Désinformation: L’autre négationnisme caché des massacres musulmans en Inde (Was there an Islamic « genocide » of Hindus?)

12 mars, 2013
Great Mogul And His Court Returning From The Great Mosque At Delhi India - Oil Painting by American Artist Edwin Lord Weeks.jpg
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La conquête musulmane en Inde fut probablement la plus sanglante que l’humanité ait jamais vue. C’est une histoire décourageante, car sa morale évidente c’est que la civilisation est une chose bien précieuse, dont l’ordre complexe et la liberté peuvent être à tout moment piétinés par des barbares qui envahissent du dehors et se multiplient au dedans. Will Durant
The Mohammedan Conquest of India is probably the bloodiest story in history. It is a discouraging tale, for its evident moral is that civilization is a precarious thing, whose delicate complex of order and liberty, culture and peace may at any time be overthrown by barbarians invading from without or multiplying within. The Hindus had allowed their strength to be wasted in internal division and war; they had adopted religions like Buddhism and Jainism, which unnerved them for the tasks of life; they had failed to organize their forces for the protection of their frontiers and their capitals, their wealth and their freedom, from the hordes of Scythians, Huns, Afghans and Turks hovering about India’s boundaries and waiting for national weakness to let them in. For four hundred years (600-1000 A.D.) India invited conquest; and at last it came. Will Durant (The Story of Civilization: Our Oriental Heritage, 1935)
Pendant près de CINQ mois, les musulmans s’employèrent à tout détruire, les temples, les palais, les magnifiques résidences. Les scènes de massacre et d’horreur dépassèrent, disent les témoins, tout ce que l’esprit peut imaginer. Et il ne resta de la plus belle et la plus prospère cité de l’Inde que quelques ruines fumantes. Will Durant (description du sac par Husain Nizam Shah de la ville de Vijaynagar en 1565, capitale du dernier grand empire Hindou)
The levies it had to pay were so crushing that one catastrophic harvest was enough to unleash famines and epidemics capable of killing a million people at a time. Appalling poverty was the constant counterpart of the conquerors’ opulence. Braudel
Growth of Muslim Population in Medieval India (1000-1800) is a book by K. S. Lal published in 1973. The book assesses the demographics of India between 1000 CE and 1500 CE. On the basis of the available historical evidence, K.S. Lal concluded that the population of India in 1000 was about 200 million and in 1500 was about 170 million. He says, however, that « any study of the population of the pre-census times can be based only on estimates, and estimates by their very nature tend to be tentative. » Lal estimates that about 60 to 80 million people died in India between 1000 and 1525 as a result of the Islamic invasion of India. He concluded that about 2 million people died during Mahmud of Ghazni’s invasions of India alone. Wikipedia
The author is known for his detailed studies of the Khalji dynasty and of the fifteenth-century Delhi Sultanate. He is well versed in the sources of medieval North Indian history. In the present study he has assembled almost all the conceivably relevant data and for this reason it will remain of value as a compendium of references. Yet the unknown variables are so great and the quality of the data yielded by our sources so poor that almost any detailed general estimates of population based upon them must appear wilful, if not fantastic. Simon Digby
The number of victims of this persecution surpasses that of the Nazi crimes. … The Islamic reports on the massacres of Hindus, destruction of Hindu temples, the abduction of Hindu women and forced conversions, invariably express great glee and pride. … In my study of the Ayodhya controversy, I noticed that the frequent attempts to conceal or deny inconvenient evidence were an integral part of a larger effort to rewrite India’s history and to whitewash Islam. It struck me that this effort to deny the unpleasant facts of Islam’s destructive role in Indian history is similar to the attempts by some European writers to deny the Nazi holocaust. European negationists applaud Hitler’s reign and deny its horrors. Indian negationists eulogize Islamic rule and deny its millionfold murders and the catastrophe it wrought in Indian cultural, political and religious life. Koenraad Elst
A partir du moment où les musulmans arrivèrent dans l’Inde, l’histoire de l’Inde n’a plus grand intérêt car elle devient une longue et monotone série de meurtres, de massacres, de spoliations, de destructions, toujours au nom de la foi, du dieu unique, dont ils se croient les agents. Alain Daniélou
Les massacres perpétrés par les musulmans sont sans parallèle dans l’histoire. Plus important que l’holocauste des juifs par les nazis ou le massacre des Arméniens par les Turcs. Plus étendus encore que le massacre des populations sud-américaines par les envahisseurs espagnols et portugais. Francois Gautier
Un autre de ces féroces conquérants s’appelait Babour, illustre pour ses massacres inutiles. Babour ne cachait pas que son but final était la destruction, ou bien l’esclavage total de la race hindoue. C’est justement Babour qui détruisit le temple d’Ayodhya au 16è siècle et fit construire une mosquée à sa place. 400 ans plus tard, une poignée de militants hindous rasèrent la mosquée d’Ayodhya; la communauté musulmane en fut tellement outrée qu’il s’ensuivit des terribles émeutes inter-religieuses, particulièrement à Bombay, qui firent près de 2000 morts. Aujourd’hui, Ayodhya est devenu un symbole en Inde: les musulmans exigent sa reconstruction, oubliant qu’ils ont détruit en Inde des millions de temples et qu’aujourd’hui encore les Pakistanais et les Bangladeshis s’attaquent encore lors de pogroms (tel celui que Taslima Nasreen décrit dans son livre « la honte ») aux derniers temples hindous. Quant aux nationalistes hindous, ils insistent pour y reconstruire le temple dédié à Rama, un de leurs dieux les plus chéris. Autre empereur sanglant, Shah Jahan, célèbre pour avoir fait construire une des sept merveilles du monde, le fabuleux Taj Mahal; mais l’homme en lui-même était un monstre: il fit crever les yeux de son frère Shahryar, dépêcha dans l’autre monde tous ses rivaux potentiels, fit mettre à mort deux de ses fils et fit couper en petits morceaux le prince afghan Lodi. C’est cependant un autre de ses fils, Aurangzeb, qui fut le plus cruel des empereurs moghols. Lorsque les célèbres Mahrattes de Shivaji, le dernier nationaliste hindou, s’élevèrent contre lui, Aurangzeb réussit à faire prisonnier Shambuji, le fils de Shivaji, ainsi que son ministre Kavi-Kalash. Il les fit torturer scientifiquement pendant trois semaines; puis on les coupa en petits morceaux, jusqu’à ce qu’ils meurent le 11 mars 1689; toute l’Inde en pleura. François Gautier

Après le tabou sur la traite arabe,… l’omerta sur les massacres musulmans en Inde !

Suite à la récente mise en pièces médiatique d’une Véronique Genest singulièrement peu préparée face à des contradicteurs bardés eux de leurs certitudes et de leurs fiches …

Et à sa tentative notamment d’évoquer, au-delà de l’évident biais anti-israélien de la plupart de nos médias, les massacres massifs qui ont marqué la conquête musulmane de l’Inde …

Retour, au-delà de l’apparente difficulté à fixer des chiffres (les dizaines de millions évoquées sont de l’aveu lui-même de l’historien indien Lai une estimation par définition difficilement vérifiable et les termes de génocide et holocauste employés par Elst et Gautier probablement excessifs) et avec les quelques passionnés ou courageux qui restent …

Sur l’étrange omerta générale qui semble affecter la question …

Y compris et d’ailleurs d’abord en Inde même où, comme nous avons pu nous-même brièvement le vérifier lors d’une récente visite des certes magnifiques restes laissés entre la capitale et le Rajahstan par cette sanglante conquête, prospère pourtant le plus tranquille des anti-britannicismes ..

L’Islam en Inde

François Gautier

« L’impact de l’islam en Inde » fut cataclysmique écrit l’indianiste français Louis Frederick dans son ouvrage ‘L’Islam de l’Inde’. La destruction de toutes les statues, dont les Bouddhas géants de Bamiyan, ordonnée par les Taliban, vient nous rappeler que treize siècles après la naissance du Prophète, ses injonctions sont encore prises au pied de la lettre.

En l’an 570 naissait le prophète Mahomet et à partir de 632, les invasions arabes commencèrent à pénétrer en Inde. Il ne s’agit pas ici de faire une critique de l’islam, qui a laissé un merveilleux héritage dans le sous-continent indien. Car l’Islam ne tue pas l’âme d’un pays, il assimile sa culture, comme il l’a fait ici. L’architecture moghole, par exemple, préserva en Inde la parfaite symétrie linéaire du dessin musulman, en lui donnant une plus grande humanité; la musique vocale quawali, qui a charmé des générations d’Indiens et qui commence à se faire connaître dans le monde occidental grâce à feu Nusrat Fateh Ali Khan, emprunta à la tradition hindoustanie; le concept du zéro fut inventé par les Indiens, mais les Arabes s’en emparèrent pour en faire un système mathématique. Enfin et surtout, le soufisme est né de la fusion de l’Islam avec l’Advaita, une des branches de l’hindouisme, et représente encore aujourd’hui l’aspect le plus mystique, le plus tolérant du monde islamique.

Pourtant, l’islam écrasa l’hindouisme impitoyablement, car les hindous se prosternent devant des images et des dieux de pierre et cela en fait les pires ennemis de l’Islam. Et le Prophète n’a-t-il pas dit:  » tu n’adoreras pas des idoles de pierre « ? C’est pourquoi, les Arabes, lorsqu’ils envahirent l’Inde, ne se sentirent jamais coupables de tuer tant d’Hindous. Au contraire, c’était une obligation, un devoir sacré: Jihad fi Sabilillah,  » la guerre sainte pour la plus grande gloire d’Allah « . Disons le tout de suite: les massacres perpétrés par les Arabes en Inde sont sans parallèle dans l’histoire mondiale. Plus encore que l’holocauste des Juifs par les Nazis, ou le massacre des Arméniens par les Turcs, plus considérables même que la tuerie des Incas et des Aztèques aux mains des Espagnols. On ne dira jamais assez l’incroyable mal qui fut fait à la culture indienne, à sa population, à sa civilisation et à son environnement pendant dix siècles d’invasions successives.  » A partir du moment où les musulmans arrivèrent dans l’Inde, l’histoire de l’Inde n’a plus grand intérêt, écrit l’historien français Alain Daniélou, car elle devient une longue et monotone série de meurtres, de massacres, de spoliations, de destructions, toujours au nom de la foi, du dieu unique, dont ils se croient les agents ». Chaque nouvel envahisseur bâtissait littéralement sa montagne de crânes Hindous. Ainsi la conquête de l’Afghanistan en l’an 1000 fut suivie par l’annihilation de l’ENTIERE population hindoue de cette région, qu’on appelle toujours d’ailleurs  » Hindu Kush « , le massacre des Hindous. Les Sultans Bahmani, qui gouvernaient en Inde centrale, s’étaient fixé un quota de 100.000 Hindous par an et semblent s’y être tenus. Mais en 1399, le célèbre Teimur fit mieux, il tua 100.000 hindous en UNE SEULE JOURNEE, un record. L’historien américain Will Durant estime quant à lui  » que la conquête musulmane en Inde fut probablement la plus sanglante que l’humanité ait jamais vue. C’est une histoire décourageante, car sa morale évidente c’est que la civilisation est une chose bien précieuse, dont l’ordre complexe et la liberté peuvent être à tout moment piétinés par des barbares qui envahissent du dehors et se multiplient au dedans « . (Notre héritage oriental. New York 1972, p.459). Mais les massacres musulmans les plus sanglants furent perpétrés après le 14ème siècle, aux mains des Moghols. Durant cite le sac par Husain Nizam Shah de la magnifique ville de Vijaynagar en 1565, capitale du dernier grand empire Hindou  » qui était comme une île de raffinement, de chevalerie et de beauté au milieu d’une Inde brisée et sanglante « . Ce fut une horreur apocalyptique:  » Pendant près de CINQ mois, les musulmans s’employèrent à tout détruire, les temples, les palais, les magnifiques résidences. Les scènes de massacre et d’horreur dépassèrent, disent les témoins, tout ce que l’esprit peut imaginer. Et il ne resta de la plus belle et la plus prospère cité de l’Inde que quelques ruines fumantes « .

Un autre de ces féroces conquérants s’appelait Babour, illustre pour ses massacres inutiles. Babour ne cachait pas que son but final était la destruction, ou bien l’esclavage total de la race hindoue. C’est justement Babour qui détruisit le temple d’Ayodhya au 16è siècle et fit construire une mosquée à sa place. 400 ans plus tard, une poignée de militants hindous rasèrent la mosquée d’Ayodhya; la communauté musulmane en fut tellement outrée qu’il s’ensuivit des terribles émeutes inter-religieuses, particulièrement à Bombay, qui firent près de 2000 morts. Aujourd’hui, Ayodhya est devenu un symbole en Inde: les musulmans exigent sa reconstruction, oubliant qu’ils ont détruit en Inde des millions de temples et qu’aujourd’hui encore les Pakistanais et les Bangladeshis s’attaquent encore lors de pogroms (tel celui que Taslima Nasreen décrit dans son livre « la honte ») aux derniers temples hindous. Quant aux nationalistes hindous, ils insistent pour y reconstruire le temple dédié à Rama, un de leurs dieux les plus chéris.

Autre empereur sanglant, Shah Jahan, célèbre pour avoir fait construire une des sept merveilles du monde, le fabuleux Taj Mahal; mais l’homme en lui-même était un monstre: il fit crever les yeux de son frère Shahryar, dépêcha dans l’autre monde tous ses rivaux potentiels, fit mettre à mort deux de ses fils et fit couper en petits morceaux le prince afghan Lodi. C’est cependant un autre de ses fils, Aurangzeb, qui fut le plus cruel des empereurs moghols. Lorsque les célèbres Mahrattes de Shivaji, le dernier nationaliste hindou, s’élevèrent contre lui, Aurangzeb réussit à faire prisonnier Shambuji, le fils de Shivaji, ainsi que son ministre Kavi-Kalash. Il les fit torturer scientifiquement pendant trois semaines; puis on les coupa en petits morceaux, jusqu’à ce qu’ils meurent le 11 mars 1689; toute l’Inde en pleura.

A la fin de son règne, les coffres de l’état étaient vides, la merveilleuse culture indienne, ses arts, sa musique, avaient été bannis et les Hindous, une fois de plus étaient hantés par une terrible persécution. Mais les malheurs des Hindous n’étaient pas terminés. L’Iranien Nadir Shah attaqua Delhi en 1739 et pendant une semaine entière, ses soldats massacrèrent tous les habitants, hommes, femmes et enfants, saccagèrent tout et rasèrent totalement la campagne environnante, afin que les éventuels survivants n’aient rien à manger. Nadir Shah repartit en Iran avec 10.000 chevaux, des trésors d’art inestimables, dont le fameux diamant Kohinoor et le trône du Paon utilisé plus tard par le Shah d’Iran, ainsi que 150 millions de roupies en or, une fortune pour l’époque. Du coup, la dynastie moghole en devint si affaiblie, que l’Inde fut mûre pour les colonisateurs européens.

Chapitre 7

La négation des atrocités musulmanes en Inde

Il y eut naturellement des intermèdes, sous de « bons » Califes mais le fanatisme destructeur reprit toujours finalement le dessus.

(A. Daniélou)

Grâce à l’abbé Pierre, à Roger Garaudy et à bien d’autres encore, nous savons aujourd’hui que le révisionnisme, quand il s’applique à l’Histoire, c’est la négation des grands génocides commis par l’homme contre l’homme. Le plus connu des cas, c’est bien sûr l’extermination des 6 millions de juifs par les nazis, au nom d’une monstrueuse idéologie aryenne, telle que la concevait Hitler. Mais on pourrait également citer le massacre des 1,5 millions d’Arméniens par les Turcs, du million de Tibétains aux mains des Chinois, ou des 3 millions de Russes par Staline. Tous ces massacres sont des faits historiques qui ont été niés par ceux qui les ont perpétrés. Mais nier n’est pas un mot suffisamment fort. Ils ont fait l’objet d’une campagne de désinformation systématique, qui employa mille et un trucs – habiles ou grossiers, demi-vérités ou moitié de mensonge – et introduisant une telle confusion, que personne ne sait plus où est la vérité. Quelquefois ce sont les chiffres qui sont niés ou passés aux oubliettes de l’histoire. Ainsi, même si nos livres d’histoire gardent un silence discret sur ses conséquences humaines, la conquête espagnole du continent sud-américain fut sans aucun doute l’une des plus sanglantes de l’Histoire. Certains historiens ont estimé que sur les 90 millions d’âmes que comptait le continent sud-américain en 1492, 30 millions seulement survécurent aux Espagnols, terribles chiffres en vérité.

Mais saviez-vous que la conquête des musulmans en Inde fut plus terrifiante encore ? Car si dans le reste du monde, que ce soit en Asie, en Afrique ou même en Yougoslavie, des populations entières choisirent de se convertir à l’islam plutôt que de subir la mort, les hindous, excepté une minorité appartenant aux castes les plus défavorisées, refusèrent d’embrasser l’islam – et les massacres furent horrifiants. Des villes entières furent brûlées et leurs populations passées au fil de l’épée. Chaque campagne successive fit des dizaines de milliers de victimes et des millions de femmes et d’enfants furent emmenés en esclavage. Chaque nouvel envahisseur bâtissait littéralement sa montagne de crânes hindous. Ainsi la conquête de l’Afghanistan en l’an 1000 fut suivie par l’annihilation de l’ENTIÈRE population hindoue de cette région, qu’on appelle toujours d’ailleurs « Hindu Kush », le massacre des hindous. Les Sultans Bahmani, qui gouvernaient en Inde centrale, s’étaient fixé un quota de 100 000 hindous par an et semblent s’y être tenus. Mais en 1399, le célèbre Timur fit mieux, il tua 100 000 hindous en UNE SEULE JOURNÉE, un record. Le Professeur K.S. Lal dans son livre La Croissance de la Population musulmane en Inde estime qu’entre les seules années 1000 à 1525, 80 millions d’hindous furent tués, (sans parler des famines et autres calamités naturelles engendrées par la guerre), « sans doute le plus grand holocauste de l’histoire de l’humanité », affirme-t-il.

Mais aujourd’hui ce terrible épisode de l’histoire de l’Inde a été occulté : c’est à peine si les nombreuses Histoires de l’Inde, que nous utilisons comme référence, telle celle de Jacques Dupuis, y font allusion. Par exemple, après avoir pourtant réitéré, sans doute parce que cela fait partie de l’histoire officielle, que « Timur, lorsqu’il s’empara de Delhi, fit mettre à mort de sang-froid 100 000 prisonniers – la population de Delhi fut massacrée pendant plusieurs jours et les têtes des victimes s’entassaient en énormes pyramides », Dupuis postule trois lignes plus bas : « Il y eut bien des conversions forcées, surtout au début : un certain nombre d’hindous embrassèrent l’islam pour échapper à la mort. Mais lorsque le pouvoir des sultans musulmans fut établi en Inde, l’attrait des avantages sociaux fut plus efficace que la contrainte. En effet l’égalitarisme musulman efface toute distinction officielle entre les conquérants et les hindous convertis : celui qui s’est converti à l’islam devient en principe, l’égal des vainqueurs. » [1] Nous reviendrons sur ce mot égalitarisme, qui a été si souvent utilisé par les révisionnistes marxistes pour nier le massacre des hindous.

Cependant quelques historiens se sont élevés contre ce négationnisme flagrant. Parmi eux, l’historien et sociologue belge Koenraad Elst, qui dans un livre remarquable, Negationism in India, traite de la négation des atrocités musulmanes en Inde. Cette négation des atrocités musulmanes, argue Elst, a gommé tout un chapitre capital de l’histoire indienne, le faisant disparaître non seulement des manuels d’histoire, mais aussi de la mémoire des Indiens. Car contrairement aux juifs, par exemple, qui ont constamment essayé depuis l’holocauste de garder vivante la mémoire de leurs six millions de martyrs, l’intelligentsia marxiste indienne a sciemment choisi de passer sous silence le génocide des hindous par les musulmans. Il n’est pas question de vengeance : « Les juifs d’aujourd’hui veulent-ils se venger de l’Allemagne contemporaine ? écrit-il. Non, le souvenir d’un holocauste sert uniquement à apprendre aux générations suivantes à ne pas répéter les erreurs d’hier ; c’est sa seule raison d’être. Voilà pourquoi les commémorations sont toujours importantes, que ce soit celles de l’holocauste juif ou l’anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, qui vit tant d’horreurs. » [2] Mais malheureusement, la persécution des hindous continue aujourd’hui dans le sous-continent : les 250 000 hindous qui vivaient encore dans la vallée du Cachemire jusqu’à il y a quelques années (ils étaient 1 million au début du siècle et 3 millions en 1825), ont fui la terre de leurs ancêtres, après une campagne de terrorisme organisée par les séparatistes musulmans. Et en Afghanistan, les moudjahidins, lorsqu’ils prirent le pouvoir après le départ des Soviétiques, chassèrent les 50 000 hindous qui étaient là depuis plusieurs générations. On ne vous parle pas des minorités hindoues oppressées dans les pays musulmans d’Asie du Sud, que ce soit au Bangladesh ou au Pakistan, où pogroms et destructions de temples, sont encore monnaie courante, comme Taslima Nasreen le raconte dans son livre Lajja (La Honte). Une mémoire collective ne devrait jamais être occultée, même si c’est dans le but de ne pas froisser une minorité ethnique ou religieuse.

Mais c’est justement ce qui s’est passé en Inde, où ce sont les hindous eux-mêmes qui ont constamment nié le génocide musulman. L’écrivain communiste M.N. Roy n’a-t-il pas écrit : « L’islam a rempli en Inde une mission d’égalitarisme et qu’en cela il fut bien accueilli par les castes défavorisées. » Et il continue : « C’était une question de lutte des classes tout à fait justifiée entre des forces progressives (les musulmans) et les forces féodales (les hindous de haute caste). »

Jawharlal Nehru, le père de l’Inde moderne, semble lui aussi d’accord avec son compatriote : « L’architecture fascinait Mahmud Ghazni [célèbre pour avoir rasé des milliers de temples, en particulier ceux de la ville de Mathura, chère aux hindous parce qu’ils considèrent que c’est le lieu de naissance de Krishna] et il était très impressionné par la ville de Mathura, où il y avait des milliers d’édifices à la gloire de dieu. Mahmud n’était pas un homme religieux ; il était musulman, mais c’était secondaire, car avant tout c’était un soldat et un brillant guerrier.» Quel étonnant éloge d’un homme qui s’était fait un devoir de terroriser et d’humilier l’entière population hindoue ! Nehru et Mr. Roy sont les porte-paroles de cette négation par des hindous du génocide perpétré par les musulmans – négation qui est en fait d’inspiration marxiste. Car, à partir des années 20, toute une génération d’intellectuels indiens se tourne vers l’Union Soviétique. Nehru, grand admirateur de l’idéologie socialiste, à partir de laquelle il façonnera l’Inde indépendante, suit aveuglement la politique soviétique, y compris celle qui fait des juifs des méchants et des arabes les opprimés (l’Inde n’aura pas de relations avec Israël pendant 47 ans, mais par contre, elle s’entendra cordialement avec Saddam Hussain). C’est ainsi que bien avant l’indépendance, trois générations d’historiens, de sociologues et d’intellectuels indiens marxistes s’appliqueront à persuader leurs compatriotes (et le reste du monde) qu’il n’y a jamais eu de génocide des hindous par les musulmans. Ils leur apprendront également à haïr le système des castes et à ridiculiser tout ce qui est hindou, même si l’hindouisme avait fait la grandeur de l’Inde. Et c’est le parti du Congrès de Nehru qui devint le porte-parole officiel de cette cause-là. Écoutez ce qu’en dit Daniélou : « Le Congrès attaquait partout les hindous en cherchant à les ridiculiser, en exagérant énormément les histoires d’intouchabilité, de culte des vaches, etc.» La Mecque intellectuelle du marxisme nehruvien en Inde se situe à New Delhi, au sein de la prestigieuse Jawaharlal Nehru University. C’est là que les intellectuels indiens façonnèrent le mythe musulman, celui des méchants brahmanes et des bons intouchables, en s’attardant sur le génie bienveillant des Moghols. Ainsi, dans le célèbre livre Communalism and the writing of Indian history, Romila Thapar, Harbans Mukhia et Bipan Chandra, professeurs à la JNU, nient le génocide, en le remplaçant par un conflit de classes : « Les musulmans libérèrent les castes défavorisées en leur donnant accès à l’islam ». La redoutable Romila Thapar, une sommité intellectuelle en Inde, a publié par ailleurs chez Penguin, en collaboration avec l’historien britannique Percival Spear, une Histoire de l’Inde où elle écrit : « La supposée intolérance d’Aurangzeb n’est rien d’autre qu’une légende hostile basée sur quelques actes épars, comme l’érection d’une mosquée sur un temple à Bénarès. »

Quels sont les faits ? Aurangzeb (1658-1707), ne construisit pas seulement une énorme mosquée sur le Kashi Vishvanath, le plus vénérable temple de Bénarès, la ville sainte hindoue, temple qu’il avait auparavant fait raser, il ordonna la destruction de TOUS les temples en Inde, dont celui de Krishna à Mathura, un des plus sacrés du pays, le temple de Somnath au Gujarat qui fut rebâti après avoir été déjà détruit par d’autres arabes, celui de Vishnu qui fut remplacé par la mosquée d’Alamgir qui surplombe Bénares, ou le temple Treka-ka-Thakur à Ayodhya, et fit construire des mosquées à leur place. Le nombre de temples détruits par Aurangzeb se compte non pas en centaines mais en milliers. D’ailleurs, Aurangzeb était fier de ses actes. Aussi les faisait-il noter dans les chroniques officielles de sa cour : « Aurangzeb ordonna à tous les gouverneurs de province de détruire tous les temples et toutes les écoles des païens et de mettre radicalement fin à tous les enseignements et les pratiques païennes. » Ou encore : « Hasan Ali Khan, gouverneur de Jodhpur (au Rajasthan), fit savoir à Aurangzeb que 172 temples furent détruits dans son district… Sa Majesté se rendit le lendemain à Chittor et 63 temples furent rasés… Abu Darab sommé de détruire le temples à idoles d’Amber, informa l’empereur qu’il avait déjà rasé 66 d’entre eux dans son district…»

Aurangzeb ne se contenta pas de détruire des temples, il fit aussi éliminer les païens : « Ahmed Khan fit savoir à Sa Majesté que 2 000 hindous furent exécutés parce qu’ils continuaient leurs abominations religieuses. » Le gourou sikh Tegh Bahadur fut décapité parce qu’il protestait contre les conversions forcées d’Aurangzeb. Et même le propre frère de l’empereur, Dara Shikoh, fut exécuté pour s’être intéressé à la religion hindoue. Comme on peut le constater, l’image d’un Aurangzeb bienveillant propagée par Romila Thapar et Percival Spear, est totalement fausse. Malheureusement, même la respectable Encyclopedia Britannica ne mentionne aucune persécution des hindous dans son chapitre sur la période moghole, excepté : « Firuz Shah Tuglak [qui] essaya sans grand succès de convertir ses sujets et les persécuta quelquefois » ! ! !

Mais les païens étaient trop nombreux pour qu’on puisse les exterminer tous et la religion hindoue était si bien ancrée dans le cœur des Indiens qu’elle ne fut jamais conquise. Elle se retira tout simplement dans le secret des maisons, dans le cœur de ses fidèles et fut préservée par l’admirable volonté des brahmanes. Réalisant ainsi qu’ils ne seraient jamais capables de conquérir cette religion extraordinaire, les empereurs musulmans décidèrent de permettre aux impies de devenir zimmis, citoyens de deuxième classe, soumis à 20 conditions, chacune plus humiliante l’une que l’autre, dont le lourd impôt, dit de tolérance : jizya. « C’est à cause de cette loi hanifite, écrit Elst, que la plupart des chefs musulmans en Inde se considérèrent désormais exempts du devoir de génocide envers les hindous. » La dernière djihad contre les hindous fut menée à la fin du 18ème siècle par Tippu Sultan, canonisé plus tard par l’histoire pour avoir combattu les Anglais au côté des Français, mais qui en réalité était fanatiquement anti-hindou. Dès le début du 19ème siècle, à la suite de la mutinerie de 1857 contre les Anglais, à laquelle les musulmans prirent part afin de reprendre le pouvoir en Inde, les musulmans indiens sombrèrent généralement dans l’apathie et l’analphabétisme, de par le refus de leurs mollahs à les encourager à l’éducation britannique (alors qu’une minorité intellectuelle hindoue s’y attela) et leur nostalgie du passé « glorieux ». Mais le négationnisme avait déjà pris racine en Inde.

Ainsi, Aligarh, une des universités les plus importantes en Inde, réservée en majorité aux musulmans (qui exigèrent des Anglais la ségrégation de l’éducation, afin de préserver la pureté de leur religion), vit la naissance de plusieurs mouvements islamiques militants. De surcroît, c’est là que fermenta au début des années 30 l’idée d’un état séparé pour les musulmans après le départ des Britanniques, idée qui engendra la création du Pakistan. C’est également là que fut élaborée la tentative de certains historiens musulmans, tel Mohamed Habib, de réécrire l’histoire de l’Inde, en particulier la période qui traite des invasions musulmanes. En 1920, Habib commença à rédiger son magnum opus, dont la structure repose sur quatre grandes théories : 1) Les chroniques et biographies écrites par les musulmans eux-mêmes relatant les massacres des hindous ou la mise en esclavage de leurs femmes et enfants et la destruction de leurs temples, « étaient le plus souvent des exagérations de poètes de cour ». 2) Il y eut bien « quelques » atrocités, mais qu’elles furent commises par des Turcs, « ces sauvages venus des steppes ». 3) La destruction des temples hindous eut lieu « parce qu’ils regorgeaient d’or et d’argent et que tout naturellement les armées musulmanes les pillèrent ». 4) Il n’y eut pas de conversions forcées d’hindous à l’islam, « mais la population, d’elle-même, décida de choisir la charia contre la loi hindoue (Smriti), car ils étaient tous opprimés par les brahmanes… »

Malheureusement pour Habib et son école, les envahisseurs musulmans ont minutieusement documenté le massacre des hindous, car ils étaient constamment persuadés qu’ils faisaient leur devoir. Mahmud Ghazni (997-1030) par exemple, n’était pas un barbare des steppes, bien qu’il fut Turc ; c’était un patron des arts et de la littérature, qui récitait des vers du Coran tous les soirs après avoir tué sa quote-part d’infidèles et rasé les temples des païens. Firuz Shah Tughlak (1351-1388) mentionné plus haut, était également connu pour sa grande piété : « Le jour du grand festival hindou, je me suis rendu là-bas moi-même et j’ai ordonné l’exécution non seulement des prêtres, mais aussi de tous les pratiquants de cette abomination… J’ai détruit leurs temples et construit des mosquées à leur place ». Finalement, comme le remarque Elst : « Les fanatiques musulmans n’étaient que les exécutants fidèles des commandements coraniques. »

Autre exemple de négationnisme flagrant plus près de chez nous : L’Histoire de l’Inde Moderne, que nous avons déjà mentionnée. Après avoir souscrit à l’habituelle théorie des « mythiques Aryens », accusé Shiva, deuxième divinité de la trinité hindoue, « d’incarner des forces obscures », et bien sûr, usé du mot « fanatiques » pour décrire les hindous qui rasèrent la mosquée d’Ayodhya, les auteurs s’empressent de faire l’éloge des Moghols et de passer sous silence tous leurs crimes.

Dans le chapitre consacré par exemple à Vijayanagar, qui fut le dernier grand empire hindou des Indes, un des plus beaux, celui qui symbolisait une renaissance hindoue après 9 siècles de conquête musulmane, on ne peut s’empêcher de percevoir l’inimitié de l’auteur (7 historiens ont co-écrit cette histoire) pour l’hindouisme. On accuse d’abord les deux jeunes princes fondateurs de Vijayanagar, qui furent convertis de force à l’islam, d’avoir « renié l’islam » aussitôt remis en liberté ; puis on souligne « l’ambition des brahmanes » qui se servirent de ces princes renégats pour reconquérir leur pouvoir perdu aux mains des Arabes. [3] On mentionne ensuite « l’insatiable exigence du pouvoir central (hindou, bien sûr), à l’égard de ceux qui lui étaient soumis », [4] en oubliant de mentionner qu’à Vijayanagar les hindous connaissaient enfin la liberté du culte, qu’on ne les tuait pas, qu’on ne rasait pas leurs temples, qu’on ne violait pas leurs femmes, qu’on n’envoyait pas leurs enfants en esclavage. On qualifie par ailleurs Vijayanagar de « royaume guerrier », [5] comme si les hindous avaient le privilège du militantisme et qu’il leur fallait baisser les bras devant l’ennemi musulman, le belliciste sans pitié par excellence… Et tout cela finalement pour passer en exactement sept mots sur l’horrible sac de Vijayanagar : « Pillages et massacres durèrent trois jours entiers », ajoutant, pour bien montrer la magnanimité des Moghols : « Les sultans laissèrent à chacun ses prises, joyaux, esclaves, tissus précieux, ne gardant que les éléphants chargés de trésor. » [6] Que de pages et de pages qui sous-entendent l’esprit fanatique des hindous, la cupidité des brahmanes et le pouvoir absolu des maharajas (en l’occurrence le merveilleux Krishna Deva Raya), et si peu sur un des massacres les plus terribles, les plus inutiles, les plus monstrueux de l’histoire de l’Inde. Voilà bien du du négationnisme !

Mais les auteurs de L’Histoire de l’Inde Moderne ne se contentent pas de dénigrer les hindous, ils glorifient aussi les musulmans, en particulier les Moghols (ce livre aurait dû d’ailleurs prendre le titre de l’un de ses chapitres : « La Splendeur moghole »). Babur par exemple, ce monstre qui tua des centaines de milliers d’hindous et rasa des milliers de temples, devient un doux héros aux mains de l’auteur : « Babur avoue franchement dans ses mémoires ne pas aimer l’Inde… Il préfère s’isoler dans les jardins qu’il y construit, avec leur dessin géométrique et leurs canaux en croix, qui évoquent les fleuves du paradis. » (Mon dieu, cet homme est un immense poète qui a la sensibilité à fleur de peau !). D’ailleurs : « Il traduisit en vers un manuel de droit musulman et un traité de morale soufi. » [7] (Voilà un saint qu’il faut canoniser tout de suite pour avoir failli débarrasser le monde de la menace fanatique hindoue !)

Plus loin, l’auteur de ce chapitre, plus que pernicieux, parce qu’il s’adresse à des gens qui sont en général totalement ignorants de l’Inde, se dévoile encore un peu plus lorsqu’il en arrive à Aurangzeb, lequel a la réputation – même aux yeux des musulmans indiens – d’avoir été le plus sanguinaire et le plus pervers des Moghols. « Aurangzeb a concentré sur sa personne la haine des hindous militants qui lui attribuent des destructions systématiques de temples et des conversions forcées massives… cette image manichéenne doit être sérieusement corrigée.» [8] Malheureusement, comme nous l’avons vu, Aurangzeb était si fier de ses actes qu’il les avait fait dûment archiver et qu’ils sont parvenus jusqu’à nous. D’ailleurs, l’auteur est bien forcé de reconnaître quelques lignes plus bas qu’il « fit détruire des temples récents. » Qu’entend-il par « récents » : 1000 ou 2000 ans ? Mais il s’empresse d’ajouter : « L’intransigeance d’Aurangzeb n’était qu’apparente, car il appréciait la littérature mystique persane et fréquentait de nombreux soufis…» [9] Par contre Shivaji, ce prince de la bravoure, héros des hindous, lui qui seul dans un océan de terreur osa s’élever contre les Moghols, ne trouve pas grâce à ses yeux ; « Il s’illustre par son sens de la provocation. »[10] (Ce n’est pas bien de provoquer les pauvres Moghols, ô Shivaji !) « Il put mettre en déroute par traîtrise l’armée de Bijapur. » (Ce qui prouve qu’il ne faut jamais faire confiance à un hindou). D’ailleurs, « Il fait aussi une fausse soumission à Aurangzeb. » (Oh, le traître !) En plus bien sûr, c’est un païen, un idolâtre : « Il ressuscite la vieille cérémonie hindoue du sacre et se pose comme le protecteur des vaches, des brahmanes et des dieux. »[11] (Notez la triple association pernicieuse : vaches, brahmanes et dieux)… On pourrait multiplier les exemples, mais ces quelques passages suffiront à donner un exemple de ce négationnisme flagrant.

Redisons-le une énième fois : les atrocités musulmanes en Inde ne doivent pas être niées, ceci afin que les erreurs d’hier ne soient pas répétées aujourd’hui. Car pensez-vous que l’islam contemporain accepte plus qu’il ne le faisait naguère de coexister avec l’hindouisme ? « Vous pouvez vivre en bonne entente avec une religion dont le principe est la tolérance. Mais comment est-il possible de vivre en paix avec une religion dont le principe est : « je ne vous tolérerai pas ? » [12] se demande Sri Aurobindo. Et c’est vrai : l’hindou a toujours été prêt à tolérer ; il est ouvert aux nouvelles idées, qu’elles soient religieuses, sociales, ou économiques ; et il a une merveilleuse aptitude à l’assimilation – mais toujours à condition que la vérité centrale de l’hindouisme, du dharma, soit respectée.

En septembre 1909, Sri Aurobindo écrivait également : « Toute action qui pourrait soulever une objection chez un certain nombre de musulmans est maintenant passible d’interdiction… sous prétexte qu’elle risque de perturber l’ordre public, et on commence à se demander si l’on n’en viendra pas un jour à interdire le culte dans les temples hindous en invocant ce motif si valable. » [13] Citation ô combien prophétique, car Sri Aurobindo ne pouvait pas savoir que l’Inde serait par exemple la première à interdire le livre de Rushdie (le gouvernement du Congrès ne s’était même pas donné la peine de le lire, mais l’a fait bannir sous le conseil de quelques intellectuels musulmans), éveillant par là même l’attention de l’Iran et provoquant la fatwa de Khomeiny. Sri Aurobindo ne pouvait pas non plus deviner qu’il arrive souvent aujourd’hui en Inde qu’on interdise les processions hindoues, « pour ne pas blesser la sensibilité de la communauté musulmane » ! Étrange coutume pour un pays à majorité hindoue ! C’est comme si le gouvernement français bannissait les processions de la Fête-Dieu, afin de ne pas froisser sa communauté maghrébine.

Sri Aurobindo n’est pas le seul à s’élever contre l’intolérance musulmane, David Frawley postule lui aussi : « La cruelle histoire de l’invasion musulmane de l’Inde, qui fut suivie d’un énorme génocide et de la prise en esclavage de millions d’hindous n’est pas très connue dans le monde, particulièrement en Occident, où l’histoire de l’Inde n’est pas jugée très importante. Certains préféreraient qu’elle n’existât pas du tout ou que l’échelle des atrocités fût insignifiante, ou même que les intentions des musulmans ne fussent pas de convertir, mais uniquement de conquête militaire. D’autres arguent que cet épisode appartenant au passé, nous devrions l’oublier afin de préserver l’harmonie laïcisante de l’Inde. » [14]

La djihad appartient-elle au passé ?

La djihad est-elle terminée aujourd’hui ? « Pas du tout, affirme l’écrivain indien Suhas Majumdar dans son livre : Djihad, la doctrine islamique de la guerre permanente. Ce qu’il faut comprendre c’est qu’aujourd’hui encore le commun des musulmans prend toujours littéralement le message du Coran, bien qu’il ait été composé il y a 1 400 ans selon les termes et les coutumes de son époque et n’a pas été adapté aux exigences du monde moderne. » Et il est vrai que grâce aux pétrodollars des pays du Golfe, l’islam a étendu ses tentacules aux quatre coins du monde, même si aujourd’hui il camoufle ses intentions de domination. Le concept islamique de dar-ul-islam, c’est-à-dire « la maison de l’islam » sur toute la terre et de daar-ul-hard « la guerre de l’islam », justifie tous les moyens. Au Pakistan par exemple, les madrasis (écoles islamiques) sponsorisées par l’Arabie Saoudite ont engendré le mouvement du Taliban qui revendique l’application de la charia sous sa forme la plus stricte : interdiction de travail aux femmes, amputations, décapitations et surtout djihad contre l’Infidèle. Et ce fondamentalisme islamique dur tel que l’incarne le Taliban commence aussi à se répandre en Asie : en Ouzbekistan et au Tadjikistan par exemple, qui ont du mal à contrôler leurs fondamentalistes. La Russie pourrait devenir cernée par le fondamentalisme musulman hostile de la Tchéchénie, du Tadjikistan et du Sin-kiang chinois, qui commence à s’agiter. On aurait alors une ceinture panislamique qui irait de la Turquie à la Chine – et l’Inde totalement isolée, deviendrait le seul rempart en Asie – avec la Russie – contre une prise de pouvoir totale du fondamentalisme musulman. Une autre forme de djihad moderne, dans laquelle les musulmans sont passés maîtres, ce sont les émeutes. Le verset « Partez légèrement armé, préparez des embuscades et tentez avec votre vie de préserver le chemin d’Allah. » (Coran 9/41), est justement très ambigu, car il semble se référer non seulement à la guerre, mais aussi à la guérilla et aux émeutes. Généralement ce sont les Imams lors des prières du vendredi soir qui en appellent à la djihad civile, que ce soit à Srinagar, à Sarajevo ou à Jérusalem. Ainsi tous les historiens s’accordent à reconnaître que ce sont des mollahs indiens qui déclenchèrent les émeutes des Moplah en 1921, dont la plupart des victimes furent hindoues, même si le mouvement était censé être anti-britannique. C’est sans doute la première fois que les musulmans se posèrent en victimes, à tel point que le Mahatma Gandhi, pourtant hindou, s’en apitoya : « Les musulmans se battent pour ce qu’ils considèrent leur religion. » Quelquefois ce sont les civils eux-mêmes qui en appellent à la guerre sainte : la grande tuerie de Calcutta en 1946, qui précéda la partition, fit suite à la déclaration publique de Mohammed Usman, le maire de Calcutta : « C’est durant ce mois sacré du Ramadan que la guerre ouverte entre les musulmans et les kafirs (infidèles) prit son essor. C’est durant ce mois que nous pénétrâmes victorieux à la Mecque et avons annihilé l’idolâtrie. Par la volonté d’Allah, la Ligue musulmane (indienne) a choisi ce même mois pour commencer la djihad qui doit mener à la création du Pakistan. » Il est également vrai qu’après l’indépendance, toutes les grandes émeutes inter-religieuses et les pogroms anti-hindous dont ceux d’Aligarh, ou bien les fameuses émeutes de Bombay en 1992 qui suivirent la destruction de la mosquée d’Ayodhya, ont été déclenchés par les musulmans. La police le sait, la presse indienne le sait, la classe politique le sait. Mais personne n’ose prononcer tout haut le mot musulman ; les journaux se contentent d’écrire : « Une communauté en a agressé une autre. » L’Inde est déjà aux prises avec une nouvelle djihad contemporaine qui prend plusieurs formes : à l’intérieur la guerre de « libération » du Cachemire d’abord, l’anti-nationalisme des musulmans indiens, les émeutes ; et à l’extérieur, l’hostilité des voisins islamistes, le Pakistan, le Bangladesh, l’Afghanistan et un peu plus loin, les pays du Golfe fondamentalement hostiles à l’hindouisme et qui rêvent tous secrètement de perpétuer le dessein des grands Moghols : dar-ul-islam.

Et l’Occident alors ? Nos intellectuels divisent l’islam en deux clans : l’un libéral, l’autre fondamentaliste, ce qui pourrait se révéler une grossière erreur : « Le refus de l’Occident à reconnaître la vraie nature de la renaissance islamique actuelle constitue un échec intellectuel colossal, écrit Majumdar, car l’islam continue de jurer par les injonctions du Coran. » L’intellitgensia européenne en général, et française en particulier – n’est-ce pas, Mr. Bernard-Henri Lévy ? – qui a soutenu la Bosnie, a-t-elle compris qu’elle laissait peut-être un cancer ravager l’Europe ? Que demain, ceux qui ont été défendus – souvent à raison – vont néanmoins réaffirmer le militantisme de leur foi islamique. Et Bernard-Henry Lévy et ses pairs se sont-ils donnés la peine de creuser un peu plus dans l’affrontement entre Serbes et Bosniaques ? De remonter dans le temps, de prendre en considération le pro-occidentalisme de la race serbe et le fascisme inquiétant des Bosniaques ? Et que savent-ils du karma de ces deux ethnies, les poussant à agir ainsi ? La photo publiée par les journaux du monde entier d’un musulman qui frappe devant la mosquée de Sarajevo, au moment des prières du samedi soir, un jeune disciple du mouvement Hare Krishna, est significative et devrait faire réfléchir toute l’Europe. Car même ses habitants ont reconnu que durant tout le siège de Sarajevo, les membres de la secte avaient fait merveille pour leur remonter le moral. Mais voilà, la paix revenue, les concessions obtenues, l’islam montre à nouveau son vrai visage : djihad fi Sabillaj, la guerre sainte contre les idolâtres, en l’occurence des ferengis (blancs) influencés (plus ou moins bien) par un mouvement hindou.

Et il en va de même du soutien occidental aux indépendantistes de Tchéchénie, ou du Cachemire. On isole la Russie et l’Inde, qui seules peuvent encore s’élever en Asie contre une tentative d’hégémonie islamiste. (La presse occidentale joue là un rôle néfaste, car elle crée de toutes pièces le mythe sympathique de ces moujahedins tchéchènes ou cachemiris – c’est du sensationnalisme bon marché). Le plus dangereux, c’est la tiédeur du soutien occidental envers Israël qui depuis un demi-siècle livre une bataille de vie ou de mort contre les Arabes. Et telles l’Inde et la Russie, Israël est le rempart du monde civilisé contre le pan-islamisme au Moyen Orient.

Ce n’est pas parce que le christianisme et l’islam sont les deux religions monothéistes par excellence de notre planète, qu’il faut conclure une alliance douteuse entre les deux credo, comme celle que nous percevons en Bosnie. Car c’est un jeu dangereux que l’Occident ne peut que perdre : n’oublions donc pas ce qui s’est passé en Turquie, où la chrétienté, qui y connut un tel essor, a pratiquement disparu aujourd’hui dans l’indifférence générale. La sanctification de l’islam par les missionnaires et les chrétiens, tel l’Anglais Muir, dont la traduction du Coran fait référence, est également pernicieuse, car elle fait oublier que la djihad n’est en fait qu’une forme déguisée de meurtres, de rapines et de viols sanctionnés par le Coran. Et finalement, il faut oser le dire tout haut : les musulmans de par le monde sont passés maîtres dans l’art de la propagande et d’utiliser l’éternel complexe de culpabilité de l’Occident, les relents marxistes pro-arabes de l’intelligentsia européenne et la voracité sans fin des journalistes, pour qui une poignée de Palestiniens dans un no man’s land, est plus médiatique que les 300 000 hindous chassés du Cachemire par la djihad contemporaine. Mais c’est ainsi que la perversion humaine donne à la politique l’art des apparences.

Et finalement, pourra-t-on jamais connaître un islam qui s’épanouisse sans djihad ? « Malheureusement, allègue Majumdar, l’islam, tel qu’il est exprimé dans le Coran est impraticable aujourd’hui, comme par exemple l’obligation d’avoir des concubines ou des esclaves, prérogative de tout musulman. La vérité c’est que le Coran est souvent périmé, car les ulémas ne permettent pas aujourd’hui la modification d’un seul verset du Coran – et ceci est le plus grand obstacle au renouveau de l’islam. » [15] Mais tout de même : le Coran ne mentionne-t-il pas les réticences de certains des premiers disciples de l’islam, qui préféraient être des pèlerins plutôt que des guerriers, contre les excès de la djihad ? Et dans le soufisme, le vrai, qui a pratiquement disparu aujourd’hui car il a été pourchassé par les sunnites partout dans le monde, le sens de la vraie djihad, c’est la guerre contre soi-même, son ego, ses faiblesses, sa petitesse. Un tel islam sans djihad exigerait donc une réécriture totale du Coran – et qui en aurait le courage ? Car malheureusement, le tort fait par Mahmud, Babur, ou Aurangzeb, se perpétue aujourd’hui. Les graines qu’ils ont plantées, lorsqu’ils ont converti de force la petite centaine de milliers d’hindous, ont mûri. Et les cent millions de musulmans indiens d’aujourd’hui, se sont souvent aliénés de leurs frères hindous et ont quelquefois adopté le cri militant des musulmans : dar-ul-islam, la maison de l’islam en Inde. Ces graines ont également donné naissance à un arbre empoisonné appelé Pakistan, dont le spectre nucléaire après trois guerres conventionnelles hante le sous-continent. Et en Inde, le Cachemire et les attentats à la bombe qui se multiplient, de Bombay à New Delhi, nous rappellent que le grand rêve moghol d’une Inde assujettie à la grandeur d’Allah trouve encore un écho aujourd’hui.

Notes :

[1] Dupuis Jacques, Histoire de l’Inde (Éditions Kailash, Civilisations et sociétés, 1996), page 202.

[2] Elst Koenraad, Negationnisme in India (Voice Of India, Delhi, 1993).

[3] Histoire de l’Inde moderne, sous la direction de Claude Markovits (Fayard 1989), page 54

[4] Ibid., page 56

[5] Ibid., page 57

[6] Ibid., page 60

[7] Ibid., page 87

[8] Ibid., page 126

[9] Ibid., page 132

[10] Ibid., page 127

[11] Ibid., page 128

[12] Sri Aurobindo, L’Inde et la Renaissance de la Terre (Institut de Recherches Évolutives, Paris, 1998), page 184

[13] Ibid., page 63

[14] Frawley David, Arise Arjuna (Voice of India, Delhi, 1994), page 26

[15] Majumdar Suhas, Djihad (Voice of India, Delhi, 1994)

Voir aussi:

L’irruption de l’islam et le « Moyen Âge » indien

Clio

Comme l’indique Jacques Dupuis dans son Histoire de l’Inde publiée en 1963, « la notion d’un Moyen Âge indien succédant à l’Antiquité n’est qu’un décalque superficiel de la chronologie de l’histoire occidentale ; sous cette synchronisation, il ne faut point chercher à voir des analogies profondes entre l’évolution de l’Occident et celle de l’Inde. On distinguera cependant, au cours des siècles suivant la mort de Harsha, les caractères d’une époque assez différente de l’Antiquité, à la fois par les transformations de la civilisation indienne et par la coexistence de celle-ci avec un élément musulman importé. »

712 : La conquête du Sindh est marquée par de nombreux pillages et massacres mais les musulmans, peu nombreux, laissent aux hindous vaincus la liberté de pratiquer leur religion contre le paiement du traditionnel jizya imposé partout aux infidèles. Au IXe siècle, le Sindh se détachera du califat abbasside de Bagdad et poursuivra, sous l’autorité de dynasties locales une existence politique indépendante.

725-753 : Le roi Lalitaditya règne sur le Cachemire, qui s’étend alors des plaines du Pendjab aux montagnes du Ladakh et comprend tous les pays de l’Indus. La région de Srinagar est alors le centre de gravité de cet ensemble.

756 : Les Pratihara, d’origine radjpoute – une population installée au nord-ouest et affirmant une forte tradition guerrière – font renaître Kanauj comme centre politique s’imposant à la majeure partie du bassin gangétique.

VIIIe -XIIe siècle : La dynastie pala s’impose au Bengale. Elle protège le bouddhisme, dont l’université de Nalanda demeure l’un des foyers les plus actifs, mais ce royaume sera balayé par les musulmans à la fin du XIIe siècle. C’est cette dynastie qui a gagné l’Assam à l’hindouisme.

IXe-XIIe siècles : En Inde du Sud, le royaume tamoul de Chola apparaît comme une puissance maritime dynamique, qui prend temporairement le contrôle de Ceylan au XIe siècle. L’ascension du royaume chola, qui commence avec la prise de Tanjore (dans le bassin de la Kaviri) vers 850 le conduit à son apogée sous les règnes de Rajahrajah (985-1014) et de Rajendra Ier (1014-1044) puisqu’en 1022 les armées du Chola poussent jusqu’au Gange. Dès 897, le roi de Chola Aditya Ier avait envahi le pays de Kanchipuram et détruit la puissance des Pallava qui dominaient l’Inde du Sud depuis le Ve siècle. Rajendra fut le fondateur de la thalassocratie tamoule. Déjà installés à Ceylan ceux-ci s’attaquent au puissant royaume de Sri Vijaya qui regroupait la péninsule malaise, Sumatra, Java et les îles voisines. À l’issue de cette campagne navale, les Tamouls dominent l’océan Indien des Maldives jusqu’à Sumatra et envoient des ambassades en Chine. Durant cette période, c’est dans le Dekkan que se développe la culture hindoue la plus vivante dans la mesure où les régions méridionales du pays demeurent longtemps hors de portée des conquérants musulmans.

XIe siècle : Reprise de la poussée musulmane, trois siècles après la conquête du Sindh demeuré une marche lointaine du califat de Bagdad. La conquête de l’Inde par les musulmans, qui s’étend sur une longue période et se caractérise surtout, initialement, par des raids de pillage dévastateurs ne sera pas le fait des Arabes ou des Persans mais celui des Turcs et des Afghans, populations barbares issues des steppes de Haute Asie ou des montagnes de la périphérie occidentale de l’Himalaya ; ce fait lui donnera un caractère de brutalité particulièrement catastrophique, pour le plus grand malheur des pays de vieille civilisation qui s’étaient constitués au fil du temps dans le nord du subcontinent indien. L’extrême division politique de l’Inde septentrionale à cette époque a favorisé les entreprises des envahisseurs qui tiraient de leur extrême mobilité une supériorité militaire incontestable sur les lourdes armées de fantassins, même appuyées par des éléphants, des royaumes hindous. L’éloignement des zones d’invasion et de razzia constituait en fait la meilleure garantie de sécurité et ce furent tout naturellement les royaumes les plus méridionaux du Dekkan qui souffrirent le moins des campagnes de conquête et des raids de pillage musulmans.

997 : Premier raid contre l’Inde de Mahmoud de Ghazni qui va multiplier les expéditions de pillage tout au long de son règne qui dure jusqu’en 1030. Il détruit Kanauj, pille et rase les sanctuaires hindous et accomplit de grands massacres. Son empire, dont la capitale se trouvait dans l’actuel Afghanistan, s’étendait des rives orientales de la Caspienne au Pendjab mais l’Inde était davantage pour lui une terre de razzia capable de fournir de riches butins qu’une véritable conquête régulièrement administrée.

1175 : C’est un Afghan, Mohammed de Ghur, qui renoue avec la politique de razzias inaugurée par Mahmoud de Ghazni au siècle précédent. Il se heurte cependant à une forte résistance du Gudjerat et de l’aristocratie radjpoute conduite par Prithi Raj, qui demeure comme une figure emblématique de la résistance « nationale » face aux envahisseurs.

1192 : Mohammed remporte la victoire de Tarain. La cavalerie afghane s’impose et Prithi Raj est tué.

1194 : Les musulmans envahissent la plaine gangétique, pillent Kanauj et Bénarès et s’avancent jusqu’au Bengale. Les destructions sont alors immenses et toute une partie de l’héritage de la grande culture de l’Inde antique est anéantie. Les vainqueurs s’en prennent spécialement au clergé bouddhiste dont les moines sont systématiquement mis à mort.

1206 : À sa mort, Mohammed de Ghur a constitué un « empire » s’étendant de l’Afghanistan au Bengale mais cet ensemble né d’une conquête brutale et destructrice n’aura qu’une existence éphémère et se disloquera rapidement, la dynastie ne conservant finalement qu’une petite principauté afghane.

1210-1235 : Règne d’Iltutmish, un Turc Ilbari, qui va établir le sultanat de Delhi, le premier véritable État musulman de l’Inde. Énergique, ce chef musulman – qui était un ancien esclave – rassemble les territoires allant du Sindh et du Pendjab jusqu’au Bengale et fait reconnaître son autorité par le calife de Bagdad. Il fait de Delhi sa capitale et fait construire le Qutb Minâr, le fameux minaret haut de 72 m qui apparaît comme le premier grand monument réalisé en Inde par l’architecture musulmane.

1221 : Les hordes mongoles de Gengis Khan atteignent le cours de l’Indus mais ne poussent pas au-delà.

1206-1290 : Règnes des descendants d’Iltutmish qui maintiennent difficilement cet empire né de la conquête et imposé par la force à l’Inde du Nord.

1290-1320 : Les Khalji, d’origine afghane, se substituent aux Turcs Ilbari. Jala ud Din Firuz, le premier souverain de la dynastie (1290-1296), est traîtreusement assassiné par son neveu Ala ud Din qui règne de 1296 à 1316. Criminel sans scrupule, celui-ci impose son autorité avec une cruauté sans limites et finance par pillage les conquêtes qu’il réalise. Il entame son règne en faisant massacrer tous les membres de la famille de son oncle et tous ceux qui les ont servis, femmes et enfants compris.

1297 : Ala ud Din parvient à arrêter une imposante armée mongole qui menaçait de nouveau Delhi.

1301 : Après un an de résistance, la forteresse radjpoute de Ranthambhor est prise par les musulmans, qui s’emparent également de Chitor deux ans plus tard. C’est là que les défenseurs hindous, avant de chercher la mort dans un combat sans espoir, font brûler vives leurs femmes et leurs sœurs pour leur épargner la souillure et l’esclavage.

1305 : Ala ud Din conquiert le Malwa, ce qui place toute l’Inde du Nord sous son autorité.

1307 : Les musulmans entreprennent à partir de cette date une série d’expéditions contre le Dekkan où aucun royaume ne paraît encore en mesure de leur résister durablement. Ils soumettent ainsi le pays mahratte et le pays telugu et poussent jusqu’au royaume pandya, le principal État tamoul de l’extrémité méridionale du pays. C’est à cette occasion que Madurai est mise à sac en 1311.

1320 : Le fils qui avait hérité du pouvoir d’Ala ud Din est assassiné et cette disparition marque la fin de l’éphémère dynastie des Khalji. Elle a été marquée par une expansion conduite de manière impitoyable mais ne pouvait établir aucune œuvre durable car, comme ce fut souvent le cas dans l’histoire musulmane de l’Inde – avec une notable exception pour ce qui concerne le cas de l’Empire moghol – ces épisodes de conquête correspondirent toujours presque automatiquement à des moments de ruine et de dévastation pour la majeure partie du pays, mis en coupe réglée par ses vainqueurs.

1320 : Un chef d’origine turque, Ghazi Malik Tughluk, est porté au pouvoir par l’armée et ouvre une dynastie qui durera jusqu’en 1412. Il restaure l’État et concentre ses efforts sur le sultanat de Delhi et non sur des conquêtes toujours plus lointaines et plus aléatoires mais ne règne que cinq ans.

1324 : Un prince hindou, Harisimha, conquiert le Népal et, à partir de ce moment, la civilisation de ce royaume apparaît comme une synthèse de l’héritage bouddhiste et de la tradition hindouiste.

1325-1351 : Règne de Mohammed bin Tughluk. C’est sous le règne de ce nouveau conquérant que le sultanat de Delhi atteint sa plus grande extension, depuis l’Himalaya du Garhwal jusqu’aux rives de la Kaviri, au cœur du pays tamoul. Cette expansion n’est pas proportionnée au niveau de l’organisation administrative. Le poids de l’impôt est vite insupportable. Le transfert temporaire de la capitale de Delhi à Daulatabad – au cœur du Dekkan, mille kilomètres plus au sud – est un échec complet, tout comme une réforme monétaire trop précipitée. L’ambition d’aller conquérir le Khrorassan, voire l’Irak, ne peut être réalisée mais engloutit des sommes astronomiques. Trop étendu, « l’empire » est rapidement affaibli par la multiplication des révoltes alors que, à partir de 1336, l’empire du Vijayanagar s’organise au sud comme môle inébranlable de la résistance hindoue à l’islam.

1336 : Fondation, en pays telugu et en réaction contre l’expansionnisme du sultanat de Delhi, de Vijayanagar, la « Cité de la Victoire », sur la rive méridionale de la Tungabhadra. Les maîtres de Delhi sont rapidement contraints d’abandonner le Dekkan mais c’est au royaume musulman de Bahmani que celui de Vijayanagar va surtout s’opposer pendant près de trois siècles.

1347 : Le royaume musulman de Bahmani s’affirme au nord-ouest du Dekkan face au sultanat de Delhi mais il sera morcelé finalement entre cinq principautés rivales entre 1484 et 1518. Ultérieurement, les royaumes de Bijapur et de Golconde témoigneront, au cœur du Dekkan, de la persistance de la présence musulmane dans ces régions méridionales.

1336-1485 : La dynastie fondatrice des Sangama règne sur le Vijayanagar. Le souverain le plus brillant est Deva Raya II (1422-1446). Sous son règne, l’empire s’étend depuis l’Orissa jusqu’à la côte de Malabar, d’une rive à l’autre du Dekkan. Au-delà de la péninsule, Ceylan et les régions littorales de la Birmanie (royaume de Pégou) lui paient un tribut.

1398-1399 : Tamerlan vient attaquer le sultanat de Delhi, prend la ville, la met à sac et fait un grand massacre de sa population. Laissant derrière lui de sinistres pyramides de têtes, il repart vers l’Asie centrale en emmenant avec lui des milliers d’esclaves. Le sultanat de Delhi ne se remettra jamais de cette catastrophe et ne sera plus que l’ombre de lui-même sous les dynasties des Sayyides et des Lodi, jusqu’en 1526, date de sa disparition finale.

1420-1470 : Règne au Cachemire du sultan Zain ul Abidin. Il fait figure d’exception car ce souverain musulman manifeste une grande tolérance vis-à-vis des hindous, recrute les brahmanes dans son administration et dispense les infidèles du paiement du jizya. Surnommé « l’Akbar du Cachemire » par référence au futur grand souverain moghol, il établit là un brillant foyer de civilisation.

1486 : Nasarimha accède au pouvoir dans le Vijayanagar à un moment où cet empire connaît un relatif déclin en raison de la qualité insuffisante de ses princes, alors que la lutte contre les musulmans est un défi permanent et impose de maintenir sans faiblesse l’unité du Dekkan hindou.

1491-1503 : Règne de Narasa Nayaka, un usurpateur qui fonde une nouvelle dynastie mais assure la continuité de l’État de Vijayanagar. Son fils, Krishnadeva Raya, règne de 1509 à 1529. Contre les musulmans, il s’allie aux Portugais qui arrachent alors Goa au sultan de Bijapur. Administrateur et guerrier, protecteur des lettres et des arts, il apparaît comme l’un des grands souverains de l’histoire indienne. Le morcellement du royaume musulman de Bahmani à partir de 1518 et le déclin irréversible du sultanat de Delhi font du Vijayanagar la grande puissance indienne du moment.

1543-1565 : Le règne de Rama Raya poursuit dans le même sens mais le désastre de Talikota qui, face aux Moghols, coûte la vie au souverain scelle le sort du grand empire hindou du Dekkan après qu’il a, pendant plus de deux siècles, fait barrage à la poussée musulmane vers le sud. Centré sur le plateau de Mysore, contraint de concentrer l’essentiel de ses forces dans la défense de la frontière du nord établie sur le cours de la Tungabhadra, le royaume de Vijayanagar ne peut être en même temps, à l’inverse du Chola qui l’avait précédé dans le sud du Dekkan, un empire de la mer. Située sur la frontière, sa capitale, forte d’un demi-million d’habitants au début du XVIe siècle, bénéficiait d’équipements considérables pour l’époque, qui ont fait l’admiration des voyageurs italiens ou portugais. L’armée rassemblée alors est sans doute la plus nombreuse du monde et, pour la première fois depuis plusieurs siècles, l’Inde oppose une résistance longtemps victorieuse à l’envahisseur musulman. À l’inverse, le Vijayanagar abandonne la mer aux Arabes, même si les Chinois font une apparition prolongée dans l’océan Indien pendant le premier quart du XVe siècle. Il faudra attendre les Portugais, leur technique nautique supérieure et la puissance de feu de leur artillerie, pour que l’océan soit repris aux musulmans pour le plus grand profit du royaume hindou, allié naturel des conquérants lusitaniens. Le principal mérite du Vijayanagar demeure surtout d’avoir offert un refuge à la civilisation hindoue traditionnelle, qui a pu survivre intacte dans l’Inde du Sud alors que, sauf exception, elle était constamment menacée – quand ses monuments et ses œuvres n’étaient pas purement et simplement anéantis – en Inde du Nord sous domination musulmane.

Voir également:

Was There an Islamic « Genocide » of Hindus?

Dr. Koenraad Elst

« The Partition Holocaust »: the term is frequently used in Hindu pamphlets concerning Islam and the birth of its modern political embodiment in the Subcontinent, the state of Pakistan. Is such language warranted, or is it a ridicule-inviting exaggeration?

To give an idea of the context of this question, we must note that the term « genocide » is used very loosely these days. One of the charges by a Spanish judge against Chilean ex-dictator Pinochet, so as to get him extradited from Great Britain in autumn 1998, was « genocide ». This was his way of making Pinochet internationally accountable for having killed a few Spanish citizens: alleging a crime serious enough to overrule normal constraints based on diplomatic immunity and national sovereignty. Yet, whatever Pinochet’s crimes, it is simply ridiculous to charge that he ever intended to exterminate the Spanish nation. In the current competition for victim status, all kinds of interest groups are blatantly overbidding in order to get their piece of the entitlement to attention and solidarity.

The Nazi Holocaust killed the majority of European Jewry (an estimated 5.1 million according to Raul Hilberg, 5.27 million according to the Munich-based Institut für Zeitgeschichte) and about 30% of the Jewish people worldwide. How many victim groups can say as much? The Partition pogroms killed hardly 0.3% of the Hindus, and though it annihilated the Hindu presence in all the provinces of Pakistan except for parts of Sindh and East Bengal, it did so mostly by putting the Hindus to flight (at least seven million) rather than by killing them (probably half a million). Likewise, the ethnic cleansing of a quarter million Hindus from Kashmir in 1990 followed the strategy of « killing one to expel a hundred », which is not the same thing as killing them all; in practice, about 1,500 were killed. Partition featured some local massacres of genocidal type, with the Sikhs as the most wanted victims, but in relative as well as absolute figures, this does not match the Holocaust.

Among genocides, the Holocaust was a very special case (e.g. the attempt to carry it out in secrecy is unique), and it serves no good purpose to blur that specificity by extending the term to all genocides in general. The term « Holocaust », though first used in a genocidal sense to describe the Armenian genocide of 1915, is now in effect synonymous with the specifically Jewish experience at the hands of the Nazis in 1941-45. But does even the more general term « genocide » apply to what Hinduism suffered at the hands of Islam?

Complete genocide

« Genocide » means the intentional attempt to destroy an ethnic community, or by extension any community constituted by bonds of kinship, of common religion or ideology, of common socio-economic position, or of common race. The pure form is the complete extermination of every man, woman and child of the group. Examples include the complete extermination of the native Tasmanians and many Amerindian nations from Patagonia to Canada by European settlers in the 16th-19th century. The most notorious attempt was the Nazi « final solution of the Jewish question » in 1941-45. In April-May 1994, Hutu militias in Rwanda went about slaughtering the Tutsi minority, killing ca. 800,000, in anticipation of the conquest of their country by a Uganda-based Tutsi army. Though improvised and executed with primitive weapons, the Rwandan genocide made more victims per day than the Holocaust.

Hindus suffered such attempted extermination in East Bengal in 1971, when the Pakistani Army killed 1 to 3 million people, with Hindus as their most wanted target. This fact is strictly ignored in most writing about Hindu-Muslim relations, in spite (or rather because) of its serious implication that even the lowest estimate of the Hindu death toll in 1971 makes Hindus by far the most numerous victims of Hindu-Muslim violence in the post-colonial period. It is significant that no serious count or religion-wise breakdown of the death toll has been attempted: the Indian, Pakistani and Bangladeshi ruling classes all agree that this would feed Hindu grievances against Muslims.

Nandan Vyas (« Hindu Genocide in East Pakistan », Young India, January 1995) has argued convincingly that the number of Hindu victims in the 1971 genocide was approximately 2.4 million, or about 80%. In comparing the population figures for 1961 and 1971, and taking the observed natural growth rhythm into account, Vyas finds that the Hindu population has remained stable at 9.5 million when it should have increased to nearly 13 million (13.23 million if the same growth rhythm were assumed for Hindus as for Muslims). Of the missing 3.5 million people (if not more), 1.1 million can be explained: it is the number of Hindu refugees settled in India prior to the genocide. The Hindu refugees at the time of the genocide, about 8 million, all went back after the ordeal, partly because the Indian government forced them to it, partly because the new state of Bangladesh was conceived as a secular state; the trickle of Hindu refugees into India only resumed in 1974, when the first steps towards islamization of the polity were taken. This leaves 2.4 million missing Hindus to be explained. Taking into account a number of Hindu children born to refugees in India rather than in Bangladesh, and a possible settlement of 1971 refugees in India, it is fair to estimate the disappeared Hindus at about 2 million.

While India-watchers wax indignant about communal riots in India killing up to 20,000 people since 1948, allegedly in a proportion of three Muslims to one Hindu, the best-kept secret of the post-Independence Hindu-Muslim conflict is that in the subcontinent as a whole, the overwhelming majority of the victims have been Hindus. Even apart from the 1971 genocide, « ordinary » pogroms in East Pakistan in 1950 alone killed more Hindus than the total number of riot victims in India since 1948.

Selective genocide

A second, less extreme type of genocide consists in killing a sufficient number who form the backbone of the group’s collective identity, and assimilating the leaderless masses into the dominant community. This has been the Chinese policy in Tibet, killing over a million Tibetans while assimilating the survivors into Chinese culture by flooding their country with Chinese settlers. It was also Stalin’s policy in eastern Poland and the Baltic states after they fell into his hands under the 1939 Hitler-Stalin Pact, exemplified by the massacre of thousands of Polish army officers in Katyn. Stalin’s policies combining murder of the elites, deportation of entire ethnic groups and ruthless oppression of the survivors was prefigured in antiquity by the Assyrians, whose deportation of the ten northern (now « lost ») tribes of Israel is attested in the Bible.

During the Islamic conquests in India, it was a typical policy to single out the Brahmins for slaughter, after the Hindu warrior class had been bled on the battlefield. Even the Portuguese in Malabar and Goa followed this policy in the 16th century, as can be deduced from Hindu-Portuguese treaty clauses prohibiting the Portuguese from killing Brahmins.

In antiquity, such partial genocide typically targeted the men for slaughter and the women and children for slavery or concubinage. Thus, in 416 BCE, the Athenians were angered at the Melians’ reluctance to join the war against Sparta, and to set an example for other client states, Athens had Melos repopulated with Athenian colonists after killing its men and enslaving its women. Another example would be the slaughter of the Jews of Medina by Mohammed in 626 CE: after expelling two Jewish tribes, the third one, the Banu Quraiza, were exterminated: all the ca. 700 men were beheaded, while the women and children were sold into slavery, with the Prophet keeping the most beautiful woman as his concubine (she refused to marry him).

Hindus too experienced this treatment at the hands of Islamic conquerors, e.g. when Mohammed bin Qasim conquered the lower Indus basin in 712 CE. Thus, in Multan, according to the Chach-Nama, « six thousand warriors were put to death, and all their relations and dependents were taken as slaves ». This is why Rajput women committed mass suicide to save their honour in the face of the imminent entry of victorious Muslim armies, e.g. 8,000 women immolated themselves during Akbar’s capture of Chittorgarh in 1568 (where this most enlightened ruler also killed 30,000 non-combatants). During the Partition pogroms and the East Bengali genocide, mass rape of Hindu women after the slaughter of their fathers and husbands was a frequent event.

At this point, however, we should not overlook a puzzling episode in Hindu legend which describes a similar behaviour by a Hindu conqueror: Parashurama, deified as the 6th incarnation of Vishnu, killed all the adult male Kshatriyas for several generations, until only women were left, and then had Brahmins father a new generation upon them. Just a story, or reference to a historic genocide?

Genocide in the Bible

For full-blooded genocide, however, the book to consult is the Bible, which describes cases of both partial and complete genocide. The first modest attempt was the killing by Jacob’s sons of all the males in the Canaanite tribe of Shekhem, the fianc� of their own sister Dina. The motive was pride of pedigree: having immigrated from the civilizational centre of Ur in Mesopotamia, Abraham’s tribe refused all intermarriage with the native people of Canaan (thus, Rebecca favoured Jacob over Esau because Jacob married his nieces while Esau married local women).

Full-scale genocide was ordered by God, and executed by his faithful, during the conquest of Canaan by Moses and Joshua. In the defeated cities outside the Promised Land, they had to kill all the men but keep the women as slaves or concubines. Inside the Promised Land, by contrast, the conquerors were ordered to kill every single man, woman and child. All the Canaanites and Amalekites were killed. Here, the stated reason was that God wanted to prevent the coexistence of His people with Pagans, which would result in religious syncretism and the restoration of polytheism.

As we only have a literary record of this genocide, liberal theologians uncomfortable with a genocidal God have argued that this Canaanite genocide was only fiction. To be sure, genocide fiction exists, e.g. the Biblical story that the Egyptians had all newborn male Israelites killed is inconsistent with all other data in the Biblical narrative itself (as well as unattested in the numerous and detailed Egyptian inscriptions), and apparently only served to underpin the story of Moses’ arrival in the Pharaoh’s court in a basket on the river, a story modelled on the then-popular life story of Sargon of Akkad. Yet, the narrative of the conquest of Canaan is full of military detail uncommon in fiction; unlike other parts of the Bible, it is almost without any miracles, factual through and through.

And even if we suppose that the story is fictional, what would it say about the editors that they attributed genocidal intentions and injunctions to their God? If He was non-genocidal and good in reality, why turn him into a genocidal and prima facie evil Being? On balance, it is slightly more comforting to accept that the Bible editors described a genocide because they wanted to be truthful and relate real events. After all, the great and outstanding thing about the Bible narrative is its realism, its refusal to idealize its heroes. We get to see Jacob deceiving Isaac and Esau, then Laban deceiving Jacob; David’s heroism and ingenuity in battle, but also his treachery in making Bathseba his own, and later his descent into senility; Salomon’s palace intrigues in the war of succession along with his pearls of wisdom. Against that background, it would be inconsistent to censor the Canaanite genocide as merely a fictional interpolation.

Indirect genocide

A third type of genocide consists in preventing procreation among a targeted population. Till recently, it was US policy to promote sterilization among Native American women, even applying it secretly during postnatal care or other operations. The Tibetans too have been subjected to this treatment. In the Muslim world, male slaves were often castrated, which partly explains why Iraq has no Black population even though it once had hundreds of thousands of Black slaves. The practice also existed in India on a smaller scale, though the much-maligned Moghul emperor Aurangzeb tried to put an end to it, mainly because eunuchs brought endless corruption in the court. The hijra community is a left-over of this Islamic institution (in ancient India, harems were tended by old men or naturally napunsak/impotent men, tested by having to spend the night with a prostitute without showing signs of virile excitement).

A fourth type of genocide is when mass killing takes place unintentionally, as collateral damage of foolish policies, e.g. Chairman Mao’s Great Leap Forward inducing the greatest man-made mass starvation killing 20 million or more, or the British war requisitions causing the Bengal famine of 1943 killing some 3 million; or as collateral damage of other forms of oppression. Unlike the deliberate genocide of Native Americans in parts of the USA or Argentina, the death of millions of Natives in Central America after the first Spanish conquests was at least partly the unintended side-effect of the hardships of forced labour and the contact with new diseases brought by the Europeans. In contrast with Nazi and Soviet work camps, where forced labour had the dual purpose of economic profit and a slow but sure death of the inmates, there is no evidence that the Spanish wanted their Native labourers to die. After all, their replacement with African slaves required a large extra investment.

The Atlantic slave trade itself caused mass death among the transported slaves, just as in the already long-standing Arab slave trade, but it is obvious that purely for the sake of profit, the slave-traders preferred as many slaves as possible to arrive at the slave markets alive. Likewise, the Christian c.q. Islamic contempt for Pagans made them rather careless with the lives of Native Americans, Africans or Hindus, so that millions of them were killed, and yet this was not deliberate genocide. Of course they wanted to annihilate Pagan religions like Hinduism, but in principle, the missionary religions wished to convert the unbelievers, and preferred not to kill them unless this was necessary for establishing the power of the True Faith.

That is why the mass killing of Hindus by Muslims rarely took place in peacetime, but typically in the fervour immediately following military victories, e.g. the fall of the metropolis of Vijayanagar in 1565 was « celebrated » with a general massacre and arson. Once Muslim power was established, Muslim rulers sought to exploit and humiliate rather than kill the Hindus, and discourage rebellion by making some sort of compromise. Not that peacetime was all that peaceful, for as Fernand Braudel wrote in A History of Civilizations (Penguin 1988/1963, p.232-236), Islamic rule in India as a « colonial experiment » was « extremely violent », and « the Muslims could not rule the country except by systematic terror. Cruelty was the norm — burnings, summary executions, crucifixions or impalements, inventive tortures. Hindu temples were destroyed to make way for mosques. On occasion there were forced conversions. If ever there were an uprising, it was instantly and savagely repressed: houses were burned, the countryside was laid waste, men were slaughtered and women were taken as slaves. »

Though all these small acts of terror added up to a death toll of genocidal proportions, no organized genocide of the Holocaust type took place. One constraint on Muslim zeal for Holy War was the endemic inter-Muslim warfare and intrigue (no history of a royal house was bloodier than that of the Delhi Sultanate 1206-1525), another the prevalence of the Hanifite school of Islamic law in India. This is the only one among the four law schools in Sunni Islam which allows Pagans to subsist as zimmis, dis-empowered third-class citizens paying a special tax for the favour of being tolerated; the other three schools of jurisprudence ruled that Pagans, as opposed to Christians and Jews, had to be given a choice between Islam and death.

Staggering numbers also died as collateral damage of the deliberate impoverishment by Sultans like Alauddin Khilji and Jahangir. As Braudel put it: « The levies it had to pay were so crushing that one catastrophic harvest was enough to unleash famines and epidemics capable of killing a million people at a time. Appalling poverty was the constant counterpart of the conquerors’ opulence. »

Genocide by any other name

In some cases, terminological purists object to mass murder being described as « genocide », viz. when it targets groups defined by other criteria than ethnicity. Stalin’s « genocide » through organized famine in Ukraine killed some 7 million people (lowest estimate is 4 million) in 1931-33, the largest-ever deliberate mass murder in peacetime, but its victims were targeted because of their economic and political positions, not because of their nationhood. Though it makes no difference to the victims, this was not strictly genocide or « nation murder », but « class murder ». Likewise, the killing of perhaps two million Cambodians by the Khmer Rouge was not an attempt to destroy the Cambodian nation; it was rather an attempt to « purify » the nation of its bourgeois class.

The killing of large groups of ideological dissenters is a constant in the history of the monotheistic faiths, of which Marxism has been termed a modern offshoot, starting with the killing of some polytheistic priests by Pharaoh Akhenaton and, shortly after, the treacherous killing of 3,000 worshippers of the Golden Calf by Moses (they had been encouraged to come out in the open by Moses’ brother Aaron, not unlike Chairman Mao’s « hundred flowers » campaign which encouraged dissenters to speak freely, all the better to eliminate them later). Mass killing accompanied the christianization of Saxony by Charlemagne (ca. 800 CE) and of East Prussia by the Teutonic Knights (13th century). In 1209-29, French Catholics massacred the heretical Cathars. Wars between Muslims and Christians, and between Catholics and Protestants, killed millions both in deliberate massacres and as collateral damage, e.g. seven million Germans in 1618-48. Though the Turkish government which ordered the killing of a million Armenians in 1915 was motivated by a mixture of purely military, secular-nationalistic and Islamic considerations, the fervour with which the local Turks and Kurds participated in the slaughter was clearly due to their Islamic conditioning of hatred against non-Muslims.

This ideological killing could be distinguished from genocide in the strict sense, because ethnicity was not the reason for the slaughter. While this caution may complicate matters for the Ukrainians or Cambodians, it does not apply to the case of Hinduism: like the Jews, the Hindus have historically been both a religion and a nation (or at least, casteists might argue, a conglomerate of nations). Attempts to kill all Hindus of a given region may legitimately be termed genocide.

For its sheer magnitude in scope and death toll, coupled with its occasional (though not continuous) intention to exterminate entire Hindu communities, the Islamic campaign against Hinduism, which was never fully called off since the first naval invasion in 636 CE, can without exaggeration be termed genocide. To quote Will Durant’s famous line: « The Islamic conquest of India is probably the bloodiest story in history. It is a discouraging tale, for its evident moral is that civilization is a precious good, whose delicate complex of order and freedom, culture and peace, can at any moment be overthrown by barbarians invading from without or multiplying within. » (Story of Civilization, vol.1, Our Oriental Heritage, New York 1972, p.459)

Hinduism’s losses

There is no official estimate of the total death toll of Hindus at the hands of Islam. A first glance at important testimonies by Muslim chroniclers suggests that, over 13 centuries and a territory as vast as the Subcontinent, Muslim Holy Warriors easily killed more Hindus than the 6 million of the Holocaust. Ferishtha lists several occasions when the Bahmani sultans in central India (1347-1528) killed a hundred thousand Hindus, which they set as a minimum goal whenever they felt like « punishing » the Hindus; and they were only a third-rank provincial dynasty. The biggest slaughters took place during the raids of Mahmud Ghaznavi (ca. 1000 CE); during the actual conquest of North India by Mohammed Ghori and his lieutenants (1192 ff.); and under the Delhi Sultanate (1206-1526). The Moghuls (1526-1857), even Babar and Aurangzeb, were fairly restrained tyrants by comparison. Prof. K.S. Lal once estimated that the Indian population declined by 50 million under the Sultanate, but that would be hard to substantiate; research into the magnitude of the damage Islam did to India is yet to start in right earnest.

Note that attempts are made to deny this history. In Indian schoolbooks and the media, an idyllic picture of Hindu-Muslim harmony in the pre-British period is propagated in outright contradiction with the testimony of the primary sources. Like Holocaust denial, this propaganda can be called negationism. The really daring negationists don’t just deny the crimes against Hindus, they invert the picture and blame the Hindus themselves. Thus, it is routinely alleged that Hindus persecuted and destroyed Buddhism; in reality, Buddhist monasteries and universities flourished under Hindu rule, but their thousands of monks were killed by Ghori and his lieutenants.

Apart from actual killing, millions of Hindus disappeared by way of enslavement. After every conquest by a Muslim invader, slave markets in Bagdad and Samarkand were flooded with Hindus. Slaves were likely to die of hardship, e.g. the mountain range Hindu Koh, « Indian mountain », was renamed Hindu Kush, « Hindu-killer », when one cold night in the reign of Timur Lenk (1398-99), a hundred thousand Hindu slaves died there while on transport to Central Asia. Though Timur conquered Delhi from another Muslim ruler, he recorded in his journal that he made sure his pillaging soldiers spared the Muslim quarter, while in the Hindu areas, they took « twenty slaves each ». Hindu slaves were converted to Islam, and when their descendants gained their freedom, they swelled the numbers of the Muslim community. It is a cruel twist of history that the Muslims who forced Partition on India were partly the progeny of Hindus enslaved by Islam.

Karma

The Hindu notion of Karma has come under fire from Christian and secularist polemicists as part of the current backlash against New Age thinking. Allegedly, the doctrine of Karma implies that the victims of the Holocaust and other massacres had deserved their fate. A naive understanding of Karma, divorced from its Hindu context, could indeed lead to such ideas. Worse, it could be said that the Jews as a nation had incurred genocidal karma by the genocide which their ancestors committed on the Canaanites. Likewise, it could be argued that the Native Americans had it coming: recent research (by Walter Neves from Brazil as well as by US scientists) has shown that in ca. 8000 BC, the Mongoloid Native American populations replaced an earlier American population closely resembling the Australian Aborigines — the first American genocide?

More generally, if Karma explains suffering and « apparent » injustice as a profound form of justice, a way of reaping the karmic rewards of one’s own actions, are we not perversely justifying every injustice? These questions should not be taken lightly. However, the Hindu understanding of reincarnation militates against the doctrine of genocidal « group karma » outlined above. An individual can incarnate in any community, even in other species, and need not be reborn among his own progeny. If Canaanites killed by the Israelites have indeed reincarnated, some may have been Nazi camp guards and others Jewish Holocaust victims. There is no reason to assume that the members of today’s victim group are the reincarnated souls of the bullies of yesteryear, returning to suffer their due punishment. That is the difference between karma and genetics: karma is taken along by the individual soul, not passed on in the family line.

More fundamentally, we should outgrow this childish (and in this case, downright embarrassing) view of karma as a matter of reward and punishment. Does the killer of a million people return a million times as a murder victim to suffer the full measure of his deserved punishment? Rather, karma is a law of conservation: you are reborn with the basic pattern of desires and conditionings which characterized you when you died last time around. The concrete experiences and actions which shaped that pattern, however, are history: they only survive insofar as they have shaped your psychic karma pattern, not as a precise account of merits and demerits to be paid off by corresponding amounts of suffering and pleasure.

One lesson to be learned from genocide history pertains to Karma, the law of cause and effect, in a more down-to-earth sense: suffering genocide is the karmic reward of weakness. That is one conclusion which the Jews have drawn from their genocide experience: they created a modern and militarily strong state. Even more importantly, they helped foster an awareness of the history of their persecution among their former persecutors, the Christians, which makes it unlikely that Christians will target them again. In this respect, the Hindus have so far failed completely. With numerous Holocaust memorials already functioning, one more memorial is being built in Berlin by the heirs of the perpetrators of the Holocaust; but there is not even one memorial to the Hindu genocide, because even the victim community doesn’t bother, let alone the perpetrators.

This different treatment of the past has implications for the future. Thus, Israel’s nuclear programme is accepted as a matter of course, justified by the country’s genuine security concerns; but when India, which has equally legitimate security concerns, conducted nuclear tests, it provoked American sanctions. If the world ignores Hindu security concerns, one of the reasons is that Hindus have never bothered to tell the world how many Hindus have been killed already.

Healing

What should Hindus say to Muslims when they consider the record of Islam in Hindu lands? It is first of all very important not to allot guilt wrongly. Notions of collective or hereditary guilt should be avoided. Today’s Muslims cannot help it that other Muslims did certain things in 712 or 1565 or 1971. One thing they can do, however, is to critically reread their scripture to discern the doctrinal factors of Muslim violence against Hindus and Hinduism. Of course, even without scriptural injunction, people get violent and wage wars; if Mahmud Ghaznavi hadn’t come, some of the people he killed would have died in other, non-religious conflicts. But the basic Quranic doctrine of hatred against the unbelievers has also encouraged many good-natured and pious people to take up the sword against Hindus and other Pagans, not because they couldn’t control their aggressive instincts, but because they had been told that killing unbelievers was a meritorious act. Good people have perpetrated evil because religious authorities had depicted it as good.

This is material for a no-nonsense dialogue between Hindus and Muslims. But before Hindus address Muslims about this, it is imperative that they inform themselves about this painful history. Apart from unreflected grievances, Hindus have so far not developed a serious critique of Islam’s doctrine and historical record. Often practising very sentimental, un-philosophical varieties of their own religion, most Hindus have very sketchy and distorted images of rival religions. Thus, they say that Mohammed was an Avatar of Vishnu, and then think that they have cleverly solved the Hindu-Muslim conflict by flattering the Prophet (in fact, it is an insult to basic Muslim beliefs, which reject divine incarnation, apart from indirectly associating the Prophet with Vishnu’s incarnation as a pig). Instead of the silly sop stories which pass as conducive to secularism, Hindus should acquaint themselves with real history and real religious doctrines.

Another thing which we should not forget is that Islam is ultimately rooted in human nature. We need not believe the Muslim claim that the Quran is of divine origin; but then it is not of diabolical origin either, it is a human document. The Quran is in all respects the product of a 7th-century Arab businessman vaguely acquainted with Judeo-Christian notions of monotheism and prophetism, and the good and evil elements in it are very human. Even its negative elements appealed to human instincts, e.g. when Mohammed promised a share in the booty of the caravans he robbed, numerous Arab Pagans took the bait and joined him. The undesirable elements in Islamic doctrine stem from human nature, and can in essence be found elsewhere as well. Keeping that in mind, it should be possible to make a fair evaluation of Islam’s career in India on the basis of factual history.

Voir encore:

Negationism and the Muslim Conquests

François Gautier

It is important to stop a moment and have a look at what the Belgian scholar Koenraad Elst, has called « negationism in India ». In his foreword to the book of the same title, Koenraad explains that negationism, which means in this context « the denial of historical crimes against humanity », is not a new phenomenon. In modern history, the massacre by the Turks of 1,5 millions Armenians, or that of the 6 million Jews by the Nazis, the several millions of Russians by Stalin, or again the 1 million Tibetans by the Chinese communists, are historical facts which have all been denied by their perpetrators… But deny is not the exact word. They have been NEGATED in a thousand ways: gross, clever, outrageous, subtle, so that in the end, the minds of people are so confused and muddled, that nobody knows anymore where the truth is. Sometimes, it is the numbers that are negated or passed under silence: the Spanish conquest of South America has been one of the bloodiest and most ruthless episodes in history. Elst estimates that out of the population of native Continental South America of 1492, which stood at 90 million, only 32 million survived; terrible figures indeed but who talks about them today ? « But what of the conquest of India by Muslims », asks Elst? In other parts of Asia and Europe, the conquered nations quickly opted for conversion to Islam rather than death. But in India, because of the staunch resistance of the 4000 year old Hindu faith, the Muslim conquests were for the Hindus a pure struggle between life and death. Entire cities were burnt down and their populations massacred. Each successive campaign brought hundreds of thousands of victims and similar numbers were deported as slaves. Every new invader made often literally his hill of Hindu skulls. Thus the conquest of Afghanistan in the year 1000, was followed by the annihilation of the entire Hindu population there; indeed, the region is still called Hindu Kush, ‘Hindu slaughter’. The Bahmani sultans in central India, made it a rule to kill 100.000 Hindus a year. In 1399, Teimur killed 100.000 Hindus IN A SINGLE DAY, and many more on other occasions. Koenraad Elst quotes Professor K.S. Lal’s « Growth of Muslim population in India », who writes that according to his calculations, the Hindu population decreased by 8O MILLION between the year 1000 and 1525. INDEED PROBABLY THE BIGGEST HOLOCAUST IN THE WHOLE WORLD HISTORY. (Negat.34)

But the « pagans » were far too numerous to kill them all; and Hinduism too well entrenched in her people’s soul, never really gave up, but quietly retreated in the hearts of the pious and was preserved by the Brahmins’ amazing oral powers. Thus, realising that they would never be able to annihilate the entire Indian population and that they could not convert all the people, the Muslims rulers, particularly under the Hanifite law, allowed the pagans to become « zimmis » (protected ones) under 20 humiliating conditions, with the heavy « jizya », the toleration tax, collected from them. « It is because of Hanifite law, writes Mr Elst, that many Muslim rulers in India considered themselves exempted from the duty to continue the genocide of Hindus ». The last « jihad » against the Hindus was waged by the much glorified Tipu Sultan, at the end of the 18th century. Thereafter, particularly following the crushing of the 1857 rebellion by the British, Indian Muslims fell into a state of depression and increasing backwardness, due to their mollah’s refusal of British education (whereas the elite Hindus gradually went for it) and their nostalgia for the « glorious past »‘. It is only much later, when the British started drawing them into the political mainstream, so as to divide India, that they started regaining some predominance.

Negationism means that this whole aspect of Indian history has been totally erased, not only from history books, but also from the memory, from the consciousness of Indian people. Whereas the Jews have constantly tried, since the Nazi genocide, to keep alive the remembrance of their six million martyrs, the Indian leadership, political and intellectual, has made a wilful and conscious attempt to deny the genocide perpetrated by the Muslims. No one is crying for vengeance. Do the Jews of today want to retaliate upon contemporary Germany? NO. It is only a matter of making sure that history does not repeat its mistakes, as alas it is able to do today: witness the persecution of Hindus in Kashmir, whose 250.000 Pandits have fled their 5000 year old homeland; or the 50.000 Hindus chased from Afghanistan; or the oppression of Hindus in Bangladesh and Pakistan. And most of all, to remember, is to BE ABLE TO LOOK AT TODAY WITH THE WISDOM OF YESTERDAY. No collective memory should be erased for appeasing a particular community.

Yet, what has happened in India, at the hand of Hindus themselves, is a constant denial and even a perversion of the genocide committed by Muslims in India. Hasn’t the « radical humanist » M.N. Roy, written « that Islam has fulfilled a historic mission of equality and abolition of discrimination in India, and that for this, Islam has been welcomed in India by the lower castes ». « If AT ALL any violence occurred, he goes on to say, it was a matter of justified class struggle by the progressive forces against the reactionary forces, meaning the feudal Hindu upper classes.. » Want to listen to another such quote? This one deals with Mahmud Ghaznavi, the destroyer of thousands of Hindu temples, who according to his chronicler Utbi, sang the praise of the Mathura temple complex, sacred above all to all Hindus… and promptly proceeded to raze it to the ground: « Building interested Mahmud and he was much impressed by the city of Mathura, where there are today a thousand edifices as firm as the faith of the faithful. Mahmud was not a religious man. He was a Mahomedan, but that was just by the way. He was in the first place a soldier and a brilliant soldier »… Amazing eulogy indeed of the man who was proud of desecrating hundreds of temples and made it a duty to terrorise and humiliate pagans. And guess from whom is that quote? From Jawaharlal Nehru himself, the first Prime Minister of India and one of the architects of independence!

M.N. Roy, and Nehru in a lesser degree, represent the foremost current of negationism in India, which is Marxist inspired. For strangely, it was the Russian communists who decided to cultivate the Arabs after the First World War, in the hope that they constituted a fertile ground for future indoctrination. One should also never forget that Communism has affected whole generations of ardent youth, who saw in Marxism a new ideology in a world corrupted by capitalism and class exploitation. Nothing wrong in that; but as far as indoctrination goes, the youth of the West, particularly of the early sixties and seventies, were all groomed in sympathising with the good Arabs and the bad Jews. And similarly in India, two or three young generations since the early twenties, were tutored on negating Muslim genocide on the Hindus. In « Communalism and the writing of Indian history », Romila Thapar, Harbans Mukhia and Bipan Chandra, professors at the JNU in New Delhi, the Mecca of secularism and negationism in India, denied the Muslim genocide by replacing it instead with a conflict of classes. The redoubtable Romila Thapar in her « Penguin History of India », co-authored with Percival Spear, writes: « Aurangzeb’s supposed intolerance, is little more than a hostile legend based on isolated acts such as the erection of a mosque on a temple site in Benares ». How can one be so dishonest, or so blind? But it shows how negationism is perpetuated in India.

What are the facts? Aurangzeb (1658-1707) did not just build an isolated mosque on a destroyed temple, he ordered ALL temples destroyed, among them the Kashi Vishvanath, one of the most sacred places of Hinduism and had mosques built on a number of cleared temples sites. All other Hindu sacred places within his reach equally suffered destruction, with mosques built on them. A few examples: Krishna’s birth temple in Mathura, the rebuilt Somnath temple on the coast of Gujurat, the Vishnu temple replaced with the Alamgir mosque now overlooking Benares and the Treta-ka-Thakur temple in Ayodhya. (Neg 60). The number of temples destroyed by Aurangzeb is counted in 4, if not 5 figures; according to his own official court chronicles: « Aurangzeb ordered all provincial governors to destroy all schools and temples of the Pagans and to make a complete end to all pagan teachings and practices ». The chronicle sums up the destructions like this: « Hasan Ali Khan came and said that 172 temples in the area had been destroyed… His majesty went to Chittor and 63 temples were destroyed..Abu Tarab, appointed to destroy the idol-temples of Amber, reported that 66 temples had been razed to the ground ».. Aurangzeb did not stop at destroying temples, their users were also wiped-out; even his own brother, Dara Shikoh, was executed for taking an interest in Hindu religion and the Sikh Guru Tegh Bahadur was beheaded because he objected to Aurangzeb’s forced conversions. As we can see Romila Thapar and Percival Spear’s statement of a benevolent Aurangzeb is a flagrant attempt at negationism. Even the respectable Encyclopedia Brittannica in its entry on India, does not mention in its chapter on the Sultanate period any persecutions of Hindus by Muslims, except « that Firuz Shah Tughlaq made largely unsuccessful attempts at converting his Hindu subjects and sometime persecuted them ». The British, for their own selfish purpose, were of course greatly responsible for whitewashing the Muslims, whom they needed to counterbalance the influence of the Hindus and the Congress. It is sad that Jawarlhal Nehru and the Congress perpetuated that brand of negationism. But that is another story.

The happiest in this matter must be the Muslims themselves. What fools these Hindus are, they must be telling themselves: We killed them by the millions, we wrested a whole nation out of them, we engineer riots against them, and they still defend us!… But don’t the Hindus know that many orthodox Indian Muslims still cling to the Deoband school, which says that India was once « Dar-ul-Islam », the house of Islam, and should return to that status. Maulana Abul Kala Azad, several times Congress President, and Education Minister in free India, was a spokesman for this school. The Aligarh school on the contrary, led by Mohammed Iqbal, propounded the creation of Pakistan. What particularly interests us in the Aligarh school is the attempt by Muslim historians, such as Mohamed Habiib, to rewrite the Chapter of Muslim invasions in India. In 1920, Habib started writing his magnum opus, which he based on four theories: 1) that the records (written by the Muslims themselves) of slaughters of Hindus, the enslaving of their women and children and razing of temples were « mere exaggerations by court poets and zealous chroniclers to please their rulers ». 2) That they were indeed atrocities, but mainly committed by Turks, the savage riders from the Steppe. 3) That the destruction of the temples took place because Hindus stored their gold and jewels inside them and therefore Muslim armies plundered these. 4) That the conversion of millions of Hindus to Islam was not forced, « but what happened was there was a shift of opinion in the population, who on its own free will chose the Shariat against the Hindu law (smriti), as they were all oppressed by the bad Brahmins »…!!! (Negationism p.42)

Unfortunately for Habib and his school, the Muslims invaders did record with glee their genocide on Hindus, because they felt all along that they were doing their duty; that killing, plundering, enslaving and razing temples was the work of God, Mohammed. Indeed, whether it was Mahmud of Ghazni (997-1030), who was no barbarian, although a Turk, and patronised art and literature, would recite a verse of the Koran every night after having razed temples and killed his quota of unbelievers; or Firuz Shah Tughlak (1351-1388) who personally confirms that the destruction of Pagan temples was done out of piety and writes: « on the day of a Hindu festival, I went there myself, ordered the executions of all the leaders AND PRACTITIONERS of his abomination; I destroyed their idols temples and built mosques in their places ». Finally, as Elst points out, « Muslim fanatics were merely faithful executors of Quranic injunctions. It is not the Muslims who are guilty but Islam ». (Negationism in India, p. 44)

But ultimately, it is a miracle that Hinduism survived the onslaught of Muslim savagery; it shows how deep was her faith, how profound her karma, how deeply ingrained her soul in the hearts of her faithfuls. We do not want to point a finger at Muslim atrocities, yet they should not be denied and their mistakes should not be repeated today. But the real question is: Can Islam ever accept Hinduism? We shall turn towards the Sage, the yogi, who fought for India’s independence, accepting the Gita’s message of karma of violence when necessary, yet had a broad vision that softened his words: « You can live with a religion whose principle is toleration. But how is it possible to live peacefully with a religion whose principle is « I will not tolerate you? How are you going to have unity with these people?…The Hindu is ready to tolerate; he is open to new ideas and his culture and has got a wonderful capacity for assimilation, but always provided India’s central truth is recognised.. (Sri Aurobindo India’s Rebirth 161,173) Or behold this, written on September 1909: « Every action for instance which may be objectionable to a number of Mahomedans, is now liable to be forbidden because it is likely to lead to a breach of peace. And one is dimly beginning to wonder whether worship in Hindu temples may be forbidden on that valid ground (India’s Rebirth p. 55). How prophetic! Sri Aurobindo could not have foreseen that so many Muslim countries would ban Rushdie’s book and that Hindu processions would often be forbidden in cities, for fear of offending the Muslims. Sri Aurobindo felt that sooner or later Hindus would have to assert again the greatness of Hinduism.

And here we must say a word about monotheism, for it is the key to the understanding of Islam. Christians and Muslims have always harped on the fact that their religions sprang-up as a reaction against the pagan polytheist creeds, which adored many Gods.  » There is only one real God they said (ours), all the rest are just worthless idols « . This  » monotheism versus polytheism business  » has fuelled since then the deep, fanatic, violent and murderous zeal of Islam against polytheist religions, particularly against Hinduism, which is the most comprehensive, most widely practiced of all them. It even cemented an alliance of sorts between the two great monotheist religions of the world, Christianity and Islam, witness the Britishers’ attitude in India, who favoured Indian Muslims and Sikhs against the Hindus; or the King of Morocco who, even though he is one of the most moderate Muslim leaders in the world, recently said in an interview:  » we have no fight with Christianity, our battle is against the Infidel who adores many gods « . But the truth is that Hinduism is without any doubt the most monotheist religion in the World, for it recognises divine unity in multiplicity. It does not say:  » there is only one God, which is Mohammed. If you do not believe in Him I will kill you « . It says instead:  » Yes Mohammed is a manifestation of God, but so is Christ, or Buddha, or Krishna, or Confucius « . This philosophy, this way of seeing, which the Christians and Muslims call  » impious « , is actually the foundation for a true monotheist understanding of the world. It is because of this  » If you do not recognize Allah (or Christ), I will kill you « , that tens of millions of Hindus were slaughtered by Arabs and other millions of South Americans annihilated by the Christians. And ultimately the question is: Are the Muslims of today ready to accept Hinduism ? Unfortunately no. For Muslims all over the world, Hinduism is still the Infidel religion  » par excellence « . This what their religion tell them, at every moment, at every verse, at the beginning of each prayer :  » Only Allah is great « . And their mollahs still enjoin them to go on fight  » jihad  » to deliver the world of the infidels. And if the armies of Babar are not there any longer; and if it is not done any more to kill a 100.000 Hindus in a day, there is still the possibility of planting a few bombs in Bombay, of fuelling separatisms in the hated land and eventually to drop a nuclear device, which will settle the problem once and for all. As to the Indian Muslim, he might relate to his Hindu brother, for whatever he says, he remains an Indian, nay a Indu; but his religion will make sure that he does not forget that his duty is to hate the Infidel. This is the crux of the problem today and the riddle if Islam has to solved, if it wants to survive in the long run.

We will never be able to assess the immense physical harm done to India by the Muslim invasions. Even more difficult is to estimate the moral and the spiritual damage done to Hindu India. But once again, the question is not of vengeance, or of reawakening old ghosts, but of not repeating the same mistakes. Unfortunately, the harm done by the Muslims conquest is not over. The seeds planted by the Moghols, by Babar, Mahmud, or Aurangzeb, have matured: the 125 million Indian Muslims of today have forgotten that they were once peaceful, loving Hindus, forcibly converted to a religion they hated. And they sometimes take-up as theirs a cry of fanaticism which is totally alien to their culture. Indeed, as Sri Aurobindo once said: « More than 90% of the Indian Muslims are descendants of converted Hindus and belong as much to the Indian nation as the Hindu themselves »…(Rebirth of India, p.237) The embryo of secession planted by the Mahomedans, has also matured into a poisonous tree which has been called Pakistan and comes back to haunt India through three wars and the shadow of a nuclear conflict embracing South Asia. And in India, Kashmir and Ayodhya are reminders that the Moghol cry for the house of Islam in India is not yet over.

Voir encore:

Where’s India’s holocaust museum?

Francois Gautier

Rediff India abroad

October 21, 2003

The massacre of 6 million Jews by Hitler and the persecution Jews suffered all over the world in the last 15 centuries has been meticulously recorded by the Jews after 1945 and has been enshrined not only in history books, but also in Holocaust museums, the most famous one being in Washington, DC.

It has not been done with a spirit of revenge — look at Israel and Germany today — they are on the best of terms; yet, facts are facts and contemporary Germany had to come to terms with its terrible actions during World War II.

Hindus, Sikhs and Buddhists have also suffered a terrible holocaust, probably without parallel in human history. Take the Hindu Kush for instance, probably one of the biggest genocides of Hindus. There is practically no serious research ever done about it and no mention in history books. Yet the name Hindu Kush appears many times in the writings of Muslim chroniclers in 1333 AD

Ibn Battutah, the medieval Berber traveller, said the name meant ‘Hindu Killer,’ a meaning still given by Afghan mountain dwellers. Unlike the Jewish holocaust, the exact toll of the Hindu genocide suggested by the name Hindu Kush is not available. ‘However,’ writes Hindu Kush specialist Srinandan Vyas, ‘the number is easily likely to be in millions.’

A few known historical figures can be used to justify this estimate. The Encyclopaedia Britannica recalls that in December 1398 AD, Taimurlane ordered the execution of at least 50,000 captives before the battle for Delhi; likewise, the number of captives butchered by Taimurlane’s army was about 100,000.

The Britannica again mentions that Mughal emperor Akbar ordered the massacre of about 30,000 captured Rajput Hindus on February 24, 1568 AD, after the battle for Chitod, a number confirmed by Abul Fazl, Akbar’s court historian. Afghan historian Khondamir notes that during one of the many repeated invasions on the city of Herat in western Afghanistan, which used to be part of the Hindu Shahiya kingdoms ‘1,500,000 residents perished.’ ‘Thus,’ writes Vyas, ‘it is evident that the mountain range was named as Hindu Kush as a reminder to the future Hindu generations of the slaughter and slavery of Hindus during the Moslem conquests.’

Or take the recent plight of the Kashmiri Pandits. Over 400,000 Kashmiri Pandits have been forced to flee their homeland. Many Pandit men, women and children have been brutally murdered. About 70,000 still languish in makeshift refugee camps in Jammu and Delhi. Scores of temples in Kashmir have been desecrated, destroyed, looted, more than 900 educational institutions have been attacked by terrorists. Properties of Pandits have been vandalised, businesses destroyed or taken over, even hospitals have not been spared.

Did you know that this huge human tragedy is taking place in Free India?

Burning books, looting culture is a very important part of the plan as we have seen during early Muslim invasions, where Buddhist centres of learning were ruthlessly burnt and razed to the ground.

Kashmir was also the crucible of knowledge, spirituality, a hallowed centre of learning and the cradle of Shivaism. It was known as Sharda Peeth, the abode of learning. Kashmiri Pandits excelled in philosophy, aesthetics, poetics, sculpture, architecture, mathematics, astronomy and astrology. Sanskrit was studied, propagated and spoken by women and men. Scholars like Kalhan, Jonraj, Srivar, Abhinavgupta, Somanand, Utpaldev, Somdev and Kshemendra created an intellectual centre of unrivalled repute.

Fundamentalism and terrorism have been ruthless in their assault on Sharda Peeth, zealous in ravaging its heritage, and consistent only in bloodthirsty intolerance. The destruction of Hindu places of worship, forced conversions of Pandits and death and ignominy to those who resisted, were accompanied by a savage assault on literary activity. This process has been going on since centuries.

As a correspondent covering India for more than 20 years, I have witnessed the terrible damage terrorism in Kashmir has inflicted upon people’s lives, their families, their culture, the very fabric of society, not only of the Kashmiri Pandits, but also Muslims in the valley, who after all, are victims too of Pakistan’s bloody designs. Hence, with two journalist friends, we started a Foundation: FACT — Foundation Against Continuing Terrorism.

The first task of FACT has been to mount an exhibition on terrorism, focussing on the plight of the Kashmiri Pandits, so that the people of India, who do not suffer directly from terrorism understand, what it does to others. This exhibition, which opened at the Habitat Centre, New Delhi, on July 18, was a great success. More than 25,000 people visited the exhibition till its closing day, on July 23. Among them were Deputy Prime Minister L K Advani, Chairman of the National Human Rights Commission Justice A S Anand, Rajya Sabha MP Dr Karan Singh, Union Minister Murli Manohar Joshi… It was covered by most English and Hindi national newspapers and reported on the television channels.

Our aim is manifold: we would like to take the present exhibition all around India and all over the world, particularly the United States, where most symposiums on Kashmir, including some organized by the US State Department, are peopled mostly by Pakistanis, Muslims and US-based Indians who are anti-Hindu.

We would also like to start another exhibition on forced Christian conversions in the Northeast. Ultimately, we would like to build a Hindu/ Sikh/Buddhist Indian Holocaust Museum based in New Delhi, or in Bangalore. It will record not only the genocide of Hindus Sikhs and Buddhists at the hands of Muslim invaders, but also the terrible persecution of the Portuguese (hardly mentioned in Indian history books) and British — nobody knows for instance that 20 million Indians died of famine between 1815 and 1920, because the English broke the agricultural backbone of India to get raw materials like cotton, jute etc.

We need your support for this Indian Holocaust Museum.

Voir de plus:

L’INDE, UNE AUTRE VICTIME DE L’ISLAM

Serge Trifkovic

Adapté de : « Le Sabre du Prophète : Un guide de l’Islam politiquement incorrect »,

Serge Trifkovic*.

Traduction de l’article « Islam’s Other Victims : India »

paru dans « Front Page Magazine.com » du 18 novembre 2002

[…] Avant les invasions musulmanes, l’Inde jouissait d’une des civilisations les plus élaborées dans le monde. L’Hindustan du 10ème siècle égalait ses contemporains de l’Est et de l’Ouest dans les domaines de la philosophie, des mathématiques et des sciences naturelles. Les mathématiciens indiens avaient découvert le zéro, sans oublier l’algèbre et d’autres théories, qui furent transmises plus tard au monde musulman auquel on en attribua faussement le mérite. L’Inde médiévale, avant l’invasion musulmane, était une culture richement imaginative, une des cinq ou six civilisations les plus avancées de tous les temps. Ses sculptures étaient vigoureuses et sensuelles, son architecture richement ornée et envoûtante. Et tout ceci était une réalisation purement autochtone et non, comme c’est le cas de nombre des plus fameux hauts-lieux de la culture musulmane, des reliquats de civilisations pré-islamistes dont les musulmans s’étaient rendus maîtres.

Les envahisseurs musulmans commencèrent leurs incursions au début du 8ème siècle, sous le règne de Hajjaj, le gouverneur de l’actuel Irak. […] En 712, sous le commandement de Mohammed Kasim, les auteurs des raids démolirent les temples, brisèrent les sculptures, pillèrent les palais, tuèrent un nombre incalculable d’hommes – le massacre des habitants de Debal se prolongea pendant trois jours – et emmenèrent les femmes et les enfants en esclavage, certains réservés aux pratiques sexuelles. Après la vague de violence initiale, Kasim tenta toutefois de rétablir la loi et l’ordre sur ces terres nouvellement conquises, et à cette fin, il autorisa même un certain degré de tolérance religieuse. Mais quand Hajjaj, son maître, entendit parler de ces usages pleins d’humanité, il objecta : « Il apparaît dans votre lettre que l’ensemble des règles que vous avez promulguées pour le confort et le bien-être de vos hommes est en parfait accord avec la loi religieuse. Mais la manière d’accorder le pardon prescrite par la loi est différente de celle que vous avez adoptée, puisque vous accordez votre pardon à chacun, riche ou pauvre, sans faire aucune distinction entre ami et ennemi. Le Grand Dieu dit dans le Coran [47.4] : “O Vrais Croyants, quand vous rencontrez des incroyants, coupez-leur la tête.” Ce commandement du Grand Dieu est un commandement supérieur et doit être respecté et suivi. Vous ne devez pas être trop indulgent et montrer de la pitié, ceci pourrait anéantir la portée de l’acte. Désormais, n’accordez de pardon à aucun ennemi et n’en épargnez aucun, car si vous le faites, tous vous considéreront comme un homme à l’âme faible. »

Dans une communication ultérieure, Hajjaj répéta que tout homme valide devait être tué, et que les fils et filles en bas âge devaient être emprisonnés et retenus en otages. Kasim obéit, et en arrivant à la ville de Brahminabad, il massacra entre 6 000 et 16 000 hommes.

La portée de ces événements ne se limite pas seulement à l’horreur qu’inspire le nombre de personnes massacrées, mais étend sa signification au fait que les auteurs de ces massacres n’étaient pas les soudards d’une armée désobéissant aux enseignements éthiques de leur religion, comme l’étaient les croisés européens en Terre Sainte, mais bien qu’ils faisaient exactement ce que leur religion enseignait. (On peut noter que le Christianisme a évolué et ne prêche plus les croisades, ce qui n’est pas le cas de l’Islam. Il est abondamment prouvé que la jihad a été prêché depuis les centres officiels de l’Islam et non pas seulement par des groupes marginaux d’extrémistes fanatiques.)

Les exploits de Kasim le précurseur se poursuivirent au début du 11ème siècle, quand Mahmoud de Ghazni « traversa l’Inde comme une tornade, détruisant, pillant et massacrant », appliquant avec zèle l’injonction coranique qui demande la mort des idolâtres qu’il avait juré de châtier chaque jour de sa vie.

Au cours des dix-sept vagues successives de cette invasion, du propre aveu de l’érudit Alberuni que Mahmoud avait emmené en Inde, « Mahmoud ruina complètement la prospérité du pays, et accomplit de merveilleux exploits, dignes de figurer dans la mémoire du peuple, telle une ancienne légende, réduisant les hindous en atomes de poussière éparpillés dans toutes les directions. Les restes dispersés [de cette population] nourrirent de ce fait, une aversion invétérée à l’encontre des musulmans. »

Doit-on s’en étonner ? À ce jour, les citoyens de Bombay, New Delhi, Calcutta et Bangalore vivent dans la crainte du Pakistan, pays politiquement instable et détenteur de l’arme nucléaire, qui contrairement à l’Inde (mais comme tout pays musulman), n’a pas réussi à maintenir la démocratie depuis l’indépendance.

Mathura, la ville sainte du dieu Krishna, fut la victime suivante :

« Au milieu de la ville se trouvait un temple plus grand et plus finement ouvragé que tout le reste, impossible à décrire par un texte ou une peinture. » Le sultan Mahmoud pensait qu’il avait fallu plus de 200 ans pour le construire. Les idoles, parmi lesquelles « cinq statues d’or rouge de cinq mètres de haut » avaient les yeux sertis de pierres précieuses inestimables. « Le sultan donna l’ordre de brûler tous les temples par le naphte et le feu, et de les raser jusqu’au niveau du sol. »

Conséquences de cette invasion, dans les antiques cités de Vanarasi (Bénarès), Mathura, Ujjain, Maheswar, Jwalamukhi et Dwaraka, pas un seul temple intact ou complet ne subsistait. C’est comme une armée qui marcherait sur Paris, Rome, Florence et Oxford et qui annihilerait tous ces trésors architecturaux. Il s’agit d’un acte qui dépasse le nihilisme ; un négativisme absolu, une haine de la culture et de la civilisation.

Dans son livre « Histoire de la Civilisation », le célèbre historien Will Durant s’affligeait des conséquences de ce qu’il nommait « probablement l’épisode le plus sanglant de l’Histoire ». Il considérait cette invasion comme « une histoire décourageante, puisque l’évidente morale qui s’en dégage nous assène que la civilisation est un bien précieux, dont la liberté et l’ordonnancement délicat et complexe peuvent à tout moment être balayés par des barbares déferlant de l’extérieur et se multipliant de l’intérieur ».

Les envahisseurs musulmans « détruisirent et brûlèrent tout ce qu’ils rencontrèrent de beau dans l’Hindustan », affichant le ressentiment de guerriers sous-développés, intimidés par la confrontation avec « une culture plus raffinée », comme le souligne un commentateur indien. « Les sultans musulmans construisirent des mosquées sur l’emplacement des temples détruits, et de nombreux hindous furent vendus comme esclaves. Ils étaient des kafirs, des païens par excellence. À la différence des chrétiens et des juifs, ils n’étaient pas des peuples « du Livre », et ils furent les victimes toutes désignées – les pacifiques bouddhistes également mais dans une moindre mesure – de l’injonction de Mahomet contre les païens : « Tuez ceux qui rejoignent d’autres dieux que Dieu, où que vous puissiez les découvrir. » (Non pas que le fait d’être « du Livre » ait beaucoup aidé les juifs et les chrétiens contre d’autres agressions musulmanes, mais ceci est une autre histoire.)

Depuis cette époque, les abords montagneux du Nord-Ouest de l’Inde se nomment Hindu Kush, « le massacre des hindous » en souvenir du temps où les esclaves hindous du sous-continent mouraient dans les rudes montagnes d’Afghanistan sur le chemin de la déportation vers les cours musulmanes d’Asie centrale. La boucherie de Somnath, sur le site d’un temple hindou célèbre, où 50 000 hindous furent tués sur l’ordre de Mahmoud, a donné le ton pour des siècles.

Les paisibles bouddhistes furent les victimes suivantes à être désignées pour les massacres de masse en 1193, quand Mohammed Khilji incendia également leur célèbre bibliothèque. À la fin du 12ème siècle, après la conquête musulmane de leur bastion du Bihar, ils perdirent toute présence significative en Inde. Les survivants se retirèrent au Népal ou au Tibet ou s’échappèrent vers le Sud du sous-continent. Les restes de leur culture s’éparpillèrent dans des contrées aussi lointaines que le Turkestan. À la merci des conquérants musulmans et de leurs héritiers, ces témoignages furent systématiquement anéantis, comme le furent, de nos jours encore, les quatre statues géantes des Bouddhas d’Afghanistan en mars 2001.

Le fait qu’une disposition à la culture et une sensibilité développée puissent aller de pair avec la bigoterie et la cruauté trouva son illustration avec Firuz Shah, qui gouverna le Nord de l’Inde à partir de 1351. Ce chef musulman tyrannique, bien qu’éduqué, surprit un jour une célébration hindoue dans un village, et ordonna que toutes les personnes présentes soient exécutées. Il raconta fièrement qu’après avoir perpétré le massacre, il détruisit les temples et fit ériger des mosquées à leur place.

L’empereur Moghol Akbar a laissé le souvenir d’un monarque tolérant, du moins selon les standards musulmans en Inde : au cours de son long règne (1542-1605), on ne peut porter à son actif qu’un seul massacre, quand, le 24 février 1568, il ordonna la mise à mort de près de 30 000 prisonniers rajpoutes après la bataille de Chitod. Mais si Akbar accepta les autres religions et toléra la célébration publique de leurs cultes, s’il abolit l’impôt sur les non-musulmans, son intérêt pour les croyances différentes ne reflétait pas un quelconque esprit de tolérance musulman. Bien au contraire, cette attitude indiquait une propension à la libre-pensée dans le domaine religieux qui l’amena finalement à une apostasie complète. Ses plus hautes actions consistèrent en une déclaration formelle de son infaillibilité en matière religieuse, sa promulgation d’un nouveau credo et son adoption des fêtes et pratiques hindoues et zoroastriennes. C’est un modèle dans l’histoire musulmane que l’on ressasse encore et toujours, y compris à l’heure actuelle : pour peu que l’on découvre un musulman raisonnable, éclairé et tolérant, un examen plus minutieux laisse apparaître qu’il s’agit de quelqu’un qui a commencé par être musulman, et qui progressivement s’est éloigné de l’orthodoxie de cette foi. En d’autres termes : les meilleurs musulmans sont souvent les moins musulmans (un théorème qui ne semble pas s’appliquer aux autres religions.)

Les choses reprirent un cours normal avec Shah Jahan (1593-1666), un petit-fils d’Akbar le Grand et le cinquième empereur Moghol. La plupart des occidentaux se souviennent de lui comme le commanditaire du Taj Mahal, mais n’ont aucune idée de la cruauté de ce roi qui engagea quarante-huit campagnes militaires contre les non-musulmans en moins de trente ans. Sur le modèle de ses coreligionnaires ottomans, à l’occasion de son couronnement, il tua tous les membres mâles de sa famille sauf un qui réussit à s’enfuir en Perse. Shah Jahan avait 5 000 concubines dans son harem, ce qui ne l’empêchait pas d’entretenir des rapports incestueux avec deux de ses filles, Chamani et Jahanara. Au cours de son règne, rien qu’à Bénarès, 76 temples hindous furent détruits, ainsi que des églises chrétiennes à Agra et Lahore. À la fin du siège de Hugh (une enclave portugaise près de Calcutta) qui dura trois mois, dix mille habitants furent « déchiquetés par la poudre, étouffés par noyade ou brûlés. » Quatre mille captifs furent emmenés à Agra où on leur offrit de choisir entre l’Islam ou la mort. La plupart refusèrent de se convertir et furent tués, à l’exception des jeunes femmes qui rejoignirent des harems.

Ces massacres perpétrés par les musulmans en Inde n’ont pas de parallèle dans l’histoire. En valeur absolue, ils sont plus importants que l’holocauste des juifs, la Terreur soviétique, les massacres japonais sur les Chinois pendant la seconde guerre mondiale, les dévastations de Mao contre la paysannerie chinoise, le génocide des Arméniens par les Turcs, ou que tout autre de ces fameux crimes contre l’humanité du 20ème siècle. Hélas, ils restent pratiquement ignorés à l’extérieur de l’Inde.

Plusieurs raisons expliquent ce fait. À l’époque où ils dirigeaient l’Inde, les Britanniques, fidèles à leur politique du « diviser pour régner », blanchirent les archives musulmanes pour que les membres de cette communauté puissent contrebalancer politiquement le poids de leurs administrés hindous plus nombreux. Dans la période de la lutte pour l’indépendance, Gandhi et Nehru minimisèrent l’étendue historique des atrocités afin de présenter la façade d’une unité hindou-musulmane contre les Britanniques. (Bien entendu, cette façade s’évanouit immédiatement après l’indépendance, et plusieurs millions de personnes furent tuées dans les violences religieuses qui accompagnèrent la partition de l’Inde britannique et la création du Pakistan.) Après l’indépendance, les écrivains indiens marxistes, aveuglés par leur idéologie, supprimèrent la vérité des registres musulmans, parce qu’elle ne correspondait pas à la théorie marxiste de l’histoire. Aujourd’hui, l’équivalent indien de la mode du « politiquement correct » passe sous silence les crimes des musulmans qui sont devenus une « minorité opprimée » dans une Inde majoritairement hindoue. Enfin, les intellectuels de gauche du pays ne cessent de blâmer l’Inde et haïssent leur propre civilisation hindoue, de la même manière que leurs congénères de Berkeley condamnent sans relâche les États-Unis et l’Occident.

À la différence de l’Allemagne qui a présenté des excuses à ses victimes juives et de l’Europe de l’Est, contrairement au Japon qui a au moins su se tenir depuis la seconde guerre mondiale, et même comparé aux États-Unis qui sont allés jusqu’au paroxysme de la culpabilisation pour les actes commis à l’encontre d’un nombre bien plus réduit d’Amérindiens, les agresseurs musulmans de l’Inde et leurs successeurs n’ont même jamais cessé leurs tentatives pour finir le travail qu’ils avaient commencé. À ce jour, les militants islamistes considèrent encore l’Inde comme « une affaire non réglée », et le problème est inscrit tout en haut de l’agenda de certains pays musulmans enrichis par leur pétrole, comme l’Arabie Saoudite, qui dépensent des millions chaque année pour tenter de convertir les hindous à l’Islam.

Une petite satisfaction nous est laissée : ils trouvent que cela avance plutôt lentement.

Robert Locke

(* Serge Trifkovic a obtenu son Doctorat de Philosophie à l’Université de Southampton en Angleterre, et a poursuivi ses recherches à l’Institut Hoover de Stanford. Ses antécédents journalistiques comprennent : « BBC World Service », « Voice of America », « CNN International », « MSNBC », « U.S. News and World Report », « The Washington Times », « The Philadelphia Inquirer », « The Times of London », et le « Cleveland Plain Dealer ». Il est rédacteur en chef du service étranger et chroniqueur à : « A Magazine of American Culture ». Cet article a été adapté par Robert Locke pour« Front Page Magazine ».)

Voir enfin:

Hindi Kouch: le génocide de 80 millions d’indiens par l’islam n’est pas un mythe

Jean-Patrick Grumberg

Dreuz

12 mars 2013

Les Sultans Bahmani, qui gouvernaient en Inde centrale, s’étaient fixé de massacrer 100 000 hindous par an et semblent s’y être tenus, explique François Gautier, ancien correspondant en Inde du Figaro et de Marianne, dans « Un autre regard sur l’Inde », édition du Tricorne – Genève 2000 (1).

100 000 hindous massacrés en une seule journée

Mais en 1399, le célèbre Timur fit mieux, il tua 100 000 hindous en UNE SEULE JOURNÉE !

80 millions d’hindous tués entre 1000 et 1525

Le Professeur Kishori Saran Lal dans son livre « La Croissance de la Population musulmane en Inde » estime qu’entre les seules années 1000 à 1525, 80 millions d’hindous furent tués, (sans parler des famines et autres calamités naturelles engendrées par la guerre), « sans doute le plus grand holocauste de l’histoire de l’humanité », affirme-t-il.

Et les propos du professeur Lal, dont la position de Directeur des recherches historiques du Conseil de l’Inde (ICHR) et membre du Comité du Conseil national de l’éducation et de la recherche de l’Inde (NCERT) attestent de sa respectabilité, sont confirmés par de nombreux historiens, tels Alain Daniélou, Will Durant, Sitaram Goel, ou Konraad Elst.

Des villes entières furent brûlées et leurs populations passées au fil de l’épée. Chaque campagne successive fit des dizaines de milliers de victimes et des millions de femmes et d’enfants furent emmenés en esclavage. Chaque nouvel envahisseur bâtissait littéralement sa montagne de crânes hindous.

Ainsi la conquête de l’Afghanistan en l’an 1000 fut suivie par l’annihilation de l’ENTIÈRE population hindoue de cette région, qu’on appelle toujours d’ailleurs « Hindu Kush », le massacre des hindous.

Mais aujourd’hui ce terrible épisode de l’histoire de l’Inde a été occulté : c’est à peine si les nombreuses Histoires de l’Inde, que nous utilisons comme référence, telle celle de Jacques Dupuis (agrégé d’histoire et diplômé de hindi de l’Ecole des langues orientales – 1912-1997), y font allusion.

L’historien et sociologue belge Koenraad Elst (Negationism in India), traite de la négation des atrocités musulmanes en Inde. « Cette négation des atrocités musulmanes, argue Elst, a gommé tout un chapitre capital de l’histoire indienne, le faisant disparaître non seulement des manuels d’histoire, mais aussi de la mémoire des Indiens. »

Qui étaient les révisionnistes ?

Des indiens marxistes, des communistes … à commencer par Nehru lui-même, qui, « pour dénigrer l’identité hindoue de la nation indienne, s’est appliqué à gommer l’horreur des invasions musulmanes en Inde », explique Konraad Elst.

« Ce sont les hindous eux-mêmes qui ont constamment nié le génocide musulman, » confirme Gautier.

Il ajoute : « sous l’impulsion de Nehru, trois générations d’historiens et d’intellectuels indiens marxistes s’efforceront de persuader leurs compatriotes (et le reste du monde) qu’il n’y a jamais eu de génocide musulman sur la personne des Hindous ».

Nehru, rappelle Elst, « premier leader de l’Inde indépendante, était un grand admirateur de l’URSS. C’est lui d’ailleurs qui initia l’étatisation de l’Inde sur le modèle soviétique ». Admirateur de la Russie aux 100 millions de morts, presque un aveu…

Ainsi le négationnisme en Inde, qui est d’inspiration marxiste, s’est appliqué à gommer des livres d’histoire écrits après l’indépendance indienne de 1947, toute l’horreur des invasions musulmanes et à dénigrer l’identité hindoue de l’Inde, en s’attaquant aux partis politiques, tel le Jana Sangh, (l’ancêtre du Bharata Janata Party), qui au début des années 20 s’efforcèrent de contrebalancer l’influence grandissante de la Ligue Musulmane qui commençait déjà à réclamer la création d’un état séparé pour les musulmans indiens.

Ainsi l’écrivain révolutionnaire et activiste communiste Manabendra Nath Roy dit M.N. Roy : « L’islam a rempli en Inde une mission d’égalitarisme et qu’en cela il fut bien accueilli par les castes défavorisées. » Et il continue : « C’était une question de lutte des classes tout à fait justifiée entre des forces progressives (les musulmans) et les forces féodales (les hindous de haute caste). »

Du négationnisme au biais islamisant de l’indianisme français

L’historien français Alain Daniélou, qui avait vécu l’Inde du dedans, résidant pendant vingt ans à Bénarès, où il apprit le sanskrit et la musique indienne, se plaignait souvent du « biais islamisant de l’indianisme français ».

L’historien belge Konraad Elst renchérit :

« L’indianisme français du XXème siècle semble s’être fortement inspiré de ce négationnisme-là, témoin « L’’Histoire de l’Inde Moderne », paru en 1994 chez Fayard et qui fait référence aujourd’hui chez nous. Dans le chapitre « La splendeur moghole », Marc Gaborieau, Directeur du Centre d’Études de l’Inde et de l’Asie du Sud, parle en termes élogieux de l’empereur Aurangzeb, lequel avait la réputation – même aux yeux des musulmans indiens – d’avoir été le plus sanguinaire et le plus pervers des Moghols : « Aurangzeb a concentré sur sa personne la haine des Hindous militants qui lui attribuent des destructions systématiques de temples et des conversions forcées massives… cette image manichéenne doit être sérieusement corrigée ».

« Malheureusement, continue Konraad Elst, Aurangzeb était si fier de ses actes, qu’il les avait fait dûment archiver et qu’ils sont parvenus jusqu’à nous ». M. Elst rappelle donc qu’Aurangzeb (1658-1707), ne construisit pas seulement une énorme mosquée sur le plus vénérable temple de Bénares, la ville sainte hindoue, temple qu’il avait auparavant fait raser, il ordonna les destruction de TOUS les temples en Inde, dont le Kashi Vishvanath, un des plus sacrés du pays, celui de Krishna à Mathura, le temple de Somanath au Gujurat, ou le temple Treka-ka-Thakur à Ayodhya, et fit construire des mosquées à leur place. Le nombre de temples détruits par Aurangzeb se compte non pas en centaines mais en milliers. Aurangzeb ne se contenta pas de détruire des temples, il fit aussi éliminer les païens : « Ahmed Khan fit savoir à sa Majesté que 2 000 Hindous furent exécutés parce qu’ils continuaient leurs abominations religieuses », rapporte une chronique de l’époque. Le gourou sikh Tegh Bahadur fut décapité parce qu’il protestait contre les conversions forcées d’Aurangzeb. Et même le propre frère de l’empereur, Dara Shikoh, fut exécuté pour s’être intéressé à la religion hindoue. »

l’Hindouisme a fait montre d’une remarquable tolérance

La réalité, c’est que « tout au long de son histoire, l’Hindouisme a fait montre d’une remarquable tolérance, permettant aux Chrétiens de Syrie, aux marchands arabes, aux Parsis de Zoroastre, aux Juifs de Jérusalem, persécutés chez eux, de s’établir en Inde et d’y pratiquer leur religion en toute liberté » écrit Daniélou.

Peut-on en dire autant des musulmans ?

« On ne dira jamais assez l’horreur que furent les invasions arabes en Inde. Les ignorer parce qu’elles appartiennent au “passé” est ridicule, car elles se répercutent encore dans les événements politiques d’aujourd’hui », appuie Konraad Elst dans son livre « Le négationnisme en Inde » (Voice of India, New Delhi) (3).

Ici encore la réécriture de l’histoire accomplit un travail soigneux au bénéfice d’une idéologie criminelle et totalitaire. Des similitudes ne seront pas difficiles à trouver, les complices non plus – ce sont toujours les mêmes.

L’indianisme français continue à défendre un faux théorème

Et de nombreux observateurs estiment aujourd’hui « que l’Indianisme français doit se remettre en question, car ses bases reposent sur des données archéologiques et linguistiques qui datent du XIXème siècle » soutient Gautier. Le magazine indien « India Today », que l’on ne peut accuser de « nationalisme », vient par exemple de publier un grand dossier racontant comment des récentes découvertes archéologiques et linguistiques prouvent – entre autre – qu’il n’y a jamais eu d’invasion aryenne en Inde. Or, l’indianisme français continue à défendre ce théorème, comme c’est le cas à Pondichéry, par exemple.

Le journaliste français ajoute : « malheureusement, se plaint un chercheur indien qui a été associé à l’EFEO, les Français semblent mépriser l’hindouisme en tant que religion ».

Ce sera ma conclusion, François Gautier cite un autre chercheur : « Voilà une arrogance bien française que de tenter d’appliquer à l’Inde des paramètres qui ne sont valables qu’en France, en l’occurrence la séparation de l’Église et l’État », s’offusque un chercheur indien. Il faudrait donc que l’indianisme français de Pondichéry remette aussi de l’ordre dans sa maison : l’École Française d’Extrême Orient et l’Institut français collaborent rarement ensemble ; et l’EFEO s’est scindée en deux pour cause d’incompatibilité de ses chercheurs.

(1) http://books.google.com/books

(2) Jacques Dupuis, Histoire de l’Inde (Éditions Kailash, Civilisations et sociétés, 1996), page 202

(3) http://www.observatoiredesreligions.fr


Islam: Le Coran est-il autre chose qu’un palimpseste plus ou moins falsifié de la Bible? (Looking back at the less than immaculate conception of Islam’s sacred text)

9 septembre, 2012
https://i0.wp.com/www.causeur.fr/wp-content/uploads/2011/04/affiches-campagnes.jpgQu’est-ce que le cerveau humain, sinon un palimpseste immense et naturel ? Mon cerveau est un palimpseste et le vôtre aussi, lecteur. Des couches innombrables d’idées, d’images, de sentiments sont tombées successivement sur votre cerveau, aussi doucement que la lumière. Il a semblé que chacune ensevelissait la précédente. Mais aucune en réalité n’a péri. » Toutefois, entre le palimpseste qui porte, superposées l’une sur l’autre, une tragédie grecque, une légende monacale, et une histoire de chevalerie, et le palimpseste divin créé par Dieu, qui est notre incommensurable mémoire, se présente cette différence, que dans le premier il y a comme un chaos fantastique, grotesque, une collision entre des éléments hétérogènes ; tandis que dans le second la fatalité du tempérament met forcément une harmonie parmi les éléments les plus disparates. Quelque incohérente que soit une existence, l’unité humaine n’en est pas troublée. Tous les échos de la mémoire, si on pouvait les réveiller simultanément, formeraient un concert, agréable ou douloureux, mais logique et sans dissonances. Souvent des êtres, surpris par un accident subit, suffoqués brusquement par l’eau, et en danger de mort, ont vu s’allumer dans leur cerveau tout le théâtre de leur vie passée. Le temps a été annihilé, et quelques secondes ont suffi à contenir une quantité de sentiments et d’images équivalente à des années. Et ce qu’il y a de plus singulier dans cette expérience, que le hasard a amenée plus d’une fois, ce n’est pas la simultanéité de tant d’éléments qui furent successifs, c’est la réapparition de tout ce que l’être lui même ne connaissait plus, mais qu’il est cependant forcé de reconnaître comme lui étant propre. L’oubli n’est donc que momentané ; et dans telles circonstances solennelles, dans la mort peut-être, et généralement dans les excitations intenses créées par l’opium, tout l’immense et compliqué palimpseste de la mémoire se déroule d’un seul coup, avec toutes ses couches superposées de sentiments défunts, mystérieusement embaumés dans ce que nous appelons l’oubli. (…) Dans le spirituel non plus que dans le matériel, rien ne se perd. De même que toute action, lancée dans le tourbillon de l’action universelle, est en soi irrévocable et irréparable, abstraction faite de ses résultats possibles, de même toute pensée est ineffaçable. Le palimpseste de la mémoire est indestructible. (…)  On croit que la tragédie grecque a été chassée et remplacée par la légende du moine, la légende du moine par le roman de chevalerie ; mais cela n’est pas. A mesure que l’être humain avance dans la vie, le roman qui, jeune homme, l’éblouissait, la légende fabuleuse qui, enfant, le séduisait, se fanent et s’obscurcissent d’eux-mêmes. Mais les profondes tragédies de l’enfance, – bras d’enfants arrachés à tout jamais du cou de leurs mères, lèvres d’enfants séparées à jamais des baisers de leurs soeurs, – vivent toujours cachées, sous les autres légendes du palimpseste. La passion et la maladie n’ont pas de chimie assez puissante pour brûler ces immortelles empreintes. Charles Baudelaire
Après ces choses, Dieu mit Abraham à l’épreuve, et lui dit: Abraham! Et il répondit: Me voici! Dieu dit: Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac; va-t’en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je te dirai. Genèse 22 :1-2
Nous lui fîmes donc la bonne annonce d’un garçon (Ismaïl) longanime. Puis quand celui-ci fut en âge de l’accompagner, [Abraham] dit: ‹Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en penses›. (Ismaël) dit: ‹Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé: tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants› (…) Nous lui fîmes la bonne annonce d’Isaac comme prophète d’entre les gens vertueux. Le Coran, 37, 101-102 & 112
Le Coran partage avec les apocryphes chrétiens de nombreuses scènes de vie de Marie et d’enfance de Jésus : la consécration de Marie dans la Sourate III, La famille de ‘Îmran, 31 et le Proto-évangile de Jacques, la vie de Marie au Temple dans la Sourate III, La famille de ‘Îmran, 32 et la Sourate XIX, Marie, 16 et le Proto-évangile de Jacques, le tirage au sort pour la prise en charge de Marie dans la Sourate III, La famille de ‘Imran, 39 et le Proto-évangile de Jacques, la station sous un palmier dans la Sourate XIX, Marie, 23 et l’Évangile du pseudo-Matthieu, Jésus parle au berceau dans la Sourate III, La famille de ‘Imran, 41 et la Sourate XIX, Marie, 30 et l’Évangile arabe de l’enfance, Jésus anime des oiseaux en argile dans la Sourate III, La famille de ‘Imran, 43 et la Sourate V, La Table, 110 et l’Évangile de l’enfance selon Thomas… Wikipedia
La condition préalable à tout dialogue est que chacun soit honnête avec sa tradition. (…) les chrétiens ont repris tel quel le corpus de la Bible hébraïque. Saint Paul parle de ” greffe” du christianisme sur le judaïsme, ce qui est une façon de ne pas nier celui-ci . (…) Dans l’islam, le corpus biblique est, au contraire, totalement remanié pour lui faire dire tout autre chose que son sens initial (…) La récupération sous forme de torsion ne respecte pas le texte originel sur lequel, malgré tout, le Coran s’appuie. René Girard
Dans la foi musulmane, il y a un aspect simple, brut, pratique qui a facilité sa diffusion et transformé la vie d’un grand nombre de peuples à l’état tribal en les ouvrant au monothéisme juif modifié par le christianisme. Mais il lui manque l’essentiel du christianisme : la croix. Comme le christianisme, l’islam réhabilite la victime innocente, mais il le fait de manière guerrière. La croix, c’est le contraire, c’est la fin des mythes violents et archaïques. René Girard
Le christianisme (…) nous a fait passer de l’archaïsme à la modernité, en nous aidant à canaliser la violence autrement que par la mort.(…) En faisant d’un supplicié son Dieu, le christianisme va dénoncer le caractère inacceptable du sacrifice. Le Christ, fils de Dieu, innocent par essence, n’a-t-il pas dit – avec les prophètes juifs : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice » ? En échange, il a promis le royaume de Dieu qui doit inaugurer l’ère de la réconciliation et la fin de la violence. La Passion inaugure ainsi un ordre inédit qui fonde les droits de l’homme, absolument inaliénables. (…) l’islam (…) ne supporte pas l’idée d’un Dieu crucifié, et donc le sacrifice ultime. Il prône la violence au nom de la guerre sainte et certains de ses fidèles recherchent le martyre en son nom. Archaïque ? Peut-être, mais l’est-il plus que notre société moderne hostile aux rites et de plus en plus soumise à la violence ? Jésus a-t-il échoué ? L’humanité a conservé de nombreux mécanismes sacrificiels. Il lui faut toujours tuer pour fonder, détruire pour créer, ce qui explique pour une part les génocides, les goulags et les holocaustes, le recours à l’arme nucléaire, et aujourd’hui le terrorisme. René Girard
D’après les théologiens musulmans, le Coran vient directement d’Allah, il n’a pas changé d’une seule lettre depuis qu’il a été mis par écrit, et sa langue est si somptueusement poétique qu’elle est inimitable par aucun humain. Mohammed l’a récité alors qu’il était analphabète. Avant que le monde ne soit créé, le Coran était déjà présent, ce que la théologie musulmane exprime en disant que le Coran est incréé. Le Coran est en arabe depuis avant la fondation du monde parce qu’Allah parle arabe avec les anges. (…) L’alphabet arabe ne comportait à l’époque de Mohammed que trois voyelles longues : a, i, u, et ne faisait pas la différence entre certaines consonnes. Cette écriture, nommée scriptio defectiva, est indéchiffrable, et ne peut servir que d’aide mémoire à ceux qui connaissent déjà le texte. (…) C’est vers 650, que des collectes ont été faites pour constituer le Coran. Le Coran a donc été primitivement écrit en scriptio defectiva. Vers 850, deux siècles après les collectes, des grammairiens perses qui ignoraient la culture arabe ont fait des conjectures pour passer en scriptio plena, afin de rendre le Coran compréhensible. Cela n’a pas suffi. Il a fallu y ajouter d’autres conjectures sur le sens des passages obscurs, qui concernent environ 30% du Coran. L’édition actuelle du Coran est celle du Caire, faite en 1926. Il a donc fallu 1 300 ans pour la mettre au point. C’est une traduction en arabe classique d’un texte qui est incompréhensible sous sa forme originale. (…) À l’époque de Mohammed, l’arabe n’était pas une langue de culture, ni une langue internationale. Depuis plus de mille ans, dans tout le Proche Orient, la langue de culture était l’araméen. Les lettrés arabes, peu nombreux, parlaient en arabe et écrivaient en araméen. La situation était comparable à celle de l’Europe de la même époque, où les lettrés parlaient dans leur langue locale et écrivaient en latin. Les difficultés du Coran s’éclairent si on cherche le sens à partir de l’araméen. Le Coran n’est pas écrit en arabe pur, mais en un arabe aussi chargé d’araméen que, par exemple, l’allemand est chargé de latin. André Frament
D’après la théologie musulmane, Mohammed, venant à la suite d’une longue suite de prophètes, n’aurait fait qu’un « rappel », rendu nécessaire parce que les hommes oublient. On peut donc penser que des révélations faites aux prophètes prédécesseurs de Mohammed ont du laisser des traces. D’autre part, des historiens pensent que les nouveaux systèmes d’idées se développent à partir d’ébauches antécédentes. Quelle que soit l’hypothèse choisie, il a dû exister une sorte de pré-islam qu’il est intéressant de rechercher. (…) De fait,certaines idées présentes dans l’islam d’aujourd’hui sont également présentes dans les sectes millénaristes et messianiques du Proche Orient, aux premier et deuxième siècles de notre ère. Voir comment ces idées ont cheminé dans cette région du monde a donné un éclairage supplémentaire. Dans le Coran, Myriam, sœur d’Aaron, et Marie, mère du Christ, est une seule et même personne, alors que 1.200 ans les séparent. La Trinité, formée pour les chrétiens du Père, du Christ et du Saint-Esprit, est déclarée dans le Coran formée, du Père, du Christ, et de Marie. Ces éléments, et d’autres de la sorte, font penser que le Coran est formé de plusieurs traditions différentes, comme on peut l’observer pour d’autres livres anciens. (…) Les messianismes juifs se sont formés en trois siècles, de 180 avant notre ère à 150 après. Leur théologie présente cinq idées centrales qui, durent encore de nos jours: · La première est celle d’une guerre menée pour des raisons théologiques. · La seconde est celle d’émigration : les Justes devaient d’abord aller au désert, reproduisant l’Exode de Moïse au Néguev-Sinaï. · La troisième idée était la conquête de Jérusalem. · La quatrième était la libération complète de la Palestine juive. · La cinquième était la conquête du monde entier. Alors que les quatre premières étaient tout à fait générales dans les mouvements messianiques juifs, la dernière n’était acceptée que par une partie des adeptes. Les deux premières idées sont proches de celles de l’islam, et la cinquième reste un rêve que les musulmans ont poursuivi pendant quatorze siècles. (…) Les nazaréens pratiquaient la circoncision, la polygamie limitée à 4 épouses, décrivaient un paradis où les élus trouveraient des aliments délicieux, des boissons agréables et des femmes. Toutes ces idées sont présentes dans l’islam. De plus, un grand nombre de thèses, de conceptions, de dogmes nazaréens se retrouvent à l’identique dans l’islam d’aujourd’hui : ‘Îsâ, le nom de Jésus, le statut du Christ, les récits de l’enfance de Marie, la confusion entre Marie et Myriam, le statut des femmes, la Trinité formée du Père, du Christ et de Marie, la conception du paradis, le vin, interdit sur terre mais présent en fleuves entiers au paradis… (…) Le mot musulman apparaît pour la première fois sur le Dôme du roc, en 691, il entre dans l’usage officiel vers 720, il est utilisé sur une monnaie pour la première fois en 768, et sur papyrus en 775 seulement. La recherche linguistique montre que les mots islam et musulman ne viennent pas de l’arabe, mais de l’araméen, la langue des nazaréens. (…) Le nom de Médine, d’après les documents musulmans, viendrait de madina ar-rasul Allah, la ville du messager d’Allah. Cette étymologie en langue arabe est proposée par l’islam plus de 200 ans après les faits. Or, à l’époque, madina ne signifiait pas ville, mais région. Ville se disait qura. Des textes datant de 30 ans après les faits indiquent une autre étymologie, à partir de l’araméen, impliquant les nazaréens. (…) Il est très douteux que les Arabes du VIIe siècle soient des polythéistes étrangers aux traditions biblique ou chrétienne. Par leur commerce, ils sont, en effet, depuis plus de six siècles en contact avec des juifs et depuis six siècles en contact avec des chrétiens. Ils ne pouvaient pas ignorer la révélation judéo-chrétienne. André Frament
La question de l’Hégire permet d’entrevoir immédiatement ce qui s’est passé. L’Hégire ou Émigration à l’oasis de Yathrib situé en plein désert est un événement très significatif de la vie du Mahomet historique. On sait que, très rapidement, cette année-là – 622 semble-t-il – a été tenue pour l’an 1 du calendrier du groupe formé autour de Mahomet (ou plutôt du groupe dont il était lui-même un membre). Or, la fondation d’un nouveau calendrier absolu ne s’explique jamais que par la conscience de commencer une Ère Nouvelle, et cela dans le cadre d’une vision de l’Histoire. Quelle ère nouvelle ? D’après les explications musulmanes actuelles, cette année 1 se fonderait sur une défaite et une fuite de Mahomet, parti se réfugier loin de La Mecque. Mais comment une fuite peut-elle être sacralisée jusqu’à devenir la base de tout un édifice chronologique et religieux ? Cela n’a pas de sens. Si Mahomet est bien arrivé à Yathrib – qui sera renommé plus tard Médine – en 622, ce ne fut pas seulement avec une partie de la tribu des Qoréchites, mais avec ceux pour qui le repli au désert rappelait justement un glorieux passé et surtout la figure de la promesse divine. Alors, le puzzle des données apparemment incohérentes prend forme, ainsi que Michaël Cook et d’autres l’on entrevu. Le désert est le lieu où Dieu forme le peuple qui doit aller libérer la terre, au sens de ce verset : « Ô mon peuple, entrez dans la terre que Dieu vous a destinée » (Coran V, 21). Nous sommes ici dans la vision de l’histoire dont le modèle de base est constitué par le récit biblique de l’Exode, lorsque le petit reste d’Israël préparé par Dieu au désert est appelé à conquérir la terre, c’est-à-dire la Palestine selon la vision biblique. Telle est la vision qu’avaient ceux qui accompagnaient et en fait qui dirigeaient Mahomet et les autres Arabes vers Yathrib en 622. Et voilà pourquoi une année 1 y est décrétée : le salut est en marche. Dans l’oasis de Yathrib d’ailleurs, la plupart des sédentaires sont des « juifs » aux dires mêmes des traditions islamiques. Et pourtant les traditions rabbiniques ne les ont jamais reconnus comme des leurs : ces « juifs » et ceux qui y conduisirent leurs amis arabes sont en réalité ces “judéochrétiens” hérétiques, qui vous évoquiez à l’instant. Ils appartenaient à la secte de « nazaréens » dont on a déjà parlé à propos de la sourate 5, verset 82. E.-M. Gallez
C’est à la suite de la destruction du Temple de 70 que l’idéologie judéo-nazaréenne se structura en vision cohérente du Monde et de l’Histoire, construite sous l’angle de l’affrontement des « bons » et des « méchants », les premiers devant être les instruments de la libération de la Terre. Le recoupement des données indique que c’est en Syrie, chez les judéo-chrétiens qui refusèrent de rentrer en Judée après 70 et réinterprétèrent leur foi, que cette idéologie de salut – la première de l’Histoire – s’est explicitée. (…) Pour en revenir à l’attente judéonazaréenne du Messie-Jésus, je ne vous apprendrai rien en disant qu’il n’est pas redescendu du Ciel en 638. En 639 non plus. En 640, l’espérance de le voir redescendre du Ciel apparut clairement être une chimère. C’est la crise. (…) Il est invraisemblable que Mahomet ait massacré des juifs rabbanites (orthodoxes ndlr), dont les judéo-nazaréens aussi bien que leurs alliés Arabes avaient besoin de la neutralité, au moins. Mais après 640, on imagine aisément que Umar puis son successeur Uthman aient voulu se défaire d’alliés devenus encombrants. Ironie de l’histoire : les « fils d’Israël » – au moins leurs chefs – sont massacrés par ceux qu’ils avaient eux-mêmes convaincus d’être les « fils d’Ismaël » ! En fait, le problème se posait aux Arabes de justifier d’une manière nouvelle le pouvoir qu’ils avaient pris sur le Proche-Orient. C’est dans ce cadre qu’apparut la nécessité d’avoir un livre propre à eux, opposable à la Bible des juifs et des chrétiens, et qui consacrerait la domination arabe sur le monde… et qui contribuerait à occulter le passé judéo-nazaréen. EM Gellez
Le Calife basé à l’oasis de Médine ne disposait, en fait de « textes » en arabe, que des papiers que les judéo-nazaréens y avaient laissés. Même si l’on y ajoute les textes plus anciens laissés en Syrie, cela ne fait pas encore un choix énorme. Et il fallait choisir, dans la hâte, des textes répondant aux attentes des nouveaux maîtres du Proche-Orient ! Autant dire que, quel qu’il fût, le résultat du choix ne pouvait guère être satisfaisant, même si on choisissait les textes présentant le moins d’allusions au passé judéonazaréen. C’est ainsi que les traditions musulmanes ont gardé le souvenir de « collectes » ou assemblages du Coran divergents entre eux et concurrents – parce qu’ils fournirent évidemment à des ambitieux l’occasion de se pousser au pouvoir. Umar fut assassiné. Son successeur également, et il s’ensuivit une véritable guerre intra-musulmane, aboutissant au schisme entre « chiites » et « sunnites ». Quant aux textes assemblés dans ce qu’on nomma le « Coran », ils continuèrent d’être adaptés à ce qu’on attendait d’eux, dans une suite de fuites en avant : apporter des modifications à un texte, c’est souvent se condamner à introduire de nouvelles pour pallier les difficultés ou les incohérences induites par les premières, etc. Un texte ne se laisse pas si facilement manipuler. Surtout qu’il faut chaque fois rappeler les exemplaires en circulation,les détruire et les remplacer par des nouveaux – ce dont les traditions musulmanes ont gardé le souvenir et situent jusqu’à l’époque du gouverneur Hajjaj, au début du VIIIe siècle encore ! Quand il devint trop tard pour le modifier encore en ses consonnes, sa voyellisation puis son interprétation furent à leur tour l’objet d’élaborations (parfois assez savantes). Ainsi, à force d’être manipulé, le texte coranique devint de plus en plus obscur, ce qu’il est aujoAurd’hui. Mais il était tout à fait clair en ces divers feuillets primitifs c’est-à-dire avant que ceux-ci aient été choisis pour constituer un recueil de 114 parties – le même nombre que de logia de l’évangile de Thomas, nombre lié aux besoins liturgiques selon Pierre Perrier. EM Gellez
Du fait de l’hyperspécialisation, très peu d’islamologues s’étaient intéressés aux textes de la mer Morte qui, particulièrement dans leur version la plus récente, reflètent une parenté avec le texte coranique ; et, en sens inverse, tout aussi peu de qoumranologues, d’exégètes ou de patrologues avaient porté de l’intérêt au Coran et à l’Islam. Or ces deux côtés de la recherche s’éclairent mutuellement, ils constituent en quelque sorte le terminus a quo et le terminus ad quem de celle-ci, renvoyant à une même mouvance religieuse : celle que des ex-judéo-chrétiens ont structurée vers la fin du Ier siècle. On la connaît surtout sous la qualification de “nazaréenne” ; les membres de cette secte apocalyptico-messianiste avaient en effet gardé l’appellation de nazaréens que les premiers judéo-chrétiens avaient portée (durant très peu d’années) avant de s’appeler précisément chrétiens d’après le terme de Messie (c’est-à-dire christianoï ou Mesihayé). Il s’agit évidemment des naçârâ du texte coranique selon le sens qu’y avait encore ce mot avant le VIIIe siècle et selon le sens qu’indiquent certains traducteurs à propos de passages où l’actuelle signification de chrétiens ne convient visiblement pas ; au reste, à propos de ces nazaréens, même certains sites musulmans libéraux en viennent aujourd’hui à se demander si leur doctrine n’était pas celle de Mahomet. À la suite de Ray A. Pritz, l’auteur préconise l’appellation de judéo-nazaréens pour éviter toute ambiguïté ; l’avantage est également de rappeler l’origine judéenne (ainsi qu’un lien primitif avec la communauté de Jacques de Jérusalem, selon les témoignages patristiques). Signalons en passant que l’auteur établit un parallélisme avec une autre mouvance qui prend sa source dans les mêmes années, le gnosticisme ; ceci offre un certain intérêt car les deux mouvances partent dans des directions qu’il présente comme radicalement opposées. L’apparition de l’islam tel qu’il se présente aujourd’hui s’explique de manière tout à fait cohérente dans le cadre de cette synthèse. À la suite de la rupture bien compréhensible avec les judéonazaréens, les nouveaux maîtres arabes du Proche-Orient ont été obligés d’inventer des références exclusivement arabes pour justifier leur pouvoir, explique l’auteur. Ceci rend compte en particulier d’une difficulté à laquelle tout islamologue est confronté, à savoir la question du polythéisme mecquois. Comment les Mecquois pouvaient-ils être convaincus par une Révélation qui leur aurait été impossible à comprendre ? Le détail du texte coranique ne s’accorde pas avec un tel présupposé. À supposer justement que Mahomet ait vécu à La Mecque avant que l’Hégire le conduise à Yathrib-Médine (en 622) : la convergence de nombreuses études, généralement récentes, oriente dans une autre direction. Le travail de recoupement et de recherche effectué par l’auteur débouche sur un tableau d’ensemble ; celui-ci fait saisir pourquoi la biographie du Prophète de l’Islam, telle qu’elle s’est élaborée et imposée deux siècles après sa mort, présente le contenu que nous lui connaissons. M.-Th. Urvoy
Christoph Luxenberg considère (…) que des pans entiers du Coran mecquois seraient un palimpseste d’hymnes chrétiennes. Avant lui, Günter Lüling avait tenté d’établir qu’une partie du Coran provenait d’hymnes chrétiennes répondant à une christologie angélique. Cela me paraît trop automatique et trop rapide. En revanche, Christoph Luxenberg m’a convaincu sur l’influence syriaque dans plusieurs passages du Coran, notamment dans la sourate 100 dans laquelle il voit une réécriture de la première épître de saint Pierre (5,8-9). On reconnaît dans le Coran des traces évidentes de syriaque. À commencer par le mot Qur’an qui, en syriaque, signifie «recueil» ou «lectionnaire». Cette influence me semble fondamentale. D’autre part, Angelika Neuwirth [NDLR spécialiste du Coran, université de Berlin] a bien souligné la forme liturgique du Coran. Et des chercheurs allemands juifs ont noté une ressemblance forte entre le Coran mecquois et les psaumes bibliques. Serait-il un lectionnaire, ou contiendrait-il les éléments d’un lectionnaire? Je suis enclin à le penser. Sans l’influence syriaque comment comprendre que le Coran ait pu reprendre le thème des sept dormants d’Éphèse qui sont d’origine chrétienne? De plus, la christologie du Coran est influencée par le Diatessaron de Tatien et par certains évangiles apocryphes. On peut penser que le groupe dans lequel le Coran primitif a vu le jour était l’un des rejetons de groupes judéo-chrétiens attachés à une christologie pré-nicéenne, avec aussi quelques accents manichéens. Claude Gilliot

L’islam ne serait-il finalement qu’une secte judéo-messianique qui aurait mal tourné?

Appris par coeur par les compagnons du Prophète, recopié en bribes sur des feuilles de palmier ou des omoplates de chameaux, collationné non chronologiquement mais suivant la longueur des sourates par des califes qui firent détruire les versions divergentes ou condamner les exégètes non conformes, objet de différentes lectures et interprétations du fait  du manque de transcription des voyelles ou de l’ambiguïté des consonnes mais aussi de controverses théologiques et éthiques ou d’accusations de falsification, doutes même sur la langue utilisée, réécriture de passages entiers de la Bible …

Où l’on découvre que le texte prétendument incréé écrit dans l’arabe le plus pur (la « langue de Dieu ») se trouve être un amalgame longtemps controversé de psaumes bibliques et d’hymnes chrétiens, apocryphes ou manichéens écrit dans un mauvais arabe imprégné de syro-araméen …

A l’heure où l’on apprend que la jeune chrétienne récemment condamnée pour blasphème au Pakistan aurait pu être victime d’un coup monté (l’imam qui l’accusait aurait lui-même rajouté les pages de Coran que la jeune trisomique était censée avoir brûlées) …

Et qu’à l’Université islamique d’Al Azhar du Caire, une fatwa proposerait d’interdire aux Juifs de visiter leurs lieux saints dans les pays arabes …

Retour, avec un intéressant entretien de l’islamologue Claude Gilliot paru dans le Monde de la Bible et repris par le site Hérodote et contre la légende dorée d’un texte immuable fixé une fois pour toutes, sur les dernières découvertes issues de l’application au Coran des méthodes d’analyse critique déjà utilisées sur la Bible et les textes chrétiens et notamment sur le long processus de canonisation du texte sacré de l’islam …

Aux origines du Coran

Comment est né le texte sacré de l’islam

Hérodote

Jusqu’aux alentours de l’An Mil, les commentaires autour du Coran furent innombrables, en liaison avec une grande effervescence intellectuelle. Une école réformiste proposa en particulier de distinguer le Coran incréé, parole de Dieu, restée près de Dieu, dénuée de toute équivoque, et le Coran créé, celui-là même qui est sorti de la bouche de Mahomet et se doit d’être analysé et interprété.

En l’an 1019, le calife Al Qadir, craignant que la libre discussion ne mène à de nouvelles scissions, fit lire au palais et dans les mosquées une épître dite «épître de Qadir» (Risala al-qâdiriya) par laquelle il interdit toute exégèse nouvelle et ferma la porte à l’effort de recherche personnel des musulmans (l’ijithad).

Aujourd’hui, à la lumière des travaux accomplis sur les textes chrétiens, des chercheurs abordent l’étude du Coran avec un regard historique, archéologique et philologique. Le magazine Le Monde de la Bible fait le point sur ces travaux d’une grande portée scientifique et nous offre ci-après un entretien passionnant et lumineux avec l’islamologue Claude Gilliot.

«Aux origines du Coran» en kiosque et en librairie

Est-il possible d’appliquer au Coran les méthodes d’analyse critique déjà utilisées sur la Bible et les textes chrétiens depuis plus d’un siècle?

Que sait-on de l’Arabie préislamique et de Mahomet lui-même ? Que peut-on dire du processus de mise par écrit du Coran et des plus anciens textes connus ?

Quels rôles ont pu jouer des juifs et des chrétiens dans ce processus ? Existe-il un Coran des origines différent de celui que nous connaissons aujourd’hui ? Que dit le Coran des pierres, ces graffiti laissés par les pèlerins vers La Mecque, dès les premiers temps de l’islam?

C’est à toutes ces questions que répond ce numéro du Monde de la Bible (été 2012, en kiosque et en librairie, 10 €), en bousculant un certain nombre d’idées. Un magazine très richement illustré et d’une lecture agréable.

Comment et dans quelles circonstances le Coran fut-il mis par écrit? C’est à cette question que répond Claude Gilliot, professeur émérite à l’université de Provence, a bien voulu répondre en sa qualité de spécialiste d’études arabes et d’islamologie.

Il nous précise, entre tradition musulmane et recherche historique, le long processus de la canonisation des textes coraniques aux premiers siècles de l’Hégire. Nous l’avons également interrogé sur les questions linguistiques que posent les plus anciens documents connus du Livre saint des musulmans.

Entretien de Claude Gilliot avec Le Monde de la Bible

Le Monde de la Bible: Existe-il un Coran originel contemporain du Prophète?

Claude Gilliot: Selon la tradition musulmane, à la mort de Muhammad [Mahomet] en 632 de notre ère, il n’existait pas d’édition complète et définitive des révélations que le Prophète avait livrées. Des sources arabo-musulmanes nombreuses l’attestent. Il est dit que ses Compagnons les avaient mémorisées, en les apprenant et en les récitant par cœur. Certaines, toutefois, avaient été transcrites sur divers matériaux, telles des feuilles de palme ou des omoplates de chameaux. Une première mise par écrit «complète» aurait été faite à l’instigation d’Omar qui craignait que le Coran ne disparût parce que ses mémorisateurs mouraient au combat. Il convainquit le calife Abû Bakr (632-634) de faire consigner par écrit ce que les gens en savaient et ce qui en avait été écrit sur divers matériaux. Ce travail de collecte fut dirigé par l’un des scribes de Muhammad, ?le Médinois Zaïd b. Thâbit. À la mort d’Abû Bakr, ces premiers feuillets du Coran furent transmis à Omar, devenu calife (634-644), puis à sa fille Hafsa, l’une des veuves de Muhammad.

MdB : Et c’est ce recueil des versets coraniques qui s’imposa d’emblée?

C. G.: Non, on ne peut pas dire cela. D’abord parce que nous n’avons pas de traces matérielles de cette collecte. Ensuite parce que l’objectif d’Omar était probablement de disposer d’un corpus et non de faire une «édition» définitive. C’est sous le califat suivant, celui d’Othman (644-656), qu’on prit conscience de divergences dans la façon de réciter le Coran. Othman reprit le corpus détenu par Hafsa et le fit compléter par d’autres personnages, toujours sous la direction de Zaïd b. Thâbit. Il fit ensuite détruire tous les matériaux originels, imposa une première version «canonique» du Coran en l’adressant aux métropoles les plus importantes du jeune Empire. Mais s’imposa-t-il à tous? La tradition musulmane affirme que oui, mais nous observons que l’idée même de collecte avait rencontré des oppositions dont celle d’Ibn Mas’ûd, compagnon du Prophète (m. 633), et que, d’autre part, les récits sur la collecte du Coran comportent de nombreuses contradictions qui contestent cette affirmation.

MdB : Cela signifie-t-il que d’autres variantes du Coran aient pu subsister et êtres récitées à cette époque?

C. G.: La tradition musulmane reconnaît une quinzaine de textes pré-othmaniens principaux et une douzaine de textes secondaires. Nous ne possédons aujourd’hui aucune de ces variantes de la «vulgate» othmanienne. Mais nous savons par ailleurs qu’en 934 et en 935, les exégètes Ibn Miqsam et Ibn Shannabûdh furent condamnés pour avoir récité des variantes non approuvées. Ce qui montre que celles-ci ont circulé longtemps.

Il convient également de remarquer que le texte diffusé par Othman pouvait lui-même susciter différentes lectures et interprétations. Et cela pour deux raisons. La première est que le texte ne comportait pas de voyelles brèves et pas toujours les longues, ce qui induit des choix dans l’interprétation des mots. Deuxièmement, l’écriture arabe primitive n’était pas dotée des points diacritiques qui fixent la valeur exacte des signes et qui distinguent une consonne d’une autre. Des vingt-huit lettres de l’alphabet arabe, seules sept ne sont pas ambiguës et dans les plus anciens fragments du Coran, les lettres ambiguës constituent plus de la moitié du texte.

C’est sous la période omeyyade, et le règne d’Abd al-Malik (685-705) plus précisément, que l’on peut placer la troisième phase de l’histoire du Coran. Certains attribuent au redoutable gouverneur de l’Irak, al-Hajjâj b. Yûsûf (714), plusieurs modifications apportées au texte coranique, mais à ce propos, les sources sont contradictoires. Pour les uns, il aurait seulement remis en ordre les versets et des sourates et rectifié des lectures déficientes; pour les autres, il aurait précisé l’orthographe en introduisant des points. En dépit des contradictions, le califat d’Abd al-Malik constitua un moment déterminant pour la constitution des textes qui nous sont parvenus.

MdB: Sur quels points portaient principalement les oppositions musulmanes à la version othmanienne que vous évoquiez précédemment?

C. G.: Ces critiques viennent de savants musulmans qui soulevèrent des objections durant les trois premiers siècles de l’islam. Cela commença avec des compagnons du Prophète qui avaient leur propre texte, nous dit-on. D’autres sont allés jusqu’à considérer certains textes comme inauthentiques pour des raisons théologiques et éthiques. Ils visaient notamment les versets 111,1-3 contre Abu Lahab, l’un des grands adversaires de Muhammad; et 74,11-26. Des théologiens de Bassora mirent en doute l’authenticité de ces passages, tout comme certains kharijites pensaient que la sourate 12 (sourate de Joseph) ne faisait pas partie du Coran, car, selon eux, ce conte profane ne pouvait avoir sa place dans le Coran.

On trouve les accusations les plus vigoureuses de falsification du Coran dans les sources chiites avant le milieu du Xe siècle. Pour ces derniers, seul Ali, successeur légitime de Muhammad, détenait les authentiques révélations faites au Prophète. Cette version avait été rejetée par les ennemis d’Ali, Abû Bakr et Omar notamment, parce qu’elle contenait des hommages explicites à Ali et à ses partisans et des attaques contre leurs adversaires.

MdB: De quels textes anciens disposons-nous aujourd’hui?

C. G.: Nous ne possédons aucun autographe du Prophète ni de ses scribes. Les plus anciennes versions complètes du Coran dateraient du IXe siècle. Des fragments, très rares, pourraient remonter à la fin VIIe siècle ou du début du VIIIe. L’un des plus anciens, daté du VIIe siècle, est conservé à la Bibliothèque nationale de France (voir p. 32). Mais, en l’absence d’autres manuscrits antérieurs au IXe siècle, la datation de ce recueil d’une soixantaine de feuillets ne peut être estimée que par des critères paléographiques.

MdB: Il existe une forte controverse sur la langue originelle du Coran. En quoi consiste-t-elle?

C. G.: Selon la tradition musulmane, le Coran a été écrit dans la langue de Dieu, autrement dit dans l’arabe le plus clair. Hors pour les chercheurs occidentaux, y compris pour ceux qui reprennent la thèse théologique musulmane, les particularités linguistiques du texte coranique font problème et entrent mal dans le système de la langue arabe. Afin de surmonter cette difficulté, plusieurs hypothèses furent proposées, selon lesquelles l’origine de la langue coranique se trouverait dans un dialecte – disons plutôt une «koinè (langue commune) vernaculaire» – de l’Arabie occidentale marqué par l’influence du syriaque, et donc de l’araméen. Le Coran est une production de l’Antiquité tardive. Qui dit Antiquité tardive, dit époque de syncrétisme. La péninsule arabique, où le Coran est censé être né, n’était pas fermée aux idées véhiculées dans la région. Les historiographes arabes musulmans les plus anciens, soit de la première ou de la deuxième génération de l’islam, disent que La Mecque avait des relations en particulier avec la ville d’al-Hira, capitale de la tribu arabe des Lakhmides, où vivaient des païens, des chrétiens monophysites et des manichéens. Elle aurait été un des lieux de passage pour l’apprentissage de l’écriture de l’arabe primitif. Quand Muhammad livrait ses premières prédications, un de ses premiers opposants objectait qu’il avait déjà entendu cela à al-Hira. Dans un autre passage du Coran, il est reproché à Muhammad de se faire enseigner par un étranger qui parlait soit un mauvais arabe soit une autre langue.

Il est vrai qu’un grand nombre d’expressions réputées obscures du Coran s’éclairent si l’on retraduit certains mots apparemment arabes à partir du syro-araméen, la langue de culture dominante au temps du Prophète.

MdB: Vous rejoignez ainsi les thèses de Christoph Luxenberg qui, par ailleurs, ne fait pas l’unanimité chez nombre d’islamologues?

C. G.: Christoph Luxenberg considère en effet que des pans entiers du Coran mecquois seraient un palimpseste d’hymnes chrétiennes. Avant lui, Günter Lüling avait tenté d’établir qu’une partie du Coran provenait d’hymnes chrétiennes répondant à une christologie angélique. Cela me paraît trop automatique et trop rapide. En revanche, Christoph Luxenberg m’a convaincu sur l’influence syriaque dans plusieurs passages du Coran, notamment dans la sourate 100 dans laquelle il voit une réécriture de la première épître de saint Pierre (5,8-9). On reconnaît dans le Coran des traces évidentes de syriaque. À commencer par le mot Qur’an qui, en syriaque, signifie «recueil» ou «lectionnaire». Cette influence me semble fondamentale. D’autre part, Angelika Neuwirth [NDLR spécialiste du Coran, université de Berlin] a bien souligné la forme liturgique du Coran. Et des chercheurs allemands juifs ont noté une ressemblance forte entre le Coran mecquois et les psaumes bibliques. Serait-il un lectionnaire, ou contiendrait-il les éléments d’un lectionnaire? Je suis enclin à le penser. Sans l’influence syriaque comment comprendre que le Coran ait pu reprendre le thème des sept dormants d’Éphèse qui sont d’origine chrétienne? De plus, la christologie du Coran est influencée par le Diatessaron de Tatien et par certains évangiles apocryphes. On peut penser que le groupe dans lequel le Coran primitif a vu le jour était l’un des rejetons de groupes judéo-chrétiens attachés à une christologie pré-nicéenne, avec aussi quelques accents manichéens. l

Propos recueillis par Benoît de Sagazan, pour Le Monde de la Bible

Voir aussi:

Origines et fixation du texte coranique

Claude Gilliot

Dominicain. Professeur à l’Université de Provence.

Loin d’être un texte fixé une fois pour toutes, le Coran a une histoire faite d’évolutions, de relectures et de corrections. Il convient de présenter séparément la conception musulmane de la façon dont le Coran a vu le jour, et les manières dont la recherche critique occidentale la conçoit.

La collecte du Coran selon les sources musulmanes[1] [1] R. Blachère, Introduction au Coran, 1947, p. 18-102 ;…

2 Selon l’opinion musulmane courante, à la mort de Mahomet (632), il n’existait pas d’édition complète et définitive des révélations qu’il avait délivrées. Toutefois, des portions plus ou moins grandes en avaient été mémorisées par ses compagnons, ou avaient été écrites sur divers matériaux. Certains musulmans qui savaient du Coran par cœur furent tués au combat, ce qui fit craindre que les révélations ne disparussent. Omar parvint à persuader le calife Abu Bakr (632-634) de les faire consigner par écrit. L’un des scribes de Mahomet, le jeune Médinois Zayd b. Thabit, se vit confier cette mission ; il transcrivit les matériaux collectés sur des « feuillets » qu’il remit au calife.

3 A la mort de ce dernier, ils passèrent au calife Omar (634-644), puis à sa fille Hafsa, l’une des veuves de Mahomet. Cette recension, si elle a bien existé, correspondait à la volonté du chef de la communauté de posséder un corpus coranique, tout comme d’autres compagnons en avaient eu ; il ne s’agissait pas d’imposer une version particulière à l’ensemble des fidèles.

4 Sous le calife Othman (644-656), on prit conscience des divergences dans la façon de réciter le Coran. Le calife demanda à Hafsa de lui prêter son texte du Coran pour en faire une recension complète. Après le lui avoir rendu, le calife ordonna que l’on détruise tous les autres documents contenant du Coran qui avaient pu être utilisés pour l’établissement de ce texte. Ce travail aboutit à la « vulgate othmanienne[2]

. Quatre ou sept copies furent envoyées dans plusieurs métropoles de l’empire naissant.

5 Cette collecte du texte ne fut pas sans rencontrer des oppositions[3] [3] Le refus le plus affirmé vint du compagnon Ibn Mas’ud…. Pourtant la tradition musulmane tend à soutenir l’idée que cette version du Coran a été acceptée partout. Les récits sur la collecte du Coran comportent de nombreuses contradictions qui conduisent à se poser des questions sur la véracité de la version musulmane des faits.

6 Les modifications apportées au texte collecté. – Des problèmes subsistaient dans la lecture de cette version othmanienne. D’une part, elle ne comportait pas les voyelles brèves, et pas toujours les voyelles longues, ce qui pouvait donner lieu à des confusions dans la lecture de certains mots, même si certains choix de lecture sont éliminés par le contexte. Plus grave encore, l’écriture arabe primitive n’était pas pourvue des points dont sont maintenant marquées certaines consonnes de l’alphabet pour fixer la valeur exacte des signes qui prêtent à confusion[4]

7 C’est sous les Omeyyades, sous ‘Abd al-Malik (685-705) plus particulièrement, que l’on peut placer la troisième phase de l’histoire du Coran. Mais les informations fournies par les sources sont contradictoires. Plusieurs modifications importantes faites sur le texte sont attribuées à l’homme fort du régime omeyyade de cette période, al-Hajjaj b. Yusuf (714). Pour les uns, les améliorations qu’il aurait fait apporter au texte coranique se seraient limitées à rectifier des lectures déficientes ou à y mettre en ordre les versets, voire les sourates. Pour d’autres, il en aurait perfectionné l’orthographe en introduisant des points[5].

Des réformes semblables sont également attribuées à d’autres personnages par les sources musulmanes. En dépit des contradictions, le règne de Abd al-Malik, fut un moment déterminant pour la constitution des textes coraniques qui nous sont parvenus. Le texte final ne s’imposa que très lentement.

8 Les textes des compagnons et les variantes coraniques. – La tradition musulmane mentionne quelque quinze textes pré-othmaniens principaux et une douzaine de textes secondaires[6]  Jusqu’à ce jour, aucun manuscrit de ces textes n’a été retrouvé. Les variantes des textes pré-othmaniens qui diffèrent de la Vulgate ont disparu de la récitation du Coran. Néanmoins, il arrive que des exégètes anciens qualifient d’erroné ou de « faute de scribe » un mot du texte othmanien, lui préférant celui d’un autre texte. Lorsque le texte « othmanien », ou supposé tel, fut universellement reconnu par les savants musulmans, vers le milieu du ixe siècle, se constitua une hiérarchie parmi les systèmes de lectures qui aboutit à une liste de sept lectures (ou lecteurs)[7]

canoniques, les savants désignant de façon consensuelle les chefs d’école en fonction de leur valeur. Cette liste fut déclarée canonique. Durant cette même période, deux exégètes furent condamnés : Ibn Miqsam, en 934, et Ibn Shannabûdh, en 935, parce qu’ils récitaient des variantes non approuvées.

9 Le critère de « transmission ininterrompue », et par conséquent « authentique » étant très fluide, on a rajouté des lecteurs à la liste des sept déjà approuvés pour arriver au système des « dix lecteurs », puis à celui des « quatorze lecteurs ». Un grand changement se produisit au xvie siècle, lorsque l’empire ottoman adopta la lecture de Asim dans la transmission de Hafs (796). Progressivement, ce système de lecture devint le plus répandu ; il le demeure d’ailleurs. L’édition du Coran qui parut en Egypte en 1923 est conforme à cette lecture, ce qui a encore augmenté sa diffusion. Cela dit, la lecture la plus répandue en Afrique septentrionale et occidentale est celle Nafi’, dans la transmission de Warsh (812). La prépondérance du système des sept lectures dans la récitation du Coran n’a pas pour autant plongé les autres systèmes dans l’oubli. En effet, le système des dix et des quatorze, et même les lectures – variantes – « irrégulières », continuent à être étudiés, notamment pour des raisons exégétiques et grammaticales. La littérature qui porte sur les variantes coraniques est énorme ; elle a engendré une foule de commentaires[8]

Critiques musulmanes contre la version commune du Coran

10 Un certain nombre de savants musulmans ont violemment critiqué la version othmanienne durant les trois premiers siècles de l’islam. Cela commença avec des compagnons de Mahomet, lesquels avaient leur propre texte, nous dit-on. Certains musulmans ont considéré inauthentiques quelques passages du Coran pour des raisons théologiques et éthiques. Ainsi Coran, 111,1-3, contre Abu Lahab, l’un des grands adversaires de Mahomet, et 74,11-26 : Dieu, comme à tous les hommes, lui ordonne de croire, mais le voue expressément à l’enfer, ce qui le place dans l’obligation de croire qu’il ne croira pas ! Quelques théologiens de Bassora mirent en doute l’authenticité de ces passages. Ils considéraient que la sourate 12 (sourate de Joseph) ne faisait pas partie du Coran, qu’il s’agissait d’un conte profane, avec une histoire d’amour, qui ne saurait avoir de place dans le Coran.

11 Les accusations de falsification du Coran les plus vigoureuses et les plus nombreuses se trouvent toutefois dans des sources chiites avant le milieu du xe siècle. Pour les chiites, Ali, successeur légitime de Mahomet, était l’unique détenteur de la recension complète des révélations faites au Prophète. Après la mort du Prophète et la prise du pouvoir par les « ennemis de Ali » (Abu Bakr, Omar, etc.), cette version fut rejetée, principalement parce qu’elle contenait des hommages explicites à Ali et à ses partisans, et des attaques contre leurs adversaires[9]

12 La tradition musulmane majoritaire insiste sur la grande ancienneté de la mise en place de la Vulgate, et ce afin de faire oublier les accusations de falsification du texte coranique. Cependant, les contradictions et les hésitations que véhiculent les sources musulmanes sur l’authenticité du Coran ont été et sont toujours pour les chercheurs occidentaux l’occasion de proposer une « autre histoire du Coran ».

La critique historique du Coran par les Occidentaux

13 La tradition manuscrite du Coran ne nous est pas d’une grande aide pour établir son histoire. Nous n’avons aucun autographe de Mahomet (on sait maintenant qu’il n’était probablement pas illettré), non plus que de ses scribes. Les plus anciennes versions complètes du texte dateraient du ixe siècle. Des fragments, très rares, seraient de la fin du viie ou du début du viiie siècle, mais les datations sont souvent conjecturales. Les études se sont donc concentrées sur la philologie historique du texte coranique et sur la critique des sources musulmanes. En simplifiant, on peut distinguer deux courants, l’un « critique », l’autre « sceptique ».

14 Le courant critique et les partisans de « l’historiographie optimiste ». – Tout en relevant des contradictions dans les récits musulmans sur sa collecte, ce courant adopte en gros le récit traditionnel de l’histoire du Coran, quitte à le corriger sur plusieurs points. Nombreux sont, d’autre part, les chercheurs qui ont souligné les particularités, voire les bizarreries de la langue coranique, dont certaines entrent difficilement dans le système général de l’arabe, à tel point que Nöldeke a pu écrire : « Le bon sens linguistique des Arabes les a presque entièrement préservés de l’imitation des étrangetés et faiblesses propres à la langue du Coran. » Pourtant, il maintint que, en dépit d’occurrences dialectales, la langue du Coran était « l’arabe classique ».

15 D’autres chercheurs vont dans une direction opposée : pour K. Vollers, l’origine de la langue coranique se trouverait dans un dialecte de l’Arabie occidentale, de La Mecque ou de Médine, qui fut revu pour être adapté à la langue de la poésie arabe ancienne qui, elle, était plus attrayante[10] Plusieurs tentatives de reclassement chronologique des sourates ont également vu le jour.

16 A partir d’une analyse littéraire des sourates mecquoises, A. Neuwirth a essayé de prouver la composition pré-rédactionnelle de ces sourates, et par là « leur authenticité en tant qu’unités solidement délimitées[11] Cette analyse présuppose tacitement un seul individu, transmetteur des différents textes particuliers. Il en résulte que nous avons ici affaire « à un document réunissant les récitations faites par Mahomet lui-même ». Même si ce document a été affecté par le processus de transmission et de rédaction, il serait « substantiellement authentique ».

17 Si l’on prend en compte la composition du Coran tel qu’il est aujourd’hui, une distinction s’impose entre la rédaction du texte et son processus de canonisation, qui a été progressif. Il n’a pas été établi pour être étudié, mais pour être récité. Dans les sourates courtes de la période mecquoise, on constate un lien entre la récitation et le culte (la prière publique). Dans ce Coran pré-canonique, une « publication » et une première étape de canonisation sont déjà à l’œuvre. Progressivement, notamment dans les « sourates historiques », la conscience de participer à un « livre » se fait jour dans le texte. Il convient donc de parler de diverses étapes de la canonisation, avant d’en venir au « corpus clos ».

18 Le courant sceptique. – Le courant « sceptique » a eu des représentants dès la fin du xixe siècle, mais il se manifesta surtout à partir du dernier quart du xxe siècle. C’est à P. Casanova que revient le mérite d’avoir mis en valeur le travail d’unification du Coran fait sous les Omeyyades par al-Hajjaj ; il considérait la version othmanienne comme une fable, disant qu’elle n’avait qu’une « filiation fantaisiste[12]  Le grand sémitisant Alphonse Mingana a considérablement développé les thèses de Casanova sur le rôle fondamental des Omeyyades dans la mise en place de la version finale du Coran, et il a souligné le caractère peu crédible des sources islamiques concernant l’histoire de la rédaction du Coran. A.L. de Prémare reprit cette thèse en la développant beaucoup plus[13]

19 Avec les méthodes de la critique biblique et littéraire, J. Wansbrough va encore plus loin. Il conteste fondamentalement le caractère historique des récits musulmans sur le Coran. Pour lui, le texte coranique n’a pu prendre sa forme définitive qu’à la fin du viiie siècle, voire au début du ixe siècle. Cette datation est jugée trop tardive par la majorité des chercheurs, dont certains ont appelé cette orientation le courant « révisionniste ».

20 A l’opposé, J. Burton[14] veut montrer que le Coran, tel qu’il nous est parvenu, est celui que Mahomet a laissé à sa mort. Pour lui, ni la collecte attribuée à Abu Bakr, ni celle attribuée à Othman n’ont eu lieu. Les lettrés juristes musulmans auraient eu besoin de s’appuyer sur l’idée d’un Coran incomplet parce que des pratiques légales en vigueur n’avaient aucune base dans le Coran, ce qui donnait matière à discussion. L’une des façons d’y mettre un terme consistait à montrer que Mahomet n’avait pas laissé de collecte définitive de ses révélations.

21 Un autre voie, dans un sens très critique, est représentée par deux chercheurs qui ont tenté de retourner en amont du Coran dit othmanien, autrement dit au Coran avant le Coran. Frappés, tout comme nous le sommes, par le fait que de nombreux passages ne font guère sens, et s’appuyant notamment sur l’embarras des exégètes du Coran face à certains passages ou mots de ce texte, ils ont tenté de retrouver le Coran « primitif », avant les modifications qui y ont été faites par des scribes, des grammairiens et des juristes- théologiens. C’est ainsi que G. Lüling[15] a pensé pouvoir établir qu’une partie du Coran provenait d’hymnes chrétiens dont l’orientation était celle d’une christologie angélique. Certains des motifs y ont été remaniés, et des motifs arabes y ont été intégrés. Son ouvrage contient des reconstructions de nombreux passages du Coran. Mahomet serait parti d’un « Islam abrahamique, chrétien primitif », c’est-à-dire judéo-chrétien, qu’il aurait associé à « un paganisme arabe ancien, ismaélite et dépourvu de représentations iconiques », combattant ainsi « le christianisme hellénistique ». Les thèses de Lüling ont été largement passées sous silence, notamment en Allemagne[16] Dans sa tentative d’élucider les passages linguistiquement controversés du Coran, Ch. Luxenberg (pseudonyme)[17]  quant à lui, procède par étapes. Il vérifie d’abord si les traducteurs occidentaux du Coran n’ont pas omis de tenir compte de l’une ou l’autre explication plausible proposée par des commentateurs ou des philologues arabes. Il cherche ensuite à lire sous la structure arabe un homonyme syro-araméen qui aurait un sens différent, mais qui conviendrait mieux au contexte. Si cela n’aboutit pas, il déchiffre enfin la vraie signification du mot apparemment arabe, mais incohérent dans son contexte, en la retraduisant en syro-araméen, pour déduire le sens le mieux adapté au contexte coranique. Ch. Luxenberg est ainsi parvenu dans bien des cas à des résultat intéressants, par exemple pour la sourate 100, dans laquelle il voit une sorte de réécriture de la première Epître de saint Pierre 5, 8-9. L’entreprise de Luxenberg a été rejetée par un très grand nombre d’arabisants et d’islamologues. Elle nous paraît, quant à nous, intéressante, mais chacun des cas qui y est traité doit être examiné de près et mis à l’épreuve de la critique. Elle a reçu un bon accueil de plusieurs syriacisants, dont J.M. F. Van Reeth de Louvain, qui a tenté de démontrer que le Coran cite les Evangiles sous la forme du Diatessaron (« les quatre évangiles en un ») de Tatien (m. 173), suivant ainsi une tradition marcionite, plus spécifiquement dans l’interprétation qu’en a donné Mani[18]

Il convient de mentionner ici également le livre clair et abordable du Tunisien Mondher Sfar[19] qui donne une excellente introduction aux recherches actuelles sur le Coran, et pour qui la distinction entre le Coran lui-même et la « Mère du Livre » (établie dans Coran 43, 2-4), prouve que ces deux versions ne peuvent être authentiques.

24 Pour E.-M. Gallez[20], le « proto-islam » doit être placé au terme d’un très long processus, qui plonge ses racines dans les mouvements messianiques et apocalyptiques des derniers siècles du judaïsme et passe ensuite à travers le mouvement du judéo-christianisme, ici celui des « judéo-nazaréens ». En fait, l’islam « officiel » naît de l’idéologie califale du viiie siècle, après une série de transpositions de sens, historiques, géographiques, et théologiques.

25 Une historienne et anthropologue, Jacqueline Chabbi[21] fait une distinction entre l’islam de Mahomet et l’islam de la tradition musulmane. Ce n’est que sous les Omeyyades que la religion de Mahomet a basculé dans un autre monde, dans lequel l’écriture est devenue prédominante. Le Coran a alors été mis par écrit, certainement à partir de fragments d’oralité conservés dans les mémoires. Dans les siècles suivants, la tradition islamique a couvert d’un luxe de détails les origines de l’islam et reconstitué un passé fictif : « Il est probable que cet homme, qui prêchait pour un dieu unique tel qu’il existait déjà chez les juifs et les chrétiens, souhaitait rétablir des valeurs de solidarité dans sa tribu, dont certains membres s’étaient trop enrichis. […] Il trouve refuge à Médine, vraisemblablement chez un clan apparenté. Là, brûlant d’être reconnu, il entre en politique. Il monte une confédération tribale sur un modèle traditionnel, proposant aux tribus sédentaires et nomades de passer une alliance avec son dieu. » Selon Jacqueline Chabbi, l’islam de Mahomet ne peut-être compris en dehors de la croyance au « Seigneur des tribus ». Les nomades croient à un « Seigneur », une puissance (masculine ou féminine) de protection et de recours, liée à un territoire tribal et y possédant un lieu de résidence, le plus souvent autour des pierres sacrées ou bétyles, telle la pierre noire scellée à la Mecque, un objet de culte datant sans doute de l’époque de Mahomet. Les razzias qu’il organise ont un tel succès que les « conversions » (soumissions) se multiplient. Au cours d’un conflit avec les juifs de Médine, il s’approprie la figure d’Abraham, et les juifs sont vus désormais comme des rivaux monothéistes « déviants ».

26 Pour une reconstruction critique du Coran. – Comme on l’a vu, les deux positions (critique et sceptique) sur la naissance et la transmission du Coran sont difficilement réconciliables. Pour introduire plus de clarté dans le débat, on pourrait distinguer deux types de reconstruction historique, l’une en aval et l’autre en amont. La reconstruction en aval se baserait sur le Coran dit othmanien et sur les variantes non othmaniennes du texte. La reconstruction en amont tenterait de reconstituer « un texte » avant le texte. La première reconstruction correspond peu ou prou à l’orientation de la critique historique, enrichie par les travaux plus récents sur la composition du Coran (Neuwirth) tel qu’il est maintenant. La seconde reconstruction se situe plutôt dans la ligne du courant « sceptique ».

27 La première entreprise consiste à reconstruire la forme la plus ancienne du texte qui nous soit accessible en se basant sur la version othmanienne, avec un appareil critique qui comporte les lectures diverses que l’on trouve dans les sources musulmanes spécialisées, voire dans les manuscrits ou fragments de manuscrits du Coran les plus anciens.

28 Un tel projet avait vu le jour en Allemagne dans la première moitié du xxe siècle[22] Vers 1934, quelque 9 000 photos de manuscrits anciens du Coran et environ 11 000 photos de manuscrits d’ouvrages des cinq premiers siècles de l’hégire sur les disciplines coraniques avaient été rassemblées par la Commission du Coran de l’Académie bavaroise des sciences. Puis Spitaler prétendit qu’ils avaient été détruits pendant la guerre. En fait, on sait maintenant qu’ils sont entreposés dans le département d’arabe de l’Université libre de Berlin et que A. Neuwirth, par un contrat dûment signé, en avait reçu livraison dès 1992[23] Depuis, de nombreux manuscrits sur les disciplines coraniques ont été édités, mais tous ne le sont pas. Il y a là un immense champ de travail pour une véritable édition critique du Coran. En novembre 2005, Angelika Neuwirth et son équipe ont repris le projet du Corpus coranicum. On attend les premiers résultats de cette entreprise vers 2009, pour voir si elle est aussi critique qu’il pourrait paraître, vu l’orientation très « classique », assez fidèle à la tradition musulmane, de A. Neuwirth.

29 Quant à la seconde entreprise, la reconstruction du Coran en amont, elle pourrait s’appuyer, d’une part, sur les sources musulmanes et les nombreuses contradictions qu’elles renferment sur la façon dont le Coran est venu au jour, puis a été transmis, rédigé, collecté et publié, et d’autre part, sur plusieurs études récentes. La piste syro-araméenne esquissée par A. Mingana pour une reconstruction critique du Coran en amont a repris de l’actualité ces dernières années. Cela dit : « Il y a un certain danger herméneutique dans l’approche purement linguistique et philologique dans la recherche de l’influence syriaque dans le Coran arabe », dans la mesure où il y manque une mise en contexte « thématique » et historique. Il en résulte que Luxenberg devrait également prendre en considération la dette de Mahomet et du Coran à l’endroit d’expressions syriaques du christianisme[24]

30 On en trouve l’incitation dans une lecture critique des sources musulmanes qui renvoie à un « lectionnaire » en constante évolution, peut-être jusqu’à l’époque omeyyade : informateurs de Mahomet[25], réception par Mahomet et par ses collaborateurs, son scribe et collecteur du Coran, Zayd, qui connaissait l’araméen, abrogation, « oubli » de versets, voire de sourates, versets ou sourates manquants (ou tombés dans l’oubli)[26], collectes plus ou moins complètes, correction partielle des fautes contenues dans le texte[27], émendations linguistiques diverses, etc. Un « prophète » ne se crée pas en un seul jour, un « livre saint » non plus !

31 Ces approches très critiques ne sont pas nouvelles. Des recherches audacieuses sur l’histoire du Coran et des débuts de l’islam existaient dès la deuxième moitié du xixe siècle. Comme on peut le constater, les divergences sont grandes entre les spécialistes sur l’origine du Coran et sur sa fixation.

32 Un fossé semble séparer la thèse (théologique) musulmane sur l’histoire du Coran et les hypothèses des chercheurs occidentaux. Ces derniers sont le plus souvent considérés comme des « impies » par les musulmans qui répugnent, en général, à appliquer au Coran les règles de la critique textuelle utilisées pour l’histoire des livres bibliques. Pourtant, les sources musulmanes anciennes traitant du Coran comportent de nombreuses traditions qui laissent apparaître aux yeux du chercheur critique une « autre histoire du Coran » que celle qui s’est imposée au nom de critères essentiellement théologiques.

Notes

[ 1] R. Blachère, Introduction au Coran, 1947, p. 18-102 ; A.L. de Prémare, Les Fondations de l’islam. Entre écriture et histoire, Seuil, 2002, p. 278-302 et 444-468 ; Fr. Déroche, Le Coran, 2005, p. 71-76 ; Gilliot, Exégèse, langue et théologie en islam. L’exégèse coranique de Tabari, 1990, p. 135-164 (sur les variantes).Retour

[ 2] Version (canonique) définitive du texte.Retour

[ 3] Le refus le plus affirmé vint du compagnon Ibn Mas’ud (m. 653).Retour

[ 4] Pour ne donner qu’un exemple, le même ductus consonantique peut se lire : b, t, th (fricative interdentale sourde), n, ou î long ; d (occlusive dentale sono-re, comme notre d) ou dh (fricative interdentale sonore). Des vingt-huit lettres de l’alphabet arabe, seules sept ne sont pas ambiguës. Dans les plus anciens fragments du Coran, les lettres ambiguës constituent plus de la moitié du texte.Retour

[ 5] La scriptio plena, soit les « points-voyelles », soit les points diacritiques (du ductus consonantique).Retour

[ 6] A. Jeffery, Materials for the History of the Text of the Qur’ān, Leyde, 1937, p. V-VI.Retour

[ 7] Dans ce contexte, « lecteur » s’entend d’un spécialiste reconnu des variantes du texte.Retour

[ 8] Gilliot, « Une reconstruction critique du Coran, ou comment en finir avec les merveilles de la lampe d’Aladin ?», dans Kropp M. (éd.), Results of Contemporary Research on the Qur’an. The question of a historico-critical text, Beyrouth/Würzburg, 2007, p. 35-55.Retour

[ 9] M.A Amir-Moezzi et E. Kohlberg, « Révélation et falsification. Introduction à l’édition du Kitab al-qira’at d’al-Sayyāri », Journal Asiatique, 293 (2005/2), p. 663-722.Retour

[ 10] Sur les problèmes que pose la langue du Coran, cf. Gilliot et Larcher P., «Language and style of the Qur’an», dans Encyclo-paedia of the Qur’an [EQ], III, Leyde, Brill, 2003, p. 109-135 ; l’excellente mise au point critique de Larcher, « Qu’est-ce que l’arabe du Coran ? Réflexions d’un linguiste », Cahiers de linguistique de l’INALCO, 5 (2003-2005) [années de tomaison], 2008, p. 27-47.Retour

[ 11] Neuwirth, « Du texte de récitation au canon en passant par la liturgie. A propos de la genèse de la composition des sourates et de sa redissolution au cours du développement du culte islamique», Arabica XLVII, 2 (2000), p. 194-196 (en allemand, 1996).Retour

[ 12] P. Casanova, Mohammed et la fin du monde. Etude critique sur l’islam primitif, I-II/1-2, 1911-1913, p. 127 et 141-142.Retour

[ 13] A.L. De Prémare, Fondations, op. cit., p. 292-300 ; Id., Aux origines du Coran, 2004, p. 98.Retour

[ 14] J. Burton, The Collection of the Qur’an, Cambridge, 1977.Retour

[ 15] Cf. Gilliot, « Deux études sur le Coran », Arabica, XXX (1983), p. 16-37.Retour

[ 16] Gilliot, « Le Coran, fruit d’un travail collectif ? », dans De Smet D., et al. (éd.), Al-Kitab. La sacralité du texte dans le monde de l’Islam, Bruxelles, 2004, p. 217-218 ; Id., « Reconstruction », art. cit., p. 88-89.Retour

[ 17] Cf. Gilliot, « Langue et Coran : une lecture syro-araméenne du Coran », Arabica, L (2003/3), p. 381-393 ; Id., « Reconstru-ction », op. cit., p. 89-102.Retour

[ 18] J.M. F. Van Reeth, « L’Evangile du Prophète », dans De Smet D. et al. (éd.), Al-Kitab, op. cit., p. 155-174.Retour

[ 19] M. Sfar, Le Coran est-il authentique ?, 2000.Retour

[ 20] E.M. Gallez, Le Messie et son prophète. Aux origines de l’islam, I-II, 2005.Retour

[ 21] J. Chabbi, Le Seigneur des tribus. L’islam de Mahomet, Paris, 1997 ; Id., Le Coran décrypté. Figures bibliques en Arabie, Paris, 2008.Retour

[ 22] Sous le nom de « Corpus coranicum », sous la direction de G. Bergsträßer (m.1933) et de O. Pretzl (m. 1941), rejoints ensuite par A. Spitaler (m. 2003), qui collaborèrent aussi avec l’Australien A. Jeffery (m.1959).Retour

[ 23] Gilliot, « Reconstru-ction », art. cit., p. 35-44.Retour

[ 24] T.J.E. Andrae, Les Origines de l’islam et le christianisme, traduit de l’allemand par J. Roche, 1955 [1926].Retour

[ 25] Gilliot, « Les “informateurs” juifs et chrétiens de Muhammad », Jerusalem Studies on Arabic an Islam, 22 (1998), p. 84-126.Retour

[ 26] Nöldeke, Geschichte des Qorans, I, Leipzig, 19092, p. 234-61 ; Gilliot, « Un verset manquant du Coran ou réputé tel », M-T Urvoy (éd.), En hommage au Père Jacques Jomier, o.p., Paris, 2002, p. 73-10 ; Sfar, op. cit., p. 41-44.Retour

[ 27] Nöldeke, Remarques critiques sur le style du Coran, Paris (traduction), 1953 ; J. Burton, « Lin-guistics errors in the Qur’ān », JSS, 33 (1988), p. 181-196 ; Larcher, « Qu’est-ce que l’arabe du Coran ? », art. cit., p. 39-40.Retour

Résumé

Loin d’être un texte fixé une fois pour toute, le Coran a une histoire faite d’évolutions, de relectures et de corrections. L’auteur présente séparément la conception musulmane de la façon dont le Coran est venu au jour, et les manières dont la critique occidentale la conçoit.

Voir également:

Entretien avec Edouard-Marie Gallez sur les origines de l’Islam

23 novembre 2006

Q; La question des origines de l’islam est une question tabou. Aussi curieux que cela puisse paraître, les chercheurs occidentaux, même marxistes ou athées, s’en sont tenus souvent à la légende musulmane d’un Mahomet, qui, partant de Jérusalem, est monté au ciel. Edouard-Marie Gallez vient de soutenir une longue thèse (1000 pages) où il fait le point de tout ce que la recherche vraiment scientifique sait des origines de l’Islam mais aussi sur les textes de la mer Morte (Le Messie et son prophète. Aux origines de l’Islam, 2 tomes, éditions de Paris, 2005, tome 1 : De Qumrân à Muhammad, 524 pages/tome 2 : du Muhammad des Califes au Muhammad de l’histoire, 582 pages). Il propose, après plusieurs grands chercheurs, d’explorer de manière systématique la piste de l’origine judéo-chrétienne de l’Islam. De recoupements en découvertes, on peut dire que son travail s’impose à la considération de toute la communauté scientifique.

Plusieurs chercheurs évoquent les origines judéo-chrétiennes de l’islam…

R; La qualification de « judéo-chrétienne » pour cette « secte » est abusive : il faudrait parler d’une « secte ex-judéo-chrétienne », car c’est dans un contexte de rupture que se situe son rapport avec le judéo-christianisme originel. J’ai tenté de décrire le mieux possible cette secte, qui, depuis des siècles, axait sa vision du monde et du salut sur le retour du Messie ; les textes trouvés dans les grottes de la mer Morte contribuent fortement à cette compréhension. Il s’agissait d’un retour matériel, d’un avènement politique du Messie, non d’une Venue dans la gloire comme la foi chrétienne l’enseigne…

Q; Nous allons revenir tout à l’heure sur cette secte apocalyptique, à laquelle votre travail confère, patiemment, sa véritable physionomie, pour mieux éclairer l’origine de l’Islam. Mais quel est le but de celui que nous appelons Mahomet, déformation de l’arabe Muhammad en passant par le turc ? Est-il vraiment conscient de fonder une religion ?

R; Pour cela, il aurait fallu qu’une religion nouvelle ait été fondée ! La question de l’Hégire permet d’entrevoir immédiatement ce qui s’est passé. L’Hégire ou Émigration à l’oasis de Yathrib situé en plein désert est un événement très significatif de la vie du Mahomet historique. On sait que, très rapidement, cette année-là – 622 semble-t-il – a été tenue pour l’an 1 du calendrier du groupe formé autour de Mahomet (ou plutôt du groupe dont il était lui-même un membre). Or, la fondation d’un nouveau calendrier absolu ne s’explique jamais que par la conscience de commencer une Ère Nouvelle, et cela dans le cadre d’une vision de l’Histoire. Quelle ère nouvelle ? D’après les explications musulmanes actuelles, cette année 1 se fonderait sur une défaite et une fuite de Mahomet, parti se réfugier loin de La Mecque. Mais comment une fuite peut-elle être sacralisée jusqu’à devenir la base de tout un édifice chronologique et religieux ? Cela n’a pas de sens. Si Mahomet est bien arrivé à Yathrib – qui sera renommé plus tard Médine – en 622, ce ne fut pas seulement avec une partie de la tribu des Qoréchites, mais avec ceux pour qui le repli au désert rappelait justement un glorieux passé et surtout la figure de la promesse divine. Alors, le puzzle des données apparemment incohérentes prend forme, ainsi que Michaël Cook et d’autres l’on entrevu. Le désert est le lieu où Dieu forme le peuple qui doit aller libérer la terre, au sens de ce verset : « Ô mon peuple, entrez dans la terre que Dieu vous a destinée » (Coran V, 21). Nous sommes ici dans la vision de l’histoire dont le modèle de base est constitué par le récit biblique de l’Exode, lorsque le petit reste d’Israël préparé par Dieu au désert est appelé à conquérir la terre, c’est-à-dire la Palestine selon la vision biblique. Telle est la vision qu’avaient ceux qui accompagnaient et en fait qui dirigeaient Mahomet et les autres Arabes vers Yathrib en 622. Et voilà pourquoi une année 1 y est décrétée : le salut est en marche. Dans l’oasis de Yathrib d’ailleurs, la plupart des sédentaires sont des « juifs » aux dires mêmes des traditions islamiques. Et pourtant les traditions rabbiniques ne les ont jamais reconnus comme des leurs : ces « juifs » et ceux qui y conduisirent leurs amis arabes sont en réalité ces “judéochrétiens” hérétiques, qui vous évoquiez à l’instant. Ils appartenaient à la secte de « nazaréens » dont on a déjà parlé à propos de la sourate 5, verset 82.

Q; Je ne saisis pas encore l’ampleur de cette question d’un judéo-christianisme sectaire ou hérétique à l’origine de l’islam. Les traditions musulmanes ne présentent pas du tout La Mecque comme une ville ayant abrité une communauté juive.

R; Effectivement. Ils n’en venaient justement pas, pour plusieurs raisons péremptoires dont la plus immédiate est qu’ils venaient d’ailleurs : de Syrie. Car c’est là qu’avant l’Hégire, s’était jouée “la première partie de la carrière de Mahomet”, comme l’écrit si joliment Patricia Crone, qui démontre également et surtout beaucoup d’autres choses concernant La Mecque. Mais pour nous en tenir à la Syrie, c’est bien là qu’ont commencé l’endoctrinement et l’enrôlement des premiers Arabes, au cours de la génération qui a précédé Mahomet, c’est-à-dire au temps de son enfance. On pourrait encore aller voir les lieux où Mahomet a vécu, ils sont connus des géographes modernes et même de certains anciens, comme par exemple le lieu-dit “caravansérail des Qoréchites”, c’est-à-dire rien de moins que la base arrière de sa tribu, adonnée au commerce caravanier – Mahomet lui-même participa à ces caravanes, dans sa jeunesse, ainsi que les traditions nous l’indiquent sans qu’il existe la moindre raison d’en douter. Et sur une carte toponymique (voir à la page 278 du volume deux de mon ouvrage), vous pouvez repérer d’autres noms de lieux très significatifs également puisqu’on les retrouve à La Mecque : ce même nom, La Mecque justement, se trouve en Syrie ; de même Kaaba, ou encore Abou Qoubays – qui est le nom de la montagne renommée jouxtant La Mecque en Arabie -…

Q; Est-ce que vous voulez dire qu’il y a eu plus tard un transfert vers La Mecque de ces appellations syriennes, dont le but aurait été d’occulter ce passé syrien et « juif » de la tribu de Mahomet, les Qoréchites ?

R; Oui, c’est bien ce qui est advenu plus tard ; Antoine Moussali avait déjà observé ce phénomène à propos du Coran, en parlant des manipulations subies par son texte et destinées elles aussi à effacer le passé.

Nous y reviendrons, mais restons-en à l’Hégire de 622 et à l’année 1 de l’entrée dans une ère qui, en toute logique, doit être nouvelle pour toute l’Humanité. Ce que la Bible appelle la « terre » et invite à conquérir, c’est seulement la Palestine. Quel rapport y a-t-il alors avec un programme de conquête qui viserait le monde entier ? Ce rapport tient précisément à l’idéologie des « nazaréens ». Ces derniers ne sont pas des « juifs » de l’Ancien Testament (qui auraient alors sept siècles de retard), mais d’ex-judéo-chrétiens bien de leur temps. Dans leur vision de l’Histoire, la reconquête de la Terre d’Israël est liée à la venue de l’Ère Nouvelle. Elle est une étape. Une étape indispensable au Salut. Régis Blachère a bien compris que cette « terre que Dieu vous a destinée » (S. V, 21) désigne la Palestine, et il en est ainsi 18 autres fois du mot « terre » dans le Coran. Et tel fut bien le but poursuivi par l’expédition des guerriers de Mahomet dès l’année 629, un fait connu des historiens mais habituellement passé sous silence dans les articles pour le grand public, alors qu’il s’agit de la seule donnée de la vie de Mahomet qui soit à la fois totalement sûre et bien datée. En cette année-là, à la tête de ses troupes, Mahomet est battu par les Byzantins (qui s’appelaient encore Romains) à l’est du Jourdain, à Mouta. C’est évidemment là qu’on l’attendait, puisque selon l’image biblique de la libération de la Terre, il faut nécessairement passer le Jourdain. C’est après sa mort c’est-à-dire seulement neuf ans plus tard que ‘Oumar entrera finalement dans Jérusalem, alors que le pays était déjà sous contrôle depuis quatre années – seule Jérusalem résistait encore. Pour tous ces gens, la prise de la Palestine et de la Ville apparaît alors comme le gage de la conquête du monde. Sophrone, le Patriarche de Jérusalem, l’avait bien compris puisqu’il écrivit en 634 déjà dans un sermon sur le baptême que les Arabes « se vantent de dominer le monde entier, en imitant leur chef continûment et sans retenue ». C’est une telle perspective, beaucoup plus large que celle de la seule Terre d’Israël, qui est exprimée dans la Sourate VII : « la terre appartient à Dieu, il en fait hériter qui il veut parmi ses créatures et le résultat appartient aux pieux » (v. 128)

Q; Comment des Arabes ont-ils été entraînés dans ce long effort de guerre ? On peut penser que l’appât du butin, dont parle par exemple le verset 20 de la sourate 48, ait constitué un motif, mais était-ce suffisant ? Comment pouvaient-ils entrer dans des visions religieuses de l’Histoire ?

R; Il s’agit au départ lorsque commence l’aventure de Mahomet, d’Arabes chrétiens – ils sont, vous ai-je dit, ces « associateurs » dont parle le texte coranique -, même s’ils sont baptisés depuis peu. Leur conversion au christianisme fut en particulier le fruit des efforts de l’Église jacobite qui va même aménager pour eux des lieux-églises en plein air. Un signe de cette conversion ? Au début du VIe siècle, les Qoréchites étaient encore connus pour être d’abominables pillards sévissant du côté de la Mésopotamie ; et voilà qu’à la fin de ce même VIe siècle, au temps de l’enfance de Mahomet, ce sont de pacifiques caravaniers, spécialistes du transport depuis la façade syrienne de la Méditerranée vers la Mésopotamie et l’Asie. Entre-temps, ils étaient devenus chrétiens, et c’est bien à des chrétiens que s’adressent les harangues de l’auteur des feuillets coraniques primitifs.

Q; Comme chrétiens, ils étaient donc déjà habitués à une certaine vision de l’Histoire…

R; Oui, ils avaient conscience que le Salut a une histoire, racontée dans la Bible. Avec la prédication protoislamique, ils découvrent qu’ils sont des fils d’Abraham selon les commentaires juifs du chapitre 25 de la Genèse. Il n’est même pas écrit dans la Bible qu’Ismaël est leur ancêtre ! René Dagorn a bien montré que cette légende des apocryphes juifs était inconnue ou, du moins, indifférente aux Arabes chrétiens de l’époque de Mahomet. Or c’est là-dessus que les « nazaréens » vont jouer. À la suite de Ray A. Pritz qui a formé le néologisme, appelons cette secte judéo-chrétienne autour de laquelle nous tournons, par la dénomination non équivoque de « judéo-nazaréens ». L’appellation simple de « nazaréens » porte à équivoque nous l’avons vu tout à l’heure puisque c’est d’abord la première appellation des chrétiens, vite abandonnée. Ces judéo-nazaréens sont habiles. Ils ont compris que sans l’aide d’Arabes, qui forment la réserve militaire d’appoint, autant pour l’Empire byzantin que pour celui des Perses, ils ne parviendraient jamais à prendre et garder Jérusalem. Pour faire advenir l’Ère messianique qu’ils attendaient, ils eurent l’idée de circonvenir les Arabes au nom de la descendance d’Ismaël, en étendant à eux les promesses de domination universelle que l’on trouve dans leurs livres apocalyptiques, par exemple dans le IVe livre d’Esdras où l’on peut lire : « Seigneur, tu as déclaré que c’est pour nous que tu as créé le monde. Quant aux autres nations, qui sont nées d’Adam, tu as dit qu’elles ne sont rien (…) Si le monde a été créé pour nous, pourquoi n’entrons-nous pas en possession de ce monde qui est notre héritage ? » (VI, 55 sq). Et plus loin, dans le même texte, voici une formule qui nous renvoie tout naturellement au texte de la Sourate VII que nous venons de citer, sur la terre qui appartient aux pieux : « Cherche à savoir comment seront sauvés les justes, à qui appartient le monde et pour qui il existe, et à quelle époque ils le seront » (IX, 13b).

Q; Il y a un drôle de mélange entre religion et stratégie politique…

R; Et plutôt payant. Les deux Empires de l’époque, les Grecs byzantins et les Perses sassanides, sont épuisés par des querelles internes et par les campagnes militaires montées l’un contre l’autre. C’est d’ailleurs dans ce cadre que se comprend l’Hégire, selon l’année probable : ceux qui quittent la Syrie en 622 pour le désert n’avaient sans doute pas envie de rencontrer les armées d’Héraclius, qui commençait la reconquête de l’Est de son Empire pris huit ans plus tôt par les Perses. Les campagnes avaient alors lieu l’été, puis on se donnait rendez-vous pour l’année suivante. En 628, les Perses finissent par être complètement battus, et l’on peut penser que certains stratèges liés aux Perses, arabes ou non, rejoignirent alors Yathrib pour se mettre au service du projet que montent les judéo-nazaréens et leurs alliés arabes autour de Mahomet. Mais l’expédition de 629 est un échec, comme on l’a vu. Manifestement, certains passages du Coran témoignent du souci que l’auteur eut alors de remonter le moral des troupes, et l’un d’eux évoque clairement cet épisode (S. XXX, 1-5 selon la voyellisation correcte rétablie par Blachère).

Q; Plus encore que les circonstances favorables, ce qui est important, dites-vous, c’est la vision de l’Histoire et du salut qui fit l’unité entre les différents partenaires du projet. Nous n’en avons pas encore beaucoup parlé. Cette vision présente certains aspects intemporels que l’on pourrait retrouver aujourd’hui…

R; Il faut en dire un peu plus en effet. Dans cette vision, le salut n’est pas spirituel, il ne passe pas par une réforme intérieure que l’on nomme conversion. C’est un salut qui doit se réaliser au niveau de la société. Là où Jésus a parlé (rarement) de l’opposition entre les fils de ténèbre et les fils de lumière, ils imaginent une vision du monde où des appartenances communautaires distinguent et séparent ces deux groupes. D’un côté, il y a le Parti de Dieu, et de l’autre le reste de ceux qui, forcément, sont contre Dieu, ne serait-ce qu’à cause de leur ignorance. Cette manière de voir est toujours fondamentalement celle de l’Islam, qui ne peut concevoir le monde autrement que comme un affrontement du Dâr al-islâm, le domaine où l’Islam est instauré comme loi du pays et où les non musulmans sont soumis, et le Dâr al-harb ou domaine de la guerre c’est-à-dire les pays et institutions à conquérir puisque Dieu les a donnés aux musulmans. Mais ce furent d’abord les judéo-nazaréens qui cultivèrent cette idéologie en nourrissant ces prétentions conformément à ce qu’on lit dans leurs livres, on l’a vu précédemment. Notons que, au temps du communisme, les sectateurs de cette idéologie avaient une vision très semblable du monde, divisé dialectiquement entre monde socialiste et monde à conquérir. Le pire, c’est que tous ces gens croient sincèrement sauver le monde puisqu’ils pensent détenir la recette de son salut. Or, l’importance d’une telle fin justifie les moyens : que vaut la vie d’un homme, ou celle de quelques millions d’hommes, si le salut du monde est en jeu ? C’est là où se trouve la perversion totale de ces idéologies capables de transformer des hommes paisibles et pacifiques en assassins, comme on le voit toujours en de nombreux pays. Cette perversion tire sa force du christianisme. Simplement, celui-ci est contrefait. C’est le petit détail qui change tout, et qui passe parfois inaperçu du plus grand nombre (et par fois aussi de certains intellectuels). On connaît mal les guerres que firent Mahomet et Umar au départ de Yathrib pour soumettre toutes les tribus arabes à leur portée, mais les traditions musulmanes évoquent la ruse, la férocité, les meurtres. Les Arabes sont unis dans le projet de prendre Jérusalem et d’y reconstruire le Temple, qui sera « le Troisième », ainsi qu’il est annoncé dans les apocryphes messianistes des judéo-nazaréens. Ce qu’on appelle « le deuxième Temple » est celui qui avait suivi l’exil et qui, en fait, a été rebâti par Hérode le Grand et détruit en 70 par les Romains de Titus alors même qu’il était enfin terminé.

Q; Vous n’êtes pas en train de me dire que les Arabes ont reconstruit le Temple juif à Jérusalem ?

R; Les sources que nous possédons s’accordent pour dire que, dès que Jérusalem est prise, « la Maison » est relevée ; et qu’il s’agit d’un cube ! Selon certains témoignages que je reprends dans mon livre, cette reconstruction aurait d’abord été le fait de « juifs » avant d’être celui des Arabes. On peut comprendre que les observateurs non avertis ne comprenaient bien ni ce qui se passait, ni qui exactement tirait les ficelles. En fait, c’est une espérance exprimée dans la sourate II qui, pour ainsi dire, se réalisait là : « Abraham (figurant les juifs et les Arabes unis) relèvera les assises (qui restent) de la Maison avec [l’aide d’]Ismaël. (figurant les Arabes) » (II, 127). Personne ne sera étonné d’apprendre que le cube hâtivement élevé avait les dimensions exactes du cœur du temple d’Hérode – il constitue la véritable « mosquée de Umar », l’octogone que l’on voit aujourd’hui l’ayant remplacée à la fin du VIIe siècle tout en gardant une dimension extérieure égale à celle du cube. Une source dit que Umar fit un sacrifice devant cette Maison relevée, ce qui nous renvoie évidemment aux sacrifices anciens faits au Temple, mais sans doute aussi aux pratiques judéo-nazaréennes dont l’Islam a d’ailleurs hérité vaguement au moins dans le rite du sacrifice du mouton lors de l’aïd el-kébîr ou dans l’interdiction du vin et de l’alcool en général.

Q; Justement, existe-t-il des données permettant d’établir, au-delà des similitudes doctrinales entre le proto-islam et le judéo-nazaréisme, le sens de la collaboration de ces deux forces au moment de la prise de Jérusalem en 638 ? Quelle idée peut-on avoir des relations qui avaient existé entre Mahomet et ces judéo-nazaréens nourris de pensée eschatologique et apocalyptique ?

R; Il est clair que les juifs qui entouraient Mahomet n’étaient pas des Juifs rabbanites. À ce sujet, il suffit d’entendre attentivement ce que les traditions islamiques ont à nous dire sur le personnage de Waraqa. J’en profite pour dire que son rôle a dû être si important qu’il n’a pas pu être effacé, alors que tant de témoignages islamiques anciens, écrits ou non, disparaissaient – en fait tous ceux qui sont antérieurs à la biographie normative de Ibn Hichâm, composée et imposée deux siècles après la mort de Mahomet : c’est seulement par des citations que l’on connaît quelque chose des écrits antérieurs, qui furent systématiquement détruits. Or, ce qui est dit de ce Waraqa est hautement révélateur, comme l’indique le dossier quasiment exhaustif réuni par Joseph Azzi sur ce personnage. On le présente comme un cousin de Khadidja, la première femme de Mahomet, ou parfois comme un cousin de celui-ci. Il pourrait être les deux, ce qui est même très vraisemblable. Il bénit leur mariage, et pour cause : il est dit « prêtre nasraniyy », ce qu’il ne faut pas traduire par prêtre chrétien mais bien par prêtre nazaréen. Nous l’avons vu, les judéo-nazaréens comptaient des prêtres parmi eux, très probablement des descendants de la tribu de Lévi ; et il y avait des consacrés hommes – ceux que le Coran nomme “moines” et qui sont dits se lever la nuit pour réciter des psaumes (III, 113 ; IV, 163 ; V, 82 ; XVII, 55.78 ; LXX, 20) -, ce qui est à comprendre dans une perspective eschatologique et guerrière : le salut du monde vaut que l’on s’y consacre totalement. De Waraqa, le commentateur Al-Buhari (mort en 870) donne la présentation suivante : « Cet homme, qui était cousin de Hadidja du côté de son père avait embrassé le nazaréisme avant l’apparition de l’islam. Il savait écrire l’hébreu et avait copié en hébreu toute la partie de l’Évangile que Dieu avait voulu qu’il transcrivît ». Il est de la tribu arabe des Qoréchites, mais « il est devenu nazaréen ». Il constitue donc un pont entre les deux peuples. Al Buhari a encore cette parole à la fois énigmatique et révélatrice : « Lorsque Waraqa est décédé, la révélation s’est tarie ». À l’époque, il n’est pas question du tout de « révélation », sinon de traductions en arabe des écrits judéo-nazaréens (comme par exemple quand le texte coranique évoque les « feuilles d’Abraham » – celles de Moïse étant tout simplement la Torah c’est-à-dire les cinq premiers livres de la Bible). Les feuillets coraniques les plus anciens seraient-ils de lui ? Pas nécessairement, car les feuillets sont des écrits de circonstance – essentiellement de propagande -, alors qu’il est plutôt dit le traducteur de textes beaucoup plus important. Dans l’avenir, la recherche y verra sans doute plus clair sur ces points. En tout cas, il ne dut pas être le seul à écrire pour les Arabes « devenus nazaréens »… ou à convaincre de le devenir ! Christoph Luxenberg a montré le substrat araméen qu’il fallait quelquefois supposer pour lire correctement – c’est-à-dire en corrigeant parfois le diacritisme – certains versets coraniques particulièrement obscurs ; il n’y a là rien d’étonnant si l’on pense que la langue maternelle du ou des auteurs est le syro-araméen, la langue habituelle des judéonazaréens. Ce qui est dit également dans les traditions islamiques de Zayd, qui aurait appris l’hébreu et l’écriture dans les écoles juives, est également très révélateur, même si c’est approximatif : ce « juif » de Yathrib a joué un certain rôle dans l’élaboration du proto-islam, qui était encore le pendant arabe très peu autonome du judéonazaréisme. Il faudrait mentionner encore les inscriptions qu’on dit, faute de mieux, « judéoarabes » et que l’on a trouvées il y a quelques années dans le désert du Neguev (sud d’Israël) ; Alfred-Louis de Prémare les a finement analysées. Il s’agit d’invocations en arabe adressées par exemple au Dieu de Moïse et de Jésus, et elles datent de l’enfance de Mahomet. Par comparaison, rien de tel n’existe dans la région mecquoise, et d’autant moins que ni cette écriture ni cette langue arabe n’y étaient employées.

Q; Il est impossible d’évoquer tout ce que l’on trouve dans votre livre. Il révèle la figure historique de Mahomet, il montre qu’il faut le considérer surtout comme celui qui a réussi à unir plusieurs tribus arabes autour du projet judéo-nazaréen de la « conquête de la terre ». Pouvez-vous préciser davantage encore quelle était la croyance de ces judéo-nazaréens ?

R; Les judéo-nazaréens reconnaissaient Jésus non pas comme le Fils de Dieu venu visiter son peuple – pour reprendre une manière de parler très primitive -, mais seulement comme le Messie suscité par Dieu. Ce n’est pas de sa faute si ce dernier n’a pu établir le Royaume de Dieu : les Grands-Prêtres se sont opposés à lui et vont même vouloir le tuer. Mais Dieu ne pouvait permettre que son Messie fût crucifié, Il l’enlève donc à temps au Ciel, et c’est une apparence – un autre homme ou une illusion – qui est clouée sur la croix à sa place. Divers textes apocryphes disent cela bien avant le Coran (IV, 157), et certains imaginent même que c’est Simon de Cyrène, celui qui avait aidé Jésus à porter sa croix, qui se retrouve dessus par erreur. L’important, c’est que Jésus, lui, soit gardé “en réserve” au Ciel. Mais il ne peut redescendre que lorsque le Pays sera débarrassé de la présence étrangère et que le Temple sera rebâti par les vrais croyants. Pour que le salut du monde advienne, la recette est donc évidente : il suffira de prendre Jérusalem – qui doit devenir la capitale du monde – et de reconstruire le Temple. Le « Messie-Jésus » – une expression gardée dans le Coran que nous avons – imposera alors le Royaume de Dieu sur toute la terre. Là, on est loin des messianismes antérieurs à notre ère, qui étaient simplement nationalistes et religieux.

Q; Dans le premier volume de votre ouvrage, vous écrivez comme une histoire de ce messianisme politique, qui change de nature au début de l’Ère chrétienne…

R; L’insurrection de 66 qui conduisit à la ruine du Temple en 70 n’était plus simplement nationaliste, quoique son idéologie soit mal connue : Flavius Josèphe est la seule source qui aurait pu nous l’expliciter mais il glisse sur le sujet (il y a été impliqué lui-même). Cependant, on peut penser à un mélange de messianisme nationaliste et d’eschatologie « mondialiste » où le message judéo-chrétien, déformé, n’est pas étranger. Les sources sont plus claires à propos de la seconde insurrection judéenne, qui s’étendit de 132 à 135 ; celle-là est explicitement messianiste, et inspirée par un certain Aqiba qui est en fait un ex-judéo-chrétien devenu « Rabbi », et qui est connu pour son anti-christianisme. On voit bien à quel courant de pensée il puise ses délires destructeurs. On en a parlé précédemment, c’est à la suite de la destruction du Temple de 70 que l’idéologie judéo-nazaréenne se structura en vision cohérente du Monde et de l’Histoire, construite sous l’angle de l’affrontement des « bons » et des « méchants », les premiers devant être les instruments de la libération de la Terre. Le recoupement des données indique que c’est en Syrie, chez les judéo-chrétiens qui refusèrent de rentrer en Judée après 70 et réinterprétèrent leur foi, que cette idéologie de salut – la première de l’Histoire – s’est explicitée.

Q; Vous ne vous contentez pas de collationner les événements, vous proposez une histoire des doctrines, ou plutôt un schéma explicatif, qui s’applique de manière pertinente jusqu’à nos jours ou presque ?

R; Je crois pouvoir dire en effet que cette manière de réinterpréter l’attente de la manifestation glorieuse du Messie est à l’origine de tous les messianismes « modernes » même s’ils l’ont oublié depuis longtemps ; car il s’agit d’une explication de l’Histoire où l’initiative n’appartient plus vraiment à Dieu mais à l’homme. La recette de l’accomplissement de l’Histoire est fournie : « La Terre appartient aux pieux ». Ceux qui la possèdent sont donc les sauveurs du monde, et Dieu n’a plus grand-chose à faire dans cette Histoire où la victoire finale des « bons » est pour ainsi dire programmée et inscrite : les explications déterministes modernes trouvent là leur source. Ce que d’aucuns appellent le fatalisme musulman est un autre aspect de ce déterminisme, mektoub. Mais attention : la « foi » – religieuse ou non – en ce déterminisme n’entraîne pas nécessairement la passivité ; elle peut entraîner aussi bien l’activisme, au sens où l’on se croit investi d’une mission de Dieu qui place au-dessus des autres hommes ; le Coran expose cette idée (par exemple III, 110) mais, « Dieu » mis à part, elle a également été celle des militants marxistes. Pour en revenir à l’attente judéonazaréenne du Messie-Jésus, je ne vous apprendrai rien en disant qu’il n’est pas redescendu du Ciel en 638. En 639 non plus. En 640, l’espérance de le voir redescendre du Ciel apparut clairement être une chimère. C’est la crise.

Q; Est-ce lorsque cette espérance est déçue que Umar et ses Arabes se retournèrent contre les judéonazaréens ? Je pense aux massacres de juifs que la biographie officielle de Mahomet lui attribue : n’est-ce pas un exemple de la tendance à faire endosser à la figure du Prophète de l’Islam des actes ou des décrets postérieurs que l’on veut légitimer ?

R; Je le pense également. Il est invraisemblable que Mahomet ait massacré des juifs rabbanites (orthodoxes ndlr), dont les judéo-nazaréens aussi bien que leurs alliés Arabes avaient besoin de la neutralité, au moins. Mais après 640, on imagine aisément que Umar puis son successeur Uthman aient voulu se défaire d’alliés devenus encombrants. Ironie de l’histoire : les « fils d’Israël » – au moins leurs chefs – sont massacrés par ceux qu’ils avaient eux-mêmes convaincus d’être les « fils d’Ismaël » ! En fait, le problème se posait aux Arabes de justifier d’une manière nouvelle le pouvoir qu’ils avaient pris sur le Proche-Orient. C’est dans ce cadre qu’apparut la nécessité d’avoir un livre propre à eux, opposable à la Bible des juifs et des chrétiens, et qui consacrerait la domination arabe sur le monde… et qui contribuerait à occulter le passé judéo-nazaréen.

Q; Parlez-nous un peu des origines du Coran…

R; Le Calife basé à l’oasis de Médine ne disposait, en fait de « textes » en arabe, que des papiers que les judéo-nazaréens y avaient laissés. Même si l’on y ajoute les textes plus anciens laissés en Syrie, cela ne fait pas encore un choix énorme. Et il fallait choisir, dans la hâte, des textes répondant aux attentes des nouveaux maîtres du Proche-Orient ! Autant dire que, quel qu’il fût, le résultat du choix ne pouvait guère être satisfaisant, même si on choisissait les textes présentant le moins d’allusions au passé judéonazaréen. C’est ainsi que les traditions musulmanes ont gardé le souvenir de « collectes » ou assemblages du Coran divergents entre eux et concurrents – parce qu’ils fournirent évidemment à des ambitieux l’occasion de se pousser au pouvoir. Umar fut assassiné. Son successeur également, et il s’ensuivit une véritable guerre intra-musulmane, aboutissant au schisme entre « chiites » et « sunnites ». Quant aux textes assemblés dans ce qu’on nomma le « Coran », ils continuèrent d’être adaptés à ce qu’on attendait d’eux, dans une suite de fuites en avant : apporter des modifications à un texte, c’est souvent se condamner à introduire de nouvelles pour pallier les difficultés ou les incohérences induites par les premières, etc. Un texte ne se laisse pas si facilement manipuler. Surtout qu’il faut chaque fois rappeler les exemplaires en circulation,les détruire et les remplacer par des nouveaux – ce dont les traditions musulmanes ont gardé le souvenir et situent jusqu’à l’époque du gouverneur Hajjaj, au début du VIIIe siècle encore ! Quand il devint trop tard pour le modifier encore en ses consonnes, sa voyellisation puis son interprétation furent à leur tour l’objet d’élaborations (parfois assez savantes). Ainsi, à force d’être manipulé, le texte coranique devint de plus en plus obscur, ce qu’il est aujourd’hui. Mais il était tout à fait clair en ces divers feuillets primitifs c’est-à-dire avant que ceux-ci aient été choisis pour constituer un recueil de 114 parties – le même nombre que de logia de l’évangile de Thomas, nombre lié aux besoins liturgiques selon Pierre Perrier.

Voir encore:

Les origines de l’Islam

Idéologies Erreurs – Fausses mystiques

André Frament

04 Octobre 2011

L’AFS va rééditer l’étude remarquable faite par Édouard Pertus : Connaissance élémentaire de l’islam. Ce document donne dans son chapitre III, l’origine de l’islam telle que la légende musulmane l’a inventée. En l’écrivant, l’auteur était conscient de ce que les travaux des chercheurs donneraient ultérieurement une histoire différente de la légende. Il avait dit

Les conclusions de ces recherches ne sont pas encore fermes ; de plus il est nécessaire de faire connaître ce que les musulmans croient, si l’on veut les comprendre et éventuellement leur parler.

Nous pensons utile de donner aujourd’hui un résumé des résultats obtenus depuis par la recherche historique.

Le résultat des études sur l’origine de l’islam

Les résultats des études récentes sur l’origine de l’islam ont été remarquablement complétées et synthétisées dans la thèse monumentale du P. Édouard Gallez : Le messie et son prophète. Aux origines de l’islam,[1] qui est devenue une référence incontournable. Ceux qui la liront auront intérêt et plaisir à lire ce livre, très accessible bien que scientifique.

I – Une histoire difficile à établir [2]

L’islam s’est répandu par des guerres de conquête victorieuses. Les écrits historiques musulmans, rédigés par des vainqueurs, présentent une vue partiale.

a) Les systèmes politiques fondés sur un corps d’idées ont utilisé leur pouvoir pour contrôler les idées et les écrits. L’empire islamique n’a pas échappé à cette règle.

b) De plus, les documents islamiques sur lesquels se fondent jusqu’ici la connaissance du premier islam et de la vie de Mohammed[3] ont été mis par écrit plus de deux siècles après la mort de Mohammed, et les documents antérieurs ont tous disparu.[4]

Comment faire pour surmonter cette difficulté ?

Les méthodes de l’exégèse se sont développées, la découverte de nouvelles sources de documentation écrite et l’utilisation de nouveaux outils ont permis de surmonter cette difficulté.

a) Les méthodes d’analyse des textes anciens, développées depuis 1850 en Europe, ont été appliquées aux écrits juifs et chrétiens, elles le sont maintenant aux écrits musulmans.

b) Des textes en grec, latin, hébreu, arménien, géorgien, syriaque et persan ont été recherchés, retrouvés et traduits. Ils donnent, sur les débuts de l’islam, des informations datant de 10 à 30 ans après les faits, et parfois même sont contemporains des faits décrits.

c) Les outils historiques ont été développés, ou ont connu un usage plus large. Ils permettent de compléter les documents historiques quand ils sont peu nombreux. Ce sont l’onomastique[5], la toponymie[6], l’épigraphie[7], la linguistique[8], la numismatique[9] et l’archéologie. Ils ont apporté une moisson de résultats qui éclairent l’histoire de Mohammed et celle du premier islam.

Considérons donc d’abord ce qui a précédé l’islam, avant de voir ce qui a pu être historiquement établi sur la vie de Mohammed et enfin ce qui semble avoir suivi sa mort.

II – La recherche d’un pré-islam

D’après la théologie musulmane, Mohammed, venant à la suite d’une longue suite de prophètes, n’aurait fait qu’un « rappel », rendu nécessaire parce que les hommes oublient. On peut donc penser que des révélations faites aux prophètes prédécesseurs de Mohammed ont du laisser des traces. D’autre part, des historiens pensent que les nouveaux systèmes d’idées se développent à partir d’ébauches antécédentes.

Quelle que soit l’hypothèse choisie, il a dû exister une sorte de pré-islam qu’il est intéressant de rechercher.

La trace des apports antérieurs

De fait, certaines idées présentes dans l’islam d’aujourd’hui sont également présentes dans les sectes millénaristes et messianiques du Proche Orient, aux premier et deuxième siècles de notre ère. Voir comment ces idées ont cheminé dans cette région du monde a donné un éclairage supplémentaire.

Dans le Coran, Myriam, sœur d’Aaron, et Marie, mère du Christ, est une seule et même personne, alors que 1.200 ans les séparent. La Trinité, formée pour les chrétiens du Père, du Christ et du Saint-Esprit, est déclarée dans le Coran formée, du Père, du Christ, et de Marie. Ces éléments, et d’autres de la sorte, font penser que le Coran est formé de plusieurs traditions différentes, comme on peut l’observer pour d’autres livres anciens.[10]

Le messianisme s’est formé dans la Palestine antique

Les messianismes juifs se sont formés en trois siècles, de 180 avant notre ère à 150 après. Leur théologie présente cinq idées centrales qui, durent encore de nos jours[11] :

· La première est celle d’une guerre menée pour des raisons théologiques.

· La seconde est celle d’émigration : les Justes devaient d’abord aller au désert, reproduisant l’Exode de Moïse au Néguev-Sinaï.

· La troisième idée était la conquête de Jérusalem.

· La quatrième était la libération complète de la Palestine juive.

· La cinquième était la conquête du monde entier.

Alors que les quatre premières étaient tout à fait générales dans les mouvements messianiques juifs, la dernière n’était acceptée que par une partie des adeptes. Les deux premières idées sont proches de celles de l’islam, et la cinquième reste un rêve que les musulmans ont poursuivi pendant quatorze siècles.

Les judéo-chrétiens

Le mot « judéo-chrétiens » ne veut pas désigner l’ensemble des juifs et des chrétiens, mais les membres de sectes nées dans les deux premiers siècles de notre ère. Ayant transformé des idées juives et des idées chrétiennes, ils ne sont plus ni juifs ni chrétiens. Pour eux, le Christ est un grand prophète, mais non un Dieu. Après avoir échappé à la crucifixion, il aurait été placé au ciel, en attendant de revenir pour mener une guerre de conquête mondiale, pour établir une société parfaite, où tous les justes seraient heureux, tandis que les injustes seraient esclaves ou serviteurs au service des justes.[12]

Le nazaréisme

La secte des nazaréens a concentré les adeptes et les idées des judéo-chrétiens. On la trouve attestée épisodiquement un peu avant le début de notre ère jusqu’à 80 ans après la naissance de l’islam[13]. Leur nom, araméen, signifie les aides (de Dieu : racine NZR), très proche de celui d’ansar qui signifie, en arabe (racine NSR), les aides (d’Allah).

Ils enseignaient qu’après avoir émigré au désert, conquis Jérusalem et reconstruit le Temple, le Christ reviendrait du ciel pour prendre la tête des armées nazaréennes et conquérir le monde.

Ils nommaient le Christ : « ‘Îsâ ». En dehors d’eux, seuls les musulmans le font.

· Waraqa [14]

Waraqa était un Koreichite de la tribu de Mohammed, devenu prêtre nazaréen un peu avant le début de l’islam. Il est décrit par les documents musulmans comme « un des chef et des guides des Koreichites ».

Quand il est mort, « la révélation s’est arrêtée »,[15] ce qui signifie pour un musulman que Mohammed n’a plus reçu de « communications de l’ange Gabriel ».

Mohammed a déclaré avoir vu Waraqa au paradis. Pour l’islam, seuls les musulmans vont au paradis. Or, Waraqa était nazaréen, Mohammed musulman, et Mohammed disait que tous deux étaient de l’unique bonne religion.

· Le nom des premiers disciples de Mohammed

Du vivant de Mohammed, et 15 ans après sa mort, les fidèles de Mohammed se donnaient le nom de mahgrâyê. Ce mot n’est pas un mot arabe mais araméen qui signifie les émigrés ; il n’a de sens que dans la théologie des nazaréens.

Dix à quinze ans après la mort de Mohammed, mahgrâyê a été traduit par muhâjirûn, (émigrés en arabe), et pour le demi-siècle suivant, dans l’usage courant, les convertis de Mohammed ont porté les deux noms.[16] Le terme « musulman » est apparu, vers 720 dans l’usage officiel, mais dans l’usage courant le mot araméen initial a longtemps été utilisé.

· Un émir nazaréen

En 644 eut lieu une controverse entre le patriarche jacobite Jean 1er et l’émir Amru bar Sa’d, [17] gouverneur de Homs, en Syrie, ancien compagnon de Mohammed. Le patriarche a rédigé leur discussion, et cet écrit nous est parvenu. [18]

L’émir, violemment anti-chrétien, s’efforça de convaincre le patriarche de se rallier à la religion de l’armée arabe, et d’entraîner avec lui ses ouailles. Il est remarquable que, dans tout le cours de la controverse, pas une fois l’émir ne mentionne ni le Coran, ni Mohammed, ni l’islam. Son but fut de convaincre le patriarche que le Christ était certes un prophète, mais pas Dieu. Il utilise les arguments des nazaréens, non ceux des musulmans.

· La chahada[19]

Sa forme première a pu être reconstituée à partir de graffiti et d’épigraphies arabes non officielles, presque toujours gravées sur pierre. Voici le texte : [20]

« Je témoigne qu’il n’y a de dieu que Dieu, pas d’associé à lui. »

Cette forme est nazaréenne. Entre 690 et 740, il y a deux attestations :

Mohammed est son prophète, et, le Christ est son prophète.

La forme actuelle de la chahada, il n’y a de dieu que Dieu, et Mohammed est son prophète ne devient exclusive que vers 735-740.

· Le nazaréisme est un pré-islam

Les nazaréens pratiquaient la circoncision, la polygamie limitée à 4 épouses, décrivaient un paradis où les élus trouveraient des aliments délicieux, des boissons agréables et des femmes. Toutes ces idées sont présentes dans l’islam.

De plus, un grand nombre de thèses, de conceptions, de dogmes nazaréens se retrouvent à l’identique dans l’islam d’aujourd’hui : ‘Îsâ, le nom de Jésus, le statut du Christ, les récits de l’enfance de Marie, la confusion entre Marie et Myriam, le statut des femmes, la Trinité formée du Père, du Christ et de Marie, la conception du paradis, le vin, interdit sur terre mais présent en fleuves entiers au paradis…

· Le mot « musulman »

Le mot musulman apparaît pour la première fois sur le Dôme du roc, en 691, il entre dans l’usage officiel vers 720, il est utilisé sur une monnaie pour la première fois en 768, et sur papyrus en 775 seulement. La recherche linguistique montre que les mots islam et musulman ne viennent pas de l’arabe, mais de l’araméen, la langue des nazaréens.

· L’origine du nom de Médine

Le nom de Médine, d’après les documents musulmans, viendrait de madina ar-rasul Allah, la ville du messager d’Allah. Cette étymologie en langue arabe est proposée par l’islam plus de 200 ans après les faits. Or, à l’époque, madina ne signifiait pas ville, mais région. Ville se disait qura. Des textes datant de 30 ans après les faits indiquent une autre étymologie, à partir de l’araméen, impliquant les nazaréens. Comme le relève Maxime Lenôtre [21] :

Edouard Marie Gallez … donne une raison … de l’opération du changement de nom de Yathrib en Médine. Mohammed n’a jamais prétendu être un prophète, mais un prédicateur… Aucun texte ni aucune inscription ne le désigne comme prophète avant l’extrême fin du VIIe siècle. La première attestation connue et fiable est une monnaie de 685. Or Médine signifierait « ville du Prophète » (Madinât al-nabî). Puisqu’il n’est pas question de « prophète » et qu’on ne débaptise pas une ville pour l’appeler ville tout court, il faut penser que les trois consonnes mdn, si elles ont parfois la signification de région … ne signifieraient pas « ville » en tant que nouveau nom de Yathrib. L’allusion biblique est alors évidente : il s’agit du nom de Modin – mdn – le lieu où prit naissance la révolte victorieuse des Macchabées contre l’occupant grec de la Palestine (Antiochus IV Epiphane) ; celle-ci aboutit à l’instauration d’un … royaume juif asmonéen (automne 134 à 63 avant notre ère), c’est-à-dire jusqu’à l’arrivée des Romains.

III – Mohammed

Les sources documentaires islamiques sont rares.

L’existence du Coran est attestée pour la première fois soixante-dix ans après la mort de Mohammed, et les traditions, qui décrivent la collecte et l’histoire des Corans, ne sont attestées que vers 750.

Comme dit précédemment, l’histoire personnelle de Mohammed a été rédigée deux siècles après sa mort, sur ordre califal, mais tous les documents qui ont servi de sources ont disparu. Pendant les deux premiers siècles de l’islam, la destruction des documents originaux relatifs au Coran a été faite ouvertement par les califes : les tout premiers documents originaux sur des supports de fortune, les notes d’Hafça, une des épouses de Mohammed, les Corans dissidents détruits par Hajjâj en 692, etc. Les notes de Fatima, la fille de Mohammed, ont disparu, ainsi que de nombreux documents cités dans des documents ultérieurs, mais dont on ne retrouve rien.

Les hadiths, (paroles ou actes de Mohammed), sont consignés dans des recueils mis par écrit deux siècles et demi après sa mort. Cinq recueils sont tenus pour authentiques par les érudits de l’islam.[22] Ils contiennent ensemble environ 20.000 hadiths.[23]

L’environnement

Les documents de la recherche historique sur Mohammed apportent des renseignements intéressants.

· La Mecque

L’ouvrage de référence sur l’origine de La Mecque est celui de Patricia Crone,[24] une islamologue danoise. Selon ses travaux :

a) Avant l’islam, aucun géographe de l’antiquité ne mentionne La Mecque, ni directement, ni indirectement, ni sous le nom de La Mecque, ni même sous un nom vaguement ressemblant.

b) D’après l’histoire califale, elle tirait sa subsistance du commerce international et des pèlerinages. Le commerce allégué n’est mentionné que dans les documents califaux. S’agissant d’un commerce international, on devrait en parler aussi dans les pays de destination, ce qui n’est jamais le cas.

Cela met gravement en doute l’existence même de La Mecque au temps de Mohammed et donc que ce soit là le lieu de sa naissance.

· Les Koreichites : toponymie et documents écrits

D’après les sources musulmanes sans divergence entre elles, et d’après les sources des peuples voisins, les Koreichites avaient leur commerce et leurs propriétés agricoles en Syrie et en Palestine. Il n’existe aucune attestation non musulmane, ni aucun ensemble d’attestations musulmanes sans divergences, indiquant une localisation dans la région de La Mecque actuelle.

La toponymie indique que les Koreichites vivaient en Syrie. On pourrait encore aller voir les lieux où Mahomet a vécu, ils sont connus des géographes modernes et même de certains anciens, comme par exemple le lieu-dit “caravansérail des Koreichites ”, c’est-à-dire rien de moins que la base arrière de sa tribu, adonnée au commerce caravanier – Mahomet lui-même participa à ces caravanes, dans sa jeunesse, ainsi que les traditions nous l’indiquent sans qu’il existe la moindre raison d’en douter. Et sur une carte toponymique,[25] on peut également repérer en Syrie d’autres noms de lieux très significatifs qu’on retrouve aujourd’hui autour de La Mecque actuelle : ainsi Kaaba, ou encore Abou Qoubays – qui est le nom de la montagne renommée jouxtant La Mecque actuelle en Arabie. De plus, même le nom de La Mecque, se trouve en Syrie…

Ces faits renforcent le doute précédent concernant l’existence de la Mecque actuelle lors de la naissance et de l’enfance de Mohammed.

· La culture religieuse

Il est très douteux que les Arabes du VIIe siècle soient des polythéistes étrangers aux traditions biblique ou chrétienne. Par leur commerce, ils sont, en effet, depuis plus de six siècles en contact avec des juifs et depuis six siècles en contact avec des chrétiens. Ils ne pouvaient pas ignorer la révélation judéo-chrétienne.

Dans le Coran, le terme censé désigner des polythéistes est celui de muškirûn qui, selon tous les auteurs des VIIIe et IXe siècles, signifie associateurs, (reproche sans cesse adressé aux chrétiens). Mais plusieurs versets attestent expressément la foi monothéiste de ces muškirûn supposés être des polythéistes.

· Le massacre des juifs

Aux dires des traditions islamiques, dans l’oasis de Yathrib, la plupart des sédentaires sont des « juifs ». D’après la Sira d’Ibn Hichâm, Mohammed aurait massacré une tribu juive de Yathrib, les Qorayza, expulsé et dépouillé deux autres, les Banou Nadir et les Qaynoqa.

Il n’existe aucune source non musulmane, ni littéraire, ni archéologique, ni épigraphique qui fasse état de ces trois tribus ; et les documents judaïques de l’époque qui détaillent les implantations juives au Proche-Orient ne mentionnent jamais Yathrib.

Les traditions rabbiniques ne les auraient donc jamais reconnues comme des leurs ? Alors ces « juifs » et ceux qui y conduisirent leurs amis arabes seraient alors probablement des “judéo-chrétiens” hérétiques, appartenant à la secte des «nazaréens» (cités dans la sourate 5, verset 82).

Les documents historiques sur Mohammed

D’après Théophile d’Edesse,[26] Mohammed est né et a vécu à Yathrib, plus tard renommé Médine par les musulmans.

De 614 à 622, Mohammed se joignit aux Perses qui avaient envahi la Palestine et battu les armées byzantines de l’empereur Héraclius.

· L’hégire

On sait que le calendrier des musulmans numérote les années à partir de l’hégire. Pourtant la fondation d’un nouveau calendrier absolu ne peut s’expliquer qu’avec la conscience de commencer une Ère Nouvelle, dans le cadre d’une vision de l’Histoire.[27] Quelle est cette ère nouvelle ? D’après les explications musulmanes, cette année 1 se fonderait sur une défaite et une fuite de Mohammed, parti se réfugier loin de La Mecque. Mais une fuite ne peut être sacralisée jusqu’à devenir la base d’un édifice chronologique et religieux.

Si Mohammed est bien arrivé à Yathrib – qui sera renommé plus tard Médine – en 622, ce ne fut pas seulement avec une partie de la tribu des Koraïchites, mais avec ceux pour qui le repli au désert rappelait justement un glorieux passé et surtout la figure de la promesse divine. Alors, le puzzle prend forme, ainsi que Michaël Cook et d’autres l’ont entrevu. Le désert est le lieu où Dieu forme le peuple qui doit aller libérer la terre, au sens de ce verset : « Ô mon peuple, entrez dans la terre que Dieu vous a destinée » (Coran V, 21). Nous sommes ici dans la vision de l’histoire dont le modèle de base est constitué par le récit biblique de l’Exode, lorsque le petit reste d’Israël, préparé par Dieu au désert, est appelé à conquérir la « terre », c’est-à-dire la Palestine selon la vision biblique. Telle est la vision qui dirigeait Mohammed et les autres Arabes vers Yathrib en 622. Et voilà pourquoi une année «1» y est décrétée.

Des documents contemporains de Mohammed indiquent qu’en 622 ce dernier disposait d’armées nombreuses, et non de quelques convertis désarmés. En cette même année, Héraclius revenait en vainqueur, et commençait la reconquête de la région. Les adeptes armés de Mohammed durent se replier pour éviter les représailles qu’Héraclius appliqua aux alliés locaux des Perses. Les troupes de Mohammed se rassemblèrent à Médine, la ville de leur chef.

L’hégire concernait non 70 convertis fuyant les Mecquois, mais plusieurs milliers de combattants évitant les armées d’Héraclius.

· Après l’hégire

Après 622, Mohammed continua à rallier les tribus arabes du nord et non celles de la région de La Mecque.

Le Pseudo-Sébéos[28], dix ans après les faits, indique que Mohammed ne parlait ni de l’ange Gabriel, ni de révélation, mais uniquement de la Tora telle que l’interprétaient les nazaréens.

En 629, les armées de Mohammed, cherchant à s’emparer de Jérusalem, furent battues à Muta, près de la pointe sud de la Mer Morte.

D’après une attestation de Jacob d’Edesse,[29] datant de 640, dix ans après les faits, (et non plus de 200 ans après, selon les attestations musulmanes), Mohammed effectuait à cette époque (630 donc) des raids dans la Palestine, et non une guerre contre les Mecquois.

En 634[30], quatre attestations différentes indiquent que Mohammed commandait en chef lors de la bataille de Gaza, où ses fidèles battirent les Byzantins. Avec Omar, les Arabes s’emparèrent de Jérusalem vers 637.

Il nous paraît incroyable aujourd’hui que des juifs et des musulmans aient pu collaborer pour rebâtir ensemble le Temple de Salomon sur l’Esplanade de Jérusalem. Pourtant, il y eut une époque, où pendant une quinzaine d’années environ, de 634 à 650, des Juifs et des Arabes collaborèrent, et construisirent ensemble un nouveau Saint des Saints du Temple de Salomon.

Pour Edouard-Marie Gallez, la séparation de ceux qui allaient devenir des musulmans d’avec les judéo-nazaréens surviendra après cette conquête de Jérusalem par Omar, et après la reconstruction d’un temple.

En effet, contrairement à l’attente judéo nazaréenne, le Messie-Jésus n’est pas redescendu du Ciel en 638. En 639 non plus. Et en 640, l’espérance de le voir redescendre du Ciel apparut clairement être une chimère. Au terme des quatre ans qui devaient le voir revenir, Jésus n’est pas revenu. C’est la crise. Les judéo-nazaréens, ou tout au moins leurs chefs devenus gênants, sont massacrés. S’impose alors la nécessité pour les Arabes de justifier leur action dans l’Orient et, selon le P. Gallez :

C’est dans ce cadre qu’apparut la nécessité d’avoir un livre propre à eux, opposable à la Bible des juifs et des chrétiens, qui consacrerait la domination arabe sur le monde… et qui contribuerait à occulter le passé judéo-nazaréen.

IV – La naissance de l’islam

Le changement de qibla

La « qibla » désigne la direction vers laquelle se fait la prière. Les adeptes de Mohammed prièrent d’abord en direction de Jérusalem, direction de la prière pour les juifs et pour les nazaréens. Ensuite ils prièrent en direction de la Mecque actuelle. L’usage initial de la direction vers Jérusalem fut expliqué par l’histoire de « Bouraq », [31] laquelle fait intervenir l’Esplanade du Temple. Or le Dôme du Rocher[32], bâti en 691 sur cette Esplanade, porte une inscription qui ne fait pas état de cette histoire.

Le changement de « qibla » s’est fait quand l’histoire « explicative » est apparue, après 691, et non du vivant de Mohammed.

Le mot musulman

Comme nous l’avons dit ci-dessus, le mot « musulman » apparaît sur le Dôme du Rocher en 691. Il n’entre dans l’usage officiel que vers 720 et est utilisé sur une monnaie en 768.

Ces signes, et quelques autres, manifestent un changement dans la religion des adeptes de Mohammed. Selon Gallez, ce changement est dû à la formation de l’islam.

Mohammed considéré comme prophète

Une pièce de monnaie frappée en 685 à Bishapur[33], représente la plus ancienne attestation disponible de Mohammed comme prophète. Pourtant le papyrus de Khirbet el Mird, vers 720, montre qu’à cette époque Mohammed n’inspirait aucun respect particulier.

Mohammed n’a été considéré comme le prophète fondateur que plus d’un siècle après sa mort.

V – La fixation des textes du Coran

Le Coran selon l’islam

D’après les théologiens musulmans, le Coran vient directement d’Allah, il n’a pas changé d’une seule lettre depuis qu’il a été mis par écrit, et sa langue est si somptueusement poétique qu’elle est inimitable par aucun humain. Mohammed l’a récité alors qu’il était analphabète. Avant que le monde ne soit créé, le Coran était déjà présent, ce que la théologie musulmane exprime en disant que le Coran est incréé.

Le Coran est en arabe depuis avant la fondation du monde parce qu’Allah parle arabe avec les anges.

Les difficultés de l’histoire califale du Coran

L’alphabet arabe ne comportait à l’époque de Mohammed que trois voyelles longues : a, i, u, et ne faisait pas la différence entre certaines consonnes. Cette écriture, nommée scriptio defectiva, est indéchiffrable, et ne peut servir que d’aide mémoire à ceux qui connaissent déjà le texte.

· La collecte des documents

C’est vers 650, que des collectes ont été faites pour constituer le Coran.

Le Coran a donc été primitivement écrit en scriptio defectiva. Vers 850, deux siècles après les collectes, des grammairiens perses qui ignoraient la culture arabe ont fait des conjectures pour passer en scriptio plena, afin de rendre le Coran compréhensible.

Cela n’a pas suffi. Il a fallu y ajouter d’autres conjectures sur le sens des passages obscurs, qui concernent environ 30% du Coran.

L’édition actuelle du Coran est celle du Caire, faite en 1926. Il a donc fallu 1 300 ans pour la mettre au point. C’est une traduction en arabe classique d’un texte qui est incompréhensible sous sa forme originale.

· Le Coran et l’araméen

À l’époque de Mohammed, l’arabe n’était pas une langue de culture, ni une langue internationale. Depuis plus de mille ans, dans tout le Proche Orient, la langue de culture était l’araméen. Les lettrés arabes, peu nombreux, parlaient en arabe et écrivaient en araméen. La situation était comparable à celle de l’Europe de la même époque, où les lettrés parlaient dans leur langue locale et écrivaient en latin.

Les difficultés du Coran s’éclairent si on cherche le sens à partir de l’araméen. Le Coran n’est pas écrit en arabe pur, mais en un arabe aussi chargé d’araméen que, par exemple, l’allemand est chargé de latin.

Les strates successives

· Des idées antérieures à l’islam sont dans le Coran.

Le manichéisme, religion née au troisième siècle, a fourni de nombreux concepts que l’on retrouve dans l’islam.

D’autres idées, la Table Gardée, le Coran incréé, Allah parlant arabe aux anges avant la fondation du monde, se trouvent dans des légendes populaires juives ou chrétiennes selon lesquelles, en particulier, Dieu parlerait aux anges dans un langage humain.

· Des textes ont été ajoutés au Coran primitif

Le plus ancien texte qui décrit la foi musulmane est le Fiqh Akbar 1, écrit vers 750, plus d’un siècle après la mort de Mohammed. Il présente les vues de l’orthodoxie islamique sur les questions qui se posaient alors en matière juridique. Il ne fait aucune allusion au Coran. Cela signifie que les 800 versets fixant des règles juridiques, qui se trouvent dans les Corans d’aujourd’hui, étaient absents des Corans de 750. [34]

Dans son livre au chapitre 4, A. de Prémare[35], après avoir signalé les enseignements qu’on peut tirer des plus anciens fragments de manuscrits coraniques actuellement connus (…), parle des divers akhbâr (recueils utilisés pour constituer le Coran) qui, à partir du VIIIe siècle, circulaient dans l’Islam et :

« … témoignent du fait que l’on avait conscience que le Coran, « Livre de Dieu », avait été, dans sa réalité observable, le résultat d’un travail effectué par des personnes dont on citait les noms, la généalogie, les activités spécifiques, les rapports qu’ils avaient entretenu avec les Califes, et, éventuellement, avec le fondateur de l’islam lui-même » (p. 61 de son livre).

Cet auteur analyse la tradition canonique, rédigée au IXe siècle par Bukharî (…), tradition devenue la base de l’enseignement officiel sur la constitution du Coran. Puis (…) il remonte en deçà du récit orthodoxe mis en place par Bukharî et aboutit à la conclusion suivante :

« L’histoire du Coran ne peut être étudiée qu’en la considérant dans un cadre spatial et temporel élargi. » (p. 97) Autrement dit, (…), l’historien est amené à considérer que non seulement la collecte, mais la rédaction même des textes coraniques ont duré jusqu’au début du VIIIe siècle, que les califes omeyyades y ont joué un rôle important et que cette activité s’est déroulée dans tous les centres importants de l’Empire, dans toutes les villes garnisons (…) où circulaient des recensions concurrentes avant que le calife Abd al-Malik et son gouverneur Hajjâj imposent un texte officiel unique aux grandes capitales de l’Empire.[36]

Bien des éléments indiquent une rédaction du Coran étalée sur deux siècles environ.

· Facilités offertes par certains versets du Coran

Les califes Omeyyades, les Abbassides et leur cour pratiquaient ce que le Coran attribue à Mohammed : l’accaparement du butin, d’innombrables concubines, des épouses impubères, et même des épouses de leurs propres fils. Il est significatif que les versets qui ordonnent à Mohammed de prendre pour lui Zaynab, l’épouse de son fils adoptif Zaïd, déclarent que Mohammed doit se saisir de cette femme afin que les générations futures sachent qu’un tel acte est permis. [37]

L’écriture du Coran sous le contrôle des califes leur offrait la possibilité d’y placer d’abord un verset déclarant que Mohammed est un modèle pour tous les temps et tous les hommes, puis des versets attribuant à Mohammed les actes qu’ils voulaient pratiquer.

En conclusion

L’abondance des résultats ne permet pas de tout dire. De plus, selon le P. Edouard-Marie Gallez, le travail scientifique sur ces questions n’est pas terminé ; il y a encore des précisions à apporter. Mais d’ores et déjà l’aspect légendaire de la Sira est nettement établi. Et les faits apportés permettent de mieux situer les lieux et de comprendre certains passages du Coran quelquefois obscurs. Le lecteur qui voudrait approfondir sa connaissance de l’Islam se référera aux ouvrages donnés dans la bibliographie,

Pour présenter son étude, E. Pertus avait été obligé de prendre comme « références historiques » les textes du Coran et de la Sira (la vie de Mohammed selon la version musulmane). Ces textes narrent, on l’a vu, des faits qui ne sont pas historiquement fondés. Certains contredisent des témoignages historiques plus fiables parce que plus proches dans le temps, voire quasi contemporains des événements rapportés.

Par conséquent, la vie de Mohammed à La Mecque, l’activité commerçante de cette ville, et même l’existence de cette ville à cette époque, ne sont pas historiquement établies.

Aucune source contemporaine n’indique la présence de Juifs (trois tribus, dit la Sira) à Médine. Le massacre d’une de ces tribus et la réduction en esclavage des deux autres n’a pas laissé de traces historiques à l’époque.

En gardant présent à l’esprit ces considérations, il sera possible de lire le livret, Connaissance élémentaire de l’Islam, pour apprendre ce que croient les musulmans tout en ayant les notions de base qui commencent à pénétrer leur esprit s’ils veulent chercher à comprendre leur croyance.

BIBLIOGRAPHIE

Anonyme. Mahomet et l’origine de l’islam : Mieux connaître Mahomet et le premier islam grâce aux méthodes historiques modernes Version 3. Knol. 2008 juil. 27. à l’adresse Internet : http://knol.google.com/k/anonyme/mahomet-et-l-origine-de-l-islam/2ixhf6fwz08az/2

Patricia Crone & Michael Cook, Hagarism. The Making of the Islamic World, Cambridge University Press, 1977.

E.-M. Gallez : Le messie et son prophète. Aux origines de l’islam, thèse de doctorat en théologie / Histoire des religions (Univ. de Strasbourg II, 2004-2005).

· Tome I Le messie et son prophète, aux origines de l’Islam, De Qumran à Muhammad. 524 pages, 35€ Éditions de Paris 2005

· Tome II Le messie et son prophète, aux origines de l’Islam, Du Muhammad des Califes au Muhammad de l’histoire. 582 pages, 39€ Éditions de Paris 2005.

E-M. Gallez, in Entretien avec Edouard-Marie Gallez sur les origines de l’Islam jeudi 23 novembre 2006, sur le site : http://www.missa.org/forum/showthread.php?668-Les-vrai-origines-de-l-islam-et-du-Coran.

Robert G. Hoyland, Seeing Islam as others saw it. A survey and evaluation of Christian, Jewish and Zoroastrian writing on early Islam, Princeton, the Darwin Press. 1998.

Maxime Lenôtre, Mohammed fondateur de l’Islam, Publications MC, B.P. 16 – 34270 – LES MATELLES. p. : 37

Maxime Lenôtre, le mystère des origines de l’Islam enfin éclairci, in AFS n° 184, p. : 3 à 20.

François Nau, Un colloque du Patriarche Jean, in Journal Asiatique, 1915.

Solange Ory, Aspect religieux des textes épigraphiques du début de l’islam, in REMMM, Aix en Provence, N° 58, Edisud, 1990.

Alfred-Louis de Prémare Aux origines du Coran, questions d’hier, approches d’aujourd’hui, Téraèdre, L’Islam en débats, 144 p. Paris, 2004

Alfred-Louis de Prémare, Les Fondations de l’islam. Entre écriture et histoire, Paris 2002, Seuil, collection L’Univers historique

[1] Il s’agit d’une thèse de doctorat en théologie / Histoire des religions (Univ. de Strasbourg II, 2004-2005). Thèse en 2 tomes. D’autres auteurs ont apporté une contribution importante, ils sont cités en notes et dans la bibliographie finale de ce texte.

[2] Cf. : Anonyme. Mahomet et l’origine de l’islam : Mieux connaître Mahomet et le premier islam grâce aux méthodes historiques modernes [Internet]. Version 3. Knol. 2008 juil. 27. Disponible à l’adresse Internet : http://knol.google. com/k/ anonyme/mahomet-et-l-origine-de-l-islam/2ixhf6fwz08az/2

[3] Mohammed est la transcription choisie par E. Pertus parce que plus proche de l’arabe. Mahomet est la forme francisée de ce nom. Nous gardons l’orthographe de Pertus.

[4] La biographie de Mohammed par Ibn Hicham date de plus de deux cents ans après les faits, et la biographie par Ibn Ishaq, qui lui a servi de matériau, a disparu. Les cinq recueils de hadiths (paroles ou actes de Mohammed) principaux ont été mis par écrit plus de deux cent cinquante ans après les faits, alors que le premier recueil de hadiths, fait en 712 sur ordre califal, a disparu.

[5] Onomastique : étude des noms propres.

[6] Toponymie : étude linguistique et historique des noms de lieux.

[7] Épigraphie : Science qui a pour objet l’étude des inscriptions.

[8] Linguistique : Science des langages humains, elle étudie en particulier les phénomènes intéressant l’évolution des langues et leurs rapports entre elles.

[9] Numismatique : étude des médailles et pièces de monnaies.

[10] Exemple : dans la Bible, l’exégèse fait apparaître deux « traditions » en ce qui concerne la Genèse : yawhiste ou élohiste suivant le nom utilisé pour désigner le Créateur. Ces deux traditions, loin de se contredire, se confortent.

[11] Comme l’explique Gallez, dans l’avant propos du Tome 2, pages 8-9, cela se retrouve dans toutes les visions idéologiques ultérieures du monde, et jusqu’à nos jours. Pour de tels idéologues, tous les moyens sont justifiés « au nom de Dieu ». Cette référence « au nom de Dieu » pouvant devenir selon le cas, au nom de la Raison, du Sens de l’Histoire, de la Race supérieure, au nom de tout ce qu’on voudra… ce qui importe c’est que le discours fonctionne, c’est-à-dire qu’il emporte l’adhésion et fasse espérer le salut.

[12] Dans l’islam, le statut du Christ, le djihad (ou jihad) c’est-à-dire la guerre sainte) et la situation des dhimmis (non musulmans sous le pouvoir des musulmans) ayant des droits restreints, sont très proches de ces idées.

[13] C’est-à-dire au VIIIe siècle.

[14] E-M. Gallez, in Entretien avec Edouard-Marie Gallez sur les origines de l’Islam jeudi 23 novembre 2006, accessible sur le site : http://www.missa.org/ forum/showthread.php?668-Les-vrai-origines-de-l-islam-et-du-Coran : « J’en profite pour dire que son rôle a dû être si important qu’il n’a pas pu être effacé, alors que tant de témoignages islamiques anciens, écrits ou non, disparaissaient, en fait tous ceux qui sont antérieurs à la biographie normative de Ibn Hichâm, composée et imposée deux siècles après la mort de Mahomet : c’est seulement par des citations que l’on connaît quelque chose des écrits antérieurs, qui furent systématiquement détruits. »

[15] Sahih al-Bokhari, Hadiths, tome 1, Révélation, n°3.

[16] Robert G. Hoyland, Seeing Islam as others saw it. A survey and evaluation of Christian, Jewish and Zoroastrian writing on early Islam, Princeton, the Darwin Press. 1998.

[17] D’après Tabari, cité par Crone Patricia & Cook Michael, Hagarism. The Making of the Islamic World, Cambridge University Press, 1977. C’est le même personnage que Umayr Ibn Sa’d al-Ansari ; tout deux étaient gouver-neurs à la fois d’Homs et de Damas, ce qui est très inhabituel, et ils l’étaient dans la même période.

[18]François Nau, Un colloque du Patriarche Jean, in Journal Asiatique, 1915.

[19] La Chahada est la formule de la profession de foi des musulmans.

[20] Solange Ory, Aspect religieux des textes épigraphiques du début de l’islam, in REMMM, Aix en Provence, N° 58, Edisud, 1990.

[21]Maxime Lenôtre, Mohammed fondateur de l’Islam, Publications MC,

B.P. 16 – 34270 – Les Matelles. p. 37.

[22] Certaines traditions califales joignent un sixième recueil à ces cinq.

[23] Cf. : Dans son étude « On the Development of hadith », Goldziher a démontré qu’un grand nombre de hadiths, acceptés même dans les recueils musulmans les plus rigoureusement critiques, étaient des faux complets de la fin du 8ème et du 9ème siècle et, en conséquence, que les chaînes de transmission (isnad) qui les étayaient étaient totalement fictives.

http://www.encyclomancie.com/index.php?&ext=page&dossier=77&inc=287

[24] Crone Patricia & Cook Michael, Hagarism. The Making of the Islamic World, Cambridge University Press, 1977.

[25] Cf. : Page 278 du volume 2 de la thèse du P. Gallez.

[26] Le maronite Théophile d’Edesse (+ 785) devient l’astronome distingué du calife al_Madhi. Il traduisit en syriaque l’Iliade et l’Odyssée.

Cf.: http://islamineurope.unblog.fr/2010/11/03/le-mythe-de-la-transmission-arabe-du-savoir-antique.

[27] Exemple le calendrier républicain à l’époque de la Révolution dite française.

[28] L’évêque Sébéos est un écrivain arménien du viie siècle qui raconte les premières invasions des Arabes en Arménie. Contemporain de la chute des Sassanides – la dynastie perse vaincue et renversée par les Arabes – il en trace le tableau comme un témoin qui a assisté à la plupart des événements qu’il relate; il les expose sans examen critique, selon l’usage des byzantins ou des annalistes arabes de son temps. Une partie des documents qui nous sont parvenus ne sont pas unanimement reconnus comme de lui. D’où : « pseudo-Sébéos ».

[29] Jacques d’Édesse, né vers 633, mort le 5 juin 708 un des plus éminents écrivains religieux de langue syriaque. Élève de Sévère Sobkhôt évêque et savant syrien (575 -… 667), il fut à la fois théologien, philosophe, géographe, naturaliste, historien, grammairien et traducteur. Il est l’auteur d’une Chronique historique qui part du règne de Constantin (mort en 337) jusqu’en 692.

[30] Ces attestations datent d’une dizaine d’années après les faits, et ne sont pas compatibles avec l’histoire musulmane traditionnelle, fondée sur des documents datant de plus de deux siècles après les faits. D’après la « Sira », en effet, Mohammed serait mort en 632.

[31] Le Bouraq ou Burak est, selon l’islam, un coursier fantastique venu du paradis, qui, après avoir transporté Mohammed de l’Arabie à Jérusalem, sur le Rocher, l’aurait mené au paradis et retour. (Ce dernier voyage est appelé « miraj » par les musulmans). Ce n’est que vers le XIIe – XIIIe siècle que les sources islamiques mentionnent le Rocher comme point de départ du « miraj ».

[32] Mosquée bâtie au centre de l’esplanade du Temple de Jérusalem. Elle comporte une coupole (le Dôme) à la base de laquelle est gravée une inscription en caractères « coufiques », écriture arabe très ancienne, avec laquelle a été calligraphié le Coran.

[33] Bishapour est une ancienne cité sassanide, à 23 km de Kazerun, dans le Fars, en Iran. La ville se trouvait sur la route reliant les villes d’Istakhr et Ctésiphon.

[34] Comme nous l’avons dit plus haut, d’après les musulmans, le Coran viendrait directement d’Allah, pas une lettre n’aurait été changée depuis.

[35] Alfred-Louis de Prémare Aux origines du Coran, questions d’hier, approches d’aujourd’hui, Tétraèdre, Paris, 2004.

[36] Alors que les musulmans modernes peuvent être liés par une position conservatrice intenable, les érudits musulmans des premières années étaient bien plus flexibles, réalisant que des parties du Coran étaient perdues, perverties, et qu’il y avait plusieurs milliers de variantes qui rendaient impossible le fait de parler du Coran unique.

[37] Sourate 33, verset 37.

Voir enfin:

Pakistan : la jeune chrétienne victime d’un coup monté ?

Le Figaro

02/09/2012

«Ils ont commis ce blasphème afin de nous provoquer encore davantage. Tout ça est arrivé parce que nous n’avons pas mis fin plus tôt à leurs activités antimusulmanes», avait déclaré récemment à l’AFP l’imam Chishti au sujet de l’affaire.

La police a arrêté samedi l’imam à l’origine de la plainte contre Rimsha, cette fillette trisomique accusée d’avoir brûlé des pages du Coran. Plusieurs témoins affirment que le religieux a ajouté ces pages lui-même.

Rebondissement de taille dans l’affaire Rimsha, l’adolescente chrétienne accusée au Pakistan de blasphème pour avoir brûlé des versets du Coran. La police a arrêté, samedi, l’imam à l’origine de la plainte la visant. Le responsable de la mosquée est soupçonné d’avoir falsifié les preuves à charge contre Rimsha. Son assistant et plusieurs témoins affirment que l’imam Hafiz Mohammed Khalid Chishti a ajouté des pages du Coran aux feuilles brûlées par Rimsha. Tout a commencé quand un voisin de Rimsha a apporté à l’imam les sacs contenant les papiers calcinés par la jeune fille. Malgré les protestations des témoins, Chishti aurait déchiré des pages du livre saint et placé les morceaux dans le sac.

L’imam, désormais également arrêté en vertu de la loi sur le blasphème, aurait expliqué à ses compagnons que c’était la seule façon d’expulser les chrétiens de Mehrabad, un quartier à la périphérie d’Islamabad. L’imam avait ensuite mobilisé ses fidèles et fait pression sur la police pour qu’elle arrête la jeune chrétienne. Les relations entre communautés se sont dégradées dans le quartier populaire. Des musulmans reprochaient aux chrétiens de jouer de la musique, qui était entendue dans le quartier au moment de la prière musulmane, et souhaitaient reprendre les terrains qu’ils occupaient. À la suite de l’interpellation de Rimsha à la mi-août, plusieurs familles chrétiennes ont fui tandis que les parents de la jeune fille ont dû être placés sous protection policière.

Des pressions politiques et policières?

L’affaire Rimsha est devenue une polémique nationale. Elle a ravivé les tensions entourant la loi sur le blasphème et mis Islamabad en mauvaise posture face à la communauté internationale. Au Pakistan, insulter le prophète Mahomet est passible de la peine de mort et brûler un verset du Coran, de la prison à vie. La législation est soutenue par les islamistes radicaux mais décriée par les libéraux. Signe du malaise, le Conseil des oulémas du Pakistan, un organisme représentant des dizaines d’associations musulmanes, a, fait inédit, réclamé une enquête «impartiale et approfondie» concernant Rimsha. L’appel des oulémas doublé de l’arrestation de l’imam Chishti semblent traduire la volonté d’apaisement des autorités.

Et pour certains, l’arrestation de Chishti ne doit rien au hasard. L’avocat du voisin ayant accusé Rimsha a dénoncé samedi d’énormes pressions policières sur les témoins et affirme que la police a fabriqué les preuves ayant servi à arrêter l’imam Chishti. L’interpellation du religieux survient alors qu’une audience sur une éventuelle libération conditionnelle de Rimsha est prévue lundi. L’âge et la responsabilité de la jeune fille sont un point crucial. Certains médias affirment qu’elle a 11 ans et est trisomique. Un hôpital a de son côté déclaré qu’elle était âgée de 14 ans mais que ses capacités mentales étaient inférieures à son âge et qu’elle était analphabète. L’âge compte car ses avocats souhaitent qu’elle soit déférée devant un tribunal pour enfant, qui inflige des peines généralement plus clémentes.

(Avec agences)


Génocide arménien/97e: L’ultime preuve des victimes de l’islamisation forcée (Forced conversion is genocide)

24 avril, 2012
La démocratie et ses fondements jusqu’à aujourd’hui peuvent être perçus à la fois comme une fin en soi ou un moyen. Selon nous la démocratie est seulement un moyen. Si vous voulez entrer dans n’importe quel système, l’élection est un moyen. La démocratie est comme un tramway, il va jusqu’où vous voulez aller, et là vous descendezErdogan
On ne peut pas être musulman et laïque en même temps (…). Le milliard et demi de musulmans attend que le peuple turc se soulève. Nous allons nous soulever. Avec la permission d’Allah, la rébellion va commencer” Erdogan  (1992)
Notre démocratie est uniquement le train dans lequel nous montons jusqu’à ce que nous ayons atteint notre objectif. Les mosquées sont nos casernes, les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques et les croyants nos soldats. Erdogan (1997)
L’existence d’Israël pose le problème du droit de vivre en sujets libre et souverains des nations non musulmanes dans l’aire musulmane. L’extermination des Arméniens, d’abord par l’empire ottoman, puis par le nouvel Etat turc a représenté la première répression d’une population dhimmie en quête d’indépendance nationale. Il n’y a quasiment plus de Juifs aujourd’hui dans le monde arabo-islamique et les chrétiens y sont en voie de disparition. Shmuel Trigano
Au VIIe siècle, quand l’islam est arrivé, tout l’espace correspondant à l’Orient arabe, à la Turquie et à la péninsule arabique était habité, à l’exception des communautés juives, par des populations chrétiennes. De nos jours, sur 17 pays et 350 millions d’habitants, les chrétiens sont 14 millions. La Turquie, notamment, comptait 20% de chrétiens vers 1900; ils sont moins de 1% aujourd’hui. (…) Les chrétiens sont porteurs de valeurs universelles, comme la gratuité, le don, l’amour et le pardon. Ils le prouvent par leurs œuvres sociales, écoles ou hôpitaux, qui sont ouvertes à tous, sans distinction de religion. (…) C’est bien d’accueillir les blessés irakiens, mais la compassion n’est pas une politique. Notre crédibilité est en jeu: le monde musulman nous respectera si nous prenons la défense des chrétiens d’Orient, qui sont nos coreligionnaires. Annie Laurent
De ce tour d’horizon, il ressort que 75 % des cas de persécution religieuse concernent les chrétiens, dont la condition se détériore en de nombreux endroits. En tête de liste, outre le Moyen-Orient, l’AED place la Corée du Nord, la Chine, le Vietnam, l’Inde, le Pakistan, le Soudan et Cuba. Si l’on tente de classer ces phénomènes de christianophobie en fonction de leur origine, il ressort que leur premier vecteur, à l’échelle de la planète, est constitué par l’islam politique ou le fondamentalisme musulman.  Jean Sévillia
L’historien Ara Sarafian estime qu’entre 100.000 et 200.000 femmes et enfants arméniens ont échappé à la mort ou à la déportation dans le désert durant le génocide de 1915. Les uns cachés –par des «Justes» turcs—, les autres kidnappés, adoptés ou épousées. Pour parler de ces survivants, les Ottomans utilisaient une formule glaçante: «les restes de l’épée». Mais pendant des années, les historiens turcs et arméniens n’ont dit mot de ces «crypto-Arméniens». Ariane Bonzon

Oui, M. Erdogan, la conversion forcée est aussi une forme de génocide!

A l’heure où, dans une large indifférence et après celles des juifs, les persécutions et l’épuration  ethnico-religieuse des chrétiens se poursuivent partout dans le monde et notamment là où l’islam a pris et reprend, avec le prétendu « printemps arabe« , le pouvoir …

Pendant que, dans le déni et la même indifférence, les mollahs nous préparent leur version nucléaire de la solution finale …

Retour, en cette 97e commémoration et avec la journaliste française Ariane Bonzon, sur l’ultime preuve du génocide chrétien (arménien mais aussi assyrien et grec) toujours nié par les autorités turques et pas explicitement reconnu par un président américain qui en avait pourtant fait la promesse …

 A savoir après le massacre de centaines de milliers et l’effacement  toutes les traces de présence culturelle des Arméniens via la destruction ou la saisie des établissement scolaires, religieux ou sociaux …

Les survivants ou descendants de ces dizaines de milliers de femmes, jeunes filles et  enfants enlevés puis convertis et mariés de force …

Dont certains tentent aujourd’hui de retrouver leurs racines …

Les «Arméniens cachés», secret de famille, secret d’Etat

Lors du génocide de 1915, des dizaines de milliers d’Arméniens, femmes et enfants, ont été kidnappés, convertis et mariés de force. De nombreux Turcs découvrent aujourd’hui que l’une de leur aïeule était arménienne.

Ariane Bonzon

Slate

24.04.12

Un secret d’Etat, l’existence de ces «Arméniens cachés». L’évoquer, c’est ébranler le mythe national de «l’identité turque et musulmane», fondement de la République turque. La première fois que j’ai entendu parler de «crypto-arméniens», je n’y ai d’ailleurs pas vraiment cru.

C’était au début des années 2000, Mesrob II Mutafyan, le patriarche des Arméniens de Turquie, recevait dans le cadre solennel et légèrement kitch de sa résidence de Kumkapi, sur la Corne d’Or à Istanbul. Portant la croix et l’habit ecclésiastiques, copie conforme de la tenue de ses prédécesseurs depuis cinq siècles —dont la longue série de portraits, pas toujours très avenants, ornaient les murs—, Sa Béatitude évoquait ses tournées anatoliennes. Il racontait sa visite au village de «Cibinli, près d’Urfa où les Arméniens en fuite en 1915 avaient abandonné leurs filles, des adolescentes de 12 -14 ans».

Mesrob II Mutafyan s’y était entretenu avec un homme et de nombreux petits-enfants issus des unions forcées contractées par ces jeunes filles avec des Turcs.

L’historien Ara Sarafian estime qu’entre 100.000 et 200.000 femmes et enfants arméniens ont échappé à la mort ou à la déportation dans le désert durant le génocide de 1915. Les uns cachés –par des «Justes» turcs—, les autres kidnappés, adoptés ou épousées. Pour parler de ces survivants, les Ottomans utilisaient une formule glaçante: «les restes de l’épée». Mais pendant des années, les historiens turcs et arméniens n’ont dit mot de ces «crypto-Arméniens».

Ma recherche des crypto-Arméniens

«Jusqu’il y a 10-15 ans, c’était une sorte de tabou, confirme le chercheur Bared Manok. Question de dignité pour les Arméniens; méfiance et mépris des convertis par les Turcs. Des deux côtés, on n’évoquait pas cette réalité dérangeante». «On le savait mais on ne pensait pas que c’était aussi important et peut-être ne voulait-on pas le savoir non plus», reconnaît le philosophe français d’origine arménienne Michel Marian. Car admettre qu’il peut exister des Arméniens musulmans est très déconcertant pour ceux de la diaspora dont l’identité était jusqu’ici étroitement liée au christianisme.

Peu de temps après ma conversation avec Mesrob II Mutafyan, je suis allée voir Hrant Dink, qui dirigeait le journal bilingue turc-arménien Agos, fondé cinq ans plus tôt, en 1996 —il a été assassiné en 2007. La page de petites annonces d’Agos rencontre un fort succès. Elle permet aux membres de la diaspora arménienne de lancer un «avis de recherche» pour tenter de retrouver un parent éloigné qui vivrait toujours en Turquie et dont les aïeuls auraient survécu au génocide.

J’ai exposé à Hrant Dink mon projet: me rendre en Anatolie pour y retrouver et filmer des Arméniens islamisés. Il n’a pas été très encourageant. Selon lui, il me serait très difficile de retrouver ces «crypto-Arméniens» qui ne veulent absolument pas se dévoiler. Ils n’accepteront jamais de parler devant une caméra, par peur des représailles, m’a-t-il averti.

Lui-même n’avait pas encore osé publier dans Agos son enquête sur Sabiha Gökçen, la fille adoptive de Mustafa Kemal, le fondateur de la république turque, une Arménienne qui avait perdu ses parents durant le génocide. Un secret d’Etat, comme celui encore des racines chrétiennes supposées du Président Abdullah Gül, un islamo-conservateur, dont la grand-mère aurait été, elle aussi, arménienne.

Des Arméniens qui vont à la mosquée

«Un converti arménien, suggère l’universitaire Etienne Copeaux, l’un des meilleurs connaisseurs du nationalisme turc, est perçu comme un traitre puisque c’est cette épithète qui colle aux Arméniens.» L’injure «Ermeni dölü» («graine d’Arménien») est courante. «Vu le mépris contenu dans cette injure, poursuit Etienne Copeaux, il est certain que s’il s’avérait qu’une part notable de la population turque descend d’Arméniens (convertis ou non), ce serait un ébranlement, une vérité difficilement acceptable.»

Un peu comme un mensonge ethnique courant de l’apartheid, dans les années 90, lorsqu’il était si difficile aux Afrikaners blancs de reconnaitre qu’ils avaient aussi du sang noir, celui de l’employée de la ferme séduite par l’aïeul par exemple.

Après avoir essuyé des dizaines de refus, j’ai enfin pu réaliser ce reportage, en 2007. Pour la première fois, une famille arménienne islamisée a parlé à visage découvert devant une caméra. Comme on le voit dans cette vidéo, rien ne distingue ces «Arméniens cachés» des autres villageois: mêmes pantalons bouffants, même foulard sur les cheveux pour les femmes, même nourriture.

Ils ne parlent même pas l’arménien, à peine le turc et surtout le kurde. Ils vont à la mosquée, leurs enfants fréquentent les écoles de la république turque et leurs morts sont enterrés dans des cimetières musulmans. Mais leurs tombes sont parfois profanées, sans parler des jalousies tenaces vis-à-vis de cette famille d’«infidèles», plus riche que les autres.

«Les restes de l’épée»

En prolongement de cette histoire singulière, d’autres Arméniens islamisés ont commencé de parler. Dans Les restes de l’épée (éditions Thaddée, 2012), la journaliste française Laurence Ritter mène l’enquête. Les portraits et les récits qu’elle a récoltés rompent enfin le silence, cette «règle élémentaire de survie», dans lequel ces Arméniens cachés s’étaient murés. Tandis qu’au centre du livre, les photos de Max Sivaslian donnent un visage à la mémoire, vécue ou transmise, du génocide.

Turcs et Arméniens s’affrontent toujours sur le nombre de victimes en 1915: 300.000 morts, disent les premiers, plus d’un million, répondent les seconds. Doit-on comptabiliser les survivants, les ancêtres de ces crypto-Arméniens? Et si oui, où, dans quelle catégorie?

«Celle des morts», puisqu’ils ne sont comptabilisés nulle part, suggère la sociologue turque Ayse Gül Altinay dans la postface du livre Les petits enfants (Actes sud, 2011). Celle des disparus? L’islamisation forcée vient-elle renforcer la thèse du génocide? Ou au contraire l’atténuer? Questions délicates qui expliquent en partie pourquoi ces secrets de famille sont devenus secret d’Etat.

Autre question: en 2012, combien sont-ils, ces Turcs musulmans qui ont des origines arméniennes, parfois même sans le savoir? En Turquie, au minimum 10 millions, selon une série d’historiens cités par Bared Manok:

«Le chiffrage est d’autant plus difficile que l’islamisation n’a pas concerné que les Arméniens […] [et que] les minorités musulmanes, arabes, kurdes et alévis, ont de leur côté subi une turquification imposée. […] Le discours officiel en Turquie est qu’il y a un seul peuple, caractérisé par l’Islam et le sunnisme: tous les autres ont dû rentrer d’une façon ou d’une autre dans ce cadre.»

L’un des fils de la famille arménienne cachée que j’ai filmée en 2007 ne vit plus au village mais à Istanbul. Dans l’anonymat de la grande ville, il a décidé de se «reconvertir» au christianisme. Ce qui serait impossible, bien trop risqué, pour les siens restés vivre dans la campagne anatolienne.

«Le nombre de “re-conversions” s’est accru», me confirme Luiz Bakar, avocate turque d’origine arménienne qui vit à Istanbul. Elle plaide pour que ces Arméniens reconvertis reprennent des noms arméniens, gardent leur propre langue, leur religion et puissent ainsi revivre leur identité au grand jour en Turquie.

 Voir aussi:

‘Grandma’s Tattoos’: A Riveting Film About the Forgotten Women of Genocide (Trailers)

– Armenian Weekly

September 7, 2011

Director: Suzanne Khardalian

Producer: HB PeA Holmquist Film

Length: 58 min., Sweden

Date of release: September 2011

STOCKHOLM, Sweden—“Grandma Khanoum was not like everyone else. As a child I remember her as a wicked woman. She despised physical contact. This was a grandma who never hugged, gave no kisses. And she wore those gloves, which hid her hands and the tattoos. They hid her secret.” This is how Suzanne Khardalian describes her grandmother.

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Grandma Khanoum

Khardalian is the director and producer of riveting new film called “Grandma’s Tattoos” that lifts the veil of thousands of forgotten women—survivors of the Armenian Genocide—who were forced into prostitution and tattooed to distinguish them from the locals.

“As a child I thought these were devilish signs that came from a dark world. They stirred fear in me. What were these tattoos? Who had done them, and why? But the tattoos on grandma’s hands and face were a taboo. They never spoke about it,” explains Khardalian.

“Grandma’s Tattoos” is a journey into the secrets of the family. Eventually, the secret behind Grandma Khanoum’s blue marks are revealed.

“Grandma was abducted and kept in slavery for many years somewhere in Turkey. She was also forcibly marked—tattooed—as property, the same way you mark cattle. The discovery of the story has shaken me. I share the shame, the guilt, and anger that infected my grandma’s life. Grandma Khanoum’s fate was not an aberration. On the contrary, tens of thousands of Armenian children and teenagers were raped and abducted, kept in slavery,” she explains.

In 1919, just at the end of World War I, the Allied forces reclaimed 90,819 Armenian young girls and children who, during the war years, were forced to become prostitutes to survive, or had given birth to children after forced or arranged marriages or rape. Many of these women were tattooed as a sign that they belonged to abductor. European and American missionaries organized help and saved thousands of refugees who were later scattered all over the world to places like Beirut, Marseille, and Fresno.

The story of “Grandma’s Tattoos” is a personal film about what happened to many Armenian women during the genocide. It is a ghost story—with the ghosts of the tattooed women haunting us—and a mystery film, where many taboos are broken. As no one wants to tell the real and whole story, and in order to bring the pieces of the puzzle together, the director makes us move between different times and space, from today’s Sweden to Khardalian’s childhood in Beirut.

0 ‘Grandma’s Tattoos’: A Riveting Film About the Forgotten Women of Genocide (Trailers)

In the film we meet Grandma Khantoum’s sister, 98-year-old Lucia, who lives in Hollywood. Lucia, too, has those odd tattoos. She is willing to tell us only a part of the story. We also meet with Aunt Marie, Grandma’s only still-living child in Beirut. But Aunt Marie doesn’t know the whole story either. Grandma has never told it to her. It was forbidden to talk about the “unspeakable.” Aunt Marie has the same unpleasant memories as the rest of the family.

It’s finally Khardalian’s mother who tells the story about Grandma Khanoum, and about the Kurdish man who was supposed to help her grandma escape the killings but instead decided to abduct her and keep her as his concubine. Grandma was only a child then. She had just turned 12 The words “Mummy, mummy help me” is the sentence that haunts Suzanne and her family.

0 ‘Grandma’s Tattoos’: A Riveting Film About the Forgotten Women of Genocide (Trailers)

About the Director

Suzanne Khardalian is an independent filmmaker and writer. She studied journalism in Beirut and Paris and worked as a journalist in Paris until 1985, when she started to work on films. She also holds a master’s degree in international law and diplomacy from the Fletcher School at Tufts University, and contributes articles to different journals. She has directed more than 20 films that have been shown both in Europe and the U.S. They include “Back to Ararat” (1988), “Unsafe Ground” (1993), “The Lion from Gaza” (1996), “Her Armenian Prince” (1997), “From Opium to Chrysanthemums” (2000), “Where Lies My Victory” (2002), “I Hate Dogs” (2005), “Bullshit” (2006), and “Young Freud in Gaza” (2009).

Producer

PeA Holmquist Film is a production company established in 1973.The company has been producing films mostly for Scandinavian TV channels often with Scandinavian co-producers. Several films have been sold all over the world.

Article printed from Armenian Weekly: http://www.armenianweekly.com

 Voir enfin:

FORCED CONVERSION IS GENOCIDE: The tale of Aintoura’s Armenian orphans

Ninety-three years after the end of World War I, a Lebanese Armenian researcher has discovered additional proof of the first genocide of the 20th century at the Aintoura Lazarist College in Mount Lebanon. A visit to the college of Saint Joseph Aintoura reveals the history of the Jesuits who settled in Aintoura over 350 years ago; in addition to a magnificent monastery, there is also tragic evidence of the Armenian genocide of 1915. The remains of more than 300 children, now only bones, lie in a small grave behind Aintoura’s grand 19th-century chapel, which has been brought to light over five years of research by Missak Kelechian, an electrical engineer from California, who began the project as a pastime. The children buried in the grave were Armenian orphans who, having survived the genocide, were transferred by Turkish authorities to Aintoura, only to suffer neglect and violence. “It has been recorded and written how the children were beaten with the falaqa [a rod to discipline children], and many of them died from starvation, cholera and forceful attempts to ‘Turkify’ them,” said Kelechian.

The tale of Aintoura’s Armenian orphans

Van Meguerditchian

The Daily Star

April 29, 2011

AINTOURA: Ninety-three years after the end of World War I, a Lebanese Armenian researcher has discovered additional proof of the first genocide of the 20th century at the Aintoura Lazarist College in Mount Lebanon.

A visit to the college of Saint Joseph Aintoura reveals the history of the Jesuits who settled in Aintoura over 350 years ago; in addition to a magnificent monastery, there is also tragic evidence of the Armenian genocide of 1915.

The remains of more than 300 children, now only bones, lie in a small grave behind Aintoura’s grand 19th-century chapel, which has been brought to light over five years of research by Missak Kelechian, an electrical engineer from California, who began the project as a pastime.

The children buried in the grave were Armenian orphans who, having survived the genocide, were transferred by Turkish authorities to Aintoura, only to suffer neglect and violence.

“It has been recorded and written how the children were beaten with the falaqa [a rod to discipline children], and many of them died from starvation, cholera and forceful attempts to ‘Turkify’ them,” said Kelechian.

While hundreds of orphans, aged 3 to 15, survived the systematic massacres of the Armenians in 1915, many of them arrived in Ottoman-controlled Aintoura to be given new Turkish names and forcefully converted to Islam.

The infamous architect of the genocide, Jamal Pasha, walked on the stairs that still stand at the gate of Aintoura College and was responsible for assigning Halide Edip Adivar to oversee the program of “Turkification.”

Adivar was Turkey’s first feminist and a famous novelist who was elected to Turkey’s Parliament in 1950.

Kelechian told The Daily Star that he came across a photograph of Adivar and Pasha in Stanley Kerr’s book, The Lions of Marash.

“This picture triggered [in me an interest] to visit the Aintoura College,” he said.

Over the past five years, Kelechian has been on a quest to locate the grave and meet descendants of survivors. He is still working with several archivists in Lebanon and the United States to track down and study more documents related to fate of the surviving orphans.

“To my surprise, during my visit to Aintoura in 2005, the archivist of the school had gathered and stored all documents related to the occupation of the college by the Turks and the arrival of around 1,200 orphans, among them Armenians and Kurds,” he noted.

The book by Kerr, who was a volunteer of the American Near East Relief agency, did not provide enough information for Kelechian to locate the burial place of the Armenian orphans. “The documents I found at the library of the Aintoura College led me to another finding: accounts written in a book by Karnig Panian,” said Kelechian.

Kelechian said that Panian’s writings helped him locate the mass graves of around 350 Armenian orphans. A survivor of the Armenian genocide and the “Turkification” at the Aintoura orphanage, Panian described how the Turkish authorities buried several children per week behind the college chapel.

“I was informed by the college’s administration that construction workers in 1993 had unearthed many decaying bones in the area described by Panian in his book,” Kelechian explained.

In his book, Panian also described how more than 1,000 orphans had to recite daily “Long Live General Pasha,” as the Turkish flag was lowered in the school’s courtyard. An article from 1947 written by the head priest at the Lazarite Aintoura College, Emile Joppin, described how Armenian orphans were forcefully converted to Islam. According to accounts recorded by Lazarist teachers at Aintoura, children received punishments for speaking Armenian or Kurdish.

According to Kelechian, he recently discovered that the bishop of Saint Jacob’s Church in Achrafieh is the son of another Armenian orphan from Aintoura. “It’s as odd as it can get; the bishop’s father, Sarkis Kerkezian, was given a Turkish name [Antakli Ibrahim] and was chosen to be a muezzin [a chosen person to lead the call to prayer],” Kelechian added.

While Turkey continues to deny the genocide against the Armenians, describing the massacres as part of brutal reality of World War I, “Turkifying” children and depriving them of their identity alone is considered genocide by Article II of the 1951 UN Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide.

According to the convention, genocide is “to destroy in whole or in part, a national, ethnical, racial or religious group,” including “forcibly transferring children of the group to another group.”

More than 150,000 Armenian children became orphans as a result of Ottoman policies. Many of these orphans continued their lives in several “Turkification” centers throughout the Middle East.

In a letter to his father in the United States, the former president of the American University of Beirut, Bayard Dodge, also described how hundreds of Armenian and Kurdish orphans were brought down from the north and settled at Aintoura College.

Another survivor of the orphanage, Haroutioun Alboyadjian, was 11 when he managed to escape from Aintoura. According to Kelechian, Alboyadjian has also written extensively on his experience and has disclosed how a Turkish medical officer disobeyed orders on the eve of Ottoman withdrawal from Aintoura to poison the last dinner of the orphans.

For Kelechian, despite the systematic plans to carry out atrocities against the Armenians, there were many Turks who helped save hundreds of Armenian lives.

“After the withdrawal of Turkish troops, the Turkish officer [Reza Bey], who refused to poison the children, helped them to recover their original Armenian names.

“When he asked one of the orphans, ‘Enver, tell me your real name, the child replied: Toros,’ and many others recovered their names as well.”

Kelechian also said that Turkey’s continued denial of the genocide is hurting the country’s image and is a disservice to the new generation of Turks.

“The Turkish government’s policy is denying Armenians [the chance] to praise the good work of the Turkish people,” Kelechian added.

The head of Saint Joseph College in Aintoura, Father Antoine Pierre Nakad, told The Daily Star that even when he was still a student at the school, the priests and the teachers talked about the Armenian orphans who had once crowded the dormitory.

“This is a historical fact and everyone should know what happened at this historic college,” he said.

According to Nakad, the Turkish blockade resulted in diseases such as cholera and many orphans died from starvation. “There are currently around 4,000 students in Aintoura College and apart from their regular classes, they are taught about the history of the school,” Nakad added.

Today, a giant traditional Armenian stone cross and a bronze statue of a 10-year-old boy stands on the site of the mass grave of the Armenian orphans at Aintoura College, which was donated by Harout Katchadourian, the founder of the Armenian Choir, Kohar.

Earlier this week, a group of more than 200 Armenian Lebanese headed by Ararat Association’s President Krikor Keushgerian, visited the site to mark the 96th commemoration of the Armenian genocide. An official delegation of Lebanese ministers and MPs will join the Armenian Catholic community on May 7 for a Mass at Aintoura.

A version of this article appeared in the print edition of The Daily Star on April 29, 2011, on page 3.

Read more: http://www.dailystar.com.lb/Apr/29/The-tale-of-Aintouras-Armenian-orphans.ashx#ixzz1szjIkqBx

(The Daily Star :: Lebanon News :: http://www.dailystar.com.lb)


Printemps arabe: Sommes-nous prêts pour 70 ans d’islamisme? (Rare clear-eyed French-Egyptian Jesuit spells out the West’s dilemma over the inescapable islamization of the Arab world)

7 juillet, 2011
dangerous-democracy-1Combattez les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’incroyants et jusqu’à ce que tous croient en Allah. Le Coran (8 :39)
 Si dialoguer signifie négocier pour qu’on vous tolère une place pas trop mauvaise, c’est-à-dire pour qu’on vous laisse disparaître en douceur, alors ce sont les chrétiens qui n’ont pas d’avenir. Rémy Brague
Le bio a été saturé de vertus et pourtant il il n’est pas forcément plus sûr que les prodiuits conventionnels. Jocelyn Raude (spécialiste des crises alimentaires)
In fact, far from eliminating radicalization, there is reason to believe that Western values can actually exacerbate Islamist tendencies. (…) Nor should any of this be surprising: a set of noble principles articulated through a fascistic paradigm can produce abominations. Raymond Ibrahim
Nous imaginons, parce que la Guerre froide est finie en Europe, que toute la série de luttes qui ont commencé avec la Première guerre mondiale et qui sont passées par différents mouvements totalitaires — fasciste, nazi et communiste — était finalement terminée. (…) Hors de la Première guerre mondiale est venue une série de révoltes contre la civilisation libérale. Ces révoltes accusaient la civilisation libérale d’être non seulement hypocrite ou en faillite, mais d’être en fait la grande source du mal ou de la souffrance dans le monde. (…)  l’islamisme et un certain genre de pan-arabisme dans les mondes arabe et musulman sont vraiment d’autres branches de la même impulsion. Mussolini a mis en scène sa marche sur Rome en 1922 afin de créer une société totalitaire parfaite qui allait être la résurrection de l’empire romain. En 1928, en Egypte, de l’autre côté de la Méditerranée, s’est créée la secte des Frères musulmans afin de ressusciter le Califat antique de l’empire arabe du 7ème siècle, de même avec l’idée de créer une société parfaite des temps modernes. Bien que ces deux mouvements aient été tout à fait différents, ils étaient d’une certaine manière semblables. (…) Le fascisme en Italie est arrivé au pouvoir en 1922 et il est demeuré puissant jusqu’à ce qu’il soit renversé par les Américains et les Anglais. L’islamisme est arrivé au pouvoir en divers endroits, commençant en 1979 avec l’Ajatollah Khomeini en Iran. Le baasisme est encore une autre variante de la même chose, et probablement que dans les jours à venir, en Irak, il sera renversé par les mêmes Américains et Anglais qui ont renversé Mussolini. L’islamisme est arrivé au pouvoir en Iran en 1979, et la révolution islamique en Iran était une vraie force mondiale. Alors l’islamisme est arrivé au pouvoir au Soudan et en Afghanistan, et pendant un moment il a semblé progressé tout à fait bien. Les Iraniens sont chi’ites et les autres pays sont sunnites, donc ce sont des dénominations différentes de l’Islam. Mais, cependant, c’était un mouvement qui jusqu’à récemment semblait avancer d’une manière traditionnelle — c’est-à-dire par la capture d’Etats. (…) De même que les progressistes européens et américains doutaient des menaces de Hitler et de Staline, les Occidentaux éclairés sont aujourd’hui en danger de manquer l’urgence des idéologies violentes issues du monde musulman. Paul Berman
De même que longtemps les intellectuels demeurèrent dans la cécité volontaire devant l’épouvante que transportait la forme prise dans l’histoire par l’idéal communiste, sous prétexte que cet idéal concentrait l’espoir des malheureux, de même cette posture de cécité volontaire trouve sa reprise depuis les attentats de New York, mais par rapport à l’islam. Sous le même prétexte : l’islam est aujourd’hui la foi des opprimés comme le communisme l’était hier, ce qui justifie l’islamophilie contemporaine par la même tournure d’esprit que se justifiait la soviétophilie d’hier. Robert Redeker
Roy (…) relève (…) avec justesse que l’Islam fondamentaliste est une forme de modernisation. Contrairement à une supposition courante, ce fondamentalisme n’est pas médiéval dans l’esprit mais constitue bien une forme de protestation résolument moderne. Pour reprendre la formulation élégante de Roy, c’est «la charia plus l’électricité». Roy constate également avec raison que l’Islam fondamentaliste ne peut pas fonctionner: il n’y a aucune chance que son programme se révèle utile aux Musulmans ou qu’ils s’y accrochent durablement. À mesure que les Musulmans reconnaîtront le dysfonctionnement élémentaire du fondamentalisme, ils l’abandonneront. Ici, toutefois, Roy rate le coche: la réalisation du fait que le fondamentalisme ne fonctionne pas pourrait prendre des années, voire des décennies. Entre-temps, comme le montre l’exemple antérieur du marxisme-léninisme, les régimes touchés peuvent infliger des sévices terribles à leurs propres populations et au reste du monde. Les mollahs iraniens ont goûté au pouvoir et semblent l’apprécier; nous devons nous attendre à ce qu’ils fournissent de gros efforts pour conserver le contrôle de leur pays. Mais la notion la plus incroyablement faussée du livre de Roy est contenue dans sa thèse sur l’échec de l’Islam fondamentaliste. Il semble croire que parce que les fondamentalistes n’ont pas encore envahi le monde musulman, il est exclu qu’ils y parviennent jamais. C’est un peu comme un analyste de 1933 qui aurait affirmé, 16 ans après le coup bolchevique, que «la révolution est derrière nous» parce que le communisme n’avait encore pu prendre le pouvoir que dans deux pays (le deuxième étant la Mongolie), et n’y avait même pas encore réalisé ses idéaux socialistes. Cette conclusion, bien sûr, aurait constitué une profonde erreur. Une erreur que Roy commet aujourd’hui, 16 ans après la révolution iranienne. En fait, l’erreur de Roy est d’ores et déjà manifeste. La version française de son livre a été publiée en octobre 1992, et les trois dernières années ont bien montré à quel point il avait totalement mésestimé la situation en Algérie. Il s’attendait à une dilution du mouvement dans l’insignifiance. Si le FIS arrive au pouvoir en Algérie, prédisait-il, il «n’inventera pas une nouvelle société (…) l’Algérie du FIS ne fera rien d’autre que d’ajouter un tchador à l’Algérie du FLN». Aujourd’hui, le FIS a été dépassé par le Groupe islamique armé (GIA). Comme son nom l’indique, le GIA n’est pas constitué d’une réunion de prêcheurs aimables appelant à un réveil des valeurs morales personnelles, mais d’une bande d’assassins. Les nouvelles de leurs méfaits nous parviennent presque quotidiennement d’Alger. Ils sont spécialisés dans le meurtre d’enfants d’officiers de police, de femmes sans voile, de journalistes non accommodants et d’étrangers non musulmans. Ils tuent leurs victimes par des procédés particulièrement horribles, tels que l’égorgement et la décapitation. Comme au Cambodge, où les Khmers rouges s’attaquaient à toutes les personnes instruites et occidentalisées, en Algérie, parler le français ou porter un costume à l’occidentale transforme quiconque en une victime potentielle. Comparée aux exactions de la guerre culturelle algérienne, la révolution iranienne était un jeu d’enfant. Le GIA et les siens apportent un désaveu irrémédiable à la prédiction de Roy selon laquelle le fondamentalisme serait en cours d’apprivoisement. Daniel Pipes (1995)
Je ne crois guère au développement d’un terrorisme de masse. (…) Je ne pense donc pas, contrairement à certains, que nous verrons des actes terroristes entraînant des milliers de victimes. Pascal Boniface (mai 2001)
La liberté d’expression est dans tous les pays occidentaux d’ores et déjà limitée (…) en 2005, l’Eglise catholique de France a obtenu le retrait d’une publicité utilisant la Cène, mais remplaçant les apôtres par des femmes court vêtues. Cela relève exactement de la même démarche qu’entreprennent les associations musulmanes aujourd’hui. (…) Aucun grand journal ne publierait des caricatures se moquant des aveugles, des nains, des homosexuels ou des Tziganes, plus par peur du mauvais goût que de poursuites judiciaires. Mais le mauvais goût passe pour l’islam, parce que l’opinion publique est plus perméable à l’islamophobie (qui très souvent recouvre en fait un rejet de l’immigration). Olivier Roy
Je ne suis pas pessimiste mais il va y avoir quelques années difficiles. Olivier Roy (juin 2011)
 Le passage par l’islamisme est actuellement incontournable dans le monde arabe. Et il faut admettre cette période où l’islamisme va prendre le pouvoir. Pour combien de temps ? Je ne le sais pas. Sans doute jusqu’à ce que les islamistes démontrent qu’ils sont incapables de gérer les vrais problèmes des pays concernés.
Pour [Israël] , il va falloir limiter les dégâts car une relative stabilité va être remise en question si ces États tombent dans la mouvance islamiste. Et, de ce point de vue, il ne faut pas, non plus, oublier l’Iran… (…) Ce qui se joue n’est pas une guerre de religion mais une guerre de civilisation. Il suffit pourtant d’analyser l’histoire. L’islamisme va vers un échec mais cela ne signifie pas qu’il va baisser les armes. En d’autres termes, la faiblesse de l’islamisme est de n’avoir d’autres réponses que celle de la violence.
Je reconnais dans l’islam certaines valeurs, le sens de Dieu, le sens de la prière, la soumission, foi profonde, sens de communauté, mais face à ce qui se passe, je vois ce côté religieux de l’islam malheureusement piégé par le côté totalitaire fasciste de l’islam politique.(…) L’islam est en conflit avec lui-même. Les deux tendances sont là. Les intellectuels et les jeunes incarnent la tendance d’ouverture de l’islam mais ils se heurtent au mur de l’islam radical. Si l’islam radical se réforme, il se dénature. Et comme le mouvement islamiste est fidèle à ses origines, il va vers l’affrontement. C’est donc une alternative tragique.
Les chrétiens étaient 20% au Proche-Orient il y a un siècle. Ils sont 2% aujourd’hui. Il semble que l’islam ait pour objectif de vider la région de toute présence chrétienne. Aujourd’hui, les chrétiens vivent dans l’inquiétude, l’angoisse et la peur d’être attaqués. Beaucoup émigrent ou ne sortent plus, surtout dans les quartiers dangereux, populaires. Mais je ne plaide pas la cause d’une minorité qui est la mienne. Mon combat est pour les chrétiens et pour les musulmans. Il est pour la justice, pour l’égalité et la citoyenneté. C’est là un terrain solide. Je veux que tout être humain ait le droit de choisir en conscience ce qu’il veut croire ou ne pas croire. En ce sens, les chrétiens doivent aujourd’hui prendre fait et cause pour ces révolutions qui vont dans le sens d’un État laïc. Qui ouvrent la porte à un choix libre.
Le problème est que si les révolutions vont dans ce sens, ces pays ne seront plus musulmans, ils seront modernes. Or, un pays moderne en supprimant le religieux de sa Constitution cesse d’être un pays musulman. C’est tout le conflit entre les Frères musulmans et le reste du monde. Henri Boulad (directeur du Centre culturel jésuite d’Alexandrie)

Et si, comme on vient de le voir en Europe avec la nourriture bio, le « printemps arabe » n’apportait pas forcément les vertus dont on l’a jusqu’ici paré ?

A  l’heure où se confirme la piste égyptienne pour la vague d’ intoxications mortelles à la bactérie Ecoli qui vient de toucher l’Europe …

A lire ou relire dans Le Figaro d’il y a une semaine,  cet entretien d’un des rares commentateurs lucides du prétendu « printemps arabe », à savoir celui du directeur du Centre culturel jésuite d’Alexandrie Henri Boulad.

Qui a l’insigne mérite de rappeler, contre les actuelles bondieuseries politiquement correctes et la fumisterie du dialogue entre les religions ou les cultures à la Olivier Roy, l’inévitabilité du passage par l’islamisme pour l’Egypte comme pour le reste du Monde dit arabe.

Et donc l’impossible dilemme de démocraties occidentales, condamnées à soutenir une démocratisation qui à court et moyen terme (70 ans quand même pour le dernier concurrent en lice, un certain bolchévisme!) ne peut déboucher que sur le totalitarisme.

Face à l’impossible choix auquel ne peuvent se résoudre sans se renier les pays musulmans, déchirés entre les aspirations libérales de la fraction la plus avancée de leurs jeunes générations et, sous le contrôle ambigu de l’Armée et avec en sous-main les milliards de l’Arabie saoudite (mais aussi ses troupes au Bahrain), l’attachement indéfectible de masses sous-éduquées et prolétarisées à l’islam qui fait leur identité.

Avec à terme ou en tout cas pendant des années voire des décennies et sans parler du chiisme iranien, non seulement l’accroissement de la menace sur la sécurité d’Israël mais la véritable purification religieuse et probable quasi-extinction, après celle du judaïsme, du christianisme dans la région, passé en un siècle de 20 à 2% …

« Le passage par l’islamisme est incontournable dans le monde arabe »

Jean-Marie Guénois

30/06/2011

INTERVIEW – Henri Boulad est directeur du Centre culturel jésuite d’Alexandrie. Il ne voit pas comment le printemps arabe échapperait à des gouvernements à majorité islamiste. Une transition inévitable, selon lui, avant la démocratisation, car les jeunes révolutionnaires n’aspirent pas à ce modèle de société fondé sur la religion.

LE FIGARO. – Vous êtes né à Alexandrie il y a quatre-vingts ans et connaissez particulièrement l’Égypte. Comment analysez-vous la situation de votre pays ?

Henri Boulad – Cette révolution a été déclenchée par des jeunes de tendance libérale, ouverte et laïque, mais elle a été récupérée dès le quatrième jour par les islamistes. Ils ont écarté les jeunes promoteurs pour les empêcher de parler. Ils ont mis à leur place le cheich al-Qaradawi qu’ils ont fait venir d’Arabie saoudite pour prendre les affaires en main. Cet Égyptien est non seulement un promoteur mais une grande figure de l’islamisme. La situation actuelle est donc celle d’un bras de fer entre deux courants : les Frères musulmans et les jeunes. Les Frères musulmans ont la force, l’organisation, les racines, le financement ; les jeunes sont fragiles mais déterminés.

Les troubles viennent de reprendre, qui va l’emporter ?

Analyser les forces en présence porte au pessimisme. Mais voir les jeunes, dans la rue, continuer la révolution redonne l’espérance. J’essaie de lire cette révolution sur un plan spirituel et théologique. Et je pense au combat entre David et Goliath. Toutes les chances sont du côté de Goliath mais c’est David qui triomphe car l’affrontement entre force et faiblesse n’est pas toujours du côté de la force. Cela dit, on aura probablement un gouvernement Frères musulmans dans un avenir proche avec un programme qui ira dans le sens de la charia. Mais la démocratisation s’imposera dans un second temps même si elle sera difficile à acquérir car les islamistes ne vont pas démordre.

Vous n’évoquez pas l’armée égyptienne : n’est-elle pas dans un rôle d’arbitre ?

C’est la troisième force et elle permet la transition. Sans elle, l’anarchie régnerait. Ce serait la guerre civile. Il faut donc se réjouir de sa présence mais elle joue un rôle ambigu. Elle était neutre au début mais j’ai l’impression qu’une partie de l’armée est passée du côté des Frères musulmans. Pourtant, elle a toujours été connue pour sa tendance laïque et anti-Frères musulmans.

La perspective de l’arrivée au pouvoir d’islamistes en Égypte est donc très sérieuse à vos yeux ?

Le risque est très sérieux en Égypte et dans l’ensemble du monde arabe. À ce titre, j’ai l’impression que l’Arabie saoudite joue un jeu souterrain, subtil. Elle soutient à milliards les Frères musulmans et les salafistes qui sont encore pires… Elle cherche ainsi à enfourcher le mouvement de ces révolutions et à les islamiser. C’est une opportunité en or pour s’emparer de ce souffle et placer des gouvernements islamistes dans tous ces pays. Il faut dire que ces États avaient jusqu’à présent résisté à cette idéologie car tous les islamistes étaient en prison !

Mais sur quoi vous fondez-vous pour penser que l’islamisme ne serait qu’un passage ?

Le passage par l’islamisme est actuellement incontournable dans le monde arabe. Et il faut admettre cette période où l’islamisme va prendre le pouvoir. Pour combien de temps ? Je ne le sais pas. Sans doute jusqu’à ce que les islamistes démontrent qu’ils sont incapables de gérer les vrais problèmes des pays concernés. Car la charia n’a pas de réponses à apporter aux questions sociales et économiques telles qu’elles se posent aux gens de la rue. Nous n’avons pas besoin de réponses religieuses à des questions aussi pragmatiques et concrètes ! Ensuite, je ne vois pas qu’Israël laisse faire les choses sans intervenir d’une manière ou d’une autre. Pour ce pays, il va falloir limiter les dégâts car une relative stabilité va être remise en question si ces États tombent dans la mouvance islamiste. Et, de ce point de vue, il ne faut pas, non plus, oublier l’Iran… Israël a toujours montré sa détermination et on connaît les faucons israéliens. Je pense même qu’il va y avoir une attaque préventive contre l’Iran. Enfin, et surtout, les jeunes, la modernité sont un mouvement irrésistible ! Tôt ou tard, l’esprit l’emportera. On peut retarder le réveil des peuples. On ne peut pas les bloquer définitivement.

Mais comment pouvez-vous concilier ce pessimisme et cet optimisme ?

Je suis pessimiste à court terme mais optimiste à long terme. En ce moment, tout le monde cherche à placer ses pions: l’Amérique, Israël, l’Arabie saoudite, l’ancien régime toujours aux aguets, l’armée qui ne veut pas perdre ses privilèges, les Frères musulmans. Chacun essaye de tirer la couverture à lui. Mais je crois à la force de l’esprit. Napoléon écrivait: «Il y a deux forces qui mènent le monde : l’esprit et le glaive. La plus forte des deux, c’est l’esprit.» Quand un être humain est déterminé à aller jusqu’au bout, il peut renverser des barrières insurmontables. Une idée peut déstabiliser un empire. Ce qui se joue n’est pas une guerre de religion mais une guerre de civilisation. Il suffit pourtant d’analyser l’histoire. L’islamisme va vers un échec mais cela ne signifie pas qu’il va baisser les armes. En d’autres termes, la faiblesse de l’islamisme est de n’avoir d’autres réponses que celle de la violence. Je reconnais dans l’islam certaines valeurs, le sens de Dieu, le sens de la prière, la soumission, foi profonde, sens de communauté, mais face à ce qui se passe, je vois ce côté religieux de l’islam malheureusement piégé par le côté totalitaire fasciste de l’islam politique.

Mais vous dites pourtant que l’islam politique ne peut avoir de longévité électorale…

L’islam est en conflit avec lui-même. Les deux tendances sont là. Les intellectuels et les jeunes incarnent la tendance d’ouverture de l’islam mais ils se heurtent au mur de l’islam radical. Si l’islam radical se réforme, il se dénature. Et comme le mouvement islamiste est fidèle à ses origines, il va vers l’affrontement. C’est donc une alternative tragique.

Le Maroc veut pourtant démontrer le contraire. Et semble y parvenir ?

Le Maroc ? C’est la seule solution mais ce n’est pas l’islam. Et ce n’est pas moi qui l’affirme, ce sont les salafistes. Pour eux, si l’on ne va pas dans cette ligne, les révolutions seront dans l’impasse.

Vous êtes un chrétien, comment voyez-vous l’avenir de cette communauté au Proche-Orient ?

Les chrétiens étaient 20% au Proche-Orient il y a un siècle. Ils sont 2% aujourd’hui. Il semble que l’islam ait pour objectif de vider la région de toute présence chrétienne. Aujourd’hui, les chrétiens vivent dans l’inquiétude, l’angoisse et la peur d’être attaqués. Beaucoup émigrent ou ne sortent plus, surtout dans les quartiers dangereux, populaires. Mais je ne plaide pas la cause d’une minorité qui est la mienne. Mon combat est pour les chrétiens et pour les musulmans. Il est pour la justice, pour l’égalité et la citoyenneté. C’est là un terrain solide. Je veux que tout être humain ait le droit de choisir en conscience ce qu’il veut croire ou ne pas croire. En ce sens, les chrétiens doivent aujourd’hui prendre fait et cause pour ces révolutions qui vont dans le sens d’un État laïc. Qui ouvrent la porte à un choix libre. Mettons un point final à l’emprise du religieux sur la société. Le problème est que si les révolutions vont dans ce sens, ces pays ne seront plus musulmans, ils seront modernes. Or, un pays moderne en supprimant le religieux de sa Constitution cesse d’être un pays musulman. C’est tout le conflit entre les Frères musulmans et le reste du monde.

* Également ancien vice-président de Caritas Internationalis pour le monde arabe

Voir aussi:

Will the Arab Spring bring U.S.-style “culture wars” to the Middle East?

Tom Henegan

Reuters

Jun 21, 201

Where is the Arab Spring leading the Middle East? What will be the longer-term outcome of the popular protests that have shaken the region since the beginning of this year? Of course, it’s still too early to say with any certainty, even in countries such as Tunisia and Egypt that succeeded in toppling their authoritarian regimes. Some trends have emerged, however, and they’re on the agenda at a conference in Venice I’m attending entitled “Medio Oriente verso dove?” (Where is the Middle East heading?). The host is the Oasis Foundation, a group chaired by Cardinal Angelo Scola, the Roman Catholic patriarch of this historic city, and guests include Christian and Muslim religious leaders and academics from the Middle East and Europe.

In one of the most interesting — and hotly debated — presentations, the French Islam specialist Olivier Roy described the Arab Spring as “a break with the culture and ideologies that dominated the Arab world from the 1950s until recently.” It marks a clear change in the demographic, political and religious paradigms operating there, he said. The old dichotomy of the authoritarian regime or the Islamist state has broken down, he argued, and Islam is taking on a new role in the political process. In the end, the region — or at least the states where the Arab Spring brings real change — could see democratic politics marked not by major efforts to establish an Islamic state but by Muslim “culture war” controversies not unlike the way hot-button issues such as abortion and gay marriage emerge in U.S. political debates.

The first trend Roy cited to back up this thesis is the sharp drop in fertility levels in the Arab world since the late 1980s and the 1990s. Several Arab countries, especially those in North Africa, now have birthrates of around two children per woman, close but still above the European average. Tunisia’s birthrate is actually lower than France’s. “The generation that is now on the job market is the last generation of big families,” said Roy, who is now director of the Mediterranean Programme at the European University Institute in Florence. “It’s a generation that has many fewer children and marries much later.”

There is also more equality between men and women because they’ve all been educated, he said, often to a university level. Even with the high unemployment in many countries, this generation of 20- and 30-somethings has less economic pressure to care for their ageing parents (because there are still many siblings) or for their own families (because they’re not having as many babies).

For these young Arabs, the older generation is no longer a model to follow. The system they set up has failed. So, Roy said, the younger generation “feels in a sense superior to its parents. It’s a generation that’s not fascinated by the patriarchalism that dominated political and social life until now. It doesn’t believe in charismatic personalities. We are no longer in a period of charismatic leaders like (Iranian Ayatollah Ruhollah) Khomeini or (Egyptian nationalist leader Gamal) Nasser.” Added to that are factors such as the new mobility and access to information that young Arabs have, which means they are no longer subject to the information monopoly formerly enjoyed by the political and religious authorities.

“This will translate into a change in the political paradigm,” Roy said. “Today the protesters are asking for full rights as citizens, which is an individualist demand … There are no more sacred causes. Islamism was not mentioned in the protests. Pan-Arabism not mentioned. Support for the people of Palestine not mentioned. At the moment, they want liberty and democracy for themselves.” Because protesting youths want their individual rights, they’re not forming political parties. “That’s a problem because if one wants to institutionalise democracy, one needs political parties. But we see that these youths are not interested in creating a political party.”

The parties that are operating in Tunisia and Egypt are the ones that already existed, including the Islamist parties Ennahda and the Muslim Brotherhood. But they do not attract that many youths, said Roy (who foresaw this development in his 1992 book The Failure of Political Islam). Why not? “The Islamic revolutions aren’t working. They can take power but, as we can see in Iran every day, they have not succeeded in creating social justice, happiness and prosperity. Whatever the form of Islamic state — Islamic revolution in Iran, sharia in Pakistan, sharia in Saudi Arabia — it doesn’t work and the people know it.”

Roy said some Islamist parties — notably those in Tunisia, Egypt, Jordan and especially Turkey — had changed in opposition and realised they had to make electoral alliances with other groups if they wanted to win votes. “It’s no longer enough to say the Koran is our constitution,” he said. “There is a consensus now to want a parliamentary system. So there is a new political paradigm, even if not everybody says the same thing.”

One signpost of the shift from the old collective way of approaching politics toward the new and more individualistic one is a change in slogans, Roy said. “Dignity is the new slogan,” he explained. “During the Iranian Islamic revolution, they spoke a lot about honour. Dignity is an individual question that concerns the human being as an absolute. Honour is much closer to the honour of the group. This change of terminology illustrates well the change of the vision of politics.”

As for the change in religious paradigm, the standard Western view that democratisation leads to secularisation apparently does not apply in the Arab world. Instead, Roy said, Arab societies have seen a revival of religion in the past three decades, but religion has also become more diversified. Sufi fraternities have returned in Egypt. Some youths follow popular religious leaders such as the Egyptian “telemufti” Amr Khaled. Conversions of Muslims to evangelical Protestantism are on the rise in Algeria. “We see a diversification of religious practices that goes with individualisation of the society. Both the Islamists and the official clergy have a hard time controlling this diversification of religious sphere.”

All these changes are bound to foster a “party of order” that emerges in these transforming societies and argues that change has been fine so far but it must not go any further, Roy said. “The army will be in this group, some Islamists such as Egypt’s Muslim Brotherhood too, and of course business circles.” These groups have achieved their goal, which was the end of the corrupt regime of the dictators, and now want peace and quiet again. But some pressing social problems remain and the Islamists, the main organised opposition force in many countries, has nothing to offer here.

“We will see a return of the left in the Arab world, especially the trade unions. Unions will play an important role,” he said. “In the coming elections, I would expect a conservative wave. Lots of peasants will vote conservative. Those disappointed by the revolution will vote conservative. So we will see a conservative movement.”

As for Islam, Roy argued that it will become an essential issue. “The Islamist movements can’t renounce their Islamic political demands, otherwise they would not exist,” he explained. “But how can one bring Islam into the public sphere in a democratic system? We can expect them to define limits and barriers to set off what is sacred and cannot be touched, regardless of the democratic will.” There is a consensus across the region to say that Islam is an essential part of the national identity, but there is a difference between making just a symbolic reference to Islam in the constitution and making adherence to Islamic law a political principle. “They can’t install sharia,” Roy said. “So I think the conservative Islamists and Salafis will concentrate on certain themes like blasphemy. This is political. Blasphemy indicates the limits that cannot be passed, that even parliament or elections cannot touch.”

But the trend towards more individual rights will project the calls for political liberty into the religious sphere, making freedom of religion a human right that citizens can demand. Roy said this will not be like the old method of demanding minority rights for persecuted non-Muslim religious communities such as Christians. Many Islamists could agree that minorities had certain rights, he said. “But when you pass from paradigm of religious group = closed community to the problem of religion and individual liberty, that changes everything. The right to conversion will become a political demand. We have to expect a huge debate about that and we shouldn’t be afraid of it.”

Here’s where Roy’s argument links into the “culture war” model in U.S. politics, which conservative Christian politicians use to mobilise voters by focusing narrowly on polarising issues such as abortion or gay marriage that highlight conflicting values. “These debates in the Middle East will not be that far away from those we know in the West,” he said. “Take the example of the evangelicals in the United States. They don’t demand a Christian society. They battle it out over very concrete questions like abortion. In the Muslim world, we’ll have a debate dominated by very concrete but very symbolic issues, including conversion and apostasy.”

The prospect is daunting, but Roy professes not to be pessimistic about it. “I think we’ll have several difficult years,” he admits. But the debate will be worth having, he said, especially because it holds the potential for transforming the Islamists as they participate in it. Christian minorities in the Middle East cannot rest assured, however, since their status as closed and (at least legally) protected religious communities will also be transformed by this new approach.

“Here we enter into a paradox,” said Roy, who first outlined and analysed this shift in his 2008 book Holy Ignorance. “We will not be able to think of religious belonging simply as identity but in terms of faith and individual choice,” he said. “It’s a new type of problem. But it’s one that goes very well with the democratisation of societies in Muslim world.

Several participants from the Middle East disagreed with Roy’s analysis, calling it “too theoretical” (even “too French”!). Some said that Muslim societies would not change, others that they have been changing in recent decades, but in a more conservative direction rather than opening up to individualism the way Roy described it. One can always find specific examples where the analysis doesn’t apply, but I think that modern individualism as we see in Western countries is a very powerful force. We see it at work in the demand for civil rights and human rights in the political and legal spheres and the demand for personal choice in many moral and bioethical questions such as abortion and end-of-life decisions. We see it addressed by the non-stop bombardment of advertising for individual consumption we get in the media. How can something that appeals so strongly to individuals and underdog interest groups and fits well into the mechanisms of consumer society not catch on in any society that reaches a certain level of economic development and political freedom?

What do you think? Let us know in the comments section below.


Délinquance/immigration: C’est la culture, imbécile! (French sociologist finally stumbles onto his country’s underclass)

20 septembre, 2010

On gagnerait sans doute beaucoup de temps à dépasser cette logique ethnique pour utiliser les outils de la démographie. Par nature, les populations migrantes sont plus jeunes et plus souvent masculines. Or les jeunes mâles (quelle que soit leur origine) sont par définition plus actifs que les vieilles dames … Alain Bauer
Avec la crise économique dans mon pays, peu d’hommes peuvent entretenir plusieurs épouses. En France, c’est différent, tous ces enfants sont une source de revenus. Oumar Dicko (ministre chargé des Maliens de l’extérieur)
La multitude d’épouses est une preuve de prospérité. Abdoulaye Doumbia
C’est Dieu qui nous le permet. Nous avons le droit d’avoir quatre femmes. Dans votre pays, les hommes ont des maîtresses. Nous, nous préférons les épouser. K (ouvrier malien bigame)
Après des décennies ici, certaines familles vivent encore comme au pays, car personne n’a jugé bon de leur expliquer comment vivre en France. N’diaye Sylla (Association pour la promotion de la langue et de la culture soninké)
Il faut durcir la loi et retirer les cartes de résident aux hommes. Les femmes, dans leur grande majorité, ne supportent pas de vivre avec d’autres épouses. Mais elles n’ont pas le choix et se soumettent à la décision du mari. Keita (mère malienne de cinq enfants, Clichy-sous-Bois)
Voir la CAF du département gaver ces familles de prestations sans essayer d’apporter des réponses autres que financières est désolant. D’autant plus que ces aides sont parfois un frein à l’intégration. Militante sociale de Montfermeil
On les scotche aux alloc’ alors qu’il faudrait d’abord leur apprendre le français. C’est presque du racisme. Militants associatifs
Mariés chacun à deux épouses, ils avaient à eux deux 40 enfants, la plupart inscrits dans la même école. Nous avons mis un an à les convaincre de disperser les gamins dans différents établissements scolaires. Les deux pères voulaient qu’on leur trouve un grand appartement pour continuer à vivre tous ensemble. J’ai refusé fermement: non seulement nous n’avons pas de 15-pièces, mais, en plus, la famille coûtait déjà une fortune à la commune. Jean-Pierre Brard (maire de Montreuil, au sujet de deux jumeaux maliens polygames)
On était d’accord avec l’anthropologue Tobie Nathan, la Ligue des droits de l’homme, SOS Racisme… il était de bon ton d’accepter toutes les coutumes, y compris la polygamie, en France. Claudette Bodin (association Afrique partenaires services)
J’en ai marre de voir toujours les mêmes prôner la solidarité, mais chez les autres. Jean-Pierre Brard (maire de Montreuil)
Dans les pays occidentaux, nous avons partout ce système d’allocations sociales qui est à peine utilisé par la population locale. D’un autre côté, il y a cette population immigrante dont les femmes ne peuvent être compétitives sur le marché du travail local. Pour les Danoises et les Allemandes, les allocations sont trop faibles pour être attractives. Pas pour les immigrants. Ce que l’on voit donc en Angleterre, en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, ce sont des femmes issues de l’immigration qui complètent leur éventuel petit salaire par les deniers publics. Ce n’est pas un revenu extraordinaire, mais ça leur suffit. Et cela crée un genre de « carrière » réservé aux femmes, un modèle que leurs filles suivront.
Mais les fils n’ont pas ce choix. Ils ont grandi dans les basses couches de la société, sans les compétences intellectuelles nécessaires pour améliorer leur position. Ce sont ces garçons qui mettent le feu à Paris, ou dans des quartiers de Brême. Certains d’entre eux parviennent jusqu’à l’université et deviennent des leaders pour les autres – pas des pauvres, mais de jeunes hommes de rang social peu élevé, qui croient être opprimés à cause de leur confession musulmane, alors qu’en réalité c’est le système social qui a créé cette classe de perdants. Gunnar Heinsohn
On nous demandait de ne citer aucun prénom. C’était considéré comme trop stigmatisant. Communicant sous Jospin
Pendant les émeutes, beaucoup d’observateurs ont signalé que les jeunes Noirs étaient aussi nombreux que les jeunes Maghrébins. Cela traduit, en réalité, une surreprésentation, dans la mesure où les premiers sont quatre fois moins nombreux sur le territoire. Il ne s’agit pas d’un problème de couleur de peau mais des conditions dans lesquelles s’opère l’éducation de ces jeunes. Hugues Lagrange (juin 2006)
Pour des niveaux sociaux équivalents, le sociologue constate aussi que « les adolescents éduqués dans des familles du Sahel sont trois à quatre fois plus souvent impliqués comme auteurs de délits que les adolescents de famille autochtone, et le sont aussi deux fois plus que les adolescents d’origine maghrébine. Le Monde

Surcroît d’inconduites des jeunes, absentéisme et mauvais résultats scolaires, « surmises en cause » par la police …

Origine rurale, sous-qualification, illetrisme, surautoritarisme des pères (« education par les coups » au moment ou celle-ci est condamnée par l’école comme maltraitance), faible niveau culturel et sous-emploi des mères, polygamie, surfécondité et tres larges fratries, concentrations dans certaines villes (pres de 31% des jeunes de moins de 18 ans a Grigny contre 3% pour la France entiere) …

Alors que nos belles ames de gauche n’arretent pas de fustiger un gouvernement qui se décide enfin, sondages et échéances électorales obligent,  à prendre au sérieux la délinquance et le secret de polichinelle de l’évident lien immigration/surdélinquance

Enfin un sociologue qui, apres son collegue Sébastian Roché mais avec 2 ou 3 émeutes raciales de retard, ose (timidement) lever le tabou des tabous (jusque meme aux statistiques!) de l’origine ethnique (pardon: « culturelle ») des populations surdelinquantes (« Le deni des cultures », Hugues Lagrange).

Et rappeler l’évidence que, contre l’irénisme de la gauche bien-pensante et comme pour les Roms, « tous les immigrés n’éprouvent pas les mêmes difficultés » selon leurs origines ethniques et les modes différents  de socialisation, rapports hommes-femmes, modèles éducatifs ou « demographie » que celles-ci induisent.

Et notamment les derniers arrivés que sont les Africains du Sahel (Sénegal, Mali, Mauritanie. concentres depuis les annees 80 dans les villes peripheriques de la region parisienne) qui,  plus ruraux, patriarcaux, souvent illettrés et islamises, cumulent à statut social comparable plus grandes difficultés scolaires et surdélinquance des jeunes…

Polémique

Le poids des origines ethniques et la délinquance

Julie Joly

L’Express

le 14/09/2010 à 10:53

Le sociologue Hugues Lagrange livre en exclusivité les résultats de ses recherches sur les facteurs de délinquance. Un travail qui balaie hypocrisies et idées reçues.

Attention, cet homme n’est pas un provocateur médiatique – Eric Zemmour ne compte pas parmi ses amis. Il ne se classe pas non plus au rang des bien-pensants. Tandis qu’idéologues et militants se déchirent autour des Roms, des menaces intégristes, de l’identité nationale et des banlieues sensibles, Hugues Lagrange, sociologue investi, chercheur au CNRS, spécialiste de la violence et des politiques de la ville, le dit sans tomber de sa chaise: « Refuser de s’intéresser aux origines culturelles des délinquants est une hypocrisie. » Le propos est tranché, à rebours des précautions d’usage. Le spécialiste l’assume, après huit années d’une enquête inédite et scrupuleuse, au plus près des Français d’origine étrangère – du Bassin parisien à la banlieue nantaise. Surtout, il l’explique, comme personne avant lui, dans un livre limpide publié le 16 septembre, Le Déni des cultures (Seuil). Une oeuvre de salut public, en ces temps d’amalgames, sinon d’aveuglements.

Hugues Lagrange, chercheur au CNRS, auteur du livre « Le Déni des Cultures » paru aux Editions du Seuil, ici à la Maison des Sciences de l’Homme à Paris.

En ce jour de grève nationale, l’homme qui ouvre sans un bruit les portes d’un bureau parisien étriqué, au quatrième étage de la Maison des sciences de l’homme, revient d’un footing digestif. Sans doute faut-il avoir l’estomac solide avant d’asséner autant de vérités crues. Oui, affirme ce chantre de la tolérance, les émeutiers de 2005 et 2007 sont majoritairement de jeunes Noirs ayant grandi dans les cités. Traumatisée par un passé colonial qu’elle refuse de sonder, « la France se berce de refrains antiracistes et refuse la réalité ». Oui, les familles pauvres musulmanes, africaines ou encore maghrébines, sont des familles nombreuses et leurs enfants plus souvent déstructurés, séduits par l’islam radical ou tentés par la violence. Ils sont aussi plus dépressifs. Non, ils ne souffrent pas d’un manque d’autorité, mais d’un excès d’autoritarisme. Et non, l’école égalitaire et les valeurs universelles ne sont pas acces- sibles à tous. Pas plus que l’assimilation n’est un rêve partagé. Ni la polygamie un crime, mais une tradition désastreuse aggravée par l’exil…

Hugues Lagrange n’a que faire de heurter les bonnes âmes. Lui-même reconnaît avoir longtemps posé le problème à l’envers: « J’avais moi aussi une vision globale stupide des Français d’origine étrangère, dit-il. Je croyais qu’une politique égalitaire était la seule possible. Je réalise aujourd’hui combien les héritages culturels, la langue, la structure familiale, pèsent sur les individus. » Près de dix ans passés à interroger les migrants, les enseignants de ZEP, les acteurs de terrain lui ont ouvert les yeux. Et permis de comprendre.

Qui s’intéresse à la place des mères?

Comprendre quoi? Qu’un enfant pauvre d’origine malienne a plus de risques de décrocher que les autres au primaire, par exemple. Certainement pas parce qu’il est noir, ni musulman, ni moins doué. Mais parce qu’il s’est construit autour de valeurs familiales bancales, que la plupart de ses voisins « de souche » ignorent. « Dans les familles subsahariennes arrivées récemment en France, près de 30% des hommes mariés sont polygames », constate sobrement le spécialiste. Les femmes sont aussi jusqu’à quinze ans plus jeunes que leur mari et ont chacune, en moyenne, entre 6 et 7 enfants. Lesquels sont, culturellement encore, généralement livrés à eux-mêmes avant d’avoir atteint l’âge de trois ans… Autant dire qu’ils entrent à l’école de la République désarmés. Faute d’encadrement spécifique, ils en sortiront détruits.

La gauche prétend créer une société de Bisounours

Notre modèle méritocratique ne s’embarrasse pas de ce genre de nuances. Qui s’intéresse à la place des mères dans ces mêmes familles africaines, turques, maghrébines, repliées sur leurs traditions? Contrairement aux idées reçues, très peu élèvent seules leurs enfants. En revanche, à la maison, le père seul incarne l’autorité. Au pays, les solidarités villageoises rétablissent une sorte d’équilibre au sein des couples. Mais, en France, ces patriarches ne peuvent plus compter que sur eux-mêmes et sombrent le plus souvent dans un autoritarisme implacable. Répétant le même scénario infernal: mères disqualifiées, filles soumises et garçons hors de contrôle.

On laisse se propager les contrôles au faciès

Bien sûr, les traditions n’expliquent pas tout. Grandir dans une tour délabrée, un logement insalubre, isolé ou sans perspectives d’emploi, ajoute au sulfureux cocktail. De même que l’exil aggrave le repli communautaire, la ségrégation et la xénophobie brisent les plus beaux élans. Certaines habitudes héritées constituent, par ailleurs, de formidables paravents – l’entraide entre générations et les solidarités féminines notamment. Il n’empêche. « Faute de s’intéresser aux individus dans leur globalité, les politiques publiques se privent de leviers essentiels », assène le chercheur, qui le déplore: à elles seules, les récentes émeutes urbaines auraient pourtant pu révéler bien des carences liées aux origines, et permis d’y répondre. Si encore les autorités avaient pris la peine de briser l’omerta. Mais les tenants du tout-sécuritaire, ceux-là même qui « laissent se propager les contrôles au faciès au mépris des règles élémentaires de déontologie », fustige l’auteur, refusent de communiquer aux chercheurs l’origine des délinquants. Comment dès lors disséquer la secrète alchimie qui pousse certains au pire, et en assagit d’autres? La gauche est tout aussi coupable à ses yeux, quand « elle prétend créer une société de Bisounours », niant au passage la diversité des valeurs. Cette dernière existe pourtant, s’étend même, et mériterait que l’on s’y intéresse. Rapidement.l

Un chercheur lance le débat sur l’impact de l’immigration dans les quartiers ghettoïsésLaurent Mucchielli réfute les travaux d’Hugues LagrangeLe Monde14.09.10
Toutes les questions peuvent être débattues intellectuellement. Mais ma conviction de sociologue c’est que, sauf exception, les facteurs prédominants pour comprendre les conduites juvéniles délinquantes ne sont pas culturels », explique Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS. Le coauteur de La Violence des jeunes en question (Champ social, 2009) dénonce l’« ethnicisation » des analyses sociologiques. « Dans les travaux d’Hugues Lagrange, il y a une double généralisation : des familles polygames à l’ensemble des familles ; des quartiers les plus en difficulté à l’ensemble de l’Ile-de-France ou de la France. » Pour le chercheur, « la recherche montre un cumul de facteurs pour expliquer la délinquance, notamment les problèmes intrafamiliaux, l’échec scolaire et les effets d’«engrenage» dans les quartiers ».

Délinquance et immigration : le facteur culturel

Luc Bronner

Le Monde

14.09.10

A près plusieurs années de recherches dans des quartiers sensibles de la banlieue parisienne, le sociologue Hugues Lagrange a constaté la surreprésentation des jeunes issus d’Afrique noire dans la délinquance. Dans un livre à paraître le 16 septembre, Le Déni des cultures, le chercheur du CNRS met en avant le facteur « culturel » – pour ne pas dire ethnique – pour analyser ce phénomène. Son approche

Un chercheur lance le débat sur l’impact de l’immigration dans les quartiers ghettoïsés

Le Monde

14.09.10

Le sociologue Hugues Lagrange a constaté une surreprésentation des jeunes issus d’Afrique sahélienne dans la délinquance

Pour des raisons radicalement différentes, ni la droite ni la gauche n’ont saisi la réalité et l’ampleur des problèmes posés par l’immigration dans les quartiers les plus ghettoïsés de l’Ile-de-France. Dans un livre à paraître jeudi 16 septembre, intitulé Le Déni des cultures (Le Seuil, 350 pages, 20 euros), le sociologue Hugues Lagrange, directeur de recherche au CNRS, bouscule les représentations sur l’intégration et les phénomènes migratoires, replaçant la question « culturelle », pour ne pas dire ethnique, au coeur des débats intellectuels et scientifiques.

Y compris sur la question, très sensible, de la délinquance. Alors que les sociologues et la gauche privilégient traditionnellement l’explication sociale, le chercheur met en avant un facteur « culturel » pour expliquer son constat d’une surreprésentation des jeunes issus d’Afrique noire dans les affaires de délinquance. Mais, à rebours des discours de la droite, il plaide pour une politique d’intégration nettement plus vigoureuse et tenant compte des particularités culturelles des migrants.

La question ethnique oubliée ?

Le chercheur, membre de l’Observatoire sociologique du changement (OSC), laboratoire de Sciences Po, s’appuie sur plusieurs années d’études dans les quartiers sensibles de grande banlieue parisienne, principalement à Mantes-la-Jolie et aux Mureaux (Yvelines). Il a ainsi pu constituer un matériau scientifique inédit : ses travaux sur l’absentéisme au collège lui ont permis de rassembler des données scolaires et familiales individuelles sur plus de 4 000 adolescents, de 1999 à 2006, pour lesquels il a ensuite pu consulter, nominativement, les fichiers judiciaires afin de savoir lesquels avaient été « mis en cause » dans les procès-verbaux de la police (avant toute décision de la justice).

L’analyse détaillée des statistiques montre un « surcroît d’inconduites des jeunes Noirs », qu’il s’agisse de résultats scolaires, d’absentéisme ou de « mises en cause » par la police. A milieux sociaux comparables, Hugues Lagrange constate ainsi que « les adolescents éduqués dans des familles du Sahel sont trois à quatre fois plus souvent impliqués comme auteurs de délits que les adolescents élevés dans des familles autochtones » dans les mêmes quartiers. Il relève également que les adolescents d’origine maghrébine sont deux fois plus impliqués que les « autochtones ».

Ces données peuvent-elles s’expliquer par l’existence de contrôles au faciès ? Hugues Lagrange répond par avance à cette objection en soulignant que les écarts en termes de délinquance sont similaires à ceux observés dans le domaine scolaire, y compris pour les épreuves anonymes du brevet. Donc que les « inconduites » de ces adolescents se retrouvent autant dans le monde scolaire, peu suspect de racisme, que dans le domaine policier, où des travaux scientifiques ont effectivement pu démontrer l’existence de « contrôles au faciès ».

Ces données individuelles sont, par ailleurs, corrélées avec l’analyse géographique qui montre une délinquance venant « de façon disproportionnée des quartiers pauvres et immigrés ». Le chercheur avait déjà démontré que les émeutes de l’automne 2005 avaient majoritairement touché les villes subissant la plus forte ségrégation sociale et ethnique et où la proportion de familles avec plus de six enfants était la plus élevée. « La tradition de recherche sociologique en France, influencée par l’idiome politique d’un pays qui rejette toute distinction d’origine culturelle, a conduit à contourner cette lecture », souligne Hugues Lagrange.

L’explication des difficultés d’intégration

Le chercheur ne s’arrête pas à ce constat et tente de comprendre pourquoi les adolescents issus d’Afrique noire éprouvent autant de difficultés – dont témoignent régulièrement des éducateurs, des policiers et des magistrats. Si les difficultés sociales explosent souvent au collège, les décrochages ont en effet lieu, en réalité, bien avant, dès l’école élémentaire, voire la maternelle. « Si des écarts de réussite interviennent de façon si précoce, c’est que les contextes de vie dans les quartiers d’habitat social et, sans doute, les pratiques éducatives des familles maghrébines, noires et turques pèsent sur l’acquisition des bases de la langue, de la numération et des premiers éléments de géométrie. »

Tous les jeunes immigrés n’éprouvent pas les mêmes difficultés. C’est là une des clés de l’analyse d’Hugues Lagrange : ne pas parler de façon générale de l’immigration mais comprendre les différences selon les origines en termes de socialisation, de rapports hommes-femmes, ou de modèles éducatifs. Il constate ainsi que les jeunes originaires des pays du Sahel (Sénégal, Mali, Mauritanie, etc.) rencontrent plus de difficultés que les migrants venus, par exemple, du golfe de Guinée (Congo, Côte d’Ivoire, Togo, Bénin, etc.).

Ce qu’Hugues Lagrange explique à la fois par l’évolution de l’immigration et l’implantation des Africains dans des quartiers ghettoïsés. Les migrants qualifiés ont été progressivement remplacés par des familles sahéliennes, de culture musulmane, plus pauvres, sans bagage scolaire. Avec, comme caractéristique, une forme aiguë de « domination masculine » : des épouses beaucoup plus jeunes que leurs maris ; le recours à la polygamie ; de très larges fratries ; des pères très autoritaires même s’ils sont fragilisés et dépassés par leurs garçons. Or, souligne le chercheur, le caractère le plus prédictif de la réussite scolaire reste le niveau culturel de la mère et son insertion professionnelle.

Ghettoïsation et régression traditionaliste. Hugues Lagrange considère que la ségrégation urbaine est un facteur majeur. Selon son analyse, les difficultés sont importantes parce qu’elles sont aggravées par l’absence de mixité sociale et ethnique – ce qui signifie que ses conclusions ne peuvent, en aucun cas, être généralisées à l’ensemble du territoire.

Dans les quartiers sensibles sur lesquels il a travaillé, les « autochtones », suivis par les classes moyennes maghrébines, sont en effet partis, remplacés par des plus pauvres, généralement les derniers immigrants, venus d’Afrique noire. Or « cette disparition de la fraction la plus éduquée a des conséquences désastreuses en termes d’émulation sociale et de modèle éducatif », analyse-t-il.

Là où un minimum de mixité sociale et ethnique favorise une intégration progressive, l’existence de quartiers ghettoïsés tend à provoquer une forme de régression « traditionaliste » des immigrants, qui entre en collision avec le modèle d’intégration républicain et contribue, en retour, à la « crispation » de la société française. « Bien qu’ancienne, la cosmopolitisation de notre vie nous prend à contre-pied d’autant que, loin d’être porteuse de modernité, elle introduit dans notre univers des pans entiers de coutumes lointaines, souvent rurales, très décalées », constate Hugues Lagrange. A l’opposé du discours républicain traditionnel, le chercheur plaide pour la reconnaissance des minorités « pour tenir compte du nouveau visage de la société française ».

se démarque de l’explication « sociale » généralement avancée par les sociologues et la gauche. Il plaide pour une politique d’intégration qui tiendrait compte de ces particularités « culturelles » des migrants.

Un chercheur lance le débat sur l’impact de l’immigration dans les quartiers ghettoïsés

ENTRETIEN

Hugues Lagrange : « Il vaut mieux dire les choses, même si elles nous gênent

Le Monde

14.09.10

Le sociologue Hugues Lagrange s’appuie sur son étude des quartiers sensibles pour démontrer que la délinquance a aussi des origines « culturelles ».

Vos travaux sortent alors qu’une partie de la majorité lie immigration et délinquance. Vous partagez ce point de vue ?

Je suis complètement en désaccord avec la politique actuelle d’hostilité vis-à-vis des migrants. L’attitude de fermeture envoie un signal qui contribue à la crispation mutuelle des migrants et des autochtones. C’est la pire des réponses.

Vous montrez pourtant une surreprésentation des jeunes Noirs dans la délinquance…

Ma position de scientifique est qu’il vaut mieux dire les choses, même si elles nous gênent. Il faut que nous prenions acte que nous vivons dans une société pluriculturelle. Ce qui pose problème, ce n’est pas que l’on accueille autant d’immigrés mais qu’on les accueille aussi mal, qu’on les mette à part dans des quartiers. Je n’ai pas une position essentialiste qui reviendrait à dire que l’on ne peut pas modifier les comportements parce qu’ils relèvent d’un facteur culturel. Au contraire, je crois que l’intégration est possible mais qu’il faut utiliser les bons leviers et accepter les différences. Pour cela, il faut aussi être capable de poser les bons diagnostics.

Pourquoi mettre en avant la question « culturelle » alors que la question « sociale » est traditionnellement privilégiée ?

Les mots sont importants. Je ne parle pas d’ethnies ou de races, je parle des origines culturelles parce que je suis convaincu que les sociétés humaines sont modelées par leurs langues, leurs histoires, leurs conditions de vie, leurs modèles familiaux. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas une dimension sociale, elle est évidemment centrale. Mais il faudrait être aveugle pour ne pas voir que la dimension culturelle interagit, dans les quartiers où la ségrégation est la plus forte, avec la question sociale en matière de scolarité ou de comportements.

Vos solutions ?

Les femmes sont un levier de transformation. Aujourd’hui, elles sont dévalorisées dans beaucoup de familles. Or, on sait que la position de la mère est décisive dans la réussite. On gaspille un capital éducatif considérable en s’abstenant de les soutenir. Plutôt que de faire de la répression quand c’est trop tard, quand les enfants sont devenus des adolescents, il faut agir en amont avec les mères.

Propos recueillis par L. Br.

Émeutes urbaines et protestations. Une singularité française − Hugues Lagrange et Marco Oberti

Olivier de Broca

Émeutes urbaines et protestations. Une singularité française

Hugues Lagrange et Marco Oberti (dirs.)

Les Presses de Sciences Po

Coll. Nouveaux débats, mai 2006, 224 p.

L’étude suggérée par le titre et la quatrième de couverture − un parallèle entre les émeutes de novembre et les manifestations anti-CPE − tourne court : au-delà d’une angoisse commune face à la précarité, et d’une demande adressée dans les deux cas à l’Etat, les auteurs de cet ouvrage collectif reconnaissent qu’il est difficile de rapprocher davantage des couches de la jeunesse que tout sépare, les situations vécues, le niveau de diplôme et le rapport à l’emploi. Si des convergences se sont fait jour ici ou là, notamment parmi les lycéens, on ne peut en définitive souscrire aux formules d’un Alain Touraine, pour qui « il n’y a pas de différence de nature entre le mouvement de novembre et celui de mars », ou d’un François Dubet qui voyait dans les manifestations anti-CPE la « réplique » des émeutes dans les banlieues. Avec un regret à peine voilé, Marco Oberti (chercheur à l’OSC, Observatoire sociologique du changement, CNRS-Sciences Po) conclut sur ce point que « rassembler ceux qui veulent le retrait du CPE et les émeutiers de novembre […] apparaît comme un défi politique majeur, difficile à tenir ». L’essentiel de cet ouvrage collectif est donc consacré aux événements de novembre.

Le sociologue Hugues Lagrange (également chercheur à l’OSC) signe les deux articles les plus consistants. Dans « La structure et l’accident », il s’efforce de dégager les facteurs, circonstanciels ou durables, permettant d’expliquer la survenue des émeutes : quartiers d’habitat social et plus particulièrement ZUS (à 85 %), proportion très élevée des moins de vingt ans, concentration de grandes familles (six personnes et plus), chômage, zones franches urbaines actives créatrices d’emplois, et enfin existence de conventions avec l’ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine). Aucune de ces « conditions » n’est déterminante, c’est leur accumulation qui a rendu la situation explosive.

Ce que les auteurs soulignent à plusieurs reprises, c’est bien l’imbrication entre les facteurs sociaux et « ethnoraciaux ». Certes, le modèle français d’intégration républicaine a conduit à un déni de la dimension ethnique, mais il ne faudrait pas que « par un basculement qui ne serait que la forme inversée du déni, on en vienne à ethniciser à l’excès ces questions ». Certes la reconnaissance de la pluralité des cultures et leur prise en charge politique sont un enjeu important, mais qui ne doit pas gommer l’objectif premier de mixité sociale : « Nous ne sommes pas face à un processus de repli communautaire […] Nous devons faire face à une accentuation de la polarisation sociale et ethnique à l’extrémité inférieure du spectre social ».

Plus que le problème de la reconnaissance politique, les émeutes placent donc au centre du débat la question de la ségrégation urbaine, les quartiers impliqués se caractérisant par une forte « homogénéisation sociale par le bas ». Cette ségrégation a des coûts considérables (scolarisation moins efficace, stigmatisation des populations et donc risque de chômage accru, délinquance, mais aussi une charge de transport plus élevée dans les budgets des ménages) et des effets de spirale (la moindre attractivité de ces quartiers dissuade les entreprises de s’y installer et chasse les habitants les plus mobiles). Au fond, les événements de novembre valident les politiques urbaines actuelles en faveur de la mixité sociale, et plaident en faveur d’un renforcement de leurs moyens. Il reste à définir les objectifs réels de cette mixité et à se prémunir contre les effets pervers des politiques engagées, notamment en ce qui concerne les deux piliers de la mixité, l’école et le logement.

L’école a perdu de sa crédibilité comme outil d’ascension sociale pour apparaître de plus en plus comme un rouage de la relégation − relégation d’autant plus impitoyable que ceux qui jouent le jeu n’en tirent pas les bénéfices attendus en termes d’intégration. Les deux principaux dispositifs mis en place pour remédier à cette situation ont des effets contradictoires. Les ZEP, tout d’abord, constituent une « forme de discrimination positive modeste » visant à accorder des ressources supplémentaires aux établissements accueillant une forte proportion d’enfants de milieux défavorisés. Dans la perspective qui intéresse les auteurs, « le dispositif ZEP n’a pas vocation à lutter en tant que telle contre la ségrégation scolaire mais entend au contraire en prendre acte et aider les établissements à forte concentration d’élèves défavorisés ». Il ne peut donc s’agir d’« un maillon d’une politique plus large de déségrégation ». La carte scolaire, en second lieu, visait explicitement à maintenir la mixité sociale, mais elle ne fait en définitive que « valider la différenciation et les hiérarchies sociales inscrites dans l’espace urbain », accentuant donc la relégation des plus défavorisés. L’offre scolaire, en termes d’options, de choix de langues, de filières internationales, se raréfie dans les quartiers défavorisés, qui se « spécialisent » de plus en plus dans l’accueil d’un public « difficile » − une évolution qui ne contribue pas à motiver les élèves. Dans ce contexte, comment juger les axes d’intervention proposés à la suite des émeutes ? Favoriser l’accès des meilleurs élèves de ZEP aux lycées prestigieux, ou bien créer des établissements d’excellence en banlieue relève certes de l’idéal méritocratique républicain. Mais dans les deux cas, « c’est une logique de concentration de l’offre scolaire d’excellence qui l’emporte sur une logique de diffusion ». Marco Oberti plaide donc pour une véritable « homogénéisation des conditions d’études ». À rebours de la logique de spécialisation, il faut donc que les collèges des quartiers défavorisés soient en mesure de «  maintenir les options les plus attractives », un effort particulier devant être porté sur les classes préparatoires aux grandes écoles. Quant à la carte scolaire, elle doit s’affranchir des frontières municipales et « recomposer des secteurs à l’échelle de bassins scolaires qui peuvent rapprocher des communes contrastées mais proches ». Il faut en outre, pour que le système soit efficace, soumettre les établissements privés conventionnés à la carte scolaire.

En matière de logement, les dispositifs visant à la mixité résidentielle comportent les mêmes enjeux et les mêmes risques d’effet pervers. L’article 55 de la loi SRU a instauré un taux minimum de 20 % de logements sociaux dans les villes. Pour François Meunier, cette loi présente deux défauts : la dissymétrie créée entre les communes qui satisfont au quota et celles qui sont en dessous (les premières n’étant pas rétribuées pour le service social rendu, les secondes ne sont pas incitées à les imiter) ; et le manque de souplesse du quota (les communes sans espace urbain disponibles se trouvent pénalisées). Pour pallier ces inconvénients, François Meunier propose d’instaurer un « bonus/malus », un « système de droits aux logements sociaux », sur le modèle des droits à polluer : il s’agit idéalement de mesurer « le prix social attribué à la non-mixité » ou, de façon plus pragmatique, de « mettre en place une péréquation entre les communes à crédit et les communes à débit ». Les communes à fort taux de HLM verront leurs efforts rémunérés, tandis que les communes riches devront faire le choix : appliquer le seuil ou « payer le prix de l’exclusion des populations défavorisées ». De son côté, l’ANRU prévoit de créer une offre de 250 000 logements locatifs sociaux, de réhabiliter 400 000 logements et d’en démolir 250 000 entre 2004 et 2011. Il s’agit à la fois de diversifier l’offre de logements (pour le rapprocher de l’habitat privé d’une ville « classique ») et de disperser les habitants des tours démolies dans les communes avoisinantes, afin de rééquilibrer l’accueil des populations à revenus modestes. Cet objectif ambitieux de production de mixité se heurte à plusieurs écueils. Dans une première phase, le relogement des familles expulsées pose problème : les logements disponibles, et notamment les grands logements à loyer réduit, sont rares ; partent en premiers les ménages jeunes, ayant des revenus, présentant peu de risques pour les bailleurs… Plus grave, la rénovation urbaine risque à terme de réduire le logement très social : sous prétexte de diversifier l’habitat, les communes sont tentées de favoriser les classes moyennes, qui constituent un électorat bien plus attractif pour les maires que les classes populaires et immigrées.

Les émeutes de novembre ont conduit à une remise en cause des politiques de la ville. La pertinence de l’approche par les territoires plutôt que par les personnes a fait l’objet de vives critiques. Plutôt que de chercher à requalifier les quartiers, on a parlé de favoriser la mobilité individuelle des personnes. La mixité est apparue « comme un leurre, voire comme un horizon contre-productif pour les classes populaires ». Certains ont même avancé qu’une ségrégation urbaine « pacifiée » des populations issues de l’immigration pouvait jouer en faveur de la représentation et de la défense de leurs intérêts. Hugues Lagrange et Marco Oberti s’inscrivent en faux contre une telle vision. Ils défendent une conception de la ville comme espace d’intégration et de mixité sociale, définie comme un « bien précieux » : « On ne pense pas naïvement que l’accent mis sur le mélange résidentiel induira des relations sociales interclasses (…) On peut en attendre plus modestement un effet de réduction d’une logique globale d’homogénéisation sociale des espaces ».

Olivier de Broca

Accueil du site >  N°2 – Oktober 2006 >  CHRONIKEN >  Resonanz >  Veröffentlichungen >  Kritische Rezensionen >  Émeutes urbaines et protestations. Une singularité française − Hugues Lagrange et Marco Oberti

http://www.strategie.gouv.fr

Voir enfin:

Le facteur démographique

Gunnar Heinsohn, sociologue à l’université de Breme

Jeune Afrique

04/02/2008

Comme dans beaucoup d’autres pays africains, l’explosion de violence au Kenya peut avoir un lien avec une explosion démographique qui a échappé aux médias locaux et internationaux. En seulement quatre-vingts ans, la population kényane a bondi de 2,9 millions d’habitants à 37 millions. Si l’Amérique avait connu une telle croissance démographique depuis 1928, où la population était de 120 millions d’habitants, elle en compterait aujourd’hui 1,56 milliard.

Le Kenya appartient à un groupe d’une quarantaine de pays qui ont eu une croissance démographique exceptionnellement élevée. Dans ces pays, pour 1 000 adultes masculins âgés de 40 à 44 ans, on trouve au moins 2 500 garçons âgés de 0 à 4 ans. Au Kenya, on en trouve 4 190.

Entre 1950 et 1985, l’indice de fécondité kényan a tourné autour de 8 enfants par femme. En 2007, chaque Kényane a donné naissance à une moyenne de 5 enfants (contre 2 par femme aux États-Unis et 1,6 en Grande-Bretagne), et il y avait 40 naissances pour 10 décès. Les chiffres correspondants aux États-Unis ont été de 14 naissances pour 8 décès et en Grande-Bretagne de 10 naissances pour 10 décès.

Conséquence, les Kényans de sexe masculin ont un âge moyen de 18 ans, contre 35 ans aux États-Unis et 39 ans en Grande-Bretagne. Et 42 % des Kényans de sexe masculin ont moins de 15 ans, contre 20 % aux États-Unis et 17 % en Grande-Bretagne. Et du fait de l’amélioration des conditions de vie, ces jeunes Kényans ont plus de dynamisme et d’ambition que leurs aînés.

Le Kenya est ainsi un cas de violence intérieure inspirée par ce que j’appellerais une « poussée de jeunesse » – une période de rapide croissance démographique avec 30 % à 40 % d’adolescents et d’adultes de sexe masculin âgés de 15 à 29 ans.

Avec autant d’hommes jeunes frustrés, mieux nourris et mieux instruits qu’ils ne l’ont jamais été, mais qui n’ont que peu de perspectives de trouver un bon emploi, les pays où cette poussée de jeunesse a eu lieu sont exposés à une forte agitation sociale. Dans ceux où des taux de natalité élevés s’accompagnent d’une grande misère et d’une alimentation pauvre, les jeunes sombrent le plus souvent dans la léthargie. Mais dans d’autres comme le Kenya, les jeunes qui ne se voient pas d’avenir n’hésiteront pas devant la violence plutôt que de se résigner à l’échec. Ces chiffres étant ce qu’ils sont, le plus surprenant au Kenya n’est pas la violence, mais les longues périodes de calme relatif. Ce calme est dû en partie au fait qu’il existe de la terre disponible pour les jeunes qui arrivent à l’âge adulte.

Mais il serait encore plus surprenant que le Kenya retrouve rapidement une harmonie interne. Dans les quinze prochaines années, environ 8,1 millions de Kényans de sexe masculin arriveront à « l’âge de la bagarre » – de 15 à 29 ans – contre 5,7 millions aujourd’hui. Les terres cultivables non utilisées s’épuisent. Le Kenya risque de connaître une vague de violence comparable à celle de ses voisins.


Terrorisme: La jihadite subite a encore frappé (Going jihadal: Aren’t those the guys that always go crazy and shoot everybody?)

15 novembre, 2009
Going postal
https://i0.wp.com/www.pewglobal.org/files/2009/07/Report-1-2009-78.pngC’est pas les types qui pètent tout le temps les plombs et reviennent avec un pistolet et tuent tout le monde? George (Seinfeld)
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
Si nous nous sommes penchés par le passé sur les conditions de travail et la sécurité de nos bureaux de poste quand les employés (entre 1986 et 1997) ont craqué sous le prétexte du stress au travail et si nous avons étudié la connexion jeux vidéo, drogues, cultes et aliénation de la contre-culture quand les jeunes de nos banlieues pavillonnaires ont été pris de crises de folie meurtrière, alors il semble légitime de rechercher des correlations quand quelqu’un se qualifie lui-même de musulman plutôt radical et ouvre le feu au cri d’ »Allah Akbar!  » – de la même manière que le conducteur fou de Caroline du Nord ou le tueur de Seattle ou le conducteur meurtrier de San Francisco ont dit après coup qu’ils avaient agi au nom de leur ferveur religieuse islamique contre les juifs ou les occidentaux. Victor Davis Hanson
Les gens partout dans le monde se font tuer dans des guerres et maintenant, c’est le tour des gens des États-Unis de se faire tuer. Mohammed Reza Taheri-azar
Je suis un Américain musulman; je suis furieux contre Israël (…)Je veux voir nos armes retirées d’Israël (…) Je veux que ces Juifs s’en aillent. (…) Votre politique étrangère me rend malade. Ce sont des Juifs. Je n’en peux plus de me faire marcher sur les pieds, de voir les nôtres malmenés par la situation au Moyen-Orient. (…) Je suis un Américain aussi, mais je veux juste que les nôtres quittent l’Irak.

Nous pensons (…) qu’il s’agit d’un individu solitaire exprimant son antagonisme. Rien n’indique que l’acte soit lié au terrorisme.
Police de Seattle
La réplique des Musulmans qui consiste à dénoncer ces attitudes comme autant de préjugés, comme le « nouvel antisémitisme » ou encore comme une « islamophobie » est aussi mal fondée que d’accuser les antinazis de « germanophobie » ou les anticommunistes de « russophobie ». Au lieu de se présenter comme des victimes, les Musulmans feraient mieux de contrer ces craintes en développant une version modérée, moderne et fraternelle de l’Islam qui rejetterait l’Islam radical, le djihad et l’assujettissement des «infidèles». Daniel Pipes
Certains islamistes peuvent se montrer respectueux des lois et raisonnables, mais ils font partie d’un mouvement totalitariste et, à ce titre, doivent être considérés comme des meurtriers potentiels. Daniel Pipes (nov. 2001)

Après la poste, l’école, le bureau, la route, l’air, le vélo, le caddy, l’ordinateur, les anabolisants, les emballages

Faudra-t-il bientôt ajouter l’islam à la déjà longue liste des causes des crises de violence subites?

Mohammed Reza Taheri-azar, Maher Hawash, Ryan Anderson, David Belfield, Clement Rodney Hampton-el, Mark Fidel Kools, John Muhammad, Randall Royer, membres de Jamaat ul Fuqra, Rashid Baz, Wadih el-Hage, John Samuel, Najibullah Zazi, Daniel Patrick Boyd, Hysen Sherifi, Hosam Maher Husein Smadi, Naveed Afzal Haq, Omeed Aziz Popal, Carlos Bledsoe, Nidal Hasan (Etats-Unis) …

Germaine Lindsay, Richard Reid, Andrew Rowe (Royaume-Uni) …

Muriel Degauque (Belgique) …

Jack Roche (Australie) …

David Courtailler, Pierre Richard Robert, Ruddy Teranova (France) …

Steven Smyrek (Allemagne) …

Domenico Quaranta (Italie) …

Jason Walters (Pays-Bas) …

Mouvement de convertis Rajah Solaiman (Philippines) …

Anti-dépresseur prescrit par ordonnance, cambriolage qui a mal tourné, violence de rue, beaucoup, beaucoup d’ennemis dans son esprit, accident de la circulation, dispute au travail, relation de famille orageuse, problème de comportement, maladie mentale, solitude et dépression, désaccord entre le suspect et un autre membre du personnel, animosité envers les femmes, stress du mariage arrangé, médicament contre l’acné, racisme, harcèlement subi en tant que musulman, sentiment de non-appartenance, syndrome de stress pré-traumatique, problèmes mentaux, problèmes émotionnels, quantité excessive de stress, crainte d’être envoyé en Afghanistan …

La liste est longue, au lendemain du plus grave attentat islamiste depuis le 11/9 sur le territoire américain, des attaques réussies ou déjouées, en Occident ou ailleurs, de musulmans ou convertis pris soudain de jihadite subite et aigüe.

Comme est sans limite l’imagination de nos belles âmes pour les faire oublier en en multipliant les raisons et les étiquettes pseudo-médicales.

Et surtout éluder, comme le rappelle Daniel Pipes, la question non seulement de la surveillance et du profilage des membres d’une religion qui continue à inciter à la violence mais la place, dans une société civilisée, de ladite religion qui, entre ses mosquées, ses écoles, ses associations et ses médias islamistes, les motive.

Question certes difficile quand on sait que selon un récent sondage, les attentats suicides sont considérés comme « souvent, parfois ou exceptionnellement justifiés » pour défendre l’islam par 13 % des musulmans allemands, 15 % des musulmans britanniques, 25% des musulmans espagnols et 35% des musulmans français.

Et qu’entre son enfance musulmane et ses liens avec des organisations anti-américaines et subversives ou pro-islamistes, le président américain actuellement en place… ne répondrait pas lui-même aux critères de sécurité exigés pour l’engagement des employés du gouvernement fédéral!

Djihad soudain ou syndrome d’extrême stress à Fort Hood?
Daniel Pipes
FrontPageMagazine.com
9 novembre 2009

http://fr.danielpipes.org/7750/djihad-soudain-ou-syndrome-dextreme-stress-a-fort

Version originale anglaise: Sudden Jihad or « Inordinate Stress » at Ft. Hood?
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

Quand un musulman en Occident, sans raison apparente, attaque violemment des non-musulmans, il s’ensuit une discussion prévisible sur les raisons qui l’ont poussé à agir.

L’Establishment – Force de l’ordre, politiciens, médias et monde académique- se trouve d’un côté de ce débat, insistant sur le fait qu’une certaine forme d’oppression a poussé le Major Nidal Malik Hassan, âgé de 39 ans, à tuer 13 personnes et à en blesser 38, au camp militaire de Fort Hood [au Texas], le 5 novembre.

Toutefois il y a désaccord sur les détails [de l’oppression]. Hassan est présenté alternativement comme victime de « racisme », de « harcèlement subi en tant que musulman », de « sentiment de non-appartenance », du « syndrome de stress pré-traumatique », de « problèmes mentaux », de « problèmes émotionnels », de « quantité excessive de stress » ou [la crainte]d’être envoyé en Afghanistan comme étant son « pire cauchemar ». La conclusion peut se lire dans un en-tête typique d’un journal : « Ce qui s’est passé dans la tête du Major solitaire reste un mystère »

Les cas de violence de Musulmans contre les non-musulmans inspirent à ceux qui tiennent Hassan pour une victime de nouvelles excuses pleines d’imagination.

Voici quelques exemples pittoresques (inspirés par mon article [d’il y a quelques années] et du billet de mon blogue au sujet du refus du terrorisme islamiste)

* 1990 : (pour expliquer l’assassinat du rabbin Meir Kahane ) [on a estimé que le meurtrier aurait pris ] « un anti-dépresseur prescrit par ordonnance ».
* 1991 : (l’assassinat à Sydney de Makin Morcos) [a été ainsi motivé] « un cambriolage qui a mal tourné ».
* 1994 : (L’assassinat au hasard d’un Juif sur le pont de Brooklyn ) [est expliqué comme] « violence de la rue ».
* 1997: (Les coups de feu qui ont tué des civils au sommet de l’Empire State Building) [ont été expliqués par] » beaucoup, beaucoup d’ennemis dans son esprit ».
* 2000 : (L’attaque contre un bus scolaire d’écoliers juifs près de Paris)[a été expliquée comme un] « accident de la circulation ».
* 2002 : ( le double meurtre de LAX [de los Angeles International Airport, a été expliqué comme] une « dispute au travail ».
* 2002 : (‘Les francs-tireurs embusqués de Beltway) [ont été expliqués comme ] une « relation de [famille] orageuse.
* 2003 : (L’attaque de Hassan Karim Akbar sur des compagnons d’armes en en tuant deux) [a été expliquée comme ] un « problème de comportement. »
* 2003 : (Le meurtre par mutilation de Sébastien Sellam) [a été qualifié de] « maladie mentale ».
* 2004 : (Une explosion à Brescia en Italie devant un restaurant McDonald)[a été expliquée par ] la « solitude et dépression. »
* 2005 : (Un massacre dans une maison de retraite en Virginie ) [ a été qualifié de ] « un désaccord entre le suspect et un autre membre du personnel » .
* 2006 : (La tuerie qui a eu lieu au siège de la Fédération juive de Greater Seattle) [a été expliquée comme] une « animosité envers les femmes ».
* 2006 : (Le meurtre avec un véhicule de sport en Caroline du Nord )[a été expliqué par] « son récent mariage arrangé peut l’avoir rendu stressé ».

Le sergent Karim Hassan Akbar , reconnu coupable du meurtre , en 2003, de deux autres soldats.
En outre, quand un admirateur arabo- américain d’Oussama Ben Laden a écrasé son avion sur un immeuble à Tampa , le blâme retombait sur le médicament contre l’acné, l’Accutane.

En tant que membre fondateur de l’école d’interprétation du djihad, je rejette ces explications comme étant faibles, tentant de noyer le poisson et cherchant des excuses. L’école djihadiste, toujours minoritaire, perçoit l’attaque de Hassan comme l’un des nombreux efforts musulmans déployés pour vaincre les infidèles et imposer la loi islamique. Nous nous rappelons un épisode antérieur de syndrome de djihad soudain dans l’armée américaine, ainsi que les nombreux cas de complots non meurtriers du djihad au Pentagone et l’histoire de la violence musulmane sur le sol américain.

Loin d’être mystifiés par Hassan, nous voyons des preuves accablantes de ses intentions djihadistes. Il a distribué des exemplaires du Coran aux voisins juste avant de devenir fou et il criait « Allahu Akbar » (Dieu est le plus grand), le cri du djihadiste , tandis qu’il tirait plus de 100 coups provenant de deux pistolets.

Ses supérieurs l’auraient mis en probation pour prosélytisme de façon inappropriée sur l’islam.

Nous notons ce que ses anciens compagnons disent de lui : l’un, Val Finnel, se souvient de Hassan disant « Je suis musulman d’abord et Américain ensuite » et il se rappelle Hassan justifiant les attentats-suicide ; un autre, le Colonel Terry Lee, rappelle que Hassan « a revendiqué que les musulmans aient le droit de se soulever et d’attaquer les Américains ». Le troisième, un psychiatre qui avait travaillé très étroitement avec Hassan, le décrit comme « presque agressif pour décrire son attitude concernant le fait d’être musulman. »

Enfin, l’école de pensée du djihad attribue de l’importance à l’attitude des autorités musulmanes américaines encourageant les soldats musulmans à refuser de combattre leurs coreligionnaires, fournissant ainsi une base pour le djihad soudain. En 2001, par exemple, en réponse à l’attaque américaine contre les Talibans, le mufti d’Egypte, Ali Gum’a, a émis une fatwa affirmant que « le soldat musulman dans l’armée américaine doit éviter de [participer] à cette guerre ». Hassan lui-même, faisant écho à ce message, a conseillé à un jeune disciple musulman, Duane Reasoner Jr, de ne pas rejoindre l’armée américaine parce que « les musulmans ne doivent pas tuer des musulmans ».

Si l’explication [ se référant au] jihad est à une écrasante majorité plus convaincante que celle [qui argue ]de l’état d’esprit de la victime, elle est aussi plus difficile à présenter.

Tout le monde trouve que blâmer la folie au volant, l’Accutane ou un mariage arrangé est plus facile que de discuter les doctrines islamiques. Ainsi, une prédiction [peut être faite]: ce que Ralph Peters appelle le « politiquement correct impardonnable de l’armée » attribuera officiellement l’agression de Hassan à sa victimisation et se gardera bien de mentionner le djihad.

Et c’est ainsi que l’armée se cache la réalité et ne se prépare pas à affronter une prochaine attaque djihadiste.

Voir aussi:

Obama ne répondrait pas aux critères de sécurité
Daniel Pipes
Philadelphia Bulletin
21 octobre 2008

http://fr.danielpipes.org/5988/obama-ne-repondrait-pas-aux-criteres-de-securite

Version originale anglaise: Obama Would Fail Security Clearance

Colin Powell répétant désormais le mensonge selon lequel Barack Obama a toujours été chrétien, ce « en dépit des informations confirmant l’enfance musulmane d’Obama » (ainsi l’inscription à une école indonésienne le répertoriant comme musulman), on doit constater avec consternation que le candidat démocrate s’emploie à dissimuler la vérité sur cette question.

Portons notre attention, en ce contexte, sur un sujet connexe, les relations d’Obama tout au long de sa carrière avec l’islam extrémiste, et l’endettement moral impliqué. Sur un plan plus précis, Obama maintient des liens indirects, mais anciens et persistants, avec deux organisations, le Council on American Islamic Relations (CAIR), incriminé, sans mise en examen, par le gouvernement américain en 2007 comme complice de conspiration dans un procès concernant le financement du Hamas ; et The Nation of Islam, condamnée par l’Anti-Defamation League pour un passé marqué « de manière constante par le racisme et l’anti-sémitisme ».

Commençons par les liens d’Obama avec des islamistes :

*

Les relations à Khalid al-Mansour. Selon l’ancien président du quartier de Manhattan Percy Sutton, Al-Mansour a collecté de l’argent pour financer les « dépenses d’Obama à la Harvard Law School ». Al-Mansour un noir américain (nom de naissance Don Warden) est devenu un conseiller du prince saoudien Al-Walid bin Talal, le principal donateur du CAIR. Al-Mansour a des positions islamistes classiques : il nie que le gouvernement soudanais entérine l’esclavage, il nie les liens des Juifs à Jérusalem. Il a écrit une brochure appelée « Américains, prenez garde. Le complot sioniste contre l’Arabie saoudite ». (Obama et al-Mansour réfutent les déclarations de Sutton).
*

Les relations avec Kenny Gamble (connu aussi sous le nom de Luqman Abdul-Haqq) : Gamble, un producteur de musique pop autrefois connu, a coupé le ruban lors de l’inauguration d’un quartier général de campagne d’Obama situé dans un immeuble du sud de Philadelphie dont il est propriétaire. Gamble est un islamiste qui achète de nombreuses propriétés dans Philadelphie aux fins de créer une zone résidentielle réservée aux Musulmans. En tant qu’émir autoproclamé du United Muslim Movement, il a aussi des liens nombreux avec des organisations islamistes, dont le CAIR et la Muslim Alliance in North America. (Siraj Wahhaj, l’émir du MANA a été impliqué, sans mise en examen, pour complicité de conspiration dans l’attaque contre le World Trade Center en 1993).
*

Les relations avec Mazen Asbahi. Le premier coordinateur de la campagne d’Obama en direction des Musulmans a démissionné après des révélations montrant qu’il avait fait partie du bureau d’une organisation financée par l’Arabie saoudite, le North American Islamic Trust, position qu’il partageait avec Jamal Said, incriminé lui aussi, sans mise en examen, comme complice de conspiration dans le procès concernant le financement du Hamas en 2007. Asbahi a des liens avec les bureaux du CAIR à Detroit et à Chicago, avec l’Islamic Society of North America, incriminée elle-même, sans mise en examen, pour le financement du Hamas et d’autres organisations islamistes.
*

Les relations avec Minha Husaini. Le second coordinateur de la campagne d’Obama en direction des Musulmans a un passé islamiste et a travaillé comme stagiaire au Muslim Public Service Network. Immédiatement après sa nomination par Obama, elle a rencontré un groupe dd’une trentaine de Musulmans incluant des gens aussi connus que Nihad Awad du CAIR, Mahdi Bray de la Muslim American Society, qui a soutenu publiquement des groupes terroristes tels le Hamas et le Hezbollah, et Johari Abdul Malik de la Dar Al-Hijrah Mosque de Falls Church en Virginie, qui a déclaré aux Musulmans Américains : « Vous pouvez faire sauter des ponts, mais vous ne pouvez pas tuer des gens innocents qui se rendent à leur travail ».

Passons aux liens d’Obama à The Nation of Islam :

Le donateur et l’allié de longue date d’Obama, Antoin « Tony » Rezko a été, trois décennies durant, le partenaire de Jabir Herbert Muhammad, fils d’Elijah Muhammad, dirigeant de The Nation of Islam, et dit qu’il a donné à Jabir et à sa famille des « millions de dollars au fil des ans ». Rezko a aussi été directeur exécutif de la Muhammad Ali Foundation, une organisation douteuse qui, sans l’autorisation d’Ali, a utilisé le nom de celui-ci qui, par ailleurs, a été récompensé par le CAIR.

Jeremiah Wright, le pasteur estimé d’Obama pendant vingt ans, a des liens passés avec The Nation of Islam, a accepté récemment la protection d’un détachement de sécurité de The Nation of Islam, et a parlé louangeusement de Louis Farrakhan comme de « l’un des géants de l’expérience religieuse des Afro-Américains ». L’église de Wright a célébré Farrakhan pour avoir été « la parfaite illustration de la grandeur ».

Farrakhan lui-même a annoncé son soutien à Obama, le qualifiant d’ »espoir du monde entier », de « celui qui peut relever l’Amérique après sa chute », et même de « Messie ».

Le fait que la biographie d’Obama montre des liens si fréquents avec des organisations aussi peu recommandables que le CAIR et The Nation of Islam devrait donner à réfléchir. Combien de politiciens ont-ils eu des liens avec une organisation de ce genre, et combien en ont eu avec sept d’entre elles ? John McCain appelle charitablement Obama « une personne dont vous ne devez pas avoir peur si elle devenait Président des Etats-Unis ». mais les liens multiples d’Obama avec des organisations anti-Américaines et subversives, signifie qu’il ne répondrait pas aux critères de sécurité exigés pour l’engagement des employés du gouvernement fédéral.

L’agression islamique constitue l’ennemi stratégique de l’Amérique. Les nombreuses relations insalubres d’Obama suscitent des doutes graves concernant son aptitude à être Commandant en chef des Etats-Unis d’Amérique.

Voir également:

Les convertis au terrorisme
Daniel Pipes
New York Sun
6 décembre 2005

Version originale anglaise: Converts to Terrorism
Adaptation française: Alain Jean-Mairet

Des convertis à l’Islam prennent en charge des opérations effectuées auparavant essentiellement par des immigrants musulmans de naissance et leurs enfants.

Cette évolution est tragiquement illustrée par l’attentat-suicide à la bombe commis le 9 novembre dernier près de Bagdad par une Belge convertie à l’Islam, Muriel Degauque, 38 ans, qui s’attaquait de la sorte à des soldats américains, devenant ainsi la première femme occidentale née chrétienne à se tuer volontairement pour une cause islamiste. Et sur les quatorze personnes arrêtées pour leurs liens avec Degauque, la moitié étaient des convertis à l’Islam. En Hollande voisine, un rapport gouvernemental publié tout récemment s’inquiète expressément des convertis radicalisés.

En effet, les organisations terroristes prisent tout particulièrement les convertis. Ils connaissent la culture locale et s’y fondent aisément. Ils ne peuvent pas être déportés. Ils peuvent dissimuler leur allégeance religieuse en évitant les mosquées, en gardant un profil bas, voire en consommant de l’alcool et des drogues pour maintenir leur couverture. Un guide conseille aux candidats à l’attentat-suicide en route pour l’Irak de «porter des jeans, manger des beignets et ne jamais quitter son baladeur».

Les convertis qui exécutèrent une opération terroriste ou furent emprisonnés dans ce contexte viennent de nombreux pays occidentaux. En voici une liste non exhaustive (les convertis encore seulement soupçonnés, arrêtés ou inculpés seront mentionnés dans un article séparé de mon site Web: http://fr.danielpipes.org).

*

Australie. Jack Roche, né en Grande-Bretagne, neuf ans d’emprisonnement pour tentative d’attentat à la bombe contre l’ambassade d’Israël à Canberra.
*

France. David Courtailler, quatre ans pour assistance à des terroristes. Pierre Richard Robert, emprisonnement à vie pour avoir projeté des attentats terroristes au Maroc. Ruddy Teranova, trois ans pour avoir agressé physiquement un Musulman modéré.
*

Allemagne. Steven Smyrek, sept ans pour avoir préparé une mission suicide pour le Hezbollah.
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Italie. Domenico Quaranta, 20 ans pour avoir bouté le feu à une station de métro de Milan et avoir tenté de s’attaquer à d’anciens temples grecs à Agrigente, en Sicile.
*

Pays-Bas. Jason Walters, fils d’un Américain noir et d’une hollandaise, appartenait au réseau Hofstad et lança une grenade sur les forces de police; son procès débute cette semaine.
*

Royaume-Uni. Germaine Lindsay, immigrant jamaïcain, un des auteurs des attentats-suicide perpétrés contre les transports publics londoniens en juillet 2005 qui tua 26 personnes. Richard Reid, emprisonnement à vie pour la «chaussure piégée» avec laquelle il tenta de détruire un avion de ligne reliant Paris à Miami. Andrew Rowe, 15 ans pour avoir projeté des attentats terroristes.
*

Amérique. Ryan Anderson, emprisonnement à vie pour avoir tenté d’aider Al-Qaida alors qu’il servait dans la Garde nationale. David Belfield, assassina un ex-diplomate iranien près de Washington puis s’enfuit en Iran. Clement Rodney Hampton-el, 35 ans pour avoir participé à l’attentat à la bombe de 1993 contre le World Trade Center. Mark Fidel Kools, condamné à mort for avoir «tué à la grenade» deux officiers de l’armée. John Muhammad, condamné à mort pour son rôle de principal «tireur embusqué du Beltway». Randall Royer, 20 ans pour des armes et des explosifs «provenant de l’enquête sur un réseau djihadiste militant en Virginie du Nord». Cinq membres de Jamaat ul Fuqra, un groupe basé au Pakistan et suspecté d’avoir perpétré au moins treize meurtresaux États-Unis, peines d’emprisonnement allant jusqu’à 69 ans.

Dans «Al Qaeda in Europe» (Prometheus), Lorenzo Vidino cite les autorités affirmant que «des douzaines de convertis européens ont rejoint les groupes terroristes». Et le problème ne se limite pas aux convertis occidentaux à l’Islam.

*

Aux Philippines par exemple, un converti avoua avoir piégé un ferry en février 2004, causant ainsi la mort de plus de cent personnes, et d’autres sont liés à une tentative d’attentat à la bombe contre l’ambassade américaine à Manille. D’une manière plus générale, le gouvernement affirme qu’Al-Qaida et le Jemaah Islamiyah se servent du mouvement Rajah Solaiman, un groupe de convertis, pour perpétrer des attentats terroristes.
*

Des convertis non occidentaux émigrent en Occident pour y commettre des actes de terrorisme. Voici trois cas américains: Rashid Baz, Druze libanais de naissance, 141 ans d’emprisonnement pour le meurtre d’un jeune Juif sur le pont de Brooklyn. Wadih el-Hage, Catholique libanais de naissance, emprisonnement à vie pour son travail avec Oussama Ben Laden. John Samuel, Chrétien éthiopien de naissance, accusé d’avoir pénétré aux États-Unis dans l’intention d’y mener des actions terroristes pour Al-Qaida, attend son procès à Guantánamo.

L’importance croissante que revêtent les convertis au terrorisme indique que les instruments de contre-terrorisme tels que la recherche de noms musulmans ou l’interdiction de terroristes potentiels aux frontières ne suffisent plus. Il est maintenant indispensable également de savoir qui, exactement, se convertit à l’Islam et de surveiller les convertis afin de constater lesquels d’entre eux sont radicalisés.

Certains des individus susmentionnés pourraient avoir commis des actes de terrorisme sans être devenus des Musulmans. Mais pour garantir la sécurité en Occident, aux Philippines et ailleurs, il faut désormais se pencher sérieusement sur un fait très fâcheux: la conversion à l’Islam augmente considérablement la probabilité qu’une personne soit impliquée dans le terrorisme.

Voir encore:

Sacrificing Americans
Victor Davis Hanson
NRO’s The Corner
November 12, 2009

Many in the media are arguing there is nothing more to the Major Hasan mass murder than derangement and the various personal « issues » that « set him off. »

But there are two considerations that argue against such an interpretation. First, we look for patterns in all cases of individuals’ shooting others on a mass scale. Hasan gave every indication that he was channeling his own personal sense of frustration into a larger Islamic writ against the West — as have some 20 other killers since 9/11 who have shot, stabbed, or run over innocents at malls, airline counters, military facilities, and Jewish-affiliated centers.

If we once focused on postal conditions and security at post-office installations when workers (between 1986 and 1997) snapped under the thematic pretense of job stress, and if we investigated the nexus of video games, drugs, cults, and counter-culture alienation when suburban youths went on shooting sprees, then it seems legitimate to look for commonalities when someone self-identifies as a rather radical Muslim and shouts « Allahu Akbar! » as he fires — in the same manner that the mad driver in North Carolina, or the killer in Seattle, or the homicidal driver in San Francisco afterwards said they were acting out of Islamic religious fervor against Jews or Westerners.

Second, if we counted up the number of « lone wolf » incidents and added it to the number of Islamist terrorist plots that have been foiled since 9/11, we would arrive at more than 40 incidents of terrorist killings or efforts to kill on a wide scale. If anyone could find a comparable series of anti-abortion terrorist acts, backlash attacks on Muslims, anti-Semitic attacks perpetrated by non-Muslims, Jewish attacks on Middle Easterners, or radical environmentalist killings, then one could argue that the public was unduly focusing on Islam.

It seems, instead, that about every three to four months, either a single Muslim male will shoot or run over somebody and tie the violence to some sort of jihadist theme, or a group of Muslim males will be caught trying to blow up something or shoot someone, usually on a mass scale.

The general conclusions I would draw, based on the statements of the authorities, those in the military, the media, and the general public, are something like the following:

(1) Most people do not wish to be smeared as bigots, racists, or anti-Muslim, and therefore they will resist suggesting that such violence fits a pattern involving radical Islamic hatred.

(2) Most people assume either that the authorities will break up the plot before it reaches 9/11 proportions, or that the lone-wolf attacker will kill someone else far away, and therefore conclude that they are safe enough and it is a tolerable problem.

(3) Most also accept that (a) most Muslims in the U.S. are not violent, and therefore (b) we have no way in a free society to pick out in advance possible bad actors, and (c) the most likely preemptive strategies — screening imams, infiltrating « charities, » monitoring hate literature, reporting radicals at work, and screening web postings — are all fraught with civil-liberties and political-correctness land mines, and are as likely to boomerang on the authorities or well-intended citizens as they are to produce firm evidence that deters an Islamist killer before he acts.

Bottom line: The society at large, driven by the sermonizing of its elites, has come to an unstated conclusion that, unfortunately, a few Americans will have to be sacrificed from time to time, for the larger goal of establishing the fact that Americans in no way think Muslims are any more likely than any others to commit either random or premeditated terrorist violence. I think that is the initial lesson of Fort Hood. (I remember something similar from the 1980s and 1990s, when we accepted that to be a diplomat or a soldier stationed in the Middle East or Africa or anywhere in the Muslim world meant that there was some chance that your barracks, camp, hotel, embassy, or ship would be attacked — and very little chance that the U.S. government would do much in response other than launch an occasional ineffectual cruise missile or offer a bombastic « this will not stand » speech.)

If the lone-wolf incidents start happening ten times a year, rather than three or four, and if one or two terrorist plots succeed and result in several hundred killed, then attitudes may change (at least for a while).

Voir enfin:

Muhammad’s Willing Executioners
Jihad rages from Seattle to Israel.
Andrew G. Bostom
Front Page magazine
July 31, 2006

The ongoing violence in Lebanon and northern Israel, engendered by Hezbollah’s toxic amalgam of jihad and Jew hatred, reached Seattle, Washington this past Friday July, 28, 2006, just after 4 PM, local time. Naveed Afzal Haq, a Pakistani Muslim, hiding in the foyer of the entrance to the Jewish Federation of Greater Seattle, seized a 13-year old girl hostage. With a gun pointed to the young girl’s head, Haq forced his way through the buildings security door, and then opened fire with two semi-automatic pistols, killing a 58 year old woman, and wounding five other women, three of whom were wounded seriously. Haq reportedly exclaimed: “I am a Muslim American, angry at Israel” These are Jews and I’m tired of getting pushed around and our people getting pushed around by the situation in the Middle East.”

Earlier the same day, a triumphal pronouncement from Hezbollah accompanied the launching of so-called “Khaybar-1” rockets, five of which reached Afula, south of Haifa, and 30 miles from the Israeli-Lebanese border. A Hezbollah statement proclaimed, “With this, the Islamic Resistance begins a new stage of fighting, challenge and confrontation with a strong determination and full belief in God’s victory”. Throughout the preceding week, Al-Manar television and Al-Nur radio—Hezbollah-controlled media outlets which disseminate its propaganda—blared out in sonorous tones, “Nastarjiu Khaybar”—“We will return to Khaybar”.

These disparate events, occurring thousands of miles apart—the attack upon Jews in Seattle, and the firing of “Khaybar-1” rockets at Afula—reflect and celebrate the predatory relationship—Muslims preying upon Jews—established by Islam’s prophet Muhammad, and his earliest Muslim followers.

The late Muslim scholar Ali Dashti (d. 1984) wrote a biography of Muhammad entitled Twenty-three Years: A Study of the Prophetic Career of Mohammad. Dashti chronicles Muhammad’s “changed course” at Medina, where the Muslim prophet begins to “issue orders for war” in multiple and repeated Koranic revelations (sura [chapter] 9 being composed almost entirely of such war proclamations, for example). Prior to enumerating the multiple assassinations Muhammad ordered, Ali Dashti observes:

Thus Islam was gradually transformed from a purely spiritual mission into a militant and punitive organization whose progress depended on booty from raids and [tax] revenue….The Prophet’s steps in the decade after the hejra [emigration from Mecca to Medina] were directed to the end of establishing and consolidating a religion-based state. Some of the deeds done on his command [were] killings of prisoners and political assassinations…

Muhammad’s failures or incomplete successes were consistently recompensed by murderous attacks on the Jews. Thus Muhammad developed a penchant for assassinating individual Jews, and destroying Jewish communities—by expropriation and expulsion (Banu Quaynuqa and Nadir), or massacring their men, and enslaving their women and children (Banu Qurayza). Subsequently, in the case of the Khaybar Jews, Muhammad had the male leadership killed, and plundered their riches. The terrorized Khaybar survivors—industrious Jewish farmers—became prototype subjugated dhimmis whose productivity was extracted by the Muslims as a form of permanent booty. And according to the Muslim sources, even this tenuous vassalage was arbitrarily terminated within a decade of Muhammad’s death when Caliph Umar expelled the Jews of Khaybar (after whom the Khaybar-1 rockets were of course named).

Muhammad’s brutal conquest and subjugation of the Khaybar Jews, and their subsequent expulsion by one of his companions, the (second) “Rightly Guided” Caliph Umar, epitomize permanent, archetypal behavior patterns Islamic Law deemed appropriate to Muslim interactions with Jews. As the scholar George Vajda has observed, the theological-juridical, and historical consequences of these archetypes, resulted, at best, in the Jews being dhimmis “subject to Muslim domination”, and treated “with contempt”, under “humiliating arrangements”. When the Jews were perceived as having exceeded the rightful bounds of this subjected relationship, as in mythically “tolerant” Muslim Spain, the results were predictably tragic. The Granadan Jewish viziers Samuel Ibn Naghrela, and his son Joseph, who protected the Jewish community, were both assassinated between 1056 to 1066, and in the aftermath, the Jewish population was annihilated by the local Muslims. It is estimated that up to five thousand Jews perished in the pogrom by Muslims that accompanied the 1066 assassination. This figure equals or exceeds the number of Jews reportedly killed by the Crusaders during their pillage of the Rhineland, some thirty years later, at the outset of the First Crusade. The inciting “rationale” for this Granadan pogrom is made clear in the bitter anti-Jewish ode of Abu Ishaq, a well-known Muslim jurist and poet of the times, who wrote:

Bring them down to their place and return them to the most abject station. They used to roam around us in tatters covered with contempt, humiliation, and scorn. They used to rummage amongst the dung heaps for a bit of a filthy rag to serve as a shroud for a man to be buried in…Do not consider that killing them is treachery. Nay, it would be treachery to leave them scoffing.[The translator then summarizes, appropriately: “The Jews have broken their covenant (i.e., overstepped their station, with reference to the Covenant of Umar) and compunction would be out of place.”]

There have been ceaseless calls for jihad against the Jews in Palestine during modern times, since shortly after the Balfour Declaration in 1918, intensifying following Israel’s creation in 1948, through the present era. Jihad has remained the primary cause of the conflict between the global Islamic umma—Arab and larger non-Arab Muslim communities alike—and the Jewish state of Israel. Israeli Jews are regarded as merely a religious community, whose rightful place is under Islamic suzerainty as dhimmis. Thus as historian Bat Ye’or has explained, Israel’s national patrimony,

a geographical territory related to a past history, a system of legislation, a specific language and culture—[is]consequently denied. The “Arab” character of the Palestinian territory is inherent in the logic of jihad. Having become fay territory by conquest (i.e. “taken from an infidel people” by jihad), it must remain within the dar al-Islam. The State of Israel, established on this fay territory, is consequently illegal.

Accordingly, the source of the endless annihilationist animus against Israel—an unabashed Jewish state among the otherwise monolithically Islamic nations of the Middle East—becomes clear. Bat Ye’or elucidates:

Israel represents the successful national liberation of a dhimmi civilization. On a territory formerly Arabized by the jihad and the dhimma, a pre-Islamic language, culture, topographical geography, and national institutions have been restored to life. This reversed the process of centuries in which the cultural, social and political structures of the indigenous population of Palestine were destroyed.

To this day, the overwhelming majority of the global Muslim community, most notably Arab Muslims, refuses, as Bruce Thornton described so aptly,

…to recognize a legitimate state created by the same historical process that created their own nations, and their continuing failure to recognize Israel in deeds rather than in words, [is] the root cause of the ongoing crisis

These sentiments were confirmed at the 2003 Putrajaya Islamic Summit, when former Malaysian Prime Minister Dr Mahathir Muhammad refused to acknowledge Israel’s legitimacy, but did discuss “Jews”. Mahathir’s bellicose statement, below, was met by thunderous applause from all the Muslim leaders present, including our man in (then just liberated) Afghanistan, Hamid Karzai:

To begin with, the governments of all the Muslim countries can close ranks and have a common stand if not on all issues, at least on some major ones, such as on Palestine… We need guns and rockets, bombs and warplanes, tanks and warships…We may want to recreate the first century of the Hijrah, the way of life in those times, in order to practice what we think to be the true Islamic way of life l.3 billion Muslims cannot be defeated by a few million Jews. There must be a way. And we can only find a way if we stop to think, to assess our weaknesses and our strength, to plan, to strategize and then to counter-attack. As Muslims, we must seek guidance from the Al-Qur’an and the Sunnah of the Prophet. Surely the 23 years struggle of the Prophet can provide us with some guidance as to what we can and should do…

Assiduous documentation by Daniel Pipes (here, and here) underscores how Israel’s stubborn resistance to its annihilation appears to have fomented multiple acts of Muslim violence against the non-Israeli Jewish diaspora population during the past 15 years. The murderous attack on the Jewish Federation of Greater Seattle by Naveed Afzal Haq merely continues this alarming trend

Notwithstanding that he may never have encountered an actual Jew, the 17th century Indian Sufi jurist Sirhindi (d. 1621) expressed an (archetypal) sentiment, whose ultimate origins can be traced to the sacralized behaviors of the Muslim prophet Muhammad himself. Sirhindi wrote:

Whenever a Jew is killed, it is for the benefit of Islam.

Sadly, this ugly belief retains widespread legitimacy amongst contemporary Muslims.

Andrew G. Bostom is a frequent contributor to Frontpage Magazine.com, and the author of The Legacy of Jihad, and the forthcoming The Legacy of Islamic Antisemitism.


Esclavage: Les Africains aussi! (African slavery apology ‘needed’)

14 novembre, 2009
Résultat de recherche d'images pour "King guezo of dahomey"Guezo fut également un administrateur extrêmement avisé. Grâce aux revenus de la traite, il put abaisser les impôts, stimulant ainsi l’économie agricole et marchande (…) Il fut très aimé et sa mort subite dans une bataille contre les Yorubas fut une véritable tragédie. Wikipedia
Nous ne pouvons pas continuer à accuser les hommes blancs alors que les Africains, en particulier les chefs traditionnels, ne sont pas irréprochables. Communiqué du Congrès des droits civiques nigérian
Les chefs traditionnels n’ont pas à être reconnus par la Constitution tant qu’ils n’ont pas présenté leurs excuses aux familles des descendants des victimes de l’esclavage. Shehu Sani (président du CRC)

Mais qu’arrive-t-il à l’Afrique?

Alors qu’après avoir proposé un droit de réserve pour la romancière franco-sénégalaise qui joue à cracher sur le pays qui vient de lui décerner le Prix Goncourt et justifié récemment la mesure d’expulsion de Tunisie d’une journaliste du Monde, notre Raoult national et accessoirement président du groupe parlementaire d’amitié France-Tunisie propose un « label Pays Amis de la France » pour les malheureuses dictatures africaines injustement dénigrées par nos médias pour violations des droits fondamentaux de leurs population …

Et que, réduisant le secrétaire des Nations unies et le directeur général de la FAO Jacques Diouf à la grève de la faim, le Pays autoproclamé des droits de l’Homme et inventeur patenté des French doctors que le monde entier nous envie se voit dénoncé, pour de prétendues basses considérations d’ordre politique, économique ou militaire, comme « cancre de l’action humanitaire » (21e sur 23 en terme de dons par rapport à son PNB) pour manque de générosité ou de neutralité au Tchad ou au Congo …

Pendant qu’après nos ambassadeurs comme nos écrivains, dont à nouveau notre Goncourt franco-sénégalaise, dénoncent le monstrueux « flicage » d’une société française mais aussi européenne qui reconstruit des murs de Berlin à ses frontières et va jusqu’à expulser ses sans-papiers …

Dans un pays où, au nom d’une nouvelle loi pour la reconnaissance de l’esclavage et de la traite, des associations noires exigeaient récemment non seulement la repentance mais des réparations pour la traite africaine et dénonçaient publiquement nos chercheurs pour avoir rappelé l’existence de traites arabe et intra-africaine ou que c’est la colonisation et le christianisme et qui avaient mis fin à ladite traite …

Ne voilà-t-il pas que, contaminés à leur tour par l’obsession de la repentance et pour des considérations bassement politiques, une bande de droits-de-l’hommistes nigérians se permet de rappeler, contre la longue omerta africaine, la part de leurs élites dans la traite des Noirs?

Allant jusqu’à leur demander, après les récentes excuses du Sénat américain et de St Obama lui-même (5% de la traite atlantique contre… 40% pour le seul Brésil, dernier pays non-africain ou arabe à l’abolir en 1831!), de l’ex-Premier ministre britannique Tony Blair et de l’ancien maire de Londres (3% de la traite atlantique contre 13% pour la France), c’était au tour des dirigeants traditionnels du continent noir de s’excuser publiquement pour le rôle que leurs ancêtres ont joué dans la traite des esclaves …

Rappelant que leurs « rois-traîtres » avaient « participé à la traite des esclaves en aidant systématiquement à mener des raids et des enlèvements dans des communautés sans défense, puis à les livrer à des Européens, Américains et autres » …

Si ça continue, ils vont tout nous ressortir …

Les siècles de pillages, guerres et esclavage de l’islam

Comme les centaines de milliers d’Africains toujours maintenus en esclavage …

Ou… le pillage actuel du continent par ses propres dirigeants!

Des Africains ont eu leur part dans la traite des Noirs
La Croix
12.11.2009

Au Nigeria, un collectif d’ONG, le Congrès des droits civiques, demande aux chefs coutumiers du pays le plus peuplé d’Afrique de s’excuser au nom de leurs ancêtres d’avoir aidé à la déportation de milliers d’esclaves noirs

C’est une première en Afrique noire. Du jamais entendu. Au Nigeria, pays le plus peuplé du continent noir, avec plus de 140 millions d’habitants, un collectif de plusieurs dizaines d’organisations de défense des droits de l’homme, le Congrès des droits civiques (CRC), a demandé aux « chefs traditionnels africains nigérians de s’excuser pour le rôle que leurs ancêtres ont joué dans la traite des esclaves ».

« Nous ne pouvons pas continuer à accuser les hommes blancs alors que les Africains, en particulier les chefs traditionnels, ne sont pas irréprochables », dit-il dans un courrier. Les organisations relèvent le fait que le Sénat américain a présenté en juin dernier des excuses pour « l’inhumanité, la cruauté, l’injustice fondamentale de l’esclavage ». Aux Africains de faire de même.

Très précis sur les accusations, le CRC a rappelé que les chefs traditionnels ont « participé à la traite des esclaves en aidant systématiquement à mener des raids et des enlèvements dans des communautés sans défense, puis à les livrer à des Européens, Américains et autres ».

Au Nigeria, la ville côtière de Badagri, comme celle de Ouidah au Bénin (l’ex-Dahomey) ou encore Loango en Angola, ont servi de points de départ pour le voyage à fond de cale de millions d’esclaves vers l’Europe, les États-Unis et les Caraïbes.

Une démarche non exempte d’arrière-pensées politiques

La participation de chefs africains à la traite de leurs propres frères noirs a toujours été une réalité gênante, même pour les historiens occidentaux. D’autant qu’il y a peu d’écrits en Afrique, continent de la tradition orale.

Reste que cette démarche n’est pas exempte d’arrière-pensées politiques. Dans l’Afrique noire du XXIe siècle, les pouvoirs en place apprécient peu le poids des chefs traditionnels, omniprésents dans les villages, jugeant qu’ils sont un frein au développement et à la modernité.

Au Nigeria, comme dans la majorité des pays africains, les chefs traditionnels ne sont pas reconnus par les Constitutions. Ils demandent aujourd’hui à l’être au Nigeria. D’où la proposition étonnante du collectif d’ONG : excuses contre reconnaissance constitutionnelle.

L’Afrique a en effet connu des chefs traditionnels qui firent commerce d’hommes, ceux que l’on appelait au Bénin les « rois-traîtres », tel Guezo, au visage marqué par la petite vérole, qui fit durant un règne de quarante ans au XIXe siècle de la traite à grande échelle. Il y était aidé par son plus proche ami et conseiller Francisco Felix de Souza, Brésilien d’origine portugaise.

« L’Afrique noire a été un acteur à part entière de la traite »

Guezo aurait ainsi participé à la déportation de centaines de milliers, voire un million de ses frères noirs, en grande partie vers le Brésil, en échange d’armes, de tabac, d’alcool, de tissu, surtout de la soie et du velours.

Selon l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau (1), « sans minimiser la responsabilité occidentale – ce serait absurde car la demande fait aussi l’offre –, l’Afrique noire a été un acteur à part entière de la traite ».

Les captifs africains ont été ainsi emmenés par d’autres Africains et vendus à des Européens ou à des Arabes. Bon nombre d’entre eux étaient déjà esclaves dans leur communauté, souvent razziés après des combats. La traite intra-africaine aurait concerné près de 14 millions de personnes, contre 17 millions pour celle faite par les Arabes et 11 millions pour celle concernant les Européens.

Julia FICATIER

(1) Les Traites négrières. Essai d’histoire globale, Gallimard, 2004.

Voir aussi:

Esclavage: « les chefs doivent s’excuser »
Le Figaro/AFP
11/11/2009

Les chefs traditionnels africains devraient s’excuser pour le rôle que leurs ancêtres ont joué dans la traite des esclaves, ont estimé mercredi des organisations de défense des droits de l’homme au Nigeria.

Le Congrès des droits civiques (CRC), une coalition de dizaines d’organisations de défense des droits de l’Homme, a estimé dans un communiqué qu’après les excuses du Sénat américain en juin et celle de l’ex-Premier ministre britannique Tony Blair, c’était au tour des dirigeants traditionnels du continent noir.

Ils doivent présenter des excuses au nom de leurs ancêtres pour « mettre un point final à l’histoire de la traite des esclaves », écrit le CRC dans un courrier adressé à ces dirigeants.

« Nous ne pouvons pas continuer à accuser les hommes blancs alors que les Africains, en particulier les chefs traditionnels, ne sont pas irréprochables ».

Selon le CRC, ils ont participé à la traite des esclaves en « aidant systématiquement à mener des raids et des enlèvements (…) dans les communautés sans défense (…) puis à les échanger avec des collaborateurs européens, américains et autres ».

La ville côtière nigériane de Badagry a servi de point de départ pour le voyage de nombreux esclaves vers l’Europe, les Etats-Unis et les Caraïbes.

Shehu Sani, qui dirige le CRC, a expliqué que la demande d’excuses intervenait maintenant, avant que les chefs traditionnels au Nigeria, qui ne sont pour l’heure pas reconnus par les lois du pays, ne figurent dans la nouvelle Constitution.

« Ils n’ont pas à être reconnus par la Constitution tant qu’ils n’ont pas présenté leurs excuses aux familles des descendants des victimes de l’esclavage », a-t-il affirmé à l’AFP.

Il a dit espérer que des excuses de chefs nigérians pourraient inciter d’autres chefs, dans d’autres pays d’Afrique, à faire de même.

Voir également:

African slavery apology ‘needed’

BBC NEWS
2009/11/12

Traditional African rulers should apologise for the role they played in the slave trade, a Nigerian rights group has said in a letter to chiefs.

« We cannot continue to blame the white men, as Africans particularly the traditional rulers, are not blameless, » said the Civil Rights Congress.

The letter said some collaborated or actively sold off their subjects.

The group said it was time for African leaders to copy the US and the UK who have already said they were sorry.

It urged Nigeria’s traditional rulers to apologise on behalf of their forefathers and « put a final seal to the history of slave trade », AFP news agency reports.

Civil Rights Congress president Shehu Sani says they are calling for this apology because traditional rulers are seeking inclusion in the forthcoming constitutional amendment in Nigeria.

« We felt that for them to have the moral standing to be part of our constitutional arrangement there are some historical issues for them to address, » he told the BBC World Service.

« One part of which is the involvement of their institutions in the slave trade. »

He said that on behalf of the buyers of slaves, the ancestors of these traditional rulers « raided communities and kidnapped people, shipping them away across the Sahara or across the Atlantic ».

Millions of Africans were forcibly transported to the Americas over a period of about 450 years from the middle of the 15th Century.

More than a million people are thought to have died while in transit across the so-called « middle passage » of the Atlantic, due to the inhuman conditions aboard the slave ships and brutal suppression of any resistance.

Many slaves captured from the African interior died on the long journey to the coast.

Do you think traditional leaders should apologise for the slave trade? How complicit do you think African rulers were at the time? Send us your views using the postform below.

Even though the children aren’t really responsible for the crimes of their fathers, there is a healing aspect in repentance and forgiveness. For even the crimes of our fathers affects the lives of their children’s children. Those who repent of wrongs done and those who forgive those wrongs find renewal and health which may change the course of a life or of a nation. Njinja, Yaounde, Cameroun

I think even if they apologize what they have done at the past, it doesn’t have meaning, it doesn’t change things. If the slavery stopped now we faced another one « the mental slavery » and the worst thing is that our leaders don’t take lesson from the past and still provoke civil wars. We are tired of wars. as my above friend said lets move forward and forget about the past, I hope one day hearing « the united states of Africa » even if not me my children or my little children will hear this. Moktar, Djibouti

well it true i agree with you traditional ruler should apologise to African also but lets not forget the Arab who came first they have not yet apologise to Africa for their slavery the did with caravan through the Sahara desert. let me ask one question are these African politicians not enslaving their children again in the name of corruption. i think we should examine what is going on in our society today because for people like us who come to Europe through the Mediterranean sea and we live in no document the people should examine this fact because our so call government is enslaving us again thanks oghogho elvis smith robson, lyon france

If our traditional leaders should apologise for selling their subjects into slavery, we should also ask the question whether people living in the west coast of Africa are freemen in their respective countries. Sometimes I wish our fore fathers were all sold into slavery not that i am condoling the menace of the slave trade but rather in my opinion i see the 500 years old inhumane act perpetuated by the then rulers and their colonial counterpart as a blessing in disguise and the truth be said millions of us are still under the captivity of bad government, corrupt and irresponsible leaders that are still destroying many aspirations in Africa. who is saying sorry to us ? Gabriel Okodoa, Greater Manchester

The era of slavery is over and no amount of apologies and what a view will salvage African the worst that has been done, and the so called traditional ruler that collided with the slave masters were no more. Why cant we have a group that will talk and demand apologies from our past and present leaders that has change the dream of Nigeria and African continent as whole, they have collided with some unknown elements to underdeveloped our continent, lead us to wrong path. The damage that was done during the era of slavery is less to what our corrupt leader have done. no African leader will leave office without been prosecution for corruption and mismanagement. i don’t need apologies from the dead, i demand from our present for governing us badly. fatai yussuff, belfast

there is no present without a past. the corruption of the 15th century on the african continent still lives with us. apology comes with an attitude change. if not, there is absolutely no need. we want a positive change in africa and starts with the traditional leaders. they must voice out the truth to these corrupt leaders all over africa. vincent bodam, lagos, nigeria

True, they were culprits to this human tragedy, but the human right group better user their energy to free Nigerians from political corruptions that has plunged the nation back to 1000 years of less development. Nigeria need EMERGENCY surgery, no kidding M Imarhiagbe, ZH/Switzerland

There apologies at this time of an age is irrelevant, rather more emphasis should be focused on how meaningful development can be achieved in Africa. I think the organisation should focus on ills ravaging the continent such as corruption, famine, HIV/AIDS, poor management of resources and the likes. The apologies from US and UK has done us no good; what has been done has been done..lets move forward Adewole M., Coventry, United Kingdom

This is certainly, YES in capital letters. African traditional leaders « rulers » should all stand before their very common poor affected African people to confess and religiously apologise for the cruel act of trans-Sahara slave trade which led to the traumatic and bad leadership portrait on their ruled masses which brought about a present day fail African Nation. Suleiman – Isa, Adamu, Abuja, Nigeria

I think it is proper for everyone involved to tender an apology. There was a national repentance prayer in Abuja on the eve of Nigeria’s 49th anniversary on the 30th of September 2009. The prayers started from repentance about slave trade to today’s misgovernance. The vice president was in attendance and there were representatives of the kings. The representatives of the traditional rulers from the coastal areas tendered an apology for their role in slave trade just as General Gowon did on the same night for the actions of the nation during the civil war. I don’t think the traditional rulers are against this and I think it is the right way to go but it should not excuse the western nations from what they did as well. There are more than enough guilty parties. Debola Ajagunna, Houston USA

It’s an interesting call, and the issue has been addressed in West Africa by reputable historians such as Adu Boahene, and documented in the UNESCO History of Africa series. What happened was a form of complicity between slavers and traditional rulers who traded defeated war captives for guns and powder so they could continue to expand their states at the expense of their neighbours. But there is another class of people whose complicity is often overlooked, and that is the cynical gun manufacturers — like Samuel Galton Jnr of Birmingham who made cheap unproved muskets specially for this trade. Conrad Taylor, London, UK

I think this is a positive stance to take. Especially the part about putting a final seal on it. These people have to be able to say that they are at peace with the past. It is the only way to look positively to the future. Finally it should be kept in mind that commercial interests (like getting the cheapest labour possibly) has been a thorn in civilizations side whenever it has not been held up to proper moral standards. Of course this includes the current issue of sustainability. I think there is a lesson to learn here from history. On some matters humanity simply cannot turn a blind eye. The Trutherizer

Should traditional leaders apologise for the slave trade? Absolutely! Let’s put this in perspective here. According to historic accounts, the Europeans slave Traders did not actually forcibly round up the merchandise. Africans delivered Africans into slavery. The Europeans just like with colonial rule, where able to persuade the traditional rulers to part with their fellow Africans with smiles on their faces and monies in their pockets. In the defence of Traditional Rulers, they had no idea of the brutal inhuman treatment to befall their fellowmen. They probably did not fathom that millions will perish even before the whips started cracking on the shores of the American continent. But I feel it is important that we as Africans do not absolve ourselves completely of blame in what can only be described as one of the worse atrocities that that the world has ever seen. O. Ayeni, Edgware, Middlesex , UK

African leaders were the biggest culprits of the crime. In fact, I estimate that up to 80% of slaves were procure and sold by other Africans for things like whisky and rum. Denying this fact only means it will and is happening again albeit with a different face. How many times have we heard demagogues blame colonialism and foreign powers for what is wrong when it is our own people causing suffering. Its sad that some of these criminals are lionised in history books as great kings when in fact their wealth was based on the blood of many. Unless we are honest to ourselves nothing will change. mustafa, glasgow scotlannd

I don’t agree. Most of African leaders who participated in the act were either covertly or overtly forced by the white slave maters….the case of Oba of Benin is a good example. When he refused to trade his kinsmen for mirrors and hats….he was dethroned and beheaded to serve as deterrent to others. How could you blindfold someone and yet accuse him of not being able to see? Malcolm, Ibadan Nigeria

Indeed African traditional Leaders should apologise, and even build a monument honouring the victims of Slave Trade at each region where the slaves were put on board. The evil that many traditional leaders perpetuated in those days continues today. There are still tragic collusion of local leaders with rapacious multinational companies in the devastation and exploitation of African natural resources. A practical example of this is the imbroglio in the Niger Delta in Nigeria. The evil in some of the traditional leaders has been transferred to the modern Nigerian leaders, ad that is why many of them are into corruption. The traditional leaders still wield enormous enormous power, and as a result are are granted series of contracts in various fields in which they are not competent, leaving their responsibilities to pursue other forms of wealth. The traditional larders are indeed insatiable. While there is still the need to have them in the society, they should be more productive, rather than being parasites. John OYEWOLE, Milan, Italy

The was a debate In my Final year BA degree at the University of the Gambia. This is doubt The African Rulers at the time of slavery and Slave bore a lot of responsibility to their fellow Africans for Betraying them and selling them as slaves. The great grand children of those rulers should apologized for the bad deeds of their parents. They should even pay reparation to their victims’ children if it can be arranged. Thank you for bringing this topic. Alhagie Bah, The Gambia

Voir enfin:

Chronique d’abonnés
Plus il y aura de marteaux pour taper sur le même clou
Françoise Arnaud., Ecrivain
Le Monde
10.11.09

Indécent ce battage fait autour de la chute du mur de Berlin ? Certes. Si en 1989, il existait quelque raison valable de se réjouir de la disparition de ce mur de la honte, le nombre de ses pareils qui, depuis, ont poussé comme champignons après la pluie, l’interdit. Progrès oblige, il en existe à présent non seulement de matériels, mais aussi de virtuels, en ce sens qu’ils n’ont pas d’existence tangible. La raison de tous ces murs est identique, sous couvert de nobles buts, ils n’en ont qu’un seul qui est économique.

À propos de ce front commun souriant et triomphant formé par tous ces hommes d’Etat ou représentants, il est permis de se poser une question : qu’est-ce qui se cache dessous ?

Pour Mme Merkel, il s’agit d’une question éminemment allemande, mais pour les autres ?

C’est loin d’être clair et certainement pas innocent.

Célébraient-ils l’arrivée d’une solidarité mondiale retrouvée ? La présence de Mme Hillary Clinton pouvait le laisser penser, d’autant plus que cette dernière avait entamé un chant en faveur de la tolérance religieuse et M. Obama en faveur de la flamme de la liberté.

Hélas, aucun de ces chefs, représentants d’état, n’étaient là dans ce but. Tous font partie de ceux qui ont construit le plus vaste, et le plus vil des murs de la honte, de tous les temps ! La mort programmée des immigrés de la faim.

Leur interdire l’accès aux seules chances de survie, revient à prononcer leur condamnation à mourir de faim chez eux ; condamnation d’autant plus inique que ce sont ces mêmes états qui organisent cette faim dans les pays d’origine.

Pour le plus grand profit des compagnies transcontinentales et des financiers du monde entier, sans parler de celui des oligarchies des pays concernés. Sans le moindre bénéfice pour les populations obligées d’acheter des produits importés, hors prix, pour la plupart.

L’Europe pour l’Afrique et les ?tats-Unis pour le Mexique sont les plus concernés.

L’Europe, coup de génie, a créé : Frontex, organisme extrêmement dynamique, chargé de faire la police aux frontières de l’Union, de la rendre plus efficace, plus réactive. À sa disposition : une centaine de collaborateurs ; cinq à six cents policiers issus des états membres, formés en équipes mobiles pouvant intervenir hors de leur état d’origine ; vingt avions, trente hélicoptères, plus de cent embarcations ; des équipements sophistiqués tels que lunettes à infrarouge, ordinateurs portables etc… Là ne se limite pas sa mission, elle collabore avec des organismes officiels, tel Europol ; participe au rapatriement en aidant les pays membres à organiser les opérations de retour et aide localement les polices des frontières aux « points focaux »

Très hypocritement ces activités prétendent se faire pour « le bien des immigrés ». Les obliger à rester chez eux, pour qu’ils y meurent de faim, c’est les sauver d’une noyade quasi certaine. La plupart de ces gens se risquent à parcourir 1.200 kms, sur l’océan, dans des embarcations pneumatiques, surchargées, peu aptes à tenir la mer, avec peu de chance d’arriver au terme d’un voyage pour lequel ils paient à des passeurs, des sommes exorbitantes. Beaucoup n’atteignent pas la rive espagnole ou portugaise d’où ils seraient de toute manière généralement renvoyés. En 2006, environ 3.000 personnes se sont noyées.

Pharisianisme : comme on ne peut enlever aux immigrés les motifs pour lesquels il leur faut gagner à tout prix l’Europe, et que plus Frontex sera performant, plus ils se rabattront sur des itinéraires dangereux, il faut les empêcher de quitter l’Afrique. Dès 2004, le ministre allemand de l’intérieur, Otto Schily a proposé de créer des centres d’accueil en Afrique, ce qui tout de même a suscité un certain malaise.

Les ?tats-unis ont fait appel à ces innovations techniques qui risquent d’apporter quelque répit aux pays assiégés. Il est prévu d’installer à la frontière avec le Mexique un système de barrage, coût : deux milliards de dollars ; qui par GPS permettra de repérer tout transfuge, de transmettre en temps réel, par ordinateur portable, sa position à la patrouille la plus proche. En 2006, la chambre des représentants a adopté le plan d’une clôture sophistiquée, longue de 1.125 kms pour renforcer celle existante, la frontière couvre 3.360 kms, mais on estime que cette précaution sera suffisante, le reste des régions frontalières est fait de régions arides ou de montagnes impraticables.

Entre 1998 et 2004, 1.954 personnes sont mortes sur cette frontière.

Ces ?tats, responsables du réchauffement climatique, de la faim, des flux migratoires de plus en plus nombreux au fur et à mesure que l’espace vital se rétrécira, des conflits qui en découleront et qui auront des répercussions radicales sur la forme des sociétés occidentales futures, sauront-ils relever le plus grand défi social : la question climatique ?

Berlin, 588 en vingt ans, EU., 1954 en six ans ! Et, ailleurs?

African slave trade nations Arab slave tradeAtlantic slave tradeSlave trade map


Dialogue interreligieux: Dans le Coran presque tout, excepté les infamies, est emprunté et contrefait

16 décembre, 2008
Mullah justiceParce que Jésus s’était choisi 12 apôtres parmi les fidèles, Mahomet en choisit 12 parmi ses sectateurs, ce qui l’a fait appeler par un écrivain du Moyen Age le ’copieur de Dieu’ (…) A la place de la simplicité, de la douceur, de la bénignité, de l’esprit de paix et de pardon, de la pauvreté volontaire, de l’humilité, de l’amour des souffrances de Jésus, vous voyez éclater dans Mahomet la duplicité, la cruauté, la soif des jouissances, du butin, de la domination, de la vengeance et de l’orgueil, à leur paroxysme le plus élevé.
Pourquoi suis-je obligé de taire ses 21 épouses qu’il se donne après s’être engagé à n’en avoir que 4, sans compter ses 4 concubines, et cette infâme loi qui lui accorde toute femme musulmane dont le coeur se sentira incliné vers lui, fût-ce une fillette de 8 ans ?…
Mahomet emprunte à chacune des religions existantes à son époque une portion de ses doctrines, et de cet amalgame incohérent qui prétend ménager le Chrétien, le juif, le sabéen, l’idolâtre, il forme son symbole et lui donne pour suprême couronnement son aphorisme : ’Il n’y a de Dieu que Dieu, et Mahomet est son prophète’… Il se fonde sur l’amalgame des doctrines, et se couronne par l’orgueil de la personne »… « Mais la vérité n’est pas une propriété dont on puisse abandonner même une parcelle, dans l’intérêt prétendu de la paix. Mgr Pavy (Evêque d’Alger, 1853)
Comment a fait Dieu pour revenir dans nos sociétés. C’est le grand paradoxe : grâce aux musulmans. Ce sont les musulmans qui, devenus en Europe une minorité importante, ont demandé de l’espace pour Dieu dans la société. Cardinal Tauran
Une certaine bourgeoisie belge traditionnelle n’a jamais vraiment accepté notre modernité capitaliste, individualiste, compétitive. Le prêtre Harpigny, qui fut certainement un bon élève, ne se sent pas à l’aise dans cette société belge laïque où les femmes sont trop libres et égoïstes. Alors, même inconsciemment, il trouve des beautés dans la civilisation musulmane traditionnelle, avec son esprit de partage, la chaleur des relations humaines, les femmes voilées et obéissantes. Et puis, surtout, «les musulmans, eux, ils croient». Et Guy Harpigny, comme tous les prêtres dialogueux massignoniens, estime qu’il vaut mieux croire à quelque chose que de ne rien croire du tout, et ils s’imaginent (ou veulent s’imaginer) que puisqu’ils croient, ils croient à peu près à la même chose. Ils confondent ainsi allègrement foi et religion dans une cécité volontaire ou involontaire. Anne-Marie Delcambre

Association du sang à la volupté, guerre permanente, répétition de creuses et vides formules, science stérile, femme esclave, totale incompatibilité théologique avec le christianisme, travestissement des textes bibliques, antisémitisme et anitchristianisme, fanatisme, totalitarisme religieux, violence aveugle …

En cette heure de dhimmisation rampante où la guerre sainte fait rage jusque dans nos piscines et les assiettes de nos enfants

Et face aux pieux mensonges du prétendu dialogue islamo-chrétien

A lire, sur les sites Liberty vox ou Euro-reconquista et dans une récente lettre ouverte au président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux citant un prélat catholique du XIXème siècle, la rafraichissante franchise de l’islamologue Anne-Marie Delcambre sur la réalité de l’islam et du « copieur de Dieu ».

Lettre ouverte au Cardinal Tauran
29 novembre 2008
Canal ER

Anne-Marie Delcambre adresse une lettre à Son Eminence, le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.

Votre Eminence,

Quand on lit vos propos (« Comment a fait Dieu pour revenir dans nos sociétés. C’est le grand paradoxe : grâce aux musulmans ». « Ce sont les musulmans qui, devenus en Europe une minorité importante, ont demandé de l’espace pour Dieu dans la société ».) et qu’on a connaissance du sermon de Son Excellence, l’évêque d’Alger, Mgr Pavy, prononcé en 1853, il y a un siècle et demi, on se demande si tous les deux appartenez bien à la même religion !

Voici, Eminence, des extraits de l’homélie de ce prélat du XIXème siècle. Sa franchise de ton, concernant l’islam, est tellement éloignée de votre frilosité pleine de soumission qu’on a peine à croire ce qu’on lit.

« Pour commencer, celui qui prétend être le prophète d’Allah, Mahomet, devrait avoir des lettres de créances », c’est-à-dire la prophétie, les miracles et l’intégrité de l’ensemble de sa vie… « Rien de tout cela ne se trouve chez Mahomet, cet homme de pillage et de sang qui prêche sa doctrine à coup de cimeterres, en promenant la mort sur un tiers du globe alors connu !

Prophète ? « Il n’a même pas su deviner qu’un jour le poison lui serait servi par des mains soumises ».

Et les miracles ? « Mahomet répète jusqu’à satiété que Moïse, Jésus-Christ et les autres prophètes ont fait des miracles, témoignage précieux pour notre foi, mais que lui n’est pas chargé d’en faire : il n’est chargé que de la prédication ; voilà la confession de son impuissance et par conséquent de son imposture et de son erreur ». Par ailleurs, dit-il « j’ai lu le récit de ses 18 miracles, d’après les auteurs arabes. Ce sont des phénomènes sans raison d’être, des contes puérils où tout au plus des tours de sorcellerie qui feraient rire de pitié nos fameux prestidigitateurs… Tantôt ce sont des arbres qui se promènent, des pierres qui parlent et autres niaiseries que nous avons honte de rapporter ici. Voilà tout son bagage de thaumaturge » ! Et manque d’arguments et de miracles Mahomet fait croire que « le miracle des miracles, c’est le Coran, prodige qui dépasserait en beauté toutes les formes humaines… »

« 4 ou 5 chapitres du Coran sont assez agréablement tournés, j’en conviens ; mais… qu’est-ce que peuvent faire 5 chapitres pour racheter les prodigieuses niaiseries, les maximes jetées sans ordre, les hiéroglyphes bizarres, les non-sens habituels et les flagrantes contradictions qui remplissent les 114 chapitres de ce tome indigeste » ?

« Dans le Coran je n’ai rien trouvé de bien neuf. Presque tout, excepté les infamies, y est emprunté et contrefait. (….)

Le dieu de Mahomet « change l’éternelle beauté du ciel en un lieu de prostitution, dont les orgies dépassent en lubricité multiple et stérile tout ce que l’idolâtrie elle-même, dans ses conceptions les plus abjectes, avait pu rêver. Le dieu de l’islam, c’est un être tellement immonde, en sa complaisante faiblesse, que si l’autorité chargée de la garde des moeurs rencontrait dans nos rues quelque chose de semblable, elle devrait à l’instant l’arrêter et le dérober aux yeux d’un public, hélas, pourtant si facile ! Et ce serait là le vrai Dieu ? »

« Oh, non, non, ce n’est pas là le vrai Dieu du ciel et de la terre, le Dieu des nations, le Dieu des prophètes, le Dieu de Moïse, le Dieu de Jésus-Christ. Ce n’est pas Vous, ô Sainte Trinité, que cet homme a violemment combattue. Ce n’est pas Vous, ô Père saint, ô Verbe éternel, ô Esprit de lumière et de charité ! Ce n’est pas Vous, Jésus, le salut et la vie de mon âme… Cet homme, Mahomet, ne vous a pas connu, il n’a pas su vous aimer, lui. Pardon, Seigneur, si, pour la défense de votre nom, j’ai parlé d’un autre dieu que vous ! »

« L’islam est une prétendue religion que certains Français entourent encore de tant de respect… Quelle morale est-ce donc, mes frères, que celle dont votre évêque n’ose pas exposer les principes, même pour les flétrir ? »

La morale de l’islam ? « L’association du sang à la volupté, la guerre à l’infidèle, guerre permanente, guerre qui doit durer jusqu’à leur entière extermination ou soumission au tribut. »

« En lisant l’Evangile, j’ai appris à prier ; en lisant le Coran, je n’ai rien appris, et le musulman, j’en suis sûr, n’y apprend, lui, qu’à répéter de creuses et de vides formules. Je serais tenté de dire qu’une telle prière est un outrage, puisqu’elle s’adresse à un dieu qui n’existe pas, ou qui existe avec des attributs tout opposés à ceux que lui prête la doctrine du musulman. »

Et la science ? « Elle a paru, chez eux, comme un météore ; elle est restée, chez nous, comme un soleil dont les feux alimentent sans cesse l’activité de l’intelligence humaine… Quel progrès ont-ils fait dans l’agriculture ? Aucun ; et, tandis que nos moines défrichaient l’Europe, les musulmans ont abandonné à la stérilité ces belles provinces de la Syrie et de l’Afrique, si fertiles et si peuplées à l’époque où l’islamisme s’abattit sur elles. »

« Et la famille ? L’époux y est un capricieux despote, la femme une esclave ; point d’instruction, même élémentaire, pour elle ; point de mosquées où elle puisse prier avant l’âge de la vieillesse. (…) »

Ces extraits du sermon prononcé par Monseigneur Louis Pavy, évêque d’Alger, en la cathédrale d’Alger pendant le Carême de… 1853 pourraient être du Père Samuel, prêtre catholique belge, injustement accusé.

Pour Mgr Pavy, comme pour le Père Samuel, le Dieu des chrétiens n’est pas le Dieu des musulmans. Mais il suffit d’examiner la théologie catholique pour constater qu’ils ont raison. Entre l’islam et le catholicisme il y a une totale incompatibilité théologique. C’est l’opinion de (saint) Jean Damascène (8ème s) aussi bien que celle de (saint) Thomas d’Aquin (13ème s).

Or, Eminence, vous et vos prêtres favorables au dialogue islamo-chrétien, subissez l’attraction de l’islam et êtes terriblement tentés par cette religion. Et là vous épousez la vision de l’orientaliste Louis Massignon qui persuada les milieux chrétiens que l’islam se rattachait à Abraham et que le Coran était aussi une révélation. En fait Louis Massignon dont l’homosexualité n’était un secret pour personne, ne pouvait rester serein devant la virilité arabe qui le bouleversait jusqu’au plus profond de lui-même.

Cette attirance envers les musulmans ne s’accompagnait pas d’une attirance pour les juifs, bien au contraire. Il avait une nette préférence pour les musulmans, jugés « meilleurs » que les juifs puisqu’ils reconnaissent Jésus et Marie, croient à la virginité de cette dernière, ce que les juifs ne font pas. Peu importait à Massignon que ce ne soit pas le même Jésus et la même Marie !

En bon disciple de Massignon, Eminence, vous vous rapprochez de l’islam. Mais en même temps vous vous écartez du judaïsme. Vous perturbez la relation entre juifs et chrétiens, rendue si difficile dans le passé. Vous brouillez les cartes, obscurcissez les esprits de vos fidèles, et ceci parce qu’au fond de vous et de vos prêtres demeure un fond d’antisémitisme qui ne dit pas son nom ou qui le déguise en antisionisme.

L’Eglise, la vôtre, ne sait plus ce qu’elle croit ni pourquoi elle le croit. Elle glisse vers l’islam, sans s’en apercevoir.

Dans le passé beaucoup de Chrétiens d’Orient ont été vendus à l’islam, par leurs pasteurs. C’est le cas en Egypte, en Syrie, en Afrique du Nord.

Parce que vous vous sentez affolé par le refroidissement de la foi et de la pratique religieuse en pays européens, vous admirez la dévotion musulmane. Vous vous émerveillez de ces hommes qui, dans un hangar ou dans la rue, se prosternent pour la prière. Mais en revanche quand les fidèles catholiques du Père Samuel prient avec ferveur dans un hangar ou dans un dancing… quand ils se privent pour acheter une église, ils n’ont droit qu’à du mépris de la part de leur évêque, Mg Guy Harpigny, disciple de Massignon et fervent défenseur du dialogue islamo-chrétien.

Le père Samuel qui vient d’Orient, qui parle araméen, turc et persan, qui connaît l’islam de l’intérieur, n’est pas vu, par vous et vos confrères, comme un égal, comme un frère en religion. Quel insupportable racisme.

Ce curé vous semble ridicule, avec son chapeau rond, sa barbe, son christ qu’il brandit à chaque instant. Vous ? vous ne mettez la pourpre cardinalice que dans les cérémonies à l’église. Sinon dans la rue, on pourrait vous prendre pour un directeur de supermarché.

Pour le Père Samuel il n’y a pas de distinction entre sa vie privée et sa vie publique. Il est entièrement prêtre catholique au point d’en devenir gênant pour vous.

Vous ne l’acceptez pas mais vous trouvez des beautés dans la religion musulmane traditionnelle que vous admirez pour ses traditions, son esprit communautaire, sa chaleur humaine, sa généreuse hospitalité.

Mais la gentillesse, la générosité, l’érudition du prêtre catholique oriental, cela ne vaut rien. La communauté du Père Samuel, l’évêque de Tournai, en Belgique, la rejette avec dégoût et s’entend avec des juristes pour l’assimiler à une secte ou à une association de malfaiteurs. Et le Père Samuel est vu comme un escroc, un malfrat et personne ne bouge dans la hiérarchie. Quelle honte.

Eminence, ce n’est pas Dieu que les musulmans ont fait revenir dans nos sociétés. Ce sont les démons du fanatisme, du totalitarisme religieux, de la violence aveugle.

Voir aussi:

Sermon de Mgr Pavy, évèque d’Alger

Pour commencer, « celui qui prétend être le prophète d’Allah, Mahomet, devrait avoir des lettres de créances », c’est-à-dire la prophétie, les miracles et l’intégrité de l’ensemble de sa vie… « Rien de tout cela se trouve chez Mahomet, cet homme de pillage et de sang qui prêche sa doctrine à coup de cimeterres, en promenant la mort sur un tiers du globe alors connu !

Prophète ? « Il n’a même pas su deviner qu’un jour le poison lui serait servi par des mains soumises. »

Et les miracles ? « Mahomet répète jusqu’à satiété que Moïse, Jésus-Christ et les autres prophètes ont fait des miracles, témoignage précieux pour notre foi, mais que lui n’est pas chargé d’en faire : il n’est chargé que de la prédication ; voilà la confession de son impuissance et par conséquent de son imposture et de son erreur. » Par ailleurs, dit Monseigneur, « j’ai lu le récit de ses 18 miracles, d’après les auteurs arabes. Ce sont des phénomènes sans raison d’être, des contes puérils où tout au plus des tours de sorcellerie qui feraient rire de pitié nos fameux prestidigitateurs… Tantôt ce sont des arbres qui se promènent, des pierres qui parlent et autres niaiseries que nous avons honte de rapporter ici. Voilà tout son bagage de thaumaturge ! » Et manque d’arguments et de miracles Mahomet fait croire que « le miracle des miracles, c’est le Coran, prodige qui dépasserait en beauté toutes les formes humaines… »

« 4 ou 5 chapitres du Coran sont assez agréablement tournés, j’en conviens ; mais… qu’est-ce que peuvent faire 5 chapitres pour racheter les prodigieuses niaiseries, les maximes jetées sans ordre, les hiéroglyphes bizarres, les non-sens habituels et les flagrantes contradictions qui remplissent les 114 chapitres de ce tome indigeste ? »

« Dans le Coran je n’ai rien trouvé de bien neuf. Presque tout, excepté les infamies, y est emprunté et contrefait. Ce qui est vrai se trouve dans le Pentateuque et dans l’Evangile ; ce qui est faux, dans le Talmud, dans les légendes arabes ou sabéennes, dans les évangiles apocryphes… Or, on voudrait faire descendre fraîchement du Ciel ce qui est déjà vieux sur la terre, et ce que je rencontre au fond de la boue ! »

« Le sabre n’est point un argument pour l’intelligence humaine ».

« Parce que Jésus s’était choisi 12 apôtres parmi les fidèles, Mahomet en choisit 12 parmi ses sectateurs, ce qui l’a fait appeler par un écrivain du Moyen Age le ’copieur de Dieu’. »… « A la place de la simplicité, de la douceur, de la bénignité, de l’esprit de paix et de pardon, de la pauvreté volontaire, de l’humilité, de l’amour des souffrances de Jésus, vous voyez éclater dans Mahomet la duplicité, la cruauté, la soif des jouissances, du butin, de la domination, de la vengeance et de l’orgueil, à leur paroxysme le plus élevé. »

« Pourquoi suis-je obligé, poursuit Monseigneur Pavy, de taire ses 21 épouses qu’il se donne après s’être engagé à n’en avoir que 4, sans compter ses 4 concubines, et cette infâme loi qui lui accorde toute femme musulmane dont le coeur se sentira incliné vers lui », fût-ce une fillette de 8 ans ?… « Donc, il n’est pas l’envoyé de Dieu ».

« Le Coran exprime, en de pompeuses paroles, les grandes idées des vertus naturelles, et lâche en même temps ouvertement la bride aux penchants les plus violents et les plus sulfureux… Il supprime les remords en introduisant le fatalisme… Mahomet, vaincu par la chair, accepte comme une loi divine sa domination absolue », par ses instincts les plus indignes.

« Mahomet emprunte à chacune des religions existantes à son époque une portion de ses doctrines, et de cet amalgame incohérent qui prétend ménager le Chrétien, le juif, le sabéen, l’idolâtre, il forme son symbole et lui donne pour suprême couronnement son aphorisme : ’Il n’y a de Dieu que Dieu, et Mahomet est son prophète’… Il se fonde sur l’amalgame des doctrines, et se couronne par l’orgueil de la personne »… « Mais la vérité n’est pas une propriété dont on puisse abandonner même une parcelle, dans l’intérêt prétendu de la paix ».

« Le Coran nie la divinité de Jésus-Christ ».

« Est-ce le Dieu véritable que le dieu de Mahomet ? Non ! Le faux prophète a donc fait un dieu nouveau ? pas davantage. Il a fait de son dieu ce qu’il a fait de tout le reste, un bizarre assemblage des qualités les plus opposés ; il l’a arrangé à sa façon. »

« Son dieu unique, mes frères, est si faible qu’il n’ose jurer par lui-même !… Son dieu unique est le plus cruel des tyrans, puisqu’il fait lui-même tout dans l’homme, jusqu’au péché, puisqu’il ordonne à tous de croire à la nouvelle révélation du Coran, et déclare en même temps qu’il ne veut pas que les infidèles puissent y croire. Son dieu unique est un dieu sans coeur ; il n’aime pas, et il ne demande pas qu’on l’aime ! »

Le dieu de Mahomet « change l’éternelle beauté du ciel en un lieu de prostitution, dont les orgies dépassent en lubricité multiple et stérile tout ce que l’idolâtrie elle-même, dans ses conceptions les plus abjectes, avait pu rêver. Le dieu de l’islam, c’est un être tellement immonde, en sa complaisante faiblesse, que si l’autorité chargée de la garde des moeurs rencontrait dans nos rues quelque chose de semblable, elle devrait à l’instant l’arrêter et le dérober aux yeux d’un public, hélas, pourtant si facile ! Et se serait là le vrai Dieu ? »

« Oh, non, non, ce n’est pas là le vrai Dieu du ciel et de la terre, le Dieu des nations, le Dieu des prophètes, le Dieu de Moïse, le Dieu de Jésus-Christ. Ce n’est pas Vous, ô Sainte Trinité, que cet homme a violemment combattue. Ce n’est pas Vous, ô Père saint, ô Verbe éternel, ô Esprit de lumière et de charité ! Ce n’est pas Vous, Jésus, le salut et la vie de mon âme… Cet homme, Mahomet, ne vous a pas connu, il n’a pas su vous aimer, lui. Pardon, Seigneur, si, pour la défense de votre nom, j’ai parlé d’un autre dieu que vous ! »

« L’islam est une prétendue religion que certains Français entourent encore de tant de respect…. Quelle morale est-ce donc, mes frères, que celle dont votre évêque n’ose pas exposer les principes, même pour les flétrir ? »

La morale de l’islam ? « L’association du sang à la volupté, la guerre à l’infidèle, guerre permanente, guerre qui doit durer jusqu’à leur entière extermination ou soumission au tribut. »

« En lisant l’Evangile, j’ai appris à prier ; en lisant le Coran, je n’ai rien appris, et le musulman, j’en suis sûr, n’y apprend, lui, qu’à répéter de creuses et de vides formules. Je serais tenté de dire qu’une telle prière est un outrage, puisqu’elle s’adresse à un dieu qui n’existe pas, ou qui existe avec des attributs tout opposés à ceux que lui prête la doctrine du musulman. »

Et la science ? « Elle a paru, chez eux, comme un météore ; elle est restée, chez nous, comme un soleil dont les feux alimentent sans cesse l’activité de l’intelligence humaine… Quel progrès ont-ils fait dans l’agriculture ? Aucun ; et, tandis que nos moines défrichaient l’Europe, les musulmans ont abandonné à la stérilité ces belles provinces de la Syrie et de l’Afrique, si fertiles et si peuplées à l’époque où l’islamisme s’abattit sur elles. »

« Et la famille ? L’époux y est un capricieux despote, la femme une esclave ; point d’instruction, même élémentaire, pour elle ; point de mosquées où elle puisse prier avant l’âge de la vieillesse. »

Les conseils de Mgr Pavy, pour convertir les musulmans qui nous entourent ? « Y porter non la guerre, mais la paix ; non la licence du toit domestique, mais la pureté et l’inviolabilité du mariage chrétien ; non la vengeance, mais le pardon ; non ce fatalisme désespérant, qui compromet autant la puissance de Dieu et sa miséricorde que la liberté humaine, mais cette douce résignation qui lui fait compter les larmes comme autant de perles précieuses et les épines de la douleur comme autant de fleurons ajoutés à la Couronne du Christ. Amen. »

Extraits du sermon prononcé par Monseigneur Louis Pavy, évêque d’Alger, en la cathédrale d’Alger pendant le Carême de… 1853.

En ce temps là les évêques n’étaient pas encore dhimmisés….


Libertés: Le Moyen-Orient n’est pas arabo-musulman (The Middle-east is neither Arab nor Muslim)

10 décembre, 2008
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Bringing democracy to the Middle East
Les musulmans n’en ont pas toujours conscience, mais ils se sont imposés les premiers en Europe comme concurrents, avec des aspirations dominatrices. La plupart des pays musulmans actuels étaient alors chrétiens – l’Egypte, la Syrie, la Turquie… Pendant longtemps, les musulmans ont été les plus forts, les plus riches, les plus civilisés. (…) L’Occident chrétien a définitivement emporté la partie quand, à partir des années 1800, sa domination technologique a été écrasante. En fait, quand les canons et les fusils occidentaux se sont mis à tirer plus vite… Maxime Rodinson
L’Institut du Monde Arabe est un lieu de culture fruit d’un partenariat entre la France et vingt-deux pays arabes : Algérie, Arabie Saoudite, Bahreïn, Djibouti, Égypte, Émirats Arabes Unis, Irak, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Maroc, Mauritanie, Oman, Palestine, Qatar, Somalie, Soudan, Syrie, Tunisie et Yémen. Fondation de droit français, l’IMA a été conçu pour faire connaître et rayonner la culture arabe. Il est devenu aujourd’hui un véritable « pont culturel » entre la France et le monde arabe. L’Institut du monde arabe (Paris)
Voilà, en tout cas, une réalisation qui prouve la volonté de la France d’être en mesure de servir la relation entre nos cultures, entre ce vaste monde qui est le vôtre, et nous-mêmes reliés que nous avons été à travers l’histoire par la géographie, par la mer Méditerranée, après tant de confrontations et de luttes, baignés, surtout lorsque l’on songe à la montée de l’Islam par l’Espagne, aux sources les plus prestigieuses et les plus exaltantes d’une culture que nous avons appris à connaître et à intégrer dans nos propres concepts. Vous nous avez beaucoup apporté et dans le domaine des sciences, et dans le domaine des arts, et dans le domaine des lettres. J’évoquais, il y a peu d’heures, ici même, l’apport dans le domaine des mathématiques, de l’astronomie, de l’optique, de l’hydraulique, du calcul. Impossible d’énumérer d’une façon aussi simple l’apport littéraire qui change avec chacun de ceux qui ont su le créer. Quant à l’apport artistique, je crois que l’idée architecturale a voulu précisément évoquer ici même plus qu’un reflet de la culture arabe, a voulu créer un climat, inventer une façon d’être, transposer, toujours en l’intégrant, cette réalité culturelle qui est l’élément dominant, qui doit désormais diriger la pensée de ceux qui géreront l’Institut du monde arabe et de ceux qui y viendront pour parfaire leur culture … François Mitterrand (inauguration de l’IMA, Paris, 1987)
Si l’intervention militaire en Irak et le renversement du régime chauviniste de Saddam Hussein a apporté un quelconque résultat positif, hormis le déclenchement timide d’un processus politique démocratique, c’est sans doute le dévoilement de la grande diversité confessionnelle, ethnique et culturelle du Moyen-Orient qui demeure une réalité résiliente. (…) En réalité, les Egyptiens ne sont pas plus Arabes que ne sont Espagnols les Mexicains et les Péruviens. Ce qui fonde la nation, c’est la référence à une entité géographique, le partage de mêmes valeurs, une communauté de convenances politiques, d’idées, d’intérêts, d’affections, de souvenirs et de rêves communs. A contre-courant de toutes les expériences nationalistes venant couronner des faits nationaux, objectifs et observables, le nationalisme panarabe est plus le créateur que la création de la nation arabe. Sa conception arbitraire de la nation qui veut que l’on soit Arabe malgré soi, pour la simple raison que l’on fait usage de la langue arabe met à l’écart d’importants récits historiques et de légitimes revendications nationales. Masri Feki

Et si le Moyen-Orient n’était tout simplement pas arabo-musulman?

Exclusion de fait des emplois publics (coptes égyptiens: 15% de la population/ 1.5%, des postes) et du Parlement (1 siège sur 444), quasi-exclusion des hauts échelons de l’armée et de la magistrature, interdiction de pratiquer l’obstétrique ou d’enseigner l’arabe, impossibilité de construire ou d’entretenir leurs lieux de culte, réduction à la quasi-invisibilté politique ou médiatique…

Mise à la botte des peuples non-arabes qui ont adopté l’arabe comme langue nationale (Egyptiens, Somaliens, Soudanais – jusqu’au quasi-génocide pour les habitants du Darfour!), arabisation forcée (kurdes d’Irak et de Syrie), persécution permanente (coptes d’Égypte, assyriens et chaldéens d’Irak, juifs du Yémen, Syrie, Irak) …

Alors qu’avec l’euphorie obamienne, la mantra bien-pensante du prétendu bourbier irakien est en passe de devenir vérité historique …

Retour, avec le toujours aussi bon et hélas toujours aussi peu connu en France chercheur d’origine égyptienne Masri Feki, sur l’un des aussi indéniables qu’inattendus succès de l’opération Liberté pour l’Irak.

A savoir, mis à part « le déclenchement (certes) timide d’un processus politique démocratique », la (re)découverte de la « grande et toujours vivante diversité confessionnelle, ethnique et culturelle du Moyen-Orient ».

Et plus précisément, au-delà des tensions claniques ou tribales au sein de certains régimes arao-musulmans (alaouites en Syrie, sunnites au Bahreïn), le véritable enfer quotidien que vivent, au Moyen-Orient et dans l’indifférence générale du reste du monde, nombre de « ceux qui ne se retrouvent pas dans le schéma arabo-musulman »…

Le Moyen-Orient n’est pas arabo-musulman
Masri Feki*
Hürriyet (quotidien turc libéral)
2 décembre 2008
Traduction de Lyn Julius

Dans un article intitulé « Les droits des minorités ? Non merci ! » paru dans le Guardian du 19 septembre, Brian Whitaker a commenté une conférence que j’ai donné la veille au London Middle East Institute. M. Whitaker a réduit le problème minoritaire au Moyen-Orient à la question de l’autoritarisme des régimes en place sous prétexte que tout le monde est opprimé dans cette partie du monde, et pas une communauté plus qu’une autre. Il a pris pour exemples des régimes autoritaires soit-disant issus de minorités (alaouites en Syrie, sunnites Bahreïn). Je suis en désaccord total avec cet argument.

D’abord les exemples avancés sont inexacts, puisque les régimes évoqués sont à la fois arabes et musulmans et se revendiquent comme tels. Ils n’incarnent par conséquent pas les angoisses et les difficultés que ressentent les minorités dont il a été question lors de notre conférence. Les clivages qui les distinguent du reste de leurs sociétés sont plutôt d’ordre clanique et tribal que national ou religieux. Enfin, nous constatons qu’outre le problème de gouvernance dont souffre l’ensemble des sociétés de la région, il existe des problèmes spécifiques aux minorités, c’est-à-dire à ceux qui ne se retrouvent pas dans le schéma « arabo-musulman » qui nous a été imposé au lendemain de la chute de l’Empire ottoman et dont les deux pôles (l’islamisme et l’arabisme) sont décrits dans les lignes qui suivent.

L’islam politique est incompatible avec la citoyenneté

L’islamisme est une idéologie exclusiviste par définition. En rejetant la conception moderne de la citoyenneté, il écarte l’hypothèse d’une participation civique non-musulmane. Sa constitution est immuable (droit divin), son programme ne peut être remis en cause puisqu’il émane du Créateur du monde. Absolutiste par nature, son discours exclut les incroyants et par conséquent les non-musulmans. En contradiction apparente avec les principes constitutionnels des gouvernements en place, ces derniers ont beaucoup cédé pour éviter de s’attirer les foudres de l’opposition islamiste alors qu’ils manquent d’assise populaire et de légitimité.

Même les régimes arabes se revendiquant du socialisme progressiste (Egypte, Syrie, ancien Irak) ont contribué, par leur passivité, à l’essor de l’islam politique. En Egypte par exemple, c’est avec Sadate que l’islam investit la sphère publique dans les années 70. Les Frères musulmans connaissaient alors une véritable lune de miel avec celui qui se faisait appeler « le président croyant ». Certains d’entre eux trouvaient des postes importants dans l’administration et les universités. Militants d’une lecture littérale du Coran excluant les infidèles de la vie publique, ils serviront aux yeux de Sadate de bouclier contre le communisme tandis que les Coptes deviennent la cible privilégiée de la violence islamiste et l’objet d’une discrimination diffuse. Ces 15% des Egyptiens n’occupent désormais que 1.5% des emplois dans la Fonction publique, ne détiennent qu’un seul siège au Parlement (sur 444) et sont quasiment exclus des hauts échelons de l’armée et de la magistrature. L’interdiction de pratiquer l’obstétrique ou d’enseigner l’arabe, les contraintes légales et administratives liées à la construction et à l’entretien des lieux de cultes chrétiens, la faible visibilité des communautés chrétiennes sur la scène politique et dans les médias officiels sont autant de preuves non seulement des discriminations bien réelles auxquelles celles-ci doivent faire face mais aussi du manque d’empressement des autorités d’y mettre fin, ce qui est régulièrement dénoncé dans les rapports annuels du Comité des droits des l’homme des Nations unies.

Les arabophones ne sont pas tous Arabes

Certes, une langue commune est un facteur d’unité capable de rapprocher les membres disparates d’une nation donnée. Mais tout comme la religion n’est pas la caractéristique d’une ethnie, la langue n’est pas un critère objectif suffisant pour créer une nation. De nombreux peuples dans le monde partagent une même langue sans pour autant constituer une seule et même nation. En réalité, les Egyptiens ne sont pas plus Arabes que ne sont Espagnols les Mexicains et les Péruviens. Ce qui fonde la nation, c’est la référence à une entité géographique, le partage de mêmes valeurs, une communauté de convenances politiques, d’idées, d’intérêts, d’affections, de souvenirs et de rêves communs. A contre-courant de toutes les expériences nationalistes venant couronner des faits nationaux, objectifs et observables, le nationalisme panarabe est plus le créateur que la création de la nation arabe. Sa conception arbitraire de la nation qui veut que l’on soit Arabe malgré soi, pour la simple raison que l’on fait usage de la langue arabe met à l’écart d’importants récits historiques et de légitimes revendications nationales.

Ce n’est pas pour autant qu’il faut rejeter la légitimité de l’identité arabe. Le nationalisme arabe (l’arabisme) n’est pas illégitime en soi, mais la définition extensive qu’il revendique (le panarabisme) dénie les identités nationales des peuples non-arabes qui ont adopté l’arabe comme langue nationale (Egyptiens, Soudanais, Somaliens), mais aussi de ceux qui ne l’ont pas adopté. L’arabisation forcée des populations kurdes en Irak et en Syrie, la persécution permanente des minorités coptes en Égypte, assyriennes et chaldéennes en Irak, le harcèlement continu des dernières communautés juives des pays arabes de la région (Yémen, Syrie, Irak), et le recours à la violence, l’intimidation et la négation culturelle à l’encontre de toute minorité qui refuse d’être à la botte du panarabisme exprime le chauvinisme belliqueux de cette idéologie.

Le Moyen-Orient est une « aire de diversité »

Cette conception étonnante de l’identité nationale et religieuse, est pourtant en totale contradiction avec les grandes valeurs arabes et ne représente aucunement les revendications de la mosaïque culturelle, ethnique, religieuse et linguistique qu’a toujours été le Moyen-Orient. Il est temps de faire la distinction entre, d’une part, les Arabes et les musulmans. Et de l’autre, entre l’arabité et l’arabophonie.

Si l’intervention militaire en Irak et le renversement du régime chauviniste de Saddam Hussein a apporté un quelconque résultat positif, hormis le déclenchement timide d’un processus politique démocratique, c’est sans doute le dévoilement de la grande diversité confessionnelle, ethnique et culturelle du Moyen-Orient qui demeure une réalité résiliente. Apprendre à accepter l’ « autre » avec sa différence et son identité est le vrai défi que nous devons affronter.

*Natif du Caire, Masri M. FEKI est politologue et écrivain. Il est le fondateur du Middle East Pact (MEP) – « http://www.mep-online.org » – et l’auteur de nombreux ouvrages sur le Moyen-Orient.


Islam: Dieu est grand et Mahomet n’est pas son prophète (How can you reproduce the image of someone who probably never existed?)

17 novembre, 2008
Faceless Mohammed
Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. (…) C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Jésus (Mat 7: 15-20)
La condition préalable à tout dialogue est que chacun soit honnête avec sa tradition. (…) les chrétiens ont repris tel quel le corpus de la Bible hébraïque. Saint Paul parle de ” greffe” du christianisme sur le judaïsme, ce qui est une façon de ne pas nier celui-ci . (…) Dans l’islam, le corpus biblique est, au contraire, totalement remanié pour lui faire dire tout autre chose que son sens initial (…) La récupération sous forme de torsion ne respecte pas le texte originel sur lequel, malgré tout, le Coran s’appuie. René Girard
Pour accepter l’islam, l’Europe a forgé le mythe de l’Andalousie tolérante qui aurait constitué un âge d’or pour les trois religions. Tout ce qui concerne les combats, le statut humiliant du non musulman a été soigneusement gommé. Il s’agit d’une véritable falsification de l’histoire réelle. Anne-Marie Delcambre
Rien ne prouve que Mahomet ait oui ou non vraiment existé» et faute de pouvoir donner une réponse définitive à cette question, j’estime plutôt qu’il n’a jamais existé. Mohammed Sven Kalisch
Il est utile de dissiper une opinion répandue, si souvent invoquée par les musulmans réformateurs comme par bon nombre d’intellectuels occidentaux: la Bible contiendrait encore plus de violence que le Coran, dans la mesure où elle contiendrait encore plus de passages où Dieu se montre cruel que le Livre saint de l’islam. C’est l’exemple type de l’incompréhension qui règne entre l’Occident et l’Orient, idée fixe que l’on retrouve tant dans le discours interreligieux que dans la doxa nihiliste. La Bible = le Coran est un faux-semblant qui suffit à illustrer l’impasse que constitue le « dialogue des civilisations ». Christian Makarian

Ultime confirmation de l’impossibilité de représenter l’image de Mahomet

Au lendemain, sur fond de persécutions et d’assassinats de chrétiens orientaux, d’un énième échange, par nos dignitaires religieux, d’énièmes banalités sur le prétendu « dialogue des cultures et des religions »

Enfin un spécialiste de l’islam qui ose dire tout haut la vérité sur la véritable captation d’héritage que constitue l’islam!

A savoir que, comme le confirme l’islamologue allemand Sven Kalisch, Mahomet n’a probablement pas existé et que, loin d’être la « parole incréée de Dieu » lui-même, le Coran est au mieux issu d’une hérésie chrétienne.

Et que, comme le rappelle le dernier livre du journaliste de l’Express Christian Makarian (« Le Choc Jésus-Mahomet »), l’expression « gens du Livre » que tout le monde répète complaisamment désigne en fait des peuples (juifs et chrétiens) dont l’islam s’est non seulement accaparé l’héritage mais qu’il accuse en plus d’avoir falsifié leurs Ecritures » ».

De même pour la « fausse symétrie » Bible-Coran qui avalise tous les contresens.

Comme le fait que, contrairement au Coran, la Bible n’est pas écrite directement par Dieu (du moins pour le christianisme actuel) mais par des hommes inspirés, « ce qui l’autorise à contenir des erreurs et, par conséquent, fait appel à l’esprit critique du croyant » (« la Bible ne se récite pas, elle demande une « lecture’ « ).

Que les scènes de massacre évoquées dans la Bible sont en fait le reflet des pratiques de l’époque et que « jamais il n’est dit: ‘Nous avons suscité la haine entre eux » à destination des siècles à venir’, comme nous pouvons le trouver dans le Coran ».

Et enfin que, par la multiplicité des textes qu’elle réunit sur quelque mille ans, la Bible « contient en elle-même la notion d’évolution comme celle d’interprétation » …

« Mahomet n’a jamais existé », affirme Sven Kalisch

Sven Kalisch, professeur d’islamologie à l’Université de Münster, craint pour sa sécurité. Le magazine d’actualités Der Spiegel déclare qu’il serait l’objet de menaces à peine voilées. Un certain nombre de musulmans ne le considèrent plus comme l’un des leurs. Les musulmans conservateurs ont vu dans l’apostasie un délit passible de la peine de mort. Le magazine du son « Focus » souhaite que l’année prochaine, Kalisch expose sa thèse controversée dans un livre en anglais. Selon le journal, l’auteur nierait l’existence du prophète Mahomet et plaiderait pour une réinterprétation historique et critique du Coran, arguant que ce dernier ne serait pas la parole directe de Dieu. Kalisch a réservé un accueil favorable à la théorie de l’école de Sarrebruck selon laquelle le Coran reposerait sur un texte chrétien. En raison de ces divergences d’ordre théologique, le Conseil des musulmans d’Allemagne a entre-temps suspendu toute collaboration avec lui. En outre, l’Université de Münster aurait décidé de confier la chaire de M. Kalisch à un autre professeur.

Traduit de l’allemand par Patrick H

Source: Die Welt

Voir aussi:

La Bible est loin du Coran
L’Express
le 29/10/2008

Les textes fondateurs du judaïsme, du christianisme et de l’islam ne sont pas comparables. C’est cette « fausse symétrie » que décrypte Christian Makarian dans Le Choc Jésus-Mahomet (Lattès). Extraits.

LA PATERNITÉ D’ABRAHAM

Le Coran rediscute l’histoire d’Israël, non pas à partir de l’avènement de Mahomet, mais dès l’origine, dans la nuée des siècles écoulés. C’est pourquoi la nature du lien qu’institue Mahomet avec les chrétiens est, hélas, conflictuelle par essence. On ne discute pas le Coran; or il contient des versets parfois accablants. Nous savons que Mahomet fait du patriarche Abraham le premier « soumis » au Dieu unique. Comme « soumis » se dit en arabe muslim (musulman en français), cela fait habilement d’Abraham le premier musulman de l’Histoire.

C’est ainsi que le Prophète opère une « captation à la source » de l’épopée biblique. Sur ce point, le christianisme est en contradiction parfaite avec l’islam par l’effet d’une parole cinglante de Jésus. « Ne vous avisez pas de dire en vous-même: Nous avons pour père Abraham; car je vous le dis, des pierres que voici, Dieu peut susciter des enfants à Abraham » (Matthieu 3, 8-9). Jésus dit ici le contraire de ce que soutiendra Mahomet: cette fracture-là est irréductible. Autrement dit, la paternité abrahamique n’est pas une garantie d’élection ou de salut, ni un avantage au ciel, ni encore une faveur divine accordée à certains élus au détriment des autres….

LES « RELIGIONS DU LIVRE »

L’expression « gens du Livre » (Ahl al-Kitab), c’est-à-dire les juifs et les chrétiens, revient une trentaine de fois dans le Coran : si l’islam n’occulte pas ces derniers, s’il accepte en grande partie leur héritage, s’il se situe dans leur lignage, que leur reproche-t-il donc au final ? En vérité, le Coran accuse les « gens du Livre » d’avoir falsifié (tahrîf) leurs Ecritures, ni plus ni moins, et d’avoir perverti la vérité qu’elles contenaient. « Ô gens du Livre! Pourquoi dissimulez-vous la Vérité sous le mensonge? Pourquoi cachez-vous la Vérité alors que vous la savez ? » (3, 71).

La preuve de leur mensonge est offerte par le fait que les juifs et les chrétiens se sont divisés, opposés, au lieu d’offrir à Dieu le spectacle de la paix et de l’unité. Le Coran est très clair sur ce point: « Certains juifs altèrent le sens des paroles révélées… Ils tordent leurs langues et ils attaquent la Religion » (4, 46). La sourate 5, qui pratique un curieux amalgame entre chrétiens et juifs, étant définitive : « Ils [les juifs] altèrent le sens des paroles révélées ; ils oublient une partie de ce qui leur a été rappelé. Tu ne cesseras pas de découvrir leur trahison » (v. 13)… Parmi ceux qui disent: « Nous sommes chrétiens, nous avons accepté l’alliance », certains ont oublié une partie de ce qui leur a été rappelé. Nous avons suscité entre eux [les juifs et les chrétiens] l’hostilité et la haine jusqu’au jour de la Résurrection (v. 14)… Ceux qui disent: « Dieu est, en vérité, le Messie, fils de Marie », sont impies. Dis: « Qui donc pourrait s’opposer à Dieu s’il voulait anéantir le Messie, fils de Marie, ainsi que sa mère, et tous ceux qui sont sur terre » (v. 17)… Les juifs et les chrétiens ont dit: « Nous sommes les fils de Dieu et ses préférés. » Dis : « Pourquoi, alors, vous punit-il pour vos péchés » (v. 18). La conclusion de cette sourate terrible se passe de commentaires: « Si les incrédules possédaient tout ce qui se trouve sur la terre, et même le double, et s’ils l’offraient en rançon pour éviter le châtiment au jour de la Résurrection, on ne l’accepterait pas de leur part : un douloureux châtiment leur est réservé. Ils voudront sortir du feu, mais ils n’en sortiront pas : un châtiment leur est réservé » (5, 36-37). Le mot châtiment est prononcé trois fois, bien que Dieu soit désigné, deux versets plus loin, comme « celui qui pardonne » et qu’il soit qualifié de « miséricordieux ».

L’exaltation du discours fait ressortir la nature extrêmement ambiguë, torturée, des rapports entre l’islam et les deux autres monothéismes. Le verset essentiel – « Nous avons suscité entre eux l’hostilité et la haine » – démontre au passage une conception très offensive de la bonté et de la miséricorde divines. Louis Massignon fera remarquer que « la tendance générale de la théologie islamique va à affirmer Dieu plutôt par la destruction que par la construction des êtres » (Passion, p. 631, n° 4). Le résultat en est une série de sourates particulièrement dérangeantes qui instaurent une tension permanente dans le rapport avec les juifs et les chrétiens.

A ce stade, il est utile de dissiper une opinion répandue, si souvent invoquée par les musulmans réformateurs comme par bon nombre d’intellectuels occidentaux : la Bible contiendrait encore plus de violence que le Coran, dans la mesure où elle contiendrait encore plus de passages où Dieu se montre cruel que le Livre saint de l’islam. C’est l’exemple type de l’incompréhension qui règne entre l’Occident et l’Orient, idée fixe que l’on retrouve tant dans le discours interreligieux que dans la doxa nihiliste. La Bible = le Coran est un faux-semblant qui suffit à illustrer l’impasse que constitue le « dialogue des civilisations ».

Mettre tous les textes dos à dos, quelle harmonie parfaite! Le chrétien sécularisé tend la main en effaçant sa propre personnalité; l’athée résout toutes les différences en démontrant l’inanité universelle du fait religieux. Une telle « symétrie » a tout pour plaire. Elle est pourtant contraire à la vérité et a pour principaux effets d’éviter à la religion musulmane d’entreprendre l’effort d’interprétation moderne dont elle a tant besoin et de détruire la communauté de valeurs des sociétés postchrétiennes, actionnant du même coup des extrémismes fondés sur le rejet de l’autre. Il faut sérieusement réviser cette opinion.

La Bible présente trois différences de taille avec le Livre saint de l’islam. D’abord, elle n’est pas directement dictée par Dieu, surtout pas « incréée », mais écrite par des hommes inspirés par Dieu, ce qui l’autorise à contenir des erreurs et, par conséquent, fait appel à l’esprit critique du croyant. Il y a, par exemple, des incohérences manifestes, donc assumées en matière de chronologie dans plusieurs passages de l’Ancien comme du Nouveau Testaments. On y trouve également un grand nombre d’approximations qui montrent que l’exactitude n’est pas le but du texte, au bénéfice de la morale qu’il faut tirer de l’épisode. Au contraire du Coran, la Bible ne se récite pas, elle demande une « lecture », c’est-à-dire un processus de distanciation, un effort de déchiffrage, une capacité à dépasser la lettre.

Ensuite, la Bible relate l’histoire du peuple hébreu, narration parfois fastidieuse de mille pérégrinations effectuées sous le regard de Dieu. Que le texte comporte des scènes de massacre collectif, des meurtres, des viols, des supplices et des bains de sang est choquant à l’aune de l’universalisme contemporain tout en étant rigoureusement conforme à la tristesse du champ historique concerné. Mais jamais il n’est dit: « Nous avons suscité la haine entre eux » à destination des siècles à venir, comme nous pouvons le trouver dans le Coran.

Enfin, la Bible contient en elle-même la notion d’évolution comme celle d’interprétation. Plus qu’un livre, c’est un ensemble de livres, une véritable bibliothèque dont la définition fait justement débat depuis des lustres entre juifs et chrétiens, entre catholiques et protestants. Au cours des mille ans qu’a duré sa rédaction, cette « centrale documentaire de Dieu » n’a cessé de s’enrichir de nouveaux textes qui comportent des réflexions sur les épisodes antérieurs, les commentent, y renvoient. La Bible est ouverte à la spéculation intellectuelle, l’esprit des hommes est incité à investiguer. Même Dieu y trouve sa science: la théologie, invention chrétienne qui n’aura pas d’équivalent exact dans l’islam.

Voir également:

Un prof de théologie viré pour avoir douté de l’existence de Mahomet
MARC SEMO
Libération
Monde 28 oct. 2008

Publiquement, il s’est interrogé sur la réelle existence du prophète Mahomet. Pour s’être posé cette question afin d’inciter ses étudiants à développer leur esprit critique, Muhammad Kalisch, 42 ans, professeur de théologie islamique à l’université de Münster (dans le nord-ouest de l’Allemagne) a été en partie relevé de ses fonctions et craint pour sa sécurité, déménageant son bureau dans des locaux plus faciles à protéger.

«Penser par eux-même».

«Il n’y a pas de menace concrète, mais certains m’accusent d’avoir renié ma foi et dans la conception traditionnelle de l’islam, l’apostasie est punie de mort. Il faut donc être prudent», explique à l’AFP cet universitaire qui s’était converti à l’âge de 15 ans, changeant son prénom de Sven en Muhammad. Il s’occupe de former les futurs enseignants de religion islamique dans les écoles allemandes. Il prônait un islam plutôt conservateur, voire rigoriste, et d’aucuns le critiquaient pour son dogmatisme dans des conférences où il martelait que la charia était la loi de Dieu. Puis, ces deux dernières années il a changé, devenant un libéral.

En juillet, il y eut ainsi une conférence à Bielefeld (Rhénanie du Nord-Westphalie) où il commença à mettre en doute la réalité historique du Prophète. Il revint à la charge à la radio, affirmant que «rien ne prouve que Mahomet ait oui ou non vraiment existé» et que «faute de pouvoir donner une réponse définitive à cette question, il estimait plutôt qu’il n’avait jamais existé». S’il qualifie lui-même ces thèses «d’extrêmes», il explique à l’hebdomadaire Die Zeit vouloir ainsi «inciter ses étudiants à penser par eux-mêmes» tout en affirmant que «même sans un Mahomet historique ce n’est pas la fin de l’islam».

Ces propos firent naturellement scandale. «Si le Prophète n’a pas existé, alors le Coran n’existe pas non plus ; et si le Coran n’existe pas qu’est ce qui reste ?» s’indigne Ali Kizilkaya, porte-parole du Conseil de coordination des musulmans (KRM) qui regroupe quatre associations réputées conservatrices et qui est régulièrement consulté par l’université de Münster. Embarrassée par la colère du KRM, l’université de Münster, en coordination avec les autorités régionales, a demandé à Muhammad Kalisch d’abandonner ses fonctions de formateur des futurs professeurs de religion tout en gardant son poste à l’université. «Il est important que les personnes qui effectuent cette formation puissent être acceptées par la communauté», explique Andre Zimmerman, du ministère régional de la Recherche. Une centaine d’universitaires et de dignitaires religieux ont pris fait et cause pour le professeur Kalisch, signant une pétition de solidarité.

Ecoles parallèles.

Cette polémique relance aussi la question de l’enseignement de la religion islamique dans les écoles publiques par des professeurs formés en Allemagne. Ce Land de Rhénanie-Nord Westphalie doit être l’un des premiers à se lancer dans l’expérience. L’enjeu est important alors que 800 000 enfants reçoivent des cours de religion dans des écoles coraniques parallèles, à l’initiative d’iman et de religieux des diverses communautés d’une immigration musulmane comptant plus de 3 millions de personnes.

Voir enfin:

Professor Hired for Outreach to Muslims Delivers a Jolt
Islamic Theologian’s Theory: It’s Likely the Prophet Muhammad Never Existed
ANDREW HIGGINS
The WSJ
November 15, 2008

MÜNSTER, Germany — Muhammad Sven Kalisch, a Muslim convert and Germany’s first professor of Islamic theology, fasts during the Muslim holy month, doesn’t like to shake hands with Muslim women and has spent years studying Islamic scripture. Islam, he says, guides his life.

So it came as something of a surprise when Prof. Kalisch announced the fruit of his theological research. His conclusion: The Prophet Muhammad probably never existed.
Theology Without Muhammad

Muslims, not surprisingly, are outraged. Even Danish cartoonists who triggered global protests a couple of years ago didn’t portray the Prophet as fictional. German police, worried about a violent backlash, told the professor to move his religious-studies center to more-secure premises.

« We had no idea he would have ideas like this, » says Thomas Bauer, a fellow academic at Münster University who sat on a committee that appointed Prof. Kalisch. « I’m a more orthodox Muslim than he is, and I’m not a Muslim. »

When Prof. Kalisch took up his theology chair four years ago, he was seen as proof that modern Western scholarship and Islamic ways can mingle — and counter the influence of radical preachers in Germany. He was put in charge of a new program at Münster, one of Germany’s oldest and most respected universities, to train teachers in state schools to teach Muslim pupils about their faith.

Muslim leaders cheered and joined an advisory board at his Center for Religious Studies. Politicians hailed the appointment as a sign of Germany’s readiness to absorb some three million Muslims into mainstream society. But, says Andreas Pinkwart, a minister responsible for higher education in this north German region, « the results are disappointing. »

Prof. Kalisch, who insists he’s still a Muslim, says he knew he would get in trouble but wanted to subject Islam to the same scrutiny as Christianity and Judaism. German scholars of the 19th century, he notes, were among the first to raise questions about the historical accuracy of the Bible.

Many scholars of Islam question the accuracy of ancient sources on Muhammad’s life. The earliest biography, of which no copies survive, dated from roughly a century after the generally accepted year of his death, 632, and is known only by references to it in much later texts. But only a few scholars have doubted Muhammad’s existence. Most say his life is better documented than that of Jesus.

« Of course Muhammad existed, » says Tilman Nagel, a scholar in Göttingen and author of a new book, « Muhammad: Life and Legend. » The Prophet differed from the flawless figure of Islamic tradition, Prof. Nagel says, but « it is quite astonishing to say that thousands and thousands of pages about him were all forged » and there was no such person.

All the same, Prof. Nagel has signed a petition in support of Prof. Kalisch, who has faced blistering criticism from Muslim groups and some secular German academics. « We are in Europe, » Prof. Nagel says. « Education is about thinking, not just learning by heart. »

Prof. Kalisch’s religious studies center recently removed a sign and erased its address from its Web site. The professor, a burly 42-year-old, says he has received no specific threats but has been denounced as apostate, a capital offense in some readings of Islam.

« Maybe people are speculating that some idiot will come and cut off my head, » he said during an interview in his study.

A few minutes later, an assistant arrived in a panic to say a suspicious-looking digital clock had been found lying in the hallway. Police, called to the scene, declared the clock harmless.

A convert to Islam at age 15, Prof. Kalisch says he was drawn to the faith because it seemed more rational than others. He embraced a branch of Shiite Islam noted for its skeptical bent. After working briefly as a lawyer, he began work in 2001 on a postdoctoral thesis in Islamic law in Hamburg, to go through the elaborate process required to become a professor in Germany.

The Sept. 11 attacks in the U.S. that year appalled Mr. Kalisch but didn’t dent his devotion. Indeed, after he arrived at Münster University in 2004, he struck some as too conservative. Sami Alrabaa, a scholar at a nearby college, recalls attending a lecture by Prof. Kalisch and being upset by his doctrinaire defense of Islamic law, known as Sharia.

In private, he was moving in a different direction. He devoured works questioning the existence of Abraham, Moses and Jesus. Then « I said to myself: You’ve dealt with Christianity and Judaism but what about your own religion? Can you take it for granted that Muhammad existed? »

He had no doubts at first, but slowly they emerged. He was struck, he says, by the fact that the first coins bearing Muhammad’s name did not appear until the late 7th century — six decades after the religion did.

He traded ideas with some scholars in Saarbrücken who in recent years have been pushing the idea of Muhammad’s nonexistence. They claim that « Muhammad » wasn’t the name of a person but a title, and that Islam began as a Christian heresy.

Prof. Kalisch didn’t buy all of this. Contributing last year to a book on Islam, he weighed the odds and called Muhammad’s existence « more probable than not. » By early this year, though, his thinking had shifted. « The more I read, the historical person at the root of the whole thing became more and more improbable, » he says.

He has doubts, too, about the Quran. « God doesn’t write books, » Prof. Kalisch says.

Some of his students voiced alarm at the direction of his teaching. « I began to wonder if he would one day say he doesn’t exist himself, » says one. A few boycotted his lectures. Others sang his praises.

Prof. Kalisch says he « never told students ‘just believe what Kalisch thinks’  » but seeks to teach them to think independently. Religions, he says, are « crutches » that help believers get to « the spiritual truth behind them. » To him, what matters isn’t whether Muhammad actually lived but the philosophy presented in his name.

This summer, the dispute hit the headlines. A Turkish-language German newspaper reported on it with gusto. Media in the Muslim world picked up on it.

Germany’s Muslim Coordinating Council withdrew from the advisory board of Prof. Kalisch’s center. Some Council members refused to address him by his adopted Muslim name, Muhammad, saying that he should now be known as Sven.

German academics split. Michael Marx, a Quran scholar at the Berlin-Brandenburg Academy of Sciences, warned that Prof. Kalisch’s views would discredit German scholarship and make it difficult for German scholars to work in Muslim lands. But Ursula Spuler-Stegemann, an Islamic studies scholar at the University of Marburg, set up a Web site called solidaritymuhammadkalisch.com and started an online petition of support.

Alarmed that a pioneering effort at Muslim outreach was only stoking antagonism, Münster University decided to douse the flames. Prof. Kalisch was told he could keep his professorship but must stop teaching Islam to future school teachers.

The professor says he’s more determined than ever to keep probing his faith. He is finishing a book to explain his thoughts. It’s in English instead of German because he wants to make a bigger impact. « I’m convinced that what I’m doing is necessary. There must be a free discussion of Islam, » he says.

—Almut Schoenfeld in Berlin contributed to this article.


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