Hanoukah: Une histoire de mondialisation qui tourne au génocide culturel? (A story of globalization gone terribly wrong?)

12 décembre, 2009
tied willy
Eight crazy days
En ces jours-là surgit d’Israël une génération de vauriens qui séduisirent beaucoup de personnes en disant : « Allons, faisons alliance avec les nations qui nous entourent, car depuis que nous nous sommes séparés d’elles, bien des maux nous sont advenus. » (…) Plusieurs parmi le peuple s’empressèrent d’aller trouver le roi, qui leur donna l’autorisation d’observer les coutumes païennes. Ils construisirent donc un gymnase à Jérusalem, selon les usages des nations, se refirent des prépuces et renièrent l’alliance sainte pour s’associer aux nations. 1 Maccabées 1: 11-15
Il n’était même pas permis de célébrer le sabbat, ni de garder les fêtes de nos pères, ni simplement de confesser que l’on était Juif. On était conduit par une amère nécessité à participer chaque mois au repas rituel, le jour de la naissance du roi et, lorsqu’arrivaient les fêtes dionysiaques, on devait, couronné de lierre, accompagner le cortège de Dionysos. (…) Ainsi deux femmes furent déférées en justice pour avoir circoncis leurs enfants. On les produisit en public à travers la ville, leurs enfants suspendus à leurs mamelles, avant de les précipiter ainsi du haut des remparts. D’autres s’étaient rendus ensemble dans des cavernes voisines pour y célébrer en cachette le septième jour. Dénoncés à Philippe, ils furent brûlés ensemble, se gardant bien de se défendre eux-mêmes par respect pour la sainteté du jour. (…) Eléazar, un des premiers docteurs de la Loi, homme déjà avancé en âge et du plus noble extérieur, était contraint, tandis qu’on lui ouvrait la bouche de force, de manger de la chair de porc. Mais lui, préférant une mort glorieuse à une existence infâme, marchait volontairement au supplice de la roue,non sans avoir craché sa bouchée, comme le doivent faire ceux qui ont le courage de rejeter ce à quoi il n’est pas permis de goûter par amour de la vie. 2 Maccabées 6 : 6-20
La crise maccabéenne n’est pas un affrontement entre un roi grec fanatique et des Juifs pieux attachés à leurs traditions. C’est d’abord une crise interne au judaïsme, d’un affrontement entre ceux qui estiment qu’on peut rester fidèle au judaïsme en adoptant néanmoins certains traits de la civilisation du monde moderne, le grec, la pratique du sport, etc.., et ceux qui au contraire, pensent que toute adoption des mœurs grecques porte atteinte de façon insupportable à la religion des ancêtres. Si le roi Antiochos IV intervient, ce n’est pas par fanatisme, mais bien pour rétablir l’ordre dans une province de son royaume qui, de plus, se place sur la route qu’il emprunte pour faire campagne en Égypte. (…) Là où Antiochos IV commettait une magistrale erreur politique, c’est qu’il n’avait pas compris qu’abolir la Torah ne revenait pas seulement à priver les Juifs de leurs lois civiles, mais conduisait à l’abolition du judaïsme. Maurice Sartre
Chanukah is the festival of lights Instead of one day of presents, we have eight crazy nights When you feel like the only kid in town without a Christmas tree … Adam Sandler
Hanoukah serait-il l’histoire d’une mondialisation qui aurait mal tourné?
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Noms hellénisés, costumes grecs, construction d’un gymnase au cœur même de Jérusalem, nudité gymnique et décirconcision, participation aux Jeux d’Héracles de Tyr, transformation de Jérusalem en cité grecque (“Antioche de Jérusalem” dédiée au roi de la puissance occupante Antiochus), surenchères entre factions hellénisantes des prétendants à la charge de grand prêtre (jusqu’à la guerre civile !) pour payer les lourdes dettes de guerre de leurs occupants, révolte et demande d’intervention des troupes occupantes pour mettre fin aux troubles …

En cette première journée d’Hanoukah, la Fête des lumières juive célébrant la reconsécration du Temple par les Maccabées en décembre 165 avant notre ère suite à sa désécration par le roi Séleucide (syrien descendant des généraux d’Alexandre) Antiochus (ou Antiochos) IV dit Epiphane …

Retour, en ces temps où les questions d’identité nationale redeviennent plus que jamais à l’ordre du jour et avec l’historien Maurice Sartre, sur le contexte quelque peu plus complexe d’une période souvent réduite à une « héllénisation forcée » au nom d’une improbable « promotion des cultes grecs ».

Qui, s’il tend un peu à minimiser la gravité des actions envisagées par Antiochus, a le mérite de rappeler qu’il s’agissait en fait d’un jeu à trois entre des factions en lutte du judaïsme (héllenisés contre traditionalistes), les premiers faisant appel à la puissante occupante des Séleucides pour arbitrer le conflit.

Tout ayant en fait commencé par une sorte de « révolte fiscale » d’une partie de la population juive du fait de la brusque augmentation des taxes ponctionnées par un occupant lui-même pris par un urgent besoin d’argent suite au lourd tribut que lui avait valu une défaite contre les Romains mais aussi aggravées des surenchères des membres des grandes familles héllénisées cherchant à se faire attribuer en échange le poste convoité de Grand Prêtre.

Mais risquant, avec l’incompréhension des occupants de l’importance que gardait la religion pour un peuple perçu comme particulièrement intolérant face aux dieux et aux coutumes des autres (jusqu’à se laisser massacrer le jour du Sabbat pour ne pas violer la Loi !), de basculer dans un véritable génocide culturel quand ceux-ci se permirent non seulement de piocher dans la caisse de la véritable banque centrale à laquelle avait abouti la centralisation inédite du Temple de Jérusalem (du fait de son monothéisme et de son monopole sur le culte de Yahvé et l’afflux d’argent de toute la diaspora juive qu’ils entrainaient, d’où les plus de 60 tonnes d’argent récupérées par Antiochus et les près de 340 un siècle plus tard par le richissime général romain Crassus!).

Mais surtout, sans parler des autels grecs qu’ils y introduisirent ainsi même peut-être que la propre statue d’Antiochus, recoururent pour rétablir l’ordre (à la demande du nouveau grand prêtre juif et aussi à la veille d’une nouvelle campagne militaire en Egypte où ils ne pouvaient prendre le risque d’être coupés de leurs bases syriennes) à non seulement la suppression de tous les privilèges accordés jusque-là au judaïsme mais à la mesure radicale de l’interdiction de la religion elle-même, via la Torah, les interdits alimentaires (le porc), la circoncision et le repos sabbatique.

D’où, derrière le prêtre Mattathias dit Maccabée (« l’Assomeur » comme notre Charles Martel à nous?) et avant un compromis final, une vague sans précédent de martyres et de fuites au désert et surtout une véritable guerre de guérilla qui dura des années et vit trois ans plus tard la reprise du Temple par les insurgés et l’autonomie de fait d’une bonne partie du pays.

Avant du moins que l’histoire ne se répète, deux siècles plus tard, avec les occupants romains …

Des Maccabées très sulpiciens!
Maurice Sartre
Books
Le 22 décembre 2008

Ouvrir l’article « Macchabées » de Wikipédia – « Macchabées » avec un h, comme on le faisait au XIXe siècle – c’est plonger d’un coup dans les souvenirs d’un autre âge, celui où, au catéchisme, on racontait aux enfants comment un méchant roi, Antiochos IV, sorte de préfiguration de l’Antéchrist, voulut extirper le judaïsme de son royaume, mais échoua grâce à l’héroïque résistance d’une poignée de Juifs, qui préférèrent souffrir le martyre plutôt que de sacrifier aux idoles.

Parmi eux, le vieillard Éléazar, les sept frères et leur mère (qui portent aussi le noms de Maccabées), et bien entendu Judas. Personne ne s’interrogeait réellement sur les raisons de cette persécution, et seule l’exemplarité de ces protomartyrs présentait un intérêt édificateur : qu’on remplace Antiochos IV par l’empereur romain, judaïsme par christianisme, et le tour était joué. C’était d’ailleurs bien ainsi que l’avaient compris les Pères de l’Église, qui sauvèrent de l’oubli les livres des Maccabées que la Bible hébraïque ignore.

Wikipédia adopte sans aucun recul critique cette vision sulpicienne de la crise maccabéenne, sans se soucier le moins du monde de son rapport à la réalité. Signe inquiétant : la bibliographie ne mentionne aucun ouvrage scientifique, et se contente de renvoyer aux deux livres canoniques (pour les catholiques) des Maccabées, que l’auteur n’a visiblement pas même lus ; il utilise au mieux le résumé que Flavius Josèphe a tiré de 1Maccabées, le moins intéressant des deux ouvrages. Résumons l’article : les Juifs, soumis à la domination grecque depuis la conquête d’Alexandre, se trouvent confrontés vers 168 à la volonté d’Antiochos IV d’unifier son royaume en promouvant partout l’hellénisme, et en particulier la religion grecque. Devant la résistance des Juifs, il soumet le pays à une occupation militaire et profane le Temple de Jérusalem. Une famille juive, Mattathias et ses cinq fils, donne le signal de la révolte en égorgeant un agent royal, organise la résistance et conduit les Juifs à l’indépendance. La lutte se résume à deux partenaires : d’un côté un roi fanatique d’hellénisme (« persuadé de la supériorité absolue de la civilisation hellénistique »), de l’autre des Juifs pieux conduits par Mattathias et, après sa mort en 166, son fils Judas Maccabée.

Passons sur les erreurs factuelles (Judas meurt au printemps 160, non en 161, c’est Aristobule qui prend le titre royal en 104-103, et non Alexandre Jannée) et les imprécisions (il n’est pas sans importance que le Temple ait été libéré dès décembre 165 pour comprendre les négociations de 163), car l’essentiel est ailleurs. L’article ne fait en effet pas une seule fois référence à ceux qui sont à l’origine de la crise, c’est-à-dire les Juifs hellénisés, ceux que l’on nomme pour faire simple, les Hellénistes. Tout commence pour Wikipédia en 168, alors que la crise a débuté en 175. On ne peut faire l’économie d’un récit un peu détaillé, seul à même de faire comprendre les ressorts profonds de cette crise.

En 175, au moment où meurt le roi Séleucos IV, le grand prêtre des Juifs, Onias III, est à Antioche, venu se justifier d’avoir refusé le prélèvement des trésors du Temple par un agent royal, Héliodôros. Il est accompagné de son frère, Joshua, qui se fait appeler Jason. Celui-ci intrigue auprès du nouveau roi, Antiochos IV, frère du précédent, dont la légitimité est contestée : c’est à son neveu otage à Rome que devrait revenir la royauté. Jason fait une triple proposition au nouveau roi : qu’il le nomme, lui Jason, comme grand prêtre à la place d’Onias, qu’il lui accorde le droit de transformer la ville de Jérusalem en une nouvelle cité grecque, une polis, et en échange, il lui promet une augmentation du tribut et le versement d’importantes sommes supplémentaires. Antiochos accepte.

Antioche de Jérusalem

C’est là le premier point essentiel : la transformation de Jérusalem en cité grecque ne se fait pas à l’initiative du roi, mais des Juifs hellénisés. Et cela fonctionne bien. Rentré à Jérusalem, Jason établit la liste des nouveaux citoyens de cette “Antioche de Jérusalem” (pour la distinguer des nombreuses autres Antioche), fonde un gymnase au pied de la colline du Temple, et crée un éphébéion, c’est-à-dire l’organisme de formation des futurs citoyens. Son pire adversaire, l’auteur de 2Maccabées, un contemporain, ne trouve rien d’autre à lui reprocher. Beaucoup de Juifs aisés souscrivent à ce qui leur apparaît comme une utile modernisation de la société juive : les prêtres se précipitent au gymnase dès que retentit le gong annonçant le début de la distribution d’huile. Est-ce à dire que ces Juifs sont prêts à renoncer à leurs rites et aux préceptes de la Loi ? L’auteur de 2Maccabées est obligé de convenir que non : lorsqu’ils partent assister à Tyr aux concours gymniques en l’honneur d’Héraclès, invités comme tous les habitants des cités grecques de la région, les Antiochiens de Jérusalem dépensent les sommes d’argent à acheter des équipements de bateaux, non à sacrifier aux idoles. Le contraire aurait étonné : qui imaginerait que le grand prêtre juif cherche à abolir la religion qui est le fondement de son pouvoir ? Il est clair que Jason, poussé par une partie des élites hellénisées de Judée, cherche à gommer les différences entre les Juifs et leurs voisins, à les faire entrer en quelque sorte dans le monde moderne, qui est largement hellénisé. Cela ne signifie pas qu’il est prêt à renoncer aux préceptes essentiels de sa religion.

Le réforme de Jason ne va cependant pas sans problème. D’abord, il a obtenu son poste par l’intrigue et en promettant de l’argent : c’est le peuple qui paie. De plus, aux yeux des Juifs traditionnels, ceux qui sont étrangers aux modes nouvelles, il est difficile de comprendre comment on peut rester Juif en adoptant des mœurs aussi étrangères à la tradition que la nudité du gymnase. D’autant que les Juifs qui fréquentent le gymnase en viennent soit à masquer leur circoncision (« ils se firent faire des prépuces »), soit à y renoncer pour leurs enfants mâles : et là, ils violent la Loi ! De plus, en achetant sa charge, Jason a ouvert la porte à la concurrence : de fait, en 172, un parent à lui, Ménélas, dont le nom dit assez l’hellénisme, obtient la charge de grand prêtre en promettant au roi davantage d’argent. S’ouvre alors une période de guerre civile entre deux factions hellénisantes, celle de Ménélas étant visiblement beaucoup plus radicale que celle de Jason, et plus prompte à renoncer aux traditions juives.

Le peuple, impuissant, assiste à cette guerre civile dont il paie la facture. Certains fuient au désert, d’autres s’agitent. On passe de l’indignation muette à un début de révolte à laquelle Ménélas est incapable de faire face. Il fait appel aux troupes royales, tandis que Jason, vaincu, se réfugie d’abord chez le roi des Nabatéens à Pétra, puis à Sparte. Les troupes séleucides – deuxième fait capital – interviennent donc d’abord pour mettre fin à des troubles entre Juifs.
Nous sommes alors en 170-169. Antiochos IV, qui ne s’est guère soucié de l’affaire, sauf pour nommer le grand prêtre et empocher le plus d’argent possible (il a une lourde dette de guerre envers les Romains et compte lancer de nouvelles expéditions contre l’Égypte et en Iran), commence à s’inquiéter. Pourquoi les Juifs s’agitent-ils ? Il doit faire campagne contre l’Égypte au printemps 169, et il ne convient pas de laisser sur ses arrières un foyer de rébellion susceptible de le couper de ses bases syriennes. À ses questions sur les causes des troubles en Judée, on a dû lui répondre que les Juifs se disputaient au sujet de la Loi : le texte de 2Maccabées oppose constamment ceux qui font preuve de zèle pour la Loi (Torah), et ceux qui font preuve de zèle contre la Loi (les Hellénistes qui ne sont pas hostiles à la Loi mais en proposent une interprétation moderne). Antiochos IV en déduit une mesure politique radicale et désastreuse mais logique : si les Juifs se disputent au sujet de la Loi, supprimons la Loi ! D’ailleurs, il est habituel qu’un peuple révolté perde le privilège de s’administrer selon ses propres lois.

L’édit de persécution

Courant 168, Antiochos IV promulgue donc un édit pour abolir la Torah. C’est ce que l’on nomme abusivement l’édit de persécution, qui aboutit de fait à l’interdiction du judaïsme. Mais on voit bien par quel enchaînement on en est arrivé là. Il n’y a chez Antiochos nul fanatisme, nulle intention de « réaliser l’unité de ses États face à la menace romaine » ou d’étendre la “religion grecque” (qui resterait à définir) : on se demande où il aurait puisé une telle idée, totalement étrangère aux Grecs. Aucun roi hellénistique, pas plus Antiochos IV qu’un autre, ne s’est soucié d’helléniser ses sujets dont il attend seulement qu’ils paient le tribut et se tiennent tranquilles. Rien dans la politique d’Antiochos IV, bien connue par ailleurs, ne laisse entrevoir le début du commencement d’une politique d’hellénisation forcée, ou de promotion des cultes grecs. Mais, comme ses prédécesseurs et ses successeurs, lorsque des indigènes suffisamment hellénisés souhaitent acquérir le statut favorable d’une polis, il le leur accorde si cela ne contredit pas ses intérêts.

Là où Antiochos IV commettait une magistrale erreur politique, c’est qu’il n’avait pas compris qu’abolir la Torah ne revenait pas seulement à priver les Juifs de leurs lois civiles, mais conduisait à l’abolition du judaïsme. Nombre de Juifs pieux préférèrent le martyre (d’où les récits édifiants de 2Maccabées), alors que d’autres fuirent au désert. La répression fut d’autant plus sanglante que beaucoup de Grecs et de Syriens accusaient les Juifs d’arrogance : on leur reprochait de nier la divinité des dieux des autres, de refuser de partager leurs repas, d’éviter tout contact sous prétexte de pureté rituelle.

C’est à ce moment-là (courant 168, début 167) et à ce moment-là seulement, qu’intervinrent Mattathias et ses fils, notamment Judas, le seul à qui convienne le nom de Maccabée (d’étymologie incertaine). La révolte est déjà bien commencée, mais sans chef, et sans objectifs clairs. Pire, les révoltés sont si pieux qu’ils se laissent massacrer le jour du Sabbat pour ne pas violer la Loi ! Judas et ses frères commencent à organiser une troupe efficace et s’entourent d’exégètes de la Loi compréhensifs, qui les autorisent à se défendre tous les jours de la semaine.

S’engage alors ce qui apparaît bien comme une lutte de libération rapidement couronnée de succès. Dès décembre 165, Jérusalem est délivrée et le Temple à nouveau dédié à Yahweh. Après la mort d’Antiochos IV en Iran à l’automne 164, et l’avènement d’un roi mineur, Antiochos V, des négociations s’ouvrent : non seulement les deux principaux ministres du roi défunt s’affrontent, mais une mission sénatoriale romaine de passage dans la région a fait savoir qu’elle apportait son plein soutient aux Juifs. Dès le printemps 163, l’édit de persécution est rapporté. La guerre se poursuit néanmoins dans la confusion, probablement parce que les communautés juives dispersées aux abords de la Judée se sentent menacées : on connaît ainsi des expéditions de Judas et de ses frères en Syrie du Sud, en Transjordanie, en Idumée (Négev) pour secourir des Juifs persécutés. D’autre part, les troupes séleucides n’ont pas été vaincues : elles continuent à occuper la citadelle de Jérusalem, l’Akra. En fait, il s’agit d’une guerre impossible : les Juifs révoltés mènent une guérilla contre laquelle les troupes régulières séleucides sont désarmées, alors que les Juifs sont incapables de battre les Séleucides en rase campagne.

La guerre s’essouffle d’autant plus qu’un accord politique est intervenu entre les Maccabées (Judas a été tué au combat au printemps 160), conduits désormais par Jonathan, et leurs adversaires. Alors que les Hellénistes les plus extrémistes sont éliminés (Ménélas a été exécuté de façon atroce à Alep), un nouveau grand prêtre, Alkimos, choisi parmi les Hellénistes modérés, a été désigné : preuve que même aux yeux des révoltés les Hellénistes n’étaient pas tous des impies ! Après sa mort en 159, pourtant, il n’est pas remplacé. La chronologie des années 157-152 pose problème, mais pour faire court, on peut dire qu’en 152, Jonathan, profitant de la guerre civile qui oppose deux prétendants au trône à Antioche, parvient à se voir reconnaître le titre de grand prêtre (auquel il n’a aucun droit) en même temps qu’il est honoré de titres de cour séleucides. Contrairement à ce que prétend l’article de Wikipédia, jamais, à aucun moment, aucun Séleucide ne reconnaît l’indépendance juive : des tentatives sont d’ailleurs lancées en 131-130 (avec succès), puis en 87 (sans succès) pour récupérer la Judée. Mais, de fait, les rois d’Antioche, affaiblis par une querelle dynastique qui empoisonne la vie du royaume jusqu’à sa disparition en 64, sont la plupart du temps incapables de contester l’indépendance de fait conquise par ceux que l’on nomme désormais les Hasmonéens, fondateurs d’un nouvel État juif fortement hellénisé, jusqu’à ce qu’Aristobule prenne le titre de basileus en 104-103. Mais c’est là un autre sujet, sur lequel Wikipédia n’est pas moins défaillant : il est vrai qu’il n’y a pas de rubrique Hasmonéens et que tout se trouve résumé sous la rubrique Macchabées.

On le voit, bien loin de l’image sulpicienne totalement fausse que véhicule Wikipédia, la crise maccabéenne n’est pas un affrontement entre un roi grec fanatique et des Juifs pieux attachés à leurs traditions. C’est d’abord une crise interne au judaïsme, d’un affrontement entre ceux qui estiment qu’on peut rester fidèle au judaïsme en adoptant néanmoins certains traits de la civilisation du monde moderne, le grec, la pratique du sport, etc.., et ceux qui au contraire, pensent que toute adoption des mœurs grecques porte atteinte de façon insupportable à la religion des ancêtres. Si le roi Antiochos IV intervient, ce n’est pas par fanatisme, mais bien pour rétablir l’ordre dans une province de son royaume qui, de plus, se place sur la route qu’il emprunte pour faire campagne en Égypte. On est bien loin des errements que véhicule l’article incriminé.

Voir aussi:

The Hanukkah Story
David Brooks
The New York Times
December 11, 2009Tonight Jewish kids will light the menorah, spin their dreidels and get their presents, but Hanukkah is the most adult of holidays. It commemorates an event in which the good guys did horrible things, the bad guys did good things and in which everybody is flummoxed by insoluble conflicts that remain with us today. It’s a holiday that accurately reflects how politics is, how history is, how life is.It begins with the spread of Greek culture. Alexander’s Empire, and the smaller empires that succeeded it, brought modernizing ideas and institutions to the Middle East. At its best, Hellenistic culture emphasized the power of reason and the importance of individual conscience. It brought theaters, gymnasiums and debating societies to the cities. It raised living standards, especially in places like Jerusalem.Many Jewish reformers embraced these improvements. The Greeks had one central idea: their aspirations to create an advanced universal culture. And the Jews had their own central idea: the idea of one true God. The reformers wanted to merge these two ideas.

Urbane Jews assimilated parts of Greek culture into their own, taking Greek names like Jason, exercising in the gymnasium and prospering within Greek institutions. Not all Jews assimilated. Some resisted quietly. Others fled to the hills. But Jerusalem did well. The Seleucid dynasty, which had political control over the area, was not merely tolerant; it used imperial money to help promote the diverse religions within its sphere.

In 167 B.C., however, the Seleucid king, Antiochus IV, issued a series of decrees defiling the temple, confiscating wealth and banning Jewish practice, under penalty of death. It’s unclear why he did this. Some historians believe that extremist Jewish reformers were in control and were hoping to wipe out what they saw as the primitive remnants of their faith. Others believe Antiochus thought the Jews were disloyal fifth columnists in his struggle against the Egyptians and, hence, was hoping to assimilate them into his nation.

Regardless, those who refused to eat pork were killed in an early case of pure religious martyrdom.

As Jeffrey Goldberg, who is writing a book on this period, points out, the Jews were slow to revolt. The cultural pressure on Jewish practice had been mounting; it was only when it hit an insane political level that Jewish traditionalists took up arms. When they did, the first person they killed was a fellow Jew.

In the town of Modin, a Jew who was attempting to perform a sacrifice on a new Greek altar was slaughtered by Mattathias, the old head of a priestly family. Mattathias’s five sons, led by Judah Maccabee, then led an insurgent revolt against the regime.

The Jewish civil war raised questions: Who is a Jew? Who gets to define the right level of observance? It also created a spiritual crisis. This was not a battle between tribes. It was a battle between theologies and threw up all sorts of issues about why bad things happen to faithful believers and what happens in the afterlife — issues that would reverberate in the region for centuries, to epic effect.

The Maccabees are best understood as moderate fanatics. They were not in total revolt against Greek culture. They used Greek constitutional language to explain themselves. They created a festival to commemorate their triumph (which is part of Greek, not Jewish, culture). Before long, they were electing their priests.

On the other hand, they were fighting heroically for their traditions and the survival of their faith. If they found uncircumcised Jews, they performed forced circumcisions. They had no interest in religious liberty within the Jewish community and believed religion was a collective regimen, not an individual choice.

They were not the last bunch of angry, bearded religious guys to win an insurgency campaign against a great power in the Middle East, but they may have been among the first. They retook Jerusalem in 164 B.C. and rededicated the temple. Their regime quickly became corrupt, brutal and reactionary. The concept of reform had been discredited by the Hellenizing extremists. Practice stagnated. Scholarship withered. The Maccabees became religious oppressors themselves, fatefully inviting the Romans into Jerusalem.

Generations of Sunday school teachers have turned Hanukkah into the story of unified Jewish bravery against an anti-Semitic Hellenic empire. Settlers in the West Bank tell it as a story of how the Jewish hard-core defeated the corrupt, assimilated Jewish masses. Rabbis later added the lamp miracle to give God at least a bit part in the proceedings.

But there is no erasing the complex ironies of the events, the way progress, heroism and brutality weave through all sides. The Maccabees heroically preserved the Jewish faith. But there is no honest way to tell their story as a self-congratulatory morality tale. The lesson of Hanukkah is that even the struggles that saved a people are dappled with tragic irony, complexity and unattractive choices.


Presidence Obama: A quand le stetson et les bottes de cowboy? (Is Obama a closet Neocon?)

10 décembre, 2009
Cowboy ObamaJe me réserve, comme tout chef d’Etat, le droit d’agir unilatéralement si nécessaire pour défendre mon pays. (…) Nous devons repenser les notions de guerre juste et les impératifs d’une paix juste. (…) Nous devons commencer à admettre la dure réalité: nous n’éradiquerons pas le conflit violent de notre vivant. Il y aura des moments où les pays, agissant individuellement ou de concert, considéreront que l’usage de la force est non seulement nécessaire mais moralement justifié. (…) Car ne nous trompons pas: le mal existe dans le monde. Cowboy Obama
Si c’était Bush qui avait affirmé ces choses, le monde serait rempli de dénonciations violentes. Quand c’est Obama, les gens en redemandent. Walter Russell Mead
2010 sera une année de violence. C’est la période la plus dangereuse que j’ai eu à voir en quarante ans de métier (…) il est certain que nous allons essuyer un nombre de victimes plus important. C’est ce qui s’est passé lors de l’envoi de renforts an Irak, c’est ce qui va se passer avec les renforts que l’on va envoyer en Afghanistan. Mike Mullen (chef d’état-major des armées des Etats-Unis)

Obama jouerait-il au neocon?

A l’heure où l’on apprend que c’était un Américain qui avait fait les repérages pour l’attentat de Bombay l’an dernier …

Pendant que viennent d’être interpellés un Canadien et plusieurs autres Américains qui partaient au jihad alors qu’en Somalie on soupçonne le dernier auteur d’un attentat kamikazé d’avoir été danois

Et que le chef d’état-major des armées des Etats-Unis vient de prévenir
que, comme pour l’envoi de renforts an Irak, l’année prochaine allait tout particulièrement être une « année de violence » en Afghanistan …

C’est ceux qui ont élu ou célébré l’élection d’Obama comme l’enterrement définitif du néoconservatisme et du bushisme qui vont en être pour leur argent …

Après la reprise du ministre de la Défense de Bush, de l’externalisation des interrogatoires, des tribunaux d’exception, des assassinats ciblés, des écoutes, du Patriot Act, de Guantanamo et de Bagram

Voici, en plein discours de réception du prix Nobel de la paix et derrière les habituelles dénégations (sans jamais prononcer une seule fois les mots « Irak » ou »victoire »!),…

Les droits de l’homme, l’évocation du Mal, la guerre juste et… la défense de l’unilatéralisme et de la guerre préventive!

A quand maintenant… le stetson et les bottes de cowboy?

Going Neocon
Is Obama getting mugged by reality?
Abe Greenwald
National Review
December 10, 2009

During his Nobel Peace Prize–acceptance speech today, Barack Obama said, “For make no mistake: Evil does exist in the world.” He cited the historical example of Adolf Hitler and the present-day example of the Taliban. This rounds out a year that has seen a succession of real-world object lessons that bear out the claims of the intellectual tendency known as neoconservatism: Iran has rejected a torrent of American obsequiousness and will not be charmed out of pursuing nuclear weapons; its population, meanwhile, is clamoring for a robust American defense of democracy; a far-left American president has determined that a significant surge of American troops is the only way to win a faltering war effort in a far-off Muslim land; that same president has acknowledged that “we’ve achieved hard-earned milestones in Iraq” and is using the basis of those achievements as the model for his new ramp-up strategy.

In these, three convictions often linked with neoconservative thought have been affirmed:

1. No matter how technologically advanced and interconnected the world becomes, there will be bad actors, and their obstinacy will remain intact. Every regime cannot be made to acquiesce through appeals to common humanity. Some can only be made pliant through threat and, if necessary, force.

2. Populations living under despotic leadership are at all times engaged in a desperate struggle for liberty. Moreover, these populations look to America, the world’s longest-running constitutional democracy, for moral and material support. All the shallow resentment of the arrogant “world police” evaporates when truncheons start coming down on the heads of dissidents. America needs to be there when support is requested.

3. A willingness to apply overwhelming and innovative military force remains critical to America’s wars — regardless of their asymmetric natures. Similarly, America cannot afford to abandon or wind down her military efforts as a response to solely temporal considerations. Short wars have to be won; long wars, more so.

While recent developments in global conflicts have authenticated these notions, there remains a fundamental tension between their logical policy implications and the foundational political bearing of Barack Obama. The president has not yet implemented a “phase II” approach — that is, an effective sanctions regime — to motivate an intractable Iran; he has not offered unwavering support to Iranian democrats; he has not spoken plainly of victory in Afghanistan; he has purposefully created an air of confusion over his commitment there; and he has not embraced American success in Iraq.

Why not?

The answer is no less connected to neoconservatism than are the international realities that now give rise to the question. Irving Kristol said, almost too memorably, “A neoconservative is a liberal who has been mugged by reality.” With that definition in mind, an eminent national-security personage put this perfectly phrased query to me over the summer: “Is Obama too arrogant to get mugged by reality?”

An excellent question. What the president calls his “philosophy of persistence” looks increasingly like the vice of conceit. The new White House imperiousness explains Obama’s inability to offer full-throated praise for the Iraq War — an undertaking he staunchly opposed. It also explains his devotion to de-fanging Iran through the voodoo of his personal allure (and to his correspondent obtuseness on Iran’s democrats).

It does not explain his purposefully jumbled message of surge and recoil in Afghanistan. On the uncompromising reality of war, Obama has sought a particularly Obamaesque solution: compromise.

The president has been partially mugged. Reality has accosted him and shaken him down for concessions, but it is only a temporary arrangement. Obama’s “persistence” is, for the time being, intact. That explains the contradictions contained within his war speech.

However, by invoking evil in his peace speech, he has obligated himself to a more decisive course of action and perhaps a new moral seriousness. For there is a deeper neoconservative concern that serves as the foundation upon which the architecture of democracy promotion and hawkishness are built. This is the belief in good and evil, reality’s parting gift to the mugged. Sometimes thought of as a quaint and outdated proposal, the assertion that virtue and wickedness are real is at the heart of neoconservative support for American power in the world. The Taliban — which beheads innocents, chops off voters’ hands, and subjects women to lives of brutal servitude — is evil. So, too, are Iran’s mullahs, who sentence teenagers to hangings for the “crime” of homosexuality. Defeating these parties is its own reward. As evil is now part of Barack Obama’s war lexicon, he must make this point, and he must speak of victory. For once evil is invoked, compromise is off the table. Evil demands defeat.

None of this is to say the president has until now lacked a moral compass. To the contrary, in these and other matters Obama has held fast to a comprehensive model of right and wrong. It is the present-day liberal model, wherein right comprises those things accomplished or pursued without approval from the West and wrong covers most anything America and Europe hope to effectuate outside their own borders; right is that which strives for peace, even at the cost of long-term suffering, and wrong is any American act of war. It is not hard to see how this code is at odds with Obama’s present national-security obligations. It is equally evident that he has had an uneasy time managing the contradiction.

It is perhaps now dawning on Obama that it is not just neoconservatives who believe in an America that conquers evil abroad. In fact, that conception of American morality is older than the relatively new one Obama espouses. War presidents have appealed to this aspect of American exceptionalism for centuries. Among other things, the War of 1812 was an attempt to eradicate the evil of monarchic rule; the Civil War, a push to eliminate the evil of slavery; World Wars I and II, fights to destroy the evil of totalitarian ideologies; and the Cold War, a triumph over the “Evil Empire.”

If Obama has not yet been mugged by reality, he is at least being shaken by ever-dropping approval ratings. In his role as war president, he may find an opportunity to halt the slide. A new Rasmussen poll shows that 53 percent of voters support President Obama’s decision to send 30,000 more troops to Afghanistan, while 47 percent support his plan to begin a troop drawdown in 18 months. This means a majority — slim though it may be — do not accept the conception of morality advocated by present-day liberals. Perhaps this is a reality up to the task of mugging our commander-in-chief.

— Abe Greenwald is policy adviser and online editor with the Foreign Policy Initiative in Washington.

Voir aussi:

Obama’s Bad War
Victor Davis Hanson
National review
December 10, 2009

The president said some good things, but unfortunately, his long academic lecture on the nature of war itself had all the characteristics of we have come to accept from a Barack Obama sermon:

1) Verbosity (4,000 words plus!) and extraneousness (he finally even referenced the world’s farmers); 2) I/me exhaustion (34 times) and the messianic cult of personality; 3) the 50/50, split-the-difference trope; 4) the straw man: on the one hand there are realists, on the other idealists, and I Obama singularly reject this either/or dichotomy (as if no one else does as well); 5) veiled attacks on the previous administration; 6) reference to his own unique personal story; 7) good-war/bad-war theory of Afghanistan and Iraq; 8) the hopey-changy rhetorical flourish.

Is there a Microsoft program somewhere that writes these things out?

Obama did not mention the word “Iraq” a single time, instead presenting his good-war/bad-war dichotomy thus: “One of these wars is winding down. The other is a conflict that America did not seek; one in which we are joined by 43 other countries — including Norway — in an effort to defend ourselves and all nations from further attacks.”

The president apparently does not realize that in Iraq too there was a coalition, that the Iraq War was approved by both houses of Congress on 23 grounds (only two dealing with WMD), and that more and more evidence is emerging concerning the terrorist ties between Saddam and radical Islam. And why, exactly, is it “winding down”? Maybe a word of praise for the U.S. soldiers who took a genocidal thug out and later ensured that the war, whose name cannot be spoken, would be “winding down”?

And why emphasize Afghanistan’s supposedly better coalition when later in the speech you plan to emphasize that unilateralism can be justified as well? “There will be times when nations — acting individually or in concert — will find the use of force not only necessary but morally justified.”

Indeed, Iraq as the bad war is a subtext of the entire speech. But this Manichaeism, as it has in the past, gets him into big trouble. For example, if the Balkan war was necessary and right (and I think Obama is right that it was), it is still not an example of the U.S. acting in Obama’s preferred legal context: Clinton did not ratify the war, as did Bush in Iraq, with a Congressional mandate, and he did not even attempt to go to the U.N. to sanction it.

After giving a Platonic take on the duration and near inevitably of age-old war, an exasperated President Obama then offers that even He cannot end war itself: “I do not bring with me today a definitive solution to the problems of war.”

I don’t know what Obama quite meant with “Only when Europe became free did it finally find peace.” So far, “finally” means that we are 60-some years into peace in Europe (excluding things like Milosevic) — we haven’t even reached the century-long achievement of the Congress of Vienna (1815–1914).

Why another reference to Guantanamo? It still is not closed, and won’t be on its promised January 20 date. And it only evokes all the other “Bush did it”s of the 2008 campaign — rendition, tribunals, Predators, intercepts, Patriot Act, etc. — that Obama later embraced.

Obama offers us, “But we do not have to think that human nature is perfect for us to still believe that the human condition can be perfected.” That thought of the perfectibility of the human condition, in lieu of deterrence and military preparedness, throughout history has gotten millions killed. The human condition can be improved, but only by acknowledgment of the lethal propensities of some — and by readiness to prevent those propensities’ becoming manifest. Most of the great wars of the 20th century were fought against those who were convinced that “the human condition can be perfected.”

In short, Obama, in a mere 4,000 words, was trying to explain that even Noble Laureates like himself have to use force, but that they will do so in a way unlike that of George Bush.

Voir enfin :

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/20091210.FAP7388/extraits_du_discours_de_barack_obama_a_oslo.html

Extraits du discours de Barack Obama à Oslo
AP
Nouvel Observateur
10.12.2009

Voici les principaux extraits du discours de Barack Obama lors de la réception du prix Nobel de la paix à Oslo.

– Remerciements

« Je reçois cet honneur avec une profonde gratitude et une très grande humilité (…) Nos actions comptent et peuvent faire pencher l’histoire dans le sens de la justice. »

– Président d’un pays en guerre

« Je suis le commandant en chef d’une nation engagée dans deux guerres. L’une de ces guerres touche à sa fin. L’autre est un conflit que l’Amérique n’a pas voulu, dans lequel nous sommes engagés avec 43 autres pays, dont la Norvège, pour nous défendre et défendre tous les pays de nouveaux attentats. »

« Nous sommes en guerre, et je suis responsable du déploiement de milliers de jeunes Américains partis se battre dans une terre lointaine. Certains tueront, d’autres seront tués. Alors je viens ici avec le sens aigu du coût d’un conflit armé, plein de questions difficiles sur les rapports entre guerre et paix, et nos efforts pour remplacer l’une par l’autre. »

« Je me réserve, comme tout chef d’Etat, le droit d’agir unilatéralement si nécessaire pour défendre mon pays. »

– Guerre et paix

« Nous devons repenser les notions de guerre juste et les impératifs d’une paix juste. (…) Nous devons commencer à admettre la dure réalité: nous n’éradiquerons pas le conflit violent de notre vivant. Il y aura des moments où les pays, agissant individuellement ou de concert, considéreront que l’usage de la force est non seulement nécessaire mais moralement justifié. »

« Ma présence ici étant la conséquence directe de toute l’oeuvre Dr King, je suis l’héritage vivant de la force morale et de la non-violence (…) Mais en tant que chef d’Etat ayant prêté serment de protéger et défendre mon pays, je ne peux être guidé par leurs seuls exemples (…) Je ne peux rester sans rien faire face aux menaces pesant contre le peuple américain. »

« Car ne nous trompons pas: le mal existe dans le monde. Un mouvement non-violent n’aurait pas pu arrêter les armées d’Hitler. Les négociations ne peuvent pas convaincre les dirigeants d’Al-Qaïda de déposer les armes. »

« Quelles que soient nos erreurs, les faits sont là: les Etats-Unis d’Amérique ont aidé à garantir la sécurité du monde pendant plus de six décennies avec le sang de nos citoyens et la force de nos armes. Alors oui, les instruments de la guerre ont un rôle à jouer dans la protection de la paix. Et pourtant cette vérité doit coexister avec une autre: la guerre, pour justifiée qu’elle soit, est la promesse d’une tragédie humaine. »

« Je crois que la force peut être justifiée par des raisons humanitaires (…) L’inaction déchire notre conscience et peut mener à une intervention ultérieure plus coûteuse. C’est pourquoi tous les pays responsables doivent reconnaître le rôle que peut jouer l’armée dotée d’un mandat précis pour protéger la paix. »

– Les Etats-Unis et leurs alliés, l’OTAN, l’ONU

« Dans un monde où les menaces sont plus diffuses et les missions plus complexes, l’Amérique ne peut pas agir seule. La paix exige la responsabilité. La paix entraîne le sacrifice. C’est pourquoi l’OTAN reste indispensable. C’est pourquoi nous devons renforcer les missions onusiennes et régionales de maintien de la paix et non laisser cette tâche à quelques pays. »

« La paix n’est pas seulement l’absence de conflit visible. Seule une paix juste fondée sur les droits inaliénables et la dignité de chaque individu est vraiment durable (…) Une paix juste ne suppose pas seulement des droits civiques et politiques, elle doit inclure la sécurité économique et des débouchés. »

– Sanctions et diplomatie

« Dans notre traitement de ces pays qui enfreignent les règles et les lois, je crois que nous devons développer des alternatives à la violence suffisamment fortes pour faire changer les comportements, car si nous voulons une paix durable, les mots de la communauté internationale doivent avoir une signification (…) Aucun régime répressif ne peut être mis sur une nouvelle voie si aucune porte ne lui est ouverte (…) Nous devons faire de notre mieux pour trouver un équilibre entre isolement et dialogue, pression et incitation, afin de faire avancer les droits de l’Homme et la dignité. »

– Iran, Corée du Nord

« Il nous appartient à tous d’insister pour que des pays comme l’Iran et la Corée du Nord ne trichent pas avec le système. Ceux qui se soucient de leur propre sécurité ne peuvent ignorer le danger de la course à l’armement au Proche-Orient ou en Asie de l’Est. Ceux qui veulent la paix ne peuvent rester sans rien faire pendant que des pays s’arment pour la guerre nucléaire. »

– Darfour, RDC, Birmanie

« Quand il y a un génocide au Darfour, des viols systématiques au Congo ou la répression en Birmanie, il doit y avoir des conséquences. Et plus nous sommes unis, moins nous risquons d’avoir à choisir entre l’intervention armée et la complicité d’oppression. »

– Extrémisme religieux

« Aucune guerre sainte ne sera jamais une guerre juste (…) Une vision aussi pervertie de la religion n’est pas seulement incompatible avec le concept de la paix mais aussi avec le but de la foi, car la règle au coeur de chacune des grandes religions est que nous traitons les autres comme nous voudrions qu’ils nous traitent. »

– Climat

« Il n’y a guère de doute scientifique que si nous ne faisons rien, nous devrons affronter davantage de sécheresse, de famine et de déplacements en masse qui alimenteront davantage de conflits pendant des dizaines d’années. C’est pourquoi ce ne sont pas seulement les scientifiques et les militants qui demandent une action rapide et forte (pour le climat, NDLR), ce sont les chefs militaires dans mon pays et d’autres qui comprennent que notre sécurité commune est en jeu. » AP


Anti-américanisme: Vous avez dit libérateurs? (More better politically-correct anti-American lies from French TV)

8 décembre, 2009
lls sont venus, ils ont vaincu, ils ont violé… Sale nouvelle, les beaux GI débarqués en 1944 en France se sont comportés comme des barbares. Libération (mars 2006)
Oui, les libérateurs pratiquaient un racisme institutionnalisé et ils condamnèrent à mort des soldats noirs, accusés à tort de viols. En son temps, l’écrivain Louis Guilloux, qui fut l’interprète officiel des Américains en 1944 en Bretagne, assista à certains de ces procès en cour martiale. Durablement marqué, il relata son expérience dans OK, Joe !, un récit sobre, tranchant, qui a la puissance d’un brûlot. Loin du mélo. Télérama (décembre 2009)
Sur fond d’histoire d’amour impossible, Les Amants de l’ombre nous transportent dans une période méconnue de la Seconde Guerre mondiale où l’armée américaine, présentée comme libératrice, n’hésitait pas à condamner à mort des soldats noirs accusés à tort de viol. Métro (dec. 2009)

Après les libérateurs violeurs, voici les libérateurs pendeurs de noirs innocents!

Fille adolescente qui couche avec un soldat allemand, belle-fille et femme de soldat français prisonnier en Allemagne (de la même famille !) qui couche avec un soldat noir américain, lequel voit son frère d’armes pendu pour cause de fausse accusation de viol d’une Française volage, avant lui-même de risquer la pendaison suite à la fausse dénonciation de la première …

Nouvelle et exemplaire illustration ce soir sur France 3 de l’indécrottable antiaméricanisme français qui, faisant feu de tout bois, va tour à tour ou en même temps accuser les Américains de tout et de son contraire.

Avec un téléfilm du créateur franco-africain de la série « Joséphine ange gardien », Philippe Niang (« Les amants de l’ombre »)

Qui, s’il a le mérite d’évoquer une période et des évènements de l’histoire récente peu connus du grand public (le racisme anti-noir de certains Français mais aussi – ce que Le Nouvel obs qualifie de clichés – la volonté clairement affichée de certains soldats noirs américains de juin 44 de « se faire des blanches » sur la foi de rumeurs colportées – par leurs grands-pères de 1917-1918 ? – des mœurs prétendument faciles des Françaises) ….

Réussit le tour de force de multiplier les invraisemblances et la mauvaise foi.

L’armée américaine que l’on avait dite arrogante et violeuse se voit à présent (sans parler des tombes… « clandestines »!), accuser de racisme invétéré et d’injustice.

Alors qu’il est bien clair que bien que ségréguée et non exempte de racisme à l’image de la société américaine de l’époque (De Gaulle ne semble pas non plus avoir beaucoup objecté, si l’on en croit la BBC – mais avait-il le choix logistiquement parlant? -, à sa libération « whites only » de Paris), elle réagit surtout aux plaintes des populations devant des viols bien réels que le film se garde bien d’évoquer pour ne garder que des cas de fausse déclaration.

Et qui prend la peine de rappeler, sans parler des viols massifs de nos « indigènes » en Italie ou en Allemagne, que si 80% des GI’s condamnés pour viols étaient noirs sur un total de 8% des troupes, c’est surtout que la majorité desdits viols ont eu lieu après le départ des troupes combattantes au moment justement où l’essentiel des troupes chargées de l’intendance (restées le plus longtemps sur place – jusqu’à un an – et donc en contact le plus proche avec la population) étaient… noires?

Les amants de l’ombre

[Téléfilm dramatique] de Philippe Niang

Origine : France

Durée : 1 heure 35 minutes

Musique : Christophe Monthieux

Avec : Julie Debazac (Louise Venturi), Anthony Kavanagh (Gary Lafayette), Georges Corraface (Ange Venturi), Delphine Rich (Mathilde Venturi), Lilly-Fleur Pointeaux (Blanche Venturi), Edouard Montoute (Sidney Jackson), Mike Powers (Arthur Kennedy), Bruno Slagmulder (Pierre Venturi)

Dialogue : Aude Blanchard
Le sujet

En 1945, dans un village français, une jeune femme tombe amoureuse d’un soldat noir américain. Cette passion va éveiller le racisme des habitants.

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, en France. Louise, jeune femme dont le mari est encore retenu prisonnier en Allemagne, s’éprend de Gary, un soldat noir américain arrivé dans son village avec son régiment. Blanche, l’adolescente de la famille a, quant à elle, vécu une autre passion dans les bras d’un soldat, un Allemand tué par les Américains. Les deux femmes devront affronter les rumeurs, les accusations et le mépris de leur communauté : Louise pour être tombée amoureuse d’un Noir, Blanche pour avoir fraternisé avec l’ennemi. D’autres incidents se produisent, impliquant de jeunes soldats américains, dont le meilleur ami de Gary, Sidney…

La critique

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, Louise, une jolie jeune femme dont le mari est prisonnier en Allemagne, rencontre Gary, un G1 noir fraîchement débarqué pour libérer la France. L’installation du camp américain au sein même de la ferme où Louise habite provisoirement avec ses beaux-parents. Blanche, sa belle-soeur adolescente, facilite les échanges. Offre de chewing-gum, mots échangés dans un français étonnamment fluide pour un soldat américain, danse au bal : il n’en faudra pas plus à ces deux-là pour s’aimer. Parallèlement, la jeune Blanche garde le secret sur son aventure amoureuse avec un soldat allemand, tué par Gary. Les deux femmes paieront au prix fort leurs histoires d’amour, scandaleuses dans la France de l’époque.

Le film met ainsi en lumière le racisme de l’époque, également présent au sein même de l’armée américaine. Anthony Kavanagh, d’habitude plutôt enclin aux onomatopées, à la vanne et à la chansonnette, endosse ici le premier rôle avec une surprenante sobriété. Moins de clichés sur les G1 (chewing-gum, drague, cigarette) n’aurait néanmoins pas nui au propos. Julie Debazac incarne, elle, une Louise libre à la forte personnalité.

Voir aussi:

Cours martiales et ségrégation: les secrets de la Parcelle E
1948-2008: un cimetière américain clandestin en Picardie
Roger Martin
Amnistia
27 août 2008

Le mystère du Cimetière des hommes perdus

Les grands cimetières sous la lune où reposent des soldats étrangers, essentiellement anglo-saxons, ne sont pas rares sur le sol français. Normandie, Bretagne, Picardie, Nord, Lorraine, Alsace en témoignent.

Les plus importants hébergent des soldats tués au cours de la Première Guerre mondiale.

Parmi les cimetières américains installés en France, il en est un, pourtant, qui présente une bien sinistre originalité.

Officiellement, l’Oise-Aisne American Cemetery and Memorial, aménagé en 1921 et situé à deux kilomètres de Fère-en-Tardenois, dans le département de l’Aine, n’est qu’un cimetière militaire américain consacré aux morts de 14-18 parmi d’autres. Ses quatre parcelles, parfaitement entretenues, accueillent en effet les tombes de 6012 soldats morts au combat ou accidentellement, cependant qu’un mausolée impressionnant perpétue le souvenir de 241 soldats dont les corps n’a jamais été retrouvés.

Pourtant, au-delà de l’intérêt sentimental ou historique qu’il présente pour les descendants des victimes et des passionnés d’Histoire, c’est ailleurs qu’il faut rechercher ses particularités

Fin 1948, en effet, de l’autre côté de la petite route qui en assure l’accès, au-delà des bureaux d’accueil officiels, régna pendant quelques semaines une activité aussi intense que mystérieuse. A l’écart du village de Seringes et Nesle, à une période de l’année peu propice aux visites, des aménagements furent ainsi entrepris sans susciter la moindre interrogation. Le périmètre constituant une enclave américaine en sol français, qui aurait pu d’ailleurs s’étonner de travaux apparemment banals?

Derrière l’accueil, protégée par des haies, un mur et un grillage, auxquels s’ajouteront plus tard un système d’alerte et des chiens, s’étend depuis cette date, ombragée par des pins et des lauriers, une petite clairière de soixante mètres sur quinze environ. Dans la pelouse, impeccablement tondue, on peut remarquer, à fleur de sol, un alignement sur quatre rangs de petites dalles de marbre d’à peine quelques centimètres d’épaisseur. Anonymes, simplement gravées d’un numéro. Cet espace, dont l’existence n’est pas reconnue, c’est la Parcelle E, et les dalles sont au nombre de 96.

Gisent là les restes de 96 soldats américains exécutés en Europe (Angleterre, France, Italie) ou en Afrique du nord (Tunisie, Libye) entre 1943 et 1945. A l’exception d’une poignée d’entre eux, passés par les armes, les autres ont été pendus au terme d’un procès souvent expéditif devant une cour martiale américaine. Jugés coupables de crimes divers, meurtres, viols, attaques à main armée.

Sur les 96 soldats inhumés à l’origine, 80 étaient noirs, 13 blancs, 2 hispaniques, le dernier indien navajo. Une disproportion qui n’échappera qu’à ceux qui oublieraient qu’à l’époque des faits, les Noirs ne représentaient que 8% des effectifs d’une armée américaine qui, à l’image d’une bonne partie du pays, pratiquait la ségrégation, jusque dans la collecte du sang recueilli pour les transfusions dans les hôpitaux militaires.

Au printemps suivant, la Parcelle E connut donc le regroupement, dans le plus grand secret, de la plupart des soldats exécutés au cours de la Seconde Guerre mondiale, classés dans les documents internes de l’Armée sous l’étiquette « Morts indignes ».

Soixante ans plus tard, le surintendant qui veille sur les lieux et reçoit très aimablement les visiteurs, nie encore haut et fort l’existence de ce cimetière de la honte. A l’instar du haut-commandement de l’Armée dans ses réponses aux demandes le concernant. Il n’existe donc pas officiellement de carré d’infamie dans un des plus grands cimetières américains de la Première Guerre mondiale.

Emmett Till à 13 ans et son cadavre quelques mois plus tard lors de l’enterrement
Une situation semblable a longtemps prévalu outre-Manche. Il aura fallu plusieurs décennies pour que soit attestée l’existence d’une parcelle réservée au même usage sur le sol anglais. A l’écart des morts honorables, le cimetière de Brookwood a pourtant eu, lui aussi, son carré d’infamie, la Parcelle X, où reposaient les corps de soldats exécutés à la prison militaire de Shepton Mallet. 18 exactement, dont 12 noirs et 2 latinos, avant que 17 d’entre eux ne fussent transférés en 1949 à Oise-Aisne, la dépouille du 18e, David Cobb, un jeune noir, ayant été rapatriée en Alabama en 1949, suite à une erreur administrative.

Louis Guilloux : un écrivain en cour martiale

J’avais eu vent de l’existence de la Parcelle E par un de ces concours de circonstances dont profitent parfois, quasi miraculeusement, les historiens, les chercheurs et les romanciers dont la matière littéraire est la réalité, sans engranger pour autant de preuve définitive. Un ouvrage paru aux Etats-Unis puis traduit en France est venu transformer mon hypothèse en certitude. Alice Kaplan, universitaire de renom, spécialiste de littérature française, auteur d’un essai sur Brasillach, venait de consacrer au grand Louis Guilloux, l’auteur de La Maison du peuple et de Cripure, son dernier ouvrage, L’Interprète. C’est qu’en effet, sa parfaite connaissance de l’anglais avait valu à Guilloux une place de traducteur officiel de l’Armée américaine en Bretagne lors de quatre procès en cour martiale.

Bob Dylan: The Death of Emmett Till dans l’album The Times they are a-changin.

A Wreath for Emmett Till, hommage de la poétesse Marilyn Nelson à Emmett Till (un parmi des dizaines venus de toutes les régions des États-Unis)
Une expérience traumatisante, dont il avait tiré un roman témoignage, OK, Joe, dans lequel il relatait, en modifiant l’identité des principaux protagonistes, les procès de trois soldats noirs (tous pendus) et celui d’un officier blanc (acquitté). Alice Kaplan, qui a eu accès aux sources de l’Armée, a rétabli les identités et confirmé que les corps de ces trois soldats avaient été transférés en 1949 dans la Parcelle E.

Crime et génétique

Bien que la plupart des familles n’aient jamais su exactement où se trouvaient les restes de leurs parents, les autorités américaines ayant gardé un silence pudique sur les circonstances des morts (« …décès du à une faute volontaire de… »), certaines tombes avaient livré néanmoins leur secret avant le travail d’Alice Kaplan et le déclassement de documents secrets de l’Armée.

Ce fut ainsi le cas pour Louis Till.
Incorporé en mars 1943, Louis Till servait en Italie lorsqu’il fut arrêté avec un complice et accusé du viol de deux femmes et du meurtre d’une troisième. Condamné à mort par une cour martiale, il fut pendu en juillet 1945, après quelques semaines de détention dans le camp de rétention d’Aversa, près de Pise, où il côtoya le poète Ezra Pound, qui l’évoquera aux vers 171-173 du Chant 74 de ses Cantos: « Till a été pendu hier/pour meurtre et viol et barbarie… ».

Emmett Till et sa mère quelques mois avant l’assassinat

Meeting de protestation contre le meurtre d’Emmett Till et les violences racistes à l’appel de la section de la Confection du syndicat CIO
Au moment de l’exécution, Till était divorcé de Mamie Cathan Mobley dont il avait eu un fils en 1941. Les autorités se contentèrent de l’informer que la mort de son ex-mari était « consécutive à une faute volontaire ». La vérité, elle ne l’apprendra que plus de dix ans plus tard lors du simulacre de procès où ne seront pas réellement jugés les assassins de son fils Emmett.

Elevé par sa mère à Chicago, le jeune garçon avait été envoyé le 21 août 1955 en vacances chez son grand-père, à Money, au Mississippi. Le 28, il était enlevé dans la soirée, par des hommes qui lui reprochaient un comportement incorrect à l’égard d’une femme blanche. La nuit qui suivit, il sera torturé, énucléé de l’œil gauche, étranglé avec du fil de fer barbelé. De son cadavre, repêché dans le Mississippi, le cou toujours bardé de fil de fer, on ne retirera pas moins de dix balles de calibre .45.

Ses assassins présumés seront jugés le mois suivant, acquittés triomphalement par un jury entièrement blanc, non sans qu’une violente campagne du Ku Klux Klan n’ait rappelé que mauvais sang ne pouvait mentir. Le fils d' »un nègre violeur et assassin, pendu pendant la Seconde Guerre mondiale », ne pouvait que lui ressembler. On ne sut pas à l’époque d’où le K.K.K. tenait cette information classée secrète. Il faudra attendre la décennie suivante pour apprendre que la fuite provenait du sénateur James Oliver Eastland. Démocrate du Sud, ségrégationniste et antisémite avoué, dont l’Histoire a retenu qu’il avait affirmé au président Johnson que les marcheurs de la liberté Schwerner, Chaney et Goodman, assassinés le 21 juin 1964, « étaient tranquillement repartis à Chicago après avoir semé la merde ».

Eddie Slovik à l’époque des faits
Ce n’est qu’alors que la mère d’Emmett Till apprendra la vérité sur la fin tragique du seconde classe Louis Till. Après l’assassinat de l’adolescent, une enquête parallèle à celle de la police raciste sera menée par la N.A.A.C.P et son représentant le plus éminent dans la région, Medgar Evers. Ironie du sort? Celui-ci sera assassiné à son tour en juin 1963, par un membre du Klan, Byron de la Beckwith, lequel sera acquitté triomphalement à deux reprises. Il faudra attendre un nouveau procès, en 1994, pour qu’il soit enfin condamné!

La mort d’Emmett Till, comme celle plus tard de Medgar Evers, a suscité une véritable onde de choc et accéléré le processus d’intégration. Tous deux seront l’objet d’études, de livres, de films, de chansons et de poèmes. Parmi les plus célèbres, The Death of Emmett Till et Only A Pawn In Their Games de Bob Dylan.

L’exécution du soldat Slovik

Si l’immense majorité des soldats exécutés étaient Noirs, quelques-uns furent des Blancs. Le plus célèbre, Eddie Donald Slovik, a trouvé la mort sous les balles d’un peloton d’exécution. C’était le 31 janvier 1945, à Sainte Marie aux Mines, en Alsace. Slovik présente la caractéristique unique d’être le seul soldat américain exécuté pour désertion. Sur plusieurs centaines de jugements rendus par les cours martiales qui eurent à juger des soldats américains coupables de désertion au cours de la Seconde Guerre mondiale – les historiens chiffrent leur nombre à environ 40.000 – 43 se traduisirent par la peine capitale. Slovik fut le seul à qui elle fut appliquée. Juste avant de passer devant le peloton d’exécution, il déclara sobrement: « Ils ne me fusillent pas parce que j’ai déserté – des milliers de gars l’ont fait avant moi. Ils me fusillent pour un pain que j’ai volé quand j’avais 12 ans ».

Le rapatriement des restes d’Eddie Slovik

Les restes d’Eddie Slovik enfin inhumés près de ceux de sa femme
En 1960, Frank Sinatra ayant annoncé qu’il allait porter à l’écran L’Exécution du deuxième classe Slovik, une enquête de William Bradford Huie (qui avait consacré une enquête fouillée à l’assassinat d’Emmett Till), sur un scénario d’Albert Maltz, un des Dix d’Hollywood, les victimes les plus célèbres du maccarthysme, une tempête de protestations et de pressions des milieux militaires et « patriotiques » fit capoter le projet. Il faudra attendre quatorze années pour qu’un téléfilm avec Martin Sheen puisse enfin être tourné. Pendant plusieurs décennies, la veuve et la famille de Slovik solliciteront le pardon présidentiel. Les sept présidents, démocrates et républicains confondus, qui se succèderont, leur opposeront la même fin de non-recevoir. Seule et amère victoire de la famille, les restes d’Eddie Slovik finiront par quitter la Parcelle E pour être rapatriés au Woodmere Cemetary de Detroit, au Michigan.

Non sans une dernière ironie du sort. Le 10 juillet 1987, des fuites permettent à la presse d’annoncer qu’ils ont été égarés pendant le transfert de France. Les autorités sont obligées de confirmer. On finira par les retrouver à San Francisco et l’inhumation pourra enfin avoir lieu.

Aujourd’hui, les choses ont commencé à bouger. Grâce aux travaux d’historiens, de l’universitaire Alice Kaplan, de l’auteur de ces lignes, des familles, aidées par des mouvements noirs et progressistes entreprennent aux États-Unis un long combat pour le rapatriement des corps et l’étude objective d’une période où l’armée américaine pratiquait la ségrégation, non seulement dans la vie quotidienne des troupes, mais aussi dans ses cours de justice et où l’inégalité devant le châtiment était la règle.

Voir enfin:

La libération de Paris transformée en libération par des  »Blancs seulement »

Selon la BBC, les Français, les Britanniques et les Américains se sont arrangés à ce qu’il n’y ait que des Blancs dans les troupes
Grioo.com

Selon une émission diffusée par la BBC, les français, américains et les britanniques se sont arrangés à ce que la libération de Paris, le 25 août 1944, soit perçue comme une libération effectuée par des troupes blanches.

Les tirailleurs originaires d’Afrique furent en effet délibérément exclus des troupes alliées qui marchaient sur la capitale française. Alors que près de 20 000 tirailleurs étaient morts entre le début de la guerre et l’appel du 18 juin 1940, les responsables des troupes alliés voyaient d’un mauvais oeil la présence de soldats de couleur dans un événement aussi symbolique que la libération de Paris.

Alors qu’en août 1944, les alliés se préparent à reprendre Paris, Charles De Gaulle fait savoir qu’il ne veut que des soldats français pour mener la libération de Paris, ce à quoi le Haut Commandement allié donne son accord, à une condition : la division choisie par De Gaulle ne doit pas comporter de soldats noirs. En janvier 1944, le chef de cabinet du général Einsenhower Walter Bedell Smith, écrit un mémo confidentiel dans lequel il écrit :

« Il est préférable que la division mentionnée ci-dessus soit composée de Blancs. Ce qui indique la seconde division blindée, qui ne comporte que 25% de Français, qui est la seule division opérationnelle disponible qui pourrait être à 100% blanche ». Le fait que les Etats-Unis pratiquaient la ségrégation raciale dans leur propre armée expliquait l’approbation des Américains. Les Britanniques ne pratiquaient pas la ségrégation, mais ne s’opposèrent pas pour autant à ce que la division qui entre dans Paris à la libération soit composée uniquement de Blancs.

Frederick Morgan, général britannique auprès du Haut commandement allié écrivit : « c’est malheureux que la seule division française 100% blanche soit une division blindée située au Maroc. Toutes les autres divisions françaises sont seulement à 40% blanches. J’ai au colonel De Chevene que ses chances d’obtenir ce qu’il veut seront augmentées s’il peut fournir une division d’infanterie blanche.

Selon la BBC, trouver une division à 100% blanche était impossible du fait de l’énorme contribution apportée à l’armée française par les conscrits ouest africains. Le commandement allié insista finalement pour que les soldats noirs soit remplacés par des soldats blancs d’autre unité. Quand il devint clair qu’il n’y aurait pas assez de soldats blancs pour remplacer les soldats noirs, les soldats d’Afrique du Nord et du moyen-orient furent choisis pour donner l’impression d’une libération par une armée 100% blanche.

Et tout le monde fut satisfait : De Gaulle avait sa division « française » qui libérait Paris, (même si une bonne partie de ces soldats étaient en fait espagnols!), les Américains et les Anglais eurent leur libération « Whites Only » (même si comme il a été précisé, une partie de ces soldats étaient nord africains et du moyen-orient). Bien qu’il ait constitué plus de 65% des forces françaises libres selon la BBC, les tirailleurs africains n’eurent pas droit à une entrée triomphale à la libération de Paris.


Amin al-Husseini: Islamisme-nazisme, même combat! (Dein Kampf ist Mein Jihad)

6 décembre, 2009
Husseini meets HitlerGod bless Hitler
Si à Poitiers Charles Martel avait été battu, le monde aurait changé de face. Puisque le monde était déjà condamné à l’influence judaïque (et son sous-produit le christianisme est une chose si insipide !), il aurait mieux valu que l’islam triomphe. Cette religion récompense l’héroïsme, promet au guerrier les joies du septième ciel… Animé d’un esprit semblable, les Germains auraient conquis le monde. Ils en ont été empêchés par le christianisme. Hitler (1942)
Nous ne savons pas si Hitler est sur le point de fonder un nouvel islam. Il est d’ores et déjà sur la voie; il ressemble à Mahomet. L’émotion en Allemagne est islamique, guerrière et islamique. Ils sont tous ivres d’un dieu farouche. Jung (1939)
Mein Kamp (…) Tel était le nouveau Coran de la foi et de la guerre: emphatique, fastidieux, sans forme, mais empli de son propre message. Churchill
Si le Reich allemand s’impose comme protecteur de tous ceux dont le sang allemand coule dans les veines, et bien la foi musulmane impose à chaque Musulman de se considérer comme protecteur de toute personne ayant été imprégnée de l’apprentissage coranique. Hassan el Banna (fondateur des Frères musulmans et grand-père de Tariq et Hani Ramadan)
Israël existe et continuera à exister jusqu’à ce que l’islam l’abroge comme il a abrogé ce qui l’a précédé. Hasan al-Bannâ (préambule de la charte du Hamas, 1988)
Les enfants de la nation du Hezbollah au Liban sont en confrontation avec [leurs ennemis] afin d’atteindre les objectifs suivants : un retrait israélien définitif du Liban comme premier pas vers la destruction totale d’Israël et la libération de la Sainte Jérusalem de la souillure de l’occupation … Charte du Hezbollah (1985)
Depuis les premiers jours de l’islam, le monde musulman a toujours dû affronter des problèmes issus de complots juifs. (…) Leurs intrigues ont continué jusqu’à aujourd’hui et ils continuent à en ourdir de nouvelles. Sayd Qutb (membre des Frères musulmans, Notre combat contre les Juifs)
La libération de la Palestine a pour but de “purifier” le pays de toute présence sioniste. Charte de l’OLP (article 15, 1964)
Les nazis ont probablement tué moins d’un million de Juifs et le mouvement sioniste a participé au massacre. Abou Mazen (alias Mahmoud Abbas, thèse, 1982)
Ce sera une guerre d’extermination, un massacre dont on parlera comme des invasions mongoles et des croisades. Azzam Pasha (président de la ligue arabe, le 14 mai 1948)
L’Allemagne national-socialiste lutte contre la juiverie mondiale. Comme dit le Coran : “Tu apprendras que les Juifs sont les pires ennemis des musulmans.” Les principes de l’islam et ceux du nazisme présentent de remarquables ressemblances, en particulier dans l’affirmation de la valeur du combat et de la fraternité d’armes, dans la prééminence du rôle du chef, dans l’idéal de l’ordre. Voilà ce qui rapproche étroitement nos visions du monde et facilite la coopération. Haj Amin al-Husseini
Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. (…) [L]es Allemands n’ont jamais causé de tort à aucun musulman, et ils combattent à nouveau contre notre ennemi commun […]. Mais surtout, ils ont définitivement résolu le problème juif. Ces liens, notamment ce dernier point, font que notre amitié avec l’Allemagne n’a rien de provisoire ou de conditionnel, mais est permanente et durable, fondée sur un intérêt commun. Haj Amin al-Husseini (mufti de Jérusalem, discours sur Radio Berlin, le 1er mars 1944)
Thousands of miles away in North Africa, contemporaneous military events threatened to include Palestine’s Jewish population in the Nazis’ murderous plans. Between January and July 1942, Field Marshall Erwin Rommel led the newly formed Afrika Korps across North Africa towards British-held Suez Canal. Historians Michael Mallmann and Martin Cüppers have demonstrated that had Rommel succeeded in capturing Egypt, an Einsatzgruppe created for the purpose of murdering the Jews of Palestine would have been activated. In July 1942, the unit, consisting of 24 men, flew to Greece. Had Rommel won the first Battle of El Alamein, the unit would have been sent to Egypt and neighboring Palestine to conduct its genocidal project. However, Rommel’s defeats at the First and Second Battles of El Alamein and the Allied landing in French North Africa prevented the spread of the Holocaust to Palestine. The defeats in the summer and fall of 1942 destroyed the German strategic fantasy of linking the North African front with the German forces on the Eastern Front coming from the Caucasus. Rommel’s defeat was a turning point in the Second World War. From late 1942 onward, the Wehrmacht could not repeat the spectacular victories of the first three years of the war. Shortly afterward, it would be in retreat on all fronts. In May 1943, with German morale reeling from defeat at Stalingrad, some 275,000 German and Italian soldiers surrendered to the Allies in Tunisia, marking the end of that campaign. Remarkably, archival documents show that months after the defeat of Axis forces in North Africa, the Luftwaffe actually considered a proposal to bomb Jerusalem and Tel Aviv on the anniversary of the Balfour Declaration in November 1943. This plan, proposed by Arab nationalist leader and Nazi collaborator Amin al-Husseini and supported by Heinrich Himmler’s Reich Main Security Office (Reichssicherheitshauptamt [RSHA]), was eventually turned down in summer of 1943 by Hermann Göring, only because of practical, not political much less ethical, considerations. The RSHA’s duties expanded dramatically during the war and it became the key internal and external arm of the Nazi police state. The involvement of the RSHA in the planning of an air raid suggests that the bombing was a continuation of the exterminatory policy of the SS toward Jews within the Nazis’ grasp. The fact that the Nazis considered bombing Jewish cities in Palestine long after it would have had any military significance is a testament both to their unmitigated hatred of Jews and Zionists and to the centrality of the Holocaust in Nazi military strategy. Samuel Miner
Pour ses courageuses explorations de l’identité muslmane et européenne. Comité des Européens de l’année (pour la nomination de Tariq Ramadan, 2006)
C’est l’histoire d’une alliance inattendue [?]: celle du panarabisme et du nazisme. (…) C’est pourtant cette même occupation britannique qui lui offre l’ennemi de sa vie en encourageant, dès 1917, les Juifs à s’installer en Palestine. Télérama
Pourtant, durant la première moitié de sa vie, il apparaît comme un dirigeant soucieux surtout de ses intérêts, prêt à tout pour renforcer son pouvoir. Il fait partie d’une des grandes familles de Jérusalem. Les Husseini revendiquent leur filiation avec le Prophète et sont, traditionnellement, alliés au pouvoir en place. Après avoir brièvement servi dans l’armée ottomane, hadj Amin aide les Britanniques à recruter 2 000 volontaires en 1917 pour terminer la guerre. Comme beaucoup, il compte sur eux pour créer un grand Etat arabe. Et à l’instar de son peuple, il va se sentir trahi par les accords Sykes-Picot qui consacrent le partage du Proche- Orient entre Paris et Londres et, plus encore, par la déclaration de Balfour promettant au peuple juif un «foyer national» en Palestine. Le Nouvel Observateur

Organisateur de pogroms, lanceur de jihad contre les Juifs, admirateur d’Hitler, voix des nazis au Proche-Orient, installé à Berlin dès novembre 1941, initiateur de la création d’une division de Waffen-SS de musulmans bosniaques, éditeur de brochures antisémites, possible supplétif pour le Einsatzgruppe prévu par Himmler pour la Palestine, canal pour les aides financières et en armes nazies, conseille aux autorités hongroises en 1943 d’arrêter le transfert d’enfants juifs vers la Palestine, accueil après-guerre des criminels de guerre nazis

Tous à vos postes mercredi!

A l’heure où profitant de leur présidence européenne nos amis suédois, si modestes quand il s’agit de rappeler leur contribution à l’effort de guerre nazi, s’apprêtent à déclarer Jérusalem-est capitale palestinienne

La chaine franco-allemande Arte (« La croix gammée et le turban – La tentation [?] nazie du Grand mufti » Mercredi 09 décembre 2009, 20h45) se décide enfin, comme le rappelle notre confrère de Philosémitisme, à rendre justice à l’un des fondateurs de l’antisémitisme (pardon: du nationalisme) arabe et à sa collaboration trop injustement oubliée à la « Solution finale »

Le « Grand Mufti » de Jérusalem Haj Amin al-Husseini qui, comme son plus fidèle émule le feu Yasser Arafat 40 ans plus tard à Beyrouth, avait bénéficié de l’aide des services français (et du grand-père d’un certain…Tariq Ramadan!) pour sa ré-exfiltration en Palestine après la défaite nazie …

A quand le tour de la famille et des Frère musulmans de notre Européen de l’année 2006 et Tariq Ramadan national de nos voisins hélvétiques?

Jihad et haine des Juifs, retour sur le Mufti de Jérusalem

Philosémitisme

5 décembre 2009

« Arabes, levez-vous comme des hommes et combattez pour vos droits sacrés. Tuez les Juifs partout où vous les trouvez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. » (Haj Amin al-Husseini, « Grand Mufti » de Jérusalem)

La chaîne Arte diffuse le mercredi, 9 décembre 2009 à 20:45, un documentaire allemand réalisé par Heinrich Billstein, « La croix gammée et le turban – La tentation nazie du Grand mufti ».

Il est impossible de comprendre le conflit israélo-arabe si l’on ne se fie qu’à ce qu’en rapportent les journalistes, et si on ne connaît pas l’idéologie qui animait des hommes comme Haj Amin al-Husseini, Hassan al-Banna, Sayyid Qutb, Izz al-Din al-Qassam.

Extraits de la préface de P.-A. Taguieff à l’ouvrage de Matthias Küntzel, « Jihad et haine des Juifs », repris du site UPJF

« Des années 1920 aux années 1940, avant la création de l’État d’Israël, la haine des Arabes nationalistes contre les Juifs était d’autant plus grande qu’ils percevaient les Juifs de Palestine comme une population étrangère établie par les Britanniques [1]. La haine antijuive était attisée par le « Grand Mufti » de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini, leader arabo-musulman ayant déclaré la guerre aux Juifs dès la fin des années 1920 et dont l’action a été décisive dans la formation du nationalisme palestinien, toutes tendances confondues [2]. Peu après la nomination d’al-Husseini comme mufti de Jérusalem, en 1921, paraissait la première traduction arabe des Protocoles des Sages de Sion, publication « antisioniste » qui aurait bénéficié de l’approbation et du soutien enthousiaste du nouveau mufti [3]. Organisateur de pogroms en août 1929 et dans les années 1936-1939, décidé à lancer le jihad contre les Juifs et admirateur d’Hitler, al-Husseini voyait dans l’alliance avec les nazis le seul moyen d’en finir avec l’emprise britannique et la présence juive au Proche-Orient. C’est pourquoi al-Husseini, que la plupart des Arabes de Palestine considéraient comme leur chef légitime, s’est mis au service de la propagande nazie, incitant les Arabes et plus largement les musulmans à s’engager du côté de l’Axe durant la Seconde Guerre mondiale. Après s’être installé à Berlin en novembre 1941, il s’est employé à donner l’exemple d’une collaboration arabo-musulmane active à la guerre nazie contre les Juifs [4]. Le « Grand Mufti » est ainsi intervenu personnellement dans la création par Himmler, en février 1943, de la division de Waffen-SS « Handschar », composée principalement de musulmans bosniaques [5]. Sur les photos d’époque, on le voit, faisant le salut nazi, passer en revue les troupes musulmanes bosniaques de la Waffen-SS, auxquelles avait été distribuée la brochure de propagande rédigée par ses soins, Islam und Judentum (« L’Islam et la juiverie ») [6]. Ce qu’ont bien établi les nombreux et récents travaux historiographiques consacrés à l’itinéraire d’al-Husseini, c’est que le fondateur du nationalisme palestinien a joué un rôle non négligeable dans la réalisation de la « Solution finale » [7].

En janvier 1944, al-Husseini fit une visite de trois jours en Bosnie pour galvaniser les combattants musulmans de la division de Waffen-SS « Handschar ». Il fit à cette occasion un discours dont il reprit les éléments le 21 janvier 1944, au cours de son émission retransmise par les radios nazies. Le mufti pro-nazi, réaffirmant que la « juiverie mondiale » était le « principal ennemi de l’islam », y pointa et célébra une fois de plus les convergences de vues et les intérêts communs entre « les musulmans » et les nazis :

« Le Reich mène le combat contre les mêmes ennemis, ceux qui ont spolié les musulmans de leurs pays et anéanti leur foi religieuse en Asie, en Afrique et en Europe. L’Allemagne est la seule grande puissance qui n’a jamais attaqué un pays musulman. L’Allemagne national-socialiste lutte contre la juiverie mondiale. Comme dit le Coran : “Tu apprendras que les Juifs sont les pires ennemis des musulmans.” Les principes de l’islam et ceux du nazisme présentent de remarquables ressemblances, en particulier dans l’affirmation de la valeur du combat et de la fraternité d’armes, dans la prééminence du rôle du chef, dans l’idéal de l’ordre. Voilà ce qui rapproche étroitement nos visions du monde et facilite la coopération. Je suis heureux de voir, dans cette division [de Waffen-SS composée de musulmans], l’expression visible et la mise en pratique de nos deux visions du monde. [8] »

Le 1er mars 1944, dans son émission retransmise par la radio nazie de Berlin, al-Husseini, désireux d’étendre au Moyen-Orient les exterminations de masse conduites par les nazis, incitait les Arabes au meurtre des Juifs au nom d’Allah :

« Arabes, levez-vous comme des hommes et combattez pour vos droits sacrés. Tuez les Juifs partout où vous les trouvez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. [9] »

Quelques mois plus tard, dans une lettre datée du 3 octobre 1944 adressée à Himmler, qu’il assurait de sa « plus haute estime », al-Husseini proposait au Reichsführer SS de mettre à sa disposition une légion de volontaires arabes et musulmans pour combattre à la fois les Britanniques et les Juifs [10]. L’une des principales conséquences de cette politique d’alliance entre le nazisme et le monde arabo-musulman aura été la « convergence de l’antisémitisme et de l’antisionisme dans le régime nazi » durant la Seconde Guerre mondiale [11]. »

[1] Voir Lukasz Hirszowicz, The Third Reich and the Arab East, Londres, Routledge and Kegan Paul, 1966.

[2] Voir Zvi Elpeleg, The Grand Mufti : Haj Amin al-Hussaini, Founder of the Palestinian National Movement, op. cit.

[3] Kenneth R. Timmerman, Preachers of Hate : Islam and the War on America [2003], New York, Three Rivers Press, 2004, p. 101 ; David G. Dalin and John F. Rothmann, Icon of Evil : Hitler’s Mufti and the Rise of Radical Islam, New York, Random House, 2008, p. 111.

[4] Maurice [Moshe] Pearlman, Mufti of Jerusalem : The Story of Haj Amin el Husseini, Londres, Victor Gollancz, 1947, pp. 41-74 ; Lukasz Hirszowicz, The Third Reich and the Arab East, op. cit., pp. 262-263, 312-313 ; David G. Dalin and John F. Rothmann, Icon of Evil, op. cit., pp. 39-78.

[5] Voir George Lepre, Himmler’s Bosnian Division : The Waffen-SS Handschar Division 1943-1945, Atgen, PA, Schiffer Publishing, 1997 ; Amandine Rochas, La Handschar. Histoire d’une division de Waffen-SS bosniaque, préface de Jean-William Dereymez, Paris, L’Harmattan, 2007. [6] Voir Yossef Bodansky, Islamic Anti-Semitism as a Political Instrument, Houston, TX, Ariel Center for Policy Research, 1999, p. 30 ; George Michael, The Enemy of my Enemy : The Alarming Convergence of Militant Islam and the Extreme Right, Lawrence, KS, University Press of Kansas, 2006, p. 117.

[7] Joseph B. Schechtman, The Mufti and the Fuehrer, op. cit., pp. 152-166 ; Yehuda Bauer, Repenser l’Holocauste [2001], tr. fr. Geneviève Brzustowski, postface d’Annette Wieviorka, Paris, Éditions Autrement, 2002, p. 219.

[8] Haj Amin al-Husseini, 21 janvier 1944 ; cité par Maurice Pearlman, Mufti of Jerusalem, op. cit., p. 64. Voir aussi Richard Bonney, Jihad : From Qur’an to Bin Laden, op. cit., pp. 275-276 ; David G. Dalin and John F. Rothmann, Icon of Evil, op. cit., pp. 57-58.

[9] Haj Amin al-Husseini, 1er mars 1944, cité par Maurice Pearlman, Mufti of Jerusalem, op. cit., p. 51. Voir aussi Zvi Elpeleg, The Grand Mufti, op. cit., p. 179 ; Joseph B. Schechtman, The Mufti and the Fuehrer, op. cit., pp. 150-151.

[10] Lettre d’al-Husseini intégralement traduite in Joseph B. Schechtman, The Mufti and the Fuehrer, op. cit., p. 309. Voir aussi Jeffrey Herf, The Jewish Enemy : Nazi Propaganda during World War II and the Holocaust, Cambridge, MA, et Londres, The Belknap Press of Harvard University Press, 2006, pp. 243-244.

[11] Voir Jeffrey Herf, « Convergence : The Classic Case. Nazi Germany, Anti-Semitism and Anti-Zionism during World War II », The Journal of Israeli History, 25 (1), mars 2006, [pp. 63-83], pp. 66-79.

Sur le Mufti et ses disciples :

– Entretien avec un Vampire …, par Richard Zrehen (Rencontre entre le Mufti de Jérusalem et Adof Hitler – compte-rendu de l’entretien)

– La sombre histoire de l’hôtel Shepherd, par Lenny Ben-David

– Abdel Aziz Rantisi: « la question n’est pas ce que les Allemands avaient fait aux Juifs, mais ce que les Juifs avaient fait aux Allemands »

– Pas de progrès possible tant que vivra l’hydre du Hamas, Amir Taheri

– National Socialism and Anti-Semitism in the Arab World, Matthias Küntzel, JCPA

– Maryland historian links roots of radical Islam with Nazi propaganda Elimination of the Jewish National Home in Palestine: The Einsatzkommando of the Panzer Army Africa, 1942, Klaus-Michael Mallmann and Martin Cüppers, Yad Vashem

– Jeffrey Herf: The Jewish Enemy: Nazi Propaganda during World War II and the Holocaust, review by Karl Pfeifer, Engage

– The Mufti and the Holocaust, John Rosenthal on Der Mufti von Jerusalem und die Nationalsozialisten by Klaus Gensicke, Policy Review (The Hoover Institution)

– Middle East Anti-Semitism, by Dr Denis MacEoin, A Liberal Defence of Israel blog

– Hitler’s Jihadis : Muslim Volunteers of the SS, by Jonathan Trigg

– Multiculturalisme à Berlin: cachez-moi ce Grand Mufti allié d’Hitler

– Livre: Croissant fertile et croix gammée, Le IIIe Reich, les Arabes et la Palestine

Voir aussi:

La croix gammée et le turban

Christophe Boltanski

Teleobs

Le sujet

Retour sur Amin al-Hussein, figure controversée, ancien grand mufti de Jérusalem, qui collabora avec les nazis et fut l’un des défenseurs de la cause panarabe.

Défenseur de la cause panarabe dès les années 20, Amin al-Hussein lutte contre l’émigration des juifs organisée par les Britanniques dans son pays, la Palestine. Affichant une sympathie évidente pour les thèses nazies dès 1937, il s’installe à Berlin, fréquente les dignitaires du IIIe Reich et s’intéresse à la «solution finale». Il est également à l’origine de la création d’un corps d’élite musulman destiné à combattre les Alliés, incorporé à la Waffen SS et composé de 12 000 hommes recrutés en Bosnie et en Croatie. A partir de biographies récentes, ce document revient sur la collaboration du grand mufti avec les nazis, mais aussi, plus largement, sur son rôle historique et politique, expliquant pourquoi il reste encore aujourd’hui un héros et un grand leader nationaliste dans la plupart des pays du Proche-Orient.

Les actualités allemandes de l’époque le montrent, tout sourire, derrière sa barbe, face à Hitler, ou encore en train d’inspecter une division SS, avec son turban blanc et son bras mollement levé. Jusqu’où hadj Amin al-Husseini s’est-il compromis avec le régime nazi ? Le rôle joué par le premier leader palestinien auprès du Führer fait encore maintenant l’objet d’une violente polémique. Les Arabes ont d’abord passé sous silence, puis minimisé, son ralliement au IIIe Reich, invoquant des raisons purement tactiques ou circonstancielles. Pour décrédibiliser le mouvement palestinien, les Israéliens ont, quant à eux, été jusqu’à l’accuser d’être l’un des inspirateurs de la solution finale. Le documentaire d’Arte dresse un portrait implacable d’Amin al- Husseini, celui d’un extrémiste qui non seulement collabore avec les puissances de l’Axe, mais partage aussi leur idéologie.

Pourtant, durant la première moitié de sa vie, il apparaît comme un dirigeant soucieux surtout de ses intérêts, prêt à tout pour renforcer son pouvoir. Il fait partie d’une des grandes familles de Jérusalem. Les Husseini revendiquent leur filiation avec le Prophète et sont, traditionnellement, alliés au pouvoir en place. Après avoir brièvement servi dans l’armée ottomane, hadj Amin aide les Britanniques à recruter 2 000 volontaires en 1917 pour terminer la guerre. Comme beaucoup, il compte sur eux pour créer un grand Etat arabe. Et à l’instar de son peuple, il va se sentir trahi par les accords Sykes-Picot qui consacrent le partage du Proche- Orient entre Paris et Londres et, plus encore, par la déclaration de Balfour promettant au peuple juif un «foyer national» en Palestine.

Paradoxe : c’est aux Anglais qu’il doit sa fulgurante ascension. Au lendemain des émeutes de 1920, les autorités mandataires le désignent comme le principal responsable des troubles et le condamnent à dix ans de réclusion par contumace. Un an plus tard, le nouveau Haut Commissaire, Samuel Herbert, annule un verdict qui l’a rendu très populaire auprès des siens et le nomme grand mufti de Jérusalem. Un poste occupé précédemment par son frère, son père et son grand-père. Sir Samuel espère ainsi en faire son obligé. Amin al-Husseini lui promet de maintenir le calme en Palestine et s’y emploie pendant quinze ans. Mais en 1936, il prend la tête de la révolte arabe et combat avec la même virulence l’Empire britannique et ses rivaux palestiniens plus modérés, emmenés par le clan Nashashibi. Laissant un peuple exsangue et déchiré, il prend la fuite un an plus tard et s’exile au Liban, alors sous mandat français. Après avoir pris part à une tentative de soulèvement en Irak, il rejoint l’Axe, l’Italie d’abord, puis l’Allemagne.

A Berlin, il tente d’obtenir de Hitler la promesse qu’il instaurera après sa victoire un grand Etat arabe. Rien ne permet de penser que le Führer, qui considérait les Arabes comme des «demi-primates», aurait fini par satisfaire ses revendications. Pour le mérite de sa démonstration, le film exagère le rôle d’Amin al-Husseini auprès des nazis. Selon les travaux récents d’historiens, comme Tom Segev ou Philip Mattar, le chef palestinien n’a jamais été, pour les Allemands, qu’un supplétif. Les masses arabes, en Egypte, ou en Palestine, n’ont pas répondu à ses appels au djihad, à la guerre sainte contre les Anglais. Son seul véritable apport sera d’aider à la création d’un corps de SS dans les Balkans, la division Handschar, composé en majorité de musulmans bosniaques et chargé de lutter contre les partisans de Tito.

En revanche, Amin al-Husseini adhère sans difficulté aux thèses nationales- socialistes. «Votre Excellence, la sympathie des peuples arabes vous est acquise, écrit-il dans une lettre à Hitler en date du 28 janvier 1941. Ils sont prêts à s’insurger avec enthousiasme contre la coalition anglo-juive.» Dans un appel, il traite les juifs de «rebuts de la terre», de «microbes qui véhiculent la peste». Malgré sa connaissance des camps de la mort, il demande, en 1943, aux autorités hongroises, alliées de l’Allemagne, de stopper le transfert de 900 enfants juifs vers la Palestine, et leur conseille de les envoyer dans un lieu où ils pourront être «contrôlés, comme par exemple en Pologne».

A la chute du Reich, il gagne la Suisse, puis l’Egypte. Il s’oppose au plan de partage de la Palestine, adopté par l’ONU, en novembre 1947, et prône la violence. Depuis Le Caire, il dirige une sorte de gouvernement en exil, le Haut Comité arabe, mais n’exerce aucun pouvoir, pas même sur la bande de Gaza placée sous administration égyptienne. Nasser lui-même finira par le lâcher. Il meurt en exil, à Beyrouth, en 1974, discrédité, y compris aux yeux des siens.

Voir également:

Deux livres sur le sujet enfin en français!

M. Macina upjf.org

4 décembre 2009

Voir deux liens avec couverture en bas de page.

La lecture de deux livres qui viennent de paraître : Djihad et haine des Juifs, de Matthias Küntzel, et Croissant fertile et croix gammée, de Martin Cüppers & Klaus-Michael Mallmann, est indispensable pour la compréhension du conflit israélo-arabe et des problèmes d’islamisme en général. Les deux ouvrages proposent une explication historique de l’antisémitisme actuel qui règne dans de larges couches de la population musulmane ainsi qu’au sein de certaines franges de la gauche.

Les deux historiens qui ont rédigé Croissant fertile et croix gammée démontrent comment les nazis et les frères musulmans, ainsi que le mufti de Jérusalem, Al Hussayni, se sont rejoints et mutuellement renforcés sur la base d’un socle commun : l’antisémitisme. Les aides financières et en armes que les nazis faisaient parvenir aux musulmans extrémistes étaient destinées à détruire la présence juive dans les pays arabes. C’est à ce moment que la haine des Juifs dans ces pays, qui y a rencontré un terrain fertile grâce à plusieurs versets du Coran, a trouvé une justification précieuse dans le célèbre faux : le pamphlet antisémite écrit par un Russe, «Les Protocoles des Sages de Sion» et dans le «Mein Kampf» d’Hitler. Ces deux livres rencontrent toujours un grand succès au Moyen-Orient.

De nombreux criminels de guerre ont trouvé refuge dans les pays arabes à la fin de la guerre. Les auteurs retracent l’évolution du conflit et la propagande arabe diffusée sur les ondes nazies par le Mufti. Dans le même registre, certains analystes pensent que le silence de la BBC sur la Shoah, de la fin de 1942 jusqu’à l’été 1943, serait liée à la crainte de faire passer la Grande-Bretagne pour une alliée des Juifs auprès des auditeurs arabes.

Leur étude se base sur de multiples sources historiques en allemand et anglais, mais très peu accessibles en français – politiquement correct oblige.

Dans Djihad et haine des Juifs, Küntzel ne se limite pas à la Palestine d’avant-guerre, mais retrace, en se basant également sur de nombreuses sources allemandes, l’évolution de cette influence dans le monde arabe jusqu’à nos jours. Il démontre que les objectifs poursuivis par l’islamisme et le djihadisme actuels sont les mêmes que ceux d’Hitler: tuer les Juifs partout dans le monde. Ce « programme » se retrouve dans la charte du Hamas. L’auteur explique la collusion entre les islamistes et certaines franges de la gauche, celle-ci n’ayant plus, depuis la fin du nazisme, d’ennemi mobilisateur. On trouve ce phénomène également en Belgique – dans des groupuscules politiques d’extrême gauche comme Egalité, et, plus navrant encore, au sein du Mrax.

En 2007, Küntzel a reçu le grand prix du London Book Festival pour la version anglaise de son livre. La même année, suite à des menaces, la conférence que Küntzel devait donner à l’Université de Leeds a dû être reportée.

Deux livres à ne pas manquer :

* Djihad et haine des Juifs – Le lien troublant entre islamisme et nazisme à la racine du terrorisme international, par Matthias Küntzel avec préface de Pierre-André Taguieff. Paru fin octobre 2009 aux Editions de l’œuvre. 237 pages, ISBN : 978-2-356-31040-8.

(http://www.upjf.org/bibliographie/article-17372-146-7-djihad-haine-juifs-livre-evenement-matthias-kuntzel-enfin-traduit-en-france.html).

* Croissant fertile et croix gammée. Le IIIe Reich, les Arabes et la Palestine, par Martin Cüppers & Klaus-Michael Mallmann. Paru en octobre 2009 chez Verdier, 352 pages, ISBN : 978-2-86432-591-8.

(http://philosemitismeblog.blogspot.com/2009/10/livre-croissant-fertile-et-croix-gammee.html)

[Eléments d’information aimablement communiqués par R.R., Bruxelles.]

Mis en ligne le 4 décembre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org

Voir enfin:

lslamisme et nazisme

Paul Foster

Riposte laïque

1er décembre 2007

Dans Riposte Laïque du 10 novembre 2007, Cyrano donnait un superbe article concluant à l’analogie entre résistants au nazisme en 1940 et résistants à l’islamisme des années 2000. En réalité l’analogie va au-delà : nazisme et islamisme sont deux systèmes totalitaires qui présentent des similitudes et des synergies.

L’islamisme moderne : retour à l’islam conquérant totalitaire Le mouvement des Frères Musulmans a été créé en Egypte en 1928 par Hassan el Banna. Au-delà d’une pratique individuelle de la religion, il s’agit d’un système politique qui affirme (1) la supériorité de l’homme musulman et (2) la nécessité de convertir le monde à l’islam, de reprendre la conquête dans les pas du prophète. La société qu’il préconise est organisée de manière totalitaire. Les régimes qui adoptent la charia comme seule constitution rejettent la démocratie et établissent un système ultra-policier.

El Banna a défini une stratégie politique par étapes, du ralliement de la communauté de quartier à la grande nation islamique mondiale. L’outil de cette expansion est le djihad, qui est une guerre de conquête. La violence, individuelle ou collective, est autorisée, voire encouragée pour la cause. Hamas et Al Quaïda sont deux exemples d’organisations utilisant la doctrine d’el Banna. Certains leaders actuels estiment que l’Amérique et le Proche Orient tomberont par la guerre et l’Europe par la prédication et l’intimidation.

Empathie entre islamisme et nazisme avant la seconde guerre mondiale

El Banna avait de la sympathie pour le nazisme : « Si le Reich allemand s’impose comme protecteur de tous ceux dont le sang allemand coule dans les veines, et bien la foi musulmane impose à chaque Musulman de se considérer comme protecteur de toute personne ayant été imprégnée de l’apprentissage coranique. »

Dans un ouvrage paru en 2004, le militant d’extrême droite italien contemporain Claudio Mutti affirme que la sympathie était réciproque : « Hitler avait un faible pour la religion islamique ». Cet engouement aurait été partagé par de nombreux dignitaires nazis et il alla, dans un nombre significatif de cas jusqu’à la conversion. Mutti inventorie les sympathies dont jouissait le nazisme dans le monde musulman. Il signale qu’en 1945, « les Frères musulmans éliminèrent une haute personnalité égyptienne qui s’était déclarée favorable à l’entrée en guerre de l’Egypte contre l’Allemagne ».

Islamistes et nazis imposent le totalitarisme et la guerre pour protéger leur homme supérieur (le Musulman et l’arien respectivement) contre une menace extérieure. Islamistes et nazis se sont choisi la même menace : les Juifs. L’un des successeurs de Hassan el Banna, Sayd Qutb (1906-1966), est l’auteur de Mon combat (mein Kampf) contre les Juifs.

La double haine envers les Juifs

Pourquoi les Juifs ? La première haine des islamistes envers les Juifs est d’origine coranique : le prophète, une fois installé à La Mecque, s’est retourné contre les tribus arabes juives, ses anciens alliés, et ne leur a laissé de choix qu’entre extermination et conversion. Les passages du Coran de la période de La Mecque contiennent des affirmations virulentes contre les Juifs (et contre les Chrétiens, qui ont des pratiques païennes comme la trinité). Ce sont ces passages que les islamistes mettent en exergue.

La seconde source de haine est laïque. L’ouvrage de référence a été écrit en 1898 : il s’agit d’un pamphlet antisémite, les « protocoles des sages de Sion ». L’auteur, Mathieu Golovinsky, un agitateur travaillant pour la police tsariste à Paris, met en scène des leaders de la communauté juive (qui, bien entendu n’ont jamais existé) qui racontent comment ils s’y prennent pour dominer le monde. Depuis 1921, on a découvert que ces « protocoles » sont un faux (voir la remarquable bande dessinée de Will Eisner). Malgré cela, l’ouvrage a fait une carrière extraordinaire chez les nazis et chez les islamistes, qui l’utilisent depuis un siècle pour dénoncer le soi-disant « complot juif ».

La charte du Hamas, à côté de citations anti-juives du Coran (la haine théologique), se réfère aux « protocoles » et rend les Juifs responsables de tout ce qui ne va pas dans le monde, depuis la révolution française jusqu’à Israël. Ainsi l’article 22 : « Depuis longtemps les ennemis [les Juifs] complotent, habilement et avec précision pour réaliser leurs objectifs … Avec leur argent, ils ont mis la main sur les médias du monde entier : presse, maisons d’édition, stations de radio etc…

Avec leur argent, ils ont soulevé des révolutions dans plusieurs parties du monde afin de servir leurs intérêts et réaliser leur objectif. Ils sont derrière la révolution française, la révolution communiste et toutes les révolutions dont nous avons entendu parler. Avec leur argent, ils ont mis sur pied des sociétés secrètes comme les francs-maçons, les clubs Rotary, les Lions et autres dans différentes parties du monde, afin de saboter les sociétés et servir les intérêts sionistes.

Avec leur argent, ils sont parvenus à contrôler les pays impérialistes et à les pousser à coloniser de nombreux pays pour exploiter leurs ressources et y propager la corruption … Ils ont été derrière la première guerre mondiale quand ils ont aboli le califat islamique, réalisant des gains financiers et contrôlant les ressources. Ils ont obtenu la déclaration Balfour, créé la Ligue des Nations pour diriger le monde. Ils ont été derrière la seconde guerre mondiale, à travers laquelle ils ont réalisé des gains financiers énormes en faisant le commerce des armes, et ont ouvert la voie à la création de leur état. »

Amin al Husseini

Le personnage qui a beaucoup œuvré pour le rapprochement entre le nazisme et le monde arabo-musulman est un nazi arabe, Mohamed Amin al Husseini (1897-1974). Amin est issu d’une famille de notables qui s’est enrichie au 19ème siècle sur le dos des paysans palestiniens, juifs et arabes. Grâce à leur position de collecteurs d’impôts, les notables arabes avaient extorqué la terre aux fellahs, écrasés de dettes. Quelques années plus tard, les mêmes notables revendaient cette terre aux paysans sionistes, en faisant des bénéfices de 4000%.

Amin se passionne pour l’agitation politique. Il profite de sa fonction de grand Mufti de Jérusalem pour accroître son action et crée un « haut comité arabe ». Depuis 1921, ce comité a déclenché des massacres de Juifs en Palestine. Le motif avancé pour monter les Arabes contre leurs voisins juifs est régulièrement l’annonce de la destruction de la mosquée de Jérusalem par les Juifs. Comme le note l’historienne Renée Neher Bernheim, « l’hostilité des Arabes contre les Juifs, qui apparaissait surmontable jusque dans les années 1930, se transforme assez vite en une haine qui devient aussi « viscérale » que l’antisémitisme allemand. » Amin al Husseini joue un rôle déterminant dans la création de ce fossé entre les communautés palestiniennes.

Amin s’est lié d’amitié avec Eichmann et Hitler. Lorsqu’il visite un camp d’extermination, il presse les nazis d’accélérer les cadences du massacre industriel de Juifs. Après la guerre, recherché par les Anglais pour crimes de guerre, il est exfiltré en Egypte par les Français qui pensent en faire leur pion au Proche Orient. Il reprend aussitôt son activité anti-juive obsessionnelle et lève des troupes arabes pour écraser l’état juif palestinien qui vient de décréter son indépendance. Les Frères Musulmans mobilisent massivement dans ce conflit.

Jusqu’à sa mort il n’aura de cesse de recréer des réseaux nazis en Egypte et en Syrie. Il jouera également un rôle diplomatique important dans le monde arabe.

La plate-forme nazie du Caire

Après 1945 (et plus particulièrement entre 1948 et 1952), des centaines de nazis trouvent refuge au Caire et à Damas. Beaucoup se convertissent à l’islam, voire à l’islam radical. Non seulement les nazis jouissent de l’impunité la plus totale, mais souvent ils sont recherchés comme conseillers des dirigeants syriens et égyptiens. Embusqués aux frontières d’Israël, ils peuvent ainsi continuer leur combat contre les Juifs, formulant et diffusant une propagande anti-juive intense. Les observateurs étrangers notaient avec surprise la similitude entre caricatures de la presse arabe avec celles de la presse nazie d’avant guerre. Cette similitude est due à l’influence « culturelle » des nazis qui sont sur place.

Alois Brunner (Ali Mohamed), l’un des adjoints d’Eichmann, met en place la torture en Syrie. Johann von Leers (Johann Omar Amin von Leers, 1902-1965), principal collaborateur de Goebbels, crée au Caire un « institut de recherche » sur le sionisme. Leopold Gleim (an-Nasir), ancien chef de la Gestapo en Pologne, forme les cadres des services de sécurité égyptiens. Ludwig Heiden (al Hadj), ancien membre de l’Office central de sécurité du Reich, traduit Mein Kampf en arabe. Ils publient aussi de nouveaux traités racistes, en arabe, en allemand et en anglais : Talmudic Human Sacrifices (1962), The Danger of World Jewry for Islam (1963), Why I hate Israël (1964), Sexual Crimes of the Jews (1965). Von Leers a joué un rôle majeur dans la diffusion et le financement de thèses négationnistes dans le monde.

L’un des coups d’éclat des nazis du Caire fut de mettre en échec le pape dans son propre concile. En 1962, lors du Concile Vatican II, à l’initiative du cardinal allemand Bea, le pape Jean XXIII voulait purger la tradition chrétienne de textes anti-juifs. Mais peu avant l’ouverture du Concile, un ouvrage intitulé « le complot contre l’Eglise », signé d’un énigmatique « Maurice Pinay », parut simultanément en plusieurs langues et fut très largement diffusé dans les milieux chrétiens du monde entier. Selon l’historien Léon Poliakov, Gleim et Heiden se cachaient derrière le pseudonyme Maurice Pinay : « Ils avaient tiré de leur sac toutes les vieilles ficelles nazies : le cardinal Bea était juif, ses collègues occidentaux avaient été bernés ou corrompus, l’Église romaine était entachée de l’hérésie judaïque. Du Moyen-Orient à l’Amérique latine, nombre de prélats se laissèrent impressionner, et au Concile, les protestations et les amendements fusèrent. » Cet épisode révèle les moyens considérables dont disposait à l’époque la plate forme nazie du Caire.

Islamistes et nationalistes arabo-musulmans : la surenchère anti-juive

Les islamistes s’opposent violemment aux dirigeants nationalistes des pays musulmans. Ils leur reprochent de diviser « la grande nation arabe », de suivre des modèles occidentaux et d’être corrompus. Renverser ces chefs d’état est l’une des étapes de la prise de pouvoir selon El Banna. C’est ainsi que les islamistes ont tué Sadate, qui avait osé faire la paix avec Israël.

Les dirigeants nationalistes le leur rendent bien et la répression est impitoyable. Mais il y a un terrains sur lequel se fait la surenchère : la propagande anti-juive. Ainsi on distribue les « protocoles » dans les aéroports, on les enseigne dans les écoles, des clowns déguisés en savants se produisent quotidiennement sur les télévisions nationales arabes pour fabuler sur le thème des « protocoles », expliquant que la shoah n’a jamais existé, que c’est une invention des Juifs et racontant comment l’Allemagne naïve s’est fait extorquer des indemnités. Les négationnistes et les racistes occidentaux font fortune dans les pays arabo-musulmans où on les félicite d’avoir eu le courage de « défier » le « lobby ».

Le public français incrédule a découvert ce nouveau racisme en septembre 2001, lors de la Conférence des ONG contre le racisme à Durban : des soi-disant « anti-racistes » rendaient hommage à Hitler et voulaient achever son « œuvre » !

Combattre l’islamisme

Les sociétés musulmanes sont aujourd’hui déconnectées de la réalité, abandonnées à une propagande raciste qui se propage grâce à la surenchère entre islamistes et nationalistes. Le conflit du Proche Orient, réinterprété selon des mythes de complot, est évidemment une manne pour les islamistes et leur discours de victimisation.

Quel régime musulman aura le courage d’éradiquer la double haine ? Qui soutiendra les intellectuels musulmans qui réhabilitent les passages du Coran de l’apostolat de Médine et les versets positifs ou simplement neutres sur les Juifs ? Qui purgera de l’enseignement les « protocoles » et les théories négationnistes ? Cette rupture majeure fera sortir le moyen âge des sociétés musulmanes, et leur permettra de s’ouvrir sur le respect -y compris le respect des femmes et des minorités- et sur la démocratie. C’est aussi le carburant intellectuel du terrorisme qui serait tari.

Paul Foster

[1]

http://www.islamophile.org/spip/article410.html, cité par Paul Landau

2) http://www.tilsafe.com/libfr/020-LIA-AM-p-LFI.html. [2]

[3]

Notes

[1] 1) Hassan al-Banna, Epître aux jeunes

[2] Le site propose nombre d’ouvrages d’extrême droite.

[3] 3) Pour les nazis, les races inférieures sont condamnées à mourir ou à être esclaves. Pour les islamistes, l’individu inférieur peut échapper à l’extermination par la conversion à l’islam.

4) Paul Landau, Le sabre et le Coran, Editions du Rocher, Monaco, 2005, page 17

5) Les « Protocoles des Sages de Sion » ont été écrits à la demande du chef de la police tsariste à Paris. Celui-ci conspirait contre les réformes envisagées par le tsar. Le pamphlet atteindra son objectif puisque après l’avoir lu, le tsar se séparera de ses ministres réformateurs et engagera une politique de répression. L’auteur, Mathieu Golovinsky, pressé par le temps, avait plagié et adapté un ouvrage de Maurice Joly paru en 1871 : « dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu ». Maurice Joly, authentique démocrate français, y dénonçait le totalitarisme de Napoléon III et expliquait dans le « Machiavel » comment l’empereur avait privé les Français jusqu’à l’idée de liberté. Dans les « Protocoles », Napoléon III est remplacé par une assemblée de « sages » juifs. Le Times révélait en 1921 que les « protocoles » ne sont qu’un faux, fabriqué en plagiant l’ouvrage de Maurice Joly. Les « sages » sont le fruit de l’imagination de Golovinsky.

COMPLEMENT:

Abstract

During the spring of 2016, the former mayor of London, Ken Livingstone​,​ ​claimed ​that ​Adolf Hitler had supported Zionism in the 1930s. When this claim ​was discredited, he refused to apologize and claimed that Hitler was a supporter of Zionism “before he went mad and ended up killing 6 million Jews.” Supporting this assertion, Livingstone cited a book by the Trotskyite writer, Len​ni Brenner. ​ ​A review of the published scholarship and ​original German government​ documents ​show​​ the intensity of​ Nazi​ hostility toward the establishment of a Jewish state. Archival evidence reveals that as a means of striking out against Zionism, the Luftwaffe even considered bombing Jerusalem on the anniversary of the Balfour Declaration.

“Partial Truths are More Dangerous Than Outright Lies”

During the spring of 2016, former mayor of London Ken Livingstone claimed that Adolf Hitler supported Zionism in the 1930s. When confronted about this claim, he refused to recant, saying Hitler supported Zionism “before he went mad and ended up killing 6 million Jews.”1 To back this assertion, Livingstone cited a book by the Trotskyite writer, Lenni Brenner.2 During a Q&A at the Oxford Union in the summer of the same year, Livingstone was asked about his comments on Hitler’s alleged backing of Zionism in the 1930s.3 He defended himself with a laundry-list of supposed collaborations between Nazis and Zionists, which he described as “just historical facts.”4 He then referred to a confrontation between himself and Labour MP John Mann. Mann had intercepted Livingstone as he entered BBC headquarters and called him “a Nazi apologist,” who was attempting to “rewrite history.”5 The Oxford interviewer pressed Livingstone on this, asking whether he could be perceived as “lauding Hitler.”6

While the interviewer’s questions and Mann’s confrontation rightfully called out Livingstone’s historical revisionism, they missed a major point regarding his intentions. Ken Livingstone was not associating Zionism with the Third Reich as a way of praising Hitler and the Nazis, he was doing so in order to tarnish Zionism by association with Nazism. Former Labour parliamentarian George Galloway was less circumspect in an interview, stating “there was an agreement between the Nazi filth of Hitler and the Zionist leaders in Germany to send Germany’s Jews to Palestine, because both of them believed that German Jews were not Germans.” To him, this meant that “Nazism and Zionism were two sides of the same coin.”7 For Galloway, Zionists were collaborators. The implication was obvious; just as the legitimacy of the Vichy Government in France or Vidkun Quisling’s government in Norway were discredited by their collaboration with the Nazis, so too should the Zionists’ project—the State of Israel.

Almost a year later, on April 4, 2017, the Labour party’s quasi-judicial “National Constitutional Committee” handed an unrepentant Ken Livingstone a twelve-month ban from the Labour Party. Jeremy Corbyn expressed disappointment in Livingstone, but hoped that in the future he could “contribute to our party’s work in trying to win elections and oppose racism in any form.”8 The decision immediately divided the Labour leadership. Many in the party saw it as a slap on the wrist, especially since as of April 19, 2017, Livingstone has yet to retract the statement. In fact, he recently said that reports on his Zionism comments were “fake news.”9 One hundred and seven Labour MPs (including eight members of the shadow cabinet) were so upset with their party’s decision that they signed a “Jewish Labour Movement” statement criticizing the party for not banning Livingstone. 10 The letter expressed “disgust and regret” that Livingstone had not been expelled after suggesting that the British Jewish community’s “‘wealth’ determines our vote, or his recent smears of victims of the Holocaust.”11 Yet Livingstone still has his defenders. A group called “Free Speech on Israel” gathered over 500 signatures on a statement attesting to the ostensible veracity of Livingstone’s statement that Hitler came to power “supporting Zionism.” The group asked the rhetorical question: “is telling the truth also anti-Semitic?”12

Ken Livingstone and his supporters intentionally confuse collaboration for desperation on the part of Zionists and attribute fictitious attributes to the Third Reich. In an interview with The Times of Israel, Holocaust historian Yehuda Bauer said of Livingstone that “partial truths are more dangerous than outright lies.”13 A review of the scholarship and available published documents show the Nazis’ consistent pre-war enmity toward the establishment of a Jewish state. Nazi archival evidence reveals that, far from supporting a Jewish homeland as a place for European Jews, during the Second World War the Nazis even considered bombing Jerusalem on the anniversary of the Balfour Declaration (November 2) as a way of striking out against Zionism.

Before the war, the Nazis accepted immigration to Palestine, but did so only as a way of expelling Jews from Europe. To do so they stole slightly less from Jews fleeing to Palestine than Jews fleeing to other nations with strict immigration quotas. When, in 1937, it appeared that the Zionist project in Mandatory Palestine might succeed, officials both in the Ministry of Foreign Affairs and in its office on Jewish affairs (Referat D III) withdrew their support for immigration to Palestine. They feared that Zionism might succeed, thereby creating another base for world Jewry during the coming war. Finally, in 1943 and 1944, the Germans considered bombing Jewish cities in Palestine, even as the Nazi empire was collapsing. The Third Reich’s plans for the Final Solution extended to the Middle East.

Historical Background

Hitler and the Nazi party never supported Zionism. Zionism—the establishment of a Jewish nation-state in its historic homeland—was entirely incompatible with Nazi ideas of confronting and defeating an international Jewish conspiracy allegedly determined to prevent the German Volk from achieving its destiny-bound greatness. Before the outbreak of World War II, Hitler sought to force Jews to emigrate after depriving them of their civil rights and pauperizing them. The goals of Nazi policy were to rid the country of its Jewish population, enrich the state with stolen Jewish property, and disperse German Jews throughout the world, in order to prevent any large concentrations of Jews. Cooperation between the Nazis and the Zionists was limited to reduced expropriation as a result of the Haavara Transfer Agreement of 1933. This agreement allowed Jews to transfer about half of their wealth in the form of German goods, if they immigrated to Palestine.14 The thought of cooperation with Zionists immediately divided Nazi leadership precisely because the Nazis feared the establishment of a Jewish state in the Middle East which would act as a base for the Jewish conspiracy. By the mid-1930s, the agreement had become tenuous, precisely because the German Ministry of Foreign Affairs (Auswärtiges Amt) feared that Zionists would succeed in their project.

The continuing policy of increased persecution of Jews was inextricably linked to Nazi foreign policy objectives.15 On January 30, 1939, Hitler explicitly acknowledged that link in his oft-cited “prophecy speech,” where he predicted that “if the international Jewish financiers in and outside Europe should succeed in plunging the nations once more into a world war, then the result will not be the Bolshevization of the earth, and thus the victory of Jewry, but the annihilation of the Jewish race in Europe!”16 The speech revealed the seemingly inherent contradiction in Nazi antisemitism, namely, that in Nazi cosmology Jews were responsible for both finance capitalism and Soviet Bolshevism. This ideological antisemitism justified the coming war against both the Soviet Union and the Western capitalist democracies and would provide the logical justification for the coming genocide.

Hitler’s war would be waged not just against the Jews of Germany or the Jews of Europe but also against world Jewry. Immediately after the invasion of Poland in September 1939, German soldiers committed atrocities against Poland’s Jewish population as part of their racial war in the East.17 It was the invasion of the Soviet Union in June 1941, however, that transformed Hitler’s war against ‘international Jewry’ into the Holocaust. Mobile killing units (Einsatzgruppen) trailed the Wehrmacht on the Eastern Front. Before the end of 1941, they were shooting thousands of Jewish men, women and children per week. These “actions,” as the mass murders were euphemistically called, were supported enthusiastically by the Wehrmacht and the German police on the Eastern Front. Contrary to enduring popular belief, by the time of the Wannsee Conference in January 1942, the Nazis already had begun the process of wholesale genocide on the Eastern Front.18 According to the former head of Yad Vashem, Yitzhak Arad: “As far as the Soviet Jews were concerned, the decisions of the Wannsee Conference were of no importance, since the Final Solution had already begun.”19

Thousands of miles away in North Africa, contemporaneous military events threatened to include Palestine’s Jewish population in the Nazis’ murderous plans. Between January and July 1942, Field Marshall Erwin Rommel led the newly formed Afrika Korps across North Africa towards British-held Suez Canal. Historians Michael Mallmann and Martin Cüppers have demonstrated that had Rommel succeeded in capturing Egypt, an Einsatzgruppe created for the purpose of murdering the Jews of Palestine would have been activated. In July 1942, the unit, consisting of 24 men, flew to Greece. Had Rommel won the first Battle of El Alamein, the unit would have been sent to Egypt and neighboring Palestine to conduct its genocidal project.20 However, Rommel’s defeats at the First and Second Battles of El Alamein and the Allied landing in French North Africa prevented the spread of the Holocaust to Palestine.

The defeats in the summer and fall of 1942 destroyed the German strategic fantasy of linking the North African front with the German forces on the Eastern Front coming from the Caucasus. Rommel’s defeat was a turning point in the Second World War. From late 1942 onward, the Wehrmacht could not repeat the spectacular victories of the first three years of the war. Shortly afterward, it would be in retreat on all fronts. In May 1943, with German morale reeling from defeat at Stalingrad, some 275,000 German and Italian soldiers surrendered to the Allies in Tunisia, marking the end of that campaign.21

Remarkably, archival documents show that months after the defeat of Axis forces in North Africa, the Luftwaffe actually considered a proposal to bomb Jerusalem and Tel Aviv on the anniversary of the Balfour Declaration in November 1943. This plan, proposed by Arab nationalist leader and Nazi collaborator Amin al-Husseini and supported by Heinrich Himmler’s Reich Main Security Office (Reichssicherheitshauptamt [RSHA]), was eventually turned down in summer of 1943 by Hermann Göring, only because of practical, not political much less ethical, considerations.22 The RSHA’s duties expanded dramatically during the war and it became the key internal and external arm of the Nazi police state. The involvement of the RSHA in the planning of an air raid suggests that the bombing was a continuation of the exterminatory policy of the SS toward Jews within the Nazis’ grasp. The fact that the Nazis considered bombing Jewish cities in Palestine long after it would have had any military significance is a testament both to their unmitigated hatred of Jews and Zionists and to the centrality of the Holocaust in Nazi military strategy.

German Prewar Emigration Policy

The 1933 Haavara Transfer Agreement has provided those seeking to discredit Israel with an historical pretext, which has been intentionally misused, to associate Israel with the Third Reich. Such attempts are unsound, as they ignore the ample record left by Nazi leaders who showed a consistently hostile attitude toward the creation of a Jewish state. Throughout the 1930s, important elements within the regime developed an increasingly hostile attitude toward Jewish emigration, even to British Mandate Palestine, as agencies in charge of Jewish emigration prepared for the coming war. Historian Jeffrey Herf has described this change in Nazi attitudes toward Jewish emigration as a convergence of antisemitism and anti-Zionism brought about both by a consistent Nazi world-view and the strategic demands of the Second World War in the Middle East.23 In parts of the Nazi bureaucracy, the process began with the Gleichschaltung (Nazification) of public life.

In 1933, most German Jews were not Zionists. In fact, at the time, the largest Jewish organization in Germany was the “Central Organization of German Citizens of the Jewish Faith.”24 It was the Nazis’ rise to power and the subsequent escalating persecution of German Jews which gradually led to increased emigration. In the summer of 1933, the Nazis negotiated the Haavara Transfer Agreement. This agreement impoverished the Jews leaving for Palestine slightly less so than to other countries. The state, however, seized the émigrés’ property in Germany and replaced it with German-made goods in Palestine. The details of the agreement were quite complicated, but in the end, the Jewish Telegraph Agency reported that Jews emigrating from Germany to Palestine received 42.8 percent of their original capital, with 38.9 percent transferred to the Jewish Agency in the form of German industrial goods.25 After robbing German Jews of more than half of their capital, the agreement forced émigrés to live surrounded by products which their tormentors manufactured.

Still, the number of German Jews immigrating to Palestine never matched the numbers to other Western European countries or to the United States. Between 1933 and 1938, 39,839 German Jews left for Palestine, as opposed to the 80,653 Polish Jews who came at the same time.26 Had Western countries been more willing to accept Jewish populations, the numbers of those departing for Palestine would have been smaller. Basically, Jews were forced to make the painful decision to emigrate after being reduced to financial ruin, harassed and humiliated. There was no collaboration between the Nazis and Zionists. On the contrary, the Haavara Agreement revealed the desperation of Jews and Zionists and the cynical opportunism of the Nazis.

The vast historiography on the Nazi persecution and extermination of European Jewry contradicts the claim that the Haavara Agreement amounted to Nazi support for Zionism or a type of collaboration between Nazis and Zionists. In his two-volume study of the Holocaust, historian Saul Friedländer wrote that “the Nazis considered the Zionists first and foremost Jews.”27 In the mind of a racial antisemite, the distinction between German Jews and Jews in the Middle East was inconsequential. Friedländer describes the policy of the Nazis as “divided from the outset.” While it favored pursuing emigration “as a means of enticing Jews to leave Europe, they [the Nazis] also considered the Zionist Organization which was established in 1897 as a key element of the Jewish world conspiracy.”28 In The Third Reich in Power, Richard Evans wrote that the reasons Nazis “favored treatment of emigrants to Palestine were complex.” They included helping to “mitigate international criticism of anti-Semitic measures at home.” Like Friedländer, Evans saw that the “principal aim of the Nazis in those years was to drive the Jews out of Germany and preferably out of Europe too.”29

Both Friedländer and Evans point to increasing disagreement on Jewish emigration within the German government throughout the 1930s. The changes in attitude may be explained in part by competition among governmental agencies vying for influence. The government in the Third Reich operated like so many fiefdoms, all trying to get closer to their feudal lord, Adolf Hitler. Hitler himself offered only vague pronouncements on emigration policy. Using Ian Kershaw’s principle of ‘working towards the Führer,’ Nazi officials translated Hitler’s pronouncements into policy.30 In Mein Kampf, Hitler had been openly contemptuous of the Zionist project, as follows:

While the Zionists try to make the rest of the world believe that the national consciousness of the Jew finds satisfaction in the creation of a Palestinian state, the Jews again slyly dupe the dumb Goyim. It doesn’t even enter their heads to build up a Jewish state in Palestine for the purpose of living there; all they want is a central organization for their international world swindle, endowed with its own sovereign rights and removed from the intervention of other states31

Hitler’s declarations in Mein Kampf were important as programmatic statements of purpose for the Nazi party and its various agencies, but had no direct policy implications. In summer of 1933, the details of the Haavara Transfer Agreement were negotiated by the Ministry of Foreign Affairs and the Ministry of Economic Affairs (Reichswirtschaftministerium) under Hjalmar Schacht. Historian Yehuda Bauer argues that in addition to the ideological cause of making Europe free of Jews, the Haavara Agreement was perceived as promoting Nazi economic interests, because it expanded export markets and could relieve the strain on German foreign currency reserves.32

While there were officials in the Third Reich, such as Hjalmar Schacht, who operated under the traditionally antisemitic objective of making Europe ‘Jew-free’ (Judenrein) through emigration, an ascendant Nazified bureaucracy declared its opposition to aiding an international Jewish conspiracy of émigrés. The group which most encompassed this Nazi world view in the Foreign Ministry was Sonderreferat Deutschland (Germany Special Section). Founded in 1933 as a liaison between the Foreign Ministry and the Nazi Party, Sonderreferat Deutschland included an office for Jewish Affairs (Referat D III [Office D III]).33 The leader of the Sonderreferat was a German aristocrat named Vicco von Bülow-Schwante.34

In February 1934, Bülow-Schwante circulated a memorandum written by the head of Referat D III, Emil Schumberg.35 The memorandum, entitled “The Development of the Jewish Question and its Backlash Abroad,” was circulated to all German diplomatic missions and consulates abroad, as well as requested copies both for Minister of Foreign Affairs, Konstantin von Neurath, and State Secretary, Ernst von Weiszäcker.36 The thirteen-page memo began by praising the Nazi regime for “succeeding in channeling the spontaneous popular anger against Jewry… into regulated processes.”37 The ‘regulated process’ was the April 1933 “Law for the Restoration of the Professional Civil Service,” which removed “civil servants of non-Aryan descent” and denied pensions to those ‘non-Aryan’ retirees who had worked for less than a decade in the civil service.38

Emil Schumberg wrote that the new ‘Aryan laws’ left two options for Jewish professionals in Germany. One group could “accept their favorable position as a racial minority…out of respect or at least resigned recognition of the exceptional legislation.”39 The other group “disavows the possibility of assimilation of Jews in a guest nation and propagandizes the emigration and centralization of Jews scattered around the world in their own political polity.” To Schumberg, Zionists and Zionism “come closest to the goals of practical German politics toward Jews.” To support this objective, German officials cooperated “without anger or fondness (sine ira et studio)” with Jewish organizations to support the Haavara Agreement.40

According to several historians, this document shows that the Foreign Ministry’s Department on Jewish Affairs offered conditional support for Jewish emigration from Germany during the first years of the Third Reich.41 But the “practical” dimension of support for emigration was a matter of the development of the Jewish question in Germany. Most of the memorandum detailed the “backlash abroad” and illuminates Nazi thinking on the connection between domestic and foreign policy.

Emil Schumberg wrote that while “in Germany the Jewish problem is quietly and unerringly being solved by affirmative legal measures,” the spread of German-Jewish émigrés was inciting hatred toward the Nazi cause. “Since the discovery of the Aryan laws abroad, foreign Jews and émigré Jews from Germany have promoted lying-atrocity propaganda (Greuel-und Lügenhetze) against National Socialist Germany not seen since the war propaganda of the Allies (in World War I).”42 Schumberg praised the “nearly prophetic” words of Adolf Hitler in Mein Kampf, when Hitler wrote that “wherever in the world we read of attacks against Germany, Jews are their fabricators.”43 Schumberg then drew attention to the link between Germany’s racial desire to rid Germany of Jews and the international context: “The fight for Germany’s emancipation is then taken out of the sphere of power-political interests and onto an ideological plane, in which the National Socialist worldview is in an implacable confrontation with Jewish-Marxist doctrines.”44

Emil Schumberg’s Manichean view of world affairs meant that the “internal-German biological and racial Jewish problem takes on the dimensions of a foreign policy problem of the first order.”45 While the Nazis’ desire to rid the country of Jews was regarded as part of their domestic policy, sending them abroad would only increase the international condemnation of Nazism. Schumberg even drew a historical analogy to the War of the First Coalition waged against the fledgling French First Republic by European monarchies (1792-1797). At the time, revolutionary France had been surrounded by hostile monarchies; in the case of Nazi Germany, the encircling enemy was “international Jewry.”46

Schumberg argued that the German Foreign Ministry should fight against “Jewish propaganda” and called for boycotts of German goods on the part of Jews living abroad. It was important to realize, however, “that there is no occasion for the German government to make pacts with the opponents of the National Socialist world view.” If those working in the government accepted this, they could proceed with “the fanatical belief of the German race in the mission of Adolf Hitler, who is the manifestation of the Reich government.”47 Schumberg was not sure what direction German domestic politics would take with regard to “international Jewry.” However, he summed up his own view of the future with a quotation from Mein Kampf that “political parties are prone to compromise, world-views never compromise!”48

When it appeared that the Jews in Palestine might succeed in creating a Jewish state, the views expressed in Schumberg’s memorandum became more strident. After the publication of the British Partition Plan of 1937, the Nazi elite balked at the notion of continued Jewish immigration to Palestine. In response to the Arab anti-British and anti-Jewish revolts of 1936-1939, a British government commission headed by Lord William Peel recommended the partition of Palestine in order to prevent future conflicts.49 This partition plan was seen by Zionist leaders as an important step in the creation of the Jewish State. Konstantin von Neurath, the predecessor of Joachim von Ribbentrop at the Foreign Ministry, agreed with that assessment. He wrote that the partition plan would “force a decision as to what attitude Germany is to take in the face of the possible formation of a Jewish state.” Neurath sent a circular to German diplomatic offices in London, Jerusalem, and Iraq ordering the diplomatic functionaries to make clear in their conversations that

The formation of a Jewish state or a Jewish-led political structure under British mandate is not in Germany’s interest, since a Palestinian state would not absorb world Jewry but would create an additional position of power [power base] under international law for international Jewry, somewhat like the Vatican State for political Catholicism or Moscow for the Comintern.50

According to some in the Nazi bureaucracy, Jews could immigrate to Palestine and live under British rule just as they could in London. The Nazis feared that the success of Zionism would create an additional base for “international Jewry.” Historian David Yisraeli points out that the year 1937 represented a “volte-face” for the German foreign policy establishment with regard to a Jewish presence in Palestine.51 Upon the request of the assistant secretary at the Foreign Ministry, Referat D III also drafted a position paper on continued support for Jewish emigration to Palestine after the Peel Commission Report of 1937. It concluded:

The German interest in the promotion of Jewish immigration to Palestine is therefore offset by the far greater interest in preventing the formation of a Jewish state. The Jewish question as a domestic problem would be replaced by the considerably more dangerous problem of an opposition of world Jewry to the Third Reich based on recognition by law.52

Schumberg’s memorandum and the German Foreign Ministry’s bluster against the Peel Commission Report were neither immediate calls for genocide nor blueprints for the Holocaust. It would take the radicalizing effect of the war to produce such plans. But antipathy toward Jewish emigration must be regarded as part of a shifting mentality which accompanied the Nazification process of the German government. As early as 1934, hostility toward “international Jewry” was closing off avenues of escape for German Jews. Officials in the German government saw themselves as isolated, surrounded, and “under attack by world Jewry” and, therefore, began to take what they considered to be defensive measures against the Jews. By 1937, however, Germany was engaged in real military confrontations with the West. The Nazis were providing General Francisco Franco with military supplies and even combatants in the Spanish Civil War. The Soviets and Western European powers countered this development, by sending varying amounts of support to the Loyalists of the Spanish Republic. The Soviets officially supported Franco’s opposition, while the Western powers maintained a strict neutrality but lent thousands of volunteers to the cause. The battle lines for World War II were being drawn. For the Third Reich, there could be no base for “world Jewry” to operate against Germany. When war broke out, the Third Reich could rely upon state and military bureaucracies which erased the distinction between Jews and enemy combatants.

The War Comes to the Middle East

On the diplomatic road to the Second World War, the signing of the “Pact of Steel” between Nazi Germany and Fascist Italy in May 1939 proved to be one of the major steps toward war in Europe. Along with the Nazi-Soviet Non-Aggression Pact, the “Pact of Steel” was the act of two belligerent powers seeking mutual assurances before conducting war against the newly-aligned Western powers. The signing of the pact and the subsequent course of the war supported Italian ambitions of reviving the Roman Empire in the Mediterranean, following the Italian nationalist rallying cry of Mare Nostrum (“Our Sea”).53

Although Italy originally did not honor the reciprocal agreement of military action and waited to invade France until the die had been cast in Germany’s favor, throughout the war, Italian-German military ventures took place on every front of European theater. This resulted from the failure of Mussolini’s so-called “parallel war” strategy, whereby the Italians would fight the Allies at the time and location of their choosing, maintaining a distance between their own operations and those of the Germans.54 In the bungled Italian operations in the Balkans and North Africa, the “parallel war” disappeared, as Italian forces required German assistance to prevent catastrophe in the Mediterranean.

For many years, the received wisdom with regard to German-Italian relations held that the Germans ceded the Mediterranean as an Italian lake and engaged in the war in North Africa half-heartedly and without broader strategic goals. Understood this way, the Third Reich aimed to defeat continental European powers, not to reshape global politics.55 This view of German war-aims has been questioned by scholars who reject notions of German continental politics and argue instead that as the war progressed, Germany developed a vision for world domination which included North Africa and the Middle East as integral parts of German strategy.56

Looking at recent historiography on the chronology of the war reveals that at every step of the way the Germans had grand plans for the region. Historian Norman Goda has shown that, as early as June 1940, Germany sought to construct naval and air bases in Northwest Africa in order to conduct offensive war against the United States in the East Atlantic.57 Martin Cüppers, Michael Mallmann, and Jeffrey Herf have discussed the extensive German efforts to gain influence with locals in North Africa and the Middle East. This was closely related to the successes of the Afrika Korps in 1941 and 1942.58 David Motadel has widened the picture to examine German-Muslim relations not only in both North Africa and the Middle East, but also in the Balkans and among Soviet Muslim populations during the war on the Eastern front.59

Germany began to see the Middle East and North Africa as keys to their global strategy for many reasons relating to the trajectory of the Second World War. The region’s importance depended on both operational considerations and the broader global strategic picture. Twice during the North African campaign, Erwin Rommel seemed poised to capture the Suez Canal and drive the British out of the region—first in the spring of 1941, and again, in the summer of 1942. In 1941, Rommel’s military successes allowed German strategic planners to devise grandiose plans for dividing the British Empire’s vital Suez route. In 1942, their ambitions increased as they dreamed of an attack against the Soviet Union through the Caucasus to coincide with Fall Blau (Case Blue), the last general German offensive to achieve large-scale breakthroughs on the Eastern Front. Case Blue took the Wehrmacht to the gates of Stalingrad, and the highest mountains of the Northern slopes of the Caucasus.

Therefore, the period between the spring of 1941 and the summer of 1942 is critical for understanding the aims and intentions of German policy toward the Middle East. The Germans were on the brink of breaking through British defenses and taking the war into the Middle East. Although after June 1941 Operation Barbarossa (the invasion of the Soviet Union) sapped the Wehrmacht’s resources away from the African Campaign, in the summer of 1942, German planners believed that a decisive blow in the Middle East could take the Soviets out of the war. By capturing Soviet oil supplies in Baku, closing off the Caspian Sea, and shutting the Lend-Lease route through the Persian Corridor, Germany saw a way to break the stalemate on the Eastern Front through its southern flank. The escalation of German activities in the Middle East followed military logic: aerial assaults to weaken enemy support positions; creation of covert networks for purposes of intelligence-gathering, sabotage and fomenting uprisings; and supplying weapons and spreading propaganda to win the support of the local population.

Between 1940 and 1942, German, Italian, and Vichy French air forces conducted dozens of air raids on coastal cities in Palestine.60 Until 1941, the air raids were conducted solely by the Italian Air Force. In fact, the Italian air raids in 1940 were by far the deadliest of the war for residents of Mandatory Palestine, accounting for over 200 civilian deaths in Haifa and Tel Aviv.61 The targets of the bombing were intended to be the ports and oil refineries in Haifa and Jaffa, yet imprecise Italian bombing on September 9, 1940 missed Jaffa and hit the undefended and unprepared city of Tel Aviv, killing 137 civilians. The Mufti of Jerusalem, Haj Amin al-Husseini, congratulated the Italians for their bombing of Tel Aviv. 62

Early in the war, German bombing of the Eastern basin of the Mediterranean was sparse, and largely based on supporting the Afrika Korps by disrupting British supplies. Beginning in early 1941, however, German intelligence services began an infiltration program in the Middle East designed to cause much greater damage in the region. On March 25, 1941, Admiral Wilhelm Canaris, head of German military intelligence (Abwehr), laid out the plan for secret operations in the region. In Turkey, Syria, Egypt and Iraq, Canaris called for the creation of espionage networks using local agents with German intermediaries.63 In Palestine, Transjordan, and Iraq he called for sabotage and uprisings. The targets of acts of sabotage would be “power plants, oil refineries, workshops, and water and electricity providers.” According to Canaris, uprisings in Palestine and Transjordan would be “sparked automatically” when Thrace was under German occupation, allowing for easier weapons deliveries.64

A month later, on April 18, 1941, Canaris discussed military intelligence’s progress in a conversation with the Foreign Ministry’s expert in Arab affairs, Fritz Grobba.65 According to Canaris, Abwehr I (foreign intelligence collection) had “already built a wide network of agents in the Orient and achieved satisfying results,” whereas Abwehr II (sabotage) “was still in the elementary stages of being constructed.”66 Abwehr II had successfully infiltrated German agents into Istanbul, Tehran, Tabriz, Kabul, Baghdad, Beirut, and Tétouan.

In Iraq and Mandate Palestine, the leading go-between of German intelligence was a Palestinian named Osman Kemal Haddad (aliases Max Müller and Tawfik al-Shakir). Haddad was the private secretary of the Amin al-Husseini. Before the war, he had studied political science in Switzerland and picked up a knowledge of French, German and English. 67 As the Mufti’s secretary, he developed close relationships with German intelligence. During a conversation with Fritz Grobba in October 1940, he stated that the Arabs — especially in Iraq—would support the Germans. Grobba described Haddad’s opinions as follows: “At the outbreak of the war they (the Iraqi Arabs) could not express their true feelings: they were under British occupation, menaced by the French orientalists and the Turks to the north. But finally, they could be open about their true feelings.” For Haddad, this meant a show of support and “an alliance with Germany.” Germany and the Arabs shared a cause: “The enemies of the Arabs and of Germany are the same, namely the English, the Jews and the Jewish-promoted Americans. There was no conflict of interest between the Arabs and the Germans.”68 As early as 1940, Haddad recognized that the German war was being waged as a war against the Jews.

In April 1941, Osman Kemal Haddad was sent from Berlin to Baghdad with the Mufti, a radio, and a cipher key during the Iraqi nationalist coup against the pro-British regime.69 The Mufti and his secretary traveled to Iraq to furnish German support for Rashid Ali al-Gailani, an Iraqi nationalist and leader of the coup who spent much of the war in Axis Europe. Both the Germans and the Italians sent a great deal of weaponry to the Middle East to support the uprising. Between April and May 1941, the Germans sent 30,000 carbines, 600 light machine guns, and 600 submachine guns to Iraq, Palestine and Syria.70 Furthermore, the Luftwaffe flew in a small force of fighters to support the Iraqi uprising. The Italians officially received a request for 400 light machine guns with ammunition; 50 armored vehicles and ten anti-aircraft batteries with munition, explosives, missiles and mines for anti-tank warfare, as well as 100,000 gas masks. The hesitant and resource-weak Italian government agreed to provide only the 400 light machine guns and the 100,000 gas masks.71 These numbers show the extent to which the Middle East had become an area of operations for the Germans. They could achieve far greater results with their available resources.

Getting weapons into Iraq was no easy task for the Wehrmacht, as the British controlled the sea lanes and had an advantage in air power in the region. Some of the weapons were delivered by plane. However, because of the volume of material, much of it had to be shipped from occupied Greece. On April 22, 1941, Fritz Grobba sent a memorandum back to Berlin noting the problems of supply.72 The memo mentioned two routes of supply which the Germans used to get weapons both into Iraq and Palestine. To get weapons to Baghdad, the Germans planned to transport weapons from a stockpile in Rumania to Thessaloniki to Samsun Port in Northern Turkey to Tabriz in Iran, and finally, into Iraq.73 Meanwhile, to get weapons to Palestine, the Abwehr had commandeered Greek ships and sent them to Vichy-occupied Syria and then to Palestine. Grobba could report that 2,000 rifles, 30 submachine guns and 50 machine pistols with ammunition had been sent from Greek ports destined for Syria and eventually, Palestine.74 All of this occurred almost a month before Hitler officially offered support to anti-British Arab nationalist movements (Führer Directive No. 30).75

The Germans were not capable of providing sufficient arms and air support to defeat the British with success. This was more an issue of supply than lack of intent. Erwin Ettel, a member of the German Foreign Ministry, implored them to send more support to the Iraqis. Ettel, the Mufti’s contact and a member of the SS since 1937, would eventually find himself back in Germany in the Waffen SS, but was stationed in Iran during the Iraqi uprising.76 In a memo written on May 4, 1941 to Berlin from Teheran, Ettel wrote: “the attitude of Germany to the national uprising in Iraq could not be more decisive to the future attitude of the countries in the Arabic World.”77 Ettel relayed his recent conversation with Iranian Minister-President Ali Mansur, the Egyptian ambassador, and the Iraqi chargé d’affaires, who agreed that “a successful German military support of Iraq would lead to a great Arab insurgence in the Middle East against England.”78 With Rommel’s army advancing across the desert, a successful coup in April-May 1941 would have a profound impact on the global war. In fact, on May 15, 1941, during the waning days of the Nazi-Soviet Pact, Soviet diplomats even offered official diplomatic, commercial and consular relations with Gailani’s government.79

The failure of the uprising undoubtedly hurt German prestige in the Middle East. The finger-pointing after the British retook Iraq would eventually divide Germany’s two most prominent Arab nationalists, Amin al-Husseini and Rashid Gailani. The cause for failure probably may be attributed to the focus of Hitler and the German General Staff on Operation Barbarossa. Führer Directive No. 30 from May, 1941 confirms this: “Whether it may be possible, in conjunction with an offensive against the Suez Canal, finally to break the British position between the Mediterranean and the Persian Gulf is a question that will be answered only after Barbarossa.”80 Military options in support of Arab nationalists would have to wait until the end of Operation Barbarossa. In the meantime, the Germans waged a massive propaganda campaign at a much smaller cost.

German propaganda and its relation to German policy toward the Middle East and North Africa in 1941 and 1942 has been a major topic of contention in recent historiography. Broadly speaking, there are two conflicting sides: one argues for the convergence of Nazi policy and Arab nationalism around antisemitism and anti-British sentiment; the other argues for an insincerity of German promises leading to a divergence between German war aims and the independence struggles of Arab nationalists.81 A central thesis of the divergence scholarship maintains that because the Germans never offered a formal declaration promising autonomy from any European imperial power, German war aims and Arab nationalists’ goals were in fundamental conflict. To point out the divergence of German and Arab nationalist geopolitical interests misses the broader argument of the convergence thesis, namely, that the basic tenets of National Socialist ideology, such as antisemitism and anti-liberalism, were well-received and enthusiastically absorbed by some Arab nationalists despite differing war-aims.

The major period of Nazi propaganda for deciphering German intentions in the Middle East is between the failure of the Iraqi coup in the summer of 1941 and the defeat of Rommel at the First Battle of El Alemain in the summer of 1942. The Germans had made earlier declarations of support for Arab independence. On December 4, 1940, German radio broadcasts to the Arab world stated that “in the struggle to reach their goal [of independence], the Arab countries could count on the full sympathy of Germany. In the distribution of this announcement the Germans are in complete agreement with their Italian allies.”82

While the 1940 declaration seems unequivocal, the military situation had changed considerably between 1940 and 1942. Both Amin al-Husseini and Rashid Gailani were well aware of this. As Rommel’s army advanced across North Africa, they continuously lobbied Joachim von Ribbentrop and the German Foreign Ministry to clearly declare their intentions. For example, on April 28, 1942, Gailani and al-Husseini asked that the German government make clear its intentions to recognize the “sovereignty, independence and unity of the Arab countries of the Middle East countries presently toiling under English oppression… as well as to agree on the elimination of a Jewish national home in Palestine.”83 Ribbentrop sent a reply on the same day, affirming the German government’s official support for each of those measures, but asked that Gailani and al-Husseini keep it secret.84

The above was not a public announcement, much less a statement of policy. On November 13, 1941, Joachim von Ribbentrop outlined the views of the Foreign Ministry on the Arab question in a “Memorandum for the Führer.” Ribbentrop kept German strategic needs at the center of his memo. He began by discussing the failure to overthrow British rule and influence in the Middle East, “After the events of this year in Iraq, in Syria and in Iran, England has a continuous land-bridge between its positions in the Suez Canal in the West through the center of the Empire in India to the East. From the borders of Cyrenaica to Singapore the English have a stranglehold on power.”85 According to Ribbentrop, if the Germans could undermine the British stranglehold on this region, not only could they break up the British Empire, but also gain access to the Turkic groups on the southern border of the USSR and incite rebellion among Muslims in both the Soviet Union and India.86 It was in Germany’s strategic interest to foment national rebellion in the Middle East and Central Asia.

German strategic fantasies, however, were not realized and Hitler’s almost monomaniacal focus on the Eastern Front did not help matters for German planners who wanted to wreak havoc on the British Empire. In April 1942, Hitler gave his own view on a German-Italian-Japanese declaration of support for Arab independence; his statements show the difficulty of designing a policy based upon his declarations. An interlocutor reported that “the Führer appears to approach a mutual declaration only grudgingly.” Hitler was angry that “although Germany bears the burden of this war and must take on the most conflicts with nations [it] has yet to make its own declaration.”87 He did not want to do so simply because it would appeal to the Japanese and the Italians and concluded that he would wait for a meeting with Mussolini before making any statement. There was no hurry.88

Planning, policy, and ideology were not always aligned in the Third Reich. For all the competition and infighting between the Nazi party and the military and the foreign policy establishment, there was one cause which created remarkable harmony in high-ranking German officialdom. The Second World War was a war against “world Jewry.” After Barbarossa, the Holocaust was a central element to German planning. This is evident from the existence of a German plan to bomb Jewish settlements in Palestine conceived over a year after the African campaign had ended.

An Attack Against “the Citadel of Palestinian Jewry”

On April 1, 1944, Haj Amin al-Husseini repeated his request for an air raid against Tel Aviv and Jerusalem. Previously, in July 1943, the Mufti’s request had reached the highest level of the Luftwaffe bureaucracy, only to be rejected by the Third Reich’s second-highest ranking Nazi, Hermann Göring. 89 Even as the Nazi empire was collapsing under the weight of the Allied armies advancing from all directions and an aerial campaign was sapping the Luftwaffe’s remaining strength, the intelligence section of the Luftwaffe High Command considered the virtues of a strike “against Palestinian Jewry in order to support our propaganda the Arab world.”90

Although in July 1943, Göring rejected the idea of bombing, in October 1943, the intelligence section of the Luftwaffe High Command conducted an assessment of a possible future bombing raid against Tel Aviv and Jerusalem. As the study was produced by members of the intelligence section of the Luftwaffe and not the SS or the RSHA, the documents are remarkable for their candid expression of Nazi antisemitic propaganda. In a telephone call from “First Lieutenant Zetsche,” the officer discussed a possible air raid against a Zionist conference in Jerusalem in November on the anniversary of the Balfour Declaration. Zetsche considered this attack “not feasible, as the location of the meeting is not known.” Instead, he suggested a “symbolic attack on the Jewish Agency” which was “the large ministry building of the top Zionist administrative positions.”91 The location of this building was known in the city plans of Jerusalem and therefore could be targeted.

Attacks against symbolic targets as a substitute for inaccessible centers of gravity follow a classic terrorist formulation. The Germans did not know where the conference was, so they would target at a symbolic embodiment of Zionism in the hopes of instilling fear among the Jewish population. Lieutenant Zetsche acknowledged that an attack on Jerusalem would offer no practical military advantage when he wrote “Jerusalem has no great military importance.”92 In fact, he said that “large defense plants and upper command installations are not known and are unlikely to exist in Jerusalem.” Instead, it was “the site of the Palestinian Mandate government as well as the aforementioned Jewish Agency and a Zionist University.”

Zetsche had a problem, as he had wanted to ensure that the bombing would kill only Jews. He noted that only half of the population of Jerusalem was Jewish. This would mean that “if there was a city-wide air raid we would have to consider Jerusalem has a strong Arab minority.” Taking into account religious and cultural traditions, Zetsche also acknowledged that “the city is a holy city for Christians and Muhammadans as well as being the location of many cloisters and charities.” Zetsche’s concern that killing Muslims and Christians might be bad for propaganda is striking when contrasted with his utter ruthlessness toward the Jewish population in Jerusalem which he regarded as inveterate enemies. Perhaps it is not surprising that Zetsche did not differentiate between Jews and Zionists. Both were legitimate targets in an a total war of extermination.

As a way of preventing collateral damage as the Nazis understood it, Zetsche then considered an attack on military installations, such as arms and supply depots and runways, on the Palestinian coast. This would be “considered satisfactory” for the Mufti and the RSHA, although this was not what Arab leaders really wanted. Instead, “the Arabs, and especially the Grand Mufti” had asked many times for an attack against Tel Aviv. An attack against Tel Aviv would strike a blow at “the citadel of Palestinian Jewry and émigré Jews.” Unlike Jerusalem, almost all of the population of Tel Aviv were Jews. Unlike the coastal runways and depots, Tel Aviv was densely populated. Therefore, bombing Tel Aviv would kill the maximum number of Jews.93

At the end of his telephone call, Zetsche referred to the position paper that had been part of the proposal submitted to Hermann Göring in the summer outlining the benefits of bombing Tel Aviv. This paper opened with a demographic profile of the city of Tel Aviv. Its darker intentions become clear when one realizes the context in which it was written. The city was populated “solely by immigrant Jews,” which meant that along with Jerusalem and Haifa it was “one of the most important city-settlements of Palestinian Jewry” and accounted for “one third of the total Jewish population of the country.”94 This conveyed the message to Göring that bombing Tel Aviv would kill the highest number of Jews with the lowest risk to other populations in the area including those who were or might be sympathetic to the Nazis.

The paper did report that the prosperity of Tel Aviv as a city was due to the arrival of German-Jewish émigrés. They had built “tool and textile manufactories (for tent and khaki materials), as well as factories for the production of chemical and pharmaceutical products, optical and precision equipment, and leather and shoe manufacturers.” This was useful in terms of selecting targets for bombing, as “the individual workshops are in fact quite small, and most of them are in their initial stages of production… The location of the workshops is not known.” Any air raid against the city would be area, – not precision, – bombing.

Wehrmacht-produced map of Palestine from July 1943
Wehrmacht-produced map of Palestine from July 1943 entitled: “Palestine: important factories and installations for the military economy.” In their planning, the Luftwaffe ruled out bombing Jerusalem and Haifa in favor of Tel Aviv, calling it “the citadel of Palestinian Jewry.” Although killing Jews and supporting Nazi propaganda in the Middle East were the main justifications for the attack, the Wehrmacht’s map provided some sense of small-scale industry present in Tel Aviv and Jaffa.95

Area bombing was actually more suited to the goals of an air raid. The position paper concluded as follows: “Tel Aviv is undoubtedly a place where we can consider retaliating against the British-American terror bombing.” This statement reflects the Nazi conspiratorial world-view in practice, namely striking émigré Jews in retaliation for the bombing of Berlin or Hamburg, as they believed Jews were in control in London and Washington, as well as Moscow. The call to bomb Tel Aviv corresponds directly with the deteriorating military fortunes of Germany in 1943.96

The planned Nazi area bombing of Tel Aviv never happened. In mid-July 1943 the Germans were losing on all fronts. The Battle of Kursk was lost, Germany was bombed continuously by Anglo-American air forces, and the Allies had landed in Sicily. Precious Luftwaffe resources could not be diverted for long-range bombing from Crete—Germany’s last island stronghold in the Mediterranean Sea. The position paper of that month had concluded that “any possible attack must take place with strong forces, in order to have a lasting impact.” By 1943, the Luftwaffe was incapable of mustering the requisite forces to devastate cities as it had done earlier in the war. While the intention was there, fortunately for the civilian population of Tel Aviv, the Nazi war machine was crumbling.

Nazi Bombing and the Holocaust

In her report of the Eichmann trial which began in April 1961, Hannah Arendt wrote that many Arab newspapers “did not hide their sympathy for Eichmann or their regret that he ‘had not finished the job.’” She even sardonically recounted that on the first day of the trial a radio broadcast from Cairo “injected a slightly anti-German note into its comments, complaining that there was not ‘a single incident in which one German plane flew over one Jewish settlement and dropped one bomb on it throughout the last world war.’”97 Recent scholarship has shown that such sentiment was shared by at least some Arab nationalist leaders during World War II.98 In fact, there was a plan for bombing Jewish cities, and the Mufti of Jerusalem, Haj Amin al-Husseini, was the voice in Berlin repeatedly urging a bombing of Jewish settlements.

The Luftwaffe had indeed considered the Mufti’s proposal. It had reached Hermann Göring’s desk in the summer of 1943. The type of bombing which the Nazis considered at this point differed qualitatively from the Anglo-American strategic bombing of Germany. While the Americans and the British bombed civilian centers, they did so to hasten the end of the war. Germany was the center of the Nazi war effort and the Allied commanders took the view that bombing cities would destroy morale and hasten a collapse of infrastructure. To be sure, there was also a certain measure of retaliation involved in planning, – especially on the part of the Royal Air Force. Germany had bombed London and many other cities in Britain at the start of the war. Arthur “Bomber” Harris’ memorable aphorism summed up this attitude: “they sowed the wind and now they are going to reap the whirlwind.”

The intentions behind Anglo-American bombing, however, were grounded in a rational, albeit brutal, effort to bring the war to a speedy conclusion.99 This does not apply in the case of the plan to bomb Jewish settlements. Instead, the Luftwaffe considered a strategic ideological bombing in 1943, and again, in 1944. By that time, Axis forces no longer were operational anywhere near the Middle East. Furthermore, Luftwaffe planners openly admitted that there were no major industrial targets in Jerusalem, Tel Aviv, or Haifa. Bombing those targets would only succeed in terrorizing the Jewish population and killing as many Jews as possible.

According to the Nazi Weltanschauung, killing Jewish civilians in a noncombatant country was a reasonable response to the bombing of Germany. Such thinking permeated all levels of the German military. Ludwig Cruwell, head of the tank divisions in Rommel’s army, revealed a great deal as he was secretly recorded by his British captors in 1943

We see the Jewish poison in this [Anglo-American bombing] attack on Hamburg. It is the Jews who want to destroy us down to the last man. They know that National Socialist doctrine will spread all over the world and they want to save themselves by hook or by crook from their inevitable extinction.100

Cruwell mentioned this as a casual point of conversation with other generals, months after he was captured by the British forces and out of the war. The notion of retaliatory bombing cuts to the heart of Nazi strategy which maintained that strikes against Tel Aviv would terrorize the “Jewish cliques” in charge in the Allied countries. The Nazi war against the Western powers and the Soviet Union was a war against the Jews worldwide.

The planned operation to bomb Tel Aviv belongs to the history of Nazi antisemitism and the Holocaust. The “twisted road to Auschwitz” followed the same path for Zionists in Palestine as it did for the Jews of Europe.101 In the early 1930s, Jews seeking to flee were harassed, humiliated, and despoiled before the were permitted to leave Germany. While expedience characterized the Third Reich’s often competing views with regard to Jewish immigration to Palestine, they never resulted in support for the Zionist project. As the state bureaucracy increasingly became Nazified and the prospect of war began to take root in the mind of the Third Reich’s elites, Nazi policy toward Jewish emigration hardened. Fear of a Jewish nation-state stirred Nazi concern that “International Jewry” could gain a sovereign territorial base, which in any future war would be used in operations against Germany. The course of the war led German planners to abandon Italian primacy in issues of the Middle East and North Africa. Germany’s war against England aligned its interests with those of Arab nationalists. When the war came within striking distance of Palestine, the RSHA prepared an Einsatzgruppe with genocidal plans, just as they had done a year before on the Eastern Front. When this front collapsed, and the dream of a Judenrein Middle East disintegrated, some officials in the Third Reich resorted to the idea of aerial bombardment to strike a blow against the Jewish enemy. If it were not for the changing military situation, the prospects for a Holocaust in the Middle East could have become a reality.

* * *

Notes

1 Ken Livingston interview transcript, John Stone, The Independent, April 28, 2016, accessed September 18, 2016, http://www.independent.co.uk/news/uk/politics/labour-anti-semitism-row-full-transcript-of-ken-livingstones-interviews-a7005311.html.

2 Lenni Brenner, Zionism in the Age of the Dictators (London: Croom Hill, 1983).

3 Oxford Union, “Ken Livingstone Full Q&A Oxford Union,” (Q&A of Ken Livingstone at the Oxford Union, July 2016), accessed September 15, 2016, https://www.youtube.com/watch?v=ovNjplP5QN0&t=1343s. Discussion of Livingstone’s remarks, 12:50-17:41.

4 “Ken Livingstone Full Q&A Oxford Union”14.28.

5 BBC News “Mann confronts Livingstone over anti-Semitic claim,” accessed October 14, 2016, http://www.bbc.com/news/uk-politics-36161950.

6 “Ken Livingstone Full Q&A Oxford Union,”15.48.

7 Jess Staufenberg, ”George Galloway says Ken Livingstone should not be suspended over ‘historic facts’ about Hitler and Zionism,” The Independent, April 29, 2016, accessed August 25, 2016, http://www.independent.co.uk/news/uk/politics/labour-antisemitism-row-george-galloway-ken-livingstone-hitler-comments-historical-fact-a7006321.html.

8 Rowena Mason, “Jeremy Corbyn faces outcry over Ken Livingstone remarks,” The Guardian, April 5, 2017, accessed April 19, 2017, https://www.theguardian.com/politics/2017/apr/05/growing-pressure-on-corbyn-to-sack-ken-livingstone-over-antisemitic-comments.

9 Chloe Western, “Ken Livingstone dismisses controversial comments about Hitler,” London Loves Business, March 30, 2017, accessed April 19, 2017, http://www.londonlovesbusiness.com/business-news/politics/ken-livingstone-dismisses-controversial-comments-about-hitler/14772.article.

10 Ben Kentish, “Almost half of Labour’s MPs sign letter criticizing decision to allow Ken Livingstone to remain in party,” The Independent, April 5, 2017, accessed April 19, 2017, http://www.independent.co.uk/news/uk/politics/ken-livingstone-labour-mps-letter-jewish-labour-movement-antisemitism-jeremy-corbyn-hitler-a7669256.html.

11 Jewish Labour Movement, “Open Letter regarding Ken Livingstone,” http://www.jlm.org.uk/kenlivingstoneletter.

12 Free Speech on Israel, “We reject the call for Labour to expel Ken Livingstone,” April 12, 2017, accessed April 19, 2017, https://www.theguardian.com/politics/2017/apr/12/we-reject-the-call-for-labour-to-expel-ken-livingstone.

13Jenni Frazer, “Top Historians take down Ken Livingstone’s claim that ‘Hitler supported Zionism,’” Times of Israel, June 21, 2016, accessed September 18, 2016 http://www.timesofisrael.com/top-historians-take-down-livingstons-claim-that-hitler-supported-zionism/.

14 Francis R. Nicosia, “Ein nützlicher Feind: Zionismus im nationalsozialistischen Deutschland 1933-1939,” Vierteljahreshefte für Zeitgeschichte, 37, no. 3(1989), 382.

15Gerhard Weinberg, Germany Hitler & World War II: Essays in Modern German and World History (New York: Cambridge University Press, 1995), 68.

16 Quoted in: Jeffrey Herf, The Jewish Enemy (Cambridge: Belknap Press, 2006), 52.

17 Halek Kochanski, The Eagle Unbowed: Poland and the Poles in the Second World War (London: Penguin Books, 2012), 70, 108.

18 The scholarship on the timing of the decision on the Holocaust is voluminous. For a rigorous academic debate between two of the foremost advocates of “moderate intentionalism” and “moderate functionalism,” see the debate between Richard Breitman and Christopher Browning in German Studies Review. Richard Breitman, “Plans for the Final Solution in Early 1941,” German Studies Review, 17, no. 3 (October 1994), 483-493 and Christopher Browning, “The Nazi Decision to Commit Mass Murder: Three Interpretations: The Euphoria of Victory and the Final Solution: Summer-Fall 1941,” German Studies Review, 17, no. 3 (October 1994), 473-481. Browning also outlined his ‘moderate functionalist’ approach in far greater detail, in: Christopher Browning, The Origins of the Final Solution: The Evolution of Nazi Jewish Policy September 1939-March 1942 (New York: University of Nebraska Press, 2004).

19 Yitzhak Arad, The Holocaust in the Soviet Union (Lincoln: University of Nebraska Press, 2009), 140.

20 Michael Mallmann and Martin Cüppers, Nazi Palestine: The Plans for the Extermination of the Jews in Palestine, trans. Krista Smith (New York: Enigma Books, 2010), 117-120.

21 Gerhard Weinberg, A World at War: A Global History of World War Two (New York: Cambridge University Press, 1994), 446.

22 OKL/ Lw Fü Stb Ic/Frd Lw West, Anregung des Grossmufti zu einem Bombenangriff auf Tel Aviv um 1. April. National Archives Microfilm Publication T321, roll 99, frames 134-137.

23 Jeffrey Herf, “Convergence – The Classic Case Nazi Germany, Anti-Semitism and Anti-Zionism during World War Two,” Journal of Israeli History, 25, no. 1 (2006), 63-83.

24 Peter Longerich, Holocaust: The Nazi Persecution and Murder of the Jews (Oxford: Oxford University Press, 2010), 43.

25 “Reich Migrants to Palestine Get Back 42% of Funds in Cash,” The Jewish Telegraph Agency, May 25, 1936, accessed November 17, 2016, http://www.jta.org/1936/05/25/archive/reich-migrants-to-palestine-get-back-42-of-funds-in-cash.

26 This number does not include the influx of Jews in 1938 and 1939 because of the Anschluss of Austria. If one counts the number of Jews who fled between 1938 and the outbreak of the war, the figure reaches 60,000. The 39,839 figure is illustrative of the fact that Haavara did not mean that all German Jews could easily get to Palestine. Numbers found in: R. Melka, “Nazi Germany and the Palestine Question,” Middle Eastern Studies, 5, no. 3 (1969), 230.

27 Saul Friedländer, Nazi Germany and the Jews, Volume 1: The Years of Persecution, 1933-1939 (New York: Harper Collins, 1997), 63.

28 Ibid., 64.

29 Richard Evans, The Third Reich in Power (New York: Penguin Books, 2005), 557.

30Ian Kershaw, “‘Working Towards the Führer’: Reflections on the Nature of the Hitler Dictatorship,” Contemporary European History, 2, no. 2(July, 1993), 117.

31 Adolf Hitler, Mein Kampf, trans. Ralph Mannheim (Boston: Houghton Mifflin, 1943), 324-325.

32 Yehuda Bauer, Jews For Sale: Nazi-Jewish Negotiations, 1933-1945 (New Haven: Yale University Press, 1994), 10-12.

33 Christoph Kimmich, German Foreign Policy, 1918-1945: A Guide to Current Research and Resources (Lanham: The Scarecrow Press, 2013), 4.

34Christopher Browning, The Final Solution and the German Foreign Ministry: A Study of Referat D III of Abteilung Deutschland 1940-43 (London: Holmes & Meier Publishing, 1978) 1-22.

35 Magnus Brechtken, Madagaskar für die Juden: antisemitische Idee und politische Praxis, 1884-1945 (Munich: Oldenbourg, 1998), 173.

36 Vicco von Bülow-Schwante an sämtliche Missionen und Berufkonsulate (nicht Wahlkonsulate), “Die Entwicklung der Judenfrage in Deutschland und ihre Rückwirkungen im Ausland,” Berlin, February 28, 1934, German Foreign Ministry Archives, Serial 8788, frame E612298; National Archives Microfilm Publication T120, Roll 3503.

37“Die Entwicklung der Judenfrage in Deutschland und ihre Rückwirkungen im Ausland,” February 20, 1934, T120/8788/3505/E61299.

38 “Law for the Reestablishment of the Professional Civil Service” (April 7, 1933), in: United States Chief Counsel For the Prosecution of Axis Criminality, Nazi Conspiracy and Aggression, Volume III (Washington, DC: United States Government Printing Offic, 1946), Document 1397-PS, 981-83.

39 “Die Entwicklung der Judenfrage in Deutschland und ihre Rückwirkungen im Ausland,” February 20, 1934, T120/8788/3505/E612301.

40 Ibid.

41 Christopher Browning, The Foreign Office and the Final Solution, 14.

42 “Die Entwicklung der Judenfrage in Deutschland und ihre Rückwirkungen im Ausland,” February 20, 1934, T120/8788/3505/E612302.

43 “Die Entwicklung der Judenfrage in Deutschland und ihre Rückwirkungen im Ausland,” February 20, 1934, T120/8788/3505/E612303. Quote found in: Adolf Hitler, Mein Kampf, trans. Ralph Mannheim, 623.

44 “Die Entwicklung der Judenfrage in Deutschland und ihre Rückwirkungen im Ausland,” February 20, 1934, T120/8788/3505/E612304.

45 Ibid.

46 Ibid.

47 “Die Entwicklung der Judenfrage in Deutschland und ihre Rückwirkungen im Ausland,” February 20, 1934, T120/8788/3505/E612307.

48 “Die Entwicklung der Judenfrage in Deutschland und ihre Rückwirkungen im Ausland,” Feb. 20, 1934, T120/8788/3505/E612311. Quote found in: Adolf Hitler, Mein Kampf, trans. Ralph Mannheim, 455. Mannheim translates the passage as “Political parties are inclined to compromises; philosophies never.” Yet the German word Weltanschauung conveys something stronger.

49 Palestine Royal Commission Report, Presented by the Secretary of State for the Colonies to Parliament by Command of His Majesty July, 1937 (London: His Majesty’s Stationary Office, 1937).

50 Documents on German Foreign Policy (DGFP) Series D (1937-1945) Volume V: Poland; The Balkans; Latin America; The Smaller Powers June 1937- March 1939 (Washington DC: Department of State, 1953) Document nr. 561, 746.

51 David Yisraeli, “The Third Reich and Palestine,” Middle Eastern Studies, 7, no. 3 (1971), 349.

52 DGFP Series D ,Volume V, Document Nr. 564 p. 761.

53 Cited in: Michael Mallmann and Martin Cüppers, Nazi Palestine, 56. Original citation, in: Sir Frederick William Deakin, The Brutal Friendship: Mussolini, Hitler, and the Fall of Italian Fascism (New York: Weidenfeld and Nicolson, 1962), 23.

54 Mallmann and Cüppers, Nazi Palestine, 58-59.

55Andreas Hillgruber, Hitler’s Strategie: Politik und Kriegsführung 1940-1941 (Frankfurt am Main: Bernard and Graefe, 1965). In his 1972 classic, Robert Paxton wrote about negotiations between Admiral François Darlan and the Germans in 1942, as follows: “In the end his bargaining led to nowhere because Hitler had lost interest in the Mediterranean world.” Robert Paxton, Vichy France: Old Guard and New Order, 1940-1944 (New York: Alfred A. Knopf, 1972), 129.

56 For a description of this turn in scholarship: Francis Nicosia, Nazi Germany and the Arab World (New York: Cambridge University Press, 2015), 11.

57 Norman Goda, Tomorrow the World: Hitler, Northwest Africa, and the Path toward America (College Station:Texas A&M University Press, 1998), 195.

58 Mallmann and Cüppers, Nazi Palestine, vii; Jeffrey Herf, Nazi Propaganda for the Arab World (New Haven and London: Yale University Press, 2009), 6-7.

59 David Motadel, Islam and Nazi Germany’s War (Cambridge, Massachusetts: Harvard University Press, 2014).

60 Mallmann and Cüppers, Nazi Palestine, 147.

61 Nir Arielli, “‘Haifa is Still Burning’: Italian, German and French Air Raids on Palestine during the Second World War,” Middle Eastern Studies, 46, no. 3 (2010), 335.

62 Ibid., 337.

63 Wilhelm Canaris, “Geplante Massnahmen des Amtes Ausland/Abwehr im vord. Orient,” 25 March 1941, T120/9/25/15757.

64 Ibid.

65 Conversation between Fritz Grobba, Wilhelm Canaris, Colonel Piekenbrock and Collonel Lahusen, “Über Organisation und Arbeitsplan der Abwehr im Orient,” 18 April 1941, T120/9/25/15769

66 Ibid.

67 “Vertrauensleute” in the Middle East, Africa, Europe,” undated, T120/9/25/15752.

68 See: Footnote no. 65.

69 “Vertrauensleute” in the Middle East, undated, T120/9/25/15804.

70 Malmann and Cüppers, Nazi Palestine, 65.

71 Zamboni, “Aufzeichung über Möglichkeiten für Waffenlieferungen nach dem Iraq,” 8 May 1941, T120/358/792/ 272834. For a description of Italian weapons deliveries, see also: Lukasz Hirszowicz, The Third Reich and the Arab East (London: Routledge, 1966), 120.

72 Fritz Grobba, “Beförderung von Waffen nach dem Iraq,” 23 April 1941, T120/358/792/273022

73 Ibid.

74 Ibid.

75 Gerhard Schreiber, Bernd Stegemann, Detlef Vogel, eds., Germany and the Second World War: Volume 3 (Oxford: Clarendon Press, 1995), 601

76 Jeffrey Herf, Nazi Propaganda for the Arab World, 90.

77 Erwin Ettel, “Telegram Nr. 328 vom 4.5” 4 May 1941 T120/358/792/272903.

78 Erwin Ettel, “Telegram Nr. 328 vom 4.5,” 4 May 1941 T120/358/792/272904.

79 Rober Slusser and Jan Triska, eds., A Calendar of Soviet Treaties: 1917-1957 (Stanford: Stanford University Press, 1959), 144.

80 Adolf Hitler, “No. 543, Führer’s Directive, Directive No. 30, The Middle East” (May 23, 1941), DGFP, Series D (1937-1945), vol. 12, 689-90.

81 On convergence, see: Mallmann and Cüppers, Nazi Palestine; Jeffrey Herf, Nazi Propaganda for the Arab World; Matthias Küntzel, Jihad and Jew-Hatred: Islamism, Nazism and the Roots of 9/11 (New York: Telos Press, 2009); Barry Rubin and Wolfgang G. Schwanitz, Nazis, Islamists, and the Making of the Modern Middle East (Cambridge: Yale University Press, 2014). On divergence, see: Francis Nicosia, Nazi Germany and the Arab World (Cambridge University Press: New York, 2015). A. Dirk Moses, “Paranoia and Partisanship: Genocide Studies, Holocaust Historiography, and the ‘Apocalyptic Conjuncture,’” The Historical Journal, 54, no. 2 (June 2011), 566-570. This is not to say that there is universal agreement in these schools of thought. For instance, both Jeffrey Herf and Matthias Küntzel have criticized Rubin and Schwanitz for overestimating the role of the Mufti in planning the Holocaust. Jeffrey Herf, “Haj Amin al-Husseini, the Nazis and the Holocaust: The Origins, Nature and Aftereffects of Collaboration,” Jewish Political Studies Review, 26, no. 3-4 (Fall 2014),13-37. Matthias Küntzel, “Review of Nazis, Islamists, and the Making of the Modern Middle East,Israel Journal of Foreign Affairs, 9, no. 1 (February 2015), 133-137.

82 Untitled, 4 December 1940, T120/41/28/28170.

83 Letter from Amin al-Husseini and Raschid Gailani to Joachim von Ribbentrop, 28 April 1942, T120/41/28/28184.

84 Letter from Joachim von Ribbentrop to Amin al-Husseini and Rashid Gailani, 28 April 1942, T120/41/28/28186-6.

85 Sonderzug Westfalen (Ribbentrop’s private train), 15 November 1941, “Notiz Für den Führer” T120/41/28/28229.

86 Ibid.

87 “Notiz für Herrn Reichsaussenminister von Führerhauptquartier,” 17 April 1942, T120/41/28/28354.

88 Ibid.

89 OKL/ Lw Fü Stb Ic/Frd Lw West, Anregung des Grossmufti zu einem Bombenangriff auf Tel Aviv um 1. April. National Archives Microfilm Publication T321, roll 99, item no. OKL/232, frames 134-137

90 Ibid.

91 Telefonanruf von Oblt. Zetsche bezgl. Luftangriffe im Palästinenischem Raum, October 29, 1943, T321/99/135.

92 Ibid.

93 Telefonanruf von Oblt. Zetsche bezgl. Luftangriffe im Palästinenischem Raum, October 29, 1943, T321/99/136.

94 Stellungnahme: zum Vorschlag eines Luftangriffes auf Tel Aviv Palästina, Undated (1943), T321/99/137.

95 Oberkommando der Wehrmacht, Wehrwirtschafts und Rüstungsamt, July 1943, National Archives Microfilm Publication T77, Roll 765, first frame 6552123

96 On the relationship between the changing fortunes of the war and Nazi propaganda, see: Jeffrey Herf, “The Jews Are Guilty of Everything,” in: The Jewish Enemy, 183-230.

97 Hannah Arendt, Eichmann in Jerusalem: A Report on the Banality of Evil (New York: Penguin Books, 1963), 13.

98 For a description of recent scholarship on collaboration, see the special issue of the Jewish Political Studies Review: “The Historical Problem of Haj Amin al-Husseini, ‘Grand-Mufti’ of Jerusalem,” Jewish Political Studies Review, 26, 3-4 (2016).

99Richard Overy, The Bombers and the Bombed: Allied Air War Over Europe (New York: Viking Books, 2014), 11-13.

100 Sonke Neitzel, ed., Taping Hitler’s Generals: Transcripts of Secret Conversations, 1942-1945 (St. Paul: Frontline Books, 2013) 79.

101 Karl A. Schleunes, The Twisted Road to Auschwitz: Nazi Policy Toward German Jews, 1933-1939 (Urbana: University of Illinois Press, 1970).


Déclaration Balfour: Un message à toutes les terres où la race juive a été dispersée (Morris on Shlaim’s latest extended exercise in anti-Zionism)

5 décembre, 2009
En gros l’islam aurait remplacé le bouddhisme pour celles et ceux qui ne connaissent de l’islam que le thé à la menthe à la mosquée de Paris, le couscous chez le « copain maghrébin » les vacances au Maroc et la nounou sympa qui fait aussi le ménage, bref, l’islam est appréhendé comme fait uniquement culturel et exotique ou le vieil orientalisme qui faisait aimer la Turquie par Théophile Gauthier lorsqu’il en parlait au club des Hachichins. Ce qui fait que la dimension politique de l’islam sera évacuée et que toute critique à son égard sera taxée de racisme, y compris lorsque l’islam recèle les mêmes propositions de vie que dans le christianisme et le judaïsme alors que celles-ci seront vivement critiquées par les mêmes qui devant l’islam font par contre silence, ce silence de cristal qui fascina certains écrivains dans les années 30 lorsqu’ils virent s’ériger le nazisme et le fascisme. Lucien Oulahbib
Les mosquées sont nos casernes, les coupoles nos casques, les minarets nos baïonnettes et les croyants nos soldats. Erdogan (1998)
Vous avez la psychologie d’un coupable (…) Vous savez très bien tuer les gens. Erdogan (à Peres, Davos, janvier 2009)
Bienvenue, conquérant de Davos! Slogan accueillant le premier ministre turc à son retour de Davos (janvier 2009)
Recep Tayyip Erdogan a dit la vérité, en faisant triompher la justice, la liberté et le peuple palestinien. Tu nous rappelles la position glorieuse de tes ancêtres ottomans. Que les dirigeants musulmans écoutent comment l’Histoire fait des héros et comment les hommes font l’Histoire. Khalil al-Hayya (chef du Hamas à Gaza, le 30 janvier 2009)
La Turquie est en Europe (…) Les opposants à l’adhésion avancent de faux prétextes. En réalité, ils veulent maintenir une Europe conçue comme un club chrétien, réservé aux pays de tradition chrétienne. De même qu’on a souhaité l’adhésion de pays de l’Est parce qu’ils sortaient du communisme, il convient de tendre la main à la Turquie, le seul pays musulman à avoir su organiser la séparation entre la religion et l’Etat. Bernard Kouchner (le 11 décembre 2002)

Pour ceux qui croiraient encore qu’Israël a été créé dans le seul but de remercier l’Alfred Nobel juif …

Au lendemain de la mort à New York du dernier prétendant au trône de la Sublime Porte, le petit-fils du sultan Abdulhamid II Osman Ertugrul et à la veille de l’arrivée à Washington d’un président qui déclarait il y à peine dix ans que « les mosquées sont nos casernes » …

Et qui, suite à son coup de colère de Davos contre son homologue israélien, fut accueilli en nouveau conquérant par un pays en pleine nostalgie d’un empire qui avait, pendant 600 ans et des Balkans à l’Océan indien et jusqu’aux portes de Vienne (y compris, sous ses successeurs, par le génocide), imposé l’islam à près des deux tiers de l’humanité …

Pendant que, profitant du complexe de culpabilité d’un Occident postmoderne déstabilisé par la crise financière (les croisades et le colonialisme comme seules explications du sous-développement des pays musulmans !), les islamistes masqués avancent leurs pions (minarets, appels à la prière, tribunaux spécifiques, voiles, burkas) …

Et que nos prétendument progressistes anti-mondialistes (d’ailleurs rejoints sur ce point par l’extrême-droite opposée à la globalisation libérale) tentent de se refaire une santé …

En nous vendant l’islam comme « nouveau creuset révolutionnaire » et « résistance face à l’américanisation du monde » …

Et à la prétendue menace d’un petit Etat de 7 millions d’habitants qui refuse de collaborer à sa propre disparition …

Notamment via les 4,5 millions voire 7 millions de prétendus réfugiés que voudraient lui imposer, avec la complicité occidentale, l’Autorité palestinienne ou le Hamas .…

Favoriser l’engagement des Etats-Unis et des juifs dans la guerre, préempter la Palestine face à la France, protéger le Canal de Suez et les routes commerciales de l’Empire, satisfaire les fondamentalistes protestants, limiter les frais de l’effort de guerre, remercier Weizmann pour la synthèse de l’acétone …

Les historiens n’ont, on le voit en ces temps de révisonnisme rampant, jamais manqué d’imagination pour expliquer la fameuse Déclaration de Balfour de 1917 pour l’établissement d’un foyer juif.

Tout ça pour éviter, comme le montre l’historien israélien Benny Morris à l’occasion de la sortie du dernier ouvrage d’Avi Shlaim (« Israel and Palestine: Reappraisals, Revisions, Refutations ») …

De reconnaître que, derrière les considérations impériales classiques, les dirigeants britanniques aient pu sincèrement se sentir redevables d’un des peuples les plus persécutés de l’histoire humaine …

Et ce, non seulement de la part des Européens, mais également de l’Empire ottoman et ses siècles d’oppression et d’expulsions …

D’où l’intérêt de ce discours oublié de Lord Balfour à la Chambre des Lords qu’il cite …

Au moment où cinq ans après sa fameuse Déclaration était remise en cause au sein même de son parti …

L’accès à l’auto-détermination du peuple juif que venait d’ouvrir, après six siècles de domination sans partage, la destruction de l’Empire ottoman …

Et qui, dans son langage nécessairement daté et au-delà des siècles de persécutions occidentales mais aussi ottomanes …

Avait le mérite de rappeler l’apport totalement disproportionné du peuple juif à l’humanité …

Dont, alors comme aujourd’hui et avec les mêmes conséquences de sous-développement et d’archaïsme, le monde musulman s’obstine à vouloir se priver …

Extraits (traduits au babelfish):

Mon noble ami nous a dit dans son discours, et je le crois absolument, qu’il n’a aucun préjugé contre les juifs. Je pense que je peux dire que je n’ai aucun préjugé en leur faveur. Mais leur position et leur histoire, leurs liens avec les religions et la politique du monde sont absolument uniques. Ces liens sont sans précédent et sans et sans pareil dans n’importe quelle autre branche de l’histoire humaine. Voici une petite race habitant à l’origine un petit pays, pas plus grand je le pense que le Pays de Galles ou la Belgique, en tout cas de taille comparable à ces deux petits pays, n’ayant possédé à aucun moment de son histoire ce que l’on pourrait considérer comme une puissance temporelle, parfois écrasé entre de grandes monarchies orientales, ses habitants expulsés, puis dispersés, puis expulsés tout à fait de toutes les parties du monde et pourtant maintenant une continuité de tradition religieuse et raciale dont nous n’avons aucun parallèle ailleurs.

(…)

De façon à que nous puissions envoyer un message à toutes les terres où la race juive a été dispersée, un message qui leur indiquera que la Chrétienté n’est pas oublieuse de leur foi, du service qu’ils ont rendu aux grandes religions du monde et surtout à la religion que la majorité de Vous mes Lords professent, et que nous désirons autant que possible leur donner cette occasion de développer… ces grands cadeaux que jusqu’ici ils ont été contraints de faire fructifier dans des pays qui ne connaissent pas leur langue et n’appartiennent pas à leur race ? Tel est l’idéal que je désire voir accompli, tel est le but qui se trouve à la racine de la politique que j’essaie de défendre ; et bien que celle-ci soit défendable en effet à tous les niveaux, tel est le principal motif qui anime mon action. Lord Balfour (Discours à la Chambre des Lords, 1922)

Voir aussi les extraits de Morris :

Shlaim omet complètement de mentionner la pertinence du philo-sémitisme et du philo-sionisme comme facteur décisif dans l’établissement de la déclaration. En effet, c’était probablement le facteur le plus important dans l’appui des membres du Cabinet britannique: Lloyd George, Arthur James Balfour lui-même, Lord Milner, Robert Cecil, et janv. Smuts. Elevé dans la lecture de la Bible et dans croyance à la contribution des juifs à la civilisation judéo-chrétienne, ces leaders croyaient que la chrétienté avait une dette envers les juifs – et qu’elle devait réparer deux mille ans de persécution en leur rendant leur terre.

(…)

Comme Balfour l’avait déclaré à la Chambre des Lords en 1922 :

Pour Shlaim, Balfour, George, Milner, Smuts, et Cecil étaient tous des menteurs ou des dissimulateurs. Je préfère les croire. C’était principalement leur estime et leur sympathie pour les juifs qui les ont conduits à soutenir l’arrangement écervelé connu sous le nom de sionisme. Même si bien sûr les intérêts matériels de guerre et le calcul impérial d’après-guerre y ont également joué un rôle.

(…)

Les aspirations politiques palestiniennes, alors et maintenant, étaient « justes » selon Shlaim. Il n’applique jamais le mot aux aspirations sionistes, avant 1948 ou après. L’établissement d’Israël était-il « juste» et son existence continue « juste » à la lumière de l’ « injustice » monumentale qu’elle avait causé aux Palestiniens ? Les juifs n’auraient-ils jamais dû établir leur Etat en Palestine ? Shlaim laisse implicitement sur la table l’argument palestinien standard que les Palestiniens ont dû payer une injustice commise contre les juifs par d’autres.

Nulle part dans ce livre Shlaim ne dit un mot au sujet du lien vieux de 3000 ans du peuple juif à la terre d’Israël–que cette terre était le berceau du peuple juif; qu’ils ont plus tard régné sur elle, par intermittence, pendant plus de mille ans ; et que pendant les deux millénaires suivants, après l’entrée dans l’exil, ils ont aspiré et désiré ardemment d’y retourner.

Ni ne mentionne-t-il que les Arabes, qui n’avaient aucun lien avec la Palestine, l’ont arraché « injustement » au septième siècle à l’empire bizantin et s’y sont« illégalement » installés, la convertissant de force en terre « arabe ». Si la conquête n’accorde pas de revendication légitime, cela ne devrait-il pas être universellement vrai?

Nulle part Shlaim ne nous parle de la persécution, de l’oppression, et de l’assassinat de masse occasionnel des juifs par les Arabes musulmans au cours des siècles, à commencer par la destruction des communautés juives du Hijaz par Mahomet et pour finir avec les pogroms d’Aden et du Maroc en 1947-1948.

Et nulle part Shlaim ne précise-t-il que les Arabes palestiniens ont eu une main indirecte dans la mort des juifs européens pendant l’Holocauste, en conduisant les Anglais, par la violence anti-Britannique et anti-sioniste, à fermer les portes de la Palestine, qui était le seul asile sûr possible, après que les Etats-Unis et le monde anglo-saxon aient fermé leurs portes aux juifs européens en fuite. Et, plus directement, que les leaders palestiniens (et arabes en général) ont contribué à l’Holocauste en soutenant politiquement Hitler et, dans le cas de Haj Amin Al Husseini, en travaillant réellement à Berlin pour le Troisième Reich, colportant la propagande nazie dans le monde arabe et levant des troupes pour la Wehrmacht.

(…)

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Modern History Sourcebook:
A.J. Balfour (1848-1930):
Defense of the Palestine Mandate, 1922

A.J. Balfour (1848-1930) was British Prime Minister from 1902-1905 and later the Foreign Secretary responsible for the « Balfour Declaration ». In 1922 he responded to an attack on the British promise to the Jewish People in this speech.

My noble friend told us in his speech, and I believe him absolutely, that he has no prejudice against the Jews. I think I may say that I have no prejudice in their favour. But their position and their history, their connection with world religion and with world politics is absolutely unique. There is no parallel to it, there is nothing approaching to a parallel to it, in any other branch of human history. Here you have a small race originally inhabiting a small country, I think of about the size of Wales or Belgium, at any rate of comparable size to those two, at no time in its history wielding anything that can be described as material power, sometimes crushed in between great Oriental monarchies, its inhabitants deported, then scattered, then driven out of the country altogether into every part of the world, and yet maintaining a continuity of religious and racial tradition of which we have no parallel elsewhere.

That itself, is sufficiently remarkable, but consider-it is not a pleasant consideration, but it is one that we cannot forget-how they have been treated during long centuries, during centuries which in some parts of the world extend to the minute and the hour in which I am speaking; consider how they have been subjected to tyranny and persecution; consider whether the whole culture of Europe, the whole religious organization of Europe, has not from time to time proved itself guilty of great crimes against this race. I quite understand that some members of this race may have given, doubtless did give, occasion for much ill-will, and I do not know how it could be otherwise, treated as they were; but, if you are going to lay stress on that, do not forget what part they have played in the intellectual, the artistic, the philosophic and scientific development of the world. I say nothing of the economic side of their energies, for on that Christian attention has always been concentrated.

I ask your Lordships to consider the other side of their activities. Nobody who knows what he is talking about will deny that they have at least – and I am putting it more moderately than I could do – rowed all their weight in the boat of scientific, intellectual and artistic progress, and they are doing so to this day. You will find them in every University, in every centre of learning; and at the very moment when they were being persecuted, when some of them, at all events, were being persecuted by the Church, their philosophers were developing thoughts which the great doctors of the Church embodied in their religious system. As it was in the Middle Ages, as it was in earlier times, so it is now. And yet, is there anyone here who feels content with the position of the Jews? They have been able, by this extraordinary tenacity of their race, to maintain this continuity, and they have maintained it without having any Jewish Home.

What has been the result? The result has been that they have been described as parasites on every civilization in whose affairs they have mixed themselves very useful parasites at times I venture to say. But however that may be, do not your Lordships think that if Christendom, not oblivious of all the wrong it has done, can give a chance, without injury to others, to this race of showing whether it can organize a culture in a Home where it will be secured from oppression, that it is not well to say, if we can do it, that we will do it. And, if we can do it, should we not be doing something material to wash out an ancient stain upon our own civilization if we absorb the Jewish race in friendly and effective fashion in these countries in which they are the citizens? We should then have given them what every other nation has, some place, some local habitation, where they can develop the culture and the traditions which are peculiarly their own.

I could defend – I have endeavoured, and I hope not unsuccessfully, to defend this scheme of the Palestine Mandate from the most material economic view, and from that point of view it is capable of defence. I have endeavoured to defend it from the point of view of the existing population, and I have shown I hope with some effect, that their prosperity also is intimately bound up with the success of Zionism. But having endeavoured to the best of my ability to maintain those two propositions, I should, indeed, give an inadequate view to your Lordships of my opinions if I sat down without insisting to the utmost of my ability that, beyond and above all this, there is this great ideal at which those who think with me are aiming, and which, I believe, it is within their power to reach.

It may fail. I do not deny that this is an adventure. Are we never to have adventures? Are we never to try new experiments? I hope your Lordships will never sink to that unimaginative depth, and that experiment and adventure will be justified if there is any case or cause for their justification. Surely, it is in order that we may send a message to every land where the Jewish race has been scattered, a message which will tell them that Christendom is not oblivious of their faith, is not unmindful of the service they have rendered to the great religions of the world, and, most of all, to the religion that the majority of your Lordships’ House profess, and that we desire to the best of our ability to give them that opportunity of developing, in peace and quietness under British rule, those great gifts which hitherto they have been compelled from the very nature of the case only to bring to fruition in countries which know not their language, and belong not to their race. That is the ideal which I desire to see accomplished, that is the aim which lay at the root of the policy I am trying to defend; and, though it be defensible indeed on every ground, that is the ground which chiefly moves me.

Source:

Reprinted in Brian McArthur, Penguin Book of Twentieth Century Speeches (London: Viking Penguin, 1992), pp. 88-90.

Voir aussi:

Derisionist History
Benny Morris
The Republic
November 28, 2009

Israel and Palestine: Reappraisals, Revisions, Refutations

By Avi Shlaim

(Verso, 392 pp., $34.95)

Avi Shlaim burst upon the scene of Middle Eastern history in 1988, with the publication of Collusion Across the Jordan: King Abdullah, the Zionist Movement, and the Partition of Palestine. Before that, as a young lecturer at Reading University in England, he had produced two books, British Foreign Secretaries Since 1945 (1977) and The United States and the Berlin Blockade, 1948–1949 (1983), and several revealing essays on modern Middle Eastern historical issues in academic journals. But it was Collusion Across the Jordan, with its 676 pages of solid and well-written research, that thrust him into the academic limelight.

Shlaim’s book traced the thirty-year relationship between the Jewish Agency for Palestine and, later, the government of Israel and Prince Abdullah (later King) of Transjordan (later Jordan), focusing on their secret friendly ties and mutual interests–the “collusion” of the title–during the 1948 war, and their unsuccessful secret peace negotiations, which were suspended just before Abdullah’s assassination by a Palestinian gunman in July 1951. Shlaim argued that Abdullah and the leadership of the Yishuv, the Jewish community in Palestine/Israel, were united in their fear and their hatred of Haj Amin Al Husseini, the leader of the Palestinian national movement, and also in coveting the territory of Palestine; and so they agreed, in the run-up to the 1948 war, to “collude” to prevent the Palestinians from establishing a state.

Bowing to the realities of power, Shlaim contended, the Hashemite king and the Zionists agreed to divide the territory between themselves. As it turned out, and despite fierce Israeli-Jordanian clashes in and around Jerusalem, this is exactly what happened in the course of the war, the Jordanians occupying and eventually annexing the West Bank–the core of the area allotted by the United Nations partition resolution of November 1947 for a Palestinian Arab state–and the Jews establishing the state of Israel on the remainder (minus the Gaza Strip, also allotted to the Palestinians, which Egypt occupied in the course of the war and held until 1967). And following the war, the two countries embarked on peace negotiations, but failed to conclude a deal. Shlaim argues that it was an unconciliatory Israel that was largely responsible for the diplomatic failure–as it was, also, for the failure to explore properly the options for peace with Syria and Egypt that opened up, in his view, in those immediate postwar years.

Much of Shlaim’s spadework, especially relating to Zionist-Arab diplomacy before, during, and after the war, was original, but his thesis itself, about the nature of Jordanian-Israeli relations before and during 1948, was not. Israel Ber–who had served as an important officer on the General Staff of the Haganah, the Yishuv’s main pre-state militia that changed its name later to the Israel Defense Forces (IDF), and on the General Staff of the IDF in 1949–1950 (before his resignation, he headed its Planning and Operations Department)–had suggested the “collusion” thesis in his book Israel’s Security: Yesterday, Today, and Tomorrow, published posthumously in 1966. And Dan Schueftan and Uri Bar-Joseph had presented and analyzed it in their learned and well-argued works, A Jordanian Option (1986) and The Best of Enemies (1987).

But Ber’s was an unannotated political essay by a discredited man–he was jailed in 1961 as a Soviet spy–and it appeared only in Hebrew. Schueftan’s work also appeared only in Hebrew, and Bar-Joseph’s drew little attention. Shlaim certainly did his work more thoroughly, and he wrote with verve and elegance. Though one or two critics suggested that Shlaim had given too much weight to oral testimony elicited decades after the events described, Collusion Across the Jordan enjoyed wide acclaim. Some of that, without a doubt, was owed to what was seen as the book’s anti-Israeli slant.

The title itself gave the game away. When two states, with whose policies and leaders one agrees, act in unison against a third party, their cooperation is usually described as an alliance or a partnership. “Collusion,” by contrast, is a pejorative term. The Concise Oxford Dictionary defines “collusion” as a “fraudulent secret understanding, especially between ostensible opponents as in a lawsuit.” For many Britons (the book first appeared in England), the word raised the specter of the “imperialist collusion” between Israel, Britain, and France in their attack on Nasser’s Egypt in 1956; all three were vilified by opponents of the war as conspiring against a relatively innocent and weak Third World third party. Heeding criticism of the loaded title, Shlaim later published an abridged version of his book under the title Politics of Partition, but subsequently he expressed remorse over his momentary lapse, and stated that he should have stayed with Collusion. (He resurrects the usage in his new book when he speaks of “the Sharon-Bush collusion” against the Palestinians during the Second Intifada.)

In Collusion Across the Jordan, only one of the parties to the “collusion” was pilloried–the Yishuv and its leaders, chiefly David Ben-Gurion, chairman of the Jewish Agency Executive and, from May 14, 1948, Israel’s prime minister and defense minister. Ben-Gurion is portrayed as conniving, inflexible, and war-mongering. The other party to the “collusion,” Jordan, was let off by Shlaim with barely a slap on the wrist. Indeed, Abdullah was held up as a wise, noble, and peace-craving statesman–a portrait, incidentally, that greatly endeared Shlaim to the Hashemite princes, and did much to open doors for him in Amman for his subsequent biography of King Hussein, Lion of Jordan: The Life of King Hussein in War and Peace, which appeared in 2008. (Abdullah was Hussein’s beloved grandfather.) The fact that Abdullah, in defiance of the U.N. resolution of 1947, had occupied the core area of the proposed Palestinian state, and during the following years did nothing to promote Palestinian statehood in the West Bank, and, indeed, did a great deal to stifle Palestinian nationalism, and that in 1949–1951 he had proved unable to persuade and unwilling to force his Cabinet to endorse peace or even a limited non-belligerency pact with Israel–all this was somehow exempted from the moral fervor that characterized Shlaim’s treatment of Israel.

To be sure, Shlaim’s attitude to Israel earned him prestige among his British, European, and Arab academic colleagues. So did his voluminous The Iron Wall (2000), a history of Israeli-Arab relations since 1948. In his new book, a collection of essays, in a piece called “Free Speech? Not for Critics of Israel,” Shlaim sums up that book not inaccurately: “The central theme of … The Iron Wall is that Israel throughout its history too readily resorted to military force, and has been unwilling to engage in meaningful diplomacy.”

In fact, The Iron Wall was more balanced than that. In the heat of his current pro-Palestinian righteousness, Shlaim forgets that The Iron Wall devoted many pages to the Israeli-Egyptian and Israeli-Syrian post–October War disengagement negotiations, which led to substantial Israeli troop withdrawals; and to the Israeli-Egyptian negotiations and peace treaty of 1977–1979, which saw Israel evacuate every last inch of the Sinai Peninsula; and to the Israel-PLO Oslo accords and the negotiations that resulted in the Israel-Jordan 1994 peace treaty. And while Ehud Barak’s (and Bill Clinton’s) efforts in 2000 to achieve an Israeli-Palestinian peace may not have been successful, they cannot be airily dismissed as “meaningless” diplomacy. Indeed, one can say that in the course of its sixty-year history, Israel has engaged in very meaningful diplomacy–and in diplomacy that resulted in its evacuation of huge swathes of territory (Sinai alone is three times the size of Israel) and in peace treaties with two of its Arab neighbors.

Shlaim often refers to himself as an Israeli, though Wikipedia’s designation of him as a “British historian” is more accurate: born in Baghdad in 1945 and educated as a historian in Britain, Shlaim has lived in the United Kingdom since 1966. He was one of a small group who emerged in the late 1980s and were lumped together and designated-actually by me, in an article in Tikkun, an American Jewish journal–as the “New Historians,” their collective work being the “New Historiography.” I included myself and my own work in this rubric. It countered the “Old Historiography” of the “Old Historians,” which painted a roseate portrait of Zionism and its works. The “Old Historians” generally ignored, omitted, or otherwise swept under the carpet all that was morally reprehensible and dubious and unwise in the activities of the Yishuv and Israel before and after 1948. The “New Historians,” availing themselves of Israel’s very liberal Archives Law and its newly opened archives (and also British, U.N., and American material), published a series of books in the late 1980s that were critical of the traditional Zionist historical narrative. Collusion Across the Jordan was one of those transgressive books.

Over the past decade, the New Historians–we were never a tightly knit school but were all, loosely, “of the Left”–have largely parted ways politically. Ilan Pappé, formerly of Haifa University and now of the University of Exeter; Tom Segev, a journalist at Ha’aretz who does history on the side (in The Seventh Million: Israelis and the Holocaust, an important work on the Yishuv’s reaction to the Holocaust and the role of the Holocaust in post-1948 Israeli politics, and most recently in 1967, a far less impressive work); and Avi Shlaim steadily drifted leftward (if that really is the direction of people expressing understanding and sympathy for the likes of Yasser Arafat and Hamas), largely under the impact of the Second Intifada. I myself, while still believing that a two-state solution is the only just solution to the Israeli-Palestinian conflict, have moved marginally rightward–and in Israel and Palestine, while mildly praising my historiographic work, Shlaim castigates me for this in an essay called “Benny Morris and the Betrayal of History.” (“Benny is in danger of becoming … ‘a genuine charlatan,’” Shlaim writes, which is a very British way of saying that I am a charlatan. Also “his post-conversion interpretation of history is old history with a vengeance … indistinguishable from the propaganda of the victors.” Shlaim fails to explain how, precisely, I have “betrayed history,” and his name-calling is motivated solely by political disagreement.)

Israel and Palestine, which will probably earn Shlaim more Israel-bashing brownie points than all his previous books combined, is a collection of academic essays and reviews, along with some journalistic articles about politics. The pieces are mostly an extended exercise in anti-Zionism, nothing more. There is also one interview, originally published in The New York Review of Books in 1999, in which Shlaim asks King Hussein about his meetings with Israeli officials and leaders from the 1960s until the 1990s, and about Jordan’s participation, or non-participation, in the wars of 1967 and 1973. The monarch’s responses are vague, fluffy, and imprecise (he often answers that he cannot remember but will later look for the relevant documents, which, of course, are never referred to again) and generally uninformative, heavily larded with avowals of goodwill and the love of peace.

The scholarly essays deal with “The Balfour Declaration and its Consequences”; “The Rise and Fall of the All-Palestine Government in Gaza,” an impotent, short-lived organization established by the Egyptians in September 1948 as a means of controlling Palestinian politics, countering King Abdullah’s territorial, claims and, if one is prone to generosity, providing the Palestinians with some sort of representation; and “Husni Zaim and the Plan to Resettle Palestinian Refugees in Syria.” This last essay, which was trailblazing when published in 1986, describes a peace overture by Husni Zaim, Syria’s short-lived prime minister.

Zaim ruled Syria from March 30, 1949, to August 14, 1949, when he was deposed and executed by his colleagues. Working through American and U.N. mediators, Zaim proposed peace with Israel, and also that Syria absorb a quarter of a million Palestinian refugees in exchange for Israeli cession of the eastern half of the Sea of Galilee (according to the U.N. partition resolution, the whole sea was to be within Israeli territory) and, by implication, the Israeli-owned strip of land to the east of the lake, which included Kibbutz Ein-Gev.

Israel and Syria were at the time in the middle of armistice negotiations, and Ben-Gurion suspected that Zaim’s move was a ploy to delay Syrian withdrawal from Israeli territory that it had conquered during the war, which Israel was demanding. At the same time Ben-Gurion believed that Zaim was not trustworthy. (The Syrian was apparently a CIA agent and had previously been in intermittent contact with Haganah intelligence officers.) Ben-Gurion was in any case unwilling to give up half of Israel’s major water resource, and to surrender hard-won territory in exchange for a bilateral peace agreement on which the Syrians could at any time renege. He refused to meet with Zaim until the Syrians agreed to withdraw from Israeli territory, and the Syrians rejected the Israeli proposal to negotiate at the foreign ministers level.

According to Shlaim, Zaim gave Israel “every opportunity to bury the hatchet and lay the foundations for peaceful coexistence in the long term,” but an “intransigent” Israel and a “short-sighted” Ben-Gurion “spurned” his offer and “frittered away” a “historic opportunity.” A historic opportunity? I am not so sure, and in the absence of Syrian documentation the seriousness of Zaim’s offer and his ability to carry it out remain unclear. (Itamar Rabinovich, in The Road Not Taken, highlighted Zaim’s internal problems in this respect.) Equally unclear is what would have been the fate, after Zaim’s death, of any agreement that he had signed. It is also worth asking whether a semi-arid country should give up half of its main water resource (and territory) in exchange for a peace treaty of doubtful longevity with a country that has just attacked it. Shlaim, intent on pillorying Israel, does not ask this question.

On the face of it, Shlaim’s essay on the Balfour Declaration–the British declaration of November 2, 1917, which supported the establishment of a “Jewish national home” in Palestine–appears to be a straightforward inquiry into what happened and why, based on the documents. Yet it exudes an unscholarly myopia, a selectivity in the use of documents, which hints at anti-Zionist prejudice. Why did the British issue such a seemingly uncalled-for and unrealistic declaration? After all, the Zionists, even “the Jews,” had little power in or over the British government or any other major government, and a very meager presence in Palestine itself. (In 1917 there were some 55,000 Jews and 650,000 Arabs in the country.) Indeed, the only Jew in the British government, Edwin Montagu, fiercely opposed Balfour’s declaration, and most of the world’s Jews were non-Zionists or anti-Zionists. All knew it would alienate tens of millions of Arabs and perhaps many Muslims besides.

So why did Britain issue the declaration? Shlaim devotes several pages to reviewing the prevailing explanations. Leonard Stein, in his classic study The Balfour Declaration, suggested that it was due to “the activity and skill [as a persuader]” of Zionist lobbyist and leader Chaim Weizmann. The historian Mayir Verete offered a contrary thesis: that the British government was motivated by “British imperial interests in the Middle East”–that is, safeguarding the Suez Canal from the east and keeping France out of Palestine. As an afterthought Shlaim adds that the British may have hoped to “enlist the support of the Jews of America and Russia” for the anti-German war effort, or to pre-empt a similar declaration by the German government. Again, imperial British wartime interests.

Shlaim then gives pride of place to Tom Segev’s explanation in his book One Palestine, Complete–“a [historiographic] step forward,” Shlaim calls it. According to Shlaim, quoting Segev, David Lloyd George, Britain’s prime minister in 1917, pushed the declaration out of “ignorance and prejudice.” Lloyd George “despised the Jews, but he also feared them,” believing in their world-embracing “power and influence.” The people who sired the document “believed the Jews controlled the world,” says Shlaim, quoting Segev. Which is to say, the Balfour Declaration was primarily a product of anti-Semitism. Historians love paradoxes, even fictitious ones.

Shlaim fails completely to mention the relevance of philo-Semitism and philo-Zionism as a decisive factor in the issuance of the declaration. Indeed, it was probably the single most potent factor in the support of the key Cabinet ministers: Lloyd George, Arthur James Balfour himself, Lord Milner, Robert Cecil, and Jan Smuts. Brought up on the Bible and on a belief in the Jews’ contribution to Judeo-Christian civilization, these potentates believed that Christendom owed the Jews a debt–and that it must atone for two thousand years of persecution by restoring them to their land. As Balfour told the House of Lords in 1922:

It is in order that we may send a message to every land where the Jewish race has been scattered, a message that will tell them that Christendom is not oblivious of their faith, is not unmindful of the service they have rendered to the great religions of the world, and most of all to the religion that the majority of Your Lordships’ house profess, and that we desire to the best of our ability to give them that opportunity of developing … those great gifts which hitherto they have been compelled to bring to fruition in countries that know not their language and belong not to their race? This is the ideal which I desire to see accomplished, that is the aim that lay at the root of the policy I am trying to defend; and though it be defensible indeed on every ground [he means imperial interests, and so on], that is the ground which chiefly moves me.

Shlaim would have it that Balfour, George, Milner, Smuts, and Cecil were all liars or dissemblers. I prefer to believe them. It was mainly their esteem and their sympathy for the Jews that drove them into supporting the harebrained scheme known as Zionism. No doubt material wartime interests and postwar imperial calculations also played a part. Yet Shlaim cannot resist an opportunity to assert his high ethical credentials, his anti-Zionism and anti-imperialism at once, two birds with one stone: “Britain had no moral right to promise a national home for a tiny Jewish minority”–why “tiny”? The Zionists expected millions to pour into the country, as in fact they did–“in a predominantly Arab country. It did so not for altruistic reasons but for selfish and misguided ones.”

Shlaim once said that he believes historians should not merely describe and analyze but also act as “judge and jury” (or was it “judge, jury, and executioner”?)–that it is their responsibility to pass moral judgment on the actions (and the thinking?) of their protagonists. He has a powerful confidence in his own “moral compass.” He once wrote that I had lost mine. I do not believe that historians should moralize in their historiography: it is a sign of hubris, and it is tedious. My belief is that historians should seek truth, not “justice,” and describe and analyze events, using as wide a range of sources as possible to try and work out why people acted as they did and what were the consequences–and then let the reader judge, using his or her own “moral compass,” whether the protagonists were right or wrong, wise or unwise.

Shlaim concludes his essay on the Balfour Declaration with the flat personal assertion that “I can only agree with Sir John Chancellor [British high commissioner to Palestine, 1928–1931] that the Balfour Declaration was a colossal blunder–it has proved to be a catastrophe for the Palestinians and it gave rise to one of the most intense, bitter, and protracted conflicts in modern times.” But of course it was not the declaration but Zionism itself–the successive waves of Jewish immigration to Palestine, and the creation of Jewish social and political and economic institutions there, with the aim of recreating a sovereign Jewish state–that gave rise to the conflict.

What does all this tell us about Shlaim’s views? Well, he sets out his credo in the introduction to Israel and Palestine, where he tells us that “The Jews are a people and, like any other people, they have a natural right to national self-determination. In the aftermath of the Second World War, the moral case for a Jewish state became unassailable…. This was the background to the U.N. resolution of 29 November 1947 … an international charter of legitimacy for the Jewish state…. Arabs … felt that the gift of Palestine to the Jews was illegal. However, a resolution passed by the UN General Assembly by a large majority cannot be illegal. It may be unjust but not illegal.” Subsequently, Israel and the Arab states agreed in armistice negotiations and accords on Israel’s borders. “These are the only borders,” Shlaim writes, “that I regard as legitimate.” So, he concludes, “I believe the creation of the State of Israel involved a terrible injustice to the Palestinians…. I fully accept the legitimacy of the State of Israel within its pre-1967 borders.”

In 1967, Israel conquered the West Bank, East Jerusalem, the Golan Heights, Sinai, and the Gaza Strip. In November of that year, the U.N. Security Council passed Resolution 242. The resolution, Shlaim informs us, stressed “the inadmissibility of the acquisition of territory by war, and the resolution … called on Israel to give up the territories it had captured in return for peace.” Actually, the resolution, in its definitive English version, spoke of giving up not “the territories” but “territories,” as Shlaim notes elsewhere in his book. “But,” he continues, “Israel preferred land to peace.” Actually, it has been a mixed bag–as Shlaim well knows. Israel gave up the Sinai Peninsula in exchange for peace with Egypt, and hundreds of square kilometers of territory in exchange for peace with Jordan, and on June 19, 1967 (and, again, in 1994–2000) offered to give up the Golan Heights in exchange for peace with Syria. It has also given up the Gaza Strip without getting any peace in return. In the case of the West Bank and East Jerusalem, matters have been more complicated and Israel has been less “giving.” But historically speaking, the bald claim that “Israel preferred land to peace” is something less than a half-truth.

About more recent times, Shlaim has this to say: “I reject, and reject utterly, completely and uncompromisingly, the Zionist colonial project beyond [the pre-1967 borders].” And also this: “Ilan Pappé and I [following the Second Intifada] … held on to our belief that Israel bears the primary responsibility for both the persistence and the escalation of the conflict” This is a persistent nonsense. Far fewer Israelis or Palestinians have died in the major bouts of violence of the past three decades than, say, in 1948, or 1973; and of course both peoples suffered far more in 1948. The recent Israeli-Palestinian bouts of violence, the First Intifada (roughly 1987–1991) and the Second Intifada (roughly 2000–2004), have been more prolonged than the previous wars, but far less bloody and exacting. And as for the wider Israeli-Arab conflict, the region has seen, strategically speaking, a substantial de-escalation, with two Arab states making peace with Israel during the past three decades. There were wars between Israel and Arab states in 1948, 1956, 1967, 1973, and 1982, but none since then. And the recent bouts of violence between Israel and Hezbollah in 2006 and Israel and Hamas in Gaza in 2008–2009 were extended campaigns between a state and terrorist organizations, not “wars.”

As for the future, Shlaim writes: “The only fair and reasonable solution is the partition of Palestine … a two-state solution.” Presumably he means a Jewish state called Israel in the pre-1967 borders and a Palestinian Arab state composed of the West Bank, Gaza, and East Jerusalem. He does not tell us whether he is amenable to minor border changes between the two states to allow, say, for the incorporation in Israel of Jewish settlement blocs along the Green Line (the pre-1967 demarcation line between Israel and the West Bank) or, for that matter, of border-hugging Israeli Arab settlements in a Palestinian state.

All in all, there is much to be said for Shlaim’s credo. The problem with Israel and Palestine is the dissonance, which is sometimes very jarring, between these lofty professions of faith and Shlaim’s assertions (and their tone) about the very recent history of the conflict, which are not just critical of Israel’s post-1967 expansionism, but also unrestrainedly anti-Zionist and anti-Israeli. On page 307, for example, he tells us that the establishment of Israel “involved a monumental injustice to the Palestinians,” and goes on to quote a leading British Foreign Office anti-Semite, John Troutbeck, in 1948, to the effect that the Americans were responsible “for the creation of a gangster state headed by ‘an utterly unscrupulous set of leaders’.” Shlaim comments: “I used to think this judgement was too harsh,” but then Israel’s “vicious” assault on Gaza in December 2008–January 2009 “reopened the question.” His logic here is faulty: either Israel’s leaders in 1948 were “unscrupulous” and Israel was, at its inception, a “gangster state,” or it was not. These have nothing to do with how Israel behaved, or allegedly behaved, sixty years later. But more alarming than Shlaim’s lapse of logic is the content of his assertion, which seems to involve a renunciation of the credo that I have just outlined. “Legitimate” and “gangster state” have some difficulty in co-existing.

Palestinian political aspirations, then and now, were “just,” according to Shlaim. He never applies the word to Zionist aspirations, before 1948 or after. Was Israel’s establishment “just,” and is its continued existence “just,” in light of the monumental “injustice” that it caused the Palestinians? Should the Jews never have established their state in Palestine? Shlaim implicitly leaves on the table the standard Palestinian argument that the Palestinians have had to pay for an injustice committed against the Jews by others. Nowhere in this book does Shlaim say a word about the Jewish people’s three-thousand-year-old connection to the Land of Israel–that this land was the Jewish people’s cradle; that they subsequently ruled it, on and off, for over a thousand years; and that for the next two millennia, after going into exile, they aspired and longed for repatriation. Nor does he mention that the Arabs, who had no connection to Palestine, in the seventh century conquered the land “unjustly” from the Byzantine Empire and “illegally” settled in it, forcibly converting it into an “Arab” land. If conquest does not grant rightful claim, then surely this should be true universally?

Nowhere does Shlaim tell us of the persecution, oppression, and occasional mass murder of Jews by Muslim Arabs over the centuries, starting with Muhammad’s destruction of the Jewish communities in Hijaz and ending with the pogroms in Aden and Morocco in 1947–1948. And nowhere does Shlaim point out that the Palestinian Arabs had an indirect hand in causing the death of European Jewry during the Holocaust, by driving the British, through anti-British and anti-Zionist violence, to shut the gates of Palestine, which was the only possible safe haven, after the United States and the Anglo-Saxon world had shut their gates to escaping European Jews. And, more directly, Palestinian (and other Arab) leaders contributed to the Holocaust by politically supporting Hitler and, in the case of Haj Amin al Husseini, actually working in Berlin for the Third Reich, peddling Nazi propaganda to the Arab world and raising troops for the Wehrmacht.

Most scholars try to be thoughtful, moderate, and balanced when putting their thoughts into print, even if they are more truculent and extreme in their speech. Shlaim is the opposite. On stage, he is all sweet reasonableness, sensitive and fair-minded, in the manner of an Oxonian gentleman; but in print he is harsh, unbalanced, immoderate, and occasionally wild. He calls the young Yitzhak Rabin a “predator.” Ariel Sharon is variously described as a “bully” and “merciless,” his career marked by “the most savage brutality.” Shlaim even speaks of Sharon’s “attempts to destroy the Palestinian people.” In 2002, at the height of the Second Intifada, when Sharon was prime minister, he “waged a savage war against [the Palestinian] people which included … the bombardment of refugee camps … attacks on medical facilities … and summary executions.”

To be sure, in the Second Intifada there was quite a bit of “savagery”–but most of it was Palestinian. I know that terrorism is the inevitable–and for Shlaim and his ilk, the “understandable”–weapon of the weak. But the massive terrorism of the Palestinians, religious and so-called secular (both Hamas and Fatah suicide bombers believed that they were headed for heaven), truly merited the designation “savage”; and it was the series of suicide bombings that culminated in the Passover bombing at the Park Hotel in Netanya, with thirty-five dead and dozens of severely wounded, that triggered the IDF reoccupation of the Palestinian cities, which was actually conducted with great care for the lives of civilians. Though the Palestinians shouted “massacre” at every turn, as they have done for more than sixty years whenever Israel retaliates following their own acts of savagery, there was almost no deliberate killing of civilians by Israel in the four-year-long Second Intifada (whereas most of Israel’s 1,300 or so dead were deliberately targeted civilians). Of the four thousand Arabs killed, less than one-third were civilians. This is not nothing, but it is not quite what Shlaim says it is.

The Israeli Air Force did not, as Shlaim states, “bomb refugee camps.” Had it done so, there would have been hundreds or thousands of dead after each mission, but this was not the case. The IAF bombed specific targets in refugee camps (and outside them)–terrorist headquarters, the homes of terrorist leaders, military bunkers, and so on. There certainly were casualties–but this was inevitable, given that the Palestinians, in 2002 as today, placed their arsenals, their command posts, and their hideaways inside and on the peripheries of refugee camps. During the Israeli assault on Hamas in Gaza at the end of 2008, the Hamas leaders sat out the campaign in the basement of Gaza’s Shifa Hospital, gambling-correctly–that Israel would not bomb or storm a hospital.

And is Shlaim fair in his description of Sharon’s career? Take the phrase “the most savage brutality.” Presumably he is referring to the young Sharon who, in October 1953, led the infamous IDF attack on the West Bank village of Kibya, in which about sixty villagers were killed (in retaliation for a terrorist grenade attack at the nearby Israeli settlement of Yehud, in which a mother and her two children were murdered). If Kibya may be described as “the most savage brutality,” then what words are left to describe, say, Iraq’s gassing of thousands of Kurds in the 1980s, or the Sudanese Arabs’ mass murder of Darfurians and Christians, or Syria’s slaughter of twenty thousand or so Muslims in its own city of Hama in 1982? Were Sharon’s various campaigns, including the assault on the PLO in Lebanon and the reoccupation of the West Bank’s cities in 2002, after a string of suicide bombings claimed hundreds of Israeli lives in Tel Aviv, Netanya, Haifa, and Jerusalem, really “attempts to destroy the Palestinian people”–as, say, Turkey’s slaughter of the Armenians in World War I or Hitler’s murder of the Jews in World War II, were “attempts to destroy” peoples? Orwell would have charged Shlaim with abusing the English language, and noted, too, that Shlaim’s careless and inflammatory hyperbole is always directed against only one party.

When it comes to the Arabs, Shlaim is often mealy-mouthed, hesitant, disingenuous, and laudatory. Thus he tells us at one point that “the Palestinian people succeeded in building the only genuine democracy in the Arab world with the possible exception of Lebanon and Morocco.” I am sure that the imprisoned opponents of the absolutist monarchy in Rabat would be much amused–as would various Shiites, Greek Catholics, and Sunni Muslims in Lebanon. So would the Fatah prisoners tortured in Hamas jails in Gaza, and the Hamas prisoners tortured in Fatah jails in the West Bank. Does a single relatively open and successful general election transform a polity into a democracy?

One-sidedness and plain unfairness permeate almost every subject touched and every argument propounded in Israel and Palestine, perverting and distorting history. Take Shlaim on the post–Second Intifada Sharon. In 2005, breaking away from the Likud, Sharon uprooted all Israeli settlements in, and withdrew from, the Gaza Strip, and indicated that he intended a similar unilateral withdrawal–as he believed there was no peace partner on the other side with whom he could reach agreement–from the bulk of the West Bank. The evacuation from Gaza should have cheered Shlaim, who supports Israeli withdrawal from the territories. Instead he divines a nefarious plot, hatched with George W. Bush’s complicity. “The real purpose behind the plan,” Shlaim writes, “was to sweep away the remnants of Oslo, to undermine the position of Yasser Arafat and the Palestinian Authority, and to derail the road map [for a two-state solution]…. The plan is a pitch for politicide.” Presumably, if and when Israel pulls out of the bulk of the West Bank–again unilaterally, as there is still no credible Palestinian partner for peace–Shlaim will continue to inveigh against Israeli plots and Israeli-American conspiracies.

Sharon, who a few months after the Gaza pullout had a massive stroke and departed the political arena, never made clear how much of the West Bank he intended to evacuate. He was the driving spirit behind the construction of the security barrier separating the territory from pre-1967 Israel. The barrier probably indicated the lines to which Sharon intended to withdraw, though the initial motivation for building the barrier was to keep out suicide bombers, and in this purpose it was highly successful. The barrier–more than 90 percent of it is a fence, though Shlaim refers to it, in line with common Arab and Western usage, as “the wall”–incorporates (or will do so, when it is finished) about 7 percent of the West Bank into Israel. This 7 percent includes the large border-hugging settlement blocs that Israel intends to keep, and that both President Clinton and President Bush agreed should be ceded to Israel, with Israel compensating the Palestinians with land elsewhere. In Shlaim’s account, however, the “wall will gobble up by the time it is completed … 15 to 25 percent” of the West Bank–an exaggeration by 200 to 300 percent–and, alongside the Barak-Clinton peace plan (or “parameters”) of July and December 2000, will slice up the West Bank into several “bantustans,” preventing a contiguous Palestinian state.

Of course, a Palestinian state, if it ever emerges, will never be contiguous, inasmuch as the West Bank and Gaza Strip are separated by Israeli territory; but neither the barrier nor the Barak-Clinton proposals would have violated the contiguity of the West Bank (see the relevant map at the start of Dennis Ross’s The Missing Peace). Shlaim also charges that the barrier creates “an environmental catastrophe.” This, too, is hysterical nonsense. It is true that the barrier separates several thousand villagers from their fields and workplaces, making their lives difficult and requiring complicated improvisatory solutions. But bombs exploding in downtown Tel Aviv and Haifa–as happened almost daily at the height of the Second Intifada, which is what drove the construction of the barrier–also creates “difficulties.” These “difficulties” never exercise Shlaim and his “moral compass.”

Shlaim fails in this volume to properly describe what was without doubt a historic turning point in the conflict: the Barak-Arafat-Clinton negotiations in Camp David in July 2000, and the subsequent “Clinton Parameters” of December 2000. He fails to inform his readers even of what it was that the Palestinians were offered. Instead he declares that “the most fundamental cause of the failure … lies not in Arafat’s psychological makeup but in Barak’s package.” He singles out Barak’s demand that the Palestinians agree that the offered package would be final–that is, agree to an “end of conflict” and an “end of claims.” “This remorseless insistence on finality,” Shlaim explains, “was in fact part of the problem, not the solution,” as if most peace treaties include a loophole that one of the parties may resume hostilities after signing the treaty if all its demands are not met.

The Barak offer–a Palestinian state on 100 percent of the Gaza Strip and 91 percent of the West Bank–“was a reasonable basis,” Shlaim says, “for an interim agreement, not for the final end of the conflict.” Is Shlaim hinting here that he supports such Palestinian demands as the full repatriation of the five million refugees to the territory of pre-1967 Israel, the “right of return” espoused by the PLO and Hamas (and all the Arab states)? He doesn’t tell us. Nor, indeed, does he tell his readers that Clinton, in his “Parameters,” substantially upped the ante by awarding the Palestinians 95 percent of the West Bank, and sovereignty over half of Jerusalem and the surface area of the Temple Mount–and that the Palestinians again responded with a flat “no.” Again, bizarrely, Shlaim speaks of an Israeli-American “conspiracy” to “corner” the lamb-like Palestinians, which they rightly defied.

Nowhere in this volume is Shlaim more scathing than in his criticism of Israel’s retaliatory assault on Hamas in Gaza in December 2008–January 2009. “Merciless,” “unremitting brutality,” “totally disproportionate,” “indiscriminate”: these are some of the phrases he uses. He concludes his book by asserting that Israel has “become a rogue state with ‘an utterly unscrupulous set of leaders’ … In Gaza it went too far: It sowed the wind and it will surely reap the whirlwind.” Is he referring to a possible Iranian nuclear attack on Israel? Is he justifying it in advance?

At one point Shlaim concedes that “Hamas is not an entirely innocent party in this conflict.” But he quickly buries this observation under his own display of the basic inability of many Western liberals to come to grips with the phenomenon that they are confronting: true believers with a fundamentalist ideology. Shlaim says that it is wrong to portray the Hamas as “just a bunch of religious fanatics…. The simple truth is that the Palestinian people are a normal people with normal aspirations. They are no better but they are no worse than any other national group.”

But the Hamas leaders daily repeat the slogan, from their Charter or Constitution of 1988, that “Israel will exist until … Islam will obliterate it.” Does that sound like a “normal aspiration”? Do most people around the world speak this way about their neighbors? What does this, or the mass festivities in the streets of Nablus and Gaza when a suicide bomber successfully exploded in a bus in Tel Aviv, tell us about the Palestinians, who voted Hamas into power in free elections in 2006? Shlaim blithely informs his readers that “like other radical movements, Hamas began to moderate its political program following its rise to power.” He acknowledges “the ideological rejectionism” of Hamas’s charter, but he declares confidently that Hamas has begun “to move towards pragmatic accommodation of a two-state solution. Its spokesmen said many times that they would accept a Palestinian state within the 1967 borders and offered a long-term truce on that basis.”

Shlaim hears what he wants to hear, not what is actually said. The “moderate” Hamas leader Ismail Haniya almost daily repeats that Hamas will never recognize Israel, and less frequently says that it will continue the struggle until all of Palestine reverts to Palestinian Muslim rule. Hamas “extremists” such as Khalid Mashal speak even more firmly about Israel’s eventual demise and its replacement with a Muslim polity governed in line with sharia law. Indeed, sharia has been gradually imposed, without much fanfare, in the Gaza Strip since Hamas gained dominion there–no mixing of the sexes in public, harsh dress codes, no alcohol, no cinemas, no Internet cafes, and, gradually, no Christians (a few have been murdered, most have left).

True, Hamas’s leaders over the past few years have sometimes spoken about a prolonged truce–if Israel first agrees to withdraw to the 1967 borders and accepts the “right of return” of the refugees. Is this tantamount to accepting a two-state solution? Of course not. And we are talking tactics, not strategy. Hamas, despite massive pressure by the Palestinian Authority, Israel, and the United States, has been firm in resisting changes in its political goals, which are the destruction of Israel and the imposition of sharia law. When Hamas leaders amend the Charter in accordance with Shlaim’s irenic fantasies, I will start to believe that it is changing; but not a moment before.

About Israel’s restrictions on the flow of goods into the Gaza Strip since the Hamas takeover, Shlaim observes that “the aim was to starve the people of Gaza into submission” and resulted in “a humanitarian catastrophe.” This is simply wild. Darfur is a humanitarian catastrophe. Somalia at times has been a humanitarian catastrophe. But Gaza? As far as I know, no Gazan has died of thirst or starvation. There are no African-style bloated bellies there. It is true that Israel has barred the importation of iron and steel and other materials needed for reconstructing houses destroyed or damaged in the December 2008–January 2009 campaign (and, in my view mistakenly, also barred the entry into Gaza of various other goods). But Israel argues, with solid logic, that Hamas would immediately use these materials to rebuild bunkers, munitions storage facilities, trenchworks, and the other institutions and instruments of its aggression.

Without a doubt, history has ill-served the Palestinians. They became a separate and distinct “people” (while remaining part of the greater Arab “people”) as a result of the Zionist enterprise and the Zionist challenge, and Zionism has caused them repeated bouts of suffering. Their persistent rejection of compromise, as expressed by their successive leaders, has had a major role in the perpetuation of this suffering. And this suffering appears to fuel Shlaim’s animosity toward Israel. But there is a mystery here. Many intellectuals, in Israel as in the West, have been moved by the Palestinians’ history and their plight, but at the same time they have remained sympathetic to Israel’s predicament, and admiring of its real and in some ways incomparable achievements over the past six decades. In Israel and Palestine, by contrast, there is no sign of any such complex sympathy. For Shlaim, Israel and its leaders can do no right. It all begins to seem very personal. What is the source of this bias and this resentment? It is always hazardous to speculate on the motives of writers and scholars. Perhaps one day Shlaim will enlighten us on this score.

Benny Morris is a professor of Middle Eastern history at Ben-Gurion University and the author, most recently, of 1948: A History of the First Arab-Israeli War (Yale University Press).

La guerre des historiens israéliens
Avi Shlaim

Oxford University
2004/1 (59e année)
Pages : 266
Affiliation : Numéros antérieurs disponibles sur http://www.persee.fr

Éditions de l’EHESS

1« Une nation, disait le philosophe français Ernest Renan, est un groupe de personnes unies par une vision erronée de leur passé et par une haine commune pour leurs voisins. » Les mythes ont toujours été des instruments particulièrement efficaces pour forger l’identité des nations. Le mouvement sioniste qui présida à la naissance de l’État d’Israël parvint, en termes de relations publiques, à des résultats rarement égalés au XXe siècle. Pourtant, ce mouvement n’avait rien d’unique dans sa volonté de répandre une version simplifiée et redorée du passé afin de promouvoir ses objectifs nationalistes. Bien au contraire, à l’instar de tous les autres récits nationalistes de l’histoire, la version sioniste était sélective, simpliste et orientée. Elle visait à la fois à faire naître un sentiment d’appartenance nationale chez des Juifs d’origines différentes et à susciter la compassion et le soutien des autres pays à l’égard du tout nouvel État d’Israël. À l’inverse, elle desservait de manière notoire tout effort de compréhension mutuelle ou de réconciliation entre Juifs et Arabes.
2Les années 1990 furent le théâtre des soubresauts et des lenteurs du processus de paix entre Israël et ses ennemis de toujours, mais elles virent aussi apparaître un nouveau type d’affrontement : celui des historiens israéliens. Il oppose les historiens israéliens traditionnels et les « nouveaux historiens » qui ont entrepris de mettre en question la théorie sioniste sur la naissance de l’État d’Israël et sur les cinquante années de conflits et de confrontations qui suivirent.
3« Les conquérants, mon fils, ne reconnaissent que les faits historiques qu’ils ont eux-mêmes fabriqués », fait remarquer, dans le roman tragi-comique d’Émile 1 Habiby [1][1] Al-Waqa’ic al-Ghariba fi Ikhtifa’ Sa’id Abi al-Nahs…, le vieux proviseur arabe au jeune Saïd, à son retour à Haïfa pendant l’été 1948. Le proviseur parlait des Israéliens sur un ton qui révélait plus de tristesse que de colère : « Il est vrai qu’ils ont détruit ces villages […] et chassé leurs habitants. Mais, mon fils, ils ont bien plus de pitié que les conquérants auxquels nos ancêtres étaient confrontés autrefois. » Cette citation suggère qu’il ne peut y avoir d’entente sur ce qui s’est réellement produit en 1948. Chaque parti adhère à une version différente des événements. Les Palestiniens voient les Israéliens comme des conquérants et se considèrent comme les véritables victimes de la première guerre israélo-arabe qu’ils nomment al-Nakba, « la catastrophe ». L’historiographie palestinienne reflète cette opinion. Les Israéliens, vainqueurs incontestés de la guerre de 1948, l’ont appelée la guerre d’Indépendance. Et c’est, notamment, en tant que tels qu’ils sont parvenus, mieux que leurs ennemis, à faire circuler leur version de cette guerre fatidique. L’histoire n’est-elle pas, en un sens, la propagande des vainqueurs ?
4La version sioniste conventionnelle de la guerre de 1948 est la suivante : le conflit israélo-arabe en Palestine atteignit un seuil critique après le vote, le 29 novembre 1947, de la résolution des Nations unies demandant la partition du territoire et l’établissement de deux États, l’un juif et l’autre arabe. Les Juifs acceptèrent le plan de l’ONU en dépit des douloureux sacrifices qu’il exigeait, mais les Palestiniens, les États arabes voisins et la Ligue arabe le rejetèrent. La Grande-Bretagne s’employa, à la fin de son mandat en Palestine, à faire échouer la création d’un État juif conforme aux décisions arrêtées. Au terme de ce mandat et avant que l’État d’Israël ne fût proclamé, sept États arabes envoyèrent leurs troupes en Palestine avec la ferme intention d’étouffer l’État juif avant qu’il ne vît le jour. Il s’ensuivit une lutte inégale entre « un David juif » et « un Goliath arabe ». Le jeune État juif mena un combat désespéré mais héroïque et, contre toute attente, couronné de succès. Pendant la guerre, des centaines de milliers de Palestiniens auraient fui dans les États arabes voisins, principalement en réponse aux ordres de leurs chefs et en dépit des efforts entrepris par les Juifs pour les convaincre de rester et montrer qu’une coexistence pacifique était possible. Après la guerre, les dirigeants israéliens ont appelé la paix de leurs vœux mais n’ont trouvé aucun interlocuteur dans le camp adverse. L’intransigeance des Arabes fut la cause de l’impasse politique dans laquelle le Moyen-Orient se trouva. Et la situation ne put être débloquée avant la visite du président Anouar El-Sadate à Jérusalem, trente ans plus tard.
5Pendant de nombreuses années, cette version des événements prévalut à l’extérieur du monde arabe. La vision que l’on avait des causes, de la nature et du déroulement du conflit arabo-israélien était celle des sionistes. Le quarantième anniversaire de la création de l’État d’Israël fut pourtant marqué par la publication de quatre ouvrages, écrits par des chercheurs israéliens qui remettaient en question l’historiographie traditionnelle de la naissance de l’État d’Israël et de la première guerre israélo-arabe [2][2] Il s’agit de SIMHA FLAPAN, The birth of Israel : myths…. Leurs auteurs furent appelés les révisionnistes israéliens, ou nouveaux historiens.
6Deux facteurs expliquent l’apparition de cette nouvelle historiographie : l’ouverture des archives officielles de 1948 par le gouvernement israélien et le changement de climat politique en Israël au lendemain de la guerre du Liban de 1982. Israël suivit l’exemple anglais en autorisant l’ouverture des archives concernant la politique étrangère, trente ans après les faits. Un grand nombre de sources primaires devinrent ainsi accessibles à la recherche dans les archives centrales sionistes, dans celles de l’État d’Israël, de la Haganah, des Forces de défense israéliennes (FDI), du parti travailliste et dans les archives Ben Gourion. Les pays arabes n’ont aucune législation qui ressemble de près ou de loin à la loi des trente ans. Lorsqu’ils permettent l’accès à leurs documents, ce n’est que d’une manière limitée, imprévisible et arbitraire. Israël a le mérite d’autoriser aux chercheurs la consultation de ses documents internes et de rendre ainsi possible des études critiques.
7Si la mise à disposition de nouvelles et très riches sources d’information favorisa le révisionnisme historique, le changement dans le climat politique général y contribua également. Pour de nombreux Israéliens, et en particulier pour les Israéliens de gauche, la désastreuse invasion du Liban, (mal) préparée par le Likoud en 1982, constitua un moment décisif. Jusqu’alors, les dirigeants sionistes s’étaient employés à cultiver une image de pacifistes qui ne combattaient que sur la défensive. La notion d’einbreira (aucune alternative) justifiait à elle seule les entrées en guerre d’Israël et légitimait sa participation aux combats. Mais tandis qu’un débat divisait partisans et opposants à la guerre du Liban, le Premier ministre Menahem Begin fit une allocution devant l’académie du personnel des FDI sur les guerres voulues et les guerres subies. Il expliqua que la guerre du Liban comme celle du Sinaï en 1956 avaient été planifiées à des fins nationales. Cette affirmation sans précédent dans l’histoire du mouvement sioniste provoqua l’effondrement du consensus national sur la notion d’einbreira, et créa un espace politique qui permettait un réexamen critique de l’histoire du pays.
8La première vague d’études révisionnistes sur la guerre de 1948 suscita un vif intérêt et de violentes controverses sur la scène politique, ainsi que dans les milieux universitaires et les médias. Les premières réactions laissaient apparaître un certain malaise, voire une sorte de consternation, face à ce qui semblait mettre en question tout ce que les écoliers israéliens avaient appris à respecter et à révérer. Certains journalistes pensaient même que ces ouvrages constituaient une attaque orchestrée pour compromettre la réputation d’Israël, et qui ne pouvait rester impunie. D’autres se montraient plus favorables à cette tentative qui tendait à réexaminer, à la lumière de nouveaux indices, des vérités sanctifiées par le temps. Et alors même que les effets du premier choc se dissipaient, l’opinion demeurait très partagée quant aux mérites de cette nouvelle historiographie. Vétérans de la guerre de 1948 ou membres de la vieille garde sioniste, en particulier au parti travailliste, beaucoup nourrissaient des réactions d’une hostilité extrême à l’égard de ces nouvelles interprétations.
9Parmi les détracteurs des nouveaux historiens, le plus bruyant et le plus acharné était Shabtai Teveh, journaliste et biographe de David Ben Gourion, le fondateur et premier chef du gouvernement d’Israël. Son attaque, intitulée « Les nouveaux historiens », fut livrée en quatre articles successifs dans le quotidien indépendant Ha’aretz, en mai 1989. En septembre 1989, S. Teveh en publiait une version abrégée : « Accuser Israël du péché originel », dans le mensuel juifaméricain Commentary [3][3] SHABTAI TEVEH, « Changing Israel with original sin »,…. Il y décrivait la nouvelle histoire comme « un méli-mélo de distorsions, d’omissions, de lectures tendancieuses et de complètes falsifications ». Il vitupérait les nouveaux historiens, affirmant que cette nouvelle approche historique « s’appuy[ait] en partie sur des preuves défectueuses et se caractérisait par une incompétence professionnelle grave », puis accusait la nouvelle historiographie de servir des fins politiques pro-palestiniennes qui ne visaient qu’à mettre en cause la légitimité du sionisme et de l’État d’Israël.
10La droite israélienne, qu’il s’agisse ou non d’universitaires, s’est montrée plus ouverte à l’égard des découvertes des nouveaux historiens. Elle reconnaît aisément, par exemple, qu’Israël a effectivement expulsé les Palestiniens, regrettant cependant de n’en avoir pas renvoyé davantage puisqu’ils étaient à l’origine de cette guerre. Les représentants de la droite ont tendance à aborder la guerre de 1948 avec pragmatisme plutôt que d’un point de vue moral. La vieille garde travailliste, pour sa part, attache tant de prix au fait qu’Israël ait une conduite moralement juste qu’elle refuse d’envisager la duplicité cynique des Israéliens en certaines occasions, la brutalité des expulsions ou des expropriations que subirent les Palestiniens. Le fait qu’Israël soit une victime innocente est un des axiomes de leur récit, et ils redoutent les conséquences politiques d’une réécriture de l’histoire, d’où la virulence de leurs attaques contre la nouvelle historiographie.
11Alors que le débat initial s’articulait autour des méthodes, des sources et des motivations politiques présumées des nouveaux historiens, celui qui a suivi touchait à certaines de leurs conclusions. Cinq points d’achoppement principaux peuvent être identifiés dans cette controverse entre historiens traditionnels et nouveaux historiens : la politique des Britanniques à la fin de leur mandat en Palestine; le rapport de force militaire entre Israéliens et Arabes en 1948; les causes de l’exode palestinien; les objectifs militaires des Arabes; et la persistance de l’impasse politique à l’issue de chacun des conflits armés.
12La version sioniste traditionnelle affirme qu’au crépuscule de leur mandat en Palestine les Britanniques cherchèrent à empêcher la création d’un État d’Israël; que les Juifs étaient nettement moins nombreux et moins bien armés que leurs rivaux; que les Palestiniens partirent de leur propre chef et dans l’espoir d’un retour triomphal; qu’il existait une collusion entre les États arabes dont le but était de détruire le nouvel État juif à peine proclamé; et que seule l’intransigeance des Arabes a rendu impossibles les négociations après la guerre.
13La version révisionniste, pour faire court, explique que ce n’est pas la création d’un État juif mais d’un État palestinien que les Britanniques cherchèrent à empêcher; que les Juifs surpassaient en nombre les forces arabes réunies, régulières ou non, qui opéraient en Palestine, et qu’après la première trêve ils étaient, qui plus est, mieux armés qu’eux; que les Palestiniens, dans leur grande majorité, n’avaient pas choisi de partir mais avaient été expulsés; que les pays arabes n’avaient pas d’objectif de guerre précis, car il existait des dissensions entre leurs dirigeants, et que les efforts pour aboutir à un règlement politique du conflit se heurtèrent davantage à l’inflexibilité des Israéliens qu’à celle des Arabes.
14C’est le dernier point du débat qui est le plus sensible puisqu’il porte sur la responsabilité de l’échec du processus de paix. Les preuves à l’appui de cette interprétation proviennent principalement des dossiers du ministère des Affaires étrangères israélien. Elles mettent en évidence un désir de paix de la part des Arabes et leur volonté de négocier avec Israël dès septembre 1948. La question des frontières et celle des droits des réfugiés palestiniens étaient prioritaires. Chacun des chefs d’États arabes voisins se montrait prêt à négocier directement avec Israël dans l’espoir d’obtenir quelque avantage, territorial ou politique, en échange de la paix.
15Que ce soit avec l’Égypte, la Transjordanie ou la Syrie, bien que pour des raisons légèrement différentes, David Ben Gourion considéra que le prix à payer pour la paix était trop élevé. Il était prêt à la conciliation en s’en tenant au statu quo et se refusait à toutes concessions, sauf infimes, concernant les réfugiés et le tracé des frontières. Il pensait, comme le révèle son journal intime, que les armistices avec les États arabes voisins satisfaisaient pleinement les besoins d’Israël en matière de reconnaissance, de sécurité et de stabilité. Mais, pour obtenir des accords de paix officiels, il lui fallait céder d’importantes portions de territoire et accepter le retour d’un nombre considérable de réfugiés palestiniens; que Ben Gourion ait ou non fait le bon choix relève du jugement de chacun. Ce qui est indéniable, c’est qu’il avait le choix.
16L’opinion publique israélienne s’est intéressée à la guerre des historiens israéliens. Ce n’est donc pas une simple poignée de chercheurs mais toute une nation qui fait aujourd’hui face à son passé. Un tel degré d’implication de la population, dans une polémique dont les principaux protagonistes sont des professeurs d’université, est rare dans la plupart des pays, mais n’est pas pour surprendre s’agissant d’Israël. Car ce débat sur la guerre d’Indépendance renvoie aux Israéliens l’image même de l’identité de leur pays.
17Durant les années qui suivirent la publication des premiers livres révisionnistes, la guerre des historiens se focalisa sur la naissance d’Israël ainsi que sur les origines du conflit israélo-arabe. Elle s’étendit par la suite à d’autres fronts. L’ouvrage que Benny Morris publia en 1993 était le prolongement naturel de ses travaux 1 antérieurs [4][4] BENNY MORRIS, Israel’s border wars, 1949-1956 : Arab…, qui remettaient en question l’orthodoxie sioniste sur les causes de l’exode palestinien [5][5] B. MORRIS, The birth of the Palestinian…, op. cit.,…. Israel’s border wars traitait de la période fondatrice qui s’acheva par la guerre de Suez; B. Morris y contestait la thèse selon laquelle l’entière responsabilité de l’escalade qui aboutit au conflit incombait aux Arabes [6][6] B. MORRIS, Israel’s border wars, 1949-1956…, op…..
18À la fin de l’année 1999, la guerre des historiens prit un nouveau tour, marqué par deux publications couvrant une vaste période [7][7] BENNY MORRIS, Righteous victims : a history of the… : Righteous victims retrace l’histoire turbulente du conflit depuis ses origines, à la fin du XIXe siècle, jusqu’à la fin du XXe, tandis que The Iron wall analyse la politique d’Israël vis-à-vis du monde arabe au cours des cinquante premières années de l’histoire du pays. Son titre renvoie à une stratégie qui fut d’abord énoncée par Ze’ev Jabotinsky, fondateur du sionisme révisionniste.
19En 1923, Z. Jabotinsky publiait un article intitulé « Sur le mur d’acier » [8][8] ZE’EV JABOTINSKY, Writings : on the road to statehood,…. Il expliquait quelle naïveté il y avait à croire que les nationalistes arabes accepteraient un État juif en Palestine. Toute négociation initiale avec les Arabes était vaine. Le seul moyen de réaliser le projet sioniste était de dresser un mur d’acier à l’aide des forces militaires juives. En d’autres termes, le projet sioniste ne pouvait être mené à bien que de façon unilatérale et en faisant usage de la force. La stratégie de Jabotinsky était de traiter avec les Arabes seulement après s’être assuré une supériorité militaire complètement dissuasive. Mais son article faisait l’hypothèse d’un changement dans l’attitude des Arabes envers l’État juif. Il envisageait deux phases. La première devait, selon lui, forcer les Arabes à abandonner tout espoir de détruire l’État juif. Les Arabes finiraient par devenir plus modérés ou plus réalistes et l’on aboutirait alors à la phase deux, c’est-à-dire aux négociations avec les Palestiniens arabes à propos de leur statut et de leurs droits nationaux en Palestine.
20L’article de Jabotinsky déclencha un débat houleux au sein du mouvement sioniste. Des porte-parole du courant majoritaire l’accusèrent de militarisme et de trahison envers les valeurs du mouvement sioniste. Jabotinsky afficha son mépris pour ses détracteurs de gauche qu’il appelait les « végétariens ». Il les traita d’hypocrites et considérait comme son devoir sacré (mitzvah) de les dénoncer comme tels. Il s’en prit à ses opposants dans un article intitulé « La moralité du mur d’acier » [9][9] ID., « The morality of the Iron wall », in ibid., …. D’un point de vue moral, il y avait selon lui deux possibilités : le sionisme était soit une bonne, soit une mauvaise chose. Dans le dernier cas, il fallait l’abandonner; dans le premier, si c’était une cause juste, alors il fallait qu’elle triomphe, en dépit de la volonté des autres parties en présence.
21L’analyse de Jabotinsky était sûrement correcte : il s’agissait d’un conflit entre deux mouvements nationaux, qui ne pourrait être résolu par la négociation ou le compromis tant que les Arabes pensaient qu’ils avaient une chance de gagner. Un accord librement consenti était impensable. La stratégie de Jabotinsky fut reprise de manière inavouée par ses détracteurs du parti travailliste, dirigé par David Ben Gourion. Elle devint la pierre de touche de la stratégie sioniste dans le conflit. Et, plus important encore, cette stratégie a fonctionné. L’histoire de l’État d’Israël tout entière est une justification de la stratégie du mur d’acier.
22Les Arabes – les Égyptiens d’abord, les Palestiniens ensuite, les Jordaniens enfin – reconnurent l’invincibilité d’Israël et furent contraints de négocier avec lui alors qu’ils étaient dans une position de faiblesse évidente. Ils apprirent de manière douloureuse qu’Israël ne pouvait être vaincu sur un champ de bataille. Le vrai danger pour Israël était de s’éprendre éperdument du mur d’acier et de refuser de passer à la phase deux, celle des négociations et des compromis, c’est-à-dire le partage de la Palestine avec les Palestiniens. Paradoxalement, ce sont les politiciens de droite, plus que ceux de gauche (les héritiers de Jabotinsky), qui semblent les plus enclins à adopter la première phase de la stratégie du mur d’acier comme mode de vie permanent.
23Yitzhak Shamir, qui succéda à Menahem Begin en tant que leader du Likoud et Premier ministre en 1983, voyait le mur d’acier comme un rempart contre le changement et comme un moyen de maintenir les Palestiniens dans une situation de soumission permanente à Israël. Pour lui les négociations ne présentaient aucun intérêt. Son but était de préserver l’intégrité de la terre de ses ancêtres, de laisser le territoire d’Israël dans son entier, y compris la Judée et Samarie (la Cisjordanie) aux mains des Juifs. Ce fut le leader du parti travailliste, Yitzhak Rabin, qui sauta le pas et opéra la transition vers la phase deux en négociant les accords d’Oslo avec l’OLP en 1993. L’élection de Benyamin Netanyahou en 1996 provoqua un retour à la phase I du mur d’acier. Netanyahou n’acceptait pas les accords d’Oslo. Il s’évertua pendant trois ans à stopper, retarder et miner le processus entamé à Oslo pour finir par découvrir qu’il était irréversible. L’élection de mai 1999 constitua un tournant majeur dans l’histoire des relations d’Israël avec ses voisins. Les Israéliens sanctionnèrent lourdement Netanyahou et donnèrent clairement à Ehoud Barak pour mission de continuer le processus d’Oslo et de chercher une issue vers une paix globale au Moyen-Orient.
24L’alternance politique en Israël contribua à créer un climat dans lequel la nouvelle histoire pouvait encore progresser. Cette évolution vers des attitudes plus modérées sur la scène politique s’accompagnait d’une meilleure prise de conscience quant à la complexité des racines historiques du conflit et d’une compassion accrue pour les souffrances du peuple palestinien. Ces deux phénomènes parallèles se renforçaient mutuellement. Ils étaient le fruit d’une maturité et d’une confiance en soi plus grandes de la population israélienne et de ses dirigeants. 1 L’idée selon laquelle les Israéliens sont toujours dans leur bon droit et que les Palestiniens sont responsables de leur propre malheur commençait à faire place à une meilleure compréhension du rôle qu’avait joué Israël dans le conflit et à de plus grands efforts pour en refermer les plaies toujours ouvertes.
25L’ouvrage de B. Morris et le mien parurent pendant cette période relativement porteuse d’espoir dans l’évolution du processus de paix. Ces deux livres furent d’abord publiés aux États-Unis où ils retinrent l’attention des médias, suscitant de nombreux articles. Les opinions étaient partagées mais la majorité des critiques affichaient leur bienveillance, voire leur soutien, ce qui témoignait d’un changement général en Amérique en faveur d’une attitude plus critique à l’égard de la politique d’Israël. Ce que l’on considérait dix ans plus tôt comme un révisionnisme dangereux était presque devenu une approche sinon conventionnelle, du moins admise [10][10] ETHAN BRONNER, « Israel : the revised edition », The….
26Même ceux qui prenaient la défense du sionisme considéraient comme close l’affaire des nouveaux historiens contre l’État d’Israël, constatant que les critiques n’étaient pas aussi dures qu’ils le craignaient [11][11] HILLEL HALKIN, « Was Zionist unjust ? », Commentary,…. Les conservateurs n’en continuaient pas moins de penser que la nouvelle histoire était animée d’une volonté inavouée de saper les bases de la légitimité du sionisme et de l’État d’Israël. Contre les faits, l’enjeu est, à leurs yeux, de préserver les mythes fondateurs et, pour les nouvelles générations, de sauvegarder la version héroïque de la création d’Israël afin de ne pas miner les valeurs patriotiques et la confiance en la justesse de la cause sioniste.
27La rupture du processus de paix, le déclenchement de l’Intifada « al-Aqsa » et l’arrivée au pouvoir d’Ariel Sharon à la tête d’un gouvernement dominé par le Likoud en février 2001 ont poussé l’opinion publique à se détourner de la nouvelle histoire au profit de l’histoire traditionnelle. Le retour au pouvoir du Likoud entraîna une régression vers des positions fondamentalistes à l’égard des Palestiniens et la réaffirmation d’une perspective étroitement nationaliste de l’histoire d’Israël.
28Dans un article de janvier 2001, la ministre de l’Éducation du gouvernement d’Ariel Sharon déclarait : « Il est temps qu’Israël reconstruise le “mur d’acier” qui, une fois encore, convaincra les Arabes que ni les menaces militaires ni le terrorisme n’affaibliront la détermination d’Israël à pratiquer les droits et la liberté du peuple juif [12][12] LIMOR LIVNAT, « Back to the Iron wall », Jerusalem…. » Pourtant, pour Ze’ev Jabotinsky, le « mur d’acier » n’était pas une fin en soi, mais un moyen pour atteindre une solution satisfaisante au conflit entre le sionisme et le nationalisme palestinien. Or, l’un des obstacles à une réconciliation avec les Palestiniens dans le cadre d’une paix armée est précisément cette théorie, qui fait la part (trop) belle à la force militaire aux dépens de l’exigence négociatrice, s’il faut en effet qu’elle soit partagée par la partie adverse pour qu’elle aboutisse. En ce sens, les nouveaux historiens israéliens prétendent contribuer à cette solution.
29Traduit par Émilie Souyri
Notes
[1] Al-Waqa’ic al-Ghariba fi Ikhtifa’ Sa’id Abi al-Nahs al-Mutasha’il (La vie secrète de Saeed, l’infortuné pessoptimiste), Beyrouth, Dar Ibn Khaldun, 1974, pp. 35-37.
[2] Il s’agit de SIMHA FLAPAN, The birth of Israel : myths & realities, New York, Pantheon, 1987; BENNY MORRIS, The birth of the Palestinian refugee problem, 1947-1949, Cambridge, Cambridge University Press, 1988; ILAN PAPPE, Britain and the Arab-Israeli conflict, 1948-1951, Londres, McMillan/St. Anthony’s, 1988, et AVI SHLAIM, Collusion across the Jordan : king Abdullah, the Zionist movement and the partition of Palestine, Oxford, Oxford University Press, 1988.1
[3] SHABTAI TEVEH, « Changing Israel with original sin », Commentary, novembre 1999.
[4] BENNY MORRIS, Israel’s border wars, 1949-1956 : Arab infiltration, Israeli retaliation and the countdown to the Suez war, Oxford, Clarendon Press/Oxford University Press, 1993.
[5] B. MORRIS, The birth of the Palestinian…, op. cit., et ID., 1948 and after : Israel and the Palestinians, Oxford, Clarendon Press/Oxford University Press, 1990.
[6] B. MORRIS, Israel’s border wars, 1949-1956…, op. cit.
[7] BENNY MORRIS, Righteous victims : a history of the Zionist-Arab conflict, 1881-1999, New York, Knopf, 1999, et AVI SHLAIM, The Iron wall : Israel and the Arab world, New York, W. W. Norton, 2000.
[8] ZE’EV JABOTINSKY, Writings : on the road to statehood, Jérusalem, Avi Jabotinsky, 1959, pp. 251-260 (en hébreu).
[9] ID., « The morality of the Iron wall », in ibid., pp. 260-266.
[10] ETHAN BRONNER, « Israel : the revised edition », The New York Times book review, 14 novembre 1999.
[11] HILLEL HALKIN, « Was Zionist unjust ? », Commentary, novembre 1999; ANITA SHAPIRA, « The Past is not another country », The New Republic, 29 novembre 1999.
[12] LIMOR LIVNAT, « Back to the Iron wall », Jerusalem Post, 26 janvier 2001.
Résumé
Français

L’article retrace l’émergence à la fin des années 1980 d’une nouvelle école historiographique israélienne critiquant les universitaires de l’école traditionaliste. Il pointe cinq axes principaux de discussion dans le débat entre « nouveaux » et « anciens » historiens à propos du conflit de 1948. En un second temps, sont examinés deux livres récents sur le sujet, l’un par Benny Morris, l’autre de la plume de l’auteur, ainsi que les réponses critiques qui leur furent adressés. Enfin, l’auteur tente d’apprécier l’impact de cette nouvelle histoire sur les politiques, l’opinion publique et l’enseignement de l’histoire dans les écoles israéliennes.

English

The war between Israelian historians This essay deals with the emergence of the new school of revisionist Israeli historiography in the late 1980s and with the critique of the traditionalist school. It identifies five main bones of contention in the debate between the new and the “old” historians about 1948. The second part deals with two more recent books on the conflict, one by Benny Morris, one by the author, and with some critical responses to these books. The third part assesses the impact of the new history on politics, public opinion, and the teaching of history in Israeli schools.

Pour citer cet article
Shlaim Avi, « La guerre des historiens israéliens. », Annales. Histoire, Sciences Sociales 1/2004 (59e année) , p. 161-169
URL : http://www.cairn.info/revue-annales-2004-1-page-161.htm.


Israël: Attention, une Silicon Valley peut en cacher une autre (Iran’s quandary: How do you beat an all bite-no bark nation?)

3 décembre, 2009
All bite no barkUne guerre se gagne en brisant les forces de l’ennemi, pas en lui annonçant sa date de départ. John McCain
Les sionistes sont des escrocs une petite poignée de sionistes avec une organisation très complexe a mis la main sur le centre des puissances du monde selon… selon les estimations les principaux leaders sont a 2000 individus tout au plus et ils ont aussi 8000 activistes en outre ils ont de nombreux informateurs qui espionnent et leurs fournissent de l information de « l’ intelligence » mais grâce au contrôle des puissances aux USA et en EUROPE et de leurs contrôle des centres financiers et des agences de médias et de propagande ils ont organise la propagande comme s’ils étaient le monde entier comme si tout les peuples les soutenaient et comme s’ils étaient la majorités régnante sur le monde. Ahmanidejad
L’arme secrète de l’innovation israélienne est l’armée israélienne. Le projet israélien ne demande pas simplement aux soldats de sexe masculin un mandat de trois ans et de deux années pour les femmes, de plus, ils servent durant une grande partie de leur vie adulte, revenant chaque année. Cela pourrait être vu comme un élément perturbateur de carrière. Mais les unités d’élite des Forces de Défense Israéliennes finissent par fonctionner comme un sélectionneur efficace de noyaux technologiques, fait que Michael Porter de l’Université de Harvard identifie comme si favorable à l’innovation. (…) Mais la réussite israélienne suggère que les fonds publics, tout en étant importants, ne sont pas la principale raison de l’innovation high-tech. « La plupart des pays du Moyen-Orient, dit Senor, ne sont pas en retard par manque d’argent. » Senor suggère que le renforcement de la réserve de talents, en accueillant des femmes dans les effectifs, la faveur du droit à la discussion et du droit de vote des individus au sein de l’armée ou à l’extérieur, la mise en valeur de l’immigration et l’élection d’un gouvernement qui encourage toutes les expériences sont les valeurs qui comptent le plus. Gilles Raphel
Il y a actuellement plus d’idées innovatrices qui sortent d’Israël que de la Silicon Valley. Et ça ne ralentit même pas pendant les récessions. Cadre de British Telecom
Google, Cisco, Microsoft, Intel, eBay, le secret le mieux gardé est que nous vivons et mourons tous du travail de nos équipes israéliennes. Cadre de eBay
Israël – un pays de juste 7,1 millions d’habitants – a attiré près de $2 milliards de capitaux à risques [en 2008], autant que pour les 61 millions du Royaume-Uni ou les 145 millions de l’Allemagne et de la France réunies. Senor et Singer

Ils ont déménagé Silicon Valley et on ne le savait pas!

4.5% du PIB en dépenses civiles de recherche et développement (la moitié des des EU, Allemagne ou Corée), 2,5 fois l’investissement en capital-risque par habitant des EU et 6 fois celui du Royaume Uni, 31% de l’investissement mondial en capital risque, seul challenger des Etats-Unis avec 40 fois moins de population, plus de compagnies inscrites au Nasdaq que n’importe quel autre pays étranger (63, dont le plus gros fabricant de médicaments génériques Teva Pharmaceuticals : $48 milliards de capitalisation et Check Point Software Technologies : $7 milliards) …

A l’heure où, confondant un discours de guerre avec l’acceptation du prix Nobel de la paix, le chef de la première puissance mondiale n’arrive toujours pas, face à ses ennemis et après des mois de tergiversations, à prononcer le mot « victoire » …

Comment ne pas compatir à l’inquiétude du pauvre Ahmanidejad?

Qui, à la tête d’un pays de bientôt 70 millions d’habitants contenant les 2e ressources mondiales de pétrole n’arrive même pas à produire sa propre essence , est contraint de multiplier les menaces et les bluffs au nucléaire ou via ses affidés terroristes, pour se faire entendre?

Alors que, comme le rappellent les auteurs de « Start-Up Nation », en termes de haute technologie et d’innovations,…

un petit pays 75 fois moins plus petit et 10 fois moins peuplé

cible permanente de plus d’actions terroristes, guerres et boycotts que la plupart des pays du monde …

qui, avec certes une culture entrepreneriale unique d’individualisme et d’égalitarisme jusque et d’abord dans ses forces armées dopée par la création d’un fond de technologie par le Thatcher israélien et actuel président Benjamin Netanyahu il y a 15 ans, ne prend même la peine de déclarer sa capacité nucléaire

est capable de tenir tête à la 1ère puissance mondiale et unique superpuissance de la planète?

Where Tech Keeps Booming
In Israel, a clustering of talent, research universities and venture capital.
James K. Glassman
The Wall Street Journal
November 24, 2009

‘There are more new innovative ideas . . . coming out of Israel than there are out in [Silicon] Valley right now. And it doesn’t slow during economic downturns. » The authors of « Start-Up Nation, » Dan Senor and Saul Singer, are quoting an executive at British Telecom, but they could just as easily be quoting an executive at Intel, which last year opened a $3.5 billion factory in Kiryat Gat, an hour south of Tel Aviv, to make sophisticated 45-nanometer chips; or Warren Buffett, who in 2006 paid $4 billion for four-fifths of an Israeli firm that makes high-tech cutting tools for cars and planes; or John Chambers, Cisco’s chief executive, who has bought nine Israeli start-ups; or Steve Ballmer, who calls Microsoft « as much an Israeli company as an American company » because of the importance of its Israeli technologists. « Google, Cisco, Microsoft, Intel, eBay . . . , » says one of eBay’s executives. « The best-kept secret is that we all live and die by the work of our Israeli teams. »

Israel is the world’s techno-nation. Civilian research-and-development expenditures run 4.5% of the gross domestic product—half-again the level of the U.S., Germany or South Korea—and venture-capital investment per capita is 21⁄2 times that of the U.S. and six times that of the United Kingdom. Even in absolute terms, Israel has only the U.S.—with more than 40 times the population—as a challenger.

As Messrs. Senor and Singer write: « Israel—a country of just 7.1 million people—attracted close to $2 billion in venture capital [in 2008], as much as flowed to the U.K.’s 61 million citizens or the 145 million people living in Germany and France combined. » At the start of 2009, some 63 Israeli companies were listed on the Nasdaq, more than those of any other foreign country. Among the Israeli firms: Teva Pharmaceuticals, the world’s largest generic drug maker, with a market cap of $48 billion; and Check Point Software Technologies, with a market cap of $7 billion.

Such economic dynamism has occurred in the face of war, internal strife and rising animosity from other nations. During the six years following the bursting of the tech bubble in 2000, Israel suffered one of its worst periods of terrorist attacks and fought a second Lebanese war; and yet, as the authors note, its « share of the global venture capital market did not drop—it doubled, from 15 percent to 31 percent. »

One important question that « Start-Up Nation » raises is: Why Israel and not elsewhere? The authors—Mr. Senor, a foreign-policy official in the George W. Bush administration who now advises an investment fund, and Mr. Singer, a columnist for the Jerusalem Post—dispose, a bit too blithely, the argument from ethnic or religious exceptionalism, dismissing « unitary Jewishness » or even individual talent as major reasons for Israel’s high-tech success. (George Gilder, in a recent book treating some of the same matters, « The Israel Test, » disagrees: « Israel today concentrates the genius of the Jews. »)

Instead, Messrs. Senor and Singer point to a « classic cluster of the type Harvard professor Michael Porter has championed [and] Silicon Valley embodies »: the tight proximity of research universities, large firms and start-ups, a talent pool drawn from around the world, and an ecosystem of venture capital and military and other government R&D funding. In addition, they contend, Israel has a unique entrepreneurial culture that combines individualism, egalitarianism (a penchant for organizational flatness) and nurturing.

Where does this culture come from? Mainly, the Israeli military. « You have minimal guidance from the top, » Messrs. Senor and Singer write, « and are expected to improvise, even if this means breaking some rules. If you’re a junior officer, you call your higher-ups by their first names, and if you see them doing something wrong, you say so. » High-school stand-outs are recruited into elite military units and trained intensively, with an emphasis on technology. When they’re done, everything required to launch a start-up « will be a phone call away. . . . Almost everyone can find some connection to whomever he or she needs to contact to get started. » Israel is a country, it seems, where everyone knows everyone.

It is also a country with mandatory military service before college. For nations that want to emulate Israel’s start-up success, Messrs. Senor and Singer advocate similar mandatory service, military or otherwise, to get « something like the leadership, teamwork, and mission-oriented skills and experience Israelis receive. » The trick is to combine what’s learned in the Israeli Defense Forces (or its non-defense equivalent elsewhere) with an almost abrasive individualism and the kind of self-reliance that occurs in a country that has to go it alone to survive.

The authors give relatively short shrift to economic policy. In a regulatory straitjacket and dominated by a state-run banking system, Israel suffered a « lost decade » from the mid-1970s to the mid-1980s. Messrs. Senor and Singer give appropriate credit to the reforms (like eliminating a ban on performance fees for hedge funds) initiated by Benjamin Netanyahu, now the prime minister, when he ran the finance ministry.

The greatest strength of « Start-Up Nation » is not analysis but anecdote. The authors tell vivid stories of entrepreneurial success, such as that of Shai Agassi, the son of an Iraqi immigrant to Israel, with his electric-automobile technology, now in the process of creating « Car 2.0 »; or Gavirel Iddan, who got his start as a rocket scientist, with his pill cameras that explore the inside of the human body, founding Given Imaging in 2001, « the first company to go public on Wall Street after the 9/11 attacks. » In the end, it is not easy to discover why Israel, a tiny nation of immigrants torn by war, has managed to become the first technology nation. It may be enough, as this fine book does, to shine a spotlight on its success.

Start-Up Nation

By Dan Senor and Saul Singer
Twelve, 304 pages, $26.99

Mr. Glassman is executive director of the George W. Bush Institute, a think tank that is part of the Bush Center in Dallas, which will include a library and museum.

Voir aussi:

L’arme secrète d’Israël peut soigner le Proche-Orient
Gilles Raphel
Actu.co.il
10/11/2009Les Américains pensent à la guerre ou à la religion quand ils pensent à Israël. Mais Israël est aussi une extraordinaire histoire de succès technologiques.

Un sondage datant de mai dernier a compté les sociétés non américaines dans le Nasdaq ; trois sociétés coréennes, cinq entreprises irlandaises, cinq du Royaume-Uni et six du Japon. Soixante-quatre pour Israël.

En 2008 Israël a attiré plus de deux fois le capital-risque par citoyen que celui des États-Unis. Il a attiré 30 fois plus de liquidités que l’Europe continentale et 350 fois plus que l’Inde.

Il existe quelques explications assez communément ethniques pour justifier le miracle technologique israélien. Les Juifs sont censés être intelligents. Les Juifs de l’étranger financent les entreprises israéliennes indépendamment de leur situation. Et ainsi de suite…

Mais ces explications ne suffisent pas comme Dan Senor et Saul Singer le relèvent dans « Start Up Nation. » (Senor est mon collègue au Council on Foreign Relations). Le record israélien de l’innovation a moins à voir avec l’ethnie et plus avec la politique. L’armée israélienne a également joué un rôle surprenant dans le processus.

L’histoire débute dans l’ancien Israël, ses soupçons portant sur le capitalisme et son affection contre-productive pour les coopératives et communautés agricoles. Voici une décennie et demi, le gouvernement israélien a créé un fond de technologie surnommé Yozma. L’objectif d’Yozma était de permettre au capital-risque de se joindre à la création de projets israéliens. Le signal fort que la création Yozma a envoyé a modifié l’attitude israélienne à l’égard des affaires de façon spectaculaire. Un décideur, paraphrasant la remarque de John Lennon sur Elvis a décrit ainsi le changement. «Avant Yozma, il n’y avait rien. »

L’éducation et les femmes

Mais d’autres forces ont contribué à ce succès. Le niveau élevé d’éducation des hommes et des femmes indique aux nouvelles entreprises qu’elles trouveront la bonne personne à embaucher. Pendant son mandat comme ministre des Finances au début de cette décennie, Benjamin Netanyahu fit comme Margaret Thatcher en réduisant les impôts et l’emploi dans la fonction publique, privatisant la compagnie aérienne nationale El Al et le Bezeq l’entreprise publique de télécommunications. Netanyahu supprima progressivement les obligations à haut rendement du gouvernement forçant ainsi des capitaux privés à trouver d’autres emplacements pour investir. Les réformes financières se sont faites sur un marché relativement transparent.

Les auteurs ont identifié plusieurs autres facteurs moins intuitifs. L’un est la tolérance israélienne à l’échec – une faillite n’est pas la fin d’une carrière. Un autre est l’immigration. Certes, les immigrants de l’ex-Union soviétique avaient des diplômes mais ce qui importait le plus était la personnalité de l’immigrant, celle favorisant la prise de risque était sélectionnée et, par conséquent, également le candidat à la « start-up». Le gouvernement a également aidé à ce que les portes universitaires et celles des entreprises soient ouvertes aux immigrants.

Les soldats en affaires

Pourtant, l’arme secrète de l’innovation israélienne est l’armée israélienne. Le projet israélien ne demande pas simplement aux soldats de sexe masculin un mandat de trois ans et de deux années pour les femmes, de plus, ils servent durant une grande partie de leur vie adulte, revenant chaque année. Cela pourrait être vu comme un élément perturbateur de carrière. Mais les unités d’élite des Forces de Défense Israéliennes finissent par fonctionner comme un sélectionneur efficace de noyaux technologiques, fait que Michael Porter de l’Université de Harvard identifie comme si favorable à l’innovation.

L’avantage d’être associé à une unité d’élite israélienne – les deux plus célèbres sont la Talpiot et la 8200 – est comparable à l’avantage donné par le fait d’aller à Harvard Business School, en mieux, dit l’israélien Tal Keinan.

Keinan est un investisseur israélien et un diplômé de 2001 de la Harvard Business School, donc il est en mesure de traduire en termes américains ce que le réseau israélien représente. Il fait remarquer que les retrouvailles à la Harvard Business School arrivent seulement à quelques années d’intervalle et se retrouvent des personnes qui ont partagé des tableaux de calcul uniquement, pas des tentes ou des fusils. Keinan dit du lien créé par l’armée israélienne : «Imaginez une réunion chaque année et qui dure de deux à quatre semaines. » Les Israéliens en sont d’autant plus proches et plus susceptibles de s’entraider sur des projets.

Les compétences démocratiques

Au-delà de l’avantage de la mise en réseau jouent aussi une hiérarchie plus lisse et les habitudes démocratiques de l’armée israélienne. Les défis de la guerre urbaine ont forcé les militaires israéliens à décliner la chaîne de l’autorité. Ces compétences que même les officiers subalternes ont acquises leur permettent de trouver un emploi civil auprès de personnes qui elles-mêmes ont servi et donc savent comment lire un CV militaire.

Un exemple de la dynamique de la haute technologie militaire est apparue lorsque le président de PayPal Inc, Scott Thompson, était à la recherche de logiciels pour détecter les fraudes ; les innovateurs américains croient qu’ils maîtrisent mieux que quiconque leurs produits.

Offrant une faveur à un investisseur, Thompson a rencontré Shvat Shaked, le co-fondateur de la société israélienne Fraud Sciences. Au grand étonnement de Thompson, Fraud Sciences a été en mesure de prédire la probabilité de l’augmentation de la fraude pour l’ensemble de PayPal que d’autres avaient mis au point. En traçant les terroristes avec la 8200, Shaked et son compatriote vétéran de la 8200 Saar Wilf avaient découvert une caractéristique particulière chez les malfaiteurs – ils essaient de cacher leurs traces. Les innocents, en revanche, ne le font pas. Ils avaient utilisé ces connaissances pour écrire les logiciels les plus compétitifs.

L’opportunité pour les Musulmans

Les investisseurs nourrissent le projet selon lequel les pays à majorité musulmane auront bientôt leur propre Yozma, le nouveau Fonds mondial pour la technologie et d’innovation vanté par le président Obama.

Mais la réussite israélienne suggère que les fonds publics, tout en étant importants, ne sont pas la principale raison de l’innovation high-tech. « La plupart des pays du Moyen-Orient, dit Senor, ne sont pas en retard par manque d’argent. »

Senor suggère que le renforcement de la réserve de talents, en accueillant des femmes dans les effectifs, la faveur du droit à la discussion et du droit de vote des individus au sein de l’armée ou à l’extérieur, la mise en valeur de l’immigration et l’élection d’un gouvernement qui encourage toutes les expériences sont les valeurs qui comptent le plus.

Le deuxième message vaut ici pour les entreprises américaines qui ont tendance à évaluer les vétérans candidats moins favorablement que leurs homologues israéliennes. Les temps passés au combat par nos anciens soldats pourraient se traduire par une capacité à faire la différence dans certaines de nos start-ups.


Cinéma: L’immigration comme perte de l’innocence (The much vaunted idyllic life of the Jews in Arab lands is a myth!)

30 novembre, 2009
https://i2.wp.com/fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/72/71/06/19198761.jpgJ’ai résumé L’Étranger, il y a longtemps, par une phrase dont je reconnais qu’elle est très paradoxale : “Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort.” Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu’il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société où il vit, où il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c’est pourquoi des lecteurs ont été tentés de le considérer comme une épave. On aura cependant une idée plus exacte du personnage, plus conforme en tout cas aux intentions de son auteur, si l’on se demande en quoi Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est simple : il refuse de mentir.  (…) Meursault, pour moi, n’est donc pas une épave, mais un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d’ombres. Loin qu’il soit privé de toute sensibilité, une passion profonde parce que tenace, l’anime : la passion de l’absolu et de la vérité. Il s’agit d’une vérité encore négative, la vérité d’être et de sentir, mais sans laquelle nulle conquête sur soi et sur le monde ne sera jamais possible. On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant, dans L’Étranger, l’histoire d’un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. Il m’est arrivé de dire aussi, et toujours paradoxalement, que j’avais essayé de figurer, dans mon personnage, le seul Christ que nous méritions. On comprendra, après mes explications, que je l’aie dit sans aucune intention de blasphème et seulement avec l’affection un peu ironique qu’un artiste a le droit d’éprouver à l’égard des personnages de sa création. Albert Camus (préface américaine à L’Etranger, 1955)
Le thème du poète maudit né dans une société marchande (…) s’est durci dans un préjugé qui finit par vouloir qu’on ne puisse être un grand artiste que contre la société de son temps, quelle qu’elle soit. Légitime à l’origine quand il affirmait qu’un artiste véritable ne pouvait composer avec le monde de l’argent, le principe est devenu faux lorsqu’on en a tiré qu’un artiste ne pouvait s’affirmer qu’en étant contre toute chose en général. Albert Camus (discours de Suède, 1957)
Personne ne nous fera croire que l’appareil judiciaire d’un Etat moderne prend réellement pour objet l’extermination des petits bureaucrates qui s’adonnent au café au lait, aux films de Fernandel et aux passades amoureuses avec la secrétaire du patron. René Girard (Critiques dans un souterrain, 1976)
Que pèse le rappel des vexations, des meurtres mêmes, devant la nécessité de croire en une complémentarité judéo-musulmane? Patrick Simon
Tahar est un jeune Tunisien envoyé par sa famille pour aller soutenir son frère, emprisonné à Paris pour meurtre. Mais quand il débarque à Marseille, Tahar ne prend pas le train. Il erre dans la ville frontière où se mêlent deux mondes, celui qu’il vient de quitter et celui qui a transformé son frère. Tel est le synopsis de » Lettre à la prison » , film réalisé par Marc Scialom. Un sujet qui aurait très bien pu être filmé en caméra numérique voici quelques semaines tant cette situation semble contemporaine. Rue 89
Nous sommes en 1969. La plupart font le voyage pour trouver du travail. Pas celui dont on entend la voix, en off : lui vient rendre visite à son frère, incarcéré à Paris, accusé d’un crime qu’il nie avoir commis. (…) Sur le mode du dérèglement sensoriel, du brouillage identitaire vertigineux, l’expérience de l’immigré est restituée ici comme une expérience de l’étrangeté absolue. Conduit à ruser avec des règles qui le limitent en tout, comme les barreaux d’une prison mentale, il en vient à se penser lui-même suspect. Ses certitudes vacillent. Après tout, peut-être son frère l’a-t-il bien tuée cette femme « trop blanche », « trop riche », cette femme « qui n’était pas pour lui », comme le pense leur cousin. L’immigration comme perte de l’innocence, telle est la toile de fond de ce film magnifique, qui n’assène aucun message. Et c’est bien ce qui lui fut reproché. (…) A l’heure où « l’identité nationale » envahit le débat public, ce film réalisé par un immigré tunisien de culture juive sur un immigré tunisien de culture musulmane pose des questions essentielles, avec l’intelligence et le regard d’un grand artiste. Le Monde
En 1970, un jeune tunisien débarque pour la première fois de sa vie en France, où il est chargé par sa famille de porter secours à son frère aîné, accusé à tort d’un meurtre et emprisonné à Paris. Il fait d’abord halte à Marseille. Là, il rencontre des tunisiens étrangement différents de ceux qu’il croisait en Tunisie, des Français qui lui paraissent énigmatiques et une ambiance générale assez inquiétante à ses yeux pour le faire douter peu à peu de ce dont il était sûr, c’est-à-dire de l’innocence de son frère, de sa propre innocence, de sa propre intégrité mentale. Le thème développé dans ce film est celui d’une identité culturelle et personnelle mise en péril, sur fond de post-colonialisme. Résumé du film Lettre à la prison
J’étais un exilé moi-même et je voulais montrer ce que je connaissais: la perte d’identité de la jeune génération qui débarquait en France. Une perte culturelle, mais aussi personnelle : « Je suis arrivé en un lieu où je ne suis plus moi. Qui suis-je alors ? » Cette perte d’identité se doublait souvent, pour les arrivants, d’un sentiment de culpabilité qu’on leur flanquait à la gueule et qu’ils intériorisaient au point de se sentir devenir « le salaud » (…) l’aspect onirique du film n’a pas plu à l’époque. Jean Rouch trouvait le film surréaliste. C’était un compliment, mais quand je l’ai montré à Chris Marker, il ne m’a rien dit. Nous étions amis et il n’a pas déserré les dents. J’en étais très choqué et, plus tard, ses amis m’ont dit : « Pas politique ! » Ça voulait dire que, pour eux, je m’éloignais du militantisme pour faire un cinéma de petit-bourgeois nombriliste. Dans ce milieu, parler de ses rêves, exprimer sa subjectivité, était mal vu. La gauche, que je fréquentais, n’a donc pas aimé le film, et les autres non plus parce que ça n’était pas un film montrant les Arabes sous un jour exotique. Le film n’entrait dans aucun créneau. On me disait : « Qu‘est-ce que vous voulez qu’on fasse avec ça ? » Marc Scialom
Le film qui m’a touché et encouragé, c’est A bout de souffle. Quand je l’ai vu sur les Champs-Elysées, je suis aussitôt aller acheter une lampe de poche et un carnet de notes et je suis retourné le voir plusieurs fois. Je sentais que l’énergie se situait non pas à l’intérieur de chaque plan, mais dans le passage de l’un à l’autre, dans le choc de la « collure ». C’est cette énergie que j’ai essayé de trouver dans Lettre à la prison. J’ai tourné sans argent, avec les gens que je trouvais. L’interprète principal était un ami d’amis. Il était algérien, et son personnage tunisien. C’était un ouvrier qui logeait dans un foyer Sonacotra, qui vivait mal, et qui a fini par retourner en Algérie parce qu’il ne supportait plus la France. Marc Scialom
Quand on voit maintenant les relations qu’ont les juifs avec les arabes, c’est triste quand on pense à la cohabitation qu’ils avaient avant (…) Pour moi, Belleville c’est à peu près l’image que j’ai de Tunis. Pourtant c’est un quartier délabré, les immeubles tombent en ruine, mais quand je vois des juifs, des arabes, des noirs, des blancs, des chrétiens… je vois de tout à Belleville, et je vois rarement de bagarres. Je me dis que ça devait être comme ça à Tunis. Quand je vois des gens qui crient par la fenêtre pour appeler leurs enfants, qu’il y a plein de gens dans la rue, une foule incroyable, des gens à la terrasse des restaurants en été, je me dis : « vraiment, ça devait être ça à Tunis ». Jeune fille d’origine tunisienne née à Paris en 1980 (entretien réalisé par l’historien Patrick Simon)
Quand j’étais jeune, on me disait : « le juif errant, celui qui était en Pologne, il a été en Allemagne, d’Allemagne il a été en Russie, de Russie il a été France, de France il a été… ». Heureusement que nous on n’est pas comme ça. On est bien, on vit bien, on travaille bien, on s’entend avec tout le monde. Et puis quand j’ai pris le bateau, j’ai dit : « bon Dieu, je deviens juif errant comme les autres ». Je quitte la Tunisie pour aller en France, je suis comme tous les juifs errants : d’un côté à l’autre, d’un côté à l’autre. Juif tunisien (né en 1921 à Tunis, parti en 1961)
La fameuse vie idyllique des juifs dans les pays arabes, c’est un mythe ! La vérité […] est que nous étions d’abord une minorité dans un milieu hostile ; comme tels, nous avions toutes les peurs, les angoisses, le sentiment constant de la fragilité des trop faibles. Aussi loin que remontent mes souvenirs d’enfant, dans les récits de mon père, de mes grands-parents, de mes tantes et oncles, la cohabitation avec les Arabes n’était pas seulement malaisée, elle était pleine de menaces, périodiquement mises à exécution. Il faut tout de même rappeler ce fait lourd de signification : la situation des juifs pendant la colonisation était plus sûre, parce que plus légalisée. Car sur la période qui a précédé la colonisation, la mémoire collective des juifs de Tunisie ne laisse aucun doute. Il suffit de reprendre les quelques récits, les quelques contes qui en restent : c’est une sombre histoire. Les communautés juives vivaient dans les ténèbres de l’histoire, l’arbitraire et la peur, sous des monarques tout-puissants, dont les décisions ne pouvaient être abolie ni même discutées. Tout le monde, direz vous, était soumis à ces monarques, sultans, beys ou deys. Oui, mais les juifs n’étaient pas seulement livrés au monarque, mais à l’homme de la rue. Mon grand-père portait encore des signes vestimentaires distinctifs, et il vivait à une époque où tout passant juif était susceptible de recevoir des coups sur la tête de tout musulman qu’il rencontrait. Cet aimable rituel avait même un nom : la chtaka, et comportait une formule sacramentelle, que j’ai oubliée. Un arabisant français m’a objecté, lors d’une réunion  » En pays d’islam les chrétiens n’étaient pas mieux lotis ». C’est vrai, et alors ? C’est un argument à double tranchant : il signifie en somme que personne, aucun minoritaire, ne vivait en paix et dans la dignité dans un pays à majorité arabe !  » (…) C’est notre complaisance de déracinés qui ont tendance à embellir le passé, qui, dans leur regret de l’Orient natal, minimisent, ou effacent complètement le souvenir des persécutions. Albert Memmi (« Juifs et Arabes », 1974)
Cette représentation idyllique occupe une place d’autant plus importante dans la mémoire qu’elle propose une lecture optimiste des rapports judéo-musulmans, au moment où l’actualité est dominée par la tension constante en Israël. Bien entendu, la mémoire ment quand elle enjolive à l’excès la situation des juifs en Tunisie. Le besoin irrépressible de gommer les drames, de lisser les aspérités conflictuelles s’est manifesté très tôt. Il n’est du reste pas spécifique aux juifs tunisiens, mais a été constaté également pour le Maroc et l’Algérie. Albert Memmi attribue le succès de ce mythe à cinq facteurs, dont la propagande arabe qui aurait cherché, dans le cadre du conflit israélo-arabe, à opposer juifs maghrébins et européens. Mais la principale responsabilité serait portée par les juifs des pays arabes eux-mêmes que Memmi (auto)critique avec lucidité. Patrick Simon
Emeutes contre la Hara (janvier 1952, 1 mort), relations postales avec Israël supprimées et agressions nocturnes (1956), expropriations du vieux cimetière de Tunis (1957), suppression du statut juif (loi du 11 juillet 1958), tunisation de l’administration avec l’indépendance (1956), destruction de la grande synagogue de Tunis (1960), violences après l’affaire de Bizerte (1961), expropriations (1960-61 – argent emporté imité à un dinar = 2 euros), pillage du quartier juif de Tunis et synagogue saccagée (1967) …
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« A l’heure où « l’identité nationale » envahit le débat public, ce film réalisé par un immigré tunisien de culture juive sur un immigré tunisien de culture musulmane » dixit Le Monde …

« Un sujet qui aurait très bien pu être filmé en caméra numérique voici quelques semaines tant cette situation semble contemporaine. » dixit Rue 89

A l’heure où, avec la sortie d’un film jusqu’ici inédit du réalisateur français d’origine judéo-italo-tunisienne Marc Scialom (« Lettre à la prison », tourné à Marseille en 1969 mais jamais sorti faute de financements), nos médias nous ressortent l’équation immigré juif tunisien-immigré musulman tunisien …

Et où, près de 70 ans après L’Etranger et sur l’air de 40 ans plus tard rien n’a changé, on nous rejoue le numéro de l’immigré comme étrangeté absolue ou le thème, que Camus avait lui-même dénoncé dans la Chute, du meurtrier innocent (ou accidentel comme dans « A bout de souffle ») …

Retour, avec les extraits d’une étude de la communauté judéo-tunisienne de Belleville par l’historien Patrick Simon, sur ce qu’occulte cette fascination pour ces nouveaux « bons sauvages » que sont devenus les immigrés musulmans et la vision prétendument idyllique des rapports franco ou judéo-musulmans (y compris pour les juifs eux-mêmes).

A savoir, le véritable arrière-plan historique de ce que fut l’exil, après 2000 ans d’histoire, des juifs de Tunisie …

Brutalement rappelés, notamment après la Crise de Bizerte (dont Sciamon avait d’ailleurs tiré un court roman – « Loin de Bizerte », 1967) et surtout la Guerre des Six-Jours, à leur destin de juifs errants

(…)

Amorcée dès le début des années 50, l’émigration des juifs s’est précipitée avec l’accession à l’indépendance de la Tunisie en 1956. Pourtant, l’histoire et la situation de cette communauté ne se confondait pas avec l’expérience coloniale. La présence juive en Tunisie remonte aux premiers siècles de notre ère et si l’entrée en vigueur du protectorat français sur la Tunisie beylicale, après la signature du traité du Bardo en 1881, allait engager d’importantes transformations du statut des juifs, ceux-ci n’intégreront jamais la société des colons. Après la conquête française, les juifs de Tunisie ont continué à constituer une minorité distincte des musulmans, des Français et des nombreux Italiens ou Maltais venant compléter la mosaïque tunisienne. Le système de cohabitation reproduisait celui en vigueur dans l’empire ottoman, laissant une certaine autonomie aux minorités tout en leur attribuant des places subalternes6. Mais l’arrivée de la puissance coloniale française allait bouleverser la hiérarchie du pouvoir. Occupant les positions dominantes, les nouveaux maîtres du pays ont en quelque sorte contribué à atténuer les écarts entre les autres composantes de la société tunisienne qui sont devenus, par la force du pouvoir colonial, des « indigènes ».

La présence française favorise le mouvement d’occidentalisation de la communauté juive initié dès la seconde moitié du XIXe siècle. Cependant, la situation juridique du protectorat placera les juifs de Tunisie dans une position très différente de celle de leurs voisins d’Algérie. Placés sous l’autorité du Bey, ils ne bénéficieront d’aucune procédure de faveur pour accéder à la nationalité française qui leur reste pratiquement inaccessible jusqu’en 1927. Ce statut juridique aura, on s’en doute, des conséquences considérables pour l’avenir de la communauté, notamment lors de son départ hors de Tunisie. À la faveur de la redistribution du pouvoir politique, la communauté juive pu s’orienter vers de nouvelles activités économiques. L’essor du commerce et des échanges avec l’Europe (France et Italie essentiellement) favorise l’émergence d’une caste de négociants et de gros commerçants juifs, tandis que le développement d’une administration de type européen suscite la création d’une couche d’employés aux écritures travaillant dans les banques, assurances ou études d’avocat. Une classe moyenne se forme, dont le mode de vie se distinguera rapidement de celui des classes pauvres vivant dans la ‘Hara, le ghetto tunisien. Le développement urbain de la ville de Tunis autorise également une mobilité résidentielle hors du Ghetto, amplifiant la rupture socio-culturelle. Les familles juives en phase d’ascension sociale migrent vers les quartiers européens nouvellement construits, en commençant leur mouvement par les ruelles à la périphérie de la ‘Hara. En abandonnant la vie de misère du ghetto vétuste et insalubre, ces familles rompent également avec un environnement façonné par et pour la communauté. Elles entrent de plain-pied dans des territoires indifférenciés où elles s’exposent, mais c’est là leur désir, à une acculturation rapide (Tapia et Taïeb, 1975).

Le protectorat entre en crise dès 1950 et le conflit ira crescendo jusqu’à l’obtention de l’autonomie interne en juin 1955, puis la reconnaissance par la France de l’indépendance de la Tunisie le 20 mars 1956. La communauté juive n’a jamais été particulièrement visée par les attentats ou coups de main. Elle est apparue, tout au long du processus d’indépendance, partagée entre, d’une part, un soutien actif et militant au parti communiste tunisien et au néo-Destour de Bourguiba, et, principalement pour la frange occidentalisée, la défense de la présence française. Pour l’essentiel, les masses populaires resteront en retrait du débat et ne réagiront qu’aux secousses qui vont durcir les relations entre juifs et musulmans dans la jeune république tunisienne. La crise de Bizerte en 1961, au cours de laquelle les armées française et tunisienne s’affrontent au cours de combats meurtriers, provoque une montée de l’antisémitisme dans l’ensemble du pays, et tout particulièrement à Tunis où réside l’essentiel de la communauté juive7. Pour beaucoup de juifs de Tunisie, cette crise fournit le signal du départ. Elle est suivie en 1967 par l’épisode plus dramatique de la guerre des 6 jours en Israël. À l’annonce du conflit, des milliers de manifestants musulmans investissent les quartiers où réside la population juive. De nombreuses boutiques sont alors saccagées, tandis qu’on met le feu aux lieux de culte israélites, dont la Grande Synagogue de l’avenue de Paris.

Ces événements successifs ont précipité le rythme de l’émigration juive qui, indépendamment des crises politiques, avait discrètement commencé après la seconde guerre mondiale. Sous l’impulsion du mouvement sioniste bien implanté en Tunisie, que ce soit sous sa formulation révisionniste avec le Bétar ou l’obédience socialiste du mouvement Dror, l’Aliya touche un nombre croissant des juifs pauvres, mais également, particularité tunisienne, l’élite de la communauté8. P. Sebag estime à 25 000 personnes l’émigration de Tunisie vers Israël entre 1946 et 1956 et à 5 000 les flux vers la France à la même période (Sebag, 1991). Par ailleurs, de nombreux négociants juifs tunisiens entretiennent de fructueuses relations économiques avec la France. Au cours de leurs séjours, ils fréquentent les premières « colonies » juives tunisiennes et participent ainsi à leur formation. Le secteur de la rue Montmartre à Paris devient, au tournant des années 50, un point d’accueil et de rencontre de ces négociants. Dans le prolongement du développement du pôle juif tunisien du faubourg Montmartre, on relève également à Belleville l’ouverture, en 1952, d’une épicerie et d’un café-restaurant. Ces lieux de consommation attirent une clientèle juive tunisienne dans un quartier dominé par les juifs ashkénazes. Ils serviront par la suite de point d’appuis pour l’installation des grosses vagues de migrants, lorsque la situation se dégradera en Tunisie. Au moment de l’exode, les réseaux tissés entre Tunis et Paris seront mobilisés et les noms du faubourg Montmartre et de Belleville circuleront parmi les candidats au départ.

Après la crise de Bizerte, la décision de partir se prend dans l’urgence, tandis que les transferts de biens ou de liquidités hors de Tunisie sont strictement réglementés. Abandonnant leurs maigres possessions dans leur logement, les familles partent, avec, selon l’expression consacrée, « 20 kilos de bagages et un dinar en poche » (Touati, 1961). Elles quittent la Tunisie sans espoir de retour. Cet extrait de témoignage résume l’état d’esprit d’un départ qui s’inscrivait d’emblée dans une logique d’exil :

« Mes parents savaient qu’ils n’habiteraient plus la Tunisie. Qu’ils n’y retourneraient jamais ça non. Ne plus y habiter, oui, ils sont partis pour partir. Ils ne sont pas partis avec l’idée de retour. Pour eux, ils venaient s’installer en France ou alors ils venaient d’abord en France pour aller ensuite en Israël, ça pouvait n’être qu’une étape »9.

Même si rétrospectivement, le départ des juifs de Tunisie peut apparaître inéluctable, le pari du maintien et de la cohabitation a longtemps prévalu. La Tunisie n’a pas eu à connaître la terrible alternative algérienne de « la valise ou le cercueil » ; l’enracinement dans son quartier, l’absence de « communauté de destin » avec un autre espace, fut-il la France ou Israël, n’engagent pas à se couper de son univers familier. Le fait est que le départ s’impose à chaque fois comme une rupture dans les projets, une bifurcation subite et traumatisante dans les parcours. Quel que soit le milieu social, les témoignages indiquent le caractère brutal et irrémédiable de la migration. En quittant leur pays, les juifs de Tunisie mettaient fin à 2000 ans d’histoire et renouaient avec la malédiction du juif errant qu’ils s’étaient efforcés de conjurer :

« Quand j’étais jeune, on me disait : « le juif errant, celui qui était en Pologne, il a été en Allemagne, d’Allemagne il a été en Russie, de Russie il a été France, de France il a été… ». Heureusement que nous on n’est pas comme ça. On est bien, on vit bien, on travaille bien, on s’entend avec tout le monde. Et puis quand j’ai pris le bateau, j’ai dit : « bon Dieu, je deviens juif errant comme les autres ». Je quitte la Tunisie pour aller en France, je suis comme tous les juifs errants : d’un côté à l’autre, d’un côté à l’autre ».

Voir aussi:

Marc Scialom a aujourd’hui 73 ans. Il en avait 18 quand il a quitté la Tunisie. » Je suis arrivé à Marseille, puis rapidement, je suis monté à Paris. Là-haut, j’étais en lien avec des gens du Parti. » Emigré, juif, intellectuel, communiste, Marc Scialom regarde passer les années Flower power avec la rage. Lui entend encore les bombardements français sur les villages tunisiens. Il en fera d’ailleurs l’objet d’un de ses premiers films, » Parole perdue » .

(…)

» Peut-être parce que mon film s’appelait initialement « Le Chien », dit le vieil homme. Alors, en 69, j’ai fini par tourner le film sur mes propres deniers. Ce n’était pas vraiment le film d’ailleurs, plutôt un travail préparatoire pour tenter de convaincre à nouveaux les financeurs.

(…)

» Toute cette histoire m’a donné envie de reprendre la caméra, conclut Marc Scialom. Alors, j’ai fait comme les jeunes, j’ai acheté une caméra numérique, j’ai écrit un synopsis à la limite entre le documentaire et la fiction qui parle des communautés juives et musulmanes à Marseille… et personne n’a accepté de financer mon projet. Comme il y a quarante ans, on me répond que ce n’est pas du cinéma. Alors, comme il y a quarante ans, j’ai commencé à le faire sans aide, seul.»

Voir également:

La beauté enfin dévoilée de « Lettre à la prison »
Isabelle Regnier
Le Monde
28.11.09

Le noir est charbonneux, le blanc éblouissant. L’image est abîmée, parfois striée. Assise sur un lit, dans des draps blancs froissés, une femme rejette ses cheveux en arrière, au ralenti. Image de rêve ? On comprendra plus tard que c’est celle d’un fantôme, le fantôme d’une femme française, retrouvée morte au pied d’une voiture, sauvagement assassinée.

D’abord, le film nous embarque sur le quai d’un paquebot, l’Avenir, qui transporte des Tunisiens jusqu’au Port autonome de Marseille. Nous sommes en 1969. La plupart font le voyage pour trouver du travail. Pas celui dont on entend la voix, en off : lui vient rendre visite à son frère, incarcéré à Paris, accusé d’un crime qu’il nie avoir commis.

Sur le bateau, l’homme ébauche mentalement le brouillon d’une lettre qu’il voudrait lui écrire. Mais il n’a jamais rédigé de lettres personnelles. Comment exprimer des sentiments intimes ? Alors pendant toute la durée du film, il ressasse, change de registre, s’interroge. Il raconte son voyage, parle de la famille, de l’impression qu’il a de ne plus connaître son frère, depuis que celui-ci vit en France…

Avant de monter dans le train pour Paris, le jeune homme reste quelques jours à Marseille, hume l’air de la ville, s’installe dans une chambre d’hôtel spartiate, entend fuser des propos racistes ordinaires… Il passe un après-midi chez un cousin, où il perçoit le déracinement de ces immigrés déjà coupés de leurs enfants nés sur place.

Rien de misérabiliste ici – le déjeuner est joyeux -, rien de trop explicite non plus : des bribes de phrases, des sensations, montées ensemble comme dans un rêve, des images mentales étranges, qui s’insèrent entre deux plans documentaires. Sur le mode du dérèglement sensoriel, du brouillage identitaire vertigineux, l’expérience de l’immigré est restituée ici comme une expérience de l’étrangeté absolue. Conduit à ruser avec des règles qui le limitent en tout, comme les barreaux d’une prison mentale, il en vient à se penser lui-même suspect. Ses certitudes vacillent.

« PAS POLITIQUE »

Après tout, peut-être son frère l’a-t-il bien tuée cette femme « trop blanche », « trop riche », cette femme « qui n’était pas pour lui », comme le pense leur cousin. L’immigration comme perte de l’innocence, telle est la toile de fond de ce film magnifique, qui n’assène aucun message. Et c’est bien ce qui lui fut reproché.

Réalisé, en 1969, par Marc Scialom, un jeune apprenti cinéaste d’origine juive tunisienne, avec le soutien de Chris Marker qui lui a prêté du matériel, c’est un film inachevé. La version qui ressort mercredi en salles est une maquette, conçue par l’auteur dans l’espoir de convaincre un producteur de financer le film. Mais l’accueil que lui ont fait les amis de Chris Marker lui a coupé les ailes. « Pas politique », lui a-t-on asséné, ce qui revenait, dans le contexte de l’époque, à une condamnation sans appel.

Malgré le soutien de Jean Rouch, qui a salué « un des rares films surréalistes de l’histoire du cinéma », le jeune cinéaste l’a enterré et n’a pas tardé à abandonner le cinéma pour se consacrer à l’enseignement. C’est à sa fille, Chloé Scialom, qu’il doit d’avoir exhumé cette copie de travail, et à l’association marseillaise Film Flamme de l’avoir restaurée.

Lettre à la prison n’est pas un film militant, mais c’est un film politique, visionnaire, dont le sens s’est intensifié avec les années. La liberté de son écriture, la poésie de son montage le distinguent radicalement des films engagés des années 1970 dont la plupart ne peuvent plus s’apprécier autrement que replacés dans le contexte de leur époque.

A l’heure où « l’identité nationale » envahit le débat public, ce film réalisé par un immigré tunisien de culture juive sur un immigré tunisien de culture musulmane pose des questions essentielles, avec l’intelligence et le regard d’un grand artiste.

Voir de même:

Monday, November 30, 2009
Marc Scialom. Lettre à la prison

We can see what the city of Marseille was like – with its past and present marked by immigration, likewise on the border between reality and fiction – in Lettre à la prison, filmed 40 years ago in Marseille and Tunisia. The film has remained invisible since then because its director, Marc Scialom, a French Tunisian with Italian blood, ran out of money and had to stop filming before he could run off a copy. With voices out of field, it is an atemporal narration that instead follows the interior movements of the leading player, a Tunisian boy who has landed in Marseille and tries to get to Paris. He goes to the station every day but never manages to leave. The words, which are not always connected with the images, compose the story: the young man has come to France to help his brother, accused of killing a French girl with whom he had a relationship. Little does it matter that the accusation is false: back then – as is the case today – he is the perfect culprit.

But the story, the letters that one man writes to the other, are merely fragments, a starting point to reveal much more. The young man’s wanderings through Marseille, composed of harsh angles, diagonal shots with a “cubist” air, tell us about racism, ostracism and mistrust. Men and women view immigrants suspiciously, considering them savages: Arab equals disease and filth. It makes no difference that they were bled first by colonialism and then by post-colonialism: the slums in which they live are dirty, their children dishevelled, barefoot and naked … There is a compelling feeling of contemporary life, of today’s world, in this film. Indeed, its power lies in not “theorizing” about it but, rather, allowing the contradictions and ambiguity of widespread violence to emerge: the frustration of a horrible deed – the young man throws his dog from the train because a hysterical Frenchwoman is shocked that the animal is peeing – is something that introjects marginality without having processed it into rebellion, making it all the more frightening. Scialom revisits cinéma vérité, but the most surprising aspect is the representation of immigration. The director takes uncommon liberties and perhaps this is what frightened producers at the time. The scene of the young man and a French girl on the reef – she urinating in front of him, he being transformed into all of the men of an aggressive culture without distinction – is extraordinary. The “scandal” of the film is its unconventionality, the fact that it works within a reciprocal imagination, touching on eroticism, sexuality and fantasies. Something that is ever topical in history. (Cristina Piccino, il manifesto, 6 July 2008)

Personne ou presque ne connaît Marc Scialom. Juif italien né à Tunis en 1934, ce cinéaste autodidacte a pourtant gagné un Lion d’Argent à Venise en 1972, avec le court-métrage Exils. Mais son seul long-métrage, Lettre à la prison (1969), n’est jamais sorti dans les salles. Trop onirique pour l’époque (post 68), très demandeuse de Politique. Mêlant prises de vues en noir et blanc tournées à l’arrache dans les rues de Marseille, et extraits d’un court métrage en couleur, Lettre à la prison est un magnifique film-poème sur l’immigration maghrébine. 35 ans plus tard, sa puissance reste intacte.
LETTRE A LA PRISON
Un film de Marc Scialom
Avec Tahar Aïbi, Marie-Christine Lefort, Myriam Tuil
Durée : 1h39

Voir enfin:

WHO IS AN ARAB JEW? *
Albert Memmi
February, 1975

* The term « Arab Jews » is obviously not a good one. I have adopted it for convenience. I simply wish to underline that as natives of those countries called Arab and indigenous to those lands well before the arrival of the Arabs, we shared with them, to a great extent, languages, traditions and cultures. If one were to base oneself on this legitimacy, and not on force and numbers, then we have the same rights to our share in these lands – neither more nor less – than the Arab Moslems. But one should remember, at the same time, that the term « Arab » is not a happy one when applied to such diverse populations, including even those who call and believe themselves to be Arabs.

The head of an Arab state (Muammar Ghadaffi) recently made us a generous and novel offer. « Return, » he told us, « return to the land of your birth! » It seems that this impressed many people who, carried away by their emotions, believed that the problem was solved. So much so that they did not understand what was the price to be paid in exchange: once reinstalled in our former countries, Israel will no longer have any reason to exist. The other Jews, those « terrible European usurpers », will also be sent back « home » – to clear up the remains of the crematoria, to rebuild their ruined quarters, I suppose. And if they do not choose to go with good grace, in spite of everything, then a final war will be waged against them. On this point, the Head of State was very frank. It also seems that one of his remarks deeply impressed those present: « Are you not Arabs like us – Arab Jews? »

What lovely words! We draw a secret nostalgia from them: yes, indeed, we were Arab Jews- in our habits, our culture, our music, our menu. I have written enough about it. But must one remain an Arab Jew if, in return, one has to tremble for one’s life and the future of one’s children and always be denied a normal existence? There are, it is true, the Arab Christians. What is not sufficiently known is the shamefully exorbitant price that they must pay for the right merely to survive. We would have liked to be Arab Jews. If we abandoned the idea, it is because over the centuries the Moslem Arabs systematically prevented its realization by their contempt and cruelty. It is now too late for us to become Arab Jews. Not only were the homes of Jews in Germany and Poland torn down, scattered to the four winds, demolished, but our homes as well. Objectively speaking, there are no longer any Jewish communities in any Arab country, and you will not find a single Arab Jew who will agree to return to his native land.

I must be clearer: the much vaunted idyllic life of the Jews in Arab lands is a myth! The truth, since I am obliged to return to it, is that from the outset we were a minority in a hostile environment; as such, we underwent all the fears, the agonies, and the constant sense of frailty of the underdog. As far back as my childhood memories go – in the tales of my father, my grandparents, my aunts and uncles – coexistence with the Arabs was not just uncomfortable, it was marked by threats periodically carried out. We must, nonetheless, remember a most significant fact: the situation of the Jews during the colonial period was more secure, because it was more legalized. This explains the prudence, the hesitation between political options of the majority of Jews in Arab lands. I have not always agreed with these choices, but one cannot reproach the responsible leaders of the communities for this ambivalence – they were only reflecting the inborn fear of their co-religionists.

As to the pre-colonial period, the collective memory of Tunisian Jewry leaves no doubt. It is enough to cite a few narratives and tales relating to that period: it was a gloomy one. The Jewish communities lived in the shadow of history, under arbitrary rule and the fear of all-powerful monarchs whose decisions could not be rescinded or even questioned. It can be said that everybody was governed by these absolute rulers: the sultans, beys and deys. But the Jews were at the mercy not only of the monarch but also of the man in the street. My grandfather still wore the obligatory and discriminatory Jewish garb, and in his time every Jew might expect to be hit on the head by any Moslem whom he happened to pass. This pleasant ritual even had a name – the chtaka; and with it went a sacramental formula which I have forgotten. A French orientalist once replied to me at a meeting: « In Islamic lands the Christians were no better off! » This is true – so what? This is a double-edged argument: it signifies, in effect, that no member of a minority lived in peace and dignity in countries with an Arab majority! Yet there was a marked difference all the same: the Christians were, as a rule, foreigners and as such protected by their mother-countries. If a Barbary pirate or an emir wanted to enslave a missionary, he had to take into account the government of the missionary’s land of origin – perhaps even the Vatican or the Order of the Knights of Malta. But no one came to the rescue of the Jews, because the Jews were natives and therefore victims of the will of « their » rulers. Never, I repeat, never – with the possible exception of two or three very specific intervals such as the Andalusian, and not even then – did the Jews in Arab lands live in other than a humiliated state, vulnerable and periodically mistreated and murdered, so that they should clearly remember their place.

During the colonial period, the life of Jews took on a certain measure of security, even among the poorest classes, whereas traditionally only the rich Jews, those from the European part of town, were able to live reasonably well. In these quarters the population was mixed, and the French and Italian Jews were, in general, less in contact with the Arab population. Even they remained second-class citizens, a prey from time to time to outbursts of popular anger, which the colonial power – French, English or Italian – did not always repress in time, either out of indifference or for tactical reasons.

I have lived through the alarms of the ghetto: the rapidly barred doors and windows, my father running home after hastily shutting his shop, because of rumours of an impending pogrom. My parents stocked food in expectation of a siege, which did not always materialize, but this gives the measure of our anguish, our permanent insecurity. We felt abandoned then by the whole world, including, alas, the French protectorate officials. Whether these officials knowingly exploited these happenings for internal political reasons, as a diversion of an eventual rising against the colonial regime, I have no proof. But certainly this was the feeling of us Jews of the poor quarters. My own father was convinced that when the Tunisian riflemen left for the front during the war, the Jewish population had been delivered into their hands. At the least, we thought that the French and Tunisian authorities had shut their eyes to the depredations of the soldiery or the malcontents who streamed into the ghetto. Like the carabinieri in the song, the police never came, or if they did it was only hours after it was all over.

Shortly before the end of the colonial period, we endured an ordeal in common with Europe: the German occupation.

I have described in Pillar of Salt how the French authorities coldly left us to the Germans. But I must add that we were also submerged in a hostile Arab population, which is why so few of us could cross the lines and join the Allies. Some got through in spite of everything, but in most cases they were denounced and caught.

Nevertheless, we were inclined to forget that dreadful period after Tunisia attained independence. It must be acknowledged that not many Jews took an active part in the struggle for independence, but neither did the mass of Tunisian non-Jews. On the other hand our intellectuals, including the communists, who were very numerous, took an active role in the fight for independence; some of them fought in the ranks of the « Destour ». I was myself a member of the small group which founded the newspaper Jeune Afrique in 1956, shortly before independence, for which I had to pay dearly later on.

At all events, after independence the Jewish bourgeoisie, which was an appreciable part of the Jewish population, believed that they could collaborate with the new regime, that it was possible to coexist with the Tunisian population. We were Tunisian citizens and decided in all sincerity to « play the game ». But what did the Tunisians do? Just like the Moroccans and Algerians, they liquidated their Jewish communities cunningly and intelligently. They did not indulge in open brutalities as in other Arab lands – that would anyhow have been difficult after the services which had been rendered, the help given by a large number of our intellectuals, because of world public opinion, which was following events in our region closely; and also because of American aid which they needed urgently. Nonetheless they strangled the Jewish population economically. This was easy with the merchants: it was enough not to renew their licences, to decline to grant them import permits and, at the same time, to give preference to their Moslem competitors. In the civil service it was hardly more complicated: Jews were not taken on, or veteran Jewish officials were confronted with insurmountable language difficulties, which were rarely imposed upon Moslems. Periodically, a Jewish engineer or a senior official would be put in jail on mysterious, Kafkaesque charges which panicked everyone else.

And this does not take into account the impact of the relative proximity of the Arab-Israel conflict. At each crisis, with every incident of the slightest importance, the mob would go wild, setting fire to Jewish shops. This even happened during the Yom Kippur War. Tunisia’s President, Habib Bourguiba, has in all probability never been hostile to the Jews, but there was always that notorious « delay », which meant that the police arrived on the scene only after the shops had been pillaged and burnt. Is it any wonder that the exodus to France and Israel continued and even increased?

I myself left Tunisia for professional reasons, admittedly, because I wanted to get back into a literary circle, but also because I could not have lived much longer in that atmosphere of masked, and often open, discrimination.

It is not a question of regretting the position of historical justice we adopted in favour of the Arab peoples. I regret nothing, neither having written The Colonizer and the Colonized nor my applause for the independence of the peoples of the Maghreb. I continued to defend the Arabs even in Europe, in countless activities, communications, signatures, manifestos. But it must be stated unequivocally, once and for all: we defended the Arabs because they were oppressed. But now there are independent Arab states, with foreign policies, social classes, with rich and poor. And if they are no longer oppressed, if they are in their turn becoming oppressors, or possess unjust political regimes, I do not see why they should not be called upon to render accounts. Besides, unlike most people, I was never willing to believe (as the liberals naively, and the communists artfully, repeat) that after independence there would be no more problems, that our countries would become secular states where Europeans, Jews and Moslems would happily coexist.

I even knew that there would not be much of a place for us in the country after independence. Young nations are very exclusive; and anyhow, Arab constitutions are incompatible with a secular ideology. And this, by the way, has been recently underlined most appositely by Colonel Qadhafi. He only said aloud what others think to themselves. I was equally aware of the problem of the « small » Europeans, the poor Whites; but I thought that all this was the inevitable end of a state of affairs condemned by history. I thought, in spite of everything, that the effort was worth making. After all, we had never occupied a major place; it would have been enough had they allowed us to live in peace. This was a drama, but a historical drama – not a tragedy; modest solutions did exist for us. But even that was not possible. We were all obliged to go, each in his turn.

Thus I arrived in France, and found myself up against the legend which was current in left-wing Parisian salons: the Jews had always lived in perfect harmony with the Arabs. I was almost congratulated for having been born in such a land where racial discrimination and xenophobia were unknown. It made me laugh. I heard so much nonsense about North Africa, and from people of the best intentions that, honestly, I did not react to it at all. The chattering only began to worry me when it became a political argument that is, after 1967. The Arabs then made up their minds to use this travesty of the truth, which fell on willing ears once the reaction against Israel had set in after her victory. It is now time to denounce this absurdity.

If I had to explain the success of the myth, I would list five converging factors. The first is the product of Arab propaganda: « The Arabs never did the Jews any harm, so why do the Jews come to despoil them of their lands, when the responsibility for Jewish misfortune is altogether European? The whole responsibility for the Middle East conflict rests on the Jews of Europe. The Arab Jews never wanted to create a separate country and they are full of trust and friendship towards the Moslem Arabs. » This is a double lie: the Arab Jews are much more distrustful of the Moslems than are the European Jews, and they dreamed of the Land of Israel long before the Russian and Polish Jews did.

The second argument stems from the cogitations of a part of the European Left: the Arabs were oppressed, therefore they could not be anti-Semites. This is ridiculously manichaeistic – as though one could not be oppressed and also be a racist! As if workers have not been xenophobic! Actually the argument is not convincing: the real purpose is to be able with a clear conscience to fight Zionism and thus serve the Soviet Union.

The third argument is the doing of contemporary historians, among whom, curiously enough, are certain Western Jews. Having undergone the dreadful Nazi slaughter, they could not imagine a similar thing happening elsewhere. However, if we except the massacres of the twentieth century (the pogroms in Russia after Kishinev and later by Stalin, as well as the Nazi crematoria), the total number of Jewish victims from Christian pogroms over the centuries probably does not exceed the total of the victims of the smaller and larger periodic pogroms perpetrated in Arab lands under Islam over the past millennium. Jewish history has so far been written by Western Jews; there has been no great Oriental Jewish historian. This is why only the « Western » aspects of Jewish suffering are widely known. One is reminded of the absurd distinction drawn by Jules Isaac, usually better inspired, between « true » and « false » anti-Semitism, « true » anti-Semitism being the result of Christianity. The truth is that it is not only Christianity that creates anti-Semitism, but the fact that the Jew is a member of a minority – in Christendom or in Islam. In making of anti-Semitism a Christian creation, Isaac, I regret to say, has minimized the tragedy of the Jews from Arab lands and helped to confuse people.

The fourth factor is that many Israelis, perturbed by the issue of coexistence with their Arab neighbours, wish to believe that this existed in the past; otherwise the whole undertaking would have to be discarded in despair! But in order to survive, it would be far wiser to take a clear view of the actual environment.

The fifth and last factor is our own complicity, the more or less unwitting complacency of us Jews from Arab countries – the uprooted who tend to embellish the past, who in our longing for our native Orient minimize, or completely efface, the memory of persecutions. In our recollections, in our imagination, it was a wholly marvelous life, even though our own newspapers from that period attest the contrary.

How I wish that all this had been true – that we had enjoyed a singular existence in comparison with the usual Jewish condition! Unfortunately, it is all a huge lie: Jews lived most lamentably in Arab lands. The State of Israel is not the outcome only of the sufferings of European Jewry. It is certainly possible, contrary to the thinking – if there is any thinking at all – of a part of the European Left, to free oneself from oppression and in turn to become an oppressor towards, for example, one’s own minorities. Indeed, this happens very often with many new nations.

And now?

Now it is no longer a question of our returning to any Arab land, as we are so disingenuously invited to do. Such an idea would seem grotesque to all the Jews who fled their homes – from the gallows of Iraq, the rapes, the sodomy of the Egyptian prisons, from the political and cultural alienation and economic suffocation of the more moderate countries. The attitude of the Arabs towards us seems to me to be hardly different from what it has always been. The Arabs in the past merely tolerated the existence of Jewish minorities, no more. They have not yet recovered from the shock of seeing their former underlings raise up their heads, attempting even to gain their national independence! They know of only one rejoinder: off with their heads! The Arabs want to destroy Israel. They pinned great hopes on the summit meeting in Algiers. Now what did this meeting demand? Two points recur as a leitmotiv: the return of all the territories occupied by Israel, and the restoration of the legitimate national rights of the Palestinians. The first contention can still create an illusion, but not the second. What does it mean? Settling the Palestinians as rulers in Haifa or Jaffa? In other words, the end of Israel. And if not that, if it is only a matter of partition, why do they not say so? On the contrary, the Palestinians have never ceased to claim the whole of the region, and their succeeding « summits » change nothing. The summit meeting in Algiers is linked to that of Khartoum (1967), there is no basic difference. Even today the official position of the Arabs, implicit or avowed, brutal or tactical, is nothing but a perpetuation of that anti-Semitism which we have experienced. Today, as yesterday, our life is at stake. But there will come a day when the Moslem Arabs will have to admit that we, the « Arab Jews » as well – if that is how they wish to call us – have the right to existence and to dignity.

Source: Israel Academic Committee on the Middle East, February, 1975


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