Islamophobie: C’est la faute à l’Occident, imbécile ! (When in doubt, blame the West)

28 septembre, 2014
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https://i0.wp.com/www.lemondejuif.info/wp-content/uploads/2014/07/DSCN1348.jpgJe suis tombé par terre, c’est la faute à Voltaire … Gavroche
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux …Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
In many respects, Iraq today looks tragically similar to the Iraq of 2006, complete with increasing numbers of horrific, indiscriminate attacks by Iraq’s al Qaeda affiliate and its network of extremists. Add to that the ongoing sectarian civil war in Syria — which is, in many aspects, a regional conflict being fought there — and the situation in Iraq looks even more complicated than it was in 2006 and thus even more worrisome — especially given the absence of American combat forces. David H. Petraeus (October 29, 2013)
La réalité est que, depuis 2002 et l’offensive alliée contre le régime Taliban d’Afghanistan et ses protégés djihadistes, Al-Qaïda relève plus du mythe que de la réalité. C’est un mythe qui a été entretenu par le fait que tout contestataire dans le monde musulman, quelles que soient ses motivations et ses objectifs, a bien compris qu’il devait se réclamer de l’organisation qui avait épouvanté l’Amérique s’il voulait être pris au sérieux. C’est un mythe qui a été entretenu par certains dirigeants des pays musulmans qui ont bien compris qu’ils devaient coller l’étiquette Al-Qaïda sur leurs opposants s’ils voulaient pouvoir les réprimer tranquillement. C’est enfin un mythe qui a été entretenu par les dirigeants et les médias d’un certain nombre de pays occidentaux pour légitimer leur politique sécuritaire intérieure et extérieure. Mais dans la galaxie salafiste, tout le monde sait bien que Al-Qaïda se résumait depuis 2003 à un Ben Laden réfugié dans un « resort » des services pakistanais et à un sentencieux Ayman Zawahiri distribuant les bons et les mauvais points de djihadisme et s’appropriant verbalement des actes de violence commis un peu partout dans le monde qu’il n’avait ni commandités, ni prescrits ni contrôlés. Il était difficile pour des djihadistes ambitieux de remettre en cause la figure emblématique de Ben Laden mais plus facile de s’affranchir de la tutelle morale de Zawahiri. En particulier pour des chefs de bande locaux qui n’avaient que faire du « djihad mondial » sans bénéfice immédiat et souhaitaient plutôt se bâtir un petit sultanat local où ils pourraient exercer un pouvoir sans partage et rançonner la population. C’est ce type de raisonnement, joint aux aléas des rivalités locales et des surenchères entre l’Arabie et le Qatar, qui a poussé un Abou Bakr al-Baghdadi à rejeter le parrainage d’Al-Qaïda et – comme on dit en France – à s’autoproclamer « Calife à la place du Calife ». (…) L’EIIL n’a pas « émergé » comme par miracle l’année dernière. Il est la filiation directe de ce que l’on appelait il y encore quelque temps « Al-Qaïda en Irak » ou « Al-Qaïda en Mésopotamie ». Cette organisation avait été elle-même formée en 2003 par Abou Moussaab al-Zarqawi, ancien membre d’Al-Qaïda rejeté par Ben Laden pour son aventurisme, à partir d’un groupe djihadiste préexistant dans le nord est de l’Irak et connu sous le nom de Ansar al-Islam (Partisans de l’Islam). Après la mort de Zarqawi tué dans un bombardement américain, l’organisation a été reprise en main par son chef actuel qui a continué de bénéficier du soutien actif des services saoudiens dans la perspective de s’opposer à la mainmise totale des chiites sur le pouvoir irakien et à la connivence de plus en plus marquée entre Baghdad et Téhéran. Les choses se sont compliquées début 2011 avec l’émergence des troubles en Syrie. Les services spéciaux saoudiens du Prince Bandar Ben Sultan et le Qatar se sont lancé dans des initiatives rivales pour accélérer la chute de Bashar el-Assad. Les Saoudiens ont organisé en Syrie l’émergence d’un front salafiste anti-régime sous la désignation de Jabhat al-Nosra tandis que les Qataris ont lancé une « OPA hostile » sur l’EIIL en diversifiant ses activités sur la Syrie en complément de l’Irak et en concurrence avec les autres groupes djihadistes. Et tout ce paysage confus s’est transformé à l’été 2013 quand le coup d’État feutré qui a eu lieu à Qatar a écarté l’Emir et son activiste Premier ministre et recentré les investissements de l’Émirat sur des activités économiques plutôt que politiques. Dans le même temps, à la lueur du désordre politique et social induit en Égypte par la gestion des Frères Musulmans, le cabinet royal saoudien – plutôt partisan d’un ordre régional apaisé et d’un système de coexistence plutôt que d’affrontement avec l’Iran – a repris la main sur les extrémistes du clan familial, écarté le Prince Bandar et ses partisans, apporté son soutien au coup d’État du Maréchal Sissi et, surtout, condamné et criminalisé les activités djihadistes au Levant. Brutalement privés de soutiens extérieurs significatifs, Jabhat el-Nosra et surtout l’EIIL se sont retrouvés condamnés à une fuite en avant, coincés sur place et contraints d’y trouver les ressources financières et militaires nécessaires à leur survie. Ce n’est pas par hasard que le premier objectif de l’EIIL dans sa fulgurante offensive du printemps dernier a été de s’emparer de la succursale de la banque centrale d’Irak à Mossoul pour y rafler près d’un demi-milliard de dollars en or et en billets. (…) Ces organisations fonctionnent sur un mode féodal et mafieux où des chefs de bandes locales prêtent allégeance au chef de l’organisation en fonction de leur intérêt du moment. Les frontières entre les mouvements sont donc poreuses mais avec les risques que cela comporte en cas de trahison. D’autre part il faut considérer qu’il existe en Syrie comme en Irak une multitude de groupes armés locaux, parfois à l’échelle du village, du quartier ou du groupe d’immeubles, à l’allégeance mal définie et qui se rallient à tel ou tel en fonction des circonstances et du profit à en espérer.(…) Pour l’instant l’EIIL dispose d’un trésor de guerre estimé à 2 milliards de dollars. Ce trésor repose essentiellement sur le racket de « l’impôt révolutionnaire », sur le contrôle d’un certain nombre de site d’extraction d’hydrocarbures, sur le pillage systématique et la revente sur le marché noir turc des matériaux de construction (souvent arrachés des maisons existantes), matériels industriels et agricoles, véhicules, objets volés dans les propriétés publiques et privées dans les zones contrôlées. Mais il faut se garder pour autant de considérer que l’EIIL dispose maintenant d’un budget annuel fixe et permanent. Le pillage de la succursale de la Banque Centrale d’Irak à Mossoul était un fusil à un coup. Il a été largement dilapidé dans la « location » de chefs de tribus sunnites d’Irak qui ont permis à l’EIIL sa rapide offensive du printemps. Le pillage des biens d’équipement sera bientôt tari par épuisement. De même que « l’impôt révolutionnaire » par suite de ruine ou exode des « assujettis ». Reste le contrôle des ressources pétrolières (vulnérables car les puits ne sont pas déplaçables) qui est soumis au bon vouloir des Turcs et d’un certain nombre d’intermédiaires irakiens, tous susceptibles de « retourner leur veste » en fonction de la conjoncture internationale. Bref, dans six ou huit mois, il ne restera plus grande chose et c’est là que se posera (s’il n’est pas réglé avant) le problème du retour vers leur pays d’origine des mercenaires et volontaires étrangers (Tchétchènes, Bosniaques, Maghrébins, Libyens, Saoudiens interdits de retour au royaume, et – en ce qui nous concerne – Européens.) (…) Al-Qaïda était un mouvement terroriste stricto sensu. C’est-à-dire un groupe restreint ayant une stratégie globale mais pas de tactique définie, mettant en œuvre des non-professionnels de la violence sacrifiables en vue de commettre dans le monde entier des attentats aveugles comme ils pouvaient, où ils pouvaient, quand ils pouvaient pourvu que la violence soit spectaculaire, médiatisée et porte la signature et le message de la mouvance. L’EIIL est, au contraire, une véritable armée de professionnels de la violence avec un chef, une mission, des moyens, un agenda et des objectifs précis dans un espace limité. Le seul fait de se désigner sous le nom d’Etat (Dawla) montre bien que ses responsables entendent se donner un ancrage institutionnel (al-Islami) et géographique (fil-Iraq wa ash-Sham). Ce n’était pas du tout le cas de Ben Laden, au moins dans sa version finale des années 1998-2001 qui prônait une violence déterritorialisée contre le monde entier. Mais qui dit État, dit chef de l’État et – en version islamique fondamentaliste – Calife. D’où l’initiative de Baghdadi qui vise aussi bien à faire un pied de nez aux Saoudiens, gardiens autoproclamés des Lieux saints qui l’ont abandonné et dont il conteste ainsi la légitimité, qu’à mettre l’ensemble des musulmans du monde en demeure de choisir leur camp en ayant à accepter ou rejeter son autopromotion. C’est ce qui explique qu’en se proclamant Calife, il abandonne aussitôt dans la dénomination du mouvement la référence territoriale à l’Irak et au Levant pour devenir « seulement » Etat Islamique (Dawlat al-Islami). Mais tout cela révèle plutôt des finasseries calculatrices de survie plutôt qu’une « vision globalisée du djihad ». (…) L’EIIL pose le même problème que l’Etat Taliban en Afghanistan, AQMI au Sahel, les Shebab en Somalie ou Boko Haram au Nigeria. Il s’agit d’armées constituées, souvent en uniforme ou portant des signes de reconnaissance, utilisant des matériels militaires, des véhicules dédiés, des implantations localisables, des moyens de communication identifiables. Cela relève à l’évidence d’une riposte militaire consensuelle et concertée face à laquelle on semble pourtant tergiverser. Pendant plus de dix ans, les Etats-Unis ont placé l’ensemble du monde musulman sous une loi permanente des suspects, détruit irrémédiablement plusieurs pays, espionné la planète entière – y compris leurs plus proches alliés et leurs concitoyens -, harcelé des millions de voyageurs dans les aéroports, multiplié les tortures et les internements illégaux au nom d’une « guerre globale contre la terreur » qui n’a ramené dans ses filets que quelques seconds couteaux et un Ben Laden « retiré des affaires ». Et aujourd’hui que sont parfaitement localisés avec précision une dizaine de milliers de djihadistes arborant fièrement leur drapeau, défilant dans les rues, égorgeant des citoyens américains devant les télévisions, éventrant médiatiquement femmes et enfants, jouant au foot avec les têtes de leurs ennemis, la Présidence américaine vient dire qu’elle « n’a pas encore de stratégie dans la lutte contre le djihadisme »…. Alain Chouet
Je ne pense pas qu’ils se soient retournés contre ces monstres qu’ils ont conçus, enfantés et nourris en armes, en argent, en combattants et en idéologie ! Ou du moins pas encore. Les deux organisations, Daech et Al-Nosra, sont le pur produit de l’idéologie salafiste wahhabite. Les pays occidentaux et leurs supplétifs du Golfe ainsi que la Turquie avaient, dès les premiers mois du déclenchement de la crise syrienne, opté pour armer l’opposition qu’ils avaient décrite comme «modérée». (…) L’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie n’avaient pas lésiné sur les moyens pour favoriser l’émergence de ces groupes terroristes. (…) Les pays qui avaient favorisé l’émergence de ce chaos indescriptible en Syrie, réalisant que le renversement du régime de Damas n’est plus accessible, craignant le retour des dizaines de milliers de djihadistes dans leurs pays respectifs, ont pris peur et commencent à se mobiliser contre eux. Mais ce retournement n’est jusqu’ici que verbal. (…) Officiellement, les Etats-Unis et leurs alliés et supplétifs n’ont cherché à éradiquer Daech que lorsque ce groupe a décapité des journalistes et des citoyens occidentaux d’une façon répugnante et barbare qui a choqué l’opinion publique. Ils ne pouvaient pas ne pas réagir, ou faire semblant de réagir. En s’emparant d’une grande partie du territoire irakien et de la deuxième ville du pays, Mossoul, en infligeant une défaite humiliante à l’armée irakienne et, enfin, en avançant vers le Kurdistan irakien, en s’attaquant aux minorités chrétienne, turkmène, yézidie… (…) Les mouvements qui prônent un pseudo djihad global, par opposition au djihad local, maîtrisent magistralement l’art de la communication et de la propagande, notamment sur les réseaux sociaux. Aqmi est actuellement sur la défensive. Elle est traquée et rejetée partout. Elle ne survit que grâce au racket, au crime organisé, à la contrebande et aux kidnappings générateurs de rançons que certains pays occidentaux continuent malheureusement à payer. Son projet idéologique, si l’on peut dire, n’attire pas grand monde. Il est donc normal que des dissensions apparaissent dans ses rangs. Pourchassée dans le Nord Mali, elle est actuellement repliée sur la Libye, un pays livré au chaos, aux milices armées et aux bandits de grands chemins. Il est normal, en période de repli, que des dissensions apparaissent mais sans lendemain. Il s’agit le plus souvent de disputes entre gangs autour d’un butin ou dans l’espoir d’accaparer une partie du butin saisi par Daech en Irak et évalué à quelque deux milliards de dollars. Je ne pense pas qu’il faudra accorder beaucoup de crédit à ces dissensions appelées à se multiplier. Le vrai danger c’est le chaos en Libye elle-même devenue le sanctuaire de nombreux terroristes ayant sévi en Syrie et en Irak et qui sont rentrés poursuivre leur combat sous des cieux plus cléments. (…) Cela signifie que ces deux pays ne cherchent pas réellement à éradiquer Daech. Car c’est actuellement la Syrie qui combat le plus efficacement ce fléau. Sans la contribution syrienne à la guerre contre ce monstre, Daech serait déjà en Jordanie, au Liban et à la frontière d’Israël. Il faut cependant discerner entre le refus médiatique et la coordination indirecte mais réelle pour faire barrage à cette organisation. Sur ce plan, une coordination réelle et efficace est engagée entre la Syrie et l’Irak. (…) Les Etats-Unis et la France, après avoir clamé que les jours de Bachar étaient comptés, ont quelque réticence à avaler leur chapeau, reconnaître leur erreur de jugement et retrouver le chemin de Damas. C’est une question de temps. Damas a déjà été approché par des émissaires français et américains pour reprendre une coopération secrète entre services. Mais ils se sont vu répondre que cette époque est bel et bien révolue et que si ces deux pays veulent réellement reprendre la coopération d’antan, il faudrait que ça se fasse à travers des structures diplomatiques. Donc pas avant la réouverture des ambassades américaine et française à Damas.(…) On a d’ailleurs remarqué que les pays du Maghreb, qui se disaient «amis du peuple syrien» (Maroc, Tunisie, Libye) n’avaient pas voulu participer à la conférence de Paris. Ils observent avec inquiétude le retour certain de leurs djihadistes qui sèment la terreur chez eux. C’est le cas également des pays occidentaux qui avaient fermé les yeux, voire encouragé le départ de ces djihadistes en Syrie et en Irak dans l’espoir de s’en débarrasser. A lire la presse occidentale, le retour de ces anciens de la Syrie, qui nous rappelle le retour des anciens d’Afghanistan, est le cauchemar de tous les services de sécurité, à tel point que pour certains analystes, la question n’est plus de savoir si ces terroristes vont passer à l’action en Europe même, mais quand et comment. C’est l’histoire de l’arroseur arrosé. (…) Il est certain que la coalition anti-Daech est actuellement inexistante. Elle est médiatique. Obama, qui ne veut pas terminer son deuxième mandat par une guerre, l’a dit ouvertement : c’est une guerre qui va durer des années. Conclusion : il cherche à épuiser la Syrie et l’Irak et à tout faire pour que ces deux pays retrouvent la place qui leur revient sur l’échiquier du Moyen-Orient. (…) C’est un secret de Polichinelle. Tous ces pays avaient juré la perte de l’Etat syrien. En armant ces mouvements djihadistes, ils pensaient ramener la Syrie dans le giron occidental, l’extraire de son alliance avec l’Iran, la Russie et la Chine et la contraindre à une paix au rabais avec Israël. Jusqu’ici, cette stratégie a lamentablement échoué. Et ces monstres qu’ils ont nourris vont se retourner contre eux. Le jour où les Américains vont constater les dégâts de cette stratégie sur leurs propres intérêts et sur les intérêts de leurs supplétifs du Golfe, ils vont arrêter la partie. On n’en est malheureusement pas encore là. (…) Je veux croire qu’il s’agit là d’une manœuvre du président Obama pour contraindre l’Arabie et les pétromonarchies du Golfe à «choisir leur camp» et à cesser leurs pratiques de double langage qui consiste à condamner verbalement le terrorisme tout en soutenant un peu partout dans le monde les groupes terroristes salafistes et les djihadistes en vue de neutraliser les initiatives démocratiques ou l’influence de l’Iran qu’ils considèrent comme également dangereuses pour le maintien de leur pouvoir.» Majed Nehmé
Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. (…) Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire. (…) Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le. Abou Mohammed al-Adnani (porte-parole de l’EI)
En cette année proclamée par les Nations Unies Année internationale de solidarité avec le peuple palestinien, Israël a choisi d’en faire l’année d’une nouvelle guerre de génocide contre le peuple palestinien. Mahmoud Abbas
Qatar couldn’t care less about the Muslim Brotherhood, it means nothing to them… there is nothing sentimental in this, » just cold, hard realpolitik. They are reassessing the strategic landscape… They realize that, particularly since the recent (ISIS) beheadings, there is a growing international sentiment against Islamism, political Islam, and they don’t want to find themselves on the wrong side,but whether this is permanent remains to be seen (…) If Qatar moves away from supporting the Muslim Brotherhood it’s also going to move away from Hamas, for the simple reason that all the Arabs states will say: ‘If you want to be pro-Palestinian you can support the Palestinian Authority.’ There is an alternative. Professor Hillel Frisch (Begin-Sadat Center for Strategic Studies)
Le but est la raison d’être même de cet Etat: propager la terreur. De plus, l’Etat Islamique dispose d’un véritable pouvoir de séduction, notamment par rapport à Al-Qaïda, grâce à ses ressources, à son statut autoproclamé d’Etat, ainsi qu’à sa parfaite utilisation des média et des réseaux sociaux. Ses succès militaires sont ainsi largement relayés et diffusés et participent de son rayonnement dans le monde. (…) Les services de renseignement et les spécialistes effectuent un énorme travail de repérage, mais il suffit qu’une seule personne passe à travers les mailles du filet pour semer la terreur et le chaos. Il y a actuellement plus de 900 français en Irak et en Syrie, prêts à revenir en France. De plus, le message audio de l’Etat Islamique est à mon sens un appel à l’insurrection lancé aux loups solitaires. Le porte-parole de Daech y enjoint tous ceux se sentant en empathie avec leur Etat à prendre les armes, ou, à défaut, à percuter les gens avec leur voiture, ou à les étrangler. Il s’agit d’un véritable appel au meurtre, visant à faire basculer les personnes fragiles psychologiquement ou isolées dans le terrorisme. On ne peut donc jamais être totalement prêt, car tout peut arriver. Les services font ce qu’ils peuvent pour prévenir ces risques, mais l’acte terroriste est par définition imprévisible. Le pire est toujours à attendre, malgré les progrès de la surveillance et la coopération internationale. Il suffit d’une personne influençable, d’un fou isolé, pour qu’un acte terroriste soit commis. Ce genre d’attentat est donc bien plus difficile à prévoir qu’une action coordonnée, structurée et financée par Al-Qaïda, par exemple. (…) Le terrorisme a énormément évolué, et un attentat comme celui du 11 septembre appartient au XXème siècle et n’arriverait plus aujourd’hui. Les Etats peuvent contrecarrer ce type d’action, et tout ce qui est organisé peut être déjoué puis puni par notre système législatif. Aujourd’hui, le terrorisme prend plutôt la forme du loup solitaire, un concept théorisé aux Etats-Unis par le FBI pour qualifier les attaques des groupuscules d’extrême-droite suprématistes. Ces groupes souhaitaient multiplier les actions terroristes, tout en limitant la possibilité d’arrestation. Ils ont donc commencé à créer de petites cellules, de une à trois personnes, très difficiles à identifier. Hugues Moutouh
Les autorités des pays du Golfe ont traîné des pieds face à Daech (le sobriquet en arabe de l’EI) « afin de ne pas trop heurter une partie de l’opinion publique séduite par la spectaculaire progression du groupe djihadiste, à un moment de crise d’identité des sunnites dans la région », explique le politologue Laurent Bonnefoy, chercheur au Ceri Sciences-Po.  Les monarchies de la région ont toutes les raisons d’être inquiètes : l’EI compterait dans ses rangs, selon certaines sources, plus de 5000 combattants originaires des pays du Golfe, dont quelque 4000 Saoudiens -Il ne faut pas oublier que 15 des 19 kamikazes des attentats du 11 septembre 2001 venaient d’Arabie saoudite. C’est pourquoi Riyad a tardé à s’engager militairement contre l’EI … L’Express
« Jeune-délinquant-Arabe-Syrie-attentat-France-terrorisme-antiterrorisme », toute l’artillerie sémantique est déballée afin de finir de nous convaincre que nous avons toutes les raisons d’avoir peur. Nemmouche n’est pas un monstre. C’est un sale type, narcissique et paumé, prêt à tout pour avoir son heure de gloire. Ses raisons d’aller en Syrie se rapprochaient probablement plus de celles qui, à un certain degré, mènent des adolescents américains à abattre toute leur classe ou certains de nos contemporains à participer à une émission de télé-réalité, qu’à une quelconque lecture du Coran. Ce qu’il incarne, c’est une forme particulièrement triviale de nihilisme. Il est, à cet égard, un pur produit occidental, labellisé et manufacturé par tout ce que la France peut faire subir à ses pauvres comme petites humiliations, stigmatisations et injustices. L’empilement sans fin de nouvelles lois antiterroristes en est l’une des facettes. In fine, tout le discours antiterroriste est ce qui auréole un Nemmouche de gloire. Sans cela, il aurait été considéré pour ce qu’il est, un pauvre type qui assassine des gens pour passer à la télé. En retour, on peut donner toujours plus de pouvoirs aux policiers et aux juges de l’antiterrorisme. Pouvoirs qui ne permettront évidemment pas d’arrêter plus de Nemmouche mais qui, en revanche, resserrent encore un peu plus le maillage policier et le contrôle de la population. Ces nouvelles prérogatives concernent des restrictions de circulation et d’expression pour certaines personnes dont le profil sera considéré à risque par un ou plusieurs Big Brothers bienveillants : la possibilité pour des parents d’inscrire leurs enfants aux fichiers des personnes recherchées ; une association de malfaiteur à une seule personne – un humour auquel Nemmouche sera des plus sensibles. Et, glissé subrepticement dans le tas, un arsenal de pénalisation de la cybercriminalité qui s’attaquera davantage à des initiatives de libre information comme WikiLeaks, plus qu’à des poseurs de bombe sur Internet. J’admets avoir commis une erreur en collaborant avec le service de police politique qu’est l’antiterrorisme. Cela va à l’opposé des positions et des combats que représente mon engagement de journaliste. Je m’en excuse auprès des familles de ceux que cette négligence a mis en danger. Pierre Torres ( ex-otage en Syrie)
Mon livre est provoqué par le fait que dans le système médiatique, dans les milieux intellectuels, chez les académiciens, il est accepté de cibler l’islam et les musulmans en général comme notre problème de civilisation (…) De Claude Guéant à Manuel Valls, sous la dissemblance partisane, d’une droite extrémisée à une gauche droitisée, nous voici donc confrontés à la continuité des obsessions xénophobes et, particulièrement, antimusulmanes (…) Aujourd’hui, et cela a été conquis de haute lutte, nous ne pouvons pas dire sans que cela provoque de réaction – il y a un souci de civilisation qui serait le judaïsme, les Juifs en France – . Eh bien je réclame la même chose pour ces compatriotes qui sont au coeur de ce qu’est notre peuple. (…) Je ne défends pas ceux qui trahissent leur religion en commettant des crimes, je défends nos compatriotes qui n’y sont pour rien et qui sont en même temps stigmatisés ou oubliés. Edwy Plenel
Sur ces questions Mandela a été très ferme (…) En 2001, aux Etats-Unis, lors d’une conversation avec Thomas Friedman, un journaliste américain spécialisé dans le Proche-Orient, il lui dira: « C’est peut-être étrange pour vous d’observer la situation en Palestine ou, plus exactement, la structure des relations politiques et culturelles entre les Palestiniens et les Israéliens, comme un système d’apartheid. »car, dit-il, « les Palestiniens ne luttent pas pour un « Etat » mais pour la liberté, la libération et l’égalité, exactement comme nous avons lutté pour la liberté en Afrique du Sud. » En revanche, il soulignait, sur les questions de la justice, de la terre, de l’occupation: « Israël a montré qu’il n’était pas encore prêt à rendre ce qu’il avait occupé en 1967, que les colonies restent, que Jérusalem est toujours sous souveraineté exclusivement israélienne et les Palestiniens n’ont pas d’Etat indépendant mais sont sous domination économique israélienne, avec un contrôle israélien des frontières, de la terre, de l’air, de l’eau, de la mer. (…) Israël, c’était  la conclusion de Mandela, ne pense pas à un « Etat » mais à une « séparation » avec des guillemets qui renvoient à l’apartheid. Je voudrais rappeler cela pour un peu déranger etmontrer l’actualité de ces combats. Edwy Plenel
Il ne s’agit pas ici de transformer Mandela en héraut du combat pour les droits nationaux des Palestiniens, même s’il n’a jamais fait mystère de son soutien à la lutte contre l’occupation israélienne. Mandela a toujours été, sur ce terrain, beaucoup plus en retrait que l’archevêque Desmond Tutu, qui depuis de longues années soutient la campagne internationale de boycott de l’État d’Israël, qu’il qualifie, à l’instar d’autres dirigeants sud-africains, d’État d’apartheid. Tel n’est pas le cas de Mandela, contrairement à ce que croient ceux qui ont pris pour argent comptant un “Mémo de Nelson Mandela à Thomas Friedman” dénonçant “l’apartheid israélien”, qui est en réalité un exercice de style rédigé par Arjan el-Fassed. Julien Salingue
The main purpose of the Mandela-memo was to respond in a satirical way to Thomas Friedman using the exact same style and even phrases he uses in his columns. Obviously, the ‘mock memo’ had been forwarded to several e-mail lists containing the memo, which originally included the title “Mandela’s First Memo to Thomas Friedman” and a byline “by Arjan El Fassed”, but eventually was forwarded without my name and sometimes without title. I posted the ‘mock memo’ myself on 30 March on an mailinglist of Al-Awda. Despite this, I’ve seen it several times being posted on the same list, something that gives you an idea of the lack of attention many people give to material they forward. In various posts I read, the subject title was changed for example, “Mandela supports…”, “must read”, etc. Perhaps it was wishful thinking. If Nelson Mandela would seriously have written to the New York Times, wouldn’t the New York Times just publish it? Moreover, I believe Nelson Mandela has better things to do then responding to columns written by Thomas Friedman. Arjan El Fassed
L’enquête progresse sur le document publié par Mediapart pour accuser Nicolas Sarkozy d’avoir reçu de l’argent de la Libye sous le régime de Kadhafi. Les derniers éléments recueillis par les juges d’instruction parisiens René Cros et Emmanuelle Legrand renforcent le soupçon d’une falsification, sans que l’origine d’un éventuel montage puisse à ce stade être précisée.(…) Dans un rapport remis aux juges le 7 juillet dernier, les gendarmes évoquent par ailleurs le témoignage d’un ancien diplomate devenu chercheur, spécialiste de la Libye, consulté sur la forme du document. Celui-ci leur a déclaré avoir « reçu les confidences d’un journaliste du Canard enchaîné » qui lui aurait indiqué que l’hebdomadaire satirique détenait la même note « depuis 2008 » mais qu’il n’avait pas souhaité le publier « par principe de précaution », eu égard aux incertitudes sur son authenticité. Hervé Gattegno (Vanity Fair)
« Il y a un problème de l’islam en France », n’hésite pas à proclamer un académicien, regrettant même « que l’on abandonne ce souci de civilisation au Front national ». À cette banalisation intellectuelle d’un discours semblable à celui qui, avant la catastrophe européenne, affirmait l’existence d’un « problème juif » en France, ce livre répond en prenant le parti de nos compatriotes d’origine, de culture ou de croyance musulmanes contre ceux qui les érigent en boucs émissaires de nos inquiétudes et de nos incertitudes. L’enjeu n’est pas seulement de solidarité mais de fidélité. Pour les musulmans donc, comme l’on écrirait pour les juifs, pour les Noirs et pour les Roms, ou, tout simplement, pour la France.» Edwy Plenel
C’est notre voix, à ceux qui ne sont pas musulmans, qui manque (…) Avant de leur dire « montrez que vous êtes contre le terrorisme », à nous de montrer que nous combattons toute cette islamophobie, bienséante, banale qui se répand hélas trop souvent dans le débat public. Edwy Plenel
Dans cet ouvrage en forme de brûlot contre les idées reçues, le journaliste s’élève adroitement contre le poncif selon lequel, citant dans le texte l’académicien Alain Finkielkraut, « il y a un problème de l’islam en France ». Cet essai démasque notamment les tentatives dispersées d’une essentialisation « en bloc ». Dont la conséquence pratique consiste à figer « tout ce qui ressort, peu ou prou, de l’islam dans une menace indistincte », légitimant au passage « l’exclusion et l’effacement » de nos compatriotes musulmans. Tout en constatant le « poids d’un passé colonial jamais vraiment soldé », l’auteur prend le contre-pied de la doxa xénophobe en jugeant que « la question musulmane détient aujourd’hui la clé de notre rapport au monde et aux autres ». L’Humanité
Un de nos compatriotes, tombé entre les mains d’un groupe de barbares fanatisés, vient d’être assassiné et a rejoint ainsi la liste des otages qui ont servi d’exutoire au nom d’un prétendu islam dans lequel aucun de nous ne se reconnaît nullement. Nous musulmans de France, ne pouvons qu’exprimer notre répulsion et dénoncer avec la dernière énergie des crimes abominables perpétrés au nom d’une religion dont les fondements mêmes sont la paix, la miséricorde et le respect de la vie. Nous dénions à ces êtres sauvages le droit de se revendiquer de l’islam et de s’exprimer en notre nom. Les supplices et la mort qu’ils ont infligés à nos frères chrétiens, yazidis ou musulmans, en Syrie, en Irak, au Nigeria et ailleurs, nous ont révulsés et nous ont rendus encore plus malheureux de ne pouvoir faire rien d’autre que d’exprimer notre solidarité et notre immense compassion. Faut-il pour autant se contenter d’exprimer notre solidarité sans aller plus loin dans l’expression de notre fraternité? Non! Car il est de notre devoir, au nom précisément de cette religion de paix et du véritable islam, d’appeler tous les musulmans qui veulent rester fidèles à ces valeurs cardinales, à exprimer, là où ils sont et quelles que soient les circonstances, leur dégoût devant cette ultime manifestation de la barbarie. Certes, cette majorité de musulmans n’est pas toujours audible, faute d’avoir accès aux médias, ou dans l’incapacité de créer elle-même ses propres outils de communication, pour rétablir l’image déformée que l’on renvoie d’eux et qui en fait soit des djihadistes, soit des fondamentalistes mais jamais des citoyens ordinaires soucieux de vivre leur foi dans le cadre des lois de la République et de sauvegarder les traditions et les cultures qui constituent chaque citoyen français dans la diversité de ses origines. Collectif de musulmans
 Les musulmans de France font bloc contre le terrorisme et la « barbarie » La Croix
On se souvient, il y a quelques semaines, des 500 manifestations organisées en France pendant l’opération défense israélienne ‘’bordure protectrice’’. L’immense majorité des protestataires dans ces cortèges étaient de confession musulmane. La haine, la rage contre Israël, les juifs et la France était partout bien présente, palpable, ce n’est plus à démontrer aujourd’hui.(…) En revanche, lorsqu’il s’agit comme hier pour les musulmans de protester contre la barbarie de l’Etat islamiste et des djihadistes, de protester contre le meurtre abject d’Hervé Gourdel, il n’y a exactement P.E.R.S.O.N.N.E. Devant la grande mosquée de Paris, il devait en effet y avoir tout au plus 300 individus qui, si on retire les journalistes, politiques et autres bobos Ve arrondissement, il ne devait y avoir guère plus d’une centaine de musulmans, c’est-à-dire grosso modo ceux sortant de la prière de la grande mosquée de Paris le vendredi. Pourtant, comme d’habitude, la propagande médiatique a fonctionné à plein régime afin de promouvoir cet évènement. En 24h, tous les journalistes ont appelé à cette manifestation sur toutes les chaines, dans tous les journaux : bilan 300 personnes. Si on considère qu’il y a près de 2000 djihadistes ‘’français’’ auprès de l’Etat islamique, le nombre de manifestants était bien moindre, ce qui est dramatique, alors qu’il y a en France des millions de musulmans. Europe-Israël
C’est bien Obama et non Bush qui a interrompu le processus de stabilisation existant en Irak depuis le « surge » de 2008 en quittant l’Irak avec précipitation et en laissant tout le pouvoir aux chiites inféodés à l’Iran, ce qui a démantelé tout l’effort entamé par David Petraeus commencé sous Bush et gagné en faisant alliance avec les tribus sunnites. C’est bien Obama et non Bush qui a laissé faire en Syrie en 2013, refusant d’armer les résistants dits « laïcs », et fermant les yeux sur le financement des groupes islamistes (dont l’ancêtre de l’E.I actuel) opéré par l’Arabie Saoudite et le Qatar aujourd’hui apeurés de voir leur pouvoir féodal vaciller sous les coups de boutoir d’un mouvement islamique parfaitement fidèles aux critères historiques de l’islam depuis le début, l’islam étant par exemple une religion de « paix » dans la mesure où l’on accepte de vivre sous son joug : « que la paix (de l’islam) soit avec toi » voilà ce que veut dire son salut et non pas cette pâle imitation du christianisme, certains imams parlant même « d’amour » ce qui est d’un risible sans pareille lorsque l’on observe le nombre infime d’occurrence en la matière dans leur texte sacré… Que l’Occident soit à l’heure actuelle son défenseur intransigeant (à coup de drones également) en dit long non seulement sur son masochisme mais surtout sa prétention à transformer tout taureau radical en boeuf aseptisé. En tout cas il semble bien qu’il n’existe pas d’islam modéré comme il n’a pas existé de communisme modéré, à moins d’abandonner la dictature du prolétariat, ou la « charia » comme le veulent certains en Tunisie, au Maroc, en Égypte, au Yémen… Wait and see. Lucien SA Oulahbib

C’est la faute à Voltaire !

Alors qu’à coup de « selfies sanglants » les bouchers djihadistes lâchés dans la nature par l’Administration Obama appellent nos concitoyens, de ce côté comme de l’autre côté  de l’Atlantique, à littéralement « égorger nos fils et nos compagnes » …

Pendant qu’à la tribune de l’ONU, nos amis palestiniens dénoncent une « nouvelle guerre de génocide » lancée devinez par qui et que sans compter la perspective de l’arrivée du virus ébola à La Mecque, les argentiers du jihad tremblent eux aussi à Riadh comme à Doha devant les effets en retour du virus salafiste que depuis des décennies ils propagent de par leur monde …

Et qu’après les quelque 500 manifestations contre « l’horreur barbare » à Gaza de l’été et la massive manifestation d’au moins 300 personnes à la sortie de la Grande Mosquée de Paris de vendredi, « les musulmans de France font bloc contre le terrorisme et la ‘barbarie’  » …

Comment ne pas voir, avec l’ancien journaliste trotskyste et autre notoire maitre-faussaire à ses heures perdues Edwy Plenel ou le journaliste et ancien otage en Syrie Pierre Torres …

La grande faute d’un Occident dominateur et colonialiste face à ces nouveaux juifs que sont aujourd’hui les musulmans, pourchassés de la Syrie à l’Irak et de l’Afrique à nos banlieues ?

Edwy Plenel : misère du trotsko-djihadisme
Pour Mediapart, l’Occident est coupable de tout
Luc Rosenzweig
Causeur
25 septembre 2014

Le fondateur de Médiapart, en opération de promotion de son dernier opus Pour les musulmans, promène sa moustache et son sourire crispé sur les plateaux de télévisions et dans les studios des principales radios. Son message est simple : tout le mal qui advient aujourd’hui dans ce bas monde est le résultat, en dernière instance, de l’indignité de l’homme blanc dominateur, marqué pour l’éternité de la flétrissure colonialiste, qui se transmet de génération en génération. Les musulmans sont, de son point de vue, les victimes absolues de ce désordre universel, en Irak, en Syrie, comme dans les banlieues de nos métropoles. J’exagère ? Ceux qui ont regardé « Ce soir ou jamais », le soir du 19 septembre, on pu le voir voler au secours de l’ex-otage en Syrie Pierre Torres, qui avait écrit, dans une tribune publiée par Le Monde : « Mohammed Nemmouche est un pur produit occidental, labellisé et manufacturé par tout ce que la France peut faire subir à ses pauvres comme petites humiliations, stigmatisations et injustices. L’empilement sans fin de nouvelles lois antiterroristes en est l’une des facettes. ». Interpellé à ce sujet par Elisabeth Lévy, avant que Torrès ait pu bredouiller un semblant de justification, Plenel s’exclame : « C’est le passage le plus fort et le plus digne de ce texte ! ». Ce tortionnaire d’Alep, ce tueur de juifs de Bruxelles est donc « notre monstre », à qui il est même dénié d’avoir plus d’autonomie de pensée et d’action que celle octroyée par Mary Shelley à la créature du docteur Frankenstein.

Le jeudi suivant, c’est le jour d’Edwy aux « Matins » de France Culture, où l’excellent Marc Voinchet lui offre un créneau hebdomadaire pour administrer aux auditeurs une dose concentrée de ses délires idéologiques. Ce jeudi là, le 25 septembre 2014, la France est sous le choc de l’assassinat, par égorgement, du guide de haute montagne Hervé Gourdel par les émules algériens de Daech. Comment allait-il s’en sortir ? Difficile, dans ce cas là, de mettre la barbarie des assassins sur le compte des misères subies par des jeunes victimes de harcèlement policier, de contrôles au faciès à répétition, de déréliction sociale dans des cités-ghettos. Lorsque l’actualité vous envoie un uppercut, il convient, en bonne logique plenelienne, de botter en touche dans le champ de l’Histoire : «  C’est reparti comme en 14 !» claironne Edwy. Le scandale du jour, pour lui, ce n’est pas l’assassinat de sang froid, dans des conditions horribles d’un guide de montagne accompagnant des alpinistes algériens dans le massif du Djurdjura, mais l’union nationale, sincère et spontanée, qui s’est révélée pour condamner ce crime, et le soutien quasi-unanime de la classe politique française à la riposte militaire aux égorgeurs de Daech. L’émotion légitime qui nous étreint relève, selon lui d’un « bourrage de crâne » à l’image de celui, dénoncé jadis par les fondateurs du Canard Enchaîné, en 1915, en pleine guerre de 14… À propos de bourrage de crâne, Plenel passe bien évidemment sous silence celui subi par ces jeunes déboussolés qui vont chercher dans le djihad un sens à leur mort. Nous sommes « historiquement » forcément coupable de tout, y compris de la guerre de religion qui oppose les sunnites au chiites dans un affrontement sauvage qui dure depuis près de trente ans au Moyen-Orient. Plenel, et ses amis de Mediapart condamnent toutes les opérations conduites pour limiter l’expansion de cette idéologie mortifère, au Mali, comme en Irak. Ce n’est pas la conduite stratégique et tactique de ces interventions qui sont critiquées – ce qui est parfaitement légitime – mais leur principe même. Quoi que nous fassions, c’est le mal, renversement de la vision binaire et manichéenne des Ronald Reagan et George W. Bush…

Plenel veut de l’Histoire ? On va lui en donner. Plongeons-nous, par exemple dans le passé du trotskisme, dont il persiste à se réclamer, dans sa version «  culturelle », sinon organisationnelle. L’estampille stalinienne de l’expression « hitléro-trotskiste » ne doit pas nous empêcher, comme l’ont fait tous les historiens sérieux, de revisiter le passé de cette mouvance pendant la Seconde guerre mondiale. Dès 1938, le ton est donné par le patron, Léon Trotsky, dans son article «  La lutte anti-impérialiste » : « Il règne aujourd’hui au Brésil un régime semi-fasciste qu’aucun révolutionnaire ne peut considérer sans haine. Supposons cependant que, demain, l’Angleterre entre dans un conflit militaire avec le Brésil. Je vous le demande : de quel côté sera la classe ouvrière ? Je répondrai pour ma part que, dans ce cas, je serai du côté du Brésil “fasciste” contre l’Angleterre “démocratique”. Pourquoi ? Parce que, dans le conflit qui les opposerait, ce n’est pas de démocratie ou de fascisme qu’il s’agirait. Si l’Angleterre gagnait, elle installerait à Rio de Janeiro un autre fasciste, et enchaînerait doublement le Brésil. Si au contraire le Brésil l’emportait, cela pourrait donner un élan considérable à la conscience démocratique et nationale de ce pays et conduire au renversement de la dictature de Vargas ». Après l’assassinat de Trotsky, ses émules de la IVème internationale mettront cette ligne en application, en substituant l’Allemagne hitlérienne au Brésil. Les trotskistes français, dans leur grande majorité1, et jusqu’à la Libération pratiqueront l’entrisme dans les partis collaborationnistes, notamment le Rassemblement national populaire de Marcel Déat, et prôneront le « défaitisme révolutionnaire » face à l’Allemagne nazie. Voici ce qu’on pouvait lire dans La Vérité, organe du mouvement trotskyste, le 22 août 1944, alors que la bataille pour vaincre Hitler faisait rage. Sous le titre «  Pourquoi nous n’avons pas adhéré à la Résistance », on peut lire cette adresse à la classe ouvrière française : « Nous savons que ce programme n’est pas le vôtre. Vous croyez devoir maintenir votre Union Sacrée avec les partis de la bourgeoisie, et prendre à votre compte leurs buts de guerre. Nous croyons qu’une telle politique creuse le fossé entre les ouvriers français et allemands, qu’elle a, entre autres résultats celui de souder les ouvriers allemands autour de leur propre bourgeoisie, de prolonger par là l’existence de Hitler, de paralyser la révolution en Allemagne et en Europe ».

Les temps ont changé, mais l’esprit reste le même : l’ennemi, ce n’est pas le fasciste, aujourd’hui le djihadisme massacreur et égorgeur, mais ceux qui s’unissent pour le combattre.

Une poignée de militants trotskistes, dont le plus connu est David Rousset, rompirent avec cette ligne aberrante, participèrent à la Résistance, notamment dans le travail militant en direction des soldats allemands. Certains d’entre eux furent fusillés et déportés. Mais, comme les poissons volants, ils ne constituent pas la majorité de l’espèce… ↩

Voir également:

Islam : Edwy Plenel publie un plaidoyer « Pour les musulmans »
Le journaliste et essayiste Edwy Plenel publie un livre-plaidoyer contre ceux qui stigmatisent les musulmans de France.
RTL  avec AFP
16/09/2014

Edwy Plenel lance « un cri d’alarme et un geste de solidarité » pour les musulmans de France. Dans son livre-plaidoyer « Pour les musulmans » (éd. La Découverte), qui sort jeudi 18 septembre, le journaliste et essayiste fustige ceux qui ciblent l’islam « comme notre problème de civilisation ».

C’est une petite phrase du philosophe Alain Finkielkraut qui a suscité l’ire du fondateur du site d’information Mediapart et l’a conduit à rédiger ce court essai « à contre-courant », tracé d’une plume vive et engagée: « Il y a un problème de l’islam en France ».

« Mon livre est provoqué par le fait que dans le système médiatique, dans les milieux intellectuels, chez les académiciens, il est accepté de cibler l’islam et les musulmans en général comme notre problème de civilisation », explique Edwy Plenel.

L’auteur poursuit de sa vindicte l’ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant, qui avait considéré comme un problème « l’accroissement du nombre des fidèles » musulmans – ils seraient 3,5 à 5 millions en France selon les estimations. Ou encore Manuel Valls qui, avant d’accéder à Matignon, avait selon Edwy Plenel posé la question « de la compatibilité de l’islam avec la démocratie ».

« De Claude Guéant à Manuel Valls, sous la dissemblance partisane, d’une droite extrémisée à une gauche droitisée, nous voici donc confrontés à la continuité des obsessions xénophobes et, particulièrement, antimusulmanes », écrit le pamphlétaire.

Le titre de son ouvrage renvoie à « Pour les Juifs », article qu’Emile Zola rédigea en 1896, vingt mois avant son fameux « J’accuse » en défense du capitaine Dreyfus. « Aujourd’hui, et cela a été conquis de haute lutte, nous ne pouvons pas dire sans que cela provoque de réaction +il y a un souci de civilisation qui serait le judaïsme, les Juifs en France+. Eh bien je réclame la même chose pour ces compatriotes (musulmans, NDLR) qui sont au coeur de ce qu’est notre peuple », dit Edwy Plenel, précisant que son livre aurait pu s’intituler « Pour les minorités » ou « Pour la France ».

« Je ne défends pas ceux qui trahissent leur religion en commettant des crimes, je défends nos compatriotes qui n’y sont pour rien et qui sont en même temps stigmatisés ou oubliés », confie l’essayiste. Tout en rêvant d’un retour à la « laïcité originelle » inscrite dans la loi de 1905 qui, « loin d’une crispation face à l’affirmation des cultes minoritaires, signifiait leur reconnaissance », écrit-il.

« J’ai commis l’erreur de collaborer avec les services de l’antiterrorisme français »
Pierre Torres (Journaliste, ancien otage en Syrie)
Le Monde
17.09.2014

Juin 2014, me voilà au siège de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) avec mes anciens co-otages. Nous sommes face à plein de gens sûrement très importants qui nous expliquent en chœur qu’ils ont Nemmouche et qu’il était peut-être l’un de nos geôliers en Syrie. Ils précisent que, en théorie, ils ont la possibilité de le garder encore des jours et des jours mais que bon, comme ils l’ont déjà depuis un moment, ils vont devoir le refourguer aux Belges.

On sait que la police peut à peu près tout faire avec ceux que l’on soupçonne d’être terroristes, mais là, il y aurait urgence et il faut que nous rappliquions dare-dare pour déposer. Certes, l’oiseau en question n’est pas près de s’envoler et quand bien même il aurait participé à mon enlèvement, quoi qu’il arrive, il n’est pas tout à fait près de sortir de prison. Mon témoignage n’a donc non seulement aucun intérêt pratique à ce moment-là, mais il n’en a aucun dans l’absolu.

GRAVITÉ DE LA SITUATION

Parmi nos hôtes d’importance, Camille Hennetier, procureure, qui dirige le parquet antiterroriste. Elle nous promet qu’aucune instruction ne sera ouverte contre ce suspect, au sujet de notre enlèvement, tant qu’un danger pèsera sur les otages occidentaux. Elle attendra que la crise soit finie. Elle comprend la gravité de la situation. Elle nous rassure.

Trois mois s’écoulent jusqu’à ce qu’une lecture audacieuse de l’actualité pousse on ne sait qui à décréter que le temps était venu de révéler le contenu de nos dépositions. Qu’il est facile d’être audacieux lorqu’on n’est pas en Syrie enfermé entre quatre murs !

Depuis l’assassinat de James Foley, le 19 août, de nombreuses informations ont fuité et de nombreux mensonges ont été proférés. Cela au détriment des familles de ceux encore détenus en Syrie. Les mensonges peuvent émaner de n’importe qui, pas les fuites. Ou plutôt si, nos dépositions ont pu fuiter par n’importe quel bout de l’antiterrorisme français mais pas sans l’aval et l’intérêt de tous.

Aux questions telles que : « Reconnaissez-vous Medhi Nemmouche ? Est-il le sarcastique et pétulant jeune homme que l’on dit ? », il me faut répondre par une autre question : pourquoi le parquet, la Direction générale de la sécurité intérieure ou on ne sait quel juge, donnent-il accès à des dépositions qui, un jour ou l’autre, seront légalement rendues publiques ? Lequel d’entre eux a-t-il perdu à Action ou vérité ?

OPÉRATION DE PROMOTION

Cela relève évidemment de l’opération de promotion. Promotion de quoi ? Nous ne le savons pas encore – promouvoir la nouvelle loi antiterroriste en discussion au Parlement, démontrer que « les services » servent à autre chose qu’à mettre en examen des adolescentes de 14 ans « pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » –, nous verrons bien. Ce qui est certain, c’est que la seule chose qui puisse justifier la mise en danger des autres otages, c’est que quelqu’un ou quelque institution policière a vu là la possibilité de se faire mousser.

Du point de vue des organisateurs de cette fuite, l’opération a bien fonctionné. « Jeune-délinquant-Arabe-Syrie-attentat-France-terrorisme-antiterrorisme », toute l’artillerie sémantique est déballée afin de finir de nous convaincre que nous avons toutes les raisons d’avoir peur. Nemmouche n’est pas un monstre. C’est un sale type, narcissique et paumé, prêt à tout pour avoir son heure de gloire. Ses raisons d’aller en Syrie se rapprochaient probablement plus de celles qui, à un certain degré, mènent des adolescents américains à abattre toute leur classe ou certains de nos contemporains à participer à une émission de télé-réalité, qu’à une quelconque lecture du Coran. Ce qu’il incarne, c’est une forme particulièrement triviale de nihilisme. Il est, à cet égard, un pur produit occidental, labellisé et manufacturé par tout ce que la France peut faire subir à ses pauvres comme petites humiliations, stigmatisations et injustices. L’empilement sans fin de nouvelles lois antiterroristes en est l’une des facettes.

In fine, tout le discours antiterroriste est ce qui auréole un Nemmouche de gloire. Sans cela, il aurait été considéré pour ce qu’il est, un pauvre type qui assassine des gens pour passer à la télé. En retour, on peut donner toujours plus de pouvoirs aux policiers et aux juges de l’antiterrorisme. Pouvoirs qui ne permettront évidemment pas d’arrêter plus de Nemmouche mais qui, en revanche, resserrent encore un peu plus le maillage policier et le contrôle de la population.

Ces nouvelles prérogatives concernent des restrictions de circulation et d’expression pour certaines personnes dont le profil sera considéré à risque par un ou plusieurs Big Brothers bienveillants : la possibilité pour des parents d’inscrire leurs enfants aux fichiers des personnes recherchées ; une association de malfaiteur à une seule personne – un humour auquel Nemmouche sera des plus sensibles. Et, glissé subrepticement dans le tas, un arsenal de pénalisation de la cybercriminalité qui s’attaquera davantage à des initiatives de libre information comme WikiLeaks, plus qu’à des poseurs de bombe sur Internet.

J’admets avoir commis une erreur en collaborant avec le service de police politique qu’est l’antiterrorisme. Cela va à l’opposé des positions et des combats que représente mon engagement de journaliste. Je m’en excuse auprès des familles de ceux que cette négligence a mis en danger.

Voir encore:

Le masque est définitivement tombé. Fiasco absolu de la manifestation des musulmans contre le meurtre d’Hervé Gourdel et la barbarie de l’Etat islamique (photos)
Europe-Israël
sept 27, 20149

On se souvient, il y a quelques semaines, des 500 manifestations organisées en France pendant l’opération défense israélienne ‘’bordure protectrice’’. L’immense majorité des protestataires dans ces cortèges étaient de confession musulmane. La haine, la rage contre Israël, les juifs et la France était partout bien présente, palpable, ce n’est plus à démontrer aujourd’hui.

On se souvient également des très nombreux débordements des supporters algériens pourtant ‘’français’’, descendant par centaines de milliers dans les rues des villes de France et occasionnant, comme toujours, de nombreuses exactions sur les biens et sur les personnes.

On se souvient enfin des prières de rue qui mobilisaient des milliers d’individus, occupant sans vergogne des rues entières au mépris des lois, de la culture française et du bien-être des habitants locaux.

En revanche, lorsqu’il s’agit comme hier pour les musulmans de protester contre la barbarie de l’Etat islamiste et des djihadistes, de protester contre le meurtre abject d’Hervé Gourdel, il n’y a exactement P.E.R.S.O.N.N.E.

Devant la grande mosquée de Paris, il devait en effet y avoir tout au plus 300 individus qui, si on retire les journalistes, politiques et autres bobos Ve arrondissement, il ne devait y avoir guère plus d’une centaine de musulmans, c’est-à-dire grosso modo ceux sortant de la prière de la grande mosquée de Paris le vendredi.
Pourtant, comme d’habitude, la propagande médiatique a fonctionné à plein régime afin de promouvoir cet évènement. En 24h, tous les journalistes ont appelé à cette manifestation sur toutes les chaines, dans tous les journaux : bilan 300 personnes.
Si on considère qu’il y a près de 2000 djihadistes ‘’français’’ auprès de l’Etat islamique, le nombre de manifestants était bien moindre, ce qui est dramatique, alors qu’il y a en France des millions de musulmans.

La situation est donc claire et les masques sont définitivement tombés. Il n’est en aucun cas outrancier de dire que les musulmans vivant en France n’ont aucune intention de protester contre l’ignoble Etat islamique et par conséquent, à des degrés divers, se sentent solidaires de celui-ci.

Un collectif de musulmans de France : «Nous sommes aussi de “sales Français”»
Home FIGARO VOX Vox Societe
Par vidéos FigaroVox
25/09/2014

FIGAROVOX/TRIBUNE- Ils sont médecins, politiques, avocats, français et musulmans. Ils expriment avec la plus grande force la répulsion que leur inspire l’assassinat d’Hervé Gourdel.

Bariza Khiari (première vice-présidente du Sénat), Madjid Si Hocine (médecin et militant associatif), Saad Khiari (cinéaste-auteur), Ghaleb Bencheikh (président de la conférence mondiale des religions pour la paix), Farid Yaker (président du Forum France Algérie), Kamel Meziti (écrivain), Dounia Bouzar (anthropologue du fait religieux), Said Branine (journaliste rédacteur en chef d’Oumma.com), Humeyra Filiz (représentante de l’EMISCO auprés du conseil de l’Europe), l’ONG COJEP internationale, Anissa Meziti (présidente de l’association Agir contre le racisme), Abderahim Hamdani ( financier), Yasser Khaznadar (gériatre), Marwane Ben Yahmed (directeur de la publication de Jeune Afrique), Elie Melki (traducteur), Majed Nehmé (directeur de la rédaction d’Afrique Asie), Adel Kachermi (courtier en aviation), Kamel Kabtane (recteur de la Mosquée de Lyon), Faycal Megherbi (avocat au barreau de Paris), Kamel Maouche (avocat au barreau de Paris)

Un de nos compatriotes, tombé entre les mains d’un groupe de barbares fanatisés, vient d’être assassiné et a rejoint ainsi la liste des otages qui ont servi d’exutoire au nom d’un prétendu islam dans lequel aucun de nous ne se reconnaît nullement. Nous musulmans de France, ne pouvons qu’exprimer notre répulsion et dénoncer avec la dernière énergie des crimes abominables perpétrés au nom d’une religion dont les fondements mêmes sont la paix, la miséricorde et le respect de la vie.

Nous dénions à ces êtres sauvages le droit de se revendiquer de l’islam et de s’exprimer en notre nom. Les supplices et la mort qu’ils ont infligés à nos frères chrétiens, yazidis ou musulmans, en Syrie, en Irak, au Nigeria et ailleurs, nous ont révulsés et nous ont rendus encore plus malheureux de ne pouvoir faire rien d’autre que d’exprimer notre solidarité et notre immense compassion.

Faut-il pour autant se contenter d’exprimer notre solidarité sans aller plus loin dans l’expression de notre fraternité? Non! Car il est de notre devoir, au nom précisément de cette religion de paix et du véritable islam, d’appeler tous les musulmans qui veulent rester fidèles à ces valeurs cardinales, à exprimer, là où ils sont et quelles que soient les circonstances, leur dégoût devant cette ultime manifestation de la barbarie.

Certes, cette majorité de musulmans n’est pas toujours audible, faute d’avoir accès aux médias, ou dans l’incapacité de créer elle-même ses propres outils de communication, pour rétablir l’image déformée que l’on renvoie d’eux et qui en fait soit des djihadistes, soit des fondamentalistes mais jamais des citoyens ordinaires soucieux de vivre leur foi dans le cadre des lois de la République et de sauvegarder les traditions et les cultures qui constituent chaque citoyen français dans la diversité de ses origines.

Nous, Français de France et de confession musulmane, tenons à exprimer avec force notre totale solidarité avec toutes les victimes de cette horde de barbares, soldats perdus d’un prétendu État islamique, et dénonçons avec la dernière énergie toutes les exactions commises au nom d’une idéologie meurtrière qui se cache derrière la religion islamique en confisquant son vocabulaire.

Personne ne peut s’arroger le droit de s’exprimer en notre nom, et, pour mieux attester de notre solidarité dans les circonstances dramatiques actuelles, nous revendiquons l’honneur de dire que «nous sommes aussi de sales Français».

Voir de plus:

Les musulmans de France font bloc contre le terrorisme et la « barbarie »
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées vendredi 26 septembre en début d’après-midi devant la Grande Mosquée de Paris en hommage à Hervé Gourdel, l’otage français assassiné mercredi 24 septembre.
Lucie Gruau
La Croix
26/9/14

Contrairement à leurs voisins britanniques qui ont choisi Internet et la campagne Not in my name  (pas en mon nom) pour faire entendre leur voix, les musulmans de France ont préféré se rassembler, vendredi 26 septembre, devant un lieu hautement symbolique : la Grande Mosquée de Paris.

Dire non au terrorisme
Pendant qu’à l’intérieur, certains prient, plusieurs centaines de personnes investissent bientôt la place du puits de l’ermite. Toutes les générations sont représentées dans l’assemblée, les jeunes y côtoient les anciens.

Tous sont venus là pour dire « non au terrorisme » et rendre hommage à Hervé Gourdel, l’otage français assassiné par le groupe djihadiste algérien Jund al-Khilafa (les soldats du califat). « L’annonce de cet assassinat m’a énormément touché, raconte Fatia. Ces gens-là ne sont pas des musulmans, ils n’ont rien en commun avec nous ! ».

Un message de paix
Karim et Mohamad, deux amis trentenaires, discutent un peu plus loin sur le trottoir. « On est là par solidarité mais c’est comme si nous musulmans on devait toujours se justifier, et expliquer sans cesse qu’on est contre ce genre de barbarie », regrettent-ils.

Sadek, quarante ans, préfère rester à l’écart de l’agitation. « Je veux faire passer un message de paix, explique-t-il. Quelle que soit notre religion, nous sommes avant tout des êtres humains. »

Unité nationale
Partageant cette idée, certains chrétiens, comme Françoise, ont aussi fait le déplacement pour apaiser le climat actuel, « très tendu ». « Je suis là parce que j’ai des amis musulmans et je ne veux pas d’un climat soupçonneux à leur égard », lance-t-elle alors que la foule se met à scander « Daech assassin ! ».

Sur le parvis de la mosquée, apparaissent alors plusieurs personnalités politiques et religieuses. Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) et recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, est le premier à prendre la parole : « Ce rassemblement, c’est l’expression forte et vivante de notre volonté d’unité nationale et de notre volonté inébranlable de vivre ensemble ».

« Je ne partage pas votre foi mais je la respecte »
Mgr Michel Dubost, évêque d’Evry et président du conseil pour les relations interreligieuses à la Conférence des évêques de France (CEF) s’adresse alors aux musulmans présents. « Je suis là pour vous dire de redresser la tête, soyez fiers de ce que vous faites, lance-t-il à la foule. Je ne partage pas votre foi mais je la respecte. »

Puis vient le tour de la maire de Paris, Anne Hidalgo (PS) qui rappelle devant le public que « la communauté nationale ne se laissera pas diviser ».

Voir aussi:

« Le message de l’Etat Islamique est un appel à l’insurrection lancé aux loups solitaires« 
Wladimir Garcin
Le Figaro
22/09/2014

Pour Bernard Cazeneuve, nous sommes prêts à faire face à la menace de l’Etat Islamique. Est-ce vraiment le cas ? Le décryptage d’Hugues Moutouh.

Hugues Moutouh a été conseiller spécial du ministre de l’Intérieur. Il est désormais avocat. Il est l’auteur de 168 heures chrono: la traque de Mohamed Merah.
FigaroVox: Dans un message audio, les djihadistes de l’Etat Islamique menacent les ressortissants français à cause de notre engagement militaire en Irak. Faut-il prendre ces menaces au sérieux?

Hugues MOUTOUH: Le message a été authentifié: la menace doit donc être prise au sérieux. Il ne s’agit certes pas de la première fois qu’un réseau terroriste menace de frapper nos ressortissants, mais cela confirme la dangerosité extrême de cet Etat islamique. Ce groupe est bien plus puissant et dangereux que tous ceux connus jusqu’ici. Installé sur un territoire vaste, disposant d’importantes ressources financières, militaires (un matériel sophistiqué, hérité des stocks américains abandonnés sur place), Daech a les moyens de mener une politique agressive. Le danger va donc croissant, et tous les services de renseignement français le savent.

Quel est le but des terroristes à travers ces intimidations?

Le but est la raison d’être même de cet Etat: propager la terreur. De plus, l’Etat Islamique dispose d’un véritable pouvoir de séduction, notamment par rapport à Al-Qaïda, grâce à ses ressources, à son statut autoproclamé d’Etat, ainsi qu’à sa parfaite utilisation des média et des réseaux sociaux. Ses succès militaires sont ainsi largement relayés et diffusés et participent de son rayonnement dans le monde.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a déclaré que «même si le risque zéro n’existe pas, nous prenons 100% de précaution», et que «La France n’a pas peur» face à la menace terroriste. Sommes-nous vraiment prêts à faire face aux djihadistes?

Les services de renseignement et les spécialistes effectuent un énorme travail de repérage, mais il suffit qu’une seule personne passe à travers les mailles du filet pour semer la terreur et le chaos. Il y a actuellement plus de 900 français en Irak et en Syrie, prêts à revenir en France. De plus, le message audio de l’Etat Islamique est à mon sens un appel à l’insurrection lancé aux loups solitaires. Le porte-parole de Daech y enjoint tous ceux se sentant en empathie avec leur Etat à prendre les armes, ou, à défaut, à percuter les gens avec leur voiture, ou à les étrangler. Il s’agit d’un véritable appel au meurtre, visant à faire basculer les personnes fragiles psychologiquement ou isolées dans le terrorisme.

On ne peut donc jamais être totalement prêt, car tout peut arriver. Les services font ce qu’ils peuvent pour prévenir ces risques, mais l’acte terroriste est par définition imprévisible. Le pire est toujours à attendre, malgré les progrès de la surveillance et la coopération internationale. Il suffit d’une personne influençable, d’un fou isolé, pour qu’un acte terroriste soit commis. Ce genre d’attentat est donc bien plus difficile à prévoir qu’une action coordonnée, structurée et financée par Al-Qaïda, par exemple.

La France n’a pas connu d’attaques majeures depuis la vague d’attentats des années 1995-1996. Comment la menace a-t-elle évolué depuis? Les services de sécurité français ont-ils adapté leurs techniques de renseignement?

Le terrorisme a énormément évolué, et un attentat comme celui du 11 septembre appartient au XXème siècle et n’arriverait plus aujourd’hui. Les Etats peuvent contrecarrer ce type d’action, et tout ce qui est organisé peut être déjoué puis puni par notre système législatif. Aujourd’hui, le terrorisme prend plutôt la forme du loup solitaire, un concept théorisé aux Etats-Unis par le FBI pour qualifier les attaques des groupuscules d’extrême-droite suprématistes. Ces groupes souhaitaient multiplier les actions terroristes, tout en limitant la possibilité d’arrestation. Ils ont donc commencé à créer de petites cellules, de une à trois personnes, très difficiles à identifier. Le FBI a donc inventé le terme de loup solitaire pour qualifier ces individus. Les islamistes utilisent aujourd’hui ce type d’organisations pour préparer leurs actions.

Tout ne peut être fait ou interdit au nom de la lutte contre le terrorisme. La question est aujourd’hui de savoir s’il faut déplacer le curseur entre la sécurité et la liberté vers plus de protection, ce qui impliquerait automatiquement une limitation des libertés et droits.
Dans un précédent entretien, vous déclariez que la principale menace actuelle était celle des loups solitaires, comme Mohamed Merah, endoctrinés et formés sur Internet. L’Etat est-il aujourd’hui capable de surveiller, d’identifier et d’interpeller ce type de menaces plus efficacement, ou Internet reste-t-il une zone difficilement contrôlable?

Internet est évidemment difficilement contrôlable, et, plus largement, la limite de la surveillance, de la protection de la société est le cadre de l’Etat de droit. Tout ne peut être fait ou interdit au nom de la lutte contre le terrorisme. La question est aujourd’hui de savoir s’il faut déplacer le curseur entre la sécurité et la liberté vers plus de protection, ce qui impliquerait automatiquement une limitation des libertés et droits. Ce débat ne peut cependant être mené par les services de sécurité, mais par le Parlement et le gouvernement. Si l’on estime que le risque devient trop important, ces derniers doivent proposer un nouveau cadre pour la société. La question centrale d’un tel débat est bien celle du prix à payer pour la sécurité.

Au-delà des services de police, les citoyens sont-ils prêts psychologiquement à lutter contre la menace terroriste?

Depuis de nombreuses années, les moyens nécessaires à la lutte contre le terrorisme sont refusés au ministère de l’Intérieur, comme l’a montré le scandale du fichier Edvige. Or, un nouveau système, utilisant les nouvelles technologies, les écoutes, la reconnaissance faciale et les fichiers de renseignement est aujourd’hui nécessaire. Les Français sont, à mon sens, prêts à accepter ce nouveau cadre s’il défini et approuvé par le Parlement, et s’ils sont informés intelligemment et clairement à ce propos.

Si l’utilisation de ces nouvelles technologies est régulée et contrôlée, nous pourrons lutter bien plus efficacement contre la menace terroriste, et identifier les déséquilibrés en amont pour les éviter d’agir.

Voir encore:

Alain Chouet : « L’Etat islamique manquera bientôt de ressources humaines et financières »
Saïd Branine et Ian Hamel
Oumma
10 septembre 2014
En exclusivité pour Oumma.com, Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), analyse les chances de survie de l’Etat islamique.

A propos de l’auteur

Ancien chef du service de renseignement de sécurité de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), Alain Chouet a notamment été en poste au Liban et en Syrie. Il avait été l’un des premiers spécialistes du terrorisme à révéler que l’organisation Al-Qaïda était « morte sur le plan opérationnel dans les trous à rats de Tora Bora en 2002 ». Et qu’« il ne resterait qu’une cinquantaine de membres, essentiellement des seconds couteaux, incapables d’animer à l’échelle planétaire un réseau coordonné de violence politique ». En exclusivité pour Oumma.com, Alain Chouet analyse les chances de survie de l’Etat islamique (*).

Comment expliquez-vous que la presse francophone n’ait parlé que tardivement de cette scission d’Al-Qaida, aujourd’hui à la tête de l’Etat islamique. On sait pourtant que depuis la mort de Ben Laden, certains djihadistes ont refusé de prêter allégeance à Zawahiri.

La réalité est que, depuis 2002 et l’offensive alliée contre le régime Taliban d’Afghanistan et ses protégés djihadistes, Al-Qaïda relève plus du mythe que de la réalité. C’est un mythe qui a été entretenu par le fait que tout contestataire dans le monde musulman, quelles que soient ses motivations et ses objectifs, a bien compris qu’il devait se réclamer de l’organisation qui avait épouvanté l’Amérique s’il voulait être pris au sérieux. C’est un mythe qui a été entretenu par certains dirigeants des pays musulmans qui ont bien compris qu’ils devaient coller l’étiquette Al-Qaïda sur leurs opposants s’ils voulaient pouvoir les réprimer tranquillement. C’est enfin un mythe qui a été entretenu par les dirigeants et les médias d’un certain nombre de pays occidentaux pour légitimer leur politique sécuritaire intérieure et extérieure.

Mais dans la galaxie salafiste, tout le monde sait bien que Al-Qaïda se résumait depuis 2003 à un Ben Laden réfugié dans un « resort » des services pakistanais et à un sentencieux Ayman Zawahiri distribuant les bons et les mauvais points de djihadisme et s’appropriant verbalement des actes de violence commis un peu partout dans le monde qu’il n’avait ni commandités, ni prescrits ni contrôlés.

Il était difficile pour des djihadistes ambitieux de remettre en cause la figure emblématique de Ben Laden mais plus facile de s’affranchir de la tutelle morale de Zawahiri. En particulier pour des chefs de bande locaux qui n’avaient que faire du « djihad mondial » sans bénéfice immédiat et souhaitaient plutôt se bâtir un petit sultanat local où ils pourraient exercer un pouvoir sans partage et rançonner la population. C’est ce type de raisonnement, joint aux aléas des rivalités locales et des surenchères entre l’Arabie et le Qatar, qui a poussé un Abou Bakr al-Baghdadi à rejeter le parrainage d’Al-Qaïda et – comme on dit en France – à s’autoproclamer « Calife à la place du Calife ».

Comment expliquer l’émergence de l’EIIL et par qui ce groupe était-il financé (avant qu’il ne mette la main sur des banques et des puits de pétrole)?

L’EIIL n’a pas « émergé » comme par miracle l’année dernière. Il est la filiation directe de ce que l’on appelait il y encore quelque temps « Al-Qaïda en Irak » ou « Al-Qaïda en Mésopotamie ». Cette organisation avait été elle-même formée en 2003 par Abou Moussaab al-Zarqawi, ancien membre d’Al-Qaïda rejeté par Ben Laden pour son aventurisme, à partir d’un groupe djihadiste préexistant dans le nord est de l’Irak et connu sous le nom de Ansar al-Islam (Partisans de l’Islam). Après la mort de Zarqawi tué dans un bombardement américain, l’organisation a été reprise en main par son chef actuel qui a continué de bénéficier du soutien actif des services saoudiens dans la perspective de s’opposer à la mainmise totale des chiites sur le pouvoir irakien et à la connivence de plus en plus marquée entre Baghdad et Téhéran.

Les choses se sont compliquées début 2011 avec l’émergence des troubles en Syrie. Les services spéciaux saoudiens du Prince Bandar Ben Sultan et le Qatar se sont lancé dans des initiatives rivales pour accélérer la chute de Bashar el-Assad. Les Saoudiens ont organisé en Syrie l’émergence d’un front salafiste anti-régime sous la désignation de Jabhat al-Nosra tandis que les Qataris ont lancéune « OPA hostile » sur l’EIIL en diversifiant ses activités sur la Syrie en complément de l’Irak et en concurrence avec les autres groupes djihadistes.

Et tout ce paysage confus s’est transformé à l’été 2013 quand le coup d’État feutré qui a eu lieu à Qatar a écarté l’Emir et son activiste Premier ministre et recentré les investissements de l’Émirat sur des activités économiques plutôt que politiques. Dans le même temps, à la lueur du désordre politique et social induit en Égypte par la gestion des Frères Musulmans, le cabinet royal saoudien – plutôt partisan d’un ordre régional apaisé et d’un système de coexistence plutôt que d’affrontement avec l’Iran – a repris la main sur les extrémistes du clan familial, écarté le Prince Bandar et ses partisans, apporté son soutien au coup d’État du Maréchal Sissi et, surtout, condamné et criminalisé les activités djihadistes au Levant.

Brutalement privés de soutiens extérieurs significatifs, Jabhat el-Nosra et surtout l’EIIL se sont retrouvés condamnés à une fuite en avant, coincés sur place et contraints d’y trouver les ressources financières et militaires nécessaires à leur survie. Ce n’est pas par hasard que le premier objectif de l’EIIL dans sa fulgurante offensive du printemps dernier a été de s’emparer de la succursale de la banque centrale d’Irak à Mossoul pour y rafler près d’un demi-milliard de dollars en or et en billets.

Existe-t-il encore des liens entre le Front Al Nosra en Syrie et l’EIIL?

Ces organisations fonctionnent sur un mode féodal et mafieux où des chefs de bandes locales prêtent allégeance au chef de l’organisation en fonction de leur intérêt du moment. Les frontières entre les mouvements sont donc poreuses mais avec les risques que cela comporte en cas de trahison. D’autre part il faut considérer qu’il existe en Syrie comme en Irak une multitude de groupes armés locaux, parfois à l’échelle du village, du quartier ou du groupe d’immeubles, à l’allégeance mal définie et qui se rallient à tel ou tel en fonction des circonstances et du profit à en espérer.

L’EIIL est-il capable d’administrer les territoires conquis?

C’est douteux, faute de ressources humaines et, à terme, de ressources financières. Pour l’instant l’EIIL dispose d’un trésor de guerre estimé à 2 milliards de dollars. Ce trésor repose essentiellement sur le racket de « l’impôt révolutionnaire », sur le contrôle d’un certain nombre de site d’extraction d’hydrocarbures, sur le pillage systématique et la revente sur le marché noir turc des matériaux de construction (souvent arrachés des maisons existantes), matériels industriels et agricoles, véhicules, objets volés dans les propriétés publiques et privées dans les zones contrôlées.

Mais il faut se garder pour autant de considérer que l’EIIL dispose maintenant d’un budget annuel fixe et permanent. Le pillage de la succursale de la Banque Centrale d’Irak à Mossoul était un fusil à un coup. Il a été largement dilapidé dans la « location » de chefs de tribus sunnites d’Irak qui ont permis à l’EIIL sa rapide offensive du printemps. Le pillage des biens d’équipement sera bientôt tari par épuisement. De même que « l’impôt révolutionnaire » par suite de ruine ou exode des « assujettis ».

Reste le contrôle des ressources pétrolières (vulnérables car les puits ne sont pas déplaçables) qui est soumis au bon vouloir des Turcs et d’un certain nombre d’intermédiaires irakiens, tous susceptibles de « retourner leur veste » en fonction de la conjoncture internationale. Bref, dans six ou huit mois, il ne restera plus grande chose et c’est là que se posera (s’il n’est pas réglé avant) le problème du retour vers leur pays d’origine des mercenaires et volontaires étrangers (Tchétchènes, Bosniaques, Maghrébins, Libyens, Saoudiens interdits de retour au royaume, et – en ce qui nous concerne – Européens.)

Quelles sont les différences majeures entre le mode de fonctionnement d’Al-Qaida et l’EIIL? En s’autoproclamant calife, Baghdadi a également une vision globalisée du djihad, comme l’avait Ben Laden.

Al-Qaïda était un mouvement terroriste stricto sensu. C’est-à-dire un groupe restreint ayant une stratégie globale mais pas de tactique définie, mettant en œuvre des non-professionnels de la violence sacrifiables en vue de commettre dans le monde entier des attentats aveugles comme ils pouvaient, où ils pouvaient, quand ils pouvaient pourvu que la violence soit spectaculaire, médiatisée et porte la signature et le message de la mouvance.

L’EIIL est, au contraire, une véritable armée de professionnels de la violence avec un chef, une mission, des moyens, un agenda et des objectifs précis dans un espace limité. Le seul fait de se désigner sous le nom d’Etat (Dawla) montre bien que ses responsables entendent se donner un ancrage institutionnel (al-Islami) et géographique (fil-Iraq wa ash-Sham). Ce n’était pas du tout le cas de Ben Laden, au moins dans sa version finale des années 1998-2001 qui prônait une violence déterritorialisée contre le monde entier.

Mais qui dit État, dit chef de l’État et – en version islamique fondamentaliste – Calife. D’où l’initiative de Baghdadi qui vise aussi bien à faire un pied de nez aux Saoudiens, gardiens autoproclamés des Lieux saints qui l’ont abandonné et dont il conteste ainsi la légitimité, qu’à mettre l’ensemble des musulmans du monde en demeure de choisir leur camp en ayant à accepter ou rejeter son autopromotion. C’est ce qui explique qu’en se proclamant Calife, il abandonne aussitôt dans la dénomination du mouvement la référence territoriale à l’Irak et au Levant pour devenir « seulement » Etat Islamique (Dawlat al-Islami). Mais tout cela révèle plutôt des finasseries calculatrices de survie plutôt qu’une « vision globalisée du djihad ».

Quels sont les moyens les plus efficaces pour combattre cette organisation?

L’EIIL pose le même problème que l’Etat Taliban en Afghanistan, AQMI au Sahel, les Shebab en Somalie ou Boko Haram au Nigeria. Il s’agit d’armées constituées, souvent en uniforme ou portant des signes de reconnaissance, utilisant des matériels militaires, des véhicules dédiés, des implantations localisables, des moyens de communication identifiables. Cela relève à l’évidence d’une riposte militaire consensuelle et concertée face à laquelle on semble pourtant tergiverser.

Pendant plus de dix ans, les Etats-Unis ont placé l’ensemble du monde musulman sous une loi permanente des suspects, détruit irrémédiablement plusieurs pays, espionné la planète entière – y compris leurs plus proches alliés et leurs concitoyens -, harcelé des millions de voyageurs dans les aéroports, multiplié les tortures et les internements illégaux au nom d’une « guerre globale contre la terreur » qui n’a ramené dans ses filets que quelques seconds couteaux et un Ben Laden « retiré des affaires ».

Et aujourd’hui que sont parfaitement localisés avec précision une dizaine de milliers de djihadistes arborant fièrement leur drapeau, défilant dans les rues, égorgeant des citoyens américains devant les télévisions, éventrant médiatiquement femmes et enfants, jouant au foot avec les têtes de leurs ennemis, la Présidence américaine vient dire qu’elle « n’a pas encore de stratégie dans la lutte contre le djihadisme »….

Je veux croire qu’il s’agit là d’une manœuvre du Président Obama pour contraindre l’Arabie et le pétromonarchies du Golfe à « choisir leur camp » et à cesser leurs pratiques de double langage qui consiste à condamner verbalement le terrorisme tout en soutenant un peu partout dans le monde les groupes terroristes salafistes et les djihadistes en vue de neutraliser les initiatives démocratiques ou l’influence de l’Iran qu’ils considèrent comme également dangereuses pour le maintien de leur pouvoir.

L’Iran va-t-il devenir un partenaire à part entière pour combattre l’EIIL?

S’il veut préserver l’avenir et laisser la porte ouverte à l’élaboration d’un système de confiance régional avec les pétromonarchies arabes, l’Iran n’a pas vraiment intérêt à s’afficher comme le fer de lance ou un élément actif d’une coalition pilotée par les Occidentaux pour combattre l’extrémisme sunnite violent.

Téhéran ne peut que se réjouir de l’éradication des salafistes et soutiendra résolument mais aussi discrètement que possible ses alliés chiites irakiens, syriens et libanais comme il l’a toujours fait. Mais pourquoi voudrait-on, alors que l’Arabie multiplie les signaux d’apaisement, qu’il aille compromettre ses chances de coexistence future avec son environnement sunnite pour résoudre un problème qui ne le menace pas directement et qui est la conséquence des erreurs de gestion américaines dans la zone ?

Au-delà des dérapages verbaux de certains de leurs responsables politiques, les Iraniens sont prudents et calculateurs. Selon toute probabilité, ils laisseront les Occidentaux s’occuper du dossier en apportant juste l’aide qu’il faut pour qu’on reconnaisse et salue leur contribution et leur sens des responsabilités internationales mais avec le souci de ne pas justifier l’accusation constante qui leur est faite par les wahhabites d’être des hérétiques ennemis de l’Islam.

Si l’Etat islamique est détruit, ce n’est pas à Téhéran qu’iront se répandre les militants du djihadisme défaits, déçus et avides de vengeance….

(*) Alain Chouet donne une conférence sur le thème « Syrie, le carrefour des contradictions », le 19 septembre à 19 h 30 à la librairie arabe L’Olivier, 5, rue de Fribourg à Genève (Suisse).

Voir encore:

« L’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie n’avaient pas lésiné sur les moyens pour favoriser l’émergence du terrorisme »

Majed Nehmé, directeur d’Afrique Asie

Le Temps d’Algérie

21-09-2014

Le Temps d’Algérie : Certains pays ont fait alliance avec «la rébellion» pour renverser le président Al Assad. Aujourd’hui, ces pays font partie de la coalition anti-Daech. Comment expliquez-vous ce retournement ?

Je ne pense pas qu’ils se soient retournés contre ces monstres qu’ils ont conçus, enfantés et nourris en armes, en argent, en combattants et en idéologie ! Ou du moins pas encore. Les deux organisations, Daech et Al-Nosra, sont le pur produit de l’idéologie salafiste wahhabite.

Les pays occidentaux et leurs supplétifs du Golfe ainsi que la Turquie avaient, dès les premiers mois du déclenchement de la crise syrienne, opté pour armer l’opposition qu’ils avaient décrite comme «modérée». Lors de la conférence des «Amis de la Syrie» réunis à Tunis en février 2012, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Saoud Al-Fayçal, avait déclaré publiquement que son pays allait armer l’opposition. Mais très vite, les chancelleries occidentales, et plus particulièrement la France et les Etats-Unis d’Amérique, à travers leurs ambassadeurs à Damas, Eric Chevalier et Robert Ford, avaient compris que les marionnettes du
Conseil national syrien, qu’ils avaient créées de toutes pièces pour se substituer au pouvoir syrien légal, était dominé, directement et indirectement, par des cadres des Frères musulmans. Les libéraux et les démocrates, que j’appellerai les «idiots utiles» de la rébellion, n’avaient aucune représentativité.

En décidant de militariser la contestation, les Occidentaux et leurs marionnettes ont été très vite submergés par des organisations takfiries qui rejetaient à la fois le pouvoir syrien et l’opposition extérieure. Leurs calculs étaient basés sur un pari stupide, à savoir que les jours de Bachar Al Assad étaient désormais comptés (trois à six mois !), que l’armée allait se retourner contre lui et, enfin, que le CNS allait prendre le pouvoir et chasser les extrémistes qui avaient fait le sale boulot pour eux et qu’ils n’avaient qu’à attendre dans les hôtels cinq étoiles en Turquie, en Arabie saoudite, au Qatar et en Europe pour le ramasser.

Pour Burhan Ghalioun et Georges Sabra, les premiers présidents du CNS, «tous ceux qui combattent le régime syrien, y compris Al Nosra, sont des révolutionnaires et des alliés». Auparavant, ils prétendaient que ces groupes islamistes issus souvent de la nébuleuse d’Al Qaïda, étaient manipulés par les services syriens. Mais peu à peu, l’armée syrienne libre était balayée, l’opposition démocratique pacifique réduite au silence ou à l’exil. L’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie n’avaient pas lésiné sur les moyens pour favoriser l’émergence de ces groupes terroristes.

Ils pensaient que ce sont les seuls capables d’écraser le régime syrien.
Plutôt que d’écraser le régime de Damas, ces groupes ont commencé à se livrer bataille entre eux. Le Font Al Nosra, qui a été reconnu officiellement par le successeur de Ben Laden, Ayman Al-Zawahiri, comme le seul représentant d’Al Qaïda au pays du Cham (grande Syrie) est actuellement en guerre larvée contre Daech. Il y a aussi d’autres mouvements rebelles, tous d’obédience takfirie, qui pullulent sur l’ensemble du territoire syrien et qui s’entredéchirent férocement. Ainsi, l’aspiration à la démocratie et au respect des droits de l’homme qui avait animé les premières manifestations n’est plus de mise. Désormais, c’est la création d’un califat et d’un Etat islamique qui semble animer tous ces mouvements hétéroclites.

Les pays qui avaient favorisé l’émergence de ce chaos indescriptible en Syrie, réalisant que le renversement du régime de Damas n’est plus accessible, craignant le retour des dizaines de milliers de djihadistes dans leurs pays respectifs, ont pris peur et commencent à se mobiliser contre eux. Mais ce retournement n’est jusqu’ici que verbal.
Que cherchent les Etats-Unis en mettant en place cette «coalition» contre Daech ?

Officiellement, les Etats-Unis et leurs alliés et supplétifs n’ont cherché à éradiquer Daech que lorsque ce groupe a décapité des journalistes et des citoyens occidentaux d’une façon répugnante et barbare qui a choqué l’opinion publique. Ils ne pouvaient pas ne pas réagir, ou faire semblant de réagir. En s’emparant d’une grande partie du territoire irakien et de la deuxième ville du pays, Mossoul, en infligeant une défaite humiliante à l’armée irakienne et, enfin, en avançant vers le Kurdistan irakien, en s’attaquant aux minorités chrétienne, turkmène, yézidie…

Daech a poussé les Etats-Unis à intervenir symboliquement. Ils en ont profité pour exiger le départ de Maliki et son remplacement par quelqu’un de plus docile. Ce qui a effectivement été fait. Si les bombardements aériens ont pu avoir un impact positif sur le moral des troupes loyalistes et des peshmergas kurdes, et stopper l’avancée des hordes de Daech, il n’en reste pas moins que c’est l’intervention des militaires iraniens et des combattants turcs et syriens du PKK qui a permis de stopper net cette avancée. Or les pasdarans iraniens et les PKK kurdes en Turquie et en Syrie sont considérés par les Occidentaux comme des terroristes !
En fait, tout ce cirque médiatique fait autour de Daech a pour ultime objectif de faire durer la tuerie et la destruction de la Syrie et de l’Irak et ultérieurement, l’Iran.

Une «dissension» a été annoncée au sein d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), de laquelle serait née une nouvelle organisation terroriste appelée «Djound Al Khilafa» et qui a déjà annoncé son allégeance à Daech. Pourquoi maintenant et pourquoi la région du Sahel ?

Les mouvements qui prônent un pseudo djihad global, par opposition au djihad local, maîtrisent magistralement l’art de la communication et de la propagande, notamment sur les réseaux sociaux. Aqmi est actuellement sur la défensive. Elle est traquée et rejetée partout. Elle ne survit que grâce au racket, au crime organisé, à la contrebande et aux kidnappings générateurs de rançons que certains pays occidentaux continuent malheureusement à payer. Son projet idéologique, si l’on peut dire, n’attire pas grand monde.

Il est donc normal que des dissensions apparaissent dans ses rangs. Pourchassée dans le Nord Mali, elle est actuellement repliée sur la Libye, un pays livré au chaos, aux milices armées et aux bandits de grands chemins. Il est normal, en période de repli, que des dissensions apparaissent mais sans lendemain. Il s’agit le plus souvent de disputes entre gangs autour d’un butin ou dans l’espoir d’accaparer une partie du butin saisi par Daech en Irak et évalué à quelque deux milliards de dollars. Je ne pense pas qu’il faudra accorder beaucoup de crédit à ces dissensions appelées à se multiplier. Le vrai danger c’est le chaos en Libye elle-même devenue le sanctuaire de nombreux terroristes ayant sévi en Syrie et en Irak et qui sont rentrés poursuivre leur combat sous des cieux plus cléments.

Comment qualifiez-vous le refus des Etats-Unis et de la France de coopérer avec l’Etat syrien contre Daech ?

Cela signifie que ces deux pays ne cherchent pas réellement à éradiquer Daech. Car c’est actuellement la Syrie qui combat le plus efficacement ce fléau. Sans la contribution syrienne à la guerre contre ce monstre, Daech serait déjà en Jordanie, au Liban et à la frontière d’Israël.

Il faut cependant discerner entre le refus médiatique et la coordination indirecte mais réelle pour faire barrage à cette organisation. Sur ce plan, une coordination réelle et efficace est engagée entre la Syrie et l’Irak.

L’échange d’informations se fait par l’intermédiaire du gouvernement irakien qui joue, jusqu’ici, le go-between entre Américains et Syriens.

Les Etats-Unis et la France, après avoir clamé que les jours de Bachar étaient comptés, ont quelque réticence à avaler leur chapeau, reconnaître leur erreur de jugement et retrouver le chemin de Damas. C’est une question de temps. Damas a déjà été approché par des émissaires français et américains pour reprendre une coopération secrète entre services. Mais ils se sont vu répondre que cette époque est bel et bien révolue et que si ces deux pays veulent réellement reprendre la coopération d’antan, il faudrait que ça se fasse à travers des structures diplomatiques. Donc pas avant la réouverture des ambassades américaine et française à Damas.

Les «djihadistes» libyens, tunisiens et ceux d’autres pays du Maghreb arabe, partis faire le «djihad» au sein d’organisations criminelles, dont Daech, Al Qaïda et le Front Al Nosra, en Syrie et en Irak, constituent-ils un danger à leur retour dans leurs pays respectifs ?

C’est une évidence. On a d’ailleurs remarqué que les pays du Maghreb, qui se disaient «amis du peuple syrien» (Maroc, Tunisie, Libye) n’avaient pas voulu participer à la conférence de Paris. Ils observent avec inquiétude le retour certain de leurs djihadistes qui sèment la terreur chez eux. C’est le cas également des pays occidentaux qui avaient fermé les yeux, voire encouragé le départ de ces djihadistes en Syrie et en Irak dans l’espoir de s’en débarrasser.
A lire la presse occidentale, le retour de ces anciens de la Syrie, qui nous rappelle le retour des anciens d’Afghanistan, est le cauchemar de tous les services de sécurité, à tel point que pour certains analystes, la question n’est plus de savoir si ces terroristes vont passer à l’action en Europe même, mais quand et comment. C’est l’histoire de l’arroseur arrosé.

Ne croyez-vous pas que cette «coalition anti-Daech pourrait être utilisée par les Etats-Unis pour effectuer des frappes contre l’armée syrienne et l’affaiblir dans le but de faciliter l’avancée de ce qui est appelée «opposition armée modérée» ?

Il est certain que la coalition anti-Daech est actuellement inexistante. Elle est médiatique. Obama, qui ne veut pas terminer son deuxième mandat par une guerre, l’a dit ouvertement : c’est une guerre qui va durer des années. Conclusion : il cherche à épuiser la Syrie et l’Irak et à tout faire pour que ces deux pays retrouvent la place qui leur revient sur l’échiquier du Moyen-Orient.
Quant à l’avancée d’une opposition armée modérée, c’est une vue de l’esprit. Obama lui-même l’avait reconnu. Actuellement, l’initiative est entre les mains de l’armée syrienne et je ne vois pas comment une opposition fanatisée pourra réaliser ce qu’elle n’a pu faire en trois ans de guerre totale. L’objectif réel est de détruire la Syrie à petites doses. Et la situation actuelle arrange bien tous les ennemis de la Syrie.

Ne pensez-vous pas également que certains pays du Moyen-Orient, dont l’Arabie saoudite et la Turquie, et certains pays occidentaux, dont les Etats-Unis d’Amérique, ont grandement contribué à armer les organisations terroristes comme Daech et le Front Al Nosra ?

C’est un secret de Polichinelle. Tous ces pays avaient juré la perte de l’Etat syrien. En armant ces mouvements djihadistes, ils pensaient ramener la Syrie dans le giron occidental, l’extraire de son alliance avec l’Iran, la Russie et la Chine et la contraindre à une paix au rabais avec Israël. Jusqu’ici, cette stratégie a lamentablement échoué. Et ces monstres qu’ils ont nourris vont se retourner contre eux. Le jour où les Américains vont constater les dégâts de cette stratégie sur leurs propres intérêts et sur les intérêts de leurs supplétifs du Golfe, ils vont arrêter la partie. On n’en est malheureusement pas encore là.
Alain Chouet, le plus fin et informé des spécialistes français du renseignement, a mis les points sur les «i» en soulignant l’incohérence occidentale face à Daech.

«Aujourd’hui que sont parfaitement localisés avec précision une dizaine de milliers de djihadistes arborant fièrement leur drapeau, défilant dans les rues, égorgeant des citoyens américains devant les télévisions, éventrant médiatiquement femmes et enfants, jouant au foot avec les têtes de leurs ennemis, la présidence américaine, écrit-il,  vient dire qu’elle «n’a pas encore de stratégie dans la lutte contre le djihadisme»…

Je veux croire qu’il s’agit là d’une manœuvre du président Obama pour contraindre l’Arabie et les pétromonarchies du Golfe à «choisir leur camp» et à cesser leurs pratiques de double langage qui consiste à condamner verbalement le terrorisme tout en soutenant un peu partout dans le monde les groupes terroristes salafistes et les djihadistes en vue de neutraliser les initiatives démocratiques ou l’influence de l’Iran qu’ils considèrent comme également dangereuses pour le maintien de leur pouvoir.»

Des médias évoquent une «rupture» entre Al Qaïda et Daech, alors qu’Al Qaïda vient d’annoncer son soutien à Daech face à la «coalition». Comment expliquez-vous cela ?

C’est une rupture de façade. Les deux organisations, qui se disputent entre elles pour des raisons de contrôle de territoire ou de partage des butins, sont toutes les deux, malgré les apparences, dans une position de repli. Elles poursuivent les mêmes objectifs.

Edwy Plenel et la fausse «lettre de Mandela»
Meir Wentrater
Comme un juif en France
11 décembre 2011

S’exprimant en direct depuis la Jordanie, où il participait à une rencontre d’une ONG vouée au «journalisme d’investigation», Edwy Plenel a consacré un billet, diffusé le 11 décembre 2013 dans «Les Matins de France Culture», à Nelson Mandela [1]. Il a longuement cité une lettre adressée en 2001 par Nelson Mandela au journaliste américain Tom Friedman, dans laquelle le dirigeant sud-africain condamnait sévèrement l’attitude d’Israël envers les Palestiniens.

Le problème est que cette lettre est un faux. Son véritable auteur, un journaliste palestinien vivant aux Pays-Bas nommé Arjan el-Fassed, ne s’en est d’ailleurs jamais caché: il entendait utiliser le genre littéraire de la fausse lettre, afin d’accuser Israël de pratiquer envers les Palestiniens une forme d’apartheid.

Cependant, la prétendue «lettre à Friedman» a circulé sur des forums Internet militants où elle a été présentée comme une parole authentique de Mandela. Jusqu’à ce qu’en 2002 les journalistes du quotidien israélien Haaretz s’adressent à la présidence sud-africaine, et découvrent le pot aux roses [2]. Tout le monde sait aujourd’hui que, non seulement cette «lettre» n’a pas été écrite par Nelson Mandela, mais elle ne représente en rien les positions du dirigeant sud-africain sur le conflit israélo-palestinien [3].

Julien Salingue, l’un des principaux porte-parole de la «cause palestinienne» en France, résume bien les choses quand il écrit sur son blog, le 6 décembre 2013: «Il ne s’agit pas ici de transformer Mandela en héraut du combat pour les droits nationaux des Palestiniens, même s’il n’a jamais fait mystère de son soutien à la lutte contre l’occupation israélienne. Mandela a toujours été, sur ce terrain, beaucoup plus en retrait que l’archevêque Desmond Tutu, qui depuis de longues années soutient la campagne internationale de boycott de l’État d’Israël, qu’il qualifie, à l’instar d’autres dirigeants sud-africains, d’État d’apartheid. Tel n’est pas le cas de Mandela, contrairement à ce que croient ceux qui ont pris pour argent comptant un “Mémo de Nelson Mandela à Thomas Friedman” dénonçant “l’apartheid israélien”, qui est en réalité un exercice de style rédigé par Arjan el-Fassed» [4].

Edwy Plenel figure donc parmi «ceux qui ont pris pour argent comptant» la prétendue «lettre de Mandela». Plus de dix ans après que la fausseté de celle-ci a été démontrée par les journalistes israéliens, il continue de la citer comme parole d’Evangile. Or non seulement le document auquel il se réfère est un faux, mais son contenu ne représente pas – comme le souligne le militant pro-palestinien Julien Salingue – les positions véritables de Mandela sur le sujet [5].

Edwy Plenel, participant en Jordanie à une conférence vouée au «journalisme d’investigation», aurait là un bon sujet d’étude sur la valeur de l’investigation en matière journalistique: comment ne pas s’appuyer sur des faux documents, comment distinguer – chez les autres, et éventuellement chez soi-même – l’analyse des faits et la passion militante [6]. Bref, une réflexion sur un thème qui devrait être cher au cœur des journalistes: la vérité.
NOTES

1. Le billet d’Edwy Plenel: http://www.franceculture.fr/emission-le-monde-selon-edwy-plenel-podcast-2013-12-11#.UqgLcaFeUKk.twitter

2. L’auteur de la «lettre», Arjan el-Fassed, raconte cela lui-même sur son blog: http://arjansweblog.blogspirit.com/mandela_memo

3. Sur ce que Nelson Mandela pensait d’Israël, nous disposons du témoignage d’Abe Foxman, qui participa à la rencontre entre Mandela et les dirigeants juifs américains, à Genève en 1990 (Mandela avait été libéré de prison peu de temps auparavant, et entamait le processus qui devait conduire à la fin de l’apartheid): «Lors de notre rencontre, Mandela exprima non seulement son soutien sans équivoque au droit d’Israël à exister mais aussi son profond respect pour ses dirigeants, parmi lesquels David Ben-Gourion, Golda Meïr et Menahem Begin. Il nous assura également qu’il soutenait le droit d’Israël à la sécurité et son droit de se protéger contre le terrorisme.»
http://blogs.timesofisrael.com/how-mandela-won-over-the-jewish-community/
En octobre 1999, Nelson Mandela, qui avait quitté quelques mois plus tôt la présidence de l’Afrique du Sud, visita les pays du Proche-Orient. Lors de son séjour en Israël, il déclara au terme d’une longue rencontre avec le ministre des affaires étrangères David Lévy: «Selon moi, les discours sur la paix restent creux tant qu’Israël continue d’occuper des territoires arabes. (…) Je ne peux pas imaginer qu’Israël se retire si les Etats arabes ne reconnaissent pas Israël à l’intérieur de frontières sûres.»
http://www.washingtonpost.com/wp-srv/aponline/19991019/aponline113258_000.htm

4. Voir le blog de Julien Salingue (par ailleurs très hostile à Israël):
http://resisteralairdutemps.blogspot.fr/p/comme-la-rappele-pierre-haski-de-rue89.html

5. Le journal en ligne (activement anti-israélien) MondoWeiss défend la thèse bizarre selon laquelle ce sont les pro-israéliens inconditionnels qui diffusent la thèse selon laquelle Nelson Mandela aurait accusé Israël de pratiquer l’apartheid, et ce afin de porter atteinte à l’image de Nelson Mandela:
http://mondoweiss.net/2013/12/apologists-discredit-apartheid.html

6. La réapparition de cette prétendue «lettre», au lendemain de la mort de Nelson Mandela, est significative de l’état d’esprit régnant dans certains milieux où l’activisme anti-israélien va de pair avec l’ignorance des faits. Voir, par exemple, ici:
http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Gilles_Devers.061213.htm

Voir aussi:

Mandela memo
How it started?

On March 27, 2001, Thomas Friedman wrote a column in the style of a ‘mock memo’ entitled Bush’s First Memo. In this ‘mock memo’ Thomas Friedman writes in the name of U.S. President George W. Bush a memo to Palestinian President Yasir Arafat.

This ‘mock memo’ — Thomas Friedman had published a number of them in the New York Times, for example, a ‘mock memo’ he wished Secretary of State Colin Powell would have sent to President George W. Bush was published on February 20, 2001 — triggered me to write to the New York Times’ Readers Opinions in the the ‘mock memo’ style that Friedman himself liked to use and offered Nelson Mandela responding to Friedman’s Bush’s First Memo to Arafat.

Mandela’s first memo to Thomas Friedman (30 March 2001)

Since Thomas Friedman tells his readers that Palestinians should forget about 1948 and forget about returning to their homes, I wanted to show that current policies against Palestinians resemble an apartheid-like situation. Since Nelson Mandela has become the personification of the struggle against apartheid, I thought a ‘mock memo’ including Mandela was the logical thing to do. I could also have taken Steven Biko who has said that “the most potential weapon in the hands of the oppressor is the mind of the oppressed” or Oliver Tambo or others anti-apartheid activists.

The confusion

On 27 March 2001, after reading Friedman’s ‘mock memo’ I wrote a letter entitled Mandela’s first memo to Thomas Friedman to the op-ed editor of The New York Times and I posted the memo on the Thomas Friedman Discussion Board of the New York Times, hoping that Thomas Friedman would read it and that the New York Times would publish it. However, after two days, I came to the conclusion that the New York Times would not dare publishing this piece and I sent it on March 30, 2001 to Media Monitors, “a Platform for Serious Media Contributors”, an online daily.

Soon, however, I found the ‘mock memo’ I wrote and which clearly indicated that I wrote it, on various listservers and websites but without the byline mentioning that it was in fact written by me.

The main purpose of the Mandela-memo was to respond in a satirical way to Thomas Friedman using the exact same style and even phrases he uses in his columns. Obviously, the ‘mock memo’ had been forwarded to several e-mail lists containing the memo, which originally included the title “Mandela’s First Memo to Thomas Friedman” and a byline “by Arjan El Fassed”, but eventually was forwarded without my name and sometimes without title.

I posted the ‘mock memo’ myself on 30 March on an mailinglist of Al-Awda. Despite this, I’ve seen it several times being posted on the same list, something that gives you an idea of the lack of attention many people give to material they forward. In various posts I read, the subject title was changed for example, “Mandela supports…”, “must read”, etc. Perhaps it was wishful thinking. If Nelson Mandela would seriously have written to the New York Times, wouldn’t the New York Times just publish it? Moreover, I believe Nelson Mandela has better things to do then responding to columns written by Thomas Friedman.

How things got worse

On April 24, 2001, Akiva Eldar, chief political columnist and editorial writer for the Israeli national daily Ha’aretz wrote in his Strong Quote from Mandela that the Palestinian daily Al Quds published a letter that Nelson Mandela sent to New York Times columnist Thomas Friedman, in response to a March 27 Frideman column, dubbed “Memo to President Bush.”

Immediately, I wrote a letter to Ha’aretz explaining what happened. Most probably, someone translated the memo (without byline) into Arabic and which was taken up by the Palestinian daily and printed on April 16, 2001, however, without verifying the source. The editor of Al Quds, Marwan Abu Zalaf, said that he had no idea it was a fake, and that one of his reporters found it on the Internet.

On Friday, April 18, the Lebanese daily As-Safir re-published the ‘mock memo’ in Arabic based on the article as printed by the Palestinian daily Al-Quds. On Monday, April 21, The Daily Star had an op-ed entitled “Sharon: Why does the world ignore me?” and at the top of the ‘memo’, they had the following boxed introduction:

« New York Times columnist Thomas L. Friedman has recently popularized the idea of writing opinion pieces framed as « memos » from world leaders to various recipients, prompting various other writers to mimic the practice.

For the byline, at the bottom, the Star wrote in italics: Arjan El Fassed wrote this commentary for MediaMonitors, a website dedicated to providing a platform for all political opinions (NB. The Daily Star’s archive is currently not working).

The Norwegian newspaper Dagsavisen published a commentary in which it quoted The Jerusalem Times which published the ‘mock memo’ on April 6, 2001, again without source, byline, or author, in its publication.

On April 24, 2001, someone wrote to Akiva Eldar the following:

——- Original Message ——-
From: ******* <********@yahoo.com>
To: eldar@haaretz.co.il
Sent: Tuesday, April 24, 2001 7:26 PM
Subject: Strong quote from Mandela

For the record, I have received the original messages containing each of Arjan El Fassed’s “memos,” sent directly from him (via an e-group). Mr. El Fassed’s byline is clearly present on each article, the articles come from his own e-mail address, and the more recent ones contain an explicit warning against forwarding the article without the byline. There is no possible basis for arguing that Mr. El Fassed intends for people to believe the memos were written by anyone other than himself.

It is hard to imagine that anyone would accuse Tom Friedman of impersonating a world leader if one of his “memos” was forwarded, sans byline, and then re-printed in another newspaper (though the newspaper re-printing the story would be a legitimate target for criticism).

To claim that Mr. El Fassed “tends to sign various missives he sends out to the world signed with the names of famous people” is, if not an intentional lie, than an inadvertent gross misstatement of fact. Whether you like Mr. El Fassed’s writing or not, you have a responsibility to correct what you wrote.

The next day, Akiva Eldar, replied:

—- haaretz eldar@haaretz.co.il wrote:
From: “haaretz”
To: “*******” <*******@yahoo.com>
Subject: Re: Strong quote from Mandela
Date: Wed, 25 Apr 2001 09:15:42 +0200

Mr El Fassed has give me a full account of his position and it will be reported in my next column.

However, instead of being reported in his next column, Ha’aretz published my own response instead.

Worse, however, Toronto Star columnist, Michele Landsberg wrote on May 20, 2001, Forged letter slights dignity of Nelson Mandela, in which she claimed that she checked with Mandela’s office in South Africa and that she heard from his assistant:

« You enquired about the infamous article that has been doing the rounds across the globe. We’ve received numerous enquiries… . Mr. Mandela did not write the article/letter, and this matter has been referred to his lawyers for further action. »

Nigel Parry responded to that column by writing a letter to the Toronto Star editor:

« Regarding Michele Landsberg’s column, « Forged letter slights dignity of Nelson Mandela », there was no « rat ». Someone obviously forwarded her the memo without its byline and she failed to seek out its source.

The memo was a clearly signed spoof that was first published on the Media Monitors Network.

Landsberg’s assertion that the letter was a “forgery” is as baseless as her claim that the political philosophy of Zionism — which directly resulted in the establishment of an Israeli state on the ruins of 415 Palestinian villages ethnically cleansed of nearly one million Arabs, with a legal system that still discriminates between “Jewish” and “Non Jewish” citizens in areas such as property ownership — is somehow not racist.

The Toronto Star chose not to publish his letter.

On May 26, 2001, the Lebanese newspaper an-Nahar published a clarification in Arabic which is similar to my own response in Ha’aretz.

Even now, some emails are still circulating with the ‘mock memo’. For example, the Palestinian Council for Justice and Peace circulated the ‘mock memo’ and sent a message to their own list on 14 February 2002, saying that

« We sent you a letter, which was supposedly written by Nelson Mandela and addressed to Thomas Friedman. As we received it by email from a friend who was excited about a good answer to Friedman’s latest article in the New York Times, we misread the address, and thought it was in fact written in the New York Times. Thanks to the queries of some of you, we went to the source, and now we know for certain that Mandela did not write the article. It is still a good response, but we have no clue so far as to the author. »

What other readers said

In a message posted on April 13, 2002 on a listserver called Ecunews, Rick Mitchell wrote that the ‘mock memo’:

« reinforces [my] claim that Israel is maintaining a system of Apartheid by keeping Palestinians in captivity (the current occupation dates back to June, 1967) and subject to second-class status. One need not agree with all of his statements, but it is illuminating to recognize that we see and hear very little of this argument in the U.S., as the policy of our government and of the mainstream media has been consistently pro-Israeli. Politics is, of course, politics, but the important point to consider is El Fassed’s (and others’) contention that Zionism is inherently racist and un-democratic, resulting quite logically in an apartheid system of discrimination. It is also the policy of the U.S. government. »

What’s interesting is that some even argued, “but there is also a sense in which the ‘true’ or original author does not matter — and that sense is related to the question, ‘Is it true?’”

Others wrote on various lists, “If this is authentic, it is truly a moral bombshell in the present level of discussion…” and “[It may have been written] as a statement about what perhaps Nelson Mandela would say to someone such as journalist Thomas Friedman.”

« For those of you who are concerned about the authenticity of the Mandela memo, I have researched the matter with the help of others. Apparently Thomas Friedman often writes as though he were someone else and this piece is written with this understanding. I do not question the content because from my own personal experience, I can attest to an apartheid situation. »

Someone else posted this question:

« How could I find an email for Nelson Mandela to alert him to the efforts of us in the Jewish world who oppose Israel’s current treatment of Palestinians – and to discuss with him strategies for having an impact? »

« My husband (among other people) forwarded the ‘Nelson Mandela memo’ to me. I checked up on it through my sources in Palestine and found that it was not written by Nelson Mandela but by someone else using the style of Friedman’s articles. The name of the person is in some email in my file but the name doesn’t really matter. Someone was trying to do good but left the rest of us with egg on our faces. You may want to pass this information on to those from whom you got it and to those to whom you sent it. »

Another reader made this observation, “The existential reality of injustice witnessed first-hand…is a far more powerful teaching tool than injustice heard or read about.”

What Nelson Mandela indeed has said

« It is completely wrong that the United States must be the mediator in this conflict. Everybody knows the United States is a friend of Israel. »

« As far as we are concerned what is being done to the Palestinians is a matter of grave concern. We are the friends of Yasser Arafat. We are the friends of the Palestinians. We support their struggle » (Reuters, 1 June 2001, Mandela, speaking at a news conference after talks with French Prime Minister Lionel Jospin).

« Israel should withdraw from the areas which it won from the Arabs — the Golan Heights, south Lebanon and the West Bank — that is the price of peace » (Dispatch, 20 October 1999)

« Our men and women with vision choose peace rather than confrontation, except in cases where we cannot get, where we cannot proceed, where we cannot move forward. Then, if the only alternative is violence, we will use violence » (Associated Press , 20 October 1999)

« The histories of our two peoples, Palestinian and South African, correspond in such painful and poignant ways, that I intensely feel myself being at home amongst compatriots » (Associated Press , 20 October 1999)

« The long-standing fraternal bonds between our two liberation movements are now translating into the relations between two governments » (Associated Press, 20 October 1999)

Address by President Nelson Mandela at the International Day of Solidarity with the Palestinian People, Pretoria, 4 December 1997

Voir par ailleurs:

Obama est-il responsable de la situation en Irak?
Lucien SA Oulahbib
ResilienceTV
27/9/2014

Certainement. N’en déplaise à tous ceux qui n’ont de cesse de commencer tel un mantra l’amorce d’une réflexion en maudissant d’abord Bush fils et « 2003 ». Or, c’est bien Obama et non Bush qui a interrompu le processus de stabilisation existant en Irak depuis le « surge » de 2008 en quittant l’Irak avec précipitation et en laissant tout le pouvoir aux shiites inféodés à l’Iran, ce qui a démantelé tout l’effort entamé par David Petraeus commencé sous Bush et gagné en faisant alliance avec les tribus sunnites.

C’est bien Obama et non Bush qui a laissé faire en Syrie en 2013, refusant d’armer les résistants dits « laïcs », et fermant les yeux sur le financement des groupes islamistes (dont l’ancêtre de l’E.I actuel) opéré par l’Arabie Saoudite et le Qatar aujourd’hui apeurés de voir leur pouvoir féodal vaciller sous les coups de boutoir d’un mouvement islamique parfaitement fidèles aux critères historiques de l’islam depuis le début, l’islam étant par exemple une religion de « paix » dans la mesure où l’on accepte de vivre sous son joug : « que la paix (de l’islam) soit avec toi » voilà ce que veut dire son salut et non pas cette pâle imitation du christianisme, certains imams parlant même « d’amour » ce qui est d’un risible sans pareille lorsque l’on observe le nombre infime d’occurrence en la matière dans leur texte sacré…

Que l’Occident soit à l’heure actuelle son défenseur intransigeant (à coup de drones également) en dit long non seulement sur son masochisme mais surtout sa prétention à transformer tout taureau radical en boeuf aseptisé. En tout cas il semble bien qu’il n’existe pas d’islam modéré comme il n’a pas existé de communisme modéré, à moins d’abandonner la dictature du prolétariat, ou la « charia » comme le veulent certains en Tunisie, au Maroc, en Égypte, au Yémen… Wait and see.

Enfin, il semble bien que le 11 septembre 2001 ne soit pas la conséquence de « 2003 » (jusqu’à preuve du contraire).

Et à ceux qui rétorquent qu’il aurait fallu (« yaka ») construire des écoles, des routes et des hôpitaux plutôt que d’envoyer des armes il se trouve que tout cela a été construit et a été immédiatement dynamité (comme au Nigeria) parce que « école » n’a pas du tout la même signification en islam et en terre judéo-chrétienne républicaine et libérale.

Par ailleurs si les Kurdes avaient eu leur État dès 1923 à la chute de l’empire ottoman, ou du moins s’ils avaient été armés aussi bien que l’armée irakienne, peut-être que les Kurdes ne seraient pas acculés à reculer sous les coups de boutoir des néo-wahhabites, créatures échappées du laboratoire saoudien, toujours sous la bienveillance américaine et…française… Mais nous ne sommes pas à une contradiction près…

Il est navrant de rappeler ces quelques vérités premières à de si éminents « experts ».

 Voir enfin:

Argument
How We Won in Iraq
And why all the hard-won gains of the surge are in grave danger of being lost today.
David H. Petraeus
Foreign Policy
October 29, 2013

The news out of Iraq is, once again, exceedingly grim. The resurrection of al Qaeda in Iraq — which was on the ropes at the end of the surge in 2008 — has led to a substantial increase in ethno-sectarian terrorism in the Land of the Two Rivers. The civil war next door in Syria has complicated matters greatly, aiding the jihadists on both sides of the border and bringing greater Iranian involvement in Mesopotamia. And various actions by the Iraqi government have undermined the reconciliation initiatives of the surge that enabled the sense of Sunni Arab inclusion and contributed to the success of the venture.  Moreover, those Iraqi government actions have also prompted prominent Sunnis to withdraw from the government and led the Sunni population to take to the streets in protest.  As a result of all this, Iraqi politics are now mired in mistrust and dysfunction.

This is not a road that Iraqis had to travel. Indeed, by the end of the surge in 2008, a different future was possible.  That still seemed to be the case in December 2011, when the final U.S. forces (other than a sizable security assistance element) departed; however, the different future was possible only if Iraqi political leaders capitalized on the opportunities that were present.  Sadly, it appears that a number of those opportunities were squandered, as political infighting and ethno-sectarian actions reawakened the fears of Iraq’s Sunni Arab population and, until recently, also injected enormous difficulty into the relationship between the government in Baghdad and the leaders of the Kurdish Regional Government.

To understand the dynamics in Iraq — and the possibilities that still exist, it is necessary to revisit what actually happened during the surge, a history now explored in a forthcoming book written by my executive officer at the time, Col. (Ret.) Peter Mansoor, now a professor of military history at the Ohio State University.

Leading the coalition military effort during the surge in Iraq in 2007 and 2008 was the most important endeavor — and greatest challenge — of my 37 years in uniform. The situation in Iraq was dire at the end of 2006, when President George W. Bush decided to implement the surge and selected me to command it. Indeed, when I returned to Baghdad in early February 2007, I found the conditions there to be even worse than I had expected. The deterioration since I had left Iraq in September 2005 after my second tour was sobering. The violence — which had escalated dramatically in 2006 in the wake of the bombing of the Shiite al-Askari shrine in the Sunni city of Samarra — was totally out of control. With well over 50 attacks and three car bombs per day on average in Baghdad alone, the plan to hand off security tasks to Iraqi forces clearly was not working. Meanwhile, the sectarian battles on the streets were mirrored by infighting in the Iraqi government and Council of Representatives, and those disputes produced a dysfunctional political environment. With many of the oil pipelines damaged or destroyed, electrical towers toppled, roads in disrepair, local markets shuttered, and government workers and citizens fearing for their lives, government revenue was down and the provision of basic services was wholly inadequate. Life in many areas of the capital and the country was about little more than survival.

In addition to those challenges, I knew that if there was not clear progress by September 2007, when I anticipated having to return to the United States to testify before Congress in open hearings, the limited remaining support on Capitol Hill and in the United States for the effort in Iraq would evaporate.

In short, President Bush had staked the final years of his presidency — and his legacy — on the surge, and it was up to those on the ground to achieve progress. In the end, that is what we did together, military and civilian, coalition and Iraqi. But as my great diplomatic partner Ryan Crocker, the U.S. ambassador to Iraq, and I used to note, Iraq was « all hard, all the time. »

The Surge of Forces and the Surge of Ideas

The surge had many components. The most prominent, of course, was the deployment of the additional U.S. forces committed by President Bush — nearly 30,000 of them in the end. Without those forces, we never could have achieved progress as quickly as we did. And, given the necessity to make progress by the hearings anticipated in September 2007, improvements before then were critical.

As important as the surge of forces was, however, the most important surge was what I termed « the surge of ideas » — the changes in our overall strategy and operational plans. The most significant of these was the shift from trying to hand off security tasks to Iraqi forces to focusing on the security of the Iraqi people. The biggest of the big ideas that guided the strategy during the surge was explicit recognition that the most important terrain in the campaign in Iraq was the human terrain — the people — and our most important mission was to improve their security. Security improvements would, in turn, provide Iraq’s political leaders the opportunity to forge agreements on issues that would reduce ethno-sectarian disputes and establish the foundation on which other efforts could be built to improve the lives of the Iraqi people and give them a stake in the success of the new state.

But improved security could be achieved only by moving our forces into urban neighborhoods and rural population centers. In the first two weeks, therefore, I changed the mission statement in the existing campaign plan to reflect this imperative. As I explained in that statement and the guidance I issued shortly after taking command, we had to « live with the people » in order to secure them. This meant reversing the consolidation of our forces on large bases that had been taking place since the spring of 2004. Ultimately, this change in approach necessitated the establishment of more than 100 small outposts and joint security stations, three-quarters of them in Baghdad alone.

The establishment of each of the new bases entailed a fight, and some of those fights were substantial. We knew that the Sunni insurgents and Shiite militias would do everything they could to keep our troopers from establishing a presence in areas where the warring factions were trying to take control — and those areas were precisely where our forces were needed most. Needless to say, the insurgents and militias would do all that they could to keep us from establishing our new operating bases, sometimes even employing multiple suicide car bombers in succession in attempts to breach outpost perimeters. But if we were to achieve our goal of significantly reducing the violence, there was no alternative to living with the people — specifically, where the violence was the greatest — in order to secure them. Our men and women on the ground, increasingly joined during the surge by their Iraqi partners, courageously, selflessly, and skillfully did what was required to accomplish this goal.

« Clear, hold, and build » became the operative concept — a contrast with the previous practice in many operations of clearing insurgents and then leaving, after handing off the security mission to Iraqi forces that proved incapable of sustaining progress in the areas cleared. Then — Lt. Gen. Ray Odierno, commander of the Multi-National Corps-Iraq, and his staff developed and oversaw the execution of these and the other operational concepts brilliantly. Indeed, in anticipation of the new approach, he ordered establishment of the initial joint security stations in the weeks before I arrived.  His successor in early 2008, then Lt. Gen. Lloyd Austin, did a similarly exemplary job as our operational commander for the final portion of the surge. On receiving the Corps’ guidance, division and brigade commanders and their headquarters orchestrated the implementation of these concepts. And our company, battalion, and brigade commanders and their troopers translated the new strategy and operational concepts into reality on the ground in the face of determined, often barbaric enemies under some of the most difficult conditions imaginable.

But the new strategy encompassed much more than just moving off the big bases and focusing on security of the people. Improving security was necessary, but not sufficient, to achieve our goals in Iraq. Many other tasks also had to be accomplished.

The essence of the surge, in fact, was the pursuit of a comprehensive approach, a civil-military campaign that featured a number of important elements, the effects of each of which were expected to complement the effects of the others. The idea was that progress in one component of the strategy would make possible gains in other components. Each incremental step forward reinforced and gradually solidified overall progress in a particular geographic location or governmental sector. The surge forces clearly enabled more rapid implementation of the new strategy and accompanying operational concepts; however, without the changes in the strategy, the additional forces would not have achieved the gains in security and in other areas necessary for substantial reduction of the underlying levels of ethno-sectarian violence, without which progress would not have been sustained when responsibilities ultimately were transferred to Iraqi forces and government authorities.

The Sunni Awakening and Reconciliation

Beyond securing the people by living with them, foremost among the elements of the new strategy was promoting reconciliation between disaffected Sunni Arabs and our forces — and then with the Shiite-dominated Iraqi government. I often noted at the time that we would not be able to kill or capture our way out of the industrial-strength insurgency that confronted us in Iraq. Hence we had to identify those insurgents and militia members who were « reconcilable, » and we then had to persuade them to become part of the solution in Iraq rather than a continuing part of the problem. Reconciliation thus became a critical component of the overall strategy.

We were fortunate to be able to build on what ultimately came to be known as the Sunni Awakening, the initial increment of which began several months before the surge, outside the embattled Sunni city of Ramadi in violent Anbar Province, some 60 miles west of Baghdad. There, in the late summer of 2006, during the height of the violence in Anbar, Col. Sean MacFarland, a talented U.S. Army brigade commander, and his team agreed to support a courageous Sunni sheikh and his tribal members who decided to oppose al Qaeda in Iraq, which the tribesmen had come to despise for its indiscriminate attacks on the population and implementation of an extreme version of Islam that was not in line with their somewhat more secular outlook on life.  The initiative included empowering young men of the tribes who wanted to help secure their areas against al Qaeda depredations. Ultimately, shortly after the surge of forces commenced and throughout 2007 and into 2008, this arrangement was replicated over and over in other areas of Anbar Province and Iraq. The Awakening proved to be a hugely important factor in combating al Qaeda terrorists and other Sunni insurgents and, over time, similar initiatives in the Shiite population proved important in combating some militias in select areas as well.

Some observers have contended that we got lucky with the Awakening. Undeniably, it was fortunate that the initial development of a tribal rebellion against al Qaeda had begun by the time the surge began. Despite this reality, however, the spread of the Awakening beyond Ramadi was not serendipity; rather, it was the result of a conscious decision and a deliberate effort. I was well aware that there had previously been reconciliation initiatives that had worked in the short term. Indeed, I oversaw the first of these initiatives, in the summer of 2003, when I commanded the 101st Airborne Division in northern Iraq and Amb. Jerry Bremer, the head of the Coalition Provisional Authority, personally authorized me to support an Iraqi-led reconciliation effort. That effort helped make that part of Iraq surprisingly peaceful well into the fall of 2003, as the Sunni Arabs cast out of jobs and out of society by the de-Ba’athification policy still had hope of being part of the new Iraq in our area. Ultimately, however, that initiative, along with reconciliation efforts in subsequent years in western Anbar Province and elsewhere, foundered due to a lack of support by Iraqi authorities in Baghdad. I watched these initiatives during my second tour in Iraq, as commander of the Multi-National Security Transition Command-Iraq from June 2004 to September 2005.

Given my recognition of the importance of reconciliation, I was determined that we would support the nascent Awakening and then, over time, gain our Iraqi partners’ support, as well. In fact, my first trip outside Baghdad, shortly after taking command on Feb. 10, 2007, was to assess the progress of the initiative in Ramadi. After seeing the results of the Awakening up close, I quickly resolved that we would do all that we could to support the tribal rebellion there and also to foster its spread through other Sunni areas of Iraq. (Eventually, we also supported Shiite awakenings in some of the areas troubled by Shiite militias.) We would, in effect, seek to achieve a « critical mass » of awakenings that would set off a « chain reaction » as rapidly as was possible — initially up and down the Euphrates River Valley in Anbar Province and then into neighboring Sunni Arab areas of Iraq. Of equal importance, we would also seek the support of Iraqi Prime Minister Nouri al-Maliki for these initiatives. (I personally took him to Ramadi in March 2007 to speak to the tribal sheikhs leading the Awakening there, and I subsequently took him to other Sunni areas for similar endeavors as well.)

The decision to support the Awakening movement and, in essence, reconciliation carried considerable risk and was not initially embraced by all of our commanders. Many correctly pointed out that the leaders and members of the groups that wanted to reconcile with us — groups that might be willing to embrace the Awakening — had American blood on their hands. Beyond that, it was clear early on that Prime Minister Maliki was willing to allow us to support awakenings in strictly Sunni areas such as Anbar, but that he had understandable concerns about them when they approached areas of greater concern to his Shiite coreligionists; moreover, he also was not at all enthusiastic initially about providing Iraqi resources and assistance for what came to be known as the « Sons of Iraq, » the young men who helped augment coalition and Iraqi police and army forces in securing their tribal areas. Regardless, I was convinced that there was no alternative if we were to reduce the violence and divert key elements of the Sunni insurgency from their actual or tacit support for the actions of al Qaeda. So we pressed ahead and dealt with the many issues that arose along the way, helped initially by my first deputy, British Lt. Gen. Sir Graeme Lambe, a friend and colleague of many years, and then by the establishment of a Force Reconciliation Cell that was headed by a talented two-star British officer and an impressive senior U.S. diplomat.

Ultimately, the Awakening movement — and, in effect, reconciliation — did spread dramatically. There were many challenges as this transpired, especially when Prime Minister Maliki and other Shiite leaders developed concerns over the spread of the movement into Baghdad and areas near predominantly Shiite or mixed communities. Our reconciliation team — aided enormously by Emma Sky, a brilliant British woman who served as a special assistant to me during the latter part of the surge (having served as General Odierno’s political adviser earlier and subsequently) — worked tirelessly to deal with the seemingly endless list of issues and with the woman appointed by Prime Minister Maliki to oversee reconciliation initiatives for the Iraqi government. And, ultimately, a year and a half into the surge, we had on our payroll more than 100,000 « Sons of Iraq » (more than 20,000 of them Shiite), young men who lived in the areas of the Awakening movements and who then helped secure their neighborhoods from both Sunni insurgents and Shiite militias.

In sum, the spread of the Awakening was not serendipity; it was the result of a deliberate decision I took soon after taking command. To be sure, the timing of the initiative outside Ramadi was fortuitous, but from even before taking command I knew that reconciliation had to take place if we were to reduce violence significantly by the fall of 2007. We thus were determined to capitalize on the Ramadi initiative by promoting the spread of Awakening movements and facilitating the resulting reconciliation among sects, tribes, and factions. I understood the numerous risks, and we took measures to ensure that Awakening movements and the « Sons of Iraq » did not turn into an unaccountable militia force that would cause more trouble for Iraq in the long run than they were worth in the near term. Looking back, the risks clearly were worth the resulting gains.

Targeted Special Operations

Another critical component of our comprehensive approach was an intensive campaign of targeted operations by U.S. and British Special Operations Forces to capture or kill key insurgent and militia leaders and operatives. Although I publicly acknowledged from the outset that we would not be able to kill or capture our way to victory (hence the need to support the Awakening), killing or capturing the most important of the « irreconcilables » was an inescapable and hugely important element of our strategy. Indeed, we sought to pursue key irreconcilables even more aggressively than was the case before the surge.

Then-Lt. Gen. Stan McChrystal, commander of the U.S. Joint Special Operations Command and the Counter-Terrorism Special Operations Task Force operating in Iraq, led this effort brilliantly. Our special operators were relentless in the pursuit of al Qaeda and other Sunni Arab extremist leaders, bomb makers, financiers, and propaganda cells — and of key Iranian-supported Shiite Arab extremists as well (though the latter effort was frequently constrained by Iraqi political factors, given the proclivities of the Shiite-led government). As the surge proceeded, the capacity and pace of U.S.- and coalition-targeted Special Operations under Lt. Gen. McChrystal and subsequently by then-Vice Adm. William H. McRaven increased substantially, as did the tempo of targeted operations by the Iraqi counterterrorist forces that we trained, equipped, advised, and also enabled with helicopters and various intelligence, surveillance, and reconnaissance assets. The results were dramatic: the targeted operations — as many as 10 to 15 per night — removed from the battlefield a significant proportion of the senior and midlevel extremist group leaders, explosives experts, planners, financiers, and organizers in Iraq. Looking back, it is clear that what the American and British special operators accomplished, aided enormously by various intelligence elements, was nothing short of extraordinary. Their relentless operations, employment of unmanned aerial vehicles and other advanced technology, tactical skill, courage, and creativity were truly inspirational. But by themselves they did not and could not turn the tide of battle in Iraq; once again, the key was a comprehensive approach, in which this element, like the others, was necessary but not sufficient.

The Development of Iraqi Security Forces

Supporting the development of the Iraqi Security Forces was also vitally important — and an effort with which I was intimately familiar, as I had led the establishment of the so-called « train and equip » organization and commanded the Multi-National Security Transition Command-Iraq for the first 15 and a half months of the organization’s existence, during which I was also dual-hatted as the first commander of the NATO Training Mission-Iraq.

Although I halted the transition of tasks from coalition to Iraqi forces shortly after I took command, we knew that ultimately such transitions would be essential to our ability to draw down our forces and send them home. As President Bush used to observe, « U.S. forces will stand down as the Iraqi forces stand up. » We knew that ultimately the U.S. military could not support the replacement of the five surge brigades and the other additional forces deployed to Iraq in 2007. It thus was imperative that Iraqi forces be ready by the latter part of 2007 to assume broader duties so that coalition forces could begin to draw down and the surge forces could go home. Beyond that, Iraqi leaders, frequently with unrealistically elevated assessments of the capabilities of their security forces, repeatedly advocated the continued transition of security and governance tasks — a desire that was commendable, if sometimes premature.

Under the capable leadership of then-Lt. Gen. Marty Dempsey and his successor, Lt. Gen. Jim Dubik, the train-and-equip mission steadily expanded its efforts not just to develop Iraqi army, police, border, and special operations units but also to build all of the institutions of the Ministries of Interior and Defense, their subordinate headquarters and elements, and the infrastructure and systems needed for what ultimately grew to a total of 1 million members of the Iraqi security forces.

These tasks required Herculean efforts. Our programs supported every aspect of Iraqi military and police recruiting, individual and collective training, leader development (for example, the creation of basic training complexes, a military academy, branch schools, a staff college, a war college, and a training and doctrine command), equipping Iraqi forces with everything from vehicles and individual weapons to tanks and aircraft, the conduct of combat operations (with advisory teams at every level from battalion and above), development of logistical organizations and depots, construction of tactical and training bases and infrastructure, establishment of headquarters and staffs, and, as noted earlier, the development of all of the elements of the ministries themselves. Indeed, it is hard for anyone who did not see this endeavor firsthand to appreciate its magnitude. Additionally, progress required our Iraqi counterparts to replace substantial numbers of senior army and police leaders who proved to be sectarian, corrupt, or ineffective in the performance of their duties before or during the early months of the surge. Fortunately, Prime Minister Maliki and his senior military and police leaders proved willing to undertake the vast majority of the necessary changes.

Over time, we and our Iraqi counterparts achieved slow but steady progress in building the capabilities of the Iraqi Security Forces. With effective partnering of Iraqi and U.S. forces, Iraqi forces steadily shouldered more of the burdens and took over more tasks. They also increasingly bore the brunt of combat operations, with their losses totaling several times those of coalition forces. I often noted to the president, the prime minister, and others, in fact, that as the surge proceeded, Iraqi security forces clearly were fighting and dying for their country. Progressively, over the months and years that followed, the coalition turned over responsibility for security tasks to Iraqi forces until, at the end of 2011, Iraqi elements assumed all security tasks on their own, with only a residual U.S. office of security cooperation remaining in Iraq.

The Civilian Components

The comprehensive strategy employed during the surge also had significant civilian components. Indeed, Ambassador Crocker and I worked hard to develop unity of effort in all that our respective organizations and coalition and Iraqi partners did. The campaign plan we developed in the spring of 2007, in fact, was a joint effort of my command, Multi-National Force-Iraq, and the U.S. embassy, with considerable input from coalition partners such as Britain. (This civil-military plan built on the partnership that my predecessor, Gen. George Casey, had developed with then-U.S. Ambassador Zalmay Khalilzad, albeit with the changes in strategic and operational concepts that I have described.) And over time, our plan was also, of course, synchronized in close coordination with our Iraqi counterparts. Appropriately, the mission statement in the campaign plan we finalized in the early summer of 2007 included many nonmilitary aspects, highlighting the combined approach on which we all embarked together.

As security improved, the tasks in the civilian arena took on greater importance. It was critical, for example, that we worked with our coalition and Iraqi civilian partners to help repair damaged infrastructure, restore basic services, rebuild local markets, reopen schools and health facilities, and support the reestablishment of the corrections and judicial systems and other governmental institutions. While not determinative by themselves, such improvements gave Iraqi citizens tangible reasons to support the new Iraq and reject the extremists, insurgents, and militia members who had caused such hardship for them.

To facilitate and coordinate such efforts, each brigade and division headquarters was provided an embedded provincial reconstruction team of approximately a dozen civilian and military experts (often led by retired diplomats and development specialists). The U.S. Congress also provided the units substantial funding (through the Commander’s Emergency Response Program) to help with these efforts (and the U.S. embassy and some coalition nations did likewise through their sources of funding). Again, over time, progress in these initiatives proved essential to gaining the support of the Iraqi people for their government and to turning the people against both Sunni and Shiite extremists. These tasks were huge and often expensive, but they were essential to gradually improving basic services and other aspects of life for the Iraqi people. With steadily improving security and with the U.S. Army Corps of Engineers taking on the oversight of the larger reconstruction projects for the embassy as well as for the military, the effort moved forward relatively well, although there were innumerable challenges, including security issues, corruption, design and management shortfalls, and so on. But even in the face of such obstacles, substantial reconstruction progress was nonetheless achieved.

Detainee Operations and Rule-of-Law Initiatives

Another important component of the comprehensive approach was the conduct of detainee operations. In this area also, we had to implement significant changes. The scope of this effort was enormous. In fact, the number of detainees in U.S.-administered facilities reached 27,000 after I temporarily halted releases until we could implement programs that provided a review process for the detainees in our facilities and could establish rehabilitation and reintegration programs to reduce the recidivism rate of those we released back to their communities.

Early on in the surge, it was clear to many of us that the detainee facilities we were operating had become breeding grounds for extremism. Indeed, some of our special operators, having recaptured the same individuals more than once, began calling our facilities « terrorist universities. » We were, to be sure, providing humane treatment; however, we had not identified and segregated from the general detainee population the hardcore extremists. Until that was done, the extremists asserted control (often brutally) in the facility enclosures — some of which contained up to 800 detainees — and spread extremist thinking and expertise among the detainee population. It became clear that we had to carry out « counterinsurgency operations inside the wire » in order to identify and separate from the detainee population the irreconcilables, just as we sought to do outside the wire in Iraqi communities. The leadership of Marine Maj. Gen. Doug Stone and of those who led the elements that constituted our detainee operations task force was instrumental in this component of our overall campaign. And the performance of the thousands of soldiers, airmen, and sailors who carried out the myriad duties in the facilities — individuals who often had been retrained from other specialties to augment the limited number of military police detention specialists available in the U.S. Army — was equally impressive.

Over time, Maj. Gen. Stone’s team also began helping our Iraqi partners as they sought to increase their own capacity and to build the prison infrastructure to conduct Iraqi corrections operations. This was another significant U.S. civil-military effort, and it was complemented by a similarly large civil-military initiative to help the Iraqis reestablish their judicial system and to rebuild the infrastructure to support it.

Then-Col. Mark Martins led the judicial support effort on the military side, staying in Iraq for two full years — as he was later also to do in Afghanistan — to oversee it, even as he also served as my senior legal counsel. The scope of this civil-military endeavor was enormous, encompassing construction of judicial facilities, training of judicial security elements, and support for reestablishment of judicial systems and structures. Partners from the U.S. State Department, Department of Justice, FBI, and other government agencies also played key roles in this substantial effort.

Another important initiative that supported the overall campaign was the effort to improve our intelligence about the various extremist elements and what was going on in Iraq more broadly. Here again, we pursued civil-military programs to build our capabilities (including fusion cells started under General Casey at each division headquarters to bring together all elements of the U.S. intelligence community); to expand the intelligence, surveillance, and reconnaissance assets available (everything from drones to cameras on towers); to build a massive database that our analysts could use to identify correlations and linkages between individuals and organizations; and to improve intelligence sharing with coalition and Iraqi partners. We also established human terrain teams at each brigade headquarters to help our commanders understand in a more granular manner the composition, power structures, customs, and views of the Iraqi people in their areas of responsibility. And we extended secure Internet access to unprecedented levels (down to most company headquarters) within our organizations, as well. Counterinsurgency operations depend on a keen understanding of the political, historical, cultural, economic, and military situation in each area, and our initiatives built on those begun earlier in the war to further our understanding of the dynamics of each province, district, and community. Truly understanding the human terrain was vital to our ability to improve its security.

The Iraqi Political Component and Strategic Communications

The heart of the struggle in Iraq was a competition for power and resources between the major factions in the country — the majority Shiite Arabs and the minority Sunni Arabs and Kurds. (There were subfactions of each group as well, of course, in addition to other minority sects and ethnicities such as Turkoman, Yezidis, and Iraqi Christians, among others.) Achieving enduring progress in Iraq thus required achievement of political agreements on a host of key issues that divided the various factions. Consequently, seeking to foster agreement on such issues was yet another important component of the overall approach, and it developed into one to which Ambassador Crocker and I devoted considerable focus and effort. During the course of the surge, there were important laws passed and initiatives agreed upon — for example, a provincial powers act, an elections law, a reform of the de-Ba’athification decree, an amnesty law, and so forth; however, it was in this area that the most additional progress was (and still is) needed. Nonetheless, the surge made politics once again the operative mechanism through which Iraqis would divide power and resources — even as they struggled to create the political impetus and find the common ground to seize the moment and the opportunity offered to them.

Strategic communications, or public affairs, was another important element of the campaign. My guidance here was clear: we should seek to « be first with the truth, » to be as forthright as possible, to provide information on all developments and not just « good news, » and to avoid the practice of « putting lipstick on pigs » (trying to make bad news look good through spin). This also meant highlighting the violent acts carried out by al Qaeda and the Sunni insurgents, as well as those carried out by Shiite extremists. Hanging around the neck of Shiite cleric Moqtada al-Sadr was the assassination of Shiite police chiefs and governors and the violent acts of his followers in the holy city of Karbala in the summer of 2007, for example, which contributed to his decision to order his militia to stand down until the following March. (Of course, increased pressure by coalition and Iraqi forces and Prime Minister Maliki’s courageous confrontation with the militia members in Karbala contributed to Sadr’s decision, as well.) Clearly establishing in the eyes of the Iraqi people that Iranian elements were supporting members of the most violent Shiite militias also helped turn some Iraqis against Tehran’s meddling in their country. And fostering concepts of integrity in government and pride in the Iraqi security forces, as well as awareness of what was being achieved by coalition and Iraqi efforts — even while acknowledging our shortfalls and mistakes — was all part of a comprehensive strategic communications campaign. Like most of our other efforts, this campaign was increasingly coordinated with — and, over time, replaced by — Iraqi efforts.

There were, of course, many other components of the overall campaign: engagement with religious and academic leaders, jobs programs, support for governance at all levels, initiatives to attract outside investment back to Iraq, work with countries in the region to reengage with Baghdad and to prevent their young men from traveling to Iraq to join the extremist elements, initiatives to improve security on the borders and to reestablish customs and immigrations facilities, and programs to reduce terrorist and insurgent financing. But the elements I have outlined were the major components of the comprehensive civil-military campaign plan that guided our operations and activities. Each was of central importance to the achievement of progress during the course of the surge and accomplishments in each component reinforced and made possible further steps forward in other areas — the cumulative effect of which was considerable by the end of the surge in July 2008. Indeed, some of the various facets of our strategy continue to contribute to the situation in Iraq today, even after all U.S. combat forces have left the country, despite the considerable backsliding in the political and security situation.

Once again, it is important to note that the surge was all of the above, a comprehensive civil-military campaign, not just a substantial number of additional forces. The extra forces were critical to achieving progress as rapidly as we did, but they would not have been enough without the other components of the campaign.

The Magnitude of the Difficulty

As I’ve made clear, all of this was extraordinarily difficult and carried out in an environment of tremendous violence and frustratingly difficult Iraqi political discord. Moreover, we knew — and I stated publicly on numerous occasions — that the situation in Iraq would get worse before it got better. That proved true. There was no way to stop the violence without confronting those responsible for it. And there was no way that we could do that without putting our troopers and those of the Iraqi forces on the sectarian battle lines in Baghdad and elsewhere, especially in the areas most affected by al Qaeda terrorists and sectarian militias. When we did that, the insurgents and militia members predictably fought back. Consequently, violence rose throughout the first five months of the surge, reaching a crescendo in May and June, to well over 200 attacks per day, before beginning to abate and then falling fairly rapidly in July, August, and September of 2007.

The decline in violence overall, and the substantial reduction in car bombings in particular, as well as gradual improvements in a number of other areas of our effort made possible by the improved security, enabled Ambassador Crocker and me to report guarded progress in congressional hearings in September 2007. While highly charged emotionally at the time, those hearings gained us critical additional time and support, without which it is likely that the mission in Iraq would have failed. And, after we were able to report further progress when we testified again in April 2008, having already commenced the drawdown of the surge as well, we were able to gain still further time and support for our efforts in Iraq.

The progress continued throughout the remainder of the surge and beyond, with periodic upticks in violence, to be sure, but with the overall trajectory positive, despite continued inability to resolve many of the major political issues that divided the Iraqi people. Nonetheless, the comprehensive civil-military endeavor pursued during the surge made it possible over time to transfer tasks from U.S. and other coalition forces to Iraqi soldiers and police and, ultimately, for the United States to withdraw its final combat elements at the end of 2011 without a precipitate descent back into the violence and civil conflict that made the surge necessary in the first place. None of this could have been possible were it not for the extraordinary sacrifices and service of the men and women in uniform in Iraq during the surge and their diplomatic, intelligence, and development community partners.

At the highest level, President Bush’s decision to conduct the surge was exceedingly courageous. His advisers were split on the decision, with many favoring other approaches that in my view would have failed. And as the going did get tougher over the early months of the surge, President Bush’s steadfast leadership and his personal commitment to seeing the war through to a successful conclusion (albeit one that might take many years to unfold) took on enormous significance.

I was privileged, together with Ambassador Crocker, to participate in a weekly video teleconference with the president and the members of the National Security Council. It began promptly at 7:30 a.m. Washington time each Monday, thereby ensuring that all participants were focused at the start of the week on the mission to which the president had given his total commitment. I do not believe that any battlefield commander ever had that frequency of contact with his commander in chief, and it was of vital importance to me, as was the support of Secretary of Defense Bob Gates.

I also had a weekly video teleconference with Secretary Gates, who personally drove forward a number of programs of incalculable value to our men and women on the ground, programs such as the accelerated production of mine-resistant, ambush-protected MRAP vehicles; a huge increase in intelligence, surveillance, and reconnaissance assets (such as Predator unmanned aerial vehicles and optics on towers, among many others); and a host of individual protective systems and enablers for our troopers — not to mention the additional forces that I requested once I got on the ground and identified additional needs beyond those addressed by the initial surge force commitment. Secretary Gates and all of us in Iraq were supported enormously, as well, by Gen. Pete Pace and then Adm. Mike Mullen, the two officers who served as chairman of the Joint Chiefs during the surge. General Pace and Admiral Mullen also did yeoman service in maintaining the support of the military service chiefs who were understandably under enormous strain to produce the forces that we needed, while also gradually increasing the effort in Afghanistan, as it began to go downhill. At one point, of course, this required the extension of the tours in Iraq and Afghanistan from 12 to 15 months, an enormous sacrifice to ask of our men and women there and their families at home, but one that proved hugely important to the campaign.

President Bush’s commitment had an enormous psychological effect on our men and women in Iraq, as well as on the Iraqi people. Our troopers recognized that we had a chance to do what was needed to reverse the terrible cycle of violence that had gripped Iraq in the throes of civil war. And the citizens of the Land of the Two Rivers realized that there was still hope that the new Iraq could realize the potential that so many had hoped for in the wake of the ousting of Saddam Hussein and the collapse of the Ba’athist regime in 2003.

Commanding MNF-I

I recognized early on that I had become the face of the surge. I had not asked for this role, but whether I liked it or not, I had to fill it. Beyond that, of course, it was essential that I determine the right big ideas (with lots to help, to be sure), provide clear direction, communicate that direction in all possible forms, and then oversee the implementation of the resulting plans. It was also critical that I spend time with our troopers on the ground, that I share a measure of risk with them, and that I give encouragement and provide cautious optimism that we could, indeed, achieve the objectives we’d set out for ourselves and our Iraqi partners. In truth, from the beginning I believed that our approach was correct and that we would achieve progress; however, there were undeniably moments when I was uncertain whether we could achieve sufficient progress quickly enough to report that to Congress by September 2007. On more than one occasion as the early months went by, in fact, I sat alone with Gen. Odierno after our morning updates and discussed with him when we thought the situation was going « to turn. » No theater commander ever had a better « operational architect » than I had in him.

As the coalition commander, I also had extensive contact with the military and civilian leaders and legislators of the countries contributing forces to the coalition and also, of course, with Prime Minister Maliki and our key Iraqi partners from all sectors of the population. I had considerable interaction as well with the U.S., international, and Iraqi press. In the latter effort, as with the leaders of the coalition countries, I worked hard to avoid projecting unfounded optimism. When asked whether I was an optimist or a pessimist, for example, I typically replied, « I am neither an optimist nor a pessimist; rather, I am a realist. And reality is that Iraq is all hard, all the time. » I would then note the progress we’d achieved and setbacks we’d suffered in recent weeks. I worked hard, in fact, to maintain credibility with coalition leaders and the media, as well as with our troopers and their Iraqi counterparts. The provision of realistic assessments was hugely important and ranked among the biggest of the many « rocks » in my personal rucksack.

Needless to say, it was the greatest of privileges to serve with the selfless men and women, Iraqi and American and those of our coalition partners, civilian as well as military, who did the hard, dangerous work of the surge. There seldom was an easy period; each day was tough. But those on the ground consistently demonstrated the skill, initiative, determination, and courage needed to turn the big ideas at my level into reality at their levels and in their areas of responsibility. They also displayed the flexibility that was required to ensure that Multi-National Force-Iraq was a learning organization, one that could react faster and display greater adaptability than our terrorist, insurgent, and militia opponents. As the surge progressed, the men and women I was privileged to command continually refined tactics, techniques, and procedures, and they ultimately defeated their enemies in both the physical and intellectual manifestations of counterinsurgency battle.

Because of the complexity of counterinsurgency operations and the mixture of military and civilian tasks that they entail, it is sometimes said that counterinsurgency is the graduate level of warfare. However debatable that assessment may be, there is no question that the men and women of the surge demonstrated a true mastery of all that was required to conduct such operations. As I often noted in later years, they earned the recognition accorded them as « America’s New Greatest Generation. »

The Road Ahead

In many respects, Iraq today looks tragically similar to the Iraq of 2006, complete with increasing numbers of horrific, indiscriminate attacks by Iraq’s al Qaeda affiliate and its network of extremists. Add to that the ongoing sectarian civil war in Syria — which is, in many aspects, a regional conflict being fought there — and the situation in Iraq looks even more complicated than it was in 2006 and thus even more worrisome — especially given the absence of American combat forces.

As Iraqi leaders consider the way forward, they would do well to remember what had to be done the last time the levels of violence escalated so terribly. If Iraqi leaders think back to that time, they will recall that the surge was not just more forces, though the additional forces were very important. What mattered most was the surge of ideas — concepts that embraced security of the people by « living with them, » initiatives to promote reconciliation with elements of the population that felt they had no incentive to support the new Iraq, ramping up of precise operations that targeted the key « irreconcilables, » the embrace of an enhanced comprehensive civil-military approach, increased attention to various aspects of the rule of law, improvements to infrastructure and basic services, and support for various political actions that helped bridge ethno-sectarian divides.

The ideas that enabled progress during the surge are, in many respects, the very ideas that could help Iraq’s leaders reverse the tragic downward spiral that we have seen in recent months. As we discovered in the run-up to the surge of 2007, a singular focus on counterterrorist operations will most likely fail to stem the violence gripping Iraq. If Iraq and the Iraqis are to have yet one more opportunity to move forward, they would likely find it useful to revisit the entire array of approaches pursued in 2007 and 2008. It is heartening, thus, to know that some of the veterans of the surge, American as well as Iraqi, are engaged in the effort to help Iraq determine and then pursue the initiatives needed to address the terrible increase in violence in that country. This is a time for them to work together to help Iraqi leaders take the initiative, especially in terms of reaching across the sectarian and ethnic divides that have widened in such a worrisome manner.  It is not too late for such action, but time is running short.


Antisémitisme: Est-il rien sur la terre qui soit plus surprenant ? (The longest hatred in history: Retracing the thread from the New Testament to Auschwitz and today)

22 septembre, 2014
https://i1.wp.com/gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90094526/f1.highreshttps://i1.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/60/Wandering_jew.jpg
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Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe? Jésus (Jean 21: 22)
Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le Fils de l’homme venir dans son règne. Jésus (Matthieu 16: 28)
Est-il rien sur la terre qui soit plus surprenant que la grande misère du pauvre Juif errant ? Complainte du Juif errant
Jamais je ne m’arrête ni ici ni ailleurs; par beau ou mauvais temps je marche incessamment … Le juif errant
Des remords ? Pourquoi ? Gardez la paix de l’âme et soyez méchant. Les bons vous en sauront gré. Le Christ ! je l’ai bafoué. Il m’a fait surhumain. Adieu !…  Apollinaire
La complainte que l’on chanta après ma visite à Bruxelles me nomme Isaac Laquedem, d’après Philippe Mouskes, qui, en 1243, mit en rimes flamandes mon histoire. Le chroniqueur anglais Mathieu de Paris, qui la tenait du patriarche arménien, l’avait déjà racontée. Depuis, les poètes et les chroniqueurs ont souvent rapporté mes passages, sous le nom d’Ahasver, Ahasvérus ou Ahasvère, dans telles ou telles villes. Les Italiens me nomment Buttadio – en latin Buttadeus ; – les Bretons, Boudedeo ; les Espagnols, Juan Espéra-en-Dios. Je préfère le nom d’Isaac Laquedem, sous lequel on m’a vu souvent en Hollande. Des auteurs prétendent que j’étais portier chez Ponce-Pilate, et que mon nom était Karthaphilos. D’autres ne voient en moi qu’un savetier, et la ville de Berne s’honore de conserver une paire de bottes qu’on prétend faites par moi et que j’y aurais laissées après mon passage. Mais je ne dirai rien sur mon identité, sinon que Jésus m’ordonna de marcher jusqu’à son retour. Je n’ai pas lu les œuvres que j’ai inspirées, mais j’en connais le nom des auteurs. Ce sont : Goethe, Schubart, Schlegel, Schreiber, von Schenck, Pfizer, W. Müller, Lenau, Zedlitz, Mosens, Kohler, Klingemann, Levin Schüking, Andersen, Heller, Herrig, Hamerling, Robert Giseke, Carmen Sylva, Hellig, Neubaur, Paulus Cassel, Edgar Quinet, Eugène Suë, Gaston Paris, Jean Richepin, Jules Jouy, l’Anglais Conway, les Pragois Max Haushofer et Suchomel. Il est juste d’ajouter que tous ces auteurs se sont aidés du petit livre de colportage qui, paru à Leyde en 1602, fut aussitôt traduit en latin, français et hollandais, et fut rajeuni et augmenté par Simrock dans ses livres populaires allemands.  Apollinaire
Le Juif errant est une figure symbolique d’une grande densité, multiple et unitaire à la fois, située au centre d’un univers mythologique dont l’extension notable dans le temps n’est pas moindre que sa diffusion dans l’espace. Un bref passage de l’Évangile de Jean est à l’origine d’une floraison de récits, différents les uns des autres non seulement par la variété des trames et des formes expressives, mais aussi par la diversité des configurations mentales sous‑jacentes à la narration des vicissitudes du protagoniste. Ces récits, selon nous, se prêtent à être lus comme autant de variantes d’un mythe qui, toutes, le contiennent à un niveau potentiel. (…) Une telle plasticité intrinsèque, qui n’a pas d’autres exemples hors de la mythologie, est une des raisons qui ont permis à la figure du Juif errant de ponctuer le chemin de la civilisation occidentale chrétienne, sur une longue durée, allant grosso modo du Moyen Âge au xxe siècle (personne ne peut dire si actuellement l’élan initial a épuisé ou non ses propres potentialités). Si l’on s’interroge sur les motifs d’une diffusion aussi vaste et d’une aussi longue durée, on ne peut éviter de commencer par l’observation suivante : l’Europe chrétienne à travers la construction du mythe du Juif errant a forgé une image particulière de l’Autre, à laquelle elle ne pouvait pas ne pas confronter sa propre image. Il ne s’agit pas d’un quelconque « autre », mais du plus problématique et « impliquant », marqué par un paradoxe éclatant : le juif, le juif modelé par l’imaginaire chrétien, a le privilège de réunir en lui des pôles opposés dans la mesure où il incarne simultanément la diversité et la similitude. Séparé du monde chrétien par un fossé abyssal, car il n’a pas reconnu le Messie dans le Christ, il est néanmoins le dépositaire d’une vérité fondamentale pour la chrétienté : celle de l’incarnation de la passion du Christ, dont il a été le témoin direct. Le monde chrétien ne peut que prendre ses distances avec lui mais, dans le même temps, ne peut se permettre de l’ignorer : est‑il possible de résoudre, ou tout au moins atténuer une contradiction aussi marquée ? Marcello Massenzio
Despite the real efforts to develop a Christian-Jewish dialogue, it is only among the educated and broad-minded elite in the Catholic and Protestant churches that there has been a significant shift in the perception of Judaism and the Jews. But this is much less true of the Orthodox Christians, who account for well over 300 million people. Furthermore, we would have to qualify even the progress made with the Catholic Church by saying that it is in the theological realm, not manifested in attitudes towards Israel — though, yes, finally in the 1990s, the Vatican recognized the Jewish state. In the Protestant world, it’s a slightly reversed trend. The Evangelical Christians are among Israel’s most passionate supporters. But they have not altogether cast overboard more traditional theological ideas about conversion of Jews being the indispensable prelude to the ultimate redemption. (…) There are important nuances here, both between countries in different parts of the world, and within the West itself. American and European Christendom, for example, are completely different. In the U.S., many Christians see Jews as allies in the struggle to protect and preserve all the core values that are threatened directly by militant Islam; just as many Jews see those Christians who understand the moral, historical, and political legitimacy of Israel as indispensable allies. The common interest is glaringly obvious, although sometimes more to Christians than to Jews. Here lies a paradox that has to be addressed: Christians of the more liberal persuasion, particularly liberal Protestants, are very often hyper-critical of Israel, and push for boycotts, divestment, and sanctions. They also support charity organizations like War on Want and Christian Aid, which utterly and uncritically embrace the Palestinian cause. Then there’s the left wing of Christianity, which has roots in the Third World and Latin America. It espouses a kind of Marxist liberation theology. The conservative Christians have a totally different perception of Israel from these groups. They, unlike their more liberal coreligionists, passionately support Israel as a front line of democracy, which they sincerely define as the Judeo-Christian basis of all the freedoms that we tend to take for granted in Western countries. Ruthie Blum Leibowitz
What needs to be understood — and it’s a case I make strongly in the book — is why the ayatollahs have invested such great efforts in their propaganda against Israel. The reason they have presented themselves as — and have carried out a policy of being — the avant garde of total opposition to Israel’s very existence is that they see this as their most powerful card in a much broader and more ambitious aim. This aim is first to establish hegemony throughout the Middle East, and then to be in a position where they can actually challenge the hegemony of the West. Hatred of Israel and this very intense, religiously driven indoctrination on Iran’s part is designed primarily for the Arab street, and it has had some success. Its most important success was in underwriting and reinforcing the Hizbullah movement it created in Lebanon in 1982. Hizbullah (the Party of God) is a movement which operates in an Arab country and whose members are all Arabs. But they are Shiites — Arab Shiites who have become a proxy of Iran, and closely controlled by its regime. Their ideology is completely Iranian-oriented, and includes a visceral hatred of Jews. (…) That Hamas, a Sunni Muslim organization, has increasingly become another Iranian proxy in the region has been one of the most striking developments in the last five or six years. The seeking of Israel’s destruction has become the most effective glue linking Iran to an Arab world that is naturally and rightfully suspicious of its intentions. Countries like Egypt, Jordan, and Saudi Arabia, which are all Sunni, and often considered to be moderate or pro-Western in some way — though that would have to be seriously qualified in practice — do feel threatened by Iran. In their own ambiguous way, they are seeking means to diminish or neutralize the Iranian threat. Then there are the smaller Gulf States, which are literally defenseless in the face of a nuclearized Iran. Presently, they may feel they have an American shield to protect them from future Iranian threats. But how much would such a shield be worth if there were a nuclear Iran nuclear? Not very much. (…) The bulk of them [students on Western campuses] have completely bought in to the Palestinian version of the conflict: that the Jews came in and stole the land; that the state of Israel was an illegitimate creation with no historic justification; that its establishment was a colonialist and imperialist conspiracy. This is now a kind of lingua franca of a whole generation of students. Probably 90% of the books they are assigned in Middle East studies point in that direction. (…) We have far more possibilities than the Jews of the pre-Holocaust period had. We have an independent state, with a very advanced and flourishing society. Admittedly, our adversaries today have much more extensive resources with which to circulate and amplify the cycle of lies. This doesn’t mean, however, that we are fated to be passive recipients of vilifying accusations on the part of forces intent on Israel’s demise. One of the reasons I wrote this book was to identify those forces and the impetus behind them. Their build-up is something that only seems to have hit home to many Israelis after the Goldstone report. But that report is only the last straw in a long indictment that has been mounting with very little response, other than from a handful of people.(…) Here we are touching on one of the core problems of dealing with this escalating process of undermining the moral foundations and legitimacy of Israel. It’s difficult for me to be cool, calm and collected when, as part of my everyday work, I have to read so many self-accusatory statements and indictments either by Israelis who have left Israel, or by those who remain and teach in Israeli universities, or by Diaspora Jews who have jumped on this bandwagon and seem so keen to produce their “divorce certificates” from the Jewish state. And they do this in order to give themselves the appearance of a clean bill of health. It is their way of saying: “We are good Jews; we have nothing in common with those bad ones.” (…) Indeed, I think there is an analogy to be drawn between the highly assimilated, well-off, middle- and upper-middle-class Jews of Weimar Germany, who believed that if only they could demonstrate to non-Jewish Germans that it was the east European Jewish immigrants at the root of all the problems, they themselves would be spared anti-Semitism. This, of course, was all blown away after 1933, because it wasn’t of the slightest interest to Hitler and his supporters what kind of Jew you were. As a matter of fact, it was the well-established Jewish professionals and intellectuals who the Nazis were determined to “cleanse” Germany from first. Today, those left-wing and liberal Jews who feel that if only they can show they fully share the anti-Zionist zeitgeist, they will be spared the indictment that is being handed out, are victims of the same delusion. (…) We recently celebrated the festival of Purim. And though nobody believes in the literal historicity of the events in the Book of Esther, it is a document of great importance, because of what it tells us about anti-Semitism and Jewish responses to it. It is astonishing to find such continuities from more than 2,000 years ago to today. And it is ironic that the great Jew-hater of the story, Haman, hails from the same country — what was then Persia — as Ahmadinejad today. In the story, the Jews are already in the Diaspora — so presumably it was written in the Hellenistic period — and they are described as being a dispersed people, and divided among themselves, although they have their own laws and customs, which are distinct from those of the other habitants of the kingdom. And the bait that Haman offers to the king to carry out the extermination of the Jews is that it will bring great economic benefits to the treasury, and that it will introduce an element of uniformity in the kingdom that is actually a multicultural, multinational, perhaps quite shaky empire. And how do the Jews react? Well, Mordechai and Esther engage in a political action; there are court intrigues; a complex plot unravels. But ultimately, in the Diaspora, Jews are dependent on fate, on the powers-that-be, and on persuading at least some of those powers-that-be to allow them to defend themselves. This was less and less true in the history of the Diaspora, and Jews were less and less able to organize and defend themselves — which is one of the primary reasons why modern Zionism came into existence. So, clearly, anti-Semitism is an ancient phenomenon. That’s why the subtitle of my book begins with “from antiquity.” And many Jewish responses are traditional ones. We can almost say that nothing new has ever been invented in the history of Jewish self-defense. Some techniques are more refined than others. Jews have achieved greater amounts of power in a number of diasporic societies. But the scenarios don’t change that much. What has changed is the existence of Jewish sovereignty. Of a state. Of an army. Of a cohesive society which is willing and able to defend itself with all the means at the disposal of a modern society, to make sure there is no repetition of the Holocaust or of lower-scale massacres. This is a crucial development, even though it has not diminished anti-Semitism. On the contrary, it has simply given it new pretexts and sources on which it can feed. Still, we Jews are privileged in comparison to all the generations that went before us. For the first time, with our own hands, and using all the creativity, talent, determination and tenacity that we have shown over the centuries in adversity, we can frustrate the evil designs of our enemies. (…) In the Bible, Israel is the name given to Jacob, one of the three patriarchs of the nation, after he struggles with the angel — this mysterious figure, half-God, half-man, God, man, something else, the stranger, a phantom of his unconscious imagination, a real person, who knows? All name changes in the Bible have great significance. And the literal meaning of Israel is “he who struggles and prevails.” Delving into the broader meaning of Israel, both historically and today — and asking what its purpose is, for itself as a people and for the nations — you could say that it represents a struggle for truth. (…) It is a struggle to transcend ourselves, to find our better part, to aspire to the light. Contrary to the stereotype branding Jews as the incarnation of materialism, anybody really familiar with the annals of Jewish history knows this is ludicrous. This is not to say there aren’t materialists among us, of course. On one level, we are no different from anybody else. But there’s another level on which we operate, which, for a lack of a better word, I would call metaphysical. And it is this level, which Israel represents, that is one of the deepest reasons for anti-Semitism. (…) among the many other intrinsically fascinating and horrendous features it has, anti-Semitism is also a continuous challenge to the Jewish people. It is a kind of barometer to us and to the nations, both of what is wrong — because it is often a symptom of major pathologies in a given society — and a warning signal of catastrophes to come. Indeed, it is clear that its current rise is a herald of a catastrophe already in the making. Rather than deluding ourselves that it is a passing storm, if we could only see it as a galvanizer, we could put our energies to more constructive use, and understand that fighting it, too, is part of a wider struggle for continual self-betterment. As with all forms of persecution and oppression, running away doesn’t work. You have to stand up and fight your adversary and — as in the case of Jacob, who becomes worthy to be called Israel — to overcome him, even if this means sustaining a limp, as he apparently did. Ruthie Blum Leibowitz
I write on Christian origins from the standpoint of a scholar of the ancient Jewish writings, including the Dead Sea Scrolls, the Mishnah, the Talmud, and the Midrashim. My view on Christian origins is that Jesus was a Jewish messiah-figure who had no intention of starting a new religion. The real founder of Christianity as a separate religion was Paul. Jesus died on a Roman cross because he was considered a threat to the Roman occupation of Judaea, not because he was regarded as heretical or blasphemous by the Jewish religious authorities, the Pharisees. His Jewish opponent was the High Priest, who was a Roman appointee, who acted for political, not religious motives, in arresting Jesus. Jesus was not a military figure, but, like Theudas, and some other contemporary messiah-figures, relied on the hope of divine intervention, which he thought would take place on the Mount of Olives. Paul was never a Pharisee rabbi, but was an adventurer of undistinguished background. He was attached to the Sadducees, as a police officer under the authority of the High Priest, before his conversion to belief in Jesus. His mastery of the kind of learning associated with the Pharisees was not great. He deliberately misrepresented his own biography in order to increase the effectiveness of missionary activities.(…) Jesus and his immediate followers were Pharisees. Jesus had no intention of founding a new religion. He regarded himself as the Messiah in the normal Jewish sense of the term, i.e. a human leader who would restore the Jewish monarchy, drive out the Roman invaders, set up an independent Jewish state, and inaugurate an era of peace, justice and prosperity (known as ‘the kingdom of God,) for the whole world. Jesus believed himself to be the figure prophesied in the Hebrew Bible who would do all these things. He was not a militarist and did not build up an army to fight the Romans, since he believed that God would perform a great miracle to break the power of Rome. This miracle would take place on the Mount of Olives, as prophesied in the book of Zechariah. When this miracle did not occur, his mission had failed. He had no intention of being crucified in order to save mankind from eternal damnation by his sacrifice. He never regarded himself as a divine being, and would have regarded such an idea as pagan and idolatrous, an infringement of the first of the Ten Commandments. (…) The first followers of Jesus, under James and Peter, founded the Jerusalem Church after Jesus’s death. They were called the Nazarenes, and in all their beliefs they were indistinguishable from the Pharisees, except that they believed in the resurrection of Jesus, and that Jesus was still the promised Messiah. They did not believe that Jesus was a divine person, but that, by a miracle from God, he had been brought back to life after his death on the cross, and would soon come back to complete his mission of overthrowing the Romans and setting up the Messianic kingdom. The Nazarenes did not believe that Jesus had abrogated the Jewish religion, or Torah. Having known Jesus personally, they were aware that he had observed the Jewish religious law all his life and had never rebelled against it. His sabbath cures were not against Pharisee law. The Nazarenes were themselves very observant of Jewish religious law. They practiced circumcision, did not eat the forbidden foods and showed great respect to the Temple. The Nazarenes did not regard themselves as belonging to a new religion; their religion was Judaism. They set up synagogues of their own, but they also attended non-Nazarene synagogues on occasion, and performed the same kind of worship in their own synagogues as was practiced by all observant Jews. The Nazarenes became suspicious of Paul when they heard that he was preaching that Jesus was the founder of a new religion and that he had abrogated the Torah. After an attempt to reach an understanding with Paul, the Nazarenes (i.e. the Jerusalem Church under James and Peter) broke irrevocably with Paul and disowned him. Hyam Maccoby
Paul, not Jesus, was the founder of Christianity as a new religion which developed away from both normal Judaism and the Nazarene variety of Judaism. In this new religion, the Torah was abrogated as having had only temporary validity. The central myth of the new religion was that of an atoning death of a divine being. Belief in this sacrifice, and a mystical sharing of the death of the deity, formed the only path to salvation. Paul derived this religion from Hellenistic sources, chiefly by a fusion of concepts taken from Gnosticism and concepts taken from the mystery religions, particularly from that of Attis. The combination of these elements with features derived from Judaism, particularly the incorporation of the Jewish scriptures, reinterpreted to provide a background of sacred history for the new myth, was unique; and Paul alone was the creator of this amalgam. Jesus himself had no idea of it, and would have been amazed and shocked at the role assigned to him by Paul as a suffering deity. Nor did Paul have any predecessors among the Nazarenes though later mythography tried to assign this role to Stephen, and modern scholars have discovered equally mythical predecessors for Paul in a group called the ‘Hellenists’. Paul, as the personal begetter of the Christian myth, has never been given sufficient credit for his originality. The reverence paid through the centuries to the great Saint Paul has quite obscured the more colourful features of his personality. Like many evangelical leaders, he was a compound of sincerity and charlatanry. Evangelical leaders of his kind were common at this time in the Greco-Roman world (e.g. Simon Magus, Apollonius of Tyana). (…) A source of information about Paul that has never been taken seriously enough is a group called the Ebionites. Their writings were suppressed by the Church, but some of their views and traditions were preserved in the writings of their opponents, particularly in the huge treatise on Heresies by Epiphanius. From this it appears that the Ebionites had a very different account to give of Paul’s background and early life from that found in the New Testament and fostered by Paul himself. The Ebionites testified that Paul had no Pharisaic background or training; he was the son of Gentiles, converted to Judaism in Tarsus, came to Jerusalem when an adult, and attached himself to the High Priest as a henchman. Disappointed in his hopes of advancement, he broke with the High Priest and sought fame by founding a new religion. This account, while not reliable in all its details, is substantially correct. It makes far more sense of all the puzzling and contradictory features of the story of Paul than the account of the official documents of the Church. The Ebionites were stigmatized by the Church as heretics who failed to understand that Jesus was a divine person and asserted instead that he was a human being who came to inaugurate a new earthly age, as prophesied by the Jewish prophets of the Bible. Moreover, the Ebionites refused to accept the Church doctrine, derived from Paul, that Jesus abolished or abrogated the Torah, the Jewish law. Instead, the Ebionites observed the Jewish law and regarded themselves as Jews. The Ebionites were not heretics, as the Church asserted, nor ‘re-Judaizers’, as modern scholars call them, but the authentic successors of the immediate disciples and followers of Jesus, whose views and doctrines they faithfully transmitted, believing correctly that they were derived from Jesus himself. They were the same group that had earlier been called the Nazarenes, who were led by James and Peter, who had known Jesus during his lifetime, and were in a far better position to know his aims than Paul, who met Jesus only in dreams and visions. Thus the opinion held by the Ebionites about Paul is of extraordinary interest and deserves respectful consideration, instead of dismissal as ‘scurrilous’ propaganda — the reaction of Christian scholars from ancient to modern times. Hyam Maccoby (« The Mythmaker: Paul and the Invention of Christianity »)
Sur le long terme, il va falloir reconnaître que que Gaza ne peut pas subvenir à ses besoins en étant coupé du monde. Barack Obama
Combien de morts faudra-t-il encore pour que s’arrête ce qu’il faut bien appeler le carnage de Gaza ? La tradition d’amitié entre Israël et la France est ancienne et le droit d’Israël à la sécurité est total, mais ce droit ne justifie pas qu’on tue des enfants et qu’on massacre des civils. Le Hamas porte évidemment une responsabilité écrasante dans cet engrenage macabre qui sert surtout les extrémismes, mais celle-ci non plus ne justifie pas ce que le Secrétaire général des Nations unies a qualifié de crimes. Laurent Fabius
Il faudra bien, à un moment, reconnaître l’Etat palestinien. Laurent Fabius
Je tenais à remercier d’abord Mahmoud ABBAS d’avoir choisi la France avant de se rendre à l’Assemblée Générale des Nations Unies, nous nous y retrouverons d’ailleurs la semaine prochaine, parce que nous devions ensemble rappeler les évènements terribles qui se sont produits à Gaza, qui ont fait plus de 2.000 morts, des milliers de blessés, et des personnes qui aujourd’hui sont dans le dénuement le plus complet. (…) Nous aurons donc à dire très clairement, dans une résolution qui sera présentée au Conseil de sécurité, ce que nous attendons maintenant du processus et ce que doit être la solution du conflit. (…) Mais nous savons que la France est également liée à Israël, que la France veut la sécurité d’Israël et c’est parce que nous savons parler à tous nos partenaires que nous pouvons être une solution pour mettre un terme à ce conflit. François Hollande

Croyance populaire plus ou moins inspirée d’un texte biblique mal compris, diffusion via images, complaintes, livres de colportage mais aussi l’Inquisition espagnole et le protestantisme allemand, entrée dans la grande littérature européenne y compris avec une certaine mais ambiguë valorisation positive en une sorte de « christ porteur de malédiction éternelle » …

A l’heure où nos amis juifs et israéliens s’apprêtent à fêter leur nouvel an

Et, avec l’ouverture de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York et les plus que douteuses initiatives des prétendus amis d’Israël comme les Etats-Unis de Barack Obama ou la France de François Hollande ou les habituels idiots utiles juifs compris, se préparent à une nouvelle année d’attaques, menaces d’annihilation et condamnations internationales …

Pendant qu’entre détournements de fonds et  trafic d’êtres humains et de Gaza au Liban et à l’Iran, leurs ennemis fourbissent leurs armes pour la prochaine fois …

Comment, avec la complainte du Juif errant et à travers l’histoire multiséculaire du mythe du même nom, ne pas s’étonner de cette « plus longue haine de l’histoire » ?

Carol Iancu, Les mythes fondateurs de l’antisémitisme. De l’Antiquité à nos jours
Toulouse, Privat, 2003, 189 p. (coll. « Bibliothèque Historique »)
Doris Bensimon

Un mythe est une légende. Pour l’auteur, les mythes fondateurs de l’antisémitisme sont « la projection de complexes engendrés par l’intolérance à l’égard de l’altérité juive ». Carol Iancu, historien, retrace l’histoire de « la plus longue haine » dans le temps et dans l’espace.

Le peuple hébreu a inventé le monothéisme. Dans l’Antiquité égyptienne et grecque, les juifs s’opposent aux dieux païens. Aussi, dès le IVe siècle avant l’ère chrétienne, ils sont considérés comme différents des autres peuples. Leurs lois et coutumes sont contestées par le monde païen. Mais l’antisémitisme naît surtout dans le christianisme et l’islam, les deux religions issues du monothéisme juif.

Les chrétiens accusent le peuple juif de déicide, mais un « reste d’Israël » doit survivre comme témoin. L’antijudaïsme est d’abord théologique. Il s’exprime dans les écrits des pères de l’Église cités en grand nombre par l’auteur. Pendant les premiers siècles, prosélytismes juif et chrétien se concurrencent. Le christianisme l’emporte et devient religion d’État après la conversion de Constantin en 313. L’empire chrétien féodal succède en Europe à l’Empire romain. À partir de cette époque et pendant de nombreux siècles, les conciles élaborent une législation antijuive : les juifs sont discriminés dans les activités économiques, dans l’habitat (le ghetto), dans la tenue vestimentaire et par le serment more judaico. À ce rejet légal s’ajoute la haine populaire qui affuble les juifs des crimes les plus invraisemblables : le meurtre rituel, la profanation d’hosties, l’empoisonnement des puits. Le juif est perfide et démoniaque. Expulsé, il devient le « juif errant », l’étranger à jamais puni pour son refus du message chrétien. C. Iancu décrit en détail la naissance des « mythes » antijuifs qui, dans leur application concrète, sont le sort quotidien des populations juives ou de massacres en période de crise.

Un tournant semble se dessiner au siècle des Lumières suivi par l’émancipation civique des juifs en France (1791), en Angleterre (1866), en Autriche-Hongrie (1867), en Italie (1870), en Allemagne (1871). Avec l’émancipation, on pouvait s’attendre en Europe centrale et occidentale à l’intégration des juifs dans la société. Pourtant, l’antijudaïsme chrétien persiste dans ces pays. Il est complété par des thèmes nouveaux : nation et race. Il devient l’antisémitisme moderne. Par la presse, la littérature, l’action parlementaire, les antisémites mènent leur combat contre l’émancipation des juifs. Cette tendance est très nette en Allemagne. En France elle culmine avec l’affaire Dreyfus.

Dans les dernières décennies du xixe siècle, l’antisémitisme prend de nouvelles orientations. L’anticapitalisme socialiste est représenté en Allemagne par Ludwig Feuerbach, Bruno Bauer, Karl Marx et en France, par Charles Fourrier, Alphonse Toussenel et Pierre Proudhon. Chacun, à sa manière, s’attaque aux banquiers juifs et ignore les masses juives pauvres de son pays comme celles d’Europe orientale, victimes de pogroms. À partir du milieu du xixe siècle paraissent des publications sur les inégalités des races. La race indo-européenne serait supérieure à la race sémite. Parmi les précurseurs des théories raciales, C. Iancu cite en France le comte Arthur de Gobineau, Ernest Renan. Edouard Drumont diffuse le mythe de l’antagonisme Aryen/Sémite. En Allemagne, ces théories sont amplifiées. En 1879, Wilhelm Marr, auteur du pamphlet La victoire du judaïsme sur le germanisme aurait inventé le mot « antisémitisme ». Le gendre anglais de Richard Wagner, Stewart Houston Chamberlain publie en 1899 La Genèse du xixe siècle, un panégyrique de la race aryenne dont la meilleure part serait les Germains. Les théories de l’antisémitisme racial circulent en Europe occidentale et centrale. Elles préparent les voies aux national-socialistes.

À cette même époque, le mythe de la conspiration juive contre le monde chrétien est repris par celui du complot judéo-maçonnique. Ce mythe devient la conspiration mondiale dans les tristement célèbres Protocoles des Sages de Sion. Ce pamphlet a été fabriqué à Paris par la police secrète du tsar de Russie. Entre 1919 et 1920, il fut traduit dans la plupart des langues européennes. Aujourd’hui, il circule non seulement en Europe et Amérique, mais encore, traduit en arabe, au Proche et Moyen Orient.

La haine accumulée par l’antijudaïsme chrétien et par les idéologies de l’antisémitisme moderne aboutit à la Shoah, l’extermination d’un tiers du peuple juif par les nazis et leurs comparses.

Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale s’amorce un dialogue entre les Églises chrétiennes et les représentants du judaïsme. Les relations entre juifs et chrétiens s’améliorent, mais elles ne sont pas à l’abri de nouvelles flambées d’antisémitisme.

Dans la première partie de ce livre, C. Iancu évoque brièvement les relations entre musulmans et juifs. L’islam partage avec le judaïsme le strict monothéisme. Mais juifs et chrétiens refusent l’adhésion à la nouvelle religion prêchée par Mahomet. Quelques sourates du Coran condamnent leur « incroyance ». Pourtant, juifs et chrétiens sont considérés comme les « gens du Livre » (la Bible). Ils deviennent des dhimmi par leur soumission au pacte de protection appelé la charte d’Omar. Le dhimmi pouvait résider en terre d’islam, pratiquer son culte et bénéficier d’une autonomie concernant son droit privé. En contrepartie, le dhimmi devait accepter son infériorité par rapport aux musulmans, payer des impôts spécifiques, porter un signe distinctif sur son vêtement, jaune pour les juifs, bleu pour les chrétiens. La dhimma fut appliquée avec plus ou moins de rigueur selon les pays et les époques, pendant plus d’un millénaire dans l’espace conquis par l’islam. Dans ce contexte, les juifs connurent des périodes de coexistence paisible, mais aussi de persécutions.

Les deux derniers chapitres de ce livre sont consacrés à l’antisionisme et au « nouvel » antisémitisme. L’auteur relate brièvement la naissance du mouvement sioniste, de la création d’un Foyer national juif sous mandat britannique décidée en 1919 à la fondation de l’État d’Israël.

En Russie, pendant le régime tsariste, l’antisémitisme était une institution d’État. En 1917, les juifs obtiennent la pleine égalité civile et politique. Lénine condamne l’antisémitisme, mais les associations juives et parmi elles les groupements sionistes doivent cesser leurs activités. Pourtant, en 1947, l’Union soviétique a voté le partage de la Palestine mandataire. Elle fut l’un des premiers pays à reconnaître l’État d’Israël. Ce soutien fut de courte durée. L’antisémitisme n’a pas disparu en URSS et le sionisme était toujours condamné. À partir de 1950, la propagande soviétique élabore l’amalgame entre l’antisémitisme et le sionisme : cette nouvelle idéologie est reprise par les pays d’Europe de l’Est, membres du bloc de Varsovie.

Dans le contexte des guerres israélo-arabes et du conflit entre Israéliens et Palestiniens, les relations entre juifs et musulmans se sont gravement détériorées. Les arabo-musulmans ont intégré dans leurs discours et leurs actions l’ensemble des « mythes » antisémites et antisionistes européens.

Aujourd’hui, en Europe, mais aussi en Amérique, le « nouvel » antisémitisme est un amalgame entre les retombées du conflit israélo-palestinien, la résurgence des mouvements d’extrême droite et leur rencontre avec des groupes d’extrême gauche.

C. Iancu dresse le tableau presque exhaustif des multiples expressions de la « haine la plus longue de l’histoire ». Il cite des faits. Mais il ne démolit peut-être pas avec assez de force les mythes. En guise de conclusion, il affirme qu’il ne voulait pas écrire une « histoire larmoyante » du peuple juif. L’histoire positive des relations entre juifs et non-juifs devrait, elle aussi, être écrite.

 Voir aussi:

Comptes rendus

Edgar Knecht, Le Mythe du Juif er rant, essai de mythologie littéraire et de sociologie religieuse. Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, 1977.

J-C Fizaine

Sujet mince et grandiose » dit l’auteur (p. 7). Sujet épineux en tout cas « tant la complexité du problème postule la complexité des voies d’approche ». (p. 12) L’histoire du mythe du Juif errant à l’image de celle de son personnage est marquée de discontinuité, de lacunes énigmatiques. L’auteur,  sans cacher que bien des points d’interrogation restent posés, présente les pièces du dossier avec un scrupule d’érudition exemplaire sans jamais conclure témérairement.

Le plan de son étude est calqué très naturellement sur les deux époques et  les deux espaces de diffusion du « mythe »: réservé à la consommation populaire jusqu’au xix » siècle, il fait alors une entrée manquée dans la grande littérature. Il est en ce sens révélateur des ambitions et des ambiguïtés du romantisme : pourquoi l’effort de certains romantiques pour élaborer, à partir de « croyances populaires » (1ère partie) un mythe poétique (2ème partie) pourvu d’investissements idéologiques divers (3ème partie), aboutiti-il à un écehc presque complet (4ème partie: Fin d’un mythe ?) ?

L’auteur cherche la réponse dans deux directions : l’antisémitisme véhiculé par le mythe — son caractère « populaire ». Ce qui exige bien des mises au point. A l’antisémitisme « théologique » cristallisé autour de Juda, Ahasvérus, substitue un antisémitisme racial qui est au départ le contenu essentiel du mythe (pp. 29, 51, 59). Création cléricale et savante, « amalgame habile  » de sources livresques et de légendes orales à des fins d’ « édification » morale er religieuse ?   Expression de quelque réalité sociologique ? L’auteur ne conclut pas, relevant seulement, à titre d’hypothèses prudemment avancées, le rôle probable de certaines circonstances religieuses dans la formation et la diffusion du mythe: L’Espagne de l’Inquisition (p. 39); le protestantisme allemand au xvii» siècle (p. 48).
Cependant il ne renonce pas à cher cher les traces d’un « mythe populaire du Juif errant », passant outre à l’ave rtissement de G. Paris (cité p. 32 : « II faut se garder de faire du Juif errant un personnage mythique et orageux »).
metaient-ils
losophique et critique ? Bien vite, Qui net comme Shelley abandonnent le Juif errant pour Prométhee… Confirmation de la thèse de P. Bénichou sur l’impas senécessaire d’une mythologie chré tienne au xixe siècle.

En fait, dans sa première époque, le « mythe » ne donne guère lieu qu’à des commentaires antisémites et… gérontologiques ! (p. 49) Et l’on ne sait pas sur quoi l’auteur s’appuie pour affirmer, à propos de l’Histoire admirable de 1702 que, « écrite pour le peuple », elle est aussi « l’expression la plus vraie du mythe populaire du Juif errant » (p. 58). Mais sur l’imaginaire collectif l’au teur convient que nous sommes fort mal renseignés (pp. 24, 41, avec cet avertissement : « Encore faudrait-il préciser ce terme de « littérature populaire»…) et que l’étude de sociologie religieuse à faire ici supposait l’exploitation d’un très vaste corpus, qui dépassait les limites d’un travail de litt érature comparée (p. 10).

Le terme « populaire » en viendrait-il à ne plus traduire que le mépris des lettrés (p. 73) pour une légende où ils ne cherchent rien de plus qu’un narrateur commode pour une histoire satirique (cf. Marana et l’Espion turc) ?

Pourtant non : un des points intéressants du livre est celui où il nous montre la réélaboration que subit le mythe au xviie siècle, de version en version. On assiste à une valorisationier positive du personnage, et le cordonnier Ahasvérus permet alors «une identification sociale et une évasion sentimentale » (p. 63). Le contenu édifiant est alors doublé — et subverti — par une «valeur sociale» (p. 64); cf. notament les guez bretons où le Juif errant dialogue avec le Bonhomme Msère. C’est cette version, dont d’autres chercheurs avaient méconnu la profonde ambiguïté,que propagent dès lors jusqu’en 1851 images, complaintes, livres de colportage… C’est elle que prendront comme matière première les écrivains qui façonneront le « mythe poétique ».

Les romantiques exploiteront toutes les virtualités contradictoires du « myt he » : Identification imaginaire et révol temétaphysique (Schubart, Shelley, Quinet); antisémitisme (Tousenel ); protestation sociale (E. Suë). C’est peut-être justement la grande erreur de Quinet d’avoir résolument parié pour le caractère populaire de ce qu’il prend pour une vieille légende populaire ( « Le mystère est du peuple comme Ahasvérus (cité par E. Knecht, p. 165). L’analyse du poème, trop brève pour en montrer la complexité, dégage nettement le renversement de la polarité Christ /Juif que tente d’imposer Quinet: c’est Ahasvérus le vrai Messie, « la théogonie se renverse en une anthropogonie ». Mais l’origine antisémite et le caractère clérical de la donnée lui permettaient-ils d’assumer un contenu philosophique et critique ? Bien vite, Quinet comme Shelley abandonnent le Juif errant pour Prométhee… Confirmation de la thèse de P. Bénichou sur l’impassenécessaire d’une mythologie chrétienne au xixe siècle.

Avec Eugène Siie et Toussenel, l’évolution du mythe s’achève en fermant la boucle ; il revient à son origine en se révélant capable de véhiculer à la fois un contenu antisémite et un contenu anticlérical (p. 248). Mais du même coup le Juif errant, « mythe suspect » (p. 249), retombe définitivement dans le double discrédit d’où quelques«parias » romantiques avaient cru pouvoir le faire sortir …

L’ouvrage d’E. Knecht est à la fois passionnant à lire et un peu frustrant. Les questions posées (la perception du Juif dans les textes, du Moyen Age à nos jours — la nature et le statut de la « littérature populaire » — les conditions de création d’un « mythe poétique») sont d’une importance capitale.

On souhaiterait parfois que l’auteur y donne des réponses plus systématiques et plus tranchées. Il soutient à la fois « le caractère profondément chrétien du  mythe du Juif errant » (p. 328) et — laissant il est vrai la parole au moment décisif à A. Memmi  t — qu’il exprime le négatif du christianisme (passim et notamment pp. 334, 335): n christ porteur de malédiction éternelle … Il plaide pour le caractère profondément populaire de la légende tout en notant qu’elle a dès l’origine, servi àl’endoctrinement idéologique. Ces éléments sont conflictuels, et l’histoire du mythe est celle de ces conflits.   L’étude les donne à voir, concluant sur le caractère inquiétant d’un « mythe de négation et d’évasion » (p. 329), création frelatée et stérile, sans souligner toujours les malentendus auxquels il a pu donner lieu.

Voir également:

The Longest Hatred, Part One
The first part of a two-part interview with Prof. Robert S. Wistrich, author of A Lethal Obsession: Anti-Semitism from Antiquity to the Global Jihad.
Ruthie Blum Leibowitz
PJ Media
March 16, 2010

In his recently released book, A Lethal Obsession: Anti-Semitism from Antiquity to the Global Jihad (Random House), Prof. Robert S. Wistrich provides one of the most comprehensive overviews to date of the “longest hatred,” which he has spent the better part of his life documenting and analyzing.

Though much of his mission involves the sounding of alarm bells about the historical significance of Jew hatred and the role it plays today in the spread of fundamentalist Islam, Wistrich — holder of the Neuberger chair for modern European and Jewish history and head of the Vidal Sassoon International Center for the Study of Anti-Semitism at the Hebrew University in Jerusalem — is oddly serene. While warning of imminent catastrophes, boded by the likes of Ahmadinejad on the one hand and left-wing promoters of anti-Israel and anti-Western narratives on the other, he also stresses the spiritual opportunity this provides the Jewish people to, well, get its act together.

This challenge, like the author’s nearly 1,200-page tome, is weighty indeed. But it is one that the 64-year-old Wistrich — who was born in Kazakhstan to Polish Jews, raised in Britain, educated in America, and who settled in Israel in 1981 — believes is worth confronting.

“It requires faith,” says Wistrich, in an interview on his return from a whirlwind book tour across the United States. “Our presence in the land of Israel is providential, and cannot be explained by purely rational arguments. Whether we live up to that depends on us.”

Q: Why do you call anti-Semitism an obsession, rather than a compulsion?

A: There is something in the history of anti-Semitism that better fits “obsession.”

“Compulsion” suggests being coerced; and I think of anti-Semitism as more inner-driven, though it can also be imposed from outside; it can even be both simultaneously. The word “lethal” was even more critical for the message I want to convey: that the commonplace notion of anti-Semitism — as a form of prejudice or a sub-category of racism — is both trivializing and inaccurate. In the book’s introduction, I quote French philosopher Jean-Paul Sartre — not one of my heroes by any means, but who, in his classic 1946 essay, “Reflections on the Jewish Question,” said that anti-Semitism is not an opinion, but rather a crime of passion; and, in the final analysis, the anti-Semite wants, consciously or unconsciously, to kill the Jew.

Q: Would you say that anti-Semitism is religion-based at its core?

A: I certainly think that researchers have seriously underestimated the power of the religious driving force in anti-Semitism. I attribute that to something I remember vividly from my own student years in the mid-to-late 1960s, and then when I did my doctorate in the 1970s. There was a consensus, particularly in academia, that religion was a force of the past; that it was in the process of becoming extinguished in most parts of the world; that it was symptomatic of backwardness in those countries where it still played a role; and as a result of economic and technological progress, it would become a distant memory by the 21st century. Yet here we are, at the end of the first decade of this century, and a person would have to put blinkers on his eyes, seal up his ears, and be completely disconnected from the world to think that religion is not a powerful factor, both in general, and in relation to how Jews are perceived. Islamic fundamentalism is the most obvious and startling example. But Christian Jew hatred, though definitely diminished since WWII, is also prevalent.

Despite the real efforts to develop a Christian-Jewish dialogue, it is only among the educated and broad-minded elite in the Catholic and Protestant churches that there has been a significant shift in the perception of Judaism and the Jews. But this is much less true of the Orthodox Christians, who account for well over 300 million people.

Furthermore, we would have to qualify even the progress made with the Catholic Church by saying that it is in the theological realm, not manifested in attitudes towards Israel — though, yes, finally in the 1990s, the Vatican recognized the Jewish state.

In the Protestant world, it’s a slightly reversed trend. The Evangelical Christians are among Israel’s most passionate supporters. But they have not altogether cast overboard more traditional theological ideas about conversion of Jews being the indispensable prelude to the ultimate redemption.

Q: How much of all this can be attributed to the Islamic world — with some Christians joining Jews by virtue of a common enemy, and others becoming more distant as a result of sympathy with the Muslim cause?

A: There are important nuances here, both between countries in different parts of the world, and within the West itself. American and European Christendom, for example, are completely different.

In the U.S., many Christians see Jews as allies in the struggle to protect and preserve all the core values that are threatened directly by militant Islam; just as many Jews see those Christians who understand the moral, historical, and political legitimacy of Israel as indispensable allies. The common interest is glaringly obvious, although sometimes more to Christians than to Jews.

Here lies a paradox that has to be addressed: Christians of the more liberal persuasion, particularly liberal Protestants, are very often hyper-critical of Israel, and push for boycotts, divestment, and sanctions. They also support charity organizations like War on Want and Christian Aid, which utterly and uncritically embrace the Palestinian cause.

Then there’s the left wing of Christianity, which has roots in the Third World and Latin America. It espouses a kind of Marxist liberation theology.

The conservative Christians have a totally different perception of Israel from these groups. They, unlike their more liberal coreligionists, passionately support Israel as a front line of democracy, which they sincerely define as the Judeo-Christian basis of all the freedoms that we tend to take for granted in Western countries.

Q: How do you explain the attraction on the part of many Westerners to the Third World-ism represented by radical Islam? Is it genuine — a la Lawrence of Arabia — or rather a piggy-back ride on an anti-Semitic movement?

A: There are a number of strands of this phenomenon. One is this Arabophile picture of the romantic and “unspoiled” East and the “glamour” of the Orient. That goes back to the days of colonial rule. Another — intertwined — element was the Lawrencian myth of the Arabs found among the British and French upper classes. I think this was a form of escape from their own societies and unresolved personal problems, among them sexual ones. There was undoubtedly an element of homosexual attraction involved. You find this with writers like Andre Gide, who wouldn’t be suspected of any political motives. But then you also find it in colonial officials. Take Sir Ronald Storrs, the first governor of Jerusalem during the British Mandate in Palestine. He was well-known for his homosexual tendencies, as were many of his advisers and other high officials in the Mandate. And they tended to be militantly anti-Zionist, considering the Jewish national home in Palestine to be a huge historic injustice to the Arabs.

Then there were great Orientalist scholars, like Louis Massignon in France, who adopted the view that turning Palestine over to the Jews was part of the really nefarious, decadent, Western influence that was spoiling the authentic and uniquely spiritual culture of Islam. Today, one reads such views with astonishment, because history has developed in such a contrary direction. But they influenced policy.

Take the case of Sir John Bagot Glubb who commanded the Jordanian-Arab Legion in the 1948 war. A conservative Englishman, he was called “Glubb Pasha” in the new Kingdom of Transjordan. He was a fully-fledged anti-Semite, not merely an anti-Zionist, as you would expect, given his mobilization for the Arab cause.

Still, there is something curious about the British case, because this Arabophile trend in the upper classes for a long time went hand-in-hand with an opposite sentiment held by pro-Zionists such as Lloyd George, Balfour, Churchill and others, who were great figures in British politics in the early 20th century. What distinguished them was that they were schooled in the Bible. So they understood the geography and the history of the Holy Land; the biblical associations meant a great deal to them; and they felt they were performing a great act of historic justice in restoring the Jews to the land from which they came. This was self-evidently true to them in a way that it is self-evidently incomprehensible to people brought up today who do not know the Bible, or dismiss it out of hand; who know nothing about Jewish history, other than the Palestinian version of it.

This narrative basically says that the Zionist movement and the people who came to settle in the Land of Israel are all alien invaders. This is an outright lie, of course, but it’s one that is widely believed by people today who have no interest in history and no respect for truth. It’s astonishing how often one reads complete dismissals of the historical connection of the Jews with Palestine. The Palestinians even deny that there was a First or a Second Temple. And they go even further in falsifying history, by claiming, for instance, that the Arabs of Palestine are descendants of the Canaanites, and therefore preceded the children of Israel in the conquest of Canaan as described in the Bible. Obviously, there’s no shred of evidence for any link whatsoever between the Canaanites and the Arabs of Palestine.

Today, people from Western countries often have not even the vaguest idea of the Jews’ link to this land. They tend to believe the kind of things that were given some credence even by President Obama in his Cairo speech, where he suggested that it was only the history of persecution, and particularly the Holocaust, that provided the source of Israel’s justification.

But anyone really familiar with Judaism and the history of the Jews would know that the tripod that makes up the core of the Jewish people — Judaism, the land of Israel and the laws of the Torah — cannot be disconnected. This is why anti-Zionists, and often anti-Semites, try so hard to separate them.

Voir encore:

The Longest Hatred, Part Two
The conclusion of a two-part interview with Prof. Robert S. Wistrich, author of A Lethal Obsession: Anti-Semitism from Antiquity to the Global Jihad. (Don’t miss Part One.)
Ruthie Blum Leibowitz
PJ Media

March 18, 2010

In his recently released book, A Lethal Obsession: Anti-Semitism from Antiquity to the Global Jihad (Random House), Prof. Robert S. Wistrich provides one of the most comprehensive overviews to date of the “longest hatred,” which he has spent the better part of his life documenting and analyzing.

Part one of my interview with Wistrich concerned the historical mindset of anti-Semitism. This is the second and concluding part of my interview, which begins with Professor Wistrich’s look at Iran.

Q: You refer to the Palestinian-Arab narrative and its negative influence on the West. Iran is not an Arab country, yet it is seen today as the greatest threat to Jews and the Jewish state. Can you address that?

A: Iran is a major part of the Middle East. It is a country of 70 million people, with a small Arab minority. It was conquered by the Arabs in the 7th century, as part of the expansion of Islam, and it was converted initially to Sunni Islam. At the beginning of the 16th century — a thousand years later, more or less — it became the largest and most powerful Shiite state in the world. Persians are the dominant people in Iran, but it is a multinational country, with many different ethnic groups. And there is a traditional hostility, going back centuries, between Persians and Arabs. Persians often have very deprecating attitudes towards Arabs, and Arabs regard Persians as a threat. More recently, let us not forget that the bloodiest war in modern times was fought in the 1980s between Saddam Hussein’s Iraq and the Ayatollah Khomeini’s Islamic Republic of Iran.

What needs to be understood — and it’s a case I make strongly in the book — is why the ayatollahs have invested such great efforts in their propaganda against Israel. The reason they have presented themselves as — and have carried out a policy of being — the avant garde of total opposition to Israel’s very existence is that they see this as their most powerful card in a much broader and more ambitious aim. This aim is first to establish hegemony throughout the Middle East, and then to be in a position where they can actually challenge the hegemony of the West.

Hatred of Israel and this very intense, religiously driven indoctrination on Iran’s part is designed primarily for the Arab street, and it has had some success. Its most important success was in underwriting and reinforcing the Hizbullah movement it created in Lebanon in 1982. Hizbullah (the Party of God) is a movement which operates in an Arab country and whose members are all Arabs. But they are Shiites — Arab Shiites who have become a proxy of Iran, and closely controlled by its regime. Their ideology is completely Iranian-oriented, and includes a visceral hatred of Jews.

Q: What about Hamas?

A: That Hamas, a Sunni Muslim organization, has increasingly become another Iranian proxy in the region has been one of the most striking developments in the last five or six years. The seeking of Israel’s destruction has become the most effective glue linking Iran to an Arab world that is naturally and rightfully suspicious of its intentions. Countries like Egypt, Jordan, and Saudi Arabia, which are all Sunni, and often considered to be moderate or pro-Western in some way — though that would have to be seriously qualified in practice — do feel threatened by Iran. In their own ambiguous way, they are seeking means to diminish or neutralize the Iranian threat.

Then there are the smaller Gulf States, which are literally defenseless in the face of a nuclearized Iran. Presently, they may feel they have an American shield to protect them from future Iranian threats. But how much would such a shield be worth if there were a nuclear Iran nuclear? Not very much.

Q: You describe the current elites in the West as ignorant and even dismissive of the Bible and religion. How do you explain, then, the sympathy on the part of students on Western campuses for anti-Israel movements whose fervor is religious? And how do you account for the almost natural inclination of academia to side with them over Israel?

A: The bulk of them have completely bought in to the Palestinian version of the conflict: that the Jews came in and stole the land; that the state of Israel was an illegitimate creation with no historic justification; that its establishment was a colonialist and imperialist conspiracy. This is now a kind of lingua franca of a whole generation of students. Probably 90% of the books they are assigned in Middle East studies point in that direction.

Q: If that’s the case, then you could say that that their anti-Zionism — and even, perhaps, their anti-Semitism — is rational.

A: I wouldn’t use the word “rational.” I would say it is comprehensible, in light of certain ideological factors that have accumulated in the last two-three decades. It’s not merely a kind of herd-like mentality, although that plays a role, because students have to be both knowledgeable and courageous to go against the stream and risk unpopularity — harassment even — and all such unpleasantness that is now normal on many Western campuses.

Q: How would a student be equipped with the psychological and educational tools upon his arrival at a university to withstand the bombardment? How would he even know that doing so was an option?

A: He wouldn’t — unless there was a comparable effort being made on the Jewish and Israeli side. This has come very belatedly, and thus is an uphill — even Sisyphean — struggle. There still hasn’t been engagement, except among a handful of people, with the prevailing ideas in the political culture in the West about Israel.

Q: What difference can such “engagement” make? Would an effort to deal with “the prevailing ideas in the political culture” have made any difference in pre-Holocaust Europe?

A: We have far more possibilities than the Jews of the pre-Holocaust period had. We have an independent state, with a very advanced and flourishing society. Admittedly, our adversaries today have much more extensive resources with which to circulate and amplify the cycle of lies. This doesn’t mean, however, that we are fated to be passive recipients of vilifying accusations on the part of forces intent on Israel’s demise. One of the reasons I wrote this book was to identify those forces and the impetus behind them. Their build-up is something that only seems to have hit home to many Israelis after the Goldstone report. But that report is only the last straw in a long indictment that has been mounting with very little response, other than from a handful of people.

Q: That “handful of people” would and are often accused by Israeli academics and members of the media of being fanatically right-wing. In fact, a large percentage of Israelis think the government and the military should have cooperated with Goldstone. How can the things you speak about be counteracted if Israeli society and the Jewish people are themselves divided on the issues — and the narrative?

A: Here we are touching on one of the core problems of dealing with this escalating process of undermining the moral foundations and legitimacy of Israel.

It’s difficult for me to be cool, calm and collected when, as part of my everyday work, I have to read so many self-accusatory statements and indictments either by Israelis who have left Israel, or by those who remain and teach in Israeli universities, or by Diaspora Jews who have jumped on this bandwagon and seem so keen to produce their “divorce certificates” from the Jewish state. And they do this in order to give themselves the appearance of a clean bill of health. It is their way of saying: “We are good Jews; we have nothing in common with those bad ones.”

Q: Didn’t many German Jews have that very attitude on the eve of the Holocaust?

A: Indeed, I think there is an analogy to be drawn between the highly assimilated, well-off, middle- and upper-middle-class Jews of Weimar Germany, who believed that if only they could demonstrate to non-Jewish Germans that it was the east European Jewish immigrants at the root of all the problems, they themselves would be spared anti-Semitism. This, of course, was all blown away after 1933, because it wasn’t of the slightest interest to Hitler and his supporters what kind of Jew you were. As a matter of fact, it was the well-established Jewish professionals and intellectuals who the Nazis were determined to “cleanse” Germany from first.

Today, those left-wing and liberal Jews who feel that if only they can show they fully share the anti-Zionist zeitgeist, they will be spared the indictment that is being handed out, are victims of the same delusion.

Q: Is this not typical of Jewish responses to anti-Semitism since time immemorial?

A: We recently celebrated the festival of Purim. And though nobody believes in the literal historicity of the events in the Book of Esther, it is a document of great importance, because of what it tells us about anti-Semitism and Jewish responses to it. It is astonishing to find such continuities from more than 2,000 years ago to today. And it is ironic that the great Jew-hater of the story, Haman, hails from the same country — what was then Persia — as Ahmadinejad today.

In the story, the Jews are already in the Diaspora — so presumably it was written in the Hellenistic period — and they are described as being a dispersed people, and divided among themselves, although they have their own laws and customs, which are distinct from those of the other habitants of the kingdom. And the bait that Haman offers to the king to carry out the extermination of the Jews is that it will bring great economic benefits to the treasury, and that it will introduce an element of uniformity in the kingdom that is actually a multicultural, multinational, perhaps quite shaky empire. And how do the Jews react? Well, Mordechai and Esther engage in a political action; there are court intrigues; a complex plot unravels. But ultimately, in the Diaspora, Jews are dependent on fate, on the powers-that-be, and on persuading at least some of those powers-that-be to allow them to defend themselves. This was less and less true in the history of the Diaspora, and Jews were less and less able to organize and defend themselves — which is one of the primary reasons why modern Zionism came into existence.

So, clearly, anti-Semitism is an ancient phenomenon. That’s why the subtitle of my book begins with “from antiquity.” And many Jewish responses are traditional ones. We can almost say that nothing new has ever been invented in the history of Jewish self-defense. Some techniques are more refined than others. Jews have achieved greater amounts of power in a number of diasporic societies. But the scenarios don’t change that much.

What has changed is the existence of Jewish sovereignty. Of a state. Of an army. Of a cohesive society which is willing and able to defend itself with all the means at the disposal of a modern society, to make sure there is no repetition of the Holocaust or of lower-scale massacres. This is a crucial development, even though it has not diminished anti-Semitism. On the contrary, it has simply given it new pretexts and sources on which it can feed.

Still, we Jews are privileged in comparison to all the generations that went before us. For the first time, with our own hands, and using all the creativity, talent, determination and tenacity that we have shown over the centuries in adversity, we can frustrate the evil designs of our enemies.

Q: The Zionists established Israel as a safe haven for Jews, yet it has become one of the most physically dangerous places for Jews in the world. Can you address that irony?

A: In the Bible, Israel is the name given to Jacob, one of the three patriarchs of the nation, after he struggles with the angel — this mysterious figure, half-God, half-man, God, man, something else, the stranger, a phantom of his unconscious imagination, a real person, who knows?

All name changes in the Bible have great significance. And the literal meaning of Israel is “he who struggles and prevails.”

Delving into the broader meaning of Israel, both historically and today — and asking what its purpose is, for itself as a people and for the nations — you could say that it represents a struggle for truth.

Q: Is this your interpretation of Israel’s serving as “a light unto the nations?”

A: I can already hear the cynics saying, “Oh, some light unto the nations.”

My point is not that we are, but that we struggle to be.

It is a struggle to transcend ourselves, to find our better part, to aspire to the light. Contrary to the stereotype branding Jews as the incarnation of materialism, anybody really familiar with the annals of Jewish history knows this is ludicrous. This is not to say there aren’t materialists among us, of course. On one level, we are no different from anybody else. But there’s another level on which we operate, which, for a lack of a better word, I would call metaphysical. And it is this level, which Israel represents, that is one of the deepest reasons for anti-Semitism.

I’m often asked, “Don’t you get depressed by studying anti-Semitism?”

The answer is that, among the many other intrinsically fascinating and horrendous features it has, anti-Semitism is also a continuous challenge to the Jewish people. It is a kind of barometer to us and to the nations, both of what is wrong — because it is often a symptom of major pathologies in a given society — and a warning signal of catastrophes to come. Indeed, it is clear that its current rise is a herald of a catastrophe already in the making. Rather than deluding ourselves that it is a passing storm, if we could only see it as a galvanizer, we could put our energies to more constructive use, and understand that fighting it, too, is part of a wider struggle for continual self-betterment.

As with all forms of persecution and oppression, running away doesn’t work. You have to stand up and fight your adversary and — as in the case of Jacob, who becomes worthy to be called Israel — to overcome him, even if this means sustaining a limp, as he apparently did.

Voir de même:

Les plus dangereux ennemis d’Israël

Guy Millière

Mena

21/09/14

Israël, hélas, ne manque pas d’ennemis sur la terre. L’antisémitisme reste, selon l’expression si souvent utilisée, la « plus vieille haine », la plus tenace, la plus vicieuse et, sans doute, la plus chargée d’assassinats en tous genres. Il continue à exister et à déferler, et se contente de changer de peau et d’apparence selon les lieux et les époques. Tous les antisémites sont, c’est une évidence, des ennemis d’Israël.

On peut leur ajouter tous ceux qui se disent « antisionistes » et qui nient être antisémites mais traitent Israël comme un pays entièrement à part et déversent sur Israël des phrases et des diatribes qui ont une forte ressemblance avec celles que l’on répandait en Europe sur les Juifs il y a sept ou huit décennies.

On peut leur adjoindre aussi tous ceux qui ne se disent ni antisémites ni « antisionistes », mais qui portent un regard constamment biaisé sur l’Etat hébreu, reprenant à leur compte toutes les falsifications de l’histoire et des faits d’actualité qui circulent concernant Israël et le Proche-Orient ; ils contribuent à la diabolisation d’Israël.

On grossira encore la liste en y faisant figurer les dirigeants occidentaux, qui reprennent, sur un mode plus ou moins feutré, les biais anti-israéliens, souvent par lâcheté devant les menaces de l’islam radical, souvent aussi pour préserver de lucratifs contrats avec des pays du monde musulman.

Et on augmentera le sinistre recensement avec les noms de quasiment tous les dirigeants, intellectuels et prêcheurs du monde musulman, qui n’ont jamais admis l’existence même d’Israël et qui, pour certains, sont imprégnés d’une haine pathologique des Juifs.

Sans oublier tous les Juifs européens ou américains pratiquant la haine de soi, que l’on trouve dans les media, l’Université, la politique, l’activisme gauchiste, et que les ennemis non-juifs d’Israël sont trop heureux d’exhiber dès que l’occasion se présente aux fins de pouvoir dire que même des Juifs sont dans leur camp.

Israël, on le voit, ne manque pas d’ennemis sur la terre. Tous ces ennemis sont dangereux, chacun à leur manière.

Les ennemis les plus dangereux d’Israël, cela dit, ne me semblent appartenir à aucune de ces catégories.

Les plus dangereux ennemis d’Israël me semblent être les Israéliens qui détestent tant leur propre pays qu’ils consacrent leur temps à le dénigrer, à le salir, à contribuer à sa démolition intellectuelle et politique dans le but de contribuer à sa destruction tout court.

Ceux-là sont des gens tels que Shlomo Sand ou Guidon Levy. Ce sont aussi les gens qui travaillent pour de pseudo organisations humanitaires, qui sont en réalité des organisations de propagande et d’incitation à la haine.

Ce sont également ceux dont la presse israélienne et mondiale a beaucoup parlé ces derniers jours : les quarante-trois réservistes de l’unité 82001 (Yekhida Shmoné-Matayim, littéralement : Unité huit deux-cents) qui ont annoncé leur refus de servir désormais dans cette entité en raison de crimes qu’ils lui attribuent. Les quarante-trois personnes concernées ont envoyé une lettre [angl.] au Premier Ministre, au chef d’état-major des armées ainsi qu’au chef des services de renseignement israélien. Ils ont rendu cette lettre publique.

Cette lettre n’est pas uniquement un acte d’insubordination qui ne serait accepté par aucun autre gouvernement d’un pays démocratique. Elle est aussi une lettre de diffamation dans la mesure où elle est porteuse d’allégations graves, et qui semblent infondées. Elle est une lettre de propagande politique au service de l’ennemi, en temps de guerre, car il n’est pas possible de dire, dans le contexte actuel, qu’Israël se trouve en situation de paix. C’est donc une lettre de trahison.

Que des réservistes d’une unité cruciale de l’Armée d’Israël commettent un acte d’insubordination est déjà, en soi, extrêmement grave. Qu’ils ajoutent à l’insubordination la diffamation et la propagande au service de l’ennemi est bien plus qu’extrêmement grave.

Qu’ils ajoutent que l’action de l’unité 8200 en Judée-Samarie est, en soi, une « action de contrôle d’un autre pays » accroît encore la gravité des choses : ils se placent, de fait, sur les positions de l’Autorité Palestinienne et du Hamas, qui usent de ce type de langage. Ils nient l’existence d’une menace terroriste et totalitaire puisqu’ils n’en parlent pas. Ils se placent au service de cette menace totalitaire et terroriste en n’en parlant pas.

Dans un éditorial récent, le Jerusalem Post a défini leur attitude comme « arrogante, inadmissible et inacceptable ».

Dès lors que l’appartenance à l’unité 8200 relève du secret-défense, nul ne sait, certes, qui sont ces quarante-trois réservistes et s’ils existent réellement (les noms figurant sur les copies de la lettre sont floutés). Mais le mal est fait.

Il y a des gens qui n’ont décidément aucune honte.

Voir enfin:

Obituary
Hyam Maccoby
Lawrence Joffe
The Guardian
31 July 2004

In his book Revolution In Judea: Jesus And The Jewish Resistance (1980), Hyam Maccoby, who has died aged 80, responded to Christian denigration of the Pharisees by depicting Jesus Christ as a progressive, Torah-observant Pharisee. An Orthodox Jew, he argued that Jesus opposed not Judaism but the Roman oppressors and their Saducee quislings. For him, Jesus lived, preached and died wholly within the Jewish tradition – a view that discomfited many Jews and Christians.Traditional Christianity also posits Judas Iscariot as an arch-villain, but Maccoby viewed him as a caricatured concoction, symbolising the eternal guilt that Jews supposedly bore for killing Christ. In Judas Iscariot And The Myth Of Jewish Evil (1992), Maccoby traced a thread linking the New Testament to Auschwitz.

The central thesis of another work, The Mythmaker: Paul And The Invention Of Christianity (1986), was that St Paul, not Jesus, created Christianity, being an adventurer who undermined the disciples who had actually known the living Jesus. It was Paul, said Maccoby, who turned Jesus into God and transformed the early Jewish Christian sect into a Gnostic mystery cult imbued with « Hellenistic schizophrenia ».

In Paul And Hellenism (1991), Maccoby wrote that a politically savvy Paul deliberately recast the gospels to exculpate Rome from the charge of deicide. Then, « by stigmatising the Jews as the rejecters of Jesus, [Paul] planted the seeds to anti-semitism in the Christian tradition ».

Maccoby made ancient history and theology come alive. He wrote and lectured on rabbinical literature and Jewish humour, and loved to draw parallels between cultures. In Sacred Executioner: Human Sacrifice And The Legacy Of Guilt (1983), he compared the Greek legend of Iphigenia, Aztec rituals and the Levantine myth of the murdered and resurrected god Attis to the sacrifice of Isaac and Jesus’s execution.

Maccoby argued that the Christian veneration of the crucifixion marked its regression to primitive human sacrifice. Witness his description of the communion, the symbolic eating of Christ’s flesh and blood: « Jesus would have been appalled to know of the pagan interpretation later put on the simple kiddush, or blessing over wine and bread, with which he began the Last Supper. »

Some rabbis were equally distressed to see the Torah apparently reduced to a series of myths, shorn of divine authorship, and Maccoby certainly refused to gloss over the schisms that divide the sister faiths. Judaism On Trial: Jewish-Christian Disputations In The Middle Ages (1981) studied those bizarre mock-trials, which pitted Jewish scholars against Christian theologians. Yet it would be crass to call Maccoby an anti-Christian firebrand. His play, The Disputation (1996), commissioned by Channel 4 and expanded for the London stage, showed James, King Of Aragon, insisting that the learned rabbi, Nachmanides, have his say.

Maccoby was born in Sunderland, the son of a mathematics tutor, who taught him biblical Hebrew and talmudic Aramaic from the age of four. He may have inherited his rhetorical prowess from his grandfather, who had arrived in Britain in 1890 having been the maggid (or itinerant religious preacher) of Kamenets, his home village in Poland.

Maccoby was educated at Bede grammar school, and read classics, and then English, at Balliol College, Oxford. From 1942 and 1946, he served in the Royal Signals, based at the decoding centre at Bletchley Park. He was then, for some 20 years, an English master at Chiswick school, west London.

In 1975, he was appointed librarian and tutor at Leo Baeck College, London, where Reform and Liberal rabbis train. A stream of books followed, including The Day God Laughed: Sayings, Fables And Entertainments Of The Jewish Sages (with Wolf Mankowitz, 1978), Judaism In The First Century (1989), A Pariah People: Anthropology Of Anti-Semitism (1996), Ritual And Morality (1999), The Philosophy Of The Talmud (2002), Jesus The Pharisee (2003) and, earlier this year, Anti-Semitism And Modernity.

In 1998, Maccoby joined the Centre for Jewish Studies at Leeds University, as visiting, and then research, professor. His numerous television appearances included one on Howard Jacobson’s audacious documentary, Sorry, Judas (1993).

He is survived by his wife Cynthia, two daughters and a son. Colleagues and friends cherished his prodigious scholarship and kindness.

· Hyam Maccoby, writer, born March 20 1924; died May 2 2004


Algérie: Non à la judaïsation ! (What about the other nakbas? : while salafists protest proposed reopening of the few remaining Algerian synagogues)

17 juillet, 2014
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Une ancienne synagogue, à Tlemcen, en Algérie, aujourd’hui transformée en école d’arts martiaux

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Une ancienne synagogue, à Paris, en France, aujourd’hui transformée en ambassade

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https://i1.wp.com/static.dreuz.info/wp-content/uploads/BsnTYzPCAAAebRp-500x351.jpghttps://pbs.twimg.com/media/Bsq5OXZCEAAfS8J.jpg:largeVous aimerez l’étranger, car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte. Deutéronome 10: 19
On admet généralement que toutes les civilisations ou cultures devraient être traitées comme si elles étaient identiques. Dans le même sens, il s’agirait de nier des choses qui paraissent pourtant évidentes dans la supériorité du judaïque et du chrétien sur le plan de la victime. Mais c’est dans la loi juive qu’il est dit: tu accueilleras l’étranger car tu as été toi-même exilé, humilié, etc. Et ça, c’est unique. Je pense qu’on n’en trouvera jamais l’équivalent mythique. On a donc le droit de dire qu’il apparaît là une attitude nouvelle qui est une réflexion sur soi. On est alors quand même très loin des peuples pour qui les limites de l’humanité s’arrêtent aux limites de la tribu. (…)  Mais il faut distinguer deux choses. Il y a d’abord le texte chrétien qui pénètre lentement dans la conscience des hommes. Et puis il y a la façon dont les hommes l’interprètent. De ce point de vue, il est évident que le Moyen Age n’interprétait pas le christianisme comme nous. Mais nous ne pouvons pas leur en faire le reproche. Pas plus que nous pouvons faire le reproche aux Polynésiens d’avoir été cannibales. Parce que cela fait partie d’un développement historique. (…) Il faut commencer par se souvenir que le nazisme s’est lui-même présenté comme une lutte contre la violence: c’est en se posant en victime du traité de Versailles que Hitler a gagné son pouvoir. Et le communisme lui aussi s’est présenté comme une défense des victimes. Désormais, c’est donc seulement au nom de la lutte contre la violence qu’on peut commettre la violence. Autrement dit, la problématique judaïque et chrétienne est toujours incorporée à nos déviations. (…)  Et notre souci des victimes, pris dans son ensemble comme réalité, n’a pas d’équivalent dans l’histoire des sociétés humaines. (…) Le souci des victimes a (…) unifié le monde. René Girard
L’existence d’Israël pose le problème du droit de vivre en sujets libre et souverains des nations non musulmanes dans l’aire musulmane. L’extermination des Arméniens, d’abord par l’empire ottoman, puis par le nouvel Etat turc a représenté la première répression d’une population dhimmie en quête d’indépendance nationale. Il n’y a quasiment plus de Juifs aujourd’hui dans le monde arabo-islamique et les chrétiens y sont en voie de disparition. Shmuel Trigano
Quand les synagogues se comportent comme des ambassades il n’est pas étonnant qu’elles subissent les mêmes attaques qu’une ambassade. Pierre Minnaert
Je ne vois pas comment on peut lutter contre la dérive antisémite de jeunes de banlieue quand les synagogues soutiennent Israël. Pierre Minaert
Moi je ne pousse à rien, je constate, et je constate aussi la hausse d’un discours anti juifs chez jeunes maghrébins qui s’explique. Pierre Minnaert ‏
 Quand les rabbins mettent Dieu dans un camp comment s’étonner qu’ils soient attaqués par l’autre ? Ils renforcent l’antisémitisme. Pierre Minnaert
Ils sont environ 7 000 à défiler dans les rues de Paris, ce dimanche 13 juillet, entre Barbès et la Bastille, pour dire leur solidarité avec les Palestiniens. Le parcours a été négocié par les responsables du NPA (Nouveau parti anticapitaliste), l’organisation héritière de la Ligue communiste révolutionnaire. Pourquoi avoir exigé un parcours qui s’achève à proximité du quartier du Marais, connu pour abriter plusieurs lieux de culte juif ? Le fait est que les responsables de la Préfecture de police l’ont validé. Parmi les manifestants, de nombreuses femmes, souvent voilées, mais surtout des jeunes venus de la banlieue francilienne. Les premiers slogans ciblent Israël, mais aussi la « complicité française ». Très vite, les « Allah Akbar » (Dieu est grand) dominent, donnant une tonalité fortement religieuse au cortège. La préfecture de police ne s’attendait pas à une telle mobilisation, mais ses responsables ont vu large au niveau du maintien de l’ordre, puisque cinq « forces mobiles », gendarmes et CRS confondues, ont été mobilisées. C’est à priori suffisant pour sécuriser tous les lieux juifs le long du parcours. Aucune dégradation, aucun incident n’est signalé en marge du cortège, jusqu’à l’arrivée à proximité de la Bastille. Un premier mouvement de foule est observé à la hauteur de la rue des Tournelles, qui abrite une synagogue. Les gendarmes bloquent la voie et parviennent sans difficulté à refouler les assaillants vers le boulevard Beaumarchais. Place de la Bastille, la dispersion commence, accélérée par une ondée, lorsque des jeunes décident de s’en prendre aux forces de l’ordre. De petites grappes s’engouffrent vers les rues adjacentes. Se donnent-ils le mot ? Ils sont entre 200 et 300 à marcher en direction de la synagogue de la rue de la Roquette… où se tient un rassemblement pour la paix en Israël, en présence du grand rabbin. Les organisateurs affirment avoir alerté le commissariat de police, mais l’information n’est apparemment pas remontée jusqu’à la Préfecture de police. Détail important : s’ils avaient su, les responsables du maintien de l’ordre auraient forcément barré l’accès à la rue. Les choses se compliquent très vite, car les manifestants ne sont pas les seuls à vouloir en découdre. Une petite centaine de membres de la LDJ (ligue de défense juive) sont positionnés devant la synagogue de la rue de la Roquette, casques de moto sur la tête et outils (armes blanches) à portée de main. Loin de rester passive, la petite troupe monte au contact des manifestants, comme ils l’ont déjà fait lors d’une manifestation pro-palestinienne organisée Place Saint-Michel quelques jours auparavant. On frôle la bagarre générale, mais la police parvient à s’interposer. Les assaillants refluent vers le boulevard, tandis que les militants juifs reviennent vers la synagogue. Frédéric Ploquin
Une équipe qui a su non seulement séduire au-delà des frontières, mais donner à l’Allemagne une autre image d’elle-même : multiculturelle, ouverte et aimée à l’étranger. Sur les 23 joueurs de la sélection de Joachim Löw, onze sont d’origine étrangère. Outre le trio d’origine polonaise (Piotr Trochowski, Miroslav Klose, Lukas Podolski), qui depuis longtemps n’est plus considéré comme exotique, évoluent sur le terrain Marko Marin, Jérôme Boateng, Dennis Aogo, Sami Khedira ou encore deux joueurs d’origine turque : Serdar Tasci et le jeune prodige Mesut Özil. Tous les observateurs, en Allemagne, s’accordent à reconnaître que cette arrivée de nouveaux talents « venus d’ailleurs » fait beaucoup de bien à l’équipe. « Cela lui donne une aptitude à l’engagement, une envie de reconnaissance, vis-à-vis d’eux-mêmes mais également vis-à-vis des autres », déclarait le ministre de l’intérieur Thomas de Maizière à la Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung. Pour Bastian Schweinsteiger, talentueux milieu de terrain, « les diverses influences vivifient l’équipe, elles lui donnent un tout autre tempérament ». Une diversité qui fait également beaucoup de bien au pays. A Kreuzberg, le quartier de Berlin où vit la plus importante communauté turque du pays, on défend depuis le début du mondial les couleurs de la Mannschaft. « Les performances des jeunes donnent à notre travail un élan énorme », se réjouit Gül Keskinler, une Turque chargée de l’intégration à la Fédération allemande de football. « L’exemple de Mesut Özil est à cet égard particulièrement important, souligne-t-elle. Les footballeurs ont, à travers leur fonction d’exemple, un rôle très fort, ils sont des ambassadeurs pour la jeunesse. » Dans les rues de Berlin, pas de célébration pourtant d’un esprit de fraternité « black blanc beur » tel qu’avait pu le connaître la France après sa victoire au Mondial de 1998. Pour beaucoup d’Allemands, le maillot est rassembleur : peu importe l’origine des joueurs, à la première victoire ils ont été adoptés sans cérémonie. La diversité n’est qu’un élément parmi d’autres dans l’impression de renouveau que donne l’équipe d’Allemagne. « La diversité montre surtout que l’Allemagne va enfin chercher son inspiration ailleurs, estime Holger Cesnat, 35 ans. Le style de l’équipe a changé, il est plus léger, parce que Joachim Löw observe le football pratiqué au-delà des frontières et a rompu avec le style qui prédominait dans le football allemand jusqu’ici. » Le Monde
Cela a commencé en 2006, c’était la première fois qu’on osait être fier de son pays, fier de son équipe, cela a libéré beaucoup de choses. Rainer Stich
C’est la première fois que l’équipe est si appréciée à l’étranger. Même en Israël on trouve la Mannschaft sympathique. C’est un sentiment auquel nous ne sommes pas habitués. Emilie Parker
 Cette idée de la France ‘black blanc beur’, c’est quelque chose qui les a beaucoup marqués pour révolutionner leur football. Jean-Jacques Bourdin (RMC)
La danse des Gauchos était de mauvais goût (…) Subitement, la modestie allemande a disparu dans le triomphe. Tagesspiegel (quotidien berlinois)
Plusieurs médias allemands critiquaient mercredi la «Nationalmannschaft» championne du monde pour avoir interprété lors des célébrations du titre mardi à Berlin une danse moquant les adversaires argentins vaincus en finale (1-0 a.p.). Mimant des Argentins courbés, comme par le désespoir et le poids de la défaite, six joueurs de l’équipe ont chanté : «ainsi marchent les Gauchos, les Gauchos marchent ainsi». Puis se relevant bien droits et fiers, ils ont continué : «Ainsi marchent les Allemands, les Allemands marchent ainsi». Ils ont répété la séquence plusieurs fois sous les applaudissements, dans un pays où toute expression ostentatoire de fierté nationale reste sujet à controverse. Libération
Maybe to explain what they sing. They sing: « So gehen die Gauchos, die Gauchos die gehen so. So gehen die Deutschen, die Deutschen die gehen so. » (« That’s how the Gauchos walk, the Gauchos walk like this. That’s how the Germans walk, the Germans walk like this. ») And it’s important to note that this song is a very common song in Germany for teasing the team that has lost the match. So they didn’t make an entirely new song up by themselves. Reddit
Israël existe et continuera à exister jusqu’à ce que l’islam l’abroge comme il a abrogé ce qui l’a précédé. Hasan al-Bannâ (préambule de la charte du Hamas, 1988)
Le Mouvement de la Résistance Islamique est un mouvement palestinien spécifique qui fait allégeance à Allah et à sa voie, l’islam. Il lutte pour hisser la bannière de l’islam sur chaque pouce de la Palestine. Charte du Hamas (Article six)
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, mars 2008)
Cela prouve le caractère de notre noble peuple, combattant du djihad, qui défend ses droits et ses demeures le torse nu, avec son sang. La politique d’un peuple qui affronte les avions israéliens la poitrine nue, pour protéger ses habitations, s’est révélée efficace contre l’occupation. Cette politique reflète la nature de notre peuple brave et courageux. Nous, au Hamas, appelons notre peuple à adopter cette politique, pour protéger les maisons palestiniennes. Sami Abu Zuhri (porte-parole du Hamas)
I didn’t actually know that the picture was recycled. I guess I just used it as an illustration – people don’t need to take it as a literal account. If you think of bombs going off that’s pretty much what it looks like.. Twitteuse britannique (16 ans)
Il est interdit de tuer, blesser ou capturer un adversaire en recourant à la perfidie. Constituent une perfidie les actes faisant appel, avec l’intention de la tromper, à la bonne foi d’un adversaire pour lui faire croire qu’il a le droit de recevoir ou l’obligation d’accorder la protection prévue par les règles du droit international applicable dans les conflits armés. Les actes suivants sont des exemples de perfidie : (…) c) feindre d’avoir le statut de civil ou de non-combattant; d) feindre d’avoir un statut protégé en utilisant des signes emblèmes ou uniformes des Nations Unies (…) Protocole additionnel aux Conventions de Genève de 1949 relatif à la protection des victimes des conflits armés internationaux, I, article 37, alinéa 1, 1977)
Sont interdits les actes ou menaces de violence dont le but principal est de répandre la terreur parmi la population civile. (…) Les personnes civiles jouissent de la protection accordée par la présente Section, sauf si elles participent directement aux hostilités et pendant la durée de cette participation. Protocole additionnel aux Conventions de Genève de 1949 (I, art. 51, al. 2 & 3)
See, the Hamas and the other terrorist groups like Islamic Jihad are firing from Gaza when their rocketeers and their command posts are embedded in homes, hospitals, next to kindergartens, mosques. And so we are trying to operate, to target them surgically, but the difference between us is that we’re using missile defense to protect our civilians, and they’re using their civilians to protect their missiles. So naturally they’re responsible for all the civilian deaths that occur accidentally. Prime Minister Benjamin Netanyahu
Lors d’une inspection, l’agence pour l’aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) a trouvé « environ 20 roquettes cachées » dans une école vide située dans la bande de Gaza, un « premier » incident du genre. L’Express
If 80 rockets would be fired upon the citizens of Great Britain, No way I wouldn’t be taking action. If an Israeli prime minister would fail to take action, people would say that this is unacceptable. Tony Blair
Depuis le début de l’opération, au moins 35 bâtiments résidentiels auraient été visés et détruits, entraînant dans la majorité des pertes civiles enregistrées jusqu’à présent, y compris une attaque le 8 Juillet à Khan Younis qui a tué sept civils, dont trois enfants, et blessé 25 autres. Dans la plupart des cas, avant les attaques, les habitants ont été avertis de quitter, que ce soit via des appels téléphoniques de l’armée d’Israël ou par des tirs de missiles d’avertissement. Rapport ONU (09.07.14)
Selon bon nombre de ses détracteurs, Israël serait en train de massacrer des civils à Gaza. Pour un membre arabe du parlement israélien, son armée «élimine délibérément des familles entières». Pour Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, Israël est en train de commettre un «génocide –le meurtre de familles entières». Et selon l’Iran, il s’agit de «massacres contre des Palestiniens sans défense». De telles accusations sont fausses. Selon les standards de la guerre, les efforts que déploie Israël pour épargner les civils sont exemplaires. Ce combat n’a pas été décidé par Israël. Selon le Hamas et le Djihad Islamique, les deux organisations terroristes qui contrôlent Gaza, Israël aurait provoqué ces hostilités en arrêtant en Cisjordanie des membres du Hamas. Mais des arrestations sur un territoire ne justifient pas des bombardements aériens sur un autre. Israël ne s’en est pris à Gaza qu’après le tir de plus de 150 roquettes sur son territoire et le refus par les terroristes d’un cessez-le-feu. Plusieurs images publiées ces derniers jours et censées prouver le carnage des bombes israéliennes sont des faux, empruntés à d’autres guerres. Mercredi après-midi, le bilan humain oscillait entre 30 et 50 personnes, voire davantage, une fourchette dépendant du moment choisi pour marquer le début de ce conflit. La moindre mort est tragique, et plus les hostilités dureront, plus le bilan s’alourdira. Pour autant, en sachant qu’Israël a lancé plus de 500 raids aériens, vous pouvez en tirer deux conclusions. La première, c’est que l’armée israélienne est misérablement nulle pour tuer des gens. La seconde, et la plus plausible, c’est qu’elle fait au contraire tout son possible pour ne pas en tuer. Le ministre israélien de la Défense a admis que ses offensives avaient ciblé des «domiciles de terroristes», mais aussi des «armes, des infrastructures terroristes, des systèmes de commandements, des institutions du Hamas [et] des bâtiments officiels». Les logements étaient ceux de chefs militaires du Hamas. Selon les dires d’un officiel israélien, «au Hamas, le moindre petit commandant de brigade n’a désormais plus de maison où rentrer chez lui». En termes légaux, Israël justifie ces attaques en affirmant que ces maisons étaient des «centres de commandement terroristes», impliqués dans des tirs de roquette et autres «activités terroristes». Mais si Israël a parfois tenté (et réussi) de tuer des leaders du Hamas dans leurs voitures, son armée a toujours évité de se prendre sans sommation à leurs maisons. La dernière fois qu’Israël a tiré sur des bâtiments civils à Gaza, voici un an et demi, ses habitants ont été au préalable prévenus par téléphone ou par le parachutage de tracts pour qu’ils quittent les lieux. L’armée israélienne se sert aussi de fusées éclairantes ou de mortiers à faibles charges explosives (la consigne dite du «toquer au toit») pour signaler la survenue de bombardements. (…) Le bilan civil le plus grave –sept morts, selon les informations les plus récentes– est survenu dans le bombardement d’une maison située dans la ville de Khan Younès et appartenant à un leader terroriste. Pour le Hamas, il s’agit d’un «massacre contre des femmes et des enfants». Mais selon des voisins, la famille a été prévenue à la fois par téléphone et par un tir de mortier léger sur le toit. Selon un membre des services de sécurité israéliens, les forces israéliennes ont attendu que la famille quitte le bâtiment pour tirer leur missile. Il ne comprend pas pourquoi des membres de cette famille, avec visiblement certains de leurs voisins, sont retournés à l’intérieur. Pour des personnes vivant sur place, c’est parce qu’ils ont voulu «former un bouclier humain». (…) Difficile, très difficile à dire. Mais, dans ce conflit, quiconque se préoccupe des civils tués délibérément devrait d’abord se tourner vers le Hamas. Les tirs de roquettes de Gaza vers Israël ont commencé bien avant l’offensive israélienne sur Gaza. Au départ, les roquettes sont une idée du Djihad Islamique. Mais, ces derniers jours, le Hamas ne s’est pas fait prier pour la reprendre, et a revendiqué plusieurs tirs de missiles, tombés entre autres sur Tel Aviv, Jérusalem et Haïfa. William Saletan (Slate)
Trente pour cent des 172 Palestiniens qui ont perdu la vie ces sept derniers jours et nuits dans la bande de Gaza sont des femmes et des enfants, selon l’agence de presse allemande (DPA). Cette dernière s’est basée sur une liste des victimes fournie par le ministère de la Santé à Gaza. Au total des sept journées d’offensives contre Gaza, ce sont 29 femmes qui ont péri, dont sept étaient âgées de moins de 18 ans. On retrouve également parmi les victimes 24 hommes de moins de 18 ans. Environ la moitié sont de jeunes garçons âgés de dix ans ou moins, le plus jeune est un bébé âgé de 18 mois. Il n’est pas immédiatement possible de vérifier combien de civils se trouvent parmi les 119 hommes tués. Deux d’entre eux étaient âgés de 75 et 80 ans. Libre Belgique
Il est 15 h 20 à Gaza, mercredi 16 juillet, quand une terrible déflagration ébranle le front de mer. Quelques minutes plus tard, une seconde frappe retentit. Touchée par ce qui semble être un obus tiré d’un navire israélien, une bicoque de pêcheurs, construite sur la digue du port de pêche, est réduite en un tas de parpaings éclatés et de tôles noircies. A côté des décombres, les corps en partie calcinés de quatre garçons de la même famille, Mohammad, Ahed, Zakariya et Ismail. Ils avaient entre 9 et 11 ans. Les enfants Bakr jouaient sur la plage depuis quelques heures. Certains avaient apporté un ballon, d’autres pêchaient ou grattaient le sable à la recherche de morceaux de métal à revendre. Après la première frappe millimétrée sur la cabane, il semble que les enfants, blessés, aient été pris sciemment pour cible alors qu’ils remontaient la plage pour se mettre à l’abri. A quelques mètres de la cahute, Mohammad Abou Watfah a assisté au carnage : «Les enfants étaient paniqués, ils se sont mis à courir vers la plage. Un deuxième obus les a suivis. Il est tombé à quelques mètres et j’ai perdu connaissance», raconte péniblement le commerçant, touché à l’estomac par des éclats. Le corps ensanglanté, hors d’haleine, des enfants blessés parviennent à la terrasse d’un établissement du bord de mer, alors que résonne l’explosion d’un troisième obus. (…) Dans le service de chirurgie, Tagred, une autre mère du clan Bakr, veille sur son fils, Ahmad, 13 ans, touché à la poitrine par des éclats d’obus: «Ce ne sont que des enfants. Ils ne faisaient rien de mal contre les Israéliens, pleure d’incompréhension la mère palestinienne. Mon fils jouait simplement avec ses cousins et maintenant ils sont tous morts.» «Comment peut-on tirer sur des enfants qui courent ?» L’armée israélienne a annoncé, dans la soirée, qu’elle enquêtait «consciencieusement» pour déterminer les circonstances exactes de la mort des quatre enfants. Expliquant que les frappes visaient, en principe, des membres du Hamas, Tsahal n’a pas exclu la possibilité d’une «erreur» dans cette attaque, dont l’étendue sera de toute évidence difficile à justifier. Le Monde
Mercredi, sous les yeux des journalistes occidentaux, quatre enfants palestiniens ont été tués sur une plage de Gaza après un tir ou une explosion. Immédiatement, les médias occidentaux attribuent leur mort à deux navires de guerre de l’armée israélienne situés au large de la plage. Le 9 juin 2006, sur cette même plage, huit personnes (dont trois enfants) d’une même famille avaient été tuées, et plus de trente autres civils furent blessés par une explosion dont l’origine a été attribuée à l’armée israélienne par les médias occidentaux. Or, après enquête de l’armée israélienne il s’est avéré que l’explosion sur la plage n’a pas pu être provoquée par la marine israélienne car il s’est écoulé 10 minutes entre le dernier tir d’obus et le drame. Les éclats de projectiles qui ont été retirés des corps des personnes blessées ne correspondent à aucune des armes en circulation dans l’armée israélienne. D’autre part, les services de renseignement israéliens et égyptiens sont arrivés à la conclusion que la famille a été victime d’une mine installée par les artificiers du Hamas la semaine précédente, afin d’empêcher les commandos marines israéliens de débarquer sur la côte et d’intercepter ses lanceurs de roquettes. Dans les deux cas, et dans de nombreux autres cas, comme dans celui de l’affaire Al-Dura, il est intéressant de souligner la présence au même moment, d’équipes de télévisions filmant en direct ce qui semble être un non-événement, et qualifié après par les médias de « massacre ». Le Monde juif
So far, 194 Palestinians been killed during Operation Protective Edge; that’s already a higher death toll than that of the entire 2012 Operation Pillar of Defense. Or at least that’s what’s reported in the press, internationally but also in Israel. The truth is that the number of casualties, and the percentage of civilians among the dead, comes exclusively from Palestinian sources. Israel only publishes its version of the body count — which is always significantly lower than the Palestinian account — weeks after such operations end. Meanwhile, the damage to Israel’s reputation is done. During Pillar of Defense, 160 Palestinians were killed, 55 “militants” and 105 civilians, according to Palestinian sources. According to the IDF, 177 Palestinians were killed during the weeklong campaign — about 120 of whom were enemy combatants. A report by the Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center says 101 of those killed were terrorists, while 68 were noncombatants. B’Tselem claims 62 combatants and 87 civilians died. And yet, the figures from the Gazan ministry are routinely adopted, unquestioned, by the United Nations. Times of Israel
Hamas and affiliate militant factions out of the Gaza Strip are so far rejecting an Egyptian-proposed cease-fire, having launched far more than 100 rockets since the cease-fire proposal. In exposing Israel’s inability to stem the rocket flow, Hamas is trying to claim a symbolic victory over Israel. Hamas’ spin aside, the military reality paints a very different picture.
Nonstate actors such as Hamas and many of its peer organizations, of course, need some ability to exert force if they are to influence the actions of a state whose imperatives run counter to their own. The Gaza Strip is small and its resource base is limited, reducing the options for force. This makes cheap asymmetric tactics and strategies ideal. For Gaza and its militants, terrorizing the Israeli population through limited force often has previously influenced, constrained or forced the hand of the Israeli government and its subsequent policies. It accomplished this with assassinations, ambushes or suicide bombings targeting security forces or Israeli citizens. A confluence of events later led to a gradual evolution in the conflict. By 2006, the security wall that surrounds and contains the Gaza Strip had eliminated militants’ ability to directly engage the Israeli populace and security personnel, and Israel Defense Forces had completely withdrawn from the territory. Meanwhile, Hezbollah had demonstrated the effectiveness of relatively cheap artillery rockets volleyed into Israel in a high enough volume to seriously disrupt the daily life of Israeli life. While artillery rockets were not new to Gaza, the conditions were ripe for this tactic’s adoption. The intent was to build up a substantial arsenal of the weapons and increase their range to threaten Israel’s entire population as much as possible. (Increased range was also needed to overcome Israel’s growing defensive capabilities.) This would be the asymmetric threat that could be used to project force, albeit limited force, from Gaza. (…) Much of this cyclical nature is because both sides are operating under serious limitations, preventing either from gaining « victory » or some form of permanent resolution. For Israel there are two main limitations. The first is the intelligence gaps created by monitoring from the outside and having no permanent presence on the ground. The Israelis have been unable to stop the rockets from getting into Gaza, cannot be sure where they are exactly and can only degrade the ability to launch with airstrikes and naval strikes. This leads to the second constraint, which is the cost associated with overcoming this gap by doing a serious and comprehensive clearing of the entire strip. Though Operation Cast Lead did have a ground component, it was limited and did not enter the major urban areas or serious tunnel networks within them. This is exactly where many of the resources associated with the rocket threat reside. The intense urban operation that would result if Israeli forces entered those areas would have a huge cost in casualties for Israeli personnel and for civilians, the latter resulting in intense international and domestic pressure being brought to bear against the Israeli government. For decision-makers, the consequences of sitting back and absorbing rocket attacks versus trying to comprehensively accomplish the military objective of eliminating this capability keep weighing on the side of managing the problem from a distance. But the longer the conflict lasts, the more complications the militants in Gaza face as they see their threat of force erode with time. Adversaries adapt to tactics, and in this case Israel Defense Forces have steadily improved their ability to mitigate the disruptive ability of these attacks through a combination of responsive air power and Iron Dome batteries that effectively provide protection to urban populations. Subsequently, the terror and disruption visited upon the Israeli population diminishes slightly, and the pressures on the government lessen. So militants seem to be in a position to maintain their tool, but that tool is becoming less effective and imposing fewer costs. This raises the question of what new tactic or capability the militants will adopt next to exert new costs on Israel. Many surmise the incident that started this latest round — the kidnapping and killing of three Israeli teenagers in the West Bank — might become the tactic of choice if it proves effective in accomplishing its goals and is repeatable. The militants will also almost certainly attempt to refine their projectiles’ accuracy and range through the acquisition of more advanced rockets or even missiles. What is certain regarding the latest round of fighting is that we are far from seeing victory or any form of conclusion and that the conflict will continue to evolve. Stratfor
After Algeria gained its independence, according to its 1963 Nationality Code, it authorized citizenship only to Muslims. It extended citizenship only to those individuals whose fathers and paternal grandfathers were personally Muslim.  All but 6,500 of the country’s 140,000 Jews were essentially driven into exile by this change. Some 130,000 took advantage of their French citizenship and moved to France along with the pied-noirs, settlers of French ancestry. Moroccan Jews who were living in Algeria and Jews from the M’zab Valley in the Algerian Sahara, who did not have French citizenship, as well as a small number of Algerian Jews from Constantine, emigrated to Israel at that time. After Houari Boumediene came to power in 1965, Jews were persecuted in Algeria, facing social and political discrimination and heavy taxes. In 1967-68 the government seized all but one of the country’s synagogues and converted them to mosques. By 1969, fewer than 1,000 Jews were still living in Algeria. Only 50 Jews remained in Algeria in the 1990s. Wikipedia
À la suite des accords d’Évian en mars 1962, les départs sont massifs. Le contexte du conflit israélo-arabe va contribuer à envenimer les relations entre les Musulmans et les Juifs d’Algérie dans les années qui vont suivre. L’indépendance de l’Algérie est proclamée le 5 juillet 1962, et en octobre, on ne compte plus que 25 000 Juifs en Algérie dont 6000 à Alger. En 1971, il n’en reste plus qu’un millier117. En 1975, la Grande synagogue d’Oran, comme toutes les autres, est transformée en mosquée. À l’instar de nombreux cimetières chrétiens, beaucoup de cimetières juifs sont profanés. En 1982, on compte encore environ 200 Juifs, la guerre civile algérienne des années 1990 provoque le départ des derniers membres de la communauté. Le dossier juif reste un sujet tabou car les Juifs résidant dans le pays n’ont pas de personnalités connues, mis à part quelques conseillers ayant travaillé avec le ministre algérien du commerce Ghazi Hidoussi, à cause de la sensibilité du dossier et de son lien avec Israël. Certains partis, notamment nationalistes et islamistes, comme le Mouvement de la renaissance islamique, réagissent violemment à l’accréditation du Lions Clubs et du Rotary Club qu’ils présument d’obédience sioniste et franc-maçonne ainsi qu’à la poignée de main du président algérien Abdelaziz Bouteflika et du premier ministre israélien Ehud Barak, lors des funérailles du roi Hassan II au Maroc en juillet 1999. En 1999, Abdelaziz Bouteflika rend un hommage appuyé aux Juifs constantinois, à l’occasion du 2500e anniversaire de cette ville. En 2000, la tournée qu’Enrico Macias doit effectuer sur sa terre natale est annulée à la suite de pressions internes et malgré l’invitation officielle de la présidence. En mars 2003, un plan d’action avait été mis en place par les autorités françaises et algériennes, pour que les cimetières juifs retrouvent leur dignité et ce, selon un programme établi annuellement. Le projet reste cependant lettre morte dans des dizaines de cimetières communaux dans lesquels existent des carrés juifs. En 2005, deux évènements marquent l’actualité : la tenue d’un colloque des Juifs de Constantine à Jérusalem provoquant une rumeur selon laquelle ils auraient fait une demande d’indemnisation auprès du gouvernement de l’Algérie, à la suite de leur départ en 1962. Cette information sera démentie par les autorités d’Alger et la visite à Tlemcen de 130 Juifs originaires de cette ville, fait sans précédent depuis l’indépendance, est vécue dans l’émotion tant du côté des Juifs Algériens que de celui des Musulmans Algériens[réf. nécessaire]. En décembre 2007, Enrico Macias bien qu’invité par le président français Sarkozy, à l’accompagner en visite officielle en Algérie, il doit renoncer face à l’hostilité et au refus du ministre algérien des Anciens Combattants. En 2009, l’État algérien accrédite un organisme représentant la religion hébraïque en Algérie, présidé par Roger Saïd. On recense 25 synagogues, abandonnées pour la plupart, les Juifs d’Algérie ayant peur d’organiser des cérémonies de culte pour des raisons sécuritaires. Cet organisme devra également agir, en coordination avec le ministère des affaires religieuses sur l’état des tombes juives, particulièrement à Constantine, Blida et Tlemcen[réf. nécessaire]. En janvier 2010, le dernier Juif vivant en Oranie décède à l’hôpital civil d’Oran. En août 2012, le représentant de la communauté juive en Algérie, maitre Roger Saïd chargé de veiller sur les intérêts judéo-algériens décède à Paris. Wikipedia
Although much is heard about the plight of the Palestinian refugees from the aftermath of the 1948 Israeli War of Independence and the 1967 Six Day War, little is said about the hundreds of thousands of Jews who were forced to flee from Arab states before and after the creation of Israel. In fact, these refugees were largely forgotten because they were assimilated into their new homes, most in Israel, and neither the United Nations nor any other international agency took up their cause or demanded restitution for the property and money taken from them. In 1945, roughly 1 million Jews lived peacefully in the various Arab states of the Middle East, many of them in communities that had existed for thousands of years. After the Arabs rejected the United Nations decision to partition Palestine and create a Jewish state, however, the Jews of the Arab lands became targets of their own governments’ anti-Zionist fervor. As Egypt’s delegate to the UN in 1947 chillingly told the General Assembly: “The lives of one million Jews in Muslim countries will be jeopardized by partition.” The dire warning quickly became the brutal reality. Throughout 1947 and 1948, Jews in Algeria, Egypt, Iraq, Libya, Morocco, Syria, and Yemen (Aden) were persecuted, their property and belongings were confiscated, and they were subjected to severe anti-Jewish riots instigated by the governments. In Iraq, Zionism was made a capital crime. In Syria, anti-Jewish pogroms erupted in Aleppo and the government froze all Jewish bank accounts. In Egypt, bombs were detonated in the Jewish quarter, killing dozens. In Algeria, anti-Jewish decrees were swiftly instituted and in Yemen, bloody pogroms led to the death of nearly 100 Jews. Jewish virtual library

Attention: des réfugiés peuvent en cacher d’autres !

A l’heure où, entre boucliers humains et photos et chiffres trafiqués, le martyre du peuple palestinien fait à nouveau la une de nos journaux

Et que nos chères têtes blondes en profitent pour crier « mort aux juifs » à tous les coins de rue et préférentiellement devant les nouvelles ambassades que sont devenues – dixit un responsable écologiste français –  les synagogues

Pendant que 70 ans après l’abomination nazie outre-rhin, l’équipe de la diversité que tout le monde attendait se voit crucifier par sa propre presse pour avoir fêté leur victoire en Coupe du monde en chambrant comme c’est l‘habitude dans leur pays leurs adversaires qualifiés pour l’occasion de gauchos …

Et que, de l’autre côté de la Méditerrannée, on tente de « rejudaïser » un pays qui, entre exil forcé, synagogues transformées en mosquées ou désaffectées et carrés juifs profanés,  avait réussi en un peu plus de 60 ans à effacer 2 000 ans et 90% de sa présence juive   …

Retour sur ces réfugiés dont on ne parle jamais …

A savoir, entre l’extermination des chrétiens arméniens, assyriens ou grecs de Turquie et l’actuel nettoyage ethnique des mêmes chrétiens du reste du Monde musulman, ces quelque 900 000 juifs ethniquement épurés du Monde arabe …

Fact Sheet:
Jewish Refugees from Arab Countries

(Updated January 2013)


Although much is heard about the plight of the Palestinian refugees from the aftermath of the 1948 Israeli War of Independence and the 1967 Six Day War, little is said about the hundreds of thousands of Jews who were forced to flee from Arab states before and after the creation of Israel. In fact, these refugees were largely forgotten because they were assimilated into their new homes, most in Israel, and neither the United Nations nor any other international agency took up their cause or demanded restitution for the property and money taken from them.

Yemenite Jews
Yemenite Jews flee during Operation Magic Carpet

In 1945, roughly 1 million Jews lived peacefully in the various Arab states of the Middle East, many of them in communities that had existed for thousands of years. After the Arabs rejected the United Nations decision to partition Palestine and create a Jewish state, however, the Jews of the Arab lands became targets of their own governments’ anti-Zionist fervor. As Egypt’s delegate to the UN in 1947 chillingly told the General Assembly: “The lives of one million Jews in Muslim countries will be jeopardized by partition.” The dire warning quickly became the brutal reality.

Throughout 1947 and 1948, Jews in Algeria, Egypt, Iraq, Libya, Morocco, Syria, and Yemen (Aden) were persecuted, their property and belongings were confiscated, and they were subjected to severe anti-Jewish riots instigated by the governments. In Iraq, Zionism was made a capital crime. In Syria, anti-Jewish pogroms erupted in Aleppo and the government froze all Jewish bank accounts. In Egypt, bombs were detonated in the Jewish quarter, killing dozens. In Algeria, anti-Jewish decrees were swiftly instituted and in Yemen, bloody pogroms led to the death of nearly 100 Jews.

In January 1948, the president of the World Jewish Congress, Dr. Stephen Wise, appealed to U.S. Secretary of State George Marshall: “Between 800,000 and a million Jews in the Middle East and North Africa, exclusive of Palestine, are in ‘the greatest danger of destruction’ at the hands of Moslems being incited to holy war over the Partition of Palestine … Acts of violence already perpetrated, together with those contemplated, being clearly aimed at the total destruction of the Jews, constitute genocide, which under the resolutions of the General Assembly is a crime against humanity. » In May 1948, the New York Times echoed Wise’s appeal, and ran an article headlined, « Jews in Grave Danger in all Muslim Lands: Nine Hundred Thousand in Africa and Asia face wrath of their foes. »

With their lives in danger and the situation growing ever more perilous, the Jews of the Arab World fled their homes as refugees.

Of the 820,000 Jewish refugees between 1948 and 1972, more than 200,000 found refuge in Europe and North America while 586,000 were resettled in Israel – at great expense to the Israeli government, and without any compensation from the Arab governments who had confiscated their possessions. The majority of the Jewish refugees left their homes penniless and destitute and with nothing more than the shirts on their backs. These Jews, however, had no desire to be repatriated in the Arab World and little is heard about them because they did not remain refugees for long.

In Israel, a newly independent country that was still facing existential threats to its survival, the influx of immigrants nearly doubled the population and a put a great strain on an economy struggling to just meet the needs of its existing population.  The Jewish State, however, never considered turning away the refugees and, over the years, worked to absorb them into society.

Iraqi Jews
Iraqi Jews flee as refugees to Israel

Overall, the number of Jews fleeing Arab countries for Israel in the years following Israel’s independence was nearly double the number of Arabs leaving Palestine. The contrast between the Jewish refugees and the Palestinian refugees grows even starker considering the difference in cultural and geographic dislocation – most of the Jewish refugees traveled hundreds or thousands of miles to a tiny country whose inhabitants spoke a different language and lived with a vastly different culture. Most Palestinian refugees traveled but a few miles to the other side of the 1949 armistice lines while remaining inside a linguistically, culturally and ethnically similar society.

Moreover, the value of Jewish property left behind and confiscated by the Arab governments is estimated to be at least 50 percent higher than the total value of assets lost by the Palestinian refugees.  In the 1950’s, John Measham Berncastle, under the aegis of the United Nations Conciliation Commission for Palestine, estimated that total assets lost by Palestinian refugees from 1948 – including land, buildings, movable property, and frozen bank accounts – amounted to roughly $350 million ($650 per refugee). Adding in an additional $100 million for assets lost by Palestinian refugees as a result of the Six Day War, an approximate total is $450 million – $4.4 billion in 2012 prices. By contrast, the value of assets lost by the Jewish refugees – compiled by a similar methodology – is estimated at $700 million – roughly $6.7 billion today.

To date, more than 100 UN resolutions have been passed referring explicitly to the fate of the Palestinian refugees. Not one has specifically addressed Jewish refugees. Additionally, the United Nations created a organization, UNRWA, to solely handle Palestinian refugees while all other refugees are handled collectively by UNHRC. The UN even defines Palestinian refugees differently than every other refugee population, setting distinctions that have allowed their numbers to grow exponentially so that nearly 5 million are now considered refugees despite the fact that the number estimated to have fled their homes is only approximately 400-700,000.

Today, nearly half of Israel’s native population descends from the Jewish refugees of the Arab world and their rights must be recognized alongside any discussion of the rights for Palestinian refugees and their descendants. In Israel, the issue of the Jewish refugees has been of preeminent importance during all peace negotiations with the Palestinians, including the 1993 Oslo Accords and the 2000 Camp David summit.  Under the leadership of Prime Minister Benjamin Netanyahu and Deputy Foreign Minister Danny Ayalon, Israel is now calling on United Nations Secretary-General Ban Ki Moon to hold a summit specifically the issue of the Jewish refugees.

In the United States, led by Congressman Jerrold Nadler, efforts are also being made to ensure the world recognizes the plight of these Jewish refugees.  In July 2012, Nadler led a bipartisan group of six congressmen in sponsoring H.R. 6242, legislation that would require the President to submit a regular report to Congress on actions taken relating to the resolution of the Jewish refugee issue. Nadler’s latest effort comes more than four years after he successfully passed H.R. 185, a non-binding resolution asking the President to ensure that explicit reference is made to the Jewish refugees in any international forum discussing Middle East or Palestinian refugees.

Use the resource below to learn more about
the Jewish Refugees from the Arab World:

AlgeriaEgyptIraqLibyaMoroccoSyriaTunisiaYemen (Aden)

Jews in the Arab World
1948
1958
1968
1978
2011
Algeria
140,000
130,000
1,500
1,000
1,500
Egypt
75,000
40,000
1,000
400
100
Iraq
135,000
6,000
2,500
350
7
Libya
38,000
3,750
100
40
0
Morocco
265,000
200,000
50,000
18,000
4,000
Syria
30,000
5,000
4,000
4,500
100
Tunisia
105,000
80,000
10,000
7,000
1,500
Yemen/Aden
63,000
4,300
500
500
250
Total
851,000
469,060
69,600
31,790
~7,500

Algeria

Jews in 1948: 140,000. Jews in 2011: 1,500.

Jewish settlement in Algeria can be traced back to the first centuries of the Common Era. In the 14th century, with the deterioration of conditions in Spain, many Spanish Jews moved to Algeria, among them a number of outstanding scholars including Rav Yitzchak ben Sheshet Perfet (the Ribash) and Rav Shimon ben Zemah Duran (the Rashbatz). After the French occupation of the country in 1830, Jews gradually adopted French culture and were granted French citizenship.

On the eve of WWII, there were around 120,000 Jews in Algeria. In 1934, incited by events in Nazi Germany, Muslims rampaged in Constantine, killing 25 Jews and injuring many more. Starting in 1940, under Vichy rule, Algerian Jews were persecuted socially and economically. In 1948, at the time of Israel’s independence and on the eve of the Algerian Civil War, there were approximately 140,000 Jews living in Algeria, of whom roughly 30,000 lived in the capital.

Nearly all of the Algerian Jews fled the country shortly after it gained independence from France in 1962. The newly established Algerian government harassed the Jewish community, confiscated Jewish property, and deprived Jews of their principle economic rights. As a result, almost 130,000 Algerian Jews immigrated to France and, since 1948, 25,681 Algerian Jews have immigrated to Israel.

According to the State Department, there is now fewer than 2,000 Jews in Algeria and there are no functioning synagogues in the country.

EGYPT

Jews in 1948: 75,000. Jews in 2011: 100.

Jews have lived in Egypt since Biblical times. Israelite tribes first moved to the land of Goshen, the northeastern edge of the Nile Delta, during the reign of the Egyptian pharaoh Amenhotep IV (1375-1358 BCE). By 1897, there were more than 25,000 Jews in Egypt, concentrated in Cairo and Alexandria.

The first Nationality Code was promulgated by Egypt in May 1926 and said that only those « who belonged racially to the majority of the population of a country whose language is Arabic or whose religion is Islam » were entitle to Egyptian nationality. This provision served as the official pretext for expelling many Jews from Egypt.

In 1937, the Jewish population was 63,500 but by 1945, with the rise of Egyptian nationalism and the cultivation of anti-Jewish sentiment, violence erupted against the peaceful Jewish community. That year, 10 Jews were killed, more than 300 injured, and a synagogue, a Jewish hospital, and an old-age home were destroyed. In July 1947, an amendment to Egyptian law stipulated that companies must employ a minimum of 90% Egyptian nationals. This decree resulted in the loss of livelihood for many Jews.

Israel’s establishment led to further anti-Jewish sentiments. Between June and November 1948, bombs set off in the Jewish Quarter of Cairo killed more than 70 Jews and wounded nearly 200, while another 2,000 Jews were arrested and had their property confiscated. Rioting over the following months resulted in more Jewish deaths. In 1956, the Egyptian government used the Sinai Campaign as a pretext for expelling almost 25,000  Jews and confiscating their property while approximately 1,000 more Jews were sent to prisons and detention camps. In November 1956, a government proclamation declared that « all Jews are Zionists and enemies of the state, » and promised that they would be soon expelled. Thousands of Jews were ordered to leave the country, allowed to take only one suitcase, a small sum of cash, and forced to sign declarations « donating » their property to the Egyptian government.

By 1957 the Jewish population had fallen to 15,000 and in 1967, after the Six-Day War, there was a renewed wave of persecution and the community dwindled to 2,500. By the 1970’s, after the remaining Jews were given permission to leave the country, the number of Jews feel to just a few hundred. Today, the community is on the verge of extinction with fewer than 100 Jews remaining in Egypt, the majority elderly.

IRAQ

Jews in 1948: 135,000. Jews in 2011: 7.

Jews have lived in modern-day Iraq since before the common era and prospered in what was then called Babylonia until the Muslim conquest in 634 AD. Under Muslim rule, the situation of the Jewish community fluctuated yet at the same time, Jews were subjected to special taxes and restrictions on their professional activity. Under British rule, which began in 1917, Jews fared well economically, but this changed when Iraq gained independence.

In June 1941, the Mufti-inspired, pro-Nazi coup of Rashid Ali sparked rioting and a pogrom in Baghdad. Armed mobs, with the complicity of the police and the army, murdered 180 Jews and wounded almost 1,000. Although emigration was prohibited, many Jews made their way to Mandate Palestine with the aid of an underground movement.

Additional outbreaks of anti-Jewish rioting occurred between 1946 and 1949, and following the establishment of Israel in 1948, Zionism was made a capital crime. In 1950, the Iraqi parliament legalized emigration to Israel, provided that Iraqi Jews forfeited their citizenship before leaving. Between May 1950 and August 1951, the Jewish Agency and the Israeli government succeeded in airlifting approximately 110,000 Jews to Israel in Operation Ezra & Nehemiah. At the same time, 20,000 Jews were smuggled out of Iraq through Iran. A year later the property of Jews who emigrated from Iraq was frozen, and economic restrictions were placed on Jews who remained in the country.

In 1952, Iraq’s government barred Jews from emigrating, and publicly hanged two Jews after falsely charging them with hurling a bomb at the Baghdad office of the U.S. Information Agency. A community that had reached a peak of 150,000 in 1947, dwindled to a mere 6,000 after 1951. Persecutions continued, especially after the Six Day War in 1967, when 3,000 Jews were arrested, dismissed from their jobs, and some hanged in the public square of Baghdad. In one instance, on January 27, 1969, Baghdad Radio called upon Iraqis to “come and enjoy the feast” and some 500,000 people paraded and danced past the scaffolds where the bodies of the hanged Jews swung; the mob rhythmically chanting “Death to Israel” and “Death to all traitors.”

As of 2008, the Jewish Agency for Israel estimated that there were only seven Jews remaining in Iraq while Baghdad’s Meir Tweig synagogue, the last synagogue in use, was closed in 2003 after it became too dangerous to gather openly. The State Department reported in 2011 that anti-Semitism is still widespread in both state-owned and private media outlets and Holocaust denial is often glorified.

LIBYA

Jews in 1948: 38,000. Jews in 2011: 0.

The Jewish community of Libya traces its origin back some 2,500 years to the time of Hellenistic rule under Ptolemy Lagos in 323 B.C.E. in Cyrene. Once home to a very large and thriving Jewish community, Libya is now completely empty of Jews due to anti-Jewish pogroms that spurred immigration to Israel.

At the time of the Italian occupation in 1911, there were approximately 21,000 Jews in the country, the majority in the capital Tripoli. By the late 1930s, fascist anti-Jewish laws were gradually being enforced and the Jewish community was subject to terrible repression. Yet, in 1941, the Jews still accounted for a quarter of Tripoli’s population and maintained 44 synagogues.

In 1942, the Germans occupied the Jewish quarter of Benghazi, plundered shops, and deported more than 2,000 Jews across the desert, where more than one-fifth of them perished. Many Jews from Tripoli were also sent to forced labor camps.

Conditions did not greatly improve following liberation and under the British occupation there were a series of brutal pogroms. One savage pogrom occurred in Tripoli on November 5, 1945, when more than 140 Jews were massacred and almost every synagogue in the city was looted. In June 1948, rioters murdered another 12 Jews and destroyed 280 Jewish homes. When the British legalized emigration in 1949, more than 30,000 Jews fled Libya.

Thousands more Jews fled to Israel after Libya became independent in 1951 and was granted membership in the Arab League. A law passed in December 1958 ordered for the dissolution of the Jewish Community Council. In 1961, a special permit was needed to show proof of being a « true Libyan » and all but six Jews were denied this document.

After the Six-Day War, the Jewish population – numbering roughly 7,000 – was again subjected to pogroms in which 18 people were killed and many more injured; the riots also sparked a near-total exodus from the Jewish community, leaving fewer than 100 Jews in Libya. When Muammar Gaddafi came to power in 1969, all Jewish property was confiscated and all debts to Jews cancelled. Although emigration was illegal, more than 3,000 Jews succeeded in leaving for Israel.

By 1974, there were no more than 20 Jews in the country, and it is believed that Esmeralda Meghnagi, who died in February 2002, was the last Jew to live in Libya.  In October 2011, protests in Tripoli called for the deportation of a Jewish activist who had returned to Libya with the intent of restoring Tripoli’s synagogue. Some protesters’ signs read, “There is no place for the Jews in Libya,” and “We don’t have a place for Zionism.”

MOROCCO

Jews in 1948: 265,000. Jews in 2011: 4,000.

Jews have been living in Morocco since the time of Antiquity, traveling there two millennia ago with Phoenician traders, and the first substantial Jewish settlements developed in 586 BCE after Nebuchadnezzar destroyed Jerusalem and exiled the Jews.

Prior to World War II, the Jewish population of Morocco reached its height of approximately 265,000, and though Nazi deportations did not occur the Jewish community still suffered great humiliation under the Vichy French government. Following the war, the situation became even more perilous.

In June 1948, bloody riots in Oujda and Djerada killed 44 Jews while wounding scores more. That same year, an unofficial economic boycott was instigated against the Moroccan Jewish community. By 1959 Zionist activities were made illegal and in 1963, at least 100,000 Moroccan Jews were forced out from their homes. Nearly 150,000 Jews sought refuge in Israel, France and the Americas.

In 1965, Moroccan writer Said Ghallab described the attitude of Moroccan Muslims toward their Jewish neighbors when he wrote:

« The worst insult that a Moroccan could possibly offer was to treat someone as a Jew … The massacres of the Jews by Hitler are exalted ecstatically. It is even credited that Hitler is not dead, but alive and well, and his arrival is awaited to deliver the Arabs from Israel. »

In early 2004, Marrakech had a small Jewish population of about 260 people, most over the age of 60, while Casablanca had the largest community, about 3,000 people. There are still synagogues in use today in CasablancaFez, Marrakech, Mogador, Rabat, Tetuan and Tangier.

The Jewish community now numbers between 4,000 and 5,500 and while the government is one of the most friendly towards Israel, the Jewish community is still the target of sporadic violence. On a Saturday in May 2003, for example, a series of suicide bombers attacked four Jewish targets in Casablanca, though fortunately no Jews were killed.  In a show of kindness, the government subsequently organized a large rally in the streets of Casablanca to demonstrate support for the Jewish community and the king reasserted his family’s traditional protection for the country’s Jews.

SYRIA

Jews in 1948: 30,000. Jews in 2011: 100.

Jews had lived in Syria since biblical times and the Jewish population increased significantly after the Spanish expulsion in 1492. Throughout the generations, the main Jewish communities were to be found in Damascus and Aleppo.

By 1943, the Jewish community of Syria had approximately 30,000 members but In 1944, after Syria gained independence from France, the new Arab government prohibited Jewish immigration to Palestine, severely restricted the teaching of Hebrew in Jewish schools, called boycotts against Jewish businesses, and sat idle as attacks against Jews escalated. In 1945, in an attempt to thwart international efforts to establish a Jewish homeland in Palestine, the Syrian government fully restricted Jewish emigration, burned, looted and confiscated Jewish property, and froze Jewish bank accounts.

When partition was declared in 1947, Arab mobs in Aleppo devastated the 2,500-year-old Jewish community and left it in ruins. Scores of Jews were killed and more than 200 homes, shops and synagogues were destroyed. Thousands of Jews illegally fled as refugees, 10,000 going to the United States and 5,000 to Israel.  All of their property were taken over by the local Muslims.

Over the next few decades, those Syrian Jews that remained were in effect hostages of a hostile regime as the government intensified its persecution of the Jewish population. Jews were stripped of their citizenship and experienced employment discrimination. They had their assets frozen and property confiscated. The community lived under constant surveillance by the secret police. Freedom of movement was also severely restricted and any Jew who attempted to flee faced either the death penalty or imprisonment at hard labor. Jews could not acquire telephones or driver’s licenses and were barred from buying property. An airport road was paved over the Jewish cemetery in Damascus; Jewish schools were closed and handed over to Muslims.

The last Jews to leave Syria departed with the chief rabbi in October 1994. By the middle of 2001, Rabbi Huder Shahada Kabariti estimated that 150 Jews were living in Damascus, 30 in Haleb and 20 in Kamashili. while two synagogues remained open in Damascus. According to the US State Department, there were about 100 Jews left in country as 2011, concentrated in Damascus and Aleppo.  Contact between the Syrian Jewish community is Israel is prohibited.

TUNISIA

Jews in 1948: 105,000. Jews in 2011: 1,500.

The first documented evidence of Jews living in Tunisia dates back to 200 CE. By 1948, the Tunisian Jewish community had numbered 105,000, with 65,000 living in the capital Tunis.

Tunisia was the only Arab country to come under direct German occupation during World War II and, according to Robert Satloff, “From November 1942 to May 1943, the Germans … implemented a forced-labor regime, confiscations of property, hostage-taking, mass extortion, deportations, and executions. They required thousands of Jews in the countryside to wear the Star of David.”

When Tunisia gained independence in 1956, the new government passed a series of discriminatory anti-Jewish decrees. In 1957, the rabbinical tribunal was abolished and a year later the Jewish community councils were dissolved.  The government also destroyed ancient synagogues, cemeteries, and even Tunis’ Jewish quarter for « urban renewal » projects.

During the Six-Day War, Jews were attacked by rioting Arab mobs, while businesses were burned and the Great Synagogue of Tunis was destroyed. The government actually denounced the violence and appealed to the Jewish population to stay, but did not bar them from leaving.

The increasingly unstable situation caused more than 40,000 Tunisian Jews to immigrate to Israel and at least 7,000 more to France. By 1968, the country’s Jewish population had shrunk to around 10,000.

Today, the US State Department estimates that there are 1,500 Jews remaining in Tunisia, with one-third living in and around the capital and the remainder living on the island of Djerba.  The Tunisian government now provides the Jewish community freedom of worship and also provided security and renovation subsidies for the synagogues.

YEMEN (Aden)

Jews in 1948: 63,000. Jews in 2011: 250.

The first historical record of Jews in Yemen is from the third century CE.

In 1922, the government of Yemen reintroduced an ancient Islamic law decreeing that Jewish orphans under age 12 were to be converted to Islam.

In 1947, after the partition vote on Palestine, the police forces joined Muslim rioters in a bloody pogrom in Aden, killing 82 Jews and destroying hundreds of Jewish homes. The pogrom left Aden’s Jewish community economically paralyzed, as most of the stores and businesses were destroyed.

Early in 1948, looting occurred after six Jews were falsely accused of murdering two Arab girls and the government began to forcefully evict the Jews. Between June 1949 and September 1950, Israel ran Operation « Magic Carpet » and brought virtually the entire Yemenite Jewish community – almost 50,000 people – to Israel as refugees.

In 1959, another 3,000 Jews from Aden emigrated to Israel while many more fled as refugees to the US and England. A smaller, continuous migration was allowed to continue into 1962, when a civil war put an abrupt halt to any further Jewish exodus.

Today, there are no Jews in Aden and there are an estimated 250 Jews in Yemen. The Jews are the only indigenous non-Muslim religious minority and the small community that remains in the northern area of Yemen is tolerated and allowed to practice Judaism. However, the community is still treated as second-class citizens and cannot serve in the army or be elected to political positions. Jews are traditionally restricted to living in one section of a city and are often confined to a limited choice of employment.


Sources: Aharon Mor & Orly Rahimiyan, « The Jewish Exodus from Arab Lands, » Jerusalem Center for Public Opinion, (September 11, 2012).
« Compensate Jewish Refugees from Arab Countries, Conference Urges, » JTA, (September 10, 2012).
Kershner, Isabel. “The Other Refugees.“ Jerusalem Report, (January 12, 20/04).
Littman, David. “The Forgotten Refugees: An Exchange of Population.“ The National Review, (December 3, 2002).
Matas, David, Urman, Stanley A. “Jews From Arab Countries: The Case for Rights and Redress.“ Justice for Jews from Arab Countries, (June 23, 2003).
Sachar, Howard. A History of Israel. Alfred A. Knopf, Inc., New York, 2000.
Stillman, Norman. The Jews of Arab Lands in Modern Times. The Jewish Publication Society of America, 1991.
“Ad Hoc Committee on Palestine – 30th Meeting,” United Nations Press Release GA/PAL/84, (November 24, 1947).
Arieh Avneri, The Claim of Dispossesion, (NJ: Transaction Books, 1984), p. 276.
Jerusalem Post, (December 4, 2003).
Stephen Farrell, « Baghdad Jews Have Become a Fearful Few, » New York Times, (June 1, 2008).
US State Department – Religious Freedom Reports (2011); Human Rights Reports (2011)
Roumani, Maurice. The Jews from Arab Countries: A Neglected Issue. WOJAC, 1983
American Jewish Yearbook: 1958, 1969, 1970, 1978, 1988, 2001. Philadelphia: The Jewish Publication Society of America
American Sephardi Federation
« Point of no return: Information and links about the Middle East’s forgotten Jewish refugees »
Jews Indigenous to the Middle East and North Africa (JIMENA)
Association of Jews from the Middle East and North Africa (HARIF)
« Israel Pushing for UN Summit on Jewish Refugees, » The Algemeiner, (August 27, 2012).
Hillel Fendel, « US Congress Recognizes Jewish Refugees from Arab Lands, » Arutz Sheva, (February 4, 2008).
House Resolution 185 (110th), « Regarding the Creation of Refugee Populations in the Middle East, » GovTrack.
House Resolution 6242 (112th), « Relating to the Resolution of the Issue of Jewish Refugees from Arab Countries, » GovTrack.

Voir aussi:

Algérie: des salafistes contre les synagogues
RFI

En Algérie, une manifestation a réuni quelques dizaines de personnes dans un quartier populaire de la capitale. Les manifestants, des salafistes, veulent protester contre l’annonce officielle de la réouverture des synagogues dans le pays.

Ce n’est pas la première fois qu’Abdelfattah Hamadache, imam salafiste du quartier de Bellecourt, proche du Front islamique du salut (FIS), appelle à manifester. Il y a quelques semaines, c’était pour s’opposer au ministre du Commerce qui venait de donner plusieurs autorisations d’ouverture de magasins d’alcool.

Vendredi, plusieurs dizaines d’hommes ont manifesté contre la réouverture des synagogues, mesure annoncée par le ministre des Affaires religieuses. Ils considèrent que l’Algérie est musulmane et qu’il n’y a pas de place pour une autre religion.

Cette manifestation, rapidement bloquée par les forces de l’ordre, n’a surpris personne. Mais l’annonce du ministre, en revanche, a laissé certains observateurs sans voix. Chaque été, la police arrête certaines personnes sous prétexte qu’elles mangent en plein jour pendant le ramadan, le ministre affirmant que le respect du jeûne était une affaire personnelle.

Alors lorsqu’il affirme que les synagogues vont être ouvertes après 20 ans de fermeture pour des raisons de sécurité, la presse ne sait pas comment réagir. Si les journaux défendent pour la majorité la liberté de culte, difficile de savoir si la mesure sera vraiment appliquée. Les commentaires se multiplient sur les réseaux sociaux, mais les salafistes, eux, sont bien les premiers à rendre le débat public.

Contre la « judaïsation » de l’Algérie

En Algérie, la communauté juive est discrète, mais elle existe toujours. Les synagogues sont fermées pour des raisons de sécurité depuis que dans les années 1990, deux figures de cette communauté avaient été assassinées.

Les manifestants, qui ont dénoncé cette mesure comme « une provocation contre les musulmans en plein ramadan », disent vouloir s’opposer à la « judaïsation » de l’Algérie. Ils craignent que la réouverture des synagogues soit un premier pas vers une normalisation des relations de l’Algérie avec Israël.

Voir également:

Why doesn’t Israel publish figures and details of Gaza casualties?
The world relies on data from the Hamas-run health ministry, and there’s nothing we can do about that, officials in Jerusalem say
Raphael Ahren
The Times of Israel
July 15, 2014
Raphael Ahren is the diplomatic correspondent at The Times of Israel.

So far, 194 Palestinians been killed during Operation Protective Edge; that’s already a higher death toll than that of the entire 2012 Operation Pillar of Defense. Or at least that’s what’s reported in the press, internationally but also in Israel. The truth is that the number of casualties, and the percentage of civilians among the dead, comes exclusively from Palestinian sources. Israel only publishes its version of the body count — which is always significantly lower than the Palestinian account — weeks after such operations end. Meanwhile, the damage to Israel’s reputation is done.

During Pillar of Defense, 160 Palestinians were killed, 55 “militants” and 105 civilians, according to Palestinian sources. According to the IDF, 177 Palestinians were killed during the weeklong campaign — about 120 of whom were enemy combatants. A report by the Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center says 101 of those killed were terrorists, while 68 were noncombatants. B’Tselem claims 62 combatants and 87 civilians died.

Why the confusion, and what is the accurate body count for the current conflict?

For Operation Protective Edge, the only data published so far comes from the health ministry in Gaza. This ministry is run by Hamas, therefore rendering the number of casualties and injuries it reports more than unreliable, said Maj. Arye Shalicar of the Israel Defense Forces Spokesperson’s unit. “Hamas has no shame about lying. We know they’re a terrorist organization that makes cynical use of casualty numbers for propaganda purposes. You can’t trust a single number they publish.”

And yet, the figures from the Gazan ministry are routinely adopted, unquestioned, by the United Nations. “According to preliminary information, over 77 per cent of the fatalities since 7 July have been civilians, raising concerns about respect for international humanitarian law,” states a situation report published Tuesday by the UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Once given the stamp of approval of such an important body, these numbers are quoted everywhere else.

“All these publications are not worth the paper they’re written on,” said Reuven Erlich, the director of the Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center. “They’re based mostly on Palestinian sources in Gaza, who have a vested interest in showing that we’re killing many civilians.”

His center spends considerable resources on researching the real number of casualties, publishing a daily report with information as reliable as can be obtained. On Monday, the center’s “initial and temporary data” suggested the distribution of those killed so far in Operation Protective Edge is as follows: of 157 Gazans who have died, 57 were terrorist operatives (29 from Hamas, 22 from Palestinian Islamic Jihad and six from other terrorist organizations); 76 were non-involved civilians; and 38 could not be identified.

“The numbers from Gaza’s Health Ministry are very general, they don’t explain who is a terrorist and who is a civilian,” Erlich said. “Knowing how many of the casualties were terrorists and how many were civilians requires very thorough work. You have to check every single name. Such an investigation takes time, and unfortunately every day new names are being added to the list.”

In order to ascertain who was killed and whether the victim is a terrorist or a civilian, the center’s staff looks up their names on Palestinian websites and searches for information about their funerals and for other hints that could shed light on a person’s background.

The authorities in Gaza generally count every young man who did not wear a uniform as a civilian — even if he was involved in terrorist activity and was therefore considered by the IDF a legitimate target, military sources said.

And yet, no official Israeli government body releases any information about casualties caused by Israeli airstrikes in real-time. We simply cannot know what we hit, several officials said. In the West Bank, IDF forces are able to ascertain who dies as a result of IDF actions, but since Israel has no military or civilian presence in Gaza, no information is available during or right after a strike. To be sure, the IDF does investigate claims about casualties, but results are usually only released weeks after the hostilities have ended. By then, the world, gauging Israel’s conduct in part on the basis of available information on civilian casualties, has turned its attention elsewhere.

After Israel’s 2008-9 Operation Cast Lead, many pro-Palestinian activists were outraged over the high number of innocent Palestinians killed. Palestinian sources, widely cited including by the UN, reported 1,444 casualties, of whom 314 were children. Israel, on the other hand, said that 1,166 Gazans were killed — 709 of them were “Hamas terror operatives”, 295 were “uninvolved Palestinians,” while the remaining 162 were “men that have not yet been attributed to any organization.” It put the number of children (under 16-years-old) killed at 89.

The international outrage over the operation played a role in the UN Human Rights Commission’s appointment of a panel to investigate “all violations of international human rights law and international humanitarian law that might have been committed.” Headed by Judge Richard Goldstone, the panel authored the now-notorious “UN Fact Finding Mission on the Gaza Conflict,” also known as Goldstone report. It leveled heavy criticism against Israel, including the assertion that Israel set out deliberately to kill civilians, an allegation which Goldstone, though not his fellow commission members, later retracted.

How difficult it can be to ascertain who is being killed by Israeli airstrikes in Gaza is perhaps best illustrated by an incident from Operation Pillar of Defense, in which the infant son of a BBC employee was killed.

On November 14, 2012, 11-month-old Omar Jihad al-Mishrawi and Hiba Aadel Fadel al-Mishrawi, 19, died after what appeared to be an Israeli airstrike. The death of Omar, the son of BBC Arabic journalist Jihad al-Mishrawi, garnered more than usual media attention and focused anger for the death on Israel. Images of the bereaved father tearfully holding the corpse of his baby went around the world.
Jihad Mishrawi speaks to the media, while carrying the body of his son Omar, on November 15, 2012. (photo credit: screenshot BBC)

Jihad Mishrawi speaks to the media, while carrying the body of his son Omar, on November 15, 2012. (photo credit: screenshot BBC)

Only months later did a UN report clear Israel of the charge it had killed the baby, suggesting instead he was hit by shrapnel from a rocket fired by Palestinians that was aimed at Israel, but missed its mark.

Given the difficulty of determining who exactly was killed by an airstrike in Gaza, Israeli authorities are focusing their public diplomacy efforts on other areas.

Rather than arguing about the exact number of Palestinians killed, and what percentage of them were civilians, officials dealing with hasbara (pro-Israel advocacy) try to engage the public opinion makers in a debate about asymmetrical warfare.

“Our work doesn’t focus on the number of casualties, but rather on Hamas’s methods, which are the sole reason for the fact that civilians are being hurt; and on our method, which is to do everything to avoid civilian casualties,” said Yarden Vatikai, the director of the National Information Directorate at the Prime Minister’s Office.

Prime Minister Benjamin Netanyahu tries to hammer this point home every time he talks to a world leader or to the press. “See, the Hamas and the other terrorist groups like Islamic Jihad are firing from Gaza when their rocketeers and their command posts are embedded in homes, hospitals, next to kindergartens, mosques,” he said Sunday on CBS’s “Face the Nation.” “And so we are trying to operate, to target them surgically, but the difference between us is that we’re using missile defense to protect our civilians, and they’re using their civilians to protect their missiles. So naturally they’re responsible for all the civilian deaths that occur accidentally.”

Numbers matter, and although it’s tough to explain the many civilian casualties caused by Israeli air raids, there is nothing the IDF can do about it, officials insist. It’s simply impossible to establish an independent body count while the hostilities are ongoing, admitted a senior official in the government’s hasbara apparatus. “It’s a challenge. But even if you said: No, only 40 or 50 percent of those killed were civilian, and not 70 — would that change anything in the world’s opinion?”

The numbers game is not an arena in which Israel can win, the official said. “When it comes to arguments over the actual justice of our campaign, I think we can win. When it comes to numbers, though, we cannot win. Because first of all, we don’t really have the ability to count the casualties, and secondly, because most people don’t really care that it was, say, only 50 percent and not 60.”

If the UN or other groups want to investigate possible war crimes or the high number of casualties after Operation Protective Edge, Jerusalem will deal with it then, the official said. Even if Israel were to publish its body count at the same time as the Gazan health ministry, it would not prevent a second Goldstone report, he added. “The people involved in these kinds of reports are not interested in the exact numbers. If they want to attack Israel they will do it regardless of the true number of casualties. They have their narrative, and nothing is going to change that.”

Voir encore:

L’Allemagne s’enflamme pour sa Mannschaft « black blanc beur »

Cécile Boutelet – Berlin, correspondance

Le Monde

07.07.2010

« Je ne veux pas forcément qu’ils deviennent champions du monde, je veux surtout qu’ils continuent à jouer. » Pour cette Allemande de 39 ans, la demi-finale de la Coupe du monde qui opposera l’Espagne à l’Allemagne, mercredi, sera un rendez-vous de plus avec l’équipe qui lui semble la plus sympathique et la plus talentueuse du Mondial 2010. Une équipe qui a su non seulement séduire au-delà des frontières, mais donner à l’Allemagne une autre image d’elle-même : multiculturelle, ouverte et aimée à l’étranger.

Sur les 23 joueurs de la sélection de Joachim Löw, onze sont d’origine étrangère. Outre le trio d’origine polonaise (Piotr Trochowski, Miroslav Klose, Lukas Podolski), qui depuis longtemps n’est plus considéré comme exotique, évoluent sur le terrain Marko Marin, Jérôme Boateng, Dennis Aogo, Sami Khedira ou encore deux joueurs d’origine turque : Serdar Tasci et le jeune prodige Mesut Özil.

Tous les observateurs, en Allemagne, s’accordent à reconnaître que cette arrivée de nouveaux talents « venus d’ailleurs » fait beaucoup de bien à l’équipe. « Cela lui donne une aptitude à l’engagement, une envie de reconnaissance, vis-à-vis d’eux-mêmes mais également vis-à-vis des autres », déclarait le ministre de l’intérieur Thomas de Maizière à la Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung. Pour Bastian Schweinsteiger, talentueux milieu de terrain, « les diverses influences vivifient l’équipe, elles lui donnent un tout autre tempérament ».

Une diversité qui fait également beaucoup de bien au pays. A Kreuzberg, le quartier de Berlin où vit la plus importante communauté turque du pays, on défend depuis le début du mondial les couleurs de la Mannschaft. « Les performances des jeunes donnent à notre travail un élan énorme », se réjouit Gül Keskinler, une Turque chargée de l’intégration à la Fédération allemande de football. « L’exemple de Mesut Özil est à cet égard particulièrement important, souligne-t-elle. Les footballeurs ont, à travers leur fonction d’exemple, un rôle très fort, ils sont des ambassadeurs pour la jeunesse. »

Dans les rues de Berlin, pas de célébration pourtant d’un esprit de fraternité « black blanc beur » tel qu’avait pu le connaître la France après sa victoire au Mondial de 1998. Pour beaucoup d’Allemands, le maillot est rassembleur : peu importe l’origine des joueurs, à la première victoire ils ont été adoptés sans cérémonie.

La diversité n’est qu’un élément parmi d’autres dans l’impression de renouveau que donne l’équipe d’Allemagne. « La diversité montre surtout que l’Allemagne va enfin chercher son inspiration ailleurs, estime Holger Cesnat, 35 ans. Le style de l’équipe a changé, il est plus léger, parce que Joachim Löw observe le football pratiqué au-delà des frontières et a rompu avec le style qui prédominait dans le football allemand jusqu’ici. »

Pour Rainer Stich, 52 ans : « C’est quand même une vraie tendance à l’ouverture. On parie sur des jeunes, sur des joueurs d’origines diverses. Vingt ans après la réunification, le pays n’est plus concentré sur lui-même, sur sa propre réunification. Cela a commencé en 2006, c’était la première fois qu’on osait être fier de son pays, fier de son équipe, cela a libéré beaucoup de choses. » Emilie Parker se félicite : « C’est la première fois que l’équipe est si appréciée à l’étranger. Même en Israël on trouve la Mannschaft sympathique. C’est un sentiment auquel nous ne sommes pas habitués. »

La Mannschaft « new look », un baromètre de la diversité migratoire
Pierre Weiss
Le Nouvel Observateur
21-06-2014

Jusqu’à très récemment, la sélection allemande comptait peu ou pas de joueurs d’origine immigrée. Explications.

La présence massive de descendants d’immigrés dans l’effectif de la « Deutsche Nationalmannschaft » est un phénomène relativement récent. S’il ne s’apparente pas à une manifestation de rue ni à un scrutin politique, il peut à tout le moins être un révélateur ou un traducteur, intéressant à examiner à ce titre (1).

Formule associée à l’équipe de France championne du monde de football en 1998, le « Black-Blanc-Beur » s’est décliné en Allemagne, depuis le début des années 2000, sous la forme du « multikulti ». Un simple regard sur la liste des 23 internationaux sélectionnés par l’entraîneur Joachim Löw à l’occasion du mondial brésilien suffit à identifier six noms trahissant une histoire sociale marquée par le processus « d’émigration-immigration » (2). Il s’agit des défenseurs Jérôme Boateng et Shkodran Mustafi, des milieux de terrain Sami Khedira, Mesut Özil et Lukas Podolski, ainsi que du buteur emblématique Miroslav Klose. A leur manière, ces joueurs cumulant plus de 380 matchs sous le maillot du « Nationalelf » sont un baromètre de la diversité migratoire de la société allemande. En ce sens, ils permettent de rappeler que cette dernière apparaît comme une société d’ancienne immigration (3), à l’instar de ses voisines française ou anglaise. Néanmoins, à la différence de la France, l’Allemagne a maintenu une forte immigration depuis le milieu des années 1990, entre autres pour compenser le vieillissement de sa population active.

En même temps, la composition ethnoculturelle de plus en plus diversifiée de la « Mannschaft » témoigne de signes d’une tangible transformation du mode de constitution de la nation allemande. Profitant de la réforme du Code de la nationalité en 2000 qui mit fin au seul droit du sang, l’Allemagne a en effet tourné la page et de l’équipe nationale et de la communauté des citoyens monochromatiques. Cette sélection de sportifs « new look » traduit enfin un mouvement de modernisation des instances dirigeantes du football allemand, dont l’origine se situe à la charnière du XXe et du XXIe siècles. Ainsi l’espace des joueurs issus de l’immigration est marqué par l’empreinte de la politique antidiscriminatoire menée par le « Deutscher Fußball-Bund » (DFB) et ses organisations-membres.

1 – Les « couleurs » de l’histoire

Depuis la Coupe du monde en 2002, les compositions successives de l’équipe allemande qui a participé aux phases finales du tournoi planétaire sont un bon révélateur de l’histoire des flux migratoires du pays, à l’exception des populations d’origine italienne, portugaise ou marocaine.

Les sportifs immigrés polonais ou enfants d’immigrés représentent le contingent le plus important. Ils sont au nombre de quatre : nés en Pologne, Miroslav Klose, Lukas Podolski et Piotr Trochowski émigrent en Allemagne à la fin des années 1980 ; Tim Borowski, quant à lui, est né en RDA de parents polonais. Leur émigration – ou celle de leur famille – s’inscrit dans le contexte plus large des arrivées massives « d’Aussiedler » (des « réfugiés de souche allemande ») entre 1950 et 1989 (4). N’ayant pratiquement pas d’équivalent dans d’autres pays occidentaux, cette forme de migration puise sa source dans les relations conflictuelles entre l’Etat et la « nation ethnique » en Allemagne, mais encore dans les changements politiques et territoriaux résultant des deux guerres mondiales et de la guerre froide.

Les footballeurs immigrés ghanéens ou descendants d’immigrés constituent le second groupe. Ils sont trois : né au Ghana, Gerald Asamoah émigre en Allemagne en 1990 ; concernant David Odonkor et Jérôme Boateng, ils sont nés en RFA et d’origine ghanéenne par leur père. Cette immigration d’Afrique de l’Ouest trouve notamment son explication dans l’histoire de l’empire colonial voulu par Bismarck. Protectorat allemand depuis 1884, le « Togoland » est partagé entre la France et la Grande-Bretagne suite au Traité de Versailles de 1919. En 1956, la partie anglaise de cette province jadis germanisée est rattachée à la République indépendante du Ghana et échappe à l’Etat indépendant du Togo en 1960 (5). Aussi est-il assez cohérent que l’Allemagne soit la destination privilégiée des membres des minorités germanophones implantées au Ghana.

Les joueurs enfants d’immigrés de Turquie se placent en troisième position. Ils sont au nombre de deux : nés outre-Rhin de parents turcs, Mesut Özil et Serdar Tasci incarnent la génération de la « Mannschaft » du mondial de 2010. Leurs ascendants ont émigré en RFA à l’occasion du « Wirtschaftswunder » d’après-guerre. Entre 1961 et 1973, le patronat allemand et les autorités fédérales ont en effet recruté des milliers de travailleurs immigrés originaires de Turquie pour occuper les emplois pénibles dont les nationaux ne voulaient pas, en particulier dans les secteurs de l’agriculture, de la construction et de l’automobile (6). Par la suite, cet ensemble d’ouvriers faiblement qualifiés est complété par une immigration familiale dans le cadre des regroupements primaire et secondaire.

2 – La diversification de la communauté des citoyens

La composition de l’équipe allemande des années 2000 affiche l’origine ethnoculturelle de plus en plus diversifiée des Allemands, et le soutien que ces derniers lui apportent, notamment depuis 2006 (7), informe du niveau de consensus rencontré par cette diversification. Le contraste est d’ailleurs saisissant entre cette équipe « multikulti » et la sélection unicolore du siècle dernier. Entre 1934 et 1998, la « Mannschaft » n’a par exemple accueilli qu’un seul joueur d’origine non germanique en la personne de Maurizio Gaudino, descendant d’immigré italien ayant pris part à la Coupe du monde en 1994 (8). Précisons toutefois que ce constat ne vaut que si l’on fait abstraction de la présence importante de footballeurs issus de l’immigration polonaise, mais en réalité « de souche allemande ».

A l’inverse, entre 2002 et 2014, le « Nationalelf » a déjà comporté 15 sportifs d’origine non germanique, dont neuf binationaux : Asamoah, Klose, Podolski, Boateng, Cacau, Gomez, Khedira, Özil et Mustafi. D’un côté, l’hétérogénéité frappante de l’équipe des années 2000 témoigne d’une modification tangible du mode de constitution de la nation allemande. Pendant longtemps, le principe fondateur de cette dernière a reposé intégralement sur les liens du sang – « ethnos » (9). Créée par une idéologie « ethnicisante » distinguant ce qui n’est pas allemand au sens « ethnique » du terme, cette frontière institutionnelle explique à la fois l’homogénéité de l’équipe allemande du XXe siècle et l’intégration progressive des joueurs polonais d’ascendance germanique. Menée à son terme par la coalition « rouge-verte », avec le soutien des libéraux et des démocrates-chrétiens, la réforme du Code de la nationalité du 1er janvier 2000 a désormais introduit dans la législation des éléments du droit du sol. Ce dernier facilite la naturalisation des migrants et l’inclusion de leurs descendants. Il est fondé sur une conception de la citoyenneté mettant surtout l’accent sur l’individu au sens politique du terme – « demos ». Nés en Allemagne de parents turcs, Mesut Özil et Serdar Tasci ont acquis la nationalité allemande par ce biais. Tous deux ont commencé à jouer en sélection U19, entre 2006 et 2007. Il existe donc un lien de causalité entre le Code de la nationalité et la taille du vivier de footballeurs disponibles pour le système de formation.

D’un autre côté, il faut prendre en compte les effets de l’assouplissement de la politique de nationalité sportive menée par la FIFA ; en particulier ceux du décret de 2009 autorisant un sportif professionnel à changer une fois d’équipe nationale, sans limite d’âge, à condition de n’avoir jamais porté le maillot de sa précédente sélection « A » en compétition. Le cas des frères Boateng est intéressant à scruter à ce titre. S’ils sont tous les deux nés à Berlin, l’un, Jérôme, évolue sous les couleurs de la « Mannschaft », tandis que l’autre, Kevin-Prince, a opté pour le pays de son père, le Ghana.
3 – La modernisation des instances du football allemand

La présence de joueurs de couleur et de sportifs aux patronymes à la consonance étrangère dans le « Nationalelf » traduit en dernier ressort la modernisation des instances dirigeantes du football allemand. A la suite de l’élimination prématurée de l’équipe nationale en quart de finale de la Coupe du monde en 1998, de nombreuses voix s’élevèrent, pour la première fois, contre le système de formation et la politique d’intégration des immigrés menée par le DFB. Parmi elles, on peut citer l’entraîneur du Bayern de Munich de l’époque, Ottmar Hitzfeld, qui déclara dans le « Spiegel » que sans les migrants et leurs descendants, l’Allemagne renonçait inconsidérément à plus de 50 % de la nouvelle génération de footballeurs de haut niveau, potentiellement sélectionnables en équipe nationale (10).

Le développement des attitudes racistes et xénophobes dans les ligues amateurs, les exclusions d’immigrés des clubs allemands et la recrudescence des associations mono-ethniques ont alors conduit les responsables du DFB à utiliser le football à la fois comme un outil de lutte contre la discrimination ethno-raciale et comme un vecteur de promotion de la diversité culturelle. L’arrivée en 2004 d’Oliver Bierhoff en tant que manager général de l’équipe d’Allemagne constitue une étape décisive dans ce processus. Ancien international, Bierhoff est diplômé en sciences économiques et en management de l’Université d’Hagen. Habitué à la rhétorique managériale et proche des milieux entrepreneuriaux, il introduit la thématique de la « diversité » au sein du DFB. Par son travail politique et son capital symbolique, cette notion venue des pays anglo-saxons devient une nouvelle catégorie de l’action sportive à destination des jeunes garçons issus de l’immigration et des classes populaires.

Profitant de l’organisation du Mondial de 2006 en Allemagne, le DFB, appuyé par les pouvoirs publics, lance des initiatives visant à favoriser la pratique du football chez les immigrés et leurs enfants. Cette impulsion donne par exemple naissance à des dispositifs socio-sportifs d’intégration des descendants d’immigrés des quartiers paupérisés des grandes métropoles. Quelle que soit son efficacité en matière de prévention et d’éducation, cette politique antidiscriminatoire est surtout une bonne manière de repérer puis d’inclure de nouveaux talents dans le système de formation du football national. A la Coupe du monde au Brésil, Shkodran Mustafi est là pour nous le rappeler !

La « Mannschaft » new look n’est pas un « miroir » de la société allemande et de ses évolutions. Tout au plus, elle peut en être un reflet déformant. En ce sens, nous avons (trop) rapidement tenté de montrer que les significations contenues dans les manifestations de la diversité migratoire auxquelles donne lieu le spectacle des joueurs du « Nationalelf » sont sans effet historique. Ces significations ne comportent aucune autonomie réelle ; au mieux, elles ne font que traduire un mouvement, sans jamais être en mesure de l’influencer. Autrement dit, dans ce cas précis, elles sont entièrement dépendantes des contextes historique, politico-juridique et socio-sportif. Pour les sciences sociales, le football national n’est finalement qu’une clé de compréhension des sociétés humaines et de leurs transformations (11).

(1) Voir Paul Yonnet, Systèmes des sports, Paris, Editions Gallimard, 1998.

(2) Nous empruntons cette expression au sociologue Abdelmalek Sayad. Cf. son ouvrage intitulé La double absence : des illusions de l’émigré aux souffrances de l’immigré, Paris, Editions du Seuil, 1999.

(3) Rien qu?au cours des années 1950-1960, la RFA a par exemple recruté plus de trois millions de travailleurs étrangers suite à des accords conclus avec une série d?Etats : Italie, Espagne, Grèce, Turquie, Maroc, Portugal, Tunisie et Yougoslavie.

(4) 1 238 316 Aussiedler de Pologne se sont installés en Allemagne au cours de cette période. Voir Rainer Ohliger, « Une migration privilégiée. Les Aussiedler, Allemands et immigrés », Migrance, n° 17-18, 2000-2001, pp. 8-17.

(5) Voir Ulrike Schuerkens, Du Togo allemand aux Togo et Ghana indépendants, Paris, Editions L’Harmattan, 2001.

(6) Cf. Ulrich Herbert, Geschichte der Ausländerpolitik in Deutschland. Saisonarbeiter, Zwangsarbeiter, Gastarbeiter, Flüchtlinge, Munich, C. H. Beck, 2001.

(7) Albrecht Sonntag, « Un été noir-rouge-or », in C. Demesmay et H. Stark (éd.), Radioscopies de l’Allemagne 2007, Paris, IFRI Travaux et Recherches, 2007, pp. 19-39.

(8) Voir le site Internet suivant : http://www.dfb.de/index.php?id=11848

(9) Cf. Dominique Schnapper, L’Europe des immigrés : essai sur les politiques d’immigration, Paris, Editions F. Bourin, 1992.

(10) Sur ce point, voir Diethelm Blecking, « Le football allemand, une histoire d’identités multiples », Allemagne d’aujourd’hui, n° 193, 2010, pp. 93-101.

(11) Cf. Norbert Elias et Eric Dunning, Sport et civilisation. La violence maîtrisée, Paris, Editions Fayard, 1994.

Voir enfin:

Manif pro-palestinienne à Paris : deux synagogues prises pour cible

Frédéric Ploquin

Marianne

14 Juillet 2014

Plusieurs manifestations pro-palestiennes ont eu lieu dimanche 13 juillet en France. A Paris, deux synagogues ont été prises pour cible. Voici les faits.

Ils sont environ 7 000 à défiler dans les rues de Paris, ce dimanche 13 juillet, entre Barbès et la Bastille, pour dire leur solidarité avec les Palestiniens. Le parcours a été négocié par les responsables du NPA (Nouveau parti anticapitaliste), l’organisation héritière de la Ligue communiste révolutionnaire. Pourquoi avoir exigé un parcours qui s’achève à proximité du quartier du Marais, connu pour abriter plusieurs lieux de culte juif ? Le fait est que les responsables de la Préfecture de police l’ont validé.

Parmi les manifestants, de nombreuses femmes, souvent voilées, mais surtout des jeunes venus de la banlieue francilienne. Les premiers slogans ciblent Israël, mais aussi la « complicité française ». Très vite, les « Allah Akbar » (Dieu est grand) dominent, donnant une tonalité fortement religieuse au cortège.
La préfecture de police ne s’attendait pas à une telle mobilisation, mais ses responsables ont vu large au niveau du maintien de l’ordre, puisque cinq « forces mobiles », gendarmes et CRS confondues, ont été mobilisées. C’est à priori suffisant pour sécuriser tous les lieux juifs le long du parcours.

Aucune dégradation, aucun incident n’est signalé en marge du cortège, jusqu’à l’arrivée à proximité de la Bastille. Un premier mouvement de foule est observé à la hauteur de la rue des Tournelles, qui abrite une synagogue. Les gendarmes bloquent la voie et parviennent sans difficulté à refouler les assaillants vers le boulevard Beaumarchais.

Place de la Bastille, la dispersion commence, accélérée par une ondée, lorsque des jeunes décident de s’en prendre aux forces de l’ordre. De petites grappes s’engouffrent vers les rues adjacentes. Se donnent-ils le mot ? Ils sont entre 200 et 300 à marcher en direction de la synagogue de la rue de la Roquette… où se tient un rassemblement pour la paix en Israël, en présence du grand rabbin. Les organisateurs affirment avoir alerté le commissariat de police, mais l’information n’est apparemment pas remontée jusqu’à la Préfecture de police. Détail important : s’ils avaient su, les responsables du maintien de l’ordre auraient forcément barré l’accès à la rue.

Les choses se compliquent très vite, car les manifestants ne sont pas les seuls à vouloir en découdre. Une petite centaine de membres de la LDJ (ligue de défense juive) sont positionnés devant la synagogue de la rue de la Roquette, casques de moto sur la tête et outils (armes blanches) à portée de main. Loin de rester passive, la petite troupe monte au contact des manifestants, comme ils l’ont déjà fait lors d’une manifestation pro-palestinienne organisée Place Saint-Michel quelques jours auparavant. On frôle la bagarre générale, mais la police parvient à s’interposer. Les assaillants refluent vers le boulevard, tandis que les militants juifs reviennent vers la synagogue.

Durant le week-end, des manifestations similaires ont été organisées dans plusieurs grandes villes. Selon la police, ils étaient 2 300 à Lille, 1 200 à Marseille et autour de 400 à Bordeaux. Aucun incident n’a été signalé.


Vote des femmes/70e: Pourquoi la France a été l’un des derniers pays européens (Blame it on the Protestant Catholic differential)

21 avril, 2014

Religion in Western European Countries (circa 1870)

Country                          Percent            Percent  Percent                           Protestant       Catholic
Protestant Countries
Denmark                               99                  1
Sweden                                 99                  1
Norway                                  99                 1
Finland                                  98                 2
Britain                                   91                 8.5
Germany                               62                 36.5
Netherlands                           61                 38
Switzerland                           58                 41
Catholic Countries
Ireland                                  12                  88
France                                    4                   95
Austria                                    2                  91
Italy                                       1                   97
Spain                                      1                   97
Portugal                                  1                   97
Belgium                                  1                   95
Source: Delacroix and Nielsen (2001)
Timeline of Women’s Suffrage Granted, by Country
  • 1893 New Zealand
  • 1902 Australia1
  • 1906 Finland
  • 1913 Norway
  • 1915 Denmark
  • 1917 Canada2
  • 1918 Austria, Germany, Poland, Russia
  • 1919 Netherlands
  • 1920 United States
  • 1921 Sweden
  • 1928 Britain, Ireland
  • 1931 Spain
  • 1944 France
  • 1945 Italy
  • 1947 Argentina, Japan, Mexico, Pakistan
  • 1949 China
  • 1950 India
  • 1954 Colombia
  • 1957 Malaysia, Zimbabwe
  • 1962 Algeria
  • 1963 Iran, Morocco
  • 1964 Libya
  • 1967 Ecuador
  • 1971 Switzerland
  • 1972 Bangladesh
  • 1974 Jordan
  • 1976 Portugal
  • 1989 Namibia
  • 1990 Western Samoa
  • 1993 Kazakhstan, Moldova
  • 1994 South Africa
  • 2005 Kuwait
  • 2006 United Arab Emirates
  • 2011 Saudi Arabia3
NOTE: One country does not allow their people, male or female, to vote: Brunei.
1. Australian women, with the exception of aboriginal women, won the vote in 1902. Aborigines, male and female, did not have the right to vote until 1962.
2. Canadian women, with the exception of Canadian Indian women, won the vote in 1917. Canadian Indians, male and female, did not win the vote until 1960. Source: The New York Times, May 22, 2005.
3. Women in Saudi Arabia will not be eligible to vote until 2015.
https://i1.wp.com/www.leparisien.fr/images/2014/04/21/3784117_droit%20de%20vote%20de%20sfemmes%20info.PNG Luther rend nécessaire ce que Gutenberg a rendu possible : en plaçant l’Écriture au centre de l’eschatologie chrétienne, la Réforme fait d’une invention technique une obligation spirituelle. François Furet et Jacques Ozouf
Ce projet a causé la désertion de 80 à 100 000 personnes de toutes conditions, qui ont emporté avec elles plus de trente millions de livres ; la mise à mal de nos arts et de nos manufactures. (…) Sire, la conversion des cœurs n’appartient qu’à Dieu … Vauban (« Mémoire pour le rappel des Huguenots », 1689)
Qu’ils s’en aillent! Car nous sommes en France et non en Allemagne! … Notre République est menacée d’une invasion de protestants car on choisit volontiers des ministres parmi eux., … qui défrancise le pays et risque de le transformer en une grande Suisse, qui, avant dix ans, serait morte d’hypocrisie et d’ennui. Zola (Le Figaro, le 17/5/1881)
After the Reformation, Protestant regions arose from the backwaters of Europe to displace the Catholic countries as the economic powerhouses. By 1700 prior to the full-fledged industrial revolution–Protestant countries had overtaken the Catholic world in terms of income. A strong Protestant-Catholic income gap became well established over the next 250 years. There were no signs of convergence until the 1960s. This is not, however, a simple vindication of the “Protestant ethic” thesis. … A number of alternative hypotheses … might account for the economic dominance of Protestant Europe. They include (1) secularization – freeing the economy from religious controls; (2) the growth of education (and the Protestant emphasis on literacy – ability to read the bible); (3) the dismal consequences of the Catholic Counter-Reformation; (4) the importance of the Atlantic (slave) trade in creating an autonomous business class that would demand modernizing institutional reforms.  (…) The Reformation was a crucial cultural moment in the development of capitalism … The Reformation made literacy a central part of religious devotion. In the Catholic Church, the clergy interpreted (channeled?) the word of God for believers. The bible was thought to be too complex to be understood by the common folk. (Indeed, even much of the clergy did not have direct access to the bible.) Protestantism, in contrast, spread the notion of a “priesthood of all believers”. All Christians should study the bible, connecting with their religion in a much more personal and private way. This is a tall order when only a tiny fraction of the population is literate, and the bible is written in Latin. Protestants worked hard on both these fronts, translating the bible into the vernacular (the languages that people actually spoke), and evangelizing for mass education. Rather suddenly, and for completely non-economic reasons, the medieval reign of ignorance was rejected, in its place were demands for investment in human capital.  Scotland is a great example of this. A founding principle of the Scottish Reformation (1560) was free education for the poor. Perhaps the world’s first local school tax was established in 1633 (strengthened in 1646). In this environment grew the Scottish En lightenment: David Hume, Francis Hutcheson, Adam Ferguson, and the godfather of modern economics, Adam Smith. By this time, Scottish scholarship stood so far above that of other nations that Voltaire wrote, “we look to Scotland for all our ideas of civilization”. An attractive feature of this thinking about Protestantism is its amenability to quantitative empirical testing. Did Protestant countries invest more heavily in education? … at least in 1830, Protestant countries had much higher primary school enrollment: 17% in Germany, 15% in the US, 9% in the UK, 7% in France, and only about 3% or 4% in Italy and Spain … While Protestant countries were aspiring to the ideal of a “priesthood of all believers”–nurturing a social norm of literacy and personal scholarship, Catholic Europe reacted viciously to the Reformation and devoted a hundred or so years to the brutal containment and control of “thought, knowledge, and belief”. The emphasis here is not so much on literacy per se. In Landes’ view, the Reformation did not simply give a “boost to literacy,” but more importantly “spawned dissidents and heresies, and promoted the skepticism and refusal of authority that is at the heart of the scientific endeavor”. While Protestants were translating the bible and agitating for public education, the Counter-Reformation (the Inquisition) was burning books, burning heretics, and imprisoning scientists. The Catholic reaction to the Reformation – in large part driven by the Spanish Empire – was to terrorize the principle of free thought. Though in many ways the birthplace of modern science, “Mediterranean Europe as a whole missed the train of the so-called scientific revolution” (Landes 1998:180). In a climate of fear and repression, the intellectual and scientific center of Europe shifted northward.  Perhaps the Reformation, rather than creating a new “spirit of capitalism,” simply led to the relocation capitalist activity. Without any religious strife, the industrial revolution might well have taken root wherever medieval capitalism was strongest (Italy, Belgium, Spain, etc). The religious wars and Counter-Reformation “convulsed” the centers of old medieval capitalism, leading to a mass migration of capital and entrepreneurial skill. Perhaps the most promising lead for historical research is to study the patterns of capital mobility and migration following the Reformation. Splitting Europe into two religious worlds produced striking dynamics that I believe go far beyond Weber’s thesis. The Protestant world, it seems, nurtured a contentious spirit of heresy and critical thought, popular literacy, and a laissez faire business morality; Catholism burned books, imprisoned scientists, stifled thought, and demanded stringent orthodoxy. All of this condemned the old prosperous regions of Europe to become the periphery (the “Olive Belt”). The backward regions that revolted from Rome became the destination for capitalist migration, and here, the institutions of modern capitalism gradually took shape. Finally, it no doubt helped that at around the same time, the center of commerce and trade shifted from the Mediterranean to the Atlantic, adding a new “opportunity of geography” to the Protestant regions.  Cristobal Young
Pour ses promoteurs, il existe dans la France de la Troisième République un  » complot protestant « , mené par des étrangers de l’intérieur. Ce  » péril  » menace l’identité française et cherche sournoisement à  » dénationaliser  » le pays. Leurs accusations veulent prendre appui sur l’actualité : la guerre de 1870, la création de l’école laïque, les rivalités coloniales, l’affaire Dreyfus, la séparation des églises et de l’État. Derrière ces événements se profilerait un  » parti protestant  » qui œuvrerait en faveur de l’Angleterre et de l’Allemagne. Mais, à coté de l’actualité, la vision de l’histoire constitue également un enjeu et les antiprotestants, en lutte contre l’interprétation universitaire de leur époque, tentent une révision de la compréhension d’événements historiques comme la Saint-Barthélemy et la Révocation de l’Édit de Nantes. Ils accusent les protestants d’intolérance et érigent des statues à Michel Servet, victime de Calvin au XVIe siècle. La réaction protestante à ces attaques se marque non seulement par une riposte juridique, mais aussi par une auto-analyse plus critique que dans le passé. Cet axe se termine par une réflexion plus large sur la condition minoritaire en France et la manière dont la situation faite aux minorités est révélatrice du degré de démocratie de la société française. (…) L’antisémitisme de cette époque concentre deux traditions hostiles aux juifs : l’une, religieuse, qui les accuse de  » déicide « , l’autre, économique, qui les accuse de  » spéculation financière « . La conjonction de ces deux traditions engendre des thèses raciales sur une lutte éternelle entre l’  » aryen  » et le  » sémite « , alors que les accusations raciales antiprotestantes, quand elles existent, n’atteignent pas ce degré d’intensité. L’anticléricalisme est l’envers du cléricalisme : deux camps de force égale se trouvent en rivalité politico-religieuse et leurs arguments dérivent souvent dans des stéréotypes où la haine n’est pas absente. La haine anticléricale se développe lors de la lutte contre les congrégations. Mais, à partir de 1905, la séparation des églises et de l’État constitue un  » pacte laïque  » et permet un dépassement de l’anticléricalisme. (…) Paradoxalement, plus le groupe visé est faible, plus la haine à son encontre est forte. À ce titre, l’antiprotestantisme apparaît comme une haine intermédiaire entre l’anticléricalisme et l’antisémitisme. Mais, partout, à l’origine des haines, se trouve une vision conspirationniste de l’histoire : les pouvoirs établis et les idées qui triomphent sont le résultat de  » menées occultes « , d’ « obscurs complots ». Jean Bauberot
Une bonne partie de ce que nous observons dans les relations entre la France et les Etats-Unis est le produit d’une structure de relations que l’on doit penser comme la confrontation entre deux impérialismes de l’universel. (…) La France est une sorte d’idéologie réalisée: être français, c’est se sentir en droit d’universaliser son intérêt particulier, cet intérêt particulier qui a pour particularité d’être universel. Et doublement en quelque sorte: universel en matière de politique, avec le modèle pur de la révolution universelle, universel en matière de culture, avec le modèle de chic (de Paris). On comprend que, bien que son monopole de l’universel soit fortement contesté, en particulier par les Etats-Unis, la France reste l’arbitre des élégances en matière de radical chic, comme on dit outre-Atlantique ; elle continue à donner le spectacle des jeux de l’universel, et, en particulier, de cet art de la transgression qui fait les avant-gardes politiques et/ou artistiques, de cette manière (qui se sent inimitable) de se sentir toujours au-delà, et au-delà du delà, de jouer avec virtuosité de tous les registres, difficile à accorder, de l’avant-gardisme politique et de l’avant-gardisme culturel (…) C’est dire que nombre des choses qui s’écrivent ou se disent, à propos de la France ou des USA ou de leurs rapports, sont le produit de l’affrontement entre deux impérialismes, entre un impérialisme en ascension et un impérialisme en déclin, et doivent sans doute beaucoup à des sentiments de revanche ou de ressentiment, sans qu’il soit exclu qu’une partie des réactions que l’on serait porté à classer dans l’antiaméricanisme du ressentiment puissent et doivent être comprises comme des stratégies de résistance légitime à des formes nouvelles d’impérialisme… (…) En fait, on ne peut attendre un progrès vers une culture réellement universelle – c’est-à-dire une culture faite de multiples traditions culturelles unifiées par la reconnaissance qu’elles s’accordent mutuellement – que des luttes entre les impérialismes de l’universel. Ces impérialismes, à travers les hommages plus ou moins hypocrites qu’ils doivent rendre à l’universel pour s’imposer, tendent à le faire avancer et, à tout le moins, à le constituer en recours susceptible d’être invoqué contre les impérialismes mêmes qui s’en réclament. Pierre Bourdieu
Si les responsables politiques (de tous bords) pensent que leurs discours alarmistes sur la mondialisation et leurs incessantes critiques contre «l’inhumanité» du «modèle» anglo-saxon ne sont que d’inoffensives stratégies électorales destinées à gagner quelques voix, ils devraient y réfléchir à deux fois. (…) On récolte ce qu’on a semé : deux décennies de rhétorique antimondialisation et antiétranger se payent par une paralysie politique et psychologique de la France, consciente de l’urgente nécessité des réformes, mais incapable de les mettre en oeuvre. De nombreux pays européens plus solidaires que la France possèdent des marchés du travail plus libres, mais le petit pas tenté dans cette direction par la France (le CPE) soulève immanquablement l’opposition générale. (…) Si le grand public n’est pas prêt aux réformes, les responsables politiques ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes : aux Pays-Bas, les réformes ont commencé il y a vingt ans. Au Canada et en Suède, elles ont commencé il y a quinze ans et ont été menées à terme en six petites années. Le Canada et la Suède se portent bien mieux aujourd’hui qu’il y a quinze ans. Pendant ce temps, le tissu social français continue à se dégrader. (…) Les Canadiens se sont livrés à une analyse de l’hyperétatisme au cours des années 80 et 90. Les Français se sont déchaînés contre le «capitalisme sauvage» mais la droite n’a jamais dénoncé «l’étatisme sauvage», avec ses épais fourrés de réglementations tueuses d’emplois et ses prédateurs anticapitalistes, les «intellectuels». (…) La France a besoin d’un (ou d’une) dirigeant (e) centriste capable de faire la paix avec le capitalisme et la mondialisation tout en défendant les meilleurs composants de l’Etat-providence. Canadiens et Suédois ont compris que capitalisme et démocratie sociale (ou du moins stabilité sociale) avancent ensemble, ou tombent ensemble. Qui, en France, adresse ce genre de message au grand public ? Timothy Smith
Des textes produits dans le plus grand secret, délibérément obscurs et édictant des mesures à effet retard, pareil à des virus informatiques, préparent l’avènement d’une sorte de gouvernement mondial invisible au service des puissances économiques dominantes …. Pierre Bourdieu
Les grandes firmes multinationales et leurs conseils d’administrations internationaux, les grandes organisations internationales, OMC, FMI et Banque mondiale aux multiples subdivisions désignées par des sigles et des acronymes compliqués et souvent imprononçables, et toutes les réalités correspondantes, commissions et comités de technocrates non élus, peu connus du grand public, bref, tout ce gouvernement mondial qui s’est en quelques années institué et dont le pouvoir s’exerce sur les gouvernements nationaux eux-mêmes, est une instance inaperçue et inconnue du plus grand nombre. Cette sorte de Big Brother invisible, qui s’est doté de fichiers interconnectés sur toutes les institutions économiques et culturelles, est déjà là, agissant, efficient, décidant de ce que nous pourrons manger ou ne pas manger, lire ou ne pas lire, voir ou ne pas voir à la télévision et au cinéma, et ainsi de suite (…). A travers la maîtrise quasi absolue qu’ils détiennent sur les nouveaux instruments de communication, les nouveaux maîtres du monde tendent à concentrer tous les pouvoirs, économiques, culturels et symboliques, et ils sont ainsi en mesure d’imposer très largement une vision du monde conforme à leurs intérêts. Pierre Bourdieu
Mais ne faut-il pas aujourd’hui plutôt parler d’anglo-américain que d’anglais, dans la mesure où la force propulsive de cette langue a surtout pour moteurs Washington, Hollywood, le Pentagone, Coca-Cola, Microsoft et Apple ? A la différence de la colonisation britannique, qui visait essentiellement les esprits des élites « indigènes », l’américanisation, s’appuyant sur des marchés financiers et industriels devenus planétaires — ceux du divertissement en premier lieu —, et la volonté des Etats-Unis de sauvegarder à tout prix leur hégémonie géostratégique ont pour cible les esprits des masses, et cela en utilisant la même langue, d’ailleurs de plus en plus éloignée de l’anglais standard. (…) Et elles bénéficient en général de l’appui d’autres « élites », notamment de celles de pays développés — dont certains furent autrefois des colonisateurs ! —, et qui, ne craignant pas l’excès de zèle, font assaut de génuflexions et de marques de servitude volontaire. L’anglo-américain, dans les faits, est devenu un vecteur de la mondialisation néolibérale. D’où sa promotion par ses « chiens de garde ». Bernard Cassen (Le Monde diplomatique)
Mon véritable adversaire n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. (…) Le rêve français, c’est le creuset qui permet à toutes les couleurs de peau d’être à égalité de droits et de devoirs. Le rêve français, c’est l’affirmation des valeurs universelles qui vont bien au-delà des frontières, qui vont bien au-delà de la Nation. Ce n’est pas un espace limité, mais qui est proclamé à tous, à la face du monde. Le rêve français, c’est notre histoire, c’est notre projet ! Le rêve français, c’est une force, c’est le projet que je vous propose, parce qu’il nous ressemble, parce qu’il nous rassemble ! François Hollande

Et si la Révocation de l’Edit de Nantes avait provoqué bien plus que la fuite des cerveaux ?

A l’heure où, pour fêter le 70e anniversaire du vote des femmes en France, un président qui s’était tant vanté de sa haine des riches et provoqué l’exil de tant de nos Depardieu ne trouve rien de mieux, au moment où il atteint des sommets d’impopularité, que de relancer un calamiteux débat sur le vote des étrangers

Qui rappelle, mis à par une chronologie du Parisien, que le Pays autoproclamé des droits de l’homme (sic) a été un des derniers pays européens à accorder le droit de vote aux femmes …

Bien après, de la Nouvelle-Zélande (1893) à la Grande-Bretagne (1918-1928), les pays anglosaxons et nordiques ?

Mais surtout qui prend la peine de rappeler, au-delà de ce tabou si tenace de l’argent et à l’instar de ses voisins latins, tout le temps que la France a perdu et probablement pas encore complètemet rattrapé …

Par rapport à des pays protestants qui pour des raisons d’abord religieuses (tout fidèle, homme ou femme, se devant de lire la Bible pour lui ou elle-même) avait fait le pari précoce d’une universalisation de l’alphabétisation ?

De plus en plus d’électrices mais un déficit d’élues

Le Pariisen

21 avril 2014

La a été l’un des premiers pays à instaurer le suffrage universel masculin en 1848, mais il a fallu près d’un siècle pour l’étendre à l’autre moitié de la population.

Un long combat. L’ordonnance de 1944 met fin à des décennies de rendez-vous ratés. Le Sénat avait retoqué plusieurs fois des propositions de loi pour accorder le droit de vote aux femmes, réputées sous l’emprise de l’Eglise, de peur qu’elles ne « renforcent les rangs conservateurs ». La Première Guerre mondiale et l’apparition de suffragettes françaises dans la lignée des Britanniques ont fait doucement évoluer le débat. C’est finalement la reconnaissance du rôle des femmes pendant la Seconde Guerre mondiale qui a permis aux Françaises d’obtenir leur précieuse carte d’électrice.

Elles s’abstiennent de moins en moins. En 1945, les femmes se sont déplacées en masse, mais ensuite, jusqu’aux années 1960, les Françaises se sont bien moins rendues à l’isoloir que les Français. L’écart de participation a oscillé entre 7 et 12 points. Les années 1970 ont été celles du décollage : au second tour des législatives de 1969, les femmes ont pour la première fois davantage participé que les hommes. Aujourd’hui, les niveaux d’abstention semblent identiques chez les deux sexes mais si les plus jeunes sont moins abstentionnistes que les hommes, c’est le contraire chez les plus âgées.

La parité, c’est pas gagné. Les élues restent aujourd’hui encore largement sous-représentées. Et ce, même si la France a été le premier pays à adopter une loi pour imposer la parité en 2008 avec des listes qui alternent un homme/une femme aux municipales, aux européennes, aux régionales et aux sénatoriales. Mais les têtes de liste restent majoritairement masculines : 83 % aux dernières municipales. Et les hommes représentent 95 % des présidents de conseil généraux, 73 % des députés et 78 % des sénateurs.


Droits de l’homme: Contre la dictature du vêtement, salopes de tous les pays unissez vous ! (Why can we be arrested for being naked in the street ? NY erotic photographer turns human rights activist)

23 mars, 2014
http://blogs.elpais.com/.a/6a00d8341bfb1653ef016763d31e46970b-pi
https://i1.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/en/b/be/Duchamp_LargeGlass.jpg
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Ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique. Psaumes 22: 18
Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses vêtements, et ils en firent quatre parts, une part pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique, qui était sans couture, d’un seul tissu depuis le haut jusqu’en bas. Et ils dirent entre eux:Ne la déchirons pas, mais tirons au sort à qui elle sera. Cela arriva afin que s’accomplît cette parole de l’Écriture: Ils se sont partagé mes vêtements, Et ils ont tiré au sort ma tunique. Jean (19: 23-24)
Dans un entretien (…), Duchamp révèle que cette « mariée » est un concept qui prend sa source dans un stand de fête foraine de province : les jeunes gens devaient envoyer des projectiles sur une représentation de femme en robe de mariée afin de la déshabiller, ses atours ne tenant qu’à un fil. Wikipedia (La Mariée mise à nu par ses célibataires, même, Marcel Duchamp, 1923)
Le grand verre a été qualifié de machine d’amour, mais c’est en fait une machine de souffrance. Ses compartiments supérieurs et inférieurs sont séparés les uns des autres pour toujours par un horizon désigné comme « habits de la mariée ». La mariée est suspendue, peut-être à une corde, dans une cage isolée, ou crucifiée. Les célibataires restent au-dessous, à gauche avec la seule possibilité d’une masturbation fiévreuse, angoissée. Janis Mink
J’ai résumé L’Étranger, il y a longtemps, par une phrase dont je reconnais qu’elle est très paradoxale : “Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort.” Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu’il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société où il vit, où il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. (…) On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant, dans L’Étranger, l’histoire d’un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. Il m’est arrivé de dire aussi, et toujours paradoxalement, que j’avais essayé de figurer, dans mon personnage, le seul Christ que nous méritions. Camus (préface américaine à L’Etranger)
Le thème du poète maudit né dans une société marchande (…) s’est durci dans un préjugé qui finit par vouloir qu’on ne puisse être un grand artiste que contre la société de son temps, quelle qu’elle soit. Légitime à l’origine quand il affirmait qu’un artiste véritable ne pouvait composer avec le monde de l’argent, le principe est devenu faux lorsqu’on en a tiré qu’un artiste ne pouvait s’affirmer qu’en étant contre toute chose en général. Albert Camus
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude. Chesterton
Personne ne nous fera croire que l’appareil judiciaire d’un Etat moderne prend réellement pour objet l’extermination des petits bureaucrates qui s’adonnent au café au lait, aux films de Fernandel et aux passades amoureuses avec la secrétaire du patron. René Girard
Il faut se souvenir que le nazisme s’est lui-même présenté comme une lutte contre la violence: c’est en se posant en victime du traité de Versailles que Hitler a gagné son pouvoir. Et le communisme lui aussi s’est présenté comme une défense des victimes. Désormais, c’est donc seulement au nom de la lutte contre la violence qu’on peut commettre la violence. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
La société du spectacle, [selon] Roger Caillois qui analyse la dimension ludique dans la culture (…), c’est la dimension inoffensive de la cérémonie primitive. Autrement dit lorsqu’on est privé du mythe, les paroles sacrées qui donnent aux œuvres pouvoir sur la réalité, le rite se réduit à un ensemble réglés d’actes désormais inefficaces qui aboutissent finalement à un pur jeu, loedos. Il donne un exemple qui est extraordinaire, il dit qu’au fond les gens qui jouent au football aujourd’hui, qui lancent un ballon en l’air ne font que répéter sur un mode ludique, jocus, ou loedos, société du spectacle, les grands mythes anciens de la naissance du soleil dans les sociétés où le sacré avait encore une valeur. (…) Nous vivons sur l’idée de Malraux – l’art, c’est ce qui reste quand la religion a disparu. Jean Clair
Le gros problème des rapports entre les sexes aujourd’hui, c’est qu’il y a des contresens, de la part des hommes en particulier, sur ce que veut dire le vêtement des femmes. Beaucoup d’études consacrées aux affaires de viol ont montré que les hommes voient comme des provocations des attitudes qui sont en fait en conformité avec une mode vestimentaire. Très souvent, les femmes elles-mêmes condamnent les femmes violées au prétexte qu' » elles l’ont bien cherché « .  Pierre Bourdieu
Tout le monde dénonce les normes de silhouette imposées par les médias et elles perdurent étrangement, pourtant certains journalistes des pages société des magazines féminins sont excédés par les dossiers régime sortant systématiquement avant l’été et essaient de s’y opposer. Pourquoi? Les normes obligatoires sont de moins en moins nombreuses, tout est mis en flottement, les gens sont complètement perdus et angoissés et ils n’ont qu’une demande, surtout adressée aux médias: qu’est-ce qui est bien?, qu’est-ce qui est mal? Ou version plus soft: comment font les autres ? La plage est une usine à fabriquer le mot “normal”. C’est celui qui revient le plus fréquemment, jusqu’à la définition d’un beau sein normal. Mais la catégorie la plus intéressante est celle du “trop beau” sein (le mot a été employé), qui dans d’autres contextes a des avantages évidents, mais qui sur la plage, parce qu’il accroche trop le regard, provoque chez la personne qui le possède une moindre liberté de mouvement parce que le regard glisse moins. Cet exemple illustre la fabrication d’une norme par les gens. Ce n’est ni une norme explicite ni une norme obligatoire, on peut en sortir, mais quand on en sort, sur la plage par exemple, on subit le poids des regards. (…) Enlever le haut rend la drague plus difficile. Les hommes doivent montrer qu’ils savent se tenir. Jean-Claude Kauffmann
Nous revendiquons nos atours de filles de joie, notre propension à montrer nos genoux, nos bas résilles et nos oripeaux polissons, car la révolution se fera en talons!  Yagg (collectif de lesbiennes)
I like to wear tops that show my cleavage and show off my ladies. If that makes me a slut, then I’m a slut. Anne Watson (organiser, Australian Sex Party)
I’m proud to be a slut too, it’s all about “inner sexual confidence”.  Katherine Feeney (journaliste)
Aujourd’hui ce que nous faisons c’est SE RÉ-APPROPRIER le mot “salope”. En REPRENANT le mot salope nous lui ENLEVONS SA FORCE. Les gays ont repris le mot ‘queer’, et bravo à eux. Aujourd’hui les femmes et les hommes de Melbourne reprennent à leur compte le mot SALOPE. Leslie Cannold
While I support all efforts to challenge violence against women in all its manifestations – my blog is a witness to the global level of that violence – I hesitate to join the marching ranks. I welcome any confrontation with those who would blame the victim in rape. No woman deserves rape or invites sexual assault. I support the basic intention of the march. But I fear it has become more about the right to be ‘a slut’ than about the right to be free from violence. (…) Is it about mocking and sending up, or owning and embracing? Some organisers and supporters say it’s about reclaiming the word slut, using it as a term of empowerment for women. Some say it’s satire, a send-up, a mockery, about emptying the word of its power by making fun of it. (…) Using slut as the flagship word for this new movement puts women in danger through giving men even more license to think about women in a way that suits them, and not as targets of violence and terrible social discrimination. (…) The men chanting “We Love sluts!” don’t seem to be picking up on any satire. Why would they? Porn culture reinforces the idea that all women are sluts. Slut walks marginalise women and girls who want to protest violence against women but do not want ‘own’ or represent the word ‘slut’. I fear mainstreaming the term even further will increase harassment of women and girls because ‘slut’ will be seen as some kind of compliment. (…) The men who are responding to this message are not getting the irony at all … Men want women to be sluts and now they’re buying in. Gail Dines
As teachers who travel around the country speaking about sexual violence, pornography and feminism, we hear stories from women students who feel intense pressure to be sexually available « on demand ». These students have grown up in a culture in which hypersexualized images of young women are commonplace and where hardcore porn is the major form of sex education for young men. They have been told over and over that in order to be valued in such a culture, they must look and act like sluts, while not being labeled slut because the label has dire consequences including being blamed for rape, depression, anxiety, eating disorders, and self-mutilation. Gail Dines and Wendy J Murphy
Depuis longtemps, les prostituées de rues se déguisent en pute pour bien expliquer: le rimmel, les bas-résilles, c’est moi qui vend la marchandise, j’annonce la couleur, laissez la petite secrétaire ou la mère de famille qui fait ses courses.  On savait à quoi s’en tenir.  Mais les marchands de fringues, de musique, de régimes et de cosmétiques ont su convaincre les femmes qu’être un objet était valorisant.  Et que montrer son piercing au nombril était chouette, que le string qui dépasse, la jarretière du bas auto-fixant, la bretelle de soutien-gorge était chouette et libérée.  Bref, la femme marchandise était conquérante, adulée, victorieuse. Et devenait l’étalon. Comme on imposait le voile dans d’autres pays et d’autres cultures, on imposait (moins brutalement mais plus sournoisement, certes) en modèle l’échancré, le transparent, le push-up, le moulant, le fendu, l’épilé, le siliconé. Ce sont ces fausses putes, les « salopes » médiatiques, de Madonna à Britney Spears en passant par Beyoncé qui, en vendant leur cul moulé et gigotant à longueur de vidéo clip ont promu la femme hypersexualisée, libertine et aguicheuse. Et fière de l’être.  « Dior j’adore » nous dit une bouche entr’ouverte et transpirante.  Le Perrier jaillit sur un corps bronzé, et la miss Wonderbra nous dit de la regarder dans les yeux.  La Saint Valentin, une débauche (sans jeu de mot) de peaux montrées pour vendre de la lingerie.  (…) Vous avez vu comment s’habillent les présentatrices télé?  Karine Lemarchand, Melissa Theuriau, Daphné Roulié, Anne-Sophie-Lapix, et des dizaines d’autres ont été choisie pour leur Q. S. (Quotient sexuel) AVANT leur QI.  Normal, sinon elles se feraient zapper entre les pubs qui montrent des filles sublimes.  Forum-doctissimo
“Why can we be arrested for being naked in the street, when as human beings, we are born naked?” I can understand that it would be socially unacceptable or morally discouraged, but for it to be in some cases prohibited by law…? This all seemed quite bizarre and really more so a violation of human rights. Erica Simone
There were a few times when I would manage to capture a wonderful image, but I was out of focus or some element in the photograph didn’t work. Overall, despite the technical challenges, I was quite lucky. In some cases, yes, I definitely needed the cooperation of other people in the photograph to capture what I wanted, but most of them were done guerilla-style. (…) The project is not about performance, but about photography. I didn’t feel that I was performing when producing the photos, but rather, just trying to capture an iconic image. I was never nude for that long, typically 20-30 seconds, and the whole time I focused on the other side of the camera, not the people watching or what’s going on in the street. My goal is to go in, get the shot, and quickly move away from the crime scene. It’s about the end image, not the moment in itself. (…) No actually, no one has ever overtly expressed discontent or being offended during my shoots. Most people laugh or applaud. I don’t think my physique or intentions are offensive to most people. Had I run around a church or a playground in my birthday suit—it would probably be a different story.(…)  Possibly, if I had been very out of shape, the collection could have been even more popular, because people would have been even more shocked: “How could this person possibly feel comfortable running around naked?” This brings up other questions such as “Why would one person feel more or less comfortable being naked just because of the way they look?” Some models are extremely insecure, the same way some overweight people are nudists. I don’t think one has anything to do with the other. (…) Of course I would love to eventually be financially secure enough to be able to lead a stable life with the ability to make certain choices and as anyone, I would love for my work to be successful for my own sense of accomplishment. But more importantly, if I could use my skills and social position to make a difference and to help people, then this drive would make much more sense and have much more of an impact. I am a lot more motivated to make a difference than to be a famous photographer for its own sake, so hopefully they’ll go hand in hand. (…) but I don’t think it takes a supermodel to get where you want in life. I do often use my feminine “powers” to get the pictures I want. Of course, I’ve found myself flirting with an old man to get his picture or batting my eye-lashes to get past authorities. As a woman, I think it’s a God-given right to use those charms! While men have their advantages, women have theirs and I feel it is fair game to rock what you have. (…)  I’m not too worried about what dealers and collectors want from artists. I’m only interested in what I want to do, since that’s what makes me happy. I don’t see why I wouldn’t be able to develop a style fully regardless, if that’s what I wanted to do. For me, it’s all experiment and experience and as long as I keep learning and producing more and more interesting work, while paying rent, that’s all that matters for me. Erica Simone
Nue York: Self-Portraits of a Bare Urban Citizen est né d’une interrogation à propos des vêtements et de leur importance dans la société d’aujourd’hui. La mode et les habits que nous portons valent comme un langage : ils nous permettent de dresser un portrait silencieux de qui nous sommes et de qui nous voulons être, offrant à la société une impression de nous-mêmes — quelle qu’elle puisse être. La mode tend aussi à nous différencier et à nous placer dans des catégories sociales variées, ainsi qu’à traduire un certain état d’esprit ou un sentiment particulier. Cet outil est assez précieux pour la société et comme la plupart des gens, j’utilise mes vêtements comme une manière de définir ma propre image. Dans une ville comme New York, l’industrie de la mode a un impact massif : les gens ont tendance à être très concernés par leur apparence et ce qu’elle traduit en termes sociaux, ce que j’ai pu constater quand j’ai photographié la Fashion Week il y a quelques années. Comme j’observais cette assemblée de gens très conscients d’eux-mêmes, plus intéressés par les soldes à Barney’s que par les sans-abri sur lesquels ils butaient dans la rue, j’ai commencé à me demander : « Comment serait le monde si nous étions tous nus ? Que se passerait-il si nous n’avions pas nos vêtements pour définir qui nous voulons être ou comment nous voulons nous sentir en tant qu’individus ? Si nous ne pouvions représenter notre statut social pour être traités comme nous le désirons par les autres ? Si tout ce que nous avions, c’était nos corps ? »Ces questions ont soulevé de nombreux problèmes et ces problèmes à leur tour de nouvelles questions. De là est né mon projet photographique. Armée de mon trépied et d’une bonne dose d’adrénaline, j’ai parcouru les rues nue, pour découvrir ce que serait une journée typique à New York dans ces conditions.  Erica Simone
Je ne me considère pas comme une nudiste ou une exhibitionniste, mais comme une artiste qui pose des questions à la société. Me sentant bien dans ma peau, la nudité ne me semble pas quelque chose d’effrayant. Le corps relève de l’essence humaine, animale. Que certains aient l’esprit puritain au point d’être offensés par un corps nu constitue, à mes yeux, un mystère. Certes, je conçois que la nudité ne se prête pas à toutes les situations, et que certains pourraient l’utiliser de manière malveillante. Pour autant, le fait que la loi nous interdise d’être nu en public, c’est-à-dire d’évoluer dans l’état le plus primitif et naturel qui soit, cela me rend folle. La nudité n’a jamais tué personne. Ce n’est pas le cas des armes à feu qui, elles, sont autorisées aux États-Unis. Dans ce pays, posséder un pistolet est bien plus acceptable que d’être nu en dehors de sa salle de bain ! (…) S’habiller, c’est s’exprimer. À sa seule tenue, on peut déterminer si un individu est riche, s’il est « cool » ou non, s’il a du goût, s’il est propre sur lui, si c’est un homme d’affaires, un voyou… Ainsi la société met-elle des étiquettes sur les gens. De ce fait, je m’interroge : comment serait la vie sans vêtements ? Comment interpréterions-nous la vision d’autrui ? Comment sélectionnerions-nous nos amis sans les repères fournis par les styles vestimentaires ? Traiterait-on les gens différemment ? La façon dont on jauge habituellement nos semblables s’effondrerait. Peut-être que l’on deviendrait plus attentif au regard de la personne qui est en face de nous, à l’énergie qu’elle dégage. Peut-être que l’on deviendrait plus intuitif. Qui sait ? (…) Je partage probablement un certain nombre de choses avec beaucoup de groupes militants, qu’ils soient féministes ou humanistes. « Nue York » soulève inévitablement la question du féminisme. Cela dit, je n’ai pas conçu le projet sous cet angle. Il s’agit avant tout d’interroger les gens en tant qu’êtres humains. Si mes photos poussent les spectateurs à se poser des questions sur le rôle des vêtements dans notre société, ou si la série sert de point de départ à d’autres réflexions, alors je considérerai ma mission comme réussie. Erica Simone
Erica Simone est née à Knoxville, Tennessee. Après avoir passé sa vie entre Los Angeles, Paris et New York, Erica photographie la jungle de New York. Ses images sont publiées dans de nombreux magazines inernationaux tels que National Geographic, PHOTO, the Daily News, El Mundo, La Repubblica, Whitewall Magazine, PDN et beaucoup d’autres… L’Oeil de la photographie
Vous êtes photographe? Peintre? Vous êtes en panne d’inspiration? Mettez du sein et de la fesse dans vos oeuvres!!! Ca marche à coup sur car c’est immanquablement relayé par les médias! diabolodenfer méphisto
Comment sélectionnerait-on nos amis ? J’ai bien une petite idée… Les mal foutus seraient peut-être bien seuls... Gaëlle Rosier
« Ce projet n’est pas à proprement parler quelque chose de facile à mener, mais j’apprécie les montées d’adrénaline. » dixit notre belle photographe En tout cas, plus agréable à regarder que l’urinoir de notre Marcel national. On peut lui proposer de faire cela sur la place Tahrir en Egypte. Là, elle aurait sûrement une overdose d’adrénaline ! gerald B
Question soft : Elle laisse son soutif pendant les séances d’UV ou elle est partie en vacances au Qatar ? Bernard Palux
Des photos de femmes se baladant à poil en ville, comme ici, ce n’est pas ce qui manque, et depuis longtemps. Mais, ce n’est pas correct, pas féministe, c’est immoral, car elles ont le culot de prétendre y trouver du plaisir. Shocking. Impossible à entendre dans ce 21e siècle où la presse meanstream prétend nier la différence des sexes. Il y a certainement un horrible mâle derrière tout ça. En revanche, en enfumant ces nouveaux moralisateurs avec un discours pseudo politique, ça devient soudain révolutionnaire. Et les bobos peuvent regarder tranquillement des photos de cul sans se cacher. Décidément, la Com a des ressources insoupçonnées. andro mede

L’érotisme serait-il ce qui reste quand l’art a disparu ?

A l’heure où, armée de ses seuls seins nus et d’une tronçonneuse, une dissidente réussit à venir à bout d’une croix de bois commémorant les victimes du génocide ukrainien

Et où, de Toronto à Boston et Melbourne et de Paris à Londres et Amsterdam, nos salopes bravent l’enfer de nos rues pour réhabiliter plus de 2 000 ans d’expérience accumulée du « plus vieux métier du monde » …

Le Pays autoproclamé des droits de l’homme va-t-il devoir accorder l’asile politique et un nouveau timbre

A l’autoportraitiste érotique Erica Simone qui, armée elle aussi de sa seule irréprochable plastique et d’un évident sens de l’autopromotion, se dévoue corps et âme à la défense des droits de l’homme (?) dans la jungle puritaine de Manhattan ?

PHOTOS. Nue à New York contre la dictature du vêtement

Cyril Bonnet

Le Nouvel Observateur

22-03-2014

En tenue d’Ève dans la Grosse Pomme. Tel est le programme de « Nue York », série d’autoportraits dans lesquels la photographe professionnelle Erica Simone se promène dans le plus simple appareil au sein de célèbre ville américaine.

Ne la qualifiez pas d’exhibitionniste ! Cette photographe éclectique et aguerrie, passée par plusieurs continents et de prestigieuses publications, revendique une démarche artistique et a quelques messages à faire passer. Sur l’illégalité de la nudité qui la « rend folle », d’une part ; sur le carcan social dans lequel les vêtements enferment leurs propriétaires, d’autre part. En fil rouge, une même volonté de susciter la réflexion à travers des images ludiques et inattendues. Interview.

Comment se déroule une séance photo type pour la série « Nue York » ?

– Je passe beaucoup de temps à me promener en ville avec un ami pour trouver des scènes intéressantes, propices à des scénarios et des situations qui permettent de s’amuser. Il y a ensuite une longue phase d’élaboration de la composition de l’image, puis d’attente de l’instant décisif. Lorsqu’il survient, j’enlève mes vêtements et on commence à prendre les photos. En tout, je ne reste nue qu’une ou deux minutes. Trois si j’estime qu’il faut reprendre une autre série de clichés.

Quelles sont les réactions des passants ?

– Il arrive qu’ils ne me remarquent même pas. Sinon, je ne reçois que des réactions positives. Les gens rient, applaudissent, ou encore s’exclament : « Only in New York ! » (« Uniquement à New York ! ») Je n’ai jamais eu de problème. Et je fais de mon mieux pour éviter la police. Ce projet n’est pas à proprement parler quelque chose de facile à mener, mais j’apprécie les montées d’adrénaline.

Quel message souhaitez-vous diffuser ?

– Je ne me considère pas comme une nudiste ou une exhibitionniste, mais comme une artiste qui pose des questions à la société. Me sentant bien dans ma peau, la nudité ne me semble pas quelque chose d’effrayant. Le corps relève de l’essence humaine, animale. Que certains aient l’esprit puritain au point d’être offensés par un corps nu constitue, à mes yeux, un mystère.

Certes, je conçois que la nudité ne se prête pas à toutes les situations, et que certains pourraient l’utiliser de manière malveillante. Pour autant, le fait que la loi nous interdise d’être nu en public, c’est-à-dire d’évoluer dans l’état le plus primitif et naturel qui soit, cela me rend folle. La nudité n’a jamais tué personne. Ce n’est pas le cas des armes à feu qui, elles, sont autorisées aux États-Unis. Dans ce pays, posséder un pistolet est bien plus acceptable que d’être nu en dehors de sa salle de bain !

Vous pointez également la valeur sociale des choix vestimentaires.

– S’habiller, c’est s’exprimer. À sa seule tenue, on peut déterminer si un individu est riche, s’il est « cool » ou non, s’il a du goût, s’il est propre sur lui, si c’est un homme d’affaires, un voyou… Ainsi la société met-elle des étiquettes sur les gens.

De ce fait, je m’interroge : comment serait la vie sans vêtements ? Comment interpréterions-nous la vision d’autrui ? Comment sélectionnerions-nous nos amis sans les repères fournis par les styles vestimentaires ? Traiterait-on les gens différemment ? La façon dont on jauge habituellement nos semblables s’effondrerait. Peut-être que l’on deviendrait plus attentif au regard de la personne qui est en face de nous, à l’énergie qu’elle dégage. Peut-être que l’on deviendrait plus intuitif. Qui sait ?

Vos photos servent un message particulier. D’autres personnes, comme les Femen, utilisent la nudité en lieu public à des fins politiques. Vous trouvez-vous des points communs avec elles ?

– Je partage probablement un certain nombre de choses avec beaucoup de groupes militants, qu’ils soient féministes ou humanistes. « Nue York » soulève inévitablement la question du féminisme. Cela dit, je n’ai pas conçu le projet sous cet angle. Il s’agit avant tout d’interroger les gens en tant qu’êtres humains. Si mes photos poussent les spectateurs à se poser des questions sur le rôle des vêtements dans notre société, ou si la série sert de point de départ à d’autres réflexions, alors je considérerai ma mission comme réussie.

Propos recueillis par Cyril Bonnet – Le Nouvel Observateur

Crédit photos : Erica Simone. Voir son site web.

Voir aussi:

Experiment and Experience: Peter Weiss Interviews Erica Simone

Peter Weiss

NY Arts

Peter Weiss: You have a very energetic personality; you seem very confident and secure. Am I reading it right and to what do you attribute that security?

Erica Simone: Yes, I like to think of myself as being confident and secure (most of the time). We do only have one life, one body, and one mind, so why waste time feeling bad about our failures or ourselves? All we can attempt is to improve what we don’t like or to just be accepting of it. And if you aren’t secure, it’s important to at least appear so. I think without it, people stop trusting you and you stop intriguing people.

PW: You travel light and alone at times when you work, both here and abroad. Would you describe yourself as a risk taker or adventurer in your artistic pursuit? Do you see a difference?

ES: I definitely identify with being an adventurer. I love to explore new territories and I love challenges, there is no fun in staying safe. I’m somewhat of a risk taker, but you won’t typically find me running into a flaming house … unless to save a soul.

PW: What sacrifices do you make in pursuit of your art? What has been your greatest victory? What is your greatest missed opportunity or photo? Do you have a favorite piece and why? Are there pieces that are staged and should be declared as such or have you allowed confusion? Have you ever felt guilty about an image you have taken? Has it ever seen the light of day?

ES: I don’t tend to think of the sacrifices I make as being “sacrifices,” but more so just experiences. In my nude project, I gave up the privacy of my own body, but it’s not in any way a sacrifice to me. I would never part with anything I couldn’t stand losing. I am passionate about my work, but if I hadn’t been comfortable giving that up, I would have never done it.

In the Nue York series, I’d say the greatest victory was probably the subway shot. With the constant movement of the passengers, it took quite a while for the composition of the photograph to fall the way I wanted it to and then I only had 1 subway stop to capture it. By that time, I had already traveled from the West Village to the Bronx!

There were a few times when I would manage to capture a wonderful image, but I was out of focus or some element in the photograph didn’t work. Overall, despite the technical challenges, I was quite lucky.

In some cases, yes, I definitely needed the cooperation of other people in the photograph to capture what I wanted, but most of them were done guerilla-style.

I’ve never felt guilt towards an image. I’ve felt insecure, sure, but I think that just goes hand in hand with being the model. We can’t always happy about the way we look in photographs. I know I’m not.

PW: Do you consider the shooting of the “Bare Urban Citizen” collection interventionist/ performance art?

ES: The project is not about performance, but about photography. I didn’t feel that I was performing when producing the photos, but rather, just trying to capture an iconic image. I was never nude for that long, typically 20-30 seconds, and the whole time I focused on the other side of the camera, not the people watching or what’s going on in the street. My goal is to go in, get the shot, and quickly move away from the crime scene. It’s about the end image, not the moment in itself.

PW: Have you ever found yourself in a situation where your act of taking pictures has offended the passersby or the subject? If so, did you continue despite the protests? If so what was your rational? During the Urban Nude, what gave you the idea? What are you saying with this collection? If you weren’t as pretty as you are, would that have impacted this collection?

ES: No actually, no one has ever overtly expressed discontent or being offended during my shoots. Most people laugh or applaud. I don’t think my physique or intentions are offensive to most people. Had I run around a church or a playground in my birthday suit—it would probably be a different story.

The collection contemplates the use of clothing and fashion in society. We tend to first judge or analyze others by how they look on the outside, the same way we tend to act or feel differently depending on what we are wearing. I produced this series after asking myself certain questions: “What would life be like if we didn’t have clothing to express ourselves?” “How would we perceive or judge others, on what basis?” “How would we feel with our bodies, would we be more or less secure?” “What would the environment look like?”

Thank you. I have no idea if the collection would have had more or less of an impact. Possibly, if I had been very out of shape, the collection could have been even more popular, because people would have been even more shocked: “How could this person possibly feel comfortable running around naked?” This brings up other questions such as “Why would one person feel more or less comfortable being naked just because of the way they look?” Some models are extremely insecure, the same way some overweight people are nudists. I don’t think one has anything to do with the other.

PW: Does fame and fortune motivate you or are you an artist for artist sake?

ES: Of course I would love to eventually be financially secure enough to be able to lead a stable life with the ability to make certain choices and as anyone, I would love for my work to be successful for my own sense of accomplishment. But more importantly, if I could use my skills and social position to make a difference and to help people, then this drive would make much more sense and have much more of an impact. I am a lot more motivated to make a difference than to be a famous photographer for its own sake, so hopefully they’ll go hand in hand.

PW: Where does your ego fit into your career?

ES: My ego comes and goes—a constant battle. I accept my flaws, as hard as it can be sometimes, but I also know that no one is perfect. We are all different, traveling on different journeys. All I can hope for is to keep moving forward, to keep learning and to keep making progress.

PW: You are very attractive young woman. How does this affect your entree in your photography? Do you use your feminine charms to get your pictures? How far will you go?

ES: Thank you, but I don’t think it takes a supermodel to get where you want in life. I do often use my feminine “powers” to get the pictures I want. Of course, I’ve found myself flirting with an old man to get his picture or batting my eye-lashes to get past authorities. As a woman, I think it’s a God-given right to use those charms! While men have their advantages, women have theirs and I feel it is fair game to rock what you have.

PW: As a photographer you have a very diverse body of work. The categories listed on your web site includes, portraits, people, travel, photo-journalism, self portraits, personal work, fashion, and beauty. What does your selection of subject matter say about you as a person, artist and professional photographer?

ES: I like producing a variety of work. My creative ADD introduces me to a diversity of subjects, which makes my job more exciting. I like exploring new ideas and concepts and I love a good challenge, so taking on new work is always something I have fun with. I’m not sure I’ll ever want to specialize in a certain area, there are too many interesting things to take pictures of; I want to take them all!

PW: Dealers and collectors expect from the professional artist a cohesive recognizable body of work. This work should fit a particular genre. As you know this allows dealers a sharper target in which to market an artist’s work. It could be argued that if your creative spectrum is too broad, you can’t develop a style fully and you risk losing the focus of you subject matter and continuity. How do you feel this established criteria affects your work from a professional and creative perspective?

ES: I’m not too worried about what dealers and collectors want from artists. I’m only interested in what I want to do, since that’s what makes me happy. I don’t see why I wouldn’t be able to develop a style fully regardless, if that’s what I wanted to do. For me, it’s all experiment and experience and as long as I keep learning and producing more and more interesting work, while paying rent, that’s all that matters for me.

Voir également:

Naked ambition: Photographer lays herself bare in nude poses on the streets of NYC

Rachel Quigley

The Daily Mail

28 March 2011

Photographers are often said to bare their souls through their pictures.

But Parisian Erica Simone has taken this to the next level by literally laying herself bare – she has photographed herself in nothing but her birthday suit on the streets of New York.

The 25-year-old has turned doing daily routines in the city to works of art simply by removing her clothes.

And Miss Simone made the daring decision to step out from behind the camera and go au naturel in a series of self-portraits taken in and around the Big Apple.

Speaking to MailOnline she said: ‘At first it was like, « Can I really do this? » I was into the idea, but I didn’t totally have the [nerve] to do it – I’m not totally an exhibitionist.

‘But I managed to do it on my first day of shooting in the West Village and I didn’t even get arrested.

‘I think that was just a combination of good timing and luck, and it is not as if I just spent the whole day walking around naked. I was fully clothed until I was ready to take the shot.’

‘It’s not about sex. It’s crazy that it’s illegal to be naked. The whole process was really liberating and it made me feel freer and more comfortable in my own skin and not be ashamed of my body.’

Once Erica got the idea for the exhibit, she decided to step out from behind the camera and do a number of self portraits in the nude, sometimes wearing only a variety of accessories, performing mundane activities

In the pictures, she rides the subway, checks out library books and shovels the snow on the sidewalk outside her apartment – all in the nude.

The 20 shots are part of Simone’s new exhibit Nue York: Self-Portraits of a Bare Urban Citizen, which opens next month at the Dash Gallery in Tribeca.

Miss Simone said the inspiration for the exhibition came to her during Fashion Week two years ago.

She said: ‘I was sitting around thinking about fashion and what would we be if we were naked and what if we didn’t have fashion to show who we were, our status, how much money we had, all these things.

‘Then I got the photographic idea of shooting people naked in the street, but just doing regular things, not especially posing, or being naked, but doing whatever.’

The pretty 25-year-old said she was not sure if she herself could go through with it but was intrigued by the challenge of staging the shots – which she took using a remote sensor – and stripping down to her birthday suit.

She said the general public were very accepting of her nudity and she did not have any bad experiences while doing it.

‘Most people were laughing, smiling or applauding and cheering. They seemed OK with it,’ she said. ‘The most challenging one was on the subway. I had to ride the whole way from West 14th Street to the end of the line to get the right shot.

‘The only person I told was the guy next to me as he had to hold my coat. But by the time some people even found out about it, I was clothed again.’

Miss Simone also said she has come a long way from the first shot to where she is now.

‘The first few times I was so nervous and I guess innocent about everything, and yeah it was scary a bit as well,’ she said.

‘But now I don’t care about being naked. I am more concerned about getting the shot right rather than worrying about being naked or what people in the streets are thinking.’

Voir encore:

Artist Statement

Nue York: Self-Portraits of a Bare Urban Citizen

As once an Angeleno in Paris, and now a Parisian in New York, really my mind is stuck in the stars. Photography has become a true passion and within it, a never-ending drive to try and challenge everything, even if it means getting naked in the freezing snow…

“Nue York: Self-Portraits of a Bare Urban Citizen” bloomed from an initial questioning about clothing and its importance in society today. Fashion and what we wear act as a language: they allow us to silently portray who we are or want to be, offering society an impression on us – whatever that may be. Fashion also tends to segregate and place us into various social categories as well as communicate a certain mood or particular feeling. This tool is quite precious to civil society and as most people, I organically use clothing as a way of portraying my own image. However, in a city like New York, the fashion industry has a massive impact: people tend to be very concerned with appearance and the materialistic side of it, which became very real while I was photographing Fashion Week a few years back.

As I watched an image-absorbed union of people care more about the sales at Barney’s than the homeless people they step over on the street, I began to ponder: “What would the world feel like naked? What if we didn’t have clothing to portray who we want to be or feel as individuals? What if we couldn’t show off our social status to deserve the treatment we wanted from others? What if all we had were our bodies?” These questions raised many various issues and these issues raised many various questions.

From there, my photographic project was born. With a tripod and a couple ounces of adrenaline, I took to the streets bare to see what a typical New York day would be like. At first, I wasn’t so sure what was going to happen or what was going to come of it all, but as the collection progressed, more and more issues became aware to me. For example: “Why can we be arrested for being naked in the street, when as human beings, we are born naked?” I can understand that it would be socially unacceptable or morally discouraged, but for it to be in some cases prohibited by law…? This all seemed quite bizarre and really more so a violation of human rights.

Another question that arose was that of sexuality. “Is nudity inherently sexual or is nudity just a part of being human? Why does society typically equate nudity to sex? And how does the variety of body types come into equation when asking that question?” Each person’s answer is different.

To clarify, I’m not an exhibitionist or a nudist – I’m an artist looking to humorously poke at some interesting thoughts about society and question who we are and portray as human beings. It’s now up to the viewer to answer those questions, as he/she likes.

From Houston to Hudson and from Bowery to the Bronx, photographing Manhattan has never been such a rush….


Mimétisme: Attention, un triangle peut en cacher bien d’autres ! (From Venitian vanitas and Venus in sackcloth to NSFW, nude yoga and pubic hair mannequins: the long road to the domestication of the male gaze)

19 janvier, 2014
Coppertone2
https://i0.wp.com/medias.unifrance.org/medias/170/200/116906/format_page/belle-comme-la-femme-d-un-autre.jpg
https://pbs.twimg.com/media/BeBb3GJIIAAbIWR.jpg
Debate: Shoppers have had mixed reactions to the window display, with some agreeing that it' a positive move for feminism and others believing it is too graphic
Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain; tu ne désireras point la maison de ton prochain, ni son champ, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain. Deutéronome 5: 21
Il arriverait, si nous savions mieux analyser nos amours, de voir que souvent les femmes ne nous plaisent qu’à cause du contrepoids d’hommes à qui nous avons à les disputer, bien que nous souffrions jusqu’à mourir d’avoir à les leur disputer ; le contrepoids supprimé, le charme de la femme tombe. On en a un exemple douloureux et préventif dans cette prédilection des hommes pour les femmes qui, avant de les connaître, ont commis des fautes, pour ces femmes qu’ils sentent enlisées dans le danger et qu’il leur faut, pendant toute la durée de leur amour, reconquérir ; un exemple postérieur au contraire, et nullement dramatique celui-là, dans l’homme qui, sentant s’affaiblir son goût pour la femme qu’il aime, applique spontanément les règles qu’il a dégagées, et pour être sûr qu’il ne cesse pas d’aimer la femme, la met dans un milieu dangereux où il lui faut la protéger chaque jour. (Le contraire des hommes qui exigent qu’une femme renonce au théâtre, bien que, d’ailleurs, ce soit parce qu’elle avait été au théâtre qu’ils l’ont aimée. Proust
Vous nous avez fait faire tout ce chemin pour nous montrer quoi: un triangle à la française ? Eglinton (Ulysse, James Joyce)
Elle était belle comme la femme d’un autre. Paul Morand
Le système de l’amour du prochain est une chimère que nous devons au christianisme et non pas à la nature. Sade
Il me semblait même que mes yeux me sortaient de la tête comme s’ils étaient érectiles à force d’horreur. Georges Bataille
Si le Décalogue consacre son commandement ultime à interdire le désir des biens du prochain, c’est parce qu’il reconnait lucidement dans ce désir le responsable des violences interdites dans les quatre commandements qui le précèdent. Si on cessait de désirer les biens du prochain, on ne se rendrait jamais coupable ni de meurtre, ni d’adultère, ni de vol, ni de faux témoignage. Si le dixième commandement était respecté, il rendrait superflus les quatre commandements qui le précèdent. Au lieu de commencer par la cause et de poursuivre par les conséquences, comme ferait un exposé philosophique, le Décalogue suit l’ordre inverse. Il pare d’abord au plus pressé: pour écarter la violence, il interdit les actions violentes. Il se retourne ensuite vers la cause et découvre le désir inspiré par le prochain. René Girard
Jacopo Sansovino, avec son rare talent, ornera votre chambre d’une Vénus si vraie et si vivante qu’elle emplira de concupiscence l’âme de tout spectateur. L’Arétin (auteur de sonnets pornographiques, lettre à Federigo Gonzague de Mantoue, 1527)
Titien a presque terminé, sur commande de Monseigneur, un nu qui risquerait d’éveiller le démon même chez le cardinal San Silvestro. Le nu que Monseigneur a vu à Pesaro dans les appartements du duc d’Urbino est une religieuse à côté d’elle. L’Arétin  (Lettre au cardinal Alessandro Farnese, 1544)
Je vous jure, Monseigneur, qu’il n’existe pas d’homme perspicace qui ne la prenne pour une femme en chair et en os. Il n’existe pas d’homme assez usé par les ans, ni d’homme aux sens assez endormis, pour ne pas se sentir réchauffé, attendri et ému dans tout son être. Ludovico Dolce (1564)
Les toiles de Titien et les Sonnets luxurieux de l’Arétin ont la même raison – érotique – d’être. Mais, à la différence de ces sonnets, les nus de Titien peuvent sembler répondre à l’exigence du Livre du Courtisan de Baldassar Castiglione, livre de chevet de l’empereur Charles Quint, livre qui régit les convenances de toutes les cours : « Pour donc fuir le tourment de cette passion et jouir de la beauté sans passion, il faut que le Courtisan, avec l’aide de la raison, détourne entièrement le désir du corps pour le diriger vers la beauté seule, et, autant qu’il le peut, qu’il la contemple en elle-même, simple et pure, et que dans son imagination il la rende séparée de toute matière, et ainsi fasse d’elle l’amie chérie de son âme. Pascal Bonafoux
En 1974, un accident de la circulation impliquant le président Giscard d’Estaing, qui conduisait lui-même une voiture aux côtés d’une conquête, au petit matin dans une rue de Paris avait fait les titres de la presse satirique. (…) Mitterrand, entre deux dossiers, consacrait beaucoup de temps à son harem. Chirac nommait ses favorites au gouvernement. Ses disparitions nocturnes entraînaient l’inévitable question de Bernadette : « Savez-vous où est mon mari ce soir? » C’est ainsi: en France, sexe, amour et politique sont indissociables. Sexus Politicus
Monsieur le président, mesdames les ministres, cet amendement concerne l’article 206 du code civil. J’évoquais tout à l’heure Jaurès. Je souhaite maintenant convoquer les mânes de Courteline, Feydeau, Labiche et Guitry. Pourquoi ? Parce qu’en transformant l’article 206, mes chers collègues, vous supprimez la belle-mère ! Vous supprimez un personnage essentiel de leur théâtre ! Vous portez un coup terrible au théâtre de boulevard ! La belle-mère disparaît ! Marc Le Fur (député UMP, débat parlementaire sur la suppression des mots « père » et « mère », 05.02.13)
Les sorties de l’Elysée en direction d’un souterrain où l’attendaient un scooter et un casque intégral, les séjours rue du Cirque (cela ne s’invente pas) semblent sortir d’une comédie de boulevard ou d’un vaudeville. La France est passée en quatre décennies d’un Président qui sortait de l’Elysée en petite voiture discrète pour aller voir ses maîtresses, et qui pouvait heurter le camion du laitier à l’aurore à un Président polygame entretenant sa deuxième famille aux frais du contribuable, avant que vienne le célèbre monsieur « trois minutes douche comprise ». Elle a échappé au priapique du Sofitel de New York pour avoir le premier Président non marié et acteur burlesque à ses heures, dans le rôle « je trompe ma femme, mais elle ne le sait pas, d’ailleurs ce n’est pas ma femme ». Ce Président a voulu le mariage pour les homosexuels, mais surtout pas pour lui-même. Guy Millière
L’éventail proposé dans Benefits Street est large : il y a la mère de famille polonaise qui élève seule ses deux enfants et tente de trouver un boulot, un couple de 22 et 23 ans avec deux enfants qui ne travaille pas, une famille de 14 Roumains, récemment installés, qui inspectent les poubelles pour trouver du métal afin de le revendre, le vieil alcoolique revendiqué qui explique fièrement «être la vedette du programme et avoir inventé le titre» et affirme utiliser ses allocations pour nourrir son chien et acheter ses bouteilles. Bref, on plonge droit dans le cliché complet de ce que certaines critiques – et elles sont nombreuses – ont qualifié de « pornographie de la pauvreté ». Libération

Après le mariage, le vaudeville pour tous !

A l’heure où, oubliant le double accident qui entre le rejet de Sarkozy et la défection de DSK l’avait fait, l’actuel maitre de la synthèse qui nous tient actuellement lieu de président vient de rappeler au monde l’une des plus grandes contributions du pays de Sade et de Bataille à la compréhension de la nature humaine, à savoir le fameux « French triangle »  de nos célébrissimes pièces de boulevard …

Et en ces temps du tout est permis où le terme de pornographie ne peut plus guère qualifier que le rappel de la pauvreté …

Pendant que, du yoga nu aux mannequins aux poils pubiens, nos cousins américains rivalisent d’ingéniosité pour contourner les nouveaux interdits du « male gaze » des féministes et du NSFW de leurs employeurs …

Comment ne pas voir derrière les efforts titienesques de nos premiers grands peintres il y a quelque 500 ans pour tenter de légitimer, entre vénus et marie-madeleines, leur célébration du corps humain et surtout féminin …

Et, du voyeurisme (autre importante contribution lexicale française au monde) au contrepoids proustien ou à la pulsion scopique freudienne ou au miroir lacanien, derrière les efforts non moins titanesques de nos romanciers et de nos cliniciens  …

La vérité, longtemps oubliée depuis l’avertissement multimillénaire du dixième commandement mais retrouvée et théorisée récemment par René Girard, de la nature intrinsèquement triangulaire du désir humain  …

Autrement dit, comme le rappelle si efficacement, le titre morandien d’un film (français) qui vient de sortir sur nos écrans, qu’aucune femme n’est jamais aussi belle que la femme d’un autre ?

To NSFW or not to NSFW? (now SFW)

Roger Ebert

October 31, 2010

This entry is safe for work.

I hesitated just a moment before including Miss June 1975 in my piece about Hugh Hefner. I wondered if some readers would find the nude photograph objectionable. Then I smiled at myself. Here I was, writing an article in praise of Hefner’s healthy influence on American society, and I didn’t know if I should show a Playmate of the Month. Wasn’t I being a hypocrite? I waited to see what the reaction would be.

The Sun-Times doesn’t publish nudes on its site, but my page occupies a sort of netherland: I own it in cooperation with the newspaper, but control its contents. If anyone complains, I thought, it will be the paper, and if they do I’ll take it down.

You dance with the one that brung you. But no one at the newspaper said a word, even though they certainly saw the page because the same article also appeared in the Friday paper. Hefner was in town for the weekend for a nostalgic visit to his childhood home, and a screening at the Siskel Film Center of the new documentary about his life . He’s a local boy who made good.

At first no one at all objected to the photo, even though the entry was getting thousands of hits. It went online early on Sunday afternoon. But Monday was a workday, and a reader asked if it had occurred to me to label it NSFW (« not suitable for work »). The thought may have crossed my mind, but come on, would anybody be surprised to find a nude somewhere during a 2,200-word piece on Hef? It wasn’t like I was devoting a whole page to it; I embedded it at a prudent 300 pixels. Like this:

Sorry. After learning that the mere presence of this photograph could get you fired and my blog put on a restricted list, I have removed the « prudent 300 pixels » and linked the photograph here.

Then other readers started wondering about a NSFW warning. They weren’t objecting to the photo; indeed, no one ever did, even some readers who felt Hefner had been a pernicious influence on the world. Feminist readers, some well known and respected by me, spoke of his objectification of the female body, his misuse of the Male Gaze, and so on. But no one objected to the photo itself. No, they explained that they read the column at work (« during lunch break, » of course) and were afraid a supervisor or co-worker might see a nude on their monitor. I asked one of these readers if his co-workers were adults. Snark.

As a writer, it would have offended me to preface my article with a NSFW warning. It was unsightly — a typographical offense. It would contradict the point I was making. But others wrote me about strict rules at their companies. They faced discipline or dismissal. Co-workers seeing an offensive picture on their monitor might complain of sexual harassment, and so on. But what about the context of the photo? I wondered. Context didn’t matter. A nude was a nude. The assumption was that some people might be offended by all nudes.

This was a tiny version of this photograph. When will we grow up?

I heard what they were saying. I went in and resized the photo, reducing it by 2/3, so that it was postage-stamp 100 pixel size (above) and no passer-by was likely to notice it. This created a stylistic abomination on the page, but no matter. I had acted prudently. Then I realized: I’d still left it possible for the photo to be enlarged by clicking! An unsuspecting reader might suddenly find Miss June 1975 regarding him from his entire monitor! I jumped in again and disabled that command.

This left me feeling more responsible, but less idealistic. I knew there might be people offended by the sight of a Playmate. I disagreed with them. I understood that there were places where a nude photo was inappropriate, and indeed agree that porn has no place in the workplace. But I didn’t consider the photograph pornographic. Having grown up in an America of repression and fanatic sin-mongering, I believe that Hefner’s influence was largely healthy and positive. In Europe, billboards and advertisements heedlessly show nipples. There are not « topless beaches » so much as beaches everywhere where bathers remove swimsuits to get an even tan.

At Cannes you see this on the public beach, and pedestrians nearby on the Croisette don’t even stop to notice. Ironically, the only time you see a mob of paparazzi is when some starlet (on the Carlton Hotel pier say), is making a show of removing her clothes. Then you have a sort of meta-event, where paparazzi are photographing other paparazzi photographing this event. It’s all a ritual. The clothes come off, the photographers have a scrum, everyone understands it’s over, and the paparazzi leave, sometimes while the starlet is still standing there unadorned. In Europe, people know what the human body looks like, and are rather pleased that it does.

America has a historical Puritan streak, and is currently in the midst of another upheaval of zeal from radical religionists. They know what is bad for us. They would prefer to burn us at a metaphorical stake, but make do with bizarre imprecations about the dire consequences of our sin. Let me be clear: I am not speaking of sexual behavior that is obviously evil and deserves legal attention. But definitions differ. Much of their wrath is aimed at gays. I consider homosexuality an ancient, universal and irrefutable fact of human nature. Some radicals actually blamed it for 9/11. For them the ideal society must be Saudi Arabia’s, which I consider pathologically sick.

When we were making « Beyond the Valley of the Dolls, » I got to know Cynthia Myers and Dolly Read (above), the two Playmates in the film, and have followed them through the years. They have good memories of the experience. I am in touch with Marcia McBroom, the actress who played the third of the movie’s rock band members. She is a social activist, loves the memory of her Hollywood adventure, and recently sponsored a benefit showing of BVD for her Africa-oriented charity, the For Our Children’s Sake Foundation. These women looked great in the 1970s and they look great today, and let me tell you something I am very sure of: We all want to look as great as we can.

Now back to the woman in the photograph. Her name is Azizi Johari. She went on after her centerfold to have some small success in motion pictures, most notably in John Cassavetes’ « The Killing of a Chinese Bookie. » Today she would be in her 50s and I hope is pleased that such a beautiful portrait of her was taken. A reader sent me a link to Titian’s 16th century painting « Venus of Urbino » (below), and suggested to me that this was art and Miss Johari’s photograph was not. I studied them side by side. Both women are unclothed, and regard the viewer from similar reclining postures on carefully-draped divans. I looked at them with the Male Gaze, which I gather that (as a male) is my default Gaze. I want to be as honest as I can be about how these two representations affect me.

Let us assume that the purpose of both artworks is to depict the female form attractively. Both the photographer and the painter worked from live models. Titian required great skill and technique in his artistry. So did the photographer, Ken Marcus, because neither of these portraits pretends to realism. Great attention went to the lighting, art direction and composition of the photograph, and makeup was possibly used to accent the glowing sheen of Miss Johari’s skin. I would argue that both artworks are largely the expressions of imagination.

For me, Miss Johari is more beautiful than Venus. She strikes me as more human. She looks at me. Her full lips are open as if just having said something. Her skin is lustrous and warm. Venus, on the other hand, seems to have her attention directed inward. She is self-satisfied. She seems narcissistic, passive, different. Johari is present. She seems quietly pleased to suggest, « Here I am. This is me. » Wisely she avoids the inviting smile I find so artificial in « pin up » photography. She is full of her beauty, aware of it, it is a fact we share. Venus is filled by her beauty, cooled by it, indifferent to our Gaze. If you were to ask me which is the better representation of the fullness of life, I would choose Johari.

Of course abstract artistic qualities are not the point of either work. The pictures intend to inspire a response among their viewers. For men, I assume that is erotic feeling. Women readers will inform me of the responses they feel. Homosexuals of both sexes may respond differently. They will tell me.

For me? Miss June is immediately erotic. I regard first of all her face, her eyes, her full lips and then her breasts, for I am a man and that is my nature. I prefer full lips in women, and hers are wonderful. I admire full breasts. Hers are generous but manifestly natural. The female breast is one of the most pleasing forms in all of nature, no doubt because of our earliest associations. I dislike surgical enhancements. As my friend Russ Meyer complained in the early days of silicone, « It misses the whole principle of the matter. »

Miss Johari’s arms and legs are long and healthy, she is trim but not skinny, she is not necessarily posing with her left arm but perhaps adjusting a strand of hair. I find the dark hue of her skin beautiful. Photographs like this (she was the fifth African-American Playmate) helped men of all races to understand that Black is Beautiful at a time when that phrase came as news to a lot of people. In a blog about her, I find she was « the first black Playmate to have distinctly African features. » Another entry could be written about that sentence.

As for Venus of Urbino, she has no mystery at all. I look at her and feel I know everything, and she thinks she does too. She gives no hint of pleasure or camaraderie. If you tickled her with a feather, she would be annoyed. Miss Johari, I imagine, would burst into laughter and slap the feather. I can see myself having dinner with her. To have dinner with Venus would be a torment. My parting words would be, « This bill is outrageous! I wouldn’t pay it if I were you! »

Of course these are all fantasies. I know nothing about either model. That is what we do with visual representations of humans; we bring our imaginations to them. It’s the same with movies. The meaning is a collaboration between the object and the viewer. That is how we look at pictures, and how we should. If it seems impertinent of my to compare the photograph with the painting, the best I can do i quote e. e. cummings:

mr youse needn’t be so spry

concernin questions arty

each has his tastes but as for i i likes a certain party

gimme the he-man’s solid bliss for youse ideas i’ll match youse

a pretty girl who naked is is worth a million statues

Now as to the problem of the workplace. I understand there will be pictures on a computer screen that will be offensive. I get that. Why will they be offensive? Perhaps because they foreground a worker’s sexual desires, and imply similar thoughts about co-workers. Is that what’s happening with the blog entry on Hefner? Is anyone reading it for sexual gratification? I doubt it. That’s what bothers me about so many of the New Puritans. They think I have a dirty mind, but I think I have a healthy mind. It takes a dirty mind to see one, which is why so many of these types are valued as censors or online police.

The wrong photographs on a screen might also suggest a blanket rejection of the values of the company. Some corporations require an adherence to company standards that is almost military. Sex has a way of slicing through all the layers of protocol and custom and revealing us as human beings. But lip service must be paid to convention.

We now learn that the recent Wall Street debacle was fueled in part by millions spent on prostitution and drugs. We have seen one sanctimonious politician and preacher after another exposed as a secret adulterer or homosexual. I don’t have to ask, because I guess I know: If an employee in the office of one of those bankers, ministers or congressman had Azizi Johari on his screen, he would be hustled off to the HR people.

I haven’t worked in an office for awhile. Is there a danger of porn surfing in the workplace? Somehow I doubt it. There is a greater danger, perhaps, of singling out workers for punishment based on the zeal of the enforcers. And of course there is always this: Supervisors of employee web use, like all employees, must be seen performing their jobs in order to keep them.

There is also this: Perfectly reasonable people, well-adjusted in every respect, might justifiably object to an erotic photograph on the computer monitor of a coworker. A degree of aggression might be sensed. It violates the decorum of the workplace. (So does online gaming, but never mind.) You have the right to look at anything on your computer that can be legally looked at, but give me a break! I don’t want to know! I also understand that the threat of discipline or dismissal is real and frightening.

I’ve made it through two years on the blog with only this single NSFW incident. In the future I will avoid NSFW content in general, and label it when appropriate. What a long way around I’ve taken to say I apologize.

Voir aussi:

Behind the mask

Jonathan Jones

The Guardian

04 January 2003

Very little is recorded of the life of the great Renaissance artist Titian. What we do know of his personality and his turbulent sexuality is laid bare in his painting

He could not help looking. It was an accident – well, all right, an accident combined with curiosity. But what was a man to do? Actaeon, the story goes, was out hunting with his friends in the woods when he got lost. That was his only mistake, really – that and looking at a naked goddess. « There is nothing sinful in losing one’s way, » points out the ancient Roman poet Ovid, who tells the story of Actaeon in his fabulist poem Metamorphoses, written 2,000 years ago.

The grandson of Cadmus had hunted all morning with his friends, and their nets and swords were dripping with blood, when Actaeon suggested they call it a day and enjoy the noon heat. He himself wandered off from the sweaty mob into a thickly overgrown valley, and found a cave. It was a beautiful and refreshing place, entered via a graceful arch, and inside there was cold, clear water, flowing from a spring into a deep pool where Diana, goddess of the hunt, liked to come to cool off when she was tired from shooting her bow and hurling her javelin. Here she was, accompanied by her nymphs, who took her weapons and her clothes so that, naked, unencumbered, she could bathe. And that was when Actaeon blundered in.

Did his eyes fix on her breasts, her thighs? Or did he try not to look? Diana didn’t care if he was guilty or innocent. She was a modest goddess. She hadn’t got her bow, so instead she threw water – magic water – in the young fool’s face, yelling at him, « Now go and tell everyone you saw Diana naked – if you can! » Actaeon was growing antlers, his face was turning furry. Diana turned him into a stag – a dumb male animal, his phallic antlers useless when what he needed, and no longer had, was a voice to tell his hunting dogs it was him, their master, Actaeon, that they were hunting down.

In Titian’s painting The Death Of Actaeon, the dogs have just caught up with their hapless master. They are good, zealous dogs, doing what they were trained to do. In a line of energy, they fly at him – the three pack leaders are already on him. In Titian’s version, some details of Ovid’s story are changed in a way that brilliantly simplifies and intensifies the action, and heightens its emotion. Titian’s Actaeon has the body of a burly man; only his head has changed into that of a very stupid-looking stag, like a dead, stuffed trophy fixed on to his shoulders. The strangest thing about Actaeon’s head is that you can barely see his eye on the profile facing us; Titian – who painted the reflective depths of eyes as well as anyone in history – has chosen here to blind Actaeon in a painterly equivalent to Ovid’s robbing him of speech.

Titian’s painting has humour – it’s a blackly comic tale of voyeurism punished, and Titian relishes Diana’s mighty presence in a way that’s joyous and celebratory – but it is also heartfelt, sombre, magnificently piteous. The tragedy is in the trees. They are yellow and brown and seared and autumnal; these are not the fresh, green trees of youth, but the tired woods of age, decay; it is as if Actaeon’s youth has sped into senescence as the life not lived flashes in front of him. And yet those trees are lovely; the matted texture of them is so deliberately thick and rough that you can feel it on your skin, on your face. You can feel the stormy air, too, the chill breeze before the storm that those roiling clouds and that terrific sky – eerily turning from grey to yellow – promise.

It was said that Tiziano Vecellio was 104 years old when he died in 1576. This was probably an exaggeration, but an understandable one – 500 years ago, living beyond your 30s was an achievement. The one rival to Titian’s crown as the supreme genius of Renaissance Venice – the romantic, turbulent Giorgione – died of plague as a young man in 1510, after less than a decade’s work. Titian outlived him, and the average life span, by 10, 20, 30 . . . eventually, in that world, you lost count. He was probably born in the 1480s, making him between 86 and 96 when he died. Which means that Titian was at least in his 60s when he wrote to Philip II of Spain in June 1559, telling him he had « two poesie already under way: one of Europa on the Bull, the other of Actaeon torn apart by his own hounds ».

Actaeon never got to Spain; it never joined the collection commissioned by Philip II from Titian, illustrating myths from Ovid. Instead, it seems to have stayed in his studio, possibly until his death. It is a chromatically muted painting – very different from the erotic, visual banquets of Titian’s other poesie; some say that it is unfinished, that it would have eventually looked much brighter. But I think the lack of finish is telling. The Death Of Actaeon seems to me a fearsomely personal work. It is one of those paintings in which Titian speaks about himself: he is Actaeon. An Actaeon grown old, a frenzied animal at the mad mercy of his eye, his roving, incredible eye.

About his greatness there has never been any doubt – not since he painted his astonishing altarpiece of the Assumption in the church of Santa Maria Gloriosa dei Frari in Venice as an up-and-coming contender in 1516-18. The Frari is a gothic church, high and bare, its glory a tall, semicircular network of arched windows that turns its south-west wall into a broken dazzle of sunlight. Insanely, the ambitious Titian accepted a commission to make an altar painting to stand in front of this wall of light – a painting that was doomed to be cast into a deep shadow, to seem a mere eccentric, dull daub against the sun that shone above and around it.

Titian’s painting meets the sun on equal terms. It is so bright, the gold heaven towards which the Virgin Mary is raised on a cloud borne by putti is so luminous, that instead of being overpowered by the sunlight streaming above, it seems that the sun is paying its compliments to Titian. Look more closely, and it turns out that Titian has tricked the eye by mimicking the contrast of light and shade that threatens to dull his painting. Down at the bottom of the seven metre tall panel, at our level, the disciples – as we do – look up at the ascending Virgin; they are in shade in a dowdy space. At the very centre of the earthbound crowd is a black hole. Up above, the heavenly gold light Mary enters is a shining circle, its circumference clearly defined by angels’ faces, and it gets whiter towards the centre: it is a depiction of the sun. Seeing how this light outshines the cooler colours below, we somehow accept that this painted sun is as powerful as the real one. Titian is a magician, and this is his most jaw-dropping sleight of hand.

No one has ever questioned that this is one of the world’s indispensable works of art; and no one has ever questioned Titian’s stature. He is the painter’s painter, and he is also the prince’s painter (not to mention, as he was nicknamed, the Prince of Painters); he is the expert’s painter and the people’s painter; he has never gone out of fashion, not in his lifetime, not ever. His art is endlessly fresh and generative. Even when they parodied him – Manet’s Olympia is a travesty of Titian’s Venus Of Urbino – artists learned from him, studied him, were inspired by him.

The three most influential post-Renaissance painters, Velázquez, Rubens and Rembrandt, were devoted to Titian – Rembrandt modelled one of his own self-portraits on Titian’s Portrait Of A Man (with a blue sleeve) in the National Gallery; Velázquez learned his luxurious style from Titians in the Spanish royal collection; Rubens copied many of his paintings. More than anyone else, Titian shaped our idea of painting – what it is, what it is capable of.

When he was young, oil painting was a new idea, and it was used with a raw excitement, as if every painting were a scientific discovery – the first time a landscape was depicted in convincing perspective, the first accurate painting of a reflection. When Titian died, oil painting had grown up – it had at its command an incredible array of techniques, an empire of the visual. It was Titian who created this empire. It was Titian who demonstrated the full range of powers specific to painting on canvas – to be at once a convincing imitation of appearances and also something else, something abstract. At the same time he displayed painting’s sensuality: when the American artist Willem de Kooning said oil paint was invented to depict flesh, it must have been Titian (and his disciple, Rubens) he was thinking of. Today, it is possible to argue that Titian was the most influential painter in history. And because his painterliness has an abstract quality, he has continued to influence modern artists. In the 19th century, Delacroix took Titian’s colour into realms of romantic madness – his Death Of Sardanapalus is a psychotic riff on Titian – and Degas took up his cult of the flesh. Even today, the best living painters, Gerhard Richter (who has done versions of Titians) and Lucian Freud, echo different aspects of Titian.

Titian is part of a triumvirate, with Leonardo da Vinci and Michelangelo Buonarroti, who invented the very idea of the modern artist. Da Vinci and Michelangelo, in their refusal to complete commissions and, in Michelangelo’s case, his stroppiness, established the image of the self-pleasing, wilful genius; Titian, partly because of his long career, but mostly through his dominance of a Europe-wide art market in which kings and princes collected his work for decades, established the authority of painting. He once dropped his brush in the presence of Emperor Charles V, and it was the Emperor who insisted on picking it up in deference to Titian.

And yet, he wears a mask. He lived for perhaps 90 years, in the most sophisticated city in the world, and he was famous from his 20s onwards. He was by all accounts an articulate, courtly, sociable man, a close friend of the writers Ariosto and Aretino, bright enough to be sent on diplomatic missions on behalf of the Venetian Republic, refined enough to become the companion of kings. And yet behind the screen of constant, smooth success, his life is practically unknown. His work, because of that, retains an enigmatic distance. The Frari altarpiece is Venice’s answer to Michelangelo’s Sistine Chapel; and yet it’s nothing like as touristed because Titian doesn’t have the charisma of Michelangelo, his Florentine contemporary. Titian’s personality doesn’t burst out of the past like Michelangelo’s.

Titian never said anything quotable, but Michelangelo said something quotably mean about Titian. In the 1540s, Titian worked for a while in Rome. There, Michelangelo visited his studio. Titian had just finished his painting of Danaë – illustrating another tale from ancient mythology, in which the god Jupiter takes the form of a shower of gold to make love to Danaë. He did several versions of the painting – but the one Michelangelo saw is the best (part of the Capodimonte Museum exhibit in Naples, it is coming to the National Gallery’s Titian exhibition). It is the erotic pendant to Titian’s Frari altarpiece; just as he creates his own blazing sun in the Frari, here he makes flesh and gold merge in an uncanny, inexplicable bit of magic – a painting that is at once sensual and mystical, or rather, that is mystical about the senses.

As in the Frari, it is the play of light and darkness that weaves a spell. On her bed, the naked Danaë is warmed by subtly golden light. Titian captures the richness rather than the vulgarity of gold: that is also true of the almost bronze cloud, flecked with coins, that looms above Danaë in a dark, dense interior. The void of darkness at the centre makes the scene incomplete, luring the viewer to complete it; the imagination does this by abstracting and fusing the colours of skin and gold, that hang in memory as a dream, a vision of desire beyond verbal expression.

After seeing this incredible painting, Michelangelo praised the painting to Titian’s face. When he left the studio, however, he commented that it was very nice, its colouring was very nice – but it was a pity that Titian couldn’t draw.

Michelangelo’s put-down is the most celebrated expression of the fundamental difference between Florentine and Venetian art: while Tuscan Renaissance artists believed that line came first, Venetian painting defines space by colour, and it is in his colours that Titian’s personality will be found, in the texture of his paint. Titian’s paintings are not designed, then filled in; they exist in total spontaneity, in the brushing that Titian makes visible. His paintings are not smooth; he paints on rough canvas in which paint catches; and he pursues the same emotive, personal themes across his long career. Titian was a high-class kind of guy; his friend, the poet Aretino, commented on how Titian always knew how to speak to a lady, kissing hands, making courtly jests. And there’s a pleasure in civilised restraint – or, perhaps, a need for it – that distinguishes his art. This comes out most profoundly in his love of genre.

Titian, I think, enjoyed the discipline of objective rules – for example the conventions of portraiture – which he could then stretch, challenge, reinvent. His incredibly lifelike Portrait Of A Man (with a blue sleeve), painted in 1512, which may be a self-portrait, is an example of this. Titian’s joy as an artist in this painting is purely technical; he reinvents the repertoire of poses available to painters. Doing something stylish, Titian communicates something personal – the deeply felt presence of this unnamed 16th-century man.

Titian’s most accomplished genre of all is the one he himself invented or helped to invent – that of erotic mythology. There had been classical mythological paintings in Italy since the 15th century, but the kind of narrative, Ovidian art for which Titian is famous was new; it was his genre, the « poesie », as he called his paintings for Philip II. If genre is a discipline, and literary subject matter is an objective constraint, what Titian gave himself when he developed his unique kind of narrative painting was a way of both restraining and at the same time releasing – in a stylised, mediated way – his own sexuality. It is as if he was so obsessed with eroticism, so obsessed with women – like Picasso in his sometimes loving, sometimes hateful portraits – that he had to invent a new art of organised fantasy, of civilised eroticism.

Because the fantasies that Titian painted, from early on, are not just the lovingly painted, perhaps slightly complacent images of bountiful, sexually generous women, such as his Venus Of Urbino in the Uffizi – a painting that strikes you as pure body, openly desired by the artist. Or his dreamlike Le Concert Champêtre in the Louvre, once attributed to Giorgione, in which the same woman – depicted twice, including from behind, as if Titian wanted to record her entire physical presence – is the unashamedly naked attendant, the sexy yet docile companion, of two fully dressed men (this is a another picture Manet parodied – Le Déjeuner Sur L’Herbe).

Titian loved women – this has to be the least debatable statement in the history of art. This wasn’t just sex. He painted women as heroic and strong social actors – his portrait known as La Schiavona in the National Gallery stands above a marble relief of her own face, making her resemble a proud Roman matron, and she’s a big, forceful character. And the most brilliant of all Titian’s portraits, the most lovingly alive, is his dignified picture of a two-year-old girl, Clarissa Strozzi.

Titian’s emotional life pervades his paintings. Far from coming easily, the civilised tone of his art seems hard-won – violence, rage, terror are frothing in his brushwork. His overriding eroticism is not something worked up for patrons – although there was obviously a market for paintings like « the nude lady », as the man who commissioned it called the Venus Of Urbino – but something in him which painting allows him to project, simultaneously to enjoy and control.

Through his career, he is drawn to fierce and violent images. In his very first major public commission, a series of frescoes in Padua, he includes a scene of shocking brutality: the story of a jealous husband who murdered his wife. She begs for mercy while he prepares to stab her a second time. Later, Titian did several paintings of The Rape Of Lucretia, including a late, expressionistic work comparable to The Death Of Actaeon.

None of this is to say that Titian’s paintings are misogynist, hateful or hypocritical – on the contrary. There is a stale view of paintings such as the Venus Of Urbino, which arises from their popularity in the 19th century, as mildly saucy soft porn. In reality, and this is the source of his power, Titian’s sexuality is complicated, emotional, tortured and alive; his paintings embody the desires and terrors of a man who was capable of acute jealousy, anger, and a kind of religious worship of women.

Titian’s paintings of women are personal in another way. The same models recur in many of his pictures. One group of paintings seems to depict a woman who – a flower she holds suggests – may have been called Violante. It used to be said she was his lover and the pictorial evidence makes that romantic Victorian idea very plausible. The woman who posed as Flora, Titian’s most iconic beauty, is also in his painting Sacred And Profane Love. Flora is interpreted in all kinds of ways – as the goddess Flora, as a Venetian courtesan, as an image of correct sexual behaviour in a Venetian marriage – but the intimacy and warmth and passion of this painting (which is coming to the National Gallery from the Uffizi in Florence) might actually be Titian’s, and her, secret. Many of his most erotic paintings may be games in which Titian paints monuments to his lovers under the guise of heady mythological and pastoral art. It has even been suggested that Flora is Titian’s mistress Cecilia, whom he finally married in 1525 to legitimise their children.

Titian, so quiet about himself and so organised in his professional career, is in reality a powder keg of emotion, artfully channelled but never suppressed; his art is profoundly confessional. The Death Of Actaeon is a confession. And at the end of his life, Titian movingly drops all his elaborate strategies, takes off his Venetian mask and addresses us – and his God – directly in one of the most unguarded paintings anywhere. Only a master of irony could make such a total confession; only a master of colour could make a painting that is so denuded of it: Titian’s Pietà in the Accademia in Venice was painted as an ex-voto offering, a prayer, when Titian was very old and when Venice, the city he adored, was being devastated by plague. Titian’s Pietà pleads (the text is on a painted tablet) for mercy for Titian himself and for his son, Orazio. Titian puts himself in the painting, an almost naked, bearded old man, pathetically and hopelessly touching the hand of the dead Christ. Light has almost gone from the world – apart from a dull glow on the mosaic above Christ’s dimly shining corpse, the painting sinks into reveries of shadow, of death. If you look, you will eventually see what you fear, and in this last painting Titian sees death, his own death. Titian’s offering failed; neither he nor Orazio outlived the plague epidemic.

What is striking is that Titian, in his 80s, or 90s, or – who knows? – at the age of 104, so obviously wanted more life, more colour, more flesh. And looking at his paintings, so do we

· Titian is at the National Gallery, London WC2 (020-7747 5898), from February 19-May 18, 2003.

Voir également:

Italy’s Most Mysterious Paintings: Titian’s Sacred and Profane Love

Walks of Italy

November 29, 2012

Titian’s Sacred and Profane Love… a beautiful, and mysterious, painting in Italy!

Titian’s Sacred and Profane Love is the gem of Rome’s Borghese gallery… and one of the most famous paintings of Renaissance Italy. It’s so beloved, in fact, that in 1899, the Rothschild family offered to pay the Borghese Gallery 4 million lira for the piece—even though the gallery’s entire collection, and the grounds, were valued at only 3.6 million lira!

Perhaps the painting is so famous simply because of its beauty and because it’s a masterpiece by the Renaissance great Titian.

Or perhaps people have fallen in love with it because of its hidden secrets and symbolism—much of which art historians still don’t completely understand!

There’s a lot of mysterious stuff going on here.

At first glance, the painting might just look like another portrait of two lovely ladies, with a pastoral background behind them.

Look again.

First of all, there are the women themselves. One is clothed, bejeweled, and—seemingly—made up with cosmetics. She’s wearing gloves, and holding a plant of some kind. The other is (almost) stark naked, holding just a torch.

The church and pasture in Sacred and Profane Love

Then look at what they’re sitting on. That’s no carved-marble bench… that’s a sarcophagus. In other words, a coffin, of the type the ancient Romans used.

And it’s a strange sarcophagus, because it appears to be filled with water, which a cherubic baby is swirling.

Look even closer, and you can see a spout in the sarcophagus’ front, which the water is pouring out of and, seemingly, watering a growing plant below.

In the background, meanwhile, you have some other strange things going on: On our left, a horse and rider race up a mountaintop to a looming fortress, while two hares appear to be playing (or chasing each other); on our right, shepherds herd sheep in a pasture in front of a picturesque church, while a dog chases a hare.

Nothing that’s here is here by mistake. So what does it all mean?

We’re not sure. We have to rely on our knowledge of the painting’s symbols and hidden meanings to find out. And that’s because…

We don’t even know the real title of one of the most famous paintings in Europe

Although the piece is called Sacred and Profane Love, that’s not its original name. In fact, we don’t know what its original name was.

Here’s what we do know: Titian painted the piece in 1513-1514, at the age of just 25. And it was commissioned to celebrate the marriage of Niccoló Aurelio, a secretary to the Council of Venice, to Laura Bagarotto. No name is listed in the records for the painting, but in 1693, almost 200 years after it was painted, it showed up in the Borghese Gallery’s inventory under the name Amor Divino e Amor Profano (“divine love and profane love”).

…or what it’s supposed to show.

Sacred—or profane?

For a long time, art historians thought that the painting was supposed to show two different kinds of love: the sacred, and the profane.

It’s definitely safe to say the painting is about love. Symbols of love are scattered throughout, from the roses on the sarcophagus to the myrtle the woman on our left clasps (more on that later!). And, of course, the painting was a marriage gift, which would make this focus highly appropriate.

But does it show sacred and profane love? Well, if so, that might explain the background. The fortress, symbol of war and humanity, could symbolize the profane (or worldly); the church would, obviously, symbolize the sacred.

And it could explain the two women. Perhaps one is meant to be a Venus showing what worldly love looks like; the other, a Venus showing us sacred love.

But the interesting question is:

If this is true, then which of the two women represents sacred love, and which is the profane?

Is nudity actually a sign of the sacred? (Maybe!)

At first glance, you might think the woman on our left represents sacred love. After all, she’s clothed! The other, naked one would, of course, represent worldly, amorous love.

Some aspects of each woman’s costume do back up that theory, because there are so many hidden symbols here! For example, the clothed woman’s belt was generally considered a symbol of marital ties; and the myrtle in her hand symbolized the lasting happiness of marriage. On the other hand, the nude woman’s flame symbolized earthly lust.

But look again, and you see just as much symbolism pointing us in the opposite direction. For one thing, the clothed woman is seated, and therefore below—and closer to the earth than—her nude counterpart. She’s wearing gloves for falconry, or hunting, and holding a case of jewels, both signs of worldly pursuits. And she’s dressed very sumptuously (and not all that modestly!), with rich fabrics and even a touch of cosmetics.

But heavenly beauty doesn’t need any worldly adornment. The nude woman, therefore, might be sacred.

The key could be Cupid, mixing the waters in the sarcophagus…

Water swirls in the sarcophagus… and waters a growing plant?

Of course, that’s no baby between the two depictions of love (in this interpretation, two versions of Venus, goddess of love, herself): It’s Cupid. By mixing the waters in the well/sarcophagus, he might be suggesting that the ideal love is, in fact, a mix of these two kinds.

But this painting might not even be about sacred and profane love.

In the 20th century, art historian Walter Friedländer argued that the painting wasn’t about these two types of love at all. He thought it showed Polia and Venere, two characters in Francesco Colonna’s popular 1499 romance Hypnerotomachia Poliphili (don’t worry, there won’t be a test on that name!).

Another interpretation that’s much more simple… and makes a lot of sense? The painting could show the bride, Laura Bagarotto, herself, dressed in virginal white on the left. And the nude woman on the right? She might be Venus, initiating Laura into what love is like—complete with showing her the passion that’s necessary to make a marriage work (the torch).

But no one is sure what this painting really means. There’s a lot going on here, that’s for sure. And it’s kept art historians interested—and arguing!—for centuries.

Voir encore:

Titien ou l’art plus fort que la nature : être Apelle

Pascal Bonafoux

Ecrivain et critique d’art. Professeur d’histoire de l’art à l’université.

Clio

Le 5 janvier 1857 dans son Journal, Delacroix note : « Si l’on vivait cent vingt ans, on préférerait Titien à tout. » Cézanne affirme quant à lui : « La peinture, ce qui s’appelle la peinture, ne naît qu’avec les Vénitiens. » Cézanne songe à Titien comme il songe à Tintoret et à Véronèse. Peu lui importe que Titien ait près de trente ans, trente ans peut-être, lorsque naît Tintoret, qu’il ait dix ans de plus lorsque naît Véronèse en 1528. Ces regards de peintres sont essentiels. Parce qu’ils savent ce que « regarder », ce que « voir » veut dire. Parce qu’ils savent ce que « peindre » veut dire. Or la peinture est la seule vérité de Titien. Pour le reste…

Plus jeune en sa jeunesse, plus âgé en son vieil âge

Le 1er août 1571, Titien écrit à Philippe II pour réclamer des sommes qui lui sont dues. Il se dit dans cette lettre « serviteur du roi, maintenant‚ âgé de quatre-vingt-quinze ans ». Un émissaire espagnol, un certain Garcia Hernandez, dans un rapport daté du 15 octobre 1564, assure que Titien a près de quatre-vingt-dix ans. Raffaello Borghini écrit, quelques années après la mort du peintre, qu’il mourut en 1576 « à l’âge de quatre-vingt-dix-huit ou quatre-vingt-dix-neuf ans ». Ce qui confirme à peu près la même date… Titien serait né en 1477…

Dans le registre de la paroisse de San Canciano où meurt Titien le 27 août 1576, on inscrit son âge : cent trois ans. Titien serait né en 1473… Dans une lettre du 6 décembre 1567, Thomas de Cornoça, consul d’Espagne à Venise, affirme alors au roi que Titien a « quatre-vingt-cinq ans ». Titien serait né en 1482… Lorsqu’il lui rend visite en 1566, Vasari note que Titien a alors « environ soixante-seize ans ». Titien serait né en 1490… Dans le Dialogo della Pittura qu’il publie à Venise en 1557, Lodovico Dolce, qui est de ses amis, assure que lorsqu’il entreprit de peindre les fresques du Fondaco dei Tedeschi auprès de Giorgione en 1508, il « n’avait pas encore vingt ans ». Titien serait donc né en 1488…

1477, 1473, 1482, 1488, 1490 ?… Jeune, longtemps Titien a sans doute laissé entendre qu’il était plus jeune encore. Pour que l’on ne doute pas de sa précocité. Âgé, Titien n’a vu aucun inconvénient à ce qu’on le crut plus vieux qu’il n’était. Pour que l’on rende hommage aux prodiges dont il ne cessait pas d’être capable en dépit de son âge.

Prouver qu’il est Titien

Regarder la peinture de Titien, c’est devoir songer à une lettre de Pietro Aretino – l’Arétin – qui regarde la nuit tomber sur Venise. « Vers certains côtés apparaissait un vert-bleu, vers d’autres un bleu-vert, des tons vraiment composés par un caprice de la nature, maîtresse des maîtres. À l’aide des clairs et des obscurs, elle donnait de la profondeur ou du relief à ce qu’elle voulait faire avancer ou reculer; et moi qui connais votre pinceau comme son inspirateur, je m’exclamai trois ou quatre fois : Ô Titien, où êtes-vous donc ? » Posée en mai 1544, la question reste sans réponse… Ou, plus exactement, les seules réponses qui vaillent sont celles de la légende, de la fable et du mythe. Parce que, grevées de soupçons, elles s’accordent aux silences qui bruissent de sens qui sont ceux de ses toiles.

Les lettres de Titien, celle adressée en 1513 au Conseil des Dix de la Sérénissime République de Venise, celle écrite en 1530 à Frédéric de Gonzague, duc de Mantoue, celle qu’il fait écrire en 1544 par Giovanni della Casa au cardinal Alessandro Farnese, celle encore qu’il adresse en 1545 à Sa Très Sainte Majesté Césarienne, Charles Quint, l’assurance qu’il donne en 1562 à Philippe II : « J’emploierai tout le temps de vie qui me reste pour faire le plus souvent possible à Votre Majesté Catholique la révérence de quelque nouvelle peinture, travaillant pour que mon pinceau lui apporte cette satisfaction que je désire et que mérite la grandeur d’un si haut roi », toutes ces lettres sont celles d’un peintre qui semble n’avoir d’autre ambition que de servir. Maldonne. Titien n’est, n’a jamais été fidèle qu’à Titien. Titien ne sert, n’a servi, que Titien.

Et tous les moyens lui auront été bons. Récit de Vasari : « À ses débuts, quand il commença à peindre dans la manière de Giorgione, à dix-huit ans à peine, fit le portrait d’un gentilhomme de la famille Barbarigo, son ami… on le jugea si bien peint et avec tant d’habileté que, si Titien n’y avait mis son nom dans une ombre, on l’aurait pris pour une œuvre de Giorgione. » Titien ne laisse pas longtemps son nom dans l’ombre… Il n’a voulu qu’on le confonde avec Giorgione, emporté par la peste en 1510, que parce que cette confusion le sert lorsqu’il n’a pas vingt ans encore. Lorsque les « faux » Giorgione qu’il a peints lui ont acquis la renommée qu’il estime devoir lui revenir, il n’a plus d’autre ambition que de prouver qu’il est Titien. Donc incomparable.

Le 5 octobre 1545, Titien lui-même écrit à Charles Quint : « Très Sainte Majesté Césarienne, j’ai remis au Seigneur Don Diego de Mendoza les deux portraits de la Sérénissime Impératrice, pour lesquels j’ai été aussi vigilant que possible. J’aurai voulu les apporter moi-même, mais la longueur du voyage et mon âge ne me le permettent pas. Je prie Votre Majesté de me faire dire les erreurs et les manquements, en me les renvoyant afin que je les corrige ; et que Votre Majesté ne permette pas qu’un autre y touche. » Nouvelle lettre impatiente, le 7 décembre 1545 : « Très Sainte Majesté Césarienne, j’ai envoyé il y a quelques mois à Votre Majesté par les mains du Seigneur Don Diego votre ambassadeur le portrait de la sainte mémoire de l’Impératrice votre épouse, fait de ma main, avec cet autre qui me fut donné par elle comme modèle. J’attends avec un infini dévouement de savoir si mon œuvre Vous est parvenue et si elle Vous a plu ou non. Car si je savais qu’elle vous a plu, je sentirais dans l’âme un contentement que je ne suis pas capable d’exprimer… » On raconte que devant ce portrait peint en 1545 de sa femme Isabelle de Portugal morte le 1er mai 1539, l’empereur pleura. Titien peut ne plus douter de la puissance de sa peinture. Qu’il peigne une impératrice morte ou une déesse, son pouvoir est le même.

« L’art plus puissant que la nature »

En 1554, quelques mois avant qu’une toile dont le Livre X des Métamorphoses d’Ovide a tenu lieu de modèle, quelques mois avant que la toile, récit de l’amour que porte Venus à Adonis, jeune mortel, ne soit expédiée à Madrid, Ludovico Dolce décrit l’œuvre découverte dans l’atelier de Titien : « Je vous jure, Monseigneur, qu’il n’existe pas d’homme perspicace qui ne la prenne pour une femme en chair et en os. Il n’existe pas d’homme assez usé par les ans, ni d’homme aux sens assez endormis, pour ne pas se sentir réchauffé, attendri et ému dans tout son être. » Les toiles de Titien et les Sonnets luxurieux de l’Arétin ont la même raison – érotique – d’être. Mais, à la différence de ces sonnets, les nus de Titien peuvent sembler répondre à l’exigence du Livre du Courtisan de Baldassar Castiglione, livre de chevet de l’empereur Charles Quint, livre qui régit les convenances de toutes les cours : « Pour donc fuir le tourment de cette passion et jouir de la beauté sans passion, il faut que le Courtisan, avec l’aide de la raison, détourne entièrement le désir du corps pour le diriger vers la beauté seule, et, autant qu’il le peut, qu’il la contemple en elle-même, simple et pure, et que dans son imagination il la rende séparée de toute matière, et ainsi fasse d’elle l’amie chérie de son âme. »

Le 10 mai 1533, Charles Quint nomme Titien comte du Palazzo Laterrano, du Consiglio Aulico et du Consistoro. Il lui accorde encore le titre de comte palatin et de chevalier « dello Sperone ». Titien a libre accès à la cour. Enfin l’empereur reconnaît à ses fils, auxquels il concède le titre de « Nobles de l’Empereur », les mêmes privilèges qu’à ceux qui portent un pareil titre depuis quatre générations. La devise que se choisit Titien est NATURA POTENTIOR ARS – l’art est plus puissant que la nature. Elle s’accorde à celle de Charles Quint, « Plus oultre ». Même volonté. Même orgueil.

Apelle, mythe et modèle

Au monastère de San Yuste où il se retire après avoir, rongé par la goutte, abdiqué à Bruxelles, le 28 août 1556, comme aucun empereur ne l’a fait depuis Dioclétien quelque douze siècles plus tôt, Charles Quint emporte plusieurs tableaux de Titien. Titien n’a peut-être pas eu d’autre ambition que d’être l’Apelle de cet empereur. D’Apelle, mort vers 300 avant J.-C., il ne reste rien. Il ne reste qu’un nom que rapportent quelques fragments de textes anciens, il ne reste que quelques anecdotes… Reste un mythe. C’est à ce mythe que Titien s’identifie.

On rapporte qu’Apelle datait des œuvres à l’imparfait. Le légat du pape à Venise commande à Titien un polyptyque. Lorsqu’il l’achève en 1520, il le signe et le date TICIANUS FACIEBAT MDXXII. À l’imparfait. Comme Apelle. Description par Ovide de l’œuvre la plus célèbre d’Apelle : « L’on voit Vénus ruisselante séchant avec ses doigts sa chevelure humide, toute couverte des eaux où elle vient de naître. » En 1520 peut-être, Titien peint une pareille Vénus qui essuie ses cheveux. Comme Apelle.

Pline assure : « Il n’y a de gloire que pour les artistes qui ont peint des tableaux. Il n’y avait aucune peinture à fresque d’Apelle. » Titien ne peint que de rares fresques. Après 1523, il n’en peint plus aucune. Comme Apelle. Alexandre, rapporte encore Pline, « avait interdit par ordonnance qu’aucun autre peintre fit son portrait. »

Charles Quint ne commande plus son portrait qu’à Titien qu’il dit en 1536 être son « Premier peintre ». Titien a auprès de Charles Quint la place qui fut, auprès d’Alexandre, celle d’Apelle. Titien est Apelle. Presque. Un geste de Charles Quint est nécessaire encore. Roger de Piles rapporte en 1708 : « Titien donna tant de jalousie aux courtisans de Charles Quint, qui se plaisait dans la conversation de ce peintre, que cet empereur fut contraint de leur dire qu’il ne manquerait jamais de courtisans, mais qu’il n’aurait pas toujours un Titien. On sait encore que ce peintre ayant un jour laissé tomber un pinceau en faisant le portrait de Charles Quint, cet empereur le ramassa, et que sur le remerciement et l’excuse de Titien lui en faisait, il dit ces paroles : Titien mérite d’être servi par César. » Par ce geste qui fut celui d’Alexandre qui, raconte-t-on, se baissa pour ramasser le pinceau d’Apelle, Charles Quint fait de Titien un nouvel Apelle – comme il se sacre lui-même l’égal d’Alexandre le Grand.

Voir enfin:

How long for France’s accidental president?

Konrad Yakabuski

The Globe and Mail

Jan. 16 2014

The narrow Paris laneway where French President François Hollande allegedly conducted his trysts, in a rented apartment tied to the Corsican mafia, is called Rue du Cirque – Circus Street, owing to its history as the site of a 19th-century summer carnival. And the no-drama nerd who promised to restore decorum to the presidency after the bling and histrionics of Nicolas Sarkozy has certainly ended up creating a circus worthy of his media-baiting predecessor.

In choosing not to marry his companion when he entered the Élysée Palace, Mr. Hollande was supposed to be making an honest break from the French tradition of presidents who had sexless wives for official functions but sexy mistresses for fun or love. Mr. Hollande was the modern man, finding his soulmate and satisfying protocol in his common-law relationship with journalist Valérie Trierweiler.

Ms. Trierweiler (pronounced Tree-air-vay-lair) became France’s first unmarried first lady, with her own Elysée office, staff, state schedule and web page. Allegations that Mr. Hollande has been having an affair with a younger actress have thrown Ms. Trierweiler’s official status up in the air and left the Socialist Mr. Hollande’s carefully constructed 2014 agenda in tatters. His own ministers see him as a millstone and his ability to govern his fractured nation is in doubt.

To be clear, the French don’t give a flying steak-frites about whom their presidents sleep with. But they do prize elegance. Mr. Sarkozy was an affront to both, with his messy marital breakup, his remarriage to a tipsy model, his new-money friends and his flashy presence. If Mr. Sarkozy’s private life was an open book, it was a cheesy Harlequin the French had no desire to read.

François Mitterrand had elegance. Three decades ago, he could maintain a second family without the media making a fuss or questioning the first-lady status of wife Danielle. Both wife and mistress attended his 1996 burial, which, while noted, was hardly big news.

Mr. Hollande’s mistake was to believe his after-hours dalliances would be treated with similar discretion by the mainstream media. The presidency is no longer held in much reverence by the French. Today, not even Mr. Mitterrand could get away with living a double life, especially if seen to be interfering with his job or contradicting the image he was seeking to project.

But what the French find most galling about Mr. Hollande’s alleged affair, which he has not denied, is his sloppiness. The photos of the helmet-wearing President sneaking out on the back of a scooter, with minimal security detail following him, raise serious questions about whether those protecting this G-7 head of state are plain incompetent or just out to undermine their boss.

Didn’t the Groupe de securité de la présidence de la République, France’s secret service, know of paparazzi snapping photos from a building adjacent to where Mr. Hollande allegedly met actress Julie Gayet? Didn’t it know that the apartment was rented by a Gayet acquaintance whose two previous partners (one of whom was murdered just this year) had possible ties to the Corsican mafia?

This is not just tabloid fodder. Even Le Monde is playing the conspiracy card, asking whether Mr. Sarkozy’s aim of recapturing power had something to do with a gossip magazine’s publication of the compromising photos just four days before Mr. Hollande was set to give a critical speech. “At the Elysée, those loyal to [Mr. Sarkozy] are still in place, particularly in the GSPR,” Le Monde wrote in Monday’s edition.

Mr. Hollande’s Tuesday speech came after a disastrous year economically in France. In pledging tax and spending cuts, Mr. Hollande aimed to make headlines with new pro-business policies and a goal to spread French influence globally. But those ambitions now look laughable, as steamier headlines crowd out Mr. Hollande’s desired narrative.

All this makes the otherwise jovial Mr. Hollande a tragicomic figure. He became president by accident; voters did not so much choose him as reject Mr. Sarkozy. But he has been true to his nickname (Flanby, after a jiggly French custard dessert). In office, he’s had the consistency of Jell-O, with ambiguous policies that please no one in his factionalized party or the broader electorate.

All he had going for him was the appearance of normalcy at home. Now, that’s gone. How long before he is, too?


Polémique Dieudonné: Après le mariage, la victimisation pour tous ! (Streisand effect: How demonization keeps France’s defrocked multiculturalist poster child alive)

5 janvier, 2014
Manifestation de soutien à Dieudonné le 28 décembre 2013.http://commentisfreewatch.files.wordpress.com/2014/01/next.jpeghttps://i0.wp.com/img.over-blog-kiwi.com/0/20/39/77/201312/ob_4cb4fd5b214abe66efb2a1bde6351932_pi30-jpg.jpeghttps://i2.wp.com/img.over-blog-kiwi.com/0/20/39/77/201312/ob_e75f461b6fd55538c3e699cc1f6c5738_soralberlin-jpg.jpeghttps://i0.wp.com/img.over-blog-kiwi.com/0/20/39/77/201312/ob_5f121e_1475866-446627335441323-1693066782-n-jpg.jpeghttps://i2.wp.com/www.gabrielglewis.com/wp-content/uploads/2012/03/strangelove.jpgPresque aucun des fidèles ne se retenait de s’esclaffer, et ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang. Car l’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. C’est de la même façon que le peuple chasse ou acclame les rois. Marcel Proust
Il ne faut pas dissimuler que les institutions démocratiques développent à un très haut niveau le sentiment de l’envie dans le coeur humain. Ce n’est point tant parce qu’elle offrent à chacun les moyens de s’égaler aux autres, mais parce que ces moyens défaillent sans cesse à ceux qui les emploient. Les institutions démocratiques réveillent et flattent la passion de l’égalité sans pouvoir jamais la satisfaire entièrement. Cette égalité complète s’échappe tous les jours des mains du peuples au moment où il croit la saisir, et fuit, comme dit Pascal, d’une fuite éternelle; le peuple s’échauffe à la recherche de ce bien d’autant plus précieux qu’il est assez proche pour être connu et assez loin pour ne pas être goûté. Tout ce qui le dépasse par quelque endroit lui paraît un obstacle à ses désirs, et il n’y a pas de supériorité si légitime dont la vue ne fatigue sas yeux. Tocqueville
Il y a en effet une passion mâle et légitime pour l’égalité qui excite les hommes à vouloir être tous forts et estimés. Cette passion tend à élever les petits au rang des grands ; mais il se rencontre aussi dans le cœur humain un goût dépravé pour l’égalité, qui porte les faibles à vouloir attirer les forts à leur niveau, et qui réduit les hommes à préférer l’égalité dans la servitude à l’inégalité dans la liberté. Tocqueville
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude. Chesterton
L’antisémitisme est le socialisme des imbéciles. Ferdinand Kronawetter ? (attribué à August Bebel)
Imaginons deux enfants dans une pièce pleine de jouets identiques. Le premier prend un jouet, mais il ne semble pas fort intéressé par l’objet. Le second l’observe et essaie d’arracher le jouet à son petit camarade. Celui-là n’était pas fort captivé par la babiole, mais – soudain – parce que l’autre est intéressé cela change et il ne veut plus le lâcher. Des larmes, des frustrations et de la violence s’ensuivent. Dans un laps de temps très court un objet pour lequel aucun des deux n’avait un intérêt particulier est devenu l’enjeu d’une rivalité obstinée. René Girard
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
Il faut se souvenir que le nazisme s’est lui-même présenté comme une lutte contre la violence: c’est en se posant en victime du traité de Versailles que Hitler a gagné son pouvoir. Et le communisme lui aussi s’est présenté comme une défense des victimes. Désormais, c’est donc seulement au nom de la lutte contre la violence qu’on peut commettre la violence. René Girard
L’effet Streisand est un phénomène médiatique au cours duquel la volonté d’empêcher la divulgation d’informations que l’on aimerait garder secrètes – qu’il s’agisse de simples rumeurs ou de faits vérifiés – déclenche le résultat inverse. Par ses efforts, la victime encourage malgré elle l’exposition d’une publication qu’elle souhaitait voir ignorée. Il s’agit donc à proprement parler d’un « effet pervers ». Wikipedia
Que veut, en fait, Dieudonné ? Il veut un ‘Holocauste’ pour les Arabes et pour les noirs aussi. (…) La noble idée de « la guerre contre le racisme » se transforme graduellement en une idéologie hideusement mensongère. Et cet antiracisme sera, pour le XXIe siècle, ce qu’a été le communisme pour le XXe. Alain Finkielkraut
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
La lisibilité de la filiation, qui est dans l’intérêt de l’enfant, est sacrifiée au profit du bon vouloir des adultes et la loi finit par mentir sur l’origine de la vieConférence des évêques
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (ministre délégué à la Ville, suite à des manifestations anti-guerre d’Irak marquées par nombre de cris d’ »A mort les juifs! », avril 2003)
Juifs et musulmans pour moi, ça n’existe pas. Donc, antisémite n’existe pas, parce que juif n’existe pas. Ce sont deux notions aussi stupides l’une que l’autre. Personne n’est juif ou alors tout le monde … pour moi, les juifs, c’est une secte, une escroquerie. C’est une des plus graves parce que c’est la première. Certains musulmans prennent la même voie en ranimant des concepts comme « la guerre sainte » … Dieudonné (Lyon Capitale, 23 janvier 2002)

En dépit de l’emploi des termes « secte et escroquerie », le contexte de l’entretien en cause laisse apparaître qu’en critiquant d’autres religions en des propos également vifs, le prévenu a seulement manifesté son hostilité au principe même du fait religieux et qu’ainsi, les invectives proférées ne s’adressent pas à la communauté juive en tant que telle.
Tribunal correctionnel de Paris (30 juin 2004)
Replacés dans leur contexte, les termes « les juifs, c’est une secte, c’est une escroquerie » relèvent d’un débat théorique sur l’influence des religions et ne constituent pas une attaque dirigée contre la communauté juive en tant que communauté humaine ». Cour d’appel de Paris (9 février 2006)
Je ne comprends pas qu’on puisse assimiler ce geste à un geste nazi, alors que c’est un bras d’honneur à l’horizontale ! Les gens qui disent ça ont simplement de vraies obsessions. Jean-Marie Le Pen
Cohen , il a dit que j’avais un cerveau malade , alors tu vois , quand j’entends parler Patrick Cohen, je me dis les chambres à gaz… Dommage ! Dieudonné
Je n’ai pas le droit à la prison, c’est évidemment une très très grande déception, parce que je m’y étais préparé, ça faisait partie de ma campagne promotionnelle. Dieudonné
While this gesture has been part of French culture for many years, it was not until recently that I learned of the very negative concerns associated with it. When l was photographed making that gesture three years ago, I thought it was part of a comedy act and did not know that it could be in any way offensive or harmful. Since I have been made aware of the seriousness of this gesture, I will certainly never repeat the gesture and sincerely apologize for any misunderstanding or harm relating to my actions. Hopefully this incident will serve to educate others that we need to be more aware that things that may seem innocuous can actually have a history of hate and hurt. Tony Parker
La quenelle est avant tout un code identitaire, qui a acquis une vraie popularité chez les jeunes. Difficile de dire que tous aient conscience de la portée de ce geste». .. une mouvance transversale, antisystème et complotiste, dont l’antisémitisme reste la colonne vertébrale. Leur vision du monde est celle d’un ordre mondial dominé par l’axe Washington-Tel-Aviv. Derrière les discours fustigeant l’Otan et la finance internationale, tout en soutenant Bachar al-Assad et Hugo Chávez, il y a la conviction qu’au fond, ce sont les Juifs qui tirent les ficelles. Jean-Yves Camus (spécialiste de l’extrême droite)
A présent que ce geste s’est répandu dans toutes les cours de récréation, des milliers de personnes qui faisaient ce geste par amusement et qui ne pensaient pas du tout aux juifs (et oui, Mesdames, Messieurs du Crif, les juifs et la shoah n’occupent pas les pensées de tout le monde, tout le temps….), il est certain que toutes ces personnes pourront se dire « c’est à cause des juifs et d’Israël (bref des sionistes) que l’on ne peut plus rigoler, ils nous cassent les pieds » (et je reste poli…). On sait déjà que la source originelle de l’antisémitisme vient du fait que le judaïsme a instauré pour l’humanité des principes de vie et de morale avec les dix commandements, et que ne plus obéir totalement à son désir, mais avoir des contraintes morales est nécessairement une atteinte à sa liberté (on n’est plus libre de tuer qui on veut, de voler ce qui nous plait, et l’on ne se sent plus aussi bien lorsque l’on pratique l’adultère….). Le désastre, c’est qu’aujourd’hui, pour les centaines de milliers de fans de Dieudonné, il y a un onzième commandement : on ne va plus pouvoir rigoler et faire de bonnes blagues à cause des juifs, des sionistes et d’Israël. Raison de plus pour résister à ce nouveau « diktat moral des juifs » en continuant à faire ce geste…. Cette mise en exergue d’un geste qui n’était qu’un trait de vulgarité, a réveillé un immense caractère antisémite dans des milliers de cerveaux français, et bientôt européens…. Stéphane Haddad
Il se marre. Il se bidonne, il s’éclate, Dieudonné ! La polémique sur la possible interdiction de son show a refait le plein de carburant pour sa petite machine à haine, et à cash. Le ministre de l’Intérieur va demander aux préfets d’invoquer un risque de «trouble à l’ordre public ».« Trouble à l’ordre public » ? C’est presque la Légion d’honneur qui lui est ainsi décernée. Dieudonné se nourrit du «trouble» et conchie l’ «ordre public », qui n’est, pour lui, que l’ordre sioniste, l’ordre des Juifs, l’ordre du « système ». Ses fans s’enflamment : si Dieudonné est ainsi menacé, c’est bien qu’il dérange ! Et qu’il vise juste ! Car le public qui se presse pour assister à son spectacle a évolué, au fil des années, suivant docilement la trajectoire de l’« artiste». Ce n’est plus l’humoriste que l’on va voir pour rigoler un bon coup. C’est le provocateur. C’est l’«antisystème ». A chaque dérapage antisémite, l’assistance est parcourue par le délicieux frisson de l’interdit.  (…) Il faut une solide dose d’aveuglement, ou plutôt de mauvaise foi, pour ne pas traduire correctement le mot « système ». Si le monde va comme il va, c’est parce que les Juifs le font tourner. Il ne s’agit pas seulement d ‘ une vulgaire déclaration raciste. C’est une lecture de l’Histoire : la lecture des nazis. D’ailleurs, la filiation est assumée, avec cette fameuse «quenelle». Ce geste est celui du Docteur Folamour, dans le film du même nom. Incapable de réfréner le salut nazi que fait compulsivement son bras droit, le héros est obligé de le bloquer avec la main gauche. Le gag de Kubrick a fait florès. Mille fois répété, bien avant que Dieudonné s’en saisisse, sa signification est parfaitement claire : je suis nazi, mais je ne dois pas l’exprimer. Il suffit pour s’en convaincre de recenser les lieux choisis par les fans qui se font photographier en pleine quenelle et adressent le cliché au site Internet de Dieudonné : le mémorial de la Shoah à Berlin, la voie ferrée menant à Auschwitz, l’école de Toulouse où Merah a tué des enfants juifs… Rien d’antisémite dans ces choix! Ceux qui font mine de s’interroger sur la portée du geste se foutent du monde. (…) Tiens ? Où est-elle passée, Christiane Taubira, en pleine tourmente Dieudonné ? Quelles instructions a-t-elle données aux parquets généraux ? Il y a de quoi rire, en effet, quand on sait qu’aucune des condamnations déjà prononcées n’a été exécutée . Le Canard enchainé
Cela ne concerne pas toute la France, sinon Jean-Jacques Goldman et Patrick Bruel y seraient des marginaux, tout comme Gad Elmaleh ou Patrick Timsit, mais cela concerne néanmoins une part inquiétante de la population française : il existe en ce pays une nébuleuse fétide où se mêle une extrême droite porteuse de relents pétainistes, catholiques intégristes, nationalistes myopes, anti-israéliens et anti-américains, une extrême-gauche qui ne se distingue de l’extrême droite que parce qu’elle est favorable à l’islamisation du monde et à l’immigration sans contrôles, et, précisément, des courants islamiques eux-mêmes anti-israéliens et anti-américains. L’extrême droite camoufle son antisémitisme sous le manteau de l’ « antisionisme », qui est celui sous lequel s’abritent aussi extrême gauche et courants islamiques. Dieudonné trouve un public dans les divers composants de cette nébuleuse. Il suscite aussi chez des spectateurs de passage une accoutumance à certains parfums. Ces parfums sont ceux de la décomposition. On n’arrêtera pas la décomposition en interdisant des spectacles. Mais si des vagues de révolte contre ce que signifient ces spectacles se lèvent, ce seront des vagues salubres. Et elles ont mon soutien. On n’arrêtera pas le recours à certains gestes en interdisant ceux-ci. Mais faire un geste qui se trouve fait et photographié à Auschwitz, devant des synagogues, devant l’école juive de Toulouse où Merah a assassiné des enfants juifs, devant des photos d’Anne Frank, et j’en passe, c’est faire un geste lourd de sens et lourd de son poids de cadavres, et se voir traité comme un être infâme pour avoir fait ce geste est pleinement légitime. C’est se faire complice, par l’esprit, d’un crime contre l’humanité passé et de crimes contre l’humanité présents : ceux qui frappent des Israéliens et peuvent les frapper. Et que face à ce geste se lèvent aussi des vagues de révolte est sain et légitime. Je crains, hélas, que Dieudonné soit l’un des signes annonciateurs de ce qui vient. Guy Millière
Dans une vidéo postée sur YouTube le 20 août et vue 385 000 fois, Dieudonné, écharpe du Hamas au cou, se délecte de la popularité exponentielle du geste, feignant d’être dépassé par son succès. «Je ne pensais pas que le mouvement de la quenelle irait aussi loin. Aujourd’hui, cet acte subversif ne m’appartient plus, il appartient à la révolution.» S’ensuit un montage photo de «quenelles glissées» par des jeunes, des vieux, des pompiers, des syndicalistes. On retrouve le geste sur des photos de classe et de mariage. D’autres, prises devant des synagogues en France ou à l’étranger et jusqu’au mémorial de la Shoah à Berlin, ne cachent pas leur sous-texte antisémite. Climax de la vidéo, des policiers et militaires en tenue. Hilare, Dieudonné se met à «rêver d’un coup d’Etat au secours du peuple, comme en Egypte». Avec la condamnation du ministère de la Défense, la polémique dépasse désormais le cercle des initiés. Et ce débat amène certains, à l’instar du journaliste Jean-Laurent Cassely, à s’inquiéter d’une éventuelle «dieudonisation des esprits». Libération
La quenelle est, si on ose dire, le bras armé de l’idéologie de Dieudonné. Tout à la fois running gag, symbole politique et bras d’honneur dirigé contre ceux «d’en haut», «glisser une quenelle» consiste à placer sa main ouverte sur son bras opposé, à allonger se dernier pour faire un signe dont la signification est explicite. La référence au salut hitlérien est évidemment volontaire. On a vu d’ailleurs apparaître ces «quenelles» dans le cadre de la campagne du Parti antisioniste, dont il fut l’éphémère tête de liste en Ile de France aux européennes de 2009, sur une affiche électorale dont l’ambiguïté n’était pas vraiment de mise… La quenelle se décline en plusieurs tailles, à jauger en fonction du succès de l’action: petite quenelle, quenelle de 12, quenelle de 40, de 175, quenelle épaulée, etc. Plus la quenelle est longue, plus, bien entendu, le bras d’honneur est profond et procure satisfaction à son auteur. Un registre paillard qui rappelle un peu le slogan de Coluche lors de la présidentielle de 1981, pour laquelle il décidera finalement de se retirer: «Tous ensemble, pour leur foutre au cul». La cible n’est évidemment plus la même. Quant à l’ananas, décliné tout au long de la soirée sous de multiples formes (ananas frais au buffet, fresque géante devant la salle, tee-shirts souvenir, déguisements, etc.), il est omniprésent pour rappeler la cause de la condamnation de l’intéressé pour provocation à la haine: la chanson Shoananas, qu’il reprend en cœur avec son public lors de chaque spectacle, sur l’air de la chanson Chaud Cacao d’Annie Cordy. Le troisième signe de ralliement important qui, avec la quenelle et l’ananas, forme la trinité de la terminologie officielle, c’est l’expression «Au-dessus, c’est le soleil». Traduction: on s’attaque à la chose la plus haute, la plus sacrée possible (la Shoah, mais cela peut aussi s’appliquer à Bernard-Henri Levy ou à Mahmoud Ahmadinejad). Cette phrase peut-être prononcée, imprimée sur tee-shirt, ou encore simplement mimée (il suffit pour cela de tenir son doigt en l’air comme pointé vers le soleil, en mimant avec la bouche une sorte de bisou pour en faire une caricature de rabin). Quant à la quenelle à proprement parler, elle se décline en signes, en tee-shirts, en logos détournés. Elle est devenue une unité de langage. La voici parodiant le logo de Facebook, « réseau social sioniste ». Jean-Laurent Cassely
Malheureusement, toutes ces manœuvres sont non seulement inutiles, mais également contre-productives. Et cela, qu’elles soient légales ou illégales, menées par des individus ou des institutions : la répression ne fonctionne pas lorsqu’elle lutte contre des idées. La répression d’idées « dissidentes » par les pouvoirs publics ou les médias nationaux a un effet pervers : elle leur offre un véritable « diplôme de non-respectabilité ». Cela tient de la logique circulaire : si ces idées sont combattues avec autant d’acharnement par des « représentants du système » (journalistes, commentateurs, intellectuels médiatiques) ou par les pouvoirs publics, c’est qu’elles dérangent. Encore récemment, le Front national utilisait cet effet, s’appuyant sur sa « diabolisation » afin de prouver qu’il constituait un parti d’opposition de premier ordre. Dieudonné l’expliqua lui-même à la suite de sa dernière condamnation : « Je n’ai pas le droit à la prison, c’est évidemment une très très grande déception, parce que je m’y étais préparé, ça faisait partie de ma campagne promotionnelle ». Aujourd’hui, la censure produit l’effet totalement inverse de son objectif premier ; il s’agit de l’une des applications de l’Effet Streisand. Cet effet s’ajoute à celui de la « validation » des idées comme anti-systèmes par les « représentants du système » eux-mêmes. Cette censure confine à l’absurde lorsqu’elle concerne la publication d’œuvres tombées dans le domaine public, comme c’est le cas de celles de Léon Bloy ou d’Edouard Drumont, éditées par Kontre Kulture. À ce premier anachronisme qui consiste à vouloir empêcher la diffusion de textes politiques en France au XXIe siècle, s’ajoute un problème technique et moral : pourquoi empêcher une maison d’édition de publier des textes que n’importe quel internaute peut dénicher gratuitement ? À l’heure de la diffusion numérique massive, même des textes hors-domaine public, donc piratés, s’obtiennent sans difficulté sur internet. Par chance, nous vivons dans une démocratie. Les seules violences exercées contre des porte-paroles d’idéologies jugées inacceptables le sont par des individus n’ayant aucun lien avec les pouvoirs publics. Malgré tout, cette approche fait partie du prisme répressif, du front luttant contre les idées d’Alain Soral et Dieudonné M’bala M’bala. Et comme les approches légales de la répression, il est important de souligner qu’elles sont parfaitement inutiles. La violence, qu’elle soit légalement ou illégalement exercée, affaiblit difficilement les idées. Au contraire : celles-ci se nourrissent des réactions qu’elles engendrent, et se renforcent grâce aux actes engagés contre leurs porte-paroles. Ainsi, les agressions d’Alain Soral et Dieudonné M’bala M’bala, les menaces qu’ils reçoivent et la pression exercée sur les « quenelleurs » sont prises comme des raisons supplémentaires de poursuivre leur combat. La radicalisation d’Alain Soral, par exemple, est postérieure à son agression en 2004, lors d’une dédicace, durant laquelle l’essayiste fut blessé au même titre que ses lecteurs. Que l’on juge nauséabonde ou honorable une idéologie, celle-ci obéit à la même loi : ses défenseurs trouvent dans la répression une raison supplémentaire de tenir tête à leurs adversaires. Les démocrates et les défenseurs de l’ordre républicain devraient se rappeler qu’il y a bien plus d’utilité et de noblesse à défendre l’expression libre d’idées avec lesquelles nous ne sommes pas d’accord. L’Histoire devrait également leur rappeler que le marteau du juge, la matraque du policier ou la barre de fer du militant violent n’ont jamais réussi à arrêter des idées, nauséabondes ou non. Face aux idées, il ne peut y avoir que des idées. La condamnation systématique et aveugle, la haine comme moteur de l’action politique et la mystification de l’adversaire ne sont que des pratiques inefficaces et désuètes. Au mieux, elles troublent le jeu démocratique ; au pire, elles renforcent ceux qu’elles comptaient combattre. Arnaud Lavalade
Dieudonné M’Bala M’Bala was born in a Paris suburb nearly 48 years ago. His mother was white, from Brittany, his father was African, from Cameroun.  This should make him a poster child for the “multiculturalism” the ideologically dominant left claims to promote.  And during the first part of his career, teaming up with his Jewish friend, Elie Simoun, he was just that: campaigning against racism, focusing his criticism on the National Front and even running for office against an NF candidate in the dormitory town of Dreux, some sixty miles West of Paris, where he lives. Like the best humorists, Dieudonné always targeted current events, with a warmth and dignity unusual in the profession. His career flourished, he played in movies, was a guest on television, branched out on his own.  A great observer, he excels at relatively subtle imitations of various personality types and ethnic groups from Africans to Chinese. Ten years ago, on December 1, 2003, as guest on a TV show appropriately called “You Can’t Please Everybody”, dedicated to current events, Dieudonné came on stage roughly disguised as “a convert to Zionist extremism” advising others to get ahead by “joining the American-Israeli Axis of Good”. This was in the first year of the US assault on Iraq, which France’s refusal to join had led Washington to rechristen what it calls “French fries” (Belgian, actually) as “Freedom fries”.  A relatively mild attack on George W. Bush’s “Axis of Evil” seemed totally in the mood of the times. The sketch ended with a brief salute, “Isra-heil”.  This was far from being vintage Dieudonné, but nevertheless, the popular humorist was at the time enthusiastically embraced by other performers while the studio audience gave him a standing ovation. Then the protests started coming in, especially concerning the final gesture seen as likening Israel to Nazi Germany. (…) Thus began a decade of escalation.  LICRA began a long series of lawsuits against him (“incitement to racial hatred”), at first losing, but keeping up the pressure.  Instead of backing down, Dieudonné went farther in his criticism of “Zionism” after each attack.  Meanwhile, Dieudonné was gradually excluded from television appearances and treated as a pariah by mainstream media.  It is only the recent internet profusion of images showing young people making the quenelle sign that has moved the establishment to conclude that a direct attack would be more effective than trying to ignore him. To begin to understand the meaning of the Dieudonné affair, it is necessary to grasp the ideological context.  For reasons too complex to review here, the French left – the left that once was primarily concerned with the welfare of the working class, with social equality, opposition to aggressive war, freedom of speech – has virtually collapsed.  The right has won the decisive economic battle, with the triumph of policies favoring monetary stability and the interests of international investment capital (“neo-liberalism”).  As a consolation prize, the left enjoys a certain ideological dominance, based on anti-racism, anti-nationalism and devotion to the European Union – even to the hypothetical “social Europe” that daily recedes into the cemetery of lost dreams. In fact, this ideology fits perfectly with a globalization geared to the requirements of international finance capital. In the absence of any serious socio-economic left, France has sunk into a sort of “Identity Politics”, which both praises multiculturalism and reacts vehemently against “communitarianism”, that is, the assertion of any unwelcome ethnic particularisms. (…) France has adopted laws to “punish anti-Semitism”.  The result is the opposite.  Such measures simply tend to confirm the old notion that “the Jews run the country” and contribute to growing anti-Semitism.  When French youth see a Franco-Israeli attempt to outlaw a simple gesture, when the Jewish community moves to ban their favorite humorist, anti-Semitism can only grow even more rapidly. Diana Johnstone

Après le mariage,… la victimisation pour tous !

Alors qu’attirés par le goût du sang de la polémique qui enfle et contre toutes les hyprocrites dénégations (« anti-système », on vous dit !) de leurs initiateurs, nos nouveaux tenants du socialisme des imbéciles bouffeurs de rabbins disent chaque jour un peu plus la pathétique vérité de leur geste

Et que d’autres qui avec leurs confrères bouffeurs de curé se sont faits un véritable de fonds de commerce de la caricature la plus débile en sont à dénoncer le jusqu’alors silence assourdissant d’une ministre de la Justice à qui l’on doit déjà deux lois vériticides (historique et biologique) …

Pendant qu ‘outre-manche ou atlantique et sans la moindre loi mémorielle, on ne semble pas trop plaisanter avec ces choses …

Comment ne pas voir après les lois liberticides sur les génocides juif et arménien ou l’actuelle mode des génocides et autres mariages pour tous

Et les tentatives, jusqu’ici heureusement infructueuses, du totalitarisme islamique de faire condamner les caricatures de leur propre prêcheur de haine

L’énième épisode d’un syndrome mimétique et de la concurrence des victimes qui est ici en train de se rejouer dans ce cimetière rempli d’idées chrétiennes devenues folles qu’est devenu notre monde moderne ?

Mais aussi, au-delà des indéniables risques de banalisation (Enderlin-Dieudonné, même combat!) l’immense cadeau que l’on est en train de faire en prétendant le priver de son imprescriptible droit à la bêtise la plus crasse …

A l’humoriste de seconde zone qui, réduit à jouer les victimes (jusqu’à sa propre insolvabilité pendant que Madame dépose la marque de l’objet du délit!) et à multiplier les provocations à l’instar de son pathétique mentor front-nationaliste, avait largement lui aussi dépassé sa date de péremption ?

La « quenelle » de Dieudonné : face aux idées, la répression et la violence sont inutiles

Arnaud Lavalade

Chargé d’études

Le Nouvel Observateur

29-12-2013

Manuel Valls n’a pas de mots assez durs pour définir l’essayiste Alain Soral et l’humoriste Dieudonné M’bala M’bala. Les considérant comme des ennemis de la République, dégoûté par leur « idéologie nauséabonde », il prône désormais l’interdiction des spectacles de Dieudonné.

Du débat public à la répression de la parole

Cette politique répressive est censée faire face à la « dieudonnisation des esprits », et s’inscrit plus globalement dans le cadre de la lutte contre des idées jugées inacceptables. Cette lutte a pu prendre différentes formes, allant de l’agression physique aux interdictions de spectacles par des élus locaux, en passant par de multiples condamnations publiques ou judiciaires.

Entre autres condamnations récentes, la maison d’édition Kontre Kulture, diffusant les œuvres des deux militants, s’est vue forcée de censurer plusieurs de ses ouvrages. En parallèle, Dieudonné M’bala M’bala a été condamné en appel pour sa chanson « Shoah Nanas » à 28.000 euros d’amende.

La répression systématique étendue aux « quenelleurs »

Cette répression s’étend également à tous ceux affichant, de près ou de loin, des affinités pour le duo polémique. Entre autres : les « quenelleurs », pratiquant le geste de la quenelle, considéré par certains comme une sorte de bras d’honneur, par d’autres comme un salut nazi ou un signe simplement antisémite.

Les actions « anti-quenelles » reprennent un schéma comparable : ennuis professionnels, condamnations publiques, procès, voire des actes illégaux accomplis par des activistes, tels que des piratages informatiques ou violences physiques. En sus, on attend de toute célébrité ayant déjà réalisé une quenelle qu’elle s’explique publiquement sur son geste.

Malheureusement, toutes ces manœuvres sont non seulement inutiles, mais également contre-productives. Et cela, qu’elles soient légales ou illégales, menées par des individus ou des institutions : la répression ne fonctionne pas lorsqu’elle lutte contre des idées.

La répression décerne le titre « d’ennemi du système »

La répression d’idées « dissidentes » par les pouvoirs publics ou les médias nationaux a un effet pervers : elle leur offre un véritable « diplôme de non-respectabilité ».

Cela tient de la logique circulaire : si ces idées sont combattues avec autant d’acharnement par des « représentants du système » (journalistes, commentateurs, intellectuels médiatiques) ou par les pouvoirs publics, c’est qu’elles dérangent. Encore récemment, le Front national utilisait cet effet, s’appuyant sur sa « diabolisation » afin de prouver qu’il constituait un parti d’opposition de premier ordre.

Dieudonné l’expliqua lui-même à la suite de sa dernière condamnation : « Je n’ai pas le droit à la prison, c’est évidemment une très très grande déception, parce que je m’y étais préparé, ça faisait partie de ma campagne promotionnelle ».

La censure, un outil désuet

Aujourd’hui, la censure produit l’effet totalement inverse de son objectif premier ; il s’agit de l’une des applications de l’Effet Streisand. Cet effet s’ajoute à celui de la « validation » des idées comme anti-systèmes par les « représentants du système » eux-mêmes.

Cette censure confine à l’absurde lorsqu’elle concerne la publication d’œuvres tombées dans le domaine public, comme c’est le cas de celles de Léon Bloy ou d’Edouard Drumont, éditées par Kontre Kulture.

À ce premier anachronisme qui consiste à vouloir empêcher la diffusion de textes politiques en France au XXIe siècle, s’ajoute un problème technique et moral : pourquoi empêcher une maison d’édition de publier des textes que n’importe quel internaute peut dénicher gratuitement ?

À l’heure de la diffusion numérique massive, même des textes hors-domaine public, donc piratés, s’obtiennent sans difficulté sur internet.

Une violence inutile

Par chance, nous vivons dans une démocratie. Les seules violences exercées contre des porte-paroles d’idéologies jugées inacceptables le sont par des individus n’ayant aucun lien avec les pouvoirs publics. Malgré tout, cette approche fait partie du prisme répressif, du front luttant contre les idées d’Alain Soral et Dieudonné M’bala M’bala. Et comme les approches légales de la répression, il est important de souligner qu’elles sont parfaitement inutiles.

La violence, qu’elle soit légalement ou illégalement exercée, affaiblit difficilement les idées. Au contraire : celles-ci se nourrissent des réactions qu’elles engendrent, et se renforcent grâce aux actes engagés contre leurs porte-paroles.

Ainsi, les agressions d’Alain Soral et Dieudonné M’bala M’bala, les menaces qu’ils reçoivent et la pression exercée sur les « quenelleurs » sont prises comme des raisons supplémentaires de poursuivre leur combat. La radicalisation d’Alain Soral, par exemple, est postérieure à son agression en 2004, lors d’une dédicace, durant laquelle l’essayiste fut blessé au même titre que ses lecteurs.

Une répression contre-productive

Que l’on juge nauséabonde ou honorable une idéologie, celle-ci obéit à la même loi : ses défenseurs trouvent dans la répression une raison supplémentaire de tenir tête à leurs adversaires.

Les démocrates et les défenseurs de l’ordre républicain devraient se rappeler qu’il y a bien plus d’utilité et de noblesse à défendre l’expression libre d’idées avec lesquelles nous ne sommes pas d’accord. L’Histoire devrait également leur rappeler que le marteau du juge, la matraque du policier ou la barre de fer du militant violent n’ont jamais réussi à arrêter des idées, nauséabondes ou non.

Face aux idées, il ne peut y avoir que des idées. La condamnation systématique et aveugle, la haine comme moteur de l’action politique et la mystification de l’adversaire ne sont que des pratiques inefficaces et désuètes. Au mieux, elles troublent le jeu démocratique ; au pire, elles renforcent ceux qu’elles comptaient combattre.

Voir aussi:

Ca part en quenelle

Louis-Marie Horeau

Le Canard enchainé

31 décembre 2013

Il se marre. Il se bidonne, il s’éclate, Dieudonné ! La polémique sur la possible interdiction de son show a refait le plein de carburant pour sa petite machine à haine, et à cash. Le ministre de l’Intérieur va demander aux préfets d’invoquer un risque de «trouble à l’ordre public ».

« Trouble à l’ordre public » ?

C’est presque la Légion d’honneur qui lui est ainsi décernée. Dieudonné se nourrit du «trouble» et conchie l’ «ordre public », qui n’est, pour lui, que l’ordre sioniste, l’ordre des Juifs, l’ordre du « système ».

Ses fans s’enflamment : si Dieudonné est ainsi menacé, c’est bien qu’il dérange ! Et qu’il vise juste ! Car le public qui se presse pour assister à son spectacle a évolué, au fil des années, suivant docilement la trajectoire de l’« artiste». Ce n’est plus l’humoriste que l’on va voir pour rigoler un bon coup. C’est le provocateur. C’est l’«antisystème ».

A chaque dérapage antisémite, l’assistance est parcourue par le délicieux frisson de l’interdit. Le sommet est atteint quand Dieudonné se lâche et reprend dans un sketche les termes d’une plainte déposée par son avocat. « La sodomie ne pouvant être réalisée sur des restes calcinés de corps humains sortis des fours crématoires nazis, et pire encore après qu’ils aient été transformés en savon…» Applaudissements.

Il faut une solide dose d’aveuglement, ou plutôt de mauvaise foi, pour ne pas traduire correctement le mot « système ». Si le monde va comme il va, c’est parce que les Juifs le font tourner. Il ne s’agit pas seulement d ‘ une vulgaire déclaration raciste. C’est une lecture de l’Histoire : la lecture des nazis.

D’ailleurs, la filiation est assumée, avec cette fameuse «quenelle». Ce geste est celui du Docteur Folamour, dans le film du même nom. Incapable de réfréner le salut nazi que fait compulsivement son bras droit, le héros est obligé de le bloquer avec la main gauche. Le gag de Kubrick a fait florès. Mille fois répété, bien avant que Dieudonné s’en saisisse, sa signification est parfaitement claire : je suis nazi, mais je ne dois pas l’exprimer. Il suffit pour s’en convaincre de recenser les lieux choisis par les fans qui se font photographier en pleine quenelle et adressent le cliché au site Internet de Dieudonné : le mémorial de la Shoah à Berlin, la voie ferrée menant à Auschwitz, l’école de Toulouse où Merah a tué des enfants juifs… Rien d’antisémite dans ces choix! Ceux qui font mine de s’interroger sur la portée du geste se foutent du monde. Et ils font rigoler Dieudonné.

Ce ne sont pas quelques arrêtés d’interdiction qui vont l’empêcher de se marrer. Toutes les tentatives dans ce sens se sont heurtées au droit et ont été annulées par les tribunaux administratifs . Le régime de la censure préalable n’a plus le droit de cité en France, et c’est heureux . En revanche, la justice a son mot à dire. Et elle le dit : plusieurs condamnations ont déjà été prononcées, d’autres sont à venir. Et Dieudonné rigole toujours. Il rigole parce que les poursuites sont engagées par des particuliers ou des associations. Les procureurs de la République roupillent. La Chancellerie regarde ailleurs, la ministre de la Justice se tait.

Tiens ? Où est-elle passée, Christiane Taubira, en pleine tourmente Dieudonné ? Quelles instructions a-t-elle données aux parquets généraux ? Il y a de quoi rire, en effet, quand on sait qu’aucune des condamnations déjà prononcées n’a été exécutée . Dieudonné se marre, et il y a de quoi. Le ministre de l’Intérieur se fâche, et il a raison, mais il est impuissant. La ministre qui pourrait agir est aux abonnés absents . Une idée de sketch pour le prochain spectacle ?

Voir également:

Dieudonné et sa « quenelle » : lettre à mes amis (encore) fans de l’humoriste

Thomas Carre-Pierrat

Le Nouvel observateur

28-12-2013

Vous êtes encore quelques-uns, dans mon entourage, à vouloir rigoler des blagues de Dieudonné. Pendant longtemps, il fut l’un de nos comiques préférés, pour ne pas dire le premier. Il était assurément l’humoriste le plus doué de sa génération ; un comédien génial et un auteur d’exception.

Comme vous, je suis encore capable de réciter certains de ses sketchs par cœur. Mais voilà, cela fait un moment que « Dieudo », comme vous l’appelez encore, ne me fait plus marrer. En fait, j’ai décroché le jour où j’ai compris qu’il se moquait ouvertement de nous.

Dieudonné a basculé dans la mouvance d’extrême droite

Malheureusement, Dieudonné n’est plus un provocateur, un type subversif qui utilisent l’humour pour taper où cela fait mal. Il est devenu un homme politique qui se sert de ses spectacles pour diffuser des idées qui nous ulcèrent par ailleurs.

Dans un souci de cohérence, j’ai dû arrêter de le soutenir car je ne pouvais plus cautionner un mec qui traîne dans la nébuleuse de l’extrême droite et fréquente des hauts responsables du Front national, ce parti contre lequel nous avons si souvent usé nos souliers.

Essayez de répondre franchement et de manière convaincante aux questions suivantes : comment peut-on apprécier un type qui était venu consoler Jean-Marie Le Pen après sa défaite à la présidentielle en 2007 ? A-t-on envie de s’asseoir sur les bancs de son théâtre qui a servi de salle de formation pour des militants du Front National ? Est-il vraiment drôle et subversif de choisir Jean-Marie Le Pen pour être le parrain de sa fille ? Auriez-vous envie comme Dieudonné, d’aller boire des coups avec Serge Ayoub, l’un des leaders des skinheads français, après la mort du militant antifasciste Clément Méric ?

La vérité est tristement factuelle. Dieudonné est aujourd’hui un militant d’extrême droite. Cela ne signifie pas que vous l’êtes également. Mais, lorsque vous regardez ses spectacles, un certain nombre de vos voisins viennent précisément pour cette raison.

Car eux, ont bien compris que Dieudonné ne blaguait pas sur les juifs comme il est capable de le faire avec les musulmans, les catholiques ou les bouddhistes. Ils savent que Dieudonné est passé, au fil du temps, d’antisioniste à antisémite. Il fait partie de ces gens qui croient réellement en l’existence d’un lobby juif dont nous serions les frêles marionnettes.

Un humoriste qui vous coupe l’appétit

Le seul trait de génie dont on peut encore créditer Dieudonné, est précisément de s’appuyer sur cette ambiguïté entre l’humoriste et le politique pour faire passer un message purement et banalement antisémite. En cela, et pour le paraphraser, Dieudonné est la branche comique de l’extrême droite.

Je préfère le répéter une nouvelle fois ; cela ne signifie pas, chers amis, que vous seriez également d’extrême droite, de la même manière que bien des « quenelles » n’ont aucun soubassement antisémite.

Mais, en participant à cela, vous cautionnez son combat nauséabond et vous faites prospérer la boutique de Dieudonné et de ses nouveaux camarades.

Comment peut-on critiquer, à juste titre, les hommes politiques qui stigmatisent les étrangers, les musulmans ou les Roms pour chasser sur les terres du FN et continuer d’applaudir un mec qui mange déjà à la table des Le Pen ? Personnellement, cela me coupe définitivement l’appétit.

Le « système » n’est pas l’ennemi de Dieudonné mais son gagne-pain

En réalité, Dieudonné vous a fait cocu avec l’extrême-droite et vous continuez à fermer les yeux parce que vous aimez son image de rebelle, pourfendeur du « système ». Désolé de vous décevoir là-aussi, mais Dieudonné n’est qu’un rebelle de supermarché, un provocateur de bac à sable.

Franchement, peut-on se présenter comme un adversaire du « système » et se faire prendre en photo avec des Yannick Noah, Tony Parker ou Mamadou Sakho, c’est-à-dire des millionnaires, purs produits du système et dont la conscience politique est comparable à l’érudition de Nabilla.

Si vous souhaitez éveiller vos consciences, ou lutter contre l’ordre établi, je vous recommande plutôt de lire des livres de Noam Chomsky ou Naomi Klein. Leurs œuvres sont moins drôles, mais légèrement plus pertinentes et argumentés que les saillies inutiles de Dieudonné.

Le « système » n’est pas l’ennemi de Dieudonné mais son gagne-pain. Dans la plus pure tradition de l’extrême droite, il joue sur les peurs et les indignations de son public en lui livrant un bouc-émissaire éternel, le prétendu lobby juif. En plus d’avoir perdu son sens de l’humour, Dieudonné est un piètre penseur sans idée et dont l’idéologie ne procède que d’un délire paranoïaque.

Il faut tourner définitivement la page

L’humoriste Dieudonné est malheureusement mort et il faut être capable d’en faire son deuil. Comme tous les grands, il est irremplaçable. Sa pathétique réincarnation qui s’agite au Théâtre de la Main d’or est épouvantable. Malgré les légères ressemblances, il est vain de vouloir le défendre. Il n’y a plus rien à faire si ce n’est tourner définitivement la page.

Plus que d’éventuelles interdictions des pouvoirs publics ou de sanctions judiciaires qui le maintiendraient confortablement dans sa position de victime, Dieudonné doit être condamné par son public.

Chers amis, en cette fin d’année, prenez une bonne résolution : cessez de rire aux sketches de ce personnage car, à chacun de vos applaudissements, derrière la scène, c’est l’extrême droite qui se frotte les mains.

Voir également:

Les «quenelles» de Dieudonné laissent un sale goût

Guillaume Gendron

Libération

12 septembre 2013

RÉCIT

Le salut inventé par l’humoriste condamné pour antisémitisme a essaimé sur le Web. Des sanctions contre deux soldats qui ont reproduit le geste vont être prises.

Main ouverte près de l’épaule, bras opposé tendu vers le bas, paume ouverte et doigts joints, les deux militaires posent devant une synagogue, rue de Montevidéo, dans le XVIe arrondissement de Paris. Tout sourire, les deux chasseurs alpins en mission Vigipirate dans la capitale reproduisent le geste dit de la «quenelle», dont la paternité est revendiquée par l’humoriste controversé Dieudonné, poursuivi et condamné à plusieurs reprises pour des propos antisémites. La photo, qui circule depuis quelques semaines sur les réseaux sociaux après sa publication sur un site «antisioniste», a provoqué l’ire de Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, qui a réclamé mardi des sanctions à l’encontre des deux militaires. «Ils ont porté atteinte à l’uniforme et aux valeurs de l’armée de terre», a fait savoir, hier, Pierre Bayle, porte-parole du ministère de la Défense, qui a envoyé un «rappel au règlement à l’ensemble des personnels».

Totem. Depuis la diffusion du cliché par le magazine le Point en début de semaine, plusieurs autres photos de soldats «glissant des quenelles», selon l’expression consacrée par Dieudonné, avaient fait surface. Une source militaire parle même «d’un phénomène de mode», invisible aux yeux du grand public mais loin de se limiter aux rangs de l’armée. Bras d’honneur «bien profond dans le cul du système» pour ses ouailles ou ersatz de salut nazi à peine déguisé pour ses détracteurs, la «quenelle» de Dieudonné est à la fois un signe de ralliement et un message subliminal. Comme les ananas, autre totem des dieudonâtres faisant référence à la chanson Shoahnanas (un détournement antisémite de la chanson Cho Ka Ka O d’Annie Cordy pour laquelle il a été condamné fin 2012), la quenelle est d’autant plus réussie quand elle passe inaperçue aux yeux des profanes et des principales cibles de la vindicte dieudonesque. Soit les «sionistes», les médias et «le système».

Code. D’année en année, parallèlement à l’ostracisation plus ou moins orchestrée de l’humoriste enchaînant les dérapages, la quenelle s’est répandue sur la fachosphère. Quitte à être reprise par des milliers d’anonymes et des personnalités qui n’en mesurent pas totalement la symbolique, à l’image d’un Tony Parker immortalisé en compagnie de Dieudonné dans les coulisses du théâtre de la Main d’or ou du footballeur montpellierain Mathieu Deplagne après avoir marqué un but. «La quenelle est avant tout un code identitaire, qui a acquis une vraie popularité chez les jeunes. Difficile de dire que tous aient conscience de la portée de ce geste», estime Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême droite. Le politologue définit cependant le groupe hétéroclite de fans de Dieudonné comme «une mouvance transversale, antisystème et complotiste, dont l’antisémitisme reste la colonne vertébrale. Leur vision du monde est celle d’un ordre mondial dominé par l’axe Washington-Tel-Aviv. Derrière les discours fustigeant l’Otan et la finance internationale, tout en soutenant Bachar al-Assad et Hugo Chávez, il y a la conviction qu’au fond, ce sont les Juifs qui tirent les ficelles.»

Les origines du geste sont floues, sans cesse réinventées par son géniteur. En revanche, son usage systématique lors des apparitions publiques de Dieudonné date de la «liste antisioniste», qu’il a présentée en Ile-de-France lors des européennes de 2009, au côté d’Alain Soral, ex-plume de Jean-Marie Le Pen, devenu gourou idéologique de l’humoriste. A l’époque, Dieudonné se réjouissait à «l’idée de glisser [sa] petite quenelle dans le fond du fion du sionisme», comme il l’avait déclaré à Libération. Aujourd’hui, la quenelle se veut «révolutionnaire».

Dans une vidéo postée sur YouTube le 20 août et vue 385 000 fois, Dieudonné, écharpe du Hamas au cou, se délecte de la popularité exponentielle du geste, feignant d’être dépassé par son succès. «Je ne pensais pas que le mouvement de la quenelle irait aussi loin. Aujourd’hui, cet acte subversif ne m’appartient plus, il appartient à la révolution.» S’ensuit un montage photo de «quenelles glissées» par des jeunes, des vieux, des pompiers, des syndicalistes. On retrouve le geste sur des photos de classe et de mariage. D’autres, prises devant des synagogues en France ou à l’étranger et jusqu’au mémorial de la Shoah à Berlin, ne cachent pas leur sous-texte antisémite. Climax de la vidéo, des policiers et militaires en tenue. Hilare, Dieudonné se met à «rêver d’un coup d’Etat au secours du peuple, comme en Egypte». Avec la condamnation du ministère de la Défense, la polémique dépasse désormais le cercle des initiés. Et ce débat amène certains, à l’instar du journaliste Jean-Laurent Cassely, à s’inquiéter d’une éventuelle «dieudonisation des esprits».

Voir encore:

La dieudonnisation des esprits, une (grosse) quenelle qui vient d’en bas

Jean-Laurent Cassely

Slate

27/06/2013

Un reportage de juin 2013. Le soir de la fête de la musique, Dieudonné tenait son grand meeting annuel, «Le Bal des Quenelles», entre festival d’humour et université d’été politique. Grâce à un ensemble de signes cryptés, il a formé en dix ans une petite contre-culture autour de lui: vous l’avez vu récemment dans Top Chef, Secret Story ou encore Pékin Express… Sans même le savoir.

Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, souhaite faire interdire les spectacles de Dieudonné. Dans une interview au Parisien, Manuel Valls rappelle que «Dieudonné a été condamné à plusieurs reprises pour diffamation, injures et provocation à la haine raciale». «C’est donc un récidiviste et j’entends agir avec la plus grande fermeté, dans le cadre de la loi» déclare-t-il. Nous republions à cette occasion le reportage de Jean-Laurent Cassely à l’un des spectacles de Dieudonné.

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Un automobiliste roulant le 21 juin dans les environs de Saint-Lubin-de-la-Haye, à la limite de l’Ile-de-France et de la région Centre, serait tombé ce soir-là sur de petits panneaux indiquant la simple mention «quenelles» en bord de route, près d’un élevage bovin.

Il aurait peut-être cru qu’il s’agissait d’une vente directe de cette spécialité, mais aurait tiqué en se souvenant que c’est plutôt vers Lyon qu’on apprécie ce plat. Quelques virages plus loin, l’automobiliste aurait alors croisé, entassés dans une petite voiture, des jeunes brandissant des ananas depuis les fenêtres, ce qui leur procurait manifestement une très grande excitation.

Songeur, notre automobiliste imaginaire aurait alors continué sa route, s’interrogeant sur les mœurs curieuses de cette partie calme et isolée du pays. Sans se douter une seconde qu’à quelques kilomètres de là, la «Dieudosphère» tenait son grand rassemblement annuel.

C’est à cela qu’on reconnaît que Dieudonné a construit, patiemment et avec obstination, une petite contre-société, qui dispose désormais de signes de reconnaissance et de communication très sûrs, car totalement ésotériques pour le profane, mais très visibles même dans les médias les plus grand public.

Ananas, soleil, quenelle: une grammaire de la dieudosphère

La quenelle est, si on ose dire, le bras armé de l’idéologie de Dieudonné. Tout à la fois running gag, symbole politique et bras d’honneur dirigé contre ceux «d’en haut», «glisser une quenelle» consiste à placer sa main ouverte sur son bras opposé, à allonger se dernier pour faire un signe dont la signification est explicite. La référence au salut hitlérien est évidemment volontaire.

On a vu d’ailleurs apparaître ces «quenelles» dans le cadre de la campagne du Parti antisioniste, dont il fut l’éphémère tête de liste en Ile de France aux européennes de 2009, sur une affiche électorale dont l’ambiguïté n’était pas vraiment de mise…

La quenelle se décline en plusieurs tailles, à jauger en fonction du succès de l’action: petite quenelle, quenelle de 12, quenelle de 40, de 175, quenelle épaulée, etc. Plus la quenelle est longue, plus, bien entendu, le bras d’honneur est profond et procure satisfaction à son auteur. Un registre paillard qui rappelle un peu le slogan de Coluche lors de la présidentielle de 1981, pour laquelle il décidera finalement de se retirer: «Tous ensemble, pour leur foutre au cul». La cible n’est évidemment plus la même.

Quant à l’ananas, décliné tout au long de la soirée sous de multiples formes (ananas frais au buffet, fresque géante devant la salle, tee-shirts souvenir, déguisements, etc.), il est omniprésent pour rappeler la cause de la condamnation de l’intéressé pour provocation à la haine: la chanson Shoananas, qu’il reprend en cœur avec son public lors de chaque spectacle, sur l’air de la chanson Chaud Cacao d’Annie Cordy (Dieudonné a fait appel du jugement).

Depuis cette condamnation, la chanson Shoananas est le clou du spectacle Foxtrot, qui a tourné dans toute la France ces derniers mois. A chaque fois, Dieudonné fait mine de ne plus pouvoir la faire chanter à son public, sous peine de poursuites judiciaires… Et, bien sûr, finit par l’interpréter, pour le plus grand plaisir de la salle qui chante en choeur avec lui.

A l’entrée du Bal des quenelles, une fresque géante d’ananas donne le ton…

Le troisième signe de ralliement important qui, avec la quenelle et l’ananas, forme la trinité de la terminologie officielle, c’est l’expression «Au-dessus, c’est le soleil». Traduction: on s’attaque à la chose la plus haute, la plus sacrée possible (la Shoah, mais cela peut aussi s’appliquer à Bernard-Henri Levy ou à Mahmoud Ahmadinejad).

Cette phrase peut-être prononcée, imprimée sur tee-shirt, ou encore simplement mimée (il suffit pour cela de tenir son doigt en l’air comme pointé vers le soleil, en mimant avec la bouche une sorte de bisou pour en faire une caricature de rabin).

Un gif animé qui capture la gestuelle caractéristique du «Soleil». Mémorisez-là, c’est utile pour la suite de l’article

Quant à la quenelle à proprement parler, elle se décline en signes, en tee-shirts, en logos détournés. Elle est devenue une unité de langage. La voici parodiant le logo de Facebook, «réseau social sioniste».

Source: Dieudosphère

A l’entrée du Bal des quenelles, qui se déroule chaque année dans le vaste hangar où l’artiste tourne ses films, les fans venus de loin immortalisent ce moment en se faisant prendre en photo entre deux humains déguisés en ananas, mimant la fameuse quenelle. Un peu comme à Disneyland, quand Mickey ou Pluto viennent prendre la pose avec vos enfants…

Deux des trois signes codés de la dieudosphère: l’ananas et la quenelle, ici au Bal des quenelles 2013

Prendre la pose en mimant une quenelle est devenu un rituel chez les admirateurs de Dieudonné. Pour ce dernier, les quenelles sont un instrument politique: en demandant à ses fans de lui envoyer les photos et en les postant sur le mur de son compte Facebook officiel, il veut montrer à quel point il est soutenu par la base.

Ici à Strasbourg, la quenelle géante à laquelle le public est invité à participer en fin de spectacle se présente comme la défense de la liberté d’expression, et un bras d’honneur aux maires qui tentent de faire interdire le spectacle pour trouble à l’ordre public

Un public jeune et mélangé

Les gens sont venus nombreux: en couple, entre amis, la plupart se sont retrouvés à la gare voisine d’Houdan, d’où l’équipe de Dieudonné indiquait la route pour se rendre sur place, l’information n’étant pas disponible sur les billets sans doute pour éviter de voir la fête troublée par des opposants. De sympathiques jeunes gens m’ont amené en voiture jusqu’à la salle. D’ailleurs presque tous les participants sont jeunes.

Derrière moi, dans la queue pour accéder au buffet, deux très jeunes musulmans discutent du «Prophète», de ce qu’il autorise et ce qu’il interdit en matière d’alimentation, de culture, etc. Certains jeunes issus de l’immigration qui vivent leur revival religieux peuvent être naturellement séduits par les combats politiques de Dieudonné autour de la question palestinienne (ne me demandez pas de quantifier cette affirmation, évidemment nous n’en savons rien).

La recherche d’une vérité alternative basée sur un relativisme généralisé —le monde selon Dieudonné— a fini par séduire des populations hétéroclites. Tout un petit peuple de rastas blancs, qu’on imaginerait plutôt dans un festival reggae ou une free party. Une frange de l’extrême gauche altermondialiste, qu’on reconnaîtra facilement au port du tee-shirt à l’effigie d’Hugo Chavez ou au total look joueur de diabolo à Rennes. On supposera que cette jeunesse est plutôt arrivée là par le biais de la critique radicale des médias, de l’oligarchie et du «nouvel ordre mondial» que par le prisme du conflit israélo-palestinien, encore que les deux logiques aient tendance à s’entrecroiser.

Des partisans de Bachar el-Assad brandissant des drapeaux syriens et des portraits à l’effigie du dictateur sont d’ailleurs venus recevoir leur «Quenelle d’or» (catégorie «pour l’ensemble de son œuvre»), la petite statuette inspirée des César que Dieudonné distribue lors de ce bal annuel à ses soutiens ou à ceux qui partagent ses combats. Selon le site révisionniste Entre la plume et l’enclume, la quenelle sera d’ailleurs remise en mains propres au président syrien.

Quelques authentiques militants d’extrême droite, qui regrettent l’absence du négationniste Faurisson, sont aussi présents mais ne semblent pas représenter la majorité du public… En revanche on retrouve dans ces soirées les animateurs du réseau qui sont désormais des relais artistiques sur internet de la pensée «antisioniste», selon l’expression consacrée: le Jamel Comedy Club de Dieudonné. Car en un peu plus d’une décennie, Dieudonné a fait école.

Très présents sur Internet, ils publient des BD, des pamphlets ou des vidéos, comme les dessinateurs Zéon et Joe Lecorbeau —un «glisseur de quenelles» qui réalise des détournements dieudonniens de BD célèbres comme Astérix ou Tintin— ou sont actifs dans l’écriture et l’idéologie, comme Salim Laïbi (alias «Le libre penseur») et Alain Soral bien sûr —dit «Maître quenellier», distinction qu’il est le seul à partager avec Dieudonné.

La première partie était assurée par le comique Jo Damas, et par le régisseur des spectacles de Dieudonné, l’acteur Jacky Sigaux, célèbre pour son rôle du juif déporté dans les précédents spectacles du comédien, et qui est monté sur scène dans le personnage de «Samuel» pour se lancer dans une lamentation musicale intitulée «Je suis juif». Personnage copieusement hué par la salle.

Dieudonnisation médiatique ou l’entrisme de la quenelle

Mais ce «Dieudonnisme», que vous croyiez ne plus avoir aperçu dans les médias depuis un sketch chez Marc-Olivier Fogiel devant Jamel Debbouze en 2003, a su faire grimper son influence à la télévision, par des moyens souvent détournés et grâce à ses petites quenelles:

Le 23 janvier 2013, le footballeur de Montpellier Mathieu Deplagne marque son premier but en pro face au FC Sochaux. Pour son petit geste de parade, le footballeur mime alors une «quenelle». Le lendemain, il fait la une de Midi Libre.

Il est venu, le 21 juin, récupérer sa Quenelle d’Or, «catégorie sportive», des mains de Dieudonné.

Les sportifs sont, à l’image de Tony Parker, nombreux à effectuer ces clins d’oeil à l’humoriste.

Ci-dessous, Didier Dinart et Nikola Karabatic de l’équipe de France de hand.

Source: Facebook Dieudonné officiel

… Et oui, Yannick Noah aussi

Dans les émissions de téléréalité aussi, Dieudonné fait des apparitions fréquentes grâce à l’astuce de ses fans.

Sur TF1, dans l’émission Bienvenue chez nous du 20 juin, un jeune homme est apparu portant un tee-shirt «Au-dessus c’est le soleil».

Réaction de joie immédiate sur la page Facebook de Dieudonné:

«En direct sur TF1 ça glisse de la quenelle !!»

Et réactions enchantées du public:

Un peu plus tôt dans le mois, c’est cette fois l’équipe de la saison 2013 de Pékin Express (M6) qui pose en faisant une quenelle. Et il n’est pas inintéressant de reprendre la description que fait un blog pro-Dieudonné des participants, en tout point conforme au type de population que l’on trouvait au Bal des quenelles, c’est-à-dire des profils de classes moyennes et populaires.

«Denis (28 ans, comptable) & Julie (30 ans, chargée de communication), deux corses/ Linda & Salim (Un couple. Ils ont tout deux 33 ans et sont techniciens)/ Fabien (26 ans, barman et mannequin) & Tarik (51 ans, chanteur) : Père et fils.»

Le 5 mars 2013, c’était un candidat de Top Chef, l’émission culinaire star de M6, qui faisait une référence à Dieudonné en citant la phrase «Au-dessus, c’est le soleil». Mais est-ce vraiment une référence volontaire? Difficile à dire (à 2’56 dans la vidéo).

En 2010, c’est une équipe de candidats de l’émission Secret Story qui, interrogée lors d’un des appartés face caméra pour commenter les derniers épisodes, affirme avoir glissé une grosse quenelle à ses concurrents. Benjamin Castaldi lui-même reprend la formulation sur le plateau.

Sur Internet, les forums proches de l’humoriste exultent devant l’ironie de la situation. La principale chaîne du système vient de rendre un hommage appuyé bien qu’involontaire à l’humoriste le plus boycotté de France. Qui plus est, Secret Story est produit par Endemol, la société d’Arthur, ennemi juré de Dieudonné. L’archive a été rapidement supprimée, mais elle est encore visionnable sur le site russe Rutube.

Le niveau de conscience politique des multiples candidats de téléréalité qui citent du Dieudonné est difficile à évaluer, bien entendu (leur niveau de conscience tout court, peut-être, aussi). Mais le phénomène est bien réel.

Est-ce vraiment surprenant? Le dernier spectacle de Dieudonné, Foxtrot, a fait le plein des Zenith de France, réunissant 2 à 4.000 spectateurs par ville. Posté le 18 juin sur YouTube, ce dernier avait, le 23, été visionné près de 300.000 fois (vidéo aujourd’hui retirée). Quant au grand raout annuel des troupes, le Bal des quenelles, l’édition 2013 a écoulé toutes ses places, et il est raisonnable d’estimer l’affluence à un petit millier de personnes.

L’activité protéiforme de Dieudonné et sa capacité à se placer simultanément sur plusieurs tableaux constitue un phénomène assez nouveau. Il se passe bien quelque chose, mais on ne sait pas encore vraiment quoi.

Voir de plus:

Quenelle de Dieudonné : la stupidité des élites juives

Stephane Haddad

Riposte laïque

31 décembre 2013

La Quenelle de Dieudonné a pris des proportions considérables et comme son inventeur antisémite, le proclame fièrement, « ça ne lui appartient plus, ça appartient à l’Histoire ».

Il convient de rappeler que ce geste est apparu il y a au moins 5 ans. Dieudonné a mis ce geste à toutes les sauces, en visant les politiques, les administrations, le gouvernement, les américains, les juifs, etc. Personne ne l’avait remarqué pour autre chose que sa façon de faire rire son public, de la même manière que chaque humoriste a ses marottes et ses postures pour être identifié et se démarquer.

Pour l’immense majorité des personnes, dont je suis, il pouvait être considéré comme un geste provocateur, vulgaire ou drôle selon l’humeur et l’humour de chacun, mais pas comme le salut nazi inversé. La meilleure preuve en est que, pendant des années, ce geste ne soulevait pas l’indignation qu’il provoque aujourd’hui, et n’avait pas gagné une popularité d’une telle ampleur.

Il a fallu qu’un esprit peu éclairé de la communauté, décide que c’était là le symbole du salut Nazi inversé pour lui donner à présent cette unique signification et que le phénomène prenne des proportions considérables et irrattrapables….

Il fallait qu’un esprit en mal de reconnaissance, qui se croyait plus intelligent que les autres, « shoatise » le geste, pour se faire remarquer ( ?), ou pour déclarer vouloir lutter contre Dieudonné alors qu’il y a bien d’autres moyens et raison de le combattre et de le critiquer (une des meilleures étant probablement d’aller sur son terrain, et de le moquer, en le caricaturant en grouillot lèche babouche de l’Iran et des islamistes ce que personne ne fait…).

Même si il est possible que Dieudonné ait eu cette idée dès la création de cette posture, elle ne faisait pas les ravages actuelles qu’elle provoque avant qu’elle soit requalifiée de la sorte. De surcroit, Dieudonné « surfant sur la vague du succès » a, à présent, légèrement modifié le geste en baissant un peu le niveau de la main, pour effectivement le rapprocher du salut nazi inversé.

En décrétant ce geste comme le symbole du mal absolu, cette personne a de façon évidente offert sa plus belle victoire à Dieudonné, un peu comme lorsque l’on ouvre un programme indésirable dans un ordinateur, et qu’un virus contamine tout le réseau. C’est un désastre.

Il y a de surcroit un effet pervers beaucoup plus redoutable qui a été réveillé.

A présent que ce geste s’est répandu dans toutes les cours de récréation, des milliers de personnes qui faisaient ce geste par amusement et qui ne pensaient pas du tout aux juifs (et oui, Mesdames, Messieurs du Crif, les juifs et la shoah n’occupent pas les pensées de tout le monde, tout le temps….), il est certain que toutes ces personnes pourront se dire « c’est à cause des juifs et d’Israël (bref des sionistes) que l’on ne peut plus rigoler, ils nous cassent les pieds » (et je reste poli…).

On sait déjà que la source originelle de l’antisémitisme vient du fait que le judaïsme a instauré pour l’humanité des principes de vie et de morale avec les dix commandements, et que ne plus obéir totalement à son désir, mais avoir des contraintes morales est nécessairement une atteinte à sa liberté (on n’est plus libre de tuer qui on veut, de voler ce qui nous plait, et l’on ne se sent plus aussi bien lorsque l’on pratique l’adultère….).

Le désastre, c’est qu’aujourd’hui, pour les centaines de milliers de fans de Dieudonné, il y a un onzième commandement : on ne va plus pouvoir rigoler et faire de bonnes blagues à cause des juifs, des sionistes et d’Israël. Raison de plus pour résister à ce nouveau « diktat moral des juifs » en continuant à faire ce geste…. Cette mise en exergue d’un geste qui n’était qu’un trait de vulgarité, a réveillé un immense caractère antisémite dans des milliers de cerveaux français, et bientôt européens….

La Quenelle de Dieudonné, ou quand ceux qui se considèrent comme « l’élite » de la communauté juive devraient apprendre à tourner sept fois leur langue dans la bouche avant de parler.

Voir par ailleurs:

Dieudonné est un signe annonciateur de ce qui vient

Guy Millière

Dreuz

02 jan 201

Dois-je l’écrire ? Je ne suis pas socialiste. J’ai eu l’occasion de critiquer de nombreuses fois ce gouvernement, et Manuel Valls. Mais quand Manuel Valls prend une position digne, je dis que Manuel Valls prend une position digne, je le dis. Et, en l’occurrence, je dis que Manuel Valls prend une position digne dans l’affaire Dieudonné.

J’ajoute que ceux qui invoquent la liberté de parole ou les principes inhérents au Premier amendement à la Constitution des Etats-Unis se trompent : il ne s’agit plus, en l’occurrence, de liberté de parole, mais d’incitations à la haine, et, sans doute, d’incitations au meurtre, voire d’incitation au génocide. C’est en tout cas dans cette catégorie que tombent les propos tenus par le principal intéressé concernant Patrick Cohen et les chambres à gaz. La liberté de parole ne couvre pas les incitations au meurtre, voire les incitations au génocide, qui peuvent faire l’objet de procédures judiciaires aux Etats-Unis, à juste titre à mes yeux. Dire « je suis raciste » est une chose (qui rentre dans la même catégorie que dire : je suis un salaud) : dire « ce serait bien de tuer les Noirs » est tout à fait une autre chose.

Je précise que ceux qui parlent de « spectacle » se trompent aussi : il ne s’agit plus de spectacle lorsque les propos qu’on tient sont emplis de connivences permettant aux racistes, aux antisémites, aux négationnistes, à ceux qui souhaitent la destruction génocidaire d’Israël de s’exciter ensemble et d’entendre de surcroît les incitations susdites.

Je souligne que les propos des dirigeants du Front National sur le sujet suffisent à montrer que décidément, le Front National continue à entretenir un rapport aux Juifs, au judaïsme et à Israël couvert de moisissures.

Je souligne aussi que les propos tenus de façon récurrente dur un site tel que Boulevard Voltaire montrent la dérive de ce site vers des positions qui sont celles d’une extrême droite qui ne me semble pas très fréquentable.

Publier des propos anti-israéliens comme il en traîne dans des publications déjà nombreuses n’a rien d’original. Faire de la publicité pour des livres radicalement anti-israéliens (tels « Le livre noir de l’occupation israélienne ») dans un contexte où des textes excusent ou édulcorent l’antisémitisme n’a rien de courageux.

Dans une société comme la société américaine, Dieudonné serait considéré comme si abject qu’il aurait déjà disparu de l’horizon, et se produirait devant des salles quasiment vides. Malgré Obama, les Etats-Unis restent un pays très imperméable à l’antisémitisme, et c’est ce qui en fait un pays qui reste plus sain que la France. On trouve aux Etats-Unis de la propagande « pro-palestinienne », sur les campus universitaires surtout, mais ceux qui disséminent cette propagande veillent soigneusement à éviter ce qui pourrait permettre de les accoler à des propagateurs de haine antisémite.

En France, l’abjection qu’incarne désormais Dieudonné remplit les salles, crée des réseaux, use de signes de ralliement prolongeant les connivences inhérentes aux spectacles. Les commentaires publiés après divers articles de presse montrent que l’antisémitisme remonte des égouts et traine désormais dans de nombreux caniveaux.

Parce qu’il prend position, avec courage, Meyer Habib, qui mène remarquablement un travail de vigilance contre l’antisémitisme et l’ « antisionisme », se voit incité à aller vivre en Israël.

Cela ne concerne pas toute la France, sinon Jean-Jacques Goldman et Patrick Bruel y seraient des marginaux, tout comme Gad Elmaleh ou Patrick Timsit, mais cela concerne néanmoins une part inquiétante de la population française : il existe en ce pays une nébuleuse fétide où se mêle une extrême droite porteuse de relents pétainistes, catholiques intégristes, nationalistes myopes, anti-israéliens et anti-américains, une extrême-gauche qui ne se distingue de l’extrême droite que parce qu’elle est favorable à l’islamisation du monde et à l’immigration sans contrôles, et, précisément, des courants islamiques eux-mêmes anti-israéliens et anti-américains. L’extrême droite camoufle son antisémitisme sous le manteau de l’ « antisionisme », qui est celui sous lequel s’abritent aussi extrême gauche et courants islamiques. Dieudonné trouve un public dans les divers composants de cette nébuleuse. Il suscite aussi chez des spectateurs de passage une accoutumance à certains parfums. Ces parfums sont ceux de la décomposition.

On n’arrêtera pas la décomposition en interdisant des spectacles. Mais si des vagues de révolte contre ce que signifient ces spectacles se lèvent, ce seront des vagues salubres. Et elles ont mon soutien.

On n’arrêtera pas le recours à certains gestes en interdisant ceux-ci. Mais faire un geste qui se trouve fait et photographié à Auschwitz, devant des synagogues, devant l’école juive de Toulouse où Merah a assassiné des enfants juifs, devant des photos d’Anne Frank, et j’en passe, c’est faire un geste lourd de sens et lourd de son poids de cadavres, et se voir traité comme un être infâme pour avoir fait ce geste est pleinement légitime. C’est se faire complice, par l’esprit, d’un crime contre l’humanité passé et de crimes contre l’humanité présents : ceux qui frappent des Israéliens et peuvent les frapper. Et que face à ce geste se lèvent aussi des vagues de révolte est sain et légitime.

Je crains, hélas, que Dieudonné soit l’un des signes annonciateurs de ce qui vient.

Je crains que des tendances plus denses et plus profondes soient à l’oeuvre en France.

Je crains que les amis de Manuel Valls, qui oeuvrent au sein du parti socialiste ne servent ces tendances, sans toujours savoir ce qu’ils font.

Je crains que les amis de Patrick Cohen qui oeuvrent au sein de la nomenklatura médiatique ne servent eux aussi ces tendances, sans eux-mêmes toujours savoir ce qu’ils font.

Je crains que nous ne soyons dans une époque très malsaine, et que cela ne s’arrange pas.

Des Français quittent la France chaque année, comme on quitte un navire qui glisse vers le naufrage : c’est un fait.

Des Juifs quittent la France chaque année parce qu’ils sentent ce qui passe dans l’air du temps : c’est un fait encore.

Je comprends ces départs.

Voir aussi:

L’ITW dans Lyon Capitale qui a fait condamner Dieudonné
Par la rédaction
03/01/2014

En janvier 2002, Lyon Capitale interrogeait Dieudonné, qui était alors candidat à l’élection présidentielle. Dans cet entretien mené par Philippe Chaslot, cofondateur de Lyon Capitale, Dieudonné déclarait : “antisémite n’existe pas parce que juif n’existe pas”. Ces propos, entre autres, lui ont valu d’être attaqué par des associations de lutte contre l’antisémitisme. Malgré une relaxe en appel en 2004, la Cour de cassation juge de manière définitive (arrêt du 16 février 2007*) que “ces propos mettent précisément en cause la communauté juive à raison de sa religion, ce qui manifeste une conviction ouvertement antisémite”. Nous republions ci-dessous l’intégralité de cet entretien.

Lyon Capitale n° 360 (23 janvier 2002)

Dieudonné existe-t-il ?
Dieudonné, humoriste et candidat aux présidentielles

Entretien – La candidature aux présidentielles de l’humoriste Dieudonné n’est pas sa première implication en politique comme c’était le cas pour Coluche en 1981. Dieudonné se décrit avant tout comme un utopiste révolté. Il développe dans Lyon Capitale ses revendications communautaristes. Son anticléricalisme tous azimuts l’entraîne à nier jusqu’à l’existence même du fait religieux. Jusqu’à l’irresponsabilité dangereuse quand il n’hésite pas à renvoyer au même néant Juifs et antisémites.

“Lyon Capitale : Quelle est votre identité de candidat aux présidentielles et où en êtes-vous de vos 500 signatures ?

Dieudonné : Dieudonné M’Bala M’Bala. Ça figure sur mes pièces d’identité. Ce sera inscrit sur les bulletins de vote. Nous en sommes à 300 signatures.

Pourquoi cette candidature ?

Je ne compte pas être élu président, mais j’ai le sentiment d’être un otage d’un pouvoir autoritaire et injuste. Je veux apporter une dimension d’utopie peut-être, de libre-penseur sûrement. C’est important que les discours ne soient pas monopolisés par des professionnels de la politique dont les carrières ne devraient pas excéder 5 à 6 ans. Après les choses s’entremêlent.

Le FN vous paraît-il toujours aussi dangereux ?

Je joue beaucoup aux échecs et je dirais que le FN reste une pièce qui compte sur l’échiquier. Il est indispensable au jeu politique actuel, bouclier ou épouvantail. Le FN représente les valeurs nues d’une droite d’ultra-conservateurs. Ça peut être un réservoir. Le FN, comme les chalutiers, ça ramasse ce qu’il y a au fond, la merdasse. Une certaine gauche en a aussi besoin pour l’emporter grâce à des triangulaires. Depuis 1997, j’appréhende un peu mieux les enjeux et les règles : il y a des stratégies d’intérêts croisés et il ne faut pas toujours se fier aux étendards politiques.

Dans une salle remplie de militants FN, feriez-vous un discours ou un sketch ?

Un sketch. Et je pense que je les ferais marrer ! Mon métier c’est de rire de la bêtise humaine, on aurait de quoi rire ensemble. Si l’on réfléchit sur leur programme… En attendant, le MNR dans certaines villes appelle dans des tracts à l’interdiction de mon spectacle.

Vous proposez une politique de quotas pour les gens dits “de couleur”… Ce modèle anglo-saxon est très contesté en France. Assumez-vous le fait d’être un candidat communautariste ?

Chirac et Jospin sont des candidats communautaristes, hommes et blancs, et comme les politiques en France qui sont toujours chrétiens ou juifs. C’est une petite minorité au pouvoir dans cette société. Moi, je ne suis pas communautariste… ou alors pas plus qu’eux !

Chirac et Jospin ne sont pas communautaristes, ils n’ont pas été élus sur ces critères – écrits nulle part – mais sur un nom et un programme…

Quand vous allez chercher un boulot ou un logement, la discrimination n’est écrite nulle part. Elle se vit au quotidien. C’est la vérité tout comme l’apartheid en Israël. Aux Antilles, 95 % des richesses appartiennent encore aux descendants des esclavagistes, toujours au pouvoir. Je suis favorable à une nouvelle répartition de ces richesses ainsi qu’aux quotas à la télévision avec une représentativité des minorités.

Comme aux États-Unis ?

Exactement, comme aux États-Unis. Il faut des lois, des règles. Il faut des femmes aux postes de responsabilité et des Noirs. Il n’est pas normal qu’en Guadeloupe, Martinique ou en Nouvelle-Calédonie le pouvoir soit exercé uniquement par des minorités blanches. C’est vrai qu’en République on ne peut pas définir un homme en fonction de sa couleur : un citoyen est un citoyen. Mais ça, c’est la poésie. Quand on va chercher un logement… ça ne marche pas. Alors il faut tendre vers l’utopie républicaine mais il faut jalonner ce parcours de règles et de lois comme la parité et les quotas.

Pour vous, “il est impératif de reconnaître la dette de la France envers les descendants d’esclaves” et vous demandez “réparation comme pour les descendants des Juifs déportés”. Quel sens cela a-t-il, 150 ans après ?

Loïk Le Floch-Prigent, ancien pdg d’Elf, m’a expliqué comment aujourd’hui encore la France continuait à piller le continent africain, comme du temps des esclaves, comment des cargaisons entières de pétrole partaient d’Afrique sans être comptabilisées. La France est un État voleur. La France doit faire un bilan avec son passé, d’autant que le pillage continue. Le braquage organisé par Elf se fait sur ordre de Lionel Jospin et Jacques Chirac. C’est la réalité (…) En cas de crise, Chirac et Jospin se retrouvent ensemble dans une église. Moi, à leur place, plutôt que d’écouter les bêtises de Lustiger, j’aurais pris les textes sacrés et je les aurais brûlés sous l’Arc de Triomphe pour symboliser la destruction des frontières virtuelles qui séparent les hommes jusqu’à les pousser à s’entretuer.

Que pensez-vous de la montée de l’antisémitisme parmi certains jeunes Beurs ?

Le racisme a été inventé par Abraham. Le “peuple élu”, c’est le début du racisme. Les musulmans aujourd’hui renvoient la réponse du berger à la bergère. Juifs et musulmans, pour moi, ça n’existe pas. Donc antisémite n’existe pas parce que juif n’existe pas. Ce sont deux notions aussi stupides l’une que l’autre. Personne n’est juif ou alors tout le monde. Je ne comprends rien à cette histoire. Pour moi, les Juifs, c’est une secte, une escroquerie. C’est une des plus graves parce que c’est la première. Certains musulmans prennent la même voie en ranimant des concepts comme la “guerre sainte”, etc.

Votre liste de ministres putatifs est prestigieuse : Jamel, Bové, etc. Mais votre ancien partenaire Élie Semoun n’en fait pas partie. C’est parce qu’il fait partie du peuple élu ?

Pour moi, Élie n’est pas juif, c’est un comédien qui a des idées politiques que je crois proches du PS. Est-ce que c’est par conviction ou intérêt personnel ? Je ne sais pas, mais je ne vais pas l’entraîner dans une aventure libertaire qu’il ne partagerait pas.

Vous agacez souvent par votre côté revendicatif et geignard. N’avez-vous pas besoin d’un bon conseiller en com’ ou d’une Bernadette à faire valoir ?

(Rires.) Je ne sollicite pas vraiment les électeurs. Il n’y a pas d’autre projet que d’être symboliquement là et d’aborder certains thèmes comme la justice, le droit au logement, la répartition de la richesse en France par rapport au reste du monde. Mon côté revendicatif ? J’ai peu de temps pour exprimer les choses dramatiques que je perçois sur le terrain. Quand on voit 25 personnes sans abri dans la rue dont des femmes et des enfants, c’est insupportable. Ça peut irriter et rendre tendu. Avec le temps, je me défends… mais je ne lâche pas l’affaire (…) Coluche a amené une candidature très burlesque. Je n’ai ni son talent ni sa notoriété. Mais Mme Tjibaou m’a envoyé le drapeau de la Kanakie, c’est important (…) Alors on me trouve chiant, mais c’est la télé-divertissement qui l’est ! Je les trouve chiants, les Fogiel, les Arthur et Ardisson – enfin, Ardisson, ce n’est vraiment pas le pire. La télé est globalement chiante. C’est vrai qu’avec mes histoires de négro j’ai pu emmerder certaines personnes.

Pour un humoriste, la candidature aux présidentielles est un exercice périlleux. Comment être pris au sérieux sans casser son image ?

Je ne me débrouille pas si mal. Aujourd’hui, pour leur “foutre au cul”, comme disait Coluche – pour rester dans cette ligne de pensée –, il faut adopter une attitude sur le fil du rasoir, entre dérision et engagement citoyen. Il faut ne pas se prendre au sérieux mais ne pas être dans la rigolade non plus… Sinon, les hommes au pouvoir, on ne les embêterait pas tant que ça.

Qu’est-ce qui vous fait rire dans la fonction présidentielle ?

Tout m’amuse. Les fastes… Jospin, Chirac, c’est la cour. Ne manquent que les couronnes. L’armée, la religion, les puissances économiques, tout est là. On a un vernis démocratique sur un système complètement archaïque et ringard. Le G8, c’est Rome toute-puissante. Jésus-Christ s’est battu lui-même contre cet empire, contre Berlusconi (…) Quand on a la bombe atomique, on ne vit pas dans une nation civilisée. Dans ce monde, les pires sont ceux qui fabriquent les armes, les Français, les Américains et d’autres.

Le 30 janvier, sort Astérix. Une façon de parler de vos ancêtres les Gaulois ?

Ben voilà, c’est ça. Entre Jamel et moi, c’est important d’être dans ce film qui fait référence au patrimoine. Je suis français, mes ancêtres n’étaient pas forcément gaulois et ce n’est pas un problème. C’est bien !”

Propos recueillis par Philippe Chaslot.

* L’arrêt de la Cour de cassation est en ligne ici.

Voir enfin:

The Move to Muzzle Dieudonné M’Bala M’Bala

The Bête Noire of the French Establishment

Diana Johnstone

Counterpunch

Paris

French mainstream media and politicians are starting off the New Year with a shared resolution for 2014: permanently muzzle a Franco-African comedian who is getting to be too popular among young people.

In between Christmas and New Year’s Eve, no less than the President of the Republic, François Hollande, while visiting Saudi Arabia on (very big) business, said his government must find a way to ban performances by the comedian Dieudonné M’Bala M’Bala, as called for by French Interior Minister, Manuel Valls.

The leader of the conservative opposition party, UMP, Jean-François Copé, immediately chimed in with his “total support” for silencing the unmanageable entertainer.

In the unanimous media chorus, the weekly Nouvel Observateur editorialized that Dieudonné is “already dead”, washed up, finished. Editors publicly disputed whether it was a better tactic to try to jail him for “incitement to racial hatred”, close his shows on grounds of a potential “threat to public order”, or put pressure on municipalities by threatening cultural subsidies with cuts if they allow him to perform.

The goal of national police boss Manuel Valls is clear, but the powers that be are groping for the method.

The dismissive cliché heard repeatedly is that “nobody laughs at Dieudonné any more”.

In reality, the opposite is true. And that is the problem. On his recent tour of French cities, videos show large, packed theaters roaring with laughter at their favorite humorist. He has popularized a simple gesture, which he calls the “quenelle”. It is being imitated by young people all over France. It simply and obviously means, we are fed up.

To invent a pretext for destroying Dieudonné, the leading Jewish organizations CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, the French AIPAC) and LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, which enjoys special privileges under French law) have come up with a fantasy to brand Dieudonné and his followers as “Nazis”. The quenelle is all too obviously a vulgar gesture roughly meaning “up yours”, with one hand placed at the top of the other arm pointing down to signify “how far up” this is to be.

But for the CRIF and LICRA, the quenelle is “a Nazi salute in reverse”. (You can never be too “vigilant” when looking for the hidden Hitler.)

As someone has remarked, a “Nazi salute in reverse” might as well be considered anti-Nazi. If indeed it had anything to do with Heil Hitler. Which it clearly does not.

But world media are taking up this claim, at least pointing out that “some consider the quenelle to be a Nazi salute in reverse”. Never mind that those who use it have no doubt about what it means: F— the system!

But to what extent are the CRIF and LICRA “the system”?

France needs all the laughter it can get

French industry is vanishing, with factory shutdowns week after week. Taxes on low income citizens are going up, to save the banks and the euro. Disillusion with the European Union is growing. EU rules exclude any serious effort to improve the French economy. Meanwhile, politicians on the left and the right continue their empty speeches, full of clichés about “human rights” – largely as an excuse to go to war in the Middle East or rant against China and Russia. The approval rating of President Hollande has sunk to 15%. However people vote, they get the same policies, made in EU.

Why then are the ruling politicians focusing their wrath on “the most talented humorist of his generation” (as his colleagues acknowledge, even when denouncing him)?

The short answer is probably that Dieudonné’s surging popularity among young people illustrates a growing generation gap. Dieudonné has turned laughter against the entire political establishment. This has led to a torrent of abuse and vows to shut down his shows, ruin him financially and even put him in jail. The abuse also provides a setting for physical attacks against him. A few days ago, his assistant Jacky Sigaux was physically attacked in broad daylight by several masked men in front of the city hall of the 19th arrondissement – just opposite the Buttes Chaumont Park. He has lodged a complaint.

But how much protection is to be expected from a government whose Interior Minister, Manuel Valls – in charge of police – has vowed to seek ways to silence Dieudonné?

The story is significant but is almost certain to be badly reported outside France – just as it is badly reported inside France, the source of almost all foreign reports. In translation, a bit of garbling and falsehoods add to the confusion.

Why Do They Hate Him?

Dieudonné M’Bala M’Bala was born in a Paris suburb nearly 48 years ago. His mother was white, from Brittany, his father was African, from Cameroun. This should make him a poster child for the “multiculturalism” the ideologically dominant left claims to promote. And during the first part of his career, teaming up with his Jewish friend, Elie Simoun, he was just that: campaigning against racism, focusing his criticism on the National Front and even running for office against an NF candidate in the dormitory town of Dreux, some sixty miles West of Paris, where he lives. Like the best humorists, Dieudonné always targeted current events, with a warmth and dignity unusual in the profession. His career flourished, he played in movies, was a guest on television, branched out on his own. A great observer, he excels at relatively subtle imitations of various personality types and ethnic groups from Africans to Chinese.

Ten years ago, on December 1, 2003, as guest on a TV show appropriately called “You Can’t Please Everybody”, dedicated to current events, Dieudonné came on stage roughly disguised as “a convert to Zionist extremism” advising others to get ahead by “joining the American-Israeli Axis of Good”. This was in the first year of the US assault on Iraq, which France’s refusal to join had led Washington to rechristen what it calls “French fries” (Belgian, actually) as “Freedom fries”. A relatively mild attack on George W. Bush’s “Axis of Evil” seemed totally in the mood of the times. The sketch ended with a brief salute, “Isra-heil”. This was far from being vintage Dieudonné, but nevertheless, the popular humorist was at the time enthusiastically embraced by other performers while the studio audience gave him a standing ovation.

Then the protests started coming in, especially concerning the final gesture seen as likening Israel to Nazi Germany.

“Anti-Semitism!” was the cry, although the target was Israel (and the United States as allies in the Middle East). Calls multiplied to ban his shows, to sue him, to destroy his career. Dieudonné attempted to justify his sketch as not targeting Jews as such, but, unlike others before him, would not apologize for an offense he did not believe he had committed. Why no protests from Africans he had made fun of? Or Muslims? Or Chinese? Why should a single community react with such fury?

Thus began a decade of escalation. LICRA began a long series of lawsuits against him (“incitement to racial hatred”), at first losing, but keeping up the pressure. Instead of backing down, Dieudonné went farther in his criticism of “Zionism” after each attack. Meanwhile, Dieudonné was gradually excluded from television appearances and treated as a pariah by mainstream media. It is only the recent internet profusion of images showing young people making the quenelle sign that has moved the establishment to conclude that a direct attack would be more effective than trying to ignore him.

The Ideological Background

To begin to understand the meaning of the Dieudonné affair, it is necessary to grasp the ideological context. For reasons too complex to review here, the French left – the left that once was primarily concerned with the welfare of the working class, with social equality, opposition to aggressive war, freedom of speech – has virtually collapsed. The right has won the decisive economic battle, with the triumph of policies favoring monetary stability and the interests of international investment capital (“neo-liberalism”). As a consolation prize, the left enjoys a certain ideological dominance, based on anti-racism, anti-nationalism and devotion to the European Union – even to the hypothetical “social Europe” that daily recedes into the cemetery of lost dreams. In fact, this ideology fits perfectly with a globalization geared to the requirements of international finance capital.

In the absence of any serious socio-economic left, France has sunk into a sort of “Identity Politics”, which both praises multiculturalism and reacts vehemently against “communitarianism”, that is, the assertion of any unwelcome ethnic particularisms. But some ethnic particularisms are less welcome than others. The Muslim veil was first banned in schools, and demands to ban it in adult society grow. The naqib and burka, while rare, have been legally banned. Disputes erupt over Halal foods in cafeterias, prayers in the street, while cartoons regularly lampoon Islam. Whatever one may think of this, the fight against communitarianism can be seen by some as directed against one particular community. Meanwhile, French leaders have been leading the cry for wars in Muslim countries from Libya to Syria, while insisting on devotion to Israel.

Meanwhile, another community is the object of constant solicitude. In the last twenty years, while religious faith and political commitment have declined drastically, the Holocaust, called the Shoah in France, has gradually become a sort of State Religion. Schools commemorate the Shoah annually, it increasingly dominates historical consciousness, which in other areas is declining along with many humanistic studies. In particular, of all the events in France’s long history, the only one protected by law is the Shoah. The so-called Gayssot Law bans any questioning of the history of the Shoah, an altogether unprecedented interference with freedom of speech. Moreover, certain organizations, such as LICRA, have been granted the privilege of suing individuals on the basis of “incitement to racial hatred” (very broadly and unevenly interpreted) with the possibility of collecting damages on behalf of the “injured community”. In practice, these laws are used primarily to prosecute alleged “anti-Semitism” or “negationism” concerning the Shoah. Even though they frequently are thrown out of court, such lawsuits constitute harassment and intimidation. France is the rare country where the BDS (Boycott, Divestment, Sanctions) movement against Israeli settlement practices can also be attacked as “incitement to racial hatred”.

The violence-prone Jewish Defense League, outlawed in the United States and even in Israel, is known for smashing books shops or beating up isolated, even elderly, individuals. When identified, flight to Israel is a good way out. The victims of the JDL fail to inspire anything close to the massive public indignation aroused when a Jewish person falls victim to wanton violence. Meanwhile, politicians flock to the annual dinner of the CRIF with the same zeal that in the United States they flock to the dinner of AIPAC – not so much for campaign funds as to demonstrate their correct sentiments.

France has the largest Jewish population in Western Europe, which actually largely escaped the deportation during German occupation that expelled Jewish immigrants to concentration camps. In addition to an old, established Jewish population, there are many newcomers from North Africa. All this adds up to a very dynamic, successful population, numerous in the more visible and popular professions (journalism, show business, as well as science and medicine, among others).

Of all French parties, the Socialist Party (especially via the Israeli Labor Party of Shimon Peres in the Socialist International) has the closest historic ties with Israel. In the 1950s, when France was fighting against the Algerian national liberation movement, the French government (via Peres) contributed to the Israeli project of building nuclear weapons. Today it is not the Labor Party that rules Israel, but the far right. Hollande’s recent cozy trip to Benjamin Netanyahu showed that the rightward drift of policy in Israel has done nothing to strain relations – which seem closer than ever.

Yet this Jewish community is very small compared to the large number of Arab immigrants from North Africa or black immigrants from France’s former colonies in Africa. Several years ago, a leading Socialist Party intellectual, Pascal Boniface, cautiously warned party leaders that their heavy bias in favor of the Jewish community could eventually cause electoral problems. This statement in a political assessment document caused an uproar which nearly cost him his career.

But the fact remains: it is not hard for French people of Arab or African background to feel that the “communitarianism” that really has clout is the Jewish community.

The Political Uses of the Holocaust

Norman Finkelstein showed some time ago that the Holocaust can be exploited for less than noble purposes: such as extorting funds from Swiss banks. However, in France the situation is very different. No doubt, constant reminders of the Shoah serve as a sort of protection for Israel from the hostility aroused by its treatment of the Palestinians. But the religion of the Holocaust has another, deeper political impact with no direct relation to the fate of the Jews.

More than anything else, Auschwitz has been interpreted as the symbol of what nationalism leads to. Reference to Auschwitz has served to give a bad conscience to Europe, and notably to the French, considering that their relatively small role in the matter was the result of military defeat and occupation by Nazi Germany. Bernard-Henri Lévy, the writer whose influence has grown to grotesque proportions in recent years (he led President Sarkozy into war against Libya), began his career as ideologue by claiming that “fascism” is the genuine “French ideology”. Guilt, guilt, guilt. By placing Auschwitz as the most significant event of recent history, various writers and speakers justify by default the growing power of the European Union as necessary replacement for Europe’s inherently “bad” nations. Never again Auschwitz! Dissolve the nation-states into a technical bureaucracy, free of the emotional influence of citizens who might vote incorrectly. Do you feel French? Or German? You should feel guilty about it – because of Auschwitz.

Europeans are less and less enthusiastic about the EU as it ruins their economies and robs them of all democratic power over the economy. They can vote for gay marriage, but not for the slightest Keynesian measure, much less socialism. Nevertheless, guilt about the past is supposed to keep them loyal to the European dream.

Dieudonné’s fans, judging from photographs, appear to be predominantly young men, fewer women, mostly between the ages of twenty and thirty. They were born two full generations after the end of World War II. They have spent their lives hearing about the Shoah. Over 300 Paris schools bear a plaque commemorating the tragic fate of Jewish children deported to Nazi concentration camps. What can be the effect of all this? For many who were born long after these terrible events, it seems that everyone is supposed to feel guilty – if not for what they didn’t do, for what they supposedly might do if they had a chance.

When Dieudonné transformed an old semi-racist “tropical” song, Chaud Cacao, into Shoah Ananas, the tune is taken up en masse by Dieudonné fans. I venture to think that they are not making fun of the real Shoah, but rather of the constant reminders of events that are supposed to make them feel guilty, insignificant and powerless. Much of this generation is sick of hearing about the period 1933-1945, while their own future is dim.

Nobody Knows When to Stop

Last Sunday, a famous football player of Afro-Belgian origin, Nicolas Anelka, who plays in the UK, made a quenelle sign after scoring a goal – in solidarity with this friend Dieudonné M’Bala M’Bala. With this simple and basically insignificant gesture, the uproar soared to new heights.

In the French parliament, Meyer Habib represents “overseas French” – some 4,000 Israelis of French origin. On Monday he twittered: “Anelka’s quenelle is intolerable! I will introduce a bill to punish this new Nazi salute practiced by anti-Semites.”

France has adopted laws to “punish anti-Semitism”. The result is the opposite. Such measures simply tend to confirm the old notion that “the Jews run the country” and contribute to growing anti-Semitism. When French youth see a Franco-Israeli attempt to outlaw a simple gesture, when the Jewish community moves to ban their favorite humorist, anti-Semitism can only grow even more rapidly.

Yet in this escalation, the relationship of forces is very uneven. A humorist has words as his weapons, and fans who may disperse when the going gets rough. On the other side is the dominant ideology, and the power of the State.

In this sort of clash, civic peace depends on the wisdom of those with most power to show restraint. If they fail to do so, this can be a game with no winners.


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