Sim’hat Torah: Comment le judaïsme devint la « religion du livre » et la Torah une « patrie portable » (How Judaism came to be a book religion and the Torah a portable homeland for a people who had been forcibly deprived of all the traditional trappings of a nation: king, land and temple)

16 octobre, 2014

The Siege and Destruction of Jerusalem (David Roberts, 1850)

https://jcdurbant.files.wordpress.com/2006/06/7a2ad-muslems-praying2.jpg?w=449&h=305
Rue de la Roquette Synagogue (Paris)On lut dans le livre de la loi de Dieu chaque jour, depuis le premier jour jusqu’au dernier. On célébra la fête pendant sept jours, et il y eut une assemblée solennelle le huitième jour, comme cela est ordonné. Néhémie 8: 18
Les juifs ont porté la Bible pendant des siècles comme une patrie portable. Heinrich Heine
Voir Jérusalem, c’est voir l’histoire du monde; plus encore, c’est voir l’histoire du Ciel et de la Terre. Benjamin Disraeli
Le Pays d’Israel est le centre du monde, Jérusalem est le centre du Pays; le Temple de Salomon est le centre de Jérusalem; le Saint des Saints est le centre du Temple de Salomon; l’Arche d’alliance est le centre du Saint des Saints et la Pierre de Fondation, sur laquelle le monde fut créé, se dresse devant l’Arche d’alliance. Midrash (Tanhum Kedoshim 10)
Il n’y a jamais eu de temple ici. (…) C’est tous des menteurs. Gardien de l’Esplanade du Temple (pardon: « des mosquées » , discussion avec l’auteur, Jérusalem, juillet 2011)
Il n’y a pas de preuve tangible qu’il y ait la moindre trace ou le moindre vestige juif que ce soit dans la vieille ville de Jérusalem ou dans le voisinage immédiat. Communiqué du ministère palestinien de l’Information (10 décembre 1997)
Le mur d’Al-Buraq [Mur des Lamentations] et sa place sont une propriété religieuse musulmane…[Il fait] partie de la mosquée Al Aqsa. Les Juifs n’ont aucun lien avec cet endroit. Mufti de Jérusalem (nommé par Yasser Arafat, Al Ayyam [journal de l’Autorité palestinienne], 22 novembre 1997)
Le mur d’Al-Buraq est une propriété musulmane et fait partie de la mosquée Al Aqsa. Hassan Tahboob (Ministre des Affaires religieuses de Yasser Arafat, dans interview accordée à l’agence de presse, IMRA, le 22 novembre 1997)
Ce n’est pas du tout le mur des Lamentations, mais un sanctuaire musulman. Yasser Arafat (Maariv, 11 octobre 1996)
Tous les événements liés au roi Saul, au roi David et au roi Rehoboam se sont déroulés au Yémen, et aucun vestige hébreu n’a été trouvé en Israël pour la bonne et simple raison qu’ils n’y ont jamais vécu. Jarid al-Kidwa (historien arabe, au cours d’un programme éducatif de l’OLP, juin 1997, cité dans Haaretz le 6 juillet 1997)
Jérusalem n’est pas une ville juive, en dépit du mythe biblique qui a été semé dans certains esprits…Il n’y a pas d’évidence tangible de l’existence juive d’un soi-disant « Temple du mont Era »…on doute de l’emplacement du mont du Temple…il se peut qu’il ait été situé à Jéricho ou ailleurs. Walid Awad (directeur des publications pour l’étranger du ministère de l’Information de l’OLP, interviewé par l’agence de presse IMRA, le 25 décembre 1996)
Abraham n’était pas juif, pas plus que c’était un Hébreu, mais il était tout simplement irakien. Les Juifs n’ont aucun droit de prétendre disposer d’une synagogue dans la tombe des patriarches à Hébron, lieu où est inhumé Abraham. Le bâtiment tout entier devrait être une mosquée. Yasser Arafat (Jerusalem Report, 26 décembre 1996)
[La Shoa] est un mensonge des Sionistes concernant de soi-disant massacres perpétrés contre les Juifs. Al Hayat Al Jadeeda ( journal de l’Autorité palestinienne, 3 septembre 1997)
[Notre but est] d’éliminer l’Etat d’Israël et d’établir un Etat qui soit entièrement palestinien. Yasser Arafat (session privée avec des diplomates arabes en Europe, 30 janvier 1996)
La lutte contre l’ennemi sioniste n’est pas une question de frontières, mais touche à l’existence même de l’entité sioniste. Bassam-abou-Sharif (porte-parole de l’OLP, Kuwait News Agency – Agence de presse koweïtienne, 31 mai 1996)
A document found in the Cairo Geniza describes the way in which Umar I brought a group of Jews to the site of the Temple in order to clean it. The Jewish elders were asked to identify the stone known as the Foundation Stone. When it was found and identified, Umar ordered « a sanctuary to be built and a dome to be erected over the stone and overlaid with gold. » As a reward, Umar permitted the Jews to return to Jerusalem and establish the Jewish Quarter. Reuven Hammer
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
If this holiday seems to have been short on content when the Temple was still around, the situation became even more dire after Titus destroyed the Temple and Jerusalem in 70 AD. No longer could sacrifices be offered up to God. No longer was there a king to send the Jewish people home after pilgrimage. This was a period in which Judaism was forced to reinvent itself. From a religion centered on the one Temple led by Zadokite priests, Judaism became a religion centered in synagogues wherever they might be. Worship was led by Pharisee rabbis, and it was up to them to pour new content into Shemini Atzeret, lest the holiday disappear completely. The new form of Judaism that took shape over the centuries that followed – centuries covered in the Mishnah and the Talmud – saw a shift in emphasis. Instead of worshiping through sacrifice in the Temple, Jews began praying in synagogues. Instead of venerating the Temple in Jerusalem, Jews had a new portable temple – the Torah itself. Zaaretz

Attention: une occupation peut en cacher une autre !

A l’heure où, après un énième bombardement aveugle des villes israéliennes (systématiquement oublié par nos pleureuses de service), une organisation à visée explicitement génocidaire se voit à nouveau récompensée par une promesse de milliards de dollars de la part d’une communauté internationale dont les plus gros donateurs se trouvent être les financiers des actuels massacres djiahdistes du nord de l’Irak …

Et où, après plus de 1300 ans d’occupation, les islamistes multiplient non seulement les affirmations négationnistes mais à présent les provocations physiques contre ce qui reste du temple détruit par Titus il y a plus de 2 000 ans …

Pendant qu’en un Occident qui commerce oblige a déjà passé aux pertes et profits tant Kobané que Hong Kong, nos concitoyens juifs ne peuvent plus pratiquer leur religion ou même travailler que sous protection policière

Comment en cette fin de la Fête des Cabanes marquant la fin du cycle annuel de lecture du livre saint et l’arrivée de la saison des pluies …..

Et devenue au cours du temps et sous les noms de Chemini Atseret et Sim’hat Torah avec les chants et les danses que l’on sait une véritable fête de la Torah  …

Ne pas repenser au mot fameux du poète allemand Henrich Heine …

Rappelant comment pour un peuple privé de tous les attributs traditionnels d’une nation (roi, terre et temple) …

Le judaïsme se vit contraint et forcé de devenir la « religion du livre » …

Et de faire de sa Torah une véritable « patrie portable » ?

How the end of Sukkot morphed into Shemini Atzeret and Simhat Torah
From a ceremony winding down Sukkot to a celebration of the weather to dancing with the Torah scrolls – this holiday keeps reinventing itself.
Elon Gilad

Haaretz

Oct. 14, 2014

The day after Sukkot is a distinct Jewish holiday called Shemini Atzeret.

Given that its name simply means « Solemn assembly of the eighth » (day of Sukkot), and that Sukkot is seven days long, we may postulate that in the dim reaches of history, it was considered the 8th day of the holiday but over time, became a separate event entirely.

Confused? Wait for it: Shemini Atzeret is both identical to the Jewish holiday of Simhat Torah and distinct from it – depending where one lives.

Let’s untangle this mess.

The bible barely mentions Shemini Atzeret and when it does, it’s always in the context of Sukkot, which it follows.

Shemini Atzeret seems to have been a relatively late addition to the Jewish calendar. It may have been entirely unknown in First Temple times, going by the fact that the few mentions of it in the bible are in sections considered to be later additions, which were most likely written during the Babylonian Captivity (587-539 BCE).

The first mention of Shemini Atzeret is by Nehemiah: « Also day by day, from the first day unto the last day, he [Ezra] read in the book of the law of God. And they kept the feast seven days; and on the eighth day was a solemn assembly. » (Nehemiah 8:18).

The Bible provides scant information on how Shemini Atzeret was marked or what it meant. Sacrifices were made in the Temple, servile work was prohibited as on Shabbat, and an assembly was held – but that’s it.

Rabbinic literature is a little more enlightening on the nature of the holiday during the Second Temple period: « On the eighth day the people were sent off [by the king] and they blessed the king and went to their tents happy and with goodly hearts for all the goodness that God did for David and his people Israel ». (Tosefta Sukkah 4:17).

That would seem to indicate that at least originally, the holiday was simply a closing ceremony for Sukkot, with everyone meeting in the Temple and saying their goodbyes. Not so, say the rabbis: “It is a holiday unto itself” (Babylonian Talmud Sukkah 47a).

They elaborate that the traditions and commands of Sukkot and this « eighth day » are different. Specifically, while you are commanded to sit in your sukkah during the seven days of Sukkot, on Shemini Atzeret you aren’t. Plus, the sacrifices for Sukkot and Shemini Atzeret are listed separately.

The Rainmaker

If this holiday seems to have been short on content when the Temple was still around, the situation became even more dire after Titus destroyed the Temple and Jerusalem in 70 AD.

No longer could sacrifices be offered up to God. No longer was there a king to send the Jewish people home after pilgrimage.
The Siege and Destruction of Jerusalem by the Romans Under the Command of Titus, by David Roberts (1796-1864). Photo by: Wikimedia Commons

This was a period in which Judaism was forced to reinvent itself. From a religion centered on the one Temple led by Zadokite priests, Judaism became a religion centered in synagogues wherever they might be. Worship was led by Pharisee rabbis, and it was up to them to pour new content into Shemini Atzeret, lest the holiday disappear completely.

The new form of Judaism that took shape over the centuries that followed – centuries covered in the Mishnah and the Talmud – saw a shift in emphasis. Instead of worshiping through sacrifice in the Temple, Jews began praying in synagogues. Instead of venerating the Temple in Jerusalem, Jews had a new portable temple – the Torah itself.

This metamorphosis would, over time, give new meaning to the holiday.

The Jewish daily prayer that took form during this time, the Amidah or Shemone Esrei, included a benediction for rain: « He causeth the wind to blow and the rain to descend. » In Israel at least, which has a rainy season (winter) and a dry season (all other times), this was inapplicable during spring and summer. So each year, starting on Passover, by which time the rainy season has usually subsided, “dew” was substituted for rain.

The rabbis decided that Shemini Atzeret – taking place at the start of the fall, when precipitation may begin again – would be a good time to switch back to rain. Thus the holiday became associated with the start of the rainy season, and much of the additional praying done for the holiday centered on the theme of weather.
A sukkah in Tel Aviv. Photo by: Nir Keidar

Babylon and Palestine: Enter Simhat Torah

As we have said, the Torah itself became a central focus of the Jewish religion after the destruction of the Temple, and it became the custom to read a different portion of the Bible each week.

During Talmudic times, two competing systems took form. The Palestinian system involved shorter weekly portions read in a three-year cycle. The Babylonian system was based on longer portions completed in an annual cycle.

The Babylonian system eventually won and is the system used today. This cycle, the rabbis of Babylonia decreed, ended and began on the second day of Shemini Atzeret.

Where did this second day came from, since up to now the holiday we were discussing was a one-day affair?

Well, due to the intricacies of the Jewish calendar, all Jewish holidays (except for Yom Kippur) were given an extra day outside of Israel – so that if you got the count wrong, you would still be celebrating on the right day too.

Thus, when eventually the Babylonian annual cycle was adopted in the Holy Land, probably in the 13th century, the cycle began and ended a day before the rest of the world, on the first and only day of Shemini Atzeret. This difference between Israel and the Diaspora exists to this day.

Middle-Age branding genius

During the Gaonic period following the redaction of the Talmud (500 CE), Jews underwent a process of adapting to this change in the status of Shemini Atzeret, and the holiday began to receive all kinds of names, including “The Day of the Book” and “The Ending Day.” Eventually someone came up with the catchy title “Simhat Torah,” meaning to celebrate Torah, or take joy in it.

This name first appears in the 7th century CE, but only became commonly accepted in the 10th.

Simhat Torah didn’t just spontaneously come into being. It gradually evolved from Shemini Atzeret.

It was in the Diaspora, where Shemini Atezret stretched two days, that the two holidays started to become distinct. Shemini Atzeret became more and more about the rain and Simhat Torah became more and more about the Torah. Different traditions began to appear in different congregations; some vanished, others took hold and are a part of Simhat Torah to this day.

Example of traditions that started appearing in the Middle Ages and are now universally observed by Jews the world over are the special honor given to the person who reads (or recites the benediction before someone else reads for him) the first and last parts of the Torah.

In many congregations, these people are expected to give a hefty donation to the synagogue and hold a celebration at their home after the prayer service. In all communities the Torah scrolls are taken out and paraded around the synagogue accompanied by dancing, singing, waving of flags and just general jubilation. It is a very joyous event.

Voir aussi:

JERUSALEM (Biographie)

Simon Sebag Montefiore

2011

Préface

L’histoire de Jérusalem est à la fois la chronique d’une cité provinciale, souvent miséreuse, perdue dans les collines de Jud?e, et l’histoire du monde. Aujourd’hui plus que jamais, J?rusalem est consid?r?e comme le centre du monde. La ville se trouve au cœur de la lutte entre les religions d’Abraham, c’est le sanctuaire d’un fondamentalisme de plus en plus populaire chez les chr?tiens, les juifs et les musulmans, le champ de bataille strat?gique entre civilisations rivales, la ligne de front entre l’ath?isme et la foi, le centre de l’attention la?que, l’objet de th?ories du complot d?lirantes et de mythes relay?s par Internet, et enfin une sc?ne ?clabouss?e de lumi?re pour les cam?ras du monde entier, ? l’?re de l’information en continu. Les int?r?ts religieux, politiques et m?diatiques se nourrissent les uns des autres et font que J?rusalem est aujourd’hui scrut?e plus intens?ment encore qu’auparavant.

Jérusalem est la Ville sainte, mais elle a toujours été un foyer de superstitions, de charlatanisme et de bigoterie. Convoité par les empires, et pourtant dépourvue de valeur stratégique; domaine cosmopolite de bien des sectes, chacune convaincue que la cité n’appartient qu’à elle; ville aux multiples noms, mais chaque tradition est si sectaire qu’elle exclut toutes les autres. C’est un lieu d’un tel raffinement qu’il est décrit au féminin dans la littérature juive sacrée – une femme vive, sensuelle, toujours de grande beauté, mais parfois aussi une catin, ou une princesse blessée délaissée par ses amants. Jérusalem est la demeure du Dieu unique, la capitale de deux peuples, le temple de trois religions, et elle est la seule ville à exister en deux endroits, sur terre comme au ciel: sa grâce terrestre exceptionnelle n’est rien comparée à sa gloire céleste. Le fait même que Jérusalem soit à la fois terrestre et céleste signifie que la cité peut exister partout: de nouvelles Jérusalem ont été fondées dans le monde entier et chacun a une vision de la ville qui lui est propre. Des prophètes et des patriarches, Abraham, David, Jésus et Mahomet, en auraient foulé les pavés. Les religions d’Abraham y sont nées et c’est ici aussi que le monde prendra fin au jour du Jugement dernier. Jérusalem, sacrée aux yeux des religions du Livre, est la cité du Livre. Sous bien des aspects, la Bible est la chronique même de la ville, et ses lecteurs, des juifs et des premiers chrétiens aux prédicateurs américains, en passant par les conquérants musulmans et les croisés, ont à maintes reprises cherché à influer sur son histoire afin que s’accomplisse la prophétie biblique.

Quand la Bible fut traduite en grec, puis en latin et en langue vernaculaire, elle devint le livre universel et fit de Jérusalem la cité universelle. Chaque grand roi se voulut un David, chaque peuple se croyant élu prétendit être les nouveaux Israélites, chaque noble civilisation se proclama une nouvelle Jérusalem, cette ville qui n’appartient à personne et existe pour tous dans l’imagination de chacun. Et c’est là sa tragédie autant que ce qui la rend magique. Quiconque rêve de Jérusalem, chaque visiteur, à toutes les époques, des apôtres de Jésus aux soldats de Saladin, des pélerins victoriens aux touristes et aux journalistes d’aujourd’hui, arrive avec sa vision de la Jérusalem authentique, puis est amèrement déçu par ce qu’il trouve, cité en perpétuel changement qui a prospéré et périclité, a été détruite et rebâtie à plusieurs reprises. Mais puisqu’il s’agit de J?rusalem, propri?t? de tous, seule l’image qu’ils en ont est la bonne?; c’est la r?alit? qui est corrompue, artificielle, et qu’il faut changer. Tout le monde a le droit d’imposer ??sa J?rusalem?? ? Jérusalem. Ce qu’ils ont souvent fait, par le fer et par le feu.

Ibn Khaldoun, l’historien du xive siècle qui témoigna de certains des événements rapportés dans ce livre autant qu’il y prit part, remarquait que l’histoire est avidement recherchée. L’homme de la rue aspire à la connaître. Rois et dirigeants s’affrontent pour elle. Cela vaut particulièrement pour Jérusalem. Il est impossible d’écrire une histoire de cette ville sans reconnaître qu’elle est aussi un pivot, un axe de l’histoire mondiale. A une époque où, grâce au pouvoir d’Internet, la souris et le cimeterre sont autant d’armes de l’arsenal fondamentaliste, la quête des faits historiques s’avère plus importante encore qu’elle ne l’était pour Ibn Khaldoun.

Une histoire de Jérusalem doit passer par une étude de la nature du sacré. L’expression Ville sainte est constamment utilisée pour rappeler la vénération que suscitaient ses sanctuaires, mais aussi pour signifier que Jérusalem est devenue le lieu essentiel sur terre de la communication entre Dieu et les hommes.

Nous devons également répondre à cette question: de tous les endroits du monde, pourquoi Jérusalem ? Le site se trouvait à l’écart des voies commerciales du littoral méditerranéen; il était pauvre en eau, cuit par le soleil estival, gelé par les vents hivernaux, ses roches dentelées écrasées de chaleur et inhospitalières. Le choix de Jérusalem en tant que ville du Temple fut en partie le fait de décisions personnelles, et en partie une conséquence de son évolution: elle était sainte depuis si longtemps que sa sainteté n’en fut que plus intense. Le sacré n’a pas seulement besoin de spiritualité et de foi, mais aussi de légitimité et de tradition. Un prophète radical animé d’une vision nouvelle doit expliquer les siècles qui l’ont précédé et justifier sa propre révélation dans la langue et la géographie convenues du sacré, en se référant aux prophéties de révélations précédentes et aux sites qui font depuis longtemps déjà l’objet d’un culte. Rien ne rend un lieu plus saint que la concurrence d’une autre religion.

Cette sainteté rebute bien des visiteurs athées, qui y voient une superstition contagieuse dans une ville affligée d’une pandémie de bigoterie vertueuse. Mais c’est nier le besoin profond de spiritualité de l’être humain, sans lequel il est impossible de comprendre Jérusalem. Les religions doivent permettre d’expliquer les joies fragiles et les angoisses éternelles qui mystifient et terrifient l’humanité: nous devons éprouver le sentiment qu’il existe une force qui nous est supérieure. Nous respectons la mort et brûlons d’en trouver le sens. Située à l’intersection entre Dieu et les hommes, Jérusalem est le lieu où ces questions trouvent réponse durant l’Apocalypse – la fin des temps, quand la guerre éclatera, une bataille entre le Christ et l’Antéchrist, quand la Kaaba quittera La Mecque pour Jérusalem, quand se tiendra le jugement, que ressusciteront les morts et que nous assisterons à l’avènement du Messie et du royaume des Cieux, la Nouvelle Jérusalem. Les trois religions d’Abraham croient toutes en l’Apocalypse, mais les détails divergent d’une foi et d’une secte à l’autre. Peut-être que, aux yeux des laïcistes, tout cela n’est qu’un fatras suranné; au contraire, ces idées sont d’une grande actualité. En ces temps de fondamentalismes juif, chrétien et musulman, l’Apocalypse est une force dynamique dans la fièvre politique qui agite le monde.

La mort est notre compagne de tous les instants: longtemps, les pélerins ont eu coutume de venir mourir à Jérusalem pour être enterrés près du mont du Temple, dans l’espoir de renaïtre à la fin des temps, et ils continuent de le faire. La ville est entourée de cimetières, elle repose sur eux. On vénère les fragments racornis des saints antiques – on peut encore contempler la main droite, noircie et desséchée, de Marie-Madeleine dans les appartements du prêtre supérieur grec orthodoxe de l’Eglise du Saint-Sépulcre. De nombreux sanctuaires, et bien des demeures privées également, sont bâtis autour de sépultures. Il émane de cette cit? des morts une atmosphère de t?n?bres qui ne s’explique pas seulement par une sorte de n?crophilie, mais aussi par la n?cromancie?: ici, les morts sont presque vivants, eux qui attendent la r?surrection. Les affrontements incessants pour Jérusalem, les massacres, les troubles, les guerres, le terrorisme, les si?ges et les catastrophes, en ont fait un champ de bataille, abattoir des religions pour Aldous Huxley, charnier pour Flaubert. Melville voyait dans la ville un crâne assiégé par des armées de morts; quant à Edward Said, il se souvenait que son père haïssait Jérusalem car elle lui rappelait la mort.

L’évolution de ce sanctuaire céleste et terrestre n’a pas toujours été due à la providence. Les religions naissent d’une étincelle révélée par un prophète charismatique – Moïse, Jésus, Mahomet. Des empires sont fondés, des villes conquises, grâce à l’énergie et à la chance d’un chef de guerre. Ce sont les décisions de certains, à commencer par le roi David, qui ont fait de Jérusalem ce qu’elle est.

La probabilité que la petite citadelle de David, capitale d’un modeste royaume, devienne le point de mire du monde était faible. Ironie du sort, c’est la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor qui a tracé les grandes lignes de sa sainteté future, parce que cette catastrophe a poussé les juifs à consigner la gloire de Sion et à la proclamer. D’ordinaire, des cataclysmes de cet ordre causent la disparition de peuples entiers. Cette fois, l’incroyable capacité des Juifs à survivre, leur dévotion opiniâtre envers leur Dieu et, par-dessus tout, le fait qu’ils aient couché par ?crit leur version de leur histoire dans la Bible, ont pos? les jalons de la renomm?e et du caract?re sacr? de la ville. La Bible se substitua ? l’?tat et au Temple juifs et devint, comme le dit Heinrich Heine, « la patrie portable des juifs, la Jérusalem portable ». Aucune autre ville ne dispose de son propre livre, et aucun autre livre n’a à ce point guidé le destin d’une ville.

Le caractère sacré de la ville est né de l’exceptionnalisme des juifs en tant que Peuple élu. Jérusalem est devenue la Ville élue, la Palestine, la Terre élue, et cet exceptionnalisme s’est transmis aux chr?tiens et aux musulmans qui l’ont fait leur. La sainteté suprême de Jérusalem et de la terre d’Israël s’est reflétée dans l’obsession religieuse croissante en faveur d’un retour des Juifs en Israël et dans l’enthousiasme occidental pour le sionisme, son équivalent laïc, entre la Réforme du xvie siècle en Europe et les années 70. Depuis, la tragédie des Palestiniens, qui voient dans Jérusalem leur Cité sainte perdue, a modifié la perception d’Israël. Ainsi, la fixation occidentale, ce sentiment de propriété universelle, fonctionne-t-elle dans les deux sens – comme une médaille et son revers, ou comme une épée à double tranchant. Aujourd’hui, ce fait se retrouve dans l’attention que suscitent Jérusalem et le conflit israélo-palestinien, une attention plus soutenue, plus chargée d’émotion que toute autre sur terre.

Pourtant, rien n’est jamais aussi simple qu’il y paraît. L’histoire est souvent présentée comme une succession de changements brutaux et de basculements violents, mais je tiens à montrer que Jérusalem fut une ville de continuité et de coexistence, métropole hybride formée d’édifices hybrides et de gens hybrides qui résistent à l’étroitesse d’une catégorisation renvoyant aux différentes légendes religieuses et aux récits nationalistes d’époques ultérieures. Chaque fois que cela est possible, je suis l’histoire à travers des Familles – les Davidiens, les Maccabées et les Hérodiens, les Omeyyades et les maisons de Baudouin et de Saladin, jusqu’aux Husseini, aux Khalidi, aux Spafford, aux Rothschild et aux Montefiore. On peut ainsi retrouver les schémas organiques de la vie, indifférents aux incidents soudains et aux discours sectaires de l’histoire conventionnelle. Il n’y a pas que deux camps à Jérusalem, mais de nombreuses cultures et loyautés qui se chevauchent et s’empilent, entremêlées – un kaléidoscope aux multiples facettes et en mutation, composé d’Arabes orthodoxes, d’Arabes musulmans, de Juifs séfarades, de Juifs ashkénazes, de Juifs haredim, de Juifs laïcs, d’Arméniens orthodoxes, de Géorgiens, de Serbes, de Russes, de coptes, de protestants, d’Ethiopiens, de latins, etc. Un seul individu peut endosser diverses identités, équivalent humain des strates de pierre et de poussière de Jérusalem.

En fait, l’importance de la ville a fluctué, toujours mouvante, toujours en transformation, comme une plante qui change de forme, de taille, et même de couleur, et reste pourtant enracinée au même endroit. L’image, clinquante, d’une Jérusalem Ville sainte sacrée pour trois religions telle qu’elle est vantée dans les médias est relativement récente. Certains siècles, Jérusalem sembla perdre de son importance religieuse et politique. Bien souvent, ce fut la nécessité politique, plutôt qu’une révélation divine, qui insuffla une nouvelle dévotion religieuse.

Chaque fois que l’on a pu croire Jérusalem oubliée et dépassée, c’est la bibliolâtrie, l’étude passionnée de la vérité biblique par des gens résidant dans des terres lointaines, que ce soit à La Mecque, à Moscou ou dans le Massachusetts, qui a de nouveau projeté leur foi sur elle. Toutes les villes sont des fenêtres sur des modes de pensée étrangers, mais celle-ci est aussi un miroir qui révèle sa vie intérieure tout en réfléchissant le monde extérieur. Que ce soit à l’époque de la foi totale, de l’arrogance impériale, de la r?v?lation évangélique ou du nationalisme laïc, Jérusalem en est devenue le symbole et l’objectif ultime. Mais comme dans les miroirs d’une foire, les reflets sont déformés, au point d’être effrayants.

Jérusalem a une façon bien à elle de décevoir et de tourmenter tant les conquérants que les visiteurs. Le contraste entre la cité matérielle et la cité spirituelle est si douloureux qu’une centaine de patients sont admis chaque année dans l’asile local, atteints du syndrome de Jérusalem, folie faite d’anticipation, de déception et d’illusion. Le syndrome de Jérusalem est également politique: Jérusalem est un défi au bon sens, à la politique pragmatique et à la stratégie, elle existe dans la sphère des passions dévorantes et des émotions irrepressibles, imperméable à la raison.

Dans cette lutte pour la domination et la vérité, même une victoire ne fait qu’intensifier son caractère sacré aux yeux des autres. Plus le possesseur est avide, plus la concurrence est féroce et la réaction, viscérale. C’est la loi des conséquences involontaires qui prévaut ici.

Aucun autre endroit n’évoque un tel désir de possession exclusive. Or, ce zèle jaloux est paradoxal, puisque la plupart des sanctuaires de Jérusalem, et les histoires qui vont avec, ont été empruntés ou volés et appartenaient auparavant à une autre religion. Le passé de la ville est souvent imaginaire. Chaque pierre ou presque a appartenu au temple oublié depuis longtemps d’une autre foi, à l’arc de triomphe d’un autre empire. La plupart des conquêtes se sont accompagnées de la volonté instinctive d’effacer les traces d’autres fois, tout en récupérant leurs traditions, leurs histoires et leurs sites. Il y a eu bien des destructions, mais, plus souvent encore, les conquérants n’ont pas détruit ce qui était là avant eux, ils l’ont réutilisé et agrandi. Les sites majeurs comme le mont du Temple, la Citadelle, la ville de David, le mont Sion et l’église du Saint-Sépulcre ne présentent pas des couches distinctes d’histoire, mais sont plutôt comme des palimpsestes, des broderies où les fils de soie sont tissés en une trame si serrée qu’ils sont désormais inextricables.
La volonté de s’emparer de la sainteté d’autrui a eu pour conséquence que certains sanctuaires sont devenus sacrés successivement, puis simultanément pour chacune des trois religions; des rois ont émis des décrets à leur sujet, des hommes sont morts pour eux, et pourtant, ils sont aujourd’hui presque oubliés: le mont Sion a été le site d’une vénération fanatique de la part des juifs, des musulmans et des chrétiens; de nouveau essentiellement chrétien, il ne voit plus passer désormais que de rares pèlerins musulmans ou juifs.

A Jérusalem, la vérité importe souvent bien moins que le mythe. A Jérusalem, ne me demandez pas de faire l’histoire des faits, déclare l’éminent historien palestinien Nazmi al-Jubeh. Retirez la fiction et il ne reste rien. L’histoire est ici si puissante, si virulente, qu’elle est régulièrement déformée: l’archéologie est elle-même une force historique et les archéologues ont parfois exercé autant de pouvoir que les militaires, recrutés pour s’emparer du passé au nom du présent. Une discipline qui tend à l’objectivité scientifique peut servir à rationaliser des préjugés ethno-religieux et à justifier des ambitions impériales. Les Israéliens, les Palestiniens et les missionnaires des puissances impérialistes du xixe siècle ont tous été coupables d’avoir réquisitionné les mêmes évènements et de leur avoir attribué des significations et accolé des faits contradictoires. Une histoire de Jérusalem doit donc être une histoire à la fois de la vérité et de la légende. Mais les faits sont là, et ce livre a pour objectif de les raconter, aussi déplaisants soient-ils pour tel ou tel camp.

J’ai pour but d’écrire l’histoire de Jérusalem pour des lecteurs athées ou croyants, chrétiens, musulmans ou juifs, sans motivation politique, même en ces temps de conflit.

Je rapporte l’histoire chronologiquement, à travers les existences des hommes et des femmes – soldats et prophètes, poètes et rois, paysans et musiciens – et des familles qui ont fait Jérusalem. Je pense que c’est le meilleur moyen de donner vie à la ville et de montrer comment ses vérités complexes et inattendues sont le résultat de cette histoire. Ce n’est que grâce à la narration chronologique que l’on peut échapper à la tentation de voir le passé à travers le prisme des obsessions du présent. Je me suis efforcé d’éviter la téléologie, de décrire l’histoire comme si chaque évènement était inévitable. Puisque toute mutation est une réaction à celle qui l’a précédée, la chronologie reste la meilleure façon de trouver un sens à cette évolution, de répondre à la question pourquoi Jérusalem ? et de montrer pourquoi les gens ont agi comme ils l’ont fait. J’espère que c’est également l’angle le plus divertissant. Qui suis-je pour ruiner une histoire qui est – pour reprendre un cliché hollywoodien justifié, pour une fois – la plus formidable jamais contée ? Parmi les milliers de livres sur Jérusalem, très peu sont des récits historiques. Quatre ?poques (celles de David et de J?sus, les Croisades et le conflit isra?lo-arabe) nous sont familières grâce ? la Bible, au cinéma, aux romans et aux informations, mais elles sont souvent mal comprises. Quant au reste, je tiens sincèrement à faire découvrir à de nouveaux lecteurs cette histoire oubliée.

Ce livre est une histoire de J?rusalem en tant que centre de l’histoire mondiale, mais ne constitue en aucun cas une encyclop?die de chacun des aspects de J?rusalem, ou un guide pour chacune des niches, coupoles et arches du moindre de ses ?difices. Il ne s’agit pas d’une histoire d?taill?e des orthodoxes, des catholiques ou des Arm?niens, des ?coles de droit hanafites ou chaafistes islamiques, des juifs hassidiques ou kara?tes, pas plus qu’elle n’est racont?e d’un point de vue sp?cifique. La vie de la ville musulmane des mamelouks jusqu’au mandat britannique a ?t? n?glig?e. Les familles musulmanes de J?rusalem ont ?t? ?tudi?es par les universitaires sp?cialistes de la Palestine, mais n’ont gu?re int?ress? les historiens populaires. Leurs histoires ont ?t? et sont encore essentielles pour la compr?hension de J?rusalem?: certaines sources cl?s n’existent qu’en arabe, mais je les ai fait traduire et me suis entretenu avec les membres de tous ces clans afin d’apprendre leur pass?. Toutefois, ils ne repr?sentent qu’une partie de la mosa?que. Ce livre n’est pas une histoire du juda?sme, du christianisme ou de l’islam, ni une ?tude de ce qu’incarne la foi en un Dieu unique ? J?rusalem?: tout cela a d?j? ?t? accompli avec talent par d’autres – notamment par Karen Armstrong dans son excellent A History of Jerusalem. One City, three Faiths (??J?rusalem?: une ville, trois croyances??). Pas plus qu’il ne s’agit d’une histoire d?taill?e du conflit isra?lo-palestinien, qui fait actuellement l’objet d’une analyse obsessionnelle. Le d?fi redoutable que je me suis lanc? est de couvrir tous ces champs, de mani?re ?quitable, j’esp?re.

Je me suis fix? pour mission de retracer les faits, non de porter un jugement sur les myst?res de diff?rentes religions. Je ne pr?tends pas avoir le droit de juger si les prodiges divins et les textes sacr?s des trois grandes religions sont ??vrais?? ou non. Quiconque ?tudie la Bible ou J?rusalem ne peut qu’admettre que la v?rit? existe ? bien des niveaux. Les croyances d’autres religions et d’autres temps nous paraissent ?tranges, alors que les coutumes famili?res de nos propres temps et lieux nous semblent toujours fort raisonnables. M?me le xxie?si?cle, que beaucoup consid?rent apparemment comme le summum de la raison la?que et du sens commun, a ses id?es re?ues et ses orthodoxies quasi religieuses que nos arri?re-petits-enfants trouveront incroyablement absurdes. En revanche, les religions et leurs miracles ont eu un impact ind?niable sur l’histoire de J?rusalem, et il est impossible de conna?tre J?rusalem sans ?prouver un certain respect pour la religion.

Dans l’histoire de la ville, il est des si?cles dont on ne sait rien ou presque et o? tout est sujet ? controverse. Puisque c’est J?rusalem qui est en jeu, les d?bats universitaires et arch?ologiques sont toujours d?l?t?res, parfois violents, menant m?me ? des ?meutes et ? des affrontements. Les ?v?nements des cinquante derni?res ann?es sont si contest?s que l’on en trouve de multiples versions.

En ce qui concerne les ?poques primitives, les historiens, les arch?ologues et les illumin?s ont tous manipul?, fa?onn? et tritur? les rares sources disponibles afin d’?tayer toutes les th?ories imaginables, qu’ils ont alors d?fendues avec une assurance reposant sur une certitude absolue. Dans tous les cas, j’ai ?tudi? les sources originales et les nombreuses th?ories, puis je suis parvenu ? une conclusion. Si j’avais voulu me couvrir totalement dans chacun de ces cas, les mots que l’on croiserait le plus fr?quemment dans ce livre seraient ??peut-?tre??, ??probablement??, ??pourrait?? et ??aurait pu??. Chaque fois que je l’ai pu, j’ai ?cart? ces termes, mais j’invite le lecteur ? comprendre que chaque phrase repose sur une bibliographie colossale et en perp?tuelle ?volution. Chaque partie a ?t? v?rifi?e et relue par un sp?cialiste universitaire. J’ai la chance d’avoir pu en cela compter sur l’aide de quelques-uns des professeurs les plus distingu?s aujourd’hui en activit?.

La plus ?pineuse de ces controverses est celle li?e au roi David, dont les implications politiques sont particuli?rement actuelles et lourdes de sens. M?me parmi les scientifiques, ce d?bat a suscit? davantage de ferveur et d’acharnement que toute autre question, ? l’exception de ceux sur la nature du Christ et de Mahomet. La source de l’histoire de David est la Bible. On a longtemps consid?r? sa vie historique comme un fait ?tabli. Au xixe?si?cle, l’int?r?t des puissances imp?rialistes chr?tiennes pour la Terre sainte a ?t? ? l’origine de la qu?te arch?ologique de la J?rusalem de David. La nature chr?tienne de ces recherches a connu une r?orientation avec la cr?ation de l’?tat d’Isra?l en 1948, qui lui a attribu? une signification politico-religieuse passionn?e, David se voyant par? du statut de fondateur de la J?rusalem juive. Faute d’indices remontant au xe?si?cle avant notre ?re, les historiens isra?liens r?visionnistes ont revu ? la baisse l’importance de la cit? de David. Certains ont m?me remis en cause l’historicit? du personnage, au grand dam des juifs traditionalistes et ? la joie des politiciens palestiniens, puisque cela revenait ? saper les revendications juives. Mais la d?couverte de la st?le de Tel Dan, en 1993, a prouv? que le roi David avait bel et bien exist?. La Bible, bien que n’ayant pas ?t? ?crite principalement comme une chronique historique, reste une source historique, dont je me suis servi pour raconter cette histoire. L’importance de la ville de David et la fiabilit? de la Bible sont abord?es dans ce livre. Sur le conflit actuel au sujet de la cit? de David, vous pouvez vous reporter ? l’?pilogue.

Pour une autre ?poque, celle, beaucoup plus tardive, du xixe?si?cle, il est impossible d’?chapper au poids de L’Orientalisme, d’Edward Said. Said, chr?tien palestinien n? ? J?rusalem, professeur de litt?rature ? l’universit? de Columbia ? New York, qui ?tait une voix ? part dans le monde du nationalisme palestinien, affirmait que le ??pr?jug? eurocentrique, subtil et persistant, vis-?-vis des peuples arabo-musulmans et de leur culture??, surtout chez des voyageurs du xixe?si?cle comme Chateaubriand, Melville et Twain, avait d?nigr? la culture arabe et justifi? l’imp?rialisme. Les travaux de Said ont pouss? quelques-uns de ses disciples ? vouloir effacer ces intrus occidentaux de l’histoire, ce qui est une aberration. Il est n?anmoins vrai que ces visiteurs ne virent ou ne comprirent que peu de chose de la vraie vie de la J?rusalem arabe et juive?; voil? pourquoi, comme nous l’avons dit, je me suis efforc? de d?crire les existences r?elles de la population locale. Mais ce livre n’a rien de pol?mique, et l’historien de J?rusalem doit mettre en lumi?re l’influence dominante de la culture romantique imp?riale de l’Occident sur la ville, car elle explique pourquoi le Moyen-Orient a tant compt? pour les grandes puissances.

De m?me, j’ai d?peint l’?volution du pro-sionisme britannique, la?que et ?vang?lique, de Palmerston et Shaftesbury ? Lloyd George, Balfour, Churchill et leur ami Weizmann pour la simple raison que son influence a ?t? d?cisive sur le destin de J?rusalem et de la Palestine aux xixe et xxe?si?cles.

Le corpus central de ce livre se termine en 1967, parce que la guerre des Six-Jours a pour l’essentiel accouch? de la situation que nous connaissons aujourd’hui, et qu’elle constitue une conclusion majeure. L’?pilogue pr?sente rapidement l’?volution politique jusqu’? nos jours, et s’ach?ve par un portrait d?taill? d’une matin?e typique dans les trois Lieux saints. Mais la situation ne cesse de changer. Si je devais ?crire l’histoire au pr?sent, cet ouvrage n’aurait jamais de fin, et devrait ?tre mis ? jour presque heure par heure. Au lieu de cela, j’ai voulu montrer pourquoi J?rusalem continue d’?tre ? la fois le cœur du processus de paix et un obstacle pour ce dernier.

Ce livre est une synth?se fond?e sur la lecture des grandes sources, antiques et modernes, sur des rencontres personnelles avec des sp?cialistes, des professeurs, des arch?ologues, des familles et des hommes d’?tat, et sur d’innombrables s?jours ? J?rusalem, sur les sanctuaires et les chantiers de fouilles. J’ai eu la chance de retrouver quelques sources nouvelles, ou rarement utilis?es. Mon travail m’a donn? trois grandes joies?: passer beaucoup de temps ? J?rusalem?; lire les œuvres merveilleuses d’auteurs comme Oussama ibn Mounqidh, Ibn?Khaldoun, Evliy? Tch?l?bi et Wassif Jawhariyyeh, Guillaume de Tyr, Flavius Jos?phe et T.E. Lawrence?; et enfin, m’?tre fait des amis et avoir ?t? aid?, avec tant de confiance et de g?n?rosit?, au beau milieu de violentes crises politiques, par des J?rusal?mites de toutes les origines – des Palestiniens, des Isra?liens, et des Arm?niens, des musulmans, des juifs et des chr?tiens.

J’ai l’impression de m’?tre toute ma vie pr?par? ? ?crire ce livre. Depuis l’enfance, j’ai err? autour de J?rusalem. ? cause de liens familiaux que je d?cris dans ces pages, ??J?rusalem?? figure sur le blason de ma famille. Mais quelles que soient ces attaches personnelles, je suis ici pour raconter l’histoire de ce qui s’est pass? et de ce qu’ont cru les gens. Pour revenir ? notre point de d?part, il y a toujours eu deux J?rusalem, la temporelle et la spirituelle, toutes deux gouvern?es davantage par la foi et l’?motion que par la raison et les faits. Et J?rusalem est toujours au centre du monde.

Mon approche ne plaira pas ? tous – apr?s tout, c’est de J?rusalem qu’il s’agit. Mais en ?crivant ce livre, j’ai toujours gard? ? l’esprit le conseil de Lloyd George ? Storrs, qu’il avait nomm? gouverneur de la ville, et qui ?tait l’objet de critiques enflamm?es tant de la part des juifs que des Arabes?: ??Eh bien, si l’un ou l’autre camp cesse de se plaindre, vous serez renvoy?.??

Prologue

Le huiti?me jour du mois juif d’Ab, ? la fin du mois de juillet de l’an 70 de notre ?re, Titus, le fils de l’empereur romain Vespasien, qui dirigeait depuis quatre mois le si?ge de J?rusalem, ordonna ? l’ensemble de ses forces de se pr?parer ? prendre le Temple d’assaut ? l’aube. L’attaque devait avoir lieu le jour m?me o?, plus de cinq cents ans plus t?t, les Babyloniens avaient d?truit la ville. Titus commandait une arm?e de quatre l?gions, soit soixante mille l?gionnaires romains et auxiliaires locaux, impatients de porter le coup de gr?ce ? la cit? orgueilleuse mais bris?e. Derri?re ses murailles, peut-?tre pr?s d’un demi-million de juifs affam?s survivaient dans des conditions abominables?: certains ?taient des z?lotes, des fanatiques religieux, d’autres de simples pillards, mais la plupart ?taient des familles innocentes incapables de fuir ce pi?ge aussi magnifique que mortel. Bien des juifs vivaient hors des fronti?res de la Jud?e – on en trouvait sur tout le pourtour m?diterran?en et au Proche-Orient – et ce dernier combat d?sesp?r? d?ciderait non seulement du sort de la ville et de ses habitants, mais aussi de l’avenir du juda?sme et du christianisme, alors culte juif de peu de port?e, voire, en se propulsant six si?cles dans le futur, de la forme que prendrait l’islam.

Les Romains avaient ?difi? des rampes contre les murs du Temple. Mais leurs assauts avaient ?t? repouss?s. Plus t?t dans la journ?e, Titus avait d?clar? ? ses g?n?raux que ses efforts pour prot?ger ce ??temple ?tranger?? lui co?taient trop de soldats, et il avait ordonn? que le feu soit bout? aux portes de l’?difice. L’argent des portes avait fondu et l’incendie s’?tait propag? aux encadrements de bois des portes et des fen?tres, puis aux poutres des couloirs du Temple lui-m?me. Titus avait exig? que l’incendie soit ?teint. Les Romains, avait-il lanc?, ne devaient ??point se venger d’objets inanim?s plut?t que d’hommes??. Puis il s’?tait retir? pour la nuit dans son quartier g?n?ral, dans la tour d’Antonia qui, ? demi en ruine, surplombait le superbe complexe du Temple.
Tout autour des murs se d?roulaient des sc?nes semblables ? l’enfer sur terre. Des milliers de cadavres se putr?fiaient sous le soleil. La puanteur ?tait insupportable. Des meutes de chiens et de chacals se gorgeaient de chair humaine. Les mois pr?c?dents, Titus avait ordonn? que tous les prisonniers ou d?serteurs soient crucifi?s. On crucifiait cinq cents juifs par jour. Le mont des Oliviers et les hauteurs escarp?es entourant la ville ?taient si encombr?s de croix qu’il n’y avait plus de place pour en planter d’autres, ni d’arbres pour les fabriquer. Les soldats de Titus s’amusaient ? clouer leurs victimes membres ?cart?s dans des positions absurdes. Nombre de J?rusal?mites ne pensaient plus qu’? fuir la ville. En partant, ils avalaient leur argent pour le dissimuler, esp?rant le r?cup?rer quand ils seraient en s?curit?, loin des Romains. Ils sortaient, ??gonfl?s de famine, enfl?s comme des hommes souffrant d’œd?me??, mais s’ils mangeaient, ils ???clataient??. Quand leurs ventres explos?rent, les soldats d?couvrirent les tr?sors naus?abonds cach?s dans leurs entrailles. Ils entreprirent donc d’?visc?rer tous les prisonniers et de fouiller dans leurs intestins alors qu’ils ?taient encore en vie. Horrifi?, Titus tenta d’interdire ces pillages anatomiques. En vain?: ses auxiliaires syriens, qui ha?ssaient les juifs et ?taient ha?s d’eux avec toute la hargne de voisins, se r?jouissaient de ces jeux macabres. Les cruaut?s commises par les Romains et les rebelles derri?re leurs murailles sont dignes de certaines des pires atrocit?s du xxe?si?cle.

La guerre avait commenc? quand l’aristocratie de Jud?e elle-m?me, les alli?s juifs de Rome, avait ?t? pouss?e par l’ineptie et la cupidit? des gouverneurs romains ? faire cause commune avec une r?volte populaire. Les rangs des rebelles se composaient de Juifs religieux et de brigands opportunistes qui avaient profit? du d?clin de l’empereur N?ron et du chaos qui avait suivi son suicide pour chasser les Romains et r?tablir un ?tat juif ind?pendant ayant le Temple pour centre. Mais la r?volution juive s’?tait aussit?t transform?e en purges sanglantes et en guerre des gangs.

Trois empereurs succ?d?rent ? N?ron en ? peine plus d’un an. Le temps que Vespasien monte sur le tr?ne et envoie Titus prendre J?rusalem, la ville avait ?t? partag?e entre trois chefs de guerre en perp?tuel conflit. Ils avaient d’abord livr? de violents combats dans les cours du Temple, ruisselantes de sang, avant de piller la ville. Leurs guerriers p?n?traient dans les quartiers les plus ais?s, saccageaient les maisons, assassinaient les hommes et violentaient les femmes – ??c’?tait pour eux comme un jeu??. Ivres de pouvoir et de l’excitation de la chasse, sans doute aussi du vin qu’ils avaient pill?, ils ??s’adonnaient ? la lascivit? f?minine, se couvraient les cheveux, rev?taient des atours de femmes, se barbouillaient d’onguents et se fardaient les paupi?res??. Ces truands de province, se pavanant dans des ??manteaux aux teintes les plus raffin?es??, tuaient quiconque croisait leur chemin. Dans leur ing?niosit? d?prav?e, ils ??inventaient des plaisirs illicites??. J?rusalem, abandonn?e ? une ??intol?rable souillure??, devint ??un bordel?? et une salle de tortures – tout en conservant son aura de sanctuaire.

Car, malgr? tout, le Temple continuait de fonctionner. En avril pr?c?dent, des p?lerins ?taient venus pour la P?que, juste avant que les Romains n’assi?gent la cit?. La population se chiffrait d’ordinaire en dizaine de milliers, mais les Romains avaient pris au pi?ge les p?lerins et beaucoup de r?fugi?s fuyant la guerre, si bien que la ville abritait des centaines de milliers de personnes. Les chefs rebelles ne mirent un terme ? leurs luttes intestines que quand Titus eut encercl? les murailles. Alors, ils unirent leurs forces et align?rent leurs vingt et un mille guerriers face aux Romains.

La ville que Titus vit pour la premi?re fois du haut du mont?Scopus, du grec skopeo, qui signifie ??regarder??, ?tait, pour reprendre les termes de Pline, ??de loin la cit? la plus vant?e de l’Orient??, m?tropole opulente et prosp?re b?tie autour de l’un des temples les plus grandioses du monde antique, lui-m?me gigantesque œuvre d’art. J?rusalem existait depuis des mill?naires, mais jamais cette ville aux multiples tours et remparts, ? cheval sur deux hauteurs dans la d?solation escarp?e de Jud?e, n’avait ?t? aussi peupl?e ni aussi superbe qu’en ce premier si?cle de notre ?re. De fait, il faudrait attendre le xxe?si?cle pour que J?rusalem renoue avec une telle grandeur. C’?tait l? l’accomplissement d’H?rode le Grand, le monarque de Jud?e, fou g?nial dont les palais et les forteresses avaient ?t? construits ? une ?chelle si monumentale, et d?cor?s avec tant de luxe que l’historien juif Flavius Jos?phe reconna?t qu’ils ??d?passent [s]a capacit? ? les d?crire??.

Le Temple lui-m?me surpassait tout le reste dans sa gloire sacr?e. ??D?s que se levait le soleil??, ses cours scintillantes et ses portes dor?es ??r?fl?chissaient la lumi?re en une splendeur flamboyante qui contraignait quiconque osait la contempler ? d?tourner le regard??. La premi?re fois que des ?trangers voyaient le Temple – comme Titus et ses l?gionnaires –, il ?tait ??semblable ? une montagne couverte de neige??. Les juifs fervents savaient qu’au centre des cours de cette ville dans la ville au sommet du mont Moria se trouvait une pi?ce minuscule et sacr?e entre toutes, qui ne contenait pour ainsi dire rien du tout. Ce lieu ?tait le cœur de la foi juive?: le Saint des Saints, l? o? Dieu Lui-m?me r?sidait.

Si le Temple d’H?rode ?tait un sanctuaire, c’?tait aussi une forteresse presque inexpugnable ? l’int?rieur de la cit?. Les juifs, encourag?s par la faiblesse des Romains durant l’Ann?e des quatre empereurs, et tirant parti des escarpements inaccessibles de J?rusalem, de ses murailles et du labyrinthe du Temple, s’?taient dress?s contre Titus, confiants dans leur force. Apr?s tout, cela faisait pr?s de cinq ans qu’ils d?fiaient Rome. Or, Titus disposait de l’autorit?, des ambitions, des ressources et du talent n?cessaires pour remplir sa mission. Il entreprit de r?duire les d?fenses de J?rusalem avec une efficacit? syst?matique et une puissance ?crasante. Des pierres de baliste, probablement lanc?es sur son ordre, ont ?t? retrouv?es dans les tunnels le long du mur ouest du Temple, preuve de l’intensit? du bombardement romain. Les juifs se battirent pour chaque pouce de terrain avec un acharnement presque suicidaire. Ce qui n’emp?cha pas Titus, qui d?ploya tout l’arsenal des engins de si?ge, des catapultes et du g?nie poliorc?tique romain, de s’emparer de la premi?re enceinte en quinze jours. Il entra?na un millier de l?gionnaires dans le labyrinthe des march?s de J?rusalem et s’empara de la deuxi?me enceinte. Les juifs effectu?rent une sortie et la reprirent. Les murs ne cess?rent alors de changer de mains. Titus tenta ensuite d’impressionner la ville en faisant d?filer son arm?e – cuirasses, casques, lames luisantes, enseignes claquant au vent, aigles scintillantes, ??chevaux richement capara?onn?s??. Des milliers d’habitants s’assembl?rent sur les remparts pour contempler le spectacle et admirer ??la beaut? de leurs armures et l’ordre admirable des hommes??. Mais les juifs continuaient de le d?fier, ou peut-?tre craignaient-ils trop leurs chefs de guerre pour d?sob?ir ? leurs ordres?: pas de capitulation.
Pour finir, Titus d?cida d’encercler et d’isoler l’ensemble de la cit? gr?ce ? des lignes de circonvallations. ? la fin de juin, les Romains prirent d’assaut l’imposante forteresse Antonia, qui dominait le Temple, puis la ras?rent, ? l’exception d’une tour o? Titus installa son quartier g?n?ral.

Vers le milieu de l’?t?, alors que les hauteurs dentel?es et br?l?es par le soleil se h?rissaient d’une for?t de cadavres crucifi?s environn?s de mouches, le sentiment que la fin ?tait proche s’abattit sur la ville, en proie ? un fanatisme implacable, aux caprices sadiques de ses ma?tres et ? une famine terrible. Des bandes arm?es r?daient en qu?te de nourriture. Les enfants arrachaient les vivres des mains de leurs p?res?; les m?res volaient la part de leurs propres nourrissons. Quand ils se heurtaient ? des portes verrouill?es, les guerriers, soup?onnant les occupants de dissimuler des vivres, en for?aient l’entr?e, enfon?ant des pieux dans le rectum de leurs victimes pour les obliger ? r?v?ler o? ils avaient cach? leurs c?r?ales. Quand ils ne trouvaient rien, ils se montraient d’une ??cruaut? plus barbare encore??, comme s’ils avaient ?t? ??tromp?s??. Bien que disposant eux-m?mes encore de nourriture, ils tuaient et torturaient par habitude, ??pour exercer leur folie??. J?rusalem fut le th??tre de chasses aux sorci?res, les gens se d?non?ant les uns les autres comme des accapareurs et des tra?tres. Nulle autre ville, rapporta Flavius Jos?phe, t?moin oculaire, ??n’autorisa tant de mis?res, nulle autre ?poque n’accoucha d’une g?n?ration plus propice ? la malice que celle-ci, depuis le commencement du monde??.
Les jeunes erraient dans les rues ??comme des ombres, tout gonfl?s de faim, et tombaient morts l? o? leur malheur les frappait??. Des gens mouraient en tentant d’enterrer leurs proches tandis que d’autres ?taient inhum?s ? la va-vite alors qu’ils respiraient encore. La famine ravageait des familles enti?res. Les J?rusal?mites voyaient mourir leurs ?tres chers ??l’œil sec et la bouche ouverte. Un profond silence et une sorte de nuit mortelle s’abattirent sur la ville?? – et pourtant, ceux qui p?rissaient gardaient ??le regard fix? sur le Temple??. Les cadavres s’entassaient dans les rues. Bient?t, en d?pit de la loi juive, plus personne n’enterra ses morts dans ce charnier grandiose. Peut-?tre J?sus-Christ l’avait-il pr?dit quand il avait annonc? la prochaine Apocalypse, d?clarant?: ??Que les morts enterrent les morts.?? Parfois, les insurg?s se contentaient de balancer les corps du haut des murs. Les Romains les laissaient se d?composer en des piles putr?fi?es. Mais les rebelles continuaient le combat.

Titus en personne, soldat de m?tier peu impressionnable qui avait occis douze juifs de sa propre arbal?te au cours de sa premi?re ?chauffour?e, en fut horrifi? et ?tonn?: il ne put que g?mir devant les dieux que cela n’?tait pas de son fait. Connu pour sa g?n?rosit?, il ?tait ??le ch?ri et la joie de l’humanit?. ??Mes amis, j’ai perdu ma journ?e??, avait-il coutume de dire quand il n’avait pas trouv? le temps d’offrir des pr?sents ? ses camarades. Robuste, rude, le visage rond orn? d’une bouche g?n?reuse et d’un menton fendu, Titus, fils populaire du nouvel empereur Vespasien, se r?v?lait un brillant g?n?ral?: mais leur dynastie n’avait pas encore fait ses preuves et d?pendait de sa victoire sur les rebelles juifs.

Dans l’entourage de Titus se trouvaient nombre de ren?gats juifs, dont trois J?rusal?mites – un historien, un roi et (semble-t-il) une double reine qui partageait la couche du Romain. L’historien Flavius Jos?phe, commandant rebelle pass? dans le camp imp?rial, notre unique source sur les ?v?nements, ?tait ?galement le conseiller de Titus. Le roi ?tait H?rode Agrippa?II, juif tout ? fait romanis?, ?lev? ? la cour de l’empereur Claude. Il avait occup? les fonctions de surveillant du Temple, b?ti par son arri?re-grand-p?re H?rode le Grand, et avait souvent r?sid? dans son palais de J?rusalem, bien que gouvernant des territoires disparates dans le nord de l’Isra?l moderne, en Syrie et au Liban.

Le roi ?tait presque certainement toujours accompagn? de sa sœur, B?r?nice, fille d’un monarque juif, deux fois reine par mariage, depuis peu la ma?tresse de Titus. Ses ennemis romains la tax?rent plus tard de ??Cl?op?tre juive??. Elle avait dans les quarante ans, mais ???tait dans la force de l’?ge et au fa?te de sa beaut?, note Flavius Jos?phe. Au d?but de la r?volte, son fr?re et elle, qui vivaient ensemble (incestueusement, affirmaient leurs d?tracteurs), avaient voulu confronter les rebelles entre eux et les appeler une derni?re fois ? la raison. D?sormais, ces trois juifs assistaient impuissants ??? l’agonie d’une cit? c?l?bre?? – B?r?nice depuis le lit de son destructeur.

Les prisonniers et les transfuges apportaient des nouvelles de la ville qui inqui?t?rent particuli?rement Flavius Jos?phe, dont les parents ?taient pris au pi?ge derri?re les murailles. M?me les combattants commen?aient ? manquer de vivres, aussi fouillaient-ils et diss?quaient-ils les vivants et les morts, ? la recherche d’or, de miettes, de simples graines, ??titubant et oscillant comme des chiens enrag?s??. Ils mangeaient de la bouse, du cuir, des ceintures, des chaussures et du chaume. Une riche dame du nom de Marie, ayant perdu toute sa fortune et sa nourriture, devint folle au point de tuer son propre fils, de le r?tir, d’en manger la moiti? et de garder le reste pour plus tard. Le d?licieux fumet se r?pandit dans les rues. Les rebelles, mis en app?tit, en cherch?rent l’origine et p?n?tr?rent dans la maison, mais m?me ces soudards ?prouv?s, ? la vue du cadavre de l’enfant ? demi d?vor?, ??s’en furent en tremblant??.
J?rusalem la Sainte, comme elle ?tait baptis?e sur les pi?ces de monnaie juives, sombra dans l’espionnite et la parano?a. Charlatans d?lirants et pr?dicateurs hantaient les rues, promettant la d?livrance et le salut. J?rusalem ?tait, remarqua Flavius Jos?phe, ??telle une b?te sauvage rendue folle par la faim et qui se nourrissait maintenant de sa propre chair??.

En cette nuit du huiti?me jour d’Ab, quand Titus se fut retir? pour se reposer, ses l?gionnaires s’efforc?rent d’?teindre l’incendie d?clench? par l’argent en fusion, ainsi qu’il l’avait ordonn?. Mais les rebelles les attaqu?rent. Les Romains ripost?rent et repouss?rent les juifs jusque dans l’enceinte m?me du Temple. Un l?gionnaire, saisi ??d’un divin courroux??, s’empara de brandons et, soulev? par un autre soldat, mit le feu aux tentures et ? l’encadrement d’une ??fen?tre dor?e??, qui donnait sur les salles entourant le Temple lui-m?me. Au matin, l’incendie s’?tait r?pandu jusqu’au cœur des lieux sacr?s. Voyant les flammes l?cher le Saint des Saints et menacer de le d?truire, les juifs ??pouss?rent une grande clameur et se pr?cipit?rent pour l’en emp?cher??. Mais il ?tait trop tard. Ils se barricad?rent dans la cour int?rieure, puis ne purent que contempler la sc?ne dans un silence horrifi?.
? quelques pas de l?, parmi les ruines de la forteresse Antonia, Titus s’?tait r?veill?; il bondit sur ses pieds et ??courut vers la Sainte Maison pour faire cesser l’incendie??. Son entourage le suivit, dont Flavius Jos?phe, et sans doute le roi Agrippa et B?r?nice, entra?nant derri?re eux des milliers de soldats romains, tous en proie ??? un grand ?tonnement??. Le combat fut acharn?. Flavius Jos?phe affirme que Titus ordonna une fois encore que le feu soit ma?tris?, mais en tant que collaborateur des Romains, il avait de bonnes raisons de vouloir exon?rer son protecteur. Quoi qu’il en soit, tout le monde hurlait, l’incendie se d?cha?nait, et les soldats romains savaient que, conform?ment aux lois de la guerre, une ville qui avait r?sist? aussi opini?trement ne pouvait que s’attendre ? ?tre mise ? sac.

Faisant mine de ne pas avoir entendu Titus, ils exhort?rent m?me leurs camarades ? jeter davantage de combustible dans les flammes. Les l?gionnaires ?taient si imp?tueux que beaucoup finirent pi?tin?s ou br?l?s dans leur ru?e sanguinaire et leur soif d’or, dont ils pill?rent de telles quantit?s que son prix chuta bient?t dans tout l’Orient. Titus, incapable de ma?triser l’incendie et fort probablement soulag? ? la perspective de sa victoire finale, progressa dans le Temple en flammes jusqu’au Saint des Saints. M?me le grand pr?tre n’?tait autoris? ? y p?n?trer qu’une fois par an. Aucun ?tranger n’en avait souill? la puret? depuis Pomp?e, le g?n?ral et homme d’?tat romain, en 63?av. J.-C.?Mais Titus regarda ? l’int?rieur et ??contempla le sanctuaire avec son contenu, tr?sor bien sup?rieur ? ce que la renomm?e avait publi? ? l’?tranger??, ?crit Flavius Jos?phe, et ??non inf?rieur ? sa glorieuse r?putation parmi les gens du pays??. Aussi ordonna-t-il aux centurions de frapper les soldats qui r?pandaient l’incendie, mais ??leurs passions ?taient trop vives??. Alors que le sinistre gagnait le Saint des Saints, Titus fut emmen? par ses officiers qui le mirent en s?curit?, ??et personne n’emp?cha plus les troupes d’activer l’incendie??.
Au beau milieu des flammes, les combats faisaient rage. Des J?rusal?mites affam?s, ?berlu?s, erraient et, d?sempar?s, franchissaient les portes calcin?es. Des milliers de civils et de rebelles se rassembl?rent sur les marches menant ? l’autel, pr?ts ? se battre jusqu’au dernier ou simplement ? mourir sans espoir. Les Romains euphoriques leur tranch?rent la gorge ? tous comme s’il s’?tait agi d’un gigantesque sacrifice humain, jusqu’? ce qu’??autour de l’autel une multitude de cadavres s’amonc[elle]??, le sang d?goulinant sur les marches. Dix mille juifs p?rirent dans le Temple en feu.

Les ?normes pierres et les solives se fendaient avec un bruit semblable au tonnerre. Flavius Jos?phe assista ? la mort du Temple?:

Le cr?pitement des flammes d?cha?n?es se m?lait aux g?missements de ceux qui tombaient?; la hauteur de la colline et la grandeur de l’ouvrage incendi? donnaient l’impression que la ville enti?re br?lait. ? cela s’ajoutait un bruit terrible qu’on ne peut imaginer, fait de la clameur victorieuse des l?gions romaines s’?lan?ant en masse, des hurlements des factieux pris dans un cercle de fer et de feu, de la fuite ?perdue du peuple, surpris sur la hauteur, tombant avec stupeur sur les ennemis et poussant des lamentations dans sa d?tresse. Aux cris des Juifs de la colline se m?laient ceux de la multitude r?pandue dans la ville. Beaucoup, d?j? ?puis?s par la faim, devenus silencieux en voyant le Temple en flammes, retrouv?rent des forces pour g?mir et pour crier. L’?cho de la P?r?e et des montagnes des alentours redoublait l’intensit? du bruit. Mais les souffrances ?taient plus affreuses encore que le tumulte?; il semblait que la colline du Temple, parmi ces flammes qui l’enveloppaient de toutes parts, bouillonn?t jusque dans ses fondements.
Le mont Moria, une des deux hauteurs de J?rusalem, o? le roi David avait plac? l’Arche d’alliance et o? son fils Salomon avait ?rig? le premier Temple, n’?tait plus que ??feu br?lant de toutes parts??, tandis qu’? l’int?rieur le sol ?tait couvert de cadavres. Mais dans leur triomphe, les soldats les foul?rent au pied. Les pr?tres r?sist?rent, certains se jetant dans la fournaise. Alors, les Romains en furie, voyant que le Temple int?rieur ?tait d?truit, se saisirent de l’or et du mobilier, et emport?rent leur butin avant de mettre le feu au reste du complexe.

Pendant que la cour int?rieure br?lait, l’aube approchant, les rebelles rescap?s perc?rent les lignes romaines dans le labyrinthe des cours ext?rieures, quelques-uns se r?fugiant dans la ville. La cavalerie romaine contre-attaqua, extermina les insurg?s et mit le feu aux salles du tr?sor du Temple, qui regorgeaient des richesses fournies par la taxe du Temple que versaient tous les juifs, d’Alexandrie ? Babylone. Ils y trouv?rent six mille femmes et enfants blottis l? dans l’attente de l’Apocalypse. Un ??faux proph?te?? avait plus t?t proclam? qu’ils d?c?leraient les ??signes miraculeux de leur d?livrance?? dans le Temple. Les l?gionnaires se content?rent d’incendier les couloirs, et tous moururent br?l?s vifs.
Les Romains apport?rent leurs enseignes sur la montagne sacr?e, y offrirent des sacrifices ? leurs dieux et salu?rent Titus du titre d’imperator, commandant en chef. Des pr?tres se cachaient encore dans le Saint des Saints. Deux d’entre eux se jet?rent dans les flammes, et l’un parvint ? faire sortir les tr?sors du Temple – les aubes du grand pr?tre, les deux cand?labres d’or, ainsi que des sacs de cannelle et de graines de cassier, des ?pices que l’on br?lait chaque jour dans le Sanctuaire. Quand les autres se rendirent, Titus les fit ex?cuter, car ??il convenait ? des pr?tres de p?rir avec leur Temple??.
J?rusalem ?tait, et est encore, une ville de tunnels. Aussi les rebelles se volatilis?rent-ils dans les sous-sols, tout en tenant toujours la Citadelle et la ville haute, ? l’ouest. Il fallut ? Titus un mois de plus pour conqu?rir le reste de la cit?. Quand elle tomba, les Romains et leurs auxiliaires syriens et grecs ??se r?pandirent dans les ruelles. ?p?e ? la main, ils massacr?rent sans distinction tous ceux qu’ils croisaient et incendi?rent les maisons avec tous ceux qui y avaient trouv? refuge??. La nuit, quand la tuerie cessa, ??le feu s’assura la ma?trise des rues??.

Titus parlementa avec les deux chefs de guerre juifs sur le pont qui franchissait la vall?e entre le Temple et la ville, et leur offrit la vie sauve en ?change de leur reddition. Ils refus?rent. Il ordonna que la Ville basse, o? presque toutes les maisons ?taient pleines de cadavres, soit pill?e et incendi?e. Quand les chefs de guerre j?rusal?mites se repli?rent sur le palais d’H?rode et la Citadelle, Titus fit creuser des sapes et, le 7 du mois d’Elul, ? la mi-ao?t, les Romains prirent les fortifications d’assaut. Les insurg?s se battirent dans les tunnels jusqu’? ce qu’un de leurs chefs, Jean de Gischala, d?pose les armes (il fut ?pargn?, mais fut condamn? ? un emprisonnement ? vie). L’autre chef, Simon ben Giora, ?mergea d’un tunnel sous le Temple drap? d’une robe blanche, et eut l’insigne honneur de jouer un r?le de premier plan dans le triomphe de Titus, le d?fil? de la victoire ? Rome.
Dans le d?sordre et la destruction m?thodique qui s’ensuivirent, un monde disparut, ne laissant derri?re lui que de rares instants fig?s dans le temps. Les Romains massacr?rent les vieux et les infirmes?: le squelette d’une main de femme, trouv?e sur le seuil de sa maison incendi?e, constitue une preuve de la panique et de la terreur qui r?gnaient alors?; les cendres des demeures du quartier juif r?v?lent la violence des flammes. Deux cents pi?ces de bronze ont ?t? retrouv?es dans une boutique de la rue qui passait sous les degr?s monumentaux du Temple, sans doute enfouies l? dans les derni?res heures de la chute de la ville. Bient?t, m?me les Romains furent las du carnage. Les J?rusal?mites furent rassembl?s dans des camps de regroupement install?s dans la Cour des femmes du Temple, o? ils furent pass?s au crible?: les combattants furent tu?s?; les vigoureux envoy?s travailler dans les mines d’?gypte?; les jeunes et les plus beaux vendus comme esclaves, les autres choisis pour mourir face aux lions du cirque ou pour ?tre pr?sent?s lors du triomphe.

Flavius Jos?phe chercha parmi les prisonniers, dans un ?tat pitoyable, qui ?taient r?unis dans les cours du Temple, et retrouva son fr?re ainsi que cinquante amis que Titus l’autorisa ? remettre en libert?. Ses parents ?taient sans doute morts. Mais il reconnut trois de ses amis parmi les crucifi?s. ??Mon cœur saignait et je m’en ouvris ? Titus??, qui ordonna qu’ils soient descendus de leurs croix et confi?s aux soins des m?decins. Un seul surv?cut.
Titus d?cida, comme Nabuchodonosor, d’?radiquer J?rusalem, d?cision dont Flavius Jos?phe rejette la faute sur les rebelles?: ??La r?bellion a d?truit la ville et les Romains ont d?truit la r?bellion.?? Le nivellement du Temple, le monument le plus impressionnant d’H?rode le Grand, dut constituer un formidable d?fi en termes d’ing?nierie. Les ?normes pierres de taille du Portique royal s’abattirent sur les nouveaux dallages en contrebas, et c’est l? qu’on les retrouva pr?s de deux mille ans plus tard, formant un tas colossal o? elles ?taient tomb?es, dissimul?es sous des si?cles de d?bris. Les gravats furent jet?s dans la vall?e jouxtant le Temple et commenc?rent ? combler le ravin, aujourd’hui presque invisible, qui s?parait le mont du Temple de la ville haute. Mais les murs de sout?nement du mont du Temple, dont le mur occidental actuel, r?sist?rent. Les spolia, les pierres tomb?es du Temple et de la cit? d’H?rode, encore partout pr?sentes dans la ville, furent utilis?es et r?utilis?es ensuite pendant plus d’un mill?naire par tous les conqu?rants et b?tisseurs de la ville, des Romains aux Arabes, des crois?s aux Ottomans.

Nul ne sait combien de gens moururent ? J?rusalem, et les historiens antiques font g?n?ralement peu de cas de l’exactitude des chiffres. Tacite dit que six cent mille personnes vivaient dans la ville assi?g?e, tandis que Flavius Jos?phe, lui, parle de plus d’un million. Quelle que f?t la r?alit?, leur nombre ?tait consid?rable, et tous moururent de faim, furent tu?s ou vendus en esclavage.

Titus se lan?a dans une macabre tourn?e victorieuse. Sa ma?tresse B?r?nice et son fr?re le roi le re?urent dans leur capitale, C?sar?e de Philippe, aujourd’hui sur le plateau du Golan. L?, il regarda des milliers de juifs se battre entre eux et contre des animaux sauvages – ? mort. Quelques jours plus tard, il assista ? l’ex?cution de deux mille cinq cents autres prisonniers dans le cirque de Césarée maritime et d’autres encore furent massacrés par jeu à Beyrouth avant que Titus ne rentre à Rome célébrer son triomphe.


Non-violence: Ceux qui travaillent à la paix sèment dans la paix (James’s epistle is still relevant for today as it speaks to issues of how Christians should respond to injustice)

11 octobre, 2014
https://scontent-b-ams.xx.fbcdn.net/hphotos-xfp1/v/t1.0-9/10690013_4785735338343_7769564921204604104_n.jpg?oh=17131eaac71635b1f283f694486bf4ab&oe=54B27D59https://i1.wp.com/www.mehach-magazine.com/wp-content/uploads/2014/10/Kailash-Satyarthi-800x516.jpgLaissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. Jésus (Matthieu 19: 14)
Quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même. Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu’on le jetât au fond de la mer. Jésus (Matthieu 18: 5)
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux! Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous. Jésus (Matthieu 5: 10-12)
Celui qui a dit: Tu ne commettras point d’adultère, a dit aussi: Tu ne tueras point. Or, si tu ne commets point d’adultère, mais que tu commettes un meurtre, tu deviens transgresseur de la loi. Jacques 2: 11
Vous convoitez, et vous ne possédez pas; vous êtes meurtriers et envieux, et vous ne pouvez pas obtenir; vous avez des querelles et des luttes, et vous ne possédez pas, parce que vous ne demandez pas. Jacques 4: 2
A vous maintenant, riches! Pleurez et gémissez, à cause des malheurs qui viendront sur vous. (…) Voici, le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos champs, et dont vous les avez frustrés, crie, et les cris des moissonneurs sont parvenus jusqu’aux oreilles du Seigneur des armées. Vous avez vécu sur la terre dans les voluptés et dans les délices, vous avez rassasié vos coeurs au jour du carnage. Vous avez condamné, vous avez tué le juste, qui ne vous a pas résisté. Jacques 5: 1-6
Si vous avez dans votre coeur un zèle amer et un esprit de dispute, ne vous glorifiez pas et ne mentez pas contre la vérité. Cette sagesse n’est point celle qui vient d’en haut; mais elle est terrestre, charnelle, diabolique. Car là où il y a un zèle amer et un esprit de dispute, il y a du désordre et toutes sortes de mauvaises actions. La sagesse d’en haut est premièrement pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, exempte de duplicité, d’hypocrisie. Le fruit de la justice est semé dans la paix par ceux qui recherchent la paix. Jacques 3: 14-18
Ceux qui travaillent à la paix sèment dans la paix une semence qui aura pour fruit ce qui est juste. Jacques 3: 18 (Bible du semeur)
Mais beaucoup d’entre eux, encouragés par l’impunité, se tournèrent au métier de brigand ; dans toute la contrée ce ne furent que pillages et soulèvements, fomentés par les plus audacieux (…) Des individus vagabonds et fourbes, qui ne cherchaient que changements et révolutions sous le masque de l’inspiration divine, poussaient la multitude à un délire furieux et l’entraînaient au désert, où Dieu, disaient-ils, devait leur montrer les signes de la liberté prochaine (…) A peine ce mouvement réprimé, l’inflammation, comme dans un corps malade, reparut sur un autre point.  Les imposteurs et les brigands se réunirent pour entraîner à le défection et appeler à la liberté un grand nombre de Juifs, menaçant de mort ceux qui se soumettaient à la domination romaine et déclarant qu’ils supprimeraient de force ceux qui acceptaient volontairement la servitude. Répartis par bandes dans le pays, ils pillaient les maisons des principaux citoyens, tuaient les propriétaires et incendiaient les bourgades. Toute la Judée fut remplie de leur frénésie, et de jour en jour cette guerre sévissait plus violente. Flavius Josèphe
The modern world is not evil; in some ways the modern world is far too good. It is full of wild and wasted virtues. When a religious scheme is shattered (as Christianity was shattered at the Reformation), it is not merely the vices that are let loose. The vices are, indeed, let loose, and they wander and do damage. But the virtues are let loose also; and the virtues wander more wildly, and the virtues do more terrible damage. The modern world is full of the old Christian virtues gone mad. The virtues have gone mad because they have been isolated from each other and are wandering alone. G.K. Chesterton
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
We treasure the precious words of Hizbullah and your expression of goodwill towards the American people. Also, we praise your initiative for dialogue and mutual understanding. We cherish these statements that bring us closer to you. As an elder of our church, I’d like to say that according to my recent experience, relations and conversations with Islamic leaders are a lot easier than dealings and dialogue with Jewish leaders. Ronald Stone (Presbyterian leader)
Nous avons donc à faire à des espèces de « brigades internationales », comme lors de la Guerre d’Espagne. Signe des temps, ces combattants, venus de tous les coins, ne se réclament pas d’une grande idéologie émancipatrice, comme au XX° siècle, mais d’une version très particulière d’une religion, l’islam. Il s’agit bien, cependant, comme lors de la guerre, d’Espagne, d’un mouvement inspiré par l’indignation et la solidarité. Indignation, face aux moyens disproportionnés utilisés, dès le départ par le régime face à la contestation. Solidarité, car ces jeunes, comme les combattants d’Espagne, veulent témoigner d’une communauté de croyance. (…) La malheureuse Syrie est prise en otage par les deux grandes puissances religieuses et ennemies de l’islam – l’Iran chiite, qui est derrière le régime, et l’Arabie salafiste, qui soutient la rébellion. Mais la violence, sur place, s’est déchaînée avec une telle intensité et sur une si grande échelle qu’on redoute le retour en Europe de combattants bien entraînés et surtout, « brutalisés », pour employer le mot forgé par l’historien George Mosse à propos des anciens combattants de 14-18 (De la grande guerre au totalitarisme). Par « brutalisation », Mosse entendait décrire l’expérience inouïe faite par les combattants de la Grande Guerre. La banalisation de la mort en masse avait provoqué chez nombre d’entre eux une accoutumance à la violence extrême ; elle avait émoussé les sentiments humains fondamentaux de sympathie, de pitié, et jusqu’au simple souci de soi. Elle avait développé un style de vie – Mosse parlait de « fureur d’une vie frénétique » et « d’aspiration à vivre des expériences situées au-delà des limites de habituelles de la civilisation ». Style de vie qu’on devait retrouver ensuite dans la manière des mouvements totalitaires de considérer la politique : une lutte à mort contre l’adversaire dans un climat de profonde camaraderie, de fraternité virile, de développement à la cause, allant jusqu’au sacrifice de sa propre vie. Ce sont autant les effets psychologiques de cette guerre, menée avec des moyens effrayant, où les combattants se filment en train de torturer, ou en train de jouer avec les têtes de leurs ennemis découpées, que la familiarisation avec les techniques de combat urbain qu’on peut redouter chez ces djihadistes quand, vaincus comme il est probable, ils retourneront d’où ils sont venus. L’anthropologue Dounia Bouzar a récemment consacré un livre, Désamorcer l’islam radical, au cas des jeunes qui s’engagent dans l’islamisme. Elle y montre ce que les techniques de radicalisation utilisées, sur internet en particulier, par les recruteurs du djihad, doivent à celles des sectes. L’identité individuelle est niée, pour être remplacée par une identité de groupe proprement totalitaire. L’esprit critique et la simple raison sont combattus. En échange, on fournit à des jeunes souvent en perte de repères, le sentiment exaltant d’appartenir à une élite, désignée pour régénérer un monde corrompu et décadent. Le parallèle avec les mouvements fascistes est évident. Le gouvernement va annoncer, cet après-midi, un ensemble de mesures destinées à lutter contre la radicalisation des jeunes musulmans, et à les empêcher d’aller combattre en Syrie. Mais la prévention ne devrait-elle pas passer par une meilleure intégration de jeunes déboussolés ? Les familles décomposées, l’échec scolaire, l’omniprésence de la drogue dans certains quartiers, le chômage de masse ne sont-ils pas les meilleurs agents recruteurs du djihad, cette fuite dans une violence exotique ? Brice Couturier
L’exécution de James Foley (…) Ça a provoqué une indignation générale des pays occidentaux. Bon, moi, j’ai été préoccupé par la lapidation d’Albert Ebossé, vous savez, ce footballeur camerounais, là, qui s’est fait allumer sur un stade. Bon, il s’est pris une caillasse en Algérie (…) Les cadres de la mafia des Rothschild (…) Ils ont tous condamné la barbarie de ce crime ignoble. Apparemment, la décapitation en mondovision sur Internet, c’est pas leur truc (…) Khadafi, son exécution où il s’est fait lyncher moins qu’un chien, tu sais, non, ça ça passe, Saddam Hussein, sa pendaison, pareil, mais là, James Foley, ça n’est pas passé (…) Moi, ce que je trouve étrange, c’est que la décapitation, ça symbolise avant tout le progrès, l’accès à la civilisation. (…) C’est pour ça que j’ai pas compris, en France, on a quand même décapité en place publique, devant le peuple. C’est pour ça que je suis étonné qu’aujourd’hui on fasse tout ce foin (…) Vous savez que je suis originaire du Cameroun (…) Bon, je suis né dans les années 60 et regardez ce qui se passe (…) la décapitation, c’était bien vu (…) Vous voyez tout autour des têtes coupées (…) , eh bien, il y a l’armée française, enfin la civilisation qui est venue nous apporter quoi ? Le progrès (….) Donc pour progresser, on peut pas faire l’économie de certains sacrifices (…) C’est pour ça,  je voudrais m’adresser aux parents de James Foley (…) je voudrais leur dire (…): détendez-vous, c’est-à-dire vous commencez à accéder à la civilisation (…) en réalité, tout va bien. (…) A chaque époque ses pratiques. Avant, c’était la pendaison aux Etats-Unis (…) on pendait des nègres un peu partout dans la rue aux réverbères (…) Moi, je suis contre la violence mais quand elle se présente, il faut s’adapter … Y a même pépé Aznavour qui s’y est mis (…) « Oeil pour oeil, dent pour dent », l’autre, carrément: « vous égorgez, les islamistes, on vous égorge ». Au nom du Christ, tu parles ? (…) Jésus a jamais demandé à ce qu’on égorge des gens enfin !En son nom ! (…) Jésus nous a appris autre chose, Jésus nous a appris le pardon … (…) ebola (…) J’ai l’impression qu’il y a vraiment un programme d’extermination qui est en train d’être mis en place … Dieudonné
On ne discute pas avec des étrangleurs. (…) on fait comme eux: vous égorgez, on égorge. Alors là, c’est oeil pour oeil dent pour dent ! Charles Aznavour
Une civilisation est testée sur la manière dont elle traite ses membres les plus faibles. Pearl Buck
I don’t reject Christ. I love Christ. It’s just that so many of you Christians are so unlike Christ. Oh, I don’t reject Christ. If Christians would really live according to the teachings of Christ, as found in the Bible, all of India would be Christian today. Gandhi
Le 9 octobre 2012, les talibans m’ont tiré sur le côté gauche de mon visage. Ils ont tiré sur mes amis aussi. Ils pensaient que les balles allaient nous faire taire. Mais ils ont échoué. Et puis, sur ce silence se sont élevées des milliers de voix. Les terroristes pensaient qu’ils pourraient nous faire changer d’objectifs et arrêter nos ambitions mais cela n’a rien changé dans ma vie, sauf ceci: la faiblesse, la peur et le désespoir sont morts. La force, la puissance et le courage sont nés. (…)  Chers frères et sœurs, je ne suis contre personne. Je ne suis pas non plus ici pour parler en termes de vengeance personnelle contre les talibans ou contre tout autre groupe de terroristes. Je suis ici pour parler du droit à l’éducation de chaque enfant. Je veux de l’éducation pour les fils et les filles de tous les extrémistes, en particulier les Talibans. Je n’ai même pas de haine contre le Talib qui m’a tiré dessus. Même si j’avais une pistolet en main et qu’il se trouvait en face de moi, je ne lui tirerait pas dessus. C’est la compassion que j’ai apprise de Mohammed, le prophète de la miséricorde, que j’ai apprise de Jésus-Christ et de Bouddha. C’est l’héritage du changement que j’ai hérité de Martin Luther King, de Nelson Mandela et de Muhammad Ali Jinnah. C’est la philosophie de la non-violence que j’ai apprise de Gandhi Jee, de Bacha Khan et de Mère Teresa. Et c’est le pardon que mon père et la mère m’ont appris. Et c’est ce que mon âme me dit, soit pacifique et aimant pour tout le monde. Malala
Malala Yousafzaï (…) devint très vite un symbole. Sa notoriété naissante a pourtant suscité embarras et malaise dans son propre pays. Plus l’Occident l’acclamait – le show-business (Madonna, Angelina Jolie) ou les poids lourds politiques (Hillary Clinton, Gordon Brown) – comme une figure emblématique de la résistance à l’obscurantisme islamiste, plus des voix s’élevaient au Pakistan pour dénoncer son instrumentalisation par des « forces étrangères ». Les tenants de la théorie du complot – un sport national au Pakistan – sont dès lors passés à l’offensive. Sournoises, imprégnées de paranoïa, les questions se sont multipliées sur les réseaux sociaux. Pourquoi l’Occident se prend-il de passion pour cette jeune Pakistanaise ? Et pourquoi Malala Yousafzaï se tait-elle sur les enfants victimes des drones américains frappant chaque semaine les zones pachtounes frontalières de l’Afghanistan ? Il n’en fallait pas davantage pour que la jeune fille se fasse accuser d’être un « agent américain », manipulé pour servir les funestes desseins de l’Occident contre les musulmans en général et le Pakistan nucléaire en particulier. Sami ul-Haq, le chef du parti Jamiat Ulema-e-Islami (JUI) dont les madrasas (écoles coraniques) font office de pépinières de combattants talibans, avait ainsi estimé que Malala Yousafzaï avait été « kidnappée par les forces anti-islam en Occident. » Les libéraux, groupe à l’influence marginale au Pakistan, ont fini par se réveiller et ont contre-attaqué. L’été 2013, la romancière Bina Shah exprimait dans le quotidien Dawn son courroux face à tant d’acrimonie. De telles réactions, écrivait-elle, sont « la manifestation honteuse de la manière dont les Pakistanais tendent à se retourner contre les personnes dont ils devraient être fiers ». Faisant taire ses détracteurs, Malala Yousafzaï demanda à Barack Obama – qui la reçut à la Maison Blanche en octobre 2013 – de cesser les frappes de drones américains contre des cibles djihadistes au Nord-Waziristan (zones tribales frontalières de l’Afghanistan) qui, selon elle, « tuent des victimes innocentes » et « alimentent le terrorisme ». L’une des prestations les plus marquantes de Malala Yousafzaï, celle qui l’imposa comme une icône internationale, fut incontestablement son intervention, le 12 juillet 2013 à New York, devant l’Assemblée de jeunes de l’ONU. Les talibans « pensaient qu’une balle pourrait nous réduire au silence mais ils ont échoué », avait-elle alors lancé au fil d’un discours posé, ferme et éclairé. « Prenons nos cahiers et nos crayons, avait-elle enchaîné. Ce sont nos armes les plus puissantes. » Et elle avait eu cette formule empreinte d’un profond humanisme : « Je veux l’éducation pour les fils et les filles des talibans et tous les extrémistes et les terroristes. » Avant de conclure : « Je n’ai même pas de haine pour le taliban qui m’a tiré dessus. »  Le Monde
Showing great personal courage, Kailash Satyarthi, maintaining Gandhi’s tradition, has headed various forms of protests and demonstrations, all peaceful, focusing on the grave exploitation of children for financial gain. He has also contributed to the development of important international conventions on children’s rights. Nobel committee
This is the most ironical part of India’s growth. The middle classes are demanding cheap, docile labour. The cheapest and most vulnerable workforce is children – girls in particular. So the demand for cheap labour is contributing to trafficking of children from remote parts of India to big cities. Satyarthi (Save Child Movement)
I thanked President Obama for the United States’ work in supporting education in Pakistan and Afghanistan and for Syrian refugees. I also expressed my concerns that drone attacks are fueling terrorism. Innocent victims are killed in these acts, and they lead to resentment among the Pakistani people. If we refocus efforts on education it will make a big impact. Malala Yousafzai
It’s a political decision, a motivated one, and a conspiracy to invoke [sic] people in the Muslim countries. And the father of Malala and Malala have done nothing at all. Her father is a good salesman, that’s it. And the daughter has also become a salesgirl. And they are dancing on the tunes of West. Tariq Khattak (Pakistan Observer)
Les travailleurs [sanitaires] et les officiels, rendus responsables par des populations en panique pour la propagation du virus, ont été menacés avec des couteaux, des pierres et des machettes, et leurs véhicules ont parfois été entourés par des foules menaçantes. Des barrages de troncs d’arbre interdisent l’accès aux équipes médicales dans les villages où l’on soupçonne la présence du virus. Des villageois malades ou morts, coupés de toute aide médicale, peuvent dès lors infecter d’autres personnes. Adam Nossiter
Peurs, fantasmes, parano sont fréquents à chaque nouvelle maladie. Ce fut le cas lors de l’apparition du sida au début des années 80. A Kinshasa, durement touchée par la pandémie, la population n’a pas cru aux explications officielles sur la transmission sexuelle du virus, et avait rebaptisé le sida ‘Syndrome inventé pour décourager les amoureux’… Les églises évangélistes s’en étaient emparées pour parler de ‘punition divine’ et recruter un peu plus de brebis égarées. Pire, en Afrique du Sud, la méfiance vis-à-vis de la médecine occidentale a gagné jusqu’au Président de l’époque, Thabo Mbeki, qu’on aurait cru plus prudent, et qui avait encouragé le recours à des remèdes traditionnels plutôt que les antirétroviraux qui commençaient à faire leur apparition et ont, depuis, fait leurs preuves. Un temps précieux, et beaucoup de vies humaines, ont été sacrifiés dans cette folie. Pierre Haski
Yes, I am amazed by Malala. How can one not be? Her courageous young body, shattered by Taliban bullets, her strong, kind stance in that Jon Stewart interview everyone on my Facebook timeline shared.. It is hard not to be moved by her. But she is but one courageous person. Fortunately for the world, there is no shortage of such brave, courageous individuals. In fact, there is an abundance of them, especially in poor, authoritarian countries. If you think Malala is rare, that is probably because you have not spent much time in such countries. Most Malala’s, however, go nameless, and are not made into Western celebrities. (That interview’s most telling moment was when Jon Stewart said “I want to adopt you” to her right after she repeatedly mentioned how great her own father was–such a striking sentiment in which our multi-decade involvement in Pakistan is reduced to finding a young woman we admire that we all want to take home as if to put on a shelf to adore). What the world is desperately lacking, and the Nobel Committee, for once, rewarded, is the kind of boring, institutional work of peace that advances the lives of people. Everyday. Little by little. But without which lives are shattered and countries crumble (as they do now) (…) activism and social justice too often gets reduced to celebrity culture. Angelina Jolie visits refugee camps–good for her, but the crucial work of providing clean water to thousands of people trapped in such unsanitary conditions gets underfunded, and children die of cholera. No country takes in the refugees. Diseases spread, hunger and cold settle in. But by then, the celebrity has moved on, the cameras have moved on, and those under-appreciated bureaucrats, technicians, the planners, the institutions that improve lives of millions of people, everyday, get dismissed, underfunded, even ridiculed. Hey, they are just bureaucrats and technocrats! Yes, one by one, they are just that. But as institutions they are what the world needs much, much more of. Just in case you feel compelled to point out, I am well aware of the shortcoming of multilateral organizations. Overpaid staff and lack of accountability are real issues. But that does not take away from the fact that more institutional capacity with better oversight and principles is the gaping hole in a world in which almost all our major problems are internationalized, at least to a degree, and yet our institutions and tools remain woefully, dramatically inadequate. (…) Multilateral capacity within a framework of international law (yep, I’m bored typing it) is the only way forward because the other alternatives are whims of existing powerful nations, or celebrity moments on television which make us feeling good, but not much more than that. So (…) work of organizations (…) help keep future brave young Malala’s alive and thriving so that they don’t have to be heroes, but can be the children that they deserve to be. Zeynep Tufekci
While the (somewhat inexplicable) prestige of the Nobel can certainly bring attention to worthy individuals, there’s less evidence to suggest it helps their causes. For instance, the prize given to human rights activist Liu Xiaobo in 2010 has probably made it less likely that Chinese authorities will let him out of prison. Some also find the western media’s fascination with Yousafzai a little troubling. When she was passed over for the prize last year, blogger and technology researcher Zeynep Tufekci argued in a widely read post that in the Malala narrative “our multi-decade involvement in Pakistan is reduced to finding a young woman we admire that we all want to take home as if to put on a shelf to adore.” Whereas, she continued, “what the world is desperately lacking, and the Nobel Committee, for once, rewarded, is the kind of boring, institutional work of peace that advances the lives of people.” There is something irritatingly smug and condescending about some of the coverage of “the bravest girl in the world.” It was a particular low point when, on The Daily Show, Jon Stewart said “I want to adopt you” to a young woman who’s spoken very publicly about the support she’s received from her father—a pretty brave guy in his own right. But that’s our problem, not hers. My guess is that someone’s who’s comfortable telling the president of the United States to his face that his military policies are fueling terrorism isn’t going to let herself be reduced to a cuddly caricature. Joshua Keating
For Satyarthi, the award brings recognition to decades of work on behalf of child laborers, but for Yousafzai, the prize arguably comes with risks. As my former colleague Josh Keating writes at Slate, the media’s treatment of Yousafzai often obscures the West’s complicated relationship with Pakistan, one marked in recent years by an aggressive campaign of U.S. drone strikes and huge amounts of U.S. aid. That coverage often strays toward a condescension that reduces the West’s relationship with Pakistan to, in the words of technology researcher Zeynep Tufekci, to « finding a young woman we admire that we all want to take home as if to put on a shelf to adore. » That attitude — summed up by Jon Stewart’s quip that he wanted to adopt the young woman — risks obscuring the more institutional, boring work to find peace in Pakistan. Moreover, in some quarters of Pakistan, Yousafzai has become a symbol of Western interference in the country, and conspiracy theories abound that her story was in fact created by the CIA, which carries out ongoing drone strikes in the northwestern parts of the country. That’s of course far-fetched, but the praise that she has received in the West has been equally matched in her home country. The Peace Prize will certainly elevate her stature — and also increase animus against her in some parts of Pakistan. Elias Groll
Jacques accuse-t-il sérieusement ses lecteurs de meurtre ? Douglas J. Moo
James is a letter dominated by the theme: how a Christian should respond to injustice. James cries out to Jewish Christians: You must not use the ways of the world to handle your troubles. Friendship with the world is enmity with God. Instead be prayerful, be patient, be agents of peace-making, endure hardship, take care of one another, guard your tongue, and wait for the judgement of God. Not only does James want Jewish Christians to avoid the growing early zealot movement and its ways, but he also wants them to positively take care of one another, not judge or condemn each other, and actively help each other to remain firm in the truth. James expects his readers to keep all the requirements that God wants of us. He finds his example to illustrate his point: you don’t commit adultery but you commit murder! This appears, on the surface, to be a strange illustration. Numerous commentators focus on how James reverses the order of the two commandments from how they appear in the book of Exodus. I am more curious as to why James uses this picture at all. How relevant a picture is it to speak of his Christian readers as not being adulterers but being murderers? Surely it would have been more real-to-life if James had reversed the picture. In our modern world, a congregation might be better served if we were told « You don’t murder, but you do commit adultery – and you call yourself Christ followers? You pick and choose what commandments to follow and what to ignore and pretend you living a holy life? » James, however, does the opposite to what we might expect here. However, in James’ day, in the late 40’s AD, or early 50’s, there was much social injustice and suffering by the poor, and therefore suffering by many Christians who tended to come from the poorer end of the social and economic spectrum. James lived in the time of growing social bandit groups. He knew the Jewish capacity to support and participate in such groups. The Maccabees were recent history, and were remembered as heroes and godly men. It is arguable from the internal evidence of this epistle, that James is aware that even some Jewish Christians were joining, or were tempted to join, the growing social banditry movements. These movements used tactics including the murder of enemies. Perhaps they imagined themselves to be « godly » like the famous Maccabees. Perhaps they even boasted of their « godly » lives (including moral purity). The illustration of “not committing adultery, but murdering” would be very relevant to the Jewish Christians of those “pre- war with Rome” decades. So we see that as James wants to remind his readers to care for the poor and suffering, he also thinks automatically about the mistaken view that it is acceptable to kill at times. Just as in 1:27 we see the link between caring for the poor and not being stained by the world, here too we see care for the poor and a link in James’ mind to not killing. In the light of what he is about to say in 4:1-10 it seems contextually reasonable to suggest that James does not want his readers to respond to injustice or poverty with “the worlds methods” – violence in particular.
The historical setting of Palestine in the 40’s and 50’s AD, was violent and dangerous. Growing social banditry movements were forming and causing distress and havoc as they used robbery and violence in their anger at injustice and oppression. If James the brother of Jesus did write this epistle, then it was written during those violent times. The letter has a backdrop of growing chaos, violence, and unrest as the early banditry movements grew and impacted more and more people. Eventually they would form into the zealot movement and a war with Rome that would destroy Jerusalem. It is time for the historical setting of this epistle to be acknowledged and taken into consideration as a part of the context that must be evaluated as one reads this epistle. (…) James has written during troubled times. There is a crisis, violent, vocabulary in the epistle. Numerous words and phrases are used by James that reveal support for dating the epistle during the troubled times of pre-war with Rome, as the historical occasion of the letter. The author accuses his readers of killing, murdering, and copying the aggressive, political, party- faction spirit of the world. He exhorts them to keep the whole law, not just a part of it. James’ readers include some who may not be committing adultery, but they are murdering. There are « wars and fighting » amongst them. James says that some are « fighting and killing » and that they are doing the opposite to heavenly wisdom when they are involved in « sedition, » « party factions, » and « harsh zeal. » James speaks against this “harsh zeal” that leads to party strife and sedition. He encourages the way of peace, not violence. And he speaks angrily against wars and fighting that are the result of selfish desires and wrong motives. He implores his readers not to make rash oaths, but to stay on the path of heavenly wisdom and practice instead: to be agents of peace and justice. Despite certain theologians wanting to water down the meaning and usage of the words used by James, the terms need to be read in the historical context they are a part of. Without the literal experience of murder, fighting, bitter zeal, and support for political factions, James’ extremely strong criticisms and even stronger imperatives calling for self-examination, repentance and remorse, in 4:7-10, are robbed of their significance. James is a tract that is still relevant for today as it speaks to issues of poverty and injustice, and how Christ-followers should be responding to such. We should join with James in being angry and dismayed at poverty and injustice: we should seek to do something practical and real to help the poor and suffering. But we must never abandon the way of Christ, in that pursuit. We should remain “peacemakers who sow in peace, raising a harvest of justice”. Jim Reiher 

Attention: une violence peut en cacher une autre !

Crucifixions, décapitations, attentats-suicide, assassinats …

Travail des enfants, servage et esclavage modernes, écarts de plus en plus criants entre riches et pauvres, formidable croissance économique se faisant au prix de la vie des plus faibles et notamment des enfants …

Militant ayant arraché, parfois au péril de sa vie, quelque  80 000 enfants à l’exploitation et au servage, adolescente de 17 ans, qui, malgré la balle en pleine tête qui aurait dû lui ôter la vie il y a deux ans, continue à prôner l’amour des ennemis …

En ces temps étranges du retour massif des crucifixions et égorgements au couteau de boucher comme du sacrifice d’enfants

Mais où se voient aussi récompenser, au plus haut niveau, la cause des enfants et la tradition du « Christ indien« …

Pendant qu’en Occident même, nos jeunes sont de plus en plus tentés de s’engager dans de véritables brigades internationales du djihad, certains se font les apologues de la brutalisation en cours ou, y compris parmi nos Eglises, appellent ouvertement au soutien des pires mouvements terroristes ou d’autres au contraire prônent le retour à la loi du talion

Et que d’autres, face aux équipes médicales venues les traiter pour le sida ou le virus ebola, voient des complots partout …

Comment, y compris dans ses pires dérives (comme par exemple l’inversion diabolique des rôles où un Israël ayant enfin recouvré sa terre se voit, face à des groupes terroristes à visée proprement génocidaire, taxé d’ « occupant »), ne pas voir l’incroyable triomphe de la singulière tradition biblique du souci de l’autre et du plus faible ?

Mais aussi, comme le rappellait récemment le bibliste américain Jim Reiher, la brûlante actualité, étendue bientôt à la planète entière, d’un texte comme l’Epitre de Jacques jusqu’ici réduite à une vulgaire « épître de paille » (Luther) ou à un « petit livre de Proverbes » ?

Du moins si on lui restitue, comme le fait brillamment Reiher, son contexte pré-insurrectionnel de la Judée des années 40 après Jésus-Christ …

Où, sur fond d’occupation du pays et d’exploitation extrême des plus faibles, pullulaient toutes sortes de mouvements terroristes et d’imposteurs ..

Et où croissait, un siècle après la révolte maccabéenne et une génération avant l’insurrection zélote qui allait provoquer la destruction du temple de Jérusalem, la tentation de prendre les armes devant tant d’injustice jusque chez les émules du Christ lui-même …

D’où du coup, contre la rapacité des riches et la violence zélote, l’enfin compréhensible véhémence des attaques du frère du Christ ?

Violent Language– a clue to the Historical Occasion of James

Jim Reiher

Evangelical quaterly

19 September 2013

Introduction

The thesis of this paper is that there is an identifiable historical occasion behind the letter of James which can be supported by internal evidence. James, it will be argued, wrote for a purpose. In fact, he wrote for a pressing and urgent reason. The epistle is much more than just a collection of wise sayings, or pearls on a string lacking a compelling historical setting that caused James to write.[1]

Some form critics will disagree. Dibelius, for example, wrote: « not every admonition in James is prompted by a concrete situation in the life of the church. »[2]  He adds: « inferences cannot be drawn from the occurrence of isolated technical terms. »[3] His reason for this position is the genre he has decided for the writing: « relatively little material is ever found in paraenesis which makes possible such a delineation. »[4] This underlying assumption of Dibelius colours everything he sees in James. « All . . . judgements regarding the circumstances of the origin of James must take their departure from the paraenetic character of the writing. »[5]

Indeed, one has to be careful not to treat words and phrases in a vacuum. However, it is acceptable to study significant terms used by an author, in the context of the writing as a whole, and to see if the terms used can fit neatly into a certain historical occasion. The assumptions of Dibelius’ paraenesis are highly questionable.[6] From a redaction critical basis, the words in context must be investigated to see if they assist in identifying the occasion to the epistle.

An occasion behind the epistle of James

J.H. Ropes has said that “The impression throughout the tract [of James] is of a settled condition of affairs. . . . There is no indication of war or of public calamity. »[7]  Ropes is a celebrated theologian and his commentary on James is still used. However, I would suggest that he is incorrect in this analysis. This paper will demonstrate support for the thesis that James wrote his letter because the times he was living in were dangerous and violent. Christian Jews were being tempted to use the world’s methods (violence, revenge, war) to solve their problems (4:1-4).

This letter was written, arguably, in the late 40’s or early 50’s AD.[8]  If James the brother of the Lord, was the author of this epistle, then he wrote in those troubled times.[9] From his perspective in Jerusalem, he was witnessing conflict and turmoil. Injustice and corruption was rampant from both Roman administrators as well as from wealthy Jews exploiting weaker ones. Jewish Christians were witnessing oppression and injustice and some of them were tempted to, and did, respond with violence. Numerous social bandit movements were emerging, seeking revenge for injustice, or plunder for compensation.[10] Before and after Agrippa’s rule, there was growing unrest. Martin Noth highlights the excesses of Caligula in AD 39, as the real starting point for the early expressions of the zealot movement.[11] It did calm down a little during Agrippa’s few years, but as soon as there was a return to direct Roman rule, it picked up again. As Reicke has written: « The glory of Herod’s kingdom, restored according to strict religious principles . . . had suddenly to vanish. From the very outset, therefore, the Jews detested their new guardians. »[12]

Josephus records numerous stories and examples of the growing violence and oppression in Palestine during the late 40’s and for the next 20 years, right up to war with Rome. Cumanus (governor from AD 48-52) is blamed by Josephus for beginning the troubles that eventually led to the war with Rome.[13] Religious extremists fought what they perceived as injustice and religious insults: some 10,000 citizens perished in one incident of religious indignation during a gathering for the feast of unleavened bread.[14] Around the same time, robbers “fell upon and seized” furniture being transported by a servant of Caesar called Stephen.[15] It led to the unjust rounding up of local villagers on the accusation they had not tried to capture the culprits. During this rounding up, a soldier was seen tearing up and burning a book of the Law.[16]  There was such religious indignation over this incident that it led to a huge multitude demonstrating and assembling outside Cumanus’ residence demanding punishment. Josephus states: “the Jews were in great disorder, as if their whole country were aflame, and assembled themselves so many of them by the zeal for their religion.”[17] In this incident, Cumanus saw too large a crowd to subdue, so he executed the offender. The story demonstrates how religious zeal could lead to disorder and violent commotion. Misdirected religious anger was expressed in violence and tumult. And it did not stop there. More troubles are described during the time of Cumanus that blur religious zeal, ethnic pride, and covetousness, and Josephus sums up what was happening with: “there were a great number who betook themselves to robbing in hopes of impunity, and rapines and insurrections of the bolder sort happened over the whole country”.[18]

The following governors did not help the situation. Under Felix (AD 52-58), “the affairs of the Jews grew worse and worse continually; for the country was again filled with robbers and imposters who deluded the multitude.”[19]  Felix even employed some ruthless robbers and assassins to kill the high priest Jonathan.[20]  This emboldened these and other robbers to greater acts of daring, feeling they had immunity.[21] Religious Jews were hoodwinked into following such people: “…these imposters and deceivers persuaded the multitude to follow them into the wilderness, and pretended that they would manifest wonders and signs, that should be performed by the providence of God.”[22] Religious zeal and insurrection were easily joined then, (as now).

It did not settle down. One incident might momentarily subside, only to be followed by more trouble. Jospehus describes it thus: “Now when [one incident] quieted, it happened as it does in a diseased body, that another part was subject to an inflammation; for a company of deceivers and robbers got together, and persuaded the Jews to revolt, and exhorted them to assert their liberty, inflicting death on those that continued in obedience to the Roman government…[so] they lay in wait up and down the country, and plundered the houses of the great men, and slew the men themselves and set the villages on fire; and this till all Judea was filled with the effects of their madness. And thus the flame was every day more and more blown up, till it came to a direct war.”[23]

Jewish Christians would have been faced with a pressing dilemma. As Townsend has said: “There was no escape from the problem. Whether they wished to or not, every Jew in Palestine was forced to take some sort of stand regarding the issue.”[24] These early growing zealot movements were popular, and for some could even seem « godly ». We have seen from Josephus how there was a blurring between religious zeal, nationalistic ambitions, envy and revenge. Some violent Jews might have even compared themselves to the famous Maccabee family: the Maccabee family were fighting corruption and injustice, and were religious Jews.[25]

Nationalistic Jews, including Christian Jews, would have been tempted to join or support social banditry groups.[26] James knew that good Jews were joining, or sympathising with, such political factions.[27] He knew that these groups had appeal. He was deeply concerned with the possibility that some Jewish Christians were compromising the Christian message and participating in this worldly option of using violence to address injustice. He wrote making it very clear that a Christian cannot be a part of such activity. A Christian must not murder[28], rob[29], join in violent uprisings[30], or join extreme political factions[31]. Rather, the Christ-follower should live like Christ: be a non-violent activist[32], caring for those in need and suffering,[33] but not succumbing to worldly ways while doing that[34].

James is a letter dominated by the theme: how a Christian should respond to injustice. James cries out to Jewish Christians: You must not use the ways of the world to handle your troubles. Friendship with the world is enmity with God. Instead be prayerful, be patient, be agents of peace-making, endure hardship, take care of one another, guard your tongue, and wait for the judgement of God. Not only does James want Jewish Christians to avoid the growing early zealot movement and its ways, but he also wants them to positively take care of one another, not judge or condemn each other, and actively help each other to remain firm in the truth.

Such is the proposed setting behind the epistle of James. A careful consideration of numerous terms and phrases used in the epistle will demonstrate a violent backdrop behind this letter, that is consistent to the historical setting of Palestine in the 40’s and 50’s AD.

James’s crescendo of teaching to avoid using violence when confronted by injustice

1) Be slow to anger

“Everyone should be quick to listen, slow to speak and slow to become angry, for man’s anger does not bring about the righteous life that God desires. » 1:19,20.

James Chapter 1 has been effectively setting the stage for the whole letter. In fact the three themes of the last two verses of this chapter summarise his deep concerns that will recur throughout the letter: guard your tongue; care for those being exploited and suffering; and in the process, keep yourself unstained by the world. James in particular defines “true religion” as embracing the final two of those themes; care for the poor and exploited, and don’t become like the world, in the process.

When Christians face injustice and poverty, cruelty and exploitation,[35] it is tempting to respond in anger and violence. James sees this, however, as blatantly inconsistent with their faith in Jesus Christ. James wants his readers to care about the “widow and the orphan” (a phrase for the poor, the suffering, and the exploited), and he is distressed at injustice (eg. 5:1-5). Nevertheless, James wants his readers to respond to injustice with the character of Christ. He wants them to offer practical assistance to the poor, but at the same time to care in ways that are “not of this world”. He wants a response built on practical help (1:27; 2:14-16), non-violence (1:19,20; 2: 10-13; 3:17,18; 4:1-10), a guarded tongue that does not judge (1:26; 2:12, 14-17; 3:1-12; 4:11-16; 5:9,12), mixed with prayer (1:6-8; 4:2,3,8; 5:4,13-18) and longsuffering (1:3-4;  5:13-18). The world might say: “kill your enemies and take back what is rightly yours”. Even the famous Maccabees from James’ recent Jewish history, used such violent methods. But not so James. He wants his Jewish Christian readers to respond not like a Judas Maccabee, but rather like a Jesus Christ.

In Chapter 1:19,20 James reminds his readers that they must not become angry easily. They should be “slow to anger”. This comes just after the passage about not falling into error, and realising that all truly good gifts come from God. Continuing the thought that we can fall into error, he adds these verses. The term for anger refers to a « mental bent, impulse, anger, indignation, wrath. »[36] Stahlin defines it as wrath with deliberation, as distinct from sudden passionate boiling up of rage.[37] Temptations for worldly desires can lead quite naturally to a lack of listening, an overabundance of the wrong kind of speech and a snowballing of wrath from it all. Focusing on worldly desires can lead to wrathful actions that come from deliberation – well thought out and planned.

The word “righteousness”, (dikaiosune) is equally translated as “justice”.[38] Both options are available to the reader. To the Jewish Christian readers of the first century, they were virtually synonyms. For us today, popular use tends to make “righteousness” more a personal holy walk with God – a kind of inner spirituality and piety. “Justice” to the modern ear, tends to mean social justice: people not being exploited or dominated, ripped off or left in poverty. While we might compartmentalise such definitions (one is personal, the other communal) that was not the way the first century Christian Jew read the word. To be “righteous” meant to do “justice”. One could not separate social implications and relationships, from inner holiness or personal piety.

Therefore, here, when we read that the anger of humans does not bring about the righteous life that God requires, it is not limited to the inner personal life of the individual believer. A deliberated anger that builds up and plans its response, does not bring about justice in the world around you.

2) Adultery and Murder

« For he who said `Do not commit adultery’ also said ` Do not murder.  » 2:11.

We noted above that Ropes wrote: « The impression throughout the tract [of James] is of a settled condition of affairs . . . there is no indication of war or of public calamity ».[39]  The verse before us (2:11) is just one of a number of important examples that demonstrates the violent backdrop behind the epistle of James.[40]

This first (but not last) use of this word ‘murder’ by James is an illustration that he gives after he highlighted hypocrisy in the lives of those who show partiality. His readers have a way of fawning around the wealthy, while at the same time, ignoring the poor. James can not accept that. Some Jewish Christian congregations are going out of their way to pamper the very people who are responsible for some of the injustices against the Christian community. The practice of partiality demonstrated evil motives and intent. It was sinful behaviour (2:9). James was distressed and angry. How could they be so mistaken in what was appropriate Christian behaviour? James’ concern for the poor is obvious. James is led to offer an illustration to show that being only “partly law-abiding” is not good enough. Being only partly righteous in keeping the commands of God, is inadequate. You can not do one thing right, while showing partiality against the poor. James wants an example or illustration, to drive the point home his point, and the example he gives is fascinating. His illustration reminds the reader that he is also angry about the use of violence. He wants Christians to care for the poor: to not show partiality. James expects his readers to keep all the requirements that God wants of us. He finds his example to illustrate his point: you don’t commit adultery but you commit murder!

This appears, on the surface, to be a strange illustration. Numerous commentators focus on how James reverses the order of the two commandments from how they appear in the book of Exodus.[41] I am more curious as to why James uses this picture at all. How relevant a picture is it to speak of his Christian readers as not being adulterers but being murderers? Surely it would have been more real-to-life if James had reversed the picture. In our modern world, a congregation might be better served if we were told « You don’t murder, but you do commit adultery – and you call yourself Christ followers? You pick and choose what commandments to follow and what to ignore and pretend you living a holy life? »

James, however, does the opposite to what we might expect here. However, in James’ day, in the late 40’s AD, or early 50’s, there was much social injustice and suffering by the poor,[42] and therefore suffering by many Christians who tended to come from the poorer end of the social and economic spectrum. James lived in the time of growing social bandit groups. He knew the Jewish capacity to support and participate in such groups. The Maccabees were recent history, and were remembered as heroes and godly men. It is arguable from the internal evidence of this epistle, that James is aware that even some Jewish Christians were joining, or were tempted to join, the growing social banditry movements[43]. These movements used tactics including the murder of enemies. Perhaps they imagined themselves to be « godly » like the famous Maccabees. Perhaps they even boasted of their « godly » lives (including moral purity). The illustration of “not committing adultery, but murdering” would be very relevant to the Jewish Christians of those “pre- war with Rome” decades.

So we see that as James wants to remind his readers to care for the poor and suffering, he also thinks automatically about the mistaken view that it is acceptable to kill at times. Just as in 1:27 we see the link between caring for the poor and not being stained by the world, here too we see care for the poor and a link in James’ mind to not killing. In the light of what he is about to say in 4:1-10 it seems contextually reasonable to suggest that James does not want his readers to respond to injustice or poverty with “the worlds methods” – violence in particular.

3) Bitter zeal, and allegiances with extreme political factions

« But if you harbour bitter zeal and rivalry/faction serving in you hearts, do not boast about it or deny the truth. . . . For where you have zeal and rivalry/faction serving,there you find anarchy/sedition/insurrection and every worthless practise. » 3:14-16.

We are now well and truly in the climax of the epistle[44] (3:13 – 4:10). It is all about living non-violent lives, (very different to the adulterous ways of the world), as one is confronted by injustice.

The Greek word for « bitter or harsh zeal »[45] should not be missed. Bauer adds in his definition, « embittered. »[46] Some zeal is legitimate (eg. Rom. 12:11) but some zeal is worldly, and devilish. James describes the latter type as « bitter » or « harsh. » Social banditry groups that grew and evolved to become the Zealot movement, were examples of this “bitter zeal”. It could justify murder, hatred, robbery, revenge and violence. For James there is no question about its source. No matter how much false teachers might say they were being led by God, for James, the fact is that they were being led by a wisdom of the world.

Interestingly, Ropes admits the term is best interpreted as « harsh zeal » or « fanatical devotion to a cause, » but he limits it here to a fanatical devotion of some Christians to wanting to view their own opinions.[47] Such a restrictive interpretation is ignoring the very real social setting of Palestine in the 40’s -60’s AD. Of course, Ropes and others have decided to date James late (for reasons that have lost credibility over the decades[48]) and this demands a weakened application of terms like this.

The second phrase adds to this. « Rivalry » (NIV) or « strife » (KJV), are common English options, but the more full meaning is « the service of a party, party spirit; feud, faction, contentious disposition. »[49] It is a political term: « a self-seeking pursuit of political office by unfair means. »[50] The use of this word adds strength to the suggestion that the context of this letter is at a time when Jews (including Jewish Christians) were tempted to join the politically as well as religiously motivated, social bandit parties or groups.

James explains the outcome of the wrong kind of zeal, and the service of factions or parties: « tumult and every worthless practise. » Perschbacher defines the word for this as « instability, hence an unsettled state, disorder, commotion, tumult, sedition. »[51] Bauer describes it as « disorder, unruliness » and « insurrections. »[52] In the context of political movements and social banditry, this is another important choice of words. James is lamenting that the wrong kind of zeal leads to instability, commotions, seditions and insurrections. The theologian who wants to find no hint of an historical occasion behind this epistle, is ignoring terms such as these. Ropes, for example, gives an honest enough discussion on the term, but makes no conclusion about it. He says of the word, that it has similar associations to our modern word « anarchy, » and that political instability since the time of Alexander was described with that term.[53] He then moves on to discuss v.17 without considering the implications of all this. Without the presupposition of a late date and settled times, one is free to let the term imply its actual meaning.

4) Wars and fighting; coveting and killing

« What causes wars and fighting among you? Don’t they come from your desires that battle within you? You want something but don’t get it. You murder and covet, but you cannot have what you want. You fight and you war.You do not have because you do not ask God. » 4:1,2.

In 4:1,2 we have another of the terms used by James that undermines the claim of Ropes that this letter is written in peaceful times.[54] Concerning the words wars and fighting, Ropes writes: they « cover the chronic and the acute hostility in the [church] community. »[55] However the meanings of the words are stronger than that. ‘Wars’ has a range of possible meanings including: « war, battle engagement, combat . . . battling, strife. »[56] And ‘fighting’ means: « a fight, battle, conflict . . . contention, dispute, strife, controversy. »[57] Bauer, interestingly, sees the particular usage in this verse as « battles and fights » and does not include it in the verses he lists under the softer alternative meaning « strife, conflict, quarrel. »[58] Moo takes Ropes position, and suggests that the terms are being used metaphorically. « The Christians to whom James wrote were obviously engaged in . . . verbal battles. »[59]

While such a view seems to make sense of the preceding material (the misuse of the tongue in 3:1-12), it does not make sense of the most recent material on earthly verses heavenly wisdom (3:13-18). This metaphorical explanation also fails to prepare the reader for the serious charges James levels in 4:4-6 and the explosion of imperatives that bombard the reader in 4:7-10.  Moo does entertain the question: « Is James seriously accusing his readers of murder? »[60] He rejects this, however, although he admits that isolated theologians have argued it. He cites Townsend.[61] Townsend does indeed advocate such a position. He sees James as possibly addressing new Jewish Christian converts who had been active in the zealot movement prior to conversion and who are now being reminded that their previous lifestyle and aggressive activities are inconsistent with their new faith.[62] Moo rejects this on the basis that James is writing about « wars and fighting » as actually « among you » and not about the old lives of new members. In James’ mind, it is happening in the present, not the past.[63] This paper agrees that this is a present tense discussion, but does not reach the same conclusion as Moo. Rather, the Jewish Christians whom James addresses are either actively involved in the early zealot movement or else currently sympathising with their methods. The early zealot movement was making inroads into the Jewish Christian community.[64] As A. Ross admits: “The fanatical Zealots were at all times ready to stir the people to insurrection and murder. . . . Many of the Christians were, no doubt, being contaminated by the corrupt atmosphere around them.”[65] Rendall, also, writing of the words « wars and fighting » observes: “The words used are not applicable to the disagreements and quarrels of a congregation: they refer to fierce and murderous affrays, the `wars and battles’ of rival religious factions.”[66]

The second use of the word for murder, appears in this important passage as well. It reveals the occasion most strongly. Here we see the verse: « You want something but don’t get it. You kill and covet, but you cannot have what you want. » It is not a soft word. Bauer defines it simply as « murder, kill. »[67] Perschbacher agrees: « to put to death, kill, stay, to commit murder. »[68] There is no soft option here. There is no choice for “anger” or “disagreements and quarrels” with this word which is being used to take further his comments in the verse before it. If this verse were not in the text, one might be excused for softening the words in verse 1. But this verse is here, further elaborating the issue that so distresses the author. It is contextual denial in the extreme to make verse 1 take the softer option.

Even Ropes can not deny the meaning of this word in verse 2. Nevertheless he rejects the implication that some people who might read, or hear, this letter were actually killing others or agreeing that it was all right to do so. Instead, he says of 4:2 that while it does mean kill and murder, and « No weaker sense is possible, »[69] he adds:

James is not here describing the condition of any special community, but is analysing the result of choosing pleasure instead of God.. . . . In the use of the second person plural the writer is taking the readers as representative of the world of men in general.[70]

James’ whole chain of thought here is summed up by Ropes as « hypothetical and general. »[71] Ropes offers this as his alternative to seeing a meaningful occasion behind the epistle. However, there is no justification for his conclusion. The « use of the second person plural » does not imply a hypothetical statement. Rather it implies that there are many who need to hear the message, and that the epistle is a circular letter. As Townsend says: « The constant use of the second person plural » stresses « the specificity of the warnings. »[72] Nowhere in the passage 3:13-4:10, do we see James give a hint of a hypothetical address. Ropes is unconvincing in his attempt to bolster his position that there is no specific occasion to the epistle.

What we do have here, is an indication that there is indeed fighting, covetousness and even murder happening – and some Jewish Christians are involved in it. James is speaking to a real life setting. James’ vocabulary leads us to the conclusion that there is something extremely serious and violent happening. He is writing to a very real historical occasion.[73]

5) But Above All

« But above all,  my brothers, do not swear – not by heaven or by earth or by anything else. Let your `yes’ be `yes’ and your `no’ `no’ or you will be condemned. » 5:12.

”But above all”- is an unexpectedly strong introduction for a command about not making oaths. It has led numerous commentators to argue that James does not really mean that this is the most important thing he is writing. Davids says that the phrase should be viewed as an « emphatic epistolary introduction » and « not as referring to the preceding and making 5:12 more important. »[74] Laws sees it as starting a new set of material, not a reflection on preceding matter.[75] Forbes concludes: « the point seems disconnected . . . I prefer to regard it as an important saying of Jesus that simply could not be omitted. »[76] Francis see it as a typical mechanism that letters of the time used in their concluding comments,[77] and therefore sees it as  relatively insignificant to the thematic purpose of the letter. « James 5:12 is a minor addition. »[78]

All these attempts to downplay the importance of “above all” leave the reader feeling as if a square peg has been forced into a round hole. There are only three other times such a phrase is used in the New Testament, and in all three occasions, it introduces a most significant point: the climax of thought, or the high point of a discussion. In Luke 3:20, the writer reflects on how Herod committed much wickedness, and then “above all” the other acts he had committed up to then, he topped off his list by putting John the Baptist in prison. In Col. 3:14 Paul exhorts the readers “and above all these things put on love.” And in I Peter 4:8 (where the Greek is the most like the verse in James – none of the three examples is word for word identical), Peter writes “Above all, love each other deeply.” It is hard to explain any of these away. “Above all” when used by New Testament writers, seems to mean what it says: here is the climax – the main point being made.

Furthermore, if one reflects on the nature of oaths in New Testament times, one is compelled to give this verse more force. Paul Minear, for example, sees the oath passage as very significant. Minear’s thesis points out that the oral-aural culture of Palestine considered oaths in a totally different way to people from cultures like our own.[79] Oaths were deeply significant and revealed much about the character of the person making them. To the good Jew of the first century, « any dishonest word (even when supported by an oath) discloses an atheistic view of the self and world. »[80] For the Christian it was absolutely essential to be completely honest (cf. Acts 5:1-11). Minear states that speech was « the test of inner integrity, and every instance of deceitful speech receives condemnation. »[81] The imperatives concerning oaths are imperatives demanding absolute honesty. James sees this as essential to true Christian faith. Minear notes: « Transparent honesty may have seemed especially difficult and urgent as an expression of patience in the midst of persecution and suffering. »[82]

In fact, this brief comment on oaths may just be one of the high points of the epistle. Participation in different social bandit organisations, involved taking oaths. Consider Acts 23:12 where an oath is used to seal commitment to violence: “The next morning the Jews formed a conspiracy and bound themselves with an oath, not to eat or drink until they had killed Paul. More than forty men were involved in this plot.” Josephus also mentions the fact that zealots used oaths to crystallise and deepen commitment to their cause. Josephus’ Antiquities 15. 8..3-4: “Ten men that were citizens [of Jerusalem] conspired together against Herod and swore to one another to undergo any dangers in the attempt, and took daggers with them under their garments for the purpose of killing Herod. … and this resolution they took, even if they should die for it…”[83] Julius Rappoport writes: « Even if fraudulently obtained . . . or erroneously made . . . the oath was considered inviolable. »[84]

In the light of the importance, and the common use of oaths in Palestine, and examples as above, it is reasonable to conclude that this was a normal practise for many groups, but even more so for zealous violent activists. James may be thinking of this when he exhorts the readers not to make oaths.[85] Consider how in modern countries today, a written signed contract is the final step in sealing commitment to a cause. In the first century Palestine, giving an oath was of the same level of commitment. You would not break an oath. We might say to someone today “whatever you do, above all else, don’t sign that contract until you are absolutely sure you know what you are doing.” Perhaps James had the same attitude concerning oaths and commitment to violent revolutionary groups. It certainly adds a new level of relevance and urgency to the rather lengthy “guard your tongue” passage in the middle of the epistle (3:1-12). “…How great a forest is set aflame by such a small fire!…the tongue … defiles the entire body and sets on fire the course of our life and is set on fire by hell…it is a restless evil full of deadly [literally ‘bringing on death; causing death’] poison…” It is worthy of consideration in the light of his “anti-war and fighting and murder” passage at the start of chapter 4. If the Jewish believer took an oath of allegiance, it could well be, in James’ mind, the final seal of them leaving the Christian faith, or abandoning Christ and his teachings. With this in mind, then, above all could be read as it appears: above all don’t make oaths! Don’t make that final decision. Do not make that final commitment to the wrong thing. James’ could well be thinking specifically of his readers effectively abandoning the faith to join violent revolutionary groups. In the light of all that has been said, don’t make that final permanent commitment to live a way that is the complete opposite of how Jesus taught us to live. Such an interpretation helps make sense of “above all” before it.

The importance of what is being said here is further highlighted by the fact that this is the only direct quote from Jesus in the entire letter. There are of course, many allusions and echoes of Jesus all through the short epistle, but this is the only actual quote (Matthew 5:34-37). James has found a specific Jesus saying to reinforce his point here. It is not enough that he has mustered numerous good arguments against the use of violence. Now that he is at the end of his letter, he wants to drive home the point. Don’t make oaths! The urgency of the plea is reinforced by words from the lips of Christ himself.

Conclusion

The historical setting of Palestine in the 40’s and 50’s AD, was violent and dangerous. Growing social banditry movements were forming and causing distress and havoc as they used robbery and violence in their anger at injustice and oppression. If James the brother of Jesus did write this epistle, then it was written during those violent times. The letter has a backdrop of growing chaos, violence, and unrest as the early banditry movements grew and impacted more and more people. Eventually they would form into the zealot movement and a war with Rome that would destroy Jerusalem. It is time for the historical setting of this epistle to be acknowledged and taken into consideration as a part of the context that must be evaluated as one reads this epistle.

The above article has demonstrated that James has written during troubled times. There is a crisis, violent, vocabulary in the epistle. Numerous words and phrases are used by James that reveal support for dating the epistle during the troubled times of pre-war with Rome, as the historical occasion of the letter. The author accuses his readers of killing, murdering, and copying the aggressive, political, party- faction spirit of the world. He exhorts them to keep the whole law, not just a part of it. James’ readers include some who may not be committing adultery, but they are murdering. There are « wars and fighting » amongst them. James says that some are « fighting and killing » and that they are doing the opposite to heavenly wisdom when they are involved in « sedition, » « party factions, » and « harsh zeal. » James speaks against this “harsh zeal” that leads to party strife and sedition. He encourages the way of peace, not violence. And he speaks angrily against wars and fighting that are the result of selfish desires and wrong motives. He implores his readers not to make rash oaths, but to stay on the path of heavenly wisdom and practice instead: to be agents of peace and justice.

Despite certain theologians wanting to water down the meaning and usage of the words used by James, the terms need to be read in the historical context they are a part of. Without the literal experience of murder, fighting, bitter zeal, and support for political factions, James’ extremely strong criticisms and even stronger imperatives calling for self-examination, repentance and remorse, in 4:7-10, are robbed of their significance.

James is a tract that is still relevant for today as it speaks to issues of poverty and injustice, and how Christ-followers should be responding to such. We should join with James in being angry and dismayed at poverty and injustice: we should seek to do something practical and real to help the poor and suffering. But we must never abandon the way of Christ, in that pursuit. We should remain “peacemakers who sow in peace, raising a harvest of justice”.

Abstract:

The epistle of James is often seen to be nothing more than a New Testament book of proverbial sayings, to live the Christian life by. Form criticism over the last century has reduced James to a collection of pearls randomly strung together in no particular order and with no overarching specific theme or purpose. This paper challenges that view and offers the reader an alternative way of seeing James. It is argued that James wrote in days of social turmoil and injustice, when social banditry groups were growing in Palestine. The very vocabulary used and illustrations made, adds weight to the thesis that James was written during violent times. James wrote in a context where even Jewish Christians were being tempted to join these pre-zealot banditry groups. Indeed some had joined and were participating in violent reprisals against the perpetrators of injustices. James is furious. He calls on Jewish Christians to live like Christ: to be non-violent, peacemakers, practical in their help for those who are suffering, patient and prayerful. He categorically rejects the idea that Christians can use the ways of the world (violence, warring, theft) in their response to poverty and injustice.

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This article appeared in EQ in July 2013: “Violent Language – a clue to the Historical Occasion of James.” Evangelical Quarterly. Vol. LXXXV No. 3. July 2013. I have edited out the Greek words and phrases and replaced them with English words, in bold and italicised.

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Footnotes:
[1]This has been a popular starting point for many authors. Consider for example, William Barclay, The Daily Study Bible, rev. ed., 17 vols. (Philadelphia: The Westminster Press, 1976), Vol 14, The Letters of James and Peter, p. 28.; Martin Dibelius, James, revised by Heinrich Greeven, translated by Michael A. Williams, edited by Helmet Koester (Philadelphia: Fortress Press, 1975), p.3; Simon J. Kistemaker, « The Theological Message of James, » Journal of the Evangelical Theological Society 29 (March 1986):55; and Ralph Bruce Terry, « Some Aspects of the Discourse Structure of the Book of James, » Journal of Translation and Text Linguistics 5 (1992):106,109. Grappling with ones own subjective lens that one reads material through, is a never ending challenge. My own lens is that of a historian: as I read and re-read the epistle my presuppositions undoubtedly filter all I see. And I see a complete and compelling treatise: one that is full of passion and energy. Here is an author who is angry about injustice and poverty, but who is equally angry at Christ-followers who respond to injustice and poverty in an un-Christ-like way. As I read the epistle from start to finish I see recurring themes and common ideas covered in a number of ways. It does not sit as a string of disconnected sayings randomly thrown together. On the contrary it sits as an emotional and powerful response on how to address injustice and poverty. The challenge now, is to test the historical setting and context that I see in the letter, against the actual specific content of that letter, and weigh it against external primary source historical evidence as well.

[2]Dibelius, p. 46. More recent form critics have not been as dogmatic in rejecting evidence of a social setting in James. Consider for example, Leo G. Perdue, “Paraenesis and the Epistle of James,” ZNW 72 (1981):247.
[3]Dibelius, p. 24.
[4]Ibid.
[5]Ibid., p. 46.
[6]For example he says that James is not structurally a letter, and by implication can not have the purpose of a letter (Ibid., p.2). Numerous later studies argue convincingly for a letter- structure to James. See, for example, Euan Fry, « Commentaries on James, I and 2 Peter, and Jude, » The Bible Translator, 41 (July 1990): 330, and F.O. Francis, « The Form and Function of the Opening and Closing Paragraphs of James and I John, » ZNW 61 (1970):110-126. This is really a significant point of disagreement. If James is a letter, then it will have the normal functions of a letter: it will be addressing issues relevant to the readers. It will reflect the concerns of the writer in a specific context. Another questionable assumption of Dibelius is that borrowed material is pointless material in so far as helping us identify an historical occasion. This starting point neglects to entertain the possibility that James could select and adapt known sayings for his own purpose in relation to the audience it is going to.
[7]James Hardy Ropes, A Critical and Exegetical Commentary on the Epistle of St. James (Edinburgh: T. & T. Clark, 1973), p. 42.
[8]The mountain of debate over dating this epistle will not be tackled here. The reader is invited to explore: the primitive Jewish-Christian language in the letter; the lack of any reference to the Gentile debate, the Jerusalem Council, or issues like circumcision; the eschatological expectations expressed; the lack of developed theology; and the primitive state of the church structure alluded to in James. These areas all add considerable weight to an early date.

[9]James was murdered in either 61 or 62 AD during a few months gap between two governors (Festus and Albinus). Indeed, that fact is what helps us pinpoint his murder with such accuracy. On the death of James see Josephus Antiquities, 20.9.1 and Eusebius II.23.1-18. He lived and died during violent times, as this paper will now demonstrate.
[10]The term « zealots » is not universally accepted as appropriate for the early social groups that caused much unrest. Consider Richard A. Horsley, and John S. Hanson, Bandits, Prophets, and Messiahs: Popular Movements in the Time of Jesus (San Francisco: Harper and Row Publishers, 1985), pp. 48,49,216,217, and The Jewish Encyclopedia: A Descriptive record of the History, Literature, and Customs of the Jewish People from the Earliest Times. S.v. « Zealots, » by Kaufmann Kohler. (Vol. 12. p. 640). I will be using the terms « early zealot movements » and « zealots » to refer to the growing social unrest and social bandit movements of the 40’s and 50’s AD. They become the actual “zealots” in the 60’s of course, and are at war with Rome in 66.
[11]Martin Noth, The History of Israel, second ed. (New York: Harper and Row, 1960), p. 433.
[12]Bo Reicke, The New Testament Era: The World of the Bible from 500 B.C. to A.D. 100, trans. by David E. Green (London: Adam and Charles Black, 1968), p. 203.
[13]The Works of Josephus, complete and unabridged, Trans. By William Whiston, (Massachusetts: Hendrickson, 1987),  Wars. 2.12.1.(223)  “Cumanus began the troubles, and the Jews ruin came”.

[14]Josephus, Wars 2.12.1(224).
[15]Josephus, Wars. 2.12.2.(228).
[16]Josephus, Wars. 2.12.2.(229).
[17]Josephus, Wars. 2.12.2.(230). It is interesting to note some key words used here, and see them occur in James’ list of negative traits when he describes worldly wisdom in 3:13-18. Notably “disorder” (see James 3:16) and “zeal” (James 3:14,16 – often translated in English as “jealously”).
[18]Josephus,Wars. 2.12.5.(238). At one point respected elders of Jerusalem personally intervened for peace during the worst of the fighting. That particular affair settled down only with the intervention of « the most eminent persons at Jerusalem, and that both in regard to the respect that was paid them, and the families they were of. » (Josephus, Antiquities, 20.6.1.(123). One might wonder if James himself could have been one of the respected persons of Jerusalem who intervened here. It was his place of residence and he was highly regarded even by non-Christian Jews. Josephus records the respect of many “most equitable citizens” of Jerusalem towards James the brother of Christ (Josephus, Antiquities 20.9.1.(201). And Hegesippus makes the comment that « for his excessive righteousness he was called the Just. » (recorded in Eusebius, Ecclestical History, 2.23.4-7) Taking this speculation further, is it possible that the epistle of James could have been penned around this time while all this violence and upheaval burned on James’ mind?
[19]Josephus, Antiquities, 20.8.5.(160).
[20]Josephus, Antiquities, 20.8.5.(162). In Wars, 2.13.2.(254) he calls these assassins “Sicarii”.
[21]Josephus, Antiquities, 20.8.5.(165).
[22]Josephus, Antiquities, 20.8.6.(167,168). In Wars, 2.13.4.(258-259) he adds: “There was another body of wicked men…these were such men as deceived and deluded the people under pretense of divine inspiration, but who were [really] for procuring innovations and changes of the government, and these prevailed with the multitude…”.
[23]Josephus, Wars. 2.13.6.(264-265). I find it hard to not think of the James passage: “…you do not know what your life will be like tomorrow. You are just a vapour that appears for a little while and then vanishes…” (4:14).

[24]Townsend, Michael J. James 4:1-4: A Warning Against Zealots? » Expository Times 87 (1976):212.
[25]It is interesting that the Jews had learnt under the Maccabees to bend the law when it came to using violence or in defence of their national religion. Josephus, Antiquities, 12.6.2  It was very much engrained in their recent history and national psyche. It was acceptable to fight, to kill, to use the world’s violent methods, in the pursuit of righteous outcomes. Judas (one of the five sons of Mattathias) become the general of the rebels army, and “cast their enemies out of the country, and put those of their own country to death who had transgressed its laws…” (Josephus Antiquities, 12.6.4.(286).)
[26]cf. James 2:11; 4:2.
[27]cf. James 3:14 – his  use of eritheia – see below for a full discussion of that word.
[28]James 2:11; 4:2.
[29]James 5:4,5.
[30]James 3:14-16.
[31]James 4:13.
[32]James 1:19-22; 2:11; 3:17,18; 4:1-4.
[33]James 1:27b; 2:1-3, 14-17; 5:1-5.
[34]James 1:27c; 3:13-18; 4:1-6.
[35]As were the Jewish Christians in and around Palestine, during the late 40’s and through the 50’s and 60’s, up to the war with Rome.

[36]Wesley J. Perschbacher, The New Analytical Greek Lexicon (Peabody, Mass.: Hendrickson, 1990), p. 296.
[37]Gustav Stahlin, in Kittel, Gerhard and Friedrich, Gerhard. Theological Dictionary of the New Testament. Trans. and ed. by Geoffrey W. Bromiley. 9 vols. plus Index. Grand Rapids: Wm. B. Eerdmans Publishing Company, 1964. vol.5, p. 419.

[38]Perschbacher. P. 102, defines it as “fair and equitable dealing, justice”. Bauer gives a very long analysis of the nuances of this word, beginning with “uprightness, justice”, but also admitting that in some contexts it can be about personal piety (he suggests Matthew 5:20 by way of example). Nevertheless, it is also more than that: “the characteristic required of men by God”; “since dikaisoune constitutes the specific virtue of Christians, the word becomes almost equivalent to Christianity, eg Matthew 5:10; I Peter 2:24…” Bauer, Walter. A Greek-English Lexicon of the New Testament and Other Early Christian Literature. Trans. by William F. Arndt and F. Wilber Gingrich. 2nd ed. Revised and augmented by F. Wilber Gingrich and Frederick W. Danker. Chicago: University of Chicago Press, 1979,  pp. 196-197.  This word certainly incorporates our life, our dealings in community, our behaviour in relation to others.
[39]Ropes, p. 42.
[40]This verse can and has been interpreted in many different ways, just as all the passages referred to in this article, have been. In particular, 2:11 has been used to try to defend a Stoic philosophical background for this epistle. Consider Ropes, ‘Introduction’, for a detailed explanation. If one treats the epistle as simply “New Testament wisdom literature” and approaches it from that construct, then such might seem reasonable. But if we seek to actually consider internal and external evidence that values context, as well as historical primary sources, then a very different contribution is made by verses like this. I find myself agreeing with the aside by Adamson when he writes about the “unlikely” influence of the Augustinian discussion of the Stoic idea of the solidarity of virtues, on James. (James A. Adamson, The Epistle of James, Grand Rapids: Eerdmans1976, p.116.)

[41]Eg: Douglas Moo, James, p.100, in George Guthrie and Douglas Moo, Hebrews James, Grand Rapids: Zondervan, 2002; Peter Davids, The New International Greek Testament Commentary: The Epistle of James, A Commentary on the Greek Text (Michigan: William B. Eerdmans, 1982), p.74; Adamson, p. 116; Ropes p.200. Some also note that murder and mistreating the poor, were often linked together in Jewish thought (eg Davids, p. 74). Indeed, that might explain the use of this illustration, and must be weighed against what I am arguing here. If there was not another reference in this letter where the writer unambiguously accuses his readers of murder (4:2) it might suffice to explain James’ intent. The fact that it comes up again, not as an illustration, but as an accusation needs to be weighed as well.
[42]Josephus, Wars 2. and Anti. 20.
[43]See James 4:1-2 and the discussion below in section 4.

[44]Ralph Terry’s detailed study of the structure of the epistle of James uses ten tools to determine the peak or peaks in the epistle and comes to the conclusion that 3:13-4:10 is unquestionably the climax of the letter. Terry, pp. 121-123.
[45]Perschbacher, pp. 327 & 188.
[46]Bauer, p. 657.
[47]Ropes, p. 245.
[48]These arguments have tended to focus on the Greek being too good, the lack of mention of the Jew/Gentile controversy in the church; and the lack of strong early church father testimony. So Dibelius, p. 18, and Ropes, p. 50. Such arguments have been soundly rebutted. For example, on the first issue (the quality of the Greek) see: A.W. Argyle, « Greek Among Palestinian Jews in New Testament Times, » New Testament Studies 20 (1973):87-89; F.F. Bruce, « The Church of Jerusalem in the Acts of the Apostles, » Bulletin of the John Rylands University Library of Manchester 67 (Spring 1985):646; Allen Cabaniss, « A note on Jacob’s homily, » Evangelical Quarterly 47 (October-December 1975):219; William Fairweather, The Background of the Epistles (Minneapolis: Klock and Klock Christian Publishers, 1977), pp. 84-85; James Hope Moulton, ed., A Grammar of New Testament Greek, 4 vols. (Edinburgh: T. & T. Clark Ltd, 1976), Vol. 4: Style, by Nigel Turner, p. 114; and Gerald H. Rendall, The Epistle of James and Judaic Christianity (Cambridge: University Press, 1927), pp. 38-40. Regarding the lack of Jewish/Gentile controversy in the letter, this is actually an argument for an early date, before such controversy. Finally, regarding early church fathers: those who do comment on the epistle’s authorship, in the end come down on the side of James the brother of Christ. (See Eusebius Ecc. Hist. 2.23.24-25 and Jerome Illus. Lives 2).

[49]Perschbacher, p. 172.
[50]Bauer, p. 309.
[51]Perschbacher, p. 11.
[52]Bauer, p. 30.
[53]Ropes, pp. 248-249. Even the conservative Fritz Rienecker, (who uses Ropes and Dibelius quite generously in his book), almost begrudgingly admits that « the word sometimes had political associations and had the meaning `anarchy’. » Fritz Rienecker, A Linguistic Key to the Greek New Testament, trans. and ed. by Cleon L Rogers (Grand Rapids: Zondervan, 1982), p. 735. Why he inserts « sometimes » is open to question. It is arguably its more common meaning, and it is « sometimes » read as the lighter « disorder. »
[54]Ropes, p. 42.
[55]Ibid., p. 253. He goes on to list occurrences in Greek literature and a few Biblical passages where one or the other of the terms are used in a less severe way. However, relying on exceptions is a poor principal, unless there are other reasons for deeming the passage under study as an exception too. Ropes noticeably neglects to do this.
[56]Perschbacher, p. 337.
[57]Ibid., p. 267.
[58]Bauer, p. 685.
[59]Douglas J. Moo, The Letter of James: An Introduction and Commentary (Leicester: Inter-Varsity Press, 1985), p. 138. Spencer discusses the passage in the same way. Aida Besancon Spencer, « The Function of the Miserific and beatific images in the letter of James, » Evangelical Journal 7 (Spring 1989):9. Allen Cabaniss argues narrowly, that it is a specific type of church conflict: bickering by women. Cabaniss, p.221. His main arguments are: the term « adulteresses » (4:4) is in the feminine; there is no use of the term « brothers » in the paragraph; and women in the ancient world were particularly seen as having the characteristics of « quarrelsomeness, bickering, envy, gossip, [and] love of pleasure. » Ibid. These arguments are not strong. « Adulteresses » is an illustration, drawing Jewish Christian readers minds to the familiar passage in Prov. 30:20. Refer: John J. Schmitt, « You Adulteresses! The Image in James 4:4, » Novum Testamentum 28 (1986):337. It is not a literal description of one sex. Also, the same passage has more gender inclusive terms like « Whoever » (osean), and the male « arrogant men » (uperhfaois). Cabaniss’ attempt to see women in the gossiping, envious, and quarrelsome descriptions is subjectively selective. He noticeably leaves out fighting, murdering, and killing – terms one might see as more masculine.
[60]Moo, p. 141.
[61]Ibid.
[62]Townsend, Michael J. James 4:1-4: A Warning Against Zealots? » Expository Times 87 (1976):211-213.
[63]Moo, p. 141.
[64]The present tense reality of the passage also forces one to reject the interpretation of Luke Timothy Johnson. He argues that the whole of 3:13-4:10 is a call to conversion. « James 3:13-4:10 and the topos peri phthonou » Novum Testamentum 25 (September 1982):334.
[65]Alexander Ross, The Epistles of James and John (London: Marshall, Morgan and Scott, 1964), p. 75.
[66]Rendall, Gerald H. The Epistle of James and Judaic Christianity. Cambridge: University Press, 1927, p. 30.
[67]Bauer, p. 864.
[68]Perschbacher, p. 431.
[69]Ropes, p. 254. He even admits that « interpreters . . . have felt bound to see in foneuetean actual description of the Christian community addressed [and] have been driven to various expedients. The more usual methods have either to reduce the meaning of foneueteto `hate,’ or else to assume an hendiadys, by which `murder and envy’ becomes `murderously envy’ . . . Both methods are linguistically impossible. » (Ibid., p. 256). I agree that we have to accept the strong meaning of the word, but I do not do so in the same ways as Ropes.
[70]Ibid., pp. 254-255.
[71]Ibid., p. 255.
[72]Townsend, p.212.
[73]Consider too the burst of imperatives in 4:7-10. There is nothing like this anywhere else in the New Testament. Indeed, James has over 60 imperatives in 108 verses – the most as a ratio, anywhere in the Greek text. Eleven of them are here, in 4 short verses. James explodes in anger and barks out a series of commands, after the descriptions of war and fighting, covetousness and murder: after he describes it as adultery – friendship with the world. He orders his readers (Christian Jews) to turn back to God, to repent, to turn their laughter into mourning, to cleanse themselves anew, to be miserable and to mourn and weep! Clearly something is really troubling James: he is flabbergasted that so called Christ-followers can be so anti-Christ-like in following the way of the world, and using wars and fighting and violence to address their desires. It has to stop!

[74]Davids, p. 189. Robertson argues much the same way with his brief comment: « No connection with what immediately precedes. » Archibald Thomas Robertson, Word Pictures in the New Testament, 4 vols. (Nashville: Broadman Press, 1933), 4:63.
[75]Sophie Laws, A Commentary on the Epistle of James (San Francisco: Harper Row Publishers, 1980), p. 220.
[76]P.B.R. Forbes, « The Structure of the Epistle of James, » Evangelical Quarterly 44 (1972):153.
[77]Francis, p. 125.
[78]Ibid., p. 126. This is not unlike Rendall’s aside: he calls it a « detached injunction about oaths. » Rendall, p. 104.
[79]P.S. Minear, « Yes or No, the Demand for Honesty in the Early Church, » Novum Testamentum 13 (1971):12-13.
[80]Ibid., p. 12.
[81]Ibid., p. 8.
[82]Ibid., p. 7.
[83]In Josephus Antiquities 15.10.4 we also see how binding oaths were.
[84]The Jewish Encyclopedia, s.v. « Oaths, » by Julius Rappoport.
[85]Attempting to conclude what anyone from the past was actually thinking when they wrote certain words, is a risky business. All we can do is look at the context of the entire letter, the things that have been said already, the emphasis that James has been making, and match that to the circumstances of his day. It is in the end speculation. But some speculation sits well with evidence and is worthy of consideration – even cautious acceptance. Indeed, remember again that he introduces this section with “above all” – a phrase that really should not be softened in the light of how it is used elsewhere in the New Testament. If it should not be softened, then it is actually quite difficult to think of anything else James could plausibly be thinking of deserving such an emphasis.

Voir aussi:

Child labour: India’s hidden shame
Shilpa Kannan
BBC News
5 February 2014

Delhi Rescued from forced employment, 13-year-old Lakshmi is frail and frightened.

Two child protection officers hold her on either side as she walks into the police station.

She was abducted four years ago from her village in north-east India.

Until her rescue, she had been working in people’s homes across West Delhi – cooking, cleaning and taking care of children.

« I was not allowed to rest, » she says. « If I did something wrong or it was not what they wanted, they hit me.

« If I wanted to sit down for a bit because I was so tired, they would scream at me.

« I was never allowed to leave the house, so I didn’t realise that I’m in Delhi. My employers told me that we are in Madras in South India. »

As the police and counsellors question her, Lakshmi breaks down. She tells the police that she was sexually assaulted by the men who kidnapped her.

She was threatened that if she told anyone about it, they would tell everyone back home in her village and her honour would be destroyed.

And then, when she started working the agent who arranged her work withheld all her wages leaving her with nothing.

‘Lured with clothes and sweets’Her uncle is just relieved to have found her. A tea garden worker from Assam, he says her parents died when she was young and her grandmother is worried sick about the young girl. He is also angry about the abduction.

« What can we really do? We are poor people – I didn’t have enough money to come to Delhi to look for my missing niece.

« Unscrupulous agents and middlemen just come into our homes when parents are away working at the tea gardens and lure young girls with new clothes and sweets. Before they know it, they are on a train to a big city at the mercy of these greedy men. »

He is not alone. One child goes missing every eight minutes in India and nearly half of them are never found.

Kidnapped children are often forced into the sex trade. But many here feel that children are increasingly pushed into domestic labour – hidden from public view within the four walls of a home.

The government estimates half a million children are in this position.

Demand from middle classesAt a rehabilitation home in northern Delhi run by a charity for children, Bachpan Bachao Andolan, many families have gathered.

They are all tea workers from the north-east state of Assam and have come here searching for their missing daughters.

They estimate that just from one particular area – Rangpura in Assam – 16 girls have been lost in the last three to four years.

Helping these families find their daughters is Kailash Satyarti, the head of Bachpan Bacchao Andolan.

« This is the most ironical part of India’s growth. The middle classes are demanding cheap, docile labour, » he says.

« The cheapest and most vulnerable workforce is children – girls in particular. So the demand for cheap labour is contributing to trafficking of children from remote parts of India to big cities. »

‘Hellish life’Offering them a ray of hope is the case of 18-year-old Sumila Munda, who was rescued earlier this month. The information she provided led to police arresting a couple of alleged traffickers.

She says she still has nightmares about her employers.

« I don’t want anyone to go through what I did. I often wondered if I will ever escape from the hellish life I was stuck in. I had dreams of being in school, studying. Now I will get back to my studies. »

India is estimated to have more child labourers than anywhere else in the world.

But while abducting children is illegal, the law is vague on when they can legally work. Child labour law does not allow children under the age of 14 to be employed, but anyone under 18 is legally considered a child.

Government helplessAnd the government body in charge of children’s rights admits they are helpless.

« Unfortunately our child labour prohibition and regulation act is totally outdated, » says Kushal Singh, head of the National Commission for Protection of Child Rights.

« It says children below the age of 14 cannot be employed in hazardous occupations. Does that mean in non-hazardous occupations a two-year-old child can be employed?

« So obviously it’s a very regressive act. This issue has been raised and now an amendment is pending in the parliament. However, it has been pending for a very long time. »

If the law changes, it will make the fight against child exploitation a little easier.

But that’s no relief for families like these. Many here fear that their daughters may be lost forever.

You can hear more on this story on The World Tonight on BBC Radio Four at 22:00 GMT, or listen again on iPlayer.

*Some names in this report have been changed to protect the identities of victims.

 Voir également:

Will Malala’s Nobel Prize Backfire?
Elias Groll
Foreign Policy
October 10, 2014

Well done, Norwegian Nobel Committee! You managed not to shoot yourself in the foot by giving the Peace Prize to Pope Francis, the putative frontrunner for the award. Instead, it went the child rights campaigners Malala Yousafzai and Kailash Satyarthi.

It’s hard to think of two more deserving candidates. For her efforts to ensure that all Pakistani girls are able to gain an education, Yousafzai, now 17, was shot in the head as a 15-year-old by Taliban militants. After her miraculous survival, she has emerged as a vocal, eloquent advocate for the right of all children to win an education. Satyarthi, meanwhile, is one of India’s most prominent anti-child labor activists. He has staged raids on factories employing children and is credited with freeing 80,000 children from slavery and labor.

The selection of Yousafzai, the youngest recipient in the Peace Prize’s history, and Satyarthi also forms an important binary. Yousafzai is a Pakistani Muslim, Satyarthi is an Indian Hindu. (Their joint selection is an obvious nod towards the ongoing global efforts to bring a peaceful end to Pakistan and India’s long-standing conflict with one another, which has recently seen firing across the contested quasi-border in Kashmir.)

Yousafzai is world famous, Satyarthi rarely gets much media coverage. Yousafzai is young, Satyarthi, 60, is old. The right to an education and freedom from child labor represent the two of the most important challenges to children around the world.

Satyarthi’s selection plucks him out of relative obscurity, and it’s a wonderful decision by the Nobel Committee. There are  some 60 million child slaves in India, a tragic figure that represents the dark side of that country’s dizzying economic development. With the country’s middle class rapidly expanding, India has seen an explosion in the demand for cheap labor. All too often that labor has come in the form of child workers, stripping them of their childhood.

« This is the most ironical part of India’s growth. The middle classes are demanding cheap, docile labour, » Satyarthi, who heads the Save Child Movement, told the BBC in February. « The cheapest and most vulnerable workforce is children – girls in particular. So the demand for cheap labour is contributing to trafficking of children from remote parts of India to big cities. »

For Satyarthi, the award brings recognition to decades of work on behalf of child laborers, but for Yousafzai, the prize arguably comes with risks. As my former colleague Josh Keating writes at Slate, the media’s treatment of Yousafzai often obscures the West’s complicated relationship with Pakistan, one marked in recent years by an aggressive campaign of U.S. drone strikes and huge amounts of U.S. aid. That coverage often strays toward a condescension that reduces the West’s relationship with Pakistan to, in the words of technology researcher Zeynep Tufekci, to « finding a young woman we admire that we all want to take home as if to put on a shelf to adore. »

That attitude — summed up by Jon Stewart’s quip that he wanted to adopt the young woman — risks obscuring the more institutional, boring work to find peace in Pakistan.

Moreover, in some quarters of Pakistan, Yousafzai has become a symbol of Western interference in the country, and conspiracy theories abound that her story was in fact created by the CIA, which carries out ongoing drone strikes in the northwestern parts of the country. That’s of course far-fetched, but the praise that she has received in the West has been equally matched in her home country. The Peace Prize will certainly elevate her stature — and also increase animus against her in some parts of Pakistan.

That strain of thought remained alive and well on Friday. « I condemn this decision in the strongest possible words, » Tariq Khattak, an editor at the Pakistan Observer, told the BBC. « It’s a political decision, a motivated one, and a conspiracy to invoke [sic] people in the Muslim countries. And the father of Malala and Malala have done nothing at all. Her father is a good salesman, that’s it. And the daughter has also become a salesgirl. And they are dancing on the tunes of West. »

How a 17-year-old activist goes on to build a career from that point is very much an open question. Since she was shot in 2012, Yousafzai has been perpetually mentioned as a candidate for the Peace Prize, and her selection this year probably has to do in part with the speech she delivered last year before the United Nations General Assembly, which created a sensation.

That speech showed how powerful a voice she can be on behalf ensuring access to education, but a huge international profile does not necessarily translate into change on the ground in Pakistan, especially when many of her countrymen remain deeply suspicious of her.

After all, it is highly unclear whether a Peace Prize does anything at all to advance the cause to which it is given. Repressive regimes have cracked down on activists they believe will receive the award, and there is little evidence to indicate that the aspirational winners — those laureates who have received the prize in support of the better society they seek to build — have substantively benefited by receiving it.

If anything, those in Pakistan who are hostile toward Yousafzai may only harden in their opposition now that she has received the Peace Prize. That may set her work back more than it advances her cause.

Voir encore:

Prix Nobel de la paix 2014 : Kailash Satyarthi, le sauveur d’esclaves
Le Point
10/10/2014

Aussi courageux que discret, le militant est à 60 ans une véritable star en Inde, où il a libéré 80 000 enfants au moins du travail forcé.

Bien moins connu du grand public que Malala Yousafzai, le militant indien Kailash Satyarthi est à 60 ans une véritable star en Inde, où il a « libéré » au moins 80 000 enfants du travail forcé. Brillant ingénieur électricien, Kailash Satyarthi n’était pourtant pas voué à un tel destin. Mais, à l’âge de 26 ans, il délaisse une prometteuse carrière pour se consacrer aux millions d’enfants travailleurs en Inde. Sa mission : porter secours à ces employés mineurs, réduits à l’état d’esclave au sein des usines indiennes. À longueur de journée, ils sont contraints d’effectuer les tâches les plus pénibles et sont victimes de violences, y compris sexuelles.

Fondateur en 1980 de l’ONG Bachpan Bachao Andolan (Sauver le mouvement de la jeunesse), Kailash Satyarthi mène au départ des actions coups de poing. Il organise des raids contre des usines et des ateliers afin de libérer des familles entières contraintes de travailler pour rembourser leurs prêts. « C’est une expérience joyeuse que d’apercevoir le changement d’expression traverser le visage de cette merveilleuse fille », raconte-t-il au site PBS au sujet d’une enfant libérée d’une carrière de pierres. « Elle est un livre ouvert, et ce changement d’expression nous raconte une histoire, celle d’une transition de l’esclavage vers une nouvelle vie de liberté », poursuit ce militant discret, qui ne sort de sa réserve que pour promouvoir la cause de l’enfance.

Après avoir sauvé des milliers d’esclaves, Kailash Satyarthi oeuvre à la création de la « Marche mondiale contre le travail de l’enfant », un conglomérat de 2 000 organisations et syndicats à travers 140 pays. Conscient de la nécessité de s’attaquer aux causes réelles du fléau de l’esclavage infantile, le militant s’engage aussi dans la défense et la scolarisation de l’enfance. Pour le président du Comité Nobel norvégien, Kailash Satyarthi a fait preuve d’un « grand courage personnel » et « a maintenu la tradition de Gandhi » en menant « diverses formes de protestations et de manifestations, toutes pacifiques ». « Il a aussi contribué au développement d’importantes conventions internationales sur les droits des enfants », souligne Thorbjoern Jagland.

« Millions d’enfants qui souffrent »

L’ingénieur électricien est ainsi à l’origine d’un programme baptisé « Bal Mitra Gram », encourageant les villages indiens à abolir le travail des enfants. Il a également fait pression sur les entreprises en développant le programme « Rugmark », un label assurant que les tapis ne sont pas l’oeuvre d’enfants, grâce à l’instauration de contrôles fréquents à l’intérieur des usines. Désormais, le militant ambitionne d’étendre ces certifications à d’autres produits, notamment les ballons de football de grande marque, habituellement fabriqués par des mineurs.

Sa cible, les clients occidentaux. « Si ce n’est pas maintenant, alors quand ? Si ce n’est pas vous, alors qui ? » interpelle le militant indien. « Si nous sommes en mesure de répondre à ces questions fondamentales, alors peut-être pouvons-nous effacer la tache que représente l’esclavage humain. » En tout cas, Kailash Satyarthi n’a pas failli à sa réputation de héros très discret. Réagissant vendredi à l’annonce de sa récompense, il a estimé que le prix Nobel de la paix représentait la « reconnaissance de la détresse de millions d’enfants qui souffrent ». En effet, d’après le Comité Nobel, il y a aujourd’hui 168 millions d’enfants travailleurs dans le monde.

Voir de même:

Malala Yousafzaï : « Je veux l’éducation pour les enfants de tous les terroristes »
Frédéric Bobin (New Delhi, correspondant régional)
Le Monde
10.10.2014

Son visage légèrement déformé a pris au fil des ans des allures de figure iconique, celle d’une adolescente au courage exceptionnel ayant manqué de périr sous une balle extrémiste dans sa vallée natale de Swat. En codécernant, vendredi 10 octobre, le prix Nobel de la paix à Malala Yousafzaï – l’autre lauréat est l’Indien Kailash Satyarthi –, le comité d’Oslo a récompensé la jeune Pachtoune pakistanaise (17 ans) militante du droit à l’éducation, laquelle devient ainsi la plus jeune des lauréats de l’histoire du prix.

Déjà consacrée en 2013 par le Prix Sakharov du Parlement européen, reçue par les grands de ce monde – dont Barack Obama – Malala Yousafzaï doit sa renommée à un engagement sans relâche en faveur de la scolarisation des enfants, au Pakistan même comme à travers le monde. Elle s’était associée cet été à la campagne « Bring back our girls » pour obtenir la libération des jeunes Nigérianes enlevées par la secte extrémiste Boka Haram.

Malala Yousafzaï a frôlé la mort pour ses idées. Quand les talibans ont manqué de l’assassiner, le 9 octobre 2012, dans un bus scolaire de Mingora, le chef- lieu de Swat, région préhimalayenne naguère paradis touristique, la colère a été générale à travers le Pakistan. De Lahore à Peshawar en passant par Islamabad, les manifestations de soutien à la jeune fille grièvement blessée se sont multipliées.

Déjà connue pour militer en faveur du droit à l’éducation des filles – elle avait tenu un blog en ourdou hébergé par le site de la BBC à l’époque où Swat était occupée par les talibans (2007-2009) –, Malala Yousafzaï devenait soudain une martyre de l’extrémisme. Le porte-parole du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) avait revendiqué la tentative d’assassinat en ces termes : « C’est une fille à la mentalité occidentale qui passe son temps à nous dénoncer. Quiconque critiquera les talibans subira le même sort. » Durant l’occupation de Swat par les talibans, elle avait raconté – sous le pseudonyme Gul Makai – le quotidien des exactions des extrémistes, notamment contre les écoles fréquentées par les filles. Elle survécut miraculeusement à la balle qu’elle reçut en plein visage.

ACCUSÉE D’ÊTRE UN « AGENT AMÉRICAIN »

Elle devint très vite un symbole. Sa notoriété naissante a pourtant suscité embarras et malaise dans son propre pays. Plus l’Occident l’acclamait – le show-business (Madonna, Angelina Jolie) ou les poids lourds politiques (Hillary Clinton, Gordon Brown) – comme une figure emblématique de la résistance à l’obscurantisme islamiste, plus des voix s’élevaient au Pakistan pour dénoncer son instrumentalisation par des « forces étrangères ». Les tenants de la théorie du complot – un sport national au Pakistan – sont dès lors passés à l’offensive.

Sournoises, imprégnées de paranoïa, les questions se sont multipliées sur les réseaux sociaux. Pourquoi l’Occident se prend-il de passion pour cette jeune Pakistanaise ? Et pourquoi Malala Yousafzaï se tait-elle sur les enfants victimes des drones américains frappant chaque semaine les zones pachtounes frontalières de l’Afghanistan ? Il n’en fallait pas davantage pour que la jeune fille se fasse accuser d’être un « agent américain », manipulé pour servir les funestes desseins de l’Occident contre les musulmans en général et le Pakistan nucléaire en particulier.

Sami ul-Haq, le chef du parti Jamiat Ulema-e-Islami (JUI) dont les madrasas (écoles coraniques) font office de pépinières de combattants talibans, avait ainsi estimé que Malala Yousafzaï avait été « kidnappée par les forces anti-islam en Occident. » Les libéraux, groupe à l’influence marginale au Pakistan, ont fini par se réveiller et ont contre-attaqué. L’été 2013, la romancière Bina Shah exprimait dans le quotidien Dawn son courroux face à tant d’acrimonie. De telles réactions, écrivait-elle, sont « la manifestation honteuse de la manière dont les Pakistanais tendent à se retourner contre les personnes dont ils devraient être fiers ». Faisant taire ses détracteurs, Malala Yousafzaï demanda à Barack Obama – qui la reçut à la Maison Blanche en octobre 2013 – de cesser les frappes de drones américains contre des cibles djihadistes au Nord-Waziristan (zones tribales frontalières de l’Afghanistan) qui, selon elle, « tuent des victimes innocentes » et « alimentent le terrorisme ».

« NOS CAHIERS ET NOS CRAYONS SONT NOS ARMES »

L’une des prestations les plus marquantes de Malala Yousafzaï, celle qui l’imposa comme une icône internationale, fut incontestablement son intervention, le 12 juillet 2013 à New York, devant l’Assemblée de jeunes de l’ONU. Les talibans « pensaient qu’une balle pourrait nous réduire au silence mais ils ont échoué », avait-elle alors lancé au fil d’un discours posé, ferme et éclairé. « Prenons nos cahiers et nos crayons, avait-elle enchaîné. Ce sont nos armes les plus puissantes. » Et elle avait eu cette formule empreinte d’un profond humanisme : « Je veux l’éducation pour les fils et les filles des talibans et tous les extrémistes et les terroristes. » Avant de conclure : « Je n’ai même pas de haine pour le taliban qui m’a tiré dessus. »

Elle eût droit à une ovation debout. Dans l’assistance, beaucoup pleuraient. Avait-elle clamé dans son discours : « Je n’ai pas changé » ? Pourtant, la manière dont le monde la percevait a probablement changé ce jour-là. Une autre Malala Yousafzaï venait de naître. Une gamine éblouissante de ferveur à la consécration mondiale désormais établie. La victoire de son combat ne sera pourtant totale que lorsqu’elle pourra retourner sans risque dans son propre pays. Elle n’en a pas encore le luxe.

Peur
Le virus Ebola alimente les théories du complot
Pierre Haski
Rue 89
03/08/2014

Obama veut imposer une « tyrannie médicale » et des médecins apportent la maladie en Afrique. Voilà les explications qui émergent alors que l’épidémie s’amplifie, et menacent prévention et mesures de précaution.

Une épidémie d’une maladie incurable, mystérieuse, alimente toujours les théories du complot ou les thèses farfelues. Ce fut le cas du sida dans les années 80, avant que le monde devienne -hélas- familier de ce virus ; c’est aujourd’hui le cas d’Ebola, qui sévit en Afrique de l’ouest.

Le rapatriement aux Etats-Unis, samedi, d’un médecin américain contaminé par le virus Ebola, a donné un nouvel élan aux amateurs de complots, jouant avec le risque de prolifération de l’épidémie sur le sol américain.

Le Dr Kent Brantly, qui travaillait au Libéria avec les patients d’Ebola, a été contaminé et rapatrié samedi à Atlanta, où il est arrivé revêtu d’un scaphandre de protection, suffisamment fort pour descendre seul de l’ambulance. Une deuxième américaine contaminée devrait être rapatriée dans les prochains jours, dans les mêmes conditions.

« Complot eugéniste et mondialiste »
Dès samedi, l’un des « complotistes » les plus célèbres des Etats-Unis, Alex Jones, qui débusque le « globaliste » derrière chaque geste de l’administration américaine et a l’oreille du « Tea Party », s’en est ému dans une vidéo sur son site Infowars.com et sur YouTube. Il s’insurge :

« Mesdames, Messieurs, c’est sans précédent pour un gouvernement occidental d’amener une personne atteinte de quelque chose d’aussi mortel qu’Ebola dans leur propre pays. (…) C’est le signe qu’on cherche à susciter la terreur et l’effroi, afin d’imposer une tyrannie médicale encore plus forte. »

Pour ce « guerrier de l’info », comme il se décrit, qui n’a pas moins de 250 000 abonnés à son compte Twitter, le virus ne restera pas confiné à l’hôpital et s’échappera. « Il s’agit d’un gouvernement et d’un système politique qui se moquent des gens », accusant les « eugénistes “ et les ‘mondialistes’ de déployer un scénario catastrophe.

Au même moment, pourtant, les autorités américaines expliquent qu’elles ont ramené le Dr Brantly à Atlanta pour lui donner une chance de survivre, en renforçant ses défenses dans l’espoir qu’il surmonte l’attaque du virus. Le taux de mortalité de cette souche d’Ebola n’est ‘que’ de 60% environ, contre plus de 90% pour d’autres épidémies antérieures en Afrique.

Et ils le font dans l’endroit le plus adapté : Atlanta est le siège du Centre de contrôle des maladies infectieuses (CDC) aux Etats-Unis, et de l’un des seuls labos au monde spécialisés dans les virus, un laboratoire de niveau P4, le plus élevé et dans lequel la sécurité est la plus rigoureuse, avec plusieurs sas de décontamination pour s’y déplacer. L’autre labo du même type au monde se trouve … à Lyon.

‘Ebola, Ebola’
Il n’y a pas qu’aux Etats-Unis que la menace d’Ebola suscite fantasmes et peurs quasi-millénaristes : Adam Nossiter, l’envoyé spécial du New York Times racontait il y a quelques jours de Guinée –l’un des pays les plus touchés par Ebola– comment des villageois ont constitué des groupes d’autodéfense pour empêcher les équipes médicales d’approcher. ‘Partout où elles passent, on voit apparaître la maladie’, dit un jeune Guinéen interdisant l’accès de son village.

Son récit se poursuit :

‘Les travailleurs [sanitaires] et les officiels, rendus responsables par des populations en panique pour la propagation du virus, ont été menacés avec des couteaux, des pierres et des machettes, et leurs véhicules ont parfois été entourés par des foules menaçantes. Des barrages de troncs d’arbre interdisent l’accès aux équipes médicales dans les villages où l’on soupçonne la présence du virus. Des villageois malades ou morts, coupés de toute aide médicale, peuvent dès lors infecter d’autres personnes.

C’est très inhabituel, on ne nous fait pas confiance, dit Marc Poncin, coordinateur pour la Guinée de Médecins sans Frontières, le principal groupe luttant contre le virus. Nous ne pouvons pas stopper l’épidémie.’
Le journaliste ajoute que les gens s’enfuient à la vue d’une croix rouge, et crient ‘Ebola, Ebola’ à la vue d’un Occidental. Un homme en train de creuser une tombe pour un patient décédé du virus conclut : ‘nous ne pouvons rien faire, seul Dieu peut nous sauver’.

Sur le site du New Yorker, Richard Preston, auteur d’un livre sur Ebola dont nous avons cité de larges extraits récemment, raconte qu’au Libéria, les malades d’Ebola quittent la capitale, Monrovia, dont le système de santé est dépassé par l’épidémie, et retournent dans leur village d’origine pour consulter des guérisseurs ou simplement rejoindre leurs familles. Au risque de diffuser un peu plus le virus.

Le sida pour ‘décourager les amoureux’
Peurs, fantasmes, parano sont fréquents à chaque nouvelle maladie. Ce fut le cas lors de l’apparition du sida au début des années 80. A Kinshasa, durement touchée par la pandémie, la population n’a pas cru aux explications officielles sur la transmission sexuelle du virus, et avait rebaptisé le sida ‘Syndrome inventé pour décourager les amoureux’… Les églises évangélistes s’en étaient emparées pour parler de ‘punition divine’ et recruter un peu plus de brebis égarées.

Pire, en Afrique du Sud, la méfiance vis-à-vis de la médecine occidentale a gagné jusqu’au Président de l’époque, Thabo Mbeki, qu’on aurait cru plus prudent, et qui avait encouragé le recours à des remèdes traditionnels plutôt que les antirétroviraux qui commençaient à faire leur apparition et ont, depuis, fait leurs preuves. Un temps précieux, et beaucoup de vies humaines, ont été sacrifiés dans cette folie.

Avec le temps, la connaissance de la maladie et de ses modes de transmission a progressé, même s’il reste de nombreuses inégalités dans les accès aux soins.

Bien que le virus ait été identifié en 1976, il y a près de quatre décennies, les épidémies ont été très localisées, et de brève durée. Elle reste donc peu connue en dehors des spécialistes, et surtout entourée d’une réputation terrifiante : pas de remède, fort taux de mortalité, virus mutant…

Avec retard, la mobilisation internationale se met en place pour contenir l’épidémie apparue en Afrique de l’Ouest. L’information des populations n’est pas la tache la moins importante. Même s’il est probable qu’aucun argument rationnel ne pourra convaincre Alex Jones et ses disciples que l’administration Obama, malgré tous ses défauts, n’est pas en train d’importer Ebola pour quelque projet d’eugénisme au sein de la population américaine…

Voir enfin:

Romantisme djihadiste et brutalisation
Brice Couturier

France culture

23.04.2014

L’International Centre for the Study of Radicalisation, basé au Kings’College de Londres, estime à environ 9 000 les djihadistes étrangers, venus combattre le régime, déclaré “impie” de Bachar Al-Assad, en Syrie. La grande majorité d’entre eux arrive des pays arabes proches, en particulier de Jordanie, du Liban mais aussi d’Arabie Saoudite. Mais plusieurs centaines proviendraient aussi d’Europe et leur nombre ne cesse d’augmenter. Nous avons donc à faire à des espèces de « brigades internationales », comme lors de la Guerre d’Espagne.

Signe des temps, ces combattants, venus de tous les coins, ne se réclament pas d’une grande idéologie émancipatrice, comme au XX° siècle, mais d’une version très particulière d’une religion, l’islam. Il s’agit bien, cependant, comme lors de la guerre, d’Espagne, d’un mouvement inspiré par l’indignation et la solidarité. Indignation, face aux moyens disproportionnés utilisés, dès le départ par le régime face à la contestation. Solidarité, car ces jeunes, comme les combattants d’Espagne, veulent témoigner d’une communauté de croyance.

Les autorités, en Europe, se sont rapidement inquiétées de la participation de certains de leurs nationaux, à une guerre civile qui a déjà causé » 150 000 morts dans la Syrie martyre. Ainsi Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, a déclaré : « Le djihadisme représente, pour moi, le plus grand danger auquel nous devrons faire face dans les prochaines années. »

La malheureuse Syrie est prise en otage par les deux grandes puissances religieuses et ennemies de l’islam – l’Iran chiite, qui est derrière le régime, et l’Arabie salafiste, qui soutient la rébellion. Mais la violence, sur place, s’est déchaînée avec une telle intensité et sur une si grande échelle qu’on redoute le retour en Europe de combattants bien entraînés et surtout, « brutalisés », pour employer le mot forgé par l’historien George Mosse à propos des anciens combattants de 14-18 (De la grande guerre au totalitarisme).

Par « brutalisation », Mosse entendait décrire l’expérience inouïe faite par les combattants de la Grande Guerre. La banalisation de la mort en masse avait provoqué chez nombre d’entre eux une accoutumance à la violence extrême ; elle avait émoussé les sentiments humains fondamentaux de sympathie, de pitié, et jusqu’au simple souci de soi. Elle avait développé un style de vie – Mosse parlait de « fureur d’une vie frénétique » et « d’aspiration à vivre des expériences situées au-delà des limites de habituelles de la civilisation ». Style de vie qu’on devait retrouver ensuite dans la manière des mouvements totalitaires de considérer la politique : une lutte à mort contre l’adversaire dans un climat de profonde camaraderie, de fraternité virile, de développement à la cause, allant jusqu’au sacrifice de sa propre vie.

Ce sont autant les effets psychologiques de cette guerre, menée avec des moyens effrayant, où les combattants se filment en train de torturer, ou en train de jouer avec les têtes de leurs ennemis découpées, que la familiarisation avec les techniques de combat urbain qu’on peut redouter chez ces djihadistes quand, vaincus comme il est probable, ils retourneront d’où ils sont venus.

L’anthropologue Dounia Bouzar a récemment consacré un livre, Désamorcer l’islam radical, au cas des jeunes qui s’engagent dans l’islamisme. Elle y montre ce que les techniques de radicalisation utilisées, sur internet en particulier, par les recruteurs du djihad, doivent à celles des sectes. L’identité individuelle est niée, pour être remplacée par une identité de groupe proprement totalitaire. L’esprit critique et la simple raison sont combattus. En échange, on fournit à des jeunes souvent en perte de repères, le sentiment exaltant d’appartenir à une élite, désignée pour régénérer un monde corrompu et décadent. Le parallèle avec les mouvements fascistes est évident.

Le gouvernement va annoncer, cet après-midi, un ensemble de mesures destinées à lutter contre la radicalisation des jeunes musulmans, et à les empêcher d’aller combattre en Syrie. Mais la prévention ne devrait-elle pas passer par une meilleure intégration de jeunes déboussolés ? Les familles décomposées, l’échec scolaire, l’omniprésence de la drogue dans certains quartiers, le chômage de masse ne sont-ils pas les meilleurs agents recruteurs du djihad, cette fuite dans une violence exotique ?


Islamophobie: C’est la faute à l’Occident, imbécile ! (When in doubt, blame the West)

28 septembre, 2014
https://i1.wp.com/www.barenakedislam.com/wp-content/uploads/2013/12/slide131.jpg
https://i0.wp.com/www.lemondejuif.info/wp-content/uploads/2014/07/DSCN1348.jpgJe suis tombé par terre, c’est la faute à Voltaire … Gavroche
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux …Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
In many respects, Iraq today looks tragically similar to the Iraq of 2006, complete with increasing numbers of horrific, indiscriminate attacks by Iraq’s al Qaeda affiliate and its network of extremists. Add to that the ongoing sectarian civil war in Syria — which is, in many aspects, a regional conflict being fought there — and the situation in Iraq looks even more complicated than it was in 2006 and thus even more worrisome — especially given the absence of American combat forces. David H. Petraeus (October 29, 2013)
La réalité est que, depuis 2002 et l’offensive alliée contre le régime Taliban d’Afghanistan et ses protégés djihadistes, Al-Qaïda relève plus du mythe que de la réalité. C’est un mythe qui a été entretenu par le fait que tout contestataire dans le monde musulman, quelles que soient ses motivations et ses objectifs, a bien compris qu’il devait se réclamer de l’organisation qui avait épouvanté l’Amérique s’il voulait être pris au sérieux. C’est un mythe qui a été entretenu par certains dirigeants des pays musulmans qui ont bien compris qu’ils devaient coller l’étiquette Al-Qaïda sur leurs opposants s’ils voulaient pouvoir les réprimer tranquillement. C’est enfin un mythe qui a été entretenu par les dirigeants et les médias d’un certain nombre de pays occidentaux pour légitimer leur politique sécuritaire intérieure et extérieure. Mais dans la galaxie salafiste, tout le monde sait bien que Al-Qaïda se résumait depuis 2003 à un Ben Laden réfugié dans un « resort » des services pakistanais et à un sentencieux Ayman Zawahiri distribuant les bons et les mauvais points de djihadisme et s’appropriant verbalement des actes de violence commis un peu partout dans le monde qu’il n’avait ni commandités, ni prescrits ni contrôlés. Il était difficile pour des djihadistes ambitieux de remettre en cause la figure emblématique de Ben Laden mais plus facile de s’affranchir de la tutelle morale de Zawahiri. En particulier pour des chefs de bande locaux qui n’avaient que faire du « djihad mondial » sans bénéfice immédiat et souhaitaient plutôt se bâtir un petit sultanat local où ils pourraient exercer un pouvoir sans partage et rançonner la population. C’est ce type de raisonnement, joint aux aléas des rivalités locales et des surenchères entre l’Arabie et le Qatar, qui a poussé un Abou Bakr al-Baghdadi à rejeter le parrainage d’Al-Qaïda et – comme on dit en France – à s’autoproclamer « Calife à la place du Calife ». (…) L’EIIL n’a pas « émergé » comme par miracle l’année dernière. Il est la filiation directe de ce que l’on appelait il y encore quelque temps « Al-Qaïda en Irak » ou « Al-Qaïda en Mésopotamie ». Cette organisation avait été elle-même formée en 2003 par Abou Moussaab al-Zarqawi, ancien membre d’Al-Qaïda rejeté par Ben Laden pour son aventurisme, à partir d’un groupe djihadiste préexistant dans le nord est de l’Irak et connu sous le nom de Ansar al-Islam (Partisans de l’Islam). Après la mort de Zarqawi tué dans un bombardement américain, l’organisation a été reprise en main par son chef actuel qui a continué de bénéficier du soutien actif des services saoudiens dans la perspective de s’opposer à la mainmise totale des chiites sur le pouvoir irakien et à la connivence de plus en plus marquée entre Baghdad et Téhéran. Les choses se sont compliquées début 2011 avec l’émergence des troubles en Syrie. Les services spéciaux saoudiens du Prince Bandar Ben Sultan et le Qatar se sont lancé dans des initiatives rivales pour accélérer la chute de Bashar el-Assad. Les Saoudiens ont organisé en Syrie l’émergence d’un front salafiste anti-régime sous la désignation de Jabhat al-Nosra tandis que les Qataris ont lancé une « OPA hostile » sur l’EIIL en diversifiant ses activités sur la Syrie en complément de l’Irak et en concurrence avec les autres groupes djihadistes. Et tout ce paysage confus s’est transformé à l’été 2013 quand le coup d’État feutré qui a eu lieu à Qatar a écarté l’Emir et son activiste Premier ministre et recentré les investissements de l’Émirat sur des activités économiques plutôt que politiques. Dans le même temps, à la lueur du désordre politique et social induit en Égypte par la gestion des Frères Musulmans, le cabinet royal saoudien – plutôt partisan d’un ordre régional apaisé et d’un système de coexistence plutôt que d’affrontement avec l’Iran – a repris la main sur les extrémistes du clan familial, écarté le Prince Bandar et ses partisans, apporté son soutien au coup d’État du Maréchal Sissi et, surtout, condamné et criminalisé les activités djihadistes au Levant. Brutalement privés de soutiens extérieurs significatifs, Jabhat el-Nosra et surtout l’EIIL se sont retrouvés condamnés à une fuite en avant, coincés sur place et contraints d’y trouver les ressources financières et militaires nécessaires à leur survie. Ce n’est pas par hasard que le premier objectif de l’EIIL dans sa fulgurante offensive du printemps dernier a été de s’emparer de la succursale de la banque centrale d’Irak à Mossoul pour y rafler près d’un demi-milliard de dollars en or et en billets. (…) Ces organisations fonctionnent sur un mode féodal et mafieux où des chefs de bandes locales prêtent allégeance au chef de l’organisation en fonction de leur intérêt du moment. Les frontières entre les mouvements sont donc poreuses mais avec les risques que cela comporte en cas de trahison. D’autre part il faut considérer qu’il existe en Syrie comme en Irak une multitude de groupes armés locaux, parfois à l’échelle du village, du quartier ou du groupe d’immeubles, à l’allégeance mal définie et qui se rallient à tel ou tel en fonction des circonstances et du profit à en espérer.(…) Pour l’instant l’EIIL dispose d’un trésor de guerre estimé à 2 milliards de dollars. Ce trésor repose essentiellement sur le racket de « l’impôt révolutionnaire », sur le contrôle d’un certain nombre de site d’extraction d’hydrocarbures, sur le pillage systématique et la revente sur le marché noir turc des matériaux de construction (souvent arrachés des maisons existantes), matériels industriels et agricoles, véhicules, objets volés dans les propriétés publiques et privées dans les zones contrôlées. Mais il faut se garder pour autant de considérer que l’EIIL dispose maintenant d’un budget annuel fixe et permanent. Le pillage de la succursale de la Banque Centrale d’Irak à Mossoul était un fusil à un coup. Il a été largement dilapidé dans la « location » de chefs de tribus sunnites d’Irak qui ont permis à l’EIIL sa rapide offensive du printemps. Le pillage des biens d’équipement sera bientôt tari par épuisement. De même que « l’impôt révolutionnaire » par suite de ruine ou exode des « assujettis ». Reste le contrôle des ressources pétrolières (vulnérables car les puits ne sont pas déplaçables) qui est soumis au bon vouloir des Turcs et d’un certain nombre d’intermédiaires irakiens, tous susceptibles de « retourner leur veste » en fonction de la conjoncture internationale. Bref, dans six ou huit mois, il ne restera plus grande chose et c’est là que se posera (s’il n’est pas réglé avant) le problème du retour vers leur pays d’origine des mercenaires et volontaires étrangers (Tchétchènes, Bosniaques, Maghrébins, Libyens, Saoudiens interdits de retour au royaume, et – en ce qui nous concerne – Européens.) (…) Al-Qaïda était un mouvement terroriste stricto sensu. C’est-à-dire un groupe restreint ayant une stratégie globale mais pas de tactique définie, mettant en œuvre des non-professionnels de la violence sacrifiables en vue de commettre dans le monde entier des attentats aveugles comme ils pouvaient, où ils pouvaient, quand ils pouvaient pourvu que la violence soit spectaculaire, médiatisée et porte la signature et le message de la mouvance. L’EIIL est, au contraire, une véritable armée de professionnels de la violence avec un chef, une mission, des moyens, un agenda et des objectifs précis dans un espace limité. Le seul fait de se désigner sous le nom d’Etat (Dawla) montre bien que ses responsables entendent se donner un ancrage institutionnel (al-Islami) et géographique (fil-Iraq wa ash-Sham). Ce n’était pas du tout le cas de Ben Laden, au moins dans sa version finale des années 1998-2001 qui prônait une violence déterritorialisée contre le monde entier. Mais qui dit État, dit chef de l’État et – en version islamique fondamentaliste – Calife. D’où l’initiative de Baghdadi qui vise aussi bien à faire un pied de nez aux Saoudiens, gardiens autoproclamés des Lieux saints qui l’ont abandonné et dont il conteste ainsi la légitimité, qu’à mettre l’ensemble des musulmans du monde en demeure de choisir leur camp en ayant à accepter ou rejeter son autopromotion. C’est ce qui explique qu’en se proclamant Calife, il abandonne aussitôt dans la dénomination du mouvement la référence territoriale à l’Irak et au Levant pour devenir « seulement » Etat Islamique (Dawlat al-Islami). Mais tout cela révèle plutôt des finasseries calculatrices de survie plutôt qu’une « vision globalisée du djihad ». (…) L’EIIL pose le même problème que l’Etat Taliban en Afghanistan, AQMI au Sahel, les Shebab en Somalie ou Boko Haram au Nigeria. Il s’agit d’armées constituées, souvent en uniforme ou portant des signes de reconnaissance, utilisant des matériels militaires, des véhicules dédiés, des implantations localisables, des moyens de communication identifiables. Cela relève à l’évidence d’une riposte militaire consensuelle et concertée face à laquelle on semble pourtant tergiverser. Pendant plus de dix ans, les Etats-Unis ont placé l’ensemble du monde musulman sous une loi permanente des suspects, détruit irrémédiablement plusieurs pays, espionné la planète entière – y compris leurs plus proches alliés et leurs concitoyens -, harcelé des millions de voyageurs dans les aéroports, multiplié les tortures et les internements illégaux au nom d’une « guerre globale contre la terreur » qui n’a ramené dans ses filets que quelques seconds couteaux et un Ben Laden « retiré des affaires ». Et aujourd’hui que sont parfaitement localisés avec précision une dizaine de milliers de djihadistes arborant fièrement leur drapeau, défilant dans les rues, égorgeant des citoyens américains devant les télévisions, éventrant médiatiquement femmes et enfants, jouant au foot avec les têtes de leurs ennemis, la Présidence américaine vient dire qu’elle « n’a pas encore de stratégie dans la lutte contre le djihadisme »…. Alain Chouet
Je ne pense pas qu’ils se soient retournés contre ces monstres qu’ils ont conçus, enfantés et nourris en armes, en argent, en combattants et en idéologie ! Ou du moins pas encore. Les deux organisations, Daech et Al-Nosra, sont le pur produit de l’idéologie salafiste wahhabite. Les pays occidentaux et leurs supplétifs du Golfe ainsi que la Turquie avaient, dès les premiers mois du déclenchement de la crise syrienne, opté pour armer l’opposition qu’ils avaient décrite comme «modérée». (…) L’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie n’avaient pas lésiné sur les moyens pour favoriser l’émergence de ces groupes terroristes. (…) Les pays qui avaient favorisé l’émergence de ce chaos indescriptible en Syrie, réalisant que le renversement du régime de Damas n’est plus accessible, craignant le retour des dizaines de milliers de djihadistes dans leurs pays respectifs, ont pris peur et commencent à se mobiliser contre eux. Mais ce retournement n’est jusqu’ici que verbal. (…) Officiellement, les Etats-Unis et leurs alliés et supplétifs n’ont cherché à éradiquer Daech que lorsque ce groupe a décapité des journalistes et des citoyens occidentaux d’une façon répugnante et barbare qui a choqué l’opinion publique. Ils ne pouvaient pas ne pas réagir, ou faire semblant de réagir. En s’emparant d’une grande partie du territoire irakien et de la deuxième ville du pays, Mossoul, en infligeant une défaite humiliante à l’armée irakienne et, enfin, en avançant vers le Kurdistan irakien, en s’attaquant aux minorités chrétienne, turkmène, yézidie… (…) Les mouvements qui prônent un pseudo djihad global, par opposition au djihad local, maîtrisent magistralement l’art de la communication et de la propagande, notamment sur les réseaux sociaux. Aqmi est actuellement sur la défensive. Elle est traquée et rejetée partout. Elle ne survit que grâce au racket, au crime organisé, à la contrebande et aux kidnappings générateurs de rançons que certains pays occidentaux continuent malheureusement à payer. Son projet idéologique, si l’on peut dire, n’attire pas grand monde. Il est donc normal que des dissensions apparaissent dans ses rangs. Pourchassée dans le Nord Mali, elle est actuellement repliée sur la Libye, un pays livré au chaos, aux milices armées et aux bandits de grands chemins. Il est normal, en période de repli, que des dissensions apparaissent mais sans lendemain. Il s’agit le plus souvent de disputes entre gangs autour d’un butin ou dans l’espoir d’accaparer une partie du butin saisi par Daech en Irak et évalué à quelque deux milliards de dollars. Je ne pense pas qu’il faudra accorder beaucoup de crédit à ces dissensions appelées à se multiplier. Le vrai danger c’est le chaos en Libye elle-même devenue le sanctuaire de nombreux terroristes ayant sévi en Syrie et en Irak et qui sont rentrés poursuivre leur combat sous des cieux plus cléments. (…) Cela signifie que ces deux pays ne cherchent pas réellement à éradiquer Daech. Car c’est actuellement la Syrie qui combat le plus efficacement ce fléau. Sans la contribution syrienne à la guerre contre ce monstre, Daech serait déjà en Jordanie, au Liban et à la frontière d’Israël. Il faut cependant discerner entre le refus médiatique et la coordination indirecte mais réelle pour faire barrage à cette organisation. Sur ce plan, une coordination réelle et efficace est engagée entre la Syrie et l’Irak. (…) Les Etats-Unis et la France, après avoir clamé que les jours de Bachar étaient comptés, ont quelque réticence à avaler leur chapeau, reconnaître leur erreur de jugement et retrouver le chemin de Damas. C’est une question de temps. Damas a déjà été approché par des émissaires français et américains pour reprendre une coopération secrète entre services. Mais ils se sont vu répondre que cette époque est bel et bien révolue et que si ces deux pays veulent réellement reprendre la coopération d’antan, il faudrait que ça se fasse à travers des structures diplomatiques. Donc pas avant la réouverture des ambassades américaine et française à Damas.(…) On a d’ailleurs remarqué que les pays du Maghreb, qui se disaient «amis du peuple syrien» (Maroc, Tunisie, Libye) n’avaient pas voulu participer à la conférence de Paris. Ils observent avec inquiétude le retour certain de leurs djihadistes qui sèment la terreur chez eux. C’est le cas également des pays occidentaux qui avaient fermé les yeux, voire encouragé le départ de ces djihadistes en Syrie et en Irak dans l’espoir de s’en débarrasser. A lire la presse occidentale, le retour de ces anciens de la Syrie, qui nous rappelle le retour des anciens d’Afghanistan, est le cauchemar de tous les services de sécurité, à tel point que pour certains analystes, la question n’est plus de savoir si ces terroristes vont passer à l’action en Europe même, mais quand et comment. C’est l’histoire de l’arroseur arrosé. (…) Il est certain que la coalition anti-Daech est actuellement inexistante. Elle est médiatique. Obama, qui ne veut pas terminer son deuxième mandat par une guerre, l’a dit ouvertement : c’est une guerre qui va durer des années. Conclusion : il cherche à épuiser la Syrie et l’Irak et à tout faire pour que ces deux pays retrouvent la place qui leur revient sur l’échiquier du Moyen-Orient. (…) C’est un secret de Polichinelle. Tous ces pays avaient juré la perte de l’Etat syrien. En armant ces mouvements djihadistes, ils pensaient ramener la Syrie dans le giron occidental, l’extraire de son alliance avec l’Iran, la Russie et la Chine et la contraindre à une paix au rabais avec Israël. Jusqu’ici, cette stratégie a lamentablement échoué. Et ces monstres qu’ils ont nourris vont se retourner contre eux. Le jour où les Américains vont constater les dégâts de cette stratégie sur leurs propres intérêts et sur les intérêts de leurs supplétifs du Golfe, ils vont arrêter la partie. On n’en est malheureusement pas encore là. (…) Je veux croire qu’il s’agit là d’une manœuvre du président Obama pour contraindre l’Arabie et les pétromonarchies du Golfe à «choisir leur camp» et à cesser leurs pratiques de double langage qui consiste à condamner verbalement le terrorisme tout en soutenant un peu partout dans le monde les groupes terroristes salafistes et les djihadistes en vue de neutraliser les initiatives démocratiques ou l’influence de l’Iran qu’ils considèrent comme également dangereuses pour le maintien de leur pouvoir.» Majed Nehmé
Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. (…) Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire. (…) Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le. Abou Mohammed al-Adnani (porte-parole de l’EI)
En cette année proclamée par les Nations Unies Année internationale de solidarité avec le peuple palestinien, Israël a choisi d’en faire l’année d’une nouvelle guerre de génocide contre le peuple palestinien. Mahmoud Abbas
Qatar couldn’t care less about the Muslim Brotherhood, it means nothing to them… there is nothing sentimental in this, » just cold, hard realpolitik. They are reassessing the strategic landscape… They realize that, particularly since the recent (ISIS) beheadings, there is a growing international sentiment against Islamism, political Islam, and they don’t want to find themselves on the wrong side,but whether this is permanent remains to be seen (…) If Qatar moves away from supporting the Muslim Brotherhood it’s also going to move away from Hamas, for the simple reason that all the Arabs states will say: ‘If you want to be pro-Palestinian you can support the Palestinian Authority.’ There is an alternative. Professor Hillel Frisch (Begin-Sadat Center for Strategic Studies)
Le but est la raison d’être même de cet Etat: propager la terreur. De plus, l’Etat Islamique dispose d’un véritable pouvoir de séduction, notamment par rapport à Al-Qaïda, grâce à ses ressources, à son statut autoproclamé d’Etat, ainsi qu’à sa parfaite utilisation des média et des réseaux sociaux. Ses succès militaires sont ainsi largement relayés et diffusés et participent de son rayonnement dans le monde. (…) Les services de renseignement et les spécialistes effectuent un énorme travail de repérage, mais il suffit qu’une seule personne passe à travers les mailles du filet pour semer la terreur et le chaos. Il y a actuellement plus de 900 français en Irak et en Syrie, prêts à revenir en France. De plus, le message audio de l’Etat Islamique est à mon sens un appel à l’insurrection lancé aux loups solitaires. Le porte-parole de Daech y enjoint tous ceux se sentant en empathie avec leur Etat à prendre les armes, ou, à défaut, à percuter les gens avec leur voiture, ou à les étrangler. Il s’agit d’un véritable appel au meurtre, visant à faire basculer les personnes fragiles psychologiquement ou isolées dans le terrorisme. On ne peut donc jamais être totalement prêt, car tout peut arriver. Les services font ce qu’ils peuvent pour prévenir ces risques, mais l’acte terroriste est par définition imprévisible. Le pire est toujours à attendre, malgré les progrès de la surveillance et la coopération internationale. Il suffit d’une personne influençable, d’un fou isolé, pour qu’un acte terroriste soit commis. Ce genre d’attentat est donc bien plus difficile à prévoir qu’une action coordonnée, structurée et financée par Al-Qaïda, par exemple. (…) Le terrorisme a énormément évolué, et un attentat comme celui du 11 septembre appartient au XXème siècle et n’arriverait plus aujourd’hui. Les Etats peuvent contrecarrer ce type d’action, et tout ce qui est organisé peut être déjoué puis puni par notre système législatif. Aujourd’hui, le terrorisme prend plutôt la forme du loup solitaire, un concept théorisé aux Etats-Unis par le FBI pour qualifier les attaques des groupuscules d’extrême-droite suprématistes. Ces groupes souhaitaient multiplier les actions terroristes, tout en limitant la possibilité d’arrestation. Ils ont donc commencé à créer de petites cellules, de une à trois personnes, très difficiles à identifier. Hugues Moutouh
Les autorités des pays du Golfe ont traîné des pieds face à Daech (le sobriquet en arabe de l’EI) « afin de ne pas trop heurter une partie de l’opinion publique séduite par la spectaculaire progression du groupe djihadiste, à un moment de crise d’identité des sunnites dans la région », explique le politologue Laurent Bonnefoy, chercheur au Ceri Sciences-Po.  Les monarchies de la région ont toutes les raisons d’être inquiètes : l’EI compterait dans ses rangs, selon certaines sources, plus de 5000 combattants originaires des pays du Golfe, dont quelque 4000 Saoudiens -Il ne faut pas oublier que 15 des 19 kamikazes des attentats du 11 septembre 2001 venaient d’Arabie saoudite. C’est pourquoi Riyad a tardé à s’engager militairement contre l’EI … L’Express
« Jeune-délinquant-Arabe-Syrie-attentat-France-terrorisme-antiterrorisme », toute l’artillerie sémantique est déballée afin de finir de nous convaincre que nous avons toutes les raisons d’avoir peur. Nemmouche n’est pas un monstre. C’est un sale type, narcissique et paumé, prêt à tout pour avoir son heure de gloire. Ses raisons d’aller en Syrie se rapprochaient probablement plus de celles qui, à un certain degré, mènent des adolescents américains à abattre toute leur classe ou certains de nos contemporains à participer à une émission de télé-réalité, qu’à une quelconque lecture du Coran. Ce qu’il incarne, c’est une forme particulièrement triviale de nihilisme. Il est, à cet égard, un pur produit occidental, labellisé et manufacturé par tout ce que la France peut faire subir à ses pauvres comme petites humiliations, stigmatisations et injustices. L’empilement sans fin de nouvelles lois antiterroristes en est l’une des facettes. In fine, tout le discours antiterroriste est ce qui auréole un Nemmouche de gloire. Sans cela, il aurait été considéré pour ce qu’il est, un pauvre type qui assassine des gens pour passer à la télé. En retour, on peut donner toujours plus de pouvoirs aux policiers et aux juges de l’antiterrorisme. Pouvoirs qui ne permettront évidemment pas d’arrêter plus de Nemmouche mais qui, en revanche, resserrent encore un peu plus le maillage policier et le contrôle de la population. Ces nouvelles prérogatives concernent des restrictions de circulation et d’expression pour certaines personnes dont le profil sera considéré à risque par un ou plusieurs Big Brothers bienveillants : la possibilité pour des parents d’inscrire leurs enfants aux fichiers des personnes recherchées ; une association de malfaiteur à une seule personne – un humour auquel Nemmouche sera des plus sensibles. Et, glissé subrepticement dans le tas, un arsenal de pénalisation de la cybercriminalité qui s’attaquera davantage à des initiatives de libre information comme WikiLeaks, plus qu’à des poseurs de bombe sur Internet. J’admets avoir commis une erreur en collaborant avec le service de police politique qu’est l’antiterrorisme. Cela va à l’opposé des positions et des combats que représente mon engagement de journaliste. Je m’en excuse auprès des familles de ceux que cette négligence a mis en danger. Pierre Torres ( ex-otage en Syrie)
Mon livre est provoqué par le fait que dans le système médiatique, dans les milieux intellectuels, chez les académiciens, il est accepté de cibler l’islam et les musulmans en général comme notre problème de civilisation (…) De Claude Guéant à Manuel Valls, sous la dissemblance partisane, d’une droite extrémisée à une gauche droitisée, nous voici donc confrontés à la continuité des obsessions xénophobes et, particulièrement, antimusulmanes (…) Aujourd’hui, et cela a été conquis de haute lutte, nous ne pouvons pas dire sans que cela provoque de réaction – il y a un souci de civilisation qui serait le judaïsme, les Juifs en France – . Eh bien je réclame la même chose pour ces compatriotes qui sont au coeur de ce qu’est notre peuple. (…) Je ne défends pas ceux qui trahissent leur religion en commettant des crimes, je défends nos compatriotes qui n’y sont pour rien et qui sont en même temps stigmatisés ou oubliés. Edwy Plenel
Sur ces questions Mandela a été très ferme (…) En 2001, aux Etats-Unis, lors d’une conversation avec Thomas Friedman, un journaliste américain spécialisé dans le Proche-Orient, il lui dira: « C’est peut-être étrange pour vous d’observer la situation en Palestine ou, plus exactement, la structure des relations politiques et culturelles entre les Palestiniens et les Israéliens, comme un système d’apartheid. »car, dit-il, « les Palestiniens ne luttent pas pour un « Etat » mais pour la liberté, la libération et l’égalité, exactement comme nous avons lutté pour la liberté en Afrique du Sud. » En revanche, il soulignait, sur les questions de la justice, de la terre, de l’occupation: « Israël a montré qu’il n’était pas encore prêt à rendre ce qu’il avait occupé en 1967, que les colonies restent, que Jérusalem est toujours sous souveraineté exclusivement israélienne et les Palestiniens n’ont pas d’Etat indépendant mais sont sous domination économique israélienne, avec un contrôle israélien des frontières, de la terre, de l’air, de l’eau, de la mer. (…) Israël, c’était  la conclusion de Mandela, ne pense pas à un « Etat » mais à une « séparation » avec des guillemets qui renvoient à l’apartheid. Je voudrais rappeler cela pour un peu déranger etmontrer l’actualité de ces combats. Edwy Plenel
Il ne s’agit pas ici de transformer Mandela en héraut du combat pour les droits nationaux des Palestiniens, même s’il n’a jamais fait mystère de son soutien à la lutte contre l’occupation israélienne. Mandela a toujours été, sur ce terrain, beaucoup plus en retrait que l’archevêque Desmond Tutu, qui depuis de longues années soutient la campagne internationale de boycott de l’État d’Israël, qu’il qualifie, à l’instar d’autres dirigeants sud-africains, d’État d’apartheid. Tel n’est pas le cas de Mandela, contrairement à ce que croient ceux qui ont pris pour argent comptant un “Mémo de Nelson Mandela à Thomas Friedman” dénonçant “l’apartheid israélien”, qui est en réalité un exercice de style rédigé par Arjan el-Fassed. Julien Salingue
The main purpose of the Mandela-memo was to respond in a satirical way to Thomas Friedman using the exact same style and even phrases he uses in his columns. Obviously, the ‘mock memo’ had been forwarded to several e-mail lists containing the memo, which originally included the title “Mandela’s First Memo to Thomas Friedman” and a byline “by Arjan El Fassed”, but eventually was forwarded without my name and sometimes without title. I posted the ‘mock memo’ myself on 30 March on an mailinglist of Al-Awda. Despite this, I’ve seen it several times being posted on the same list, something that gives you an idea of the lack of attention many people give to material they forward. In various posts I read, the subject title was changed for example, “Mandela supports…”, “must read”, etc. Perhaps it was wishful thinking. If Nelson Mandela would seriously have written to the New York Times, wouldn’t the New York Times just publish it? Moreover, I believe Nelson Mandela has better things to do then responding to columns written by Thomas Friedman. Arjan El Fassed
L’enquête progresse sur le document publié par Mediapart pour accuser Nicolas Sarkozy d’avoir reçu de l’argent de la Libye sous le régime de Kadhafi. Les derniers éléments recueillis par les juges d’instruction parisiens René Cros et Emmanuelle Legrand renforcent le soupçon d’une falsification, sans que l’origine d’un éventuel montage puisse à ce stade être précisée.(…) Dans un rapport remis aux juges le 7 juillet dernier, les gendarmes évoquent par ailleurs le témoignage d’un ancien diplomate devenu chercheur, spécialiste de la Libye, consulté sur la forme du document. Celui-ci leur a déclaré avoir « reçu les confidences d’un journaliste du Canard enchaîné » qui lui aurait indiqué que l’hebdomadaire satirique détenait la même note « depuis 2008 » mais qu’il n’avait pas souhaité le publier « par principe de précaution », eu égard aux incertitudes sur son authenticité. Hervé Gattegno (Vanity Fair)
« Il y a un problème de l’islam en France », n’hésite pas à proclamer un académicien, regrettant même « que l’on abandonne ce souci de civilisation au Front national ». À cette banalisation intellectuelle d’un discours semblable à celui qui, avant la catastrophe européenne, affirmait l’existence d’un « problème juif » en France, ce livre répond en prenant le parti de nos compatriotes d’origine, de culture ou de croyance musulmanes contre ceux qui les érigent en boucs émissaires de nos inquiétudes et de nos incertitudes. L’enjeu n’est pas seulement de solidarité mais de fidélité. Pour les musulmans donc, comme l’on écrirait pour les juifs, pour les Noirs et pour les Roms, ou, tout simplement, pour la France.» Edwy Plenel
C’est notre voix, à ceux qui ne sont pas musulmans, qui manque (…) Avant de leur dire « montrez que vous êtes contre le terrorisme », à nous de montrer que nous combattons toute cette islamophobie, bienséante, banale qui se répand hélas trop souvent dans le débat public. Edwy Plenel
Dans cet ouvrage en forme de brûlot contre les idées reçues, le journaliste s’élève adroitement contre le poncif selon lequel, citant dans le texte l’académicien Alain Finkielkraut, « il y a un problème de l’islam en France ». Cet essai démasque notamment les tentatives dispersées d’une essentialisation « en bloc ». Dont la conséquence pratique consiste à figer « tout ce qui ressort, peu ou prou, de l’islam dans une menace indistincte », légitimant au passage « l’exclusion et l’effacement » de nos compatriotes musulmans. Tout en constatant le « poids d’un passé colonial jamais vraiment soldé », l’auteur prend le contre-pied de la doxa xénophobe en jugeant que « la question musulmane détient aujourd’hui la clé de notre rapport au monde et aux autres ». L’Humanité
Un de nos compatriotes, tombé entre les mains d’un groupe de barbares fanatisés, vient d’être assassiné et a rejoint ainsi la liste des otages qui ont servi d’exutoire au nom d’un prétendu islam dans lequel aucun de nous ne se reconnaît nullement. Nous musulmans de France, ne pouvons qu’exprimer notre répulsion et dénoncer avec la dernière énergie des crimes abominables perpétrés au nom d’une religion dont les fondements mêmes sont la paix, la miséricorde et le respect de la vie. Nous dénions à ces êtres sauvages le droit de se revendiquer de l’islam et de s’exprimer en notre nom. Les supplices et la mort qu’ils ont infligés à nos frères chrétiens, yazidis ou musulmans, en Syrie, en Irak, au Nigeria et ailleurs, nous ont révulsés et nous ont rendus encore plus malheureux de ne pouvoir faire rien d’autre que d’exprimer notre solidarité et notre immense compassion. Faut-il pour autant se contenter d’exprimer notre solidarité sans aller plus loin dans l’expression de notre fraternité? Non! Car il est de notre devoir, au nom précisément de cette religion de paix et du véritable islam, d’appeler tous les musulmans qui veulent rester fidèles à ces valeurs cardinales, à exprimer, là où ils sont et quelles que soient les circonstances, leur dégoût devant cette ultime manifestation de la barbarie. Certes, cette majorité de musulmans n’est pas toujours audible, faute d’avoir accès aux médias, ou dans l’incapacité de créer elle-même ses propres outils de communication, pour rétablir l’image déformée que l’on renvoie d’eux et qui en fait soit des djihadistes, soit des fondamentalistes mais jamais des citoyens ordinaires soucieux de vivre leur foi dans le cadre des lois de la République et de sauvegarder les traditions et les cultures qui constituent chaque citoyen français dans la diversité de ses origines. Collectif de musulmans
 Les musulmans de France font bloc contre le terrorisme et la « barbarie » La Croix
On se souvient, il y a quelques semaines, des 500 manifestations organisées en France pendant l’opération défense israélienne ‘’bordure protectrice’’. L’immense majorité des protestataires dans ces cortèges étaient de confession musulmane. La haine, la rage contre Israël, les juifs et la France était partout bien présente, palpable, ce n’est plus à démontrer aujourd’hui.(…) En revanche, lorsqu’il s’agit comme hier pour les musulmans de protester contre la barbarie de l’Etat islamiste et des djihadistes, de protester contre le meurtre abject d’Hervé Gourdel, il n’y a exactement P.E.R.S.O.N.N.E. Devant la grande mosquée de Paris, il devait en effet y avoir tout au plus 300 individus qui, si on retire les journalistes, politiques et autres bobos Ve arrondissement, il ne devait y avoir guère plus d’une centaine de musulmans, c’est-à-dire grosso modo ceux sortant de la prière de la grande mosquée de Paris le vendredi. Pourtant, comme d’habitude, la propagande médiatique a fonctionné à plein régime afin de promouvoir cet évènement. En 24h, tous les journalistes ont appelé à cette manifestation sur toutes les chaines, dans tous les journaux : bilan 300 personnes. Si on considère qu’il y a près de 2000 djihadistes ‘’français’’ auprès de l’Etat islamique, le nombre de manifestants était bien moindre, ce qui est dramatique, alors qu’il y a en France des millions de musulmans. Europe-Israël
C’est bien Obama et non Bush qui a interrompu le processus de stabilisation existant en Irak depuis le « surge » de 2008 en quittant l’Irak avec précipitation et en laissant tout le pouvoir aux chiites inféodés à l’Iran, ce qui a démantelé tout l’effort entamé par David Petraeus commencé sous Bush et gagné en faisant alliance avec les tribus sunnites. C’est bien Obama et non Bush qui a laissé faire en Syrie en 2013, refusant d’armer les résistants dits « laïcs », et fermant les yeux sur le financement des groupes islamistes (dont l’ancêtre de l’E.I actuel) opéré par l’Arabie Saoudite et le Qatar aujourd’hui apeurés de voir leur pouvoir féodal vaciller sous les coups de boutoir d’un mouvement islamique parfaitement fidèles aux critères historiques de l’islam depuis le début, l’islam étant par exemple une religion de « paix » dans la mesure où l’on accepte de vivre sous son joug : « que la paix (de l’islam) soit avec toi » voilà ce que veut dire son salut et non pas cette pâle imitation du christianisme, certains imams parlant même « d’amour » ce qui est d’un risible sans pareille lorsque l’on observe le nombre infime d’occurrence en la matière dans leur texte sacré… Que l’Occident soit à l’heure actuelle son défenseur intransigeant (à coup de drones également) en dit long non seulement sur son masochisme mais surtout sa prétention à transformer tout taureau radical en boeuf aseptisé. En tout cas il semble bien qu’il n’existe pas d’islam modéré comme il n’a pas existé de communisme modéré, à moins d’abandonner la dictature du prolétariat, ou la « charia » comme le veulent certains en Tunisie, au Maroc, en Égypte, au Yémen… Wait and see. Lucien SA Oulahbib

C’est la faute à Voltaire !

Alors qu’à coup de « selfies sanglants » les bouchers djihadistes lâchés dans la nature par l’Administration Obama appellent nos concitoyens, de ce côté comme de l’autre côté  de l’Atlantique, à littéralement « égorger nos fils et nos compagnes » …

Pendant qu’à la tribune de l’ONU, nos amis palestiniens dénoncent une « nouvelle guerre de génocide » lancée devinez par qui et que sans compter la perspective de l’arrivée du virus ébola à La Mecque, les argentiers du jihad tremblent eux aussi à Riadh comme à Doha devant les effets en retour du virus salafiste que depuis des décennies ils propagent de par leur monde …

Et qu’après les quelque 500 manifestations contre « l’horreur barbare » à Gaza de l’été et la massive manifestation d’au moins 300 personnes à la sortie de la Grande Mosquée de Paris de vendredi, « les musulmans de France font bloc contre le terrorisme et la ‘barbarie’  » …

Comment ne pas voir, avec l’ancien journaliste trotskyste et autre notoire maitre-faussaire à ses heures perdues Edwy Plenel ou le journaliste et ancien otage en Syrie Pierre Torres …

La grande faute d’un Occident dominateur et colonialiste face à ces nouveaux juifs que sont aujourd’hui les musulmans, pourchassés de la Syrie à l’Irak et de l’Afrique à nos banlieues ?

Edwy Plenel : misère du trotsko-djihadisme
Pour Mediapart, l’Occident est coupable de tout
Luc Rosenzweig
Causeur
25 septembre 2014

Le fondateur de Médiapart, en opération de promotion de son dernier opus Pour les musulmans, promène sa moustache et son sourire crispé sur les plateaux de télévisions et dans les studios des principales radios. Son message est simple : tout le mal qui advient aujourd’hui dans ce bas monde est le résultat, en dernière instance, de l’indignité de l’homme blanc dominateur, marqué pour l’éternité de la flétrissure colonialiste, qui se transmet de génération en génération. Les musulmans sont, de son point de vue, les victimes absolues de ce désordre universel, en Irak, en Syrie, comme dans les banlieues de nos métropoles. J’exagère ? Ceux qui ont regardé « Ce soir ou jamais », le soir du 19 septembre, on pu le voir voler au secours de l’ex-otage en Syrie Pierre Torres, qui avait écrit, dans une tribune publiée par Le Monde : « Mohammed Nemmouche est un pur produit occidental, labellisé et manufacturé par tout ce que la France peut faire subir à ses pauvres comme petites humiliations, stigmatisations et injustices. L’empilement sans fin de nouvelles lois antiterroristes en est l’une des facettes. ». Interpellé à ce sujet par Elisabeth Lévy, avant que Torrès ait pu bredouiller un semblant de justification, Plenel s’exclame : « C’est le passage le plus fort et le plus digne de ce texte ! ». Ce tortionnaire d’Alep, ce tueur de juifs de Bruxelles est donc « notre monstre », à qui il est même dénié d’avoir plus d’autonomie de pensée et d’action que celle octroyée par Mary Shelley à la créature du docteur Frankenstein.

Le jeudi suivant, c’est le jour d’Edwy aux « Matins » de France Culture, où l’excellent Marc Voinchet lui offre un créneau hebdomadaire pour administrer aux auditeurs une dose concentrée de ses délires idéologiques. Ce jeudi là, le 25 septembre 2014, la France est sous le choc de l’assassinat, par égorgement, du guide de haute montagne Hervé Gourdel par les émules algériens de Daech. Comment allait-il s’en sortir ? Difficile, dans ce cas là, de mettre la barbarie des assassins sur le compte des misères subies par des jeunes victimes de harcèlement policier, de contrôles au faciès à répétition, de déréliction sociale dans des cités-ghettos. Lorsque l’actualité vous envoie un uppercut, il convient, en bonne logique plenelienne, de botter en touche dans le champ de l’Histoire : «  C’est reparti comme en 14 !» claironne Edwy. Le scandale du jour, pour lui, ce n’est pas l’assassinat de sang froid, dans des conditions horribles d’un guide de montagne accompagnant des alpinistes algériens dans le massif du Djurdjura, mais l’union nationale, sincère et spontanée, qui s’est révélée pour condamner ce crime, et le soutien quasi-unanime de la classe politique française à la riposte militaire aux égorgeurs de Daech. L’émotion légitime qui nous étreint relève, selon lui d’un « bourrage de crâne » à l’image de celui, dénoncé jadis par les fondateurs du Canard Enchaîné, en 1915, en pleine guerre de 14… À propos de bourrage de crâne, Plenel passe bien évidemment sous silence celui subi par ces jeunes déboussolés qui vont chercher dans le djihad un sens à leur mort. Nous sommes « historiquement » forcément coupable de tout, y compris de la guerre de religion qui oppose les sunnites au chiites dans un affrontement sauvage qui dure depuis près de trente ans au Moyen-Orient. Plenel, et ses amis de Mediapart condamnent toutes les opérations conduites pour limiter l’expansion de cette idéologie mortifère, au Mali, comme en Irak. Ce n’est pas la conduite stratégique et tactique de ces interventions qui sont critiquées – ce qui est parfaitement légitime – mais leur principe même. Quoi que nous fassions, c’est le mal, renversement de la vision binaire et manichéenne des Ronald Reagan et George W. Bush…

Plenel veut de l’Histoire ? On va lui en donner. Plongeons-nous, par exemple dans le passé du trotskisme, dont il persiste à se réclamer, dans sa version «  culturelle », sinon organisationnelle. L’estampille stalinienne de l’expression « hitléro-trotskiste » ne doit pas nous empêcher, comme l’ont fait tous les historiens sérieux, de revisiter le passé de cette mouvance pendant la Seconde guerre mondiale. Dès 1938, le ton est donné par le patron, Léon Trotsky, dans son article «  La lutte anti-impérialiste » : « Il règne aujourd’hui au Brésil un régime semi-fasciste qu’aucun révolutionnaire ne peut considérer sans haine. Supposons cependant que, demain, l’Angleterre entre dans un conflit militaire avec le Brésil. Je vous le demande : de quel côté sera la classe ouvrière ? Je répondrai pour ma part que, dans ce cas, je serai du côté du Brésil “fasciste” contre l’Angleterre “démocratique”. Pourquoi ? Parce que, dans le conflit qui les opposerait, ce n’est pas de démocratie ou de fascisme qu’il s’agirait. Si l’Angleterre gagnait, elle installerait à Rio de Janeiro un autre fasciste, et enchaînerait doublement le Brésil. Si au contraire le Brésil l’emportait, cela pourrait donner un élan considérable à la conscience démocratique et nationale de ce pays et conduire au renversement de la dictature de Vargas ». Après l’assassinat de Trotsky, ses émules de la IVème internationale mettront cette ligne en application, en substituant l’Allemagne hitlérienne au Brésil. Les trotskistes français, dans leur grande majorité1, et jusqu’à la Libération pratiqueront l’entrisme dans les partis collaborationnistes, notamment le Rassemblement national populaire de Marcel Déat, et prôneront le « défaitisme révolutionnaire » face à l’Allemagne nazie. Voici ce qu’on pouvait lire dans La Vérité, organe du mouvement trotskyste, le 22 août 1944, alors que la bataille pour vaincre Hitler faisait rage. Sous le titre «  Pourquoi nous n’avons pas adhéré à la Résistance », on peut lire cette adresse à la classe ouvrière française : « Nous savons que ce programme n’est pas le vôtre. Vous croyez devoir maintenir votre Union Sacrée avec les partis de la bourgeoisie, et prendre à votre compte leurs buts de guerre. Nous croyons qu’une telle politique creuse le fossé entre les ouvriers français et allemands, qu’elle a, entre autres résultats celui de souder les ouvriers allemands autour de leur propre bourgeoisie, de prolonger par là l’existence de Hitler, de paralyser la révolution en Allemagne et en Europe ».

Les temps ont changé, mais l’esprit reste le même : l’ennemi, ce n’est pas le fasciste, aujourd’hui le djihadisme massacreur et égorgeur, mais ceux qui s’unissent pour le combattre.

Une poignée de militants trotskistes, dont le plus connu est David Rousset, rompirent avec cette ligne aberrante, participèrent à la Résistance, notamment dans le travail militant en direction des soldats allemands. Certains d’entre eux furent fusillés et déportés. Mais, comme les poissons volants, ils ne constituent pas la majorité de l’espèce… ↩

Voir également:

Islam : Edwy Plenel publie un plaidoyer « Pour les musulmans »
Le journaliste et essayiste Edwy Plenel publie un livre-plaidoyer contre ceux qui stigmatisent les musulmans de France.
RTL  avec AFP
16/09/2014

Edwy Plenel lance « un cri d’alarme et un geste de solidarité » pour les musulmans de France. Dans son livre-plaidoyer « Pour les musulmans » (éd. La Découverte), qui sort jeudi 18 septembre, le journaliste et essayiste fustige ceux qui ciblent l’islam « comme notre problème de civilisation ».

C’est une petite phrase du philosophe Alain Finkielkraut qui a suscité l’ire du fondateur du site d’information Mediapart et l’a conduit à rédiger ce court essai « à contre-courant », tracé d’une plume vive et engagée: « Il y a un problème de l’islam en France ».

« Mon livre est provoqué par le fait que dans le système médiatique, dans les milieux intellectuels, chez les académiciens, il est accepté de cibler l’islam et les musulmans en général comme notre problème de civilisation », explique Edwy Plenel.

L’auteur poursuit de sa vindicte l’ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant, qui avait considéré comme un problème « l’accroissement du nombre des fidèles » musulmans – ils seraient 3,5 à 5 millions en France selon les estimations. Ou encore Manuel Valls qui, avant d’accéder à Matignon, avait selon Edwy Plenel posé la question « de la compatibilité de l’islam avec la démocratie ».

« De Claude Guéant à Manuel Valls, sous la dissemblance partisane, d’une droite extrémisée à une gauche droitisée, nous voici donc confrontés à la continuité des obsessions xénophobes et, particulièrement, antimusulmanes », écrit le pamphlétaire.

Le titre de son ouvrage renvoie à « Pour les Juifs », article qu’Emile Zola rédigea en 1896, vingt mois avant son fameux « J’accuse » en défense du capitaine Dreyfus. « Aujourd’hui, et cela a été conquis de haute lutte, nous ne pouvons pas dire sans que cela provoque de réaction +il y a un souci de civilisation qui serait le judaïsme, les Juifs en France+. Eh bien je réclame la même chose pour ces compatriotes (musulmans, NDLR) qui sont au coeur de ce qu’est notre peuple », dit Edwy Plenel, précisant que son livre aurait pu s’intituler « Pour les minorités » ou « Pour la France ».

« Je ne défends pas ceux qui trahissent leur religion en commettant des crimes, je défends nos compatriotes qui n’y sont pour rien et qui sont en même temps stigmatisés ou oubliés », confie l’essayiste. Tout en rêvant d’un retour à la « laïcité originelle » inscrite dans la loi de 1905 qui, « loin d’une crispation face à l’affirmation des cultes minoritaires, signifiait leur reconnaissance », écrit-il.

« J’ai commis l’erreur de collaborer avec les services de l’antiterrorisme français »
Pierre Torres (Journaliste, ancien otage en Syrie)
Le Monde
17.09.2014

Juin 2014, me voilà au siège de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) avec mes anciens co-otages. Nous sommes face à plein de gens sûrement très importants qui nous expliquent en chœur qu’ils ont Nemmouche et qu’il était peut-être l’un de nos geôliers en Syrie. Ils précisent que, en théorie, ils ont la possibilité de le garder encore des jours et des jours mais que bon, comme ils l’ont déjà depuis un moment, ils vont devoir le refourguer aux Belges.

On sait que la police peut à peu près tout faire avec ceux que l’on soupçonne d’être terroristes, mais là, il y aurait urgence et il faut que nous rappliquions dare-dare pour déposer. Certes, l’oiseau en question n’est pas près de s’envoler et quand bien même il aurait participé à mon enlèvement, quoi qu’il arrive, il n’est pas tout à fait près de sortir de prison. Mon témoignage n’a donc non seulement aucun intérêt pratique à ce moment-là, mais il n’en a aucun dans l’absolu.

GRAVITÉ DE LA SITUATION

Parmi nos hôtes d’importance, Camille Hennetier, procureure, qui dirige le parquet antiterroriste. Elle nous promet qu’aucune instruction ne sera ouverte contre ce suspect, au sujet de notre enlèvement, tant qu’un danger pèsera sur les otages occidentaux. Elle attendra que la crise soit finie. Elle comprend la gravité de la situation. Elle nous rassure.

Trois mois s’écoulent jusqu’à ce qu’une lecture audacieuse de l’actualité pousse on ne sait qui à décréter que le temps était venu de révéler le contenu de nos dépositions. Qu’il est facile d’être audacieux lorqu’on n’est pas en Syrie enfermé entre quatre murs !

Depuis l’assassinat de James Foley, le 19 août, de nombreuses informations ont fuité et de nombreux mensonges ont été proférés. Cela au détriment des familles de ceux encore détenus en Syrie. Les mensonges peuvent émaner de n’importe qui, pas les fuites. Ou plutôt si, nos dépositions ont pu fuiter par n’importe quel bout de l’antiterrorisme français mais pas sans l’aval et l’intérêt de tous.

Aux questions telles que : « Reconnaissez-vous Medhi Nemmouche ? Est-il le sarcastique et pétulant jeune homme que l’on dit ? », il me faut répondre par une autre question : pourquoi le parquet, la Direction générale de la sécurité intérieure ou on ne sait quel juge, donnent-il accès à des dépositions qui, un jour ou l’autre, seront légalement rendues publiques ? Lequel d’entre eux a-t-il perdu à Action ou vérité ?

OPÉRATION DE PROMOTION

Cela relève évidemment de l’opération de promotion. Promotion de quoi ? Nous ne le savons pas encore – promouvoir la nouvelle loi antiterroriste en discussion au Parlement, démontrer que « les services » servent à autre chose qu’à mettre en examen des adolescentes de 14 ans « pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » –, nous verrons bien. Ce qui est certain, c’est que la seule chose qui puisse justifier la mise en danger des autres otages, c’est que quelqu’un ou quelque institution policière a vu là la possibilité de se faire mousser.

Du point de vue des organisateurs de cette fuite, l’opération a bien fonctionné. « Jeune-délinquant-Arabe-Syrie-attentat-France-terrorisme-antiterrorisme », toute l’artillerie sémantique est déballée afin de finir de nous convaincre que nous avons toutes les raisons d’avoir peur. Nemmouche n’est pas un monstre. C’est un sale type, narcissique et paumé, prêt à tout pour avoir son heure de gloire. Ses raisons d’aller en Syrie se rapprochaient probablement plus de celles qui, à un certain degré, mènent des adolescents américains à abattre toute leur classe ou certains de nos contemporains à participer à une émission de télé-réalité, qu’à une quelconque lecture du Coran. Ce qu’il incarne, c’est une forme particulièrement triviale de nihilisme. Il est, à cet égard, un pur produit occidental, labellisé et manufacturé par tout ce que la France peut faire subir à ses pauvres comme petites humiliations, stigmatisations et injustices. L’empilement sans fin de nouvelles lois antiterroristes en est l’une des facettes.

In fine, tout le discours antiterroriste est ce qui auréole un Nemmouche de gloire. Sans cela, il aurait été considéré pour ce qu’il est, un pauvre type qui assassine des gens pour passer à la télé. En retour, on peut donner toujours plus de pouvoirs aux policiers et aux juges de l’antiterrorisme. Pouvoirs qui ne permettront évidemment pas d’arrêter plus de Nemmouche mais qui, en revanche, resserrent encore un peu plus le maillage policier et le contrôle de la population.

Ces nouvelles prérogatives concernent des restrictions de circulation et d’expression pour certaines personnes dont le profil sera considéré à risque par un ou plusieurs Big Brothers bienveillants : la possibilité pour des parents d’inscrire leurs enfants aux fichiers des personnes recherchées ; une association de malfaiteur à une seule personne – un humour auquel Nemmouche sera des plus sensibles. Et, glissé subrepticement dans le tas, un arsenal de pénalisation de la cybercriminalité qui s’attaquera davantage à des initiatives de libre information comme WikiLeaks, plus qu’à des poseurs de bombe sur Internet.

J’admets avoir commis une erreur en collaborant avec le service de police politique qu’est l’antiterrorisme. Cela va à l’opposé des positions et des combats que représente mon engagement de journaliste. Je m’en excuse auprès des familles de ceux que cette négligence a mis en danger.

Voir encore:

Le masque est définitivement tombé. Fiasco absolu de la manifestation des musulmans contre le meurtre d’Hervé Gourdel et la barbarie de l’Etat islamique (photos)
Europe-Israël
sept 27, 20149

On se souvient, il y a quelques semaines, des 500 manifestations organisées en France pendant l’opération défense israélienne ‘’bordure protectrice’’. L’immense majorité des protestataires dans ces cortèges étaient de confession musulmane. La haine, la rage contre Israël, les juifs et la France était partout bien présente, palpable, ce n’est plus à démontrer aujourd’hui.

On se souvient également des très nombreux débordements des supporters algériens pourtant ‘’français’’, descendant par centaines de milliers dans les rues des villes de France et occasionnant, comme toujours, de nombreuses exactions sur les biens et sur les personnes.

On se souvient enfin des prières de rue qui mobilisaient des milliers d’individus, occupant sans vergogne des rues entières au mépris des lois, de la culture française et du bien-être des habitants locaux.

En revanche, lorsqu’il s’agit comme hier pour les musulmans de protester contre la barbarie de l’Etat islamiste et des djihadistes, de protester contre le meurtre abject d’Hervé Gourdel, il n’y a exactement P.E.R.S.O.N.N.E.

Devant la grande mosquée de Paris, il devait en effet y avoir tout au plus 300 individus qui, si on retire les journalistes, politiques et autres bobos Ve arrondissement, il ne devait y avoir guère plus d’une centaine de musulmans, c’est-à-dire grosso modo ceux sortant de la prière de la grande mosquée de Paris le vendredi.
Pourtant, comme d’habitude, la propagande médiatique a fonctionné à plein régime afin de promouvoir cet évènement. En 24h, tous les journalistes ont appelé à cette manifestation sur toutes les chaines, dans tous les journaux : bilan 300 personnes.
Si on considère qu’il y a près de 2000 djihadistes ‘’français’’ auprès de l’Etat islamique, le nombre de manifestants était bien moindre, ce qui est dramatique, alors qu’il y a en France des millions de musulmans.

La situation est donc claire et les masques sont définitivement tombés. Il n’est en aucun cas outrancier de dire que les musulmans vivant en France n’ont aucune intention de protester contre l’ignoble Etat islamique et par conséquent, à des degrés divers, se sentent solidaires de celui-ci.

Un collectif de musulmans de France : «Nous sommes aussi de “sales Français”»
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Par vidéos FigaroVox
25/09/2014

FIGAROVOX/TRIBUNE- Ils sont médecins, politiques, avocats, français et musulmans. Ils expriment avec la plus grande force la répulsion que leur inspire l’assassinat d’Hervé Gourdel.

Bariza Khiari (première vice-présidente du Sénat), Madjid Si Hocine (médecin et militant associatif), Saad Khiari (cinéaste-auteur), Ghaleb Bencheikh (président de la conférence mondiale des religions pour la paix), Farid Yaker (président du Forum France Algérie), Kamel Meziti (écrivain), Dounia Bouzar (anthropologue du fait religieux), Said Branine (journaliste rédacteur en chef d’Oumma.com), Humeyra Filiz (représentante de l’EMISCO auprés du conseil de l’Europe), l’ONG COJEP internationale, Anissa Meziti (présidente de l’association Agir contre le racisme), Abderahim Hamdani ( financier), Yasser Khaznadar (gériatre), Marwane Ben Yahmed (directeur de la publication de Jeune Afrique), Elie Melki (traducteur), Majed Nehmé (directeur de la rédaction d’Afrique Asie), Adel Kachermi (courtier en aviation), Kamel Kabtane (recteur de la Mosquée de Lyon), Faycal Megherbi (avocat au barreau de Paris), Kamel Maouche (avocat au barreau de Paris)

Un de nos compatriotes, tombé entre les mains d’un groupe de barbares fanatisés, vient d’être assassiné et a rejoint ainsi la liste des otages qui ont servi d’exutoire au nom d’un prétendu islam dans lequel aucun de nous ne se reconnaît nullement. Nous musulmans de France, ne pouvons qu’exprimer notre répulsion et dénoncer avec la dernière énergie des crimes abominables perpétrés au nom d’une religion dont les fondements mêmes sont la paix, la miséricorde et le respect de la vie.

Nous dénions à ces êtres sauvages le droit de se revendiquer de l’islam et de s’exprimer en notre nom. Les supplices et la mort qu’ils ont infligés à nos frères chrétiens, yazidis ou musulmans, en Syrie, en Irak, au Nigeria et ailleurs, nous ont révulsés et nous ont rendus encore plus malheureux de ne pouvoir faire rien d’autre que d’exprimer notre solidarité et notre immense compassion.

Faut-il pour autant se contenter d’exprimer notre solidarité sans aller plus loin dans l’expression de notre fraternité? Non! Car il est de notre devoir, au nom précisément de cette religion de paix et du véritable islam, d’appeler tous les musulmans qui veulent rester fidèles à ces valeurs cardinales, à exprimer, là où ils sont et quelles que soient les circonstances, leur dégoût devant cette ultime manifestation de la barbarie.

Certes, cette majorité de musulmans n’est pas toujours audible, faute d’avoir accès aux médias, ou dans l’incapacité de créer elle-même ses propres outils de communication, pour rétablir l’image déformée que l’on renvoie d’eux et qui en fait soit des djihadistes, soit des fondamentalistes mais jamais des citoyens ordinaires soucieux de vivre leur foi dans le cadre des lois de la République et de sauvegarder les traditions et les cultures qui constituent chaque citoyen français dans la diversité de ses origines.

Nous, Français de France et de confession musulmane, tenons à exprimer avec force notre totale solidarité avec toutes les victimes de cette horde de barbares, soldats perdus d’un prétendu État islamique, et dénonçons avec la dernière énergie toutes les exactions commises au nom d’une idéologie meurtrière qui se cache derrière la religion islamique en confisquant son vocabulaire.

Personne ne peut s’arroger le droit de s’exprimer en notre nom, et, pour mieux attester de notre solidarité dans les circonstances dramatiques actuelles, nous revendiquons l’honneur de dire que «nous sommes aussi de sales Français».

Voir de plus:

Les musulmans de France font bloc contre le terrorisme et la « barbarie »
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées vendredi 26 septembre en début d’après-midi devant la Grande Mosquée de Paris en hommage à Hervé Gourdel, l’otage français assassiné mercredi 24 septembre.
Lucie Gruau
La Croix
26/9/14

Contrairement à leurs voisins britanniques qui ont choisi Internet et la campagne Not in my name  (pas en mon nom) pour faire entendre leur voix, les musulmans de France ont préféré se rassembler, vendredi 26 septembre, devant un lieu hautement symbolique : la Grande Mosquée de Paris.

Dire non au terrorisme
Pendant qu’à l’intérieur, certains prient, plusieurs centaines de personnes investissent bientôt la place du puits de l’ermite. Toutes les générations sont représentées dans l’assemblée, les jeunes y côtoient les anciens.

Tous sont venus là pour dire « non au terrorisme » et rendre hommage à Hervé Gourdel, l’otage français assassiné par le groupe djihadiste algérien Jund al-Khilafa (les soldats du califat). « L’annonce de cet assassinat m’a énormément touché, raconte Fatia. Ces gens-là ne sont pas des musulmans, ils n’ont rien en commun avec nous ! ».

Un message de paix
Karim et Mohamad, deux amis trentenaires, discutent un peu plus loin sur le trottoir. « On est là par solidarité mais c’est comme si nous musulmans on devait toujours se justifier, et expliquer sans cesse qu’on est contre ce genre de barbarie », regrettent-ils.

Sadek, quarante ans, préfère rester à l’écart de l’agitation. « Je veux faire passer un message de paix, explique-t-il. Quelle que soit notre religion, nous sommes avant tout des êtres humains. »

Unité nationale
Partageant cette idée, certains chrétiens, comme Françoise, ont aussi fait le déplacement pour apaiser le climat actuel, « très tendu ». « Je suis là parce que j’ai des amis musulmans et je ne veux pas d’un climat soupçonneux à leur égard », lance-t-elle alors que la foule se met à scander « Daech assassin ! ».

Sur le parvis de la mosquée, apparaissent alors plusieurs personnalités politiques et religieuses. Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) et recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, est le premier à prendre la parole : « Ce rassemblement, c’est l’expression forte et vivante de notre volonté d’unité nationale et de notre volonté inébranlable de vivre ensemble ».

« Je ne partage pas votre foi mais je la respecte »
Mgr Michel Dubost, évêque d’Evry et président du conseil pour les relations interreligieuses à la Conférence des évêques de France (CEF) s’adresse alors aux musulmans présents. « Je suis là pour vous dire de redresser la tête, soyez fiers de ce que vous faites, lance-t-il à la foule. Je ne partage pas votre foi mais je la respecte. »

Puis vient le tour de la maire de Paris, Anne Hidalgo (PS) qui rappelle devant le public que « la communauté nationale ne se laissera pas diviser ».

Voir aussi:

« Le message de l’Etat Islamique est un appel à l’insurrection lancé aux loups solitaires« 
Wladimir Garcin
Le Figaro
22/09/2014

Pour Bernard Cazeneuve, nous sommes prêts à faire face à la menace de l’Etat Islamique. Est-ce vraiment le cas ? Le décryptage d’Hugues Moutouh.

Hugues Moutouh a été conseiller spécial du ministre de l’Intérieur. Il est désormais avocat. Il est l’auteur de 168 heures chrono: la traque de Mohamed Merah.
FigaroVox: Dans un message audio, les djihadistes de l’Etat Islamique menacent les ressortissants français à cause de notre engagement militaire en Irak. Faut-il prendre ces menaces au sérieux?

Hugues MOUTOUH: Le message a été authentifié: la menace doit donc être prise au sérieux. Il ne s’agit certes pas de la première fois qu’un réseau terroriste menace de frapper nos ressortissants, mais cela confirme la dangerosité extrême de cet Etat islamique. Ce groupe est bien plus puissant et dangereux que tous ceux connus jusqu’ici. Installé sur un territoire vaste, disposant d’importantes ressources financières, militaires (un matériel sophistiqué, hérité des stocks américains abandonnés sur place), Daech a les moyens de mener une politique agressive. Le danger va donc croissant, et tous les services de renseignement français le savent.

Quel est le but des terroristes à travers ces intimidations?

Le but est la raison d’être même de cet Etat: propager la terreur. De plus, l’Etat Islamique dispose d’un véritable pouvoir de séduction, notamment par rapport à Al-Qaïda, grâce à ses ressources, à son statut autoproclamé d’Etat, ainsi qu’à sa parfaite utilisation des média et des réseaux sociaux. Ses succès militaires sont ainsi largement relayés et diffusés et participent de son rayonnement dans le monde.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a déclaré que «même si le risque zéro n’existe pas, nous prenons 100% de précaution», et que «La France n’a pas peur» face à la menace terroriste. Sommes-nous vraiment prêts à faire face aux djihadistes?

Les services de renseignement et les spécialistes effectuent un énorme travail de repérage, mais il suffit qu’une seule personne passe à travers les mailles du filet pour semer la terreur et le chaos. Il y a actuellement plus de 900 français en Irak et en Syrie, prêts à revenir en France. De plus, le message audio de l’Etat Islamique est à mon sens un appel à l’insurrection lancé aux loups solitaires. Le porte-parole de Daech y enjoint tous ceux se sentant en empathie avec leur Etat à prendre les armes, ou, à défaut, à percuter les gens avec leur voiture, ou à les étrangler. Il s’agit d’un véritable appel au meurtre, visant à faire basculer les personnes fragiles psychologiquement ou isolées dans le terrorisme.

On ne peut donc jamais être totalement prêt, car tout peut arriver. Les services font ce qu’ils peuvent pour prévenir ces risques, mais l’acte terroriste est par définition imprévisible. Le pire est toujours à attendre, malgré les progrès de la surveillance et la coopération internationale. Il suffit d’une personne influençable, d’un fou isolé, pour qu’un acte terroriste soit commis. Ce genre d’attentat est donc bien plus difficile à prévoir qu’une action coordonnée, structurée et financée par Al-Qaïda, par exemple.

La France n’a pas connu d’attaques majeures depuis la vague d’attentats des années 1995-1996. Comment la menace a-t-elle évolué depuis? Les services de sécurité français ont-ils adapté leurs techniques de renseignement?

Le terrorisme a énormément évolué, et un attentat comme celui du 11 septembre appartient au XXème siècle et n’arriverait plus aujourd’hui. Les Etats peuvent contrecarrer ce type d’action, et tout ce qui est organisé peut être déjoué puis puni par notre système législatif. Aujourd’hui, le terrorisme prend plutôt la forme du loup solitaire, un concept théorisé aux Etats-Unis par le FBI pour qualifier les attaques des groupuscules d’extrême-droite suprématistes. Ces groupes souhaitaient multiplier les actions terroristes, tout en limitant la possibilité d’arrestation. Ils ont donc commencé à créer de petites cellules, de une à trois personnes, très difficiles à identifier. Le FBI a donc inventé le terme de loup solitaire pour qualifier ces individus. Les islamistes utilisent aujourd’hui ce type d’organisations pour préparer leurs actions.

Tout ne peut être fait ou interdit au nom de la lutte contre le terrorisme. La question est aujourd’hui de savoir s’il faut déplacer le curseur entre la sécurité et la liberté vers plus de protection, ce qui impliquerait automatiquement une limitation des libertés et droits.
Dans un précédent entretien, vous déclariez que la principale menace actuelle était celle des loups solitaires, comme Mohamed Merah, endoctrinés et formés sur Internet. L’Etat est-il aujourd’hui capable de surveiller, d’identifier et d’interpeller ce type de menaces plus efficacement, ou Internet reste-t-il une zone difficilement contrôlable?

Internet est évidemment difficilement contrôlable, et, plus largement, la limite de la surveillance, de la protection de la société est le cadre de l’Etat de droit. Tout ne peut être fait ou interdit au nom de la lutte contre le terrorisme. La question est aujourd’hui de savoir s’il faut déplacer le curseur entre la sécurité et la liberté vers plus de protection, ce qui impliquerait automatiquement une limitation des libertés et droits. Ce débat ne peut cependant être mené par les services de sécurité, mais par le Parlement et le gouvernement. Si l’on estime que le risque devient trop important, ces derniers doivent proposer un nouveau cadre pour la société. La question centrale d’un tel débat est bien celle du prix à payer pour la sécurité.

Au-delà des services de police, les citoyens sont-ils prêts psychologiquement à lutter contre la menace terroriste?

Depuis de nombreuses années, les moyens nécessaires à la lutte contre le terrorisme sont refusés au ministère de l’Intérieur, comme l’a montré le scandale du fichier Edvige. Or, un nouveau système, utilisant les nouvelles technologies, les écoutes, la reconnaissance faciale et les fichiers de renseignement est aujourd’hui nécessaire. Les Français sont, à mon sens, prêts à accepter ce nouveau cadre s’il défini et approuvé par le Parlement, et s’ils sont informés intelligemment et clairement à ce propos.

Si l’utilisation de ces nouvelles technologies est régulée et contrôlée, nous pourrons lutter bien plus efficacement contre la menace terroriste, et identifier les déséquilibrés en amont pour les éviter d’agir.

Voir encore:

Alain Chouet : « L’Etat islamique manquera bientôt de ressources humaines et financières »
Saïd Branine et Ian Hamel
Oumma
10 septembre 2014
En exclusivité pour Oumma.com, Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), analyse les chances de survie de l’Etat islamique.

A propos de l’auteur

Ancien chef du service de renseignement de sécurité de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), Alain Chouet a notamment été en poste au Liban et en Syrie. Il avait été l’un des premiers spécialistes du terrorisme à révéler que l’organisation Al-Qaïda était « morte sur le plan opérationnel dans les trous à rats de Tora Bora en 2002 ». Et qu’« il ne resterait qu’une cinquantaine de membres, essentiellement des seconds couteaux, incapables d’animer à l’échelle planétaire un réseau coordonné de violence politique ». En exclusivité pour Oumma.com, Alain Chouet analyse les chances de survie de l’Etat islamique (*).

Comment expliquez-vous que la presse francophone n’ait parlé que tardivement de cette scission d’Al-Qaida, aujourd’hui à la tête de l’Etat islamique. On sait pourtant que depuis la mort de Ben Laden, certains djihadistes ont refusé de prêter allégeance à Zawahiri.

La réalité est que, depuis 2002 et l’offensive alliée contre le régime Taliban d’Afghanistan et ses protégés djihadistes, Al-Qaïda relève plus du mythe que de la réalité. C’est un mythe qui a été entretenu par le fait que tout contestataire dans le monde musulman, quelles que soient ses motivations et ses objectifs, a bien compris qu’il devait se réclamer de l’organisation qui avait épouvanté l’Amérique s’il voulait être pris au sérieux. C’est un mythe qui a été entretenu par certains dirigeants des pays musulmans qui ont bien compris qu’ils devaient coller l’étiquette Al-Qaïda sur leurs opposants s’ils voulaient pouvoir les réprimer tranquillement. C’est enfin un mythe qui a été entretenu par les dirigeants et les médias d’un certain nombre de pays occidentaux pour légitimer leur politique sécuritaire intérieure et extérieure.

Mais dans la galaxie salafiste, tout le monde sait bien que Al-Qaïda se résumait depuis 2003 à un Ben Laden réfugié dans un « resort » des services pakistanais et à un sentencieux Ayman Zawahiri distribuant les bons et les mauvais points de djihadisme et s’appropriant verbalement des actes de violence commis un peu partout dans le monde qu’il n’avait ni commandités, ni prescrits ni contrôlés.

Il était difficile pour des djihadistes ambitieux de remettre en cause la figure emblématique de Ben Laden mais plus facile de s’affranchir de la tutelle morale de Zawahiri. En particulier pour des chefs de bande locaux qui n’avaient que faire du « djihad mondial » sans bénéfice immédiat et souhaitaient plutôt se bâtir un petit sultanat local où ils pourraient exercer un pouvoir sans partage et rançonner la population. C’est ce type de raisonnement, joint aux aléas des rivalités locales et des surenchères entre l’Arabie et le Qatar, qui a poussé un Abou Bakr al-Baghdadi à rejeter le parrainage d’Al-Qaïda et – comme on dit en France – à s’autoproclamer « Calife à la place du Calife ».

Comment expliquer l’émergence de l’EIIL et par qui ce groupe était-il financé (avant qu’il ne mette la main sur des banques et des puits de pétrole)?

L’EIIL n’a pas « émergé » comme par miracle l’année dernière. Il est la filiation directe de ce que l’on appelait il y encore quelque temps « Al-Qaïda en Irak » ou « Al-Qaïda en Mésopotamie ». Cette organisation avait été elle-même formée en 2003 par Abou Moussaab al-Zarqawi, ancien membre d’Al-Qaïda rejeté par Ben Laden pour son aventurisme, à partir d’un groupe djihadiste préexistant dans le nord est de l’Irak et connu sous le nom de Ansar al-Islam (Partisans de l’Islam). Après la mort de Zarqawi tué dans un bombardement américain, l’organisation a été reprise en main par son chef actuel qui a continué de bénéficier du soutien actif des services saoudiens dans la perspective de s’opposer à la mainmise totale des chiites sur le pouvoir irakien et à la connivence de plus en plus marquée entre Baghdad et Téhéran.

Les choses se sont compliquées début 2011 avec l’émergence des troubles en Syrie. Les services spéciaux saoudiens du Prince Bandar Ben Sultan et le Qatar se sont lancé dans des initiatives rivales pour accélérer la chute de Bashar el-Assad. Les Saoudiens ont organisé en Syrie l’émergence d’un front salafiste anti-régime sous la désignation de Jabhat al-Nosra tandis que les Qataris ont lancéune « OPA hostile » sur l’EIIL en diversifiant ses activités sur la Syrie en complément de l’Irak et en concurrence avec les autres groupes djihadistes.

Et tout ce paysage confus s’est transformé à l’été 2013 quand le coup d’État feutré qui a eu lieu à Qatar a écarté l’Emir et son activiste Premier ministre et recentré les investissements de l’Émirat sur des activités économiques plutôt que politiques. Dans le même temps, à la lueur du désordre politique et social induit en Égypte par la gestion des Frères Musulmans, le cabinet royal saoudien – plutôt partisan d’un ordre régional apaisé et d’un système de coexistence plutôt que d’affrontement avec l’Iran – a repris la main sur les extrémistes du clan familial, écarté le Prince Bandar et ses partisans, apporté son soutien au coup d’État du Maréchal Sissi et, surtout, condamné et criminalisé les activités djihadistes au Levant.

Brutalement privés de soutiens extérieurs significatifs, Jabhat el-Nosra et surtout l’EIIL se sont retrouvés condamnés à une fuite en avant, coincés sur place et contraints d’y trouver les ressources financières et militaires nécessaires à leur survie. Ce n’est pas par hasard que le premier objectif de l’EIIL dans sa fulgurante offensive du printemps dernier a été de s’emparer de la succursale de la banque centrale d’Irak à Mossoul pour y rafler près d’un demi-milliard de dollars en or et en billets.

Existe-t-il encore des liens entre le Front Al Nosra en Syrie et l’EIIL?

Ces organisations fonctionnent sur un mode féodal et mafieux où des chefs de bandes locales prêtent allégeance au chef de l’organisation en fonction de leur intérêt du moment. Les frontières entre les mouvements sont donc poreuses mais avec les risques que cela comporte en cas de trahison. D’autre part il faut considérer qu’il existe en Syrie comme en Irak une multitude de groupes armés locaux, parfois à l’échelle du village, du quartier ou du groupe d’immeubles, à l’allégeance mal définie et qui se rallient à tel ou tel en fonction des circonstances et du profit à en espérer.

L’EIIL est-il capable d’administrer les territoires conquis?

C’est douteux, faute de ressources humaines et, à terme, de ressources financières. Pour l’instant l’EIIL dispose d’un trésor de guerre estimé à 2 milliards de dollars. Ce trésor repose essentiellement sur le racket de « l’impôt révolutionnaire », sur le contrôle d’un certain nombre de site d’extraction d’hydrocarbures, sur le pillage systématique et la revente sur le marché noir turc des matériaux de construction (souvent arrachés des maisons existantes), matériels industriels et agricoles, véhicules, objets volés dans les propriétés publiques et privées dans les zones contrôlées.

Mais il faut se garder pour autant de considérer que l’EIIL dispose maintenant d’un budget annuel fixe et permanent. Le pillage de la succursale de la Banque Centrale d’Irak à Mossoul était un fusil à un coup. Il a été largement dilapidé dans la « location » de chefs de tribus sunnites d’Irak qui ont permis à l’EIIL sa rapide offensive du printemps. Le pillage des biens d’équipement sera bientôt tari par épuisement. De même que « l’impôt révolutionnaire » par suite de ruine ou exode des « assujettis ».

Reste le contrôle des ressources pétrolières (vulnérables car les puits ne sont pas déplaçables) qui est soumis au bon vouloir des Turcs et d’un certain nombre d’intermédiaires irakiens, tous susceptibles de « retourner leur veste » en fonction de la conjoncture internationale. Bref, dans six ou huit mois, il ne restera plus grande chose et c’est là que se posera (s’il n’est pas réglé avant) le problème du retour vers leur pays d’origine des mercenaires et volontaires étrangers (Tchétchènes, Bosniaques, Maghrébins, Libyens, Saoudiens interdits de retour au royaume, et – en ce qui nous concerne – Européens.)

Quelles sont les différences majeures entre le mode de fonctionnement d’Al-Qaida et l’EIIL? En s’autoproclamant calife, Baghdadi a également une vision globalisée du djihad, comme l’avait Ben Laden.

Al-Qaïda était un mouvement terroriste stricto sensu. C’est-à-dire un groupe restreint ayant une stratégie globale mais pas de tactique définie, mettant en œuvre des non-professionnels de la violence sacrifiables en vue de commettre dans le monde entier des attentats aveugles comme ils pouvaient, où ils pouvaient, quand ils pouvaient pourvu que la violence soit spectaculaire, médiatisée et porte la signature et le message de la mouvance.

L’EIIL est, au contraire, une véritable armée de professionnels de la violence avec un chef, une mission, des moyens, un agenda et des objectifs précis dans un espace limité. Le seul fait de se désigner sous le nom d’Etat (Dawla) montre bien que ses responsables entendent se donner un ancrage institutionnel (al-Islami) et géographique (fil-Iraq wa ash-Sham). Ce n’était pas du tout le cas de Ben Laden, au moins dans sa version finale des années 1998-2001 qui prônait une violence déterritorialisée contre le monde entier.

Mais qui dit État, dit chef de l’État et – en version islamique fondamentaliste – Calife. D’où l’initiative de Baghdadi qui vise aussi bien à faire un pied de nez aux Saoudiens, gardiens autoproclamés des Lieux saints qui l’ont abandonné et dont il conteste ainsi la légitimité, qu’à mettre l’ensemble des musulmans du monde en demeure de choisir leur camp en ayant à accepter ou rejeter son autopromotion. C’est ce qui explique qu’en se proclamant Calife, il abandonne aussitôt dans la dénomination du mouvement la référence territoriale à l’Irak et au Levant pour devenir « seulement » Etat Islamique (Dawlat al-Islami). Mais tout cela révèle plutôt des finasseries calculatrices de survie plutôt qu’une « vision globalisée du djihad ».

Quels sont les moyens les plus efficaces pour combattre cette organisation?

L’EIIL pose le même problème que l’Etat Taliban en Afghanistan, AQMI au Sahel, les Shebab en Somalie ou Boko Haram au Nigeria. Il s’agit d’armées constituées, souvent en uniforme ou portant des signes de reconnaissance, utilisant des matériels militaires, des véhicules dédiés, des implantations localisables, des moyens de communication identifiables. Cela relève à l’évidence d’une riposte militaire consensuelle et concertée face à laquelle on semble pourtant tergiverser.

Pendant plus de dix ans, les Etats-Unis ont placé l’ensemble du monde musulman sous une loi permanente des suspects, détruit irrémédiablement plusieurs pays, espionné la planète entière – y compris leurs plus proches alliés et leurs concitoyens -, harcelé des millions de voyageurs dans les aéroports, multiplié les tortures et les internements illégaux au nom d’une « guerre globale contre la terreur » qui n’a ramené dans ses filets que quelques seconds couteaux et un Ben Laden « retiré des affaires ».

Et aujourd’hui que sont parfaitement localisés avec précision une dizaine de milliers de djihadistes arborant fièrement leur drapeau, défilant dans les rues, égorgeant des citoyens américains devant les télévisions, éventrant médiatiquement femmes et enfants, jouant au foot avec les têtes de leurs ennemis, la Présidence américaine vient dire qu’elle « n’a pas encore de stratégie dans la lutte contre le djihadisme »….

Je veux croire qu’il s’agit là d’une manœuvre du Président Obama pour contraindre l’Arabie et le pétromonarchies du Golfe à « choisir leur camp » et à cesser leurs pratiques de double langage qui consiste à condamner verbalement le terrorisme tout en soutenant un peu partout dans le monde les groupes terroristes salafistes et les djihadistes en vue de neutraliser les initiatives démocratiques ou l’influence de l’Iran qu’ils considèrent comme également dangereuses pour le maintien de leur pouvoir.

L’Iran va-t-il devenir un partenaire à part entière pour combattre l’EIIL?

S’il veut préserver l’avenir et laisser la porte ouverte à l’élaboration d’un système de confiance régional avec les pétromonarchies arabes, l’Iran n’a pas vraiment intérêt à s’afficher comme le fer de lance ou un élément actif d’une coalition pilotée par les Occidentaux pour combattre l’extrémisme sunnite violent.

Téhéran ne peut que se réjouir de l’éradication des salafistes et soutiendra résolument mais aussi discrètement que possible ses alliés chiites irakiens, syriens et libanais comme il l’a toujours fait. Mais pourquoi voudrait-on, alors que l’Arabie multiplie les signaux d’apaisement, qu’il aille compromettre ses chances de coexistence future avec son environnement sunnite pour résoudre un problème qui ne le menace pas directement et qui est la conséquence des erreurs de gestion américaines dans la zone ?

Au-delà des dérapages verbaux de certains de leurs responsables politiques, les Iraniens sont prudents et calculateurs. Selon toute probabilité, ils laisseront les Occidentaux s’occuper du dossier en apportant juste l’aide qu’il faut pour qu’on reconnaisse et salue leur contribution et leur sens des responsabilités internationales mais avec le souci de ne pas justifier l’accusation constante qui leur est faite par les wahhabites d’être des hérétiques ennemis de l’Islam.

Si l’Etat islamique est détruit, ce n’est pas à Téhéran qu’iront se répandre les militants du djihadisme défaits, déçus et avides de vengeance….

(*) Alain Chouet donne une conférence sur le thème « Syrie, le carrefour des contradictions », le 19 septembre à 19 h 30 à la librairie arabe L’Olivier, 5, rue de Fribourg à Genève (Suisse).

Voir encore:

« L’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie n’avaient pas lésiné sur les moyens pour favoriser l’émergence du terrorisme »

Majed Nehmé, directeur d’Afrique Asie

Le Temps d’Algérie

21-09-2014

Le Temps d’Algérie : Certains pays ont fait alliance avec «la rébellion» pour renverser le président Al Assad. Aujourd’hui, ces pays font partie de la coalition anti-Daech. Comment expliquez-vous ce retournement ?

Je ne pense pas qu’ils se soient retournés contre ces monstres qu’ils ont conçus, enfantés et nourris en armes, en argent, en combattants et en idéologie ! Ou du moins pas encore. Les deux organisations, Daech et Al-Nosra, sont le pur produit de l’idéologie salafiste wahhabite.

Les pays occidentaux et leurs supplétifs du Golfe ainsi que la Turquie avaient, dès les premiers mois du déclenchement de la crise syrienne, opté pour armer l’opposition qu’ils avaient décrite comme «modérée». Lors de la conférence des «Amis de la Syrie» réunis à Tunis en février 2012, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Saoud Al-Fayçal, avait déclaré publiquement que son pays allait armer l’opposition. Mais très vite, les chancelleries occidentales, et plus particulièrement la France et les Etats-Unis d’Amérique, à travers leurs ambassadeurs à Damas, Eric Chevalier et Robert Ford, avaient compris que les marionnettes du
Conseil national syrien, qu’ils avaient créées de toutes pièces pour se substituer au pouvoir syrien légal, était dominé, directement et indirectement, par des cadres des Frères musulmans. Les libéraux et les démocrates, que j’appellerai les «idiots utiles» de la rébellion, n’avaient aucune représentativité.

En décidant de militariser la contestation, les Occidentaux et leurs marionnettes ont été très vite submergés par des organisations takfiries qui rejetaient à la fois le pouvoir syrien et l’opposition extérieure. Leurs calculs étaient basés sur un pari stupide, à savoir que les jours de Bachar Al Assad étaient désormais comptés (trois à six mois !), que l’armée allait se retourner contre lui et, enfin, que le CNS allait prendre le pouvoir et chasser les extrémistes qui avaient fait le sale boulot pour eux et qu’ils n’avaient qu’à attendre dans les hôtels cinq étoiles en Turquie, en Arabie saoudite, au Qatar et en Europe pour le ramasser.

Pour Burhan Ghalioun et Georges Sabra, les premiers présidents du CNS, «tous ceux qui combattent le régime syrien, y compris Al Nosra, sont des révolutionnaires et des alliés». Auparavant, ils prétendaient que ces groupes islamistes issus souvent de la nébuleuse d’Al Qaïda, étaient manipulés par les services syriens. Mais peu à peu, l’armée syrienne libre était balayée, l’opposition démocratique pacifique réduite au silence ou à l’exil. L’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie n’avaient pas lésiné sur les moyens pour favoriser l’émergence de ces groupes terroristes.

Ils pensaient que ce sont les seuls capables d’écraser le régime syrien.
Plutôt que d’écraser le régime de Damas, ces groupes ont commencé à se livrer bataille entre eux. Le Font Al Nosra, qui a été reconnu officiellement par le successeur de Ben Laden, Ayman Al-Zawahiri, comme le seul représentant d’Al Qaïda au pays du Cham (grande Syrie) est actuellement en guerre larvée contre Daech. Il y a aussi d’autres mouvements rebelles, tous d’obédience takfirie, qui pullulent sur l’ensemble du territoire syrien et qui s’entredéchirent férocement. Ainsi, l’aspiration à la démocratie et au respect des droits de l’homme qui avait animé les premières manifestations n’est plus de mise. Désormais, c’est la création d’un califat et d’un Etat islamique qui semble animer tous ces mouvements hétéroclites.

Les pays qui avaient favorisé l’émergence de ce chaos indescriptible en Syrie, réalisant que le renversement du régime de Damas n’est plus accessible, craignant le retour des dizaines de milliers de djihadistes dans leurs pays respectifs, ont pris peur et commencent à se mobiliser contre eux. Mais ce retournement n’est jusqu’ici que verbal.
Que cherchent les Etats-Unis en mettant en place cette «coalition» contre Daech ?

Officiellement, les Etats-Unis et leurs alliés et supplétifs n’ont cherché à éradiquer Daech que lorsque ce groupe a décapité des journalistes et des citoyens occidentaux d’une façon répugnante et barbare qui a choqué l’opinion publique. Ils ne pouvaient pas ne pas réagir, ou faire semblant de réagir. En s’emparant d’une grande partie du territoire irakien et de la deuxième ville du pays, Mossoul, en infligeant une défaite humiliante à l’armée irakienne et, enfin, en avançant vers le Kurdistan irakien, en s’attaquant aux minorités chrétienne, turkmène, yézidie…

Daech a poussé les Etats-Unis à intervenir symboliquement. Ils en ont profité pour exiger le départ de Maliki et son remplacement par quelqu’un de plus docile. Ce qui a effectivement été fait. Si les bombardements aériens ont pu avoir un impact positif sur le moral des troupes loyalistes et des peshmergas kurdes, et stopper l’avancée des hordes de Daech, il n’en reste pas moins que c’est l’intervention des militaires iraniens et des combattants turcs et syriens du PKK qui a permis de stopper net cette avancée. Or les pasdarans iraniens et les PKK kurdes en Turquie et en Syrie sont considérés par les Occidentaux comme des terroristes !
En fait, tout ce cirque médiatique fait autour de Daech a pour ultime objectif de faire durer la tuerie et la destruction de la Syrie et de l’Irak et ultérieurement, l’Iran.

Une «dissension» a été annoncée au sein d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), de laquelle serait née une nouvelle organisation terroriste appelée «Djound Al Khilafa» et qui a déjà annoncé son allégeance à Daech. Pourquoi maintenant et pourquoi la région du Sahel ?

Les mouvements qui prônent un pseudo djihad global, par opposition au djihad local, maîtrisent magistralement l’art de la communication et de la propagande, notamment sur les réseaux sociaux. Aqmi est actuellement sur la défensive. Elle est traquée et rejetée partout. Elle ne survit que grâce au racket, au crime organisé, à la contrebande et aux kidnappings générateurs de rançons que certains pays occidentaux continuent malheureusement à payer. Son projet idéologique, si l’on peut dire, n’attire pas grand monde.

Il est donc normal que des dissensions apparaissent dans ses rangs. Pourchassée dans le Nord Mali, elle est actuellement repliée sur la Libye, un pays livré au chaos, aux milices armées et aux bandits de grands chemins. Il est normal, en période de repli, que des dissensions apparaissent mais sans lendemain. Il s’agit le plus souvent de disputes entre gangs autour d’un butin ou dans l’espoir d’accaparer une partie du butin saisi par Daech en Irak et évalué à quelque deux milliards de dollars. Je ne pense pas qu’il faudra accorder beaucoup de crédit à ces dissensions appelées à se multiplier. Le vrai danger c’est le chaos en Libye elle-même devenue le sanctuaire de nombreux terroristes ayant sévi en Syrie et en Irak et qui sont rentrés poursuivre leur combat sous des cieux plus cléments.

Comment qualifiez-vous le refus des Etats-Unis et de la France de coopérer avec l’Etat syrien contre Daech ?

Cela signifie que ces deux pays ne cherchent pas réellement à éradiquer Daech. Car c’est actuellement la Syrie qui combat le plus efficacement ce fléau. Sans la contribution syrienne à la guerre contre ce monstre, Daech serait déjà en Jordanie, au Liban et à la frontière d’Israël.

Il faut cependant discerner entre le refus médiatique et la coordination indirecte mais réelle pour faire barrage à cette organisation. Sur ce plan, une coordination réelle et efficace est engagée entre la Syrie et l’Irak.

L’échange d’informations se fait par l’intermédiaire du gouvernement irakien qui joue, jusqu’ici, le go-between entre Américains et Syriens.

Les Etats-Unis et la France, après avoir clamé que les jours de Bachar étaient comptés, ont quelque réticence à avaler leur chapeau, reconnaître leur erreur de jugement et retrouver le chemin de Damas. C’est une question de temps. Damas a déjà été approché par des émissaires français et américains pour reprendre une coopération secrète entre services. Mais ils se sont vu répondre que cette époque est bel et bien révolue et que si ces deux pays veulent réellement reprendre la coopération d’antan, il faudrait que ça se fasse à travers des structures diplomatiques. Donc pas avant la réouverture des ambassades américaine et française à Damas.

Les «djihadistes» libyens, tunisiens et ceux d’autres pays du Maghreb arabe, partis faire le «djihad» au sein d’organisations criminelles, dont Daech, Al Qaïda et le Front Al Nosra, en Syrie et en Irak, constituent-ils un danger à leur retour dans leurs pays respectifs ?

C’est une évidence. On a d’ailleurs remarqué que les pays du Maghreb, qui se disaient «amis du peuple syrien» (Maroc, Tunisie, Libye) n’avaient pas voulu participer à la conférence de Paris. Ils observent avec inquiétude le retour certain de leurs djihadistes qui sèment la terreur chez eux. C’est le cas également des pays occidentaux qui avaient fermé les yeux, voire encouragé le départ de ces djihadistes en Syrie et en Irak dans l’espoir de s’en débarrasser.
A lire la presse occidentale, le retour de ces anciens de la Syrie, qui nous rappelle le retour des anciens d’Afghanistan, est le cauchemar de tous les services de sécurité, à tel point que pour certains analystes, la question n’est plus de savoir si ces terroristes vont passer à l’action en Europe même, mais quand et comment. C’est l’histoire de l’arroseur arrosé.

Ne croyez-vous pas que cette «coalition anti-Daech pourrait être utilisée par les Etats-Unis pour effectuer des frappes contre l’armée syrienne et l’affaiblir dans le but de faciliter l’avancée de ce qui est appelée «opposition armée modérée» ?

Il est certain que la coalition anti-Daech est actuellement inexistante. Elle est médiatique. Obama, qui ne veut pas terminer son deuxième mandat par une guerre, l’a dit ouvertement : c’est une guerre qui va durer des années. Conclusion : il cherche à épuiser la Syrie et l’Irak et à tout faire pour que ces deux pays retrouvent la place qui leur revient sur l’échiquier du Moyen-Orient.
Quant à l’avancée d’une opposition armée modérée, c’est une vue de l’esprit. Obama lui-même l’avait reconnu. Actuellement, l’initiative est entre les mains de l’armée syrienne et je ne vois pas comment une opposition fanatisée pourra réaliser ce qu’elle n’a pu faire en trois ans de guerre totale. L’objectif réel est de détruire la Syrie à petites doses. Et la situation actuelle arrange bien tous les ennemis de la Syrie.

Ne pensez-vous pas également que certains pays du Moyen-Orient, dont l’Arabie saoudite et la Turquie, et certains pays occidentaux, dont les Etats-Unis d’Amérique, ont grandement contribué à armer les organisations terroristes comme Daech et le Front Al Nosra ?

C’est un secret de Polichinelle. Tous ces pays avaient juré la perte de l’Etat syrien. En armant ces mouvements djihadistes, ils pensaient ramener la Syrie dans le giron occidental, l’extraire de son alliance avec l’Iran, la Russie et la Chine et la contraindre à une paix au rabais avec Israël. Jusqu’ici, cette stratégie a lamentablement échoué. Et ces monstres qu’ils ont nourris vont se retourner contre eux. Le jour où les Américains vont constater les dégâts de cette stratégie sur leurs propres intérêts et sur les intérêts de leurs supplétifs du Golfe, ils vont arrêter la partie. On n’en est malheureusement pas encore là.
Alain Chouet, le plus fin et informé des spécialistes français du renseignement, a mis les points sur les «i» en soulignant l’incohérence occidentale face à Daech.

«Aujourd’hui que sont parfaitement localisés avec précision une dizaine de milliers de djihadistes arborant fièrement leur drapeau, défilant dans les rues, égorgeant des citoyens américains devant les télévisions, éventrant médiatiquement femmes et enfants, jouant au foot avec les têtes de leurs ennemis, la présidence américaine, écrit-il,  vient dire qu’elle «n’a pas encore de stratégie dans la lutte contre le djihadisme»…

Je veux croire qu’il s’agit là d’une manœuvre du président Obama pour contraindre l’Arabie et les pétromonarchies du Golfe à «choisir leur camp» et à cesser leurs pratiques de double langage qui consiste à condamner verbalement le terrorisme tout en soutenant un peu partout dans le monde les groupes terroristes salafistes et les djihadistes en vue de neutraliser les initiatives démocratiques ou l’influence de l’Iran qu’ils considèrent comme également dangereuses pour le maintien de leur pouvoir.»

Des médias évoquent une «rupture» entre Al Qaïda et Daech, alors qu’Al Qaïda vient d’annoncer son soutien à Daech face à la «coalition». Comment expliquez-vous cela ?

C’est une rupture de façade. Les deux organisations, qui se disputent entre elles pour des raisons de contrôle de territoire ou de partage des butins, sont toutes les deux, malgré les apparences, dans une position de repli. Elles poursuivent les mêmes objectifs.

Edwy Plenel et la fausse «lettre de Mandela»
Meir Wentrater
Comme un juif en France
11 décembre 2011

S’exprimant en direct depuis la Jordanie, où il participait à une rencontre d’une ONG vouée au «journalisme d’investigation», Edwy Plenel a consacré un billet, diffusé le 11 décembre 2013 dans «Les Matins de France Culture», à Nelson Mandela [1]. Il a longuement cité une lettre adressée en 2001 par Nelson Mandela au journaliste américain Tom Friedman, dans laquelle le dirigeant sud-africain condamnait sévèrement l’attitude d’Israël envers les Palestiniens.

Le problème est que cette lettre est un faux. Son véritable auteur, un journaliste palestinien vivant aux Pays-Bas nommé Arjan el-Fassed, ne s’en est d’ailleurs jamais caché: il entendait utiliser le genre littéraire de la fausse lettre, afin d’accuser Israël de pratiquer envers les Palestiniens une forme d’apartheid.

Cependant, la prétendue «lettre à Friedman» a circulé sur des forums Internet militants où elle a été présentée comme une parole authentique de Mandela. Jusqu’à ce qu’en 2002 les journalistes du quotidien israélien Haaretz s’adressent à la présidence sud-africaine, et découvrent le pot aux roses [2]. Tout le monde sait aujourd’hui que, non seulement cette «lettre» n’a pas été écrite par Nelson Mandela, mais elle ne représente en rien les positions du dirigeant sud-africain sur le conflit israélo-palestinien [3].

Julien Salingue, l’un des principaux porte-parole de la «cause palestinienne» en France, résume bien les choses quand il écrit sur son blog, le 6 décembre 2013: «Il ne s’agit pas ici de transformer Mandela en héraut du combat pour les droits nationaux des Palestiniens, même s’il n’a jamais fait mystère de son soutien à la lutte contre l’occupation israélienne. Mandela a toujours été, sur ce terrain, beaucoup plus en retrait que l’archevêque Desmond Tutu, qui depuis de longues années soutient la campagne internationale de boycott de l’État d’Israël, qu’il qualifie, à l’instar d’autres dirigeants sud-africains, d’État d’apartheid. Tel n’est pas le cas de Mandela, contrairement à ce que croient ceux qui ont pris pour argent comptant un “Mémo de Nelson Mandela à Thomas Friedman” dénonçant “l’apartheid israélien”, qui est en réalité un exercice de style rédigé par Arjan el-Fassed» [4].

Edwy Plenel figure donc parmi «ceux qui ont pris pour argent comptant» la prétendue «lettre de Mandela». Plus de dix ans après que la fausseté de celle-ci a été démontrée par les journalistes israéliens, il continue de la citer comme parole d’Evangile. Or non seulement le document auquel il se réfère est un faux, mais son contenu ne représente pas – comme le souligne le militant pro-palestinien Julien Salingue – les positions véritables de Mandela sur le sujet [5].

Edwy Plenel, participant en Jordanie à une conférence vouée au «journalisme d’investigation», aurait là un bon sujet d’étude sur la valeur de l’investigation en matière journalistique: comment ne pas s’appuyer sur des faux documents, comment distinguer – chez les autres, et éventuellement chez soi-même – l’analyse des faits et la passion militante [6]. Bref, une réflexion sur un thème qui devrait être cher au cœur des journalistes: la vérité.
NOTES

1. Le billet d’Edwy Plenel: http://www.franceculture.fr/emission-le-monde-selon-edwy-plenel-podcast-2013-12-11#.UqgLcaFeUKk.twitter

2. L’auteur de la «lettre», Arjan el-Fassed, raconte cela lui-même sur son blog: http://arjansweblog.blogspirit.com/mandela_memo

3. Sur ce que Nelson Mandela pensait d’Israël, nous disposons du témoignage d’Abe Foxman, qui participa à la rencontre entre Mandela et les dirigeants juifs américains, à Genève en 1990 (Mandela avait été libéré de prison peu de temps auparavant, et entamait le processus qui devait conduire à la fin de l’apartheid): «Lors de notre rencontre, Mandela exprima non seulement son soutien sans équivoque au droit d’Israël à exister mais aussi son profond respect pour ses dirigeants, parmi lesquels David Ben-Gourion, Golda Meïr et Menahem Begin. Il nous assura également qu’il soutenait le droit d’Israël à la sécurité et son droit de se protéger contre le terrorisme.»
http://blogs.timesofisrael.com/how-mandela-won-over-the-jewish-community/
En octobre 1999, Nelson Mandela, qui avait quitté quelques mois plus tôt la présidence de l’Afrique du Sud, visita les pays du Proche-Orient. Lors de son séjour en Israël, il déclara au terme d’une longue rencontre avec le ministre des affaires étrangères David Lévy: «Selon moi, les discours sur la paix restent creux tant qu’Israël continue d’occuper des territoires arabes. (…) Je ne peux pas imaginer qu’Israël se retire si les Etats arabes ne reconnaissent pas Israël à l’intérieur de frontières sûres.»
http://www.washingtonpost.com/wp-srv/aponline/19991019/aponline113258_000.htm

4. Voir le blog de Julien Salingue (par ailleurs très hostile à Israël):
http://resisteralairdutemps.blogspot.fr/p/comme-la-rappele-pierre-haski-de-rue89.html

5. Le journal en ligne (activement anti-israélien) MondoWeiss défend la thèse bizarre selon laquelle ce sont les pro-israéliens inconditionnels qui diffusent la thèse selon laquelle Nelson Mandela aurait accusé Israël de pratiquer l’apartheid, et ce afin de porter atteinte à l’image de Nelson Mandela:
http://mondoweiss.net/2013/12/apologists-discredit-apartheid.html

6. La réapparition de cette prétendue «lettre», au lendemain de la mort de Nelson Mandela, est significative de l’état d’esprit régnant dans certains milieux où l’activisme anti-israélien va de pair avec l’ignorance des faits. Voir, par exemple, ici:
http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Gilles_Devers.061213.htm

Voir aussi:

Mandela memo
How it started?

On March 27, 2001, Thomas Friedman wrote a column in the style of a ‘mock memo’ entitled Bush’s First Memo. In this ‘mock memo’ Thomas Friedman writes in the name of U.S. President George W. Bush a memo to Palestinian President Yasir Arafat.

This ‘mock memo’ — Thomas Friedman had published a number of them in the New York Times, for example, a ‘mock memo’ he wished Secretary of State Colin Powell would have sent to President George W. Bush was published on February 20, 2001 — triggered me to write to the New York Times’ Readers Opinions in the the ‘mock memo’ style that Friedman himself liked to use and offered Nelson Mandela responding to Friedman’s Bush’s First Memo to Arafat.

Mandela’s first memo to Thomas Friedman (30 March 2001)

Since Thomas Friedman tells his readers that Palestinians should forget about 1948 and forget about returning to their homes, I wanted to show that current policies against Palestinians resemble an apartheid-like situation. Since Nelson Mandela has become the personification of the struggle against apartheid, I thought a ‘mock memo’ including Mandela was the logical thing to do. I could also have taken Steven Biko who has said that “the most potential weapon in the hands of the oppressor is the mind of the oppressed” or Oliver Tambo or others anti-apartheid activists.

The confusion

On 27 March 2001, after reading Friedman’s ‘mock memo’ I wrote a letter entitled Mandela’s first memo to Thomas Friedman to the op-ed editor of The New York Times and I posted the memo on the Thomas Friedman Discussion Board of the New York Times, hoping that Thomas Friedman would read it and that the New York Times would publish it. However, after two days, I came to the conclusion that the New York Times would not dare publishing this piece and I sent it on March 30, 2001 to Media Monitors, “a Platform for Serious Media Contributors”, an online daily.

Soon, however, I found the ‘mock memo’ I wrote and which clearly indicated that I wrote it, on various listservers and websites but without the byline mentioning that it was in fact written by me.

The main purpose of the Mandela-memo was to respond in a satirical way to Thomas Friedman using the exact same style and even phrases he uses in his columns. Obviously, the ‘mock memo’ had been forwarded to several e-mail lists containing the memo, which originally included the title “Mandela’s First Memo to Thomas Friedman” and a byline “by Arjan El Fassed”, but eventually was forwarded without my name and sometimes without title.

I posted the ‘mock memo’ myself on 30 March on an mailinglist of Al-Awda. Despite this, I’ve seen it several times being posted on the same list, something that gives you an idea of the lack of attention many people give to material they forward. In various posts I read, the subject title was changed for example, “Mandela supports…”, “must read”, etc. Perhaps it was wishful thinking. If Nelson Mandela would seriously have written to the New York Times, wouldn’t the New York Times just publish it? Moreover, I believe Nelson Mandela has better things to do then responding to columns written by Thomas Friedman.

How things got worse

On April 24, 2001, Akiva Eldar, chief political columnist and editorial writer for the Israeli national daily Ha’aretz wrote in his Strong Quote from Mandela that the Palestinian daily Al Quds published a letter that Nelson Mandela sent to New York Times columnist Thomas Friedman, in response to a March 27 Frideman column, dubbed “Memo to President Bush.”

Immediately, I wrote a letter to Ha’aretz explaining what happened. Most probably, someone translated the memo (without byline) into Arabic and which was taken up by the Palestinian daily and printed on April 16, 2001, however, without verifying the source. The editor of Al Quds, Marwan Abu Zalaf, said that he had no idea it was a fake, and that one of his reporters found it on the Internet.

On Friday, April 18, the Lebanese daily As-Safir re-published the ‘mock memo’ in Arabic based on the article as printed by the Palestinian daily Al-Quds. On Monday, April 21, The Daily Star had an op-ed entitled “Sharon: Why does the world ignore me?” and at the top of the ‘memo’, they had the following boxed introduction:

« New York Times columnist Thomas L. Friedman has recently popularized the idea of writing opinion pieces framed as « memos » from world leaders to various recipients, prompting various other writers to mimic the practice.

For the byline, at the bottom, the Star wrote in italics: Arjan El Fassed wrote this commentary for MediaMonitors, a website dedicated to providing a platform for all political opinions (NB. The Daily Star’s archive is currently not working).

The Norwegian newspaper Dagsavisen published a commentary in which it quoted The Jerusalem Times which published the ‘mock memo’ on April 6, 2001, again without source, byline, or author, in its publication.

On April 24, 2001, someone wrote to Akiva Eldar the following:

——- Original Message ——-
From: ******* <********@yahoo.com>
To: eldar@haaretz.co.il
Sent: Tuesday, April 24, 2001 7:26 PM
Subject: Strong quote from Mandela

For the record, I have received the original messages containing each of Arjan El Fassed’s “memos,” sent directly from him (via an e-group). Mr. El Fassed’s byline is clearly present on each article, the articles come from his own e-mail address, and the more recent ones contain an explicit warning against forwarding the article without the byline. There is no possible basis for arguing that Mr. El Fassed intends for people to believe the memos were written by anyone other than himself.

It is hard to imagine that anyone would accuse Tom Friedman of impersonating a world leader if one of his “memos” was forwarded, sans byline, and then re-printed in another newspaper (though the newspaper re-printing the story would be a legitimate target for criticism).

To claim that Mr. El Fassed “tends to sign various missives he sends out to the world signed with the names of famous people” is, if not an intentional lie, than an inadvertent gross misstatement of fact. Whether you like Mr. El Fassed’s writing or not, you have a responsibility to correct what you wrote.

The next day, Akiva Eldar, replied:

—- haaretz eldar@haaretz.co.il wrote:
From: “haaretz”
To: “*******” <*******@yahoo.com>
Subject: Re: Strong quote from Mandela
Date: Wed, 25 Apr 2001 09:15:42 +0200

Mr El Fassed has give me a full account of his position and it will be reported in my next column.

However, instead of being reported in his next column, Ha’aretz published my own response instead.

Worse, however, Toronto Star columnist, Michele Landsberg wrote on May 20, 2001, Forged letter slights dignity of Nelson Mandela, in which she claimed that she checked with Mandela’s office in South Africa and that she heard from his assistant:

« You enquired about the infamous article that has been doing the rounds across the globe. We’ve received numerous enquiries… . Mr. Mandela did not write the article/letter, and this matter has been referred to his lawyers for further action. »

Nigel Parry responded to that column by writing a letter to the Toronto Star editor:

« Regarding Michele Landsberg’s column, « Forged letter slights dignity of Nelson Mandela », there was no « rat ». Someone obviously forwarded her the memo without its byline and she failed to seek out its source.

The memo was a clearly signed spoof that was first published on the Media Monitors Network.

Landsberg’s assertion that the letter was a “forgery” is as baseless as her claim that the political philosophy of Zionism — which directly resulted in the establishment of an Israeli state on the ruins of 415 Palestinian villages ethnically cleansed of nearly one million Arabs, with a legal system that still discriminates between “Jewish” and “Non Jewish” citizens in areas such as property ownership — is somehow not racist.

The Toronto Star chose not to publish his letter.

On May 26, 2001, the Lebanese newspaper an-Nahar published a clarification in Arabic which is similar to my own response in Ha’aretz.

Even now, some emails are still circulating with the ‘mock memo’. For example, the Palestinian Council for Justice and Peace circulated the ‘mock memo’ and sent a message to their own list on 14 February 2002, saying that

« We sent you a letter, which was supposedly written by Nelson Mandela and addressed to Thomas Friedman. As we received it by email from a friend who was excited about a good answer to Friedman’s latest article in the New York Times, we misread the address, and thought it was in fact written in the New York Times. Thanks to the queries of some of you, we went to the source, and now we know for certain that Mandela did not write the article. It is still a good response, but we have no clue so far as to the author. »

What other readers said

In a message posted on April 13, 2002 on a listserver called Ecunews, Rick Mitchell wrote that the ‘mock memo’:

« reinforces [my] claim that Israel is maintaining a system of Apartheid by keeping Palestinians in captivity (the current occupation dates back to June, 1967) and subject to second-class status. One need not agree with all of his statements, but it is illuminating to recognize that we see and hear very little of this argument in the U.S., as the policy of our government and of the mainstream media has been consistently pro-Israeli. Politics is, of course, politics, but the important point to consider is El Fassed’s (and others’) contention that Zionism is inherently racist and un-democratic, resulting quite logically in an apartheid system of discrimination. It is also the policy of the U.S. government. »

What’s interesting is that some even argued, “but there is also a sense in which the ‘true’ or original author does not matter — and that sense is related to the question, ‘Is it true?’”

Others wrote on various lists, “If this is authentic, it is truly a moral bombshell in the present level of discussion…” and “[It may have been written] as a statement about what perhaps Nelson Mandela would say to someone such as journalist Thomas Friedman.”

« For those of you who are concerned about the authenticity of the Mandela memo, I have researched the matter with the help of others. Apparently Thomas Friedman often writes as though he were someone else and this piece is written with this understanding. I do not question the content because from my own personal experience, I can attest to an apartheid situation. »

Someone else posted this question:

« How could I find an email for Nelson Mandela to alert him to the efforts of us in the Jewish world who oppose Israel’s current treatment of Palestinians – and to discuss with him strategies for having an impact? »

« My husband (among other people) forwarded the ‘Nelson Mandela memo’ to me. I checked up on it through my sources in Palestine and found that it was not written by Nelson Mandela but by someone else using the style of Friedman’s articles. The name of the person is in some email in my file but the name doesn’t really matter. Someone was trying to do good but left the rest of us with egg on our faces. You may want to pass this information on to those from whom you got it and to those to whom you sent it. »

Another reader made this observation, “The existential reality of injustice witnessed first-hand…is a far more powerful teaching tool than injustice heard or read about.”

What Nelson Mandela indeed has said

« It is completely wrong that the United States must be the mediator in this conflict. Everybody knows the United States is a friend of Israel. »

« As far as we are concerned what is being done to the Palestinians is a matter of grave concern. We are the friends of Yasser Arafat. We are the friends of the Palestinians. We support their struggle » (Reuters, 1 June 2001, Mandela, speaking at a news conference after talks with French Prime Minister Lionel Jospin).

« Israel should withdraw from the areas which it won from the Arabs — the Golan Heights, south Lebanon and the West Bank — that is the price of peace » (Dispatch, 20 October 1999)

« Our men and women with vision choose peace rather than confrontation, except in cases where we cannot get, where we cannot proceed, where we cannot move forward. Then, if the only alternative is violence, we will use violence » (Associated Press , 20 October 1999)

« The histories of our two peoples, Palestinian and South African, correspond in such painful and poignant ways, that I intensely feel myself being at home amongst compatriots » (Associated Press , 20 October 1999)

« The long-standing fraternal bonds between our two liberation movements are now translating into the relations between two governments » (Associated Press, 20 October 1999)

Address by President Nelson Mandela at the International Day of Solidarity with the Palestinian People, Pretoria, 4 December 1997

Voir par ailleurs:

Obama est-il responsable de la situation en Irak?
Lucien SA Oulahbib
ResilienceTV
27/9/2014

Certainement. N’en déplaise à tous ceux qui n’ont de cesse de commencer tel un mantra l’amorce d’une réflexion en maudissant d’abord Bush fils et « 2003 ». Or, c’est bien Obama et non Bush qui a interrompu le processus de stabilisation existant en Irak depuis le « surge » de 2008 en quittant l’Irak avec précipitation et en laissant tout le pouvoir aux shiites inféodés à l’Iran, ce qui a démantelé tout l’effort entamé par David Petraeus commencé sous Bush et gagné en faisant alliance avec les tribus sunnites.

C’est bien Obama et non Bush qui a laissé faire en Syrie en 2013, refusant d’armer les résistants dits « laïcs », et fermant les yeux sur le financement des groupes islamistes (dont l’ancêtre de l’E.I actuel) opéré par l’Arabie Saoudite et le Qatar aujourd’hui apeurés de voir leur pouvoir féodal vaciller sous les coups de boutoir d’un mouvement islamique parfaitement fidèles aux critères historiques de l’islam depuis le début, l’islam étant par exemple une religion de « paix » dans la mesure où l’on accepte de vivre sous son joug : « que la paix (de l’islam) soit avec toi » voilà ce que veut dire son salut et non pas cette pâle imitation du christianisme, certains imams parlant même « d’amour » ce qui est d’un risible sans pareille lorsque l’on observe le nombre infime d’occurrence en la matière dans leur texte sacré…

Que l’Occident soit à l’heure actuelle son défenseur intransigeant (à coup de drones également) en dit long non seulement sur son masochisme mais surtout sa prétention à transformer tout taureau radical en boeuf aseptisé. En tout cas il semble bien qu’il n’existe pas d’islam modéré comme il n’a pas existé de communisme modéré, à moins d’abandonner la dictature du prolétariat, ou la « charia » comme le veulent certains en Tunisie, au Maroc, en Égypte, au Yémen… Wait and see.

Enfin, il semble bien que le 11 septembre 2001 ne soit pas la conséquence de « 2003 » (jusqu’à preuve du contraire).

Et à ceux qui rétorquent qu’il aurait fallu (« yaka ») construire des écoles, des routes et des hôpitaux plutôt que d’envoyer des armes il se trouve que tout cela a été construit et a été immédiatement dynamité (comme au Nigeria) parce que « école » n’a pas du tout la même signification en islam et en terre judéo-chrétienne républicaine et libérale.

Par ailleurs si les Kurdes avaient eu leur État dès 1923 à la chute de l’empire ottoman, ou du moins s’ils avaient été armés aussi bien que l’armée irakienne, peut-être que les Kurdes ne seraient pas acculés à reculer sous les coups de boutoir des néo-wahhabites, créatures échappées du laboratoire saoudien, toujours sous la bienveillance américaine et…française… Mais nous ne sommes pas à une contradiction près…

Il est navrant de rappeler ces quelques vérités premières à de si éminents « experts ».

 Voir enfin:

Argument
How We Won in Iraq
And why all the hard-won gains of the surge are in grave danger of being lost today.
David H. Petraeus
Foreign Policy
October 29, 2013

The news out of Iraq is, once again, exceedingly grim. The resurrection of al Qaeda in Iraq — which was on the ropes at the end of the surge in 2008 — has led to a substantial increase in ethno-sectarian terrorism in the Land of the Two Rivers. The civil war next door in Syria has complicated matters greatly, aiding the jihadists on both sides of the border and bringing greater Iranian involvement in Mesopotamia. And various actions by the Iraqi government have undermined the reconciliation initiatives of the surge that enabled the sense of Sunni Arab inclusion and contributed to the success of the venture.  Moreover, those Iraqi government actions have also prompted prominent Sunnis to withdraw from the government and led the Sunni population to take to the streets in protest.  As a result of all this, Iraqi politics are now mired in mistrust and dysfunction.

This is not a road that Iraqis had to travel. Indeed, by the end of the surge in 2008, a different future was possible.  That still seemed to be the case in December 2011, when the final U.S. forces (other than a sizable security assistance element) departed; however, the different future was possible only if Iraqi political leaders capitalized on the opportunities that were present.  Sadly, it appears that a number of those opportunities were squandered, as political infighting and ethno-sectarian actions reawakened the fears of Iraq’s Sunni Arab population and, until recently, also injected enormous difficulty into the relationship between the government in Baghdad and the leaders of the Kurdish Regional Government.

To understand the dynamics in Iraq — and the possibilities that still exist, it is necessary to revisit what actually happened during the surge, a history now explored in a forthcoming book written by my executive officer at the time, Col. (Ret.) Peter Mansoor, now a professor of military history at the Ohio State University.

Leading the coalition military effort during the surge in Iraq in 2007 and 2008 was the most important endeavor — and greatest challenge — of my 37 years in uniform. The situation in Iraq was dire at the end of 2006, when President George W. Bush decided to implement the surge and selected me to command it. Indeed, when I returned to Baghdad in early February 2007, I found the conditions there to be even worse than I had expected. The deterioration since I had left Iraq in September 2005 after my second tour was sobering. The violence — which had escalated dramatically in 2006 in the wake of the bombing of the Shiite al-Askari shrine in the Sunni city of Samarra — was totally out of control. With well over 50 attacks and three car bombs per day on average in Baghdad alone, the plan to hand off security tasks to Iraqi forces clearly was not working. Meanwhile, the sectarian battles on the streets were mirrored by infighting in the Iraqi government and Council of Representatives, and those disputes produced a dysfunctional political environment. With many of the oil pipelines damaged or destroyed, electrical towers toppled, roads in disrepair, local markets shuttered, and government workers and citizens fearing for their lives, government revenue was down and the provision of basic services was wholly inadequate. Life in many areas of the capital and the country was about little more than survival.

In addition to those challenges, I knew that if there was not clear progress by September 2007, when I anticipated having to return to the United States to testify before Congress in open hearings, the limited remaining support on Capitol Hill and in the United States for the effort in Iraq would evaporate.

In short, President Bush had staked the final years of his presidency — and his legacy — on the surge, and it was up to those on the ground to achieve progress. In the end, that is what we did together, military and civilian, coalition and Iraqi. But as my great diplomatic partner Ryan Crocker, the U.S. ambassador to Iraq, and I used to note, Iraq was « all hard, all the time. »

The Surge of Forces and the Surge of Ideas

The surge had many components. The most prominent, of course, was the deployment of the additional U.S. forces committed by President Bush — nearly 30,000 of them in the end. Without those forces, we never could have achieved progress as quickly as we did. And, given the necessity to make progress by the hearings anticipated in September 2007, improvements before then were critical.

As important as the surge of forces was, however, the most important surge was what I termed « the surge of ideas » — the changes in our overall strategy and operational plans. The most significant of these was the shift from trying to hand off security tasks to Iraqi forces to focusing on the security of the Iraqi people. The biggest of the big ideas that guided the strategy during the surge was explicit recognition that the most important terrain in the campaign in Iraq was the human terrain — the people — and our most important mission was to improve their security. Security improvements would, in turn, provide Iraq’s political leaders the opportunity to forge agreements on issues that would reduce ethno-sectarian disputes and establish the foundation on which other efforts could be built to improve the lives of the Iraqi people and give them a stake in the success of the new state.

But improved security could be achieved only by moving our forces into urban neighborhoods and rural population centers. In the first two weeks, therefore, I changed the mission statement in the existing campaign plan to reflect this imperative. As I explained in that statement and the guidance I issued shortly after taking command, we had to « live with the people » in order to secure them. This meant reversing the consolidation of our forces on large bases that had been taking place since the spring of 2004. Ultimately, this change in approach necessitated the establishment of more than 100 small outposts and joint security stations, three-quarters of them in Baghdad alone.

The establishment of each of the new bases entailed a fight, and some of those fights were substantial. We knew that the Sunni insurgents and Shiite militias would do everything they could to keep our troopers from establishing a presence in areas where the warring factions were trying to take control — and those areas were precisely where our forces were needed most. Needless to say, the insurgents and militias would do all that they could to keep us from establishing our new operating bases, sometimes even employing multiple suicide car bombers in succession in attempts to breach outpost perimeters. But if we were to achieve our goal of significantly reducing the violence, there was no alternative to living with the people — specifically, where the violence was the greatest — in order to secure them. Our men and women on the ground, increasingly joined during the surge by their Iraqi partners, courageously, selflessly, and skillfully did what was required to accomplish this goal.

« Clear, hold, and build » became the operative concept — a contrast with the previous practice in many operations of clearing insurgents and then leaving, after handing off the security mission to Iraqi forces that proved incapable of sustaining progress in the areas cleared. Then — Lt. Gen. Ray Odierno, commander of the Multi-National Corps-Iraq, and his staff developed and oversaw the execution of these and the other operational concepts brilliantly. Indeed, in anticipation of the new approach, he ordered establishment of the initial joint security stations in the weeks before I arrived.  His successor in early 2008, then Lt. Gen. Lloyd Austin, did a similarly exemplary job as our operational commander for the final portion of the surge. On receiving the Corps’ guidance, division and brigade commanders and their headquarters orchestrated the implementation of these concepts. And our company, battalion, and brigade commanders and their troopers translated the new strategy and operational concepts into reality on the ground in the face of determined, often barbaric enemies under some of the most difficult conditions imaginable.

But the new strategy encompassed much more than just moving off the big bases and focusing on security of the people. Improving security was necessary, but not sufficient, to achieve our goals in Iraq. Many other tasks also had to be accomplished.

The essence of the surge, in fact, was the pursuit of a comprehensive approach, a civil-military campaign that featured a number of important elements, the effects of each of which were expected to complement the effects of the others. The idea was that progress in one component of the strategy would make possible gains in other components. Each incremental step forward reinforced and gradually solidified overall progress in a particular geographic location or governmental sector. The surge forces clearly enabled more rapid implementation of the new strategy and accompanying operational concepts; however, without the changes in the strategy, the additional forces would not have achieved the gains in security and in other areas necessary for substantial reduction of the underlying levels of ethno-sectarian violence, without which progress would not have been sustained when responsibilities ultimately were transferred to Iraqi forces and government authorities.

The Sunni Awakening and Reconciliation

Beyond securing the people by living with them, foremost among the elements of the new strategy was promoting reconciliation between disaffected Sunni Arabs and our forces — and then with the Shiite-dominated Iraqi government. I often noted at the time that we would not be able to kill or capture our way out of the industrial-strength insurgency that confronted us in Iraq. Hence we had to identify those insurgents and militia members who were « reconcilable, » and we then had to persuade them to become part of the solution in Iraq rather than a continuing part of the problem. Reconciliation thus became a critical component of the overall strategy.

We were fortunate to be able to build on what ultimately came to be known as the Sunni Awakening, the initial increment of which began several months before the surge, outside the embattled Sunni city of Ramadi in violent Anbar Province, some 60 miles west of Baghdad. There, in the late summer of 2006, during the height of the violence in Anbar, Col. Sean MacFarland, a talented U.S. Army brigade commander, and his team agreed to support a courageous Sunni sheikh and his tribal members who decided to oppose al Qaeda in Iraq, which the tribesmen had come to despise for its indiscriminate attacks on the population and implementation of an extreme version of Islam that was not in line with their somewhat more secular outlook on life.  The initiative included empowering young men of the tribes who wanted to help secure their areas against al Qaeda depredations. Ultimately, shortly after the surge of forces commenced and throughout 2007 and into 2008, this arrangement was replicated over and over in other areas of Anbar Province and Iraq. The Awakening proved to be a hugely important factor in combating al Qaeda terrorists and other Sunni insurgents and, over time, similar initiatives in the Shiite population proved important in combating some militias in select areas as well.

Some observers have contended that we got lucky with the Awakening. Undeniably, it was fortunate that the initial development of a tribal rebellion against al Qaeda had begun by the time the surge began. Despite this reality, however, the spread of the Awakening beyond Ramadi was not serendipity; rather, it was the result of a conscious decision and a deliberate effort. I was well aware that there had previously been reconciliation initiatives that had worked in the short term. Indeed, I oversaw the first of these initiatives, in the summer of 2003, when I commanded the 101st Airborne Division in northern Iraq and Amb. Jerry Bremer, the head of the Coalition Provisional Authority, personally authorized me to support an Iraqi-led reconciliation effort. That effort helped make that part of Iraq surprisingly peaceful well into the fall of 2003, as the Sunni Arabs cast out of jobs and out of society by the de-Ba’athification policy still had hope of being part of the new Iraq in our area. Ultimately, however, that initiative, along with reconciliation efforts in subsequent years in western Anbar Province and elsewhere, foundered due to a lack of support by Iraqi authorities in Baghdad. I watched these initiatives during my second tour in Iraq, as commander of the Multi-National Security Transition Command-Iraq from June 2004 to September 2005.

Given my recognition of the importance of reconciliation, I was determined that we would support the nascent Awakening and then, over time, gain our Iraqi partners’ support, as well. In fact, my first trip outside Baghdad, shortly after taking command on Feb. 10, 2007, was to assess the progress of the initiative in Ramadi. After seeing the results of the Awakening up close, I quickly resolved that we would do all that we could to support the tribal rebellion there and also to foster its spread through other Sunni areas of Iraq. (Eventually, we also supported Shiite awakenings in some of the areas troubled by Shiite militias.) We would, in effect, seek to achieve a « critical mass » of awakenings that would set off a « chain reaction » as rapidly as was possible — initially up and down the Euphrates River Valley in Anbar Province and then into neighboring Sunni Arab areas of Iraq. Of equal importance, we would also seek the support of Iraqi Prime Minister Nouri al-Maliki for these initiatives. (I personally took him to Ramadi in March 2007 to speak to the tribal sheikhs leading the Awakening there, and I subsequently took him to other Sunni areas for similar endeavors as well.)

The decision to support the Awakening movement and, in essence, reconciliation carried considerable risk and was not initially embraced by all of our commanders. Many correctly pointed out that the leaders and members of the groups that wanted to reconcile with us — groups that might be willing to embrace the Awakening — had American blood on their hands. Beyond that, it was clear early on that Prime Minister Maliki was willing to allow us to support awakenings in strictly Sunni areas such as Anbar, but that he had understandable concerns about them when they approached areas of greater concern to his Shiite coreligionists; moreover, he also was not at all enthusiastic initially about providing Iraqi resources and assistance for what came to be known as the « Sons of Iraq, » the young men who helped augment coalition and Iraqi police and army forces in securing their tribal areas. Regardless, I was convinced that there was no alternative if we were to reduce the violence and divert key elements of the Sunni insurgency from their actual or tacit support for the actions of al Qaeda. So we pressed ahead and dealt with the many issues that arose along the way, helped initially by my first deputy, British Lt. Gen. Sir Graeme Lambe, a friend and colleague of many years, and then by the establishment of a Force Reconciliation Cell that was headed by a talented two-star British officer and an impressive senior U.S. diplomat.

Ultimately, the Awakening movement — and, in effect, reconciliation — did spread dramatically. There were many challenges as this transpired, especially when Prime Minister Maliki and other Shiite leaders developed concerns over the spread of the movement into Baghdad and areas near predominantly Shiite or mixed communities. Our reconciliation team — aided enormously by Emma Sky, a brilliant British woman who served as a special assistant to me during the latter part of the surge (having served as General Odierno’s political adviser earlier and subsequently) — worked tirelessly to deal with the seemingly endless list of issues and with the woman appointed by Prime Minister Maliki to oversee reconciliation initiatives for the Iraqi government. And, ultimately, a year and a half into the surge, we had on our payroll more than 100,000 « Sons of Iraq » (more than 20,000 of them Shiite), young men who lived in the areas of the Awakening movements and who then helped secure their neighborhoods from both Sunni insurgents and Shiite militias.

In sum, the spread of the Awakening was not serendipity; it was the result of a deliberate decision I took soon after taking command. To be sure, the timing of the initiative outside Ramadi was fortuitous, but from even before taking command I knew that reconciliation had to take place if we were to reduce violence significantly by the fall of 2007. We thus were determined to capitalize on the Ramadi initiative by promoting the spread of Awakening movements and facilitating the resulting reconciliation among sects, tribes, and factions. I understood the numerous risks, and we took measures to ensure that Awakening movements and the « Sons of Iraq » did not turn into an unaccountable militia force that would cause more trouble for Iraq in the long run than they were worth in the near term. Looking back, the risks clearly were worth the resulting gains.

Targeted Special Operations

Another critical component of our comprehensive approach was an intensive campaign of targeted operations by U.S. and British Special Operations Forces to capture or kill key insurgent and militia leaders and operatives. Although I publicly acknowledged from the outset that we would not be able to kill or capture our way to victory (hence the need to support the Awakening), killing or capturing the most important of the « irreconcilables » was an inescapable and hugely important element of our strategy. Indeed, we sought to pursue key irreconcilables even more aggressively than was the case before the surge.

Then-Lt. Gen. Stan McChrystal, commander of the U.S. Joint Special Operations Command and the Counter-Terrorism Special Operations Task Force operating in Iraq, led this effort brilliantly. Our special operators were relentless in the pursuit of al Qaeda and other Sunni Arab extremist leaders, bomb makers, financiers, and propaganda cells — and of key Iranian-supported Shiite Arab extremists as well (though the latter effort was frequently constrained by Iraqi political factors, given the proclivities of the Shiite-led government). As the surge proceeded, the capacity and pace of U.S.- and coalition-targeted Special Operations under Lt. Gen. McChrystal and subsequently by then-Vice Adm. William H. McRaven increased substantially, as did the tempo of targeted operations by the Iraqi counterterrorist forces that we trained, equipped, advised, and also enabled with helicopters and various intelligence, surveillance, and reconnaissance assets. The results were dramatic: the targeted operations — as many as 10 to 15 per night — removed from the battlefield a significant proportion of the senior and midlevel extremist group leaders, explosives experts, planners, financiers, and organizers in Iraq. Looking back, it is clear that what the American and British special operators accomplished, aided enormously by various intelligence elements, was nothing short of extraordinary. Their relentless operations, employment of unmanned aerial vehicles and other advanced technology, tactical skill, courage, and creativity were truly inspirational. But by themselves they did not and could not turn the tide of battle in Iraq; once again, the key was a comprehensive approach, in which this element, like the others, was necessary but not sufficient.

The Development of Iraqi Security Forces

Supporting the development of the Iraqi Security Forces was also vitally important — and an effort with which I was intimately familiar, as I had led the establishment of the so-called « train and equip » organization and commanded the Multi-National Security Transition Command-Iraq for the first 15 and a half months of the organization’s existence, during which I was also dual-hatted as the first commander of the NATO Training Mission-Iraq.

Although I halted the transition of tasks from coalition to Iraqi forces shortly after I took command, we knew that ultimately such transitions would be essential to our ability to draw down our forces and send them home. As President Bush used to observe, « U.S. forces will stand down as the Iraqi forces stand up. » We knew that ultimately the U.S. military could not support the replacement of the five surge brigades and the other additional forces deployed to Iraq in 2007. It thus was imperative that Iraqi forces be ready by the latter part of 2007 to assume broader duties so that coalition forces could begin to draw down and the surge forces could go home. Beyond that, Iraqi leaders, frequently with unrealistically elevated assessments of the capabilities of their security forces, repeatedly advocated the continued transition of security and governance tasks — a desire that was commendable, if sometimes premature.

Under the capable leadership of then-Lt. Gen. Marty Dempsey and his successor, Lt. Gen. Jim Dubik, the train-and-equip mission steadily expanded its efforts not just to develop Iraqi army, police, border, and special operations units but also to build all of the institutions of the Ministries of Interior and Defense, their subordinate headquarters and elements, and the infrastructure and systems needed for what ultimately grew to a total of 1 million members of the Iraqi security forces.

These tasks required Herculean efforts. Our programs supported every aspect of Iraqi military and police recruiting, individual and collective training, leader development (for example, the creation of basic training complexes, a military academy, branch schools, a staff college, a war college, and a training and doctrine command), equipping Iraqi forces with everything from vehicles and individual weapons to tanks and aircraft, the conduct of combat operations (with advisory teams at every level from battalion and above), development of logistical organizations and depots, construction of tactical and training bases and infrastructure, establishment of headquarters and staffs, and, as noted earlier, the development of all of the elements of the ministries themselves. Indeed, it is hard for anyone who did not see this endeavor firsthand to appreciate its magnitude. Additionally, progress required our Iraqi counterparts to replace substantial numbers of senior army and police leaders who proved to be sectarian, corrupt, or ineffective in the performance of their duties before or during the early months of the surge. Fortunately, Prime Minister Maliki and his senior military and police leaders proved willing to undertake the vast majority of the necessary changes.

Over time, we and our Iraqi counterparts achieved slow but steady progress in building the capabilities of the Iraqi Security Forces. With effective partnering of Iraqi and U.S. forces, Iraqi forces steadily shouldered more of the burdens and took over more tasks. They also increasingly bore the brunt of combat operations, with their losses totaling several times those of coalition forces. I often noted to the president, the prime minister, and others, in fact, that as the surge proceeded, Iraqi security forces clearly were fighting and dying for their country. Progressively, over the months and years that followed, the coalition turned over responsibility for security tasks to Iraqi forces until, at the end of 2011, Iraqi elements assumed all security tasks on their own, with only a residual U.S. office of security cooperation remaining in Iraq.

The Civilian Components

The comprehensive strategy employed during the surge also had significant civilian components. Indeed, Ambassador Crocker and I worked hard to develop unity of effort in all that our respective organizations and coalition and Iraqi partners did. The campaign plan we developed in the spring of 2007, in fact, was a joint effort of my command, Multi-National Force-Iraq, and the U.S. embassy, with considerable input from coalition partners such as Britain. (This civil-military plan built on the partnership that my predecessor, Gen. George Casey, had developed with then-U.S. Ambassador Zalmay Khalilzad, albeit with the changes in strategic and operational concepts that I have described.) And over time, our plan was also, of course, synchronized in close coordination with our Iraqi counterparts. Appropriately, the mission statement in the campaign plan we finalized in the early summer of 2007 included many nonmilitary aspects, highlighting the combined approach on which we all embarked together.

As security improved, the tasks in the civilian arena took on greater importance. It was critical, for example, that we worked with our coalition and Iraqi civilian partners to help repair damaged infrastructure, restore basic services, rebuild local markets, reopen schools and health facilities, and support the reestablishment of the corrections and judicial systems and other governmental institutions. While not determinative by themselves, such improvements gave Iraqi citizens tangible reasons to support the new Iraq and reject the extremists, insurgents, and militia members who had caused such hardship for them.

To facilitate and coordinate such efforts, each brigade and division headquarters was provided an embedded provincial reconstruction team of approximately a dozen civilian and military experts (often led by retired diplomats and development specialists). The U.S. Congress also provided the units substantial funding (through the Commander’s Emergency Response Program) to help with these efforts (and the U.S. embassy and some coalition nations did likewise through their sources of funding). Again, over time, progress in these initiatives proved essential to gaining the support of the Iraqi people for their government and to turning the people against both Sunni and Shiite extremists. These tasks were huge and often expensive, but they were essential to gradually improving basic services and other aspects of life for the Iraqi people. With steadily improving security and with the U.S. Army Corps of Engineers taking on the oversight of the larger reconstruction projects for the embassy as well as for the military, the effort moved forward relatively well, although there were innumerable challenges, including security issues, corruption, design and management shortfalls, and so on. But even in the face of such obstacles, substantial reconstruction progress was nonetheless achieved.

Detainee Operations and Rule-of-Law Initiatives

Another important component of the comprehensive approach was the conduct of detainee operations. In this area also, we had to implement significant changes. The scope of this effort was enormous. In fact, the number of detainees in U.S.-administered facilities reached 27,000 after I temporarily halted releases until we could implement programs that provided a review process for the detainees in our facilities and could establish rehabilitation and reintegration programs to reduce the recidivism rate of those we released back to their communities.

Early on in the surge, it was clear to many of us that the detainee facilities we were operating had become breeding grounds for extremism. Indeed, some of our special operators, having recaptured the same individuals more than once, began calling our facilities « terrorist universities. » We were, to be sure, providing humane treatment; however, we had not identified and segregated from the general detainee population the hardcore extremists. Until that was done, the extremists asserted control (often brutally) in the facility enclosures — some of which contained up to 800 detainees — and spread extremist thinking and expertise among the detainee population. It became clear that we had to carry out « counterinsurgency operations inside the wire » in order to identify and separate from the detainee population the irreconcilables, just as we sought to do outside the wire in Iraqi communities. The leadership of Marine Maj. Gen. Doug Stone and of those who led the elements that constituted our detainee operations task force was instrumental in this component of our overall campaign. And the performance of the thousands of soldiers, airmen, and sailors who carried out the myriad duties in the facilities — individuals who often had been retrained from other specialties to augment the limited number of military police detention specialists available in the U.S. Army — was equally impressive.

Over time, Maj. Gen. Stone’s team also began helping our Iraqi partners as they sought to increase their own capacity and to build the prison infrastructure to conduct Iraqi corrections operations. This was another significant U.S. civil-military effort, and it was complemented by a similarly large civil-military initiative to help the Iraqis reestablish their judicial system and to rebuild the infrastructure to support it.

Then-Col. Mark Martins led the judicial support effort on the military side, staying in Iraq for two full years — as he was later also to do in Afghanistan — to oversee it, even as he also served as my senior legal counsel. The scope of this civil-military endeavor was enormous, encompassing construction of judicial facilities, training of judicial security elements, and support for reestablishment of judicial systems and structures. Partners from the U.S. State Department, Department of Justice, FBI, and other government agencies also played key roles in this substantial effort.

Another important initiative that supported the overall campaign was the effort to improve our intelligence about the various extremist elements and what was going on in Iraq more broadly. Here again, we pursued civil-military programs to build our capabilities (including fusion cells started under General Casey at each division headquarters to bring together all elements of the U.S. intelligence community); to expand the intelligence, surveillance, and reconnaissance assets available (everything from drones to cameras on towers); to build a massive database that our analysts could use to identify correlations and linkages between individuals and organizations; and to improve intelligence sharing with coalition and Iraqi partners. We also established human terrain teams at each brigade headquarters to help our commanders understand in a more granular manner the composition, power structures, customs, and views of the Iraqi people in their areas of responsibility. And we extended secure Internet access to unprecedented levels (down to most company headquarters) within our organizations, as well. Counterinsurgency operations depend on a keen understanding of the political, historical, cultural, economic, and military situation in each area, and our initiatives built on those begun earlier in the war to further our understanding of the dynamics of each province, district, and community. Truly understanding the human terrain was vital to our ability to improve its security.

The Iraqi Political Component and Strategic Communications

The heart of the struggle in Iraq was a competition for power and resources between the major factions in the country — the majority Shiite Arabs and the minority Sunni Arabs and Kurds. (There were subfactions of each group as well, of course, in addition to other minority sects and ethnicities such as Turkoman, Yezidis, and Iraqi Christians, among others.) Achieving enduring progress in Iraq thus required achievement of political agreements on a host of key issues that divided the various factions. Consequently, seeking to foster agreement on such issues was yet another important component of the overall approach, and it developed into one to which Ambassador Crocker and I devoted considerable focus and effort. During the course of the surge, there were important laws passed and initiatives agreed upon — for example, a provincial powers act, an elections law, a reform of the de-Ba’athification decree, an amnesty law, and so forth; however, it was in this area that the most additional progress was (and still is) needed. Nonetheless, the surge made politics once again the operative mechanism through which Iraqis would divide power and resources — even as they struggled to create the political impetus and find the common ground to seize the moment and the opportunity offered to them.

Strategic communications, or public affairs, was another important element of the campaign. My guidance here was clear: we should seek to « be first with the truth, » to be as forthright as possible, to provide information on all developments and not just « good news, » and to avoid the practice of « putting lipstick on pigs » (trying to make bad news look good through spin). This also meant highlighting the violent acts carried out by al Qaeda and the Sunni insurgents, as well as those carried out by Shiite extremists. Hanging around the neck of Shiite cleric Moqtada al-Sadr was the assassination of Shiite police chiefs and governors and the violent acts of his followers in the holy city of Karbala in the summer of 2007, for example, which contributed to his decision to order his militia to stand down until the following March. (Of course, increased pressure by coalition and Iraqi forces and Prime Minister Maliki’s courageous confrontation with the militia members in Karbala contributed to Sadr’s decision, as well.) Clearly establishing in the eyes of the Iraqi people that Iranian elements were supporting members of the most violent Shiite militias also helped turn some Iraqis against Tehran’s meddling in their country. And fostering concepts of integrity in government and pride in the Iraqi security forces, as well as awareness of what was being achieved by coalition and Iraqi efforts — even while acknowledging our shortfalls and mistakes — was all part of a comprehensive strategic communications campaign. Like most of our other efforts, this campaign was increasingly coordinated with — and, over time, replaced by — Iraqi efforts.

There were, of course, many other components of the overall campaign: engagement with religious and academic leaders, jobs programs, support for governance at all levels, initiatives to attract outside investment back to Iraq, work with countries in the region to reengage with Baghdad and to prevent their young men from traveling to Iraq to join the extremist elements, initiatives to improve security on the borders and to reestablish customs and immigrations facilities, and programs to reduce terrorist and insurgent financing. But the elements I have outlined were the major components of the comprehensive civil-military campaign plan that guided our operations and activities. Each was of central importance to the achievement of progress during the course of the surge and accomplishments in each component reinforced and made possible further steps forward in other areas — the cumulative effect of which was considerable by the end of the surge in July 2008. Indeed, some of the various facets of our strategy continue to contribute to the situation in Iraq today, even after all U.S. combat forces have left the country, despite the considerable backsliding in the political and security situation.

Once again, it is important to note that the surge was all of the above, a comprehensive civil-military campaign, not just a substantial number of additional forces. The extra forces were critical to achieving progress as rapidly as we did, but they would not have been enough without the other components of the campaign.

The Magnitude of the Difficulty

As I’ve made clear, all of this was extraordinarily difficult and carried out in an environment of tremendous violence and frustratingly difficult Iraqi political discord. Moreover, we knew — and I stated publicly on numerous occasions — that the situation in Iraq would get worse before it got better. That proved true. There was no way to stop the violence without confronting those responsible for it. And there was no way that we could do that without putting our troopers and those of the Iraqi forces on the sectarian battle lines in Baghdad and elsewhere, especially in the areas most affected by al Qaeda terrorists and sectarian militias. When we did that, the insurgents and militia members predictably fought back. Consequently, violence rose throughout the first five months of the surge, reaching a crescendo in May and June, to well over 200 attacks per day, before beginning to abate and then falling fairly rapidly in July, August, and September of 2007.

The decline in violence overall, and the substantial reduction in car bombings in particular, as well as gradual improvements in a number of other areas of our effort made possible by the improved security, enabled Ambassador Crocker and me to report guarded progress in congressional hearings in September 2007. While highly charged emotionally at the time, those hearings gained us critical additional time and support, without which it is likely that the mission in Iraq would have failed. And, after we were able to report further progress when we testified again in April 2008, having already commenced the drawdown of the surge as well, we were able to gain still further time and support for our efforts in Iraq.

The progress continued throughout the remainder of the surge and beyond, with periodic upticks in violence, to be sure, but with the overall trajectory positive, despite continued inability to resolve many of the major political issues that divided the Iraqi people. Nonetheless, the comprehensive civil-military endeavor pursued during the surge made it possible over time to transfer tasks from U.S. and other coalition forces to Iraqi soldiers and police and, ultimately, for the United States to withdraw its final combat elements at the end of 2011 without a precipitate descent back into the violence and civil conflict that made the surge necessary in the first place. None of this could have been possible were it not for the extraordinary sacrifices and service of the men and women in uniform in Iraq during the surge and their diplomatic, intelligence, and development community partners.

At the highest level, President Bush’s decision to conduct the surge was exceedingly courageous. His advisers were split on the decision, with many favoring other approaches that in my view would have failed. And as the going did get tougher over the early months of the surge, President Bush’s steadfast leadership and his personal commitment to seeing the war through to a successful conclusion (albeit one that might take many years to unfold) took on enormous significance.

I was privileged, together with Ambassador Crocker, to participate in a weekly video teleconference with the president and the members of the National Security Council. It began promptly at 7:30 a.m. Washington time each Monday, thereby ensuring that all participants were focused at the start of the week on the mission to which the president had given his total commitment. I do not believe that any battlefield commander ever had that frequency of contact with his commander in chief, and it was of vital importance to me, as was the support of Secretary of Defense Bob Gates.

I also had a weekly video teleconference with Secretary Gates, who personally drove forward a number of programs of incalculable value to our men and women on the ground, programs such as the accelerated production of mine-resistant, ambush-protected MRAP vehicles; a huge increase in intelligence, surveillance, and reconnaissance assets (such as Predator unmanned aerial vehicles and optics on towers, among many others); and a host of individual protective systems and enablers for our troopers — not to mention the additional forces that I requested once I got on the ground and identified additional needs beyond those addressed by the initial surge force commitment. Secretary Gates and all of us in Iraq were supported enormously, as well, by Gen. Pete Pace and then Adm. Mike Mullen, the two officers who served as chairman of the Joint Chiefs during the surge. General Pace and Admiral Mullen also did yeoman service in maintaining the support of the military service chiefs who were understandably under enormous strain to produce the forces that we needed, while also gradually increasing the effort in Afghanistan, as it began to go downhill. At one point, of course, this required the extension of the tours in Iraq and Afghanistan from 12 to 15 months, an enormous sacrifice to ask of our men and women there and their families at home, but one that proved hugely important to the campaign.

President Bush’s commitment had an enormous psychological effect on our men and women in Iraq, as well as on the Iraqi people. Our troopers recognized that we had a chance to do what was needed to reverse the terrible cycle of violence that had gripped Iraq in the throes of civil war. And the citizens of the Land of the Two Rivers realized that there was still hope that the new Iraq could realize the potential that so many had hoped for in the wake of the ousting of Saddam Hussein and the collapse of the Ba’athist regime in 2003.

Commanding MNF-I

I recognized early on that I had become the face of the surge. I had not asked for this role, but whether I liked it or not, I had to fill it. Beyond that, of course, it was essential that I determine the right big ideas (with lots to help, to be sure), provide clear direction, communicate that direction in all possible forms, and then oversee the implementation of the resulting plans. It was also critical that I spend time with our troopers on the ground, that I share a measure of risk with them, and that I give encouragement and provide cautious optimism that we could, indeed, achieve the objectives we’d set out for ourselves and our Iraqi partners. In truth, from the beginning I believed that our approach was correct and that we would achieve progress; however, there were undeniably moments when I was uncertain whether we could achieve sufficient progress quickly enough to report that to Congress by September 2007. On more than one occasion as the early months went by, in fact, I sat alone with Gen. Odierno after our morning updates and discussed with him when we thought the situation was going « to turn. » No theater commander ever had a better « operational architect » than I had in him.

As the coalition commander, I also had extensive contact with the military and civilian leaders and legislators of the countries contributing forces to the coalition and also, of course, with Prime Minister Maliki and our key Iraqi partners from all sectors of the population. I had considerable interaction as well with the U.S., international, and Iraqi press. In the latter effort, as with the leaders of the coalition countries, I worked hard to avoid projecting unfounded optimism. When asked whether I was an optimist or a pessimist, for example, I typically replied, « I am neither an optimist nor a pessimist; rather, I am a realist. And reality is that Iraq is all hard, all the time. » I would then note the progress we’d achieved and setbacks we’d suffered in recent weeks. I worked hard, in fact, to maintain credibility with coalition leaders and the media, as well as with our troopers and their Iraqi counterparts. The provision of realistic assessments was hugely important and ranked among the biggest of the many « rocks » in my personal rucksack.

Needless to say, it was the greatest of privileges to serve with the selfless men and women, Iraqi and American and those of our coalition partners, civilian as well as military, who did the hard, dangerous work of the surge. There seldom was an easy period; each day was tough. But those on the ground consistently demonstrated the skill, initiative, determination, and courage needed to turn the big ideas at my level into reality at their levels and in their areas of responsibility. They also displayed the flexibility that was required to ensure that Multi-National Force-Iraq was a learning organization, one that could react faster and display greater adaptability than our terrorist, insurgent, and militia opponents. As the surge progressed, the men and women I was privileged to command continually refined tactics, techniques, and procedures, and they ultimately defeated their enemies in both the physical and intellectual manifestations of counterinsurgency battle.

Because of the complexity of counterinsurgency operations and the mixture of military and civilian tasks that they entail, it is sometimes said that counterinsurgency is the graduate level of warfare. However debatable that assessment may be, there is no question that the men and women of the surge demonstrated a true mastery of all that was required to conduct such operations. As I often noted in later years, they earned the recognition accorded them as « America’s New Greatest Generation. »

The Road Ahead

In many respects, Iraq today looks tragically similar to the Iraq of 2006, complete with increasing numbers of horrific, indiscriminate attacks by Iraq’s al Qaeda affiliate and its network of extremists. Add to that the ongoing sectarian civil war in Syria — which is, in many aspects, a regional conflict being fought there — and the situation in Iraq looks even more complicated than it was in 2006 and thus even more worrisome — especially given the absence of American combat forces.

As Iraqi leaders consider the way forward, they would do well to remember what had to be done the last time the levels of violence escalated so terribly. If Iraqi leaders think back to that time, they will recall that the surge was not just more forces, though the additional forces were very important. What mattered most was the surge of ideas — concepts that embraced security of the people by « living with them, » initiatives to promote reconciliation with elements of the population that felt they had no incentive to support the new Iraq, ramping up of precise operations that targeted the key « irreconcilables, » the embrace of an enhanced comprehensive civil-military approach, increased attention to various aspects of the rule of law, improvements to infrastructure and basic services, and support for various political actions that helped bridge ethno-sectarian divides.

The ideas that enabled progress during the surge are, in many respects, the very ideas that could help Iraq’s leaders reverse the tragic downward spiral that we have seen in recent months. As we discovered in the run-up to the surge of 2007, a singular focus on counterterrorist operations will most likely fail to stem the violence gripping Iraq. If Iraq and the Iraqis are to have yet one more opportunity to move forward, they would likely find it useful to revisit the entire array of approaches pursued in 2007 and 2008. It is heartening, thus, to know that some of the veterans of the surge, American as well as Iraqi, are engaged in the effort to help Iraq determine and then pursue the initiatives needed to address the terrible increase in violence in that country. This is a time for them to work together to help Iraqi leaders take the initiative, especially in terms of reaching across the sectarian and ethnic divides that have widened in such a worrisome manner.  It is not too late for such action, but time is running short.


Antisémitisme: Est-il rien sur la terre qui soit plus surprenant ? (The longest hatred in history: Retracing the thread from the New Testament to Auschwitz and today)

22 septembre, 2014
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Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe? Jésus (Jean 21: 22)
Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le Fils de l’homme venir dans son règne. Jésus (Matthieu 16: 28)
Est-il rien sur la terre qui soit plus surprenant que la grande misère du pauvre Juif errant ? Complainte du Juif errant
Jamais je ne m’arrête ni ici ni ailleurs; par beau ou mauvais temps je marche incessamment … Le juif errant
Des remords ? Pourquoi ? Gardez la paix de l’âme et soyez méchant. Les bons vous en sauront gré. Le Christ ! je l’ai bafoué. Il m’a fait surhumain. Adieu !…  Apollinaire
La complainte que l’on chanta après ma visite à Bruxelles me nomme Isaac Laquedem, d’après Philippe Mouskes, qui, en 1243, mit en rimes flamandes mon histoire. Le chroniqueur anglais Mathieu de Paris, qui la tenait du patriarche arménien, l’avait déjà racontée. Depuis, les poètes et les chroniqueurs ont souvent rapporté mes passages, sous le nom d’Ahasver, Ahasvérus ou Ahasvère, dans telles ou telles villes. Les Italiens me nomment Buttadio – en latin Buttadeus ; – les Bretons, Boudedeo ; les Espagnols, Juan Espéra-en-Dios. Je préfère le nom d’Isaac Laquedem, sous lequel on m’a vu souvent en Hollande. Des auteurs prétendent que j’étais portier chez Ponce-Pilate, et que mon nom était Karthaphilos. D’autres ne voient en moi qu’un savetier, et la ville de Berne s’honore de conserver une paire de bottes qu’on prétend faites par moi et que j’y aurais laissées après mon passage. Mais je ne dirai rien sur mon identité, sinon que Jésus m’ordonna de marcher jusqu’à son retour. Je n’ai pas lu les œuvres que j’ai inspirées, mais j’en connais le nom des auteurs. Ce sont : Goethe, Schubart, Schlegel, Schreiber, von Schenck, Pfizer, W. Müller, Lenau, Zedlitz, Mosens, Kohler, Klingemann, Levin Schüking, Andersen, Heller, Herrig, Hamerling, Robert Giseke, Carmen Sylva, Hellig, Neubaur, Paulus Cassel, Edgar Quinet, Eugène Suë, Gaston Paris, Jean Richepin, Jules Jouy, l’Anglais Conway, les Pragois Max Haushofer et Suchomel. Il est juste d’ajouter que tous ces auteurs se sont aidés du petit livre de colportage qui, paru à Leyde en 1602, fut aussitôt traduit en latin, français et hollandais, et fut rajeuni et augmenté par Simrock dans ses livres populaires allemands.  Apollinaire
Le Juif errant est une figure symbolique d’une grande densité, multiple et unitaire à la fois, située au centre d’un univers mythologique dont l’extension notable dans le temps n’est pas moindre que sa diffusion dans l’espace. Un bref passage de l’Évangile de Jean est à l’origine d’une floraison de récits, différents les uns des autres non seulement par la variété des trames et des formes expressives, mais aussi par la diversité des configurations mentales sous‑jacentes à la narration des vicissitudes du protagoniste. Ces récits, selon nous, se prêtent à être lus comme autant de variantes d’un mythe qui, toutes, le contiennent à un niveau potentiel. (…) Une telle plasticité intrinsèque, qui n’a pas d’autres exemples hors de la mythologie, est une des raisons qui ont permis à la figure du Juif errant de ponctuer le chemin de la civilisation occidentale chrétienne, sur une longue durée, allant grosso modo du Moyen Âge au xxe siècle (personne ne peut dire si actuellement l’élan initial a épuisé ou non ses propres potentialités). Si l’on s’interroge sur les motifs d’une diffusion aussi vaste et d’une aussi longue durée, on ne peut éviter de commencer par l’observation suivante : l’Europe chrétienne à travers la construction du mythe du Juif errant a forgé une image particulière de l’Autre, à laquelle elle ne pouvait pas ne pas confronter sa propre image. Il ne s’agit pas d’un quelconque « autre », mais du plus problématique et « impliquant », marqué par un paradoxe éclatant : le juif, le juif modelé par l’imaginaire chrétien, a le privilège de réunir en lui des pôles opposés dans la mesure où il incarne simultanément la diversité et la similitude. Séparé du monde chrétien par un fossé abyssal, car il n’a pas reconnu le Messie dans le Christ, il est néanmoins le dépositaire d’une vérité fondamentale pour la chrétienté : celle de l’incarnation de la passion du Christ, dont il a été le témoin direct. Le monde chrétien ne peut que prendre ses distances avec lui mais, dans le même temps, ne peut se permettre de l’ignorer : est‑il possible de résoudre, ou tout au moins atténuer une contradiction aussi marquée ? Marcello Massenzio
Despite the real efforts to develop a Christian-Jewish dialogue, it is only among the educated and broad-minded elite in the Catholic and Protestant churches that there has been a significant shift in the perception of Judaism and the Jews. But this is much less true of the Orthodox Christians, who account for well over 300 million people. Furthermore, we would have to qualify even the progress made with the Catholic Church by saying that it is in the theological realm, not manifested in attitudes towards Israel — though, yes, finally in the 1990s, the Vatican recognized the Jewish state. In the Protestant world, it’s a slightly reversed trend. The Evangelical Christians are among Israel’s most passionate supporters. But they have not altogether cast overboard more traditional theological ideas about conversion of Jews being the indispensable prelude to the ultimate redemption. (…) There are important nuances here, both between countries in different parts of the world, and within the West itself. American and European Christendom, for example, are completely different. In the U.S., many Christians see Jews as allies in the struggle to protect and preserve all the core values that are threatened directly by militant Islam; just as many Jews see those Christians who understand the moral, historical, and political legitimacy of Israel as indispensable allies. The common interest is glaringly obvious, although sometimes more to Christians than to Jews. Here lies a paradox that has to be addressed: Christians of the more liberal persuasion, particularly liberal Protestants, are very often hyper-critical of Israel, and push for boycotts, divestment, and sanctions. They also support charity organizations like War on Want and Christian Aid, which utterly and uncritically embrace the Palestinian cause. Then there’s the left wing of Christianity, which has roots in the Third World and Latin America. It espouses a kind of Marxist liberation theology. The conservative Christians have a totally different perception of Israel from these groups. They, unlike their more liberal coreligionists, passionately support Israel as a front line of democracy, which they sincerely define as the Judeo-Christian basis of all the freedoms that we tend to take for granted in Western countries. Ruthie Blum Leibowitz
What needs to be understood — and it’s a case I make strongly in the book — is why the ayatollahs have invested such great efforts in their propaganda against Israel. The reason they have presented themselves as — and have carried out a policy of being — the avant garde of total opposition to Israel’s very existence is that they see this as their most powerful card in a much broader and more ambitious aim. This aim is first to establish hegemony throughout the Middle East, and then to be in a position where they can actually challenge the hegemony of the West. Hatred of Israel and this very intense, religiously driven indoctrination on Iran’s part is designed primarily for the Arab street, and it has had some success. Its most important success was in underwriting and reinforcing the Hizbullah movement it created in Lebanon in 1982. Hizbullah (the Party of God) is a movement which operates in an Arab country and whose members are all Arabs. But they are Shiites — Arab Shiites who have become a proxy of Iran, and closely controlled by its regime. Their ideology is completely Iranian-oriented, and includes a visceral hatred of Jews. (…) That Hamas, a Sunni Muslim organization, has increasingly become another Iranian proxy in the region has been one of the most striking developments in the last five or six years. The seeking of Israel’s destruction has become the most effective glue linking Iran to an Arab world that is naturally and rightfully suspicious of its intentions. Countries like Egypt, Jordan, and Saudi Arabia, which are all Sunni, and often considered to be moderate or pro-Western in some way — though that would have to be seriously qualified in practice — do feel threatened by Iran. In their own ambiguous way, they are seeking means to diminish or neutralize the Iranian threat. Then there are the smaller Gulf States, which are literally defenseless in the face of a nuclearized Iran. Presently, they may feel they have an American shield to protect them from future Iranian threats. But how much would such a shield be worth if there were a nuclear Iran nuclear? Not very much. (…) The bulk of them [students on Western campuses] have completely bought in to the Palestinian version of the conflict: that the Jews came in and stole the land; that the state of Israel was an illegitimate creation with no historic justification; that its establishment was a colonialist and imperialist conspiracy. This is now a kind of lingua franca of a whole generation of students. Probably 90% of the books they are assigned in Middle East studies point in that direction. (…) We have far more possibilities than the Jews of the pre-Holocaust period had. We have an independent state, with a very advanced and flourishing society. Admittedly, our adversaries today have much more extensive resources with which to circulate and amplify the cycle of lies. This doesn’t mean, however, that we are fated to be passive recipients of vilifying accusations on the part of forces intent on Israel’s demise. One of the reasons I wrote this book was to identify those forces and the impetus behind them. Their build-up is something that only seems to have hit home to many Israelis after the Goldstone report. But that report is only the last straw in a long indictment that has been mounting with very little response, other than from a handful of people.(…) Here we are touching on one of the core problems of dealing with this escalating process of undermining the moral foundations and legitimacy of Israel. It’s difficult for me to be cool, calm and collected when, as part of my everyday work, I have to read so many self-accusatory statements and indictments either by Israelis who have left Israel, or by those who remain and teach in Israeli universities, or by Diaspora Jews who have jumped on this bandwagon and seem so keen to produce their “divorce certificates” from the Jewish state. And they do this in order to give themselves the appearance of a clean bill of health. It is their way of saying: “We are good Jews; we have nothing in common with those bad ones.” (…) Indeed, I think there is an analogy to be drawn between the highly assimilated, well-off, middle- and upper-middle-class Jews of Weimar Germany, who believed that if only they could demonstrate to non-Jewish Germans that it was the east European Jewish immigrants at the root of all the problems, they themselves would be spared anti-Semitism. This, of course, was all blown away after 1933, because it wasn’t of the slightest interest to Hitler and his supporters what kind of Jew you were. As a matter of fact, it was the well-established Jewish professionals and intellectuals who the Nazis were determined to “cleanse” Germany from first. Today, those left-wing and liberal Jews who feel that if only they can show they fully share the anti-Zionist zeitgeist, they will be spared the indictment that is being handed out, are victims of the same delusion. (…) We recently celebrated the festival of Purim. And though nobody believes in the literal historicity of the events in the Book of Esther, it is a document of great importance, because of what it tells us about anti-Semitism and Jewish responses to it. It is astonishing to find such continuities from more than 2,000 years ago to today. And it is ironic that the great Jew-hater of the story, Haman, hails from the same country — what was then Persia — as Ahmadinejad today. In the story, the Jews are already in the Diaspora — so presumably it was written in the Hellenistic period — and they are described as being a dispersed people, and divided among themselves, although they have their own laws and customs, which are distinct from those of the other habitants of the kingdom. And the bait that Haman offers to the king to carry out the extermination of the Jews is that it will bring great economic benefits to the treasury, and that it will introduce an element of uniformity in the kingdom that is actually a multicultural, multinational, perhaps quite shaky empire. And how do the Jews react? Well, Mordechai and Esther engage in a political action; there are court intrigues; a complex plot unravels. But ultimately, in the Diaspora, Jews are dependent on fate, on the powers-that-be, and on persuading at least some of those powers-that-be to allow them to defend themselves. This was less and less true in the history of the Diaspora, and Jews were less and less able to organize and defend themselves — which is one of the primary reasons why modern Zionism came into existence. So, clearly, anti-Semitism is an ancient phenomenon. That’s why the subtitle of my book begins with “from antiquity.” And many Jewish responses are traditional ones. We can almost say that nothing new has ever been invented in the history of Jewish self-defense. Some techniques are more refined than others. Jews have achieved greater amounts of power in a number of diasporic societies. But the scenarios don’t change that much. What has changed is the existence of Jewish sovereignty. Of a state. Of an army. Of a cohesive society which is willing and able to defend itself with all the means at the disposal of a modern society, to make sure there is no repetition of the Holocaust or of lower-scale massacres. This is a crucial development, even though it has not diminished anti-Semitism. On the contrary, it has simply given it new pretexts and sources on which it can feed. Still, we Jews are privileged in comparison to all the generations that went before us. For the first time, with our own hands, and using all the creativity, talent, determination and tenacity that we have shown over the centuries in adversity, we can frustrate the evil designs of our enemies. (…) In the Bible, Israel is the name given to Jacob, one of the three patriarchs of the nation, after he struggles with the angel — this mysterious figure, half-God, half-man, God, man, something else, the stranger, a phantom of his unconscious imagination, a real person, who knows? All name changes in the Bible have great significance. And the literal meaning of Israel is “he who struggles and prevails.” Delving into the broader meaning of Israel, both historically and today — and asking what its purpose is, for itself as a people and for the nations — you could say that it represents a struggle for truth. (…) It is a struggle to transcend ourselves, to find our better part, to aspire to the light. Contrary to the stereotype branding Jews as the incarnation of materialism, anybody really familiar with the annals of Jewish history knows this is ludicrous. This is not to say there aren’t materialists among us, of course. On one level, we are no different from anybody else. But there’s another level on which we operate, which, for a lack of a better word, I would call metaphysical. And it is this level, which Israel represents, that is one of the deepest reasons for anti-Semitism. (…) among the many other intrinsically fascinating and horrendous features it has, anti-Semitism is also a continuous challenge to the Jewish people. It is a kind of barometer to us and to the nations, both of what is wrong — because it is often a symptom of major pathologies in a given society — and a warning signal of catastrophes to come. Indeed, it is clear that its current rise is a herald of a catastrophe already in the making. Rather than deluding ourselves that it is a passing storm, if we could only see it as a galvanizer, we could put our energies to more constructive use, and understand that fighting it, too, is part of a wider struggle for continual self-betterment. As with all forms of persecution and oppression, running away doesn’t work. You have to stand up and fight your adversary and — as in the case of Jacob, who becomes worthy to be called Israel — to overcome him, even if this means sustaining a limp, as he apparently did. Ruthie Blum Leibowitz
I write on Christian origins from the standpoint of a scholar of the ancient Jewish writings, including the Dead Sea Scrolls, the Mishnah, the Talmud, and the Midrashim. My view on Christian origins is that Jesus was a Jewish messiah-figure who had no intention of starting a new religion. The real founder of Christianity as a separate religion was Paul. Jesus died on a Roman cross because he was considered a threat to the Roman occupation of Judaea, not because he was regarded as heretical or blasphemous by the Jewish religious authorities, the Pharisees. His Jewish opponent was the High Priest, who was a Roman appointee, who acted for political, not religious motives, in arresting Jesus. Jesus was not a military figure, but, like Theudas, and some other contemporary messiah-figures, relied on the hope of divine intervention, which he thought would take place on the Mount of Olives. Paul was never a Pharisee rabbi, but was an adventurer of undistinguished background. He was attached to the Sadducees, as a police officer under the authority of the High Priest, before his conversion to belief in Jesus. His mastery of the kind of learning associated with the Pharisees was not great. He deliberately misrepresented his own biography in order to increase the effectiveness of missionary activities.(…) Jesus and his immediate followers were Pharisees. Jesus had no intention of founding a new religion. He regarded himself as the Messiah in the normal Jewish sense of the term, i.e. a human leader who would restore the Jewish monarchy, drive out the Roman invaders, set up an independent Jewish state, and inaugurate an era of peace, justice and prosperity (known as ‘the kingdom of God,) for the whole world. Jesus believed himself to be the figure prophesied in the Hebrew Bible who would do all these things. He was not a militarist and did not build up an army to fight the Romans, since he believed that God would perform a great miracle to break the power of Rome. This miracle would take place on the Mount of Olives, as prophesied in the book of Zechariah. When this miracle did not occur, his mission had failed. He had no intention of being crucified in order to save mankind from eternal damnation by his sacrifice. He never regarded himself as a divine being, and would have regarded such an idea as pagan and idolatrous, an infringement of the first of the Ten Commandments. (…) The first followers of Jesus, under James and Peter, founded the Jerusalem Church after Jesus’s death. They were called the Nazarenes, and in all their beliefs they were indistinguishable from the Pharisees, except that they believed in the resurrection of Jesus, and that Jesus was still the promised Messiah. They did not believe that Jesus was a divine person, but that, by a miracle from God, he had been brought back to life after his death on the cross, and would soon come back to complete his mission of overthrowing the Romans and setting up the Messianic kingdom. The Nazarenes did not believe that Jesus had abrogated the Jewish religion, or Torah. Having known Jesus personally, they were aware that he had observed the Jewish religious law all his life and had never rebelled against it. His sabbath cures were not against Pharisee law. The Nazarenes were themselves very observant of Jewish religious law. They practiced circumcision, did not eat the forbidden foods and showed great respect to the Temple. The Nazarenes did not regard themselves as belonging to a new religion; their religion was Judaism. They set up synagogues of their own, but they also attended non-Nazarene synagogues on occasion, and performed the same kind of worship in their own synagogues as was practiced by all observant Jews. The Nazarenes became suspicious of Paul when they heard that he was preaching that Jesus was the founder of a new religion and that he had abrogated the Torah. After an attempt to reach an understanding with Paul, the Nazarenes (i.e. the Jerusalem Church under James and Peter) broke irrevocably with Paul and disowned him. Hyam Maccoby
Paul, not Jesus, was the founder of Christianity as a new religion which developed away from both normal Judaism and the Nazarene variety of Judaism. In this new religion, the Torah was abrogated as having had only temporary validity. The central myth of the new religion was that of an atoning death of a divine being. Belief in this sacrifice, and a mystical sharing of the death of the deity, formed the only path to salvation. Paul derived this religion from Hellenistic sources, chiefly by a fusion of concepts taken from Gnosticism and concepts taken from the mystery religions, particularly from that of Attis. The combination of these elements with features derived from Judaism, particularly the incorporation of the Jewish scriptures, reinterpreted to provide a background of sacred history for the new myth, was unique; and Paul alone was the creator of this amalgam. Jesus himself had no idea of it, and would have been amazed and shocked at the role assigned to him by Paul as a suffering deity. Nor did Paul have any predecessors among the Nazarenes though later mythography tried to assign this role to Stephen, and modern scholars have discovered equally mythical predecessors for Paul in a group called the ‘Hellenists’. Paul, as the personal begetter of the Christian myth, has never been given sufficient credit for his originality. The reverence paid through the centuries to the great Saint Paul has quite obscured the more colourful features of his personality. Like many evangelical leaders, he was a compound of sincerity and charlatanry. Evangelical leaders of his kind were common at this time in the Greco-Roman world (e.g. Simon Magus, Apollonius of Tyana). (…) A source of information about Paul that has never been taken seriously enough is a group called the Ebionites. Their writings were suppressed by the Church, but some of their views and traditions were preserved in the writings of their opponents, particularly in the huge treatise on Heresies by Epiphanius. From this it appears that the Ebionites had a very different account to give of Paul’s background and early life from that found in the New Testament and fostered by Paul himself. The Ebionites testified that Paul had no Pharisaic background or training; he was the son of Gentiles, converted to Judaism in Tarsus, came to Jerusalem when an adult, and attached himself to the High Priest as a henchman. Disappointed in his hopes of advancement, he broke with the High Priest and sought fame by founding a new religion. This account, while not reliable in all its details, is substantially correct. It makes far more sense of all the puzzling and contradictory features of the story of Paul than the account of the official documents of the Church. The Ebionites were stigmatized by the Church as heretics who failed to understand that Jesus was a divine person and asserted instead that he was a human being who came to inaugurate a new earthly age, as prophesied by the Jewish prophets of the Bible. Moreover, the Ebionites refused to accept the Church doctrine, derived from Paul, that Jesus abolished or abrogated the Torah, the Jewish law. Instead, the Ebionites observed the Jewish law and regarded themselves as Jews. The Ebionites were not heretics, as the Church asserted, nor ‘re-Judaizers’, as modern scholars call them, but the authentic successors of the immediate disciples and followers of Jesus, whose views and doctrines they faithfully transmitted, believing correctly that they were derived from Jesus himself. They were the same group that had earlier been called the Nazarenes, who were led by James and Peter, who had known Jesus during his lifetime, and were in a far better position to know his aims than Paul, who met Jesus only in dreams and visions. Thus the opinion held by the Ebionites about Paul is of extraordinary interest and deserves respectful consideration, instead of dismissal as ‘scurrilous’ propaganda — the reaction of Christian scholars from ancient to modern times. Hyam Maccoby (« The Mythmaker: Paul and the Invention of Christianity »)
Sur le long terme, il va falloir reconnaître que que Gaza ne peut pas subvenir à ses besoins en étant coupé du monde. Barack Obama
Combien de morts faudra-t-il encore pour que s’arrête ce qu’il faut bien appeler le carnage de Gaza ? La tradition d’amitié entre Israël et la France est ancienne et le droit d’Israël à la sécurité est total, mais ce droit ne justifie pas qu’on tue des enfants et qu’on massacre des civils. Le Hamas porte évidemment une responsabilité écrasante dans cet engrenage macabre qui sert surtout les extrémismes, mais celle-ci non plus ne justifie pas ce que le Secrétaire général des Nations unies a qualifié de crimes. Laurent Fabius
Il faudra bien, à un moment, reconnaître l’Etat palestinien. Laurent Fabius
Je tenais à remercier d’abord Mahmoud ABBAS d’avoir choisi la France avant de se rendre à l’Assemblée Générale des Nations Unies, nous nous y retrouverons d’ailleurs la semaine prochaine, parce que nous devions ensemble rappeler les évènements terribles qui se sont produits à Gaza, qui ont fait plus de 2.000 morts, des milliers de blessés, et des personnes qui aujourd’hui sont dans le dénuement le plus complet. (…) Nous aurons donc à dire très clairement, dans une résolution qui sera présentée au Conseil de sécurité, ce que nous attendons maintenant du processus et ce que doit être la solution du conflit. (…) Mais nous savons que la France est également liée à Israël, que la France veut la sécurité d’Israël et c’est parce que nous savons parler à tous nos partenaires que nous pouvons être une solution pour mettre un terme à ce conflit. François Hollande

Croyance populaire plus ou moins inspirée d’un texte biblique mal compris, diffusion via images, complaintes, livres de colportage mais aussi l’Inquisition espagnole et le protestantisme allemand, entrée dans la grande littérature européenne y compris avec une certaine mais ambiguë valorisation positive en une sorte de « christ porteur de malédiction éternelle » …

A l’heure où nos amis juifs et israéliens s’apprêtent à fêter leur nouvel an

Et, avec l’ouverture de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York et les plus que douteuses initiatives des prétendus amis d’Israël comme les Etats-Unis de Barack Obama ou la France de François Hollande ou les habituels idiots utiles juifs compris, se préparent à une nouvelle année d’attaques, menaces d’annihilation et condamnations internationales …

Pendant qu’entre détournements de fonds et  trafic d’êtres humains et de Gaza au Liban et à l’Iran, leurs ennemis fourbissent leurs armes pour la prochaine fois …

Comment, avec la complainte du Juif errant et à travers l’histoire multiséculaire du mythe du même nom, ne pas s’étonner de cette « plus longue haine de l’histoire » ?

Carol Iancu, Les mythes fondateurs de l’antisémitisme. De l’Antiquité à nos jours
Toulouse, Privat, 2003, 189 p. (coll. « Bibliothèque Historique »)
Doris Bensimon

Un mythe est une légende. Pour l’auteur, les mythes fondateurs de l’antisémitisme sont « la projection de complexes engendrés par l’intolérance à l’égard de l’altérité juive ». Carol Iancu, historien, retrace l’histoire de « la plus longue haine » dans le temps et dans l’espace.

Le peuple hébreu a inventé le monothéisme. Dans l’Antiquité égyptienne et grecque, les juifs s’opposent aux dieux païens. Aussi, dès le IVe siècle avant l’ère chrétienne, ils sont considérés comme différents des autres peuples. Leurs lois et coutumes sont contestées par le monde païen. Mais l’antisémitisme naît surtout dans le christianisme et l’islam, les deux religions issues du monothéisme juif.

Les chrétiens accusent le peuple juif de déicide, mais un « reste d’Israël » doit survivre comme témoin. L’antijudaïsme est d’abord théologique. Il s’exprime dans les écrits des pères de l’Église cités en grand nombre par l’auteur. Pendant les premiers siècles, prosélytismes juif et chrétien se concurrencent. Le christianisme l’emporte et devient religion d’État après la conversion de Constantin en 313. L’empire chrétien féodal succède en Europe à l’Empire romain. À partir de cette époque et pendant de nombreux siècles, les conciles élaborent une législation antijuive : les juifs sont discriminés dans les activités économiques, dans l’habitat (le ghetto), dans la tenue vestimentaire et par le serment more judaico. À ce rejet légal s’ajoute la haine populaire qui affuble les juifs des crimes les plus invraisemblables : le meurtre rituel, la profanation d’hosties, l’empoisonnement des puits. Le juif est perfide et démoniaque. Expulsé, il devient le « juif errant », l’étranger à jamais puni pour son refus du message chrétien. C. Iancu décrit en détail la naissance des « mythes » antijuifs qui, dans leur application concrète, sont le sort quotidien des populations juives ou de massacres en période de crise.

Un tournant semble se dessiner au siècle des Lumières suivi par l’émancipation civique des juifs en France (1791), en Angleterre (1866), en Autriche-Hongrie (1867), en Italie (1870), en Allemagne (1871). Avec l’émancipation, on pouvait s’attendre en Europe centrale et occidentale à l’intégration des juifs dans la société. Pourtant, l’antijudaïsme chrétien persiste dans ces pays. Il est complété par des thèmes nouveaux : nation et race. Il devient l’antisémitisme moderne. Par la presse, la littérature, l’action parlementaire, les antisémites mènent leur combat contre l’émancipation des juifs. Cette tendance est très nette en Allemagne. En France elle culmine avec l’affaire Dreyfus.

Dans les dernières décennies du xixe siècle, l’antisémitisme prend de nouvelles orientations. L’anticapitalisme socialiste est représenté en Allemagne par Ludwig Feuerbach, Bruno Bauer, Karl Marx et en France, par Charles Fourrier, Alphonse Toussenel et Pierre Proudhon. Chacun, à sa manière, s’attaque aux banquiers juifs et ignore les masses juives pauvres de son pays comme celles d’Europe orientale, victimes de pogroms. À partir du milieu du xixe siècle paraissent des publications sur les inégalités des races. La race indo-européenne serait supérieure à la race sémite. Parmi les précurseurs des théories raciales, C. Iancu cite en France le comte Arthur de Gobineau, Ernest Renan. Edouard Drumont diffuse le mythe de l’antagonisme Aryen/Sémite. En Allemagne, ces théories sont amplifiées. En 1879, Wilhelm Marr, auteur du pamphlet La victoire du judaïsme sur le germanisme aurait inventé le mot « antisémitisme ». Le gendre anglais de Richard Wagner, Stewart Houston Chamberlain publie en 1899 La Genèse du xixe siècle, un panégyrique de la race aryenne dont la meilleure part serait les Germains. Les théories de l’antisémitisme racial circulent en Europe occidentale et centrale. Elles préparent les voies aux national-socialistes.

À cette même époque, le mythe de la conspiration juive contre le monde chrétien est repris par celui du complot judéo-maçonnique. Ce mythe devient la conspiration mondiale dans les tristement célèbres Protocoles des Sages de Sion. Ce pamphlet a été fabriqué à Paris par la police secrète du tsar de Russie. Entre 1919 et 1920, il fut traduit dans la plupart des langues européennes. Aujourd’hui, il circule non seulement en Europe et Amérique, mais encore, traduit en arabe, au Proche et Moyen Orient.

La haine accumulée par l’antijudaïsme chrétien et par les idéologies de l’antisémitisme moderne aboutit à la Shoah, l’extermination d’un tiers du peuple juif par les nazis et leurs comparses.

Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale s’amorce un dialogue entre les Églises chrétiennes et les représentants du judaïsme. Les relations entre juifs et chrétiens s’améliorent, mais elles ne sont pas à l’abri de nouvelles flambées d’antisémitisme.

Dans la première partie de ce livre, C. Iancu évoque brièvement les relations entre musulmans et juifs. L’islam partage avec le judaïsme le strict monothéisme. Mais juifs et chrétiens refusent l’adhésion à la nouvelle religion prêchée par Mahomet. Quelques sourates du Coran condamnent leur « incroyance ». Pourtant, juifs et chrétiens sont considérés comme les « gens du Livre » (la Bible). Ils deviennent des dhimmi par leur soumission au pacte de protection appelé la charte d’Omar. Le dhimmi pouvait résider en terre d’islam, pratiquer son culte et bénéficier d’une autonomie concernant son droit privé. En contrepartie, le dhimmi devait accepter son infériorité par rapport aux musulmans, payer des impôts spécifiques, porter un signe distinctif sur son vêtement, jaune pour les juifs, bleu pour les chrétiens. La dhimma fut appliquée avec plus ou moins de rigueur selon les pays et les époques, pendant plus d’un millénaire dans l’espace conquis par l’islam. Dans ce contexte, les juifs connurent des périodes de coexistence paisible, mais aussi de persécutions.

Les deux derniers chapitres de ce livre sont consacrés à l’antisionisme et au « nouvel » antisémitisme. L’auteur relate brièvement la naissance du mouvement sioniste, de la création d’un Foyer national juif sous mandat britannique décidée en 1919 à la fondation de l’État d’Israël.

En Russie, pendant le régime tsariste, l’antisémitisme était une institution d’État. En 1917, les juifs obtiennent la pleine égalité civile et politique. Lénine condamne l’antisémitisme, mais les associations juives et parmi elles les groupements sionistes doivent cesser leurs activités. Pourtant, en 1947, l’Union soviétique a voté le partage de la Palestine mandataire. Elle fut l’un des premiers pays à reconnaître l’État d’Israël. Ce soutien fut de courte durée. L’antisémitisme n’a pas disparu en URSS et le sionisme était toujours condamné. À partir de 1950, la propagande soviétique élabore l’amalgame entre l’antisémitisme et le sionisme : cette nouvelle idéologie est reprise par les pays d’Europe de l’Est, membres du bloc de Varsovie.

Dans le contexte des guerres israélo-arabes et du conflit entre Israéliens et Palestiniens, les relations entre juifs et musulmans se sont gravement détériorées. Les arabo-musulmans ont intégré dans leurs discours et leurs actions l’ensemble des « mythes » antisémites et antisionistes européens.

Aujourd’hui, en Europe, mais aussi en Amérique, le « nouvel » antisémitisme est un amalgame entre les retombées du conflit israélo-palestinien, la résurgence des mouvements d’extrême droite et leur rencontre avec des groupes d’extrême gauche.

C. Iancu dresse le tableau presque exhaustif des multiples expressions de la « haine la plus longue de l’histoire ». Il cite des faits. Mais il ne démolit peut-être pas avec assez de force les mythes. En guise de conclusion, il affirme qu’il ne voulait pas écrire une « histoire larmoyante » du peuple juif. L’histoire positive des relations entre juifs et non-juifs devrait, elle aussi, être écrite.

 Voir aussi:

Comptes rendus

Edgar Knecht, Le Mythe du Juif er rant, essai de mythologie littéraire et de sociologie religieuse. Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, 1977.

J-C Fizaine

Sujet mince et grandiose » dit l’auteur (p. 7). Sujet épineux en tout cas « tant la complexité du problème postule la complexité des voies d’approche ». (p. 12) L’histoire du mythe du Juif errant à l’image de celle de son personnage est marquée de discontinuité, de lacunes énigmatiques. L’auteur,  sans cacher que bien des points d’interrogation restent posés, présente les pièces du dossier avec un scrupule d’érudition exemplaire sans jamais conclure témérairement.

Le plan de son étude est calqué très naturellement sur les deux époques et  les deux espaces de diffusion du « mythe »: réservé à la consommation populaire jusqu’au xix » siècle, il fait alors une entrée manquée dans la grande littérature. Il est en ce sens révélateur des ambitions et des ambiguïtés du romantisme : pourquoi l’effort de certains romantiques pour élaborer, à partir de « croyances populaires » (1ère partie) un mythe poétique (2ème partie) pourvu d’investissements idéologiques divers (3ème partie), aboutiti-il à un écehc presque complet (4ème partie: Fin d’un mythe ?) ?

L’auteur cherche la réponse dans deux directions : l’antisémitisme véhiculé par le mythe — son caractère « populaire ». Ce qui exige bien des mises au point. A l’antisémitisme « théologique » cristallisé autour de Juda, Ahasvérus, substitue un antisémitisme racial qui est au départ le contenu essentiel du mythe (pp. 29, 51, 59). Création cléricale et savante, « amalgame habile  » de sources livresques et de légendes orales à des fins d’ « édification » morale er religieuse ?   Expression de quelque réalité sociologique ? L’auteur ne conclut pas, relevant seulement, à titre d’hypothèses prudemment avancées, le rôle probable de certaines circonstances religieuses dans la formation et la diffusion du mythe: L’Espagne de l’Inquisition (p. 39); le protestantisme allemand au xvii» siècle (p. 48).
Cependant il ne renonce pas à cher cher les traces d’un « mythe populaire du Juif errant », passant outre à l’ave rtissement de G. Paris (cité p. 32 : « II faut se garder de faire du Juif errant un personnage mythique et orageux »).
metaient-ils
losophique et critique ? Bien vite, Qui net comme Shelley abandonnent le Juif errant pour Prométhee… Confirmation de la thèse de P. Bénichou sur l’impas senécessaire d’une mythologie chré tienne au xixe siècle.

En fait, dans sa première époque, le « mythe » ne donne guère lieu qu’à des commentaires antisémites et… gérontologiques ! (p. 49) Et l’on ne sait pas sur quoi l’auteur s’appuie pour affirmer, à propos de l’Histoire admirable de 1702 que, « écrite pour le peuple », elle est aussi « l’expression la plus vraie du mythe populaire du Juif errant » (p. 58). Mais sur l’imaginaire collectif l’au teur convient que nous sommes fort mal renseignés (pp. 24, 41, avec cet avertissement : « Encore faudrait-il préciser ce terme de « littérature populaire»…) et que l’étude de sociologie religieuse à faire ici supposait l’exploitation d’un très vaste corpus, qui dépassait les limites d’un travail de litt érature comparée (p. 10).

Le terme « populaire » en viendrait-il à ne plus traduire que le mépris des lettrés (p. 73) pour une légende où ils ne cherchent rien de plus qu’un narrateur commode pour une histoire satirique (cf. Marana et l’Espion turc) ?

Pourtant non : un des points intéressants du livre est celui où il nous montre la réélaboration que subit le mythe au xviie siècle, de version en version. On assiste à une valorisationier positive du personnage, et le cordonnier Ahasvérus permet alors «une identification sociale et une évasion sentimentale » (p. 63). Le contenu édifiant est alors doublé — et subverti — par une «valeur sociale» (p. 64); cf. notament les guez bretons où le Juif errant dialogue avec le Bonhomme Msère. C’est cette version, dont d’autres chercheurs avaient méconnu la profonde ambiguïté,que propagent dès lors jusqu’en 1851 images, complaintes, livres de colportage… C’est elle que prendront comme matière première les écrivains qui façonneront le « mythe poétique ».

Les romantiques exploiteront toutes les virtualités contradictoires du « myt he » : Identification imaginaire et révol temétaphysique (Schubart, Shelley, Quinet); antisémitisme (Tousenel ); protestation sociale (E. Suë). C’est peut-être justement la grande erreur de Quinet d’avoir résolument parié pour le caractère populaire de ce qu’il prend pour une vieille légende populaire ( « Le mystère est du peuple comme Ahasvérus (cité par E. Knecht, p. 165). L’analyse du poème, trop brève pour en montrer la complexité, dégage nettement le renversement de la polarité Christ /Juif que tente d’imposer Quinet: c’est Ahasvérus le vrai Messie, « la théogonie se renverse en une anthropogonie ». Mais l’origine antisémite et le caractère clérical de la donnée lui permettaient-ils d’assumer un contenu philosophique et critique ? Bien vite, Quinet comme Shelley abandonnent le Juif errant pour Prométhee… Confirmation de la thèse de P. Bénichou sur l’impassenécessaire d’une mythologie chrétienne au xixe siècle.

Avec Eugène Siie et Toussenel, l’évolution du mythe s’achève en fermant la boucle ; il revient à son origine en se révélant capable de véhiculer à la fois un contenu antisémite et un contenu anticlérical (p. 248). Mais du même coup le Juif errant, « mythe suspect » (p. 249), retombe définitivement dans le double discrédit d’où quelques«parias » romantiques avaient cru pouvoir le faire sortir …

L’ouvrage d’E. Knecht est à la fois passionnant à lire et un peu frustrant. Les questions posées (la perception du Juif dans les textes, du Moyen Age à nos jours — la nature et le statut de la « littérature populaire » — les conditions de création d’un « mythe poétique») sont d’une importance capitale.

On souhaiterait parfois que l’auteur y donne des réponses plus systématiques et plus tranchées. Il soutient à la fois « le caractère profondément chrétien du  mythe du Juif errant » (p. 328) et — laissant il est vrai la parole au moment décisif à A. Memmi  t — qu’il exprime le négatif du christianisme (passim et notamment pp. 334, 335): n christ porteur de malédiction éternelle … Il plaide pour le caractère profondément populaire de la légende tout en notant qu’elle a dès l’origine, servi àl’endoctrinement idéologique. Ces éléments sont conflictuels, et l’histoire du mythe est celle de ces conflits.   L’étude les donne à voir, concluant sur le caractère inquiétant d’un « mythe de négation et d’évasion » (p. 329), création frelatée et stérile, sans souligner toujours les malentendus auxquels il a pu donner lieu.

Voir également:

The Longest Hatred, Part One
The first part of a two-part interview with Prof. Robert S. Wistrich, author of A Lethal Obsession: Anti-Semitism from Antiquity to the Global Jihad.
Ruthie Blum Leibowitz
PJ Media
March 16, 2010

In his recently released book, A Lethal Obsession: Anti-Semitism from Antiquity to the Global Jihad (Random House), Prof. Robert S. Wistrich provides one of the most comprehensive overviews to date of the “longest hatred,” which he has spent the better part of his life documenting and analyzing.

Though much of his mission involves the sounding of alarm bells about the historical significance of Jew hatred and the role it plays today in the spread of fundamentalist Islam, Wistrich — holder of the Neuberger chair for modern European and Jewish history and head of the Vidal Sassoon International Center for the Study of Anti-Semitism at the Hebrew University in Jerusalem — is oddly serene. While warning of imminent catastrophes, boded by the likes of Ahmadinejad on the one hand and left-wing promoters of anti-Israel and anti-Western narratives on the other, he also stresses the spiritual opportunity this provides the Jewish people to, well, get its act together.

This challenge, like the author’s nearly 1,200-page tome, is weighty indeed. But it is one that the 64-year-old Wistrich — who was born in Kazakhstan to Polish Jews, raised in Britain, educated in America, and who settled in Israel in 1981 — believes is worth confronting.

“It requires faith,” says Wistrich, in an interview on his return from a whirlwind book tour across the United States. “Our presence in the land of Israel is providential, and cannot be explained by purely rational arguments. Whether we live up to that depends on us.”

Q: Why do you call anti-Semitism an obsession, rather than a compulsion?

A: There is something in the history of anti-Semitism that better fits “obsession.”

“Compulsion” suggests being coerced; and I think of anti-Semitism as more inner-driven, though it can also be imposed from outside; it can even be both simultaneously. The word “lethal” was even more critical for the message I want to convey: that the commonplace notion of anti-Semitism — as a form of prejudice or a sub-category of racism — is both trivializing and inaccurate. In the book’s introduction, I quote French philosopher Jean-Paul Sartre — not one of my heroes by any means, but who, in his classic 1946 essay, “Reflections on the Jewish Question,” said that anti-Semitism is not an opinion, but rather a crime of passion; and, in the final analysis, the anti-Semite wants, consciously or unconsciously, to kill the Jew.

Q: Would you say that anti-Semitism is religion-based at its core?

A: I certainly think that researchers have seriously underestimated the power of the religious driving force in anti-Semitism. I attribute that to something I remember vividly from my own student years in the mid-to-late 1960s, and then when I did my doctorate in the 1970s. There was a consensus, particularly in academia, that religion was a force of the past; that it was in the process of becoming extinguished in most parts of the world; that it was symptomatic of backwardness in those countries where it still played a role; and as a result of economic and technological progress, it would become a distant memory by the 21st century. Yet here we are, at the end of the first decade of this century, and a person would have to put blinkers on his eyes, seal up his ears, and be completely disconnected from the world to think that religion is not a powerful factor, both in general, and in relation to how Jews are perceived. Islamic fundamentalism is the most obvious and startling example. But Christian Jew hatred, though definitely diminished since WWII, is also prevalent.

Despite the real efforts to develop a Christian-Jewish dialogue, it is only among the educated and broad-minded elite in the Catholic and Protestant churches that there has been a significant shift in the perception of Judaism and the Jews. But this is much less true of the Orthodox Christians, who account for well over 300 million people.

Furthermore, we would have to qualify even the progress made with the Catholic Church by saying that it is in the theological realm, not manifested in attitudes towards Israel — though, yes, finally in the 1990s, the Vatican recognized the Jewish state.

In the Protestant world, it’s a slightly reversed trend. The Evangelical Christians are among Israel’s most passionate supporters. But they have not altogether cast overboard more traditional theological ideas about conversion of Jews being the indispensable prelude to the ultimate redemption.

Q: How much of all this can be attributed to the Islamic world — with some Christians joining Jews by virtue of a common enemy, and others becoming more distant as a result of sympathy with the Muslim cause?

A: There are important nuances here, both between countries in different parts of the world, and within the West itself. American and European Christendom, for example, are completely different.

In the U.S., many Christians see Jews as allies in the struggle to protect and preserve all the core values that are threatened directly by militant Islam; just as many Jews see those Christians who understand the moral, historical, and political legitimacy of Israel as indispensable allies. The common interest is glaringly obvious, although sometimes more to Christians than to Jews.

Here lies a paradox that has to be addressed: Christians of the more liberal persuasion, particularly liberal Protestants, are very often hyper-critical of Israel, and push for boycotts, divestment, and sanctions. They also support charity organizations like War on Want and Christian Aid, which utterly and uncritically embrace the Palestinian cause.

Then there’s the left wing of Christianity, which has roots in the Third World and Latin America. It espouses a kind of Marxist liberation theology.

The conservative Christians have a totally different perception of Israel from these groups. They, unlike their more liberal coreligionists, passionately support Israel as a front line of democracy, which they sincerely define as the Judeo-Christian basis of all the freedoms that we tend to take for granted in Western countries.

Q: How do you explain the attraction on the part of many Westerners to the Third World-ism represented by radical Islam? Is it genuine — a la Lawrence of Arabia — or rather a piggy-back ride on an anti-Semitic movement?

A: There are a number of strands of this phenomenon. One is this Arabophile picture of the romantic and “unspoiled” East and the “glamour” of the Orient. That goes back to the days of colonial rule. Another — intertwined — element was the Lawrencian myth of the Arabs found among the British and French upper classes. I think this was a form of escape from their own societies and unresolved personal problems, among them sexual ones. There was undoubtedly an element of homosexual attraction involved. You find this with writers like Andre Gide, who wouldn’t be suspected of any political motives. But then you also find it in colonial officials. Take Sir Ronald Storrs, the first governor of Jerusalem during the British Mandate in Palestine. He was well-known for his homosexual tendencies, as were many of his advisers and other high officials in the Mandate. And they tended to be militantly anti-Zionist, considering the Jewish national home in Palestine to be a huge historic injustice to the Arabs.

Then there were great Orientalist scholars, like Louis Massignon in France, who adopted the view that turning Palestine over to the Jews was part of the really nefarious, decadent, Western influence that was spoiling the authentic and uniquely spiritual culture of Islam. Today, one reads such views with astonishment, because history has developed in such a contrary direction. But they influenced policy.

Take the case of Sir John Bagot Glubb who commanded the Jordanian-Arab Legion in the 1948 war. A conservative Englishman, he was called “Glubb Pasha” in the new Kingdom of Transjordan. He was a fully-fledged anti-Semite, not merely an anti-Zionist, as you would expect, given his mobilization for the Arab cause.

Still, there is something curious about the British case, because this Arabophile trend in the upper classes for a long time went hand-in-hand with an opposite sentiment held by pro-Zionists such as Lloyd George, Balfour, Churchill and others, who were great figures in British politics in the early 20th century. What distinguished them was that they were schooled in the Bible. So they understood the geography and the history of the Holy Land; the biblical associations meant a great deal to them; and they felt they were performing a great act of historic justice in restoring the Jews to the land from which they came. This was self-evidently true to them in a way that it is self-evidently incomprehensible to people brought up today who do not know the Bible, or dismiss it out of hand; who know nothing about Jewish history, other than the Palestinian version of it.

This narrative basically says that the Zionist movement and the people who came to settle in the Land of Israel are all alien invaders. This is an outright lie, of course, but it’s one that is widely believed by people today who have no interest in history and no respect for truth. It’s astonishing how often one reads complete dismissals of the historical connection of the Jews with Palestine. The Palestinians even deny that there was a First or a Second Temple. And they go even further in falsifying history, by claiming, for instance, that the Arabs of Palestine are descendants of the Canaanites, and therefore preceded the children of Israel in the conquest of Canaan as described in the Bible. Obviously, there’s no shred of evidence for any link whatsoever between the Canaanites and the Arabs of Palestine.

Today, people from Western countries often have not even the vaguest idea of the Jews’ link to this land. They tend to believe the kind of things that were given some credence even by President Obama in his Cairo speech, where he suggested that it was only the history of persecution, and particularly the Holocaust, that provided the source of Israel’s justification.

But anyone really familiar with Judaism and the history of the Jews would know that the tripod that makes up the core of the Jewish people — Judaism, the land of Israel and the laws of the Torah — cannot be disconnected. This is why anti-Zionists, and often anti-Semites, try so hard to separate them.

Voir encore:

The Longest Hatred, Part Two
The conclusion of a two-part interview with Prof. Robert S. Wistrich, author of A Lethal Obsession: Anti-Semitism from Antiquity to the Global Jihad. (Don’t miss Part One.)
Ruthie Blum Leibowitz
PJ Media

March 18, 2010

In his recently released book, A Lethal Obsession: Anti-Semitism from Antiquity to the Global Jihad (Random House), Prof. Robert S. Wistrich provides one of the most comprehensive overviews to date of the “longest hatred,” which he has spent the better part of his life documenting and analyzing.

Part one of my interview with Wistrich concerned the historical mindset of anti-Semitism. This is the second and concluding part of my interview, which begins with Professor Wistrich’s look at Iran.

Q: You refer to the Palestinian-Arab narrative and its negative influence on the West. Iran is not an Arab country, yet it is seen today as the greatest threat to Jews and the Jewish state. Can you address that?

A: Iran is a major part of the Middle East. It is a country of 70 million people, with a small Arab minority. It was conquered by the Arabs in the 7th century, as part of the expansion of Islam, and it was converted initially to Sunni Islam. At the beginning of the 16th century — a thousand years later, more or less — it became the largest and most powerful Shiite state in the world. Persians are the dominant people in Iran, but it is a multinational country, with many different ethnic groups. And there is a traditional hostility, going back centuries, between Persians and Arabs. Persians often have very deprecating attitudes towards Arabs, and Arabs regard Persians as a threat. More recently, let us not forget that the bloodiest war in modern times was fought in the 1980s between Saddam Hussein’s Iraq and the Ayatollah Khomeini’s Islamic Republic of Iran.

What needs to be understood — and it’s a case I make strongly in the book — is why the ayatollahs have invested such great efforts in their propaganda against Israel. The reason they have presented themselves as — and have carried out a policy of being — the avant garde of total opposition to Israel’s very existence is that they see this as their most powerful card in a much broader and more ambitious aim. This aim is first to establish hegemony throughout the Middle East, and then to be in a position where they can actually challenge the hegemony of the West.

Hatred of Israel and this very intense, religiously driven indoctrination on Iran’s part is designed primarily for the Arab street, and it has had some success. Its most important success was in underwriting and reinforcing the Hizbullah movement it created in Lebanon in 1982. Hizbullah (the Party of God) is a movement which operates in an Arab country and whose members are all Arabs. But they are Shiites — Arab Shiites who have become a proxy of Iran, and closely controlled by its regime. Their ideology is completely Iranian-oriented, and includes a visceral hatred of Jews.

Q: What about Hamas?

A: That Hamas, a Sunni Muslim organization, has increasingly become another Iranian proxy in the region has been one of the most striking developments in the last five or six years. The seeking of Israel’s destruction has become the most effective glue linking Iran to an Arab world that is naturally and rightfully suspicious of its intentions. Countries like Egypt, Jordan, and Saudi Arabia, which are all Sunni, and often considered to be moderate or pro-Western in some way — though that would have to be seriously qualified in practice — do feel threatened by Iran. In their own ambiguous way, they are seeking means to diminish or neutralize the Iranian threat.

Then there are the smaller Gulf States, which are literally defenseless in the face of a nuclearized Iran. Presently, they may feel they have an American shield to protect them from future Iranian threats. But how much would such a shield be worth if there were a nuclear Iran nuclear? Not very much.

Q: You describe the current elites in the West as ignorant and even dismissive of the Bible and religion. How do you explain, then, the sympathy on the part of students on Western campuses for anti-Israel movements whose fervor is religious? And how do you account for the almost natural inclination of academia to side with them over Israel?

A: The bulk of them have completely bought in to the Palestinian version of the conflict: that the Jews came in and stole the land; that the state of Israel was an illegitimate creation with no historic justification; that its establishment was a colonialist and imperialist conspiracy. This is now a kind of lingua franca of a whole generation of students. Probably 90% of the books they are assigned in Middle East studies point in that direction.

Q: If that’s the case, then you could say that that their anti-Zionism — and even, perhaps, their anti-Semitism — is rational.

A: I wouldn’t use the word “rational.” I would say it is comprehensible, in light of certain ideological factors that have accumulated in the last two-three decades. It’s not merely a kind of herd-like mentality, although that plays a role, because students have to be both knowledgeable and courageous to go against the stream and risk unpopularity — harassment even — and all such unpleasantness that is now normal on many Western campuses.

Q: How would a student be equipped with the psychological and educational tools upon his arrival at a university to withstand the bombardment? How would he even know that doing so was an option?

A: He wouldn’t — unless there was a comparable effort being made on the Jewish and Israeli side. This has come very belatedly, and thus is an uphill — even Sisyphean — struggle. There still hasn’t been engagement, except among a handful of people, with the prevailing ideas in the political culture in the West about Israel.

Q: What difference can such “engagement” make? Would an effort to deal with “the prevailing ideas in the political culture” have made any difference in pre-Holocaust Europe?

A: We have far more possibilities than the Jews of the pre-Holocaust period had. We have an independent state, with a very advanced and flourishing society. Admittedly, our adversaries today have much more extensive resources with which to circulate and amplify the cycle of lies. This doesn’t mean, however, that we are fated to be passive recipients of vilifying accusations on the part of forces intent on Israel’s demise. One of the reasons I wrote this book was to identify those forces and the impetus behind them. Their build-up is something that only seems to have hit home to many Israelis after the Goldstone report. But that report is only the last straw in a long indictment that has been mounting with very little response, other than from a handful of people.

Q: That “handful of people” would and are often accused by Israeli academics and members of the media of being fanatically right-wing. In fact, a large percentage of Israelis think the government and the military should have cooperated with Goldstone. How can the things you speak about be counteracted if Israeli society and the Jewish people are themselves divided on the issues — and the narrative?

A: Here we are touching on one of the core problems of dealing with this escalating process of undermining the moral foundations and legitimacy of Israel.

It’s difficult for me to be cool, calm and collected when, as part of my everyday work, I have to read so many self-accusatory statements and indictments either by Israelis who have left Israel, or by those who remain and teach in Israeli universities, or by Diaspora Jews who have jumped on this bandwagon and seem so keen to produce their “divorce certificates” from the Jewish state. And they do this in order to give themselves the appearance of a clean bill of health. It is their way of saying: “We are good Jews; we have nothing in common with those bad ones.”

Q: Didn’t many German Jews have that very attitude on the eve of the Holocaust?

A: Indeed, I think there is an analogy to be drawn between the highly assimilated, well-off, middle- and upper-middle-class Jews of Weimar Germany, who believed that if only they could demonstrate to non-Jewish Germans that it was the east European Jewish immigrants at the root of all the problems, they themselves would be spared anti-Semitism. This, of course, was all blown away after 1933, because it wasn’t of the slightest interest to Hitler and his supporters what kind of Jew you were. As a matter of fact, it was the well-established Jewish professionals and intellectuals who the Nazis were determined to “cleanse” Germany from first.

Today, those left-wing and liberal Jews who feel that if only they can show they fully share the anti-Zionist zeitgeist, they will be spared the indictment that is being handed out, are victims of the same delusion.

Q: Is this not typical of Jewish responses to anti-Semitism since time immemorial?

A: We recently celebrated the festival of Purim. And though nobody believes in the literal historicity of the events in the Book of Esther, it is a document of great importance, because of what it tells us about anti-Semitism and Jewish responses to it. It is astonishing to find such continuities from more than 2,000 years ago to today. And it is ironic that the great Jew-hater of the story, Haman, hails from the same country — what was then Persia — as Ahmadinejad today.

In the story, the Jews are already in the Diaspora — so presumably it was written in the Hellenistic period — and they are described as being a dispersed people, and divided among themselves, although they have their own laws and customs, which are distinct from those of the other habitants of the kingdom. And the bait that Haman offers to the king to carry out the extermination of the Jews is that it will bring great economic benefits to the treasury, and that it will introduce an element of uniformity in the kingdom that is actually a multicultural, multinational, perhaps quite shaky empire. And how do the Jews react? Well, Mordechai and Esther engage in a political action; there are court intrigues; a complex plot unravels. But ultimately, in the Diaspora, Jews are dependent on fate, on the powers-that-be, and on persuading at least some of those powers-that-be to allow them to defend themselves. This was less and less true in the history of the Diaspora, and Jews were less and less able to organize and defend themselves — which is one of the primary reasons why modern Zionism came into existence.

So, clearly, anti-Semitism is an ancient phenomenon. That’s why the subtitle of my book begins with “from antiquity.” And many Jewish responses are traditional ones. We can almost say that nothing new has ever been invented in the history of Jewish self-defense. Some techniques are more refined than others. Jews have achieved greater amounts of power in a number of diasporic societies. But the scenarios don’t change that much.

What has changed is the existence of Jewish sovereignty. Of a state. Of an army. Of a cohesive society which is willing and able to defend itself with all the means at the disposal of a modern society, to make sure there is no repetition of the Holocaust or of lower-scale massacres. This is a crucial development, even though it has not diminished anti-Semitism. On the contrary, it has simply given it new pretexts and sources on which it can feed.

Still, we Jews are privileged in comparison to all the generations that went before us. For the first time, with our own hands, and using all the creativity, talent, determination and tenacity that we have shown over the centuries in adversity, we can frustrate the evil designs of our enemies.

Q: The Zionists established Israel as a safe haven for Jews, yet it has become one of the most physically dangerous places for Jews in the world. Can you address that irony?

A: In the Bible, Israel is the name given to Jacob, one of the three patriarchs of the nation, after he struggles with the angel — this mysterious figure, half-God, half-man, God, man, something else, the stranger, a phantom of his unconscious imagination, a real person, who knows?

All name changes in the Bible have great significance. And the literal meaning of Israel is “he who struggles and prevails.”

Delving into the broader meaning of Israel, both historically and today — and asking what its purpose is, for itself as a people and for the nations — you could say that it represents a struggle for truth.

Q: Is this your interpretation of Israel’s serving as “a light unto the nations?”

A: I can already hear the cynics saying, “Oh, some light unto the nations.”

My point is not that we are, but that we struggle to be.

It is a struggle to transcend ourselves, to find our better part, to aspire to the light. Contrary to the stereotype branding Jews as the incarnation of materialism, anybody really familiar with the annals of Jewish history knows this is ludicrous. This is not to say there aren’t materialists among us, of course. On one level, we are no different from anybody else. But there’s another level on which we operate, which, for a lack of a better word, I would call metaphysical. And it is this level, which Israel represents, that is one of the deepest reasons for anti-Semitism.

I’m often asked, “Don’t you get depressed by studying anti-Semitism?”

The answer is that, among the many other intrinsically fascinating and horrendous features it has, anti-Semitism is also a continuous challenge to the Jewish people. It is a kind of barometer to us and to the nations, both of what is wrong — because it is often a symptom of major pathologies in a given society — and a warning signal of catastrophes to come. Indeed, it is clear that its current rise is a herald of a catastrophe already in the making. Rather than deluding ourselves that it is a passing storm, if we could only see it as a galvanizer, we could put our energies to more constructive use, and understand that fighting it, too, is part of a wider struggle for continual self-betterment.

As with all forms of persecution and oppression, running away doesn’t work. You have to stand up and fight your adversary and — as in the case of Jacob, who becomes worthy to be called Israel — to overcome him, even if this means sustaining a limp, as he apparently did.

Voir de même:

Les plus dangereux ennemis d’Israël

Guy Millière

Mena

21/09/14

Israël, hélas, ne manque pas d’ennemis sur la terre. L’antisémitisme reste, selon l’expression si souvent utilisée, la « plus vieille haine », la plus tenace, la plus vicieuse et, sans doute, la plus chargée d’assassinats en tous genres. Il continue à exister et à déferler, et se contente de changer de peau et d’apparence selon les lieux et les époques. Tous les antisémites sont, c’est une évidence, des ennemis d’Israël.

On peut leur ajouter tous ceux qui se disent « antisionistes » et qui nient être antisémites mais traitent Israël comme un pays entièrement à part et déversent sur Israël des phrases et des diatribes qui ont une forte ressemblance avec celles que l’on répandait en Europe sur les Juifs il y a sept ou huit décennies.

On peut leur adjoindre aussi tous ceux qui ne se disent ni antisémites ni « antisionistes », mais qui portent un regard constamment biaisé sur l’Etat hébreu, reprenant à leur compte toutes les falsifications de l’histoire et des faits d’actualité qui circulent concernant Israël et le Proche-Orient ; ils contribuent à la diabolisation d’Israël.

On grossira encore la liste en y faisant figurer les dirigeants occidentaux, qui reprennent, sur un mode plus ou moins feutré, les biais anti-israéliens, souvent par lâcheté devant les menaces de l’islam radical, souvent aussi pour préserver de lucratifs contrats avec des pays du monde musulman.

Et on augmentera le sinistre recensement avec les noms de quasiment tous les dirigeants, intellectuels et prêcheurs du monde musulman, qui n’ont jamais admis l’existence même d’Israël et qui, pour certains, sont imprégnés d’une haine pathologique des Juifs.

Sans oublier tous les Juifs européens ou américains pratiquant la haine de soi, que l’on trouve dans les media, l’Université, la politique, l’activisme gauchiste, et que les ennemis non-juifs d’Israël sont trop heureux d’exhiber dès que l’occasion se présente aux fins de pouvoir dire que même des Juifs sont dans leur camp.

Israël, on le voit, ne manque pas d’ennemis sur la terre. Tous ces ennemis sont dangereux, chacun à leur manière.

Les ennemis les plus dangereux d’Israël, cela dit, ne me semblent appartenir à aucune de ces catégories.

Les plus dangereux ennemis d’Israël me semblent être les Israéliens qui détestent tant leur propre pays qu’ils consacrent leur temps à le dénigrer, à le salir, à contribuer à sa démolition intellectuelle et politique dans le but de contribuer à sa destruction tout court.

Ceux-là sont des gens tels que Shlomo Sand ou Guidon Levy. Ce sont aussi les gens qui travaillent pour de pseudo organisations humanitaires, qui sont en réalité des organisations de propagande et d’incitation à la haine.

Ce sont également ceux dont la presse israélienne et mondiale a beaucoup parlé ces derniers jours : les quarante-trois réservistes de l’unité 82001 (Yekhida Shmoné-Matayim, littéralement : Unité huit deux-cents) qui ont annoncé leur refus de servir désormais dans cette entité en raison de crimes qu’ils lui attribuent. Les quarante-trois personnes concernées ont envoyé une lettre [angl.] au Premier Ministre, au chef d’état-major des armées ainsi qu’au chef des services de renseignement israélien. Ils ont rendu cette lettre publique.

Cette lettre n’est pas uniquement un acte d’insubordination qui ne serait accepté par aucun autre gouvernement d’un pays démocratique. Elle est aussi une lettre de diffamation dans la mesure où elle est porteuse d’allégations graves, et qui semblent infondées. Elle est une lettre de propagande politique au service de l’ennemi, en temps de guerre, car il n’est pas possible de dire, dans le contexte actuel, qu’Israël se trouve en situation de paix. C’est donc une lettre de trahison.

Que des réservistes d’une unité cruciale de l’Armée d’Israël commettent un acte d’insubordination est déjà, en soi, extrêmement grave. Qu’ils ajoutent à l’insubordination la diffamation et la propagande au service de l’ennemi est bien plus qu’extrêmement grave.

Qu’ils ajoutent que l’action de l’unité 8200 en Judée-Samarie est, en soi, une « action de contrôle d’un autre pays » accroît encore la gravité des choses : ils se placent, de fait, sur les positions de l’Autorité Palestinienne et du Hamas, qui usent de ce type de langage. Ils nient l’existence d’une menace terroriste et totalitaire puisqu’ils n’en parlent pas. Ils se placent au service de cette menace totalitaire et terroriste en n’en parlant pas.

Dans un éditorial récent, le Jerusalem Post a défini leur attitude comme « arrogante, inadmissible et inacceptable ».

Dès lors que l’appartenance à l’unité 8200 relève du secret-défense, nul ne sait, certes, qui sont ces quarante-trois réservistes et s’ils existent réellement (les noms figurant sur les copies de la lettre sont floutés). Mais le mal est fait.

Il y a des gens qui n’ont décidément aucune honte.

Voir enfin:

Obituary
Hyam Maccoby
Lawrence Joffe
The Guardian
31 July 2004

In his book Revolution In Judea: Jesus And The Jewish Resistance (1980), Hyam Maccoby, who has died aged 80, responded to Christian denigration of the Pharisees by depicting Jesus Christ as a progressive, Torah-observant Pharisee. An Orthodox Jew, he argued that Jesus opposed not Judaism but the Roman oppressors and their Saducee quislings. For him, Jesus lived, preached and died wholly within the Jewish tradition – a view that discomfited many Jews and Christians.Traditional Christianity also posits Judas Iscariot as an arch-villain, but Maccoby viewed him as a caricatured concoction, symbolising the eternal guilt that Jews supposedly bore for killing Christ. In Judas Iscariot And The Myth Of Jewish Evil (1992), Maccoby traced a thread linking the New Testament to Auschwitz.

The central thesis of another work, The Mythmaker: Paul And The Invention Of Christianity (1986), was that St Paul, not Jesus, created Christianity, being an adventurer who undermined the disciples who had actually known the living Jesus. It was Paul, said Maccoby, who turned Jesus into God and transformed the early Jewish Christian sect into a Gnostic mystery cult imbued with « Hellenistic schizophrenia ».

In Paul And Hellenism (1991), Maccoby wrote that a politically savvy Paul deliberately recast the gospels to exculpate Rome from the charge of deicide. Then, « by stigmatising the Jews as the rejecters of Jesus, [Paul] planted the seeds to anti-semitism in the Christian tradition ».

Maccoby made ancient history and theology come alive. He wrote and lectured on rabbinical literature and Jewish humour, and loved to draw parallels between cultures. In Sacred Executioner: Human Sacrifice And The Legacy Of Guilt (1983), he compared the Greek legend of Iphigenia, Aztec rituals and the Levantine myth of the murdered and resurrected god Attis to the sacrifice of Isaac and Jesus’s execution.

Maccoby argued that the Christian veneration of the crucifixion marked its regression to primitive human sacrifice. Witness his description of the communion, the symbolic eating of Christ’s flesh and blood: « Jesus would have been appalled to know of the pagan interpretation later put on the simple kiddush, or blessing over wine and bread, with which he began the Last Supper. »

Some rabbis were equally distressed to see the Torah apparently reduced to a series of myths, shorn of divine authorship, and Maccoby certainly refused to gloss over the schisms that divide the sister faiths. Judaism On Trial: Jewish-Christian Disputations In The Middle Ages (1981) studied those bizarre mock-trials, which pitted Jewish scholars against Christian theologians. Yet it would be crass to call Maccoby an anti-Christian firebrand. His play, The Disputation (1996), commissioned by Channel 4 and expanded for the London stage, showed James, King Of Aragon, insisting that the learned rabbi, Nachmanides, have his say.

Maccoby was born in Sunderland, the son of a mathematics tutor, who taught him biblical Hebrew and talmudic Aramaic from the age of four. He may have inherited his rhetorical prowess from his grandfather, who had arrived in Britain in 1890 having been the maggid (or itinerant religious preacher) of Kamenets, his home village in Poland.

Maccoby was educated at Bede grammar school, and read classics, and then English, at Balliol College, Oxford. From 1942 and 1946, he served in the Royal Signals, based at the decoding centre at Bletchley Park. He was then, for some 20 years, an English master at Chiswick school, west London.

In 1975, he was appointed librarian and tutor at Leo Baeck College, London, where Reform and Liberal rabbis train. A stream of books followed, including The Day God Laughed: Sayings, Fables And Entertainments Of The Jewish Sages (with Wolf Mankowitz, 1978), Judaism In The First Century (1989), A Pariah People: Anthropology Of Anti-Semitism (1996), Ritual And Morality (1999), The Philosophy Of The Talmud (2002), Jesus The Pharisee (2003) and, earlier this year, Anti-Semitism And Modernity.

In 1998, Maccoby joined the Centre for Jewish Studies at Leeds University, as visiting, and then research, professor. His numerous television appearances included one on Howard Jacobson’s audacious documentary, Sorry, Judas (1993).

He is survived by his wife Cynthia, two daughters and a son. Colleagues and friends cherished his prodigious scholarship and kindness.

· Hyam Maccoby, writer, born March 20 1924; died May 2 2004


Algérie: Non à la judaïsation ! (What about the other nakbas? : while salafists protest proposed reopening of the few remaining Algerian synagogues)

17 juillet, 2014
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Une ancienne synagogue, à Tlemcen, en Algérie, aujourd’hui transformée en école d’arts martiaux

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Une ancienne synagogue, à Paris, en France, aujourd’hui transformée en ambassade

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https://i1.wp.com/static.dreuz.info/wp-content/uploads/BsnTYzPCAAAebRp-500x351.jpghttps://pbs.twimg.com/media/Bsq5OXZCEAAfS8J.jpg:largeVous aimerez l’étranger, car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte. Deutéronome 10: 19
On admet généralement que toutes les civilisations ou cultures devraient être traitées comme si elles étaient identiques. Dans le même sens, il s’agirait de nier des choses qui paraissent pourtant évidentes dans la supériorité du judaïque et du chrétien sur le plan de la victime. Mais c’est dans la loi juive qu’il est dit: tu accueilleras l’étranger car tu as été toi-même exilé, humilié, etc. Et ça, c’est unique. Je pense qu’on n’en trouvera jamais l’équivalent mythique. On a donc le droit de dire qu’il apparaît là une attitude nouvelle qui est une réflexion sur soi. On est alors quand même très loin des peuples pour qui les limites de l’humanité s’arrêtent aux limites de la tribu. (…)  Mais il faut distinguer deux choses. Il y a d’abord le texte chrétien qui pénètre lentement dans la conscience des hommes. Et puis il y a la façon dont les hommes l’interprètent. De ce point de vue, il est évident que le Moyen Age n’interprétait pas le christianisme comme nous. Mais nous ne pouvons pas leur en faire le reproche. Pas plus que nous pouvons faire le reproche aux Polynésiens d’avoir été cannibales. Parce que cela fait partie d’un développement historique. (…) Il faut commencer par se souvenir que le nazisme s’est lui-même présenté comme une lutte contre la violence: c’est en se posant en victime du traité de Versailles que Hitler a gagné son pouvoir. Et le communisme lui aussi s’est présenté comme une défense des victimes. Désormais, c’est donc seulement au nom de la lutte contre la violence qu’on peut commettre la violence. Autrement dit, la problématique judaïque et chrétienne est toujours incorporée à nos déviations. (…)  Et notre souci des victimes, pris dans son ensemble comme réalité, n’a pas d’équivalent dans l’histoire des sociétés humaines. (…) Le souci des victimes a (…) unifié le monde. René Girard
L’existence d’Israël pose le problème du droit de vivre en sujets libre et souverains des nations non musulmanes dans l’aire musulmane. L’extermination des Arméniens, d’abord par l’empire ottoman, puis par le nouvel Etat turc a représenté la première répression d’une population dhimmie en quête d’indépendance nationale. Il n’y a quasiment plus de Juifs aujourd’hui dans le monde arabo-islamique et les chrétiens y sont en voie de disparition. Shmuel Trigano
Quand les synagogues se comportent comme des ambassades il n’est pas étonnant qu’elles subissent les mêmes attaques qu’une ambassade. Pierre Minnaert
Je ne vois pas comment on peut lutter contre la dérive antisémite de jeunes de banlieue quand les synagogues soutiennent Israël. Pierre Minaert
Moi je ne pousse à rien, je constate, et je constate aussi la hausse d’un discours anti juifs chez jeunes maghrébins qui s’explique. Pierre Minnaert ‏
 Quand les rabbins mettent Dieu dans un camp comment s’étonner qu’ils soient attaqués par l’autre ? Ils renforcent l’antisémitisme. Pierre Minnaert
Ils sont environ 7 000 à défiler dans les rues de Paris, ce dimanche 13 juillet, entre Barbès et la Bastille, pour dire leur solidarité avec les Palestiniens. Le parcours a été négocié par les responsables du NPA (Nouveau parti anticapitaliste), l’organisation héritière de la Ligue communiste révolutionnaire. Pourquoi avoir exigé un parcours qui s’achève à proximité du quartier du Marais, connu pour abriter plusieurs lieux de culte juif ? Le fait est que les responsables de la Préfecture de police l’ont validé. Parmi les manifestants, de nombreuses femmes, souvent voilées, mais surtout des jeunes venus de la banlieue francilienne. Les premiers slogans ciblent Israël, mais aussi la « complicité française ». Très vite, les « Allah Akbar » (Dieu est grand) dominent, donnant une tonalité fortement religieuse au cortège. La préfecture de police ne s’attendait pas à une telle mobilisation, mais ses responsables ont vu large au niveau du maintien de l’ordre, puisque cinq « forces mobiles », gendarmes et CRS confondues, ont été mobilisées. C’est à priori suffisant pour sécuriser tous les lieux juifs le long du parcours. Aucune dégradation, aucun incident n’est signalé en marge du cortège, jusqu’à l’arrivée à proximité de la Bastille. Un premier mouvement de foule est observé à la hauteur de la rue des Tournelles, qui abrite une synagogue. Les gendarmes bloquent la voie et parviennent sans difficulté à refouler les assaillants vers le boulevard Beaumarchais. Place de la Bastille, la dispersion commence, accélérée par une ondée, lorsque des jeunes décident de s’en prendre aux forces de l’ordre. De petites grappes s’engouffrent vers les rues adjacentes. Se donnent-ils le mot ? Ils sont entre 200 et 300 à marcher en direction de la synagogue de la rue de la Roquette… où se tient un rassemblement pour la paix en Israël, en présence du grand rabbin. Les organisateurs affirment avoir alerté le commissariat de police, mais l’information n’est apparemment pas remontée jusqu’à la Préfecture de police. Détail important : s’ils avaient su, les responsables du maintien de l’ordre auraient forcément barré l’accès à la rue. Les choses se compliquent très vite, car les manifestants ne sont pas les seuls à vouloir en découdre. Une petite centaine de membres de la LDJ (ligue de défense juive) sont positionnés devant la synagogue de la rue de la Roquette, casques de moto sur la tête et outils (armes blanches) à portée de main. Loin de rester passive, la petite troupe monte au contact des manifestants, comme ils l’ont déjà fait lors d’une manifestation pro-palestinienne organisée Place Saint-Michel quelques jours auparavant. On frôle la bagarre générale, mais la police parvient à s’interposer. Les assaillants refluent vers le boulevard, tandis que les militants juifs reviennent vers la synagogue. Frédéric Ploquin
Une équipe qui a su non seulement séduire au-delà des frontières, mais donner à l’Allemagne une autre image d’elle-même : multiculturelle, ouverte et aimée à l’étranger. Sur les 23 joueurs de la sélection de Joachim Löw, onze sont d’origine étrangère. Outre le trio d’origine polonaise (Piotr Trochowski, Miroslav Klose, Lukas Podolski), qui depuis longtemps n’est plus considéré comme exotique, évoluent sur le terrain Marko Marin, Jérôme Boateng, Dennis Aogo, Sami Khedira ou encore deux joueurs d’origine turque : Serdar Tasci et le jeune prodige Mesut Özil. Tous les observateurs, en Allemagne, s’accordent à reconnaître que cette arrivée de nouveaux talents « venus d’ailleurs » fait beaucoup de bien à l’équipe. « Cela lui donne une aptitude à l’engagement, une envie de reconnaissance, vis-à-vis d’eux-mêmes mais également vis-à-vis des autres », déclarait le ministre de l’intérieur Thomas de Maizière à la Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung. Pour Bastian Schweinsteiger, talentueux milieu de terrain, « les diverses influences vivifient l’équipe, elles lui donnent un tout autre tempérament ». Une diversité qui fait également beaucoup de bien au pays. A Kreuzberg, le quartier de Berlin où vit la plus importante communauté turque du pays, on défend depuis le début du mondial les couleurs de la Mannschaft. « Les performances des jeunes donnent à notre travail un élan énorme », se réjouit Gül Keskinler, une Turque chargée de l’intégration à la Fédération allemande de football. « L’exemple de Mesut Özil est à cet égard particulièrement important, souligne-t-elle. Les footballeurs ont, à travers leur fonction d’exemple, un rôle très fort, ils sont des ambassadeurs pour la jeunesse. » Dans les rues de Berlin, pas de célébration pourtant d’un esprit de fraternité « black blanc beur » tel qu’avait pu le connaître la France après sa victoire au Mondial de 1998. Pour beaucoup d’Allemands, le maillot est rassembleur : peu importe l’origine des joueurs, à la première victoire ils ont été adoptés sans cérémonie. La diversité n’est qu’un élément parmi d’autres dans l’impression de renouveau que donne l’équipe d’Allemagne. « La diversité montre surtout que l’Allemagne va enfin chercher son inspiration ailleurs, estime Holger Cesnat, 35 ans. Le style de l’équipe a changé, il est plus léger, parce que Joachim Löw observe le football pratiqué au-delà des frontières et a rompu avec le style qui prédominait dans le football allemand jusqu’ici. » Le Monde
Cela a commencé en 2006, c’était la première fois qu’on osait être fier de son pays, fier de son équipe, cela a libéré beaucoup de choses. Rainer Stich
C’est la première fois que l’équipe est si appréciée à l’étranger. Même en Israël on trouve la Mannschaft sympathique. C’est un sentiment auquel nous ne sommes pas habitués. Emilie Parker
 Cette idée de la France ‘black blanc beur’, c’est quelque chose qui les a beaucoup marqués pour révolutionner leur football. Jean-Jacques Bourdin (RMC)
La danse des Gauchos était de mauvais goût (…) Subitement, la modestie allemande a disparu dans le triomphe. Tagesspiegel (quotidien berlinois)
Plusieurs médias allemands critiquaient mercredi la «Nationalmannschaft» championne du monde pour avoir interprété lors des célébrations du titre mardi à Berlin une danse moquant les adversaires argentins vaincus en finale (1-0 a.p.). Mimant des Argentins courbés, comme par le désespoir et le poids de la défaite, six joueurs de l’équipe ont chanté : «ainsi marchent les Gauchos, les Gauchos marchent ainsi». Puis se relevant bien droits et fiers, ils ont continué : «Ainsi marchent les Allemands, les Allemands marchent ainsi». Ils ont répété la séquence plusieurs fois sous les applaudissements, dans un pays où toute expression ostentatoire de fierté nationale reste sujet à controverse. Libération
Maybe to explain what they sing. They sing: « So gehen die Gauchos, die Gauchos die gehen so. So gehen die Deutschen, die Deutschen die gehen so. » (« That’s how the Gauchos walk, the Gauchos walk like this. That’s how the Germans walk, the Germans walk like this. ») And it’s important to note that this song is a very common song in Germany for teasing the team that has lost the match. So they didn’t make an entirely new song up by themselves. Reddit
Israël existe et continuera à exister jusqu’à ce que l’islam l’abroge comme il a abrogé ce qui l’a précédé. Hasan al-Bannâ (préambule de la charte du Hamas, 1988)
Le Mouvement de la Résistance Islamique est un mouvement palestinien spécifique qui fait allégeance à Allah et à sa voie, l’islam. Il lutte pour hisser la bannière de l’islam sur chaque pouce de la Palestine. Charte du Hamas (Article six)
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, mars 2008)
Cela prouve le caractère de notre noble peuple, combattant du djihad, qui défend ses droits et ses demeures le torse nu, avec son sang. La politique d’un peuple qui affronte les avions israéliens la poitrine nue, pour protéger ses habitations, s’est révélée efficace contre l’occupation. Cette politique reflète la nature de notre peuple brave et courageux. Nous, au Hamas, appelons notre peuple à adopter cette politique, pour protéger les maisons palestiniennes. Sami Abu Zuhri (porte-parole du Hamas)
I didn’t actually know that the picture was recycled. I guess I just used it as an illustration – people don’t need to take it as a literal account. If you think of bombs going off that’s pretty much what it looks like.. Twitteuse britannique (16 ans)
Il est interdit de tuer, blesser ou capturer un adversaire en recourant à la perfidie. Constituent une perfidie les actes faisant appel, avec l’intention de la tromper, à la bonne foi d’un adversaire pour lui faire croire qu’il a le droit de recevoir ou l’obligation d’accorder la protection prévue par les règles du droit international applicable dans les conflits armés. Les actes suivants sont des exemples de perfidie : (…) c) feindre d’avoir le statut de civil ou de non-combattant; d) feindre d’avoir un statut protégé en utilisant des signes emblèmes ou uniformes des Nations Unies (…) Protocole additionnel aux Conventions de Genève de 1949 relatif à la protection des victimes des conflits armés internationaux, I, article 37, alinéa 1, 1977)
Sont interdits les actes ou menaces de violence dont le but principal est de répandre la terreur parmi la population civile. (…) Les personnes civiles jouissent de la protection accordée par la présente Section, sauf si elles participent directement aux hostilités et pendant la durée de cette participation. Protocole additionnel aux Conventions de Genève de 1949 (I, art. 51, al. 2 & 3)
See, the Hamas and the other terrorist groups like Islamic Jihad are firing from Gaza when their rocketeers and their command posts are embedded in homes, hospitals, next to kindergartens, mosques. And so we are trying to operate, to target them surgically, but the difference between us is that we’re using missile defense to protect our civilians, and they’re using their civilians to protect their missiles. So naturally they’re responsible for all the civilian deaths that occur accidentally. Prime Minister Benjamin Netanyahu
Lors d’une inspection, l’agence pour l’aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) a trouvé « environ 20 roquettes cachées » dans une école vide située dans la bande de Gaza, un « premier » incident du genre. L’Express
If 80 rockets would be fired upon the citizens of Great Britain, No way I wouldn’t be taking action. If an Israeli prime minister would fail to take action, people would say that this is unacceptable. Tony Blair
Depuis le début de l’opération, au moins 35 bâtiments résidentiels auraient été visés et détruits, entraînant dans la majorité des pertes civiles enregistrées jusqu’à présent, y compris une attaque le 8 Juillet à Khan Younis qui a tué sept civils, dont trois enfants, et blessé 25 autres. Dans la plupart des cas, avant les attaques, les habitants ont été avertis de quitter, que ce soit via des appels téléphoniques de l’armée d’Israël ou par des tirs de missiles d’avertissement. Rapport ONU (09.07.14)
Selon bon nombre de ses détracteurs, Israël serait en train de massacrer des civils à Gaza. Pour un membre arabe du parlement israélien, son armée «élimine délibérément des familles entières». Pour Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, Israël est en train de commettre un «génocide –le meurtre de familles entières». Et selon l’Iran, il s’agit de «massacres contre des Palestiniens sans défense». De telles accusations sont fausses. Selon les standards de la guerre, les efforts que déploie Israël pour épargner les civils sont exemplaires. Ce combat n’a pas été décidé par Israël. Selon le Hamas et le Djihad Islamique, les deux organisations terroristes qui contrôlent Gaza, Israël aurait provoqué ces hostilités en arrêtant en Cisjordanie des membres du Hamas. Mais des arrestations sur un territoire ne justifient pas des bombardements aériens sur un autre. Israël ne s’en est pris à Gaza qu’après le tir de plus de 150 roquettes sur son territoire et le refus par les terroristes d’un cessez-le-feu. Plusieurs images publiées ces derniers jours et censées prouver le carnage des bombes israéliennes sont des faux, empruntés à d’autres guerres. Mercredi après-midi, le bilan humain oscillait entre 30 et 50 personnes, voire davantage, une fourchette dépendant du moment choisi pour marquer le début de ce conflit. La moindre mort est tragique, et plus les hostilités dureront, plus le bilan s’alourdira. Pour autant, en sachant qu’Israël a lancé plus de 500 raids aériens, vous pouvez en tirer deux conclusions. La première, c’est que l’armée israélienne est misérablement nulle pour tuer des gens. La seconde, et la plus plausible, c’est qu’elle fait au contraire tout son possible pour ne pas en tuer. Le ministre israélien de la Défense a admis que ses offensives avaient ciblé des «domiciles de terroristes», mais aussi des «armes, des infrastructures terroristes, des systèmes de commandements, des institutions du Hamas [et] des bâtiments officiels». Les logements étaient ceux de chefs militaires du Hamas. Selon les dires d’un officiel israélien, «au Hamas, le moindre petit commandant de brigade n’a désormais plus de maison où rentrer chez lui». En termes légaux, Israël justifie ces attaques en affirmant que ces maisons étaient des «centres de commandement terroristes», impliqués dans des tirs de roquette et autres «activités terroristes». Mais si Israël a parfois tenté (et réussi) de tuer des leaders du Hamas dans leurs voitures, son armée a toujours évité de se prendre sans sommation à leurs maisons. La dernière fois qu’Israël a tiré sur des bâtiments civils à Gaza, voici un an et demi, ses habitants ont été au préalable prévenus par téléphone ou par le parachutage de tracts pour qu’ils quittent les lieux. L’armée israélienne se sert aussi de fusées éclairantes ou de mortiers à faibles charges explosives (la consigne dite du «toquer au toit») pour signaler la survenue de bombardements. (…) Le bilan civil le plus grave –sept morts, selon les informations les plus récentes– est survenu dans le bombardement d’une maison située dans la ville de Khan Younès et appartenant à un leader terroriste. Pour le Hamas, il s’agit d’un «massacre contre des femmes et des enfants». Mais selon des voisins, la famille a été prévenue à la fois par téléphone et par un tir de mortier léger sur le toit. Selon un membre des services de sécurité israéliens, les forces israéliennes ont attendu que la famille quitte le bâtiment pour tirer leur missile. Il ne comprend pas pourquoi des membres de cette famille, avec visiblement certains de leurs voisins, sont retournés à l’intérieur. Pour des personnes vivant sur place, c’est parce qu’ils ont voulu «former un bouclier humain». (…) Difficile, très difficile à dire. Mais, dans ce conflit, quiconque se préoccupe des civils tués délibérément devrait d’abord se tourner vers le Hamas. Les tirs de roquettes de Gaza vers Israël ont commencé bien avant l’offensive israélienne sur Gaza. Au départ, les roquettes sont une idée du Djihad Islamique. Mais, ces derniers jours, le Hamas ne s’est pas fait prier pour la reprendre, et a revendiqué plusieurs tirs de missiles, tombés entre autres sur Tel Aviv, Jérusalem et Haïfa. William Saletan (Slate)
Trente pour cent des 172 Palestiniens qui ont perdu la vie ces sept derniers jours et nuits dans la bande de Gaza sont des femmes et des enfants, selon l’agence de presse allemande (DPA). Cette dernière s’est basée sur une liste des victimes fournie par le ministère de la Santé à Gaza. Au total des sept journées d’offensives contre Gaza, ce sont 29 femmes qui ont péri, dont sept étaient âgées de moins de 18 ans. On retrouve également parmi les victimes 24 hommes de moins de 18 ans. Environ la moitié sont de jeunes garçons âgés de dix ans ou moins, le plus jeune est un bébé âgé de 18 mois. Il n’est pas immédiatement possible de vérifier combien de civils se trouvent parmi les 119 hommes tués. Deux d’entre eux étaient âgés de 75 et 80 ans. Libre Belgique
Il est 15 h 20 à Gaza, mercredi 16 juillet, quand une terrible déflagration ébranle le front de mer. Quelques minutes plus tard, une seconde frappe retentit. Touchée par ce qui semble être un obus tiré d’un navire israélien, une bicoque de pêcheurs, construite sur la digue du port de pêche, est réduite en un tas de parpaings éclatés et de tôles noircies. A côté des décombres, les corps en partie calcinés de quatre garçons de la même famille, Mohammad, Ahed, Zakariya et Ismail. Ils avaient entre 9 et 11 ans. Les enfants Bakr jouaient sur la plage depuis quelques heures. Certains avaient apporté un ballon, d’autres pêchaient ou grattaient le sable à la recherche de morceaux de métal à revendre. Après la première frappe millimétrée sur la cabane, il semble que les enfants, blessés, aient été pris sciemment pour cible alors qu’ils remontaient la plage pour se mettre à l’abri. A quelques mètres de la cahute, Mohammad Abou Watfah a assisté au carnage : «Les enfants étaient paniqués, ils se sont mis à courir vers la plage. Un deuxième obus les a suivis. Il est tombé à quelques mètres et j’ai perdu connaissance», raconte péniblement le commerçant, touché à l’estomac par des éclats. Le corps ensanglanté, hors d’haleine, des enfants blessés parviennent à la terrasse d’un établissement du bord de mer, alors que résonne l’explosion d’un troisième obus. (…) Dans le service de chirurgie, Tagred, une autre mère du clan Bakr, veille sur son fils, Ahmad, 13 ans, touché à la poitrine par des éclats d’obus: «Ce ne sont que des enfants. Ils ne faisaient rien de mal contre les Israéliens, pleure d’incompréhension la mère palestinienne. Mon fils jouait simplement avec ses cousins et maintenant ils sont tous morts.» «Comment peut-on tirer sur des enfants qui courent ?» L’armée israélienne a annoncé, dans la soirée, qu’elle enquêtait «consciencieusement» pour déterminer les circonstances exactes de la mort des quatre enfants. Expliquant que les frappes visaient, en principe, des membres du Hamas, Tsahal n’a pas exclu la possibilité d’une «erreur» dans cette attaque, dont l’étendue sera de toute évidence difficile à justifier. Le Monde
Mercredi, sous les yeux des journalistes occidentaux, quatre enfants palestiniens ont été tués sur une plage de Gaza après un tir ou une explosion. Immédiatement, les médias occidentaux attribuent leur mort à deux navires de guerre de l’armée israélienne situés au large de la plage. Le 9 juin 2006, sur cette même plage, huit personnes (dont trois enfants) d’une même famille avaient été tuées, et plus de trente autres civils furent blessés par une explosion dont l’origine a été attribuée à l’armée israélienne par les médias occidentaux. Or, après enquête de l’armée israélienne il s’est avéré que l’explosion sur la plage n’a pas pu être provoquée par la marine israélienne car il s’est écoulé 10 minutes entre le dernier tir d’obus et le drame. Les éclats de projectiles qui ont été retirés des corps des personnes blessées ne correspondent à aucune des armes en circulation dans l’armée israélienne. D’autre part, les services de renseignement israéliens et égyptiens sont arrivés à la conclusion que la famille a été victime d’une mine installée par les artificiers du Hamas la semaine précédente, afin d’empêcher les commandos marines israéliens de débarquer sur la côte et d’intercepter ses lanceurs de roquettes. Dans les deux cas, et dans de nombreux autres cas, comme dans celui de l’affaire Al-Dura, il est intéressant de souligner la présence au même moment, d’équipes de télévisions filmant en direct ce qui semble être un non-événement, et qualifié après par les médias de « massacre ». Le Monde juif
So far, 194 Palestinians been killed during Operation Protective Edge; that’s already a higher death toll than that of the entire 2012 Operation Pillar of Defense. Or at least that’s what’s reported in the press, internationally but also in Israel. The truth is that the number of casualties, and the percentage of civilians among the dead, comes exclusively from Palestinian sources. Israel only publishes its version of the body count — which is always significantly lower than the Palestinian account — weeks after such operations end. Meanwhile, the damage to Israel’s reputation is done. During Pillar of Defense, 160 Palestinians were killed, 55 “militants” and 105 civilians, according to Palestinian sources. According to the IDF, 177 Palestinians were killed during the weeklong campaign — about 120 of whom were enemy combatants. A report by the Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center says 101 of those killed were terrorists, while 68 were noncombatants. B’Tselem claims 62 combatants and 87 civilians died. And yet, the figures from the Gazan ministry are routinely adopted, unquestioned, by the United Nations. Times of Israel
Hamas and affiliate militant factions out of the Gaza Strip are so far rejecting an Egyptian-proposed cease-fire, having launched far more than 100 rockets since the cease-fire proposal. In exposing Israel’s inability to stem the rocket flow, Hamas is trying to claim a symbolic victory over Israel. Hamas’ spin aside, the military reality paints a very different picture.
Nonstate actors such as Hamas and many of its peer organizations, of course, need some ability to exert force if they are to influence the actions of a state whose imperatives run counter to their own. The Gaza Strip is small and its resource base is limited, reducing the options for force. This makes cheap asymmetric tactics and strategies ideal. For Gaza and its militants, terrorizing the Israeli population through limited force often has previously influenced, constrained or forced the hand of the Israeli government and its subsequent policies. It accomplished this with assassinations, ambushes or suicide bombings targeting security forces or Israeli citizens. A confluence of events later led to a gradual evolution in the conflict. By 2006, the security wall that surrounds and contains the Gaza Strip had eliminated militants’ ability to directly engage the Israeli populace and security personnel, and Israel Defense Forces had completely withdrawn from the territory. Meanwhile, Hezbollah had demonstrated the effectiveness of relatively cheap artillery rockets volleyed into Israel in a high enough volume to seriously disrupt the daily life of Israeli life. While artillery rockets were not new to Gaza, the conditions were ripe for this tactic’s adoption. The intent was to build up a substantial arsenal of the weapons and increase their range to threaten Israel’s entire population as much as possible. (Increased range was also needed to overcome Israel’s growing defensive capabilities.) This would be the asymmetric threat that could be used to project force, albeit limited force, from Gaza. (…) Much of this cyclical nature is because both sides are operating under serious limitations, preventing either from gaining « victory » or some form of permanent resolution. For Israel there are two main limitations. The first is the intelligence gaps created by monitoring from the outside and having no permanent presence on the ground. The Israelis have been unable to stop the rockets from getting into Gaza, cannot be sure where they are exactly and can only degrade the ability to launch with airstrikes and naval strikes. This leads to the second constraint, which is the cost associated with overcoming this gap by doing a serious and comprehensive clearing of the entire strip. Though Operation Cast Lead did have a ground component, it was limited and did not enter the major urban areas or serious tunnel networks within them. This is exactly where many of the resources associated with the rocket threat reside. The intense urban operation that would result if Israeli forces entered those areas would have a huge cost in casualties for Israeli personnel and for civilians, the latter resulting in intense international and domestic pressure being brought to bear against the Israeli government. For decision-makers, the consequences of sitting back and absorbing rocket attacks versus trying to comprehensively accomplish the military objective of eliminating this capability keep weighing on the side of managing the problem from a distance. But the longer the conflict lasts, the more complications the militants in Gaza face as they see their threat of force erode with time. Adversaries adapt to tactics, and in this case Israel Defense Forces have steadily improved their ability to mitigate the disruptive ability of these attacks through a combination of responsive air power and Iron Dome batteries that effectively provide protection to urban populations. Subsequently, the terror and disruption visited upon the Israeli population diminishes slightly, and the pressures on the government lessen. So militants seem to be in a position to maintain their tool, but that tool is becoming less effective and imposing fewer costs. This raises the question of what new tactic or capability the militants will adopt next to exert new costs on Israel. Many surmise the incident that started this latest round — the kidnapping and killing of three Israeli teenagers in the West Bank — might become the tactic of choice if it proves effective in accomplishing its goals and is repeatable. The militants will also almost certainly attempt to refine their projectiles’ accuracy and range through the acquisition of more advanced rockets or even missiles. What is certain regarding the latest round of fighting is that we are far from seeing victory or any form of conclusion and that the conflict will continue to evolve. Stratfor
After Algeria gained its independence, according to its 1963 Nationality Code, it authorized citizenship only to Muslims. It extended citizenship only to those individuals whose fathers and paternal grandfathers were personally Muslim.  All but 6,500 of the country’s 140,000 Jews were essentially driven into exile by this change. Some 130,000 took advantage of their French citizenship and moved to France along with the pied-noirs, settlers of French ancestry. Moroccan Jews who were living in Algeria and Jews from the M’zab Valley in the Algerian Sahara, who did not have French citizenship, as well as a small number of Algerian Jews from Constantine, emigrated to Israel at that time. After Houari Boumediene came to power in 1965, Jews were persecuted in Algeria, facing social and political discrimination and heavy taxes. In 1967-68 the government seized all but one of the country’s synagogues and converted them to mosques. By 1969, fewer than 1,000 Jews were still living in Algeria. Only 50 Jews remained in Algeria in the 1990s. Wikipedia
À la suite des accords d’Évian en mars 1962, les départs sont massifs. Le contexte du conflit israélo-arabe va contribuer à envenimer les relations entre les Musulmans et les Juifs d’Algérie dans les années qui vont suivre. L’indépendance de l’Algérie est proclamée le 5 juillet 1962, et en octobre, on ne compte plus que 25 000 Juifs en Algérie dont 6000 à Alger. En 1971, il n’en reste plus qu’un millier117. En 1975, la Grande synagogue d’Oran, comme toutes les autres, est transformée en mosquée. À l’instar de nombreux cimetières chrétiens, beaucoup de cimetières juifs sont profanés. En 1982, on compte encore environ 200 Juifs, la guerre civile algérienne des années 1990 provoque le départ des derniers membres de la communauté. Le dossier juif reste un sujet tabou car les Juifs résidant dans le pays n’ont pas de personnalités connues, mis à part quelques conseillers ayant travaillé avec le ministre algérien du commerce Ghazi Hidoussi, à cause de la sensibilité du dossier et de son lien avec Israël. Certains partis, notamment nationalistes et islamistes, comme le Mouvement de la renaissance islamique, réagissent violemment à l’accréditation du Lions Clubs et du Rotary Club qu’ils présument d’obédience sioniste et franc-maçonne ainsi qu’à la poignée de main du président algérien Abdelaziz Bouteflika et du premier ministre israélien Ehud Barak, lors des funérailles du roi Hassan II au Maroc en juillet 1999. En 1999, Abdelaziz Bouteflika rend un hommage appuyé aux Juifs constantinois, à l’occasion du 2500e anniversaire de cette ville. En 2000, la tournée qu’Enrico Macias doit effectuer sur sa terre natale est annulée à la suite de pressions internes et malgré l’invitation officielle de la présidence. En mars 2003, un plan d’action avait été mis en place par les autorités françaises et algériennes, pour que les cimetières juifs retrouvent leur dignité et ce, selon un programme établi annuellement. Le projet reste cependant lettre morte dans des dizaines de cimetières communaux dans lesquels existent des carrés juifs. En 2005, deux évènements marquent l’actualité : la tenue d’un colloque des Juifs de Constantine à Jérusalem provoquant une rumeur selon laquelle ils auraient fait une demande d’indemnisation auprès du gouvernement de l’Algérie, à la suite de leur départ en 1962. Cette information sera démentie par les autorités d’Alger et la visite à Tlemcen de 130 Juifs originaires de cette ville, fait sans précédent depuis l’indépendance, est vécue dans l’émotion tant du côté des Juifs Algériens que de celui des Musulmans Algériens[réf. nécessaire]. En décembre 2007, Enrico Macias bien qu’invité par le président français Sarkozy, à l’accompagner en visite officielle en Algérie, il doit renoncer face à l’hostilité et au refus du ministre algérien des Anciens Combattants. En 2009, l’État algérien accrédite un organisme représentant la religion hébraïque en Algérie, présidé par Roger Saïd. On recense 25 synagogues, abandonnées pour la plupart, les Juifs d’Algérie ayant peur d’organiser des cérémonies de culte pour des raisons sécuritaires. Cet organisme devra également agir, en coordination avec le ministère des affaires religieuses sur l’état des tombes juives, particulièrement à Constantine, Blida et Tlemcen[réf. nécessaire]. En janvier 2010, le dernier Juif vivant en Oranie décède à l’hôpital civil d’Oran. En août 2012, le représentant de la communauté juive en Algérie, maitre Roger Saïd chargé de veiller sur les intérêts judéo-algériens décède à Paris. Wikipedia
Although much is heard about the plight of the Palestinian refugees from the aftermath of the 1948 Israeli War of Independence and the 1967 Six Day War, little is said about the hundreds of thousands of Jews who were forced to flee from Arab states before and after the creation of Israel. In fact, these refugees were largely forgotten because they were assimilated into their new homes, most in Israel, and neither the United Nations nor any other international agency took up their cause or demanded restitution for the property and money taken from them. In 1945, roughly 1 million Jews lived peacefully in the various Arab states of the Middle East, many of them in communities that had existed for thousands of years. After the Arabs rejected the United Nations decision to partition Palestine and create a Jewish state, however, the Jews of the Arab lands became targets of their own governments’ anti-Zionist fervor. As Egypt’s delegate to the UN in 1947 chillingly told the General Assembly: “The lives of one million Jews in Muslim countries will be jeopardized by partition.” The dire warning quickly became the brutal reality. Throughout 1947 and 1948, Jews in Algeria, Egypt, Iraq, Libya, Morocco, Syria, and Yemen (Aden) were persecuted, their property and belongings were confiscated, and they were subjected to severe anti-Jewish riots instigated by the governments. In Iraq, Zionism was made a capital crime. In Syria, anti-Jewish pogroms erupted in Aleppo and the government froze all Jewish bank accounts. In Egypt, bombs were detonated in the Jewish quarter, killing dozens. In Algeria, anti-Jewish decrees were swiftly instituted and in Yemen, bloody pogroms led to the death of nearly 100 Jews. Jewish virtual library

Attention: des réfugiés peuvent en cacher d’autres !

A l’heure où, entre boucliers humains et photos et chiffres trafiqués, le martyre du peuple palestinien fait à nouveau la une de nos journaux

Et que nos chères têtes blondes en profitent pour crier « mort aux juifs » à tous les coins de rue et préférentiellement devant les nouvelles ambassades que sont devenues – dixit un responsable écologiste français –  les synagogues

Pendant que 70 ans après l’abomination nazie outre-rhin, l’équipe de la diversité que tout le monde attendait se voit crucifier par sa propre presse pour avoir fêté leur victoire en Coupe du monde en chambrant comme c’est l‘habitude dans leur pays leurs adversaires qualifiés pour l’occasion de gauchos …

Et que, de l’autre côté de la Méditerrannée, on tente de « rejudaïser » un pays qui, entre exil forcé, synagogues transformées en mosquées ou désaffectées et carrés juifs profanés,  avait réussi en un peu plus de 60 ans à effacer 2 000 ans et 90% de sa présence juive   …

Retour sur ces réfugiés dont on ne parle jamais …

A savoir, entre l’extermination des chrétiens arméniens, assyriens ou grecs de Turquie et l’actuel nettoyage ethnique des mêmes chrétiens du reste du Monde musulman, ces quelque 900 000 juifs ethniquement épurés du Monde arabe …

Fact Sheet:
Jewish Refugees from Arab Countries

(Updated January 2013)


Although much is heard about the plight of the Palestinian refugees from the aftermath of the 1948 Israeli War of Independence and the 1967 Six Day War, little is said about the hundreds of thousands of Jews who were forced to flee from Arab states before and after the creation of Israel. In fact, these refugees were largely forgotten because they were assimilated into their new homes, most in Israel, and neither the United Nations nor any other international agency took up their cause or demanded restitution for the property and money taken from them.

Yemenite Jews
Yemenite Jews flee during Operation Magic Carpet

In 1945, roughly 1 million Jews lived peacefully in the various Arab states of the Middle East, many of them in communities that had existed for thousands of years. After the Arabs rejected the United Nations decision to partition Palestine and create a Jewish state, however, the Jews of the Arab lands became targets of their own governments’ anti-Zionist fervor. As Egypt’s delegate to the UN in 1947 chillingly told the General Assembly: “The lives of one million Jews in Muslim countries will be jeopardized by partition.” The dire warning quickly became the brutal reality.

Throughout 1947 and 1948, Jews in Algeria, Egypt, Iraq, Libya, Morocco, Syria, and Yemen (Aden) were persecuted, their property and belongings were confiscated, and they were subjected to severe anti-Jewish riots instigated by the governments. In Iraq, Zionism was made a capital crime. In Syria, anti-Jewish pogroms erupted in Aleppo and the government froze all Jewish bank accounts. In Egypt, bombs were detonated in the Jewish quarter, killing dozens. In Algeria, anti-Jewish decrees were swiftly instituted and in Yemen, bloody pogroms led to the death of nearly 100 Jews.

In January 1948, the president of the World Jewish Congress, Dr. Stephen Wise, appealed to U.S. Secretary of State George Marshall: “Between 800,000 and a million Jews in the Middle East and North Africa, exclusive of Palestine, are in ‘the greatest danger of destruction’ at the hands of Moslems being incited to holy war over the Partition of Palestine … Acts of violence already perpetrated, together with those contemplated, being clearly aimed at the total destruction of the Jews, constitute genocide, which under the resolutions of the General Assembly is a crime against humanity. » In May 1948, the New York Times echoed Wise’s appeal, and ran an article headlined, « Jews in Grave Danger in all Muslim Lands: Nine Hundred Thousand in Africa and Asia face wrath of their foes. »

With their lives in danger and the situation growing ever more perilous, the Jews of the Arab World fled their homes as refugees.

Of the 820,000 Jewish refugees between 1948 and 1972, more than 200,000 found refuge in Europe and North America while 586,000 were resettled in Israel – at great expense to the Israeli government, and without any compensation from the Arab governments who had confiscated their possessions. The majority of the Jewish refugees left their homes penniless and destitute and with nothing more than the shirts on their backs. These Jews, however, had no desire to be repatriated in the Arab World and little is heard about them because they did not remain refugees for long.

In Israel, a newly independent country that was still facing existential threats to its survival, the influx of immigrants nearly doubled the population and a put a great strain on an economy struggling to just meet the needs of its existing population.  The Jewish State, however, never considered turning away the refugees and, over the years, worked to absorb them into society.

Iraqi Jews
Iraqi Jews flee as refugees to Israel

Overall, the number of Jews fleeing Arab countries for Israel in the years following Israel’s independence was nearly double the number of Arabs leaving Palestine. The contrast between the Jewish refugees and the Palestinian refugees grows even starker considering the difference in cultural and geographic dislocation – most of the Jewish refugees traveled hundreds or thousands of miles to a tiny country whose inhabitants spoke a different language and lived with a vastly different culture. Most Palestinian refugees traveled but a few miles to the other side of the 1949 armistice lines while remaining inside a linguistically, culturally and ethnically similar society.

Moreover, the value of Jewish property left behind and confiscated by the Arab governments is estimated to be at least 50 percent higher than the total value of assets lost by the Palestinian refugees.  In the 1950’s, John Measham Berncastle, under the aegis of the United Nations Conciliation Commission for Palestine, estimated that total assets lost by Palestinian refugees from 1948 – including land, buildings, movable property, and frozen bank accounts – amounted to roughly $350 million ($650 per refugee). Adding in an additional $100 million for assets lost by Palestinian refugees as a result of the Six Day War, an approximate total is $450 million – $4.4 billion in 2012 prices. By contrast, the value of assets lost by the Jewish refugees – compiled by a similar methodology – is estimated at $700 million – roughly $6.7 billion today.

To date, more than 100 UN resolutions have been passed referring explicitly to the fate of the Palestinian refugees. Not one has specifically addressed Jewish refugees. Additionally, the United Nations created a organization, UNRWA, to solely handle Palestinian refugees while all other refugees are handled collectively by UNHRC. The UN even defines Palestinian refugees differently than every other refugee population, setting distinctions that have allowed their numbers to grow exponentially so that nearly 5 million are now considered refugees despite the fact that the number estimated to have fled their homes is only approximately 400-700,000.

Today, nearly half of Israel’s native population descends from the Jewish refugees of the Arab world and their rights must be recognized alongside any discussion of the rights for Palestinian refugees and their descendants. In Israel, the issue of the Jewish refugees has been of preeminent importance during all peace negotiations with the Palestinians, including the 1993 Oslo Accords and the 2000 Camp David summit.  Under the leadership of Prime Minister Benjamin Netanyahu and Deputy Foreign Minister Danny Ayalon, Israel is now calling on United Nations Secretary-General Ban Ki Moon to hold a summit specifically the issue of the Jewish refugees.

In the United States, led by Congressman Jerrold Nadler, efforts are also being made to ensure the world recognizes the plight of these Jewish refugees.  In July 2012, Nadler led a bipartisan group of six congressmen in sponsoring H.R. 6242, legislation that would require the President to submit a regular report to Congress on actions taken relating to the resolution of the Jewish refugee issue. Nadler’s latest effort comes more than four years after he successfully passed H.R. 185, a non-binding resolution asking the President to ensure that explicit reference is made to the Jewish refugees in any international forum discussing Middle East or Palestinian refugees.

Use the resource below to learn more about
the Jewish Refugees from the Arab World:

AlgeriaEgyptIraqLibyaMoroccoSyriaTunisiaYemen (Aden)

Jews in the Arab World
1948
1958
1968
1978
2011
Algeria
140,000
130,000
1,500
1,000
1,500
Egypt
75,000
40,000
1,000
400
100
Iraq
135,000
6,000
2,500
350
7
Libya
38,000
3,750
100
40
0
Morocco
265,000
200,000
50,000
18,000
4,000
Syria
30,000
5,000
4,000
4,500
100
Tunisia
105,000
80,000
10,000
7,000
1,500
Yemen/Aden
63,000
4,300
500
500
250
Total
851,000
469,060
69,600
31,790
~7,500

Algeria

Jews in 1948: 140,000. Jews in 2011: 1,500.

Jewish settlement in Algeria can be traced back to the first centuries of the Common Era. In the 14th century, with the deterioration of conditions in Spain, many Spanish Jews moved to Algeria, among them a number of outstanding scholars including Rav Yitzchak ben Sheshet Perfet (the Ribash) and Rav Shimon ben Zemah Duran (the Rashbatz). After the French occupation of the country in 1830, Jews gradually adopted French culture and were granted French citizenship.

On the eve of WWII, there were around 120,000 Jews in Algeria. In 1934, incited by events in Nazi Germany, Muslims rampaged in Constantine, killing 25 Jews and injuring many more. Starting in 1940, under Vichy rule, Algerian Jews were persecuted socially and economically. In 1948, at the time of Israel’s independence and on the eve of the Algerian Civil War, there were approximately 140,000 Jews living in Algeria, of whom roughly 30,000 lived in the capital.

Nearly all of the Algerian Jews fled the country shortly after it gained independence from France in 1962. The newly established Algerian government harassed the Jewish community, confiscated Jewish property, and deprived Jews of their principle economic rights. As a result, almost 130,000 Algerian Jews immigrated to France and, since 1948, 25,681 Algerian Jews have immigrated to Israel.

According to the State Department, there is now fewer than 2,000 Jews in Algeria and there are no functioning synagogues in the country.

EGYPT

Jews in 1948: 75,000. Jews in 2011: 100.

Jews have lived in Egypt since Biblical times. Israelite tribes first moved to the land of Goshen, the northeastern edge of the Nile Delta, during the reign of the Egyptian pharaoh Amenhotep IV (1375-1358 BCE). By 1897, there were more than 25,000 Jews in Egypt, concentrated in Cairo and Alexandria.

The first Nationality Code was promulgated by Egypt in May 1926 and said that only those « who belonged racially to the majority of the population of a country whose language is Arabic or whose religion is Islam » were entitle to Egyptian nationality. This provision served as the official pretext for expelling many Jews from Egypt.

In 1937, the Jewish population was 63,500 but by 1945, with the rise of Egyptian nationalism and the cultivation of anti-Jewish sentiment, violence erupted against the peaceful Jewish community. That year, 10 Jews were killed, more than 300 injured, and a synagogue, a Jewish hospital, and an old-age home were destroyed. In July 1947, an amendment to Egyptian law stipulated that companies must employ a minimum of 90% Egyptian nationals. This decree resulted in the loss of livelihood for many Jews.

Israel’s establishment led to further anti-Jewish sentiments. Between June and November 1948, bombs set off in the Jewish Quarter of Cairo killed more than 70 Jews and wounded nearly 200, while another 2,000 Jews were arrested and had their property confiscated. Rioting over the following months resulted in more Jewish deaths. In 1956, the Egyptian government used the Sinai Campaign as a pretext for expelling almost 25,000  Jews and confiscating their property while approximately 1,000 more Jews were sent to prisons and detention camps. In November 1956, a government proclamation declared that « all Jews are Zionists and enemies of the state, » and promised that they would be soon expelled. Thousands of Jews were ordered to leave the country, allowed to take only one suitcase, a small sum of cash, and forced to sign declarations « donating » their property to the Egyptian government.

By 1957 the Jewish population had fallen to 15,000 and in 1967, after the Six-Day War, there was a renewed wave of persecution and the community dwindled to 2,500. By the 1970’s, after the remaining Jews were given permission to leave the country, the number of Jews feel to just a few hundred. Today, the community is on the verge of extinction with fewer than 100 Jews remaining in Egypt, the majority elderly.

IRAQ

Jews in 1948: 135,000. Jews in 2011: 7.

Jews have lived in modern-day Iraq since before the common era and prospered in what was then called Babylonia until the Muslim conquest in 634 AD. Under Muslim rule, the situation of the Jewish community fluctuated yet at the same time, Jews were subjected to special taxes and restrictions on their professional activity. Under British rule, which began in 1917, Jews fared well economically, but this changed when Iraq gained independence.

In June 1941, the Mufti-inspired, pro-Nazi coup of Rashid Ali sparked rioting and a pogrom in Baghdad. Armed mobs, with the complicity of the police and the army, murdered 180 Jews and wounded almost 1,000. Although emigration was prohibited, many Jews made their way to Mandate Palestine with the aid of an underground movement.

Additional outbreaks of anti-Jewish rioting occurred between 1946 and 1949, and following the establishment of Israel in 1948, Zionism was made a capital crime. In 1950, the Iraqi parliament legalized emigration to Israel, provided that Iraqi Jews forfeited their citizenship before leaving. Between May 1950 and August 1951, the Jewish Agency and the Israeli government succeeded in airlifting approximately 110,000 Jews to Israel in Operation Ezra & Nehemiah. At the same time, 20,000 Jews were smuggled out of Iraq through Iran. A year later the property of Jews who emigrated from Iraq was frozen, and economic restrictions were placed on Jews who remained in the country.

In 1952, Iraq’s government barred Jews from emigrating, and publicly hanged two Jews after falsely charging them with hurling a bomb at the Baghdad office of the U.S. Information Agency. A community that had reached a peak of 150,000 in 1947, dwindled to a mere 6,000 after 1951. Persecutions continued, especially after the Six Day War in 1967, when 3,000 Jews were arrested, dismissed from their jobs, and some hanged in the public square of Baghdad. In one instance, on January 27, 1969, Baghdad Radio called upon Iraqis to “come and enjoy the feast” and some 500,000 people paraded and danced past the scaffolds where the bodies of the hanged Jews swung; the mob rhythmically chanting “Death to Israel” and “Death to all traitors.”

As of 2008, the Jewish Agency for Israel estimated that there were only seven Jews remaining in Iraq while Baghdad’s Meir Tweig synagogue, the last synagogue in use, was closed in 2003 after it became too dangerous to gather openly. The State Department reported in 2011 that anti-Semitism is still widespread in both state-owned and private media outlets and Holocaust denial is often glorified.

LIBYA

Jews in 1948: 38,000. Jews in 2011: 0.

The Jewish community of Libya traces its origin back some 2,500 years to the time of Hellenistic rule under Ptolemy Lagos in 323 B.C.E. in Cyrene. Once home to a very large and thriving Jewish community, Libya is now completely empty of Jews due to anti-Jewish pogroms that spurred immigration to Israel.

At the time of the Italian occupation in 1911, there were approximately 21,000 Jews in the country, the majority in the capital Tripoli. By the late 1930s, fascist anti-Jewish laws were gradually being enforced and the Jewish community was subject to terrible repression. Yet, in 1941, the Jews still accounted for a quarter of Tripoli’s population and maintained 44 synagogues.

In 1942, the Germans occupied the Jewish quarter of Benghazi, plundered shops, and deported more than 2,000 Jews across the desert, where more than one-fifth of them perished. Many Jews from Tripoli were also sent to forced labor camps.

Conditions did not greatly improve following liberation and under the British occupation there were a series of brutal pogroms. One savage pogrom occurred in Tripoli on November 5, 1945, when more than 140 Jews were massacred and almost every synagogue in the city was looted. In June 1948, rioters murdered another 12 Jews and destroyed 280 Jewish homes. When the British legalized emigration in 1949, more than 30,000 Jews fled Libya.

Thousands more Jews fled to Israel after Libya became independent in 1951 and was granted membership in the Arab League. A law passed in December 1958 ordered for the dissolution of the Jewish Community Council. In 1961, a special permit was needed to show proof of being a « true Libyan » and all but six Jews were denied this document.

After the Six-Day War, the Jewish population – numbering roughly 7,000 – was again subjected to pogroms in which 18 people were killed and many more injured; the riots also sparked a near-total exodus from the Jewish community, leaving fewer than 100 Jews in Libya. When Muammar Gaddafi came to power in 1969, all Jewish property was confiscated and all debts to Jews cancelled. Although emigration was illegal, more than 3,000 Jews succeeded in leaving for Israel.

By 1974, there were no more than 20 Jews in the country, and it is believed that Esmeralda Meghnagi, who died in February 2002, was the last Jew to live in Libya.  In October 2011, protests in Tripoli called for the deportation of a Jewish activist who had returned to Libya with the intent of restoring Tripoli’s synagogue. Some protesters’ signs read, “There is no place for the Jews in Libya,” and “We don’t have a place for Zionism.”

MOROCCO

Jews in 1948: 265,000. Jews in 2011: 4,000.

Jews have been living in Morocco since the time of Antiquity, traveling there two millennia ago with Phoenician traders, and the first substantial Jewish settlements developed in 586 BCE after Nebuchadnezzar destroyed Jerusalem and exiled the Jews.

Prior to World War II, the Jewish population of Morocco reached its height of approximately 265,000, and though Nazi deportations did not occur the Jewish community still suffered great humiliation under the Vichy French government. Following the war, the situation became even more perilous.

In June 1948, bloody riots in Oujda and Djerada killed 44 Jews while wounding scores more. That same year, an unofficial economic boycott was instigated against the Moroccan Jewish community. By 1959 Zionist activities were made illegal and in 1963, at least 100,000 Moroccan Jews were forced out from their homes. Nearly 150,000 Jews sought refuge in Israel, France and the Americas.

In 1965, Moroccan writer Said Ghallab described the attitude of Moroccan Muslims toward their Jewish neighbors when he wrote:

« The worst insult that a Moroccan could possibly offer was to treat someone as a Jew … The massacres of the Jews by Hitler are exalted ecstatically. It is even credited that Hitler is not dead, but alive and well, and his arrival is awaited to deliver the Arabs from Israel. »

In early 2004, Marrakech had a small Jewish population of about 260 people, most over the age of 60, while Casablanca had the largest community, about 3,000 people. There are still synagogues in use today in CasablancaFez, Marrakech, Mogador, Rabat, Tetuan and Tangier.

The Jewish community now numbers between 4,000 and 5,500 and while the government is one of the most friendly towards Israel, the Jewish community is still the target of sporadic violence. On a Saturday in May 2003, for example, a series of suicide bombers attacked four Jewish targets in Casablanca, though fortunately no Jews were killed.  In a show of kindness, the government subsequently organized a large rally in the streets of Casablanca to demonstrate support for the Jewish community and the king reasserted his family’s traditional protection for the country’s Jews.

SYRIA

Jews in 1948: 30,000. Jews in 2011: 100.

Jews had lived in Syria since biblical times and the Jewish population increased significantly after the Spanish expulsion in 1492. Throughout the generations, the main Jewish communities were to be found in Damascus and Aleppo.

By 1943, the Jewish community of Syria had approximately 30,000 members but In 1944, after Syria gained independence from France, the new Arab government prohibited Jewish immigration to Palestine, severely restricted the teaching of Hebrew in Jewish schools, called boycotts against Jewish businesses, and sat idle as attacks against Jews escalated. In 1945, in an attempt to thwart international efforts to establish a Jewish homeland in Palestine, the Syrian government fully restricted Jewish emigration, burned, looted and confiscated Jewish property, and froze Jewish bank accounts.

When partition was declared in 1947, Arab mobs in Aleppo devastated the 2,500-year-old Jewish community and left it in ruins. Scores of Jews were killed and more than 200 homes, shops and synagogues were destroyed. Thousands of Jews illegally fled as refugees, 10,000 going to the United States and 5,000 to Israel.  All of their property were taken over by the local Muslims.

Over the next few decades, those Syrian Jews that remained were in effect hostages of a hostile regime as the government intensified its persecution of the Jewish population. Jews were stripped of their citizenship and experienced employment discrimination. They had their assets frozen and property confiscated. The community lived under constant surveillance by the secret police. Freedom of movement was also severely restricted and any Jew who attempted to flee faced either the death penalty or imprisonment at hard labor. Jews could not acquire telephones or driver’s licenses and were barred from buying property. An airport road was paved over the Jewish cemetery in Damascus; Jewish schools were closed and handed over to Muslims.

The last Jews to leave Syria departed with the chief rabbi in October 1994. By the middle of 2001, Rabbi Huder Shahada Kabariti estimated that 150 Jews were living in Damascus, 30 in Haleb and 20 in Kamashili. while two synagogues remained open in Damascus. According to the US State Department, there were about 100 Jews left in country as 2011, concentrated in Damascus and Aleppo.  Contact between the Syrian Jewish community is Israel is prohibited.

TUNISIA

Jews in 1948: 105,000. Jews in 2011: 1,500.

The first documented evidence of Jews living in Tunisia dates back to 200 CE. By 1948, the Tunisian Jewish community had numbered 105,000, with 65,000 living in the capital Tunis.

Tunisia was the only Arab country to come under direct German occupation during World War II and, according to Robert Satloff, “From November 1942 to May 1943, the Germans … implemented a forced-labor regime, confiscations of property, hostage-taking, mass extortion, deportations, and executions. They required thousands of Jews in the countryside to wear the Star of David.”

When Tunisia gained independence in 1956, the new government passed a series of discriminatory anti-Jewish decrees. In 1957, the rabbinical tribunal was abolished and a year later the Jewish community councils were dissolved.  The government also destroyed ancient synagogues, cemeteries, and even Tunis’ Jewish quarter for « urban renewal » projects.

During the Six-Day War, Jews were attacked by rioting Arab mobs, while businesses were burned and the Great Synagogue of Tunis was destroyed. The government actually denounced the violence and appealed to the Jewish population to stay, but did not bar them from leaving.

The increasingly unstable situation caused more than 40,000 Tunisian Jews to immigrate to Israel and at least 7,000 more to France. By 1968, the country’s Jewish population had shrunk to around 10,000.

Today, the US State Department estimates that there are 1,500 Jews remaining in Tunisia, with one-third living in and around the capital and the remainder living on the island of Djerba.  The Tunisian government now provides the Jewish community freedom of worship and also provided security and renovation subsidies for the synagogues.

YEMEN (Aden)

Jews in 1948: 63,000. Jews in 2011: 250.

The first historical record of Jews in Yemen is from the third century CE.

In 1922, the government of Yemen reintroduced an ancient Islamic law decreeing that Jewish orphans under age 12 were to be converted to Islam.

In 1947, after the partition vote on Palestine, the police forces joined Muslim rioters in a bloody pogrom in Aden, killing 82 Jews and destroying hundreds of Jewish homes. The pogrom left Aden’s Jewish community economically paralyzed, as most of the stores and businesses were destroyed.

Early in 1948, looting occurred after six Jews were falsely accused of murdering two Arab girls and the government began to forcefully evict the Jews. Between June 1949 and September 1950, Israel ran Operation « Magic Carpet » and brought virtually the entire Yemenite Jewish community – almost 50,000 people – to Israel as refugees.

In 1959, another 3,000 Jews from Aden emigrated to Israel while many more fled as refugees to the US and England. A smaller, continuous migration was allowed to continue into 1962, when a civil war put an abrupt halt to any further Jewish exodus.

Today, there are no Jews in Aden and there are an estimated 250 Jews in Yemen. The Jews are the only indigenous non-Muslim religious minority and the small community that remains in the northern area of Yemen is tolerated and allowed to practice Judaism. However, the community is still treated as second-class citizens and cannot serve in the army or be elected to political positions. Jews are traditionally restricted to living in one section of a city and are often confined to a limited choice of employment.


Sources: Aharon Mor & Orly Rahimiyan, « The Jewish Exodus from Arab Lands, » Jerusalem Center for Public Opinion, (September 11, 2012).
« Compensate Jewish Refugees from Arab Countries, Conference Urges, » JTA, (September 10, 2012).
Kershner, Isabel. “The Other Refugees.“ Jerusalem Report, (January 12, 20/04).
Littman, David. “The Forgotten Refugees: An Exchange of Population.“ The National Review, (December 3, 2002).
Matas, David, Urman, Stanley A. “Jews From Arab Countries: The Case for Rights and Redress.“ Justice for Jews from Arab Countries, (June 23, 2003).
Sachar, Howard. A History of Israel. Alfred A. Knopf, Inc., New York, 2000.
Stillman, Norman. The Jews of Arab Lands in Modern Times. The Jewish Publication Society of America, 1991.
“Ad Hoc Committee on Palestine – 30th Meeting,” United Nations Press Release GA/PAL/84, (November 24, 1947).
Arieh Avneri, The Claim of Dispossesion, (NJ: Transaction Books, 1984), p. 276.
Jerusalem Post, (December 4, 2003).
Stephen Farrell, « Baghdad Jews Have Become a Fearful Few, » New York Times, (June 1, 2008).
US State Department – Religious Freedom Reports (2011); Human Rights Reports (2011)
Roumani, Maurice. The Jews from Arab Countries: A Neglected Issue. WOJAC, 1983
American Jewish Yearbook: 1958, 1969, 1970, 1978, 1988, 2001. Philadelphia: The Jewish Publication Society of America
American Sephardi Federation
« Point of no return: Information and links about the Middle East’s forgotten Jewish refugees »
Jews Indigenous to the Middle East and North Africa (JIMENA)
Association of Jews from the Middle East and North Africa (HARIF)
« Israel Pushing for UN Summit on Jewish Refugees, » The Algemeiner, (August 27, 2012).
Hillel Fendel, « US Congress Recognizes Jewish Refugees from Arab Lands, » Arutz Sheva, (February 4, 2008).
House Resolution 185 (110th), « Regarding the Creation of Refugee Populations in the Middle East, » GovTrack.
House Resolution 6242 (112th), « Relating to the Resolution of the Issue of Jewish Refugees from Arab Countries, » GovTrack.

Voir aussi:

Algérie: des salafistes contre les synagogues
RFI

En Algérie, une manifestation a réuni quelques dizaines de personnes dans un quartier populaire de la capitale. Les manifestants, des salafistes, veulent protester contre l’annonce officielle de la réouverture des synagogues dans le pays.

Ce n’est pas la première fois qu’Abdelfattah Hamadache, imam salafiste du quartier de Bellecourt, proche du Front islamique du salut (FIS), appelle à manifester. Il y a quelques semaines, c’était pour s’opposer au ministre du Commerce qui venait de donner plusieurs autorisations d’ouverture de magasins d’alcool.

Vendredi, plusieurs dizaines d’hommes ont manifesté contre la réouverture des synagogues, mesure annoncée par le ministre des Affaires religieuses. Ils considèrent que l’Algérie est musulmane et qu’il n’y a pas de place pour une autre religion.

Cette manifestation, rapidement bloquée par les forces de l’ordre, n’a surpris personne. Mais l’annonce du ministre, en revanche, a laissé certains observateurs sans voix. Chaque été, la police arrête certaines personnes sous prétexte qu’elles mangent en plein jour pendant le ramadan, le ministre affirmant que le respect du jeûne était une affaire personnelle.

Alors lorsqu’il affirme que les synagogues vont être ouvertes après 20 ans de fermeture pour des raisons de sécurité, la presse ne sait pas comment réagir. Si les journaux défendent pour la majorité la liberté de culte, difficile de savoir si la mesure sera vraiment appliquée. Les commentaires se multiplient sur les réseaux sociaux, mais les salafistes, eux, sont bien les premiers à rendre le débat public.

Contre la « judaïsation » de l’Algérie

En Algérie, la communauté juive est discrète, mais elle existe toujours. Les synagogues sont fermées pour des raisons de sécurité depuis que dans les années 1990, deux figures de cette communauté avaient été assassinées.

Les manifestants, qui ont dénoncé cette mesure comme « une provocation contre les musulmans en plein ramadan », disent vouloir s’opposer à la « judaïsation » de l’Algérie. Ils craignent que la réouverture des synagogues soit un premier pas vers une normalisation des relations de l’Algérie avec Israël.

Voir également:

Why doesn’t Israel publish figures and details of Gaza casualties?
The world relies on data from the Hamas-run health ministry, and there’s nothing we can do about that, officials in Jerusalem say
Raphael Ahren
The Times of Israel
July 15, 2014
Raphael Ahren is the diplomatic correspondent at The Times of Israel.

So far, 194 Palestinians been killed during Operation Protective Edge; that’s already a higher death toll than that of the entire 2012 Operation Pillar of Defense. Or at least that’s what’s reported in the press, internationally but also in Israel. The truth is that the number of casualties, and the percentage of civilians among the dead, comes exclusively from Palestinian sources. Israel only publishes its version of the body count — which is always significantly lower than the Palestinian account — weeks after such operations end. Meanwhile, the damage to Israel’s reputation is done.

During Pillar of Defense, 160 Palestinians were killed, 55 “militants” and 105 civilians, according to Palestinian sources. According to the IDF, 177 Palestinians were killed during the weeklong campaign — about 120 of whom were enemy combatants. A report by the Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center says 101 of those killed were terrorists, while 68 were noncombatants. B’Tselem claims 62 combatants and 87 civilians died.

Why the confusion, and what is the accurate body count for the current conflict?

For Operation Protective Edge, the only data published so far comes from the health ministry in Gaza. This ministry is run by Hamas, therefore rendering the number of casualties and injuries it reports more than unreliable, said Maj. Arye Shalicar of the Israel Defense Forces Spokesperson’s unit. “Hamas has no shame about lying. We know they’re a terrorist organization that makes cynical use of casualty numbers for propaganda purposes. You can’t trust a single number they publish.”

And yet, the figures from the Gazan ministry are routinely adopted, unquestioned, by the United Nations. “According to preliminary information, over 77 per cent of the fatalities since 7 July have been civilians, raising concerns about respect for international humanitarian law,” states a situation report published Tuesday by the UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Once given the stamp of approval of such an important body, these numbers are quoted everywhere else.

“All these publications are not worth the paper they’re written on,” said Reuven Erlich, the director of the Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center. “They’re based mostly on Palestinian sources in Gaza, who have a vested interest in showing that we’re killing many civilians.”

His center spends considerable resources on researching the real number of casualties, publishing a daily report with information as reliable as can be obtained. On Monday, the center’s “initial and temporary data” suggested the distribution of those killed so far in Operation Protective Edge is as follows: of 157 Gazans who have died, 57 were terrorist operatives (29 from Hamas, 22 from Palestinian Islamic Jihad and six from other terrorist organizations); 76 were non-involved civilians; and 38 could not be identified.

“The numbers from Gaza’s Health Ministry are very general, they don’t explain who is a terrorist and who is a civilian,” Erlich said. “Knowing how many of the casualties were terrorists and how many were civilians requires very thorough work. You have to check every single name. Such an investigation takes time, and unfortunately every day new names are being added to the list.”

In order to ascertain who was killed and whether the victim is a terrorist or a civilian, the center’s staff looks up their names on Palestinian websites and searches for information about their funerals and for other hints that could shed light on a person’s background.

The authorities in Gaza generally count every young man who did not wear a uniform as a civilian — even if he was involved in terrorist activity and was therefore considered by the IDF a legitimate target, military sources said.

And yet, no official Israeli government body releases any information about casualties caused by Israeli airstrikes in real-time. We simply cannot know what we hit, several officials said. In the West Bank, IDF forces are able to ascertain who dies as a result of IDF actions, but since Israel has no military or civilian presence in Gaza, no information is available during or right after a strike. To be sure, the IDF does investigate claims about casualties, but results are usually only released weeks after the hostilities have ended. By then, the world, gauging Israel’s conduct in part on the basis of available information on civilian casualties, has turned its attention elsewhere.

After Israel’s 2008-9 Operation Cast Lead, many pro-Palestinian activists were outraged over the high number of innocent Palestinians killed. Palestinian sources, widely cited including by the UN, reported 1,444 casualties, of whom 314 were children. Israel, on the other hand, said that 1,166 Gazans were killed — 709 of them were “Hamas terror operatives”, 295 were “uninvolved Palestinians,” while the remaining 162 were “men that have not yet been attributed to any organization.” It put the number of children (under 16-years-old) killed at 89.

The international outrage over the operation played a role in the UN Human Rights Commission’s appointment of a panel to investigate “all violations of international human rights law and international humanitarian law that might have been committed.” Headed by Judge Richard Goldstone, the panel authored the now-notorious “UN Fact Finding Mission on the Gaza Conflict,” also known as Goldstone report. It leveled heavy criticism against Israel, including the assertion that Israel set out deliberately to kill civilians, an allegation which Goldstone, though not his fellow commission members, later retracted.

How difficult it can be to ascertain who is being killed by Israeli airstrikes in Gaza is perhaps best illustrated by an incident from Operation Pillar of Defense, in which the infant son of a BBC employee was killed.

On November 14, 2012, 11-month-old Omar Jihad al-Mishrawi and Hiba Aadel Fadel al-Mishrawi, 19, died after what appeared to be an Israeli airstrike. The death of Omar, the son of BBC Arabic journalist Jihad al-Mishrawi, garnered more than usual media attention and focused anger for the death on Israel. Images of the bereaved father tearfully holding the corpse of his baby went around the world.
Jihad Mishrawi speaks to the media, while carrying the body of his son Omar, on November 15, 2012. (photo credit: screenshot BBC)

Jihad Mishrawi speaks to the media, while carrying the body of his son Omar, on November 15, 2012. (photo credit: screenshot BBC)

Only months later did a UN report clear Israel of the charge it had killed the baby, suggesting instead he was hit by shrapnel from a rocket fired by Palestinians that was aimed at Israel, but missed its mark.

Given the difficulty of determining who exactly was killed by an airstrike in Gaza, Israeli authorities are focusing their public diplomacy efforts on other areas.

Rather than arguing about the exact number of Palestinians killed, and what percentage of them were civilians, officials dealing with hasbara (pro-Israel advocacy) try to engage the public opinion makers in a debate about asymmetrical warfare.

“Our work doesn’t focus on the number of casualties, but rather on Hamas’s methods, which are the sole reason for the fact that civilians are being hurt; and on our method, which is to do everything to avoid civilian casualties,” said Yarden Vatikai, the director of the National Information Directorate at the Prime Minister’s Office.

Prime Minister Benjamin Netanyahu tries to hammer this point home every time he talks to a world leader or to the press. “See, the Hamas and the other terrorist groups like Islamic Jihad are firing from Gaza when their rocketeers and their command posts are embedded in homes, hospitals, next to kindergartens, mosques,” he said Sunday on CBS’s “Face the Nation.” “And so we are trying to operate, to target them surgically, but the difference between us is that we’re using missile defense to protect our civilians, and they’re using their civilians to protect their missiles. So naturally they’re responsible for all the civilian deaths that occur accidentally.”

Numbers matter, and although it’s tough to explain the many civilian casualties caused by Israeli air raids, there is nothing the IDF can do about it, officials insist. It’s simply impossible to establish an independent body count while the hostilities are ongoing, admitted a senior official in the government’s hasbara apparatus. “It’s a challenge. But even if you said: No, only 40 or 50 percent of those killed were civilian, and not 70 — would that change anything in the world’s opinion?”

The numbers game is not an arena in which Israel can win, the official said. “When it comes to arguments over the actual justice of our campaign, I think we can win. When it comes to numbers, though, we cannot win. Because first of all, we don’t really have the ability to count the casualties, and secondly, because most people don’t really care that it was, say, only 50 percent and not 60.”

If the UN or other groups want to investigate possible war crimes or the high number of casualties after Operation Protective Edge, Jerusalem will deal with it then, the official said. Even if Israel were to publish its body count at the same time as the Gazan health ministry, it would not prevent a second Goldstone report, he added. “The people involved in these kinds of reports are not interested in the exact numbers. If they want to attack Israel they will do it regardless of the true number of casualties. They have their narrative, and nothing is going to change that.”

Voir encore:

L’Allemagne s’enflamme pour sa Mannschaft « black blanc beur »

Cécile Boutelet – Berlin, correspondance

Le Monde

07.07.2010

« Je ne veux pas forcément qu’ils deviennent champions du monde, je veux surtout qu’ils continuent à jouer. » Pour cette Allemande de 39 ans, la demi-finale de la Coupe du monde qui opposera l’Espagne à l’Allemagne, mercredi, sera un rendez-vous de plus avec l’équipe qui lui semble la plus sympathique et la plus talentueuse du Mondial 2010. Une équipe qui a su non seulement séduire au-delà des frontières, mais donner à l’Allemagne une autre image d’elle-même : multiculturelle, ouverte et aimée à l’étranger.

Sur les 23 joueurs de la sélection de Joachim Löw, onze sont d’origine étrangère. Outre le trio d’origine polonaise (Piotr Trochowski, Miroslav Klose, Lukas Podolski), qui depuis longtemps n’est plus considéré comme exotique, évoluent sur le terrain Marko Marin, Jérôme Boateng, Dennis Aogo, Sami Khedira ou encore deux joueurs d’origine turque : Serdar Tasci et le jeune prodige Mesut Özil.

Tous les observateurs, en Allemagne, s’accordent à reconnaître que cette arrivée de nouveaux talents « venus d’ailleurs » fait beaucoup de bien à l’équipe. « Cela lui donne une aptitude à l’engagement, une envie de reconnaissance, vis-à-vis d’eux-mêmes mais également vis-à-vis des autres », déclarait le ministre de l’intérieur Thomas de Maizière à la Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung. Pour Bastian Schweinsteiger, talentueux milieu de terrain, « les diverses influences vivifient l’équipe, elles lui donnent un tout autre tempérament ».

Une diversité qui fait également beaucoup de bien au pays. A Kreuzberg, le quartier de Berlin où vit la plus importante communauté turque du pays, on défend depuis le début du mondial les couleurs de la Mannschaft. « Les performances des jeunes donnent à notre travail un élan énorme », se réjouit Gül Keskinler, une Turque chargée de l’intégration à la Fédération allemande de football. « L’exemple de Mesut Özil est à cet égard particulièrement important, souligne-t-elle. Les footballeurs ont, à travers leur fonction d’exemple, un rôle très fort, ils sont des ambassadeurs pour la jeunesse. »

Dans les rues de Berlin, pas de célébration pourtant d’un esprit de fraternité « black blanc beur » tel qu’avait pu le connaître la France après sa victoire au Mondial de 1998. Pour beaucoup d’Allemands, le maillot est rassembleur : peu importe l’origine des joueurs, à la première victoire ils ont été adoptés sans cérémonie.

La diversité n’est qu’un élément parmi d’autres dans l’impression de renouveau que donne l’équipe d’Allemagne. « La diversité montre surtout que l’Allemagne va enfin chercher son inspiration ailleurs, estime Holger Cesnat, 35 ans. Le style de l’équipe a changé, il est plus léger, parce que Joachim Löw observe le football pratiqué au-delà des frontières et a rompu avec le style qui prédominait dans le football allemand jusqu’ici. »

Pour Rainer Stich, 52 ans : « C’est quand même une vraie tendance à l’ouverture. On parie sur des jeunes, sur des joueurs d’origines diverses. Vingt ans après la réunification, le pays n’est plus concentré sur lui-même, sur sa propre réunification. Cela a commencé en 2006, c’était la première fois qu’on osait être fier de son pays, fier de son équipe, cela a libéré beaucoup de choses. » Emilie Parker se félicite : « C’est la première fois que l’équipe est si appréciée à l’étranger. Même en Israël on trouve la Mannschaft sympathique. C’est un sentiment auquel nous ne sommes pas habitués. »

La Mannschaft « new look », un baromètre de la diversité migratoire
Pierre Weiss
Le Nouvel Observateur
21-06-2014

Jusqu’à très récemment, la sélection allemande comptait peu ou pas de joueurs d’origine immigrée. Explications.

La présence massive de descendants d’immigrés dans l’effectif de la « Deutsche Nationalmannschaft » est un phénomène relativement récent. S’il ne s’apparente pas à une manifestation de rue ni à un scrutin politique, il peut à tout le moins être un révélateur ou un traducteur, intéressant à examiner à ce titre (1).

Formule associée à l’équipe de France championne du monde de football en 1998, le « Black-Blanc-Beur » s’est décliné en Allemagne, depuis le début des années 2000, sous la forme du « multikulti ». Un simple regard sur la liste des 23 internationaux sélectionnés par l’entraîneur Joachim Löw à l’occasion du mondial brésilien suffit à identifier six noms trahissant une histoire sociale marquée par le processus « d’émigration-immigration » (2). Il s’agit des défenseurs Jérôme Boateng et Shkodran Mustafi, des milieux de terrain Sami Khedira, Mesut Özil et Lukas Podolski, ainsi que du buteur emblématique Miroslav Klose. A leur manière, ces joueurs cumulant plus de 380 matchs sous le maillot du « Nationalelf » sont un baromètre de la diversité migratoire de la société allemande. En ce sens, ils permettent de rappeler que cette dernière apparaît comme une société d’ancienne immigration (3), à l’instar de ses voisines française ou anglaise. Néanmoins, à la différence de la France, l’Allemagne a maintenu une forte immigration depuis le milieu des années 1990, entre autres pour compenser le vieillissement de sa population active.

En même temps, la composition ethnoculturelle de plus en plus diversifiée de la « Mannschaft » témoigne de signes d’une tangible transformation du mode de constitution de la nation allemande. Profitant de la réforme du Code de la nationalité en 2000 qui mit fin au seul droit du sang, l’Allemagne a en effet tourné la page et de l’équipe nationale et de la communauté des citoyens monochromatiques. Cette sélection de sportifs « new look » traduit enfin un mouvement de modernisation des instances dirigeantes du football allemand, dont l’origine se situe à la charnière du XXe et du XXIe siècles. Ainsi l’espace des joueurs issus de l’immigration est marqué par l’empreinte de la politique antidiscriminatoire menée par le « Deutscher Fußball-Bund » (DFB) et ses organisations-membres.

1 – Les « couleurs » de l’histoire

Depuis la Coupe du monde en 2002, les compositions successives de l’équipe allemande qui a participé aux phases finales du tournoi planétaire sont un bon révélateur de l’histoire des flux migratoires du pays, à l’exception des populations d’origine italienne, portugaise ou marocaine.

Les sportifs immigrés polonais ou enfants d’immigrés représentent le contingent le plus important. Ils sont au nombre de quatre : nés en Pologne, Miroslav Klose, Lukas Podolski et Piotr Trochowski émigrent en Allemagne à la fin des années 1980 ; Tim Borowski, quant à lui, est né en RDA de parents polonais. Leur émigration – ou celle de leur famille – s’inscrit dans le contexte plus large des arrivées massives « d’Aussiedler » (des « réfugiés de souche allemande ») entre 1950 et 1989 (4). N’ayant pratiquement pas d’équivalent dans d’autres pays occidentaux, cette forme de migration puise sa source dans les relations conflictuelles entre l’Etat et la « nation ethnique » en Allemagne, mais encore dans les changements politiques et territoriaux résultant des deux guerres mondiales et de la guerre froide.

Les footballeurs immigrés ghanéens ou descendants d’immigrés constituent le second groupe. Ils sont trois : né au Ghana, Gerald Asamoah émigre en Allemagne en 1990 ; concernant David Odonkor et Jérôme Boateng, ils sont nés en RFA et d’origine ghanéenne par leur père. Cette immigration d’Afrique de l’Ouest trouve notamment son explication dans l’histoire de l’empire colonial voulu par Bismarck. Protectorat allemand depuis 1884, le « Togoland » est partagé entre la France et la Grande-Bretagne suite au Traité de Versailles de 1919. En 1956, la partie anglaise de cette province jadis germanisée est rattachée à la République indépendante du Ghana et échappe à l’Etat indépendant du Togo en 1960 (5). Aussi est-il assez cohérent que l’Allemagne soit la destination privilégiée des membres des minorités germanophones implantées au Ghana.

Les joueurs enfants d’immigrés de Turquie se placent en troisième position. Ils sont au nombre de deux : nés outre-Rhin de parents turcs, Mesut Özil et Serdar Tasci incarnent la génération de la « Mannschaft » du mondial de 2010. Leurs ascendants ont émigré en RFA à l’occasion du « Wirtschaftswunder » d’après-guerre. Entre 1961 et 1973, le patronat allemand et les autorités fédérales ont en effet recruté des milliers de travailleurs immigrés originaires de Turquie pour occuper les emplois pénibles dont les nationaux ne voulaient pas, en particulier dans les secteurs de l’agriculture, de la construction et de l’automobile (6). Par la suite, cet ensemble d’ouvriers faiblement qualifiés est complété par une immigration familiale dans le cadre des regroupements primaire et secondaire.

2 – La diversification de la communauté des citoyens

La composition de l’équipe allemande des années 2000 affiche l’origine ethnoculturelle de plus en plus diversifiée des Allemands, et le soutien que ces derniers lui apportent, notamment depuis 2006 (7), informe du niveau de consensus rencontré par cette diversification. Le contraste est d’ailleurs saisissant entre cette équipe « multikulti » et la sélection unicolore du siècle dernier. Entre 1934 et 1998, la « Mannschaft » n’a par exemple accueilli qu’un seul joueur d’origine non germanique en la personne de Maurizio Gaudino, descendant d’immigré italien ayant pris part à la Coupe du monde en 1994 (8). Précisons toutefois que ce constat ne vaut que si l’on fait abstraction de la présence importante de footballeurs issus de l’immigration polonaise, mais en réalité « de souche allemande ».

A l’inverse, entre 2002 et 2014, le « Nationalelf » a déjà comporté 15 sportifs d’origine non germanique, dont neuf binationaux : Asamoah, Klose, Podolski, Boateng, Cacau, Gomez, Khedira, Özil et Mustafi. D’un côté, l’hétérogénéité frappante de l’équipe des années 2000 témoigne d’une modification tangible du mode de constitution de la nation allemande. Pendant longtemps, le principe fondateur de cette dernière a reposé intégralement sur les liens du sang – « ethnos » (9). Créée par une idéologie « ethnicisante » distinguant ce qui n’est pas allemand au sens « ethnique » du terme, cette frontière institutionnelle explique à la fois l’homogénéité de l’équipe allemande du XXe siècle et l’intégration progressive des joueurs polonais d’ascendance germanique. Menée à son terme par la coalition « rouge-verte », avec le soutien des libéraux et des démocrates-chrétiens, la réforme du Code de la nationalité du 1er janvier 2000 a désormais introduit dans la législation des éléments du droit du sol. Ce dernier facilite la naturalisation des migrants et l’inclusion de leurs descendants. Il est fondé sur une conception de la citoyenneté mettant surtout l’accent sur l’individu au sens politique du terme – « demos ». Nés en Allemagne de parents turcs, Mesut Özil et Serdar Tasci ont acquis la nationalité allemande par ce biais. Tous deux ont commencé à jouer en sélection U19, entre 2006 et 2007. Il existe donc un lien de causalité entre le Code de la nationalité et la taille du vivier de footballeurs disponibles pour le système de formation.

D’un autre côté, il faut prendre en compte les effets de l’assouplissement de la politique de nationalité sportive menée par la FIFA ; en particulier ceux du décret de 2009 autorisant un sportif professionnel à changer une fois d’équipe nationale, sans limite d’âge, à condition de n’avoir jamais porté le maillot de sa précédente sélection « A » en compétition. Le cas des frères Boateng est intéressant à scruter à ce titre. S’ils sont tous les deux nés à Berlin, l’un, Jérôme, évolue sous les couleurs de la « Mannschaft », tandis que l’autre, Kevin-Prince, a opté pour le pays de son père, le Ghana.
3 – La modernisation des instances du football allemand

La présence de joueurs de couleur et de sportifs aux patronymes à la consonance étrangère dans le « Nationalelf » traduit en dernier ressort la modernisation des instances dirigeantes du football allemand. A la suite de l’élimination prématurée de l’équipe nationale en quart de finale de la Coupe du monde en 1998, de nombreuses voix s’élevèrent, pour la première fois, contre le système de formation et la politique d’intégration des immigrés menée par le DFB. Parmi elles, on peut citer l’entraîneur du Bayern de Munich de l’époque, Ottmar Hitzfeld, qui déclara dans le « Spiegel » que sans les migrants et leurs descendants, l’Allemagne renonçait inconsidérément à plus de 50 % de la nouvelle génération de footballeurs de haut niveau, potentiellement sélectionnables en équipe nationale (10).

Le développement des attitudes racistes et xénophobes dans les ligues amateurs, les exclusions d’immigrés des clubs allemands et la recrudescence des associations mono-ethniques ont alors conduit les responsables du DFB à utiliser le football à la fois comme un outil de lutte contre la discrimination ethno-raciale et comme un vecteur de promotion de la diversité culturelle. L’arrivée en 2004 d’Oliver Bierhoff en tant que manager général de l’équipe d’Allemagne constitue une étape décisive dans ce processus. Ancien international, Bierhoff est diplômé en sciences économiques et en management de l’Université d’Hagen. Habitué à la rhétorique managériale et proche des milieux entrepreneuriaux, il introduit la thématique de la « diversité » au sein du DFB. Par son travail politique et son capital symbolique, cette notion venue des pays anglo-saxons devient une nouvelle catégorie de l’action sportive à destination des jeunes garçons issus de l’immigration et des classes populaires.

Profitant de l’organisation du Mondial de 2006 en Allemagne, le DFB, appuyé par les pouvoirs publics, lance des initiatives visant à favoriser la pratique du football chez les immigrés et leurs enfants. Cette impulsion donne par exemple naissance à des dispositifs socio-sportifs d’intégration des descendants d’immigrés des quartiers paupérisés des grandes métropoles. Quelle que soit son efficacité en matière de prévention et d’éducation, cette politique antidiscriminatoire est surtout une bonne manière de repérer puis d’inclure de nouveaux talents dans le système de formation du football national. A la Coupe du monde au Brésil, Shkodran Mustafi est là pour nous le rappeler !

La « Mannschaft » new look n’est pas un « miroir » de la société allemande et de ses évolutions. Tout au plus, elle peut en être un reflet déformant. En ce sens, nous avons (trop) rapidement tenté de montrer que les significations contenues dans les manifestations de la diversité migratoire auxquelles donne lieu le spectacle des joueurs du « Nationalelf » sont sans effet historique. Ces significations ne comportent aucune autonomie réelle ; au mieux, elles ne font que traduire un mouvement, sans jamais être en mesure de l’influencer. Autrement dit, dans ce cas précis, elles sont entièrement dépendantes des contextes historique, politico-juridique et socio-sportif. Pour les sciences sociales, le football national n’est finalement qu’une clé de compréhension des sociétés humaines et de leurs transformations (11).

(1) Voir Paul Yonnet, Systèmes des sports, Paris, Editions Gallimard, 1998.

(2) Nous empruntons cette expression au sociologue Abdelmalek Sayad. Cf. son ouvrage intitulé La double absence : des illusions de l’émigré aux souffrances de l’immigré, Paris, Editions du Seuil, 1999.

(3) Rien qu?au cours des années 1950-1960, la RFA a par exemple recruté plus de trois millions de travailleurs étrangers suite à des accords conclus avec une série d?Etats : Italie, Espagne, Grèce, Turquie, Maroc, Portugal, Tunisie et Yougoslavie.

(4) 1 238 316 Aussiedler de Pologne se sont installés en Allemagne au cours de cette période. Voir Rainer Ohliger, « Une migration privilégiée. Les Aussiedler, Allemands et immigrés », Migrance, n° 17-18, 2000-2001, pp. 8-17.

(5) Voir Ulrike Schuerkens, Du Togo allemand aux Togo et Ghana indépendants, Paris, Editions L’Harmattan, 2001.

(6) Cf. Ulrich Herbert, Geschichte der Ausländerpolitik in Deutschland. Saisonarbeiter, Zwangsarbeiter, Gastarbeiter, Flüchtlinge, Munich, C. H. Beck, 2001.

(7) Albrecht Sonntag, « Un été noir-rouge-or », in C. Demesmay et H. Stark (éd.), Radioscopies de l’Allemagne 2007, Paris, IFRI Travaux et Recherches, 2007, pp. 19-39.

(8) Voir le site Internet suivant : http://www.dfb.de/index.php?id=11848

(9) Cf. Dominique Schnapper, L’Europe des immigrés : essai sur les politiques d’immigration, Paris, Editions F. Bourin, 1992.

(10) Sur ce point, voir Diethelm Blecking, « Le football allemand, une histoire d’identités multiples », Allemagne d’aujourd’hui, n° 193, 2010, pp. 93-101.

(11) Cf. Norbert Elias et Eric Dunning, Sport et civilisation. La violence maîtrisée, Paris, Editions Fayard, 1994.

Voir enfin:

Manif pro-palestinienne à Paris : deux synagogues prises pour cible

Frédéric Ploquin

Marianne

14 Juillet 2014

Plusieurs manifestations pro-palestiennes ont eu lieu dimanche 13 juillet en France. A Paris, deux synagogues ont été prises pour cible. Voici les faits.

Ils sont environ 7 000 à défiler dans les rues de Paris, ce dimanche 13 juillet, entre Barbès et la Bastille, pour dire leur solidarité avec les Palestiniens. Le parcours a été négocié par les responsables du NPA (Nouveau parti anticapitaliste), l’organisation héritière de la Ligue communiste révolutionnaire. Pourquoi avoir exigé un parcours qui s’achève à proximité du quartier du Marais, connu pour abriter plusieurs lieux de culte juif ? Le fait est que les responsables de la Préfecture de police l’ont validé.

Parmi les manifestants, de nombreuses femmes, souvent voilées, mais surtout des jeunes venus de la banlieue francilienne. Les premiers slogans ciblent Israël, mais aussi la « complicité française ». Très vite, les « Allah Akbar » (Dieu est grand) dominent, donnant une tonalité fortement religieuse au cortège.
La préfecture de police ne s’attendait pas à une telle mobilisation, mais ses responsables ont vu large au niveau du maintien de l’ordre, puisque cinq « forces mobiles », gendarmes et CRS confondues, ont été mobilisées. C’est à priori suffisant pour sécuriser tous les lieux juifs le long du parcours.

Aucune dégradation, aucun incident n’est signalé en marge du cortège, jusqu’à l’arrivée à proximité de la Bastille. Un premier mouvement de foule est observé à la hauteur de la rue des Tournelles, qui abrite une synagogue. Les gendarmes bloquent la voie et parviennent sans difficulté à refouler les assaillants vers le boulevard Beaumarchais.

Place de la Bastille, la dispersion commence, accélérée par une ondée, lorsque des jeunes décident de s’en prendre aux forces de l’ordre. De petites grappes s’engouffrent vers les rues adjacentes. Se donnent-ils le mot ? Ils sont entre 200 et 300 à marcher en direction de la synagogue de la rue de la Roquette… où se tient un rassemblement pour la paix en Israël, en présence du grand rabbin. Les organisateurs affirment avoir alerté le commissariat de police, mais l’information n’est apparemment pas remontée jusqu’à la Préfecture de police. Détail important : s’ils avaient su, les responsables du maintien de l’ordre auraient forcément barré l’accès à la rue.

Les choses se compliquent très vite, car les manifestants ne sont pas les seuls à vouloir en découdre. Une petite centaine de membres de la LDJ (ligue de défense juive) sont positionnés devant la synagogue de la rue de la Roquette, casques de moto sur la tête et outils (armes blanches) à portée de main. Loin de rester passive, la petite troupe monte au contact des manifestants, comme ils l’ont déjà fait lors d’une manifestation pro-palestinienne organisée Place Saint-Michel quelques jours auparavant. On frôle la bagarre générale, mais la police parvient à s’interposer. Les assaillants refluent vers le boulevard, tandis que les militants juifs reviennent vers la synagogue.

Durant le week-end, des manifestations similaires ont été organisées dans plusieurs grandes villes. Selon la police, ils étaient 2 300 à Lille, 1 200 à Marseille et autour de 400 à Bordeaux. Aucun incident n’a été signalé.


Vote des femmes/70e: Pourquoi la France a été l’un des derniers pays européens (Blame it on the Protestant Catholic differential)

21 avril, 2014

 Reformation_Europe

WomensVoteReligion in Western European Countries (circa 1870)

Country                          Percent            Percent  Percent                           Protestant       Catholic
Protestant Countries
Denmark                               99                  1
Sweden                                 99                  1
Norway                                  99                 1
Finland                                  98                 2
Britain                                   91                 8.5
Germany                               62                 36.5
Netherlands                           61                 38
Switzerland                           58                 41
Catholic Countries
Ireland                                  12                  88
France                                    4                   95
Austria                                    2                  91
Italy                                       1                   97
Spain                                      1                   97
Portugal                                  1                   97
Belgium                                  1                   95
Source: Delacroix and Nielsen (2001)
Timeline of Women’s Suffrage Granted, by Country
  • 1893 New Zealand
  • 1902 Australia1
  • 1906 Finland
  • 1913 Norway
  • 1915 Denmark
  • 1917 Canada2
  • 1918 Austria, Germany, Poland, Russia
  • 1919 Netherlands
  • 1920 United States
  • 1921 Sweden
  • 1928 Britain, Ireland
  • 1931 Spain
  • 1944 France
  • 1945 Italy
  • 1947 Argentina, Japan, Mexico, Pakistan
  • 1949 China
  • 1950 India
  • 1954 Colombia
  • 1957 Malaysia, Zimbabwe
  • 1962 Algeria
  • 1963 Iran, Morocco
  • 1964 Libya
  • 1967 Ecuador
  • 1971 Switzerland
  • 1972 Bangladesh
  • 1974 Jordan
  • 1976 Portugal
  • 1989 Namibia
  • 1990 Western Samoa
  • 1993 Kazakhstan, Moldova
  • 1994 South Africa
  • 2005 Kuwait
  • 2006 United Arab Emirates
  • 2011 Saudi Arabia3
NOTE: One country does not allow their people, male or female, to vote: Brunei.
1. Australian women, with the exception of aboriginal women, won the vote in 1902. Aborigines, male and female, did not have the right to vote until 1962.
2. Canadian women, with the exception of Canadian Indian women, won the vote in 1917. Canadian Indians, male and female, did not win the vote until 1960. Source: The New York Times, May 22, 2005.
3. Women in Saudi Arabia will not be eligible to vote until 2015.
https://i1.wp.com/www.leparisien.fr/images/2014/04/21/3784117_droit%20de%20vote%20de%20sfemmes%20info.PNG Luther rend nécessaire ce que Gutenberg a rendu possible : en plaçant l’Écriture au centre de l’eschatologie chrétienne, la Réforme fait d’une invention technique une obligation spirituelle. François Furet et Jacques Ozouf
Ce projet a causé la désertion de 80 à 100 000 personnes de toutes conditions, qui ont emporté avec elles plus de trente millions de livres ; la mise à mal de nos arts et de nos manufactures. (…) Sire, la conversion des cœurs n’appartient qu’à Dieu … Vauban (« Mémoire pour le rappel des Huguenots », 1689)
Qu’ils s’en aillent! Car nous sommes en France et non en Allemagne! … Notre République est menacée d’une invasion de protestants car on choisit volontiers des ministres parmi eux., … qui défrancise le pays et risque de le transformer en une grande Suisse, qui, avant dix ans, serait morte d’hypocrisie et d’ennui. Zola (Le Figaro, le 17/5/1881)
After the Reformation, Protestant regions arose from the backwaters of Europe to displace the Catholic countries as the economic powerhouses. By 1700 prior to the full-fledged industrial revolution–Protestant countries had overtaken the Catholic world in terms of income. A strong Protestant-Catholic income gap became well established over the next 250 years. There were no signs of convergence until the 1960s. This is not, however, a simple vindication of the “Protestant ethic” thesis. … A number of alternative hypotheses … might account for the economic dominance of Protestant Europe. They include (1) secularization – freeing the economy from religious controls; (2) the growth of education (and the Protestant emphasis on literacy – ability to read the bible); (3) the dismal consequences of the Catholic Counter-Reformation; (4) the importance of the Atlantic (slave) trade in creating an autonomous business class that would demand modernizing institutional reforms.  (…) The Reformation was a crucial cultural moment in the development of capitalism … The Reformation made literacy a central part of religious devotion. In the Catholic Church, the clergy interpreted (channeled?) the word of God for believers. The bible was thought to be too complex to be understood by the common folk. (Indeed, even much of the clergy did not have direct access to the bible.) Protestantism, in contrast, spread the notion of a “priesthood of all believers”. All Christians should study the bible, connecting with their religion in a much more personal and private way. This is a tall order when only a tiny fraction of the population is literate, and the bible is written in Latin. Protestants worked hard on both these fronts, translating the bible into the vernacular (the languages that people actually spoke), and evangelizing for mass education. Rather suddenly, and for completely non-economic reasons, the medieval reign of ignorance was rejected, in its place were demands for investment in human capital.  Scotland is a great example of this. A founding principle of the Scottish Reformation (1560) was free education for the poor. Perhaps the world’s first local school tax was established in 1633 (strengthened in 1646). In this environment grew the Scottish En lightenment: David Hume, Francis Hutcheson, Adam Ferguson, and the godfather of modern economics, Adam Smith. By this time, Scottish scholarship stood so far above that of other nations that Voltaire wrote, “we look to Scotland for all our ideas of civilization”. An attractive feature of this thinking about Protestantism is its amenability to quantitative empirical testing. Did Protestant countries invest more heavily in education? … at least in 1830, Protestant countries had much higher primary school enrollment: 17% in Germany, 15% in the US, 9% in the UK, 7% in France, and only about 3% or 4% in Italy and Spain … While Protestant countries were aspiring to the ideal of a “priesthood of all believers”–nurturing a social norm of literacy and personal scholarship, Catholic Europe reacted viciously to the Reformation and devoted a hundred or so years to the brutal containment and control of “thought, knowledge, and belief”. The emphasis here is not so much on literacy per se. In Landes’ view, the Reformation did not simply give a “boost to literacy,” but more importantly “spawned dissidents and heresies, and promoted the skepticism and refusal of authority that is at the heart of the scientific endeavor”. While Protestants were translating the bible and agitating for public education, the Counter-Reformation (the Inquisition) was burning books, burning heretics, and imprisoning scientists. The Catholic reaction to the Reformation – in large part driven by the Spanish Empire – was to terrorize the principle of free thought. Though in many ways the birthplace of modern science, “Mediterranean Europe as a whole missed the train of the so-called scientific revolution” (Landes 1998:180). In a climate of fear and repression, the intellectual and scientific center of Europe shifted northward.  Perhaps the Reformation, rather than creating a new “spirit of capitalism,” simply led to the relocation capitalist activity. Without any religious strife, the industrial revolution might well have taken root wherever medieval capitalism was strongest (Italy, Belgium, Spain, etc). The religious wars and Counter-Reformation “convulsed” the centers of old medieval capitalism, leading to a mass migration of capital and entrepreneurial skill. Perhaps the most promising lead for historical research is to study the patterns of capital mobility and migration following the Reformation. Splitting Europe into two religious worlds produced striking dynamics that I believe go far beyond Weber’s thesis. The Protestant world, it seems, nurtured a contentious spirit of heresy and critical thought, popular literacy, and a laissez faire business morality; Catholism burned books, imprisoned scientists, stifled thought, and demanded stringent orthodoxy. All of this condemned the old prosperous regions of Europe to become the periphery (the “Olive Belt”). The backward regions that revolted from Rome became the destination for capitalist migration, and here, the institutions of modern capitalism gradually took shape. Finally, it no doubt helped that at around the same time, the center of commerce and trade shifted from the Mediterranean to the Atlantic, adding a new “opportunity of geography” to the Protestant regions.  Cristobal Young
Pour ses promoteurs, il existe dans la France de la Troisième République un  » complot protestant « , mené par des étrangers de l’intérieur. Ce  » péril  » menace l’identité française et cherche sournoisement à  » dénationaliser  » le pays. Leurs accusations veulent prendre appui sur l’actualité : la guerre de 1870, la création de l’école laïque, les rivalités coloniales, l’affaire Dreyfus, la séparation des églises et de l’État. Derrière ces événements se profilerait un  » parti protestant  » qui œuvrerait en faveur de l’Angleterre et de l’Allemagne. Mais, à coté de l’actualité, la vision de l’histoire constitue également un enjeu et les antiprotestants, en lutte contre l’interprétation universitaire de leur époque, tentent une révision de la compréhension d’événements historiques comme la Saint-Barthélemy et la Révocation de l’Édit de Nantes. Ils accusent les protestants d’intolérance et érigent des statues à Michel Servet, victime de Calvin au XVIe siècle. La réaction protestante à ces attaques se marque non seulement par une riposte juridique, mais aussi par une auto-analyse plus critique que dans le passé. Cet axe se termine par une réflexion plus large sur la condition minoritaire en France et la manière dont la situation faite aux minorités est révélatrice du degré de démocratie de la société française. (…) L’antisémitisme de cette époque concentre deux traditions hostiles aux juifs : l’une, religieuse, qui les accuse de  » déicide « , l’autre, économique, qui les accuse de  » spéculation financière « . La conjonction de ces deux traditions engendre des thèses raciales sur une lutte éternelle entre l’  » aryen  » et le  » sémite « , alors que les accusations raciales antiprotestantes, quand elles existent, n’atteignent pas ce degré d’intensité. L’anticléricalisme est l’envers du cléricalisme : deux camps de force égale se trouvent en rivalité politico-religieuse et leurs arguments dérivent souvent dans des stéréotypes où la haine n’est pas absente. La haine anticléricale se développe lors de la lutte contre les congrégations. Mais, à partir de 1905, la séparation des églises et de l’État constitue un  » pacte laïque  » et permet un dépassement de l’anticléricalisme. (…) Paradoxalement, plus le groupe visé est faible, plus la haine à son encontre est forte. À ce titre, l’antiprotestantisme apparaît comme une haine intermédiaire entre l’anticléricalisme et l’antisémitisme. Mais, partout, à l’origine des haines, se trouve une vision conspirationniste de l’histoire : les pouvoirs établis et les idées qui triomphent sont le résultat de  » menées occultes « , d’ « obscurs complots ». Jean Bauberot
Une bonne partie de ce que nous observons dans les relations entre la France et les Etats-Unis est le produit d’une structure de relations que l’on doit penser comme la confrontation entre deux impérialismes de l’universel. (…) La France est une sorte d’idéologie réalisée: être français, c’est se sentir en droit d’universaliser son intérêt particulier, cet intérêt particulier qui a pour particularité d’être universel. Et doublement en quelque sorte: universel en matière de politique, avec le modèle pur de la révolution universelle, universel en matière de culture, avec le modèle de chic (de Paris). On comprend que, bien que son monopole de l’universel soit fortement contesté, en particulier par les Etats-Unis, la France reste l’arbitre des élégances en matière de radical chic, comme on dit outre-Atlantique ; elle continue à donner le spectacle des jeux de l’universel, et, en particulier, de cet art de la transgression qui fait les avant-gardes politiques et/ou artistiques, de cette manière (qui se sent inimitable) de se sentir toujours au-delà, et au-delà du delà, de jouer avec virtuosité de tous les registres, difficile à accorder, de l’avant-gardisme politique et de l’avant-gardisme culturel (…) C’est dire que nombre des choses qui s’écrivent ou se disent, à propos de la France ou des USA ou de leurs rapports, sont le produit de l’affrontement entre deux impérialismes, entre un impérialisme en ascension et un impérialisme en déclin, et doivent sans doute beaucoup à des sentiments de revanche ou de ressentiment, sans qu’il soit exclu qu’une partie des réactions que l’on serait porté à classer dans l’antiaméricanisme du ressentiment puissent et doivent être comprises comme des stratégies de résistance légitime à des formes nouvelles d’impérialisme… (…) En fait, on ne peut attendre un progrès vers une culture réellement universelle – c’est-à-dire une culture faite de multiples traditions culturelles unifiées par la reconnaissance qu’elles s’accordent mutuellement – que des luttes entre les impérialismes de l’universel. Ces impérialismes, à travers les hommages plus ou moins hypocrites qu’ils doivent rendre à l’universel pour s’imposer, tendent à le faire avancer et, à tout le moins, à le constituer en recours susceptible d’être invoqué contre les impérialismes mêmes qui s’en réclament. Pierre Bourdieu
Si les responsables politiques (de tous bords) pensent que leurs discours alarmistes sur la mondialisation et leurs incessantes critiques contre «l’inhumanité» du «modèle» anglo-saxon ne sont que d’inoffensives stratégies électorales destinées à gagner quelques voix, ils devraient y réfléchir à deux fois. (…) On récolte ce qu’on a semé : deux décennies de rhétorique antimondialisation et antiétranger se payent par une paralysie politique et psychologique de la France, consciente de l’urgente nécessité des réformes, mais incapable de les mettre en oeuvre. De nombreux pays européens plus solidaires que la France possèdent des marchés du travail plus libres, mais le petit pas tenté dans cette direction par la France (le CPE) soulève immanquablement l’opposition générale. (…) Si le grand public n’est pas prêt aux réformes, les responsables politiques ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes : aux Pays-Bas, les réformes ont commencé il y a vingt ans. Au Canada et en Suède, elles ont commencé il y a quinze ans et ont été menées à terme en six petites années. Le Canada et la Suède se portent bien mieux aujourd’hui qu’il y a quinze ans. Pendant ce temps, le tissu social français continue à se dégrader. (…) Les Canadiens se sont livrés à une analyse de l’hyperétatisme au cours des années 80 et 90. Les Français se sont déchaînés contre le «capitalisme sauvage» mais la droite n’a jamais dénoncé «l’étatisme sauvage», avec ses épais fourrés de réglementations tueuses d’emplois et ses prédateurs anticapitalistes, les «intellectuels». (…) La France a besoin d’un (ou d’une) dirigeant (e) centriste capable de faire la paix avec le capitalisme et la mondialisation tout en défendant les meilleurs composants de l’Etat-providence. Canadiens et Suédois ont compris que capitalisme et démocratie sociale (ou du moins stabilité sociale) avancent ensemble, ou tombent ensemble. Qui, en France, adresse ce genre de message au grand public ? Timothy Smith
Des textes produits dans le plus grand secret, délibérément obscurs et édictant des mesures à effet retard, pareil à des virus informatiques, préparent l’avènement d’une sorte de gouvernement mondial invisible au service des puissances économiques dominantes …. Pierre Bourdieu
Les grandes firmes multinationales et leurs conseils d’administrations internationaux, les grandes organisations internationales, OMC, FMI et Banque mondiale aux multiples subdivisions désignées par des sigles et des acronymes compliqués et souvent imprononçables, et toutes les réalités correspondantes, commissions et comités de technocrates non élus, peu connus du grand public, bref, tout ce gouvernement mondial qui s’est en quelques années institué et dont le pouvoir s’exerce sur les gouvernements nationaux eux-mêmes, est une instance inaperçue et inconnue du plus grand nombre. Cette sorte de Big Brother invisible, qui s’est doté de fichiers interconnectés sur toutes les institutions économiques et culturelles, est déjà là, agissant, efficient, décidant de ce que nous pourrons manger ou ne pas manger, lire ou ne pas lire, voir ou ne pas voir à la télévision et au cinéma, et ainsi de suite (…). A travers la maîtrise quasi absolue qu’ils détiennent sur les nouveaux instruments de communication, les nouveaux maîtres du monde tendent à concentrer tous les pouvoirs, économiques, culturels et symboliques, et ils sont ainsi en mesure d’imposer très largement une vision du monde conforme à leurs intérêts. Pierre Bourdieu
Mais ne faut-il pas aujourd’hui plutôt parler d’anglo-américain que d’anglais, dans la mesure où la force propulsive de cette langue a surtout pour moteurs Washington, Hollywood, le Pentagone, Coca-Cola, Microsoft et Apple ? A la différence de la colonisation britannique, qui visait essentiellement les esprits des élites « indigènes », l’américanisation, s’appuyant sur des marchés financiers et industriels devenus planétaires — ceux du divertissement en premier lieu —, et la volonté des Etats-Unis de sauvegarder à tout prix leur hégémonie géostratégique ont pour cible les esprits des masses, et cela en utilisant la même langue, d’ailleurs de plus en plus éloignée de l’anglais standard. (…) Et elles bénéficient en général de l’appui d’autres « élites », notamment de celles de pays développés — dont certains furent autrefois des colonisateurs ! —, et qui, ne craignant pas l’excès de zèle, font assaut de génuflexions et de marques de servitude volontaire. L’anglo-américain, dans les faits, est devenu un vecteur de la mondialisation néolibérale. D’où sa promotion par ses « chiens de garde ». Bernard Cassen (Le Monde diplomatique)
Mon véritable adversaire n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. (…) Le rêve français, c’est le creuset qui permet à toutes les couleurs de peau d’être à égalité de droits et de devoirs. Le rêve français, c’est l’affirmation des valeurs universelles qui vont bien au-delà des frontières, qui vont bien au-delà de la Nation. Ce n’est pas un espace limité, mais qui est proclamé à tous, à la face du monde. Le rêve français, c’est notre histoire, c’est notre projet ! Le rêve français, c’est une force, c’est le projet que je vous propose, parce qu’il nous ressemble, parce qu’il nous rassemble ! François Hollande

Et si la Révocation de l’Edit de Nantes avait provoqué bien plus que la fuite des cerveaux ?

A l’heure où, pour fêter le 70e anniversaire du vote des femmes en France, un président qui s’était tant vanté de sa haine des riches et provoqué l’exil de tant de nos Depardieu ne trouve rien de mieux, au moment où il atteint des sommets d’impopularité, que de relancer un calamiteux débat sur le vote des étrangers

Qui rappelle, mis à par une chronologie du Parisien, que le Pays autoproclamé des droits de l’homme (sic) a été un des derniers pays européens à accorder le droit de vote aux femmes …

Bien après, de la Nouvelle-Zélande (1893) à la Grande-Bretagne (1918-1928), les pays anglosaxons et nordiques ?

Mais surtout qui prend la peine de rappeler, au-delà de ce tabou si tenace de l’argent et à l’instar de ses voisins latins, tout le temps que la France a perdu et probablement pas encore complètemet rattrapé …

Par rapport à des pays protestants qui pour des raisons d’abord religieuses (tout fidèle, homme ou femme, se devant de lire la Bible pour lui ou elle-même) avait fait le pari précoce d’une universalisation de l’alphabétisation ?

De plus en plus d’électrices mais un déficit d’élues

Le Pariisen

21 avril 2014

La a été l’un des premiers pays à instaurer le suffrage universel masculin en 1848, mais il a fallu près d’un siècle pour l’étendre à l’autre moitié de la population.

Un long combat. L’ordonnance de 1944 met fin à des décennies de rendez-vous ratés. Le Sénat avait retoqué plusieurs fois des propositions de loi pour accorder le droit de vote aux femmes, réputées sous l’emprise de l’Eglise, de peur qu’elles ne « renforcent les rangs conservateurs ». La Première Guerre mondiale et l’apparition de suffragettes françaises dans la lignée des Britanniques ont fait doucement évoluer le débat. C’est finalement la reconnaissance du rôle des femmes pendant la Seconde Guerre mondiale qui a permis aux Françaises d’obtenir leur précieuse carte d’électrice.

Elles s’abstiennent de moins en moins. En 1945, les femmes se sont déplacées en masse, mais ensuite, jusqu’aux années 1960, les Françaises se sont bien moins rendues à l’isoloir que les Français. L’écart de participation a oscillé entre 7 et 12 points. Les années 1970 ont été celles du décollage : au second tour des législatives de 1969, les femmes ont pour la première fois davantage participé que les hommes. Aujourd’hui, les niveaux d’abstention semblent identiques chez les deux sexes mais si les plus jeunes sont moins abstentionnistes que les hommes, c’est le contraire chez les plus âgées.

La parité, c’est pas gagné. Les élues restent aujourd’hui encore largement sous-représentées. Et ce, même si la France a été le premier pays à adopter une loi pour imposer la parité en 2008 avec des listes qui alternent un homme/une femme aux municipales, aux européennes, aux régionales et aux sénatoriales. Mais les têtes de liste restent majoritairement masculines : 83 % aux dernières municipales. Et les hommes représentent 95 % des présidents de conseil généraux, 73 % des députés et 78 % des sénateurs.


Droits de l’homme: Contre la dictature du vêtement, salopes de tous les pays unissez vous ! (Why can we be arrested for being naked in the street ? NY erotic photographer turns human rights activist)

23 mars, 2014
http://blogs.elpais.com/.a/6a00d8341bfb1653ef016763d31e46970b-pi
https://i1.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/en/b/be/Duchamp_LargeGlass.jpg
https://i0.wp.com/darkroom.baltimoresun.com/wp-content/uploads/2012/08/AFP_Getty-513178632.jpg
EricaSimoneEricaSimoneArrestIls se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique. Psaumes 22: 18
Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses vêtements, et ils en firent quatre parts, une part pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique, qui était sans couture, d’un seul tissu depuis le haut jusqu’en bas. Et ils dirent entre eux:Ne la déchirons pas, mais tirons au sort à qui elle sera. Cela arriva afin que s’accomplît cette parole de l’Écriture: Ils se sont partagé mes vêtements, Et ils ont tiré au sort ma tunique. Jean (19: 23-24)
Dans un entretien (…), Duchamp révèle que cette « mariée » est un concept qui prend sa source dans un stand de fête foraine de province : les jeunes gens devaient envoyer des projectiles sur une représentation de femme en robe de mariée afin de la déshabiller, ses atours ne tenant qu’à un fil. Wikipedia (La Mariée mise à nu par ses célibataires, même, Marcel Duchamp, 1923)
Le grand verre a été qualifié de machine d’amour, mais c’est en fait une machine de souffrance. Ses compartiments supérieurs et inférieurs sont séparés les uns des autres pour toujours par un horizon désigné comme « habits de la mariée ». La mariée est suspendue, peut-être à une corde, dans une cage isolée, ou crucifiée. Les célibataires restent au-dessous, à gauche avec la seule possibilité d’une masturbation fiévreuse, angoissée. Janis Mink
J’ai résumé L’Étranger, il y a longtemps, par une phrase dont je reconnais qu’elle est très paradoxale : “Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort.” Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu’il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société où il vit, où il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. (…) On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant, dans L’Étranger, l’histoire d’un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. Il m’est arrivé de dire aussi, et toujours paradoxalement, que j’avais essayé de figurer, dans mon personnage, le seul Christ que nous méritions. Camus (préface américaine à L’Etranger)
Le thème du poète maudit né dans une société marchande (…) s’est durci dans un préjugé qui finit par vouloir qu’on ne puisse être un grand artiste que contre la société de son temps, quelle qu’elle soit. Légitime à l’origine quand il affirmait qu’un artiste véritable ne pouvait composer avec le monde de l’argent, le principe est devenu faux lorsqu’on en a tiré qu’un artiste ne pouvait s’affirmer qu’en étant contre toute chose en général. Albert Camus
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude. Chesterton
Personne ne nous fera croire que l’appareil judiciaire d’un Etat moderne prend réellement pour objet l’extermination des petits bureaucrates qui s’adonnent au café au lait, aux films de Fernandel et aux passades amoureuses avec la secrétaire du patron. René Girard
Il faut se souvenir que le nazisme s’est lui-même présenté comme une lutte contre la violence: c’est en se posant en victime du traité de Versailles que Hitler a gagné son pouvoir. Et le communisme lui aussi s’est présenté comme une défense des victimes. Désormais, c’est donc seulement au nom de la lutte contre la violence qu’on peut commettre la violence. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
La société du spectacle, [selon] Roger Caillois qui analyse la dimension ludique dans la culture (…), c’est la dimension inoffensive de la cérémonie primitive. Autrement dit lorsqu’on est privé du mythe, les paroles sacrées qui donnent aux œuvres pouvoir sur la réalité, le rite se réduit à un ensemble réglés d’actes désormais inefficaces qui aboutissent finalement à un pur jeu, loedos. Il donne un exemple qui est extraordinaire, il dit qu’au fond les gens qui jouent au football aujourd’hui, qui lancent un ballon en l’air ne font que répéter sur un mode ludique, jocus, ou loedos, société du spectacle, les grands mythes anciens de la naissance du soleil dans les sociétés où le sacré avait encore une valeur. (…) Nous vivons sur l’idée de Malraux – l’art, c’est ce qui reste quand la religion a disparu. Jean Clair
Le gros problème des rapports entre les sexes aujourd’hui, c’est qu’il y a des contresens, de la part des hommes en particulier, sur ce que veut dire le vêtement des femmes. Beaucoup d’études consacrées aux affaires de viol ont montré que les hommes voient comme des provocations des attitudes qui sont en fait en conformité avec une mode vestimentaire. Très souvent, les femmes elles-mêmes condamnent les femmes violées au prétexte qu' » elles l’ont bien cherché « .  Pierre Bourdieu
Tout le monde dénonce les normes de silhouette imposées par les médias et elles perdurent étrangement, pourtant certains journalistes des pages société des magazines féminins sont excédés par les dossiers régime sortant systématiquement avant l’été et essaient de s’y opposer. Pourquoi? Les normes obligatoires sont de moins en moins nombreuses, tout est mis en flottement, les gens sont complètement perdus et angoissés et ils n’ont qu’une demande, surtout adressée aux médias: qu’est-ce qui est bien?, qu’est-ce qui est mal? Ou version plus soft: comment font les autres ? La plage est une usine à fabriquer le mot “normal”. C’est celui qui revient le plus fréquemment, jusqu’à la définition d’un beau sein normal. Mais la catégorie la plus intéressante est celle du “trop beau” sein (le mot a été employé), qui dans d’autres contextes a des avantages évidents, mais qui sur la plage, parce qu’il accroche trop le regard, provoque chez la personne qui le possède une moindre liberté de mouvement parce que le regard glisse moins. Cet exemple illustre la fabrication d’une norme par les gens. Ce n’est ni une norme explicite ni une norme obligatoire, on peut en sortir, mais quand on en sort, sur la plage par exemple, on subit le poids des regards. (…) Enlever le haut rend la drague plus difficile. Les hommes doivent montrer qu’ils savent se tenir. Jean-Claude Kauffmann
Nous revendiquons nos atours de filles de joie, notre propension à montrer nos genoux, nos bas résilles et nos oripeaux polissons, car la révolution se fera en talons!  Yagg (collectif de lesbiennes)
I like to wear tops that show my cleavage and show off my ladies. If that makes me a slut, then I’m a slut. Anne Watson (organiser, Australian Sex Party)
I’m proud to be a slut too, it’s all about “inner sexual confidence”.  Katherine Feeney (journaliste)
Aujourd’hui ce que nous faisons c’est SE RÉ-APPROPRIER le mot “salope”. En REPRENANT le mot salope nous lui ENLEVONS SA FORCE. Les gays ont repris le mot ‘queer’, et bravo à eux. Aujourd’hui les femmes et les hommes de Melbourne reprennent à leur compte le mot SALOPE. Leslie Cannold
While I support all efforts to challenge violence against women in all its manifestations – my blog is a witness to the global level of that violence – I hesitate to join the marching ranks. I welcome any confrontation with those who would blame the victim in rape. No woman deserves rape or invites sexual assault. I support the basic intention of the march. But I fear it has become more about the right to be ‘a slut’ than about the right to be free from violence. (…) Is it about mocking and sending up, or owning and embracing? Some organisers and supporters say it’s about reclaiming the word slut, using it as a term of empowerment for women. Some say it’s satire, a send-up, a mockery, about emptying the word of its power by making fun of it. (…) Using slut as the flagship word for this new movement puts women in danger through giving men even more license to think about women in a way that suits them, and not as targets of violence and terrible social discrimination. (…) The men chanting “We Love sluts!” don’t seem to be picking up on any satire. Why would they? Porn culture reinforces the idea that all women are sluts. Slut walks marginalise women and girls who want to protest violence against women but do not want ‘own’ or represent the word ‘slut’. I fear mainstreaming the term even further will increase harassment of women and girls because ‘slut’ will be seen as some kind of compliment. (…) The men who are responding to this message are not getting the irony at all … Men want women to be sluts and now they’re buying in. Gail Dines
As teachers who travel around the country speaking about sexual violence, pornography and feminism, we hear stories from women students who feel intense pressure to be sexually available « on demand ». These students have grown up in a culture in which hypersexualized images of young women are commonplace and where hardcore porn is the major form of sex education for young men. They have been told over and over that in order to be valued in such a culture, they must look and act like sluts, while not being labeled slut because the label has dire consequences including being blamed for rape, depression, anxiety, eating disorders, and self-mutilation. Gail Dines and Wendy J Murphy
Depuis longtemps, les prostituées de rues se déguisent en pute pour bien expliquer: le rimmel, les bas-résilles, c’est moi qui vend la marchandise, j’annonce la couleur, laissez la petite secrétaire ou la mère de famille qui fait ses courses.  On savait à quoi s’en tenir.  Mais les marchands de fringues, de musique, de régimes et de cosmétiques ont su convaincre les femmes qu’être un objet était valorisant.  Et que montrer son piercing au nombril était chouette, que le string qui dépasse, la jarretière du bas auto-fixant, la bretelle de soutien-gorge était chouette et libérée.  Bref, la femme marchandise était conquérante, adulée, victorieuse. Et devenait l’étalon. Comme on imposait le voile dans d’autres pays et d’autres cultures, on imposait (moins brutalement mais plus sournoisement, certes) en modèle l’échancré, le transparent, le push-up, le moulant, le fendu, l’épilé, le siliconé. Ce sont ces fausses putes, les « salopes » médiatiques, de Madonna à Britney Spears en passant par Beyoncé qui, en vendant leur cul moulé et gigotant à longueur de vidéo clip ont promu la femme hypersexualisée, libertine et aguicheuse. Et fière de l’être.  « Dior j’adore » nous dit une bouche entr’ouverte et transpirante.  Le Perrier jaillit sur un corps bronzé, et la miss Wonderbra nous dit de la regarder dans les yeux.  La Saint Valentin, une débauche (sans jeu de mot) de peaux montrées pour vendre de la lingerie.  (…) Vous avez vu comment s’habillent les présentatrices télé?  Karine Lemarchand, Melissa Theuriau, Daphné Roulié, Anne-Sophie-Lapix, et des dizaines d’autres ont été choisie pour leur Q. S. (Quotient sexuel) AVANT leur QI.  Normal, sinon elles se feraient zapper entre les pubs qui montrent des filles sublimes.  Forum-doctissimo
“Why can we be arrested for being naked in the street, when as human beings, we are born naked?” I can understand that it would be socially unacceptable or morally discouraged, but for it to be in some cases prohibited by law…? This all seemed quite bizarre and really more so a violation of human rights. Erica Simone
There were a few times when I would manage to capture a wonderful image, but I was out of focus or some element in the photograph didn’t work. Overall, despite the technical challenges, I was quite lucky. In some cases, yes, I definitely needed the cooperation of other people in the photograph to capture what I wanted, but most of them were done guerilla-style. (…) The project is not about performance, but about photography. I didn’t feel that I was performing when producing the photos, but rather, just trying to capture an iconic image. I was never nude for that long, typically 20-30 seconds, and the whole time I focused on the other side of the camera, not the people watching or what’s going on in the street. My goal is to go in, get the shot, and quickly move away from the crime scene. It’s about the end image, not the moment in itself. (…) No actually, no one has ever overtly expressed discontent or being offended during my shoots. Most people laugh or applaud. I don’t think my physique or intentions are offensive to most people. Had I run around a church or a playground in my birthday suit—it would probably be a different story.(…)  Possibly, if I had been very out of shape, the collection could have been even more popular, because people would have been even more shocked: “How could this person possibly feel comfortable running around naked?” This brings up other questions such as “Why would one person feel more or less comfortable being naked just because of the way they look?” Some models are extremely insecure, the same way some overweight people are nudists. I don’t think one has anything to do with the other. (…) Of course I would love to eventually be financially secure enough to be able to lead a stable life with the ability to make certain choices and as anyone, I would love for my work to be successful for my own sense of accomplishment. But more importantly, if I could use my skills and social position to make a difference and to help people, then this drive would make much more sense and have much more of an impact. I am a lot more motivated to make a difference than to be a famous photographer for its own sake, so hopefully they’ll go hand in hand. (…) but I don’t think it takes a supermodel to get where you want in life. I do often use my feminine “powers” to get the pictures I want. Of course, I’ve found myself flirting with an old man to get his picture or batting my eye-lashes to get past authorities. As a woman, I think it’s a God-given right to use those charms! While men have their advantages, women have theirs and I feel it is fair game to rock what you have. (…)  I’m not too worried about what dealers and collectors want from artists. I’m only interested in what I want to do, since that’s what makes me happy. I don’t see why I wouldn’t be able to develop a style fully regardless, if that’s what I wanted to do. For me, it’s all experiment and experience and as long as I keep learning and producing more and more interesting work, while paying rent, that’s all that matters for me. Erica Simone
Nue York: Self-Portraits of a Bare Urban Citizen est né d’une interrogation à propos des vêtements et de leur importance dans la société d’aujourd’hui. La mode et les habits que nous portons valent comme un langage : ils nous permettent de dresser un portrait silencieux de qui nous sommes et de qui nous voulons être, offrant à la société une impression de nous-mêmes — quelle qu’elle puisse être. La mode tend aussi à nous différencier et à nous placer dans des catégories sociales variées, ainsi qu’à traduire un certain état d’esprit ou un sentiment particulier. Cet outil est assez précieux pour la société et comme la plupart des gens, j’utilise mes vêtements comme une manière de définir ma propre image. Dans une ville comme New York, l’industrie de la mode a un impact massif : les gens ont tendance à être très concernés par leur apparence et ce qu’elle traduit en termes sociaux, ce que j’ai pu constater quand j’ai photographié la Fashion Week il y a quelques années. Comme j’observais cette assemblée de gens très conscients d’eux-mêmes, plus intéressés par les soldes à Barney’s que par les sans-abri sur lesquels ils butaient dans la rue, j’ai commencé à me demander : « Comment serait le monde si nous étions tous nus ? Que se passerait-il si nous n’avions pas nos vêtements pour définir qui nous voulons être ou comment nous voulons nous sentir en tant qu’individus ? Si nous ne pouvions représenter notre statut social pour être traités comme nous le désirons par les autres ? Si tout ce que nous avions, c’était nos corps ? »Ces questions ont soulevé de nombreux problèmes et ces problèmes à leur tour de nouvelles questions. De là est né mon projet photographique. Armée de mon trépied et d’une bonne dose d’adrénaline, j’ai parcouru les rues nue, pour découvrir ce que serait une journée typique à New York dans ces conditions.  Erica Simone
Je ne me considère pas comme une nudiste ou une exhibitionniste, mais comme une artiste qui pose des questions à la société. Me sentant bien dans ma peau, la nudité ne me semble pas quelque chose d’effrayant. Le corps relève de l’essence humaine, animale. Que certains aient l’esprit puritain au point d’être offensés par un corps nu constitue, à mes yeux, un mystère. Certes, je conçois que la nudité ne se prête pas à toutes les situations, et que certains pourraient l’utiliser de manière malveillante. Pour autant, le fait que la loi nous interdise d’être nu en public, c’est-à-dire d’évoluer dans l’état le plus primitif et naturel qui soit, cela me rend folle. La nudité n’a jamais tué personne. Ce n’est pas le cas des armes à feu qui, elles, sont autorisées aux États-Unis. Dans ce pays, posséder un pistolet est bien plus acceptable que d’être nu en dehors de sa salle de bain ! (…) S’habiller, c’est s’exprimer. À sa seule tenue, on peut déterminer si un individu est riche, s’il est « cool » ou non, s’il a du goût, s’il est propre sur lui, si c’est un homme d’affaires, un voyou… Ainsi la société met-elle des étiquettes sur les gens. De ce fait, je m’interroge : comment serait la vie sans vêtements ? Comment interpréterions-nous la vision d’autrui ? Comment sélectionnerions-nous nos amis sans les repères fournis par les styles vestimentaires ? Traiterait-on les gens différemment ? La façon dont on jauge habituellement nos semblables s’effondrerait. Peut-être que l’on deviendrait plus attentif au regard de la personne qui est en face de nous, à l’énergie qu’elle dégage. Peut-être que l’on deviendrait plus intuitif. Qui sait ? (…) Je partage probablement un certain nombre de choses avec beaucoup de groupes militants, qu’ils soient féministes ou humanistes. « Nue York » soulève inévitablement la question du féminisme. Cela dit, je n’ai pas conçu le projet sous cet angle. Il s’agit avant tout d’interroger les gens en tant qu’êtres humains. Si mes photos poussent les spectateurs à se poser des questions sur le rôle des vêtements dans notre société, ou si la série sert de point de départ à d’autres réflexions, alors je considérerai ma mission comme réussie. Erica Simone
Erica Simone est née à Knoxville, Tennessee. Après avoir passé sa vie entre Los Angeles, Paris et New York, Erica photographie la jungle de New York. Ses images sont publiées dans de nombreux magazines inernationaux tels que National Geographic, PHOTO, the Daily News, El Mundo, La Repubblica, Whitewall Magazine, PDN et beaucoup d’autres… L’Oeil de la photographie
Vous êtes photographe? Peintre? Vous êtes en panne d’inspiration? Mettez du sein et de la fesse dans vos oeuvres!!! Ca marche à coup sur car c’est immanquablement relayé par les médias! diabolodenfer méphisto
Comment sélectionnerait-on nos amis ? J’ai bien une petite idée… Les mal foutus seraient peut-être bien seuls... Gaëlle Rosier
« Ce projet n’est pas à proprement parler quelque chose de facile à mener, mais j’apprécie les montées d’adrénaline. » dixit notre belle photographe En tout cas, plus agréable à regarder que l’urinoir de notre Marcel national. On peut lui proposer de faire cela sur la place Tahrir en Egypte. Là, elle aurait sûrement une overdose d’adrénaline ! gerald B
Question soft : Elle laisse son soutif pendant les séances d’UV ou elle est partie en vacances au Qatar ? Bernard Palux
Des photos de femmes se baladant à poil en ville, comme ici, ce n’est pas ce qui manque, et depuis longtemps. Mais, ce n’est pas correct, pas féministe, c’est immoral, car elles ont le culot de prétendre y trouver du plaisir. Shocking. Impossible à entendre dans ce 21e siècle où la presse meanstream prétend nier la différence des sexes. Il y a certainement un horrible mâle derrière tout ça. En revanche, en enfumant ces nouveaux moralisateurs avec un discours pseudo politique, ça devient soudain révolutionnaire. Et les bobos peuvent regarder tranquillement des photos de cul sans se cacher. Décidément, la Com a des ressources insoupçonnées. andro mede

L’érotisme serait-il ce qui reste quand l’art a disparu ?

A l’heure où, armée de ses seuls seins nus et d’une tronçonneuse, une dissidente réussit à venir à bout d’une croix de bois commémorant les victimes du génocide ukrainien

Et où, de Toronto à Boston et Melbourne et de Paris à Londres et Amsterdam, nos salopes bravent l’enfer de nos rues pour réhabiliter plus de 2 000 ans d’expérience accumulée du « plus vieux métier du monde » …

Le Pays autoproclamé des droits de l’homme va-t-il devoir accorder l’asile politique et un nouveau timbre

A l’autoportraitiste érotique Erica Simone qui, armée elle aussi de sa seule irréprochable plastique et d’un évident sens de l’autopromotion, se dévoue corps et âme à la défense des droits de l’homme (?) dans la jungle puritaine de Manhattan ?

PHOTOS. Nue à New York contre la dictature du vêtement

Cyril Bonnet

Le Nouvel Observateur

22-03-2014

En tenue d’Ève dans la Grosse Pomme. Tel est le programme de « Nue York », série d’autoportraits dans lesquels la photographe professionnelle Erica Simone se promène dans le plus simple appareil au sein de célèbre ville américaine.

Ne la qualifiez pas d’exhibitionniste ! Cette photographe éclectique et aguerrie, passée par plusieurs continents et de prestigieuses publications, revendique une démarche artistique et a quelques messages à faire passer. Sur l’illégalité de la nudité qui la « rend folle », d’une part ; sur le carcan social dans lequel les vêtements enferment leurs propriétaires, d’autre part. En fil rouge, une même volonté de susciter la réflexion à travers des images ludiques et inattendues. Interview.

Comment se déroule une séance photo type pour la série « Nue York » ?

– Je passe beaucoup de temps à me promener en ville avec un ami pour trouver des scènes intéressantes, propices à des scénarios et des situations qui permettent de s’amuser. Il y a ensuite une longue phase d’élaboration de la composition de l’image, puis d’attente de l’instant décisif. Lorsqu’il survient, j’enlève mes vêtements et on commence à prendre les photos. En tout, je ne reste nue qu’une ou deux minutes. Trois si j’estime qu’il faut reprendre une autre série de clichés.

Quelles sont les réactions des passants ?

– Il arrive qu’ils ne me remarquent même pas. Sinon, je ne reçois que des réactions positives. Les gens rient, applaudissent, ou encore s’exclament : « Only in New York ! » (« Uniquement à New York ! ») Je n’ai jamais eu de problème. Et je fais de mon mieux pour éviter la police. Ce projet n’est pas à proprement parler quelque chose de facile à mener, mais j’apprécie les montées d’adrénaline.

Quel message souhaitez-vous diffuser ?

– Je ne me considère pas comme une nudiste ou une exhibitionniste, mais comme une artiste qui pose des questions à la société. Me sentant bien dans ma peau, la nudité ne me semble pas quelque chose d’effrayant. Le corps relève de l’essence humaine, animale. Que certains aient l’esprit puritain au point d’être offensés par un corps nu constitue, à mes yeux, un mystère.

Certes, je conçois que la nudité ne se prête pas à toutes les situations, et que certains pourraient l’utiliser de manière malveillante. Pour autant, le fait que la loi nous interdise d’être nu en public, c’est-à-dire d’évoluer dans l’état le plus primitif et naturel qui soit, cela me rend folle. La nudité n’a jamais tué personne. Ce n’est pas le cas des armes à feu qui, elles, sont autorisées aux États-Unis. Dans ce pays, posséder un pistolet est bien plus acceptable que d’être nu en dehors de sa salle de bain !

Vous pointez également la valeur sociale des choix vestimentaires.

– S’habiller, c’est s’exprimer. À sa seule tenue, on peut déterminer si un individu est riche, s’il est « cool » ou non, s’il a du goût, s’il est propre sur lui, si c’est un homme d’affaires, un voyou… Ainsi la société met-elle des étiquettes sur les gens.

De ce fait, je m’interroge : comment serait la vie sans vêtements ? Comment interpréterions-nous la vision d’autrui ? Comment sélectionnerions-nous nos amis sans les repères fournis par les styles vestimentaires ? Traiterait-on les gens différemment ? La façon dont on jauge habituellement nos semblables s’effondrerait. Peut-être que l’on deviendrait plus attentif au regard de la personne qui est en face de nous, à l’énergie qu’elle dégage. Peut-être que l’on deviendrait plus intuitif. Qui sait ?

Vos photos servent un message particulier. D’autres personnes, comme les Femen, utilisent la nudité en lieu public à des fins politiques. Vous trouvez-vous des points communs avec elles ?

– Je partage probablement un certain nombre de choses avec beaucoup de groupes militants, qu’ils soient féministes ou humanistes. « Nue York » soulève inévitablement la question du féminisme. Cela dit, je n’ai pas conçu le projet sous cet angle. Il s’agit avant tout d’interroger les gens en tant qu’êtres humains. Si mes photos poussent les spectateurs à se poser des questions sur le rôle des vêtements dans notre société, ou si la série sert de point de départ à d’autres réflexions, alors je considérerai ma mission comme réussie.

Propos recueillis par Cyril Bonnet – Le Nouvel Observateur

Crédit photos : Erica Simone. Voir son site web.

Voir aussi:

Experiment and Experience: Peter Weiss Interviews Erica Simone

Peter Weiss

NY Arts

Peter Weiss: You have a very energetic personality; you seem very confident and secure. Am I reading it right and to what do you attribute that security?

Erica Simone: Yes, I like to think of myself as being confident and secure (most of the time). We do only have one life, one body, and one mind, so why waste time feeling bad about our failures or ourselves? All we can attempt is to improve what we don’t like or to just be accepting of it. And if you aren’t secure, it’s important to at least appear so. I think without it, people stop trusting you and you stop intriguing people.

PW: You travel light and alone at times when you work, both here and abroad. Would you describe yourself as a risk taker or adventurer in your artistic pursuit? Do you see a difference?

ES: I definitely identify with being an adventurer. I love to explore new territories and I love challenges, there is no fun in staying safe. I’m somewhat of a risk taker, but you won’t typically find me running into a flaming house … unless to save a soul.

PW: What sacrifices do you make in pursuit of your art? What has been your greatest victory? What is your greatest missed opportunity or photo? Do you have a favorite piece and why? Are there pieces that are staged and should be declared as such or have you allowed confusion? Have you ever felt guilty about an image you have taken? Has it ever seen the light of day?

ES: I don’t tend to think of the sacrifices I make as being “sacrifices,” but more so just experiences. In my nude project, I gave up the privacy of my own body, but it’s not in any way a sacrifice to me. I would never part with anything I couldn’t stand losing. I am passionate about my work, but if I hadn’t been comfortable giving that up, I would have never done it.

In the Nue York series, I’d say the greatest victory was probably the subway shot. With the constant movement of the passengers, it took quite a while for the composition of the photograph to fall the way I wanted it to and then I only had 1 subway stop to capture it. By that time, I had already traveled from the West Village to the Bronx!

There were a few times when I would manage to capture a wonderful image, but I was out of focus or some element in the photograph didn’t work. Overall, despite the technical challenges, I was quite lucky.

In some cases, yes, I definitely needed the cooperation of other people in the photograph to capture what I wanted, but most of them were done guerilla-style.

I’ve never felt guilt towards an image. I’ve felt insecure, sure, but I think that just goes hand in hand with being the model. We can’t always happy about the way we look in photographs. I know I’m not.

PW: Do you consider the shooting of the “Bare Urban Citizen” collection interventionist/ performance art?

ES: The project is not about performance, but about photography. I didn’t feel that I was performing when producing the photos, but rather, just trying to capture an iconic image. I was never nude for that long, typically 20-30 seconds, and the whole time I focused on the other side of the camera, not the people watching or what’s going on in the street. My goal is to go in, get the shot, and quickly move away from the crime scene. It’s about the end image, not the moment in itself.

PW: Have you ever found yourself in a situation where your act of taking pictures has offended the passersby or the subject? If so, did you continue despite the protests? If so what was your rational? During the Urban Nude, what gave you the idea? What are you saying with this collection? If you weren’t as pretty as you are, would that have impacted this collection?

ES: No actually, no one has ever overtly expressed discontent or being offended during my shoots. Most people laugh or applaud. I don’t think my physique or intentions are offensive to most people. Had I run around a church or a playground in my birthday suit—it would probably be a different story.

The collection contemplates the use of clothing and fashion in society. We tend to first judge or analyze others by how they look on the outside, the same way we tend to act or feel differently depending on what we are wearing. I produced this series after asking myself certain questions: “What would life be like if we didn’t have clothing to express ourselves?” “How would we perceive or judge others, on what basis?” “How would we feel with our bodies, would we be more or less secure?” “What would the environment look like?”

Thank you. I have no idea if the collection would have had more or less of an impact. Possibly, if I had been very out of shape, the collection could have been even more popular, because people would have been even more shocked: “How could this person possibly feel comfortable running around naked?” This brings up other questions such as “Why would one person feel more or less comfortable being naked just because of the way they look?” Some models are extremely insecure, the same way some overweight people are nudists. I don’t think one has anything to do with the other.

PW: Does fame and fortune motivate you or are you an artist for artist sake?

ES: Of course I would love to eventually be financially secure enough to be able to lead a stable life with the ability to make certain choices and as anyone, I would love for my work to be successful for my own sense of accomplishment. But more importantly, if I could use my skills and social position to make a difference and to help people, then this drive would make much more sense and have much more of an impact. I am a lot more motivated to make a difference than to be a famous photographer for its own sake, so hopefully they’ll go hand in hand.

PW: Where does your ego fit into your career?

ES: My ego comes and goes—a constant battle. I accept my flaws, as hard as it can be sometimes, but I also know that no one is perfect. We are all different, traveling on different journeys. All I can hope for is to keep moving forward, to keep learning and to keep making progress.

PW: You are very attractive young woman. How does this affect your entree in your photography? Do you use your feminine charms to get your pictures? How far will you go?

ES: Thank you, but I don’t think it takes a supermodel to get where you want in life. I do often use my feminine “powers” to get the pictures I want. Of course, I’ve found myself flirting with an old man to get his picture or batting my eye-lashes to get past authorities. As a woman, I think it’s a God-given right to use those charms! While men have their advantages, women have theirs and I feel it is fair game to rock what you have.

PW: As a photographer you have a very diverse body of work. The categories listed on your web site includes, portraits, people, travel, photo-journalism, self portraits, personal work, fashion, and beauty. What does your selection of subject matter say about you as a person, artist and professional photographer?

ES: I like producing a variety of work. My creative ADD introduces me to a diversity of subjects, which makes my job more exciting. I like exploring new ideas and concepts and I love a good challenge, so taking on new work is always something I have fun with. I’m not sure I’ll ever want to specialize in a certain area, there are too many interesting things to take pictures of; I want to take them all!

PW: Dealers and collectors expect from the professional artist a cohesive recognizable body of work. This work should fit a particular genre. As you know this allows dealers a sharper target in which to market an artist’s work. It could be argued that if your creative spectrum is too broad, you can’t develop a style fully and you risk losing the focus of you subject matter and continuity. How do you feel this established criteria affects your work from a professional and creative perspective?

ES: I’m not too worried about what dealers and collectors want from artists. I’m only interested in what I want to do, since that’s what makes me happy. I don’t see why I wouldn’t be able to develop a style fully regardless, if that’s what I wanted to do. For me, it’s all experiment and experience and as long as I keep learning and producing more and more interesting work, while paying rent, that’s all that matters for me.

Voir également:

Naked ambition: Photographer lays herself bare in nude poses on the streets of NYC

Rachel Quigley

The Daily Mail

28 March 2011

Photographers are often said to bare their souls through their pictures.

But Parisian Erica Simone has taken this to the next level by literally laying herself bare – she has photographed herself in nothing but her birthday suit on the streets of New York.

The 25-year-old has turned doing daily routines in the city to works of art simply by removing her clothes.

And Miss Simone made the daring decision to step out from behind the camera and go au naturel in a series of self-portraits taken in and around the Big Apple.

Speaking to MailOnline she said: ‘At first it was like, « Can I really do this? » I was into the idea, but I didn’t totally have the [nerve] to do it – I’m not totally an exhibitionist.

‘But I managed to do it on my first day of shooting in the West Village and I didn’t even get arrested.

‘I think that was just a combination of good timing and luck, and it is not as if I just spent the whole day walking around naked. I was fully clothed until I was ready to take the shot.’

‘It’s not about sex. It’s crazy that it’s illegal to be naked. The whole process was really liberating and it made me feel freer and more comfortable in my own skin and not be ashamed of my body.’

Once Erica got the idea for the exhibit, she decided to step out from behind the camera and do a number of self portraits in the nude, sometimes wearing only a variety of accessories, performing mundane activities

In the pictures, she rides the subway, checks out library books and shovels the snow on the sidewalk outside her apartment – all in the nude.

The 20 shots are part of Simone’s new exhibit Nue York: Self-Portraits of a Bare Urban Citizen, which opens next month at the Dash Gallery in Tribeca.

Miss Simone said the inspiration for the exhibition came to her during Fashion Week two years ago.

She said: ‘I was sitting around thinking about fashion and what would we be if we were naked and what if we didn’t have fashion to show who we were, our status, how much money we had, all these things.

‘Then I got the photographic idea of shooting people naked in the street, but just doing regular things, not especially posing, or being naked, but doing whatever.’

The pretty 25-year-old said she was not sure if she herself could go through with it but was intrigued by the challenge of staging the shots – which she took using a remote sensor – and stripping down to her birthday suit.

She said the general public were very accepting of her nudity and she did not have any bad experiences while doing it.

‘Most people were laughing, smiling or applauding and cheering. They seemed OK with it,’ she said. ‘The most challenging one was on the subway. I had to ride the whole way from West 14th Street to the end of the line to get the right shot.

‘The only person I told was the guy next to me as he had to hold my coat. But by the time some people even found out about it, I was clothed again.’

Miss Simone also said she has come a long way from the first shot to where she is now.

‘The first few times I was so nervous and I guess innocent about everything, and yeah it was scary a bit as well,’ she said.

‘But now I don’t care about being naked. I am more concerned about getting the shot right rather than worrying about being naked or what people in the streets are thinking.’

Voir encore:

Artist Statement

Nue York: Self-Portraits of a Bare Urban Citizen

As once an Angeleno in Paris, and now a Parisian in New York, really my mind is stuck in the stars. Photography has become a true passion and within it, a never-ending drive to try and challenge everything, even if it means getting naked in the freezing snow…

“Nue York: Self-Portraits of a Bare Urban Citizen” bloomed from an initial questioning about clothing and its importance in society today. Fashion and what we wear act as a language: they allow us to silently portray who we are or want to be, offering society an impression on us – whatever that may be. Fashion also tends to segregate and place us into various social categories as well as communicate a certain mood or particular feeling. This tool is quite precious to civil society and as most people, I organically use clothing as a way of portraying my own image. However, in a city like New York, the fashion industry has a massive impact: people tend to be very concerned with appearance and the materialistic side of it, which became very real while I was photographing Fashion Week a few years back.

As I watched an image-absorbed union of people care more about the sales at Barney’s than the homeless people they step over on the street, I began to ponder: “What would the world feel like naked? What if we didn’t have clothing to portray who we want to be or feel as individuals? What if we couldn’t show off our social status to deserve the treatment we wanted from others? What if all we had were our bodies?” These questions raised many various issues and these issues raised many various questions.

From there, my photographic project was born. With a tripod and a couple ounces of adrenaline, I took to the streets bare to see what a typical New York day would be like. At first, I wasn’t so sure what was going to happen or what was going to come of it all, but as the collection progressed, more and more issues became aware to me. For example: “Why can we be arrested for being naked in the street, when as human beings, we are born naked?” I can understand that it would be socially unacceptable or morally discouraged, but for it to be in some cases prohibited by law…? This all seemed quite bizarre and really more so a violation of human rights.

Another question that arose was that of sexuality. “Is nudity inherently sexual or is nudity just a part of being human? Why does society typically equate nudity to sex? And how does the variety of body types come into equation when asking that question?” Each person’s answer is different.

To clarify, I’m not an exhibitionist or a nudist – I’m an artist looking to humorously poke at some interesting thoughts about society and question who we are and portray as human beings. It’s now up to the viewer to answer those questions, as he/she likes.

From Houston to Hudson and from Bowery to the Bronx, photographing Manhattan has never been such a rush….


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