Attentats de Paris: Le nouveau mensonge romantique du tout-festif (Who will love the Devil and his song?)

1 décembre, 2015
Eagleseagles-death-metal-paris-muslim-terror-attacks-kiss-devil-song-was-playing-november-2015-933x445.jpg?w=590&h=277Who’ll love the Devil? Who’ll song his song? Who will love the Devil and his song? Eagles Of Death Metal
Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n’en trouve point. Alors il dit: Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti; et, quand il arrive, il la trouve vide, balayée et ornée. Il s’en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Il en sera de même pour cette génération méchante. Jesus (Matthieu 12 : 43-45)
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
J’ai vu passer les dernières notes de synthèse avant les attentats. Le Bataclan était identifié comme cible potentielle depuis 2011 ! En juillet dernier, un djihadiste interrogé a lâché que les salles de concert rock étaient des cibles prioritaires. Mais rien n’a été pris au sérieux. C’est là qu’on a appris que le Bataclan était dans le viseur des islamistes. Notre hiérarchie préconise des mesures mais elle n’est pas écoutée. Il n’y a même pas eu une voiture de police à proximité ! Policier du renseignement intérieur
Il est impossible dans le contexte actuel d’accueil des réfugiés et d’absence de contrôles aux frontières de suivre tous les suspects, de faire des filatures, des planques, avec d’aussi faibles moyens. En face, ils sont très pros. Policier
Ce sont les politiques qui nous ont mis dans cette situation. Ils ont traîné. Dès l’affaire Merah, on pouvait agir, mais l’élection présidentielle a eu lieu entre-temps et la gauche a mis trois ans à comprendre que la menace était réelle ! Les médias disent n’importe quoi. On raconte que les Turcs nous ont prévenus de la radicalisation d’Omar Ismaïl Mostefaï. C’est n’importe quoi ! Commissaire
Comment Abdelhamid Abaaoud, considéré comme un “émir” de l’État islamique chargé des opérations terroristes en France, en Italie et en Espagne, a-t-il pu faire des allers-retours entre la France et la Syrie, sans être inquiété ? Dans Dabiq, la revue de l’État islamique, Abaaoud clamait fièrement : « J’ai pu aller et venir malgré le fait que j’étais pourchassé par tous les services de renseignements. […] Mon nom et mon image sont connus de tous ; […] j’ai pu rester dans leur pays, préparer des opérations contre eux et repartir sain et sauf. (…) Comment Samy Amimour, sous contrôle judiciaire, à qui on a retiré son passeport et sa carte d’identité pour motif de préparation d’un projet terroriste, a-t-il pu récupérer ses papiers après avoir signalé une perte au commissariat ? Pourquoi la justice ne s’est-elle pas inquiétée, quand il a cessé de pointer au commissariat alors qu’il y était contraint ? (…) Autre dysfonctionnement : le lendemain des attentats, Salah Abdeslam, qui a été condamné à de la prison ferme, a été contrôlé par la gendarmerie nationale à Cambrai puis par la police belge, qui le connaissait bien et l’avait classé dans la catégorie 36.2 (délinquant de droit commun). Il n’a pas été arrêté. La police belge n’avait pas pris soin de transmettre ses informations aux autorités françaises… Un agent de la DGSI explique : « Tant qu’il n’y aura pas de fichier commun aux pays de l’Union européenne, de telles erreurs se reproduiront. » Aujourd’hui visé par un mandat d’arrêt international, l’homme court toujours. (…) Enfin, le troisième terroriste qui s’est fait exploser au Stade de France, porteur d’un passeport syrien au nom de Mohammad al-Mahmod, a été contrôlé en Grèce, le 3 octobre. L’homme se serait glissé parmi des migrants, en profitant de l’absence de contrôles aux frontières. Valeurs actuelles
Au lendemain même des attentats de novembre, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI, ex-DCRI) croyait Abdelhamid Abaaoud, coordinateur de ces attaques, en Belgique. Alors qu’il était en région parisienne depuis deux mois, si l’on en croit les déclarations d’un témoin clé qui a conduit le Raid jusqu’au repaire des tueurs à Saint-Denis. Cette source précieuse déclare même, selon Valeurs actuelles, qu’Abaaoud et au moins un de ses complices «sont rentrés quand Hollande a fait rentrer les réfugiés». Le Figaro
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme dans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Hussein Obama
Nous qui faisions les malins avec notre tradition, nous qui moquions la ringardise de nos pères, découvrions en lisant Girard que ce vieux livre poussiéreux, la Bible, était encore à lire. Qu’elle nous comprenait infiniment mieux que nous ne la comprenions. Ce que Girard nous a donné à lire, ce n’est rien moins que le monde commun des classiques de la France catholique, de l’Europe chrétienne, celui dont nous avions hérité mais que nous laissions lui aussi prendre la poussière dans un coin du bazar mondialisé. Nous pouvions grâce à lui nous plonger dans les livres de nos pères et y trouver une merveilleuse intelligence du monde. Avec lui, nous nous découvrions tout uniment fils de nos pères, français et catholiques. Car ce que nous apprend René Girard, c’est que nous ne sommes pas nés de la dernière pluie, que nous avons pour vivre et exister besoin du désir des autres, que nous ne sommes pas ces être libres et sans attaches que les catastrophes du XXe siècle auraient fait de nous. « C’est un garçon sans importance collective, c’est tout juste un individu. » Cette phrase de Céline qui m’a longtemps trotté dans la tête adolescent était tout un programme. Elle plaisait beaucoup à Sartre qui l’a mise en exergue de La Nausée. Elle donnait à la foule des pékins moyens dans mon genre une image très avantageuse d’eux-mêmes, au moment de l’effondrement des grands récits. Nous n’appartenions à rien ni à personne. Nous étions seulement nous-mêmes, libres et incréés. La lecture attentive de Girard balaye ces prétentions infantiles, qui pourtant structurent encore la psyché de l’Occident. Non, nous ne sommes pas à nous-mêmes nos propres pères. Non, nous ne sommes pas libres et possesseurs de nos désirs. Comme le dit l’Eglise depuis toujours, nous naissons esclaves de nos péchés, de notre désir dit Girard, et seul le Dieu de nos pères peut nous en libérer.  Prouver cette vérité constitue toute l’ambition intellectuelle de Girard, une vérité bien particulière puisqu’elle appartient à la fois à l’ordre de la science et à celui de la spiritualité. (…) Or, pour avoir raison aujourd’hui, pour gagner la compétition médiatique, il faut s’affirmer victime de la violence du monde, de l’Etat, du groupe. « Le monde moderne est plein de vertus chrétiennes devenues folles » disait Chesterton, un auteur selon le goût de René Girard. À quelques heureuses exceptions près, l’université s’est pendant longtemps gardée de se pencher sérieusement sur l’œuvre d’un penseur que son catholicisme de mieux en mieux assumé rendait de plus en plus hérétique. Cependant, à court de concept opératoire pour penser le réel, la sociologie a aujourd’hui recours jusqu’à la nausée (qui lui vient facilement) au concept du bouc émissaire pour expliquer à peu près tout et son contraire : la façon dont on traite la religion musulmane et la condition féminine en Occident par exemple. Typiquement, le girardien sans christianisme, cet oxymoron  qui prolifère aujourd’hui, s’efforce de découvrir la violence, les boucs émissaires et le ressentiment partout, sauf là où cela ferait vraiment une différence, la seule différence qui tienne, c’est-à-dire en lui-même. C’est ainsi que les bien-pensants passent leur temps à dénoncer le racisme dégoutant du bas-peuple de France sans paraître voir le racisme de classe dont ils font preuve à cette occasion.  Ce girardisme sans christianisme est le pire des contresens d’un monde qui pourtant n’en est pas avare : le monde post-moderne est plein de concepts girardiens devenus fous. Emmanuel Dubois de Prisque
André Malraux, au travers d’une citation si souvent galvaudée, nous avait prévenus que le XXIe siècle « serait religieux ou ne serait pas ». L’espérance communiste, religion de substitution, fut la grande passion du XXe siècle. Se prétendant matérialiste et scientifique, elle se revendiquait de l’héritage des Lumières. L’imposture s’est effondrée. La chute de l’URSS et La fin de l’histoire nous annoncèrent que pour notre Foule sentimentale, l’horizon indépassable était l’extension indéfinie de la sphère marchande. Le problème, comme l’a relevé Alain Souchon, c’est que cette foule « a soif d’idéal, attirée par les étoiles, les voiles, que des choses pas commerciales ». Les religions en place y ont vu une opportunité pour essayer de reprendre du poil de la bête. La montée de l’islam politique a été considérée comme le principal symptôme de ce qu’annonçait Malraux. Mais en fait, de nouvelles croyances ont surgi. (…) une nouvelle religion s’impose : celle de Gaïa, notre planète, la déesse mère, dont on nous serine absolument tous les jours qu’il faut la respecter et la sauver. Beaucoup y voient une nouvelle idéologie. C’est plus que ça. Ainsi le nouveau culte de la planète-mère semble bien lié à la mondialisation. Nos identités de rattachement ne sont pas si nombreuses. Depuis une trentaine d’années, aux anciennes de la famille et du territoire national est venue s’ajouter celle de l’appartenance à un monde globalisé. Et cette appartenance a besoin de ciment et de foi. Le culte de la planète mère va-t-il faire l’affaire ? L’utilité politique de croyances communes, pour souder une société politique, est une évidence historique.  (…) La première étape de cette transformation fut de disqualifier la science dont le « culte » nous avait conduits à cette situation angoissante : montée de la pensée magique, succès étonnant de charlatans médiatiques, expression de peurs irrationnelles, auxquelles intellectuels et scientifiques ont tenté de réagir. L’anathème est immédiatement tombé : « scientistes » ! La science – coupable de tous les maux puisqu’à l’origine du développement invasif de l’espèce humaine – s’est retrouvée disqualifiée. Et avec elle la méthode scientifique a été invalidée. Un relativisme ravageur en a fait un récit parmi d’autres. Les OGM, par exemple, dont le refus relève d’un réflexe de peur de la manipulation du vivant. La démarche des opposants ne reposait pas sur une démarche scientifique. La science a démontré que la nature procède elle-même à la modification génétique, jusqu’à la création d’OGM « naturels ». Et que leur utilisation déjà ancienne n’a jamais eu de conséquences négatives ni sur la santé ni sur l’environnement. Au contraire, si l’on pense à l’affaire du  « riz doré ». (…) La question du « réchauffement climatique » représente une autre étape et le clou suivant enfoncé sur le cercueil de la pensée des Lumières. Nous ne nous prononcerons pas ici sur la réalité de ce réchauffement et sur le caractère anthropique de son origine. De toute façon, le débat raisonné est désormais impossible, il sera bientôt interdit. Singulière ruse de l’Histoire, l’Occident a inversé l’équation. La nouvelle religion reposera sur la science – mais une science officielle figée, non discutable – en rassemblant laboratoires et scientifiques de nombreux pays, dans une instance intergouvernementale, par conséquent politique. Sur la base d’une orientation fixée au préalable, le GIEC est devenu le support de l’expression d’une « vérité scientifique » qui doit s’imposer à tous. La bonne foi des scientifiques du GIEC n’est pas en cause. Simplement, les budgets, les subventions, les carrières sont fonctions du camp choisi. Les sceptiques ou les opposants sont vilipendés, ostracisés, ridiculisés. Et bien sûr systématiquement accusés d’être payés par les lobbies. Le réchauffement climatique est peut-être une réalité, mais il est aujourd’hui interdit ne serait-ce que d’en douter. Et là se loge le renversement. Le nouveau dogme est fondé sur la science, mais au détriment de la méthode scientifique qui impose le doute et la remise en cause. Nous avions eu sous Staline la « science prolétarienne », il faut désormais adhérer à la « science citoyenne », où ce qui compte est moins la compréhension d’une réalité scientifique difficile  que l’adhésion du plus grand nombre. (…) Comme toujours, il faut à la nouvelle religion culpabiliser l’homme, d’où vient tout le mal, et lui indiquer le chemin de la rédemption. Identifier les hérésies, chasser et punir les hérétiques. Les sceptiques, dubitatifs, interrogatifs sont des « connards » nous dira NKM, doivent être fichés affirme Corinne Lepage, virés de leur boulot dit-on à France2, sont des « négationnistes » assènent les ahuris, des criminels méritant la prison salivent les amateurs de punitions. En attendant pire. Il s’agit d’un phénomène classique, dont la religion chrétienne a donné un bon exemple lorsqu’elle est devenue religion de l’empire romain. Il y eut beaucoup plus d’exécutions pour hérésie dans les trois siècles qui suivirent son avènement comme religion d’État que de martyrs chrétiens dans les trois qui l’ont précédé. Autre exigence, débusquer le Diable. (…) Pour les OGM, ce sera Monsanto qui, pour gagner du temps, aurait dû s’appeler Monsatan. Pour le réchauffement, les anges déchus sont plus nombreux : lobbies pétroliers, scientifiques dévoyés, Chinois avides de consommation, Africains corrompus… Et enfin, il faudra béatifier quelques originaux, adeptes de fausses sciences et de nouvelles ascèses. Régis de Castelnau    
Regardez les photos des spectateurs quelques instants avant le drame. Ces pauvres enfants de la génération bobo, en transe extatique, « jeunes, festifs, ouverts, cosmopolites… » comme dit le “quotidien de révérence”. Mais ce sont des morts-vivants. Leurs assassins, ces zombis-haschishin, sont leurs frères siamois. Mais comment ne pas le voir ? C’est tellement évident ! Même déracinement, même amnésie, même infantilisme, même inculture… Les uns se gavaient de valeurs chrétiennes devenues folles : tolérance, relativisme, universalisme, hédonisme… Les autres, de valeurs musulmanes devenues encore plus folles au contact de la modernité : intolérance, dogmatisme, cosmopolitisme de la haine… Les uns portent le maillot du PSG – « Fly Emirates » en effaçant le berceau de Louis XIV, et les autres profitent du même argent pour se faire offrir un costume en bombes. Une minute avant leur mort, les uns et les autres étaient penchés sur leurs smartphones, comme accrochés au sein de leur nourrice. Ce n’est pas le retour du Moyen Âge, contrairement à ce que disent les crétins, c’est la postmodernité dans toute son absurdité. Le drame de l’humanisme athée, qui aime le diable, la mort, la violence, et qui le dit… et qui en meurt ! (…) On peut écarter d’un revers de la main dédaigneux ces faits en estimant qu’ils relèvent d’un humour au second degré. Lorsqu’un membre du groupe revendique son goût pour les armes, la pornographie et la méthamphétamine… (Wikipedia), il ne fait que dealer un cocktail particulièrement efficace pour le contrôle social. Pas besoin de complot, pas besoin de police, l’appât du gain des trafiquants, les névroses sociales pullulantes et l’intérêt du système financier suffisent à faire le boulot. Des milliers de romans de science-fiction l’ont mieux dit que tous les sociologues. Voilà d’ailleurs en grande partie pourquoi vous ne pouvez pas faire la moindre remarque critique sur le sujet, sans vous faire agonir de sottises. Les chiens de garde veillent… Ne parlons même pas des propos consternants de premières communiantes chez ces rockers revenus peureusement à la maison : « Bien que nous soyons désormais rentrés chez nous et en sécurité, nous sommes horrifiés et tentons toujours de comprendre ce qu’il s’est passé… », avant de remercier servilement la police et le FBI… Ils vénéraient Satan mais n’étaient visiblement pas impatients de le rencontrer. Ah, ils peuvent s’afficher avec leurs tatouages virils, leurs admiratrices en bikini et leurs grosses motos, « c’est rien que des demi-sels » comme dirait Audiard, des aigles déplumés, bien loin de la mère des Maccabées, « cette femme héroïque qui parlait avec un courage viril » comme dit l’Écriture Sainte ces jours-ci. Pour finir, le sordide et les intérêts bien compris. Ils vont gagner au grattage après le tirage. Les victimes ne sont même pas enterrées qu’un journaliste du système peut tranquillement expliquer : « Lancée dans la foulée des attaques terroristes ayant frappé Paris vendredi 13 novembre, la campagne visant à porter la chanson Save A Prayer au sommet des ventes de singles britanniques bat son plein » (Le Figaro). C’est nous les complotistes, les obscurantistes, les réactionnaires, mais eux, ils peuvent tranquillement se repaître sur le dos des morts, ça ne gêne personne ! À vomir ! Il n’y a pas que ceux qui tiennent les kalachnikovs qui sont des monstres. Hervé Benoît
La grande force de Philippe Muray fut dès lors, notamment dans deux articles sur René Girard (« La résurrection Girard », Art Press 1978, dans Ultima necat I ; « René Girard et la nouvelle comédie des méprises », dans Essais, Belles Lettres) d’appliquer à notre temps (quoi donc de plus politique ?) les découvertes de son inspirateur. Notre société, qui a fait du principe de précaution l’alibi de toutes ses lâchetés et le prétexte juridique de toutes ses reculades, illustre à merveille la thèse centrale de l’auteur de La Violence et le Sacré : il faut, pour que tout continue à fonctionner sans heurt, un bouc émissaire. Qu’un avion s’écrase ou qu’un écolier, quelque part, souffre d’une indigestion, il faut identifier celui que l’on sacrifiera, cuisinier, intendant ou chef de bureau. Stéphane Ratti
C’est dans des conditions d’effacement généralisé de la plupart des conflits jusque-là à l’œuvre dans les rapports humains que l’on peut voir s’avancer cette nouvelle civilisation, qui semble à la fois parodier les moments les plus « évangéliques » de la pensée girardienne et illustrer en même temps les plus sombres de ses visions. (…) Nous vivons, selon toute apparence, la deuxième phase girardienne de la tentative d’échapper aux effets destructeurs de la violence et de la contagion mimétiques : après le sacrifice (le lynchage, le meurtre) qui expulse momentanément la violence, nous voilà dans le rejet de la violence ; ou dans son abolition interminable (il n’y a plus de lynchages, on le sait, que médiatiques). (…) Notre temps vit une apothéose d’indifférenciation comme il ne s’en était encore jamais vu ; mais cette apothéose, loin d’être racontée comme une crise, est au contraire considérée, la plupart du temps, comme une sorte d’approche de la perfection. On ne persécute plus, désormais, qu’au nom des victimes (au nom des minorités ensublimées de divergences identitaires et de sacro-saints particularismes) ; et ce n’est qu’à partir des instruments culturels destinés à les supprimer que se créent de nouvelles formes de victimisation. Les boucs émissaires, au lieu de les entretenir puis de les sacrifier en période de calamités, se retrouvent transformés en objets d’adoration perpétuelle. En même temps que se développe un nouveau mimétisme concurrentiel qui se résume à découvrir sans cesse de nouvelles catégories de martyrs (les femmes, les animaux, les enfants, les homosexuels, les jeunes, les immigrés, les handicapés physiques ou mentaux, les obèses, etc.) afin d’occuper son temps libre à lutter contre les dernières discriminations qui pourraient encore les frapper. Les catastrophes, pour leur part, un avion qui tombe avec 350 personnes à bord, un incendie, une inondation ou une avalanche, meurtrières, représentent des aubaines qu’aucune autre société n’avait connues puisqu’elles permettent, mais sur de nouvelles bases, et parce que plus rien ne peut arriver par hasard, par intervention divine ou par l’indifférence de Dieu, la réouverture de la chasse : la chasse aux responsables ; c’est-à-dire la création de néo-boucs émissaires à partir de motifs objectivement incontestables (en même temps, bien entendu, que les derniers vrais chasseurs sont traités comme des survivances inadmissibles des âges farouches). C’est aussi dans ces conditions que l’on croit devoir s’obséder sur des adversaires véritablement indéfendables (le néo- fascisme, par exemple), sans voir que cet affrontement obsessionnel implique un sol commun, une identité, une gémellité, un objet de désir partagé. Suivant toujours René Girard, on peut observer que simultanément à la chasse aux néo-coupables et à la transformation des victimes en néo-dieux, nous réinventons à tour de bras d’autres boucs émissaires, mais cette fois dans l’Histoire, c’est-à-dire dans le passé, c’est-à-dire dans ce qui a précédé cette disparition de la réalité (et de l’Histoire) à laquelle nous participons quotidiennement de si bon cœur. Le ton d’assurance invraisemblable avec lequel nous traquons tant de « sorcières » rétroactives est l’indice de notre fascination non dépassée ; et l’occasion, comme toujours, de nous mettre en valeur : ce que nos pères ont fait, nous ne l’aurions pas fait. Au nom de l’éradication définitive de la violence, nous tournons notre violence non liquidable contre nos ancêtres ; et nous tirons de l’inoffensive confrontation avec leurs fantômes un sentiment éclatant de supériorité actuelle. Le groupe, comme de juste, et toujours pour vérifier les thèses girardiennes, se recristallise vertueusement aux dépens de coupables passés dont nul ne saurait, sans se discréditer, prendre la défense une seconde. Nous baignons, dirait Girard, dans l’illusion parfaite de notre indépendance métaphysique, ou dans le mirage de notre autotranscendance, c’est-à-dire dans le triomphe de notre vanité de masse, et toujours dans le leurre de notre autonomie ; laquelle se manifeste sous bien des aspects, à commencer par celui de cette « interactivité » totale qui fait aujourd’hui miroiter aux yeux des utilisateurs des possibilités infinies de « créativité » ou de « démocratie directe » enfin débarrassées des derniers médiateurs. Mais cette plénitude illusoire, sur les ruines des anciennes hiérarchies, et dans l’abolition de toutes les différences comme de toutes les oppositions, camoufle une crise des doubles gravissime à laquelle nul n’a trouvé encore la moindre issue ; si ce n’est dans l’étonnante réinvention actuelle de la fête comme néosacré, ou comme resacralisation à marches forcées d’un univers en débâcle. À mesure que ce monde devenait plus franchement invivable, et les rapports entre les êtres plus nettement impossibles, la fête est apparue comme le seul remède universellement préconisable. Des activités festives classiques, dans les civilisations primitives ou antiques, de l’orgie, de la bacchanale ou du carnaval en tant qu’effacements passagers des différences induisant aux transgressions, Girard a souvent parlé au fil de son œuvre. Mais la fête telle qu’aujourd’hui on la vante n’a plus beaucoup de rapport avec les festivités interruptrices du passé, quoique la possession ou la transe en tant que mimesis hystérique y soient observables ; et que la musique, toujours glorifiée comme « fédératrice » parce que sans « message explicite », dans laquelle chacun peut s’abîmer comme dans une sorte de vaste bouddhisme ultime, cotonneux et décibélique, y joue comme dans les « bacchanales meurtrières » de jadis le rôle essentiel de propagatrice de la contagion uniformisante ou unanimisante (celle-ci se présentant, bien entendu, sous les couleurs flatteuses d’un système instable où les positions ne cessent de permuter). La fête a changé en devenant le monde, auquel elle dicte maintenant ses lois et son rythme. Elle n’a même plus besoin de « tourner mal » comme autrefois, donc de retourner pour se conclure à ses origines de violence, puisqu’elle se veut sans fin comme sans origines. À la peste sacrificielle, d’ailleurs fort heureusement éliminée, succède la peste conviviale. Et ce phénomène de la fête, devenue depuis quelques années l’obsédant rond-point auquel ne cesse de retourner notre société comme pour y trouver la réponse à une question qu’elle se pose, sans doute celle de sa mutation, ou même de sa disparition, peut être interprété de différentes manières : en tant que « commémoration de la crise sacrificielle » que fut dans son ensemble l’Histoire désormais terminée (et vécue en bloc comme une épouvante) ; en tant qu’agglomérat de Moi divinisés qui ont décidé de noyer romantiquement, et une bonne fois pour toutes, dans l’effervescence festive continuelle, le redoutable problème que pose à chacun l’existence d’autrui ; comme métaphore géante mais déniée du désir de mort de l’Europe actuelle ; comme affirmation de soi aboutissant à la négation de soi ; ou encore comme volonté d’autodivinisation communautaire débouchant sur une volonté d’autodestruction personnelle par indifférenciation violente mais positivée. Philippe Muray
Chassez le diable: il revient au galop !

Divinisation des minorités victimes, mimétisme concurrentiel multipliant sans cesse les nouvelles catégories de martyrs (femmes, animaux, enfants, homosexuels, les jeunes, immigrés, handicapés physiques ou mentaux, obèses, etc.), chasse aux responsables des catastrophes humaines ou naturelles, imprécations contre les « survivances inadmissibles des âges farouches » s’accrochant à leurs religion, armes ou nations (évangéliques ou teaparty américains, Israéliens ou  Européens rescapés du communisme), dénonciation obsessionnelle des adversaires véritablement indéfendables (néo- fascisme), interminable chasse aux sorcières rétroactives de notre histoire, fascination pour  la convivialité et l' »interactivité » totale, réinvention de la fête comme néosacré, glorification de la musique « fédératrice »comme « bouddhisme ultime, cotonneux et décibélique », charité chrétienne devenue folle et tournant au désir de fusion quasi-suicidaire face à l’actuelle invasion de masses potentiellement infinies de migrants …

A l’heure où l’ensemble de la planète se réunit à Paris au nom de la nouvelle religion écologique …

Et où, derrière une prise de conscience que l’on espère salutaire sur l’avenir de la planète, fusent tant les « propos consternants de premières communiantes » que les excommunications de la nouvelle police de la pensée

Et au lendemain de cette dernière fête qui à Paris elle aussi finit comme on le sait par tourner mal …

Et qui a vu le renvoi d’un prêtre ayant eu le malheur de rappeler comment au moment de leur mort tragique …

Nos jeunes nouveaux  martyrs de la mixité et du métissage entamaient leur hymne parodique au diable et à sa chanson …

Certains croyant même que les explosions des armes automatiques faisaient partie du spectacle …

Comment ne pas repenser non seulement aux analyses du plus lucide des observateurs de notre modernité, René Girard, tout récemment disparu ….

Mais aussi à ces paroles quasi-prophétiques, que republie à l’occasion de la sortie de son journal aujourd’hui Causeur, de l’un de ses plus fidèles disciples Philippe Muray ?

RENÉ GIRARD ET LA NOUVELLE COMÉDIE DES MÉPRISES

Philippe Muray

L’Atelier du roman, no 16, 1998

Sans préambule, sans précautions, sans préliminaires oratoires, et avec une espèce de brutalité magnifique, René Girard, en 1961, dès la première page de Mensonge romantique et vérité romanesque, précipitait ses lecteurs sur la piste de l’hypothèse mimétique, c’est-à-dire dans l’enfer du désir, dans les pièges de l’amour et les constructions en miroir de la rivalité ; et entreprenait de démontrer que les plus grands chefs-d’œuvre romanesques n’avaient jamais fait, au cours des siècles, que révéler cette hypothèse, sans qu’elle cesse toutefois de constituer le secret le mieux caché, le plus efficacement protégé de l’histoire du genre humain.

Il affirmait, textes à l’appui, que nous désirions intensément mais que nous ne savions pas exactement quoi ; que nous attendions toujours d’un autre, même si nous ne cessions de prétendre le contraire, qu’il nous dise ce qu’il fallait désirer ; et que cette comédie du désir du modèle désignant au sujet, qui ne veut rien savoir de cette désignation, l’objet devenu désirable parce qu’il est désiré, constituait la substance même du Rouge et le Noir comme de Don Quichotte, de la Recherche du temps perdu comme des Démons.

Le roman était la levée perpétuelle de ce secret de Polichinelle, et Mensonge romantique, à son tour, devenait un fabuleux « roman » sur le secret de l’imitation généralisée, constamment divulgué par les grands romans, puis aussitôt recouvert, réenterré, recamouflé sous l’éternel besoin d’illusion des hommes.

Un peu plus tard encore, dans ses œuvres ultérieures, Girard allait dévoiler les rapports sacrificiels qui constituent le lien social depuis la nuit des temps ; mais il ne quitterait pas vraiment pour autant la question du roman, c’est-à-dire de la réalité humaine et de la succession infinie de ses masques à arracher : car de même qu’au fondement de toute société il y avait un meurtre, et pas un meurtre imaginaire ou fabuleux mais un meurtre réel, de même dans les rapports entre les êtres il y avait un rival précis, un rival vivant et concret, haï et aimé, un obstacle adoré en même temps que détesté, et c’était d’avoir porté leur éclairage sur son existence obstinément déniée que les plus grandes œuvres romanesques puisaient la lumière qui nous est parvenue.

Contre toutes les pensées dominantes des sciences humaines d’alors, structuralisme, lacanisme, derridisme, etc., qui ne cessaient d’ajourner le réel, de le remettre à plus tard, au lendemain, aux calendes, à la Saint-Glinglin, René Girard seul le plaçait au centre de sa réflexion, au cœur de sa recherche, que ce soit sous la forme de la victime oubliée, mythifiée mais constitutive de toute civilisation, que sous l’apparence du rival abhorré autant qu’adoré qui nous désigne l’objet à désirer, et dont nous mettrons ensuite tout le romantisme, tout le lyrisme, toute l’énergie du monde à nier l’existence ; mais que les romanciers géniaux mettront tout leur génie, en revanche, à dévoiler. Parce qu’un grand romancier, disait encore Girard, ne partage jamais intégralement les illusions de ses personnages.

L’expérience romanesque détruisait sans relâche le mythe de la souveraineté personnelle, lui-même construit sur la base déniée de notre dépendance servile à l’égard d’autrui. Les romanciers avaient toujours travaillé dans la même direction : il s’agissait de traverser une illusion. Et puisque cette illusion, la plupart du temps, se retrouvait divinisée par l’esprit romantique, l’illusion que Girard analysait sans relâche était, pour finir, d’essence religieuse. Entre la croyance et le roman, il ne restait plus rien. Rien que ce champ sans limites des mensonges humains qu’on appelle la vie.

Les thèses girardiennes sont-elles à même de nous faire comprendre ce monde nouveau qui veut passer pour naturel, et donc feint d’ignorer qu’il ne va pas de soi ? Les forces au travail repérées dans des univers aussi hétérogènes que ceux de Proust, Stendhal, Cervantès ou Dostoïevski, sont-elles encore identifiables aujourd’hui ? Par temps posthistorique, les schémas girardiens peuvent-ils être éclairants ? Comment apprécier girardiennement une société telle que la nôtre ? Qu’a-t-elle à nous dire ? Que peut-on en apprendre et en révéler à partir de lui ?

Si notre temps est celui du progressif désinvestissement de la scène du désir, ou de son explosion par saturation ou surexposition, ce qui revient au même, que reste-t-il au juste de ses conclusions ? Et, pour parler franchement, que serait un roman qui se composerait de moments de « lucidité », au sens où Girard ne cesse de les repérer dans les romans d’autrefois, concernant la nouvelle illusion collective de notre temps ? Un roman qui décrirait « à la Girard » la troublante et progressive décomposition de l’humanité en proie à la perte de toutes les différences, et le camouflage délirant de ce désastre par la présentation constamment positive qui en est faite ? Est-il possible, en somme, de partir du Girard de 1961, pour tenter de soumettre à ses concepts le monde dit réel d’aujourd’hui ? Ou encore de retourner son commentaire des romans d’hier en commentaire romanesque de notre époque ?

C’est dans des conditions d’effacement généralisé de la plupart des conflits jusque-là à l’œuvre dans les rapports humains que l’on peut voir s’avancer cette nouvelle civilisation, qui semble à la fois parodier les moments les plus « évangéliques » de la pensée girardienne et illustrer en même temps les plus sombres de ses visions. Si les sentiments que Stendhal appelait « modernes » (l’envie, la jalousie et la haine impuissante) fleurissent plus que jamais, ce n’est pas parce que les natures envieuses ou jalouses, Girard le disait déjà très bien, se sont fâcheusement multipliées ; c’est parce que ce qu’il nomme la médiation interne (il y a médiation interne lorsque les sphères du sujet et du médiateur pénètrent si profondément l’une dans l’autre qu’on peut les dissimuler ou les méconnaître sans risque d’être jamais obligé d’en avouer l’existence) triomphe dans un univers où ne cessent de s’écrouler les dernières démarcations entre les individus.

Nous vivons, selon toute apparence, la deuxième phase girardienne de la tentative d’échapper aux effets destructeurs de la violence et de la contagion mimétiques : après le sacrifice (le lynchage, le meurtre) qui expulse momentanément la violence, nous voilà dans le rejet de la violence ; ou dans son abolition interminable (il n’y a plus de lynchages, on le sait, que médiatiques). Girard a consacré des centaines de pages à décrire les effets dévastateurs de la « crise indifférenciatrice » sur les sociétés dites primitives. Notre temps vit une apothéose d’indifférenciation comme il ne s’en était encore jamais vu ; mais cette apothéose, loin d’être racontée comme une crise, est au contraire considérée, la plupart du temps, comme une sorte d’approche de la perfection. On ne persécute plus, désormais, qu’au nom des victimes (au nom des minorités ensublimées de divergences identitaires et de sacro-saints particularismes) ; et ce n’est qu’à partir des instruments culturels destinés à les supprimer que se créent de nouvelles formes de victimisation. Les boucs émissaires, au lieu de les entretenir puis de les sacrifier en période de calamités, se retrouvent transformés en objets d’adoration perpétuelle. En même temps que se développe un nouveau mimétisme concurrentiel qui se résume à découvrir sans cesse de nouvelles catégories de martyrs (les femmes, les animaux, les enfants, les homosexuels, les jeunes, les immigrés, les handicapés physiques ou mentaux, les obèses, etc.) afin d’occuper son temps libre à lutter contre les dernières discriminations qui pourraient encore les frapper.

Les catastrophes, pour leur part, un avion qui tombe avec 350 personnes à bord, un incendie, une inondation ou une avalanche, meurtrières, représentent des aubaines qu’aucune autre société n’avait connues puisqu’elles permettent, mais sur de nouvelles bases, et parce que plus rien ne peut arriver par hasard, par intervention divine ou par l’indifférence de Dieu, la réouverture de la chasse : la chasse aux responsables ; c’est-à-dire la création de néo-boucs émissaires à partir de motifs objectivement incontestables (en même temps, bien entendu, que les derniers vrais chasseurs sont traités comme des survivances inadmissibles des âges farouches).

C’est aussi dans ces conditions que l’on croit devoir s’obséder sur des adversaires véritablement indéfendables (le néo- fascisme, par exemple), sans voir que cet affrontement obsessionnel implique un sol commun, une identité, une gémellité, un objet de désir partagé.  Suivant toujours René Girard, on peut observer que simultanément à la chasse aux néo-coupables et à la transformation des victimes en néo-dieux, nous réinventons à tour de bras d’autres boucs émissaires, mais cette fois dans l’Histoire, c’est-à-dire dans le passé, c’est-à-dire dans ce qui a précédé cette disparition de la réalité (et de l’Histoire) à laquelle nous participons quotidiennement de si bon cœur. Le ton d’assurance invraisemblable avec lequel nous traquons tant de « sorcières » rétroactives est l’indice de notre fascination non dépassée ; et l’occasion, comme toujours, de nous mettre en valeur : ce que nos pères ont fait, nous ne l’aurions pas fait. Au nom de l’éradication définitive de la violence, nous tournons notre violence non liquidable contre nos ancêtres ; et nous tirons de l’inoffensive confrontation avec leurs fantômes un sentiment éclatant de supériorité actuelle. Le groupe, comme de juste, et toujours pour vérifier les thèses girardiennes, se recristallise vertueusement aux dépens de coupables passés dont nul ne saurait, sans se discréditer, prendre la défense une seconde. Nous baignons, dirait Girard, dans l’illusion parfaite de notre indépendance métaphysique, ou dans le mirage de notre autotranscendance, c’est-à-dire dans le triomphe de notre vanité de masse, et toujours dans le leurre de notre autonomie ; laquelle se manifeste sous bien des aspects, à commencer par celui de cette « interactivité » totale qui fait aujourd’hui miroiter aux yeux des utilisateurs des possibilités infinies de « créativité » ou de « démocratie directe » enfin débarrassées des derniers médiateurs.

Mais cette plénitude illusoire, sur les ruines des anciennes hiérarchies, et dans l’abolition de toutes les différences comme de toutes les oppositions, camoufle une crise des doubles gravissime à laquelle nul n’a trouvé encore la moindre issue ; si ce n’est dans l’étonnante réinvention actuelle de la fête comme néosacré, ou comme resacralisation à marches forcées d’un univers en débâcle.

À mesure que ce monde devenait plus franchement invivable, et les rapports entre les êtres plus nettement impossibles, la fête est apparue comme le seul remède universellement préconisable. Des activités festives classiques, dans les civilisations primitives ou antiques, de l’orgie, de la bacchanale ou du carnaval en tant qu’effacements passagers des différences induisant aux transgressions, Girard a souvent parlé au fil de son œuvre. Mais la fête telle qu’aujourd’hui on la vante n’a plus beaucoup de rapport avec les festivités interruptrices du passé, quoique la possession ou la transe en tant que mimesis hystérique y soient observables ; et que la musique, toujours glorifiée comme « fédératrice » parce que sans « message explicite », dans laquelle chacun peut s’abîmer comme dans une sorte de vaste bouddhisme ultime, cotonneux et décibélique, y joue comme dans les « bacchanales meurtrières » de jadis le rôle essentiel de propagatrice de la contagion uniformisante ou unanimisante (celle-ci se présentant, bien entendu, sous les couleurs flatteuses d’un système instable où les positions ne cessent de permuter). La fête a changé en devenant le monde, auquel elle dicte maintenant ses lois et son rythme. Elle n’a même plus besoin de « tourner mal » comme autrefois, donc de retourner pour se conclure à ses origines de violence, puisqu’elle se veut sans fin comme sans origines.

À la peste sacrificielle, d’ailleurs fort heureusement éliminée, succède la peste conviviale. Et ce phénomène de la fête, devenue depuis quelques années l’obsédant rond-point auquel ne cesse de retourner notre société comme pour y trouver la réponse à une question qu’elle se pose, sans doute celle de sa mutation, ou même de sa disparition, peut être interprété de différentes manières : en tant que « commémoration de la crise sacrificielle » que fut dans son ensemble l’Histoire désormais terminée (et vécue en bloc comme une épouvante) ; en tant qu’agglomérat de Moi divinisés qui ont décidé de noyer romantiquement, et une bonne fois pour toutes, dans l’effervescence festive continuelle, le redoutable problème que pose à chacun l’existence d’autrui ; comme métaphore géante mais déniée du désir de mort de l’Europe actuelle ; comme affirmation de soi aboutissant à la négation de soi ; ou encore comme volonté d’autodivinisation communautaire débouchant sur une volonté d’autodestruction personnelle par indifférenciation violente mais positivée.

Dans tous les cas, quoi qu’il en soit, entre l’hypercollectif et l’infra-individuel, entre l’infiniment petit des sous-unités humaines qui s’éclatent, au sens propre, et l’infiniment grand du festif global devenu civilisation, c’est toute la mimesis désirante que l’on voit s’accomplir, grandir, enfler, se dilater, s’étendre et disparaître dans le même mouvement.

Commence alors sans doute un « mensonge romantique » d’un nouveau type qui ne ressemble plus que de fort loin à celui que Girard avait étudié. Mais sans Girard, qui le saurait ? •

Voir aussi:

Bonne nouvelle : René Girard avait un fils spirituel

Stéphane Ratti

Revue des deux mondes

Le Figaro du vendredi 6 novembre 2015 consacre un beau dossier à René Girard qui vient de disparaître. La présentation de la pensée de l’auteur de Mensonge romantique et vérité romanesque y est délivrée de manière magistrale par les meilleurs auteurs. Trop, sans doute.

Car on oblitère ainsi un certain nombre de problèmes et l’on tait des vérités dérangeantes. Il me paraît, par exemple, un tantinet rapide d’affirmer, comme le fait Jean-Luc Marion, que René Girard, parti en 1947 outre-Atlantique pour intégrer une université américaine, « aurait fait la même carrière dans n’importe quel pays du monde », en France notamment. Certes enseigner aux États-Unis n’est pas en soi une condition suffisante pour produire des chefs-d’œuvre, cela se saurait. Mais, à l’inverse, on doit se demander si l’Université française aurait pu offrir à René Girard, par le biais d’une chaire, les conditions matérielles et intellectuelles propices et nécessaires à l’écriture d’ouvrages iconoclastes. Rappelons que René Girard était chartiste et que les chartistes, chez nous, conservent les archives, mais écrivent rarement de grands livres d’anthropologie religieuse, parce qu’ils ont autre chose à faire. Le dernier chartiste Prix Nobel de littérature fut, si je ne m’abuse, Roger Martin du Gard.

« On n’aime pas en France qu’un philosophe se pique de littérature ou qu’un historien se fonde sur les Évangiles. »

Et puis l’Université française, telle une mappemonde striée de méridiens, est traversée par des lignes (de fracture) : autrement dit elle est subdivisée en sections, celles que, dans sa sagesse, a tracées le Ministère de l’Enseignement Supérieur et que gère le Conseil National des Universités. Des lignes, il y en a plus de soixante-dix (on en crée de temps en temps ou on en supprime au gré des besoins). Dans quelle section aurait donc pu postuler à un poste de professeur des Universités René Girard ? Il n’était pas historien de l’Antiquité (21e section), ni philologue (8e), moins encore philosophe (17e). Aurait-il été le bienvenu en 10e section au titre de la littérature comparée ? Ou encore aurait-il pu postuler en tant que spécialiste de Cervantès dans la maison des romanistes ? On lui aurait bien trouvé quelques poux dans la tête pour éviter le risque de la contamination idéologique. On n’aime pas en France qu’un philosophe se pique de littérature ou qu’un historien se fonde sur les Évangiles. Cela dit afin d’illustrer l’absurdité de ces cases bien françaises où l’administration aime à ranger ses affiliés.

Mais il y a beaucoup plus : René Girard a des ennemis et un fils spirituel, ce dernier sinon inconnu du moins méconnu. Ses ennemis sont notamment au Monde dont la version Diplomatique publie en ligne le 5 novembre 2015 un article méprisant sous le titre : « René Girard, l’homme d’une seule idée ». Ce qui gêne son auteur, comme cela intriguait déjà l’inénarrable René Pommier, un autre contempteur, c’est que l’inventeur de la thèse du désir mimétique ait un beau jour, de lui-même, spontanément, découvert une vérité universelle. Si personne n’y avait jamais songé auparavant, c’est que l’idée était forcément fausse : voyez l’œuf de Colomb qui, à beaucoup, parut frelaté.

Venons-en au fils spirituel méconnu de René Girard : il n’est autre que le défunt Philippe Muray. L’auteur de L’Empire du Bien a fréquenté René Girard et l’a moult fois interrogé au cours de rencontres privées et prolongées. C’est ce que nous apprend le Journal intime de Muray, Ultima necat, dont les deux premiers volumes viennent de paraître (1) aux Belles Lettres. Muray écrit à la date du 2 novembre 1978 : « Déjeuner avec Girard. Ses réponses à mes questions sur les miracles, le massacre des innocents, l’extinction du langage dans l’extinction de la violence ».

« Philippe Muray doit à René Girard cette idée si simple et si difficile à la fois : après l’Incarnation et le grand Pardon, comment une littérature est-elle encore possible ? »

On reproche encore à René Girard de mépriser la chose politique et de ne pas faire de l’invention de la démocratie le B-A-BA de l’histoire de l’Humanité. Au fond, c’est le déni du relativisme historique et de la notion de progrès portée par son œuvre qui gêne profondément les tenants du camp des Lumières. Sébastien Lapaque l’a justement souligné, la grande découverte de René Girard est celle qu’il fit « de l’identité de tous les hommes », frères en désirs, en faiblesses, bref en humanité.

Comment faire dès lors une place au relativisme ou à l’historicisme ? Philippe Muray doit à René Girard cette idée si simple et si difficile à la fois : après l’Incarnation et le grand Pardon, comment une littérature est-elle encore possible ? Après l’illumination du Verbe johannique, comment encore avoir recours à de misérables verba ?

La grande force de Philippe Muray fut dès lors, notamment dans deux articles sur René Girard (« La résurrection Girard », Art Press 1978, dans Ultima necat I ; « René Girard et la nouvelle comédie des méprises », dans Essais, Belles Lettres) d’appliquer à notre temps (quoi donc de plus politique ?) les découvertes de son inspirateur. Notre société, qui a fait du principe de précaution l’alibi de toutes ses lâchetés et le prétexte juridique de toutes ses reculades, illustre à merveille la thèse centrale de l’auteur de La Violence et le Sacré : il faut, pour que tout continue à fonctionner sans heurt, un bouc émissaire. Qu’un avion s’écrase ou qu’un écolier, quelque part, souffre d’une indigestion, il faut identifier celui que l’on sacrifiera, cuisinier, intendant ou chef de bureau.

Il est tout de même curieux d’affirmer, comme le fait Jean-Luc Marion, que René Girard, n’a jamais été persécuté en France. Il n’est guère venu se montrer à l’Académie et il est facile de l’excuser en raison de son âge avançant. Il a été élu à l’âge de quatre-vingts ans. Plus tôt, c’était trop tôt ? Mais surtout René Girard est LE théoricien de la persécution et il n’a jamais abstrait la construction de sa pensée de sa situation personnelle : chrétien, il pensait en chrétien, persécuté il pensait donc en Français… intégré ? « C’est une immense force, pour une pensée, que d’être capable de prendre en compte ses propres conditions de possibilité » écrit lucidement Olivier Rey dans le dossier du Figaro. Se doutait-il qu’il apportait ainsi à notre lecture un argument majeur ?

Dans son essai sur René Girard, en 1998, Muray écrivait : « Nous vivons, selon toute apparence, la deuxième phase girardienne de la tentative d’échapper aux effets destructeurs de la violence et de la contagion mimétiques : après le sacrifice (le lynchage, le meurtre) qui expulse momentanément la violence, nous voilà dans le rejet de la violence ; ou dans son abolition interminable (il n’y a plus de lynchage, on le sait, que médiatique). » Bonne nouvelle : René Girard avait un fils spirituel. Mauvaise nouvelle : Philippe Muray est décédé.

Philippe Muray nous était connu comme l’atroce et jubilatoire pourfendeur de l’Homofestivus, celui qui ne supporte pas le vide de son existence et, à défaut de le penser, panse son mal en se le dissimulant : aveugle, il s’encombre l’esprit et se divertit. La fête de Muray, c’est le divertissement pascalien. On soupçonnait l’auteur des Exorcismes spirituels d’être la proie de tourments métaphysiques, mais la forme si brillante et donc si lumineuse de ses Essais (réunis en un magnifique recueil de 1800 pages aux Belles Lettres) étourdissait son lecteur et le laissait admiratif, comme ébloui par l’éclat de la pensée et la force de l’expression. On sait désormais de manière sûre, après avoir lu les deux premiers volumes de son Journal intime, titré Ultima necat, que l’obsession centrale de la vie de Muray fut la mort. Et la mort sous toutes ses formes : la médiocrité intellectuelle, le vide littéraire, la vanité des Grands, la vacuité générale, la vanité de tout sauf celle du travail. La sévérité de Muray pour autrui est à la mesure de son immense culture et de sa perspicacité impitoyable (l’acuité visuelle de ses observations : la triste réalité lui sautait aux yeux), la seconde étant servie par la première. Ce Journal est pascalien de bout en bout, mais celui d’un Pascal qui, en tout cas à la date de 1988, clôture du second volume, n’a pas fait d’autre Pari que celui de la littérature.

« L’obsession centrale de la vie de Muray fut la mort. Et la mort sous toutes ses formes. »

Muray débute son Journal le 17 août 1978 et il déclare le quitter définitivement le 31 décembre 2004, deux ans avant sa disparition en 2006. Les Belles Lettres nous annoncent une édition intégrale, ce qui promet une somme magnifique, magistralement servie par la fabrication matérielle de volumes solides et élégants de près de 600 pages chacun, dotés d’index qui donnent le tournis tant y sont variés la qualité, le nombre et le genre des sources invoquées, antiques et contemporaines, philosophiques et cinématographiques, picturales (Muray écrivit un Rubens) et littéraires.

Il semble que Muray ait fini par entrevoir ce que d’autres grands auteurs n’ont jamais compris de leur vivant : la part jugée par eux annexe de leur œuvre comptera pour la suite davantage que la portion publiée de leur vivant. Le Journal de Gide survit aux illisibles Faux Monnayeurs et celui de Roger Martin du Gard a peut-être plus de qualité que celui de son héros le Lieutenant-Colonel de Maumort, qui est aussi le titre de son roman impossible et inachevé. Muray cesse d’écrire le Journal parce qu’il prend une trop grande part : l’œuvre risquerait de dévorer le reste, pensait-il ; il pouvait devenir « véritable ». Il y a de fortes chances pour que ce soit désormais le cas et on peut prendre le pari qu’il y aura plus à dire dans les années à venir sur le Journal que sur les écrits plus circonstanciés.

Mais ce n’est pas que l’actualité ne soit pas présente dans ces pages, l’on y voit même errer les ombres de Bernard Pivot ou de Jack Lang, tous deux voués par Muray, de leur vivant, au Styx des Tartuffe. Mais on se gardera de confondre l’auteur avec un Goncourt misérable : il n’y a pas l’once d’une méchanceté cancanière dans le Journal ni la moindre anecdote piquante. Ni la jalousie ni la vanité n’habitaient l’âme de cet homme qui était libre de tout attachement institutionnel ou universitaire. Il payait chèrement cette liberté, contraint qu’il était, pour vivre, de rédiger, sous pseudonyme, plusieurs volumes par an de polars alimentaires pour la collection « Brigade Mondaine ». Il lui fallait de quinze jours à un mois plein pour venir à bout de ces pensums renouvelés plusieurs fois par an. Il n’en parle jamais sinon pour signaler que la torture avait pris fin.

« Muray se sentait sacrifié par son temps parce que, pour sa part, il n’acceptait pas de lui sacrifier quoi que ce soit. »

On suit au fil des pages le programme intellectuel rigoureux que se fixe Muray : articles de commande, romans inachevés, biographies, essais, conférences. On ne sait laquelle est la plus exigeante, de l’ambition ou de l’ascèse. Impossible de résumer les 1200 pages des deux premiers tomes. Mais s’il y avait un fil directeur à mettre en évidence, je dirais ceci : comment échapper au nihilisme, comment l’écriture est-elle encore possible après l’Incarnation, si « aucune parole n’est impossible à Elohim » (Ultima necat, 29 octobre, 1986) que reste-t-il à l’humain trop humain scriptor ? S’il n’a rien de divin en lui, à peine démiurge, au moins lui reviendrait-il de susciter en son lecteur ce « mouvement d’âme » (27 septembre 1986) propre à confesser le Seigneur comme l’écrivait saint Augustin ? Muray pensait, en effet, qu’il n’y avait littéralement pas de littérature avant le christianisme et que ce dernier l’avait à son tour rendue partiellement improbable. On mesure la difficulté à penser pareille aporie.

Muray savait que l’existence d’autrui était en soi un problème et, averti par Pascal, il se méfiait des « rôles » : « Nous voulons vivre dans l’idée des autres, dans une vie imaginaire et nous nous efforçons pour cela de paraître. Nous travaillons à embellir et à conserver cet être imaginaire et nous négligeons le véritable ».

Muray se sentait sacrifié par son temps parce que, pour sa part, il n’acceptait pas de lui sacrifier quoi que ce soit. Christique, il cherchait dans la littérature une « cicatrisation ». Pascalien, il se consacra à rechercher « le véritable ».

(1) Philippe Muray, Ultima necat I, Journal intime 1978-1985 et Ultima necat II, Journal intime 1986-1988, Les Belles Lettres, Paris, 2015, 621 et 580 pages, 35 € le volume.

 Voir par ailleurs:

Climat: au bout des Lumières, le tunnel?
Gare à qui blasphème la nouvelle foi écologique!
Régis de Castelnau
Causeur
30 novembre 2015

André Malraux, au travers d’une citation si souvent galvaudée, nous avait prévenus que le XXIe siècle « serait religieux ou ne serait pas ». L’espérance communiste, religion de substitution, fut la grande passion du XXe siècle. Se prétendant matérialiste et scientifique, elle se revendiquait de l’héritage des Lumières. L’imposture s’est effondrée. La chute de l’URSS et La fin de l’histoire nous annoncèrent que pour notre Foule sentimentale, l’horizon indépassable était l’extension indéfinie de la sphère marchande. Le problème, comme l’a relevé Alain Souchon, c’est que cette foule « a soif d’idéal, attirée par les étoiles, les voiles, que des choses pas commerciales ». Les religions en place y ont vu une opportunité pour essayer de reprendre du poil de la bête. La montée de l’islam politique a été considérée comme le principal symptôme de ce qu’annonçait Malraux. Mais en fait, de nouvelles croyances ont surgi. Et c’est là que « les Lumières » ont commencé à baisser.

Par leur engagement contre les oppressions religieuses et politiques, les représentants du mouvement des Lumières se voyaient comme une élite avancée, œuvrant pour un progrès du monde. Affrontant à l’aide de la raison l’irrationnel, l’arbitraire, l’obscurantisme et la superstition des siècles passés, ils voulaient procéder au renouvellement du savoir, de l’éthique et de l’esthétique de leur temps. Ébranlant les certitudes anciennes, ils ont tracé une route empruntée par les deux siècles suivants, qui accouchèrent à partir de cet élan des révolutions industrielle, scientifique et technique, remises en cause désormais par de nouvelles croyances.

La plus intéressante est celle qui prend racine dans la prise de conscience écologique. D’abord, parce que les prémices qui y poussent sont fondés. L’humanité, devenue espèce invasive, pourrait voir son succès reproductif remis en cause par les raisons mêmes qui l’ont produit. En un mot, nous foutons le bordel dans notre maison. Depuis quatre milliards d’années la planète en a vu d’autres, et dans les cinq prochains elle en verra d’autres. Mais là, il s’agit de nous-mêmes et de nos enfants, et ce serait une bonne idée de s’en préoccuper. En tentant de préférence d’échapper aux mauvaises habitudes, comme le retour à la pensée magique, l’effacement de la raison, la peur de la science et de la technique, et la sacralisation de nouveaux totems. Malheureusement, une nouvelle religion s’impose : celle de Gaïa, notre planète, la déesse mère, dont on nous serine absolument tous les jours qu’il faut la respecter et la sauver. Beaucoup y voient une nouvelle idéologie. C’est plus que ça.

Ainsi le nouveau culte de la planète-mère semble bien lié à la mondialisation. Nos identités de rattachement ne sont pas si nombreuses. Depuis une trentaine d’années, aux anciennes de la famille et du territoire national est venue s’ajouter celle de l’appartenance à un monde globalisé. Et cette appartenance a besoin de ciment et de foi. Le culte de la planète mère va-t-il faire l’affaire ? L’utilité politique de croyances communes, pour souder une société politique, est une évidence historique. À Constantinople, l’empereur Théodose, pragmatique, avait fait du christianisme la religion de l’Empire Romain en 380 après J.-C. Recevant une délégation d’évêques venus de Gaza pour se plaindre du manque de piété de leurs ouailles, il avait répondu : « Certes, mais les impôts rentrent bien, c’est le principal. »

La première étape de cette transformation fut de disqualifier la science dont le « culte » nous avait conduits à cette situation angoissante : montée de la pensée magique, succès étonnant de charlatans médiatiques, expression de peurs irrationnelles, auxquelles intellectuels et scientifiques ont tenté de réagir. L’anathème est immédiatement tombé : « scientistes » ! La science – coupable de tous les maux puisqu’à l’origine du développement invasif de l’espèce humaine – s’est retrouvée disqualifiée. Et avec elle la méthode scientifique a été invalidée. Un relativisme ravageur en a fait un récit parmi d’autres.

Les OGM, par exemple, dont le refus relève d’un réflexe de peur de la manipulation du vivant. La démarche des opposants ne reposait pas sur une démarche scientifique. La science a démontré que la nature procède elle-même à la modification génétique, jusqu’à la création d’OGM « naturels ». Et que leur utilisation déjà ancienne n’a jamais eu de conséquences négatives ni sur la santé ni sur l’environnement. Au contraire, si l’on pense à l’affaire du  « riz doré ». Au discours scientifique, furent alors opposés des discours directement politiques ou religieux. Les OGM c’est le capitalisme prédateur pour les uns, la manipulation du vivant donc de l’œuvre de Dieu pour les autres. Ou les deux à la fois. Vade retro Satanas !

La question du « réchauffement climatique » représente une autre étape et le clou suivant enfoncé sur le cercueil de la pensée des Lumières. Nous ne nous prononcerons pas ici sur la réalité de ce réchauffement et sur le caractère anthropique de son origine. De toute façon, le débat raisonné est désormais impossible, il sera bientôt interdit.

Car derrière lui se profilent enjeux économiques, géostratégiques et politiques, au cœur desquels se trouve la contradiction économique entre le Nord et le Sud.

Singulière ruse de l’Histoire, l’Occident a inversé l’équation. La nouvelle religion reposera sur la science – mais une science officielle figée, non discutable – en rassemblant laboratoires et scientifiques de nombreux pays, dans une instance intergouvernementale, par conséquent politique. Sur la base d’une orientation fixée au préalable, le GIEC est devenu le support de l’expression d’une « vérité scientifique » qui doit s’imposer à tous. La bonne foi des scientifiques du GIEC n’est pas en cause. Simplement, les budgets, les subventions, les carrières sont fonctions du camp choisi. Les sceptiques ou les opposants sont vilipendés, ostracisés, ridiculisés. Et bien sûr systématiquement accusés d’être payés par les lobbies. Le réchauffement climatique est peut-être une réalité, mais il est aujourd’hui interdit ne serait-ce que d’en douter. Et là se loge le renversement. Le nouveau dogme est fondé sur la science, mais au détriment de la méthode scientifique qui impose le doute et la remise en cause. Nous avions eu sous Staline la « science prolétarienne », il faut désormais adhérer à la « science citoyenne », où ce qui compte est moins la compréhension d’une réalité scientifique difficile  que l’adhésion du plus grand nombre. Une équipe de chercheurs s’est penchée sur les rapports du GIEC et leurs synthèses, rédigés à l’attention des gouvernants. Ils en ont conclu que « même des textes d’Albert Einstein » étaient plus faciles d’accès, et « ils sont si difficiles à comprendre qu’il faut un doctorat au minimum pour en saisir les recommandations ». Qu’à cela ne tienne, l’argument d’autorité devrait suffire.

Comme toujours, il faut à la nouvelle religion culpabiliser l’homme, d’où vient tout le mal, et lui indiquer le chemin de la rédemption. Identifier les hérésies, chasser et punir les hérétiques. Les sceptiques, dubitatifs, interrogatifs sont des « connards » nous dira NKM, doivent être fichés affirme Corinne Lepage, virés de leur boulot dit-on à France2, sont des « négationnistes » assènent les ahuris, des criminels méritant la prison salivent les amateurs de punitions. En attendant pire. Il s’agit d’un phénomène classique, dont la religion chrétienne a donné un bon exemple lorsqu’elle est devenue religion de l’empire romain. Il y eut beaucoup plus d’exécutions pour hérésie dans les trois siècles qui suivirent son avènement comme religion d’État que de martyrs chrétiens dans les trois qui l’ont précédé.

Autre exigence, débusquer le Diable. Jacques Ellul, précurseur et gourou post-mortem l’avait vu dans l’avènement de la « technique ». Pour les OGM, ce sera Monsanto qui, pour gagner du temps, aurait dû s’appeler Monsatan. Pour le réchauffement, les anges déchus sont plus nombreux : lobbies pétroliers, scientifiques dévoyés, Chinois avides de consommation, Africains corrompus… Et enfin, il faudra béatifier quelques originaux, adeptes de fausses sciences et de nouvelles ascèses.

Le débat est rendu très difficile, sinon impossible, par l’utilisation massive de l’argument d’autorité. Car cette fois-ci, le dogme est nous dit-on s.c.i.e.n.t.f.i.q.u.e. Situation assez étonnante, on voit dans un phénomène aux connotations religieuses évidentes l’affirmation d’une vérité non plus révélée, mais désormais prouvée. J’avais pourtant retenu de l’enseignement des Lumières qu’il y avait des méthodes, des hypothèses, des découvertes et des théories scientifiques, mais pas de vérité  définitive. Ce retour de la pensée magique veut nous dire le contraire.

Voir enfin:

A Rhetorical Question

Why conciliate Muslims but antagonize pro-lifers?

James Taranto
The Wall Street Journal
Nov. 30, 2015

Well, that was predictable. “Abortion rights advocates say the connection is clear,” reports the Washington Post:

Over the summer, a little-known antiabortion group called the Center for Medical Progress released a series of covertly filmed videos purporting to show that Planned Parenthood illegally sells fetal tissue, or “baby parts,” as abortion foes refer to it, for research. The century-old nonprofit agency has denied wrongdoing, and state and congressional investigations have so far failed to produce proof supporting the allegations.

Nevertheless, the casual and sometimes graphic conversations about abortion procedures captured on the videos have provided fodder for conservatives on Capitol Hill, in governor’s mansions and on the presidential campaign trail to seek to strip the organization of government funding. The efforts have led to sometimes passionate commentary on the part of conservatives and Republicans against abortion and sharply critical of Planned Parenthood, striking a tone that abortion rights advocates say created an atmosphere that put clinic workers and patients at risk.

Post hoc ergo propter hoc: On Friday a man started shooting at a Planned Parenthood clinic in Colorado Springs, Colo. By the time the suspect, Robert Dear, was in custody, he had allegedly killed a policeman and two civilians.

“Why is it the same knee-jerk Republicans freaking out about ISIS are fostering terrorism in the homeland? Recruiting and influencing loonies to do their dirty work to eliminate the evil scourge known as abortion?” rants Bob Lefsetz, “a music industry analyst and critic,” in New York’s Daily News, a tabloid that of late has degenerated into a slightly more high-toned version of Salon.

We’ve heard this before. And at least this time there is evidence, albeit far from conclusive, of a political motive: An anonymous “senior law enforcement official” tells the New York Times “that after Mr. Dear was arrested, he had said ‘no more baby parts’ in a rambling interview with the authorities.” But also: “The official said that Mr. Dear ‘said a lot of things’ during his interview, making it difficult for the authorities to pinpoint a specific motivation.”

President Obama rushed to politicize the crime. But interestingly, not only did he frame it solely as part of his lame-duck effort to combat “gun violence” by restricting the lawful purchase of firearms; he pooh-poohed the suggestion that it was political in nature: “We don’t yet know what this particular gunman’s so-called motive was.”

Colorado’s Gov. John Hickenlooper was a bit less circumspect. He told CNN: “Certainly it’s a form of terrorism, and maybe in some way it’s a function of the inflammatory rhetoric we see on all—so many issues now, there are bloggers and talk shows where they really focus on trying to get people to that point of boiling over. Just intense anger. Maybe it’s time to look at how do we tone down that rhetoric.”

While disavowing any effort to “limit free speech,” the governor said “the United States of America ought to begin a discussion” on how to “begin to tone back the inflammatory rhetoric.”

Such a conversation, it seems safe to surmise, would quickly degenerate into a shouting match. Planned Parenthood itself responded to the shooting with harsh denunciations of its critics, as the Washington Times reports:

“We’ve experienced so much hateful language, hateful speech,” Vicki Cowart, president and CEO of Planned Parenthood Rocky Mountains, said on ABC’s “This Week” program on Sunday. “I think politicians have been in that conversation, and I mean, you know that the airwaves are full of anti-abortion language, of anti-Planned Parenthood accusations, much of which is false in nature . . . the tirades against Planned Parenthood in the last few months have really been over the top.”

National Review’s Jim Geraghty notes that the left is rather selective in blaming political rhetoric for acts of violence—for example, insisting there is no connection between Black Lives Matter protesters’ foul antipolice rhetoric and actual attacks on cops. On the other hand, Colorado Springs isn’t the first time the left has blamed a terroristic act on a video.

But there’s an additional problem with the video-made-him-do-it theory of the case. The CMP videos, at least the parts of them we’ve seen, can’t be called “hate speech” by any stretch. They are not harsh denunciations of Planned Parenthood; they are exposés. The words and actions that horrify abortion foes—as well as decent people with more permissive views on abortion—are uttered and described by current and former Planned Parenthood employees and business associates.

We were struck by the contrast between the left’s responses to the Paris and Colorado Springs attacks. The former brought out a display of empathy toward Muslims; the latter, of antipathy toward pro-life Americans.

Hillary Clinton: “Muslims are peaceful and tolerant people and have nothing whatsoever to do with terrorism.” It would be at least as true to say that pro-life Americans are peaceful and tolerant people and have nothing whatsoever to do with terrorism—but instead Mrs. Clinton responded to Colorado Springs with this false choice: “We should be supporting Planned Parenthood—not attacking it.”

“I cannot think of a more potent recruitment tool for ISIL than some of the rhetoric that’s been coming out of here during the course of this debate [over accepting Syrian refugees],” President Obama said Nov. 17. “ISIL seeks to exploit the idea that there is a war between Islam and the West.”

Why wouldn’t a similar logic apply to the demonization of pro-life Americans in the aftermath of Colorado Springs? That’s not a rhetorical question: The logic doesn’t apply because the attacks were very different. The ones in Paris were carried out by an organization that unmistakably has religious motives and political goals. By all accounts the Colorado Springs killer was a lone nut. There is no antiabortion terrorist organization to which to recruit anyone.

Whatever the merits of his refugee policy, the president is right to reject “the idea that there is a war between Islam and the West,” although it would be fatuous to deny that that is how Islamic supremacists see the matter. To judge by the reactions to Colorado Springs, though, many on the left really do regard Americans who oppose abortion—almost all of whom do so peaceably—as their enemy.


Conflit israélo-palestinien: Attention, un révisionnisme peut en cacher un autre ! (It’s an empire thing, stupid !)

2 novembre, 2015

PETIT JOURNAL

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Imaginons deux enfants dans une pièce pleine de jouets identiques. Le premier prend un jouet, mais il ne semble pas fort intéressé par l’objet. Le second l’observe et essaie d’arracher le jouet à son petit camarade. Celui-là n’était pas fort captivé par la babiole, mais – soudain – parce que l’autre est intéressé cela change et il ne veut plus le lâcher. Des larmes, des frustrations et de la violence s’ensuivent. Dans un laps de temps très court un objet pour lequel aucun des deux n’avait un intérêt particulier est devenu l’enjeu d’une rivalité obstinée. René Girard
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
Le choix du lieu lui-même est extrêmement symbolique : lieu sacré juif, où restent encore des ruines des temples hérodiens, laissé à l’abandon par les chrétiens pour marquer leur triomphe sur cette religion, il est à nouveau utilisé sous l’Islam, marquant alors la victoire sur les Chrétiens et, éventuellement, une continuité avec le judaïsme. (…) Enfin, l’historien Al-Maqdisi, au Xe siècle, écrit que le dôme a été réalisé dans la but de dépasser le Saint-Sépulcre, d’où un plan similaire, mais magnifié. De cette analyse on a pu conclure que le dôme du Rocher peut être considéré comme un message de l’Islam et des Umayyades en direction des chrétiens, des Juifs, mais également des musulmans récemment convertis (attirés par les déploiements de luxe des églises chrétiennes) pour marquer le triomphe de l’Islam. Wikipedia 
L’Esplanade des Mosquées ou Mont du Temple ou encore Esplanade du Temple est le premier lieu saint du judaïsme, et le troisième de l’islam sunnite (après La Mecque et Médine). Située dans la vieille ville de Jérusalem sur le mont du Temple, elle est aussi appelée « mont de la Maison [de Dieu] » par les juifs (en hébreu : הר הבית, har ha bayit), « mont du Temple » par les chrétiens, en référence au Temple de Jérusalem, et « Noble Sanctuaire » (en arabe : الحرم الشريف al-Ḥaram aš-Šarīf) par les musulmans. Elle constitue, depuis le VIIe siècle un haut lieu de l’islam réunissant la mosquée Al-Aqsa et le dôme du Rocher (ainsi que la petite mosquée du Bouraq). En contre-bas se trouve le mur des Lamentations vestige du mur occidental du Second Temple. (…) Selon Jérôme Bourdon, l’expression « Esplanade des Mosquées » est une ancienne appellation utilisée par la presse française qui n’a pas d’équivalent dans d’autres langues. Pour les juifs, c’est le mont du Temple, pour les musulmans le Haram al Sharif, c’est-à-dire le Noble Sanctuaire4. La presse anglophone utilise plutôt « Mont du temple » (Temple Mount) ou plus récemment « Haram al-Sharif ». Un exemple de cette différence d’appellation entre anglophones et francophones est donné par l’ouvrage de Bill Clinton My life qui évoque page 923 le Mont du Temple (Temple Mount) quand la traduction française « Ma vie » parle, page 965, de « l’esplanade des Mosquées » Le mont a une signification très importante dans le judaïsme (le lieu le plus sacré) et le christianisme. Selon le Talmud, c’est du sol de ce lieu que Dieu rassemble l’argile qui forme Adam. C’est là qu’Adam puis, selon son exemple, Caïn, Abel et Noé font leur holocauste. La tradition juive place aussi à cet endroit, le dôme du Rocher actuel et le mont Moriah de la Bible, le geste sacrificiel d’Abraham (…) Le roi David achète cette terre pour y construire un autel permanent (II Samuel 24:24). Le roi Salomon réalise ce vœu en construisant à cet endroit le premier Temple en -950, détruit par Nabuchodonosor II en -586, date qui marque l’exil des Juifs à Babylone. Le second Temple y est établi à partir de -516, après le retour d’exil. Il est détruit par Titus Flavius Vespasianus en 70, à l’exception du mur ouest, aujourd’hui connu comme le mur des Lamentations, lieu de prière le plus important des juifs contemporains. C’est aussi le site du troisième Temple de Jérusalem lors du retour du Messie selon la tradition juive. Wikipedia
La Porte dorée (שער הרחמים, Sha’ar Harahamim) est la plus ancienne ouverture pratiquée dans les fortifications de la vieille ville de Jérusalem et date du Ve siècle. Appelée aussi Porte de la Miséricorde ou encore Porte de la Vie éternelle, elle est située au milieu de la muraille Est et c’est la seule qui permettait d’accéder directement au Mont du Temple, de l’extérieur de la ville. Elle aurait été utilisée à des fins rituelles dans les temps bibliques. Cette porte est fermée depuis 1541, sur l’ordre de Soliman le Magnifique, car, selon la tradition juive, c’est par celle-ci que le Messie entrera dans Jérusalem. Un cimetière fut également établi devant celle-ci, car les musulmans auraient été convaincus par la prophétie d’Élie, précurseur du Messie, qui annonçait que, lors de son retour tant attendu par les juifs, le nouveau prophète n’oserait pas pénétrer dans un tel lieu étant donné que celui-ci était un Cohen. En effet, l’entrée des cimetières est théoriquement interdit à cette lignée sacerdotale pour cause d’impureté (Lv 10,6, Lv 21,1–5; 44,20-25). Wikipedia
Si Israël est un occupant dans son pays, le christianisme, qui tire sa légitimité de l’histoire d’Israël, l’est aussi comme le serait tout autre État infidèle. Bat Ye’or
Israël existe et continuera à exister jusqu’à ce que l’islam l’abroge comme il a abrogé ce qui l’a précédé. Hasan al-Bannâ (préambule de la charte du Hamas, 1988)
Les enfants de la nation du Hezbollah au Liban sont en confrontation avec [leurs ennemis] afin d’atteindre les objectifs suivants : un retrait israélien définitif du Liban comme premier pas vers la destruction totale d’Israël et la libération de la Sainte Jérusalem de la souillure de l’occupation … Charte du Hezbollah (1985)
La libération de la Palestine a pour but de “purifier” le pays de toute présence sioniste. Charte de l’OLP (article 15, 1964)
Les nazis ont probablement tué moins d’un million de Juifs et le mouvement sioniste a participé au massacre. Abou Mazen (alias Mahmoud Abbas, thèse, 1982)
Ce sera une guerre d’extermination, un massacre dont on parlera comme des invasions mongoles et des croisades. Azzam Pasha (président de la ligue arabe, le 14 mai 1948)
Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. (…) [L]es Allemands n’ont jamais causé de tort à aucun musulman, et ils combattent à nouveau contre notre ennemi commun […]. Mais surtout, ils ont définitivement résolu le problème juif. Ces liens, notamment ce dernier point, font que notre amitié avec l’Allemagne n’a rien de provisoire ou de conditionnel, mais est permanente et durable, fondée sur un intérêt commun. Haj Amin al-Husseini (mufti de Jérusalem, discours sur Radio Berlin, le 1er mars 1944)
Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. (…) Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire. (…) Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le. Abou Mohammed al-Adnani (porte-parole de l’EI)
Nous vous bénissons, nous bénissons les Mourabitoun (hommes) et les Mourabitat (femmes). Nous saluons toutes gouttes de sang versées à Jérusalem. C’est du sang pur, du sang propre, du sang qui mène à Dieu. Avec l’aide de Dieu, chaque djihadiste (shaheed) sera au paradis, et chaque blessé sera récompensé. Nous ne leur permettrons aucune avancée. Dans toutes ses divisions, Al-Aqsa est à nous et l’église du Saint Sépulcre est notre, tout est à nous. Ils n’ont pas le droit de les profaner avec leurs pieds sales, et on ne leur permettra pas non plus. Mahmoud Abbas
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, vous ne vous êtes pas demandé depuis combien de temps cette occupation israélienne s’est prolongée sur notre terre : 67 ans (soit, depuis la création d’Israël), combien de temps pensez-vous que cela peut encore durer. Mahmoud Abbas
Cet accord (…) doit inclure (…) un accès libre aux Lieux saints et aux institutions culturelles et l’utilisation du cimetière du Mont des oliviersAccord entre la Transjordanie et Israël (3 avril 1949)
Les Lieux Saints seront protégés contre la profanation et contre toute atteinte, ainsi que contre tout ce qui peut prévenir la liberté d’accès des croyants des différentes religions à leurs lieux sacrés, et tout ce qui peut heurter leurs sentiments à l’égard de ces lieux. Loi fondamentale sur Jérusalem (30 juillet 1980)
Nous ne sommes pas venus pour conquérir les lieux saints des autres ou restreindre leurs droits religieux, mais pour assurer l’intégrité de la ville et y vivre avec d’autres dans la fraternité. Moshe Dayan
C’est une mosquée depuis mille trois cents ans, les Juifs doivent se contenter de la visiter et de prier devant les tombes. Moshe Dayan
Avec les troubles que connaît Israël autour du mont du Temple (« l’esplanade des Mosquées » des musulmans et des journalistes), le conflit du Proche-Orient s’embrase en son cœur le plus profond, en dévoilant qu’il n’est ni national ni territorial comme le voudraient bien les utopies de gauche, mais religieux, une guerre de religion découlant du scandale inadmissible que représente pour l’islam la souveraineté d’un peuple qui n’a le droit de (sur)vivre que comme « dhimmi ». La rumeur que les « Juifs » veulent détruire la mosquée El Aksa est un vieux leurre, manipulé cycliquement depuis les émeutes de 1929 et destiné à susciter la fureur musulmane et à la focaliser sur les Juifs. C’est un mensonge éhonté, du type de ceux qui donnaient naissance à des pogroms. C’est en effet à des actes pogromiques brutaux que nous avons assisté ces derniers jours, comme dans les temps anciens. Je pense notamment à la scène de la femme poignardée appelant au secours sous les lazzis, les crachats et les coups des commerçants des échoppes environnantes. Celà montre bien jusqu’où peut aller le penchant suprématiste, même « sous occupation ». C’est ce que fait entendre la « Liste unie » des députés arabes israéliens qui décrètent (Hanan Zoabi dixit) que c’est toute la montagne qui est une mosquée. Au déni musulman de la sainteté du lieu pour le judaïsme s’ajoute l’intolérance qui veut interdire aux Juifs l’accès non pas aux mosquées mais aux immenses terrasses de la montagne. Le plus piquant c’est que ceux qui hurlent à la profanation des Juifs (Abbas a parlé de « leurs pieds sales… »), sont aussi ceux qui ont effectué en catimini d’immenses excavations sous le mont pour construire sans permis une mosquée souterraine de 12 000 places dans un lieu dénommé « les écuries de Salomon », en détruisant des vestiges inestimables des temples juifs de l’antiquité, à l’instar des destructions de monuments façon Etat islamique. Ceci dit, l’Etat d’Israël retire les fruits amers d’une démission et d’une négligence. La première commence avec Moshe Dayan qui, en 1967, a remis les clefs du mont du Temple au Waqf jordanien, à une puissance qui avait profané tous les lieux saints juifs et interdit aux Juifs tout accès à leurs sites. (…) Mais la situation découle aussi de deux négligences israéliennes : tout d’abord avoir laissé se développer depuis plus de 10 ans la « Ligue du nord », un mouvement islamiste israélien qui est le maître d’œuvre de la crise cyclique « les Juifs vont détruire El Aqsa » et qui stipendie les émeutiers installés dans la mosquée avec armes et munitions.  (…) La deuxième négligence israélienne est de ne pas avoir intenté une procédure en inconstitutionnalité de la Liste arabe unifiée à la Knesset qui est une liste non politique mais ethnique rassemblant des islamistes aux communistes, sur une base ethnico-religieuse, ce qu’une démocratie normale (Cour Suprême ?) ne devrait pas accepter car c’est là le contraire du multipartisme, une forme d’irrédentisme national. Shlomo Trigano
Irrecevable encore, la formule « cycle de violences », ou « spirale des représailles », qui, en renvoyant dos à dos les kamikazes et leurs victimes, entretient la confusion et vaut incitation à recommencer. Insupportable, pour la même raison, la rhétorique de l’« appel à la retenue », ou de l’invitation à ne pas « enflammer la rue », qui renverse, elle aussi, l’ordre des causes et fait comme si le militaire ou le civil en situation de légitime défense avaient les mêmes torts que celui qui a pris le parti de mourir après avoir semé la plus grande terreur autour de lui. Étranges, oui, ces indignations embarrassées et dont on ne peut s’empêcher de penser qu’elles seraient probablement plus fermes si c’était dans les rues de Washington, de Paris ou de Londres que l’on se mettait à occire le premier venu ou à lancer des voitures béliers sur les arrêts de bus. Plus qu’étrange, troublante, la différence de ton entre ces réactions et l’émotion mondiale, la solidarité internationale sans faille ni nuance, suscitées, le 22 mai 2013, par la mort d’un militaire, en pleine rue, à Londres, assassiné à l’arme blanche et selon un scénario pas très différent de celui qui a cours, aujourd’hui, à Jérusalem et Tel-Aviv. (…) Et insupportable enfin, la petite mythologie en train de se constituer autour de cette histoire de poignards : l’arme du pauvre, seulement ? Celle dont on se sert parce qu’elle est là, sous la main, et qu’il n’en est point d’autre ? Quand je vois ces lames, je pense à la lame de la mise à mort de Daniel Pearl ; je pense à celle des décapitations d’Hervé Gourdel, James Foley ou David Haines – je pense que les vidéos de Daesh ont, décidément, fait école et que l’on se trouve là au seuil d’une barbarie qu’il faut inconditionnellement dénoncer si l’on ne veut pas qu’elle exporte partout, je dis bien partout, ses procédures. Bernard-Henri Lévy
Jérusalem est surtout devenue « sainte » depuis que les Juifs sont de retour dans leur unique ville sainte, sainte depuis 3000 ans ! La mosquée Al Aqsa, le soi-disant 3ème Lieu saint de l’islam, à ne pas confondre avec le Dôme du rocher, est le nom de la mosquée « la plus lointaine » citée dans le coran à propos du voyage nocturne de Mahomet qui aurait été transporté à la mosquée Al Aqsa sur sa monture Al Burak et serait monté au ciel où il aurait rencontré les précédents prophètes juifs et chrétien. Historiquement cela ne peut pas être à Jérusalem puisque la mosquée Al Aqsa a été construite bien après la mort en 632 de Mahomet ! (…) Ce n’est que tardivement, qu’après avoir construit une mosquée sur l’esplanade du Temple juif, puis l’avoir nommée Al Aqsa qu’elle est devenue miraculeusement la mosquée Al Aqsa du coran comme l’islam en a la spécialité, puisque d’après lui, même Adam et Eve étaient musulmans et à fortiori tous les personnages de la bible hébraïque et ceux des Evangiles, même Jésus est un prophète musulman et donc il est palestinien ! Jérusalem apparaît 669 fois dans la Bible juive, 154 fois dans la Bible chrétienne mais pas une seule fois dans le Coran, ni Jérusalem, ni Al Qods, le nom arabe de Jérusalem ! Il n’y a jamais eu de pèlerinage à Jérusalem pour les musulmans contrairement aux pèlerinages pratiqués dans leurs autres villes saintes ! Jérusalem n’a jamais été la capitale d’un pays arabe ou même d’une province arabe ! Danilette
Une résolution sur la Palestine critiquant notamment la politique d’Israël à Jérusalem a été votée mercredi à l’Unesco, dans une version expurgée d’une revendication initiale sur le Mur des Lamentations qui avait suscité la colère de l’Etat hébreu. Soumis par un groupe de pays arabes aux 58 membres du Conseil exécutif de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), le texte a recueilli 26 voix en sa faveur, tandis que six délégations ont voté contre, 25 se sont abstenues et une dernière était absente au moment du vote, selon des sources diplomatiques. Les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la République tchèque et l’Estonie sont les six pays qui s’y sont opposés. La France s’est pour sa part abstenue, d’après les mêmes sources. La résolution votée, dont l’AFP a pris connaissance du contenu, « condamne fermement les agressions israéliennes et les mesures illégales limitant la liberté de culte et l’accès des musulmans au site sacré de la mosquée al-Aqsa ». Elle « déplore vivement » en outre les « irruptions persistantes d’extrémistes de la droite israélienne sur le site » et « exhorte Israël » à « prendre les mesures nécessaires pour empêcher les agissements provocateurs qui violent (son) caractère sacré ». (…) Toute référence a en revanche été abandonnée à la « place Al Buraq », nom employé par les musulmans pour désigner les abords du Mur des Lamentations, révéré par les juifs, en contrebas de l’esplanade des Mosquées. La rédaction initiale du texte, déposé par l’Algérie, l’Egypte, les Emirats arabes unis, le Koweït, le Maroc et la Tunisie, avait suscité mardi l’ire d’Israël et l’inquiétude de la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, opposée à une remise en cause du statut des Lieux saints de Jérusalem. Dans un paragraphe finalement supprimé, les auteurs du texte affirmaient que « la place Al Buraq fait partie intégrante de la mosquée al-Aqsa ». Israël avait dénoncé « une tentative honteuse et trompeuse de réécrire l’Histoire » et Mme Bokova avait « déploré » les initiatives susceptibles d’être « perçues comme des modifications au statut de la Vieille Ville de Jérusalem et de ses remparts », appelant le Conseil à « prendre des décisions qui n’alimentent pas davantage les tensions sur le terrain ». (…) En vertu de ces règles tacites, les juifs peuvent se rendre sur le site, à la fois troisième lieu saint de l’islam et le plus révéré du judaïsme, sous le nom de mont du Temple, mais seuls les musulmans ont le droit d’y prier. Ces dernières semaines, à l’occasion des fêtes juives du mois de septembre, les tensions ont atteint un niveau rarement égalé autour du site, de violents affrontements ayant gagné l’esplanade même. Les Palestiniens qualifient la recrudescence des visites de juifs de tentative israélienne de prendre le contrôle du lieu saint, actuellement sous la garde de la Jordanie. Israël de son côté assure vouloir maintenir le statu quo et ne pas vouloir céder aux appels d’une frange minoritaire mais de plus en plus audible parmi ses citoyens. I24news
Tout le monde se demande ce que nous devrions faire. Nous frapperons à toutes les portes possibles, afin de faire entendre la voix de Jérusalem. Nous avançons, avec l’aide d’Allah. Nous vous saluons, ainsi que tous les hommes et femmes au ribat [sur la ligne de front]. Nous saluons chaque goutte de sang versé pour la cause de Jérusalem. Ce sang est du sang propre et pur, versé au nom d’Allah, avec l’aide d’Allah. Chaque martyr aura sa place au Paradis, et tous les blessés seront récompensés par Allah. Chers frères, nous sommes tous ici au nom de Jérusalem. Je vous le dis en toute honnêteté, un Etat palestinien sans Jérusalem n’existera jamais. L’Etat palestinien doit inclure sa capitale, la noble Jérusalem – avec sa capitale, Jérusalem-Est, qui a été occupée en 1967. Nous n’autorisons aucune de leurs mesures. Toutes ces divisions… La mosquée Al-Aqsa et l’église du Saint-Sépulcre sont nôtres. Elles sont entièrement nôtres, et ils n’ont pas le droit de les souiller de leurs pieds sales. Nous ne leur permettrons pas de le faire, et nous ferons tout en notre pouvoir pour protéger Jérusalem. Mahmoud Abbas
Je m’adresse au Conseil de sécurité, en lui demandant plus urgemment que jamais de mettre en place un régime de protection internationale du peuple palestinien immédiatement. La situation des droits humains dans le territoire palestinien, y compris à Jérusalem-Est, est la plus critique et la pire depuis. Cela requiert une intervention forte et décisive, avant qu’il ne soit trop tard, de l’ONU et de ses Etats membres. Nous avons besoin de votre protection. Protégez-nous, protégez-nous. Nous avons besoin de vous. Le désespoir profond, les pressions, le sentiment d’insécurité dans lesquels vit la population palestinienne depuis longtemps sont des facteurs qui exacerbent la frustration de la jeunesse et la poussent à se révolter. Il ne sert plus à rien de perdre du temps dans des négociations stériles. Il faut mettre fin à l’occupation. Mahmoud Abbas (Conseil des droits de l’homme de l’ONU)
I think those who are saying it’s another intifada are wrong. The first two intifadas were organized. In the First Intifada, you had the children of the stones, but you also had the Tanzim [the militant faction of the Fatah movement] that really guided the destruction. The truth of the Second Intifada is that [former Palestinian Authority President Yasser] Arafat was behind it to begin with. There was a kind of infrastructure that was behind it, and that’s not the case here. (…) Abu Mazen hasn’t helped with the things he’s said, and he’s added to the image that’s out there, to the narrative that’s out there, that the Israelis are going to change the status quo at the Temple Mount. And that’s completely fallacious. It’s just — it’s a lie. But it has taken on a life of its own, and that requires a dedicated effort on the part of Palestinian leadership to say, “It’s completely untrue.” But they’ve refused to do that and we need to get the Palestinians to say very clearly, “That’s not happening.” Whether that could bring this to an end, I don’t know. [Kerry’s response] It was a mistake to say that. It was a mistake because it implies that if tomorrow there were no settlements, this issue would be solved. Really? Is that what’s driving them? The idea that there is frustration against Israelis is true. But there is also frustration against their own leadership. There’s anger that the other Arabs are not paying attention to them. There’s frustration over unemployment. There’s a lot of things affecting Palestinians. And when Kerry said that, it looks like he’s trying to make an alternative explanation or an excuse. (…) one of the problems is that the president has been very good when it comes to security issues, but because he looks at the Palestinians as being weak, there is this reluctance to criticize them. “They’re too weak to criticize” is what I say in the Obama chapter. And if they are too weak to criticize, they are too weak to be held accountable, too weak to be responsible. They’re too weak to have a state. Well, if you want the Palestinians to have the responsibility of a state, you have to hold them responsible. Now Kerry’s statement has been walked back, and that’s good. But I’m afraid that it reflects a kind of instinct. The first instinct, instead of criticizing this for what it is, is to want to look for another explanation. And I have a problem with that. That doesn’t mean that I don’t think having a stalemate [in peace negotiations] is something you can take comfort in as never producing these kinds of explosions. But I think, first things first, when something like this happens, you have to say, “This is wrong.” You have to let them know that terror is never acceptable under any circumstances, and that this is going to get the Palestinians nothing. (…) the American approach ought to recognize the choices are not binary between solving everything or doing nothing. (…)  When the president comes in, he thinks we have a major problem with Arabs and Muslims. And he sees that as a function of the Bush administration – an image, fairly or not, that Bush was at war with Islam. So one of the ways that he wants to show that he’s going to have an outreach to the Muslim world is that he’s going to give this speech in Cairo. So he wants to reach out and show that the US is not so close to the Israelis, which he thinks also feeds this perception. That’s why there’s an impulse to do some distancing from Israel, and that’s why the settlement issue is seized in a way. Now, I had no problem with saying we should limit settlement activity. But the idea that there should be a complete settlement freeze, including natural growth, was a mistake. (…) The reason why a limitation on settlement activity was preferable was because it was something we could define. A complete freeze puts us in a position where we’re framing an objective we couldn’t achieve. Part of the appeal of the settlement freeze to the president was that it was a way he can show distance from the Israelis in a way that also mattered to the Arabs. And that’s one thing if you can deliver it, but if you can’t, you’re actually worse off. (…) Abbas is then the one who says, “The Americans put me up a tree. I never said that this was a condition. The Americans created this condition.” Now it wasn’t true that we made it a condition for negotiations. That wasn’t true. But by putting it out there publicly the way we did, how can Abu Mazen go into negotiations when we haven’t produced this? So it became an excuse for him. He didn’t have to do anything until we delivered this. (…) The first time I raised that issue [calling settlements “illegitimate”] to the president it was news to him because it really had not been raised to him before. He used that language in the Cairo speech and I said this to him afterword, in July when I got there. He understands that every administration has had a problem with settlements, which is true. But he doesn’t know that this kind of terminology is really different. Since the Reagan administration, the US made a policy that settlements were a political issue and not a legal issue. So he doesn’t use that term in future meetings, but he does put it back in for one of his UN speeches. When I raised an objection, Dennis McDonough [then deputy national security adviser] says he can’t look like he’s retreating. (…) The other thing is that they [Obama and Netanyahu] have different worldviews. I mean they have fundamentally different worldviews. To give you an illustration, even though the president says this is a transaction and not a transformation with Iran, I think he believes that this deal will not only constrain the Iranian program in a real way that has not been achieved until now, but more than that, it will be empowering, at least potentially, the more pragmatic forces within Iran and those around [Iranian President Hassan] Rouhani. (…) The deal itself buys you 15 years. One of my main concerns is what happens after year 15, when they basically can have as large a program as they want, and the gap between threshold status and weapon status becomes very small. To deal with that vulnerability you have to bolster your deterrence in a way that convinces them there is a firewall between threshold status and weapons status. They have to be convinced of that. The more you make it clear that for any misbehavior they pay a price, and it’s the kind of price that matters to them, the more likely they are to realize the firewall is real, and the less likely they are to ever test it. I would like to see us do things that to create that firewall and the legitimacy of it in the eyes of the rest of the world. So if [Iran] is going to dash toward a weapon the answer is not sanctions, it’s force. And everybody knows that and accepts that, and it becomes legitimate. (…) We’re already seeing them ratchet it up in Syria. Everyone is focusing on what the Russians are doing, but Iran is adding significant numbers of Revolutionary Guard forces to the ground, it’s not just Hezbollah forces. I think this is a harbinger of things to come. What I say is that she [Susan Rice] reflects a mindset that has been in every administration; it’s not unique to her. It tends to look at Israel through a lens that is more competitive, more combative, that sees Israel more in problematic terms. The difference is that you had her predecessor [Donilon] whose mindset was very different. He saw Israel through a collaborative-partnership premise and prism.(…) The administration thought they had done something good. And the prime minister’s reaction was to call it a “historic mistake” and to look like he’s already campaigning against it. Meanwhile [the administration] thinks they’ve done something that’s in Israel’s interest. Look at what had they been hearing leading up to it. They had been hearing that Iran poses the greatest threat of the 21st Century. The prime minister kept saying, “The clock is ticking, what are you going to do about it?” So they think they have stopped the clock. Then they see this outpouring against it. (…)  distancing the US from Israel has never achieved the objective of bringing the US closer to Arabs. Our relationship to Israel is not what drives their behavior toward us. Dennis Ross
Mahmoud Abbas demande à l’ONU de protéger les Palestiniens afin qu’ils puissent continuer à assassiner les civils israéliens avec des couteaux, des pierres, des voitures-béliers, toutes sortes d’ustensiles. On doit protéger les assassins, non les victimes. Il a été entendu et applaudi.C’est une nouvelle mode adoptée par les tueurs de s’en prendre dans le dos aux passants, aux femmes, aux enfants, aux civils désarmés, dans les autobus, les foules, les rues, n’importe où. Pour tuer. Nulle doute que cette mode fera certainement beaucoup d’adeptes, comme celles des détournements d’avions, des massacres, des prises d’otages, du terrorisme international, modes initiées aussi par les Palestiniens et que l’Europe appelle « résistance » quand ses victimes sont israéliennes ou juives, et partout ailleurs « terrorisme ». Aujourd’hui ce modèle breveté palestinien s’est répandu sur toute la planète. (…) Que la démarche d’Abbas rejoigne celle de la France, ne doit pas surprendre. Arafat, la créature de la France, lui permit de maintenir le conflit ouvert, de s’opposer à toute paix séparée, à toute solution qui aurait compromis l’élimination d’Israël par sa réduction à une exiguïté territoriale indéfendable. Acharnée à lui arracher lambeaux par lambeaux des pans de son histoire, de ses monuments, de ses terres, la France tente d’écraser enfin sous l’infamie le peuple à la nuque raide, sorti vainqueur de la Shoah et de la dhimmitude. Même les chrétiens du Liban furent sacrifiés à ce dessein. Jamais il n’y eut de temple juif à Jérusalem, rien que des mosquées, Jésus allait prier à la mosquée. Les juifs sont des pilleurs d’histoire – de l’histoire musulmane. L’Europe en est aussi convaincue et a voté pour l’islamisation des lieux saints juifs, débaptisant le Mont du Temple en esplanade des mosquées. (…) Grâce aux révélations de NGO Monitor, on connait les montants fabuleux versés par chaque Etat, les Eglises, les fondations et l’Union européenne ainsi que les ONGs récipiendaires. Il faut en finir avec Israël, car les centaines de milliers d’immigrants musulmans qui accourent en Europe et qu’elle accueille à bras ouverts avec une sollicitude attendrissante auront besoin de ces fonds pour leur nouvelle installation… Bat Ye’or
Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou s’est essayé récemment, et assez lamentablement, à une forme de réécriture de l’histoire qui visait à donner au grand Mufti de Jérusalem le rôle d’instigateur de la solution finale. Ce dernier n’était en réalité qu’un suppôt d’Hitler, enthousiasmé par l’idée que le meurtre de juifs puisse être le point central du programme politique du Führer. Ce dérapage a donné lieu à un petit miracle : les dirigeants d’un monde arabe dans lequel le négationnisme et le révisionnisme de la Shoah se portent à merveille, ont été offusqués de ce qu’on les accuse d’être à l’origine d’un génocide dont ils contestent pourtant souvent l’ampleur, voire même la réalité. Une autre forme de révisionnisme a connu un renouveau ces dernières années, et la dernière poussée de terrorisme palestinien est à ce titre édifiante. Il s’agit de nier le lien du peuple juif avec la terre d’Israël, au mépris non seulement de l’histoire et de l’archéologie, mais aussi, et surtout, de la tradition islamique. Il n’y aurait pas de « Mont du Temple » et pas de Mont Moriah – il n’y aurait que l’Esplanade des Mosquées et le Haram al Sharif ou « Noble Sanctuaire ». On peut tout à fait considérer en bon laïc que toutes ces histoires de lieux saints ne sont que des sornettes, mais alors il faut s’abstenir de préférer une sornette à une autre, surtout lorsque l’une des sornettes précède toutes les autres de quelques millénaires. (…) Il ne serait pas venu à l’esprit du Calife Omar, qui a construit la première mosquée sur le Mont du Temple au VIIe siècle, de nier le lien consubstantiel entre ce lieu et le judaïsme. La tradition islamique rapporte que c’est même un rabbin yéménite fraîchement converti à l’islam qui lui indiqua le lieu précis de la « pierre de la fondation » sur laquelle est bâti aujourd’hui le Dôme du Rocher. (…) L’une des preuves les plus absurdes de cette réécriture bien tardive de l’histoire nous vient des revirements du Waqf, l’organisme en charge de la gestion des lieux saints musulmans à Jérusalem. Les guides publiés et distribués par le Waqf aux visiteurs avant la création de l’Etat d’Israël s’enorgueillissaient de cette filiation avec le premier et le deuxième Temple juif et en particulier avec la figure du roi Salomon. Le nouveau guide publié et diffusé l’an dernier nie tout lien entre le Mont du Temple ou même le Mur de Lamentations et le peuple juif. Le comble est probablement l’affirmation dans cette dernière publication que le roi Salomon n’était pas juif mais bien… musulman (ce qui est bien sûr difficile à réconcilier avec la chronologie étant donné que son règne précède l’avènement de l’islam d’à peu près 1 500 ans.). Un autre exemple du ridicule et de l’incohérence de ce nouveau révisionnisme nous a été donné lors de la profanation du Tombeau de Joseph, un lieu saint juif qui jouxte la ville de Naplouse en Cisjordanie. En 2000, ce tombeau a été le lieu d’affrontements très violents et profané une première fois par une foule palestinienne en colère. Tsahal s’est par la suite retirée de ce lieu et les Palestiniens ont décrété qu’il s’agissait en réalité du tombeau d’un cheikh musulman et ont repeint le dôme du tombeau en vert, couleur de l’islam. Mais cette islamisation tardive du tombeau de Joseph n’a pas suffi à le protéger puisqu’une foule vient de brûler le tombeau une seconde fois, confirmant ainsi son caractère juif de la manière la plus absolue qui soit. (…) Il faut écouter Mahmoud Abbas déclarer en arabe que les lieux saints de Jérusalem n’appartiennent qu’aux Palestiniens et que « les juifs n’ont pas le droit de souiller les lieux saints de leurs pied sales » et que « chaque goutte de sang versé pour Jérusalem est propre et pure ». Il finit sa déclaration en assurant que les égorgeurs iront tous « au paradis » ce qui devrait rassurer tout un chacun. Il est triste de voir Abu Mazen, qui a débuté sa carrière en commettant une thèse de doctorat révisionniste sur la Shoah, la finisse en versant dans une autre forme de révisionnisme, le révisionnisme du Temple. La « judaïsation de Jérusalem » aujourd’hui décriée est, un peu comme la christianisation du Vatican ou l’islamisation de la Mecque, un phénomène auquel on ferait mieux de s’habituer. (…) Il n’y aura pas de solution politique durable au conflit israélo-palestinien tant que le monde arabo-musulman ne se sera pas réconcilié avec l’antériorité de la présence juive en Terre Sainte et donc la légitimité de cette présence. Ceux qui pensent que la création d’un Etat palestinien indépendant mettra fin au conflit devraient se promener quelques heures dans la vieille ville de Jérusalem avec une kippa après le prêche du Vendredi. Si tant est qu’ils survivent à l’expérience, ils constateront qu’on y tue des juifs, pas des occupants. Noam Ohana
On nous dit que l’islam serait une « religion ». Mais il me semble que la caractérisation de l’islam comme religion est totalement erronée et empêche de comprendre comment il fonctionne. Mon avis est que l’islam est d’abord un empire, bien avant d’être une religion.  (…) Décrire l’islam comme étant un empire permet de comprendre beaucoup mieux sa logique. Comme tout empire, il aspire à s’étendre naturellement, tant qu’il ne vient pas buter sur un obstacle, un autre pays ou un autre empire. Le jihad ou guerre sainte est simplement un instrument de conquête. Prétendre que le jihad ne ferait pas partie de l’islam ou les jihadistes et mujahhidines seraient de mauvais musulmans est totalement absurde. C’est la nature même d’un empire d’être impérialiste. (…) Il ne faut donc pas s’étonner que l’islam, structure impériale, propageant une langue et un code juridique, a toujours été incapable de tolérer quoi que ce soit d’autre que lui-même, sauf de façon provisoire et bancale. L’islam ne peut pas être dissout, modéré ou mélangé à autre chose, sauf à se renier lui-même en tant que structure impériale, langue de référence et droit. Aborder la problématique de l’islam en France, comme le fait Bernard Cazeneuve, par le petit bout de la lorgnette des « lieux de culte » est une pure absurdité. D’ailleurs, ces « lieux de culte » s’appellent souvent al-fath ‘la conquête’. L’islam ne se cache même pas d’être un empire conquérant. Il suffit de lire le nom qui est écrit sur le fronton des mosquées. Ici à Paris. (…) L’empire-islam, structure temporelle propageant arabe et sharia, comme langue et droit de référence, propage aussi une « religion ». Mais on se demande un peu en quoi elle consiste au juste. C’est une espèce d’ersatz monothéiste sur base d’hérésie judéo-nazaréenne simplifiée, une sorte de low-cost théologique, dont le fonds de commerce principal est la haine inexpiable des Juifs et des Chrétiens. L’islam n’est pas en tant que tel une révélation, puisqu’il affirme qu’Allah est de toute façon inconnaissable et incompréhensible pour l’humanité. Ce postulat ruine toute possibilité de révélation. Tout laisse à penser que les fables romanesques autour de Mahomet et du Qoran sont des inventions rétrospectives, destinées à donner une légitimité religieuse à des conquêtes militaires déjà réalisées. Le Qoran n’est qu’un bricolage tardif et incohérent, juxtaposant des fragments de lectionnaire chrétien, du droit tribal bédouin et quantités d’imprécations haineuses, dont certaines devraient logiquement tomber sous le coup de la loi en France. En conclusion, la première des taqiyas ou dissimulations de l’empire-islam est de cacher sa vraie nature : empire temporel conquérant et belliqueux, sous couvert de « religion », qui n’est qu’un alibi et un prétexte, au demeurant médiocre. Fortunin Revengé

Attention: un révisionnisme peut en cacher un autre !

Négationnisme de la Shoah et déni d’y être pour quelque chose, négation du lien du peuple juif avec Jérusalem comme la terre d’Israël et silence du coran sur Jérusalem qui mentionne pourtant le Temple de Salomon, guides pré-création de l’Etat d’Israël s’enorgueillissant de la filiation avec les temples juifs et  le roi Salomon et guide actuel niant tout lien entre le Mont du Temple ou même le Mur de Lamentations et le peuple juif, affirmation de la musulmanité dudit roi Salomon alors que comme on le sait  l’islam date du VIIe siècle,  transformation du Tombeau de Joseph en tombeau d’un cheikh musulman (repeint pour l’occasion en vert) et profanation dudit tombeau …

En ces temps étranges …

Où un peuple se voit interdit, à coups d’armes blanches et de  statu quo, de prier sur son principal lieu saint …

Au nom des droits à y prier d’un autre peuple dont c’est le troisièm e lieu saint …

Et qui pour ce faire en appelle à la protection de l’ONU pour ses assassins contre leurs victimes …

Où au nom des droits d’une religion datant du VIIe siècle de notre ère chrétienne, l’on prétend islamiser l’ensemble des tombeaux des patriarches d’une religion datant, elle, d’au moins 3 000 ans …

Alors qu’à la tête du monde libre, comme le confirme l’un de ses anciens conseillers, un président américain ouvertement pro-arabe et anti-israélien vient de donner les clés du Moyen-Orient et de l’arme nucléaire à un régime qui appelle explicitement à l’annihialtion de la seule vraie démocratie de la région …

Comment ne pas voir …

Avec Noam Ohana aussi bien que Fortunin Revengé …

Et devant tant d’incohérences qu’on ose à peine qualifier de « théologiques »  …

Non seulement qu’il n’y aura « pas de solution politique durable au conflit israélo-palestinien tant que le monde arabo-musulman ne se sera pas réconcilié avec l’antériorité de la présence juive en Terre Sainte et donc la légitimité de cette présence » …

Mais surtout tant qu’on n’aura pas compris, derrière ces arguties prétendument religieuses, la vraie nature hégémonique d’un islam …

Qui comme tout empire ne peut qu’ « aspirer à s’étendre naturellement » …

Ladite religion en question et son fonds de commerce principal de haine inexpiable des Juifs et des Chrétiens …

Servant respectivement de légitimation rétrospective et de ciment commode pour rallier les troupes ?

Un nouveau révisionnisme cherche à nier le lien du peuple juif avec la terre d’Israël
Noam Ohana

Le Monde

30.10.2015

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou s’est essayé récemment, et assez lamentablement, à une forme de réécriture de l’histoire qui visait à donner au grand Mufti de Jérusalem le rôle d’instigateur de la solution finale. Ce dernier n’était en réalité qu’un suppôt d’Hitler, enthousiasmé par l’idée que le meurtre de juifs puisse être le point central du programme politique du Führer.

Ce dérapage a donné lieu à un petit miracle : les dirigeants d’un monde arabe dans lequel le négationnisme et le révisionnisme de la Shoah se portent à merveille, ont été offusqués de ce qu’on les accuse d’être à l’origine d’un génocide dont ils contestent pourtant souvent l’ampleur, voire même la réalité. On se référera au livre de Gilbert Achcar, fervent défenseur de la cause palestinienne, qui parle dans son ouvrage « Les Arabes et la Shoah » de ce négationnisme comme de « l’antisionisme des imbéciles ».

Une autre forme de révisionnisme a connu un renouveau ces dernières années, et la dernière poussée de terrorisme palestinien est à ce titre édifiante. Il s’agit de nier le lien du peuple juif avec la terre d’Israël, au mépris non seulement de l’histoire et de l’archéologie, mais aussi, et surtout, de la tradition islamique.

Bill Clinton ahuri

Il n’y aurait pas de « Mont du Temple » et pas de Mont Moriah – il n’y aurait que l’Esplanade des Mosquées et le Haram al Sharif ou « Noble Sanctuaire ». On peut tout à fait considérer en bon laïc que toutes ces histoires de lieux saints ne sont que des sornettes, mais alors il faut s’abstenir de préférer une sornette à une autre, surtout lorsque l’une des sornettes précède toutes les autres de quelques millénaires.

L’un des épisodes les plus pathétiques de l’échec des négociations de paix à Camp David en 2000 était une scène largement documentée qui a vu Yasser Arafat tenter de convaincre un Bill Clinton ahuri que cette histoire de Temple juif était un mythe et qu’il n’y a en réalité aucun lien entre les juifs et Jérusalem. Sans rentrer dans un développement théologique, il semble essentiel de rappeler ici une évidence : c’est parce que Jérusalem est sainte pour les juifs qu’elle l’est devenue pour les chrétiens puis pour les musulmans.

Si le Coran est largement silencieux sur Jérusalem (le nom même de la ville n’y figure pas), la tradition islamique est truffée de références explicites au fait que le Noble Sanctuaire, la Mosquée d’Al-Aqsa et le Dôme du Rocher ont été érigés sur le lieu exact du Temple de Salomon.

Il ne serait pas venu à l’esprit du Calife Omar, qui a construit la première mosquée sur le Mont du Temple au VIIe siècle, de nier le lien consubstantiel entre ce lieu et le judaïsme. La tradition islamique rapporte que c’est même un rabbin yéménite fraîchement converti à l’islam qui lui indiqua le lieu précis de la « pierre de la fondation » sur laquelle est bâti aujourd’hui le Dôme du Rocher.

Le théologien Ibn Taymiyya (XIIIe siècle), considéré comme l’une des références religieuse centrales du courant wahhabite et salafiste, était si convaincu du lien entre ce lieu saint et les juifs qu’il s’en méfiait. Il était fermement opposé à ce qu’il percevait comme une exagération de l’importance de l’Esplanade et du Caveau des Patriarches à Hébron par rapport à la Mecque et à Médine.

Salomon n’était pas juif mais bien musulman

L’une des preuves les plus absurdes de cette réécriture bien tardive de l’histoire nous vient des revirements du Waqf, l’organisme en charge de la gestion des lieux saints musulmans à Jérusalem. Les guides publiés et distribués par le Waqf aux visiteurs avant la création de l’Etat d’Israël s’enorgueillissaient de cette filiation avec le premier et le deuxième Temple juif et en particulier avec la figure du roi Salomon. Le nouveau guide publié et diffusé l’an dernier nie tout lien entre le Mont du Temple ou même le Mur de Lamentations et le peuple juif. Le comble est probablement l’affirmation dans cette dernière publication que le roi Salomon n’était pas juif mais bien… musulman (ce qui est bien sûr difficile à réconcilier avec la chronologie étant donné que son règne précède l’avènement de l’islam d’à peu près 1 500 ans.).

Un autre exemple du ridicule et de l’incohérence de ce nouveau révisionnisme nous a été donné lors de la profanation du Tombeau de Joseph, un lieu saint juif qui jouxte la ville de Naplouse en Cisjordanie. En 2000, ce tombeau a été le lieu d’affrontements très violents et profané une première fois par une foule palestinienne en colère. Tsahal s’est par la suite retirée de ce lieu et les Palestiniens ont décrété qu’il s’agissait en réalité du tombeau d’un cheikh musulman et ont repeint le dôme du tombeau en vert, couleur de l’islam. Mais cette islamisation tardive du tombeau de Joseph n’a pas suffi à le protéger puisqu’une foule vient de brûler le tombeau une seconde fois, confirmant ainsi son caractère juif de la manière la plus absolue qui soit.

On entend déjà les protestations de ceux qui nient que ce nouveau révisionnisme soit la cause du sang versé. Les attaques à l’arme blanche des dernières semaines ne seraient pour eux qu’une « réponse compréhensible à l’occupation ». Mais alors comment expliquer le parallèle frappant avec le massacre d’Hébron en 1929 ?

Le Grand Mufti de Jérusalem, à qui personne ne peut voler le crédit dans ce cas précis, avait mené une campagne assez similaire à celle menée aujourd’hui par le leadership politique et religieux palestinien en prétendant que les juifs s’apprêtaient à détruire les Mosquées sur le Mont du Temple. La rumeur se répandait moins vite qu’avec les réseaux sociaux mais tout aussi bien et des émeutes d’une extrême violence éclatèrent. À Hébron – ou l’accès au Caveau des Patriarches était formellement interdit aux juifs depuis le XIIIe siècle – le carnage a fait 67 victimes civiles massacrées au couteau et à la hache, dont une douzaine de femmes et trois enfants de moins de cinq ans. Il n’y avait pas à l’époque « d’occupation » et pourtant les mêmes causes avaient produits les mêmes effets, sauf qu’il n’y avait personne pour défendre ces malheureux. Ce massacre mit fin à une présence juive millénaire dans la ville.

Il faut écouter Mahmoud Abbas déclarer en arabe que les lieux saints de Jérusalem n’appartiennent qu’aux Palestiniens et que « les juifs n’ont pas le droit de souiller les lieux saints de leurs pied sales » et que « chaque goutte de sang versé pour Jérusalem est propre et pure ». Il finit sa déclaration en assurant que les égorgeurs iront tous « au paradis » ce qui devrait rassurer tout un chacun. Il est triste de voir Abu Mazen, qui a débuté sa carrière en commettant une thèse de doctorat révisionniste sur la Shoah, la finisse en versant dans une autre forme de révisionnisme, le révisionnisme du Temple.

Survie spirituelle du peuple juif

La « judaïsation de Jérusalem » aujourd’hui décriée est, un peu comme la christianisation du Vatican ou l’islamisation de la Mecque, un phénomène auquel on ferait mieux de s’habituer.

Pourtant les juifs Israéliens, aujourd’hui maîtres à Jérusalem, ont une responsabilité particulière. Ils se doivent de préserver les lieux saints musulmans et d’en garantir l’accès. Ils ont une dette, non pas à l’égard des Palestiniens, mais bien à l’égard de ces musulmans, qui ont, au-delà des persécutions bien réelles infligées aux communautés juives d’Orient, permis la continuité du culte synagogale et donc contribué à la survie spirituelle du peuple juif en exil. C’est à eux qu’il faut penser en regardant l’Esplanade des Mosquées et pas aux révisionnistes qui prétendent que la présence juive souille ce lieu sacré. C’est aux familles musulmanes qui ont abrité des familles juives pendant le massacre d’Hébron en 1929 au péril de leur vie qu’il faut penser, et pas au royaume hachémite qui parle de liberté des cultes mais qui interdit aux juifs tout accès aux lieux saints de 1948 à 1967, y compris au Mur des Lamentations.

Il n’y aura pas de solution politique durable au conflit israélo-palestinien tant que le monde arabo-musulman ne se sera pas réconcilié avec l’antériorité de la présence juive en Terre Sainte et donc la légitimité de cette présence. Ceux qui pensent que la création d’un Etat palestinien indépendant mettra fin au conflit devraient se promener quelques heures dans la vieille ville de Jérusalem avec une kippa après le prêche du Vendredi. Si tant est qu’ils survivent à l’expérience, ils constateront qu’on y tue des juifs, pas des occupants.

Noam Ohana est franco-israélien, diplômé de Sciences Po et de Stanford, il écrit sur le conflit Israélo-Arabe depuis 2005 et a publié “Journal de Guerre” (Denoël ; 2007).

Voir aussi:

L’islam est d’abord un empire avant d’être une religion
Fortunin Revengé

Media-presse-info

1 novembre 2015

Il existe différents types d’empires. Personnellement, je distinguerais deux classes principales : les empires intégrateurs et les empires prédateurs. Dans un empire prédateur, les territoires et peuples soumis sont essentiellement opprimés et spoliés, sans véritable espoir de faire partie du noyau dur de l’empire. A l’inverse, dans un empire intégrateur, les territoires et peuples conquis finissent par acquérir une citoyenneté et une culture équivalentes à celles de l’empire lui-même. La Rome antique peut être pris comme exemple presque parfait d’empire intégrateur qui a particulièrement bien réussi. A l’origine, Rome n’était que quelques cabanes sur les collines du Latium. Et ensuite, de conquête en conquête, l’empire romain a inclus des espaces de plus en plus vastes, autour de la Méditerranée. On se rappelle de l’édit de Caracalla en 212, qui donne la pleine citoyenneté à tous les habitants de l’empire. Deux mille ans plus tard, la politique mise en oeuvre par Rome est un succès linguistique et culturel extraordinaire, puisque les langues romanes issues du latin sont parlées aux quatre coins de la planète.

L’islam empire ou religion ?

On nous dit que l’islam serait une « religion ». Mais il me semble que la caractérisation de l’islam comme religion est totalement erronée et empêche de comprendre comment il fonctionne. Mon avis est que l’islam est d’abord un empire, bien avant d’être une religion. Et on peut ajouter que l’empire-islam est intégrateur : quantité de peuples ou tribus qui n’étaient ni arabes ni musulmans en Afrique du Nord et au Proche-Orient ont maintenant un sentiment d’appartenance arabo-musulmane. A l’inverse, l’empire-islam s’est refusé pendant des siècles à intégrer les gens de race noire, car ceux-ci étaient destinés à la castration et à l’esclavage. Ils étaient dans la partie de l’empire livrée à la prédation.

Décrire l’islam comme étant un empire permet de comprendre beaucoup mieux sa logique. Comme tout empire, il aspire à s’étendre naturellement, tant qu’il ne vient pas buter sur un obstacle, un autre pays ou un autre empire. Le jihad ou guerre sainte est simplement un instrument de conquête. Prétendre que le jihad ne ferait pas partie de l’islam ou les jihadistes et mujahhidines seraient de mauvais musulmans est totalement absurde. C’est la nature même d’un empire d’être impérialiste.

Par ailleurs, l’empire-islam a un intérieur et un extérieur : l’espace conquis ou dar el-islam, maison de l’islam, et l’espace à conquérir ou dar el-harb, maison de la guerre. C’est lumineusement simple. Aucune religion, nulle part dans le monde, ne raisonne dans ces termes. Seul un empire conquérant et belliqueux peut le faire. Il ne faut donc pas s’étonner que la très grande majorité des conflits depuis la seconde guerre mondiale implique des musulmans, d’un côté ou même des deux côtés.

On peut aussi noter que la « musulmanité » ressemble à la nationalité : elle se transmet héréditairement. On naît musulman de parents musulmans. Nul besoin de baptême ou de démarche active. La « musulmanité » est même beaucoup plus forte que la nationalité, puisqu’on ne choisit pas d’être musulman et qu’on ne peut pas cesser de l’être, alors qu’on peut renoncer à telle ou telle nationalité. Renoncer à la « musulmanité » équivaut à une condamnation à mort par l’empire-islam. Parler de Français de « confession » musulmane est un nonsens. Il s’agit de musulmans, qui accessoirement sont de nationalité française ou franco-quelque chose. La « musulmanité » n’est pas une confession mais une supra-nationalité inaliénable. L’appartenance héréditaire à l’empire-islam prime toute autre considération. La notion d’islam de France est une pure faribole.

L’islam est un empire, une structure temporelle, qui propage en particulier une langue de référence, l’arabe (classique), et cet empire propage aussi un droit, à savoir la sharia. On ne comprend pas la place de la sharia si on ne voit pas que l’islam est d’abord un empire temporel, qui est organisé par des principes juridiques. Les catégories habituelles de la pensée occidentale moderne : liberté de culte, liberté de religion, laïcité, sont totalement étrangères à l’empire temporel-islam. Dire que l’islam ne fait pas la distinction entre spirituel et temporel, contrairement au christianisme, n’est pas faux, mais très mal dit. L’islam est de toute façon d’abord temporel.

Il ne faut donc pas s’étonner que l’islam, structure impériale, propageant une langue et un code juridique, a toujours été incapable de tolérer quoi que ce soit d’autre que lui-même, sauf de façon provisoire et bancale. L’islam ne peut pas être dissout, modéré ou mélangé à autre chose, sauf à se renier lui-même en tant que structure impériale, langue de référence et droit. Aborder la problématique de l’islam en France, comme le fait Bernard Cazeneuve, par le petit bout de la lorgnette des « lieux de culte » est une pure absurdité. D’ailleurs, ces « lieux de culte » s’appellent souvent al-fath ‘la conquête’. L’islam ne se cache même pas d’être un empire conquérant. Il suffit de lire le nom qui est écrit sur le fronton des mosquées. Ici à Paris.

Par rapport à d’autres empires, l’islam a néanmoins une particularité distinctive. C’est un empire relativement décentralisé et polycentrique. Rome était le centre de l’empire romain. L’empire-islam n’a pas clairement de centre, même si, évidemment, la Mecque a une prééminence. Mais il faut en même temps noter que l’oumma, la communauté des musulmans, c’est-à-dire en clair les sujets de l’empire-islam, est une structure multipolaire, qui comprend en particulier des Arabes, mais aussi des Turcs et des Perses. La structure interne de l’empire-islam n’est pas pyramidale et l’hétérogénéité ethnique bloque l’émergence d’un pouvoir strictement hiérarchique et centralisé. C’est ce qui fait l’originalité de l’islam, parmi les empires. Néanmoins, on peut considérer que le wahhabisme saoudien et autres mouvements salafistes constituent une tentative d’imposer une organisation interne, beaucoup moins décentralisée et beaucoup plus autoritaire, que l’islam traditionnel. Mais il est probable que la cassure ethno-religieuse entre sunnites et shiites est et restera insurmontable, même si, en son temps, l’empire ottoman avait plus ou moins réussi à aggréger les trois épicentres arabe, turc et perse, pendant un certain temps.

L’empire-islam, structure temporelle propageant arabe et sharia, comme langue et droit de référence, propage aussi une « religion ». Mais on se demande un peu en quoi elle consiste au juste. C’est une espèce d’ersatz monothéiste sur base d’hérésie judéo-nazaréenne simplifiée, une sorte de low-cost théologique, dont le fonds de commerce principal est la haine inexpiable des Juifs et des Chrétiens. L’islam n’est pas en tant que tel une révélation, puisqu’il affirme qu’Allah est de toute façon inconnaissable et incompréhensible pour l’humanité. Ce postulat ruine toute possibilité de révélation. Tout laisse à penser que les fables romanesques autour de Mahomet et du Qoran sont des inventions rétrospectives, destinées à donner une légitimité religieuse à des conquêtes militaires déjà réalisées. Le Qoran n’est qu’un bricolage tardif et incohérent, juxtaposant des fragments de lectionnaire chrétien, du droit tribal bédouin et quantités d’imprécations haineuses, dont certaines devraient logiquement tomber sous le coup de la loi en France.

En conclusion, la première des taqiyas ou dissimulations de l’empire-islam est de cacher sa vraie nature : empire temporel conquérant et belliqueux, sous couvert de « religion », qui n’est qu’un alibi et un prétexte, au demeurant médiocre.

Voir enfin:

Interview/’If you want the Palestinians to have the responsibility of a state, you have to hold them responsible’

Dennis Ross: US must move from distance to detente with Israel
Eric Cortelless
The Times of Israel
October 27, 2015

WASHINGTON – Veteran United States diplomat Dennis Ross claims there is one consistent argument within presidential administrations, from Harry Truman to Barack Obama.

“There is a remarkable continuity over the concern that too close a relationship with Israel will harm US ties with the Arabs, so there is always a constituency in each administration that feels the US needs to create distance with Israel to gain responsiveness from the Arab world,” said Ross, who most recently worked in the Obama administration as an adviser on the Middle East.

That historical perspective sits at the core of Ross’s new book, “Doomed to Succeed: The U.S.-Israel Relationship from Truman to Obama,” which provides a history of the relationship, deconstructing each administration’s policies on the Jewish state.

The most comprehensive and lively chapters are about the administrations in which Ross worked, most notably, that of President Barack Obama. Ross, a religious Jew, gives a personal account of the fissures within Obama’s inner circle and the debates over how to manage the US relationship with Israel.

Perhaps the most provocative moment of the book is when National Security Adviser Susan Rice complains to Abe Foxman, former head of the Anti-Defamation League, that Prime Minister Benjamin Netanyahu “did everything but use ‘the n-word’ in describing the president” during an angry phone call in November 2013 after the interim nuclear agreement was forged with Iran.

The episode, Ross told The Times of Israel this month, reflects the frustration that can erupt when differences are mismanaged, and when there’s an attitude inside the administration that sees Israel competitively rather than collaboratively.

Given the current tension between Washington and Jerusalem following the Iran nuclear showdown, Ross recommended that the US and Israel should form a “joint consultative committee” to oversee the deal’s implementation and monitor Iran’s involvement in the region.

In his Washington Institute for Near East Policy office, where he now serves as the William Davidson Distinguished Fellow, Ross spoke about his new book, the current violence sweeping Israel and about the current state of the US-Israel alliance. He also shared his policy recommendations for the future.

What do you make of the current violence in Israel, this wave of terror?

Well, I think those who are saying it’s another intifada are wrong. The first two intifadas were organized. In the First Intifada, you had the children of the stones, but you also had the Tanzim [the militant faction of the Fatah movement] that really guided the destruction. The truth of the Second Intifada is that [former Palestinian Authority President Yasser] Arafat was behind it to begin with. There was a kind of infrastructure that was behind it, and that’s not the case here.

What do you think is Mahmoud Abbas’s role?

Abu Mazen hasn’t helped with the things he’s said, and he’s added to the image that’s out there, to the narrative that’s out there, that the Israelis are going to change the status quo at the Temple Mount. And that’s completely fallacious. It’s just — it’s a lie.

But it has taken on a life of its own, and that requires a dedicated effort on the part of Palestinian leadership to say, “It’s completely untrue.” But they’ve refused to do that and we need to get the Palestinians to say very clearly, “That’s not happening.” Whether that could bring this to an end, I don’t know.

What was your response when Secretary of State John Kerry began linking frustration over settlements to the violence?

It was a mistake to say that. It was a mistake because it implies that if tomorrow there were no settlements, this issue would be solved. Really? Is that what’s driving them?

The idea that there is frustration against Israelis is true. But there is also frustration against their own leadership. There’s anger that the other Arabs are not paying attention to them. There’s frustration over unemployment. There’s a lot of things affecting Palestinians. And when Kerry said that, it looks like he’s trying to make an alternative explanation or an excuse.

In your book you say that is a tendency of the Obama administration.

Yeah, one of the problems is that the president has been very good when it comes to security issues, but because he looks at the Palestinians as being weak, there is this reluctance to criticize them. “They’re too weak to criticize” is what I say in the Obama chapter. And if they are too weak to criticize, they are too weak to be held accountable, too weak to be responsible. They’re too weak to have a state. Well, if you want the Palestinians to have the responsibility of a state, you have to hold them responsible.

‘Because [President Obama] looks at the Palestinians as being weak, there is this reluctance to criticize them’

Now Kerry’s statement has been walked back, and that’s good. But I’m afraid that it reflects a kind of instinct. The first instinct, instead of criticizing this for what it is, is to want to look for another explanation. And I have a problem with that.

That doesn’t mean that I don’t think having a stalemate [in peace negotiations] is something you can take comfort in as never producing these kinds of explosions. But I think, first things first, when something like this happens, you have to say, “This is wrong.” You have to let them know that terror is never acceptable under any circumstances, and that this is going to get the Palestinians nothing.

There’s an old diplomatic adage, “Never waste a crisis.” Do you see a way to take this crisis and turn it into an opportunity?

‘The greatest single problem we have is the growing disbelief on the part of Israelis and Palestinians, alike, in the other, and the purposes of the other’

I don’t know, because I think part of the problem is that there’s such a high level of disbelief. I have worried about and said publicly that the greatest single problem we have is the growing disbelief on the part of Israelis and Palestinians, alike, in the other, and the purposes of the other.

But the American approach ought to recognize the choices are not binary between solving everything or doing nothing. We should be focused on how do you work to diffuse tension? How do you begin to create some sense of belief again on each side? How do you change the realities on the ground? And how do you create the conditions for peacemaking? Because they don’t exist today.

Shifting to President Obama, you say in the book is that there has always been a debate within each president’s administration about whether the US needs to distance itself from Israel to gain responsiveness from the Arab world. And you make the point that Obama made a very deliberate decision to take the approach of distance.

When the president comes in, he thinks we have a major problem with Arabs and Muslims. And he sees that as a function of the Bush administration – an image, fairly or not, that Bush was at war with Islam. So one of the ways that he wants to show that he’s going to have an outreach to the Muslim world is that he’s going to give this speech in Cairo.

‘The idea that there should be a complete settlement freeze, including natural growth, was a mistake’

So he wants to reach out and show that the US is not so close to the Israelis, which he thinks also feeds this perception. That’s why there’s an impulse to do some distancing from Israel, and that’s why the settlement issue is seized in a way.

Now, I had no problem with saying we should limit settlement activity. But the idea that there should be a complete settlement freeze, including natural growth, was a mistake.

Why, exactly?

Well, I was in the State Department at that time and was working on Iran. But the president asked me about it. When [then US special envoy for Middle East Peace George] Mitchell and I go to brief him for a meeting with Bibi, Mitchell lays out the key to the meeting, which was to get the settlement freeze. The president then asked me what I thought, and I said, “You’re asking Bibi to do what none of his predecessors have done. He’s the head of a right-center government and he’s supposed to do what none of the Labor prime ministers have done? What’s he supposed to say? How’s he supposed to justify that?”

The reason why a limitation on settlement activity was preferable was because it was something we could define. A complete freeze puts us in a position where we’re framing an objective we couldn’t achieve. Part of the appeal of the settlement freeze to the president was that it was a way he can show distance from the Israelis in a way that also mattered to the Arabs. And that’s one thing if you can deliver it, but if you can’t, you’re actually worse off.

Do you think there was also a miscalculation of the Palestinian political dynamic? Because the settlement freeze was imposed by the US and not delivered through Abbas, he couldn’t sell it as a Palestinian victory, so he still looked weak in the eyes of Palestinians.

Not only that. Abbas is then the one who says, “The Americans put me up a tree. I never said that this was a condition. The Americans created this condition.”

Now it wasn’t true that we made it a condition for negotiations. That wasn’t true. But by putting it out there publicly the way we did, how can Abu Mazen go into negotiations when we haven’t produced this? So it became an excuse for him. He didn’t have to do anything until we delivered this.

You talk in the book about the implications of Obama calling settlements “illegitimate” in the Cairo speech. You say you told him later not to use that term because, while past administrations recognized settlements as a political problem, they wouldn’t call them “illegitimate” because it undercuts the American negotiating position, which is that they’re seeking to keep the major settlement blocs in place with mutually-agreed land swaps.

That’s right. The first time I raised that issue to the president it was news to him because it really had not been raised to him before. He used that language in the Cairo speech and I said this to him afterword, in July when I got there. He understands that every administration has had a problem with settlements, which is true. But he doesn’t know that this kind of terminology is really different.

Since the Reagan administration, the US made a policy that settlements were a political issue and not a legal issue. So he doesn’t use that term in future meetings, but he does put it back in for one of his UN speeches. When I raised an objection, Dennis McDonough [then deputy national security adviser] says he can’t look like he’s retreating. But Obama is much more careful about it himself after that conversation.

What’s your diagnosis of the Bibi-Obama relationship?

Well their meetings would almost always be quite good — at a high level, serious, thoughtful. The problem would always emerge afterword, when one or the other would do something that would make the other feel betrayed over what had been in the meeting itself. So that contributed over time to a kind of mutual distrust.

The other thing is that they have different worldviews. I mean they have fundamentally different worldviews. To give you an illustration, even though the president says this is a transaction and not a transformation with Iran, I think he believes that this deal will not only constrain the Iranian program in a real way that has not been achieved until now, but more than that, it will be empowering, at least potentially, the more pragmatic forces within Iran and those around [Iranian President Hassan] Rouhani.

Netanyahu sees this as empowering Iran to do more in the region. In effect, I see them each as seeing this deal as a potential game changer, but they define the game very differently. Obama sees the game as being changed because you may be able to alter the reality within Iran, which will change their behavior over time in the region for the better.

Now I think people tend to focus too much on the personal side, and I’m not saying the personal side doesn’t matter, but for me, as I’ve pointed out, we’ve had previous periods where presidents and prime ministers have had real problems personally.

What are your thoughts on the Iran deal now that it’s done?

The deal itself buys you 15 years. One of my main concerns is what happens after year 15, when they basically can have as large a program as they want, and the gap between threshold status and weapon status becomes very small.

‘If [Iran] is going to dash toward a weapon the answer is not sanctions, it’s force’

To deal with that vulnerability you have to bolster your deterrence in a way that convinces them there is a firewall between threshold status and weapons status. They have to be convinced of that. The more you make it clear that for any misbehavior they pay a price, and it’s the kind of price that matters to them, the more likely they are to realize the firewall is real, and the less likely they are to ever test it.

I would like to see us do things that to create that firewall and the legitimacy of it in the eyes of the rest of the world. So if [Iran] is going to dash toward a weapon the answer is not sanctions, it’s force. And everybody knows that and accepts that, and it becomes legitimate.

Are you worried about the deal’s implementation?

Well, I would like to see a joint consultative committee between the United States and Israel on the implementation. That’s not to replace what’s done with the other members [of the P5+1], but because the Israelis will be looking at everything with a microscope, I think it would be reassuring to the Israelis and it would send a message that we are really going to hold the Iranians to what they are obligated to do.

But I would also like that committee to be a forum for contingency planning to deal with options for when the Iranians ratchet up what they will do in the region. We’re already seeing them ratchet it up in Syria. Everyone is focusing on what the Russians are doing, but Iran is adding significant numbers of Revolutionary Guard forces to the ground, it’s not just Hezbollah forces. I think this is a harbinger of things to come.

Given given the nature and intensity of the divide between the US and Israel on this deal, there has been a lot of rhetoric saying this moment is the worst in the U.S.-Israel alliance —

It’s not.

That’s what I wanted to ask you about. You write in the book about other moments that were considerably worse, during the Eisenhower administration, the Reagan administration after the invasion of Lebanon in 1982 —

‘People who are saying this is the lowest point don’t know the history’

This is the lowest point since the siege of Beirut and then Sabra-Shatila. I mean, look, Reagan threatens the future of the relationship. Reagan, who has an emotional connection. Eisenhower actually contemplates the use of force against the Israelis to get the IDF out of the Sinai. So people who are saying this is the lowest point don’t know the history.

One of the reasons for writing the book is to put everything in perspective, but also to draw the lessons from the past, to apply them to the next administration. Because so many of the assumptions are where we have always started off. This whole issue of distancing. I mean, it’s embedded in the psychology of every administration, at least a significant constituency of every administration, without really seeing the constant pattern that this is not what drives Arab behavior toward the United States.

That psychology seems to be reflected in your depiction of Susan Rice in the book.

I wasn’t singling her out. I was showing a contrast between her approach and the Tom Donilon [former national security adviser] approach.

What I say is that she reflects a mindset that has been in every administration; it’s not unique to her. It tends to look at Israel through a lens that is more competitive, more combative, that sees Israel more in problematic terms.

The difference is that you had her predecessor [Donilon] whose mindset was very different. He saw Israel through a collaborative-partnership premise and prism.

And what does the N-word anecdote reflect?

The administration thought they had done something good. And the prime minister’s reaction was to call it a “historic mistake” and to look like he’s already campaigning against it. Meanwhile [the administration] thinks they’ve done something that’s in Israel’s interest. Look at what had they been hearing leading up to it. They had been hearing that Iran poses the greatest threat of the 21st Century. The prime minister kept saying, “The clock is ticking, what are you going to do about it?” So they think they have stopped the clock. Then they see this outpouring against it.

Her reaction is, she’s angry. And she’s trying to encapsulate that anger. The way she expresses it is by saying, essentially, “Look what he did in response to us?”

Now the flip side of that is, I was in Israel that day and spoke to Bibi, who interpreted Obama as saying he had taken the military option off the table. I then say to him, “Look, I know that’s wrong. I know he didn’t say that.” But this is the way the prime minister understood what he heard. Here again I draw the contrast. I contacted Kerry who said he would talk to the prime minister because that was absolutely not the case. But I said, “The problem isn’t you. He thinks he heard this from the president.”

Now, if Donilon had still been the national security adviser, who had this collaborative relationship, he would have known there was a misunderstanding and would have tried to clear it up himself or arranged another phone call. And if misunderstandings aren’t cleared up right away they only get worse. And if you have a difference already and you superimpose a misunderstanding on it, the difference becomes worse.

What are you looking to come out of Bibi-Obama meeting on November 9?

I do think there will be an instinct to mend fences. Partly because I think, in the president’s case, a lot of the Democrats who stood by him on the Iran deal would like to see him do what he told them he would do. He offered them reassurances that the security arrangement is sacrosanct, that he’s going to maintain the qualitative military edge. I think they’re going to want to see signs that all of these things matter to the president and that he’s going to address them. I also think the prime minister, for his own reasons, needs to show that he really approaches America in a non-partisan way.

Being in the early stages of a presidential election, candidates are starting to flesh out their policy views toward Israel. What’s the biggest reason they should see a close relationship with Israel as a strategic asset for the United States?

Because distancing the US from Israel has never achieved the objective of bringing the US closer to Arabs. Our relationship to Israel is not what drives their behavior toward us.

But the best case is to look at the region. The state system is under assault. The character of conflict is over the most fundamental thing it can be over – identity and who is going to be able to define it.

We need one pillar of democracy and stability in that region, given all the uncertainty, all the conflicts and the terrible nature of those conflicts, of the turmoil we are going to see. Israel is that one pillar.


Antiracisme: Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, ce sont des terroristes (Dying of encouragement: From Palestine to US and French ghettos, the same culture of excuses produces the same results)

2 novembre, 2015
Obama & friendsAbbasi want to stab jewTarantinoDemo
harper-flanaganCoulibaly

djihadistes-francaisLe quartier parisien de Barbès, lorsque la manifestation interdite de juillet 2014 - Crédits photo: JACQUES DEMARTHON/AFPhttp://www.youtube.com/watch?v=TYqrXVNfYUI

Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain. Exode 20: 16

Le faux témoin ne restera pas impuni, Et celui qui dit des mensonges périra. Proverbes 19: 9
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. René Girard
When it came to treating her citizens of African decent fairly, America failed. She put them in chains. The government put them in slave quarters, put them on auction blocks, put them in cotton fields, put them in inferior schools, put them in substandard housing, put them in scientific experiments, put them in the lowest paying jobs, put them outside the equal protection of the law, kept them out of their racist bastions of higher education and locked them into position of hopelessness and helplessness. The government gives them the drugs, builds bigger prisons, passes a three-strike law, and then wants us to sing “God Bless America.” No, no, no. Not “God Bless America”; God Damn America! That’s in the Bible, for killing innocent people. God Damn America for treating her citizen as less than human. God Damn America as long as she keeps trying to act like she is God and she is supreme! Jeremiah Wright
America’s chickens are coming home, to roost.  Violence begets violence.  Hatred begets hatred, and terrorism begets terrorism. Jeremiah Wright
Obama demande pardon pour les faits et gestes de l’Amérique, son passé, son présent et le reste, il s’excuse de tout. Les relations dégradées avec la Russie, le manque de respect pour l’Islam, les mauvais rapports avec l’Iran, les bisbilles avec l’Europe, le manque d’adulation pour Fidel Castro, tout lui est bon pour battre la coulpe de l’Amérique. (…) Mais où Obama a-t-il donc appris ces inepties ? D’où vient cet amoncellement de mécomptes du monde, d’idées fausses et difformes? D’où provient ce prurit du je-vous-demande pardon ? On est habitué au Jimmycartérisme, qui se mettait à quatre pattes devant Khomeiny (« un saint »), l’URSS, Cuba, le tiers monde, le terrorisme musulman. D’où vient qu’Obama ait – dirigeant d’une république – courbé la tête devant le roi d’Arabie ? C’est là qu’il convient de se souvenir de l’homme qui fut son pasteur pendant vingt ans, ce qui est très long quand on n’en a pas encore cinquante : le pasteur Jeremy Wright, de l’Eglise de la Trinité à Chicago, dont Obama ne se sépara que contraint et forcé, pour cause de déclarations insupportablement anti-américaines et antioccidentales, délirantes et conspirationnistes, et qui « passaient mal» dans la campagne.(…) C’est Wright qui fait du diplômé de Harvard qui est maintenant un agitateur local (community organizer), un politicien en vue à Chicago. N’oublions pas que la carrière politique locale d’Obama est lancée par les fanatiques de la haine de l’Amérique, les ultragauchistes terroristes des Weathermen, à Chicago, qui répètent et confirment la même antienne idéologique. Tous les aquariums où a nagé le têtard avaient la même eau. Obama est la version manucurée de Wright : il est allé à Harvard. Il n’éructe pas, il ne bave pas, il ne montre pas le poing. Il n’émet pas de gros mots à jet continu comme le fait son gourou. Elégant, Il est tout miel – mais les dragées, même recouvertes de sucre, n’en sont pas moins au poivre. Le fond est identique. Wright insulte l’Amérique, Obama demande pardon : dans les deux cas, elle est coupable. Wright est pasteur, Obama est président. Plus encore, cette déplorable Amérique a semé le désordre et le mal partout dans le monde. Au lieu de collaborer multilatéralement avec tous, d’œuvrer au bien commun avec Poutine, Chavez, Ahmadinejad, Saddam Hussein, Bachir al-Assad, et Cie, l’insupportable Bush en a fait des ennemis. Quelle honte ! Il faut réparer les torts commis. L’Amérique ne trouvera sa rédemption que dans le retrait, la pénitence, la contrition, et une forme de disparition. (…) Il faut, à tout prix, trouver des terrains d’entente avec tous. Il faut aller loin, très loin, dans les concessions : l’autre côté finira bien par comprendre. Kim Jong-Il, Hugo Chavez, l’ayatollah Khamenei, Assad, le Hamas, on trouvera les compromis nécessaires à un deal avec les avocats des partie adverses. Sans entente, on retombe dans les errements de l’Amérique honnie. L’Amérique, quelle horreur, se laisse aller à défendre ses alliés contre ses ennemis. On se bat au Vietnam et en Corée contre le communisme agresseur. On se bat contre le Communisme soviétique. Que croyez-vous que l’Obama de la campagne électorale ait signifié à Berlin, en disant, non sans délire, que le monde avait gagné la Guerre froide « en s’unissant » comme s’il n’y avait un qu’un seul camp dans cette guerre ! L’Amérique doit être réduite dans ses prétentions et dans sa puissance. Le monde doit être réduit à un seul camp, celui des faiseurs de paix, avec lesquels l’entente est toujours trouvable. Il n’y a pas d’ennemis, il n’y a que des malentendus. Il ne peut y avoir d’affrontements, seulement des clarifications. (…) Notons à propos que la mêlée des «réalistes»de la politique étrangère, qui préconise justement de se débarrasser des alliés afin de s´arranger avec les méchants, est aux anges, et participe à la mise en oeuvre de l´obamisterie. Ah! finalement, on ne s´embarrasse plus d´autre chose que la «stabilité» à court terme. (…) Obama ne sépare ni le blanc du noir, ni l´ami de l´ennemi. Il a gratuitement offensé les Anglais en méprisant la «relation spéciale». Il a offensé le Japon, en ne se souciant pas de lui ni du survol de son territoire par le missile nord-coréen. Il n´a pas eu un mot pour l´allié taïwanais. Il prépare avec acharnement une crise avec Israel. Il a montré à la Tchéquie et à la Pologne, sur l´affaire de la défense anti- missiles, qu´il ne faut pas compter sur Washington et qu´ils seront sacrifiés sur l´autel du «nouveau départ» avec Moscou. Pour tous, la leçon est brutale: à l´ère d´Obama, mieux vaut être un ennemi qu´un ami: ami, on vous jettera aux orties. Ennemi, on fera tout pour vous plaire. Laurent Murawiec
Savez-vous que les Noirs sont 10 pour cent de la population de Saint-Louis et sont responsables de 58% de ses crimes? Nous avons à faire face à cela. Et nous devons faire quelque chose au sujet de nos normes morales. Nous savons qu’il y a beaucoup de mauvaises choses dans le monde blanc, mais il y a aussi beaucoup de mauvaises choses dans le monde noir. Nous ne pouvons pas continuer à blâmer l’homme blanc. Il y a des choses que nous devons faire pour nous-mêmes. Martin Luther King (St Louis, 1961)
Only Malcolm X’s autobiography seemed to offer something different. His repeated acts of self-creation spoke to me; the blunt poetry of his words, his unadorned insistence on respect, promised a new and uncompromising order, martial in its discipline, forged through sheer force of will. All the other stuff, the talk of blue-eyed devils and apocalypse, was incidental to that program, I deceided, religious baggage that Malcolm himself seemed to have safely abandoned toward the end of his life. And yet, even as I imagined myself following Malcolm’s call, one line in the book stayed me. He spoke of a wish he’d once had, the wish that the white blood that tan through him, there by an act of violence, might somehow be expunged. I knew that, for Malcolm, that wish would never be incidental. I knew as well that traveling down the road to self-respect my own white blood would never recede into mere abstraction. I was left to wonder what else I would be severing if and when I left my mother and my grandparents at some uncharted border. Barack Hussein Obama (Dreams of my father)
La fusillade dans l’église a été le point de basculement… mais ma colère s’est construite sur la durée. Je suis une poudrière humaine depuis un bon moment. Juste en attente d’un BOUM. Bryce Williams (Vester Lee Flanagan)
En abattant froidement deux de ses confrères journalistes en plein direct avant de se donner la mort, Vester Lee Flanagan, décrit comme violent, n’a négligé aucun détail. S’il a filmé son crime et diffusé lui-même la vidéo en ligne, l’homme, qui s’est suicidé après son acte, a également pris le temps de rédiger un long manifeste décousu faxé mercredi à la chaîne ABC News pour justifier son passage à l’acte. ABC News, qui explique avoir reçu le Fax « près de deux heures » après les coups de feu ayant coûté la vie à deux journalistes de la chaîne de télévision locale WDBJ7, a publié de très brefs extraits et résumé le contenu du manifeste sur son site internet. « Il dit qu’il a souffert de discrimination, de harcèlement sexuel et de bizutage au travail. Il dit avoir été attaqué par des hommes noirs et par des femmes blanches et raconte avoir été attaqué pour le fait qu’il est un homme noir et homosexuel ». Le manifeste, dont l’auteur dit « être Bryce Williams », nom sous lequel travaillait le tueur, affirme que son sentiment d’ostracisation était doublé d’une vive colère après la tuerie de Charleston en juin. Ce massacre, commis par un jeune Blanc de 21 ans partisan de la « suprématie blanche » dans une église fréquentée par la communauté noire, avait fait neuf morts parmi les fidèles. (…) Né en 1973 et diplômé de l’université d’Etat de San Francisco en 1995 après une enfance passée à Oakland, en Californie, Vester Lee Flanagan dit avoir subi toute sa vie des discriminations. Il avait d’ailleurs poursuivi la chaîne en justice pour discriminations raciale et sexuelle, des accusations qui ont abouti à un non-lieu, et sont balayées par Jeffrey Marks, directeur général de WDBJ7. Ce dernier, qui qualifie M. Williams d’« homme malheureux », affirme l’avoir licencié « après de nombreux incidents liés à sa violence ». Le Monde
As I’m sure you all know, a few days ago there was a shooting in Virginia. A man named Vester Flanagan opened fire on two former colleagues on live tv. He also recorded his own footage of the event. While reading about the event, I read some excerpts of his manifesto the media was releasing. And I have to say, anyone who knew him could have seen this coming. People like him have nothing left to live for, and the only thing left to do is lash out at a society that has abandoned them. His family described him as alone, no partner/lover. A victim not only of his own perception but also of our social media soaked enviroment. He posted the footage on facebook and twitter as well tweeting while he was running from the cops because he wanted the world to see his actions, much like many others post menial and trivial details of their life online and expect us to see it. Only his was at least a bit more interesting. On an interesting note, I have noticed that so many people like him are all alone and unknown, yet when they spill a little blood, the whole world knows who they are. A man who was known by no one, is now known by everyone. His face splashed across every screen, his name across the lips of every person on the planet, all in the course of one day. Seems the more people you kill, the more your’re in the limelight. Sorry if this seems a bit disjointed, but these are just my thoughts on the matter. I thought I’d post this seeing as how my last blog post generated some good comments. Also, if anyone gets the chance, go on youtube and see the footage of him shooting those people. It’s a short video but good nonetheless. Will post more later. Chris Harper
« J’ai pris contact avec des directeurs de Caf [Caisse d’allocations familiales]qui m’ont confirmé qu’en effet certaines personnes continuaient à recevoir des allocations alors qu’elles étaient parties pour la Syrie. Ainsi un couple recevait 2200 euros par mois pour partir faire le djihad aux frais de la République!», assure le député UMP. Selon lui, les personnes concernées établissent des procurations à des tiers qui touchent l’argent en numéraire puis les renvoient aux personnes dans les pays d’accueil. Mais, comme les conseils généraux, la CAF n’a pas connaissance des noms des personnes parties pour le djihad. Alain Marsaud demande donc qu’«il soit possible de croiser des fichiers des caisses d’allocations avec ceux des services de sécurité». Pour l’instant ce n’est pas possible, «sous prétexte d’attaque aux libertés individuelles», déplore-t-il. Il propose également d’allouer «davantage de moyens aux Caisses d’allocations familiales afin que les versements d’indemnités de toutes sortes à ces individus puissent être rapidement stoppés». D’après M. Marsaud, plusieurs centaines de personnes seraient concernées «Tous les gens qui sont partis là-bas sont plus ou moins allocataires, le temps qu’on s’en aperçoive, ils ont déjà touché plusieurs mois, c’est de l’argent qui va directement dans la poche de terroristes! Je dis donc bravo à M. Ciotti et j’invite tous les présidents de conseils généraux soucieux du bien public à suivre son exemple». Il s’étonne d’ailleurs que son projet de résolution «n’ait pour l’instant reçu aucun soutien ni encouragement du groupe UMP à l’Assemblée». Le Figaro
Amedi, 27 ans, rencontre Sarkozy cet après-midi Il a passé toute sa vie dans le quartier de la Grande-Borne à Grigny et il rencontrera aujourd’hui Nicolas Sarkozy. Amedi Coulibaly, 27 ans, travaille en contrat de professionnalisation à l’usine Coca-Cola de sa ville natale. Accompagné de neuf autres personnes, comme lui en formation en alternance, il va rendre visite au président de la République, qui souhaite rencontrer des entreprises engagées en faveur de l’emploi des jeunes. « A la limite, si le président peut aider à me faire embaucher » « Cela me fait plaisir, souriait hier Amedi. Je ne sais pas ce que je vais lui dire. Déjà, je vais commencer par Bonjour ! » Il lui racontera surtout son parcours professionnel, son poste actuel, qui se termine le 30 septembre. « A la limite, si le président peut aider à me faire embaucher… », souffle-t-il. Mais la mission d’Amedi ne s’arrêtera pas à un simple salut et à raconter son histoire. Unique garçon entouré de neuf soeurs, il est chargé de rapporter de nombreux « autographes et photos pour la famille ! ». Il risque d’être intimidé par le protocole. « A Grigny, nous n’avons pas l’habitude d’aller souvent à l’Elysée. Les réceptions, je ne connais pas, déclare-t-il. En plus, dans les cités, auprès des jeunes, Sarkozy n’est pas vraiment très populaire. Mais cela n’a rien de personnel. En fait, c’est le cas de la majorité des politiques. » Mais pas question pour lui de revendiquer quoi que ce soit une fois en face de Nicolas Sarkozy : « Le rencontrer en vrai, c’est impressionnant. Qu’on l’aime ou pas, c’est quand même le président. »Le Parisien (15 Juil. 2009)
The absurdity of Jesse Jackson and Al Sharpton is that they want to make a movement out of an anomaly. Black teenagers today are afraid of other black teenagers, not whites. … Trayvon’s sad fate clearly sent a quiver of perverse happiness all across America’s civil rights establishment, and throughout the mainstream media as well. His death was vindication of the ‘poetic truth’ that these establishments live by. Shelby Steele
Before the 1960s the black American identity (though no one ever used the word) was based on our common humanity, on the idea that race was always an artificial and exploitive division between people. After the ’60s—in a society guilty for its long abuse of us—we took our historical victimization as the central theme of our group identity. We could not have made a worse mistake. It has given us a generation of ambulance-chasing leaders, and the illusion that our greatest power lies in the manipulation of white guilt. Shelby Steele
Tout le monde se demande ce que nous devrions faire. Nous frapperons à toutes les portes possibles, afin de faire entendre la voix de Jérusalem. Nous avançons, avec l’aide d’Allah. Nous vous saluons, ainsi que tous les hommes et femmes au ribat [sur la ligne de front]. Nous saluons chaque goutte de sang versé pour la cause de Jérusalem. Ce sang est du sang propre et pur, versé au nom d’Allah, avec l’aide d’Allah. Chaque martyr aura sa place au Paradis, et tous les blessés seront récompensés par Allah. Chers frères, nous sommes tous ici au nom de Jérusalem. Je vous le dis en toute honnêteté, un Etat palestinien sans Jérusalem n’existera jamais. L’Etat palestinien doit inclure sa capitale, la noble Jérusalem – avec sa capitale, Jérusalem-Est, qui a été occupée en 1967. Nous n’autorisons aucune de leurs mesures. Toutes ces divisions… La mosquée Al-Aqsa et l’église du Saint-Sépulcre sont nôtres. Elles sont entièrement nôtres, et ils n’ont pas le droit de les souiller de leurs pieds sales. Nous ne leur permettrons pas de le faire, et nous ferons tout en notre pouvoir pour protéger Jérusalem. Mahmoud Abbas
Je m’adresse au Conseil de sécurité, en lui demandant plus urgemment que jamais de mettre en place un régime de protection internationale du peuple palestinien immédiatement. La situation des droits humains dans le territoire palestinien, y compris à Jérusalem-Est, est la plus critique et la pire depuis. Cela requiert une intervention forte et décisive, avant qu’il ne soit trop tard, de l’ONU et de ses Etats membres. Nous avons besoin de votre protection. Protégez-nous, protégez-nous. Nous avons besoin de vous. Le désespoir profond, les pressions, le sentiment d’insécurité dans lesquels vit la population palestinienne depuis longtemps sont des facteurs qui exacerbent la frustration de la jeunesse et la poussent à se révolter. Il ne sert plus à rien de perdre du temps dans des négociations stériles. Il faut mettre fin à l’occupation. Mahmoud Abbas (Conseil des droits de l’homme de l’ONU)
C’est extrêmement important d’accélérer ce processus (…) si Israël pense bénéficier d’impunité, qu’est-ce qui l’empêchera de multiplier les victimes ? (…) Nous espérons que la Cour conclura bientôt … qu’elle a une base solide et assez de preuves pour prouver qu’Israël a commis des crimes de guerre et crimes contre l’humanité (…) Le nouveau document remis à Mme Bensouda « fait référence aux exécutions extra-judiciaires, aux destructions de maisons et punitions collectives, montrant des exemples de cas d’agressions par Israël sur ces 40 derniers jours … Riyad al-Maliki (ministre palestinien des Affaires étrangères)
Même si les deux situations n’ont rien à voir, la préfiguration de ce musée m’a rappelé celle du Musée de la résistance Salvador Allende au Chili. (…) Lorsque l’on mène un combat, tout est important. Aujourd’hui la situation est très difficile. Elle n’a même jamais été aussi désespérante. Le gouvernement israélien est totalement hostile à une Palestine libre. Les Palestiniens sont pour leur part divisés, ce qui les pousse à commettre des actes de désespoir d’une extrême violence. Vus de Loin, ils apparaissent comme un pauvre peuple abandonné, alors que c’est un peuple combattant, combattif, créatif, qui regorge de talents, et qui prend son destin en main. Mettre en place un musée national d’art moderne et contemporain est un signe de combat. D’autres s’engagent également sur la voie de la culture. Tel l’homme d’affaires palestinien Omar Qattan, avec qui l’IMA a noué des liens, et qui inaugurera en mai prochain à Rammallah un musée destiné à rayonner sur toute la Palestine, dédié à sa culture, à son histoire. Il est important de montrer cela. De donner une image positive du pays. A l’Institut, nous mettons beaucoup l’accent sur la Palestine. Nous y avons par exemple organisé une conférence de la coopération décentralisée, réunissant maires et élus français et palestiniens pour qu’ils travaillent sur des sujets concrets. Nous réfléchissons aussi à un grand événement qui donnerait à voir cette richesse culturelle. Car c’est par le biais de la culture que nous parviendrons à faire comprendre au monde que ce peuple ne demande qu’à vivre et à éduquer ses enfants. Jack Lang
Je ne peux qu’imaginer ce qu’endurent ses parents. Et quand je pense à ce garçon, je pense à mes propres enfants. Si j’avais un fils, il ressemblerait à Trayvon. Obama
There is nothing more painful to me at this stage in my life than to walk down the street and hear footsteps and start thinking about robbery. Then look around and see somebody white and feel relieved. . . . After all we have been through. Just to think we can’t walk down our own streets, how humiliating. Jesse Jackson
How do we turn pain into power? How do we go from a moment to a movement that curries favor? (…) The blood of the innocent has power.  Jesse Jackson
Hollywood: the only town where you can die of encouragement. Pauline Kael
Before Reservoir Dogs, everything was constantly a big build up to a huge let down. Pauline Kael used to say that Hollywood is the only town where people ‘can die of encouragement’ and that kind of was my situation. Quentin Tarentino
Quand je vois des meurtres, je ne reste pas là sans rien faire… Il faut appeler les meurtriers des meurtriers. Quentin Tarantino
Je suis un être humain doué de conscience. Si vous estimez que des meurtres sont commis, alors vous devez vous insurger contre cet état de fait. Je suis ici pour dire que je suis du côté de ceux qui ont été assassinés. Quentin Tarantino
Ce n’est pas étonnant que quelqu’un qui gagne sa vie en glorifiant le crime et la violence déteste les policiers. Les officiers de police que Tarantino appelle des meurtriers ne vivent pas dans une de ses fictions dépravées sur grand écran. Ils prennent des risques et doivent parfois même sacrifier leur vie afin de protéger les communautés des vrais crimes. (…) Il est temps de boycotter les films de Quentin Tarantino. Patrick Lynch (président d’une association d’agents des forces de l’ordre de New York)
When I read what my son said, it upset me. [We] have three cousins from the NYPD. I’ve seen and heard the things they go through, and to see them so discredited like this is really sad. The police getting such a bad rap, especially coming from my own son, is really sickening to me. It would really be great if he issued a public apology for the statements he made. I’m just disappointed in [Quentin] and anyone who comes down against any police department anywhere. If anyone breaks the law, they should be tried and prosecuted. But don’t go out in public and call them murderers and killers. Yes, there have been police officers guilty of crimes, but you can’t condemn a whole department just because of a few bad apples. Tony Tarantino
I love my son and have great respect for him as an artist but he is dead wrong in calling police officers, particularly in New York City where I grew up, murderers, He is a passionate man and that comes out in his art but sometimes he lets his passion blind him to the facts and to reality. I believe that is what happened when he joined in those anti-cop protests. I wish he would take a hard, dispassionate look at the facts before jumping to conclusions and making these kinds of hurtful mistakes that dishonor an honorable profession. We have many friends and relatives who have served honorably in the NYPD and the LAPD and clearly, they risk their lives to keep the rest of us safe. Cops are not murderers, they are heroes. Tony Tarantino
I totally disagree with everything he said. And I thought the timing of the whole thing was horrible. The men and women of the NYPD do a phenomenal job and don’t get enough credit. Whenever someone says something like [what Quentin said], it makes police officers’ jobs a lot harder. It’s much more dangerous today than in my time. You hear about shootings constantly. It’s gotten very bad for police officers to do their job. And my heart goes out to them. Anthony Massaro (cousin de Tony Tarentino)
The chickens have come home to roost for director Quentin Tarantino, a thousand of them in fact, as the National Association of Police Organizations announces that it, and the 1,000 police units and associations it represents, will join the boycott against “The Hateful Eight.”Add to that number nearly a quarter of a million law enforcement officers represented by this group. In a cynical attempt to boost his standing with the left-wing black media, the sheltered, out-of-touch Tarantino joined a Black Lives Matter-affiliated anti-cop hate rally and called police officers “murderers.” Harvey Weinstein, producer of “The Hateful Eight,” is reportedly “furious” at Tarantino and “desperate” to see the director apologize for his objectively appalling comments. Weinstein has somewhere around $80 million invested in the three-hour Western, and after a lousy year, desperately needs a box office hit and an Oscar contender. You can’t succeed in Hollywood at the level Tarantino has without being smart. His problem is that he’s bubble-dumb, so shielded and removed from real life that he thought spewing anti-police hate at a hate rally was good public relations. Breitbart
Le président américain Barack Obama a condamné ce dimanche «inconditionnellement» l’assassinat à New York de deux policiers abattus de sang froid par un homme seul, à un moment où la mort de Noirs non armés entre les mains de la police a exacerbé les tensions. (…) Les deux policiers -Wenjian Liu, marié depuis deux mois et Rafael Ramos- ont été tués par balles samedi après-midi à Brooklyn dans leur voiture, «assassinés» par un homme noir de 28 ans qui s’est ensuite suicidé, a annoncé la police de New York. Le double meurtre, commis en plein jour dans la plus grande ville des Etats-Unis absorbée par les préparatrifs de Noël, a choqué la population. L’attaque a eu lieu à Brooklyn, dans le quartier de Bedford Stuyvesant à 14h50 locales (20h50 à Paris), dans un contexte tendu du fait de manifestations à répétition à New York, après la récente décision d’un grand jury de ne pas poursuivre un policier impliqué dans la mort d’Eric Garner, père de six enfants soupçonné de vente illégale de cigarettes mort en juillet dernier lors d’une interpellation musclée à Staten Island, et après la mort d’un autre Noir non armé, tué dans la cage d’escalier obscure d’une HLM de Brooklyn le 20 novembre par un policier débutant. Le tueur, Ismaaiyl Brinsley, a tiré à plusieurs reprises à travers la fenêtre du passager sur les policiers, qui étaient assis dans leur voiture de patrouille et n’ont pas eu le temps de sortir leur arme, les atteignant à la tête. «Ils ont été tués par balle, sans avertissement. Ils ont été purement et simplement assassinés», a déclaré, très ému, le chef de la police Bill Bratton, lors d’une conférence de presse. Le meurtrier, qui n’aurait pas de lien terroriste, était venu de Baltimore, à 300 km au sud de New York. Pourchassé par d’autres policiers alors qu’il s’enfuyait à pied, il a mis fin à ses jours sur un quai de métro à proximité, a ajouté le chef de la police. Selon Bill Bratton, il avait auparavant posté sur les réseaux sociaux des commentaires très hostiles à la police. Il y mentionnait Eric Garner et Michael Brown, un jeune noir tué par la police à Ferguson (Missouri) en août, selon les médias locaux. Le double meurtre a profondément traumatisé la plus importante force de police des Etats-Unis, dont deux membres avaient déjà été attaqués le 24 octobre par un homme armé d’une hachette. Le maire de New York Bill de Blasio, démocrate dont les relations sont difficiles avec sa police, a dénoncé samedi soir un «assassinat ressemblant à une exécution». 20 minutes
Je condamne inconditionnellement le meurtre aujourd’hui de deux policiers à New York. Deux hommes courageux ne rentreront pas chez eux ce soir retrouver leurs proches, et pour cela il n’y a aucune justification. Aujourd’hui, je demande aux gens de rejeter la violence et les mots qui blessent et de préférer les mots qui guérissent. Barack Hussein Obama
Let me say something at the outset. The questions that have been asked so far in this debate illustrate why the American people don’t trust the media. This is not a cage match. And, you look at the questions – Donald Trump, are you a comic book villain? Ben Carson, can you do math? John Kasich, will you insult two people over here? Marco Rubio, why don’t you resign? Jeb Bush, why have your numbers fallen? How about talking about the substantive issues people care about? The contrast with the Democratic debate where every fawning question from the media was – ‘Which of you is more handsome and wise?’ And let me be clear. The men and women on this stage have more ideas, more experience, more commonsense, than every participant in the Democratic debate. That debate reflected a debate between the Bolsheviks and the Mensheviks. And nobody watching at home believes that any of the moderators has any intention of voting in a Republican primary. The questions that are being asked shouldn’t be trying to get people to tear into each other. It should be ‘What are your substantive solutions to people that are hurting?’  Ted Cruz
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, février 2008)
Ils croient qu’ils sont opprimés en raison de leur foi islamique, mais en réalité c’est l’État-providence lui-même qui a créé cette classe de perdants. Gunnar Heinsohn
Another source of Palestinian suffering: the “support” the Palestinian leadership gets from outsiders, particularly 1) the Europeans, 2) the UN, 3) the “progressive left,” and 4) the media. For the last three decades, since the mid-1970s, these parties have become increasingly anti-Israel and, supposedly, pro-Palestinian. (…) Yassir Arafat’s feckless leadership has done immense damage to the Palestinians, from his financial corruption, to his addiction to honor and violence, to his systematic mendacity and incapacity to make the shift from “guerrilla” to statesmen. And yet European leaders have lionized him, even at the height of his terrorist activities in the 1970s. (…) The UN has spent up to 40% of its time condemning Israel, illustrating the dangers of anti-Zionism as a Weapon of Mass Distraction. By giving the irredentist Palestinian cause international support, they have strengthened precisely the forces most dedicated to victimizing Palestinians. And of course, Palestinians, not understanding who was benefited from such one-sided condemnations, cheered on the process. (…) Chirac’s whole foreign policy, and specifically his role in the failure to staunch the violence in early October 2000 that led to the disastrous “Second Intifada,” was itself only a continuation of so much of French foreign policy in the Middle East. They, like so many “pro-Palestinian” diplomats, have betrayed everyone but the warmongers. (…) Rather than urging the Palestinians to develop the kind of qualities necessary for a progressive state that takes care of its citizens and encourages freedom of thought and expression (e.g., public self-criticism, protection of dissidents), the Left has systematically “explained” Palestinian violence as the result of Israeli (and American) policies. As a result, the Left reinforces the most regressive and fascist elements in Palestinian culture, even as they claim to work for peace and civil society. (…) The contribution of the Media to Palestinian suffering may be the most subtle, but also the most pervasive. The nature of media coverage – if it bleeds it leads – has always favored violence, and in particular fed the need of terrorists for attention. Its superficial and dramatic news has encouraged the systematic victimization of Arabs for the purposes of international sympathy. By ignoring or playing down the Palestinian calls for genocide against Israel and hatred of the West, while at the same time portraying Israel as the cause of war and of whatever damage Palestinians do to themselves, the media have contributed to a profound misunderstanding of the sources of – and therefore the solutions to – the conflict. (…) But the principle “if it bleeds it leads” actually takes second seat in the MSM coverage of the Arab-Israeli conflict to who commits the violence. When Israeli kills a Palestinian child, it receives a good deal of coverage; when the Palestinians kill Palestinian children, newsreports are laconic at best. (Google Palestinians kill Palestinian child and you get only entries on Israelis killing Palestinian children.) (…) Given the extraordinary sensitivity of Arab honor-shame culture to public disapproval, one might even argue that the sympathy and understanding that the media grant to the most depraved of Palestinian terrorists, represents an enormous opportunity cost. When 500 Palestinian intellectuals denounced suicide terrorism, they did so because it did not serve the Palestinian cause — indeed it lost them international sympathy. Were the international community to have condemned it with even greater insistence, these voices would have had even greater strength. When the media mis-reported the outbreak of Oslo War in late 2000, arousing world-wide support for the Palestinians in their struggle for “freedom”, they encouraged Arafat to believe that “the whole world is behind him” so that he had no need to work to lessen the violence. By promoting and diffusing stories of alleged atrocities committed by Israel without a solid background check, the media reinforce the hate-mongering propaganda of the Palestinian leadership. “Balancing” negative coverage of the Arabs with unfounded accusations of the Israelis, for example, balancing stories of “honor killings” with accusations of rape of Palestinian women by Israelis and seizing on Palestinian accusation of “massacres.” Richard Landes
Mahmoud Abbas demande à l’ONU de protéger les Palestiniens afin qu’ils puissent continuer à assassiner les civils israéliens avec des couteaux, des pierres, des voitures-béliers, toutes sortes d’ustensiles. On doit protéger les assassins, non les victimes. Il a été entendu et applaudi.C’est une nouvelle mode adoptée par les tueurs de s’en prendre dans le dos aux passants, aux femmes, aux enfants, aux civils désarmés, dans les autobus, les foules, les rues, n’importe où. Pour tuer. Nulle doute que cette mode fera certainement beaucoup d’adeptes, comme celles des détournements d’avions, des massacres, des prises d’otages, du terrorisme international, modes initiées aussi par les Palestiniens et que l’Europe appelle « résistance » quand ses victimes sont israéliennes ou juives, et partout ailleurs « terrorisme ». Aujourd’hui ce modèle breveté palestinien s’est répandu sur toute la planète. (…) Que la démarche d’Abbas rejoigne celle de la France, ne doit pas surprendre. Arafat, la créature de la France, lui permit de maintenir le conflit ouvert, de s’opposer à toute paix séparée, à toute solution qui aurait compromis l’élimination d’Israël par sa réduction à une exiguïté territoriale indéfendable. Acharnée à lui arracher lambeaux par lambeaux des pans de son histoire, de ses monuments, de ses terres, la France tente d’écraser enfin sous l’infamie le peuple à la nuque raide, sorti vainqueur de la Shoah et de la dhimmitude. Même les chrétiens du Liban furent sacrifiés à ce dessein. Jamais il n’y eut de temple juif à Jérusalem, rien que des mosquées, Jésus allait prier à la mosquée. Les juifs sont des pilleurs d’histoire – de l’histoire musulmane. L’Europe en est aussi convaincue et a voté pour l’islamisation des lieux saints juifs, débaptisant le Mont du Temple en esplanade des mosquées. (…) Grâce aux révélations de NGO Monitor, on connait les montants fabuleux versés par chaque Etat, les Eglises, les fondations et l’Union européenne ainsi que les ONGs récipiendaires. Il faut en finir avec Israël, car les centaines de milliers d’immigrants musulmans qui accourent en Europe et qu’elle accueille à bras ouverts avec une sollicitude attendrissante auront besoin de ces fonds pour leur nouvelle installation… Bat Ye’or
La situation a évolué dans le mauvais sens. Je pense qu’il y a un toboggan dans lequel on est installés depuis plusieurs années et qui nous amène à l’irréparable, puisque maintenant, ces quartiers produisent des terroristes. Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, non, ce sont des terroristes. Il n’y a pas d’efficacité car il y a une mécompréhension du problème. Au-delà des clivages, la question des banlieues a toujours été vécue comme: ‘Ce sont des quartiers pauvres et modestes, quand l’économie ira mieux, ça ira mieux dans les quartiers’. Or, l’aspect économique n’est pas le coeur du problème, qui est beaucoup plus vaste. Malek Boutih (député socialiste des Essones, ancien président de SOS-Racisme)
Le secrétaire d’État britannique de l’Enseignement supérieur envisage une discrimination positive en faveur des jeunes garçons blancs issus des classes populaires à l’université, alors que le nombre d’inscrits a fortement chuté. (…) Les déclarations du secrétaire d’Etat à l’enseignement britanniques interviennent alors que les inscriptions à l’université chutent au Royaume-Uni, avec une baisse de 6,3 % en 2012 ,les jeunes hommes étant particulièrement touchés. Ils étaient 54.000 de moins en 2012 qu’en 2011, ce qui représente une diminution de 13%, quatre fois plus que les filles. (…) Seuls 66% des enfants bénéficiant de la gratuité dans les cantines avaient acquis le niveau attendu en maths et en anglais à ces examens, contre 82% des autres enfants. Les «petits blancs» sont particulièrement touchés, puisqu’ils n’étaient que 60% à y parvenir, contre 68% de noirs. (…) Les enseignants sont d’ailleurs nombreux à mettre en cause les frais de scolarité, qui ont bondi, l’année dernière, de 4000€ à plus de 10.000€ dans la plupart des universités, afin de compenser la baisse de la contribution du gouvernement, qui passera en 2014 de 4,6 milliards à 2 milliards de livres sterling. Sur BBC Radio 4, David Willets s’est défendu de vouloir laisser des jeunes sur le côté: «Quand les droits d’inscription à l’université ont augmenté, l’une des choses que nous avons fait avec l’argent supplémentaire était de dire aux universités: vous devez investir un tiers de cet argent pour tendre la main aux plus défavorisés et améliorer leur accès au supérieur. Cet argent représente des centaines de millions de livres qui sont aujourd’hui disponibles pour remplir cet objectif. Nous voulons les voir utilisés aussi efficacement que possible». Le Figaro
Nous avons collectivement abdiqué. Au nom du communautarisme, nous avons abandonné le modèle républicain. Au nom du différentialisme, l’école a arrêté de jouer son rôle d’assimilation. Pour le dire de manière un peu caricaturale, on a préféré construire des salles de sport en banlieue plutôt que des bibliothèques. Le Comte de Bouderbala, d’origine kabyle, résume ça très bien à travers un sketch où il explique qu’à chaque émeute en Seine-Saint-Denis, on organise un concert de rap. Et d’ironiser sur les fautes de grammaire et de syntaxe des rappeurs. Sous couvert d’antiracisme, on a enfermé ces populations dans leur milieu social et culturel. Une partie des enfants d’immigrés aspire à l’excellence alors que les élites, en particulier de gauche, consciemment ou inconsciemment les tirent vers le bas. Jeannette Bougrab
Le catalogue de mesures présenté par le gouvernement à l’occasion du comité interministériel qui s’est tenu aux Mureaux est à la fois touffu, car il reprend nombre de mesures déjà en vigueur, en durcit d’autres, en généralise également, et assez pauvre car il ne comporte que des mesures techniques à la fois disparates et, surtout, insuffisantes au regard des défis. Le plus frappant est tout de même la poursuite d’une politique qui a déjà trente ans, sans vision ni idée neuve. Cette politique a consisté à faire de la banlieue une entité à part, en y menant des interventions publiques spécifiques, à l’aide de moyens financiers massifs, notamment en matière de rénovation urbaine – on a favorisé les lieux plutôt que les personnes selon le vieil adage de la sociologie urbaine. Ce qui a contribué à renforcer la «ghettoïsation» que les mêmes responsables publics, nationaux et locaux, de gauche comme de droite, qui l’ont mise en oeuvre ne cessent par ailleurs de dénoncer. Chacun peut aujourd’hui constater que la situation des «banlieues» – en fait de ces quartiers urbains qui cumulent les difficultés de tous ordres – ne s’est pas améliorée. Qu’il s’agisse du chômage, notamment des jeunes, de la réussite scolaire, de la délinquance ou du «vivre ensemble» dont la place dans le discours semble inversement proportionnelle à la réalité vécue ou ressentie par nos concitoyens. (…) C’est symboliquement le plus terrible car c’est la représentation la plus criante de cette politique qui exclut au lieu d’inclure. A gauche comme à droite d’ailleurs, même si la gauche semble s’être fait une spécialité depuis les années 1980 de cette manière de considérer nos concitoyens vivant dans ces quartiers difficiles, les plus jeunes en particulier, comme des artistes ou des sportifs avant tout! Comme s’il n’y avait que l’art (et un art spécifique bien évidemment que l’on retrouve inscrit dans ces prescriptions de politiques publiques culturelles sorties tout droit des années 1980) ou le sport comme horizon, et donc comme si les quelques artistes ou sportifs connus issus de ces quartiers résumaient à eux seuls le modèle d’intégration que la République a à proposer à une partie de ses enfants. On est au coeur du sujet. Ce dont nous avons tous besoin, que l’on vive dans un de ces quartiers ou dans une zone périurbaine lointaine, en centre-ville ou à la campagne, c’est de commun. C’est de pouvoir nous projeter ensemble dans des représentations et des réalisations communes, certainement pas d’être sans cesse renvoyé par les médias et, a fortiori, par les responsables politiques à des marqueurs identitaires de toutes natures qui apparaissent comme indélébiles, surtout s’ils sont inscrits et renforcés dans les politiques publiques. (…) Ce parti comme l’essentiel de la gauche ne conçoit plus désormais la République que comme une incantation en forme d’exorcisme contre le Front national. Mais c’est une République sans contenu ni substance puisque tout ce qui fait la spécificité républicaine à la française a été délaissé ou même tout simplement abandonné: le lien indispensable entre souveraineté nationale et souveraineté populaire ; la laïcité comme ferment de notre contrat social ; l’idée de solidarité liée à celle d’identité collective… Cet abandon de la République, auquel on a assisté aussi à droite sous d’autres formes – le fait que le principal parti de la droite s’approprie le label «Les Républicains» en dit long à ce sujet -, est aujourd’hui une des causes fondamentales de la progression du FN. Les républicains de tous bords ont laissé à ce parti – issu de la tradition antirépublicaine d’extrême-droite! – tout un champ de manoeuvre politique autour de la solidarité, de la nation ou de la laïcité. Le PS porte, à gauche, en tant que parti dominant depuis 30 ans, une part de responsabilité majeure dans cette évolution. Laurent Bouvet
Dans ce paysage brouillé et opaque, une illumination: le 26 octobre, aux Mureaux, le ministère de la Culture et de la Communication instaure un diplôme national supérieur professionnel de la danse hip-hop. Il va également encourager, de manière sonnante et trébuchante, la réalisation d’œuvres de street art dans le cadre de la commande publique. Il va enfin soutenir le développement de toutes les créativités grâce au Buzz Booster. Quand Fleur Pellerin entend le mot «culture urbaine», elle sort, sous les bravos, son carnet de chèques. (…) Tout se passe comme si, désormais, le moindre cri contestataire, qu’il soit graphique, sonore ou audiovisuel, doit être dans tous les sens du terme, «assisté» par l’Etat providence. André Bercoff
La focalisation sur le « problème des banlieues » fait oublier un fait majeur : 61 % de la population française vit aujourd’hui hors des grandes agglomérations. Les classes populaires se concentrent dorénavant dans les espaces périphériques : villes petites et moyennes, certains espaces périurbains et la France rurale. En outre, les banlieues sensibles ne sont nullement « abandonnées » par l’État. Comme l’a établi le sociologue Dominique Lorrain, les investissements publics dans le quartier des Hautes Noues à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne) sont mille fois supérieurs à ceux consentis en faveur d’un quartier modeste de la périphérie de Verdun (Meuse), qui n’a jamais attiré l’attention des médias. Pourtant, le revenu moyen par habitant de ce quartier de Villiers-sur-Marne est de 20 % supérieur à celui de Verdun. Bien sûr, c’est un exemple extrême. Il reste que, à l’échelle de la France, 85 % des ménages pauvres (qui gagnent moins de 993 € par mois, soit moins de 60 % du salaire médian, NDLR) ne vivent pas dans les quartiers « sensibles ». Si l’on retient le critère du PIB, la Seine-Saint-Denis est plus aisée que la Meuse ou l’Ariège. Le 93 n’est pas un espace de relégation, mais le cœur de l’aire parisienne. (…)  En se désindustrialisant, les grandes villes ont besoin de beaucoup moins d’employés et d’ouvriers mais de davantage de cadres. C’est ce qu’on appelle la gentrification des grandes villes, symbolisée par la figure du fameux « bobo », partisan de l’ouverture dans tous les domaines. Confrontées à la flambée des prix dans le parc privé, les catégories populaires, pour leur part, cherchent des logements en dehors des grandes agglomérations. En outre, l’immobilier social, dernier parc accessible aux catégories populaires de ces métropoles, s’est spécialisé dans l’accueil des populations immigrées. Les catégories populaires d’origine européenne et qui sont éligibles au parc social s’efforcent d’éviter les quartiers où les HLM sont nombreux. Elles préfèrent déménager en grande banlieue, dans les petites villes ou les zones rurales pour accéder à la propriété et acquérir un pavillon. On assiste ainsi à l’émergence de « villes monde » très inégalitaires où se concentrent à la fois cadres et catégories populaires issues de l’immigration récente. Ce phénomène n’est pas limité à Paris. Il se constate dans toutes les agglomérations de France (Lyon, Bordeaux, Nantes, Lille, Grenoble), hormis Marseille. (…) On a du mal à formuler certains faits en France. Dans le vocabulaire de la politique de la ville, « classes moyennes » signifie en réalité « population d’origine européenne ». Or les HLM ne font plus coexister ces deux populations. L’immigration récente, pour l’essentiel familiale, s’est concentrée dans les quartiers de logements sociaux des grandes agglomérations, notamment les moins valorisés. Les derniers rapports de l’observatoire national des zones urbaines sensibles (ZUS) montrent qu’aujourd’hui 52 % des habitants des ZUS sont immigrés, chiffre qui atteint 64 % en Île-de-France. Cette spécialisation tend à se renforcer. La fin de la mixité dans les HLM n’est pas imputable aux bailleurs sociaux, qui font souvent beaucoup d’efforts. Mais on ne peut pas forcer des personnes qui ne le souhaitent pas à vivre ensemble. L’étalement urbain se poursuit parce que les habitants veulent se séparer, même si ça les fragilise économiquement. Par ailleurs, dans les territoires où se côtoient populations d’origine européenne et populations d’immigration extra-européenne, la fin du modèle assimilationniste suscite beaucoup d’inquiétudes. L’autre ne devient plus soi. Une société multiculturelle émerge. Minorités et majorités sont désormais relatives. (…)  ces personnes habitent là où on produit les deux tiers du PIB du pays et où se crée l’essentiel des emplois, c’est-à-dire dans les métropoles. Une petite bourgeoisie issue de l’immigration maghrébine et africaine est ainsi apparue. Dans les ZUS, il existe une vraie mobilité géographique et sociale : les gens arrivent et partent. Ces quartiers servent de sas entre le Nord et le Sud. Ce constat ruine l’image misérabiliste d’une banlieue ghetto où seraient parqués des habitants condamnés à la pauvreté. À bien des égards, la politique de la ville est donc un grand succès. Les seuls phénomènes actuels d’ascension sociale dans les milieux populaires se constatent dans les catégories immigrées des métropoles. Cadres ou immigrés, tous les habitants des grandes agglomérations tirent bénéfice d’y vivre – chacun à leur échelle. En Grande-Bretagne, en 2013, le secrétaire d’État chargé des Universités et de la Science de l’époque, David Willetts, s’est même déclaré favorable à une politique de discrimination positive en faveur des jeunes hommes blancs de la « working class » car leur taux d’accès à l’université s’est effondré et est inférieur à celui des enfants d’immigrés. (…) Le problème social et politique majeur de la France, c’est que, pour la première fois depuis la révolution industrielle, la majeure partie des catégories populaires ne vit plus là où se crée la richesse. Au XIXe siècle, lors de la révolution industrielle, on a fait venir les paysans dans les grandes villes pour travailler en usine. Aujourd’hui, on les fait repartir à la « campagne ». C’est un retour en arrière de deux siècles. Le projet économique du pays, tourné vers la mondialisation, n’a plus besoin des catégories populaires, en quelque sorte. (…) L’absence d’intégration économique des catégories modestes explique le paradoxe français : un pays qui redistribue beaucoup de ses richesses mais dont une majorité d’habitants considèrent à juste titre qu’ils sont de plus en plus fragiles et déclassés. (…) Les catégories populaires qui vivent dans ces territoires sont d’autant plus attachées à leur environnement local qu’elles sont, en quelque sorte, assignées à résidence. Elles réagissent en portant une grande attention à ce que j’appelle le «village» : sa maison, son quartier, son territoire, son identité culturelle, qui représentent un capital social. La contre-société s’affirme aussi dans le domaine des valeurs. La France périphérique est attachée à l’ordre républicain, réservée envers les réformes de société et critique sur l’assistanat. L’accusation de «populisme» ne l’émeut guère. Elle ne supporte plus aucune forme de tutorat – ni politique, ni intellectuel – de la part de ceux qui se croient «éclairés». (…) Il devient très difficile de fédérer et de satisfaire tous les électorats à la fois. Dans un monde parfait, il faudrait pouvoir combiner le libéralisme économique et culturel dans les agglomérations et le protectionnisme, le refus du multiculturalisme et l’attachement aux valeurs traditionnelles dans la France périphérique. Mais c’est utopique. C’est pourquoi ces deux France décrivent les nouvelles fractures politiques, présentes et à venir. Christophe Guilluy

Attention: une victimisation peut en cacher une autre !

A l’heure où, perversion des perversions et cynisme des cynismes, le président non élu de l’Autorité palestinienne en appelle à la « protection » de ceux qui depuis un mois multiplient les assassinats à l’aveugle au couteau de boucher ou à la voiture-bélier dans les rues israéliennes …

Et où, après les pétages de plomb de Virginie ou d’Orégon et une série de meurtres de policiers, l’un des plus violents cinéastes de l’histoire (une NRA à lui tout seul !) se permet de traiter les policiers de meurtriers …

Pendant que dix ans après les émeutes qui ont détruit en France quelque 300 bâtiments publics et 10 000 voitures mais aussi tué deux hommes qui avaient le malheur d’être un peu trop blancs, nos gouvernants rachètent à nouveau la paix sociale à coups de  stèle, noms de rue et autres  BEP de hip hop ou de street art …

Comment ne pas voir …

Les mêmes causes produisant les mêmes effets …

Des ghettos américains aux ghettos français …

Et de Gaza à Ramallah ou Jérusalem-est ou en Syrie-Irak …

Les tristes fruits de la même culture de l’excuse et, jusqu’aux allocations pour djiahdistes, de la même politique des bons sentiments

A savoir  éclipsant les pourtant réels progrès derrière les milliards et les bonnes paroles

Et se retournant contre ceux là mêmes qu’elles étaient censées servir …

Les émeutiers devenus meurtriers ou terroristes ?

Les banlieues : des sas, non des ghettos

Brice Couturier

France Culture

30.10.2015

Carlo Rosselli, intellectuel et politique italien, assassiné en France en 1937 sur ordre de Mussolini, écrivait dans son livre Socialisme libéral : le socialisme, c’est « quand la liberté arrive dans la vie des gens les plus pauvres ». Lui fait écho, quelques décennies plus tard, le concept de capability, forgé par Amartya Sen, qui le définit comme « liberty to achieve », liberté d’accomplir quelque chose, qu’on rend aussi par « liberté substantielle ».

C’est de cette liberté-là que parlait Manuel Valls lorsqu’il a déploré que les habitants de certaines banlieues soient « assignés à leur lieu de résidence », s’y « sentent bloqués, entravés dans leurs projets ». Sans doute a-t-il eu tort de parler « d’apartheid ». La République française ne pratique par la discrimination raciale géographique sur une base légale. Et si certains quartiers sont perçus comme des lieux de relégation, des enclaves, mal desservies par les transports publics, leur population n’y est aucunement fixée.

C’est ce que démontre le géographe Christophe Guilluy, qui propose de remplacer le mot de ghetto, inadéquat, par celui de sas. « On y entre beaucoup et on les quitte beaucoup », dit-il, des fameux « quartiers sensibles ». A la différence des ghettos américains, où des populations noires et pauvres sont confinées de manière définitive, nos banlieues « créent de la classe moyenne ». Les jeunes, aussitôt diplômés, les quittent pour accéder à des zones d’habitat plus sûres.

L’impression de pauvreté que provoquent les zones urbaines sensibles est partiellement fondée – le chômage y est deux fois plus élevé que dans la France entière -, mais elle est surtout relative : fixées à la périphérie des grandes métropoles mondialisées et gentryfiées, elles accueillent surtout des primo-arrivants. Aux uns, très qualifiés, les professions bien rémunérées, aux autres, la précarité ou l’économie informelle. Le contraste entre ces deux mondes, géographiquement voisins, mais culturellement et financièrement aux antipodes, accentue le sentiment de décrochage. Il y a aussi beaucoup de pauvreté dans les petites villes et les villages, mais elle est moins visible.

Beaucoup d’argent a été consacré à la politique de la ville. Le Programme national de rénovation urbaine a utilisé 43 milliards d’euros d’argent public. La Cour des comptes critique ce qu’elle appelle « une politique de moyens et non de résultats ». Mais enfin, de nombreuses « barres », construites dans les années 1960, ont été remplacées par des habitations modernes et dotées d’équipements collectifs de qualité.

Pour quels résultats ? Sur les banlieues, vous rencontrez deux sons de cloche. Les uns, comme Malek Boutih, député socialiste des Essones, jugent que la situation s’est dégradée depuis les émeutes de 2005. « La situation a évolué dans le mauvais sens », disait-il récemment sur une radio. « Je pense qu’il y a un toboggan dans lequel on est installés depuis plusieurs années et qui nous amène à l’irréparable, puisque maintenant, ces quartiers produisent des terroristes. Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, non, ce sont des terroristes. » Pour l’ancien président de SOS-Racisme, les banlieues, les quartiers sont le miroir grossissant de la société tout entière et celle-ci est en crise grave, en proie au chômage et au communautarisme.

Pour d’autres, les choses s’arrangent. Le comte de Bouderbala dit dans un sketch qu’à chaque émeute en Seine-Saint-Denis, les pouvoirs publics ont réagi en organisant un concert de rap… La ministre de la culture a récemment annoncé la création d’un Diplôme national supérieur de danse hip-hop. Elle a promis de consacrer un budget au financement d’œuvres de street-art. Comme dit Jeannette Bougrab, maître des requêtes au Conseil d’Etat, elle dont les parents, arrivés d’Algérie, ne savaient ni lire, ni écrire, « sous couvert d’antiracisme, on a enfermé ces populations dans leur milieu social et culturel. » Alors que les familles attendent du système éducatif qu’il tire leurs enfants vers les qualifications. De son côté, le politologue Laurent Bouvet, estime qu’il y a quelque condescendance à ne vouloir reconnaître comme talents, chez les jeunes des quartiers que les performances sportives et les cultures urbaines.

Quelque chose, pourtant, se passe dans les quartiers : c’est là que s’inventent de nouvelles façons de travailler, souvent en phase avec la révolution numérique. Saviez-vous que c’est en Seine-saint-Denis que se créent le plus d’entreprises en France ? Les associations, les fondations, les entreprises y poussent comme des champignons, en phase avec la jeunesse et le dynamisme de leurs habitants. Pour se développer, elles ont besoin de deux choses : de la sécurité et un accès au financement. Bref, de la capability, comme dirait Amartya Sen….

Voir aussi:

Christophe Guilluy : «Le 93 n’est pas un espace de relégation, mais le cœur de l’aire parisienne»
Guillaume Perrault

Le Figaro

11/09/2014

Christophe Guilluy est géographe et consultant auprès de collectivités locales et d’organismes publics. En 2010, son livre connaissent un réel succès critique et plusieurs hommes (sic) politiques de droite comme de gauche affirment s’inspirer des analyses de ce dernier essai. Un documentaire intitulé La France en face, réalisé par Jean-Robert Viallet et Hugues Nancy, diffusé sur France 3 le 27 octobre 2013, est également très fortement inspiré de ce livre.

Notre pays connaît une crise économique et politique de grande ampleur. Les travaux du géographe Christophe Guilluy permettent de dépasser la conjoncture et d’éclairer les causes profondes du mal français. Dans son nouvel ouvrage, La France périphérique – Comment on a sacrifié les classes populaires (Flammarion), en librairie le 17 septembre, l’auteur démontre comment la mondialisation a entraîné une recomposition des catégories sociales et a bouleversé l’organisation de l’espace français.

LE FIGARO. – Vous critiquez un amalgame entre milieux populaires et banlieues. Pourquoi ?

Christophe GUILLUY. – La focalisation sur le « problème des banlieues » fait oublier un fait majeur : 61 % de la population française vit aujourd’hui hors des grandes agglomérations. Les classes populaires se concentrent dorénavant dans les espaces périphériques : villes petites et moyennes, certains espaces périurbains et la France rurale. En outre, les banlieues sensibles ne sont nullement « abandonnées » par l’État. Comme l’a établi le sociologue Dominique Lorrain, les investissements publics dans le quartier des Hautes Noues à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne) sont mille fois supérieurs à ceux consentis en faveur d’un quartier modeste de la périphérie de Verdun (Meuse), qui n’a jamais attiré l’attention des médias. Pourtant, le revenu moyen par habitant de ce quartier de Villiers-sur-Marne est de 20 % supérieur à celui de Verdun. Bien sûr, c’est un exemple extrême. Il reste que, à l’échelle de la France, 85 % des ménages pauvres (qui gagnent moins de 993 € par mois, soit moins de 60 % du salaire médian, NDLR) ne vivent pas dans les quartiers « sensibles ». Si l’on retient le critère du PIB, la Seine-Saint-Denis est plus aisée que la Meuse ou l’Ariège. Le 93 n’est pas un espace de relégation, mais le cœur de l’aire parisienne. L’État prend conscience – avec retard – de cette réalité. Début 2014, le gouvernement a réorienté la politique de la ville pour prendre également en compte la France des sous-préfectures.

Comment expliquer que les catégories populaires (ouvriers, employés) et les classes moyennes inférieures (artisans et une partie des commerçants) aient déserté les métropoles ?
Le marché foncier crée les conditions d’accueil des populations dont la ville a besoin. En se désindustrialisant, les grandes villes ont besoin de beaucoup moins d’employés et d’ouvriers mais de davantage de cadres. C’est ce qu’on appelle la gentrification des grandes villes, symbolisée par la figure du fameux « bobo », partisan de l’ouverture dans tous les domaines. Confrontées à la flambée des prix dans le parc privé, les catégories populaires, pour leur part, cherchent des logements en dehors des grandes agglomérations. En outre, l’immobilier social, dernier parc accessible aux catégories populaires de ces métropoles, s’est spécialisé dans l’accueil des populations immigrées. Les catégories populaires d’origine européenne et qui sont éligibles au parc social s’efforcent d’éviter les quartiers où les HLM sont nombreux. Elles préfèrent déménager en grande banlieue, dans les petites villes ou les zones rurales pour accéder à la propriété et acquérir un pavillon. On assiste ainsi à l’émergence de « villes monde » très inégalitaires où se concentrent à la fois cadres et catégories populaires issues de l’immigration récente. Ce phénomène n’est pas limité à Paris. Il se constate dans toutes les agglomérations de France (Lyon, Bordeaux, Nantes, Lille, Grenoble), hormis Marseille.

La mixité sociale des HLM dans les grandes villes est donc un vœu pieux ?

On a du mal à formuler certains faits en France. Dans le vocabulaire de la politique de la ville, « classes moyennes » signifie en réalité « population d’origine européenne ». Or les HLM ne font plus coexister ces deux populations. L’immigration récente, pour l’essentiel familiale, s’est concentrée dans les quartiers de logements sociaux des grandes agglomérations, notamment les moins valorisés. Les derniers rapports de l’observatoire national des zones urbaines sensibles (ZUS) montrent qu’aujourd’hui 52 % des habitants des ZUS sont immigrés, chiffre qui atteint 64 % en Île-de-France. Cette spécialisation tend à se renforcer. La fin de la mixité dans les HLM n’est pas imputable aux bailleurs sociaux, qui font souvent beaucoup d’efforts. Mais on ne peut pas forcer des personnes qui ne le souhaitent pas à vivre ensemble. L’étalement urbain se poursuit parce que les habitants veulent se séparer, même si ça les fragilise économiquement. Par ailleurs, dans les territoires où se côtoient populations d’origine européenne et populations d’immigration extra-européenne, la fin du modèle assimilationniste suscite beaucoup d’inquiétudes. L’autre ne devient plus soi. Une société multiculturelle émerge. Minorités et majorités sont désormais relatives.

Observe-t-on une ascension sociale dans une partie de la population d’origine étrangère ?

Oui, car ces personnes habitent là où on produit les deux tiers du PIB du pays et où se crée l’essentiel des emplois, c’est-à-dire dans les métropoles. Une petite bourgeoisie issue de l’immigration maghrébine et africaine est ainsi apparue. Dans les ZUS, il existe une vraie mobilité géographique et sociale : les gens arrivent et partent. Ces quartiers servent de sas entre le Nord et le Sud. Ce constat ruine l’image misérabiliste d’une banlieue ghetto où seraient parqués des habitants condamnés à la pauvreté. À bien des égards, la politique de la ville est donc un grand succès. Les seuls phénomènes actuels d’ascension sociale dans les milieux populaires se constatent dans les catégories immigrées des métropoles. Cadres ou immigrés, tous les habitants des grandes agglomérations tirent bénéfice d’y vivre – chacun à leur échelle. En Grande-Bretagne, en 2013, le secrétaire d’État chargé des Universités et de la Science de l’époque, David Willetts, s’est même déclaré favorable à une politique de discrimination positive en faveur des jeunes hommes blancs de la « working class » car leur taux d’accès à l’université s’est effondré et est inférieur à celui des enfants d’immigrés.

En France, ouvriers et employés sont-ils moins nombreux en 2014 qu’en 1980 ?

La baisse de la proportion d’ouvriers est réelle, mais elle s’est accompagnée d’une augmentation de la proportion d’employés. Les catégories populaires – qui comprennent aussi les petits agriculteurs – n’ont donc nullement disparu. Elles sont désormais moins visibles, puisqu’elles vivent loin des grands centres urbains où se concentrent décideurs publics et privés. Si l’on considère l’ensemble du territoire national, la part des catégories populaires dans la population française est restée à peu près stable depuis un demi-siècle. Le problème social et politique majeur de la France, c’est que, pour la première fois depuis la révolution industrielle, la majeure partie des catégories populaires ne vit plus là où se crée la richesse. Au XIXe siècle, lors de la révolution industrielle, on a fait venir les paysans dans les grandes villes pour travailler en usine. Aujourd’hui, on les fait repartir à la « campagne ». C’est un retour en arrière de deux siècles. Le projet économique du pays, tourné vers la mondialisation, n’a plus besoin des catégories populaires, en quelque sorte.

En définitive, « le peuple », aujourd’hui, qui est-ce ?

Actuellement, 50 % des salariés gagnent moins de 1 650 euros net par mois. Par ailleurs, les frontières sociales entre classes populaires et classes moyennes inférieures – artisans et commerçants, patrons de TPE – ont disparu. Ceux-ci ont conscience d’un vécu commun qui bouleverse les définitions classiques du «peuple». La fronde des «bonnets rouges» illustre ce phénomène. La révolte n’est pas partie des grandes métropoles de l’Ouest, mais des petites villes qui en étaient le plus éloignées. La contestation n’était pas seulement sociale, mais aussi identitaire. Des ouvriers, des employés, des agriculteurs, des chauffeurs routiers et des chefs de petites entreprises ont défilé ensemble, ce qui a beaucoup déconcerté Jean-Luc Mélenchon.

Vu l’ampleur colossale des dépenses publiques et sociales, n’est-il pas injuste de prétendre qu’on a «sacrifié» les classes populaires ?
Certes, il y a beaucoup de redistribution des métropoles vers la France périphérique. Le revenu n’est pas en chute libre. La présence d’une part importante d’emplois publics et parapublics et le développement des services à la personne ont aussi permis de limiter les effets de la désindustrialisation. Mais la France des catégories populaires ne se résume pas à la question des bas revenus ou de la pauvreté. Considérées dans leur ensemble, depuis le début des années 2000, les catégories populaires n’ont plus de perspectives d’ascension sociale. En dépit de certaines réussites individuelles brillantes, ce qui se joue, c’est le sentiment de ne plus être intégré au projet économique, de ne pas vivre sur les territoires qui comptent et qui créent de l’emploi. C’est l’immense différence avec la « classe moyenne » des Trente Glorieuses dont les revenus relatifs n’étaient pas plus élevés mais dont l’intégration économique et une forme d’ascension sociale étaient assurées. C’est dans ce contexte qu’il faut poser la question des revenus et de l’impôt. L’absence d’intégration économique des catégories modestes explique le paradoxe français : un pays qui redistribue beaucoup de ses richesses mais dont une majorité d’habitants considèrent à juste titre qu’ils sont de plus en plus fragiles et déclassés.

Qu’appelez-vous la «contre-société» qui, selon vous, apparaît dans la France des fragilités sociales ?

Dans la France périphérique, le champ des possibles est beaucoup plus restreint en raison d’une mobilité sociale et géographique très faible. Un déplacement régulier vers le travail en voiture à 20 kilomètres de chez soi coûte environ 250 euros par mois, soit le quart du smic. Surtout, quand on perd son travail dans une ville de taille moyenne, on sait qu’on éprouvera beaucoup de difficultés à vendre son logement pour se rapprocher d’un bassin d’emplois dynamique. Les catégories populaires qui vivent dans ces territoires sont d’autant plus attachées à leur environnement local qu’elles sont, en quelque sorte, assignées à résidence. Elles réagissent en portant une grande attention à ce que j’appelle le «village» : sa maison, son quartier, son territoire, son identité culturelle, qui représentent un capital social. La contre-société s’affirme aussi dans le domaine des valeurs. La France périphérique est attachée à l’ordre républicain, réservée envers les réformes de société et critique sur l’assistanat. L’accusation de «populisme» ne l’émeut guère. Elle ne supporte plus aucune forme de tutorat – ni politique, ni intellectuel – de la part de ceux qui se croient «éclairés».

On assiste donc à une guerre culturelle des deux France ?

Sans aucun doute. Il devient très difficile de fédérer et de satisfaire tous les électorats à la fois. Dans un monde parfait, il faudrait pouvoir combiner le libéralisme économique et culturel dans les agglomérations et le protectionnisme, le refus du multiculturalisme et l’attachement aux valeurs traditionnelles dans la France périphérique. Mais c’est utopique. C’est pourquoi ces deux France décrivent les nouvelles fractures politiques, présentes et à venir.

Voir également:

Laurent Bouvet : l’égalité selon le PS, faire de la banlieue une entité à part
Alexandre Devecchio
Le Figaro
27/10/2015
FIGAROVOX/ENTRETIEN – Après la visite de Manuel Valls aux Mureaux, Laurent Bouvet juge inefficace et «ghettoïsante» la politique que mènent les socialistes en direction des banlieues.

Laurent Bouvet est directeur de l’Observatoire de la vie politique (Ovipol) à la Fondation Jean-Jaurès. Son dernier ouvrage, L’insécurité culturelle, est paru chez Fayard.

LE FIGARO. – Dix ans après les émeutes nées à Clichy-sous-Bois, le président et le Premier ministre ont annoncé une batterie de mesures. Ces dernières vous semblent-elles à la hauteur de l’enjeu?

Laurent BOUVET. – Le catalogue de mesures présenté par le gouvernement à l’occasion du comité interministériel qui s’est tenu aux Mureaux est à la fois touffu, car il reprend nombre de mesures déjà en vigueur, en durcit d’autres, en généralise également, et assez pauvre car il ne comporte que des mesures techniques à la fois disparates et, surtout, insuffisantes au regard des défis.

Le plus frappant est tout de même la poursuite d’une politique qui a déjà trente ans, sans vision ni idée neuve. Cette politique a consisté à faire de la banlieue une entité à part.
Le plus frappant est tout de même la poursuite d’une politique qui a déjà trente ans, sans vision ni idée neuve. Cette politique a consisté à faire de la banlieue une entité à part, en y menant des interventions publiques spécifiques, à l’aide de moyens financiers massifs, notamment en matière de rénovation urbaine – on a favorisé les lieux plutôt que les personnes selon le vieil adage de la sociologie urbaine. Ce qui a contribué à renforcer la «ghettoïsation» que les mêmes responsables publics, nationaux et locaux, de gauche comme de droite, qui l’ont mise en oeuvre ne cessent par ailleurs de dénoncer.

Chacun peut aujourd’hui constater que la situation des «banlieues» – en fait de ces quartiers urbains qui cumulent les difficultés de tous ordres – ne s’est pas améliorée. Qu’il s’agisse du chômage, notamment des jeunes, de la réussite scolaire, de la délinquance ou du «vivre ensemble» dont la place dans le discours semble inversement proportionnelle à la réalité vécue ou ressentie par nos concitoyens.

Certaines peuvent prêter à sourire: la création d’un diplôme national supérieur professionnel (DNSP) de danse hip-hop qui doit permettre la professionnalisation des danseurs dans ce domaine ; le soutien à la réalisation d’oeuvres réalisées par des artistes de street-art dans le cadre de la commande publique en 2015 et 2016 ; le soutien au développement du «Buzz Booster», dispositif dédié au repérage de jeunes talents du rap… Cela traduit-il finalement une forme de condescendance d’une certaine gauche à l’égard des habitants des banlieues?

C’est symboliquement le plus terrible car c’est la représentation la plus criante de cette politique qui exclut au lieu d’inclure. A gauche comme à droite d’ailleurs, même si la gauche semble s’être fait une spécialité depuis les années 1980 de cette manière de considérer nos concitoyens vivant dans ces quartiers difficiles, les plus jeunes en particulier, comme des artistes ou des sportifs avant tout! Comme s’il n’y avait que l’art (et un art spécifique bien évidemment que l’on retrouve inscrit dans ces prescriptions de politiques publiques culturelles sorties tout droit des années 1980) ou le sport comme horizon, et donc comme si les quelques artistes ou sportifs connus issus de ces quartiers résumaient à eux seuls le modèle d’intégration que la République a à proposer à une partie de ses enfants.

On est au coeur du sujet. Ce dont nous avons tous besoin, que l’on vive dans un de ces quartiers ou dans une zone périurbaine lointaine, en centre-ville ou à la campagne, c’est de commun. C’est de pouvoir nous projeter ensemble dans des représentations et des réalisations communes, certainement pas d’être sans cesse renvoyé par les médias et, a fortiori, par les responsables politiques à des marqueurs identitaires de toutes natures qui apparaissent comme indélébiles, surtout s’ils sont inscrits et renforcés dans les politiques publiques.

Plus largement, qu’est-ce que cela dit du rapport actuel du PS à la République?

On remarquera d’abord que le PS est resté, pour des raisons idéologiques (le tournant européen et libéral) et sociologiques (le faible renouvellement de son personnel politique et les voies très étroites de renouvellement quand il existe), un parti des années 1980. C’est dans ces années-là que le PS s’est détaché de l’idée républicaine.

Ce parti comme l’essentiel de la gauche ne conçoit plus désormais la République que comme une incantation en forme d’exorcisme contre le Front national. Mais c’est une République sans contenu ni substance puisque tout ce qui fait la spécificité républicaine à la française a été délaissé ou même tout simplement abandonné: le lien indispensable entre souveraineté nationale et souveraineté populaire ; la laïcité comme ferment de notre contrat social ; l’idée de solidarité liée à celle d’identité collective…

Cet abandon de la République, auquel on a assisté aussi à droite sous d’autres formes – le fait que le principal parti de la droite s’approprie le label «Les Républicains» en dit long à ce sujet -, est aujourd’hui une des causes fondamentales de la progression du FN. Les républicains de tous bords ont laissé à ce parti – issu de la tradition antirépublicaine d’extrême-droite! – tout un champ de manoeuvre politique autour de la solidarité, de la nation ou de la laïcité. Le PS porte, à gauche, en tant que parti dominant depuis 30 ans, une part de responsabilité majeure dans cette évolution.

Voir encore:

Angleterre : le ministre veut plus de blancs à l’université
Quentin Blanc
Le Figaro étudiant

07/01/2013

Le secrétaire d’État britannique de l’Enseignement supérieur envisage une discrimination positive en faveur des jeunes garçons blancs issus des classes populaires à l’université, alors que le nombre d’inscrits a fortement chuté.

David Willets, secrétaire d’État britannique de l’Enseignement supérieur ,a déclaré en ce début d’année qu’il aimerait voir les jeunes blancs issus des classes populaires être considérés comme un groupe prioritaire pour le recrutement dans les universités anglaises, aux côtés des autres catégories défavorisées. «Il y a un impressionnant gâchis de talents de certains jeunes gens qui pourraient vraiment bénéficier d’un passage à l’université mais qui n’y vont pas».

Le bureau pour un accès équitable (OFFA), chargé de s’assurer que les universités anglaises favorisent les inscriptions de personnes défavorisées, «prend en compte de nombreux critères, comme la classe sociale ou l’origine ethnique, lorsqu’ils mettent en place des critères d’accès. Je ne vois donc pas pourquoi ils ne pourraient pas cibler les garçons blancs issus des classes populaires», a expliqué David Willets à The Independent .

À l’heure actuelle, les établissements possèdent des informations sur l’origine sociale et les résultats scolaires des candidats, et peuvent savoir si le candidat était le premier de sa famille à aller à l’université. En revanche, si l’origine ethnique figure sur les formulaires d’inscription, elle n’est pas communiquée aux services d’admission.

Les filles plus nombreuses que les garçons à l’université
Les déclarations du secrétaire d’Etat à l’enseignement britanniques interviennent alors que les inscriptions à l’université chutent au Royaume-Uni, avec une baisse de 6,3 % en 2012 ,les jeunes hommes étant particulièrement touchés. Ils étaient 54.000 de moins en 2012 qu’en 2011, ce qui représente une diminution de 13%, quatre fois plus que les filles.

Les difficultés des enfants issus des classes populaires anglaises ne sont pas nouvelles. Elles sont manifestes dès la sixième. Seuls 66% des enfants bénéficiant de la gratuité dans les cantines avaient acquis le niveau attendu en maths et en anglais à ces examens, contre 82% des autres enfants. Les «petits blancs» sont particulièrement touchés, puisqu’ils n’étaient que 60% à y parvenir, contre 68% de noirs.

Il faut se mobiliser pour «convaincre certains groupes de gens que l’université est aussi pour eux», estime Sally Hunt, secrétaire générale de l’University and College Union, un syndicat de professeurs. Mais l’augmentation des droits d’inscription constitue de fait une barrière importante, selon elle. «Nous avons besoin que nos plus brillants élèves puissent poursuivre leurs rêves. Cependant, la politique du gouvernement actuel a fait de l’université une option bien plus coûteuse qu’auparavant, ce qui est confirmé par la chute des inscriptions enregistrées».

La hausse des droits d’inscription pointée du doigt
Les enseignants sont d’ailleurs nombreux à mettre en cause les frais de scolarité, qui ont bondi, l’année dernière, de 4000€ à plus de 10.000€ dans la plupart des universités, afin de compenser la baisse de la contribution du gouvernement, qui passera en 2014 de 4,6 milliards à 2 milliards de livres sterling .

Sur BBC Radio 4, David Willets s’est défendu de vouloir laisser des jeunes sur le côté: «Quand les droits d’inscription à l’université ont augmenté, l’une des choses que nous avons fait avec l’argent supplémentaire était de dire aux universités: vous devez investir un tiers de cet argent pour tendre la main aux plus défavorisés et améliorer leur accès au supérieur. Cet argent représente des centaines de millions de livres qui sont aujourd’hui disponibles pour remplir cet objectif. Nous voulons les voir utilisés aussi efficacement que possible».

Voir de plus:

Protéger les Palestiniens pour les laisser poignarder les Israéliens

Mahmoud Abbas demande à l’ONU de protéger les Palestiniens afin qu’ils puissent continuer à assassiner les civils israéliens avec des couteaux, des pierres, des voitures-béliers, toutes sortes d’ustensiles.
On doit protéger les assassins, non les victimes. Il a été entendu et applaudi.

Bat Ye’or

Dreuz

31 octobre 2015

C’est une nouvelle mode adoptée par les tueurs de s’en prendre dans le dos aux passants, aux femmes, aux enfants, aux civils désarmés, dans les autobus, les foules, les rues, n’importe où. Pour tuer. Nulle doute que cette mode fera certainement beaucoup d’adeptes, comme celles des détournements d’avions, des massacres, des prises d’otages, du terrorisme international, modes initiées aussi par les Palestiniens et que l’Europe appelle « résistance » quand ses victimes sont israéliennes ou juives, et partout ailleurs « terrorisme ».

Aujourd’hui ce modèle breveté palestinien s’est répandu sur toute la planète.

Moi je l’appelle jihadisme, car les tueries et la terreur constituent depuis treize siècles les stratégies du jihad. L’Europe devrait le savoir, elle qui n’a cessé d’en subir les attaques par terre et par mer. Mais il est vrai qu’elle a décrété qu’Israël était le danger – un peu comme les nazis qui déclaraient que les juifs les menaçaient pour se donner le prétexte de les exterminer – et qu’elle a choisi de se complaire dans une amnésie d’amoureuse béatitude palestinophile arrosée de pétrodollars.

Que la démarche d’Abbas rejoigne celle de la France, ne doit pas surprendre.

Arafat, la créature de la France, lui permit de maintenir le conflit ouvert, de s’opposer à toute paix séparée, à toute solution qui aurait compromis l’élimination d’Israël par sa réduction à une exiguïté territoriale indéfendable. Acharnée à lui arracher lambeaux par lambeaux des pans de son histoire, de ses monuments, de ses terres, la France tente d’écraser enfin sous l’infamie le peuple à la nuque raide, sorti vainqueur de la Shoah et de la dhimmitude. Même les chrétiens du Liban furent sacrifiés à ce dessein.

Mahmoud Abbas évoque 70 ans de souffrance, d’injustice et d’occupation…

On le comprend, son peuple est si frustré de voir des Israéliens libres ! C’est qu’il pense avec nostalgie aux treize siècles de dhimmitude des indigènes juifs et chrétiens victimes du jihad, des expropriations par les envahisseurs arabes, des femmes et des enfants violés et enlevés au cours des siècles, comme Boko Haram le fait maintenant, des esclaves sexuelles dhimmis, des rançons et de l’extorsion fiscale, de l’esclavage, des massacres et pillages périodiques, des lois discriminatoires, des expulsions des villes et des villages, des vêtements spécifiques pour les dhimmis, de leurs lieux de culte islamisés, pillés, détruits, de la destruction de leur culture (comme le fait l’Etat islamique maintenant), faits divers quotidiens de la dhimmitude en Terre sainte islamisée.

Jamais il n’y eut de temple juif à Jérusalem, rien que des mosquées, Jésus allait prier à la mosquée. Les juifs sont des pilleurs d’histoire – de l’histoire musulmane. L’Europe en est aussi convaincue et a voté pour l’islamisation des lieux saints juifs, débaptisant le Mont du Temple en esplanade des mosquées.

Le bon vieux temps, quand juifs et chrétiens rasaient les murs
Abbas plaide pour un retour aux temps de la dhimmitude dont la Syrie, la Libye, l’Afghanistan, le Yémen sont les prototypes. Ça c’était le bon vieux temps, quand juifs et chrétiens rasaient les murs, les yeux baissés, cédant le chemin aux musulmans, désarmés car ils n’avaient pas le droit de se défendre… le temps de la tolérance sous la charia, du vivre-ensemble harmonieux et dans la paix de l’islam.

Abbas demande à l’ONU de lui restituer ces privilèges.

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Qu’il se rassure, il aura derrière lui toute l’Europe qui respecte les droits de l’homme – sauf ceux des Israéliens. Mais sont-ils des hommes ? L’Europe hésite entre colons et singes, colons en tous cas !

D’ailleurs c’est peut-être elle qui a suggéré à Abbas cette démarche ? Sans doute en a-t-elle assez de payer des milliards à ses ONGs pour diffuser au plan planétaire la haine d’Israël.

D’autant plus que tout le monde le sait maintenant. Grâce aux révélations de NGO Monitor, on connait les montants fabuleux versés par chaque Etat, les Eglises, les fondations et l’Union européenne ainsi que les ONGs récipiendaires.

Il faut en finir avec Israël, car les centaines de milliers d’immigrants musulmans qui accourent en Europe et qu’elle accueille à bras ouverts avec une sollicitude attendrissante auront besoin de ces fonds pour leur nouvelle installation…

Voir de même:

A Genève, Mahmoud Abbas demande une protection internationale «urgente»
Lors d’une réunion spéciale du Conseil des droits de l’homme, durant laquelle Israël ne pouvait pas répliquer, le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé l’ONU à créer de toute urgence «un régime de protection internationale du peuple palestinien»

Le Temps

28 octobre 2015

Le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé mercredi à Genève l’ONU à créer de toute urgence «un régime de protection internationale du peuple palestinien». La situation dans les territoires est la pire depuis 1948, a-t-il dit.

«Je m’adresse au Conseil de sécurité, en lui demandant plus urgemment que jamais de mettre en place un régime de protection internationale du peuple palestinien immédiatement», a déclaré Mahmoud Abbas lors d’une réunion spéciale du Conseil des droits de l’homme de l’ONU convoquée à sa demande.

«La situation des droits humains dans le territoire palestinien, y compris à Jérusalem-Est, est la plus critique et la pire depuis», s’est exclamé Mahmoud Abbas. «Cela requiert une intervention forte et décisive, avant qu’il ne soit trop tard, de l’ONU et de ses Etats membres», a déclaré le président palestinien.

Espoirs «annihilés»
«Nous avons besoin de votre protection. Protégez-nous, protégez-nous. Nous avons besoin de vous», a-t-il lancé. Pour Mahmoud Abbas, «il est inacceptable d’imaginer que la situation actuelle persiste car cela annihilera tous les espoirs d’une paix fondée sur une solution de deux Etats».

Mahmoud Abbas a accusé les «forces d’occupation» israéliennes d’avoir «récemment intensifié leurs pratiques criminelles au point de mener des exécutions extrajudiciaires contre des civils palestiniens sans défense». Depuis le 1er octobre, les territoires palestiniens, Jérusalem et Israël sont le théâtre d’une spirale de violences dans le cadre de la «guerre des couteaux» qui fait craindre une troisième Intifada.

«Le désespoir profond, les pressions, le sentiment d’insécurité dans lesquels vit la population palestinienne depuis longtemps sont des facteurs qui exacerbent la frustration de la jeunesse et la poussent à se révolter», a averti le président palestinien.

Des ovations, et pas de réponse
La communauté internationale se doit d’agir pour veiller au respect du droit international, a encore dit le président palestinien, en demandant que la déclaration adoptée l’an dernier à Genève par les Etats parties aux Conventions de Genève sur le respect de ces Conventions dans les territoires occupés soit pleinement appliquée.

«Il ne sert plus à rien de perdre du temps dans des négociations stériles. Il faut mettre fin à l’occupation», a lancé Mahmoud Abbas, dans un discours ovationné debout par la plupart des Etats présents. Les membres du Conseil des droits de l’homme, dont Israël, ne pouvaient pas répondre au discours du président palestinien, dans le cadre de cette réunion spéciale dite «de courtoisie» – ce n’est donc pas une session extraordinaire.

Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme évoque une «catastrophe»
S’exprimant avant Mahmoud Abbas, le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a pour sa part estimé que la crise entre Israël et les Palestiniens était «extrêmement dangereuse» et allait mener à une «catastrophe» si rien n’est fait pour que cessent immédiatement les violences.

Il a dénoncé la montée de la peur qui peut mener à «une confrontation plus large et plus terrible». «Il faut cesser les attaques terroristes, que les gens ne soient plus poignardés. Les actions des colons à Jérusalem-Est doivent cesser, l’emploi excessif de la police israélienne doit cesser, les démolitions de maison doivent cesser, et le blocus de Gaza aussi», a dit le haut-commissaire.

Il a par ailleurs dénoncé un «recours disproportionné à la force» par les forces de sécurité israéliennes «qui nous amènent à soupçonner fortement des exécutions extrajudiciaires».

Voir de plus:

Abbas demande à l’ONU de protéger les Palestiniens
Conseil des droits de l’hommeLe chef de l’Autorité palestinienne poursuit sa bataille diplomatique devant le Conseil des Droits de l’homme.
Mahmoud Abbas, le chef de l’Autorité palestinienne Image: EPA
Alain Jourdan

28.10.2015

Mahmoud Abbas, continue sa tournée en Europe et poursuit son offensive diplomatique pour tenter de gagner des soutiens et affaiblir Israël. Ce mercredi, c’est à la tribune du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève que le président de l’Autorité palestinienne a lancé de nouveau un appel à la communauté internationale. «Chacun doit assumer ses responsabilités avant qu’il ne soit trop tard», a-t-il prévenu avant de réclamer «la mise en place d’urgence d’un régime spécial de protection international pour les Palestiniens».

Mahmoud Abbas a rejeté la responsabilité des événements qui agitent Jérusalem et les territoires occupés sur Israël, son armée et ses colons. «C’est la conséquence de l’étau mis sur la population: le doublement des colonies, les constructions illicites sous la mosquée Al-Aqsa, l’édification d’un mur pour aliéner les quartiers palestiniens, les exécutions extrajudiciaires…», a expliqué le président de l’Autorité palestinienne. Il a affirmé qu’Israël avait protégé «les forces extrémistes qui s’en prennent aux sites religieux chrétiens et musulmans».

«Toute tentative de remise en cause du statu quo de 1967 pourrait avoir de très graves conséquences. Cela risquerait de transformer ce conflit politique en un conflit religieux», a mis en garde Mahmoud Abbas avant d’exhorter l’ONU à faire respecter toutes les résolutions adoptées ces dernières années. «Le temps n’est-il pas venu pour la communauté internationale de cesser de parler de la cause palestinienne, de prendre enfin des mesures pratiques et de lancer des procédures qui iraient dans le sens de la justice?», a-t-il lancé. Et d’ajouter un peu plus tard: «Nous avons vécu 70 ans de souffrance, d’injustice et de perpétuation (…) de la plus longue occupation de l‘histoire moderne, c’est assez!»

Pour le président de l’Autorité palestinienne, «la paix est encore à portée de main» mais plus pour longtemps. «La formule à appliquer est simple. Israël doit mettre un terme à l’occupation de nos terres, stopper l’oppression et empêcher les colons de commettre des actes criminels», a-t-il expliqué. Et d’ajouter: «Nous réclamons l’unité de notre terre et de notre peuple, nous refusons toute solution autre intérimaire ou partielle».

Pendant près de quarante minutes, devant un parterre de diplomates très attentifs, Mahmoud Abbas a étiré son argumentaire, assurant que le futur Etat palestinien veillerait à respecter tous les plus hauts standards du droit international.

Comme à New York, le 30 septembre dernier, le chef de l’Autorité palestinienne a répété qu’un accord était sans valeur dès lors que l’une des deux parties ne le respectait pas. «Nous n’aurons pas la sécurité et la stabilité tant que l’occupation israélienne continuera et tant que la Palestine n’aura pas son indépendance avec Jérusalem Est pour capitale, dans le respect des frontières de 1967», a martelé Mahmoud Abbas.

Voir enfin:

Palestine : nouvelles données transmises à la CPI
Le Monde.fr avec AFP et Reuters

31.10.2015

C’est le troisième dossier déposé depuis le début de l’année. L’Autorité palestinienne a transmis vendredi 30 octobre à la Cour pénale internationale (CPI) de nouveaux éléments pour tenter d’obtenir l’adjonction des dernières violences dans les territoires palestiniens à l’enquête liée au conflit de l’été 2014 dans la bande de Gaza.

Après une réunion avec la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, le ministre palestinien des affaires étrangères, Riyad Al-Maliki, a déclaré que le nouveau dossier contenait des preuves d’« exécutions extrajudiciaires, de démolition d’habitations, de sanctions collectives », y compris des faits remontants aux quarante derniers jours.

Depuis le 1er octobre, une vague de heurts, d’agressions et d’attentats anti-israéliens a fait 63 morts (dont un Arabe israélien), côté palestinien, et neuf, côté israélien, dans les territoires à Jérusalem et en Israël. La moitié des Palestiniens tués ont été abattus en commettant des attentats.

Un rapport d’Amnesty international, publié le 27 octobre, recense quatre cas avérés où des Palestiniens « ont été délibérément abattus par les forces israéliennes alors qu’ils ne posaient pas de danger immédiat à leur vie, dans ce qui apparaît comme des exécutions extrajudiciaires. »

Visite à Gaza impossible
L’Autorité palestinienne a adhéré à la CPI au début de l’année, suscitant des protestations de la part d’Israël, des Etats-Unis et de plusieurs pays européens. Dès janvier, la CPI a ouvert une enquête préliminaire sur la guerre de cinquante jours qui a fait 2 100 morts, côté palestinien, pour la plupart des civils, et plus de 70 morts côté israélien, presque exclusivement des soldats, à l’été 2014 dans la bande de Gaza.

Mais les responsables de La Haye n’ont pas encore pu se rendre sur place, les Israéliens leur défendant d’accéder à l’enclave palestinienne. Le ministre palestinien rapporte qu’ils « ont promis qu’ils poursuivraient leurs efforts pour obtenir les autorisations (…) d’une visite ».

Centaines de logements dans des colonies, « légalisés » par Israël
Dans le climat de tension exacerbée entre Israéliens et Palestiniens, le gouvernement a légalisé rétroactivement vendredi près de 800 logements dans des colonies de Cisjordanie occupée. Les habitations se trouvent dans les colonies de Yakir (377 logements), Itamar (187) et Shiloh (94), dans le nord de la Cisjordanie, et de Sansana (97) dans le sud du territoire palestinien, selon des informations publiées sur le site du ministère de l’intérieur israélien.

La décision date d’il y a deux semaines mais vient juste d’être rapportée dans la presse israélienne. Pour la communauté internationale, toutes les colonies israéliennes en Cisjordanie sont illégales, mais Israël fait la distinction entre colonies « légales » et sauvages.

« Même si cela n’a pas l’impact de l’annonce de nouvelles constructions, il s’agit indéniablement d’un gage accordé aux colons par (Benjamin) Nétanyahou », le premier ministre israélien, a déclaré à l’AFP Hagit Ofran, une des responsables de l’organisation israélienne anticolonisation La Paix maintenant.

Voir par ailleurs:

Londres a sous-estimé l’islamisme au nom du politiquement correct
Fayez Nureldine
Sputnik

01.11.2015

Le ministre des Affaires étrangères britannique a avoué que le gouvernement britannique fermait les yeux sur la propagation de l’activité extrémiste dans le pays au nom de « multiculturalisme ».

La Grande-Bretagne a réalisé trop tard le danger lié à l’extrémisme islamiste, a annoncé le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond lors d’une visite au Bahreïn.

Selon lui, la montée en puissance des tendances extrémistes est le « défi principal » du monde contemporain.

« En Grande-Bretagne, nous l’avons réalisé un peu trop tard, mais nous devons résister à toutes les formes d’extrémisme, et pas uniquement celles qui impliquent de la violence », a-t-il déclaré.

« Nous avons reconnu à contrecœur le lien entre une forme agressive d’extrémisme et toutes les autres formes d’extrémisme. Pendant des décennies, nous avons à tort fait une différence entre ces deux formes. Au nom de multiculturalisme, nous avons toléré et même salué des idées, un modèle de comportement et l’activité d’organisations qui semaient la division et l’intolérance », a souligné le chef de la diplomatie britannique.

Philip Hammond a expliqué que la stratégie de lutte antiterroriste du gouvernement comprendra entre autre l’examen des raisons de ce qui pousse « des jeunes hommes et femmes à refuser un bon travail et des perspectives afin de mourir sous le drapeau noir de l’Etat islamique ».

« Personne ne devient terroriste en une nuit. C’est tout un processus de radicalisation, c’est une voie qui commence par des expériences naïves avec un système des valeurs simplifié et qui finit par l’autodestruction », a-t-il ajouté.

Il est à noter qu’un département spécial d’analyse de l’extrémisme a été créé au sein du ministère de l’Intérieur du Royaume-Uni afin de détecter les terroristes potentiels.

Au Royaume-Uni, les terroristes potentiels se comptent par milliers
Auparavant, les médias britanniques ont rapporté, en se référant à des sources au sein des services de renseignement, que près de 3.000 islamistes prêts à perpétrer des attentats à tout moment se trouvent sur le territoire du Royaume-Uni. La moitié des suspects habite à Londres, mais d’autres régions sont qualifiées de « problématiques », notamment le comté des Midlands de l’Ouest et la ville de Manchester (nord-ouest).

Selon les dernières informations, plus de 28.000 ressortissants d’Europe, d’Asie et d’Amérique ont rejoint les rangs des organisations djihadistes Al-Qaïda et Etat islamique, des hommes âgés de 15 à 35 ans pour la plupart, principalement motivés par l’idéologie extrémiste. Les autres raisons qui les poussent à se joindre aux djihadistes sont la rémunération ainsi que la lassitude liée à la vie quotidienne dans leurs pays d’origine.

Début 2014, le groupe djihadiste Etat islamique cherche à créer un califat sur les territoires irakiens et syriens tombés sous son contrôle. Il est à noter que les terroristes visent également les pays occidentaux. Ainsi, le nombre d’attentats dans les pays européens s’est considérablement accru en 2015.

Voir encore:

Was Chris Mercer Harper Inspired by Vester Flanagan?
Sam Prince

October 1, 2015

A blog post allegedly written by reported Umpqua Community College gunman Chris Mercer Harper seems to idolize Vester Flanagan, the man who killed two WDBJ7 TV reporters on-camera last month. A post written on August 31, in a blog allegedly operated by Harper, states:

A transcript reads:

As I’m sure you all know, a few days ago there was a shooting in Virginia. A man named Vester Flanagan opened fire on two former colleagues on live tv. He also recorded his own footage of the event. While reading about the event, I read some excerpts of his manifesto the media was releasing. And I have to say, anyone who knew him could have seen this coming. People like him have nothing left to live for, and the only thing left to do is lash out at a society that has abandoned them.

His family described him as alone, no partner/lover. A victim not only of his own perception but also of our social media soaked enviroment. He posted the footage on facebook and twitter as well tweeting while he was running from the cops because he wanted the world to see his actions, much like many others post menial and trivial details of their life online and expect us to see it. Only his was at least a bit more interesting.

On an interesting note, I have noticed that so many people like him are all alone and unknown, yet when they spill a little blood, the whole world knows who they are. A man who was known by no one, is now known by everyone. His face splashed across every screen, his name across the lips of every person on the planet, all in the course of one day. Seems the more people you kill, the more your’re in the limelight.

Sorry if this seems a bit disjointed, but these are just my thoughts on the matter. I thought I’d post this seeing as how my last blog post generated some good comments.

Also, if anyone gets the chance, go on youtube and see the footage of him shooting those people. It’s a short video but good nonetheless. Will post more later
Flanagan opened fire during a live interview with a member of the local Chamber of Commerce. Cameraman Adam Ward, 27, and reporter Alison Parker, 23, of WDBJ 7 TV, were killed. The woman being interviewed, Vicki Gardner, was also shot and wounded, the Roanoke Times reports, but recovered. Gardner is the executive director at the Smith Mountain Lake Regional Chamber of Commerce.

Most notably, Flanagan posted video of the shooting on his Facebook and Twitter pages. The video shows him approaching the victims, and pointing a gun at them. He is behind them for several moments as Parker interviews Gardner. He holds the gun out until Ward turns the camera back toward Parker and Gardner, and then begins firing. The camera then shakes and drops as he opens fire. The camera continues recording, with a black screen, as screams and several more gunshots are heard. Flanagan fired 15 times, emptying the entire magazine of the Glock handgun he was carrying. He purchased the gun legally two weeks before the shooting.

Flanagan was later confronted by police in Fauquier County, about three hours away from where the shooting occurred.

Voir enfin:

Monde
VIDEO. Etats-Unis: Un policier a été abattu d’une balle dans la tête à New York
FAITS DIVERS Il était âgé de 33 ans…

20 Minutes avec AFP

21.10.2015

La balle l’a frappé en pleine tête. Et il n’a pas survécu. Un policier new-yorkais âgé de 33 ans est mort dans la nuit de mardi à mercredi. Originaire du Guyana en Amérique du Sud, Randolph Holder travaillait dans la police de New York depuis cinq ans.

Son père et son grand-père étaient également policiers au Guyana, a précisé le chef de la police Bill Bratton lors d’une conférence de presse. Randolph Holder s’était rendu à Harlem avec plusieurs collègues après des coups de feu dans un parc près d’un quartier HLM.

Le suspect a été arrêté
Une victime sur place a affirmé qu’un homme armé venait de lui voler son vélo. Le suspect à vélo a été localisé, et un échange de coups de feu a suivi, durant lequel le policier, qui était en civil, a été atteint d’une balle en pleine tête. Il est décédé peu après, a raconté le chef de la police.

Un suspect a été arrêté. Il a été blessé à la jambe lors d’un échange de coups de feu, a précisé Bratton. Trois autres hommes ont également été interpellés, soupçonnés d’avoir participé aux événements de la nuit.

Bratton a rendu hommage à Randolph Holder, soulignant qu’après avoir «reçu un appel, il avait couru vers le danger. C’est la dernière fois qu’il répondra à cet appel», a-t-il ajouté. Randolph Holder est le quatrième policier new-yorkais tué depuis décembre 2014.

Quatrième policier tué
Deux agents des forces de l’ordre, Wenjian Liu, 32 ans, et Rafael Ramos, 40 ans, avaient été tués par balle le 20 décembre 2014 alors qu’ils étaient assis dans leur voiture à Brooklyn. Leur meurtrier, qui semblait vouloir venger ainsi la mort de deux noirs tués par la police aux Etats-Unis, s’était ensuite suicidé.

En mai dernier, un autre policier de 25 ans, Brian Moore, avait été tué par balle dans sa voiture dans le quartier du Queens. Un suspect a été arrêté et inculpé.

Voir de même:

New York: Deux policiers abattus dans leur voiture, Obama condamne
ENQUETE Le tueur, Ismaaiyl Brinsley, 28 ans, a tiré à plusieurs reprises sur les policiers, qui étaient assis dans leur voiture, à travers la fenêtre du passager, les atteignant à la tête…

20.12.2014

Le président américain Barack Obama a condamné ce dimanche «inconditionnellement» l’assassinat à New York de deux policiers abattus de sang froid par un homme seul, à un moment où la mort de Noirs non armés entre les mains de la police a exacerbé les tensions.

«Je condamne inconditionnellement le meurtre aujourd’hui de deux policiers à New York. Deux hommes courageux ne rentreront pas chez eux ce soir retrouver leurs proches, et pour cela il n’y a aucune justification», a déclaré le président Obama dans un communiqué. «Aujourd’hui, je demande aux gens de rejeter la violence et les mots qui blessent et de préférer les mots qui guérissent», a ajouté le président.

Contexte tendu
Les deux policiers -Wenjian Liu, marié depuis deux mois et Rafael Ramos- ont été tués par balles samedi après-midi à Brooklyn dans leur voiture, «assassinés» par un homme noir de 28 ans qui s’est ensuite suicidé, a annoncé la police de New York. Le double meurtre, commis en plein jour dans la plus grande ville des Etats-Unis absorbée par les préparatrifs de Noël, a choqué la population.

L’attaque a eu lieu à Brooklyn, dans le quartier de Bedford Stuyvesant à 14h50 locales (20h50 à Paris), dans un contexte tendu du fait de manifestations à répétition à New York, après la récente décision d’un grand jury de ne pas poursuivre un policier impliqué dans la mort d’Eric Garner, père de six enfants soupçonné de vente illégale de cigarettes mort en juillet dernier lors d’une interpellation musclée à Staten Island, et après la mort d’un autre Noir non armé, tué dans la cage d’escalier obscure d’une HLM de Brooklyn le 20 novembre par un policier débutant.

«Purement et simplement assassinés»
Le tueur, Ismaaiyl Brinsley, a tiré à plusieurs reprises à travers la fenêtre du passager sur les policiers, qui étaient assis dans leur voiture de patrouille et n’ont pas eu le temps de sortir leur arme, les atteignant à la tête. «Ils ont été tués par balle, sans avertissement. Ils ont été purement et simplement assassinés», a déclaré, très ému, le chef de la police Bill Bratton, lors d’une conférence de presse.

Le meurtrier, qui n’aurait pas de lien terroriste, était venu de Baltimore, à 300 km au sud de New York. Pourchassé par d’autres policiers alors qu’il s’enfuyait à pied, il a mis fin à ses jours sur un quai de métro à proximité, a ajouté le chef de la police. Selon Bill Bratton, il avait auparavant posté sur les réseaux sociaux des commentaires très hostiles à la police.

Police traumatisée
Il y mentionnait Eric Garner et Michael Brown, un jeune noir tué par la police à Ferguson (Missouri) en août, selon les médias locaux. Le double meurtre a profondément traumatisé la plus importante force de police des Etats-Unis, dont deux membres avaient déjà été attaqués le 24 octobre par un homme armé d’une hachette. Le maire de New York Bill de Blasio, démocrate dont les relations sont difficiles avec sa police, a dénoncé samedi soir un «assassinat ressemblant à une exécution».

Le procureur de l’Etat de New York Eric Schneiderman a évoqué un «acte affreux de violence» et de nombreux policiers des différents commissariats de New York ont exprimé leur choc sur Twitter, envoyant condoléances et prières aux familles des victimes. C’est la septième fois depuis 1972 que des policiers travaillant à deux sont ainsi tués à New York, selon Bill Bratton.

Le meurtrier avait aussi blessé par balle samedi matin son ex-petite amie à Baltimore, avant de partir pour New York, a indiqué Bill Bratton. Il a expliqué que Brinsley utilisait apparemment le compte instagram de la jeune femme pour ses commentaires anti-police.

Voir par ailleurs:

Report: ‘Desperate’ Harvey Weinstein ‘Wants Tarantino to Apologize’ For Cop Hate

John Nolte

31 Oct 2015

Page Six reports that no less than Harvey Weinstein, producer of “The Hateful Eight,” has joined much of the rest of the world in expressing his anger at director Quentin Tarantino’s anti-cop hate rhetoric. According to the report, Weinstein, who probably has close to $80 million invested in the three-hour Western, is “desperate” for “Tarantino to apologize, or at least walk back his comments.”

Apparently, Weinstein is said to be considering “conciliatory moves, such as special screenings of “The Hateful Eight” for police officers and their families.”

But it is hard to imagine Tarantino being okay with that.

Why would the director want “murderers” and their families to enjoy a free screening of one of his movies?

Last weekend, at an anti-cop hate rally in New York, that’s what Tarantino repeatedly called police officers: “murderers.” And now the roof is caving in as one powerful, big city police union after another joins a boycott against “The Hateful Eight,” which hits theaters this Christmas.

It is no secret that Weinstein has had one of his worst years ever at the box office. After publicity costs, “Paddington” probably didn’t break even. Same with “Woman In Gold.” The Weinstein Company desperately needs “Hateful Eight” to not just refill the company coffers but to be in Oscar contention.

Weinstein is no stranger to controversy. Like his director, Weinstein has been afflicted with the bubble-dumbness that comes with years of living in the provincial world of left-wing Hollywood. In 2009, Weinstein led the charge in one of Hollywood’s worst public relations debacles ever — in defense of Roman Polanski, a man who fled justice and has never paid a price for drugging, raping, and sodomizing a 13 year-old girl.

As the American population has increased over the last 15 years, ticket sales have flat-lined.  Hollywood is the only business in the world that regularly insults half its customers and then deludes themselves into believing it doesn’t matter.

It does. And in the age of New Media, where the corrupt legacy media can no longer bottleneck or manipulate information inconvenient to Hollywood’s bottom line, the problem is only going to get worse.

Voir aussi:

Roof Caves In On Cop-Hater Tarantino: 1,000 Police Organizations Join ‘Hateful Eight’ Boycott

John Nolte

31 Oct 2015

The chickens have come home to roost for director Quentin Tarantino, a thousand of them in fact, as the National Association of Police Organizations announces that it, and the 1,000 police units and associations it represents, will join the boycott against “The Hateful Eight.”

Add to that number nearly a quarter of a million law enforcement officers represented by this group.

In a cynical attempt to boost his standing with the left-wing black media, the sheltered, out-of-touch Tarantino joined a Black Lives Matter-affiliated anti-cop hate rally and called police officers “murderers.”

Harvey Weinstein, producer of “The Hateful Eight,” is reportedly “furious” at Tarantino and “desperate” to see the director apologize for his objectively appalling comments. Weinstein has somewhere around $80 million invested in the three-hour Western, and after a lousy year, desperately needs a box office hit and an Oscar contender.

You can’t succeed in Hollywood at the level Tarantino has without being smart. His problem is that he’s bubble-dumb, so shielded and removed from real life that he thought spewing anti-police hate at a hate rally was good public relations.

Mr. Tarantino needs to turn off CNN, grow a beard, and move to Wyoming for a year.

Provincialism does not become him personally, nor does it become his art.

Voir enfin:

Palestinian Suffering

Richard Landes

The Augean stables

PALESTINIAN SUFFERING

Few people have suffered more constant misery and daily oppression in the last 50 years than the Palestinians. The key issue, however, concerns not the amount — although it has obviously been grossly exaggerated — but the source of that suffering. There are wildly varying accounts of who is to blame. Our purpose here is not to assess how much blame to assign – that everyone must do on their own – but to list the major contributors to Palestinian suffering, and what is the nature of that contribution. We welcome comment, further examples, suggestions, links, reflections, additions.

ISRAEL:

The most obvious source of Palestinian suffering is the Israelis. According to the dominant Palestinian “victim” narrative, the Zionists came into the region, took their land, and, when war broke out in 1948, drove almost a million of them from their homes and relegated those who remained to second-class citizenship. The dominant Israeli narrative has argued that they came as civilians, purchasing property, developing the economy, clearing malaria-infested swamps. Israelis claim that most of the refugees were created by the Arab armies that sought to destroy Israel and urged the Arab inhabitants to leave. Arabs, whose own leaders openly declared their intention to massacre Israelis, naturally believed that the Israelis would do the same to them.

Recently Israeli “new” or “post-Zionist” historians have questioned the Israeli version, arguing that there were concerted efforts to drive out Arab populations, as well as some actual massacres of Arab civilians. This revisionist work has received sharp criticism from historians who argue that these writers have misrepresented, even distorted the contents of the archives on which they base their work. (That Israeli historians would distort history to criticize their own country may strike some as bizarre if not inexplicable, but such a move combines both hyper-self-criticism with therapeutic history: If we apologize, maybe they’ll stop hating us.) Not surprisingly, the Palestinian reaction to Israeli post-Zionism has been more favorable: they think it confirms their narrative, and affirms their grievances.

Since the conquest of the West Bank and Gaza Strip in the 1967 war, over 2 million Palestinians have come under the military rule of Israel; and since the two uprisings of 1987-92 and 2000-?, the hostilities have produced a particularly onerous situation, in which Palestinian suffering most obviously derives from Israeli actions – curfews, check-points and shut-downs. To those who do not know the history of the conflict, the image of the Palestinian David throwing rocks and the Israeli Goliath in his tanks and planes seems not only accurate but poetically ironic.

the new intifada
Book cover for The New Intifada: Resisting Israel’s Apartheid

Most observers who, consciously or unconsciously accept the way that Arab and Palestinian leadership have framed the struggle in terms of zero-sum outcomes, stop here. This is the foundation of both the Politically-Correct and the Post-Colonial Paradigms (PCP1 & 2). For the politically correct, who would not dream of challenging the Arab mind-set, there is no need to go further. Indeed some, exceptionally self-critical Israelis go still farther in the same direction: It is the Arabs who have sought peace and the Israelis who have rebuffed them. Obviously, Israeli victories mean Palestinian defeats; obviously Israeli presence means Palestinian displacements; obviously Israeli independence is a Palestinian Naqba. Obviously Israel and its ally America are the greatest contributors to Palestinian suffering. And were this the only way to conceive of the conflict, such a narrative might well be true.

But from the perspective of progressive, positive-sum interactions and the civil society such interactions foster, this can hardly be the whole story. On the contrary, when Zionists first came to Palestine the population was under a million. Today it pushes 10 million. Modern civil society and the culture of abundance that it produces can create many new opportunities for all involved. This need not have been a zero-sum conflict, and while some Zionists, observing the growing dominion of al Husseini, argued for kicking Arabs out, many more continued to argue for a productive collaboration. So we now turn to the other sources of Palestinian suffering, those who have either forced or encouraged the Palestinians to see it only as a zero-sum game, and to see the Israelis only through the lens of their own political rules: Dominate or be dominated.

ARAB POLITICAL CULTURE:

The contribution of Arab political culture to the suffering of Palestinians is less evident to those who do not know the history of the conflict. Arab political culture before Zionism was among the most autocratic and exploitative of the many “traditional” political cultures: With Turkish administrators, wealthy Arab landlords living in Egypt, and Bedouin tribes raiding whenever they could, the plight of the Palestinian peasant had involved plenty of suffering. That kind of suffering continues endemically throughout the Arab world today, regardless of whether the populace lives in an oil-rich state or not.

It is characteristic of prime-divider societies run by adherents of the dominating imperative.

But the Arab-Israeli conflict has increased the role of Arab political culture in the specific suffering of the Palestinians as a people. Fundamentally committed to zero-sum outcomes in this conflict – Israel should not exist, and nothing short of the elimination of the “Zionist entity” could resolve the conflict – Arab political culture has consistently chosen wars they lose to resolution in this conflict. In the inability to succeed in this goal, Arab political culture has largely preferred negative-sum solutions than exploring mutually beneficial solutions.

In 1958, Ralph Galloway, former UNWRA director wrote:

“The Arab states do not want to solve the refugee problem. They want to keep it as an open sore, as an affront to the United Nations, and as a weapon against Israel. Arab leaders do not give a damn whether Arab refugees live or die.”

One might even make a more damning assertion: they do care; they want and need them to suffer.

ARAB LEAGUE:

Thus when the UN resolution of 1947 created two states, with the Palestinian one significantly greater than the Israeli, which consisted of three scarcely contiguous units, the largest of which was desert wilderness, the Arab League, without consultation with the Palestinian people (just coordination with the Nazi ally al-Husseini, rejected the partition and prepared for a war of annihilation.

The ensuing disaster (al-Naqba) produced a much larger and contiguous Israel with a substantial minority of Arab residents, and a widely dispersed population of Arab war refugees. At this point, rather than negotiate the best possible situation for the refugees, the Arab League unanimously chose to continue the war and confine the Palestinian refugees to camps, as a weapon against Israel. The Palestinians became the sacrificial pawn of Arab politics, forced to live in squalor, indoctrinated with Nazi-inspired propaganda in their schools, and held up to the world as an example of Israeli crimes against humanity. And of course, the worse they suffer, the worse the crime.

But whose crime?

This state of affairs beggars the liberal imagination. Indeed many observers just assume that it was the Israelis who put the refugees in camps and kept them there. Michael Moore speaks about a visit to the refugee camps in 1988:

Although in my life I had already traveled through Central America, China, Southeast Asia, and other parts of the Middle East. I wasn’t ready for what I saw in the refugee camps in the Occupied Territories. I had never encountered such squalor, debasement, and utter misery. To force human beings to live in these conditions – and deo so at the barrel of a gun, for more than forty years — just made no sense. Stupid White Men, p. 178.

Now Moore seems to presume that it’s the Israelis who have done this to the Palestinians. (His next paragraph goes into how badly the Jews have been treated in the past and how sad that they should turn around and do it to someone else — the favorite formula of those attracted to moral Schadenfreude.) He seems to have no awareness that for the first (and critical) half of the Palestinian experience of refugee confinement, it was Arab rulers and Arab guns who kept them in misery, and that once Israel took over they tried to move these unfortunate victims out into decent housing, and it was the Arabs who pushed UN Resolutions insisting that they be returned to the squalor of the camps.

How much more nonsensical is that — it’s the Arabs who want their misery, not the Israelis?

Unless one thinks in terms of Domineering Cognitive Egocentrism, and the Honor-Jihad Paradigm.

After the second Naqba of 1967, with the Israelis offering to return most of the conquered territories in exchange for peace, the Arab League met at Khartoum and issued the “Three No’s” – “No negotiations, no recognition, no peace!” In the context of contributing to Palestinian suffering, this decision of the Arab League — with Arafat, al-Husseini’s nephew, representing the Palestinian people’s “interests” — reveals perhaps more than anything, the “incomprehensible” skew of this conflict. To save the “honor” of the Arab nation and not have to recognize or make peace with this rebellious, tiny, Dhimmi people, these Arab leaders preferred to leave over two million Arabs under Israeli rule. And given how for an Arab Muslim, it is a stain to one’s honor to live under the rule of another people — above all, a people who should be subject — they knew that this “occupation” they were sanctioning, would poison the Israeli’s world no matter how beneficent or economically advantageous Israeli rule might prove.

And when the Palestinians threatened the stability of the Hashemite kingdom in Jordan – the only Arab country to offer them citizenship – King Hussein’s troops massacred as many as 10,000 Palestinian men, women and children in one month, remembered in Palestinian lore as Black September. PLO troops fled to Israel rather than fall into Jordanian hands. Many Palestinians and other Arabs acknowledge their victimization by their “fellow” Arabs. Current Palestinian Authority Prime-Minister Mahumud Abbas said in 1976 that,

…the Arab armies entered Palestine to protect the Palestinians from Zionist tyranny but, instead, they abandoned them, forced them to emigrate, and to leave their homeland, and threw them into prisons similar to the ghettos in which the Jews used to live.” (Falastin a-Thaura, March 1976).

However, such honest remarks by Palestinians are tempered partly by their desire to enlist support from the very Arabs who victimized them, partly by their fear of reprisal, partly by their honor-bound need to believe that the Israelis are their greatest enemies.

PALESTINIAN LEADERSHIP: Palestinian political culture, from the earliest period of Zionist settlement, has fostered the zero-sum mentality whenever possible. The uprising of 1936-9, supposedly fighting the British and the Zionists, ended up killing far more Arabs (vendettas, looting) than either English or Jews. The Peel Commission (1939) asked Arab rioters why, despite the increased levels of prosperity brought to Palestine by their arrival, they attacked the Jews, one Arab responded:

You say we are better off: you say my house has been enriched by the strangers who have entered it. But it is my house, and I did not invite the strangers in, or ask them to enrich it, and I do not care how poor it is if I am only master of it.” (Weathered by Miracles, p. 207)

The pattern whereby the Palestinians suffered more from the militant policies of their leadership than Israelis became a standard feature of all the “uprisings,” from the “nationalist uprising” of 1936-39, to the “intifada” of the late 1980s and the “second intifada” of 2000. In general, terrorists almost never limit their aggression to the “enemy”, and since their own populations do not have the protection that enemies can mobilize, they tend to suffer the daily impositions of their “militants” far more. And until it becomes completely unbearable, most people in such terror-dominated societies stay silent.

“SECULAR” PALESTINIAN LEADERSHIP: The degree to which Palestinian leadership has followed the lead of Arab League politics in victimizing its own people can best be seen in the formation of the PLO in 1964. Rather than demand the West Bank and the Gaza Strip, governed by Jordan, as a sovereign nation in which they might begin the long-overdue process of getting people out of the refugee camps and into decent housing and work situations, they ignored the plight of their brethren, and focused on the elimination of the Zionist entity. National Liberation consistently took second place to the annihilation of another nation.

The widespread practice of executing “collaborators” without trial, even women, has throttled any “moderate” Palestinian leadership from emerging. Rape and sexual assault of women is a common form of intimidating other Palestinians into cooperation and as a way of rewarding one’s “soldiers” for their efforts. Palestinians themselves often acknowledge how much of their suffering derives from the corruption of their own leaders, but rarely do they take it the further step to wonder whether this is not merely corruption or violence, but also an endemic problem of their political culture.

ISLAMIC POLITICAL CULTURE: The emergence of a powerful culture of Jihad in Palestinian circles (Islamic Jihad and Hamas) have intensified the dynamic of self-inflicted suffering. Promoting a culture of death that encourages youth to die trying to kill Israelis has contributed immeasurably to the casualties among Palestinian youth, whether intentionally or unintentionally. The notion that suffering in this world wins rewards in the world to come gives a particularly powerful motivation to self-destruction. Indeed, Islamic Jihad gives a new meaning to positive-sum outcomes within the framework of negative-sum behavior: if a Muslim dies in battle with the infidel, he goes to heaven; if he succeeds in winning the Jihad, his reward is in this world as well. The war begun in October 2000, in which Islamic Jihad has played a particularly prominent role, has inflicted immense suffering on the Palestinians, perhaps more than almost any earlier catastrophic rush to violence.

INTERNATIONAL FOREIGN POLICY

Once one factors in the ways in which Arab political culture thrives on victimizing the Palestinians, one becomes aware of another source of Palestinian suffering: the “support” the Palestinian leadership gets from outsiders, particularly 1) the Europeans, 2) the UN, 3) the “progressive left,” and 4) the media. For the last three decades, since the mid-1970s, these parties have become increasingly anti-Israel and, supposedly, pro-Palestinian.

The mistake appears in the very formulation. By falling into the zero-sum formulations of the Arab and Palestinian leadership, these major world forces reinforce the very figures who have most to win from victimizing the Palestinians.

LEFT:

The role of the Left may be the single most striking illustration of the ironic reversals in this conflict. One might argue in the last decade that the Palestinians have become the “chosen people” of the Left, in that anyone who is more critical of them than of the Israelis is considered a right-wing neo-conservative (at best). And yet, the Palestinians have hardly flourished under this “progressive” solicitude. Rather than urging the Palestinians to develop the kind of qualities necessary for a progressive state that takes care of its citizens and encourages freedom of thought and expression (e.g., public self-criticism, protection of dissidents), the Left has systematically “explained” Palestinian violence as the result of Israeli (and American) policies. As a result, the Left reinforces the most regressive and fascist elements in Palestinian culture, even as they claim to work for peace and civil society.

MEDIA:

The contribution of the Media to Palestinian suffering may be the most subtle, but also the most pervasive. The nature of media coverage – if it bleeds it leads – has always favored violence, and in particular fed the need of terrorists for attention. Its superficial and dramatic news has encouraged the systematic victimization of Arabs for the purposes of international sympathy. By ignoring or playing down the Palestinian calls for genocide against Israel and hatred of the West, while at the same time portraying Israel as the cause of war and of whatever damage Palestinians do to themselves, the media have contributed to a profound misunderstanding of the sources of – and therefore the solutions to – the conflict.

But the principle “if it bleeds it leads” actually takes second seat in the MSM coverage of the Arab-Israeli conflict to who commits the violence. When Israeli kills a Palestinian child, it receives a good deal of coverage; when the Palestinians kill Palestinian children, newsreports are laconic at best. (Google Palestinians kill Palestinian child and you get only entries on Israelis killing Palestinian children.)

Given the extraordinary sensitivity of Arab honor-shame culture to public disapproval, one might even argue that the sympathy and understanding that the media grant to the most depraved of Palestinian terrorists, represents an enormous opportunity cost. When 500 Palestinian intellectuals denounced suicide terrorism, they did so because it did not serve the Palestinian cause — indeed it lost them international sympathy. Were the international community to have condemned it with even greater insistence, these voices would have had even greater strength. When the media mis-reported the outbreak of Oslo War in late 2000, arousing world-wide support for the Palestinians in their struggle for “freedom”, they encouraged Arafat to believe that “the whole world is behind him” so that he had no need to work to lessen the violence. By promoting and diffusing stories of alleged atrocities committed by Israel without a solid background check, the media reinforce the hate-mongering propaganda of the Palestinian leadership. “Balancing” negative coverage of the Arabs with unfounded accusations of the Israelis, for example, balancing stories of “honor killings” with accusations of rape of Palestinian women by Israelis and seizing on Palestinian accusation of “massacres.”

There is no question how much Palestinians have suffered and continued to suffer, but there are many sources to this suffering. To truly sympathize and help improve the wretched condition of Palestinians, one must understand the wide range the factors that cause their suffering. One way to conceive of this problem is to ask, what if the Palestinians had their own state? Would their conditions improve? To judge by their conditions under Jordanian rule (1948-67), or their conditions in Lebanon when the PLO had power (1970-82), or Gaza after withdrawal (2005-), or by the fate of other Arab peoples ruled over by their own elites… no. If the state and its governors are committed to ruling for the people, if they pursue positive-sum strategies both domestically and with the Israeli neighbors, then we can hope for a dramatic improvement in their condition. But for that to happen, we progressives would need to put our shoulders behind a very different wheel.

Can we do it? What’s preventing us?

Voir par ailleurs:

En Syrie, un djihadiste occidental sur trois serait français
Edouard de Mareschal
Le Figaro
05/09/2014

INFOGRAPHIE – Plus de 3000 Occidentaux seraient partis combattre aux côtés des djihadistes en Syrie. Parmi eux, entre 700 et 900 sont français.

Le djihad attire de plus en plus d’Occidentaux. Fin mai, ils étaient au moins 3000 à avoir rejoint les rangs des islamistes radicaux qui combattent en Syrie, selon le Soufan Group, un organisme de renseignement basé à New York. La France est la plus «représentée» en nombre de tous les pays occidentaux. Elle compte 700 ressortissants sur place, selon des données compilées par The Economist. Une estimation plus basse que celle des services du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, selon lesquels 900 Français étaient concernés à la mi-août. Vient ensuite la Grande-Bretagne, avec 400 ressortissants actuellement en Syrie. Puis l’Allemagne (270 ressortissants), talonnée par les Belges, avec 250 ressortissants.

10 à 15% de femmes
Mais lorsqu’on regarde la proportion de combattants par rapport à la population de leurs pays d’origine, le classement est sensiblement différent. La Belgique arrive largement en tête, avec 22 ressortissants partis au djihad pour un million d’habitants. Le Danemark arrive en deuxième position, avec 17 ressortissants pour un million d’habitants. La France arrive en troisième position: on compte 11 Français partis en Syrie pour un million d’habitants. Il est important pour l’État islamique de compter des Occidentaux dans ses rangs. Le choc provoqué par l’accent londonien de(s) assassin(s) de James Foley et Steven Sotloff en est la meilleure illustration. «Des otages libérés des griffes de l’État islamique ont dit qu’ils avaient été gardés par trois anglophones. Les djihadistes étrangers peuvent également contacter par e-mail les familles d’otages dans leurs propres langues pour demander des rançons», explique l’hebdomadaire.

Le Soufan Group estime que jusqu’en mai, quelque 12.000 combattants issus de 81 pays différents avaient rejoint le djihad en Syrie. Mais ce chiffre doit être bien plus important aujourd’hui. Car depuis que l’État islamique a fondé le «califat» le 29 juin, «le recrutement a explosé», assure le journal. «La Syrie a attiré des combattants plus vite que n’importe quel autre conflit dans le passé, que ce soit la guerre d’Afghanistan dans les années 1980 ou celle d’Irak après l’invasion américaine de 2003.» La guerre sainte prônée par l’État islamique fait venir essentiellement des hommes en dessous de 40 ans. Mais elle séduit de plus en plus de femmes. Elles représentent environ 10 à 15% de ceux qui voyagent en Syrie, estime-t-on au Centre international d’étude sur la radicalisation, un groupe de réflexion basé à Londres.

Mais les plus gros pourvoyeurs de combattants étrangers pour l’État islamique restent les pays du Maghreb et du Moyen-Orient. Parmi les plus notables, on trouve la Tunisie, qui dénombre pas moins de 3000 ressortissants actuellement en Syrie. L’Arabie saoudite en compte 2500, la Jordanie 2089… La présence de ces étrangers dans les rangs des radicaux islamistes laisse leurs gouvernements respectifs dans l’embarras. Car ils sont difficiles à tracer à leur retour, à l’image de Mehdi Nemmouche, qui aurait passé un an à combattre en Syrie avant de commettre la tuerie du Musée juif de Bruxelles en mai dernier.

Voir enfin:

Le casse-tête juridique de la suppression des allocations aux djihadistes partis en Syrie
Eugénie Bastié
Le Figaro
05/11/2014

Eric Ciotti a annoncé lundi sa volonté de radier du RSA une personne partie faire le djihad en Syrie. Une décision qui semble légale mais qui sera difficile à généraliser, les conseils généraux et les CAF ne disposant pas de l’identité des personnes concernées.

Coup de com’ ou vraie décision politique? Lundi, le président du Conseil général des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a annoncé une mesure inédite en France: «j’ai décidé de procéder à la radiation d’un allocataire du RSA identifié comme étant parti en Syrie pour combattre dans les rangs de l’Etat islamique».

Pour mettre en œuvre sa décision, il s’appuie sur un cadre juridique bien précis. En effet, une des conditions essentielles pour pouvoir toucher le RSA est de «résider en France de manière stable et effective». L’article R.262-5 du Code d’action sociale et des familles précise ce critère: une résidence stable et effective signifie une résidence permanente. La personne qui touche le RSA peut accomplir hors de France un ou plusieurs séjours «dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n’excède pas trois mois». Normalement, le département aurait donc dû attendre trois mois après le départ de la personne pour la Syrie avant de la suspendre ou la radier. Mais pour Eric Ciotti, il était hors de question de donner un centime de plus à des «terroristes». «Les personnes parties à l’étranger dans la perspective de mener une guerre aux côtés d’un état terroriste n’ont pas vocation à continuer à bénéficier de la solidarité nationale» a-t-il argumenté.

Il a donc mis en avant un récent avis du Conseil d’Etat pour élargir les critères d’appréciation de la condition de résidence stable ou effective. Celui-ci précise en effet qu’«il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités ainsi que de toutes circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d’éventuels séjours à l’étranger et ses liens personnels et familiaux».

«La décision de M. Ciotti paraît à la fois légitime et légale»
Pour Virginie Ribeiro, avocate spécialiste du RSA, la décision du député parait tout à fait fondée juridiquement. «Dans le cadre du contexte actuel, et étant donné la gravité d’un départ pour la Syrie, la décision de M. Ciotti paraît à la fois légitime et légale car elle a pour objectif le maintien de l’ordre public».

Faut-il, dans ce cas, faire une loi pour généraliser la suppression des allocations aux djihadistes partis en Syrie? «Ce n’est pas nécessaire. Je pense que la décision de M. Ciotti sera suivie», estime Virginie Ribeiro. «L’article du CASF, combiné à la jurisprudence du Conseil d’Etat, me paraissent suffisants. On peut bien sûr envisager que la personne en question intente un recours devant le tribunal administratif à son retour de Syrie, mais étant donné les circonstances, il y a peu de chances que sa plainte soit entendue».

Théoriquement, la décision d’Eric Ciotti pourrait donc être appliquée dans tous les départements. Mais pratiquement, une difficulté subsiste: les noms des personnes parties en Syrie ne sont ni forcément connus, ni, quand c’est le cas, communiqués aux conseils généraux.

Le député Alain Marsaud (UMP) a déposé le 10 octobre dernier avec Thierry Mariani une résolution à l’Assemblée nationale pour la «création d’une commission d’enquête aux abus de versements des prestations sociales aux Français ayant quitté le territoire dans le but de participer au djihad». Selon lui, il avait déjà prévenu le ministre de l’Intérieur Manuel Valls au mois de juin qui «ignorait totalement le sujet».

Croiser les fichiers de la CAF avec ceux des renseignements
«J’ai pris contact avec des directeurs de Caf [Caisse d’allocations familiales]qui m’ont confirmé qu’en effet certaines personnes continuaient à recevoir des allocations alors qu’elles étaient parties pour la Syrie. Ainsi un couple recevait 2200 euros par mois pour partir faire le djihad aux frais de la République!», assure le député UMP. Selon lui, les personnes concernées établissent des procurations à des tiers qui touchent l’argent en numéraire puis les renvoient aux personnes dans les pays d’accueil.

Mais, comme les conseils généraux, la CAF n’a pas connaissance des noms des personnes parties pour le djihad. Alain Marsaud demande donc qu’«il soit possible de croiser des fichiers des caisses d’allocations avec ceux des services de sécurité». Pour l’instant ce n’est pas possible, «sous prétexte d’attaque aux libertés individuelles», déplore-t-il. Il propose également d’allouer «davantage de moyens aux Caisses d’allocations familiales afin que les versements d’indemnités de toutes sortes à ces individus puissent être rapidement stoppés».

D’après M. Marsaud, plusieurs centaines de personnes seraient concernées «Tous les gens qui sont partis là-bas sont plus ou moins allocataires, le temps qu’on s’en aperçoive, ils ont déjà touché plusieurs mois, c’est de l’argent qui va directement dans la poche de terroristes! Je dis donc bravo à M. Ciotti et j’invite tous les présidents de conseils généraux soucieux du bien public à suivre son exemple». Il s’étonne d’ailleurs que son projet de résolution «n’ait pour l’instant reçu aucun soutien ni encouragement du groupe UMP à l’Assemblée».

Voir par ailleurs:

Moyen-Orient
Jack Lang : “Un musée destiné à une Palestine libre et souveraine”
Yasmine Youssi
Télérama
29/10/2015

L’Institut du monde arabe va participer à la création du Musée national d’art moderne et contemporain de Palestine. Il propose son hospitalité aux collections, en attendant qu’elles puissent être exposées. Jack Lang nous en dit plus.

Le 16 octobre dernier, l’Institut du monde arabe, présidé par Jack Lang, signait avec l’intellectuel Elias Sanbar, actuel ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco, un partenariat en vue de la création du Musée national d’art moderne et contemporain de Palestine. Jack Lang revient pour nous sur la genèse et la nécessité d’une telle institution.

Comment est née l’idée de ce musée?

C’est le poète palestinien Elias Sanbar qui a imaginé la préfiguration de ce Musée national d’art moderne et contemporain. Nous nous connaissons depuis de longues années et j’ai énormément de respect pour lui. Elias est un homme de paix. Avec l’aide de Gérard Voisin et d’Ernest Pignon-Ernest, il a réuni une centaine d’œuvres remarquables données par d’autres artistes, essentiellement français. Il y a là des tableaux d’Henri Cueco, de Gérard Fromanger, des œuvres de Tardi ou de Barthélémy Toguo, des photos d’Henri Cartier-Bresson ou de Robert Doisneau. Restait à stocker ces œuvres avant l’édification et l’ouverture du musée dans une Palestine que nous espérons libre et souveraine. Je me suis alors dit que l’Institut du monde arabe pouvait offrir l’hospitalité à cette collection en attendant qu’elle puisse être exposée.

Faudra-t-il attendre la création d’un Etat Palestinien pour découvrir cette collection?

Pas forcément. Il existe plusieurs hypothèses et la décision finale revient bien sûr aux Palestiniens. Ça serait une bonne chose que ces œuvres soient présentées au public à l’IMA ou ailleurs. Il n’est pas exclu qu’elles le soient à Ramallah, avant la création d’un Etat palestinien auquel je crois. Même si les deux situations n’ont rien à voir, la préfiguration de ce musée m’a rappelé celle du Musée de la résistance Salvador Allende au Chili.

En 1975, deux ans après le coup d’Etat de Pinochet, de grands artistes latino-américains avaient eu la même idée et avaient ainsi constitué une collection. Le peintre surréaliste Roberto Matta avait donné des œuvres, tout comme le peintre et sculpteur d’origine argentine Julio Le Parc, et bien d’autres encore. Comme je présidais le Festival de théâtre universitaire de Nancy, je leur avais proposé d’y organiser la première exposition de la collection en 1977. Une fois nommé ministre de la Culture, j’ai souhaité que le Centre Pompidou présente la collection. Et lorsque Pinochet a été vaincu, la France a financé le transfert des œuvres à Santiago du Chili. Le musée est désormais installé au sein du bâtiment jadis occupé par la police politique du dictateur.

N’y a-t-il pas d’autres priorités que la construction d’un musée en Palestine?

Lorsque l’on mène un combat, tout est important. Aujourd’hui la situation est très difficile. Elle n’a même jamais été aussi désespérante. Le gouvernement israélien est totalement hostile à une Palestine libre. Les Palestiniens sont pour leur part divisés, ce qui les pousse à commettre des actes de désespoir d’une extrême violence. Vus de Loin, ils apparaissent comme un pauvre peuple abandonné, alors que c’est un peuple combattant, combattif, créatif, qui regorge de talents, et qui prend son destin en main.

Mettre en place un musée national d’art moderne et contemporain est un signe de combat. D’autres s’engagent également sur la voie de la culture. Tel l’homme d’affaires palestinien Omar Qattan, avec qui l’IMA a noué des liens, et qui inaugurera en mai prochain à Rammallah un musée destiné à rayonner sur toute la Palestine, dédié à sa culture, à son histoire. Il est important de montrer cela. De donner une image positive du pays.

A l’Institut, nous mettons beaucoup l’accent sur la Palestine. Nous y avons par exemple organisé une conférence de la coopération décentralisée, réunissant maires et élus français et palestiniens pour qu’ils travaillent sur des sujets concrets. Nous réfléchissons aussi à un grand événement qui donnerait à voir cette richesse culturelle. Car c’est par le biais de la culture que nous parviendrons à faire comprendre au monde que ce peuple ne demande qu’à vivre et à éduquer ses enfants.

Vous dites que le partenariat de l’IMA avec le Musée national d’art moderne et contemporain est un geste de soutien à la création d’un Etat palestinien. S’agit-il du soutien de la France, de l’IMA ou de Jack Lang ?

Des trois à la fois.

Voir par ailleurs:

Des territoires perdus de la République aux territoires perdus de la nation (1/2)
Alexandre Devecchio

  • Le Figaro
  • 14/08/2015

 

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – En 2002, Georges Bensoussan a dirigé Les territoires perdus de la République. A l’occasion de la republication de ce livre controversé, il analyse le phénomène de déliquescence de la nation que des politiques, conscients mais impuissants, ne réussisent pas à endiguer.

Georges Bensoussan est historien, spécialiste d’histoire culturelle de l’Europe des XIXe et XXe siècles, et en particulier des mondes juifs. Il a dirigé l’ouvrage Les Territoires perdus de la République (Mille et une nuits, 2002) rassemblant les témoignages d’enseignants et chefs d’établissements scolaires.

PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRE DEVECCHIO @AlexDevecchio

A lire aussi: Georges Bensoussan: «Nous assistons à l’émergence de deux peuples» (2/2)

FIGARO. – La première édition des Territoires perdus de la République date de septembre 2002. Vous y dénonciez les maux qui rongent l’école, mais aussi la société française: la violence, l’islamisme, l’antisémitisme. A l’époque, le livre avait été accueilli par un long silence médiatique. Rétrospectivement, comment expliquez-vous cette omerta?

Georges BENSOUSSAN. – L’omerta fait partie des problèmes dénoncés dans le livre. Il y a peur de dire ce que l’on voit comme si dire le réel, c’était le faire exister. A l’époque, nous constations que l’intégration d’une partie des populations de banlieues, progressivement reléguée dans des cités et frappée par le chômage de masse, était en panne. Après avoir fonctionné jusque dans les années 80, l’intégration s’est bloquée à la fin des années 90, ce que l’on constate aujourd’hui avec la hausse des unions endogames. Or, il semblait difficile en France de faire ce simple constat car on risquait d’être accusé de racisme, de stigmatiser et d’amalgamer des populations. C’est d’ailleurs l’accusation qui nous fut d’emblée imputée. Une culture d’une partie de la gauche dominante (à distinguer de la gauche antitotalitaire dans la lignée d’Orwell) nous a enfermés dans la frilosité. Il est devenu presque impossible de dénoncer certains périls sans être accusé d’appartenir au camp du mal. Pourtant, les sept auteurs de la première édition, tout comme les treize de la seconde, venaient tous, quasiment sans exception, des rangs de la gauche. Le silence médiatique autour de ce livre, puis sa stigmatisation, était révélateur d’un climat de terrorisme intellectuel qui n’a d’ailleurs rien de nouveau. Les réactions qui ont entouré Les territoires perdus de la République sont de même nature que celles qui ont entourées les débats politiques français des années 50-60, quand une pensée antitotalitaire était accusée de faire le jeu de la bourgeoisie. Pour s’en convaincre, il faut relire les joutes qui opposèrent Albert Camus, Raymond Aron ou Arthur Koestler à toute une partie de la gauche. Une gauche qui était à l’époque dominée culturellement par le Parti communiste. Nombre d’intellectuels se posaient moins la question de la vérité que celle de savoir de qui «on faisait le jeu». Aujourd’hui, certains intellectuels de gauche n’entendent pas, disent-ils, pas faire le jeu du FN, comme leurs aïeux autrefois, communistes ou proches du PC (les «compagnons de route»), ne voulaient pas faire le jeu du grand capital. Pour un intellectuel, une seule question devrait se poser: les faits sont-ils avérés ou non? Dans les années 1940 en Angleterre, Orwell avait été confronté au même problème. Bien que venant des rangs de la gauche travailliste, il se voyait reprocher de faire le jeu des conservateurs anglais. Les blocages auxquels nous nous sommes heurtés avec ce livre sont les mêmes que ceux qui ont marqué le XXe siècle, c’est le débat entre totalitarisme et antitotalitarisme.

Vous écrivez que nous sommes passés des territoires perdus de la République aux territoires perdus de la nation … De septembre 2002 aux attentats de janvier 2015, avons-nous perdu une décennie?

En 2002, nous étions encore habités par le mot «République», agité comme un talisman, comme un sésame salvateur. Or, la République est d’abord une forme de régime. Elle ne désigne pas un ancrage culturel ou historique. La nation, elle, est l’adhésion à un ensemble de valeurs et rien d’autre. Ce n’est pas le sang, pas le sol, pas la race. Peut être Français, quelle que soit sa couleur de peau ou sa religion, celui qui adhère au roman national selon la définition bien connue d’Ernest Renan: «Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis.» Nous avions un peu délaissé cette définition pour mettre en avant les valeurs de la République. Nous avons fait une erreur de diagnostic. Nous n’avions pas vu que la nation, et non seulement la République, était en train de se déliter. Une partie de la population française, née en France, souvent de parents eux-mêmes nés en France, a le sentiment de ne pas appartenir à celle-ci. Alors qu’ils sont français depuis deux générations pour beaucoup, certains adolescents dans les collèges et lycées, comme aussi certains adultes, n’hésitent plus à affirmer que la France n’est pas leur pays. Ajoutant: «Mon pays c’est l’Algérie…» (ou la Tunisie, etc…). Les incidents lors de la minute de silence pour les assassinés de Merah comme pour ceux de janvier 2015 furent extrêmement nombreux. On a cherché comme toujours à masquer, à minimiser, à ne pas nommer. Dans la longue histoire de l’immigration en France, cet échec à la 3° génération est un fait historique inédit. Certains historiens de l’immigration font remarquer, à juste titre, qu’il y eut toujours des problèmes d’intégration, même avec l’immigration européenne. Mais pour la première fois dans l’Histoire nous assistons à un phénomène de désintégration, voire de désassimilation. C’est pourquoi, ce n’est pas la République seule qui est en cause, mais bien la nation française: notre ancrage historique, nos valeurs, notre langue, notre littérature et notre Histoire. Toute une partie de la jeunesse de notre pays se reconnaît de moins en moins dans notre culture. Elle lui devient un code culturel étranger, une langue morte et pas seulement pour des raisons sociales. Nous sommes en train d’assister en France à l’émergence de deux peuples au point que certains évoquent des germes de guerre civile. Dans le cadre de la préparation d’un nouvel ouvrage, j’ai été frappé en écoutant plusieurs de mes interlocuteurs de voir que l’expression «guerre civile», qui aurait fait ricaner il y a dix ans ou surpris il y a cinq ans, est aujourd’hui dans les bouches d’un grand nombre, tant d’élus de terrain, de policiers, de médecins hospitaliers (service des urgences par exemple) ou de banlieue. Le sentiment que deux peuples sont en train de se former, côte à côte, et qui se regardent souvent avec hostilité, ce sentiment-là est aujourd’hui partagé par beaucoup.

Pourquoi, selon vous, personne n’est descendu dans la rue au moment de l’affaire Merah?

En mai 1990, après la profanation du cimetière juif de Carpentras, des centaines de milliers de Français étaient descendus dans la rue, y compris le président de la République. En 2012, une génération plus tard, pour Ilan Halimi en 2006, en mémoire aux victimes de Merah en 2012, de Nemmouche en 2014, il n’y avait plus personne, sauf des juifs. La montée du communautarisme, du repli sur soi et de l’indifférence sont patents, signe d’un morcellement de la société française, d’un repli sur soi moins hédoniste que désespéré est en train de l’emporter qui multiplie les gestes et les mots du découragement: «on ne peut rien y faire», «ça ne changera jamais», «c’est trop tard», etc…. Mais aussi, hélas, et le fait n’est pas nouveau, le massif «ce n’est pas notre affaire». Cela posé, la raison essentielle de cette désaffection est peut être ailleurs: l’affaire Merah témoignait d’un antisémitisme qui ne venait pas d’où on l’attendait, l’extrême droite. De là un malaise général. Souvenons-nous de la période qui sépare les meurtres de la mort de Merah sous les balles du GIGN. Il s’est écoulé une semaine durant laquelle un grand nombre des bien-pensants de ce pays, et en particulier les spécialistes du déni de réalité, étaient convaincus que l’assassin était un néo-nazi, un Breivik à la française. Le fait que Mohammed Merah fût musulman en a gêné plus d’un. Ainsi, l’ennemi n’était pas le bon. Pour descendre dans la rue, il fallait qu’il soit conforme, breveté d’extrême droite et blanc. Une certaine instrumentalisation de l’histoire, mais pas cette histoire elle-même évidemment, a paralysé la réflexion politique. On n’a cessé de rejouer les années noires en télescopant les situations jusqu’à voir dans tout immigré clandestin un Juif du Vel d’Hiv en 1942, comme s’il fallait racheter la mollesse et l’indifférence des aïeux. De surcroît, troublant était le fait que Merah était français, né en France… et qu’il était au collège au moment de la première édition des Territoires perdus de la République. Je veux dire par là que cela interroge l’Education nationale, et notamment cette idée un peu simple selon laquelle un bon enseignement de la Shoah ( ce qui est le cas en France) suffirait à endiguer racisme et antisémitisme.

Aujourd’hui, les politiques et les médias ont-ils suffisamment ouvert les yeux?

Les élus de terrain, tant de droite que de gauche, sont conscients des réalités. Mais beaucoup ont peur de parler. A fortiori du coté des hommes politiques dont le courage n’est pas la qualité première à l’exception de quelques-uns. Comme s’ils craignaient, en parlant, de faire sauter un baril de poudre tant la situation leur parait (et ici ils ont raison) dangereuse. La France est en effet l’un des pays d’Europe parmi les plus exposés au risque de conflits internes.

La peur d’être taxé de racisme joue son rôle dans la paralysie française. Et la désespérance du plus grand nombre dont la parole est d’emblée invalidée au nom d’un antiracisme dévoyé. Cette crainte va jusqu’à reprendre un discours concocté par l’adversaire sans s’interroger sur la pertinence des «mots». Ainsi du mot «islamophobie», un terme particulièrement inepte en effet qui réintroduit en France la notion de blasphème. On peut s’opposer à la religion, qu’elle soit juive, catholique ou musulmane, sans être raciste. Le combat laïque c’est le refus qu’une religion quelle qu’elle soit prévale sur la loi civile. Ce combat difficile a finalement été gagné en France entre 1880 et 1905. Céder sur ce plan c’est détricoter deux siècles de Révolution française pour parler comme François Furet et plus d’un siècle d’une histoire de France qui a fait de la République non seulement un régime mais une culture. Il nous faut comprendre que le mot islamophobie, forgé par des associations musulmanes, crée à dessein de la confusion pour culpabiliser les tenants du combat républicain. Pour faire entendre, en bref, que ce seraient des racistes à peine dissimulés. En invoquant à contre-emploi le racisme et en usant d’un antiracisme défiguré ( celui-là même qu’on a vu à Durban en 2001 où l’on entendait le cri de «One Jew, one bullett»), il s’agit de faire taire toute voix dissidente. En instrumentalisant l’histoire au passage, c’est ce que Leo Strauss appelait la Reductio ad Hitlerum.

L’un des premiers soucis de la classe médiatique et politique après les crimes de Merah et les attentats de janvier 2015 fut d’éviter les «amalgames». Comme si les premières victimes des violences étaient les Français d’origine maghrébine ou les musulmans. Près de soixante-dix ans plus tôt, en novembre 1945, après les terribles pogroms qui venaient d’ensanglanter la communauté juive de Tripoli en Libye (plus de quarante assassinats dans des conditions atroces), les dignitaires musulmans de la ville estimaient que les premières victimes étaient moins les juifs qu’eux-mêmes, car disaient-ils, ils risquaient d’être désormais «montrés du doigt». En revanche, il n’y eut pas condamnation publique de ces actes. Comme aujourd’hui. Quand en avril 2012 l’imam Chalghoumi organisa une manifestation de protestation contre les agissements de Merah, il ne réunit qu’une cinquantaine de personnes.

Vous faites référence au monde imaginé par Orwell dans son roman d’anticipation 1984. Notre système peut-il vraiment être qualifié de totalitaire?

Nous ne sommes pas dans un système totalitaire, mais dans un système d’avachissement de la démocratie que Tocqueville avait annoncé. Cet avachissement est marqué par le triomphe de l’intérêt individuel et le désintérêt pour la chose publique. Dans le contexte historique particulier qui est celui de la France, cela se traduit par une pensée a-critique et frileuse, même si cette frilosité, voire cette lâcheté ne sont pas chose nouvelle. On n’en finirait pas de faire la généalogie du déclin de ce qui fut jadis la «Grande Nation». Nul doute qu’à cet égard le XX° siècle français, jusqu’à nos jours même, paie l’énorme saignée de la Grande Guerre. De ce désastre-là, la France ne s’est jamais remise. Elle avait gagné la guerre mais perdu ses hommes et à long terme son vouloir vivre national. Toutes les campagnes françaises se font l’écho d’une tragédie qui naturellement appelait dans son sillage une immigration de peuplement qui, chaque jour plus nombreuse, a atteint un seuil tel que la machine à intégrer s’est finalement enrayée. Un pays est capable d’intégrer des minorités par capillarité. C’est moins vrai quand il s’agit depuis 40 ans de flux démographiques de masse.

Vous reprochez à l’Etat et notamment à l’école d’avoir fait trop de concession aux revendications communautaires. Que pensez-vous du débat actuel sur les menus de substitution?

Il est posé de manière caricaturale car on voit bien la volonté de certains politiques de surfer sur la polémique. Il pose cependant une question de fond comme il est symptomatique aussi d’un danger qui guette la société française. Il faut rappeler d’abord que la cantine n’est pas obligatoire. Introduire les menus de substitution dans les écoles, c’est donner prise à des pratiques communautaires qui n’auront dès lors aucune raison de s’arrêter. Là est le risque, c’est ce premier pas qui permettra tous les autres et qui conduira à détricoter le tissu laïque et à nous engager sur un chemin contraire à celui qui depuis deux siècles a fait la nation française.

Le terreau des réalités que vous décrivez est-il social ou culturel?

Les deux. Les causes sociales sont une évidence. Mais celui qui y réduirait son analyse se condamnerait à ne rien entendre à la complexité de la situation comme l’a bien montré Hugues Lagrange. En banlieue, le taux de chômage des moins de 25 ans avoisine parfois les 40- 50%. L’arrivée d’une immigration de masse à partir de 1975, au moment où les Trente Glorieuses s’achevaient, est un premier jalon dans cette histoire. On peut d’ailleurs se demander pourquoi, sept ans seulement après Mai 1968, la bourgeoisie française a favorisé cette immigration de masse à laquelle le PCF s’opposait dès 1980, ce qu’on a souvent oublié. Pourquoi est-ce sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, l’homme du retour au pouvoir de la droite libérale non gaulliste, qu’a été mis en place le regroupement familial alors que les emplois se faisaient de plus en plus rares? Dès lors qu’il ne s’agissait plus d’une immigration de travail, mais d’immigration familiale progressivement reléguée dans des cités, l’intégration était compromise. Conjugué au chômage, à la pauvreté, au confinement géographique des mêmes cultures et des mêmes nationalités, le facteur culturel, dégradé en repli identitaire, ne pouvait que jouer sur fond de frustration et de ressentiment.

Un repli identitaire qui a d’abord concerné des populations jeunes et nombreuses, venues d’un monde musulman en expansion et qui, au même moment, trouvait son expression politique dans l’islamisme et non plus dans le nationalisme arabe qui avait échoué. Ajoutez à cela l’environnement médiatique, la télévision par câble, satellite et internet qui a favorisé la diffusion des thèses islamistes et d’un antisémitisme virulent qui viennent du Moyen-Orient. La conjonction de ces facteurs, démographiques, sociaux, culturels et médiatiques a divisé le pays. La réaction aux attentats de janvier 2015, loin de montrer une nation unie, a mis en lumière deux pays cote a cote mais qui ne font plus nation. Ce phénomène, je le redis, est nouveau dans la longue histoire de l’immigration en France. Pour certains, ce fossé pourra se combler demain. J’en suis moins convaincu, il semble que la situation ait atteint un seuil d’irréversibilité.

Le risque n’est-il pas de sombrer dans une forme d’essentialisation?

C’est effectivement le principal reproche qui nous est fait. Cependant, la culture est tout sauf une essence. Ce qui est essence s’appelle «la race». Lorsqu’on est né dans un groupe ethnique, on n’en sort pas. On restera toujours ethniquement parlant Juif du Maroc ou Sénégalais peul. En revanche, la culture s’acquiert. Elle est dynamique. On peut être Juif du Maroc ou Sénégalais peul, lorsqu’on vit en France et qu’on finit par aimer ce pays, on devient français. La culture est le contraire absolu de l’essence. L’histoire culturelle, c’est l’histoire des mentalités, des croyances, de la mythologie, des valeurs d’une société qui permet de comprendre l’imaginaire des hommes d’un temps donné. Cette histoire n’est pas fixe. Il suffit pour s’en convaincre de réfléchir à la conception de l’enfant dans la culture occidentale, à l’image qu’on s’en faisait au Moyen-Age, au XVIIIe siècle, au XXe siècle. Il s’agit là d’un processus dynamique, rien d’un fixisme.

Mais si la culture est le contraire de la race, pourquoi une telle frilosité à faire de l’histoire culturelle, une telle peur de nommer les problèmes culturels par leurs noms? Dans un domaine moins polémique, pourquoi certains ont-ils encore peur de dire que le nazisme est un enfant de l’Allemagne et pas seulement de l’Europe? Qu’il y a dans le nazisme des éléments qui n’appartiennent qu’à la culture allemande traditionnelle depuis Luther et même bien avant. Les grands germanistes français du XX° siècle le savaient, depuis Edmond Vermeil jusqu’à Rita Thalmann et plus près de nous Edouard Husson. Est-ce faire du racisme anti-allemand que le dire? Est-ce faire du racisme que constater dans la culture musulmane, le Coran et les hadiths sont présents des éléments qui rendent impossible la coexistence sur un pied d’égalité avec les non musulmans. Je ne parle pas de la tolérance du dhimmi. Je parle d’égalité et de culture du compromis et de la négociation. Travaillant plusieurs années sur l’histoire des juifs dans le monde arabe aux XIXe et au XXe siècle (pour juifs en pays arabes. Le grand déracinement, 1850-1975, Tallandier, 2012), j’avais constaté l’existence d’une culture arabo-musulmane, du Maroc à l’Irak, entachée d’un puissant antijudaïsme, et ce bien avant le sionisme et la question d’Israël et de la Palestine. Il existe en effet, et de longue date, une culture arabo-musulmane anti-juive, souvent exacerbée par la colonisation ( mais qui n’en fut toutefois jamais à l’origine). Il fallait faire de l’histoire culturelle pour comprendre comment, pourquoi et quand la minorité juive qui s’était progressivement émancipée grâce à l’école, s’était heurtée à une majorité arabo-musulmane aux yeux de laquelle l’émancipation des juifs était inconcevable et irrecevable. Il n’était question alors ni de sionisme, ni d’Israël ni de Gaza. Et encore moins de «territoires occupés» qui, pour les ignorants et les naïfs, constituent le cœur du problème actuel. Ce conflit entre une majorité qui ne supporte pas que le dominé de toujours s’émancipe, et le dominé de toujours qui ne supporte plus la domination d’autrefois, se traduit par un divorce, et donc un départ. Il s’agit là d’histoire culturelle. Où est le racisme?

Voir enfin:

Georges Bensoussan : «Nous assistons à l’émergence de deux peuples» (2/2)

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Georges Bensoussan évoque la montée en puissance de l’antisémitisme et du racisme anti-blanc dans les banlieues. L’auteur des Territoires perdus de la République analyse les nouvelles fractures françaises.

Georges Bensoussan est historien, spécialiste d’histoire culturelle de l’Europe des XIXe et XXe siècles, et en particulier des mondes juifs. Il a dirigé l’ouvrage Les Territoires perdus de la République (Mille et une nuits, 2002) rassemblant les témoignages d’enseignants et chefs d’établissements scolaires.

PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRE DEVECCHIO

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Dans Les territoires perdus de la République, vous évoquiez pour la première fois l’antisémitisme des banlieues. En quoi se distingue-t-il de l’antisémitisme traditionnel?

L’antisémitisme traditionnel en France est originellement marqué par l’Eglise, l’extrême droite et le nationalisme: c’est l’antisémitisme de l’affaire Dreyfus qui connaît son acmé sous Vichy. L’antisémitisme nouveau est un antisémitisme d’importation. Il est lié à la fois à la culture traditionnelle des pays magrébins, à l’islam et au contexte colonial. En Algérie, le décret Crémieux qui permit aux juifs de devenir Français dès 1870 attise la jalousie des musulmans. En Tunisie et au Maroc, les juifs n’étaient pas français mais leur émancipation par le biais de l’école leur a donné une large avance sur le plan scolaire et social sur la majorité musulmane. Cela s’est terminé par le départ de la minorité juive. Cet antisémitisme-là s’est transposé sur notre territoire par le truchement de l’immigration familiale ( c’est cela qui a été importé et pas le conflit israélo-palestinien comme le répètent les médias). Un antisémitisme qui préexistait toutefois auparavant (mais en mode mineur) comme le rappellent les affrontements survenus à Belleville en juin 1967 ou le Mouvement des Travailleurs arabes au début des années 1970.

Paradoxalement, cet antisémitisme ne s’est pas dilué, mais enkysté. C’est dans les familles qu’il se transmet et s’apprend. Arrivé à l’école, l’affaire est déjà jouée. Nouveau par les formes et l’origine, il épouse parfois le vocabulaire de l’antisémitisme traditionnel. Par exemple, le mot «youpin», qui avait tendance à disparaître en France, est réutilisé dans des milieux de banlieues qui ne le connaissaient pas. Bref, les différentes branches de l’antisémitisme sont en train de se conjuguer. L’extrême droite traditionnelle qui connait un renouveau, une certaine ultra gauche qui par le biais de l’antisionisme a parfois du mal à maquiller son antisémitisme (l’enquête Fondapol d’octobre 2014 menée par Dominique Reynié était édifiante à cet égard). On a oublié que l’antisémitisme plongeait de longues racines à gauche, depuis Proudhon jusqu’aux propos de Benoît Frachon en juin 1967, secrétaire général de la CGT. Mais la branche la plus massive, et de loin, est la branche arabo-islamiste. Celle-là seule passe aux actes, elle insulte, frappe et tue. Elle n’est d’ailleurs pas seulement arabo-islamiste car elle déborde aujourd’hui dans les banlieues. Nombre de jeunes qui ne sont pas issus de l’immigration arabo-musulmane adoptent pourtant le code culturel de l’antisémitisme, lequel est devenu un code d’intégration dans les cités. Ainsi, ici, l’intégration à la France se fait-elle à rebours, en chassant la part juive de la société française. Adopter ces clichés et ce langage c’est se donner plus de chances d’être intégré dans l’économie sociale des banlieues. Et pour parler comme la banlieue, il faut parler «anti-feuj».

Certains vont jusqu’à comparer les sort des musulmans aujourd’hui à celui des juifs hier. La sacralisation de la Shoah nous empêche-t-elle de comprendre le présent?

En tant qu’historien, je suis frappé par la stupidité d’une telle comparaison. Je n’ai pas souvenir dans l’histoire des années 30 d’avoir entendu parler de l’équivalent juif de Mohammed Merah, de Mehdi Nemmouche ou des frères Kouachi se mettant à attaquer des écoles françaises, des boutiques ou des Eglises. Assistait-on dans les années 1930 à un repli communautaire des juifs? Tout au contraire, s’agissait-il d’une course éperdue vers l’intégration et l’assimilation. Les juifs cherchaient à se faire le plus petit possible. Ils étaient 330 000, dont 150 000 juifs étrangers qui vivaient dans la crainte d’être expulsés. Beaucoup étaient des réfugiés de la misère, d’autres fuyaient le nazisme et les violences antisémites d’Europe orientale. Aujourd’hui, place Beauvau, on estime la minorité musulmane entre six et dix millions de personnes. Ils n’ont pas été chassés par un régime qui veut les exterminer mais sont venus ici, dans l’immense majorité des cas, pour trouver des conditions de vie meilleures. Les situations sont incomparables, ne serait-ce qu’au regard des effectifs concernés: en Europe, aujourd’hui, un musulman sur quatre vit en France.

Cette question est toutefois intéressante à un autre titre: pourquoi une partie de la population française d’origine maghrébine est-elle habitée par un mimétisme juif, une obsession juive, voire une jalousie sociale comme si l’histoire du Maghreb colonial se perpétuait ici? L’histoire de la Shoah est-elle en cause? Elle n’a pas été surestimée, il s’agit bien de la plus profonde coupure anthropologique du siècle passé, et elle dépasse de loin la seule question antisémite. En réalité, c’est la trivialisation de cette tragédie historique qui a produit des effets pervers. Car la Shoah, elle, au-delà de toutes les instrumentalisations, reste une question d’histoire cardinale qui interroge politiquement toutes les sociétés. Qu’est-ce qu’un génocide? Comment en est-on arrivé-là? Pourquoi l’Allemagne? Pourquoi l’Europe? Pourquoi les juifs? Comment une idéologie meurtrière se met-elle en place? Comment des hommes ordinaires, bons pères de famille, deviennent-ils parfois des assassins en groupe? Cette césure historique, matrice d’un questionnement sans fin, a été rabaissée à un catéchisme moralisateur («Plus jamais ça!») et à une avalanche assez niaiseuse de bons sentiments qui, pédagogiquement, ne sont d’aucune utilité. Et qui fait que nous passons parfois à côté des mécanismes politiques qui régulent des sociétés de masse d’autant plus dangereuses qu’anomiées. Le discours de la repentance a pu stériliser la pensée et frapper de silence des questions jugées iconoclastes. Comme les questions d’histoire culturelle évoquées tout à l’heure. Comme si invoquer le facteur culturel à propos de minorités dont l’intégration est en panne serait emprunter le «chemin d’Auschwitz». Cet affadissement a paralysé la réflexion politique, enté sur la conviction erronée que les situations se reproduisent à l’identique. Or, si les mécanismes sont les mêmes, les situations ne le sont jamais. Le travail de l’historien illustre sans fin le mot d’Héraclite: «On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve…»

De même, les lois mémorielles ont-elles entraîné la concurrence victimaire?

Sur le plan juridique, la loi Gayssot n’est pas une mauvaise réponse car il n’y pas débat en effet sur le fait que Auschwitz ait existé, de même qu’il n’y a pas débat sur le fait que la bataille de Verdun ait eu lieu. La loi mémorielle désencombre les prétoires. Elle permet d’éviter des procès de plusieurs années mobilisant inutilement les historiens. Et de voir aussi plus clairement que le négationnisme est une variante de l’antisémitisme.

Mais ces lois ont des effets pervers. Dans des sociétés de masse animées par la passion de l’égalité, toute différence, est perçue comme une injustice. La Shoah étant perçue comme le summum de la souffrance, le peuple juif aux yeux de certains est devenu le «peuple élu de la souffrance». De là une concurrence des mémoires alimentée plus encore par un cadre de références où la victime prend le pas sur le citoyen. Comme s’il fallait avoir été victime d’une tragédie historique pour être reconnu. Second élément de la dérive, la transgression qui permet d’échapper à l’anonymat. Et dans une société qui a fait de la Shoah (contre les historiens) une «religion civile», la meilleure façon de transgresser est de s’en prendre à cette mémoire soit dans le franc négationnisme hier, soit dans la bêtise de masse (qui se veut dérision) type Dieudonné aujourd’hui. Sur ce plan , tous les éléments sont réunis pour favoriser la transgression qui canalise les frustrations innombrables d’un temps marqué au sceau du «désenchantement du monde». C’est d’ailleurs pourquoi on a tort de réagir à chacune des provocations relatives à la Shoah. C’est précisément ce qu’attend le provocateur, notre indignation est sa jouissance.

Que vous inspire la polémique autour de la plage de Tel-Aviv sur Seine?

Cela met en lumière les fractures que nous évoquions. Pour une journée de jumelage avec Tel-Aviv, il a fallu déployer 500 CRS. L’ampleur de la polémique me parait disproportionnée. Israël n’est pas un Etat fasciste et le conflit avec les Palestiniens est de basse intensité. Il y a pratiquement tous les jours entre cinquante et cent morts par attentats dans le monde arabo-musulman dans l’indifférence générale. La guerre civile en Syrie a fait à ce jour, et en quatre ans, 240 000 morts. Le conflit israélo-palestinien en aurait fait 90 000 depuis 1948. La disproportion est frappante. Peu importe que des Arabes tuent d’autres Arabes. Tout le monde s’en moque. Les juifs seuls donnent du prix à ces morts. Dès qu’ils sont de la partie, on descend dans la rue. Cette passion débordante, disproportionnée, n’interroge pas le conflit. Elle interroge ce que devient la société française. Les menaces sur Tel Aviv sur scène sont venues des mêmes milieux qui ont laissé faire les violences de Barbès en juillet 2014, la tentative d’assaut contre la la synagogue de la rue de la Roquette à Paris et une semaine plus tard contre celle de Sarcelles. Bref, je le redis, ce n’est pas le conflit qui a été importé, c’est l’antisémitisme du Maghreb. Les cris de haine d’aujourd’hui sont l’habillage nouveau d’une animosité ancienne.

A la sortie du livre, vous aviez beaucoup insisté sur cet antisémitisme des banlieues. Avec le recul, regrettez-vous de ne pas avoir davantage évoqué le sort des classes populaires, victimes du racisme anti-blanc?

Absolument. Nous n’avions pas vu alors cette réalité émerger. Un certain nombre d’études sociologiques comme celle de Christophe Guilluy sur les fractures françaises, celle de Laurent Bouvet sur l’insécurité culturelle ou celle d’Hugues Lagrange sur le déni des cultures n’étaient pas parus. Les territoires perdus de la République ne sont pas un livre de sociologie, juste le fruit d’un travail de terrain empirique. Nous n’avons jamais prétendu faire un panorama. De surcroit, en 2002, le phénomène ne faisait que débuter. Et nombre de professeurs qui avaient participé à la rédaction étaient eux-mêmes tétanisés à l’idée d’évoquer un racisme anti-blanc ou anti-Français. Cette réalité est aujourd’hui bien connue. A la lecture de Christophe Guilluy, on comprend d’ailleurs qu’il n’y a pas deux France, mais trois. La France périphérique méprisée par les élites, qui souffre et est tenue de se taire. Elle constitue le gros du vivier FN. La France des biens nés, intégrée socialement, plus aisée et qui regarde avec condescendance la France populaire qui «pense mal». Enfin, une troisième France, tout aussi en souffrance que la première, en voie de désintégration sous l’effet de la relégation géographique, sociale, scolaire, et dont une frange se radicalise. Mais l’erreur, ici, serait de lier la poussée islamiste à la seule déshérence sociale: dès lors que des jeunes intégrés, et diplômés basculent vers la radicalité islamiste, on comprend que le facteur culturel a été longtemps sous-estimé.

Dans ces conditions, doit-on continuer à mettre sur le même plan la menace FN et celle de l’islamisme et de l’antisémitisme des banlieues?

A force de nier le réel, on a fait le lit du FN. Les millions de Français qui sont aujourd’hui sympathisants du Front national n’ont pas le profil de fascistes. Beaucoup d’entre eux votaient jadis à gauche, et le FN authentiquement parti d’extrême droite, est aussi aujourd’hui le premier parti ouvrier de France. Comment en est-on arrivé-là? Quelle responsabilité ont les classes dominantes dans ce naufrage et, notamment la classe intellectuelle? Voilà les questions qui importent vraiment. En revanche, la question rhétorique du «plus grand danger», FN ou islamisme, vise à nous faire taire. Avec à la clé ce chantage: «A dénoncer la poussée de l’islamisme, du communautarisme, la désintégration d’une partie de l’immigration de masse, vous faites le jeu du Front national!». Tenter de répondre à la question ainsi formulée, c’est tomber dans ce piège rhétorique. Il faudrait, au contraire, retourner cette question à ceux qui la posent: n’avez-vous pas fait le jeu du FN en invalidant la parole d’une partie du peuple français, en le qualifiant de «franchouillard», de raciste, de fasciste? Et en sous estimant le sentiment d’abandon et de mépris vécu par ces dominés de toujours?


Histoire des idées: Quand le cannibalisme devient une affaire de goût (Tupi or not tupi, that is the question: Guess where Brazil’s most Brazilian artist discovered her Brazilianness)

29 octobre, 2015
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Syrian refugees carry their children as they jump off an overcrowded dinghy upon arriving on a beach on the Greek island of Kos, after crossing a part of the Aegean sea from Turkey, August 9, 2015. United Nations refugee agency (UNHCR) called on Greece to take control of the "total chaos" on Mediterranean islands, where thousands of migrants have landed. About 124,000 have arrived this year by sea, many via Turkey, according to Vincent Cochetel, UNHCR director for Europe. REUTERS/Yannis Behrakis TPX IMAGES OF THE DAY - RTX1NN3R

Si toutes les valeurs sont relatives, alors le cannibalisme est une affaire de goût. Leo Strauss
Je pense qu’il y a plus de barbarie à manger un homme vivant qu’à le manger mort, à déchirer par tourments et par géhennes un corps encore plein de sentiment, le faire rôtir par le menu, le faire mordre et meurtrir aux chiens et aux pourceaux (comme nous l’avons non seulement lu, mais vu de fraîche mémoire, non entre des ennemis anciens, mais entre des voisins et concitoyens, et, qui pis est, sous prétexte de piété et de religion), que de le rôtir et manger après qu’il est trépassé. Il ne faut pas juger à l’aune de nos critères. (…) Je trouve… qu’il n’y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu’on m’en a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage. (…) Leur guerre est toute noble et généreuse, et a autant d’excuse et de beauté que cette maladie humaine en peut recevoir ; elle n’a d’autre fondement parmi eux que la seule jalousie de la vertu… Ils ne demandent à leurs prisonniers autre rançon que la confession et reconnaissance d’être vaincus ; mais il ne s’en trouve pas un, en tout un siècle, qui n’aime mieux la mort que de relâcher, ni par contenance, ni de parole, un seul point d’une grandeur de courage invincible ; il ne s’en voit aucun qui n’aime mieux être tué et mangé, que de requérir seulement de ne l’être pas. Ils les traitent en toute liberté, afin que la vie leur soit d’autant plus chère ; et les entretiennent communément des menaces de leur mort future, des tourments qu’ils y auront à souffrir, des apprêts qu’on dresse pour cet effet, du détranchement de leurs membres et du festin qui se fera à leurs dépens. Tout cela se fait pour cette seule fin d’arracher de leur bouche parole molle ou rabaissée, ou de leur donner envie de s’enfuir, pour gagner cet avantage de les avoir épouvantés, et d’avoir fait force à leur constance. Car aussi, à le bien prendre, c’est en ce seul point que consiste la vraie victoire. Montaigne (1580)
Tupi or not Tupi, that is the question. Oswald de Andrade (1928)
Paris a laissé une trace dans mon intellect. Ce fut comme créer en moi une nouvelle nature, et mon amour pour l’Europe a transformé mon amour de la vie en amour de tout ce qui est civilisé. Et en tant que civilisé, j’ai commencé à connaître mon pays. Emiliano Di Cavalcanti
J’ai retrouvé les couleurs que j’avais adorées enfant et qu’on m’avait enseigné plus tard à considérer comme laides et frustes. Tarsila do Amal
 Je me sens de plus en plus brésilienne : je veux être la peintre de mon pays. Ô combien je suis reconnaissante d’avoir passé toute mon enfance à la campagne, dans l’exploitation familiale. Les réminiscences de cette époque deviennent précieuses pour moi. Dans l’art, je veux être la campagnarde de São Bernardo, qui joue avec les poupées en paille, comme dans le dernier tableau que je peins en ce moment. Ne croyez pas que cette tendance soit mal perçue ici. C’est tout le contraire. Ce que l’on veut, c’est que chacun apporte la contribution de son propre pays. C’est ainsi que l’on explique les succès des ballets russes, des gravures japonaises et de la musique noire. Paris en a assez de l’art parisien. Tarsila do Amal
Ma très chère amie Tarsila/Faites attention ! Emplissez-vous bien des théories, des excuses et des choses vues à Paris. Lorsque vous serez de retour, nous allons nous bagarrer, pour sûr. Dès maintenant je vous lance le défi, vous tous ensemble, Tarsila, Osvaldo et Sergio, d’une discussion formidable. Vous êtes parti à Paris en bourgeois. Vous êtes épatés. Et vous êtes devenus des futuristes ! Hi, hi, hi ! Je pleure de jalousie ! Aïe, aïe, aïe ! Quelle pédale ! Mais, c’est vrai que je vous considère, vous tous, comme des paysans de Paris. Vous n’êtes devenus des Parisiens qu’en surface. C’est horrible, Tarsila ! Tarsila, reviens vers toi-même. Laisse tomber Gris et Lhote, patrons de criticismes dégénérés et d’esthésies d’ardents ! Quitte Paris, Tarsila ! Tarsila, reviens dans la forêt vierge, où il n’y a pas d’art nègre, où il n’y a pas de torrent gentil. Il y a la FORÊT VIERGE. J’ai créé le forêtviergisme. Je suis forêtviergiste. C’est de ça que le monde, l’art, le Brésil et ma très chère Tarsila ont besoin. Mário de Andrade
Abaporu (from Tupi-Guaraní language ‘aba’, ‘pora’, and ‘u’, « the man that eats people ») is an oil painting on canvas by the Brazilian painter Tarsila do Amaral, executed in 1928 as a birthday present to the writer Oswald de Andrade, her husband at the time. It is considered the most valuable painting by a Brazilian artist, having reached the value of $1.4 million, paid by the Argentine collector Eduardo Costantini in an auction in 1995. It is currently displayed at the Latin American Art Museum of Buenos Aires (Spanish: Museo de Arte Latinoamericano de Buenos Aires, MALBA) in Buenos Aires, Argentina. The composition: one man, the sun and a cactus – inspired Oswald de Andrade to write the Anthropophagite Manifesto and consequently create Anthropophagic Movement, intended to « swallow » European culture and turn it into something culturally very Brazilian. The style of Abaporu can be traced back to the French modernists, specially Fernand Léger, who taught Tarsila in Paris in 1924. However, the closest resemblance of Abaporu can be found in the Spanish Surrealists, Pablo Picasso and Joan Miró, who also painted a figure with an oversized foot in 1924… Wikipedia
The Manifesto Antropófago (Cannibal Manifesto in English) was published in 1928 by the Brazilian poet and polemicist Oswald de Andrade. The essay was translated to English in 1991 by Leslie Bary; this is the most widely used version. Its argument is that Brazil’s history of « cannibalizing » other cultures is its greatest strength, while playing on the modernists’ primitivist interest in cannibalism as an alleged tribal rite. Cannibalism becomes a way for Brazil to assert itself against European post-colonial cultural domination. The Manifesto’s iconic line is « Tupi or not Tupi: that is the question. » The line is simultaneously a celebration of the Tupi, who practiced certain forms of ritual cannibalism (as detailed in the 16th century writings of André Thévet, Hans Staden, and Jean de Léry), and a metaphorical instance of cannibalism: it eats Shakespeare. Wikipedia
Etrange destinée, étrange préférence que celle de l’ethnographe, sinon de l’anthropologue, qui s’intéresse aux hommes des antipodes plutôt qu’à ses compatriotes, aux superstitions et aux mœurs les plus déconcertantes plutôt qu’aux siennes, comme si je ne sais quelle pudeur ou prudence l’en dissuadait au départ. Si je n’étais pas convaincu que les lumières de la psychanalyse sont fort douteuses, je me demanderais quel ressentiment se trouve sublimé dans cette fascination du lointain, étant bien entendu que refoulement et sublimation, loin d’entraîner de ma part quelque condamnation ou condescendance, me paraissent dans la plupart des cas authentiquement créateurs. (…) Peut-être cette sympathie fondamentale, indispensable pour le sérieux même du travail de l’ethnographe, celui-ci n’a-t-il aucun mal à l’acquérir. Il souffre plutôt d’un défaut symétrique de l’hostilité vulgaire que je relevais il y a un instant. Dès le début, Hérodote n’est pas avare d’éloges pour les Scythes, ni Tacite pour les Germains, dont il oppose complaisamment les vertus à la corruption impériale. Quoique évoque du Chiapas, Las Casas me semble plus occupé à défendre les Indiens qu’à les convertir. Il compare leur civilisation avec celle de l’antiquité gréco-latine et lui donne l’avantage. Les idoles, selon lui, résultent de l’obligation de recourir à des symboles communs à tous les fidèles. Quant aux sacrifices humains, explique-t-il, il ne convient pas de s’y opposer par la force, car ils témoignent de la grande et sincère piété des Mexicains qui, dans l’ignorance où ils se trouvent de la crucifixion du Sauveur, sont bien obligés de lui inventer un équivalent qui n’en soit pas indigne. Je ne pense pas que l’esprit missionnaire explique entièrement un parti-pris de compréhension, que rien ne rebute. La croyance au bon sauvage est peut-être congénitale de l’ethnologie. (…) Nous avons eu les oreilles rebattues de la sagesse des Chinois, inventant la poudre sans s’en servir que pour les feux d’artifice. Certes. Mais, d’une part l’Occident a connu lui aussi la poudre sans longtemps l’employer pour la guerre. Au IXe siècle, le Livre des Feux, de Marcus Graecus en contient déjà la formule ; il faudra attendre plusieurs centaines d’années pour son utilisation militaire, très exactement jusqu’à l’invention de la bombarde, qui permet d’en exploiter la puissance de déflagration. Quant aux Chinois, dès qu’ils ont connu les canons, ils en ont été acheteurs très empressés, avant qu’ils n’en fabriquent eux-mêmes, d’abord avec l’aide d’ingénieurs européens. Dans l’Afrique contemporaine, seule la pauvreté ralentit le remplacement du pilon par les appareils ménagers fabriqués à Saint-Étienne ou à Milan. Mais la misère n’interdit pas l’invasion des récipients en plastique au détriment des poteries et des vanneries traditionnelles. Les plus élégantes des coquettes Foulbé se vêtent de cotonnades imprimées venues des Pays-Bas ou du Japon. Le même phénomène se produit d’ailleurs de façon encore plus accélérée dans la civilisation scientifique et industrielle, béate d’admiration devant toute mécanique nouvelle et ordinateur à clignotants. (…) Je déplore autant qu’un autre la disparition progressive d’un tel capital d’art, de finesse, d’harmonie. Mais je suis tout aussi impuissant contre les avantages du béton et de l’électricité. Je ne me sens d’ailleurs pas le courage d’expliquer leur privilège à ceux qui en manquent. (…) Les indigènes ne se résignent pas à demeurer objets d’études et de musées, parfois habitants de réserves où l’on s’ingénie à les protéger du progrès. Étudiants, boursiers, ouvriers transplantés, ils n’ajoutent guère foi à l’éloquence des tentateurs, car ils en savent peu qui abandonnent leur civilisation pour cet état sauvage qu’ils louent avec effusion. Ils n’ignorent pas que ces savants sont venus les étudier avec sympathie, compréhension, admiration, qu’ils ont partagé leur vie. Mais la rancune leur suggère que leurs hôtes passagers étaient là d’abord pour écrire une thèse, pour conquérir un diplôme, puisqu’ils sont retournés enseigner à leurs élèves les coutumes étranges, « primitives », qu’ils avaient observées, et qu’ils ont retrouvé là-bas du même coup auto, téléphone, chauffage central, réfrigérateur, les mille commodités que la technique traîne après soi. Dès lors, comment ne pas être exaspéré d’entendre ces bons apôtres vanter les conditions de félicité rustique, d’équilibre et de sagesse simple que garantit l’analphabétisme ? Éveillées à des ambitions neuves, les générations qui étudient et qui naguère étaient étudiées, n’écoutent pas sans sarcasme ces discours flatteurs où ils croient reconnaître l’accent attendri des riches, quand ils expliquent aux pauvres que l’argent ne fait pas le bonheur, – encore moins, sans doute, ne le font les ressources de la civilisation industrielle. À d’autres. Roger Caillois (1974)
J’ai réagi contre cette tendance qui consiste à banaliser la notion de racisme, qui désigne une doctrine fausse mais précise à en faire une sorte d’amalgame qui ne veut plus rien dire. Quand on dénonce comme racistes un attachement à certaines valeurs, un manque de goût pour d’autres – attitudes excusables ou blâmables, mais profondément ancrées dans les communautés humaines – on aboutit à ceci : les gens a qui on fait ce reproche se disent « Si c’est ça le racisme, alors, moi, je suis raciste ». Et il me semble qu’on fabrique ainsi des racistes. Claude Lévi-Strauss
Si un corps de garde pouvait être religieux, l’Islam paraîtrait sa religion idéale: stricte observance des règlements (prières cinq fois par jour, chacune exigeant cinquante génuflexions); revues de détail et soins de propreté (les ablutions rituelles); promiscuité masculine dans la vie spirituelle comme dans l’accomplissement des fonctions religieuses; et pas de femmes. (…) En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien de dialogue, l’intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez ceux qui s’en rendent coupables ; car s’ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant (et c’est plus grave) incapables de supporter l’existence d’autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation consiste dans une “néantisation” d’autrui, considéré comme témoin d’une autre foi et d’une autre conduite. La fraternité islamique est la converse d’une exclusive contre les infidèles qui ne peut s’avouer, puisque, en se reconnaissant comme telle, elle équivaudrait à le reconnaître eux-mêmes comme existants. (…) Plus précisément encore, il m’a fallu rencontrer l’Islam pour mesurer le péril qui menace aujourd’hui la pensée française. Je pardonne mal au premier de me présenter notre image, de m’obliger à constater combien la France est en train de devenir musulmane … Claude Lévi-Strauss (Tristes tropiques)
J’ai commencé à réfléchir à un moment où notre culture agressait d’autres cultures dont je me suis alors fait le défenseur et le témoin. Maintenant, j’ai l’impression que le mouvement s’est inversé et que notre culture est sur la défensive vis-à-vis des menaces extérieures, parmi lesquelles figure probablement l’explosion islamique. Du coup je me sens fermement et ethnologiquement défenseur de ma culture. Claude Lévi-Strauss (Magazine littéraire, 2003)
Si intentionnellement, nous en arrivions à négliger les faibles et les sans défenses, cela ne pourrait être que pour un bénéfice incertain, au prix d’un crime actuel accablant . Nous devons donc accepter les effets, sans aucun doute néfaste, de la survie et de la propagation des faibles. (…) Bien que la lutte pour l’existence ait été et est toujours importante,  il y a, en ce qui concerne les parties les plus hautes de la nature humaine d’autres forces à l’oeuvre plus importante. En effet    les qualités morales progressent, de manière directe ou indirecte, beaucoup plus à travers les effets des coutumes, de la raison, de l’instruction, de la religion, etc., qu’à travers la sélection naturelle. Darwin (1871)
Dans nos sociétés occidentales, nous éloignons les indésirables, tandis que dans d’autres sociétés, on les ingère! Lévi-Strauss va très loin dans le relativisme culturel. Roland Pourtier (géographe)
Notre démocratie extrême, qui enjoint le respect absolu des « identités », rejoint le fondamentalisme qui punit de mort l’apostat. Il n’y a plus de changement légitime, parce qu’il n’y a plus de préférence légitime. Sous le flash de son unité proclamée, l’humanité s’immobilise par une liturgie continuelle et interminable d’adoration de soi. Pierre Manent
L’inauguration majestueuse de l’ère “post-chrétienne” est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en “radicalisant” le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et “radicalise” le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
Aujourd’hui on repère les boucs émissaires dans l’Angleterre victorienne et on ne les repère plus dans les sociétés archaïques. C’est défendu. René Girard
Le passage du sacrifice humain au sacrifice animal (…) représente un progrès immense (…) que le judaïsme est le seul à interpréter dans le sacrifice d’Isaac. Le seul à le symboliser dans une grande scène qui est une des premières scènes de l’Ancien Testament. Il ne faut pas oublier ce dont ce texte tient compte et dont la tradition n’a pas assez tenu compte : tout l’Ancien Testament  se situe dans le contexte du sacrifice du premier né. Rattacher le christianisme au sacrifice du premier né est absurde, mais derrière le judaïsme se trouve ce qu’il y a dans toutes les civilisations moyen-orientales, en particulier chez les Phéniciens : le sacrifice des enfants. Lorsque Flaubert le représente dans  Salambo, Sainte-Beuve avait bien tort de se moquer de lui parce que ce dont parle Flaubert est très réel. Les chercheurs ont découvert dans les cimetières de Carthage des tombes qui étaient des mélanges d’animaux à demi-brulés et d’enfants à la naissance à demi-brulés. Il a beaucoup été reproché à Flaubert la scène du dieu Moloch où les parents carthaginois jettent leurs enfants dans la fournaise. Or, les dernières recherches lui donnent raison contre Sainte-Beuve. En définitive, c’est le romancier qui a raison : cette scène est l’un des éléments les plus terrifiants et magnifiques de  Salambo. La mode intellectuelle de ces dernières années selon laquelle la violence a été inventée par le monde occidental à l’époque du colonialisme est une véritable absurdité et les archéologues n’en ont pas tenu compte. Aux Etats-Unis, des programmes de recherche se mettent en place notamment sur les Mayas. Ces derniers ont souvent été considérés comme des « anti-Aztèques » : ils n’auraient pas pratiqué de sacrifices humains. Pourtant, dès que l’on fait la moindre fouille, on découvre des choses extraordinaires : chez les Mayas, il y a des kilomètres carrés de villes enfouies. C’est une population formidable avec de nombreux temples et les traces du sacrifice humain y sont partout : des crânes de petits-enfants mêlés à des crânes d’animaux. (…) Ce qu’il y a de plus frappant dans l’histoire de Caïn et Abel c’est que le texte nous dit : la première société fut fondée par Caïn mais il n’est pas dit comment. En réalité, l’acte fondateur c’est le meurtre d’Abel. (…) Il est facile de trouver les textes évangéliques sur le fait que Satan est meurtrier depuis le commencement : « Vous êtes du diable, votre père. Il était homicide dès le commencement » (St Jean, 8, 44). (…) Il y a peut-être, paradoxalement, une raison qui est visible dans l’islam. Abel est celui qui sacrifie des animaux et nous sommes au stade : Abel n’a pas envie de tuer son frère peut-être parce qu’il sacrifie des animaux et Caïn, c’est l’agriculteur. Et là, il n’y a pas de sacrifices d’animaux. Caïn n’a pas d’autre moyen d’expulser la violence que de tuer son frère. Il y a des textes tout à fait extraordinaires dans le Coran qui disent que l’animal envoyé par Dieu à Abraham pour épargner Isaac est le même animal qui est tué par Abel pour l’empêcher de tuer son frère. Cela est fascinant et montre que le Coran n’est pas insignifiant sur le plan biblique. C’est très métaphorique mais d’une puissance incomparable. Cela me frappe profondément. Vous avez des scènes très comparables dans l’Odyssée, ce qui est extraordinaire. Celles du Cyclope. Comment échappe-t-on au Cyclope ? En se mettant sous la bête. Et de la même manière qu’Isaac tâte la peau de son fils pour reconnaître, croit-il, Jacob alors qu’il y a une peau d’animal, le Cyclope tâte l’animal et voit qu’il n’y a pas l’homme qu’il cherche et qu’il voudrait tuer. Il apparaît donc que dans l’Odyssée l’animal sauve l’homme. D’une certaine manière, le troupeau de bêtes du Cyclope est ce qui sauve. On retrouve la même chose dans les Mille et une nuits, beaucoup plus tard, dans le monde de l’islam et cette partie de l’histoire du Cyclope disparaît, elle n’est plus nécessaire, elle ne joue plus un rôle. Mais dans l’Odyssée il y a une intuition sacrificielle. (…) On peut dire que cela aboutit à des déchaînements de rivalité mimétique, d’opposition de frères ennemis. La principale opposition de frères ennemis dans l’Histoire, c’est bien les juifs et les chrétiens. Mais le premier christianisme est dominé par l’Epître aux Romains qui dit : la faute des juifs est très réelle, mais elle est votre salut. N’allez surtout pas vous vanter vous chrétiens. Vous avez été greffés grâce à la faute des juifs. On voit l’idée que les chrétiens pourraient se révéler tout aussi indignes de la Révélation chrétienne que les juifs se sont révélés indignes de leur révélation. Je crois profondément que c’est là qu’il faut chercher le fondement de la théologie contemporaine. Le livre de Mgr Lustiger, La Promesse, est admirable notamment ce qu’il dit sur le massacre des Innocents et la Shoah. Il faut reconnaître  que le christianisme n’a pas à se vanter. Les chrétiens héritent de Saint Paul et des Evangiles de la même façon que les Juifs héritaient de la Genèse et du Lévitique et de toute la Loi. Mais ils n’ont pas compris cela puisqu’ils ont continué à se battre et à mépriser les Juifs. (…)  ils ont recréé de l’ordre sacrificiel. Ce qui est historiquement fatal et je dirais même nécessaire. Un passage trop brusque aurait été impossible et impensable. Nous avons eu deux mille ans d’histoire et cela est fondamental. Mon travail a un rapport avec la théologie, mais il a aussi un rapport avec la science moderne en ceci qu’il historicise tout. Il montre que la religion doit être historicisée : elle fait des hommes des êtres qui restent toujours violents mais qui deviennent plus subtils, moins spectaculaires, moins proches de la bête et des formes sacrificielles comme le sacrifice humain. Il se pourrait qu’il y ait un christianisme historique qui soit une nécessité historique. Après deux mille ans de christianisme historique, il semble que nous soyons aujourd’hui à une période charnière – soit qui ouvre sur l’Apocalypse directement, soit qui nous prépare une période de compréhension plus grande et de trahison plus subtile du christianisme. Nous ne pouvons pas fermer l’histoire et nous n’en avons pas le droit. (…) Nous sommes encore proches de cette période des grandes expositions internationales qui regardait de façon utopique la mondialisation comme l’Exposition de Londres – la « Fameuse » dont parle Dostoievski, les expositions de Paris… Plus on s’approche de la vraie mondialisation plus on s’aperçoit que la non-différence ce n’est pas du tout la paix parmi les hommes mais ce peut être la rivalité mimétique la plus extravagante. On était encore dans cette idée selon laquelle on vivait dans le même monde :on n’est plus séparé par rien de ce qui séparait les hommes auparavant donc c’est forcément le paradis. Ce que voulait la Révolution française. Après la nuit du 4 août, plus de problème !  (…) L’Amérique connaît bien cela. Il est évident que la non-différence de classe ne tarit pas les rivalités mais les excite à mort avec tout ce qu’il y a de bon et de mortel dans ce phénomène. (…) Je crois que le moment décisif en Occident est l’invention de l’hôpital. Les primitifs s’occupent de leurs propres morts. Ce qu’il y a de caractéristique dans l’hôpital c’est bien le fait de s’occuper de tout le monde. C’est l’hôtel-Dieu donc c’est la charité. Et c’est visiblement une invention du Moyen-Age. Tout ce qu’il y a de bon dans notre société peut faire l’objet d’abus. René Girard
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, mars 2008)
Les pays européens qui ont transformé la Méditerranée en un cimetière de migrants partagent la responsabilité de chaque réfugié mort. Erdogan
Mr. Kurdi brought his family to Turkey three years ago after fleeing fighting first in Damascus, where he worked as a barber, then in Aleppo, then Kobani. His Facebook page shows pictures of the family in Istanbul crossing the Bosporus and feeding pigeons next to the famous Yeni Cami, or new mosque. From his hospital bed on Wednesday, Mr. Kurdi told a Syrian radio station that he had worked on construction sites for 50 Turkish lira (roughly $17) a day, but it wasn’t enough to live on. He said they depended on his sister, Tima Kurdi, who lived in Canada, for help paying the rent. Ms. Kurdi, speaking Thursday in a Vancouver suburb, said that their father, still in Syria, had suggested Abdullah go to Europe to get his damaged teeth fixed and find a way to help his family leave Turkey. She said she began wiring her brother money three weeks ago, in €1,000 ($1,100) amounts, to help pay for the trip. Shortly after, she said her brother called her and said he wanted to bring his whole family to Europe, as his wife wasn’t able to support their two boys alone in Istanbul. “If we go, we go all of us,” Ms. Kurdi recounted him telling her. She said she spoke to his wife last week, who told her she was scared of the water and couldn’t swim. “I said to her, ‘I cannot push you to go. If you don’t want to go, don’t go,’” she said. “But I guess they all decided they wanted to do it all together.” At the morgue, Mr. Kurdi described what happened after they set off from the deserted beach, under cover of darkness. “We went into the sea for four minutes and then the captain saw that the waves are so high, so he steered the boat and we were hit immediately. He panicked and dived into the sea and fled. I took over and started steering, the waves were so high the boat flipped. I took my wife in my arms and I realized they were all dead.” Mr. Kurdi gave different accounts of what happened next. In one interview, he said he swam ashore and walked to the hospital. In another, he said he was rescued by the coast guard. In Canada, Ms. Kurdi said her brother had sent her a text message around 3 a.m. Turkish time Wednesday confirming they had set off. (…) “He said, ‘I did everything in my power to save them, but I couldn’t,’” she said. “My brother said to me, ‘My kids have to be the wake-up call for the whole world.’” WSJ
Personne ne dit que ce n’est pas raisonnable de partir de Turquie avec deux enfants en bas âge sur une mer agitée dans un frêle esquife. Arno Klarsfeld
Non, Allahou Akbar n’est pas un cri de guerre ! C’est aussi ce que les musulmans murmurent à l’oreille des nouveaux nés…  Libération
L’islamophobie est une vilaine maladie. Mais elle se soigne. Et le remède – résultats garantis – se trouve dans Libération. Ce journal est en pointe dans la recherche visant à éradiquer l’islamophobie. C’est pourquoi dans sa rubrique « Desintox » en partenariat avec Arte (son et image) il a consacré plusieurs minutes à cette terrible maladie dont on sait qu’elle est dangereusement contagieuse. Pasteur avait découvert le vaccin contre la rage. Libération a trouvé le vaccin contre l’islamophobie. Et c’est titré : « Non Allahou Akbar n’est pas un cri de guerre ! ». Nous, intoxiqués que nous étions, on ne savait pas. Le poison était dans nos veines. Quand les égorgeurs de Daesh tranchaient la gorge de leurs prisonniers nous avions entendus sur leurs vidéos : « Allahou Akbar ! ». Les mêmes mots avaient accompagnés dans leur travail Mohammed Merah, Mehdi Nemmouche, les frères Kouachi, Coulibaly. On avait entendu « Alahou Akbar ! » quand les guerriers de Boko Haram convertissaient de force les jeunes chrétiennes qu’ils avaient enlevées. C’est, nous avait-il semblé, en criant « Allahou Akbar ! » que les chébabs somaliens avaient démembrés des enfants (non musulmans) dans un hôtel de Nairobi. Et telles furent les derniers mots, nous avait-on dit, de ceux qui écrasèrent leurs avions le 11 Septembre 2001 sur les Twin Towers. Des dizaines d’autres exemples nous sont fournis par les radios et les télés, toutes apparemment islamophobes. Comment n’aurions-nous pas été intoxiqués ? Heureusement, Libération est là pour nous expliquer qu’en dépit de ces très fâcheuses coïncidences, que « Allahou Akbar n’est pas un cri de guerre ! ». Des détails nous sont donnés pas le journal. Un musulman voyant son équipe marquer un but lors d’un match de foot manifestera sa joie par « Allahou Akbar ! ». Et les premiers mots qu’un musulman murmure à l’oreille de son nouveau-né c’est aussi « Allahou Akbar ! ». Rien que de la joie et de la tendresse. Le zèle de Libération a quelque chose de pathétique. Que ne ferait-on pas pour recouvrir d’un voile épais une mare de sang ? Il faut maintenant aller plus loin et arrêter avec Daesh et consorts. Libération a certainement assez d’influence pour exiger de Canal + la retransmission intégrale des matchs de foot des équipes du Golfe avec les « Allahou Akbar ! » des supporters. Il parait indispensable que les chaines de télé diffusent les images touchantes des papas musulmans chuchotant « Allahou Akbar ! » dans l’oreille de leur nouveau-né. Comme ça on pourra oublier que c’est également ce que chuchotent les hommes de Daesh dans les oreilles des filles yazidis avant de les violer… Atlantico
Les Blancs, ça n’existe pas, mais il y en a trop partout – à l’Assemblée, dans l’entreprise et, bien entendu, à la télé. Cet heureux oxymore qui constitue le cœur du credo antiraciste vient d’être illustré spectaculairement par le CSA. Quelques jours après que toute la France convenable s’était étranglée de rage parce que Nadine Morano avait parlé de « race blanche », le « gendarme de l’audiovisuel » – qui ne traque rien d’autre que de supposés dérapages langagiers – tance la télévision française, coupable de ne montrer que 14 % de « personnes perçues comme non blanches » – non, je n’invente rien, c’est la terminologie employée par nos supposés sages. Et en prime de ne pas montrer sous un assez bon jour les perçus-comme-non-blancs, plutôt délinquants que médecins, plus souvent seconds rôles que héros. La madame Diversité du CSA, Mémona Hintermann, a donc fait la tournée des popotes médiatiques pour déplorer que les télés aient « peur de montrer des Noirs et des Arabes » – elle doit être très colère, Mémona, pour oublier de faire usage des périphrases stupides dictées par les bonnes manières progressistes. Quant à madame Ernotte, la nouvelle patronne de France Télévisions, elle annonçait le Grand soir multiculturel il y a un mois : « On a une télévision d’hommes blancs de plus de 50 ans, et ça, il va falloir que cela change. » Mais pour l’instant, il semble qu’elle ait exclusivement recruté des mâles blancs. Il est vrai qu’ils sont jeunes et de gauche, ce qui efface un peu la pâleur de leur teint. (…) Le plus intéressant, en l’occurrence, c’est la contradiction évidente qu’il y a à dénoncer Morano tout en applaudissant le CSA. (…) En clair, on ne peut voir la diversité ethnique que pour l’exalter. Dans ces conditions,  le CSA a le droit et même le devoir de compter les Blancs et les Noirs. (…) En conséquence, on a le droit de distinguer les Blancs des autres mais pour claironner que les uns sont trop nombreux et les autres pas assez. Ainsi, personne n’aurait embêté madame Morano si elle avait dit, par exemple, que la France devait cesser d’être un pays de race blanche. Du reste, il est très tendance de compter les Blancs pour s’endormir : ainsi a-t-on appris ces jours-ci par un édifiant article du Monde que les théâtres français étaient eux aussi « trop blancs ». Curieusement, on n’imagine pas un de nos innombrables « sages » se plaindre de l’hégémonie « non-blanche » dans le rap ou le R&B. Elisabeth Lévy
On a une télévision d’hommes blancs de plus de 50 ans, et ça, il va falloir que cela change. Delphine Ernotte (France Télévisions)
En France, nous parlons beaucoup, nous faisons beaucoup de rapports, beaucoup de réunions, nous nous gargarisons de la diversité mais à l’arrivée qu’est-ce qu’on fait? Très peu! Il suffit de regarder les écrans. La diversité de la population, on la croise dans les transports, dans les hôpitaux, dans les écoles. Il faut qu’on la croise aussi à la télévision ou à la radio. La diversité doit se distiller à travers les chaînes! Si la télévision publique donne le la, les autres ne pourront pas rester à l’écart. Mais je crois qu’ils n’ont pas envie de prendre ce qu’ils estiment être des risques. Qu’ils aillent dans les écoles, qu’ils aillent dans les universités, qu’ils aillent dans les hôpitaux, ils verront qu’il y a bien des médecins avec des gueules d’Arabes, ou des gueules de Noirs ou de Réunionnais! Il y a vraiment urgence…(…) Ce que j’attends de la télévision, ce sont d’abord des programmes qui nous rassemblent. A la télévision allemande, vous avez une présentatrice d’origine turque avec un co-présentateur de culture hébraïque. Les Allemands parlent beaucoup moins de la diversité que nous, mais qu’est-ce qu’ils font comme boulot! Mémona Hintermann (CSA)
Les résultats de la vague 2015 du baromètre de la diversité ne progressent pas sur le critère de l’origine par rapport à ceux de 2014 avec 14% de personnes perçues comme « non-blanches » présentes à l’antenne. L’étude montre, si l’on croise l’origine avec les données relatives à la catégorie socio-professionnelle, que le taux de personnes perçues comme non-blanches est à 17% pour les CSP- alors qu’il est à 11% pour les CSP+. Quand on évoque les activités marginales ou illégales, le taux de personnes perçues comme non-blanches est de 37%. Ainsi, plus on représente une catégorie sociale élevée moins la part des personnes perçues comme non-blanches est importante. En combinant le critère de l’âge avec l’origine perçue, on peut notamment remarquer que les personnes perçues comme « non-blanches » sont nettement plus représentées chez les moins de 20 ans (18%) qu’au sein de la tranche d’âge « 65 ans et plus » (4%). L’étude du baromètre montre que les personnes perçues comme « non-blanches » sont plus représentées par des hommes (16%) que par des femmes (13%). En termes de rôles, si le taux de personnes perçues comme « non-blanches » est de 21% pour les figurants, il n’est que de 9% pour les héros. De la même manière, s’agissant des attitudes, celles qui sont négatives sont incarnées à 29% par des personnes perçues comme « non-blanches » alors que les attitudes positives ne le sont qu’à 12% pour les personnes perçues comme « non-blanches ». Enfin, le taux de personnes perçues comme handicapées demeure particulièrement faible (0,4% des personnages indexés avec pondération). Baromètre du Conseil supérieur de l’audiovisuel
Ils étaient les témoins d’une autre époque. Chaque fois qu’une personne âgée meurt, c’est une bibliothèque qui disparait. En effet, c’est une partie de notre mémoire collective qui s’est éteinte. Patricia Raichini (maire de Petit-Palais)
En Afrique, chaque fois qu’un vieillard traditionaliste meurt, c’est une bibliothèque inexploitée qui brûle. Amadou Hampâté Bâ (UNESCO, 1960)
Les peuples de race noire n’étant pas des peuples d’écriture ont développé l’art de la parole d’une manière toute spéciale. Pour n’être pas écrite, leur littérature n’en est pas moins belle. Combien de poèmes, d’épopées, de récits historiques et chevaleresques, de contes didactiques, de mythes et de légendes au verbe admirable se sont ainsi transmis à travers les siècles, fidèlement portés par la mémoire prodigieuse des hommes de l’oralité, passionnément épris de beau langage et presque tous poètes ! Amadou Hampâté Bâ (1985)
A l’évidence, la montée du Front National dans les espaces ruraux angoisse les hommes politiques.Se mobiliser pour l’accident de Puisseguin offre aussi la possibilité de s’associer à une peine qui touche d’autres groupes que les agriculteurs, ici un groupe important et des résidents ruraux, les personnes âgées, un groupe consensuel car peu politisé en tant que tel. Les villages français sont pour beaucoup des villages de retraités, souvent en difficulté. (…) Le mondes ouvriers ruraux ont historiquement été moins encadrés par les partis de gauche et des franges plus significatives votent aujourd’hui, partout sur le territoire, pour le Front National à mesure de difficultés croissantes sur le marché de l’emploi. Le deuxième groupe singulier concerne les agriculteurs. Ils sont clairement à droite depuis longtemps, avec d’abord une adhésion très forte pour Jacques Chirac (depuis son passage au Ministère de l’Agriculture en pleine période de croissance), un effondrement notoire sous Sarkozy, et, depuis quelques années, une percée nouvelle du Front National. Cette percée touche les jeunes et les plus petits agriculteurs, les perdants du système, alors même que l’agriculture a depuis toujours puisé dans l’immigration et les fonds européens pour tirer sa force contemporaine. A de quelques exceptions géographiques près, l’électorat agricole vote peu à gauche. A l’inverse, les classes supérieures résident peu à la campagne, ou alors sur un mode temporaire ou secondaire. Mais elles incarnent une campagne récréative, patrimoniale, paysagère et écologique, goûtée par la bourgeoisie diplômée et urbaine qui elle vote pour les partis de gouvernement, qui en quelque sorte angoisse les classes populaires et les petits entrepreneurs des mondes ruraux qui souhaitent avant tout développer les usages productifs des campagnes. Chaque création de parc naturel ou chaque hectare perdu pour un grand projet (ligne TGV, stade, piste cyclable…) est vécu comme une violence de la ville sur la campagne. (…) Particulièrement pour les classes populaires, les enjeux politiques spécifiques aux mondes ruraux concernent avant tout les questions de l’accès aux marchés de l’emploi et aux services (santé, éducation, commerce) incarnés par la ville. Liée à ces enjeux, la question des transports, de l’accès à internet, est essentielle. Pour le groupe agricole, bien sûr, le débat est centré sur la place de l’Europe et la réduction à venir des subventions, mais plus encore, sur le tournant écologique de l’agriculture après des décennies particulièrement réussies de productivisme. Cette réorientation des politiques agricoles occasionne là, un divorce entre les élus et les groupes agricoles qui avancent vers cette échéance à reculons. Gilles Lafferté
En cette période d’anniversaire et à l’approche de la Toussaint, je voudrais combler un oubli de notre gouvernement. Bien involontaire, à n’en pas douter. Je voudrais rappeler le souvenir des deux vraies victimes. Je veux parler de Jean-Jacques le Chenadec et de Jean-Claude Irvoas. Qui sont-ils? Si vous les avez oubliés, vous avez des excuses, parce que ce sont les morts oubliés de ces événements, pire qu’oubliés, tus, escamotés, gommés. Alors pour rappel, Jean-Jacques le Chenadec, est cet homme âgé de 61 ans qui, à Stains, était descendu  en bas de son immeuble  parce que des jeunes mettaient le feu à des poubelles. Ils l’ont tué. Le meurtrier a été condamné à cinq ans de prison; il doit être libre à l’heure qu’il est. Jean-Claude Irvoas, 56 ans, a voulu prendre en photo du mobilier urbain, à Epinay-sur-Seine. Des trafiquants de drogue, croyant qu’il les prenait en photo, l’ont agressé. M. Irvoas, selon l’un des agresseurs,  a prétendu être officier de police. Les quatre dealers l’ont achevé. A Clichy-sous-bois, on inaugure aujourd’hui une allée qui porte le nom des deux jeunes morts dans le transformateur. Il n’y aura pas de plaques commémoratives pour Jean-Jacques le Chenadec et Jean-Claude Irvoas. Une pensée pour les familles de ces deux hommes morts deux fois,  de l’incurie de l’Etat et de son silence. On préfère commémorer la jeunesse qui met la France à feu et à sang. Riposte Laïque
Nous avons collectivement abdiqué. Au nom du communautarisme, nous avons abandonné le modèle républicain. Au nom du différentialisme, l’école a arrêté de jouer son rôle d’assimilation. Pour le dire de manière un peu caricaturale, on a préféré construire des salles de sport en banlieue plutôt que des bibliothèques. Le Comte de Bouderbala, d’origine kabyle, résume ça très bien à travers un sketch où il explique qu’à chaque émeute en Seine-Saint-Denis, on organise un concert de rap. Et d’ironiser sur les fautes de grammaire et de syntaxe des rappeurs. Sous couvert d’antiracisme, on a enfermé ces populations dans leur milieu social et culturel. Une partie des enfants d’immigrés aspire à l’excellence alors que les élites, en particulier de gauche, consciemment ou inconsciemment les tirent vers le bas. Jeannette Bougrab
Dans ce paysage brouillé et opaque, une illumination: le 26 octobre, aux Mureaux, le ministère de la Culture et de la Communication instaure un diplôme national supérieur professionnel de la danse hip-hop. Il va également encourager, de manière sonnante et trébuchante, la réalisation d’œuvres de street art dans le cadre de la commande publique. Il va enfin soutenir le développement de toutes les créativités grâce au Buzz Booster. Quand Fleur Pellerin entend le mot «culture urbaine», elle sort, sous les bravos, son carnet de chèques. (…) Tout se passe comme si, désormais, le moindre cri contestataire, qu’il soit graphique, sonore ou audiovisuel, doit être dans tous les sens du terme, «assisté» par l’Etat providence. André Bercoff
Les Jeux mondiaux des peuples autochtones, (Jogos Mundiais dos Povos Indígenas), est une compétition sportive pour promouvoir la culture des peuples autochtones à travers le sport. L’idée d’une compétition sportive destinée exclusivement aux peuples autochtones, est née en 1975, dans l’esprit de Carlos Terena, un indien Terena. Il raconte qu’il était dans son hamac, et tout en rêvant, il a eu une vision, il a vu de nombreux peuples danser sur un terrain de football. Pendant près de 20 ans, il a cherché à concrétiser son projet, sans succès, jusqu’à sa rencontre dans les années 1990, avec la légende du football, Pelé, alors ministre des sports du Brésil. De cette collaboration, les jeux nationaux des peuples autochtones ont vu le jour en 1996, dans la ville de Goiânia, et connaîtront par la suite plusieurs autres éditions. Puis, devant le succès de ces jeux au Brésil, est apparue l’envie d’internationaliser cette compétition, en intégrant d’autres peuples autochtones, d’autres pays. Outre le sport, cette manifestation a aussi comme vocation de présenter un caractère spirituel à l’évènement. La première édition des jeux mondiaux des peuples autochtones, a lieu à Palmas, dans la capitale de l’État de Tocantins, au Brésil, du 20 octobre au 1er novembre 2015, moins d’un an avant les Jeux olympiques d’été de 2016, qui auront lieu à Rio de Janeiro. Deux mille athlètes, issus de quarante-six ethnies, de vingt pays, s’affronteront à travers des sports connus, tel que le football et l’athlétisme, mais pour l’essentiel, sur des sports traditionnels indigènes. Wikipedia
Qu’une exposition au Musée du quai Branly s’attache à nommer les créateurs de la cour royale d’Abomey est important du point de vue de la connaissance historique. Mais surtout d’un point de vue politique et moral, parce que c’est l’une des premières fois qu’une telle tentative est osée en France. Le temps de l’indistinction et de l’anonymat s’achèverait-il enfin? (…) Le temps de l’art « nègre » ou « africain » finit; celui des artistes africains commence. Le Monde
Cette nouvelle et passionnante approche peut s’appliquer aux artistes d’Abomey, parce que les collections françaises sont d’une exceptionnelle richesse. Elles le sont parce que la France a envahi et détruit le royaume d’Abomey en deux guerres, en 1890 et en 1892, et forcé le roi Béhanzin à l’exil. Ses palais ont été pillés et c’est le produit de ces pillages que l’on étudie avec tant d’intérêt. Le Monde
Les collections françaises conservent des objets arrivés dans des contextes variés, du cadeau diplomatique au don ou aux commandes en passant par le butin de guerre coloniale. (…) Quatorze rois se sont succédés de 1625 à 1900 à Abomey, capitale du royaume du Danhomè. Ils ont rassemblé autour d’eux des artistes d’origines diverses : Yoruba, Fon, Mahi ou Haoussa régis par le même mécénat. Leurs noms se confondent avec l’histoire de l’agrandissement du royaume ; certains ont participé à sa fondation, d’autres y sont arrivés comme esclaves. Gaëlle Beaujean (commissaire de l’exposition)
Guezo fut également un administrateur extrêmement avisé. Grâce aux revenus de la traite, il put abaisser les impôts, stimulant ainsi l’économie agricole et marchande (…) Il fut très aimé et sa mort subite dans une bataille contre les Yorubas fut une véritable tragédie. Wikipedia
Les chefs traditionnels n’ont pas à être reconnus par la Constitution tant qu’ils n’ont pas présenté leurs excuses aux familles des descendants des victimes de l’esclavage. Shehu Sani (président du Congrès des droits civiques nigérian)
Curieusement, c’est au fil des années 1920, avec le long séjour de nombreux artistes brésiliens à Paris, partis pour y perfectionner leur formation, que ces derniers commencèrent à s’intéresser aux particularités de la culture brésilienne. En 1921, Antônio Gomide et Victor Brecheret débarquèrent à Paris, où se trouvait déjà Vicente do Rego Monteiro, suivis en 1923 de Tarsila do Amaral, Oswald de Andrade, Anita Malfatti, Di Cavalcanti et Celso Antônio, parmi beaucoup d’autres artistes (…). C’est à Paris que Di Cavalcanti réalisa ses premiers dessins de mulâtres. Ce sujet fut ensuite associé de façon emblématique à son œuvre et il le revisita tout au long de sa vie. (…) Tarsila do Amaral est peut-être celle qui exprima le mieux cette transformation subite de langage, de thématique et de conscience. En 1921, inscrite à l’Académie Julian, elle s’exerçait à faire des nus postimpressionnistes ; en 1923, élève de Fernand Léger, elle réalisa l’une de ses créations les plus emblématiques, A negra (1923, São Paulo, Museu de Arte Contemporânea da Universidade de São Paulo), considérée comme l’œuvre « pionnière d’un style moderniste brésilien ». Dans une lettre adressée à sa famille, la peintre constatait l’intérêt que les cultures exogènes suscitaient dans les milieux intellectuels français. (…) Ainsi, le voyage de Tarsila do Amaral est considéré comme l’archétype du séjour d’artiste, un cas « paradigmatique du rapport entre une condition sociale aisée, l’acculturation française et l’alignement moderniste ». Mariée au poète moderniste Oswald de Andrade et héritière comme lui d’une fortune considérable issue du café et du capital immobilier, Tarsila do Amaral réussit à intégrer les cercles internationaux de l’avant-garde établis à Paris grâce à de nombreuses stratégies, notamment son inscription en tant qu’élève dans les ateliers déjà célèbres d’Albert Gleizes, d’André Lhote et de Fernand Léger ; la formation d’une collection audacieuse d’œuvres modernistes grâce aux liens directs qu’elle entretenait avec les artistes eux-mêmes ou avec leurs galeristes, comme Léonce Rosenberg ; et le soin avec lequel elle construisit sa propre image de peintre pleinement moderne, comme l’atteste son autoportrait de 1923 (Rio de Janeiro, Museu Nacional de Belas Artes), dans lequel elle porte un manteau de Paul Poiret, dont la réputation de couturier élégant, moderne et « exotique » conférait à ses créations un capital symbolique exploité ici par l’artiste (…). À cette insertion stratégique de la peintre dans l’avant-garde cubiste française s’ajoute un autre élément, plebiscité également par l’intelligentsia brésilienne : la création d’une série d’œuvres modernes en dialogue avec les avant-gardes internationales de son temps mais construite à partir d’éléments considérés comme « nationaux ». Cette « phase Pau-Brasil », comme elle fut nommée, caractérise les productions de Tarsila do Amaral des années 1920. Dans une lettre que lui écrivit Mário de Andrade, chef de file intellectuel du groupe moderniste pauliste, insista sur l’importance pour les artistes brésiliens de rester fidèles à leur mission, à savoir celle de représenter leur pays. Ana Paula Cavalcanti Simioni
L’anthropophagie est une pratique caractéristique des Indiens Tupi vivant au Brésil avant la Conquête. En réactivant ce concept, Oswald de Andrade affirme avec provocation la singularité de la culture brésilienne par rapport à la culture européenne. Suely Rolnik revient quant à elle sur cette notion dans un contexte contemporain mondialisé. Elle pointe ainsi un aspect négatif de l’expérience anthropophage en créant le concept de « subjectivité flexible ». Cette nouvelle subjectivité renvoie à l’hyper-adaptabilité du sujet contemporain aux mondes prêts-à-porter que propose le capitalisme. Cependant, l’anthropophagie peut également être réactivée de manière positive pour construire une expérience critique du monde dans lequel nous évoluons. Monument de la littérature, le Manifeste anthropophage est l’un des textes fondateurs du modermisme brésilien. Son auteur, Oswald de Andrade, est connu pour son œuvre aussi diverse qu’iconoclaste et polémique. Le Manifeste anthropophage est, avec le Manifeste de la poésie Bois Brésil, l’un de ses écrits les plus radicaux. (…) Manger la culture colonisatrice, telle est la revendication du Manifeste anthropophage écrit au Brésil, en 1928. À travers cette poésie savoureuse, Oswald de Andrade prône la dégustation symbolique du colonisateur, affirmant la modernité brésilienne dans un processus de dévoration esthétique et politique qui consiste non pas à singer la modernité européenne mais à la manger, à l’assimiler pour en forger une déclinaison singulière. De Andrade offre ainsi une alternative originale au nivellement culturel et à la fascination pour une culture dominatrice. Dans Anthropophagie zombie, Suely Rolnik revient sur la tradition anthropophage brésilienne, mais note que cette tradition a pris une connotation négative avec l’avènement du capitalisme financier. En effet, si historiquement l’anthropophagie s’affirme comme un concept positif, les troubles d’une « guerre esthétique planétaire » ont dévoilé la face cachée d’une anthropophagie dévoyée. Inspirée par la philosophie de Gilles Deleuze et par son travail avec Félix Guattari, Suely Rolnik montre comment les structures de la subjectivité sont attaquées par le capitalisme financier, l’expérience anthropophage donnant naissance à la subjectivité d’un « peuple de zombies hyperactifs ». Comment réinvestir une anthropophagie positive et émanciper les subjectivités singulières ? Comment remettre le monde à l’œuvre ? L’élaboration critique de l’expérience anthropophage brésilienne pourrait-elle contribuer à problématiser la subjectivité contemporaine propre au régime du capitalisme financier ? Plus spécifiquement : pourrait-elle contribuer à problématiser la politique des relations à l’autre, tout comme le destin des puissances de création, inhérentes à cette nouvelle figure de la subjectivité ? En dernière instance, l’expérience anthropophage pourrait-elle contribuer à « soigner » l’actuelle fascination aveugle devant la flexibilité et la liberté d’hybridation récemment acquises ? Presses du réel

Devinez où la plus brésilienne des artistes a découvert sa brésilianité !

En ces temps décidément étranges …

Où à deux mois d’élections annoncées catastrophiques pour le parti au pouvoir, un tragique accident de la circulation se voit transmué en véritable 11 septembre national …

Où la mort de  personnes âgées qu’on avait laissées mourir par dizaine de milliers lors d’une canicule certes historique se voit dorénavant, reprenant la phrase célèbre d’un écrivain africain tentant de revaloriser les traditions orales d’un continent alors largement arriéré il y a quelques cinquante ans, qualifiée de bibliothèque qui disparait

Où, pour apaiser la fureur de nos chères têtes blondes qui en trois semaines d’émeutes il y a tout juste dix ans ont fait passer par le feu quelques 300 bâtiments publics et 10 000 voitures mais aussi laissé sur le carreau deux hommes un peu trop blancs, nos plus hautes autorités inaugurent en grande pompe, entre BEP de hip hop ou de street art, une stèle et une rue en l’honneur de deux jeunes imprudents qui s’étaient électrocutés eux-mêmes en fuyant dans un transformateur les policiers qui les poursuivaient …

Où, entre la course à l’adoption et l’allaitement de bébés africains, nos stars les plus célébrées du cinéma ou de la chanson se dévouent corps et âme, rivalisant de générosité pour apaiser des caméras et des médias toujours plus insatiables…

Où, pour apaiser une culpabilité toujours plus inexpiable, une Europe qui n’ose plus évoquer ses propres racines et n’arrive même plus à assurer sa propre reproduction ou même à intégrer ses minorités extra-européenes, s’offre littéralement à l’invasion de millions de damnés de la terre qui, entre boucliers humains et chantage à l’émotion et au nom d’une religion et une idéologie toujours plus violente et intolérante, n’hésitent pas à sacrifier leurs enfants …

Où, pour avoir tenté d’avertir leurs concitoyens contre la catastrophe que nos gouvernants nous préparent, nos lanceurs d’alerte voient leurs paroles, dirigeants, partis ou pays affublés du statut infamant de fascistes et de racistes …

Pendant qu’en un pays où le comptage ethnique est toujours interdit par la loi et toute tentative de mesurer l’étendue des problèmes immédiatement dénoncée comme raciste, l’on peut en revanche décompter les membres de la seule race blanche à condition bien sûr de dire qu’il y en a trop ou même des « personnes perçues comme non-blanches » à condition cette fois de dire qu’il n’y en pas assez

Où, sous prétexte qu’il n’est pas blanc, un président américain et chef supposé du Monde libre qui danse avec les tyrans et abandonne des peuples entiers aux pires massacres et exactions tout en multipliant dans la plus grande opacité et indifférence les exécutions extra-judiciaires, se voit traiter, prix Nobel de la paix compris, en véritable messie …

Où, pour préserver les prétendus droits d’une idéologie hégémonique et d’une religion proprement génocidaire et entre attaques au couteau de boucher et résolutions onusiennes, un  pays d’à peine 20 000 km2 et 8 millions d’habitants sur un ensemble de quelque 7 millions de km2 et plus de 400 millions d’habitants se voit interdit de prier sur ses propres lieux saints et mis au ban des nations

Et à l’heure où après avoir célébré l’art nègre et l’art négrier, le Pays autoproclamé des droits de l’homme réouvre son deuxième musée ethnographique

Et où, avec une cinquantaine d’ethnies originaires de 23 pays représentées, le Brésil inaugure les premiers Jeux mondiaux des peuples indigènes

Comment ne pas repenser …

A ce manifeste fondateur du mouvement moderniste brésilien des années 20  qui, comme son titre l’indique et selon le retournement désormais devenu classique du stigmate en mot d’ordre à la Black is beautiful …

Réactivait, derrière le titre provocateur, la pratique alors condamnée du cannibalisme des Indiens Tupi d’avant la conquête coloniale pour imposer la singularité de la culture brésilienne en ne revendiquant rien de moins que la dévoration de la culture européenne ?

Mais comment ne pas aussi se rappeler sa plus célèbre protagoniste et inspiratrice, la peintre brésilienne et épouse de l’auteur dudit manifeste Tarsila do Amaral

Qui, dans son célèbre tableau Abaporu et une lettre à sa famille, en révélait le ressort caché …

A savoir derrière le détournement iconoclaste tant de la célèbre formule de Shakespeare que de la fameuse sculpture de Rodin …

La redécouverte, par ses maitres parisiens après Montaigne et dans le musée même que l’on réouvre à grande pompe aujourd’hui, d’une primitivité jusque-là dénigrée …

Et considérée depuis, dans un de ces renversements radicaux dont notre époque s’est fait la spécialité et dont on peut constater chaque jour un peu plus les effets, comme le nec plus ultra de la modernité  ?

Le modernisme brésilien, entre consécration et contestation

Ana Paula Cavalcanti Simioni
Traduction de Carlos Spilak
p. 325-342
Résumé
Au Brésil, les créations artistiques de ce qu’on a appelé le premier modernisme brésilien (aux environs de 1920-1940) ont acquis une réelle consécration. Ce sont plus que des objets esthétiques, on leur attribue des valeurs symboliques. Le présent article prétend analyser le processus social qui a élaboré cette consécration en considérant trois moments. Le premier se caractérise par l’émergence de l’histoire de l’art moderne au Brésil, fondée sur les actions et les discours divulgués par les protagonistes du mouvement eux-mêmes. Le deuxième se réfère à l’institutionnalisation de la valeur des œuvres et des artistes. Un processus qui impliqua divers autres agents comme les interventions du milieu universitaire, les acquisitions officielles de fonds réalisées par le régime autoritaire du Brésil et les stratégies du marché de l’art entre la fin des années 1960 et le milieu des années 1970. Pour finir, du milieu des années 1970 à nos jours encore, se manifeste un révisionnisme critique des limites formelles, politiques et historiques de ce mouvement. À la fois objet de dévotion et de rejet, le modernisme brésilien se présente comme un fait culturel d’une importance sans pareille pour le domaine artistique brésilien.

Cet article est une traduction de : Modernismo brasileiro: entre a consagração e a contestação

1En 1995, le collectionneur argentin Eduardo Constantini fit l’acquisition, chez Christie’s à New York, de la toile Abaporu de Tarsila do Amaral, achevée en 1928. S’agissant du prix le plus élevé jamais atteint par une peinture brésilienne sur le marché international (1,3 million de dollars), cette transaction acquit un statut emblématique, renforcée par l’émoi qu’elle suscita au Brésil. L’exposition actuelle du tableau dans l’important Museo de Arte Latinoamericano de Buenos Aires (MALBA), à l’ombre d’œuvres d’artistes consacrés tels que Frida Kahlo, Wilfredo Lam, Xul Solar et Antonio Berni, n’a pas suffi à apaiser le sentiment que la vente du tableau à l’étranger représentait une perte pour la culture nationale. L’importance de cet épisode met en évidence la valeur paradigmatique de cette œuvre, aux côtés d’autres peintures et sculptures réalisées par les artistes désignés comme les « modernistes » brésiliens. En effet, le modernisme brésilien, dont la première phase de production artistique s’étend des années 1920 aux années 1940, s’est consolidé en prenant une place unique dans l’histoire culturelle du Brésil. Ses œuvres principales furent alors perçues, et le sont encore, comme des artefacts matériels susceptibles de cristalliser symboliquement une culture nationale de portée internationale. Elles se virent attribuer non seulement des qualités artistiques, mais aussi des valeurs culturelles et politiques plus larges, devenant ainsi des symboles identitaires.

2La glorification du modernisme brésilien est un processus qui traverse tout le xxe siècle et qui implique un ensemble d’acteurs – critiques, historiens, commissaires d’expositions – ainsi que diverses pratiques sociales, y compris le marché de l’art, les acquisitions effectuées par les musées et même, parfois, des politiques culturelles explicites mises en œuvre par l’État au niveau national ou régional. Ce processus peut être sommairement divisé en trois grandes phases. La première, qui s’étend de 1917 aux années 1940, est marquée par la construction d’une histoire de l’art moderne au Brésil qui donne la parole aux participants mêmes du mouvement. Une deuxième période, des années 1940 à la fin des années 1970, est celle de la consécration institutionnelle du modernisme en tant que valeur de l’art moderne au Brésil, un développement favorisé par la publication de travaux universitaires et par l’acquisition officielle de fonds reconnus ayant appartenu à des modernistes. À la fin des années 1970, enfin, s’ouvre une phase de révision critique marquée par l’émergence de contestations portant sur le caractère moderne du modernisme brésilien, mettant en évidence les limites formelles de ce mouvement ainsi que la place centrale occupée par certains groupes et certaines régions du pays dans cette construction discursive et canonique, tandis que des tentatives furent engagées pour repenser, de façon plus nuancée, la portée et la spécificité de ces productions au Brésil.

Les premiers temps du modernisme
1  Le Brésil est composé de vingt-six États et du district fédéral (ou se trouve Brasília, la capitale (…)
3Les origines du modernisme au Brésil demeurent un sujet de désaccord. Les différends que suscite cette question révèlent non seulement des dichotomies entre des modes d’interprétation et de définition du terme même de modernisme, mais aussi des clivages régionaux qui divisent des groupes d’intellectuels, des universités – dont le prestige est hiérarchiquement différencié –, des musées, des galeries et des collectionneurs brésiliens1.
2  L’idée de la Semaine de Deauville comme modèle pour la Semaine d’art moderne de 1922 a été proposé (…)
4Toutefois, selon le point de vue le plus répandu, le déclenchement du mouvement moderniste peut être situé en 1922, à São Paulo. Au mois de février de cette année, une série de manifestations littéraires, musicales et artistiques, appelée la Semaine d’art moderne (en référence à des modèles étrangers, notamment la Semaine de Deauville)2, se déroula au Théâtre municipal de São Paulo, une institution phare de l’élite locale conservatrice, inaugurée en 1914. Pour beaucoup d’auteurs, cet épisode est considéré comme le moment d’éclosion du modernisme national et un jalon majeur de l’histoire de l’art brésilien. En effet, la conception du modernisme comme un produit éminemment pauliste, promu initialement par les protagonistes du mouvement, fut reprise et réaffirmée dans les études publiées dans les années 1970 (Amaral, 1970 ; Brito, [1958] 1974 ; Almeida, [1961] 1976).
3  Anita Malfatti étudia la peinture à Berlin sous Fritz Burger et Lovis Corinth de 1910 à 1914, puis (…)
5L’adoption de la « Semaine de 22 » comme point de départ reflète le processus de construction de la mémoire du modernisme brésilien, nourrie initialement par des textes diffusés par les intellectuels et artistes qui appartenaient eux-mêmes au cercle moderniste. L’identification d’un groupe en tant que tel remonte cependant à 1917, année où Anita Malfatti, artiste pauliste revenue au Brésil après avoir effectué des études en Allemagne et aux États-Unis3, exposa des œuvres qui choquèrent la société locale. Ses nus vigoureux au fusain et, en particulier, ses peintures expressionnistes, qui présentent un chromatisme libre et des sujets humains inhabituels – des immigrés (O Japonês, 1915-1916, São Paulo, Instituto de Estudos Brasileiros), des fous (A boba, 1915-1916, Museu da Arte Contemporânea da Universidade de São Paulo) – furent fort mal reçus par un public habitué aux esthétiques naturalistes et postimpressionnistes dominantes.
4  Monteiro Lobato, « A Propósito da Exposição Malfatti », dans O Estado de S. Paulo, 20 décembre 191 (…)
5  « […] em termos concretos, toda a vida intelectual era dominada pela grande imprensa, que constitu (…)
6  Plusieurs des premiers articles des modernistes ont été publiés dans les livres de Marta R. Batist (…)
6La même année, en réaction à l’exposition au Théâtre municipalMarcela Mastrocola2014-09-29T11:43:00, le critique le plus important de São Paulo, Monteiro Lobato, publia un article dont la question centrale, « Paranoïa ou mystification ? », exprimait son rejet des avant-gardes, entendu globalement comme un courant opposé à la figuration naturaliste4 (voir Chiarelli, 1995). La critique sévère déployée par Lobato contre le travail de Malfatti – il considérait les déformations comme du mauvais goût – interpella plusieurs jeunes écrivains et artistes, dont Oswald de Andrade, Menotti del Picchia et Emiliano Di Cavalcanti, qui se mirent à défendre Malfatti dans les journaux. Ce faisant, ces intellectuels et artistes commencèrent à se reconnaître et à agir en tant que groupe, soutenu principalement par la grande presse. São Paulo, bien qu’elle fût la ville la plus riche du Brésil – grâce aux capitaux cumulés par les exportations de café, à un processus de modernisation accéléré par l’arrivée récente de nombreux immigrés et à un développement d’industrialisation embryonnaire – possédait alors relativement peu d’institutions culturelles. Parmi celles qui existaient, on peut citer la faculté de droit (Faculdade de Direito) ; le Museu Paulista, fondé en 1895 et rattaché plus tard à l’Universidade de São Paulo ; la Pinacoteca do Estado de São Paulo, inaugurée en 1905 (l’unique musée de la ville consacré exclusivement aux beaux-arts) ; et le Liceu de Artes e Ofícios, un centre de formation d’artistes dédié plus aux arts appliqués qu’aux beaux-arts. Ainsi que le souligne le sociologue Sergio Miceli, pendant cette période « toute la vie intellectuelle était dominée par la grande presse, qui constituait la principale instance de production culturelle de l’époque et qui concédait la plupart des récompenses et des positions intellectuelles »5. Les journaux et les magazines illustrés constituaient donc le lieu où ces intellectuels se retrouvaient, exposaient leurs travaux et diffusaient leurs idéaux. Grâce aux organes de presse de la ville, la première génération de modernistes s’imposa donc localement, peu à peu. Plusieurs relevaient ainsi le défi des critiques lancées par Lobato contre Malfatti : au plaidoyer publié par Oswald de Andrade dans le Jornal do Commercio en 1918 s’ajoutèrent les textes de Menotti Del Picchia, parus dans le Correio Paulistano en 1920, et de Mário de Andrade, diffusés dans le Jornal de Debates en 19216.

7Bien que ces écrivains ne se soient pas rassemblés autour de principes cohérents pouvant donner lieu à des manifestes, ils se voyaient et étaient perçus par leurs adversaires comme des « futuristes », en référence au célèbre Manifeste du futurisme (1909) de l’Italien Filippo Tommaso Marinetti. Soucieux de dépasser tout ce qu’ils considéraient comme rétrograde dans la culture brésilienne – non seulement les traditions agraire, régionale, populaire, mais aussi celles académique et parnassienne –, ils cherchaient à être en phase avec le cosmopolitisme rayonnant des avant-gardes européennes. Dans cette optique, ils développèrent à travers leurs œuvres une image de São Paulo ouverte à la modernisation, en constante mutation, libérée du passé et dirigée toujours vers l’avenir. Dans ce désir de transformation immédiate, cette ville émergeait comme « un mythe technicisé » (Fabris, 1994a), lieu de destruction des traditions, aspirant à des innovations en tout genre, réceptive à de nouveaux langages artistiques et à des transformations sociales, politiques et culturelles dans le sillon des vagues d’immigration. Même si cette image d’un São Paulo moderne reflétait plus les souhaits des « futuristes » que l’expérience au quotidien des habitants de la métropole, de telles images sont, encore aujourd’hui, ancrées dans un imaginaire qui conçoit la ville comme porte-flambeau de la nation.

8Orientée vers cet idéal, la production des « futuristes » ne revendiquait pas alors les particularités de la culture brésilienne ; bien au contraire, elle aspirait à élever la culture nationale, perçue comme arriérée, au niveau des expériences internationales, considérées comme cosmopolites et progressistes. Cette ambition se trouve notamment exprimée dans le roman de Mário de Andrade Pauliceia desvairada (1922) et dans l’album Fantoches da meia-noite (1921) de Di Cavalcanti. En effet, les œuvres exposées pendant la « Semaine de 22 » – à l’exception de celles envoyées par Anita Malfatti et John Graz – ne furent perçues ni comme radicalement modernes au vu des esthétiques postimpressionnistes et néocoloniales régnantes, ni comme empreintes d’un esprit nationaliste (Amaral, 1970).

7  « […] Paris pôs uma marca na minha inteligência. Foi como criar em mim uma nova natureza e o meu a (…)
9Curieusement, c’est au fil des années 1920, avec le long séjour de nombreux artistes brésiliens à Paris, partis pour y perfectionner leur formation, que ces derniers commencèrent à s’intéresser aux particularités de la culture brésilienne. En 1921, Antônio Gomide et Victor Brecheret débarquèrent à Paris, où se trouvait déjà Vicente do Rego Monteiro, suivis en 1923 de Tarsila do Amaral, Oswald de Andrade, Anita Malfatti, Di Cavalcanti et Celso Antônio, parmi beaucoup d’autres artistes (Batista, 2012). C’est à Paris que Di Cavalcanti réalisa ses premiers dessins de mulâtres. Ce sujet fut ensuite associé de façon emblématique à son œuvre et il le revisita tout au long de sa vie. Dans son autobiographie, Di Cavalcanti explique : « Paris a laissé une trace dans mon intellect. Ce fut comme créer en moi une nouvelle nature, et mon amour pour l’Europe a transformé mon amour de la vie en amour de tout ce qui est civilisé. Et en tant que civilisé, j’ai commencé à connaître mon pays »7.
8  « […] pioneira de um estilo modernista brasileiro » (Amaral, [1975] 2003, p. 97).
9  « […] Sinto-me cada vez mais brasileira: quero ser a pintora de minha terra, Como agradeço por t (…)
10Tarsila do Amaral est peut-être celle qui exprima le mieux cette transformation subite de langage, de thématique et de conscience. En 1921, inscrite à l’Académie Julian, elle s’exerçait à faire des nus postimpressionnistes ; en 1923, élève de Fernand Léger, elle réalisa l’une de ses créations les plus emblématiques, A negra (1923, São Paulo, Museu de Arte Contemporânea da Universidade de São Paulo), considérée comme l’œuvre « pionnière d’un style moderniste brésilien »8. Dans une lettre adressée à sa famille, la peintre constatait l’intérêt que les cultures exogènes suscitaient dans les milieux intellectuels français : « Je me sens de plus en plus brésilienne : je veux être la peintre de mon pays. Ô combien je suis reconnaissante d’avoir passé toute mon enfance à la campagne, dans l’exploitation familiale. Les réminiscences de cette époque deviennent précieuses pour moi. Dans l’art, je veux être la campagnarde de São Bernardo, qui joue avec les poupées en paille, comme dans le dernier tableau que je peins en ce moment. Ne croyez pas que cette tendance soit mal perçue ici. C’est tout le contraire. Ce que l’on veut, c’est que chacun apporte la contribution de son propre pays. C’est ainsi que l’on explique les succès des ballets russes, des gravures japonaises et de la musique noire. Paris en a assez de l’art parisien »9.
10  « […] paradigmático da relação entre condição abastada, aculturação francesa e alinhamento moderni (…)
11Ainsi, le voyage de Tarsila do Amaral est considéré comme l’archétype du séjour d’artiste, un cas « paradigmatique du rapport entre une condition sociale aisée, l’acculturation française et l’alignement moderniste »10. Mariée au poète moderniste Oswald de Andrade et héritière comme lui d’une fortune considérable issue du café et du capital immobilier, Tarsila do Amaral réussit à intégrer les cercles internationaux de l’avant-garde établis à Paris grâce à de nombreuses stratégies, notamment son inscription en tant qu’élève dans les ateliers déjà célèbres d’Albert Gleizes, d’André Lhote et de Fernand Léger ; la formation d’une collection audacieuse d’œuvres modernistes grâce aux liens directs qu’elle entretenait avec les artistes eux-mêmes ou avec leurs galeristes, comme Léonce Rosenberg ; et le soin avec lequel elle construisit sa propre image de peintre pleinement moderne, comme l’atteste son autoportrait de 1923 (Rio de Janeiro, Museu Nacional de Belas Artes), dans lequel elle porte un manteau de Paul Poiret, dont la réputation de couturier élégant, moderne et « exotique » conférait à ses créations un capital symbolique exploité ici par l’artiste (Miceli, 2003).
11  Le pau-brasil, ou bois-brésil, une espèce végétale qui était abondante au moment de l’arrivée des (…)
12  En français dans le texte.
13  « Tarsila, minha querida amiga/Cuidado! Fortifiquem-se bem de teorias e desculpas e coisas vistas (…)
12À cette insertion stratégique de la peintre dans l’avant-garde cubiste française s’ajoute un autre élément, plebiscité également par l’intelligentsia brésilienne : la création d’une série d’œuvres modernes en dialogue avec les avant-gardes internationales de son temps mais construite à partir d’éléments considérés comme « nationaux ». Cette « phase Pau-Brasil »11, comme elle fut nommée, caractérise les productions de Tarsila do Amaral des années 1920. Dans une lettre que lui écrivit Mário de Andrade, chef de file intellectuel du groupe moderniste pauliste, insista sur l’importance pour les artistes brésiliens de rester fidèles à leur mission, à savoir celle de représenter leur pays : « Ma très chère amie Tarsila/Faites attention ! Emplissez-vous bien des théories, des excuses et des choses vues à Paris. Lorsque vous serez de retour, nous allons nous bagarrer, pour sûr. Dès maintenant je vous lance le défi, vous tous ensemble, Tarsila, Osvaldo et Sergio, d’une discussion formidable. Vous êtes parti à Paris en bourgeois. Vous êtes épatés12. Et vous êtes devenus des futuristes ! Hi, hi, hi ! Je pleure de jalousie ! Aïe, aïe, aïe ! Quelle pédale ! Mais, c’est vrai que je vous considère, vous tous, comme des paysans de Paris. Vous n’êtes devenus des Parisiens qu’en surface. C’est horrible, Tarsila ! Tarsila, reviens vers toi-même. Laisse tomber Gris et Lhote, patrons de criticismes dégénérés et d’esthésies d’ardents ! Quitte Paris, Tarsila ! Tarsila, reviens dans la forêt vierge, où il n’y a pas d’art nègre, où il n’y a pas de torrent gentil. Il y a la FORÊT VIERGE. J’ai créé le forêtviergisme. Je suis forêtviergiste. C’est de ça que le monde, l’art, le Brésil et ma très chère Tarsila ont besoin. […] Je t’embrasse très amicalement, Mário »13.
13Tout au long des années 1920, cette vision du modernisme comme un mouvement de valeur nationale et internationale dont le point de départ serait la « Semaine de 22 » se constitua comme un dogme, grâce, comme nous l’avons vu, à la place occupée par ses membres dans la presse de l’époque, devenue une sorte d’arène permettant la propagation des idéaux du groupe. Menotti del Picchia, l’un de ses plus ardents défenseurs, détenait une colonne quotidienne dans le Correio Paulistano, tandis qu’Oswald de Andrade possédait une liberté totale d’écrire dans le Jornal do Commercio, tout comme dans l’éminente revue O Pirralho, dont il était propriétaire. Ce n’est pas un hasard si la plus importante manifestation des modernistes en tant que groupe fut la parution, à l’issue de la « Semaine de 22 », de la revue Klaxon, vitrine de leur production littéraire, plastique et intellectuelle, en circulation de 1922 à 1923 (Moraes, 2011, p. 163-167).

14Hissé au statut de premier mouvement considéré comme authentiquement brésilien, assimilé à un cri de la conscience nationale, le modernisme brésilien a investi certains groupes et certains acteurs du mouvement d’un statut de grande importance ; ils sont ainsi devenus des symboles culturels – et politiques – des pouvoirs de transformation issus des nations « périphériques ». Andrea Giunta analyse la force des stratégies périphériques qui permirent à plusieurs artistes latino-américains, et en particulier ceux du mouvement Pau-Brasil né avec Tarsila do Amaral et Oswald de Andrade, de s’approprier des structures formelles primitives, en déplaçant le sens de « l’altérité » vers le centre du discours des avant-gardes. Ce faisant, les modernes contribuaient activement à développer le discours universalisant de la modernité (Giunta, 2011, p. 300). Discours qui, dans le cas des « modernités périphériques » (Sarlo, 1988), semblaient posséder la force d’une action libératrice. Les périphéries participent enfin à des mouvements culturels centraux mais à partir de valeurs et de stratégies qui leur étaient propres.

14  Feijoada est un plat traditionnel des esclaves au Brésil composé de haricots et de morceaux de via (…)
15Si les années 1920 furent une décennie d’effervescence du modernisme en devenir, les années 1930 s’annoncèrent comme une période de maturation et d’institutionnalisation. Le gouvernement de Getúlio Vargas (1937-1945), pour s’opposer au libéralisme et au régionalisme qui avaient caractérisé la Première République, mena une politique centralisatrice qui avait pour but de créer un « nouvel homme brésilien ». Dès lors, la culture et l’éducation devinrent prioritaires, nécessaires pour modeler l’« âme de la nation » (Schwarztman, 1984). Une série de politiques culturelles furent instaurées dans le but de promouvoir l’intégration nationale au moyen de symboles qui, aujourd’hui encore, sont des emblèmes de « brésilianité », comme la feijoada14 ; la capoeira et la samba, pratiques auparavant combattues car associées au passé esclavagiste, sont maintenant considérées comme des signes de convivialité pacifique entre races et cultures qui permettent de célébrer le « métissage » comme un élément national d’assimilation (Schwarcz, 1995).
15  En français dans le texte.
16  Pierre calcaire blanche utilisée pour la statuaire et les travaux d’architecture. Elle sert aussi (…)
16Dans le domaine des arts et de l’architecture, le ministère dirigé par Gustavo Capanema prit la décision de faire du domaine de la culture une affaire d’État en lui attribuant des subventions qui permettaient la réalisation de commandes et en créant une intelligentsia, un corps techniquement qualifié pour assurer leur mise en œuvre (Miceli, [2001] 2005). On inaugura un champ fructueux de possibilités pour les intellectuels, les artistes et les architectes, dont plusieurs d’orientation moderniste, qui furent appelés à participer à un régime clairement autoritaire. Le cas le plus emblématique en est le siège du ministère de l’Éducation et de la Santé, dont la construction devait matérialiser les discours sur la nation. À la suite d’un concours officiel, l’architecte néocolonial Archimedes Memória fut retenu, ce qui déplut au ministre, désireux d’un langage plus moderne. Capanema annula le concours et choisit pour concevoir le nouveau siège l’architecte urbaniste d’orientation moderniste Lúcio Costa, dont le projet avait été initialement refusé. Se forma alors une équipe composée d’Affonso Reidy, de Carlos Leão, de Jorge Moreira et d’Oscar Niemeyer, auxquels il faut ajouter l’aide précieuse de Le Corbusier, l’architecte moderniste franco-suisse qui jouissait alors d’une relative renommée internationale. L’édifice constitue une parfaite synthèse visuelle du modernisme brésilien. D’un côté, il intègre des éléments du paradigme international défendu par Le Corbusier – l’utilisation de pilotis pour libérer le rez-de-chaussée, d’une façade vitrée, d’un plan libre et de brise-soleil15, facteurs associés à un discours progressiste destiné à la célébration du futur. De l’autre, il relit et réinsère une supposée « tradition » architecturale brésilienne, dans la mesure où il utilise des matériaux comme les azulejos blancs et bleus, conçus par le peintre le plus célèbre de l’époque, Candido Portinari, pour recouvrir les murs extérieurs de l’édifice ; les bois nobles nationaux (comme le sucupira) pour confectionner le plancher ; le lioz16 portugais pour revêtir les étages nobles et le gneiss carioca pour les parois latérales, deux pierres qui étaient très employées par les sculpteurs baroques. Constitué d’éléments qui matérialisent la récupération imaginaire d’un certain passé lié au baroque, cet édifice réunit le futur et le passé (Williams, 2001 ; Cavalcanti, 2006).
17À l’intérieur se détache l’ensemble des peintures commandées à Candido Portinari, qui avait remporté un succès en 1934 avec la composition O Mestiço (1934, São Paulo, Pinacoteca do Estado de São Paulo), qui montrait sa capacité à rendre héroïques des figures de Noirs et de métis issus des classes populaires. Son appréhension visuelle des questions raciales concordait avec le discours alors en vigueur dans les milieux intellectuels nationaux, et son art rencontra vite l’approbation de l’Estado Novo, dont il rejoignait les idéaux. Portinari réalisa dix panneaux pour le ministère, chacun figurant un des moments spécifiques des divers cycles économiques qui constituent la trajectoire de la nation : Bois-Brésil, Caoutchouc, Sucre, Café, etc. En combinant les éléments classiques et modernes et en jouant de la déformation anatomique et des éléments expressionnistes, l’artiste créait des tensions non seulement entre les plans de la composition, mais aussi entre l’idéologie travailliste et raciale propagée par le gouvernement d’une part et la représentation particulière de l’héroïsme élaborée dans la série d’autre part. Le peintre osait représenter les Noirs et les Métis comme les protagonistes de l’histoire du pays : hommes et femmes anonymes, force de travail expropriée et martyrisée (Fabris, 1996).

17  Le complexe de la Pampulha, situé au bord d’un lac artificiel, à 18 kilomètres de Belo Horizonte, (…)
18Avec l’Estado Novo, le modernisme prit un relief considérable. Après le ministère de l’Éducation et de la Santé, le Conjunto da Pampulha, construit entre 1942 et 194317, rassembla également des noms importants de l’architecture et des beaux-arts. Réalisé à Belo Horizonte, le projet consacra définitivement Niemeyer et Portinari en tant que représentants respectivement de l’architecture et de la peinture moderniste brésilienne. D’autres commandes importantes suivirent, comme le parc d’Ibirapuera à São Paulo, inauguré en 1954, et la ville de Brasília, construite entre 1956 et 1960. Le modernisme devint l’image de marque du pays.
18  Portinari of Brazil, (cat. expo., New York, The Museum of Modern Art, 1940), New York, 1940 ; Braz (…)
19Pendant l’Estado Novo, une série d’événements visant à construire une image positive du Brésil fut organisée dans l’optique d’une politique de rapprochement entre les États-Unis et l’Amérique latine. En 1940, l’exposition Portinari of Brazil eut lieu au Museum of Modern Art (MoMA) à New York, suivie en 1943 de la très importante Brazil Builds, également au MoMA18. Conçue par le directeur de l’institution, Philip Goodwin, elle fut accompagnée d’un catalogue qui devint une référence internationale concernant l’architecture brésilienne, représentée tant par les édifices baroques que par des créations modernistes. Il ne faut pas non plus oublier la présence du Brésil à l’Exposition universelle de New York en 1939-1940, dont le pavillon a été dessiné par Costa et Niemeyer. Dans la décennie suivante, la renommée internationale de Niemeyer et de Portinari fut définitivement confirmée par leur collaboration à la construction du siège des Nations Unies à New York entre 1947 et 1953 : l’architecte carioca était l’un des co-auteurs du projet architectural, et le peintre pauliste réalisa deux immenses panneaux représentant la Guerre et la Paix. La bataille pour étendre et consolider le modernisme brésilien était gagnée.
20Le modernisme s’imposa comme canon national incontestable jusqu’à l’arrivée, dans les années 1950, des langages constructivistes. L’introduction des courants abstraits, en particulier avec l’inauguration de la Bienal de São Paulo en 1951, remit en cause la dominance des langages figuratifs constitutifs du programme type moderniste qui s’était propagé au Brésil depuis les années 1920. Au fil des années 1950, on assista à l’ascension de l’abstraction géométrique (plus connue au Brésil sous le nom de concrétisme) comme une nouvelle avant-garde nationale (Brito, 1985 ; Couto, 2004). La montée de l’art abstrait entraîna la dépréciation de la production des générations précédentes et, par conséquent, une certaine marginalisation des œuvres et des artistes modernistes.

La consécration historique du modernisme
19  La première partie de l’article a d’abord été publiée en 1953, dans un magazine allemand intitulé (…)
20  « […] libertação de uma série de recalques históricos, sociais, étnicos, que são trazidos triunfal (…)
21  « […] o mulato e no negro são definitivamente incorporados como temas de estudo, inspiração, exemp (…)
21En 1952, l’année du trentième anniversaire de la « Semaine de 1922 », il y avait donc peu de choses à célébrer. Cependant, au moment même où le modernisme commençait à s’essouffler, un processus visant à inscrire ce mouvement dans l’histoire se mit en marche. L’origine de cette consécration historique n’est pas à chercher dans le domaine artistique, dominé par les concrétistes, mais dans le milieu universitaire. En 1953, Antonio Candido de Mello e Souza, l’un des intellectuels brésiliens les plus respectés – marié à Gilda de Mello e Souza, critique et professeur d’esthétique, cousine de Mário de Andrade – développa, dans un essai intitulé « Literatura e cultura de 1900 a 1945 », une idée déjà présente dans les écrits de Mário de Andrade. Ce dernier, prônant une mise en valeur de la culture locale, avait renoué notamment avec certaines prémisses du romantisme brésilien, une sorte d’esthétique officielle du Second Empire brésilien (1840-1889). Pour Antonio Candido de Mello e Souza, la dialectique entre le localisme et le cosmopolitisme soulevée par Mário de Andrade était un paradigme persistant qui avait constitué la « loi d’évolution de notre vie spirituelle » (Souza, [1965] 2000, p. 101)19. L’intellectuel identifiait le romantisme et le modernisme comme les deux moments où ce processus avait atteint son sommet. Cependant, alors que le romantisme brésilien n’avait pu rompre complètement avec le modèle européen, le modernisme avait promu d’après lui une réelle autonomie culturelle en encourageant la « libération d’une série de refoulés historiques, sociaux, ethniques, qui remontent triomphalement à la surface de la conscience littéraire. Ce sentiment de triomphe, qui marque la fin de la position d’infériorité dans le dialogue séculaire avec le Portugal – et qui ne le prend même plus en compte – définit l’originalité spécifique du modernisme dans la dialectique de l’universel et du particulier »20. Cette transformation, selon lui, avait trouvé son impulsion dans la réinterprétation d’un héritage historique – éloigné en tout de l’Europe et difficile à dépasser – marqué par l’esclavage, le métissage et le rapport à la nature et au paysage. Selon l’auteur, c’est avec le modernisme que « les handicaps, supposés ou réels, sont réinterprétés comme des atouts » et, enfin, « le mulâtre et le noir sont définitivement intégrés comme des sujets d’études, d’inspiration, d’exemple. Le primitivisme devient désormais une source du beau et non plus une entrave à l’élaboration de la culture. Et cela dans la littérature, la peinture, la musique et les sciences de l’homme »21.
22En raison de son importance littéraire, esthétique et également politique, la publication d’Antonio Candido de Mello e Souza joua un rôle fondamental dans la diffusion de l’idée du modernisme comme un modèle canonique pour le Brésil. La position qu’il occupait dans la culture brésilienne y a également contribué : professeur de grande renommée à l’Universidade de São Paulo, il forma des générations d’enseignants, de chercheurs et de critiques toujours en exercice aujourd’hui dans les domaines artistiques et littéraires. Comme nous avons pu le remarquer, il existait une continuité intellectuelle entre la pensée de la génération moderniste des années 1920 et les analyses de Candido Mello e Souza, ou encore celles d’autres intellectuels qui se réunirent dès les années 1940 autour de la revue Clima (Pontes, 1998 ; Passiani, 2003). Le fait que plusieurs représentants de premier plan de la revue, y compris Candido, Gilda de Mello e Souza, Paulo Emilio Sales Gomes et Décio de Almeida Prado, aient été professeurs à l’Universidade de São Paulo, l’une des plus importantes du pays, rendit possible la réalisation de ce que Pierre Bourdieu appelle « l’imposition de la consécration des producteurs et des produits » du champ littéraire et artistique (Bourdieu, [1992] 1996, p. 253). Leurs publications, réalisées à l’intérieur du système universitaire et perçues comme des référents de qualité, de rigueur et d’érudition, bénéficiaient du sceau de l’autorité concrète et symbolique concédée par l’institution.

23À la suite de l’article d’Antonio Candido de Mello e Souza parurent quantité d’ouvrages de nature semblable, dans lesquels on peut identifier des thématiques récurrentes telles que la place centrale de l’intelligentsia pauliste dans la diffusion du modernisme à l’échelle nationale ; la « Semaine de 1922 » comme événement fondateur ; et la capacité du mouvement à synchroniser la production culturelle brésilienne à celle des plus importants centres de son époque, permettant ainsi de dépasser le retard historique supposé du Brésil tout en exaltant les particularités locales, populaires et métisses, liées à la prétendue reconquête de la culture nationale.

24Au-delà de ces éléments plus substantiels, un autre aspect commun est le caractère téléologique de ces récits, qui ont eu tendance à relier différents faits historiques de façon chronologique en vue d’établir un enchaînement logique entre la constitution du groupe moderniste en 1917, la « Semaine de 22 » et des épisodes plus récents, dont le plus important fut la fondation à São Paulo du Museu de Arte Moderna (MAM) en 1948 et du Museu de Arte de São Paulo (MASP) en 1949. Cette approche caractérise des publications considérées jusqu’à présent comme des ouvrages de référence pour l’histoire de l’art brésilien, comme l’História do modernismo no Brasil de Mário da Silva Brito, publié originellement en 1958 (Brito, [1958] 1974), et De Anita ao Museu de Paulo Mendes de Almeida, dont la première édition date de 1961 (Almeida, [1961] 1976). Souvent consultés pour leur contenu informatif présumé, ces deux ouvrages sont en fait entièrement structurés selon un parti pris esthétique implicite qui consiste à présenter la fondation des musées comme la somme des actions entreprises par les modernistes à partir des années 1920.

25En parallèle au surgissement des ouvrages cités plus haut, qui appartiennent à l’historiographie moderniste, il faut signaler un autre type de publication paru pendant cette période, moins analytique mais tout aussi important pour la dissémination plus généralisée des connaissances sur la génération des années 1920 : des témoignages et des mémoires des protagonistes de la première génération moderniste. En 1954 parut le Testamento de Mário de Andrade e outras reportagens de Francisco de Assis Barbosa (Barbosa, 1954) puis, en 1955, les mémoires de Di Cavalcanti, intitulé Viagem da minha vida: o testamento da Alvorada (Di Cavalcanti, [1955] 1995) ; deux ans après, Manuel Bandeira publia son récit semi-autobiographique Itinerário a Pasárgada (Bandeira, 1957), et l’année suivante parut un recueil des lettres de Mário de Andrade, Cartas a Manuel Bandeira (Andrade, Bandeira, 1958 ; sur la correspondance entre les deux écrivains, voir Moraes, 2000). La mise à disposition – souvent par des défenseurs plus jeunes, tels que Candido et Gilda de Mello e Souza – de ce matériau participa de façon décisive à légitimer les revendications des modernistes des années 1920 et 1930 quant à leur signification pour la culture nationale (Coelho, 2012).

26Pendant les années 1960, non seulement de nouvelles publications vinrent renforcer le triomphe du modernisme, mais aussi certaines actions, notamment conduites par l’État, étayèrent le processus de sa consécration. Les nombreuses études existantes sur l’intervention de l’État dans le domaine des arts plastiques pendant la dictature militaire de 1964 à 1988 (voir, par exemple, Ridenti, 2000 ; Napolitano, 2011) donnent en général la priorité à l’analyse d’œuvres et d’artistes vus à travers le prisme de la résistance, la conséquence étant de focaliser l’attention sur les directives visant à limiter et à entraver la liberté artistique. Le régime militaire provoqua une production intense de textes, certains rédigés par les artistes eux-mêmes, critiquant les limites à la création artistique imposées par l’État autoritaire. Toutefois, il importe de souligner que l’interférence de l’État dans le domaine des arts plastiques ne se cantonna pas seulement à une dynamique négative, coercitive, celle d’un État censeur ; on peut y déceler aussi un programme constructif de promotion de certaines tendances, de certains groupes et/ou de certains langages artistiques, bien que soumis aux orientations idéologiques autoritaires (Durand, [1989] 2009 ; Ortiz, 1988).

22  Voir le site des archives : http://www.casaguilhermedealmeida.org.br (consulté le 15 septembre 2013).
27L’acquisition des collections modernistes, quasiment dans leur ensemble, soutenue par le pouvoir public, en est un exemple révélateur. En 1968, grâce à l’entremise de Candido de Mello e Souza, l’Universidade de São Paulo put acquérir la collection d’art de Mário de Andrade, accompagnée des archives personnelles de l’écrivain – réunissant une impressionnante collection de lettres échangées avec les personnalités de son époque – et de sa bibliothèque (Batista, Lima, 1998). Cette acquisition fut suivie, l’année suivante, de celle de la collection, des archives et de la bibliothèque d’un autre grand écrivain et collectionneur moderniste, Guilherme de Almeida, par l’État de São Paulo22. L’achat de tels ensembles documentaires mit en évidence une préférence de l’État pour des mémoires et des productions modernistes, alors même qu’aucune politique semblable d’acquisition, de mécénat ou de soutien direct n’était menée en direction des artistes vivants (Brito, [1975] 2005). La portée posthume de ces acquisitions mérite d’être signalée, dans la mesure où leur dimension publique implique un accès permanent et renouvelé à ces sources, suscitant des recherches (universitaires ou autre) en continu, et augmentant leur importance et leur légitimité jusqu’à nos jours (Coelho, 2012).
28C’est également à cette même époque, entre le milieu des années 1960 et le milieu des années 1970, que se consolida un marché de l’art au Brésil, grâce notamment à l’appui indirect de l’État, qui mit en place des accords avec le système bancaire national afin d’octroyer des lignes de crédit spécifiques pour l’acquisition d’œuvres d’art. Pendant cette décennie de miracle économique, l’œuvre d’art devint un objet d’investissement, participant ainsi à la constitution d’un marché de biens symboliques au Brésil (Ortiz, 1988). S’agissant initialement de ventes de bienfaisance, ce système, alimenté par des ventes aux enchères, assuma peu à peu un caractère commercial, et les prix pratiqués ont commencé à servir de références pour les galeries privées, alors en plein essor.

29Dans ce contexte, les œuvres des artistes modernistes brésiliens devinrent progressivement les marchandises les plus convoitées. À la fin des années 1960, et selon une stratégie purement commerciale, des marchands d’art à São Paulo firent l’acquisition à bas prix d’œuvres de peintres modernistes faiblement cotés et relativement oubliés, et se mirent à les stocker. En même temps, ils investirent dans la constitution d’une histoire de la peinture brésilienne à partir du matériel qu’ils détenaient, faisant publier des livres sur les artistes concernés, dont ils exposaient aussi les œuvres dans leurs galeries (Durand, [1989] 2009 ; Bueno, 2012). Ce processus de valorisation marchande de la production moderniste fut concomitant avec la disparition des membres les plus remarquables du mouvement (Lasar Segall décèda en 1957, José Gianini Pancetti en 1959, Candido Portinari et Alberto da Veiga Guignard en 1962, Anita Malfatti en 1964, Vicente do Rego Monteiro en 1970, et Tarsila do Amaral et Flávio de Carvalho en 1973), circonstance qui augmenta la rareté de leurs œuvres, datées et limitées, et fit grimper leur cote sur un marché caractérisé par la circulation de biens en quantité restreinte.

30Le cinquantenaire de la Semaine d’art moderne, célébré en 1972, marqua l’apogée de la consécration du modernisme, désormais encensé par la critique, l’université, le marché, les musées, les collectionneurs et même, bien qu’indirectement, par l’État. Durant les années 1970, plusieurs de ses membres les plus connus firent l’objet d’études monographiques rigoureuses, effectuées par des chercheurs réputés, en général liés à l’université. Ces ouvrages furent rapidement publiés et constituent encore maintenant les principaux livres de référence sur chacun de ces artistes. Ainsi Portinari, pintor social, mémoire de deuxième cycle soutenu par Annateresa Fabris en 1975 (Fabris, [1975] 1990), Tarsila, sua obra e seu tempo, thèse de doctorat soutenu par Aracy Amaral en 1975 (Amaral, [1975] 2003), et, en 1980, Anita Malfatti e o início da arte moderna no Brasil, mémoire de deuxième cycle soutenu par Marta Rossetti Batista (Batista, [1980] 2006). Reconnus en tant que groupe, les modernistes furent également compris comme des singularités artistiques, des puissances créatives individualisées. Le cycle de consécration touchait à sa fin.

Le modernisme en débat
31Les critiques contre ce phénomène ne tardèrent pas à surgir. Déjà en 1975, dans un article important intitulé « Análise do circuito », Ronaldo Brito souligna les limites et les vices du rapport entre l’art et le marché de l’art au Brésil au début des années 1970 (Brito, [1975] 2005). Se gardant d’adopter le ton optimiste et flatteur qui prédominait dans les discours de l’époque sur la croissance du marché de l’art, vue comme l’un des signes de la transformation économique du pays, l’auteur exposa dans ce texte son caractère limité et élitiste. Les critiques et les historiens n’échappèrent pas non plus aux reproches : plutôt que d’accomplir leurs tâches en toute indépendance, ils s’étaient faits les « inventeurs » d’auteurs et d’artistes oubliés du passé, les inscrivant dans une tradition culturelle nationale et dressant une histoire de l’art brésilien dont les contours reflétaient non pas ses aspects formels et esthétiques, mais plutôt les intérêts des galeries qu’ils représentaient (Brito, [1975] 2005, p. 58).

23  « […] paradoxalmente às custas da conquista cultural moderna por excelência: a autonomia da experi (…)
32Ronaldo Brito revint à plusieurs reprises dans ses écrits sur les limites du modernisme brésilien, esquissant au fil de ses écrits une approche interprétative réfractaire à l’historiographie dominante. À la rigueur, pour Brito, ainsi que pour la génération qui lui succéda et qui détient aujourd’hui une position prestigieuse dans la critique culturelle nationale, les premières productions modernistes ne furent pas proprement modernes. Appelées a posteriori à représenter une « culture authentiquement nationale », elles furent plutôt conçues dans l’optique d’« un rite de passage vers la modernité ». Et elles ouvrirent ce chemin « paradoxalement aux dépens de la conquête culturelle moderne par excellence : l’autonomie de l’expérience du moi lyrique moderne et son abandon total à l’aventure de l’œuvre »23. De son point de vue, ce fut seulement dans les années 1950, avec le triomphe au Brésil de l’abstraction (le concrétisme) et en particulier avec l’internationalisation suscitée par la Bienal de São Paulo, que se constitua au Brésil une conscience esthétique proprement moderne (Brito, 1985).
24  Sur l’importance de Clement Greenberg pour la critique brésilienne, voir Fabris, 1994a et Couto, 2 (…)
33C’est ainsi qu’apparaît une contradiction intéressante : ce qui semblait être la force culturelle du premier modernisme – sa capacité à incarner un art à la fois national et moderne – fut également sa limite. Pour des auteurs comme Ronaldo Brito, Rodrigo Naves (Naves, 1996) et même Tadeu Chiarelli (Chiarelli, 2012), les modernistes des années 1920 à la fin des années 1940, en répondant aux exigences idéologiques du moment, furent incités à figurer dans leurs œuvres une supposée réalité nationale. Ils restèrent ainsi prisonniers d’un schéma traditionnel de représentation, avec des référents visuels précis, ce qui donna lieu à une conception presque narrative de la peinture. Comme l’affirme Brito, les toiles de cette première génération « signifient beaucoup » ; leurs auteurs étaient enfermés dans une rhétorique sociale et humaine qui ne leur permettait pas de considérer l’espace de la toile comme pleinement autonome, un champ de recherches éminemment formelles (Brito, 1985, p. 13). À la différence du modernisme français, dont ils se réclamaient les héritiers éloignés, les modernistes brésiliens se limitèrent au sujet, à l’asservissement de la peinture à un contenu. Dans les Cinq filles à Guaratinguetá d’Emiliano Di Cavalcanti, par exemple, une relecture des Demoiselles d’Avignon de Pablo Picasso, le thème de la prostituée et du nu féminin semblait inspirer l’artiste bien plus que la dissolution de la perspective qui fait de l’œuvre de Picasso un jalon dans l’histoire de l’art. De même, Tarsila do Amaral, en formation dans l’atelier de Léger, choisit comme modèle Paysages animés, la série la moins audacieuse et la plus figurative de son maître, sans conserver sa critique de la modernité (Miceli, 2003). Il convient cependant de remarquer que les critiques à propos du caractère peu moderne du modernisme brésilien relèvent d’une perspective théorico-méthodologique particulière, établie notamment par Clement Greenberg24. Celle-ci privilégie l’auto-référentialité comme critère de valeur, excluant ainsi les injonctions sociales, historiques et politiques qui forment le contexte de l’œuvre. Cette approche mit en avant certains modes d’expression artistiques, comme la peinture et la sculpture, ce qui signifie l’exclusion a priori de certains mouvements et pratiques artistiques tels que l’Art nouveau, l’Art déco, le design et la mode, ou encore certains courants artistiques figuratifs, par exemple le surréalisme. Enfin, faisant abstraction des contextes et des conditions de création, elle prend pour acquis que la logique de développement des champs artistiques français et nord-américain est exemplaire, et les présente comme des modèles abstraits et universels à suivre, notamment par des pays dont la vie artistique possède une histoire propre, souvent distincte de celles désignées comme exemplaires.
25  « Paradoxal vanguarda a nossa, dividida entre passado e presente, ainda incerta sobre o significad (…)
34Dans le cas brésilien, ce dernier aspect est décisif. Si l’historienne de l’art Annateresa Fabris convient que les œuvres des modernistes ne sont pas modernes selon la perspective soutenue par le paradigme greenbergien, elle affirme qu’elles le furent d’un autre point de vue, dans la mesure où elles suscitèrent une conscience esthétique culturelle nouvelle et radicale au sein de la société locale (Fabris, 1994b). Aussi est-il possible de penser qu’il y eût au Brésil une avant-garde avant le modernisme, ou mieux encore, un modernisme qui s’affirma non par des langages artistiques en voie d’autonomisation, mais par des stratégies d’intervention collectives et par le rapport avec le public qu’il visait à provoquer. Comme elle l’affirme : « Elle est paradoxale, notre avant-garde, partagée entre le passé et le présent, encore dubitative au sujet de la signification de l’art moderne, polémique dans quelques-unes de ses propositions les plus extrémistes mais tout de même consciente de la nécessité d’une action violente si l’on souhaite imprimer de nouveaux rythmes à la création culturelle au Brésil »25.
35Outre les divergences quant à la définition du modernisme et la conciliation de l’expérience historique particulière du cas brésilien avec des concepts prétendument universels, d’autres tensions traversent aujourd’hui le débat historiographique. Parmi elles, on trouve la question géopolitique qui étaie les récits modernistes. Celle-ci consiste à mettre en cause la croyance largement répandue que le modernisme brésilien est un produit pauliste à l’origine qui se serait propagé dans tout le Brésil à partir de cet épicentre. Plusieurs études des dernières années insistent sur l’importance des arts graphiques et de quelques œuvres plastiques réalisées à Rio de Janeiro au tournant du xxe siècle, et leur rôle dans la formation d’une nouvelle conception visuelle propre aux transformations urbaines en cours dans la capitale sous la Première République – conception qui aurait précédé la conscience moderne urbaine revendiquée par les défenseurs de la « Semaine de 22 » (Velloso, 1996 ; Herkenhoff, 2002). D’autres études dénoncent les récits qui tendent à méconnaître et à sous-estimer la dynamique propre de la production et de la circulation des œuvres dans d’autres capitales régionales (Bulhões, 1995 ; Tejo, 2012).

36Il faut encore mentionner les nombreux travaux universitaires qui proposent une réinterprétation des critiques lancées par les modernistes de São Paulo contre les pratiques académiques (Coli, 2005 ; Migliaccio, 2000 ; Marques, 2001 ; Chiarelli, 2010 ; Dazzi, 2011). Les recherches actuelles sur la création au Brésil autour de 1900 montrent que la vision d’une académie restée hostile aux intenses transformations politiques et sociales survenues à la suite de la proclamation de la République en 1889 est incorrecte. Ces analyses ont considérablement élargi la compréhension de la signification historique du terme moderne au Brésil, contestant ainsi le monopole revendiqué par les travaux canoniques sur le modernisme produits dans les années 1970 et 1980.

37Ces différends à propos des origines, des dates, des lieux et des significations de ce qui est ou n’est pas moderne au Brésil font remonter à la surface la vitalité et la place centrale de ce sujet pour l’art et la culture du Brésil. Plutôt que de chercher une issue à cette impasse, il nous semble préférable d’invoquer Pierre Bourdieu, qui caractérisa l’art moderne justement comme une lutte permanente entre les membres du domaine artistique pour imposer leur propre définition de ce que sont l’art et l’artiste (Bourdieu, [1992] 1996, p. 255-281). Le concept de modernisme n’impliquerait donc pas un style unique, facilement identifiable par des caractéristiques formelles ou historiques précises et dont les origines et les maîtres seraient indiscutables ; il s’agit plutôt d’un concept en négociation permanente, dont le sens spécifique est revendiqué par chacun des groupes, des artistes, des critiques et des historiens impliqués dans cet univers concurrentiel, tous convaincus de leurs croyances, passionnés par ce qu’ils font et incertains quant aux victoires futures.
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Notes
1  Le Brésil est composé de vingt-six États et du district fédéral (ou se trouve Brasília, la capitale fédérale), dotés d’une relative autonomie politique, économique et juridique, et marqués par plusieurs clivages internes et d’inégalités à différents niveaux. Chaque État a généralement un système universitaire, avec des institutions publiques (fédérales et/ou de l’État) et d’autres privées. Le pays possède de nombreux centres intellectuels et culturels, mais les ressources sont concentrées surtout dans les États de São Paulo, Rio de Janeiro, Minas Gerais, Rio Grande do Sul, Pernambuco, Bahia et Brasília. Ces divisions entraînent des partis pris historiographiques relativement distincts, la géopolitique étant l’un des axes qui articulent le débat, aux côtés d’autres perspectives théoriques et méthodologiques plus générales. Le marché de l’art est plutôt concentré à São Paulo et à Rio de Janeiro, qui se disputent le titre de « capitale artistique et intellectuelle » du pays, malgré l’importance de la production historiographique des autres États. Sur le champ artistique brésilien, les musées et les politiques publiques, voir Fialho, 2012 ; sur la concentration d’expositions et de commissaires à São Paulo et à Rio de Janeiro, consulter Cypriano, 2012.

2  L’idée de la Semaine de Deauville comme modèle pour la Semaine d’art moderne de 1922 a été proposée par Marinette Prado, épouse de Paulo Prado, un riche intellectuel de São Paulo qui était l’un des mécènes de la « Semaine de 22 ». Selon son témoignage recueilli par Aracy Amaral, la Semaine de Deauville se tenait chaque l’été, depuis le xixe siècle, et proposait des expositions de peinture, de mode, etc. (voir Amaral, 1998, p. 128-129).

3  Anita Malfatti étudia la peinture à Berlin sous Fritz Burger et Lovis Corinth de 1910 à 1914, puis rentra au Brésil en 1914 au début de la Première Guerre mondiale. Dès l’année suivante, toujours grâce à des subventions et des ressources familiales, elle poursuivit ses études de peinture à New York. Élève dans un premier temps à la Art Students League, elle étudia ensuite sous Homer Bross à la Independent School of Art, où elle resta jusqu’à son retour définitif au Brésil en 1917 (Batista, [1985] 2006).

4  Monteiro Lobato, « A Propósito da Exposição Malfatti », dans O Estado de S. Paulo, 20 décembre 1917.

5  « […] em termos concretos, toda a vida intelectual era dominada pela grande imprensa, que constituía a principal instância de produção cultural da época e que fornecia a maioria das gratificações e posições intelectuais » (Miceli, [2001] 2005, p. 17).

6  Plusieurs des premiers articles des modernistes ont été publiés dans les livres de Marta R. Batista (Batista, 1972) et Mário da Silva Brito (Brito, [1958] 1974).

7  « […] Paris pôs uma marca na minha inteligência. Foi como criar em mim uma nova natureza e o meu amor à Europa transformou meu amor à vida em amor a tudo que é civilizado. E como civilizado comecei a conhecer minha terra » (Di Cavalcanti, [1955] 1995, p. 142).

8  « […] pioneira de um estilo modernista brasileiro » (Amaral, [1975] 2003, p. 97).

9  « […] Sinto-me cada vez mais brasileira: quero ser a pintora de minha terra, Como agradeço por ter passado na fazenda a minha infância toda. As reminiscências desse tempo vão se tornando preciosas para mim. Quero, na arte, ser a caipirinha de São Bernardo, brincando com bonecas de mato, como no ultimo quadro que estou pintando. Não pensem que essa tendência é mal vista aqui. Pelo contrario. O que se quer aqui é que cada um traga contribuição do seu próprio país. Assim se explicam os sucessos dos bailados russos, das gravuras japonesas e da musica negra. Paris está farta de arte parisiense (Amaral, [1975] 2003, p. 78).

10  « […] paradigmático da relação entre condição abastada, aculturação francesa e alinhamento modernista » (Durand, [1989] 2009, p. 77).

11  Le pau-brasil, ou bois-brésil, une espèce végétale qui était abondante au moment de l’arrivée des Portugais dans le Nouveau Monde, a donné son nom au pays. La revendication de cette expression par les modernistes locaux reflétait donc l’importance qu’ils attribuaient aux questions « natives ».

12  En français dans le texte.

13  « Tarsila, minha querida amiga/Cuidado! Fortifiquem-se bem de teorias e desculpas e coisas vistas em Paris. Quando vocês aqui chegarem, temos briga, na certa. Desde já, desafio vocês todos juntos, Tarsila, Osvaldo e Sergio para uma discussão formidável. Vocês foram a Paris como burgueses. Estão épatés. E se fizeram futuristas! hi! hi! hi! choro de inveja UI! Ui! Ui! Mas que viado! Mas é verdade que considero vocês todos uns caipiras em Paris. Vocês se parisianizaram na epiderme. Isso é horrível! Tarsila, Tarsila, volta para dentro de ti mesma. Abandona o Gris e o Lhote, empresários de criticismos decrépitos e de estesias de ardentes! Abandona Paris! Tarsila! Tarsila!Vem para a mata virgem, onde não há arte negra, onde não há também arroios gentis. Há MATA VIRGEM. Criei o matavirgismo. Sou matavirgista. Disso é que o mundo, a arte, o Brasil e minha queridíssima Tarsila precisam. […] Um abraço muito amigo do Mário » (Mário de Andrade, dans Amaral, [1975] 2003, p. 369).

14  Feijoada est un plat traditionnel des esclaves au Brésil composé de haricots et de morceaux de viande de porc mélangés à du riz blanc (introduit par des immigrés japonais au xixe siècle) et à du chou (une plante indigène). Pendant la période du gouvernement de Getúlio Vargas, il était exalté comme étant « la nourriture typique nationale » car il permettait de célébrer la notion de mixité culturelle/raciale prônée par le régime.

15  En français dans le texte.

16  Pierre calcaire blanche utilisée pour la statuaire et les travaux d’architecture. Elle sert aussi à faire des plaques de revêtement.

17  Le complexe de la Pampulha, situé au bord d’un lac artificiel, à 18 kilomètres de Belo Horizonte, se composait de quatre bâtiments : le casino (devenu le musée d’art), la Maison de bals (devenue le Centre d’études sur l’urbanisme, l’architecture et le design), le Yacht Club et la merveilleuse église São Francisco de Assis, entièrement décorée par Portinari. Ce fut le premier grand projet d’Oscar Niemeyer.

18  Portinari of Brazil, (cat. expo., New York, The Museum of Modern Art, 1940), New York, 1940 ; Brazil Builds: Architecture New and Old, 1652-1942, Philip L. Goodwin éd., (cat. expo., New York, The Museum of Modern Art, 1943), New York, 1943.

19  La première partie de l’article a d’abord été publiée en 1953, dans un magazine allemand intitulé Staden-Jahrbuch, puis dans la première édition du livre de Cândido Mello e Souza, Literatura e sociedade: estudos de teoria et história literária, paru à São Paulo en 1965 (Coelho, 2012, p. 90).

20  « […] libertação de uma série de recalques históricos, sociais, étnicos, que são trazidos triunfalmente à tona da consciência literária. Este sentimento de triunfo, que assinala o fim da posição de inferioridade no diálogo secular com Portugal e já nem o leva mais em conta define a originalidade própria do Modernismo na dialética do geral e do particular » (Souza, [1953] 2000, p. 110).

21  « […] o mulato e no negro são definitivamente incorporados como temas de estudo, inspiração, exemplo. O primitivismo é agora fonte de beleza e não mais empecilho à elaboração da cultura. Isso na literatura, na pintura, na música, nas ciências do homem » (Cândido, [1953] 2000, p. 110).

22  Voir le site des archives : http://www.casaguilhermedealmeida.org.br (consulté le 15 septembre 2013).

23  « […] paradoxalmente às custas da conquista cultural moderna por excelência: a autonomia da experiência do eu lírico moderno e sua entrega total à aventura da obra » (Brito, [1975] 2005, p. 137).

24  Sur l’importance de Clement Greenberg pour la critique brésilienne, voir Fabris, 1994a et Couto, 2004, ainsi qu’un entretien avec le critique d’art Rodrigo Naves : http://www.forumpermanente.org/rede/numero/rev-numero7/entrevRodrigoNav (consulté le 15 septembre 2013).

25  « Paradoxal vanguarda a nossa, dividida entre passado e presente, ainda incerta sobre o significado da arte moderna, polêmica em relação a algumas de suas propostas mais extremistas, mas assim mesmo consciente da necessidade de uma ação violenta se se quisessem imprimir novos ritmos à criação cultural no Brasil » (Fabris, 1994a, p. 24-25).

Auteur
Ana Paula Cavalcanti Simioni
Docteur en sociologie de l’Universidade de São Paulo, elle est enseignante-chercheuse à l’Instituto de Estudos Brasileiros à l’Universidade de São Paulo, où elle développe ses recherches sur l’art et le genre au Brésil, les pratiques et les créations modernistes brésiliennes, et l’art et la culture sous la Première République brésilienne (1889-1930).

Voir aussi:

Manifeste anthropophage / Anthropophagie zombie
Oswald de Andrade / Suely Rolnik [tous les titres]
BlackJack éditions
paru en novembre 2011
édition française
14,5 x 21 cm (broché)
108 pages
14.00 €
ISBN : 978-2-91806-322-3
EAN : 9782918063223
en stock

Un dialogue entre deux appropriations singulières du concept d’anthropophagie à deux moments historiques clés : une nouvelle traduction du poème culte et fondateur de la modernité brésilienne d’Oswald de Andrade, prônant l’ingestion symbolique du colonisateur et de sa culture, publiée en regard d’une analyse par Suely Rolnik d’une expérience anthropophagique contemporaine dévoyée dans le contexte du capitalisme financier.
Et si l’anthropophagie nous permettait de penser notre contemporanéité ? En confrontant le Manifeste anthropophage et Anthropophagie Zombie, cet opus orchestre un dialogue entre deux appropriations singulières du concept d’anthropophagie à deux moments historiques clés : l’avènement de la modernité dans le poème culte d’Oswald de Andrade et l’avènement du capitalisme financier dans le texte de Suely Rolnik. L’anthropophagie est une pratique caractéristique des Indiens Tupi vivant au Brésil avant la Conquête. En réactivant ce concept, Oswald de Andrade affirme avec provocation la singularité de la culture brésilienne par rapport à la culture européenne. Suely Rolnik revient quant à elle sur cette notion dans un contexte contemporain mondialisé. Elle pointe ainsi un aspect négatif de l’expérience anthropophage en créant le concept de « subjectivité flexible ». Cette nouvelle subjectivité renvoie à l’hyper-adaptabilité du sujet contemporain aux mondes prêts-à-porter que propose le capitalisme. Cependant, l’anthropophagie peut également être réactivée de manière positive pour construire une expérience critique du monde dans lequel nous évoluons.

Monument de la littérature, le Manifeste anthropophage est l’un des textes fondateurs du modermisme brésilien. Son auteur, Oswald de Andrade, est connu pour son œuvre aussi diverse qu’iconoclaste et polémique. Le Manifeste anthropophage est, avec le Manifeste de la poésie Bois Brésil, l’un de ses écrits les plus radicaux. Blackjack éditions en propose ici une nouvelle traduction, largement annotée. Manger la culture colonisatrice, telle est la revendication du Manifeste anthropophage écrit au Brésil, en 1928. À travers cette poésie savoureuse, Oswald de Andrade prône la dégustation symbolique du colonisateur, affirmant la modernité brésilienne dans un processus de dévoration esthétique et politique qui consiste non pas à singer la modernité européenne mais à la manger, à l’assimiler pour en forger une déclinaison singulière. De Andrade offre ainsi une alternative originale au nivellement culturel et à la fascination pour une culture dominatrice.

Dans Anthropophagie zombie, Suely Rolnik revient sur la tradition anthropophage brésilienne, mais note que cette tradition a pris une connotation négative avec l’avènement du capitalisme financier. En effet, si historiquement l’anthropophagie s’affirme comme un concept positif, les troubles d’une « guerre esthétique planétaire » ont dévoilé la face cachée d’une anthropophagie dévoyée. Inspirée par la philosophie de Gilles Deleuze et par son travail avec Félix Guattari, Suely Rolnik montre comment les structures de la subjectivité sont attaquées par le capitalisme financier, l’expérience anthropophage donnant naissance à la subjectivité d’un « peuple de zombies hyperactifs ».

Comment réinvestir une anthropophagie positive et émanciper les subjectivités singulières ? Comment remettre le monde à l’œuvre ? L’élaboration critique de l’expérience anthropophage brésilienne pourrait-elle contribuer à problématiser la subjectivité contemporaine propre au régime du capitalisme financier ? Plus spécifiquement : pourrait-elle contribuer à problématiser la politique des relations à l’autre, tout comme le destin des puissances de création, inhérentes à cette nouvelle figure de la subjectivité ? En dernière instance, l’expérience anthropophage pourrait-elle contribuer à « soigner » l’actuelle fascination aveugle devant la flexibilité et la liberté d’hybridation récemment acquises ?

Oswald de Andrade est né à Sao Paulo en 1890. Avec l’écrivain, poète et critique Mario de Andrade, le poète Menotti del Picchia et les peintres Anita Malfatti et Tarsila do Amaral, Oswald de Andrade forme le Groupe des Cinq, qui agita la vie culturelle et artistique brésilienne dans les années 20. De Andrade fut l’un des propagateurs les plus actifs des idées modernistes, promouvant notamment la Semaine de l’Art moderne (festival de littérature, de musique et d’arts plastiques) en février 1922, au Théâtre municipal de São Paulo. Le but recherché – et atteint – était de révéler et mettre en valeur la singularité de l’identité culturelle et artistique brésilienne. Oswald de Andrade tisse ainsi des liens avec l’avant-garde artistique et littéraire brésilienne puis européenne, en particulier lors de ses fréquents séjours à Paris, entre 1923 et 1929. Il fait alors la rencontre de Blaise Cendrars, avec lequel il nouera une relation étroite. Oswald de Andrade est mort en 1954 à Sao Paulo.
Voir aussi Haroldo de Campos : Une poétique de la radicalité – Essai sur la poésie d’Oswald de Andrade.

Philosophe, psychothérapeute et critique d’art, Suely Rolnik est professeur au Centre de recherches sur la subjectivité de l’université de Sao Paulo. Elle enseigne également dans le cadre du programme d’études indépendantes du musée d’art contemporain de Barcelone. Elle articule ses recherches en arts autour de l’interface politique clinique. En 2007, les Empêcheurs de penser en rond publient Micropolitiques, ouvrage que Suely Rolnik et Félix Guattari ont écrit ensemble. Elle a écrit Schizoanalyse et anthropophagie pour le livre Gilles Deleuze, une vie philosophique (Empêcheurs de penser en rond, 1998). Elle a enfin écrit avec Corinne Diserens un ouvrage référent sur l’artiste brésilienne Lygia Clark : Nous sommes le moule. À vous de donner le souffle. Lygia Clark, de l’œuvre à l’événement (musée des Beaux-Arts de Nantes, 2005) ; on lui doit également l’édition, sous la forme d’un coffret de dix DVD, d’un ensemble d’entretiens autour des pratiques expérimentales de Lygia Clark (Archive pour une œuvre-événement – Projet d’activation de la mémoire corporelle d’une trajectoire artistique et son contexte, 2011).

Voir également:

Feu et plumes: coup d’envoi en Amazonie des premiers jeux mondiaux indigènes

AFP/RTBF
26 octobre 2015

Les premiers « Jeux mondiaux des peuples indigènes », s’ouvrent vendredi soir à Palmas, la capitale de l’Etat amazonien du Tocantins, au nord du Brésil, avec une cinquantaine d’ethnies originaires de 23 pays.

Ce sera l’occasion pour 1.800 athlètes de peuples indigènes d’Amérique latine mais aussi de Mongolie, d’Éthiopie, Canada, Japon ou Nouvelle Zélande entre autres, de s’affronter notamment au « rokra », un lointain cousin du hockey joué dans les champs avec des bâtons et des noix de coco, ainsi qu’en canoë, au javelot, au tir à l’arc ou à la lutte.

Ces jeux mondiaux sont issus des jeux indigènes brésiliens, créés en 1996. Quelque 700 des 1.800 athlètes inscrits sont Brésiliens, de 24 ethnies différentes. Les compétitions commenceront samedi et se dérouleront jusqu’au 31 octobre. Pour le sacro-saint dieu football, les tournois sont déjà en cours.

Le Conseil missionnaire indigène (Cimi), lié à l’église catholique brésilienne, a indiqué à l’AFP que certaines ethnies brésiliennes qui « boycottent » les jeux avaient prévu de faire une manifestation pour défendre leurs droits et notamment celui à la terre.

Ils critiquent l’expansion des agriculteurs sur les terres traditionnelles des peuples autochtones du Brésil. Jeudi soir, les athlètes indigènes se sont livrés à des rituels avant les jeux et ont éclairé d’un feu sacré la ville amazonienne de Palmas. Coiffés de parures de plumes, les corps enduits de peintures ancestrales, ils ont chanté et dansé.

Voir encore:

Les Indiens du Brésil disputent leurs « JO », avant le Mondial de foot

Le Parisien

16 Nov. 2013

Tronc d’arbre sur l’épaule, le visage crispé par l’effort, un guerrier surgit dans un nuage de poussière: à Cuiaba, l’une des villes hôtes du Mondial-2014 de football, les tribus indiennes du Brésil disputent « leurs » olympiades.

Dans la tribune, pas de « ola », de perruques fluo, de vuvuzelas ou d’hymnes nationaux. Teint cuivré, parures de plumes pour certains, les supporteurs encouragent leurs champions par des chants ancestraux au rythme des maracas.Pipe à la main, Tawra et les membres de sa tribu des Kariri-Xoco dansent en cercle autour de Tawani, pour célébrer sa participation au tir à l’arc. « Rena, reia, reia raoi!!! », scandent-ils pour donner des forces à leur champion, plongé dans un état léthargique. Course avec tronc Des rituels de ce type se répètent lors des 12es Jeux des Peuples indigènes. Ils ont été déclarés ouverts avec un grand « feu sacré », à moins de 1.000 jours des JO-2016 de Rio de Janeiro.Quelque 1.500 indigènes de 49 tribus brésiliennes et des représentants de 15 pays ont participé à ces olympiades indiennes qui s’achevaient samedi dans la capitale du Mato Grosso (centre-ouest).Au programme, le traditionnel tir à l’arc, ou le jet de lance bien sûr. Mais aussi des disciplines plus insolites, comme la « course avec tronc » où les relayeurs de chaque équipe se transmettent des cylindres de bois de plus de 100 kg! « Nous voulons montrer que nous avons une réelle authenticité, une très grande diversité », explique Jaruco Tanao, qui a voyagé quatre jours en bateau et en bus depuis Acre (nord) pour participer à ces Jeux.La plupart ont accompli de longs périples pour se rendre à Cuiaba, comme Zuri Duarte, 21 ans, de la tribu Harakmbut, qui représente le Pérou. Pour beaucoup, membres de tribus éclatées sur d’immenses territoires et sans contact entre elles, c’est une occasion unique d’échanger avec d’autres cultures indigènes ancestrales.Iguandili Lopez, du Panama, exécute la danse de son peuple, les Gunas, avec des Pataxo, reconnaissables à leurs corps peints en jaune. Keyuk Yanten, un Tewelche de Patagonie, chante avec des Mapuche du sud du Chili. »Cela me fascine que les tribus brésiliennes maintiennent cette pureté », confie Iguandili.Quelque 900.000 indigènes vivent aujourd’hui au Brésil. Ils ne représentent plus aujourd’hui que 0,5% d’une population de 200 millions d’habitants. Fils d’une « blanche » et d’un indien, Tawra explique que sa tribu est l’une de celles, encore nombreuses, qui luttent pour la reconnaissance de leurs territoires ancestraux, occupés par des agriculteurs. « Je me sens surtout indien. Nous autres, nous apprenons de la nature elle-même, nous, nous vivons en elle », explique le jeune homme. Un but = une flèche Les amphitryons de ces Jeux, les indiens Pareci du Mato Grosso, pratiquent un dérivé du football, ou plutôt une sorte de « headball », puisqu’il ne se joue qu’avec la tête. Chaque point gagné –en évitant qu’une petite balle ne touche la poussière avant d’avoir été frappée d’une tête souvent plongeante –, permet de gagner une flèche appartenant à l’équipe rivale.Cette discipline n’était pas encore officielle, mais en démonstration. Tout comme le tir à la sarbacane, ou le Javari, un jeu consistant à esquiver des flèches en se protégeant le corps d’un tube.Mais quand il s’agit de football, tous se lancent sur la pelouse avec la même passion que n’importe quel Brésilien.Le gouvernement étudie une proposition pour organiser un Mondial de football indigène en mai 2014, à quelques semaines du Mondial officiel organisé par la Fifa.L’équipe féminine de foot des Kariri Xoco l’emporte finalement aux tirs au but sur celle des Zuri. Mais le football n’est pas vraiment le fort des compétitrices qui éclatent de rire sans arrêt sur le terrain écrasé de chaleur.Une gaieté générale à peine troublée par les sanglots stridents d’une petite fille, qui ne veut pas que sa mère entre en jeu.

Voir de plus:

Protest Erupts During World Indigenous Games in Brazil
Jenny Barchfield, Associated press
PALMAS, Brazil

ABC news

ct 28, 2015
A noisy demonstration broke out Wednesday during the 100-meter dash competition at the World Indigenous Games, forcing a premature end to the day’s events at what organizers have described as the indigenous Olympics.

The protesters, a boisterous crowd made up mostly of native Brazilians in traditional dress, were outraged over a land demarcation proposal that they say would be catastrophic for Brazil’s 300 or so surviving tribes.

The proposed constitutional amendment would transfer the right to demarcate indigenous lands from the executive branch to Brazil’s Congress, which is heavily influenced by the powerful big agriculture lobby that has fought against indigenous reserves in the past.

A committee in the Chamber of Deputies approved the proposal late Tuesday, though it must get through the full lower house and Senate, then be signed by President Dilma Rousseff in order to become law.

Brandishing handwritten banners against the proposal, around 100 demonstrators breezed past security guards and onto the floor of the sporting arena in Palmas. Hundreds of others ran to join the group as spectators cheered them on.

The announcer initially ignored the mass of protesters — although, dressed in feathers body paint, with some brandishing spears or bows and arrows, they proved impossible to ignore.

Narube Werreria, a young woman from the Karaja nation, scrambled up into the VIP area and seized the microphone to deliver a heated attack on the proposal.

« When we were here at the games, they were there in Congress plotting to steal our lands, » she yelled. « Soon, there will be no more indigenous peoples, no more forest, no more animals. »

The protest was loud but peaceful. After about 20 minutes, the demonstrators turned and filed quietly out of the arena.

The crowd of a couple thousand spectators booed when organizers finally announced an end to the day’s activities, inviting the crowd to return Thursday.

Panamanian Cesar Cires had been slated to take part in a demonstration of the traditional games of his Ngabe-Bugle people, but his event was among the activities scrapped.

Still, Cires said he supported the demonstrators.

« We travelled a long way to be here, so it is a bit disappointing, » he said. « But we as indigenous people understand our Brazilian brothers’ plight. Next time, we’ll join the protest, too. »

Voir par ailleurs:

Salma Hayek donne le sein à un mystérieux bébé africain

Staragora

11/02/2009

L’Afrique fait décidément un drôle d’effet à nos amies les stars. Après la course à l’adoption faite par Madonna et Angelina Jolie (qui a des vus sur un orphelin en Namibie), voilà que c’est au tour de Salma Hayek de se retrouver en Sierra Leone, avec un nouveau né dans les bras. On le voit même en train de téter ses généreuses mamelles !

En visite dans un pays ravagé par des années de guerres civiles, l’actrice de 42 ans a offert son lait à un petit bébé dont la mère trop amoindrie n’était plus en été d’allaiter. Un geste remarquable, fait avec autant de modestie que de naturel.

Salma raconte que sa grand-mère, vivant autrefois dans un village déshérité du Mexique, avait fait exactement pareil avec un petit enfant, laissé à l’abandon, qui pleurait dans la rue.

Divorcée du richissime homme d’affaires français Pinault, l’actrice a une fille, Valentina, 1 an.

Ambassadrice pour l’UNICEF, Salma Hayek joue les mères de substitution photo et vidéo

Voir encore:

2005 : ils s’en foutent de la mort de Le Chenadec et d’Irvoas
Monique Bousquet

Ripost laïque

27 octobre 2015

Hier, 26 octobre, dix ans après les émeutes des banlieues, notre Premier Ministre réunissait aux Mureaux  un comité interministériel.

C’est ainsi que nous avons pu le voir  accompagné de pas moins de  17 ministres et d’élus toutes écharpes tricolores dehors, marcher dans les rues  des Mureaux dans ce qui ressemblait  à une commémoration solennelle de ces événements qui ont sidéré le monde entier et dans lesquels une certaine presse étrangère voyait un conflit ethnique.

Qu’y avait-il à commémorer? Il est vrai qu’en France les élus ont honte de nos victoires. Il suffit de visiter le mémorial élevé à Poitiers qui qualifie la bataille de « victoire truquée » et  Charles Martel de bâtard illégitime,  ou d’observer les commémorations des batailles napoléoniennes qu’affectionnent tant les Anglo-Saxons, auxquels la France n’hésite pas à prêter un navire pour rejouer la défaite de Trafalgar tout en refusant de  célébrer Austerlitz ou les nombreuses autres victoires de l’Empereur.

On préfère le compassionnel, là on sait faire.  Nées en Belgique, les marches blanches ont traversé le Quiévrain pour devenir notre spécialité. En toutes circonstances. De « Je suis Charlie » à l’effroyable accident de Puisseguin.

D’ailleurs, notre Premier Ministre l’a bien dit. « Il ne s’agit pas d’acheter la paix sociale ». Qui aurait pu penser une chose pareille!  Ni d’aller à la pêche aux voix. Honni soit qui mal y pense! Simplement donner des signes de reconnaissance à la banlieue, commémorer en quelque sorte un événement qui fera date dans l’Histoire de France –  et je ne doute pas qu’il entrera bientôt dans nos manuels scolaires – et lancer un énième Plan Marshall qui ressemble, comme les précédents,  à des mesures expiatoires.

Interviewé pour l’occasion dans l’émission des Grandes Gueules, un élu décelait un léger mieux. Il y a moins d’agressions, avançait-il,  mais elles sont plus violentes. Les victimes, on ose l’espérer, apprécieront certainement la délicate différence. Mais, le chômage, le manque de moyens… poursuit-il avec le ton de circonstance.  Bref, le maire réclame des subventions. Pour les élus, les problèmes de banlieue sont avant tout sociaux et économiques.

A quoi il ne faut pas manquer d’ajouter les problèmes de discrimination dont se prétendent victimes les jeunes de banlieue, qui ne sauraient être le fait que d’un racisme atavique, latent même chez les meilleurs d’entre nous. Blogueuse au Bondy Blog, créé par des journalistes suisses venus s’installer en 2005 à Bondy, en plein cœur des événements, Widad Kefti s’indigne qu’encore aujourd’hui, il n’y ait quasiment pas de journalistes non-Blancs à Libération, au Monde, et même à Mediapart. On notera au passage les arguties de notre novlangue, qui interdisent aux Blancs de se définir comme Blancs mais autorise son contraire.

Aussi, notre gouvernement passe-t-il à la vitesse supérieure et annonce une série de mesures coercitives  qui n’épargneront ni les maires, ni la police, ni l’école.  Il promet des passages en force contre les maires récalcitrants, des caméras-piétons, des testings, une carte scolaire plus rigide, qui laissent entrevoir des lendemains soviétoïdes.

Alors en cette période d’anniversaire et à l’approche de la Toussaint, je voudrais combler un oubli de notre gouvernement. Bien involontaire, à n’en pas douter.

Je voudrais rappeler le souvenir des deux vraies victimes. Je veux parler de Jean-Jacques le Chenadec et de Jean-Claude Irvoas.

Qui sont-ils? Si vous les avez oubliés, vous avez des excuses, parce que ce sont les morts oubliés de ces événements, pire qu’oubliés, tus, escamotés, gommés.

Alors pour rappel, Jean-Jacques le Chenadec, est cet homme âgé de 61 ans qui, à Stains, était descendu  en bas de son immeuble  parce que des jeunes mettaient le feu à des poubelles. Ils l’ont tué. Le meurtrier a été condamné à cinq ans de prison; il doit être libre à l’heure qu’il est.

Jean-Claude Irvoas, 56 ans, a voulu prendre en photo du mobilier urbain, à Epinay-sur-Seine. Des trafiquants de drogue, croyant qu’il les prenait en photo, l’ont agressé. M. Irvoas, selon l’un des agresseurs,  a prétendu être officier de police. Les quatre dealers l’ont achevé.

A Clichy-sous-bois, on inaugure aujourd’hui une allée qui porte le nom des deux jeunes morts dans le transformateur. Il n’y aura pas de plaques commémoratives pour Jean-Jacques le Chenadec et Jean-Claude Irvoas.

Une pensée pour les familles de ces deux hommes morts deux fois,  de l’incurie de l’Etat et de son silence. On préfère commémorer la jeunesse qui met la France à feu et à sang.

Voir également:

Les agresseurs du photographe d’Épinay aux assises

Stéphane Durand-Souffland
Le Figaro

02/01/2010

La mort de Jean-Claude Irvoas avait suscité un vif émoi en octobre 2005. Ni les témoignages, ni la séquence filmée par la caméra de surveillance, n’expliquent les constatations du légiste.

Dans l’après-midi du 27 octobre 2005 à Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), une brève altercation mettait aux prises un homme et trois individus. Le premier chutait lourdement sur le trottoir : il succombait peu après, en dépit de tentatives de réanimation.

Il s’appelait Jean-Claude Irvoas. Salarié par un spécialiste de l’éclairage urbain, âgé de 56 ans, il voulait photographier un lampadaire pour enrichir son catalogue. Sa compagne et sa fille ont assisté à la scène tragique, filmée de surcroît par une caméra de vidéosurveillance.

Condamnés par la cour d’assises de Seine-Saint-Denis en 2007, ses agresseurs présumés ont fait appel et comparaissent à nouveau, à Paris, à partir de mardi et jusqu’à vendredi prochain.

L’affaire avait suscité un vif émoi à Épinay-sur-Seine et fait grand bruit, à l’époque, dans un contexte d’émeutes urbaines dont elle était toutefois déconnectée. L’extrême droite avait tenté de la récupérer pour crier au racisme antiblanc, alors que trois des quatre individus concernés sont d’origine européenne.

Jean-Claude Irvoas est mort car Samba Diallo, Sébastien Béliny, Benoît Kusonika et Icheme Brighet, qui ont reconnu leur participation, voulaient lui dérober son appareil numérique. Le premier, en effet, «dealait» du cannabis : il a cru que M. Irvoas le photographiait. Celui-ci, espérant effrayer ses agresseurs, avait prétendu qu’il était «flic à Nanterre»…

90 secondes d’échauffourée
L’échauffourée n’a duré que 90 secondes, comme l’avait révélé Le Figaro après avoir pu visionner les images saisies par le dispositif de vidéosurveillance installé par la municipalité dans ce quartier bien connu pour être le théâtre d’un trafic de stupéfiants. Reste que ni les témoignages humains, ni la brève séquence captée par la bande magnétique, n’expliquent les constatations du médecin légiste. Tant les agresseurs présumés que les proches de la victime font état d’un unique coup violent qui aurait déséquilibré le photographe amateur ; or plusieurs traces relevées sur le corps de ce dernier laissent penser qu’il a été molesté avec davantage d’acharnement.

À l’issue du procès de novembre 2007, l’avocat général avait requis des peines allant de cinq à dix-huit ans d’emprisonnement pour les quatre comparses. Après un délibéré de plus de sept heures, la cour et les jurés ont revu à la baisse les sanctions : deux ans de prison pour Sébastien Béliny, simple guetteur, douze années de réclusion pour MM. Diallo et Brighet, complices du crime, et, enfin, quinze pour Benoît Kusonika, son auteur. Ce jeune homme né à Limoges, 25 ans lors des faits, se montrait parfois violent avec sa compagne d’alors. Il avait passé une nuit blanche et fumé quelques joints lorsque son chemin a croisé celui de la victime.

Au procès de Bobigny, le père de M. Kusonika avait demandé pardon à la partie civile. Évoquant la victime, il déclarait ainsi : «Cet homme-là, c’est moi, c’est nous, c’est tout le monde ici ! Ç’aurait pu être n’importe qui.»

Voir de plus:

Peines allégées en appel contre les assassins de Jean-Claude Irvoas

Georges Brenier

RTL

09/01/2010

La cour d’assises de Paris a légèrement réduit vendredi soir les peines infligées en appel aux trois agresseurs de Jean-Claude Irvoas, un père de famille de 56 ans battu à mort lors des émeutes de 2005, alors qu’il photographiait des lampadaires à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Ainsi, Benoît Kusonika, seul accusé à reconnaître avoir frappé Jean-Claude Irvoas, alors consultant pour un spécialiste de l’éclairage urbain, a vu sa condamnation passer de 15 à 14 ans de réclusion criminelle. Samba Diallo et Icheme Brighet, qui avaient été condamnés le 23 novembre 2007 à douze ans de réclusion par la cour d’assises de Seine-Saint-Denis, ont vu leurs peines passer à respectivement 10 et 11 ans.

A l’issue de près de sept heures de délibéré, Sébastien Béliny a vu confirmée sa peine de deux ans d’emprisonnement  pour « complicité de vol avec violences ayant entraîné la mort ».

Jeudi, l’avocat général François-Louis Coste avait requis une peine de cinq ans dont trois ans avec sursis contre Béliny, de 18 ans contre Kusonika et de 15 ans contre les deux autres.

En dépit de ce nouveau procès,  le doute subsiste pourtant sur huit des coups portés à la victime. Car si neuf lésions ont été relevées par les médecins, seul l’un des coups – celui qui  a provoqué la chute mortelle de la victime – a été reconnu par Kusonika.

Épinay : la fille de la victime raconte l’agression mortelle
Anne-Charlotte De Langhe
Le Figaro

22/11/2007

Le 27 octobre 2005, Jean-Claude Irvoas a été victime d’une agression «très rapide» par des jeunes le soupçonnant d’être un policier.

D’emblée, un mauvais pressentiment. Le 27 octobre 2005, lorsque son père pénètre en voiture dans le quartier chaud d’Orgemont, Floriane Irvoas éprouve un réel malaise. «De la peur», même. L’adolescente, alors âgée de 16 ans, vient de déjeuner en famille au bord du lac d’Enghien. Mais pour les besoins de son métier, Jean-Claude Irvoas tient à clôturer la balade par une halte rue de Marseille, à Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Le temps pour lui de prendre quelques clichés d’un lampadaire conçu par la société qui l’emploie. Quelques minutes, à peine, qui conduiront à l’agression mortelle de ce consultant de 56 ans par quatre jeunes hommes, que juge depuis mardi par la cour d’assises de Seine-Saint-Denis à Bobigny.

À la barre, Floriane raconte. «Avant de se garer, mon père nous a dit : “Mettez vos casques !”. Il plaisantait mais je n’étais pas rassurée.» Brigitte, elle, demande à son époux de «faire vite». «Je savais qu’il était chanceux et qu’il ne lui arrivait jamais rien», confie-t-elle à son tour. Muni de l’appareil photo numérique de Floriane, Jean-Claude Irvoas descend de son véhicule et fait plusieurs mètres à pied. Repéré par Sébastien Béliny, aujourd’hui accusé de complicité, le quinquagénaire intrigue un groupe de jeunes. «Y’a un mec qui prend des photos», prévient Béliny, inquiet d’un éventuel repérage policier dans ce secteur, chasse gardée des dealers d’Épinay.

Samba Diallo, Benoît Kusonika et Icheme Brighet suivent alors Jean-Claude Irvoas. Les déclarations confuses des accusés n’ont jusqu’à présent pas permis de dire si le vol était leur seul mobile. Depuis la banquette arrière du véhicule familial, Floriane, elle, aperçoit son père revenir. «J’étais soulagée, dit-elle. Mais lorsque j’ai vu qu’il était suivi par trois individus, dont un avec une capuche, je me suis dit : “Il va se passer quelque chose.”» En effet, Samba Diallo saisit le bras de Jean-Claude Irvoas, le traîne à l’abri de feuillus, avant d’être rejoint par Brighet et Kusonika. Une agression «très, très rapide», confiera un enquêteur de la brigade criminelle, préférant parler d’un «acte lâche et stupide» plutôt que d’un «lynchage».

Caméra de surveillance
Immortalisée par une caméra de vidéosurveillance, la scène reste cependant à jamais obscurcie par la présence dans le champ de vision d’un saule pleureur. Pour se défaire de l’emprise de ses agresseurs, Jean-Claude Irvoas aurait prétendu être «un flic de Nanterre». À ces mots, Benoît Kusonika aurait, lui, «pété les plombs», assénant à l’homme le coup de poing fatal.

Aussi, à l’heure où Brigitte portait secours à son mari, «du sang plein les mains» et sous le nez de passants pour la plupart indifférents, Diallo et Béliny filaient se changer les idées au centre commercial de Villetaneuse. Non sans avoir pris soin de modifier leur tenue vestimentaire afin de ne pas être repérés. Un classique dans la cité : «Lorsqu’on fait un p’tit coup, tout de suite après on se change», dira Samba Diallo.

Voir de même:

Emeutes de 2005 : cinq ans de prison pour l’agresseur de Le Chenadec
Le Parisien

12 Juin 2009

Salaheddine Alloul a été condamné vendredi soir à cinq ans de prison pour le coup mortel qui a entraîné la mort de Jean-Jacques Le Chenadec. Le drame s’était déroulé le 4 novembre 2005, un de ces soirs d’émeutes qui embrasaient les banlieues.

La victime était d’ailleurs descendue avec l’un de ses voisins éteindre un feu de poubelles, lorsqu’avait éclaté une altercation avec un groupe de jeunes.

L’avocate générale Agnès Thibault avait requis vendredi après-midi «8 à 10 ans de prison» contre ce jeune homme jugé depuis mercredi aux assises de Bobigny (Seine-Saint-Denis).  Frappé d’un coup de poing, au pied de son immeuble de Stains, la victime, âgée de 61 ans, avait sombré dans le coma et était décédée deux jours plus tard.

Durant le procès, l’accusé de 22 ans a nié avoir frappé Le Chenadec. Les témoins qui ont permis son arrestation en juillet 2007 sont aussi revenus sur leurs déclarations. Mais pour la substitut du procureur, pas doute «Alloul est bien le bon coupable». Pour elle, il a agi «dans un coup de colère, il a perdu la maîtrise de soi. Il ne voulait pas la mort de Jean-Jacques Le Chenadec, c’est pourquoi il a autant de mal à admettre sa responsabilité aujourd’hui», a-t-elle estimé. S’il n’y a pas de preuves matérielles dans le dossier _ «ni empreintes ADN, ni caméras de videosurveillance» _ il y a suffisamment d’éléments, selon Agnès Thibault, pour confondre Salaheddine Alloul. A commencer par ce «menton en galoche», décrit par Jean-Pierre Moreau, le voisin, présent à côté de la victime.

L’avocat de Salaheddine Alloul a plaidé vendredi après-midi. Le verdict est attendu dans la soirée.

Voir de même:

La loi du silence pèse au procès de l’affaire Jean-Jacques Le Chenadec
PROCES Cet homme était décédé après avoir reçu un coup de poing mortel lors des émeutes à Stains (Seine-Saint-Denis), en novembre 2005. Les témoins ont défilé à la barre sans apporter de réponses.

William Molinié

20 minutes

12.06.2009

Motus et bouche cousue, hier, aux assises de Bobigny, où s’est ouvert,mercredi, le procès de l’affaire Jean-Jacques Le Chenadec. Cet homme était décédé après avoir reçu un coup de poing mortel lors des émeutes à Stains (Seine-Saint-Denis), en novembre 2005. Les témoins ont défilé à la barre sans apporter de réponses. Au contraire, la quinzaine de jeunes présents le soir du drame n’ont fait qu’ajouter du flou aux contours déjà bien troubles de l’affaire. « C’est comme ça depuis quatre ans. C’est vraiment lourd à porter », assure, la gorge serrée, Colette, la veuve de la victime.

Les témoins appelés à la barre, pour la plupart des jeunes habitants du quartier, sont revenus sur leurs dépositions, assurant que l’actuel accusé, Salaheddine Alloul, n’était pas le coupable. Avec des arguments bien différents, frôlant parfois la limite de « l’insolence », selon les termes de l’avocat général. L’un accuse l’officier de police de lui avoir « fait dire ce qu’il voulait entendre », l’autre soutien qu’il « s’est trompé », un dernier invoque un « défaut de mémoire ». Même sous la menace d’une comparution immédiate pour faux témoignage, ils maintiendront, contrairement à leurs premières dépositions, que Salah est innocent. Pourquoi ce revirement ? Certains évoquent des pressions. « J’ai été obligé de dire que Salah était coupable pour sauver ma peau », jurera un des témoins et ami de l’accusé, faisant référence à cette fameuse loi de la cité qui interdirait de « balancer les coupables », comme l’évoquait à la barre un officier du service de la police judiciaire du 93. L’avocat de la famille concluait en ces termes, excédé : « J’ai trop de respect pour ma robe pour concourir à ce bal de faux témoins. » Depuis le début du procès, le principal accusé clame son innocence. Il affirme avoir frappé le voisin présent en bas de l’immeuble, M. Moreau, mais pas Jean-Jacques Le Chenadec. « Je suis très choquée par ce procès car aujourd’hui, je ne sais toujours pas qui a tué « le vieux », comme ils l’appellent, et ça, ça me fait très mal », concluait Colette. Le procès s’achève ce soir. Avec l’espoir pour la famille que la soi-disante « omerta » qui pèse sur ce dossier tombe avant les plaidoiries.

Voir encore:

Image of Drowned Syrian Boy Echoes Around World
Details emerge about 3-year-old from Syria who died off Turkish coast
Joe Parkinson in Istanbul and
David George-Cosh in Toronto
Sept. 3, 2015
His name was Aylan. He was 3 years old, from war-torn Syria.

His final journey was supposed to end in sanctuary in Europe; instead it claimed his life and highlighted the plight of desperate people caught in the gravest refugee crisis since World War II.

The images of the toddler’s lifeless body on a Turkish beach have reverberated across the globe, stirring public outrage and embarrassing political leaders as far away as Canada, where authorities had rejected an asylum application from the boy’s relatives.

The child pictured facedown in red T-shirt and shorts was identified as Aylan Kurdi, a Syrian Kurd from Kobani, a town near the Turkish border that has witnessed months of heavy fighting between Islamic State and Syrian Kurdish forces.

He drowned after the 15-foot boat ferrying him from the Turkish beach resort of Bodrum to the Greek island of Kos capsized shortly before dawn on Wednesday, killing 12 passengers. Aylan’s 5-year-old brother, Galip, and his mother, Rehan, were also among the dead. His father, Abdullah, was the only family member to survive.

On Thursday, a distraught Mr. Kurdi, 40, told reporters he was preparing to take the bodies back to Kobani for burial and would stay there.

“From now on, I will live (in Kobani) too. I want to be buried with my family,” he said outside the morgue in the nearby town of Mugla.

Mr. Kurdi brought his family to Turkey three years ago after fleeing fighting first in Damascus, where he worked as a barber, then in Aleppo, then Kobani. His Facebook page shows pictures of the family in Istanbul crossing the Bosporus and feeding pigeons next to the famous Yeni Cami, or new mosque.

From his hospital bed on Wednesday, Mr. Kurdi told a Syrian radio station that he had worked on construction sites for 50 Turkish lira (roughly $17) a day, but it wasn’t enough to live on. He said they depended on his sister, Tima Kurdi, who lived in Canada, for help paying the rent.

Ms. Kurdi, speaking Thursday in a Vancouver suburb, said that their father, still in Syria, had suggested Abdullah go to Europe to get his damaged teeth fixed and find a way to help his family leave Turkey. She said she began wiring her brother money three weeks ago, in €1,000 ($1,100) amounts, to help pay for the trip.

Shortly after, she said her brother called her and said he wanted to bring his whole family to Europe, as his wife wasn’t able to support their two boys alone in Istanbul.

The father of 3-year-old Aylan Kurdi, whose body washed ashore on a Turkish beach, spoke with reporters after harrowing images of his dead son were published across the globe. Image: Associated Press
“If we go, we go all of us,” Ms. Kurdi recounted him telling her. She said she spoke to his wife last week, who told her she was scared of the water and couldn’t swim.

“I said to her, ‘I cannot push you to go. If you don’t want to go, don’t go,’” she said. “But I guess they all decided they wanted to do it all together.”

At the morgue, Mr. Kurdi described what happened after they set off from the deserted beach, under cover of darkness.

“We went into the sea for four minutes and then the captain saw that the waves are so high, so he steered the boat and we were hit immediately. He panicked and dived into the sea and fled. I took over and started steering, the waves were so high the boat flipped. I took my wife in my arms and I realized they were all dead.”

Mr. Kurdi gave different accounts of what happened next. In one interview, he said he swam ashore and walked to the hospital. In another, he said he was rescued by the coast guard.

“My kids were the most beautiful children in the world,” he said outside the morgue. “They woke me up every morning to play with them. They are all gone now. Now all I want to do is sit next to the grave of my wife and children.”

In Canada, Ms. Kurdi said her brother had sent her a text message around 3 a.m. Turkish time Wednesday confirming they had set off. The next time she spoke to him, he was in shock, telling her how he fought vainly to keep his two boys alive in the water, one tucked under each arm.

“They screamed ‘Daddy, please don’t die,” she said he told her. One by one, as he realized they were dead, he closed his eyes and let go, she said.

“He said, ‘I did everything in my power to save them, but I couldn’t,’” she said. “My brother said to me, ‘My kids have to be the wake-up call for the whole world.’”

Social Reactions

Mr. Kurdi said he had paid smugglers some €4,000 for safe passage to Greece. Turkish news agencies reported Thursday that police had detained four Syrians suspected of involvement in arranging the boat.

Across the world, news organizations published a variety of iterations of the image of the boy, with many expressing editorial outrage at the perceived inaction of developed nations to help refugees.

The focus of Canada’s national election campaign shifted Thursday to the country’s response to the migrant crisis, with Prime Minister Stephen Harper defending his government’s track record on refugee issues and pledging to do more.

Canadian media had cited Ms. Kurdi in Wednesday reports saying Aylan’s family had applied to immigrate to Canada, but she said on Thursday that the application was for another brother, Mohammad. That application was rejected because “it did not meet regulatory requirements for proof of refugee status recognition,” Canada’s immigration department said.

President Recep Tayyip Erdogan of Turkey—which has taken 1.7 million of Syria’s estimated 4 million refugees—castigated Europe for what he said was its failure to address the migration wave and the conflicts behind it.

He accused the European Union of bickering over distribution of immigrants while much poorer nations like Turkey, Jordan and Lebanon take in millions of refugees from Syria, Iraq and beyond.

“The European nations that have turned the Mediterranean into a grave for immigrants share the sin for each immigrant’s death,” Mr. Erdogan said. “It is not only immigrants who are drowning in the Mediterranean, it is also our humanity.”

In the U.K., where the government is facing mounting calls to offer more asylum spots for refugees, an online petition urging Prime Minister David Cameron to accept more asylum seekers surged to more than 300,000 signatures from 40,000 a day earlier.

Mr. Cameron said he was “deeply moved” by the photos of the deaths and pledged to fulfill Britain’s “moral responsibility.” French Prime Minister Manuel Valls said the images showed the need for urgent action by Europe.

Morning television shows across Europe were already comparing the image’s power to Nick Ut’s Pulitzer Prize-winning 1972 photograph of a 9-year-old Vietnamese girl running naked, suffering agonizing burns from a napalm attack.

Nilufer Demir, the photographer from Turkey’s Dogan News Agency who captured the pictures of Aylan on the beach, said her “blood froze” when she saw the body.

“The only thing I could do was to make his scream heard,” said Ms. Demir, who has been photographing immigration since 2003. “I hope something changes after today.”

—Karen Leigh in Dubai and Emre Peker in Ankara contributed to this article.

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Voir enfin:

Banlieues : quand le gouvernement instaure un diplôme national supérieur de hip-hop
André Bercoff
Le Figaro
27/10/2015

Après sa visite aux Mureaux, Manuel Valls a annoncé une batterie de mesures pour les banlieues : parmi celles-ci, l’instauration d’un diplôme national de hip-hop et le soutien à la réalisation d’oeuvres de street-art. La réaction d’André Bercoff.

André Bercoff est journaliste et écrivain. Son dernier livre Bernard Tapie, Marine Le Pen, la France et moi est paru en octobre 2014 chez First.

Une bonne nouvelle n’arrive heureusement jamais seule. En même temps que la décélération des chiffres du chômage – hirondelle qui, si elle ne fait pas le printemps, rend quelques couleurs au teint des princes qui nous gouvernent – la montagne des Mureaux n’a pas accouché que de souris. On le sait: la Commission Interministérielle à l’Egalité et à la Citoyenneté s’est réunie le 26 octobre dernier pour parachever le énième plan sur les banlieues, le lien social, le vivre et se loger ensemble, la diversité, la proximité et autres facteurs indispensables d’une France que l’on espère, un jour, un peu plus apaisée qu’aujourd’hui.

Il serait facile d’ironiser, de parler de cautères sur des jambes de bois, des 50 milliards déjà déversés sur les cités sans que diminuent d’un centimètre carré les territoires perdus de la République, qui ne sont pas perdus pour tout le monde. Drogue et délinquance, communautarisme et exclusion, incivilités et tensions, précarité et chômage: ne jetons pas la pierre aux gouvernements successifs qui ont tout essayé, tout donné, tout distribué, sauf l’essentiel: un cap, une autorité et la conscience qu’au-delà d’une certaine limite, les tickets hors-la-loi ne sont plus valables. Courage du pouvoir et pouvoir du courage: vertus rares.

Dans ce paysage brouillé et opaque, une illumination: le 26 octobre, aux Mureaux, le ministère de la Culture et de la Communication instaure un diplôme national supérieur professionnel de la danse hip-hop. Il va également encourager, de manière sonnante et trébuchante, la réalisation d’œuvres de street art dans le cadre de la commande publique. Il va enfin soutenir le développement de toutes les créativités grâce au Buzz Booster. Quand Fleur Pellerin entend le mot «culture urbaine», elle sort, sous les bravos, son carnet de chèques.

Point de méprise: le hip-hop, le street art et les musiques urbaines peuvent engendrer de très belles œuvres et font partie intégrale, sinon intégrée, du paysage contemporain. Mais ce qui est hallucinant, c’est cette rage étatique de tout récupérer dès l’embryon, dans des domaines dont la qualité, l’originalité et le talent sont dus essentiellement à leur ADN rebelle, marginal, souterrain. Tout se passe comme si, désormais, le moindre cri contestataire, qu’il soit graphique, sonore ou audiovisuel, doit être dans tous les sens du terme, «assisté» par l’Etat providence. Que les grands esprits de tous les temps aient eu besoin de mécènes, cela est établi ; que le moindre graffiteur en mal de muraille se transforme en intermittent du spectacle, ce n’est peut-être pas la meilleure manière de l’encourager dans l’extension sablonneuse et malaisée des champs de la création véritable.

Le souci, aussi généreux que monomaniaque, de mettre, dès ses balbutiements, n’importe quel débutant en couveuse ne produira jamais, au mieux, que des poulets en batterie. La «mère des arts, des armes et des lois» mérite tout de même autre chose et peut-être que tout cela ne soit pas exprimé qu’en anglais.


Héritage Obama: La meilleure arme de Poutine et de Khamenei (While the rest of the world has to live with the consequences, Obama votes present again and turns out to be Putin and the mullahs’s best weapon)

1 octobre, 2015
Putin-vs-ObamaFlexible Odummy Leader
La démocratie incline à méconnaître, voire à nier les menaces dont elle est l’objet, tant elle répugne à prendre les mesures propres à y répliquer. Elle ne se réveille que lorsque le danger devient mortel, imminent, évident. Mais alors soit le temps lui manque pour qu’elle puisse le conjurer, soit le prix à payer pour survivre devient accablant. (…) La civilisation démocratique est la première dans l’histoire qui se donne tort, face à la puissance qui travaille à la détruire. Jean-François Revel,  Comment les démocraties finissent, 1983)
I don’t think people want a lot of talk about change; I think they want someone with a real record, a doer not a talker. For legislators who don’t want to take a stand, there’s a third way to vote. Not yes, not no, but present, which is kind of like voting maybe. (…) A president can’t vote present; a president can’t pick or choose which challenges he or she will face. Hillary Clinton (Dec. 2007)
C’est ma dernière élection. Après mon élection, j’aurai plus de flexibilité. Obama (à Medvedev, 27.03.12)
Mr. Obama’s aides and some allies dispute the characterization that a present vote is tantamount to ducking an issue. They said Mr. Obama cast 4,000 votes in the Illinois Senate and used the present vote to protest bills that he believed had been drafted unconstitutionally or as part of a broader legislative strategy. (…) An examination of Illinois records shows at least 36 times when Mr. Obama was either the only state senator to vote present or was part of a group of six or fewer to vote that way. In more than 50 votes, he seemed to be acting in concert with other Democrats as part of a strategy. (…) In other present votes, Mr. Obama, who also taught law at the University of Chicago while in the State Senate, said he had concerns about the constitutionality or effectiveness of some provisions. Among those, Mr. Obama did not vote yes or no on a bill that would allow certain victims of sexual crimes to petition judges to seal court records relating to their cases. He also voted present on a bill to impose stricter standards for evidence a judge is permitted to consider in imposing a criminal sentence. On the sex crime bill, Mr. Obama cast the lone present vote in a 58-to-0 vote. Mr. Obama’s campaign said he believed that the bill violated the First Amendment. The bill passed 112-0-0 in the House and 58-0-1 in the Senate. In 2000, Mr. Obama was one of two senators who voted present on a bill on whether facts not presented to a jury could later be the basis for increasing an offender’s sentence beyond the ordinary maximum. State Representative Jim Durkin, a Republican who was a co-sponsor of the bill, said it was intended to bring state law in line with a United States Supreme Court decision that nullified a practice of introducing new evidence to a judge in the sentencing phase of the trial, after a jury conviction on other charges. The bill sailed through both chambers. Out of 174 votes cast in the House and Senate, two were against and two were present, including Mr. Obama’s. “I don’t understand why you would oppose it,” Mr. Durkin said. “But I am more confused by a present vote.” Mr. Obama’s campaign said he voted present to register his dissatisfaction with how the bill was put together. He believed, the campaign said, that the bill was rushed to the floor and that lawmakers were deprived of time to consider it. Mr. Obama was also the sole present vote on a bill that easily passed the Senate that would require teaching respect for others in schools. NYT
C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu’on ne se raconte pas d’histoires ! Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leurs djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français ! Ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri, même s’ils sont très savants. Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisions l’intégration, si tous les Arabes et Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s’installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées ! Charles De Gaulle (5 mars 1959, en pleine guerre d’Algérie, conversation avec Alain Peyrrefitte)
Pour qu’il y ait une cohésion nationale, il faut garder un équilibre dans le pays, c’est-à-dire sa majorité culturelle. Nous sommes un pays judéo-chrétien – le général de Gaulle le disait –, de race blanche, qui accueille des personnes étrangères. J’ai envie que la France reste la France. Je n’ai pas envie que la France devienne musulmane. Nadine Morano
Belle image de la ville d’Evry… Tu me mets quelques Blancs, quelques Whites, quelques Blancos… Manuel Valls (Evry, 06.06.09)
On a une télévision d’hommes blancs de plus de 50 ans, et ça, il va falloir que cela change. Delphine Ernotte (nouvelle présidente de France Télévisions)
Si le mot « race » figure évidemment dans le dictionnaire, le Larousse met en garde ses lecteurs. David Perrotin
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. Constitution de la république française (Article 1, 1958)
L’inscription du terme « race », dans l’article même qui dispose des valeurs fondamentales de la République, est inadmissible même dans une « phrase qui a pour objet de lui dénier toute portée ». Proposition de loi du groupe socialiste (Assemblée nationale, nov. 2004)
Regardez la pauvre Morano, pour un mot! On voit bien ce qu’elle a voulu dire. (…) La France, à l’origine, est un pays de race blanche. Aujourd’hui, la France n’est pas un pays de race blanche, elle est multi-ethnique, mais elle est uni-culturelle. (…) Si on lui tombe dessus aujourd’hui, c’est parce qu’il y a une préférence musulmane. Regardez ce qu’il se passe: l’accueil des migrants. On est en train de fabriquer un Kosovo islamique. (…) Je sais ce qu’elle a voulu dire, Morano. Elle n’a pas voulu dire qu’elle était raciste! Qu’est-ce qu’il faut dire? La France est un pays de race noire? (…) En fait , c’est la christianophobie! La christianophobie est une opinion, on a le droit de profaner la croix du christ, mais l’islamophobie est un délit. Si moi je dis quelque chose sur l’islam, là dans un instant, je risque la prison. (…) Pour aller chercher les électeurs, il sont allés chercher les immigrés. (…) Le seul recours aujourd’hui de Hollande et des bobos pour pouvoir gagner, c’est de pouvoir utiliser le vote des banlieues, et ça c’est un scandale parce que ça se fait sur le dos de la France (…) L’ennemi numéro un pour tous les Occidentaux, c’est l’Etat islamique. Pour la France, l’ennemi numéro un, c’est Assad. (…) la classe politique française est en grande partie achetée par le Qatar et par l’Arabie Saoudite. Philippe De Villiers
L’analyse que Luttwak a livrée au journal italien « il Giornale » est sans appel: “L’Europe risque l’islamisation. Ce sera l’Europe chrétienne qui devra s’adapter aux Musulmans et non le contraire”. Luttwak s’en prend surtout au pape François qui a fait un pèlerinage à Lampedusa: “il ne se rend pas compte qu’il collabore au suicide de l’Europe chrétienne … Et ce Pape croit qu’on doit accueillir tous les migrants. Pour le politologue, l’Italie n’est pas en reste, elle devrait bombarder les navires vides des passeurs (…) et sans attendre l’autorisation de l’Onu. Elle en a la force mais pas la volonté”. Edward Luttwak accuse aussi le président turc Erdogan d’œuvrer à l’islamisation progressive de l’Europe, car il tolère ou encourage l’invasion, essentiellement musulmane, à travers les Balkans. Luttwak rappelle en conclusion la fin de la civilisation romaine : “Les barbares arrivèrent du Nord, maintenant ils viennent du Sud …Dans l’Europe actuelle  je ne vois aucune volonté de survie. Les murs ne suffiront pas. Il faut des interventions directes et la première à le faire, devrait être l’Italie”. Europe-Israël
Nous avons en face de nous un groupe ­terroriste plus puissant que jamais. Bien plus puissant qu’Al-Qaïda à sa grande époque. L’EI, fort d’environ 30 000 “soldats” sur le terrain, a recruté plus de membres que l’organisation fondée par Ben Laden en quinze ans ! Et ce n’est pas fini. La France est, de fait, confrontée à une double menace. Celle du déferlement de ce que j’appelle les “scuds” humains du djihad individuel, ces hommes qui passent à l’action sans grande formation ni préparation, agissant seuls, avec plus ou moins de réussite, comme on a pu le voir ces derniers temps. Et celle, sans commune mesure, que je redoute : des actions d’envergure que prépare sans aucun doute l’EI, comme celles menées par Al-Qaïda, qui se sont soldées parfois par des carnages effroyables. (…) Ceux que l’on arrête et qui acceptent de parler nous disent que l’EI a l’intention de nous frapper systématiquement et durement. Comprenez-moi bien, il ressort de nos enquêtes que nous sommes indubitablement l’ennemi absolu. Les hommes de Daech ont les moyens, l’argent et la faculté d’acquérir facilement autant d’armes qu’ils veulent et d’organiser des attaques de masse. Le terrorisme est une surenchère ; il faut toujours aller plus loin, frapper plus fort. Et puis, il reste “le prix ­Goncourt du terrorisme” à atteindre, et je fais là référence aux attentats du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center. Je n’imagine pas un instant qu’un homme tel qu’Abou Bakr ­al-Baghdadi et son armée vont se satisfaire longtemps d’opérations extérieures de peu d’envergure. Ils sont en train de penser à quelque chose de bien plus large, visant en tout premier lieu l’Hexagone. (…) Traditionnellement, l’adversaire numéro un du terrorisme djihadiste a longtemps été les Etats-Unis, mais les paramètres ont changé. Les Américains sont plus difficiles à atteindre. La France, elle, est facile à toucher. Il y a la proximité géographique, il y a des relais partout en Europe, il y a la facilité opérationnelle de renvoyer de Syrie en France des volontaires aguerris, des Européens, membres de ­l’organisation, qui peuvent revenir légalement dans l’espace Schengen­ et s’y fondre avant de passer à l’action. (…) La France est devenue l’allié numéro un des Etats-Unis dans la guerre contre Daech et les filières djihadistes. Nous combattons par les armes aux côtés des Etats-Unis. Nous avons mené des raids aériens contre l’EI en Irak. Maintenant, nous intervenons en Syrie. (…) Longtemps notre dispositif antiterroriste nous a permis de porter des coups sévères aux terroristes et aux ­djihadistes de toute obédience. (…)  la donne a changé. L’évidence est là : nous ne sommes plus en mesure de prévenir les attentats comme par le passé. On ne peut plus les empêcher. Il y a là quelque chose d’inéluctable. Bien sûr, on arrête des gens, on démantèle des cellules, on a de la chance aussi, comme on a pu le voir avec certaines affaires récentes, mais la chance ou le fait que les terroristes se plantent dans leur mode opérationnel, ou encore que des citoyens fassent preuve de grande bravoure, ça ne peut pas durer éternellement. Quant aux moyens affectés à la lutte antiterroriste, ils sont clairement devenus très insuffisants, et je pèse mes mots. On frise l’indigence à l’heure où la menace n’a jamais été aussi forte. Ces deux dernières années, j’ai constaté par moi-même qu’il n’y avait parfois plus d’enquêteurs pour mener les investigations dont nous avions besoin ! On fait donc le strict minimum, sans pouvoir pousser les enquêtes, sans “SAV”, au risque de passer à côté de graves menaces. Les politiques prennent des postures martiales, mais ils n’ont pas de vision à long terme. Nous, les juges, les policiers de la DGSI, les hommes de terrain, nous sommes complètement débordés. Nous risquons d’“aller dans le mur”. (…) Sentinelle, Vigipirate, on ne peut pas se permettre de s’en priver, la population ne le comprendrait pas, mais fondamentalement cela ne résout rien. Cela ne freinera pas les hommes de l’EI le jour où ils décideront de passer à la vitesse supérieure et de commettre des attentats d’ampleur. D’autant que nous sommes incapables d’enrayer leur montée en puissance constante. Nul doute que le groupe soit actuellement en train de bâtir les structures, les réseaux, de former les hommes pour concevoir des plans d’attentats de masse. Ils préparent le terrain pour pouvoir frapper fort. (…) Procéder à des frappes “extra-judiciaires” revient à se calquer sur le modèle américain. Cela fait des années que les Etats-Unis éliminent des chefs, des stratèges, des recruteurs au Yémen, en Afghanistan, en Somalie, mais sans affaiblir les groupes visés. Cela n’a jamais marché ! (…) Si l’on prend l’exemple des frères Kouachi, les auteurs de la fusillade de “Charlie Hebdo”, ils étaient, au vu de ce que l’on sait, “en route” pour une campagne d’attentats. On y a échappé parce que, dans un accident de voiture, l’un des frères a perdu sa carte d’identité. C’est cela qui a permis de les identifier et de lancer la chasse à l’homme qui s’est soldée par la mort des deux terroristes, tués par le GIGN. Les Kouachi n’étaient pas partis pour une opération suicide ! S’ils avaient pu, ils auraient continué à frapper. Comme Nemmouche, le tueur du Musée juif de Bruxelles, comme Merah… L’an dernier, j’ai fait neutraliser un réseau de djihadistes très dangereux qui voulait créer un commando de dix “Merah” autonomes, opérant simultanément sur l’ensemble du territoire. L’idée que nous soyons un jour confrontés à une ou plusieurs campagnes d’attentats majeurs ne peut être écartée. Ceux qui nous attaquent veulent nous faire le plus de mal possible. Et le faire dans la durée. Ils s’y préparent. Les Français vont devoir ­s’habituer non à la menace des attentats, mais à la réalité des attentats, qui vont à mes yeux immanquablement survenir. Il ne faut pas se voiler la face. Nous sommes désormais dans l’œil du cyclone. Le pire est devant nous. Marc Trévidic
The president (…) has an overarching moral theory about American power, expressed in his 2009 contention in Prague that “moral leadership is more powerful than any weapon.” At the time, Mr. Obama was speaking about the end of the Cold War—which, he claimed, came about as a result of “peaceful protest”—and of his desire to see a world without nuclear weapons. It didn’t seem to occur to him that the possession of such weapons by the U.S. also had a hand in winning the Cold War. Nor did he seem to contemplate the idea that moral leadership can never safely be a substitute for weapons unless those leaders are willing to throw themselves at the mercy of their enemies’ capacity for shame. In late-era South Africa and the Soviet Union, where men like F.W. de Klerk and Mikhail Gorbachev had a sense of shame, the Obama theory had a chance to work. In Iran in 2009, or in Syria today, it doesn’t. (…)9Mr. Obama believes history is going his way. “What? Me worry?” says the immortal Alfred E. Neuman, and that seems to be the president’s attitude toward Mr. Putin’s interventions in Syria (“doomed to fail”) and Ukraine (“not so smart”), to say nothing of his sang-froid when it comes to the rest of his foreign-policy debacles. In this cheapened Hegelian world view, the U.S. can relax because History is on our side, and the arc of history bends toward justice. Why waste your energies to fulfill a destiny that is already inevitable? And why get in the way of your adversary’s certain doom? It’s easy to accept this view of life if you owe your accelerated good fortune to a superficial charm and understanding of the way the world works. It’s also easier to lecture than to learn, to preach than to act. History will remember Barack Obama as the president who conducted foreign policy less as a principled exercise in the application of American power than as an extended attempt to justify the evasion of it. From Aleppo to Donetsk to Kunduz, people are living with the consequences of that evasion. Bret Stephens
Si le retrait des troupes américaines d’Irak a été à la fois bien intentionné et populaire, et si la Maison Blanche a su présenter à son avantage les concessions octroyées à M. Assad en 2013, les résultats n’en ont pas moins été désastreux. Un simple regard sur la carte de l’Irak et de la Syrie montre que l’essor de l’Etat islamique était une réponse logique à l’abandon américain des Sunnites de la région. Un groupe comme l’Etat islamique ne peut se développer sans le soutien des populations locales, dans ce cas précis les Sunnites qui ne voient d’autre façon de se défendre contre les forces chiites de l’Iran et de la Syrie qui les massacrent par centaines de milliers. En géopolitique comme aux échecs, il faut jouer à partir de la position qui est la vôtre sur l’échiquier au moment où vous commencez à jouer. Reprocher à George W. Bush d’avoir lancé la guerre d’Irak en 2003 ne change rien au fait qu’en 2008 il n’y avait ni crise massive de réfugiés ni armée de l’Etat islamique en ordre de bataille. Les négociations avec les groupes sunnites de la province d’Anbar avaient sapé le soutien à Al Qaeda, une politique qui avait complètement changé la donne et autant contribué à la réduction de la violence que le renforcement des forces américaines. Le départ des troupes américaines et le refus de M. Obama de dissuader M. Assad ont mis fin à toute possibilité de sécurité. La population n’avait d’autre choix que de lutter, fuir ou mourir,  alors elle l’a fait, massivement, comme le confirment des chiffres horribles. (…) Aucun accord ne va changer cela. L’Iran et la Russie ont leurs propres ordres du jour dans la région et ceux-ci n’ont rien de pacifique ni pour l’un ni pour l’autre. L’Iran est le principal soutien mondial du terrorisme. La méthode Poutine pour mener la guerre contre le terrorisme en Tchétchénie était le tapis de bombes. Quand cela n’a pas réussi, il a « acheté » le seigneur de la guerre le plus brutal de la région, Ramzan Kadyrov. La poursuite du massacre de Sunnites dans la région y attirera un afflux sans cesse accru d’aides des Saoudiens et de combattants étrangers du Pakistan, d’Afghanistan et de Russie. La situation va se métastaser, ce qui convient parfaitement à M. Poutine. La guerre et le chaos lui fournissent toujours plus d’ennemis et ainsi plus d’occasions de jouer au dur à la télévison publique russe. Le régime iranien a besoin du conflit pour des raisons semblables et ne peut donc jamais renoncer à ses “Mort à l’Amérique ». Une aggravation du conflit fera aussi monter le prix du pétrole, un avantage qui n’échappe ni à Téhéran ni à Moscou. Ces conséquences peuvent être acceptables pour M. Obama, mais il ne peut faire semblant d’en ignorer sa part de responsabilité. Moi aussi, je voudrais vivre dans le monde de diplomatie et de droit où M. Obama pense vivre. Mais hélas ce n’est pas le cas. Le pouvoir et l’action comptent toujours et dans des endroits comme la Syrie et l’Irak, vous ne pouvez pas avoir le pouvoir sans l’action. M. Poutine n’a rien dit de nouveau à l’ONU, parce qu’il n’en avait pas besoin. Il sait qu’il a des atouts concrets autrement plus efficaces que de simples paroles. Il a des chars en Ukraine, des avions de chasse en Syrie et Barack Obama à la Maison Blanche. Garry Kasparov

Attention: une menace peut en cacher une autre !

A l’heure où, avec la bénédiction du pays auto-proclamé des droits de l’homme et du prétendu chef de la chrétienté, le drapeau d’un Etat fantôme et d’un mouvement qui appelle toujours à la Solution finale et revendique la propriété exclusive des lieux saints juifs comme chrétiens de Jérusalem flotte ignominieusement sur l’esplanade des Nations unies …

Et où, avec la bénédiction des mêmes plus celle du Contorsioniste-en-chef de la Maison Blanche et prétendu chef du Monde dit libre, un régime qui appelle lui aussi à la même Solution finale et finance ou commandite l’essentiel des activités terroristes de la planète se voit non seulement attribué, pour ses faux frais, quelque 100 milliards de dollars mais pleinement reconnu le droit à l’arme ultime pour réaliser ses projets …

Pendant que sur fond d’invasion, une Europe et une France qui n’ont rien de mieux à faire que de dénoncer (jusqu’aux dictionnaires et à la Constitution !) ceux qui tentent  de garder leur esprit critique et de sonner l’alarme,  sont plus que jamais menacées d’attentats majeurs de la part de l’Etat islamique …

Quel meilleur analyste, pour décrire la partie particulièrement compliquée d’échecs qu’est en train de jouer sur fond de Bérezina économique mais à l’échelle de la planète entière Monsieur Poutine et ses amis iraniens et peut-être même chinois que l’ancien champion du monde, russe lui aussi et enfin dessillé lui aussi, Garry Kasparov ?

Et comment ne pas voir, dans sa dernière et magistrale tribune du Wall Street journal (merci Roger) …

La contribution toute particulière qu’y fait le Professeur Diafoirus de la Maison Blanche …

Qui après avoir abandonné l’Irak alors largement pacifié et s’être fameusement couché en Syrie comme ailleurs …

Se révèle être, par sa seule ineptitude, la meilleure pièce de l’ancien kégébiste et de ses afffidés iraniens ou chinois ?

Poutine en met plein la vue à Obama
Le chaos syrien fait très bien l’affaire du président russe et la hausse du prix du pétrole fera le bonheur de Moscou comme de Téhéran.
Garry Kasparov
WSJ
29 septembre 2015

Avec l’actuel chaos au Moyen-Orient et un régime russe belliciste qui attise les flammes, le véritable duel, par discours interposés, entre les présidents Barack Obama et Vladimir Poutine à l’ONU lundi s’annonçait prometteur. Ce à quoi le monde a alors assisté était en fait écrit d’avance.

M. Obama avait depuis longtemps décidé de poursuivre sa politique de désengagement du Moyen-Orient et ses platitudes sur la coopération et la primauté du droit international ont sonné bien creux dans la salle de l’Assemblée générale de l’ONU. Du conflit en Syrie, a-t-il dit, « nous devons reconnaître qu’il ne peut y avoir,  après tant de sang versé et de carnages, un retour au statu quo d’avant la guerre. » Mais chaque auditeur savait que M. Obama n’avait aucune intention d’appuyer ses mots par la moindre action.

Prenant à son tour la parole une heure plus tard dans la même salle, M. Poutine a ressorti ses diatribes habituelles contre l’ONU ainsi que d’évidentes contre-vérités. “Nous estimons que refuser de coopérer avec les autorités syriennes, avec l’armée gouvernementale, qui affrontent courageusement le terrorisme, est une grave erreur. » Il a parlé de souveraineté nationale — toujours très importante pour M. Poutine, à moins que ce ne soit la souveraineté de la Géorgie, de l’Ukraine ou de quelque autre endroit où il souhaite intervenir.

Autrement dit, le discours de M. Obama n’avait rien de nouveau parce qu’il sait qu’il n’agira pas. Le discours de M. Poutine n’avait rien de nouveau parce qu’il sait qu’il agira de toute façon. Le contenu des discours n’avait donc aucune importance pour M. Poutine avant même qu’il ouvre la bouche. Il a fait son premier discours à l’ONU en dix ans parce que faire le grand homme sur la scène internationale est la seule chose qui lui reste pour justifier son pouvoir en Russie. Le pacte avec le diable conclu avec le peuple russe il y a une dizaine d’années était de leur offrir la prospérité en échange de leurs droits et de la démocratie. Aujourd’hui, nous n’avons ni l’un ni l’autre. La seule manoeuvre qui reste à M. Poutine est de prétendre qu’il défend la grandeur russe contre un nombre toujours plus grand d’ennemis (qu’il excelle à créer). Avec son offensive en Ukraine qui piétine, de nouveaux fronts étaient nécessaires. Et c’est en Syrie et à l’ONU qu’il les a trouvés.

De ce point de vue, l’entretien privé dont on attendait tant entre MM. Obama et Poutine représentait la plus grande récompense possible. La seule déclaration qui en est sortie est que les Etats-Unis et la Russie pourraient envisager de travailler ensemble contre l’État islamique. Non que M. Poutine se soucie de coopération, aussi longtemps que cela ne nuit pas à son objectif de préserver la dictature meurtrière de Bachar al-Assad en Syrie.

Pourtant, les images des deux dirigeants réunis sont présentées dans l’ensemble des médias russes comme un énorme triomphe pour M. Poutine. L’interprétation qui en a été faite et qui a commencé à circuler dès l’annonce de la réunion, est que non seulement le vaillant M. Poutine a confronté et condamné le pusillanime M. Obama et les méchants États-Unis mais qu’il l’a fait à New York, dans le ventre de la bête elle-même. Dès les premières photos, la réunion est devenue un grand succès pour M. Poutine et une nouvelle défaite auto-infligée pour la politique étrangère américaine – et la stabilité et  la démocratie au Moyen-Orient.

Si le retrait des troupes américaines d’Irak a été à la fois bien intentionné et populaire, et si la Maison Blanche a su présenter à son avantage les concessions octroyées à M. Assad en 2013, les résultats n’en ont pas moins été désastreux.

Un simple regard sur la carte de l’Irak et de la Syrie montre que l’essor de l’Etat islamique était une réponse logique à l’abandon américain des Sunnites de la région. Un groupe comme l’Etat islamique ne peut se développer sans le soutien des populations locales, dans ce cas précis les Sunnites qui ne voient d’autre façon de se défendre contre les forces chiites de l’Iran et de la Syrie qui les massacrent par centaines de milliers.

En géopolitique comme aux échecs, il faut jouer à partir de la position qui est la vôtre sur l’échiquier au moment où vous commencez à jouer. Reprocher à George W. Bush d’avoir lancé la guerre d’Irak en 2003 ne change rien au fait qu’en 2008 il n’y avait ni crise massive de réfugiés ni armée de l’Etat islamique en ordre de bataille. Les négociations avec les groupes sunnites de la province d’Anbar avaient sapé le soutien à Al Qaeda, une politique qui avait complètement changé la donne et autant contribué à la réduction de la violence que le renforcement des forces américaines.

Le départ des troupes américaines et le refus de M. Obama de dissuader M. Assad ont mis fin à toute possibilité de sécurité. La population n’avait d’autre choix que de lutter, fuir ou mourir, alors elle l’a fait, massivement, comme le confirment des chiffres horribles. Il est important de se souvenir que les vagues de réfugiés qui atteignent aujourd’hui l’Europe ne fuient pas l’Etat islamique. Ils fuient M. Assad — qui lui-même compte sur le soutien actif de l’Iran et maintenant de la Russie.

Aucun accord ne va changer cela. L’Iran et la Russie ont leurs propres ordres du jour dans la région et ceux-ci n’ont rien de pacifique ni pour l’un ni pour l’autre. L’Iran est le principal soutien mondial du terrorisme. La méthode Poutine pour mener la guerre contre le terrorisme en Tchétchénie était le tapis de bombes. Quand cela n’a pas réussi, il a « acheté » le seigneur de la guerre le plus brutal de la région, Ramzan Kadyrov.

La poursuite du massacre de Sunnites dans la région y attirera un afflux sans cesse accru d’aides des Saoudiens et de combattants étrangers du Pakistan, d’Afghanistan et de Russie. La situation va se métastaser, ce qui convient parfaitement à M. Poutine. La guerre et le chaos lui fournissent toujours plus d’ennemis et ainsi plus d’occasions de jouer au dur à la télévison publique russe. Le régime iranien a besoin du conflit pour des raisons semblables et ne peut donc jamais renoncer à ses “Mort à l’Amérique ». Une aggravation du conflit fera aussi monter le prix du pétrole, un avantage qui n’échappe ni à Téhéran ni à Moscou.

Ces conséquences peuvent être acceptables pour M. Obama, mais il ne peut faire semblant d’en ignorer sa part de responsabilité. Moi aussi, je voudrais vivre dans le monde de diplomatie et de droit où M. Obama pense vivre. Mais hélas ce n’est pas le cas. Le pouvoir et l’action comptent toujours et dans des endroits comme la Syrie et l’Irak, vous ne pouvez pas avoir le pouvoir sans l’action.

M. Poutine n’a rien dit de nouveau à l’ONU, parce qu’il n’en avait pas besoin. Il sait qu’il a des atouts concrets autrement plus efficaces que de simples paroles. Il a des chars en Ukraine, des avions de chasse en Syrie et Barack Obama à la Maison Blanche.

Putin Takes a Victory Lap While Obama Watches
More chaos in Syria suits the Russian president just fine. Higher oil prices will please Moscow and Tehran.
Garry Kasparov
WSJ
Sept. 29, 2015

With the Middle East in chaos and a belligerent Russian regime stoking the turmoil, the dueling speeches at the United Nations on Monday by presidents Barack Obama and Vladimir Putin might have offered new insight. What the world saw instead was entirely predictable.

Mr. Obama has already decided to continue his policy of disengagement from the Middle East, and his platitudes about cooperation and the rule of law rang hollow in the U.N.’s General Assembly hall. Of the conflict in Syria, he said, “we must recognize that there cannot be, after so much bloodshed, so much carnage, a return to the prewar status quo.” But every listener was aware that Mr. Obama had no intention of backing his words with action.

Mr. Putin, speaking about an hour later in the same room, included his usual NATO-bashing and obvious lies. “We think it is an enormous mistake,” Mr. Putin said, “to refuse to cooperate with the Syrian government and its armed forces, who are valiantly fighting terrorism face to face.” He spoke of national sovereignty—which is very important to Mr. Putin, unless it’s the sovereignty of Georgia, Ukraine or another place where he wishes to meddle.

In other words, Mr. Obama’s speech was routine because he knows he will not act. Mr. Putin’s speech was routine because he knows he will act anyway.
The content of the speeches was irrelevant to Mr. Putin before he even opened his mouth. He made his first U.N. address in 10 years because looking like a big man on the international stage is the only ploy he has left to justify his rule in Russia. His devil’s bargain with the Russian people a decade ago was to provide prosperity in exchange for their giving up their rights and democracy. Now we have none of the above. Mr. Putin’s only remaining gambit is to claim that he is defending Russian greatness while surrounded by enemies (whom that he is an expert at creating). With his offensive in Ukraine sputtering along, new fronts were needed. He has found them in Syria and at the U.N.

In this light, the much-hyped private meeting between Messrs. Obama and Putin was the biggest possible prize. The only statement to come out of the meeting was that the U.S. and Russia would consider working together against Islamic State, also known as ISIS. Not that Mr. Putin cares about cooperation, as long as his goal of preserving Bashar Assad’s murderous dictatorship in Syria isn’t interfered with.

Yet the images of the two leaders together are being splashed across the Russian media as a huge triumph for Mr. Putin. The narrative, which began circulating as soon as the meeting was announced, is that not only did the valiant Mr. Putin confront and condemn the weak Mr. Obama and the evil United States, he did so in New York City, the belly of the beast itself. As soon as the first pictures were taken, the meeting became a great success for Mr. Putin, and another self-inflicted defeat for American foreign policy—and for stability and democracy in the Middle East.

No matter how well-intentioned and popular the U.S. exit from Iraq was, or how well the White House spun its concessions to Mr. Assad in 2013, the results clearly have been disastrous. A look at a map of Iraq and Syria shows that the rise of ISIS was a logical response to American abandonment of the region’s Sunnis. A group like ISIS cannot thrive without support from locals, in this case Sunnis who see no other way to defend against the Shiite forces of Iran and Syria that are slaughtering them by the hundreds of thousands.

In world affairs, as in chess, you have to play the position that’s on the board when you sit down. Criticizing George W. Bush for starting the Iraq war in 2003 does not change the fact that in 2008 there was no mass refugee crisis or massive ISIS army on the march. Support for al Qaeda had been undercut by negotiations with Sunni groups in Anbar province, a game-changing policy that was as responsible for reduced violence as the surge of new American forces.

The American exit and Mr. Obama’s refusal to deter Mr. Assad ended any possibility of security. The people had to fight, flee or die, and they are doing all three in horrific numbers. It’s important to remember that the waves of refugees reaching Europe are not running from ISIS. They are fleeing Mr. Assad—who counts on active support from Iran and now Russia.

No deal is going to change that. Iran and Russia have their own agendas in the region, and peace is not on either of them. Iran is the world’s leading state supporter of terrorism. Mr. Putin’s method of fighting the war on terror in Chechnya was carpet bombing. When that didn’t succeed, he bought off the region’s most brutal warlord, Ramzan Kadyrov.

The continued slaughter of Sunnis in the region will draw in more support from the Saudis and more foreign fighters from Pakistan, Afghanistan and Russia. The situation will metastasize like a cancer, which suits Mr. Putin fine. War and chaos create more enemies and more opportunities for him to look like a tough guy on Russian state TV. Iran’s regime needs conflict for similar reasons, which is why it can never give up “Death to America.” A growing war will also drive up the price of oil, a benefit that isn’t lost on Tehran or Moscow.

These consequences may be acceptable to Mr. Obama, but he cannot pretend to be ignorant of his role in creating them. I, too, would like to live in the world of diplomacy and law that Mr. Obama seems to believe we inhabit. But unfortunately we do not. Power and action still matter, and in places like Syria and Iraq you cannot have power without action.

Mr. Putin didn’t say anything new at the U.N., because he didn’t need to. He knows that he has concrete assets that are more effective than mere words. He has tanks in Ukraine, jet fighters in Syria, and Barack Obama in the White House.

Mr. Kasparov, chairman of the New York-based Human Rights Foundation, is the author of “Winter Is Coming: Why Vladimir Putin and the Enemies of the Free World Must Be Stopped,” out next month from Public Affairs.

Voir aussi:

An Unteachable President
For Obama, it isn’t the man in the arena who counts. It’s the speaker on the stage.
Bret Stephens
Wall Street Journal
Sept. 28, 2015

Barack Obama told the U.N.’s General Assembly on Monday he’s concerned that “dangerous currents risk pulling us back into a darker, more disordered world.” It’s nice of the president to notice, just don’t expect him to do much about it.

Recall that it wasn’t long ago that Mr. Obama took a sunnier view of world affairs. The tide of war was receding. Al Qaeda was on a path to defeat. ISIS was “a jayvee team” in “Lakers uniforms.” Iraq was an Obama administration success story. Bashar Assad’s days were numbered. The Arab Spring was a rejoinder to, rather than an opportunity for, Islamist violence. The intervention in Libya was vindication for the “lead from behind” approach to intervention. The reset with Russia was a success, a position he maintained as late as September 2013. In Latin America, the “trend lines are good.”

“Overall,” as he told Tom Friedman in August 2014—shortly after ISIS had seized control of Mosul and as Vladimir Putin was muscling his way into eastern Ukraine—“I think there’s still cause for optimism.”

It’s a remarkable record of prediction. One hundred percent wrong. The professor president who loves to talk about teachable moments is himself unteachable. Why is that?

Some of the explanations are ordinary and almost forgivable. All politicians like to boast. The predictions seemed reasonably well-founded at the time they were made. Mr. Obama wasn’t really making predictions: He was choosing optimism, placing a bet on hope. His successes were of his own making; the failures owed to forces beyond his control. And so on.

But there’s a deeper logic to the president’s thinking, starting with ideological necessity. The president had to declare our foreign policy dilemmas solved so he could focus on his favorite task of “nation-building at home.” A strategy of retreat and accommodation, a bias against intervention, a preference for minimal responses—all this was about getting America off the hook, doing away with the distraction of other people’s tragedies.

When you’ve defined your political task as “fundamentally transforming the United States of America”—as Mr. Obama did on the eve of his election in 2008—then your hands are full. Let other people sort out their own problems.

But that isn’t all. The president also has an overarching moral theory about American power, expressed in his 2009 contention in Prague that “moral leadership is more powerful than any weapon.”

At the time, Mr. Obama was speaking about the end of the Cold War—which, he claimed, came about as a result of “peaceful protest”—and of his desire to see a world without nuclear weapons. It didn’t seem to occur to him that the possession of such weapons by the U.S. also had a hand in winning the Cold War. Nor did he seem to contemplate the idea that moral leadership can never safely be a substitute for weapons unless those leaders are willing to throw themselves at the mercy of their enemies’ capacity for shame.

In late-era South Africa and the Soviet Union, where men like F.W. de Klerk and Mikhail Gorbachev had a sense of shame, the Obama theory had a chance to work. In Iran in 2009, or in Syria today, it doesn’t.

Then again, that distinction doesn’t much matter to this president, since he seems to think that seizing the moral high ground is victory enough. Under Mr. Obama, the U.S. is on “the right side of history” when it comes to the territorial sovereignty of Ukraine, or the killing fields in Syria, or the importance of keeping Afghan girls in school.

Having declared our good intentions, why muck it up with the raw and compromising exercise of power? In Mr. Obama’s view, it isn’t the man in the arena who counts. It’s the speaker on the stage.

Finally, Mr. Obama believes history is going his way. “What? Me worry?” says the immortal Alfred E. Neuman, and that seems to be the president’s attitude toward Mr. Putin’s interventions in Syria (“doomed to fail”) and Ukraine (“not so smart”), to say nothing of his sang-froid when it comes to the rest of his foreign-policy debacles.

In this cheapened Hegelian world view, the U.S. can relax because History is on our side, and the arc of history bends toward justice. Why waste your energies to fulfill a destiny that is already inevitable? And why get in the way of your adversary’s certain doom?

It’s easy to accept this view of life if you owe your accelerated good fortune to a superficial charm and understanding of the way the world works. It’s also easier to lecture than to learn, to preach than to act. History will remember Barack Obama as the president who conducted foreign policy less as a principled exercise in the application of American power than as an extended attempt to justify the evasion of it.

From Aleppo to Donetsk to Kunduz, people are living with the consequences of that evasion.

Voir également:

Exclusif. Le cri d’alarme du juge Trévidic
« La France est l’ennemi numéro un de l’Etat islamique »
30 septembre 2015
Interview Frédéric Helbert
Pendant dix ans, il a animé le Pôle judiciaire antiterroriste. Forcé de quitter ses fonctions en pleine tempête pour devenir vice-Président du tribunal de grande instance de Lille, Marc Trévidic nous parle sans tabous.

Paris Match. Pouvez-vous estimer aujourd’hui le niveau de risque que courent les Français ?

Marc Trévidic. La menace est à un niveau maximal, jamais atteint jusqu’alors. D’abord, nous sommes devenus pour l’Etat islamique [EI] l’ennemi numéro un. La France est la cible principale d’une armée de terroristes aux moyens illimités. Ensuite, il est clair que nous sommes particulièrement vulnérables du fait de notre position géographique, de la facilité d’entrer sur notre territoire pour tous les djihadistes d’origine européenne, ­Français ou non, et du fait de la volonté clairement et sans cesse exprimée par les hommes de l’EI de nous frapper. Et puis, il faut le dire : devant l’ampleur de la menace et la diversité des formes qu’elle peut prendre, notre dispositif de lutte antiterroriste est devenu perméable, faillible, et n’a plus l’efficacité qu’il avait auparavant. Enfin, j’ai acquis la conviction que les hommes de Daech [acronyme de l’Etat islamique] ont l’ambition et les moyens de nous atteindre beaucoup plus durement en organisant des actions d’ampleur, incomparables à celles menées jusqu’ici. Je le dis en tant que technicien : les jours les plus sombres sont devant nous. La vraie guerre que l’EI entend porter sur notre sol n’a pas encore commencé.

Pourquoi un constat si alarmant ?

Nous avons en face de nous un groupe ­terroriste plus puissant que jamais. Bien plus puissant qu’Al-Qaïda à sa grande époque. L’EI, fort d’environ 30 000 “soldats” sur le terrain, a recruté plus de membres que l’organisation fondée par Ben Laden en quinze ans ! Et ce n’est pas fini. La France est, de fait, confrontée à une double menace. Celle du déferlement de ce que j’appelle les “scuds” humains du djihad individuel, ces hommes qui passent à l’action sans grande formation ni préparation, agissant seuls, avec plus ou moins de réussite, comme on a pu le voir ces derniers temps. Et celle, sans commune mesure, que je redoute : des actions d’envergure que prépare sans aucun doute l’EI, comme celles menées par Al-Qaïda, qui se sont soldées parfois par des carnages effroyables.

Disposez-vous d’éléments indiquant qu’on se dirige vers ce type d’actions d’envergure ?

Ceux que l’on arrête et qui acceptent de parler nous disent que l’EI a l’intention de nous frapper systématiquement et durement. Comprenez-moi bien, il ressort de nos enquêtes que nous sommes indubitablement l’ennemi absolu. Les hommes de Daech ont les moyens, l’argent et la faculté d’acquérir facilement autant d’armes qu’ils veulent et d’organiser des attaques de masse. Le terrorisme est une surenchère ; il faut toujours aller plus loin, frapper plus fort. Et puis, il reste “le prix ­Goncourt du terrorisme” à atteindre, et je fais là référence aux attentats du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center. Je n’imagine pas un instant qu’un homme tel qu’Abou Bakr ­al-Baghdadi et son armée vont se satisfaire longtemps d’opérations extérieures de peu d’envergure. Ils sont en train de penser à quelque chose de bien plus large, visant en tout premier lieu l’Hexagone.

« L’EI a recruté plus de membres qu’Al Qaïda en quinze ans »
Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi la France ?

Parce qu’on revient à cette idée qu’on est la cible idéale ! Traditionnellement, l’adversaire numéro un du terrorisme djihadiste a longtemps été les Etats-Unis, mais les paramètres ont changé. Les Américains sont plus difficiles à atteindre. La France, elle, est facile à toucher. Il y a la proximité géographique, il y a des relais partout en Europe, il y a la facilité opérationnelle de renvoyer de Syrie en France des volontaires aguerris, des Européens, membres de ­l’organisation, qui peuvent revenir légalement dans l’espace Schengen­ et s’y fondre avant de passer à l’action.

Il y a aussi des raisons politiques, idéologiques ?

Evidemment ! La France est devenue l’allié numéro un des Etats-Unis dans la guerre contre Daech et les filières djihadistes. Nous combattons par les armes aux côtés des Etats-Unis. Nous avons mené des raids aériens contre l’EI en Irak. Maintenant, nous intervenons en Syrie. De plus, la France a un lourd “passif” aux yeux des islamistes. Pour eux, c’est toujours une nation coloniale, revendiquant parfois ses racines chrétiennes, soutenant ouvertement Israël, vendant des armes aux pays dits “mécréants et corrompus” du Golfe ou du Moyen-Orient. Et une nation qui opprimerait délibérément son importante communauté musulmane. Ce dernier argument est un axe de propagande essentiel pour l’EI. Nos forces armées sont aussi intervenues au Mali pour arrêter les islamistes, même si ce ne sont pas les mêmes réseaux. Ajoutons enfin que, en France, nous sommes depuis des années en première ligne pour combattre le “djihad global”. Longtemps notre dispositif antiterroriste nous a permis de porter des coups sévères aux terroristes et aux ­djihadistes de toute obédience.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui ?

Non, la donne a changé. L’évidence est là : nous ne sommes plus en mesure de prévenir les attentats comme par le passé. On ne peut plus les empêcher. Il y a là quelque chose d’inéluctable. Bien sûr, on arrête des gens, on démantèle des cellules, on a de la chance aussi, comme on a pu le voir avec certaines affaires récentes, mais la chance ou le fait que les terroristes se plantent dans leur mode opérationnel, ou encore que des citoyens fassent preuve de grande bravoure, ça ne peut pas durer éternellement. Quant aux moyens affectés à la lutte antiterroriste, ils sont clairement devenus très insuffisants, et je pèse mes mots. On frise l’indigence à l’heure où la menace n’a jamais été aussi forte. Ces deux dernières années, j’ai constaté par moi-même qu’il n’y avait parfois plus d’enquêteurs pour mener les investigations dont nous avions besoin ! On fait donc le strict minimum, sans pouvoir pousser les enquêtes, sans “SAV”, au risque de passer à côté de graves menaces. Les politiques prennent des postures martiales, mais ils n’ont pas de vision à long terme. Nous, les juges, les policiers de la DGSI, les hommes de terrain, nous sommes complètement débordés. Nous risquons d’“aller dans le mur”.

Et le dispositif Sentinelle, qui mobilise des milliers d’hommes pour protéger des lieux symboliques, des sites sensibles, il n’est pas efficace ?

Ce dispositif protège certains endroits, rassure la population. Mais, en fait, il déplace la menace. Cela n’évitera jamais que des hommes déterminés passent à l’action ici ou ailleurs. Si cela leur paraît trop compliqué de s’en prendre à un objectif sous surveillance, ils en trouveront un autre. Un cinéma, un centre commercial, un rassemblement populaire… Sentinelle, Vigipirate, on ne peut pas se permettre de s’en priver, la population ne le comprendrait pas, mais fondamentalement cela ne résout rien. Cela ne freinera pas les hommes de l’EI le jour où ils décideront de passer à la vitesse supérieure et de commettre des attentats d’ampleur. D’autant que nous sommes incapables d’enrayer leur montée en puissance constante. Nul doute que le groupe soit actuellement en train de bâtir les structures, les réseaux, de former les hommes pour concevoir des plans d’attentats de masse. Ils préparent le terrain pour pouvoir frapper fort.

Que penser, alors, de la nouvelle stratégie française ? Des ­premières frappes aériennes ont visé Daech sur le sol syrien. La France invoque un “droit de légitime défense” et dit vouloir cibler les terroristes à la base…

Procéder à des frappes “extra-judiciaires” revient à se calquer sur le modèle américain. Cela fait des années que les Etats-Unis éliminent des chefs, des stratèges, des recruteurs au Yémen, en Afghanistan, en Somalie, mais sans affaiblir les groupes visés. Cela n’a jamais marché ! Je ne crois pas au bien-fondé de la stratégie française. Peut-on penser déstabiliser Daech et nuire à ses objectifs en éliminant des leaders, des “opérationnels” qui auraient été repérés ? Y a-t-il des chefs d’une telle importance qu’ils ne puissent être remplacés dans l’heure par d’autres hommes ? Rien n’est moins sûr. De toute façon, ils nous ont “dans le collimateur” et, de ce point de vue-là, ça ne changera rien ! Cela peut même avoir l’effet inverse que celui recherché en créant des “vocations”. Si, d’aventure, il y avait quelques ciblages réellement pointus, le bras de la justice n’étant pas très long, j’aurais tendance à me dire qu’une petite roquette fera l’affaire ; mais, clairement, il n’est rien dans cette stratégie qui permette de renverser le cours d’une guerre contre une armée de terroristes et de la gagner.

Est-on à l’abri d’une campagne d’attentats sur notre sol ?

Non. Si l’on prend l’exemple des frères Kouachi, les auteurs de la fusillade de “Charlie Hebdo”, ils étaient, au vu de ce que l’on sait, “en route” pour une campagne d’attentats. On y a échappé parce que, dans un accident de voiture, l’un des frères a perdu sa carte d’identité. C’est cela qui a permis de les identifier et de lancer la chasse à l’homme qui s’est soldée par la mort des deux terroristes, tués par le GIGN. Les Kouachi n’étaient pas partis pour une opération suicide ! S’ils avaient pu, ils auraient continué à frapper. Comme Nemmouche, le tueur du Musée juif de Bruxelles, comme Merah… L’an dernier, j’ai fait neutraliser un réseau de djihadistes très dangereux qui voulait créer un commando de dix “Merah” autonomes, opérant simultanément sur l’ensemble du territoire. L’idée que nous soyons un jour confrontés à une ou plusieurs campagnes d’attentats majeurs ne peut être écartée. Ceux qui nous attaquent veulent nous faire le plus de mal possible. Et le faire dans la durée. Ils s’y préparent. Les Français vont devoir ­s’habituer non à la menace des attentats, mais à la réalité des attentats, qui vont à mes yeux immanquablement survenir. Il ne faut pas se voiler la face. Nous sommes désormais dans l’œil du cyclone. Le pire est devant nous.

Voir enfin:

Pour l’un des plus grands stratèges au monde, l’Europe chrétienne est en train de se suicider
Europe-Israël

sept 19, 2015

Quand un économiste et historien prolifique et reconnu comme Edward Luttwak s’exprime à propos de l’arrivée massive de migrants moyen-orientaux en Europe, les spécialistes de stratégie et de sciences politiques tendent l’oreille. Ce géopoliticien très influent, n’y va pas par quatre chemins. Le Pape, le président turc, l’Italie et l’Europe en général en prennent pour leur grade.

L’analyse que Luttwak a livrée au journal italien « il Giornale » est sans appel: “L’Europe risque l’islamisation. Ce sera l’Europe chrétienne qui devra s’adapter aux Musulmans et non le contraire”. Luttwak s’en prend surtout au pape François qui a fait un pèlerinage à Lampedusa: “il ne se rend pas compte qu’il collabore au suicide de l’Europe chrétienne … Et ce Pape croit qu’on doit accueillir tous les migrants.

Edward Luttwak
Pour le politologue, l’Italie n’est pas en reste, elle devrait bombarder les navires vides des passeurs (…) et sans attendre l’autorisation de l’Onu. Elle en a la force mais pas la volonté”. Edward Luttwak accuse aussi le président turc Erdogan d’œuvrer à l’islamisation progressive de l’Europe, car il tolère ou encourage l’invasion, essentiellement musulmane, à travers les Balkans.

Luttwak rappelle en conclusion la fin de la civilisation romaine : “Les barbares arrivèrent du Nord, maintenant ils viennent du Sud …Dans l’Europe actuelle  je ne vois aucune volonté de survie. Les murs ne suffiront pas. Il faut des interventions directes et la première à le faire, devrait être l’Italie”.

Source (Traduction Coolamnews)

Russie : la Bérézina économique
La prospérité économique ne semble pas être l’objectif majeur du Kremlin, ce qui devrait inquiéter.
Jacques Garello

Contrepoints

30 septembre 2015

Tous les indicateurs conjoncturels sont au rouge. Une communication de la Banque Centrale de Russie ne cache pas les difficultés actuelles, mais prévoit une amélioration pour la deuxième partie de l’année 2016. Cet optimisme est de pure façade, car tout le monde sait bien que ce sont les structures qui sont inadaptées. L’économie russe n’a jamais bénéficié de l’élan de sa libération. Mais la prospérité économique n’est pas l’objectif majeur du Kremlin.

Voilà de quoi s’inquiéter peut-être.

La Bérézina

Pour se faire une idée, même atténuée, de la conjoncture en Russie, il suffit de se référer au rapport de la Banque Centrale de Russie publié la semaine dernière. Certes le taux de croissance semble enviable (comparé à celui du reste de l’Europe) : il pourrait même passer de 3,9 % actuellement à 4,4 % l’an prochain : ce sont les données et les prévisions de la Banque, qu’il faut évidemment traiter avec prudence. Mais d’autres chiffres ne peuvent être masqués : une inflation à 15,8 %, une dévaluation de 45 % du rouble par rapport au dollar en moins de six mois, l’effondrement du cours mondial du baril de pétrole, principale recette à l’exportation, et le poids du blocus européen, qui prive les Russes de plusieurs produits de première nécessité, notamment pour l’alimentation. Évidemment, ce sont ces derniers éléments que la Banque met en avant, pour suggérer que le malaise est accidentel, et ne doit rien à la politique économique menée par le Kremlin. D’ailleurs, en conclusion, la Banque se refuse à réviser son taux d’intérêt : la politique monétaire « expansionniste » ne changera pas.

Une économie politisée et désarticulée

En fait, les espoirs nourris pendant l’ère Eltsine n’ont jamais eu de suite. Certaines causes remontent à loin. Lorsque l’ossature des grands kombinats (groupes industriels géants) a été démantelée, la propriété des nouvelles entreprises a été confisquée par des directeurs et des équipes qui les ont rachetées à vil prix. Ainsi les nouveaux millionnaires et la mafia ont-ils colonisé l’industrie. Ils sont toujours en place, dans la mesure où ils n’ont pas contrarié le pouvoir en place, qui n’a cessé de se renforcer avec l’ère Poutine. L’exemple le plus significatif est celui de Gazprom. Monopole du gaz naturel et du pétrole russes, l’une des cinq plus fortes capitalisations boursières du monde, cette entreprise est en fait sous contrôle de l’État russe, qui détient la majorité des actions. Gazprom a deux mérites aux yeux du Kremlin : elle alimente 20 % du budget de l’État et elle exerce un chantage sur les pays européens clients.

Parallèlement, le reste de l’économie n’a pas eu le développement attendu, si l’on excepte l’implantation d’usines européennes en quête de main d’œuvre russe à bon marché. En particulier, l’agriculture est toujours désorganisée, ce qui place la population russe sous dépendance des importations alimentaires. La structure du commerce russe est donc exactement celle d’un pays sous-développé : exportation de ressources naturelles et importation de produits manufacturés.

L’arroseur arrosé

Après avoir cru mettre les Européens, voire les Américains, à sa merci, le Kremlin subit actuellement des revers. D’une part le marché mondial des produits pétroliers et des matières premières s’est inversé. Le chantage aux oléoducs et aux prix a moins de prise, et les recettes ont diminué en quelques mois – à ce jour on estime la perte à quelque 10 milliards de dollars.

D’autre part le chantage sur l’Ukraine a mal tourné, et les Européens ont mis en place un embargo qui renchérit les importations vitales pour la population russe. Les prix de détail ont bondi, et la Banque Centrale n’a pas l’intention de lutter contre l’inflation. Enfin, la Commission Européenne a réagi contre le dumping (sic) des prix du gaz pratiqué par Gazprom, qui vend à l’étranger entre quatre et six fois plus cher qu’aux nationaux. La politique économique, naguère agressive, tourne à l’avantage de l’étranger.

Politique d’abord

Les mécomptes économiques de son pays perturbent-ils Vladimir Poutine ? Il ne semble pas. Il dispose d’un filet de sécurité avec sa place dans le marché mondial de l’énergie, même si elle n’est plus dominante comme naguère. Les réserves de l’Arctique sont une promesse de recettes futures, dont les Russes revendiquent la propriété. Les placements dans plusieurs branches de l’économie mondiale (assurances, finances, sport) demeurent rentables.

Mais, par-dessus tout, c’est l’impérialisme qui guide la politique du Kremlin. La reconquête de la grande Russie a été bien avancée jusqu’à présent en dépit de la résistance de l’Ukraine et de la Géorgie. La présence de troupes russes au Moyen Orient et le soutien à Damas rendent difficile toute solution pacifique dans la région. La solidarité avec les pays du BRIC, en particulier le Brésil et la Chine est un axe diplomatique confirmé et efficace dans les négociations mondiales.

Ces relations internationales s’organisent au nom de la souveraineté de la Grande Russie, ce qui vaut à Poutine toute sa popularité. Le pouvoir intérieur du Kremlin vient d’être confirmé par les élections régionales : plus de 90 % des votants pour l’Union Russe, et aucun siège pour la maigre opposition, sinon celle du Parti Communiste ; les libéraux ont disparu de la vie politique russe. La liberté aussi. Ne pas oublier que la Bérézina a été une victoire du tsar.

Voir par ailleurs:

40 ans d’attentats par des musulmans sur le sol français

Dreuz

29 septembre 2015

Dans un article sur les crimes de l’islam depuis les origines, je pensais que la liste vous ferait tourner la tête.

Voici la liste des crimes de l’islam – sur le sol français cette fois.

Vous allez vous demander quelle mouche les a piqué, ceux qui parlent d’une religion de paix et d’amour. Ils doivent confondre avec les boudhistes.

9 janvier 1973: bombe à l’Agence juive à Paris.

5 septembre 1973: prise d’otages à l’ambassade d’Arabie saoudite par un commando palestinien.

15 septembre 1974: Attentat à la grenade au drugstore Saint-Germain-des-Prés à Paris, 2 morts et 34 blessés.

13 janvier 1975: A l’aéroport d’Orly, des Palestiniens du FPLP (dont un des membres sera décoré de la médaille des droits de l’homme par Christiane Taubira) avec Carlos à leur tête, tirent au lance-roquettes et manquent un Boeing 707 de El Al, atteignent un DC-9 yougoslave. Trois blessés. L’attentat est revendiqué à Beyrouth par l’organisation palestinienne « Septembre noir ».

19 janvier 1975: Carlos réattaque l’aéroport d’Orly et obtient un avion pour s’enfuir à Bagdad. Il y aura 21 blessés.

10 mars 1975: Attentat de la gare de l’Est à Paris, 1 mort et 7 blessés.

20 mai 1975: des Palestiniens tirent contre le comptoir d’El Al d’Orly, et tuent une personne.

22 février 1976: attentat à l’Office de tourisme algérien (revendiqué par le Front de libération unifié de la nouvelle Algérie).

2 novembre 1976: tentative d’assassinat contre Homayoun Keykavoussi, attaché culturel de l’ambassade iranienne (revendiqué par les Brigades internationales Reza Rezayi, groupe maoïste issu de la Gauche prolétarienne.)

7 juillet 1977: tentative d’assassinat contre l’ambassadeur de Mauritanie (revendiqué par les Brigades internationales Mustapha El Wali Sayed).

20 mai 1978: A l’aéroport d’Orly, un commando de trois hommes ouvre le feu dans la salle d’embarquement d’El Al, faisant 4 morts et 5 blessés. L’attentat est revendiqué par une organisation libanaise inconnue, « les Fils du Liban ».

31 juillet 1978: Prise d’otages à l’ambassade d’Irak à Paris exécuté par un militant de l’Organisation de libération de la Palestine et commandité par Yasser Arafat, son président (qui recevra des obsèques nationales en France). 1 policier trouve la mort.

3 août 1978: Assassinat à Paris du représentant de l’OLP Izz al-Din al-Kalak et un de ses assistants, par l’organisation Abu Nidal.

2 décembre 1978: Attentat du BHV. Huit blessés dont un grave, revendiqué par

31 août 1978: attentat au domicile d’Yves Mourousi, revendiqué par la section franco-arabe du front du Refus (10 blessés).

27 mars 1979: Une explosion fait 33 blessés dans un foyer israélite, rue Médicis, à Paris VIe, au lendemain de la signature du traité de paix israélo-égyptien, revendiqué par une organisation antisioniste, le Collectif autonome d’intervention contre la présence sioniste en France et la paix israëlo-égyptienne.

17 janvier 1980: Assassinat du directeur de la librairie palestinienne à Paris, Yusef Mubarak, par l’organisation Abu Nidal.

18 Juillet 1980: L’ancien Premier ministre iranien Chapour Bakthiar échappe à une tentative d’assassinat menée par un commando iranien. 2 personnes sont tuées et 6 sont blessées durant l’attaque.

3 octobre 1980: Une bombe dissimulée dans la sacoche d’une moto explose devant la synagogue de la rue Copernic, à Paris XVIe. 4 morts et une vingtaine de blessés. Trente-quatre ans après, en novembre 2014, un suspect libano-canadien, Hassan Diab, est extradé du Canada et écroué en France. Considéré comme proche du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), il est accusé d’avoir confectionné et posé la bombe.

29 août 1981: attentat par un groupe terroriste palestinien à l’hôtel Intercontinental à Paris. 15 blessés.

18 janvier 1982: assassinat de Charles Robert Ray, attaché militaire américain, à Paris. Revendiqué par les FARL, fractions armées révolutionnaires libanaises.

3 avril 1982: Le diplomate israélien Yacov Barsimantov est assassiné à Boulogne-Billancourt. Le Libanais Georges Ibrahim Abdallah, chef des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), condamné à perpétuité à Paris en 1987, notamment pour complicité de ce crime, est détenu depuis octobre 1984.

22 avril 1982: une voiture piégée explose au siège du magazine Al Watan Al Arabi rue Marbeuf à Paris. Un mort, 63 blessés (attentat revendiqué par Carlos et semblant être commandité par la Syrie)

9 août 1982: Un commando de 5 arabes appartenant au Fatah et au Conseil révolutionnaire d’Abou Nidal – un groupe palestinien dissident de l’OLP, ouvre le feu rue des Rosiers, à Paris, et jette des grenades à l’intérieur du restaurant juif Goldenberg, faisant 6 morts et 22 blessés.

17 septembre 1982: Le diplomate israélien Amos Manel est gravement blessé à Paris par l’explosion de sa voiture piégée, rue Cardinet. Une cinquantaine de personnes sont blessées, en majorité des élèves du lycée Carnot. L’attentat est revendiqué par les FARL libanaises.

30 septembre 1983: Une bombe explose au Palais des congrès de Marseille, près des pavillons américain, soviétique et algérien lors d’une foire internationale. 1 mort, 26 blessés. Revendiqué par les FARL.

7 février 1984: Assassinat de Gholam Ali Oveisi, ex gouverneur militaire de Téhéran, et de son frère, en exil à Paris. L’attentat est revendiqué par le Jihad islamique.

8 février 1984: Assassinat de l’ambassadeur des Etats arabes unis en France, Khalifa Abdel Aziz al-Mubarak dans une rue de Paris, attribué à l’organisation Abu Nidal.

23 février 1985: Explosion d’une bombe au magasin Marks & Spencer du boulevard Haussmann, revendiquée par l’Organisation Arabe du 15-Mai faisant partie du Hezbollah, fait un mort et 14 blessés.

29 mars 1985: A Paris, une explosion fait 18 blessés au cinéma « Le Rivoli Beaubourg », lors du 4e festival international du cinéma juif. L’attentat est attribué au Hezbollah.

7 décembre 1985: Double attentat au Printemps Haussmann et aux Galeries Lafayette, 43 blessés. Revendiqués par le CSPPA, Comité de Solidarité avec les prisonniers politiques arabes et du Proche-Orient, organisation marxiste liée au Hezbollah et au Djihad islamique animé par des Musulmans chiites inspirés et financés par Téhéran.

3 février 1986: Une explosion au rez-de-chaussée de la galerie du Claridge, avenue des Champs-Elysées, également attribuée au Hezbollah, fait un mort et huit blessés.

3 février 1986: Le même jour, un engin explosif est désamorcé au troisième étage de la Tour Eiffel.

4 février 1986: Une explosion suivie d’un incendie au sous-sol de la librairie Gibert-Jeune, place Saint-Michel, fait cinq blessés. L’acte s’inscrit également dans la liste des attentats commis par le Hezbollah.

5 février 1986: Explosion à la FNAC-Sports au Forum des Halles. 22 blessés, dont un très grave. Revendiqué par le CSPPA à Paris.

17 mars 1986: Explosion dans le TGV Paris-Lyon à la hauteur de Brunoy. Neuf blessés légers. Revendiqué par le CSPPA à Paris.

20 mars 1986: Attentat Galerie «Point Show», avenue des Champs-Elysées. Deux morts et 29 blessés, dont neuf graves. Revendiqué par le CSPPA à Beyrouth.

8 septembre 1986: Attentat au bureau de poste de l’Hôtel de Ville de Paris. Un mort et 21 blessés. Revendiqué par le CSPPA à Beyrouth et à Paris et le PDL affilié au Hezbollah à Beyrouth.

12 septembre 1986: Explosion à la cafétéria de l’hypermarché Casino du centre commercial des «Quatre-Temps» à la Défense. 54 blessés. Revendiquée par le CSPPA à Paris et le PDL à Beyrouth.

14 septembre 1986: Attentat au sous-sol du «Pub-Renault» sur les Champs-Elysées. Deux policiers morts, un blessé grave. Revendiqué par le CSPPA et le PDL à Beyrouth.

15 septembre 1986: Attentat dans la salle de délivrance des permis de conduire de la préfecture de police de Paris. Un mort, 56 blessés. L’attentat est revendiqué par le Hezbollah (CSPPA et PDL à Beyrouth).

16 septembre 1986: Une bombe explose dans un restaurant au nord de Paris.

17 septembre 1986: A Paris, attentat rue de Rennes, dans le magasin Tati, sept personnes trouvent la mort et 55 autres sont blessées lors de l’explosion revendiquée par le CSPPA, Comité de Solidarité avec les prisonniers politiques arabes et du Proche-Orient.

7 avril 1987 : Assassinat d’Ali André Mécili, avocat et politique algérien, à Paris. Le principal suspect, Mohamed Ziane Hasseni, bénéficie d’un non lieu dans des conditions floues qui ressemblent à une collusion entre l’Etat français et algérien.

24 décembre 1994 – 26 décembre 1994: détournement du vol AF 8969 par le GIA, Groupe islamique armé. Après deux jours de prise d’otage du vol Alger-Paris par des membres du GIA algérien, l’assaut du GIGN à l’aéroport de Marignane fait 3 morts (plus les 4 preneurs d’otages).

11 juillet 1995: assassinat de l’imam Abdelbaki Sahraoui, cofondateur du Front islamique du salut (organisation concurrente du GIA), et son secrétaire, abattus dans la mosquée de la rue Myrha à Paris par deux musulmans armés d’un fusil à pompe et d’un pistolet.

15 juillet 1995: Fusillade à Bron entre les policiers et Khaled Kelkal, du GIA qui tente de forcer un barrage de police. Kelkal sera abattu le 29 septembre 1995.

25 juillet 1995: Gare Saint-Michel une bombe explose dans un train du RER B. Revendiqué par le Groupe islamique armé algérien. L’attentat a coûté la vie à 8 personnes et a fait 117 blessés.

17 août 1995: Une bonbonne de gaz avec des clous, signature du GIA, explose à Paris près de la place Charles-de-Gaulle. 16 blessés.

26 août 1995: une bombe est découverte sur la ligne TGV Sud-Est près de Lyon avant d’exploser au passage du TGV. Les empreintes de Khaled Kelkal et de Boualem Bensaïd sont retrouvées sur la bombe.

3 septembre 1995: une cocotte-minute remplie de clous et d’écrous explose sur le marché du boulevard Richard-Lenoir dans le 11e. Quatre blessés légers. C’est toujours la signature du GIA.

7 septembre 1995: L’explosion d’une voiture piégée devant l’Ecole juive de Lyon à Villeurbanne (Rhône) fait 14 blessés. Elle est attribuée aux extrémistes islamistes dirigés par Khaled Kelkal, directement lié à l’attaque.

27-29 septembre 1995: Fusillade dans les monts du Lyonnais. Karim Koussa, Abdelkader Bouhadjar et Abdelkader Mameri sont interpelés. Khaled Kelkal est abattu.

6 octobre 1995: Le jour de l’enterrement de Khaled Kelkal, une bombe du GIA (bouteille de gaz avec des clous et boulons) explose près de la station de métro Maison-Blanche. 12 blessés légers. On retrouve sur la bombe les empreintes de Boualem Bensaïd.

7 octobre 1995: Le leader du GIA, Djamel Zitouni annonce qu’il lance le « jihad », des « frappes militaires au cœur même de la France » pour la punir de son soutien au régime d’Alger. Il exige que le président Jacques Chirac se convertisse à l’islam.

17 octobre 1995: Attentat du RER C, une rame est perforée par l’explosion d’une bombe à la station Musée d’Orsay. Smaïn Aït Ali Belkacem, du GIA, est responsable de l’attentat.

(En 2010, Amedy Coulibaly (auteur de l’attentat de la supérette casher en 2015), Djamel Beghal (maître à penser des frères Kouachi qui ont commis l’attentat contre Charlie Hebdo) et une quinzaine de musulmans projettent de faire évader Smaïn Aït Ali Belkacem. Ils sont arrêtés, font un peu de prison, et sont relâchés)

27 mai 1996: Reza Mazlouman, ancien vice-ministre iranien de l’éducation à l’époque du Chah d’Iran est assassiné à Créteil.

3 décembre 1996: Paris, attentat du RER B à Port-Royal. Une bonbonne de gaz remplie d’explosif éclate dans une rame de train. Une lettre du groupe islamique armé (GIA) envoyée à Jacques Chirac signe implicitement la revendication qui fera 4 morts et 91 blessés.

3 décembre 1996: attentat contre le journal Tribune juive. L’attentat est revendiqué dans une lettre anonyme, qui explique que les terroristes «font partie de la grande nation arabe comme certains font partie de la grande nation juive». Le texte poursuit: «A ce titre nous nous sentons solidaire du sort qui est fait à nos frères palestiniens, en particulier à Hébron ».

31 décembre 2001: Une classe de l’école Ozar-Hatorah de Créteil est détruite par un incendie criminel.

1er avril 2002: La synagogue Or Aviv, à Marseille, est détruite par un incendie criminel et terroriste, alors qu’une vague d’attentats aux cocktails Molotov vise des synagogues.

10 avril 2002: Un autocar scolaire est la cible de jets de pierre, rue Piat, à Paris. Une élève est légèrement blessée.

22 mars 2003: En marge du défilé contre la guerre en Irak, deux membres du mouvement juif Hachomer Hatzaïr sont agressés près de leurs locaux.

8 juillet 2003: Des élèves de l’école Jeunesse Beth Loubavitch à Paris sont attaqués à coups de barres de fer.

17 octobre 2003: Le rabbin Michel Serfaty, reconnu par ses vêtements, est frappé au visage à Ris-Orangis (Essonne). Son agresseur, Abdelrahim criait « Palestine, Palestine, on vous casse la gueule, Youd! » pendant l’agression.

17 octobre 2003: L’agression du rabbin Michel Serfaty à Ris-Orangis (Essonne) provoque un intense émoi. L’agresseur est condamné en décembre 2004 à 6 mois de prison dont 2 mois avec sursis.

15 novembre 2003: Un établissement scolaire juif fréquentée par 200 élèves est dévasté par un incendie criminel à Gagny (Seine-Saint-Denis). Le président Jacques Chirac préside le lendemain une réunion interministérielle sur l’antisémitisme qu’il déclare « intolérable » – et offrira des obsèques nationales au terroriste et tueur de juifs Yasser Arafat.

20 novembre 2003: Dans le garage du 5 rue Louis Blanc, à Paris Xe, Adel Amastaibou prend un long couteau et poignarde Sébastien Salem de plusieurs coups de couteau à la poitrine, jusqu’à la mort. Puis il rejoint l’appartement de sa mère et déclare : « J’ai tué un Juif. J’irai au paradis. Allah m’a guidé ! »

8 octobre 2004: attentat contre l’ambassade d’Indonésie à Paris, revendiqué par le Front islamique français armé. 10 blessés.

25 mai 2005: deux jeunes musulmans lancent trois bouteilles d’acide chlorhydrique sur une école juive du XVIIIe, à Paris.

20 janvier 2006: Un jeune juif, Ilan Halimi, 23 ans, est enlevé par le gang des barbares, un gang musulman dirigé par Youssouf Fofana, qui espère faire payer les juifs. Il est torturé pendant trois semaines dans une cité HLM de Bagneux et retrouvé agonisant au bord d’une voie ferrée le 13 février 2006, et meurt lors de son transfert à l’hôpital.

19 avril 2007: le rabbin de la communauté du Nord-Pas-de-Calais, Elie Dahan, reconnaissable par ses vêtements, est violemment frappé par un jeune musulman, gare du Nord à Paris.

6 décembre 2007: À 12h50, l’explosion d’un colis piégé au un cabinet d’avocats du 52 boulevard de Malesherbes à Paris où est domiciliée la Fondation pour la mémoire de la Shoah fait 1 mort et 5 blessés. Le coursier, une jeune femme « brune, d’un mètre cinquante-cinq, la vingtaine et portant un casque », et de type « nord-africain » est activement recherchée.

16 décembre 2008: Le Front révolutionnaire afghan informe les autorités après avoir déposé des bâtons de dynamite (sans détonateurs) au Printemps à Paris.

20 décembre 2008: Arrestation à Paris de Rany Arnaud, 29 ans, un islamiste isolé soupçonné d’avoir voulu faire sauter le bâtiment de la DCRI.

5 janvier 2009: Une voiture bélier est lancée contre la grille d’une synagogue à Toulouse, qui est incendiée.

8 septembre 2009: Des engins explosifs sont lancés depuis l’extérieur et explosent dans une école juive du Xe arrondissement de Marseille dans le but de la faire brûler avec tous les élèves. «Un riverain aurait aperçu quelqu’un de jeune» au moment du drame.

11 et 15 mars 2012: Mohamed Merah assassine trois militaires à Toulouse et Montauban.

19 mars 2012: Trois enfants et l’un de leurs parents sont sauvagement assassinés dans une école juive de Toulouse par Mohamed Merah, un musulman français.

25 mai 2013: La Défense. Un islamiste arrive par derrière et poignarde Cédric Cordier, un militaire français au cou, dans l’intention de le décapiter. L’agresseur portait une barbe et une djellaba de couleur claire.

20 décembre 2014: Joué-lès-Tours. Un homme armé d’un couteau hurle « Allahu Akbar » en entrant dans un commissariat, et se jette sur un officier de police pour le tuer. 3 policiers sont blessés, dont deux gravement. Le musulman est tué.

21 décembre 2014: Dijon. Un homme hurlant « Allahu Akbar » écrase 13 piétons avec sa voiture.

22 décembre 2014: Nantes. Un homme que les témoins entendent crier « Allahu Akbar » écrase des piétons avec sa voiture sur un marché de Noël. 1 mort et 9 blessés dont 3 graves.

7 janvier 2015: Les frères Kouachi commettent un attentat contre le siège de Charlie Hebdo qui fait 12 morts et 11 blessés.

8 janvier 2015 : Amedy Coulibaly abat une jeune policière de 25 ans, Clarissa Jean-Philippe, à Montrouge (Hauts-de-Seine), et blesse un policier.

9 janvier 2015: Yoav Hattab, Yohan Cohen, Philippe Braham et Michel Saada, des clients de la supérette casher HyperCasher de Vincennes sont tués, et cinq autres sont pris en otages par Amedy Coulibaly, membre de l’Etat islamique.

9 janvier 2015 : prise d’otages à Dammartin-en-Goële par les frères Kouachi. Les 2 terroristes sont abattus. Un membre du GIGN est blessé, l’otage est sain et sauf.

3 février 2015: 3 militaires qui protègent un centre communautaire de Nice, sont attaqués par Moussa Coulibaly (sans relation avec Amédy Coulibaly).

19 avril 2015: Un djihadiste algérien tue une jeune femme accidentellement en voulant voler sa voiture, se tire une balle dans la jambe, ce qui l’obligera à renoncer à son attentat terroriste contre deux églises de Villejuif pendant la messe du dimanche.

26 juin 2015: Attentat terroriste dans l’Isère à Saint-Quentin-Fallavier contre une usine de gaz de la société Air Products dans l’intention de la faire exploser. Un cadavre sera retrouvé, décapité, avec des inscriptions en arabe et un drapeau de l’Etat islamique.

21 août 2015: Attentat du Thalys. Un islamiste qui venait de déclencher un attentat terroriste est terrassé par des héros américains. Les employés à la sécurité du train s’étaient enfuis. Quatre blessés, y compris le terroriste.

Eric Denécé évalue à 102 le nombre de victimes françaises du terrorisme islamiste entre 2001 et 2015.

J’ai compté 91 attentats terroristes commis par des musulmans. Imaginez le tableau, si l’islam n’était pas une religion de paix et d’amour !

Voir enfin:

Etats-unis. Obama peut faire tourner le monde plus rond
Die Welt – Berlin
14/11/2008

Garry Kasparov, célèbre joueur d’échec et opposant au régime moscovite, voudrait bien que le nouveau président américain dénonce le système autoritaire, mais qu’il ne confonde pas le peuple russe avec ses dirigeants.

Il ne fait aucun doute que l’élection de Barack Obama va exercer une influence sur la position de bien des habitants de ce monde vis-à-vis de la seule puissance mondiale. Obama est l’incarnation d’un nouveau genre de dirigeant, il ne ressemble à aucun de ses prédécesseurs. Ici, en Russie, l’homme suscite chez tous un intérêt brûlant. Sa victoire annonce la fin d’une image des Etats-Unis qui remonte à l’époque soviétique et que l’on évoquait quand on était interrogé sur l’oppression dont on était l’objet : “Oui, mais aux Etats-Unis, on lynche encore des Nègres !” C’était devenu un lieu commun de dire qu’évidemment aux États-Unis les riches exploitaient les Noirs et les Latinos. Il en va de la victoire d’Obama comme de la Terre : soudain, tout le monde peut constater qu’elle est incontestablement ronde. Malheureusement, beaucoup dans notre pays préfèrent parler du racisme aux Etats-Unis plutôt que de prendre conscience du racisme et de la xénophobie qui règnent en Russie.

Pourtant, la seule chose qui va véritablement compter, c’est de savoir si Obama se comportera différemment. Il aura peu de temps, sa “fenêtre d’opportunité” ne restera pas longtemps ouverte. Car nous sommes environnés de toutes parts par des crises si graves que le nouveau président américain ne pourra bénéficier d’un long état de grâce. Obama est en grande partie devenu président simplement parce qu’il n’est pas George W. Bush. Ce dernier est devenu – pas toujours à tort, mais souvent injustement – le symbole de tous les problèmes que le monde entier pensait avoir avec les Etats-Unis et les Américains. En incarnant toutes sortes de stéréotypes et de préjugés, le président Bush est devenu le point de mire de la détestation du monde entier. Riche, primaire, indifférent au reste du monde, profondément religieux et impétueux. Barack Obama contredit tous ses stéréotypes. Et nous ne tarderons pas à déverser la misère du monde devant sa porte, attendant désormais plus de lui que sa force de persuasion et ses beaux discours.

Un bon début consisterait à faire clairement comprendre qu’il ne considère pas les Russes comme les ennemis des États-Unis. Comme bien souvent dans les régimes autoritaires, Vladimir Poutine ne représente pas la majorité du peuple. La propagande du Kremlin s’efforce par tous les moyens de présenter les États-Unis comme une nation rivale. Le nouveau président américain pourrait d’un seul geste bousculer cet ordre des choses en s’élevant contre les dictatures en Russie et dans le reste du monde avec un peu plus de force que dans son discours postélectoral.


Crise des réfugiés: Attention, une distorsion peut en cacher une autre (Politicians and media’s irresponsible coverage of current refugee invasion of Europe sparks online backlash of fake, twisted, edited or taken out of context refugee images)

27 septembre, 2015

Vlora

Vlora2

Albanians2
https://i2.wp.com/www.letemps.ch/r/Le_Temps/Quotidien/2015/09/02/Eclairages/Images/2015_enfants.jpg
https://i1.wp.com/www.franceinfo.fr/sites/default/files/styles/mea_635x357/public/asset/images/2015/09/sans-tuyrtuitre-2.jpgDans les années 1980, les réformes de Mikhaïl Gorbatchev amènent de grands changement au sein du bloc de l’Est. À partir de 1989, les régimes communistes européens tombent tous les uns après les autres. De nombreux troubles politiques apparaissent en Albanie et plusieurs millions d’albanais fuient le pays. Le 7 août 1991, le Vlora décharge du sucre en provenance de Cuba à Durrës. Pendant le déchargement, plus de 20 000 migrants montent illégalement à bord et forcent le commandant, Halim Milaqi, à les amener en Italie. Celui-ci obtempère et demande l’autorisation d’accoster à Brindisi. Les autorités italiennes refusent et lui demandent de se rendre à Bari afin que des locaux soient aménagés pour les immigrants; mais le manque d’organisation lié à l’absence de plusieurs personnes nécessaires pour obtenir les autorisations (la majorité sont en vacances ce jour-là) fait que le navire arrive à Bari avant que les centres d’accueil pour les migrants ne soient prêts. Pour rentrer dans le port, le commandant mentionne des blessés graves à bord et invoque une impossibilité de reculer en raison de la lourde charge. De nombreux migrants se jettent à l’eau afin d’essayer de rejoindre la rive à la nage. Le navire est amarré au quai Molo Carboni, le plus éloigné de la ville, le 8 août 1991. Il s’agit encore aujourd’hui du plus grand débarquement illégal en Italie. Wikipedia
Face à l’hostilité de certains sur l’accueil des migrants, les Européens feraient bien de se souvenir du passé. Voilà en substance le message qui accompagne une photo relayée à des centaines de reprises depuis quelques jours. Il s’agit d’un détournement. L’image est impressionnante : le bateau déborde littéralement de passagers; des grappes de personnes le recouvre presqu’entièrement. « Voilà des migrants européens vers le Maroc ou la Tunisie pendant la Première Guerre mondiale », précise le message qui accompagne l’image sur les réseaux sociaux. Le souci, c’est que cette photo ne remonte pas du tout au conflit de 1914-1918. Elle montre en fait l’arrivée du cargo Vlora dans le port italien de Bari le 8 août 1991. A son bord, plusieurs milliers de migrants albanais, venus tenter leur chance en Europe un an après la chute du régime communiste. Comme le raconte ce rapport du Conseil de l’Europe, Rome décide alors de regrouper ces candidats à l’asile dans un stade de la ville. De la nourriture et des vêtements sont distribués. Mais « les autorités ont considéré qu’ils étaient venus chercher une amélioration de leur situation économique et ne pouvaient donc pas être assimilés à des réfugiés politiques ». La très grande majorité des migrants albanais a donc été renvoyée en Albanie. Franceinfo
Qui arrêtera cette folie ? La prodigue Union européenne (UE) met le destin des peuples à l’encan en applaudissant, derrière l’Allemagne exaltée, à l’invasion des clandestins qui forcent les portes de Schengen. Des libérateurs ne seraient pas mieux acclamés. Or ils sont des millions, dans les pays arabo-musulmans, à vouloir gagner l’UE enivrée de ses vertus. Cette semaine, la petite île grecque de Lesbos était submergée par 20 000 «  migrants ». Les barrières volent en éclats, depuis qu’Angela Merkel a promis de recevoir 800 000 demandeurs d’asile cette année. François Hollande s’est engagé pour 24 000 personnes en deux ans. Peu importe les chiffres : les feux sont passés au vert, sans discernement ni recul. Les commissaires de Bruxelles, qui ont toujours appelé de leurs vœux une immigratAAæion massive, sans se soucier de son intégration culturelle, sont complices du bouleversement identitaire enclenché. La propagande émotionnelle s’est emballée, après la diffusion de la photo d’un corps d’enfant échoué sur une plage turque. Depuis, les « humanistes » de tréteaux, artistes ou politiques, moralisent sur la « fraternité humaine » en exposant publiquement leur grande bonté. Ils accusent évidemment l’Occident d’être coupable des désastres qui frappent l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie, la Libye, etc. Persuadés d’avoir raison, ils exigent des excuses de ceux qui ont soutenu, depuis le 11 septembre 2001, les résistances aux offensives du nazislamisme. Ils crachent par habitude sur les États-Unis et leurs alliés, mais ignorent le totalitarisme coranique, responsable du chaos. Combien de soldats de Daech, infiltrés parmi ces exilés ? L’État islamique avait promis, début 2015, d’utiliser la bombe migratoire pour déstabiliser l’Europe. Mais cela fait longtemps que l’aveuglement narcissique berce les beaux parleurs. Il suffit d’observer la jubilation des idéologues de l’égalitarisme, de l’indifférenciation et de l’homme remplaçable pour les tenir comme inspirateurs de la béatitude des dirigeants et les médias du camp du Bien. Ivan Rioufol
Les « humanistes » sont des dangers publics, quand ils ne voient pas plus loin que leurs psychés. Lorsqu’ils se mêlent de diriger des pays, voire l’Union européenne elle-même, ils montrent leur inconsistance en se révélant incapables de prévoir les conséquences de leurs élans compassionnels. L’ahurissante légèreté Angela Merkel, qui a ouvert ses frontières aux « migrants » sous les hourras des belles âmes, restera probablement comme l’aboutissement de la régression politique réduite aux pulsions émotives. La décision de la chancelière, ce week-end, de rétablir le contrôle aux frontières de son pays soudainement envahi signe sans doute la fin des utopies sur l’accueil pour tous, dont elle était devenue l’étendard. Elle justifie sa volte-face par le fait que Schengen a démontré qu’il ne maîtrisait pas l’immigration et laissait passer, à côté des réfugiés politiques, beaucoup de faussaires. Mais cette situation, décrite ici depuis le début, est connue de tous depuis toujours. Elle n’est d’ailleurs pas un obstacle pour la France, qui se flatte d’accueillir et de prendre en charge des « réfugiés » dont rien ne dit qu’ils le sont tous. Il suffit de relire les dithyrambes de la presse française pour se désoler de la capitulation de l’esprit critique dans une large partie de la profession. « L’incroyable madame Merkel », « La dame de cœur », « le futur prix Nobel de la paix », auront été quelques-uns des lauriers tressés par le camp du Bien, dans un manichéisme réservant aux pays récalcitrants, et singulièrement au premier ministre hongrois Viktor Orban, toutes les réprobations morales. Disons les choses comme elles se présentent : le revirement allemand couvre de ridicule les sermonneurs qui ont semé la tempête migratoire. Le ministre de l’Intérieur français, Bernard Cazeneuve, qui entend faire de la « pédagogie » pour expliquer sa politique d’accueil, ne peut que s’enliser dans une propagande irréfléchie qui n’a évidemment pas le soutien de l’opinion. Incapable idéologiquement de concevoir la moindre vertu aux frontières nationales, il parle d’ouvrir en Grèce, en Italie et en Hongrie des « hot spots », en collaboration avec l’Union européenne. Mais cette dernière se dévoile, avec l’Allemagne immature et la France suiveuse, comme autant de dangers pour l’Europe, fragilisée par quarante ans d’immigration de peuplement et de multiculturalisme imposé. Le cynisme mercantile du président du Medef, Pierre Gattaz, qui salue une « opportunité » dans l’arrivée d’une main d’oeuvre docile, est une autre agression pour les Français soucieux de préserver la cohésion de leur nation ouverte. En réalité, l’effet de cet excès de xénophilie est, dès à présent, de replacer au cœur du débat public des sujets évacués : l’immigration, le retour aux frontières, la préférence nationale, l’expulsion effective des migrants économiques et des clandestins. Sans parler de la faillite des partis politiques et de l’Union européenne elle-même. Dans le fond, merci Angela Merkel pour tant de maladresses ! Ivan Rioufol
Si les dirigeants allemands et français n’avaient pas applaudi quand Obama a retiré toutes les troupes américaines d’Irak ; soutenu ensuite les « rebelles » en Syrie ; défini l’État Islamique, alors embryonnaire, comme une équipe d’amateurs ; voulu, après la chute de Ben Ali et de Mouba­rak, celle de Kadhafi, la situation serait différente. (…) Ils ont voulu les causes. Ils ont les effets. Un président des États-Unis avait énoncé un projet stratégique destiné à éviter tout ce qui est en train de se passer, et qui découle de la guerre déclarée par l’islam radical au monde occidental. Il s’appelait George Walker Bush. Les dirigeants européens l’ont détesté. Ils ont à la Maison Blanche un homme à leur goût. Ils goûtent. Tous ceux qui vivent en Europe doivent déguster, hélas… Guy Millière
Of all the irresponsible decisions taken in recent years by European politicians, few will cause as much human misery as Angela Merkel’s plan to welcome Syrian refugees to Germany. Hailed as enlightened moral leadership, it is in fact the result of panic and muddled thinking. Her pronouncements will lure thousands more into the hands of unscrupulous people-traffickers. Her insistence that the rest of the continent should share the burden will add political instability to the mix. Merkel has made a dire situation worse. (…) The distinction between refugee and economic migrant is also being elided. Many of the Syrians making this journey are fleeing war, but many others are fleeing camps in neighbouring Jordan or Turkey. The incentive to do this is growing, because life there is becoming harsher. As Michael Moller, the head of the UN’s Geneva office, warned this week, these millions will ‘get up and leave and come to Europe’ unless conditions in the camps improve. Iraqis are also joining in; extra flights are being laid on from Baghdad to Turkey as people go on the move in the belief that Merkel has created a window of migration opportunity that may not last. It is at this point that the distinction between refugee and immigrant, on which European law is based, breaks down. The economic pull is exacerbated because, unlike in previous times, the residents of the refugee camps have access to mobile phones and information. They know that Germany has said it expects to accept 800,000 asylum-seekers this year (a figure greater than the population of some EU members). They will have heard about — or seen — the welcome being given to refugees arriving there, the reception committees and the politicians holding placards saying ‘refugees welcome’. All of this will encourage many more to embark on the perilous journey to Europe. The European Union’s energies would be far better spent improving life in the camps and finding ways to allow people to work there, as Professor Paul Collier suggested in these pages last month. (…) Another danger of Merkel’s open-door policy is that it may make Syria’s recovery from civil war harder. By accepting those who have managed to make it to Europe, rather than those still in the camps, Germany is, intentionally or not, cherry-picking the more prosperous members of what used to be Syrian society, those who have sufficient resources to pay the traffickers. Without them, their ravaged country is far less likely to make a recovery once the fighting eventually stops. (…) Merkel’s actions, now, will be hard to correct: her words cannot be unsaid. She has exacerbated a problem that will be with us for years, perhaps decades. More than 40 per cent of those who applied for asylum in Germany in the first half of this year came from the former Yugoslavia; the last of its wars ended 14 years ago. Handling all of this correctly will require true statesmanship, which means thinking through consequences. Merkel is failing that test spectacularly. The Spectator
Few people say it out loud, but it’s the image of Germans welcoming “others” on in-bound trains from the east—from Hungary, very telegenically, when I was there—that arrests their attention. What a contrast with the pictures of other Germans in an earlier time shipping “others” to the east, on out-bound trains, to places like Treblinka and Auschwitz. [But] What sort of sound is that other shoe going to make when it finally does drop? Truth be told, the German leadership—and the EU leadership as well, with Mr. Jean-Claude Juncker of Luxembourg in the lead—are planting the seeds for long-term agony. That agony will comes in three forms: the economics of the welfare state; the self-blinding politics of multiculturalism; and security. (…) If only a tenth of one percent of these Arabs are now or are later turned toward salafi-based political violence for any number of reasons we can all think of, then Germany will have a problem that will shred its esteemed privacy laws to bits, whether Germans like it or not. (…) Meanwhile, the moral hazard problem is getting out of control. The word is out in Syria, and Iraq, and Lebanon, and among Palestinians in various places: They see the pictures, they send the men, then comes family reunification, and the next thing you know, in as little as a year or two, there could be five million Levantine Arabs (and a smattering of Kurds) clotting about in German cities. (…) Only a tiny percentage of these asylum seekers are well enough educated to hold down a middle-class enabling professional job in an economy like Germany’s.So the sound of the other shoe will consist of gunfire and bombs, most likely, and the telltale sucking sound of cash exiting the coffers of the still very generous but increasingly fiscally fragile German welfare state. And what of the politics?The Left’s normative seizure of Germany is truly amazing. Even the Chancellor, who by German standards is far from a raving leftist, appears to firmly believe that everyone must be a multiculturalist for moral reasons, and that all people who want to preserve the ethno-linguistic integrity of their communities—whether in Germany or in Hungary, Poland, and elsewhere—are acting out of base motives. One even sees self-righteous criticism of the Australians now in the German press. The German leadership’s understanding of its moral obligation is without qualification against contingency; they refuse to limit in any way the number of asylum seekers who can be taken into Germany, or the speed with which they may come. But(…) wanting one’s own community to be a certain way is not aggressively or actively prejudicial against others, any more than declining to give money to a beggar on a city street is morally equivalent to hitting him in the head with a crowbar. It is simply preferring the constituency of a high-social trust society, from which, social science suggests, many good things come: widespread security, prosperity, and a propensity toward generosity being prominent among them.It is, in my view, better morally to respect the dignity of difference than it is to try to expunge it though the mindless homogenization of humankind, which is the unstated premise at the base of the “thinking” of much of the EU elite. What better way to get rid of pesky nationalism than to get rid of nations, eh? One can hardly blame contemporary Germans for this sort of thinking, for their own nationalism turned out to be rabidly illiberal at one point in their history. But it is nonetheless an error of moral reasoning. Asylum seekers distort the moral choice with the intensity of their need, and their innocence; but the point is that what we see in Western Europe is not a case of what is moral versus what is base, but two kinds of rights, incommensurate (à la Isaiah Berlin) as they are, clashing. This basic truth seems to have gone missing in Germany lately, and, unfortunately, its expression in Hungary comes from a man who is toxic morally and opportunistic as well, and so gives that side of the argument a very bad name.(…) All this moral unction reminds me of the reality-challenged 1920s in Europe, which gave rise to the very ugly 1930s (and yes, there will be a sharp economic downturn to speed the effect; it’s already begun, in China, because we have allowed a half dozen major regional business cycles with their own, often balancing-out, dynamics to coalesce into one huge global business cycle), and we all know what happened next. How is the thinking in Berlin now different in essence from the calamity of Kellogg-Briand and Locarno? It is downright Kantian: The ethereal categorical imperative über alles. It also seems to me very Christian in the sense that it represents a tilt of intentions over consequences—and Kant was, remember, a Lutheran Pietist, so we know where his basic intellectual urges came from. Indeed, the denizens of the German Left seem to me a very religious people, only they think they’re secularists just because a clutch of proper names has changed, and they don’t often go to church anymore, but rather collect for the functional equivalent of communal worship in political meetings, university seminars, and protest rallies.For all this we can blame the Nazis, because the moral ricochet over time is clear, and it is in many ways very noble. It’s nice that the Germans want to be moral, charitable, hospitable, generous and kind, isn’t it? But absent a heavy doze of Niebuhrian moral realism, they now risk letting dead Nazis derange living thought from beyond the grave. (…) One fears that if reasonable people do not somehow apply a brake to this wild excess of selfless saintliness, unreasonable people eventually will. And guess who might still be around to cheer, encourage, and perhaps even arm the unreasonable? Yes, Vlad the Putin himself, as he is indeed already doing in a minor key. Putin would love to destroy the European Union and all it stands for, almost as much as he would destroy NATO if he could. There are, regrettably, plenty of European leaders these days who are unwittingly pitching in to help him, and so before very long we could be facing another kind of security problem. That would ultimately be a problem for Americans as well as for Europeans. Doesn’t it always go like that, again, whether we like it or not?  The American interest
Les photographies actuelles sont enracinées dans un héritage visuel ancien, celui des boat people, mais notre regard sur elles a changé pour devenir beaucoup plus ambigu. A l’époque, l’arrivée des Vietnamiens était présentée comme une question momentanée. Aujourd’hui, c’est le début d’un phénomène dont on ne voit pas la fin. On évoque en outre une masse uniforme d’immigrés; les panoplies de raisons qui les poussent à partir sont mises de côté au profit de la gestion de la crise. L’information n’est pas pourquoi ils viennent mais combien ils sont et comment y faire face. On oscille entre peur et compassion. [Avec les Albanais] Nous ne sommes plus dans une logique de Guerre froide puisque le Rideau de fer est tombé. Il n’y a plus de justification à la fuite. L’idée est ici celle du débarquement d’un flux immaîtrisé d’Albanais, avec cette question sous-jacente: «Que venez-vous faire chez nous maintenant que le régime autoritaire de votre pays a chuté?». La multitude est toujours menaçante si elle n’est pas accompagnée d’un discours, et la crainte d’une invasion est très claire dans cette image. On sent le débordement, la déferlante, comme aujourd’hui. [Avec les Africains] C’est une sorte de jeu des voleurs et du gendarme. Il y a un seul policier essayant de maîtriser un groupe dont on peut supposer qu’il est plus nombreux encore. Ces jeunes hommes semblent bien habillés et l’on pense tout de suite à un flux économique et non à des personnes en train de fuir un danger. Ils ne suscitent guère d’empathie; le policier est seul face à eux et s’il brandit sa matraque, il ne l’utilise pas. Evidemment, l’interprétation de cette image basculerait si c’était le cas. Là, on est dans l’idée de la défense de l’Europe face à l’afflux de migrants économiques. [Avec une petite fille dans un camp de réfugiés syriens] On est ici dans la tradition de la photographie humanitaire. L’enfant qui pleure ou qui a faim est une figure attendrissante qui revient depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette gamine représente ce qu’il y a de plus inoffensif face à un barbelé qui ne peut être perçu que comme une exagération. Elle suscite forcément de la compassion et exacerbe le drame. On aurait le même sentiment si elle se trouvait face à un policier, tandis que des adultes dans le même cas émeuvent beaucoup moins. Gianni Haver (Université de Lausanne)
Angela Merkel’s humane stance on immigration is a lesson to us all. The German leader has stood up to be counted. Europe should rally to her side. The Guardian
As debate about how to solve Europe’s refugee crisis continues, right-wing groups and commentators are using photos and memes to demonise the desperate people risking their lives to reach the continent. But many of the photos are being faked, twisted, edited or taken out of context in an effort to support the following myths and arguments. (…) In one of the most heartless conspiracy theories circulating online, people are claiming that the body of three-year-old Aylan Kurdi was “staged” on a Turkish beach as part of a political plot to garner global sympathy.  People have seized on an image of a Turkish police officer picking up a child’s body on a markedly different section of beach to argue that the child’s body was moved for a photo opportunity. But the photo used as “evidence” of the alleged forgery is actually of Aylan’s older brother, five-year-old Galip, who also drowned alongside his mother as they tried to cross the Aegean Sea. His body, washed up on a different stretch of beach nearby, is visibly larger and dressed in different clothing and shoes. And far from it being a “staged” shot, the photographer who took the now iconic image of Aylan has told how she was in Bodrum to await refugee arrivals and noticed “lifeless bodies” on the beach by chance. (… ) Although the number of refugees and migrants arriving in Europe is undeniably huge – with estimates for this year so far hitting 500,000 people – many of the alarmist photos being circulated are fake. Belgian television station RTBF revealed that this image, claiming to show the “invasion of Italy” by “illegal immigrants” actually dates from 1991 and showed “La Vlora” bringing 20,000 migrants to the Italian port of Bari. The Independent

Attention: une distorsion peut en cacher une autre !

A l’heure où après le coup de folie pénitentiel de Mutti Merkel d’il y a deux semaines …

Et, entre le prétendu chef du Monde libre et celui de la chrétienté, l’orgie de bondieuseries des derniers jours…

L’Allemagne et le reste de l’Europe semblent enfin se réveiller …

Face à la véritable invasion de prétendus réfugiés qui à coup de pierres et d’Allah Akbar …

Ne sont pas loin, comme après la chute du communisme en Albanie il y a 25 ans et suite à la vacance du pouvoir à la tête du Monde libre aujourd’hui, de submerger le Vieux Continent …

Comment ne pas voir contre l’actuelle chape de plomb bien-pensante qu’illustre parfaitement l’hebdomadaire britannique The Independent …

Mais aussi, du côté musulman cette fois (?), les prétendues images de « migrants européens vers le Maroc ou la Tunisie pendant la Première Guerre mondiale » …

La flopée d’images fausses, distordues, recadrées ou prises hors contexte qui inondent actuellement l’internet …

Comme autre chose que le contrecoup logique du véritable tombereau d’images et de reportages pro-migrants …

Que taxant toute opinion contraire ou critique de racisme et de xénophobie …

Pour masquer la dimension totalement inouïe de l’évènement et de leur irresponsabilité …

Nous font subir à longueur de journée nos dirigeants et nos médias ?

The fake refugee images that are being used to distort public opinion on asylum seekers
The outpouring of public support for refugees in the wake of the death of Aylan Kurdi has sparked an online backlash
Lizzie Dearden
The Independent
16 September 2015

As debate about how to solve Europe’s refugee crisis continues, right-wing groups and commentators are using photos and memes to demonise the desperate people risking their lives to reach the continent.

But many of the photos are being faked, twisted, edited or taken out of context in an effort to support the following myths and arguments.

‘Isis jihadists are using the crisis to infiltrate Europe’
Several photos have surfaced online claiming to show Isis militants arriving in Europe, comparing images of men in battle dress and pictures of people arriving on the continent.
This man and several others ‘outed’ as Isis militants fought against the group, not with it
But even in cases where the photos do appear to be of the same person, claims that they are members of the so-called Islamic State have been wrong.

A widely shared picture claiming to be of refugees attacking police with an Isis flag actually showed a protest in Germany in 2012 – before the rise of the so-called Islamic State.
This photo is one of the many being wrongly used as ‘proof’ Isis militants are arriving in Europe
Several other images claiming to show refugees fighting for Isis wearing assault rifles and fatigues have also been debunked, with at least two of the men shown actually being part of groups fighting the jihadist group, including Kurdish forces and the Free Syrian Army.

Another meme shared by an anti-immigration group in Croatia claims to show another « Islamist » arriving in Europe. But online analysts said his uniform and equipment identified him as an anti-Isis fighter.

While there is a strong possibility that some of the people migrating to Europe may have been involved in armed conflict or linked with extremist groups, the UN has repeatedly dismissed claims that “thousands” of jihadists are arriving.

Following a Lebanese government minister’s assertion that one in 50 Syrians entering Europe could be Isis members, a  spokesperson for refugee agency the UNHCR said: “This kind of statement is extremely unhelpful.

“A refugee has a genuine fear of persecution, if you have any military connection at all then you lose your status as a refugee. There are over a million Syrians in Lebanon there is no legitimate way of providing figures like that.”

‘Refugees are healthy/rich and don’t need our help’
Pegida UK, a branch of the German group known for its huge “anti-Islamism” protests, has been sharing numerous photos claiming to show “fake” or undeserving refugees.

Many of the assertions are based on the fact people in the pictures appear not to be malnourished.

In one post spotted by news website France 24, photos of a muscular man are sarcastically labelled: “Please help feed and house this poor, defenceless refugee…’I heard we can get free steroids in England – don’t be racist and let me in!’”
But the photos were actually taken in 2013 on Christmas Island in Australia.

In other images taken at the same time, the border police’s blue uniforms can clearly be seen with “Australian Customs and Border Protection” written on them.
Numerous images of mainly Syrian refugees carrying smartphones have also been shared by right-wing blogs and commentators on social media arguing they do not need Europe’s help.

But as James O’Malley wrote in a comment piece for The Independent, possessing a phone is no indicator of how deserving an asylum seeker is of refuge, and middle-income countries like Syria are clearly just as susceptible to conflict as anywhere else.

“The answer to how surprised should we be that many of the Syrian refugees have smartphones is a resounding ‘not very’,” he said.

“The world isn’t a binary split between ‘rich’ and ‘poor’ – and we should adjust our assumptions about the countries in the middle accordingly.”

‘Aylan Kurdi’s dead body was staged to sway opinion’
In one of the most heartless conspiracy theories circulating online, people are claiming that the body of three-year-old Aylan Kurdi was “staged” on a Turkish beach as part of a political plot to garner global sympathy.

So the staged photo of poor little Aylan worked then? 20,000 Syrian. Not so much outcry if they used the original. pic.twitter.com/pLiBfZQIRc

— Lurkio (@alrightlandlord) September 7, 2015
People have seized on an image of a Turkish police officer picking up a child’s body on a markedly different section of beach to argue that the child’s body was moved for a photo opportunity.

“Little Aylan Kurdi, if he is dead, did not drown. He was killed. And the picture is a set-up fake. His body has been arranged in position,” one person wrote on Twitter.

Knights Templar International wrote: “Goulish (sic) propagandists moved and used the dead body of the little boy drowned on a Turkish beach to get pictures that would ‘best’ manipulate public opinion.”

“The media, who buy in to the UN’s politics, can not only advance its ideological aim, they can also financially benefit from twisting the true facts of the death of poor little Aylan Shenu,” a conspiracy blog added.

“And if there ever was a doubt about this being anything else, please, consider this, most telling fact:  before the most heart-wrenching photos of little Aylan were taken, his body was specifically and intentionally posed!”
Aylan Kurdi (L) and his brother Galip both died in the disaster
But the photo used as “evidence” of the alleged forgery is actually of Aylan’s older brother, five-year-old Galip, who also drowned alongside his mother as they tried to cross the Aegean Sea.

His body, washed up on a different stretch of beach nearby, is visibly larger and dressed in different clothing and shoes.

And far from it being a “staged” shot, the photographer who took the now iconic image of Aylan has told how she was in Bodrum to await refugee arrivals and noticed “lifeless bodies” on the beach by chance.

‘Europe is being invaded by swarms of refugees’
Although the number of refugees and migrants arriving in Europe is undeniably huge – with estimates for this year so far hitting 500,000 people – many of the alarmist photos being circulated are fake.

Belgian television station RTBF revealed that this image, claiming to show the “invasion of Italy” by “illegal immigrants” actually dates from 1991 and showed “La Vlora” bringing 20,000 migrants to the Italian port of Bari.

Zakia Khattabi, co-president of the country’s Ecolo party, reposted the photo on Twitter, writing that she’d had “enough” of the “disgusting political game” being played in Europe.

Another image of La Vlora, showing desperate Albanians climbing ion to the ship before it set off, was shared by Pegida UK on its Facebook page in a post that garnered comments calling for it to be “torpedoed”.

‘If refugees needed protection, they would bring their wives and children’
A much-shared meme posted on Facebook by far-right group the English Defence League (EDL) contrasts photos of British soldiers and male refugees arriving in Germany.
Above the soldiers, the caption reads: “Go to warzone. Leave women and children in safe country.” By the refugees, the writing says: “Go to safe country. Leave women and children in warzone.”

The image, which has been “liked” more than 2,200 times, summed up widely circulating claims that many of the people arriving are male “economic migrants” rather than asylum seekers.

But as Vice pointed out, it appears to have been taken from Reuters footage that shows dozens of women and children of all ages arriving on the same train.

The argument has been made by politicians across the world, including David Davies, the Conservative MP for Monmouth, who told BBC Radio Wales that refugees attempting to reach the UK were “mostly young men, mostly with mobile phones, chancing their luck”.

According to UNHCR figures, around 72 per cent of refugees and migrants arriving in Europe across the Mediterranean are men, with 13 per cent women and 15 per cent children.

Some aid workers have suggested the demographics may be caused by the danger of the journey, causing men to go ahead of their families in attempt to secure refuge in Europe and a home before more vulnerable relatives set off.

Voir aussi:

Non, ce bateau n’est pas rempli de migrants européens vers le Maroc
Le vrai du faux numérique

Antoine Krempf

15 septembre 2015

Face à l’hostilité de certains sur l’accueil des migrants, les Européens feraient bien de se souvenir du passé. Voilà en substance le message qui accompagne une photo relayée à des centaines de reprises depuis quelques jours. Il s’agit d’un détournement.
L’image est impressionnante : le bateau déborde littéralement de passagers; des grappes de personnes le recouvre presqu’entièrement. « Voilà des migrants européens vers le Maroc ou la Tunisie pendant la Première Guerre mondiale », précise le message qui accompagne l’image sur les réseaux sociaux.

Le souci, c’est que cette photo ne remonte pas du tout au conflit de 1914-1918. Elle montre en fait l’arrivée du cargo Vlora dans le port italien de Bari le 8 août 1991. A son bord, plusieurs milliers de migrants albanais, venus tenter leur chance en Europe un an après la chute du régime communiste.

Comme le raconte ce rapport du Conseil de l’Europe, Rome décide alors de regrouper ces candidats à l’asile dans un stade de la ville. De la nourriture et des vêtements sont distribués. Mais « les autorités ont considéré qu’ils étaient venus chercher une amélioration de leur situation économique et ne pouvaient donc pas être assimilés à des réfugiés politiques ». La très grande majorité des migrants albanais a donc été renvoyée en Albanie.

Voir encore:

« Un regard ambigu sur les migrants »
Caroline Stevan

Le Temps
01 septembre 2015

L’image des réfugiés a-t-elle évolué des boat people à aujourd’hui? Lectures de photographies avec le sociologue Gianni Haver, spécialiste des images et des médias

Il y a les chiffres, impressionnants. Il y a les histoires, effroyables. Puis il y a les images, saisissantes. Chaque jour depuis des mois, Internet et les médias relaient la tragédie de ces milliers de personnes fuyant la Syrie, l’Irak, la Libye ou l’Erythrée, s’entassant derrière des fils barbelés, crevant en mer ou pourrissant dans un camion. On s’interroge sur le sens et le poids des mots utilisés. «Migrants» n’est-il pas trop neutre face au drame vécu? «Réfugiés» peut-il être admis hors de sa définition en droit international?

Les termes, évidemment, reflètent le regard porté sur une réalité. Et les photographies, que disent-elles? Racontent-elles la même chose que celles qui montraient les boat people il y a quarante ans ou les Cubains dans les années 1990?

Le Temps a soumis six clichés au sociologue Gianni Haver, spécialiste des images et des médias. «Les photographies actuelles sont enracinées dans un héritage visuel ancien, celui des boat people, mais notre regard sur elles a changé pour devenir beaucoup plus ambigu, estime en préambule le professeur à l’Université de Lausanne. A l’époque, l’arrivée des Vietnamiens était présentée comme une question momentanée. Aujourd’hui, c’est le début d’un phénomène dont on ne voit pas la fin. On évoque en outre une masse uniforme d’immigrés; les panoplies de raisons qui les poussent à partir sont mises de côté au profit de la gestion de la crise. L’information n’est pas pourquoi ils viennent mais combien ils sont et comment y faire face. On oscille entre peur et compassion.»

«La terminologie de boat people est née avec la deuxième vague de réfugiés vietnamiens, embarqués sur des bateaux de fortune en 1979. Ceux-là sont ramenés directement par les Etats-Unis. Le cargo est bondé mais semble en bon état, avec la figure bienveillante du soldat américain. Il s’agit ici de sauver des gens du régime communiste, une logique d’accueil qui se monnaie en termes de communication. Cela valorise le système occidental par rapport à l’autre camp et cette politique n’a, du coup, jamais rencontré d’opposition malgré l’ampleur des chiffres. Les Américains ont ramené 200 000 Vietnamiens, les Français 123 000!»

«La logique ici est celle du «Radeau de la Méduse»; il y a même le drapeau qui flotte. On voit les visages, on reconnaît les gens, leur nombre est fini et on peut supposer une variété sociale. Ce n’est pas un hasard si on les présente souriants et tranquilles, c’est l’héritage de l’«exode de Mariel» en 1980, où 125 000 Cubains expulsés par Castro ont été accueillis en Floride. Ils ont directement reçu la Green Card, ce qui serait impensable aujourd’hui. On ne pensait pas aux camps de réfugiés. On était dans la même stratégie d’accueil et de communication anticommuniste que pour les Vietnamiens.»

«Nous ne sommes plus dans une logique de Guerre froide puisque le Rideau de fer est tombé. Il n’y a plus de justification à la fuite. L’idée est ici celle du débarquement d’un flux immaîtrisé d’Albanais, avec cette question sous-jacente: «Que venez-vous faire chez nous maintenant que le régime autoritaire de votre pays a chuté?». La multitude est toujours menaçante si elle n’est pas accompagnée d’un discours, et la crainte d’une invasion est très claire dans cette image. On sent le débordement, la déferlante, comme aujourd’hui.»

«Cette image symbolise les situations d’urgence en Méditerranée qui se succèdent et dont on a trouvé un coupable unique: le passeur. Les régimes que fuient ces gens et les pays qu’ils visent n’ont aucune responsabilité, toute la faute revient aux passeurs. On perçoit le drame mais, étonnamment, on est moins dans la compassion que pour les Cubains par exemple. La photographie est prise
de trop loin, on ne lit pas les visages, on ne se projette pas. La multitude provoque une mise à distance et une déshumanisation.»

«C’est une sorte de jeu des voleurs et du gendarme. Il y a un seul policier essayant de maîtriser un groupe dont on peut supposer qu’il est plus nombreux encore. Ces jeunes hommes semblent bien habillés et l’on pense tout de suite à un flux économique et non à des personnes en train de fuir un danger. Ils ne suscitent guère d’empathie; le policier est seul face à eux et s’il brandit sa matraque, il ne l’utilise pas. Evidemment, l’interprétation de cette image basculerait si c’était le cas. Là, on est dans l’idée de la défense de l’Europe face à l’afflux de migrants économiques.»

«On est ici dans la tradition de la photographie humanitaire. L’enfant qui pleure ou qui a faim est une figure attendrissante qui revient depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette gamine représente ce qu’il y a de plus inoffensif face à un barbelé qui ne peut être perçu que comme une exagération. Elle suscite forcément de la compassion et exacerbe le drame. On aurait le même sentiment si elle se trouvait face à un policier, tandis que des adultes dans le même cas émeuvent beaucoup moins.»

La déchéance d’Angela Merkel
Guy Milliere
Les 4 vérités
25 septembre 2015

Je n’ai pu m’empêcher, ces derniers jours, de poser un regard ironique sur la situation de chaos qui règne en Europe.

Angela Merkel, que la gauche médiatique s’empressait de béatifier, a dû revenir sur ses promesses, dans la panique et l’improvisation. Après avoir annoncé que les frontières de son pays étaient grandes ouvertes à tous les gens venus d’Afrique et d’Asie qui voulaient venir, elle a dû prendre une décision inverse et fermer les frontières de l’Allemagne.

Les arrivants se sont faits, d’un seul coup, trop nombreux. Ils ont trop demandé. Des désordres ont commencé à éclater, les gares d’arrivée se sont mises à ressembler à des lieux insalubres du tiers-monde.

Sainte Angela a dû poser les pieds sur terre, avant que les dégâts ne soient irréversibles. Des petits musulmans, venus d’un Proche-Orient où l’on s’étripe volontiers ou d’une Afrique où l’on ne fait pas mieux, a-t-elle semblé découvrir d’un seul coup, ne pourront pas si facilement remplacer les enfants blonds que les femmes allemandes ne font plus.

Des gens venus parce que les assistances sociales sont généreuses, a-t-elle semblé découvrir au même instant, ne permettront pas obligatoirement des gains de productivité mirifiques.

Je ne doute pas, pour autant, que, dès qu’elle en aura l’opportunité, elle renouvellera l’appel : elle veut vraiment, je pense, que l’Allemagne soit le pays où se pratiquera en premier le grand remplacement promis à toute l’Europe.

Hollande, qui suivait la ligne Merkel, et qui avait envoyé des émissaires à Munich pour ramener de futurs nouveaux Français bien sous tous rapports, car priant vers La Mecque, s’est plié à la volte-face de Merkel, et, dès que celle-ci reviendra à sa position initiale, il continuera à sui­vre la ligne.

Pour diluer sa responsabilité, Merkel a appelé à une réunion européenne destinée à mettre en place des quotas d’accueil obligatoire, et à forcer la main des autres pays de l’Union : la réunion s’est achevée par un échec.

Merkel et Hollande ont dû voir la réalité en face : il y a des dirigeants en Europe qui comprennent que davantage de musulmans et d’assistés en Europe, ce n’est pas nécessairement un atout.

Sans doute ces dirigeants n’ont-ils pas vu les reportages diffusés en Allemagne et en France, où on répète que tous ces jeunes hommes qui arrivent sont médecins, avocats, professeurs ou ingénieurs. Apparemment, ils raisonnent plutôt comme Viktor Orban, qui n’est pas un cas isolé et a, sur ce plan, de nombreux équivalents.

L’Europe centrale, dès lors, se hérisse de barbelés et de cordons militaires. Schengen se porte très mal. L’Union elle-même ne va pas bien du tout. Il est aisé d’anticiper que tout cela aura des conséquences politiques, en Allemagne, en France, ailleurs, et si Merkel et Hollande insistent, les conséquences seront plus lourdes encore.

Dois-je le dire ? Ce qui se passe était très prévisible. Merkel n’a pas prévu. Hollande non plus. Ils ont été aveugles et débordés. Merkel a montré son vrai visage. Hollande a montré, une fois de plus, qui il était.

La gauche médiatique a, elle, montré, une fois encore, sa xénophilie multiculturaliste et anti-occidentale et son aveuglement.

Dois-je l’ajouter ? L’appel d’air venu de Merkel (et, accessoirement, de Hollande) va continuer à faire son effet et à se diffuser. La vague qui se porte à l’assaut de l’Europe ne va pas retomber. Barbelés et cordons militaires ne vont pas disparaître de sitôt.

Dois-je l’ajouter aussi ? Si les dirigeants allemands et français n’avaient pas applaudi quand Obama a retiré toutes les troupes américaines d’Irak ; soutenu ensuite les « rebelles » en Syrie ; défini l’État Islamique, alors embryonnaire, comme une équipe d’amateurs ; voulu, après la chute de Ben Ali et de Mouba­rak, celle de Kadhafi, la situation serait différente.

Ils ont voulu les causes. Ils ont les effets. Un président des États-Unis avait énoncé un projet stratégique destiné à éviter tout ce qui est en train de se passer, et qui découle de la guerre déclarée par l’islam radical au monde occidental. Il s’appelait George Walker Bush. Les dirigeants européens l’ont détesté. Ils ont à la Maison Blanche un homme à leur goût. Ils goûtent. Tous ceux qui vivent en Europe doivent déguster, hélas…

Voir également:

Merkel’s grandstanding on Syrian refugees will lead to many more deaths at sea
The incentive is greater for people to risk the perilous journey to Europe
James Forsyth
The Spectator
12 September 2015

Of all the irresponsible decisions taken in recent years by European politicians, few will cause as much human misery as Angela Merkel’s plan to welcome Syrian refugees to Germany. Hailed as enlightened moral leadership, it is in fact the result of panic and muddled thinking. Her pronouncements will lure thousands more into the hands of unscrupulous people-traffickers. Her insistence that the rest of the continent should share the burden will add political instability to the mix. Merkel has made a dire situation worse.

On Tuesday last week, Germany declared that any Syrian who reaches the country can claim asylum there. In the days that followed, 25,000 arrived at Munich central station and that number is growing fast. Some trains from Austria have been diverted to other German cities to ease the pressure. Merkel now wants to use her clout to distribute these refugees around Europe — arguing that EU plans to resettle 160,000 may not be sufficient.

The current wave of migration started about 15 years ago, an unforeseen side-effect of globalisation. It has been vastly intensified by the chaos which followed the Arab Spring, and particularly the civil war in Syria. The EU’s responsibility is laid out in the Dublin Convention of 1990, which decrees that refugees must claim asylum in the first European Union country that they reach. This crucial safeguard was torn up by Merkel when her government declared that it will be ‘responsible’ for processing the claims of Syrians. The Dublin rules were made for a reason: to save lives, as well as to protect Europe’s borders. German panic has imperilled both priorities.

The welcome that has been given to refugees in Germany is remarkable. But encouraging these people to continue their journey is risky. The 71 refugees found dead in a lorry on an Austrian motorway last month might still be alive today had they ended their journey in Budapest. Some 7,000 refugees are estimated to have passed through Vienna during one day this week, but fewer than 100 claimed asylum there, choosing instead to head on north. Austria is rich, but Merkel’s promise exerts such a pull that people don’t want to stop until they reach Germany.

The distinction between refugee and economic migrant is also being elided. Many of the Syrians making this journey are fleeing war, but many others are fleeing camps in neighbouring Jordan or Turkey. The incentive to do this is growing, because life there is becoming harsher. As Michael Moller, the head of the UN’s Geneva office, warned this week, these millions will ‘get up and leave and come to Europe’ unless conditions in the camps improve. Iraqis are also joining in; extra flights are being laid on from Baghdad to Turkey as people go on the move in the belief that Merkel has created a window of migration opportunity that may not last. It is at this point that the distinction between refugee and immigrant, on which European law is based, breaks down.

The economic pull is exacerbated because, unlike in previous times, the residents of the refugee camps have access to mobile phones and information. They know that Germany has said it expects to accept 800,000 asylum-seekers this year (a figure greater than the population of some EU members). They will have heard about — or seen — the welcome being given to refugees arriving there, the reception committees and the politicians holding placards saying ‘refugees welcome’. All of this will encourage many more to embark on the perilous journey to Europe.

The European Union’s energies would be far better spent improving life in the camps and finding ways to allow people to work there, as Professor Paul Collier suggested in these pages last month. The camps should be properly funded. The UNHCR claims it currently has a $795 million funding gap in its Syrian operation. France has given a fraction of what Britain has to this work, which puts a rather different perspective on François Hollande’s insistence that Britain must take on more of the refugee burden. No country in Europe has given more to the refugee camps than Britain.

Another danger of Merkel’s open-door policy is that it may make Syria’s recovery from civil war harder. By accepting those who have managed to make it to Europe, rather than those still in the camps, Germany is, intentionally or not, cherry-picking the more prosperous members of what used to be Syrian society, those who have sufficient resources to pay the traffickers. Without them, their ravaged country is far less likely to make a recovery once the fighting eventually stops. As the French foreign minister Laurent Fabius warned this week, ‘If all these refugees come to Europe or elsewhere, then Isis has won the game.’

Compounding Merkel’s folly is her desire to impose mandatory refugee quotas on the rest of the EU. (Britain won’t be part of this, we are one of the countries with an opt-out.) Forcing countries to accept refugees they don’t want is bound to boost support for populist anti-immigrant parties. German public opinion might be strikingly liberal on these issues — it is important to remember that, before her recent announcements, Merkel was being criticised for not doing enough to help — but opinion in other European countries is far less so. Strong-arming recalcitrant eastern European countries into taking a significant numbers of refugees will push politics to the nationalist right in these countries. In France, Marine Le Pen has already been making political hay out of Merkel’s actions.

Given the disaster unfolding on the continent, it’s odd to see Britain coming under pressure to become more like Germany. The Prime Minister’s decision to accept refugees from the camps, rather than send thousands more into the hands of people traffickers, seems to demonstrate a better understanding of the issue. To criticise the Prime Minister for not taking those refugees who have already reached Europe is bizarre; it seems to play into the hands of the people-traffickers, who would be pushing for their customers — those who have reached Europe — to be given priority over those who are still on the Syrian border.

Many in Cameron’s circle are furious at Merkel. There is a suspicion that, as one of the Prime Minister’s confidants puts it, ‘This has more to do with what happened in Europe 70 years ago than what is happening today.’ There is also anger at the criticism being directed at London from other European capitals. One Downing Street figure says that if Britain were not supporting the camps on Syria’s borders, at least a million more people would be coming to Europe. And we should remember those who aren’t even in the camps, those who have been forced from their homes but remain trapped inside Syria.

To save lives, Europe needs to stop people from thinking that if they take the risk of trying to cross into the European Union, then they will be able to claim asylum. This means turning around the boats that attempt the journey, and paying for processing stations in Turkey and Egypt. This may be hard, but there is nothing compassionate about giving desperate people false hope.

Britain can be the voice of sanity in this debate, while others panic. Cameron can point out that refugees and migrants who are already in Europe are not in imminent fear for their lives. Those gathered at Calais trying to cross the Channel might have once fled Syria, Somali or other war-torn countries — but they are now risking their lives to leave France, which is another matter entirely.

Merkel’s actions, now, will be hard to correct: her words cannot be unsaid. She has exacerbated a problem that will be with us for years, perhaps decades. More than 40 per cent of those who applied for asylum in Germany in the first half of this year came from the former Yugoslavia; the last of its wars ended 14 years ago. Handling all of this correctly will require true statesmanship, which means thinking through consequences. Merkel is failing that test spectacularly.

Voir encore:

Insane asylum
Adam Garfinkle
Germany’s warm welcome to Syria’s refugees is earning the country good press, but it may also be sowing the seeds of long-term agony.
The American interest
September 12, 2015

I happened to be in Germany when the current refugee/asylum crisis struck. Indeed, for about a week I was in Berlin, the capital, in the Kreuzberg section of town, which happens to be about as multicultural as any thirty square block area in Germany. I did a “brown bag” seminar, as they are called, at the Aspen Institute, and also lucked into a fairly long meeting with an old friend who now works as a special assistant to the German President, Joachim Gauck. All anyone wanted to talk about, really, was the refugee crisis, and the first feeling that came to the fore was how proud—indeed astonishingly so—everyone was at the outpouring of welcome encouragement, volunteerism, and outright nobility on display in Munich and elsewhere around (most of) the country. Even columnists in Handelsblatt were blushing with pride.
Sober souls, my old friend among them in the 1994 “disappearing” black office building right next to Bellevueschloss, the President’s sprawling office complex, are counting mounting costs and waiting for the next shoe to drop. They know it will, even as they share in the wonderment that refugees far away in the Middle East could think of Germany as a country of hope. Few people say it out loud, but it’s the image of Germans welcoming “others” on in-bound trains from the east—from Hungary, very telegenically, when I was there—that arrests their attention. What a contrast with the pictures of other Germans in an earlier time shipping “others” to the east, on out-bound trains, to places like Treblinka and Auschwitz.Germans say they have an identity problem, and so they do. It’s mainly because they believe it to be so, in other words. But there are also reasons beyond self-perception. This is neither the time nor place to go into why this is, but certainly what has happened in recent days has transformed the question of Germans’ self-image. It hasn’t answered the question, but it has rephrased it in what most take to be a felicitous way. It goes something like this: We may not know exactly who we are, but whoever we are, we’re better people that we have feared we might be. We believed we could change. Now we see, at an unexpected moment of testing, that we have changed. The earth no long trembles beneath our feet as much as it did even a month ago.That is the sense of things, as I observed it, and it seems to me, further, to be infusing in the German elite a greater sense of self-confidence and willingness to lead within European affairs—at least for the time being. It has certainly transformed Chancellor Merkel from an austerity scold to someone with what we could call, for lack of a better phrase, abundant moral capital in a part of the world that values such a thing far more than it does other virtues of leadership.What sort of sound is that other shoe going to make when it finally does drop? Truth be told, the German leadership—and the EU leadership as well, with Mr. Jean-Claude Juncker of Luxembourg in the lead—are planting the seeds for long-term agony. That agony will comes in three forms: the economics of the welfare state; the self-blinding politics of multiculturalism; and security.As to this third matter, DNI General James Clapper’s warning earlier this week, that this surge of Arabs into Europe is a security nightmare in the making, is surely correct. I tried to express this at a dinner in Warsaw on Tuesday evening, with an assortment of Poles, Germans, Norwegians, Brits, a Ukrainian, and some miscellaneous others present. I predicted that within five years Poland will be forced to erect passport control at airports for incoming European flights. (In case you are not aware, dear reader, there are none now. We flew from Berlin to Warsaw by way of Munich, and when one lands there is simply no passport control at all—meaning that any non-EU national who can get into Germany and pay for a ticket to get to Poland can indeed fly to Poland without anyone so much as asking his name or how long he intends to stay.) They all said I was wrong, but just a few days ago look what the Danes did: They basically sealed the border to rail and road traffic from Germany. And they were right to do it. If only a tenth of one percent of these Arabs are now or are later turned toward salafi-based political violence for any number of reasons we can all think of, then Germany will have a problem that will shred its esteemed privacy laws to bits, whether Germans like it or not.I confess I do not understand Juncker’s thinking. With the Schengen Zone in effect, what is to keep arriving refugees in the place to which they are originally assigned—assuming for a moment that some form of his share-the-burden scheme is agreed to? After a year or a month or in some cases even a few days they can pick themselves up and come to Berlin if they so desire, can’t they? Even if they are not supposed to, they will do it anyway—and who is going to stop them now? What Germans, in the mood the country is now in, are willing to shove them on a train against their will heading back east? (Imagine what those photos would look like . . . some ass will surely airbrush “Arbeit macht frei” into the pictures.) Why would a Syrian family want to stay in Poland, where nearly everyone quietly hates them, when they can come to Berlin, where nearly everyone, in public anyway, professes to love them?Meanwhile, the moral hazard problem is getting out of control. The word is out in Syria, and Iraq, and Lebanon, and among Palestinians in various places: They see the pictures, they send the men, then comes family reunification, and the next thing you know, in as little as a year or two, there could be five million Levantine Arabs (and a smattering of Kurds) clotting about in German cities.I do not wish to delve into the economic side of the story. The numbers are too soft in every sense, and I am not very good at the bean-counting business. I will only note that many Germans seem to think that the Levantine Arabs now entering their country by the hundreds of thousands will act like their Gastarbeiter Turks. They are in for a shock. Many also think that they’re getting the cream of the educated crop from Syria. I heard several observers note that the people coming are young men, coming not directly from Syria but from camps in Jordan and Turkey. They are presumed to be engineers, doctors, and the like, and given Germany’s age-cohort imbalanced demographic picture, the consensus among the saintly is that they will boost the German economy in the not-too-distant future. This means that they know not the first thing about the real status of education in the Arab world. Only a tiny percentage of these asylum seekers are well enough educated to hold down a middle-class enabling professional job in an economy like Germany’s.So the sound of the other shoe will consist of gunfire and bombs, most likely, and the telltale sucking sound of cash exiting the coffers of the still very generous but increasingly fiscally fragile German welfare state. And what of the politics?The Left’s normative seizure of Germany is truly amazing. Even the Chancellor, who by German standards is far from a raving leftist, appears to firmly believe that everyone must be a multiculturalist for moral reasons, and that all people who want to preserve the ethno-linguistic integrity of their communities—whether in Germany or in Hungary, Poland, and elsewhere—are acting out of base motives. One even sees self-righteous criticism of the Australians now in the German press. The German leadership’s understanding of its moral obligation is without qualification against contingency; they refuse to limit in any way the number of asylum seekers who can be taken into Germany, or the speed with which they may come. But more in Europe—a place of bloodline nationalisms compared to the U.S. creedal version—than in the United States there is a moral basis, too, for a community’s own sense of self-determination, which presumes the right of self-definition and self-composition. That is not racism in Europe any more than nervousness about immigrants is racism here in the United States. Wanting one’s own community to be a certain way is not aggressively or actively prejudicial against others, any more than declining to give money to a beggar on a city street is morally equivalent to hitting him in the head with a crowbar. It is simply preferring the constituency of a high-social trust society, from which, social science suggests, many good things come: widespread security, prosperity, and a propensity toward generosity being prominent among them.It is, in my view, better morally to respect the dignity of difference than it is to try to expunge it though the mindless homogenization of humankind, which is the unstated premise at the base of the “thinking” of much of the EU elite. What better way to get rid of pesky nationalism than to get rid of nations, eh? One can hardly blame contemporary Germans for this sort of thinking, for their own nationalism turned out to be rabidly illiberal at one point in their history. But it is nonetheless an error of moral reasoning. Asylum seekers distort the moral choice with the intensity of their need, and their innocence; but the point is that what we see in Western Europe is not a case of what is moral versus what is base, but two kinds of rights, incommensurate (à la Isaiah Berlin) as they are, clashing. This basic truth seems to have gone missing in Germany lately, and, unfortunately, its expression in Hungary comes from a man who is toxic morally and opportunistic as well, and so gives that side of the argument a very bad name.What the Europeans are doing, under the aegis of the European Union, but really at the instigation of Germany most of all, will have two basic political effects. First it will split the EU east and west, possibly even more bitterly than the economic woes of the past five years have split north and south. Indeed, it is doing so already. Second, it will reshape politics within most, if not all, West European countries.As to the former effect, think about Poland for just a moment. When Poland re-emerged into independence after World War I, it was a highly heterogeneous place. And that was troublesome for nearly every community involved, to put it mildly. The situation of most other Central and East European states was roughly comparable. Thanks to World War II and then the Russian insistence on a postwar territorial settlement of a westward-displaced kind, far more homogenous states emerged from the bloodbath. Poland today is vastly more homogeneous, both in ethno-linguistic and sectarian terms, than it ever was, and Poles by and large seem quite happy with the current situation—and they are doing well as a post-Warsaw Pact, post-communist society by most measures partly because of it. Why should they jump for joy when Mr. Juncker and the Commission in Brussels tell them that all this needs to end? They clearly are not jumping for joy, and the pressure from without is bound to help President Duda’s party in next month’s parliamentary elections.To Poland’s west we are about to witness the biggest boon for right-wing xenophobes since the 1930s. All this moral unction reminds me of the reality-challenged 1920s in Europe, which gave rise to the very ugly 1930s (and yes, there will be a sharp economic downturn to speed the effect; it’s already begun, in China, because we have allowed a half dozen major regional business cycles with their own, often balancing-out, dynamics to coalesce into one huge global business cycle), and we all know what happened next. How is the thinking in Berlin now different in essence from the calamity of Kellogg-Briand and Locarno? It is downright Kantian: The ethereal categorical imperative über alles. It also seems to me very Christian in the sense that it represents a tilt of intentions over consequences—and Kant was, remember, a Lutheran Pietist, so we know where his basic intellectual urges came from. Indeed, the denizens of the German Left seem to me a very religious people, only they think they’re secularists just because a clutch of proper names has changed, and they don’t often go to church anymore, but rather collect for the functional equivalent of communal worship in political meetings, university seminars, and protest rallies.For all this we can blame the Nazis, because the moral ricochet over time is clear, and it is in many ways very noble. It’s nice that the Germans want to be moral, charitable, hospitable, generous and kind, isn’t it? But absent a heavy doze of Niebuhrian moral realism, they now risk letting dead Nazis derange living thought from beyond the grave. At this point, most sober Germans in the elite strata are worried about money, about what all this will cost. But this is not really about money. It’s about much more important kinds of business, political business ultimately, and politics is trump.I would love to be proved wrong about all this. But the derangement of moral reasoning in Western Europe seems so advanced and deep that it is hard to be optimistic. One fears that if reasonable people do not somehow apply a brake to this wild excess of selfless saintliness, unreasonable people eventually will. And guess who might still be around to cheer, encourage, and perhaps even arm the unreasonable? Yes, Vlad the Putin himself, as he is indeed already doing in a minor key. Putin would love to destroy the European Union and all it stands for, almost as much as he would destroy NATO if he could. There are, regrettably, plenty of European leaders these days who are unwittingly pitching in to help him, and so before very long we could be facing another kind of security problem. That would ultimately be a problem for Americans as well as for Europeans. Doesn’t it always go like that, again, whether we like it or not?Anyway, folks, that’s my slant on this week’s news from Germany and Poland. Darn good beer in both countries, however. So not all the news is bad.

Voir enfin:

Thousands of Albanians Flee Aboard Ships to Italy
David Binder
The New York Times
March 7, 1991

WASHINGTON, March 6— For the third time in seven months, thousands of Albanians are fleeing their country, this time by sea as well as by land as the Communist Government sinks into what a resident of the capital called paralysis.

Since Monday, mass departures from the Adriatic ports of Vlora and Durres have been under way, virtually stripping the harbors of seaworthy vessels. A thousand or more ethnic Slavs made their way to the northern frontier, seeking entry to Yugoslavia, while other citizens in the south continue to flee to Greece.

In Tirana, huge crowds tried to storm heavily guarded Skanderbeg Square, site of half a dozen foreign embassies, on the strength of rumors that visas were available. They were driven back by security forces firing warning shots and using tear gas and water cannon, Tirana residents said. Some spoke of casualties, but offered no specifics.

Since May, when President Ramiz Alia began a program of democratization in a country where Communist doctrine held sway for 45 years, Albania has been swept by waves of unrest. The pauses between the waves have grown shorter and shorter. The latest flights are inspired at least as much by severe food shortages as by political fears stirred by arrests in the aftermath of anti-Communist demonstrations that led to bloodshed in the capital last month.

« There is no milk, » a Tirana resident said by telephone this afternoon. A member of the opposition Democratic Party in Vlora said « there is no food in the stores » in that harbor city.

Vlora, a city of about 65,000, is where the latest exodus started several days ago on the basis of rumors that ships were ferrying Albanians 50 miles across the Strait of Otranto to Italy. About 600 Albanians made it across on Tuesday, aboard a rust-spotted tugboat, a Soviet freighter and an Albanian naval tugboat.

Another 600 arrived from the port of Durres this morning aboard a Romanian freighter.

With crowds numbering in the thousands in Vlora and Durres, harbor security forces apparently gave up trying to exercise control, allowing people to swarm aboard vessels and commandeer them for transport to Italy.

Earlier today the vessel Ibridim radioed in midpassage, saying it was crammed with refugees and required assistance. Later, the freighters Tirana and Lirija approached Brindisi purportedly carrying a total of 6,000 Albanians, only to be told by Italian harbor officials to lie offshore until reception centers could be prepared.

Voir enfin:

Angela Merkel’s humane stance on immigration is a lesson to us all
The German leader has stood up to be counted. Europe should rally to her side
Will Hutton
The Guardian
30 August 2015

German chancellor Angela Merkel and Saxony state governor Stanislaw Tillich leave after their visit to a refugee shelter that was attacked by far-right protesters over the weekend in Heidenau, eastern Germany. Photograph: Jens Meyer/AP
Sunday 30 August 2015 00.04 BST Last modified on Monday 31 August 2015 08.14 BST
The list of horrors swells. Last week, 71 migrants were found asphyxiated in an abandoned truck in Austria to add to the tally of hundreds of migrants drowning almost by the day in the Mediterranean. The few in Calais who die trying to get to Britain are but tragic notes in the margin of an unfolding narrative of death. The migrants know the odds; nonetheless, the UN says in the next few months the numbers will grow to 3,000 every day taking the risk and successfully entering Europe alive.

It is not Britain, the alleged “soft touch”, which is the favoured destination for what is emerging as one of the great movements of people in history, fleeing the mayhem of Syria, North Africa, Afghanistan, Eritrea or northern Nigeria aided and abetted by sinister, organised gangs of people traffickers. Instead, they prefer Germany. In the last 12 months alone, it has received some 300,000 asylum claims, 12 times more than Britain, on top of the immigration it receives within the EU under the freedom of movement rules it defends to the last. During 2015, the number of asylum seekers to Germany is set to rise to 800,000. Germany is becoming a country of immigration, the most popular destination for the global dispossessed.

If this happened here, the hysteria would be overwhelming. Ukip would perhaps have more than 100 MPs in the House of Commons. There would be a huge majority in favour of leaving the European Union. The air would be thick with calls for ever-tighter controls of our borders, the creation of mass detention centres and forced expulsion of hundreds of thousands of migrants. British Conservatives and their press allies would be adopting attitudes ominously similar to the darkest periods in European history.

Yet last week, Chancellor Merkel visited a centre for asylum seekers in Heidenau in east Germany where there had been rightwing extremist rioting a few days earlier.

“There can be no tolerance of those who question the dignity of other people,” she said, standing in front of placards accusing her of being the people’s traitor. “There is no tolerance of those who are not ready to help, where, for legal and humanitarian reasons, help is due.”

Confronted by forces that would overwhelm British leaders, the woman the Greek left (and many on the British left who should know better) mistakenly accuse of being the leading advocate of conservative neoliberalism has stood up to be counted. Being the country to which so many want to migrate should be a source of pride, she says. She wants to keep Germany and Europe open, to welcome legitimate asylum seekers in common humanity, while doing her very best to stop abuse and keep the movement to manageable proportions. Which demands a European-wide response. So far, her electorate and her press back her.

Transposed to Germany, British Tories would be adopting attitudes ominously close to the darkest periods of history
She is right and deserving of support from every European. Migration is what we have done since the earliest of times, triggering growth and enlarging our circles of possibility. Whether we’re discussing the Roman or British empires, 15th-century Venice or 20th-century New York or London today, great civilisations and dynamic cities have been defined by being open to immigrants and refugees.

They are, as migration specialist Ian Goldin characterises them, “exceptional people”. Over centuries, as he painstakingly details, it has been immigrants and refugees who have been part of the alchemy of any country’s success: they are driven, hungry and talented and add to the pool of entrepreneurs, innovators and risk-takers. The hundreds of thousands today who have trekked across continents and dangerous seas are by any standards unusually driven. They are also, as Angela Merkel says, fellow human beings. To receive them well is not only in our interests, it is fundamental to an idea of what it means to be human.

But the disruption induced by migration is not all creative: it is disruptive and has downsides. It brings sometimes unwelcome traditions, notably Islamic fundamentalism, although witnesses to the nihilist barbarism of Isis, al-Qaida and the Taliban are least likely to be credulous adherents to global jihad or some mystic caliphate.

Wages are lowered in those low-skill, high-labour turnover occupations that are necessarily migrants’ first port of call; for example, around a fifth of the new jobs in British cafes, restaurants and bars are reckoned now to have been taken by immigrants. Meanwhile, the capacity in schools and hospitals is further stretched. And as immigration sceptic David Goodhart persuasively argues, it makes “host” communities fearful that immigrants are free-riding on social structures built up over decades and for which they have not paid. To ride roughshod over these powerful feelings is to make a cardinal mistake.

Politicians and their electorates now have to make a choice. There is no middle way. The choice is between building walls and electrified fences, creating mass detention centres, organising mass repatriation and conceding to the fear of the other or it is to find a way of sustaining openness while doing the very best that can be done to allay the natural fears and apprehensions of host populations.

Above all, it is to recognise this is a European – even a global – problem. Germany needs Europe to rally to its side. Together with France, Angela Merkel has called for a pan-European response jointly financing appraisal and screening centres in Greece and Italy, co-ordinating reprisals against traffickers and sharing out the numbers of asylum seekers.

Inevitably, the Cameron government has given the initiative the cold shoulder, preoccupied with negotiating a one-sided relationship with the EU in which Britain accepts as few European obligations as possible, but retains all the gains.

If everyone played that game, the whole project would implode. This is a moment for political vision and bravery, not least from the Labour party. Over the years ahead, and in the run-up to the referendum on EU membership, neither Britain or its left can risk having a leader tempted by leaving the EU, the only organisation we have that, however imperfectly, might address this crisis.

Eurosceptic Mr Corbyn, if elected, would have no authority nor place any sustained pressure on the Cameron government to do the right thing at this pivotal moment. He would accelerate our retreat from making common European cause, leaving all the burden to be borne by Germany.

Sustained selfishness in foreign affairs can only work for so long. Britain, within limits, needs to be as open as possible, with a Europe similarly open, and it needs to share the costs. The alternative is too dark to contemplate.


Crise des réfugiés: Cachez cette invasion que je ne saurai voir (How the West was lost: A political and media Potemkin village is papering over a potentially irreversible and catastrophic change of the world we live in)

23 septembre, 2015
https://i0.wp.com/images.macmillan.com/folio-assets/macmillan_us_frontbookcovers_1000H/9780374533212.jpghttps://jcdurbant.files.wordpress.com/2015/09/a844b-globalspreadofislam.jpg?w=450&h=383https://i0.wp.com/www.dw.com/image/0,,18594221_401,00.jpg https://i0.wp.com/media.fyre.co/kwYkDvikT2W90f16fok0_RTS1DQ9.jpghungaryriottakingtheposeforthecmershttps://pbs.twimg.com/media/CO5Iz2qWEAEhEKt.jpghttps://i0.wp.com/static.europe-israel.org/wp-content/uploads/2015/09/heurts-%C3%A0-J%C3%A9rusalem.jpghttps://i1.wp.com/www.financialsense.com/sites/default/files/imagecache/desktop/images/potemkin-village.jpgCeux même d’entre les Russes qui sont fâchés de n’avoir pas été avec nous prétendront qu’on nous a trompés et que nous trompons. On a déjà répandu le conte ridicule qu’on faisoit transporter sur notre route des villages de carton de cent lieues à la ronde ; que les vaisseaux et les canons étoient en peinture, la cavalerie sans chevaux, etc. […] Je sais très bien ce qui est escamotage : par exemple, l’impératrice, qui ne peut pas courir à pied comme nous, doit croire que quelques villes, pour lesquelles elle a donné de l’argent, sont achevées; tandis qu’il y a souvent des villes sans rues, des rues sans maisons et des maisons sans toit, porte ni fenêtres. On ne montre à l’impératrice que les boutiques bien bâties en pierres, et les colonnades des palais des gouverneurs généraux, à quarante-deux desquels elle a fait présent d’une vaisselle d’argent de cent couverts. On nous donne souvent, dans les capitales des provinces, des soupers et des bals de deux cents personnes. Prince Charles-Joseph de Ligne
L’expression « villages Potemkine » désigne un trompe-l’œil à des fins de propagande. Selon une légende historique, de luxueuses façades avaient été érigées à base de carton-pâte, à la demande du ministre russe Potemkine, afin de masquer la pauvreté des villages lors de la visite de l’impératrice Catherine II en Crimée en 1787. (…) Dans les années 1960, au travers de visites de villages Potemkine, au Tibet, les autorités chinoises conduisaient des visiteurs étrangers dans une ferme, une usine ou un hôpital modèles. D’anciens « serfs » étaient systématiquement présents, prêts à conter de terribles histoires. Wikipedia
The Nazi German Theresienstadt concentration camp, called « the Paradise Ghetto » in World War II, was designed as a concentration camp that could be shown to the Red Cross, but was really a Potemkin village: attractive at first, but deceptive and ultimately lethal, with high death rates from malnutrition and contagious diseases. It ultimately served as a way-station to Auschwitz-Birkenau. In 1998, the energy services company Enron built and maintained a fake trading floor on the 6th story of its downtown Houston headquarters. The trading floor was used to impress Wall Street analysts attending Enron’s annual shareholders meeting and even included rehearsals conducted by Enron executives Kenneth Lay and Jeffrey Skilling. According to journalist and author Rory Carroll, Venezuelan President Hugo Chávez had routes in Caracas that would be visited by foreign dignitaries fixed up, with workers placing new paint on the streets and painting rocks and other fragments that were inside of potholes. In 2010, 22 vacant houses in a blighted part of Cleveland, USA, were disguised with fake doors and windows painted on the plywood panels used to close them up, so the houses looked occupied. A similar program has been undertaken in Chicago and in Detroit during the World Series festivities in 1984. In preparation for hosting the July 2013 G8 summit in Enniskillen, Northern Ireland, large photographs were put up in the windows of closed shops in the town so as to give the appearance of thriving businesses for visitors driving past them. In 2013 before Vladimir Putin’s visit to Suzdal most of the old and ruined homes in the city center were covered with large posters with doors and windows printed on them. Sub-par accommodations in Sochi, ahead of the 2014 Winter Olympics held there, were described as « more Potemkin village than Olympic village »: « The top-grade hotels […appeared] splendid at first look, with gilt and brocade in chandeliered lobbies. But 15 minutes on the premises showed the feint behind the façade. » The phrase « Potemkin village » is also often used by judges, especially members of a multiple-judge panel who dissent from the majority’s opinion on a particular matter, to describe an inaccurate or tortured interpretation and/or application of a particular legal doctrine to the specific facts at issue. Use of the phrase is meant to imply that the reasons espoused by the panel’s majority in support of its decision are not based on accurate or sound law, and their restrictive application is merely a masquerade for the court’s desire to avoid a difficult decision. Often, the dissent will attempt to reveal the majority’s adherence to the restrictive principle at issue as being an inappropriate function for a court, reasoning that the decision transgresses the limits of traditional adjudication because the resolution of the case will effectively create an important and far-reaching policy decision, which the legislature would be the better equipped and more appropriate entity to address. For example, in Planned Parenthood of Southeastern Pa. v. Casey (1992), chief justice of the US William Rehnquist wrote that Roe v. Wade « stands as a sort of judicial Potemkin Village, which may be pointed out to passers-by as a monument to the importance of adhering to precedent ». The phrase « Potemkin court » implies that the court’s reason to exist is being called into question … Wikipedia
Contes de l’Âge d’Or (Amintiri din Epoca de Aur) est un film roumain réalisé par Hanno Höfer, Razvan Marculescu, Cristian Mungiu, Constantin Popescu et Ioana Uricaru, sorti en 2009. Il s’agit d’un film à sketches en 5 parties se déroulant durant les dernières années du règne de Nicolae Ceaușescu. 1 – Legenda activistului în inspecjie (La légende de la visite officielle) Le maire de Visuresti et son assistant sont sur les dents : on attend la visite officielle d’un dignitaire étranger (un certain Giscard d’Estaing). Pour cela, on a tout repeint, on a sorti les drapeaux, on va mettre des vaches partout et on a fait apprendre un poème au fils du maire. Et lorsque les camarades-inspecteurs du parti viennent passer l’inspection, ils refusent qu’on sorte les vaches (il y a un Indien dans la délégation) pour les remplacer par des moutons qu’il faut ramener, du coup, des pâturages. Wikipedia
Local Party officials scurry into action when a motorcade of VIPs and foreign dignitaries promises to pass through the village. A government official arrives and attention is paid to the smallest detail, yet the people are let down when a phone call reveals the motorcade is no longer coming. With everyone disconsolate and the worse for drink, the official orders everyone to ride together on the children’s carousel, but as the mayor passes out, they realize that there is no one to switch the machine off and get them down. Legend tells that they were all still trapped there when the motorcade did after all pass through. Wikipedia
Tales from the Golden Age est une histoire hors du commun sur fond de légendes urbaines racontée du point de vue des gens ordinaires. L’action se déroule à la fin de la période communiste en Roumanie. Ces légendes à la fois comiques, bizarres et surprenantes, puisent dans les événements souvent surréalistes vécus au quotidien sous le régime communiste. L’humour fut à cette époque la bouée de sauvetage des Roumains et Tales from the Golden Age tente de restituer cette atmosphère en montrant une nation luttant pour sa survie au quotidien face à la logique insensée de la dictature. Tales from the Golden Age se compose de cinq histoires courtes liées entre elles par leur état d’esprit, leur structure narrative et leur contexte historique : la seule marque de voiture qu’on voit partout dans les rues, c’est la Dacia, fabriquée en Roumanie ; tout le monde survit en volant l’Etat ; il faut obéir aux ordres du Parti même s’ils sont illogiques et absurdes. Les gens semblent abattus, pourtant au fond d’eux, ils sont en vie. Ce qu’ils désirent, c’est aimer et être aimés. Universciné
Contes de l’âge d’or c’est ainsi l’anti-La Vie des autres (voir notre site pédagogique) : les petits tracas de l’homme de la rue plutôt que la grande tragédie des dissidents, la satire plutôt que le réquisitoire. Zéro de conduite
Nous appelions l’Amérique de nos voeux et nous sommes exaucés: même nos « problèmes », désormais, sont américains. René Girard
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
Si Israël est un occupant dans son pays, le christianisme, qui tire sa légitimité de l’histoire d’Israël, l’est aussi comme le serait tout autre État infidèle. Bat Ye’or
La sentence a été prononcée l’année dernière. Et Ali Mohammed al-Nimr, 21 ans, vient de perdre son dernier appel rejeté. L’exécution publique du jeune chiite peut intervenir à tout moment. Le condamné sera décapité. Son corps sera ensuite monté sur une croix et exposé publiquement jusqu’au pourrissement de ses chairs. Son principal tort: avoir participé en 2012 à une manifestation contre le régime dans la région majoritairement chiite de Qatif. Il était alors seulement âgé de 17 ans. Le jeune homme est également accusé de faire partie d’une organisation terroriste. Armé, il aurait jeté des cocktails Molotov contre les forces de l’ordre. Selon l’ONG Reprieve, qui assure sa défense, les aveux signés par l’accusé ont été obtenus sous la torture. (…) À en croire ses défenseurs, Ali Mohammed al-Nimr paie surtout pour son oncle, le cheikh al-Nimr. Le haut dignitaire chiite est l’un des plus virulents opposants de la monarchie. Au terme de huit mois de procès, il a lui-même été condamné à mort le 15 octobre 2014 pour «sédition», «désobéissance au souverain» et «port d’armes». Peu avant son arrestation, le cheikh al-Nimr s’était réjoui de la disparition du prince héritier Nayef Ben Abdel Aziz, le tenant pour responsable de la répression contre les chiites. Un an plus tôt, il s’était également prononcé en faveur d’une sécession des régions de Qatif et d’Al-Hassa et de leur rattachement au royaume chiite de Bahreïn. L’exécution d’Ali Mohammed al-Nimr intervient au plus mauvais moment pour Riyad. Car l’ambassadeur saoudien auprès des Nations Unies à Genève, Faisal bin Hassan Trad, occupe actuellement un poste important au sein de Conseil de Droits de l’homme. Longtemps passée inaperçue, sa nomination en juin à la tête du Groupe consultatif de l’institution a été dénoncée la semaine dernière par l’ONG, UN Watch. Ce poste aurait servi de lot de consolation aux Saoudiens qui ambitionnaient de prendre en 2016 la présidence du Conseil des droits de l’homme. (…) Selon un décompte effectué par Human Rights Watch, plus de 80 personnes ont déjà été exécutées en Arabie saoudite depuis le début de l’année. Le Figaro
The Al-Aqsa [Mosque] is ours… and they have no right to defile it with their filthy feet. We will not allow them to, and we will do everything in our power to protect Jerusalem. We bless every drop of blood that has been spilled for Jerusalem, which is clean and pure blood, blood spilled for Allah, Allah willing. Every Martyr (Shahid) will reach Paradise, and everyone wounded will be rewarded by Allah. Mahmoud Abbas [Official PA TV, Sept. 16, 2015 and official website of PA Chairman Abbas, Sept. 16, 2015]
Nous vous bénissons, nous bénissons les Mourabitoun (hommes) et les Mourabitat (femmes). Nous saluons toutes gouttes de sang versées à Jérusalem. C’est du sang pur, du sang propre, du sang qui mène à Dieu. Avec l’aide de Dieu, chaque djihadiste (shaheed) sera au paradis, et chaque blessé sera récompensé. Nous ne leur permettrons aucune avancée. Dans toutes ses divisions, Al-Aqsa est à nous et l’église du Saint Sépulcre est notre, tout est à nous. Ils n’ont pas le droit de les profaner avec leurs pieds sales, et on ne leur permettra pas non plus. Mahmoud Abbas
(The infidels) want us to be tormented. They want us to be humiliated. (The Quran) says: Tthe [sic] Jews and the Christians will never be pleased with you,’ but we will never follow their religion. This dark night will be over, and soon, we will trample them underfoot, Allah willing. Germany is not a compassionate country that wishes to absorb refugees from Syria and Iraq, and Palestinian refugees in the Levant and elsewhere. Europe has become old and decrepit, and needs human reinforcement. No force is more powerful than the human force of us Muslims. Oh Muslims, the Germans say, in their economic reports, that they need 50,000 young workers. Now, they have got 20,000, and they want another 30,000 and more, to work in their factories. They are not motivated by compassion for the Levant, its people, and its refugees. Throughout Europe, all the hearts are infused with hatred toward Muslims. They wish that we were dead. But they have lost their fertility, so they look for fertility in their midst. We will give them fertility! We will breed children with them, because we shall conquer their countries – whether you like it or not, oh Germans, oh Americans, oh French, oh Italians, and all those like you. Take the refugees! We shall soon collect them in the name of the coming Caliphate. We will say to you: These are our sons. Send them, or we will send our armies to you. Sheikh Muhammad Ayed (Al-Aqsa)
The Syrian citizens are mainly Muslim and speak Arabic. The refugees have their own culture. Because our school is directly next to where they are staying, modest clothing should be worn in order to avoid disagreements. Revealing tops or blouses, short shorts or miniskirts could lead to misunderstandings. Lettre aux parents du lycée allemand Wilhelm-Diess-Gymnasium
When Muslim teenage boys go to open air swimming pools, they are overwhelmed when they see girls in bikinis. These boys, who come from a culture where for women it is frowned upon to show naked skin, will follow girls and bother them without their realizing it. Naturally, this generates fear. German local politician
Selon le journal Westfalen Blatt, la police refuse de rendre publics les crimes impliquant des réfugiés et des migrants, car ils ne veulent pas donner une légitimité à la critique de l’immigration massive. (…) Pendant ce temps, on demande aux parents de faire attention à leurs filles. La police de la ville bavaroise de Mering, où une jeune fille de 16 ans a été violée le 11 septembre, a émis un avertissement aux parents, les enjoignant de ne pas laisser leurs enfants sortir dehors non accompagnés. Elle a également conseillé aux femmes de ne pas marcher de ou vers la gare seules en raison de sa proximité avec un refuge de réfugiés. Dans la ville bavaroise de Pöcking, les responsables de l’établissement Wilhelm-Dies ont enjoint les parents de ne pas laisser leurs filles porter des vêtements révélateurs afin d’éviter les «malentendus» avec les 200 réfugiés musulmans logés dans des hébergements d’urgence dans un bâtiment à côté de l’école. Soeren Kern
Le président a fait part à Sa Majesté Abdallah II, Roi de Jordanie, de sa vive préoccupation face à la multiplication des affrontements violents sur et autour de l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, et de la nécessité que tout soit mis en œuvre pour apaiser la situation. Communiqué de l’Elysée
Il existe un mot qui sert à définir le comportement des électeurs, des citoyens et des peuples quand il échappe à l’analyse de leurs élus, de leurs concitoyens, de leurs partenaires diplomatiques: l’irrationnel. On l’applique souvent en ce moment à la Hongrie mais pour quiconque y a vécu, et s’est penché sur le passé de ce pays qui a subi une transfusion complète au 17ème siècle, puis a été mutilé par plusieurs opérations chirurgicales en 1921, l’irrationnel n’échappe pas à toute tentative d’explication. La première tient à la façon dont un pays de huit millions d’habitants seulement peut percevoir, en quelques mois, l’arrivée, le transit forcé, le campement provisoire, voire l’établissement durable d’une population largement musulmane qui peut représenter, même temporairement une part non négligeable son effectif alors que le pourcentage était pratiquement nul il y a moins d’un an. Pour les commentateurs européens et pour Mme Merkel, les Hongrois devraient rester dans le rationnel mais à ce stade c’est déjà difficile. La chose se complique si l’on examine l’histoire du pays. Dans la série «le saviez-vous?», dans les dernières années du règne de Louis XIV, trois millions de Hongrois ont été réduits en esclavage par les Turcs et dispersés à travers la Turquie après une invasion complète de leur territoire, un anéantissement de leur culture, une multiplication des écoles coraniques, le tout dans un pays aussi farouchement catholique que pouvait l’être la France des abbayes cisterciennes. Malgré une lobotomie permanente sur le thème «c’est du passé tout ça», les Hongrois d’aujourd’hui, dont l’esprit de famille est obsessionnel, ne peuvent pas oublier les cruautés et les dévastations commises, car leur littérature et leurs livres d’histoire sont pleins de ce désastre quasi-biblique. On a beau leur dire, et nous dire, «vous mélangez tout, les deux situations n’ont rien à voir», il n’appartient à personne de se glisser dans l’imaginaire des Hongrois pour décréter qu’il doivent cesser de faire des cauchemars à propos des grandes invasions qu’ils ont subies. On ne peut pas mettre un peuple entier, qui a été martyrisé pendant un siècle, sous thérapie forcée en lui répétant que ses craintes sont vaines et que tout va bien se passer. Christian Combaz
Les plus ouverts et réceptifs à l’accueil des migrants sont des Chrétiens qui s’ignorent. Il y a, certes, les Catholiques qui répondent à l’appel du Pape François, au nom d’une idéologie chrétienne d’une très touchante naïveté et qui optent pour un accueil organisé des réfugiés. Mais, ceux-là, ne sont pas ceux qui sont le plus engagés à défendre une immigration de masse, qui fait abstraction de toutes les nuances, y compris les plus marquées, entre un réfugié, un immigré, un migrant, un opportuniste. En effet, les plus fidèles à l’héritage chrétien de la France et de l’Europe sont ceux qui sont ancrés le plus dans l’idéologie anti-chrétienne qu’ils ont héritée d’un passé anticlérical. Ils l’ignorent, certes, mais leur compassion pour une misère qui pourrait bien se retourner contre eux un jour est en réalité très chrétienne… aimer l’autre jusqu’au renoncement à soi-même… Ils n’ignorent pas pourtant qu’au Moyen-Orient, seul le Liban, petit pays aux capacités si limitées et qui partage avec la France ces mêmes racines chrétiennes, a volontairement ouvert ses frontières, et massivement, aux réfugiés syriens qui fuyaient pour certains la guerre et pour d’autres la misère. Ce pays, ouvert et tolérant, et où l’implantation sournoise et définitive de 2,5 millions de réfugiés syriens et palestiniens condamne irrémédiablement sa diversité, fait exception dans son environnement… ou, plutôt, faisait exception… Ainsi, si la Jordanie, qui entasse les réfugiés syriens, provenant de zones tribales proches, dans des camps financés par les donateurs étrangers, vient juste après le Liban comme premier pays d’accueil des Syriens, les autres pays arabes, notamment les riches pays du Golfe, les rejettent et se contentent de fournir quelques aides matérielles limitées aux populations entassées au Liban et en Jordanie. Ces pays musulmans, qui ferment leurs frontières aux réfugiés musulmans de Syrie, d’Irak ou d’ailleurs, savent parfaitement bien mesurer les risques et dangers qui menaceront leurs sociétés et leur propre stabilité avec l’offensive démographique que les guerres voisines annoncent. (…) Ils n’hésitent pas, non plus, à invoquer des différences culturelles avec leurs propres frères arabes sunnites. Par contre, ils condamnent dans leurs médias la frilosité des Etats européens dans l’accueil de ces flux migratoires. Pourquoi cette lucidité sélective, pourquoi tous ces arabes sunnites seraient-ils mieux en Europe, là où tout les sépare (langue, culture, religion…) que dans les pays du Golfe où tous les réunit (langue, culture et religion…).Voilà une question que les pays humanistes pourraient se poser… (..) La Turquie refile donc à l’Europe les centaines de milliers de réfugiés qui sont devenus une menace pour elle… Peut-on raisonnablement penser qu’ils ne le seront pas pour les pays d’accueil ? Ils le seront doublement d’ailleurs. Ils le seront au plan sécuritaire parce que dans leurs rangs se comptent des milliers de djihadistes qui vont pouvoir pénétrer en Europe et renforcer tous les réseaux qui existent déjà. Ils le seront au plan économique et social tant cette masse intarissable va déstabiliser tous les systèmes sociaux d’Europe pourtant déjà exsangue. Charité bien ordonné commence par soi-même…voilà une leçon bien comprise par nos amis turcs. (…) Mon petit pays en a fait la cruelle expérience dans l’accueil charitable de centaines de milliers de Palestiniens, qui le moment venu, et avec ceux qui chez nous partageaient la même religion, se sont coalisés pour atomiser mon pays que tous appelaient jusqu’alors la Suisse du Moyen-Orient. (…) Pour qu’elles restent ouvertes, accueillantes, et tolérantes, les sociétés européennes et occidentales, doivent pouvoir transformer ceux qui désirent adhérer à leurs valeurs, et ne pas se transformer elles-mêmes. La Mer Méditerranée et la Turquie, parfois complices d’ailleurs, lâcheront encore des millions de migrants, Syriens, Irakiens, Palestiniens, Afghans et autres, vers l’Europe occidentale. Le stock est, à l’évidence, inépuisable. C’est à l’Europe de repenser sa défense morale. Juste une petite question pour conclure qui s’adresse aux bonnes consciences empruntes d’un catholicisme dévoyé : peut-on vouloir le bien jusqu’au mal ? Fadi Assaf et Joss Monclar
Quand on pense dans ces termes-là, effectivement, il n’y a pas d’ »invasion » puisqu’il n’y a pas de nations mais uniquement des individus et puisqu’il n’y a pas d’Etat, pas de pouvoir et donc pas de frontières. Quant aux « migrants », ils ne sont pas considérés dans leur identité puisqu’on ne se soucie que des « droits de l’homme », de l’homme en général et pas des droits des citoyens qui sont toujours citoyens d’un Etat particulier, identifié, etc. L’empaquetage victimaire et compassionnel des faits devient possible et crédible, en puisant dans le meilleur des sentiments humains. Ainsi ce qui se passe ne constitue pas une crise politique et militaire mais humanitaire. Le martyre de la traversée en mer efface le risque pris par les immigrants et la culpabilité des passeurs mais aussi des pays qui les laissent accomplir leurs forfaits. (…) Le chaos identitaire que l’Union Européenne en position de Diafoirus est en train de programmer s’avérera terrible. S’il conforte le pouvoir central sans identité de l’Union, il recèle une explosion atomique dans l’ordre du symbolique et du politique pour les ex-Etats européens, auxquels ces populations poseront demain un grave défi quant à leur continuité culturelle et identitaire. Le mépris que les économistes et technocrates européens témoignent pour la dimension symbolique et identitaire se retournera contre leurs constructions technocratiques décollées de la réalité. A Bruxelles comme à Strasbourg on a perdu le sens du réel, et le réel se vengera. (…) Le chaos européen que je viens de décrire annonce quelque chose d’inquiétant et de monstrueux. Nous sommes les témoins de la fin d’une civilisation et d’un ordre du monde. Shmuel Trigano

Cachez cette invasion que je ne saurai voir !

En ces temps étranges …

Où des masses de populations, dignes des plus folles de nos images bibliques et  des plus délirants de nos films-catastrophes, déferlant à coups de pierres et de Allah Akbar sur un continent se voient présentées comme le simple accueil de réfugiés en danger qui vont « payer nos retraites » …

Où les viols et violences ou même la localisation des camps de populations qui après avoir littéralement nettoyé les populations juives et chrétiennes de leurs prétendus territoires et fait fuir les populations juives d’Europe sont désormais étouffés pour ne pas encourager le racisme et ceux qui s’opposent à ces transferts massifs de populations …

Où le chaos provoqué par l’exaucement de nos rêves les plus chers et les plus fous tels que l’abolition des frontières (médecins sans frontières, reporters sans frontières) est méthodiquement nié par les plus hautes autorités …

Où le refus de quelques rares pays ou individus de saborder en quelques jours ou semaines l’indépendance, l’unité nationale et l’ensemble de leurs valeurs les plus chèrement acquises se voient mis au pilori et qualifiés de racistes et réactionnaires ….

Où la seule démocratie du Moyen-Orient se voit menacée de boycott commercial et culturel et constamment dénoncée pour son refus obstiné de disparaitre dans la masse de près d’un milliard de ses voisins …

Où un régime qui soutient  le terrorisme international depuis des décennies, est en train de mettre toute une région du monde à feu et à sang  et continue à appeler ouvertement à la disparition d’un de ses voisins se voit récompenser par non seulement la récupération de la centaine de milliards de dollars de ses avoirs gelés mais par l’accès au nucléaire qui pourrait enfin lui permettre de mettre ses menaces à exécution …

Où le lieu le plus sacré et le plus fondateur de la religion et de la culture la plus ancienne dudit Moyen-Orient se voit interdit à ses seuls fidèles …

Où le chef élu pour cinq ans il y a plus de dix ans d’un Etat qui n’existe pas et d’un mouvement dont la charte appelle ouvertement à l’annihilation pure et simple de ses voisins et qui vient juste de revendiquer la récupération par le sang du terrorisme des lieux saints des deux religions les universelles de la planète se voit accueilli en grande pompe et dument décoré par la  capitale du Pays dit des droits de l’homme …

Où, abrité derrière ses immenses réserve de pétrole et  les centaines de milliards de dollars que lui envoie depuis plus de 60 ans le reste du monde, une famille qui sème et finance au nom d’une religion prétendument d’amour et de paix tant les discours de haine que les actes terroristes (11/9 compris) de par le monde depuis des décennies et qui pratique des châtiments d’un autre âge dont prochainement la décapitation et la crucifixion du corps jusqu’à pourrissement se voit attribuer la direction d’un conseil des droits de l’homme de l’ONU …

Où le chef prétendu du Monde dit libre et maitre du défaitisme révolutionnaire qui a en quelques années abandonné à eux-mêmes l’indépendance chèrement acquise par les soldats de son propre pays des nations entières, ouvert la voie à des barbaries d’un autre âge et à des déplacements de populations proprement apocalyptiques et imposé à la planète entière l’accès au feu nucléaire d’un des régimes le plus suicidaires de ladite planète se voit récompenser, dès avant même sa prise de fonctions, par la plus haute distinction honorifique du temps …

Comment ne pas repenser devant ce véritable « village Potemkine de la pensée » à l’instar d’autres maquillages aussi aberrants que massifs de la réalité tels que le mensonge du « mariage pour tous » ou ceux des renseignements américains sur la lutte contre l’Etat islamique ou du premier constructeur mondial automobile

A ce sketch d’un film roumain de 2009  (« La légende de la visite officielle » in » Contes de l’Âge d’Or« ) moquant les efforts désespérés, comme on vient de le voir dans la prison à ciel ouvert de Cuba pour la visite du prétendu pape des pauvres, d’un village entier pour accueillir comme il se doit un dignitaire étranger (un certain Giscard d’Estaing) ?

Mais surtout comment ne pas s’inquiéter avec le sociologue Shmuel Trigano …

Devant la terrible irresponsabilité et responsabilité de nos technocrates et de nos médias …

Qui, condamnant à l’avance toute vision critique et interdisant tout débat, habillent des plus beaux atours détournés de nos plus hautes valeurs à savoir l’omniprésent « empaquetage victimaire et compassionnel »  …

Un « bouleversement historique comme l’histoire de l’humanité en a rarement connus » et dont les conséquences à terme ne peuvent être que catastrophiques ?

Les Syriens arrivent, les Juifs s’en vont et le boycott d’Israël s’installe
Shmuel Trigano
Actualité juive
22 septembre 2015

L’Europe nous offre ces jours ci un spectacle de fin des temps. Elle est la scène d’un bouleversement historique comme l’histoire de l’humanité en a rarement connus. Au plus près des faits – et donc très loin de l’habillage sémantique des médias – c’est d’un transfert de populations qu’il s’agit, du Moyen Orient vers l’Europe.

« Migration » relève du jugement sociologique, mais, en termes politiques et donc militaires, lorsque des masses considérables de population forcent les frontières, s’imposent à des Etats qui n’ont pas été sollicités et n’ont pas donné leur accord, et de surcroît avec des exigences en matière de droits, on aurait parlé, en d’autres temps, d’ »invasion ».

Les populations en question en effet ne sont pas, dans leur majorité, constituées de réfugiés loqueteux mais de gens capables de payer jusqu’à 3000 euros à des passeurs et leurs places de train, détenteurs de Iphones etc. Du flot d’images qui apparaissent sur les écrans, se dégage la figure d’une population de jeunes hommes dans la force de l’âge et plus rarement de femmes (la plupart voilées) et d’enfants.
Il est très clair que leurs deux points d’entrées sont la Libye et, surtout ces derniers temps, la Turquie. On sait ce qu’il en est de la Libye, par contre la responsabilité de la Turquie dans cet exode de masse reste un tabou malgré le déluge médiatique.

Or, il ne fait pas de doute qu’en laissant partir ces populations par la mer, tant par les moyens qu’elle leur fournit (vente de canots, etc) que par sa tolérance du trafic des passeurs et l’absence de surveillance de ses frontières, la Turquie porte un coup à l’Union Européenne qu’une Europe anémique est incapable de fustiger. Ce coup violent prend une ampleur stratégique quand on le replace dans la perspective du soutien de facto des Turcs à l’Etat islamique, en matière d’approvisionnement en toutes ressources, de commercialisation du pétrole, d’absence d’attaque réelle de ses troupes, conjuguée aux frappes contre les ennemis kurdes de l’Etat islamique, et, last but not least, la facilitation du passage des djihadistes du monde entier vers la Syrie. Les « réfugiés » actuels ne viennent pas de Syrie mais de Turquie où les rejoignent sans doute les Érythréens qui se trouvent parmi eux.

Dans l’ère des Etats-nations et dans l’ère post-moderniste: c’est selon…
La terminologie privilégiée par les médias – en accord sans doute avec les élites politiques – fait écran à la réalité. Les deux pouvoirs fonctionnent objectivement de concert dans toute l’Union Européenne et donnent le ton de l’interprétation des événements. Nous avons constaté, ces vingt dernières années, l’importance croissante des officines de communication politique qui sont devenues les instruments clefs du pouvoir qu’elles fournissent en dispositifs sémantiques, « éléments de langage » comme on dit aujourd’hui (ce qu’on appelait hier « discours idéologiques »), mots-valises capables d’ »habiller » un événement pour en détourner le sens afin de favoriser une ligne politique. Il y a en effet des mots qui font écran à la compréhension des choses qu’ils désignent.

Ils faussent profondément le débat public, ce qui contribue à obscurcir encore plus la réalité au point qu’on ne comprenne plus rien. Nous avons été quelques uns, depuis 15 ans, à identifier cette nouvelle forme de pouvoir avec le traitement d’Israël et du « nouvel antisémitisme » et c’est vrai de la politique de tous les pays démocratiques[1] : la façon dont les médias construisent les faits et dont il les habille de mots s’inscrit dans la « gouvernance » politique et interdit toute vision critique de la réalité: tout réalisme.
Ces opérations de langage ne sont pas en fait purement manipulatoires, elles s’adossent à une conception idéologique, celle du « post-modernisme »[2]. Dans ses présupposés, ce dernier implique, entre autres choses, le déni radical de la réalité de la nation (qui, cependant, ne cesse pas d’exister car les peuples sont un fondement ineffaçable de l’humanité), le déni de la légitimité de l’identité nationale et des droits du citoyen face aux « droits de l’homme ».

Un autre de ses présupposés est la culpabilité de principe de l’Occident et l’innocence des non-Occidentaux, avec une préférence pour le monde arabo-musulman et noir. Pour intimer la censure sur toute autre perspective il instrumentalise la morale et le savoir académique.

Empaquetage victimaire et compassionnel
Quand on pense dans ces termes-là, effectivement, il n’y a pas d’ »invasion » puisqu’il n’y a pas de nations mais uniquement des individus et puisqu’il n’y a pas d’Etat, pas de pouvoir et donc pas de frontières. Quant aux « migrants », ils ne sont pas considérés dans leur identité puisqu’on ne se soucie que des « droits de l’homme », de l’homme en général et pas des droits des citoyens qui sont toujours citoyens d’un Etat particulier, identifié, etc.
L’empaquetage victimaire et compassionnel des faits devient possible et crédible, en puisant dans le meilleur des sentiments humains. Ainsi ce qui se passe ne constitue pas une crise politique et militaire mais humanitaire. Le martyre de la traversée en mer efface le risque pris par les immigrants et la culpabilité des passeurs mais aussi des pays qui les laissent accomplir leurs forfaits.
Le moment clef de cet empaquetage fut sans nul doute l’exploitation médiatique de la photo de l’enfant mort sur une plage. Elle fut l’occasion d’un coup émotionnel répercuté à outrance par les médias qui ressemble beaucoup à la mort supposée de l’enfant Al Dura sous les balles de l’armée israélienne à Gaza, devenue par la grâce de France 2 l’emblème du nouvel antisémitisme.
Le Wall Street Journal (4 septembre) nous a appris, cependant, les dessous prosaïques et moins glorieux de l’histoire à l’instar de ce qui se passa pour l’affaire Al Dura: la famille de ce malheureux enfant, originaire de Kobané, ne fuyait pas la guerre en catastrophe.

Elle vivait en Turquie depuis 3 ans où le père travaillait. Alors qu’elle devait partir pour le Canada où la sœur du père habite, ce dernier, sur les conseils de son père, décida d’utiliser l’argent qu’elle lui envoyait, pour passer par l’Europe afin de se refaire une dentition gratuitement. Durant le naufrage, il était le seul de sa famille à porter un gilet de sauvetage… L’enfant fut enterré à Kobané, ce qui nécessitait un retour au point de départ, ce que des fuyards hagards jamais n’auraient pu se permettre. Et pourquoi cet enfant uniquement, alors qu’il y a des milliers de morts atroces au même moment? En sélectionnant les images qu’ils répercutent, les médias induisent une compassion « à tempéraments », dans une seule direction.

Redresser la faiblesse démographique de l’Europe
Si l’essentiel de ces populations ne sont pas des immigrants loqueteux qui quémandent un havre, qui sont-elles alors? Pourquoi se sont-elles dirigées vers Europe et pas ailleurs? Et surtout pas vers le reste du monde arabe? Il y a là l’aveu silencieux d’une immense défiance envers leur propre monde, leurs « frères » (pourtant si riches, si solidaires depuis des lustres avec la cause palestinienne) et, peut être leur religion.

Quoique…
Mais ils viennent parce que l’Union Européenne les a appelés. Il n’y a pas que la confondante invitation allemande à rejoindre l’Allemagne par millions qui l’illustre. Les connaisseurs des affaires européennes savent que l’insufflation de populations immigrées s’inscrit dans le projet, très pensé depuis des lustres, de redresser la faiblesse démographique de l’Europe par l’immigration « qui va payer nos retraites », entend-t-on pathétiquement comme argument.

Le chaos identitaire que l’Union Européenne en position de Diafoirus est en train de programmer s’avérera terrible. S’il conforte le pouvoir central sans identité de l’Union, il recèle une explosion atomique dans l’ordre du symbolique et du politique pour les ex-Etats européens, auxquels ces populations poseront demain un grave défi quant à leur continuité culturelle et identitaire.

Le mépris que les économistes et technocrates européens témoignent pour la dimension symbolique et identitaire se retournera contre leurs constructions technocratiques décollées de la réalité. A Bruxelles comme à Strasbourg on a perdu le sens du réel, et le réel se vengera.

Le sens des événements
Si l’on regarde de loin et de haut ce qui se passe, avec la mémoire des 60 dernières années, l’événement auquel nous assistons, sidérés, n’est qu’une phase d’un mouvement historique de grande ampleur que la vulgate de notre époque empêche de voir.

La décolonisation fut l’occasion d’un nettoyage ethnique objectif qui chassa les populations européennes d’Afrique et du Moyen Orient, notamment. Une répartition ethnico-religieuse des populations s’est alors réalisée. Il n’était pas prévu (ni pensable) que les ex-colonisés devenus indépendants, plutôt que d’assumer la responsabilité de leur nouvelle condition, suivent les ex-colonisateurs en repli, de façon continue et soutenue. C’est ce qu’on appela alors « l’immigration ». Le repli consécutif à la décolonisation ouvrit donc la voie à un tel développement.
Ce mouvement de populations concerna presque exclusivement des populations musulmanes. De ce côté là, aussi, s’est produite une évolution inattendue. Les nationalistes arabes auquel les puissances coloniales avaient remis « les clefs » des pays abandonnés se sont vus submergés par la levée en masse de l’islamisme. Il balaya les Etats nations de bric et de broc que la décolonisation avait mis en place, au nom de la Oumma universelle.

L’adoption par les États-Unis d’Obama et l’Union Européenne de la cause des Frères musulmans lors de cet effondrement que l’empaquetage médiatique nomma « printemps arabes », acheva d’installer le chaos dans cet univers.
Ce qui arrive à l’Europe aujourd’hui est aussi le produit direct de la politique de puissance de l’Union européenne qui s’est imaginée qu’elle n’avait pas de frontières et qu’elle incarnait désormais la conscience des droits de l’homme et de la démocratie, ce qui l’autorisait à s’étendre sans fin: Turquie? Maroc? Moldavie? On ne sait pas où doit finir l’Europe et jusqu’où son autorité doit porter.

Cette ambition enivrante (le projet d’un pouvoir moral et universel) l’a conduite à intervenir militairement en Lybie pour installer la « démocratie », diplomatiquement en Egypte, et (à peine) en Syrie-Irak, ne parlons pas de son obsession de la cause palestinienne, sans doute due à sa culpabilité passée envers les Juifs, qui l’a conduit à un activisme délirant au regard de l’importance des Palestiniens.
Le flou des frontières est le propre des régimes impériaux, ce qui confirme en retour l’orientation anti-démocratique du pouvoir de l’Union Européenne. Il ne faut pas oublier dans ce tableau européen l’ambition, portée notamment par le Quai d’Orsay, d’une Europe méditerranéenne qui fasse que « le Sud », c’est à dire le monde arabe, devienne un allié très proche de l’UE et que des circulations de populations s’y fassent (mais uniquement dans un sens!). De leur côté, les Américains, déjà avec les néo-conservateurs, se sont crus autorisés à installer par tous les moyens la « démocratie » sur toute la planète.

Leurs interventions catastrophiques en Afghanistan et en Irak, en Libye ont achevé de faire de ces pays des champs de ruines. Elles ont fait de la Russie une ennemie.
L’afflux actuel des populations musulmanes de ces pays vers l’Europe s’inscrit ainsi dans l’ordre des choses, une fois la griserie des sommets à l’européenne évanouie. Le bilan européen est à la hauteur de son projet utopique.

L’Union européenne n’a objectivement pas de frontières, ce que prouve l’irruption violente de très grandes populations, elle a affaibli les Etats, pulvérisé les nations, et été incapable de forger une entente entre ses membres sur des enjeux vitaux. On comprend qu’Israël, un Etat nation florissant, puisse tourmenter la conscience européenne et lui renvoyer l’image de sa démission mégalomane. Les Juifs ont su en premier que la corne de brume retentissait avec l’installation à demeure du « nouvel antisémitisme », du fait de la complaisance européenne, mais ils ne furent pas entendus.

L’Allemagne syro-turque?
La division des Etats européens sur la question des « migrants » est aussi pleine d’enseignements. Les peuples à la conscience et à l’identité les plus fortes s’opposent avec force aux pays « fatigués » comme l’Allemagne. Les pays d’Europe centrale, terres d’anciennes guerres de religion, ont en effet affirmé à travers l’histoire leur identité contre les empires qui les dévoraient (Allemagne, Autriche Hongrie, Russie et Turquie ottomane) en la cristallisant autour de la religion, saint des saints de leur continuité. Ce sont des populations qui savent quelque chose du réalisme des identités. Les Etats latins se situent à mi chemin des Etats nordiques, dont l’affaissement identitaire est bien connu depuis fort longtemps.
Mais le cas le plus fascinant est celui de l’Allemagne qui s’est dite prête à accueillir un afflux massif de populations musulmanes. L’histoire retiendra la démarche politiquement irresponsable de la chancelière qui a lancé une invitation à immigrer, susceptible de soulever une masse de populations dans le monde et d’amplifier de façon inédite la vague d’immigration. On parle déjà de 800 000 personnes, d’un million de personnes. Le fait est incommensurable: Merkel programme un changement de population qui changera la face de son pays, comme elle l’a dit elle même. On n’a jamais vu cela. C’est un fait unique dans les annales. D’autant plus inquiétant et terrifiant: nous nous retrouverons face à une Allemagne turco- syrienne. Un cauchemar au regard de l’état de ces peuples aujourd’hui. N’oublions pas, pour notre part, que ces populations viennent de pays et de cultures où la haine d’Israël et des Juifs est universelle. La Syrie fut un des pays les plus hostiles à Israël. Sa population a baigné dans cette hostilité au moins depuis 70 ans. Elle la transportera en Europe.
Comment cela est-il possible? On évoque à ce propos la terrible faiblesse démographique allemande qui devait voir le peuple allemand réduit à la portion congrue dans les 20 années à venir, la faiblesse des naissances ne permettant pas à la population actuelle de se maintenir en nombre: un peuple en voie de disparition. La démographie reflète aussi l’état des peuples. On peut penser que ce jugement porté sur soi, que révèle le refus de faire des enfants, est en rapport avec la culpabilité découlant du passé nazi. Et c’est sans doute cette même culpabilité envers les Juifs qui motive l’accueil chaleureux des Syriens. C’est profondément pathétique et poignant quand on compare avec la façon dont les réfugiés juifs ont été refoulés de toute parts en Europe et au Moyen Orient britannique pour échapper au nazisme avec les applaudissements qui saluent les Syriens, qui ne se comptent pas parmi les amis des Juifs, arrivant dans les gares allemandes et autrichiennes.
A ce portrait de l’Union Européenne, s’ajoute la touche la plus terrible : récemment Mogherini, sa « ministre » des affaires étrangères, a appelé avec 16 ministres des affaires étrangères européens à mettre en pratique le boycott des produits israéliens étiquetés originaires des Territoires mais qui, en fait, s’avère être un boycott pur et simple d’Israël, lui infligeant un traitement discriminatoire qu’elle n’inflige à aucun autre Etat du monde, dans des situations bien plus graves et parmi ses plus proches amis: l’occupation turque de Chypre, l’occupation marocaine du Sahara occidental. Et quid des décapitations saoudiennes et du financement du terrorisme international par le Qatar? « La France des droits de l’homme », bien au contraire, leur vend des armes agressives!
Pendant ce temps-là, dans ce concert médiatique, conduit au nom de la mémoire de la Shoah, le mouvement de départ des Juifs continue. On entend dire maintenant que c’est le judaïsme britannique qui se prépare à immigrer en Israël. Avant Rosh Hashana un sondage mené dans 179 communautés juives d’Europe montrait que 85% des Juifs ne voulaient pas envoyer leurs enfants à la synagogue pour les fêtes par crainte pour leur sécurité. D’un côté on accueille les Syriens avec des fleurs, de l’autre les Juifs cachent leur identité dans la rue pour se protéger de l’insécurité.
Le chaos européen que je viens de décrire annonce quelque chose d’inquiétant et de monstrueux. Nous sommes les témoins de la fin d’une civilisation et d’un ordre du monde.
Gmar Hatima Tova !

Shmuel Trigano
*À partir d’une chronique sur Radio J le vendredi 18 septembre 2015.
[1] En France, « tensions intercommunautaires », « conflit importé » furent dans cette affaire le modèle du genre. Le chef d’œuvre du genre en Israël fut la « hitnatkout » (l’ »auto-coupure ») pour « emballer » le retrait de Gaza.
[2] Cf. Shmuel Trigano, La nouvelle idéologie dominante. Le postmodernisme, Éditions Hermann-Philosophie (2013).

Voir aussi:

Mahmoud Abbas décoré par la Ville de Paris

Le Figaro.fr avec AFP

21/09/2015

Le président palestinien Mahmoud Abbas a été décoré aujourd’hui à l’Hôtel de Ville de la médaille Grand Vermeil par la maire de Paris Anne Hidalgo (PS), en hommage à son action pour la paix. « Parce que vous êtes un homme de paix, je suis heureuse de vous remettre cette médaille de la Ville de Paris » a déclaré Anne Hidalgo, lors de la cérémonie à l’Hôtel de Ville.

La maire socialiste de la capitale a salué « un homme d’État exceptionnel ». « Vous n’avez jamais eu d’autre fin que le paix, et vous n’avez jamais employé d’autre moyen que la légalité internationale », a-t-elle dit. « Paris est votre alliée », a déclaré Anne Hidalgo, « Paris soutient la création d’un État palestinien vivant en paix et en sérénité auprès d’Israël ».

Mahmoud Abbas, qui avait participé le 11 janvier dans la capitale à la marche contre le terrorisme, a salué « les relations d’amitiés très fortes qui lient (les Palestiniens) à la France ». « Nous en sommes fiers et nous souhaitons qu’elles progressent afin de servir l’intérêt des deux États », a-t-il ajouté.

Voir également:

Mahmoud Abbas, à la mairie de Paris, tient des propos jihadistes – vidéo.
Dépêches
22 septembre 2015

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, décoré lundi à l’Hôtel de Ville de la médaille Grand Vermeil par la maire de Paris Anne Hidalgo (PS), tient en langue arabe un discours jihadiste.

La folie diplomatique française n’a de cesse de soutenir les pires régimes, mouvements, associations de malfaiteurs de la planète. Alors qu’Anne Hidalgo s’empressait dans l’après midi du 21 septembre 2015 de décorer le président autoproclamé de l’autorité palestinien « en hommage à son action pour la paix », ce dernier, avant son départ pour la France s’est laissé aller ouvertement à un discours excessivement obscurantiste digne d’un chef de gang jihadiste.

Il en revient à la Mairie de Paris de trouver les mots et l’inspiration pour justifier le discours ci-dessous:
« Nous vous bénissons, nous bénissons les Mourabitoun (hommes) et les Mourabitat (femmes). Nous saluons toutes gouttes de sang versées à Jérusalem. C’est du sang pur, du sang propre, du sang qui mène à Dieu. Avec l’aide de Dieu, chaque djihadiste (shaheed) sera au paradis, et chaque blessé sera récompensé. Nous ne leur permettrons aucune avancée. Dans toutes ses divisions, Al-Aqsa est à nous et l’église du Saint Sépulcre est notre, tout est à nous. Ils n’ont pas le droit de les profaner avec leurs pieds sales, et on ne leur permettra pas non plus. »

Voir encore:

Google Deletes Map of German Refugee Camps Amid Spate of Attacks
Bloomberg business
July 17, 2015

Google Inc. deleted an anonymous map depicting the location of dozens of refugee centers in Germany amid concern it could make them a target for anti-immigrant attacks and hate crimes.

Google took the action because it violates the Internet search engine’s internal rules, it said on Friday. The diagram, entitled “No refugee camp in my neighborhood,” displayed red arrows pinpointing the shelters, many of which disclosed specific addresses.

“Whenever content is illegal, we remove it from our products,” Lena Heuermann, a spokeswoman for Google in Germany, said in an e-mailed statement. “That’s also how we handle content that violates our guidelines and terms of use, which also include inflicting damage or promoting hatred.”

The step came a day after an empty shelter preparing to accommodate 67 people fleeing conflict zones was set ablaze in the southern town of Reichertshofen in the state of Bavaria, which police are investigating for possible arson. The map is linked prominently on the homepage of a right-wing extremist group active mainly in southern and eastern Germany.

The number of attacks by right-wing extremists on refugee shelters in Germany tripled to 170 last year, according to a report by the Interior Ministry. Last week, unknown perpetrators attacked a building housing 150 asylum seekers in the state of Saxony. No one was injured.

The number of attacks by right-wing extremists on refugee shelters in Germany tripled to 170 last year

An influx of refugees, mainly from war-torn Syria, the Kosovo and Albania, is stirring public debate as towns and cities struggle to accommodate the surge. Local authorities are turning empty schools, camping sites and recreational halls into refugee centers, spurring protests and straining budgets.

The number of asylum seekers in Germany may double to 450,000 this year, approaching levels last reached during the conflict that led to the breakup of the former Yugoslavia in the 1990s, according to the Interior Ministry.

Their plight was encapsulated in an encounter this week between Chancellor Angela Merkel and a Palestinian schoolgirl whose family is at risk of deportation after fleeing to Germany from a refugee camp in Lebanon four years ago. The girl, who spoke fluent German, told Merkel that she wants to stay and pursue her dream of studying in Germany.

She burst into tears when the chancellor responded by saying that while conditions for Palestinians in Lebanon are difficult, the country no longer has a civil war and Germany has to make room for refugees from other regions.

A video showing Merkel comforting the girl caused a stir on social media.

Voir encore:

Crise des migrants : une petite histoire de la Hongrie
Christian Combaz
Le Figaro

17/09/2015

FIGAROVOX/HUMEUR – Christian Combaz a vécu en Hongrie et souvent écrit sur ce pays. Il se demande si les appels à la raison venus d’Allemagne et de France n’ont pas déjà raté leur cible par ignorance de l’Histoire.

Christian Combaz est l’auteur de De l’Est, de la Peste et du reste (Laffont, 1993) et du Roman de Budapest (2005).

Il existe un mot qui sert à définir le comportement des électeurs, des citoyens et des peuples quand il échappe à l’analyse de leurs élus, de leurs concitoyens, de leurs partenaires diplomatiques: l’irrationnel. On l’applique souvent en ce moment à la Hongrie mais pour quiconque y a vécu, et s’est penché sur le passé de ce pays qui a subi une transfusion complète au 17ème siècle, puis a été mutilé par plusieurs opérations chirurgicales en 1921, l’irrationnel n’échappe pas à toute tentative d’explication.

On ne peut pas mettre un peuple entier, qui a été martyrisé pendant un siècle, sous thérapie forcée en lui répétant que ses craintes sont vaines et que tout va bien se passer.
La première tient à la façon dont un pays de huit millions d’habitants seulement peut percevoir, en quelques mois, l’arrivée, le transit forcé, le campement provisoire, voire l’établissement durable d’une population largement musulmane qui peut représenter, même temporairement une part non négligeable son effectif alors que le pourcentage était pratiquement nul il y a moins d’un an. Pour les commentateurs européens et pour Mme Merkel, les Hongrois devraient rester dans le rationnel mais à ce stade c’est déjà difficile. La chose se complique si l’on examine l’histoire du pays. Dans la série «le saviez-vous?», dans les dernières années du règne de Louis XIV, trois millions de Hongrois ont été réduits en esclavage par les Turcs et dispersés à travers la Turquie après une invasion complète de leur territoire, un anéantissement de leur culture, une multiplication des écoles coraniques, le tout dans un pays aussi farouchement catholique que pouvait l’être la France des abbayes cisterciennes. Malgré une lobotomie permanente sur le thème «c’est du passé tout ça», les Hongrois d’aujourd’hui, dont l’esprit de famille est obsessionnel, ne peuvent pas oublier les cruautés et les dévastations commises, car leur littérature et leurs livres d’histoire sont pleins de ce désastre quasi-biblique. On a beau leur dire, et nous dire, «vous mélangez tout, les deux situations n’ont rien à voir», il n’appartient à personne de se glisser dans l’imaginaire des Hongrois pour décréter qu’il doivent cesser de faire des cauchemars à propos des grandes invasions qu’ils ont subies. On ne peut pas mettre un peuple entier, qui a été martyrisé pendant un siècle, sous thérapie forcée en lui répétant que ses craintes sont vaines et que tout va bien se passer. Mais il existe un troisième volet de l’irrationnel, qui serait la conséquence directe des leçons de bonne conduite européenne qu’on inflige en ce moment aux Hongrois: il s’agit d’un peuple farouche, susceptible, qui est un peu la Corse des pays de l’Est, une nation humiliée par le traité de Trianon, dont un tiers de la population s’est retrouvé chez ses voisins sur un trait de plume de Clemenceau, et qui ne demande qu’à retrouver l’unité perdue sur un thème vraiment fédérateur.

Lequel? Devinez.

Voir par ailleurs:

« Contes de l’âge d’or » : la folie du régime de Ceausescu en quatre histoires
Jean-Luc Douin
Le Monde

29.12.2009

C’est sous la houlette de Cristian Mungiu, Palme d’or à Cannes en 2007 pour 4 mois, 3 semaines et 2 jours, qu’a été écrit et réalisé ce film à sketches par cinq cinéastes. Ces quatre histoires (une seconde partie sortira en mars) – aussi absurdes et métaphoriques qu’un récit d’Ionesco – se seraient passées durant les quinze dernières années du régime dictatorial de Ceausescu, une époque que la propagande nommait « l’âge d’or ».

Le peuple roumain se les racontait en riant sous cape. Vraies ou pas, qu’importe ! On peut considérer comme dans le film Kérity, la maison des contes, sorti il y a quinze jours, que « c’est pas parce que c’est inventé que ça n’existe pas ».

Première légende urbaine, la visite officielle. Dans l’attente du passage imminent d’un cortège de personnalités du parti, un village se prépare fiévreusement, houspillé par un fonctionnaire vérifiant que les drapeaux sont aux fenêtres, les costumes folkloriques bien pimpants, les slogans en évidence sur des banderoles. Le maire et ses adjoints sont en effervescence, on a repavé la route, peint les arbres, pomponné le bétail. L’inspection des enfants des écoles détecte un môme aux oreilles décollées que l’on préfère renvoyer chez lui.

Le superviseur de la capitale exige des pigeons blancs. Panique et ordres en cascade. Blancs ou pas, des pigeons on va en trouver en pagaille ; ce sont les hôtes mobilisés pour cette mascarade, auxquels on annonce au dernier moment que le cortège passera plus loin, non sans que les huiles aient touché un bakchich au passage. On se console par un banquet à l’issue duquel tout le monde monte dans un manège qui, image symbolique d’un régime dont le mécanicien a perdu la tête, tourne sans fin.

On se délecte aussi de l’histoire du photographe de presse d’un journal à la solde du pouvoir communiste. La rédaction en chef se rend compte que sur l’image de la visite de Giscard d’Estaing, qui doit figurer en « une » le lendemain, le camarade Ceausescu est nu tête tandis que le président français porte un chapeau. Le président roumain donne l’impression de se découvrir devant le capitalisme ! Déjà qu’il a l’air d’un nabot à côté de Giscard !

Mais on a l’expérience du trucage des photos. Gommer un personnage, en agrandir un autre, sont des jeux d’enfant pour une presse rompue à la censure. Un stagiaire suggère une solution qui soulage la hiérarchie : rajoutons une toque au secrétaire général. Mais les rotatives sont en marche lorsqu’on s’aperçoit que Ceausescu a une toque sur le crâne, et une autre à la main ! Ce jour-là, le Scinteia ne paraît pas, confisqué par la milice.

Autre cocasserie, l’aventure de ce policier héritant d’un cochon grognant qu’il entreprend de tuer au plus vite afin de ne pas être repéré par ses voisins. Spectacle burlesque d’un fonctionnaire de l’Etat, chargé de traquer le marché noir, et entreprenant d’asphyxier son porc au gaz dans sa cuisine.

Plus faible, l’aventure d’un membre du parti chargé d’aller lutter contre l’analphabétisme dans les campagnes et qui oppose une méthode autoritaire au bon sens populaire. Contraint de faire intervenir la police, il est mis K-O par la foudre.

Ces mises en boîte de la bureaucratie rappellent le ton des films de la Nouvelle Vague tchèque et les comédies à l’italienne d’autrefois, teintées de dérision.

Contes de l’âge d’or, film à sketches roumain de Cristian Mungiu, Iona Maria Uricaru, Hanno Höfer, Razvan Marculescu, Constantin Popescu (1h20)

Voir encore:

Crise des migrants: Peut-on vouloir le bien jusqu’au mal*
Fadi Assaf et Joss Monclar

MESP

September 23, 2015

Les plus ouverts et réceptifs à l’accueil des migrants sont des Chrétiens qui s’ignorent. Il y a, certes, les Catholiques qui répondent à l’appel du Pape François, au nom d’une idéologie chrétienne d’une très touchante naïveté et qui optent pour un accueil organisé des réfugiés. Mais, ceux-là, ne sont pas ceux qui sont le plus engagés à défendre une immigration de masse, qui fait abstraction de toutes les nuances, y compris les plus marquées, entre un réfugié, un immigré, un migrant, un opportuniste. En effet, les plus fidèles à l’héritage chrétien de la France et de l’Europe sont ceux qui sont ancrés le plus dans l’idéologie anti-chrétienne qu’ils ont héritée d’un passé anticlérical. Ils l’ignorent, certes, mais leur compassion pour une misère qui pourrait bien se retourner contre eux un jour est en réalité très chrétienne… aimer l’autre jusqu’au renoncement à soi-même…

Ils n’ignorent pas pourtant qu’au Moyen-Orient, seul le Liban, petit pays aux capacités si limitées et qui partage avec la France ces mêmes racines chrétiennes, a volontairement ouvert ses frontières, et massivement, aux réfugiés syriens qui fuyaient pour certains la guerre et pour d’autres la misère. Ce pays, ouvert et tolérant, et où l’implantation sournoise et définitive de 2,5 millions de réfugiés syriens et palestiniens condamne irrémédiablement sa diversité, fait exception dans son environnement… ou, plutôt, faisait exception…

Ainsi, si la Jordanie, qui entasse les réfugiés syriens, provenant de zones tribales proches, dans des camps financés par les donateurs étrangers, vient juste après le Liban comme premier pays d’accueil des Syriens, les autres pays arabes, notamment les riches pays du Golfe, les rejettent et se contentent de fournir quelques aides matérielles limitées aux populations entassées au Liban et en Jordanie. Ces pays musulmans, qui ferment leurs frontières aux réfugiés musulmans de Syrie, d’Irak ou d’ailleurs, savent parfaitement bien mesurer les risques et dangers qui menaceront leurs sociétés et leur propre stabilité avec l’offensive démographique que les guerres voisines annoncent.

Pour se limiter au cas de l’Arabie Saoudite, pays vaste, riche et peu peuplé, les responsables saoudiens refusent d’accueillir ces migrants Syriens, fuyant la guerre et pourtant musulmans sunnites comme eux. Les Saoudiens considèrent qu’avec un taux de natalité élevé, qui rivalise avec celui de la société saoudienne, un radicalisme religieux, qui peut lui aussi se mesurer à l’obscurantisme du wahhabisme saoudien même s’il est différent et rival (Frères Musulmans, al-Qaëda, Etat Islamique) le risque est en réalité trop élevé pour leur sécurité et leur stabilité. Les Saoudiens pensent être en droit de refuser l’asile à des non musulmans, et même à y compris des musulmans que le wahhabisme considère comme hérétiques (Alaouites, Chiites etc.) et à des adeptes d’idéologies laïcisantes radicales (communistes, baasistes, etc.), au nom de l’Islam… Ils n’hésitent pas, non plus, à invoquer des différences culturelles avec leurs propres frères arabes sunnites. Par contre, ils condamnent dans leurs médias la frilosité des Etats européens dans l’accueil de ces flux migratoires. Pourquoi cette lucidité sélective, pourquoi tous ces arabes sunnites seraient-ils mieux en Europe, là où tout les sépare (langue, culture, religion…) que dans les pays du Golfe où tous les réunit (langue, culture et religion…).Voilà une question que les pays humanistes pourraient se poser…

Quant à la Turquie, d’Erdogan, islamiste et très engagée dans le conflit syrien, elle a, certes, ouvert ses frontières avec la Syrie, et dans les deux sens. Base-arrière de l’Etat Islamique et des groupes djihadistes les plus radicaux, et autoroute du djihad européen, arabe et asiatique vers la Syrie, la Turquie s’est embourbée dans le conflit syrien jusqu’à voir sa stabilité interne directement menacée par ceux qu’elle avait soutenus et encouragés. Erdogan a du oublier qu’en Orient on trouve toujours plus radical que soit… Mais, la voilà, maintenant qui retourne sa veste et qu’elle ouvre l’autoroute européenne dans le sens inverse, encourageant les djihadistes, leurs familles, et avec eux toutes sortes de réfugiés et de migrants économiques, à monter vers l’Europe… La Turquie refile donc à l’Europe les centaines de milliers de réfugiés qui sont devenus une menace pour elle… Peut-on raisonnablement penser qu’ils ne le seront pas pour les pays d’accueil ? Ils le seront doublement d’ailleurs. Ils le seront au plan sécuritaire parce que dans leurs rangs se comptent des milliers de djihadistes qui vont pouvoir pénétrer en Europe et renforcer tous les réseaux qui existent déjà. Ils le seront au plan économique et social tant cette masse intarissable va déstabiliser tous les systèmes sociaux d’Europe pourtant déjà exsangue. Charité bien ordonné commence par soi-même…voilà une leçon bien comprise par nos amis turcs.

Ces migrants, souvent des Syriens, jeunes hommes en âge de se battre, ont fui la Syrie, pour fuir la dictature Assad ou quand il s’agit des Kurdes celle d’un islam dégénéré. C’est leur version officielle censée toucher le plus grand public en Europe qui culpabilise d’être riche et en sécurité. Mais rassurez-vous cela ne durera plus très longtemps…

Mon petit pays en a fait la cruelle expérience dans l’accueil charitable de centaines de milliers de Palestiniens, qui le moment venu, et avec ceux qui chez nous partageaient la même religion, se sont coalisés pour atomiser mon pays que tous appelaient jusqu’alors la Suisse du Moyen-Orient. D’ailleurs quand je vois l’accueil que vous faites aux réfugiés venant de Turquie, la richesse débordante de votre compassion, votre soif inaltérable de différence, les Libanais souhaiteraient vous faire un cadeau qui réjouirait vos âmes. Nous sommes un petit pays de 10.452 km² et de 4, 5 millions d’habitants, surfragmenté au plan confessionnel, et nous avons en plus près de 2 millions de réfugiés syriens et près de 500.000 Palestiniens qui pourrissent dans des camps insalubres et pas digne de l’humanité depuis plus de 50 ans…: nous proposons d’organiser, avec vous, leur migration vers l’Europe…

Pour qu’elles restent ouvertes, accueillantes, et tolérantes, les sociétés européennes et occidentales, doivent pouvoir transformer ceux qui désirent adhérer à leurs valeurs, et ne pas se transformer elles-mêmes. La Mer Méditerranée et la Turquie, parfois complices d’ailleurs, lâcheront encore des millions de migrants, Syriens, Irakiens, Palestiniens, Afghans et autres, vers l’Europe occidentale. Le stock est, à l’évidence, inépuisable. C’est à l’Europe de repenser sa défense morale. Juste une petite question pour conclure qui s’adresse aux bonnes consciences empruntes d’un catholicisme dévoyé : peut-on vouloir le bien jusqu’au mal ?

* Une version de cet article, écrit par Fadi ASSAF et Joss MONCLAR, est parue dans Le Figaro (21/09), sous le titre : “Crise des migrants: Le regard d’un Libanais”

Voir  enfin:

L’Arabie saoudite va décapiter et crucifier un chiite de 21 ans
Le Figaro
22/09/2015

VIDÉO – Ali Mohammed al-Nimr, neveu de l’un des plus fervents opposants au régime, était encore mineur au moment de son arrestation en 2012. Il aurait participé à une manifestation dans la région majoritairement chiite de Qatif.

La sentence a été prononcée l’année dernière. Et Ali Mohammed al-Nimr, 21 ans, vient de perdre son dernier appel rejeté. L’exécution publique du jeune chiite peut intervenir à tout moment. Le condamné sera décapité. Son corps sera ensuite monté sur une croix et exposé publiquement jusqu’au pourrissement de ses chairs.

Son principal tort: avoir participé en 2012 à une manifestation contre le régime dans la région majoritairement chiite de Qatif. Il était alors seulement âgé de 17 ans. Le jeune homme est également accusé de faire partie d’une organisation terroriste. Armé, il aurait jeté des cocktails Molotov contre les forces de l’ordre. Selon l’ONG Reprieve, qui assure sa défense, les aveux signés par l’accusé ont été obtenus sous la torture. Les conditions dans lesquelles s’est déroulé son procès sont sujettes à caution. «Le tribunal l’a déclaré coupable sans ordonner aucune enquête sur ses allégations de torture», critiquait l’an passé Amnesty International. «Pire encore, Ali était un enfant vulnérable quand il a été arrêté», s’insurge Maya Foa, l’une des responsables de Reprieve.

À en croire ses défenseurs, Ali Mohammed al-Nimr paie surtout pour son oncle, le cheikh al-Nimr. Le haut dignitaire chiite est l’un des plus virulents opposants de la monarchie. Au terme de huit mois de procès, il a lui-même été condamné à mort le 15 octobre 2014 pour «sédition», «désobéissance au souverain» et «port d’armes». Peu avant son arrestation, le cheikh al-Nimr s’était réjoui de la disparition du prince héritier Nayef Ben Abdel Aziz, le tenant pour responsable de la répression contre les chiites. Un an plus tôt, il s’était également prononcé en faveur d’une sécession des régions de Qatif et d’Al-Hassa et de leur rattachement au royaume chiite de Bahreïn.

Une nomination polémique
L’exécution d’Ali Mohammed al-Nimr intervient au plus mauvais moment pour Riyad. Car l’ambassadeur saoudien auprès des Nations Unies à Genève, Faisal bin Hassan Trad, occupe actuellement un poste important au sein de Conseil de Droits de l’homme. Longtemps passée inaperçue, sa nomination en juin à la tête du Groupe consultatif de l’institution a été dénoncée la semaine dernière par l’ONG, UN Watch. Ce poste aurait servi de lot de consolation aux Saoudiens qui ambitionnaient de prendre en 2016 la présidence du Conseil des droits de l’homme. À la tête du Groupe consultatif, Faisal bin Hassan Trad est chargé de sélectionner les experts indépendants envoyés sur le terrain. Toutefois, rassure le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU, la décision revient en dernier recours au président de l’organisation, l’Allemand Joachim Rücker.

Selon un décompte effectué par Human Rights Watch, plus de 80 personnes ont déjà été exécutées en Arabie saoudite depuis le début de l’année.


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