécédents psychiatriques qui était venu à Tahiti pour y refaire sa vie, et qui, face à une «désillusion totale», avait sombré dans la dépression et fait une tentative de suicide. «Il s’agit d’un voyage non pathologique chez un sujet ayant développé par la suite une pathologie […] suite à la confrontation avec la réalité des antipodes», estime l’étude.

Pour autant, aucun terme spécifique n’a été établi à ce jour pour désigner les voyageurs en proie à un état délirant lors d’un séjour sur une île tropicale. Régis Airault parle ainsi à la fois de «syndrome des îles ou insulaire, d’Hawaï, de Tahiti, de la Réunion et de Mayotte».

Au Centre hospitalier de Polynésie française, «environ quatre ou cinq voyageurs ont été admis ces dernières années», estime Michel Mardina, infirmier psychiatrique. Tous avaient un profil semblable: des jeunes métropolitains âgés de 18 à 35 ans, présentant des troubles psychiatriques, instables sur le plan affectif et souvent sans emploi. «Il s’agit de gens qui sont en errance, qui débarquent avec un sac à dos et sont souvent en rupture de traitement», note l’infirmier. «Ils viennent sur un nom qui fait rêver, sur un mythe. Ils se disent: « Pourquoi pas essayer de recommencer ailleurs? » Ils espèrent mettre une aussi grande distance entre eux et leurs problèmes que la distance kilométrique qu’il y a entre la métropole et Tahiti.»

Absence d’échappatoire

Des rêves de vie facile et d’abondance plein la tête, ces jeunes routards sont vite confrontés à la réalité à leur arrivée: un marché de l’emploi saturé et un coût de la vie très élevé. «La pathologie refait alors surface parce qu’ils ne trouvent pas ce qu’ils cherchaient. Ils décompensent et arrivent à l’hôpital en état de crise, sur un mode qui ressemble à une bouffée délirante», poursuit l’infirmier.

Déprime et sentiment de solitude attendraient aussi souvent au tournant les métropolitains sans antécédents psychiatriques qui plaquent tout pour aller vivre au soleil, dans les Dom-Tom. «Si l’on devait identifier un syndrome insulaire, ce serait plutôt un syndrome dépressif réactionnel à l’isolement, le sentiment d’absence d’échappatoire, d’étouffement communautaire, d’impossibilité de communiquer», estime à Tahiti le psychiatre Stéphane Amadeo, co-auteur de l’étude précitée. Les forums de métropolitains expatriés sous les tropiques évoquent souvent ce spleen, et il existe même un guide pratique destiné à ceux qui partent s’installer aux Antilles. Là encore, la carte postale s’avère trompeuse.

«Des pétages de plombs, on en a partout»

Au terme de ce voyage dans les folies touristiques, de l’Italie à l’Inde en passant par la France et Israël, une question demeure: sommes-nous donc prédisposés à décompenser dans certains endroits plus qu’ailleurs? Dans des lieux chargés d’histoire, de spiritualité ou tout simplement idéalisés quand on les contemple de loin, depuis chez soi? La communauté psychiatrique est divisée à ce sujet et peu de travaux actuels tentent de l’aborder d’un point de vue global.

La classification de «syndrome du voyageur» n’est d’ailleurs pas utilisée aujourd’hui chez les assureurs. Catherine Port-Arondelle, directrice médicale adjointe chez Mondial Assistance, utilise les termes d’«épisodes délirants» pour désigner les voyageurs qui sont rapatriés après avoir craqué lors d’un séjour à l’étranger:

«C’est très difficile de poser l’étiquette de « syndrome du voyageur », on ne le reconnaît pas de façon formelle. Des pétages de plombs, on en a partout, dans le monde entier. On en a eu dernièrement en Chine, au Maroc et en Turquie. Il y a des gens qui, dans un contexte hors habitudes, peuvent déclencher un épisode délirant.»

L’utilisation du terme de syndrome est considérée comme abusive par de nombreux psychiatres, et son rattachement à des lieux spécifiques fait craindre une surenchère de son emploi. Comme le dit avec humour Youcef Mahmoudia, psychiatre à l’Hôtel-Dieu:

«Au rythme où l’on va, toutes les capitales auront bientôt leur syndrome. Pourquoi pas le syndrome de Ouagadougou?»

Voir par ailleurs:

American tourists suffered same strange symptoms as diplomats after visiting Cuba

NY Post

January 30, 2018

The State Department did not say whether the U.S. citizens reported hearing strange noises — as some of the 24 diplomats did — nor whether they stayed at the Nacional or Capri hotels. The State Department also did not clarify whether U.S. doctors and investigators have determined that these travelers had suffered the same kind of attacks as the diplomats.

“We are not in a position to medically evaluate or provide individual medical advice,” the spokesperson said. “However, we encourage private U.S. citizens who have traveled to Cuba and are concerned about their symptoms to seek medical attention.”

The State Department representative said they still don’t have “definitive answers” about these attacks and that the investigation continues. U.S. officials, however, have addressed the issue at several bilateral meetings held in Washington this month with members of the Cuban government.

“We take advantage of every opportunity to remind the Cuban government of its obligations under the Vienna Convention to take all appropriate steps to protect our diplomats,” she said.

The Cuban government, which has emphatically denied any responsibility and called the attacks “science fiction,” is trying to counteract the travel alert with a message of its own. In an event titled CubaMediaDay on Monday in Havana, representatives of U.S. travel agencies reiterated to the i

Almost two dozen Americans who traveled to Cuba have reported experiencing similar symptoms to those suffered by US diplomats serving at the American Embassy.

“Since September 29, the Department of State has been contacted by 19 US citizens who reported experiencing symptoms similar to those listed in the Travel Warning after visiting Cuba,” a spokesperson for the State Department’s Bureau of Western Hemisphere Affairs told the Miami Herald via email.

At least 24 US Embassy officials in Cuba had reported hearing loud, grating noises before experiencing ear issues, hearing loss, dizziness, headache, fatigue, cognitive issues and difficulty sleeping.

Doctors reportedly discovered the diplomats suffered from brain abnormalities, as the white matter in their brains had “developed changes.”

The US has stood by their allegations that Cuba in some way deliberately attacked the American officials — which Cuba has adamantly denied — and earlier this month raised the possibility that a virus was deployed intentionally to infect workers.

Voir aussi:

19 American travelers to Cuba report symptoms similar to those suffered by diplomats

The Miami Herald

January 29, 2018

Recording sheds light on Cuba sonic attacks targeting US workers

The Associated Press has obtained a recording of what some U.S. embassy workers heard in Havana as they were attacked by what investigators initially believed was a sonic weapon.

AP

Voir enfin:

 Michael Weissenstein

AP News

Jan. 06, 2018

HAVANA (AP) — Republican Sen. Jeff Flake says the U.S. has found no evidence that American diplomats in Havana were the victims of attacks with an unknown weapon.

Flake, a Senae Foreign Relations Committee member and a longtime leading advocate of detente with Cuba, met Friday with high-ranking Cuban officials including Foreign Minister Bruno Rodriguez and officials from the Interior Ministry, which oversees domestic security and works with foreign law-enforcement agencies.

The Cubans told Flake the FBI has told them that, after four trips to Cuba, its agents have found no evidence that mysterious illnesses suffered by U.S. diplomats were the result of attacks.

Flake told The Associated Press on Saturday morning that classified briefings from U.S. officials have left him with no reason to doubt the Cuban account, although he declined to discuss the contents of those briefings.

Cuban and FBI officials did not immediately respond to requests for comment on Saturday.

Washington says 24 U.S. government officials and spouses fell ill in Havana in their homes and some hotels starting in 2016.

Secretary of State Rex Tillerson has said he’s “convinced these were targeted attacks,” but the U.S. doesn’t know who’s behind them. The U.S. has withdrawn most of its diplomats from Havana, citing a health risk, and forced many Cuban diplomats to leave Washington.

Cuba has decried the reductions as an unjustified blow to U.S.-Cuban relations that were restored under President Barack Obama.

“The Cuban Interior Ministry is saying the FBI has told them there is no evidence of a sonic attack, even though that term is being used, attack, there is no evidence of it,” Flake told the AP. “There’s no evidence that somebody purposefully tried to harm somebody. Nobody is saying that these people didn’t experience some event, but there’s no evidence that that was a deliberate attack by somebody, either the Cubans or anybody else.

“As I said, I won’t talk about what I have seen in a classified setting, but nothing is inconsistent with what the Cubans have said, and I think the FBI would say that.”

Flake, one of President Donald Trump’s toughest Republican critics, announced last year that he would not seek re-election as Senator from Arizona. He has not ruled out running against Trump in 2020.

Several of the 24 U.S. diplomats and spouses reported hearing loud, mysterious sounds followed by hearing loss and ear-ringing, leading some U.S. officials to describe the incidents as “sonic attacks.” But officials are now carefully avoiding that m.

Medical testing has revealed that some embassy workers had apparent abnormalities in their white matter tracts that let different parts of the brain communicate, several U.S. officials said, and acoustic waves have never been shown to alter those tracts

Cuba’s defenders have argued the US can’t be certain anyone was harmed intentionally because no proof has been publicly presented.

It was earlier reported that officials believed the Americans were the victims of “sonic attacks,” but an FBI report, revealed by The Associated Press, said the US has found no evidence that sonic waves were used to harm Americans in Havana.

The State Department’s latest Cuba travel advisory is at a “level 3,” which advises US citizens to avoid traveling to the Caribbean nation “due to serious risks to safety and security.”

The Associated Press contributed to this report.


Octomom: C’est la rivalité, imbécile ! (Baby-hoarding: The reproductive equivalent of your buying 30 giant bottles of ketchup at Costco, even though the cupboard is already overflowing)

3 janvier, 2018
 Voici, des fils sont un héritage de l’Éternel, Le fruit des entrailles est une récompense. Comme les flèches dans la main d’un guerrier, Ainsi sont les fils de la jeunesse. Heureux l’homme qui en a rempli son carquois! Psaumes 127: 3-5
Lorsque Rachel vit qu’elle ne donnait point d’enfants à Jacob, elle porta envie à sa soeur, et elle dit à Jacob: Donne-moi des enfants, ou je meurs! La colère de Jacob s’enflamma contre Rachel, et il dit: Suis-je à la place de Dieu, qui t’empêche d’être féconde? Elle dit: Voici ma servante Bilha; va vers elle; qu’elle enfante sur mes genoux, et que par elle j’aie aussi des fils. (…) Rachel dit: J’ai lutté divinement contre ma soeur, et j’ai vaincu. (…) Ruben (…) trouva des mandragores dans les champs. Il les apporta à Léa, sa mère. Alors Rachel dit à Léa: Donne moi, je te prie, des mandragores de ton fils. Elle lui répondit: Est-ce peu que tu aies pris mon mari, pour que tu prennes aussi les mandragores de mon fils? Et Rachel dit: Eh bien! il couchera avec toi cette nuit pour les mandragores de ton fils. Le soir, comme Jacob revenait des champs, Léa sortit à sa rencontre, et dit: C’est vers moi que tu viendras, car je t’ai acheté pour les mandragores de mon fils. Et il coucha avec elle cette nuit. Dieu exauça Léa, qui devint enceinte, et enfanta un cinquième fils à Jacob. Léa dit: Dieu m’a donné mon salaire parce que j’ai donné ma servante à mon mari. Et elle l’appela du nom d’Issacar. Genèse 30: 1-18
Tout comme d’autres types de comportement humain, l’ascétisme religieux peut être contaminé par l’esprit compétitif. (…) Nous vivons à une époque où les actions les plus saines comme les plus malsaines peuvent avoir la même motivation. (…) Il y a une grande ironie dans le fait que le processus moderne d’éradication de la religion en produit d’innombrables caricatures. On nous dit souvent que nos problèmes sont dus à notre incapacité à nous débarrasser de notre tradition religieuse mais ce n’est pas vrai. Ils sont enracinés dans la débâcle de cette tradition, qui est nécessairement suivie par la réapparition, dans des habits modernes, de divinités plus anciennes et plus féroces nées du processus mimétique. (…) nous entrons dans une hiérarchie de jeux compétitifs qui deviennent toujours plus subtils à mesure que l’escalade progresse. A la fin, ce processus peut aboutir à un rejet total de la compétition, ce qui peut être, même si ce n’est pas toujours le cas, la plus intense des compétitions. Ainsi, il existe des rivalités de renoncement plutôt que d’acquisition, de privation plutôt que de jouissance. Dans toute société, la compétition peut assumer des formes paradoxales parce qu’elle peut contaminer les activités qui lui sont en principe les plus étrangères, en particulier le don. Dans le potlatch, comme dans notre société, la course au toujours moins peut se substituer à la course au toujours plus, et signifier en définitive la même chose. Nous avons repéré l’ennemi et c’est nous. Chaque individu finit par trouver son équivalent personnalisé de la folie du potlatch. (…) La rivalité s’intensifie à mesure que le nombre d’imitateurs augmente. René Girard
Often connected with obsessive-compulsive disorder, hoarding involves excessive collecting and an inability to throw things away, a pattern that in severe cases can lead to major health hazards. The syndrome even has its own reality program. A&E’s « Hoarders » takes viewers into homes that are literally collapsing under the weight of their own squalor. One episode featured a woman whose dead cats had been decomposing under her living room debris for a decade. Oh, and it’s doing great in the ratings. Just when we thought we knew everything there was to know about Nadya Suleman, there’s suddenly another Octo-news flash. In an accusation of gross negligence filed by the Medical Board of California against Michael Kamrava, the Beverly Hills doctor who performed the in vitro fertilization procedures that led to the births of Suleman’s 14 children, it’s been revealed that the Octomom demanded the creation of fresh embryos despite having a stockpile of frozen ones. This despite her claim that she pursued multiple pregnancies because she didn’t want her existing embryos to be destroyed or go unused. In other words, what’s disturbing here is not just that Kamrava « went beyond the reasonable judgment of any treating physician. » It’s that Suleman, with Kamrava, engaged in the reproductive equivalent of your buying 30 giant bottles of ketchup at Costco, even though the cupboard is already overflowing. Suleman, as far as I can tell, is a decent housekeeper, but am I the only one who sees her obsession with childbearing as a manifestation of the hoarding impulse? Am I the only one who reads about Suleman returning to the doctor for more embryo transfers just three or four months after giving birth and wonders just how different her mentality is from whatever drives someone to let newspapers pile up so they block the windows? I hear about Angelina Jolie wanting « up to 14 kids » and the Duggars giving all their children names that start with « J » and wonder if, in addition to being magnanimous or true to Scripture or whatever they’d like to think they’re being, they’re not also a little . . . compulsive? Of course, I’m not a psychologist, a fact I was reminded of when I called Gail Steketee, dean of the School of Social Work at Boston University and coauthor of the forthcoming « Stuff: Compulsive Hoarding and the Meaning of Things. » Steketee sees no connection between hoarding and addiction to baby-making or baby-adopting. In fact, she’s never heard the two referenced together. She points instead to hoarders’ problems with decision-making; with fundamental difficulties understanding what they need and don’t need. She thinks that behavior like Suleman’s « no doubt represents some form of need » but that « it’s unlikely to be similar to the need for information [a reason hoarders save years’ worth of newspapers], for keeping sentimental items or for having control over one’s stuff. » OK, so the research community isn’t backing my theory. But when we ask why we’re simultaneously so repelled and captivated by Suleman, perhaps we also need to ask why we’re so drawn in by stockpiling excess: Is it pure voyeurism? Is it strictly us versus them, the rational versus the nut jobs? Or does the notion of acquisition-run-amok resonate with an extreme ketchup buyer in all of us? LA Times

Après la syllogomanie, le syndrome de Noé, le syndrome de Diogène ou la bibliomanie, … la bébémanie ?

Angelina Jolie rêvant tout haut, pour compléter sa collection, de 14 enfants …

Séries de télé-réalité (« Hoarders », « Hoarding Buried alive ») suivant, il y a quelques années, la vie quotidienne de personnes souffrant de syllogomanie, (syndrome de Noé, syndrome de Diogène ou bibliomanie) …

Autre série de téléréalité (récemment arrêtée elle aussi) à la gloire d’une famille à « 19 enfants et ce n’est pas fini »

Incarnation d’un mouvement religieux dit « carquois pleins » anti-contraception et pro-enseignement à domicile et prônant une progéniture nombreuse …

Revndication, après l’aberration du « mariage homosexuel », de la « gestation pour tous » …

A l’heure où l’on reparle de la fameuse Octomom

Qui avait justement avec ses 14 enfants …

Dont une naissance d’octuplés, s’ajoutant, suite à une insémination de douze embryons, à six autres enfants dont une paire de jumeaux …

Défrayé la chronique il y a neuf ans …

Comment ne pas voir …

Dans cette véritable obsession de la gestation qu’elle incarne …

A l’image de l’authentique compétition gestative à laquelle se livrent, y compris via servantes-mères porteuses et mandragores viagra-, les deux proverbiales femmes du Jacob biblique …

Non seulement, avec le LA Times, la énième manifestation de la pulsion accumulatrice …

Mais aussi de cet esprit de compétition et de rivalité …

Qui, comme l’avait si brillamment montré René Girard, peu à peu gagne la moindre de nos conduites ?

Octomom, ‘Hoarders’ and compulsion
Whether it’s having lots of kids or just lots of stuff, Americans are compulsive about watching those who are compulsive.
Meghan Daum
The LA Times
January 07, 2010

Just when we thought we knew everything there was to know about Nadya Suleman, there’s suddenly another Octo-news flash. In an accusation of gross negligence filed by the Medical Board of California against Michael Kamrava, the Beverly Hills doctor who performed the in vitro fertilization procedures that led to the births of Suleman’s 14 children, it’s been revealed that the Octomom demanded the creation of fresh embryos despite having a stockpile of frozen ones. This despite her claim that she pursued multiple pregnancies because she didn’t want her existing embryos to be destroyed or go unused.

In other words, what’s disturbing here is not just that Kamrava « went beyond the reasonable judgment of any treating physician. » It’s that Suleman, with Kamrava, engaged in the reproductive equivalent of your buying 30 giant bottles of ketchup at Costco, even though the cupboard is already overflowing.

I know some of you are probably wagging your fingers at me — for comparing embryos to ketchup (hey, there are worse analogies) and for discussing Octomom at all (believe me, I’m wagging my finger at myself, then stabbing it into my eye). And yes, Sulemania has waned, but it hasn’t disappeared. The paparazzi still follow her every move, and the New York Times Magazine published a cover story in November about the filming of a British documentary series, « My Life As the Octomom. »

Of course, ultra-fecundity is in vogue these days, particularly in the realm of unscripted television. From the unceasing car alarm that is the din of « Jon & Kate Plus Eight » to the more subdued though strangely creepier Duggar family, who’ve added a 19th child to their reality show-making, home-schooling, birth-control-eschewing dynasty, there’s no doubt that large broods attract viewers. And why wouldn’t they? If there’s anything television audiences like watching more than cute kids, it’s adults whose lives are more harried and banal than their own.

Lately, however, I’ve been wondering if some of the interest in mega-families is cut from the same psychological cloth as another phenomenon that’s captured a lot of attention: hoarding. Often connected with obsessive-compulsive disorder, hoarding involves excessive collecting and an inability to throw things away, a pattern that in severe cases can lead to major health hazards.

The syndrome even has its own reality program. A&E’s « Hoarders » takes viewers into homes that are literally collapsing under the weight of their own squalor. One episode featured a woman whose dead cats had been decomposing under her living room debris for a decade. Oh, and it’s doing great in the ratings.

Suleman, as far as I can tell, is a decent housekeeper, but am I the only one who sees her obsession with childbearing as a manifestation of the hoarding impulse? Am I the only one who reads about Suleman returning to the doctor for more embryo transfers just three or four months after giving birth and wonders just how different her mentality is from whatever drives someone to let newspapers pile up so they block the windows? I hear about Angelina Jolie wanting « up to 14 kids » and the Duggars giving all their children names that start with « J » and wonder if, in addition to being magnanimous or true to Scripture or whatever they’d like to think they’re being, they’re not also a little . . . compulsive?

Of course, I’m not a psychologist, a fact I was reminded of when I called Gail Steketee, dean of the School of Social Work at Boston University and coauthor of the forthcoming « Stuff: Compulsive Hoarding and the Meaning of Things. » Steketee sees no connection between hoarding and addiction to baby-making or baby-adopting. In fact, she’s never heard the two referenced together. She points instead to hoarders’ problems with decision-making; with fundamental difficulties understanding what they need and don’t need. She thinks that behavior like Suleman’s « no doubt represents some form of need » but that « it’s unlikely to be similar to the need for information [a reason hoarders save years’ worth of newspapers], for keeping sentimental items or for having control over one’s stuff. »

OK, so the research community isn’t backing my theory. But when we ask why we’re simultaneously so repelled and captivated by Suleman, perhaps we also need to ask why we’re so drawn in by stockpiling excess: Is it pure voyeurism? Is it strictly us versus them, the rational versus the nut jobs? Or does the notion of acquisition-run-amok resonate with an extreme ketchup buyer in all of us?

I’m not sure what’s worse, that we want to gawk at it or that we secretly relate to it (either way, A&E wins). But one thing’s for sure: If Kamrava loses his medical license — a distinct possibility — maybe he could land a job at Costco.

Voir aussi:

EXCLUSIVE: Two bedrooms for 14 kids and living paycheck to paycheck – but Octomom tells how she is FINALLY ‘at peace’ with her octuplets after giving up stripping and searching for a man
Nadya Suleman, who now goes by Natalie, says she wants to share her story with other women after admitting her controversial pregnancy led her to the brink of suicide
Speaking to DailyMail.com the mom of 14 revealed: ‘Every day I would wake up with the ugliest, dead, visceral feeling inside of me’
Suleman’s notoriety landed her roles in porn films which she has now come to deeply regret. Although she admits residuals from the film help pay the bills
She became infamous in 2009 after undergoing IVF treatment and became pregnant with octuplets, even though she already had six and was unemployed
Now Suleman admits she was ‘very foolish, immature and selfish’ to have 14 children but can’t ‘imagine my life at this point in time any different than it is’
The 42-year-old reveals how she decided to make a change after a stranger approached her at a strip club and  told her: ‘You do not have to do this’

Karen Ruiz

The Dailymail

20 December 2017

‘Octomom’ Nadya Suleman says she is now finally ‘at peace’ after her financial problems and strain of trying to look after her 14 children led her to the brink of suicide.

Now, the controversial mother who gave birth to octuplets after in vitro fertilization (IVF), wants to share her story and personal battle with other women, hoping it will inspire them.

Nadya, 42, who now goes by the name of Natalie, has also turned her back on her media persona of ‘Octomom’ who she says ‘nearly destroyed me and my family.’

Speaking to DailyMail.com she revealed: ‘Every day I would wake up with the most ugly, dead, visceral feeling inside of me.

‘I didn’t want to live. I felt less than human as that character I was pretending to be, to survive and provide for my family.

‘What she was disgusted me and I did not want my children to remember me like that. I was forced into doing things I didn’t want to do because I was so terrified I couldn’t support them and give them the life I deserved.

‘When I abandoned it and went back to who I really am I had that sense of peace, internal joy.

‘Struggle is the best teacher. I have become more grateful for every minute of every day – little moments, not material things, can measure up to those times I have with my family.’

Natalie became infamous in 2009 when it was revealed she had undergone IVF treatment to become pregnant with eight children, even though she was already a mother of six and unemployed.

Her notoriety led her to do a pornographic film, which saw her win four Adult Video Network (AVN) awards, and appear in strip clubs.

Recalling the moment she realized she had to turn a corner she said: ‘I was so low I was taking prescription drugs, benzodiazepines.

‘I had to medicate to just get through what I was doing. I would mix it with alcohol which I later found out was what Whitney Houston, died from.

‘I didn’t want to be here anymore, but then I thought about my children and just had to keep going for them.’

She told how her breaking point came after she was approached by a stranger one night while she was working as a stripper.

‘I was in a strip club in Florida in February 2013, and this very tall man, this stranger came in. He walked straight to me and looked straight into my eyes.

‘He took my hand and grabbed my arm and said in a very gentle but firm way: « You do not have to do this. » He repeated it five times.

‘I couldn’t control the tears that were streaming down my face. I had that ugly feeling of nausea. I looked down for a moment, and looked up and he was gone,’ she says.

Natalie says she thought it was possible the man could have been ‘an angel’ and she decided to make a change: ‘I knew I had to be my healthy self again. I didn’t want my kids not to have a mom.’

Natalie has six children from her first five rounds of IVF – Elijah, 16, Amerah, 15, Joshua, 13, Aiden, 11, and 10-year-old twins Calyssa and Caleb.

The octuplets, Makai, Josiah, Isaiah, Jonah, Maliyah, Jeremiah, Nariyah and Noah turn nine in January, and are the only surviving set in the world.

To try and give them a more stable upbringing she moved the family back to Laguna, in Orange County, CA, where she had grown up.

But as she tried to get her life on track, in 2014 she was found guilty of welfare fraud, and ordered to do community service.

Natalie says she was innocent, and claims her management were to blame: ‘The only thing I was guilty of was being desperate and trusting.

‘I gave them my cards and checkbook and that is what happened. I was trying to manage my children instead of my money. The fraud, was totally expunged thankfully.’

Now Natalie works part time as a counselor, speaking to men and women who suffer drug and alcohol issues.

She says despite caring for 14 children on her own, she is not looking for a partner: ‘That’s just not me. My calling was to be a mom. I am happiest at home with the kids. And I knew when I did this I would be sacrificing a social life. But that’s OK because I’m not social.’

She confessed she was ‘very foolish, immature and selfish’ to have 14 children, and didn’t really think through the consequences: ‘I was on a mission. I just wanted to have a bunch of kids. But I couldn’t imagine my life at this point in time any different than it is.’

Natalie admits things are tight but she helps feed the family with food stamps.

The octuplets follow a vegan diet, but her other six children are ‘omnivores.’

She said: ‘We live paycheck to paycheck. It’s a struggle every day. I am very grateful for food stamps, and I do get some residuals from that horrible porn thing. But I am not worried.’

The family live in a two bedroom townhouse in Laguna Niguel, California and have converted the office into a third bedroom so all her children have beds to sleep in.

She says they ‘fight, play, fight and play again’ like any normal family.

A lot of the children are ‘shy and introverted,’ taking after their mom.

And she revealed that the octuplets know that their home life is different to most households: ‘The whole family, we are all kind of different. The kids say, « oh are we weird somehow? » and I say, « it’s OK to be different if there is nothing wrong with it.’ ‘The kids are happy and that is all that matters.’

Natalie’s son Aiden, 12, is autistic, which adds another dimension to family life.

She says his siblings help look after him: ‘Aiden is a challenge. But the other children they are like his guardian angels.

‘His brother Makai, he literally shadows him, and helps give him bites of food – they have a very special bond.

‘Aiden has the mind of an 18-month-old, he’s still non-verbal and in his diapers 24/7.

‘I am open with the kids and I teach them about autism.’Natalie’s son inspired her to write her book which she is hoping to get published.

‘Originally it wasn’t a memoir, it was about raising my son with disabilities and the challenges. But the little kids made it a lot more interesting,’ she says.

‘It’s a story that needs to be told and I think it will encourage a lot of women to draw up strength they didn’t know they had.

‘I believe it will help inspire women to keep pressing forward despite the pain and suffering they may be experiencing. If you set a goal you can achieve anything.

Voir également:

Octomom : finie la galère
Déjà mère célibataire de six enfants, « Octomom » a ensuite accouché d’octuplés. L’Amérique la prenait pour une folle. Aujourd’hui, elle s’en sort.

Karen Isère

Paris Match|

Octomom n’est plus. Natalie dit avoir « tué » l’avatar qui l’a menée en enfer. De ce surnom donné par les médias américains à la naissance de ses octuplés, elle avait pourtant aussitôt fait une marque déposée. En janvier 2009, Nadya Suleman, comme elle s’appelle alors, fait la une des médias pour avoir accouché, par césarienne, de huit prématurés. Minuscules, ils ont vu le jour, ou plutôt les couveuses, à 7 mois et demi. Le plus lourd pèse 1,5 kilo ; le plus léger, moins de 700 grammes. Dans les gazettes de la planète, l’image de mère courage vire illico au phénomène de foire : sans emploi, la parturiente de l’extrême a déjà six enfants de 2 à 7 ans, dont un fils autiste. De quoi séduire les Américains puritains, partisans de familles XXL ? Après tout, les nourrissons portent des prénoms bibliques. Et, lors de sa grossesse, Nadya a refusé qu’on lui retire quelques embryons. Autant de bons points pour les Pro-Life… A un détail près : elle fait des bébés toute seule. Cette pécheresse n’a pas de mari, ni même de compagnon, et sa progéniture est 100 % made in éprouvette. Haro sur l’« Octo » ! Elle assure avoir « juste » voulu donner la vie une septième fois. Mais on lui aurait implanté six « œufs », dont deux se sont divisés. En réalité, il y en avait même douze, alors qu’une procédure normale se limite à deux ou trois. Un « surdosage » qui vaudra au médecin responsable d’être radié. Selon les experts, il aurait aussi dû s’interroger sur la santé mentale de sa patiente. L’Amérique libérale, elle, torpille d’ailleurs la jeune femme à coups de munitions psy. Les talk-shows parlent de narcissisme, de déséquilibre, d’irresponsabilité… Sur le plateau de Whoopi Goldberg, on se repasse en boucle les éclats de rire stridents d’Octomom, tout en susurrant qu’elle devrait faire adopter ses bébés.

Ses confidences ne rassurent personne : fille unique, elle aurait toujours rêvé d’une grande fratrie et « manqué d’attention » de la part de son père, Edward, un ex-militaire irakien, et de sa mère, Angela, enseignante. Alors elle s’est offert une compensation. Et une vengeance inconsciente ? A 33 ans, Nadya loge toujours dans le trois-pièces de ses parents, qui l’aident à élever sa couvée du siècle et y engloutissent leurs pensions de retraite. Angela assure que sa fille dépense ses allocations en jouets : « Elle n’a aucune idée de ce qu’elle nous fait endurer, aux petits et à moi. » En pleine crise des subprimes, ses concitoyens s’étranglent de rage en apprenant aussi le coût de cette naissance à haut risque : quelque 2 millions de dollars, aux frais de l’Oncle Sam. Et ce n’est qu’un début ! Pauvre Trésor public, se lamente l’Amérique.

Dans « Home Alone », Octomom se masturbe sous un fil où sèchent culottes et chaussettes d’enfants

Nadya a de faux airs d’Angelina Jolie, mais ni Brad ni millions. A quelques encablures de Hollywood, elle va produire une version originale du rêve américain. Un show vendeur mais décadent. Si les octuplés portent tous le même deuxième prénom, Angel, « ange », la vie de leur mère n’aura rien d’éthéré. Octomom devient un logo et ses propos une logorrhée sans filet, comme quand elle confie vouloir adopter un petit cochon et lui faire porter des couches. Elle assure qu’elle va travailler. Et le prouve : supermaman pose en Bikini sur un lit couvert de croix, « comme Madonna », sort le single « Sexy Party », tourne dans « 666, The Devil’s Child » (« L’enfant du diable ») puis dans un film porno, « Home Alone » (« Seule à la maison »). Elle s’y masturbe sous un fil où sèchent culottes et chaussettes d’enfant. Le bon goût près de chez vous. La pluie de dollars s’évapore vite, dans un parfum de scandale. La « mom » que les Américains adorent détester sera même condamnée à deux cents heures de travaux d’intérêt général pour fraude aux allocations. Elle les purge encore.

Aujourd’hui, Natalie assure qu’elle avait confié son compte en banque à son agent et ignorait tout de cette malversation. Surtout, elle vomit ses années X : « Un travail honteux et déshumanisant. Certains racontent que je l’ai fait par plaisir, mais c’était juste pour payer les factures. Je n’éprouvais plus que dégoût pour moi-même, alors j’anesthésiais sans cesse mes émotions à l’aide d’anxiolytiques. » Un soir de 2013, elle rentre d’une séance de photos coquines quand elle trouve sa petite Amerah, alors âgée de 10 ans, paradant dans le salon en talons aiguilles. « J’ai eu la nausée et je me suis dit “stop”. J’ai compris que je préférais devenir SDF avec mes 14 enfants que de laisser une de mes filles prendre le même chemin que moi. Dès lors, je me suis sentie aussi libre que si je m’étais évadée de prison. » A l’entendre, la transition est rondement menée : titulaire d’une maîtrise de psychothérapie, elle déménage fissa et trouve un travail social auprès de femmes en difficulté. Exit Octomom, et même Nadya. Désormais, miss Suleman répond au prénom de Natalie.

Je reçois des bons alimentaires de l’Etat, mais ils ne paient qu’un tiers de ce que mes enfants consomment

« On me traite de paresseuse qui profite des allocations, s’insurge-t-elle, alors que je travaille depuis trois ans et demi. Oui, je reçois encore des bons alimentaires de l’Etat, mais ils ne paient qu’un tiers de ce que mes enfants consomment en nourriture. » Elle venait de prendre ce nouveau départ quand sa mère fut atteinte d’un cancer de l’utérus. « Cela nous a beaucoup rapprochées, dit Natalie. Nous avions enfin la relation dont j’avais toujours rêvé. Elle s’est éteinte dans mes bras, fin 2014. Juste après, mon père a annoncé qu’il se soûlerait jusqu’à ce que mort s’ensuive. Je l’ai accueilli chez moi. Un soir, nous avons entendu un énorme choc. Sous l’empire de l’alcool, il était tombé dans l’escalier. Les pompiers sont arrivés à temps pour le sauver, mais il est resté tétraplégique et sous assistance respiratoire. Il ne peut même plus parler. »

De ses années nases, Natalie veut faire table rase. Tout en assumant ses erreurs. La bouche en cœur, et comme gonflée à l’hélium, elle a longtemps nié avoir eu recours à la chirurgie esthétique, notamment dans l’émission d’Oprah Winfrey. « En fait, dit-elle maintenant, je me suis fait augmenter la poitrine après avoir allaité trois enfants, j’ai subi une abdominoplastie après la naissance des jumeaux et je me suis fait faire par deux fois des injections dans les lèvres. Mais le résultat était si affreux que j’en avais honte. Alors j’ai menti. Je me sens soulagée de l’avouer enfin. » Elle estime aussi ses enfants capables d’entendre la vérité : « Ils savent ce que j’ai fait sous le nom d’Octomom. Je leur dis que j’ai commis des actions honteuses. Ils me répondent qu’ils m’aiment et m’aimeront toujours. » Au programme, donc, des confessions, mais aussi des bénédicités à chaque repas et l’église le dimanche. Le soir, la repentie fait jouer son petit monde au « jeu de la gratitude » : chacun doit trouver dix éléments pour lesquels il se sent reconnaissant. Natalie ne rêve même pas d’un amoureux : « Je ne peux pas prendre de mon temps aux enfants pour l’offrir à un étranger. Je suis mariée avec eux. »


PMA pour tous: C’est la majorité qui choisit son opposition (If the people fail you, change the people: After its recent electoral hold up, France goes for an ethical hold up over assisted reproduction for lesbians)

1 juillet, 2017
http://www.thehindu.com/opinion/lead/article17752912.ece/ALTERNATES/LANDSCAPE_615/edit-31-3
Bannière déployée par des militants des droits des homosexuels devant la Chancellerie, à Berlin, le 30 avril. 
Après l’insurrection du 17 juin, le secrétaire de l’Union des Écrivains fit distribuer des tracts dans la Stalinallée. Le peuple, y lisait-on, a par sa faute perdu la confiance du gouvernement et ce n’est qu’en redoublant d’efforts qu’il peut la regagner. Ne serait-il pas plus simple alors pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? Bertold Brecht (La Solution, 1959)
L’enfant a le droit à un nom dès la naissance. Il a également le droit d’ acquérir une nationalité et, dans la mesure du possible, de connaître ses parents et d’être élevé par eux. Convention internationale des droits de l’enfant (article 7, 1989)
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude. Chesterton
Si vous admettez qu’un homme revêtu de la toute-puissance peut en abuser contre ses adversaires, pourquoi n’admettez-vous pas la même chose pour une majorité?  (…) Le pouvoir de tout faire, que je refuse à un seul de mes semblables, je ne l’accorderai jamais à plusieurs. Tocqueville
L’oppression mentale totalitaire est faite de piqûres de moustiques et non de grands coups sur la tête. (…) Quel fut le moyen de propagande le plus puissant de l’hitlérisme? Etaient-ce les discours isolés de Hitler et de Goebbels, leurs déclarations à tel ou tel sujet, leurs propos haineux sur le judaïsme, sur le bolchevisme? Non, incontestablement, car beaucoup de choses demeuraient incomprises par la masse ou l’ennuyaient, du fait de leur éternelle répétition.[…] Non, l’effet le plus puissant ne fut pas produit par des discours isolés, ni par des articles ou des tracts, ni par des affiches ou des drapeaux, il ne fut obtenu par rien de ce qu’on était forcé d’enregistrer par la pensée ou la perception. Le nazisme s’insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s’imposaient à des millions d’exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente. Victor Klemperer (LTI, la langue du IIIe Reich)
On a commencé avec la déconstruction du langage et on finit avec la déconstruction de l’être humain dans le laboratoire. (…) Elle est proposée par les mêmes qui d’un côté veulent prolonger la vie indéfiniment et nous disent de l’autre que le monde est surpeuplé. René Girard
Si j’étais législateur, je proposerais tout simplement la disparition du mot et du concept de “mariage” dans un code civil et laïque. Le “mariage”, valeur religieuse, sacrale, hétérosexuelle – avec voeu de procréation, de fidélité éternelle, etc. -, c’est une concession de l’Etat laïque à l’Eglise chrétienne – en particulier dans son monogamisme qui n’est ni juif (il ne fut imposé aux juifs par les Européens qu’au siècle dernier et ne constituait pas une obligation il y a quelques générations au Maghreb juif) ni, cela on le sait bien, musulman. En supprimant le mot et le concept de “mariage”, cette équivoque ou cette hypocrisie religieuse et sacrale, qui n’a aucune place dans une constitution laïque, on les remplacerait par une “union civile” contractuelle, une sorte de pacs généralisé, amélioré, raffiné, souple et ajusté entre des partenaires de sexe ou de nombre non imposé.(…) C’est une utopie mais je prends date. Jacques Derrida
C’est le sens de l’histoire (…) Pour la première fois en Occident, des hommes et des femmes homosexuels prétendent se passer de l’acte sexuel pour fonder une famille. Ils transgressent un ordre procréatif qui a reposé, depuis 2000 ans, sur le principe de la différence sexuelle. Evelyne Roudinesco
Je suis personnellement favorable à ce que la PMA soit accessible à tous. Marisol Touraine (ministre de la santé)
La disparition de la paternité risque de générer des situations extrêmement complexes pour tous les époux, de même sexe ou non. Le texte ne dit mot par exemple de ce que devient la présomption de paternité, actuellement fondée sur l’obligation de fidélité des époux. Il en résulte une présomption que les enfants mis au monde par la femme sont les enfants du mari. Mais, comme il est possible que ce ne soit pas le cas, cette présomption peut être combattue et renversée par la preuve que le mari n’est pas le père. Dans le cas d’un conjoint du même sexe, parler de « présomption de parenté » est un non-sens juridique car il y a juste désignation. Comment le juge va-t-il départager un éventuel « conflit de parenté » entre le père et la conjointe de la mère, ou bien entre la conjointe et l’amante de la mère? (…) c’est le mot même de filiation qui change de sens. Les mots mariage et parents sont employés comme si de rien n’était alors qu’ils ne peuvent plus désigner ce que sont les époux et les parents. Pour désigner les parents, on introduit l’arbitraire avec le choix dicté par l’ordre alphabétique entre les noms des adoptants. Aude Mirkovic (maître de conférences en droit privé, Université d’Evry)
La lisibilité de la filiation, qui est dans l’intérêt de l’enfant, est sacrifiée au profit du bon vouloir des adultes et la loi finit par mentir sur l’origine de la vie.  Conférence des évêques
Parler de «PMA» pour les couples de lesbiennes n’a pas de sens et la plupart des gens ne savent pas ce que ce sigle recouvre. Il faudrait en fait parler de l’IAD, c’est à dire d’ «insémination artificielle avec donneur», et précisons, «donneur anonyme». Or c’est l’anonymat qui me pose problème, pour les couples de femmes comme pour les couples hétérosexuels. On a décidé de ne pas regarder la stérilité en soi, mais «l’infertilité» des couples. Du coup, on masque le fait que dans le cas des couples hétérosexuels c’est l’homme qui est stérile. Il n’est pas le père de l’enfant. Toute cette histoire est batie sur un mensonge dont la première victime est l’enfant. De quel droit est-ce que je m’autoriserais à priver l’enfant de la connaissance de ses origines? De plus l’ouverture de l’IAD à toutes les femmes poserait le problème de la rareté des gamètes. Contrairement à ce qu’on imagine aujourd’hui, les donneurs de gamètes sont peu nombreux. Il y a seulement 250 donneurs de sperme en France. Et on nous dit que ce n’est pas suffisant pour répondre à la demande des couples hétérosexuels stériles qui doivent attendre un an et quelque fois plus avant de commencer le long processus de procréation médicalement assistée. Où trouver les gamètes manquantes? En payant les donneurs de sperme? On risque d’ouvrir la porte à la marchandisation. En France, la gratuité est le rempart à la marchandisation. D’un simple point de vue pratique cette «ouverture» de la PMA à toutes les femmes est impraticable. Marie-Jo Bonnet
Si l’Ubérisation est une pratique économique permettant la mise en contact direct de professionnels et de clients pour l’utilisation de services internationaux, la pratique économique mondiale de la procréation artificielle y ressemble beaucoup par son aspect «plate-forme internationale» mettant en contact direct de nombreux intervenants de plusieurs pays grâce à internet. Concrètement, l’enfant peut être «fabriqué» par plusieurs «parents» provenant de plusieurs pays que les personnes soient fertiles ou pas. Ne soyons donc pas naïfs: derrière les modes progressistes et les prétendues évolutions sociétales qui désirent affranchir l’Homme de sa contingence, se trouve un marché juteux. L’enfant, lui, sera le grand oublié de l’affaire, ce que nous pourrions tous reconnaître, quelles que soient nos positions éthiques. Deux affaires récemment portées à la Cour Européenne des Droits de l’Homme démontrent que le sujet est plus que jamais d’actualité. La position du président Macron de se ranger à l’avis du CCNE et aux arrêts de la CEDH traduit un abandon moral et de souveraineté. Les deux récentes affaires portées à la CEDH démontrent les impasses juridiques vers lesquelles se dirige le législateur: la première concerne un couple de femmes françaises mariées désireux de bénéficier d’une insémination artificielle avec du sperme anonyme. Face à l’interdiction de législation française, elles ont recours à la CEDH pour contraindre la France à accéder à leur désir. La seconde a trait à la «double maternité» ou «Fécondation réciproque»: deux femmes allemandes en couple réclament toutes deux la reconnaissance de leur statut légal de mère. L’une des femmes est la mère génétique qui a apporté ses ovocytes, fécondés in vitro avec le sperme d’un donneur anonyme, et l’autre femme a donné naissance à l’enfant ; celle-ci est considérée par la loi allemande comme la seule mère de l’enfant. (…) La réponse médicale de la surmédicalisation de la procréation est-elle adéquate ou serait-elle manipulée par des intérêts financiers majeurs? On dénombre aujourd’hui plus de cinq millions d’enfants dans le monde et 1,4 million en Europe, nés de fécondation In Vitro depuis 1978. En Espagne, 2% des enfants naissent par fécondation in Vitro et en France, 3% des enfants sont des «bébés éprouvette». Le European Journal of Obstetrics and Gynecology and Reproduction Biology fait état d’une hausse conséquente des demandes de fécondations In Vitro alors que le taux d’infertilité, lui, est stable depuis 20 ans. L’Ubérisation de la procréation humaine est symbolique d’un marché mondialiste libéral qui contourne les lois nationales. Le marché des technologies de reproduction assistée englobe de nombreuses industries et tiers-parties: laboratoires pharmaceutiques et biomédicaux, personnels de santé mentale, cliniques spécialisées en procréation artificielle, laboratoires de séquençage génomique pour dépistage préimplantatoire, banques de gamètes, agences et cliniques spécialisées en GPA, experts juridiques, réseaux mafieux de trafic d’enfants etc… À titre d’exemple, mentionnons que le Danemark est un gros pourvoyeur de sperme anonyme, permettant ainsi aux Suédois et Norvégiens de contourner leurs lois qui interdisent, elles, l’anonymat. L’achat de sperme, sélectionné sur catalogue et livré par courrier express international, varie 250 et 23 000 dollars en fonction des diplômes et des caractéristiques génétiques du donneur. Les projections de croissance du marché sont de 4.4% par an de 2016 à 2023 pour atteindre les 31,4 milliards de dollars en 2023. La procréation humaine artificielle constitue donc un marché international conséquent, alimenté par un écosystème très vaste. (…) Les chercheurs soulignent le fait que les embryons sont sélectionnés pour leur robustesse et leur capacité à survivre dans des conditions de laboratoires, transpercés par une pipette, exposés à la lumière et au contact de matières plastiques de la boîte de Petri dans lequel le laborantin va laisser maturer les cellules embryonnaires avant implantation ou congélation. Ils affirment que cette sélection sur le critère de la robustesse va, sur les générations à venir, favoriser ce trait génétique sur d’autres caractères qui se seraient exprimés lors d’une sélection naturelle dans l’utérus de la mère. Les chercheurs norvégiens soulignent aussi que la FIV facilite la propagation des traits génétiquement héréditaires des couples sous-fertiles, dont précisément, la sous-fertilité. Une étude de 2013 menée par Sven Sandin du King’s College de Londres sur 2,5 millions enfants suédois tire des conclusions préoccupantes: les enfants nés par FIV seraient plus susceptibles de souffrir de déficits cognitifs tels qu’un QI bas, et de problèmes de communication ou de socialisation comme l’autisme. Une autre découverte majeure en Neurosciences datant de 2010 démontre que, durant la grossesse, le fœtus laisse une «trace» cellulaire sur sa mère. Des cellules fœtales, ainsi que des brins d’ADN provenant du patrimoine génétique du père, ont été retrouvées chez la mère plus de trente ans après la naissance de l’enfant. Même si l’épidémiologie n’a pas encore décrit l’empreinte physiologique et génétique de la mère sur l’enfant, la psychologie, elle, le démontre avec force par la description des échanges mère enfant in utero. De même que les manipulations technologiques laissent des traces épigénétiques sur l’enfant à naître et que la grossesse laisse des traces cellulaires sur la mère, de nombreux spécialistes de la psychologie de l’enfant affirment, à l’instar du pédopsychiatre Daniel Rousseau, que «tromper un enfant sur sa filiation peut le rendre fou!». Alors, pourquoi l’enfant né de fécondation artificielle est-il une victime? Le psychiatre Benoît Bayle décrit la problématique psychologique de la survivance périnatale des enfants issus d’un tri embryonnaire au cours d’une fécondation In Vitro. Dépressions récurrentes, troubles obsessionnels, prises de risques suicidaires, hospitalisations fréquentes et problèmes identitaires peuvent être associés avec une naissance par procréation artificielle. Par ailleurs, le séquençage génomique dans le but d’une sélection délibérée de traits génétiques (choix du sexe, couleur des yeux, enfant muet pour un couple de sourds…) va insécuriser l’enfant par rapport à l’amour inconditionnel que ses parents lui portent. Le désir des adultes a donc la préséance sur les droits de l’enfant et ne fait aucun cas de la souffrance psychique engendrée par ce mode de procréation: quelle injustice! Si l’on ne s’insurge pas contre la pratique de la PMA sans père que le Comité d’Éthique français avalise aujourd’hui, il y a fort à parier que la loi française à l’égard des pratiques de procréation humaine artificielle continuera de s’assouplir. Les générations futures deviendraient alors hors sol, sans famille, ayant plusieurs représentants légaux, plusieurs pays d’origine et de résidence. Celles-ci seraient sélectionnées selon des critères prétendument laissés à la liberté individuelle des parents mais en réalité, choisis par des normes sociales, culturelles et médicales, définissant l’état de santé, d’intelligence et de beauté minimum pour le «vivre ensemble». Si l’on n’y prenait garde et que toute manipulation technologique sur la procréation humaine devenait monnaie courante, alors l’Homme pourrait devenir une espèce normée par la sélection embryonnaire et les modifications génétiques, et «désenfanté» par l’ingénierie d’externalisation de la procréation humaine. Cette dérive possible serait en cohérence avec l’utopie transhumaniste de l’Homme Augmenté. Laetitia Pouliquen
Le mariage étant conçu pour faire et protéger les enfants, l’ouvrir aux homosexuels, c’est mettre un plâtre sur une jambe de bois ! En s’alignant sur le modèle hétérosexuel, le « mariage pour tous » élude en effet la pluralité des comportements amoureux, des désirs et des choix de vie. Le législateur a décrété l’égalité entre les couples, et non pas entre les personnes. Que fait-on de ceux qui ne sont pas mariés ? Ont-ils les mêmes droits que les hétéros ? La loi Taubira n’est qu’une reconnaissance illusoire de l’homosexualité. Comme toute mesure d’institutionnalisation, elle normalise la sexualité et introduit de nouvelles séparations : d’un côté les mariés et, de l’autre, les célibataires et les pacsés. En fin de compte, cette loi exprime un conformisme petit-bourgeois assez étonnant. Nous vivons la fin de la contre-culture homosexuelle, et cela me consterne ! (…)  Les morts du sida ont certainement beaucoup joué dans ce désir de perpétuation. Que les lesbiennes veuillent avoir des enfants, ce n’est pas surprenant. Mais les gays ont voulu transmettre leurs gènes (et leur patrimoine), tout en nous expliquant que le biologique n’avait aucun poids dans la famille. Si tel était le cas, les associations LGBT n’exigeraient pas la GPA, mais se contenteraient de l’adoption ! (…) Si l’idéologie dominante répudie toute réflexion sur les gènes, le biologique et la transmission, les individus – homosexuels compris ! – n’en demeurent pas moins travaillés par leur inconscient familial. (…) Cette fiction revient ni plus ni moins à occulter l’un des parents biologiques de l’enfant. Ne pas avoir connaissance de son héritage génétique est dramatique. L’origine, c’est fondamental, c’est un enracinement dans une mémoire familiale, un héritage physique, certaines maladies qui se transmettent de génération en génération, etc. Ayant un grand-père né de père inconnu, je sais combien un trou dans l’arbre généalogique peut faire de dégâts. Quand l’histoire de la famille n’a pas été transmise, on se retrouve manipulé par l’inconscient familial. Mais certains proposent de dénier l’origine biologique, comme si elle comptait pour rien. (…) N’oubliez pas qu’avec la PMA, ce n’est plus la mère mais le médecin qui choisit le père de l’enfant. En plus, il sélectionne le sperme, élimine les porteurs de maladie, etc. (…) Avec la PMA, on franchirait un pas supplémentaire dans l’artificialité en coupant les enfants de leurs origines biologiques. En France, la PMA est permise en cas de stérilité médicalement constatée. Or, l’immense majorité des lesbiennes ne sont pas stériles. Dans leur cas, qu’est-ce qui motiverait la PMA ? On me répondra que deux femmes ne peuvent pas faire d’enfant par les voies biologiques. Mais les homosexuels ont engendré depuis des millénaires. Les lesbiennes n’ont pas besoin de recourir à des techniques médicales pour se faire inséminer par des hommes qui acceptent d’être le père biologique sans être le père social de l’enfant. (…) La GPA nous fait bel et bien entrer dans un cadre marchand mondialisé, avec des mères porteuses qui proposent des contrats de location de ventre. Cette technique nous met face à un enjeu biotechnologique sans précédent. La GPA, c’est l’ouverture au commerce international des enfants, à la négation du rôle de la mère, dont on connaît l’importance dans la relation interpersonnelle qui se noue avec le fœtus au cours des neuf mois de grossesse. Tout ceci est scandaleux. Dans les reportages sur les cliniques de GPA en Inde, on entend des mères auxquelles on a enlevé l’enfant dès la naissance, au point qu’elles n’ont même pas pu lui donner la tétée malgré l’importance du lait maternel dans le développement du système immunitaire du nourrisson. Eh bien, des années après, à chaque anniversaire de l’enfant, elles y pensent encore… J’ajoute qu’en toile de fond, la GPA introduit un « droit à l’enfant » tout à fait abusif, et qui ne se préoccupe pas de l’avenir de l’enfant né dans de telles conditions.(…) derrière le « droit à l’enfant » et l’homoparenté, s’avance l’idée de faire des enfants sans l’autre sexe. Quelle société voulons-nous ? D’un côté, on se bat pour la mixité et, de l’autre, on rejette l’autre sexe dans un acte qui est l’essence même de la perpétuation de notre société. Au sujet des homosexuels, on parle même de « stérilité sociale », ce qui est le comble de l’homophobie puisque cela revient à affirmer que les homosexuels ne peuvent rien apporter d’autre à la société que des enfants. Nous vivons bien la fin de la contre-culture homosexuelle. (…) le fait d’instrumentaliser des femmes est tout à fait inadmissible et contraire à la reconnaissance du droit des femmes. Nous avançons sur une pente très dangereuse… Marie-Jo Bonnet
Tout a commencé par une paisible soirée au théâtre Gorki, à Berlin, lundi soir. Trois fauteuils en cuir rose pâle ont été installés sur la scène. Deux journalistes du magazine féminin Brigitte papotent avec la chancelière. Merkel a opté pour un format de débat décontracté, à trois mois des prochaines élections, se prêtant au jeu des questions du public. Ulli Köppe, un Berlinois de 28 ans, salarié de l’éditeur gay Blu Mediengruppe et admirateur de Merkel, a justement une question : «Quand pourrai-je dire « mon mari » à mon ami ?» La chancelière aurait pu rester évasive. Sa réponse – «Je suis favorable à une discussion qui aille dans le sens d’une prise de décision en conscience [au Bundestag]» – a provoqué un raz-de-marée politique. Un choc semblable à la décision de mettre fin au nucléaire, dans le sillage de la catastrophe de Fukushima en mars 2011. Prenant sa rivale au mot, le challenger social-démocrate de la chancelière, Martin Schulz, réclamait dès mardi que le Bundestag inscrive l’adoption de la mesure à l’ordre du jour de vendredi, dernière journée parlementaire avant les législatives du 24 septembre. L’adoption du texte en cas de vote est assurée : sociaux-démocrates, Verts et néocommunistes de Die Linke, tous trois favorables à la réforme, détiennent une confortable majorité à la Chambre. Une partie des députés CDU – appelés à voter en leur âme et conscience – devraient aussi donner leur voix au texte. L’offensive de Martin Schulz a pris Angela Merkel de court. Le SPD espère ainsi reprendre la main, alors que sa campagne électorale est enlisée. Mais la chancelière, si elle se met à dos une partie du clan conservateur, pourrait aussi marquer des points, alors que 73 % des Allemands (et 64 % des électeurs conservateurs) se disent favorables à l’union de deux personnes du même sexe. «Elle évite ainsi un débat passionné qui pourrait profiter aux populistes de l’AfD au cours de la campagne électorale», souligne le quotidien Tagesspiegel. Adopté à la hussarde à la veille de la pause estivale, le texte aurait en outre le temps d’être «digéré» par les plus radicaux des électeurs conservateurs d’ici au scrutin de septembre. Merkel a-t-elle imposé à son propre camp une décision que les conservateurs rejettent ? Ou a-t-elle, au contraire, commis un impair politique ? L’affaire est plus compliquée. De fait, la CDU ne pouvait plus s’opposer bien longtemps au mariage pour tous. Au cours des derniers mois, les Verts, les libéraux du FDP et les sociaux-démocrates – tous trois potentiels partenaires de coalition après le scrutin de l’automne – ont fait savoir qu’ils feraient du mariage gay l’une des conditions de leur participation au prochain gouvernement. Lundi dans la journée, lors de leurs réunions préparatoires à l’adoption d’un programme de campagne, la CDU et la CSU semblaient prêtes à bouger sur le dossier du mariage pour tous. Mais les deux partis n’avaient pas prévu de le faire si rapidement. «Je suis convaincu qu’il ne s’agit pas d’une gaffe mais bien d’une action délibérée de la chancelière, confie le député chrétien-démocrate et gay Stefan Kaufmann. Au sein du groupe parlementaire CDU, les plus conservateurs opposés au mariage pour tous ont toujours bloqué le débat. Bien sûr, maintenant, certains ont peur de devoir se justifier devant leurs électeurs au cours de la campagne électorale…» Reste qu’en précipitant les choses, le SPD acte de facto le divorce de la coalition qu’il forme avec les chrétiens-démocrates depuis 2013. Le contrat de coalition signé voici quatre ans ne prévoyait pas l’adoption du mariage gay. «En théorie, Angela Merkel devrait renvoyer ses ministres sociaux-démocrates», rappelle ainsi le Tagesspiegel. Soucieuse d’éviter un tremblement de terre à trois mois du vote, la CDU tente de minimiser l’ampleur de la crise. Libération
Le Parlement allemand a approuvé vendredi à une large majorité la légalisation du mariage homosexuel avec le blanc-seing de la chancelière Angela Merkel qui avait invité les conservateurs à voter « en conscience » sur cette réforme qui divise le parti au pouvoir et à laquelle elle était elle-même opposée. L’adoption du « mariage pour tous » a été approuvée par 393 voix contre 226 et quatre abstentions, a annoncé le président du Bundestag, Norbert Lammert. Angela Merkel a déclaré avoir voté contre l’amendement déposé par le Parti social-démocrate (SPD) en expliquant qu’à ses yeux, un mariage demeure une union « entre un homme et une femme ». Qualifiant ce vote de « décision personnelle », la chancelière a néanmoins souhaité que la légalisation du « mariage pour tous » apporte « davantage de paix et de cohésion sociale » en Allemagne. (…) Angela Merkel avait qualifié mercredi d' »embuscade » tendue à son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), l’amendement déposé par le SPD, partenaire minoritaire au sein de la coalition gouvernementale. Challenges
Le fait que la PMA ne soit pas ouverte aux couples de femmes et aux femmes seules est une discrimination intolérable. Emmanuel Macron
On vient de rompre avec plus de 50 ans de pratiques parlementaires (…) C’est la majorité qui choisit son opposition. Ce n’était jamais arrivé. En choisissant trois questeurs totalement acquis, on se trouve dans une situation extrêmement grave : il n’y a plus de contrôle budgétaire dans cette maison. Jamais dans l’histoire de notre assemblée les droits de l’opposition ont été piétinés comme ils ont été piétinés. Christian Jacob
On sort les religieux et on envoie des militants pour conformer les avis du CCNE à celui du gouvernement. Au lieu de changer d’avis sur ces grandes questions éthiques, le gouvernement préfère changer de comité d’éthique !  Jean Léonetti
Lire l’avis du CCNE sur l’ouverture de l’AMP aux couples de femmes et aux femmes seules est une expérience extrêmement troublante. On y assiste au déploiement brillant et honnête d’une pensée qui n’assume pourtant pas ses conclusions. Après un exposé de dix pages sur les problèmes que poserait une telle mesure, le CCNE bâcle en une seule page les arguments justifiant son avis favorable, pour finalement conclure que «la majorité des membres du CCNE se prononcent pour la recommandation d’ouverture de l’AMP aux couples femmes et aux femmes seules, sous réserve de la prise en compte de conditions d’accès et de faisabilité. Toutefois, au cours des discussions, s’est aussi exprimée une position divergente de certains membres du CCNE». On est quand même loin du triomphe proclamé par l’Inter-LGBT… Car les membres du CCNE sont loin de sous-estimer les questions – sans solution à ce jour – que pose l’élargissement de l’AMP: «Les points de butée concernent, avant tout, le rôle comme la définition du père, la différence de situation entre les couples de femmes et les femmes seules, la question de la rareté des ressources biologiques et des risques de marchandisation que celle-ci entraîne, la limite entre le pathologique et le sociétal». Discrimination entre les enfants, dont certains seraient sciemment privés de tout ancrage paternel ; pénurie de gamètes, qui pourrait entraîner l’ouverture d’un vaste marché du corps humain (car pourquoi se limiter aux «ressources» génétiques?) ; transformation des médecins en prestataires de services: voilà le CCNE qui me coupe l’herbe sous le pied, en développant, mieux que je ne saurais le faire, tous les arguments que j’avais prévus pour cet article. Le CCNE va jusqu’à faire le parallèle entre l’extension des libertés individuelles et celle du libéralisme économique, évoquant le risque d’une «libéralisation du marché procréatif»! Il faut de même reconnaître l’audace des membres du Comité qui n’hésitent pas à admettre que «si des enfants ne connaissant pas leur père et des enfants élevés par un seul parent ou dans un couple homosexuel existent depuis toujours, il y a une différence entre le fait de «faire face» à une telle situation survenant dans le cadre de la vie privée sans avoir été planifiée ni organisée par la société, et l’instituer ab initio.» Encore un peu, et ils se compromettraient avec la frange la plus nauséabonde de la société française… D’autant plus qu’ils ont également le courage de poser la question qui fâche: qui paye? (…) Après examen approfondi des obstacles à cette mesure, et sans aucun lien logique entre ses paragraphes, le CCNE conclut par un avis favorable. On croirait lire ces copies du bac où l’élève démontre par A+B que le bonheur ne consiste pas à être l’esclave de ses désirs, pour finalement conclure: «Donc il faut satisfaire tous ses désirs pour être heureux.» En deux paragraphes laconiques, le CCNE évacue la question en répétant sans trop y croire ces deux arguments éculés, et par ailleurs contredits par les pages qui précèdent, que sont la liberté des femmes et la non-stigmatisation des familles homoparentales… On a envie d’écrire: «travail bâclé». On lit ainsi dans les recommandations que «même si tout désir n’a pas vocation à être satisfait, on peut faire confiance au projet des femmes qui souhaitent accéder à la maternité en bénéficiant de procédures auxquelles, auparavant, elles n’avaient pas accès.» La «confiance» comme base du droit: ça, c’est rassurant! Et si tous les hommes se donnaient la main, on pourrait même se passer de législateur, de CCNE, CEDH, CC, CE et de tous ces organismes qui empêchent l’autonomie individuelle! Dans cette logique, on ne voit pas pourquoi le CCNE ne piétinerait pas ses réserves à l’égard de la congélation des ovocytes et des «mères porteuses» avec la même légèreté, Après tout, il s’agit bien ici aussi d’égalité entre les hommes et les femmes, ainsi qu’entre les homosexuelles et les homosexuels! Et puis, on peut faire confiance aux DRH pour ne pas faire pression sur les jeunes femmes qui ne veulent pas cryogéniser leurs ovules. On peut aussi faire confiance aux laboratoires privés pour ne pas profiter de la pauvreté des femmes qui louent leur utérus. Confiance, également, à tous les biotechniciens pour ne pas jouer les apprentis sorciers ; pour ne pas céder à la tentation de l’eugénisme, pour implanter tous les embryons sans discrimination, même les handicapés ; pour ne pas sauter de générations, féconder des ovules avec du sperme post-mortem, voire tenter la parthénogénèse (si si, des expériences sont en cours). Confiance et ouverture d’esprit, vous dis-je! Étrange tout de même de constater combien les bons sentiments bloquent la pensée. Car on n’en est pas à une contradiction près. Ceux-là mêmes qui ôtent toute valeur à la filiation biologique, réduisant le père et la mère (les géniteurs) à des «fournisseurs de ressources biologiques» sont prêts à tout pour transmettre leur propre patrimoine. Ceux-là mêmes qui sous-estiment l’importance d’une généalogie cohérente tiennent absolument à perpétuer leur génotype. Ceux-là même pour qui le sexe est négligeable semblent attacher une grande importance à ce que leur enfant possède les yeux de sa mère et la prédisposition au diabète de sa grand-mère. C’est pourtant au nom de cette dissociation entre filiation et biologie qu’on nous avait vendu le «mariage pour tous» en 2013! Vous vous souvenez, l’adoption des enfants pauvres qui meurent de faim dans les orphelinats roumains? On a beau jeu, aujourd’hui, de vous dire: «on vous avait prévenu». Et puis, quand dans cinq ans le CCNE rendra un avis favorable à la GPA, non sans exposer les divergences, restrictions et conditions d’usage, j’écrirai un article à peu près semblable à celui-ci et qui se conclura de la même manière. En suppliant ses imprudents compatriotes de ne pas faire entrer dans les murs de Troie le cheval de bois laissé sur le rivage par les Grecs, Cassandre, hélas, avait raison. Marianne Durano
On savait la décision du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) imminente concernant l’élargissement du droit à la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires. Le moins qu’on puisse écrire est que son « avis » favorable – forcément favorable, aurait pu écrire Marguerite Duras – n’a guère surpris. Elle s’inscrit dans une longue dérive éthique dont on peut penser qu’elle débouchera demain sur l’euthanasie et la GPA quels que soient les démentis outrés des uns ou des autres. Car la logique est là ! En marche ! (…) L’accès au mariage pour les couples homosexuels portait en soi, en toute logique, celui de la filiation. L’élargissement du droit à la PMA pour les couples de femmes était d’ailleurs inscrit dans la première mouture de la loi Taubira. La pression de la rue avait incité le gouvernement à le dissocier du « mariage pour tous » et à le renvoyer à une future loi d’orientation sur la famille qui, pour les mêmes raisons conjoncturelles, fut reportée sine die. Mais on pouvait se douter que ce n’était là que partie remise. Fin juin 2015, le Défenseur des droits (anciennement Médiateur de la République) et le Haut Conseil à l’égalité se prononçaient, sans surprise, pour l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, au nom « de l’égalité des droits ». François Hollande décidait alors de différer une fois encore la date d’un éventuel débat parlementaire, précisant qu’il attendait de connaître, sur cette question, la décision du CCNE auquel il se conformerait le moment venu. On connait la suite ! C’est désormais Emmanuel Macron qui hérite de cet « avis »… Pour les tenants de l’élargissement, il n’y aurait plus aujourd’hui de raison majeure de refuser cette nouvelle « loi de progrès ». Pour ses opposants – dont je suis avec constance – la mesure reste éthiquement contestable qui vise à programmer volontairement la naissance d’un enfant orphelin de père, au motif qu’il sera adopté, à sa naissance, par le conjoint de sa mère biologique. Redisons ici que cette pratique est à ce jour contraire à la Convention internationale des droits de l’enfant, ratifiée par la France, qui garantit à chacun d’eux « le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux », sauf accident de parcours. Or en France le don de sperme est anonyme. Ce qui implique que l’enfant à naître ne saura pas qui est son père. On pourrait, certes, imaginer revenir sur cet anonymat. Mais une autre réalité s’impose alors : à ce jour, les donneurs de sperme sont insuffisants au regard de la demande de PMA pour les seuls couples hétérosexuels. Si demain l’anonymat devait être levé, combien d’hommes accepteraient encore d’être donneurs bénévoles au moment même où la demande serait multipliée ? A moins que l’on glisse alors, subrepticement, vers une rémunération du don de sperme ? Donc vers une autre forme de marchandisation du vivant… Ce « droit à l’enfant » qui n’est inscrit dans aucune déclaration des Droits de l’homme – pas plus pour les couples hétérosexuels qu’homosexuels – devra-t-il demain être pris en charge financièrement par la Sécurité sociale ? Dans le même temps où des malades se voient restreindre leur accès aux soins pour raisons d’économies. Une fois encore, nous sommes là dans un débat purement idéologique. Sous couvert d’évolutions de société qui recueilleraient – ce qui est vrai – l’assentiment d’une majorité de la population. François Hollande ayant pris par ailleurs ses dispositions à l’automne 2013, pour modifier la composition du CCNE dans un sens… favorable à l’adoption de ces réformes de société.  (….) Dans son avis du 27 juin 2017, le CCNE se prononce en revanche contre la légalisation de la GPA, c’est à dire pour la possibilité offerte aux couples d’hommes de recourir à des mères porteuses. Avec pour argument « qu’il ne peut y avoir de GPA éthique ». Mais on est en droit de s’interroger. Dans ses attendus sur la PMA, le CCNE dit répondre à la « souffrance » des couples de femmes ne pouvant accéder à la maternité. Dans une société où l’égalité des droits semble devenue la règle absolue, on ne voit guère pourquoi les hommes ne pourraient pas faire prévaloir, demain, leur propre « souffrance » de ne pouvoir accéder à leur tour à la paternité. Fusse au prix d’un encadrement « éthique » de la GPA. Comme on nous a annoncé en 1975 un encadrement éthique de l’avortement dont on sait ce qu’il est devenu : un droit de fait à l’avortement sans condition. En 2008, un rapport sénatorial préconisait déjà de légaliser une GPA encadrée et « altruiste ». Rien que de très logique au regard de l’idéologie du moment qui repose sur la notion de « droits reproductifs » opposables, destinés à pallier la « dictature de la nature » dans les cas « d’infertilité sociale ». René Poujol
La joie aura été de courte durée. Le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) a rendu hier le 27 juin son avis sur la PMA. Si l’on ne regarde que la conclusion, l’avis recommande l’ouverture de la PMA. C’est donc positif, non? Mais quand on lit l’avis en détail, les choses se gâtent… Le Pr Jean-François Delfraissy, président du CCNE, et deux des rapporteurs du texte avaient invité hier quelques associations après la publication de l’avis, parmi lesquelles Act Up-Paris, Fières, les Enfants d’Arc en ciel, le Planning Familial ou l’APGL. Celles-ci ont fait part de leur mécontentement. « On a d’abord commenté la méthode, rapporte Veronica Noseda du Planning Familial. Le comité n’a pas consulté d’association lesbienne pour rendre un avis sur la PMA.  » En effet, une seule lesbienne a été auditionnée. Il s’agit de la très réactionnaire historienne Marie-Jo Bonnet, qui est opposée à la PMA, comme elle l’affirmait en 2016 au Figaro. En revanche, feue Colette Chiland, honnie par les militant.e.s trans (Lire Décès de la très controversée Colette Chiland, la «psychiatre la plus transphobe de France»), ou les psys homophobes Jean-Pierre Winter ou Pierre-Levy Soussan ont pu s’exprimer sur le sujet. Si des personnalités ou associations favorables à la PMA ont bel et bien été auditionnées, aucune n’est à notre connaissance lesbienne. « J’ai dit au Pr Delfraissy que c’était comme si on rendait un avis sur le VIH sans avoir consulté les associations de séropositifs.  Il a semblé surpris. », explique la Veronica Noseda. Les associations ont également critiqué le ton et les mots employés dans le document. « Le ton général de l’avis donne des gages au vocabulaire de la Manif pour tous. Si la Manif pour tous se plaint de l’avis, elle se voit légitimée avec tous les poncifs homophobes, les familles sans père, le besoin d’altérité… » Veronica Noseda note d’ailleurs que si les lesbiennes sont stigmatisées, les familles monoparentales le sont tout autant. Parmi les autres points qui posent problème, la question du remboursement: « Il y a le désir d’enfant légitime des familles hétéros et il y a celui des autres, qui ne doit pas peser sur la Sécu. », relève amèrement la militante du Planning Familial. « 2,5% des enfants naissent par PMA. Et ce ne sont pas toujours en raison de problème d’infertilité, c’est aussi parce que le temps a passé et qu’avec l’âge il peut y avoir besoin d’une aide extérieure », note Veronica Noseda, qui ajoute: « Et c’est discriminant pour les femmes seules et les couples de lesbiennes qui sont en moyenne plus pauvres que les couples hétéros. » « La question de la filiation n’est pas réglée. Un couple de femmes non mariées peuvent avoir accès à la PMA mais pour que la mère soit sociale soit reconnue comme l’une des deux mères, il faut passer devant le maire. », signale-t-elle aussi. « Sur la question du remboursement, ils ont eux-mêmes reconnus qu’il n’étaient pas clairs », note Delphine Aslan, porte-parole de l’association lesbienne et féministe Fières. Yagg
Mon impression est que l’avis était prêt depuis longtemps et qu’il était négatif. Il y a eu un revirement à un moment donné. Veronica Noseda (Planning Familial)
Ils nous ont assuré qu’avec la révision de la loi bioéthique en 2018, rien n’est figé. Mais on attend une loi. La plupart de ces questions ne relèvent pas de l’éthique, à part peut-être le don d’ovocyte. On leur a délégué ça histoire de nous faire attendre pendant quatre ans.On a l’impression que cela a été écrit en 2013 et qu’ils ont rajouté une conclusion plus tard. Delphine Aslan (porte-parole de l’association lesbienne et féministe Fières)
Nous souhaitons revenir aux principes de création du Conseil de 1983 et faire appel à des laïques pour représenter les courants religieux. Conseiller de François Hollande (2013)
Depuis 30 ans, il y a toujours eu des colorations politiques et l’alternance des gouvernements n’a jamais rien changé car la nomination des membres est avant tout fondée sur leurs compétences et leur personnalité. Au contraire, la gravité sur laquelle se penche le CCNE nécessite absolument cette diversité. Du reste, on ne s’est jamais scandalisé de la présence de membres de droite sous un gouvernement de droite. Accroître le rôle du comité, qui n’est que consultatif, en le scrutant ainsi et préjuger de ses avis, c’est le rendre inutile. Il a besoin de sérénité pour accomplir sa mission. Jean-Claude Ameisen (président du CCNE)
On veut faire payer aux représentants religieux leurs positions plutôt hostiles au mariage pour tous. En les écartant de la réflexion sur des questions de société, le gouvernement impose une vision de la laïcité fermée au risque d’appauvrir le débat. (…) Le gouvernement veut s’entourer de personnalités qui prendront des positions dans le sens souhaité. Pasteur Louis Schweitzer
Même si c’est le président de la République qui nomme, la tradition veut que toutes les autorités religieuses soient toujours consultées au préalable pour proposer un nom, c’est même comme ça que, moi-même, j’ai été élu, Avec l’absence de tout religieux, le message est clair: le retour à une laïcité musclée. (…) 80 % du CCNE a tranché en juin dernier qu’il ne fallait en aucun cas légaliser l’euthanasie. Cela n’a pas plu au gouvernement qui entend préparer le terrain pour les débats qui vont précéder le projet de loi. Pasteur Schweitzer
C’est choquant. Bien des choses peuvent être politisées mais s’agissant d’un comité d’éthique, c’est non seulement hors sujet mais c’est même une faute contre la société, contre la politique et contre le débat. Ce n’est pas à la hauteur d’une mission de ce type. C’est scandaleux sur la méthode, inquiétant pour l’avenir, et c’est une raison supplémentaire pour rester très actif sur ces sujets. Hervé Mariton (député UMP de la Drôme)
Alors que le CCNE va prochainement s’emparer de dossiers particulièrement sensibles (…), une vague de nominations, avec des personnalités proches du gouvernement, vient d’intervenir. Selon un arrêté publié dimanche dans le Journal officiel, vingt-deux nouveaux membres – sur les quarante que compte le comité – vont intégrer l’institution. Parmi eux, l’avocat Jean-Pierre Mignard, membre du conseil national du PS et ami de François Hollande, mais aussi la sénatrice socialiste de Loire-Atlantique, Michelle Meunier, qui s’est par ailleurs engagée pour davantage de droits en faveur des transsexuels. Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté (depuis le 13 juin 2008) et réputé proche de la gauche, intègre également cette enceinte de réflexion. À cela s’ajoutent d’autres nouveaux noms tels que Lionel Naccache, chercheur en neurosciences cognitives, spécialiste de la conscience, Cynthia Fleury, philosophe, Frédéric Worms, directeur du Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine, ou encore François Ansermet, psychanalyste, professeur de pédopsychiatrie, spécialisé dans les questions prénatales, obstétriques et de reproduction. Le gouvernement cherche-t-il, ainsi, à se confectionner une assemblée docile, sous la houlette d’un nouveau président orienté à gauche, Jean-Claude Ameisen, nommé en 2012 par François Hollande? Le Figaro (2013)

Après le hold up électoral, le hold up éthique !

A l’heure où, pour s’assurer du soutien de ses partenaires de coalition à la veille des prochaines législatives …

Une Angela Merkel plus macronienne que l’original …

Donne son feu vert avant de voter contre au mariage pour tous  …

Tout en souhaitant que cette prétendue « embuscade » tendue par ses adversaires apporte « cohésion sociale et paix » à la société allemande …

Et où après le hold up présidentiel puis législatif que l’on vient de vivre en France (on remplace l’adversaire principal par une pestiférée) …

C’est à l’Assemblée nationale que revenant sur une tradition vieille de 50 ans, « la majorité choisit son opposition« …

Comment ne pas voir …

Derrière l’avis favorable mais censément consultatif que vient de donner le Comité d’éthique …

Contre la législation internationale du droit des enfants à connaitre leurs parents …

Au mensonge légal et au droit des parents à orpheliner leurs propres enfants …

Le même tour de passe passe proprement brechtien, qui avait vu le prédécesseur du petit marquis poudré il y a quatre ans …

Remplacer par des laïcs pour cause de manque de docilité (pardon: modernité et progressisme) les représentants religieux dudit comité …

Et depuis la préhistoire du pacs et du mariage pour tous …

Cette longue avance masquée consistant à nier à chaque fois la prochaine étape pour mieux l’imposer quelques années plus tard …

Comme d’ailleurs le révèlent elles-mêmes à leur propre insu ces associations homosexuelles …

Dénonçant le plus ingénument du monde un avis ….

Qui n’a d’autre utilité en effet qu’à les « faire attendre quatre ans de plus » ?

Volée de critiques après le renouvellement du Comité national d’éthique

  • Delphine de Mallevoüe
  • Le Figaro
  • 23/09/2013

Après l’éviction des religieux du CCNE et le renouvellement de 15 sièges où figurent des amis de François Hollande, les autorités religieuses et les députés de l’opposition dénoncent une manœuvre pour influencer les prochains débats sur l’euthanasie et l’assistance médicale à la procréation .

Le renouvellement du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) suscite colère et stupéfaction chez les parlementaires de droite et les autorités religieuses dont plus aucune ne siège, pour la première fois depuis les 30 ans d’existence du CCNE. Les premiers dénoncent une manœuvre politique qui vise à «changer en douce la couleur» du CCNE à l’approche des débats majeurs sur l’euthanasie et l’ouverture de l’AMP aux couples homosexuels, alors que des personnalités connues pour leur sensibilité à gauche ou leur amitié avec le président de la République viennent d’être nommées par ce dernier. Les seconds sont consternés d’avoir purement et simplement été évincés du comité, sans préavis.

Courrier des protestants au ministère de l’Intérieur

On est si indigné à la Fédération protestante de France (FPF) que son président, le pasteur Claude Baty, vient de rédiger un courrier au chef du bureau des cultes au ministère de l’Intérieur. «En plus, nous avons découvert ça par voie de presse», grince la FPF. Alors que le président du CCNE, Jean-Claude Ameisen, nommé il y a un an par François Hollande, met en avant «la diversité historique et nécessaire des membres» pour récuser toute tactique politique, les procédés utilisés en coulisse jettent la suspicion.

«Même si c’est le président de la République qui nomme, la tradition veut que toutes les autorités religieuses soient toujours consultées au préalable pour proposer un nom, c’est même comme ça que, moi-même, j’ai été élu, explique le pasteur Louis Schweitzer, dont le siège n’a pas été reconduit ni signifié qu’il en serait ainsi. Or cette fois nous n’avons pas été consultés». Comme lui, le rabbin Michaël Azoulay n’a pas été renouvelé. Désormais, les 4 postes sur les 39 membres au total qui, dans les textes de la composition du comité, sont nommés «en raison de leur appartenance à une famille religieuse», comme l’explique le président du CCNE, sont occupés par quatre laïcs, spécialistes des questions judaïques, catholiques, protestantes et islamiques. Deux d’entre eux siégeaient déjà: Xavier Lacroix pour la sensibilité catholique et Ali Benmackhlouf pour l’islamique. «Avec l’absence de tout religieux, le message est clair: le retour à une laïcité musclée», prédit le pasteur Schweitzer.

«On sort des religieux et on envoie des militants»

Un autre indice semble conforter les suspicions d’une stratégie: si le renouvellement du comité est normal puisqu’il s’opère tous les 2 ans pour moitié, bien des postes concernés ne relevaient pas de renouvellements obligatoires: ils arrivaient au terme de leur mandature de 4 ans mais pouvaient être reconduits quatre ans de plus. Quinze nouveaux membres sont ainsi entrés au comité.

Pour de nombreux observateurs, ce «remaniement anticipé» est une «sanction-prévention» après le passage difficile de la loi mariage pour tous et le rapport du CCNE sur la fin de vie. «80 % du CCNE a tranché en juin dernier qu’il ne fallait en aucun cas légaliser l’euthanasie, se souvient Louis Schweitzer. Cela n’a pas plu au gouvernement qui entend préparer le terrain pour les débats qui vont précéder le projet de loi».

Pour Jean Léonetti, député UMP des Alpes-Maritimes et père de la loi sur la fin de vie, le message est clair: «on sort les religieux et on envoie des militants pour conformer les avis du CCNE à celui du gouvernement. Au lieu de changer d’avis sur ces grandes questions éthiques, le gouvernement préfère changer de comité d’éthique! François Hollande n’avait-il pas déjà amorcé le piège en annonçant que, sur l’AMP, il se conformerait à l’avis du comité?».

«C’est choquant, s’exclame Hervé Mariton, député UMP de la Drôme. Bien des choses peuvent être politisées mais s’agissant d’un comité d’éthique, c’est non seulement hors sujet mais c’est même une faute contre la société, contre la politique et contre le débat. Ce n’est pas à la hauteur d’une mission de ce type. C’est scandaleux sur la méthode, inquiétant pour l’avenir, et c’est une raison supplémentaire pour rester très actif sur ces sujets».

«Besoin de sérénité»

Jean-Claude Ameisen, le président du CCNE, s’étonne de cet emballement. «Depuis 30 ans, il y a toujours eu des colorations politiques et l’alternance des gouvernements n’a jamais rien changé car la nomination des membres est avant tout fondée sur leurs compétences et leur personnalité. Au contraire, la gravité sur laquelle se penche le CCNE nécessite absolument cette diversité. Du reste, on ne s’est jamais scandalisé de la présence de membres de droite sous un gouvernement de droite. Accroître le rôle du comité, qui n’est que consultatif, en le scrutant ainsi et préjuger de ses avis, c’est le rendre inutile. Il a besoin de sérénité pour accomplir sa mission».

Virage à gauche ou non, «l’avenir le dira très vite», conclue Xavier Lacroix, membre du CCNE en faisant référence à l’avis sur l’AMP qui sera rendu début 2014. «Ce sera révélateur et déterminant, estime de son côté Jean-René Binet, professeur de droit sur les questions de santé et de bioéthique. Car les positions sur l’AMP n’ont jamais été remises en cause par le CCNE depuis les années 80, en dépit de l’alternance des gouvernements. Attendons de voir si le prochain avis sera une rupture».

Voir aussi:

Coup de barre à gauche pour le Comité national d’éthique

  • Angélique Négroni
  • Le Figaro
  • 22/09/2013

Des personnalités proches de la majorité y font leur entrée et des responsables religieux sont évincés.

«On veut faire payer aux représentants religieux leurs positions plutôt hostiles au mariage pour tous. En les écartant de la réflexion sur des questions de société, le gouvernement impose une vision de la laïcité fermée au risque d’appauvrir le débat», dénonce le pasteur Louis Schweitzer, par ailleurs professeur d’éthique et de spiritualité à la Faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine. Par voie de presse, ce dernier a appris son éviction du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), cette instance de réflexion régulièrement saisie pour rendre des avis sur des sujets de société aussi sensibles que la fin de vie ou l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples homosexuels. Son mandat de quatre ans arrivant à terme, il n’a pas été renouvelé, comme cela était envisageable selon le règlement de cette structure. C’est aussi le cas pour le rabbin Michaël Azoulay, par ailleurs, membre de la commission de bioéthique du Consistoire de Paris.

Selon Le Monde, qui a révélé ces informations, ces évictions marquent le choix de l’Élysée de ne plus intégrer de responsables religieux au sein de cette institution. «Nous souhaitons revenir aux principes de création du Conseil de 1983 et faire appel à des laïques pour représenter les courants religieux», confirme-t-on à l’Élysée, qui se charge directement de nommer les membres des familles philosophiques et spirituelles. Pour Louis Schweitzer, l’objectif est clair: «Le gouvernement veut s’entourer de personnalités qui prendront des positions dans le sens souhaité.»

Un rééquilibrage à gauche de cette instance vient par ailleurs tout juste d’être opéré. Alors que le CCNE va prochainement s’emparer de dossiers particulièrement sensibles (voir ci-dessous), une vague de nominations, avec des personnalités proches du gouvernement, vient d’intervenir. Selon un arrêté publié dimanche dans le Journal officiel, vingt-deux nouveaux membres – sur les quarante que compte le comité – vont intégrer l’institution. Parmi eux, l’avocat Jean-Pierre Mignard, membre du conseil national du PS et ami de François Hollande, mais aussi la sénatrice socialiste de Loire-Atlantique, Michelle Meunier, qui s’est par ailleurs engagée pour davantage de droits en faveur des transsexuels. Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté (depuis le 13 juin 2008) et réputé proche de la gauche, intègre également cette enceinte de réflexion. À cela s’ajoutent d’autres nouveaux noms tels que Lionel Naccache, chercheur en neurosciences cognitives, spécialiste de la conscience, Cynthia Fleury, philosophe, Frédéric Worms, directeur du Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine, ou encore François Ansermet, psychanalyste, professeur de pédopsychiatrie, spécialisé dans les questions prénatales, obstétriques et de reproduction.

Le gouvernement cherche-t-il, ainsi, à se confectionner une assemblée docile, sous la houlette d’un nouveau président orienté à gauche, Jean-Claude Ameisen, nommé en 2012 par François Hollande? «Toutes les personnes qui me connaissent savent que la docilité n’est pas la première de mes qualités», réagit Jean-Pierre Mignard. «J’ai effectivement des opinions. Mais il faut accepter de voir évoluer ses propres positions une fois confrontées à celles des autres. C’est tout l’intérêt de ce travail en collégialité», dit-il.

Le prochain dossier sur la fin de vie que traitera ce «nouveau» Comité ainsi remanié sera un bon baromètre. En juillet dernier, il s’était déclaré hostile à l’euthanasie et à l’assistance au suicide, n’allant pas ainsi dans le sens de l’Élysée, qui souhaite une réforme dans ce domaine. Or, dans le courant de l’année prochaine, le CCNE doit émettre un nouvel avis. Le moyen de voir si les nouveaux nommés feront bouger les lignes…


Décisions à venir sur la PMA, la fin de vie et le don de sang

Procréation médicalement assistée. C’est à l’évidence l’un des sujets les plus sensibles, mais le gouvernement ne va pas s’en emparer dans l’immédiat. Alors qu’il devait initialement se prononcer à la fin de cette année, le CCNE a en effet annoncé début juillet qu’il remettait à 2014 son avis sur la question, après la tenue d’états généraux. Une aubaine donc pour l’équipe gouvernementale de voir reporté après les municipales un débat qui divise la société civile mais aussi les politiques au sein même de la gauche. Concrètement, le CCNE, qui avait déjà rendu un avis défavorable en 2010, devra dire si la PMA, réservée aux couples infertiles, doit s’étendre aux couples de femmes et aux femmes seules. François Hollande a déjà indiqué qu’il respectera ce nouvel avis.

Fin de vie. Pendant sa campagne, François Hollande avait promis «une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité» et avait prévu un projet de loi en juin 2013. Or, on le sait, le calendrier n’a pas été tenu, le CCNE, que le président de la République voulait consulter avant tout examen par les parlementaires, ayant rendu sa copie plus tardivement. Le 1er juillet dernier, l’institution s’est donc prononcée et s’est une nouvelle fois déclarée contre l’euthanasie et l’assistance au suicide – qui consiste à fournir des médicaments létaux à un individu désireux de mettre fin à ses jours. Ses responsables ont par ailleurs recommandé de ne pas modifier la loi actuelle qui opère une distinction entre «laisser mourir» et «faire mourir». Mais cet avis, qui n’a pas fait l’unanimité avec huit de ses quarante membres qui se sont démarqués, n’est qu’une première étape. Après un débat national à l’automne, le CCNE rendra un nouvel éclairage dans le courant de l’année prochaine. On verra si l’arrivée de nouveaux membres fera ou non évoluer la position jusqu’alors défendue par le CCNE.

Don du sang par les homosexuels. Faut-il privilégier les mesures de précaution ou mettre fin, par principe, à une exclusion? C’est la question qui est posée à l’occasion du débat sur le don du sang dont sont exclus les homosexuels. Alors que, pour les autorités sanitaires, cette interdiction vise à éviter des risques accrus de transmission du VIH, François Hollande avait promis sa levée durant sa campagne. L’avis du CCNE est attendu à l’automne.

Voir également:

Aujourd’hui la PMA, demain l’euthanasie et la GPA
La dérive sociétale continue
René Poujol
Journaliste, ancien directeur de la rédaction de Pèlerin
Causeur
29 juin 2017

On savait la décision du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) imminente concernant l’élargissement du droit à la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires. Le moins qu’on puisse écrire est que son « avis » favorable – forcément favorable, aurait pu écrire Marguerite Duras – n’a guère surpris. Elle s’inscrit dans une longue dérive éthique dont on peut penser qu’elle débouchera demain sur l’euthanasie et la GPA quels que soient les démentis outrés des uns ou des autres. Car la logique est là ! En marche !

Chacun connaît les attendus de la question. Inutile de s’y étendre. A ce jour, la procréation médicalement assistée est réservée en France aux seuls couples hétérosexuels, dans les cas d’infertilité. La femme a recours au sperme d’un donneur anonyme, son mari étant en droit, considéré comme le père de l’enfant. L’accès au mariage pour les couples homosexuels portait en soi, en toute logique, celui de la filiation. L’élargissement du droit à la PMA pour les couples de femmes était d’ailleurs inscrit dans la première mouture de la loi Taubira. La pression de la rue avait incité le gouvernement à le dissocier du « mariage pour tous » et à le renvoyer à une future loi d’orientation sur la famille qui, pour les mêmes raisons conjoncturelles, fut reportée sine die.

Mais on pouvait se douter que ce n’était là que partie remise. Fin juin 2015, le Défenseur des droits (anciennement Médiateur de la République) et le Haut Conseil à l’égalité se prononçaient, sans surprise, pour l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, au nom « de l’égalité des droits ». François Hollande décidait alors de différer une fois encore la date d’un éventuel débat parlementaire, précisant qu’il attendait de connaître, sur cette question, la décision du CCNE auquel il se conformerait le moment venu. On connait la suite ! C’est désormais Emmanuel Macron qui hérite de cet « avis »…

Mettre au monde des orphelins… adoptables !

Pour les tenants de l’élargissement, il n’y aurait plus aujourd’hui de raison majeure de refuser cette nouvelle « loi de progrès ». Pour ses opposants – dont je suis avec constance – la mesure reste éthiquement contestable qui vise à programmer volontairement la naissance d’un enfant orphelin de père, au motif qu’il sera adopté, à sa naissance, par le conjoint de sa mère biologique. Redisons ici que cette pratique est à ce jour contraire à la Convention internationale des droits de l’enfant, ratifiée par la France, qui garantit à chacun d’eux « le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux », sauf accident de parcours.

Or en France le don de sperme est anonyme. Ce qui implique que l’enfant à naître ne saura pas qui est son père. On pourrait, certes, imaginer revenir sur cet anonymat. Mais une autre réalité s’impose alors : à ce jour, les donneurs de sperme sont insuffisants au regard de la demande de PMA pour les seuls couples hétérosexuels. Si demain l’anonymat devait être levé, combien d’hommes accepteraient encore d’être donneurs bénévoles au moment même où la demande serait multipliée ? A moins que l’on glisse alors, subrepticement, vers une rémunération du don de sperme ? Donc vers une autre forme de marchandisation du vivant…

Ce « droit à l’enfant » qui n’est inscrit dans aucune déclaration des Droits de l’homme – pas plus pour les couples hétérosexuels qu’homosexuels – devra-t-il demain être pris en charge financièrement par la Sécurité sociale ? Dans le même temps où des malades se voient restreindre leur accès aux soins pour raisons d’économies. Une fois encore, nous sommes là dans un débat purement idéologique. Sous couvert d’évolutions de société qui recueilleraient – ce qui est vrai – l’assentiment d’une majorité de la population. François Hollande ayant pris par ailleurs ses dispositions à l’automne 2013, pour modifier la composition du CCNE dans un sens… favorable à l’adoption de ces réformes de société. Jean Léonetti commentait à l’époque : « on sort les religieux et on envoie des militants pour conformer les avis du CCNE à celui du gouvernement. Au lieu de changer d’avis sur ces grandes questions éthiques, le gouvernement préfère changer de comité d’éthique ! »

Un président sur des oeufs

Dans son avis du 27 juin 2017, le CCNE se prononce en revanche contre la légalisation de la GPA, c’est à dire pour la possibilité offerte aux couples d’hommes de recourir à des mères porteuses. Avec pour argument « qu’il ne peut y avoir de GPA éthique ». Mais on est en droit de s’interroger. Dans ses attendus sur la PMA, le CCNE dit répondre à la « souffrance » des couples de femmes ne pouvant accéder à la maternité. Dans une société où l’égalité des droits semble devenue la règle absolue, on ne voit guère pourquoi les hommes ne pourraient pas faire prévaloir, demain, leur propre « souffrance » de ne pouvoir accéder à leur tour à la paternité. Fusse au prix d’un encadrement « éthique » de la GPA. Comme on nous a annoncé en 1975 un encadrement éthique de l’avortement dont on sait ce qu’il est devenu : un droit de fait à l’avortement sans condition. En 2008, un rapport sénatorial préconisait déjà de légaliser une GPA encadrée et « altruiste ». Rien que de très logique au regard de l’idéologie du moment qui repose sur la notion de « droits reproductifs » opposables, destinés à pallier la « dictature de la nature » dans les cas « d’infertilité sociale ».

Il ne s’agit là, pour l’heure, que de l’avis du CCNE. On peut imaginer que le dossier est désormais entre les mains du président de la République. Un président que l’on sait, à titre personnel, plutôt ouvert sur ces questions de société, du fait du « libéralisme » à la fois économique et culturel qui est sa marque. Même s’il s’est bien gardé de tout engagement trop affirmé durant la campagne, disant simplement son accord de principe à l’élargissement du droit à la PMA pour les couples de femmes.

Le 14 février 2017, il avait déclenché un tollé à gauche et au sein du mouvement LGBT en évoquant, dans un entretien à l’Obs, «l’humiliation» ressentie par les anti-mariages gay au moment du vote de la loi Taubira. Déclaration sur laquelle il avait dû, rapidement, faire machine arrière, comme si l’humiliation des uns était incompatible avec l’humiliation des autres.

C’est assez dire combien, sur cette question, le chef de l’Etat marche sur des œufs. Il en est conscient. Il sait parfaitement compter parmi ses soutiens dans l’opinion, des citoyens qui ont rompu avec la gauche en partie à cause de la loi Taubira. C’est d’ailleurs bien à eux qu’était destinée la petite phrase sur « l’humiliation »… Les provoquer dès les premiers mois de son quinquennat sur un dossier qui ne possède aucune urgence et avant même d’avoir engagé ses principales réformes, serait une faute politique majeure. « Souvenez-vous, monsieur le Président : le social, pas le sociétal. Le social, le social, le social. C’est facile à retenir. » écrivait il y a peu Jean-Pierre Denis, dans un billet de La Vie en forme de mise en garde. L’annonce, faite par le président du CCNE, d’Etats généraux de la bioéthique, en 2018, pour préparer la révision des lois de bioéthique qui concernent notamment le sujet de la PMA, pourrait, momentanément, servir d’échappatoire.
Un combat culturel

Mais soyons en sûrs, le débat n’en sera que différé. Aussi longtemps que l’opinion publique adhérera majoritairement à la logique de l’individualisme libéral, la société se verra sommée de tout mettre en œuvre, au niveau législatif aussi bien que financier, pour permettre à chacun de satisfaire ses propres désirs dont on sait qu’ils sont, par nature, illimités. Une société, dans sa dimension civilisationnelle, peut-elle survivre à pareille évolution ? Je ne le crois pas. Est-il possible de lui éviter le pire ? Je l’ignore ! Faut-il dès lors rejoindre le camp de ceux qui contestent radicalement toute évolution dans la société comme dans l’Eglise ? Ce ne sera jamais mon choix car il s’agit là encore d’une forme d’idéologie où toute liberté se trouve broyée au nom des principes. Alors que faire ? Tenter de témoigner et de convaincre qu’un autre combat culturel est possible, plaider pour une vision différente de la personne – et non de l’individu – où priment : le respect de l’autre et des conditions sociales du vivre-ensemble. Une société où l’on cesserait de fonder l’égalité des droits des adultes sur la négation de l’égalité des droits des enfants. Il y faudra, le moment venu, des relais politiques. A la faveur de la recomposition en cours ?

Voir de même:

PMA: Un avis « catastrophique »

Le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) s’est certes déclaré favorable à l’ouverture de la PMA pour les couples de femmes et les femmes seules. Mais les associations se sont vite aperçues que le reste de l’avis est moins reluisant.
Xavier Héraud
Yagg
28.06.2017

La joie aura été de courte durée. Le Comité Consultatif National d’Etique (CCNE) a rendu hier le 27 juin son avis sur la PMA. Si l’on ne regarde que la conclusion, l’avis recommande l’ouverture de la PMA. C’est donc positif, non? Mais quand on lit l’avis en détail, les choses se gâtent…

Le Pr Jean-François Delfraissy, président du CCNE, et deux des rapporteurs du texte avaient invité hier quelques associations après la publication de l’avis, parmi lesquelles Act Up-Paris, Fières, les Enfants d’Arc en ciel, le Planning Familial ou l’APGL. Celles-ci ont fait part de leur mécontentement.

« On a d’abord commenté la méthode, rapporte Veronica Noseda du Planning Familial. Le comité n’a pas consulté d’association lesbienne pour rendre un avis sur la PMA.  » En effet, une seule lesbienne a été auditionnée. Il s’agit de la très réactionnaire historienne Marie-Jo Bonnet, qui est opposée à la PMA, comme elle l’affirmait en 2016 au Figaro. En revanche, feue Colette Chiland, honnie par les militant.e.s trans (Lire Décès de la très controversée Colette Chiland, la «psychiatre la plus transphobe de France»), ou les psys homophobes Jean-Pierre Winter ou Pierre-Levy Soussan ont pu s’exprimer sur le sujet. Si des personnalités ou associations favorables à la PMA ont bel et bien été auditionnées, aucune n’est à notre connaissance lesbienne.

« J’ai dit au Pr Delfraissy que c’était comme si on rendait un avis sur le VIH sans avoir consulté les associations de séropositifs.  Il a semblé surpris. », explique la Veronica Noseda.

GAGES A LA MANIF POUR TOUS
Les associations ont également critiqué le ton et les mots employés dans le document. « Le ton général de l’avis donne des gages au vocabulaire de la Manif pour tous. Si la Manif pour tous se plaint de l’avis, elle se voit légitimée avec tous les poncifs homophobes, les familles sans père, le besoin d’altérité… » Veronica Noseda note d’ailleurs que si les lesbiennes sont stigmatisées, les familles monoparentales le sont tout autant.

Parmi les autres points qui posent problème, la question du remboursement: « Il y a le désir d’enfant légitime des familles hétéros et il y a celui des autres, qui ne doit pas peser sur la Sécu. », relève amèrement la militante du Planning Familial.

« 2,5% des enfants naissent par PMA. Et ce ne sont pas toujours en raison de problème d’infertilité, c’est aussi parce que le temps a passé et qu’avec l’âge il peut y avoir besoin d’une aide extérieure », note Veronica Noseda, qui ajoute: « Et c’est discriminant pour les femmes seules et les couples de lesbiennes qui sont en moyenne plus pauvres que les couples hétéros. »

« La question de la filiation n’est pas réglée. Un couple de femmes non mariées peuvent avoir accès à la PMA mais pour que la mère soit sociale soit reconnue comme l’une des deux mères, il faut passer devant le maire. », signale-t-elle aussi.

« Sur la question du remboursement, ils ont eux-mêmes reconnus qu’il n’étaient pas clairs », note Delphine Aslan, porte-parole de l’association lesbienne et féministe Fières.

AMBIGUÏTÉS DU CCNE
Cette dernière pointe également les autres ambiguïtés du Comité. « Ils nous ont assuré qu’avec la révision de la loi bioéthique en 2018, rien n’est figé. » « Mais On attend une loi », balaie-t-elle d’un revers de main . La plupart de ces questions ne relèvent pas de l’éthique, à part peut-être le don d’ovocyte. On leur a délégué ça histoire de nous faire attendre pendant quatre ans.

« Je lui ai répondu qu’ils ont eu quatre ans et demi pour nous demander notre avis et que maintenant, c’était à eux de répondre à nos questions. »

« Nous avons passé beaucoup de temps à répondre aux questions d’une rapportrice qui nous demandait notre avis sur tout un tas de sujets, qui n’avaient pas forcément grand chose à avoir avec la choucroute », s’agace Delphine Aslan. La rapportrice a fini par se faire renvoyer dans les cordes. « Je lui ai répondu qu’ils ont eu quatre ans et demi pour nous demander notre avis et que maintenant, c’était à eux de répondre à nos questions. », lâche Veronica Noseda.

« Mon impression est que l’avis était prêt depuis longtemps et qu’il était négatif. Il y a eu un revirement à un moment donné », avance Veronica Noseda. Un point de vue que partage Delphine Aslan:  « On a l’impression que cela a été écrit en 2013 et qu’ils ont rajouté une conclusion plus tard ».

« La Manif pour tous va pouvoir s’appuyer dessus, c’est catastrophique » se désole Veronica Noseda.

Et maintenant, quoi? « Avec les associations qui étaient présentes, il va falloir lister les député.e.s qui voudraient se saisir du sujet, identifier celles et ceux qui peuvent nous aider, conclut Delphine Aslan. Un travail qu’il serait bon de faire ensemble. »

Voir de plus:

PMA pour toutes : quand le CCNE piétine ses propres conclusions par idéologie

  • Marianne Durano
  • Le Figaro
  • 28/06/2017

FIGAROVOX/TRIBUNE – Marianne Durano analyse le rapport du CCNE, qui se prononce en faveur de l’ouverture de l’aide médicale à la procréation pour toutes les femmes. Pour elle, cet avis contradictoire qui conclut un rapport pourtant lucide sur les dangers de cette décision montre que, dans ce débat, l’idéologie l’emporte sur la raison.


Marianne Durano est agrégée de philosophie. Elle est l’auteur avec Axel Norgaard Rokvam et Gaultier Bès de Nos Limites. Pour une écologie intégrale (Édition Le Centurion). Elle est également membre de la rédaction de la Revue Limite.


Lire l’avis du CCNE sur l’ouverture de l’AMP aux couples de femmes et aux femmes seules est une expérience extrêmement troublante. On y assiste au déploiement brillant et honnête d’une pensée qui n’assume pourtant pas ses conclusions. Après un exposé de dix pages sur les problèmes que poserait une telle mesure, le CCNE bâcle en une seule page les arguments justifiant son avis favorable, pour finalement conclure que «la majorité des membres du CCNE se prononcent pour la recommandation d’ouverture de l’AMP aux couples femmes et aux femmes seules, sous réserve de la prise en compte de conditions d’accès et de faisabilité. Toutefois, au cours des discussions, s’est aussi exprimée une position divergente de certains membres du CCNE». On est quand même loin du triomphe proclamé par l’Inter-LGBT…

Car les membres du CCNE sont loin de sous-estimer les questions – sans solution à ce jour – que pose l’élargissement de l’AMP: «Les points de butée concernent, avant tout, le rôle comme la définition du père, la différence de situation entre les couples de femmes et les femmes seules, la question de la rareté des ressources biologiques et des risques de marchandisation que celle-ci entraîne, la limite entre le pathologique et le sociétal».

Discrimination entre les enfants, dont certains seraient sciemment privés de tout ancrage paternel ; pénurie de gamètes, qui pourrait entraîner l’ouverture d’un vaste marché du corps humain (car pourquoi se limiter aux «ressources» génétiques?) ; transformation des médecins en prestataires de services: voilà le CCNE qui me coupe l’herbe sous le pied, en développant, mieux que je ne saurais le faire, tous les arguments que j’avais prévus pour cet article. Le CCNE va jusqu’à faire le parallèle entre l’extension des libertés individuelles et celle du libéralisme économique, évoquant le risque d’une «libéralisation du marché procréatif»! Il faut de même reconnaître l’audace des membres du Comité qui n’hésitent pas à admettre que «si des enfants ne connaissant pas leur père et des enfants élevés par un seul parent ou dans un couple homosexuel existent depuis toujours, il y a une différence entre le fait de «faire face» à une telle situation survenant dans le cadre de la vie privée sans avoir été planifiée ni organisée par la société, et l’instituer ab initio.» Encore un peu, et ils se compromettraient avec la frange la plus nauséabonde de la société française…

D’autant plus qu’ils ont également le courage de poser la question qui fâche: qui paye? «Les techniques d’AMP sont des traitements contraignants et coûteux, et la rareté des dons de gamètes compromet actuellement une prise en charge satisfaisante des infertilités pathologiques ; la demande d’accès à l’IAD de personnes non stériles et la revendication d’une égalité des droits appliquée à des conditions différentes, stérilité d’origine pathologique ou demandes «sociétales» d’AMP, mettraient en péril deux grands principes du système de santé en France, fondé sur la solidarité: la gratuité du don d’organes et des produits du corps humain, dont les gamètes, et la prise en charge des traitements d’infertilité d’origine pathologique par la solidarité nationale.» À moins de réinstaurer de la discrimination là où l’on prétendait la supprimer, en remboursant par exemple les IAD pour les stérilités pathologiques, mais par pour les stérilités «sociales», ce qui est juridiquement et politique difficile à imaginer…

Oui mais quand même. Après examen approfondi des obstacles à cette mesure, et sans aucun lien logique entre ses paragraphes, le CCNE conclut par un avis favorable. On croirait lire ces copies du bac où l’élève démontre par A+B que le bonheur ne consiste pas à être l’esclave de ses désirs, pour finalement conclure: «Donc il faut satisfaire tous ses désirs pour être heureux.» En deux paragraphes laconiques, le CCNE évacue la question en répétant sans trop y croire ces deux arguments éculés, et par ailleurs contredits par les pages qui précèdent, que sont la liberté des femmes et la non-stigmatisation des familles homoparentales… On a envie d’écrire: «travail bâclé». On lit ainsi dans les recommandations que «même si tout désir n’a pas vocation à être satisfait, on peut faire confiance au projet des femmes qui souhaitent accéder à la maternité en bénéficiant de procédures auxquelles, auparavant, elles n’avaient pas accès.» La «confiance» comme base du droit: ça, c’est rassurant! Et si tous les hommes se donnaient la main, on pourrait même se passer de législateur, de CCNE, CEDH, CC, CE et de tous ces organismes qui empêchent l’autonomie individuelle!

Dans cette logique, on ne voit pas pourquoi le CCNE ne piétinerait pas ses réserves à l’égard de la congélation des ovocytes et des «mères porteuses» avec la même légèreté, Après tout, il s’agit bien ici aussi d’égalité entre les hommes et les femmes, ainsi qu’entre les homosexuelles et les homosexuels! Et puis, on peut faire confiance aux DRH pour ne pas faire pression sur les jeunes femmes qui ne veulent pas cryogéniser leurs ovules. On peut aussi faire confiance aux laboratoires privés pour ne pas profiter de la pauvreté des femmes qui louent leur utérus. Confiance, également, à tous les biotechniciens pour ne pas jouer les apprentis sorciers ; pour ne pas céder à la tentation de l’eugénisme, pour implanter tous les embryons sans discrimination, même les handicapés ; pour ne pas sauter de générations, féconder des ovules avec du sperme post-mortem, voire tenter la parthénogénèse (si si, des expériences sont en cours). Confiance et ouverture d’esprit, vous dis-je!

Étrange tout de même de constater combien les bons sentiments bloquent la pensée. Car on n’en est pas à une contradiction près. Ceux-là mêmes qui ôtent toute valeur à la filiation biologique, réduisant le père et la mère (les géniteurs) à des «fournisseurs de ressources biologiques» sont prêts à tout pour transmettre leur propre patrimoine. Ceux-là mêmes qui sous-estiment l’importance d’une généalogie cohérente tiennent absolument à perpétuer leur génotype. Ceux-là même pour qui le sexe est négligeable semblent attacher une grande importance à ce que leur enfant possède les yeux de sa mère et la prédisposition au diabète de sa grand-mère.

C’est pourtant au nom de cette dissociation entre filiation et biologie qu’on nous avait vendu le «mariage pour tous» en 2013! Vous vous souvenez, l’adoption des enfants pauvres qui meurent de faim dans les orphelinats roumains? On a beau jeu, aujourd’hui, de vous dire: «on vous avait prévenu». Et puis, quand dans cinq ans le CCNE rendra un avis favorable à la GPA, non sans exposer les divergences, restrictions et conditions d’usage, j’écrirai un article à peu près semblable à celui-ci et qui se conclura de la même manière.

En suppliant ses imprudents compatriotes de ne pas faire entrer dans les murs de Troie le cheval de bois laissé sur le rivage par les Grecs, Cassandre, hélas, avait raison.

Voir encore:

Allemagne Le «oui» très politique d’Angela Merkel au mariage pour tous

Alors que la CDU s’y oppose depuis plusieurs années, la chancelière a provoqué un séisme dans la coalition au pouvoir en se déclarant favorable au mariage pour tous. Le texte a été voté dès ce vendredi.

 Nathalie Versieux, correspondante à Berlin
Libération
29 juin 2017

Mise à jour vendredi 30 juin à 9h20 : Comme prévu, le Parlement allemand a, au terme d’à peine une heure de débats, adopté l’ouverture du droit au mariage pour les couples de même sexe. Le oui a recueilli 393 voix, le non 226.

Tout est allé très vite. L’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel, qui bloque depuis un quart de siècle tout projet de loi sur le mariage pour tous, ne pourra vraisemblablement pas éviter ce vendredi l’adoption du mariage gay par le Bundestag. Gaffe ou calcul délibéré de la chancelière : l’ouverture du mariage aux couples homosexuels déchire la coalition au pouvoir depuis le début de la semaine.

Tout a commencé par une paisible soirée au théâtre Gorki, à Berlin, lundi soir. Trois fauteuils en cuir rose pâle ont été installés sur la scène. Deux journalistes du magazine féminin Brigitte papotent avec la chancelière. Merkel a opté pour un format de débat décontracté, à trois mois des prochaines élections, se prêtant au jeu des questions du public. Ulli Köppe, un Berlinois de 28 ans, salarié de l’éditeur gay Blu Mediengruppe et admirateur de Merkel, a justement une question : «Quand pourrai-je dire « mon mari » à mon ami ?» La chancelière aurait pu rester évasive. Sa réponse – «Je suis favorable à une discussion qui aille dans le sens d’une prise de décision en conscience [au Bundestag]» – a provoqué un raz-de-marée politique. Un choc semblable à la décision de mettre fin au nucléaire, dans le sillage de la catastrophe de Fukushima en mars 2011.

«Digéré»

Prenant sa rivale au mot, le challenger social-démocrate de la chancelière, Martin Schulz, réclamait dès mardi que le Bundestag inscrive l’adoption de la mesure à l’ordre du jour de vendredi, dernière journée parlementaire avant les législatives du 24 septembre. L’adoption du texte en cas de vote est assurée : sociaux-démocrates, Verts et néocommunistes de Die Linke, tous trois favorables à la réforme, détiennent une confortable majorité à la Chambre. Une partie des députés CDU – appelés à voter en leur âme et conscience – devraient aussi donner leur voix au texte.

L’offensive de Martin Schulz a pris Angela Merkel de court. Le SPD espère ainsi reprendre la main, alors que sa campagne électorale est enlisée. Mais la chancelière, si elle se met à dos une partie du clan conservateur, pourrait aussi marquer des points, alors que 73 % des Allemands (et 64 % des électeurs conservateurs) se disent favorables à l’union de deux personnes du même sexe. «Elle évite ainsi un débat passionné qui pourrait profiter aux populistes de l’AfD au cours de la campagne électorale», souligne le quotidien Tagesspiegel. Adopté à la hussarde à la veille de la pause estivale, le texte aurait en outre le temps d’être «digéré» par les plus radicaux des électeurs conservateurs d’ici au scrutin de septembre. Merkel a-t-elle imposé à son propre camp une décision que les conservateurs rejettent ? Ou a-t-elle, au contraire, commis un impair politique ?

L’affaire est plus compliquée. De fait, la CDU ne pouvait plus s’opposer bien longtemps au mariage pour tous. Au cours des derniers mois, les Verts, les libéraux du FDP et les sociaux-démocrates – tous trois potentiels partenaires de coalition après le scrutin de l’automne – ont fait savoir qu’ils feraient du mariage gay l’une des conditions de leur participation au prochain gouvernement.

Divorce

Lundi dans la journée, lors de leurs réunions préparatoires à l’adoption d’un programme de campagne, la CDU et la CSU semblaient prêtes à bouger sur le dossier du mariage pour tous. Mais les deux partis n’avaient pas prévu de le faire si rapidement. «Je suis convaincu qu’il ne s’agit pas d’une gaffe mais bien d’une action délibérée de la chancelière, confie le député chrétien-démocrate et gay Stefan Kaufmann. Au sein du groupe parlementaire CDU, les plus conservateurs opposés au mariage pour tous ont toujours bloqué le débat. Bien sûr, maintenant, certains ont peur de devoir se justifier devant leurs électeurs au cours de la campagne électorale…» Reste qu’en précipitant les choses, le SPD acte de facto le divorce de la coalition qu’il forme avec les chrétiens-démocrates depuis 2013. Le contrat de coalition signé voici quatre ans ne prévoyait pas l’adoption du mariage gay. «En théorie, Angela Merkel devrait renvoyer ses ministres sociaux-démocrates», rappelle ainsi le Tagesspiegel. Soucieuse d’éviter un tremblement de terre à trois mois du vote, la CDU tente de minimiser l’ampleur de la crise.

A droite, une partie du camp conservateur prépare déjà un recours devant la Cour constitutionnelle de Karlsruhe. L’issue d’un tel recours est incertaine. Les couples de même sexe peuvent conclure depuis 2001 un «partenariat de vie», équivalent du pacs français, dont les droits ont été à plusieurs reprises améliorés par la Cour, à l’exception de l’adoption.

Voir encore:

Le Parlement allemand approuve le mariage homosexuel

Andrea Shalal et Paul Carrel

BERLIN (Reuters) – Le Parlement allemand a approuvé vendredi à une large majorité la légalisation du mariage homosexuel avec le blanc-seing de la chancelière Angela Merkel qui avait invité les conservateurs à voter « en conscience » sur cette réforme qui divise le parti au pouvoir et à laquelle elle était elle-même opposée.

L’adoption du « mariage pour tous » a été approuvée par 393 voix contre 226 et quatre abstentions, a annoncé le président du Bundestag, Norbert Lammert.

Angela Merkel a déclaré avoir voté contre l’amendement déposé par le Parti social-démocrate (SPD) en expliquant qu’à ses yeux, un mariage demeure une union « entre un homme et une femme ».

Qualifiant ce vote de « décision personnelle », la chancelière a néanmoins souhaité que la légalisation du « mariage pour tous » apporte « davantage de paix et de cohésion sociale » en Allemagne.

L’annonce du résultat du vote a été saluée par des centaines de militants homosexuels rassemblés devant le Bundestag.

« C’est un jour historique pour l’Allemagne », a déclaré Sören Landmann, militant de longue date du mariage gay.

« Aujourd’hui, des milliers de couples de même sexe ont obtenu l’égalité, et la société à deux vitesses en matière d’amour a été abolie. L’Allemagne peut réellement se réjouir. »

Le vote a une résonance particulière en Allemagne, toujours hantée par un passé homophobe virulent.

Le Bundestag avait déjà fait un premier geste cette année en accordant un dédommagement à des centaines d’homosexuels emprisonnés en vertu d’une loi du 19e siècle, durcie par les nazis, qui n’a été abrogée qu’en 1969 lorsque l’homosexualité a été légalisée en ex-Allemagne de l’Ouest.

Angela Merkel avait qualifié mercredi d' »embuscade » tendue à son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), l’amendement déposé par le SPD, partenaire minoritaire au sein de la coalition gouvernementale.

MERKEL CRITIQUÉE DE TOUTES PARTS

Le sujet continue en effet de diviser les élus conservateurs et leur électorat à l’approche des élections législatives du 24 septembre.

La décision de la chancelière d’autoriser les députés de la CDU à voter selon leur conscience a provoqué la colère de l’aile la plus conservatrice de son parti.

« Cela va à l’encontre du programme de la CDU, qui stipule que le mariage est l’union d’un homme et d’une femme, donc les décisions de la CDU n’ont clairement aucune valeur », a vitupéré Erika Steinbach, une élue indépendante qui a claqué la porte du parti d’Angela Merkel pour dénoncer sa politique d’accueil des migrants.

Le parti anti-immigration et anti-islam Alternative pour l’Allemagne (AfD) a pour sa part accusé la chancelière d’avoir dépouillé son parti de ses « dernières nuances conservatrices », tandis que l’Eglise catholique allemande a « regretté » sa décision.

« La reconnaissance de la cohabitation de même sexe peut passer par un autre modèle institutionnel », a fait valoir l’archevêque de Berlin, Heiner Kochof.

Les commentateurs politiques jugent peu probable que le sujet pèse sur le résultat des élections à venir.

Mais conforté par ce succès, l’un des rares de la législature, le SPD a tenté d’enfoncer le clou en dénonçant la « lâcheté » d’Angela Merkel qui s’est, selon lui, dérobée à sa responsabilité politique en faisant du vote une affaire de conscience.

« Après 17 années au pouvoir, la CDU est devenue lâche », a commenté Hubertus Heil, le secrétaire général du SPD, largement distancé dans les sondages d’intention de vote par le Parti conservateur.

Le « mariage pour tous » deviendra légal en Allemagne lorsque le texte voté vendredi par le Bundestag aura été signé par le président Frank-Walter Steinmeier, ce qui devrait intervenir peu après le 7 juillet.

(Avec Thomas Escritt et Joseph Nasr; Tangi Salaün pour le service français)

Voir par ailleurs:

Marie-Jo Bonnet: «Je ne vois pas en quoi la PMA serait un “progrès”»

Eugénie Bastié
Le Figaro
27/06/2017 Publié le 08/07/206

FIGAROVOX/REDIFFUSION – La militante féministe et de gauche Marie-Jo Bonnet analyse les conséquences et les enjeux d’une extension de l’aide médicale à la procréation aux couples lesbiens. Selon elle, cela soulèverait de nombreux problèmes éthiques.

Marie-Josèphe Bonnet est historienne. Femme de gauche engagée depuis longtemps dans les milieux féministes, elle avait participé à la fondation du mouvement des «Gouines rouges» dans les années 1970. Dans son dernier livre Simone de Beauvoir et les femmes (Albin Michel, 2016), elle analyse le rapport ambigu de l’auteur du Deuxième sexe à la cause des femmes.

Cet entretien a été réalisé en juillet 2016. Nous le republions à l’occasion de la publication de l’avis favorable du Comité consultatif national d’éthique (CCNE).

FIGARO. -«Il n’y a aucune raison de discriminer les couples lesbiens par rapport aux couples hétérosexuels», a dit récemment Laurence Rossignol, affirmant sa volonté d’ouvrir la Procréation Médicalement Assistée aux femmes homosexuelles. Que pensez-vous de cette prise de position?

Marie-Jo BONNET. – Le mot «discrimination» ici ne convient car on ne peut pas comparer les couples hétérosexuels dont un membre est stérile avec les couples de femmes qui ne le sont pas. Pour parler discrimination il faudrait que les deux situations soient comparables, ce qui n’est pas le cas ici.

Par ailleurs, parler de «PMA» pour les couples de lesbiennes n’a pas de sens et la plupart des gens ne savent pas ce que ce sigle recouvre. Il faudrait en fait parler de l’IAD, c’est à dire d’ «insémination artificielle avec donneur», et précisons, «donneur anonyme». Or c’est l’anonymat qui me pose problème, pour les couples de femmes comme pour les couples hétérosexuels. On a décidé de ne pas regarder la stérilité en soi, mais «l’infertilité» des couples. Du coup, on masque le fait que dans le cas des couples hétérosexuels c’est l’homme qui est stérile. Il n’est pas le père de l’enfant. Toute cette histoire est batie sur un mensonge dont la première victime est l’enfant. De quel droit est-ce que je m’autoriserais à priver l’enfant de la connaissance de ses origines?

De plus l’ouverture de l’IAD à toutes les femmes poserait le problème de la rareté des gamètes. Contrairement à ce qu’on imagine aujourd’hui, les donneurs de gamètes sont peu nombreux. Il y a seulement 250 donneurs de sperme en France. Et on nous dit que ce n’est pas suffisant pour répondre à la demande des couples hétérosexuels stériles qui doivent attendre un an et quelque fois plus avant de commencer le long processus de procréation médicalement assistée. Où trouver les gamètes manquantes? En payant les donneurs de sperme? On risque d’ouvrir la porte à la marchandisation. En France, la gratuité est le rempart à la marchandisation. D’un simple point de vue pratique cette «ouverture» de la PMA à toutes les femmes est impraticable.

Comment expliquez-vous que le droit à avoir des enfants soit devenu une revendication homosexuelle? Etait-ce déjà le cas dans les années 1970 quand vous militiez avec les Gouines rouges?

A l’époque, on ne voulait pas d’enfants! Et celles qui en voulaient avaient recours à des moyens classiques c’est à dire qu’elles demandaient de l’aide à des amis et faisaient ça chez elles à l’aide d’une seringue! Ca se passait très bien. On était obligés de s’entendre. Autrement dit, la relation sociale entre les genres était maintenue. L’IAD fait éclater cette relation sociale. Parler de droit ou de discrimination sur ce terrain est un abus de langage. Car l’enfant n’est pas plus un droit qu’il n’est un devoir. On a trop tendance à l’oublier aujourd’hui.

La technicisation de la grossesse ne pose-t-elle pas fondamentalement le problème de la «reproduction artificielle de l’humain» (Alexis Escudero)?

Je crois en effet que la médicalisation de la grossesse pose un problème en soi. Ce qu’on nous présente comme un progrès est en réalité une reprise en main par le pouvoir médical des acquis de ces quarante dernières années par les femmes avec la maitrise de notre fécondité. Car L’IAD suppose des consultations, un bilan sanitaire et génétique, avec parfois une stimulation ovarienne, toujours très dangereuse à long terme. Et cerise sur le gâteau, un traitement médical pour fixer la grossesse. C’est beaucoup de soucis pour une grossesse qui peut se faire dans des conditions plus conviviales et plus simples.

Aujourd’hui, être contre la PMA ou la GPA apparait comme «de droite» voire réactionnaire. Comment expliquez-vous que la gauche en ai fait une revendication? Pourquoi y a t-il si peu de voix de gauche qui osent s’opposer à ces revendications?

«La “stérilité sociale” est une notion selon moi très dangereuse, à la limite homophobe»

Ce n’est ni une revendication de droite ni une revendication de gauche. D’ailleurs les pays ultra libéraux ont ouvert toutes grandes les vannes de la PMA, y compris les pays catholiques comme l’Espagne, parce que c’est un marché et ça rapporte. En France, c’est un gouvernement de droite qui a donné l’autorisation de fonder des CECOS (Centres d’Etudes et de Conservation des Oeufs et du Sperme), en l’occurrence Simone Veil qui voulait montrer que l’avortement n’empêchait pas la natalité.

Nous sommes nombreux à gauche à s’opposer à la médicalisation de la grossesse et plus nombreux à refuser la GPA. Quant à moi, je ne vois pas en quoi la PMA serait un «progrès». L’insémination artificielle avec donneur anonyme est un pis aller qu’on a décidé de réserver aux hommes stériles pour sauvegarder l’image de l’homme «viril». Avec en prime le mensonge sur l’origine de l’enfant, toujours dangereux car il mène à la forclusion, c’est-à-dire à l’impossibilité psychique d’accéder à son origine.

Certains parlent de «stérilité sociale»…

La «stérilité sociale» est une notion selon moi très dangereuse, à la limite homophobe, comme si la relation amoureuse entre femmes était stérile. Culturellement, les lesbiennes ont beaucoup apporté à la société. Elles ont été des vecteurs d’évolution sociale très importants.

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/06/28/31003-20170628ARTFIG00230-pma-pour-toutes-vers-l-uberisation-de-la-procreation-humaine.php

PMA pour toutes : vers l’ubérisation de la procréation humaine ?
Laetitia Pouliquen
le Figaro
28/06/2017

FIGAROVOX/ANALYSE – Le CCNE s’est prononcé en faveur de l’extension du droit à la PMA pour toutes les femmes. Laetitia Pouliquen analyse les enjeux éthiques d’une telle décision qui pourrait mener, à terme, à une véritable « ubérisation » de la procréation à l’échelle mondiale.

Laetitia Pouliquen est fondatrice de WomanAttitude, cofondatrice et ex-Directrice d’Europe for Family, et auteur de Femme 2.0 – Féminisme et Transhumanisme (Saint-Léger Éditions, 2017).

Le rapport rendu ce jour par le Comité d’Éthique français, le CCNE, en faveur de l’ouverture de la Procréation Médicalement Assistée à toutes les femmes, c’est-à-dire la «fabrication» d’enfants délibérément privés de pères, a des raisons d’inquiéter. Sur un sujet sociétal majeur, la consultation citoyenne est nécessaire mais l’expression de la vox populi sera-t-elle entendue avec une forte majorité En Marche! à l’Assemblée Nationale? Quel contre-pouvoir dénoncera les effets délétères de la PMA et les enjeux industriels et financiers de l’Ubérisation de notre reproduction humaine?

Pourquoi parler d’Ubérisation de la procréation humaine?

Si l’Ubérisation est une pratique économique permettant la mise en contact direct de professionnels et de clients pour l’utilisation de services internationaux, la pratique économique mondiale de la procréation artificielle y ressemble beaucoup par son aspect «plate-forme internationale» mettant en contact direct de nombreux intervenants de plusieurs pays grâce à internet. Concrètement, l’enfant peut être «fabriqué» par plusieurs «parents» provenant de plusieurs pays que les personnes soient fertiles ou pas.

Ne soyons donc pas naïfs: derrière les modes progressistes et les prétendues évolutions sociétales qui désirent affranchir l’Homme de sa contingence, se trouve un marché juteux. L’enfant, lui, sera le grand oublié de l’affaire, ce que nous pourrions tous reconnaître, quelles que soient nos positions éthiques.

Le faux nez de la validation morale par la Cour Européenne des Droits de l’Homme

Deux affaires récemment portées à la Cour Européenne des Droits de l’Homme démontrent que le sujet est plus que jamais d’actualité. La position du président Macron de se ranger à l’avis du CCNE et aux arrêts de la CEDH traduit un abandon moral et de souveraineté. Les deux récentes affaires portées à la CEDH démontrent les impasses juridiques vers lesquelles se dirige le législateur: la première concerne un couple de femmes françaises mariées désireux de bénéficier d’une insémination artificielle avec du sperme anonyme. Face à l’interdiction de législation française, elles ont recours à la CEDH pour contraindre la France à accéder à leur désir. La seconde a trait à la «double maternité» ou «Fécondation réciproque»: deux femmes allemandes en couple réclament toutes deux la reconnaissance de leur statut légal de mère. L’une des femmes est la mère génétique qui a apporté ses ovocytes, fécondés in vitro avec le sperme d’un donneur anonyme, et l’autre femme a donné naissance à l’enfant ; celle-ci est considérée par la loi allemande comme la seule mère de l’enfant.

Le Traité de Lisbonne n’accordant pas de compétence en matière de famille et de santé à l’Union Européenne, c’est donc bien au législateur français qu’il revient de décider, en conscience et sans hypocrisie, du futur de nos enfants et de notre société.

Le marché de la procréation humaine artificielle est un marché mondial très juteux

La réponse médicale de la surmédicalisation de la procréation est-elle adéquate ou serait-elle manipulée par des intérêts financiers majeurs? On dénombre aujourd’hui plus de cinq millions d’enfants dans le monde et 1,4 million en Europe, nés de fécondation In Vitro depuis 1978. En Espagne, 2% des enfants naissent par fécondation in Vitro et en France, 3% des enfants sont des «bébés éprouvette». Le European Journal of Obstetrics and Gynecology and Reproduction Biology fait état d’une hausse conséquente des demandes de fécondations In Vitro alors que le taux d’infertilité, lui, est stable depuis 20 ans.

L’Ubérisation de la procréation humaine est symbolique d’un marché mondialiste libéral qui contourne les lois nationales. Le marché des technologies de reproduction assistée englobe de nombreuses industries et tiers-parties: laboratoires pharmaceutiques et biomédicaux, personnels de santé mentale, cliniques spécialisées en procréation artificielle, laboratoires de séquençage génomique pour dépistage préimplantatoire, banques de gamètes, agences et cliniques spécialisées en GPA, experts juridiques, réseaux mafieux de trafic d’enfants etc… À titre d’exemple, mentionnons que le Danemark est un gros pourvoyeur de sperme anonyme, permettant ainsi aux Suédois et Norvégiens de contourner leurs lois qui interdisent, elles, l’anonymat. L’achat de sperme, sélectionné sur catalogue et livré par courrier express international, varie 250 et 23 000 dollars en fonction des diplômes et des caractéristiques génétiques du donneur.

Les projections de croissance du marché sont de 4.4% par an de 2016 à 2023 pour atteindre les 31,4 milliards de dollars en 2023. La procréation humaine artificielle constitue donc un marché international conséquent, alimenté par un écosystème très vaste.

Bébés In Vitro – Quels problèmes de santé en vue?

Dans un souci d’objectivisation de l’intervention technologique dans la procréation humaine, il est utile de comprendre les dangers recelés par celle-ci ainsi que ses conséquences sociétales.

Dans une publication scientifique norvégienne de 2016 «La PMA peut-elle influencer l’évolution humaine?», des chercheurs norvégiens ont tenté d’évaluer les effets du mode de fécondation sur le développement d’un embryon et d’établir l’existence ou non de changements de génotypes et de phénotypes (expression du génome en fonction de l’environnement) pouvant affecter l’évolution humaine sur le long terme. Les chercheurs soulignent le fait que les embryons sont sélectionnés pour leur robustesse et leur capacité à survivre dans des conditions de laboratoires, transpercés par une pipette, exposés à la lumière et au contact de matières plastiques de la boîte de Petri dans lequel le laborantin va laisser maturer les cellules embryonnaires avant implantation ou congélation. Ils affirment que cette sélection sur le critère de la robustesse va, sur les générations à venir, favoriser ce trait génétique sur d’autres caractères qui se seraient exprimés lors d’une sélection naturelle dans l’utérus de la mère. Les chercheurs norvégiens soulignent aussi que la FIV facilite la propagation des traits génétiquement héréditaires des couples sous-fertiles, dont précisément, la sous-fertilité.

Une étude de 2013 menée par Sven Sandin du King’s College de Londres sur 2,5 millions enfants suédois tire des conclusions préoccupantes: les enfants nés par FIV seraient plus susceptibles de souffrir de déficits cognitifs tels qu’un QI bas, et de problèmes de communication ou de socialisation comme l’autisme.

Une autre découverte majeure en Neurosciences datant de 2010 démontre que, durant la grossesse, le fœtus laisse une «trace» cellulaire sur sa mère. Des cellules fœtales, ainsi que des brins d’ADN provenant du patrimoine génétique du père, ont été retrouvées chez la mère plus de trente ans après la naissance de l’enfant. Même si l’épidémiologie n’a pas encore décrit l’empreinte physiologique et génétique de la mère sur l’enfant, la psychologie, elle, le démontre avec force par la description des échanges mère enfant in utero.

Les générations à venir seront-elles toutes psychotiques?

De même que les manipulations technologiques laissent des traces épigénétiques sur l’enfant à naître et que la grossesse laisse des traces cellulaires sur la mère, de nombreux spécialistes de la psychologie de l’enfant affirment, à l’instar du pédopsychiatre Daniel Rousseau, que «tromper un enfant sur sa filiation peut le rendre fou!». Alors, pourquoi l’enfant né de fécondation artificielle est-il une victime? Le psychiatre Benoît Bayle décrit la problématique psychologique de la survivance périnatale des enfants issus d’un tri embryonnaire au cours d’une fécondation In Vitro. Dépressions récurrentes, troubles obsessionnels, prises de risques suicidaires, hospitalisations fréquentes et problèmes identitaires peuvent être associés avec une naissance par procréation artificielle.

Par ailleurs, le séquençage génomique dans le but d’une sélection délibérée de traits génétiques (choix du sexe, couleur des yeux, enfant muet pour un couple de sourds…) va insécuriser l’enfant par rapport à l’amour inconditionnel que ses parents lui portent. Le désir des adultes a donc la préséance sur les droits de l’enfant et ne fait aucun cas de la souffrance psychique engendrée par ce mode de procréation: quelle injustice!

Perspective transhumaniste de l’Ubérisation de la Procréation Humaine

Si l’on ne s’insurge pas contre la pratique de la PMA sans père que le Comité d’Éthique français avalise aujourd’hui, il y a fort à parier que la loi française à l’égard des pratiques de procréation humaine artificielle continuera de s’assouplir. Les générations futures deviendraient alors hors sol, sans famille, ayant plusieurs représentants légaux, plusieurs pays d’origine et de résidence. Celles-ci seraient sélectionnées selon des critères prétendument laissés à la liberté individuelle des parents mais en réalité, choisis par des normes sociales, culturelles et médicales, définissant l’état de santé, d’intelligence et de beauté minimum pour le «vivre ensemble».

Si l’on n’y prenait garde et que toute manipulation technologique sur la procréation humaine devenait monnaie courante, alors l’Homme pourrait devenir une espèce normée par la sélection embryonnaire et les modifications génétiques, et «désenfanté» par l’ingénierie d’externalisation de la procréation humaine. Cette dérive possible serait en cohérence avec l’utopie transhumaniste de l’Homme Augmenté.

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/06/28/31003-20170628ARTFIG00203-pma-pour-toutes-quand-le-ccne-pietine-ses-propres-conclusions-par-ideologie.php

Étrange tout de même de constater combien les bons sentiments bloquent la pensée. Car on n’en est pas à une contradiction près. Ceux-là mêmes qui ôtent toute valeur à la filiation biologique, réduisant le père et la mère (les géniteurs) à des «fournisseurs de ressources biologiques» sont prêts à tout pour transmettre leur propre patrimoine. Ceux-là mêmes qui sous-estiment l’importance d’une généalogie cohérente tiennent absolument à perpétuer leur génotype. Ceux-là même pour qui le sexe est négligeable semblent attacher une grande importance à ce que leur enfant possède les yeux de sa mère et la prédisposition au diabète de sa grand-mère.

Voir enfin:

Les gays ont épousé le conformisme
Causeur
23 juin 2014

Entretien avec Marie-Josèphe Bonnet

Marie-Josèphe Bonnet est historienne. Elle a successivement milité au Mouvement de libération de la femme (MLF), au Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) puis aux Gouines rouges. Elle a récemment publié Adieu les rebelles ! (Flammarion, 2014), brillant pamphlet contre la dérive bourgeoise du mouvement homosexuel.

Daoud Boughezala. Pourquoi êtes-vous opposée à la loi Taubira sur le mariage et l’adoption pour tous, célébrée comme une immense avancée par les associations gays et lesbiennes ?

Marie-Josèphe Bonnet. Le mariage étant conçu pour faire et protéger les enfants, l’ouvrir aux homosexuels, c’est mettre un plâtre sur une jambe de bois ! En s’alignant sur le modèle hétérosexuel, le « mariage pour tous » élude en effet la pluralité des comportements amoureux, des désirs et des choix de vie. Le législateur a décrété l’égalité entre les couples, et non pas entre les personnes. Que fait-on de ceux qui ne sont pas mariés ? Ont-ils les mêmes droits que les hétéros ? La loi Taubira n’est qu’une reconnaissance illusoire de l’homosexualité. Comme toute mesure d’institutionnalisation, elle normalise la sexualité et introduit de nouvelles séparations : d’un côté les mariés et, de l’autre, les célibataires et les pacsés. En fin de compte, cette loi exprime un conformisme petit-bourgeois assez étonnant. Nous vivons la fin de la contre-culture homosexuelle, et cela me consterne !

Après tout, pourquoi les homosexuels n’aspireraient-ils pas à être des bourgeois comme les autres?

Être homosexuel revêt une signification particulière. Cela renvoie à un type singulier de désir, qui a longtemps été réprimé en raison de ses écarts par rapport à la norme hétérosexuelle. Chacun peut interpréter son homosexualité comme il l’entend. Personnellement, je la conçois comme un désir de développement personnel qui me porte à la solidarité avec les femmes. Après Mai-68, j’ai voulu faire de mon homosexualité un facteur de contestation des normes et des modèles sociaux établis. Avec le Front homosexuel d’action révolutionnaire, nous voulions nous transformer nous-mêmes pour changer la société. Mais sévissait déjà dans la société un courant d’intégration des homosexuels qui nous conseillait de ne pas faire de vague et d’entrer dans ce qu’ils appelaient l’« indifférence » en opposition à la « différence » que nous incarnions.

Vouloir être reconnu par le droit, ce n’est pas forcément trahir la cause. Comme disait le fondateur du FHAR, Guy Hocquenghem, pour déconstruire les rôles sociaux, encore faut-il y avoir accès…

Mais Guy avait accès à tous les rôles ; c’était même sa revendication que de pouvoir jouer avec le rôle féminin en devenant objet du désir. Dans les années 1970, le mouvement « pédé » − qui se désignait comme tel, alors que nous-mêmes nous appelions « gouines » − se voulait en rupture avec le modèle traditionnel de la virilité. Ses membres scandaient « À bas la virilité fasciste ! » dans les manifs du MLF. C’étaient les seuls garçons que nous acceptions dans les cortèges du MLF, car ils se mettaient du côté du matriarcat et acceptaient leur féminité. Quant au mouvement « gouine », il était en quête d’une nouvelle forme d’authenticité en rupture avec les stéréotypes sociaux associés aux femmes. Malgré nos différences, au sein du FHAR, nous avons constitué une alliance fraternelle révolutionnaire pour l’époque !

En ce cas, pourquoi avez-vous rompu avec les associations homosexuelles ?

Pendant que les « gays » s’orientaient exclusivement vers le masculin, abandonnant leur quête de féminité, le féminisme s’est institutionnalisé avec l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. Or, cette rentrée dans le rang s’est faite aux dépens des lesbiennes, qui se sont repliées sur le mouvement queer, abandonnant du même coup le combat pour la reconnaissance sociale de l’amour entre femmes au profit de l’« indifférenciation » des genres.

Les années sida n’ont-elles pas resserré les liens entre lesbiennes et queers ? Dans votre essai, vous insinuez que c’est l’hécatombe des années 1980 qui a engendré un désir d’enfant chez les gays.

Il est vrai que ces deux mouvements ont été concomitants. D’une part, les féministes officielles – dont certaines étaient lesbiennes – se sont plus ou moins séparées de la cause des homosexuelles censées « haïr » les hommes, car il fallait alors faire la paix des sexes. D’autre part, les gays ont exprimé un désir d’enfant inédit. Les morts du sida ont certainement beaucoup joué dans ce désir de perpétuation. Que les lesbiennes veuillent avoir des enfants, ce n’est pas surprenant. Mais les gays ont voulu transmettre leurs gènes (et leur patrimoine), tout en nous expliquant que le biologique n’avait aucun poids dans la famille. Si tel était le cas, les associations LGBT n’exigeraient pas la GPA, mais se contenteraient de l’adoption !

En somme, on assiste au retour du refoulé génétique ou, à tout le moins, à une revanche de la nature sur la culture ?

Oui. Si l’idéologie dominante répudie toute réflexion sur les gènes, le biologique et la transmission, les individus – homosexuels compris ! – n’en demeurent pas moins travaillés par leur inconscient familial. Dans une famille, quand on n’a pas d’enfant, on n’existe pas. Moi-même, sans enfant, j’ai dû m’imposer dans ma propre famille, et cela n’a pas été facile.

Rassurez-vous : comme le mariage, la parentalité est désormais « pour tous » ! À ce propos, en lui laissant entendre qu’il peut naître de deux hommes ou de deux femmes, ne brouille-t-on pas complètement les repères de l’enfant ?

Cette fiction revient ni plus ni moins à occulter l’un des parents biologiques de l’enfant. Ne pas avoir connaissance de son héritage génétique est dramatique. L’origine, c’est fondamental, c’est un enracinement dans une mémoire familiale, un héritage physique, certaines maladies qui se transmettent de génération en génération, etc. Ayant un grand-père né de père inconnu, je sais combien un trou dans l’arbre généalogique peut faire de dégâts. Quand l’histoire de la famille n’a pas été transmise, on se retrouve manipulé par l’inconscient familial. Mais certains proposent de dénier l’origine biologique, comme si elle comptait pour rien.

Vos camarades féministes n’ont-elles pas pavé le chemin de cette déconstruction par leur lutte contre l’ordre patriarcal ?

Ah non, vous confondez luttes féministes et mouvement queer ! Hormis Élisabeth Badinter, Caroline Fourest et Irène Théry, je connais peu de féministes favorables à la « GPA éthique ». Dans les années 1970, la majorité des féministes entendaient maîtriser la fécondité et émanciper les femmes du pouvoir médical. Or, c’est pratiquement au moment où l’on obtient l’avortement et la contraception que naît Amandine, le premier « bébé-éprouvette ». Les médecins reprennent alors le pouvoir sur la procréation et font de la thérapie contre la stérilité une priorité, comme si l’on ne pouvait pas vivre sans enfant. Par la suite, la mouvance queer a surfé sur les innovations de la biotechnologie, au risque de lui confier les clés de la filiation. N’oubliez pas qu’avec la PMA, ce n’est plus la mère mais le médecin qui choisit le père de l’enfant. En plus, il sélectionne le sperme, élimine les porteurs de maladie, etc.

Si une partie des députés de la majorité souhaitait autoriser les couples de lesbiennes à recourir à la PMA, ce n’était pas pour complaire au lobby médical mais pour ne plus réserver l’emploi de cette technique aux seuls couples hétéros. Tout bien réfléchi, pourquoi n’accorderait-on pas les mêmes droits à tous ?

Avec la PMA, on franchirait un pas supplémentaire dans l’artificialité en coupant les enfants de leurs origines biologiques. En France, la PMA est permise en cas de stérilité médicalement constatée. Or, l’immense majorité des lesbiennes ne sont pas stériles. Dans leur cas, qu’est-ce qui motiverait la PMA ? On me répondra que deux femmes ne peuvent pas faire d’enfant par les voies biologiques. Mais les homosexuels ont engendré depuis des millénaires. Les lesbiennes n’ont pas besoin de recourir à des techniques médicales pour se faire inséminer par des hommes qui acceptent d’être le père biologique sans être le père social de l’enfant.

Le désir d’enfant à tout prix pousse même certains à « importer » un bébé conçu par GPA car si, en France, François Hollande s’est engagé à ne jamais la légaliser, le recours aux mères porteuses est en pleine extension à travers le monde…

La GPA nous fait bel et bien entrer dans un cadre marchand mondialisé, avec des mères porteuses qui proposent des contrats de location de ventre. Cette technique nous met face à un enjeu biotechnologique sans précédent. La GPA, c’est l’ouverture au commerce international des enfants, à la négation du rôle de la mère, dont on connaît l’importance dans la relation interpersonnelle qui se noue avec le fœtus au cours des neuf mois de grossesse. Tout ceci est scandaleux. Dans les reportages sur les cliniques de GPA en Inde, on entend des mères auxquelles on a enlevé l’enfant dès la naissance, au point qu’elles n’ont même pas pu lui donner la tétée malgré l’importance du lait maternel dans le développement du système immunitaire du nourrisson. Eh bien, des années après, à chaque anniversaire de l’enfant, elles y pensent encore… J’ajoute qu’en toile de fond, la GPA introduit un « droit à l’enfant » tout à fait abusif, et qui ne se préoccupe pas de l’avenir de l’enfant né dans de telles conditions.

Un enfant élevé par des parents homos sera-t-il forcément moins épanoui que s’il avait grandi dans un foyer hétéro ?

Bien sûr que non ! N’importe qui peut élever des enfants. Le problème n’est pas là. Mais derrière le « droit à l’enfant » et l’homoparenté, s’avance l’idée de faire des enfants sans l’autre sexe. Quelle société voulons-nous ? D’un côté, on se bat pour la mixité et, de l’autre, on rejette l’autre sexe dans un acte qui est l’essence même de la perpétuation de notre société. Au sujet des homosexuels, on parle même de « stérilité sociale », ce qui est le comble de l’homophobie puisque cela revient à affirmer que les homosexuels ne peuvent rien apporter d’autre à la société que des enfants. Nous vivons bien la fin de la contre-culture homosexuelle.

De fait, il existe des dizaines de milliers d’enfants français vivant dans des foyers homosexuels. Comment accorder des droits à ceux qui les élèvent sans bouleverser leur filiation ?

Contentons-nous d’élaborer un statut de beau-parent digne de ce nom et valable pour toutes les situations. S’agissant d’une PMA effectuée par un couple de lesbiennes, qui auraient par exemple payé une clinique en Belgique, puisque ce droit leur est fermé en France, la compagne de la mère biologique doit avoir des responsabilités reconnues par la loi. Non pas en tant que deuxième parent, mais comme beau-parent, ce qui est radicalement différent sur un plan symbolique. La même règle vaudrait pour les couples hétérosexuels. Quand aux hommes qui ont recours à une mère porteuse à l’étranger, leur situation est différente. Même s’ils peuvent prouver que l’un d’entre eux est le père biologique, le fait d’instrumentaliser des femmes est tout à fait inadmissible et contraire à la reconnaissance du droit des femmes. Nous avançons sur une pente très dangereuse…

Indépendamment des intérêts de l’enfant, la banalisation des familles avec « deux papas » ou « deux mamans » ne contribue-t-elle pas à mieux faire accepter l’homosexualité ?

Ne vous y trompez pas : cela ne fait pas accepter la différence, mais plutôt le semblable. Dans l’inconscient collectif, une lesbienne ayant un enfant est perçue comme une femme, et non comme une lesbienne. Grâce à sa maternité, elle cesse d’être transgressive et se trouve beaucoup mieux acceptée dans la famille. Côté gay, les choses sont différentes car un homme n’a pas besoin de faire des enfants pour exister dans une famille et accéder au pouvoir dans la société. On se demande d’ailleurs si la revendication du droit à l’enfant n’est pas une façon de récupérer le pouvoir du Père : transmettre son nom et son patrimoine à sa descendance. Aujourd’hui, le patriarcat revient par l’entremise des gays, dès lors qu’ils se détournent de l’égalité entre les sexes !

Le remaniement annoncé le 22 septembre du Comité consultatif national d’éthique provoque des polémiques. D’abord parce que François Hollande et des ministres ont nommé plusieurs personnes qui reflètent davantage la vision de la majorité actuelle que celle de l’opposition et même celle du Comité sortant, notamment en matière de bioéthique. Ensuite parce que François Hollande a décidé de rompre avec la coutume qui consistait à consulter les institutions religieuses avant de nommer des personnes « appartenant aux principales familles philosophiques et spirituelles ».

Au total, sur 40 membres, pas moins de 22 nominations ont été annoncées. On y trouvera quinze nouveaux membres et seulement sept ont vu leur mandat renouvelé. Parmi les personnes « choisies en raison de leur compétence et de leur intérêt pour les problèmes d’éthique », on trouve notamment Jean-Pierre Mignard. Cet avocat proche de François Hollande est membre du Conseil national du Parti socialiste et codirecteur de Témoignage chrétien où il a pu exprimer son soutien pour la loi Taubira. Autre choix spectaculaire, abondamment commenté par plusieurs journaux catholiques : Michelle Meunier, éducatrice de jeunes enfants et sénatrice PS de Loire-Atlantique, qui milite pour la procédure du changement de sexe à l’état civil.

Quant à la place des quatre « religieux » (i. e. membres du CCNE recommandés par des organisations religieuses), François Hollande a décidé de ne pas renouveler les mandats du pasteur Louis Schweitzer et du rabbin Michaël Azoulay, alors que leurs institutions souhaitaient leur maintien. Ils ont été remplacés par deux personnes qui ne sont pas liées à des institutions religieuses : l’historienne protestante Marianne Carbonnier-Burkard et le chercheur en neurologie juif Lionel Naccache. Les mandats du catholique Xavier Lacroix et musulman Ali Benmakhlouf ne sont pas arrivés à terme.

Parmi les réactions des politiques, on relève d’abord ceux qui viennent de la droite. Ainsi en particulier Jean Leonetti, député UMP des Alpes-Maritimes et auteur de la loi sur la fin de vie. Au Figaro, il a déclaré : « On sort les religieux et on envoie des militants pour conformer les avis du CCNE à celui du gouvernement. Au lieu de changer d’avis sur ces grandes questions éthiques, le gouvernement préfère changer de comité d’éthique ! »
Une critique reprise notamment par le mouvement « La Manif pour tous », qui prépare ses états généraux.

Le président chercherait-t-il donc un CCNE à sa botte ? La question se pose, selon Philippe Gosselin, député UMP de la Manche. Dans sa tribune publiée dans nos colonnes, il écrit : « Le Président, comme les autres autorités de nomination – on pense au Président du Sénat nommant la très neutre (!) sénatrice Meunier -, ont sciemment pris le risque d’un trouble grandissant de l’opinion publique et d’un risque de manipulation d’une instance jusqu’alors respectée et écoutée. »

Le député, qui est aussi co-fondateur de l’Entente parlementaire pour la Famille, considère que « la méfiance s’est installée durablement entre la majorité et une grande partie de nos concitoyens depuis le projet, devenu loi, de ‘mariage pour tous ».

Même son de cloche pour Rachida Dati, vice-présidente de l’UMP et députée européenne, qui, dans une tribune publiée sur lavie.fr, se dit choquée par le « signal envoyé par ces évictions » : « Je suis inquiète pour la France, inquiète car au moment où la crise déstabilise et fragilise les Français, à une époque où un certain nombre de nos valeurs sont en train de voler en éclats, nous faisons fausse route en tournant le dos aux religions. « 

Dans une interview à La Vie, Louis Schweitzer met également en avant les facteurs politiques qui auraient joué en faveur de son éviction : « Je crois, dit-il, que ce n’est pas sans lien avec les positions que les institutions religieuses ont prises récemment contre le projet de loi sur le mariage pour tous ». Il en veut pour preuve le fait que le gouvernement souhaite relancer la discussion sur la fin de vie. Il se réfère aussi au débat à venir au sein du CCNE sur la PMA pour les couples homosexuels : François Hollande avait déclaré qu’il se conformerait à l’avis du CCNE. Une déclaration d’autant plus étonnante que le Comité d’éthique est consultatif.

Le pasteur baptiste et professeur d’éthique craint surtout un « retour à une laïcité musclée »  : « Le gouvernement fait comme si les chrétiens liés à une institution religieuse n’étaient pas libres de penser et dignes d’avoir leur mot à dire sur les questions de société. Je vois là un refus d’accepter la présence des religions dans le champ du débat public. Mais il serait fou de penser que les religions n’auraient rien à dire sur les sujets de société ! »

Ces craintes ne sont pas partagées par la gauche en général et par nombre d’acteurs qui connaissent bien le CCNE. C’est le cas de Didier Sicard, président d’honneur du Comité d’éthique. Dans son interview à La Vie, il s’érige contre l’idée selon laquelle cet organisme risquerait maintenant de devenir une courroie de transmission du pouvoir politique : « A vrai dire, ces nominations me paraissent excellentes, voire prestigieuses. On fait un procès d’intention au pouvoir en pensant qu’il cherche des personnalités allant dans son sens ; c’est une absurdité. Au CCNE, sont nommées des personnes compétentes en elles-mêmes, réputées pour leur intégrité et leur capacité à penser, et non pas pour leur prosélytisme ou leur conformisme à une sensibilité politique. » Didier Sicard ne pense pas non plus que l’éviction des « religieux » pose problème : « Ce sont bien des individus que l’on choisit, à cause de leur apport de pensée, et qui, à nouveau, ne représentent qu’eux-mêmes. Dès lors ces sensibilités religieuses libres, constituent une grande richesse pour la réflexion commune. »

A ce sujet, il faudrait néanmoins préciser que les quatre membres du CCNE recommandés par leurs institutions religieuses n’ont jamais eu la réputation de jouer le rôle des ambassadeurs de leurs religions. Dans l’histoire trentenaire du Comité, on a même vu un membre recommandé par les évêques qui s’est prononcé pour une exception d’euthanasie.  Rappelons aussi que les institutions religieuses n’avaient pas une faveur particulière. Le président de la République, plusieurs ministres, le président du Sénat, le vice-président du Conseil d’Etat peuvent évidemment désigner directement « leurs » membres. Et ce sont les présidents de l’Académie des sciences, de l’Académie de médecine, de l’Institut nationale de la santé et de la recherche médicale et de bien d’autres instituts encore, qui désignent, pour chacun d’entre eux, « leur » membre du Comité d’éthique. Le rôle des institutions religieuses était purement facultatif.

Pour l’instant, ce sont surtout les instances représentatives protestantes qui ont réagi. Le président de la Fédération protestante, indigné, a écrit une lettre de protestation au Ministère de l’Intérieur. Le Conseil national des évangéliques de France a publié un communiqué le 26 septembre dans lequel il s’inquiète d’une vision réductrice de la laïcité : « Les autorités laissent à penser que les croyants seraient les seuls à n’avoir ni la liberté de penser ni la dignité pour s’exprimer sur les questions de société. »

Or la question se pose avec d’autant plus d’acuité : Le comité d’éthique a-t-il vocation à devenir plus politique ? Est-il désormais aux ordres du pouvoir ?


Mal de dos : Attention, un mal peut en cacher un autre (Back pain: When your mind uses physical pain to protect you from psychic pain)

8 septembre, 2015
https://i0.wp.com/ecx.images-amazon.com/images/I/51yvtnNhYYL._SX331_BO1,204,203,200_.jpghttps://i0.wp.com/livingmaxwell.com/wp-content/uploads/2011/02/john-sarno-767x1024.jpghttps://i0.wp.com/www.macroeditions.com/data/prodotti/cop/galleria/big/g/guerir-le-mal-de-dos.jpgUn coeur joyeux est un bon remède, Mais un esprit abattu dessèche les os. Proverbes 17: 22
L’opprobre me brise le coeur et je suis malade. Psaumes 69: 21
Suis-je vraiment intègre? Je ne saurais le dire (…) Que m’importe, après tout! C’est pourquoi j’ose dire: ‘Dieu détruit aussi bien l’innocent que l’impie.’ Quand survient un fléau qui tue soudainement, Dieu se rit des épreuves qui atteignent les justes. (…) Et si ce n’est pas lui, alors, qui est-ce donc? Job (Job 9: 20-24)
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
Dr. Robert Ader, an experimental psychologist (…) was among the first scientists to show how mental processes influence the body’s immune system, a finding that changed modern medicine (…) Dr. Ader, who spent his entire career as a professor of psychiatry and psychology at the University of Rochester School of Medicine and Dentistry, conducted some of the original experiments in a field he named himself, psychoneuroimmunology. His initial research, in the 1970s, became a touchstone for studies that have since mapped the vast communications network among immune cells, hormones and neurotransmitters. It introduced a field of research that nailed down the science behind notions once considered magical thinking: that meditation helps reduce arterial plaque; that social bonds improve cancer survival; that people under stress catch more colds; and that placebos work not only on the human mind but also on supposedly insentient cells. At the core of Dr. Ader’s breakthrough research was an insight already obvious to any grandmother who ever said,  »Stop worrying or you’ll make yourself sick. » He demonstrated scientifically that stress worsens illness — sometimes even triggering it — and that reducing stress is essential to health care. That idea, now widely accepted among medical researchers, contradicted a previous principle of biochemistry, which said that the immune system was autonomous. As late as 1985, the idea of a connection between the brain and the immune system was dismissed in an editorial in The New England Journal of Medicine as  »folklore. »  »Today there is not a physician in the country who does not accept the science Bob Ader set in motion, » said Dr. Bruce Rabin, founder of the Brain, Behavior and Immunity Center at the University of Pittsburgh Medical Center, who considered Dr. Ader a mentor.  »He attracted interest in the field and made it possible to prove that ‘mind-body’ is real. » Dr. Ader said his breakthrough began in 1975 with what he called  »scientific serendipity. » He and a fellow researcher, Dr. Nicholas Cohen, were conducting an unrelated experiment about taste aversion involving rats and saccharine-sweetened water when they stumbled on a mysterious phenomenon. In the experiment, one group of rats was given sweetened water accompanied by an injection that caused stomach aches. (A control group got only the sweetened water.) When the injections stopped, and the rats that had experienced stomach aches refused to drink the water, researchers force-fed them with eye-droppers in order to complete the experiment’s protocols. Dr. Ader and Dr. Cohen had expected the conditioned rats to refuse the drink. They had not anticipated that forcing them to drink would eventually kill them, however, which it did, some time afterward. The two reviewed their protocols and guessed that the drugs used in the injections might have had some bearing on the deaths. They could have used any drug that caused stomach pain without doing serious harm. But the researchers discovered that they had unwittingly picked Cytoxan, which besides causing stomach aches suppresses the immune system. At first they suspected that the rats had died from an overdose of Cytoxan. Then they determined that the dosage the rats received had been too low to support that explanation. So they developed a theory, which became a landmark of medical science as further experiments proved it correct: The rats died because the mere taste of saccharine-laced water was enough to trigger neurological signals that did indeed suppress their immune systems — exactly as if they had been overdosed with Cytoxan. The rats succumbed to bacterial and viral infections they were unable to fight off. It was an example of the so-called placebo effect, only in this case it did not fool the brain into thinking it had been given something beneficial but rather the opposite. The findings were  »incontrovertible, » Anne Harrington, a Harvard professor of the history of science, wrote in the 1997 book  »The Placebo Effect. »  »The fact that he had achieved this in rats rather than humans was a further blockbuster, » she continued,  »because it undermined the frequent assumption that placebo effects were a product of peculiarly human interpersonal processes. » NYT
Plus d’un siècle après que Charcot a démontré que les hystériques n’étaient pas des simulateurs et que Freud a découvert l’inconscient, il nous est difficile d’accepter que nos souffrances puissent être à la fois réelles et sans cause matérielle. Georges Saline (responsable du département santé environnement de l’INVS)
Chacun a bien compris que « syndrome du bâtiment malsain » est la traduction politiquement correcte d’ »hystérie collective ». Le Monde
Musculoskeletal pain is very common. A review of prevalence studies indicated that in adult populations almost one fifth reported widespread pain, one third shoulder pain, and up to one half reported low back pain in a 1-month period. McBeth & Jones (2007)
Les muscles sont riches en terminaisons nerveuses, et lorsque le cerveau «en situation de stress», transmet trop d’informations aux nerfs, ils se trouvent alors saturés. Le muscle va y répondre par une crispation, une contraction musculaire, qui peut être la cause d’une douleur locale ou d’une douleur projetée. Et l’état de stress chronique favorise les poussées inflammatoires sur les articulations par la libération dans le sang de substances inflammatoires. Il suffit d’avoir un peu d’arthrose et d’être stressé pour que les articulations se mettent à exprimer une souffrance. Dr Gilles Mondoloni
We have incredible healing mechanisms that have evolved over millions of years. No matter how severe, injuries heal. Continuing pain is always the signal that TMS has begun. Consider that a fracture of the largest bone in the body, the femur (thigh bone), takes only six weeks to heal and will be stronger at the fracture site than it was before the break. Strong support that whiplash is part of TMS came to my attention in the Medical Science section of the New York Times from a piece published in the May 7, 1996, issue titled « In One Country, Chronic Whiplash Is Uncompensated (and Unknown). John E. Sarno
In a survey done in 1975 it was found that 88 per cent of patients with TMS had histories of up to five common mindbody disorders, including a variety of stomach symptoms, such as, heartburn, acid indigestion, gastritis and hiatal hernia; problems lower in the intestinal tract, such as spastic colon, irritable bowel syndrome and chronic constipation; common allergic conditions, such as hay fever and asthma; a variety of skin disorders, such as ecema, acne, hives and psoriasis; tension or migraine headache; frequent urinary tract or respiratory infections; and dizziness or ringing in the ears. . . . » (…) Even when there are structural abnormalities found in the back and in arthritic joints, many with such pathology have no symptoms; others have pain symptoms disproportionate to the actual pathology of the normal aging process. Even after surgeries to correct these « abnormalities » the pain continues. (…)  insight oriented therapy is the choice for people with TMS or its equivalents. The therapists to whom I refer patients are trained to help them explore the unconscious and become aware of feelings that are buried there, usually because they are frightening, embarrassing or in some way unacceptable. These feelings, and the rage to which they often give rise, are responsible for the many mindbody symptoms I have described. When we become aware of these feelings, in some cases by gradually becoming able to feel them, the physical symptoms because unnecessary and go away. John Sarno
The pain will not stop unless you are able to say, « I have a normal back; I now know that the pain is due to a basically harmless condition, initiated by my brain to serve a psychological purpose. (…) The brain tries desperately to divert our attention from rage in the unconscious. . . . So we must bring reason to the process! This is the heart of the very important concept. . . . (…) Remember, the purpose of the pain is to divert attention from what’s going on emotionally and to keep you focused on the body. (…) For some people simply shifting attention from the physical to the psychological will do the trick. Others need more information on how the strategy works, and still others require psychotherapy. John Sarno
The immune system is a marvel of complexity and efficiency. It is designed to protect us from foreign invaders of all kinds, the most important of which are infectious agents, and from dangerous enemies that are generated within, like cancer. It is composed of a variety of defense strategies: it can generate chemicals to kill invaders; it can mobilize armies of cells to swallow them up; and it has an elaborate system whereby it can recognize thousands of substances that are foreign to our bodies and then neutralize them. For years it was thought by immunologists to be an autonomous system, though there were disconcerting stories about patients along the way that suggested that the mind might have something to do with the way it worked. For the most part these stories were discounted by the experts, but now there is concrete evidence that cannot be ignored that the brain is involved in the system. (…) there is a long history of awareness that the emotions have something to do with our susceptibility to or ability to fight off infection, but none of it is generally accepted by medical doctors and rarely applied in everyday practice. Frequent colds and genitourinary infections are among the most common but it is likely that psychological factors play a role in all infectious processes. As with cancer, it is the efficiency of the immune system to do its job of eradicating the infectious agent that is at issue. Stressful emotions can reduce that effectiveness and allow the infection to flourish but there is ample anecdotal evidence that people have the capacity to enhance immunologic efficiency by improving their emotional states. John E. Sarno (Healing back pain, 1991)
Our results suggest that chronic symptoms were not usually caused by the car accident. Expectation of disability, a family history, and attribution of pre-existing symptoms to the trauma may be more important determinants for the evolution of the late whiplash syndrome. Dr. Harald Schrader et al
The study in Lithuania provides a healthy reminder to Western societies that a heavy price is paid when a culture of self-imposed victimhood and self-serving litigation develops. One part of that price appears in impersonal numbers: lost efficiency, soaring costs, unfair usurpation of health-care resources. But a far more tragic cost is personal: individuals shackled for years by their belief that inescapable pain rules their lives day after day. Christian Science Monitor
I’ve seen patients 25 years down the road still having problems. The condition can become chronic, he said, when people alter their posture to relieve the pain of injured tendons and muscles. They begin to compensate. and these compensations also cause problems. Dr. Barry August (New York University Medical Center)
And then, in an instant, I started to cry. Not little tears, not sad, quiet oh-my-back-hurts-so-much tears, but the deepest, hardest tears I’ve ever cried. Out of control tears, anger, rage, desperate tears. And I heard myself saying things like, Please take care of me, I don’t ever want to have to come out from under the covers, I’m so afraid, please take care of me, don’t hurt me, I want to cut my wrists, please let me die, I have to run away, I feel sick-and on and on, I couldn’t stop and R–, bless him, just held me. And as I cried, and as I voiced these feelings, it was, literally, as if there was a channel, a pipeline, from my back and out through my eyes. I FELT the pain almost pour out as I cried. It was weird and strange and transfixing. I knew–really knew–that what I was feeling at that moment was what I felt as a child, when no one would or could take care of me, the scaredness, the grief, the loneliness, the shame, the horror. As I cried, I was that child again and I recognized the feelings I have felt all my life which I thought were crazy or at the very best, bizarre. Maybe I removed myself from my body and never even allowed myself to feel when I was young. But the feelings were there and they poured over me and out of me. TMS Patient
Dr. Sarno’s theory can be stated simply: Most muscular/ skeletal pain is usually the result of early infantile and childhood trauma which has been repressed. The emotion involved is invariably that of profound anger and rage. Our mind plays tricks and confuses us into focusing our attention on physical pain while the real problem is in our not facing and uncovering our repressed emotions, particular deep rage. Sarno’s thesis is quite different from Janov’s in that the cure to Sarno’s Tension Myositis Syndrome (TMS) is simply to come to realize that the origin of the pain is from the unconscious mind and not from any bodily abnormality. Janov’s primal theory, on the other hand, emphasizes that this insightful knowledge is not curative; that what is needed for cure is a full re-living of the original repressed trauma. The disorders which are encompassed by this syndrome include, low back and leg pain, most neck and shoulder pain, fibromyalgia, and chronic fatigue syndrome. The author believes that anxiety and depression are both TMS equivalents. (…) The author surmises that the source of the pain in TMS is mild oxygen deprivation to the involved tissues and organ systems. At a very deep unconscious level repressed rage is the cause of the pain. Sarno takes issue with the medical profession since most physicians do not accept that the primary cause of many such chronic pain syndromes are psychological problems. Most physicians recognize that emotions play a role in such problems but are quick to find an inconsequential abnormality which they believe to be the cause of the TMS symptoms. (…) Unless the patient can become convinced that his back or neck is normal, the pain will continue. They must be reassured and then really come to believe that « . . . structural abnormalities that have been found on X ray, CT scan or MRI are normal changes associated with activity and aging. »  This newly acquired belief, Dr. Sarno writes, will thwart the strategy of the brain to make one become fixated on the body and instead begin to understand that the problem is an unfelt trauma stored in one’s unconscious. It is as though the mind fears the release of the repressed rage. To make the pain go away the patient must acknowledge and accept the true basis of the pain. Think psychologically and talk to your brain! This will divert attention from the body. Insight, knowledge, and understanding are the cures for the TMS symdrome. (…) This was a patient, who at first despite knowing and accepting the source of her back pain, did not improve. Instead, the author writes, this patient’s pain became worse. He believes that her symptoms were exacerbated in a desperate attempt by the body to prevent their being released into consciousness — into her knowing their actual source. « The feelings would not be denied expression, » he wrote, « and when they exploded into consciousness the pain disappeared. It no longer had a purpose; it had failed in its mission. » (…) It is the unconscious repressed rage which is the source of the chronic pain, not the anger and rage which is consciously known by the patient. (…) There is an inexorable press by the unconscious to release and reveal its past traumas. When the patient understands the repressed presence of rage the feelings will stop trying to become conscious and « removal of that threat eliminates the need for physical distraction, and the pain stops. » John A. Speyrer
Quand un patient arrive dans une consultation d’hopital, la routine est de faire un scanner IRM. Invariablement, on observe une quelconque anormalité anatomique comme un disque déplacé, une sténose spinale, ou de l’arthrite spinale. Alors le docteur déclare quelque chose comme : « C’est à cause du disque que vous avez mal » et dirige le patient vers la thérapie physiologique destinée à traiter le disque, avec de faibles résultats à long terme. En étudiant la littérature médicale, le Dr Sarno avait remarqué que si vous prenez une centaine de patients entre 40 et 60 ans ne présentant aucune douleur du dos et que vous leur faites passer un scanner IRM, dans 65% des cas vous constatez qu’il existe un disque déplacé ou une sténose spinale SANS douleur (New England Journal of Medicine, article 1994). Alors il s’est posé la question : « Si ce n’est pas le disque qui cause la douleur, alors c’est quoi ? » Il a découvert que les gens qui souffraient avaient des tensions chroniques et des spasmes musculaires dans le cou, le dos, les épaules ou les fessiers. Il affirme que lorsqu’un muscle est tendu de façon chronique, le sang ne peut pas circuler normalement à cet endroit ; il y a un manque d’oxygène et cela cause une douleur sévère. Vous pouvez aussi imaginer un muscle tendu enserrant un nerf et provoquant les symptômes de la sciatique. L’important ici, c’est que le Dr Sarno ne dit pas à ses patients que la douleur est dans leur tête. Il leur donne une véritable explication physiologique. Et nous allons bientôt voir la connexion logique avec les émotions. Le Dr Sarno s’est demandé : « Et d’abord, pourquoi est-ce que les gens ont les muscles tendus de façon chronique ? » Il a trouvé l’explication suivante. C’est que nombre de nos concitoyens grandissent dans des familles dans lesquelles ils apprennent, à un certain niveau (inconscient), que ce n’est pas bien d’exprimer sa colère ou sa peur. C’est un problème parce qu’en grandissant nous traversons des événements spécifiques ou des traumatismes qui suscitent la colère ou la peur. Et dès que ces émotions émergent dans le corps, notre inconscient dit en substance : « Ce n’est pas bien ni sécurisant de ressentir ces choses ». Alors, selon Sarno, l’inconscient provoque la crispation et le raidissement des muscles afin que la douleur nous détourne de ce qui nous met en colère ou nous fait peur. Quelquefois, ce processus de douleur peut continuer pendant des dizaines d’années. Dr Eric Robins

Attention: un mal peut en cacher un autre !

« Dorsalgies », « lombalgies », « lumbago », « mal de reins », « tour de rein », « sciatiques » …

Alors qu’en ce meilleur des mondes où les bébés se vendent désormais sur catalogue

Et où même les bâtiments tombent malades …

Nos thérapeutes et nos médias multiplient, sur fond de victimisation devenue folle, les appellations et les spécialités médicales comme les thérapies et les formules pharmacologiques censées y remédier …

Comment ne pas s’étonner de l’étrange consensus autour de cette quasi-épidémie qu’il est devenu normal d’appeler mal du siècle ?

Et du tout autant singulier silence sur les travaux du Dr Sarno (seulement traduit en français l’an dernier) …

Qui remarquant le fréquent décalage entre les anormalités anatomiques et les douleurs ressenties ou la tendance desdites douleurs à se déplacer à mesure qu’elles étaient « guéries » ..

Comme, inspiré par les travaux du Dr Ader, les liens entre notre cerveau et notre système immunitaire et donc entre le stress et nos facultés d’affronter les maladies infectieuses …

A depuis longtemps montré que nombre de nos douleurs physiques chroniques …

Ne sont souvent qu’une manière pour notre cerveau de nous détourner de douleurs psychiques plus profondes ou plus anciennes ?

Book Review: The Mindbody Prescription: Healing the Body, Healing the Pain by John E. Sarno, M.D. Warner Books, 1998, pp. 210

Reviewed by John A. Speyrer

I first learned of Dr. John E. Sarno when he was a guest on Larry King’s television show a few years ago. The author is professor of Clinical Rehabilitation Medicine at the New York University School of Medicine and an attending physician at the Howard A. Rusk Institute of Rehabilitation Medicine at New York University Medical Center. His theories seemed to be related to primal therapy so I had intended to eventually read what he had to say about the cause and cure of back ailments. Then recently while surfing the internet I ran across a website with book reviews of both Sarno’s book and Janov’s The Primal Scream. I thought that perhaps Sarno’s theories were closer related to Janov’s primal theory than I had originally surmised so I decided to read his book, The Mindbody Prescription.

Dr. Sarno’s theory can be stated simply: Most muscular/ skeletel pain is usually the result of early infantile and childhood trauma which has been repressed. The emotion involved is invariably that of profound anger and rage. Our mind plays tricks and confuses us into focusing our attention on physical pain while the real problem is in our not facing and uncovering our repressed emotions, particular deep rage. Sarno’s thesis is quite different from Janov’s in that the cure to Sarno’s Tension Myositis Syndrome (TMS) is simply to come to realize that the origin of the pain is from the unconscious mind and not from any bodily abnormality. Janov’s primal theory, on the other hand, emphasizes that this insightful knowledge is not curative; that what is needed for cure is a full re-living of the original repressed trauma.

The disorders which are encompassed by this syndrome include, low back and leg pain, most neck and shoulder pain, fibromyalgia, and chronic fatigue syndrome. The author believes that anxiety and depression are both TMS equivalents.

Dr. Sarno writes:

« In a survey done in 1975 it was found that 88 per cent of patients with TMS had histories of up to five common mindbody disorders, including a variety of stomach symptoms, such as, heartburn, acid indigestion, gastritis and hiatal hernia; problems lower in the intestinal tract, such as spastic colon, irritable bowel syndrome and chronic constipation; common allergic conditions, such as hay fever and asthma; a variety of skin disorders, such as ecema, acne, hives and psoriasis; tension or migraine headache; frequent urinary tract or respiratory infections; and dizziness or ringing in the ears. . . . » p. 29
Even when there are structural abnormalities found in the back and in arthritic joints, many with such pathology have no symptoms; others have pain symptoms disproportionate to the actual pathology of the normal aging process. Even after surgeries to correct these « abnormalities » the pain continues.

The author surmises that the source of the pain in TMS is mild oxygen deprivation to the involved tissues and organ systems. At a very deep unconscious level repressed rage is the cause of the pain. Sarno takes issue with the medical profession since most physicians do not accept that the primary cause of many such chronic pain syndromes are psychological problems. Most physicians recognize that emotions play a role in such problems but are quick to find an inconsequential abnormality which they believe to be the cause of the TMS symptoms.

If the cause of the pain is oftentimes repressed rage, what is the role of psychotherapy in the elimination of the chronic pains of TMS? After giving his patient a physical exam to eliminate any gross physical abnormality from consideration, Dr. Sarno primarily uses education to explain the operation and power of repressed feelings. He believes that the pain, weakness, stiffness, burning pressure and numbness caused by a reduced a blood flow causes no permanent damage to the tissues.

Unless the patient can become convinced that his back or neck is normal, the pain will continue. They must be reassured and then really come to believe that « . . . structural abnormalities that have been found on X ray, CT scan or MRI are normal changes associated with activity and aging. »

This newly acquired belief, Dr. Sarno writes, will thwart the strategy of the brain to make one become fixated on the body and instead begin to understand that the problem is an unfelt trauma stored in one’s unconscious. It is as though the mind fears the release of the repressed rage. To make the pain go away the patient must acknowledge and accept the true basis of the pain. Think psychologically and talk to your brain! This will divert attention from the body. Insight, knowledge, and understanding are the cures for the TMS symdrome.

Psychotherapy is rarely used. Dr. Sarno explains its role:

« . . . insight oriented therapy is the choice for people with TMS or its equivalents. The therapists to whom I refer patients are trained to help them explore the unconscious and become aware of feelings that are buried there, usually because they are frightening, embarrassing or in some way unacceptable. These feelings, and the rage to which they often give rise, are responsible for the many mindbody symptoms I have described. When we become aware of these feelings, in some cases by gradually becoming able to feel them, the physical symptoms because unnecessary and go away. » p. 161
On page 13 one of his patients described what seems to have been a primal regression encouraged by her husband’s support: »And then, in an instant, I started to cry. Not little tears, not sad, quiet oh-my-back-hurts-so-much tears, but the deepest, hardest tears I’ve ever cried. Out of control tears, anger, rage, desperate tears. And I heard myself saying things like, Please take care of me, I don’t ever want to have to come out from under the covers, I’m so afraid, please take care of me, don’t hurt me, I want to cut my wrists, please let me die, I have to run away, I feel sick-and on and on, I couldn’t stop and R–, bless him, just held me. And as I cried, and as I voiced these feelings, it was, literally, as if there was a channel, a pipeline, from my back and out through my eyes. I FELT the pain almost pour out as I cried. It was weird and strange and transfixing. I knew–really knew–that what I was feeling at that moment was what I felt as a child, when no one would or could take care of me, the scaredness, the grief, the loneliness, the shame, the horror. As I cried, I was that child again and I recognized the feelings I have felt all my life which I thought were crazy or at the very best, bizarre. Maybe I removed myself from my body and never even allowed myself to feel when I was young. But the feelings were there and they poured over me and out of me. »
This was a patient, who at first despite knowing and accepting the source of her back pain, did not improve. Instead, the author writes, this patient’s pain became worse. He believes that her symptoms were exacerbated in a desperate attempt by the body to prevent their being released into consciousness — into her knowing their actual source. « The feelings would not be denied expression, » he wrote, « and when they exploded into consciousness the pain disappeared. It no longer had a purpose; it had failed in its mission. » (The author’s emphasis.) It is the unconscious repressed rage which is the source of the chronic pain, not the anger and rage which is consciously known by the patient.

There is an inexorable press by the unconscious to release and reveal its past traumas. When the patient understands the repressed presence of rage the feelings will stop trying to become conscious and « removal of that threat eliminates the need for physical distraction, and the pain stops. »

Sarno claims the rate of « cure » is between 90 and 95 per cent and yet his practice is comprised mostly of sufferers who have gone to him as a last resort — those who have been suffering for decades. He has treated over 10,000 patients and will only accept a patient who he believes can accept the psychological explanation as the cause of their distress. Being convinced and coming to believe that the pain has its origins in repressed feelings is essential for the treatment to be successful. This is a maxim of the treatment and is repeated throughout the book. It is not a form of denial of the existence of the pain but only an affirmation and acceptance of its true origin.

Dr. Sarno writes that one must accept the emotional explanation in order to get well.

« Increasingly, we discussed the pain with the patient, where it came from and why it would go away once the psychological poison was revealed. » p. 105
« He (the patient) understood and accepted the principle of psychological causation as applicable to his symptoms — and he got better. » p. 111
« In many cases merely acknowledging that a symptom may be emotional in origin is enough to stop it. » p. 113.
« I would tell patients their backaches were induced by stress and tension, and if they were open to that idea, they got better. » p. 113
« The pain will not stop unless you are able to say, « I have a normal back; I now know that the pain is due to a basically harmless condition, initiated by my brain to serve a psychological purpose. . . . » p. 142
« The brain tries desperately to divert our attention from rage in the unconscious. . . . So we must bring reason to the process! This is the heart of the very important concept. . . . » p. 144
« I tell my patients that they must consciously think about repressed rage and the reasons for it whenever they are aware of the pain. » p. 145
« Remember, the purpose of the pain is to divert attention from what’s going on emotionally and to keep you focused on the body. » p. 148
« For some people simply shifting attention from the physical to the psychological will do the trick. Others need more information on how the strategy works, and still others require psychotherapy. » p. 149
An extensive bibliography is contained in The Mindbody Prescription. Sections of the book include discussions of the the psychosomatic theories of Walter B. Canon, Heinz Kohut, Franz Alexander, Stanley Coen, Candace Pert, Sigmund Freud, Graeme Taylor, and others. A technical appendix with more indepth studies is included.

The author has also written:

Healing Back Pain: The Mind-Body Connection
Mind over Back Pain : A Radically New Approach to the Diagnosis and Treatment of Back Pain

Voir aussi:

Health
Pain Relief
When Back Pain Starts In Your Head
Is repressed anger causing your back pain?

Mike McGrath

Prevention.com

November 3, 2011
John Sarno, MD, thinks that virtually all lower back pain is caused not by structural abnormalities but by repressed rage.

He’s written three books about it, including The Mindbody Prescription. A professor of clinical rehabilitation medicine at the New York University School of Medicine in New York City, Dr. Sarno believes that to protect you from acting on—or being destroyed by—that rage, your unconscious mind distracts you from the anger by creating a socially acceptable malaise: lower back pain.

Noted integrative medicine specialist and Prevention advisor Andrew Weil, MD, is a big fan of Dr. Sarno’s theory. So are actress Anne Bancroft and ABC-TV correspondent John Stossel—three of the thousands who report that Dr. Sarno cured their back pain.

What is the cure? In a word, awareness. Accept that your brain is trying to protect you from the rage, and the pain will go away. How’s that for « instant »?

Dr. Sarno has coined the term TMS— »Tension Myositis Syndrome »—to describe this « psychophysiological » condition. The brain, he says, mildly oxygen-deprives our back muscles and certain nerves and tendons to distract us and prevent our repressed anger from lashing out.

He readily acknowledges that this diagnosis is controversial. In fact, he tells Prevention, « Most people won’t buy it. But my TMS patients who do accept it cure themselves. » John Stossel was a hard sell. « I tried chiropractic. I tried acupuncture. I tried every back chair and special pillow I could find, » he recalls. His back still hurt so much that he spent entire meetings stretched out on the floor. This went on for 15 years, until a colleague told him about Dr. Sarno.

Stossel, the kind of reporter who would normally try to debunk such a theory, says that « it sounded ridiculous » to him. « But my back really hurt, and my medical insurance paid for 80%. So I went to see him, read one of his books, and—except for some occasional twinges—got better immediately. »

But it didn’t last. « Six months later, the pain came back, and Dr. Sarno gave me a kind of ‘I told you so’ look. I hadn’t done one thing he had strongly suggested, which was to attend one of his seminars. So I went, got better again, and I’ve been virtually pain-free for 10 years. »

Are you at risk for rage-induced back pain? Dr. Sarno has found that people with certain personality traits are at higher risk for this back pain disorder, specifically intelligent, talented, compulsive perfectionists and those who tend to put the needs of others first.

Voir également:

In One Country, Chronic Whiplash Is Uncompensated (and Unknown)
Denise Grady
The New York Times

May 7, 1996

In, Lithuania, rear-end collisions happen much as they do in the rest of the world. Cars crash, bumpers crumple and tempers flare. But drivers in cars that have been hit there do not seem to suffer the long-term complaints so common in other countries: the headaches or lingering neck pains that have come to be known as chronic whiplash, or whiplash syndrome.

Cars are no safer in Lithuania, and the average neck is not any stronger. The difference, a new study says, might be described as a matter of indemnity.

Drivers in Lithuania did not carry personal-injury insurance at the time of the study, and people there were not in the habit of suing one another. Most medical bills were paid by the government. And although some private insurance is now appearing, at the time there were no claims to be filed, no money to be won and nothing to be gained from a diagnosis of chronic whiplash. Most Lithuanians, in fact, had never heard of whiplash.

The circumstances in Lithuania are described in the current issue of The Lancet, a British medical journal, by a team of Norwegian researchers who conducted a study there. The results, they wrote, suggest that the chronic whiplash syndrome « has little validity. »

The study was prompted by « an explosion of chronic-whiplash cases in Norway, » said Dr. Harald Schrader, a neurologist at University Hospital in Trondheim. He explained: « We are topping the world list. In a country of 4.2 million, we have 70,000 people in a patients’ organization who feel they have chronic disability because of whiplash. People are claiming compensation for injuries from mechanical forces not more than you would get in daily life, from coughing, sneezing, running down the steps, plopping into a chair. And they are getting millions of kroner in compensation. It’s mass hysteria. »

Dr. Schrader said he and his colleagues had chosen Lithuania for a study of whiplash « because there is no awareness there about whiplash or potential disabling consequences, and no, or very seldom, insurance for personal injury. »

Without disclosing the purpose of the study, the researchers gave health questionnaires to 202 drivers whose cars had been struck from behind one to three years earlier. The accidents varied in severity; 11 percent of the cars had severe damage, and the rest had either mild or moderate damage.

The drivers were questioned about symptoms, and their answers were compared with the answers of a control group, made up of the same number of people, of similar ages and from the same town, who had not been in a car accident. The study found no difference between the two groups.

Thirty-five percent of the accident victims reported neck pain, but so did 33 percent of the controls. Similarly, 53 percent who had been in accidents had headaches, but so did 50 percent of the controls. The researchers concluded, « No one in the study group had disabling or persistent symptoms as a result of the car accident. »

Dr. Schrader said he and his colleagues had been astounded by the results. Even though they were skeptical about chronic whiplash, they had expected that a few genuine cases would turn up. But not one did, not even among the 16 percent of drivers who recalled having neck pain shortly after their accidents.

When the subjects were finally told the real purpose of the study, they were amazed to learn that anyone could think that an accident that had happened more than a year ago could still be causing health problems. Dr. Schrader recalled, « They said, ‘Headaches? Why don’t you ask me why after two years I still haven’t got the spare part for my bumper?’ « 

When the findings were publicized in Norway, Dr. Schrader said, the leader of the whiplash patients’ organization threatened to sue him. Questions were also raised about whether the research had been financed by the insurance industry. The answer is no, he said; the money came from his university.

Dr. Schrader said he did not doubt the existence of short-term whiplash injuries but did doubt the validity of chronic cases. His conclusions agree with those of a study, published a year ago in the journal Spine, that concluded that about 90 percent of whiplash injuries healed on their own in days or a few weeks and needed very little treatment.

But other injuries may persist, physicians say. « You can’t conclude from this small study that whiplash syndrome doesn’t exist, » said Dr. Paul McCormick, an associate professor of neurosurgery at the Columbia University College of Physicians and Surgeons. « But the researchers are right on in questioning the prevalence. »

Dr. McCormick said that some patients sustained lasting, identifiable injuries from whiplash but that milder cases were hard to diagnose. « We don’t have objective criteria for those, » he said. « There’s no lab test. » Soft-tissue injuries do not show up clearly on X-rays or in M.R.I. scans. The diagnosis is based on symptoms reported by the patient, who may or may not be reliable. « We have to be careful as scientists and human beings not to see everyone as scheming and lying, » Dr. McCormick said.

Other specialists also say that some chronic whiplash cases are real. « I’ve seen patients 25 years down the road still having problems, » said Dr. Barry August, a dentist who is a director of the head and facial pain-management program at New York University Medical Center. The condition can become chronic, he said, when people alter their posture to relieve the pain of injured tendons and muscles. « They begin to compensate, » he said, « and these compensations also cause problems. »

Dr. August also questioned the methods in the Lancet study. Even though the people in the control group had not been in car accidents, they might have had other injuries, he said. « Falling down the stairs, slipping on the ice, can set off a whiplash injury, » he said, « and it can be longstanding. For controls, you’d need to look at people without any injuries, even in childhood. »

Whiplash is the bane of the insurance industry. From half to two-thirds of all the people who file injury claims from car accidents report back and neck sprains. Insurers say some of those claims are false, or exaggerated.

The National Insurance Crime Bureau estimates that $16 of every $100 paid out in auto injury claims is for fraudulent claims and that half of that amount is paid for « exaggerated soft-tissue claims, » which include whiplash. Phony medical claims cost the insurance industry billions of dollars; those expenses are passed on to the public and add from $100 to $130 to the price of each car-insurance policy, said Carolyn Gorman, a spokeswoman for the Insurance Information Institute in Washington.

« Whiplash is a claim that’s growing, » Ms. Gorman said. « But you can’t be glib and think everybody’s faking it. For someone who really has whiplash, it is painful and it can last a long time and cost a lot of money. But it’s hard to tell whether someone has it. You can’t prove it. »

Voir de plus:

Necessary Pain?
Christian Science Monitor

May 14, 1996

You might say personal-injury lawyers are feeling the lash of The Lancet.

In an era when a tiny slice of the American electorate – plaintiff’s lawyers – are vetoing legislation through massive political contributions and backstage lobbying, it’s of more than passing interest to see a rebuke from the scientific community.

This comes in the form of a study of whiplash published in the British medical journal, The Lancet.

A team of Norwegian researchers studied the cases of 202 Lithuanian drivers involved in rear-ended car accidents of varying seriousness. Those studied reported an incidence of neck and headache problems similar to that of a control group not involved in auto accidents. But in no case did any of the collision victims report the kind of persisting pain known in lawsuits as whiplash.

Almost no private auto insurance is available in Lithuania. And people generally haven’t heard of whiplash. So the researchers drew the undeniably logical conclusion that chronic whiplash exists only where people are mentally conditioned to expect and/or benefit financially from it. And also where the insurance and legal system provides a framework to nourish its supposed existence.

Not surprisingly, when the study results were announced, Dr. Harald Schrader, a hospital neurologist on the research team, was threatened with suit by the head of a whiplash-patients organization in Norway. (There are some 70,000 people in that organization who claim chronic disability.)

No one, of course, should suggest singling out the victims for blame. A whole system is geared to reinforce their belief in their continuing infirmity. That system includes well-intentioned lawmakers, fee-seeking lawyers, and busy (and sometimes unethical) health-care providers.

But the study in Lithuania provides a healthy reminder to Western societies that a heavy price is paid when a culture of self-imposed victimhood and self-serving litigation develops.

One part of that price appears in impersonal numbers: lost efficiency, soaring costs, unfair usurpation of health-care resources. But a far more tragic cost is personal: individuals shackled for years by their belief that inescapable pain rules their lives day after day. Instead of threatening suit, those people might spare a word of gratitude to Dr. Shrader and his colleagues. His team offers them the beginning of knowledge to set them free.

Voir enfin:

EFT et le modèle de Sarno
Extrait d’un communiqué de presse présenté par le Dr Eric Robins, urologue californien.
http://www.emofree.com/Pain-management/pain-sarno-eric.htm

3 juillet 2008

Le Docteur John Sarno, professeur de médecine à l’Université de New York, voit quotidiennement des patients atteints des pires douleurs chroniques au monde. La plupart souffrent de douleurs graves (cou, dos, épaules, fessiers) depuis 10 à 30 ans, la plupart ont reçu de multiples injections épidurales, subi une ou plusieurs opérations chirurgicales et se sont soumis à des séances de kinésithérapie pendant des années. Tous ont été victimes de mécanismes d’action terribles (par exemple, passer sous un camion ou un boeing) et leurs radios ressemblent à celles d’Elephant Man : ils auraient donc de bonnes raisons de souffrir.
Avec cette cohorte de patients, Sarno obtient un pourcentage de guérison de 70% (à la fois pour la douleur et pour la fonctionnalité), ainsi qu’un taux supplémentaire de 15% de patients se sentant beaucoup mieux (avec 40 à 80% d’amélioration). Et il a eu ces résultats avec environ 12 000 patients.

Quand un patient arrive dans une consultation d’hopital, la routine est de faire un scanner IRM. Invariablement, on observe une quelconque anormalité anatomique comme un disque déplacé, une sténose spinale, ou de l’arthrite spinale. Alors le docteur déclare quelque chose comme : « C’est à cause du disque que vous avez mal » et dirige le patient vers la thérapie physiologique destinée à traiter le disque, avec de faibles résultats à long terme.

En étudiant la littérature médicale, le Dr Sarno avait remarqué que si vous prenez une centaine de patients entre 40 et 60 ans ne présentant aucune douleur du dos et que vous leur faites passer un scanner IRM, dans 65% des cas vous constatez qu’il existe un disque déplacé ou une sténose spinale SANS douleur (New England Journal of Medicine, article 1994). Alors il s’est posé la question : « Si ce n’est pas le disque qui cause la douleur, alors c’est quoi ? »
Il a découvert que les gens qui souffraient avaient des tensions chroniques et des spasmes musculaires dans le cou, le dos, les épaules ou les fessiers. Il affirme que lorsqu’un muscle est tendu de façon chronique, le sang ne peut pas circuler normalement à cet endroit ; il y a un manque d’oxygène et cela cause une douleur sévère. Vous pouvez aussi imaginer un muscle tendu enserrant un nerf et provoquant les symptômes de la sciatique.
L’important ici, c’est que le Dr Sarno ne dit pas à ses patients que la douleur est dans leur tête. Il leur donne une véritable explication physiologique. Et nous allons bientôt voir la connexion logique avec les émotions.

Le Dr Sarno s’est demandé : « Et d’abord, pourquoi est-ce que les gens ont les muscles tendus de façon chronique ? » Il a trouvé l’explication suivante. C’est que nombre de nos concitoyens grandissent dans des familles dans lesquelles ils apprennent, à un certain niveau (inconscient), que ce n’est pas bien d’exprimer sa colère ou sa peur.
C’est un problème parce qu’en grandissant nous traversons des événements spécifiques ou des traumatismes qui suscitent la colère ou la peur. Et dès que ces émotions émergent dans le corps, notre inconscient dit en substance : « Ce n’est pas bien ni sécurisant de ressentir ces choses ». Alors, selon Sarno, l’inconscient provoque la crispation et le raidissement des muscles afin que la douleur nous détourne de ce qui nous met en colère ou nous fait peur. Quelquefois, ce processus de douleur peut continuer pendant des dizaines d’années.

Alors, comment le Dr Sarno obtient-il ses merveilleux résultats ? Il amène ses patients à deux conférences. Dans la première, il dit aux gens : « Ce n’est pas le disque déplacé ni une autre anormalité anatomique qui cause votre douleur. La plupart des gens de votre âge qui vivent sans douleur ont aussi un disque déplacé ou une sténose spinale. Ce qui vous cause de la douleur, c’est l’état chronique de tension et de spasme de vos muscles. »
Dans la deuxième conférence, le Dr Sarno leur dit : « Quand vous avez mal, je veux que vous remarquiez contre quoi vous êtes en colère ou de quoi vous avez peur. » Ensuite, il leur fait tenir un journal, ou bien il les inscrit à des séances de thérapie de groupe, ou encore il leur fait suivre une psychothérapie (« behavioral therapy », psychothérapie comportementale). Il dit que 20% de ses patients n’étaient pas conscients de ce qui les mettait en colère ou les rendait anxieux ; ils avaient besoin de travailler avec un thérapeute pour entrer en contact avec leur matériel réprimé ou inconscient.

Le Dr Eric Robins commente :
« J’explique le modèle de Sarno quand je fais une conférence à cause des résultats étonnants qu’il obtient. Dans l’un de ses livres les plus récents, Sarno explique que ce modèle émotionnel ne concerne pas seulement la douleur musculo-squelettale, mais qu’il peut être utilisé pour la plupart des maladies chroniques ou fonctionnelles. Je suis certain qu’il est évident pour vous que certaines des méthodes qu’il utilisait sont archaiques comparées à la rapidité et à l’efficacité d’EFT. Nous pouvons nous attendre à des résultats meilleurs et plus rapides avec EFT puisque cette dernière technique est la meilleure et la plus rapide des techniques mental-corps utilisées cliniquement à l’heure actuelle dans le monde. »

Voir encore:

Pour en finir avec le mal de dos
Martine Betti-Cusso

Le Figaro

27/02/2015
Le médecin ostéopathe et acupuncteur, Dr Gilles Mondoloni nous parle du mal du siècle, le mal de dos. Il prône un traitement global pour prévenir et guérir de ce mal. Les habitudes de vie, le stress ou l’alimentation sont aussi responsables.

LE FIGARO MAGAZINE – Pourquoi souffre-t-on du dos?

Dr Gilles MONDOLONI – Parce que nous sommes de plus en plus sédentaires, nous faisons peu de sport et ce déconditionnement à l’effort a pour effet d’affaiblir les muscles. Il y a aussi les postures inadéquates et une alimentation favorable à la prise de poids et nuisible aux articulations. De plus, nous vivons avec un stress répété qui participe à la survenue du mal de dos et à sa chronicisation. Enfin, il y a l’usure des disques et des articulations consécutive au vieillissement… L’état de notre dos reflète notre hygiène de vie et notre santé psychique et physique.

Toutes les tranches d’âges sont affectées, des enfants aux seniors…

Les enfants et les adolescents peuvent ressentir des douleurs dans le dos dues à une croissance rapide et à la pratique de sports intenses. Il s’agit le plus souvent de spondylolisthésis, ce qui correspond à une petite fracture de la dernière vertèbre lombaire suivie de son glissement sur celle située au-dessous. Lorsque les douleurs se situent en haut du dos, derrière les omoplates, ce peut être la maladie de Scheuermann, laquelle se caractérise par une altération des disques. Elle se traite notamment par des exercices de rééducation.

Et quels sont les problèmes les plus fréquents chez l’adulte?

Eux souffrent de discopathies. Les problèmes de disques dont font partie les lumbagos (fissure du disque intervertébral), les hernies discales (déplacement d’une partie des disques intervertébraux) et les sciatiques (compression d’un nerf) apparaissent autour de la quarantaine. Le senior, lui, sera atteint plus souvent d’arthrose, ce qui entraînera des douleurs localisées dans le dos et limitera ses mouvements. Mais il faut savoir que les maux de dos les plus fréquents sont les tensions musculaires, souvent liées à des facteurs de stress et à des mauvaises positions lesquels vont provoquer des contractions musculaires qui vont bloquer des pans entiers du rachis.

Comment diagnostiquez-vous l’origine d’un mal de dos?

Je commence par questionner mon patient sur ses antécédents, sur sa manière de vivre, sur les circonstances d’apparition de ses douleurs, sur le cheminement de son mal de dos. Ce qui me permet de connaître son hygiène de vie, ses faiblesses et les causes probables de son mal de dos. Puis je l’examine. En croisant les informations obtenues par l’interrogatoire et l’examen clinique, et sans recourir systématiquement à des radios, scanners ou IRM, j’aboutis à un diagnostic précis. Ceci est fondamental: on ne doit pas traiter un mal de dos sans en connaître précisément la cause. La plupart du temps, le mal provient d’un ensemble de facteurs où se mêlent les habitudes de vie, l’émotionnel, l’alimentation. C’est une erreur que de ne s’attacher qu’aux symptômes. On doit considérer le patient comme un tout et soigner autant la cause que la conséquence du mal.

Comment les facteurs psychologiques, le stress ou l’anxiété agissent-ils sur le dos?

Il y a différentes explications. Les muscles sont riches en terminaisons nerveuses, et lorsque le cerveau «en situation de stress», transmet trop d’informations aux nerfs, ils se trouvent alors saturés. Le muscle va y répondre par une crispation, une contraction musculaire, qui peut être la cause d’une douleur locale ou d’une douleur projetée. Et l’état de stress chronique favorise les poussées inflammatoires sur les articulations par la libération dans le sang de substances inflammatoires. Il suffit d’avoir un peu d’arthrose et d’être stressé pour que les articulations se mettent à exprimer une souffrance.
Comment soignez-vous vos patients?

Je propose toujours une prise en charge globale, avec fréquemment des manipulations lorsqu’il n’y a pas de contre-indications. Elles sont très efficaces, en particulier pour soigner les cervicalgies, dorsalgies et lombalgies communes, lesquelles sont liées à l’usure d’un disque entre les vertèbres, à l’arthrose ou à des tensions musculaires ou ligamentaires. Lorsqu’il y a une inflammation dans le dos (poussée d’arthrose, crise de sciatique…) et si la situation l’exige, je vais prescrire des anti-inflammatoires. Si l’inflammation est de faible intensité, je vais recourir aux oligoéléments, à la phytothérapie, à la micronutrition, à l’acupuncture, qui agit sur la douleur, sur la contracture musculaire mais aussi sur le stress, l’anxiété, la circulation de l’énergie. Cette approche globale, sans effet indésirable, optimise l’efficacité des soins. Pour preuve, des patients en stade préopératoire qui me sont adressés par des neurochirurgiens sont une fois sur deux suffisamment améliorés pour éviter l’opération ou la reporter à plus tard.

Dans quels cas les manipulations sont-elles recommandées et contre-indiquées?

Elles sont incontournables pour traiter les douleurs mécaniques, qu’elles soient cervicales, dorsales ou lombaires. Souvent, ces douleurs apparaissent à l’effort, lorsque la personne est en mouvement, et durent moins d’une demi-heure lorsque l’on se lève le matin. Les manipulations vont permettre de détendre les muscles coincés qui bloquent les articulations. En revanche, les manipulations sont non recommandées voire contre-indiquées en cas de douleurs inflammatoires. Celles-ci surviennent ou persistent au repos et s’installent la nuit, en exigeant plus d’une demi-heure de «dérouillage» le matin. Elles sont aussi contre-indiquées en cas d’ostéoporose, de tumeurs osseuses et d’infection des vertèbres.

Comment bien manipuler?
D’abord en restant à l’écoute des sensations et des réactions du patient. Je manipule à contre-sens de la douleur, en partant des zones les moins douloureuses et les moins raides. Les pressions doivent être mesurées, douces, progressives. Et j’ajouterai qu’il faut faire preuve d’une grande prudence au niveau des cervicales. Ce sont des articulations fragiles qui, à la faveur d’une manipulation brutale, peuvent se fissurer et entraîner de rares mais graves accidents vasculaires cérébraux. Théoriquement, les manipulations au niveau des cervicales sont du seul ressort des médecins et doivent être précédées de radios du cou. Avant toute manipulation, il faut exiger un diagnostic médical précis. On ne manipule pas à tout va. Il est indispensable de se renseigner sur la formation suivie par le praticien. Le titre de docteur en médecine est une précaution supplémentaire pour profiter au mieux des bienfaits des manipulations sans s’exposer à des risques.

Quelle différence entre l’ostéopathie et la chiropractie?

Ce sont des techniques proches et complémentaires. La chiropractie est plutôt centrée sur la colonne vertébrale et utilise des techniques généralement plus appuyées. L’ostéopathie a un champ d’action plus large. Elle va traiter l’ensemble des affections neuromusculaires mais aussi des pathologies viscérales. Les deux méthodes sont efficaces. C’est le thérapeute qui fait la différence. Or beaucoup ne sont pas suffisamment formés, ce qui jette un discrédit sur ces disciplines tout à fait nobles.

Que pensez-vous des méthodes de Mézières ou de Mc Kenzie?

La méthode Mc Kenzie consiste à faire travailler la colonne vertébrale en extension et donne des résultats intéressants. La méthode Mézières est une technique de rééducation qui opère sur l’ensemble de la musculature du corps. Chaque approche est pertinente. Elles visent à corriger les déséquilibres et à tonifier les muscles.

Quels sont les gestes et postures à privilégier?

Pour commencer, il est nécessaire d’adopter des gestes souples et d’avoir le réflexe de se tenir droit le plus souvent possible. Lorsque l’on se penche au sol pour ramasser un objet lourd, il faut utiliser la position du balancier. On prend appui en mettant une main sur un point fixe et on lève la jambe opposée en arrière pour tenir l’équilibre. Les charges lourdes doivent être portées au plus près du corps, au niveau du centre de gravité. En position debout, il s’agit de répartir le poids du corps sur les deux jambes, en gardant les pieds suffisamment écartés pour maintenir une bonne stabilité. Ces simples postures suffisent à économiser les muscles et les articulations.

Vous affirmez que l’alimentation joue un rôle dans le mal de dos. Dans quelle mesure?

Déjà, être en surpoids ne peut qu’aggraver les maux de dos ou les provoquer parce que les kilos en trop entraînent une plus forte pression du corps sur les vertèbres et les disques intervertébraux. Mais il faut savoir aussi qu’une carence en oligoéléments favorise la survenue de discopathies: le disque moins bien nourri aura tendance à se fissurer plus facilement. Par ailleurs, des composés comme les oméga 3 ou des épices comme le curcuma ont des effets anti-inflammatoires naturels qui vont participer à réduire la douleur. Je conseille de limiter les viandes grasses, les fromages, les charcuteries, les viennoiseries et tout ce qui acidifie l’organisme. Evidemment, je recommande d’arrêter le tabac: les études montrent que les personnes qui fument ont plus de douleurs dorsales et lombaires que les non-fumeurs.

Quand faut-il recourir aux médicaments et aux infiltrations?

Je recours aux anti-inflammatoires en cas de sciatique, de lumbago, de névralgie cervico-brachiale… Sinon, je prescris des antalgiques – paracétamol, codéine ou tramadol – en fonction de l’intensité de la douleur, lorsque l’approche ostéopathique et acupuncture ne suffit pas à soulager le patient. Je propose les infiltrations , qui sont efficaces quand elles sont bien utilisées, en cas de fortes poussées inflammatoires d’arthrose ou de sciatiques douloureuses ou paralysantes. Je les prescris rarement pour les lumbagos, car l’ostéopathie suffit à les traiter.
Et quand faut-il recourir à la chirurgie?

Elle est nécessaire dans le cas d’importantes hernies discales qui vont entraîner des douleurs permanentes et intolérables. Mais aussi dans le cas de certaines sciatiques paralysantes, de canal lombaire rétréci ou d’arthrose très invalidante qui étrangle véritablement le nerf… Quand les traitements médicamenteux et naturels ont été bien réalisés pendant suffisamment de temps mais sont restés inefficaces, il faut s’orienter rapidement vers une chirurgie, car un nerf trop comprimé pendant trop longtemps peut parfois ne plus cicatriser et laisser des séquelles comme des paralysies.

Le Dr Gilles Mondoloni est attaché des hôpitaux de Paris (service du Dr Jean-Yves Maigne), chargé d’enseignement en ostéopathie à la faculté de médecine et l’auteur de Stop au mal de dos, à paraître le 5 avril aux éditions Solar.
La bonne position au bureau
Passer huit heures par jour mal assis derrière un bureau est destructeur pour le dos. D’où l’importance de veiller au confort de sa chaise et à sa posture. La chaise doit être réglable, disposer d’un dossier qui maintienne fermement le dos et d’un siège pivotant pour éviter les torsions.
Il faut se tenir droit, les fesses calées au fond du siège et les pieds bien à plat. Un repose-pieds permet de diminuer les tensions. Les avant-bras doivent reposer sur la table. Evitez la position penchée pour écrire. L’écran de l’ordinateur doit être face à vous et son milieu doit se situer à la hauteur des yeux de façon à permettre de garder la tête droite. Il est déconseillé de rester assis plus de deux heures d’affilée. Alors, prenez un temps d’arrêt pour faire quelques pas ou pour vous étirer afin de détendre votre dos.
Plein le dos du stress!
Le stress chronique est responsable de bien des maux, des troubles digestifs aux problèmes de peau, des troubles cardiaques aux douleurs lombaires. Le mal de dos serait en effet un signe d’alerte, signifiant que nous avons dépassé nos limites. Le stress participe à l’apparition du mal de dos et à sa chronicisation, car il augmente les contractures musculaires et la sensibilité à la douleur. Selon le rhumatologue Jean-Yves Maigne, le stress «est capable de déclencher, d’entretenir ou d’amplifier un mal de dos. Il augmente la tension musculaire et peut être responsable de cervicalgies ou de dorsalgies de tension.
Il peut aussi dérégler le système nerveux qui commande la douleur. Un grand nombre de souffrances trouvent ainsi leur origine. Cela crée un état douloureux chronique qui se manifeste particulièrement au niveau du dos.» De plus, il participe à affaiblir les défenses immunitaires de l’organisme, ce qui pourrait contribuer à la survenue de zones d’inflammation sur des disques intervertébraux. Et cela crée un cercle vicieux, car souffrir du mal de dos constitue en soi un facteur de stress. Pour préserver son dos, il faut donc savoir se détendre: par des exercices de respiration, des massages ou en recourant à des méthodes de relaxation comme la sophrologie.

Voir enfin:

Robert Ader, Who Showed Mind-Body Link, Dies at 79
Pul Vitello
NYT
December 29, 2011

Dr. Robert Ader, an experimental psychologist who was among the first scientists to show how mental processes influence the body’s immune system, a finding that changed modern medicine, died on Tuesday in Pittsford, N.Y. He was 79.

His death followed a long illness and complications of a fracture suffered in a fall, his daughter Deborah Ader said.

Dr. Ader, who spent his entire career as a professor of psychiatry and psychology at the University of Rochester School of Medicine and Dentistry, conducted some of the original experiments in a field he named himself, psychoneuroimmunology.

His initial research, in the 1970s, became a touchstone for studies that have since mapped the vast communications network among immune cells, hormones and neurotransmitters. It introduced a field of research that nailed down the science behind notions once considered magical thinking: that meditation helps reduce arterial plaque; that social bonds improve cancer survival; that people under stress catch more colds; and that placebos work not only on the human mind but also on supposedly insentient cells.

At the core of Dr. Ader’s breakthrough research was an insight already obvious to any grandmother who ever said,  »Stop worrying or you’ll make yourself sick. » He demonstrated scientifically that stress worsens illness — sometimes even triggering it — and that reducing stress is essential to health care.

That idea, now widely accepted among medical researchers, contradicted a previous principle of biochemistry, which said that the immune system was autonomous. As late as 1985, the idea of a connection between the brain and the immune system was dismissed in an editorial in The New England Journal of Medicine as  »folklore. »

 »Today there is not a physician in the country who does not accept the science Bob Ader set in motion, » said Dr. Bruce Rabin, founder of the Brain, Behavior and Immunity Center at the University of Pittsburgh Medical Center, who considered Dr. Ader a mentor.  »He attracted interest in the field and made it possible to prove that ‘mind-body’ is real. »

Dr. Ader said his breakthrough began in 1975 with what he called  »scientific serendipity. »

He and a fellow researcher, Dr. Nicholas Cohen, were conducting an unrelated experiment about taste aversion involving rats and saccharine-sweetened water when they stumbled on a mysterious phenomenon.

In the experiment, one group of rats was given sweetened water accompanied by an injection that caused stomach aches. (A control group got only the sweetened water.) When the injections stopped, and the rats that had experienced stomach aches refused to drink the water, researchers force-fed them with eye-droppers in order to complete the experiment’s protocols.

Dr. Ader and Dr. Cohen had expected the conditioned rats to refuse the drink. They had not anticipated that forcing them to drink would eventually kill them, however, which it did, some time afterward.

The two reviewed their protocols and guessed that the drugs used in the injections might have had some bearing on the deaths. They could have used any drug that caused stomach pain without doing serious harm. But the researchers discovered that they had unwittingly picked Cytoxan, which besides causing stomach aches suppresses the immune system. At first they suspected that the rats had died from an overdose of Cytoxan. Then they determined that the dosage the rats received had been too low to support that explanation.

So they developed a theory, which became a landmark of medical science as further experiments proved it correct: The rats died because the mere taste of saccharine-laced water was enough to trigger neurological signals that did indeed suppress their immune systems — exactly as if they had been overdosed with Cytoxan. The rats succumbed to bacterial and viral infections they were unable to fight off. It was an example of the so-called placebo effect, only in this case it did not fool the brain into thinking it had been given something beneficial but rather the opposite.

The findings were  »incontrovertible, » Anne Harrington, a Harvard professor of the history of science, wrote in the 1997 book  »The Placebo Effect. »

 »The fact that he had achieved this in rats rather than humans was a further blockbuster, » she continued,  »because it undermined the frequent assumption that placebo effects were a product of peculiarly human interpersonal processes. »

Robert Ader was born on Feb. 20, 1932, in the Bronx, the older of two sons of Mae and Nathan Ader. His father, who owned a liquor wholesale company, died in a car accident in 1945 when Robert was a teenager. After graduating from the private Horace Mann School in the Riverdale section of the Bronx, he received his bachelor’s degree from Tulane University and, in 1957, his Ph.D. in psychology from Cornell.

Soon after, he became an assistant professor in the department of psychology at the University of Rochester, where he went on to hold many teaching and research posts. He retired in July as a professor emeritus of psychosocial medicine.

Besides his daughter Deborah, he is survived by his wife, Gayle; three other daughters, Janet, Rini and Leslie Ader; and a grandson.

Since he inaugurated the study of psychoneuroimmunology (usually referred to as PNI), Dr. Ader had to defend its premise against doubters in the medical establishment and later to disassociate it from New Age therapies that he called  »flaky » because they had not been grounded in solid scientific experimentation.

Deborah Ader, a psychology researcher, said a sense of modesty had been at the core of her father’s curiosity as a scientist.

 »My father used to say, ‘I just didn’t know any better,’  » she said, recounting how he had described his pioneering research.

He told her, she recalled,  »I didn’t know the immune system wasn’t supposed to be connected to the brain. »

Voir par ailleurs:

Designer babies? It looks like racism and eugenics to me
Julie Bindel
The case of a lesbian couple suing a sperm bank over their black donor has laid bare the ethical minefield of the ‘gayby’ boom
Jennifer Cramblett is taking legal action against a Chicago-area sperm bank after she became pregnant with sperm donated by a black man instead of a white man as she had intended. Photograph: Mark Duncan/AP
3 October 2014

The designer baby trend has been laid bare with the case of a lesbian couple who are suing a sperm bank after one of them became pregnant with sperm donated by an African American instead of the white donor they had chosen. The birth mother, Jennifer Cramblett, was five months pregnant in 2012 when she and her partner learned that the Midwest Sperm Bank near Chicago had selected the wrong donor. Cramblett said she decided to sue to prevent the sperm bank from making the same mistake again, and is apparently seeking a minimum of $50,000 (£30,000) in damages.

I understand concerns about mixed-race babies being raised by white parents in white neighbourhoods. Suffering racism at school or in the streets and having to go home to a white family that cannot properly understand or offer informed support can make it significantly worse. But those that make use of commercial services in order to reproduce should be prepared to move house if something unexpected arises. After all, a child can be born with a disability that requires care that is unavailable locally.

I know white people who have adopted black children. They tend to ensure that the children have black peers and elders to contribute to their upbringing. At least one of these couples, when told a black child would be placed with them, quite seriously considered whether they would be doing right by the child. This is a million miles away in terms of attitude and actions from the Cramblett case.

I can only wonder what the damages, if the case is successful, will be used for. Relocation to an area more ethnically diverse, perhaps? The reality is that house prices in white areas in the US are generally more expensive than those in mixed areas, so I am unsure what the money is needed for. Hurt feelings? Whichever way this issue is approached, it smacks of racism.

With the designer “gayby” boom looking set to expand even further, there are some important questions to ask about the ethics of commercialised reproduction. In London alone there are a number of clinics offering sperm for sale; brokers that arrange wombs-to-rent, often in countries where women are desperately poor and sometimes coerced into being surrogates; and egg donation that can cause significant pain and health risks to the donors. There is also the “mix and match” temptation that comes with choosing eggs and sperm from a catalogue. There is even an introduction agency for those who wish to meet the sperm while it is encased in a body.

In the 1970s and 80s, before commercialisation, lesbians who wanted a baby of their own would often ask male friends to donate sperm, but – like anything where money can be made – the product began to be sold. I recall more than one white lesbian couple opting for sperm from a black or Asian donor because they thought mixed-race babies more attractive than white ones. I have interviewed gay men, who opted for IVF with an egg donor, who flicked through catalogues of Ivy league, blonde, posh young women trying to decide what type of nose they would prefer their baby to have. This smacks of eugenics to me.

And if something unexpectedly happens in such circumstances, just remember: if the child you end up with does not exactly fit your ideal requirements, you can’t give it back – and nor should you even suggest that something bad has happened to you.

Voir enfin:

Une femme lesbienne porte plainte pour avoir accouché d’une enfant métis
Valeurs actuelles

07 Septembre 2015

Faits divers. Une lesbienne de l’Ohio aux Etats-Unis a porté plainte après avoir accouché d’une petite-fille métis, qui ne correspondait pas au sperme commandé.
Un enfant à la carte ? C’est que réclamait Jennifer Cramblett déçue par le « service après-vente » de la clinique dans laquelle elle s’est rendue pour une GPA dans l’Ohio.

Une erreur dans le numéro du donneur

La femme de 37 ans, homosexuelle et en couple avec Amanda Zinkon, voulait un enfant et A eu recours à une banque de sperme de l’Illinois en 2011. Auprès de celle-ci, Jennifer avait « commandé » le numéro 380, c’est-à-dire le sperme d’un donneur de race blanche, blond aux yeux bleus. Mais le numéro, écrit à la main par l’employé, a été mal écrit et pris pour le numéro 330, celui d’un donneur afro-américain. La blonde Jennifer a alors accouché d’une petite-fille métis, Payton.

« Tout le soin qu’elles avaient mis à sélectionner la bonne parenté du donneur était réduit à néant »

Apprendre que l’enfant commandé n’allait pas être le bon a dévasté la jeune femme lors de sa grossesse. Selon son avocat, « Tout le soin qu’elles avaient mis à sélectionner la bonne parenté du donneur était réduit à néant. En un instant. L’excitation qu’elle avait ressentie pendant sa grossesse, ses projections, s’étaient muées en colère, en déception et en peur. »

Une peur de l’exclusion

Parmi ses motifs de craintes, emmener sa fille… chez le coiffeur : « pour Jennifer, ce n’est pas quelque chose d’anodin, parce que Payton a les cheveux crépus d’une petite Africaine », « pour que sa fille ait une coupe de cheveu décente, Jennifer doit se rendre dans un quartier noir où son apparence diffère des autres et où elle n’est pas la bienvenue » explique son avocat.

En outre, les deux femmes habitent dans une communauté très peu mélangée et craignent que leur fille soit l’une des seuls enfants métis et soit exclue en raison de sa couleur de peau, notamment au sein de sa famille.

Des dommages et intérêts exigés pour avoir accouché du mauvais donneur

La banque de sperme avait envoyé un mot d’excuses et remboursé tous les frais. Mais ce n’est pas suffisant pour Jennifer qui a décidé de poursuivre en justice la banque de sperme pour obtenir des dommages et intérêts supplémentaires. Si sa demande a été rejetée par un juge la semaine dernière, les jeunes femmes sont décidées à resoumettre l’affaire à la cour pour négligences au mois de décembre.

EXTRAIT (Healing back pain, John E. Sarno, MD., 1991, pp. 185-189):

THE MIND AND THE IMMUNE SYSTEM

Contemplation of the complexity of animal biology is awe inspiring and overwhelming. It is impossible to imagine how something as complicated as we are came to be. Little wonder that it took millions of years to evolve. The immune system is a marvel of complexity and efficiency. It is designed to protect us from foreign invaders of all kinds, the most important of which are infectious agents, and from dangerous enemies that are generated within, like cancer. It is composed of a variety of defense strategies: it can generate chemicals to kill invaders; it can mobilize armies of cells to swallow them up; and it has an elaborate system whereby it can recognize thousands of substances that are foreign to our bodies and then neutralize them. For years it was thought by immunologists to be an autonomous system, though there were disconcerting stories about patients along the way that suggested that the mind might have something to do with the way it worked. For the most part these stories were discounted by the experts, but now there is concrete evidence that cannot be ignored that the brain is involved in the system. Robert Ader, a research psychologist at the University of Rochester, was engaged in an experiment in which he was trying to condition rats to dislike saccharin-sweetened water. This was similar to the classic experiment of Pavlov in which he conditioned dogs to salivate at the sound of a bell. In order to develop an aversion to the saccharin, Dr. Ader injected the rats with a chemical that made them nauseated so that they associated the sweet water with nausea. What he didn’t realize until later was that the chemical he injected, cyclophosphamide, also suppressed the rats’ immune systems, so that they were dying mysteriously. But the striking thing was that now all he had to do was feed the rats saccharinsweetened water and their immune systems would be suppressed, even though they had not been injected with the chemical, because they had learned (been conditioned) to associate the sweet water with the nausea-producing chemical. Now, simply feeding saccharin could produce suppression of the immune system. This was a landmark discovery, for it demonstrated that a brain phenomenon, in this case aversion to a taste, could control the immune system. It is no wonder, then, that people with TMS can experience pain under the weirdest of circumstances, like when they are lying quietly on their stomachs. They have been told that lying on the stomach is bad for the back so they become conditioned to have an aversion to that posture and, naturally, will then experience pain. As stated earlier, the brain can influence any organ or system in the body. In the case of Dr. Ader’s rats it was the immune system; with TMS it is the autonomic system. Something else observed by Dr. Ader and his co-workers was that rats who had autoimmune diseases improved during such experiments. This is because this group of disorders results when the immune system turns on the body and produces substances that are harmful to some of the body’s own tissues (rheumatoid arthritis, diabetes, lupus erythematosus and multiple sclerosis are examples of such diseases). That means that anything which suppresses the immune system will allow those disorders to improve, which is what happened when autoimmune-diseased rats were fed saccharin water.

The implications of this for human health and illness are enormous, since autoimmune disorders are among the most problematic and poorly understood of all categories of disease. These experiments suggest that the brain might play a role in the treatment of these conditions. It further suggests to me that emotions may play a role in their cause. In his well-known book, The Anatomy of an Illness, Norman Cousins described how he overcame one of these autoimmune disorders, ankylosing spondylitis (a form of rheumatoid arthritis) by recognizing that it was emotionally induced and introducing a kind of humor therapy plus vitamin C. Based on my experience with TMS I am inclined to think that it was his recognition of the role of the emotions in causing the illness that produced the cure. It is possible that, just as in TMS, the illness serves to draw attention away from the realm of the emotions and that when the person recognizes that this is what is going on, and attention is focused on the emotions, the illness loses its purpose and ceases. Those of us who believe that the immune system is heavily influenced by the emotions are in debt to Dr. Ader for having shown in the laboratory that this is a reality. He is not alone; other laboratory scientists have demonstrated equally dramatic connections between mind and body. One report that particularly impressed me appeared in the prestigious journal Science in April 1982 by authors Visintainer, Volpicelli and Seligman. They described a group of rats, all suffering from the same cancer, that were exposed to annoying electric shock under two different experimental conditions; one group could escape from it and the other had to take it until it stopped. Both groups got exactly the same dose of shock; the ability to escape from it was the only difference between the two groups. According to the authors, “Rats receiving inescapable shock were only half as likely to reject the tumor and twice as likely to die as rats receiving escapable shock or no shock. Only 27 percent of the rats given inescapable shock rejected the tumor, compared to 63 percent of the rats given escapable shock and 54 percent of the rats given no shock.” The clear implication of the study was that the immune systems of the rats that were more emotionally stressed were less efficient since it is the effectiveness of the immune system that determines whether a cancer will be thrown off or not. If this is the case with rats imagine how much more important the emotions must be in humans.

CANCER AND THE IMMUNE SYSTEM

Since the subject of the emotions and cancer has been introduced, let’s pursue it further. Though it is not yet under intensive research by mainstream medicine, there have been many observations through the years that psychological and social factors may play a role in the cause and cure of cancer. One of these was reported by Kenneth Pelletier, a member of the faculty of the School of Medicine, University of California, at the time. He was interested in “miracle cancer cures” that had occurred in seven people in the San Francisco area and wondered if they had anything in common. He found, in fact, that all seven people became more outgoing, more community oriented, interested in things outside of themselves; they all tried to change their lives so that there was more time for pleasurable activities; all seven became religious, in different ways, but all looked to something bigger than themselves; each spent a period of time each day meditating, sitting quietly and contemplating or praying; they all started a physical exercise program and they all changed their diets to include less red meat and more vegetables. It certainly looks as though social and emotional factors played a role in these “miracle cures.” Pelletier is the author of a well-known book about the mind-body connection, Mind as Healer, Mind as Slayer (New York: Delacorte, 1977). For those interested, there is a book by O. Carl Simonton, Stephanie Matthews-Simonton and James Creighton titled Getting Well Again (New York: J. P. Tarcher, 1978) that describes the Simontons’ therapeutic technique for treating cancer. Theirs is a psychological approach to the problem in which they seek to understand their patients and find ways of changing attitudes and concepts since they believe these are important to the eventual outcome. A very popular recent book on the subject is Love, Medicine, and Miracles by the Yale surgeon Bernie Siegel (New York: Harper & Row, 1986). Dr. Siegel began his career as a surgeon, became aware of the social and psychological dimensions of cancer and began to work with patients accordingly. His book is highly inspirational and, because of its popularity, has introduced many people to the idea that the mind can be mobilized to combat cancer. There may be some cause for concern about the nature of Dr. Siegel’s work, however, because of its lack of psychologic and physiologic specificity. He does not present a theoretical model of how emotions play a role in the cause and cure of cancer and where his work fits into that model. Lacking that it is unlikely that his work will have much impact on the traditional medical research community. This is a pity for there is a great need for more precise definition of what social and psychological factors are contributing to what illnesses and how. Acknowledging the important role of the emotions in health and illness, medicine must reexamine its concepts of disease causation. The attempt to bridge that mysterious gap between emotion and physiology will require the best minds in experimental medicine and the kind of interest and commitment that medicine now accords to such things as genetic research or the chemotherapy of cancer. But we won’t get those people and that kind of commitment if we put “the power of love” into a medical context without carefully studying its specific psychological and physiologic effects. If that isn’t done, how do we distinguish between Bernie Siegel, Norman Vincent Peale and Mary Baker Eddy? These considerations aside, doctors like Siegel, Simonton, Pelletier and Locke (and a number of others I have not mentioned) are pioneers, and what they have to teach is of enormous importance to the future of medicine.

THE IMMUNE SYSTEM AND INFECTIOUS DISEASES

Here again, there is a long history of awareness that the emotions have something to do with our susceptibility to or ability to fight off infection, but none of it is generally accepted by medical doctors and rarely applied in everyday practice. Frequent colds and genitourinary infections are among the most common but it is likely that psychological factors play a role in all infectious processes. As with cancer, it is the efficiency of the immune system to do its job of eradicating the infectious agent that is at issue. Stressful emotions can reduce that effectiveness and allow the infection to flourish but there is ample anecdotal evidence that people have the capacity to enhance immunologic efficiency by improving their emotional states or employing other techniques, as the following story illustrates. The cover article of the Washington Post Health Journal for January 1985 was a piece written by Sally Squires titled “The Mind Fights Back.” In it she described a study carried out by a team of immunologists and psychiatrists at the University of Arkansas Medical Sciences in which a woman described as a “dedicated meditator” who was particularly attuned to her body’s responses was chosen to participate in this interesting experiment.

Chicken pox virus was injected into her forearm. Having been previously exposed to the virus, she developed the usual positive immune reaction, a bump about one-half inch in diameter, which then disappeared in a few days. To confirm that an immune reaction was going on a blood test was done that demonstrated that her white blood cells were actively fighting the infection. After repeating the procedure twice with the same reaction she was instructed to try to stop the body’s normal reaction, which she did in her daily meditation, and for three weeks in a row the bump got smaller and smaller. Then she was asked to stop interfering with the normal immune reaction and with the last three injections of the virus she got the usual bump again. Here was a clear demonstration of how the mind can alter a bodily reaction if it is taught how to do it. The doctors involved in the study were so impressed with the results that they repeated the entire experiment nine months later and got the same results. Conventional medical research can hardly find fault with this experiment. It was a striking demonstration of the so-called power of the mind, in this case over the working of the immune system. The treatment of TMS describes a similar phenomenon, in which acquired knowledge has the ability to interfere with an undesirable physical reaction, the pain of TMS.

THE OVERACTIVE IMMUNE SYSTEM— ALLERGY

Though the idea is controversial, it is my view, based on experience with patients who have had both TMS and allergic rhinitis (hay fever), that some of the common allergies of adult life are equivalents of TMS, that is, they are brought on by emotional factors. People invariably say when this is discussed, “Oh, but hay fever is caused by things like pollens, dust and molds; how can you say it’s due to tension?” If ten people are standing in a field of grass pollen, not all of them will begin to sneeze, only the allergic ones. What is the difference between the nonallergic and the allergic people? The immune systems of the latter have become overactive under the influence of tension, the repressed feelings we have been talking about. This has been demonstrated, not occasionally, but repeatedly in TMS patients who have been told in the course of their learning experience that hay fever is a TMS equivalent and can be eliminated in the same way that TMS can. And they do it. Mr. G. reported at one of the small group meetings that he has suffered from fall hay fever for seventeen years—but not this year! He took to heart what he had heard and, miracle, experienced no hay fever that season. For years I have been allergic to whatever it is that cats exude (we used to call it dander but now we’re told it may be something in their saliva which dries on their meticulously licked fur and then floats into the air). If I walk into a house and don’t know that a cat lives there, my eyes begin to itch. I usually start rubbing them without thinking. Then kitty walks into the room and I say, “Ah— now I know the reason for the itchy eyes,” and they stop itching. That happens because I know that allergic rhinitis and conjunctivitis are two of my mind’s tension repertoire, and as stated in chapter 4 on treatment, to recognize these conditions for what they are is to invalidate them—and symptoms then cease. Most of the medical community rejects the idea that emotions have anything to do with allergy. These two examples can’t be explained in any other way. They show that something is at work besides an autonomous immune system reacting to inhaled substances; how could one get the symptoms to stop simply by thinking? Clearly, the same mental-emotional dynamics are at work here as those described in the treatment chapter. I do not have evidence that this “knowledge therapy” will work with any of the other common allergies and so I will say nothing about them, except if I had one of them I would certainly zero in on emotional factors in my life. Incidentally, acknowledging the role of emotions does not preclude the use of conventional medical treatment.


Guerre des sexes: Les transports new-yorkais s’attaquent à la fertilité masculine (Dude, close your legs: From manspreading to infertility spreading ?)

7 janvier, 2015

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https://pbs.twimg.com/media/B6v_v-bCEAAcP5s.jpgLe monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’avenir ne doit pas appartenir à ceux qui calomnient le prophète de l’Islam. Barack Obama (président américain, issu d’une minorité opprimée, siège de l’ONU, New York, 26.09.12)
On a vengé le prophète Mohammed ! On a tué Charlie hebdo ! Cherif Kouachi (jeune victime de l’islamophobie, Paris, 07.01.15)
On a commencé avec la déconstruction du langage et on finit avec la déconstruction de l’être humain dans le laboratoire. (…) Elle est proposée par les mêmes qui d’un côté veulent prolonger la vie indéfiniment et nous disent de l’autre que le monde est surpeuplé. René Girard
Le privilège masculin est aussi un piège et il trouve sa contrepartie dans la tension et la contention permanentes, parfois poussées jusqu’à l’absurde, qu’impose à chaque homme le devoir d’affirmer en toute circonstance sa virilité. (…) Tout concourt ainsi à faire de l’idéal impossible de virilité le principe d’une immense vulnérabilité. C’est elle qui conduit, paradoxalement, à l’investissement, parfois forcené, dans tous les jeux de violence masculins, tels dans nos sociétés les sports, et tout spécialement ceux qui sont les mieux faits pour produire les signes visibles de la masculinité, et pour manifester et aussi éprouver les qualités dites viriles, comme les sports de combat. Pierre Bourdieu
C’est très difficile de se comporter correctement quand on a une jupe. Si vous êtes un homme, imaginez-vous en jupe, plutôt courte, et essayez donc de vous accroupir, de ramasser un objet tombé par terre sans bouger de votre chaise ni écarter les jambes… La jupe, c’est un corset invisible, qui impose une tenue et une retenue, une manière de s’asseoir, de marcher. Elle a finalement la même fonction que la soutane. Revêtir une soutane, cela change vraiment la vie, et pas seulement parce que vous devenez prêtre au regard des autres. Votre statut vous est rappelé en permanence par ce bout de tissu qui vous entrave les jambes, de surcroît une entrave d’allure féminine. Vous ne pouvez pas courir ! Je vois encore les curés de mon enfance qui relevaient leurs jupes pour jouer à la pelote basque. La jupe, c’est une sorte de pense-bête. La plupart des injonctions culturelles sont ainsi destinées à rappeler le système d’opposition (masculin/féminin, droite/gauche, haut/bas, dur/mou…) qui fonde l’ordre social. Des oppositions arbitraires qui finissent par se passer de justification et être enregistrées comme des différences de nature. Par exemple, avec » tiens ton couteau dans la main droite « , se transmet toute la morale de la virilité, où, dans l’opposition entre la droite et la gauche, la droite est » naturellement » le côté de la virtus comme vertu de l’homme (vir). La jupe, ça montre plus qu’un pantalon et c’est difficile à porter justement parce que cela risque de montrer. Voilà toute la contradiction de l’attente sociale envers les femmes : elles doivent être séduisantes et retenues, visibles et invisibles (ou, dans un autre registre, efficaces et discrètes). On a déjà beaucoup glosé sur ce sujet, sur les jeux de la séduction, de l’érotisme, toute l’ambiguïté du montré-caché. La jupe incarne très bien cela. Un short, c’est beaucoup plus simple: ça cache ce que ça cache et ça montre ce que ça montre. La jupe risque toujours de montrer plus que ce qu’elle montre. Il fut un temps où il suffisait d’une cheville entr’aperçue!… Les injonctions en matière de bonne conduite sont particulièrement puissantes parce qu’elles s’adressent d’abord au corps et qu’elles ne passent pas nécessairement par le langage et par la conscience. Les femmes savent sans le savoir que, en adoptant telle ou telle tenue, tel ou tel vêtement, elles s’exposent à être perçues de telle ou telle façon. Le gros problème des rapports entre les sexes aujourd’hui, c’est qu’il y a des contresens, de la part des hommes en particulier, sur ce que veut dire le vêtement des femmes. Beaucoup d’études consacrées aux affaires de viol ont montré que les hommes voient comme des provocations des attitudes qui sont en fait en conformité avec une mode vestimentaire. (…) Les études montrent que, de manière générale, les femmes sont très peu satisfaites de leur corps. Quand on leur demande quelles parties elles aiment le moins, c’est toujours celles qu’elles trouvent trop » grandes » ou trop » grosses » ; les hommes étant au contraire insatisfaits des parties de leur corps qu’ils jugent trop » petites « . Parce qu’il va de soi pour tout le monde que le masculin est grand et fort et le féminin petit et fin. Ajoutez les canons, toujours plus stricts, de la mode et de la diététique, et l’on comprend comment, pour les femmes, le miroir et la balance ont pris la place de l’autel et du prie-dieu. Pierre Bourdieu
À quoi ressemble l’homme idéal ? Il s’épile. Il achète des produits de beauté. Il porte des bijoux. Il rêve d’amour éternel. Il croit dur comme fer aux valeurs féminines. Il préfère le compromis à l’autorité et privilégie le dialogue, la tolérance, plutôt que la lutte. L’homme idéal est une vraie femme. Il a rendu les armes. Le poids entre ses jambes est devenu trop lourd. Certaines féministes se sont emparées de cette vacance du pouvoir, persuadées que l’égalité c’est la similitude.  Aujourd’hui, les jeunes générations ont intégré cette confusion. Les fils ne rêvent que de couple et de féminisation longue durée. Ils ne veulent surtout pas être ce qu’ils sont : des garçons. Tout ce qui relève du masculin est un gros mot. Une tare. Mais la révolte gronde. Les hommes ont une identité à reprendre. Une nouvelle place à conquérir. Pour ne plus jamais dire à leurs enfants : «Tu seras une femme, mon fils. Eric Zemmour
Depuis quelques années, en France, des intellectuels, journalistes, psychologues et militants cherchent à attirer l’attention sur la difficulté d’être un homme, dans une société soi-disant dominée par les femmes en général, et les féministes en particulier. À les écouter, les hommes seraient en perte de repères, et il serait temps de contre-attaquer celles – et parfois ceux – qui ont travaillé au bouleversement de la société traditionnelle : les féministes. C’est la thèse, par exemple, du journaliste Éric Zemmour dans son livre Le Premier Sexe ; de l’énarque psychanalyste Michel Schneider dans son livre Big mother : Psychopathologie de la vie politique, ou encore de l’ex-candidat au poste d’idéologue du Front national, Alain Soral, dans son ouvrage Vers la féminisation ? Ce discours, que nous qualifions de « masculiniste », est, pour beaucoup, un phénomène marginal véhiculé par quelques individus isolés, voire dérangés. Mais à y regarder de plus près, il s’agit bel et bien d’un mouvement idéologique, dynamique en Grande-Bretagne ou au Québec, mais qui s’active également en France. (…) La tactique du masculinisme est, souvent, de récupérer les outils d’analyse et le vocabulaire féministe pour les retourner contre les féministes en dénonçant un système d’oppression imaginaire. Ainsi, le matriarcat aurait désormais remplacé le patriarcat. Ce n’est pas sans faire penser à ces journalistes défenseurs du système capitaliste qui, inversant les rôles, n’ont de cesse de dénoncer « la dictature des syndicats »… Cette mauvaise foi, c’est celle d’un Patrick Guillot, auteur de La Cause des hommes, et pour qui il a suffi qu’une seule femme soit devenue pilote de Concorde, en 2000, pour affirmer que la profession s’était féminisée et que les hommes n’avaient « plus de modèle ». Plus magnanime, Michel Schneider reconnaît que les hommes dominent largement les sphères du pouvoir, mais… qu’ils gouvernent comme des « mères », imposant des « valeurs féminines » à la France. Des héros comme Zidane ne sont plus des modèles masculins parce que, selon Zemmour – qui ne se prive pas de flirter avec l’homophobie –, ils jouent « comme des femmes », avec un esprit d’entraide, et adoptent une esthétique homosexuelle… Pour théoriser la « crise des hommes », les masculinistes développent systématiquement quatre arguments : les filles réussissent mieux à l’école ; des hommes sont également victimes de violences conjugales ; les hommes se suicident plus que les femmes ; et en cas de divorce les tribunaux attribuent généralement la garde des enfants à la mère. Examinons chacun de ces arguments. Primo, si les filles ont tendance à obtenir de meilleurs résultats scolaires, cette donnée fluctue selon les écoles, et les milieux favorisés ne présentent pas ce type d’écart. Dans les écoles qui le sont moins, les filles seraient en moyenne plus studieuses parce qu’elles savent, consciemment ou non, que le marché de l’emploi est généralement bien plus favorable aux hommes. Secundo, les masculinistes brandissent des chiffres selon lesquels les hommes sont autant, sinon davantage, victimes de violence conjugale que les femmes. Ils s’abstiennent toutefois de se pencher sur le contexte des violences conjugales. La violence des hommes est majoritairement plus brutale et répétitive – s’inscrivant dans une logique de pouvoir sur les femmes –, et celle des femmes relève davantage de la défense. Tertio, le taux de suicide des hommes serait plus élevé que celui des femmes. Cette affirmation est, encore une fois, isolée de son contexte. En fait la proportion de tentatives de suicide est quasi la même pour les femmes que pour les hommes même si ces derniers « réussissent » davantage. Et c’est sans compter que d’autres phénomènes de désespoir, comme la dépression, touchent majoritairement les femmes. Quarto, en réalité, dans la grande majorité des cas, les divorces se concluent à l’amiable, et la grande majorité des pères délèguent volontiers à la mère la garde des enfants. Certes, lorsque les tribunaux doivent trancher, les juges attribuent plus souvent la garde des enfants aux mères qu’aux pères, mais c’est bien le patriarcat qui est en cause, la magistrature considérant qu’il est plus « naturel » qu’une femme s’occupe des enfants. Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri
Dès leur plus jeune âge, on apprend aux filles à croiser ou à serrer les jambes alors que les hommes les écartent pour affirmer leur virilité. Sophie Bouchet (Glamour)
Pour faire simple, un homme croisant les jambes est catalogué “efféminé” depuis la petite école ; une femme se tenant les jambes écartées est jugée ou bien “masculine” (vulgaire) ou bien “aguicheuse” (surtout si elle porte une jupe)… Margot Baldassi
Le taux moyen de spermatozoïdes (…) a décliné toute la seconde moitié du XXe siècle, avec en France une accélération dans les années 1970 : en 20 ans, les donneurs de sperme du CECOS de Paris ont perdu — en moyenne — 40 % de leurs spermatozoïdes (− 2,1 %/an) ; le nombre de spermatozoïdes chutant de 89×106/mL de sperme en 1973 à 60×106/mL en 1992. Après ajustement (âge et durée de l’abstinence sexuelle), sur ces 20 ans, chaque nouvelle génération (par année civile de naissance) a perdu 2,6 % des spermatozoïdes de la cohorte née l’année précédente, et le taux de spermatozoïdes mobiles a diminué de 0,3 % par an, et celui des spermatozoïdes de forme normale a diminué de 0,7 %/an. (…)  À ce rythme, en 2070 (dans les pays d’où proviennent les études) toute la population masculine devrait être infertile, et dès 2025, le sperme ne serait plus assez fécondant pour qu’un couple puisse se passer d’une fécondation assistée. Cette tendance ne peut cependant être qu’indicative, car la cause du phénomène est encore mal cernée, et pourrait peut-être avoir été corrigée dans les prochaines décennies, avant un seuil fatal. Wikipedia
La température joue un rôle primordial dans la spermatogenèse.  La cigarette, la cannabis, l’alimentation et le fait d’être assis, ont une incidence. Pour fabriquer des petits soldats, les glandes génitales masculines doivent rester à une température idéale de 22 degrés -voilà pourquoi elles sont à l’extérieur du corps, contrairement aux ovaires chez la femme. A 37 degrés, la spermatogenèse se bloque. Stéphane Droupy (professeur d’urologie, CHU de Nîmes)
There are anecdotal reports that men who wear (Scottish) kilts have better sperm quality and better fertility. But how much is true? Total sperm count and sperm concentration reflect semen quality and male reproductive potential. It has been proven that changes in the scrotal temperature affect spermatogenesis. We can at least affirm that clothing increases the scrotal temperature to an abnormal level that may have a negative effect on spermatogenesis. Thus, it seems plausible that men should wear skirts and avoid trousers, at least during the period during which they plan to conceive children. Methods and results Analysis of literature concerning scrotal temperature and spermatogenesis and fertility. Wearing a Scottish kilt in a traditional (‘regimental’) way may have clear health-related benefits. Kilt wearing likely produces an ideal physiological scrotal environment, which in turn helps maintain normal scrotal temperature, which is known to be beneficial for robust spermatogenesis and good sperm quality. Based on literature on scrotal temperature, spermatogenesis and fertility, the hypothesis that men who regularly wear a kilt during the years in which they wish to procreate will, as a group, have significantly better rates of sperm quality and higher fertility. EJO Kompanjie
A half-hour train ride with legs crossed might raise testicular temperatures, but not long enough to do any harm. Dr. Marc Goldstein (director of the center for male reproductive medicine and microsurgery at New York-Presbyterian Hospital Weill Cornell Medical Center)
You have been taught to grow out, I have been taught to grow in. You learn from our father how to emit, how to produce, to roll each thought off your tongue with confidence. You used to lose your voice every other week from shouting so much. I learned to absorb. I took lessons from our mother in creating space around myself. I learned to read the knots in her forehead while the guys went out for oysters. Lily Myers
Have I ever thought that I’m taking up too much space? Not really. But maybe now I am. Manspreader
Of course, hogging space in a crowded subway car is rude and inconsiderate. But are men really the worst offenders? After years of subway riding, I can say I’ve never noticed this to be the case. Neither have some of my female friends in New York City; others have said that while they’ve noticed male leg-spread, women can be just as bad with purses and shopping bags. In the past year, I’ve tried to watch for subway space-hogging patterns myself. The worst case I saw was a woman sitting at a half turn with her purse next to her, occupying at least two and possibly three seats. Granted it was in a half-empty car, but the same seems to be true in most photos posted by activists to shame « manspreaders. » Incidentally, in some of those photos, you can spot female passengers taking up extra space — sometimes because of the way they cross their legs. Yes, men tend to sit with their legs apart. (Many will tell you it’s an issue of comfort and, well, male anatomy.) I haven’t seen many do so in a way that inconveniences others. Indeed, the supposed offenders in some of the shaming photos are clearly not spreading beyond their own seats. It’s also worth noting that when criticisms of bad subway manners first began to show up on the Internet five years ago, no one seemed particularly exercised about male postures. When street artist Jason Shelowitz (or Jay Shells) surveyed New Yorkers about subway etiquette violations for a series of posters in 2010, nail clipping topped the list, followed by religion and noise pollution. « Physical contact » and disregard of seating priority were also mentioned, but with no regard to gender. The anti-spread campaign has little to do with etiquette. It’s part of a recent surge in a noxious form of feminism — or pseudo feminism — preoccupied with male misbehavior, no matter how trivial. The activists believe that « man-sitting, » as it has also been dubbed, is a matter of male entitlement, display of power or even sexual harassment. That says far more about feminist paranoia than it does about male conduct. This brand of feminism is not about equality; it’s about shaming directed at males, as the subway seating issue makes abundantly clear. Even the word « manspreading, » with its nasty and somewhat obscene overtones, is a gender-based slur. Imagine the reaction if men took photos of inconsiderate women with large purses or shopping bags and posted them with exhortations to « stop the womanspread. » You can bet such activism would not get positive media coverage or a sympathetic response from the MTA. A public service campaign against space-hogging — and other forms of incivility on the subway — would be welcome. Selective male-shaming is not. Stop the bashing, please; it’s a human issue. Cathy Young
I am glad that the government is finally taking action. This is clearly not the kind of thing that could be solved by asking people to scoot over and make room for you to sit down, and I am glad the government is finally doing something about it. Katherine Timpf
I see these guys all the time. Legs spread wide, taking up the space of three or four people, leaning against the train doors and blocking the entrance, stretched out so no one sit next to them. It all plays out like an assertion of male dominance, in which every one of them feels as if they have to claim their territory and their manhood in this public space, even at the discomfort of all the other passengers. Who gives a fuck if you can’t sit, they are men. See their balls. I never thought about the way I sit or stand in public before now. I never felt the need to sit with my legs wider than the shoulders of an NFL linebacker to feel comfortable. When I stand, I sometimes cross my legs. I move to accommodate people. And now I wonder what people see when they look at me doing so. Perhaps they think I’m exceedingly polite. Maybe I’m a docile black man. I may be read as effeminate. I never worried about these things from behind the driver’s seat of a car. But now people can see me, and as much as I want to divorce myself from the idea of there being a proper way to perform masculinity, I find myself burdened with thinking I’m doing it wrong. And this is what our culture does. It takes the most mundane of activities and turns them into performances that are supposed to articulate or worthiness as human beings. When I stand with my legs crossed on a train where people can clearly see me, I’m supposed to feel bad about myself. I’m supposed to adjust into a more “manly” pose, whether no regard for whether it feels natural or comfortable. Apply that to things more important than how one looks riding the subway, and the crisis of masculinity becomes a real, dangerous one that requires our introspection. Mychal Denzel Smith
Research in environmental sciences has found that the ergonomic design of human-made environments influences thought, feeling and action. (…) The first three experiments found that individuals who engaged in expansive postures (either explicitly or inadvertently) were more likely to steal money,cheat on a test, and commit traffic violations in a driving simulation. Results suggested that participants’ self-reported sense of power mediated the link between postural expansiveness and dishonesty. Study 4 revealed that automobiles with more expansive driver’s seats were more likely to be illegally parked on New York City streets. Taken together, results suggest that:(1) environments that expand the body can inadvertently lead us to feel more powerful, and (2) these feelings of power can cause dishonest behavior. Andy J. Yap (MIT)
In groups of men, those with higher status typically assume looser and more relaxed postures; the boss lounges comfortably behind the desk while the applicant sits tense and rigid on the edge of his seat.  Higher-status individuals may touch their subordinates more than they themselves get touched; they initiate more eye contact and are smiled at by their inferiors more than they are observed to smile in return.  What is announced in the comportment of superiors is confidence and ease… Sandra Lee Bartky
Psychologist Andy Yap and his colleagues tested whether “expansive body postures” like the ones associated with masculinity increase people’s sense of powerfulness and entitlement.  They did.  In laboratory experiments, people who were prompted to take up more space were more likely to steal, cheat, and violate traffic laws in a simulation.  A sense of powerfulness, reported by the subjects, mediated the effect (a robust finding that others have documented as well). In a real world test of the theory, they found that large automobiles with greater internal space were more likely than small ones to be illegally parked in New York City.  Lisa Wade
By virtue of being occupied by both men and women, space is inherently gendered. The way women and men interact is guided by norms and scripts that steer our behavior in a way that is so powerful that it is often unconscious. Research shows that when in public, women tend to occupy less space, holding legs closer together and keeping their arms closer to their bodies. Men on the other hand are more likely to have their legs spread at a 10- to 15-degree angle and keep their arms 5 to 10 degrees away from their bodies. But this isn’t just about space. Researchers have found that taking expansive body postures doesn’t just make people feel more entitled, it also makes them more likely to steal, cheat and fail to respect traffic laws. So manspreading can breed bigger problems than just crowded subway cars: It reinforces attitudes and behaviors that are harmful for society as a whole. Elizabeth Plank

Et après on s’étonne de la baisse de fertilité des hommes !

En ces temps étranges, entre marche des salopes et bataille des toilettes, de mariage et de gestation assistée pour tous mais aussi d’euthanasie peut-être bientôt remboursée par la Sécurité sociale …

Pendant qu’entre polluants, sédentarisation, vêtements et sous-vêtements serrés voire ordinateurs portables, la baisse de la fertilité masculine des pays riches depuis 50 ans pourrait à terme rendre nécessaire la fécondation assistée, poussant déjà certains à prôner pour les hommes le retour  de cette conquête sociale devenue désormais corset invisible pour les femmes …

Et que longtemps tolérée voire encouragée quand il s’agissait d‘Israël, la barbarie islamiste atteint à présent nos propres rues

Comment à l’heure où le métro de New York lance une campagne de sensibilisation contre les incivilités et notamment l’étalement masculin (pardon: le « manspreading »)  …

Ne pas voir la grandeur d’une société occidentale en voie de mondialisation toujours plus soucieuse du plus faible

Mais aussi les dérives victimaires de ces idées chrétiennes devenues folles dont Chesterton parlait déjà au siècle dernier ?

« Manspreading »: une campagne de sensibilisation dans les transports new-yorkais s’attaque aux incivilités masculines
Morgane Fabre-Bouvier
Le HuffPost
23/12/2014

SOCIÉTÉ- Le vendredi 19 décembre, la Metropolitan Transportation Authority de New-York, l’équivalent de la RATP parisienne ou de la RTM marseillaise, a dévoilé les visuels de sa nouvelle campagne « courtesy counts », soit « l’importance de la courtoisie ». La campagne entend éduquer les voyageurs et combattre l’incivilité. En ligne de mire ceux qui mangent dans les rames de métro, les porteurs de sacs à dos à l’heure de pointe, mais surtout les « manspreaders », ces usagers qui se rendent coupables de « man-spreading ».

Le man-spreading ? C’est le fameux Urban Dictionnary, le dictionnaire en ligne des mots argotiques anglophones, qui popularise le terme. « Lorsqu’un mec s’assoit en étalant ses jambes au maximum, avec la forme d’un V » peut-on lire sur le site. Le terme dénonce ces hommes envahissants qui s’assoient en écartant les jambes, prenant parfois l’équivalent de deux places dans les trains, métros ou bus, souvent au détriment de leurs voisines.

En France, le terme apparaît pour la première en 2013, lorsque le succès du Tumblr Men taking up too much space on the train (ces hommes qui prennent trop de place dans le métro) traverse l’Atlantique. Sur le site du Monde, un billet de blog affirmait déjà à l’époque: « Constatée dans le ‘subway’ de New York, la domination masculine sur les bancs du métro est également avérée à Paris, voire dans les trains du quotidien, en France’.

De fait, sur internet, les témoignages, photos et articles sur le sujet affluent. Dans Glamour, on peut lire: « Dès leur plus jeune âge, on apprend aux filles à croiser ou à serrer les jambes alors que les hommes les écartent pour affirmer leur virilité ». Le débat se poursuit sur Twitter. Le blog pop-up urbain résume : « Pour faire simple, un homme croisant les jambes est catalogué ‘efféminé’ depuis la petite école; une femme se tenant les jambes écartées est jugée ‘masculine’ (vulgaire) ou bien ‘aguicheuse’ (surtout si elle porte une jupe) « .

Sur Kombini, on essaye tant bien que mal d’avancer des explications : « la tendance masculine à écarter les cuisses en position assise relève avant tout d’un réflexe physiologique », tente l’auteur. « Mon grand, je doute que ton sexe soit si énorme qu’il ait besoin de sa propre banquette » réplique le blog féministe Jezebel. Sur le tumblr Saving room for cats (je garde la place pour des chats) des internautes photoshopent des chats entre les jambes des « manspreaders ».

Libérer la parole

Avec cette campagne de publicité, la Metropolitan Transportation Authority tente avant tout d’ouvrir le débat. « Il va sans dire que l’objectif de cet exercice n’est pas de bêtement pointer du doigt les manspreaders », peut-on lire sur le site Distractify. « Il s’agit d’ouvrir le dialogue et d’essayer de comprendre pourquoi quelque chose d’aussi énervant continue d’exister », poursuit l’auteur.

Lorsque la journaliste Lauren Evans part à la rencontre des manspreaders du métro new-yorkais, nombreux sont ceux qui affirment ne tout simplement pas se rendre compte que leur position est gênante (vidéo en anglais)…

Quel effet pour cette campagne ? Le métro new-yorkais ne prévoit aucune sanction pour les contrevenants. Dans le New-York Times, la majorité des hommes abordés semble prendre la question à la légère. Interrogé, un jeune homme de 20 ans répond « je ne vais pas croiser mes jambes comme le font les femmes. Je vais continuer de m’asseoir de la façon dont je veux ».

Dans le même article toutefois, une jeune femme affirme que grâce à ces affiches, elle a enfin l’impression d’être prise au sérieux et d’avoir l’autorité de son côté. « De cette façon, j’oserai davantage demander à ces hommes de me faire de la place » explique-t-elle. De fait, les langues se délient progressivement autour du problème. Au Japon, des affiches representant les « manspreaders » en envahisseur venus de l’espace pullulent dans le métro. En Turquie, une organisation féministe a lancé en Février un mouvement sur les réseaux sociaux pour inciter les hommes à laisser de la place aux femmes dans les transports en commun.

Voir aussi:

N.Y. / Region
A Scourge Is Spreading. M.T.A.’s Cure? Dude, Close Your Legs.
‘Manspreading’ on New York Subways Is Target of New M.T.A. Campaign
Emma G. Fitzimmons
NYT

Dec. 20, 2014

It is the bane of many female subway riders. It is a scourge tracked on blogs and on Twitter.

And it has a name almost as distasteful as the practice itself.

It is manspreading, the lay-it-all-out sitting style that more than a few men see as their inalienable underground right.

Now passengers who consider such inelegant male posture as infringing on their sensibilities — not to mention their share of subway space — have a new ally: the Metropolitan Transportation Authority.

Taking on manspreading for the first time, the authority is set to unveil public service ads that encourage men to share a little less of themselves in the city’s ever-crowded subways cars.

The targets of the campaign, those men who spread their legs wide, into a sort of V-shaped slouch, effectively occupying two, sometimes even three, seats are not hard to find. Whether they will heed the new ads is another question.

Riding the F train from Brooklyn to Manhattan on a recent afternoon, Fabio Panceiro, 20, was unapologetic about sitting with his legs spread apart.
Manspreading in action. The Metropolitan Transportation Authority will address the practice as part a new ad campaign. Credit Hiroko Masuike/The New York Times
“I’m not going to cross my legs like ladies do,” he said. “I’m going to sit how I want to sit.”

And what if Mr. Panceiro, an administrative assistant from Los Angeles, saw posters on the train asking him to close his legs? “I’d just laugh at the ad and hope that someone graffitis over it,” he said.

For Kelley Rae O’Donnell, an actress who confronts manspreaders and tweets photos of them, her solitary shaming campaign now has the high-powered help of the transportation authority, whose ads will be plastered inside subway cars.

“It drives me crazy,” she said of men who spread their legs. “I find myself glaring at them because it just seems so inconsiderate in this really crowded city.”

When Ms. O’Donnell, who lives in Brooklyn and is in her 30s, asks men to move, she said, they rarely seem chastened: “I usually get grumbling or a complete refusal.”

Kelley Rae O’Donnell, who confronts manspreaders and posts their photos online, captured an image of one on a train this month. Credit Hiroko Masuike/The New York Times
The new ads — aimed at curbing rude behavior like manspreading and wearing large backpacks on crowded trains — are set to go up in the subways next month. They will all carry the slogan, “Courtesy Counts: Manners Make a Better Ride.”

One of the posters is likely to be especially welcome to women — as well as to men who frown on manspreading: “Dude… Stop the Spread, Please” reads the caption next to an image of riders forced to stand as a man nearby sits so that he takes up two seats.

The campaign is the latest in a long line of courtesy-themed crusades by the authority going back to at least the 1940s. One such ad urged women annoyed by impolite male riders to, “Hit Him Again Lady, We Don’t Like Door-Blockers Either.”

The new ads come as more riders are crowding onto the subways than at any time in recent history. In 2014, the system logged as many as 6.1 million riders on a single day, up from just under 5.1 million riders on the busiest day a decade ago. The city’s population, meanwhile, has swelled to more than 8.4 million people, pushing everyone closer and closer.

With crime no longer rampant on the subway, the campaign is the latest sign that other unwelcome behavior is getting attention.

A poster taking aim at the practice of manspreading is part of a new civility-themed campaign by the Metropolitan Transportation Authority. Credit Metropolitan Transportation Authority.
Several blogs regularly highlight instances of manspreading where knees stretch several feet apart. On some sites, images of large objects like the Death Star from “Star Wars” have been added with Photoshop into the space between the splayed legs. While there are women who take up more than their share of space, the offenders are usually men.

One admitted manspreader, John Hubbard, sat with his legs wide apart on an F train as it traveled through Manhattan recently.

“It’s more comfortable,” he said with a shrug.

Mr. Hubbard, 45, an engineer who lives in New Jersey, said he might move his leg, but not for just anyone. For an older person, he would. And for an attractive woman, he said, he definitely would.

Sherod Luscombe shook his head when he saw two men sitting with their legs spread on another train, taking up three seats between them. Mr. Luscombe, 58, a clinical social worker, said he thought the men should move, but he was not about to confront them.

“I’m not going to say, ‘Bro, there is a lady standing up right there. Cross your legs, young man,’ ” he said.

Women have theories about why some men sit this way. Some believe it is just a matter of comfort and may not even be intentional. Others consider it an assertion of power, or worse.

Bridget Ellsworth, a 28-year-old music teacher, views manspreading as sexual harassment because some men engage in it near her even when the subway car is not packed.

“They could move over and spread out their legs all they want,” she said, “but they’re squeezing next to me and doing it.”

For men who think that sitting with their legs spread is socially acceptable, manners experts say it is not. Peter Post, the author of the book “Essential Manners for Men” and great-grandson of etiquette guru Emily Post, said the proper way for men to sit is with their legs parallel rather than in a V-shape.

“I’m baffled by people who do that kind of thing, who take other people’s space,” he said.

Olof Hansson, a director of the Manhattan men’s spa John Allan’s, put it more succinctly. “A true gentleman doesn’t sit on the subway, he stands.”

As for men who may worry that crossing their legs could hurt their virility, doctors say there is nothing to fear. A half-hour train ride with legs crossed might raise testicular temperatures, but not long enough to do any harm, said Dr. Marc Goldstein, director of the center for male reproductive medicine and microsurgery at NewYork-Presbyterian Hospital Weill Cornell Medical Center.

Philadelphia has a new etiquette campaign, too, with posters that say, “Dude It’s Rude… Two Seats — Really?”

But Kristin Geiger, a spokeswoman for the Southeastern Pennsylvania Transportation Authority, said the campaign in the City of Brotherly Love is aimed at passengers with bags on seats, not people spreading their legs too far apart. Manspreading, she said, may be a “localized” problem in New York. “I don’t know of any complaints that have come through customer service about manspreading,” she said. Transit officials in Chicago and Washington said the phenomenon is not a major concern for riders in those cities either.

In New York, the transportation authority went back and forth about what tone to take when tackling the topic, said Paul Fleuranges, the authority’s senior director for corporate and internal communications. Officials knew it could be ripe for parody on late night television and did not want their approach to be too snarky. But Mr. Fleuranges said he knew that the ads had to speak directly to the spreaders.

“I had them add the dude part,” he said, “because I think, ‘Dude, really?’ « 

Voir également:

Why ‘Manspreading’ Is Definitely a Serious Issue, as Explained by the Feminist Internet
The government should maybe do even more.

Katherine Timpf

National review online

January 6, 2015

You might not think that it’s appropriate for the government to launch a campaign telling men how to sit on the subway. Well guess what? You’re wrong.

If you “manspread” on the subway (which, by the way, means to sit with your legs apart, in case you are a fixture of the patriarchy who doesn’t educate himself on important women’s issues), you are doing so much more than taking up space.

Here’s what’s really going on with manspreading, as explained by some of the bright, forward-thinking minds on the Feminist Internet:

1. Manspreading is saying, “Who gives a fuck if you can’t sit, [we] are men. See [our] balls.”

This is as explained by a man, Mychal Denzel Smith, for the blog Feministing. (Finally a man courageous enough to cue the rest of the world in to the secret language of the subway brotherhood!)

2. Manspreading is “an assertion of male dominance,” and “every one” of the manspreaders does it because he feels like he has to “claim [his] territory and [his] manhood in this public space, even at the discomfort of all the other passengers.”

Another great point by Smith. Who, by the way, also wrote: “When I stand, I sometimes cross my legs.” Sexy, sexy, sexy! Amirite ladies?!

3. “Let’s talk about these f***ing guys for a second because they’re f***ing everywhere. The MTA is full of them.”

Madeleine Davies of Jezebel really makes a great point here. In her brilliant piece, titled “F*** You, Dudes Who Sit With Their Legs Spread So Wide That They Take Up Two Seats,” Davies explains that it’s not just like two or three dudes who sit this way. Seeing as literally millions of people ride the subway every day, I might have been able to use context clues to figure out that probably there are a lot of people doing this, but she deserves praise for putting it so eloquently.

4. “There is no worse, man-centric behavior than manspreading on the subway.”

Seriously — Brian Moylan is totally right. There is nothing worse than manspreading. I would much rather be sneezed on or purposely verbally sexually harassed. I wonder if he crosses his legs when he stands the way Smith does. If so, there are wayyyyy more sexy men in NYC than I thought!

See, it’s so much worse than just being rude. It’s the patriarchy. I’m pretty angry that the MTA campaign will also cover people taking up space with backpacks and stuff as if it’s even close to the same thing. Stupid idiot female traitors like Cathy Young, who wrote a piece called “‘Manspreading’? But Women Hog Subway Space, Too,” don’t help. But I guess some people just don’t get it. Manspreading is nothing like when I sometimes come on the train with a giant backpack, because my backpack does not metaphorically spit on your face for your gender.

I am glad that the government is finally taking action. This is clearly not the kind of thing that could be solved by asking people to scoot over and make room for you to sit down, and I am glad the government is finally doing something about it.

— Katherine Timpf is a reporter at National Review Online.

Voir encore:

‘Manspreading’? But women hog subway space, too

Cathy Young

Newsday

January 5, 2015

As we enter 2015, the latest feminist crusade seems to come straight from the life-imitates-satire department. It has everything one could want in a caricature of feminism: petty grievances, gleeful male-bashing, egregious double standards. And it also seems to have the official blessing of the Metropolitan Transportation Authority. It’s the war on « manspreading, » the male habit of sitting with legs apart and (supposedly) taking up too much space on the subway.

Gripes about this alleged offense have been cropping up on feminist blogs for a couple of years. Now it is the target of a new public service ad campaign. MTA posters will show a figure seated with wide-open legs next to two standing passengers, with the tagline, « Dude . . . Stop the spread, please. It’s a space issue. »

Of course, hogging space in a crowded subway car is rude and inconsiderate. But are men really the worst offenders? After years of subway riding, I can say I’ve never noticed this to be the case. Neither have some of my female friends in New York City; others have said that while they’ve noticed male leg-spread, women can be just as bad with purses and shopping bags.
CartoonMatt Davies’ latest cartoon: ‘Broken windows’

In the past year, I’ve tried to watch for subway space-hogging patterns myself. The worst case I saw was a woman sitting at a half turn with her purse next to her, occupying at least two and possibly three seats. Granted it was in a half-empty car, but the same seems to be true in most photos posted by activists to shame « manspreaders. » Incidentally, in some of those photos, you can spot female passengers taking up extra space — sometimes because of the way they cross their legs.

Yes, men tend to sit with their legs apart. (Many will tell you it’s an issue of comfort and, well, male anatomy.) I haven’t seen many do so in a way that inconveniences others. Indeed, the supposed offenders in some of the shaming photos are clearly not spreading beyond their own seats. It’s also worth noting that when criticisms of bad subway manners first began to show up on the Internet five years ago, no one seemed particularly exercised about male postures. When street artist Jason Shelowitz (or Jay Shells) surveyed New Yorkers about subway etiquette violations for a series of posters in 2010, nail clipping topped the list, followed by religion and noise pollution. « Physical contact » and disregard of seating priority were also mentioned, but with no regard to gender.

The anti-spread campaign has little to do with etiquette. It’s part of a recent surge in a noxious form of feminism — or pseudo feminism — preoccupied with male misbehavior, no matter how trivial. The activists believe that « man-sitting, » as it has also been dubbed, is a matter of male entitlement, display of power or even sexual harassment. That says far more about feminist paranoia than it does about male conduct.

This brand of feminism is not about equality; it’s about shaming directed at males, as the subway seating issue makes abundantly clear. Even the word « manspreading, » with its nasty and somewhat obscene overtones, is a gender-based slur. Imagine the reaction if men took photos of inconsiderate women with large purses or shopping bags and posted them with exhortations to « stop the womanspread. » You can bet such activism would not get positive media coverage or a sympathetic response from the MTA.

A public service campaign against space-hogging — and other forms of incivility on the subway — would be welcome. Selective male-shaming is not. Stop the bashing, please; it’s a human issue.

Voir de plus:

Shrinking Women
Lily Myers
2013

Across from me at the kitchen table, my mother smiles over red wine that she drinks out of a measuring glass.
She says she doesn’t deprive herself,
but I’ve learned to find nuance in every movement of her fork.
In every crinkle in her brow as she offers me the uneaten pieces on her plate.
I’ve realized she only eats dinner when I suggest it.
I wonder what she does when I’m not there to do so.

Maybe this is why my house feels bigger each time I return; it’s proportional.
As she shrinks the space around her seems increasingly vast.
She wanes while my father waxes. His stomach has grown round with wine, late nights, oysters, poetry. A new girlfriend who was overweight as a teenager, but my dad reports that now she’s « crazy about fruit. »

It was the same with his parents;
as my grandmother became frail and angular her husband swelled to red round cheeks, round stomach,
and I wonder if my lineage is one of women shrinking,
making space for the entrance of men into their lives,
not knowing how to fill it back up once they leave.

I have been taught accommodation.
My brother never thinks before he speaks.
I have been taught to filter.
« How can anyone have a relationship to food? » he asks, laughing, as I eat the black bean soup I chose for its lack of carbs.
I want to say: we come from difference, Jonas,
you have been taught to grow out,
I have been taught to grow in.
You learned from our father how to emit, how to produce, to roll each thought off your tongue with confidence, you used to lose your voice every other week from shouting so much.
I learned to absorb.
I took lessons from our mother in creating space around myself.
I learned to read the knots in her forehead while the guys went out for oysters,
and I never meant to replicate her, but
spend enough time sitting across from someone and you pick up their habits-

that’s why women in my family have been shrinking for decades.
We all learned it from each other, the way each generation taught the next how to knit,
weaving silence in between the threads
which I can still feel as I walk through this ever-growing house,
skin itching,
picking up all the habits my mother has unwittingly dropped like bits of crumpled paper from her pocket on her countless trips from bedroom to kitchen to bedroom again.
Nights I hear her creep down to eat plain yogurt in the dark, a fugitive stealing calories to which she does not feel entitled.
Deciding how many bites is too many.
How much space she deserves to occupy.

Watching the struggle I either mimic or hate her,
And I don’t want to do either anymore,
but the burden of this house has followed me across the country.
I asked five questions in genetics class today and all of them started with the word « sorry. »
I don’t know the requirements for the sociology major because I spent the entire meeting deciding whether or not I could have another piece of pizza,
a circular obsession I never wanted, but

inheritance is accidental,
still staring at me with wine-soaked lips from across the kitchen table.

Voir par ailleurs:

Les sous-vêtements ont-ils un impact sur la fertilité masculine?
Anaïs Giroux
L’Express
26/04/2013

Alors qu’une récente étude prône l’absence de sous-vêtements pour favoriser la fertilité, Stéphane Droupy, professeur d’urologie, nous explique le réel impact des slips et des caleçons sur la fecondité masculine.

Des sous-vêtements trop serrés peuvent-ils réellement nuire à la production de spermatozoïdes?

Le port du kilt favoriserait la fertilité, affirme une étude publiée le 24 avril 2013 dans une revue scientifique… écossaise. Tiens donc. Derrière le trait d’humour, les chercheurs avancent néanmoins que les sous-vêtements et pantalons serrés nuiraient à la production de spermatozoïdes en tenant les testicules trop au chaud. « La température joue un rôle primordial dans la spermatogenèse », confirme Stéphane Droupy, professeur d’urologie au CHU de Nîmes.

La cigarette, la cannabis, l’alimentation et le fait d’être assis, ont une incidence
Pour fabriquer des petits soldats, les glandes génitales masculines doivent rester à une température idéale de 22 degrés, explique Pr Droupy -voilà pourquoi elles sont à l’extérieur du corps, contrairement aux ovaires chez la femme. « A 37 degrés, la spermatogenèse se bloque, poursuit le spécialiste. Certains chercheurs ont donc proposé comme méthodes de contraception le port d’un slip chauffant ou des opérations pour rentrer les testicules à l’intérieur du corps en les faisant remonter dans le canal inguinal. »

Les sous-vêtements n’ont aucun impact sur la fertilité
Entre ce genre d’intervention et le fait d’être à l’étroit du paquet, il y a une marge. Boxer, slip ou caleçon, le type de sous-vêtement n’a donc aucune incidence réelle sur votre futur de papa -« à moins d’être en fourrure, et encore », plaisante l’urologue. La cigarette, le cannabis, l’alimentation et le fait d’être assis sur une longue durée ont en revanche un impact scientifiquement prouvé. Parmi ses patients traités pour des problèmes de fertilité, Stéphane Droupy compte notamment des chauffeurs routiers, qui passent le plus clair de leur temps assis au volant de leur véhicule.

Le boxer plébiscité par les hommes
Coupes ou matières, vous êtes donc libre de choisir ce qui vous sied le mieux. En gardant peut-être en tête que, comme le rappelle avec humour le professeur, « pour faire des enfants, la première étape reste de trouver une partenaire. » Sur les forums comme au sein de la rédaction du site de L’Express, le boxer moulant de couleur sobre fait presque l’unanimité.
Le slip, boudé par tous
Message reçu pour 57% des hommes qui en portent d’ailleurs quotidiennement, selon un sondage de Kantar Worldpanel réalisé à l’occasion du salon de la lingerie 2011. Si le caleçon est apprecié par la gent masculine pour son confort, le slip, quant à lui, ne fait plus rêver personne. Il faut croire que Jean-Claude Dusse dans Les Bronzés ou encore Gros Dégueulasse, héros de la bande-dessinée de Reiser qui porte parfaitement son nom, ont réussi à ternir sa réputation à jamais.

L’urologue Stéphane Droupy est responsable d’andrologie et de médecine sexuelle de l’Association Française d’Urologie.

Voir de plus:

Renouveau de l’antiféminisme : L’éclosion du phénomène « masculiniste »
Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri
Alternative libertaire
3 octobre 2008

De ce côté-ci de l’Atlantique, on ne les prend pas vraiment au sérieux. Pourtant, l’expérience nord-américaine montre que les provocations d’un énergumène comme Eric Zemmour ou d’un plumitif aigri comme Alain Soral peuvent être les signes avant-coureurs d’une vague antiféministe plus large.

Depuis quelques années, en France, des intellectuels, journalistes, psychologues et militants cherchent à attirer l’attention sur la difficulté d’être un homme, dans une société soi-disant dominée par les femmes en général, et les féministes en particulier. À les écouter, les hommes seraient en perte de repères, et il serait temps de contre-attaquer celles – et parfois ceux – qui ont travaillé au bouleversement de la société traditionnelle : les féministes. C’est la thèse, par exemple, du journaliste Éric Zemmour dans son livre Le Premier Sexe ; de l’énarque psychanalyste Michel Schneider dans son livre Big mother : Psychopathologie de la vie politique, ou encore de l’ex-candidat au poste d’idéologue du Front national, Alain Soral, dans son ouvrage Vers la féminisation ?

Ce discours, que nous qualifions de « masculiniste », est, pour beaucoup, un phénomène marginal véhiculé par quelques individus isolés, voire dérangés. Mais à y regarder de plus près, il s’agit bel et bien d’un mouvement idéologique, dynamique en Grande-Bretagne ou au Québec, mais qui s’active également en France.

Actions spectaculaires
Comme tout mouvement social, le masculinisme adopte différentes stratégies et tactiques pour promouvoir « la cause des hommes » : lobbying et dépôt de mémoires en commissions parlementaires, publication de livres, création de sites web et réseautage sur Internet, activisme juridique et actions directes. Au Québec, c’est le mouvement masculiniste qui a réussi les actions de perturbation les plus spectaculaires ces dernières années. En septembre 2005, par exemple, un militant a escaladé la structure du pont Jacques-Cartier, à Montréal pour bloquer la voie rapide et attirer l’attention sur la prétendue « crise des hommes ».

Une étude menée auprès d’environ 80 groupes de femmes au Québec (maisons d’hébergement, comités de femmes de quartier, etc.) a révélé que près de la moitié ont été la cibles de menaces diverses, allant de coups de fil anonymes à des courriels haineux, en passant par des intimidations physiques, de la part de militants masculinistes ou, à tout le moins, antiféministes.

En plus des intellectuels et des militants radicaux de groupes de pères qui mènent des actions chocs, comme Fathers for Justice (F4J), le mouvement masculiniste peut compter sur le relais de certains éditorialistes, de professeurs d’université, de professionnels de la santé, de députés et même de militants de gauche et d’extrême gauche qui reprennent leur discours selon lequel le féminisme serait « allé trop loin ».

Inversion des rôles
La tactique du masculinisme est, souvent, de récupérer les outils d’analyse et le vocabulaire féministe pour les retourner contre les féministes en dénonçant un système d’oppression imaginaire. Ainsi, le matriarcat aurait désormais remplacé le patriarcat. Ce n’est pas sans faire penser à ces journalistes défenseurs du système capitaliste qui, inversant les rôles, n’ont de cesse de dénoncer « la dictature des syndicats »…

Cette mauvaise foi, c’est celle d’un Patrick Guillot, auteur de La Cause des hommes, et pour qui il a suffi qu’une seule femme soit devenue pilote de Concorde, en 2000, pour affirmer que la profession s’était féminisée et que les hommes n’avaient « plus de modèle ». Plus magnanime, Michel Schneider reconnaît que les hommes dominent largement les sphères du pouvoir, mais… qu’ils gouvernent comme des « mères », imposant des « valeurs féminines » à la France. Des héros comme Zidane ne sont plus des modèles masculins parce que, selon Zemmour – qui ne se prive pas de flirter avec l’homophobie –, ils jouent « comme des femmes », avec un esprit d’entraide, et adoptent une esthétique homosexuelle…

Quatre arguments structurants
Pour théoriser la « crise des hommes », les masculinistes développent systématiquement quatre arguments : les filles réussissent mieux à l’école ; des hommes sont également victimes de violences conjugales ; les hommes se suicident plus que les femmes ; et en cas de divorce les tribunaux attribuent généralement la garde des enfants à la mère. Examinons chacun de ces arguments.

Primo, si les filles ont tendance à obtenir de meilleurs résultats scolaires, cette donnée fluctue selon les écoles, et les milieux favorisés ne présentent pas ce type d’écart. Dans les écoles qui le sont moins, les filles seraient en moyenne plus studieuses parce qu’elles savent, consciemment ou non, que le marché de l’emploi est généralement bien plus favorable aux hommes.

Secundo, les masculinistes brandissent des chiffres selon lesquels les hommes sont autant, sinon davantage, victimes de violence conjugale que les femmes. Ils s’abstiennent toutefois de se pencher sur le contexte des violences conjugales. La violence des hommes est majoritairement plus brutale et répétitive – s’inscrivant dans une logique de pouvoir sur les femmes –, et celle des femmes relève davantage de la défense.

Tertio, le taux de suicide des hommes serait plus élevé que celui des femmes. Cette affirmation est, encore une fois, isolée de son contexte. En fait la proportion de tentatives de suicide est quasi la même pour les femmes que pour les hommes même si ces derniers « réussissent » davantage. Et c’est sans compter que d’autres phénomènes de désespoir, comme la dépression, touchent majoritairement les femmes.

Quarto, en réalité, dans la grande majorité des cas, les divorces se concluent à l’amiable, et la grande majorité des pères délèguent volontiers à la mère la garde des enfants. Certes, lorsque les tribunaux doivent trancher, les juges attribuent plus souvent la garde des enfants aux mères qu’aux pères, mais c’est bien le patriarcat qui est en cause, la magistrature considérant qu’il est plus « naturel » qu’une femme s’occupe des enfants.

En somme, le masculinisme constitue une menace pour les femmes et pour le mouvement féministe qui, en plus de lutter contre le patriarcat, doit se défendre des violences diverses à son endroit.

• Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri ont dirigé l’ouvrage Le Mouvement masculiniste au Québec, l’antiféminisme démasqué, 264 pages, Remue-ménage, 2008.
Plus d’information sur la toile :
deux analyses de E. Morraletat, de la Nefac (communistes libertaires canadiens) : « Qui sont les masculinistes ? » et « Masculinisme : ressac identitaire patriarcal » sur http://www.nefac.net.
un dossier très complet sur http://www.arte-tv.com/masculinisme.
d’Hélène Palma, « La percée de la mouvance masculiniste en Occident » sur http://sisyphe.org.

Et sur papier :
Susan Falludi, Backlash, La guerre froide contre les femmes, éditions Des femmes, 1993, 576 pages, 37 euros.
Dorain Dozolme, Maud Gelly, « L’offensive masculiniste », in Femmes, genre, féminisme , Syllepse, 2007, 120 pages, 7 euros.
Patrizia Romito, Un silence de mortes : la violence masculine occultée, Syllepse, 2006, 298 pages, 25 euros.

Voir enfin:

Eric Zemmour, le « suicide français » et la haine des femmes
Martine Storti
Mediapart
24 octobre 2014

Ce sont les pages sur le régime de Vichy qui ont suscité la majeure partie des critiques faites au dernier livre d’Eric Zemmour, Le suicide français. Et à juste titre beaucoup ont pris la parole et la plume pour rappeler ce qu’il convenait, à savoir que, contrairement à ce qu’affirme Zemmour, c’est bien le régime pétainiste qui a envoyé des Juifs de France et des Juifs français dans les camps de la mort.
Cette réhabilitation de Vichy n’est pas un accident ou bien une provocation collatérale, elle est en cohérence avec le reste du livre. En effet rendre Vichy responsable, c’est rendre la France responsable, donc la salir, donc contribuer à la détruire. Et tel est bien l’enjeu de ce gros livre : dresser la liste de tous les responsables de « la mort de la France ».
Certes, pour Eric Zemmour le déclin de la France remonte à bien des décennies, quasiment deux siècles puisqu’il a commencé avec la défaite de Waterloo et la fin du Premier empire. Déclin car la France n’est vraiment elle-même que si elle est impériale, non pas à travers un empire colonial ou une domination par la culture et par la langue, mais seulement comme une puissance dominante en Europe, et même de préférence dominante de l’Europe, la « grandeur de la France se confondant avec la gloire de ses armées ».

Si le déclin de la France a commencé avec Waterloo, il s’accélère, selon Eric Zemmour, avec mai 68 et les décennies qui suivent cet épouvantable évènement, réduit, soit dit en passant, à quelques slogans et aux « enragés » alors qu’il s’est agi d’une très grande et très longue grève ouvrière, une grève faite par ce « peuple » que Zemmour prétend tellement aimer et tellement défendre. Il est vrai que pour lui, le « peuple » – on a la précision à la page 525 du livre – se compose aujourd’hui plutôt des « bonnets rouges bretons » et des « manifestants contre le mariage pour tous ».

Le puzzle zemmourien du « suicide français » comprend de nombreuses pièces : la mondialisation libérale, le capitalisme financiarisé, l’Europe bruxelloise, l’euro, l’Angleterre, l’Allemagne forcément « hégémonique », les USA, les anglo-saxons, les protestants, mais aussi mai 68, les gauchistes, la gauche (mais pas les communistes qui ont eu le courage de défendre le « produire français » et la nation française), la droite (de l’extrême droite rien n’est dit), le centre, les antiracistes, les différents communautarismes, surtout juif et musulman, les écologistes, les homosexuels, les technocrates, les bobos, les immigrés, les féministes, j’en oublie sûrement, forcément le livre fait plus de 500 pages !

Comme Zemmour fait feu de tout bois, pioche chez les uns et les autres, s’en prend à beaucoup et aborde de nombreux sujets, il est possible de trouver telle ou telle partie de l’exercice pertinente et juste. Mais c’est l’ensemble, le systématisme du réquisitoire qui fait problème, tout se passant en effet comme si les nombreux responsables énoncés ci-dessus étaient les multiples composantes d’un vaste complot visant à détruire la France, multiples composantes alliées les unes aux autres, complémentaires les unes des autres. J’ajoute que dans le logiciel de Zemmour, pas de place pour la nuance, la complexité, la reconnaissance qu’il peut y avoir, au sein de tel ou tel courant de pensée, de tel ou tel mouvement des différences, des divergences, des désaccords. Non, il faut s’en tenir au global, et même globaliser à outrance, les partisans de l’Europe par exemple étant forcément tous complices de la dérive libérale, les soixanthuitards pensant forcément tous la même chose, les antiracistes aussi, les bobos aussi, eux qui d’ailleurs habitent, n’est-ce pas, les mêmes quartiers (c’est-à-dire sous la plume de Zemmour aussi bien, pour les parisiens, le Marais que Belleville, comme si le prix de l’immobilier y était le même !).

Il serait trop long de passer en revue dans cet article toutes les pièces du puzzle, je m’en tiens à l’une d’entre elles, parce qu’elle me concerne de près mais aussi parce que Eric Zemmour fait du féminisme et même des femmes en général l’une des causes principales de cette « mort » de la France qui le chagrine tant.

Résumons : dans l’alliance mortifère « du libéralisme économique et du libéralisme sociétal », le féminisme tient une place centrale puisqu’il est responsable de la fin du patriarcat, de la mort du père, (c’est un leitmotiv), de la fin du mariage, de la fin de la famille, de la fin de la virilité, de la féminisation de la France et donc de son avachissement (les deux sont synonymes), et même du développement de la société de consommation et de la financiarisation de l’économie. Les pères d’avant « contenaient les pulsions consommatrices » tandis que les femmes, elles, sont des agents du consumérisme et donc du grand marché libéral ! Ainsi les femmes qui font souvent et depuis très longtemps le marché et les courses font aussi, qui l’eut cru, le grand marché !
Bref le féminisme, les femmes, les mères, confondues les unes aux autres sont des contributrices principales de la destruction de la société et de la France.

Mort du patriarcat, avec un mariage contractuel entre égaux, mais « la contractualisation du mariage de deux êtres égaux méconnait la subtilité des rapports entre les hommes et les femmes. Le besoin des hommes de dominer – au moins formellement- pour se rassurer sexuellement. Le besoin des femmes d’admirer pour se donner sans honte ».On appréciera le « au moins formellement ». Quant à la « subtilité », sans doute existe-t-elle dans le si « subtil » « manifeste des 343 salauds : touche pas à ma pute ! » dont Zemmour a été, en 2013, l’un des premiers signataires.Mais le patriarcat n’a pas disparu pour laisser place à l’égalité, non, à lui s’est substitué le matriarcat qui fait disparaître les pères, sommés de devenir « des mères comme les autres », tandis que l’Etat fort, garant de la force de la France, est remplacé par un « Etat maternel » donc « infantilisant » et « culpabilisant ». Le féminisme a aussi détruit « la famille occidentale », nous faisant ainsi revenir à « une humanité d’avant la loi qu’elle s’était donnée en interdisant l’inceste : une humanité barbare, sauvage, inhumaine ». Rien que ça !
Pour Eric Zemmour, la famille est patriarcale ou elle n’est pas. Cependant il y a encore des familles patriarcales où les enfants reçoivent « une éducation patriarcale », ce sont par exemple les « familles maghrébines ». Mais alors, pas de chance, ce maintien « détériore les relations avec les indigènes – les ouvriers et leurs familles, issus de l’exode rural ou de l’immigration européenne » qui sont en train de rejeter la dite éducation patriarcale. Pas de chance non plus, malgré cette éducation patriarcale, les garçons « volent et violent », sans doute parce qu’ils ne sont pas de vrais Français.

Vous ne trouverez pas une ligne, pas un mot sur ce qu’était, en France, la situation des femmes dans ces années tant regrettées par Zemmour, avant les mouvements féministes, avant la libéralisation de l’avortement, avant les luttes pour l’émancipation, pour l’égalité, ou contre les violences, luttes qui sont d’ailleurs sans cesse à reprendre. Pas un mot, ah non j’exagère ; de ce passé idyllique, il  parle, quand il évoque par exemple, « le jeune chauffeur de bus qui glisse une main concupiscente sur un charmant fessier féminin » sans que « la jeune femme ne porte plainte pour harcèlement sexuel » !

Réquisitoire contre le féminisme et obsession des femmes sur lesquelles Zemmour  ne peut s’empêcher de glisser une allusion, et parfois avec une grande élégance, n’est-ce pas, ainsi : «  les débats sont comme les femmes, les meilleurs sont ceux qu’on n’a pas eus », ou encore les hommes virils « préfèrent prendre les femmes sans les comprendre plutôt que de les comprendre sans les prendre », ou encore « la jeunesse diplômée qui tient « le rôle du gibier féminin face au chasseur viril ». Obsession de la virilité, par exemple celle des« soldats allemands qui sont impressionnants de virilité conquérante » et au charme desquels « beaucoup de femmes succombent ». Ne pas oublier aussi que « la domination sociale à chez elles (les femmes) un fort pouvoir érotique ».

Il serait trop long de tout citer ici. Je ne sais pas quand on touche le fond. Est-ce quand, à la revendication avancée par les féministes dans la lutte pour la liberté de l’avortement, « le droit de disposer de son corps », Zemmour ajoute « même avec un soldat ennemi » ? Est-ce quand il souligne l’évidence, après un « homosexuel assumé » maire de Paris, de la candidature en 2014 de deux femmes à sa succession, soit un pas de plus dans la dégradation de la capitale ? Pire qu’un gay, une femme !

Cependant, en parlant des femmes, il ne faut pas oublier les différences de classe, puisque l’un des objectifs de l’ouvrage est de séduire ceux que Zemmour appelle tantôt « les classes populaires », tantôt les « petits blancs ». J’ignorais quant à moi que le divorce entre adultes consentants avait été imposé par « la petite bourgeoisie montante » aux « classes populaires qui n’en pouvaient mais », comme si les dites classes populaires n’avaient droit qu’au divorce conflictuel ! Ou encore que la lutte pour la liberté de l’avortement et plus largement les luttes d’émancipation des femmes n’étaient qu’une lutte de « bourgeoises volant indûment aux prolétaires mâles le rôle envieux de victimes et d’exploitées », comme si aucune prolétaire n’était jamais morte d’un avortement clandestin, (d’ailleurs plus souvent justement que les dites « bourgeoises » qui avaient les moyens d’aller en Suisse ou en Angleterre pour avorter dans de bonnes conditions), comme si aucune ouvrière n’avait jamais été victime d’un viol…Il faut flatter aussi les jeunes prolétaires, et là encore ce sont les filles qui tiennent le mauvais rôle puisqu’aux « petits blancs » elles « préfèrent le bagout de la jeunesse des écoles ou même la virilité ostentatoire des racailles de banlieue ».

Il y a dans les pages du « suicide français », une misogynie affichée, une haine des féministes mais plus largement des femmes que je ne soupçonnais pas pouvoir encore exister ainsi.
J’ajoute que dans les quarante dernières années telles que les raconte Eric Zemmour, dansla France telle qu’il la voit, pas un tout petit coin de ciel bleu, pas un pâle rayon de soleil, pas même une lueur. Non, tout est négatif, sombre, noir, moche. Pas non plus l’ombre d’une proposition pour sortir la France de l’épouvantable situation dans laquelle, selon lui, elle se trouve. A quoi bon d’ailleurs puisque « la France se meurt, la France est morte » ?  A la fin de son livre, Zemmour, devenu prophète, annonce « la guerre civile » à venir. A se demander s’il ne la souhaite pas. S’il ne la veut pas.

PS : Comme Zemmour emprunte à beaucoup et que nombreuses sont les citations non référencées, tout vérifier demande un long travail. Mais il y en a au moins une immédiatement corrigible, ce n’est pas « Bien creusé, la taupe », c’est « Bien creusé, vieille taupe » !

Voir aussi:

http://mta-nyc.custhelp.com/app/ask_sh

http://web.mta.info/nyct/safety/#harassment

http://gothamist.com/2014/09/30/worst_subway_etiquette_ever.php


Ebola: C’est Sarkozy qui avait raison (Perfect storm: Outdated beliefs and funeral rituals, witch craftery, denial, conspiracy theories, suspicion of local governments, distrust of western medicine, civil war, corrupt dictatorship, collapsed health systems)

18 octobre, 2014
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Nous sommes là pour dire et réclamer : laissez entrer les peuples noirs sur la grande scène de l’Histoire. Aimé Césaire
Ebola (…) J’ai l’impression qu’il y a vraiment un programme d’extermination qui est en train d’être mis en place … Dieudonné
Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui, depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire, où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout semble écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin. Le problème de l’Afrique, et permettez à un ami de l’Afrique de le dire, il est là. Guaino-Sarkozy
Moi, je pense que non seulement l’homme africain est entré dans l’histoire mais qu’il a même été le premier à y entrer. Rama Yade
Quelqu’un est venu ici vous dire que ‘l’Homme africain n’est pas entré dans l’histoire’. Pardon, pardon pour ces paroles humiliantes et qui n’auraient jamais dû être prononcées et – je vous le dis en confidence – qui n’engagent ni la France, ni les Français. Ségolène Royal
Et si Sarkozy avait raison… (…) L’opinion africaine dite intellectuelle s’est mobilisée, depuis quelques temps, contre le discours de Dakar du président français Nicolas Sarkozy, considéré, à notre avis, sans raison, de discours raciste, méprisant, humiliant. Et pourtant il ne faisait que nous rappeler, amicalement, sans doute d’une manière brutale et maladroite, qu’il était temps que nous sortions de la préhistoire pour entrer dans l’histoire contemporaine d’un monde qui est faite d’imagination, de techniques, de sciences, au lieu de nous complaire dans la médiocrité actuelle de nos choix. Il nous faut, en effet, sortir de notre logique fataliste, fondée sur un ancrage intellectuel, philosophique et culturel dans un passé plusieurs fois centenaire alors que le siècle qui frappe à notre porte exige notre entrée dans l’histoire contemporaine. Baba Diouf (Le Soleil)
Aid, by itself, has never developed anything, but where it has been allied to good public policy, sound economic management, and a strong determination to battle poverty, it has made an enormous difference in countries like India, Indonesia, and even China. Those examples illustrate another lesson of aid. Where it works, it represents only a very small share of the total resources devoted to improving roads, schools, heath services, and other things essential for raising incomes. Aid must not overwhelm or displace local efforts; instead, it must settle with being the junior partner. Because of Africa’s needs, and the stubborn nature of its poverty, the continent has attracted far too much aid and far too much interfering by outsiders. (…) In the last 20 years, some states — like Ghana, Uganda, Tanzania, Mozambique, and Mali — have broken the mould, recognized the importance of taking charge, and tried to use aid more strategically and efficiently. Some commentators would add Benin, Zambia, and Rwanda to that list. But most African governments remain stuck in a culture of dependence or indifference. There are still too many dictators in Africa (six have been in office for more than 25 years) and many elected leaders behave no differently. (…) The Blair Commission Report on Africa in 2005 reported that 70,000 trained professionals leave Africa every year, and until they — and the 40 percent of the continent’s savings that are held abroad — start coming home, we need to use aid more restrictively. An obvious solution is to focus aid on the small number of countries that are trying seriously to fight poverty and corruption. Other countries will need to wait — or settle with only small amounts of aid — until their politics or policies or attitudes to the private sector are more promising. We should also consider introducing incentives for countries to match outside assistance with greater progress in raising local funds. (…) We must not be distracted by recent news of Africa’s « spectacular » growth and its sudden attractiveness to private investment. Some basic things are changing on the continent, with real effects for the future; above all, Africans are speaking out and refusing to accept tired excuses from their governments. But the truth is that most of Africa’s growth — based on oil and mineral exports — has not made a whit of difference to the lives of most Africans. Political freedoms shrank on the continent last year, according to the U.S.-based Freedom House index. A quarter of school-age children are still not enrolled, according to World Bank statistics; many of those that are, are receiving a very mediocre education. And agricultural productivity — the key to reducing poverty — is essentially stagnant. The really good news is likely to stay local and seep out in small doses, until it eventually overwhelms the inertia and indifference of governments. Five years ago, Kenya managed to double its tax revenues because a former businessman, appointed to head the national revenue agency, took a hatchet to the dishonest practices of many tax collectors. He had every reason to do so. Only five percent of Kenya’s budget comes from foreign aid, compared with 40 percent in neighboring countries. This is a good example of the sometimes-perverse effects of aid, but also of the importance of imagination and individual initiative in promoting a better life for Africans. Robert Calderisi
A month ago I visited Kibera, the largest slum in Africa. This suburb of Nairobi, the capital of Kenya, is home to more than one million people, who eke out a living in an area of about one square mile — roughly 75% the size of New York’s Central Park. (…)  Kibera festers in Kenya, a country that has one of the highest ratios of development workers per capita. This is also the country where in 2004, British envoy Sir Edward Clay apologized for underestimating the scale of government corruption and failing to speak out earlier. Giving alms to Africa remains one of the biggest ideas of our time — millions march for it, governments are judged by it, celebrities proselytize the need for it. Calls for more aid to Africa are growing louder, with advocates pushing for doubling the roughly $50 billion of international assistance that already goes to Africa each year. Yet evidence overwhelmingly demonstrates that aid to Africa has made the poor poorer, and the growth slower. The insidious aid culture has left African countries more debt-laden, more inflation-prone, more vulnerable to the vagaries of the currency markets and more unattractive to higher-quality investment. It’s increased the risk of civil conflict and unrest (the fact that over 60% of sub-Saharan Africa’s population is under the age of 24 with few economic prospects is a cause for worry). Aid is an unmitigated political, economic and humanitarian disaster. Few will deny that there is a clear moral imperative for humanitarian and charity-based aid to step in when necessary, such as during the 2004 tsunami in Asia. Nevertheless, it’s worth reminding ourselves what emergency and charity-based aid can and cannot do. Aid-supported scholarships have certainly helped send African girls to school (never mind that they won’t be able to find a job in their own countries once they have graduated). This kind of aid can provide band-aid solutions to alleviate immediate suffering, but by its very nature cannot be the platform for long-term sustainable growth. Whatever its strengths and weaknesses, such charity-based aid is relatively small beer when compared to the sea of money that floods Africa each year in government-to-government aid or aid from large development institutions such as the World Bank. Over the past 60 years at least $1 trillion of development-related aid has been transferred from rich countries to Africa. Yet real per-capita income today is lower than it was in the 1970s, and more than 50% of the population — over 350 million people — live on less than a dollar a day, a figure that has nearly doubled in two decades. Even after the very aggressive debt-relief campaigns in the 1990s, African countries still pay close to $20 billion in debt repayments per annum, a stark reminder that aid is not free. In order to keep the system going, debt is repaid at the expense of African education and health care. Well-meaning calls to cancel debt mean little when the cancellation is met with the fresh infusion of aid, and the vicious cycle starts up once again. (…) The most obvious criticism of aid is its links to rampant corruption. Aid flows destined to help the average African end up supporting bloated bureaucracies in the form of the poor-country governments and donor-funded non-governmental organizations. In a hearing before the U.S. Senate Committee on Foreign Relations in May 2004, Jeffrey Winters, a professor at Northwestern University, argued that the World Bank had participated in the corruption of roughly $100 billion of its loan funds intended for development. As recently as 2002, the African Union, an organization of African nations, estimated that corruption was costing the continent $150 billion a year, as international donors were apparently turning a blind eye to the simple fact that aid money was inadvertently fueling graft. With few or no strings attached, it has been all too easy for the funds to be used for anything, save the developmental purpose for which they were intended. (…) A constant stream of « free » money is a perfect way to keep an inefficient or simply bad government in power. As aid flows in, there is nothing more for the government to do — it doesn’t need to raise taxes, and as long as it pays the army, it doesn’t have to take account of its disgruntled citizens. No matter that its citizens are disenfranchised (as with no taxation there can be no representation). All the government really needs to do is to court and cater to its foreign donors to stay in power. Stuck in an aid world of no incentives, there is no reason for governments to seek other, better, more transparent ways of raising development finance (such as accessing the bond market, despite how hard that might be). The aid system encourages poor-country governments to pick up the phone and ask the donor agencies for next capital infusion. It is no wonder that across Africa, over 70% of the public purse comes from foreign aid. (…) Africa remains the most unstable continent in the world, beset by civil strife and war. Since 1996, 11 countries have been embroiled in civil wars. According to the Stockholm International Peace Research Institute, in the 1990s, Africa had more wars than the rest of the world combined. (…) Proponents of aid are quick to argue that the $13 billion ($100 billion in today’s terms) aid of the post-World War II Marshall Plan helped pull back a broken Europe from the brink of an economic abyss, and that aid could work, and would work, if Africa had a good policy environment. Dambisa Moyo
En Afrique, oui, il y a un risque d’épidémisation, mais je ne pense pas qu’elle puisse s’étendre au reste du monde. Bien sûr, il y aura des cas sporadiques en Occident, on recensera encore quelques personnes contaminées venues d’Afrique, ainsi que quelques cas d’infections survenues au contact de ces malades. Mais cela restera très rare. D’une part, les conditions du cycle de propagation naturelle du virus ne sont pas réunies comme c’est le cas en Afrique, où nous avons un parasite porteur du virus, de fortes concentrations humaines, certains comportements humains ou rites particuliers (comme toucher les morts), des conditions sanitaires défavorables, un certain type d’alimentation, etc. D’autre part, le développement de la médecine occidentale permet de mettre en place des moyens d’action pour éviter une généralisation, avec notamment l’isolement absolu du patient, un strict protocole, des équipements médicaux pointus et le développement de stratégies de détection rapide du virus. Malgré un manque au niveau des traitements à l’heure actuelle, le risque n’est donc pas majeur dans les pays développés, mais Ebola sera l’une des plus grandes épidémies africaines. Le XXe siècle a marqué le retour des épidémies : dans les années 70, sont apparues les fièvres hémorragiques (dont Ebola); dans les années 80, le VIH; dans les années 90, l’hépatite C; et dans les années 2000, le Sras, la grippe H1N1, le chikungunya, etc. Ces maladies n’ont pas toutes les mêmes caractéristiques épidémiologiques ni la même transmission vectorielle, mais elles se sont propagées à cause d’une série de facteurs, comportementaux et environnementaux. Les échanges, les migrations, les voyages intercontinentaux, mais aussi la pénétration humaine en forêt et la déforestation, qui ont amené les hommes à entrer en contact avec une faune sauvage porteuse d’agents pathogènes, ont favorisé la contamination. Et l’Afrique est un continent qui a un lot considérable d’agents infectieux. Il ne faut d’ailleurs pas oublier qu’Ebola n’est pas le seul fléau en Afrique. Des études ont montré que ce continent concentre 70% des cas de VIH et 90% des cas de choléra. Et 90% des décès de paludisme surviennent en Afrique. Mais il y a aussi toute une conjonction qui fait que c’est un continent malade. La structure sanitaire y est déficitaire, du fait des régimes instables ou des zones de guerre. C’est aussi un territoire de migration. Et encore une fois, les comportements humains sont souvent responsables de la propagation des virus. L’éducation en général, et l’éducation sanitaire en particulier, joue un rôle fondamental. De simples gestes d’hygiène permettraient de réduire les fléaux médicaux qui touchent l’Afrique. Par exemple, les diarrhées «normales» tuent chaque année des centaines de milliers d’enfants. Se laver les mains permettrait de réduire de 50% le taux de mortalité.(…)  Mais Ebola est plus dangereux dans le sens où tous les émonctoires (l’urine, la salive, le liquide séminal…) sont vecteurs de transmission. Le simple fait de toucher le patient est dangereux, ce qui n’est pas le cas avec le sida. Néanmoins, le sida est une maladie chronique de longue durée, tandis qu’Ebola est une maladie très aiguë, avec un très fort taux de mortalité, très rapide. Avec Ebola, l’épidémisation est donc moins forte. (…) J’espère en tout cas qu’Ebola servira de déclencheur pour les différents régimes politiques, qu’ils deviendront plus désireux d’investir l’argent dans un système de santé efficace, sans détourner les fonds. J’espère aussi que cette épidémie va faire prendre conscience aux organisations internationales qu’il faut accorder une aide majeure à l’Afrique, et lui apporter une aide logistique et humaine plus importante. On a commencé, mais c’est encore timide. Pour ce qui est de la société elle-même, des efforts considérables d’information sont à faire. Mais passé une période d’incompréhension et la recherche de responsables (la population met notamment en cause les pouvoirs politiques), la société pourra peut-être aussi changer beaucoup de comportements. Jean-Pierre Dedet
« After the typhoon, we got flooded with calls asking, ‘How do I give?' » Sweeny said. « With this (Ebola), we’re not getting those kinds of requests. » Why the difference? For starters, it’s been evident that national governments will need to shoulder the bulk of the financial burden in combatting Ebola, particularly as its ripple effects are increasingly felt beyond the epicenter in West Africa. Regine A. Webster of the Center for Disaster Philanthropy, which advises nonprofits on disaster response strategies, said the epidemic blurred the lines in terms of the categories that guide some big donors. « This is a confusing issue for the private donor community — is it a disaster, or a health problem? » Webster said. « Institutions and individuals have been quite slow to respond. » Officials at InterAction, an umbrella group for U.S. relief agencies active abroad, see other intangible factors at work, including the video and photographic images emerging from West Africa. Joel Charny, InterAction’s vice president for humanitarian policy, said it was clear from the imagery out of Haiti and the Philippines that donations could help rebuild shattered homes and schools, while the images of Ebola are more frightening and less conducive to envisioning a happy ending. « People give when they see that there’s a plausible solution, » Charny said. « They can say, ‘If I give my $50 or $200, it’s going to translate in some tangible way into relieving suffering.’ … That makes them feel good. » « With Ebola, there’s kind of a fear factor, » he said. « Even competent agencies are feeling somewhat overwhelmed, and the nature of the disease — being so awful — makes it hard for people to engage. » Huffington Post
Le drame avec Ebola, c’est que cette épidémie s’attaque cruellement et insidieusement à nos valeurs culturelles ! Il y a par exemple la question des enterrements traditionnels, où les familles touchent le corps pendant les rites funéraires. Qui, à présent, pour s’occuper d’une personne emportée par le virus Ebola ? Au Liberia, de nombreux malades atteints par le virus Ebola, préfèrent rester chez eux plutôt que de se rendre dans les centres de santé. La psychose s’est répandue partout. Nul ne se sent désormais à l’abri, dans une Afrique lacérée par des traditions hétéroclites et des pratiques religieuses tenaces. Combattre le virus Ebola, que d’engagements, d’implications mais surtout de renoncements ! Des marchés aux rassemblements qu’occasionnent les naissances, les mariages, les baptêmes, les deuils, les prières et autres rites funéraires, les Africains aiment à s’illustrer comme de bons exemples. Qu’ils soient simples fidèles, parents, amis, connaissances ou voisins, ils ne veulent pas se voir rejetés pour avoir failli un tant soit peu.(…) Avec Ebola, au-delà des modes de vie, c’est aussi le mode de fonctionnement de la cellule familiale et de la société tout entière qu’il faudra revoir. Il faudra oser s’attaquer à des valeurs ancrées dans la cosmogonie africaine, revisiter nos croyances et nos comportements. De vrais défis ! Au Nigeria, on a dû incinérer le cadavre d’une victime d’Ebola. Le médecin qui l’avait soigné a aussi été mis en quarantaine. Pourra-t-on intégrer ces pratiques dans les nouvelles habitudes ? Il le faut pourtant. Pire que la peste et le choléra réunis, l’épidémie d’Ebola détruit les espaces de solidarité. Les pesanteurs socioculturelles ajoutées au manque de moyens (humains, matériels, financiers), le manque de coordination des actions, font de la fièvre rouge, une maladie aussi redoutable qu’effroyable sur le continent. Le médecin traitant, lui-même, est vulnérable. Une implication de l’Occident est requise. Elle doit être forte. Mais, parce qu’il engloutit des sommes colossales, l’Occident doit exiger en contrepartie que les dirigeants africains s’assument plus sérieusement que face au SIDA. En effet, le problème de la délinquance politique et économique reste toujours posé du côté de l’Afrique. Outre les questions relatives à l’hygiène publique et à l’assainissement, des problèmes de mal gouvernance se trouvent au cœur même de la gestion de nos grands fléaux. Pour le cas d’Ebola, celle-ci se propage parce que les politiques africaines de développement, de santé, d’environnement, de population tout court, sont généralement inadéquates. A preuve, des mesures préventives sont recommandées, sans que des dispositions ne soient toujours prises pour annihiler les conséquences fâcheuses au plan socio-économique. Il est bien de défendre aux gens de manger de la viande de brousse ou de chauves-souris, pour se prémunir contre l’infection au virus d’Ebola. Mais, que faire pour compenser les pertes au niveau des chasseurs, des intermédiaires et des vendeurs de viandes prisées de certaines populations ? Il faudra veiller à une saine utilisation des fonds qui seront mis à la disposition des Etats frappés par le mal. Le passé est à ce sujet suffisamment lourd d’enseignements. Face au SIDA, que n’a-t-on pas vu sur ce continent? La délinquance à tous les étages, impliquant des personnes insignifiantes et des hauts cadres, y compris le sommet de l’Etat. Face à l’épidémie d’Ebola, des dispositions plus rigoureuses doivent être prises. Si Ebola fait des ravages au point d’ébranler l’âme de l’Afrique, il faut éviter que les délinquants à col blanc ne perpétuent continuellement la saignée du continent, en profitant sans vergogne et impunément des efforts de la communauté internationale. L’expérience de fléaux comme celle du SIDA montre qu’en Afrique, une saine gestion des fonds, sur fond de bonne gouvernance politique, est un bon préalable au recul de l’épidémie. Le Pays
L’état de vétusté des infrastructures sanitaires, la faiblesse des ressources humaines, les problèmes d’hygiène et les traditions funéraires, entre autres, font des pays africains un terreau fertile à la propagation de ce virus. Dans le domaine culturel justement, cette épidémie est en train de détruire l’âme africaine. Les efforts pour contenir les infections commandent, entre autres, une attitude à la limite du rejet des victimes. Les parents et voisins sont invités à éviter de toucher aux corps des personnes ayant succombé, afin d’éviter tout risque de contamination par le virus. Nul doute que cette capacité du virus à se transmettre même après la mort de sa victime, est une cause de panique au sein des populations et cela sape les valeurs légendaires de solidarité africaine de même que des pans de la culture en ce qui concerne le traitement des corps des personnes décédées. (…) la vérité c’est que l’Afrique a, une fois de plus, failli. Comme à son habitude, elle aura manqué de prospective. Si non, comment comprendre qu’un virus qui a fait son apparition depuis 1976 et fait jusque-là de nombreuses victimes en Afrique centrale, n’ait pas, près de 40 ans après, encore été pris au sérieux au point qu’il puisse ressurgir et faire autant de victimes ? Comment comprendre que malgré tous les discours sur la souveraineté de l’Afrique, le sort et le salut du continent soient encore entre les mains des mêmes Occidentaux régulièrement conspués ? Que reste-t-il vraiment encore de la fierté des Africains ? Hélas, tout ce qui intéresse vraiment les dirigeants africains, c’est le pouvoir. (…) Aux Africains donc de se ressaisir, à commencer par leurs dirigeants, pour mériter le respect qu’ils réclament des autres, mais aussi et surtout pour prendre en main eux-mêmes leur destin. Le Pays
Ebola met à nu les tares des systèmes sanitaires africains La gouvernance des Etats africains présente beaucoup d’insuffisances. (…) Une des illustrations les plus frappantes de ce fait est la situation chaotique dans laquelle se trouvent nos systèmes de santé. En effet, la propagation du virus Ebola a contribué à mettre à nu toute l’étendue de cette triste réalité, qui doit désormais interpeller toutes les consciences. Lorsque l’on fait l’état des lieux, l’on peut avoir des raisons objectives d’être remonté contre nos gouvernants.Les zones d’ombre sont nombreuses. Elles se rapportent notamment à l’insuffisance du personnel soignant qualifié, au niveau rudimentaire des plateaux techniques, à la gestion artisanale des structures de santé, au manque de professionnalisme et de motivation des agents de santé, etc. Dans ces conditions, l’on comprend pourquoi la moindre épidémie peut constituer une véritable épreuve pour les autorités sanitaires. (…) Lorsque l’on prend le cas du Libéria qui est l’un des pays le plus touché par le virus, l’on peut tomber des nues de constater que ce pays, qui est indépendant depuis 1847, dispose seulement de 250 médecins, soit un ratio effroyable d’un ou de deux médecins pour 100 000 habitants. Il n’est donc pas étonnant que le pays de William Tolbert ait beaucoup de mal à déployer un personnel qualifié suffisant, pour la prise en charge des personnes infectées et affectées. Que l’on n’aille surtout pas brandir l’insuffisance de moyens financiers pour justifier cet état de fait. En effet, le Libéria regorge d’énormes richesses minières dont l’exploitation judicieuse pourrait permettre au peuple libérien de sortir la tête de l’eau. Malheureusement, ces richesses sont exploitées au profit d’une caste politique qui vit sur un îlot d’opulence, dans un océan de misère et d’indigence indescriptibles. L’exemple du Libéria est celui de la plupart des Etats africains. Lorsqu’il s’agit de répondre aux besoins de base des populations en termes d’éducation, de santé, de logement, l’on n’hésite pas en haut lieu à invoquer le manque de moyens financiers et à tendre sans gêne la sébile à la communauté internationale. Par contre, lorsqu’il s’agit de dépenser pour réaliser des activités dont l’intérêt pour les populations n’est pas évident, l’argent est vite mobilisé. Pour revenir à la propagation de la fièvre rouge, l’on a envie de dire que l’Afrique est en train de payer pour son manque de vision. Gouverner, dit-on, c’est prévoir. Mais en Afrique, c’est tout le contraire. C’est le pilotage à vue qui est érigé en mode de gouvernance. Lorsque survient la moindre urgence, c’est le sauve-qui-peut, nos Etats donnant l’impression d’être complètement désarmés. D’ailleurs, le fait qui consiste pour les princes qui nous gouvernent de courir, toutes affaires cessantes, en Occident, même pour soigner leurs petits bobos, est un aveu du peu d’intérêt et de crédit qu’ils accordent à nos structures sanitaires et à nos spécialistes de la santé. La tendance est loin d’être inversée. En effet, nos hôpitaux se présentent de plus en plus comme des antichambres de la mort : les urgences médicales sont difficilement assurées, l’encombrement et l’insalubrité crèvent les yeux. Le Pays
It is traditional beliefs and modern expressions of Christianity that is contributing to the spread of Ebola. This is not just a biomedical crisis, this is driven by beliefs, behaviours and denial. (…) It is enough to have one person who, for example, is at a funeral and can go on to contaminated 10 to 20 people, and it all starts again. (…) We thought it was over, and then a very well known person, a woman who was a powerful traditional practitioner and the head of a secret society, died (…) ‘People from three countries came to her funeral, there dozens of people got infected. From there the virus spread to Sierra Leone and Liberia. (…) It took about 1,000 Africans dying and two Americans being repatriated. That’s basically the equation in the value of life and what triggers an international response. Professor Peter Piot (director of the London School of Hygiene and Tropical Medicine)
Ultimately the spread is due to different cultural practices, as well as infrastructure. Chief among these is how people handle disease, from the avoidance, to the treatment, containment, and the handling of the victims. One aspect of certain beliefs and practices in the area is a deep distrust of medicine, as accusations of cannibalism by doctors, alongside suspicion that the disease is caused by witchcraft, and other conspiracy theories have caused riots outside treatment centres in Sierra Leone, and families to break into hospital to remove patients. The primary issue, however, is the funerary practices. The virus is able to capitalize on the tenderness in West African traditions, with devastating results. Traditional funeral proceedings in West Africa in involve lots of touching, kissing, and general handling (like washing) of the deceased; each victim, in effect, becomes far more dangerous after the virus has killed. A big part of this containment is the fact that urban centres are both better able to handle dangerous cases, and less likely to host them in the first place. This is especially bad, because it means that the most deadly strains are spread the most, and milder variants go extinct. The good news? It’s unlikely that Ebola will become a global pandemic. While there is some possibility of mutations occurring that increase the ability to spread, the fundamental mechanism that makes it deadly would likely be interrupted. The bad news is that until the population is educated in hygiene, the medical establishment, and the dangers of eating carrier species (pig, monkeys, and bats) the virus will continue to ravage these smaller villages. Oneclass
The idea is to train these people here to go back and disseminate the main instructions about the disease.” An Ebola infection often looks like malaria at first, so people may not suspect they have it. It later progresses to the classic symptoms of a hemorrhagic fever, with vomiting, diarrhea, high fever and both internal and external bleeding. With so many bodily fluids pouring from a patient, it is easy to see how caregivers could become infected. we’ve shown people how to do a traditional burial, only wearing gloves. And you can allow the body to be washed briefly. Workers have been attentive to the traditions, allowing the body to be wrapped without exposing people to the virus.” Genetic analysis of the virus causing the current outbreaks show it’s distinct from the virus seen in east Africa. This suggests it may be from a local source. No one’s sure just where Ebola cames from. It can affect great apes but fruit bats are a prime suspect. Today

 C’est Sarkozy qui avait raison !

Croyances et rites funéraires d’un autre âge, sorcellerie, déni, théories du complot, suspicion généralisée des administrations locales, méfiance à l’égard de la médecine occidentale, guerres civiles, dictatures corrompues, effondrement des systèmes de santé, attaques de centres d’isolement  …

A l’heure où 50 ans après les indépendances et des dizaines de milliards de ressources et d’aide détournées (pour un total d’au moins mille milliards de dollars sur 60 ans pour la seule aide au développement !) …

Un continent qui continue à concentrer les misères du monde (70% des cas de VIH, 90% des cas de choléra et des décès de paludisme, entre 26 et 40% d’alphabétisation, sans parler des filles, pour les pays les plus pauvres) 

Est en train, avec l’une des pires épidémies de son histoire et pendant qu’à l’instar de leurs coreligionnaires d’Irak les djihadistes sahéliens multiplient les exactions, de démontrer au monde toute l’étendue de son sous-développement …

Pendant que jusqu’en Occident même certains propagent les pires théories du complot

Comment ne pas repenser aux paroles, qui avait tant été dénoncées, du discours de Dakar de l’ancien président Sarkozy de juillet 2007 sur la non-entrée dans l’histoire de l’homme noir ?

Et ne pas voir, comme l’ont bien perçu nombre de commentateurs en Afrique même, que c’était bien Sarkozy qui avait raison ?

RAVAGES DE LA FIEVRE ROUGE : Quand Ebola ébranle l’âme de l’Afrique
Avec le virus Ebola, l’identité culturelle est dangereusement remise en cause par une épidémie qui, du début de l’année à ce jour, a fait 887 morts en Afrique subsaharienne. Des cas ont été signalés aux Etats-Unis.

Le Pays

5 août 2014

Si les deux cas révélés aux Etats-Unis étaient effectivement hors de danger, cela augurerait de bonnes perspectives pour la recherche. Celle-ci semble piétiner depuis la découverte du virus en 1976. A ce propos, l’Occident n’est point exempt de critique. Pourquoi avoir tant négligé les risques de propagation du mal qui avait d’abord sévi en Afrique centrale ? Sans aller jusqu’à jeter l’anathème sur l’Occident, il conviendrait de s’interroger sur le manque patent de médicaments à ce jour : insuffisance de ressources ou tout simplement manque de volonté politique ? Avec les révélations de cas en Occident (Etats-Unis), il faut souhaiter de meilleures dispositions, afin que la recherche vienne à bout de ce fléau.

Ebola s’attaque à nos valeurs culturelles

En tout cas, selon l’OMS, il existe des traitements, même si aucun vaccin homologué n’a encore vu le jour. Cela vient ainsi contredire les idées reçues selon lesquelles la maladie est mortelle à 100%. Que dire du docteur Kent Brantly et de son assistante Nancy Writebol, de retour aux Etats-Unis, après avoir contracté le virus lors de leur mission au Liberia ? Hospitalisés, ils avaient reçu plusieurs injections d’un mystérieux sérum baptisé ZMapp, conçu à San Diego en Californie. Les deux coopérants qui se trouvaient dans un état critique, seraient aujourd’hui dans un état « stable ». Jusque-là, le sérum n’avait été testé que sur quatre singes infectés par Ebola. Ils ont survécu après avoir reçu une dose du produit.Malheureusement, des membres des personnels de santé d’Afrique n’auront pas eu la chance des deux experts américains. Tombés les armes à la main, ces médecins, infirmiers ou sages-femmes méritent d’être célébrés. Le drame avec Ebola, c’est que cette épidémie s’attaque cruellement et insidieusement à nos valeurs culturelles ! Il y a par exemple la question des enterrements traditionnels, où les familles touchent le corps pendant les rites funéraires. Qui, à présent, pour s’occuper d’une personne emportée par le virus Ebola ? Au Liberia, de nombreux malades atteints par le virus Ebola, préfèrent rester chez eux plutôt que de se rendre dans les centres de santé.

La psychose s’est répandue partout. Nul ne se sent désormais à l’abri, dans une Afrique lacérée par des traditions hétéroclites et des pratiques religieuses tenaces. Combattre le virus Ebola, que d’engagements, d’implications mais surtout de renoncements ! Des marchés aux rassemblements qu’occasionnent les naissances, les mariages, les baptêmes, les deuils, les prières et autres rites funéraires, les Africains aiment à s’illustrer comme de bons exemples. Qu’ils soient simples fidèles, parents, amis, connaissances ou voisins, ils ne veulent pas se voir rejetés pour avoir failli un tant soit peu.

La lutte contre Ebola est difficile, mais pas impossible ! Elle devra se mener vaille que vaille, au plan individuel et collectif. Avec Ebola, au-delà des modes de vie, c’est aussi le mode de fonctionnement de la cellule familiale et de la société tout entière qu’il faudra revoir. Il faudra oser s’attaquer à des valeurs ancrées dans la cosmogonie africaine, revisiter nos croyances et nos comportements. De vrais défis ! Au Nigeria, on a dû incinérer le cadavre d’une victime d’Ebola. Le médecin qui l’avait soigné a aussi été mis en quarantaine. Pourra-t-on intégrer ces pratiques dans les nouvelles habitudes ? Il le faut pourtant. Pire que la peste et le choléra réunis, l’épidémie d’Ebola détruit les espaces de solidarité.

Des dispositions plus rigoureuses doivent être prises

Les pesanteurs socioculturelles ajoutées au manque de moyens (humains, matériels, financiers), le manque de coordination des actions, font de la fièvre rouge, une maladie aussi redoutable qu’effroyable sur le continent. Le médecin traitant, lui-même, est vulnérable. Une implication de l’Occident est requise. Elle doit être forte. Mais, parce qu’il engloutit des sommes colossales, l’Occident doit exiger en contrepartie que les dirigeants africains s’assument plus sérieusement que face au SIDA. En effet, le problème de la délinquance politique et économique reste toujours posé du côté de l’Afrique. Outre les questions relatives à l’hygiène publique et à l’assainissement, des problèmes de mal gouvernance se trouvent au cœur même de la gestion de nos grands fléaux. Pour le cas d’Ebola, celle-ci se propage parce que les politiques africaines de développement, de santé, d’environnement, de population tout court, sont généralement inadéquates. A preuve, des mesures préventives sont recommandées, sans que des dispositions ne soient toujours prises pour annihiler les conséquences fâcheuses au plan socio-économique. Il est bien de défendre aux gens de manger de la viande de brousse ou de chauves-souris, pour se prémunir contre l’infection au virus d’Ebola. Mais, que faire pour compenser les pertes au niveau des chasseurs, des intermédiaires et des vendeurs de viandes prisées de certaines populations ?

Il faudra veiller à une saine utilisation des fonds qui seront mis à la disposition des Etats frappés par le mal. Le passé est à ce sujet suffisamment lourd d’enseignements. Face au SIDA, que n’a-t-on pas vu sur ce continent? La délinquance à tous les étages, impliquant des personnes insignifiantes et des hauts cadres, y compris le sommet de l’Etat. Face à l’épidémie d’Ebola, des dispositions plus rigoureuses doivent être prises. Si Ebola fait des ravages au point d’ébranler l’âme de l’Afrique, il faut éviter que les délinquants à col blanc ne perpétuent continuellement la saignée du continent, en profitant sans vergogne et impunément des efforts de la communauté internationale. L’expérience de fléaux comme celle du SIDA montre qu’en Afrique, une saine gestion des fonds, sur fond de bonne gouvernance politique, est un bon préalable au recul de l’épidémie.

Voir aussi:

PROPAGATION DE LA FIEVRE ROUGE : Ebola ou la désintégration des peuples
C’est le branle-bas de combat dans tous les pays ou presque. Ceux qui sont touchés cherchent les voies et moyens de contenir le virus ; les autres pays prennent des mesures nécessaires pour prévenir une quelconque infection. En plus de la sous-région ouest-africaine où le cap des 1 000 morts d’Ebola a été dépassé, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les Etats-Unis d’Amérique, l’Inde et le Canada font face à la menace Ebola à travers leurs ressortissants vivant dans les pays touchés. Le virus fait des ravages au point d’être classé ennemi public à l’échelle mondiale.

Le Pays

10 août 2014

Pour l’Afrique, la situation est critique

En effet, face à la propagation de la fièvre rouge, la communauté internationale est à présent sur le pied de guerre. L’OMS, au regard de l’ampleur que prend l’épidémie, a estimé que «les conditions d’une urgence de santé publique de portée mondiale sont réunies » et a sonné la mobilisation générale.

Pour l’Afrique particulièrement, la situation est critique. L’état de vétusté des infrastructures sanitaires, la faiblesse des ressources humaines, les problèmes d’hygiène et les traditions funéraires, entre autres, font des pays africains un terreau fertile à la propagation de ce virus. Dans le domaine culturel justement, cette épidémie est en train de détruire l’âme africaine. Les efforts pour contenir les infections commandent, entre autres, une attitude à la limite du rejet des victimes. Les parents et voisins sont invités à éviter de toucher aux corps des personnes ayant succombé, afin d’éviter tout risque de contamination par le virus. Nul doute que cette capacité du virus à se transmettre même après la mort de sa victime, est une cause de panique au sein des populations et cela sape les valeurs légendaires de solidarité africaine de même que des pans de la culture en ce qui concerne le traitement des corps des personnes décédées. Les mesures prises de part et d’autre pour limiter la propagation du virus sont, bien entendu, fort compréhensibles. Les contrôles des passagers dans bien des pays en Afrique de l’Ouest, participent des moyens de contenir l’épidémie. Mais, on peut s’interroger sur l’efficacité de telles mesures. Les frontières en Afrique, faut-il le rappeler, sont très poreuses et il n’est pas évident de pouvoir soumettre à des tests toutes les personnes qui vont d’un pays à un autre. Cela est surtout vrai pour ceux qui voyagent en train, en bus ou par divers autres moyens de déplacement. Ils sont difficiles à passer au scanner des forces de contrôle. C’est le cas notamment des voyageurs qui empruntent de simples pistes et sentiers reliant des pays. Cela dit et loin de jouer les oiseaux de mauvais augure, il est certain que le virus touche déjà bien plus de pays ouest-africains que la Sierra Leone, le Liberia, la Guinée et le Nigeria. Il ne faut pas se leurrer, le mal touche probablement plus de pays qu’on ne le pense. Et cela n’est pas sans conséquence sur l’intégration des peuples et les activités économiques. En effet, les mesures de riposte ou de prévention prises par la plupart des pays, ont un impact certain sur la libre circulation des personnes. Les entrées étant plus contrôlées aux frontières terrestres ou aériennes des pays, les voyages sont rendus de facto, plus difficiles. De plus, la psychose des contaminations amène des populations à limiter par elles-mêmes leurs déplacements vers d’autres pays, à défaut de les annuler purement et simplement.

La volonté politique et les moyens ne sont pas à la hauteur

En cela, on peut dire que le virus Ebola est un facteur de désintégration des peuples. Et cette désintégration s’accompagne d’une morosité des activités économiques. En témoigne la suspension des liaisons aériennes entre certains pays. L’espoir une fois de plus pourrait venir de l’Occident, notamment de l’Amérique. En tout cas, il est attendu beaucoup du sérum expérimental développé par les Etats-Unis d’Amérique. Il faut croiser les doigts pour que ce vaccin soit le plus rapidement possible, disponible avant 2015, comme initialement prévu et qu’il soit efficace. Certes, on peut se dire qu’il aura fallu que les économies et des vies occidentales soient en danger pour que la réponse s’organise à l’échelle mondiale et que des esquisses de solution voient le jour. Mais ce serait faire un faux procès à l’Occident que de ne voir la situation que sous ce prisme. Les Occidentaux défendent leurs intérêts et c’est, le moins du monde, normal. Il est de bon ton que les Etats-Unis d’Amérique se préoccupent du sort de leurs compatriotes contaminés par un virus de l’autre côté de la planète et cela devrait donner à réfléchir à bien des gouvernants. Car, la vérité c’est que l’Afrique a, une fois de plus, failli. Comme à son habitude, elle aura manqué de prospective. Si non, comment comprendre qu’un virus qui a fait son apparition depuis 1976 et fait jusque-là de nombreuses victimes en Afrique centrale, n’ait pas, près de 40 ans après, encore été pris au sérieux au point qu’il puisse ressurgir et faire autant de victimes ? Comment comprendre que malgré tous les discours sur la souveraineté de l’Afrique, le sort et le salut du continent soient encore entre les mains des mêmes Occidentaux régulièrement conspués ? Que reste-t-il vraiment encore de la fierté des Africains ? Hélas, tout ce qui intéresse vraiment les dirigeants africains, c’est le pouvoir. C’est le moins que l’on puisse dire au regard du fait qu’ils sont incapables de résoudre les problèmes de santé et d’éducation des populations pour ne citer que cela. L’Afrique devrait pouvoir prendre en charge elle-même la recherche dans des domaines où ses intérêts sont en jeu. Elle a la matière grise pour cela. Seulement, l’esprit d’anticipation fait largement défaut. On attend toujours que la situation soit hors de contrôle ou en passe de l’être, pour réagir. De plus, la volonté politique et les moyens ne sont pas à la hauteur pour des pays qui rêvent d’émergence. Il n’y a qu’à observer les parts des budgets réservées à la recherche qui, comme on le sait, sont généralement modiques sous nos tropiques. Pourtant, il est évident que dans la lutte contre le virus Ebola et les autres maladies qui écument le continent, si les chercheurs africains arrivaient à mettre au point des vaccins ou des remèdes dont la qualité scientifique est éprouvée, le reste du monde ne pourrait que s’incliner devant de telles découvertes. C’est dire que le respect et la reconnaissance des autres en matière de recherches scientifiques comme dans bien d’autres domaines, se méritent. Aux Africains donc de se ressaisir, à commencer par leurs dirigeants, pour mériter le respect qu’ils réclament des autres, mais aussi et surtout pour prendre en main eux-mêmes leur destin.

Voir encore:

PROPAGATION DE LA FIEVRE ROUGE : Quand Ebola met à nu les tares des systèmes sanitaires africains
La gouvernance des Etats africains présente beaucoup d’insuffisances. Il n’y a que les personnes de mauvaise foi qui peuvent en douter. Une des illustrations les plus frappantes de ce fait est la situation chaotique dans laquelle se trouvent nos systèmes de santé. En effet, la propagation du virus Ebola a contribué à mettre à nu toute l’étendue de cette triste réalité, qui doit désormais interpeller toutes les consciences. Lorsque l’on fait l’état des lieux, l’on peut avoir des raisons objectives d’être remonté contre nos gouvernants.

Pousdem Pickou

Le Pays
21 août 2014

L’Afrique est en train de payer pour son manque de vision

Les zones d’ombre sont nombreuses. Elles se rapportent notamment à l’insuffisance du personnel soignant qualifié, au niveau rudimentaire des plateaux techniques, à la gestion artisanale des structures de santé, au manque de professionnalisme et de motivation des agents de santé, etc. Dans ces conditions, l’on comprend pourquoi la moindre épidémie peut constituer une véritable épreuve pour les autorités sanitaires. Certes, Ebola n’est pas comme les autres maladies infectieuses, mais la précarité et le dénuement dans lesquels évoluent les systèmes sanitaires de bien des Etats africains, peuvent expliquer en partie sa propagation. Lorsque l’on prend le cas du Libéria qui est l’un des pays le plus touché par le virus, l’on peut tomber des nues de constater que ce pays, qui est indépendant depuis 1847, dispose seulement de 250 médecins, soit un ratio effroyable d’un ou de deux médecins pour 100 000 habitants. Il n’est donc pas étonnant que le pays de William Tolbert ait beaucoup de mal à déployer un personnel qualifié suffisant, pour la prise en charge des personnes infectées et affectées. Que l’on n’aille surtout pas brandir l’insuffisance de moyens financiers pour justifier cet état de fait. En effet, le Libéria regorge d’énormes richesses minières dont l’exploitation judicieuse pourrait permettre au peuple libérien de sortir la tête de l’eau. Malheureusement, ces richesses sont exploitées au profit d’une caste politique qui vit sur un îlot d’opulence, dans un océan de misère et d’indigence indescriptibles. L’exemple du Libéria est celui de la plupart des Etats africains. Lorsqu’il s’agit de répondre aux besoins de base des populations en termes d’éducation, de santé, de logement, l’on n’hésite pas en haut lieu à invoquer le manque de moyens financiers et à tendre sans gêne la sébile à la communauté internationale. Par contre, lorsqu’il s’agit de dépenser pour réaliser des activités dont l’intérêt pour les populations n’est pas évident, l’argent est vite mobilisé. Pour revenir à la propagation de la fièvre rouge, l’on a envie de dire que l’Afrique est en train de payer pour son manque de vision. Gouverner, dit-on, c’est prévoir.

Il y a urgence à repenser les systèmes de santé des pays africains

Mais en Afrique, c’est tout le contraire. C’est le pilotage à vue qui est érigé en mode de gouvernance. Lorsque survient la moindre urgence, c’est le sauve-qui-peut, nos Etats donnant l’impression d’être complètement désarmés. D’ailleurs, le fait qui consiste pour les princes qui nous gouvernent de courir, toutes affaires cessantes, en Occident, même pour soigner leurs petits bobos, est un aveu du peu d’intérêt et de crédit qu’ils accordent à nos structures sanitaires et à nos spécialistes de la santé. La tendance est loin d’être inversée. En effet, nos hôpitaux se présentent de plus en plus comme des antichambres de la mort : les urgences médicales sont difficilement assurées, l’encombrement et l’insalubrité crèvent les yeux. Ces réalités laissent de marbre certains gouvernants. C’est dans ce contexte que certains Etats africains poussent l’indécence jusqu’à l’extrême, en parlant d’émergence. Face à un tel ridicule qui consiste à se chatouiller pour rire, l’on a envie de se poser la question suivante : Sacrée Afrique, quand est-ce que tu vas cesser d’être la risée des autres ? Cela dit, aujourd’hui plus jamais, il y a urgence à repenser les systèmes de santé des pays africains. Cela nécessite certes des moyens financiers, mais surtout de l’ingéniosité et de la volonté politique. L’Afrique a certainement des chercheurs de qualité. Mais encore faut-il qu’ils aient le minimum de moyens pour mener leurs recherches. C’est en adoptant de nouvelles résolutions, en termes de bonne gouvernance, que l’on pourra dire que l’Afrique a tiré leçon des ravages que la fièvre rouge est en train de faire sur son sol.

Voir de plus:

L’homme africain et l’histoire

Henri Guaino
Le Monde

26.07.2008

Il y a un an à Dakar, le président de la République française prononçait sa première grande allocution en terre africaine. On sait le débat qu’elle a provoqué. Jamais pourtant un président français n’avait été aussi loin sur l’esclavage et la colonisation : « Il y a eu la traite négrière. Il y a eu l’esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme des marchandises. Et ce crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l’homme, ce fut un crime contre l’humanité tout entière (…). Jadis les Européens sont venus en Afrique en conquérants. Ils ont pris la terre de vos ancêtres. Ils ont banni les dieux, les langues, les croyances, les coutumes de vos pères. Ils ont dit à vos pères ce qu’ils devaient penser, ce qu’ils devaient croire, ce qu’ils devaient faire. Ils ont eu tort. »

Mais il a voulu rappeler en même temps que, parmi les colons, « il y avait aussi des hommes de bonne volonté (…) qui ont construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles (…) ». Il doit beaucoup à Senghor, qui proclamait : « Nous sommes des métis culturels. » C’est sans doute pourquoi il a tant déplu à une certaine intelligentsia africaine qui trouvait Senghor trop francophile. Il ne doit en revanche rien à Hegel. Dommage pour ceux qui ont cru déceler un plagiat. Reste que la tonalité de certaines critiques pose une question : faut-il avoir une couleur de peau particulière pour avoir le droit de parler des problèmes de l’Afrique sans être accusé de racisme ?

A ceux qui l’avaient accusé de racisme à propos de Race et culture (1971), Lévi-Strauss avait répondu : « En banalisant la notion même de racisme, en l’appliquant à tort et à travers, on la vide de son contenu et on risque d’aboutir à un résultat inverse de celui qu’on recherche. Car qu’est-ce que le racisme ? Une doctrine précise (…). Un : une corrélation existe entre le patrimoine génétique d’une part, les aptitudes intellectuelles et les dispositions morales d’autre part. Deux : ce patrimoine génétique est commun à tous les membres de certains groupements humains. Trois : ces groupements appelés « races » peuvent être hiérarchisés en fonction de la qualité de leur patrimoine génétique. Quatre : ces différences autorisent les « races » dites supérieures à commander, exploiter les autres, éventuellement à les détruire. »

Où trouve-t-on une telle doctrine dans le discours de Dakar ? Où est-il question d’une quelconque hiérarchie raciale ? Il est dit, au contraire : « L’homme africain est aussi logique et raisonnable que l’homme européen. » Et « le drame de l’Afrique n’est pas dans une prétendue infériorité de son art, de sa pensée, de sa culture, car pour ce qui est de l’art, de la pensée, de la culture, c’est l’Occident qui s’est mis à l’école de l’Afrique ».

Est-ce raciste de dire : « En écoutant Sophocle, l’Afrique a entendu une voix plus familière qu’elle ne l’aurait cru et l’Occident a reconnu dans l’art africain des formes de beauté qui avaient jadis été les siennes et qu’il éprouvait le besoin de ressusciter » ?

Parler de « l’homme africain » était-il raciste ? Mais qui a jamais vu quelqu’un traité de raciste parce qu’il parlait de l’homme européen ? Nul n’ignore la diversité de l’Afrique. A Dakar, le président a dit : « Je veux m’adresser à tous les Africains, qui sont si différents les uns des autres, qui n’ont pas la même langue, la même religion, les mêmes coutumes, la même culture, la même histoire, et qui pourtant se reconnaissent les uns les autres comme Africains. »

Chercher ce que les Africains ont en commun n’est pas plus inutile ni plus sot que de chercher ce que les Européens ont en partage. L’anthropologie culturelle est un point de vue aussi intéressant que celui de l’historien sur la réalité du monde.

UN DISCOURS POUR LA JEUNESSE

Revenons un instant sur le passage qui a déchaîné tant de passions et qui dit que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire ». Nulle part il n’est dit que les Africains n’ont pas d’histoire. Tout le monde en a une. Mais le rapport à l’histoire n’est pas le même d’une époque à une autre, d’une civilisation à l’autre. Dans les sociétés paysannes, le temps cyclique l’emporte sur le temps linéaire, qui est celui de l’histoire. Dans les sociétés modernes, c’est l’inverse.

L’homme moderne est angoissé par une histoire dont il est l’acteur et dont il ne connaît pas la suite. Cette conception du temps qui se déploie dans la durée et dans une direction, c’est Rome et le judaïsme qui l’ont expérimentée les premiers. Puis il a fallu des millénaires pour que l’Occident invente l’idéologie du progrès. Cela ne veut pas dire que dans toutes les autres formes de civilisation il n’y a pas eu des progrès, des inventions cumulatives. Mais l’idéologie du progrès telle que nous la connaissons est propre à l’héritage des Lumières.

En 1947, Emmanuel Mounier partait à la rencontre de l’Afrique, et en revenant il écrivit : « Il semble que le temps inférieur de l’Africain soit accordé à un monde sans but, à une durée sans hâte, que son bonheur soit de se laisser couler au fil des jours et non pas de brûler les espaces et les minutes. » Raciste, Mounier ?

A propos du paysan africain, le discours parle d’imaginaire, non de faits historiques. Il ne s’agissait pas de désigner une classe sociale, mais un archétype qui imprègne encore la mentalité des fils et des petits-fils de paysans qui habitent aujourd’hui dans les villes.

L’Afrique est le berceau de l’humanité, et nul n’a oublié ni l’Egypte ni les empires du Ghana et du Mali, ni le royaume du Bénin, ni l’Ethiopie. Mais les grands Etats furent l’exception, dit Braudel, qui ajoute : « L’Afrique noire s’est ouverte mal et tardivement sur le monde extérieur. » Raciste, Braudel ?

L’homme africain est entré dans l’histoire et dans le monde, mais pas assez. Pourquoi le nier ?

Ce discours ne s’adressait pas aux élites installées, aux notables de l’Afrique. Mais à sa jeunesse qui s’apprête à féconder l’avenir. Et il lui dit : « Vous êtes les héritiers des plus vieilles traditions africaines et vous êtes les héritiers de tout ce que l’Occident a déposé dans le coeur et dans l’âme de l’Afrique », la liberté, la justice, la démocratie, l’égalité vous appartiennent aussi.

L’Afrique n’est pas en dehors du monde. D’elle aussi, il dépend que le monde de demain soit meilleur. Mais l’engagement de l’Afrique dans le monde a besoin d’une volonté africaine, car « la réalité de l’Afrique, c’est celle d’un grand continent qui a tout pour réussir et qui ne réussit pas parce qu’il n’arrive pas à se libérer de ses mythes ». Cessons de ressasser le passé et tournons-nous ensemble vers l’avenir. Cet avenir a un nom : l’Eurafrique, et l’Union pour la Méditerranée en est la première étape. Voilà ce que le président de la République a dit en substance à Dakar.

On a beaucoup parlé des critiques, moins de ceux qui ont approuvé, comme le président de l’Afrique du Sud, M. Thabo Mbeki. On n’a pas parlé du livre si sérieux, si honnête d’André Julien Mbem, jeune philosophe originaire du Cameroun. Parlera-t-on du livre si savant à paraître bientôt à Abidjan de Pierre Franklin Tavares, philosophe spécialiste de Hegel, originaire du Cap-Vert ?

L’éditorial du quotidien sénégalais Le Soleil du 9 avril dernier était intitulé : « Et si Sarkozy avait raison ? » Bara Diouf, grande figure du journalisme africain, qui fut l’ami de Cheikh Anta Diop (1923-1986, historien et anthropologue sénégalais), écrivait : « Le siècle qui frappe à notre porte exige notre entrée dans l’histoire contemporaine. »

Raciste, Bara Diouf ou mauvais connaisseur de l’Afrique ?

Toute l’Afrique n’a pas rejeté le discours de Dakar. Encore faut-il le lire avec un peu de bonne foi. On peut en discuter sans mépris, sans insultes. Est-ce trop demander ? Et si nous n’en sommes pas capables, à quoi ressemblera demain notre démocratie ?

Henri Guaino est conseiller spécial du président de la République

Voir encore:

Ebola : « Le risque n’est pas majeur dans les pays développés »
Tatiana Salvan

Libération

17 octobre 2014

INTERVIEW Selon le microbiologiste Jean-Pierre Dedet, les conditions d’une épidémie ne sont pas réunies en Occident. Mais Ebola sera bien l’une des plus grandes épidémies africaines.

Avec l’annonce d’un deuxième cas d’infection par le virus Ebola aux Etats-Unis, l’Occident redoute plus que jamais qu’Ebola ne franchisse les frontières. La France vient d’annoncer la mise en place d’un dispositif de contrôle sanitaire dans les aéroports français. Mais pour Jean-Pierre Dedet, professeur émérite à l’université Montpellier I et microbiologiste, auteur de Epidémies, de la peste noire à la grippe A/H1N1 (2010), l’épidémie d’Ebola restera concentrée en Afrique.

Sur le même sujetLe Sénégal n’est plus touché par Ebola
Selon l’OMS, l’épidémie d’Ebola pourrait faire 10 000 nouveaux cas par semaine. Existe-il un véritable risque de pandémie ?

En Afrique, oui, il y a un risque d’épidémisation, mais je ne pense pas qu’elle puisse s’étendre au reste du monde. Bien sûr, il y aura des cas sporadiques en Occident, on recensera encore quelques personnes contaminées venues d’Afrique, ainsi que quelques cas d’infections survenues au contact de ces malades. Mais cela restera très rare. D’une part, les conditions du cycle de propagation naturelle du virus ne sont pas réunies comme c’est le cas en Afrique, où nous avons un parasite porteur du virus, de fortes concentrations humaines, certains comportements humains ou rites particuliers (comme toucher les morts), des conditions sanitaires défavorables, un certain type d’alimentation, etc. D’autre part, le développement de la médecine occidentale permet de mettre en place des moyens d’action pour éviter une généralisation, avec notamment l’isolement absolu du patient, un strict protocole, des équipements médicaux pointus et le développement de stratégies de détection rapide du virus. Malgré un manque au niveau des traitements à l’heure actuelle, le risque n’est donc pas majeur dans les pays développés, mais Ebola sera l’une des plus grandes épidémies africaines.

Comment situer Ebola par rapport aux autres grandes épidémies ?

Le XXe siècle a marqué le retour des épidémies : dans les années 70, sont apparues les fièvres hémorragiques (dont Ebola); dans les années 80, le VIH; dans les années 90, l’hépatite C; et dans les années 2000, le Sras, la grippe H1N1, le chikungunya, etc. Ces maladies n’ont pas toutes les mêmes caractéristiques épidémiologiques ni la même transmission vectorielle, mais elles se sont propagées à cause d’une série de facteurs, comportementaux et environnementaux. Les échanges, les migrations, les voyages intercontinentaux, mais aussi la pénétration humaine en forêt et la déforestation, qui ont amené les hommes à entrer en contact avec une faune sauvage porteuse d’agents pathogènes, ont favorisé la contamination. Et l’Afrique est un continent qui a un lot considérable d’agents infectieux.

Il ne faut d’ailleurs pas oublier qu’Ebola n’est pas le seul fléau en Afrique. Des études ont montré que ce continent concentre 70% des cas de VIH et 90% des cas de choléra. Et 90% des décès de paludisme surviennent en Afrique. Mais il y a aussi toute une conjonction qui fait que c’est un continent malade. La structure sanitaire y est déficitaire, du fait des régimes instables ou des zones de guerre. C’est aussi un territoire de migration. Et encore une fois, les comportements humains sont souvent responsables de la propagation des virus.

Les fléaux médicaux en Afrique en 2012 comparés à l’épidémie d’Ebola en 2014

L’éducation est donc essentielle pour éviter les épidémies ?

L’éducation en général, et l’éducation sanitaire en particulier, joue un rôle fondamental. De simples gestes d’hygiène permettraient de réduire les fléaux médicaux qui touchent l’Afrique. Par exemple, les diarrhées «normales» tuent chaque année des centaines de milliers d’enfants. Se laver les mains permettrait de réduire de 50% le taux de mortalité.

Peut-on comparer le virus Ebola au VIH ?

Ils ont un point commun : la transmission directe interhumaine. Mais Ebola est plus dangereux dans le sens où tous les émonctoires (l’urine, la salive, le liquide séminal…) sont vecteurs de transmission. Le simple fait de toucher le patient est dangereux, ce qui n’est pas le cas avec le sida. Néanmoins, le sida est une maladie chronique de longue durée, tandis qu’Ebola est une maladie très aiguë, avec un très fort taux de mortalité, très rapide. Avec Ebola, l’épidémisation est donc moins forte.

Cette épidémie peut influencer le mode de fonctionnement de la société africaine ?

J’espère en tout cas qu’Ebola servira de déclencheur pour les différents régimes politiques, qu’ils deviendront plus désireux d’investir l’argent dans un système de santé efficace, sans détourner les fonds. J’espère aussi que cette épidémie va faire prendre conscience aux organisations internationales qu’il faut accorder une aide majeure à l’Afrique, et lui apporter une aide logistique et humaine plus importante. On a commencé, mais c’est encore timide.

Pour ce qui est de la société elle-même, des efforts considérables d’information sont à faire. Mais passé une période d’incompréhension et la recherche de responsables (la population met notamment en cause les pouvoirs politiques), la société pourra peut-être aussi changer beaucoup de comportements.

Voir de même:

Peur
Le virus Ebola alimente les théories du complot
Pierre Haski
Rue 89
03/08/2014

Obama veut imposer une « tyrannie médicale » et des médecins apportent la maladie en Afrique. Voilà les explications qui émergent alors que l’épidémie s’amplifie, et menacent prévention et mesures de précaution.

Une épidémie d’une maladie incurable, mystérieuse, alimente toujours les théories du complot ou les thèses farfelues. Ce fut le cas du sida dans les années 80, avant que le monde devienne -hélas- familier de ce virus ; c’est aujourd’hui le cas d’Ebola, qui sévit en Afrique de l’ouest.

Le rapatriement aux Etats-Unis, samedi, d’un médecin américain contaminé par le virus Ebola, a donné un nouvel élan aux amateurs de complots, jouant avec le risque de prolifération de l’épidémie sur le sol américain.

Le Dr Kent Brantly, qui travaillait au Libéria avec les patients d’Ebola, a été contaminé et rapatrié samedi à Atlanta, où il est arrivé revêtu d’un scaphandre de protection, suffisamment fort pour descendre seul de l’ambulance. Une deuxième américaine contaminée devrait être rapatriée dans les prochains jours, dans les mêmes conditions.

« Complot eugéniste et mondialiste »
Dès samedi, l’un des « complotistes » les plus célèbres des Etats-Unis, Alex Jones, qui débusque le « globaliste » derrière chaque geste de l’administration américaine et a l’oreille du « Tea Party », s’en est ému dans une vidéo sur son site Infowars.com et sur YouTube. Il s’insurge :

« Mesdames, Messieurs, c’est sans précédent pour un gouvernement occidental d’amener une personne atteinte de quelque chose d’aussi mortel qu’Ebola dans leur propre pays. (…) C’est le signe qu’on cherche à susciter la terreur et l’effroi, afin d’imposer une tyrannie médicale encore plus forte. »

Pour ce « guerrier de l’info », comme il se décrit, qui n’a pas moins de 250 000 abonnés à son compte Twitter, le virus ne restera pas confiné à l’hôpital et s’échappera. « Il s’agit d’un gouvernement et d’un système politique qui se moquent des gens », accusant les « eugénistes “ et les ‘mondialistes’ de déployer un scénario catastrophe.

Au même moment, pourtant, les autorités américaines expliquent qu’elles ont ramené le Dr Brantly à Atlanta pour lui donner une chance de survivre, en renforçant ses défenses dans l’espoir qu’il surmonte l’attaque du virus. Le taux de mortalité de cette souche d’Ebola n’est ‘que’ de 60% environ, contre plus de 90% pour d’autres épidémies antérieures en Afrique.

Et ils le font dans l’endroit le plus adapté : Atlanta est le siège du Centre de contrôle des maladies infectieuses (CDC) aux Etats-Unis, et de l’un des seuls labos au monde spécialisés dans les virus, un laboratoire de niveau P4, le plus élevé et dans lequel la sécurité est la plus rigoureuse, avec plusieurs sas de décontamination pour s’y déplacer. L’autre labo du même type au monde se trouve … à Lyon.

‘Ebola, Ebola’
Il n’y a pas qu’aux Etats-Unis que la menace d’Ebola suscite fantasmes et peurs quasi-millénaristes : Adam Nossiter, l’envoyé spécial du New York Times racontait il y a quelques jours de Guinée –l’un des pays les plus touchés par Ebola– comment des villageois ont constitué des groupes d’autodéfense pour empêcher les équipes médicales d’approcher. ‘Partout où elles passent, on voit apparaître la maladie’, dit un jeune Guinéen interdisant l’accès de son village.

Son récit se poursuit :

‘Les travailleurs [sanitaires] et les officiels, rendus responsables par des populations en panique pour la propagation du virus, ont été menacés avec des couteaux, des pierres et des machettes, et leurs véhicules ont parfois été entourés par des foules menaçantes. Des barrages de troncs d’arbre interdisent l’accès aux équipes médicales dans les villages où l’on soupçonne la présence du virus. Des villageois malades ou morts, coupés de toute aide médicale, peuvent dès lors infecter d’autres personnes.

C’est très inhabituel, on ne nous fait pas confiance, dit Marc Poncin, coordinateur pour la Guinée de Médecins sans Frontières, le principal groupe luttant contre le virus. Nous ne pouvons pas stopper l’épidémie.’
Le journaliste ajoute que les gens s’enfuient à la vue d’une croix rouge, et crient ‘Ebola, Ebola’ à la vue d’un Occidental. Un homme en train de creuser une tombe pour un patient décédé du virus conclut : ‘nous ne pouvons rien faire, seul Dieu peut nous sauver’.

Sur le site du New Yorker, Richard Preston, auteur d’un livre sur Ebola dont nous avons cité de larges extraits récemment, raconte qu’au Libéria, les malades d’Ebola quittent la capitale, Monrovia, dont le système de santé est dépassé par l’épidémie, et retournent dans leur village d’origine pour consulter des guérisseurs ou simplement rejoindre leurs familles. Au risque de diffuser un peu plus le virus.

Le sida pour ‘décourager les amoureux’
Peurs, fantasmes, parano sont fréquents à chaque nouvelle maladie. Ce fut le cas lors de l’apparition du sida au début des années 80. A Kinshasa, durement touchée par la pandémie, la population n’a pas cru aux explications officielles sur la transmission sexuelle du virus, et avait rebaptisé le sida ‘Syndrome inventé pour décourager les amoureux’… Les églises évangélistes s’en étaient emparées pour parler de ‘punition divine’ et recruter un peu plus de brebis égarées.

Pire, en Afrique du Sud, la méfiance vis-à-vis de la médecine occidentale a gagné jusqu’au Président de l’époque, Thabo Mbeki, qu’on aurait cru plus prudent, et qui avait encouragé le recours à des remèdes traditionnels plutôt que les antirétroviraux qui commençaient à faire leur apparition et ont, depuis, fait leurs preuves. Un temps précieux, et beaucoup de vies humaines, ont été sacrifiés dans cette folie.

Avec le temps, la connaissance de la maladie et de ses modes de transmission a progressé, même s’il reste de nombreuses inégalités dans les accès aux soins.

Bien que le virus ait été identifié en 1976, il y a près de quatre décennies, les épidémies ont été très localisées, et de brève durée. Elle reste donc peu connue en dehors des spécialistes, et surtout entourée d’une réputation terrifiante : pas de remède, fort taux de mortalité, virus mutant…

Avec retard, la mobilisation internationale se met en place pour contenir l’épidémie apparue en Afrique de l’Ouest. L’information des populations n’est pas la tache la moins importante. Même s’il est probable qu’aucun argument rationnel ne pourra convaincre Alex Jones et ses disciples que l’administration Obama, malgré tous ses défauts, n’est pas en train d’importer Ebola pour quelque projet d’eugénisme au sein de la population américaine…

Voir par ailleurs:

Kissing the Corpses in Ebola Country
Ebola victims are most infectious right after death—which means that West African burial practices, where families touch the bodies, are spreading the disease like wildfire.

Abby Hagelage

The Daily beast
08.13.14

From 8 a.m. to midnight, wearing three pairs of gloves, the young men of Sierra Leone bury Ebola casualities. An activity that’s earned the Red Cross recruits an unwelcome designation: The Dead Body Management Team.

Some days, just one call to collect a newly deceased victim comes in from the Kailahun district. Some days, the team receives nine. The calls from medical professionals at isolation centers are met with relief. These bodies have been quarantined. The infection can—with copious amounts of disinfectant (bleach) and meticulous attention to detail—end there. Once cleaned and sealed in two body bags, the corpse will be driven to a fresh row of graves. In gowns, boots, goggles, and masks, the men will lower the body into a 6-foot grave below. In these burials, safety trumps tradition.

The harder phone calls that the Dead Body Management Team receives, and the more dangerous burials they perform, take place in the communities themselves. Here, they must walk a delicate line between allowing the family to perform goodbye rituals and safeguarding the living from infecting themselves. The washing, touching, and kissing of these bodies—typical in many West African burials—can be deadly. But prohibiting communities from properly honoring their dead ones—and thereby worsening their distrust in medical professionals—can be deadly, too.

Insufficient medical care, shortage of supplies, and lack of money are undoubtedly contributing to an epidemic the World Health Organization has a deemed a “national disaster.” But with a death toll now topping 1,000 in four countries, it’s the battle over dead bodies that is fueling it.

***

In the remains of a deceased victim, Ebola lives on. Tears, saliva, urine, blood—all are inundated with a lethal viral load that threatens to steal any life it touches. Fluids outside the body (and in death, there are many) are highly contagious. According to the World Health Organization, they remain so for at least three days.

Dr. Terry O’Sullivan, director of the Center for Emergency Management and Homeland Security Policy Research, spent three years volunteering in Sierra Leone. He hasn’t witnessed an Ebola outbreak directly, but has watched a hemorrhagic fever overtake the body—which he describes in vivid detail. “Those that have just died are teeming with virus, in all their fluids,” says O’Sullivan. “That is in fact the worst point because their immune systems are failed…they are leaking out of every orifice. They are extremely dangerous.” A passage in the 2004 paper Containing a Haemorrhagic Fever Epidemic published in the International Journal of Infectious Diseases paints an even bleaker picture. Citing two specific studies, the authors suggest that a “high concentration of the virus is secreted on the skin of the dead.”

With fluids seeping out of every body opening, and potentially every pore, it’s no mystery why the burial rituals of West Africa pose such a danger. In a pamphlet on safety methods for treating victims of Ebola, The World Health Organization outlines proper procedures to prevent infection from spreading outward from a deceased Ebola victim. “Be aware of the family’s cultural practices and religious beliefs,” the WHO document reads. “Help the family understand why some practices cannot be done because they place the family or others at risk for exposure…explain to the family that viewing the body is not possible.”

Villagers began running from the ambulances, trying to burn down hospitals, and attacking humanitarian workers.

Telling this to the families of deceased is one thing—making sure they understand is entirely another. In Sierra Leone, a country whose literacy rate in 2013 was just over 35 percent, it’s particularly challenging. In neighboring Guinea and Liberia, two places with similar levels of poverty and illiteracy, education alone isn’t a viable solution either.

It’s a phenomenon O’Sullivan witnessed firsthand in Sierra Leone. “People have no idea how infectious diseases work. They see people go into the hospital sick and come out dead—or never come out at all,” he says. “They think if they can avoid the hospital they can survive.” This mistrust of the medical world seems to be validated when a family is prohibited from honoring the dead, participating in the funeral, or even seeing the body.

Prior Ebola outbreaks in Africa, specifically in Uganda in 2000, have yielded similar reactions among afflicted communities. Dr. Barry Hewlett and Dr. Bonnie Hewlett, the first anthropologist to be invited by WHO to join a medical intervention team, studied the Ugandan Ebola outbreak. In a book cataloging their experience—Ebola, Culture, and Politics: The Anthropology of an Emerging Disease— they explore the dangers of African burial rituals, as well as the dangers of prohibiting them.

In the Ugandan ceremonies the Hewletts witnessed, the sister of the deceased’s father is responsible for bathing, cleaning, and dressing the body in a “favorite outfit.” This task, they write, is “too emotionally painful” for the immediate family. In the event that no aunt exists, a female elder in the community takes this role on. The next step, the mourning, is where the real ceremony takes place. “Funerals are major cultural events that can last for days, depending on the status of the deceased person,” they write. As the women “wail” and the men “dance,” the community takes time to “demonstrate care and respect for the dead.” The more important the person, the longer the mourning. When the ceremony is coming to a close, a common bowl is used for ritual hand-washing, and a final touch or kiss on the face of the corpse (which is known as a “a love touch”) is bestowed on the dead. When the ceremony has concluded, the body is buried on land that directly adjoins the deceased’s house because “the family wants the spirit to be happy and not feel forgotten.”

According to the Hewletts’ analysis, these burial rituals and funerals are a critical way for the community to safely transfer the deceased into the afterlife. Prohibiting families from performing such rites is not only viewed as an affront to the deceased, but as actually putting the family in danger. “In the event of an improper burial, the deceased person’s spirit (tibo) will cause harm and illness to the family,” the Hewletts write. In Sierra Leone, O’Sullivan experienced similar sentiments when proper burials were not performed. “It is tragic. In those countries they feel very strongly about being able to say goodbye to their ancestors. To not be able to have that ritual, or treat them with the respect they traditionally give for those who passed away is very difficult,” says O’Sullivan. “Especially in concert with the fear of the disease in general.”

Worse than stopping burial rites, found the Hewletts, is keeping the body (and the burial) hidden. Barring relatives from seeing the dead in Uganda fueled hostility and fear—leading some communities to believe that medical professionals were keeping the corpses for nefarious purposes. A mass graveyard near an airfield—an attempt to remedy the problem by allowing families to see, but not touch, the graves—didn’t help. Villagers began running from the ambulances, trying to burn down hospitals, and attacking humanitarian workers. They feared the disease—but they feared the medicine even more, as well as the people delivering it.

***

In a July 28 interview with ABC News, Dr. Hilde de Clerck of Doctors Without Borders described resistance from residents in Sierra Leone, who, he says, accused him and his colleagues of bringing the disease to the country. “To control the chain of disease transmission it seems we have to earn the trust of nearly every individual in an affected family,” de Clerck said. It is, in this case, a seemingly impossible feat.

There aren’t enough health-care workers in all of West Africa to ensure that community burials are performed safely. There aren’t enough in the world to convince every family that banning such a burial isn’t the work of the devil. “It’s gotten out of control,” says O’Sullivan of this new outbreak. “So many people involved who have responded to this in the past are completely overwhelmed. They can’t get the messages out.” Until the medical community can win the trust of West Africans, the infected will miss their chance at potentially life-saving medicine.

Without it, their family members will likely face the same fate.

Voir aussi:

 As Ebola epidemic tightens grip, west Africa turns to religion for succour
Fears evangelical churches that hold thousands and services promising ‘healing’ could ignite new chains of transmission

Monica Mark, west Africa correspondent

The Guardian

17 October 2014

Every Sunday since she can remember, Annette Sanoh has attended church in Susan’s Bay, a slum of crowded tin-roofed homes in Freetown. Now as the Ebola epidemic mushrooms in the capital of Sierra Leone, Sanoh has started going to church services almost every night.

“I believe we are all in God’s hands now. Business is bad because of this Ebola problem, so rather than sit at home, I prefer to go to church and pray because I don’t know what else we can do,” said Sanoh, a market trader. At the church she attends, a small building jammed between a hairdresser’s and two homes, she first washes her hands in a bucket of chlorinated water before joining hands with fellow church members as they pray together.

“We pray Ebola will not be our portion and we pray for hope,” said Sanoh, as the disease this week reached the last remaining district that hadn’t yet recorded a case.

By any measure, West Africa is deeply religious and the region is home to some of the world’s fastest-growing Muslim and Christian populations. Posters and banners strewn across the city are constant reminders of the hope many find in spirituality amid a fearful and increasingly desperate situation. In one supermarket, a notice asking customers to pray for Ebola to end was taped on to a fridge full of butter. It urged Muslims to recite the alfathia; Christians, Our Father; and Hindus Namaste. “For non-believers, please believe in God. Amen, Amina,” it finished.

But officials have fretted about the impact of influential spiritual leaders, worrying that evangelical churches which sometimes hold thousands of faithful and services promising “healing” could ignite new chains of transmission.

As the outbreak races into its eleventh month, leaving behind almost 4,500 dead across Guinea, Liberia and Sierra Leone, experts have warned that an influx of international aid can only contain the epidemic alongside other measures in communities.

“Control of transmission of Ebola in the community, that’s going to be the key for controlling this epidemic,” said Professor Peter Piot, director of the London School of Hygiene and Tropical Medicine, speaking at Oxford University on Thursday.

“Will it be possible without the vaccine? We really don’t know, because it supposes a massive behavioural change in the community; behavioural change about funeral rites, so people don’t touch dead bodies any longer, in carers, as people could be infected while transporting someone to a hospital.”

But there are signs that messages are filtering through. Some churches are playing a critical role in educating their congregations about the disease, which is spread through direct contact with body fluids of those already showing symptoms.

In Liberia, pastor Amos Teah, said once full pews were now largely empty as members feared gathering in crowds, while he has changed the way he conducts his Methodist church services.

“These days we go to church, we sing, but we no longer carry out the tradition of passing the peace. We no longer shake hands. We are even thinking about using spoons to serve communion … to drop the bread into a person’s palm, avoiding all contacts with that person. The church has placed strong emphasis on prevention,” he said.

Among other changes, women no longer wore veils to church, as they were often shared among churchgoers.

In Guinea, an 85% Muslim country, Abou Fofana said he had stopped going to mosque for another reason. “Even though I survived Ebola, nobody wants to come near me. Even my children have faced problems as a result.”

He said he still continued to pray at home. Like many survivors, he credits his faith in helping him pull through.

At the MSF centre in Sierra Leone’s forested interior of Kailahun, Malcolm Hugo, a psychologist, said he hadn’t been able to find an imam willing to visit the centre. So the church services are “mainly filled with Muslims attending,” said Hugo, one particularly bad afternoon in which several children had died.

Health experts and officials warn that the longer the epidemic is left unchecked, the greater the risk of it spreading to other countries in a region where families extend across porous borders.

However, in one piece of rare good news, the UN health agency officially declared an end on Friday to the Ebola outbreak in Senegal. The WHO commended the country on its “diligence to end the transmission of the virus,” citing Senegal’s quick and thorough response.

A case of Ebola in Senegal was confirmed on 29 August in a young man who had travelled by road to Dakar from Guinea, where he had direct contact with an Ebola patient. By 5 September laboratory samples from the patient tested negative, indicating that he had recovered from Ebola. The declaration from WHO came because Senegal made it past the 42-day mark, which is twice the maximum incubation period for Ebola, without detecting more such cases.

“Senegal’s response is a good example of what to do when faced with an imported case of Ebola,” the WHO said in a statement. “The government’s response plan included identifying and monitoring 74 close contacts of the patient, prompt testing of all suspected cases, stepped-up surveillance at the country’s many entry points and nationwide public awareness campaigns.”

“While the outbreak is now officially over, Senegal’s geographical position makes the country vulnerable to additional imported cases of Ebola virus disease,” WHO said.

Additional reporting by Wade Williams in Monrovia

Voir également:

Why foreign aid and Africa don’t mix
Robert Calderisi, Special to CNN
August 18, 2010

Editor’s note: Robert Calderisi has 30 years of professional experience in international development, including senior positions at the World Bank. He is the author of « The Trouble with Africa: Why Foreign Aid Isn’t Working. » He writes for CNN as part of Africa 50, a special coverage looking at 17 African nations marking 50 years of independence this year.

Friday, Charles Abugre of the UN Millennium Campaign writes for CNN about why aid is important for Africa and how it can be made more effective.

(CNN) — I once asked a president of the Central African Republic, Ange-Félix Patassé, to give up a personal monopoly he held on the distribution of refined oil products in his country.

He was unapologetic. « Do you expect me to lose money in the service of my people? » he replied.

That, in a nutshell, has been the problem of Africa. Very few African governments have been on the same wavelength as Western providers of aid.

Aid, by itself, has never developed anything, but where it has been allied to good public policy, sound economic management, and a strong determination to battle poverty, it has made an enormous difference in countries like India, Indonesia, and even China.

Those examples illustrate another lesson of aid. Where it works, it represents only a very small share of the total resources devoted to improving roads, schools, heath services, and other things essential for raising incomes.

Aid must not overwhelm or displace local efforts; instead, it must settle with being the junior partner.

Because of Africa’s needs, and the stubborn nature of its poverty, the continent has attracted far too much aid and far too much interfering by outsiders.

From the start, Western governments tried hard to work with public agencies, but fairly soon ran up against the obvious limitations of capacity and seriousness of African states.

Early solutions were to pour in « technical assistance, » i.e. foreign advisers who stayed on for years, or to try « enclave » or turn-key projects that would be independent of government action.

More recently, Western agencies have worked with non-government organizations or the private sector. Or, making a virtue of necessity, they have poured large amounts of their assistance directly into government budgets, citing the need for « simplicity » and respect for local « sovereignty. »

Through all of this, the development challenge was always on somebody else’s shoulders and governments have been eager receivers, rather than clear-headed managers of Western generosity.

In the last 20 years, some states — like Ghana, Uganda, Tanzania, Mozambique, and Mali — have broken the mould, recognized the importance of taking charge, and tried to use aid more strategically and efficiently. Some commentators would add Benin, Zambia, and Rwanda to that list.

But most African governments remain stuck in a culture of dependence or indifference. There are still too many dictators in Africa (six have been in office for more than 25 years) and many elected leaders behave no differently.

In Zambia last year, journalist Chansa Kabwela sent photographs of a woman giving birth on the street outside a major hospital (where she had been refused admission) to the president’s office, hoping he would look into why this had happened.

Instead, the president, Rupiah Banda, ordered the journalist prosecuted for promoting pornography. She was later acquitted.

Government callousness is one thing. Discouraging investors is even worse. No aid professional ever suggested that outside help was more important than private effort; on the contrary, foreign aid was intended to help lay the foundations for greater public confidence and private savings and investment.

Few economists thought that aid would create wealth, although most hoped that it would help distribute the benefits of growth more evenly. It was plain that institutions, policy, and individual effort were more important than money.

So, where — despite decades of aid — the conditions for private savings and investment are still forbidding, it is high time we ask ourselves why we are still trying to improve them.

The Blair Commission Report on Africa in 2005 reported that 70,000 trained professionals leave Africa every year, and until they — and the 40 percent of the continent’s savings that are held abroad — start coming home, we need to use aid more restrictively.

An obvious solution is to focus aid on the small number of countries that are trying seriously to fight poverty and corruption. Other countries will need to wait — or settle with only small amounts of aid — until their politics or policies or attitudes to the private sector are more promising.

We should also consider introducing incentives for countries to match outside assistance with greater progress in raising local funds.

President Obama is being criticized for increasing U.S. contributions to the international fight against HIV/AIDS by only two percent, with the result that people in Uganda are already being turned away from clinics and condemned to die.

When challenged, U.S. officials have had a fairly solid answer. Uganda has recently discovered oil and gas deposits but has gone on a spending spree, reportedly ordering fighter planes worth $300 million from Russia, according to a recent report in the New York Times.

Does a government that shows such wanton disregard for common sense or even good taste really have the moral basis for insisting on more help with AIDS?

We must not be distracted by recent news of Africa’s « spectacular » growth and its sudden attractiveness to private investment. Some basic things are changing on the continent, with real effects for the future; above all, Africans are speaking out and refusing to accept tired excuses from their governments.

But the truth is that most of Africa’s growth — based on oil and mineral exports — has not made a whit of difference to the lives of most Africans.

Political freedoms shrank on the continent last year, according to the U.S.-based Freedom House index.

A quarter of school-age children are still not enrolled, according to World Bank statistics; many of those that are, are receiving a very mediocre education. And agricultural productivity — the key to reducing poverty — is essentially stagnant.

The really good news is likely to stay local and seep out in small doses, until it eventually overwhelms the inertia and indifference of governments.

Five years ago, Kenya managed to double its tax revenues because a former businessman, appointed to head the national revenue agency, took a hatchet to the dishonest practices of many tax collectors. He had every reason to do so. Only five percent of Kenya’s budget comes from foreign aid, compared with 40 percent in neighboring countries.

This is a good example of the sometimes-perverse effects of aid, but also of the importance of imagination and individual initiative in promoting a better life for Africans.

The opinions expressed in this commentary are solely those of Robert Calderisi.

Development aid to Africa
Top 10 « official development assistance » recipients in 2008:

1 Ethiopia $3.327 billion
2 Sudan $2.384 billion
3 Tanzania $2.331 billion
4 Mozambique $1.9994 billion
5 Uganda $1.657 billion
6 DR Cong $1.610 billion
7 Kenya $1.360 billion
8 Egypt $1.348 billion
9 Ghana $1.293 billion
10 Nigeria $1.290 billion

Net official development assistance to Africa in 2008: $44 billion.

Source: Organization for Economic Co-operation and Development.

Voir encore:

Why Foreign Aid Is Hurting Africa
Money from rich countries has trapped many African nations in a cycle of corruption, slower economic growth and poverty. Cutting off the flow would be far more beneficial, says Dambisa Moyo.
Dambisa Moyo
WSJ

March 21, 2009

A month ago I visited Kibera, the largest slum in Africa. This suburb of Nairobi, the capital of Kenya, is home to more than one million people, who eke out a living in an area of about one square mile — roughly 75% the size of New York’s Central Park. It is a sea of aluminum and cardboard shacks that forgotten families call home. The idea of a slum conjures up an image of children playing amidst piles of garbage, with no running water and the rank, rife stench of sewage. Kibera does not disappoint.

What is incredibly disappointing is the fact that just a few yards from Kibera stands the headquarters of the United Nations’ agency for human settlements which, with an annual budget of millions of dollars, is mandated to « promote socially and environmentally sustainable towns and cities with the goal of providing adequate shelter for all. » Kibera festers in Kenya, a country that has one of the highest ratios of development workers per capita. This is also the country where in 2004, British envoy Sir Edward Clay apologized for underestimating the scale of government corruption and failing to speak out earlier.

Giving alms to Africa remains one of the biggest ideas of our time — millions march for it, governments are judged by it, celebrities proselytize the need for it. Calls for more aid to Africa are growing louder, with advocates pushing for doubling the roughly $50 billion of international assistance that already goes to Africa each year.

Yet evidence overwhelmingly demonstrates that aid to Africa has made the poor poorer, and the growth slower. The insidious aid culture has left African countries more debt-laden, more inflation-prone, more vulnerable to the vagaries of the currency markets and more unattractive to higher-quality investment. It’s increased the risk of civil conflict and unrest (the fact that over 60% of sub-Saharan Africa’s population is under the age of 24 with few economic prospects is a cause for worry). Aid is an unmitigated political, economic and humanitarian disaster.

Few will deny that there is a clear moral imperative for humanitarian and charity-based aid to step in when necessary, such as during the 2004 tsunami in Asia. Nevertheless, it’s worth reminding ourselves what emergency and charity-based aid can and cannot do. Aid-supported scholarships have certainly helped send African girls to school (never mind that they won’t be able to find a job in their own countries once they have graduated). This kind of aid can provide band-aid solutions to alleviate immediate suffering, but by its very nature cannot be the platform for long-term sustainable growth.

Whatever its strengths and weaknesses, such charity-based aid is relatively small beer when compared to the sea of money that floods Africa each year in government-to-government aid or aid from large development institutions such as the World Bank.

Over the past 60 years at least $1 trillion of development-related aid has been transferred from rich countries to Africa. Yet real per-capita income today is lower than it was in the 1970s, and more than 50% of the population — over 350 million people — live on less than a dollar a day, a figure that has nearly doubled in two decades.

Even after the very aggressive debt-relief campaigns in the 1990s, African countries still pay close to $20 billion in debt repayments per annum, a stark reminder that aid is not free. In order to keep the system going, debt is repaid at the expense of African education and health care. Well-meaning calls to cancel debt mean little when the cancellation is met with the fresh infusion of aid, and the vicious cycle starts up once again.

In Zambia, former President Frederick Chiluba (with wife Regina in November 2008) has been charged with theft of state funds. AFP/Getty Images
In 2005, just weeks ahead of a G8 conference that had Africa at the top of its agenda, the International Monetary Fund published a report entitled « Aid Will Not Lift Growth in Africa. » The report cautioned that governments, donors and campaigners should be more modest in their claims that increased aid will solve Africa’s problems. Despite such comments, no serious efforts have been made to wean Africa off this debilitating drug.

The most obvious criticism of aid is its links to rampant corruption. Aid flows destined to help the average African end up supporting bloated bureaucracies in the form of the poor-country governments and donor-funded non-governmental organizations. In a hearing before the U.S. Senate Committee on Foreign Relations in May 2004, Jeffrey Winters, a professor at Northwestern University, argued that the World Bank had participated in the corruption of roughly $100 billion of its loan funds intended for development.

As recently as 2002, the African Union, an organization of African nations, estimated that corruption was costing the continent $150 billion a year, as international donors were apparently turning a blind eye to the simple fact that aid money was inadvertently fueling graft. With few or no strings attached, it has been all too easy for the funds to be used for anything, save the developmental purpose for which they were intended.

In Zaire — known today as the Democratic Republic of Congo — Irwin Blumenthal (whom the IMF had appointed to a post in the country’s central bank) warned in 1978 that the system was so corrupt that there was « no (repeat, no) prospect for Zaire’s creditors to get their money back. » Still, the IMF soon gave the country the largest loan it had ever given an African nation. According to corruption watchdog agency Transparency International, Mobutu Sese Seko, Zaire’s president from 1965 to 1997, is reputed to have stolen at least $5 billion from the country.

It’s scarcely better today. A month ago, Malawi’s former President Bakili Muluzi was charged with embezzling aid money worth $12 million. Zambia’s former President Frederick Chiluba (a development darling during his 1991 to 2001 tenure) remains embroiled in a court case that has revealed millions of dollars frittered away from health, education and infrastructure toward his personal cash dispenser. Yet the aid keeps on coming.

A nascent economy needs a transparent and accountable government and an efficient civil service to help meet social needs. Its people need jobs and a belief in their country’s future. A surfeit of aid has been shown to be unable to help achieve these goals.

A constant stream of « free » money is a perfect way to keep an inefficient or simply bad government in power. As aid flows in, there is nothing more for the government to do — it doesn’t need to raise taxes, and as long as it pays the army, it doesn’t have to take account of its disgruntled citizens. No matter that its citizens are disenfranchised (as with no taxation there can be no representation). All the government really needs to do is to court and cater to its foreign donors to stay in power.

Stuck in an aid world of no incentives, there is no reason for governments to seek other, better, more transparent ways of raising development finance (such as accessing the bond market, despite how hard that might be). The aid system encourages poor-country governments to pick up the phone and ask the donor agencies for next capital infusion. It is no wonder that across Africa, over 70% of the public purse comes from foreign aid.

In Ethiopia, where aid constitutes more than 90% of the government budget, a mere 2% of the country’s population has access to mobile phones. (The African country average is around 30%.) Might it not be preferable for the government to earn money by selling its mobile phone license, thereby generating much-needed development income and also providing its citizens with telephone service that could, in turn, spur economic activity?

Look what has happened in Ghana, a country where after decades of military rule brought about by a coup, a pro-market government has yielded encouraging developments. Farmers and fishermen now use mobile phones to communicate with their agents and customers across the country to find out where prices are most competitive. This translates into numerous opportunities for self-sustainability and income generation — which, with encouragement, could be easily replicated across the continent.

To advance a country’s economic prospects, governments need efficient civil service. But civil service is naturally prone to bureaucracy, and there is always the incipient danger of self-serving cronyism and the desire to bind citizens in endless, time-consuming red tape. What aid does is to make that danger a grim reality. This helps to explain why doing business across much of Africa is a nightmare. In Cameroon, it takes a potential investor around 426 days to perform 15 procedures to gain a business license. What entrepreneur wants to spend 119 days filling out forms to start a business in Angola? He’s much more likely to consider the U.S. (40 days and 19 procedures) or South Korea (17 days and 10 procedures).

Even what may appear as a benign intervention on the surface can have damning consequences. Say there is a mosquito-net maker in small-town Africa. Say he employs 10 people who together manufacture 500 nets a week. Typically, these 10 employees support upward of 15 relatives each. A Western government-inspired program generously supplies the affected region with 100,000 free mosquito nets. This promptly puts the mosquito net manufacturer out of business, and now his 10 employees can no longer support their 150 dependents. In a couple of years, most of the donated nets will be torn and useless, but now there is no mosquito net maker to go to. They’ll have to get more aid. And African governments once again get to abdicate their responsibilities.

In a similar vein has been the approach to food aid, which historically has done little to support African farmers. Under the auspices of the U.S. Food for Peace program, each year millions of dollars are used to buy American-grown food that has to then be shipped across oceans. One wonders how a system of flooding foreign markets with American food, which puts local farmers out of business, actually helps better Africa. A better strategy would be to use aid money to buy food from farmers within the country, and then distribute that food to the local citizens in need.

Then there is the issue of « Dutch disease, » a term that describes how large inflows of money can kill off a country’s export sector, by driving up home prices and thus making their goods too expensive for export. Aid has the same effect. Large dollar-denominated aid windfalls that envelop fragile developing economies cause the domestic currency to strengthen against foreign currencies. This is catastrophic for jobs in the poor country where people’s livelihoods depend on being relatively competitive in the global market.

To fight aid-induced inflation, countries have to issue bonds to soak up the subsequent glut of money swamping the economy. In 2005, for example, Uganda was forced to issue such bonds to mop up excess liquidity to the tune of $700 million. The interest payments alone on this were a staggering $110 million, to be paid annually.

The stigma associated with countries relying on aid should also not be underestimated or ignored. It is the rare investor that wants to risk money in a country that is unable to stand on its own feet and manage its own affairs in a sustainable way.

Africa remains the most unstable continent in the world, beset by civil strife and war. Since 1996, 11 countries have been embroiled in civil wars. According to the Stockholm International Peace Research Institute, in the 1990s, Africa had more wars than the rest of the world combined. Although my country, Zambia, has not had the unfortunate experience of an outright civil war, growing up I experienced first-hand the discomfort of living under curfew (where everyone had to be in their homes between 6 p.m. and 6 a.m., which meant racing from work and school) and faced the fear of the uncertain outcomes of an attempted coup in 1991 — sadly, experiences not uncommon to many Africans.

Civil clashes are often motivated by the knowledge that by seizing the seat of power, the victor gains virtually unfettered access to the package of aid that comes with it. In the last few months alone, there have been at least three political upheavals across the continent, in Mauritania, Guinea and Guinea Bissau (each of which remains reliant on foreign aid). Madagascar’s government was just overthrown in a coup this past week. The ongoing political volatility across the continent serves as a reminder that aid-financed efforts to force-feed democracy to economies facing ever-growing poverty and difficult economic prospects remain, at best, precariously vulnerable. Long-term political success can only be achieved once a solid economic trajectory has been established.

“ The 1970s were an exciting time to be African. Many of our nations had just achieved independence, and with that came a deep sense of dignity, self-respect and hope for the future. ”

Proponents of aid are quick to argue that the $13 billion ($100 billion in today’s terms) aid of the post-World War II Marshall Plan helped pull back a broken Europe from the brink of an economic abyss, and that aid could work, and would work, if Africa had a good policy environment.

The aid advocates skirt over the point that the Marshall Plan interventions were short, sharp and finite, unlike the open-ended commitments which imbue governments with a sense of entitlement rather than encouraging innovation. And aid supporters spend little time addressing the mystery of why a country in good working order would seek aid rather than other, better forms of financing. No country has ever achieved economic success by depending on aid to the degree that many African countries do.

The good news is we know what works; what delivers growth and reduces poverty. We know that economies that rely on open-ended commitments of aid almost universally fail, and those that do not depend on aid succeed. The latter is true for economically successful countries such as China and India, and even closer to home, in South Africa and Botswana. Their strategy of development finance emphasizes the important role of entrepreneurship and markets over a staid aid-system of development that preaches hand-outs.

African countries could start by issuing bonds to raise cash. To be sure, the traditional capital markets of the U.S. and Europe remain challenging. However, African countries could explore opportunities to raise capital in more non-traditional markets such as the Middle East and China (whose foreign exchange reserves are more than $4 trillion). Moreover, the current market malaise provides an opening for African countries to focus on acquiring credit ratings (a prerequisite to accessing the bond markets), and preparing themselves for the time when the capital markets return to some semblance of normalcy.

Governments need to attract more foreign direct investment by creating attractive tax structures and reducing the red tape and complex regulations for businesses. African nations should also focus on increasing trade; China is one promising partner. And Western countries can help by cutting off the cycle of giving something for nothing. It’s time for a change.

Dambisa Moyo, a former economist at Goldman Sachs, is the author of « Dead Aid: Why Aid Is Not Working and How There Is a Better Way for Africa. »

Corrections & Amplifications

In the African nations of Burkina Faso, Rwanda, Somalia, Mali, Chad, Mauritania and Sierra Leone from 1970 to 2002, over 70% of total government spending came from foreign aid, according to figures from the World Bank. This essay on foreign aid to Africa incorrectly said that 70% of government spending throughout Africa comes from foreign aid.

Voir de même:

This Is Why Americans Are Donating Less To Fight Ebola Than Other Recent Disasters
Associated Press
10/16/2014

NEW YORK (AP) — Individual Americans, rich or not, donated generously in response to many recent international disasters, including the 2010 earthquake in Haiti and last year’s Typhoon Haiyan in the Philippines. The response to the Ebola epidemic is far less robust, and experts are wondering why.

There have been some huge gifts from American billionaires — $50 million from the Bill & Melinda Gates Foundation, $11.9 million from Microsoft co-founder Paul Allen’s foundation, and a $25 million gift this week from Facebook CEO Mark Zuckerberg and his wife, Priscilla Chan. Their beneficiaries included the Centers for Disease Control and Prevention, the World Health Organization and the U.S. Fund for UNICEF.

But the flow of smaller donations has been relatively modest.

The American Red Cross, for example, received a $2.8 million share of Allen’s donations. But Jana Sweeny, the charity’s director of international communications, said that’s been supplemented by only about $100,000 in gifts from other donors. By comparison, the Red Cross received more than $85 million in response to Typhoon Haiyan.

« After the typhoon, we got flooded with calls asking, ‘How do I give?' » Sweeny said. « With this (Ebola), we’re not getting those kinds of requests. »

Why the difference? For starters, it’s been evident that national governments will need to shoulder the bulk of the financial burden in combatting Ebola, particularly as its ripple effects are increasingly felt beyond the epicenter in West Africa.

Regine A. Webster of the Center for Disaster Philanthropy, which advises nonprofits on disaster response strategies, said the epidemic blurred the lines in terms of the categories that guide some big donors.

« This is a confusing issue for the private donor community — is it a disaster, or a health problem? » Webster said. « Institutions and individuals have been quite slow to respond. »

Officials at InterAction, an umbrella group for U.S. relief agencies active abroad, see other intangible factors at work, including the video and photographic images emerging from West Africa. Joel Charny, InterAction’s vice president for humanitarian policy, said it was clear from the imagery out of Haiti and the Philippines that donations could help rebuild shattered homes and schools, while the images of Ebola are more frightening and less conducive to envisioning a happy ending.

« People give when they see that there’s a plausible solution, » Charny said. « They can say, ‘If I give my $50 or $200, it’s going to translate in some tangible way into relieving suffering.’ … That makes them feel good. »

« With Ebola, there’s kind of a fear factor, » he said. « Even competent agencies are feeling somewhat overwhelmed, and the nature of the disease — being so awful — makes it hard for people to engage. »

Gary Shaye, senior director for emergency operations with Save The Children, suggested that donors were moved to help after recent typhoons, tsunamis and earthquakes because of huge death tolls reported in the first wave of news reports. The Ebola death toll, in contrast, has been rising alarmingly but gradually over several months.

Like other organizations fighting Ebola, Save the Children is trying to convey to donors that it urgently needs private gifts — cherished because they can be used flexibly — regardless of how much government funding is committed.

« We need both — it’s not either/or, » said Shaye. He said Save the Children was particularly reliant on private funding to underwrite child-protection work in the three worst-hit countries — Guinea, Liberia and Sierra Leone — where many children have been isolated and stigmatized after their parents or other relatives got Ebola.

By last count, Shaye said, Save the Children had collected about $500,000 in private gifts earmarked for the Ebola crisis.

« We’re proud that we raised $500,000 — but we’re talking about millions in needs that we will have, » he said.

Another group working on the front lines in West Africa is the Los Angeles-based International Medical Corps, which runs a treatment center in Liberia and plans to open one soon in Sierra Leone.

Rebecca Milner, a vice president of the corps, said it had been a struggle to raise awareness when Ebola-related fundraising efforts began in earnest in midsummer.

« It took a while before people began to respond, but now there’s definitely increased concern, » she said.

Thus far, Milner said, gifts and pledges earmarked for the Ebola response have totaled about $2.5 million — compared with about $6 million that her organization received in the first three months after the Haiti earthquake.

Among the groups most heartened by donor response is Doctors without Borders, which is widely credited with mounting the most extensive operations of any non-governmental organization in the Ebola-stricken region.

Thomas Kurmann, director of development for the organization’s U.S. branch, said American donors had given $7 million earmarked for the Ebola response, a portion of the roughly $40 million donated worldwide.

« It’s very good news, » Kurmann said. « There’s been significantly increased interest in the past three months. »

Doctors Without Borders said this week that 16 of its staff members have been infected with Ebola and nine have died.

A smaller nonprofit, North Carolina-based SIM USA, found itself in the headlines in August and September, when two of its American health workers were infected with Ebola in Liberia. Both survived.

SIM’s vice president for finance and operations, George Salloum, said the missionary organization — which typically gets $50 million a year in donations — received several hundred thousand dollars in gifts specifically linked to those Ebola developments.

Even as the crisis worsens, Salloum said nonprofits active in the Ebola zone need to be thinking long-term.

« At some point, we’ll be beyond the epidemic, » he said. « Then the challenge will be how to deal with the aftermath, when thousands of people have been killed. What about the elders, the children? There will be a lot of work for years. »

Support UNICEF’s efforts to combat Ebola through the fundraising widget below.

Voir enfin:

‘SNL’ Has One of the Year’s Most Surprisingly Sharp Critiques of Poverty Aid in Africa
Zak Cheney-Rice

Mic

October 15, 2014

Saturday Night Live still manages to surprise once in a while. The long-running sketch comedy show has drawn criticism for its lack of diversity and questionable joke decisions of late, but this past weekend saw its satirical gears in rare form:

The sketch features guest host Bill Hader as Charles Daniels, a soft-voiced, thick-bearded incarnation of a common late night infomercial trope, the philanthropy fund spokesperson. The clip opens with shots of an unnamed African village, where residents pass the time by gazing longingly into the camera and dolefully stirring pots of stew.

« For only 39 cents a day, » Daniels says to his viewers, « you can provide water, food and medicine for these people … That’s less than a small cup of coffee. »

« Ask for more, » whispers a villager played by Jay Pharoah. « Why you starting so low? »

So begins a three-minute interrogation around why this « cheap-ass white man » is asking for so little money — « [the] number has been decided by very educated and caring people, » Daniels claims — and more importantly, why he thinks throwing money at this problem will solve it in the first place.

The sketch ends with Daniels’ implied abduction, along with demands for a larger sum in exchange for his release. The question of where he’s getting a 39-cent cup of coffee remains unanswered.

While it’s unclear why the black performers are talking like they’re in a Good Times parody, the sketch brings up some valid political points. For one, the long-term effectiveness of foreign aid has been questioned for years, with critics at outlets ranging from CNN to the Wall Street Journal claiming it can foster a relationship of « dependence » while ultimately providing cosmetic solutions that fail to address systemic issues.

Even CARE, one of the biggest charities in the world, rejected $45 million a year in federal funding in 2007 because American food aid was so « plagued with inefficiencies » as to be detrimental, according to the New York Times (by the same token, many such organizations disagree).

SNL illustrates this perfectly when Daniels implies the villagers are ungrateful when they ask for more. « You know, for a starving village, you people have a lot of energy, » he says.

The sketch also touches on monolithic Western views of African diversity: When the villagers ask Daniels which country he thinks he’s in, he simply responds, « Africa. »

Considering SNL’s less than sterling record on racial humor, the overall pointedness of this skit is a pleasant surprise. Best-case scenario, it indicates that producer Lorne Michaels’ recent emphasis on casting and writer diversity is incrementally starting to pay dividends.


Rockers dépendants: faut-il les prendre chez soi ? (Aging rockers: How far can you take youthful rebellion and age denial when you’re way past your expiration date and qualify for senior discounts?)

20 janvier, 2014
Image result for aging rockers cartoonsHope I die before I get old. (…) Why don’t you all fade away ? The Who
Please join me and all our brothers and sisters in global civil society in proclaiming our rejection of Apartheid in Israel and occupied Palestine, by pledging not to perform or exhibit in Israel or accept any award or funding from any institution linked to the government of Israel, until such time as Israel complies with international law and universal principles of human rights. Roger Waters
I have absolutely one rule, right? Until I see an Arab country, a Muslim country, with a democracy, I won’t understand how anyone can have a problem with how they [the Palestinians] are treated.  Johnny « Rotten » Lydon
We’ve arrived at this happy situation for several reasons, among them the growing realization, as articulated by John Lydon, that there is something absurd about boycotting Israel when the states that surround it engage in egregious human rights violations. Waters won’t play in Israel, but he was quite happy to play in Dubai in 2007 – an Arab city almost entirely built by slave labor imported from Muslim countries like Pakistan and Bangladesh. If other stars grasp the appalling hypocrisy this represents, then having Roger Waters indulge his hatred of Israel at every opportunity is a price worth paying. Ben Cohen
It’s like hearing that your grandparents still have sex: bully for them, but spare us the details. (…) After 40, it’s time to lose the sequins, unless you’re Liberace. The NYT
I hate the idea of attending a show just for the morbidity factor: ‘This guy is so old /so ill we might not see him again.’ Marianne
I will donate $1,000 to #121212Concert if Roger Daltry  buttons his shirt. Alan Zweibel (comedy writer, 62)
Rock stars, after all, face the same battles with crow’s feet and sagging jowls that everyone else eventually does. But their visible aging happens under the microscope, and seems somehow more tragic since they toil in a business built on youthful rebellion, and contrasts so sharply with our shared cultural images of them, frozen in youthful glory. The issue takes on added relevance for graying fans from the baby boom and Generation X who grew up taking style cues from these rock heroes (and continue to make geriatric acts like Bruce Springsteen and Roger Waters some of the biggest draws in the concert business). If rock immortals can’t accept with a certain grace the ravages of time, what does this portend for the rest of us? Perhaps this is why so many of the concert’s 19 million American viewers turned into fashion critics during the show, zapping the rockers on blogs and Twitter not just for looking old, but for their occasionally clumsy efforts to appear young. The quickest route to ridicule, it seems, is for aging rockers to proceed as if nothing has changed. The truth is, years have passed, and to deny this is a form of visual dishonesty. With his shirt thrown open during a rousing rendition of “Baba O’Riley” Mr. Daltrey — a specimen for his age, to be sure — unfortunately invited comparisons to his groupie-magnet self from the “Tommy” era. In doing so, he violated an obvious dictum for seniors: keep your clothes on in public. But he is not the only offender. At 65, Iggy Pop still takes the stage wearing no shirt, just jeans, as if it’s 1972. It’s not that his body is not freakishly impressive for a man his age. Aside from a few sags and bulging veins, his torso generally looks as lithe as a Joffrey dancer’s. The problem is not the image itself, so much as the image suggested, as if these aging sex symbols are still attracting hordes of groupies to the cozy confines of their tour buses. That may well be true, of course, but when these flesh-baring rockers are men of Viagra-taking age, that’s a visual most people could do without. It’s like hearing that your grandparents still have sex: bully for them, but spare us the details. Hair is complicated for seemingly anyone over 40 — to dye or not to dye, that is question. But it is a tougher call for rock stars like Mr. Bon Jovi, whose hair has always been a key element of his brand. If, one day, the pop-metal crooner were to appear singing “Lay Your Hands on Me” sporting a professor emeritus shock of white hair, as the fellow “12-12-12” performer Mr. Waters of Pink Floyd did, would anyone heed his siren call? (I guess we should be grateful that Mr. Bon Jovi hasn’t gone the route of Roy Orbison, who maintained his jet-black coif well into his 50s, giving him the unfortunate look of an aging blackjack dealer at a lesser Vegas casino.) Given the raised eyebrows that Mr. Jagger and Mr. McCartney attract with their ever-chocolate locks (though at least Mr. Jagger’s wrinkled magnificence suggested his face had been untouched by a surgeon’s blade), it is no wonder the new tonsorial compromise of choice for aging rockers is strategic baldness. A close-cropped buzz cut or shaven head simply erases all visible evidence of follicular aging, as well as lending them a vague bouncerish tough guy appeal. It works for Phil Collins, Moby and Seal. With his shaved head, Paul Shaffer, the David Letterman foil, looked nearly as age-ambiguous playing piano behind Adam Sandler on the comedian’s “Hallelujah” parody during the “12-12-12” as he did playing in the “Saturday Night Live” house band in the late ’70s. It would have worked for Michael Stipe, too, if he hadn’t chosen to tarnish the effect with a silver Robert E. Lee beard. Ultimately, there is little to be done about graying temples or sagging jowls (short of medical intervention, anyway). This leaves clothing as the prime area for rock stars to experiment with age denial, without looking plastic. Most fading rock gods seem to intuit that overly sexualized stage outfits turn into clown costumes after a certain age. David Lee Roth, who scissor-kicked his way through the ’80s in skintight tiger-stripe jumpsuits, took the stage on a recent Van Halen tour dressed more like a groom atop a biker wedding cake: black leather pants, shiny blue shirt, black pinstripe vest. Take a lesson from Eric Clapton and his well-fitting suits: after 40, it’s time to lose the sequins, unless you’re Liberace. Sometimes, though, even a keen fashion sense is not enough to ward off the jibes. At the “12-12-12” concert, Mick Jagger took the stage in a subtly snazzy gray python jacket, a Bordeaux taffeta shirt and black jeans. The jacket and shirt, designed by his longtime companion L’Wren Scott, were a far cry from his sequined jumpsuits of the ’70s, but that did not stop the wisecracks. “Mick Jagger looks like your aunt trying to be cool at a wedding,” tweeted Gregg Hughes, known as “Opie,” the SiriusXM radio shock-jock. But Mr. Jagger, who at 69 still bounds and gyrates through unimaginably athletic, 2 1/2-hour sets, has a built-in response at the ready. As he put it long ago, “Anything worth doing is worth overdoing.” The NYT
Unlike the bluntly bluesy garage-band sound of the Stones, Mr. Fagen’s music is a rich-textured, harmonically oblique amalgam of rock, jazz and soul. It is, in a word, music for grown-ups—with lyrics to match. What is especially interesting about Mr. Fagen, though, is that unlike most of his contemporaries, he has always made music for grown-ups. Steely Dan, the group that he co-founded with Walter Becker in 1972, never did go in for kid stuff, and doesn’t now. Jazz heavies like Wayne Shorter and Phil Woods have long popped up from time to time on Steely Dan’s albums, playing solos that don’t sound even slightly out of place. Needless to say, musical complexity is not the same thing as maturity. What makes Mr. Fagen’s music stand out is its coolly detached point of view. He knows full well that the narrator of « Slinky Thing » is a comic figure and deserves to be. Nor does he lapse into the breast-baring confessionalism that is the blight of second-rate singer-songwriters. He’s a portrait artist, and even when the subject is himself, he wields a razor-sharp brush. Mr. Fagen, who turns 65 on Thursday, is about the same age as the 69-year-old Mr. Jagger. The difference is that he acts his age. Wall Street Journal contributor Marc Myers put it well when he wrote on JazzWax, his blog, that Mr. Fagen’s music « fully embraces the male aging process, which is what makes him cool. » The WSJ
Does the music of protest have to be accompanied by bounding across the stage, gyrations and age-denying cosmetic interventions? This is not a remote issue: the “You are My Sunshine” days of sing-along music activities in long-term care settings are coming to an end. We need to think about how the next wave may want to spend their time enjoying music in groups when they are not listening to iPods or rock wall climbing. (…) Let me introduce the concept of “trait transformation” as a proposed solution that allows aging boomers to rock on without engaging in age denial. This finding in developmental psychology helps to explain how people develop and get more complex, but stay the same person. Trait transformation is the process that takes place as a result of development and maturation when a lifelong trait changes how it appears in a person’s behavior. For example, infants who were very good at following a moving picture of a human face were superior socializers at three months, but then they didn’t seem to want to follow the picture anymore. They had moved on; the trait that was being measured had transformed from tracking a picture to interacting with a human being. The Experience Corps is full of retirees who use their traits to help others although they no longer work in their old jobs. If the music boomers grew up on is still meaningful, then enjoying its essence—its many meanings—as we age will have to be available without the distractions of age-denying cosmetic overlays that the stars use. Rockers can get old and still rock on, and that will be the “new normal.” The message of the ’60s and ’70s was not about only about sexual revolution and protest, it also was about protesting the status quo that limits the diversity of individual expression of who we were and what we could become, aging rockers have much to contribute to how boomers will experience aging. If they would only accept that they don’t have to deny their aging to be relevant. For many of their aging fans, the next era of life will depart from the conformity that an ageist, declinist approach to aging dictates. You won’t need to take off your shirt or dye your hair to be an icon of cool aging or to sing songs about what was (and is) important. Because what’s cool looks different as a person ages, but cool remains a trait. Judah L. Ronch
All those matey thumbs-up gestures and ghastly peace signs. All that dated slang and frankly feeble inter-song patter. There’s an argument for saying that Paul was always that way. But the difference was that back in the Sixties that gawky lack of street cred seemed puppyishly charming. Now it looks lame and desperate – a sixtyish man trying unsuccessfully to show he’s still one of the lads. What you also notice – and this annoyance is by no means confined to Macca – is how very different the song you’re hearing sounds from the one on your old LPs. As a diehard fan – and you wouldn’t be there if you weren’t a diehard fan – you want your favourite hits to be played exactly as they are on the record. Yet the ageing rocker gives you anything but. First, he can’t hit the high notes like he once could. Second, he has played this song so many times before that he finds it demeaning and boring to do it in the old-fashioned way. Instead, he wants to show you how adventurous and inventive he still is 30 or 40 years on. And if you don’t like it – well, tough, because he’s the star and you’re not, and you should be damn grateful he’s playing it at all. Bob Dylan is a particular master of this art. I remember watching him play a set of classics including Lay, Lady, Lay, Like A Rolling Stone, and Mr Tambourine Man – and the only reason I discovered which songs they were was because I asked the person next to me. (…) But what it does mean is that the version we’ll always have in our heads is the pristine studio version from the original album, recorded when Robert Plant was a snake-hipped, leather-larynxed rock god of 23. What we don’t want to hear is the version he sang on Monday at the age of 59, when the Valkyrie shrieking of yore sounded more like a rutting bull moose. And lyrics such as « If there’s a bustle in your hedgerow don’t be alarmed now – it’s just a spring clean for the May Queen » sound a little undignified for a man well on the way to his free bus pass. It’s a cliche that rock ‘n’ roll is a young man’s game. But it’s a cliche because it’s true. Try, if you can, to think of a single rock act which has made a half-way decent album past the age of 35. I can think of only one, Johnny Cash, who actually got better the more he began resembling the Old Testament prophet he was so clearly born to be. For the majority of rock acts – harsh but true – by far the more sensible course of action if you want to be viewed kindly by posterity is to get yourself killed tragically young. (…) « Ah, but what of the Rolling Stones? » some will ask. Aren’t they still going strong after all these years? Well, up to point. But the reason we queue to see them today has less to do with their continued greatness than the extraordinary freak-show value that a band with the combined age of Methuselah can yet go on performing without the aid of respirators and cardiac nurses. Pete Townshend had it right, of course, when in 1965 he wrote « Hope I die before I get old » – lines he has lived increasingly to regret the older he has grown. Perhaps it would be too much to ask for an official culling system to be introduced, in the manner of the science fiction film Logan’s Run, where all rock stars are quietly exterminated at the age of 30. But surely they owe it to their fans and their own sense of dignity to realise when enough is enough? It’s not as though they got a particularly raw deal in life. Long before middle age, they have earned more money and enjoyed more sex than most of us could manage in several lifetimes. In return, they should accept that part of the package includes early retirement. The Daily Mail

A l’heure où, entre deux concerts anti-Israël, nos rockers viellissants ont du mal à s’assumer seuls, la question de les accueillir à notre domicile peut se poser.

Mais attention, il faut y être prêt.

Quelques conseils glanés dans la presse anglo-saxonne …

God save us from ageing rockers!

The Daily Mail

Led Zeppelin were the greatest rock band in the universe: so loud, raunchy and virile they made the Rolling Stones look like Trappist monks; so epic, majestic and inventive they made The Beatles sound like choirboys.

They were so rich, extravagant and outrageous with their private jets and TVs-chucked-from-hotel-bedrooms that they made the meanest gangsta rappers look like Steptoe and Son.

But note that use of the past tense. Led Zeppelin were the greatest rock band in the world.

But they’re not any more. Not by a mile – as the more honest among the 20,000 punters who saw them perform at London’s O2 Arena on Monday night ought surely now to have the good sense to admit.

No matter how proficient Robert Plant, Jimmy Page and John Paul Jones, the three survivors of the Seventies’ heyday, played, no matter how good it is to see them back on stage still breathing and vaguely compos mentis, there is something deeply sad and unedifying about rockers who go on rocking past their natural sell-by date.

It was something I noticed a few years ago, seeing Paul McCartney trotting through his old hits at the Glastonbury festival.

Your immediate response is pure jubilation: « I’m standing here watching Eleanor Rigby and Penny Lane being performed by the actual Beatle who wrote them! » you think.

It isn’t long, though, before the niggling doubts creep in.

You notice, for example, how painfully and embarrassingly uncool this alleged rock legend is.

All those matey thumbs-up gestures and ghastly peace signs. All that dated slang and frankly feeble inter-song patter.

There’s an argument for saying that Paul was always that way. But the difference was that back in the Sixties that gawky lack of street cred seemed puppyishly charming.

Now it looks lame and desperate – a sixtyish man trying unsuccessfully to show he’s still one of the lads.

What you also notice – and this annoyance is by no means confined to Macca – is how very different the song you’re hearing sounds from the one on your old LPs.

As a diehard fan – and you wouldn’t be there if you weren’t a diehard fan – you want your favourite hits to be played exactly as they are on the record.

Yet the ageing rocker gives you anything but. First, he can’t hit the high notes like he once could.

Second, he has played this song so many times before that he finds it demeaning and boring to do it in the old-fashioned way.

Instead, he wants to show you how adventurous and inventive he still is 30 or 40 years on.

And if you don’t like it – well, tough, because he’s the star and you’re not, and you should be damn grateful he’s playing it at all.

Bob Dylan is a particular master of this art. I remember watching him play a set of classics including Lay, Lady, Lay, Like A Rolling Stone, and Mr Tambourine Man – and the only reason I discovered which songs they were was because I asked the person next to me.

If you’re really unlucky, your ageing rock band will have a new record to promote – as The Eagles had recently with their flabby, eco-breast-beating, sublimely awful Long Road Out Of Eden.

For every song you want to hear, there’ll be another introduced by those dread words « and here’s one from the new album ».

And you have to listen politely, and applaud enthusiastically at the end, when all you’re really thinking throughout is: « Oh, for Heaven’s sake! Get on and play Ziggy Stardust/Hotel California/Sympathy For The Devil/Stairway To Heaven will you? »

Ah yes, Led Zeppelin’s Stairway To Heaven. Let us suppose, as many think, that it really is the greatest rock song ever written.

Is that sufficient justification for its three surviving originators – one now looking like an accountant, one like a Muppet in a white fright wig, one like the Cowardly Lion from The Wizard Of Oz – to creak back on stage and play it not quite as excitingly as they could in 1971, 1972 or 1973 for an audience of mostly staid, pot-bellied, middle-aged men in a smokeless environment named after a mobile phone company?

And if they insist on doing so, shouldn’t it be renamed Stannah Stairlift To Heaven?

The only proper place for Stairway To Heaven to be played live by Led Zeppelin today is in the fond, addled memories of ageing hippies.

This might seem harsh on people such as me, too young to have caught Led Zep in their heyday.

But what it does mean is that the version we’ll always have in our heads is the pristine studio version from the original album, recorded when Robert Plant was a snake-hipped, leather-larynxed rock god of 23.

What we don’t want to hear is the version he sang on Monday at the age of 59, when the Valkyrie shrieking of yore sounded more like a rutting bull moose.

And lyrics such as « If there’s a bustle in your hedgerow don’t be alarmed now – it’s just a spring clean for the May Queen » sound a little undignified for a man well on the way to his free bus pass.

It’s a cliche that rock ‘n’ roll is a young man’s game. But it’s a cliche because it’s true.

Try, if you can, to think of a single rock act which has made a half-way decent album past the age of 35.

I can think of only one, Johnny Cash, who actually got better the more he began resembling the Old Testament prophet he was so clearly born to be.

For the majority of rock acts – harsh but true – by far the more sensible course of action if you want to be viewed kindly by posterity is to get yourself killed tragically young.

Would we revere Marc Bolan nearly so much if he hadn’t driven into that tree? Would we Hell. As it was, he could barely play three chords.

« Ah, but what of the Rolling Stones? » some will ask. Aren’t they still going strong after all these years?

Well, up to point. But the reason we queue to see them today has less to do with their continued greatness than the extraordinary freak-show value that a band with the combined age of Methuselah can yet go on performing without the aid of respirators and cardiac nurses.

Pete Townshend had it right, of course, when in 1965 he wrote « Hope I die before I get old » – lines he has lived increasingly to regret the older he has grown.

Perhaps it would be too much to ask for an official culling system to be introduced, in the manner of the science fiction film Logan’s Run, where all rock stars are quietly exterminated at the age of 30.

But surely they owe it to their fans and their own sense of dignity to realise when enough is enough? It’s not as though they got a particularly raw deal in life.

Long before middle age, they have earned more money and enjoyed more sex than most of us could manage in several lifetimes. In return, they should accept that part of the package includes early retirement.

Voir aussi:

The Music Is Timeless, but About the Rockers …

Alex Williams

The New York Times

December 19, 2012

THERE was Roger Daltrey, 68, with his open shirt revealing a Palm Beach perma-tan, and abs so snare-tight that they immediately raised suspicion. (“Implants!” charged a few skeptical members of the Twittersphere.)

There was Jon Bon Jovi, 50, with his flowing mane now a shade of coppery gold that only a hairdresser could love.

There was Paul McCartney, 70, with his unlined face retaining an eerie degree of his Beatlemania-era boyishness.

Last week’s star-studded “12-12-12” concert — a showcase of retirement-age rock icons like the Rolling Stones, the Who and Eric Clapton — not only raised millions to benefit victims of Hurricane Sandy, but as the “the largest collection of old English musicians ever assembled in Madison Square Garden,” as Mick Jagger joked onstage, it also inspired viewer debate about whether is it possible to look cool and rebellious after 50 without looking foolish?

Rock stars, after all, face the same battles with crow’s feet and sagging jowls that everyone else eventually does. But their visible aging happens under the microscope, and seems somehow more tragic since they toil in a business built on youthful rebellion, and contrasts so sharply with our shared cultural images of them, frozen in youthful glory.

The issue takes on added relevance for graying fans from the baby boom and Generation X who grew up taking style cues from these rock heroes (and continue to make geriatric acts like Bruce Springsteen and Roger Waters some of the biggest draws in the concert business). If rock immortals can’t accept with a certain grace the ravages of time, what does this portend for the rest of us?

Perhaps this is why so many of the concert’s 19 million American viewers turned into fashion critics during the show, zapping the rockers on blogs and Twitter not just for looking old, but for their occasionally clumsy efforts to appear young.

“I want to re-knight Sir Paul for those next-level dad jeans,” tweeted Julieanne Smolinski, 29, a New York writer, in reference to Sir Paul’s crisp, pre-faded dungarees, which looked like Gap deadstock from 1991.

“I will donate $1,000 to #121212Concert if Roger Daltry buttons his shirt,” tweeted Alan Zweibel, 62, a comedy writer.

The quickest route to ridicule, it seems, is for aging rockers to proceed as if nothing has changed. The truth is, years have passed, and to deny this is a form of visual dishonesty. With his shirt thrown open during a rousing rendition of “Baba O’Riley” Mr. Daltrey — a specimen for his age, to be sure — unfortunately invited comparisons to his groupie-magnet self from the “Tommy” era. In doing so, he violated an obvious dictum for seniors: keep your clothes on in public.

But he is not the only offender. At 65, Iggy Pop still takes the stage wearing no shirt, just jeans, as if it’s 1972. It’s not that his body is not freakishly impressive for a man his age. Aside from a few sags and bulging veins, his torso generally looks as lithe as a Joffrey dancer’s.

The problem is not the image itself, so much as the image suggested, as if these aging sex symbols are still attracting hordes of groupies to the cozy confines of their tour buses.

That may well be true, of course, but when these flesh-baring rockers are men of Viagra-taking age, that’s a visual most people could do without. It’s like hearing that your grandparents still have sex: bully for them, but spare us the details.

Hair is complicated for seemingly anyone over 40 — to dye or not to dye, that is question. But it is a tougher call for rock stars like Mr. Bon Jovi, whose hair has always been a key element of his brand. If, one day, the pop-metal crooner were to appear singing “Lay Your Hands on Me” sporting a professor emeritus shock of white hair, as the fellow “12-12-12” performer Mr. Waters of Pink Floyd did, would anyone heed his siren call? (I guess we should be grateful that Mr. Bon Jovi hasn’t gone the route of Roy Orbison, who maintained his jet-black coif well into his 50s, giving him the unfortunate look of an aging blackjack dealer at a lesser Vegas casino.)

Given the raised eyebrows that Mr. Jagger and Mr. McCartney attract with their ever-chocolate locks (though at least Mr. Jagger’s wrinkled magnificence suggested his face had been untouched by a surgeon’s blade), it is no wonder the new tonsorial compromise of choice for aging rockers is strategic baldness. A close-cropped buzz cut or shaven head simply erases all visible evidence of follicular aging, as well as lending them a vague bouncerish tough guy appeal. It works for Phil Collins, Moby and Seal. With his shaved head, Paul Shaffer, the David Letterman foil, looked nearly as age-ambiguous playing piano behind Adam Sandler on the comedian’s “Hallelujah” parody during the “12-12-12” as he did playing in the “Saturday Night Live” house band in the late ’70s. It would have worked for Michael Stipe, too, if he hadn’t chosen to tarnish the effect with a silver Robert E. Lee beard. Ultimately, there is little to be done about graying temples or sagging jowls (short of medical intervention, anyway). This leaves clothing as the prime area for rock stars to experiment with age denial, without looking plastic.

Most fading rock gods seem to intuit that overly sexualized stage outfits turn into clown costumes after a certain age. David Lee Roth, who scissor-kicked his way through the ’80s in skintight tiger-stripe jumpsuits, took the stage on a recent Van Halen tour dressed more like a groom atop a biker wedding cake: black leather pants, shiny blue shirt, black pinstripe vest.

Take a lesson from Eric Clapton and his well-fitting suits: after 40, it’s time to lose the sequins, unless you’re Liberace.

Sometimes, though, even a keen fashion sense is not enough to ward off the jibes.

At the “12-12-12” concert, Mick Jagger took the stage in a subtly snazzy gray python jacket, a Bordeaux taffeta shirt and black jeans. The jacket and shirt, designed by his longtime companion L’Wren Scott, were a far cry from his sequined jumpsuits of the ’70s, but that did not stop the wisecracks. “Mick Jagger looks like your aunt trying to be cool at a wedding,” tweeted Gregg Hughes, known as “Opie,” the SiriusXM radio shock-jock.

But Mr. Jagger, who at 69 still bounds and gyrates through unimaginably athletic, 2 1/2-hour sets, has a built-in response at the ready. As he put it long ago, “Anything worth doing is worth overdoing.”

Voir également:

Should aging rockers ever stop?

Joanna Weiss

Boston.com

June 20, 2013

So maybe getting old isn’t a drag after all. Last week, the Rolling Stones swung through the TD Garden on their « Fifty and Counting » tour, kicking off a Boston summer filled with what might be called vintage rock. Sir Paul McCartney is playing Fenway Park next month. The Rascals, Zombies, and Monkees are coming to town. Steven Tyler, 65, is making noise about a solo album.

On the occasion of the Stones show, Globe columnist Scot Lehigh mused on aging rockers and the people who will spend $600 per ticket to see them. At a time when 70 is clearly the new 50, long careers are something to celebrate. But does age change expectations? Does a certain kind of performance — say, Mick Jagger’s feral prance — feel different when a rocker qualifies for senior discounts? Or should rockers flaunt what they’ve got for as long as they can? Below are some thoughts on the Stones and other rockers with longevity. Add yours to the comments below, or tweet at the hashtag #stillrocking.

This could be the last time?

Lehigh mug.jpgA self-proclaimed goodbye tour is a time-tested audience-enhancer for flagging bands, but that doesn’t describe the Stones. They aren’t talking about calling it a day — not openly, at least. Their last real album, “A Bigger Bang,” was their best in years. Their recent performances have gotten deservedly strong reviews. But the-end-is-near fear hangs palpably over the band’s 50th anniversary expedition. It’s not that Mick and Keith, both 69, are old. Not by today’s standards…. Rather, it’s that they are pressing hard against our expectations for rock musicians. You can’t be skipping around the stage singing “Sympathy for the Devil” at 75, at 80…can you?

Scot Lehigh, Globe columnist

‘Swan Song Angst,’ June 19, 2013

In the Senate, they’d be in their prime

IMG_2212.JPGDianne Feinstein is 80 years old as of Saturday. But in the United States Senate, where she was just elected to another six-year-term, she’s more powerful than ever, and every bit as active. Indeed, senators are presumed to be on top of their game in their 70s, with John McCain (77 in August) leading the charge on immigration reform while crisscrossing the world on military issues. John Kerry, who just took over as Secretary of State, turns 70 in December – a week before Keith Richards, as it turns out. But Richards is the only one getting flak for continuing to work. Actually, rock stars who keep up a full touring schedule, replete with gyrating dance moves and soaring vocals, are doing everyone else a favor. They’re demonstrating that people who keep on working in their 70s aren’t in denial about their declining abilities; they’re fully engaged and just as inspired as when they were younger.

Peter Canellos, Editorial Page Editor

The Boston Globe

Unstoppable

Be kind to your fans

IMG_2213.JPGYes, the Rolling Stones should quit touring — if only as a humane gesture to their loyal fans. It’s not that the band can’t still put on a show: last week’s concerts at the TD Garden proved that. But their relationship with concert-goers has become exploitative. Scot Lehigh wrote that he went to the Stones concert partly because the band members are now so old: seeing Mick and Keith strut around on stage made the fantasy of postponing the inevitable seem feasible. Lehigh probably wasn’t the only fan who felt that way. But that turns the twilight of the band’s career into a sad spectacle — a kind of Baby Boomer coping ritual, a group rage against the dying of the light. Surely, the Stones have harvested enough money from the Boomers already that they could stop cashing in on their angst.

Alan Wirzbicki

Globe editorial writer

Don’t go for the ‘morbidity factor’

geoff edgers mug.jpgLike any true hypocrite, I’ll go see the Rascals and Zombies this summer out of curiosity. But you won’t see me at the TD Garden this week throwing down $600 plus to shuffle to “One More Shot.” Been there, done that. [My friend] Marianne wrote: “I hate the idea of attending a show just for the morbidity factor: ‘This guy is so old /so ill we might not see him again.’ ” On this one, I’m with you.

Geoff Edgers, Globe arts writer

The Stones still have it

James Reed mug.jpgTo answer the questions you no doubt have: Yes, Mick sounded great, strutted like a feral alley cat, and he’s still skinnier than you and I will ever be. Yes, Keith Richards is the most unbelievable pirate guitarist who ever lived. Yes, Ronnie Wood looks like he’s having more fun than anyone else on stage. And yes, Charlie Watts remains the underrated statesman of the band, keeping the beat and regal in a polo shirt while his cohorts looked every inch the rock stars they are.

James Reed, Globe music critic

Concert review, June 13, 2013

Voir encore:

How to Be an Aging Rocker

Terry Teachout

The WSJ

Jan. 3, 2013

What does it mean to say that a work of art is « dated »? I know people who sincerely believe that Shakespeare’s plays are dated because of the way in which they portray women, a point of view that says far more about the complainants in question than it does about Shakespeare. On the other hand, countless once-popular artists were so desperate to stay up to the minute that their art barely outlived them. An artist, however talented, who goes out of his way to be « with it » is foreordained to end up looking blush-makingly quaint sooner or later, usually sooner.

Consider, if it doesn’t embarrass you too much to do so, the rock music of the 1960s and ’70s. How much of it holds up today? I was raised on rock and took it with supreme seriousness, but most of the albums with which my high-school playlist was clotted now strike me as jejune at best, horrendous at worst. I don’t know about anybody else, but I haven’t been able to listen to Crosby, Stills & Nash or Jefferson Airplane for decades.

One of the reasons why so much first- and second-generation rock ‘n’ roll has aged so badly is that most of it was created by young people for consumption by even younger people. And what’s wrong with that? Nothing—if you’re a teenager. But if you’re not, why would you want to listen to it now? And what has happened to its makers now that they’re over the demographic hill? Have they anything new to say to us, or are they simply going through the motions?

The Rolling Stones, who recently embarked on their 50th-anniversary tour, can still play up a storm—but so what? When not recycling the hits of their long-lost youth, Sir Mick Jagger and his venerable colleagues trot out « new » songs that sound as though they’d been written in 1962.

Compare these two lyrics:

« Everybody’s talking / Showing off their wit / The moon is yellow but I’m not Jell-O / Staring down your tits. »

« We went to a party / Everybody stood around / Thinkin’: Hey what’s she doin’ / With a burned-out hippie clown. »

The first quatrain is from « Oh No, Not You Again, » written by Mr. Jagger and Keith Richards and recorded by the Stones on « A Bigger Bang, » their most recent album, released in 2005. The second is from « Slinky Thing, » the first track on « Sunken Condos, » Donald Fagen’s new solo album, which came out in October. It’s a sly, ironic portrait of a Goethe-quoting 60-something gent who is dating a considerably younger woman, much to the sardonic amusement of her friends. And which song sounds fresher? « Slinky Thing, » by the longest of long shots.

Unlike the bluntly bluesy garage-band sound of the Stones, Mr. Fagen’s music is a rich-textured, harmonically oblique amalgam of rock, jazz and soul. It is, in a word, music for grown-ups—with lyrics to match. What is especially interesting about Mr. Fagen, though, is that unlike most of his contemporaries, he has always made music for grown-ups. Steely Dan, the group that he co-founded with Walter Becker in 1972, never did go in for kid stuff, and doesn’t now. Jazz heavies like Wayne Shorter and Phil Woods have long popped up from time to time on Steely Dan’s albums, playing solos that don’t sound even slightly out of place.

Needless to say, musical complexity is not the same thing as maturity. What makes Mr. Fagen’s music stand out is its coolly detached point of view. He knows full well that the narrator of « Slinky Thing » is a comic figure and deserves to be. Nor does he lapse into the breast-baring confessionalism that is the blight of second-rate singer-songwriters. He’s a portrait artist, and even when the subject is himself, he wields a razor-sharp brush. Mr. Fagen, who turns 65 on Thursday, is about the same age as the 69-year-old Mr. Jagger. The difference is that he acts his age. Wall Street Journal contributor Marc Myers put it well when he wrote on JazzWax, his blog, that Mr. Fagen’s music « fully embraces the male aging process, which is what makes him cool. »

The British author V.S. Pritchett, who was as good a critic as he was a short-story writer, had a particular affinity for the works of novelists « who are not driven back by life, who are not shattered by the discovery that it is a thing bounded by unsought limits, by interests as well as by hopes, and that it ripens under restriction. Such writers accept. They think that acceptance is the duty of a man. » No doubt it would have surprised him to hear his words applied to a gray-haired rocker, but they couldn’t be more relevant to the music of Donald Fagen. Not only does he accept life’s limits, but he smiles wryly at them—and when he does, so do we.

—Mr. Teachout, the Journal’s drama critic, writes « Sightings » every` other Friday. He is the author of « Pops: A Life of Louis Armstrong. » Write to him at tteachout@wsj.com.

Voir de plus:

Aging well or just aging: The rockers of my youth

Judah L. Ronch, PhD

Itlmagazine

January 2, 2013

I was one of the estimated 50 million people who watched the “12-12-12” concert for Hurricane Sandy relief and I had two reactions. The first was that event was especially poignant because, as the New York Times reported, more than 40% of the fatalities of this storm were people over age 65. Many drowned in their homes or died when help couldn’t reach them in time to get medical care. (I think this is really a comment about aging in community vs. aging in place.) But, this is an issue beyond my ken to solve. I am not a politician or a policy person. What I am, though, is a “child who’s grown old” with rock and roll music as the soundtrack of my life, and I saw this in stark detail during the broadcast.

An article by Alex Williams headlined: The music is timeless, but about the rockers… was the second thing I reacted to. Here were the groups that helped me get through the turbulence of the 1960s and ’70s. They were largely, as Mick Jagger so aptly quipped, “…the largest collection of old English musicians ever assembled in Madison Square Garden.” (Springsteen, Bon Jovi and Billy Joel were there too, and while they are younger they were termed “geriatric” in the article.)

The old English musicians were about my age or younger! Williams’ article looked at the critical issue of whether it is “possible to look cool and rebellious after 50 without looking foolish.” In other words, do those aging rock stars who dyed their hair and bared their bellies have to fade away when they no longer have the youthful images that are the calling card of youthful rebellion?

There was much reaction to Roger Daltrey showing his midriff during The Who’s energetic set of classics (remember their hit “My Generation,” with the line “Hope I die before I get old.”?), and of the color of Bon Jovi’s and Paul McCartney’s hair. These and other icons were reported to have been the subjects of snarky Tweets. And Jagger still struts like he did when he was in his twenties, but it looked odd to me doing it at almost 70. So why do some aging rockers have to use age denial to perpetuate their rebellious bona fides?

Does the music of protest have to be accompanied by bounding across the stage, gyrations and age-denying cosmetic interventions? This is not a remote issue: the “You are My Sunshine” days of sing-along music activities in long-term care settings are coming to an end. We need to think about how the next wave may want to spend their time enjoying music in groups when they are not listening to iPods or rock wall climbing.

Let me introduce the concept of “trait transformation” as a proposed solution that allows aging boomers to rock on without engaging in age denial. This finding in developmental psychology helps to explain how people develop and get more complex, but stay the same person. Trait transformation is the process that takes place as a result of development and maturation when a lifelong trait changes how it appears in a person’s behavior. For example, infants who were very good at following a moving picture of a human face were superior socializers at three months, but then they didn’t seem to want to follow the picture anymore. They had moved on; the trait that was being measured had transformed from tracking a picture to interacting with a human being. The Experience Corps is full of retirees who use their traits to help others although they no longer work in their old jobs.

If the music boomers grew up on is still meaningful, then enjoying its essence—its many meanings—as we age will have to be available without the distractions of age-denying cosmetic overlays that the stars use. Rockers can get old and still rock on, and that will be the “new normal.”

The message of the ’60s and ’70s was not about only about sexual revolution and protest, it also was about protesting the status quo that limits the diversity of individual expression of who we were and what we could become, aging rockers have much to contribute to how boomers will experience aging. If they would only accept that they don’t have to deny their aging to be relevant.

For many of their aging fans, the next era of life will depart from the conformity that an ageist, declinist approach to aging dictates. You won’t need to take off your shirt or dye your hair to be an icon of cool aging or to sing songs about what was (and is) important. Because what’s cool looks different as a person ages, but cool remains a trait.

Thanks to McCartney, Jagger and the old English musicians, the beat went on. That’s the soundtrack of the boomers’ lives. What will the music in your setting be in 2030, and what timeless music will people singing along with? I expect that people will still agree with Mick: “I know it’s only rock and roll but I like it.”

Voir aussi:

Neil Young Stuns With a Spellbinding Carnegie Hall Show

The marathon set featured a wealth of Seventies classics

Rolling stone

January 7, 2014

When Neil Young walked onstage for the first of his four-night stand at Carnegie Hall, nobody in the audience had any idea what sort of show he was about to present. His previous theater tour in 2010 was a bizarre (and ultimately unsatisfying) mixture of solo acoustic and solo electric tunes, concentrating on hits and selections from his then-unreleased LP Le Noise. The last time he launched a solo acoustic tour was eleven years ago in Europe, and those crowds heard a complete performance of his rock opera Greendale, which wouldn’t hit shelves for another four months. More recently, he played a set at Farm Aid last year that consisted almost entirely of other people’s songs. If the man’s anything, he’s unpredictable.

Thankfully, Neil Young had no such surprises for the capacity crowd at Carnegie Hall. Instead, he treated them to an absolutely jaw-dropping two hour and 20-minute show that focused largely on his golden period of 1966 to 1978. He only deviated from that era for two songs from 1992’s Harvest Moon, the 1989 obscurity « Someday » and a pair of covers by Phil Ochs and Bert Jansch. The opening notes of classics « Harvest, » « A Man Needs a Maid » and « On the Way Home » sent shockwaves of recognition and joy through the crowd, who then listened to them in near silence. It was, without a doubt, one of the greatest Neil Young shows of the past decade, at least when he wasn’t playing with Crazy Horse.

The first time Young played Carnegie Hall was a two-night stand in late 1970, capping off an incredible year where he recorded Deja Vu with Crosby, Stills, Nash & Young as well as his solo album After the Gold Rush. « I was pretty jacked up [that night], » he said early on last night. « People started yelling out and doing all kinds of things. I said, ‘Listen, I know what I’m doing here. I’ve been dying to get into this place. I planned it out. I know exactly what I’m going to play and nothing you’re going to say is going to change my mind.’ Then I was playing this Buffalo Springfield song ‘Nowadays Clancy Can’t Even Sing’ and somebody yelled out from the audience and I stopped and said, ‘Shit, I lost my concentration.’ Then I left. There wasn’t going to be an intermission, but there was. Tonight I planned on an intermission. I’m much more mellow now. »

It would be tough to be less mellow than Neil Young circa 1970, but there were no outbursts last night (though Carnegie Hall’s incredible acoustics made every knucklehead’s commentary perfectly audible to the entire auditorium). « You guys finished? » he asked calmly after a group of guys refused to stop demanding loudly that he play the extreme rarity « Don’t Be Denied. » « You paid real money to get in here, so you should be able to listen to each other. I hear a little voice, ‘Be nice, be nice.’ Thank you, sweetheart. »

Much like his stellar 1999 solo acoustic tour, there was a chair in the center of the stage surrounded by about eight acoustic guitars and a banjo. There were also two pianos and a pump organ, and sometimes between songs Young would wander around, pick up a guitar, briefly contemplate using it, and then opt for another. He was also in a chatty mood, sharing stories behind many of the instruments, including the legendary guitar that once belonged to Hank Williams.

But the night was largely devoted to classics from Young’s commercial peak in the early Seventies. It’s been years since he crammed this many hits into a set, playing over half the songs on Harvest (« Heart of Gold, » « Are You Ready for the Country, » « Old Man, » « The Needle and the Damage Done, » « A Man Needs A Maid » and « Harvest »), along with « Ohio, » « After the Gold Rush, » « Only Love Can Break Your Heart, » « Comes a Time, » « Long May You Run » and his first performance of « Southern Man » in nearly a decade.

Midway through the second set he broke out Bert Jansch’s 1965 classic « Needle of Death. » Young has claimed he lifted the chords of « Ambulance Blues » from the tune, and he emphasized the similarities between the two during the intro. He followed it up with the thematically similar « Needle and the Damage Done, » showing just how influential this single tune was on his songwriting.

Some of the best moments of the night came when he resurrected material from the Buffalo Springfield catalog. « On the Way Home » was absolutely spellbinding, and he proved why « Flying on the Ground Is Wrong » is one of his most under-appreciated masterpieces when he played it on the upright piano. But the most radically rearranged song of the night was « Mr. Soul, » which he played on the pump organ.

Other highlights included a banjo rendition of the Tonight’s the Night gem « Mellow My Mind, » a rollicking « Are You Ready for the Country? » and a climactic « After the Gold Rush, » both on the standup piano. The only real complaint is that he played so many early Seventies classics that he neglected all other eras of his long career. Not a single note of music was played from the past 22 years, nor did he go near anything from 1978 to 1989. The late Sixties and the Seventies were obviously the period when he produced his best work, but there’s been a lot of amazing stuff since then, and it would have been nice to hear just a little more of it.

It’s incredible to think that in the past five months, Young has played ridiculously loud, feedback-drenched marathon concerts with Crazy Horse all over Europe, reunited with Crosby, Stills, Nash and Young at the Bridge School Benefit and put together this gentle, nostalgic Carnegie Hall show. At age 68, his voice has lost only a bit of its range, and his guitar playing sounds just like it did the first time he played Carnegie Hall.

It’s unclear if he’s going to perform this show outside of Carnegie Hall and his four « Honor the Treaties » gigs in Canada later this month, but Neil Young fans should make every possible effort to see it while they can. This is the show they’ve been waiting to see for years and years.

Voir enfin:

Aging Rocker’s Failed Anti-Israel Crusade

Sarcasm aside, this is anti-Semitism of the ugliest, most primitive kind.

Ben Cohen

August 29th, 2013

Back in 1976, when the burgeoning punk movement began transforming the rock’n’roll landscapes of London and New York, a young punk rocker named John Lydon scrawled the words “I Hate…” on his Pink Floyd t-shirt.

With this one stroke, Lydon, aka Johnny Rotten, demarcated the past from the future: eschewing the lengthy and ponderous compositions of Pink Floyd frontman Roger Waters, Rotten and his mates set about delivering sharp, angry tunes in a compact three-minute format. Almost 40 years later, popular music has undergone numerous other transformations, but Rotten (who now calls himself Lydon again) and Waters have remained polar opposites. And as Israelis know better than most, that’s true both inside and outside the recording studio.

Back in 2010, Lydon rounded on critics of his decision to play a gig in Tel Aviv by telling them, “I have absolutely one rule, right? Until I see an Arab country, a Muslim country, with a democracy, I won’t understand how anyone can have a problem with how they [the Palestinians] are treated.”

By contrast, Waters, outwardly, a much more refined and eloquent fellow, has firmly hitched himself to the movement pressing for a campaign of Boycott, Divestment and Sanctions (BDS) against Israel. Waters’s support for BDS is thought to be the reason that his scheduled appearance at the 92nd Sreet Y in New York City was canceled back in April, while more recently he tussled with the Simon Wiesenthal Center over an accusation of anti-Semitism that stemmed from a feature of his live show, in which a Star of David is projected onto a flying inflatable pig.

In his response to the Wiesenthal Center, Waters denied he was an anti-Semite, coming out with the standard response that hating Zionism and hating Jews are completely distinct. But a subsequent letter written in August to “My Colleagues in Rock’n’Roll” – his legendary pomposity remains unaltered – is certain to revive the charge. This time, it’s hard to see how Waters can wriggle around it.

The letter begins by citing another British musician, the violinist Nigel Kennedy, who slammed Israeli “apartheid” during a recent concert that was recorded by the BBC. “Nothing unusual there you might think,” Waters wrote, “[but] then one Baroness Deech, (nee Fraenkel) disputed the fact that Israel is an apartheid state and prevailed upon the BBC to censor Kennedy’s performance by removing his statement.”

Why did Waters think it necessary to point out the maiden name of Baroness Ruth Deech, a noted academic and lawyer? The answer is obvious: before she was Deech, a name that resonates with English respectability, she was Fraenkel, a name that sounds positively, well, Jewish. And much as she might try to hide her origins, the intrepid Waters is determined to out her, along with her nefarious Jewish –sorry, I mean, Zionist – agenda.

Sarcasm aside, this is anti-Semitism of the ugliest, most primitive kind. Appropriately, Waters’s letter appeared first on the website of the Electronic Intifada, a U.S.-based outfit that has emerged as one of the prime organizing platforms of the BDS movement.

The Waters letter ends as follows: “Please join me and all our brothers and sisters in global civil society in proclaiming our rejection of Apartheid in Israel and occupied Palestine, by pledging not to perform or exhibit in Israel or accept any award or funding from any institution linked to the government of Israel, until such time as Israel complies with international law and universal principles of human rights.”

In case it’s not clear, in the BDS movement, such elaborate formulations are code for “until such time as the state of Israel, which was born in a state of original sin, is finally eliminated.”

Here’s the rub, though: ten years ago, when the BDS movement was a relatively new phenomenon, statements like these would have set off a minor panic in the Jewish world. These days, we’re far more sanguine, and we’ve learned that Israel can survive and flourish no matter how many graying prog-rockers like Waters dedicate their lives to removing the world’s only Jewish state from the map.

As unpalatable as this may be for Waters’s digestion, the plain truth is that the BDS movement has failed. Its original aim was to replicate the massive outcry against South African apartheid during the 1980s, when songs like “Free Nelson Mandela” and “(I Ain’t Gonna Play) Sun City” ruled the airwaves. Instead, it has remained a fringe movement, a minor irritant that has had precious little impact on Israel’s economic life and garners media attention only when someone like Waters decides to shoot his mouth off.

We’ve arrived at this happy situation for several reasons, among them the growing realization, as articulated by John Lydon, that there is something absurd about boycotting Israel when the states that surround it engage in egregious human rights violations. Waters won’t play in Israel, but he was quite happy to play in Dubai in 2007 – an Arab city almost entirely built by slave labor imported from Muslim countries like Pakistan and Bangladesh. If other stars grasp the appalling hypocrisy this represents, then having Roger Waters indulge his hatred of Israel at every opportunity is a price worth paying.

About the Author: Ben Cohen is the Shillman Analyst for JNS.org. His writings on Jewish affairs and Middle Eastern politics have been published in Commentary, the New York Post, Haaretz, Jewish Ideas Daily and many other publications.


Carence iodée: Vers le retour des crétins des Alpes ? (If the salt loses its savor: From the smarting up of America to the dumbing down of Europe)

28 juillet, 2013
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Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes. Jésus (Matthieu 5: 13)
La carence en iode est si facile à prévenir que c’est un crime de permettre qu’un seul enfant naisse handicapé mental pour cette raison. H.R. Labrouisse (directeur de l’UNICEF, 1978)
The idea of putting additives in salt to promote health dates back to the 1920s, when salt suppliers in the United States and Switzerland began fortifying their salt with iodine. The measure was intended to combat a condition known as “goiter” — a swelling of the thyroid, a gland that sits just in front of the windpipe. Goiters have plagued humans for at least several thousand years. As early as 2,700 B.C., Chinese emperor Shen Nung allegedly prescribed seaweed, now known to be rich in iodine, as a treatment. Although not especially painful, large goiters can interfere with breathing and swallowing. And we now know that they’re only a symptom of a much larger problem. “The goiter is the visible manifestation” of iodine deficiency, says Richard Hanneman, president of the Salt Institute in Alexandria, Va. Iodine, a purplish-brown element that is rare in Earth’s crust but common in seawater, is essential for all life. Humans need about 150 micrograms each day. Most of that gets taken up by the thyroid and is used to make hormones that regulate metabolism. If the body lacks iodine, the thyroid doesn’t have the raw materials it needs to make these hormones. To compensate, the gland begins to grow, forming a goiter. In the United States, few realized just how common goiters were until doctors began examining men drafted to serve in World War I. Simon Levin, a physician in Lake Linden, Mich., found that 30 percent had visibly swollen thyroids: Another 2 percent had goiters large enough to prevent them from serving. In fact, more men in northern Michigan were disqualified from military service because of goiters than any other medical condition. The state was in the middle of a swath of land that would become known as the “goiter belt.” Before people got iodine from salt, they got it from their food. Foods pick up iodine from the soils where they grow (or, in the case of seafood, from seawater). But the element is unevenly distributed across Earth’s landmasses. Inland areas and mountainous regions tend to have iodine-poor soil. And because historically most of the food consumed was locally grown, the inhabitants of iodine-poor regions tended to develop iodine deficiency, and goiters. Although health officials didn’t know it at the time, iodine deficiency also leads to much more serious problems. Expectant mothers who don’t get enough iodine can have children who are mentally and physically stunted — a condition known as “cretinism.” Even moderate iodine deficiency in the mother during pregnancy can reduce her child’s IQ by 10 to 15 points. Before iodized salt was introduced in 1978, the village of Jixian in northeast China was so iodine deficient, it was known locally as the “village of idiots.” Doctors had been treating iodine deficiency with iodine syrup, but health officials wanted to prevent goiters, not just treat them. Obviously going door to door with bottles of iodine syrup wasn’t going to work. They needed to find a way to mass distribute iodine that would be economical and efficient. Salt was an obvious choice — it’s cheap, it’s easy to transport, it doesn’t spoil and everyone uses it. Salt is the “food that comes closest to being universally consumed,” says Venkatesh Mannar, executive director of the Canada-based Micronutrient Initiative. And the risk of overdose is minimal because everyone eats a predictable amount, between five and 15 grams each day: The same can’t be said of other commodities, such as sugar or flour. What’s more, iodine occurs naturally in some salt deposits. In fact, until 1900, salt mined and used by residents in the Kanawha River Valley in West Virginia contained trace amounts of iodine. As a result, goiters were rare in the region. But then, the crude brown local salt was replaced with clean, processed salt mined in Ohio and Michigan. By 1922, 60 percent of schoolgirls surveyed in Charleston and Huntington, W.Va., had enlarged thyroids. Iodized salt first appeared on grocery store shelves in Switzerland in 1921 and in the United States in 1924. In Michigan alone, the prevalence of goiter dropped more than 75 percent over the next two decades. Iodized salt didn’t begin making its way into developing countries until the 1980s. With support from UNICEF and the World Health Organization, however, it spread remarkably fast. Globally, the percentage of people with access to iodized salt has climbed from 20 percent in the mid-1990s to about 70 percent today. “It’s a great public health success,” Houston says. Geotimes
More than 70 countries, including the United States and Canada, have salt iodization programs. As a result, approximately 70% of households worldwide use iodized salt, ranging from almost 90% of households in North and South America to less than 50% in Europe and the Eastern Mediterranean regions. (…) The use of iodized salt is the most widely used strategy to control iodine deficiency. Currently, about 70% of households worldwide use iodized salt, but iodine insufficiency is still prevalent in certain regions. In the European region included in WHO reports, 52% of the population has insufficient iodine intake and, according to UNICEF, only about 49% of households in Europe (outside of the Western European subregion) have access to iodized salt. Iodine insufficiency is also prevalent in Africa, Southeast Asia, and the Eastern Mediterranean WHO regions where rates of iodized salt use range from approximately 47% to 67%. Worldwide, it is estimated that about 31% of school-age children do not have access to iodized salt. NIH
While cretinism, the most extreme expression of iodine deficiency, has become very rare and even disappeared in Europe, of considerably greater concern are the more subtle degrees of mental impairment associated with iodine deficiency that lead to poor school performance, reduced intellectual ability, and impaired work capacity. For iodine-deficient communities, between 10 and 15 IQ points may be lost when compared to similar but non-iodine-deficient populations. Iodine deficiency is the world’s greatest single cause of preventable brain damage. (…) In the early 1960s, only a few countries had IDD control programmes; most of them in the United States of America and Europe. Since then, and especially over the last two decades, extraordinary progress has been achieved by increasing the number of people with access to iodized salt and reducing the rate of iodine deficiency in most parts of the world. However, this has not been the case in several industrialized countries, especially in Europe. Compared to other regions in the world, iodized salt coverage is not as high in Europe, reaching only 27% of households. In addition, there is growing evidence that iodine deficiency has reappeared in some European countries where it was thought to have been eliminated. WHOAll European countries except Iceland have experienced this health and socioeconomic scourge to a greater or lesser degree. Endemic cretinism, the most severe consequence of iodine deficiency, was extensively reported in the past, particularly from isolated and mountain- ous areas in Austria, Bulgaria, Croatia, France, Italy, Spain and Switzerland, and was so common that the term “cretin of the Alps” became part of the common vocabulary. Nevertheless, only limited attention has been paid to the public health consequences of iodine defi ciency in Europe until recently. Over a century and a half ago iodine deficiency had already been recognized. At the beginning of the 19th century, it was first suggested that the use of salt fortified with iodine would lead to good health in people living in mountainous regions. Switzerland was the first European country to introduce iodized salt on a large scale in order to eliminate iodine deficiency. After the pioneering work of Swiss doctors that demonstrated that iodine deficiency was indeed the cause of goitre, attempts began to locally iodize salt using a hand-and-shovel method. In 1922, the Swiss Goitre Commission recommended to the then 25 Swiss Cantons (provinces) that salt be iodized on a voluntary basis at a level of 3.75 mg iodine per kg salt (or 3.75 ppm). Non-iodized salt also remained available for sale. Due to the decentralized system of the Government of Switzerland the availability of iodized salt progressed slowly; the last Canton (Aargau) allowed the sale of iodized salt only in 1952. Today, over 90% of households consume iodized salt, and about 70% of the salt used in industrial food production is iodized. However, this example was not generally replicated by many other countries in Europe. In 1999, the access of iodized salt at the household level for Europe was the lowest regional average figure in the world at 27%. Because of the declining consumption of table salt, this probably did not reflect properly the access of households to salt, and consequently, potentially to iodized salt. WHO
A new study indicates that Americans gained up to 15 IQ points after the addition of iodine to salt became mandatory. In an effort to prevent goiter related to iodine deficiency, authorities ruled that iodine be added to U.S. salt products in 1924. The iodine, in addition to eliminating goiter, appears to have had an unexpected result: smarter Americans. (…) Iodine comes from food sources, and is especially abundant in seafood and foods grown in coastal areas with high levels of iodine in the soil. Mountainous and inland areas are often very low in the nutrient, meaning food grown there doesn’t have enough iodine. Today, iodine deficiency is the leading cause of preventable mental retardation in the world. The condition, known as cretinism, was also common in the U.S. until the introduction of iodized salt. Originally, U.S. authorities wanted to reduce the incidence of goiter, but research since that time has shown that iodine plays an important role in brain development, especially during gestation. The World Health Organization estimates that two billion people worldwide are at risk of iodine deficiency. And it’s not just a Third World problem – the WHO reports that only 27 per cent of households in Europe have access to iodized salt. The researchers say that iodine may also be a cause of the so-called Flynn Effect, the steady rise in IQ that’s been ongoing since the 1930s. Daily Mail
Les populations montagnardes n’ont jamais pu se procurer aisément du sel de mer en raison de son prix. Les cas de difformité et de nanisme étaient donc fréquents parmi les populations paysannes alpines. Dans les Alpes, la population isolée des vallées était beaucoup plus souvent atteinte de désordres liés à la carence en iode. Du reste, Diderot est le premier à consigner le nom de « crétin » dans son encyclopédie raisonnée des sciences, des arts et des métiers (1754). L’expression « crétin des Alpes » est usuelle. Le crétinisme est une forme de débilité mentale et de dégénérescence physique en rapport avec une insuffisance thyroïdienne.(…) Pour éviter les carences en iode, qui altèrent le système hormonal, mais aussi le développement de l’enfant, il est souvent ajouté de l’iode au sel de cuisine (sel iodé) et parfois au lait (au Royaume-Uni notamment). Cet ajout provient de recherches faites aux États-Unis au début du XXème siècle sur les liens entre « goître endémique » et carences en iode. L’enrichissemnet en iode du sel de table a été recommandé et mis en œuvre aux Etats-Unis après la première guerre mondiale, durant les décennies 1920 et 1930. En 1955, la carence en iode semblaient avoir été éliminée aux États-Unis grâce à l’utilisation domestique du sel de table (Salt Institute, 2008, cité par l’EPA6). Cependant ensuite, dans les années 1970 – et pour des raisons mal comprises (une des explications pourrait être les régimes sans sel ou peut-être des polluants de l’eau perturbateurs de l’acquisition de l’iode par la thyroïde tels que les perchlorates) – une nouvelle tendance au manque d’iode a été observée via les enquêtes épidémiologiques NHANES. Ces dernières montrent que le taux d’américains des États-Unis touchés par cette carence (définie par l’OMS comme une teneur en iode urinaire inférieure à 100µg/L) a augmenté de 1971-1974 à 1988-19947. Ce recul semble s’être ensuite stabilisé de 1988 à 1994 selon l’enquête NHANES 2001-2002 (Hollowell et al, 1998 ; Caldwell et al 2005 cité par l’EPA6) ; La teneur médiane (320 µg/L) était supérieures à 100µg/L en 1971-1974 (NHANES I), pour passer à 145 µg/L en 1988-1994 (NHANES III) et à 168 µg/L dans l’enquête NHANES 2001-2002. Dans tous les cas, les femmes étaient à peu près deux fois plus nombreuses que les hommes à être touchées par ce déficit en iode. Selon Hollowell et al. (1998) cité par l’EPA6, aux états unis « seuls » 2,6 % de la population (1,6 % chez les hommes et 3,5 % chez les femmes) étaient en 1971 – 1974 carencés avec des teneurs urinaires en iode de moins de 50 ug/L d’iode, mais le nombre de personnes carencées a plus que quadruplé, passant à 11,7 % en 1988-1994 (8,1 % des hommes et 15,1 % chez les femmes). Lors de l’étude NHANES 2001-2002, la concentration urinaire médiane était de 167,8 pour la population totale, 11 % des personnes testées présentaient encore des concentrations inférieures à 50 UI µg/L (6,7 % chez les hommes et de 15,3 % chez les femmes) (Caldwell et al. 2005 cités par l’EPA6), ce qui montre une stabilisation, mais non une situation satisfaisante (plus de 15 % des femmes sous 50µg/L et 36,6 % des femmes sous le seuil OMS des 100µg/L, seuil OMS). Wikipedia
Depuis la publication en 1985 du premier rapport traitant du statut en iode des populations européennes, la France occupe une position intermédiaire entre les pays d’Europe du nord où les apports en io de sont satisfaisants, et ceux d’Europe du sud encore marqués par une déficience modérée, à la limite de la carence résiduelle dans certaines régions d’Italie ou d’Espagne (Scriba et al . 1985). Il existe donc un risque important pour les populations exposées de ne pouvoir répondre à toute situation physiologique correspondant à une augmentation des besoins en iode (croissance, puberté, grossesse, allaitement). Tous les pays européens ont adopté des mesures de prophylaxie de la déficience en iode reposant s ur une autorisation d’enrichissement du sel en iode. Limitée dans un premier temps au seul sel à usage domestique, cette autorisation a été élargie dans quelques pays au sel alimentaire industriel entrant dans la fabrication de certains produits alimentair es, source de conflit avec les recommandations de santé publique visant à une réduction du risque d’hypertension artérielle par une diminution de la teneur en sel des aliments transformés. I.1.1 Contexte La réduction de la déficience en iode constitue l’un des 1 00 objectifs de la loi relative à la politique de santé publique avec un objectif chiffré de réduction de 20 % de la fréquence de la déficience en iode dans la population vivant en France au terme de la période 2004 – 2008 (J.O. n° 185 du 11/08/2004). L’évo lution des modes de consommation avec le développement de la restauration collective et hors foyer, et la part croissante occupée par les produits transformés ont rendu marginale l’efficacité de la salière domestique comme vecteur du sel iodé. Le sel ajouté (sel de cuisson et sel d’ajout volontaire) représente environ 20 % de l’apport total en sel (James et al. 1987), et moins de 50 % de ce sel est enrichi en iode (Comité des Salines de France 2003). Les campagnes de prévention du risque d’hypertension arté rielle engagées depuis plus de vingt ans ont conduit à diminuer la fréquence d’utilisation de la salière domestique, ainsi que les quantités ajoutées de sel. Les récentes recommandations du rapport « Sel » de l’AFSSA (AFSSA 2002) en faveur d’une réduction d es apports sodés ( – 20 % en 5 ans), notamment via de meilleures pratiques culinaires et comportementales (utilisation non systématique de la salière domestique), devraient encore réduire l’impact du sel iodé ajouté dans la prophylaxie de la déficience en io de. Les enquêtes nationales de consommation permettent aujourd’hui de disposer de données précises de consommations alimentaires individuelles des enfants et des adultes en France. Elles ont été utilisées pour des travaux de simulation nutritionnelle : si mulations d’enrichissement des aliments en vitamines et minéraux (enrichissement des produits laitiers frais en vitamine D) ou simulations de recommandations nutritionnelles. Elles devraient permettre, grâce à la réalisation d’une table de composition alim entaire en iode, de disposer d’évaluations quantitatives liées à l’enrichissement d’aliments en iode et de montrer l’absence de risque pour la population en contrôlant les risques de dépassements des limites supérieures de sécurité. (…) La mise en évidence de l’effet protecteur du se l alimentaire naturellement riche en iode sur le risque de goitre endémique repose sur les observations de J.B. Boussingault en Colombie (1833). Il faudra cependant attendre les résultats des études de Marine et Kimball (1917 – 1920) à Akron (Ohio) pour que l’action tant thérapeutique que prophylactique de l’iode soit reconnue (Marine et al . 1920). Ce n’est finalement qu’en 1922 que le sel enrichi artisanalement en iode est introduit comme mesure de santé publique dans la prévention du goitre endémique parmi la population du canton suisse d’Appenzell. Très rapidement cette – 50 – pratique s’étendra aux autres cantons de la Confédération helvétique, ainsi qu’aux pays proches (Autriche, 1923). (…) – 52 – L’accès à un sel enrichi en iode est autorisé dans tous les pays européens, et le taux moyen (étendue) d’enrichissement est de 15 – 20 mg (5 – 60 mg) par kg de sel, avec des taux très variables, de 8 – 13 mg/kg au Danemark à 40 – 70 mg/kg en Turquie (Tableau 25). L’enrichissement est volontaire et limité au sel à usage domestique dans la plupart des pays d’Europe occidentale, il n’est obligatoire que dans 10 pays, principalement d’Europe centrale. L’enrichis sement est en majorité à base d’iodure de potassium, certains états autorisant indifféremment les deux formes, iodure et iodate. L’utilisation du sel iodé par les industries agroalimentaires reste exceptionnelle. La pénétration du sel iodé est cependant tr ès variable selon les pays. Seuls 27 % des ménages européens ont accès à un sel iodé. Le pourcentage de sel iodé à usage domestique est inférieur à 5 % en Italie et en Angleterre, il atteint 45 – 50 % en France, 50 – 60 % aux USA, et dépasse 90 % en Suisse et en Autriche. (…) Le taux de pénétration du sel iodé en France (sel fin et gros sel en petits conditionnements) est en diminution constante, 55 % en 1988, 45 % en 1997. Ce taux est estimé à 47 % en 2002 (Table au 26) (Comité des Salines de France, 2003) (…) Cette ba isse du taux de pénétration est le fait de la concurrence de sels alimentaires à moindre prix et non iodés en provenance de pays voisins, du développement des ventes de sels artisanaux (non iodés) qui représentent 10 % des ventes en petits conditionnements (sels de Guérande, Noirmoutier et Ré) et d’une absence d’implication des pouvoirs publics, en particulier en direction des populations des régions les plus exposées à la déficience en iode. Les enquêtes épidémiologiques récemment conduites dans divers pa ys européens et aux Etats – Unis montrent que selon les pays, la fraction réellement ingérée de sel ne représente que 15 à 30 % du sel de cuisson utilisé pour la préparation des aliments, réduisant ainsi de façon significative la contribution du sel enrichi en iode dans la couverture des besoins en iode. Le sel iodé, après soustraction des pertes d’iode liées à l’utilisation, aux modes de préparation, de conservation et de cuisson, ne représente en fait qu’une faible fraction de l’apport total d’iode. Les re commandations du rapport « Sel » de l’Afssa (Afssa 2002) de réduire de 20 % l’apport moyen de chlorure de sodium devraient conduire les consommateurs à modifier leurs comportements, aussi bien dans la recherche des produits artisanaux ou agroalimentaires (étiquetage du NaCl), que dans les pratiques individuelles d’utilisation du sel (fréquence d’utilisation des salières individuelles et quantité de sel ajoutée). Ces recommandations devraient donc en partie atténuer les bénéfices attendus du récent avis de l’A FSSA (31 juillet 2002) modifiant la réglementation sur l’enrichissement en iode du sel de qualité alimentaire. L’efficacité du sel iodé dans la prophylaxie de la déficience en iode dans les pays européens semble le plus souvent très largement surévaluée : (1) les quantités de sel alimentaire citées dans la littérature (3 à 5 g par jour) sont très supérieures aux quantités ingérées associées aux prises alimentaires mêmes augmentées du sel de cuisson, (2) les quantités sont appliquées à la totalité de la pop ulation et non aux seuls utilisateurs, (3) la totalité du sel alimentaire à usage domestique est considérée comme enrichi en iode. En France, sous l’hypothèse d’indépendance des fréquences d’utilisation et de choix du type de sel d’ajout (iodé contre non iodé) un quart des sujets (26,4 %) utilisent quotidiennement du sel iodé (0,48 g par jour). La contribution totale du sel iodé à usage domestique est cependant légèrement sous – évaluée, le sel de cuisson n’étant pas pris en compte dans l’évaluation des appo rts en iode. Dans les pays anciennement les plus marqués par la carence en iode (Suisse, Autriche), l’iodation du sel reste un objectif prioritaire de santé publique dans la lutte contre la déficience en iode. L’efficacité du sel iodé a été régulièrement maintenue par des ajustements successifs du taux d’enrichissement aux réductions des apports sodés dans la population. En Suisse, le taux d’enrichissement en iode (mg I/kg de sel) a ainsi été successivement augmenté de 3,75 (1922), à 7,5 (1962), 15 (1980) et 20 mg/g de sel (1998). Ces progressions ont cependant été insuffisantes pour compenser les effets des importations de sel non iodé et des campagnes de réduction des apports sodés, et ont conduit à autoriser l’utilisation de sel iodé dans certains produi ts alimentaires transformés (pain, fromages, produits de charcuterie traités en salaison, conserves et plats préparés) (Als et al. 2003). En conclusion, toutes les études mettent en évidence une relation temporelle entre le début de l’introduction du sel iodé et la réduction du risque de déficience en iode dans les populations européennes. Cependant l’interprétation de l’implication du sel iodé dans les augmentations récentes de la consommation alimentaire d’iode est ambiguë en l’absence d’un cadre expérim ental. En effet, la part potentielle relative liée à l’effet propre de l’amélioration de la supplémentation individuelle par le sel iodé est difficile à distinguer des conséquences, d’une part, des évolutions des consommations alimentaires de produits natu rellement riches en iode (produits de la pêche et de l’aquaculture) et d’autre part, de l’apparition de nouvelles sources d’iode alimentaire (produits laitiers et œufs). (…) La diminution de la consommation de sel au niveau domestique et les incitations à limiter son utilisation pèsent de façon négative sur la promotion du sel iodé à usage domestique. Bien que son intérêt à long terme puisse être discuté, il est indispensable à moyen terme de favoriser les conditions d’une augmentation du taux d’utilisation (pénétration) du sel iodé dans la population, condition préalable à toute nouvelle augmentation du taux d’enrichissement. Rapport AFSSA (2005)
La carence en iode est très répandue dans le monde puisque, selon l’OMS, elle toucherait 1,5 milliards d’individus. Douze pour cent de la population mondiale présente un goître endémique et 20 millions de personnes ont un retard mental, incluant 3 millions de crétins. La carence en iode est la première cause de retard mental évitable dans les pays développés et représente donc un problème mondial de Santé Publique. L’International council for the control of iodine deficiency disorders (ICCIDD), créé en 1985, est une organisation non gouvernementale, qui promeut l’éradication de la carence en iode dans le monde. Son action conjointe avec l’UNICEF et l’OMS a contribué à diminuer la prévalence de la carence iodée à travers le monde par l’intermédiaire de programmes de supplémentation en coordination avec les autorités sanitaires de chaque pays. L’enjeu est énorme en terme de développement cognitif des populations. La solution sur le papier est simple avec la fortification en iode d’éléments-clés de l’alimentation. Cependant, les politiques sanitaires varient selon les pays et se heurtent à des problèmes de mise en place et d’accès aux aliments fortifiés. En conséquence, la carence iodée est très variable d’une région du monde à une autre ; elle serait par exemple six fois plus fréquente en Europe qu’en Amérique. En 2002, selon l’ICCIDD, 64 % des 600 millions d’Européens de l’Ouest et du Centre présentaient une carence en iode. En France, la supplémentation n’est pas obligatoire et se fait par l’intermédiaire du sel fortifié en iode. Le sel marin commun ne contient pas d’iode. À titre d’exemple, il est estimé que 46 % des foyers en France consomment du sel fortifié en iode, contre 90 % en Amérique et 27 % pour l’Europe en général. (…) Depuis 1952, en France, les autorités sanitaires ont donc recommandé la supplémentation en iode de la population via la fortification du sel de table par de l’iodure de potassium (10 à 15 mg/kg). Cette concentration en iodure est cependant considérée trop faible pour prévenir complètement la carence iodée. De plus, cette mesure n’est pas obligatoire, et ainsi seuls 46 % des foyers utilisent ce sel fortifié. L’Académie de médecine a recommandé un enrichissement en iode par iodures à la concentration de 20 mg/kg, portant sur la totalité du sel alimentaire destiné aux particuliers, collectivités et aux industries alimentaires. Chez la femme enceinte et allaitante, dans des zones géographiques à carence en iode faible ou modérée comme la nôtre, une supplémentation en iode de 100 à 150 μg/j est recommandée. John Libbey Eurotext

Et si le sel perdait sa saveur ?

A l’heure où, avec les incessantes campagnes et l’innombrable littérature en dénonçant les méfaits mais aussi la vogue des sels naturels, le sel pourrait bien disparaitre de nos tables ..

Qui se souvient, comme le rappelle une récente étude, que les Etats-Unis lui doivent un gain de 15 points de QI ?

Qui se souvient que c’est grâce à une campagne d’iodation systématique du simple sel de table à partir des années 20 qu’ils vinrent à bout de la fameuse « ceinture du goître » découverte entre les Grand Lacs et les zones isolées des montagnes ou plaines intérieures au moment du recrutement de la première Guerre mondiale ?

Mais qui se souvient dans l’Europe des « crétins des Alpes » et des « cous du Debyshire » dans les Midlands anglaises qui entre le manque d’iode et l’endogamie étaient devenus au XIXe siècle de véritables curiosités touristiques  …

Qu’avec seuls 27% des foyers ayant accès au sel iodé (46% en France), c’est justement cette zone qui est actuellement et à nouveau l’une des plus menacées, par la carence en iode ?

How adding iodine to salt made America smarter

The U.S. introduced iodized salt in 1924

A new study compares IQ results of people in iodine deficient areas before and after iodized salt

Americans born in iodine deficient areas showed an IQ increase of 15 points after 1924

Iodine deficiency causes goiter and mental and physical retardation in infants

Alex Greig

Daily Mail

24 July 2013

A new study indicates that Americans gained up to 15 IQ points after the addition of iodine to salt became mandatory.

In an effort to prevent goiter related to iodine deficiency, authorities ruled that iodine be added to U.S. salt products in 1924.

The iodine, in addition to eliminating goiter, appears to have had an unexpected result: smarter Americans.

In a report published in the National Bureau of Economic Research, James Freyer, David Weil and Dimitra Politi examined data from about two million enlistees for World War II born between 1921 and 1927, comparing the intelligence levels of those born just before 1924 and those born just after.

To do this, they looked to standardized IQ tests that each recruit took as a part of the enlistment process.

While the researchers didn’t have access to the test scores themselves, they had another way of gauging intelligence levels: smarter recruits were sent to the Air Forces, while the less intelligent ones were assigned to the Ground Forces.

Next, the economists worked out likely iodine levels in different cities and towns around America using statistics gathered after World War I on the occurrence of goiter.

Matching the recruits with their hometowns showed researchers that the men from low-iodine areas made a huge leap in IQ after the introduction of iodine.

The men born in low-iodine areas after 1924 were much more likely to get into the Air Force and had an average IQ that was 15 points above that of their slightly older comrades.

This averages out to a 3.5 point rise in IQ levels across the nation.

The World Health Organization backed up these results saying:

‘For iodine-deficient communities, between 10 and 15 IQ points may be lost when compared to similar but non-iodine-deficient populations.’

Iodine comes from food sources, and is especially abundant in seafood and foods grown in coastal areas with high levels of iodine in the soil.

Mountainous and inland areas are often very low in the nutrient, meaning food grown there doesn’t have enough iodine.

Today, iodine deficiency is the leading cause of preventable mental retardation in the world. The condition, known as cretinism, was also common in the U.S. until the introduction of iodized salt.

Originally, U.S. authorities wanted to reduce the incidence of goiter, but research since that time has shown that iodine plays an important role in brain development, especially during gestation.

The World Health Organization estimates that two billion people worldwide are at risk of iodine deficiency.

And it’s not just a Third World problem – the WHO reports that only 27 per cent of households in Europe have access to iodized salt.

The researchers say that iodine may also be a cause of the so-called Flynn Effect, the steady rise in IQ that’s been ongoing since the 1930s.

Voir encore:

In Raising the World’s I.Q., the Secret’s in the Salt

Donald G. McNeil Jr.

The New York Times

December 16, 2006

ASTANA, Kazakhstan — Valentina Sivryukova knew her public service messages were hitting the mark when she heard how one Kazakh schoolboy called another stupid. “What are you,” he sneered, “iodine-deficient or something?”

Ms. Sivryukova, president of the national confederation of Kazakh charities, was delighted. It meant that the years spent trying to raise public awareness that iodized salt prevents brain damage in infants were working. If the campaign bore fruit, Kazakhstan’s national I.Q. would be safeguarded.

In fact, Kazakhstan has become an example of how even a vast and still-developing nation like this Central Asian country can achieve a remarkable public health success. In 1999, only 29 percent of its households were using iodized salt. Now, 94 percent are. Next year, the United Nations is expected to certify it officially free of iodine deficiency disorders.

That turnabout was not easy. The Kazakh campaign had to overcome widespread suspicion of iodization, common in many places, even though putting iodine in salt, public health experts say, may be the simplest and most cost-effective health measure in the world. Each ton of salt needs about two ounces of potassium iodate, which costs about $1.15.

Worldwide, about two billion people — a third of the globe — get too little iodine, including hundreds of millions in India and China. Studies show that iodine deficiency is the leading preventable cause of mental retardation. Even moderate deficiency, especially in pregnant women and infants, lowers intelligence by 10 to 15 I.Q. points, shaving incalculable potential off a nation’s development.

The most visible and severe effects — disabling goiters, cretinism and dwarfism — affect a tiny minority, usually in mountain villages. But 16 percent of the world’s people have at least mild goiter, a swollen thyroid gland in the neck.

“Find me a mother who wouldn’t pawn her last blouse to get iodine if she understood how it would affect her fetus,” said Jack C. S. Ling, chairman of the International Council for Control of Iodine Deficiency Disorders, a committee of about 350 scientists formed in 1985 to champion iodization.

The 1990 World Summit for Children called for the elimination of iodine deficiency by 2000, and the subsequent effort was led by Professor Ling’s organization along with Unicef, the World Health Organization, Kiwanis International, the World Bank and the foreign aid agencies of Canada, Australia, the Netherlands, the United States and others.

Largely out of the public eye, they made terrific progress: 25 percent of the world’s households consumed iodized salt in 1990. Now, about 66 percent do.

But the effort has been faltering lately. When victory was not achieved by 2005, donor interest began to flag as AIDS, avian flu and other threats got more attention.

And, like all such drives, it cost more than expected. In 1990, the estimated price tag was $75 million — a bargain compared with, for example, the fight against polio, which has consumed about $4 billion.

Since then, according to David P. Haxton, the iodine council’s executive director, about $160 million has been spent, including $80 million from Kiwanis and $15 million from the Gates Foundation, along with unknown amounts spent on new equipment by salt companies.

“Very often, I’ll talk to a salt producer at a meeting, and he’ll have no idea he had this power in his product,” Mr. Haxton said. “He’ll say ‘Why didn’t you tell me? Sure, I’ll do it. I would have done it sooner.’ ”

In many places, like Japan, people get iodine from seafood, seaweed, vegetables grown in iodine-rich soil or animals that eat grass grown in that soil. But even wealthy nations, including the United States and in Europe, still need to supplement that by iodizing salt.

The cheap part, experts say, is spraying on the iodine. The expense is always for the inevitable public relations battle.

In some nations, iodization becomes tarred as a government plot to poison an essential of life — salt experts compare it to the furious opposition by 1950s conservatives to fluoridation of American water.

In others, civil libertarians demand a right to choose plain salt, with the result that the iodized kind rarely reaches the poor. Small salt makers who fear extra expense often lobby against it. So do makers of iodine pills who fear losing their market.

Rumors inevitably swirl: iodine has been blamed for AIDS, diabetes, seizures, impotence and peevishness. Iodized salt, according to different national rumor mills, will make pickled vegetables explode, ruin caviar or soften hard cheese.

Breaking down that resistance takes both money and leadership.

“For 5 cents per person per year, you can make the whole population smarter than before,” said Dr. Gerald N. Burrow, a former dean of Yale’s medical school and vice chairman of the iodine council.

“That has to be good for a country. But you need a government with the political will to do it.”

‘Scandal’ of Stunted Children

In the 1990s, when the campaign for iodization began, the world’s greatest concentration of iodine-deficient countries was in the landlocked former Soviet republics of Central Asia.

All of them — Kazakhstan, Turkmenistan, Tajikistan, Uzbekistan, Kyrghzstan — saw their economies break down with the collapse of the Soviet Union. Across the region, only 28 percent of all households used iodized salt.

“With the collapse of the system, certain babies went out with the bathwater, and iodization was one of them,” said Alexandre Zouev, chief Unicef representative in Kazakhstan.

Dr. Toregeldy Sharmanov, who was the Kazakh Republic’s health minister from 1971 to 1982, when it was in the Soviet Union, said the problem was serious even then. But he had been unable to fix it because policy was set in Moscow.

“Kazakh children were stunted compared to the same-age Russian children,” he said. “But they paid no attention. It was a scandal.”

In 1996, Unicef, which focuses on the health of children, opened its first office in Kazakhstan and arranged for a survey of 5,000 households. It found that 10 percent of the children were stunted, opening the way for international aid. (Stunting can have many causes, but iodine deficiency is a prime culprit.)

In neighboring Turkmenistan, President Saparmurat Niyazov — a despot who requires all clocks to bear his likeness and renamed the days of the week after his family — solved the problem by simply declaring plain salt illegal in 1996 and ordering shops to give each citizen 11 pounds of iodized salt a year at state expense.

In Kazakhstan, the democratic credentials of President Nursultan A. Nazarbayev, who has ruled since 1991, have come under criticism, but he does not rule by decree. “Those days are over,” said Ms. Sivryukova of the confederation of Kazakh charities. “Businesses are private now. They don’t follow the president’s orders.”

Importantly, however, the president was supportive. But even so, as soon as Parliament began debating mandatory iodization in 2002, strong lobbies formed against the measure.

The country’s biggest salt company was initially reluctant to cooperate, fearing higher costs, a Unicef report said. Cardiologists argued against iodization, fearing it would encourage people to use more salt, which can raise blood pressure. More insidious, Dr. Sharmanov said, were private companies that sold iodine pills.

“They promoted their products in the mass media, saying iodized salt was dangerous,” he said, shaking his head.

So Dr. Sharmanov, the national Health Ministry, Ms. Sivryukova and others devised a marketing campaign — much of it paid for by American taxpayers, through money given to Unicef by the United States Agency for International Development.

Comic strips starring a hooded crusader, Iodine Man, rescuing a slow-witted student from an enraged teacher were handed out across the country.

A logo was designed for food packages certified to contain iodized salt: a red dot and a curved line in a circle, meant to represent a face with a smile so big that the eyes are squeezed shut.

Also, Ms. Sivryukova’s network of local charity women stepped in. As in all ex-Soviet states, government advice is regarded with suspicion, while civic organizations have credibility.

Her volunteers approached schools, asking teachers to create dictation exercises about iodized salt and to have students bring salt from home to test it for iodine in science class.

Ms. Sivryukova described one child’s tears when he realized he was the only one in his class with noniodized salt.

The teacher, she said, reassured him that it was not his fault. “Children very quickly start telling their parents to buy the right salt,” she said.

One female volunteer went to a bus company and rerecorded its “next-stop” announcements interspersed with short plugs for iodized salt. “She had a very sexy voice, and men would tell the drivers to play it again,” Ms. Sivryukova said.

Even the former world chess champion Anatoly Karpov, who is a hero throughout the former Soviet Union for his years as champion, joined the fight. “Eat iodized salt,” he advised schoolchildren in a television appearance, “and you will grow up to be grandmasters like me.”

Mr. Karpov, in particular, handled hostile journalists adeptly, Mr. Zouev said, deflecting inquiries as to why he did not advocate letting people choose iodized or plain salt by comparing it to the right to have two taps in every home, one for clean water and one for dirty.

By late 2003, the Parliament finally made iodization mandatory.

In Aral, Mountains Made of Salt

Today in central Kazakhstan, a miniature mountain range rises over Aral, a decaying factory town on what was once the shore of the Aral Sea, a salt lake that has steadily shrunk as irrigation projects begun under Stalin drained the rivers that feed it.

Drive closer and the sharp white peaks turn out to be a small Alps of salt — the Aral Tuz Company stockpile. Salt has been dug here for centuries. Nowadays, a great rail-mounted combine chews away at a 10-foot-thick layer of salt in the old seabed, before it is towed 11 miles back to the plant, and washed and ground. Before it reaches the packaging room, as the salt falls through a chute from one conveyor belt to another, a small pump sprays iodine into the grainy white cascade. The step is so simple that, if it were not for the women in white lab coats scooping up samples, it would be missed.

The $15,000 tank and sprayer were donated by Unicef, which also used to supply the potassium iodate. Today Aral Tuz and its smaller rival, Pavlodar Salt, buy their own.

Asked about the Unicef report saying that Aral Tuz initially resisted iodization on the grounds that it would eat up 7 percent of profits, the company’s president, Ontalap Akhmetov, seemed puzzled. “I’ve only been president three years,” he said. “But that makes no sense.” The expense, he said, was minimal. “Only a few cents a ton.”

Kazakhstan was lucky. It had just the right mix of political and economic conditions for success: political support, 98 percent literacy, an economy helped along by rising prices for its oil and gas. Most important, perhaps, one company, Aral Tuz, makes 80 percent of the edible salt.

That combination is missing in many nations where iodine deficiency remains a health crisis. In nearby Pakistan, for instance, where 70 percent of households have no iodized salt, there are more than 600 small salt producers.

“If a country has a reasonably well-organized salt system and only a couple of big producers who get on the bandwagon, iodization works,” said Venkatesh Mannar, a former salt producer in India who now heads the Micronutrient Initiative in Ottawa, which seeks to fortify the foods of the world’s poor with iodine, iron and other minerals. “If there are a lot of small producers, it doesn’t.”

Now that Kazakhstan has its law, Ms. Sivryukova’s volunteers have not let up their vigilance. They help enforce it by going to markets, buying salt and testing it on the spot. The government has trained customs agents to test salt imports and fenced some areas where people dug their own salt. Children still receive booklets and instruction.

Experts agree the country is unlikely to slip back into neglect. Surveys find consumers very aware of iodine, and the red-and-white logo is such a hit that food producers have asked for permission to use it on foods with added iron or folic acid, said Dr. Sharmanov, the former Kazakh Republic health minister. And the salt is working. In the 1999 survey that found stunted children, a smaller sampling of urine from women of child-bearing age found that 60 percent had suboptimal levels of iodine.

“We just did a new study, which is not released yet,” said Dr. Feruza Ospanova, head of the nutrition academy’s laboratory. “The number was zero percent.”

Voir encore:

L’homme de Flores, peut-être un «crétin des Alpes»

Isabelle Brisson

06/03/2008

Une carence nutritionnelle en iode serait à l’origine du nanisme de cet homme préhistorique.

Les restes de l’homme de Flores (Homo floresiensis) portent les traces caractéristiques d’une insuffisance thyroïdienne causée par un déficit en iode de la mère pendant la grossesse, indique une récente étude australienne (1). Les fossiles de cet homme préhistorique de petite taille, vieux de 18 000 ans, ont été mis au jour dans la grotte de Liang Bua sur l’île de Flores (Indonésie) et décrits en 2004 comme une nouvelle espèce d’hominidé.

La carence en iode induit un déficit en hormone thyroïdienne qui aboutit au goitre et altère dans certains cas la croissance corporelle et la maturation du cerveau, causant parfois un retard mental profond. Dans le cas de l’homme de Flores, les chercheurs australiens ont trouvé les traces anatomiques de cette maladie. Il s’agit d’un creux dans le crâne situé au niveau de l’hypophyse ou «fossette pituitaire» et du doublement des racines des prémolaires inférieures. C’est ce qui a certainement interdit à l’homme de Flores de dépasser le mètre de haut en taille, indiquent les auteurs de l’étude qui ont comparé l’image de son crâne à des crânes humains actuels ayant souffert d’hypothyroïdisme. «Cette pathologie se repère en principe sur les sutures crâniennes en fonction de l’âge», confirme le professeur Philippe Chanson, endocrinologue. Les paléontologues australiens en concluent qu’ils sont en présence d’individus atteints de cette maladie et non d’une nouvelle espèce humaine.

«Ebu Gogo»

À l’appui de leur démonstration, ils s’appuient sur de vieilles légendes locales qui relatent la présence de petits ancêtres velus, appelés «Ebu Gogo». Ceux-ci vivaient dans les cavernes de l’île indonésienne, avaient des problèmes d’élocution et volaient des fruits et des légumes dans les jardins. En France nous connaissons aussi cette maladie sous le nom de «crétinisme des Alpes». Autrefois, en effet, dans les régions éloignées de la mer, les populations qui vivaient en cercles restreints et dont les individus se mariaient entre eux souffraient de carence en iode.

Deux théories scientifiques s’opposent, parfois violemment, à propos de l’homme de Flores. Les uns y voient une nouvelle espèce atteinte de nanisme insulaire, les autres considèrent qu’il s’agit d’individus mal développés ou malades. Des études génétiques pourraient peut-être trancher le débat. À condition que les échantillons ne soient pas contaminés par l’ADN des chercheurs eux-mêmes…

Voir enfin:

Salt of the Earth

The public health community employs a mineral to fight infectious disease.

Cassandra Willyard

Geotimes

June 2008

In the tiny South American nation of Guyana lives a problematic parasite called Wuchereria bancrofti. This thread-like worm hitchhikes from person to person in the bellies of mosquitoes and lodges itself in the delicate vessels of the body’s lymphatic system. There it wreaks havoc.

The lymphatic system drains and filters the body’s fluids. But when tangled nests of worms infest the vessels, fluids can’t flow properly. Instead, they pool within the body, causing an infected individual’s limbs or genitals to swell and stretch. The disease is called lymphatic filariasis, but the symptoms have their own names, such as elephantiasis or the more colloquial “Big Foot.”Filariasis not only disfigures, it also disables. Some Guyanese are unable to walk or even stand, let alone work. And then there’s the stigma that goes along with having feet so large that no shoe will fit. (Men have been known to abandon their wives for less.) “These people become total social outcasts,” says Robin Houston, an international public health consultant who has worked in Guyana. “They can’t really do anything.”

Filariasis is difficult to treat, but easy to prevent. A cheap drug called diethylcarbamazine — DEC for short — kills the worms before they can cause damage or spread. Used consistently, it can stop transmission of the parasite. Distribution, however, is a problem. Guyana’s roads can be muddy and treacherous. Moreover, even in areas where the roads are passable, the country doesn’t have enough health workers to ensure that everyone takes the medication. So instead of handing out pills, the government decided to spike the salt supply.

Whoever first said, “An ounce of prevention is worth a pound of cure,” likely wasn’t thinking of salt. Yet the saltshaker has become one of the most powerful weapons in the public health arsenal. “Salt is an ideal vehicle,” says Trevor Milner, an international public health consultant based on St. Thomas in the U.S. Virgin Islands. “It’s cheap and it’s accessible to everyone.”

An ounce of prevention

The idea of putting additives in salt to promote health dates back to the 1920s, when salt suppliers in the United States and Switzerland began fortifying their salt with iodine. The measure was intended to combat a condition known as “goiter” — a swelling of the thyroid, a gland that sits just in front of the windpipe.

Goiters have plagued humans for at least several thousand years. As early as 2,700 B.C., Chinese emperor Shen Nung allegedly prescribed seaweed, now known to be rich in iodine, as a treatment. Although not especially painful, large goiters can interfere with breathing and swallowing. And we now know that they’re only a symptom of a much larger problem. “The goiter is the visible manifestation” of iodine deficiency, says Richard Hanneman, president of the Salt Institute in Alexandria, Va.

Iodine, a purplish-brown element that is rare in Earth’s crust but common in seawater, is essential for all life. Humans need about 150 micrograms each day. Most of that gets taken up by the thyroid and is used to make hormones that regulate metabolism. If the body lacks iodine, the thyroid doesn’t have the raw materials it needs to make these hormones. To compensate, the gland begins to grow, forming a goiter.

In the United States, few realized just how common goiters were until doctors began examining men drafted to serve in World War I. Simon Levin, a physician in Lake Linden, Mich., found that 30 percent had visibly swollen thyroids: Another 2 percent had goiters large enough to prevent them from serving. In fact, more men in northern Michigan were disqualified from military service because of goiters than any other medical condition. The state was in the middle of a swath of land that would become known as the “goiter belt.”

Before people got iodine from salt, they got it from their food. Foods pick up iodine from the soils where they grow (or, in the case of seafood, from seawater). But the element is unevenly distributed across Earth’s landmasses. Inland areas and mountainous regions tend to have iodine-poor soil. And because historically most of the food consumed was locally grown, the inhabitants of iodine-poor regions tended to develop iodine deficiency, and goiters.

Although health officials didn’t know it at the time, iodine deficiency also leads to much more serious problems. Expectant mothers who don’t get enough iodine can have children who are mentally and physically stunted — a condition known as “cretinism.” Even moderate iodine deficiency in the mother during pregnancy can reduce her child’s IQ by 10 to 15 points. Before iodized salt was introduced in 1978, the village of Jixian in northeast China was so iodine deficient, it was known locally as the “village of idiots.”

Doctors had been treating iodine deficiency with iodine syrup, but health officials wanted to prevent goiters, not just treat them. Obviously going door to door with bottles of iodine syrup wasn’t going to work. They needed to find a way to mass distribute iodine that would be economical and efficient. Salt was an obvious choice — it’s cheap, it’s easy to transport, it doesn’t spoil and everyone uses it. Salt is the “food that comes closest to being universally consumed,” says Venkatesh Mannar, executive director of the Canada-based Micronutrient Initiative. And the risk of overdose is minimal because everyone eats a predictable amount, between five and 15 grams each day: The same can’t be said of other commodities, such as sugar or flour.

What’s more, iodine occurs naturally in some salt deposits. In fact, until 1900, salt mined and used by residents in the Kanawha River Valley in West Virginia contained trace amounts of iodine. As a result, goiters were rare in the region. But then, the crude brown local salt was replaced with clean, processed salt mined in Ohio and Michigan. By 1922, 60 percent of schoolgirls surveyed in Charleston and Huntington, W.Va., had enlarged thyroids.

Iodized salt first appeared on grocery store shelves in Switzerland in 1921 and in the United States in 1924. In Michigan alone, the prevalence of goiter dropped more than 75 percent over the next two decades. Iodized salt didn’t begin making its way into developing countries until the 1980s. With support from UNICEF and the World Health Organization, however, it spread remarkably fast. Globally, the percentage of people with access to iodized salt has climbed from 20 percent in the mid-1990s to about 70 percent today. “It’s a great public health success,” Houston says.

Stacking the DEC

Salt iodization paved the way for other additives. In 1955, Switzerland began adding fluoride to its salt to prevent dental cavities. Soon after, people began to experiment with more controversial, human-made additives — first, the anti-malarial medication chloroquine, and later, DEC.

Lymphatic filariasis isn’t limited to Guyana. The World Health Organization estimates that more than 120 million people worldwide are infected with Wuchereria bancrofti or one of the other two worms that cause lymphatic filariasis in Africa, South America and Asia. Of those, 40 million have been disfigured or handicapped by the disease. The goal, as outlined by the World Health Assembly in 1997, is to eliminate lymphatic filariasis by 2020 — no easy feat given that the disease persists in some of the most isolated and impoverished regions of the world.

To combat filariasis, health workers usually prescribe DEC tablets. Each year, they try to get as many people in the affected areas to take a dose of DEC (combined with another drug) as possible. But the intervention is expensive and time-consuming. Guyana doesn’t have enough health workers to carry the tablets door to door. Put the DEC in salt, however, and it distributes itself.

There are other benefits to using salt. Large doses of DEC can cause side effects in those who are infected. The medicine kills microscopic worms in the bloodstream and a massive die-off can sometimes cause memorable symptoms — headaches, fever and nausea. People who agree to take the pill one year, might not the next. “I think it’s very difficult to mobilize an entire population to take a pill once a year,” Houston says. But the dose of DEC people get in the salt is so low “that it’s not associated with the same side effects,” says Patrick Lammie, an immunologist at the Centers for Disease Control and Prevention in Atlanta, Ga.

The idea of adding DEC to salt to eliminate filariasis was the brainchild of physician Frank Hawking, father of famed astronomer Stephen Hawking. In 1967, Hawking published a paper in the Bulletin of the World Health Organization showing that DEC stays stable and potent in salt, even after being cooked. He and a colleague even tested DEC salt on mental patients and prisoners in Recife, Brazil, with good results. But it wasn’t administered on a large scale until the 1970s, when China began using it as part of a campaign to eliminate filariasis. “They were the ones that really showed that you could use this as a public health intervention,” Lammie says. “Over 200 million people in China received DEC salt.”

The results were impressive. In one county in Shandong Province, DEC salt reduced the rate of infection from 9 percent to less than 1 percent in as few as six months. After six years, doctors could not find anyone who was infected. Before the initiative, an estimated 31 million people in China were infected. As of 1994, transmission had ceased. In 2006, the World Health Organization declared China officially free of lymphatic filariasis.

But it’s unclear whether the strategy can work as well in democratic nations, Milner says. China’s situation was unique, he says. “They were very much a command and control society.” They mandated that certain regions use DEC salt rather than giving people an option. As a result, “they were able to achieve very high levels of population coverage,” Lammie says.

Success has proven more difficult to achieve in other countries, where officials must convince salt producers to make DEC salt, shopkeepers to carry it and consumers to buy it. “The question that hasn’t been fully answered is whether this kind of strategy can work in open markets,” Lammie says. Fortifying salt with an essential element is perhaps more socially acceptable than fortifying it with a drug. Guyana, which introduced DEC salt in 2003, is a test case. And things haven’t been going well.

One of the first problems arose even before DEC salt was on the shelves. Back then, most salt suppliers in Guyana sold salt in 50-kilogram bags. “The shopkeepers would parcel this out,” putting it into smaller unmarked bags, Milner says. To help prevent contamination and accidental spills, Milner and his colleagues asked the supplier to put the salt in individual labeled bags. They wanted to “upgrade the packaging and presentation,” he says. There was just one problem: On the label was a list of ingredients that included an FDA-approved anti-caking agent called potassium ferrocyanide.

The chemical had been in the salt for years, but seeing cyanide on the label gave Guyana’s residents pause. Their trepidation wasn’t all that surprising given that hundreds of followers of cult-leader Jim Jones died in Guyana in 1978 after drinking cyanide. “When they saw this name, the negative associations took place,” Milner says.

The next obstacle came soon after the salt went on sale. DEC salt should be white, but this salt had turned blue, says Nicola Butts, who works for Guyana’s Ministry of Health. It’s not clear exactly what the problem was (Milner says acidity, Butts says moisture), but according to Milner, the discolored salt was “off-putting.”

Once officials finally had coaxed people into trying DEC salt, they ran into supply problems. Guyana imports all its salt from neighboring countries. DEC salt comes from a single salt producer in Jamaica. In 2004, Hurricane Ivan destroyed the facility, halting production. By the spring of 2005, the country had run out of DEC salt. Even in fair weather, however, supplies can be unstable. “Guyana is fairly isolated in the trade networks,” Milner says. “It’s at the end of the line and transport is expensive.” Often the importers will wait until they can bring in an entire shipload of salt before restocking supplies. In the meantime, the salt supply dwindles. “In the case of the DEC salt, it ran out,” Milner says. The other importers took advantage of the opening and flooded the market with untreated salt. As of 2005, only half of the population used DEC salt and only a third of the shops carried it.

According to Butts, most of these problems have been resolved and she and her colleagues are making headway — mainly through public education. People used to think filariasis was hereditary, Butts says. “But now they know that it’s caused by a mosquito and that anybody can get it.” They are also starting to understand that DEC can protect them from the parasite. Guyana even has a catchy slogan: “Get on the BUS — Buy DEC salt, Use DEC salt and Share the information with family and friends.” And now DEC salt comes fortified with iodine and fluoride. “They are responding to it positively,” Butts says. But Guyana still has a long way to go before the disease is eradicated, as does the rest of the world.

Worth its salt?

Whether DEC salt will continue to play a role in the eradication effort is not entirely clear. Guyana is one of only a handful of countries that are using DEC salt. The fact that the strategy hasn’t been “a roaring success,” Lammie says, might mean it will be one of the last. “It’s an open question at this point whether Guyana can stick to this strategy. The fact that it hasn’t been a quick fix probably will lead other countries to be more cautious,” he says.

In retrospect, Guyana may not have been a good place to test DEC salt, Houston says. In fact, the country never even had a successful iodization program in place. “We had a number of things that conspired against us,” he says.

Despite the disappointments, Milner, Lammie and Houston argue that DEC salt can succeed. They point to China’s achievement and the mass distribution of iodized salt as proof of concept. “It seems so obvious that once you can get this thing working, it will eradicate the disease at a lower cost and in a shorter period of time,” Milner says. “The big ace card that we hold is that it works.”

Willyard is a Geotimes staff writer.

Voir enfin:

Pas de carence en iode !

Doctissimo

L’iode est un composant indispensable de notre alimentation. Et les carences sont dangereuses à plus d’un titre : du développement de l’embryon aux problèmes de thyroïde. Un dossier pour éviter les impairs et faire le plein de cet aliment santé.

Iode, un minéral indispensable

Iode minéral besoins Plus de 740 millions de personnes souffrent d’une carence en iode dans le monde. En France, les troubles thyroïdiens restent très répandus. Car certaines situations et périodes de la vie exposent particulièrement aux manques : grossesse, tabagisme, pratique d’un sport, végétarisme… Découvrez vos besoins pour mieux les combler.

Quels sont vos besoins en iode ?

Doctissimo

L’iode est un minéral indispensable à notre organisme ! Toute carence ou excès peut avoir des répercussions importantes sur la santé. Il est donc essentiel d’adapter ses apports à ses besoins, surtout dans certains cas : grossesses, sport… Petit guide pour garder la forme et éviter les coups de pompe.

L’iode entre dans la fabrication des fameuses hormones thyroïdiennes. Celles-ci sont fabriquées en permanence par notre organisme, tout au long de la vie. Des apports réguliers en iode sont ainsi indispensables pour couvrir nos besoins.

Iode à tout âge !

Bien sûr, nos besoins en iode varient. Ainsi, ils augmentent en fonction des années… Or selon l’enquête SUVIMAX, nos apports ont tendance au contraire à diminuer avec l’âge. Conséquence : les risques de carences augmentent au fil du temps, pour toucher un quart des personnes de plus de 55 ans.

Apports conseillés en Iode (en microgrammes)

Enfants de 1 à 3 ans 80

Enfants de 4 à 6 ans 90

Enfants de 6 à 9 ans 120

Enfants de 10 à 12 ans 150

Adolescents de 13 à 16 ans 150

Adolescentes de 13 à 16 ans 150

Adolescents de 16 à 19 ans 150

Adolescentes de 16-19 ans 150

Hommes adultes 150

Femmes adultes 150

Femmes enceintes (3e trimestre) 200

Femmes allaitantes 200

Hommes de plus de 65 ans 150

Femmes de plus de 55 ans 150

Personne de plus de 75 ans 150

Quels sont vos besoins ?

Les hormones thyroïdiennes, qui participent notamment au bon fonctionnement du système nerveux, sont plus sollicitées dans certains cas :

Chez les femmes enceintes et allaitantes : Hors de question d’avoir une carence en iode pendant les neuf mois de grossesse ! En effet, tout manque de ce minéral peut entraîner un retard mental chez le futur bébé. Les besoins sont ainsi plus élevés chez les futures mamans, de même que chez les femmes allaitantes. Pour bébé, il est essentiel d’éviter les carences au moins jusqu’à la diversification alimentaire.

Chez les sportifs : La pratique d’une activité physique semble particulièrement exposer les sportifs au manque d’iode. Les carences pourraient être liées aux pertes par la sueur. Il faut donc être vigilant, notamment en cas de chaleur importante.

Chez les végétariens : Les végétariens semblent particulièrement exposés au risque de carences. En effet, la viande, le poisson ou le lait sont des sources importantes d’iode. De plus, certains végétaux peuvent limiter l’absorption en iode.

Chez les fumeurs : Le tabac est un élément qui freine l’absorption de l’iode contenue dans les aliments. La cigarette serait ainsi en partie responsable de certains goitres. Ce serait particulièrement vrai chez les femmes enceintes, qui ont tout intérêt à se sevrer totalement…

En fonction des régions… Si vous habitez près de la mer, vous avez moins de chances de souffrir de carences en iode. Cela est certainement du à votre régime alimentaire, peut-être plus riche en poisson et autres crustacés. Donc pour tous ceux qui habitent dans le centre et l’Est de la France, à la montagne (même si le crétinisme à aujourd’hui disparu)… Il ne faut pas oublier d’insister sur les aliments riches en iode.

Gare aux anti-iode !

Attention, parfois les carences apparaissent alors que les apports sont suffisants : en effet, certains aliments vont empêcher le passage de l’iode dans le corps :

Le chou, le chou-fleur ;

Les navets ;

Le soja ;

Le manioc ;

Le millet.

Iode besoins santéDe manière générale, certains antioxydants, pourtant indispensables à la santé, sont nocifs à la bonne absorption de l’iode. Il s’agit notamment des flavonoïdes des fruits et légumes ou du sélénium… Attention, pas question de bannir ces aliments et nutriments de votre alimentation. Il faut simplement être vigilant et augmenter vos apports en iode en conséquence.

Pour limiter les risques de carence, une seule solution : manger varié ! Et ne pas hésiter à demander conseils à son médecin ou à un nutritionniste…

Louis Asana

Sources :

Apports nutritionnels conseillés pour la population Française, Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments, 3e édition, Ed. Tec & Doc.

La carence en Iode, Mer et santé, fédération internationale de thalassothérapie, 2004


Mimétisme: Qui s’assemble se ressemble (What if it was flocks that made birds of a feather ?)

18 juillet, 2013
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studio@peterfunch.com

Il leur dit: Allez! Ils sortirent, et entrèrent dans les pourceaux. Et voici, tout le troupeau se précipita des pentes escarpées dans la mer, et ils périrent dans les eaux. Matthieu 8: 31-32
Ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers. Jean 8: 9
Comme le Père m’a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour. Jésus (Jean 15: 9)
Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de coeur; et vous trouverez du repos pour vos âmes.Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. Jésus (Matthieu 11: 28-30)
Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. Jésus (Matthieu 6: 24)
Si donc nous maintenons notre premier principe, à savoir que nos gardiens, dispensés de tous les autres métiers, doivent être les artisans tout dévoués de l’indépendance de la cité, et négliger ce qui n’y porte point, il faut qu’ils ne fassent et n’imitent rien d’autre ; s’ils imitent, que ce soient les qualités qu’il leur convient d’acquérir dès l’enfance : le courage, la tempérance, la sainteté, la libéralité et les autres vertus du même genre ; mais la bassesse, ils ne doivent ni la pratiquer ni savoir habilement l’imiter, non plus qu’aucun des autres vices, de peur que de l’imitation ils ne recueillent le fruit de la réalité. Ou bien n’as-tu pas remarqué que l’imitation, si depuis l’enfance on persévère à la cultiver, se fixe dans les habitudes et devient une seconde nature pour le corps, la voix et l’esprit ? Certainement, répondit-il. Nous ne souffrirons donc pas, repris-je, que ceux dont nous prétendons prendre soin et qui doivent devenir des hommes vertueux, imitent, eux qui sont des hommes, une femme jeune ou vieille, injuriant son mari, rivalisant avec les dieux et se glorifiant de son bonheur, ou se trouvant dans le malheur, dans le deuil et dans les larmes ; à plus forte raison n’admettrons-nous pas qu’ils l’imitent malade, amoureuse ou en mal d’enfant. Non, certes, dit-il. Ni qu’ils imitent les esclaves, mâles ou femelles, dans leurs actions serviles. Cela non plus. Ni, ce semble, les hommes méchants et lâches qui font le contraire de ce que nous disions tout à l’heure, qui se rabaissent et se raillent les uns les autres, et tiennent des propos honteux, soit dans l’ivresse, soit de sang-froid ; ni toutes les fautes dont se rendent coupables de pareilles gens, en actes et en paroles, envers eux-mêmes et envers les autres. Je pense qu’il ne faut pas non plus les habituer à contrefaire le langage et la conduite des fous; car il faut connaître les fous et les méchants, hommes et femmes, mais ne rien faire de ce qu’ils font et ne pas les imiter. Cela est très vrai, dit-il. Quoi donc? poursuivis-je, imiteront-ils les forgerons, les autres artisans, les rameurs qui font avancer les trirèmes, les maîtres d’équipage, et tout ce qui se rapporte à ces métiers ? Et comment, répliqua-t-il, le leur permettrait-on, puisqu’ils n’auront même pas le droit de s’occuper d’aucun de ces métiers ? Et le hennissement des chevaux, le mugissement des taureaux, le murmure des rivières, le fracas de la mer, le tonnerre et tous les bruits du même genre, les imiteront-ils ? Non, répondit-il, car il leur est interdit d’être fous et d’imiter les fous. Platon
Nous sommes automates dans les trois quarts de nos actions. Leibniz
Qu’est‑ce que nos principes naturels, sinon nos principes accoutumés ? Et dans les enfants, ceux qu’ils ont reçus de la coutume de leurs pères, comme la chasse dans les animaux ? Une différente coutume en donnera d’autres principes naturels. Cela se voit par expérience. Pascal
C’est la coutume…. qui fait tant de chrétiens ; c’est elle qui fait les Turcs, les païens, les métiers, les soldats. Pascal
C’est être superstitieux de mettre son espérance dans les formalités, mais c’est être superbe de ne vouloir s’y soumettre. (…) Il faut que l’extérieur soit joint à l’intérieur pour obtenir de Dieu; c’est-à-dire que l’on se mette à genoux, prie des lèvres, etc., afin que l’homme orgueilleux qui n’a voulu se soumettre à Dieu soit maintenant soumis à la créature. Attendre de cet extérieur le secours est être superstitieux; ne vouloir pas le joindre à l’intérieur est être superbe. (…) Les autres religions, comme les païennes, sont plus populaires, car elles sont en extérieur, mais elles ne sont pas pour les gens habiles. Une religion purement intellectuelle serait plus proportionnée aux habiles, mais elle ne servirait pas au peuple. La seule religion chrétienne est proportionnée à tous, étant mêlée d’extérieur et d’intérieur. Elle élève le peuple à l’intérieur, et abaisse les superbes à l’extérieur, et n’est pas parfaite sans les deux, car il faut que le peuple entende l’esprit de la lettre et que les habiles soumettent leur esprit à la lettre. (…) Car il ne faut pas se méconnaître, nous sommes automate autant qu’esprit. Et de là vient que l’instrument par lequel la persuasion se fait n’est pas la seule démonstration. Combien y a(-t-) il peu de choses démontrées? Les preuves ne convainquent que l’esprit, la coutume fait nos preuves les plus fortes et les plus rues. Elle incline l’automate qui entraîne l’esprit sans qu’il y pense. Qui a démontré qu’il sera demain jour et que nous mourrons, et qu’y a(-t-)il de plus cru? C’est donc la coutume qui nous en persuade. C’est elle qui fait tant de chrétiens, c’est elle qui fait les Turcs, les païens, les métiers, les soldats, etc. Il y a la foi reçue dans le baptême de plus aux chrétiens qu’aux païens. Enfin il faut avoir recours à elle quand une fois l’esprit a vu où est la vérité afin de nous abreuver et nous teindre de cette créance qui nous échappe à toute heure, car d’en avoir toujours les preuves présentes c’est trop d’affaire. Il faut acquérir une créance plus facile qui est celle de l’habitude qui sans violence, sans art, sans argument nous fait croire les choses et incline toutes nos puissances à cette croyance, en sorte que notre âme y tombe naturellement. Quand on ne croit que par la force de la conviction et que l’automate est incliné à croire le contraire ce n’est pas assez. Il faut donc faire croire nos deux pièces, l’esprit par les raisons qu’il suffit d’avoir vues une fois en sa vie et l’automate par la coutume, et en ne lui permettant pas de s’incliner au contraire. Inclina cor meum deus. La raison agit avec lenteur et avec tant de vues sur tant de principes, lesquels il faut qu’ils soient toujours présents, qu’à toute heure elle s’assoupit ou s’égare manque d’avoir tous ses principes présents. Le sentiment n’agit pas ainsi; il agit en un instant et toujours est prêt à agir. Il faut donc mettre notre foi dans le sentiment, autrement elle sera toujours vacillante. Pascal
Si un homme ne marche pas au pas de ses camarades, c’est qu’il entend le son d’un autre tambour. Thoreau
J’étais incapable  de voir ce dont le désir n’avait pas été éveillé en moi par quelque lecture. Proust
Il nous arriverait, si nous savions mieux analyser nos amours, de voir que souvent les femmes ne nous plaisent qu’à cause du contrepoids d’hommes à qui nous avons à les disputer (…) ce contrepoids supprimé, le charme de la femme tombe. On en a un exemple dans l’homme qui, sentant s’affaiblir son goùt pour la femme qu’il aime, applique spontanément les règles qu’il a dégagées, et pour être sûr qu’il ne cesse pas d’aimer la femme, la met dans un milieu dangereux où il faut la protéger chaque jour. Proust
Les banlieues ont inventé une nouvelle forme de sacrifice : la destruction de l’objet symbolique fondamental de la société de consommation qu’est l’automobile. On se passe les nerfs en détruisant des automobiles. C’est très mauvais. Je ne suis pas du tout partisan de cela, mais on ne s’en prend pas aux personnes. René Girard
Si ceux qui doivent jeter  » la première pierre  » renoncent à leur geste, alors une réaction mimétique inverse s’enclenche, pour le pardon, pour l’amour. (…) Mais il est périlleux de priver la violence mimétique de tout exutoire. Jésus sait bien qu’à dénoncer radicalement le mauvais mimétisme, il s’expose à devenir lui-même la cible des violences collectives. La mort et la Résurrection du Christ substituent une communion de paix et d’amour à l’unité fondée sur la contrainte des communautés païennes. L’Eucharistie, commémoration régulière du  » sacrifice parfait  » remplace la répétition stérile des sacrifices sanglants. René Girard
On ne peut pas observer les Dix commandments si on vit au sein d’une société qui ne les respecte pas. Un soldat doit porter l’uniforme et vivre à la caserne. Celui qui veut servir Dieu doit arborer les insignes de Dieu et s’écarter de ceux qui ne se soucient que d’eux-mêmes. La barbe, les papillottes, le châle de prière, les franges rituelles – tout cela fait partie de l’uniforme d’un juif. Ce sont les signes extérieurs de son appartenance au monde de Dieu, pas aux bas-fonds. Herz Dovid Grein (ombres sur l’Hudson, Isaac Bashevis Singer, 1957)
Pénétrez dans une demeure de paysan et regardez son mobilier : depuis sa fourchette et son verre jusqu’à sa chemise, depuis ses chenets jusqu’à sa lampe, depuis sa hache jusqu’à son fusil, il n’est pas un de ses meubles, de ses vêtements ou de ses instruments, qui, avant de descendre jusqu’à sa chaumière, n’ait commencé par être un objet de luxe à l’usage des rois ou des chefs guerriers, ou ecclésiastiques, puis des seigneurs, puis des bourgeois, puis des propriétaires voisins. Faites parler ce paysan : vous ne trouverez pas en lui une notion de droit, d’agriculture, de politique ou d’arithmétique, pas un sentiment de famille ou de patriotisme, pas un vouloir, pas un désir, qui n’ait été à l’origine une découverte ou une initiative singulière, propagée des hauteurs sociales, graduelle­ment, jusqu’à son bas-fonds. Tarde (1890)
I see Babel Tales as both musical and as a musical. A musical in the sense that it seems everyone in the images has stopped what they are doing to participate in some predetermined choreography – to tell a story, although perhaps it is one, which cannot be fully understood. They are musical in the sense that every person is like an instrument, they all have different sounds, but because they are all more or less performing the same actions, it’s as if they are playing a song together. These songs or stories are, in a way, a meta-story looking into the chaos of the mass of people; the mass of stories is exiting in one city. This fascination of mine comes from films where peoples’ paths cross in serendipitous or clandestine ways, particularly Short Cuts by Robert Altman and Magnolia by Paul Thomas Anderson. I am trying to show another way of finding commonalities between people, outside race or religion or any sort of predefined background. Where does the individual end and the group begin? And how do you define human behavior if this line is blurred? I think the answers lie somewhere when coincidences are too symbolic to be true, in magical points in time, or Cartier-Bresson’s decisive moment, where randomness always has a place where it clicks. Peter Frunch
Des neurones qui stimulent en même temps, sont des neurones qui se lient ensemble. Règle de Hebb (1949)
Le phénomène est déjà fabuleux en soi. Imaginez un peu : il suffit que vous me regardiez faire une série de gestes simples – remplir un verre d’eau, le porter à mes lèvres, boire -, pour que dans votre cerveau les mêmes zones s’allument, de la même façon que dans mon cerveau à moi, qui accomplis réellement l’action. C’est d’une importance fondamentale pour la psychologie. D’abord, cela rend compte du fait que vous m’avez identifié comme un être humain : si un bras de levier mécanique avait soulevé le verre, votre cerveau n’aurait pas bougé. Il a reflété ce que j’étais en train de faire uniquement parce que je suis humain. Ensuite, cela explique l’empathie. Comme vous comprenez ce que je fais, vous pouvez entrer en empathie avec moi. Vous vous dites : « S’il se sert de l’eau et qu’il boit, c’est qu’il a soif. » Vous comprenez mon intention, donc mon désir. Plus encore : que vous le vouliez ou pas, votre cerveau se met en état de vous faire faire la même chose, de vous donner la même envie. Si je baille, il est très probable que vos neurones miroir vont vous faire bailler – parce que ça n’entraîne aucune conséquence – et que vous allez rire avec moi si je ris, parce que l’empathie va vous y pousser. Cette disposition du cerveau à imiter ce qu’il voit faire explique ainsi l’apprentissage. Mais aussi… la rivalité. Car si ce qu’il voit faire consiste à s’approprier un objet, il souhaite immédiatement faire la même chose, et donc, il devient rival de celui qui s’est approprié l’objet avant lui ! (…) C’est la vérification expérimentale de la théorie du « désir mimétique » de René Girard ! Voilà une théorie basée au départ sur l’analyse de grands textes romanesques, émise par un chercheur en littérature comparée, qui trouve une confirmation neuroscientifique parfaitement objective, du vivant même de celui qui l’a conçue. Un cas unique dans l’histoire des sciences ! (…) Notre désir est toujours mimétique, c’est-à-dire inspiré par, ou copié sur, le désir de l’autre. L’autre me désigne l’objet de mon désir, il devient donc à la fois mon modèle et mon rival. De cette rivalité naît la violence, évacuée collectivement dans le sacré, par le biais de la victime émissaire. À partir de ces hypothèses, Girard et moi avons travaillé pendant des décennies à élargir le champ du désir mimétique à ses applications en psychologie et en psychiatrie. En 1981, dans Un mime nommé désir, je montrais que cette théorie permet de comprendre des phénomènes étranges tels que la possession – négative ou positive -, l’envoûtement, l’hystérie, l’hypnose… L’hypnotiseur, par exemple, en prenant possession, par la suggestion, du désir de l’autre, fait disparaître le moi, qui s’évanouit littéralement. Et surgit un nouveau moi, un nouveau désir qui est celui de l’hypnotiseur. (…)  et ce qui est formidable, c’est que ce nouveau « moi » apparaît avec tous ses attributs : une nouvelle conscience, une nouvelle mémoire, un nouveau langage et des nouvelles sensations. Si l’hypnotiseur dit : « Il fait chaud » bien qu’il fasse frais, le nouveau moi prend ces sensations suggérées au pied de la lettre : il sent vraiment la chaleur et se déshabille. (…) On comprend que la théorie du désir mimétique ait suscité de nombreux détracteurs : difficile d’accepter que notre désir ne soit pas original, mais copié sur celui d’un autre. Pr Jean-Michel Oughourlian
Les neurones miroirs sont des neurones qui s’activent, non seulement lorsqu’un individu exécute lui-même une action, mais aussi lorsqu’il regarde un congénère exécuter la même action. On peut dire en quelque sorte que les neurones dans le cerveau de celui/celle qui observe imitent les neurones de la personne observée; de là le qualitatif ‘miroir’ (mirror neurons). C’est un groupe de neurologues italiens, sous la direction de Giacomo Rizzolati (1996), qui a fait cette découverte sur des macaques. Les chercheurs ont remarqué – par hasard – que des neurones (dans la zone F5 du cortex prémoteur) qui étaient activés quand un singe effectuait un mouvement avec but précis (par exemple: saisir un objet) étaient aussi activés quand le même singe observait simplement ce mouvement chez un autre singe ou chez le chercheur, qui donnait l’exemple. Il existe donc dans le cerveau des primates un lien direct entre action et observation. Cette découverte s’est faite d’abord chez des singes, mais l’existence et l’importance des neurones miroirs pour les humains a été confirmée. Dans une recherche toute récente supervisé par Hugo Théoret (Université de Montréal), Shirley Fecteau a montré que le mécanisme des neurones miroirs est actif dans le cerveau immature des petits enfants et que les réseaux de neurones miroirs continuent de se développer dans les stades ultérieurs de l’enfance. Il faut ajouter ici que les savants s’accordent pour dire que ces réseaux sont non seulement plus développés chez les adultes (comparé aux enfants), mais qu’ils sont considérablement plus évolués chez les hommes en général comparé aux autres primates. Simon De Keukelaere
Faut-il se méfier de l’influence d’un ou d’une ami(e) obèse sur sa ligne ? Une étude américaine publiée, jeudi 26 juillet, dans la très sérieuse revue médicale New England Journal of Medecine, semble accréditer cette idée. Ainsi, le risque pour une personne de devenir obèse augmente de 57 % si il ou elle a un(e) ami(e) devenu(e) obèse. Si ce proche est du même sexe, la probabilité grimpe à 71 % et pour les hommes à 100 %. Las, s’il s’agit de son meilleur ami, le risque s’envole à 171 % ! Frères et soeurs représentent, eux, un risque accru de 40 % et les conjoint(e)s de 37 %. Le Monde
« Les gens qui sont entourés par beaucoup de gens heureux (…) ont plus de chance d’être heureux dans le futur. Les statistiques montrent que ces groupes heureux sont bien le résultat de la contagion du bonheur et non seulement d’une tendance de ces individus à se rapprocher d’individus similaires, » précisent les chercheurs. Les chances de bonheur augmentent de 8 % en cas de cohabitation avec un conjoint heureux, de 14 % si un proche parent heureux vit dans le voisinage, et même de 34 % en cas de voisins joyeux. Ces recherches « sont une raison supplémentaire de concevoir le bonheur, comme la santé, comme un phénomène collectif » expliquent-ils. Le Monde
Si le chant possède bien des vertus (lutte contre le stress, amélioration des capacités respiratoires), cet art quand il est pratiqué en groupe cache encore quelques mystères. Des scientifiques suédois viennent pourtant de révéler que lorsque plusieurs personnes chantent à l’unisson, leurs battements de cœur se synchronisent. En effet, non seulement les différentes voix d’une chorale s’harmonisent mais également ses pulsations du cœur. En prenant le pouls des participants de 15 chorales différentes, ils ont remarqué que leur rythme cardiaque s’accélérait ou ralentissait à la même vitesse. (…) Les recherches ont prouvé en outre que plus le morceau est structuré en différentes parties, plus les battements s’harmonisent. L’effet est encore plus visible quand le morceau choisi repose sur une rythmique lente. (…) Cette découverte rappelle ainsi la pratique du yoga dans lequel le contrôle de la respiration et son harmonisation joue un rôle important. Le HuffPost
Prier contre la maladie d’Alzheimer n’est pas seulement un acte de foi, mais peut être un geste thérapeutique. Selon une étude menée conjointement en Israël et aux États-Unis avec un financement de l’Institut national de la santé américain, la prière constitue un antidote très efficace qui permettrait de réduire de moitié chez les femmes les risques de contracter la maladie d’Alzheimer ou d’être victimes de pertes de mémoire et de démence «légères». Le Figaro
Revenons pour ce faire à notre précédent exemple du cri chez le bébé et observons tout d’abord que sa persistance dans le temps aura d’autant plus de chance de se produire que d’autres bébés se trouveront à proximité. C’est le phénomène bien connu de contagion du cri qui s’observe régulièrement lorsque plusieurs bébés sont rassemblés dans un même espace : pouponnière, crèche, etc. Dans un tel cadre, la hantise des soignants ou des éducateurs est que par ses cris, un bébé mette en émoi tout le groupe car le concert de cris peut alors durer de longues heures avant que la fatigue ne reprenne le dessus et permette un retour au calme toujours précaire. Remarquons que la hantise des responsables de ces tout petits hommes est exactement la même que celle de nos responsables politiques. Depuis la Révolution, ceux-ci ont bien compris que leur pire ennemi étaient les foules humaines solidarisées (prises en masse) dans un même élan acquis par imitation réciproque. Au XIXe siècle, les premières psychologies sociales (cf. Tarde, Le Bon, Sighele, Baldwin, etc.) répondent avant tout au besoin de comprendre (et de contrôler) ces « foules délinquantes » qui renversent l’ordre établi et font les révolutions. Toutes vont converger vers cet aspect fondamental de la psyché humaine qu’est l’imitation. Au XXe siècle, les mouvements fascistes en tireront d’ailleurs de très puissantes stratégies de manipulation des masses. (…) Tels des bébés qui, portés par l’imitation réciproque, se solidarisent dans un cri unanime et se canalisent donc les uns les autres vers une même activité à laquelle ils s’adonnent avec frénésie, de tout leur être, nous sommes dans quasiment tous les aspects de nos vies des êtres soumis aux normes des groupes et des communautés auxquels nous pensons appartenir, en particulier, celles de la société occidentale individualiste qui nous formate à l’idée que nous sommes des êtres rationnels, indépendants, autonomes, doués de libre-arbitre et donc rebelles à toutes les formes d’influence sociale. (…) Les meilleurs amis du monde sont souvent ceux qui, au travers d’un progressif « accordage » de leurs représentations, de leurs goûts et de leurs affects en viennent à être des « alter ego » l’un pour l’autre. Bien sûr, aucun ne cessera de voir ce qui le différencie de l’autre, mais leur proximité, et plus exactement leur similitude sur un grand nombre de points n’échappera pas à l’observateur extérieur. Cette logique d’accrochage automatique des cycles de l’habitude permet de comprendre l’omniprésence des phénomènes du genre il bâille, je bâille, il tousse, je tousse, il boit, j’ai soif, il mange, ça me donne faim, il regarde ici ou là, je regarde ici et là, il a peur, j’angoisse, il est serein, je suis rassuré, etc. (…) Que les choses soient claires : la soumission aux normes n’est jamais qu’un panurgisme, une imitation de la dynamique du troupeau auquel nous pensons appartenir. Manipulations et propagandes n’existent que parce que nous sommes toujours-déjà portés à l’imitation et au suivisme. Luc-Laurent Salvador

Et si c’était plutôt: qui s’assemble se ressemble ?

Conversation, combat, danse, amour, cris du bébé, baillements, toux, sourires, (fous) rires, chants, prières, prise alimentaire, obésité, anorexie/boulimie, rythmes respiratoire et cardiaque, mentruation (du latin mensis « mois », proche du grec mene « lune »), hystérie collective …

Alors qu’avec le dernier exemple en date du chant en groupe qui mène à l’harmonisation des rythmes cardiaques …

Mais aussi après les neurones-miroirs, les « bâtiments qui tombent malades », les choix politiques ou amoureux, les « orientations sexuelles », les bienfaits (ou méfaits) de la pratique religieuse ou parareligieuse (yoga, méditation), le bonheur, les épidémies de suicides,  attentats-suicides, divorces, émeutes

Pendant que sur la scène politique et aux cris d’allah akbar, le prétendu « printemps arabe » continue son inexorable et explosive progression …

La science comme l’actualité démontrent chaque jour un peu plus les effets de contagion dont, pour le meilleur comme pour le pire, sont faits les moindres de nos affects, émotions et comportements …

Comment ne pas voir le psychologue social Luc-Laurent Salvador …

Après Platon, Tarde et Girard …

Mais aussi contre la fiction moderne et occidentale de l’individualisme naturel et spontané (et de la commode et rassurante contre-fiction de la propagande et de la manipulation comme corruption de celui-ci) …

Et des bébés en crèche aux casseurs en meute ou aux fidèles assemblés …

Comme des simples amis ou amoureux en conversation aux ennemis ou combattants en lutte …

La formidable machine mimétique ou « machine à imiter » que nous sommes finalement tous ?

Théorie de la mimesis générale

Luc-Laurent Salvador
Agoravox
8 février 2013

Dans ce cinquième volet de notre introduction à la psychologie synthétique (cf. 1, 2, 3, 4), nous abordons la partie peut-être la plus fascinante de la psychologie humaine, à savoir, notre tendance à l’imitation. Bien connue depuis Platon, qui parlait de mimesis, elle n’a cessé depuis de faire l’objet d’un formidable déni au travers duquel nous tentons de croire en la vision romantique de l’être humain libre et indépendant dans ses désirs, ses choix et ses actes. De Spinoza à René Girard en passant par Tarde, Le Bon ou même Freud, nombre d’auteurs ont traité de l’imitation et de ses effets de contagion, mentale et comportementale, auxquels aucun aspect de l’humain n’échappe. Nul mécanisme explicatif de l’imitation n’a cependant fait l’objet d’un consensus. Nous allons nous tenir au plus ancien d’entre-eux, la réaction circulaire, qui n’est au fond qu’une formulation savante de l’habitude et dont le principe peut se retrouver dans chacun des mécanismes qui ont ensuite été proposés. Cette notion présentée dans le précédent article nous permettra de comprendre que si l’Homme est bien un être d’habitudes (postulat unique de la psychologie synthétique), alors, il est avant toute chose, une « machine à imiter ».

La première fois que j’ai présenté dans un cadre scientifique l’hypothèse selon laquelle l’humain serait une sorte de machine mimétique constamment portée à l’imitation, un auditeur malicieux m’a lancé « et quand on fait l’amour, on imite » ?

Si on pense que l’imitation c’est faire le perroquet, le mouton de panurge ou, au mieux, le bon élève, on pourrait voir là une objection sérieuse. Car lorsqu’ on fait l’amour, on est au plus près de soi-même, on se sent dans la pure spontanéité et certainement pas dans un quelconque suivisme.

Toutefois, réfléchissons, un couple qui fait l’amour, c’est quand même bien deux personnes qui tendent à maximiser leur similitude puisqu’elles sont … :

  • venues sur le même lieu
  • venues là au même moment
  • tôt ou tard, pareillement nues
  • toutes les deux dans le même contact peau à peau ; souvent elles sont lèvres à lèvres et, par hypothèse, sexe à sexe
  • toutes deux à se plonger dans le regard l’une de l’autre
  • toutes deux avec une respiration synchrone
  • toutes les deux à entretenir des mouvements de la zone pelvienne sur un même rythme, donc de manière synchrone.

Il apparaît donc que, par une imitation réciproque de tous les instants principalement affirmée dans l’accordage des rythmes, ces deux personnes en sont venues à se ressembler autant qu’il est possible et cela constitue, à mon sens, un parfait exemple d’imitation.

La seule différence remarquable qui persiste entre ces deux êtres, c’est celle des sexes — du moins pour un couple hétérosexuel. Mais là encore, le concave n’est-il pas une imitation en creux du convexe et inversement ? La serrure n’est-elle pas une reproduction en creux de la clé et inversement ?

Cette ressemblance active des partenaires fait leur unité et on peut même dire leur harmonie car on peut se faire à l’idée qu’elles se sont progressivement accordées un peu comme le feraient deux magnifiques instruments de musique disposés à jouer une symphonie proprement céleste.

Aussi étrange que cela puisse paraître, cet accordage est, toutes choses égales par ailleurs, le même que celui opéré par deux personnes en conversation ou deux personnes qui se battent. Les interlocuteurs ou les protagonistes se calent en effet sur les mêmes rythmes (ceux du tour de paroles ou du « coup pour coup ») et en viennent à se ressembler étrangement dans leur attitudes, leurs comportements, leurs émotions, etc.

Selon le psychosociologue Gabriel Tarde, toutes les interactions humaines seraient mimétiques d’une manière ou d’une autre. Autrement dit, l’imitation serait omniprésente et constituerait ni plus ni moins que « le fait social élémentaire ». Nous avons beaucoup de peine à imaginer la généralité et la puissance de ce processus, mais Tarde nous offre de remarquables illustrations… :

« Pénétrez dans une demeure de paysan et regardez son mobilier : depuis sa fourchette et son verre jusqu’à sa chemise, depuis ses chenets jusqu’à sa lampe, depuis sa hache jusqu’à son fusil, il n’est pas un de ses meubles, de ses vêtements ou de ses instruments, qui, avant de descendre jusqu’à sa chaumière, n’ait commencé par être un objet de luxe à l’usage des rois ou des chefs guerriers, ou ecclésiastiques, puis des seigneurs, puis des bourgeois, puis des propriétaires voisins. Faites parler ce paysan : vous ne trouverez pas en lui une notion de droit, d’agriculture, de politique ou d’arithmétique, pas un sentiment de famille ou de patriotisme, pas un vouloir, pas un désir, qui n’ait été à l’origine une découverte ou une initiative singulière, propagée des hauteurs sociales, graduelle­ment, jusqu’à son bas-fonds. » Tarde, Philosophie pénale, 1890 p. 39

Cette généralité du fait mimétique, quoi que nous en pensions, nous, — individus civilisés, libres et indépendants du XXIe siècle — n’y sommes pas étrangers, loin s’en faut

Que cela nous plaise ou non, nous prenons modèles, ici et là, d’un bout à l’autre de nos vies. Deux cas sont possibles : soit nous aimons être « tendance », suivre les modes, au gré des vents médiatiques, publicitaires et propagandistes, soit nous pensons résister à cela… en suivant d’autres modèles plus conservateurs, avec des valeurs et une culture que nous avons précédemment intériorisées — c’est-à-dire imitées — et auxquelles nous restons fidèles en les reproduisant avec constance.

Autrement dit, que nous ayons l’habitude du changement ou celle de la constance, nous sommes toujours dans l’habitude de l’imitation.

Au final, toute la différence entre ces deux extrêmes tient aux rythmes auxquels nous nous « accordons » aux autres : soit ils sont rapides et rendent le changement manifeste, soit ils sont lents et nous semblont alors cultiver la constance alors que, dans un cas comme dans l’autre, nous suivons le rythme et donc, nous imitons.

Comme le disait excellement le poète Thoreau : « si un homme ne marche pas au pas de ses camarades, c’est qu’il entend le son d’un autre tambour ». Comprenons qu’ à chaque instant, l’homme « reproduit » quelque chose, il imite donc. Ce qui n’enlève rien au fait qu’il puisse avoir sa propre manière de marcher. Disons le clairement une bonne fois pour toutes : la différence n’annule pas la ressemblance. Une reproduction peut être originale en amenant des variations ou des différences, elle n’en reste pas moins une reproduction.

Ceci étant, comment comprendre la généralité du fait mimétique, comment l’expliquer ?

Ainsi que je l’ai déjà suggéré plusieurs fois, si on considère l’habitude, comme étant (1) d’une absolue généralité et (2) une véritable « machine à imiter », l’omniprésence des phénomènes d’imitation cesse d’être un mystère.

C’est cette hypothèse que nous allons à présent explorer, l’objectif étant de comprendre comment il se pourrait faire que l’imitation soit le produit logique, nécessaire, automatique de l’habitude, c’est-à-dire, résulte inévitablement du fonctionnement des cycles perception-action ou des réactions circulaires dont nous sommes constitués.

Revenons pour ce faire à notre précédent exemple du cri chez le bébé et observons tout d’abord que sa persistance dans le temps aura d’autant plus de chance de se produire que d’autres bébés se trouveront à proximité. C’est le phénomène bien connu de contagion du cri qui s’observe régulièrement lorsque plusieurs bébés sont rassemblés dans un même espace : pouponnière, crèche, etc.

Dans un tel cadre, la hantise des soignants ou des éducateurs est que par ses cris, un bébé mette en émoi tout le groupe car le concert de cris peut alors durer de longues heures avant que la fatigue ne reprenne le dessus et permette un retour au calme toujours précaire.

Remarquons que la hantise des responsables de ces tout petits hommes est exactement la même que celle de nos responsables politiques. Depuis la Révolution, ceux-ci ont bien compris que leur pire ennemi étaient les foules humaines solidarisées (prises en masse) dans un même élan acquis par imitation réciproque.

Au XIXe siècle, les premières psychologies sociales (cf. Tarde, Le Bon, Sighele, Baldwin, etc.) répondent avant tout au besoin de comprendre (et de contrôler) ces « foules délinquantes » qui renversent l’ordre établi et font les révolutions. Toutes vont converger vers cet aspect fondamental de la psyché humaine qu’est l’imitation. Au XXe siècle, les mouvements fascistes en tireront d’ailleurs de très puissantes stratégies de manipulation des masses [1].

Notons que si on a beaucoup glosé sur la manipulation, c’est d’abord pour préserver l’idéal romantique du sujet en tant qu’être autonome dont le désir est absolument libre et absolument propre à sa personne ; c’est ensuite pour mieux masquer le fait que, le panurgisme étant ce qu’il est, le mensonge des dirigeants à l’égard du peuple a toujours été la norme et que nos « démocraties » capitalistes et consuméristes n’ont fait, en somme, qu’industrialiser une propagande (cf. The century of self) qui a été de toutes les époques.

Celle que nous connaissons actuellement a été d’autant plus efficace que tel un phare projettant dans nos esprits aveuglés le mythe de l’individu libre et autonome, elle a ipso facto produit la matrice d’une modernité dont elle se voudrait, autant que possible, absente.

Nous croyons mordicus en notre autonomie et notre libre-arbitre, nous les posons en principe explicatif de nos actes et, cette habitude de pensée, présente au plus intime de notre expérience quotidienne, structure automatiquement cette dernière de manière à se perpétuer indéfiniment, comme toute habitude digne de ce nom.

Autrement dit, si vous pensez vivre dans une société moderne, démocratique constituée d’individus libres et indépendants, il est clair que vous êtes vous-même victime de cette propagande née au XXe siècle. Vous pratiquez le même « grégarisme individualiste » que les Monty Python ont brillamment tourné en dérision dans cette séquence du savoureux film « La Vie de Brian ».

Tels des bébés qui, portés par l’imitation réciproque, se solidarisent dans un cri unanime et se canalisent donc les uns les autres vers une même activité à laquelle ils s’adonnent avec frénésie, de tout leur être, nous sommes dans quasiment tous les aspects de nos vies des êtres soumis aux normes des groupes et des communautés auxquels nous pensons appartenir, en particulier, celles de la société occidentale individualiste qui nous formate à l’idée que nous sommes des êtres rationnels, indépendants, autonomes, doués de libre-arbitre et donc rebelles à toutes les formes d’influence sociale.

Que les choses soient claires : la soumission aux normes n’est jamais qu’un panurgisme, une imitation de la dynamique du troupeau auquel nous pensons appartenir. Manipulations et propagandes n’existent que parce que nous sommes toujours-déjà portés à l’imitation et au suivisme. C’est pourquoi, avant de nous intéresser aux premières, il importe de comprendre la tendance à l’imitation.

D’où vient cette mimesis dont la puissance est telle que Platon allait jusqu’à nous prévenir de ne pas imiter ni la femme heureuse ou malheureuse, ni les esclaves, ni les méchants, ni les fous, ni « le hennissement des chevaux, le mugissement des taureaux, le murmure des rivières, le fracas de la mer, le tonnerre et tous les bruits du même genre… » (République 395d – 396b) ?

Platon nous met d’emblée sur la piste d’une affinité entre imitation et habitude qui est à présent bien connue :

« …n’as-tu pas remarqué que l’imitation, si depuis l’enfance on persévère à la cultiver, se fixe dans les habitudes et devient une seconde nature pour le corps, la voix et l’esprit ? » (République 395d – 396b)

C’est une évidence, l’imitation mène à la formation d’habitudes, bonnes ou mauvaises. Elle a donc constitué, depuis toujours, la base première de l’éducation. Mais cela ne suffit pas. Pour comprendre la généralité de l’imitation il importe que l’inverse soit vrai, à savoir, que l’habitude elle-même suscite l’imitation.

Le fait est que l’habitude est déjà un mécanisme de reproduction de comportements passés : les nôtres. Ne pourrait-elle aussi nous porter à la reproduction de comportements semblables, donc de comportements manifestés par nos semblables ?

C’est précisément ce que nous allons pouvoir constater. Pour cela, revenons à l’exemple de la réaction circulaire de cri du bébé qui est illustrée ci-dessous par la Figure 1. Pour résumer très vite, disons que cette réaction produit un cri qui est justement le stimulus qui la déclenche, l’entretient ou la stimule de sorte qu’elle ne cesse de se… reproduire.

Son mécanisme, excessivement simple, est constitué d’un simple lien sensori-(idéo)-moteur qui relie le percept à l’action motrice, faisant que l’actualité du premier amène la réalisation de la seconde.

En effet, à l’audition d’un stimulus, c’est-à-dire, d’un cri, la réaction circulaire qui le perçoit et le reconnaît comme semblable au sien va s’activer et reproduire le cri en question. Elle reproduit donc à nouveau « le stimulus qui la déclenche, l’entretient ou la stimule » et, dès lors, l’action consistant à crier va logiquement suivre, grâce le lien idéomoteur. La boucle est bouclée et peut se perpétuer ad libitum.

Ce modèle en cycle perception-action nous donne donc une explication très simple et immédiate du phénomène d’imitation : rien ne ressemblant plus à un cri de bébé qu’un autre cri de bébé, il est aisé de comprendre que le cri d’un quelconque bébé pourra stimuler la réaction circulaire de cri de n’importe quel autre bébé et souvent même de plusieurs autres. Ceci est illustré par la Figure 2.

En assimilant le cri de l’autre au sien propre, le bébé qui active sa réaction circulaire imite bel et bien son congénère puisqu’il reproduit son comportement en criant à son tour. Ce faisant, il renforce le stimulus et très vite les deux bébés crient de concert, produisant en chœur un signal plus puissant, plus stable qui entraînera progressivement tous les bébés alentours, même les plus sereins.

La phase clé de ce mécanisme mimétique est l’assimilation, c’est-à-dire, le fait qu’un individu perçoive le comportement de son congénère comme semblable au sien. C’est seulement parce que le bébé B assimile le cri de A au sien que cette perception peut enchaîner mécaniquement sur la production du même comportement, un cri, via le lien sensori-idéo-moteur constitutif de son habitude.

Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’une fois l’assimilation opérée, l’imitation suit automatiquement — sauf si un effort volontaire nous porte à inhiber ce comportement. Cette mécanicité de l’imitation peut déranger, mais elle ne peut nous surprendre dès lors qu’on la sait adossée à l’habitude, LE mécanisme automatique par excellence.

Considérons à présent ce qui se passe lorsque notre écosystème d’habitudes se trouve en présence d’une autre personne et donc d’un autre écosystème d’habitudes.

La chose est très simple : partout où les habitudes de l’un pourront assimiler les habitudes de l’autres, elles se verront activées et si rien ne vient les inhiber, il y aura reproduction, donc imitation, le plus souvent en toute inconscience.

Les meilleurs amis du monde sont souvent ceux qui, au travers d’un progressif « accordage » de leurs représentations, de leurs goûts et de leurs affects en viennent à être des « alter ego » l’un pour l’autre. Bien sûr, aucun ne cessera de voir ce qui le différencie de l’autre, mais leur proximité, et plus exactement leur similitude sur un grand nombre de points n’échappera pas à l’observateur extérieur.

Cette logique d’accrochage automatique des cycles de l’habitude permet de comprendre l’omniprésence des phénomènes du genre il bâille, je bâille, il tousse, je tousse, il boit, j’ai soif, il mange, ça me donne faim, il regarde ici ou là, je regarde ici et là, il a peur, j’angoisse, il est serein, je suis rassuré, etc.

C’est mathématique : si nous n’avons pas de raison d’inhiber, nous imitons, d’autant plus que nous nous sentons proches (semblables) des personnes avec qui nous sommes en interaction.

Lorsque deux personnes sont engagées dans une conversation amicale le simple fait de changer de posture d’une manière ou d’une autre — comme croiser ou décroiser les bras ou les jambes — augmente considérablement les chances que l’interlocuteur fasse de même car (a) non seulement il n’a concrètement aucune raison d’inhiber ce comportement mais (b) il a, au contraire, toutes les bonnnes raisons de le faire vu que l’impact en est très positif : c’est en effet le meilleur moyen de montrer une empathie « sincère », le fait que l’on est « en phase » avec le locuteur.

Même si nous n’en prenons généralement pas conscience, nous percevons et nous aimons que notre interlocuteur vienne se synchroniser avec nos rythmes, jusques et y compris le rythme respiratoire. Qui n’aime se sentir en accord, « accordé » et donc approuvé ?

Cet accrochage des rythme est d’ailleurs devenu la technique de manipulation de base de la PNL. Car celui à qui nous disons « oui » par notre attitude, celui que, manifestement, nous suivons, sera par la suite mimétiquement porté à nous dire « oui » lui aussi, il nous suivra beaucoup plus facilement. Cette imitation réciproque est ainsi un « accrochage » au sens propre car il y a alors moyen de « tirer » la personne concernée dans la direction souhaitée.

* *

*

En résumé, le modèle en réaction circulaire met en lumière ce grand secret de l’habitude qu’est sa tendance mimétique. L’habitude est un processus de reproduction qui, parce qu’il s’appuie sur une phase d’assimilation, ne peut pas ne pas être mimétique puisqu’il y a toujours moyen d’assimiler un semblable à soi et dès lors, la machinerie de reproduction de l’habitude ne pourra manquer de s’activer à une occasion ou une autre.

L’imitation a ainsi toutes raisons d’être aussi générale que l’habitude et c’est précisément ce qui n’a cessé d’être observé [2]. Non pas seulement au niveau du bâillement [3] mais dans absolument tous les registres de comportements.

Ceci est, bien sûr, davantage une annonce qu’un constat argumenté. Il conviendrait d’indiquer le lien qu’entretient précisément chaque domaine psychologique avec l’imitation. Il serait encore plus important d’expliquer comment et pourquoi l’imitation est tellement générale qu’elle concerne la biologie, la chimie et la physique — d’où le titre de cet article. Tout cela sera développé dans le prochain article car il est temps de donner une conclusion provisoire et donc, de revenir à la question de l’autisme.

Conclusion

Nous venons de faire l’hypothèse que tous les phénomènes de « contagion » comportementale ou mentale que nous connaissons peuvent se comprendre comme résultant d’une tendance mimétique inhérente au mécanisme de l’habitude.

En concevant celle-ci comme une réaction circulaire ou un cycle perception-action qui se ferme sur lui-même et tend donc à se répèter indéfiniment en assimilant le produit de sa propre activité, nous comprenons aisément que cette dernière pourra être déclenchée, entretenue ou stimulée si le cycle en question assimile pareillement le produit de l’activité d’un de ses semblables.

L’habitude et l’imitation dépendraient donc toutes deux de ce processus clé qu’est l’assimilation, c’est-à-dire, le fait de reconnaître deux formes comme semblables ; ce qu’en informatique et en sciences cognitives on désigne souvent par le terme anglais de « pattern matching ».

Ce constat devient particulièrement intéressant lorsque l’on sait que la plupart des animaux sont dotés d’une certaine capacité à reconnaître leur semblables. Et cela pour… :

  1. la reconnaissance, l’attachement et la relation du nouveau-né aux parents nourriciers (et réciproquement)
  2. la reconnaissance, l’attachement et toutes les formes de relation aux congénères tellement importantes pour les espèces sociales.
  3. la reconnaissance de l’autre en tant que possible partenaire sexuel

Ceci est, bien sûr, tout spécialement vrai pour le petit de l’Homme qui, dès la naissance, sait reconnaître et les formes et les mouvements humains. Ainsi, en voyant le dessin d’un visage, même très schématique, le bébé reconnaît un semblable, il se sent en sécurité et se met à sourire.

Ceci étant, demandons-nous ce qui se passerait pour un bébé qui, pour quelque raison que ce soit, ne serait pas capable de reconnaître la forme humaine, sa propre forme, et serait donc incapable de s’assimiler les êtres qui l’entourent ?

Mon hypothèse est que ce serait tout le tableau de l’autisme qui en découlerait. Comme je ne peux argumenter à présent, je vais me contenter d’illustrer ce que peut donner un déficit d’assimilation en citant Donna Williams, elle-même autiste et auteur d’un livre remarquable : « Nobody Nowhere » traduit en français sous le titre « Si on me touche, je n’existe plus ». Voici ce qu’elle écrivait :

« Je me rappelle mon premier rêve — ou du moins, c’est le premier dont je me rappelle. Je me déplaçais dans du blanc, sans aucun objet, juste du blanc. Des points lumineux de couleur duveteuse m’entouraient de toute part. Je passais à travers eux et ils passaient à travers moi. C’était le genre de choses qui me faisaient rire. Ce rêve est venu avant tous les autres où il y avait de la merde, des gens ou des monstres et certainement bien avant que je remarque la différence entre les trois. » (p. 3) (tr. auct.) C’est moi qui souligne

Au travers de ce rêve Donna Williams nous oriente directement vers la problématique de l’assimilation. C’est cette piste que nous tenterons de suivre dans le prochain article.


[1] Cf. le livre de Serge Moscovici (1985) L’ère des foules qui est très informatif sous ce rapport.

[3] cf. le moche et cependant très riche site baillement.com

Voir aussi:

Les chanteurs harmonisent leur rythme cardiaque quand ils pratiquent en groupe
Le HuffPost
Baptiste Piroja-Pattarone
11/07/2013

SANTÉ – Si le chant possède bien des vertus (lutte contre le stress, amélioration des capacités respiratoires), cet art quand il est pratiqué en groupe cache encore quelques mystères. Des scientifiques suédois viennent pourtant de révéler que lorsque plusieurs personnes chantent à l’unisson, leurs battements de cœur se synchronisent.

En effet, non seulement les différentes voix d’une chorale s’harmonisent mais également ses pulsations du cœur. En prenant le pouls des participants de 15 chorales différentes, ils ont remarqué que leur rythme cardiaque s’accélérait ou ralentissait à la même vitesse.

Inspirant, retenant leur souffle et expirant au même moment, les choristes coordonnent leur respiration sur le même tempo. « La pulsation s’accélère quand vous inspirez et ralentit quand vous expirez », explique le Dr Bjorn Vickhoff avant d’ajouter que « lorsque vous chantez, vous êtes en train d’expirer alors le rythme cardiaque augmente ».

Les recherches ont prouvé en outre que plus le morceau est structuré en différentes parties, plus les battements s’harmonisent. L’effet est encore plus visible quand le morceau choisi repose sur une rythmique lente.

« Quand vous soufflez, vous activez le nerf vague (un nerf très important qui régule la digestion, la fréquence cardiaque) qui part du tronc cérébral jusqu’au cœur. Et quand celui-ci est activé, le cœur bat moins vite », explique le docteur. Cette découverte rappelle ainsi la pratique du yoga dans lequel le contrôle de la respiration et son harmonisation joue un rôle important.

Voir également:

La prière, une arme contre Alzheimer

Le Figaro

Marc Henry

26/07/2012

La prière régulière réduirait de 50 % le risque de souffrir de la maladie, selon une étude en Israël.

Prier contre la maladie d’Alzheimer n’est pas seulement un acte de foi, mais peut être un geste thérapeutique. Selon une étude menée conjointement en Israël et aux États-Unis avec un financement de l’Institut national de la santé américain, la prière constitue un antidote très efficace qui permettrait de réduire de moitié chez les femmes les risques de contracter la maladie d’Alzheimer ou d’être victimes de pertes de mémoire et de démence «légères». L’étude, lancée en 2003 auprès d’un échantillon de 892 Arabes israéliens âgés de plus de 65 ans, a été présentée récemment lors d’un colloque sur la maladie d’Alzheimer en Israël.

Le Pr Rivka Inzelberg, de la faculté de médecine de Tel-Aviv, qui a supervisé l’enquête, a précisé au quotidien israélien Haaretz «que, dans l’échantillon choisi, 60 % des femmes priaient cinq fois par jour, comme le veut la coutume musulmane, tandis que 40 % ne priaient que de façon irrégulière». «Nous avons constaté, dix ans après le début de l’étude, que les femmes pratiquantes du premier groupe (celles qui priaient cinq fois par jour) avaient 50 % de chances de moins de développer des problèmes de mémoire ou la maladie d’Alzheimer que les femmes du deuxième groupe», a ajouté la spécialiste. La prière, selon l’étude, a également une influence deux fois plus importante que l’éducation pour protéger les femmes contre cette dégénérescence cérébrale. «La prière est une coutume qui nécessite un investissement de la pensée, c’est sans doute l’activité intellectuelle liée à la prière qui pourrait constituer un facteur de protection ralentissant le développement de la maladie d’Alzheimer», a ajouté le Pr Rivka Inzelberg. Les tests n’ont pas été effectués parmi les hommes de ce groupe dans la mesure où le pourcentage de ceux qui ne priaient pas n’était que de 10 %, un taux insuffisant d’un point de vue statistique pour aboutir à des conclusions fiables. L’enquête a également permis de confirmer que la probabilité de souffrir de la maladie d’Alzheimer est deux fois plus importante chez les femmes que chez les hommes.

Parmi les autres facteurs de risque de présenter une démence de type Alzheimer, les chercheurs ont également retrouvé dans ce travail l’hypertension, le diabète, l’excès de graisses dans le sang et plus globalement les antécédents de maladies cardio-vasculaires.

Les bienfaits de la cannelle

Détail important, ces conclusions ne sont pas les premières à établir un lien entre pratiques religieuses ou spirituelles et santé. En 2005, des recherches effectuées en Israël avaient permis de constater que les activités spirituelles ont tendance à ralentir le processus de dépendance provoqué par la maladie d’Alzheimer. Une autre étude, menée sur un tout autre sujet, aussi en Israël, avait conclu que le taux de mortalité parmi les enfants était inférieur au sein des communautés très pratiquantes que parmi la population laïque.

Par ailleurs, le Pr Michael Ovadia, de l’université de Tel-Aviv, a réussi récemment à isoler une substance extraite de la cannelle qui freinerait le développement de la maladie d’Alzheimer. «L’avantage évident est que la cannelle n’est pas un médicament, mais un produit naturel n’ayant aucun effet secondaire», a affirmé le Pr Ovadia. Des expérimentations ont été entreprises sur des souris. Pour le moment, toutefois, il n’a pas encore été possible de produire à large échelle la molécule aux vertus curatives. Seule certitude, le marché est énorme avec 70.000 personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer en Israël et plus d’une vingtaine de millions dans le monde, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé. En France, la maladie concerne 850.000 personnes. Les stratégies de prévention basées sur la pratique d’activités intellectuelles, sur le lien social et l’exercice physique ne doivent pas être négligées.

Voir aussi:

La prière, qu’est-ce que c’est?

Sans être une thérapie en tant que telle, il est indéniable que la prière peut avoir de véritables effets thérapeutiques, au-delà des connotations spirituelles ou religieuses. On peut affirmer au moins 2 choses sur la prière, lorsqu’on la considère comme une « modalité thérapeutique » :

  • Elle a des effets positifs observables et mesurables sur la santé.
  • On ne comprend pas bien quels sont les mécanismes qui entraînent ces effets.

Bien sûr, ces affirmations exigent certaines nuances. Les études sur les effets spécifiques de la prière sont relativement peu nombreuses, mais certaines ont démontré des résultats positifs. Les données actuelles semblent donc prometteuses et justifient la poursuite des recherches. Mais elles ne sont toutefois pas suffisamment concluantes pour faire accéder la prière au rang de « traitement médical »1-6.

Beaucoup de chercheurs sceptiques affirmaient toutefois, jusqu’à tout récemment, qu’en l’absence d’explication rationnelle permettant de comprendre comment agirait la prière, on avait affaire au mieux à des effets placebos, au pire à des fraudes7. Ce point de vue prévaut toutefois de moins en moins. En effet, plusieurs hypothèses sont désormais étudiées sérieusement; elles vont de la théorie quantique à la psychoneuroimmunologie (approches corps-esprit) en passant par la réponse de relaxation et même l’intervention « d’entités spirituelles » (voir plus loin).

Les scientifiques sont toutefois peu enclins à envisager des explications qui fassent appel à des notions comme la spiritualité ou la transcendance. Sans nier l’existence de tels phénomènes, ni même leur influence réelle sur la santé, ils préfèrent généralement exclure ces notions de leurs champs d’investigation.

En ce qui concerne la pratique religieuse, les données sont plus concluantes. De nombreuses synthèses d’études et des méta-analyses établissent un lien clair entre la pratique religieuse et la santé. Cela a d’ailleurs mené à la création d’un nouveau champ d’études, l’épidémiologie de la religion. Ainsi, 2 études8,9 ayant porté sur des dizaines de milliers d’Américains ont établi un lien clair entre la pratique religieuse et l’espérance de vie. Les chercheurs ont constaté que les gens qui ne s’adonnaient à aucune pratique religieuse avaient presque 2 fois plus de risques de mourir dans les 8 prochaines années que ceux qui pratiquaient plus d’une fois par semaine. Et l’espérance de vie à l’âge de 20 ans de ces pratiquants était supérieure de 7 ½ ans à celle des non-pratiquants.

Les chercheurs se demandent toutefois dans quelle mesure ces bénéfices sont attribuables à la pratique religieuse comme telle, ou au mode de vie « santé » qui y est souvent associé10. En effet, les personnes qui ont une vie religieuse active auraient plus tendance à manger des fruits et des légumes, à bien déjeuner, à faire de l’exercice, à dormir au moins 7 heures par nuit et à porter la ceinture de sécurité11. Ils auraient aussi moins de comportements à risque en ce qui concerne le tabagisme, la consommation d’alcool et la sexualité, par exemple12.

De plus, la pratique religieuse permet souvent de nourrir des relations sociales, ce qui est un facteur propice à la santé. Enfin, certains chercheurs ont émis l’hypothèse que la religion et la spiritualité, en donnant un sens à la vie et en procurant un sentiment de maîtrise accru, permettraient d’affronter plus efficacement le stress, la maladie et les difficultés13,14.

De quoi parle-t-on?

La prière – et tout ce qui touche à la spiritualité – est un sujet délicat où se mêlent des éléments culturels et sociaux, moraux et éthiques, aussi bien que religieux et scientifiques. Dans ce contexte, il peut être utile de préciser le sens de quelques termes.

  • La prière. Elle peut se définir comme une communication ou une ouverture au sacré, à la transcendance, à un aspect non matériel et universel qui dépasse l’existence individuelle. La prière peut se pratiquer à l’intérieur d’un cadre religieux ou non.
    On distingue 2 catégories principales de prière. La première consiste à diriger des paroles ou des pensées (de paix ou de guérison, par exemple) vers soi-même ou vers d’autres personnes. On peut la qualifier de prière personnelle. La seconde, la prière par intercession, fait spécifiquement appel à une puissance extérieure – Dieu, Bouddha, l’Univers – qu’on prie d’intervenir.
  • La spiritualité. Elle implique la croyance en des forces plus grandes que soi, actives dans tout l’Univers, ainsi que l’intuition d’une unité et d’une interdépendance avec tout ce qui existe. Elle débouche souvent sur le développement de valeurs personnelles, comme la compassion, l’altruisme et la paix intérieure. Tout comme la prière, la spiritualité peut être associée ou non à une pratique religieuse15.
  • La religiosité. Elle consiste à adhérer aux croyances et aux pratiques d’une religion organisée tandis que la spiritualité est plutôt une quête de sens ou d’une relation personnelle avec une puissance supérieure. La plupart des études scientifiques portant sur la guérison « spirituelle » étudient les liens entre la santé et la pratique religieuse (la fréquence de la prière, la participation aux offices religieux, etc.) parce que la religiosité est plus facile à mesurer objectivement que la spiritualité2.
Quelques chiffres révélateurs (dans la population américaine)16-20

  • 82 % des personnes croient aux vertus thérapeutiques de la prière.
  • 73 % croient que de prier pour les autres peut avoir un effet guérisseur.
  • 69 % des personnes qui prient à cause d’un problème médical spécifique estiment que la prière est très efficace.
  • 64 % croient que les médecins devraient prier pour les patients qui le leur demandent.
  • 45 % ont eu recours à la prière quand ils ont connu des problèmes de santé en 2002, contre 35 % en 1997, et 25 % en 1991.
  • 45 % disent que la religion influencerait leurs décisions médicales en cas de maladie sérieuse.
  • 94 % estiment que les médecins devraient discuter des croyances religieuses de leurs patients gravement malades, ce qui, en pratique, est bien loin d’être le cas.

Les effets observables de la prière

Plusieurs synthèses de recherches et méta-analyses2,7,21 ainsi que 2 études épidémiologiques portant chacune sur près de 4 000 personnes sur une période de 6 ans28,51 tendent à démontrer un lien direct entre la pratique spirituelle (personnelle ou dans un cadre formel) d’une part, et une meilleure santé ou une plus grande longévité d’autre part.

Selon le Dr Larry Dossey, un des chercheurs les plus réputés du domaine, les conclusions des recherches ne font aucun doute : la religion et la spiritualité sont excellentes autant pour la santé en général que pour des problèmes particuliers, comme les troubles cardiaques, l’hypertension, le cancer, les problèmes digestifs, etc.1

En ce qui concerne les vertus de la prière en particulier, plusieurs synthèses d’études2-4,7,22,23 concluent que, malgré beaucoup d’imperfections méthodologiques, elles tendraient à démontrer les effets bénéfiques de la prière pour certaines maladies6, dont les problèmes cardiaques (voir Applications thérapeutiques).

Beaucoup d’experts demeurent sceptiques devant ces résultats. C’est notamment le cas du Dr Richard Sloan24, psychiatre et professeur à l’Université Columbia de New York. Selon lui, les études sur la prière par intercession manquent de rigueur et présentent d’importantes lacunes méthodologiques. De plus, il considère que la médecine outrepasse sa sphère d’activité quand elle se mêle de spiritualité. Même s’il admet que, pour beaucoup de personnes, la religion apporte un réconfort quand la maladie frappe, cela ne signifie pas pour autant que la médecine devrait considérer les pratiques religieuses comme un traitement complémentaire25.

C’est également l’avis du professeur en philosophie Derek Turner, pour qui le fait d’étudier la prière à distance, comme s’il s’agissait d’un médicament, est un non-sens éthique et méthodologique26. Il déplore que plusieurs études sur le sujet aient été conduites sans l’obtention du consentement éclairé des participants faisant ainsi abstraction du droit fondamental des gens de se retirer de tels projets. Cet auteur soulève également de nombreuses questions comme le fait que rien n’empêche les participants de recevoir des prières de leurs proches ou que les groupes de prière ne décident de prier également pour les participants du groupe témoin. Il termine en mentionnant que les études portant sur la prière à distance ne font, finalement, que reproduire les tensions ancestrales entre science et religion.

De possibles effets négatifs

La pratique de la religion pourrait aussi avoir des effets pervers. Voici quelques-unes des conclusions auxquelles en sont venus des chercheurs, après avoir recensé les études à ce sujet27.

  • La culpabilité vis-à-vis de la religion, l’incapacité de se conformer à ce qu’elle demande ou les peurs qu’elle suscite parfois peuvent contribuer à la maladie.
  • La guérison « par la foi », si elle cause le rejet des traitements médicaux, peut entraîner de graves conséquences allant jusqu’à la mort.
  • Des problèmes de dépression ont été associés à une pratique religieuse extrinsèque (lorsque la religion est surtout considérée comme utilitaire et comporte un Dieu extérieur à la fois tout puissant, mais aussi despotique, ou qu’on peut blâmer dans l’adversité).
  • Les relations interpersonnelles négatives et les critiques subies dans un cadre religieux accroîtraient aussi les risques de dépression.
  • Chez les personnes âgées ou gravement malades, les doutes et les conflits intérieurs au sujet de la foi sont liés à une augmentation significative du risque de mortalité.

Les mécanismes d’explication

Des facteurs psychosociaux ou l’effet placebo peuvent expliquer certains des effets de la pratique religieuse. Ce n’est toutefois pas le cas pour la prière par intercession. Selon le Dr Dale Matthews3, dans le cas des études à double insu sur la prière à distance, même quand on élimine toutes les variables confondantes (l’âge, l’état de santé préalable, les facteurs sociaux, etc.), les conclusions demeurent et ne peuvent pas être expliquées uniquement par la science classique. Rien dans la science médicale actuelle ne peut expliquer pourquoi des gens pour qui on a prié obtiendraient des résultats différents des autres. Ces différences ne pourraient être attribuables qu’à une force « surnaturelle » ou alors à un type « d’énergie » dont on ne connaît pas encore la nature.

Le Dr Harold Koenig, qui a publié plusieurs études sur la prière et la religiosité10,12,21,28, admet qu’on peut être tenté de croire que leurs conséquences sur la santé ne dépendent pas que du soutien social, du mode de vie ou de l’effet méditatif. Il y aurait « autre chose ». Les croyants diront que c’est l’intervention de Dieu. Les scientifiques diront qu’il s’agit de quelque chose qu’on ne peut pas expliquer pour le moment2. Voici certaines des hypothèses qui se profilent à l’horizon.

La psychoneuroimmunologie. Cette science, qui a vu le jour il y a tout juste 25 ans (voir la fiche Approches corps-esprit), étudie l’interdépendance entre le corps et l’esprit, entre la biologie et les pensées… Déjà en 200029, des chercheurs affirmaient, à partir d’une recension de recherches expérimentales et cliniques, qu’il était désormais certain que le corps et l’esprit s’influencent mutuellement que ce soit pour tendre vers la santé ou la maladie. D’autre part, il est reconnu scientifiquement qu’en dirigeant des pensées avec une intention précise, on peut jouer sur des systèmes aléatoires simples, même si les effets mesurés sont très faibles22.

Selon certains chercheurs, si on pouvait démontrer que des pensées dirigées intentionnellement – peu importe la distance – avaient une influence sur la guérison, cela impliquerait que les êtres humains sont beaucoup plus reliés entre eux et responsables les uns des autres qu’on ne l’aurait cru jusqu’à présent. Si ces liens existent, proviennent-ils de Dieu, de la conscience, de l’amour, des électrons ou d’une combinaison de tout cela? Des recherches futures y répondront peut-être…30

La physique quantique. La physique moderne explique que tout objet – un crayon ou une maison – peut être vu comme un amas de particules en mouvement contenant en réalité une infime quantité de « matière ». Ce qui donne leur forme, leur « matérialité », aux objets provient bien plus du mouvement rapide de leurs particules – de leur « énergie » – que de leur « matière ». La médecine moderne commence à imaginer qu’il puisse en être de même des organismes vivants qu’on pourrait décrire en tant qu’entités énergétiques.

De plus, la physique quantique a constaté que des particules subatomiques qui ont été en contact entre elles et qui sont ensuite séparées demeurent « en lien ». Un changement dans une particule est instantanément reproduit dans l’autre particule, même si elle se trouve à des milliers de kilomètres. C’est ce qu’on appelle la non-localité.

Se pourrait-il qu’un phénomène semblable se produise dans la pensée et explique le fonctionnement de la prière à distance? C’est la question sur laquelle se penchent actuellement certains scientifiques1,31,32.

L’effet méditatif et la réponse de relaxation. Une synthèse de recherches15 a confirmé que le fait de réciter des prières ou de s’adonner à des pratiques spirituelles induit un état de relaxation semblable à celui qui est procuré par la méditation. Cela stimule les fonctions neurologiques, endocrines, immunitaires et cardiovasculaires.

À la fin des années 1960, le Dr Herbert Benson, directeur émérite du Benson-Henry Institute for Mind Body Medicine, a constaté que la répétition de mouvements, de sons, de phrases ou de mots (comme dans le cas de la prière) crée un ensemble de réactions métaboliques et émotives. Parmi celles-ci, l’activation de certaines zones du cerveau, la diminution du rythme cardiaque et de la pression sanguine, et une quiétude généralisée33. Il a nommé ce phénomène la réponse de relaxation en opposition à la « réponse au stress » qui, elle, provoque une augmentation du rythme cardiaque, une montée d’adrénaline, plus de tension musculaire, etc. Cela pourrait expliquer en partie les bienfaits de la prière sur la santé. Selon le Dr Benson, l’état de bien-être et « d’unité » qui résulte d’une séance de prière pourra être interprété, encore une fois, comme une connexion divine par les croyants, et comme un simple attribut du cerveau par les non-croyants.

Mentionnons également qu’une autre étude34 a permis de constater que la récitation traditionnelle du rosaire (l’Ave Maria en latin) et du mantra yogique om-mani-padme-om entraînent tous deux un ajustement de la respiration à 6 cycles par minute. Des chercheurs ont constaté que ce rythme est particulièrement bénéfique pour les fonctions cardiovasculaires et respiratoires, l’oxygénation du sang et la résistance à l’effort. Ils émettent l’hypothèse que les rythmes des prières et des mantras ont été choisis parce qu’ils permettaient de se synchroniser avec certains rythmes bienfaisants inhérents à la physiologie humaine.

Et Dieu dans tout ça?

Il y a quelques années, par l’intermédiaire de la revue Archives of Internal Medicine de l’American Medical Association, plusieurs spécialistes se sont penchés sur l’opportunité de tenir compte d’une dimension « divine » dans les recherches scientifiques sur la prière35. Certains considèrent que la prière implique une relation directe entre les humains et une réalité transcendante, hors du cadre de la nature, et que, par conséquent, la science – qui étudie la nature – ne devrait pas s’en préoccuper.

D’autres affirment que, si la prière fait intervenir un élément « divin », doté de sa sagesse et de ses intentions propres, la science, ne pouvant contrôler cette « variable », devrait se retirer de ce champ d’investigation.

Un autre point de vue est qu’il serait souhaitable que la science et la médecine reconnaissent beaucoup plus l’importance de la religion et de la spiritualité sur la santé, même si elles ne peuvent appliquer la méthode scientifique aux recherches sur la prière.

Différentes traditions spirituelles, comme le bouddhisme et l’anthroposophie (voir la fiche Médecine anthroposophique), proposent un tout autre point de vue. Selon elles, on devrait inclure la science matérielle, telle que nous la connaissons actuellement, à l’intérieur du domaine plus vaste d’une véritable « science spirituelle ». Cette science inclusive serait dotée d’outils de mesure allant au-delà de nos 5 sens, de façon à inclure les phénomènes de l’esprit dans ses recherches.

Les médecins devraient-ils parler de spiritualité avec leurs patients?

Même si, selon des sondages américains, plus de 80 % des gens croient que la prière ou un contact avec Dieu peut avoir un effet thérapeutique, et que près de 70 % des médecins disent que les patients leur font des demandes de nature religieuse en phase terminale, seulement 10 % des médecins s’informeraient des pratiques ou des croyances spirituelles de leurs patients1.

À cet égard, une étude a conclu qu’en fonction des données scientifiques qui établissent un lien entre la pratique religieuse et la santé, et du besoin d’établir un contact plus humain entre les médecins et leurs patients, il est important pour les praticiens de la santé d’aborder les questions de religion et de spiritualité avec leurs patients de façon respectueuse, avec intégrité et dignité3. C’est d’ailleurs ce que réclament de plus en plus les patients, qui y voient entre autres une façon d’humaniser les soins.

Un chercheur australien, après s’être penché à fond sur la question en 200736, a conclu que :

  • Les plus récentes études démontrent l’importance d’inclure dans la pratique clinique les préoccupations spirituelles et religieuses des patients. Sinon, on risque de passer à côté d’éléments déterminants pour leur guérison et leur bien-être.
  • Quand ils se préoccupent de la dimension spirituelle de leur patient, les intervenants de la santé démontrent leur intérêt pour la personne toute entière. Cela peut améliorer la relation patient-intervenant et ainsi accroître l’effet des traitements.
  • Les professionnels de la santé ne devraient toutefois pas « prescrire » de pratiques religieuses ou faire la promotion de leurs propres croyances. Pour des consultations en profondeur, ils devraient pouvoir diriger leurs patients vers les personnes-ressources appropriées.
  • Les médecins pourraient inclure, dans le bilan de santé de leurs patients, des questions pour connaître leur histoire « spirituelle ». Voici les 4 questions proposées par un comité de l’American College of Physicians (le Collège des médecins américain).
    – Est-ce que la foi, la religion ou la spiritualité sont importantes pour vous?
    – Ont-elles été importantes à d’autres moments de votre vie?
    – Y a-t-il quelqu’un avec qui vous pouvez parler de ces questions?
    – Aimeriez-vous aborder ces questions avec quelqu’un?

Applications thérapeutiques de la prière

De nombreuses études se sont penchées sur les liens entre la spiritualité et la santé. Elles peuvent être divisées en 2 catégories principales. D’une part, les études sur la pratique religieuse, incluant la fréquentation de l’église, la prière personnelle, la méditation spirituelle et la lecture et l’étude de livres sacrés comme la Bible37,52. D’autre part, celles qui évaluent la prière par intercession, c’est-à-dire demander à Dieu, à l’Univers ou à une puissance supérieure d’intervenir en faveur d’un individu ou d’un patient7.

Pratique religieuse

Efficace Augmenter l’espérance de vie. Le lien entre l’implication religieuse et le taux de mortalité a fait l’objet d’une revue publiée en 20048. Les auteurs ont conclu qu’il existe un lien clair entre ces deux variables au sein de la population américaine. Le mécanisme par lequel l’implication religieuse influencerait la mortalité comprendrait des éléments comme l’intégration et le soutien social, la régulation sociale (normes à propos des drogues ou de l’alcool et de certains comportements, par exemple) ainsi que la disponibilité de ressources psychologiques.

Efficace Mieux réagir devant des situations stressantes. En 2005, dans une méta-analyse regroupant 49 études48, des chercheurs ont tenté de savoir si la présence de la religion dans la vie des gens pouvait avoir une influence sur leur capacité à affronter des situations stressantes. Les résultats indiquent que, lorsque la religion est vue « positivement » (je fais partie d’un grand tout spirituel, Dieu est un partenaire qui m’aide et me pardonne…), cela permet effectivement de combattre le stress de façon significativement plus efficace. Par contre, une vision « négative » de la religion (Dieu me guette et pourrait me punir, existe-t-Il vraiment…) entraîne à l’opposé une amplification des conséquences néfastes du stress, comme l’anxiété et la dépression.

En 2010, une étude aléatoire, réalisée auprès de 111 étudiants universitaires, avait pour objectif d’évaluer les changements de niveau de stress lors d’une entrevue de 4 minutes53. Au milieu de l’entrevue, ils devaient, pour se détendre, soit lire un texte neutre, un texte d’automotivation ou une prière. Les résultats ont montré qu’une plus grande réduction de stress a été observée chez les groupes automotivation et prière que chez le groupe témoin (texte neutre). Mais il n’y a pas eu de différence significative entre le groupe prière et le groupe automotivation.

Efficace Favoriser la bonne santé mentale. Dans les années 2006 à 2008, des revues de la littérature scientifique ont étudié le lien entre la religiosité et la santé mentale10,54,55. La majorité des études s’accordent sur le fait qu’une implication religieuse importante est positivement associée à des indicateurs de bien-être psychologique (satisfaction face à sa vie, bonheur, etc.) ainsi qu’à une moindre incidence de dépression, de pensées et comportements suicidaires, et d’abus ou de consommation d’alcool et de drogues. De plus, cet effet positif serait davantage marqué chez les personnes aux prises avec des situations stressantes. Les auteurs exposent également des théories pouvant expliquer cette association positive, par exemple le fait que la plupart des religions prônent des comportements et des styles de vie sains ou encore fournissent un soutien social et psychologique accessible en cas de besoin.

Efficace Promouvoir des comportements sains chez les adolescents. Une revue systématique (en 2006) regroupant 43 études s’est penchée sur l’association entre la religiosité/spiritualité des adolescents et les attitudes et comportements propices à favoriser une bonne santé49 : exercices, saines habitudes alimentaires, sommeil suffisant, pratiques sexuelles saines, etc. Plus de 3 études sur 4 ont conclu qu’il existait un lien entre la santé et la religiosité/spiritualité.

Efficacité incertaine Améliorer la qualité de vie en cas de cancer. Le lien entre la religiosité/spiritualité et le cancer a fait l’objet d’une revue systématique en 2006 dans laquelle 17 études ont été retenues50. De ce nombre, 7 ont conclu que la religiosité améliorerait l’adaptation à long terme à la maladie. Elle favoriserait entre autres le maintien de l’estime de soi et d’un sens et un but à la vie, ainsi que le bien-être émotionnel et l’espoir en l’avenir. Par contre, 7 études n’ont montré aucun lien significatif de cet ordre. Les 3 autres ont conclu que la religiosité pouvait même être néfaste lorsqu’un individu devait combattre contre le cancer. Selon les auteurs, pour le moment, aucune conclusion ferme ne peut être tirée au sujet du lien entre religiosité et l’adaptation au cancer.

Efficacité incertaine Atténuer les symptômes de la ménopause. En 2009, une enquête canadienne sur l’utilisation des médecines alternatives et complémentaires, réalisée auprès de femmes ménopausées, a été publiée56. Quatre-vingt-onze pour cent des femmes ont rapporté avoir utilisé une thérapie alternative et complémentaire, parmi lesquelles, 35,7 % utilisaient la prière pour soulager leurs symptômes de ménopause. Les auteurs ont observé que les thérapies considérées comme les plus efficaces par les utilisatrices étaient la prière et la spiritualité (73,2 %), la relaxation (71,0 %), le counseling (66,4 %) et le toucher thérapeutique ainsi que le Reiki (66,0 %).

Efficacité incertaine Améliorer la survie des personnes atteintes du VIH. Pendant 3 ans, 901 personnes atteintes du VIH ont été suivies afin de documenter l’utilisation des thérapies corps-esprit et spirituelles57. Les chercheurs ont constaté une association entre les activités spirituelles, comme la prière, la méditation et la visualisation et une amélioration du taux de survie. Cette relation était plus marquée chez les patients qui étaient moins gravement atteints par la maladie.

Prière par intercession

Efficacité incertaine Atténuer les problèmes de santé en général. Une revue de la littérature scientifique, comprenant uniquement des études cliniques aléatoires, a été publiée en 2009 à ce sujet6. Les auteurs jugent qu’on ne peut tirer de conclusions fiables de ces études, dont la plupart présentent des résultats équivoques. Ils constatent toutefois que, pour la fertilisation in vitro38, la prière pourrait avoir montré un certain effet positif (voir plus loin). Ils concluent tout de même que les résultats accumulés jusqu’à présent sont suffisamment intéressants pour justifier de continuer la recherche.

Efficacité incertaine Réduire les complications des chirurgies cardiaques. Quatre études cliniques aléatoires d’envergure ont évalué l’influence de la prière auprès de patients souffrant de problèmes cardiaques. Les 2 premières ont révélé des résultats positifs. Dans les 2 autres, la prière n’a montré aucun effet bénéfique. La quatrième étude a même fait état de résultats négatifs dans le cas où les gens savaient qu’on priait pour eux.

La première, publiée en 1988, comprenait 393 patients devant subir une chirurgie cardiaque39. Des chrétiens qui ne les connaissaient pas ont prié quotidiennement pour la moitié d’entre eux jusqu’à leur sortie de l’hôpital. Les participants du groupe prière ont eu besoin de moins d’assistance ventilatoire, d’antibiotiques et de diurétiques à la suite de l’opération en comparaison avec le groupe témoin.

La seconde étude, publiée en 199940, s’est penchée sur l’effet de la prière sur l’état général et la durée du séjour de patients cardiaques hospitalisés. Des 990 patients, 466 ont fait l’objet de prières quotidiennes durant 4 semaines. Les résultats ont favorisé le groupe prière pour un ensemble de paramètres comme l’hypotension, l’utilisation d’antibiotiques, les saignements gastro-intestinaux, etc. (appelés les scores MAHI-CCU). Cependant, aucune différence concernant la durée de séjour n’a été observée.

La troisième étude, publiée en 2001, a vérifié l’effet de la prière sur la progression de la maladie cardiovasculaire à la suite du congé de 799 patients d’une unité coronarienne5. Des volontaires ont prié pour la moitié d’entre eux, au moins 1 fois par semaine, durant 26 semaines. La prière n’a eu d’effet significatif sur aucun des éléments étudiés : taux de mortalité, arrêts cardiaques subséquents, réhospitalisations, visites à l’urgence liées à la maladie et nombre de revascularisations coronariennes.

Enfin, la quatrième étude, réalisée en 2006 et à laquelle ont participé 6 hôpitaux, a évalué l’effet de la prière sur 1 802 patients devant subir une chirurgie de déviation de l’artère coronaire41. Les participants ont été attribués au hasard à l’un des 3 groupes suivants :

  • ceux qui ne reçoivent pas la prière, mais ne savent pas s’ils la reçoivent ou non;
  • ceux qui reçoivent la prière, mais ne savent pas s’ils la reçoivent ou non;
  • ceux qui reçoivent la prière, et savent qu’ils la reçoivent.

Les prières ont été effectuées par des chrétiens pendant 14 jours. Les taux de complications postopératoires, de survenue d’événements majeurs ou de mortalité sont demeurés les mêmes, que l’on ait prié ou non pour les patients. Par contre, les gens qui étaient certains de recevoir la prière, et qui la recevaient effectivement, ont présenté un taux de complication de près de 10 % plus élevé que les autres. Les causes de ce phénomène sont loin d’être claires. Des auteurs42,43 ont émis l’hypothèse que les gens pourraient moins bien prendre la responsabilité de leur guérison lorsqu’ils savent que l’on prie pour eux. Des chercheurs ont fait le même constat dans une étude concernant les alcooliques44.

Efficacité incertaine Aider rétroactivement à soigner des personnes infectées. Un essai clinique aléatoire publié en 2001, et pour le moins inusité, a porté sur l’effet que la prière pourrait avoir sur des événements déjà passés45. Dans ce cas, il s’agissait des conséquences sur une hospitalisation consécutive à une infection sanguine. Ainsi, en 2000, 3 393 patients ayant eu infection sanguine entre 1990 et 1996 ont été séparés aléatoirement en 2 groupes : un groupe témoin (sans prière) et un groupe recevant a posteriori de la prière à distance. Les prières étaient effectuées par une personne demandant le bien-être et la récupération complète pour tout le groupe. Les résultats indiquent que la durée du séjour hospitalier et de la fièvre a été significativement moins longue pour le groupe de personnes pour lesquelles on allait prier des années plus tard, que pour les autres.

Inutile de dire que ces résultats, qui semblent défier la raison, ont suscité une grande controverse dans les milieux scientifiques et médicaux46,47. Une controverse qui ne semble pas prête d’être résolue.

Efficacité incertaine Améliorer la fertilisation in vitro. Une étude publiée en 2001 a évalué l’effet de la prière sur le taux de grossesse auprès de 219 femmes traitées par fertilisation in vitro38. Cette étude était multicentrique, les investigateurs provenant des États-Unis, les participants de la Corée, et les groupes de prière du Canada, d’Australie et des États-Unis. Les résultats indiquent que les taux d’implantation des embryons tout comme les taux de grossesse ont été significativement supérieurs dans le groupe prière. Les auteurs ont conclu que ces résultats étaient encourageants, mais ont précisé qu’ils n’étaient encore que préliminaires.

Prière – Références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est possible qu’un lien devienne introuvable. Veuillez alors utiliser les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

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Voir par ailleurs en anglais:

Choir singers ‘synchronise their heartbeats’
Rebecca Morelle
BBC World Service
9 July 2013

Choir singers not only harmonise their voices, they also synchronise their heartbeats, a study suggests.

Researchers in Sweden monitored the heart rates of singers as they performed a variety of choral works.

They found that as the members sang in unison, their pulses began to speed up and slow down at the same rate.

Writing in the journal Frontiers in Psychology, the scientists believe the synchrony occurs because the singers coordinate their breathing.

Dr Bjorn Vickhoff, from the Sahlgrenska Academy at Gothenburg University in Sweden, said: « The pulse goes down when you exhale and when you inhale it goes up.

« So when you are singing, you are singing on the air when you are exhaling so the heart rate would go down. And between the phrases you have to inhale and the pulse will go up.

« If this is so then heart rate would follow the structure of the song or the phrases, and this is what we measured and this is what we confirmed. »

Sing from the heart

The scientists studied 15 choir members as they performed different types of songs.

When you exhale you activate the vagus nerve… that goes form the brain stem to the heart”

Dr Bjorn Vickhoff Gothenburg University

They found that the more structured the work, the more the singers’ heart rates increased or decreased together.

Slow chants, for example, produced the most synchrony.

The researchers also found that choral singing had the overall effect of slowing the heart rate.

This, they said, was another effect of the controlled breathing.

Dr Vickhoff explained: « When you exhale you activate the vagus nerve, we think, that goes from the brain stem to the heart. And when that is activated the heart beats slower. »

The researchers now want to investigate whether singing could have an impact on our health.

« There have been studies on yoga breathing, which is very close to this, and also on guided breathing and they have seen long-terms effects on blood pressure… and they have seen that you can bring down your blood pressure.

« We speculate that it is possible singing could also be beneficial. »

Voir encore:

Music ‘releases mood-enhancing chemical in the brain’
Sonya McGilchrist
BBC News
9 January 2011

Music releases a chemical in the brain that has a key role in setting good moods, a study has suggested.

The study, reported in Nature Neuroscience, found that the chemical was released at moments of peak enjoyment.

Researchers from McGill University in Montreal said it was the first time that the chemical – called dopamine – had been tested in response to music.

Dopamine increases in response to other stimuli such as food and money.

It is known to produce a feel-good state in response to certain tangible stimulants – from eating sweets to taking cocaine.

Dopamine is also associated with less tangible stimuli – such as being in love.

In this study, levels of dopamine were found to be up to 9% higher when volunteers were listening to music they enjoyed.

The report authors say it’s significant in proving that humans obtain pleasure from music – an abstract reward – that is comparable with the pleasure obtained from more basic biological stimuli.

Music psychologist, Dr Vicky Williamson from Goldsmiths College, University of London welcomed the paper. She said the research didn’t answer why music was so important to humans – but proved that it was.

« This paper shows that music is inextricably linked with our deepest reward systems. »

Musical ‘frisson’

The study involved scanning the brains of eight volunteers over three sessions, using two different types of scan.
Continue reading the main story
“Start Quote

This paper shows that music is inextricably linked with our deepest reward systems”

Dr Vicky Williamson Goldsmiths College, University of London

The relatively small sample had been narrowed down from an initial group of 217 people.

This was because the participants had to experience « chills » consistently, to the same piece of music, without diminishing on multiple listening or in different environments.

A type of nuclear medicine imaging called a PET scan was used for two sessions. For one session, volunteers listened to music that they highly enjoyed and during the other, they listened to music that they were neutral about.

In the third session the music alternated between enjoyed and neutral, while a functional magnetic resonance imaging, or fMRI scan was made.

Data gathered from the two different types of scans was then analysed and researchers were able to estimate dopamine release.

Dopamine transmission was higher when the participants were listening to music they enjoyed.
Consistent chills

A key element of the study was to measure the release of dopamine, when the participants were feeling their highest emotional response to the music.

To achieve this, researchers marked when participants felt a shiver down the spine of the sort that many people feel in response to a favourite piece of music.

This « chill » or « musical frisson » pinpointed when the volunteers were feeling maxim pleasure.

The scans showed increased endogenous dopamine transmission when the participants felt a « chill ». Conversely, when they were listening to music which did not produce a « chill », less dopamine was released.

What is dopamine?

Dopamine is a common neurotransmitter in the brain. It is released in response to rewarding human activity and is linked to reinforcement and motivation – these include activities that are biologically significant such as eating and sex

Dr Robert Zatorre said: « We needed to be sure that we could find people who experienced chills very consistently and reliably.

« That is because once we put them in the scanner, if they did not get chills then we would have nothing to measure.

« The other factor that was important is that we wanted to eliminate any potential confound from verbal associations, so we used only instrumental music.

« This also eliminated many of the original sample of people because the music they brought in that gave them chills had lyrics. »


Société: Pourquoi le mariage pour tous est le meilleur des mondes pour les enfants (Marriage for all: Give them committed parents, a biological connection and a stable home !)

13 mars, 2013
brave_new_world_cover_1The most important thing is really having equal rights. It’s not about the marriage. It’s having the same rights that you would get if you were married.  Marie C. Wilson (Ms. Foundation)
If men could get pregnant, abortion would be a sacrament. Florynce Kennedy
Cette impuissance fondamentale du politique, déjà révélée d’une autre façon par l’échec du volontarisme sarkozyste, conduit les gouvernants à mettre en scène leurs diverses initiatives de manière plus ou moins heureuse. Le comble du ridicule a été atteint avec la demande adressée à deux de ses ministres, par le chef du gouvernement, de recevoir d’urgence une association de pères au prétexte que l’un d’entre eux avait réussi à capter l’attention médiatique. «Le Premier ministre suit avec la plus grande attention la situation du père qui s’est retranché en haut d’une grue à Nantes», expliqua doctement l’hôtel Matignon. Les joutes scripturales entre Maurice Taylor, le sanguin patron américain de Titan, et Arnaud Montebourg, le volubile ministre du Redressement productif, ont par ailleurs permis de dresser le tableau de l’affrontement entre un méchant capitaliste et un gentil socialiste. Mais il n’est pas certain du tout que l’opinion, pour le moins désabusée, soit dupe de telles mises en scène. Le combat homérique autour du mariage homosexuel a également servi de cause précieuse à la gauche pour lui faire oublier, un temps, qu’elle était méchamment ballottée par la crise. Là encore, l’effet est cependant loin d’être assuré à moyen terme. Pour emblématique qu’elle soit aux yeux de certaines, cette réforme ne concerne, au maximum, que 0,6% des couples français… L’intervention militaire au Mali, enfin, a pu donner l’impression que le volontarisme politique trouvait refuge dans ce type d’expéditions à l’étranger. D’aucuns ont même cru, à l’Elysée ou ailleurs, que le président Hollande en sortirait transfiguré et renouerait ainsi avec l’opinion. Las, le rebond dans les sondages fut d’aussi faible ampleur que de courte durée. Le chef de l’Etat est désormais retombé dans une impopularité record. Eric Dupin
Début 2011, en France métropolitaine, l’Insee dénombre (…) 200.000 personnes majeures qui déclarent être en couple – soit 100.000 couples de même sexe. Ce qui ne fait qu’un petit 0,6% des couples français. Et dans cette population en couple, légèrement moins de femmes: six fois sur dix en effet, les couples sont constitués d’hommes. Les personnes en couple de même sexe, toujours selon l’Insee, sont plus jeunes (…)  Les couples homos seraient aussi plus diplômés et plus urbains. (…) peut être favorisée par une plus grande facilité des rencontres et une plus forte acceptation de l’homosexualité dans les milieux urbains (…) environ une personne en couple de même sexe sur dix réside (au moins une partie du temps) avec au moins un enfant qu’elle déclare comme le sien (celui d’un membre du couple ou des deux) – contre 53% dans les couples hétéros. Pour la plupart, ces enfants sont nés d’une union hétérosexuelle précédente, et les enfants sont alors partagés. (…) ces couples homos qui vivent au moins une partie du temps avec un enfant sont majoritairement des femmes (huit fois sur dix environ). (…) les couples homos, gays comme lesbiens, résident moins souvent avec leur conjoint que les personnes en couple hétéro, soit 12 points de plus que les personnes en couple de sexe différent. Une différence qui reste marquée à tous les âges. Têtu
L’effet Hawthorne ou expérience Hawthorne, décrit la situation dans laquelle les résultats d’une expérience ne sont pas dus aux facteurs expérimentaux mais au fait que les sujets ont conscience de participer à une expérience dans laquelle ils sont testés, ce qui se traduit généralement par une plus grande motivation. Cet effet tire son nom des études de sociologie du travail menées par Elton Mayo dans l’usine Western Electric de Cicero, la Hawthorne Works, près de Chicago de 1927 à 1932. Cet effet psychologique est à rapprocher de l’effet Pygmalion, que l’on observe chez des élèves dont les résultats s’améliorent du simple fait que le professeur attend davantage d’eux. On peut aussi le rapprocher de l’effet placebo. De 1927 à 1932, Mayo dirigea une expérience dans l’usine Hawthorne, occupant dans plusieurs ateliers une main-d’œuvre ouvrière principalement féminine. Ces ouvrières assemblaient des circuits électriques destinés à des appareils de radio. Elton Mayo, alors professeur à la Harvard Business School, mena une série d’études entre 1927 et 1932 sur la productivité au travail des employés de la Western Electric Company dans l’usine Hawthorne, occupant dans plusieurs ateliers une main d’œuvre ouvrière principalement féminine. Ces ouvrières assemblaient des circuits électriques destinés à des appareils de radio. Afin de déterminer les facteurs modulant la productivité, Mayo et son équipe de psychologues sélectionna un groupe d’employées qu’il fit travailler dans différentes conditions de travail, en jouant notamment sur l’intensité de la lumière de l’éclairage. Mayo vérifia que l’amélioration des conditions matérielles de travail (l’éclairage, en particulier) faisait croître la productivité. Mais il s’aperçut aussi, paradoxalement, que la suppression de ces améliorations (allongement des horaires, interdiction de parler pendant le travail, etc.) ne faisait pas baisser la productivité. D’autre part, Mayo et son équipe constatèrent que la productivité des ouvrières dans l’atelier témoin avait tendance à s’accroître sans qu’aucune amélioration des conditions n’ait pu l’expliquer quand les employées étaient remises dans leurs conditions habituelles de travail. Wikipedia
S’il nous était demandé de concevoir un système destiné à répondre aux besoins essentiels de l’enfant, nous finirions probablement par inventer quelque chose d’assez proche de l’idéal d’une famille avec deux parents. Sarah McLanahan et Gary Sandefur (1994)
Alors qu’il semblait y avoir des différences d’impact entre les enfants issus de ménages homosexuels et ceux issus de ménages hétérosexuels, il n’y en avait pas autant que ce à quoi les spécialistes auraient pu s’attendre et certaines différences — comme une inclination vers l’expérimentation homosexuelle — n’ont plus à être considérées comme des carences à une époque éclairée comme la nôtre. American Sociological Review (2001)
Aucune étude n’a trouvé d’enfants de parents lesbiennes ou gay défavorisés d’une façon significative par rapport aux enfants de parents hétérosexuels. APA (2005)
Sur la stricte base des publications scientifiques, on pourrait arguer que deux femmes s’occupent mieux en moyenne de leurs enfants qu’une femme et un homme, ou du moins qu’une femme et un homme avec une division traditionnelle du travail. Les coparentes lesbiennes semblent surpasser les parents mariés hétérosexuels et biologiques sur plusieurs mesures, alors même que l’on continue à leur refuser les privilèges considérables du mariage. Judith Stacey et Tim Biblarz (2010)
La famille nucléaire biologiquement intacte et stable semble être, même si c’est une fausse impression, une espèce en voie de disparition. Cependant, elle demeure l’environnement le plus sain et sécurisant pour le développement de l’enfant. […] Ce qu’affirmaient les sociologues Sarah McLanahan et Gary Sandefur en 1994 reste une réalité : ” S’il nous était demandé de concevoir un système destiné à répondre aux besoins essentiels de l’enfant, nous finirions probablement par inventer quelque chose d’assez proche de l’idéal d’une famille avec deux parents.” Ses avantages sont amplement démontrés : accès au temps et à l’argent de deux adultes, un système d’équilibre des pouvoirs, une double connexion biologique à l’enfant, le tout renforçant la “probabilité que les parents s’identifient à l’enfant et soient capable de se sacrifier pour cet enfant, ce qui réduirait la probabilité que l’un des parents abuse de l’enfant. Mark Regnerus
Un des problèmes du débat français sur l’opportunité d’accorder le droit aux personnes de même sexe de se marier, et d’adopter des enfants, est la mise en avant de statistiques dont les origines sont assez obscures. Ces chiffres portent sur le nombre de foyers homosexuels où des enfants sont élevés, et sur les conséquences pour ces enfants, présentées comme égales, sinon optimales par rapport aux enfants élevés dans un foyer composé d’un père et d’une mère mariés. La plupart de ces affirmations ne sont pas fondées sur des études sociologiques françaises, mais sur des études américaines, qui se sont multipliées depuis le début des années 2000. Dans un article (…) rendu public le 11 juin 2012, Mark Regnerus, chercheur en sociologie à l’université du Texas, présente une étude  (qui) remet en cause le dogme, qui s’était établi dans le milieu scientifique et militant, selon lequel grandir dans un foyer où les parents sont de même sexe ne changerait rien, voire serait bénéfique pour l’enfant en comparaison à d’autres configurations familiales. Quelques-unes de ces études avaient même été jusqu’à affirmer la supériorité d’un foyer composé de deux femmes sur un foyer avec père et mère mariés. Cela constituait un changement de paradigme scientifique très brusque puisque au milieu de la décennie 1990, moment où les fictions télévisuelles commencèrent à présenter divers arrangements familiaux impliquant des homosexuels sous une perspective favorable (pensons à la série Friends par exemple), les experts de la famille considéraient encore que l’arrangement familial le plus favorable pour le devenir des enfants était avoir un père et une mère toujours mariés. Ce brusque bouleversement de paradigme est apparu comme suspect aux yeux de Regnerus. Alliance Vita
The rapid pace at which the overall academic discourse surrounding gay and lesbian parents’ comparative competence has swung—from the wide acknowledgement of challenges to “no differences” to more capable than mom and pop families—is notable, and frankly a bit suspect. Scientific truths are seldom reversed in a decade. By comparison, studies of adoption—a common method by which many same-sex couples (but even more heterosexual ones) become parents—have repeatedly and consistently revealed important and wide-ranging differences, on average, between adopted children and biological ones. The differences have been so pervasive and consistent that adoption experts now emphasize that “acknowledgement of difference” is critical for both parents and clinicians when working with adopted children and teens. This ought to give social scientists studying gay-parenting outcomes pause—rather than lockstep unanimity. After all, many children of gay and lesbian couples are adopted.Far more of them, however, are the children of single parents, and were born the old-fashioned way.
So why did this study come up with such different results than previous work in the field? And why should one study alter so much previous sentiment? Basically, better methods. When it comes to assessing how children of gay parents are faring, the careful methods and random sampling approach found in demography has not often been employed by scholars studying this issue, due in part—to be sure—to the challenges in locating and surveying small minorities randomly. In its place, the scholarly community has often been treated to small, nonrandom “convenience” studies of mostly white, well-educated lesbian parents, including plenty of data-collection efforts in which participants knew that they were contributing to important studies with potentially substantial political consequences, elevating the probability of something akin to the “Hawthorne Effect.” This is hardly an optimal environment for collecting unbiased data (and to their credit, many of the researchers admitted these challenges). I’m not claiming that all the previous research on this subject is bunk. But small or nonrandom studies shouldn’t be the gold standard for research, all the more so when we’re dealing with a topic so weighted with public interest and significance. 
The political take-home message of the NFSS study is unclear, however. On the one hand, the instability detected in the NFSS could translate into a call for extending the relative security afforded by marriage to gay and lesbian couples. On the other hand, it may suggest that the household instability that the NFSS reveals is just too common among same-sex couples to take the social gamble of spending significant political and economic capital to esteem and support this new (but tiny) family form while Americans continue to flee the stable, two-parent biological married model, the far more common and accomplished workhorse of the American household, and still—according to the data, at least—the safest place for a kid. Mark Regnerus
Since they can’t produce children from their combined gametes, they suffer, in Regnerus’ words, “a diminished context of kin altruism.” He points out that in studies of adoption, stepfamilies, and cohabitation, this kinship deficit has “typically proven to be a risk setting, on average, for raising children when compared with married, biological parenting.” Homosexuals who want to have kids could emulate the biological model by using eggs or sperm from a sibling of the non-biological parent, though the effects of this practice on family dynamics are unknown. But the infertility of same-sex couples also confers an advantage. As Regnerus acknowledges, “Today’s children of gay men and lesbian women are more apt to be ‘planned’ (that is, by using adoption, IVF, or surrogacy) than as little as 15–20 years ago, when such children were more typically the products of heterosexual unions.” In fact, “Given that unintended pregnancy is impossible among gay men and a rarity among lesbian couples, it stands to reason that gay and lesbian parents today are far more selective about parenting than the heterosexual population, among whom unintended pregnancies remain very common, around 50%.” And the more planned your child is, the more likely it is that she’ll turn out well. Based on previous research, Regnerus predicts that outcomes among children of stable, planned same-sex families are “quite likely distinctive” from outcomes among children of failed heterosexual unions. William Saletan (Slate)

Donnez aux homos (qui en plus n’ont pas le risque des grossesses accidentelles) l’engagement, la connection biologique (ils doivent bien avoir des gamètes qui trainent du côté de leurs frères et soeurs) et la stabilité et bingo… vous aurez le meilleur des mondes pour les enfants !

Recherches non extrapolables à la population entière (à partir d’une base réduite de la population – 0,6% pour la France!), échantillons trop faibles (44 personnes au maximum), échantillons non aléatoires (selon la méthode « boule de neige » d’autosélection à l’intérieur d’un réseau autocoopté), non représentativité de la composition socio-économique, religieuse, raciale et géographique du pays, effet hawthorne (conscience des interviewés de l’impact politique de l’enquête à laquelle ils participent) …

A lire d’urgence …

Pour tous ceux qui avaient encore des doutes sur le « mariage pour tous »et le matraquage d’études américaines systématiquement orientées …

L’imparable argumentation du magazine internet Slate …

Back in the Gay

Does a new study indict gay parenthood or make a case for gay marriage?

William Saletan

Slate

June 11, 2012

Is same-sex marriage a good idea? Or is an intact biological family the best environment for raising a child? The answer may turn out to be yes and yes.

That’s the curious implication of a study reported yesterday in Social Science Research and outlined in Slate today by its principal investigator, sociologist Mark Regnerus. The study, which found inferior economic, educational, social, and psychological outcomes among children of gay parents, comes across as evidence that homosexuals are unfit to raise kids. But the study doesn’t document the failure of same-sex marriage. It documents the failure of the closeted, broken, and unstable households that preceded same-sex marriage.

The project, known as the New Family Structures Study, was sponsored, to the tune of nearly $800,000, by two socially conservative funders: the Witherspoon Institute and the Bradley Foundation. In his journal article, Regnerus says it “clearly reveals that children appear most apt to succeed well as adults—on multiple counts and across a variety of domains—when they spend their entire childhood with their married mother and father.” In Slate, he notes, “On 25 of 40 different outcomes evaluated, the children of women who’ve had same-sex relationships fare quite differently than those in stable, biologically-intact mom-and-pop families, displaying numbers more comparable to those from heterosexual stepfamilies and single parents.”

These findings shouldn’t surprise us, because this isn’t a study of gay couples who decided to have kids. It’s a study of people who engaged in same-sex relationships—and often broke up their households—decades ago.

To understand the study, you have to read the questionnaire that defined the sample. It began by asking each respondent, as the child of this or that kind of family arrangement, his age. If the respondent was younger than 18 or older than 39, the survey was terminated. This means the entire sample was born between 1971 and 1994, when same-sex marriage was illegal throughout the United States, and millions of homosexuals were trying to pass or function as straight spouses.

The survey went on to ask: “From when you were born until age 18 … did either of your parents ever have a romantic relationship with someone of the same sex?” If the respondent said yes, he was put in the “gay father” (GF) or “lesbian mother” (LM) category, regardless of subsequent answers. But if he said no, a later question about the relationship between “your biological parents” was used to classify him as the product of an “intact biological family” (IBF) or of an “adopted,” “divorced,” “stepfamily,” or “single-parent” household. In other words, broken families were excluded from the IBF category but included in the GF and LM categories.

This loaded classification system produced predictable results. In his journal article, Regnerus says respondents who were labeled GF or LM originated most commonly from a “failed heterosexual union.” As evidence, he observes that “just under half of such respondents reported that their biological parents were once married.” Most respondents classified as LM “reported that their biological mother exited the respondent’s household at some point during their youth.” Regnerus calculates that only one-sixth to one-quarter of kids in the LM sample—and less than 1 percent of kids in the GF sample—were planned and raised by an already-established gay parent or couple. In Slate, he writes that GF kids “seldom reported living with their father for very long, and never with his partner for more than three years.” Similarly, “less than 2 percent” of LM kids “reported living with their mother and her partner for all 18 years of their childhood.”

In short, these people aren’t the products of same-sex households. They’re the products of broken homes. And the closer you look, the weirder the sample gets. Of the 73 respondents Regnerus classified as GF, 12—one of every six—“reported both a mother and a father having a same-sex relationship.” Were these mom-and-dad couples bisexual swingers? Were they closet cases who covered for each other? If their kids, 20 to 40 years later, are struggling, does that reflect poorly on gay parents? Or does it reflect poorly on the era of fake heterosexual marriages?

What the study shows, then, is that kids from broken homes headed by gay people develop the same problems as kids from broken homes headed by straight people. But that finding isn’t meaningless. It tells us something important: We need fewer broken homes among gays, just as we do among straights. We need to study Regnerus’ sample and fix the mistakes we made 20 or 40 years ago. No more sham heterosexual marriages. No more post-parenthood self-discoveries. No more deceptions. No more affairs. And no more polarization between homosexuality and marriage. Gay parents owe their kids the same stability as straight parents. That means less talk about marriage as a right, and more about marriage as an expectation.

The study does raise a fundamental challenge for same-sex couples. Since they can’t produce children from their combined gametes, they suffer, in Regnerus’ words, “a diminished context of kin altruism.” He points out that in studies of adoption, stepfamilies, and cohabitation, this kinship deficit has “typically proven to be a risk setting, on average, for raising children when compared with married, biological parenting.” Homosexuals who want to have kids could emulate the biological model by using eggs or sperm from a sibling of the non-biological parent, though the effects of this practice on family dynamics are unknown.

But the infertility of same-sex couples also confers an advantage. As Regnerus acknowledges, “Today’s children of gay men and lesbian women are more apt to be ‘planned’ (that is, by using adoption, IVF, or surrogacy) than as little as 15–20 years ago, when such children were more typically the products of heterosexual unions.” In fact, “Given that unintended pregnancy is impossible among gay men and a rarity among lesbian couples, it stands to reason that gay and lesbian parents today are far more selective about parenting than the heterosexual population, among whom unintended pregnancies remain very common, around 50%.” And the more planned your child is, the more likely it is that she’ll turn out well. Based on previous research, Regnerus predicts that outcomes among children of stable, planned same-sex families are “quite likely distinctive” from outcomes among children of failed heterosexual unions.

The study’s main takeaway, according to Regnerus, is that kids of gay parents have turned out differently from kids of straight parents, and not in a good way. I’m sure that conclusion will please the study’s conservative sponsors. But the methodology and findings, coupled with previous research, point to deeper differences that transcend orientation. Kids do better when they have two committed parents, a biological connection, and a stable home. If that’s good advice for straights, it’s good advice for gays, too.

Voir aussi:

Queers as Folk

Does it really make no difference if your parents are straight or gay?

Mark Regnerus

June 11, 2012

Not far beneath all the debate about marriage equality remains a longstanding concern about children. Parents and advocates of all stripes wonder, and some worry, whether the children of gay and lesbian parents will turn out “different.” Different in significant ways, not just odd or unique ones. Family scholars, in particular, have paid closer attention to the specific family dynamics that might affect such children, like the number and gender of parents, their genetic relationship to the children, as well as any “household transitions” the kids have endured.

Most family scholars had, until recently, consistently (and publicly) affirmed the elevated stability and social benefits of the married, heterosexual, biological, two-parent household, when contrasted to single mothers, cohabiting couples, adoptive parents, divorced parents, and—tacitly—gay and lesbian parents. For instance, in their 1994 book Growing Up With A Single Parent, sociologists Sara McLanahan and Gary Sandefur wrote, “If we were asked to design a system for making sure that children’s basic needs were met, we would probably come up with something quite similar to the two-parent ideal.” Other family structures were all widely perceived to fall short—even if not far short—in a variety of developmental domains such as educational achievement, behavior problems, and emotional well-being. While many of us have anecdotal evidence or personal experience to the contrary, the social science on the matter remained clear: When mom and dad stay together their children tend to be, in the weekly words of Garrison Keillor, “above average.” Stepparents and single moms got used to the chorus of voices telling them their job was a tall one. Ditto for gay and lesbian parents.

For this last group, however, things began to change in 2001 with the publication of a review article in the American Sociological Review, which noted that while there appeared to be some differences in outcomes between children in same-sex and heterosexual households, there weren’t as many as family scholars might have expected, and some differences—like a proclivity toward same-sex experimentation—need no longer be perceived as deficits in an enlightened age like ours. Since that time the conventional wisdom has been that there are “no differences” of note in the child outcomes of gay and lesbian parents. The phrase has appeared in dozens of studies, reports, depositions, and articles—and in countless email and Facebook debates—since then.

Ten years later, the discourse has actually shifted further still, suggesting that same-sex parents now appear to be more competent than heterosexual ones. A second review of research asserted that “non-heterosexual” parents, on average, enjoy significantly better relationships with their children than do heterosexual ones, and that the kids in same-sex families exhibited no differences in the domains of cognitive development, psychological adjustment, and gender identity. Elsewhere it was noted that in lesbian families there is zero evidence of sexual abuse, and the news was widely publicized. This line of argument led to yet another review article—this one on gender and parenting in 2010—with sociologists Judith Stacey and Tim Biblarz openly contending that:

based strictly on the published science, one could argue that two women parent better on average than a woman and a man, or at least than a woman and man with a traditional division of labor. Lesbian coparents seem to outperform comparable married heterosexual, biological parents on several measures, even while being denied the substantial privileges of marriage.

The matter was considered settled. In fact, it was old news to psychologists by then, since in 2005 the APA had issued a brief on lesbian and gay parenting in which it was asserted, “Not a single study has found children of lesbian or gay parents to be disadvantaged in any significant respect relative to children of heterosexual parents.”

The rapid pace at which the overall academic discourse surrounding gay and lesbian parents’ comparative competence has swung—from the wide acknowledgement of challenges to “no differences” to more capable than mom and pop families—is notable, and frankly a bit suspect. Scientific truths are seldom reversed in a decade. By comparison, studies of adoption—a common method by which many same-sex couples (but even more heterosexual ones) become parents—have repeatedly and consistently revealed important and wide-ranging differences, on average, between adopted children and biological ones. The differences have been so pervasive and consistent that adoption experts now emphasize that “acknowledgement of difference” is critical for both parents and clinicians when working with adopted children and teens. This ought to give social scientists studying gay-parenting outcomes pause—rather than lockstep unanimity. After all, many children of gay and lesbian couples are adopted.

Far more of them, however, are the children of single parents, and were born the old-fashioned way. This is one conclusion of the New Family Structures Study (NFSS), an overview article about which appears in the July issue of the journal Social Science Research. Instead of relying on small samples, or the challenges of discerning sexual orientation of household residents using census data, my colleagues and I randomly screened over 15,000 Americans aged 18-39 and asked them if their biological mother or father ever had a romantic relationship with a member of the same sex. I realize that one same-sex relationship does not a lesbian make, necessarily. But our research team was less concerned with the complicated politics of sexual identity than with same-sex behavior.

The basic results call into question simplistic notions of “no differences,” at least with the generation that is out of the house. On 25 of 40 different outcomes evaluated, the children of women who’ve had same-sex relationships fare quite differently than those in stable, biologically-intact mom-and-pop families, displaying numbers more comparable to those from heterosexual stepfamilies and single parents. Even after including controls for age, race, gender, and things like being bullied as a youth, or the gay-friendliness of the state in which they live, such respondents were more apt to report being unemployed, less healthy, more depressed, more likely to have cheated on a spouse or partner, smoke more pot, had trouble with the law, report more male and female sex partners, more sexual victimization, and were more likely to reflect negatively on their childhood family life, among other things. Why such dramatic differences? I can only speculate, since the data are not poised to pinpoint causes. One notable theme among the adult children of same-sex parents, however, is household instability, and plenty of it. The children of fathers who have had same-sex relationships fare a bit better, but they seldom reported living with their father for very long, and never with his partner for more than three years.

So why did this study come up with such different results than previous work in the field? And why should one study alter so much previous sentiment? Basically, better methods. When it comes to assessing how children of gay parents are faring, the careful methods and random sampling approach found in demography has not often been employed by scholars studying this issue, due in part—to be sure—to the challenges in locating and surveying small minorities randomly. In its place, the scholarly community has often been treated to small, nonrandom “convenience” studies of mostly white, well-educated lesbian parents, including plenty of data-collection efforts in which participants knew that they were contributing to important studies with potentially substantial political consequences, elevating the probability of something akin to the “Hawthorne Effect.” This is hardly an optimal environment for collecting unbiased data (and to their credit, many of the researchers admitted these challenges). I’m not claiming that all the previous research on this subject is bunk. But small or nonrandom studies shouldn’t be the gold standard for research, all the more so when we’re dealing with a topic so weighted with public interest and significance.

To improve upon the science and to test the theory of “no differences,” the NFSS collected data from a large, random cross-section of American young adults—apart from the census, the largest population-based dataset prepared to answer research questions about households in which mothers or fathers have had same-sex relationships—and asked them questions about their life both now and while they were growing up. When simply and briefly asked if their mother and/or father had been in a same-sex romantic relationship, 175 said it was true of their mothers and 73 said the same about their fathers—numbers far larger than has typified studies in this area. We interviewed all of these respondents (and a random sample of others) about their own lives and relationships, as well as asked them to reflect upon their family life while growing up. The differences, it turns out, were numerous. For instance, 28 percent of the adult children of women who’ve had same-sex relationships are currently unemployed, compared to 8 percent of those from married mom-and-dad families. Forty percent of the former admit to having had an affair while married or cohabiting, compared to 13 percent of the latter. Nineteen percent of the former said they were currently or recently in psychotherapy for problems connected with anxiety, depression, or relationships, compared with 8 percent of the latter. And those are just three of the 25 differences I noted.

While we know that good things tend to happen—both in the short-term and over the long run—when people provide households that last, parents in the NFSS who had same-sex relationships were the least likely to exhibit such stability. The young-adult children of women in lesbian relationships reported the highest incidence of time spent in foster care (at 14 percent of total, compared to 2 percent among the rest of the sample). Forty percent spent time living with their grandparents (compared to 10 percent of the rest); 19 percent spent time living on their own before age 18 (compared to 4 percent among everyone else). In fact, less than 2 percent of all respondents who said their mother had a same-sex relationship reported living with their mother and her partner for all 18 years of their childhood.

Kudos to those gay parents, like those of Zach Wahls, who have done a remarkable job in raising their now young-adult children. I’m sure the challenges were significant and the social support often modest. There are cases in the data of people like Zach, but not very many. Stability is pivotal, but uncommon.

There are limitations to this study, of course. We didn’t have as many intact lesbian and gay families as we hoped to evaluate, even though they are the face of much public deliberation about marriage equality. But it wasn’t for lack of effort.

Let me be clear: I’m not claiming that sexual orientation is at fault here, or that I know about kids who are presently being raised by gay or lesbian parents. Their parents may be forging more stable relationships in an era that is more accepting and supportive of gay and lesbian couples. But that is not the case among the previous generation, and thus social scientists, parents, and advocates would do well from here forward to avoid simply assuming the kids are all right.

This study arrives in the middle of a season that’s already exhibited plenty of high drama over same-sex marriage, whether it’s DOMA, the president’s evolving perspective, Prop 8 pinball, or finished and future state ballot initiatives. The political take-home message of the NFSS study is unclear, however. On the one hand, the instability detected in the NFSS could translate into a call for extending the relative security afforded by marriage to gay and lesbian couples. On the other hand, it may suggest that the household instability that the NFSS reveals is just too common among same-sex couples to take the social gamble of spending significant political and economic capital to esteem and support this new (but tiny) family form while Americans continue to flee the stable, two-parent biological married model, the far more common and accomplished workhorse of the American household, and still—according to the data, at least—the safest place for a kid.

Voir encore:

L’étude de Mark Regnerus (US) sur les enfants ayant eu un parent homosexuel

Concernant l’homoparentalité, une nouvelle étude de sociologie américaine nous met en garde contre l’usage abusif des science sociales dans le débat public, tout en offrant un bon aperçu de l’expérience d’avoir eu un parent homosexuel pour la génération aujourd’hui adulte. Cette étude va dans le sens de ce qui a longtemps été une évidence, et qui fait aujourd’hui l’objet de controverses : en moyenne, un enfant s’en sort mieux lorsque son père et sa mère restent mariés.

L’apport américain

La spécificité des États-Unis en matière de débat sur l’homoparentalité est double : l’évolution de la société fait que des situations d’homoparentalité de fait existent depuis les années 1990, et donc une génération d’enfants de ces foyers est parvenue à l’âge adulte ; l’autre spécificité est le grand respect pour l’apport des sciences sociales : aux États-Unis, même les sujets controversés, comme par exemple les inégalités sociales, sont abordés à travers de grandes enquêtes sociologiques et statistiques. Les chercheurs en sciences sociales jouissent d’une assez grande autonomie pour étudier divers objets sans nécessairement se soucier de l’opinion dominante.

Un des problèmes du débat français sur l’opportunité d’accorder le droit aux personnes de même sexe de se marier, et d’adopter des enfants, est la mise en avant de statistiques dont les origines sont assez obscures. Ces chiffres portent sur le nombre de foyers homosexuels où des enfants sont élevés, et sur les conséquences pour ces enfants, présentées comme égales, sinon optimales par rapport aux enfants élevés dans un foyer composé d’un père et d’une mère mariés. La plupart de ces affirmations ne sont pas fondées sur des études sociologiques françaises, mais sur des études américaines, qui se sont multipliées depuis le début des années 2000.

L’étude de Mark Regnerus

Dans un article intitulé « How different are the adult children of parents who have same-sex relationships? Findings from the New Family Structures Study » [« A quel point les enfants devenus adultes de parents ayant eu une relation homosexuelle sont-ils différents ? Résultats de l’Étude sur les nouvelles structures familiales » ] et rendu public le 11 juin 2012, Mark Regnerus, chercheur en sociologie à l’université du Texas, présente une étude considérée comme rigoureuse et complète selon l’analyse de plusieurs de ses pairs1, ou même de promoteurs de l’homoparentalité2.

Cette étude remet en cause le dogme, qui s’était établi dans le milieu scientifique et militant, selon lequel grandir dans un foyer où les parents sont de même sexe ne changerait rien, voire serait bénéfique pour l’enfant en comparaison à d’autres configurations familiales. Quelques-unes de ces études avaient même été jusqu’à affirmer la supériorité d’un foyer composé de deux femmes sur un foyer avec père et mère mariés. Cela constituait un changement de paradigme scientifique très brusque puisque au milieu de la décennie 1990, moment où les fictions télévisuelles commencèrent à présenter divers arrangements familiaux impliquant des homosexuels sous une perspective favorable (pensons à la série Friends par exemple), les experts de la famille considéraient encore que l’arrangement familial le plus favorable pour le devenir des enfants était avoir un père et une mère toujours mariés. Ce brusque bouleversement de paradigme est apparu comme suspect aux yeux de Regnerus, sociologue respecté, dont les études précédentes portent notamment sur l’activité sexuelle des jeunes gens non mariés3.

Méthodologie de l’enquête

Aidé par des collègues, Mark Regnerus a repris une base de données sociologique très fouillée appelée New Family Structures Study4, et il a posé une question à plus de 15 000 américains devenus adultes entre 1990 et 2009 et sélectionnés de façon aléatoire : « Est-ce que l’un de vos parents biologiques a eu, entre votre naissance et l’âge de vos 18 ans, une relation amoureuse avec quelqu’un de son propre sexe ? » 175 ont répondu que c’était le cas pour leur mère, 73 pour leur père. Ces personnes, ainsi qu’un échantillon représentatif de cette génération de la population américaine, ont passé un entretien approfondi portant sur leur vie, leurs relations amoureuses et leur propre éducation, – soit en tout 2 988 personnes interrogées. L’objet de l’enquête est de tester le paradigme de l’absence de différences. Pour cela, Mark Regnerus a constitué huit groupes parmi les  personnes interrogées suivant les structures familiales dans lesquelles ils avaient grandi :

– Famille biologique intacte (“still-intact, biological family”) : un père et une mère marié depuis la naissance de l’enfant jusqu’à aujourd’hui. (919)

– Mère lesbienne : la mère a eu une relation amoureuse avec une femme. (163)

– Père gay : le père a eu une relation amoureuse avec un homme. (73)

– Adopté : adoption par un ou deux parents avant l’âge de deux ans. (101)

– Divorce tardif ou garde partagée : l’enfant a vécu avec ses deux parents jusqu’à 18 ans, ils ne sont plus mariés. (116)

– Belle-famille : les parents biologiques n’ont jamais été mariés ou ont divorcé, le parent ayant la garde s’est marié avec quelqu’un d’autre avant les 18 ans de l’enfant. (394)

– Monoparentalité : les parents biologiques n’ont jamais été mariés ou ont divorcé, le parent ayant la garde ne s’est pas marié ou remarié avant les 18 ans de l’enfant. (816)

– Autres configurations, dont le décès d’un des parents. (406)

Les résultats significatifs

Comparés aux enfants de “famille biologique intacte”, les enfants aujourd’hui adultes dont la mère a eu une relation amoureuse avec une femme présentent 25 différences significatives sur les 40 variables testées :

Variable testée Enfants devenus adultes de famille biologique encore intacte Enfants devenus adultes dont la mère a eu une relation amoureuse avec une femme avant leur majorité
Questions de type OUI ou NON, résultats moyens en pourcentages
En cohabitation actuellement 9% 24%
La famille a reçu des aides publiques pendant la jeunesse des enfants 17% 69%
Bénéficiaires d’aides publiques actuellement 10% 38%
Employés à temps plein actuellement 49% 26%
Actuellement au chômage 8% 28%
Ont voté à la dernière élection présidentielle 57% 41%
S’identifient comme entièrement hétérosexuels 90% 61%
Ont eu une relation extraconjugale alors que mariés ou en cohabitation 13% 40%
Ont subi des attouchements sexuels par un parent ou un adulte 2% 23%
Ont subi une relation sexuelle contre leur consentement 8% 31%
Questions portant sur une échelle continue, résultats moyens.
Niveau d’éducation atteint (échelle de 1 à 5) 3,19 2,39
Sentiment de sûreté dans la famille d’origine (1 à 5) 4,13 3,12
Impact négatif de la famille d’origine (1 à 5) 2,3 3,13
Auto-estimation de la santé physique (1 à 5) 3,75 3,38
Index de dépression (échelle de 1 à 4) 1,83 2,2
Échelle d’évaluation du degré de dépendance à autrui (1 à 5) 2,82 3,43
Niveau de revenu (1 à 13) 8,27 6,08
Relation amoureuse actuelle en difficulté (1 à 4) 2,04 2,35
Questions portant sur des fréquences, des occurrences, moyenne sur une échelle
Fréquence d’usage de la marijuana (1 à 6) 1,32 1,84
Fréquence d’usage de la cigarette (1 à 6) 1,79 2,76
Fréquence d’utilisation de la télévision (1 à 6) 3,01 3,70
Fréquence d’arrestations par la police (1 à 4) 1,18 1,68
Fréquence de ceux ayant reconnu avoir commis un délit (1 à 4) 1,1 1,36
Nombre de partenaires sexuels féminins pour les femmes (0 à 11) 0,22 1,04
Nombre de partenaires sexuels masculins pour les femmes (0 à 11) 2,79 4,02

Lecture : En moyenne, 9% des enfants aujourd’hui adultes dont le père et la mère sont encore mariés vivent en cohabitation sans être mariés, contre 24% des enfants devenus adultes dont la mère a eu une relation amoureuse avec une femme entre le moment de leur naissance et l’âge de 18 ans.

Les résultats présentés ci-dessus sont une sélection traduite de tableaux pris directement dans l’article de Regnerus. Ces 25 variables présentent des différences statistiquement probantes et testées entre “avoir grandi dans une famille dont les parents biologiques sont mariés”, et “avoir fait l’expérience entre 0 et 18 ans d’une mère ayant eu une relation amoureuse avec une femme”.

Quelques conclusions à retenir

– Toutes les recherches scientifiques précédentes sur l’homoparentalité sont d’une utilité quasiment nulle, car leurs conclusions ne peuvent pas être extrapolées à la population entière : d’une part, les échantillons y sont trop faibles (des échantillons de 44 personnes au maximum, d’après Regnerus, p. 754, qui donne un résumé de ces recherches) ; d’autre part, ils sont constitués de façon non aléatoire, selon la méthode « boule de neige » : les membres de l’échantillon sont sélectionnés à l’intérieur d’un réseau dont les membres se cooptent. Pour ces raisons, ces échantillons ne sauraient refléter la composition socio-économique, religieuse, raciale et géographique des Etats-Unis. Par ailleurs, les interviewés ont souvent conscience de l’impact politique de l’enquête à laquelle ils participent.

– Cette étude est novatrice car elle donne avec une grande rigueur méthodologique le point de vue de l’enfant sur le fait d’avoir eu un parent homosexuel, alors que la parole était jusqu’ici monopolisée par les parents.

– Le trait le plus marquant de cette enquête sociologique, s’il fallait en retenir un, est l’instabilité de la vie de l’enfant dont la mère a eu une relation amoureuse avec une femme : davantage de temps passé dans un foyer d’accueil, davantage de temps passé chez les grands parents, davantage de temps passé de manière autonome avant 18 ans. En fait, moins de 2% de ces enfants ont passé leur enfance entière avec leur mère et sa partenaire.5

Les limites d’une telle recherche

– Cette étude ne dit rien sur l’expérience de grandir dans des foyers homoparentaux dans la période actuelle, et ce pour deux raisons : 1. Avoir un parent ayant eu une relation homosexuelle n’est pas synonyme d’avoir grandi dans un foyer homoparental. 2. Cette étude porte sur une génération aujourd’hui adulte, pour laquelle le fait homosexuel était peut-être moins bien accepté socialement qu’aujourd’hui.

– Il ne faut pas demander aux sciences sociales plus qu’elles ne peuvent donner : une bonne recherche ne peut être normative ou prédictive. C’est la description qui doit guider la démarche, mais elle est elle-même dépendante de catégories utilisables et opportunes. Les catégories prises ici reflètent cela : ce n’est pas tant une étude de l’homoparentalité que de l’expérience d’avoir un père ou une mère biologique ayant eu au moins une fois une expérience homosexuelle avant la majorité de l’enfant. Même si dans l’échantillon, certaines personnes ont effectivement eu une expérience de vie dans un foyer homoparental, ils sont bien moins nombreux que les membres des deux catégories ciblées. (23% des enfants dont la mère a eu une relation amoureuse avec une femme ont vécu avec ces deux femmes pendant au moins trois ans avant d’atteindre 18 ans; moins de 2% des enfants dont le père a eu une relation amoureuse avec un homme ont vécu avec ces deux hommes pendant au moins trois ans avant d’atteindre 18 ans).

– Mark Regnerus met prudemment en garde contre l’utilisation d’une telle étude à des fins politiques : ses seules applications solides et concrètes seraient de défaire l’utilisation politique et idéologique des études précédentes participant du paradigme de l’absence de différences, et d’indiquer la rareté d’une telle configuration familiale pour les générations dont les enfants sont devenus adultes. La sociologie nous ordonne ici à grands frais de nous méfier d’elle, offrant une remise à plat du bruit médiatique autour de l’apport de la « Science » au débat sur la légitimité de l’homoparentalité.

– En fait, ce qui est fondamentalement en jeu ici, c’est le maintien de l’idéal de la famille biologique mariée. Pour Mark Regnerus : « La famille nucléaire biologiquement intacte et stable semble être, même si c’est une fausse impression, une espèce en voie de disparition. Cependant, elle demeure l’environnement le plus sain et sécurisant pour le développement de l’enfant. […] Ce qu’affirmaient les sociologues Sarah McLanahan et Gary Sandefur en 1994 reste une réalité : ” S’il nous était demandé de concevoir un système destiné à répondre aux besoins essentiels de l’enfant, nous finirions probablement par inventer quelque chose d’assez proche de l’idéal d’une famille avec deux parents.” Ses avantages sont amplement démontrés : accès au temps et à l’argent de deux adultes, un système d’équilibre des pouvoirs, une double connexion biologique à l’enfant, le tout renforçant la “probabilité que les parents s’identifient à l’enfant et soient capable de se sacrifier pour cet enfant, ce qui réduirait la probabilité que l’un des parents abuse de l’enfant.” Cette étude confirme la sagesse du sens commun. »6

  1. Osborne, Cynthia. « Further comments on the papers by Marks and Regnerus ». Social Science Research 41, no. 4 (juillet 2012) : 779-783
  2. Burroway, Jim. « First Look at Mark Regnerus’s Study on Children of Parents In Same-Sex Relationships », boxturtlebulletin.com, juin 10, 2012
  3. Regnerus, Mark, et Jeremy Uecker. Premarital Sex in America : How Young Americans Meet, Mate, and Think about Marrying. Oxford University Press, USA, 2011
  4. NFSS, que l’on peut traduire par « Etude sur les nouvelles structures familiales »
  5. Mark Regnerus, « Queers as Folk », Slate, juin 11, 2012.
  6. in Mark Regnerus « Response to Paul Amato, David Eggebeen, and Cynthia Osborne », Social Science Research, juillet 2012, Vol. 41, n°4, p. 786-787

Voir encore:

Homoparentalité : l’étude statistique censurée en France

lesoufflet

Riposte laïque

23 janvier 2013

Une étude publiée par un sociologue américain démontre les effets de l’homoparentalité sur la psychologie des enfants privés d’altérité dans leur éducation et confrontés aux questions sur leur conception et leurs origines. Cette étude tenue secrète en France démontre, outre les problèmes de déséquilibre psychologique des enfants élevés par des couples homosexuels, que ces enfants sont en moyenne 10 fois plus victimes d’attouchements sexuels que les enfants ayant grandi dans leurs familles biologiques…

Le sociologue américain Mark Regnerus a publié un article dans le journal américain « Social Science Research, intitulé « How different are the adult children of parents who have same-sex relationships? Findings from the New Family Structures Study » (A quel point les enfants devenus adultes de parents ayant eu une relation homosexuelle sont-ils différents ? Résultats de l’Étude sur les nouvelles structures familiales), qui dresse la bilan de la longue étude qu’il a menée sur 2988 personnes interrogées.

Les résultats de cette étude du chercheur universitaire sont surprenants. Ils ont été repris dans le site d’information américain Slate. Selon cette étude, les enfants élevés dans leurs familles biologiques disposent d’un meilleur niveau d’études, d’une meilleure santé mentale et physique, ils consomment moins de drogue, se tiennent plus éloignés des activités criminelles et se considèrent plus heureux que les enfants élevés par un couple homosexuel.

A l’inverse, les enfants issus de familles homoparentales, et en particulier de couples lesbiens sont bien plus sujets aux dépressions, il ont plus de problèmes physiques, il consomment plus de marijuana et ont plus de chance d’être au chômage (69% des enfants issus de familles homoparentales vivent des prestations sociales contre 17% pour les enfants de couples hétéros). Surtout, contrairement aux théories de Jean-Michel Aphatie et de Caroline Fourest, selon lesquelles les hétérosexuels sont de violents alcooliques qui frappent leurs enfants et en abusent, les enfants de couple lesbiens seraient en moyenne 10 fois plus victimes d’attouchements sexuels que dans les familles « hétéro-parentales » (23% contre 2% de moyenne).

Aux États-Unis, le lobby gay a été choqué par cette étude et l’a dénoncée si violemment (appuyé par des journalistes progressistes) qu’un mouvement de scientifiques s’est créé pour soutenir ces travaux et leur sérieux méthodologique.

Il est étonnant de constater que cette étude n’a jamais été évoquée par le moindre journaliste, en France, alors que nous sommes censés être en plein débat sur l’homoparentalité. Les journalistes préfèrent suivre les socialistes dans leur chasse aux « dérapages » homophobes plutôt que de s’interroger sur le fond du sujet et sur les dangers d’une telle loi.

Il est clair que les études sociologiques peuvent être controversées, mais pourquoi nous cacher celle là, alors que tous les défenseurs du mariage pour tous les homos, sans jamais rien citer, disent, l’air sûrs d’eux, que les premières études prouvent qu’il n’y a pas de différence éducative entre l’homoparentalité et la parenté « classique » ? Pourquoi personne ne parle tout haut de cet élément qui pourra certes être débattu mais qui ne peut qu’apporter des faits nouveaux aux discussions.

Qu’on montre toute les études et chacun se fera son idée, pourquoi laisser Caroline Fourest nous expliquer que les enfants de couples homosexuels sont en pleine forme sans mettre en doute cette vérité énoncée qui ne coule pourtant pas de sens ?

En même temps, tous ces futurs enfants dépressifs, drogués, aux troubles psychologiques, parasites de l’état, formeront de formidables électeurs (et militants pour ceux qui seront un peu plus en forme) du Parti Socialiste. On comprend mieux pourquoi le PS veut déglinguer nos enfants et légaliser le commerce des bébés…

La dégénérescence programmée, c’est maintenant !

Voir aussi:

Selon l’Insee, il y a 100.000 couples homosexuels en France

Paul Parant

Têtu

14 février 2013

Pour la Saint-Valentin, l’Insee publie des chiffres passionnants sur les couples homosexuels. On y apprend notamment que ces couples sont plus jeunes, plus diplômés et plus urbains que les autres.

C’est la Saint-Valentin! Pour l’occasion, l’Insee publie le billet le moins romantique qui soit: une étude statistique sur le couple en France, avec en particulier beaucoup d’infos sur les couples de personnes de même sexe. Et les résultats sont passionnants, car inédits.

60% de gays, 40% de lesbiennes

Début 2011, en France métropolitaine, l’Insee dénombre en effet 200.000 personnes majeures qui déclarent être en couple – soit 100.000 couples de même sexe. Ce qui ne fait qu’un petit 0,6% des couples français. Et dans cette population en couple, légèrement moins de femmes: six fois sur dix en effet, les couples sont constitués d’hommes.

Les personnes en couple de même sexe, toujours selon l’Insee, sont plus jeunes: la moitié a moins de 40 ans – contre 48 pour les personnes en couple hétéro. Et près d’une personne sur quatre, dans un couple homo, est âgée de moins de 30 ans: soit deux fois plus que pour les personnes en couple hétéro. «Ces écarts d’âge, analyse l’Insee, peuvent refléter des différences de comportements au cours du cycle de vie ou correspondre à un effet de génération: avoir un conjoint de même sexe pouvait être plus difficilement envisageable par le passé.»

Plus jeunes, plus diplômés, plus urbains

Les couples homos seraient aussi plus diplômés et plus urbains. 48% des personnes se déclarant en couple homo ont un diplôme universitaire, soit 20 points de plus que les personnes en couples hétéros. «A âge comparable, elles restent plus diplômées que les autres», conclue l’institut de statistiques.

Plus diplômés, plus urbain aussi: les trois quarts de ces personnes vivent dans des grands pôles urbains, contre seulement 56% des personnes en couple de sexe différent. Et 30% résident en Île-de-France (contre 17 % des personnes en couple hétéro). «Cette résidence plus fréquente dans les grandes villes reste vraie à âge et diplôme équivalents. Elle peut être favorisée par une plus grande facilité des rencontres et une plus forte acceptation de l’homosexualité dans les milieux urbains, la vie privée restant plus confidentielle dans une grande ville. Elle peut aussi s’expliquer par la présence plus rare d’enfants dans ces couples, plus en adéquation avec un environnement urbain», note l’Insee.

Vous avez des enfants?

Sur l’homoparentalité, l’étude est intéressante aussi: environ une personne en couple de même sexe sur dix réside (au moins une partie du temps) avec au moins un enfant qu’elle déclare comme le sien (celui d’un membre du couple ou des deux) – contre 53% dans les couples hétéros. Pour la plupart, ces enfants sont nés d’une union hétérosexuelle précédente, et les enfants sont alors partagés. Comme on pouvait s’y attendre, ces couples homos qui vivent au moins une partie du temps avec un enfant sont majoritairement des femmes (huit fois sur dix environ).

Après 35 ans, la majorité des personnes en couple de même sexe est pacsée, apprend-on encore. Si, chez les couples hétéros, 74% sont mariés et 4% pacsés (le reste vit en concubinage), pour les couples homos, la proportion des personnes pacsées est en effet de 55% après 35 ans – et cela n’augmente pas vraiment pour les couples plus âgés, ce qui «peut en partie s’expliquer par le fait que le pacs n’existait pas au début de l’union pour les mises en couple les plus anciennes».

En couple, mais parfois séparés

Au final, et sans surprise, la part des couples pacsés parmi les couples homos est supérieure à la part de couples pacsés parmi les couples de sexe différent. Mais elle reste inférieure à la part des couples pacsés ou mariés parmi ces derniers.

Dernière info: les couples homos, gays comme lesbiens, résident moins souvent avec leur conjoint que les personnes en couple hétéro: 16% déclarent ne pas vivre dans le même logement que leur conjoint, soit 12 points de plus que les personnes en couple de sexe différent. Une différence qui reste marquée à tous les âges.

Voir enfin:

AVEC LE « MARIAGE POUR TOUS », LE MEILLEUR DES MONDES?..

H. Gizardin

09 janvier 2013

De nombreux experts et pédopsychiatres se sont exprimés sur les conséquences pour les enfants, et donc l’avenir de notre société du mariage dit « Pour tous »! Ils mettent en avant le Droit DE l’ enfant contre le Droit À l’enfant, ce qui suffirait amplement pour convaincre les indécis.

Mais je continue de dessiner des conséquences et extrapolations ubuesques que peu de débateurs ont explorées. Scénarios de fiction face aux œillères roses des adhérents forcenés à la proposition 31 du candidat Hollande…

Déjà une nouvelle disposition administrative (héritage de Roselyne Bachelot) qui fait peu d’échos est désormais en vigueur pour les documents officiels. Le terme de « Mademoiselle » est supprimé! Il connotait trop l’état sexuel de la personne et la discriminait. Désormais donc, une petite fille devra être interpellée « Madame » à l’école ou dans toute administration! Délicieux parfum protocolaire de l’ ancien régime.

Mais heureusement elle demeure donc de sexe féminin aux yeux de la société…

Le mariage homosexuel qui permettra l’adoption, la PMA ou la location d’un ventre géniteur fera entrer dans ces familles des enfants venus d’ailleurs ou de nulle part. Nés de mère porteuse, d’abandon ou sous X, ils seront les enfants de Pierre, P1 et d’André, P2 . Dans un couple féminin, un enfant pourra être descendant génétique de Jeanne, P1 (ou P2).

À la première génération, il sera aisé de leur donner le patronyme des deux associés . Mais j’imagine que le le législateur saura voir plus loin. Le bambin aura donc le choix de sa « généalogie » à 18 ans?

Je suggère que la photo de la carte d’identité, soit remplacée par un code barre renvoyant à une identité ADN enregistrée en préfecture. De même pour la carte Vitale débarrassée aussi des 1 et 2 initiaux du numéro de sécurité sociale, qui créent une détestable inégalité entre sexes.

Quant au Livret de « Famille » il devra s’affranchir des ascendants au bénéfice également du seul ADN (en l’état actuel de la génétique).

Lors de mariage de sujets de cette nouvelle génération, les bans devront logiquement être remplacés par la publication des identités génétiques respectives, permettant pour un objecteur (y compris étranger) de se faire connaître avant comparution devant le maire.

Il est évident que deux individus non porteurs de la même identité pourront , au nom de cette liberté chaudement acquise, convoler et même procréer par voies classiques, dont beaucoup garderont encore le goût…

Ce qui ouvrira la possibilité d’union entre frères et/ou sœurs d’un même foyer homoparental. Très commode pour le regroupement familial et une organisation néo tribale!..

L’amour étant, pour les promoteurs de la Loi, le fondement du mariage pour TOUS, il n’y aura aucune objection de principe à permettre également des poly-unions, ce qui devrait satisfaire les tenants de la polygamie ancestrale et explique peut-être le silence contenu des musulmans dans le débat public?

Après divorces et générations postérieures, le problème se compliquera que je n’ai pas encore simulé ou anticipé!..

Mais je promets du bonheur aux fonctionnaires de l’état civil, aux notaires, aux juges des affaires conjugales (on ne saurait dire désormais « matrimoniales ») et aux traceurs de généalogies…

Rappel 1: Taubira

Rappel bis: Exeption française

Rappel ter:Normalitude


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