Antiracisme: Cette invention appelée blancheur (From Black lives matter to Jesse Williams: When all else fails, blame whiteness)

12 décembre, 2016

Protestors rally during a Black Lives Matter demonstration, Sunday, July 10, 2016, in Cincinnati. More than a thousand protested against the shootings of black men by police officers. (AP Photo/John Minchillo)

Protesters march on 5th Avenue during the Millions March NYC on December 13, 2014 in New York. Thousands of people marched in Washington and New York on Saturday to demand justice for black men who have died at the hands of white police, the latest in weeks of demonstrations across the United States. AFP PHOTO/DON EMMERT (Photo credit should read DON EMMERT/AFP/Getty Images)

A poster with photographs of Joanne Chesimard, a fugitive for more than 30 years, is on display during a news conference giving updates on the search of Chesimard, Thursday, May 2, 2013, in Newark, N.J. The reward for the capture and return of convicted murderer Chesimard, one of New Jersey¿s most notorious fugitives, was doubled to $2 million Thursday on the 40th anniversary of the violent confrontation that led to the slaying of a New Jersey state trooper. The FBI also announced it has made Chesimard, now living in Cuba as Assata Shakur, the first woman on its list of most wanted terrorists. (AP Photo/Julio Cortez) NJ Trooper Shot Cuba

sharptoncops
missjacksonifyourenasty-4eb1ad0-intro

Justin Timberlake holding Janet Jackson's costume after he pulled it off at the 2004 NFL Superbowl MTV Halftime program at Reliant Stadium, in Houston, Texas on February 1, 2004. (AP Photo/David Drapkin)

vs1

Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’amour, comme la violence, abolit les différences. René Girard
Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement. René Girard
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. (…) Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
One of the most fascinating aspects of the O. J. Simpson murder trial is that it forced the progressive-minded to take sides: Do they go against the woman-killer or the racist cop? There are numerous examples of such seemingly insoluble liberal dilemmas, all of them hilarious to me. Do you protect the environment, or do you allow the Third World to continue breeding like dusky hamsters? Do you support Islam or the women who are getting their clits sliced off? Do you come down on the side of unions or illegal-alien scab laborers? Do you support Greenpeace or Injun whalers? Do you oppose censorship or rape jokes? Black female activists or Jews? Such constant squabbling usually devolves into pissing contests about who is more oppressed and who exactly is bullying whom. The term for when one person’s oppression collides with another’s is intersectionality. It was allegedly coined by a black female lawyer named Kimberlé Crenshaw, and the way she spells “Kimberly” is really all you need to know about her. The general concept supposedly arose in the 1970s when black feminists started bitching about white feminists over who was more oppressed. In other words, it was the fruit of infighting among leftist identity groups, the result of cannibalism among the oppressed. (…) Intersectionality’s proponents prattle on about standpoint epistemology and interlocking matrices of oppression, about how intercategorical approaches are needed to determine how essentialist identities foster stereotyping, about how power carries gendered connotations and has androcentric biases that promote racialized belonging, and about how straight white males suck. (…) The concept of intersectionality is also related to the “progressive stack,” which assumes that white males at all times bear noxious degrees of unearned power, which is why they have to get to the back of the line and let all the legless black lesbians speak first. So much for transcending labels and viewing one another as individuals. These people want to institutionalize such labels. They balk at the concept of “assigned identity,” yet they also seem unable to live without it. (…) As an unapologetic white male and therefore a designated cultural pariah, I take a sort of emperor’s glee in the gladiatorial spectacle of these special-interest ninnies eating each other. But it’s different from lions eating Christians. It’s more like Christians eating Christians. Jim Goad
Aujourd’hui quand dans une rue sombre j’entends un pas derrière moi, je suis soulagé s’il s’agit d’un Blanc. Après tout ce que nous avons traversé. Juste de penser que nous ne pouvons pas marcher dans nos propres rues, quelle humiliation ! Jessie Jackson (1993)
I gotta have you naked by the end of this song. Justin Timberlake
Karim says his idea for what became YouTube sprang from two very different events in 2004: Janet Jackson’s « wardrobe malfunction, » during a Super Bowl show, and the Asian tsunami. USA Today
Savez-vous que les Noirs sont 10 pour cent de la population de Saint-Louis et sont responsables de 58% de ses crimes? Nous avons à faire face à cela. Et nous devons faire quelque chose au sujet de nos normes morales. Nous savons qu’il y a beaucoup de mauvaises choses dans le monde blanc, mais il y a aussi beaucoup de mauvaises choses dans le monde noir. Nous ne pouvons pas continuer à blâmer l’homme blanc. Il y a des choses que nous devons faire pour nous-mêmes. Martin Luther King (St Louis, 1961)
Ma grand-mère (…) est une personne blanche typique. Barack Hussein Obama
Quand j’ai lu le livre de Houellebecq, quelques jours après les assassinats à Charlie Hebdo, il m’a semblé que ses intuitions sur la vie politique française étaient tout à fait correctes. Les élites françaises donnent souvent l’impression qu’elles seraient moins perturbées par un parti islamiste au pouvoir que par le Front national. La lecture du travail de Christophe Guilluy sur ces questions a aiguisé ma réflexion sur la politique européenne. Guilluy se demande pourquoi la classe moyenne est en déclin à Paris comme dans la plupart des grandes villes européennes et il répond: parce que les villes européennes n’ont pas vraiment besoin d’une classe moyenne. Les emplois occupés auparavant par les classes moyennes et populaires, principalement dans le secteur manufacturier, sont maintenant plus rentablement pourvus en Chine. Ce dont les grandes villes européennes ont besoin, c’est d’équipements et de services pour les categories aisées qui y vivent. Ces services sont aujourd’hui fournis par des immigrés. Les classes supérieures et les nouveaux arrivants s’accomodent plutôt bien de la mondialisation. Ils ont donc une certaine affinité, ils sont complices d’une certaine manière. Voilà ce que Houellebecq a vu. Les populistes européens ne parviennent pas toujours à développer une explication logique à leur perception de l’immigration comme origine principale de leurs maux, mais leurs points de vues ne sont pas non plus totalement absurdes. (…) ce qui se passe est un phénomène profond, anthropologique. Une culture – l’islam – qui apparaît, quels que soient ses défauts, comme jeune, dynamique, optimiste et surtout centrée sur la famille entre en conflit avec la culture que l’Europe a adoptée depuis la seconde guerre mondiale, celle de la «société ouverte» comme Charles Michel et Angela Merkel se sont empressés de la qualifier après les attentats du 22 Mars. En raison même de son postulat individualiste, cette culture est timide, confuse, et, surtout, hostile aux familles. Tel est le problème fondamental: l’Islam est plus jeune, plus fort et fait preuve d’une vitalité évidente. (…) Pierre Manent (…) a raison de dire que, comme pure question sociologique, l’Islam est désormais un fait en France. Manent est aussi extrêmement fin sur les failles de la laïcité comme moyen d’assimiler les musulmans, laïcité qui fut construite autour d’un problème très spécifique et bâtie comme un ensemble de dispositions destinées à démanteler les institutions par lesquelles l’Église catholique influençait la politique française il y a un siècle. Au fil du temps les arguments d’origine se sont transformés en simples slogans. La France invoque aujourd’hui, pour faire entrer les musulmans dans la communauté nationale, des règles destinées à expulser les catholiques de la vie politique. Il faut aussi se rappeler que Manent a fait sa proposition avant les attentats de novembre dernier. De plus, sa volonté d’offrir des accomodements à la religion musulmane était assortie d’une insistance à ce que l’Islam rejette les influences étrangères, ce qui à mon sens ne se fera pas. D’abord parce que ces attentats ayant eu lieu, la France paraîtrait faible et non pas généreuse, en proposant un tel accord. Et aussi parce que tant que l’immigration se poursuivra, favorisant un établissement inéluctable de l’islam en France, les instances musulmanes peuvent estimer qu’elles n’ont aucun intérêt à transiger. (…) L’Europe ne va pas disparaître. Il y a quelque chose d’immortel en elle. Mais elle sera diminuée. Je ne pense pas que l’on puisse en accuser l’Europe des Lumières, qui n’ a jamais été une menace fondamentale pour la continuité de l’Europe. La menace tient pour l’essentiel à cet objectif plus recent de «société ouverte» dont le principe moteur est de vider la société de toute métaphysique, héritée ou antérieure (ce qui soulève la question, très complexe, de de la tendance du capitalisme à s’ériger lui-même en métaphysique). A certains égards, on comprend pourquoi des gens préfèrent cette société ouverte au christianisme culturel qu’elle remplace. Mais dans l’optique de la survie, elle se montre cependant nettement inférieure. Christopher Caldwell
« Securing the historic Paris climate agreement. » The accord was never submitted to Congress as a treaty. It will be ignored by President-elect Trump. « Achieving the Iran nuclear deal. » That « deal » was another effort to circumvent the treaty-ratifying authority of Congress. It has green-lighted Iranian aggression, and it probably ensured nuclear proliferation. Iran’s violations will cause the new Trump administration to either scrap the accord or send it to Congress for certain rejection. « Reopening Cuba. » The recent Miami celebration of the death of Fidel Castro, and Trump’s victory in Florida, are testimonies to the one-sided deal’s unpopularity. The United States got little in return for the Castro brothers’ propaganda coup. « Destroying ISIL » and « dismantling al Qaeda. » We are at last making some progress against some of these « jayvee » teams, as Obama once described the Islamic State. Neither group has been dismantled or destroyed. Despite the death of Osama bin Laden, the widespread reach of radical Islam into Europe and the United States remains largely unchecked. « Ending combat missions in Afghanistan and Iraq. » The Afghan war rages on. The precipitous withdrawal of all U.S. peacekeepers in 2011 from a quiet Iraq helped sow chaos in the rest of the Middle East. We are now sending more troops back into Iraq. (…) « Rebalancing to the Asia-Pacific region. » The anemic « Asia Pivot » failed. The Philippines is now openly pro-Russian and pro-Chinese. Traditional allies such Japan, Taiwan and South Korea are terrified that the U.S is no longer a reliable guarantor of their autonomy. (…) « Strengthening cybersecurity. » Democrats claimed Russian interference in the recent election. If true, it is proof that there is no such thing as « cybersecurity. » The WikiLeaks releases, the hacked Clinton emails and the Edward Snowden disclosures confirm that the Obama administration was the least cybersecure presidency in history. (…) « Making sure our politics reflect America’s best. » The 2016 presidential campaign was among the nastiest on record. WikiLeaks revealed unprecedented collusion between journalists and the Clinton campaign. Earlier, Obama had been the first president in U.S. history to refuse public campaign money. He was also the largest fundraiser of private cash and the greatest collector of Wall Street money in the history or presidential campaigns. (…) « Promoting immigrant and refugee integration and citizenship awareness. » The southern U.S. border is largely unenforced. Immigration law is deliberately ignored. The president’s refugee policy was unpopular and proved a disaster, as illustrated by the Boston Marathon bombings, the San Bernardino attack, the Orlando nightclub shooting and the recent Ohio State University terrorist violence. (…) So Obama now departs amid the ruin of the Democratic Party into a lucrative post-presidency: detached and without a legacy. Victor Davis Hanson
Si des gens noirs tuent des gens noirs chaque jour, pourquoi n’y aurait-il pas une semaine pour tuer des gens blancs? Sister Souljah (1992)
Pour accompagner le lancement de BET France et assurer l’animation d’un des programmes de la chaîne, Hedia Charni, Franco-Tunisienne, et Raphäl Yem, d’origine cambodgienne, ont été recrutés. Des choix que déplore Yan Boss. « Pour faire la promotion de la culture noire, il faut un minimum de Noirs à l’antenne. Vous ne pouvez pas ouvrir un restaurant halal et mettre des chinois à l’intérieur. » BET est un symbole fort lié à l’histoire des Afro-Américains. Fondée en 1980 par Robert Johnson, BET apparaît à une époque où les Noirs sont peu présents à la télévision américaine. Pour Yan Boss, le contexte français est similaire à celui des Etats-Unis dans les années 1980. (…) A la mi-octobre BET France avait tenté d’étouffer la polémique en affirmant que d’autres présentateurs issus de la « black culture » rejoindraient l’antenne. Seulement, l’emploi du terme « black » n’a pas non plus fait l’unanimité. Le Monde
Nous sommes des Noirs, il y a des Blancs. Moi, je ne dis pas “white”. J’ai le sentiment qu’en France, le Noir dérange. Christian Dzellat
During the finale of the Super Bowl XXXVIII halftime show, entertainers Justin Timberlake and Janet Jackson performed a song and dance routine to Timberlake’s song « Rock Your Body. » As Timberlake ended the duet by singing « gonna have you naked by the end of this song, » he tore away a portion of Jackson’s bustier, momentarily revealing her breast. The performers subsequently strained the credulity of the public by terming the episode a « wardrobe malfunction. » Chief Justice Roberts
What do we want? Dead cops. When do we want it? Now. Slogan (Millions March, New York, December 2014)
Pigs in a blanket, fry ’em like bacon. Bassem Masri
America is an empire that uses war to expand territory and power. American wars are unjust [and] destructive to Black communities globally . . . . The military industrial complex offers massive profits to private corporations from the death of our global diaspora . . . . The interlinked systems of white supremacy, imperialism, capitalism and patriarchy shape the violence we face. As oppressed people living in the US, the belly of global empire, we are in a critical position to build the necessary connections for a global liberation movement. Until we are able to overturn US imperialism, capitalism and white supremacy, our brothers and sisters around the world will continue to live in chains. Black Lives Matter
Black Lives Matter doesn’t condone shooting law enforcement. But I have to be honest: I understand why it was done. I don’t encourage it, I don’t condone it, I don’t justify it. But I understand it. Sir Maejor (BLM organizer)
The Black Panther Party emerged out of a love for their people and a devotion to empowering them. This powerful display of the human spirit, rooted in heart, is what compelled me to communicate this story accurately . . . . Nearly half a century later, we find our voices in a renewed chorus for justice and equality. We continue to witness a state apparatus that perpetuates a culture of fear and aggression with frequent and unwarranted displays of racial violence and oppression. Stanley Nelson
Le FBI a annoncé ce jeudi 2 mai avoir ajouté Joanne Chesimard à sa liste des «terroristes les plus recherchés», avec une récompense de 2 millions de dollars offerte pour sa capture. Joanne Chesimard a l’honneur douteux d’être la première femme sur la liste, qui existe depuis 2001 et sur laquelle ont figuré les noms tristement célèbres de Khalid Sheikh Mohammed, Oussama ben Laden, Ayman al-Zawahiri, et Adam Gadahn. Joanne Chesimard, qui était membre d’un groupe appelé la Black Liberation Army (l’Armée de libération noire), a été ajoutée à la liste quarante ans jour pour jour après la date où elle est accusée d’avoir tiré sur un policier d’Etat, et de l’avoir tué, sur une autoroute du New Jersey. (…) Joanne Chesimard, qui a désormais la soixantaine et est également connue sous le nom d’Assata Shakur –elle est aussi la marraine de feu Tupac Shakur–, a fini par être arrêtée et condamnée pour le meurtre de Werner Foerster. Elle est aussi devenue plus ou moins célèbre à cause des doutes sur sa culpabilité –elle nie avoir tué le policier– et des rumeurs selon lesquelles elle aurait été maltraitée en prison (elle est toujours relativement célèbre. En 2000, le rappeur Common a sorti une chanson sur elle, appelée A song for Assata, ce qui a mis le commentateur conservateur Bill O’Reilly très en colère). En 1979, Joanne Chesimard s’est échappée de prison. Les autorités pensent qu’elle est depuis 1984 cachée à Cuba, qui a pour habitude de donner asile aux fugitifs américains qui épousent des dogmes quasi-révolutionnaires. Slate
In too many places in this country, black boys and black men, Latino boys, Latino men . . . experience being treated differently by law enforcement—in stops and in arrests, and in charges and incarcerations. The statistics are clear, up and down the criminal-justice system; there’s no dispute. Barack Hussein Obama (2005)
We don’t really do a good job right now in collecting national data on a real-time basis, but we now have the tools and the technology to do it better. Barack Hussein Obama
The common assumption by the media and by the public was that the flash of nudity was an attention-grabbing publicity ploy; the question was by whom. Some signs seemed to point to MTV. Before the show, a few of the producers had entertained themselves by mock-ripping their clothes off at Timberlake’s final line. And in rehearsals, they had tried a move where Timberlake tore off Jackson’s kilt. Then there was an article on MTV’s website beforehand in which Jackson’s choreographer promised « shocking moments. » Marin Cogan
‘Stripping of cultures aside, the emblems that stood out most were the ones that came from Asia — specifically China. The dragon that Elsa Hosk wore wrapped around her body, the embroidered stiletto boots seen on Adriana Lima, the tail made of flames worn by Kendall Jenner. There’s a lot of talk of China as a dominant world power of the 21st century, and the U.S. government, Hollywood, and now Victoria’s Secret, it seems, are pivoting to face a new reality. But the Orientalism on display here doesn’t show an understanding or an attempt at dialogue. It doesn’t close any gaps. What condescension, for Victoria’s Secret to think that by wrapping a model in a dragon, it could connect directly with a new consumer in China. Don’t let yourself be hoodwinked by Victoria’s Secret’s brazen attempt to re-label what is clearly cultural appropriation by turning it into a celebration of ‘culture.The brand and its creative leads shamelessly cherry-picked imagery, breaking apart aesthetic references from wherever they wanted and stitching them back together again. They’re telling us its worldliness. It’s not, it’s a hack job. The fact is that even as the world gets more connected, a sexist, patriarchal, mostly white corporation continues to take what it wants for its own gain. Helin Jung
Nous savons qu’en cas d’al­ter­ca­tion, la police arrive toujours, d’une manière ou d’une autre, à désa­mor­cer le conflit, à désar­mer, et à ne pas tuer de Blancs. Ce qui va se passer, c’est que nous allons avoir des droits égaux et la justice dans notre propre pays. (…) Alors ne me parlez pas du progrès qui a été fait quand du personnel payé par l’Etat peut tirer depuis sa voiture sur un gamin de 12 ans seul dans un parc en plein jour. Qui peut le tuer et rentrer ensuite se faire un sandwich ? (…) On a passé des siècles à prier, des marques plein le corps. Et maintenant, nous payons pour nous barder le corps de marques [de vêtements] Il n’y a aucune guerre que nous n’ayons pas combattue, (…) aucun travail que nous n’ayons pas fait, aucun impôt que nous n’ayons pas payé. (…) Mais la liberté est en quelque sorte toujours conditionnelle ici. Vous êtes libre, continuent-ils à nous dire, mais elle aurait été en vie si elle n’avait pas agi librement. (…) Si vous critiquez la résistance, notre résistance, alors vous feriez mieux d’avoir un argumentaire solide sur la critique de notre oppression. Si vous n’êtes pas intéressés par l’égalité Noirs-Blancs, alors gardez-vous de conseiller ceux qui le sont. (…) On a fini de regarder et d’attendre pendant que cette invention appelée la blancheur nous utilise et abuse de nous; en enterrant les noirs hors de vue tout en extrayant notre culture, nos dollars, nos productions de divertissement comme s’il s’agissait de pétrole, d’or noir. Avilissant nos créations, puis les volant. Embourgeoisant notre génie, avant de nous essayer comme costume puis de jeter nos corps comme des pelures de fruits étranges. Ce n’est pas parce que nous sommes magiques que nous ne sommes pas réels. Jesse Williams
Jesse Williams a craché un discours raciste et haineux envers la loi et les blancs durant les BET Awards. Si ça avait été une personne blanche qui avait fait le même discours sur un afro-américain, il aurait été viré et réprimandé comme il le fallait, mais il n’y a eu aucun suivi concernant les actes de William. Aucun organisme ne s’est levé contre ses remarques racistes, et aucune action n’a été prise contre son attitude négative. Erin Smith
Le docteur sexy de la série médicale « Grey’s anatomy » s’est vu récompensé aux BET Awards, hier à Los Angeles, pour son engagement contre le racisme que connait les Etats-Unis. (…) En 2014, le jeune homme avait rejoint la marche de protestation qui dénonçait la mort du jeune afro-américain de 18 ans, Michael Brown, tué à Ferguson par un policier blanc. (…) Il a également produit cette année un film documentaire sur le mouvement militant « Black Lives Matter » (en français, « les vies Noires comptent »), intitulé « Stay Woke: The Black Lives Matter Movement« . C’est donc sans véritable surprise que l’on apprend la nomination de l’ancien instituteur pour le prix de l’humanitaire cette année. L’un des points forts de cette cérémonie qui récompensait les artistes afro-américains de l’année est donc le discours prononcé par Jesse Williams lors de sa remise de prix. L’acteur de Django Unchained et de Pulp fiction, Samuel L. Jackson a même avoué ne pas avoir entendu de pareil discours depuis les années 1960 (années qui ont marqué la combat pour l’égalité des droits avec Martin Luther King). Jesse Williams a ainsi débuté son discours en rappelant Tamir Rice, ce petit garçon de 12 ans, mort pour avoir osé jouer avec un pistolet en plastique devant un policier. (…) Le lauréat poursuit ensuite son discours en dénonçant fortement les violences commises par la police américaine, qui avait tué 967 personnes et dont 40% de victimes non armées étaient noires, sur la seule année 2015, selon le site d’information belge RTL Info. (…) Le « docteur Avery » a ensuite entamé une phase aux mots encore plus sévères, chewing-gum en bouche, mais digne des Black Panters, où il fait référence à l’esclavage qu’ont connu les communautés noires aux USA, notamment avec le commerce triangulaire du XVIIIème siècle et où il dénonce l’ironie de notre société de consommation. (…) sous un tonnerre d’applaudissements en brandissant son trophée. Nouvel Obs
Un discours «puissant» selon «Time». «L’un des plus mémorables» de l’histoire des prix, titre le «Washington Post». Jesse Williams, alias Jackson Avery de «Grey’s Anatomy», a reçu dimanche l’Humanitarian BET Award 2016, récompensant son engagement notamment contre le racisme. En effet, l’acteur est sur le devant de la scène depuis la mort le 9 août 2014 de Michael Brown, un jeune Noir de 18 ans –pas armé- par un policier blanc à Ferguson (Missouri). Il est notamment engagé en faveur du mouvement Black Lives Matter – né après ce drame et d’autres meurtres de Noirs par la police. Une cause qui lui tient vraiment à cœur comme en témoigne la tirade inspirée qu’il a délivrée en recevant son prix. Le métisse de 34 ans l’a dédiée à «tous les activistes, toutes les ONG de défense des droits de l’Homme, tous les parents qui se battent, les familles, les enseignants, les étudiants qui réalisent qu’un système construit pour nous diviser, nous appauvrir et nous détruire ne peut pas résister si nous le faisons.» Il a ensuite fait référence à Tamir Rice, qui aurait eu 14 ans samedi, mais aussi à d’autres victimes de ces «bavures», de Rekia Boyd à Eric Garner, en passant par Sandra Bland. Puis a élargi sa plaidoirie sur la cause des Noirs à notre époque. «Il n’y a aucune guerre que nous (les Noirs) n’ayons pas combattue, (…) aucun travail que nous n’ayons pas fait, aucun impôt que nous n’ayons pas payé. (…) Mais la liberté est en quelque sorte toujours conditionnelle ici. Vous êtes libre, continuent-ils à nous dire, mais elle aurait été en vie si elle n’avait pas agi librement», a-t-il lancé, appelant les Afro-Américains à se battre pour obtenir l’égalité une bonne fois pour toutes. Et gare aux Blancs qui dénigreraient l’importance de cette lutte. «Si vous critiquez la résistance, notre résistance, alors vous feriez mieux d’avoir un argumentaire solide sur la critique de notre oppression. Si vous n’êtes pas intéressés par l’égalité Noirs-Blancs, alors gardez-vous de conseiller ceux qui le sont», s’est-il emporté, ovationné par le public. «Et nous avons fini de regarder, et d’attendre pendant que cette invention appelée blancheur use et abuse de nous ; (…) garde les Noirs hors de sa vue et son esprit, pendant qu’ils pillent notre culture, nos dollars, notre pétrole (…) ghettoïsent et dévalorisent nos créations puis les volent», a-t-il poursuivi avant de conclure : «Ce n’est pas parce que nous sommes magiques que nous ne sommes pas réels». Paris Match
“What we’ve been doing,” said Williams, “is looking at the data and we know that police somehow manage to de-escalate, disarm and not kill white people everyday.” The problem is that the “data” say the opposite. The police do kill whites every day. And given the fact that whites account for 10 percent of violent crime, but are 50 percent of those who die at the hand of the police, white people actually have more to complain about than Mr. Williams. “Adjusted for the homicide rate,” says criminology professor Peter Moskos, “whites are 1.7 times more likely than blacks to die at the hands of police.” The “data” from the Centers for Disease Control shows that in 2014, the latest year data are available, 131 blacks and 261 whites were killed by cops. From 1999 to 2013, the totals were 1,724 black and 3,160 white. As to 2015, there are as of yet no official numbers. But the Washington Post says — according to its own tally — that 965 people were killed by police and less than 4 percent were white cops killing unarmed black men. The top preventable cause of death for young white men is car accidents. For young black men it’s homicide — almost always by other young blacks. Nearly 50 percent of all homicides are black-on-black. As to Williams’ implied clam of anti-black racial profiling, a 2013 report by the DOJ’s National Institute of Justice found that any racial differences in traffic stops can be ascribed to « differences in offending »: blacks are more likely to commit traffic offenses — speeding, no license, no child restraint, DUI, headlights out, expired tags and so on.  (…) If « whiteness » is « extracting our culture, » should Snoop Dogg apologize for getting rich by selling rap to whites? And didn’t Run-D.M.C. « culturally extract » their hit, « Walk This Way, » from Aerosmith? White folk, rise up! Did Williams, born to a white mom and black dad, really whine about the “invention called whiteness »? His mom was « invented » while his black father was “magic”? So a half-white actor whined about oppression on a black awards show, on a cable channel owned by a corporation whose largest shareholder is a family headed by patriarch Sumner Redstone, — a Jew. Only in America. (…) Is it too much to ask for the names of the oppressors who operate the “system »? After all, we’ve had a black president for seven years, plus back-to-back black attorneys general. Is Obama complicit? (…) What does it say that Obama’s Department of Justice has not filed civil rights charges against any of the officers involved in the death of the blacks Williams cited. Larry Elder
Japanese prints had, as everybody is taught in class, an enormous influence on French Impressionist art in the middle of the 19th Century. They were, exactly, an exotic appropriation.Well, it turns out that they weren’t really exotic at all. They were the product of the Japanese infatuation with Western perspective drawing and graphics, which had only recently arrived in Japan on ships and boats as part of the Japanese opening to the West. The Japanese artists saw them, and saw expressive possibilities in them that the Western artists were too habituated to the system to notice. The Japanese appropriated Western perspective in ways that Westerners would never have imagined. Then the Japanese pictures got sent back to Europe, where they looked wonderfully exotic, and re-made the Western art they originally hailed from. It’s exactly the same process that happened in our own lifetime when Howlin’ Wolf and Big Bill Broonzy records sailed over to Liverpool and the suburbs of London and were heard by boys who barely understood their context but loved their attitude. Ten years later you got Mick Jagger and John Lennon. Innocent imitation is always the engine of cultural innovation. Nor is it just that the borrowings can be beautiful. The things we borrow show us the things we are. Having passed through Chuck Berry, The Beatles and the Stones could better claim their own distinctive Englishness. In the same way, distinctly English food – all those real beers and farmhouse cheddars – has only gotten better because restaurants that served real Italian food helped showed how wonderful a coherent seasonal market-based cuisine could be. If we want to be ourselves, we have to travel – and nowadays, we do much of our travelling internally. Adam Gopnik
The concept of cultural appropriation emerged in academia in the late 1970s and 1980s as part of the scholarly critique of colonialism. By the mid-1990s, it had gained a solid place in academic discourse, particularly in the field of sociology. Some of this critique was rightly directed at literal cultural theft — the pilfering of art and artifacts by colonial powers — or glaring injustices, such as white entertainers in the pre-civil rights years profiting off black musical styles while black performers’ careers were hobbled by racism. Critics such as Edward Said offered valuable insight into Orientalism, the West’s tendency to fetishize Asians as exotic stereotypes. But the hunt for wrongdoing has gone run amok. The recent anti-appropriation rhetoric has targeted creative products from art to literature to clothing. Nothing is too petty for the new culture cops: I have seen them rebuke a Filipina woman who purchased a bracelet with a yin-yang symbol at a fair and earnestly discuss whether it’s appropriation to eat Japanese, Indian or Thai food. Even Selena Gomez, a Latina artist, was assailed a couple of years ago for sporting a Hindu forehead dot, or bindi, in a Bollywood-style performance. In some social-justice quarters, the demonization of “appropriative” interests converges with ultra-reactionary ideas about racial and cultural purity. I once read an anguished blog post by a well-meaning young woman racked with doubt about her plans to pursue a graduate degree in Chinese studies; after attending a talk on cultural appropriation, she was unsure that it was morally permissible for a white person to study the field. This is a skewed and blinkered view. Yes, most cross-fertilization has taken place in a context of unequal power. Historically, interactions between cultures often took the form of wars, colonization, forced or calamity-driven migration and subordination or even enslavement of minority groups. But it is absurd to single out the West as the only culprit. Indeed, there is a paradoxical and perverse Western-centrism in ignoring the history of Middle Eastern and Asian empires or the modern economic and cultural clout of non-Western nations — for instance, the fact that one of the top three entertainment companies in the U.S. market is Japanese-owned Sony.It is also far from clear that the appropriation police speak for the people and communities whose cultural honor they claim to defend. The kimono protest, for instance, found little support from Japanese Americans living in the Boston area; indeed, many actively backed the museum’s exhibit, as did the Japanese consulate. Most critics of appropriation, including some anti-kimono protesters, say they don’t oppose engagement with other cultures if it’s done in a “culturally affirming” way. A Daily Dot article admonishes that “an authentic cultural exchange should feel free and affirming, rather than plagiarizing or thieving.” A recent post on the Tumblr “This Is Not China” declares that “cultural appropriation is not merely the act of wearing or partaking in cultural symbols & practices that do not belong to you, it’s a system of exploitation & capitalisation on cultural symbols & practices that do not a) originate from b) benefit c) circle back to the culture in question.” It makes sense to permit behaviors that encourage empathy and genuine interest while discouraging those that caricature or mock a sampled-from culture. But such litmus tests leave ample room for hair-splitting and arbitrary judgments. One blogger’s partial defense of “Kimono Wednesdays” suggests that while it was fine to let visitors try on the kimonos, allowing them to be photographed while wearing them was a step too far. This fine parsing of what crosses the line from appreciation into appropriation suggests a religion with elaborate purity tests. What will be declared “problematic” next? Picasso’s and Matisse’s works inspired by African art? Puccini’s “Orientalist” operas, “Madama Butterfly” and “Turandot”? Should we rid our homes of Japanese prints? Should I take offense at other people’s Russian nesting dolls? And while we’re at it, why shouldn’t a wide range of cultural minorities within Western society demand control over access to their heritage, too? Can Catholics claim appropriation when religious paintings of Jesus or the Virgin Mary are exhibited in a secular context, or when movies from “The Sound of Music” to “Sister Act” use nuns for entertainment?Appropriation is not a crime. It’s a way to breathe new life into culture. Peoples have borrowed, adopted, taken, infiltrated and reinvented from time immemorial. The medieval Japanese absorbed major elements of Chinese and Korean civilizations, while the cultural practices of modern-day Japan include such Western borrowings as a secularized and reinvented Christmas. Russian culture with its Slavic roots is also the product of Greek, Nordic, Tatar and Mongol influences — and the rapid Westernization of the elites in the 18th century. America is the ultimate blended culture. Cathy Young
Tout le monde a tendance à admettre que les styles et les idées ne viennent pas de nulle part, qu’à un moment tout est appropriation. Rien de ce que nous faisons en ce monde n’est unique. Nous sommes conditionnés par notre propre background culturel. (…)  on s’intéresse aujourd’hui énormément au cosmopolitisme, aux mélanges [mash-ups]. Pensez par exemple à la musique. Michael North
Miley Cyrus peut-elle « twerker » (danser en se déhanchant de manière sexuellement suggestive, un peu à la façon Mapouka de Côte d’Ivoire) ? Une femme blanche peut-elle porter des dreadlocks ? Des étudiants peuvent-ils organiser une « soirée tequila » en portant des sombreros ? Un mannequin de Victoria Secret peut-elle défiler coiffée de plumes comme jadis les Amérindiens ? Tous ces actes peuvent respectivement heurter les Afro-Américains, la communauté mexicaine et les descendants des Amérindiens. On parle alors d’ « appropriation culturelle » ou « cultural appropriation », une expression qui s’est imposée depuis plusieurs années dans les médias nord-américains, y compris dans le New York Times.  » (…)  Récemment, c’est le créateur américain Marc Jacobs qui a fait les gros titres après avoir affublé de dreadlocks des mannequins blanches, lors de son défilé printemps-été 2017. La polémique illustre la difficulté posée par la notion d’appropriation culturelle : la mode occidentale s’est toujours inspirée d’autre cultures (comme l’a fait Yves Saint Lauren avec sa collection africaine en 1967). (…) En septembre, la question de l’appropriation culturelle s’est manifestée dans un domaine où elle est présente de longue date : la littérature. L’auteur américaine (blanche) Lionel Shriver a causé la polémique après avoir pris fait et cause pour des étudiants américains qui avaient suscité l’indignation pour avoir organisé une fête sur le thème de la tequila, où ils s’étaient affublés de sombreros. Shriver, elle-même vêtue d’un sombrero pendant son discours, entendait défendre le droit des auteurs qui appartiennent à la culture dominante de se mettre, dans leurs livres, à la place des dominés au travers de leurs personnages fictifs. Pendant l’intervention, une écrivain d’origine soudanaise, Yassmin Abdel-Magied, a quitté la salle. Dans une tribune, elle a expliqué avoir trouvé les propos de Shriver offensants. Selon elle, l’attitude de l’auteur « découle de la suprématie raciale. » (…) Cet été, lors de la cérémonie des Black Entertainment Television Awards, qui récompensent acteurs, musiciens ou encore sportifs noirs, Jesse Williams, un acteur connu pour son rôle dans la série Grey’s Anatomy, a dénoncé dans un discours poignant l’appropriation de la culture afro-américaine par les blancs. Quelques jours plus tard, les médias américains conservateurs se sont saisis des propos de l’actrice et présentatrice noire Whoopi Goldberg (connue notamment pour son rôle dans le film Sister Act), qui estimait que les femmes noires se teignant les cheveux en blond faisaient aussi acte d’appropriation culturelle. (…) Dans le quartier hipster de Bushwick, haut lieu des mélanges et de musique éclectique, le club House of Yes s’est retrouvé sous le feu des critiques cet été après avoir organisé une soirée sur le thème de Bangkok. Au programme : ladyboys (transsexuels) et cocktails aux couleurs locales. Mais une flopée de commentaires négatifs sur la page Facebook de l’événement a forcé les gérants du club à changer le thème de la soirée. La « Nuit à Bangkok » est devenue un soirée « Métropole tropicale ». « Nous avons notamment reçu des messages de personnes qui se plaignaient au sujet des ladyboys, disant que nous sexualisions une culture, » raconte Kae Burke, l’une des gérantes du club. Celle-ci se décrit comme une « femme blanche américaine privilégiée » et précise qu’elle a travaillé en Thailande pendant trois mois, où son partenaire y vit actuellement. Elle ajoute également avoir « collaboré avec des Thailandais pour créer le concept de la soirée. » Burke a de l’empathie pour ceux qui se sont offusqués de l’appropriation de la culture thaïlandaise par sa soirée. Mais, en même temps, « nous organisons des fêtes dans un club. Nous n’essayons pas de créer une vision historiquement exacte du pays, » explique-t-elle. « Lorsqu’ils vont faire la fête, les gens veulent du `sex, drug and rock and roll`, pas entrer dans un musée. » France Télévisions
If black and Latino males are “treated differently,” we might ask, Differently from whom? Statistically, they are more likely to be arrested and incarcerated than white males, but that disparity is dwarfed by another: the disparity with black and Latino females. There are more than 10 times as many males incarcerated as females. Could that difference be explained by factors other than discrimination against males? Bearing in mind, then, that there might be reasons for disparities other than prejudice, let us consider the Washington Post’s database on the use of deadly force by police, since this is the issue around which Black Lives Matter and the larger national debate revolve. The Post found that police killed 990 people in 2015. Of these, 494 were white, 258 black, 172 Hispanic, and 38 “other.” This means there were twice as many whites killed as blacks. On the other hand, since there are five or six times as many whites as blacks in America, clearly blacks were more likely to be killed, roughly three times as likely. But people killed by police are almost invariably in the process of being arrested or about to be arrested. This suggests that the relevant baseline against which to compare police killings is not the proportions of blacks and whites in the general population, but rather their presence in the population of arrestees. The FBI compiles national data on arrests. For 2015, the ratio of white to black arrestees for all crimes was 70 percent to 27 percent, a ratio of about 2 1/2 to 1. If we use that as the baseline for comparison, then police kill blacks slightly more often than their numbers would warrant. However, the Washington Post lists Hispanics as a third category parallel to whites and blacks. Confusingly, the FBI, which assembles crime data, does not do so. In presenting racial statistics, it assigns Hispanics to either the white or black category while offering separate tables dividing populations between Hispanic and non-Hispanic without respect to color. When forced into the bivariate categories of black and white, Hispanics overwhelming categorize as white. (According to the census, 20 times more Hispanics self-identity as white than as black.) If those listed by the Post as Hispanic were instead assigned to one racial category or the other, it would bring the ratio of whites to blacks killed by police still into nearly perfect alignment with racial ratio of arrestees in FBI data. The one area in which the Post reported finding a greater racial disparity was among unarmed individuals killed by police. In 2015, police killed 38 blacks and 32 whites. This ratio is out of line with the racial ratios of arrestees, but it is hard to know what to make of it. For one thing, the numbers are small and thus perhaps of little significance. For another, the Post’s “unarmed” category includes arrestees “holding an object unlikely to inflict serious injury, such as a stick or a broom handle.” In the moment, that broomstick might have felt more threatening to the officer than it appeared to the Post researcher who sorted the data. “Unarmed” does not always tell the whole story. Michael Brown was unarmed, but had he overpowered Officer Wilson, Brown might have seized Wilson’s gun. Several officers are killed each year with their own weapons. So even an unarmed arrestee can present a threat to an officer. What makes this disparity particularly unlikely to reflect racial bias is the contrast with the numbers for arrestees who were armed. In this category, the Post found 406 whites and 188 blacks killed by police officers, a ratio closely reflecting the population of arrestees. If anti-black bias were at work, why would it cause police to kill unarmed black people but not armed ones? Moreover, scholarly examinations of police behavior point to only modest racial disparities in the treatment of suspects, with no clear pattern. For example, a Rand Corporation study of New York’s stop-and-frisk program in 2006 found that “black pedestrians were stopped at a rate that is 20 to 30 percent lower than their representation in crime-suspect descriptions.” However, “Hispanic pedestrians were stopped disproportionately more, by 5 to 10 percent.” Whites were slightly less likely to be frisked or arrested after being stopped but slightly more likely to receive a summons. More recently, Roland Fryer Jr. a 39-year-old African-American economist at Harvard, completed studies of Houston police, showing that they were somewhat (16 to 25 percent) more likely to use force against black suspects (handcuff them, push them to the ground, and the like) but somewhat (22 percent) less likely to shoot them. One other realm in which numbers have been tossed around in the search for racial bias is in the composition of police forces. The New York Times produced a database on “the race gap in America’s police departments.” Elaborate graphs were presented online showing the racial composition of “local police departments from 17 metropolitan areas, sorted so that departments with the largest percentage-point differences of white officers to white residents are at the top.” But according to Justice Department data, in the United States as a whole, the proportion of police who are black is 12 percent, exactly the black percentage in the population. While the Times compiled a list of cities in which blacks are “underrepresented” in police departments, the law of averages means there must be roughly as many where blacks are “overrepresented.” While it is surely beneficial to have ethnically diverse police departments, this has no bearing on the core issue of Black Lives Matter. Several studies have shown that black police officers are more likely to shoot, not less. The criminologist Heather Mac Donald cites the example of the Detroit Police Department, which was subject to federal oversight for 11 years, dating back to the George W. Bush administration, “for alleged abuse of civilians, including a pattern of unjustified shootings.” That department, she notes, is two-thirds black. There is precious little evidence that racial bias determines the use of lethal force or other actions of police. This is not to say that all killings by police are justified. The South Carolina policeman who fired five rounds into the back of a fleeing Walter Scott is being tried for murder, rightly so, and this, alas, is surely not the only incident of its kind. But the large disparities between the races in all manner of unhappy encounters with the criminal-justice system are accounted for mainly by disparities in the rates of criminal behavior. Although there are five to six times as many whites as blacks in America, more murders are committed by blacks than whites. Blacks, in fact, are about seven times more likely than whites to commit murder. The same seems to be true for robberies, based on the FBI’s national database of arrests. For other crimes, more whites than blacks are arrested. But controlling for population size, blacks are three times more likely to be arrested for aggravated assault, and other assaults, and 2.5 times more likely for rape, burglary, or larceny and other property crimes. Not only are blacks far more likely to run afoul of the law, their victims are mostly blacks. According to FBI statistics, blacks murdered nearly five times as many blacks as they murdered whites in 2015. Criminologist Peter Moskos prepared for his vocation by working for more than a year as a policeman in Baltimore’s roughest neighborhood. He offers this stunning datum: “Each year in Baltimore’s Eastern District approximately one in every 160 men aged 15 to 34 is murdered. At this rate, more than 10 percent of men in Baltimore’s Eastern District are murdered before the age of thirty-five.” Ironically, despite the specter of black-on-white crime, a white person is as likely to be killed by a police officer as by a black civilian. A black person on the other hand is about ten times more likely to be killed by another black civilian than by an officer. Anyone taking to heart the sanctity of black lives might well endorse stricter courts and policing rather than the reverse. (…) A 2014 study by the House Budget Committee found that the federal government alone had spent 799 billion dollars on such programs, meaning the total with state and local funds must exceed one trillion a year. All of these efforts including affirmative action presumably have contributed to a measurable narrowing of the disparities. How to narrow them further is a matter that deserves far-reaching consideration, but this inquiry will not be advanced by demagoguery including the absurd notion that American society, or any substantial part of it, doubts that black lives matter. Commentary

Attention: un racisme peut en cacher un autre !

« Puissant », « mémorable », « émouvant », « bouleversant », « poignant »

En cette fin de règne des catastrophiques années Obama et Hollande …

Où face à la montée des périls …

Comme du matraquage multiculturaliste ….

Ou de la censure anti-conservatrice de nos médias …

La réaction des peuples se voit traitée de tous les noms …

Et où de l’actuel supposé leader du Monde libre au premier rappeur venu ou à la création de  Youtube

Tout n’est que métissage et effacement des différences

Quelle meilleure illustration …

De l’étrange schizophrénie du monde dit progressiste …

Que les tombereaux d’éloges qui ont salué en juin dernier la récompense par une industrie fondée tout entière sur le succès de transfuges blancs à la Justin Timberlake ou Eminem

De l’auteur d’une vidéo encensant un mouvement se réclamant explicitement, entre deux appels au meurtre de policiers ou invitations à la Maison Blanche, d’une criminelle en fuite

Qui de par ses origines: fruit de l’union d’un père noir et d’une mère suédoise …

Comme de par sa position: docteur sexy, noir et aux yeux bleus, de la série médicale « Grey’s anatomy » …

Incarne littéralement à lui tout seul l’appropriation culturelle qu’il dénonce …

Et se paie en plus le luxe – véritable petit joyau de racisme à l’envers – de fustiger …

L’ « invention appelée blancheur » et son « système construit pour divi­ser, appau­vrir et détruire » ?

Enorme claque : Jesse Williams livre un incroyable discours sur le racisme aux Etats-Unis
Le docteur sexy de la série médicale « Grey’s anatomy » s’est vu récompensé aux BET Awards, hier à Los Angeles, pour son engagement contre le racisme que connait les Etats-Unis.
Laure Blachier
Nouvel Obs
28/06/2016

Vous le connaissez sûrement sous le nom de « Docteur Jackson Avery« , mais c’est bien son interprète, Jesse Williams, qui a été récompensé hier au BET Awards pour son engagement contre le racisme. Il a ainsi reçu le prix de l’humanitaire.

Un prix mérité
L’acteur de 34 ans s’était déjà fait remarquer par sa forte mobilisation quant à la question d’inégalité raciale. En 2014, le jeune homme avait rejoint la marche de protestation qui dénonçait la mort du jeune afro-américain de 18 ans, Michael Brown, tué à Ferguson par un policier blanc. Cette tragédie avait ensuite été suivie d’une série d’événements tristement similaires.

Mais l’implication de Jesse Williams ne s’est pas arrêtée là. Il a également produit cette année un film documentaire sur le mouvement militant « Black Lives Matter » (en français, « les vies Noires comptent »), intitulé « Stay Woke: The Black Lives Matter Movement« . C’est donc sans véritable surprise que l’on apprend la nomination de l’ancien instituteur pour le prix de l’humanitaire cette année.

Un discours émouvant et fort

L’un des points fort de cette cérémonie qui récompensait les artistes afro-américains de l’année est donc le discours prononcé par Jesse Williams lors de sa remise de prix. L’acteur de Django Unchained et de Pulp fiction, Samuel L. Jackson a même avoué ne pas avoir entendu de pareil discours depuis les années 1960 (années qui ont marqué la combat pour l’égalité des droits avec Martin Luther King).

Jesse Williams a ainsi débuté son discours en rappelant Tamir Rice, ce petit garçon de 12 ans, mort pour avoir osé jouer avec un pistolet en plastique devant un policier.

Hier, ça aurait du être le quatorzième anniversaire du jeune Tamir Rice.

Le lauréat poursuit ensuite son discours en dénonçant fortement les violences commises par la police américaine, qui avait tué 967 personnes et dont 40% de victimes non armées étaient noires, sur la seule année 2015, selon le site d’information belge RTL Info.

Alors ne me parlez pas du progrès qui a été fait quand du personnel payé par l’Etat peut tirer depuis sa voiture sur un gamin de 12 ans seul dans un parc en plein jour. Qui peut le tuer et rentrer ensuite se faire un sandwich ?

Le « docteur Avery » a ensuite entamé une phase aux mots encore plus sévères, chewing-gum en bouche, mais digne des Black Panters, où il fait référence à l’esclavage qu’ont connu les communautés noires aux USA, notamment avec le commerce triangulaire du XVIIIème siècle et où il dénonce l’ironie de notre société de consommation.

Le truc, c’est que nous gagnons tous de l’argent ici, mais ça ne suffit pas à arrêter tout ça. Dédier nos vies à gagner de l’argent et le donner uniquement pour se barder le corps de marques de vêtements, alors qu’on a passé des siècles à prier avec des vraies marques sur le corps… et maintenant nous payons pour avoir ces marques sur nous.

C’est ensuite une ode à la liberté qu’entame, Jesse Williams, qui rappelle bien qu’elle n’a jamais été aussi fragile aux Etats-Unis, avançant que les changements de mentalité sont beaucoup trop lents.

« Il n’y a pas de guerre où nous ne sommes pas battus, et ne sommes pas morts en première ligne. Il n’y a aucun travail que nous n’ayons pas fait, aucune taxe qu’ils ne nous ont pas prélevé et nous les avons toutes payées. Mais la liberté est toujours conditionnelle ici. ‘Vous être libres !’ Continuent-ils de dire. Mais elle serait vivante, si elle n’avait pas agit aussi librement justement. La liberté vient dans l’au-delà, mais l’au-delà est une arnaque : nous, nous la voulons maintenant !

Nous maintenons ce pays à flot de crédits pour des siècles et nous en avons marre d’attendre pendant que cette invention appelée blancheur use et abuse de nous, en enterrant les Noirs loin des yeux et loin du coeur, pendant qu’ils nous soutirent notre culture, nos dollars, nos divertissements… Comme le pétrole ! De l’or NOIR justement. Ils nous enferment dans des ghettos, dévalorisent nos créations, les volent, embourgeoisent notre génie, avant d’abonner nos corps comme des écorces de fruits étranges.

C’est pensé, c’est comme ça. Ce n’est pas parce que nous sommes magiques que nous ne sommes pas réels.

A ainsi conclu Jesse Williams sous un tonnerre d’applaudissements en brandissant son trophée.

Meilleur des discours (intégralité du discours de Jesse Williams)

Cette soirée a été aussi marquée par la prestation étonnante de Beyoncé et de Kendrick Lamar qui ont également rendu hommage à Martin Luther King en ouvrant la cérémonie sur une partie de son discours I have a dream. 

Voir aussi:

Vidéo – Jesse Williams, son boule­ver­sant discours contre le racisme
Gala

Jesse Williams a boule­versé les spec­ta­teurs et télé­spec­ta­teurs du BET Awards avec son discours. L’acteur de Grey’s Anatomy a notam­ment dénoncé les violences poli­cières dont sont victimes les Afros-améri­cains, sous les hour­ras de la foule.

Ce week-end, Jesse Williams (aussi connu sous le nom de Dr Avery dans la série Grey’s Anatomy) a pratique­ment volé la vedette à Beyoncé et Kendrick Lamar aux BET Awards. Non pas grâce à ses compé­tences de méde­cin sur petit écran, mais pour son soutien au mouve­ment Black Lives matters. Pour cela il a reçu l’Hu­ma­ni­ta­rian Award, un prix qui récom­pense chaque année un artiste pour son impli­ca­tion liée aux droits civiques et aux ques­tions sociales. Alors qu’il monte sur scène, le comé­dien s’est fendu d’un discours boule­ver­sant. Et a notam­ment dénon­cé les persé­­cu­­tions poli­­cières dont sont victimes les Afro-améri­­cains. “Nous savons qu’en cas d’al­ter­ca­tion, la police arrive toujours, d’une manière ou d’une autre, à désa­mor­cer le conflit, à désar­mer, et à ne pas tuer de Blancs. Ce qui va se passer, c’est que nous allons avoir des droits égaux et la justice dans notre propre pays”, a-t-il sommé.

Jesse Williams a notam­ment dédie son prix “aux acti­vistes, aux avocats des droits civiques, aux parents en diffi­culté, aux familles, aux ensei­gnants, aux étudiants qui se rendent compte qu’un système construit pour divi­ser, appau­vrir et détruire ne peut pas tenir si nous y résis­tons”.

Le comé­dien s’est ensuite lancé dans une diatribe enflam­mée, où il a mis en avant les injus­tices et les décon­si­dé­ra­tions auxquelles font face les Noirs-Améri­cains. “On en a marre d’at­tendre pendant que cette inven­tion appe­lée ‘blan­cheur’ use et abuse de nous, enter­rant les Noirs loin des yeux et loin du cœur pendant qu’ils nous soutirent notre culture, nos dollars, nos diver­tis­se­ments, comme le pétrole – l’or noir juste­ment! Ils nous enferment dans des ghet­tos, déva­lo­risent nos créa­tions, les volent embour­geoisent notre génie.”

Plus tard lors de la soirée, Samuel L. Jack­son a salué le discours de Jesse Williams. “Le speech de Jesse ressemble à ceux des acti­vistes des années 60. Ce frère a raison, et il dit vrai.”

Voir également:

Le poignant discours de Jesse Williams contre le racisme
Paris Match
27/06/2016

L’acteur Jesse Williams, récompensé dimanche pour son engagement, a livré un discours enflammé pour l’égalité raciale.

Un discours «puissant» selon «Time». «L’un des plus mémorables» de l’histoire des prix, titre le «Washington Post». Jesse Williams, alias Jackson Avery de «Grey’s Anatomy», a reçu dimanche l’Humanitarian BET Award 2016, récompensant son engagement notamment contre le racisme. En effet, l’acteur est sur le devant de la scène depuis la mort le 9 août 2014 de Michael Brown, un jeune Noir de 18 ans –pas armé- par un policier blanc à Ferguson (Missouri). Il est notamment engagé en faveur du mouvement Black Lives Matter – né après ce drame et d’autres meurtres de Noirs par la police. Une cause qui lui tient vraiment à cœur comme en témoigne la tirade inspirée qu’il a délivrée en recevant son prix.

Le métisse de 34 ans l’a dédiée à «tous les activistes, toutes les ONG de défense des droits de l’Homme, tous les parents qui se battent, les familles, les enseignants, les étudiants qui réalisent qu’un système construit pour nous diviser, nous appauvrir et nous détruire ne peut pas résister si nous le faisons.» Il a ensuite fait référence à Tamir Rice, qui aurait eu 14 ans samedi, mais aussi à d’autres victimes de ces «bavures», de Rekia Boyd à Eric Garner, en passant par Sandra Bland. Puis a élargi sa plaidoirie sur la cause des Noirs à notre époque.

« La liberté est toujours conditionnelle ici »

«Il n’y a aucune guerre que nous (les Noirs) n’ayons pas combattue, (…) aucun travail que nous n’ayons pas fait, aucun impôt que nous n’ayons pas payé. (…) Mais la liberté est en quelque sorte toujours conditionnelle ici. Vous êtes libre, continuent-ils à nous dire, mais elle aurait été en vie si elle n’avait pas agi librement», a-t-il lancé, appelant les Afro-Américains à se battre pour obtenir l’égalité une bonne fois pour toutes. Et gare aux Blancs qui dénigreraient l’importance de cette lutte. «Si vous critiquez la résistance, notre résistance, alors vous feriez mieux d’avoir un argumentaire solide sur la critique de notre oppression. Si vous n’êtes pas intéressés par l’égalité Noirs-Blancs, alors gardez-vous de conseiller ceux qui le sont», s’est-il emporté, ovationné par le public.

«Et nous avons fini de regarder, et d’attendre pendant que cette invention appelée blancheur use et abuse de nous ; (…) garde les Noirs hors de sa vue et son esprit, pendant qu’ils pillent notre culture, nos dollars, notre pétrole (…) ghettoïsent et dévalorisent nos créations puis les volent», a-t-il poursuivi avant de conclure : «Ce n’est pas parce que nous sommes magiques que nous ne sommes pas réels».

Voir encore:

The Twisted Fantasy World of Jesse Williams
His white mother was « invented » while his black father was “magic”?
Larry Elder
Frontpage magazine
July 5, 2016

According to Time Magazine, actor Jesse Williams, in accepting a humanitarian award from Black Entertainment Television, gave a “powerful” speech about police misconduct and black oppression. The speech ran nearly 4 minutes.

The take-way? The police routinely and illegally use deadly force against blacks while treating similarly situated whites in a different, less deadly way. Williams insisted that the facts back up this claim. “What we’ve been doing,” said Williams, “is looking at the data and we know that police somehow manage to de-escalate, disarm and not kill white people everyday.”

The problem is that the “data” say the opposite. The police do kill whites everyday. And given the fact that whites account for 10 percent of violent crime, but are 50 percent of those who die at the hand of the police, white people actually have more to complain about than Mr. Williams. “Adjusted for the homicide rate,” says criminology professor Peter Moskos, “whites are 1.7 times more likely than blacks to die at the hands of police.”

The “data” from the Centers for Disease Control shows that in 2014, the latest year data are available, 131 blacks and 261 whites were killed by cops. From 1999 to 2013, the totals were 1,724 black and 3,160 white. As to 2015, there are as of yet no official numbers. But the Washington Post says — according to its own tally — that 965 people were killed by police and less than 4 percent were white cops killing unarmed black men.

The top preventable cause of death for young white men is car accidents. For young black men it’s homicide — almost always by other young blacks. Nearly 50 percent of all homicides are black-on-black. As to Williams’ implied clam of anti-black racial profiling, a 2013 report by the DOJ’s National Institute of Justice found that any racial differences in traffic stops can be ascribed to « differences in offending »: blacks are more likely to commit traffic offenses — speeding, no license, no child restraint, DUI, headlights out, expired tags and so on.

So much for “the data.”

Williams also said:

“This invention called whiteness uses and abuses us, burying black people out of sight and out of mind while extracting our culture, our dollars, our entertainment like oil — black gold — ghettoizing and demeaning our creations then stealing them, gentrifying our genius and then trying us on like costumes before discarding our bodies like rinds of strange fruit. The thing is though … the thing is that just because we’re magic doesn’t mean we’re not real.”

Um-m, could you repeat that?

If « whiteness » is « extracting our culture, » should Snoop Dogg apologize for getting rich by selling rap to whites? And didn’t Run-D.M.C. « culturally extract » their hit, « Walk This Way, » from Aerosmith? White folk, rise up! Did Williams, born to a white mom and black dad, really whine about the “invention called whiteness »? His mom was « invented » while his black father was “magic”? So a half-white actor whined about oppression on a black awards show, on a cable channel owned by a corporation whose largest shareholder is a family headed by patriarch Sumner Redstone, — a Jew. Only in America.

Williams also talked about “the activists, the civil rights attorneys, the struggling parents, the families, the teachers, the students that are realizing that a system built to divide and impoverish and destroy us cannot stand if we do.” He proclaimed: “The burden of the brutalized is not to comfort the bystander. … If you have a critique for the resistance, for our resistance, then you better have an established record of critique of our oppression.”

Is it too much to ask for the names of the oppressors who operate the “system »? After all, we’ve had a black president for seven years, plus back-to-back black attorneys general. Is Obama complicit? Williams said:

“I don’t want to hear anymore about how far we’ve come when paid public servants can pull a drive-by on 12-year-old playing alone in a park in broad daylight, killing him on television and then going home to make a sandwich. Tell Rekia Boyd how it’s so much better to live in 2012 than it is to live in 1612 or 1712. Tell that to Eric Garner. Tell that to Sandra Bland. Tell that to Dorian Hunt.”

What does it say that Obama’s Department of Justice has not filed civil rights charges against any of the officers involved in the death of the blacks Williams cited?

Not everything Williams said was incoherent or factually wrong, At the beginning of his speech he actually put his finger on the real problem in the black community. He said, “For the black women in particular who have spent their lifetimes dedicated to nurturing everyone before themselves — we can and will do better for you,”

He appeared to be urging black fathers to step up.

Seventy-one percent of black children were born to unmarried mothers in 2014, as opposed to 25 percent in 1965. Obama said, “Children who grow up without a father are five times more likely to live in poverty and commit crime, nine times more likely to drop out of schools and 20 times more likely to end up in  prison.” In an interview with Kweisi Mfume, then the president of the NAACP, I asked, “As to the presence of white racism or the absence of black fathers, which poses the bigger threat to the black community?” Without hesitation, Mfume said, “The absence of black fathers.”

Rant about that, Mr. Williams.

Voir de plus:

Culture & Civilization
The Truth About Black Lives Matter
The movement paints a false and disturbing portrait of America in order to justify its even more disturbing aims
Joshua Muravchik
Commentary
Nov. 16, 2016

A Call to Arms

On September 20, a police officer in Charlotte, North Carolina, shot and killed Keith Lamont Scott, a 43-year-old black man whom police said they had observed sitting in a parked car with a marijuana cigarette and a pistol. Members of Scott’s family immediately contradicted this description of events on social media, claiming he had no gun and had been holding only a book. In the flash of a muzzle, Charlotte became the stage for the next act in a wrenching national drama about race and law enforcement.

Charlotte is a vibrant, growing, integrated metropolis, the very image of the “new South.” The officer involved was black, as was the police chief. The chief had in fact come to his post expressing skepticism about police treatment of blacks and had instituted innovative community-relations programs and training to address the problem of “implicit bias.”

Nonetheless, within hours of the shooting, protestors bearing handmade signs saying “It was a book” filled the streets. Before long, the protests had devolved into riots. Police cars, city buses, and private vehicles were smashed, as were office buildings and the city’s convention center. Trucks were looted and burned. Ten young African-American men set upon a white man, robbing, beating, and stomping him—and landing him in the hospital. A 26-year-old black man was shot dead by someone else in the crowd. Although 16 police officers received injuries, only one rioter was arrested.

Charlotte’s demonstrators had taken to the streets spontaneously. But the national protest movement that has emerged on this issue over the past two years does have a group, or coalition of groups, at its core, and it is called Black Lives Matter.

The Black Lives Matter website and the Twitter hash tag #BlackLivesMatter had been launched in 2013 by Alicia Garza, Patrisse Cullors, and Opal Tomeki—all in their thirties and all veteran activists. Cullors, a performance artist based in Los Angeles, founded Dignity and Power Now, which she says has “achieved . . . victories for the abolitionist movement.” The word “abolitionist” here refers to a vision of doing away entirely with the law-enforcement and criminal-justice systems. Garza is an officer of the National Domestic Workers Alliance, having previously run a San Francisco group called People Organized to Win Employment Rights (POWER). She, too, speaks of abolishing the criminal-justice system, albeit more tentatively than she speaks of abolishing the present economic system. Opal Tomeki, who describes herself as a “believer and practitioner of liberation theology,” is the New York–based executive director of Black Alliance for Just Immigration.

They were inspired to create Black Lives Matter out of anguish over the acquittal of George Zimmerman, a neighborhood-watch volunteer, ethnically white and Hispanic, who had shot to death the black 17-year-old Trayvon Martin in February 2012. During its first year, the group drew little attention. Then came Ferguson.

In that Missouri city, on August 14, 2014, Michael Brown was shot dead by a white police officer. The 18-year-old and 300-pound Brown, described as a “gentle giant,” carried no weapon at the time of his death. And according to individuals who said they had witnessed the shooting, he had either been gunned down while running from the officer or facing him with his hands raised, pleading, “Hands up, don’t shoot.”

The next day, Ferguson was convulsed in rioting, and protests broke out in other cities. Black Lives Matter sponsored a series of “Freedom Rides” to Ferguson, and its Internet messages went viral. Suddenly it found itself at the center of what the New York Times called “the most formidable American protest movement of the 21st century.” On the ground in Ferguson, new leaders emerged, notably DeRay Mckesson, a former school administrator who became a peripatetic protestor in cities across the Midwest, the South, and his home town of Baltimore, and Johnetta Elzie, a 26-year-old Ferguson native.

President Obama embraced the group, inviting Mckesson, Elzie, and other Ferguson protestors to the White House on more than one occasion and appointing one, Brittany Packnett, to a task force on policing. He spoke in defense of the now ubiquitous slogan when others asked, Don’t all lives matter? And he went out of his way to defend the group at a memorial service two years later for five Dallas policemen murdered by a black sniper at a Black Lives Matter demonstration.

Those competing to succeed Obama followed his cue. Hillary Clinton met with a delegation of Black Lives Matter activists who, according to Time, inspired her to denounce “mass incarceration” and propose a “new New Deal” for ethnic minorities. Her rival for the Democratic presidential nomination, Bernie Sanders, also met with activists who came away saying that the senator was “very open to being pushed” toward their point of view. The campaign of Republican aspirant Jeb Bush claimed that he, too, had met with the group, but this was later disputed by activists.

The entertainment and news media lavished attention on the new movement. Beyoncé, Rihanna, Pharrell Williams, and dozens of others made a video of support while actor Jesse Williams won the Black Entertainment Network’s Humanitarian Award for a separate video that he had made about Black Lives Matter. He stole the show at BET’s annual award ceremony with a speech decrying “this invention called whiteness [that] uses and abuses us, burying black people out of sight,” an observation aired live to an audience of 7.2 million on BET, MTV, Comedy Central, and nine other U.S. networks and streamed online before being rebroadcast in the UK, France, and Africa.

The New York Times Magazine ran a cover story on Black Lives Matter while the Washington Post undertook a mammoth investigatory project to compile a complete data base on fatal police shootings, ferreting out twice as many as shown in FBI reports. In 2015, Time named Black Lives Matter a runner-up for its annual “Person of the Year.”

Where the journalists and entertainers go, philanthropists are likely to follow, and so it was in this case even as a variety of groups and advocates jostled for the Black Lives Matter banner. Google announced a half-million dollar grant to Cullors to monitor and combat police brutality. George Soros’s Open Society Institute gave $650,000 in 2015 to “groups at the core of the burgeoning #BlackLivesMatter movement.” And the Ford Foundation announced it was spearheading a consortium of donors pledging to raise $100 million over six years for the Movement for Black Lives, a self-described “united front” of the original Black Lives Matter together with some two dozen other kindred organizations.

In announcing its grant, Ford enthused: “The Movement for Black Lives has forged a new national conversation about the intractable legacy of racism, state violence, and state neglect of black communities in the United States.” But is that an accurate or complete description of the legacy of race relations with which we live? Is it true, as Black Lives Matter asserts and its very name suggests, that American society as a whole deems black lives to be devoid of value? Is it true, as it further asserts, that the deaths of blacks at the hands of police reflect racism and worse? And if these things are not true, then what is Black Lives Matter really after?

To explore this we must first look more closely at the story of Ferguson. The New Yorker’s Jelani Cobb labeled it “a case study of structural racism in America and a metaphor for all that had gone wrong since the end of the civil-rights movement.” Ferguson is a paradigm, to be sure, but not exactly for the things Cobb suggests it represents.

Ferguson

While a local grand jury declined to indict Darren Wilson, the officer who shot Michael Brown, Obama’s Justice Department conducted its own painstaking investigation with an eye to bringing charges under federal civil-rights law. What it found, perhaps to its own surprise, was not merely ambiguity, which might have prompted the grand jurors to vote against an indictment. Rather, the evidence lent decisive support to Officer Wilson’s contention that he had acted in self-defense, and it showed that the widely circulated narrative about Brown and the actions that led to his death was a tissue of lies.

A video from a convenience-store surveillance camera captured the first act in this drama. It shows Brown reaching across the counter and brazenly helping himself to boxes of cigarillos without offering to pay, then walking to the exit. When the diminutive clerk tries to head him off, Brown shoves the man away, then menacingly turns on him until the man backs off.

The clerk called police, and the robbery was broadcast on police radio. Officer Wilson heard the call just as Brown and his accomplice, Dorian Johnson, were walking toward the officer’s SUV, which Wilson then maneuvered to block their path. The Justice Department report details what happened next:

Brown . . . reached into the SUV through the open driver’s window and punched and grabbed Wilson. This is corroborated by bruising on Wilson’s jaw and scratches on his neck, the presence of Brown’s DNA on Wilson’s collar, shirt, and pants, and Wilson’s DNA on Brown’s palm . . . .Wilson [said] that he responded . . . by withdrawing his gun because he could not access less lethal weapons while seated inside the SUV.

At this point, the conflict intensified:

Brown then grabbed the weapon and struggled with Wilson to gain control of it. Wilson fired, striking Brown in the hand. Autopsy results and bullet trajectory, skin from Brown’s palm on the outside of the SUV door as well as Brown’s DNA on the inside of the driver’s door corroborate Wilson’s account.

The forensic evidence supported the officer’s account:

According to three autopsies, Brown sustained a close range gunshot wound to the fleshy portion of his right hand . . . . Soot from the muzzle of the gun found embedded in the tissue of this wound coupled with indicia of thermal change from the heat of the muzzle indicate that Brown’s hand was within inches of the muzzle of Wilson’s gun when it was fired. The location of the recovered bullet . . . also corroborates Wilson’s account of the struggle over the gun and when the gun was fired, as do witness accounts that Wilson fired at least one shot from inside the SUV.

Brown ran and Wilson began to pursue him, but Brown stopped after about a block and turned around, heading back toward Wilson. No one knows why, although the marijuana later found in his system may have influenced his judgment. Brown’s accomplice Johnson, meanwhile, had disappeared in a different direction. The report continues:

Several witnesses stated that Brown appeared to pose a physical threat to Wilson as he moved toward Wilson . . . . While credible witnesses gave varying accounts of exactly what Brown was doing with his hands as he moved toward Wilson—i.e., balling them, holding them out, or pulling up his pants—and varying accounts of how he was moving—i.e., “charging,” moving in “slow motion,” or “running”—they all establish that Brown was moving toward Wilson when Wilson shot him. Although some witnesses state that Brown held his hands up at shoulder level with his palms facing outward for a brief moment, these same witnesses describe Brown then dropping his hands and “charging” at Wilson.

The autopsy results confirm that Wilson did not shoot Brown in the back as he was running away because there were no entrance wounds to Brown’s back . . . . [S]ome of those accounts are inaccurate because they are inconsistent with the physical and forensic evidence; some of those accounts are materially inconsistent with that witness’s own prior statements with no explanation, credible or otherwise, as to why those accounts changed over time. Certain other witnesses who originally stated Brown had his hands up in surrender recanted their original accounts, admitting that they did not witness the shooting or parts of it, despite what they initially reported either to federal or local law enforcement or to the media.

The Justice Department reviewed physical evidence—crime scene, autopsy, DNA, dispatch recordings, ballistics, fingerprints, and audio recordings of the gunfire—and interviewed witnesses who saw or claimed to have seen the shooting. Eight of them confirmed Wilson’s testimony. The one white among them was disregarded as unreliable. But the other seven—five blacks and two identified as “bi-racial”—were deemed credible in that their versions were consistent internally and with the physical evidence.

These witnesses were almost all reluctant. According to the report, signs had been posted around the neighborhood that read “snitches get stitches.” Residents seemed to believe it. One of the seven “repeatedly refused to give formal statements to law enforcement for fear of reprisal should the . . . neighborhood find out that his account corroborated Wilson.” The report goes on: “Served with a county grand jury subpoena [he] refused to appear. . . . explain[ing] that he would rather go to jail than testify.” Another phoned in his account, but “prosecutors and investigators tried to no avail to interview” him. Another, when called before the grand jury, initially claimed memory loss. Another “was reluctant to identify herself and ultimately met with [detectives] in a library parking lot.” Yet another initially offered a version contrary to physical evidence; when confronted on this by FBI interrogators, she replied, “You’ve got to live the life to know it,” explaining that “she feared offering an account contrary to the narrative reported in the media that Brown had held his hands up in surrender.” In short, fear hung over the neighborhood.

The Justice Department interviewed 23 other witnesses who contradicted Wilson and inculpated him. But in the case of all 23—two whites and the rest black—investigators concluded that their stories were untrustworthy. Either their accounts changed upon retelling or were flatly contradicted by physical evidence or by well-established facts. Some may have been confused. Others were simply lying either to feel important or out of ulterior motives. Chief in the latter category was Dorian Johnson, Brown’s accomplice in the convenience-store robbery.

That Johnson was a practiced liar was already established by a prior conviction for “a crime of dishonesty” and illustrated charmingly when he told the New Yorker’s Jake Halpern that “before entering the [convenience store] he and Brown ‘never talked about stealing things’ [but] were instead immersed in a discussion ‘about the Bible and God.’” However, Johnson told Department of Justice investigators “that just prior to going to [the store], Brown engaged in a 25-minute conversation about marijuana” with a local contractor. (The stolen cigarillos were intended for use in smoking marijuana.)

It was Johnson who, according to the Justice Department report, “made multiple statements to the media immediately following the incident that spawned the popular narrative that Wilson shot Brown execution-style as he held up his hands in surrender,” a narrative that gave rise to the meme “hands up, don’t shoot.”

It is difficult to gauge how much of black Ferguson was represented by the witnesses who came forth with true accounts, and how much by those who circulated false narratives or rioted following the shooting and the grand jury’s non-indictment decision. This second round of mayhem was directly instigated by Brown’s stepfather, who can be seen on video addressing a rally, exhorting those gathered to “burn this bitch down.”

Clearly, however, a considerable part of the black community felt alienated from the police, and a second Justice Department report concluded that “Ferguson’s approach to law enforcement both reflects and reinforces racial bias.” In sustaining its accusation of “racism,” the report instanced six racially pointed jokes found in the email of police or city officials. If such reprehensible items were common, they might add up to a culture of racism, but a total of six over six years of email exchanges among scores of individuals amounts to much less.

Among arrestees who were armed, 406 whites and 188 blacks were killed by police in 2015, a ratio closely reflecting the population of arrestees.

The report’s focus rested on the city’s reliance for a significant part of its revenue on fines for petty violations, largely automobile-related. This practice is common in Missouri and elsewhere, and it puts a disproportionate burden on poor people, therefore on blacks. Such behavior raises the question of whether justice can be blind if it is self-interested. For these reasons, long before the events in Ferguson, some states had begun passing laws limiting the authority of municipalities to levy fines.

The report also noted that a large majority of the city’s officers are white while a majority of its citizenry is black, and that blacks “experience disparate impact in nearly every aspect of Ferguson’s law enforcement system,” notably that “African Americans account for 85 percent of vehicle stops, 90 percent of citations, and 93 percent of arrests made by FPD officers, despite comprising only 67 percent of Ferguson’s population.”
In relying on “disparate impact” as a measure of discrimination, the Ferguson report provided a microcosm of an argument that goes to the heart of much national debate about race and criminal justice. President Obama deployed it in a 2015 speech: “In too many places in this country, black boys and black men, Latino boys, Latino men . . . experience being treated differently by law enforcement—in stops and in arrests, and in charges and incarcerations. The statistics are clear, up and down the criminal-justice system; there’s no dispute.” This sense of certainty comported oddly with the president’s own lament five months later at a White House forum on race and criminal justice that “we don’t really do a good job right now in collecting national data.” There is, moreover, much to dispute about how to interpret “the statistics,” as the president’s formulation, itself, unwittingly illustrated.

If black and Latino males are “treated differently,” we might ask, Differently from whom? Statistically, they are more likely to be arrested and incarcerated than white males, but that disparity is dwarfed by another: the disparity with black and Latino females. There are more than 10 times as many males incarcerated as females. Could that difference be explained by factors other than discrimination against males?

Bearing in mind, then, that there might be reasons for disparities other than prejudice, let us consider the Washington Post’s database on the use of deadly force by police, since this is the issue around which Black Lives Matter and the larger national debate revolve.

Crime and Policing by the Numbers

The Post found that police killed 990 people in 2015. Of these, 494 were white, 258 black, 172 Hispanic, and 38 “other.” This means there were twice as many whites killed as blacks. On the other hand, since there are five or six times as many whites as blacks in America, clearly blacks were more likely to be killed, roughly three times as likely. But people killed by police are almost invariably in the process of being arrested or about to be arrested. This suggests that the relevant baseline against which to compare police killings is not the proportions of blacks and whites in the general population, but rather their presence in the population of arrestees.

The FBI compiles national data on arrests. For 2015, the ratio of white to black arrestees for all crimes was 70 percent to 27 percent, a ratio of about 2 1/2 to 1. If we use that as the baseline for comparison, then police kill blacks slightly more often than their numbers would warrant. However, the Washington Post lists Hispanics as a third category parallel to whites and blacks. Confusingly, the FBI, which assembles crime data, does not do so. In presenting racial statistics, it assigns Hispanics to either the white or black category while offering separate tables dividing populations between Hispanic and non-Hispanic without respect to color. When forced into the bivariate categories of black and white, Hispanics overwhelming categorize as white. (According to the census, 20 times more Hispanics self-identity as white than as black.) If those listed by the Post as Hispanic were instead assigned to one racial category or the other, it would bring the ratio of whites to blacks killed by police still into nearly perfect alignment with racial ratio of arrestees in FBI data.

The one area in which the Post reported finding a greater racial disparity was among unarmed individuals killed by police. In 2015, police killed 38 blacks and 32 whites. This ratio is out of line with the racial ratios of arrestees, but it is hard to know what to make of it. For one thing, the numbers are small and thus perhaps of little significance. For another, the Post’s “unarmed” category includes arrestees “holding an object unlikely to inflict serious injury, such as a stick or a broom handle.” In the moment, that broomstick might have felt more threatening to the officer than it appeared to the Post researcher who sorted the data. “Unarmed” does not always tell the whole story. Michael Brown was unarmed, but had he overpowered Officer Wilson, Brown might have seized Wilson’s gun. Several officers are killed each year with their own weapons. So even an unarmed arrestee can present a threat to an officer.

What makes this disparity particularly unlikely to reflect racial bias is the contrast with the numbers for arrestees who were armed. In this category, the Post found 406 whites and 188 blacks killed by police officers, a ratio closely reflecting the population of arrestees. If anti-black bias were at work, why would it cause police to kill unarmed black people but not armed ones?

Moreover, scholarly examinations of police behavior point to only modest racial disparities in the treatment of suspects, with no clear pattern. For example, a Rand Corporation study of New York’s stop-and-frisk program in 2006 found that “black pedestrians were stopped at a rate that is 20 to 30 percent lower than their representation in crime-suspect descriptions.” However, “Hispanic pedestrians were stopped disproportionately more, by 5 to 10 percent.” Whites were slightly less likely to be frisked or arrested after being stopped but slightly more likely to receive a summons. More recently, Roland Fryer Jr. a 39-year-old African-American economist at Harvard, completed studies of Houston police, showing that they were somewhat (16 to 25 percent) more likely to use force against black suspects (handcuff them, push them to the ground, and the like) but somewhat (22 percent) less likely to shoot them.

One other realm in which numbers have been tossed around in the search for racial bias is in the composition of police forces. The New York Times produced a database on “the race gap in America’s police departments.” Elaborate graphs were presented online showing the racial composition of “local police departments from 17 metropolitan areas, sorted so that departments with the largest percentage-point differences of white officers to white residents are at the top.” But according to Justice Department data, in the United States as a whole, the proportion of police who are black is 12 percent, exactly the black percentage in the population. While the Times compiled a list of cities in which blacks are “underrepresented” in police departments, the law of averages means there must be roughly as many where blacks are “overrepresented.”1

While it is surely beneficial to have ethnically diverse police departments, this has no bearing on the core issue of Black Lives Matter. Several studies have shown that black police officers are more likely to shoot, not less. The criminologist Heather Mac Donald cites the example of the Detroit Police Department, which was subject to federal oversight for 11 years, dating back to the George W. Bush administration, “for alleged abuse of civilians, including a pattern of unjustified shootings.” That department, she notes, is two-thirds black.

There is precious little evidence that racial bias determines the use of lethal force or other actions of police. This is not to say that all killings by police are justified. The South Carolina policeman who fired five rounds into the back of a fleeing Walter Scott is being tried for murder, rightly so, and this, alas, is surely not the only incident of its kind. But the large disparities between the races in all manner of unhappy encounters with the criminal-justice system are accounted for mainly by disparities in the rates of criminal behavior.

Although there are five to six times as many whites as blacks in America, more murders are committed by blacks than whites. Blacks, in fact, are about seven times more likely than whites to commit murder. The same seems to be true for robberies, based on the FBI’s national database of arrests. For other crimes, more whites than blacks are arrested. But controlling for population size, blacks are three times more likely to be arrested for aggravated assault, and other assaults, and 2.5 times more likely for rape, burglary, or larceny and other property crimes.

Not only are blacks far more likely to run afoul of the law, their victims are mostly blacks. According to FBI statistics, blacks murdered nearly five times as many blacks as they murdered whites in 2015. Criminologist Peter Moskos prepared for his vocation by working for more than a year as a policeman in Baltimore’s roughest neighborhood. He offers this stunning datum: “Each year in Baltimore’s Eastern District approximately one in every 160 men aged 15 to 34 is murdered. At this rate, more than 10 percent of men in Baltimore’s Eastern District are murdered before the age of thirty-five.”

Ironically, despite the specter of black-on-white crime, a white person is as likely to be killed by a police officer as by a black civilian. A black person on the other hand is about ten times more likely to be killed by another black civilian than by an officer. Anyone taking to heart the sanctity of black lives might well endorse stricter courts and policing rather than the reverse.

The Agenda

Black Lives Matter is aware of its critics’ arguments and on its website responds thus: “The continued focus on black-on-black crime is a diversionary tactic . . . . To reduce violent crime we must fight to change systems rather than demonizing people.” Indeed, changing the system is the essential goal of Black Lives Matter; police violence is a wedge issue around which to rally support. “Neither our grievances nor our solutions are limited to the police killing of our people,” the group declares. “We seek not reform but transformation.”

BLM proclaims the goal of a “radical transformation of American democracy” and the “radical organization and self-determination of our communities.” Yet the term “radical” scarcely captures the full extreme of its views. “Black Lives Matter is an ideological and political intervention,” declares a founding statement, “in a world where Black lives are systematically and intentionally targeted for demise.” It goes on: “Black folks . . . face . . . deadly oppression” and “genocide.” In another statement the group explains: “We came together because we were tired of Black death at the hands of the state . . . . Death by a system designed to kill Black people.” Hence the slogan: “End the war on Black people.”

This past summer, the Movement released a full-blown platform. It called for “reparations for past and continuing harms . . . . inflicted on Black people.” These would take the form of “full and free access for all Black people (including undocumented and currently and formerly incarcerated people) to lifetime education,” “a guaranteed minimum livable income for all Black people,” “corporate and government reparations focused on healing ongoing physical and mental trauma, and ensuring our access and control of food sources, housing and land.”

Additional planks “demand” “independent Black political power and Black self-determination in all areas of society . . . remaking the current U.S. political system in order to create a real democracy where Black people and all marginalized people can effectively exercise full political power.” The document’s writers further demand “direct democratic community control of local, state, and federal law enforcement agencies” and “a restructuring of the economy to ensure Black communities have collective ownership.”

The group’s foreign-policy plank was no less extreme. It called for ending aid to Israel, which it described as an “apartheid state” engaged in “genocide . . . against the Palestinian people.” Some liberal Jewish groups expressed anguish, feeling compelled to draw a line against a black movement that they otherwise wished to embrace. But BLM’s view of Israel was of a piece with its view of the United States:

America is an empire that uses war to expand territory and power. American wars are unjust [and] destructive to Black communities globally . . . . The military industrial complex offers massive profits to private corporations from the death of our global diaspora . . . . The interlinked systems of white supremacy, imperialism, capitalism and patriarchy shape the violence we face. As oppressed people living in the US, the belly of global empire, we are in a critical position to build the necessary connections for a global liberation movement. Until we are able to overturn US imperialism, capitalism and white supremacy, our brothers and sisters around the world will continue to live in chains.

It is hard to understand why liberal Jewish groups felt torn in rejecting a movement with views such as these. Radical Jewish groups, however, experienced no distress: They embraced it all. Jewish Voice for Peace endorsed the platform “in its entirety, without reservation.”

The radicalism of Black Lives Matter consists not only of extreme far-left rhetoric. The movement also exhibits an ambiguous attitude toward the use of violence. Its “freedom rides” to Ferguson often featured the implicitly threatening slogan, “no justice, no peace,” and its platform applauds “the bravery of those in Ferguson,” an apparent reference to rioters who vandalized property and burned businesses.

At a December 2014 New York protest called Millions March, which brought out large numbers of Black Lives Matter supporters, one contingent of marchers chanted, “What do we want? Dead cops. When do we want it? Now.” And another contingent assaulted and injured two isolated police officers on the Brooklyn Bridge who were trying, without using any weapon, to restrain a marcher from heaving a garbage can onto people below.

Days later, Ismaaiyl Brinsley, a BLM sympathizer, ambushed and killed two policemen (one Hispanic, the other Asian) in Brooklyn after declaring his intention on Instagram to put some “pigs in a blanket.” Hours later on the streets of St. Louis, a small contingent of marchers taunted police by chanting, “Pigs in a blanket, fry ’em like bacon.” The chant was reportedly led by Bassem Masri, a Palestinian American whom the New York Times identified as “perhaps Ferguson’s most famous live-streamer.” His face shrouded in a kaffiyeh, Masri also shouted that the police could not stand up to the “real men” of the “Palestinian resistance.” In August 2015, BLM marchers in St. Paul also broke into the “pigs in a blanket” chant.

Brinsley’s act, in declared retaliation for the death of Eric Garner after being put in a choke hold by a New York City officer trying to arrest him, was the first of a series of murders intended to retaliate for police killings of black civilians. In July 2016, five officers were killed and seven others wounded by a sniper in Dallas at a BLM protest, and in Baton Rouge days later, three officers were killed and three wounded in an ambush. In September in Phoenix, a black man ran over three police officers in an unprovoked vehicular attack, but all survived their injuries.

When the Dallas attack occurred, President Obama held a press conference in Poland, where he was attending a NATO meeting. He insisted: “Americans of all backgrounds are rightly outraged . . . . That includes protestors.” But in truth, Black Lives Matter expressed no outrage. Rather it merely dissociated itself from the murders and went on the offensive, declaring, “To assign the actions of one person to an entire movement is dangerous and irresponsible.” It did not so much as offer condolences to the fallen officers’ families. And the organizer of a BLM rally in Atlanta told CBS: “Black Lives Matter doesn’t condone shooting law enforcement. But I have to be honest: I understand why it was done.” He did not elaborate, but if the system is, as Black Lives Matter says, “designed to kill Black people” and is engaged in “genocide” against them, violence would be a reasonable response.

In the Footsteps of the Panthers

BLM applauds, and in some cases lionizes, an earlier generation of black militants whose entire métier was violence, in particular the murder of police officers.

The founding Black Lives Matter group treats Assata Shakur as something of patron saint. The group’s website features a quote from her, and Patrisse Cullors, one of its three co-leaders, recited the quote in a television interview, explaining:

This is how we close out every meeting, every event, every action. This is from our beloved Assata Shakur, who is on the FBI[’s] most wanted list, and she is a powerful leader who we are inspired by. Many of us have “Assata taught me” sweaters.

Indeed, according to the New York Times, “T-shirts and hoodies that read ‘ASSATA TAUGHT ME’ . . . .became part of [Black Lives Matter’s] protest iconography.”

The core of the ‘black liberation movement,’ which supplanted the civil-rights movement, was the Black Panther Party. BLM sees itself in its direct line of descent.

Assata Shakur, the former Joanne Chesimard, is the one female on the FBI’s list of Most Wanted Terrorists. She was convicted of murdering New Jersey state trooper Woerner Foster in 1973 and served several years in prison before being broken out by some of her comrades in the Black Liberation Army and finding her way to Cuba, where she has lived since. She was believed by law-enforcement officials to have been involved in more of the group’s crimes than the one murder for which she was convicted. Newsday quoted an unnamed former BLA “soldier” who described her as “the soul of the group. She was very active, and she was very strong.”

The Black Liberation Army, an outgrowth of the Black Panther Party, is accused by the Fraternal Order of Police of the murder of 13 police officers. The BLA did not dispute that it engaged in such activity. Rather, members described these actions as merely “soldiers fighting soldiers.”

Such braggadocio masked a still more vicious reality. Investigative journalist Bryan Burrough captured something of the group’s sick sadism in recounting for Politico the January 1972 murders of New York police officers Greg Foster (who was black) and Rocco Laurie, a crime for which the BLA took credit in a letter to news organizations:

A moment after the officers passed, the three [BLA “soldiers”] turned and drew pistols [and] began firing directly into their backs. Foster was hit eight times . . . Six bullets hit Rocco Laurie. . . . As the two men lay dying, their three assassins marched calmly toward them. A witness later claimed one of the shooters, hollered, “Shoot ’em in the balls,” and . . . all three again opened fire. Three bullets were fired directly into Greg Foster’s eyes; two more were shot into Rocco Laurie’s groin. When both men lay still, two of the assassins . . . ran toward a waiting Chrysler, while the third man, apparently intoxicated by the moment, reportedly danced a jig over the dead men’s bodies.

Shakur is not the only cop-killer whose cause is championed by the Movement for Black Lives. Its platform contains a call to “cease all current investigations and cold cases into former activists,” specifically listing “activists and freedom fighters . . . of the ’60s and ’70s.” The list included Imam Jamil Al Amin, Kamau Sadiki, and the San Francisco Eight. Al Amin, the former H. Rap Brown, had opened fire on two black police officers who were attempting to arrest him on a warrant. He killed one and wounded the other and was convicted of murder. Sadiki, the former Freddie Hilton, was a BLA member convicted of the ambush murder of Atlanta policeman James R. Greene. The San Francisco Eight were former BLA members charged in 2010 with the murder of a police sergeant who died at his desk in Ingleside, California, in 1971 when the station was bombed.

The Black Lives Matter website explains that the group is “working to (re)build the black liberation movement.” It does not mention the civil-rights movement, which vanquished Jim Crow by awakening the nation’s conscience and securing passage of the Civil Rights Act of 1964, the Voting Rights Act of 1965, and the Fair Housing Act of 1968. Having achieved its key goals, that movement was largely supplanted by the “black liberation movement,” which gave voice to black rage but accomplished little else.

The core of this later movement was the Black Panther Party, and Black Lives Matter sees itself in its direct line of descent. The parallel between Black Lives Matter and the Panthers was expressed by Ferguson organizer Johnetta Elzie, who, said the New York Times, “often wore dark lipstick, . . . oversize sunglasses and a leather jacket . . . channeling a Black Panther.” It was drawn explicitly by Stanley Nelson, the maker of The Black Panthers: Vanguard of a Revolution, a two-hour Public Broadcasting documentary aired this year. This film, like the Movement for Black Lives, was financed by the Ford Foundation, on whose website Nelson explained: “Given the events in this country over the last year and a half or so, using the Panthers as an organizing tool seemed natural.” Thus, rather than give time on camera to any Panther detractors, Nelson produced what The Daily Beast’s cultural editor Michael Moynihan called a “hagiography.” In a statement issued to accompany the film, Nelson left little doubt that this was precisely his intent:

The Black Panther Party emerged out of a love for their people and a devotion to empowering them. This powerful display of the human spirit, rooted in heart, is what compelled me to communicate this story accurately . . . . Nearly half a century later, we find our voices in a renewed chorus for justice and equality. We continue to witness a state apparatus that perpetuates a culture of fear and aggression with frequent and unwarranted displays of racial violence and oppression.

The connection was also drawn by the New York Times, which gave over much of the front page of its Arts section to a breathless review of Power to the People, “an important new book” of photos of the Black Panthers by an ardent devotee, Stephen Shames, in collaboration with former party chairman, Bobby Seale. The book, intoned the Times, “has much to say about the current racial crisis.” The reviewer continued: “During the past half-century much has changed, yet little has changed, as the campaign to end systemic racism and violence against minorities, exemplified by the Black Lives Matter movement, remains as vital as ever.”

Yet the truth about the Panthers could scarcely be uglier. Their signature slogan was “Off the pig,” meaning murder policemen, and murder they did. Party founder and guiding spirit Huey Newton was convicted of shooting to death an Oakland officer, a conviction that was overturned on the technicality that the judge had failed to inform the jury that it had the option of finding “involuntary manslaughter” if it believed Newton was impaired when firing. But Hugh Pearson, the black author of the most complete and dispassionate history of the Panthers, found two unrelated Newton associates who each said that Huey had confessed to them he had indeed murdered the officer.

Eldridge Cleaver, the party’s other most powerful leader, also gunned down a policeman, leading to a siege and protracted shootout in which one Panther was killed while trying either to surrender or escape. Typical of much racial discourse that persists to this day, a luminous list of literati at the New York Review of Books—Susan Sontag, Norman Mailer, Jessica Mitford, John Gunther, and scores more—rushed to declare that the Panthers “were victims of an attack by Oakland police.” But David Hilliard, the party’s chief of staff, acknowledged the true story in his memoirs: “Eldridge . . . gives me the plan . . . . We’ll transport a cache of guns from my house to West Oakland, catch a policeman on the way, and gun him down.”

The principal victims of Panther violence, however, may not have been police but black civilians. In Soul on Ice, the book that made him famous, Cleaver describes the act of raping white women as his personal “insurrection,” while explaining that he first raped a number of black women “for practice.” Newton, too, raped at least one black woman, a story recounted in the left-leaning New Times by liberal journalists who also detailed, as has Hugh Pearson, the toll of Panther violence. It ranged from Newton’s murder of a 17-year-old black prostitute and the pistol-whipping of a black tailor to a deadly feud between the Panthers and a rival armed group called US.

Panther apologists make much of the group’s health and education programs, but these were rackets. When an organization of legitimate black-owned businesses offered to provide food for the Panthers’ ballyhooed breakfast program, Newton insisted that it would take only cash.

Arguably, in fact, the victims of the Panthers’ most extreme violence were Panthers—those who dissented or were members of rival factions or were seen by Newton as competitors. Alex Rackley, to cite just one example, was accused of spying for the authorities. He was bludgeoned and scalded with boiling water over several days before being taken out and shot. Three Panthers confessed to the crime. Several others were gunned down in internecine struggles. Male party members were “disciplined” by terrible beatings and bullwhippings, females by being forced into prostitution.

The Real America

While Black Lives Matter is run by people who nonetheless seem to embrace the Panthers’ legacy, many of its adherents and sympathizers are motivated simply by revulsion over the various publicized cases in which police have killed blacks, and by the dismay at the situation that these events symbolize—enduring inequality between black and white in America. How to redress this inequality and to reduce the number of lethal acts by police are important questions. But their consideration is impeded rather than advanced by rhetoric about a “war on blacks” or the claim that endemic racism lies at the root of these problems.

In truth, this society has made enormous efforts to eliminate racial disparities and to compensate for the historical injustices done to blacks through slavery and discrimination. For some 40 years now, under the rubric “affirmative action,” blacks have received preference in admission to colleges and universities and in many jobs. In addition, federal, state, and local governments have spent immense sums toward the goal of assisting those in need. These programs affect more whites than blacks in absolute numbers, but relative to population, they affect more blacks, and this was often the intent. The entire “war on poverty” was initiated by the Johnson administration out of the momentum and spirit of the civil-rights revolution of the 1960s, that is, with the goal of closing the racial gap very much in mind. (Hilariously, Hugh Pearson reports that in 1967, “Newton, Seale, and Bobby Hutton took their paychecks from the antipoverty program and opened up the first Black Panther office.”)

A 2014 study by the House Budget Committee found that the federal government alone had spent 799 billion dollars on such programs, meaning the total with state and local funds must exceed one trillion a year. All of these efforts including affirmative action presumably have contributed to a measurable narrowing of the disparities. How to narrow them further is a matter that deserves far-reaching consideration, but this inquiry will not be advanced by demagoguery including the absurd notion that American society, or any substantial part of it, doubts that black lives matter.
1 The Times shifted between speaking of blacks and of “minorities.” It’s true that “minorities” as a whole are somewhat underrepresented, primarily because only 12 percent of police officers are Hispanic although Hispanics make up about 16 percent of the population. Does this disparity bespeak discrimination? A vastly larger percentage of Hispanics than of blacks or whites are immigrants, meaning that deficits in English fluency and educational background alone likely account for all or most of the shortfall of Hispanic police.

Voir de même:

Black Lives Matter: A Movement Built on Lies
When facts don’t matter
Frontpage mag
July 12, 2016

The clown show known as Black Lives Matter is akin to a paranoid maniac who: (a) dreams that his spouse is having a torrid, illicit affair; (b) then berates and beats his spouse upon waking up; and (c) finally, when reminded that it was all just a dream, becomes even more enraged at the betrayal he supposedly suffered while he slept. There’s really no point to continuing the charade of calling Black Lives Matter by the phony name it has exploited since its inception. If black lives truly mattered to the know-nothings who comprise this movement, they would have something—anything—to say about the fact that approximately 5,500 of the 6,095 black victims of homicide in 2014 were killed not by white devils, not by satanic ghouls in blue uniforms, but by other blacks. Instead, all they give us is a silent, collective yawn punctuated with a raised middle finger. So from this point forward, Black Lives Matter will be called by its correct name, “Facts Don’t Matter.”

The mouthpieces of Facts Don’t Matter say their mission is to demand “an immediate end” to “the murder of Black people” by the hordes of racists who purportedly comprise our nation’s police forces. They tell us that African Americans are a hunted and endangered species, mowed down by blue-uniformed white sadists who are animated by bloodlust, bigotry, and dreams of genocide. But wait. It turns out that of all the people who have been killed by police in the United States in recent years, about 42% were white, 20% were Hispanic, and 32% were black—even as blacks committed nearly 39% of the types of serious crimes most likely to result in a violent confrontation with police. Last year was typical: 494 whites and 258 blacks were killed by police. And what do the race-obsessed demagogues at Facts Don’t Matter have to say about this? Nothing. Facts Don’t Matter.

Facts Don’t Matter tells us that police are particularly inclined to gun down, in cold blood, African Americans who are unarmed and pose no threat to anyone. Of course, “unarmed” victims are sometimes shot while they’re physically assaulting an officer or trying to take away his gun. But still, let’s play along and look at—if you’ll excuse the expression—the facts. In 2015, there were 38 unarmed blacks and 32 unarmed whites who were shot and killed by police. These figures are roughly proportional to the respective numbers of violent crimes committed by blacks and whites nationwide. So why the outrage? Because Facts Don’t Matter. Remember?

And does it matter that statistically, the likelihood of a police officer being killed by a black male is 18.5 times greater than the likelihood of an unarmed black male being killed by a cop? Nope. Facts Don’t … well, you know how it goes.

The plain truth is that if you search for evidence of systemic racism in police shootings, you won’t find it anywhere outside the imaginations of the Facts Don’t Matter racists and the imbeciles who support them. The premise underlying Facts Don’t Matter’s mission is a lie, founded on a fantasy, stapled to a hallucination, wrapped inside a fairy tale, strapped to the wing of a unicorn.

But naturally, none of this prevented Barack Obama—in the aftermath of the recent police shootings in Minnesota and Louisiana—from doing what he does best: lament America’s intransigent white racism, and foment black hatred and mistrust of police officers. This is where the President always shines, and dutifully he trotted out several old favorites from his well-worn collection of hackneyed platitudes:

  • “[T]here’s a big chunk of our citizenry that feels as if, because of the color of their skin, they are not being treated the same.”
  • “[T]he data shows that black folks are more vulnerable to these kinds of incidents. There is a particular burden that is being placed on a group of our fellow citizens.”
  • “[T]hese fatal shootings are not isolated incidents. They are symptomatic of the broader challenges within our criminal justice system, the racial disparities that appear across the system year after year, and the resulting lack of trust that exists between law enforcement and too many of the communities they serve.

A few hours later, a dozen officers were gunned down at a Facts Don’t Matter rally in Dallas, and five of them lay lifeless in pools of their own blood.

This atrocity was just a natural extension of the toxic and deadly anti-police climate that Obama had previously helped cultivate with many similar statements over the years. And not surprisingly, law-enforcement officers throughout urban America have responded to this troubling climate by becoming less proactive in apprehending criminal suspects, particularly for low-level offenses. This, in turn, has led to a dramatic rise in crime rates in a number of U.S. cities. For 2015 as a whole, America’s 56 largest cities experienced a 17% rise in homicides; in 10 heavily black cities, murders increased by more than 60%. During the first quarter of this year, homicides in the nation’s 63 largest cities increased by another 9%, while non-fatal shootings were up 21%. In other words, immense harm has been done to the very same “black lives” on whose behalf Facts Don’t Matter claims to work.

If Barack Obama were something other than a racist Marxist revolutionary, he would state clearly and unequivocally that the Facts Don’t Matter movement is nothing more than a horde of know-nothing degenerates who should be ostracized as the moral equivalents of cross-burning Klansmen. But that’s a bit much to expect from a man who has made yet another prominent racist, Al Sharpton, his leading adviser on matters of race. So instead, Obama doffs his hat to the Facts Don’t Matter clowns, and treats them like dignitaries. Leaders of Facts Don’t Matter have visited the Obama White House many times since 2013, meeting with not only the President, but also with the First Lady and a number of high-level administration officials.

In September 2015, for instance, Facts Don’t Matter leader Brittany Packnett—fresh off her seventh visit to the Obama White House—told reporters that the President had “offered us a lot of encouragement” while urging the activists to “‘keep speaking truth to power.’” The following month, Obama lauded Facts Don’t Matter for addressing “a specific problem that’s happening in the African-American community that’s not happening in other communities.” Two months after that, he described Facts Don’t Matter as a positive force that was shining “sunlight” on the fact that “there’s no black family that hasn’t had a conversation around the kitchen table about driving while black and being profiled or being stopped” by police. And at a Black History Month event at the White House this past February, Obama welcomed Facts Don’t Matter representatives and extolled their “outstanding work.”

This is the pathetic condition to which the our nation has sunk under Barack Obama: The President of the United States openly and unequivocally supports a racist terror group that is committed to the slaughter of police officers and the breakdown of law-and-order—and, by logical extension, to a steep and swift rise in death-by-homicide rates among civilians in dozens of cities across the country. And he’s done it all in the name of “racial justice.” People don’t get any uglier—or dumber—than this.

Voir aussi:

L’appropriation culturelle fait débat dans l’Amérique post-Trump
France Télévisions, Washington, D.C.
22 novembre 2016

Depuis l’élection de Donald Trump, certains Américains redoutent la libération de la parole raciste. Dans ce contexte, nous revenons sur la notion d’ « appropriation culturelle » – l’appropriation de la culture d’une minorité par les blancs. Régulièrement critiquée par les médias conservateurs comme Breitbart (pro-Trump), elle s’est imposée depuis longtemps dans le débat public aux Etats-Unis.

Miley Cyrus peut-elle « twerker » (danser en se déhanchant de manière sexuellement suggestive, un peu à la façon Mapouka de Côte d’Ivoire) ? Une femme blanche peut-elle porter des dreadlocks ? Des étudiants peuvent-ils organiser une « soirée tequila » en portant des sombreros ? Un mannequin de Victoria Secret peut-elle défiler coiffée de plumes comme jadis les Amérindiens ?

Le twerk de Miley Cyrus
Tous ces actes peuvent respectivement heurter les Afro-Américains, la communauté mexicaine et les descendants des Amérindiens. On parle alors d’ « appropriation culturelle » ou « cultural appropriation », une expression qui s’est imposée depuis plusieurs années dans les médias nord-américains, y compris dans le New York Times. « Je définis l’appropriation culturelle comme l’utilisation, sans autorisation, d’un élément d’une culture » minoritaire par la culture dominante, explique George Nicholas, un professeur canadien qui travaille sur les questions de propriété intellectuelle et d’héritage culturel.

Le dreadlock-gate chez Marc Jacobs

Récemment, c’est le créateur américain Marc Jacobs qui a fait les gros titres après avoir affublé de dreadlocks des mannequins blanches, lors de son défilé printemps-été 2017. La polémique illustre la difficulté posée par la notion d’appropriation culturelle : la mode occidentale s’est toujours inspirée d’autre cultures (comme l’a fait Yves Saint Lauren avec sa collection africaine en 1967). Alors, à quel moment ces emprunts deviennent-ils « inappropriés » ? « Depuis toujours, les sociétés humaines ont emprunté des éléments les unes aux autres. Le moment où cela devient problématique, c’est lorsque les héritages sont utilisés de manière systématique et sans que les héritiers de la culture puissent donner leur avis, » estime Nicholas, qui conseille aux designers de travailler avec les peuples concernés et partager leurs recettes avec eux.

En septembre, la question de l’appropriation culturelle s’est manifestée dans un domaine où elle est présente de longue date : la littérature. L’auteur américaine (blanche) Lionel Shriver a causé la polémique après avoir pris fait et cause pour des étudiants américains qui avaient suscité l’indignation pour avoir organisé une fête sur le thème de la tequila, où ils s’étaient affublés de sombreros. Shriver, elle-même vêtue d’un sombrero pendant son discours, entendait défendre le droit des auteurs qui appartiennent à la culture dominante de se mettre, dans leurs livres, à la place des dominés au travers de leurs personnages fictifs. Pendant l’intervention, une écrivain d’origine soudanaise, Yassmin Abdel-Magied, a quitté la salle. Dans une tribune, elle a expliqué avoir trouvé les propos de Shriver offensants. Selon elle, l’attitude de l’auteur « découle de la suprématie raciale. »

« Tous les lecteurs devraient se sentir offensés par le coup de Lionel Shriver avec le sombrero » juge Michael North, un professeur de littérature anglo-américaine qui travaille notamment sur la littérature post-coloniale, ajoutant que les bons auteurs se doivent d’éviter l’emploi de tels stéréotypes et « fausses généralisations ».

Pour autant, il ne porte pas un regard négatif sur les auteurs blancs qui se mettent dans la peau de personnages de couleur.  « Il existe des cas typiques dans la littérature, où un auteur anglo-saxon blanc a écrit des romans sous le nom de plume d’un amérindien, en s’appropriant l’expérience de groupes sans en avoir le droit, » raconte North. « Mais c’est aussi ridicule que de critiquer une auteur parce qu’elle écrit au sujet d’un homme. Aux Etats-Unis, on présuppose souvent que l’on n’a pas le droit de s’approprier l’expérience des autres peuples. » Il cite Les Aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain, parues en 1884. Le livre, concède-t-il, est très controversé aux Etats-Unis ou certains le qualifient de raciste, notamment car il emploie le mot « nègre ». Selon lui, cette critique « est en partie liée au fait que Twain mettait en scène un personnage Afro-Américain en s’exprimant pour son compte. »

Histoire et melting pot

Pourquoi la notion d’appropriation culturelle est-elle si courante aux Etats-Unis ? North met cela sur le compte d’une société très hétérogène, historiquement composée de nombreux migrants (et de leurs enfants). Selon le dernier recensement, 77% des Américains s’identifient comme blancs. Les minorités les plus nombreuses sont les hispaniques ou Latinos (17,6%) et les noirs (13,3%). « Nous avons aussi une histoire particulière avec les questions de race – une histoire exceptionnellement difficile » qu’il faut prendre en compte, affirme North.

Les plaies de cette histoire récente sont encore ouvertes. Cet été, lors de la cérémonie des Black Entertainment Television Awards, qui récompensent acteurs, musiciens ou encore sportifs noirs, Jesse Williams, un acteur connu pour son rôle dans la série Grey’s Anatomy, a dénoncé dans un discours poignant l’appropriation de la culture afro-américaine par les blancs. « On a fini de regarder et d’attendre pendant que cette invention appelée la blancheur [whiteness] nous utilise et abuse de nous; en enterrant les noirs hors de vue tout en extrayant notre culture, nos dollars, nos productions de divertissement comme s’il s’agissait de pétrole, d’or noir. Avilissant nos créations, puis les volant. Embourgeoisant notre génie, avant de nous essayer comme costume puis de jeter nos corps comme des pelures de fruits étranges. »

Quelques jours plus tard, les médias américains conservateurs se sont saisis des propos de l’actrice et présentatrice noire Whoopi Goldberg (connue notamment pour son rôle dans le film Sister Act), qui estimait que les femmes noires se teignant les cheveux en blond faisaient aussi acte d’appropriation culturelle. « Tout le monde s’approprie des choses… Les Japonais, les noirs, les Espagnols, nous nous approprions tous quelque chose les uns aux autres, » déclarait-elle alors. La sortie de Goldberg a déclenché une avalanche de critique sur les réseaux sociaux.

« Tout le monde a tendance à admettre que les styles et les idées ne viennent pas de nulle part, qu’à un moment tout est appropriation, » estime de son côté le professeur North. « Rien de ce que nous faisons en ce monde n’est unique. Nous sommes conditionnés par notre propre background culturel. » Le spécialiste de la littérature pointe du doigt une « étrange incohérence »: « on s’intéresse aujourd’hui énormément au cosmopolitisme, aux mélanges [mash-ups]. Pensez par exemple à la musique. » Dans le même temps, la société américaine est plus sensible que jamais à l’appropriation culturelle.

Une nuit à Bangkok

Et en effet, cette incohérence peut donner lieu à des situations incongrues. Dans le quartier hipster de Bushwick, haut lieu des mélanges et de musique éclectique, le club House of Yes s’est retrouvé sous le feu des critiques cet été après avoir organisé une soirée sur le thème de Bangkok. Au programme : ladyboys (transsexuels) et cocktails aux couleurs locales. Mais une flopée de commentaires négatifs sur la page Facebook de l’événement a forcé les gérants du club à changer le thème de la soirée. La « Nuit à Bangkok » est devenue un soirée « Métropole tropicale ». « Nous avons notamment reçu des messages de personnes qui se plaignaient au sujet des ladyboys, disant que nous sexualisions une culture, » raconte Kae Burke, l’une des gérantes du club. Celle-ci se décrit comme une « femme blanche américaine privilégiée » et précise qu’elle a travaillé en Thailande pendant trois mois, où son partenaire y vit actuellement. Elle ajoute également avoir « collaboré avec des Thailandais pour créer le concept de la soirée. »

Burke a de l’empathie pour ceux qui se sont offusqués de l’appropriation de la culture thaïlandaise par sa soirée. Mais, en même temps, « nous organisons des fêtes dans un club. Nous n’essayons pas de créer une vision historiquement exacte du pays, » explique-t-elle. « Lorsqu’ils vont faire la fête, les gens veulent du `sex, drug and rock and roll`, pas entrer dans un musée. »

Certains commentaires sont cinglants. « Les mêmes difficultés que les Thaïlandais combattent sur notre propre sol sont perpetuées, consommées et mises à profit… sur le sol américain, »  écrit อาลียา วัชร (ou alia vajra) sur Facebook. Elle cite des passages de la description de la soirée, dont certains font notamment allusion à la prostitution et au trafic sexuel.  « Quid de ceux qui n’ont jamais visité la Thailande ? (…) vos `features’ comme le thé glacé, le Pad Thai, les criquets frits et les allusions sexuelles, etc, seront [leur première impression ] d’une culture et d’un peuple qui est tellement plus complexe, » écrit-elle. « Bien que ce soit parti d’une bonne intention et d’une volonté de s’amuser, cela donne le sentiment d’être dégradant et réducteur. » Elle qualifie la description de l’événement de « propagande raciste ».

Le mot d’excuse de House of Yes, qui transforme le thème de la soirée, « One night in Bangkok », en « Métropole tropicale ».

« Les choses ont changé, » conclut quant à elle, Kae Burke, la gérante du club. « Les gens sont beaucoup plus sensibles aux questions culturelles qu’il y a dix ans. Il y des personnes qui recherchent des raisons de se plaindre. Et nous, nous devons naviguer dans cette sorte de cri permanent et faire en sorte de respecter les sensibilités de chacun. Nous voulons être sexy et drôles et ne pas nous prendre trop au sérieux. Mais certaines choses ne sont tout simplement plus drôles. »

Voir également:

Les coiffes amérindiennes dans les défilés font-elles du tort à une culture menacée ?
Ils dénoncent l’« appropriation culturelle », l’usage d’éléments folkloriques à des fins commerciales, pour « protéger » les cultures dominées. Jusqu’à museler la création ?
Violaine Morin
Le Monde
30.09.2016

Depuis plusieurs années, le débat sur « l’appropriation culturelle » ressurgit régulièrement. Dans l’industrie de la mode, la musique, le cinéma, la cuisine et les arts, l’usage d’un objet ou d’un motif venu d’ailleurs, d’un ornement, d’une mélodie, d’un instrument, d’un ingrédient, est dénoncé par certains comme un emprunt abusif à une culture dominée par la culture dominante (soit la culture occidentale).

Le rapport de force entre les deux cultures distingue l’appropriation culturelle de l’assimilation ou du métissage. La minorité n’a pas le choix d’accepter ou non l’appropriation par la majorité, il ne s’agit donc pas d’un échange d’égal à égal. On parle de « métissage » lorsque des éléments d’une culture donnée sont adoptés par une autre sans contexte de violence ou encore d’« assimilation » lorsqu’un membre d’une minorité adopte les codes culturels de la communauté dominante.

L’appropriation culturelle, elle, perpétue une forme d’oppression qui trouve ses origines dans la conquête ou la colonisation. Le terme est d’ailleurs apparu aux Etats-Unis dans les années 1980, avec l’essor des études post-coloniales, un champ de la recherche universitaire au croisement de la sociologie, de l’anthropologie et de l’histoire. L’un des cas d’appropriation culturelle les plus régulièrement soulevés est celui des éléments de la culture amérindienne, cette population ayant été victime de l’oppression puis de l’extermination par les colons d’origine européenne aux Etats-Unis.

Au cours du processus d’appropriation culturelle, le sens de l’élément emprunté se perd. A un deuxième niveau, l’appropriation peut donc être perçue comme irrespectueuse ou insultante par les membres de la communauté d’origine. L’élément est réduit à sa valeur esthétique et folklorique, dans le seul but de signifier l’exotisme. Et potentiellement de rapporter de l’argent, car c’est aussi la reconduction de « l’exploitation » de l’un par l’autre – l’un s’enrichissant aux dépends de l’autre – qui pose problème.

Des coiffes amérindiennes aux tatouages polynésiens

Les cas les plus emblématiques se trouvent dans l’industrie de la mode, qui emprunte des codes esthétiques, des motifs et des savoir-faire aux cultures traditionnelles. Un objet récurrent de discorde est la « coiffe » amérindienne. Cet élément de costume traditionnel n’est évidemment pas qu’un atour, il a un sens spirituel et social, souvent réservé aux anciens ou aux chefs de tribu. En 2012, un scandale a éclaté après un défilé de la maison de lingerie Victoria’s Secret, où l’une des mannequins portait une coiffe. Le chanteur Pharell Williams a également dû faire des excuses publiques après avoir porté une coiffe amérindienne en couverture du magazine Elle.

Mais d’autres polémiques plus récentes ont de nouveau agité ceux qui militent contre l’appropriation culturelle, de la collection Valentino à l’automne 2015 jusqu’à l’affaire des dreadlocks dans le défilé de la dernière collection Marc Jacobs à la Fashion Week de New York.

Le nouveau film d’animation de Walt Disney, qui sortira en novembre au cinéma, a lui aussi provoqué un débat, dans une tout autre région du monde. L’histoire de Vaiana, la légende du bout du monde, est située dans les îles polynésiennes et leur emprunte notamment la légende du demi-dieu Maui. A la mi-septembre, un costume du demi-dieu vendu dans les boutiques Disney a fait scandale. Le costume n’est plus en vente sur le site mais des captures d’écran diffusées par des médias anglo-saxons permettent de comprendre assez vite le problème : pour « ressembler » à Maui, qui n’est vêtu que d’un pagne et d’un collier, le costume est un simple tissu imprimé de nombreux tatouages.

Une aberration pour les Polynésiens, comme l’explique Arieta Tegeilolo Talanoa Tora Rika, journaliste originaire des îles Fidji et Tonga et fondatrice du site d’information Talanoa.com. Dans une interview à la BBC, la journaliste explique que les tatouages « racontent une histoire personnelle » et sont censés rappeler à ceux qui les portent leurs « valeurs » et leur identité. « Porter les marques d’un peuple ou d’un lieu auquel vous n’êtes pas relié physiquement ou spirituellement est considéré comme très irrespectueux. »

Dénoncer tout et son contraire

Les détracteurs de ce concept pourraient arguer du fait que les cultures modernes sont le fruit de métissages, et que l’on en vient à taxer d’« appropriation culturelle » à peu près tout et son contraire. Un exemple célèbre de « débordement » est l’affaire des cours de yoga dispensés aux étudiants en situation de handicap à l’université d’Ottawa, survenue à l’automne 2015. L’université a été obligée de supprimer un cours qui existait depuis de nombreuses années à la suite d’accusations d’appropriation culturelle.

Au-delà de la volonté légitime de protéger une culture menacée, ces attaques pourraient donc virer à la censure. Dans une tribune publiée par le Washington Post à l’été 2015, la journaliste russo-américaine Cathy Young accuse les « flics de la culture » d’ignorer l’histoire, de museler l’expression artistique et d’être un frein à la diversité.

« A une époque, ces critiques étaient destinées à des représentations vraiment injurieuses : les acteurs de cabaret grimés pour ressembler à des Africains, les caricatures, les expositions ethnologiques », déplore l’auteur, qui invite à faire la différence entre dénoncer des injustices réelles et traquer la moindre référence. Elle rappelle que le « métissage » se fait souvent au prix d’un rapport de force et d’une certaine violence : la colonisation, la guerre, la conquête territoriale sont les contextes historiques dans lesquels les cultures se sont mélangées.

Derrière la dénonciation de « l’appropriation culturelle », Cathy Young voit le spectre d’idées réactionnaires sur une supposée pureté raciale ou culturelle. « Quand on attaque les gens qui s’aventurent hors de leurs propres expériences culturelles, on entrave notre capacité à développer une tolérance et une compréhension de l’autre. »

Voir de plus:

To the new culture cops, everything is appropriation
Their protests ignore history, chill artistic expression and hurt diversity
Cathy Young
The Washington Post
August 21, 2015

Cathy Young is the author of two books, and a frequent contributor to Reason, Newsday, and RealClearPolitics.com.
A few months ago, I read “The Orphan’s Tales” by Catherynne Valente. The fantasy novel draws on myths and folklore from many cultures, including, to my delight, fairy tales from my Russian childhood. Curious about the author, I looked her up online and was startled to find several social-media discussions bashing her for “cultural appropriation.”There was a post sneering at “how she totally gets a pass to write about Slavic cultures because her husband is Russian,” with a response noting that her spouse isn’t even a proper Russian, because he has lived in the United States since age 10. In another thread, Valente was denounced for her Japanese-style LiveJournal username, yuki-onna, adopted while she lived in Japan as a military wife. In response to such criticism, a browbeaten Valente eventually dropped the “problematic” moniker.Welcome to the new war on cultural appropriation. At one time, such critiques were leveled against truly offensive art — work that trafficked in demeaning caricatures, such as blackface, 19th-century minstrel shows or ethnological expositions, which literally put indigenous people on display, often in cages. But these accusations have become a common attack against any artist or artwork that incorporates ideas from another culture, no matter how thoughtfully or positively. A work can reinvent the material or even serve as a tribute, but no matter. If artists dabble outside their own cultural experiences, they’ve committed a creative sin.To take just a few recent examples: After the 2013 American Music Awards, Katy Perry was criticized for dressing like a geisha while performing her hit single “Unconditionally.” Last year, Arab-American writer Randa Jarrar accused Caucasian women who practice belly dancing of “white appropriation of Eastern dance.” Daily Beast entertainment writer Amy Zimmerman wrote that pop star Iggy Azalea perpetrated “cultural crimes” by imitating African American rap styles.And this summer, the Museum of Fine Arts in Boston has been dogged by charges of cultural insensitivity and racism for its “Kimono Wednesdays.” At the event, visitors were invited to try on a replica of the kimono worn by Claude Monet’s wife, Camille, in the painting “La Japonaise.” The historically accurate kimonos were made in Japan for this very purpose. Still, Asian American activists and their supporters besieged the exhibit with signs like “Try on the kimono: Learn what it’s like to be a racist imperialist today!” Others railed against “Yellow-Face @ the MFA” on Facebook. The museum eventually apologized and changed the program so that the kimonos were available for viewing only. Still, activists complained that the display invited a “creepy Orientalist gaze.”

These protests have an obvious potential to chill creativity and artistic expression. But they are equally bad for diversity, raising the troubling specter of cultural cleansing. When we attack people for stepping outside their own cultural experiences, we hinder our ability to develop empathy and cross-cultural understanding.

* * *

The concept of cultural appropriation emerged in academia in the late 1970s and 1980s as part of the scholarly critique of colonialism. By the mid-1990s, it had gained a solid place in academic discourse, particularly in the field of sociology.

Some of this critique was rightly directed at literal cultural theft — the pilfering of art and artifacts by colonial powers — or glaring injustices, such as white entertainers in the pre-civil rights years profiting off black musical styles while black performers’ careers were hobbled by racism. Critics such as Edward Said offered valuable insight into Orientalism, the West’s tendency to fetishize Asians as exotic stereotypes.

But the hunt for wrongdoing has gone run amok. The recent anti-appropriation rhetoric has targeted creative products from art to literature to clothing. Nothing is too petty for the new culture cops: I have seen them rebuke a Filipina woman who purchased a bracelet with a yin-yang symbol at a fair and earnestly discuss whether it’s appropriation to eat Japanese, Indian or Thai food. Even Selena Gomez, a Latina artist, was assailed a couple of years ago for sporting a Hindu forehead dot, or bindi, in a Bollywood-style performance.

In some social-justice quarters, the demonization of “appropriative” interests converges with ultra-reactionary ideas about racial and cultural purity. I once read an anguished blog post by a well-meaning young woman racked with doubt about her plans to pursue a graduate degree in Chinese studies; after attending a talk on cultural appropriation, she was unsure that it was morally permissible for a white person to study the field.

This is a skewed and blinkered view. Yes, most cross-fertilization has taken place in a context of unequal power. Historically, interactions between cultures often took the form of wars, colonization, forced or calamity-driven migration and subordination or even enslavement of minority groups. But it is absurd to single out the West as the only culprit. Indeed, there is a paradoxical and perverse Western-centrism in ignoring the history of Middle Eastern and Asian empires or the modern economic and cultural clout of non-Western nations — for instance, the fact that one of the top three entertainment companies in the U.S. market is Japanese-owned Sony.

It is also far from clear that the appropriation police speak for the people and communities whose cultural honor they claim to defend. The kimono protest, for instance, found little support from Japanese Americans living in the Boston area; indeed, many actively backed the museum’s exhibit, as did the Japanese consulate.

Most critics of appropriation, including some anti-kimono protesters, say they don’t oppose engagement with other cultures if it’s done in a “culturally affirming” way. A Daily Dot article admonishes that “an authentic cultural exchange should feel free and affirming, rather than plagiarizing or thieving.” A recent post on the Tumblr “This Is Not China” declares that “cultural appropriation is not merely the act of wearing or partaking in cultural symbols & practices that do not belong to you, it’s a system of exploitation & capitalisation on cultural symbols & practices that do not a) originate from b) benefit c) circle back to the culture in question.”

It makes sense to permit behaviors that encourage empathy and genuine interest while discouraging those that caricature or mock a sampled-from culture. But such litmus tests leave ample room for hair-splitting and arbitrary judgments. One blogger’s partial defense of “Kimono Wednesdays” suggests that while it was fine to let visitors try on the kimonos, allowing them to be photographed while wearing them was a step too far. This fine parsing of what crosses the line from appreciation into appropriation suggests a religion with elaborate purity tests.

What will be declared “problematic” next? Picasso’s and Matisse’s works inspired by African art? Puccini’s “Orientalist” operas, “Madama Butterfly” and “Turandot”? Should we rid our homes of Japanese prints? Should I take offense at other people’s Russian nesting dolls?

And while we’re at it, why shouldn’t a wide range of cultural minorities within Western society demand control over access to their heritage, too? Can Catholics claim appropriation when religious paintings of Jesus or the Virgin Mary are exhibited in a secular context, or when movies from “The Sound of Music” to “Sister Act” use nuns for entertainment?

Appropriation is not a crime. It’s a way to breathe new life into culture. Peoples have borrowed, adopted, taken, infiltrated and reinvented from time immemorial. The medieval Japanese absorbed major elements of Chinese and Korean civilizations, while the cultural practices of modern-day Japan include such Western borrowings as a secularized and reinvented Christmas. Russian culture with its Slavic roots is also the product of Greek, Nordic, Tatar and Mongol influences — and the rapid Westernization of the elites in the 18th century. America is the ultimate blended culture.

So don’t let anyone tell you that there is art, literature or clothing that does not belong to you because of your racial, ethnic or religious identity. In other words: Appropriate away.

Voir aussi:

In the Beginning, There Was a Nipple
Ten years ago, 90 million people watching Super Bowl XXXVIII saw Janet Jackson’s breast for nine-sixteenths of a second. Our culture would never be the same
Marin Cogan
ESPN The Magazine
01/28/14

This story appears in ESPN The Magazine’s Feb. 3 Music Issue.

IF OUR CHILDREN or our children’s children ever dig up a time capsule from the beginning of the new millennium, they will find that in February 2004, America collectively lost its damn mind. Here’s what they’ll see: Janet Jackson on a stage in the middle of Houston’s Reliant Stadium, wearing a leather kilt and bustier, surrounded by dancers in corsets and bikini tops and bowler hats and helmets, looking like a ragtag steampunk army of cabaret chorus girls and Highlander extras and BDSM enthusiasts. They’re grinding their hips, Janet is caressing her corseted torso and 71,000 Super Bowl spectators are screaming themselves hoarse for the beatboxing of a 23-year-old white boy. Justin Timberlake emerges from an elevated platform beneath the stage in too-big khakis and a too-big jacket — pfff-ti-pff-ti-chk! pfff-ti-pff-ti-chk! pfff-ti-pff-ti-chk! pfff-ti-pff-ti-chk! — and a brass band blasts him into « Rock Your Body, » a song from his first solo album. He and Janet are romping across the stage, pausing their cat-and-mouse game every so often to work her booty into his hips. They’re singing call and response:

Talk to me boy …

No disrespect I don’t mean no harm

Talk to me boy …

I can’t wait to have you in my arms

Talk to me boy …

They’re marching up the steps, to a platform in the middle of the stage.

Hurry up ’cause you’re taking too long

Talk to me boy …

Better have you naked by the end of this song.

You know what happens next. Justin reaches over, grabs a corner of Janet’s right breast cup and gives it a hard tug. Her breast spills out. It’s way more than a handful, but a hand is the only thing Janet has available to cover it, so she clutches it with her left palm. The breast is on television for 9/16 of a second. The camera cuts wide. Fireworks explode from the stage. Cue the end of halftime. Cue the beginning of one of the worst cases of mass hysteria in America since the Salem witch trials.

Justin Timberlake never fully explained his role in exposing Janet Jackson, and Jackson said later she was upset that he remained mostly silent when people blamed her for Nipplegate. David Phillip/AP Images

THE WOMAN WHO planned the show wasn’t on the field to see her months of work go up in flames. Salli Frattini, an executive producer at MTV, which was contracted by the NFL to produce the halftime concert, was supervising from the production truck outside the stadium. She and her crew were riding high on the adrenaline of pulling off a 12-minute spectacular of music and choreography and pyrotechnics. When it ended, the truck erupted with cheering and high-fiving and hugging. The euphoria lasted just a few seconds before the phone rang. The officiating booth was calling, wanting to know whether they’d really just seen Janet Jackson’s boob.

The man on the phone was Jim Steeg, who had been head of special events for the NFL since the late 1970s, overseeing the evolution of the halftime show from a small-scale production featuring marching bands and dancing snowflakes and local heritage celebrations to full-scale rock extravaganzas starring the likes of Diana Ross, Michael Jackson and Aerosmith. When Nipplegate happened, Steeg was sitting next to the league’s head of officiating, who was TiVo-ing the event. « He rewound it for me, and then I immediately called Salli, » he says. « You could hear everyone screaming and hollering because what they pulled off and accomplished was over. I said to Salli, ‘Did you see what just happened?' »

« We were like, ‘Uh, we’re playing that back right now,' » Frattini says. « There was lots of chaos in the truck, and we played it back and we were like, ‘Oh, s — . What just happened?' »

Frattini stepped out of the truck and immediately ran into then-CBS Sports president Sean McManus. He looked her in the eye and asked gravely, « Did you guys know? » Frattini promised she had no idea that Jackson was going to be exposed. « Okay. That’s what I needed to know, » she remembers him saying.

Whether Frattini or the higher-ups at MTV, CBS and/or the NFL knew what was coming remains one of the enduring mysteries of the event — at least that’s the generous explanation for why millions of people watched the clip with the same intensity as that of JFK conspiracy theorists poring over the Zapruder footage. To this day it remains the most watched video in the history of TiVo, becoming such a touchstone that « wardrobe malfunction » soon earned a dictionary definition and Nipplegate became a household word. (For the record, not much areola was even visible underneath Jackson’s large starburst nipple shield.)

Wardrobe Malfunction The behind the scenes story of the Super Bowl XXXVIII halftime show.

The common assumption by the media and by the public was that the flash of nudity was an attention-grabbing publicity ploy; the question was by whom. Some signs seemed to point to MTV. Before the show, a few of the producers had entertained themselves by mock-ripping their clothes off at Timberlake’s final line. And in rehearsals, they had tried a move where Timberlake tore off Jackson’s kilt. Then there was an article on MTV’s website beforehand in which Jackson’s choreographer promised « shocking moments. »

To this day, everyone involved maintains the conspiracists have it wrong. The mock-ripping? That was their natural response to Timberlake’s closing lyric — « better have you naked by the end of this song » — not in anticipation of anything he might do. The tearing off of the kilt? It didn’t look good, so members of the production team say they killed it and never discussed another option. The article? The site was later updated with an editor’s note: « At the time of this report, MTV thought that the ‘shock’ was going to be the as-yet-unannounced appearance of Justin Timberlake as part of Janet’s performance. Janet Jackson’s subsequent performance was not what had been rehearsed, discussed or agreed to with MTV. »

In an on-camera apology after the event, Jackson backed up the producers, insisting she decided on the big reveal after the final rehearsal, without the knowledge of anyone at MTV. Timberlake was meant to pull off a piece of the costume, she later explained, but it was supposed to reveal only a lacy red undergarment; unfortunately, as it played out, that undergarment came off in Timberlake’s hand too. Timberlake also apologized but never offered his own version of events other than to coin the term « wardrobe malfunction. »

After the show, MTV producer Alex Coletti tried to find Jackson. « I tried to get in touch to make sure she was okay, » he says. « Her entire camp stopped answering the phones. I finally got to her tour manager, and they were already at the airport. » At first, Coletti assumed the singer was so mortified that she fled immediately. Then a new thought dawned on him. « No, she set us up and she’s out of here, » he says. « That was the last time I’ve seen or heard from Janet Jackson. »

Ultimately, it didn’t matter to the NFL whether the producers knew: The league decided that MTV would never again be involved in a halftime show. Says NFL corporate communications VP Brian McCarthy: « We turned over the keys to MTV, and they crashed the car. »

On Capitol Hill, then-FCC chairman Michael K. Powell called the halftime show « a new low for prime-time television. » Now he says the outrage was overblown. Michael Kleinfeld/UPI Photo/Landov

MICHAEL POWELL, THEN the chairman of the Federal Communications Commission, was watching the game at a friend’s house in northern Virginia. He’s a football fan and was excited to relax and watch the game after a rough couple of weeks. « I started thinking, Wow, this is kind of a racy routine for the Super Bowl! » he says, his voice pitching up in bemusement. « He was chasing her kind of with this aggressive thing — not that I personally minded it; I just hadn’t seen something that edgy at the Super Bowl. »

Then it happened. Powell and his friend gave each other quizzical looks. « I looked and I went, ‘What was that?’ And my friend looks at me and he’s just like, ‘Dude, did you just see what I did? Do you think she … ?’ And I kept saying, ‘My day is going to suck tomorrow.' » Powell went home and watched the moment again on TiVo. The same thought kept running through his mind: Tomorrow is going to really suck, he remembers thinking. « And it did. »

Typically, the FCC’s work is of little interest to people outside of the community of businesses, lawyers, lobbyists and Hill staffers involved in telecommunications policy. But L. Brent Bozell had been on a mission to make on-air indecency a cause for national outrage, and Jackson’s breast was his biggest opportunity yet.

Nine years earlier, Bozell had founded the Parents Television Council, an advocacy group dedicated to forcing advertisers, networks and the FCC to keep sleaze out of family-friendly TV programming. Just a year before Super Bowl XXXVIII, Bono, accepting a Golden Globe for best original song, called the moment « really, really f — ing brilliant » on a live NBC broadcast. PTC members filed a complaint, triggering an FCC investigation. Nine months later, Powell’s group determined that Bono’s fleeting F-word didn’t warrant a network fine. The PTC vehemently disagreed, and with its encouragement, members of Congress took to the House floor to call for action against indecency on TV. Two months before the Super Bowl, the Senate unanimously passed a resolution calling on the commission to reconsider the Bono decision (the FCC reversed its judgment in 2004 but still did not issue a fine) and to more strictly police indecency standards generally.

« We realized we’d really hit a nerve out there, and we weren’t alone in this thinking, » Bozell says. « That was all before Janet Jackson. Jackson was what lanced the boil. »

Previously, Powell says the FCC received only a handful of indecency complaints a year. It received 540,000 about Janet Jackson’s breast. The PTC launched a campaign to punish everyone involved. « An outraged public needs to make this backlash long and commercially painful, » Bozell wrote in an article. « The NFL needs to back off its trend of treating its fans with the lowest common denominator of sleaze. CBS affiliates need to worry about license revocations if these offenses keep repeating themselves. And MTV … ought to just be thrown out with the rest of the rusty garbage. »

Powell, a Republican whose father is Colin Powell, the then-secretary of state, hates when people remember the Nipplegate controversy as Republican-driven. For one of the only moments in recent memory, Congress was united, passing a bipartisan bill increasing the maximum fine for incidents of indecency from $32,500 to $325,000. In a Texas congressional race several months after the Super Bowl, a Democrat circulated newspaper clips about his Republican opponent — who’d written an op-ed decrying Jackson’s behavior — streaking as a college student.

Michael Powell himself immediately decried the show in no uncertain terms. « Like millions of Americans, my family and I gathered around the television for a celebration, » he said in a public statement. « Instead, that celebration was tainted by a classless, crass and deplorable stunt. » He announced an investigation of the show, promising it would be « thorough and swift. » He made the rounds in the media to underscore his point.

Today, Powell runs the National Cable and Telecommunications Association, the major trade association for the cable-TV industry. He loves reading about the latest developments in behavioral economics, neuroscience and mindfulness. He’s 50, but he looks no older than 35, dressed in gem-toned pants and glasses that look like they came from Warby Parker. Sitting in his office at the NCTA’s sleek modern building in DC, he does not look like a man who wants to spend his time policing boobs on TV. He does not sound like a man who wants to spend his time policing boobs on TV. Since leaving the FCC in 2005, he has declined almost every interview request to talk about boobs on TV. But 10 years later, Powell is finally ready to admit that he never wanted to police boobs on TV.

« I think we’ve been removed from this long enough for me to tell you that I had to put my best version of outrage on that I could put on, » he says, shrugging his shoulders and rolling his eyes. « Part of it was surreal, right? Look, I think it was dumb to happen, and they knew the rules and were flirting with them, and my job is to enforce the rules, but, you know, really? This is what we’re gonna do? »

Powell was driven in part by fear: The indecency statute is part of the criminal code, so someone convicted of broadcasting indecency could be imprisoned — as could an artist, at least theoretically. « As a leader, I thought that was really wrong, » Powell says. « I didn’t want this snowball, this juggernaut, to turn into pressure to go after Janet and Justin Timberlake. I thought we were getting into dangerous territory. » Launching an investigation into the halftime production quickly gave him some ground to stand on when members of Congress started asking why he wasn’t going after Jackson. Frattini and her team had to hand over their laptops; the government wanted access to every document and every bit of communication among the show’s creators. The FCC found nothing to suggest they had planned the moment and settled on a combined $550,000 fine for the 20 Viacom-owned stations — then the largest against a broadcaster in the commission’s history. Powell ended up testifying on the wardrobe malfunction more than anything else in his entire career, including his confirmation hearings. « I ended up testifying for nine hours on just this, » he says. « On 9/16 of a second. »


OF COURSE, OUR children and our children’s children will never need to dig up an actual time capsule to find out about the wardrobe malfunction. As soon as they hear about the time Janet Jackson’s breast was exposed on live TV, they’ll watch it online. And the reason they’ll watch it online is that in 2004, Jawed Karim, then a 25-year-old Silicon Valley whiz kid, decided he wanted to make it easier to find the Jackson clip and other in-demand videos. A year later, he and a couple of friends founded YouTube, the largest video-sharing site of all time.

Across the web, the moment went viral, back when that phenomenon was still somewhat novel. (Facebook was launched three days after the halftime show.) « Janet Jackson » became the most searched term and image in Internet history. And « we put TiVo on the map, » says MTV producer Coletti — TiVo enrolled 35,000 new customers in the aftermath of Nipplegate. When Coletti was having trouble with his service, he let slip to a customer service rep that he was the guy who produced the Super Bowl halftime show. TiVo gave him lifetime service and a special number to call in case he had any trouble.

The moment created other seismic cultural changes as well. Howard Stern — already a shock jock goliath with an audience of millions he built, in part, on testing the boundaries of the FCC — was dropped from Clear Channel two months following the Super Bowl, after the FCC fined the company $495,000 for a broadcast in which Stern discussed « sexual » and « excretory activity. » « Janet Jackson’s breast got me in a lot of trouble, » Stern told his listeners. Six months later, he signed a contract with fledgling satellite radio, framing the decision as an opportunity to break free from broadcast’s conservative constraints. As of early 2014, SiriusXM had 24.4 million subscribers, and Stern is credited as the media figure most responsible for introducing a new era in radio.

While Timberlake’s career as a solo artist took off after the Super Bowl, Jackson’s suffered. When her album Damita Jo debuted the month following the halftime show, low play counts led to online rumors that she’d been blacklisted by Viacom, the parent company of MTV and VH1. The record was her lowest-selling album since 1984. She withdrew from the Grammys under pressure, while Timberlake performed and accepted two awards. Throughout the controversy, the bodice-ripped Jackson suffered much more than the bodice-ripping Timberlake. « I personally thought that was really unfair, » Powell says. « It all turned into being about her. In reality, if you slow the thing down, it’s Justin ripping off her breastplate. »

Some critics saw gender and race at play and thought Timberlake ducked the heat. In a 2004 remix of the Jadakiss song « Why? » rapper Common asks, « Why did Justin sell Janet out and go to the Grammys? » Timberlake himself said he believed Jackson had taken a disproportionate amount of the backlash. « I probably got 10 percent of the blame, » he told MTV. « I think America’s probably harsher on women, and I think America is, you know, unfairly harsh on ethnic people. » After initially apologizing for the incident, Jackson told Oprah in 2006 she regretted taking the blame for an unplanned accident. Informed of Timberlake’s comments, Jackson smiled uncomfortably and confirmed that she felt her co-star hadn’t done enough to defend her. « Certain things you just don’t do to friends, » she said.

Clearly, it remains a sore subject for both artists. Jackson told Oprah she would never comment on the controversy again. When recently asked by The Mag about what he had taken away from the incident, Timberlake laughed nervously as his representative signaled to end the interview. « I take that I chose not to comment on it still, after 10 years, » he said. « I’m not touching that thing with a 10-foot pole, » he quickly added.

Meanwhile, for the people behind the media spectacle, the controversy never really went away. After the incident, Frattini and Coletti both left MTV to start their own production companies. « That was the last year I did the [MTV Video Music Awards], » Coletti says. « I’d produced six VMAs, all the highest-rated ones at the time. And all of a sudden, I wasn’t that guy anymore. »

The incident transformed how they work too: Frattini says she’s warier of talent, insists on knowing everything about their wardrobe before they perform and is careful to note every step of her production work in writing, cognizant that if anything goes wrong, government investigators may be reviewing her notes.

The wardrobe malfunction changed live television production too. Before then, most broadcasters employed audio delays only, but many began delaying video as well. The Grammys broadcast the Sunday after the Super Bowl used a five-minute delay, which Frattini says was an extreme example of a larger trend. Longer delays are more expensive and require more effort, but they became part of the cost of putting on live television.

Meanwhile, the NFL created contracts with more specific language about appropriate conduct, including wardrobe, and set stiff penalties for breaking them. The next six Super Bowl halftime performers were middle-aged men. One year after the league broke that streak with the Black Eyed Peas at Super Bowl XLV, M.I.A. raised her middle finger during Madonna’s 2012 performance and was sued by the NFL for $1.5 million.

The most common assumption was that the flash of nudity was just an attention-grabbing ploy. The question was by whom. David Drapkin/AP Images

THE MOST LASTING impact of the wardrobe malfunction was the way it highlighted the government’s inability to regulate indecency in our new digital democracy. The FCC has never had major control over regulating the media — the First Amendment prevents the commission from having a say over what appears in the newspaper, on cable networks or online. But in 1978, the Supreme Court ruled that because broadcasting was « uniquely intrusive, » the FCC had an obligation to regulate indecent content during the hours when children might be watching. The idea, Powell says, was that « you never know what’s going to come on, and so your kid can be in the audience, and then boom! By the time they get hit with it, the harm is done and your kid is blind. »

That gives broadcasters an amorphous obligation to act « in the public interest » and puts the FCC in the awkward position of judging indecency. It’s hard to imagine a legal theory less well-suited to the modern era, when TV guides are as anachronistic as rotary phones because everyone watches on demand, online and on their phones. « The Internet and YouTube have exploded the notion of balkanized living rooms — the Supreme Court’s original thesis that you can have this sanctity of your home and nothing should be able to invade you in that way, » Powell says. « I just think that’s probably a bygone era. »

As society has reached a consensus that there’s no way to control everything children see, the number of indecency complaints has decreased significantly. When Miley Cyrus twerked at the Video Music Awards last summer, the FCC received only 161 complaints (of course, as a cable channel, MTV doesn’t answer to the commission anyway). The moment became fodder for celebrity bloggers and morning show chatterboxes but was never treated as a problem that needed to be legislated away. The PTC dutifully issued a statement denouncing MTV for « sexually exploiting young women, » but no national outcry resulted. Perhaps not coincidentally, CBS never actually paid a fine in connection with Nipplegate — an appeals court ruled in 2008 and again in 2011 that CBS could not be held liable for the actions of contracted performing artists and that the FCC had acted arbitrarily in enforcing indecency policies. The Supreme Court declined to hear the case in 2012.

So for Powell, the halftime show represents « the last great moment » of a TV broadcast becoming a national controversy — the last primal scream of a public marching inexorably toward a new digital existence: « It might have been essentially the last gasp. Maybe that was why there was so much energy around it. The Internet was coming into being, it was intensifying. People wanted one last stand at the wall. It was going to break anyway. I think it broke.

« Is that all good? Probably not, but it’s not changeable either. We live in a new world, and that’s the way it is.

« They said the same thing when books became printed, right? They said it was the end of the world.

« But it wasn’t. »

Voir de même:

Zeitgeist
Justin Timberlake Finally Gets Called Out, 12 Years after Nipplegate
Emmanuel Hapsis
KQED

June 27, 2016

Nipplegate Revisited: Why America Owes Janet Jackson a Huge Apology
Justin Timberlake means a lot of things to people. Maybe he was your first crush back in the NSYNC days. Maybe he emboldened you to try out an all-denim look or an edgy Ramen noodle hairstyle. Or maybe he taught you a lesson about the Teflon nature of white male privilege and how, for some, nothing bad sticks.

But times are a-changing. Last night at the BET Awards, Jesse Williams delivered a speech that will blast your understanding of what getting goosebumps feels like to all-new stratospheric levels.

If you don’t have time to watch it in full, make time. If that’s not possible for some reason (nosy boss, bad internet connection, what have you), here are some choice lines that’ll give you an idea of what we’re working with here:

“Police somehow manage to deescalate, disarm and not kill white people everyday. So what’s going to happen is we are going to have equal rights and justice in our own country or we will restructure their function and ours.”
“The burden of the brutalized is not to comfort the bystander. That’s not our job, alright – stop with all that. If you have a critique for the resistance, for our resistance, then you better have an established record of critique of our oppression. If you have no interest in equal rights for black people, then do not make suggestions to those who do. Sit down.”
“We’ve been floating this country on credit for centuries, yo, and we’re done watching and waiting while this invention called whiteness uses and abuses us, burying black people out of sight and out of mind while extracting our culture, our dollars, our entertainment like oil – black gold, ghettoizing and demeaning our creations then stealing them, gentrifying our genius and then trying us on like costumes before discarding our bodies like rinds of strange fruit. Just because we’re magic doesn’t mean we’re not real.”
Justin Timberlake was presumably watching at home and felt moved, as anyone should. He decided to tweet from his glass house.Seems harmless. Jesse does deserve props for that speech. But there is an absurd lack of self-awareness at work here. One of the major points of Jesse’s speech is that black art is so often devalued, only to be appropriated by white people and reevaluated as suddenly worthy. No one knows this better than Justin Timberlake, who has made a career out of co-opting black culture and gaining the kind of success that is rarely afforded to those who originated it.

Twitter helpfully pointed this out for him:This is where Justin should have logged off. But no:

A one-two punch of condescension (“sweet soul”? really?!) and #AllLivesMatter / #We’reAllAfrican sentiment? Plus, a sardonic “bye” send-off? Justin, you are not Beyonce and people on Twitter speaking truth are not Felicia.

Yes, Justin, we are all human beings and should be treated equally, but that’s not our current reality. When someone from a marginalized group expresses his or her feelings on their lived experience, it is not appropriate to step in and say something that makes their message about you. Sometimes the best way to be an ally is to know when to stop talking and start listening.

For over a decade, Justin has gotten away with being mediocre (his last single, which is horrible, went straight to #1) and being a coward (lest we forget how he left Janet Jackson out to dry, after ripping her Super Bowl Halftime outfit). Judging by the response to an essay I wrote earlier this year about Nipplegate, it seems like many have forgotten. For those who missed it, here’s something to chew on:

When he sings, “Better have you naked by the end of this song,” he was supposed to pull Janet’s bustier to reveal a red lace bra, but both pieces ended up ripping off.

Then everyone got insanely mad at Justin for messing up. Oh, wait, sorry, I forgot about the patriarchy for a second. Let me try that again: then everyone got insanely mad at Janet for having breasts and no one ever really mentioned Justin again. For example, The Washington Post’s Tony Kornheiser wrote, “What Janet Jackson did was bizarre, deliberately flopping out of her costume like that.” Justin’s grabbing hand is entirely erased from the scene.

The senseless sexism didn’t end there. Janet was disinvited from that year’s Grammys. Meanwhile, Justin was not only allowed to attend, but also performed. Janet was blacklisted from radio and music video channels for the next several years, leading to multiple album flops, while Justin got to be goofy on SNL and become a movie star.
And what’s worse is that Justin let Janet take all the heat, more concerned with making it as a solo artist than doing the right thing. Granted, the way America so easily absolved him of any wrongdoing wasn’t really up to him and speaks to a national legacy of racism and sexism that’s far bigger than one single boy band member. But what was up to him was whether or not he used his privilege to highlight the unfair advantage he enjoys in this world and the hypocrisy of it all.

If Twitter had been around back in 2004, maybe Janet and Justin’s career trajectories would have taken different courses. Maybe so many wouldn’t have kept quiet as Justin moonwalked away from the mess he helped create, using Janet’s brother’s appropriated dance moves to boot. There’s no way to know.

Today, Justin apologized for his tweet and says he feels “misunderstood.” So does Janet. So do many African Americans. So do most people who aren’t straight white dudes.

It’s time for Justin to take a seat and some of his own medicine, the same dose he prescribed for Britney, another woman he used and then discarded to get to where he is today: Cry me a river.

Voir de plus:

Surprise! There’s a third YouTube co-founder
Jim Hopkins

USA TODAY

10/11/2006

SAN FRANCISCO — Jawed Karim doesn’t begrudge the spotlight on YouTube co-founders Chad Hurley and Steve Chen this week after they negotiated the video website’s sale to Google for about $1.7 billion.
After all, Hurley and Chen took the germ of an idea — famously hatched at a San Francisco dinner party — and turned it into a Silicon Valley company that became a global phenomenon in less than a year.

Still, Karim, 27, would like more people to know that he was YouTube’s third co-founder — and, he says, the guy who first suggested the idea that became the company. « It took the three of us, » he said Wednesday.

The story of YouTube’s birth, like that of many companies, is more nuanced than the one widely known. In many accounts, Hurley and Chen take center stage. If he’s mentioned at all, Karim is cast in a bit part, ending when he assumed an advisory role after leaving YouTube last year for graduate computer studies at Stanford.

Other entrepreneurs lost their place in history, too, says James Hoopes, a business history professor at Babson College near Boston. Historians and journalists « like to write about personalities, » so they often focus on individuals, brushing aside other co-founders. Popular wisdom, for example, says Bill Gates and Sam Walton single-handedly started Microsoft and Wal-Mart, respectively, but they were co-founders.

Karim says his idea for what became YouTube sprang from two very different events in 2004: Janet Jackson’s « wardrobe malfunction, » during a Super Bowl show, and the Asian tsunami.

YouTube fizzled in an early version, Karim says: A dating site called Tune In Hook Up drew little interest. The founders later developed the current site, now broadcasting 100 million short videos daily on myriad subjects.

YouTube says Karim was part of the « core » team that developed the idea for the company and notes that he is listed as one of three founders on its website. « There’s no question about that, » spokeswoman Julie Supan says.

Karim is one of the company’s biggest stockholders and is in line to get millions of dollars in Google shares when the deal announced Monday closes. He declined to reveal his stake, or the stakes of the other founders and venture-capital investors at Sequoia Capital.

Karim grew up in West Germany, and his family immigrated to Minnesota when Karim started high school. His Bangladeshi father is a chemist at 3M, and his German mother is a biochemistry research professor at the University of Minnesota. Karim got his bachelor’s in computer science and engineering in 2004 at the University of Illinois at Urbana-Champaign.

Hurley, 29, Chen, 28, and Karim met as early employees at PayPal, the payment service sold to eBay in 2002. The three, newly rich after leaving PayPal, talked about a start-up of their own, possibly a database venture, Karim says.

Voir par ailleurs:

Is this lingerie RACIST? Victoria’s Secret come under fire for ‘cultural appropriation’ over Chinese themes in blockbuster Paris show

Victoria’s Secret has been accused of ‘cultural appropriation’ and showcasing ‘racist’ underwear at its fashion show last night.

A whole host of famous faces including Kendall Jenner and Gigi Hadid were among the Victoria’s Secret Angels who modelled the lingerie company’s designs on the runway.

They wore elaborate creations, donning wings, tails, and statement jewellery as they walked the catwalk in Paris.

However, the exotic lingerie has fallen foul of some, who were unimpressed by the Asian and Mexican influences to some of the designs, and accused the brand of ‘cultural appropiation’.

In a piece entitled ‘Why Can’t Victoria’s Secret Stop Designing Racist Lingerie?’, which appears to have since been taken down online, Helin Jung criticised the brand in Cosmopolitan magazine.

Victoria’s Secret was also criticised for that giant dragon that Angel Elsa Hosk wore wrapped around her body

She accused the company of being condescending towards customers in China by borrowing from the country’s culture.

‘Stripping of cultures aside, the emblems that stood out most were the ones that came from Asia — specifically China,’ she wrote.

‘The dragon that Elsa Hosk wore wrapped around her body, the embroidered stiletto boots seen on Adriana Lima, the tail made of flames worn by Kendall Jenner.

‘There’s a lot of talk of China as a dominant world power of the 21st century, and the U.S. government, Hollywood, and now Victoria’s Secret, it seems, are pivoting to face a new reality.

‘But the Orientalism on display here doesn’t show an understanding or an attempt at dialogue. It doesn’t close any gaps.

‘What condescension, for Victoria’s Secret to think that by wrapping a model in a dragon, it could connect directly with a new consumer in China,’ Jung continued.

The exotic lingerie has fallen foul of some, who were unimpressed by the Asian and Mexican influences to some of the designs

The critical article has faced a fierce backlash with Twitter users rushing to defend the brand

‘The brand and its creative leads shamelessly cherry-picked imagery, breaking apart aesthetic references from wherever they wanted and stitching them back together again. They’re telling us its worldliness. It’s not, it’s a hack job,’ she added.

‘The fact is that even as the world gets more connected, a sexist, patriarchal, mostly white corporation continues to take what it wants for its own gain,’ she continued, ending by telling VS to stick to ‘thongs that don’t have cultural references.’

It is not the first time the brand has come under fire for something similar – in 2012 Victoria’ Secret attracted criticism after Karlie Kloss modelled a Native American-style headdress on the runway.

However, the article has faced a fierce backlash with Twitter users rushing to defend the brand.

Twitter users have criticised the article and defended the Victoria's Secret collection

Twitter users have criticised the article and defended the Victoria’s Secret collection

Sophie Sandor did not agreed that the catwalk show was 'racist, sexist  and patriarchal'

Sophie Sandor did not agreed that the catwalk show was ‘racist, sexist  and patriarchal’

Robby Soave wrote: ‘Not to be dramatic or anything but this article makes me fearful that we are entering a new Dark Ages.’

While Sophie Sandor ‏wrote: ‘Helin Jung tries to argue that Victoria’s Secret’s annual fashion show was racist, sexist & patriarchal. I’m searching for the reasons why.’

Victoria’s Secret has not yet responded to Cosmopolitan‘s allegation.

Footage from the event will air in 190 countries around the world, including the UK, on December 5.

Voir aussi:

Keith Ellison Will Help Republicans

The candidate to run the Democratic Party backed Farrakhan and always votes left.

There are two reasons. The first is that Mr. Ellison’s selection would mean the Democratic Party would be led by a left-winger’s left-winger, handing an early assist to the GOP and the Trump administration for the 2018 midterms.

After cataloging every vote cast by every congressman, the nonpartisan National Journal ranks the five-term Minnesota Democrat as among the House’s most left-wing members during his 10 years in Congress, and tied for the most liberal congressman in 2013 , 2011and 2008.

That’s why he went all-out for Sen. Bernie Sanders in the Democratic presidential primary. In return Mr. Ellison earned the backing of the avowed “democratic socialist,” as well as support from Sens. Elizabeth Warren and Harry Reid.

But this still leaves Mr. Ellison with a fundamental problem. This year’s exit polls found 28% of voters wanted the next president to continue Barack Obama’s policies while 47% wanted the new president to be more conservative. Only 17% said he should be more liberal. Mr. Ellison stands as the vanguard of that 17%, hardly the place to launch a decimated Democratic Party to political recovery.

He is unlikely to emphasize recruiting candidates who mirror the values of the flyover states that Democrats have been losing from the top of the ballot to the bottom. When then-Rep. Rahm Emanuel led the Democratic Congressional Campaign Committee in 2006, he knew his party could not regain the House majority unless it nominated candidates who could win moderate and even mildly conservative districts. So he refused to insist on ideological purity, even on issues like abortion and guns that are articles of faith to the Democratic left. But Keith Ellison is no Rahm Emanuel.

Nor is Mr. Ellison likely to craft a message that attracts middle-class voters in the political center. Instinctively, he’d rather appeal to avid readers of the Nation and Huffington Post.

Then there’s Mr. Ellison’s praise as a young man for the poisonous Nation of Islam leaderLouis Farrakhan. In a Nov. 30 interview with NPR, Mr. Ellison dismissed criticism of his support for Mr. Farrakhan as a “smear,” while acknowledging “at the time I didn’t pay close enough scrutiny to some of the other things he was saying.”

Here’s the problem with his explanation: Mr. Ellison defended the Nation of Islam founder for a decade, even calling him in a 1997 statement before the Minnesota Initiative Against Racism “a tireless public servant of Black people.” Ten years is a long time for Mr. Ellison to fail to grasp he was praising a bigot and anti-Semite.

This leaves the impression Mr. Ellison is not only radical but also duplicitous, especially after a transcript of a 2010 fundraising speech surfaced in which he said that while the U.S. should “be friends with Israel,” the U.S. “can’t allow another country to treat us like we’re their ATM.” He also complained that America’s Middle East policy “is governed by what is good or bad through a country of seven million people.”

Given all this, Mr. Ellison’s selection would further strain the Democratic Party’s relationship with the Jewish community, one of the party’s most loyal constituencies.

Mr. Ellison’s appearance at a 2000 fundraiser for the Legal Defense Fund of domestic terrorist Sara Jane Olson of the Symbionese Liberation Army, and his opposition to seeking extradition from Cuba of convicted cop killer Assata Shakur, may have contributed to the unease of some labor leaders. Officials of the firefighters and some of the building trades and hospitality industry unions have objected to the AFL-CIO’s efforts to jam through an endorsement of him.

Longer term, however, choosing Mr. Ellison as DNC chairman would likely catalyze a counter-reaction to the Sanders-Warren wing of the Democratic Party. It could lead more reasonable liberals to organize—sooner rather than later—an effort to reinvigorate their party as the Democratic Leadership Council did following Walter Mondale’s crushing 1984 defeat. That work eventually resulted in the 1992 election of Bill Clinton as president.

While the GOP might make short-term gains while Mr. Ellison is DNC chairman, the country would be better served in the long run by a healthy two-party system. That means Democratic Party leaders should pick a chairman who can actually rebuild the party instead of marching even further to the left and deeper into the political wilderness.

Mr. Rove helped organize the political-action committee American Crossroads and is the author of “The Triumph of William McKinley” (Simon & Schuster, 2015).

Voir encore:

BET France, une chaîne consacrée à la culture afro où « le Noir dérange »
Critiquée pour son absence d’animateurs noirs, la nouvelle chaîne BET France pose une nouvelle fois la question de la visibilité des Noirs dans les médias français.

Jacques-Alexandre Essosso (contributeur Le Monde Afrique)

Le Monde

28.10.2015

« Plein de journalistes noirs galèrent à trouver des emplois, ne serait-ce qu’un petit stage. Alors si même BET [Black Entertainment Television], une chaîne noire, s’y met, il y a un problème. » Pour Christian Dzellat, fondateur du portail d’information communautaire Nofi, l’absence d’animateurs noirs sur une chaîne consacrée à la culture afro est une insulte.

Le 21 octobre, après plusieurs jours de contestation, il est parvenu à rencontrer Thierry Cammas, président-directeur général de MTV Networks France (propriétaire de BET France), et Michael D. Armstrong, vice-président de BET US. Le soir même, Christian Dzellat a rapporté sur sa page Facebook que la nouvelle chaîne de télévision s’engageait à commencer une campagne de recrutement de « talents issus de la communauté noire ».

Appel au boycott
Le lendemain, la chaîne a formulé les mêmes engagements auprès du collectif Boycott BET France et du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN). « Ils nous ont expliqué qu’il s’agissait d’une erreur de communication. Nous en doutons un peu, mais au moins ils ont pris en compte nos revendications », souligne Yan Boss, le porte-parole du collectif. Le mouvement a cessé ses actions mais reste vigilant.

Lire aussi   Netflix se lance dans le cinéma avec un film sur les enfants-soldats

Boycott BET France est à l’origine de la contestation. Le 14 octobre, le groupe a créé une page Facebook pour dénoncer le casting de la chaîne. En quelques jours, la page a rassemblé 5 000 likes, soit 4 000 de plus que la page officielle de la chaîne. L’objectif était d’interpeller la version française de BET et le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour leur faire part de leur mécontentement. La presse américaine a également eu vent de la polémique, le magazine Ebony lui a consacré un article. Sollicité par Le Monde Afrique, BET France n’a pas souhaité s’exprimer. « Nous avons envoyé une bonne dizaine de courriers au CSA. Lors de notre entretien, le patron de la chaîne nous a dit qu’il avait eu une réunion avec eux à la suite de cela », explique Yan Boss.

Loin de l’idée initiale
Pour accompagner le lancement de BET France et assurer l’animation d’un des programmes de la chaîne, Hedia Charni, Franco-Tunisienne, et Raphäl Yem, d’origine cambodgienne, ont été recrutés. Des choix que déplore Yan Boss. « Pour faire la promotion de la culture noire, il faut un minimum de Noirs à l’antenne. Vous ne pouvez pas ouvrir un restaurant halal et mettre des chinois à l’intérieur. »

BET est un symbole fort lié à l’histoire des Afro-Américains. Fondée en 1980 par Robert Johnson, BET apparaît à une époque où les Noirs sont peu présents à la télévision américaine. Pour Yan Boss, le contexte français est similaire à celui des Etats-Unis dans les années 1980.

Hedia Charni et Raphäl Yem ne sont pas les cibles directes de la page appelant au boycott. Mais dans un paysage audiovisuel français qui laisse déjà peu de places aux Noirs, leur mise en avant sur une chaîne dédiée à la culture afro divise. « Il peut y avoir des personnes qui ne sont pas noires mais au moins pour le lancement, envoyez un signal fort pour dire on vous respecte », développait Christian Dzellat avant de rencontrer la direction de BET France.

« Tout se fait sans nous »
Cette absence de Noirs à la télévision, Claudy Siar l’observe depuis de nombreuses années. L’animateur de radio a été délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’outre-mer entre 2011 et 2012. « Nous sommes tous piégés dans ce concept de la diversité qui n’a fait que marginaliser une frange de la population française. Il y a un peuple de la normalité, français et blanc, et la diversité (asiatiques, noirs, arabes…) », regrette celui qui est aussi l’actuel vice-président du Conseil représentatif des Français de l’outre-mer (Crefom).

A la mi-octobre BET France avait tenté d’étouffer la polémique en affirmant que d’autres présentateurs issus de la « black culture » rejoindraient l’antenne. Seulement, l’emploi du terme « black » n’a pas non plus fait l’unanimité. « Nous sommes des Noirs, il y a des Blancs. Moi, je ne dis pas “white”. J’ai le sentiment qu’en France, le Noir dérange », dénonce Christian Dzellat.

BET France a repris en main sa communication et devrait bientôt annoncer l’arrivée de nouveaux visages à l’antenne. Mais pour Claudy Siar le problème ne s’arrête pas à la question des animateurs. « Y a t-il à la tête de ce média des gens qui peuvent défendre la culture noire ? (…) Tout se fait sans nous, dans notre dos, contre notre volonté. »

Voir aussi:

Facebook accusé de manipuler les sujets tendance, la polémique fait rage
AFPQC  |  Agence France-Presse
10/05/2016

Facebook est accusé d’avoir manipulé les sujets présentés comme des tendances sur son site, aux dépens notamment des conservateurs américains, ce que réfute le réseau social, sous le feu des critiques.

La rubrique « Trending », qui n’existe pas dans la version française de Facebook, est une petite pastille qui se trouve en haut à droite de la page et mentionne les sujets dont on parle le plus sur le réseau social.

Les thèmes choisis sont, en théorie, identifiés par un algorithme qui repère le nombre total de mentions mais aussi une forte augmentation sur un court laps de temps, à l’instar de ce qui se voit sur d’autres réseaux sociaux, Twitter en premier lieu.

Mais selon le site d’information Gizmodo, spécialisé dans la technologie et affilié au groupe Gawker, ce service fonctionne en réalité comme une rédaction qui opère des choix éditoriaux affirmés, certains individuels, d’autres collectifs.

Des personnalités conservatrices, telles que les républicains Mitt Romney (candidat en 2012), Ted Cruz et Scott Walker (candidats à l’investiture républicaine en 2016), ou l’éditorialiste radio Glenn Beck, lui aussi conservateur, ont ainsi été écartés de la liste sur décision individuelle alors que leur nom faisait surface sur Facebook, selon des témoignages cités par Gizmodo.

Les journalistes présents s’attachaient également à ne pas utiliser de sites réputés conservateurs comme source et n’intégraient un sujet aux tendances que s’il avait été traité par des médias considérés comme plus neutres, comme le New York Times, la BBC ou la chaîne d’information CNN.

Ce traitement éditorialisé n’était pas le résultat d’instructions données par l’encadrement mais de l’initiative de jeunes journalistes orientés par leurs opinions politiques marquées à gauche, assurent tous les témoins cités.

En revanche, des consignes ont bel et bien été données, selon les prestataires interrogés par Gizmodo, pour que des sujets qui ne suscitaient pas d’activité suffisante soient pourtant intégrés aux tendances.

Il s’agissait principalement de nouvelles traitées par les médias de référence, concernant notamment la Syrie ou le mouvement protestataire américain Black Lives Matter.

Gizmodo cite également l’exemple de l’attaque de janvier 2015 contre Charlie Hebdo, relevée alors qu’elle ne faisait pas l’objet d’un intérêt global suffisant.

Règles rigoureuses

Les anciens prestataires indiquent que l’évolution de l’algorithme a eu pour effet de réduire sensiblement les interventions forcées durant leur passage au sein de Facebook de mi-2014 à fin 2015.

« Nous nous sommes penchés sur le sujet et avons conclu que ces allégations étaient infondées », a indiqué à l’AFP un porte-parole de Facebook.

Dans un message posté sur le réseau social, le responsable des « trending topics », ces fameuses tendances d’actualité, Tom Stocky, a assuré que son équipe était soumise à des « règles rigoureuses (…) pour assurer la cohérence et la neutralité » de la rubrique.

« Le travail de nos éditeurs est enregistré et vérifié, et violer ces règles peut être un motif de licenciement », a-t-il ajouté.

Les accusations de Gizmodo ont déclenché une vive polémique, nourrie par les médias identifiés comme conservateurs.

Le New York Post a même dédié sa Une au sujet mardi: « Vous ne lirez pas ça sur Facebook. Le site censure les informations ».

« Je me demande si le sondage Quinnipiac qui situe Trump au coude-à-coude avec Hillary (Clinton) en Floride, Ohio et Pennsylvanie est une tendance sur Facebook », a ironisé, sur Twitter, Ari Fleischer, ancien porte-parole de la Maison Blanche sous George W. Bush.

« Facebook est une société privée qui peut faire ce qu’elle veut. Si elle veut mettre en avant un sujet ou un point de vue, c’est son droit comme c’est celui de Fox News ou du New York Times », considère Joel Kaplan, doyen associé de la Newhouse School de l’université de Syracuse.

« Je pense aussi que c’est une bonne chose que tout média ou agrégateur insiste sur un sujet dont il pense qu’il est important », ajoute-t-il.

La polémique pose la question de l’influence d’une plateforme consultée quotidiennement par 1,09 milliard d’internautes.

Pour Joel Kaplan, elle est limitée: « Les gens abordent l’information avec leurs biais et leur grille de lecture. C’est lorsque les gens font passer ce qu’ils ont vu à leurs amis que son impact est le plus grand. »

Dans ce cas seulement, « cela peut faire une différence », selon lui.

Voir de plus:

Assessing the Obama Legacy—Against His Own Mileposts
Victor Davis Hanson
Natinal review
December 8, 2016
The president’s stated priorities have not turned out well. In his 2016 State of the Union address, President Obama summarized his achievements. That same night, the White House issued a press release touting Obama’s accomplishments. Now that he will be leaving, how well did these initiatives listed in the press release actually work out?
“Securing the historic Paris climate agreement.” The accord was never submitted to Congress as a treaty. It will be ignored by President-elect Trump. “Achieving the Iran nuclear deal.” That “deal” was another effort to circumvent the treaty-ratifying authority of Congress. It has green-lighted Iranian aggression, and it probably ensured nuclear proliferation. Iran’s violations will cause the new Trump administration to either scrap the accord or send it to Congress for certain rejection.
“Securing the Trans-Pacific Partnership.” Even Democratic presidential nominee Hillary Clinton came out against this failed initiative. It has little support in Congress or among the public. Opposition to the TTP helped fuel the Trump victory.
“Reopening Cuba.” The recent Miami celebration of the death of Fidel Castro, and Trump’s victory in Florida, are testimonies to the one-sided deal’s unpopularity. The United States got little in return for the Castro brothers’ propaganda coup.
“Destroying ISIL” and “dismantling al Qaeda.” We are at last making some progress against some of these “jayvee” teams, as Obama once described the Islamic State. Neither group has been dismantled or destroyed. Despite the death of Osama bin Laden, the widespread reach of radical Islam into Europe and the United States remains largely unchecked. The precipitous withdrawal of all U.S. peacekeepers in 2011 from a quiet Iraq helped sow chaos in the rest of the Middle East.
“Ending combat missions in Afghanistan and Iraq.” The Afghan war rages on. The precipitous withdrawal of all U.S. peacekeepers in 2011 from a quiet Iraq helped sow chaos in the rest of the Middle East. We are now sending more troops back into Iraq. “Closing Guantanamo Bay.” This was an eight-year broken promise. The detention center still houses dangerous terrorists.
“Rebalancing to the Asia-Pacific region.” The anemic “Asia Pivot” failed. The Philippines is now openly pro-Russian and pro-Chinese. Traditional allies such Japan, Taiwan, and South Korea are terrified that the U.S is no longer a reliable guarantor of their autonomy. “Supporting Central American development.” The once-achievable promise of a free-market, democratic Latin America is moribund. Dictatorships in Venezuela, Cuba, and Nicaragua remain impoverished bullies. All have been appeased by the U.S.
“Strengthening cybersecurity.” Democrats claimed Russian interference in the recent election. If true, it is proof that there is no such thing as “cybersecurity.” The WikiLeaks releases, the hacked Clinton e-mails and the Edward Snowden disclosures confirm that the Obama administration was the least cybersecure presidency in history. Share article on Facebook share Tweet article tweet “Growing the Open Government Partnership.” The NSA scandal, the hounding of Associated Press journalists, some of the WikiLeaks troves, and the corruption at the IRS all reveal that the Obama administration was one of the least transparent presidencies in memory.
“Honoring our nation’s veterans.” Obama’s Department of Veteran Affairs was mired in scandal, and some of its nightmarish VA hospitals were awash in disease and unnecessary deaths. Secretary of Veterans Affairs Eric Shinseki was forced to resign amid controversy. Former Homeland Security Secretary Janet Napolitano apologized for issuing an offensive report falsely concluding that returning war vets were liable to join right-wing terrorist groups. The southern U.S. border is largely unenforced. Immigration law is deliberately ignored.
“Making sure our politics reflect America’s best.” The 2016 presidential campaign was among the nastiest on record. WikiLeaks revealed unprecedented collusion between journalists and the Clinton campaign. Earlier, Obama had been the first president in U.S. history to refuse public campaign money. He was also the largest fundraiser of private cash and the greatest collector of Wall Street money in the history of presidential campaigns.
“Protecting voting rights.” Riots followed the recent presidential election. Democrats, without merit, joined failed Green Party candidate Jill Stein’s recount in key swing states they lost. Progressives are berating the constitutionally guaranteed Electoral College. State electors are being subject to intimidation campaigns. “Strengthening policing.” Lethal attacks on police are soaring.
“Promoting immigrant and refugee integration and citizenship awareness.” The southern U.S. border is largely unenforced. Immigration law is deliberately ignored. The president’s refugee policy was unpopular and proved a disaster, as illustrated by the Boston Marathon bombings, the San Bernardino attack, the Orlando nightclub shooting, and the recent Ohio State University terrorist violence.
Note what Obama’s staff omitted: his doubling of the U.S. debt in eight years, the unworkable and soon-to-be-repealed Affordable Care Act, seven years of anemic economic growth, record labor nonparticipation, failed policy resets abroad, and a Middle East in ruins. Why, then, has the president’s previously sinking popularity suddenly rebounded in 2016? More Barack Obama Obama’s Second Term Was a Complete Failure Obama’s Mixed Anti-Terror Legacy A Response to Brian Beutler Obama disappeared from our collective television screens, replaced by unpopular candidates Clinton and Trump, who slung mud at each other and stole the limelight. As a result, Obama discovered that the abstract idea of a lame-duck Obama was more popular than the cold reality of eight-year President Obama. He wisely adjusted by rarely being heard from or seen for much of 2016. So Obama now departs amid the ruin of the Democratic party into a lucrative post-presidency: detached and without a legacy. —

Victor Davis Hanson is a classicist and historian at the Hoover Institution, Stanford University, and the author, most recently, of The Savior Generals.

Voir enfin:

De la construction sociale de la race à l’abolition de la blancheur (Whiteness)

En finir avec la blancheur
David Roediger

Parti des Indigènes de la république

17 novembre 2014

Nous publions, ci-dessous, la traduction d’une allocution faite par David Roediger durant le Socialist Week à l’Université Iowa State, durant l’automne 1992. Ce texte a aussi servi d’introduction au recueil d’articles de D.Roediger Towards the Abolition of Whiteness, publié pour la première fois en 1994 aux éditions Verso. Bien évidemment, la date à laquelle David Roediger a prononcé cette allocution n’est pas anodine. D’une part, cela permet de comprendre le contexte politique dans lequel ce texte fut produit ainsi que les références utilisées par Roediger, comme notamment les attaques de Bill Clinton contre la rappeuse américaine Sister Souljah, lorsque cette dernière avait déclaré, suite aux émeutes de Los Angeles en 1992 : « (…) si des gens noirs tuent des gens noirs chaque jour, pourquoi n’y aurait-il pas une semaine pour tuer des gens blancs ». D’autre part ce texte est également intéressant en cela que les analyses de la question raciale en France sont très récentes par rapport à un pays comme les États-Unis. David Roediger est considéré comme l’un des précurseurs de ce que l’on nomme les whiteness studies (études sur la blancheur), même si lui-même récuse cette position de précurseur, écrivant que :

« Les bonnes raisons pour renier cette place de fondateur (ou de co-fondateur) des critical whiteness studies sont nombreuses. Produire une telle généalogie revient à faire du moment de publications de travaux sur la blancheur par des blancs, dans les années 1990, l’origine d’une  »nouvelle » ère d’investigations scientifiques, alors que dans les faits des écrivains et militants de couleur ont étudié depuis longtemps les identités et les pratiques des blancs, en tant que problèmes devant être historicisés, analysés, théorisés et contrés.[1] »

En effet, bien que les whiteness studies aient été institutionnalisées au début des années 1990, grâce notamment à deux ouvrages majeurs The Wages of Whiteness. The Making of the American Working Class (1991) de David Roediger et How the Irish became White (1995) de Noël Ignatiev, celles-ci se placent dans une longue tradition théorique et n’ont pas été « inventées » par les blancs. S’il nous semble primordial de publier cette traduction c’est pour plusieurs raisons. D’une part, David Roediger est un auteur dont certains textes devraient nous servir de références théoriques mais également nous aider à développer notre pensée décoloniale. Bien qu’hélas les textes de David Roediger disponibles en français soient trop rares[2]. D’autre part, les travaux de David Roediger permettent de réaffirmer l’importance de la race lorsque l’on analyse les contradictions de classes, sans pour autant appeler abstraitement à une « articulation ». En effet, comme l’écrit Sadri Khiari « Dire que finalement toutes les exploitations et les oppressions s’adossent et se chevauchent les unes les autres ne suffit pas à en résoudre l’équation, en l’occurrence que, s’il y a sans doute des intérêts communs à tous les opprimés, il y a également des conflits d’intérêts entre eux.[3] ». C’est d’ailleurs l’un des apports principaux de Roediger, puisque dans son ouvrage The Wages of Whiteness, il s’interroge sur la raison pour laquelle les ouvriers blancs tiennent tant à leur blancheur. C’est cela qui lui a fait développer l’idée (qu’il reprend à W.E.B. Du Bois) d’un salaire de la blancheur dont bénéficient même les ouvriers blancs. Pourtant, bien que les analyses de Roediger soient le plus souvent brillantes et très utiles à notre compréhension du racisme, dans le texte que nous reproduisons ci-dessous, il importe de pointer deux faiblesses : d’une part Roediger semble considérer la race comme un pur produit idéologique, « ontologiquement vide » comme il l’écrit lui-même, refusant par-là de percevoir la réalité matérielle de la race – et donc son autonomie vis-à-vis de la question de la classe ; d’autre part Roediger semble offrir comme solution aux blancs de simplement refuser d’être blancs, d’être des traitres à leur race en somme. Pourtant, il semble évident, comme l’a noté Satnam Virdee dans son essai Racism, Class and the Dialectic of Social-Transformation, que dissoudre le « club » des blancs ne suffira pas à dissoudre la blancheur. Une telle analyse semble, en effet, ignorer les structures qui produisent et reproduisent le racisme dans la société capitaliste. Même si une majorité de blancs rejetaient leur blancheur, ils bénéficieraient toujours des privilèges liés à celle-ci. C’est d’ailleurs ce que précise Roediger à la fin de son texte lorsqu’il écrit que « en un certain sens, les blancs ne peuvent pas totalement renoncer à leur blancheur, même s’ils le souhaitent », prenant l’exemple de l’héroïne italo-américaine du film Jungle Fever.

Mais l’intérêt de ce texte réside dans le fait de rappeler qu’être blanc, c’est également faire partie d’une race sociale (une race dominante). Car, analyser la race blanche est un point qui manque hélas bien trop souvent à nos analyses politiques. Parmi les militants et théoriciens politiques qui prennent en compte la question raciale comme une question systémique, trop nombreux sont ceux qui utilisent le terme « racialisation » pour parler en réalité des non-blancs, comme si les blancs n’étaient pas une race. Cette question, n’est pas qu’un simple problème de vocabulaire mais interroge réellement notre théorie politique et les conséquences pratiques qui en découlent. En effet, nous utilisons régulièrement les expressions « rapport de forces », « lutte des races », etc. … Or, un rapport, une lutte, nécessite un camp contre lequel nous luttons. Considérer que seuls les indigènes sont racialisés revient en quelque sorte à individualiser les blancs en ne nous focalisant que sur leurs attitudes et non sur la race sociale qu’ils forment. Les blancs pourraient être racistes ou non. Or, puisque nous analysons le racisme à partir des privilèges qu’ont les blancs, il est important de garder en tête que leurs privilèges découlent de leur race sociale. Nous proposerons donc de parler « d’indigénisation » et de garder le terme « racialisation » pour parler du processus historique qui a permis la naissance des races sociales blanches et non-blanches. Par ailleurs, ce texte pose des questions importantes et notamment celle du fossé entre la « mode » des études sur la race et la pratique politique. Notre but n’est bien évidemment pas de faire de l’anti-intellectualisme primaire mais bien de nous interroger sur le lien entre théorie et pratique décoloniale.

Bien que ce texte comporte donc quelques faiblesses, nous pensons qu’il est important de le publier et de nous intéresser à son économie générale plutôt qu’à certains points qui peuvent sembler vieillis ou peu pertinents pour notre situation. Nous espérons ainsi, humblement, par ce texte participer à la continuation de notre réflexion et de notre théorie décoloniale en vue de faire progresser notre organisation politique, donc notre pratique.

Selim Nadi, membre du PIR

De la construction sociale de la race à l’abolition de la blancheur (Whiteness)

David Roediger

Une plaisanterie circulant parmi les universitaires Africains-Américains met l’accent sur la distance entre les modes académiques d’études sur la race et la vie dans « le monde réel ». « J’ai remarqué, dit cette blague, que mes recherches démontrant que la race est une construction sociale et idéologique ne m’aident pas vraiment à trouver un taxi tard le soir ». Cet humour est assez ironique en cela que la plaisanterie ne rejette pas l’idée qu’il est important d’écrire sur, et d’analyser la construction sociale de la race, mais elle met l’accent sur le fait que la race peut être plus facilement démystifiée sur le papier que désarmée dans la vie réelle.

La problématique soulevée par « la blague du taxi » fait partie intégrante d’un questionnement plus large de récentes études critiques se basant sur le fait que les attentes de ces travaux, bien que se voulant populaires et politiques, n’ont jusqu’à présent pas abouti à des résultats pouvant endiguer l’avancée de la réaction aux États-Unis. Parmi les critiques les plus importantes au sein de ces « nouveaux travaux », on trouve une tendance à voir principalement le manque d’impact politique comme une preuve que ce ne sont pas uniquement les études postmodernes, mais également les travaux universitaires mettant l’accent sur le genre ou la race, qui seraient au mieux frileusement apolitiques et au pire obscènement hypocrites dans leur radicalisme. De telles attaques nécessitent une réponse, car elles marquent effectivement un point à travers la critique du jargon hyper-académisé que l’on trouve dans les écrits les plus récents, mais également parce que les intellectuels radicaux devraient se tenir à un minimum d’engagement politique. Il serait aisé de démontrer que les critiques de ces nouveaux travaux manquent elles-mêmes bien souvent de propositions politiques cohérentes au-delà d’un vague populisme et d’une nostalgie pour un marxisme qui ne peut pas survivre dans un monde où les femmes et les personnes de couleur forment de plus en plus le corps de la classe ouvrière et de la gauche. De la même manière, il serait facile d’arguer qu’il est injuste d’attendre du petit nombre d’enseignants à l’université qu’ils influent sur les habitudes des conducteurs de taxis américains. Ce qui est plus compliqué, mais pourtant nécessaire, pour ceux d’entre nous qui pensent que ces récents travaux contribuent modestement au changement radical, est d’être bien plus précis sur la manière dont cela se produit et sur les implications politiques de nos travaux.

En relevant ce défi, j’aimerai me focaliser en particulier sur les implications politiques découlant de l’idée que la race acquiert son sens par les actions des êtres humains dans des contextes historiques et sociaux concrets, et n’est pas une catégorie biologique ou naturelle. Le développement de cette perception de la race constitue un accomplissement majeur pour les récents travaux, accomplissement qui traverse largement les frontières disciplinaires. Les étudiants peuvent ainsi apprendre cette leçon en biologie par les écrits de Stephen Jay Gould ou Donna Haraway ; en histoire via les études percutantes de Alexander Saxton et Edmund Morgan ou encore par l’essai majeur de Barbara Field ; en sociologie avec Richard Williams ; en littérature avec les travaux de Toni Morrison ou Hazel Carby ; dans les études féministes (women studies) avec bell hooks ou Vron Ware ; dans les études religieuses avec Cornel West ; dans les cours sur les Africains-Américains en lisant l’indispensable Slave Culture de Sterling Stuckey. La théorie post-structuraliste a enrichi le travail de certains de ces universitaires et a fait connaître les études d’Eric Lott, Colette Guillaumin et Coco Fusco, chacun ouvrant des dimensions importantes dans la « dénaturalisation » de la race.

Les étudiants commençant à comprendre que la race ne prend tout son sens que dans les sociétés humaines, plutôt que dans l’ADN, sont ceux qui relient généralement tout ce qu’ils ont appris dans un certain nombre de domaines. Cela prend souvent du temps avant que le déclic ne se produise. Même au sein d’étudiants à la sensibilité de gauche, l’idée que la race est naturelle est tellement enracinée que l’on retrouve souvent la proposition selon laquelle l’éducation libérale [N.d.T : dans le présent texte, le terme « libéralisme » est à comprendre dans son sens anglo-saxon] et même radicale doit s’efforcer d’enseigner que la race n’est pas quelque chose de très important, mais est néanmoins une réalité matérielle. Lorsque les étudiants « pigent » cela, ils sont souvent extrêmement enthousiastes. Voir la race comme une catégorie faisant constamment l’objet de luttes et de réassignation, leur fait ainsi prendre conscience que les possibilités d’action politique, en particulier, et de capacité d’agir (agency) des humains sont bien plus larges que ce qu’ils pensaient. Ils réfléchissent ainsi à la manière par laquelle les structures d’oppression sociale ont contribué à la voie tragique qui a donné tout son sens à la race. Ils en viennent ainsi souvent à accuser ces structures. Concernant le degré limité, mais important, auquel ces choses arrivent, un coup d’œil à l’extravagant cauchemar du Reader’s Digest/New Republic permet d’appréhender ce qui s’incarne dans l’éducation supérieure américaine « politiquement correcte ».

Mais, aussi importante que soit cette transformation, elle sert le plus souvent à se frayer une voie à travers les séminaires universitaires plutôt qu’à travers le reste de notre quotidien. Tout comme le suggère la plaisanterie d’ouverture de ce texte, en raison même de son manque de substance, la race est une idéologie très puissante. Si les étudiants espèrent que le potentiel de la race leur ouvrira la voie simplement car elle permet une démystification intellectuelle importante du concept, ils seront très vite déçus. Plus important encore, l’idée que la race est construite socialement est si fondamentale que par elle-même elle implique des conclusions politiques spécifiques. En l’absence d’un large mouvement étudiant ou ouvrier au sein duquel ils pourraient « tester » la manière de passer de vues générales à des actions spécifiques, les étudiants ayant ouvert les yeux concernant la race risquent d’apparaître sur le devant de la scène durant la campagne de Clinton, avec l’accent qu’il met à vouloir rassembler tous les Américains. Ils risquent ainsi de terminer dans de petites sectes socialistes, où l’acceptation que la race est une catégorie naturelle est contre-balancée par une insistance plus grande sur l’idée que la race est également manipulée et mise en avant par les employeurs et les politiciens afin de diviser les ouvriers – insistance qui légitime un argument sonnant comme une totale démystification de la race, basée en fait sur une seule compréhension de classe. Sur les campus, les étudiants ayant été éclairés par la race se trouvent en général en train de militer pour l’expansion des études afro-américaines, car ils sont fascinés par la manière dont l’idéologie raciale a conditionné l’histoire et la vie quotidienne. Inversement, ils arguent que tout ce qui est spécifique racialement (race-specific) est illusoire et dangereux. Ceux qui s’en prennent à l’existence de la race comme catégorie naturelle, quant à eux, développeront souvent des positions politiques confuses. L’édition spéciale de Newsweek sur la rébellion de Los Angeles de 1992, par exemple, suit la voie progressiste selon laquelle le « concept véritable de race » serait une « relique scientifiquement absurde » puisqu’« il n’y pas de catégorie telle que  »noirs » ou  »blancs » … qui ne définissent aucunement une race ». Puis, ce même article propose plus ou moins aléatoirement un ensemble de solutions familières et confuses contre la crise urbaine, les incitations fiscales pour les entreprises, les aides sociales, les zones franches industrielles, l’entraide, les valeurs familiales et l’accroissement des forces de police.

Bien évidemment, aucun texte des intellectuels radicaux ne peut se substituer à un mouvement pacifique dans lequel les idées peuvent être mises à l’épreuve de la réalité. Mais il incombe néanmoins à ceux d’entre nous qui défendent l’idée que la race est une construction sociale de reconnaître que c’est là une percée intellectuelle vitale afin de dire que nous pensons que cette percée peut avoir une visée politique. La présente introduction débute par le court récit d’exemples d’Angleterre et d’Afrique. Cette section veut montrer que l’idée que la race est une construction sociale « fonctionne » assez largement, en aidant à clarifier certaines questions, mais qu’elle n’aide pas, en elle-même, pour autant, à résoudre la question de la direction à prendre concernant la race et la classe. Revenant aux États-Unis, ce texte critique la tentative de minimiser l’accent mis sur la prétendue « division » ou « illusion » de la question raciale dans les luttes politiques américaines. Il défend l’idée selon laquelle l’implication politique centrale résultant de l’idée que la race est construite socialement est la nécessité politique de s’attaquer à la blancheur (whiteness) en tant qu’idéologie destructrice plutôt que de s’attaquer au concept de race de manière abstraite. Bien que reconnaissant le passé tragique et le barrage à la création d’une classe ouvrière non-blanche, le présent essai arrive à la conclusion que la conscience de la blancheur (whiteness) contient également les éléments d’une critique de cette conscience et que nous devrions encourager des politiques basées sur des signes allant vers l’abandon populaire de la blancheur.

Notes transatlantiques sur la construction sociale de la race

Il est aujourd’hui quasiment impossible de voyager loin sans se heurter à l’éclatante évidence que la race est une idéologie construite socialement plutôt qu’une catégorie déterminée biologiquement. Dans la région Ashanti du Ghana, où ces lignes sont écrites, nous sommes salués dans la rue par des enfants qui chantent « Oburoni koko maakye ». Les Ashantis anglophones traduisent souvent cela par « bonjour homme rouge-blanc ». De la même manière, oburon wawu, termes généralement utilisé pour les habits occidentaux, est traduit de manière charmante par « l’homme blanc qui est mort ». Quoi qu’il en soit, oburoni dérive du terme Aburokeyre, le mot Akan pour « de l’autre côté de l’eau » et n’est donc pas l’équivalent de l’usage du terme blanc par les Euro-Américains. Les nombreux Chinois, Coréens et Japonais qui vivent désormais au Ghana sont généralement également qualifiés de oburoni. Mais en débattant de la traduction, les Ashantis pointeront le fait que ce n’est pas juste parce qu’ils viennent « de l’autre côté de l’océan » mais bien parce qu’« ils sont blancs » – c’est-à-dire qu’ils sont perçus comme ressemblant et agissant comme des Européens et des Américains. Les visiteurs Afro-Américains présentent un cas intriguant car ils ont littéralement traversé l’océan pour rejoindre les Ashantis. Dans la plupart des cas aujourd’hui, ce ne sont que les visiteurs ayant la peau la plus claire qui seront appelés oburoni. Mais récemment, il y a apparemment eu une tendance à leur accoler ce terme en utilisant ce dernier dans son sens originel. Il est ainsi intriguant qu’un spectateur britannique des discours de Malcolm X au Ghana sur la célébration de son pèlerinage à la Mecque me disait que les Ghanéens étaient surpris qu’un oburoni puisse dire de telles choses. En effet, l’un de ses auditeurs se rappelle qu’écoutant Malcolm, il le qualifiait d’homme blanc aux idées stupéfiantes. Bien que de forts éléments de liesse traversent de telles caractérisations, elles doivent nous alerter sur la complexité et la réalité de la construction sociale de la race.

D’autres expériences transatlantiques montrent la manière dont la construction sociale de la race pénètre la politique. En 1984, lorsque nous vivions dans le quartier londonien de Brent, des immigrés et descendants d’immigrés de diverses nationalités se désignaient souvent eux-mêmes de « Noirs », car cette catégorie « raciale » se rapprochait de ce que le travail brillant de A. Sivanandan a caractérisé de « couleur politique » des opprimés. Les Indiens d’Asie, les Pakistanais, les Malaisiens, les Turcs, les Chinois, les Bangladais, les Arabes et même les Chypriotes et quelques Irlandais s’identifiaient ainsi. Alors que je faisais une tournée de conférences en Afrique du Sud, en 1989, nous avons remarqué la manière par laquelle les opposants à l’apartheid définissaient la catégorie inter-raciale (mixed-race), créée par le gouvernement, de « colorés » (coloured) comme une simple création idéologique, en prenant toujours soin d’utiliser l’expression « soi-disant colorés ». Nombreux furent ceux, au sein de la population « soi-disant colorée » qui insistèrent sur le fait qu’ils étaient des Africains. Lors de cette même visite en Afrique du Sud, le fils d’un ouvrier africain du port de Cape Town nous raconta une histoire qui, plus tard, illustrera magnifiquement de quelle manière la race est une idéologie produite, et reproduite. L’indication « RÉSERVÉ AUX BLANCS » (WHITES ONLY), comme le racontait son père, n’apparut sur le bord de mer de Cape Town qu’après avoir observé des marins blancs américains esquiver les équipements « réservés aux Européens ».

Chacun de ces exemples est précieux en cela qu’il montre que l’idée que la race est construite socialement est valable et importante. Mais ils permettent également de pousser nos discussions vers la complexité permettant à de tels savoirs d’avoir une application politique. En les étendant, et en les sondant, on voit que chaque exemple soulève ses propres problématiques. Nous devons, par exemple, réfléchir au fait que depuis le début des années 1980, les initiatives visant à bâtir une identité pan-noire (pan-Black identity) au sein des opprimés britanniques furent confisquées et même démantelées par une résurgence aiguë des particularismes ethniques. Comment les militants politiques, armés par la connaissance qu’ils ont que la race est une catégorie idéologique et mouvante devraient-ils évaluer ce changement ? Était-ce le résultat inévitable de la tentative de bâtir des résistances basées sur « l’illusion » de la « couleur politique » ? Le particularisme ethnique est-il une identité plus historique, voire plus « réelle », liée à la survie d’une tradition inventée de négritude (Blackness) commune ? Ou, comme le maintient avec force Sivanandan, la vraie possibilité d’unifier les exploités autour d’une conscience liée à la « couleur politique », basée sur la classe et la race, a-t-elle été renversée par des politiques publiques délibérées et par l’opportunisme dans les rangs des leaders ethniques (ethnic leaders) ?

On retrouve le même type de problèmes dans l’exemple sud-africain. Dans mes anciennes conférences là-bas, je tentais désespérément d’étendre l’expression « soi-disant colorés » à toutes les constructions raciales, je parlais ainsi de « soi-disant blancs » et de « soi-disant noirs ». Afin de mettre en lumière le fait que ces catégories étaient également produites historiquement, cela apparaissait alors sans doute comme une stratégie justifiable. Pourtant, en tant que contribution au débat politique au sein du mouvement de libération sud-africain, ce fut moins pertinent. Les meilleurs militants réclamaient alors un programme complet de discrimination positive (affirmative action) dans les écoles, les structures du mouvement et dans la société plus largement, tenant au fait que la voie vers le non-racialisme incluait de prendre en considération la race. Cependant, j’offrais une formulation qui risquait de conforter les idées de ceux qui croyaient qu’un futur non-racial pouvait émerger de l’ignorance de politiques basées sur la race et qui défendaient l’idée que la race était inutile et contre-productive. Aussi puissante qu’elle soit, l’idée que la race est une construction sociale ne nous informe pas de manière magique sur les stratégies à adopter pour surmonter l’oppression race-classe.

Le tournant de l’exemple ghanéen apparaît comme étant plus prosaïque. Lorsque nous marchions dans Kumasi, spécialement dans les quartiers où nous n’avions jamais été auparavant, les habitants criaient parfois jovialement, en anglais, « Eh, vous êtes blancs ! ». Cela me frappait comme si j’étais un exemple déroutant, et surprenant, de non sequitur, avant que je ne réalise que l’on ne voyait quasiment aucun blanc marcher sur une longue distance ici. Le fond de leur pensée était en réalité « Eh, vous êtes blancs et vous vous promenez ici ! » ou « Eh, vous êtes blancs et devez avoir une voiture ! ». Bien que ce commentaire semblait porter purement « sur la couleur » ou « sur la race », il portait en réalité sur un comportement qui faisait qu’il était important de tenir compte de la couleur. Ainsi, bien que la race soit construite idéologiquement, elle est construite à partir du véritable schéma, prévisible et répété, de la vie réelle. En effet, comme le montrent Barbara Fields et Walter Rodney, c’est l’interconnexion avec la réalité qui donne à la race un intérêt aussi puissant et idéologique. Les blancs ne sont pas biologiquement programmés pour avoir une voiture ou une moto, mais au Ghana il est rare qu’ils en manquent, et c’est ce qui rend la race si importante dans un endroit si chaud, montagneux et poussiéreux, où même marcher est un travail. Dire cela revenait « en réalité » à prédire que les revenus des propriétaires de voitures, leur liens avec les entreprises multinationales et leur rôle dans les organisations humanitaires, les projets des missionnaires ou la recherche académique ne dissoudraient que difficilement la perception de l’interconnexion entre une voiture et la couleur de peau. Comme le remarque la magistrale History of Guyanese Working People de Rodney, les perceptions du monde en terme de race ont prospéré car elles semblaient « constituées des expériences de la vie quotidienne des gens ». La race est donc à la fois irréelle et une réalité visible. Sa démystification ne peut donc pas être accomplie par des exemples intellectuels hermétiques, mais seulement par une lutte politique et culturelle très compliquée.

Pourquoi continuer à parler de la race ?

L’évidence que la race est construite socialement, qu’elle est idéologiquement puissante et traversée par la complexité, est désormais mieux acceptée, mais reste toujours aussi fascinante. Électoralement, comme l’ont montré Thomas et Mary Edsall ainsi que d’autres, la blancheur est devenue, pour reprendre l’expression de Sivanandan, une « couleur politique » qui éblouit la coalition disparate de la nouvelle droite (New Right) et leur permet d’attirer assez de votes des classes moyennes et ouvrières blanches effrayées et aigries, pour régner. De la réalisation de la législation des droits civiques du milieu des années 1960, jusqu’à 1992, seul un démocrate a occupé la maison blanche, et il a, après une manœuvre politique astucieuse, salué l’importance de la « pureté ethnique ». Depuis la « négligence » de Willie Horton, même l’engagement démocrate mitigé pour les droits civiques s’est évanoui du parti, si enclin à la suspicion d’être « laxiste sur la race » que son leadership s’est engagé pour huit ans dans une recherche plus ou moins ouverte à un candidat blanc inattaquable dans ce qui était appelé une stratégie sudiste (Southern strategy) mais qui est mieux comprise en tant que stratégie des banlieues.

La blancheur exerce une telle force politique, malgré son complet discrédit en tant que « couleur culturelle », malgré le fait qu’elle soit devenue le sujet de plaisanterie des comiques de stand-up qui mettent en avant la vacuité de la « culture blanche » dans une nation où beaucoup de ce qui est nouveau, excitant, excellent et populaire – dans la musique, la mode, l’éloquence, la danse, la langue vernaculaire, le sport et de plus en plus dans la littérature, les films et les essais – vient des Afro-Américains, des Asiatiques-Américains ou des communautés Latinos. Nous faisons face, en bref, à une folle et ahurissante situation dans laquelle l’attrait pour la blancheur est pitoyablement maigre mais où l’effectivité de cet attrait pour la blancheur – de Howard Beach à Simi Valley jusqu’aux urnes électorales – est à son paroxysme. Le grand écrivain américain Ralph Ellison avait vu cela arriver il y a déjà une dizaine d’années et formulait alors une question qui touche directement le cœur de la politique et de la culture américaine moderne, de manière très précise :

Que fait, par ailleurs, un jeune blanc qui, avec un transistor radio collé à son oreille, braillant un air de Stevie Wonder, hurlant des épithètes raciales à de jeunes noirs tentant de nager sur une plage publique – et cela au nom de la sainteté ethnique de ce qui a été déclaré comme le territoire du quartier ?

Incapable de répondre à cette question et fatigué après une longue période de règles réactionnaires au niveau racial, nous avons toutes les chances d’être tentés de glisser de l’idée que le race est une construction idéologique à la conclusion qu’il est largement temps de dénoncer celle-ci comme un piège et une illusion et de revenir à des politiques populistes de réformes économiques. Ainsi, s’attarder sur la race, ou réclamer des remèdes « spécifiques à la race » (race-specific) est suspecté d’être contre-productif et même malveillant. L’article fermement matérialiste de Barbara Fields dans la New Left Review sur les origines du racisme américain se clôt par la critique, étonnamment idéaliste, d’une mère ayant demandé à son enfant de quatre ans si une playmate est « noire » puis qui se mit à rire lorsque l’enfant lui répondit qu’elle était « brune ». « Le rire bienveillant de la jeune femme fut provoqué par l’innocence d’une jeunesse, corrompue bien trop tôt », écrit Fields, « mais malgré toute sa bienveillance, son rire accélère cette corruption ». Fields argue que la femme, de même que les intellectuels radicaux qui mettent en avant la race comme un « tragique fléau » aux États-Unis, donne une réalité à la race. Elle suggère plutôt qu’en faisant cela ils sont comme le Ku Klux Klan et les meurtriers blancs de l’adolescent noir Yusef Hawkins. D’autres disent que nous devrions refréner nos discussions sur les questions raciales car seules les questions économiques peuvent générer des succès électoraux. Les propositions concrètes varient largement sur ce qui devrait être mis en avant à la place de la race. Fields propose ainsi la stratégie intéressante, mais totalement fantasque, de la discrimination positive basée sur la classe, alors que pour William Julius Wilson et les nombreux penseurs politiques influents autour du journal libéral American Prospect, les questions pouvant désarmer la race sont celles dans lesquelles la classe moyenne blanche a un intérêt direct, notamment l’emploi et l’assurance santé.

De telles stratégies s’adaptent à l’humeur consternée et démoralisée du libéralisme américain contemporain, et elles font massivement appel aux électeurs Afro-Américains qui sont prêts à tout sauf au Reaganisme (malgré le taux de participation électorale très bas et le peu d’alternatives, ils supportent généralement la candidature de Bill Clinton). Néanmoins, selon moi, les initiatives évitant une discussion frontale sur la race n’ont que peu de chances de réussir, même dans leurs propres conditions limitées. L’absence d’un vote libéral des travailleurs – à la fois car peu d’ouvriers sont organisés, mais aussi parce qu’une majorité de ceux venant de foyers blancs, contenant un syndicaliste, ont voté pour Reagan et Bush lors des trois dernières élections – laisse présager d’une alliance peu propice en cours, modérément progressive et basée sur la classe. Les démocrates ne pourront pas non plus être plus silencieux sur la justice raciale qu’ils ne l’ont été lors des récentes campagnes. La réticence de Clinton à commenter les rebellions de Los Angeles est une opération standard (exception faite durant la campagne de Jackson) concernant la race dans les politiques présidentielles démocrates post-1972, et non pas un phénomène nouveau. La stratégie consistant à ignorer la race a, en ce sens, été réellement tentée.

De même, les républicains ne s’engagent pas plus dans des débats ouverts sur la race. Ils formulent leur appel à un « vote de blancs » en termes de réformes sociales, d’écoles de quartier, de dureté face aux crimes et aux naissances « illégitimes ». Dans la course pour devenir gouverneur du Mississippi de 1991, le gagnant de l’aile droite du parti républicain Kirk Fordice, conclut une campagne de publicité contre les aides publiques par une photographie d’une femme noire et de son bébé. Il invitait littéralement les Mississipiens à voter contre les Afro-Américains, mais fit cela sans parler directement de race. Dans le sillage des rebellions de Los Angeles de 1992, la déclaration la plus essentielle de Bush fut : « Pour tous ceux qui se soucient de notre jeunesse, il est douloureux qu’en 1960, le pourcentage de naissances chez les mères célibataires fut de 5% – et que désormais il soit de 27% ». Comme le correspondant américain du journal londonien Observer, Andrew Stephen, le nota, « Pour les millions d’Américains qui entendirent cette importante déclaration, ce qu’il disait en réalité était  »je parle, bien évidemment, des noirs ». ». Même le très célébré Willie Horton en commentant la campagne de 1988 de Bush ne dit rien sur la race. Durant la campagne de 1992, Dan Quayle réussi à instrumentaliser l’hostilité contre les mères noires bénéficiants de l’aide sociale en parlant, entre autres, du personnage de sitcom blanc Murphy Brown. Une attention sérieuse envers la race est donc déjà absente des politiques américaines, et c’est logiquement la droite qui en bénéficie.

Mais le contenu positif des programmes de réformes économiques ne risque-t-il par de sevrer les électeurs blancs des politiques basées sur la race, ouvrant ainsi la voie à des expériences dans les campagnes électorales susceptibles de traverser les frontières raciales (racial lines) pour nourrir l’idée selon laquelle la race ne doit pas diviser les ouvriers ? Une telle stratégie a sous-tendu une large partie de l’approche de la race et de la classe qu’avait la gauche blanche américaine durant les dernières décennies. Les syndicats furent notamment perçus comme inculquant aux ouvriers blancs que leurs intérêts économiques coïncident avec ceux des Africains-Américains et que mettre leurs organisations en danger par des assauts « prématurés » contre le racisme, fut perçu comme allant contre les intérêts non seulement de la justice de classe mais également de l’égalité raciale.

Dans la mesure où nous arguons que la blancheur et les diverses sortes « d’ethnicités blanches » sont des réactions à l’aliénation, un cas intéressant de cette stratégie, issue d’une longue tradition, consistant à surmonter la race en mettant en lumière la classe, peut être présenté ici. Nous pourrions insister, comme je le fais dans Wages of Whiteness, sur le rôle de l’impuissance dans le travail et l’engendrement d’un règlement qui leur fait croire qu’ils sont des « ouvriers blancs », ou nous pourrions suivre « Reification and Utopia in Mass Culture » de Frederic Jameson en insistant sur la manière dont l’aliénation produite par des structures bureaucratiques et une culture commercialisée aide à assurer un ersatz d’ethnicité chez les blancs. Dans tous les cas, il semble que la participation à d’authentiques luttes contre l’oppression et l’impuissance soit un antidote utile contre la blancheur. Lorsque par exemple, une supportrice « blanche de droite » de la tentative de David Duke de devenir gouverneur de Louisiane en 1991 stoppa sa litanie contre le mythe « des noirs et de l’aide sociale » (« Ils achètent de nouvelles voitures chaque année … ») dans une interview avec USA Today, elle ajouta : « L’État ne va pas s’occuper de moi ». Peut-être que s’il y avait un large mouvement pour un système de santé décent cette femme pourrait s’y joindre, mettre la pression sur l’État, gagner une sorte de pouvoir et, au cours de sa lutte aux côtés des pauvres noirs, remettre en question le mythe qu’elle récitait jusqu’alors.

Il est difficile d’imaginer une assaut efficace contre la suprématie blanche qui ne tiendraitpas compte des millions de petits miracles de ce type, et qui n’inclurait pas un ralliement autour des griefs liés à la classe. Mais plus problématique encore est la tendance à supposer que la redécouverte de la mise en lumière de questions économiques règle tous les problèmes, ou même à appréhender les questions de stratégie politique en ne tenant compte ni de la race ni de la classe. Le dossier historique des réalisations antiracistes à partir de réformes économiques est bien mince. Du National Labor Union jusqu’aux populistes de la CIO, peu importe ce que nous souhaitons qu’ils aient réalisé et peu importent leurs autres réalisations, de telles coalitions ne surent pas répondre aux attentes lorsque la justice raciale fut en jeu. Ce dossier ne montre d’ailleurs pas non plus que les luttes communes peuvent « enseigner » une humanité commune sur le long terme. L’aile Tom Watson des populistes apprit spectaculairement la leçon de l’unité noirs-blancs et, plus spectaculaire encore, l’oublia aussitôt. L’expérience de la défaite – et il n’y a aucune garantie que les mouvements de classe vont gagner – entraine avec elle une recrudescence de la suprématie blanche. La convention agonisante du National Labor Union envisageait sérieusement certaines propositions de l’intellectuel sudiste raciste Hinton Rowan Helper pour dégager les noirs des États-Unis, tandis que le Knights of Labor, si brillamment égalitariste dans ses heures les plus glorieuses, commença à décliner après avoir accepté une résolution pour coloniser les Afro-Américains en vue d’aider « le prolétariat blanc ». Le motif pour lequel la meilleure issue dans un nouvel effort de réformes économiques minimise l’emphase immédiate sur la justice raciale reste flou, en particulier étant donné que la substance des réformes mollassonnes sur l’offre des néolibéraux, qui sont le fer de lance des stratégies économiques, est rarement ce par quoi les grandes transformations dans la conscience politique sont faites.

Les partisans de l’importance croissante mise dans l’appel au réformisme économique et au silence continu autour de la race ont parfois internalisé une sorte de marxisme qui entend mettre l’accent sur la réalité objective des rapports de classe comme quelque chose s’opposant à l’idéologie de la race. Je n’ai aucun problème avec cette distinction, cependant en l’appliquant nous devons imaginer que les ouvriers voient objectivement le monde à travers leur expérience de classe, dans une part de leur cerveau, et subjectivement à travers le filtre distordant de la race d’autre part. À un certain niveau de conscience, la classe est tout sauf un reflet fidèle de la réalité objective. De plus, la manière subjective par laquelle les ouvriers blancs perçoivent et définissent la classe est, aux Etats-Unis, totalement façonnée par leur blancheur. Deux récentes études sur les ouvriers du New Jersey confirment par ailleurs ce point. Dans l’excellente étude sociologique de David Halle sur les ouvriers du secteur chimique, les ouvriers blancs s’identifient comme des « travailleurs » ou des « classes moyennes ». Ils ont tendance à voir leurs voisins blancs comme eux en termes de classe, que ces voisins soient ou non des ouvriers salariés. Ils voient les ouvriers noirs qui ont les mêmes emplois qu’eux – des travailleurs qui sont, plus que les voisins blancs, plus nombreux à partager une appartenance à l’AFL-CIO avec les ouvriers du secteur chimique – comme différents en termes de classe, comme des «fainéants» et des « intrus ». Plus frappante encore est la récente étude de Katherine Newman sur le déclin industriel, qui se base sur des entretiens avec d’anciens ouvriers blancs dont l’usine a fermé à Elizabeth, dans le New Jersey. Nombre de ces ouvriers analysent cette austère expérience de classe en disant que leur employeur fut forcé de partir car il était impossible de faire des profits tout en employant des noirs et des hispaniques. Un mouvement espérant déborder David Duke simplement en popularisant un type de plans contre le chômage et pour le système de santé qui bénéficierait aux blancs les plus durement touchés, qui forment une large part de sa circonscription, pour attaquer de front le problème que beaucoup des pauvres blancs accusent l’État Providence de bénéficier à « ces gens là » serait illusoire. En tant qu’étude influente citée par le Edsalls elle a, pour un secteur clé de l’électorat blanc, « redéfini virtuellement tous les symboles et thèmes progressistes en termes raciaux et péjoratifs ». Dans une telle situation, on peut aisément arguer qu’attaquer le racisme est une condition préalable à des réformes se basant sur la classe tout comme les réformes se basant sur la classe sont une précondition pour attaquer le racisme.

Il y a environ un demi-siècle, C.L.R. James critiquait la stratégie de la gauche traditionnelle concernant la race et la classe en écrivant que «  le slogan  »Noirs et Blancs, unissez-vous dans votre lutte » est irrécusable en principe … Mais il est souvent trompeur et parfois même offensant face à la réalité multiple, tumultueuse et souvent meurtrière de la réalité des rapports raciaux aux États-Unis ». Nombre de ceux souhaitant défendre aujourd’hui une emphase unique sur les griefs économiques communs devraient récuser des termes comme « luttes », lorsqu’ils mentionnent la race dans leurs slogans et devraient même carrément récuser ce terme de leurs slogans. Mais nous devrions tout de même partager le malaise de James avec toutes les stratégies politiques qui supposent que les griefs de classe aux États-Unis ne peuvent être combattus sans porter une attention complète à la race.

Le théoricien britannique Terry Eagelton a jugé que le genre et la nation, tout comme la classe, sont des identités socialement construites basées sur l’aliénation qui « annule les particularité de la vie individuelle dans un collectif anonyme ». Mais il a refusé de suivre « certaines des théories poststructuralistes contemporaines » en concluant que nous devrions par conséquent supposer que l’on peut « faire le tour » de ces identités plutôt que de « couper à travers elles ». Il argua que « puisque la vérité demeure que les femmes sont opprimées en tant que femmes – de telles catégories, bien que pouvant être ontologiquement vides, continuent à exercer une force implacable » – nous devons lutter pour le (et parler du) genre. Nous devons poursuivre une stratégie politique « prônant l’anéantissement des catégories les plus métaphysiques ». Je suggérerais, quant à moi, que la race est une autre de ces catégories « ontologiquement vide » et « métaphysique » à laquelle nous devons nous confronter pour l’abolir. Beaucoup de gauchistes ou de libéraux admettraient peut-être la vérité qui réside dans cette critique de l’économisme, mais continueraient cependant à arguer que, que cela vous plaise ou non, des politiques « spécifiquement raciales » ont été en pratique complètement discréditées par leur inapplicabilité. En faisant un sérieux effort pour localiser « l’aile gauche des possibles », ils pointent les réalités démographiques et les schémas du vote des blancs et mettent ainsi l’accent sur les dangers d’une « démarche solitaire » des minorités qui s’organiseraient autour de griefs spécifiques. En effet les Edsalls et d’autres écrivains récents qui soutiennent des stratégies économiques ne le font pas par rejet de l’importance de la suprématie blanche mais – comme le meilleur exemple récent de telles stratégies, Bayard Rustin – sans prendre en compte l’influence néfaste du racisme. Lors d’un important débat public – durant les récentes élections sénatoriales – avec le politicien démocrate de Caroline du Nord Harvey Grant, une victime de l’offensive contre la race de Jesse Helm, l’historien populiste Lawrence Goodwyn défendit les réformes économiques comme la seule stratégie démocrate viable car il ne voyait aucun autre moyen de se sortir du racisme de l’électorat américain.

En s’opposant à un tel économisme nous devons être assez humbles pour admettre qu’il a triomphé comme stratégie contre la réaction car les alternatives existant contre cette-dernière se sont montrées bien moins attrayantes. Un libéralisme se basant sur la poursuite d’une discrimination positive incomplète ne s’est pas montré plus attractif qu’un libéralisme basé sur des créations d’emplois ou un système de santé d’emplois incomplets. Les tentatives de combiner et de transcender ces deux approches au sein d’une coalition arc-en-ciel (Rainbow Coalition) se sont largement montrées paralysantes. Les initiatives pour unir les ouvriers autour de revendications économiques révolutionnaires, plutôt que réformistes, ont eu une audience bien moindre que les appels de David Duke. En tentant de stopper un Duke, ou un Georges Bush, les opposants à la réaction se mettent à graviter autour de réformes économiques presque par défaut. Soutenir le pâle populisme d’Eddie Edwards en Louisiane ou Bill Clinton au niveau national n’est pas tant la « politique du moins pire » que le dernier recours existant.

Mais aussi compréhensible que soit ce « dernier recours », il n’en reste pas moins une impasse. Cette stratégie échoue généralement, même selon ses propres termes, en n’empêchant pas les Helms, Bush et Reagan d’accéder à la victoire (elle n’arrive même pas à empêcher Duke de gagner une majorité des « votes des blancs »). Plus sérieusement, la prudence et la peur de discussions ouvertes sur la race, alimentées par une attention constante aux « possibilités » électorales immédiates nous aveuglent quant aux vraies tensions au sein de la suprématie blanche. Cela nous laisse dans l’incapacité d’évaluer la façon dont un vrai questionnement sur la blancheur dans la culture américaine ouvre l’opportunité de mobiliser les gens dans une opposition bien plus effective à la fois aux oppressions de race et de classe. Tirer avantage de telles possibilités requiert non seulement que nous continuions à parler de la race, mais également que nous nous intéressions à un aspect généralement négligé lorsque l’on s’intéresse à la race aux États-Unis, la question de savoir pourquoi les gens pensent qu’ils sont blancs et si oui ou non ils devraient arrêter de penser cela.

Vers un dépérissement de la blancheur

Lorsque les habitants des États-Unis parlent de la race, ils parlent, généralement, uniquement des Afro-Américains, des Amérindiens, des hispano-américains et des Asiatiques-Américains. Lorsque les blancs entrent dans le débat, c’est uniquement car ils se « comportent » d’une certaine manière envers les non-blancs. On suppose généralement que les blancs « n’ont pas de race », bien qu’ils puissent être racistes. Les propositions les plus critiques des récents travaux universitaires sur la construction sociale de la race sont survenus précisément parce que les écrivains ont voulu s’attaquer à l’idée qu’il suffirait d’expliquer pourquoi les gens sont considérés comme des Noirs, des Asiatiques, des Amérindiens ou des Hispaniques et non pas à ce que Theodore Allen a magistralement nommé « l’invention de la race blanche ». Coco Fusco résume cette importante idée et sa portée politique en écrivant que : « les identités raciales ne concernent pas seulement les Noirs, les Latinos, les Asiatiques, les Amérindiens, etc. … ; elles sont également blanches. Ignorer l’ethnicité blanche revient à donner encore plus de puissance à son hégémonie en naturalisant celle-ci. ».

Afin de contribuer de la manière la plus complète possible à l’émergence d’une nouvelle société, les militants qui s’appuient sur les idées voyant la race comme une construction sociale doivent focaliser leur énergie politique à exposer, démystifier et défaire l’idéologie bien particulière de la blancheur, plutôt que de parler de la race en général. En défendant cette position, trois points majeurs méritent que l’on s’arrête dessus. Le premier est que, bien que ni la blancheur ni la négritude (Blackness) ne soient des catégories raciales scientifiques (ou naturelles), la première est infiniment plus fausse que la seconde, et c’est justement cette fausseté qui la rend si dangereuse. Le deuxième point est qu’en considérant que la blancheur et la négritude sont « la même chose » nous sapons ce qui est devenu, via la notion de « racisme inversé » (reverse racism), un instrument majeur renforçant le refus populaire chez les blancs de s’attaquer à la fois au racisme et à eux-mêmes. Le dernier point est que la blancheur est désormais une forme particulièrement cassante et fragile de l’identité sociale et qu’elle peut être combattue.

L’analyse moderne la plus pénétrante sur la blancheur est de loin un essai de seulement deux pages publié dans un magazine de société (lifestyle magazine). Écrivant dans Essence en 1984, James Baldwin réfléchissait sur le fait d’ « Être  »blanc » et autres mensonges » (On Being  »White » and Other Lies) et mit immédiatement le doigt sur ce qui fait de la blancheur une catégorie à part en tant que phénomène social américain. « La crise du leadership dans la communauté blanche est assez remarquable – et terrifiante – » écrivit Baldwin dès le début de son texte, « car il n’y a, en fait, aucune communauté blanche ». Il ne s’agit pas simplement de dire que la blancheur est oppressive et illusoire ; mais qu’elle n’est rien d’autre que cela. Nous parlons de la culture et de la communauté Afro-Américaines, et c’est très bien comme cela. En effet, la construction de divers groupes ethniques africains au sein du peuple Afro-Américain, si lucidement décrite par Sterling Stuckey, est l’authentique histoire d’un melting pot américain. Dans son attaque passionnée du concept de race Afro-Américaine et de race blanche, Barbara Fields caractérise les Afro-Américains de « nation ». C’est précisément ce que les blancs ne sont pas. Il y a bien une culture américaine, mais elle est assez « mulâtre » (Mulatto), pour reprendre la fine description qu’en fait Albert Murray. S’il y a une culture sudiste elle est encore plus métissée que la culture américaine. Il y a des chansons irlando-américaine, des quartiers italien-américains, des traditions slaves-américaines, des villages allemands-américains, etc. … Mais de telles cultures ethniques sont toujours menacées d’être englouties par le mensonge de la blancheur. La blancheur désigne, de Little Big Horn jusqu’à Simi Valley, non pas une culture mais précisément une absence de culture. C’est une attente assez vide, et donc terrifiante, que celle de bâtir une identité à partir de ce que quelqu’un n’est pas et de se demander comment freiner cela.

Quasiment aucune initiative de gauche n’a interpellé les ouvriers blancs afin de critiquer, et encore moins d’abandonner, leur blancheur. Le commentaire magnifique de Baldwin dans le film The Price of the Ticket selon lequel « tant que vous pensez que vous êtes blancs, il n’y a aucun salut pour vous », semble plus poétique que politique pour les radicaux qui ont trop longtemps confiné leurs luttes à encourager les blancs à s’unir aux noirs et qui ont trouvé qu’il était difficile de désarmer le racisme, et encore plus de penser à abolir la blancheur. Pourtant une politique hautement poétique est exactement ce qui est requis dans une situation où les ouvriers qui s’identifient comme blancs sont tenus de battre en retraite face à une réelle unité de classe et un antiracisme conséquent. Dans un essai fascinant de 1974, soulignant les conditions requises à l’émergence d’une unité des luttes des travailleurs, le grand théoricien vivant à Londres A.Sivanandan s’opposa aux formulations habituelles des rapports entre race et classe, écrivant que « en recouvrant son sens de l’oppression, à la fois de l’aliénation technologique et d’une culture blanche, la classe ouvrière blanche arrive à une certaine conscience de l’oppression raciale ». Sur ce point, le rejet de l’oppression raciale par les ouvriers blancs ne doit pas uniquement émaner de la participation commune à la lutte des classes, ou même à la lutte antiraciste, aux côtés des noirs, mais également d’une critique de la culture vide de la blancheur elle-même. Rejeter la blancheur fait ainsi partie d’un processus qui permet à la fois de renforcer la lutte contre le racisme et de recouvrir un vrai « sens de l’oppression » au sein des ouvriers blancs.

Tant qu’elle n’implique par une critique de la blancheur, la remise en cause du racisme se montre généralement superficielle et limitée. En effet, à ce point de jonction horrifiant dans les rapports de race, la plupart des blancs se décrivent eux-mêmes comme « non-racistes ». Même la suprématie blanche de David Duke, qui se traduit par la National Association for the Advancement of White People, permet à leurs soutiens de sentir que, comme l’un d’eux le déclarait à USA Today, ils ne font que la « même chose » que les Noirs dans la NAACP. Même certains membres assumés du Klan se décrivent désormais comme « non-racistes ». À St Louis, de jeunes blancs appellent les noirs « nègres » en partant du postulat « non raciste » qu’ils décrivent des attitudes et non pas de la génétique. « Les noirs sont gentils et polis », disent-ils, « mais les nègres sont de la vermine ». Il est facile de voir de tels raisonnement comme de la pure hypocrisie, notamment venant de la bouche de David Duke, mais nous devrions également affronter le fait que de nombreux blancs se sentent totalement étrangers à ceux que l’on nomme « intolérants » ou « racistes ». Pour la plupart des étudiants blancs ces termes impliquent le fait d’être « extrémistes », « violents » ou « en dessous de la moyenne ». La plupart de ces étudiants sont persuadés de ne pas être concernés par ces termes.

L’expression destructrice de « racisme inversé » grandit de plus en plus avec l’assurance qu’ont les blancs d’avoir dépassé la race. Ils sont persuadés de voir le monde à partir du seul mérite, alors que les multiculturalistes, les défenseurs de la discrimination positive, les pécheurs amérindiens, les nationalistes noirs et les leaders libéraux « ramènent la race dans le débat ». Une analyse qui se contente simplement de démystifier les conceptions de la race, sans se concentrer sur la critique de la blancheur, court le risque de renforcer ces notions très répandues.

Toute la lutte contre le concept de « racisme inversé » est en fait terriblement difficile lorsque nous échouons à questionner réellement la blancheur et qu’au lieu de cela nous restons sur le terrain politique habituel. Les conservateurs, comme le disait bizarrement Martin Luther King, occultant le fait qu’il était lui-même un défenseur de la discrimination positive, croient réellement en des normes sans race se basant ainsi sur un « contenu individuel ». Nous tentons donc d’argumenter à partir d’exemples historiques pour un auditoire qui n’est pas forcément disposé à voir sur le long terme. Nous pensons que le racisme implique le pouvoir systématique de dominer et que puisque les personnes de couleur n’ont pas un tel pouvoir, le racisme inversé n’est pas un concept pertinent. Pourtant, cet argument tout à fait valable tombe souvent dans les oreilles d’un sourd puisque les premiers à croire en l’idée d’un « racisme inversé » sont généralement les blancs persuadés d’être eux même sans pouvoir. Souvent, désespérés, nous commençons notre dernière phrase par « Mais vous refusez de voir que … ».

Mais ceux qui se sentent victimes du « racisme inversé » voient bien, eux. Ils voient bien, avec juste la bonne dose d’aveuglement, que le fait qu’ils soient blancs (mais non racistes) et qu’ils aient des privilèges de blancs, leur demande d’ouvrir les yeux. Lors du procès de la Simi Valley, ils virent Rodney King se faire rouer de coups, mais comme l’a montré un juré, d’une façon ou d’une autre King semblait tout de même « contrôler » la situation et menacer les policiers blancs. Lorsque Bill Clinton fit référence à sa blancheur, lors de sa comparution devant la coalition arc-en-ciel afin de s’en prendre à la rappeuse Sister Souljah, il espérait faire appel à des vues partagées par de nombreux blancs. Ou peut-être que ce n’était là que sa façon de voir. Il s’en prit au commentaire de Sister Souljah selon qui il est banal que de jeunes noirs de South Central à Los Angeles qui s’attaquent et se tuent mutuellement, puissent envisager de faire la même chose aux blancs pendant une semaine. En lui-même, le commentaire de Souljah n’est rien d’autre qu’un exercice introductif à la sociologie, mais le son de cloche de Clinton semblait comparer Souljah à David Duke. Sa demande que les auditeurs imaginent une situation qui serait inversée et que Duke fasse le même commentaire que Souljah était d’une certaine manière totalement absurde. Qu’est ce qui serait « inversé » dans cette situation? Duke irait-il à Simi Valley ou à Beverly Hills en disant qu’il est banal que des blancs qui s’attaquent entre eux toute l’année veuillent attaquer des noirs pendant une semaine ? La situation ne peut tout simplement pas être inversée. La police n’isole pas les blancs pour les harceler racialement et les brutaliser. On ne tue pas des centaines de jeunes blancs dans des guerres contre la drogue ou des guerres de gangs. Seuls les blancs peuvent prendre le commentaire de Clinton au sérieux. Et c’est d’ailleurs ce qu’ils font.

Mais l’incident de Sister Souljah doit également nous alerter sur le fait que nous ne devons pas capituler devant la blancheur. La coalition arc-en-ciel, devant laquelle a parlé Clinton, arrive à mobiliser des dizaines de milliers de blancs non seulement autour de politiques sociales démocratiques mais également autour de l’idée que la lutte contre le Reaganisme devrait inclure des personnes de couleur en tant que constituante centrale et comme leaders. Le succès le plus spectaculaire de la coalition arc-en-ciel dans la mobilisation de jeunes ouvriers blancs vers l’idée que le style de lutte du mouvement de libération noir était bien plus en phase avec leurs conditions sociales que n’importe quelle politique blanche – la mobilisation d’ouvriers automobiles du Midwest dans des rassemblements impressionnants en 1988 – ne s’est pas, il est vrai, toujours traduit en votes. La désorganisation de cette coalition, son manque de démocratie et sa timidité politique combinés au pouvoir continu de la mentalité raciale chez les blancs ont limité l’étendue jusqu’à laquelle les ouvriers blancs acceptent les non-blancs politiquement, mais la possibilité qu’ils puissent faire cela dans une organisation se mobilisant à la fois sur les questions de classe et de race, était clairement présente.

Nous pourrions penser que beaucoup de blancs aiment des artistes hip-hop comme Sister Souljah bien plus qu’ils n’apprécient Bill Clinton. L’énorme popularité de la musique et du style hip-hop dans la jeunesse blanche a souvent été décrite comme une fascination pour la violence et le sexisme au sein des jeunes hommes blancs de banlieue ; pourtant il semble que cela aille bien plus loin. La variété des messages des rappeurs attirent des hommes et des femmes des classes moyennes et ouvrières blanches, du collège à l’âge adulte. Contrairement au rock, qui amena les blancs à la musique Afro-Américaine mais qui dilua rapidement les influences noires de ce style musical, les blancs s’approprient le hip-hop sans pour autant vouloir le changer. En cela, le parallèle est plus proche de l’attrait de la classe ouvrière blanche pour la musique soul des années 1960 et 1970 (et c’est toujours le cas, voir notamment le film The Commitments) et peut-être pour le reggae également. Le hip-hop offre aux jeunes blancs non seulement la spontanéité, l’expérimentation, l’humour, le danger, la sexualité, les mouvements physiques et la rébellion, qui sont absents de ce que l’on considère comme la culture blanche, mais le hip-hop offre également une critique explicite et sévère de la blancheur.

Il serait bien évidemment ridicule de clamer que chaque fan de hip-hop blanc puisse trouver le chemin de sortie de la blancheur, sans parler du racisme. Il n’y a pas de solution miracle au racisme en Amérique et il est important de pointer les limites, comme les possibilités. Le « guido » de la sous-culture dans le New York Italo-américain, très bien décrit dans les récents écrits de Donald Tricarico, est un exemple ambigu de ces possibilités et de ces limites. Les Guidos ont pour la plupart adopté les codes du hip-hop et affirmé une identité italo-américaine distincte contre les « prétendants » blancs américains. Ils parlent d’eux même comme étant des Guinéens tournant les insultes anti-italiens, anti-noirs comme autant de signes honorifiques. Mais la rupture avec le racisme est loin d’être complète. Comme le souligne Tricario, en de nombreux points, les Guidos, « résistent à l’identification avec les jeunes noirs » et « mordent la main-même qui a nourri leur style ».

Historiquement, l’utilisation d’une image (souvent distordue) d’un mode de vie Afro-Américain afin d’exprimer une critique de la « culture blanche », ou le désir d’un mode de vie différent, n’a jamais réellement été un antidote au racisme. Ce vaudeville reflète de tels désirs sous le masque noir (blackface) tout en continuant à mépriser les Afro-Américains dans une parfaite illustration de la sage observation de Herman Melville que «  … l’envie et l’empathie, deux passions irréconciliables en théorie, se rejoignent néanmoins pour ne former plus qu’une ». En un sens, plus ce désir est fort, plus la réaffirmation de la blancheur et de la suprématie est forte. L’usage de la culture Afro-américaine pour critiquer la blancheur, comme le montre Norman Mailer, de manière largement involontaire, dans « The White Negro », n’est jamais sans superficialité, superstition et paternalisme. La perte de la blancheur peut avoir la même beauté que dans le film de John Waters Hairspray ou la même faiblesse et arrogance que dans Soul Man. Et ces deux extrêmes n’apparaissent pas qu’entre, mais aussi au sein, des individus blancs. Finalement, en un certain sens, les blancs ne peuvent pas totalement renoncer à leur blancheur, même s’ils le souhaitent. L’héroïne italo-américaine du film de Spike Lee Jungle Fever est un exemple de traitre à sa race ; pourtant lorsque la police arrive, elle reste blanche.

Mais même en prenant en compte tous ces problèmes, on ne peut pas ignorer les implications politiques du questionnement de masse de la blancheur comme une mode ainsi qu’une possibilité aux États-Unis. Dans diverses situations, y compris la campagne de Duke, les blancs avouent leur confusion quant à savoir si cela vaut vraiment la peine d’être blanc. Nous devons affirmer que cela n’en vaut pas la peine et que nombre d’entre nous ne souhaitent pas être blancs. Des initiatives contre un Duke ou un Bush ne devraient pas seulement être orientées vers une classe ou vers l’antiracisme, mais devraient en un sens être explicitement anti-blancs, avec une attention particulière sur la mise en lumière de la manière dont la blancheur installe une sorte d’apathie chez les blancs dans les politiques et la misère de la vie quotidienne. Lorsqu’un Clinton favorise la blancheur, nous ne devrions pas le laisser s’en tirer à si bon compte, pour la simple raison que ses commentaires sont racistes. Notre opposition devrait se focaliser sur le contraste entre la banqueroute des politiques blanches et les possibilités de non-blancheur. Nous devrions pointer non seulement que les blancs et les personnes de couleurs ont souvent des intérêts communs mais que les personnes de couleur agissent en faveur de ces intérêts bien plus conséquemment – dans la politique, au travail, et de manière très forte dans les luttes communautaires – précisément parce qu’ils ne sont pas embourbés dans la blancheur. Nous devrions transformer le « racisme inversé » d’un juron en une injonction (renversez le racisme!), faire campagne pour la discrimination positive sur la base à la fois de lutte pour la justice et du combat contre les privilèges qui reproduisent tragiquement la blancheur. Les coalitions pour des réformes économiques doivent être considérées non seulement comme des relais pour des mobilisations de classe et pour désarmer le racisme, mais également comme des lieux où les blancs apprennent que les non-blancs font généralement plus de connections entre la classe et la communauté que les blancs et tiennent donc une place centrale dans les mouvements insurgés. Si même MTV réalise qu’il existe une audience de masse pour la critique de la blancheur, nous ne pouvons pas ne pas nous rallier à, et ne pas apprendre d’un engagement constitutif à son abolition.

David Roediger

Notes

[1]David ROEDIGER, Accounting for the Wages of Whiteness. U.S. Marxism and the Critical History of Race » In : Wulf D. HUND, Jeremy KRIKLER et David ROEDIGER (dir.), Wages of Whiteness & Racist Symbolic Capital, Lit Verlag, 2011.

[2]On peut cependant noter : Elizabeth ESCH et David Roediger, « Pour déracialiser il faut penser la race », Période, http://revueperiode.net/pour-deracialiser-il-faut-penser-la-race-et-la-classe/ , Juin 2014. Ainsi que : David Roediger, « L’éclipse de la race et de la classe » In : Félix BOGGIO ÉWANJÉE-ÉPÉE et Stella MAGLIANI-BELKACEM (dir.), Race et capitalisme, Syllepse, 2012.

[3]Sadri KHIARI, « Les mystère de « l’articulation » races-classes », Parti des Indigènes de la République, http://indigenes-republique.fr/les-mysteres-de-l-articulation-races-classes/ , Juin 2011.

Voir de plus:

Joanne Chesimard, première femme sur la liste des «terroristes les plus recherchés» du FBI

Soupçonnée d’être cachée à Cuba, la sexagénaire condamnée pour avoir tué un policier est aussi la marraine de feu le rappeur Tupac Shakur.

Le FBI a annoncé ce jeudi 2 mai avoir ajouté Joanne Chesimard à sa liste des «terroristes les plus recherchés», avec une récompense de 2 millions de dollars offerte pour sa capture.

Joanne Chesimard a l’honneur douteux d’être la première femme sur la liste, qui existe depuis 2001 et sur laquelle ont figuré les noms tristement célèbres de Khalid Sheikh Mohammed, Oussama ben Laden, Ayman al-Zawahiri, et Adam Gadahn.

Joanne Chesimard, qui était membre d’un groupe appelé la Black Liberation Army (l’Armée de libération noire), a été ajoutée à la liste quarante ans jour pour jour après la date où elle est accusée d’avoir tiré sur un policier d’Etat, et de l’avoir tué, sur une autoroute du New Jersey.

«Joanne Chesimard est une terroriste intérieure qui a tué un agent des forces de l’ordre en l’exécutant», a dit l’agent spécial Aaron Ford dans un communiqué de presse.

«Aujourd’hui, date de l’anniversaire de la mort de Werner Foerster, nous voulons que le public sache que nous ne nous arrêterons pas jusqu’à ce que cette fugitive soit devant la justice.»

Joanne Chesimard, qui a désormais la soixantaine et est également connue sous le nom d’Assata Shakur –elle est aussi la marraine de feu Tupac Shakur–, a fini par être arrêtée et condamnée pour le meurtre de Werner Foerster. Elle est aussi devenue plus ou moins célèbre à cause des doutes sur sa culpabilité –elle nie avoir tué le policier– et des rumeurs selon lesquelles elle aurait été maltraitée en prison (elle est toujours relativement célèbre. En 2000, le rappeur Common a sorti une chanson sur elle, appelée A song for Assata, ce qui a mis le commentateur conservateur Bill O’Reilly très en colère).

En 1979, Joanne Chesimard s’est échappée de prison. Les autorités pensent qu’elle est depuis 1984 cachée à Cuba, qui a pour habitude de donner asile aux fugitifs américains qui épousent des dogmes quasi-révolutionnaires.

En 2005, elle a été designée «terroriste intérieure» par le FBI. Cette appellation aussi vague que flexible lui a probablement été appliquée parce que ses crimes étaient fondés sur une idéologie anti-gouvernement. A l’époque, une récompense d’un million de dollars avait été offerte pour sa capture. Une récompense qui a donc doublé.

Mais à quoi bon? Si Joanne Chesimard est bien à Cuba, elle est hors d’atteinte du FBI. Le gouvernement cubain ne va pas la laisser tomber. Par ailleurs, si le FBI était réellement intéressé par le fait d’alerter le public et de lui demander de guetter Joanne Chesimard, l’agence aurait probablement rendu très clair le fait qu’elle se fait désormais appeler Assata Shakur. A la place, le FBI l’appelle «Joanne Chesimard» dans tout son communiqué de presse, et note seulement à la fin que ce n’est plus son nom d’usage.

Ce communiqué montre en fait que les listes des criminels les plus recherchés du FBI servent autant aux relations publiques qu’à attraper des criminels. Elles sont des rappels symboliques que certains crimes sont trop horribles pour être oubliés, peu importe la date à laquelle ils ont été commis.

Les agents des forces de l’ordre n’aiment particulièrement pas qu’on oublie les gens qui ont été condamnés pour meurtre de policier, puis se sont échappés de prison, et sur qui on a écrit des chansons. Comme la branche du FBI de Newark l’a dit dans un autre communiqué:

«La justice n’a pas de date d’expiration, et notre détermination à capturer Joanne Chesimard ne diminue pas avec le temps qui passe. Au contraire, elle augmente encore plus quand on sait que cette tueuse continue à vivre libre.»

Je doute fort que le FBI s’attende à ce qu’ajouter Joanne Chesimard à sa liste des terroristes les plus recherchés l’aide à l’attraper. C’est probablement un geste symbolique, quelque chose qui fera plaisir à la police d’Etat du New Jersey, rassurera la famille de Werner Foerster, et dira au monde que si vous êtes condamné pour le meurtre d’un policier, le FBI ne vous lâchera pas jusqu’à ce que vous soyez au tribunal. D’une manière ou d’une autre.

Justin Peters

Traduit par Cécile Dehesdin

Voir encore:

 pop music

American music has always been a great and complex exchange. But who, exactly, gets to borrow from whom, and under what conditions, has become increasingly controversial. Paul Simon’s Graceland album — about to celebrate its 30th anniversary — was criticized at the time of its release for Simon’s use of “African” musical elements. Now? It’s almost impossible to imagine a white musician even attempting a similar experiment. The cultural stakes are too fraught, a point underscored by Grey’s Anatomy actor and activist Jesse Williams during a speech at the BET Awards in June in which he criticized white “gentrification” of black culture. What sounds to one listener like homage can sound to another like theft or, more politely, appropriation. And with the white-rapper likes of Macklemore and Iggy Azalea earning Best Rap Album Grammy nominations (as well as millions of dollars) — that can be hard to swallow for those who see hip-hop as a black form.

The appropriation issue, recently renewed and given a new energy by the passionate rhetoric of Black Lives Matter, has been around since at least the early 20th century. But are we just talking in circles? Is there a way forward? Here, New York pop-music critic Craig Jenkins and Vulture music columnist Frank Guan wrestle with the subject.

What is gained and what is lost by an increased sensitivity to cultural appropriation? What does acceptable cultural borrowing look like? Is it possible? Or even particularly desirable?

Craig Jenkins: I’m glad to have Gracelandto point to, because for me it’s an example of cultural exchange that — for all the complaints about the exploitative implications of a then-floundering white American folk musician sneaking off to South Africa and coming back with mountains of cash and the Grammy for Album of the Year — effected a net good. Sure, Simon broke boycotts intended to pressure the apartheid ruling power, but Graceland also put a human face on the struggle and introduced millions of Americans to the rich music of Africa. He helped make Ladysmith Black Mambazo international stars in the process.

If you’re an artist dabbling in a culture you weren’t born into, you should make yourself a conduit of the people’s art and journey. Simon’s Graceland move is leagues more mindful than the similarly culturally voracious move of someone like Iggy Azalea, for instance, who it’s clear is reveling in the language and mannerisms of hip-hop without expressing much concern for the history of the culture, the plight of the people in the cities that fuel it, or her own curious place in it. When she walks off with a string of chart-toppers — while remaining unapologetic in the face of conversations about how her path has been made easier by being an attractive white woman in the entertainment business — it feels like she’s made off with them at black art’s expense.

In response to Williams’s speech, Justin Timberlake made a gaffe on Twitter for which he was roasted online and for which he was compelled to apologize. This attests to a third kind of cultural borrowing in pop music that’s quickly coming under fire as politically savvy people are finding a voice on Twitter. Timberlake is a white artist who gives all appearances of being “down” with black culture, who benefits from a light coat of black inner-city flavor, but, as a former child star, reverts to media-coached, America’s-sweetheart mode when controversy arises. I think about Justin Bieber turning very publicly to Jesus when his hip-hop-inflected bad-boy persona started drawing court cases. I wonder how we would’ve weathered Gwen Stefani’s and Fergie’s squeaky-clean early-aughts hip-hop incarnations in this climate. Or Madonna’s “La Isla Bonita” video. I think I know acceptable cultural exchange when I see it, and it looks like collaboration, not costume, like advocacy, not avoidance. But I wonder if these nuances matter anymore.

Frank Guan: It seems to me that the question of what constitutes “permissible” borrowing of black-American music is something that black Americans decide among themselves through a continuous process of informal dialogue. If their music is rooted in their social position and represents a mode of political resistance, then it’s not just chords or rhythms or postures that are at stake for black Americans when their culture is (sometimes beautifully, but most times ineptly) replicated by the white majority for its own benefit: Their spiritual identities are on the line in a way that white Americans’ would not be if a black musician adopted, say, a Burt Bacharach tune for his or her own purposes. To my mind, great art fails to embody a better world, but it carries the promise of such a world and encourages its audience to be worthy of it. Mediocre art, on the other hand, reiterates the world as it already is: Lacking transformative energy, it can only reflect the stinginess and squeamishness of its society of origin.

In the end, I suspect that the more profoundly one is influenced by an artist from a different culture, the more one recognizes the foreign artist as someone intelligent enough to understand the consequences of choices of technique and feeling, and as someone mature enough to accept those consequences. It’s hard to do all that without accepting the other artist as, at the very least, a fellow human being. And it’s very hard to imagine anyone who could seriously resent the existence of albums like Graceland or the Talking Heads’ Afro-beat-indebted Remain in Light (or of individual songs like Bowie’s James Brown–influenced “Fame” or Kurt Cobain’s version of “Where Did You Sleep Last Night,” a traditional Appalachian song made famous by Lead Belly) simply because the artists are white while their musical influences are black. Quality matters in itself, but in these cases the excellence of the music testifies to the depth of the artists’ engagement with, and acceptance of, black humanity. Likewise, regarding the more recent artists that Craig cites, it’s difficult not to suspect that the lack of quality reflects a carelessness and obliviousness regarding black people so typical in society that its aesthetic reiteration, however profitable, is ultimately pointless.

Perhaps a more interesting question has to do with why, in the 30 years between now and Graceland, the number of instances where white musicians combine the genius of black musical culture with their own seems to have diminished. Is it just the ascendance of hip-hop, or is there something more at work?

Jenkins: I don’t think musicians are ever going to stop dabbling and borrowing, especially where there’s money to be made. Look at all the country guys talk-singing over programmed drums in the last three years. What is going to happen — is happening already — is that artists who employ aspects of, let’s say, hip-hop, without having to don the social and political stigmas that come with blackness, are going to have to do more reading about and listening to and speaking out for the culture that inspires them. The relationship needs to be reciprocal, and for many stars who’ve gotten very rich through some measure of cultural siphoning, it isn’t. And people are tired of that. And they have a means of carrying their displeasure directly to the offending parties and drumming up bad press without much effort. You used to have to mail off a letter when you were mad at a musician. Now a simple tweet will suffice.

There are nuances to being an ally, too. Many rap fans found Macklemore’s advocacy for black and gay rights a touch disingenuous, particularly after he made a big show of regretting having won Grammys he thought would go to Kendrick Lamar. He came off as too considerate to be believed, and that was just as upsetting for people as “Thrift Shop” burning up charts and racking up Grammys. For all his faults, Eminem in the first few years of his fame (before he became crabby and exasperating) is an example of a white rapper who approached the intersection of his race and fame smartly. He tapped Dr. Dre as his mentor, lent his stardom to lesser-known artists through his Shady Records label, and worked doggedly at his craft. If all of this seems like coincidence, consider his care in choosing sparring partners: Insane Clown Posse, Everlast, Fred Durst, Moby, *NSYNC — see a pattern?

It’s like a cookout. Come, laugh, and eat till you’re stuffed. And, especially if you’re thoughtful enough to bring something to the table and to show some respect, you’ll be fine.

Guan: Agreed: It’s not what you take so much as what you give back. It might be possible to interpret Jesse Williams’s speech, and other statements along those lines, as the assertion of some kind of total embargo on the importation of black culture by nonblack people, but I don’t think that’s really the issue. The issue concerns a very specific set of artists, occupying a superior social position to the artists and culture whose posturing and sounds they mimic, who leverage their status to garner fame and fortune — a fame and fortune they then deploy to obscure their lack of cultural intelligence and/or aesthetic value.

To take your cookout analogy and run with it, Craig, there’s a difference between, on the one hand, borrowing (hopefully with the appropriate level of tact and gratitude) someone else’s wine to add flavor to a dish of your own creation and, on the other hand, simply watering down that wine and then selling it to your well-off friends at a markup. I can’t be mad at the RZA and the rest of the Wu-Tang Clan for re-creating Asian martial-arts films in their own image, because they’re clearly doing something new and excellent; moreover, as far as I can tell, they’ve always been forthright about what they owe to Chinese culture. Or take the instrumental to A$AP Rocky’s “Peso,” which sounds like alternate background music for Chun-Li’s stage in the Street Fighter video game. It sounds heavenly, and that’s enough; it doesn’t matter that “Peso” helped pave the way for Rocky to be rich and famous. Who knows, it might not even matter that the four Englishmen in Led Zeppelin achieved enormous wealth and celebrity in part by copying the blues (and Celtic music, and Indian music, and funk, and reggae) so long as their music is superb. It’s arguable, at the very least, and there’s no way to win that argument decisively. But a demonstrably mediocre pilferer of other people’s music who, by capitalizing on easy access to a larger, wealthier, less-discerning core audience, converts their social superiority into bogus cultural achievement? In such a case I think we can firmly conclude that, speaking morally or aesthetically, we could stand to hear a lot less.

The question of who gets to speak about what (and how) only seems to get harder to answer and more tortured. The recent online arguments over who should be allowed to pass judgment on Beyoncé’s most recent album and who shouldn’t aren’t quite the same thing as the appropriation debate, but they’re touching on similar issues. How has the conversation about appropriation affected the way we talk about, and understand, artists?

Jenkins: Appropriation, underrepresentation, and disenfranchisement are all different parts of the same beast, and when people tire of fighting against the one, the patience to weather the others evaporates. The hand-wringing about who should write about the Beyoncé album, for instance — I caught flak for writing about it here, myself — was about black women in media feeling like there isn’t enough space for them in arts journalism. When you juxtapose these writers’ sentiments with black artists’ feeling constrained in their success by their race, it, to me, looks to be a different version of the same thing.

Another recent, poignant example: Kanye West taking umbrage at the reviews of The Life of Pablo in February. The album got rave reviews, but after earning a rare 9.0 (out of 10) from Pitchfork, West went off on Twitter, saying, “Pitchfork, the album is a 30 out of 10,” which a lot of people understandably took for another bit of textbook Kanye haughtiness. But his follow-up tweet was more pointed: “To Pitchfork, Rolling Stone, New York Times, and any other white publication. Please do not comment on black music anymore … I love love love white people but you don’t understand what it means to be the great grandson of ex slaves and make it this far.” The response from the majority of music blogs, which mystified me, was to run the remarks as another Kanye outburst and move along. This was a missed opportunity to unpack what it means for a prominent black artist to view outlets that cover his music as “white publications” covering a culture they weren’t born into. What he’s saying, albeit crassly, is that there are aspects of blackness that are not universally understood, and that this should be taken into consideration, however loosely, in the coverage of music. This isn’t a new sentiment: Prince used to send music publications scrambling because he would specifically request black journalists to do his interviews. (Never the easiest subject to cover, Prince also used to forbid journalists, of any race, to record the interviews they’d done with him.)

Now, cordoning off the coverage of music and the creation of music by race might solve one problem, but it creates others. It’s a bad idea, ultimately, because it doesn’t allow for the freest exchange of ideas. (I say this as a black Harlemite who, in the space of four days, followed up going to a Garth Brooks show with a Schoolboy Q concert.) We have to be respectful of and curious about our differences, and constantly and vigilantly look for ways to promote inclusiveness, and one day — maybe — the nagging feeling that the arts (and the thinking and writing about those arts: that is, their criticism) could stand to look a little more representative of the society they come from will start to fade away.

Guan: A critic who shares a social background with the artist they’re reviewing has an innate advantage over a critic who doesn’t. Criticism is a blend of formal analysis and empathy, and a social group defines itself in part by a higher capacity for empathy for those within it than without.

With that being said, cultural advantages aren’t necessarily decisive. Receptiveness to art is as much a personal matter, something to be tested and improved in solitude, as it is a matter of group solidarity. And, as much as I wish it weren’t the case, bad writing and slipshod thinking are the only things that are irrefutably capable of transcending all social and cultural boundaries.

In the end, the challenge for writers — and listeners — is the same: to be maximally receptive and convincing when presenting one’s perspective. When it comes to writing about black musicians, the obstacles are different for the white writer who’s socially empowered but culturally peripheral and for the black writer who’s socially peripheral but culturally at home. The former needs to develop literacy in black culture; the latter has to find a way to express specific cultural knowledge while also remaining accessible. Neither is an easy task.

Of course, it’s hard for any people who are socially dispossessed not to feel extra possessive when it comes to their cultural icons and their reception by a more socially dominant audience, particularly when there’s ample evidence of those same icons being celebrated (and dismissed) by the majority in an ignorant way. It’s kind of bleak right now: You have a tug-of-war between black cultural preeminence and white social dominance, and it’s hard to see how either side can give way.

*This article appears in the July 25, 2016 issue of New York Magazine.

Voir de même:

A Point of View: When does borrowing from other cultures become ‘appropriation’?

Adam Gopnik

  • BBC
  • 11 March 2016

A series of cases where Westerners (mainly white people) have been accused of stealing other people’s cultures, leads Adam Gopnik to wonder what wrong has been committed.

You may have heard of the current kerfuffle here in America about the sin of what is being called « cultural appropriation ». Some students at Bowdoin, a small liberal arts college in chilly Maine, were punished recently for wearing Mexican sombreros at a Mexican theme party. They had appropriated Mexican culture as a white person’s prerogative.

Then, at the Boston Museum of Fine Arts, the practice of trying on a kimono for a selfie in front of a Monet painting of a French woman wearing a kimono was declared verboten for Boston, so to speak. It was a form of cultural appropriation of what belongs to Japan, while a production of Gilbert and Sullivan’s « Mikado » was closed down for the same reason. It showed only a racist stereotype of Japan, as imperially imagined by Victorians. There have been more incidents, many at liberal arts colleges, involving Chinese food and the art form we wrongly call « belly dancing » and even the hugely popular practice of yoga. They belong to Others, and we cannot have them, or take them, for ourselves.

Now, I am not about to launch into a tirade against the « politically correct ». I am old enough to recall that political correctness actually began as a term of self-mockery used by the hyper-sensitive, ruefully, against themselves, lightly guying their own good efforts at eliminating the casual sadism of daily interactions. « I guess I’m just being a little politically correct here, but… » someone almost always a woman) would say in the 1980s, and then point out an instance of unconscious sexism somewhere in the room. And in truth, « politically correct » is almost always these days synonymous with « sensitively courteous ». We know this because when someone says « I am not going to be politically correct! », what he – and it is always a he – really means is, « I am not going to be sensitively courteous to anyone’s feelings except my own and that of my gang! » We have a demonstration of this principle every night on our screens over here these days, and it is a nightmare.

Nonetheless, I would be lying if I did not say that the practice we call PC has its absurd aspects. It is funny because it puts more weight on the words we use than the actions we take, always a mistake. My son’s dormitory at his liberal arts college has a live-in resident of deliberately indeterminate gender who wants to be referred to neither as « he » nor « she » – they are imprisoning patriarchal categories – nor as « it « (that would be an objectifying put-down) but as « they » and  » them ». This is at least convivial. When he – no, she – no, they – are there, it’s always a party.



There is something funny about this undue weight given to words, because we can’t be endlessly sensitive and attentive and courteous in every interaction we have in life. People who try end up seeming insipid and exasperating rather than entirely admirable. My own wife, Martha, for instance, who does try to be so in every exchange, is, though much loved, also famous for the length of time it takes her to extricate herself from a social occasion, having first to be certain that she has been nice to everyone. This leads her, perversely, to avoid many social occasions for fear of wearing herself out from attentiveness – the price of such niceness can be very high. Prolonged punctiliousness is exhausting to all, particularly to husbands – er, mates – er, partners – er, co-habitating life colleagues.

But the idea that cultures – recipes or poses or even hats – belong to one group rather than another is something worse than a moment in a comedy of manners – or, rather, it misses the way that a larger comedy of manners has always shaped what we mean by culture. Cultural mixing – the hybridisation of hats, if you like – is the rule of civilisation, not some new intrusion within our own. Healthy civilisations have always been mongrelised, cosmopolitan, hybrid, corrupted and expropriated and mixed. Healthy societies seek out that kind of corruption because they know it is the secret of pleasure. They count their health in the number of imported spices on their shelves.



One of my favourite stories of how healthy cultural hybrids happen involves Japan and the West, though not, in this case, the Mikado. You know those beautiful 19th Century Japanese prints, by Hiroshige or Hokusai or their friends, poetically depicting everyday events, or favourite places, all in charming comic book colour, with Mount Fuji often delicately if secretively included in every view (like a kind of sublime Where’s Wally). Those delicate black-edged figures and long almost cartoonish faces, those startling juxtapositions of foreground and distance, that informal and haiku-like lyricism – Japanese prints had, as everybody is taught in class, an enormous influence on French Impressionist art in the middle of the 19th Century. They were, exactly, an exotic appropriation.

Well, it turns out that they weren’t really exotic at all. They were the product of the Japanese infatuation with Western perspective drawing and graphics, which had only recently arrived in Japan on ships and boats as part of the Japanese opening to the West. The Japanese artists saw them, and saw expressive possibilities in them that the Western artists were too habituated to the system to notice. The Japanese appropriated Western perspective in ways that Westerners would never have imagined. Then the Japanese pictures got sent back to Europe, where they looked wonderfully exotic, and re-made the Western art they originally hailed from. It’s exactly the same process that happened in our own lifetime when Howlin’ Wolf and Big Bill Broonzy records sailed over to Liverpool and the suburbs of London and were heard by boys who barely understood their context but loved their attitude. Ten years later you got Mick Jagger and John Lennon. Innocent imitation is always the engine of cultural innovation.

Nor is it just that the borrowings can be beautiful. The things we borrow show us the things we are. Having passed through Chuck Berry, The Beatles and the Stones could better claim their own distinctive Englishness. In the same way, distinctly English food – all those real beers and farmhouse cheddars – has only gotten better because restaurants that served real Italian food helped showed how wonderful a coherent seasonal market-based cuisine could be. If we want to be ourselves, we have to travel – and nowadays, we do much of our travelling internally.

If all you know is your provincial culture, you don’t know enough to know if your culture is provincial or not. When it ceases to be, you’re not wise enough to recognise it. Appropriation is far more often empowering than oppressing. There’s no cheaper way to get the drop on a bad guy than to borrow his hymns and habits and make them your own. That’s what diaspora Jews have done throughout their history. It’s how German bred with Hebrew to become Yiddish and Yiddish became the great language of Jewish folk tale and protest.

So cultures cannot be corrupted enough, civilizations cannot be appropriated too often. Nor is this only seen in heroic acts of original innovation. It’s a nightly act of healthy practice. Last night, for instance, I made a Burmese curry, which combines Indian spices – cumin and turmeric – with the Chinese technique of stir-frying. The ingredients came from our local New York City Greenmarket – and I always mix butter in with the cooking oil, a habit picked up in Paris. The recipe also calls for yogurt, but my wife, of Icelandic extraction, prefers skyr, and it’s all put together by me, while I amuse no one but myself by doing my very bad international accents. So it’s actually a Jewish-Icelandic-Chinese-Indian-Burmese -French emigre-New York state stir-fry. All in one pot, and five minutes.

That’s the norm of cooking. That’s the norm of life. Blurring the boundaries of culture is what cooking does. When we do the same thing in ways that last longer than dinner, we call it art. Done often enough, it makes what we call civilisation.

So wear sombreros and kimonos and Mormon underwear beneath, if you so like. Eat Chinese food with Indian spices and French butter and celebrate the range of being human. We are mixed in nature, many in our very essence. We can’t help it. To be human is to be hybrid. It is as close to a rule of life as you can ever hope to find.

Voir enfin:

In defence of cultural appropriation

Our cultures show that we can select who we are and who we want to be – but can they also be misused?

Yo Zushi

Kim Jong-il may have been the Dear Leader but Elvis was the King. On a visit to North Korea, the English journalist Michael Breen found that few ordinary citizens of the Democratic People’s Republic had ever heard of Presley (or even Charlie ­Chaplin). Yet there in one of the 17 palaces and mansions owned by the dictator, among his collection of 20,000 DVDs that included Friday the 13th and Rambo, was a prized cache of Elvis movies – mostly cornball romances. Elsewhere were littered Elvis records. Kim liked to wear ten-centimetre platform shoes and had a fondness for American-style shades. Clifford Coonan, writing for the Independent, was not alone in comparing his “bouffant hair” with that of the King.

For all Kim’s possible (and laughable) debt to Elvis when it came to his personal appearance, his regime was unenthusiastic about North Koreans’ adoption of “foreign” fashions. “People who wear others’ style of dress and live in others’ style will become fools and [their] nation will come to ruin,” the state-owned Rodong Sinmun newspaper warned in 2005, during a months-long government campaign to halt the infiltration of “corrupt, capitalist ideas” into communist hearts through shoes, hairstyles and clothing. Your “ideological and mental state”, said the host of the radio show Dressing in Accordance With Our People’s Emotion and Taste, was manifested in what you wore and the way you wore it. So choose your trousers wisely – or else.

The policing of appearance is nothing new. In the mid-1920s, the then Mexican president, Plutarco Elías Calles, forbade Catholic priests from wearing clerical collars outdoors; more recently, on 14 September 2010, the French Senate passed the Loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public, better known in the English-speaking world as “the burqa ban”. What is curious, however, is that the latest round of strictures on how individuals can present themselves comes not from repressive, dictatorial regimes or panicked politicians but from those who consider themselves progressives: liberals united against the menace of “cultural appropriation”.

In August, a student committee at Western University in Canada announced a ban on the wearing of cultural symbols such as turbans, dreadlock wigs and ethnic headdresses by white volunteers during orientation week. The sale of Native American headdresses has also been proscribed at Glastonbury Festival, after an online petition that garnered just 65 signatures persuaded organisers that offering them as a “costume” was insensitive. (The Canadian festival Bass Coast has similarly issued a prohibition on guests wearing the war bonnets.) Pharrell Williams came under fire on Twitter when he posed in a feather headdress for an Elle cover in 2014 – a striking image that the magazine initially boasted was the singer’s “best-ever shoot” – and was forced to apologise. “I respect and honour every kind of race, background and culture,” he said. “I am genuinely sorry.”

From Katy Perry’s adoption of geisha garb at the 2013 American Music Awards to Lena Dunham’s cornrows and their supposed flaunting of racial identity theft, all cultural cross-pollination now seems to be fair game for a drubbing at the hands of the new race activists. Recently in the Guardian, Julianne Escobedo Shepherd denounced the adoption of the Mexican-American chola style – dark-outlined lips, crucifixes, elaborate fringes, teardrop tattoos – by fashion labels and the pop star Rihanna as a “fashion crime” that amounted to an “ignorant harvesting” of the self-expression of others; she then mocked Sandra Bullock’s admission that she would “do anything to become more Latina”. Back off, whitey.

At a time of heightened racial tensions across the world, with police shootings of black men in the United States and Islamophobia (and phobias of all kinds) seemingly on the rise, this rage against cultural appropriation is understandable: no right-minded liberal wants to cause unnecessary offence, least of all to minorities. Yet simply to point out instances of appropriation in the assumption that the process is by its nature corrosive seems to me a counterproductive, even reactionary pursuit; it serves no end but to essentialise race as the ultimate component of human identity.

I’m Japanese but I felt no anger when I read that the Museum of Fine Arts in Boston was holding kimono try-on sessions to accompany its recent exhibition “Looking East: Western Artists and the Allure of Japan” – after all, it was a show that specifically set out to examine the orientalist gaze. However, some protesters (carrying signs that read “Try on the kimono, learn what it’s like to be a racist imperialist today!” and “This is orientalism”) evidently did. Their complaints against the show, which was organised in collaboration with NHK, Japan’s national broadcaster, swiftly led to the cancellation of the “Kimono Wednesday” sessions. “We thought it would be an educational opportunity for people to have direct encounters with works of art and understand different cultures and times better,” said Katie Getchell, the justifiably surprised deputy director of the museum.

“Stand against yellowface!” the protesters declaimed on blogs and on Facebook. Elsewhere, the white rapper Iggy Azalea – like Elvis and Mick Jagger before her – was accused of “blackfacing” her way to stardom, after she became the fourth solo female hip-hop artist ever to reach the top of the Billboard Hot 100 with her 2014 single “Fancy”. At the end of that year, the African-American rapper Azealia Banks suggested that Azalea’s “cultural smudging” was yet another careless instance of cross-racial stealing; that white adoption of a historically black genre had an “undercurrent of kinda like, ‘Fuck you.’ There’s always a ‘fuck y’all, niggas. Y’all don’t really own shit . . . not even the shit you created for yourself.’”

Many of those calling out cultural appropriation of all kinds – from clothing and hair to musical genres – seem to share this proprietorial attitude, which insists that culture, by its nature a communally forged and ever-changing project, should belong to specific peoples and not to all. Banks is doubtless correct to feel this “undercurrent” of racial persecution by an industry that prefers its stars to be white and what they sell to be black, yet there is also truth in the second part of that undercurrent: “Y’all don’t really own shit.” When it comes to great movements in culture, the racial interloper is not wrong. None of us can, or should, “own” hip-hop, cornrows, or the right to wear a kimono.

Speaking to the website Jezebel, the law professor Susan Scafidi of Fordham University in New York explained that appropriation involves “taking intellectual property, traditional knowledge, cultural expressions or artefacts from someone else’s culture without permission”. Yet such a definition seems to assume the existence of mythical central organisations with absolute mandates to represent minority groups – a black HQ, an Asian bureau, a Jewish head office – from which permissions and authorisations can be sought. More troubling is that it herds culture and tradition into the pen of a moral ownership not dissimilar to copyright, which may suit a legalistic outlook but jars with our human impulse to like what we like and create new things out of it.

Elvis, Kim Jong-il’s hero, liked black music. While other kids dashed around at school picnics, the juvenile Presley would sit off by himself, “plunking softly at that guitar”, as one teacher later recalled. He shared with the Sun Records founder, Sam Phillips, the opinion that African-­American music was of that magic kind in which “the soul of man never dies”, and when he launched into a hopped-up version of Arthur Crudup’s blues “That’s All Right” at the tail end of a recording session in 1954, it was a natural, uncalculated act of cultural appropriation. “Elvis just started singing this song, jumping around and acting the fool,” remembered the guitarist Scotty Moore, who played on the single that many credit as the foundation stone of rock’n’roll.

It wasn’t the first of its kind. Rock’n’roll grew organically out of the miscegenation of rhythm’n’blues and hillbilly music, and other contenders for that title include Goree Carter’s “Rock Awhile” (1949) and Jackie Brenston’s “Rocket ‘88’” (1951). Both Carter and Brenston were black – but they are now largely forgotten. The smoking gun in the periodically revived argument that Elvis should be condemned for having participated in interracial plundering is Phillips’s often quoted remark: “If I could find a white man who had the Negro feel, I could make a billion dollars.” Yet the studio owner’s remark was, if anything, more a groan of exasperation than the blueprint for a robbery. He had tried to make a billion dollars before he recorded Elvis, with B B King, Howling Wolf and other black musicians; indeed, it was Phillips who recorded Brenston’s song. The racism wasn’t in the studio or cut into the record grooves. It was out there, woven into American life in the 1950s.

That tainted life was altered for the better by the emergence of rock’n’roll, whose enormous popularity forced many previously white-oriented labels to sign African-American artists and changed for ever the social interactions of black and white teenagers. It gave them a common culture based less on skin colour than on the spirit of youth, frightening reactionaries who were perturbed precisely by what they viewed as an unnatural cultural appropriation. After Elvis performed the “Big Mama” Thornton song “Hound Dog” on national television on 5 June 1956, Congressman Emanuel Celler stated disapprovingly, “Rock’n’roll has its place: among the coloured people.” Many white fans of the music, appropriators all, could not help but realise that their place and that of “coloured” fans were one and the same.

What was so with rock’n’roll goes also for rap, fashion and even that packet of tortilla chips you ate at the movies or the shish kebab you had on the way home. Appropriation tests imaginary boundaries. It questions them and exposes, just as Judith Butler did in relation to gender, the performative aspects of our racial and cultural identity: much of our yellowness, brownness, blackness or whiteness is acted out and not intrinsic to our being. It shows that we can select who we are and who we want to be. By opposing it unilaterally under the banner of racial justice, activists often end up placing themselves on the side of those who insist on terrifying ideals of “purity”: white and black should never mix and the Australian-born Iggy Azalea should leave rap alone. She should stick to performing . . . what, exactly? Perhaps she should consult a family tree. But how far back is she expected to go? And should we impose some sort of one-drop rule?

It is true that cultural appropriation can hurt those whose traditions, religions and ways of life have been lifted, taken out of context and repackaged as a new aesthetic trend or exotic bauble. The feather headdress, for instance, has deep symbolic value to many Native Americans and to see it balancing on the wobbly head of a drunk, white festivalgoer might feel like an insult. Yet is it a theft at all, when that original value is still felt by the Native American tribe? Little of substance has been taken away. To the white reveller, those feathers probably signify something as simple as: “I am trying my best to have fun.” There is no offence intended. If it channels anything of the headdress’s origins, it is no doubt a distant echo of some ancient myth that placed “Indians” as the other, the sworn enemies of the “cowboys”.

Appropriations of this sort can, if unchallenged, entrench negative racial mythologies. But such myths are part of the language of human culture and their potential for harm can only truly be diffused by putting forward stronger, newer narratives about ourselves and by tackling the systemic injustices that oppress us: in law, in government, in the workplace. I can live in the knowledge that the Mikado myth continues to have some currency and that films, songs and books still toy with the orientalist fantasy of Japan. That is partly because their sting has been dulled by an ever-increasing understanding in the west of what real life in east Asia is like. I accept that our culture can be transformed and absorbed into the folklore of another people – and when this happens, we have only a limited claim on that folklore. Like it or not, it becomes theirs as much as ours. Sometimes, we have to let culture do its thing.

Yo Zushi’s latest album, “It Never Entered My Mind”, is released by Eidola Records

Yo Zushi is a sub-editor of the New Statesman. His work as a musician is released by Eidola Records.

Voir par ailleurs:

Panic
Cannibalism Among the Oppressed
Jim Goad
Taki’s magazine
June 10, 2013

When big-bootied FLOTUS Michelle Obama was heckled last week by a grizzled lesbian activist who sort of resembles Glenn Beck with AIDS, the entire progressive coalition nearly came crashing to the ground.

Mrs. Obama was speaking about somethin’-somethin’ black when the activist interrupted her to start screaming about somethin’-somethin’ gay, at which point Obama left the podium to confront the woman. Video documentation of the event is scant, so it’s unclear whether Obama did that black-lady thing where they wag their finger and swivel their head.

“She came right down in my face,” said gay heckler Ellen Sturtz. “I was taken aback.”

Then, but of course, Sturtz was accused of using “white privilege” and “coded racial words” to play into ancient, hateful, and obviously disproved-by-science stereotypes of an “angry black woman.”

One can only imagine the furor if the lez had accused Michelle of chimping out.

A fat black lesbian who says she embraces the term “BlaQueer” to describe her multiple Identities of Oppression wrote a Huffington Post puff piece about how she couldn’t decide whose side to take:

I, like many other queer people of color, can’t separate my race and its history from my sexuality (or my gender performance/identity) and its history.

Like my mom always said, “‘Can’t’ means ‘won’t.’”

In the event’s wake, pro-homo serial event-interrupters Code Pink apparently made remarks critical of Michelle Obama on Twitter, then offered a groveling apology when told to check their privilege.

This shit never ends, and I love it. Since a white penis dangles atween my legs, progressive identity groups have designated me as their natural-born enemy. Therefore, I take tremendous pleasure when my supposed enemies start shooting each other with friendly fire.

One of the most fascinating aspects of the O. J. Simpson murder trial is that it forced the progressive-minded to take sides: Do they go against the woman-killer or the racist cop?

There are numerous examples of such seemingly insoluble liberal dilemmas, all of them hilarious to me.

Do you protect the environment, or do you allow the Third World to continue breeding like dusky hamsters?

Do you support Islam or the women who are getting their clits sliced off?

Do you come down on the side of unions or illegal-alien scab laborers?

Do you support Greenpeace or Injun whalers?

Do you oppose censorship or rape jokes?

Black female activists or Jews?

Such constant squabbling usually devolves into pissing contests about who is more oppressed and who exactly is bullying whom.

The term for when one person’s oppression collides with another’s is intersectionality. It was allegedly coined by a black female lawyer named Kimberlé Crenshaw, and the way she spells “Kimberly” is really all you need to know about her. The general concept supposedly arose in the 1970s when black feminists started bitching about white feminists over who was more oppressed. In other words, it was the fruit of infighting among leftist identity groups, the result of cannibalism among the oppressed.

People who buy into this notion that they suffer from multiple forms of oppression—rather than the more likely explanation, which is that they suffer from multiple personalities—tend to explain intersectionality in ways either histrionically angry or academically tortured.

A shining example of the histrionically angry school is a screed called “MY FEMINISM WILL BE INTERSECTIONAL OR IT WILL BE BULLSHIT!” written by a “Latina” who claims she screams so much, it sometimes scares her cat.

Intersectionality, because it is by definition an insane if unfalsifiable notion, has gained traction in the so-called social sciences. In Sweden (of course), you can get a master’s degree in it. Never have so few used so many words to say so little. Intersectionality’s proponents prattle on about standpoint epistemology and interlocking matrices of oppression, about how intercategorical approaches are needed to determine how essentialist identities foster stereotyping, about how power carries gendered connotations and has androcentric biases that promote racialized belonging, and about how straight white males suck.

This is one of the reasons I sort of hope for a wholesale economic collapse—because people who talk like this will not have jobs.

The concept of intersectionality is also related to the “progressive stack,” which assumes that white males at all times bear noxious degrees of unearned power, which is why they have to get to the back of the line and let all the legless black lesbians speak first.

So much for transcending labels and viewing one another as individuals. These people want to institutionalize such labels. They balk at the concept of “assigned identity,” yet they also seem unable to live without it. So many of these multitudinous oppressed “identities” seem like nothing more than cheap cloaks to mask nakedly annoying personalities. People with bad personalities seem to have a built-in defense mechanism that makes them believe you actually hate them for any other possible reason besides their bad personalities. With all the banter about oppression, it’s hard to think of anything that stifles free speech and free expression more than such strident humorlessness.

As an unapologetic white male and therefore a designated cultural pariah, I take a sort of emperor’s glee in the gladiatorial spectacle of these special-interest ninnies eating each other. But it’s different from lions eating Christians. It’s more like Christians eating Christians.

Personally, I found these people far more likable when they were disenfranchised.

Publicités

BDS ou la continuation de la Solution finale par d’autres moyens (Why do the heathen rage ? – From Judenrein to Zionistfrei, guess who holier-than-thou universities, unions, « human rights » groups and churches are targeting from among the 200 territorial disputes, from Tibet to Ukraine)

28 septembre, 2016
neonazisbdsPourquoi ce tumulte parmi les nations, ces vaines pensées parmi les peuples? Pourquoi les rois de la terre se soulèvent-ils et les princes se liguent-ils avec eux contre l’Éternel et contre son oint? Psaumes 2: 1-2
When I was a dissident in the former Soviet Union, one of my regular activities was monitoring anti-Semitism, and smuggling out evidence and records of such activity to the West. I believed then that the free world, particularly after the Holocaust, would always be a staunch ally in the struggle against anti-Semitism. Unfortunately, I was wrong. (…) Over the past four years, we have witnessed a resurgence of anti- Semitic activity in the democratic world. In Europe, synagogues have been burned, rabbis have been abused in the streets, Jewish children have been physically attacked on the way to school and inside schools, and Jewish cemeteries have been desecrated. Moreover, the so-called “new anti-Semitism” poses a unique challenge. Whereas classical anti-Semitism is aimed at the Jewish people or the Jewish religion, “new anti-Semitism” is aimed at the Jewish state. Since this anti-Semitism can hide behind the veneer of legitimate criticism of Israel, it is more difficult to expose. Making the task even harder is that this hatred is advanced in the name of values most of us would consider unimpeachable, such as human rights. Nevertheless, we must be clear and outspoken in exposing the new anti-Semitism. I believe that we can apply a simple test – I call it the “3D” test – to help us distinguish legitimate criticism of Israel from anti-Semitism. The first “D” is the test of demonization. When the Jewish state is being demonized; when Israel’s actions are blown out of all sensible proportion; when comparisons are made between Israelis and Nazis and between Palestinian refugee camps and Auschwitz – this is anti- Semitism, not legitimate criticism of Israel. The second “D” is the test of double standards. When criticism of Israel is applied selectively; when Israel is singled out by the United Nations for human rights abuses while the behavior of known and major abusers, such as China, Iran, Cuba, and Syria, is ignored; when Israel’s Magen David Adom, alone among the world’s ambulance services, is denied admission to the International Red Cross – this is anti-Semitism. The third “D” is the test of delegitimization: when Israel’s fundamental right to exist is denied – alone among all peoples in the world – this too is anti-Semitism. (…) vicious anti-Semitism which expressly calls for massive terrorism and genocide against Jews, Zionists, and the State of Israel is becoming more and more commonplace across the Arab Middle East. Moreover, the borders between anti-Semitism, anti- Americanism, and anti-Westernism have become almost completely blurred. (…) There is a direct link between the laxity with which countries have responded – or not responded – to growing Arab/Islamic anti- Semitism and the sharp increase in physical and verbal attacks on Jews and Israelis globally. (…) Anti-Semitism is not a threat only to Jews. History has shown us that left unchecked, the forces behind anti-Semitism will imperil all the values and freedoms that civilization holds dear. Never again can the free world afford to sit on the sidelines when anti-Semitism dangerously emerges. Natan Sharansky
Comparé à la plupart des flambées antijuives antérieures, ce nouvel antisémitisme est moins souvent dirigé contre des Juifs en tant qu’individus. Il attaque principalement les Juifs de façon collective, l’État d’Israël et alors avec ces attaques, démarre une réaction en chaine d’attaques contre des individus juifs et des institutions juives. […] Dans le passé, les antisémites les plus dangereux étaient ceux qui voulaient rendre le monde judenrein, libre de Juifs. Aujourd’hui, les plus dangereux antisémites sont peut-être ceux qui veulent rendre le monde judenstaatrein, libre d’un état juif. Per Ahlmark (ancien vice-premier ministre suédois)
You can criticize an Israeli policy or action as having been not only a violation of human rights and humanitarian law but also, you could even say it was a war crime. It may be, as I say, distasteful to see that, or witness that, but I don’t regard that as being anti-Semitic content. I think that that’s part of what is called rigorous criticism and discourse. Where you say that Israel is an apartheid state, even then – that to me is, it’s distasteful, but it’s still within the boundaries of argument. It’s where you say, because it’s an apartheid state, it has to be dismantled – then you crossed the line into a racist argument, or an anti-Jewish argument. You’re not just criticizing, you’re not only criticizing Israeli policy or practice; you’re not only saying it has apartheid policies; you’re saying it’s a criminal apartheid state that must be dismantled. Then in my view, you’ve crossed the line. (…) Since the start of the 21st century, the world has been « witnessing a new and escalating, globalizing, virulent, and even lethal anti-Semitism, one which substitutes hate for the Jewish person with hate for the Jewish state. We had moved from the discrimination against Jews as individuals, to the discrimination against Jews as a people, to Israel as the targeted collective ‘Jew among the nations. [But] I think we’ve got to set up certain boundaries of where it does cross the line, because I’m one of those who believes strongly, not only in free speech, but also in rigorous debate, and discussion, and dialectic, and the like. If you say too easily that everything is anti-Semitic, then nothing is anti-Semitic, and we no longer can make distinctions. (…) I think it’s too simplistic to say that anti-Zionism, per se, is anti-Semitic. It may cross the line into being anti-Semitic where it ends up by saying, ‘Israel has no right to exist’, or ‘the Jewish people have no right to self determination’, or, that the Jewish people are not even a people. (…) where people single out only Israeli nationals and apply only to them the principal of universal jurisdiction … and you’re not initiating any such processes against anybody else in a world in which many war crimes, crimes against humanity, genocide are being committed – then you have to question whether this is not the singling out of Israeli nationals for selective and discriminatory treatment. Irwin Cotler
Your headline in the article “Canadian MP Cotler: Calling Israel an apartheid state can be legitimate free speech“ – as well as the inappropriate juxtaposition of disparate comments – suggest that the indictment of Israel as an apartheid state can be legitimate free speech. As all of my writing, my talk at the President’s Conference and my follow up interview with Ha’aretz make clear: the indictment of Israel as an apartheid state is false, defamatory and hateful, but the right to be wrong, defamatory and hateful – however offensive it may be, can nevertheless be an exercise in free speech. Simply put, the fact that the indictment is hateful – and may cross the line into being anti-Semitic when it calls for the dismantling of the State – does not mean that we should prohibit the hateful speech to begin with. It means, as I said in the interview, that we need to engage it, expose it, rebut it and thereby “delegitimize the delegitimizers” – not prevent their delegitimizing speech to begin with. The main theme in my writings – and in the interview – was regrettably not referenced in the article itself: that the real concern is not the phenomenon of the delegitimization of Israel. That has always been with us – what is new, and particularly offensive, is the laundering of the delegitimization of Israel under all that which is good, for example: the struggle against racism, international law, human rights, and the like. The result is not only prejudicial to the State of Israel – as in the indictment of Israel as an apartheid state or the singling out of Israel for differential and discriminatory treatment in the international arena– but prejudicial to the case and cause of the struggle against racism and human rights. To label Israel an apartheid state demeans the real struggle against apartheid – in which I was honoured to be at the forefront – as much as it falsely misrepresents Israel, however one may criticize Israeli policy and practice. Irwin Cotler
L’antisionisme est le nouvel habit de l’antisémitisme. Demain, les universitaires qui boycottent Israël demanderont qu’on brûle les livres des Israéliens, puis les livres des sionistes, puis ceux des juifs. Roger Cukierman (président du CRIF, janvier 2003)
Boycotter Israël, c’est lutter pour une paix juste (…) Du Canada à l’Australie en passant par l’Afrique du Sud, les Etats-Unis, l’Amérique latine et l’Europe, c’est un mouvement international, non-violent et populaire qui se développe. Syndicats, ONG, associations, Eglises, universités, municipalités, personnalités de renommée mondiale et simples citoyens se retrouvent pour défendre un même objectif : l’application du droit. (…)  Notre combat n’est pas fondé sur le rejet d’un peuple. Il s’agit d’exercer une réelle pression sur l’Etat d’Israël, en développant un boycott économique, diplomatique, et un boycott des institutions académiques, sportives et culturelles israéliennes. Ces institutions sont en effet trop souvent utilisées par Israël pour soigner son image et mieux masquer sa politique à l’égard des Palestiniens et son mépris des règles internationales. Michel Platini, président de l’Union européenne des associations de football (UEFA), l’a compris, menaçant d’exclure l’Etat d’Israël de l’UEFA s’il continuait d’entraver le développement du sport palestinien. Desmond Tutu, archevêque sud-africain récompensé par le prix Nobel de la paix en 1984 pour son combat contre l’apartheid, s’est de son côté élevé contre la visite prochainement prévue, en Israël, de la troupe de l’Opéra du Cap. En tant que soutien actif de la stratégie BDS, Desmond Tutu mérite-t-il aussi les titres de saboteur et de naufrageur d’espoir ? A ceux qui s’inquiètent de la dégradation de l’image d’Israël et qui accusent la campagne BDS d’en être responsable, nous disons qu’Israël est le seul auteur de cette dégradation. En violant chaque jour le droit international, en commettant des actes criminels comme les bombardements massifs sur Gaza en 2008-2009 ou l’assaut sanglant contre la Flottille de la liberté, en poursuivant le blocus de Gaza, la construction de colonies et l’arrachage des oliviers, Israël ne peut susciter qu’un rejet de plus en plus fort. (…) Nous savons, fort du précédent sud-africain et de la campagne victorieuse de boycott contre le régime d’apartheid, que cette arme, loin d’être indigne, peut être noble et efficace lorsque les circonstances l’exigent. C’est le cas aujourd’hui. Nicole Kiil-Nielsen (députée européenne, Les Verts)
Le Mouvement de la Résistance Islamique croit que la Palestine est un Waqf [patrimoine religieux] islamique consacré aux générations de musulmans jusqu’au Jugement Dernier. Pas une seule parcelle ne peut en être dilapidée ou abandonnée à d’autres. Charte du Hamas
Il n’y a aucun doute qu’à l’intérieur des territoires occupés palestiniens nous avons affaire à un exemple effarant d’apartheid. Jimmy Carter
En tant que membres du monde de la culture, notamment du cinéma, nous sommes troublés par la décision du TIFF de réserver une place de choix à Tel Aviv et de s’être ainsi rendu complice, intentionnellement ou pas, de la machine de propagande israélienne. Nous ne visons pas les cinéastes israéliens dont les œuvres sont inscrites au programme du festival. Mais nous dénonçons l’instrumentalisation du festival, par une campagne de propagande au service d’un régime d’apartheid. Ken Loach
La présentation sélective de la façade moderne et sophistiquée de Tel-Aviv, sans égard au passé et aux réalités de l’occupation israélienne des territoires palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, ce serait comme si on glorifiait la beauté et la vie élégante chez les communautés exclusivement blanches au Cap ou à Johannesburg pendant l’apartheid, sans reconnaître les cantons noirs de Khayelitsha et de Soweto. Ken Loach, Jane Fonda, Naomi Klein, David Byrne, Alice Walker, Danny Glover, Harry Belafonte, Noam Chomsky, etc.
Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu’au XXIe siècle on puisse enfermer 1,5 million de personnes et en faire tout ce qu’on veut en les appelant terroristes ?Mads Gilbert
L’Etat d’Israël est en train de mener une guerre de purification ethnique dans les territoires palestiniens. Nous avons passé 48 heures dans les camps d’internement de l’armée israélienne, où des centaines de Palestiniens, raflés en pleine nuit, sont emprisonnées, les yeux bandés. José Bové (Ramallah, avril 2002)
Il faut se demander à qui profite le crime. Je dénonce tous les actes visant des lieux de culte. Mais je crois que le gouvernement israélien et ses services secrets ont intérêt à créer une certaine psychose, à faire croire qu’un climat antisémite s’est installé en France, pour mieux détourner les regards. José Bové (de retour de Ramalah, Libération, avril 2002)
Vive le Hamas, le Hamas vaincra! Patrick Farbiaz (conseiller politique de Noël Mamère, 2003)
L’université est censée être un lieu où l’on apprend à utiliser son cerveau, à penser rationnellement, à examiner les preuves, à tirer des conclusions à partir de faits avérés, à vérifier ses sources, à comparer les points de vue. Si celle d’Edimbourg ne peut former que des étudiants qui n’ont pas la moindre notion de toutes ces choses, alors l’avenir est sombre. Je n’ai aucune objection à la critique argumentée contre Israël. Mais je m’oppose à ce que des gens supposés intelligents stigmatisent l’Etat juif comme celui qui traiterait sa population de la pire façon. (…) S’il y avait eu un Etat juif dans les années 1930 (ce n’était malheureusement pas le cas), vous ne croyez pas qu’Hitler aurait décidé de le boycotter ? Dr. Denis MacEoin
En Allemagne nazie,  c’était très à la mode de rendre sa ville Judenfrei – débarrassée des juifs-. Maintenant une nouvelle mode balaie l’Europe : rendre sa ville ce que l’on pourrait appeler ‘Zionistfrei’ – débarrassée des produits et de la culture de l’État juif. À travers tout le continent des villes se déclarent ‘zones débarrassées d’Israël,’ isolant leurs citoyens de tout ce qui est produit ou culture israéliens. On y trouve de hideux échos de ce qui s’est passé il y a soixante-dix ans. Brendan O’Neill
The Zionistfrei movement isn’t really about effecting any change in the Middle East. As Leicester Councillor Mohammed Dawood admits, Israel is hardly going to be “trembling in its shoes” over the city’s boycott. Rather, the movement is about making the chattering classes in Europe feel pure and righteous, unsullied by the poisonousness of the state it’s now so fashionable to hate. Where yesteryear’s creators of Judenfrei zones saw the Jewish people as a corrupting presence, today’s lobbyists for Zionistfrei territories see the Jewish state as corrupting, as a toxic entity whose fruit and technology and books must be shunned. No, Jews aren’t being physically expelled from Europe, but they are being made to feel unwelcome. Given that most Jews feel affinity with the state of Israel, what must they think when they see parts of Europe being cleansed of all things Israeli? They must think: “My culture and my people are not wanted here.” And European Jews are voting with their feet. In the first eight months of this year, 4,566 Jews left France for Israel, more than the total number that left in 2013 (3,228). Last year a European Union survey found that 29% of Europe’s Jews had considered emigrating because they no longer feel safe. BDS is one of the ugliest political movements of our time. It is shot through with double standards, treating Israel as more wicked than any other state. It is shrill and censorious, too. Its members boo and jeer and seek to expel from apparently civilized Europe not only Israeli military leaders and politicians but even Israeli violinists and actors. Now, the demand for Zionistfrei zones is taking BDS to its terrifying conclusion, that Israel and everyone associated with it (you know who) should be shunned by respectable communities everywhere. Brendan O’Neill (Spiked)
Aujourd’hui ces campagnes de haine et ces politiques nazies sont en grande partie le fait d’universités, de syndicats, d’entreprises et de groupes hypocrites, soi-disant militant pour les « droits de l’homme », ainsi que d’autres ONG. Et, ce qui est honteux, le fait d’églises. (…) Ils prétendent tous, à tort, être « pacifiques », utiliser des « moyens économiques » pour corriger « les injustices » dans les Territoires palestiniens. Cependant, ils semblent ne jamais essayer de remédier aux torts des gouvernements corrompus et répressifs de l’Autorité palestinienne et du Hamas à Gaza, ni même d’y promouvoir une presse libre, l’état de droit ou l’élaboration d’une économie stable. Leurs véritables motivations sont démasquées. Ils se coordonnent tout simplement avec la stratégie violente des Palestiniens et des fondamentalistes musulmans en Occident, ceux qui ont refusé encore et encore de faire la paix avec Israël depuis sept décennies et, au lieu de cela, ont choisi le terrorisme. (…) L’Union européenne a signé un accord avec le Maroc, qui a une dispute territoriale avec l’Algérie, lui garantissant néanmoins le droit d’exploiter les ressources du Sahara occidental ; il n’y a eu aucune campagne de protestation. Et nous n’avons entendu aucune protestation contre la Turquie pour son occupation du nord de Chypre ou son emprisonnement de masse de dissidents, de journalistes ou d’universitaires. Non, la politique de boycott n’est pratiquée que contre l’État juif qui peut se targuer des plus hauts niveaux de liberté académique, de liberté de presse et d’égalité devant devant la loi de la planète. (…) Ils soumettent aussi les universitaires israéliens à une campagne néo-nazie « de silence » de la part d’universités sans scrupules : envoyer moins d’invitations, rejeter plus d’articles et utiliser les critères des lois de Nuremberg du Troisième Reich pour exclure les juifs de toute participation. (…) Ces néo-nazis répandent leur message dans les universités, les églises, les entreprises et les municipalités. Ils adoptent des mesures comme des pétitions d’enseignants, le harcèlement public, des menaces de poursuites légales (guerre par la loi), des manifestations devant des magasins et, souvent, juste des cris stridents, de l’intimidation, des menaces et des sit-ins. (…) Des syndicats académiques au Royaume-Uni et au Canada, allant de médecins à architectes, ont également soutenu les nouvelles Lois de Nuremberg contre Israël. Des dizaines d’artistes – notamment des musiciens et des cinéastes – ont refusé, comme les premiers nazis avant eux, de se produire en Israël ou ont annulé leurs représentations. Nombre de fonds de pension ont retiré leurs investissements d’Israël.  (…) Les lignes d’avant ou après1967 ne sont qu’un alibi pour ces nouveaux nazis. Nombre d’entre eux considèrent que l’intégralité d’Israël est illégale, immorale ou les deux à la fois – bien que des juifs vivent sur cette terre depuis trois mille ans, une partie s’appelant même la Judée. L’appétit qu’ils mettent à accuser les juifs d’avoir l’audace « d’occuper » leur propre terre historique, biblique, ne fait que révéler leur collusion avec les mensonges les plus sombres des extrémistes islamiques qui essaient de détruire les coptes chrétiens autochtones dans leur terre natale d’Égypte et les Assyriens chrétiens autochtones que l’on voit massacrer dans tout le Moyen Orient. Les Français devraient-ils être accusés « d’occuper » la Gaule ? Il suffit de voir n’importe quelle carte de « Palestine », qui recouvre l’État d’Israël tout entier : pour nombre de Palestiniens, la totalité d’Israël est une seule colonie énorme qui doit être démantelée. À la place d’Israël, ils faciliteraient la création d’un autre État arabo-islamique qui supprimera la liberté d’expression des artistes, des journalistes et des écrivains, qui chassera les chrétiens de chez eux, qui lapidera à mort les homosexuels, qui torturera les détenus en prison, qui mettra à mort des innocents voulant simplement se convertir au christianisme, qui condamnera à des coups de fouet, à la prison ou la mort ceux dont il sera allégué qu’ils ont dit quelque chose que quelqu’un pourrait considérer comme une offense faite à l’islam, qui obligera les femmes à porter le voile et à vivre à part, qui glorifiera les terroristes, qui interdira l’alcool, qui arrêtera ceux qui exprimeront des opinions impopulaires, qui encouragera une nouvelle catégorie de réfugiés musulmans : ceux qui fuiraient volontiers un régime oppressif et meurtrier. Ces néo-nazis, en guise d’arguments, avancent des slogans faux et trompeurs tels que « état d’apartheid », « occupation », « répressif », « violateur des lois internationales » (toutes choses qu’Israël n’est scrupuleusement pas). Leur but, comme celui des nazis d’origine, est de manipuler les gens et de leur instiller préjugés et haine contre Israël, et juste derrière ce subterfuge, contre tous les juifs. Giulio Meotti (Il Foglio)

De Judenrein à Zionistfrei …

Devinez quel pays

Parmi les 200 conflits territoriaux du monde allant du Tibet à l’Ukraine …

Ont choisi comme cible …

Nos universités, syndicats, groupes des droits de l’homme et églises !


Héritage Obama: Attention, une tribalisation peut en cacher une autre ! (Revenge of the Deplorables: It’s “hope and change” which begat “make America great again”, stupid !)

18 septembre, 2016

etats unis hymne national

KAEPERNICK REID

COLUMBUS, OH - SEPTEMBER 15: Megan Rapinoe #15 of the U.S. Women's National Team kneels during the playing of the U.S. National Anthem before a match against Thailand on September 15, 2016 at MAPFRE Stadium in Columbus, Ohio. Jamie Sabau/Getty Images/AFP

Aux États-Unis, les plus opulents citoyens ont bien soin de ne point s’isoler du peuple ; au contraire, ils s’en rapprochent sans cesse, ils l’écoutent volontiers et lui parlent tous les jours. Ils savent que les riches des démocraties ont toujours besoin des pauvres et que, dans les temps démocratiques, on s’attache le pauvre par les manières plus que par les bienfaits. La grandeur même des bienfaits, qui met en lumière la différence des conditions, cause une irritation secrète à ceux qui en profitent; mais la simplicité des manières a des charmes presque irrésistibles : leur familiarité entraîne et leur grossièreté même ne déplaît pas toujours. Ce n’est pas du premier coup que cette vérité pénètre dans l’esprit des riches. Ils y résistent d’ordinaire tant que dure la révolution démocratique, et ils ne l’abandonnent même point aussitôt après que cette révolution est accomplie. Ils consentent volontiers à faire du bien au peuple ; mais ils veulent continuer à le tenir à distance. Ils croient que cela suffit ; ils se trompent. Ils se ruineraient ainsi sans réchauffer le coeur de la population qui les environne. Ce n’est pas le sacrifice de leur argent qu’elle leur demande; c’est celui de leur orgueil. Tocqueville
Toutes les stratégies que les intellectuels et les artistes produisent contre les « bourgeois » tendent inévitablement, en dehors de toute intention expresse et en vertu même de la structure de l’espace dans lequel elles s’engendrent, à être à double effet et dirigées indistinctement contre toutes les formes de soumission aux intérêts matériels, populaires aussi bien que bourgeoises. Bourdieu
Il y a à peine plus de 3 millions de musulmans aux Etats-Unis, soit 1 pour cent de la population. C’est donc un peu comme si l’on assistait à l’inversion de la situation qui prévalait dans les années 1920, quand la France comptait à peine 5.000 Noirs et la «négrophilie» tenait le haut du pavé à Paris. À l’époque, l’élite française ne trouvait pas de mots assez durs pour fustiger le «racisme américain ». Géraldine Smith
America is coming apart. For most of our nation’s history, whatever the inequality in wealth between the richest and poorest citizens, we maintained a cultural equality known nowhere else in the world—for whites, anyway. (…) But t’s not true anymore, and it has been progressively less true since the 1960s. People are starting to notice the great divide. The tea party sees the aloofness in a political elite that thinks it knows best and orders the rest of America to fall in line. The Occupy movement sees it in an economic elite that lives in mansions and flies on private jets. Each is right about an aspect of the problem, but that problem is more pervasive than either political or economic inequality. What we now face is a problem of cultural inequality. When Americans used to brag about « the American way of life »—a phrase still in common use in 1960—they were talking about a civic culture that swept an extremely large proportion of Americans of all classes into its embrace. It was a culture encompassing shared experiences of daily life and shared assumptions about central American values involving marriage, honesty, hard work and religiosity. Over the past 50 years, that common civic culture has unraveled. We have developed a new upper class with advanced educations, often obtained at elite schools, sharing tastes and preferences that set them apart from mainstream America. At the same time, we have developed a new lower class, characterized not by poverty but by withdrawal from America’s core cultural institutions. (…) Why have these new lower and upper classes emerged? For explaining the formation of the new lower class, the easy explanations from the left don’t withstand scrutiny. It’s not that white working class males can no longer make a « family wage » that enables them to marry. The average male employed in a working-class occupation earned as much in 2010 as he did in 1960. It’s not that a bad job market led discouraged men to drop out of the labor force. Labor-force dropout increased just as fast during the boom years of the 1980s, 1990s and 2000s as it did during bad years. (…) As I’ve argued in much of my previous work, I think that the reforms of the 1960s jump-started the deterioration. Changes in social policy during the 1960s made it economically more feasible to have a child without having a husband if you were a woman or to get along without a job if you were a man; safer to commit crimes without suffering consequences; and easier to let the government deal with problems in your community that you and your neighbors formerly had to take care of. But, for practical purposes, understanding why the new lower class got started isn’t especially important. Once the deterioration was under way, a self-reinforcing loop took hold as traditionally powerful social norms broke down. Because the process has become self-reinforcing, repealing the reforms of the 1960s (something that’s not going to happen) would change the trends slowly at best. Meanwhile, the formation of the new upper class has been driven by forces that are nobody’s fault and resist manipulation. The economic value of brains in the marketplace will continue to increase no matter what, and the most successful of each generation will tend to marry each other no matter what. As a result, the most successful Americans will continue to trend toward consolidation and isolation as a class. Changes in marginal tax rates on the wealthy won’t make a difference. Increasing scholarships for working-class children won’t make a difference. The only thing that can make a difference is the recognition among Americans of all classes that a problem of cultural inequality exists and that something has to be done about it. That « something » has nothing to do with new government programs or regulations. Public policy has certainly affected the culture, unfortunately, but unintended consequences have been as grimly inevitable for conservative social engineering as for liberal social engineering. The « something » that I have in mind has to be defined in terms of individual American families acting in their own interests and the interests of their children. Doing that in Fishtown requires support from outside. There remains a core of civic virtue and involvement in working-class America that could make headway against its problems if the people who are trying to do the right things get the reinforcement they need—not in the form of government assistance, but in validation of the values and standards they continue to uphold. The best thing that the new upper class can do to provide that reinforcement is to drop its condescending « nonjudgmentalism. » Married, educated people who work hard and conscientiously raise their kids shouldn’t hesitate to voice their disapproval of those who defy these norms. When it comes to marriage and the work ethic, the new upper class must start preaching what it practices. Charles Murray
Vous allez dans ces petites villes de Pennsylvanie, ou dans ces petites villes du Midwest, les emplois y ont disparu depuis plus de 25 ans et n’ont pas été remplacés. Ils ont été abandonnés par l’administration Clinton, ils ont été abandonnés par l’administration Bush et chaque administration successive leur a promis de relancer ces communautés mais rien ne s’est produit. Il n’est pas surprenant dès lors qu’ils soient devenus amers, qu’ils s’accrochent à leurs fusils ou à leur religion ou à l’antipathie contre ceux qui ne leur ressemblent pas ou à des sentiments anti-immigrants ou anti-accords commerciaux pour expliquer leur frustation. Barack Obama
Part of the reason that our politics seems so tough right now, and facts and science and argument does not seem to be winning the day all the time, is because we’re hard-wired not to always think clearly when we’re scared. Barack Obama
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton
La nuit dernière j’ai ‘généralisé en gros’, et ce n’est jamais une bonne idée. Je regrette avoir dit ‘la moitié’, c’était mal. Hillary Clinton
Notre code vestimentaire du district interdit les couvre-chefs, sauf lorsque les élèves les portent pour des raisons religieuses. (…) De plus, il interdit notamment les bandanas et les bandeaux car certains gangs de la zone les utilisent pour se reconnaitre entre eux. Mais chaque chef d’établissement est libre de l’adapter selon les communautés spécifiques de son école. Dans ce cas-ci, le principal du lycée de Gibbs permet aux jeunes filles de porter des foulards africains aussi longtemps qu’elles ont une autorisation parentale. Donc, pour nous, le problème est résolu et nous n’envisageons pas de modifier notre politique globale. Lisa Wolf (chargée de communication du district)
Le pourcentage grandissant de communautés de couleur, de femmes célibataires et diplômées, de votants de la génération du millénaire, d’électeurs laïcs et de Blancs diplômés vivant dans des zones plus urbanisées est favorable aux démocrates… Par contraste, la coalition du parti républicain est plus âgée, plus blanche, plus rurale, plus évangélique, se réduit et devient plus concentrée géographiquement. Ruy Teixeira et John Halpin
Dans tous les pays, les ouvriers étaient de moins en moins nombreux et votaient de moins en moins pour les partis sociaux-démocrates.»
Le socle historique de la gauche, la classe ouvrière, se délitait… Autre préoccupation des stratèges de gauche: cet électorat historique est alors décrit comme adhérant de plus en plus aux Républicains aux Etats-Unis et aux partis populistes et anti-immigrés en Europe. Au printemps 2010, une réunion de groupes de réflexion de gauche a eu lieu aux Etats-Unis au Center for American Progress pour réfléchir à cette question d’une majorité émergente pour les partis sociaux-démocrates anglais, français, allemand, américain, etc. Bruno Jeanbart (OpinionWay, Terra Nova)
Contrairement à l’électorat historique de la gauche, coalisé par les enjeux socioéconomiques, cette France de demain est avant tout unifiée par ses valeurs culturelles, progressistes: elle veut le changement, elle est tolérante, ouverte, solidaire, optimiste, offensive.  Olivier Ferrand, Bruno Jeanbart et Romain Prudent (Terra Nova en partenariat avec le Center for American Progress)
Obama, qui avait fait des propositions sur les frais universitaires élevés et faisait preuve d’une plus grande tolérance sur les questions de société, a devancé Romney de 23 points chez les jeunes âgés de 18 à 29 ans. En France, malgré un vote pour Marine Le Pen élevé au premier tour (+9 points pour l’extrême droite par rapport à 2007), les 18-24 ans ont donné 14 points d’avance à Hollande au second tour et les 25-34 ans 24 points, selon une enquête Ipsos, là où, en 2007, selon le même institut, Ségolène Royal ne dominait que chez les premiers. La mise en avant de la jeunesse dans la campagne d’Hollande et des mesures comme les emplois d’avenir et la réforme de l’éducation ont pu jouer en faveur du candidat PS. (…) A noter également qu’aux Etats-Unis, où les minorités ethniques sont plus importantes qu’en France (les «non-Blancs» représentaient plus de 20% de l’électorat en 2012, selon Gallup), ce sont les femmes des minorités ethniques qui ont creusé l’écart pour Obama face à Romney, les femmes blanches ne votant pour le candidat démocrate qu’à 42%. (…)  les minorités ethniques votent à une écrasante majorité pour les démocrates: 93% des Afro-Américains, 71% des Hispaniques en 2012. En France, (…) la population musulmane, qui certes n’équivaut pas à la minorité française d’origine maghrébine, mais dont la majorité des pratiquants est issue, a voté, selon OpinionWay, Hollande à 93% au second tour. (…) les quartiers sensibles, qui comptent une part importante de population issue de l’immigration, et où le candidat PS l’a emporté haut la main. Dans des communes à forte population d’enfants de l’immigration, son score au deuxième tour avoisinait parfois les 70%.  (…) Fin 2011, le New York Times écrivait que les travailleurs blancs non diplômés étaient devenus hors d’atteinte des démocrates. Le parti, précisait-il, a décidé à la place de cimenter une coalition de centre gauche «faite d’une part, d’électeurs diplômés professeurs, artistes, designers, éditeurs, responsables de ressources humaines, avocats, libraires, travailleurs sociaux, enseignants, psys, et d’autre part, d’un groupe d’électeurs à faible revenu en grande majorité composé d’Africains-Américains et d’Hispaniques». En France, les cadres et les professions libérales se sont aussi tournées majoritairement vers le candidat de la gauche. Parmi les plus diplômés, c’est seulement la catégorie des chefs d’entreprise (mélangée dans l’Insee aux artisans et commerçants, moins diplômés) qui est restée fidèle à la droite. (…) La surprise pour les Républicains a été l’avance d’Obama dans les zones urbaines, a déclaré le colistier de Mitt Romney, Paul Ryan, après la défaite. Obama s’est hissé à 69% dans les grandes villes, quand Romney dominait le périurbain, les zones rurales et les petites villes. Une évolution électorale très documentée aux Etats-Unis qui traduit une vraie division entre «blue cities» et «red states» (villes démocrates et Etats républicains). La domination du PS est également nette dans les «idéopôles», ces «métropoles concentrant les activités et les groupes sociaux typiques de l’économie post-industrielle et de la mondialisation», qui sont des zones où «l’ethos tend à être libertaire et bohême» et qui regroupent l’essentiel des travailleurs diplômés de l’économie tertiaire, écrivent Fabien Escalona et Mathieu Vieira dans une note de la fondation Jean-Jaurès. Ils ont montré que ces villes mondialisées étaient très favorables au PS, au niveau municipal comme lors de l’élection présidentielle. L’élection de François Hollande a confirmé cette tendance: les idéopôles ont voté, au premier tour, socialiste à 33,43%, soit 5 points de plus que la moyenne française. L’ensemble de ces catégories dessine en creux le portrait de l’électeur-type qui ne votait pas pour Obama ou Hollande. Aux Etats-Unis, ce sont les membres de la «white working class» —la classe populaire et ouvrière blanche— qui se sont éloignés des démocrates: Obama n’a recueilli que 39% de leurs voix. En France, il est impossible de calculer des données sur les «white». En ce qui concerne les «working», les ouvriers ont voté à 31% Le Pen et à 24% Hollande au premier tour, et les employés à 25% Le Pen et 28% Hollande selon les moyennes des instituts Ipsos et Ifop. Mais, au second tour, ces deux catégories ont voté Hollande à 57% et 58%… Si le malaise du «petit blanc» périurbain a été abondamment souligné après le premier tour, on peut difficilement dire qu’il a uniquement pénalisé la gauche au second. (…) La campagne d’Hollande pour sa réélection permettra sans doute de pousser plus loin la comparaison entre les deux pays, car l’antisarkozysme qui s’est développé chez les salariés du privé qui l’avaient soutenu en 2007 a renvoyé mécaniquement vers François Hollande des électeurs hésitants, pas ou peu convaincus par son programme. Tout dépendra également du candidat de droite que devra affronter le président sortant: un leader au discours décomplexé, libéral-conservateur, héritier de Sarkozy, qui effraiera plusieurs des catégories de la nouvelle coalition ou, à l’inverse, un candidat de centre-droit modéré sur les questions sociétales, qui pourrait par sa victoire contredire la thèse d’une union historique durable entre la gauche et sa nouvelle «coalition majoritaire», qui repose sur un agrégat fragile et en aucun cas définitivement acquis. Slate.fr (22.12.2012)
Les «élites» françaises, sous l’inspiration et la domination intellectuelle de François Mitterrand, on voulu faire jouer au Front National depuis 30 ans, le rôle, non simplement du diable en politique, mais de l’Apocalypse. Le Front National représentait l’imminence et le danger de la fin des Temps. L’épée de Damoclès que se devait de neutraliser toute politique «républicaine». Cet imaginaire de la fin, incarné dans l’anti-frontisme, arrive lui-même à sa fin. Pourquoi? Parce qu’il est devenu impossible de masquer aux Français que la fin est désormais derrière nous. La fin est consommée, la France en pleine décomposition, et la république agonisante, d’avoir voulu devenir trop bonne fille de l’Empire multiculturel européen. Or tout le monde comprend bien qu’il n’a nullement été besoin du Front national pour cela. Plus rien ou presque n’est à sauver, et c’est pourquoi le Front national fait de moins en moins peur, même si, pour cette fois encore, la manœuvre du «front républicain», orchestrée par Manuel Valls, a été efficace sur les électeurs socialistes. Les Français ont compris que la fin qu’on faisait incarner au Front national ayant déjà eu lieu, il avait joué, comme rôle dans le dispositif du mensonge généralisé, celui du bouc émissaire, vers lequel on détourne la violence sociale, afin qu’elle ne détruise pas tout sur son passage. Remarquons que le Front national s’était volontiers prêté à ce dispositif aussi longtemps que cela lui profitait, c’est-à-dire jusqu’à aujourd’hui. Le parti anti-système a besoin du système dans un premier temps pour se légitimer. Nous approchons du point où la fonction de bouc émissaire, théorisée par René Girard  va être entièrement dévoilée et où la violence ne pourra plus se déchaîner vers une victime extérieure. Il faut bien mesurer le danger social d’une telle situation, et la haute probabilité de renversement qu’elle secrète: le moment approche pour ceux qui ont désigné la victime émissaire à la vindicte du peuple, de voir refluer sur eux, avec la vitesse et la violence d’un tsunami politique, la frustration sociale qu’ils avaient cherché à détourner. Les élections régionales sont sans doute un des derniers avertissements en ce sens. Les élites devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Y-a-t-il une solution pour échapper à une telle issue? Avouons que cette responsabilité est celle des élites en place, ayant entonné depuis 30 ans le même refrain. A supposer cependant que nous voulions les sauver, nous pourrions leur donner le conseil suivant: leur seule possibilité de survivre serait d’anticiper la violence refluant sur elles en faisant le sacrifice de leur innocence. Elles devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Pour cela, elles devraient admettre de déconstruire la gigantesque hallucination collective produite autour du Front national, hallucination revenant aujourd’hui sous la forme inversée du Sauveur. Ce faisant, elles auraient tort de se priver au passage de souligner la participation du Front national au dispositif, ce dernier s’étant prêté de bonne grâce, sous la houlette du Père, à l’incarnation de la victime émissaire. Il faut bien avouer que nos élites du PS comme de Les Républicains ne prennent pas ce chemin, démontrant soit qu’elles n’ont strictement rien compris à ce qui se passe dans ce pays depuis 30 ans, soit qu’elles l’ont au contraire trop bien compris, et ne peuvent plus en assumer le dévoilement, soit qu’elles espèrent encore prospérer ainsi. Il n’est pas sûr non plus que le Front national soit prêt à reconnaître sa participation au dispositif. Il y aurait intérêt pourtant pour pouvoir accéder un jour à la magistrature suprême. Car si un tel aveu pourrait lui faire perdre d’un côté son «aura» anti-système, elle pourrait lui permettre de l’autre, une alliance indispensable pour dépasser au deuxième tour des présidentielles le fameux «plafond de verre». Il semble au contraire après ces régionales que tout changera pour que rien ne change. Deux solutions qui ne modifient en rien le dispositif mais le durcissent au contraire se réaffirment. La première solution, empruntée par le PS et désirée par une partie des Républicains, consiste à maintenir coûte que coûte le discours du front républicain en recherchant un dépassement du clivage gauche/droite. Une telle solution consiste à aller plus loin encore dans la désignation de la victime émissaire, et à s’exposer à un retournement encore plus dévastateur. (…) Car sans même parler des effets dévastateurs que pourrait avoir, a posteriori, un nouvel attentat, sur une telle déclaration, comment ne pas remarquer que les dernières décisions du gouvernement sur la lutte anti-terroriste ont donné rétrospectivement raison à certaines propositions du Front national? On voit mal alors comment on pourrait désormais lui faire porter le chapeau de ce dont il n’est pas responsable, tout en lui ôtant le mérite des solutions qu’il avait proposées, et qu’on n’a pas hésité à lui emprunter! La deuxième solution, défendue par une partie des Républicains suivant en cela Nicolas Sarkozy, consiste à assumer des préoccupations communes avec le Front national, tout en cherchant à se démarquer un peu par les solutions proposées. Mais comment faire comprendre aux électeurs un tel changement de cap et éviter que ceux-ci ne préfèrent l’original à la copie? Comment les électeurs ne remarqueraient-ils pas que le Front national, lui, n’a pas changé de discours, et surtout, qu’il a précédé tout le monde, et a eu le mérite d’avoir raison avant les autres, puisque ceux-ci viennent maintenant sur son propre terrain? Comment d’autre part concilier une telle proximité avec un discours diabolisant le Front national et cherchant l’alliance au centre? Curieuses élites, qui ne comprennent pas que la posture «républicaine», initiée par Mitterrand, menace désormais de revenir comme un boomerang les détruire. Christopher Lasch avait écrit La révolte des élites, pour pointer leur sécession d’avec le peuple, c’est aujourd’hui le suicide de celles-ci qu’il faudrait expliquer, dernière conséquence peut-être de cette sécession. Vincent Coussedière
We’re in the midst of a rebellion. The bottom and middle are pushing against the top. It’s a throwing off of old claims and it’s been going on for a while, but we’re seeing it more sharply after New Hampshire. This is not politics as usual, which by its nature is full of surprise. There’s something deep, suggestive, even epochal about what’s happening now. I have thought for some time that there’s a kind of soft French Revolution going on in America, with the angry and blocked beginning to push hard against an oblivious elite. It is not only political. Yes, it is about the Democratic National Committee, that house of hacks, and about a Republican establishment owned by the donor class. But establishment journalism, which for eight months has been simultaneously at Donald Trump’s feet (“Of course you can call us on your cell from the bathtub for your Sunday show interview!”) and at his throat (“Trump supporters, many of whom are nativists and nationalists . . .”) is being rebelled against too. Their old standing as guides and gatekeepers? Gone, and not only because of multiplying platforms. (…) All this goes hand in hand with the general decline of America’s faith in its institutions. We feel less respect for almost all of them—the church, the professions, the presidency, the Supreme Court. The only formal national institution that continues to score high in terms of public respect (72% in the most recent Gallup poll) is the military (…) we are in a precarious position in the U.S. with so many of our institutions going down. Many of those pushing against the system have no idea how precarious it is or what they will be destroying. Those defending it don’t know how precarious its position is or even what they’re defending, or why. But people lose respect for a reason. (…) It’s said this is the year of anger but there’s a kind of grim practicality to Trump and Sanders supporters. They’re thinking: Let’s take a chance. Washington is incapable of reform or progress; it’s time to reach outside. Let’s take a chance on an old Brooklyn socialist. Let’s take a chance on the casino developer who talks on TV. In doing so, they accept a decline in traditional political standards. You don’t have to have a history of political effectiveness anymore; you don’t even have to have run for office! “You’re so weirdly outside the system, you may be what the system needs.” They are pouring their hope into uncertain vessels, and surely know it. Bernie Sanders is an actual radical: He would fundamentally change an economic system that imperfectly but for two centuries made America the wealthiest country in the history of the world. In the young his support is understandable: They have never been taught anything good about capitalism and in their lifetimes have seen it do nothing—nothing—to protect its own reputation. It is middle-aged Sanders supporters who are more interesting. They know what they’re turning their backs on. They know they’re throwing in the towel. My guess is they’re thinking something like: Don’t aim for great now, aim for safe. Terrorism, a world turning upside down, my kids won’t have it better—let’s just try to be safe, more communal. A shrewdness in Sanders and Trump backers: They share one faith in Washington, and that is in its ability to wear anything down. They think it will moderate Bernie, take the edges off Trump. For this reason they don’t see their choices as so radical. (…) The mainstream journalistic mantra is that the GOP is succumbing to nativism, nationalism and the culture of celebrity. That allows them to avoid taking seriously Mr. Trump’s issues: illegal immigration and Washington’s 15-year, bipartisan refusal to stop it; political correctness and how it is strangling a free people; and trade policies that have left the American working class displaced, adrift and denigrated. Mr. Trump’s popularity is propelled by those issues and enabled by his celebrity. (…) Mr. Trump is a clever man with his finger on the pulse, but his political future depends on two big questions. The first is: Is he at all a good man? Underneath the foul mouthed flamboyance is he in it for America? The second: Is he fully stable? He acts like a nut, calling people bimbos, flying off the handle with grievances. Is he mature, reliable? Is he at all a steady hand? Political professionals think these are side questions. “Let’s accuse him of not being conservative!” But they are the issue. Because America doesn’t deliberately elect people it thinks base, not to mention crazy. Peggy Noonan
Many of the more privileged Americans who frequent fancy restaurants, stay in hotels and depend on hired help for lawn and pool maintenance, home repair and childcare don’t think illegal immigration is that big of a deal. Those in the higher-paid professions do not fear low-wage competition for their jobs in law, medicine, academia, the media, government or the arts. And many who have no problem with the present influx live in affluent communities with good schools insulated from the immediate budgetary consequences of meeting the needs of the offspring of the 11 million here illegally. These wealthier people aren’t so much liberal in their tolerance of illegal immigration as they are self-interested and cynical. In contrast, the far more numerous poor and lower middle classes of America, especially in the Southwest, are sincerely worried — and angry. (…) For the broad middle class, the poor and minorities — people who dine mostly at home, travel infrequently, mow their own lawns and change their children’s diapers — inexpensive service labor is not seen as much of a boon to them. Plus, lower- and middle-class Americans live in communities where schools are more impacted by an influx of Spanish-only speakers. And as janitors, maids, groundskeepers, carpenters, factory workers and truckers, they fear competition from lower-wage illegal alien laborers. Legal immigrants who wait years in line to enter the United States legally can be particularly unsympathetic to others who cut in front — in violation of the law. Victor Davis Hanson (October 6, 2006)
Why should not an inner-city resident wish to buy a legal weapon, when armed security guards patrol America’s far safer gated communities? For most of the Clintons’ adult lives, they have been accompanied by men and women with concealed weapons to ensure their safety — on the premise that firearms, not mace, not Tasers, not knives or clubs, alone would ultimately keep the two safe. Fracking provides jobs and cheaper fuel; the elites of the Democratic party care about neither. Indeed, Barack Obama and Energy Secretary Steven Chu proclaimed their desire for spiraling gas and electricity prices. Boutique environmentalism is a losing issue for the Democrats. The very wealthy can afford to be more concerned for a three-inch smelt than for irrigation water that will ensure that there are jobs for tractor drivers and affordable food for the less-well-off. When Hillary Clinton talks about putting miners out of work, she’s talking about people she has no desire to see unless she needs their votes. Illegal immigration is another issue that offers class leverage. Middle-class Mexican-Americans cannot afford to put their kids in private schools when local districts are overwhelmed with non-English-speaking students. Trying to provide parity for 11 million or more illegal aliens naturally comes at the expense of fewer safety-net protections for minority citizens, just as driving down wages is good for the employer but hardly for the citizen who competes with illegal aliens for entry-level jobs. And what about lower-middle-class communities that are overwhelmed with foreign nationals whose backgrounds were never checked. Outsourcing jobs affects predominantly the lower middle classes; no pundit, D.C. staffer, or New York lawyer is replaced by some cheaper English-speaker from the Punjab. Obamacare follows the same pattern. Elites who praise it to the skies either have the money or the Cadillac plans to navigate around it. I doubt that Rahm Emanuel and his brothers queue up at a surgery center, hoping to win five minutes with an ophthalmologist who now treats 70 patients a day to survive under Obamacare. Victor Davis Hanson (National Review, May 31, 2016)
Since 2012, the U.S. has basically ceased policing its southern border. The populist pushback against the opening of the border with Mexico gave rise to the presidential candidacy of Donald Trump—predicated on the candidate’s promise to build an impenetrable border wall—much as the flood of migrants into Germany fueled opposition to Chancellor Angela Merkel. Driving the growing populist outrage in Europe and North America is the ongoing elite push for a borderless world. (…) Few escape petty hypocrisy when preaching the universal gospel of borderlessness. (…) While elites can build walls or switch zip codes to insulate themselves, the consequences of their policies fall heavily on the nonelites who lack the money and influence to navigate around them. (…) Facebook founder Mark Zuckerberg offers another case study. The multibillionaire advocates for a fluid southern border and lax immigration enforcement, but he has also stealthily spent $30 million to buy up four homes surrounding his Palo Alto estate. They form a sort of no-man’s-land defense outside his own Maginot Line fence, presumably designed against hoi polloi who might not share Zuckerberg’s taste or sense of privacy. Zuckerberg’s other estate in San Francisco is prompting neighbors’ complaints because his security team takes up all the best parking spaces. Walls and border security seem dear to the heart of the open-borders multibillionaire—when it’s his wall, his border security. (…) Mexico, in general, furiously opposes enforcing the U.S.–Mexican border and, in particular, the proposed Trump wall that would bar unauthorized entry into the U.S.—not on any theory of borders discourse but rather because Mexico enjoys fiscal advantages in exporting its citizens northward, whether in ensuring nearly $30 billion in remittances, creating a powerful lobby of expatriates in the U.S., or finding a safety valve for internal dissent. Note that this view does not hold when it comes to accepting northward migrations of poorer Central Americans. In early 2016, Mexico ramped up its border enforcement with Guatemala, adding more security forces, and rumors even circulated of a plan to erect occasional fences to augment the natural barriers of jungle and rivers. Apparently, Mexican officials view poorer Central Americans as quite distinct from Mexicans—and thus want to ensure that Mexico remains separate from a poorer Guatemala. Victor Davis Hanson (August 7, 2016)
The furor of ignored Europeans against their union is not just directed against rich and powerful government elites per se, or against the flood of mostly young male migrants from the war-torn Middle East. The rage also arises from the hypocrisy of a governing elite that never seems to be subject to the ramifications of its own top-down policies. The bureaucratic class that runs Europe from Brussels and Strasbourg too often lectures European voters on climate change, immigration, politically correct attitudes about diversity, and the constant need for more bureaucracy, more regulations, and more redistributive taxes. But Euro-managers are able to navigate around their own injunctions, enjoying private schools for their children; generous public pay, retirement packages and perks; frequent carbon-spewing jet travel; homes in non-diverse neighborhoods; and profitable revolving-door careers between government and business. The Western elite classes, both professedly liberal and conservative, square the circle of their privilege with politically correct sermonizing. They romanticize the distant “other” — usually immigrants and minorities — while condescendingly lecturing the middle and working classes, often the losers in globalization, about their lack of sensitivity. On this side of the Atlantic, President Obama has developed a curious habit of talking down to Americans about their supposedly reactionary opposition to rampant immigration, affirmative action, multiculturalism, and political correctness — most notably in his caricatures of the purported “clingers” of Pennsylvania. Yet Obama seems uncomfortable when confronted with the prospect of living out what he envisions for others. He prefers golfing with celebrities to bowling. He vacations in tony Martha’s Vineyard rather than returning home to his Chicago mansion. His travel entourage is royal and hardly green. And he insists on private prep schools for his children rather than enrolling them in the public schools of Washington, D.C., whose educators he so often shields from long-needed reform. In similar fashion, grandees such as Facebook billionaire Mark Zuckerberg and Univision anchorman Jorge Ramos do not live what they profess. They often lecture supposedly less sophisticated Americans on their backward opposition to illegal immigration. But both live in communities segregated from those they champion in the abstract. The Clintons often pontificate about “fairness” but somehow managed to amass a personal fortune of more than $100 million by speaking to and lobbying banks, Wall Street profiteers, and foreign entities. The pay-to-play rich were willing to brush aside the insincere, pro forma social-justice talk of the Clintons and reward Hillary and Bill with obscene fees that would presumably result in lucrative government attention. Consider the recent Orlando tragedy for more of the same paradoxes. The terrorist killer, Omar Mateen — a registered Democrat, proud radical Muslim, and occasional patron of gay dating sites — murdered 49 people and wounded even more in a gay nightclub. His profile and motive certainly did not fit the elite narrative that unsophisticated right-wing American gun owners were responsible because of their support for gun rights. No matter. The Obama administration and much of the media refused to attribute the horror in Orlando to Mateen’s self-confessed radical Islamist agenda. Instead, they blamed the shooter’s semi-automatic .223 caliber rifle and a purported climate of hate toward gays. (…) In sum, elites ignored the likely causes of the Orlando shooting: the appeal of ISIS-generated hatred to some young, second-generation radical Muslim men living in Western societies, and the politically correct inability of Western authorities to short-circuit that clear-cut connection. Instead, the establishment all but blamed Middle America for supposedly being anti-gay and pro-gun. In both the U.S. and Britain, such politically correct hypocrisy is superimposed on highly regulated, highly taxed, and highly governmentalized economies that are becoming ossified and stagnant. The tax-paying middle classes, who lack the romance of the poor and the connections of the elite, have become convenient whipping boys of both in order to leverage more government social programs and to assuage the guilt of the elites who have no desire to live out their utopian theories in the flesh. Victor Davis Hanson
Barack Obama is the Dr. Frankenstein of the supposed Trump monster. If a charismatic, Ivy League-educated, landmark president who entered office with unprecedented goodwill and both houses of Congress on his side could manage to wreck the Democratic Party while turning off 52 percent of the country, then many voters feel that a billionaire New York dealmaker could hardly do worse. If Obama had ruled from the center, dealt with the debt, addressed radical Islamic terrorism, dropped the politically correct euphemisms and pushed tax and entitlement reform rather than Obamacare, Trump might have little traction. A boring Hillary Clinton and a staid Jeb Bush would most likely be replaying the 1992 election between Bill Clinton and George H.W. Bush — with Trump as a watered-down version of third-party outsider Ross Perot. But America is in much worse shape than in 1992. And Obama has proved a far more divisive and incompetent president than George H.W. Bush. Little is more loathed by a majority of Americans than sanctimonious PC gobbledygook and its disciples in the media. And Trump claims to be PC’s symbolic antithesis. Making Machiavellian Mexico pay for a border fence or ejecting rude and interrupting Univision anchor Jorge Ramos from a press conference is no more absurd than allowing more than 300 sanctuary cities to ignore federal law by sheltering undocumented immigrants. Putting a hold on the immigration of Middle Eastern refugees is no more illiberal than welcoming into American communities tens of thousands of unvetted foreign nationals from terrorist-ridden Syria. In terms of messaging, is Trump’s crude bombast any more radical than Obama’s teleprompted scripts? Trump’s ridiculous view of Russian President Vladimir Putin as a sort of « Art of the Deal » geostrategic partner is no more silly than Obama insulting Putin as Russia gobbles up former Soviet republics with impunity. Obama callously dubbed his own grandmother a « typical white person, » introduced the nation to the racist and anti-Semitic rantings of the Rev. Jeremiah Wright, and petulantly wrote off small-town Pennsylvanians as near-Neanderthal « clingers. » Did Obama lower the bar for Trump’s disparagements? Certainly, Obama peddled a slogan, « hope and change, » that was as empty as Trump’s « make America great again. » (…) How does the establishment derail an out-of-control train for whom there are no gaffes, who has no fear of The New York Times, who offers no apologies for speaking what much of the country thinks — and who apparently needs neither money from Republicans nor politically correct approval from Democrats? Victor Davis Hanson
In 1978, the eminent sociologist William Julius Wilson argued confidently that class would soon displace race as the most important social variable in American life. As explicit legal barriers to minority advancement receded farther into the past, the fates of the working classes of different races would converge. By the mid 2000s, Wilson’s thesis looked pretty good: The black middle class was vibrant and growing as the average black wealth nearly doubled from 1995 to 2005. Race appeared to lose its salience as a political predictor: More and more blacks were voting Republican, reversing a decades-long trend, and in 2004 George W. Bush collected the highest share of the Latino (44 percent) vote of any Republican ever and a higher share of the Asian vote (43 percent) than he did in 2000. Our politics grew increasingly ideological and less racial: Progressives and the beneficiaries of a generous social-welfare state generally supported the Democratic party, while more prosperous voters were more likely to support Republicans. Stable majorities expressed satisfaction with the state of race relations. It wasn’t quite a post-racial politics, but it was certainly headed in that direction. But in the midst of the financial crisis of 2007, something happened. Both the white poor and the black poor began to struggle mightily, though for different reasons. And our politics changed dramatically in response. It’s ironic that the election of the first black president marked the end of our brief flirtation with a post-racial politics. By 2011, William Julius Wilson had published a slight revision of his earlier thesis, noting the continued importance of race. The black wealth of the 1990s, it turned out, was built on the mirage of house values. Inner-city murder rates, which had fallen for decades, began to tick upward in 2015. In one of the deadliest mass shootings in recent memory, a white supremacist murdered nine black people in a South Carolina church. And the ever-present antagonism between the police and black Americans — especially poor blacks whose neighborhoods are the most heavily policed — erupted into nationwide protests. Meanwhile, the white working class descended into an intense cultural malaise. Prescription-opioid abuse skyrocketed, and deaths from heroin overdoses clogged the obituaries of local papers. In the small, heavily white Ohio county where I grew up, overdoses overtook nature as the leading cause of death. A drug that for so long was associated with inner-city ghettos became the cultural inheritance of the southern and Appalachian white: White youths died from heroin significantly more often than their peers of other ethnicities. Incarceration and divorce rates increased steadily. Perhaps most strikingly, while the white working class continued to earn more than the working poor of other races, only 24 percent of white voters believed that the next generation would be “better off.” No other ethnic group expressed such alarming pessimism about its economic future. And even as each group struggled in its own way, common forces also influenced them. Rising automation in blue-collar industries deprived both groups of high-paying, low-skill jobs. Neighborhoods grew increasingly segregated — both by income and by race — ensuring that poor whites lived among poor whites while poor blacks lived among poor blacks. As a friend recently told me about San Francisco, Bull Connor himself couldn’t have designed a city with fewer black residents. Predictably, our politics began to match this new social reality. In 2012, Mitt Romney collected only 27 percent of the Latino vote. Asian Americans, a solid Republican constituency even in the days of Bob Dole, went for Obama by a three-to-one margin — a shocking demographic turn of events over two decades. Meanwhile, the black Republican became an endangered species. Republican failures to attract black voters fly in the face of Republican history. This was the party of Lincoln and Douglass. Eisenhower integrated the school in Little Rock at a time when the Dixiecrats were the defenders of the racial caste system.(…) For many progressives, the Sommers and Norton research confirms the worst stereotypes of American whites. Yet it also reflects, in some ways, the natural conclusions of an increasingly segregated white poor. (…) The reality is not that black Americans enjoy special privileges. In fact, the overwhelming weight of the evidence suggests that the opposite is true. Last month, for instance, the brilliant Harvard economist Roland Fryer published an exhaustive study of police uses of force. He found that even after controlling for crime rates and police presence in a given neighborhood, black youths were far likelier to be pushed, thrown to the ground, or harassed by police. (Notably, he also found no racial disparity in the use of lethal force.) (…) Getting whipped into a frenzy on conspiracy websites, or feeling that distant, faceless elites dislike you because of your white skin, doesn’t compare. But the great advantages of whiteness in America are invisible to the white poor, or are completely swallowed by the disadvantages of their class. The young man from West Virginia may be less likely to get questioned by Yale University police, but making it to Yale in the first place still requires a remarkable combination of luck and skill. In building a dialogue around “checking privilege,” the modern progressive elite is implicitly asking white America — especially the segregated white poor — for a level of social awareness unmatched in the history of the country. White failure to empathize with blacks is sometimes a failure of character, but it is increasingly a failure of geography and socialization. Poor whites in West Virginia don’t have the time or the inclination to read Harvard economics studies. And the privileges that matter — that is, the ones they see — are vanishing because of destitution: the privilege to pay for college without bankruptcy, the privilege to work a decent job, the privilege to put food on the table without the aid of food stamps, the privilege not to learn of yet another classmate’s premature death. (…) Because of this polarization, the racial conversation we’re having today is tribalistic. On one side are primarily white people, increasingly represented by the Republican party and the institutions of conservative media. On the other is a collection of different minority groups and a cosmopolitan — and usually wealthier — class of whites. These sides don’t even speak the same language: One side sees white privilege while the other sees anti-white racism. There is no room for agreement or even understanding. J. D. Vance
Est-ce le plus beau cadeau qu’Hillary Clinton ait fait à son adversaire ? En traitant “la moitié” des électeurs de Trump de “basket of deplorables”, Hillary a donné à l’équipe Trump un nouveau slogan de campagne : Les Deplorables (en français sur l’affiche avec le “e” sans accent, et aussi sur les t-shirts, sur les pots à café, dans la salle, etc.) ; avec depuis hier une affiche empruntée au formidable succès de scène de 2012 à Broadway Les Misérables (avec le “é” accentué, ou Les Mis’, tout cela en français sur l’affiche et sur la scène), et retouchée à la mesure-Trump (drapeau US à la place du drapeau français, bannière avec le nom de Trump). Grâce soit rendue à Hillary, le mot a une certaine noblesse et une signification à la fois, – étrangement, – précise et sophistiqué, dont le sens négatif peut aisément être retourné dans un contexte politique donné (le mot lui-même a, également en anglais, un sens négatif et un sens positif), surtout avec la référence au titre du livre de Hugo devenu si populaire aux USA depuis 2012…  L’équipe Trump reprend également la chanson-standard de la comédie musicale “Do You Hear the People Sing”, tout cela à partir d’une idée originale d’un partisan de Trump, un artiste-graphiste qui se désigne sous le nom de Keln : il a réalisé la composition graphique à partir de l’affiche des Misérables et l’a mise en ligne en espérant qu’elle serait utilisée par Trump. Depuis quelques jours déjà, les partisans de Trump se baptisent de plus en plus eux-mêmes Les Deplorables (comme l’on disait il y a 4-5 ans “les indignés”) et se reconnaissent entre eux grâce à ce mot devenu porte-drapeau et slogan et utilisé sur tous les produits habituels (“nous sommes tous des Deplorables”, comme d’autres disaient, dans le temps, “Nous sommes tous des juifs allemands”). De l’envolée de Clinton, – dont elle s’est excusée mais sans parvenir à contenir l’effet “déplorable” pour elle, ni l’effet-boomerang comme on commence à le mesurer, –nous écrivions ceci le 15 septembre : « L’expression (“panier” ou “paquet de déplorables”), qui qualifie à peu près une moitié des électeurs de Trump, est assez étrange, sinon arrogante et insultante, voire sophistiquée et devrait être très en vogue dans les salons progressistes et chez les milliardaires d’Hollywood ; elle s’accompagne bien entendu des autres qualificatifs classiques formant le minimum syndical de l’intellectuel-Système, dits explicitement par Hillary, de “racistes”, xénophobes”, et ajoutons comme sous-entendus “crétins absolus” ou bien “sous-hommes”, et ajoutons encore implicitement “irrécupérables” et de la sorte “à liquider” ou à envoyer en camp de rééducation ou plutôt à l’asile, comme l’éclairé Bacri conseille de faire avec Zemmour. » Récupéré par les électeurs de Trump eux-mêmes puis par l’équipe Trump, le slogan peu résonner comme un cri de révolte qui pourrait donner un formidable rythme et un atout considérable de communication à la campagne du candidat républicain. Philippe Grasset
In another eerie ditto of his infamous 2008 attack on the supposedly intolerant Pennsylvania “clingers,” Obama returned to his theme that ignorant Americans “typically” become xenophobic and racist: “Typically, when people feel stressed, they turn on others who don’t look like them.” (“Typically” is not a good Obama word to use in the context of racial relations, since he once dubbed his own grandmother a “typical white person.”) Too often Obama has gratuitously aroused racial animosities with inflammatory rhetoric such as “punish our enemies,” or injected himself into the middle of hot-button controversies like the Trayvon Martin case, the Henry Louis Gates melodrama, and the “hands up, don’t shoot” Ferguson mayhem. Most recently, Obama seemed to praise backup 49ers quarterback and multimillionaire Colin Kaepernick for his refusal to stand during the National Anthem, empathizing with Kaepernick’s claims of endemic American racism. (…) Even presidential nominee and former Secretary of State Hillary Clinton is not really defending the Obama administration’s past “red line” in Syria, the “reset” with Vladimir Putin’s Russia, the bombing of Libya, the Benghazi tragedy, the euphemistic rebranding of Islamic terrorism as mere “violent extremism,” the abrupt pullout from (and subsequent collapse of) Iraq, or the Iran nuclear deal that so far seems to have made the theocracy both rich and emboldened. (…) Racial relations in this country seem as bad as they have been in a half-century. (…) Following the Clinton model, a post-presidential Obama will no doubt garner huge fees as a “citizen of the world” — squaring the circle of becoming fabulously rich while offering sharp criticism of the cultural landscape of the capitalist West on everything from sports controversies to pending criminal trials. What, then, is the presidential legacy of Barack Obama? It will not be found in either foreign- or domestic-policy accomplishment. More likely, he will be viewed as an outspoken progressive who left office loudly in the same manner that he entered it — as a critic of the culture and country in which he has thrived. But there may be another, unspoken legacy of Obama, and it is his creation of the candidacy of Donald J. Trump. Trump is running as an angry populist, fueled by the promise that whatever supposed elites such as Obama have done to the country, he will largely undo. Obama’s only legacy seems to be that “hope and change” begat “make America great again.” Victor Davis Hanson
Hillary Clinton’s comment that half of Donald Trump’s supporters are “racist, sexist, homophobic, xenophobic, Islamophobic”—a heck of a lot of phobia for anyone to lug around all day—puts back in play what will be seen as one of the 2016 campaign’s defining forces: the revolt of the politically incorrect. They may not live at the level of Victor Hugo’s “Les Misérables,” but it was only a matter of time before les déplorables—our own writhing mass of unheard Americans—rebelled against the intellectual elites’ ancien régime of political correctness. (…) Mrs. Clinton’s (…) dismissal, at Barbra Streisand’s LGBT fundraiser, of uncounted millions of Americans as deplorables had the ring of genuine belief. Perhaps sensing that public knowledge of what she really thinks could be a political liability, Mrs. Clinton went on to describe “people who feel that the government has let them down, the economy has let them down, nobody cares about them . . . and they’re just desperate for change.” She is of course describing the people in Charles Murray’s recent and compelling book on cultural disintegration among the working class, “Coming Apart: The State of White America, 1960-2010.” This is indeed the bedrock of the broader Trump base. Mrs. Clinton is right that they feel the system has let them down. There is a legitimate argument over exactly when the rising digital economy started transferring income away from blue-collar workers and toward the “creative class” of Google and Facebook employees, no few of whom are smug progressives who think the landmass seen from business class between San Francisco and New York is pocked with deplorable, phobic Americans. Naturally, they’ll vote for the status quo, which is Hillary. But in the eight years available to Barack Obama to do something about what rankles the lower-middle class—white, black or brown—the non-employed and underemployed grew. A lot of them will vote for Donald Trump because they want a radical mid-course correction. (…) The progressive Democrats, a wholly public-sector party, have disconnected from the realities of the private economy, which exists as a mysterious revenue-producing abstraction. Hillary’s comments suggest they now see much of the population has a cultural and social abstraction. (…) Donald Trump’s appeal, in part, is that he cracks back at progressive cultural condescension in utterly crude terms. Nativists exist, and the sky is still blue. But the overwhelming majority of these people aren’t phobic about a modernizing America. They’re fed up with the relentless, moral superciliousness of Hillary, the Obamas, progressive pundits and 19-year-old campus activists. Evangelicals at last week’s Values Voter Summit said they’d look past Mr. Trump’s personal résumé. This is the reason. It’s not about him. The moral clarity that drove the original civil-rights movement or the women’s movement has degenerated into a confused moral narcissism. (…) It is a mistake, though, to blame Hillary alone for that derisive remark. It’s not just her. Hillary Clinton is the logical result of the Democratic Party’s new, progressive algorithm—a set of strict social rules that drives politics and the culture to one point of view. (…) Her supporters say it’s Donald Trump’s rhetoric that is “divisive.” Just so. But it’s rich to hear them claim that their words and politics are “inclusive.” So is the town dump. They have chopped American society into so many offendable identities that only a Yale freshman can name them all. If the Democrats lose behind Hillary Clinton, it will be in part because America’s les déplorables decided enough of this is enough. Bret Stephens

Attention: une tribalisation peut en cacher une autre !

Alors que des Etats-Unis volontiers donneurs de leçons redécouvrent après la France et la Belgique …

Les attaques terroristes que subissent depuis près d’un an et dans l’indifférence générale les citoyens israéliens

Et que des élèves afro-américaines manifestent contre l’interdiction du port non-religieux du foulard africain

Pendant que l’autre côté de l’Atlantique c’est au nom de la laïcité que les jeunes Français se voient interdire tout couvre-chef ou signe religieux visible …

Comment ne pas voir avec les plus lucides des commentateurs américains tels que David Henninger ou Victor Davis Hanson …

Derrière ce « panier de pitoyables » que, gala LGBT aidant, la candidate démocrate vient – avant de s’excuser elle aussi – d’asséner aux « accros aux armes à feu ou à la religion » dénoncés en son temps par son prédécesseur  …

Et à l’instar de ces stars multimillionnaires du sport refusant de saluer le drapeau national …

La véritable tribalisation d’une élite toujours plus coupée de la réalité et du reste du pays

Mais aussi, incarnée par leur rival républicain tant honni, la révolte qui gronde …

Contre ceux qui sont les premiers responsables de la polarisation de la société américaine qu’ils dénoncent  ?

Les Déplorables
Hillary Clinton names the five phobias of Donald Trump’s political supporters.
Daniel Henninger
The WSJ
Sept. 14, 2016

Hillary Clinton’s comment that half of Donald Trump’s supporters are “racist, sexist, homophobic, xenophobic, Islamophobic”—a heck of a lot of phobia for anyone to lug around all day—puts back in play what will be seen as one of the 2016 campaign’s defining forces: the revolt of the politically incorrect.

They may not live at the level of Victor Hugo’s “Les Misérables,” but it was only a matter of time before les déplorables—our own writhing mass of unheard Americans—rebelled against the intellectual elites’ ancien régime of political correctness.

It remains to be seen what effect Hillary’s five phobias will have on the race, which tightened even before these remarks and Pneumonia-gate. The two events produced one of Mrs. Clinton’s worst weeks in opposite ways.

As with the irrepressible email server, Mrs. Clinton’s handling of her infirmity—“I feel great,” the pneumonia-infected candidate said while hugging a little girl—deepened the hole of distrust she lives in. At the same time, her dismissal, at Barbra Streisand’s LGBT fundraiser, of uncounted millions of Americans as deplorables had the ring of genuine belief.

Perhaps sensing that public knowledge of what she really thinks could be a political liability, Mrs. Clinton went on to describe “people who feel that the government has let them down, the economy has let them down, nobody cares about them . . . and they’re just desperate for change.”

She is of course describing the people in Charles Murray’s recent and compelling book on cultural disintegration among the working class, “Coming Apart: The State of White America, 1960-2010.” This is indeed the bedrock of the broader Trump base.

Mrs. Clinton is right that they feel the system has let them down. There is a legitimate argument over exactly when the rising digital economy started transferring income away from blue-collar workers and toward the “creative class” of Google and Facebook employees, no few of whom are smug progressives who think the landmass seen from business class between San Francisco and New York is pocked with deplorable, phobic Americans. Naturally, they’ll vote for the status quo, which is Hillary.

But in the eight years available to Barack Obama to do something about what rankles the lower-middle class—white, black or brown—the non-employed and underemployed grew. A lot of them will vote for Donald Trump because they want a radical mid-course correction. Which Mrs. Clinton isn’t and never will be.

This is not the Democratic Party of Bill Clinton. The progressive Democrats, a wholly public-sector party, have disconnected from the realities of the private economy, which exists as a mysterious revenue-producing abstraction. Hillary’s comments suggest they now see much of the population has a cultural and social abstraction.

To repeat: “racist, sexist, homophobic, xenophobic, Islamophobic.”

Those are all potent words. Or once were. The racism of the Jim Crow era was ugly, physically cruel and murderous. Today, progressives output these words as reflexively as a burp. What’s more, the left enjoys calling people Islamophobic or homophobic. It’s bullying without personal risk.

Donald Trump’s appeal, in part, is that he cracks back at progressive cultural condescension in utterly crude terms. Nativists exist, and the sky is still blue. But the overwhelming majority of these people aren’t phobic about a modernizing America. They’re fed up with the relentless, moral superciliousness of Hillary, the Obamas, progressive pundits and 19-year-old campus activists.

Evangelicals at last week’s Values Voter Summit said they’d look past Mr. Trump’s personal résumé. This is the reason. It’s not about him.

The moral clarity that drove the original civil-rights movement or the women’s movement has degenerated into a confused moral narcissism. One wonders if even some of the people in Mrs. Clinton’s Streisandian audience didn’t feel discomfort at the ease with which the presidential candidate slapped isms and phobias on so many people.

Presidential politics has become hyper-focused on individual personalities because the media rubs them in our face nonstop. It is a mistake, though, to blame Hillary alone for that derisive remark. It’s not just her. Hillary Clinton is the logical result of the Democratic Party’s new, progressive algorithm—a set of strict social rules that drives politics and the culture to one point of view. A Clinton victory would enable and entrench the forces her comment represents.

Her supporters say it’s Donald Trump’s rhetoric that is “divisive.” Just so. But it’s rich to hear them claim that their words and politics are “inclusive.” So is the town dump. They have chopped American society into so many offendable identities that only a Yale freshman can name them all.

If the Democrats lose behind Hillary Clinton, it will be in part because America’s les déplorables decided enough of this is enough.

Voir aussi:

The Legacies of Barack Obama
Without policy achievements to hang his hat on, Obama’s rhetoric will be how he’s remembered – and the results have been ugly.
Victor Davis Hanson
National Review Online
9/16/2016

On his recent Asian tour, President Obama characterized his fellow Americans (the most productive workers in the world) as “lazy.”

In fact, he went on to deride Americans for a list of supposed transgressions ranging from the Vietnam War to environmental desecration to the 19th century treatment of Native Americans.

“If you’re in the United States,” the president said, “sometimes you can feel lazy and think we’re so big we don’t have to really know anything about other people.”

The attack on supposedly insular Americans was somewhat bizarre, given that Obama himself knows no foreign languages. He often seems confused about even basic world geography. (His birthplace of Hawaii is not “Asia,” Austrians do not speak “Austrian,” and the Falkland Islands are not the Maldives).

Obama’s sense of history is equally weak. Contrary to his past remarks, the Islamic world did not spark either the Western Renaissance or the Enlightenment. Cordoba was not, as he once suggested, an Islamic center of “tolerance” during the Spanish Inquisition; in fact, its Muslim population had been expelled during the early Reconquista over two centuries earlier.

In another eerie ditto of his infamous 2008 attack on the supposedly intolerant Pennsylvania “clingers,” Obama returned to his theme that ignorant Americans “typically” become xenophobic and racist: “Typically, when people feel stressed, they turn on others who don’t look like them.” (“Typically” is not a good Obama word to use in the context of racial relations, since he once dubbed his own grandmother a “typical white person.”)

Too often Obama has gratuitously aroused racial animosities with inflammatory rhetoric such as “punish our enemies,” or injected himself into the middle of hot-button controversies like the Trayvon Martin case, the Henry Louis Gates melodrama, and the “hands up, don’t shoot” Ferguson mayhem.

Most recently, Obama seemed to praise backup 49ers quarterback and multimillionaire Colin Kaepernick for his refusal to stand during the National Anthem, empathizing with Kaepernick’s claims of endemic American racism.

What is going on in Obama’s home stretch?

But divisive sermonizing and the issuing of executive orders are not the same as successfully reforming our health-care system. The Affordable Care Act, born of exaggeration and untruth, is now in peril as insurers pull out and the costs of premiums and deductibles soar.

Even presidential nominee and former Secretary of State Hillary Clinton is not really defending the Obama administration’s past “red line” in Syria, the “reset” with Vladimir Putin’s Russia, the bombing of Libya, the Benghazi tragedy, the euphemistic rebranding of Islamic terrorism as mere “violent extremism,” the abrupt pullout from (and subsequent collapse of) Iraq, or the Iran nuclear deal that so far seems to have made the theocracy both rich and emboldened.

The U.S. economy — with its record-low growth over eight years, near-record labor non-participation rates, record national debt, and record consecutive years of zero interest rates — is not much of a legacy either.

Racial relations in this country seem as bad as they have been in a half-century.

Given the scandal involving Hillary Clinton’s use of a private, unsecured e-mail server for official State Department communications, the politicization of the IRS, the messes at the GSA and VA, and the current ethical confusion at the FBI and Justice Department over Clinton’s violations, Obama has not made good on his promise of a transparent, efficient, and honest government.

Near energy independence through fracking is certainly a revolutionary development, but it arrived largely despite, not because of, the Obama administration.

The sharper the sermon, the more Obama preps himself for his post-presidency as a social justice warrior, akin to the pre-political incarnation of Obama as a community organizer.

Following the Clinton model, a post-presidential Obama will no doubt garner huge fees as a “citizen of the world” — squaring the circle of becoming fabulously rich while offering sharp criticism of the cultural landscape of the capitalist West on everything from sports controversies to pending criminal trials.

What, then, is the presidential legacy of Barack Obama?

It will not be found in either foreign- or domestic-policy accomplishment. More likely, he will be viewed as an outspoken progressive who left office loudly in the same manner that he entered it — as a critic of the culture and country in which he has thrived.

But there may be another, unspoken legacy of Obama, and it is his creation of the candidacy of Donald J. Trump.

Trump is running as an angry populist, fueled by the promise that whatever supposed elites such as Obama have done to the country, he will largely undo.

Obama’s only legacy seems to be that “hope and change” begat “make America great again.”

Voir également:

French Touch : “Nous sommes tous ‘Les Deplorables’”
Philippe Grasset
Dedefensa
17 septembre 2016

Est-ce le plus beau cadeau qu’Hillary Clinton ait fait à son adversaire ? En traitant “la moitié” des électeurs de Trump de “basket of deplorables”, Hillary a donné à l’équipe Trump un nouveau slogan de campagne : Les Deplorables (en français sur l’affiche avec le “e” sans accent, et aussi sur les t-shirts, sur les pots à café, dans la salle, etc.) ; avec depuis hier une affiche empruntée au formidable succès de scène de 2012 à Broadway Les Misérables (avec le “é” accentué, ou Les Mis’, tout cela en français sur l’affiche et sur la scène), et retouchée à la mesure-Trump (drapeau US à la place du drapeau français, bannière avec le nom de Trump). Grâce soit rendue à Hillary, le mot a une certaine noblesse et une signification à la fois, – étrangement, – précise et sophistiqué, dont le sens négatif peut aisément être retourné dans un contexte politique donné (le mot lui-même a, également en anglais, un sens négatif et un sens positif), surtout avec la référence au titre du livre de Hugo devenu si populaire aux USA depuis 2012…  L’équipe Trump reprend également la chanson-standard de la comédie musicale “Do You Hear the People Sing”, tout cela à partir d’une idée originale d’un partisan de Trump, un artiste-graphiste qui se désigne sous le nom de Keln : il a réalisé la composition graphique à partir de l’affiche des Misérables et l’a mise en ligne en espérant qu’elle serait utilisée par Trump.

Depuis quelques jours déjà, les partisans de Trump se baptisent de plus en plus eux-mêmes Les Deplorables (comme l’on disait il y a 4-5 ans “les indignés”) et se reconnaissent entre eux grâce à ce mot devenu porte-drapeau et slogan et utilisé sur tous les produits habituels (“nous sommes tous des Deplorables”, comme d’autres disaient, dans le temps, “Nous sommes tous des juifs allemands”). De l’envolée de Clinton, – dont elle s’est excusée mais sans parvenir à contenir l’effet “déplorable” pour elle, ni l’effet-boomerang comme on commence à le mesurer, –nous écrivions ceci le 15 septembre : « L’expression (“panier” ou “paquet de déplorables”), qui qualifie à peu près une moitié des électeurs de Trump, est assez étrange, sinon arrogante et insultante, voire sophistiquée et devrait être très en vogue dans les salons progressistes et chez les milliardaires d’Hollywood ; elle s’accompagne bien entendu des autres qualificatifs classiques formant le minimum syndical de l’intellectuel-Système, dits explicitement par Hillary, de “racistes”, xénophobes”, et ajoutons comme sous-entendus “crétins absolus” ou bien “sous-hommes”, et ajoutons encore implicitement “irrécupérables” et de la sorte “à liquider” ou à envoyer en camp de rééducation ou plutôt à l’asile, comme l’éclairé Bacri conseille de faire avec Zemmour. » Récupéré par les électeurs de Trump eux-mêmes puis par l’équipe Trump, le slogan peu résonner comme un cri de révolte qui pourrait donner un formidable rythme et un atout considérable de communication à la campagne du candidat républicain.

L’affaire est présentée notamment par le Daily Mail, ce 17 septembre : « Donald Trump unveiled a new visual campaign theme in Miami on Friday – a mashup of the Broadway musical ‘Les Misérables’ and an epithet Hillary Clinton leveled at his supporters one week ago. He took the stage, introduced by former New York City Mayor Rudy Giuliani, as the ‘Les Mis’ anthem ‘Do You Hear the People Sing’ blasted through loudspeakers.

» The video screen behind the podium flashed to an artistic rendering of ‘Les Deplorables,’ complete with USA and ‘Trump’ flags replacing the French colors, and a bald eagle soaring over the revolutionary scene. “Welcome to all of you deplorables!’ Trump boomed as thousands screamed “Trump! Trump! Trump!” and “We love you!” […]

» His supporters have embraced the Clinton label and worn it as a badge of honor, and in the space of just a few days Trump rally-goers have already begun to sport ‘I am deplorable’ t-shirts and signs. […]

» The man who created the artwork [Trump] used Friday, an artist known online as ‘Keln,’ was banned from using Reddit on Saturday, shortly after posting the image there. He first posted it to a right-wing blog called ‘The Conservative Treehouse.’ “I made the Les Deplorables meme on @Reddit last Saturday,” he would later write on Twitter. “Been banned ever since. They won’t respond to tell me why.” He wrote on his blog, NukingPolitics.com, that he suspected Reddit had an anti-Trump bias. […] Just before the Trump rally began, his Reddit account was reinstated. He was pleased the Trump campaign used his artwork. “Thank you @realDonaldTrump for using my meme to stick it to Hillary and her ilk. #MAGA We are just gonna keep winning,” he tweeted. “I made it, I am glad He used it,” he added, insisting the Trump campaign had a right to turn his work into a campaign backdrop. »

Voir encore:

« In the 1960s you had white people who were really scared of change, and who were attracted to Goldwater’s rhetoric and agenda, including his vote against the Civil Rights Act, » says Christopher S. Parker, a political science professor at the University of Washington and author, with Matt Barreto, of « Change They Can’t Believe In: The Tea Party and Reactionary Politics in America.«  Nowadays, white Americans are feeling not only the threat of social change, but the diminished power that comes with the the increased percentages of African-American and Latinos citizens in the U.S., adds Daniel Cox, research director of the nonpartisan Public Religion Research Institute.

« White conservative men are seeing a cultural displacement. Their influence in the culture is being challenged and is receding, » Cox explains.

Obama’s election, far from making Americans more comfortable with minority leadership, in some ways exacerbated those fears, Parker says, giving rise to Trump. « I think that Trump is actually a course correction, probably an over-course correction, » he says. « Obama scared so many white people, it made Trump’s candidacy possible and his nomination plausible. »

The growth of the Latino population has added to the national angst as well, says Pastor Samuel Rodriguez, President of the National Hispanic Christian Leadership Conference. « We’re having this uber, exacerbated moment as it pertains to race and our culture, » he says. « Instead of [racial tension and animus] dying down, or moderating to a degree that it becomes de minimus, we’re actually regressing. It seems like we’re going backwards. »

While Democrats have long captured an overwhelming majority of the African-American vote, Trump (who has gotten less than 1 percent of black voters in some polls) is doing worse against Clinton among those voters than either Mitt Romney or John McCain did against Obama. And while race was always an undercurrent of the Obama-McCain contest in 2008, it was less mainstream ( — racially offensive images and remarks about Obama tended to be contained to extremist websites and niche publications. Nor did McCain personally encourage such talk, famously correcting a woman at a McCain rally who called Obama an « Arab. »

Trump, Parker says, doesn’t even bother with what political specialists call « dog whistle » remarks – statements that seem benign on the surface but act as a subtle signal to certain groups, such as Ronald Reagan’s « welfare queens » comments that appealed to a racist idea but were not explicitly racist. Instead, Trump has been blatant about describing Mexican-American immigrants as « rapists » and « criminals, » has called for a ban on Muslim immigration to thwart terrorism and has described African-American communities as dens of unemployment, poverty, bad education and violent crime. And that message is resonating among many white voters, in part, Cox says, because they resent « politically correct » standards that make them feel they have to censor their own thoughts. « You can see how that would engender the idea that ‘I’m being attacked,' » Cox says.

And unlike Goldwater, who denounced the KKK and refused their endorsement, Trump refused several times to renounce former Klansman David Duke, insisting he knew nothing about him. He later said a faulty earpiece kept him from hearing the question clearly.

Polling shows the races have widely divergent ideas of what life is like for racial and ethnic minorities. A recent Pew Research Center study showed that just 45 percent of whites thought race relations were generally bad, compared to 61 percent of African-Americans and 58 percent of Hispanics. Meanwhile, 41 percent of whites believe too much attention is being paid to racial issues, compared to 25 percent of blacks and 22 percent of Hispanics. The same study showed that African-Americans are about twice as likely as whites to say discrimination is holding back success for black Americans.

A recent PRRI poll also showed a large difference in perception of equality when the question was put to Democrats (who have African-Americans and Latinos in their base of support) and Republicans (who have a bigger portion of the white vote). About 80 percent of Democrats believe that both African-Americans and immigrants face significant discrimination in society, compared to 32 percent of Republicans who think blacks face significant discrimination, and 46 percent who say immigrants suffer from bias. And a Suffolk University poll Sept. 1 showed a drastically different impression of trump’s rhetoric, with 76 percent of Democrats casting trump as a racist, and just 11 percent of Republicans leveling that charge.

When African-Americans have protested against what they see as institutional racism, they have faced aggressive push-back. The Black Lives Matter movement, spurred by suspect police killings of African-Americans, has been vilified by critics including former New York City Mayor Rudy Giuliani, who called the group « inherently racist. » A New York Times-CBS poll this summer found that 70 percent of blacks approve of the BLM movement, compared to just 37 percent of whites.

When mixed-race San Francisco 49ers quarterback Colin Kaepernick refused to stand for the national anthem, citing oppression of African-Americans and people of color, critics burned his jersey. Trump said Kaepernick should find another country in which to live.

That disparity in perspective has come to define the views on race relation held, generally, by supporters of the respective presidential candidates. Where one side sees racism, the other sees « the race card, » rhetoric and protests they say make things worse. « From my perspective, I think a lot of this [tension] has to do with President Obama, » says conservative writer Tom Borelli. After delivering campaign speeches about a united America, « President Obama kind of weighed in on local police matters and race issues » such as the George Zimmerman-Trayvon Martin case, Borelli says. « It kind of escalated the racial tension. »

As for statistics showing that African-Americans are far more likely to be shot and killed by police than whites, Borelli points to the same social problems Trump assigns to black communities, saying poverty and unemployment lead to crime. They « go into crime, drug-dealing. That’s a tragedy, » Borelli says. « What we need is better schools, lower taxes. »

Rodriguez says the differing perceptions of the reality of race is due to two factors: anxiety among white Americans over the changing racial and ethnic demographics in the country, and disappointment among African-Americans and Latinos, who had hoped Obama’s presidency would bring immigration reform and more opportunity for blacks. « There’s angst on the majority side, and disappointment on the minority side, » he says.

Whites also don’t have the same personal experiences minorities have, Cox says, noting an earlier PRRI study showing that 70 percent of white Americans did not have people of color in their families or inner social circles. And many also don’t like to acknowledge that America, a nation founded on inclusion and opportunity, is still struggling with racism, he says.

« There’s a desire to point to these big, symbolic events, such as the election of Barack Obama, as a milestone, » Cox says. « It is absolutely a milestone, but it doesn’t mean everything else is changed. »

France 24 Observateurs

Liu Montsho Kwayera

16 septembre 2016

Quand un responsable de leur école leur a demandé « d’ôter les foulards africains » qu’elles portaient sur la tête, des adolescentes noires d’un lycée de Floride ont décidé de ne pas se laisser faire. Malgré les pressions, elles ont lancé un mouvement et arborent tous les mercredis cette coiffe, symbole pour elle de leur identité culturelle.

Dans le lycée Gibbs, à Saint Petersburg en Floride, les règles en matière de couvre-chef sont très strictes : il est interdit de porter casquette, foulard ou bandana, sauf pour raison religieuse. Sur la base de ce règlement, le 25 août dernier, un surveillant a demandé à des jeunes filles d’enlever leurs foulards, noués à l’africaine. Ce geste a fait naître un mouvement baptisé « Black girls wrap Wednesday » (« Les filles noires se couvrent le mercredi »).

« Je n’ai pas besoin de permission pour vivre ma culture »

Liu Montsho Kwayera

Liu Montsho Kwayer a 17 ans et étudie au lycée Gibbs. Elle est l’une des leaders du mouvement.

Les gens voient ces foulards comme un accessoire, mais c’est bien plus que ça. Les femmes noires et africaines les portent depuis longtemps. Cela fait partie intégrante de notre culture et de notre héritage. Pour moi, en porter un, c’est embrasser cet héritage.

Quand nous avons été « volés » sur le continent africain [en référence aux traites négrières des XVIIe et XVIIIe siècles, NDLR], nos ancêtres ont été dépossédés de leur culture, leur nom, leur langue. Pour moi, ceux qui disent que nous ne pouvons pas porter ces foulards nous renvoient à cette époque de répression.

Lorsque l’interdiction a été émise, j’étais désespérée. Particulièrement parce que c’est un policier qui a demandé à la première victime d’enlever son foulard. C’était une situation très humiliante. Voir qu’un policier pouvait intervenir sur ce sujet dans l’enceinte d’un lycée, c’était effrayant.

Je suis rentrée en contact avec des membres du mouvement Uhuru [un mouvement panafricain socialiste radicalinternational centré sur la question des conditions sociales et économiques des populations africaines à travers le monde ; ses bureaux internationaux se trouvent à Saint Petersburg en Floride, NDLR]. Nous avons organisé notre première manifestation le 31 août. Six filles sont venues en portant un foulard ou un dashiki [un vêtement traditionnel d’Afrique de l’Ouest, NDLR]. Les responsables de l’école les ont envoyées au bureau de la vie scolaire et ont appelé leurs parents. C’était très stressant.

Après les premières manifestations, la directrice Reuben Hepburn a accepté que les jeunes filles puissent porter un foulard africain si elles avaient la permission de leurs parents. Mais cette décision n’était pas suffisante pour les leaders du mouvement Uhuru qui a rencontré la directrice pour demander plus de droits pour les jeunes filles. Elles n’ont depuis même plus besoin de l’accord parental.

Contactée par France 24, Lisa Wolf, chargée de communication du district, affirme que l’incident est pour eux clos. Ils précisent : « Notre règlement concernant l’interdiction de se couvrir la tête visait notamment les bandanas et les bandeaux, car certains gangs de la zone utilisent ces objets pour se reconnaitre entre eux. Mais chaque directeur d’école est libre de l’adapter selon les circonstances. »


« C’est une lutte pour toutes les femmes noires »

Selon notre Observatrice Kwayera, le combat n’est pour autant pas terminé.

Parfois, nous nous faisons embêter par l’équipe dirigeante. Tous les mercredis, j’amène un sac rempli de foulards africains pour les jeunes filles qui n’auraient pas pu prendre le leur. Je mets en place comme un petit atelier dans les toilettes pour les nouer aux jeunes filles qui le souhaitent. La semaine dernière, une surveillante s’est rendue compte de ça, et a essayé de faire pression sur moi pour que j’arrête.

Malgré tout ça, nous poursuivons notre mouvement. Nous sommes entre 30 et 40 participantes chaque semaine. Même des jeunes garçons de notre lycée ont commencé à porter des foulards africains, et des amis d’autres lycées m’envoient des messages pour me dire qu’ils ont aussi lancé le mouvement dans leur établissement.
Ce n’est pas juste une question de foulard : pour moi, c’est une lutte pour toutes les femmes noires pour qu’elles aient le droit de vivre leur culture

Le mouvement « Black girls wrap Wednesday » a formulé quatre demandes allant de l’interdiction d’intervention policière dans le lycée pour demander d’enlever un foulard à l’intervention de l’organisation nationale des femmes africaines dans le campus.

Des revendications similaires ont été émises en février dernier à Durham, en Caroline du Nord, mais aussi dans d’autres pays comme cet été en Afrique du Sud où un lycée avait interdit les coupes afro.

Voir également:

Colin Kaepernick a encore boycotté l’hymne américain, la polémique prend de l’ampleur
Claire Digiacomi
Le HuffPost
12/09/2016

INTERNATIONAL – Ce 12 septembre, à 4h du matin heure française, les États-Unis avaient le regard tourné vers le Levi’s Stadium, antre de la franchise de football américain de San Francisco. Au-delà du derby entre deux équipes californiennes, les Rams de Los Angeles et donc les locaux des 49ers, au-delà aussi du fait que LA ait une équipe au plus haut niveau pour la première fois depuis vingt ans, un homme a focalisé l’attention de toute une nation: Colin Kaepernick.

À l’occasion du match du lundi soir, traditionnellement la plus belle affiche de chaque journée de NFL, les États-Unis attendaient de voir si l’homme allait rééditer un geste qui a d’ores et déjà fait couler beaucoup d’encre et qui ne cesse de déchirer le pays. Et sans grande surprise, le footballeur a persisté dans son geste. Mieux, il a été rejoint dans sa démarche par deux de ses adversaires des Rams. Pourtant, cet acte militant divise outre-Atlantique.

Le 26 août dernier, le quarterback de San Francisco avait effectivement décidé de boycotter l’hymne américain en refusant de se lever pendant qu’il était chanté, sa manière de s’opposer aux violences policières qui s’abattent contre la communauté noire aux États-Unis depuis de longs mois. Une posture choc qui a fait des émules, notamment dans la nuit de dimanche à lundi.

Tête baissée, un gant noir sur la main, le poing levé vers le ciel, le joueur des Kansas City Chiefs Marcus Peters a marqué par ce geste le début de la première journée du championnat de football américain de la NFL dimanche, sur la pelouse du Arrowhead Stadium de Kansas City. L’image, hautement symbolique, est en fait un message politique dont l’écho ne cesse de se répandre aux États-Unis ces dernières semaines.

Ce poing levé, qui rappelle ceux de Tommie Smith et John Carlos dénonçant la ségrégation raciale aux Jeux olympiques de Mexico de 1968, a entériné le ralliement du joueur au boycott lancé fin août par Colin Kaepernick, pour protester contre « l’oppression » de la communauté noire aux États-Unis. Ses coéquipiers, les bras joints au moment d’écouter l’hymne américain, interprété aux États-Unis avant chaque compétition sportive, ont eux aussi formé cette chaîne humaine en « signe de solidarité », comme ils l’indiquent dans un communiqué.

D’autres footballeurs ont apporté dimanche leur soutien à Colin Kaepernick: quatre joueurs des Miami Dolphins ont mis un genou à terre pendant l’hymne national lors de leur match à Seattle, trois Tennessee Titans ont imité Marcus Peters en levant le poing, tout comme deux New England Patriots à la fin de l’hymne.

Le 4 septembre, c’est l’internationale américaine Megan Rapinoe qui a fait « un petit geste en direction de Colin Kaepernick » selon ses mots, en posant un genou à terre pendant l’hymne américain avant le match du Championnat professionnel américain entre Seattle et Chicago, son équipe.

Le quinzième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, commémoré dimanche, a pu refréner l’intention de certains de se faire remarquer pour le début de la NFL, ce qui fait dire à Esquire que le mouvement pourrait encore prendre de l’ampleur dans les jours à venir.

Faire entendre la voix des opprimés

À l’origine du boycott entamé mi-août, Colin Kaepernick souhaite contester le symbole d’un pays où, dit-il, l’impunité continue à profiter à des policiers coupables d’homicides contre des Noirs non armés. « Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs », a justifié le quarterback, dont le père biologique était noir mais qui a été adopté et élevé par un couple de Blancs.

« Je vois des choses arriver à des gens qui n’ont pas de voix, des gens qui n’ont pas de tribune pour parler, faire entendre leur voix et voir les choses changer. Alors je suis dans cette position où je peux faire cela et je vais le faire pour les gens qui ne peuvent pas », explique-t-il encore.

« Étant homosexuelle, je sais ce que veut dire regarder le drapeau américain en étant consciente qu’il ne protège pas toutes les libertés », a aussi fait valoir Megan Rapinoe, qui explique avoir suivi Kaepernick pour « déclencher une prise de conscience et des conversations ».

Pour Peter Dreier, professeur à l’Occidental College de Los Angeles cité par le LA Times, Colin Kaepernick profite d’un moment unique dans l’histoire américaine pour faire bouger les lignes. « Nous sommes en plein milieu d’une campagne électorale qui ajoute de la tension à l’atmosphère générale. Le mouvement ‘Black lives matter’ fait partie intégrante du discours politique et ne peut être évité. Les meurtres commis par des policiers et les tueries de masse ont suscité une prise de conscience sur la question des armes à feu. Et de plus en plus d’athlètes sont instruits », fait-il valoir.

En seulement quelques semaines, la polémique a enflé au fur et à mesure que le joueur des 49ers de San Francisco continuait d’ignorer la tradition qui veut que joueurs, entraîneurs et spectateurs se lèvent et se découvrent la tête pour entonner « Star-Spangled Banner » (La Bannière étoilée), regard tourné vers le drapeau, dans un moment de communion patriotique.

Chaque geste du meneur de jeu, dont l’action est soutenue par son équipe et le grand patron de la NFL, est désormais scruté à la loupe… jusqu’à ses chaussettes à l’entraînement, où des regards bien affûtés ont repéré des images de porcs en uniforme policier. Le joueur s’est expliqué dans un communiqué, estimant que « les policiers sans scrupules qui se voient confier des postes dans des services de police mettent en danger non seulement la population mais aussi les policiers ayant de bonnes intentions, car ils créent une atmosphère de tension et de défiance ».

Un maillot haï autant qu’adoré

Héros pour certains, traître pour d’autres, Colin Kaepernick est désormais au cœur d’une polémique nationale. Si certains estiment qu’il fait bien d’utiliser sa notoriété pour dénoncer un problème qu’ils jugent réel, en témoignent les récentes bavures choquantes de policiers envers des citoyens afro-américains, d’autres considèrent que ses outrages à l’hymne ou au drapeau américains sont intolérables.

Sur le terrain le 1er septembre, le joueur de 28 ans a été conspué à chacun de ses touchers de ballon par une bonne partie des spectateurs. Des internautes se sont aussi filmés en train de brûler le maillot du quarterback, qui avait pourtant conduit San Francisco jusqu’au Super Bowl 2013 (défaite contre Baltimore 34-31) avant de perdre sa place de titulaire l’an dernier. D’autres ont publié des photos de soldats amputés des jambes, debout sur leurs prothèses, pour rappeler au joueur qu’il a touché à un symbole patriotique

Sa mère biologique, qui a donné naissance à son fils à 19 ans et l’a confié en adoption, a même exprimé sur Twitter son désaccord.

« Il y a des moyens de faire changer les choses sans manquer de respect et faire honte au pays entier et à sa famille, qui vous ont apporté tant de bonheur »

Et son boycott divise jusqu’à la classe politique. Le candidat républicain à la Maison blanche Donald Trump a ainsi qualifié d' »exécrable » son attitude, lui conseillant de « chercher un pays mieux adapté ». Barack Obama a en revanche défendu sa démarche, jugeant qu’il avait réussi à attirer l’attention « sur des sujets qui méritent d’être abordés ».

« Il existe une longue histoire de figures du sport qui ont fait de même. Et il y a différentes façons de le faire », a-t-il ajouté. Et pour cause, dans un pays où la liberté d’expression est protégée par le premier des amendements constitutionnels, Colin Kaepernick a simplement emboîté le pas à d’autres joueurs professionnels luttant contre les discriminations raciales ou la violence par armes à feu, parmi lesquels les stars du basket Dwyane Wade, LeBron James ou Carmelo Anthony.

En France, on se souvient de Christian Karembeu qui a toujours refusé de chanter « La Marseillaise ». Le footballeur, né en Nouvelle-Calédonie, protestait de cette manière contre le sort du peuple kanak. « ‘La Marseillaise’ je l’ai apprise et chantée tout petit. Mon père était enseignant et en Nouvelle-Calédonie, nous apprenions très tôt l’histoire de nos ancêtres les Gaulois. Mais moi, mes ancêtres ce ne sont pas les Gaulois. Mes ancêtres, c’est un peuple qui a souffert pour obtenir sa liberté », confiait-il, comme le rapporte Francetv sport.

Colin Kaepernick est en tout cas parvenu à rassembler des soutiens très divers. Comme le relate Le Journal de Montréal, les ventes de maillot à l’effigie du joueur aux bras tatoués ont explosé depuis début septembre. Sur Instagram, le joueur a d’ores et déjà promis de reverser les bénéfices qu’il touchera de ces ventes à des œuvres de charité.
« J’aimerais remercier toutes les personnes qui m’ont prouvé leur amour et leur soutien, ça veut dire beaucoup pour moi! Je ne m’attendais pas à ce que les ventes de mon maillot explosent après ça, mais ça prouve que les gens pensent que nous pouvons atteindre la justice et l’égalité pour tous! La seule manière pour moi de vous rendre cela est de faire don de tous ces bénéfices à des œuvres de charité! Je crois au peuple, et NOUS pouvons être le changement! »

Voir par ailleurs:

ETATS-UNIS. Roland Fryer, le jeune prodige qui s’attaque aux inégalités raciales

Ce gamin de banlieue, devenu le plus jeune prof noir de Harvard, a créé un laboratoire éducatif pour réduire les inégalités raciales sans idéologie. Un futur prix Nobel ?

Philippe Boulet-Gercourt

L’Obs
02 janvier 2016

Cet économiste-là est moins célèbre que le Français Thomas Piketty, auteur du « Capital au XXIe siècle », moins reconnu que le Britannique Angus Deaton, qui a été couronné par le prix Nobel cette année pour sa recherche sur la pauvreté. Mais, tout autant qu’eux, Roland Fryer bouleverse la réflexion sur les inégalités. Ses pairs l’ont bien compris : en avril dernier, ils ont décerné à ce prof de l’université Harvard la prestigieuse médaille John Bates Clark, réservée aux économistes de moins de 40 ans. Les deux tiers des « Bates Clark » ont par la suite obtenu le prix Nobel. Roland Fryer y pense-t-il ? Pour l’instant, ses préoccupations sont ailleurs. Il veut absolument comprendre et évaluer l’influence des différences raciales dans l’usage de la force par la police, et s’est donc installé à l’arrière des voitures de flics de Camden (New Jersey) et d’Austin (Texas).

Une méthode de recherche empirique de plus en plus à la mode parmi les économistes ? Pour Fryer, c’est plus que cela. L’expérience ressemble à un mauvais souvenir ! Cet universitaire qui n’en finit pas d’aligner les records – devenu le plus jeune prof noir titularisé à Harvard (à 30 ans), élu dans le Top 100 de « Time Magazine » en 2009 – a grandi dans une famille pauvre de Floride : mère envolée quand il avait 4 ans, père violent, cousins et tantes plongés jusqu’au cou dans le trafic de crack… Il a 15 ans quand il se retrouve plaqué contre le capot d’une voiture de police et fouillé sans ménagement.

Je n’avais jamais été arrêté de ma vie, raconte-t-il. Les flics m’ont un peu bousculé, et c’est là que j’ai réalisé que je ne voulais à aucun prix aller en prison. Je rapinais à droite et à gauche, sans jamais dépasser le seuil de 500 dollars qui fait de vous un criminel. Mais cette interpellation musclée m’a fait basculer. J’ai su que je ne voulais pas de ce monde. »

Après quelques heures d’interrogatoire, la police, qui l’avait pris pour un dealer, le relâche.

L’obsession du « truc qui marche »

Sportif accompli, il rejoint l’université du Texas à 18 ans grâce à une bourse d’athlète. Au bout d’un semestre, ses notes sont tellement bonnes qu’il décroche une bourse académique. Il découvre l’économie à l’université d’Etat de Pennsylvanie et finit brillamment ses études à Chicago. A 25 ans, tout le monde s’arrache ce jeune prodige, à commencer par Harvard, qui lui offre un poste de chercheur. « A Harvard, les gens me demandaient : ‘Oh, vous êtes allé à l’école publique ?’ Ou bien : ‘Vous n’avez pas mis les pieds en Europe ? Vous n’étiez pas à Martha’s Vineyard [l’île chic du Tout-Boston] cet été ? Vous n’avez jamais bu un bon bordeaux ?’ Le bordeaux ? Je ne savais pas que cela existait ! »
Il s’est depuis rattrapé sur les plaisirs de France et a même épousé sa femme, une Autrichienne, à Ménerbes dans le Lubéron. Mais il n’a jamais oublié d’où il venait, au contraire >L’inégalité raciale, pour moi, ce n’est pas un problème à résoudre sur un tableau noir. C’est quelque chose de profondément personnel. Et je me moque des partis pris idéologiques, je veux juste des réponses au problème de l’inégalité. Je suis tellement prêt à tout pour trouver ces réponses que je me fiche de savoir si elles proviennent de telle boîte à idées plutôt que de telle autre. »

Cette obsession du « truc qui marche » l’a conduit à mener des expériences iconoclastes, comme celle consistant à donner 50 dollars à un élève de troisième, toutes les cinq semaines, s’il obtient la meilleure note (A) dans une discipline. Ou à présenter des conclusions politiquement incorrectes, comme cette étude expliquant une partie du retard scolaire des Noirs par une peur de « jouer au Blanc » en obtenant de bonnes notes, et d’être de ce fait rejeté par ses pairs. Avec son équipe d’Edlabs, le « labo éducatif » qu’il a créé à Harvard, Fryer teste toutes sortes de solutions, animé de la conviction que « la science économique l’a démontré depuis vingt ans : c’est moins le marché du travail qui est source de discriminations, en traitant différemment des gens à compétences égales, que le fait qu’une partie de la population se présente sur ce marché avec des qualifications inférieures ». Autrement dit, les racines de la pauvreté chez les Noirs – qui n’a « rien d’une fatalité », insiste-t-il – sont moins à chercher dans la discrimination à l’embauche que dans le déficit scolaire. Surtout entre les âges de 14 et 17 ans.

« Les bonnes idées trouveront leur chemin »

Roland Fryer teste et teste encore, avec une rigueur impressionnante. Il veut par exemple comprendre pourquoi les bons élèves de familles pauvres noires ne tentent pas aussi souvent leur chance dans les meilleures universités que les Blancs ou les Asiatiques, et découvrir la meilleure façon de les convaincre de s’inscrire dans une bonne fac à deux heures d’avion de chez eux. Et il passe un temps fou sur le terrain.

Parce qu’il est noir et issu d’une famille pauvre, certains ne manquent pas de noter qu’il peut parler plus librement et tester des hypothèses controversées sans risque d’être taxé de racisme. « C’est peut-être vrai, répond-il. Mais c’est aussi le fait que je m’assieds avec les profs, les pasteurs, les familles, et que je leur parle comme à des êtres humains. C’est peut-être parce que je leur ai payé une bière et que j’ai eu avec eux une conversation normale qu’ils se disent : ‘Ce type est OK, laissons-le faire.' »

A l’arrivée, dit-il, « si une expérience ne marche pas, et cela arrive souvent, nous le disons et passons à autre chose ».

Quand on s’attaque à des sujets aussi explosifs que l’éducation et les inégalités raciales, on finit forcément par être rattrapé par la politique. A Houston, des syndicalistes enseignants mécontents ont fait le siège de l’immeuble où résidait le prof. Dans le Massachusetts, où il a rejoint une commission chargée de choisir la meilleure façon de tester les élèves, certains l’accusent de vouloir faire le lit des ennemis de l’école publique. Fryer lui-même a trempé un orteil dans le monde politique en 2007-2008, comme conseiller du maire de New York, Michael Bloomberg. « Cela devait durer deux ans, j’ai tenu sept mois, sourit-il… Pas pour moi ! » Le pire, à ses yeux, est de voir un responsable éducatif ou politique rejeter une solution à l’efficacité prouvée parce qu’il « ne peut pas la vendre »… « Mais les bonnes idées trouveront leur chemin, prédit Fryer, si ce n’est pas ici, ce sera en France ou ailleurs. Quelqu’un ouvrira le livre de recettes et dira : ‘Qu’est-ce qui marche, et qu’est-ce qui ne marche pas ?' »

John McDermott

The Financial Times/Le Nouvel économiste

 

Adolescent, ses copains appartenaient à des gangs et des membres de sa famille se trouvaient en prison. L’économiste noir nous explique ici que la meilleure façon de lutter contre les violences policières et les ‘mauvaises écoles’ se trouve dans les données, et non dans l’expérience personnelle.

Nous avons commencé notre déjeuner depuis cinq minutes quand Roland Fryer me demande s’il peut utiliser mon carnet de notes et mon stylo pour dessiner un graphique. Le plus jeune Afro-américain titulaire d’une chaire à l’université d’Harvard explique ses dernières recherches sur les inégalités raciales à travers l’utilisation de la force par la police américaine. Adolescent, Fryer s’est retrouvé face aux armes pointées par des policiers “six ou sept” fois. “Mais, dit-il en traçant une courbe descendante de gauche à droite, il y a une tendance inquiétante, les gens parlent des races aux États-Unis en se basant uniquement sur leur expérience personnelle.” Avec sa voix teintée d’un soupçon d’accent du sud des États-Unis, il poursuit : “Je m’en fiche, de mon expérience personnelle, ou de celle des autres. Tout ce que je veux savoir, c’est comment cette expérience nous amène aux données chiffrées, pour nous aider à savoir ce qui se passe vraiment.”

L’année dernière, comprendre ce qui se passe vraiment a conduit Roland Fryer, 38 ans, à remporter la médaille John Bates Clark, récompense annuelle décernée à un économiste américain de moins de 40 ans. La médaille est considérée comme le prix le plus prestigieux en économie, après le prix Nobel. Son travail empirique a lacéré un discours indigeste sur les races, l’éducation et les inégalités. Dans son laboratoire, le Education Innovation Lab, fondé en 2008, Roland Fryer tente de redéfinir comment l’Amérique pense sa politique, statistique après statistique.

C’est aussi la démarche adoptée pour ses travaux les plus récents. À une table calme, dans le caverneux Hawksmoor Seven Dials, un restaurant d’une chaîne chic dans le centre de Londres, le décor est marron et la viande est rouge. Roland Fryer me raconte qu’il a passé deux jours l’an dernier à suivre les policiers durant leurs rondes à Camden, dans le New Jersey (lors du premier jour de patrouille, une femme a succombé à une overdose devant lui). Roland Fryer cherchait à comprendre si les meurtres de Michael Brown et de Eric Garner, deux jeunes Afro-américains dont la mort a provoqué d’énormes manifestations, s’inscrivaient dans un modèle de répétitions identifiable, comme le mouvement activiste Black Lives Matter l’affirmait. Après une semaine de patrouilles, il a collecté plus de six millions de données des autorités, dont celles de la ville de New York, sur les victimes noires, blanches et latino de violences policières.

Le croquis qu’il me passe entre le sel et le poivre présente ses résultats préliminaires. L’axe horizontal est l’échelle de la gravité des faits : de la bousculade, à gauche, jusqu’aux tirs d’armes à feu, à droite. La courbe démarre en haut, ce qui suggère de grandes différences entre incidents mineurs, puis descend vers zéro, là où les faits deviennent plus violents. En d’autres mots, une fois les facteurs de contexte pris en compte, les Noirs ne sont pas plus susceptibles selon ces données d’être abattus par la police. Ce qui soulève la question : pourquoi ce tollé en 2014 à Ferguson, dans le Missouri, où le jeune Michael Brown a été abattu ?

“Mon garçon, tu commences ta vie avec un 10 et tu grandis dans la pauvreté, alors, enlevons 3. Et si tu vas dans une mauvaise école, enlevons encore 3. Et si tu es élevé par une mère seule, soustrayons encore 3. Mais tu sais ce qu’il reste ? La dignité’.””

“Ce sont les données” dit Fryer. “Maintenant, une hypothèse pour expliquer ce qui est arrivé à Ferguson – pas la fusillade, mais la réaction d’indignation – : ce n’était pas parce que les gens faisaient une déduction statistique, pas à propos de l’innocence ou de la culpabilité de Michael, mais parce qu’ils détestent cette putain de police.” Il poursuit : “la raison pour laquelle ils détestent la police est que si vous avez passé des années être fouillés, jetés à terre, menottés sans motif réel, et ensuite, vous entendez qu’un policier a tiré dans votre ville, comment pouvez-vous croire que c’était autre chose que de la discrimination ?”

“Je pense que cela a à voir avec les incentives et les récompenses” ajoute Fryer. Les officiers de police, explique-t-il, reçoivent souvent les mêmes récompenses indépendamment de la gravité des crimes qu’ils traitent, et ils ne sont pas sanctionnés pour l’utilisation de “la force de bas niveau” sans raison valable [aux États-Unis, les moyens de pression de la police sont classés du plus bas niveau (injonction verbale) au plus haut niveau (arme létale), ndt]. Cela encourage un comportement agressif.

Voilà ce que lui ont révélé les données, mais il admet que cela correspond à son expérience personnelle aussi. Depuis qu’il travaille à Harvard, en 2003, il répugne à parler de son passé. Il souhaite être jugé sur les résultats de son travail sur les données. Il est cependant évident que Fryer n’est pas seulement poussé par sa formation ; ses expériences personnelles ont nourri ses recherches jusqu’ici.

Il est né en Floride en 1977. Sa mère est partie quand il était bébé et à l’âge de quatre ans, Fryer et son père ont déménagé au Texas. Son père buvait beaucoup et battait ses partenaires. Adolescent, les copains de Fryer appartenaient à des gangs. Huit membres de sa proche famille sont soit morts jeunes, soit ont été en prison, souvent pour avoir vendu de la cocaïne au crack.

“Je n’ai jamais cru qu’aller en prison c’était cool”, dit-il. C’est une bourse sportive (sa carrure d’athlète parle de son passé de footballeur américain dans une université américaine) qui l’a arraché à une “mauvaise école” et amené à l’université du Texas, où il a découvert l’économie.

“Mon grand-père n’était pas très éduqué”, explique Fryer. “Il avait pour habitude de parler par énigmes. Il me disait de petites choses, il disait ‘Mon garçon, tu commences ta vie avec un 10 et tu grandis dans la pauvreté, alors, enlevons 3. Et si tu vas dans une mauvaise école, enlevons encore 3. Et si tu es élevé par une mère seule, soustrayons encore 3. Mais tu sais ce qu’il reste ? La dignité’.”

“C’est pour ça que je peux utiliser ma propre expérience” dit-il. Son passé lui a donné des pistes sur les théories à tester, mais c’est uniquement par les données qu’il peut atteindre des conclusions fermes. “Je connais le danger qu’il y a à enlever leur dignité aux gens. Mais l’expérience seule n’aide pas à élaborer des politiques qui vont marcher.”

L’approche qu’a Fryer du menu est brutale. “Je vais y aller à fond” avertit-il, en émettant un de ses petits rires graves et fréquents. Il commande un steak tartare pour commencer, puis un faux-filet et des frites à la graisse de bœuf. J’opte pour le faux-filet et les frites aussi, mais avec une entrée au crabe. Je ne réussis pas à le persuader de se joindre à moi pour un verre de vin rouge. Il préfère un pot de thé anglais de petit-déjeuner.

Il est à Londres pour donner une conférence à la Banque d’Angleterre en hommage à Sir Arthur Lewis, feu le prix Nobel originaire de Sainte-Lucie, l’un des plus grands chercheurs en développement économique. “Il était vraiment concret, comme les économistes de ma génération ne le sont plus” souligne Fryer. Il me dit que son discours évoquera ses propres “efforts – et ce n’est probablement pas le bon mot – pour être un ingénieur social. Essayer d’être terre à terre, faire des politiques dont la théorie dira qu’elles seront efficaces pour donner leur chance aux gens défavorisés.”

Alors que les entrées arrivent, nous passons de son travail sur la justice criminelle à la majeure de Fryer : l’éducation. Son premier essai, co-écrit avec Steven Levitt, célèbre pour son livre ‘Freakonomics’, a été publié en 2002 avant qu’il n’achève sa thèse à la Penn State University. Il tentait d’expliquer l’“écart blancs-noirs dans les résultats des tests scolaires”, ou encore pourquoi les élèves noirs réussissent en moyenne moins bien à l’école que les blancs.

Pour faire une distinction un peu crue, à l’époque, deux interprétations étaient souvent données pour expliquer l’écart des résultats. La première, couramment utilisée par la gauche, était que tout s’explique par la pauvreté. Les Afro-américains étaient plus susceptibles d’être pauvres et de ce fait, étaient moins susceptibles de réussir à l’école. La deuxième thèse, plus prisée des conservateurs, soulignait le taux de “rupture familiale” chez les Afro-américains.

La première publication de Fryer, et les suivantes, transcendait ces interprétations en démontrant le rôle important de la scolarité dans les inégalités. De fait, les élèves noirs réussissaient moins bien parce qu’ils fréquentaient de mauvaises écoles. Fryer posait l’hypothèse que, à l’inverse, de bonnes écoles réduiraient peut-être cet écart.

Après de nombreuses visites de très bonnes “charter schools” [écoles pilotes privées sous contrat, ndt] – celles qui échappent dans une certaine mesure aux contrôles du gouvernement de leur État –, et des térabytes de données plus tard, il est arrivé aux cinq points communs définissant une bonne école : une journée et une année scolaire plus longues ; des enseignants qui utilisent les données ; une culture d’exigence élevée ; du tutorat en petits groupes ; et un “engagement à un capital humain de grande qualité” (des enseignants très compétents).

“Nous devons comprendre comment enseigner à ces enfants” dit Fryer. “Bien entendu, les parents comptent, bien entendu, la démographie compte. La question est : est-ce qu’ils peuvent surmonter ? Est-ce que nous pouvons donner à ces gamins la vitesse de libération ?” demande-t-il, utilisant un terme de physique qui décrit la vitesse minimum nécessaire pour qu’un objet échappe à l’attraction de la gravitation. “Je pense vraiment, peut-être que c’est naïf, mais je crois à la grâce de Dieu quand je vois ces gamins dans ces écoles.”

Pour une fois, le torrent d’idées s’arrête. Il se tait. “Ça m’empêche de dormir la nuit.”

“Je suis tellement fatigué d’écouter l’argument que c’est juste la pauvreté” reprend-il. “Les écoles suffisent, réellement, si ce sont de bonnes écoles.”

Je lui demande si ce n’est pas trop simpliste, s’il ne néglige pas les raisons systémiques des inégalités. Non, répond-il. Il connaît déjà bien l’histoire, rappelle-t-il. Par exemple, la partie oubliée du discours de Martin Luther King ‘I have a dream’, en 1963, qui évoquait l’effet corrosif des brutalités policières de cette époque.

Mais il admet que le plus important pour lui est ce qui marche. “La question est : comment pouvons-nous progresser ?”

Cette volonté de progression a conduit Fryer en terrain miné. Je l’interroge sur son hypothèse du “faire comme les Blancs”. Elle pose que certains enfants noirs sont bridés par la pression de leur groupe à ne pas travailler dur, ou encore à ne pas “faire comme les Blancs”. Fryer admet avoir “tenté de pousser les gens à franchir la frontière raciale” quand il était plus jeune, mais “c’était principalement à propos de la musique. L’idée qu’une personne noire puisse écouter un orchestre comme le Dave Matthews Band [orchestre blanc, ndt], je pense que c’était le truc le plus dingue que j’ai jamais entendu.”

C’est le problème du “faire comme les Blancs” qui explique pourquoi Fryer défend une culture d’exigence scolaire élevée et veut travailler plus sur le développement du caractère. Les meilleures écoles font mentir le fatalisme de certains conservateurs, qui affirment qu’il ne peut y avoir de progrès sans une “meilleure” éducation parentale. “Je leur dis : les parents vous envoient les meilleurs enfants qu’ils ont. Ils ne cachent pas les meilleurs à la maison”.

Il est “immensément optimiste” pour le futur. L’écart dans les résultats aux tests scolaires s’est réduit de moitié au cours de la dernière décennie, en partie, dit-il, grâce à l’émergence de ce qu’il voit comme des “super-écoles”, comme la Harlem Children’s Zone, un projet éducatif respecté lancé dans les années 70 à New York. “Il y a eu une série d’écoles qui ont fait des choses remarquables pour les enfants. Vraiment des choses merveilleuses. La question est : comment pouvons-nous mettre ça en bouteille et le reproduire à plus grande échelle ?”

Ce challenge a une dimension personnelle aussi, comme me l’explique Fryer une fois que les steaks arrivent. De grands steaks succulents et d’un prix qui exige d’être reconnaissant envers le ‘Financial Times’, qui règle l’addition…

Je lui demande si c’est difficile de convaincre les gens de la nécessité de fournir un grand effort pour transformer les mauvaises écoles, quand le chercheur superstar qui le demande est lui-même un produit de ce système.

“Ça craint d’être regardé et considéré comme une exception parce que vous sentez que vous n’êtes jamais l’un des leurs. L’une de mes préoccupations premières, avec ma fille, est de juste faire en sorte qu’elle se sente à l’aise.”

Fryer est marié avec Franziska Michor, une mathématicienne de Harvard avec un doctorat en biologie de l’évolution. Ils se sont rencontrés voici dix ans quand ils étaient tous deux membres de la prestigieuse Society of Fellows, un groupe de jeunes chercheurs dispensés des obligations pratiques de la vie d’enseignant. Il l’a courtisée en faisant un pari : un dîner avec lui s’il trouvait des preuves que fumer réduit les risques de cancer. À la grande stupéfaction de Franziska, il lui a envoyé une étude produite par un lobby du tabac. Au lendemain de ce rendez-vous, ils ont emménagé ensemble à Cambridge, où ils vivent actuellement avec leur fille de 2 ans.

Ont-ils adopté une approche par les données pour l’éducation de leur fille, me demandé-je ? Fryer confesse qu’il a ouvert un compte Dropbox nommé “La science des enfants”, avec des données à ressortir durant les disputes sur l’heure du coucher. Ils ont aussi analysé la courbe de poids de leur fille sur un fichier Excel pendant quelques semaines. “Mais c’était trop fatiguant. Il n’y a rien de mieux que votre propre enfant pour vous donner envie de jeter les données par la fenêtre” plaisante-t-il.

Il admet qu’il a ralenti le rythme depuis sa phase d’accro au travail, mais je soupçonne que cela ne joue que sur des marges minimes.

Tandis que nous réglons leur sort à nos steaks, je lui demande s’il a une liste d’expériences à tenter pour lui permettre d’y parvenir.

“Vous ne voulez pas voir ma ‘to do list’. La liste de choses à faire est dingue.” Fryer mentionne un travail parallèle, conduire des essais contrôlés pour découvrir comment améliorer la gestion des mauvaises écoles. Il veut essayer les “comptes de formation” : donner de l’argent directement aux parents, à investir dans l’éducation de leur enfant (les parents les plus pauvres recevant davantage d’argent). Et il achève une recherche sur les moyens d’améliorer l’assiduité scolaire dans les années cruciales de la petite enfance, en donnant aux parents des bonus en cash. Ce qui s’est déjà révélé efficace dans des contextes similaires et dans des pays comme le Mexique.

L’économiste tente aussi d’imaginer de nouvelles façons de rémunérer les professeurs. L’une de ses recherches a prouvé que les rémunérer aux résultats ne fait pas grande différence, à moins de les payer automatiquement puis de les menacer de reprendre l’argent si les résultats ne s’améliorent pas. Ce qui illustre le pouvoir d’un phénomène qualifié par les psychologues d’“aversion pour la perte”. Il veut maintenant tester de nouvelles grilles de rémunération pour les professeurs principaux afin de les empêcher d’être débauchés pour des tâches administratives, “moins utiles”.

Et la technologie ? “Les données montrent que ça ne change rien [pour réduire l’écart].” Un jour, dit-il, l’utilisation de tablettes, l’enseignement à distance, ou encore les analyses quantitatives poussées pourront aider les enseignants les moins bons à s’améliorer, mais “en ce moment, la technologie exacerbe l’écart de qualité entre enseignants, parce que les bons professeurs en font un complément à ce qu’ils font déjà”. Donc ce qui vaut pour le marché du travail au sens large vaut aussi pour les enseignants ? “Exactement”, dit Fryer.

Après avoir refusé un autre plat à base de viande, Fryer et moi déclinons le dessert. Lui prend un autre thé et moi un café macchiato. Que pense-t-il des réformes de l’éducation de Barack Obama et de celles proposées par les candidats à la présidentielle de 2016 ?

“Je pense qu’Obama s’en est pas mal tiré avec l’éducation. J’ai eu le grand plaisir de le rencontrer deux fois à ce sujet lors d’un déjeuner” se souvient-il, avant d’ajouter : “Le steak n’était pas aussi bon que celui-ci !”

Il dit être en accord avec la plupart des choses qu’a faites le président à travers son programme ‘Race to the Top initiative’, qui a soutenu par des incitations le type d’écoles privées sous contrat saluées par les recherches de Fryer, rencontrant souvent l’opposition des gouvernements locaux et des syndicats d’enseignants, des forces avec lesquelles il faut compter dans le parti démocrate. Fryer dit que la moitié des écoles qui étaient des “usines à déscolarisation” ont disparu sous le contrôle d’Obama.

“Je crains qu’avec la prochaine loi sur l’éducation, nous ne régressions au lieu de progresser.” Hillary Clinton, qui était initialement en faveur des écoles privées sous contrat, les a inondées de critiques sous la pression de la compétition avec son concurrent, le candidat démocrate Bernie Sanders.

“Les politiques doivent dire des choses auxquelles ils ne croient pas, et je n’arrive pas à comprendre pourquoi c’est une bonne chose. Je n’arrive pas à croire que tous les républicains croient vraiment dans ces trucs sur les armes à feu. Ils sont probablement indifférents, mais ils doivent réaliser qu’il n’y a pas d’espace pour progresser dans leur parti. Hillary a fait certaines déclarations sur les écoles à charte l’autre jour, et je ne suis pas sûr qu’elle croie en ce qu’elle a dit non plus.”

L’addition arrive, et je lui demande s’il envisagerait un jour la politique : secrétaire à l’Éducation, peut-être ? “Je pense que le secrétariat à l’Éducation sous le bon président serait super”, répond-il. “Heureusement, ça ne dépend pas de moi. Je suis juste un type qui tente d’être l’expert en chef, pas le commandant en chef.”

 Voir enfin:

The Research Is Only As Good As the Data

Rosa Li

July 15, 2016

A new study found no evidence of racial bias in police shootings. But last year, a study came to the opposite conclusion. Why?

Why did these two papers reach such different conclusions? Because they drew on different data sources and consequently relied on different statistical methods. Right now, there is no comprehensive official federal database documenting shootings by U.S. law enforcement officers.* Instead, researchers must read through thousands of 50+ page police reports from a few cooperative cities, as Fryer’s team quite impressively did, or use alternative databases compiled by nongovernment groups, as Ross did. With incomplete and imperfect datasets, researchers are limited in the analyses that they can perform.

Right now, there is no official federal database documenting shootings by U.S. law enforcement officers.

Fryer’s study compared all 500 police shootings that occurred in Houston from 2000–2015 to a random sample of Houston cases from the same time period in which lethal force could have been justified but was not used.* With these data, he was able to use the statistical method of logistic regression to determine how much a suspect’s race affected whether he or she would be shot by police during a heated encounter. Fryer found that black Houstonites, compared to white Houstonites, were actually almost 25 percent less likely to be shot by police in such encounters. Fryer was quite explicit about the fact that his data were specific to Houston and more data are needed in order to understand whether police shootings are racially biased in other parts of the country.

Ross, a Ph.D. student, probably did not have an army of research assistants at his disposal, which may explain why he used Deadspin’s crowd-sourced U.S. Police-Shooting Database. This database has the lofty goal of tracking every police shooting in the U.S. by calling on everyday people to Google and log police shootings for every calendar day from 2011 to 2014. The idea is that this might eliminate inadvertent bias that plays out in how police reports are made, but of course, it also introduces all kinds of new biases, too, such as what the media chooses to report and how Google’s search algorithm prioritizes search results. Importantly, at the time of Ross’ analyses, only about half of the days had been searched, and out of the nearly 2,000 records, just over 700 contained enough location and race data to be useable for Ross’s analyses. Thus, while Fryer’s Houston police shooting dataset had painstakingly complete coverage (though only for a single city), Ross’ dataset was less thorough and reliable, though it did draw on reports from across the U.S.

Because the Deadspin dataset also only recorded media-reported shootings and not all police encounters in which shootings could have happened, Ross used Bayesian statistics to ask a different question from Fryer’s: “For people shot by the police, what is the relative likelihood that they are black versus white and armed versus unarmed?” According Ross’ analyses, people are three times more likely to be black, unarmed, and shot by police than they are to be white, unarmed, and shot by police. (This type of analysis yields risk ratios that compare relative probabilities rather than exact values.) For those who questioned how Philando Castile’s gun-carrying affected his risk of being shot, Ross finds that black Americans shot by police are 2.8 times more likely to be armed than unarmed. (White Americans shot by police are 3.3 times more likely to be armed than unarmed.)

It makes sense that Fryer’s study received more attention—its data were more comprehensive, and his team uniquely investigated a comparison group of nonshooting police encounters. But even though Ross’ study used a less reliable dataset, there still may be useful findings. For example, he was able to identify counties in which racial biases may be especially strong. (He specifically calls out Miami-Dade in Florida, Los Angeles, and New Orleans.) Applying Fryer’s method of thoroughly combing police reports to the cities Ross’ paper identified as being especially biased would be a smart way to proceed.

The most important takeaway here is to remember that each study is not a definitive reflection of the truth but an assessment of the data available to a researcher. The researchers know this. Fryer notes that his paper just “takes first steps into the treacherous terrain of understanding the extent of racial differences in police use of force,” and Ross writes that the Deadspin database is incomplete and needs thorough verification. Both authors agree on the need for more readily available and complete data on U.S. police shootings so that more research can be conducted.

Our current state of scattered record-keeping on police violence only allows researchers to extrapolate limited conclusions that come with many caveats. A comprehensive central database that tracks all instances of police shootings would allow researchers to draw more accurate conclusions. Until then, we have to remember that a conclusion is only as strong as the data it pulls from—and our data on this issue are weak.

Voir enfin:

Le FN, René Girard et la théorie du bouc émissaire Vincent Coussedière
18/12/2015

FIGAROVOX/TRIBUNE – Vincent Coussedière estime que le Front national est en passe de fracturer un système qui l’a érigé en bouc-émissaire.

Vincent Coussedière est agrégé de philosophie et auteur d’Éloge du populisme (Elya éditions).

Les «élites» françaises, sous l’inspiration et la domination intellectuelle de François Mitterrand, on voulu faire jouer au Front National depuis 30 ans, le rôle, non simplement du diable en politique, mais de l’Apocalypse. Le Front National représentait l’imminence et le danger de la fin des Temps. L’épée de Damoclès que se devait de neutraliser toute politique «républicaine».

Cet imaginaire de la fin, incarné dans l’anti-frontisme, arrive lui-même à sa fin. Pourquoi? Parce qu’il est devenu impossible de masquer aux français que la fin est désormais derrière nous. La fin est consommée, la France en pleine décomposition, et la république agonisante, d’avoir voulu devenir trop bonne fille de l’Empire multiculturel européen. Or tout le monde comprend bien qu’il n’a nullement été besoin du Front national pour cela. Plus rien ou presque n’est à sauver, et c’est pourquoi le Front national fait de moins en moins peur, même si, pour cette fois encore, la manœuvre du «front républicain», orchestrée par Manuel Valls, a été efficace sur les électeurs socialistes. Les Français ont compris que la fin qu’on faisait incarner au Front national ayant déjà eu lieu, il avait joué, comme rôle dans le dispositif du mensonge généralisé, celui du bouc émissaire, vers lequel on détourne la violence sociale, afin qu’elle ne détruise pas tout sur son passage. Remarquons que le Front national s’était volontiers prêté à ce dispositif aussi longtemps que cela lui profitait, c’est-à-dire jusqu’à aujourd’hui. Le parti anti-système a besoin du système dans un premier temps pour se légitimer.

Nous approchons du point où la fonction de bouc émissaire, théorisée par René Girard (1) va être entièrement dévoilée et où la violence ne pourra plus se déchaîner vers une victime extérieure. Il faut bien mesurer le danger social d’une telle situation, et la haute probabilité de renversement qu’elle secrète: le moment approche pour ceux qui ont désigné la victime émissaire à la vindicte du peuple, de voir refluer sur eux, avec la vitesse et la violence d’un tsunami politique, la frustration sociale qu’ils avaient cherché à détourner.

Les élections régionales sont sans doute un des derniers avertissements en ce sens.

Les élites devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française.

Y-a-t-il une solution pour échapper à une telle issue? Avouons que cette responsabilité est celle des élites en place, ayant entonné depuis 30 ans le même refrain. A supposer cependant que nous voulions les sauver, nous pourrions leur donner le conseil suivant: leur seule possibilité de survivre serait d’anticiper la violence refluant sur elles en faisant le sacrifice de leur innocence. Elles devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Pour cela, elles devraient admettre de déconstruire la gigantesque hallucination collective produite autour du Front national, hallucination revenant aujourd’hui sous la forme inversée du Sauveur. Ce faisant, elles auraient tort de se priver au passage de souligner la participation du Front national au dispositif, ce dernier s’étant prêté de bonne grâce, sous la houlette du Père, à l’incarnation de la victime émissaire.

Il faut bien avouer que nos élites du PS comme de Les Républicains ne prennent pas ce chemin, démontrant soit qu’elles n’ont strictement rien compris à ce qui se passe dans ce pays depuis 30 ans, soit qu’elles l’ont au contraire trop bien compris, et ne peuvent plus en assumer le dévoilement, soit qu’elles espèrent encore prospérer ainsi. Il n’est pas sûr non plus que le Front national soit prêt à reconnaître sa participation au dispositif. Il y aurait intérêt pourtant pour pouvoir accéder un jour à la magistrature suprême. Car si un tel aveu pourrait lui faire perdre d’un côté son «aura» anti-système, elle pourrait lui permettre de l’autre, une alliance indispensable pour dépasser au deuxième tour des présidentielles le fameux «plafond de verre». Il semble au contraire après ces régionales que tout changera pour que rien ne change. Deux solutions qui ne modifient en rien le dispositif mais le durcissent au contraire se réaffirment.

La première solution, empruntée par le PS et désirée par une partie des Républicains, consiste à maintenir coûte que coûte le discours du front républicain en recherchant un dépassement du clivage gauche/droite. Une telle solution consiste à aller plus loin encore dans la désignation de la victime émissaire, et à s’exposer à un retournement encore plus dévastateur. Car le Front national aura un boulevard pour dévoiler qu’il a été la victime émissaire d’une situation catastrophique dont tout montre de manière de plus en plus éclatante qu’il n’y est strictement pour rien. En ce sens, si à court terme, la déclaration de Valls sur le Front national, fauteur de guerre civile, a semblé efficace, elle s’avérera sans doute à plus ou moins long terme, comme le stade ultime de l’utilisation du dispositif de la victime émissaire, avant que celui-ci ne s’écroule sur ses promoteurs mêmes. Car sans même parler des effets dévastateurs que pourrait avoir, a posteriori, un nouvel attentat, sur une telle déclaration, comment ne pas remarquer que les dernières décisions du gouvernement sur la lutte anti-terroriste ont donné rétrospectivement raison à certaines propositions du Front national? On voit mal alors comment on pourrait désormais lui faire porter le chapeau de ce dont il n’est pas responsable, tout en lui ôtant le mérite des solutions qu’il avait proposées, et qu’on n’a pas hésité à lui emprunter!

La deuxième solution, défendue par une partie de Les Républicains suivant en cela Nicolas Sarkozy, consiste à assumer des préoccupations communes avec le Front national, tout en cherchant à se démarquer un peu par les solutions proposées. Mais comment faire comprendre aux électeurs un tel changement de cap et éviter que ceux-ci ne préfèrent l’original à la copie? Comment les électeurs ne remarqueraient-ils pas que le Front national, lui, n’a pas changé de discours, et surtout, qu’il a précédé tout le monde, et a eu le mérite d’avoir raison avant les autres, puisque ceux-ci viennent maintenant sur son propre terrain? Comment d’autre part concilier une telle proximité avec un discours diabolisant le Front national et cherchant l’alliance au centre?

Curieuses élites, qui ne comprennent pas que la posture «républicaine», initiée par Mitterrand, menace désormais de revenir comme un boomerang les détruire. Christopher Lasch avait écrit La révolte des élites, pour pointer leur sécession d’avec le peuple, c’est aujourd’hui le suicide de celles-ci qu’il faudrait expliquer, dernière conséquence peut-être de cette sécession.

(1) René Girard: La violence et le sacré

Voir pour rappel:

Obama, Hollande: en 2012, la gauche a gagné grâce à un nouvel électorat composite

Les têtes pensantes du parti démocrate ont construit une coalition électorale qui a permis à Obama de l’emporter. En France, le concept d’une majorité électorale rassemblant jeunes, femmes, minorités et diplômés urbains pour faire gagner la gauche a aussi séduit certains stratèges électoraux. Avec quel succès?

Jean-Laurent Cassely

Slate.fr

22.12.2012

En matière électorale, les Américains ont Nate Silver, un matheux qui a inventé un algorithme permettant de prédire les résultats électoraux des 50 Etats à la présidentielle. Il est depuis devenu une star de la statistique et des articles lui sont consacrés jusque dans les médias étrangers.

Mais «oubliez Silver», écrit le journaliste Benjy Sarlin, du site TPM. Car il y a encore plus fort: Ruy Teixeira. Le nom ne vous dit rien, mais pour ce journaliste américain, c’est pourtant «le gars qui a prédit 2012 en 2002!»

Teixeira est l’auteur de The Emerging Democratic Majority, un essai dans lequel il a expliqué que l’évolution démographique du pays pouvait amener au pouvoir une majorité nouvelle pour les démocrates, fondée sur les groupes d’électeurs à la croissance la plus rapide. Teixeira et John Halpin ont ainsi décrit cette «nouvelle Amérique progressiste» dans un rapport publié en novembre 2011:

«Le pourcentage grandissant de communautés de couleur, de femmes célibataires et diplômées, de votants de la génération du millénaire, d’électeurs laïcs et de Blancs diplômés vivant dans des zones plus urbanisées est favorable aux démocrates… Par contraste, la coalition du parti républicain est plus âgée, plus blanche, plus rurale, plus évangélique, se réduit et devient plus concentrée géographiquement.»

France-Amérique: quand le PS imite la stratégie américaine

Au printemps 2010, une réunion de groupes de réflexion de gauche a eu lieu aux Etats-Unis au Center for American Progress pour réfléchir à cette question d’une majorité émergente pour les partis sociaux-démocrates anglais, français, allemand, américain, etc. Bruno Jeanbart, directeur général adjoint de l’institut de sondages OpinionWay, y a participé (au nom du think tank Terra Nova et non de son institut) et se souvient du constat majeur:

«Dans tous les pays, les ouvriers étaient de moins en moins nombreux et votaient de moins en moins pour les partis sociaux-démocrates.»

Le socle historique de la gauche, la classe ouvrière, se délitait… Autre préoccupation des stratèges de gauche: cet électorat historique est alors décrit comme adhérant de plus en plus aux Républicains aux Etats-Unis et aux partis populistes et anti-immigrés en Europe.

En France, Terra Nova s’est fait une spécialité de transposer les pratiques victorieuses de la gauche américaine au paysage politique local: son président fondateur aujourd’hui décédé, Olivier Ferrand, a, avec Arnaud Montebourg, été le plus fervent militant de l’organisation d’une primaire ouverte par le PS.

En partenariat avec le Center for American Progress, Terra Nova a donc aussi transposé cette stratégie électorale centrée sur une coalition majoritaire. Son rapport de mai 2011 «Quelle majorité électorale en 2012?», cosigné par Olivier Ferrand, Bruno Jeanbart et Romain Prudent, a identifié une nouvelle coalition majoritaire, «la France de demain»:

«Contrairement à l’électorat historique de la gauche, coalisé par les enjeux socioéconomiques, cette France de demain est avant tout unifiée par ses valeurs culturelles, progressistes: elle veut le changement, elle est tolérante, ouverte, solidaire, optimiste, offensive.»

Avant d’aborder les critiques que le think tank a reçu pour cet «abandon» supposé de la classe ouvrière, regardons si cette stratégie électorale s’est montrée efficace pour François Hollande, en comparant ses résultats par segment avec ceux d’Obama, vainqueur en 2012 avec une marge comparable (51,6%-47,4% pour le Français, 51%-47,3% pour l’Américain).

1. Les jeunes

Oui, mais moins qu’aux Etats-Unis.

Obama, qui avait fait des propositions sur les frais universitaires élevés et faisait preuve d’une plus grande tolérance sur les questions de société, a devancé Romney de 23 points chez les jeunes âgés de 18 à 29 ans. En France, malgré un vote pour Marine Le Pen élevé au premier tour (+9 points pour l’extrême droite par rapport à 2007), les 18-24 ans ont donné 14 points d’avance à Hollande au second tour et les 25-34 ans 24 points, selon une enquête Ipsos, là où, en 2007, selon le même institut, Ségolène Royal ne dominait que chez les premiers.

La mise en avant de la jeunesse dans la campagne d’Hollande et des mesures comme les emplois d’avenir et la réforme de l’éducation ont pu jouer en faveur du candidat PS.

2. Les femmes

Pas vraiment.

«C’est surtout chez les femmes que la gauche française ne fait pas encore le plein», notait déjà en 2011 le rapport de Terra Nova en se basant sur le vote Royal, qui récoltait 2 points de plus que Sarkozy dans cette catégorie en 2007. En 2012, François Hollande n’a pas plus convaincu les femmes que les hommes, avec 4 points d’avance dans les deux catégories.

Le gender gap, fossé qui oppose aux Etats-Unis le vote des hommes (plus républicain) à celui des femmes (plus démocrate), n’existe pas en France. «Il y a des enjeux spécifiques aux Etats-Unis qui ne se manifestent pas en France», explique Bruno Jeanbart. Le premier de ces enjeux, c’est bien sûr l’avortement, qui est au cœur du débat politique américain, avec un candidat républicain qui s’est déclaré opposé au droit à l’avortement, même si Romney a adapté sa position en fonction du segment électoral qu’il lui fallait conquérir.

«Sur des valeurs que les femmes peuvent juger importantes comme la sécurité», note Jeanbart, le PS n’a pas suscité l’enthousiasme. De plus «depuis fin 2011, notait la politologue Janine Mossuz-Lavau dans une interview pour Slate au lendemain du second tour, on a observé que certaines catégories de femmes se laissaient séduire par Marine Le Pen, et pas n’importe quelles catégories, puisque c’étaient les ouvrières et les employées». Historiquement, complète Bruno Jeanbart, les femmes constituaient un tiers seulement de l’électorat FN, proportion qui tend aujourd’hui à s’équilibrer.

La structure générationnelle française explique aussi ce moindre écart hommes-femmes: parmi les personnes âgées, les femmes sont majoritaires, et la probabilité de voter à droite augmente avec l’âge.

A noter également qu’aux Etats-Unis, où les minorités ethniques sont plus importantes qu’en France (les «non-Blancs» représentaient plus de 20% de l’électorat en 2012, selon Gallup), ce sont les femmes des minorités ethniques qui ont creusé l’écart pour Obama face à Romney, les femmes blanches ne votant pour le candidat démocrate qu’à 42%.

3. Les minorités

Oui, mais avec un impact qui est donc plus faible. Et de manière moins identifiée: «On n’a pas les outils, ça n’est pas dans la tradition française de réfléchir à ce type de chose», explique Bruno Jeanbart.

La République répugne à se poser des questions en termes d’appartenance ethnique, là où les Américains font un usage très décomplexé de ces catégories d’analyse. Et les minorités ethniques votent à une écrasante majorité pour les démocrates: 93% des Afro-Américains, 71% des Hispaniques en 2012.

En France, on approche malgré tout ce vote des minorités de deux manières détournées:

— la population musulmane, qui certes n’équivaut pas à la minorité française d’origine maghrébine, mais dont la majorité des pratiquants est issue, a voté, selon OpinionWay, Hollande à 93% au second tour.

— les quartiers sensibles, qui comptent une part importante de population issue de l’immigration, et où le candidat PS l’a emporté haut la main. Dans des communes à forte population d’enfants de l’immigration, son score au deuxième tour avoisinait parfois les 70%.

4. Les diplômés

Oui.

Fin 2011, le New York Times écrivait que les travailleurs blancs non diplômés étaient devenus hors d’atteinte des démocrates. Le parti, précisait-il, a décidé à la place de cimenter une coalition de centre gauche «faite d’une part, d’électeurs diplômés professeurs, artistes, designers, éditeurs, responsables de ressources humaines, avocats, libraires, travailleurs sociaux, enseignants, psys, et d’autre part, d’un groupe d’électeurs à faible revenu en grande majorité composé d’Africains-Américains et d’Hispaniques».

En France, les cadres et les professions libérales se sont aussi tournées majoritairement vers le candidat de la gauche. Parmi les plus diplômés, c’est seulement la catégorie des chefs d’entreprise (mélangée dans l’Insee aux artisans et commerçants, moins diplômés) qui est restée fidèle à la droite.

5. Les métropoles

Oui.

La surprise pour les Républicains a été l’avance d’Obama dans les zones urbaines, a déclaré le colistier de Mitt Romney, Paul Ryan, après la défaite. Obama s’est hissé à 69% dans les grandes villes, quand Romney dominait le périurbain, les zones rurales et les petites villes. Une évolution électorale très documentée aux Etats-Unis qui traduit une vraie division entre «blue cities» et «red states» (villes démocrates et Etats républicains).

La domination du PS est également nette dans les «idéopôles», ces «métropoles concentrant les activités et les groupes sociaux typiques de l’économie post-industrielle et de la mondialisation», qui sont des zones où «l’ethos tend à être libertaire et bohême» et qui regroupent l’essentiel des travailleurs diplômés de l’économie tertiaire, écrivent Fabien Escalona et Mathieu Vieira dans une note de la fondation Jean-Jaurès. Ils ont montré que ces villes mondialisées étaient très favorables au PS, au niveau municipal comme lors de l’élection présidentielle.

L’élection de François Hollande a confirmé cette tendance: les idéopôles ont voté, au premier tour, socialiste à 33,43%, soit 5 points de plus que la moyenne française.

Le sens des cartes – Analyse sur la géographie des votes à la présidentielle, Jérôme Fourquet

L’ensemble de ces catégories dessine en creux le portrait de l’électeur-type qui ne votait pas pour Obama ou Hollande. Aux Etats-Unis, ce sont les membres de la «white working class» —la classe populaire et ouvrière blanche— qui se sont éloignés des démocrates: Obama n’a recueilli que 39% de leurs voix.

En France, il est impossible de calculer des données sur les «white». En ce qui concerne les «working», les ouvriers ont voté à 31% Le Pen et à 24% Hollande au premier tour, et les employés à 25% Le Pen et 28% Hollande selon les moyennes des instituts Ipsos et Ifop. Mais, au second tour, ces deux catégories ont voté Hollande à 57% et 58%… Si le malaise du «petit blanc» périurbain a été abondamment souligné après le premier tour, on peut difficilement dire qu’il a uniquement pénalisé la gauche au second.

Stratégie des valeurs ou coalition sociale?

Un paradoxe apparent que l’on retrouve dans les divergences d’interprétation autour de cette nouvelle coalition. Côté Terra Nova, c’est un satisfecit. «Ce socle électoral correspond à ce qu’on a décrit», souligne Bruno Jeanbart, qui n’en déduit pas automatiquement que le think tank a eu l’oreille du candidat.

«Est-ce parce qu’Hollande l’a cherché? Je ne pense pas, même s’il en avait conscience.» Notamment «en défendant des mesures comme le mariage gay, le vote des étrangers», ce qui correspond à la stratégie des valeurs vers laquelle le rapport conseillait au PS de s’orienter.

Et par ailleurs «Hollande a fait un très bon score chez les employés», souligne Bruno Jeanbart, qui conteste l’accusation d’abandon des ouvriers:

«Ce qu’on disait c’était: “Ne réduisons pas le vote populaire aux ouvriers, en revanche pensons au secteur des services, aux situations de précarité professionnelle, aux exclus du système et du monde du travail, les femmes et les jeunes”.»

Une vision qui réduit la question sociale à la situation d’exclusion, et qui déplaît au délégué national du PS aux études d’opinion François Kalfon. Coauteur avec le député Laurent Baumel de L’Equation gagnante et membre du collectif Gauche populaire, il estime que le PS «a fini par quitter le terrain de l’entreprise, pour se concentrer sur le hors travail: les exclus et la grande exclusion»:

«C’est de la sociologie électorale dans laquelle on ne s’adresse qu’aux gens à qui on a des choses à dire, les minorités au sens large, et on où on abandonne les salariés du privé. Nous ne sommes pas des épiciers de la politique, nous sommes des militants.»

Selon lui, l’analyse de Terra Nova et la stratégie des valeurs ne sont que le résultat d’un embourgeoisement progressif du PS et de son éloignement des classes populaires depuis 1983, date du tournant de la rigueur.

L’avenir est-il au marketing électoral hyper-segmenté?

A partir de cette période, le divorce entre les salariés du privé, notamment populaires, et la gauche se précise:

«Vous n’avez pas de discours au PS sur le monde du travail et le pouvoir d’achat, pour les salariés trop riches pour les politiques de réparation.»

Aux Etats-Unis aussi, des débats infinis ont eu lieu pour savoir si les ouvriers boudaient la gauche ou si la gauche les avait abandonnés… Pour le New York Times, dans l’article précité, les démocrates ont clairement misé sur les segments détaillés ci-dessus au détriment des blancs non diplômés. L’objectif, modeste, était seulement d’en garder une petite partie, et de ne pas reproduire l’écart de 30 points sur cet électorat (33% contre 63%) lors des élections de mi-mandat de 2010, niveau qui interdisait de gagner même avec une large proportion du vote des minorités et des diplômés.

Comme l’a écrit avec humour David Weigel dans Slate.com, cet abandon supposé des salariés blancs par les démocrates est à relativiser. Ca n’était pas la stratégie Obama mais une note écrite pour un think tank par deux universitaires, poursuit-il:

«Et ils ne disent même pas que les électeurs devraient être abandonnés, seulement qu’ils ne peuvent être gagnés. Vous ne “rejetez” pas les avances d’Angelina Jolie: c’est elle qui ne répond pas à vos coups de fil. Elle n’est pas intéressée.»

Pour autant, là où Bruno Jeanbart voit dans les propositions d’Hollande une validation de sa stratégie, François Kalfon prête lui aussi au président une attention à ses thèses. Lors du discours du Bourget, «il intègre totalement ce que nous disons. Et François Hollande n’a pas parlé du populaire en ne parlant que des quartiers multiculturels, contrairement à Royal. Et contrairement à Jospin et sa campagne sur le zéro SDF, [il ne s’est pas concentré] sur la grande exclusion.»

La domination du centre gauche n’est pas inéluctable

On devrait à ces adaptations le relatif succès du candidat chez les ouvriers et surtout les employés. Le député de la Gauche populaire estime aussi que les thèmes de Montebourg pendant la primaire, le redressement productif, la démondialisation, le juste échange, ont nourri le rapprochement avec la population ouvrière: «on voit bien dans la cartographie de Montebourg que ce sont les territoires menacés» qui ont été emballés par ce discours. Enfin, le retour surprise de Ségolène Royal dans l’entre-deux-tours a pu jouer en faveur d’un candidat perçu comme moins populaire.

La campagne d’Hollande pour sa réélection permettra sans doute de pousser plus loin la comparaison entre les deux pays, car l’antisarkozysme qui s’est développé chez les salariés du privé qui l’avaient soutenu en 2007 a renvoyé mécaniquement vers François Hollande des électeurs hésitants, pas ou peu convaincus par son programme.

Tout dépendra également du candidat de droite que devra affronter le président sortant: un leader au discours décomplexé, libéral-conservateur, héritier de Sarkozy, qui effraiera plusieurs des catégories de la nouvelle coalition ou, à l’inverse, un candidat de centre-droit modéré sur les questions sociétales, qui pourrait par sa victoire contredire la thèse d’une union historique durable entre la gauche et sa nouvelle «coalition majoritaire», qui repose sur un agrégat fragile et en aucun cas définitivement acquis.


Aubervilliers: A quand le racisme anti-grand-mères ? (Like their cash-laden tourist cousins from the mainland, Chinese-French find out the hard way they too have become easy targets for muggers)

19 août, 2016
ChineseYou can’t turn the ghetto into black Korea. Ice cube
Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit. (…) On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif… (…)  Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France. Karim
Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. « Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : « Non à Allah, non au prophète ». C’est pour cela que les arabes ont inventé le « Mecca-cola ». Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés. Ali
La veuve d’un ancien grand patron séquestrée et torturée à Hem, un nonagénaire violenté à Arras, des violences à Marcq-en-Barœul… Récemment, pas moins de quatre agressions à domicile ont été recensées dans la région. Si le phénomène n’est pas nouveau, ces agressions commises par des individus à la recherche de voitures, d’argent ou d’objets de valeur se multiplient ces dernières années. Avec parfois des conséquences dramatiques. (…) Les agressions à domicile ne datent pas d’hier. À la fin du XVIIIe siècle, les « Chauffeurs du Nord » sévissaient dans toute la région ainsi qu’en Belgique. Après être entrés par effraction au domicile de leurs victimes, ils leur liaient les pieds et les chauffaient à la braise des feux de cheminée pour leur faire avouer où se trouvaient argent et objets de valeur. (…) Les personnes âgées sont régulièrement prises pour cible. Par habitude ou méfiance envers les banques, certaines d’entre elles conservent de l’argent liquide à domicile et sont naturellement vulnérables du fait de leur grand âge. Une proie facile pour de petits délinquants à la recherche de liquidités. Des équipes plus aguerries ciblent aussi les familles disposant de patrimoine, voire tous ceux qui, par leur fonction, peuvent avoir accès à des liquidités ou des objets de valeur. Les victimes sont généralement repérées dans les magasins ou lorsqu’elles circulent, notamment dans des véhicules haut de gamme. (…) Si l’on peut être tenté de croire que la multiplication des dispositifs de sécurité (coffre-fort…) incite les malfrats à aller au contact de leurs victimes et à faire usage de violence, les spécialistes sont quant à eux formels : « La violence est liée aux auteurs, pas aux victimes et à leur niveau de protection, insiste la police judiciaire de Lille. Dans la région, les home-jackings sont perpétrés en majeure partie par des délinquants de cité. Ces faits sont très violents. Les portes sont défoncées. Les enfants sont mis à terre. La majeure partie des agressions à domicile vise avant tout à voler les voitures, soit pour le trafic de véhicules, soit pour commettre d’autres méfaits. » (…) De manière générale, il convient de ne conserver à domicile qu’un minimum d’argent liquide et d’objets de valeur. Mieux vaut éviter d’afficher des « signes extérieurs de richesses » dans certains lieux publics comme les magasins. L’installation d’une alarme dans le logement ne dissuadera pas les agresseurs mais limitera en revanche leur marge de manœuvre. (…) C’était le 31 mai dernier. La nuit de la fête des Mères. Trois individus gantés et masqués pénètrent dans une vaste propriété située dans le versant nord-est de la métropole lilloise. Les parents, des notables de la région, sont absents. Leur fils âgé de 22 ans est seul. Durant quatre heures, il va vivre un véritable enfer. « Ils n’ont vu que l’appât du gain, explique une source proche de l’enquête. C’est comme de la science-fiction. Pendant plus de quatre heures, il va subir les pires des choses. Des humiliations pas possibles. » On évoque, là encore, un simulacre de noyade : « Ils lui ont posé un drap autour du visage et ils ont fait couler de l’eau. La serviette s’imbibe de liquide, ce qui procure une impression d’étouffement. » La police judiciaire évoque également des décharges électriques et d’autres sévices qualifiés d’actes de torture et de barbarie. « Il l’a échappé belle. » La Voix du nord (16.01.2016)
Récemment, un genre particulier de délits s’est répété à Thonon-les-Bains et Evian. Leur point commun ? Ils visent des personnes âgées, ou vulnérables. Au cours des 6 derniers mois, les hommes du commissariat du Léman ont recensé sept vols par ruse et trois abus de faiblesse. «  Il ne s’agit pas d’une croissance exponentielle mais de faits similaires qui se sont déroulés à des dates rapprochées », tient à préciser le commissaire Guillaume Maniglier, à la tête de la circonscription. Précisons également que le vol par ruse et l’abus de faiblesse ne tiennent évidemment pas de la même mécanique. « Nous faisons face à deux problématiques différentes mais toutes visent les personnes âgées, que ce soit à l’hôpital, dans les familles ou des personnes isolées, souligne ainsi le commissaire. Il y a d’un côté les vols par ruse avec des scénarios différents, et de l’autre les abus de faiblesse, plus insidieux ». S’agissant des vols par ruse, ils sont perpétrés par des hommes usant de fausses qualités : faux voisins mais aussi faux plombiers et faux éboueurs. «  (…) Les victimes mettent ainsi longtemps avant de s’apercevoir que leur protégé les vole. Généralement, ce sont des proches qui s’en aperçoivent (telle une auxiliaire de vie, lire ci-dessous) ou la police qui le découvre de manière incidente (suite à une agression par exemple). Et même lorsque les preuves d’abus de faiblesse sont établies, la victime refuse parfois de porter plainte, s’inquiétant du devenir de l’auteur. «  Certaines personnes vont même jusqu’à le défendre, glisse le commissaire Maniglier. Elles nous disent : « Mais c’est quelqu’un de gentil… » » Le préjudice est pourtant bien plus élevé que dans les cas de vol par ruse : des dizaines voire des centaines de milliers d’euros. Le Messager (2012)
A busload of Chinese tourists is like a van carrying gold bullion. Li Lang (marketing manager of Guangzhou-based travel agency)
Tour operators in both China and Paris said Asian tourists, particularly Chinese, had become vulnerable in recent years because of their free-spending shopping habits. More than a million Chinese visit France every year, with each one spending about €1,500 (HK$15,000) on average. « There are reports of tourists getting robbed almost every day, » said Jean-Francois Zhou, manager of Paris-based Ansel Travel, which specialises in tours to and from China. « The criminals are not just stealing, but resorting to violent means. » Ten of his Chinese clients were robbed in October in the Louvre Museum. On many occasions, tour guides, who possessed cash for emergency use, were targeted, losing up to €20,000 each time, he said. Li Lang, marketing manager of a Guangzhou-based travel agency, said Chinese tourists’ preference for buying luxury items in cash was a reason behind the attacks. « A busload of Chinese tourists is like a van carrying gold bullion, » he said. Several travel agencies had put up a blacklist of drivers and hotels suspected of being connected with criminals, Li said. (…) Liu Simin , a researcher at the Chinese Academy of Social Sciences, urged tourists to be more alert about personal safety and to carry less cash. (…) The Hong Kong Immigration Department said the number of cases of Hong Kong people seeking assistance while travelling in France had risen from 57 in 2011 to 85 last year. Most of them had lost travel documents, been involved in traffic accidents, or been admitted to hospital. Joseph Tung Yao-chung, executive director of the Hong Kong Travel Industry Council, said tourists should wear fewer designer brand products when travelling in Europe. South China Morning Post
One explanation is that Chinese tourists often carry large amounts of cash. Chinese and Japanese tourists are also known to spend freely, with an average of between €800-€1,200 ($1,000-$1,500), mostly in luxury Champs Elysées boutiques. With expensive brand names on their shopping bags, they are an easy prey for thieves, especially in the suburban hotels where many stay. The most audacious thefts can occur even before Chinese visitors set foot in the city, on the A1 motorway from the airport, which is notorious for traffic jams. On at least two occasions, organised gangs attacked tourist minibuses. They wait for the bus to reach a standstill, break the windows and snatch bags from terrified occupants. (…) In central Paris the pickpockets are mainly young eastern Europeans controlled by criminal networks that are hard to dismantle, especially since the thieves are teenagers and don’t carry IDs. Being under age, they are released very quickly. Furthermore, Asian tourists (…) rarely file complaints. The police station by the Eiffel Tower only gets between 60 and 80 per month. « The tourists are usually with tour operators and simply don’t have two hours to spend in a police station, » said Serge Leduc, head of security at the Louvre.In 2010, the Chinese diaspora in the Belleville district of Paris demonstrated against the attacks, especially those during weddings when people traditionally offer cash gifts. Now complaint forms are available in Chinese. (…)  The regional tourist office says that the figures show no drop in Asian visitors but the chairman, Jean-Pierre Blat, has long-term concerns: « With the growth of emerging countries, we could see between 10-15 million more tourists by 2020, and we just don’t have the capacity to deal with them. » One problem is the lack of security in suburban hotels. In central Paris, hotel capacity is at saturation point and new ones can only be built outside the ring road, in precisely the areas now avoided by the Chinese tour operators. Jean-François Zhou, the founder of Ansel Travel, says that the Chinese blacklist hotels whose clients have been the victims of theft. He now tries to get his clients into central hotels, even if it raises the cost of his services. (…) The long-term aim is to change their cash habits by promoting awareness and working with the Chinese, Japanese and South Korean embassies. The Guardian
Chaolin Zhang, un couturier de 49 ans, était hospitalisé depuis lundi dernier à la fondation Rothschild à Paris (XIXe) dans un état de santé désespéré. Selon ses proches, il aurait succombé à une hémorragie cérébrale. Dans l’agression, un coup violent au sternum l’a projeté à terre. Les premiers éléments de l’enquête montrent que cette chute serait à l’origine d’une grave blessure à la tête.La deuxième victime s’est remise de ses blessures. Selon son témoignage, trois jeunes garçons seraient les auteurs de l’agression. L’enquête, confiée à la sûreté territoriale, n’a pas encore abouti à l’arrestation de suspects. Le Parisien
Ce crime est d’autant plus odieux que son mobile crapuleux se double d’un ciblage raciste. Meriem Derkaoui (maire PCF, Aubervilliers)
La communauté chinoise n’a pas l’habitude de protester et règle ses problèmes toute seule mais, aujourd’hui, on ne peut plus se taire et il faut nous aider. Lei
Tout cela repose sur des préjugés selon lesquels les Chinois sont faibles, dociles et riches. J’ai été agressée trois fois en trois ans, mes amis vivent la même chose, plusieurs ont déménagé pour cette raison. Moi, je ne sors même plus avec un sac !  Fang (étudiante d’Aubervilliers)
Chaolin Zhang est mort de ce cliché. Il n’avait rien sur lui et il est mort pour rien. Epouse de Chaolin Zhang
Avant, quand nous nous faisions agresser, on se faisait voler notre sac. Maintenant, on nous bat et on nous déshabille pour nous faire les poches. Toutes les familles connaissent quelqu’un qui a été agressé. Rui Wang
Il y en a marre d’être agressé comme ça, il faut lancer un appel au premier ministre et au président. Il y a bien des territoires perdus de la république. Il faut agir maintenant, sinon les Chinois feront justice eux-mêmes. Denis
Ici, toutes les communautés sont touchées, mais les Chinois sont particulièrement stigmatisés. Habitante d’Aubervilliers
La situation actuelle est l’illustration de la transformation d’un racisme latent en racisme ordinaire.  Rui Wang
C’est un racisme latent qui se transforme en racisme violent car ces attaques reposent sur des préjugés : un Chinois est riche, faible et surtout silencieux. Rui Wang (président de l’association des jeunes Chinois en France)
L’opinion publique a encore en tête le tableau d’un pays romantique, pas d’un endroit où l’on meurt. Ce crime, qui fait suite à une série d’agressions de résidents et de touristes, bouleverse profondément cette image. Changhang Wu
La fréquentation internationale du pays connaît une baisse d’environ 10 %, notamment en raison de la peur générée par les attentats terroristes, mais les Chinois fuient encore plus que les autres.  Xuewu Long (secrétaire général de l’association des professionnels chinois du tourisme en France)
Selon ses chiffres, la France a perdu 700 000 visiteurs chinois depuis janvier par rapport à l’année dernière sur la même période, soit une baisse d’environ 30 %. Avec un budget moyen estimé entre 3 000 et 5 000 € pour leurs vacances dans l’hexagone, « ce phénomène fait aussi des victimes dans l’économie française. » Le Parisien
La communauté chinoise (…) est (…) de plus en plus souvent la cible d’agressions violentes et crapuleuses dont plupart sont liés à des préjugés ethniques fondées sur l’idée que les Chinois, notamment, seraient nécessairement riches et porteurs de liquidités. Un cap dans la violence et la haine semble aujourd’hui avoir été franchi. C’est ce même type de préjugé qui avait conduit à la mort d’Ilan Halimi. Dans les deux cas, ces actes appellent une condamnation implacable et la mobilisation des pouvoirs publics. (…) Le racisme anti-asiatique, au contraire des autres formes de racisme, est un racisme silencieux qui aujourd’hui a pris une ampleur inédite dans certains quartiers. Il doit être combattu avec la même force et la même détermination que doivent l’être l’antisémitisme et les autres formes de racisme. Licra
Selon les premiers éléments de l’enquête, Chaolin Zhang, un couturier modeste, a été agressé alors qu’il rejoignait une soirée avec un ami. Un violent coup au sternum l’a projeté au sol et cette chute serait à l’origine de son décès. « L’objectif était de les voler, précise une source policière. Le sac de la deuxième victime a été dérobé. » Cette dernière a été blessée mais s’est remise. « Et Chaolin Zhang, qui n’avait rien sur lui, s’est fait tuer pour rien », répète son épouse dévastée. Elle attend que « justice soit rendue. » Ce dimanche soir, les trois auteurs suspectés n’ont toujours pas été arrêtés. « Cette violence gratuite nous fait peur », poursuit Maike Song. Selon le comité de soutien à la famille Zhang, « les habitants d’origine chinoise d’Aubervilliers mais aussi de Paris, la Courneuve et Pantin, sont les victimes quotidiennes de vols de plus en plus violents. L’association de l’amitié chinoise en France en a recensé au moins 100 cas, dans la seule ville d’Aubervilliers, depuis novembre. En janvier et en juin, deux bandes ont été interpellées par la police et condamnées par des séries de vols avec violence exclusivement dirigées contre des victimes d’origine asiatique. Le Parisien
Il est des dénis qui passent de plus en plus mal. Des dénis à présent difficiles à nier. Des dénis plus faciles à dénoncer. Et à démonter. Il en est ainsi de la discrétion avec laquelle l’antiracisme subventionné traite le sort funeste de la communauté chinoise de Paris et de sa banlieue. Il ne se passe plus un jour, sans que l’un de ses membres ne soit agressé par ce que l’on nomme génériquement «la racaille» lorsque la délinquance est issue de l’immigration. La presse commence, enfin et un peu, à s’y intéresser. La chaîne de télévision M6 dans son excellent magazine «66 minutes» révèle qu’on recense chaque jour une vingtaine d’agressions de chinois dans la région parisienne. Le 9 août, le Parisien consacrait un article dans lequel il était relaté qu’une bande de délinquants avait fait de ces attaques ciblées sa spécialité. L’un des courageux malfrats expliquait qu’il s’agissait «de cibles faciles» Plus dramatique encore, le Figaro révélait le 13 août qu’un ouvrier chinois d’Aubervilliers âgé de 49 ans était mort cinq jours après avoir été violemment agressé par trois hommes dans une rue de cette ville de Seine-Saint-Denis. Le maire communiste d’Aubervilliers reconnaissait un racisme ciblé. Et pourtant, les organisations prétendument antiracistes subventionnées sont demeurées aux abonnés absents. Elles n’ont pas estimé devoir organiser de bruyants rassemblements. Aucun mouvement #Yellowlivesmatter à l’horizon lointain. Et le nom du cuisinier assassiné, Zeng Chaolin , demeurera quasi anonyme. Ni Traore, ni Oussekine. La presse hexagonale n’en fait pas non plus bien grand cas. Un imam assassiné à des milliers de kilomètres aux États-Unis, pour des raisons encore inconnues l’intéresse davantage. Pourtant, dans cette affaire, pas de spéculation intellectuelle à attendre ou à redouter. Il ne s’agissait pas d’un délinquant en délicatesse avec la police, fuyant un contrôle ou à l’intérieur d’une manifestation illégale et violente. Rien de tout cela. Une agression délibérée. Ciblée et pour voler. (…) Il n’y aura pas non plus d’émeutes ou d’échauffourées. Pas le genre de notre communauté asiatique délibérément agressée. Une partie de l’explication de l’apathie médiatique habite sans doute dans cette non-violence qui passe à tort pour de la résignation. Mais les plus profondes causes sont ailleurs et commencent à émerger. Ainsi, SOS-Racisme préfère toujours traquer l’islamophobie… après les massacres islamistes. Et la Ligue des Droits de l’Homme débusquer en vain judiciairement du racisme sous le burkini. Comprenez bien: les dénis oui-oui professionnels ne peuvent s’intéresser au racisme supposé-quand il n’est pas espéré- que lorsqu’il émane de l’homme occidental détesté. Le seul racisme qu’ils peuvent même concevoir dans leur esprit littéralement borné. Raison pourquoi, le racisme anti blanc ou anti-chrétien a été longtemps nié et l’antisémitisme violent d’origine islamique pendant des années, obstinément occulté. Il en sera donc de même pour ce racisme anti-asiatique très spécifique. Dans un ordre d’idées très voisin, le même déni existe dans la manière dont le CIO-ou les médias-refuse de sévir lorsque des athlètes concourent voilées ou qu’un judoka islamique refuse de serrer la main de son adversaire judaïque à raison de sa nationalité et en violation flagrante de la lettre et de l’esprit des charte et règlement olympiques. Il en est de même lorsque nos ministres de l’intérieur et du logement, dans un communiqué du 1er août révélée par le Figarovox occultent le caractère délibérément illégal de la présence forcée d’immigrants sans-papiers sur le territoire de la république et décident de l’organiser. Certes, cela ne changera strictement rien à la triste situation existante. Mais lorsque les thuriféraires vibrionnant de l’État de droit mythique descendent encore d’un barreau, l’échelle de la résignation et de la soumission, le déni de la loi n’est pas loin du délit. C’est donc dans ce contexte de négation de la réalité, que notre France Culture, a posé le 13 du mois cette question inspirée: «la société française bascule-t-elle à l’extrême droite?» hommage à Zhang Chaolin, mort vendredi à la suite d’une agression dans la rue. Gilles-William Goldnadel
C’est donc un meurtre à caractère raciste. Ce n’est pas la première fois que cela touche des Asiatiques. Les Français d’origine chinoise sont réputés tous riches, tous bien dotés, un peu comme les juifs dans certains milieux… Et pourtant, étonnamment ou pas, l’on chercherait vainement les réactions habituelles des indignés professionnels, leurs commentaires outrés sur le racisme quotidien envers les personnes d’origines asiatiques, une communauté pourtant aussi présente que d’autres. Chaolin Zhang n’aura pas son portrait géant sur la façade de l’Hôtel de ville de Paris, il n’aura pas le droit à une « marche blanche » des associations « citoyennes », et encore moins à un déplacement de François Hollande ou Bernard Cazeneuve ou autres puces ministrables pour affirmer avec gravité : “Plus jamais ça !” Cette communauté « issue de la diversité » ne mérite pourtant pas leur sainte colère. La communauté asiatique dans Paris est un modèle d’intégration sociale, de travail constant grâce à la méritocratie républicaine, à l’école publique. Mais dans son cas, cela ne semble pas très important. Ils travaillent d’arrache-pied ? Ils n’entretiennent pas le sentiment d’insécurité bien connu par des « actes inciviques » ? Ils n’ont pas de revendications communautaristes sans cesse répétées ? Et pire encore, ô horreur, ils paient des impôts ! « Et alors ? » paraissent penser très fort les bons apôtres. Cela ne fait pas d’eux une communauté respectable, une communauté éternellement opprimée devant susciter le masochisme mémoriel à répétition des français. Ils ne peuvent avoir le droit à la culture de l’excuse, c’est dans l’ordre des choses qu’ils réussissent, rien d’extraordinaire… (…) Les Asiatiques de France ont subi et subissent encore un racisme ne paraissant pas choquer grand-monde en France puisqu’il est souvent le fait d’autres « communautés » « issues de la diversité » selon le terme hypocrite. Amaury Grandgil
« La violence, c’est un problème pour tout le quartier. Rui Wang (président de l’Association des Jeunes Chinois de France)
À Aubervilliers, les services de police ont recensé sur les sept premiers mois de l’année 105 vols avec violence sur les Chinois ou personnes d’origine chinoise sur un total de 666 vols avec violence dans la commune. L’année dernière, la préfecture en dénombrait 35 sur 466 sur la même période. Sur l’ensemble de la Seine-Saint-Denis, 3,9 % des victimes de vols avec violences sont des membres de la communauté chinoise, selon des chiffres établis sur les sept premiers mois de l’année (2,4 % sur la même période en 2015). « La ville est plus touchée en raison du grand nombre de résidents et de travailleurs ponctuels d’origine chinoise qu’elle comporte », explique-t-on à la préfecture. Le sentiment d’insécurité s’accompagne d’un changement de nature des agressions, précise Ling Lenzi, conseillère municipale Les Républicains. Auparavant dirigées contre « le secteur des commerçants », elles se concentrent désormais « sur les habitants, les petites gens ». « Depuis qu’une quarantaine de caméras de surveillance ont été installées devant les commerces, accompagnées de plus de patrouilles policières, les agresseurs se sont retournés vers là où il n’y a pas de dispositif », assure-t-elle. Le Point

Crime raciste », « crime au ciblage raciste », « ciblage raciste », « meurtre à caractère raciste », « violences racistes », « racisme anti-asiatiques », « racisme silencieux », référence à l’affaire Halimi …

Attention: un racisme peut en cacher un autre !

Au lendemain du tragique décès d’un ressortissant chinois d’Aubervilliers suite à sa chute apparemment contre un trottoir après une tentative de vol de sacoche …

Et des qualifications de crime raciste qui, des associations chinoises, de la Licra ou de la maire d’Aubervilliers elle-même, ont fusé dans la presse …

Pendant que sur fond d’attentats et de coups de force plagiers, djihadistes violents comme culturels poussent leurs pions …

Comment ne pas voir …

Non seulement le triste état de la sécurité des personnes et des relations inter-communautaires actuellement en France …

Mais aussi l’étrange confusion de certains esprits …

Face à l’apparente émergence, suite notamment à la meilleure protection des commerçants comme le reconnait elle-même une conseillère municipale de la ville, d’une nouvelle vulnérabilité d’une population …

Qui, à l’instar des personnes âgées ou des touristes voire des sans-papiers ou des travailleurs clandestins, semble posséder en fait nombre des caractéristiques de la proie idéale pour ce genre de vols …

A savoir, la  moindre familiarité avec les lieux, la moindre tendance à se défendre ou à porter plainte et surtout le port fréquent de sommes importantes d’argent liquide  ?

Violence anti-asiatique : où sont passés les antiracistes ?

  • Gilles William Goldnadel
    Le Figaro
  • 15/08/2016

FIGAROVOX/HUMEUR – Dimanche 14 août à Aubervilliers, plusieurs milliers de personnes, dénonçant une violence anti-asiatique, ont rendu hommage à Zhang Chaolin, mort vendredi à la suite d’une agression dans la rue. Gilles-William Goldnadel s’étonne du silence des associations antiracistes.

Il est des dénis qui passent de plus en plus mal. Des dénis à présent difficiles à nier. Des dénis plus faciles à dénoncer. Et à démonter.

Il en est ainsi de la discrétion avec laquelle l’antiracisme subventionné traite le sort funeste de la communauté chinoise de Paris et de sa banlieue.

Il ne se passe plus un jour, sans que l’un de ses membres ne soit agressé par ce que l’on nomme génériquement «la racaille» lorsque la délinquance est issue de l’immigration.

La presse commence, enfin et un peu, à s’y intéresser. La chaîne de télévision M6 dans son excellent magazine «66 minutes» révèle qu’on recense chaque jour une vingtaine d’agressions de chinois dans la région parisienne.

Le 9 août, le Parisien consacrait un article dans lequel il était relaté qu’une bande de délinquants avait fait de ces attaques ciblées sa spécialité. L’un des courageux malfrats expliquait qu’il s’agissait «de cibles faciles»

Plus dramatique encore, le Figaro révélait le 13 août qu’un ouvrier chinois d’Aubervilliers âgé de 49 ans était mort cinq jours après avoir été violemment agressé par trois hommes dans une rue de cette ville de Seine-Saint-Denis.

Le maire communiste d’Aubervilliers reconnaissait un racisme ciblé.

Et pourtant, les organisations prétendument antiracistes subventionnées sont demeurées aux abonnés absents. Elles n’ont pas estimé devoir organiser de bruyants rassemblements. Aucun mouvement #Yellowlivesmatter à l’horizon lointain. Et le nom du cuisinier assassiné, Zeng Chaolin , demeurera quasi anonyme. Ni Traore, ni Oussekine.

La presse hexagonale n’en fait pas non plus bien grand cas. Un imam assassiné à des milliers de kilomètres aux États-Unis, pour des raisons encore inconnues l’intéresse davantage.

Pourtant, dans cette affaire, pas de spéculation intellectuelle à attendre ou à redouter. Il ne s’agissait pas d’un délinquant en délicatesse avec la police, fuyant un contrôle ou à l’intérieur d’une manifestation illégale et violente.

Rien de tout cela. Une agression délibérée. Ciblée et pour voler.

Comme je l’écrivais la semaine dernière: trop simple et indiscutable pour intéresser un monde médiatique idéologique précisément séduit par la spéculation polémique.

Il n’y aura pas non plus d’émeutes ou d’échauffourées. Pas le genre de notre communauté asiatique délibérément agressée. Une partie de l’explication de l’apathie médiatique habite sans doute dans cette non-violence qui passe à tort pour de la résignation.

Mais les plus profondes causes sont ailleurs et commencent à émerger. Ainsi, SOS-Racisme préfère toujours traquer l’islamophobie… après les massacres islamistes. Et la Ligue des Droits de l’Homme débusquer en vain judiciairement du racisme sous le burkini.

Comprenez bien: les dénis oui-oui professionnels ne peuvent s’intéresser au racisme supposé-quand il n’est pas espéré- que lorsqu’il émane de l’homme occidental détesté. Le seul racisme qu’ils peuvent même concevoir dans leur esprit littéralement borné. Raison pourquoi, le racisme anti blanc ou anti-chrétien a été longtemps nié et l’antisémitisme violent d’origine islamique pendant des années, obstinément occulté. Il en sera donc de même pour ce racisme anti-asiatique très spécifique.

Dans un ordre d’idées très voisin, le même déni existe dans la manière dont le CIO-ou les médias-refuse de sévir lorsque des athlètes concourent voilées ou qu’un judoka islamique refuse de serrer la main de son adversaire judaïque à raison de sa nationalité et en violation flagrante de la lettre et de l’esprit des charte et règlement olympiques.

Il en est de même lorsque nos ministres de l’intérieur et du logement, dans un communiqué du 1er août révélée par le Figarovox occultent le caractère délibérément illégal de la présence forcée d’immigrants sans-papiers sur le territoire de la république et décident de l’organiser. Certes, cela ne changera strictement rien à la triste situation existante. Mais lorsque les thuriféraires vibrionnant de l’État de droit mythique descendent encore d’un barreau, l’échelle de la résignation et de la soumission, le déni de la loi n’est pas loin du délit.

C’est donc dans ce contexte de négation de la réalité, que notre France Culture, a posé le 13 du mois cette question inspirée: «la société française bascule-t-elle à l’extrême droite?» J’ai évidemment trop de respect obséquieux pour notre radio nationale de service public pour oser lui demander si elle n’avait pas par hasard obliqué de la gauche vers son extrême. Il faut dire que cette thématique orientée de notre antenne radiophonique n’a fait que reprendre l’antienne socialiste que cette semaine a entonné désespérément M. Cambadélis.

Celui-ci a en effet reproché à Nicolas Sarkozy de «tutoyer» de plus en plus le Front National. De la part d’un ancien trotskiste à tu et à toi avec les communistes, en ce compris électoralement, la grosse ficelle est usée jusqu’à la corde avec laquelle les antifascistes et antiracistes d’opérette pourront bientôt se pendre.

Car oui, le dévoilement de la réalité est aujourd’hui tel, que les dénis oui -oui peuvent à présent être démasqués sans que ceux qui les démasquent se retrouvent expédiés dans un goulag moral.

N’en déplaise à tous les antiracistes subventionnés, à la gauche morale démoralisée et à toutes les radios actives cultivées.

Voir aussi:

Pas d’indignation pour les Asiatiques de France
L’idéologie de la diversité face à ses tabous
Amaury Grandgil
Causeur
16 août 2016

Un couturier de 49 ans, Chaolin Zhang, a été assassiné sauvagement à Aubervilliers il y a quelques jours au cours d’une agression par des « jeunes » selon le terme pudique en vigueur, sans doute de jeunes dépressifs fragilisés. Il a été vraisemblablement agressé en raison de son origine chinoise. Dimanche, 500 personnes ont défilé calmement dans une atmosphère de colère sourde, scandalisés par l’indifférence des gouvernants et de la plupart des observateurs politiques assermentés.

C’est donc un meurtre à caractère raciste. Ce n’est pas la première fois que cela touche des Asiatiques. Les Français d’origine chinoise sont réputés tous riches, tous bien dotés, un peu comme les juifs dans certains milieux…

Et pourtant, étonnamment ou pas, l’on chercherait vainement les réactions habituelles des indignés professionnels, leurs commentaires outrés sur le racisme quotidien envers les personnes d’origines asiatiques, une communauté pourtant aussi présente que d’autres. Chaolin Zhang n’aura pas son portrait géant sur la façade de l’Hôtel de ville de Paris, il n’aura pas le droit à une « marche blanche » des associations « citoyennes », et encore moins à un déplacement de François Hollande ou Bernard Cazeneuve ou autres puces ministrables pour affirmer avec gravité : “Plus jamais ça !”

Cette communauté « issue de la diversité » ne mérite pourtant pas leur sainte colère. La communauté asiatique dans Paris est un modèle d’intégration sociale, de travail constant grâce à la méritocratie républicaine, à l’école publique. Mais dans son cas, cela ne semble pas très important. Ils travaillent d’arrache-pied ? Ils n’entretiennent pas le sentiment d’insécurité bien connu par des « actes inciviques » ? Ils n’ont pas de revendications communautaristes sans cesse répétées ? Et pire encore, ô horreur, ils paient des impôts !

« Et alors ? » paraissent penser très fort les bons apôtres. Cela ne fait pas d’eux une communauté respectable, une communauté éternellement opprimée devant susciter le masochisme mémoriel à répétition des français. Ils ne peuvent avoir le droit à la culture de l’excuse, c’est dans l’ordre des choses qu’ils réussissent, rien d’extraordinaire…

Je ne ferai pas d’eux non plus évidemment un portrait idéal, il existe aussi une délinquance dans les quartiers marqués par l’Extrême-Orient dans Paris comme il y en a partout là où se trouvent des être humains car « là où il y a de l’homme il y a de l’hommerie » pour reprendre la phrase de saint François de Sales.

On me rétorquera également que de nombreux humoristes et comiques douteux de gauche, à l’humour engagé et concerné, le fameux « humour de combat » de Jean-Michel Ribes, n’hésitent jamais devant une bonne blague sur les Vietnamiens, les Chinois, les Japonais. Avec un accent caricatural et une élégance dans le trait à faire rougir de confusion Michel Leeb lui qui « imitait » les Africains dans les années 80. Là par contre, dans son cas, les arbitres des élégances politiques poussaient les hauts cris, en appelaient au risque de retour des fameuses heures les plus sombres de notre histoire etc….

Dans les films des comiques de cette obédience, tels ceux d’Eric et Ramzy, on trouve toujours des bonnes blagues racistes d’une manière souvent très primaire : dans La Tour Montparnasse Infernale dans Halal police d’état. Mais ces grasses plaisanteries ne déclenchent jamais aucune manifestation, aucune indignation vertueuse alors que ce racisme est d’une abjection aussi intolérable…
À moins qu’il ne s’agisse de la fameuse dérision citoyenne…

Les Asiatiques de France ont subi et subissent encore un racisme ne paraissant pas choquer grand-monde en France puisqu’il est souvent le fait d’autres « communautés » « issues de la diversité » selon le terme hypocrite.

Voir également:

Aubervilliers : le racisme anti-asiatiques tue
Zhang Chaolin, homme de 49 ans d’origine chinoise, est décédé vendredi 12 août des suites des blessures liées à l’agression qu’il a subie en pleine rue, à Aubervilliers, le 7 août dernier.

La communauté chinoise et la maire d’Aubervilliers ont dénoncé le caractère raciste de cette agression. Cette communauté est en effet de plus en plus souvent la cible d’agressions violentes et crapuleuses dont plupart sont liés à des préjugés ethniques fondées sur l’idée que les Chinois, notamment, seraient nécessairement riches et porteurs de liquidités. Un cap dans la violence et la haine semble aujourd’hui avoir été franchi. C’est ce même type de préjugé qui avait conduit à la mort d’Ilan Halimi. Dans les deux cas, ces actes appellent une condamnation implacable et la mobilisation des pouvoirs publics.

Il est essentiel désormais que l’enquête fasse la lumière au plus vite sur les circonstances ayant conduit à la mort de Zhang Chaolin. La commission juridique de la LICRA est immédiatement saisie afin d’examiner au plus vite les conditions d’une constitution de partie civile dans cette affaire.

Le racisme anti-asiatique, au contraire des autres formes de racisme, est un racisme silencieux qui aujourd’hui a pris une ampleur inédite dans certains quartiers. Il doit être combattu avec la même force et la même détermination que doivent l’être l’antisémitisme et les autres formes de racisme. Il suffit d’entendre certains commentateurs des Jeux Olympiques devant des athlètes asiatiques pour comprendre le poids des idées reçues et de la bêtise à l’égard de nos compatriotes d’origine asiatique.

Voir encore:

Aubervilliers : le deuil et la colère après la mort de Chaolin Zhang
Floriane Louison

Le Parisien

14 août 2016

« La communauté chinoise meurt en silence », a-t-il écrit en rouge sur son t-shirt maculé de fausses taches de sang. Maike Song, un Parisien d’origine chinoise, est venu, ce dimanche, rendre hommage à Chaoling Zhang. Vendredi dernier, cet homme de 49 ans, père de deux enfants, est décédé de ses blessures après une agression cinq jours plus tôt, rue des Ecoles à Aubervilliers. Devant la mairie, ils étaient au moins 500, selon la préfecture, à se recueillir et, aussi, à dire leur colère.

« La communauté chinoise n’a pas l’habitude de protester et règle ses problèmes toute seule mais, aujourd’hui, on ne peut plus se taire et il faut nous aider », exprime une jeune fille, Lei. Devant le portrait de la victime, entouré de ses proches, elle attend son tour pour déposer une bougie et une fleur.

Dans cette foule en deuil, surveillée par un important dispositif policier, la tension est palpable, et le mot est lâché : « agression anti-asiatique ». Il est relayé par la maire (PC) d’Aubervilliers, Meriem Derkaoui. Elle n’était pas présente à l’hommage mais dans un communiqué, elle dénonce « le ciblage raciste du crime. »

Son épouse attend que « justice soit rendue »

Selon les premiers éléments de l’enquête, Chaolin Zhang, un couturier modeste, a été agressé alors qu’il rejoignait une soirée avec un ami. Un violent coup au sternum l’a projeté au sol et cette chute serait à l’origine de son décès. « L’objectif était de les voler, précise une source policière. Le sac de la deuxième victime a été dérobé. » Cette dernière a été blessée mais s’est remise. « Et Chaolin Zhang, qui n’avait rien sur lui, s’est fait tuer pour rien », répète son épouse dévastée. Elle attend que « justice soit rendue. » Ce dimanche soir, les trois auteurs suspectés n’ont toujours pas été arrêtés.

100 vols depuis novembre contre les Chinois d’Aubervilliers

« Cette violence gratuite nous fait peur », poursuit Maike Song. Selon le comité de soutien à la famille Zhang, « les habitants d’origine chinoise d’Aubervilliers mais aussi de Paris, la Courneuve et Pantin, sont les victimes quotidiennes de vols de plus en plus violents. L’association de l’amitié chinoise en France en a recensé au moins 100 cas, dans la seule ville d’Aubervilliers, depuis novembre. En janvier et en juin, deux bandes ont été interpellées par la police et condamnées par des séries de vols avec violence exclusivement dirigées contre des victimes d’origine asiatique.

« Tout cela repose sur des préjugés selon lesquels les Chinois sont faibles, dociles et riches », estime Fang, une étudiante d’Aubervilliers. « J’ai été agressée trois fois en trois ans, mes amis vivent la même chose, plusieurs ont déménagé pour cette raison. Moi, je ne sors même plus avec un sac ! »

Après l’hommage, la famille et ses soutiens ont marché jusqu’à la rue des Ecoles. « Il y a déjà eu des dizaines d’agressions ici ! », interpelle le comité de soutien qui réclame des mesures concrètes, notamment l’installation de caméras supplémentaires. Ils seront reçus, ce mercredi, par la préfecture pour examiner leurs demandes. « Nous souhaitons aussi préparer un travail, ensemble, pour faire mieux connaître la communauté chinoise », précise aussi la préfecture. La Région a elle aussi réagi en proposant son aide pour sécuriser la ville d’Aubervilliers.

Voir  de même:

Agression d’Aubervilliers : les Chinois disent stop à la violence
Floriane Louison

Le Parisien

17 août 2016

Il est rare que les représentants de la communauté chinoise montent au créneau sur la place publique. « Mais, cette fois, c’est trop grave », lance Hua Qin Cao, président de l’association de l’amitié chinoise en France qui a participé ce mercredi à une réunion en préfecture de Seine-Saint-Denis, avec d’autres représentants de la communauté, après avoir été reçu mardi au conseil régional.

Vendredi dernier, Chaolin Zhang, un couturier chinois de 49 ans travaillant en France, a succombé à ses blessures après une agression, cinq jours plus tôt, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). « Un drame prévisible », dénonce Hua Qin Cao. Dans cette ville, depuis janvier, il recense, au sein de sa communauté, des victimes quasi quotidiennes de vols violents.

Son association ne se contente pas de compter les blessés mais elle les accompagne aussi à l’hôpital, au commissariat et jusqu’au tribunal si les suspects sont arrêtés. Surtout, elle organise « l’auto-défense » de la communauté chinoise d’Aubervilliers. Hua Qin Cao est alerté par les victimes après toutes les agressions ou presque via le réseau social chinois WeChat. A chaque fois, il se déplace. « En Seine-Saint-Denis, différents groupes de protection se sont ainsi mis en place », décrit-il. Mais la série noire continue. « Alors, maintenant, il faut nous aider ! »

Une liste alarmante de victimes

Sur son téléphone, il fait défiler des noms et des photos. Une liste alarmante qui commence le 27 décembre. Le 3 janvier, il y a déjà onze victimes : Y. et F., les visages contusionnés après un vol de portefeuille, Mme Wu, délestée de son sac à main, S., agressée, avec ses deux filles. « Les voleurs l’ont suivi depuis le métro jusqu’à sa maison », se rappelle le représentant qui a consigné « 105 cas similaires, la plupart dans le seul quartier des Quatre-Chemins à Aubervilliers. » Un chiffre confirmé par la préfecture de Seine-Saint-Denis qui constate une augmentation du phénomène dans cette ville.

Une explosion des violences

5 %.

Aubervilliers compte 3 000 à 4 000 habitants chinois ou originaires de Chine, soit près de 5 % de sa population de 80 000 habitants.

105.

Entre janvier et août, le nombre de vols avec violence ciblant les Chinois à Aubervilliers a été multiplié par trois par rapport à l’année dernière sur la même période, passant de 35 (2015) à 105 agressions (2016).

16 %.

Depuis janvier, sur les 666 vols avec violence dénombrés à Aubervilliers — soit presque trois par jour —, environ 16 % touchent la communauté chinoise. L’an dernier, sur les 466 vols violents sur la même période, seuls 7 % concernaient des Chinois.

« Et Aubervilliers n’est pas la seule ville touchée », assure Wansheng Chi, président de l’association des Chinois résidants en France qui cite aussi, en Seine-Saint-Denis, La Courneuve et Pantin. « Plus généralement, un sentiment d’insécurité grandit au sein de la communauté chinoise en France depuis environ cinq ans. Il est également ressenti très fortement par les touristes chinois (lire ci-dessous). »

Le mot « psychose » est lâché. « Tout le monde a peur, j’ai déjà été agressée trois fois, je ne sors même plus avec un sac dans la rue », expliquait dimanche dernier, Fang, une étudiante d’Aubervilliers, lors d’un hommage à Chaolin Zhang. Après son décès, la maire (PC) d’Aubervilliers, Meriem Derkaoui, a dénoncé le « ciblage raciste » de l’agression. Rui Wang, président de l’association des jeunes Chinois en France partage cette analyse : « C’est un racisme latent qui se transforme en racisme violent car ces attaques reposent sur des préjugés : un Chinois est riche, faible et surtout silencieux. »

« Un racisme latent qui se transforme en racisme violent »

« Chaolin Zhang est mort de ce cliché. Il n’avait rien sur lui et il est mort pour rien », répète son épouse dévastée. « A Aubervilliers, la plupart des victimes sont, comme lui, des travailleurs modestes », ajoute Ling Lenzi, conseillère municipale (LR) à Aubervilliers et seule élue de la communauté. « C’est ce même type de préjugé qui avait conduit à la mort d’Ilan Halimi » (NDLR : un jeune juif enlevé et tué en 2006 par un gang qui espérait une rançon), dénonçait la Licra (Ligue contre le racisme et l’antisémitisme), mardi, s’inquiétant de la montée d’un racisme anti-asiatique.

« Cette hausse de la violence » effraie le comité de soutien à la famille de Chaolin Zhang, créé après son décès. Il réclame « justice », mais aussi des « mesures concrètes pour la sécurité avant un autre mort ». A Aubervilliers, le travail est déjà engagé depuis plusieurs mois avec, entre autres, l’embauche d’un interprète sinophone au commissariat pour aider les victimes à porter plainte. Les représentants de la communauté chinoise demandent des mesures plus fortes.

Pour tenter de rassurer cette comunauté effrayée par tant de violence, la préfecture a annoncé hier une première série de mesure à l’issue de la réunion avec les associations. Au menu : extension de la vidéoprotection à Aubervilliers, réunion sur place en septembre avec le commissariat et les asssociations, et cofinancement d’actions pour « faire connaître et impliquer la communauté ». « Cette connaissance contribuera à lutter contre les clichés, eux-mêmes souvent source des agressions », estime la préfecture, qui évaluera ce dipositif de prévention deux fois par an avec les asssociations.

« Ces agressions bouleversent l’image de la France » « Tous les médias chinois m’ont appelé ces derniers jours ! » explique Changhang Wu, journaliste à « Huarenjiebao », un journal en chinois publié en France. En Chine, l’agression de Chaolin Zhang a été suivie de près. « Toute la presse en parle, des médias plus nationalistes et pro-gouvernementaux, comme « Xinhua » ou « Global News », aux journaux en ligne très suivis par les jeunes comme « Sina » ou « NetEase », en passant par RFI », précise une journaliste d’origine chinoise travaillant en France. « Quand se termineront ces crimes racistes ? » titre par exemple, « Xinhua ».

Pour Changhang Wu, « il y aura des conséquences ». « L’opinion publique a encore en tête le tableau d’un pays romantique, pas d’un endroit où l’on meurt. Ce crime, qui fait suite à une série d’agressions de résidants et de touristes, bouleverse profondément cette image. » Xuewu Long, secrétaire général de l’association des professionnels chinois du tourisme en France souligne l’impact fort de ces agressions sur le tourisme chinois en France. « La fréquentation internationale du pays connaît une baisse d’environ 10 %, notamment en raison de la peur générée par les attentats terroristes, mais les Chinois fuient encore plus que les autres. »

Selon ses chiffres, la France a perdu 700 000 visiteurs chinois depuis janvier par rapport à l’année dernière sur la même période, soit une baisse d’environ 30 %. Avec un budget moyen estimé entre 3 000 et 5 000 € pour leurs vacances dans l’hexagone, « ce phénomène fait aussi des victimes dans l’économie française. »

Voir de plus:

A Aubervilliers, la colère sourde de la communauté chinoise
Le Monde.fr avec AFP

14.08.2016

« Mort pour rien. » Un rassemblement silencieux a été organisé par le comité de soutien à la famille de Zhang Chaolin, dimanche 14 août à 15 heures, devant la mairie d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).
Ce Chinois de 49 ans est mort, vendredi en fin d’après-midi, après cinq jours de coma. Il avait été agressé le 7 août par trois individus alors qu’il marchait en compagnie d’un ami, d’origine chinoise, dans cette ville du nord-est de Paris, où vit une importante communauté asiatique, active, notamment, dans le secteur du textile.

Les agresseurs auraient voulu voler la sacoche de l’autre homme, qui s’est vu prescrire cinq jours d’interruption totale de travail, selon une source proche du dossier.

Dans les quartiers chinois, la peur s’installe
Dimanche après-midi, une file d’une centaine de mètres s’est formée devant la mairie d’Aubervilliers où les soutiens déposaient, chacun à leur tour, un cierge et une fleur. Dans ce rassemblement, pas de slogan, de simples pancartes en carton où l’on pouvait lire au feutre « Sécurité pour tous ».

Un important dispositif policier attendait le millier de personnes rassemblées sur le parvis de l’hôtel de ville. La colère s’est exprimée au sujet des agressions dont sont victimes des membres de la communauté chinoise. Dans la ville, des réseaux se sont d’ailleurs mis en place pour escorter des personnes seules jusqu’au métro. Plusieurs témoins, notamment, affirment ne plus rentrer seuls à la nuit tombée.

Elodie raconte ainsi qu’un agresseur a voulu voler le sac de sa mère : « Elle était dans une voiture avec une fenêtre entrouverte. Une main a voulu se glisser, mais on a réussi à l’empêcher de voler le sac. » Elle-même déclare adopter certains réflexes et éviter certaines rues.

Les habitants des quartiers chinois détaillent avec émotion la peur qui s’installe depuis quelques années, avec, selon eux, une violence qui augmente lors des agressions. « Avant, quand nous nous faisions agresser, on se faisait voler notre sac. Maintenant, on nous bat et on nous déshabille pour nous faire les poches, détaille Rui Wang, à l’origine d’un collectif de soutien à la famille endeuillée. Toutes les familles connaissent quelqu’un qui a été agressé. »

« Il y en a marre d’être agressé comme ça, il faut lancer un appel au premier ministre et au président. Il y a bien des territoires perdus de la république. Il faut agir maintenant, sinon les Chinois feront justice eux-mêmes », s’agace Denis, d’origine chinoise, qui habite, lui, dans le sud de Paris.

« Ciblage raciste »
« Les habitants de Seine-Saint-Denis et plus particulièrement ceux d’origine chinoise (…) sont les victimes quotidiennes d’agressions, de vols, de plus en plus violents à leur encontre », a dénoncé le comité dans un communiqué, ajoutant qu’« aujourd’hui, devant l’inefficacité des mesures prises par les autorités, la colère des habitants monte, la tension entre les communautés est palpable ».

La maire d’Aubervilliers, Meriem Derkaoui (Parti communiste), a dénoncé, samedi, un crime au « mobile crapuleux » et au « ciblage raciste », appelant à ne pas « céder à la division et à la stigmatisation », tout en réclamant des renforts policiers. A l’initiative de la municipalité, une centaine de personnes s’étaient déjà réunies, jeudi soir, devant la mairie.

Voir aussi:

Aubervilliers : la communauté chinoise s’organise face aux agressions

La recrudescence des crimes à caractère raciste oblige les quelque 4 000 Chinois ou personnes d’origine chinoise que compte la ville à se mobiliser.

Source AFP

Le Point
16/08/2016

Messages d’alerte en cas d’agression, escortes autour du métro, manifestations… La communauté chinoise d’Aubervilliers se mobilise après des actes de violence répétés qui ont coûté la vie à l’un de ses membres vendredi.

Lors d’un rassemblement organisé dimanche en mémoire de Zhang Chaolin, plusieurs personnes présentes ont ainsi témoigné leur ras-le-bol face aux violences racistes : « j’ai été agressé deux fois cette année », « je ne sors plus avec un sac à main », « aujourd’hui c’était lui, demain, ça peut être moi »…

Une hausse du « racisme anti-asiatique »

Zhang Chaolin, couturier de 49 ans et père de deux enfants, est mort le 12 août, après avoir été agressé cinq jours plus tôt en pleine rue par trois hommes qui voulaient voler le sac d’un ami, lui aussi d’origine chinoise. Un drame « prévisible », qui « aurait pu être évité », estime-t-on au parmi les 3 000 à 4 000 personnes originaires de Chine qui vivent dans cette ville de 80 000 habitants.

Ils dénoncent une « situation qui se dégrade », avec des agressions « de plus en plus violentes » motivées par des « préjugés » selon lesquels les Chinois seraient porteurs d’importantes sommes d’argent liquide. « C’est ce même type de préjugé qui avait conduit à la mort d’Ilan Halimi », a regretté la Licra mardi dans un communiqué, pointant un « racisme anti-asiatique » qui « a pris une ampleur inédite dans certains quartiers ».

Des agressions qui se concentrent sur « les petites gens »

À Aubervilliers, les services de police ont recensé sur les sept premiers mois de l’année 105 vols avec violence sur les Chinois ou personnes d’origine chinoise sur un total de 666 vols avec violence dans la commune. L’année dernière, la préfecture en dénombrait 35 sur 466 sur la même période. Sur l’ensemble de la Seine-Saint-Denis, 3,9 % des victimes de vols avec violences sont des membres de la communauté chinoise, selon des chiffres établis sur les sept premiers mois de l’année (2,4 % sur la même période en 2015). « La ville est plus touchée en raison du grand nombre de résidents et de travailleurs ponctuels d’origine chinoise qu’elle comporte », explique-t-on à la préfecture.

Le sentiment d’insécurité s’accompagne d’un changement de nature des agressions, précise Ling Lenzi, conseillère municipale Les Républicains. Auparavant dirigées contre « le secteur des commerçants », elles se concentrent désormais « sur les habitants, les petites gens ». « Depuis qu’une quarantaine de caméras de surveillance ont été installées devant les commerces, accompagnées de plus de patrouilles policières, les agresseurs se sont retournés vers là où il n’y a pas de dispositif », assure-t-elle.

Les associations se mobilisent

Depuis le début de l’année, l’Association de l’amitié chinoise en France se consacre exclusivement à la prise en charge des victimes d’agressions. Quand certains habitants s’organisent pour faire à plusieurs le chemin du métro à leur domicile, l’association a, elle, mis en place des groupes de discussions sur la messagerie instantanée chinoise WeChat. « Si quelqu’un se fait attaquer, il peut poster un appel au secours », explique le président Cao Hua Qin. « Nous nous chargeons de l’amener à l’hôpital et de prévenir la police ou d’organiser un rendez-vous au commissariat pour déposer une plainte », ajoute-t-il.

Dimanche, le comité de soutien à la famille de M. Zhang a réclamé « au moins 10 caméras supplémentaires dans les rues sensibles » et un renfort de policiers. Une demande également formulée par la maire PCF de la ville, Meriem Derkaoui, qui a écrit en ce sens en juillet au ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Dénonçant un « crime au ciblage raciste », elle a assuré que le fonctionnement de la police municipale serait « revu » à la rentrée. La préfecture a de son côté annoncé la tenue mercredi d’une réunion de travail « avec les associations qui le souhaitent ». Certaines associations soulignent toutefois que l’insécurité touche toutes les communautés. « La violence, c’est un problème pour tout le quartier », souligne Rui Wang, président de l’Association des Jeunes Chinois de France. Il se félicite d’ailleurs d’avoir vu dans le rassemblement en mémoire de M. Zhang « des militants noirs et arabes venus en solidarité ».

Voir également:

Agressions à domicile: des voleurs de plus en plus violents?

Depuis le début du mois, plusieurs agressions ont eu lieu, visant des personnes âgées et vulnérables. Les auteurs de ces home-jackings n’ont pas hésité à utiliser la torture pour obtenir ce qu’ils étaient venus chercher : argent liquide, objets de valeur, voitures.

Robert Lefebvre, avec nos rédactions locales

La Voix du nord

16/01/2016

La veuve d’un ancien grand patron séquestrée et torturée à Hem, un nonagénaire violenté à Arras, des violences à Marcq-en-Barœul… Récemment, pas moins de quatre agressions à domicile ont été recensées dans la région. Si le phénomène n’est pas nouveau, ces agressions commises par des individus à la recherche de voitures, d’argent ou d’objets de valeur se multiplient ces dernières années. Avec parfois des conséquences dramatiques. Décryptage.

1. Un phénomène ancien

Les agressions à domicile ne datent pas d’hier. À la fin du XVIIIe siècle, les « Chauffeurs du Nord » sévissaient dans toute la région ainsi qu’en Belgique. Après être entrés par effraction au domicile de leurs victimes, ils leur liaient les pieds et les chauffaient à la braise des feux de cheminée pour leur faire avouer où se trouvaient argent et objets de valeur.

2. Les personnes âgées ou aisées, principales cibles

Les personnes âgées sont régulièrement prises pour cible. Par habitude ou méfiance envers les banques, certaines d’entre elles conservent de l’argent liquide à domicile et sont naturellement vulnérables du fait de leur grand âge. Une proie facile pour de petits délinquants à la recherche de liquidités. Des équipes plus aguerries ciblent aussi les familles disposant de patrimoine, voire tous ceux qui, par leur fonction, peuvent avoir accès à des liquidités ou des objets de valeur. Les victimes sont généralement repérées dans les magasins ou lorsqu’elles circulent, notamment dans des véhicules haut de gamme.

3. La violence liée aux auteurs

Si l’on peut être tenté de croire que la multiplication des dispositifs de sécurité (coffre-fort…) incite les malfrats à aller au contact de leurs victimes et à faire usage de violence, les spécialistes sont quant à eux formels : « La violence est liée aux auteurs, pas aux victimes et à leur niveau de protection, insiste la police judiciaire de Lille. Dans la région, les home-jackings sont perpétrés en majeure partie par des délinquants de cité. Ces faits sont très violents. Les portes sont défoncées. Les enfants sont mis à terre. La majeure partie des agressions à domicile vise avant tout à voler les voitures, soit pour le trafic de véhicules, soit pour commettre d’autres méfaits. »

4. Se prémunir

De manière générale, il convient de ne conserver à domicile qu’un minimum d’argent liquide et d’objets de valeur. Mieux vaut éviter d’afficher des « signes extérieurs de richesses » dans certains lieux publics comme les magasins. L’installation d’une alarme dans le logement ne dissuadera pas les agresseurs mais limitera en revanche leur marge de manœuvre.

«C’est comme de la science-fiction»
C’était le 31 mai dernier. La nuit de la fête des Mères. Trois individus gantés et masqués pénètrent dans une vaste propriété située dans le versant nord-est de la métropole lilloise. Les parents, des notables de la région, sont absents. Leur fils âgé de 22 ans est seul. Durant quatre heures, il va vivre un véritable enfer.

« Ils n’ont vu que l’appât du gain, explique une source proche de l’enquête. C’est comme de la science-fiction. Pendant plus de quatre heures, il va subir les pires des choses. Des humiliations pas possibles. » On évoque, là encore, un simulacre de noyade : « Ils lui ont posé un drap autour du visage et ils ont fait couler de l’eau. La serviette s’imbibe de liquide, ce qui procure une impression d’étouffement. » La police judiciaire évoque également des décharges électriques et d’autres sévices qualifiés d’actes de torture et de barbarie. « Il l’a échappé belle. »

Ils réclamaient 30 000 euros

Le but des malfaiteurs : récupérer une rançon de 30 000 euros auprès des parents de la victime. « L’objectif était de lui mettre la pression afin qu’il leur donne une somme d’argent, lors d’un rendez-vous quelques jours plus tard », dit une source judiciaire qui évoque des « faits complexes ». Finalement, rien n’a été donné aux voyous.

L’un des suspects a été interpellé en septembre, rue Nationale à Lille. Recherché par la justice pour deux condamnations à quatre et six ans de prison, dans des affaires de trafic de drogue, dégradations et port d’arme, ce Lillois d’une trentaine d’années a été placé en détention provisoire.

Voir par ailleurs:

Chablais

Les personnes âgées, cibles privilégiées des voleurs et des escrocs
Amélie Lécoyer
Le Messager

03/05/2012

Récemment, un genre particulier de délits s’est répété à Thonon-les-Bains et Evian. Leur point commun ? Ils visent des personnes âgées, ou vulnérables.

Au cours des 6 derniers mois, les hommes du commissariat du Léman ont recensé sept vols par ruse et trois abus de faiblesse. «  Il ne s’agit pas d’une croissance exponentielle mais de faits similaires qui se sont déroulés à des dates rapprochées », tient à préciser le commissaire Guillaume Maniglier, à la tête de la circonscription. Précisons également que le vol par ruse et l’abus de faiblesse ne tiennent évidemment pas de la même mécanique. « Nous faisons face à deux problématiques différentes mais toutes visent les personnes âgées, que ce soit à l’hôpital, dans les familles ou des personnes isolées, souligne ainsi le commissaire.
Il y a d’un côté les vols par ruse avec des scénarios différents, et de l’autre les abus de faiblesse, plus insidieux ».
S’agissant des vols par ruse, ils sont perpétrés par des hommes usant de fausses qualités : faux voisins mais aussi faux plombiers et faux éboueurs. «  Entre octobre 2011 et début avril, nous avons eu trois cas de faux voisins, deux cas de faux éboueurs et deux cas de faux plombiers  », détaille l’officier.

Délinquance ou criminalité organisée
Une personne qui se présente comme étant un voisin se contente généralement, une fois entrée au domicile de sa victime, et profitant d’un moment d’inattention de cette dernière, de lui dérober son porte-monnaie, voire quelques bijoux s’ils sont à portée de main (lire ci-dessous). Dans le cas des faux plombiers ou faux éboueurs, l’organisation fait moins preuve d’amateurisme. Ces personnes bénéficient en effet du soutien d’un réseau qui lui apporte notamment une aide logistique (vêtements, véhicules…) « Contrairement aux faux voisins, il s’agit de d élinquance, voire de criminalité organisée, affirme le commissaire Maniglier. Ce sont des personnes qui présentent bien et qui parlent bien. Lorsqu’elles s’introduisent au domicile d’une victime, la valeur de ce qu’elles dérobent peut s’élever à plusieurs milliers d’euros ». « Ces personnes agissent rarement seules mais sont généralement par groupe de 2 ou 4 , poursuit l’officier de police. Elles restent sur une commune ou un groupe de communes pas plus de 5 jours. Elles peuvent, par exemple, être à Thonon, puis partir sur Annecy, puis Aix, avant de filer sur Paris… » Et de rappeller : « Il ne faut jamais laisser entrer une personne qui ne peut justifier de sa qualité. De toute façon, un plombier n’intervient jamais sans qu’on l’appelle…»
Isoler toujours plus sa victime
Itinérants, ces délinquants sont donc particulièrement difficiles à interpeller. Ces affaires exigent, pour être résolues, une coordination, a minima départementale, entre police et gendarmerie. « La dernière arrestation date de 2008 », remarque ainsi le commissaire.
S’agissant des abus de faiblesse, ils touchent plus globalement les personnes vulnérables, que ce soit en raison de leur âge ou de leur maladie. Le principe  ? Profiter de l’isolement d’une personne plutôt aisée pour gagner sa confiance et bénéficier de sa fortune. « L’individu va croiser une personne âgée dans la rue, va essayer de créer un lien de confiance, de se faire inviter chez elle, et profiter de ses largesses  », explique le commissaire Maniglier. Dans des cas plus rares, il peut aussi s’agir d’une aide à domicile qui « un jour, va franchir la ligne rouge ». « Dans le premier cas, ce sont des spécialistes, dans le second cas ce ne sont pas forcément des personnes chevronnées », précise l’officier.
Les victimes sont des personnes seules et le but de ces individus peu scrupuleux est de les isoler davantage. « Habiles à jouer sur les sentiments, ces individus gagnent la confiance de la victime en écartant petit à petit tous ses contacts et amis jusqu’à devenir indispensables, poursuit-il.  La difficulté dans ce genre d’affaires est qu’il ne s’agit pas d’un fait délinquant unique mais de petits ponctionnements d’argent sur une longue période ».
Les victimes mettent ainsi longtemps avant de s’apercevoir que leur protégé les vole. Généralement, ce sont des proches qui s’en aperçoivent (telle une auxiliaire de vie, lire ci-dessous) ou la police qui le découvre de manière incidente (suite à une agression par exemple).
Et même lorsque les preuves d’abus de faiblesse sont établies, la victime refuse parfois de porter plainte, s’inquiétant du devenir de l’auteur. «  Certaines personnes vont même jusqu’à le défendre, glisse le commissaire Maniglier. Elles nous disent : « Mais c’est quelqu’un de gentil… » » Le préjudice est pourtant bien plus élevé que dans les cas de vol par ruse : des dizaines voire des centaines de milliers d’euros.

Voir aussi:

«Ne soyons pas naïfs sur le symbole de cette étoffe» par Aalam Wassef
L’éditeur égyptien Aalam Wassef met en garde contre l’influence en France du wahhabisme, dont le burkini serait l’un des symboles.

Libération

17 août 2016

Au lendemain de l’interdiction du port du burkini à Cannes puis en Corse, le Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF) a dénoncé un acte islamophobe et une atteinte à la liberté d’expression des femmes musulmanes. Cette dénonciation mérite qu’on s’y attarde et qu’on l’explique.

En adoptant cette position le CCIF s’érige en défenseur non pas «des musulmans de France», mais d’une mouvance extrémiste très singulière, le wahhabisme de France. Si le CCIF est libre de s’associer au wahhabisme par choix ou par ignorance, il est en revanche du devoir de l’État français d’en protéger l’ensemble de ses citoyens.

Pour des raisons historiques et idéologiques le mot wahhabisme est interchangeable avec celui de salafisme, plus connu des Français. Les wahhabis eux-mêmes préfèrent se décrire comme «salafistes» pour se distancier d’une appellation péjorative deux fois centenaire. Au milieu du XVIIIe siècle, quand il émerge dans les zones arides du Najd, de l’actuelle Arabie saoudite, le wahhabisme est immédiatement mis au ban de l’Islam. Puritains autoproclamés, les wahhabis promeuvent en effet un rejet total et meurtrier de toute forme d’Islam ou de pratique religieuse différente de la leur.

Le wahhabisme, le courant religieux le plus riche du monde
Dès les années 1970, l’Arabie saoudite modernisée, désormais à la tête de la plus grande fortune au monde, s’emploie à exporter son idéologie: universités, écoles, livres, cassettes, DVD, universités, bourses d’études, fondations caritatives, formation d’imams, chaînes satellites, mode de vie, mode vestimentaire, voile, niqab, burkini, lieux de rencontre et de culte, sites Internet, quotidiens et hebdomadaires… Depuis 1970, on évalue les sommes investies dans la propagation du wahhabisme à 100 milliards de dollars. C’est à ce prix que le wahhabisme donne l’illusion d’être l’Islam «le plus authentique», «le plus pur». Ni plus authentique, ni plus pur, le wahhabisme est simplement le courant religieux le plus jeune, et le plus riche au monde.

Occupés à convertir le monde entier depuis moins de quarante ans, les pétro-wahhabis ne se laissent pas pour autant divertir et se préoccupent tout particulièrement des femmes, de leur corps, de leurs devoirs, de leur pudeur et, peut-on entendre aussi, de leur honneur. En 2016 une femme saoudienne digne de ce nom ne circule qu’en compagnie d’un homme, dissimule son corps tout entier et ne conduit pas. Son apparence et son comportement public sont les unités de mesure par lesquelles s’évalue la dignité de son mari et de sa communauté tout entière. Les écarts sont sanctionnés lourdement. Derrière le niqab ou le burkini, c’est aussi cela qui s’exporte en France, mais dans des versions nécessairement édulcorées parce que la loi française protège les femmes.

Confronté à la juridiction française le wahhabisme militant doit composer avec un contexte qui lui résiste, mais dans lequel les brèches semblent nombreuses. La première d’entre elles, et la plus dangereuse, c’est la culture contemporaine des «droits individuels» ou s’est abîmée la liberté. Il est fréquent d’entendre que le niqab, le voile ou le burkini relèvent de «la liberté d’expression» ou du «droit des femmes à disposer de leur corps». S’y opposer, c’est être «islamophobe», c’est-à-dire s’attaquer à tous les musulmans. L’objectif est naturellement que toute condamnation justifiée du wahhabisme institutionnel en particulier soit rapidement perçue et narrée comme visant les musulmans français en général.

Barrer la route à l’extrémisme islamiste
Bien sûr toutes les femmes qui portent des burkinis en France ne sont pas des émissaires wahhabites mais ne soyons pas naïfs sur le symbole de cette étoffe. Il n’y a aucune honte à condamner l’extrémisme islamiste et à lui barrer la route par tous les moyens légaux possibles. Il n’y a là rien de politiquement incorrect ou de comparable au discours raciste et antimusulman du Front National. Cela ne revient pas non plus à ignorer que des actes antimusulmans sont perpétrés en France. Leur nombre de 140 en 2014 a triplé durant la triste année 2015. David Lisnard, le maire de Cannes, a fait dans sa ville ce qu’il fallait faire. Interdire les burkinis dont le nom s’amuse jusqu’à la nausée de la burqa des talibans n’est pas un acte islamophobe. C’est plutôt le signe que nous n’avons pas peur de dire qu’Islam et wahhabisme sont deux choses radicalement distinctes, et que le second menace le premier depuis plus de deux siècles.

Voir par ailleurs:

Saint-Denis : des touristes coréens s’égarent dans une cité et se font dévaliser
Quatre touristes coréens qui rejoignaient leur hôtel vendredi soir se sont apparemment égarés dans une cité de Saint-Denis, où ils ont été dévalisés.

EH

France 3
06 août 2016

Entre 21h30 et 22h00, ces vacanciers ont été délestés par « un groupe d’individus » de leurs effets personnels dans la cité Gabriel-Péri qui se situe à un kilomètre de la basilique où reposent les rois de France, principale attraction touristique
de la plus grande ville de Seine-Saint-Denis. Ils ont été ont reçu molestés mais n’ont pas souhaité se rendre aux urgences.

Mardi, « entre cinq et dix individus », selon une source policière, avaient détroussé un car de touristes chinois devant un hôtel de Gonesse (Val-d’Oise), non loin de l’aéroport de Roissy, au nord de Paris.

Voir aussi:

Robberies of cashed-up Chinese tourists rise steeply in Paris

Mainlanders’ preference for carrying large amounts of cash makes them easy targets

Teddy Ng

South China Morning Post

30 May, 2013

A sharp increase in robberies of Chinese tourists in Paris has prompted calls for the French government to step up security and for shoppers to use credit cards instead of carrying large amounts of cash.

The number of reports of such crimes is up by « more than 10 per cent » since last year, said Li Ping , head of consular affairs at the Chinese embassy in Paris.

Two cases this week grabbed headlines. On Tuesday, a crew of China Central Television reporters covering the French Open tennis tournament had their car windows smashed and their wallets, phones and passports grabbed, mainland media reported. A source familiar with the situation confirmed the incident to the South China Morning Post.

A day earlier, film producer Dong Dake , returning from the Cannes Film Festival, was robbed at his hotel in Paris. He was said to have lost equipment worth about 200,000 yuan (HK$250,000) and « countless photos » taken at private parties.

The Chinese embassy in Paris said they were not isolated cases.

« We have made representations to the French government, » Li said. « We hope the French side will take proper measures to protect the safety of tourists and curb illegal behaviour. »

France, battling with unemployment and an economic downturn, has witnessed a surge in crime. French newspaper Le Figaro reported that the number of reported thefts in January had risen 50 per cent year on year, while burglaries had jumped by nearly 60 per cent.

Tour operators in both China and Paris said Asian tourists, particularly Chinese, had become vulnerable in recent years because of their free-spending shopping habits. More than a million Chinese visit France every year, with each one spending about €1,500 (HK$15,000) on average.

A busload of Chinese tourists is like a van carrying gold bullion
Li Lang, marketing manager of Guangzhou-based travel agency

« There are reports of tourists getting robbed almost every day, » said Jean-Francois Zhou, manager of Paris-based Ansel Travel, which specialises in tours to and from China. « The criminals are not just stealing, but resorting to violent means. »

Ten of his Chinese clients were robbed in October in the Louvre Museum. On many occasions, tour guides, who possessed cash for emergency use, were targeted, losing up to €20,000 each time, he said.

Li Lang, marketing manager of a Guangzhou-based travel agency, said Chinese tourists’ preference for buying luxury items in cash was a reason behind the attacks. « A busload of Chinese tourists is like a van carrying gold bullion, » he said. Several travel agencies had put up a blacklist of drivers and hotels suspected of being connected with criminals, Li said.

A Singaporean tourist, who did not want to be named, recalled the terror as she and her sister were robbed inside a taxi taking them from the airport to a hotel in the heart of the city on May 13.

« Two men suddenly came up, smashed the car windows and snatched our bags. We were bleeding, » she said. There was further frustration when they had to spend more than three hours filing a report at a police station.

« The French police did not speak English and offered no help, » she said. « They just asked us to go to the police station in the damaged taxi, even though we were hurt and bleeding. »

Liu Simin , a researcher at the Chinese Academy of Social Sciences, urged tourists to be more alert about personal safety and to carry less cash.

The French embassy in Beijing said the French government was determined to ensure the safety of all foreign tourists.

« The vast majority of Chinese visitors’ trips go on without trouble, » the embassy said.

The Hong Kong Immigration Department said the number of cases of Hong Kong people seeking assistance while travelling in France had risen from 57 in 2011 to 85 last year. Most of them had lost travel documents, been involved in traffic accidents, or been admitted to hospital.

Joseph Tung Yao-chung, executive director of the Hong Kong Travel Industry Council, said tourists should wear fewer designer brand products when travelling in Europe.

 Voir de même:

Now it is China’s turn to face the brunt of complaints. The grievances are familiar — they gawk, they shove, they eschew local cuisine, and last year, 83 million mainland Chinese spent $102 billion abroad — overtaking Americans and Germans — making them the world’s biggest tourism spenders, according to the United Nations World Tourism Organization.

Their numbers have also placed them among the most resented tourists. Mainland Chinese tourists, often laden with cash and unfamiliar with foreign ways, are tumbling out of tour buses with apparently little appetite for hotel breakfast buffets and no concept of lining up.

The frustrations with the new tourists were summed up on a Thai online message board last spring, when users posted complaints about Chinese tourists using outdoor voices inside and spitting in public, among other transgressions.

Last year, Thierry Gillier, a French fashion designer who founded the Zadig and Voltaire label, caused a small scandal when he told Women’s Wear Daily that Chinese tourists would not be welcome at his new Parisian boutique hotel. A barrage of international criticism persuaded him to apologize.

Like their predecessors, the Chinese are newly wealthy and helpless with foreign languages, a combination complicated by their developing country’s historical isolation.

Despite these faux pas, countries are practically tripping over themselves to attract Chinese tourists. Wedding companies in South Korea are trying to lure Chinese couples with bling-heavy ceremonies inspired by the viral music video “Gangnam Style.” A coastal county outside Sydney, Australia, is building a $450 million Chinese theme park centered on a full-size replica of the gates to the Forbidden City and a nine-story Buddhist temple. France, one of the most popular destinations for Chinese tourists already — 1.4 million visited in 2012 — is working to further bolster its appeal.

Parisian officials recently published a manual for the service industry that offers transliterated Mandarin phrases and cultural tips for better understanding Chinese desires, including this tidbit: “They are very picky about gastronomy and wine.”

To judge from the grumbling across the globe, such guidelines may be necessary. But the greatest opprobrium seems to be coming from fellow Chinese. In May, a mainland Chinese tourist in Luxor, Egypt, discovered that a compatriot had carved his own hieroglyphics on the wall of a 3,500-year-old temple. “Ding Jinhao was here,” it declared. A photo of the offending scrawl spread rapidly on Chinese social media, and outraged citizens tracked down the 15-year-old vandal. The uproar subsided after his parents issued a public apology.

Embarrassed by the spate of bad press that month, Wang Yang, China’s vice premier, publicly railed against the poor “quality and breeding” of Chinese tourists who tarnish their homeland’s reputation. “They make loud noises in public, scratch graffiti on tourist attractions, ignore red lights when crossing the road and spit everywhere,” he said, according to People’s Daily.

Despite his admonition, articles with headlines like “Chinese Bride Brawls in French Lavender Field” continue to appear in the state media.

Ms. Hung, the blogger, blames the Communist Party’s tumultuous rule for China’s uncivilized behavior abroad. “There’s an entire generation who learned you don’t pay attention to grooming or manners because that’s considered bourgeois,” she said. While Chinese are more open to Western ideas now, that has not necessarily sunk in when actually interacting with the outside world. “They think, ‘The hell with etiquette. As long as I have money, foreigners will bow to my cash.’ ”

Most mainland Chinese vacationers have a splendid time abroad. In May, Huang Honglin, 53, and his wife paid $8,000 for a 16-day group tour of the United States, a country he last visited on a business trip 25 years ago. That was long before he joined China’s growing middle class as the owner of a trading company.

This time around, Mr. Huang had money to burn.

“We went shopping for gems in Hawaii and bought Prada bags in New York,” he recalled. Mr. Huang never made it to the chic boutiques of Manhattan. Instead, he traveled an hour north to the Woodbury Common Premium Outlets, where many designer stores have recently hired employees who speak Chinese.

His only complaint was that they had to race through the racks before the bus departed. “Time was so short, it felt like war,” he said.

According to a McKinsey & Company report, nearly 70 percent of Chinese luxury consumers buy their Tiffany baubles and Hermès scarves abroad to avoid higher sales tax on such goods at home, which can reach 60 percent. Take the black Louis Vuitton “Neverfull” handbag, a hefty status symbol with straps that costs 14,400 renminbi in China, or $2,335 — over $350 more than the same item in the United States.

In 2007, China granted the United States “approved destination status,” which opened the doors to Chinese group leisure travel to America beginning in 2008. Last year, 1.5 million Chinese arrived on American shores, spending nearly $8.8 billion, according to the Commerce Department. Today, around 150 travel agencies in the United States have the approval of the National Tour Association, an American trade group, to organize trips from China, many of them owned and operated by Chinese-Americans.

But the industry has experienced growing pains. Despite years of meetings in China and decades of leading motor coach tours across the United States, the travel agency AmericanTours International learned that Chinese tourists required a special touch. For one, people from Beijing and Shanghai cannot travel on the same bus.

“They clashed,” recalled Nick Hentschel, the company’s director of business development.

Last year, 1,500 Chinese took the company’s “Hollywood to Broadway” bus tour, a 20-day cross-country journey intended for mainlanders with stops that included a Las Vegas casino; the bridges of Madison County, Iowa; Niagara Falls; the White House; and the Empire State Building.

If the sights are crowd-pleasers, the overnight stays can sometimes prove challenging. “Smoking in hotel rooms is always a problem,” Mr. Hentschel said, a habit that can cost tourists hundreds of dollars in hotel cleaning bills. Then there was the episode last summer, he said, when a tour group caused a scene at a hotel in Cody, Wyo., after mistakenly thinking another busload of compatriots had been given preference at breakfast. The police were called to escort them out of town, he said.

More often, Chinese tourists find themselves victims of unscrupulous tour operators. On a weeklong guided tour through Thailand in 2009, Qi Lingfeng, 27, was one of several people in his group who refused to sign up for costly excursions like speedboat rides and concerts. As punishment, he said, the local guide locked them out of their hotel rooms. Other tourists at the same hotel, he said, were forced off their bus for the same transgression.

“It was so crazy, we even thought about calling the Chinese embassy in Bangkok,” he said.

During a group tour of the Siberian city of Vladivostok in January, Chen Xu, 47, a scientist from the coastal city of Xiamen, said the “ethnic Russian dancing” excursion, which cost $80, turned out to be a woman in a bikini twirling around a stripper pole.

“When the parents saw what was happening, they took their kids and left the room,” he said.

Surrounded by so many foreign stimuli, many yearn for a taste of home while abroad. Xie Nuoyan, 20, a college student from Beijing, felt as much during a recent visit to New York. While she appreciated the drinkable tap water, she said Chinatown was a letdown.

“I was really disappointed to see it’s not like in the movies, where there are lots of lanterns and performances everywhere,” she said.

On the upside, finding an abundance of Chinese food after days of consuming only strange Western concoctions redeemed the neighborhood.

“The sight of rice moved me to tears,” she said.

 Voir de plus:
Tear gas attack on 27 Chinese tourists in Paris, robbed by gang aboard airport bus
Two tourists injured by raiders who stole visitors’ luggage
Reuters/ South China Post
03 August, 2016Twenty-seven Chinese tourists were assaulted on Tuesday by half a dozen men as they boarded a bus that was to take them to Paris’s Charles de Gaulle airport, a French police source said.The assailants stole some pieces of luggage and injured two of the tourists, who were taken to hospital for treatment.“They sprayed the driver with tear gas and hit two tourists,” the source said.

The value of the goods stolen could not immediately be established.

Attacks on Chinese, Korean and Japanese tourists are frequent in the French capital as robbers believe they carry large sums in cash and their suitcases are stuffed with luxury goods purchased in Paris.

In May, Paris Mayor Anne Hidalgo travelled to Beijing to reassure Chinese authorities that the world’s most visited city had taken measures to beef up its security.

Chinese tourists shun western Europe in wake of violence as travel to France drops 15 per cent

Tourist traffic in Paris has dropped significantly since bloody attacks by Islamist militants last November, leading to sharp declines in sales for luxury goods makers but also for the capital’s retailers, hotels and restaurants.

Big luxury brands such as LVMH’s Dior and Louis Vuitton and Richemont’s Cartier have been hit hard by the drop in the number of free-spending Asian tourists in Paris as they make a significant proportion of their annual sales in the French capital.

Voir enfin:

POP VIEW; Rap After the Riot: Smoldering Rage And No Apologies

Ice Cube does some gloating on his new album, « The Predator. » « Anything you wanted to know about the riot was in the records before the riot, » he says in an interview-style interlude. « All you had to do was go to the Ice Cube library and pick a record. »

He’s right: « Death Certificate, » released on Halloween in 1991, not only articulated the rage surrounding the beating of Rodney King, but showed exactly where the flashpoint would be in the April riots in Los Angeles. The album included « Black Korea, » which revealed the deep resentment between Korean shopkeepers (whom Ice Cube, in one ignorant flourish, described as « chop-suey-eatin’ « ) and blacks, who felt they were being treated more like potential criminals than customers; when the riots came, Korean businesses became targets.

The album was vengeful and divisive, airing deep-seated prejudices and treating ethnic groups as if they were warring gangs that could never share turf. But it was also prophetic, which may be one reason « The Predator » shot to No. 1 on Billboard’s album chart upon release at the end of November. In the wake of the riot, people had been waiting for rap’s next bulletin from the front.

Before South-Central Los Angeles went up in a billion dollars’ worth of flames, the only voices from the area that most Americans had heard were the swaggering storytellers of gangster rap. Taking violence for granted, flaunting ugly attitudes toward women and homosexuals, savoring gory details, gangster rappers weren’t documentarians or responsible spokesmen; they were pulp auteurs, exploiting America’s appetite for violent entertainment while dropping enough local details or « reality » to sound credible.

When Los Angeles burned, the reality dwarfed gangster rap’s tales of drive-by shootings and petty but deadly feuds. Yet amid the violence, the rappers suddenly seemed like experts. And as the immediacy of the riots faded, rappers are again the voices most likely to be heard outside the ghetto. They are not diplomatic or conciliatory with the outside world; they have little to say about the riot victims or about rebuilding burned-out areas. That’s for politicians and community leaders to take care of. Rappers talk about how they feel.

Hip-hop is by far the most topical zone of popular music, so it was inevitable that the riots would make their way into rap’s fall releases. For the most part, Los Angeles rappers have preferred to stay with their usual postures and material, with increasingly redundant tales of crime, sex and battling machismo. Although explicit post-riot raps are greatly outnumbered by more typical gangster material, they have been emerging on new recordings over the last month. They suggest that the acquittal of the police officers who beat Rodney King has left enduring anger and that racial and ethnic polarization has only increased.

There are no apologies, just a few second thoughts. On recent releases, gangster rappers like Ice Cube vent rage and vow retribution, while noting with approval the post-riot truce between the two most entrenched Los Angeles gangs, the Crips and the Bloods. More politically inclined rappers, like Paris (from Oakland, Calif.), ricochet between fantasizing about terrorism and trying to draw broader lessons from the carnage.

The usually outspoken Public Enemy (from New York) plays defense. In « Tie Goes to the Runner » on the new album « Greatest Misses, » Chuck D says he’s « not suprised at all about the riots, » but his only word about the situation is to insist that raps like « Black Korea » didn’t create the problems: « This was predicted, not self-inflicted/ By the rap out of the ‘hood that kicked it good. » Sound bites from news coverage of the riots also appear as signs of authenticity on efforts like « Whut? Thee Album » by Redman, a performer from Newark who starts the album by placing himself in a « psycho » ward, talking out his sociopathic fantasies. The album includes « News Break, » in which a fictitious interviewer asks Redman about reaction to the riots. « Yeah, they still mad, » he says, and threatens the interviewer.

As with the rest of hip-hop, pluralism reigns. But the sentiment they share is that it took an all-out insurrection to get the attention of a white power structure.

Ice Cube, the best-known voice of South-Central, is involved not just on « The Predator » but on a forthcoming album by a rapper called Kam, due in February, and on an all-star post-riot single called « Get the Fist, » which Mercury Records released but made little effort to promote. Sales of the single, a sequence of snippets by Ice Cube, Yo-Yo, Cypress Hill, Kam and others, benefit the Brotherhood Movement, which was formed in the aftermath of the 1965 Watts riots and is currently working to rebuild South-Central. But it’s obvious why Mercury didn’t try to turn it into another « We Are the World »; « Get the Fist » is probably the most belligerent charity single ever made.

It starts with on-the-spot defiance — « I’m black and I’m proud to be lootin’ in your face » — and moves on to calls for black unity against the police and whites: « Not black on black/ The other color gets beat. » « Get the Fist » also includes part of Ice Cube’s riot commentary from « The Predator, » « We Had to Tear This — Up. » In the complete song, between news bulletins about the verdict and the riots, Ice Cube raps about looting (« Now I got a laptop computer ») and fantasizes about killing the policemen who beat Mr. King and the jury members who acquitted them. His conclusion is that the riots were necessary for blacks « to get some respect. »

Kam’s single « Peace Treaty, » due in January, praises the gang truce but starts out discussing the riots: « It wasn’t just the blacks, everybody was looting and had each other’s backs. . . . We all had a hand in the cookie jar and took it far enough to make a statement. »

Paris echoes that sentiment on his second album, « Sleeping With the Enemy »: « Don’t be tellin’ me to get the nonviolent spirit/ When I’m violent is the only time you devils hear it. » Those lines are part of « Bush Killa, » Paris’s vision of assassinating the President, a calculated provocation to draw attention to what he sees as genocide against American blacks (« I hope he thinks of how he done us when he’s laid to waste/ From guns given to my people for my own kind »).

Talking about the riots themselves, in a simulated telephone conversation that opens « Long Hot Summer, » Paris and a friend dismiss those who are looting sneaker stores as « tired » and worries that in the aftermath of the riots, blacks will benefit as little as they did after the Watts riots. « If we don’t think about things that we need to do for ourselves, » he says, « this is just going to happen again and again and again and again. » But in the rap that follows, he plays a gun-toting guerrilla stalking cops, with a chorus of « rat-a-tat-tat from my gat. »

In cities where pistols are used to settle schoolyard arguments, it’s pointless to wish for gun control in rap lyrics. And while no one should take such songs literally, they do reflect a pathology born of all-American myths and of smoldering frustrations. Weaned on the image of the frontier gunslinger who can single-handedly clean up a town, or the Rambo who can refight and win the Vietnam War without a shirt, rappers aren’t the only ones who long for decisive action backed by armed force.

Rappers have all sorts of motives, ethical and unethical, to remind the outside world about their frustration, and in the commercial realm of popular culture, no motives are entirely unmixed. A rapper can identify with his or her community, hoping to shock listeners into paying attention to real troubles, and simultaneously realize that contention and notoriety and sensationalism will publicize and sell recordings. For rappers who portray their characters as gunslingers and guerrillas, there’s also a large component of machismo, the determination to convince the archetypal street-level listener that the performer is as « hard » as the competition.

Post-riot raps don’t offer practical solutions to urban unemployment, declining education, drugs and crime, any more than governmental bodies have. Instead, they shout and snarl about an escalating desperation that makes all sides seek scapegoats, raising friction and shutting off the possibility of dialogue.

Amid the gunplay and vengeance fantasies, the raps make one thing clear. While April’s flames may have been quenched, the hostility that ignited them has not gone away. « I do want the white community to understand our community more, » Ice Cube says on « The Predator. » « I’ve given so many warnings on what’s gonna happen if we don’t get these things straight in our lives. » His conclusion: « Armageddon is near. »


14-juillet/134e: Grandeurs et misères de la démocratie (From persecuted to persecutors: looking back at democracy’s unique risks and vulnerabilities)

14 juillet, 2016
https://jcdurbant.files.wordpress.com/2013/11/80825-marie_antoinette_execution.jpghttps://i2.wp.com/www.carnavalet.paris.fr/sites/default/files/styles/oeuvre_zoom/public/la_prise_de_la_bastille_bd.jpgfederation
July14.1880
defile-de-la-victoire
BastilledayMilitaryParadeFanzoneauschwitz2
J’aime la piété et non les sacrifices, et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes. Osée 6: 6-7
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Une nation ne se régénère que sur un  monceau de cadavres. Saint-Just
La punition d’un tyran, obtenue après tant de débats odieux, sera-t-elle donc le seul hommage que nous ayons rendu à la liberté et à l’égalité ? Souffrirons-nous qu’un être non moins coupable, non moins accusé par la Nation, et qu’on a ménagé jusqu’ici, comme par un reste de superstition pour la royauté; souffrirons-nous qu’il attende tranquillement ici le fruit de ses crimes ? Une grande République, outragée avec tant d’insolence, trahie avec tant d’audace, attend de vous l’impulsion qui doit ranimer dans tous les cœurs une sainte antipathie pour la royauté, et donner une nouvelle force à l’esprit public. Robespierre (27 mars 1793)
Qu’un sang impur abreuve nos sillons! Air connu
Une civilisation est testée sur la manière dont elle traite ses membres les plus faibles. Pearl Buck
Je crois que le moment décisif en Occident est l’invention de l’hôpital. Les primitifs s’occupent de leurs propres morts. Ce qu’il y a de caractéristique dans l’hôpital c’est bien le fait de s’occuper de tout le monde. C’est l’hôtel-Dieu donc c’est la charité. Et c’est visiblement une invention du Moyen-Age.René Girard
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
La reine appartient à plusieurs catégories victimaires préférentielles; elle n’est pas seulement reine mais étrangère. Son origine autrichienne revient sans cesse dans les accusations populaires. Le tribunal qui la condamne est très fortement influencé par la foule parisienne. Notre premier stéréotype est également présent: on retrouve dans la révolution tous les traits caractéristiques des grandes crises qui favorisent les persécutions collectives. (…) Je ne prétends pas que cette façon de penser doive se substituer partout à nos idées sur la Révolution française. Elle n’en éclaire pas moins d’un jour intéressant une accusation souvent passée sous silence mais qui figure explicitement au procès de la reine, celui d’avoir commis un inceste avec son fils. René Girard
Une femme ça souffre. Un Noir, une Noire, ou un (une) Arabe ça souffre. Un migrant(te), un immigré, ça souffre. Un gay ça souffre. Une lesbienne ça souffre. Tout ça, on le sait depuis longtemps. C’est disponible dans toutes les boutiques qui ont pour enseigne “abrutis du monde entiers unissez-vous !”. Mais, comme on dit, on n’arrête pas le progrès. De nouveaux produits ont fait leur apparition, plus fins, plus modernes, plus pointus. Ils sont regroupés sous l’appellation de “intersectionnalité”. C’est un concept -je recopie Libération- “visant à regrouper les discriminations de classe, de sexe et de race.” Si j’ai bien compris, l’intersectionnalité prend en compte l’addition de plusieurs handicaps cumulés par la même personne. Par exemple : femme + Noire + lesbienne + immigrée. Dès lors la souffrance devient insupportable : c’est triple ou quadruple peine. La question est posée en ces termes. “On sait les discriminations dont les femmes sont victimes. On étudie celles qui visent les Français d’origine algérienne ou les homosexuels. Mais quelle est la situation des femmes migrantes ou celle des hommes d’origine algérienne homosexuels ?”. Il est vrai qu’on peut avoir en même temps un rhume, une jambe cassée, une crise de foie. Plus c’est compliqué, mieux c’est… “L’intersectionnalité permet de penser de manière plurielle la domination masculine” écrit l’historienne Florence Rochefort. Donc, vous pensez, en bonne logique, que le port du voile serait l’exemple le pus frappant de la “domination masculine”. Vous n’y êtes pas, mais pas du tout. (…) Au royaume des fous (je ne dis pas des folles, ça pourrait être mal compris), la compétition est rude pour savoir qui s’assiéra sur le trône. Comme ça, pour le plaisir, j’ai tenté ma chance. Avec un produit du terroir. Un Creusois catholique (habitant du département de la Creuse, le plus pauvre de France) vivant du RMI, transsexuel et séropositif ! J’ai été brutalement retoqué au motif que la couleur n’était pas bonne, et la religion non plus. Tenace je n’ai pas abandonné le combat. Il fallait, ai-je compris tardivement, s’ouvrir vers le vaste monde. J’ai trouvé un produit qui approche de l’excellence. Une Erythréenne noire, voilée, lesbienne, migrante et handicapée moteur ! On m’a félicité mais on ne m’a rien promis tant la concurrence est forte. Benoît Rayski
The police force in Nottinghamshire, East Midlands, will become the first in the U.K. to record misogyny as a hate crime in an effort to tackle the increasing number of incidents in the county. Misogynist hate crime is defined by the force as:  » Incidents against women that are motivated by an attitude of a man towards a woman and includes behaviour targeted towards a woman by men simply because they are a woman. » The new category will include everything from verbal comments to unwanted physical approaches. The use of mobile devices to send uninvited messages or take photographs without consent will also warrant police attention. When reported, Nottinghamshire police will investigate the claim and specially trained officers will provide support for the victim. Domestic abuse will not be recorded as a misogyny hate crime because it already has a separate comprehensive procedure. « What women face, often on a daily basis, is absolutely unacceptable and can be extremely distressing, » said Chief Constable Sue Fish. « Nottinghamshire Police is committed to taking misogynistic hate crime seriously and encourages anyone who is affected by it to contact us without hesitation. » The urgent need to provide greater support for women facing abuse of various kinds became clear during the Nottinghamshire Safer for Women Conference last year, when, while reporting on the event, Sarah Teale, a BBC broadcaster was verbally harassed by a man in the street. Newsweek
The people now armed themselves with such weapons as they could find in armourer shops & privated houses, and with bludgeons, & were roaming all night through all parts of the city without any decided & practicable object. The next day the states press on the King to send away the troops, to permit the Bourgeois of Paris to arm for the preservation of order in the city, & offer to send a deputation from their body to tranquilize them. He refuses all their propositions. A committee of magistrates & electors of the city are appointed, by their bodies, to take upon them its government. The mob, now openly joined by the French guards, force the prisons of St. Lazare, release all the prisoners, & take a great store of corn, which they carry to the corn market. Here they get some arms, & the French guards begin to to form & train them. The City committee determine to raise 48,000 Bourgeois, or rather to restrain their numbers to 48,000, On the 16th they send one of their numbers (Monsieur de Corny whom we knew in America) to the Hotel des Invalides to ask arms for their Garde Bourgeoise. He was followed by, or he found there, a great mob. The Governor of the Invalids came out & represented the impossibility of his delivering arms without the orders of those from whom he received them. De Corny advised the people then to retire, retired himself, & the people took possession of the arms. It was remarkable that not only the invalids themselves made no opposition, but that a body of 5000 foreign troops, encamped with 400 yards, never stirred. Monsieur De Corny and five others were then sent to ask arms of Monsieur de Launai, Governor of the Bastille. They found a great collection of people already before the place, & they immediately planted a flag of truce, which was answered by a like flag hoisted on the parapet. The depositition prevailed on the people to fall back a little, advanced themselves to make their demand of the Governor. & in that instant a discharge from the Bastille killed 4 people of those nearest to the deputies. The deputies retired, the people rushed against the place, and almost in an instant were in possession of a fortification, defended by 100 men, of infinite strength, which in other times had stood several regular sieges & had never been taken. How they got in, has as yet been impossible to discover. Those, who pretend to have been of the party tell so many different stories as to destroy the credit of them all. They took all the arms, discharged the prisoners & such of the garrison as were not killed in the first moment of fury, carried the Governor and Lieutenant Governor to the Greve (the place of public execution) cut off their heads, & sent them through the city in triumph to the Palais royal… I have the honor to be with great esteem & respect, Sir, your most obedient and most humble servant. Thomas Jefferson (lettre à John Jay, 19 juillet 1789)
Le 14 juillet, c’est la Révolution tout entière. C’est bien plus que le 4 août, qui est l’abolition des privilèges féodaux ; c’est bien plus que le 21 septembre, qui est l’abolition du privilège royal, de la monarchie héréditaire. C’est la victoire décisive de l’ère nouvelle sur l’Ancien Régime. Les premières conquêtes qu’avait values à nos pères le serment du Jeu de paume étaient menacées ; un effort suprême se préparait pour étouffer la Révolution dans son berceau ; une armée en grande partie étrangère se concentrait autour de Paris. Paris se leva, et, en prenant la vieille citadelle du despotisme, il sauva l’Assemblée nationale et l’avenir. Il y eut du sang versé le 14 juillet : les grandes transformations des sociétés humaines – et celle-ci a été la plus grande de toutes – ont toujours jusqu’ici coûté bien des douleurs et bien du sang. Nous espérons fermement que, dans notre chère patrie, au progrès par les révolutions, succède, enfin ! le progrès par les réformes pacifiques. Mais, à ceux de nos collègues que des souvenirs tragiques feraient hésiter, rappelons que le 14 juillet 1789, ce 14 juillet qui vit prendre la Bastille, fut suivi d’un autre 14 juillet, celui de 1790, qui consacra le premier par l’adhésion de la France entière, d’après l’initiative de Bordeaux et de la Bretagne. Cette seconde journée du 14 juillet, qui n’a coûté ni une goutte de sang ni une larme, cette journée de la Grande Fédération, nous espérons qu’aucun de vous ne refusera de se joindre à nous pour la renouveler et la perpétuer, comme le symbole de l’union fraternelle de toutes les parties de la France et de tous les citoyens français dans la liberté et l’égalité. Le 14 juillet 1790 est le plus beau jour de l’histoire de France, et peut-être de toute l’histoire. C’est en ce jour qu’a été enfin accomplie l’unité nationale, préparée par les efforts de tant de générations et de tant de grands hommes, auxquels la postérité garde un souvenir reconnaissant. Fédération, ce jour-là, a signifié unité volontaire. Elles ont passé trop vite, ces heures où tous les cœurs français ont battu d’un seul élan ; mais les terribles années qui ont suivi n’ont pu effacer cet immortel souvenir, cette prophétie d’un avenir qu’il appartient à nous et à nos fils de réaliser. Henri Martin (29 juin 1880)
Les journées les plus décisives de la Révolution française sont contenues, sont impliquées dans ce premier fait qui les enveloppe : le 14 juillet 1789. Et voilà pourquoi aussi c’est la vraie date révolutionnaire, celle qui fait tressaillir la France ! On comprend que ce jour-là notre Nouveau Testament nous a été donné et que tout doit en découler. Léon Gambetta (14 juillet 1872)
La Fête de la Fédération: Il s’agit de la fête la plus célèbre de la Révolution française. Fête emblématique, au point qu’aujourd’hui encore notre fête nationale réunit en elle deux adversaires : la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, et la Fédération du 14 juillet 1790. L’intention primitive de la fête n’était pourtant pas celle d’une célébration unanime. L’idée était née en province, dans cet hiver 1790 où les alliances défensives, hantées par les souvenirs de la Grande Peur, n’avaient cessé de se nouer entre les gardes nationales et l’armée tout entière. Des fêtes locales et toutes militaires scellaient ces pactes. Paris s’inquiète alors de l’agitation qui risque de gagner les troupes régulières et choisit de la contrôler en convoquant dans la capitale, pour le 14 juillet, les députations provinciales. Mais le caractère conservateur d’une fête destinée à garantir l’ordre est vite débordé par l’enthousiasme collectif d’où la Fédération tire son prestige légendaire. Mona Ozouf
Les légitimistes s’évertuent alors à démonter le mythe du 14 Juillet, à le réduire à l’expression violente d’une foule (pas du peuple) assoiffée de sang (les meurtres des derniers défenseurs de la Bastille malgré la promesse de protection) allant jusqu’au sacrilège du cadavre (des têtes dont celle du gouverneur Launay parcourant Paris plantée au bout d’une pique) (…) la Bastille n’était pas un bagne, occupée qu’elle était par quelques prisonniers sans envergure, elle n’était pas la forteresse du pouvoir royal absolu tourné contre le peuple à travers l’instrumentalisation des canons, elle n’était pas la forteresse à partir de laquelle la reconquête de la ville pouvait être envisagée puisqu’elle n’était défendue que par quelques soldats qui du reste se sont rendus en fin d’après-midi. Le mythe de la prise de la Bastille tombe de lui-même pour les monarchistes et même plus il est une création politique construisant artificiellement le mythe du peuple s’émancipant, plus encore il apparaît comme annonciateur de la Terreur, justifiant les surnoms de « saturnales républicaines », de « fête de l’assassinat »… Pierrick Hervé
Le 14 juillet 1935: La SFIO se rallient aux communistes et acceptent une grande alliance avec les Radicaux. Un « Congrès international des écrivains pour la défense et la culture », réuni à Paris , rassemble des humanistes et des anti-fascistes allemands. Le mouvement Amsterdam-Pleyel propose de manifester le 14 juillet 1935 dans toute la France contre le fascisme. Le jour de la fête nationale, des délégués venus de tous les départements jurent de « défendre les libertés démocratiques, de donner du pain aux travailleurs, du travail à la jeunesse et au monde la grande paix humaine ». 500 000 personnes défilent de la Bastille à Vincennes avec Léon Blum à leur tête. Le leader de la SFIO est accompagné de Maurice Thorez (PC), de Benoît Frachon (CGTU) et Léon Jouhaux (CGT) ainsi que Edouard Daladier (Parti Radical). En Province, les manifestations atteignent également du 12 février 1934. On entend en même temps l’Internationale et la Marseillaise, on mêle le drapeau tricolore au drapeau rouge. Cette fois, l’unité est en marche pour de bon. Et dès le lendemain, on crée le comité national du Rassemblement populaire pour le pain la paix et la liberté. L’expression Front Populaire s’impose dans le langage. David Martin
Dans les grandes démocraties du monde, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, les Etats-unis, le Canada, les fêtes nationales se fêtent sans défilé militaire. Ce sont les dictatures qui font les défilés militaires. C’est l’URSS, c’est la Chine, c’est l’iran; ce sont des pays non démocratiques. Et la France est l’une des seules démocraties à organiser sa fête nationale autour d’un défilé militaire: ça n’a aucune justification même historique. Sylvain Garel (élu vert de Paris, 02.07.10)
Le défilé du 14 Juillet tel que nous le connaissons aujourd’hui n’a été instauré qu’en 1880, grâce à un vote de l’Assemblée nationale faisant du 14 juillet le jour de la Fête nationale française. La jeune IIIe République cherche à créer un imaginaire républicain commun pour souder le régime, après des décennies d’instabilité (Directoire, Consulat, premier et second Empire, IIe République …). C’est dans la même période que la Marseillaise sera adoptée comme hymne national. La date a pourtant fait polémique au sein de l’hémicycle. Pouvait-on adopter comme acte fondateur de la Nation la sanglante prise de la Bastille? Les conservateurs s’y opposent. Le rapporteur de la loi, Benjamin Raspail, propose alors une autre date : le 14 juillet 1790, jour de la Fête de la Fédération. Le premier anniversaire de la prise de la Bastille avait été célébré à Paris par le défilé sur le Champ-de-Mars de milliers de «fédérés», députés et délégués venus de toute la France. Louis XVI avait prêté serment à la Nation, et avait juré de protéger la Constitution. (…) Convaincue, l’Assemblée nationale a donc adopté le 14 Juillet comme Fête nationale, mais sans préciser si elle se réfèrait à 1789 ou 1790. (…) La IIIe République est née en 1870 après la défaite de l’Empereur Napoléon III à Sedan contre la Prusse. La France y a perdu l’Alsace et la Lorraine, ce qui sera vécu comme un traumatisme national. Dix ans après la défaite, le régime veut montrer que le pays s’est redressé. Jules Ferry, Léon Gambetta et Léon Say remettent aux militaires défilant à Longchamp de nouveaux drapeaux et étendards, remplaçant ceux de 1870. L’armée est valorisée comme protectrice de la Nation et de la République. Hautement symbolique, ce premier défilé du 14 Juillet permet également de montrer à l’opinion nationale et internationale le redressement militaire de la France, qui compte bien reconquérir les territoires perdus. Le caractère militaire du 14 Juillet est définitivement acquis lors du «Défilé de la victoire» de 1919 sur les Champs-Elysées. Le Figaro (16.07.11)
En fait, la Révolution française n’est qu’un aspect d’une révolution occidentale, ou plus exactement atlantique, qui a commencé dans les colonies anglaises d’Amérique peu après 1763, s’est prolongée par les révolutions de Suisse, des Pays-Bas, d’Irlande avant d’atteindre la France en 1787 et 1789. Jacques Godechot
Je constate qu’après la formation de leur Etat, les Juifs, de victimes, sont devenus bourreaux. Ils ont pris les maisons, les terres des Palestiniens. Abbé Pierre (1991)
Qui eût pu penser à la fin de la seconde guerre mondiale, qu’après les siècles d’humiliation et de déni, l’affaire Dreyfus, le ghetto de Varsovie, Auschwitz, les descendants et héritiers de cette terrible expérience feraient subir aux palestiniens occupés humiliations et dénis? Comment comprendre le passage du juif persécuté à l’Israélien persécuteur? Edgar Morin (1997)
On a peine à imaginer qu’une nation de fugitifs, issue du peuple le plus longtemps persécuté dans l’histoire de l’humanité, ayant subi les pires humiliations et le pire mépris, soit capable de se transformer en deux générations en « peuple dominateur et sûr de lui » et, à l’exception d’une admirable minorité, en peuple méprisant ayant satisfaction à humilier.Les juifs d’Israël, descendants des victimes d’un apartheid nommé ghetto, ghettoïsent les Palestiniens. Les juifs qui furent humiliés, méprisés, persécutés, humilient, méprisent, persécutent les Palestiniens. Les juifs qui furent victimes d’un ordre impitoyable imposent leur ordre impitoyable aux Palestiniens. Les juifs victimes de l’inhumanité montrent une terrible inhumanité. Les juifs, boucs émissaires de tous les maux, « bouc-émissarisent » Arafat et l’Autorité palestinienne, rendus responsables d’attentats qu’on les empêche d’empêcher. Edgar Morin (1997)
Eli [sic] Wiesel soutenait les droits de l’Homme pour tous sauf les Palestiniens, où il défendait plus de politiques israéliennes contre notre peuple. Xavier Abu Eid (conseiller de l’OLP)
Les Palestiniens se rappelleront d’Elie Wiesel pour son racisme et sa propagande aux services de leurs oppresseurs, nettoyeurs ethniques et tueurs. Ali Abuminah (Electronic Intifada)
Elie Wiesel était un escroc qui a menti sur son expérience et soutenu le nettoyage ethnique du peuple palestinien dans le processus. Rien d’honorable. Abbas Hamideh (Al-Awda)
La promesse de Wiesel de ne jamais être en paix devant la souffrance d’un être humain était un mensonge. Reza Aslan (auteur irano-américain)
 Wiesel est passé de grande victime de crimes de guerre à apologue de ceux qui en commettent. Hassan (Al-Jazeera)
Elie Wiesel est passé de victime de crimes de guerre à soutien de ceux qui en commettent. Il a fait plus de mal que de bien, et ne devrait pas être honoré. Max Blumenthal (journaliste américain)
Vous avez dit hommage à propos d’Elie Wiesel. Sûrement qu’il y aura un hommage rendu pour Elie Wiesel. Il y aura beaucoup de gens pour le faire. Mais moi c’est quand même un peu différent, parce que je ne suis pas fanatique d’Elie Wiesel à beaucoup d’égards. (…) l’idée que je réalise Shoah semblait le rendre fou (…) La Shoah, cétait, pensait-il, son domaine à lui et moi, je n’étais pas survivant d’un camp (…) Imre Kertész, dans “Être sans destin”, dit ceci, c’est que Elie Wiesel a passé à Auschwitz en tout et pour tout trois ou quatre nuits et jours, le reste du temps il était à Buchenwald. Il n’était pas à Auschwitz. C’est un témoin fiable, Imre Kertész. Claude Lanzmann
Pour moi, il était évident que le préjugé était au contraire un phénomène universel, et que toutes les minorités, tous les groupes qui n’occupaient pas le sommet de l’échelle sociale devenaient par là même des victimes potentielles. (…) Dénoncer l’antisémitisme sans dénoncer la cruauté humaine en général, voilà qui me tourmentait en permanence. L’aveuglement général est tel que j’ai entendu des Juifs se désoler sans retenue devant le phénomène de l’antisémitisme pour aborder sans se démonter la question afro-américaine et en parler en petits Hitler. Si je le leur faisais remarquer en protestant énergiquement, ils se retournaient contre moi. Ils ne se rendaient pas du tout compte de ce qu’ils faisaient. J’ai entendu une fois une dame tenir des propos enflammés sur les gentils qui n’avaient rien fait pour sauver les Juifs d’Europe. « On ne peut pas leur faire confiance », affirmait- elle. J’ai laissé passer un temps, puis je lui ai subitement demandé : « Et vous, qu’est-ce que vous faites pour aider les Noirs à obtenir leurs droits civiques ? — Ecoutez, m’a-t-elle rétorqué. J’ai assez avec mes propres problèmes. » Et moi : « C’est exactement ce que se sont dit les gentils d’Europe. » (…) en mai 1977. J’étais convié à une table ronde en compagnie notamment d’Elie Wiesel, qui a survécu à l’Holocauste et, depuis, ne sait plus parler d’autre chose. Ce jour-là, il m’a agacé en prétendant qu’on ne pouvait pas faire confiance aux savants, aux techniciens, parce qu’ils avaient contribué à rendre possible l’Holocauste. Voilà bien une généralisation abusive ! Et précisément le genre de propos que tiennent les antisémites : « Je me méfie des Juifs, parce que jadis, des Juifs ont crucifié mon Sauveur. » J’ai laissé les autres débattre un moment en remâchant ma rancœur puis, incapable de me contenir plus longtemps, je suis intervenu : « Monsieur Wiesel, vous faites erreur ; ce n’est pas parce qu’un groupe humain a subi d’atroces persécutions qu’il est par essence bon et innocent. Tout ce que montrent les persécutions, c’est que ce groupe était en position de faiblesse. Si les Juifs avaient été en position de force, qui sait s’ils n’auraient pas pris la place des persécuteurs ? » A quoi Wiesel m’a répliqué, très emporté : « Citez-moi un seul cas où des Juifs auraient persécuté qui que ce soit ! » Naturellement, je m’y attendais. « Au temps des Macchabées, au IIe siècle av. J.-C., Jean Hyrcan de Judée a conquis Edom et donné à choisir aux Edomites entre la conversion au judaïsme et l’épée. N’étant pas idiots, les Edomites se sont convertis, mais par la suite, on les a quand même traités en inférieurs, car s’ils étaient devenus des Juifs, ils n’en restaient pas moins des Edomites. » Et Wiesel, encore plus énervé : « Il n’y a pas d’autre exemple. » — C’est qu’il n’y a pas d’autre période dans l’histoire où les Juifs aient exercé le pouvoir, ai-je répondu. La seule fois où ils l’ont eu, ils ont fait comme les autres. » (…) J’aurais pu aller plus loin. Faire allusion au sort réservé par les Israélites aux Cananéens au temps de David et de Salomon, par exemple. Et si j’avais pu prédire l’avenir, j’aurais évoqué ce qui se passe en Israël aujourd’hui. Les Juifs d’Amérique auraient une vision plus claire de la situation s’ils se représentaient un renversement des rôles : les Palestiniens gouvernant le pays et les Juifs les bombardant de pierres avec l’énergie du désespoir. J’ai eu le même type de querelle avec Avram Davidson, brillant auteur de science-fiction qui, naturellement, est juif, et a été, du moins à une époque, ostensiblement orthodoxe. J’avais consacré un essai au Livre de Ruth, où je voyais un appel à la tolérance par opposition aux édits du cruel scribe Ezra, qui incitait les Juifs à « répudier » leurs épouses étrangères. Ruth était une Moabite, peuple haï des juifs s’il en est ; pourtant, elle est dépeinte dans l’Ancien Testament sous les traits d’une femme modèle ; en outre, elle compte parmi les ancêtres de David. Avram Davidson a pris ombrage de mon sous-entendu (les Juifs présentés comme intolérants) et j’ai eu droit à une lettre fort sarcastique dans laquelle il me demandait lui aussi si les Juifs s’étaient jamais livrés à des persécutions. Je lui ai répondu notamment : « Avram, vous et moi vivons dans un pays à 95 % non juif et cela ne nous pose pas de problème particulier. En revanche, qu’adviendrait-il de nous si nous étions des gentils habitant un pays à 95 % juif orthodoxe ? » (…)  En réalité, là encore le phénomène est universel. Au temps où Rome persécutait les premiers chrétiens, ceux-ci plaidaient pour la tolérance. Mais quand le christianisme l’a emporté, est-ce la tolérance qui a régné ? Jamais de la vie. Au contraire, les persécutions ont aussitôt repris dans l’autre sens. Prenez les Bulgares, qui réclamaient la liberté à leur régime dictatorial et qui, une fois qu’ils l’ont eue, s’en sont servis pour agresser leur minorité turque. Ou le peuple d’Azerbaïdjan, qui a exigé de l’Union soviétique une liberté dont il était privé par le pouvoir central pour s’en prendre aussitôt à la minorité arménienne. La Bible enseigne que les victimes de persécutions ne doivent en aucun cas devenir à leur tour des persécuteurs : « Vous n’attristerez et vous n’affligerez pas l’étranger, parce que vous avez été étrangers vous-mêmes dans le pays d’Egypte » (Exode 22 : 21).  Isaac Asimov

C’est universel, imbécile !

En cette journée où, via un défilé militaire digne des dernières dictatures de la planète, l’une des grandes démocraties du monde fête sa fondation

Célébrant le lynchage en fait d’un gouverneur de garnison à l’origine, puis tour à tour la reprise en main de l’agitation provinciale, la préparation de la revanche après une défaite militaire et enfin la fête d’une victoire militaire …

Et inspirée de la guerre d’indépendance et de la révolution de la première grande démocratie du monde …

Fondée accessoirement sur le massacre d’une de ses minorités et l’esclavage d’une autre …

Elle-même issue de la révolution de la nation qui a inventé le parlementarisme moderne avec décapitation puis expulsion de ses rois …

Et au lendemain d’une autre fête nationale (sportive cette fois) censée à l’origine raviver la fusion « black-blanc-beur » et requinquer un pouvoir aux abois mais gâchée par la défaite, les gaz lacrymogènes et les incendies de voitures de police ou de mobilier urbain  …

Après l’hommage quasi-universel la semaine dernière d’une des figures les plus reconnues – survivant de la Shoah et prix Nobel de la Paix – et encensées de l’après-guerre flétrie par la polémique de quelques uns …

Comment ne pas voir avec l’extrait de l’autobiographie du père de la science-fiction Isaac Asimov qui relate justement sa polémique avec Elie Wiesel …

La vérité et la grandeur d’un monde occidental qui s’efforce d’élargir chaque jour un peu plus le cercle des individus ou des groupes qu’il cherche à défendre ou secourir  …

Mais aussi, derrière les origines inévitablement violentes de ses principales incarnations nationales, la menace spécifique qui hante ce type de régime …

Et donc, à l’instar de son plus petit et seul représentant au sein de l’immensité totalitaire du Moyen-Orient, sa vulnérabilité particulière face aux dénonciations intéressées de ses ennemis ?

Isaac Asimov, Elie Wiesel et l’antisémitisme
Isaac Asimov, né en 1920 à Petrovitchi, en Russie, et mort en 1992 à New York, est l’un des plus grands auteurs de science-fiction. Il est notamment le père du cycle « Fondation » et du cycle des « Robots ». Il a écrit une autobiographie, « Moi, Asimov », parue chez Denoël en 1996. Il y évoque notamment ses origines juives et la polémique qui l’opposa à Elie Wiesel, dans un passage que je reproduis ci-après (1).
Alain Gresh
Le Monde Diplomatique
18 janvier 2010

Mon père était fier de dire qu’il n’y avait jamais eu de pogrom dans sa petite ville natale, où juifs et gentils cohabitaient sans problème. En fait, lui-même avait pour ami un fils de gentils à qui il donnait un coup de main pour ses devoirs du soir. Après la Révolution [de 1917], il s’avéra que l’ami d’enfance était devenu fonctionnaire local du Parti ; à son tour, il aida mon père à réunir les papiers nécessaires pour émigrer aux Etats-Unis. Ce détail a son importance, car j’ai souvent lu sous la plume de romantiques échevelés que ma famille avait fui la Russie pour échapper aux persécutions. D’après eux, c’est tout juste si, pour quitter le pays, nous n’avions pas traversé le Dniepr en sautant de bloc de glace en bloc de glace, avec sur les talons une meute de chiens assoiffés de sang et la totalité de l’Armée rouge.

Evidemment, il n’en est rien. Nous n’avons nullement été persécutés, et c’est en toute légalité que nous sommes partis de chez nous, sans plus de tracasseries administratives qu’on ne peut en attendre de la bureaucratie en général, et de la nôtre en particulier. Tant pis si c’est une déception.

Je n’ai pas non plus d’histoires horribles à raconter sur ma vie aux Etats-Unis. Littéralement, je n’ai jamais eu à souffrir d’être juif ; je veux dire qu’on ne m’a ni frappé ni maltraité de quelque façon que ce soit. En revanche, j’ai été maintes fois provoqué, ouvertement par les jeunes butors, plus subtilement par les gens instruits. Mais j’acceptais ; pour moi, ces choses faisaient inévitablement partie d’un univers que je ne pouvais changer.

Je savais aussi que de vastes secteurs de la société américaine me resteraient fermés parce que j’étais juif, mais qu’il en allait ainsi dans toutes les sociétés chrétiennes, et cela depuis deux mille ans ; là encore, cela faisait partie des choses de la vie. Difficile à supporter en revanche fut le sentiment d’insécurité permanente, et parfois même de terreur, face à ce qui se passait dans le monde. Je veux parler ici des années 30 et de l’ascension d’Hitler, avec sa folie antisémite toujours plus féroce et toujours plus meurtrière.

Nul Juif américain ne pouvait ignorer alors que, d’abord en Allemagne, puis en Autriche, les Juifs étaient constamment humiliés, maltraités, emprisonnés, torturés et assassinés simplement parce qu’ils étaient juifs. Nous ne pouvions fermer les yeux sur le fait que des partis « naziisants » voyaient le jour dans d’autres régions d’Europe en faisant de l’antisémitisme leur maître mot. Même la France et la Grande-Bretagne furent touchées ; toutes deux virent l’émergence d’un parti de type fasciste, et toutes deux avaient déjà un lourd passé en matière d’antisémitisme.

Nous n’étions pas même en sécurité aux Etats-Unis, pays où sévissait en permanence un antisémitisme sous-jacent et qui n’était pas à l’abri d’une bouffée de violence occasionnelle chez les gangs de rue les plus frustes. Là aussi existait une certaine attirance pour le nazisme. Ne parlons pas du German-American Bund, cette antenne déclarée des nazis, mais on a pu entendre des individus comme le père Charles Coughlin, ou encore Charles Lindbergh, exprimer ouvertement des opinions antisémites. Sans parler des mouvements fascisants autochtones qui se rassemblaient autour de la bannière de l’antisémitisme.

Comment les juifs américains ont-ils pu supporter cette pression ? Comment n’ont-ils pas cédé sous son poids ? La plupart, je présume, ont simplement appliqué la stratégie du « déni », du refus de voir les choses en face. Ils se sont efforcés de ne pas y penser et ont fait de leur mieux pour continuer à vivre comme avant. Et dans une large mesure, c’est ce que j’ai fait moi aussi. On n’avait pas le choix. (Les juifs d’Allemagne se sont comportés de la même manière jusqu’à ce que l’orage éclate et qu’il soit trop tard.) En outre, j’avais trop foi en mon pays, les Etats-Unis d’Amérique, pour croire qu’il pourrait suivre un jour l’exemple allemand.

Il est un fait que les outrances d’Hitler, non seulement dans le racisme mais aussi dans le nationalisme va-t-en-guerre, ajoutées à une paranoïa galopante de plus en plus manifeste, suscitaient le dégoût et la colère chez un nombre non négligeable d’Américains. Le gouvernement des Etats-Unis avait beau se montrer globalement réservé sur le sort funeste des juifs d’Europe, les citoyens étaient de plus en plus opposés à Hitler. C’est du moins ce qu’il me semblait, et j’y trouvais quelque réconfort.

J’essayais par ailleurs de ne pas me laisser désagréablement obnubiler par le sentiment que l’antisémitisme était le problème mondial majeur. Autour de moi, beaucoup de Juifs divisaient la population de la terre en deux camps : les Juifs et les autres, point final. Nombreux étaient ceux qui ne prenaient en compte aucun autre problème que l’antisémitisme, quels que soient le lieu et l’époque.

Pour moi, il était évident que le préjugé était au contraire un phénomène universel, et que toutes les minorités, tous les groupes qui n’occupaient pas le sommet de l’échelle sociale devenaient par là même des victimes potentielles. Dans l’Europe des années 30, ce sont les Juifs qui en ont pâti de manière spectaculaire, mais aux Etats-Unis, ce n’étaient pas eux les plus mal traités. Chez nous, quiconque ne se fermait pas délibérément les yeux voyait bien que c’étaient les Afro-Américains. Pendant deux siècles, ils avaient été réduits en esclavage. Puis on avait théoriquement mis fin à cet état de fait, mais un peu partout, ils n’avaient accédé qu’au statut de quasi- esclaves : on les avait privés de leurs droits les plus fondamentaux, traités par le mépris et délibérément exclus de ce qu’il est convenu d’appeler le « rêve américain ».

Quoique juif, et pauvre de surcroît, j’ai pu bénéficier du système éducatif américain dans ce qu’il a de meilleur et fréquenter une de ses meilleures universités ; je me demandais, à l’époque, combien d’Afro-Américains se verraient offrir la même chance. Dénoncer l’antisémitisme sans dénoncer la cruauté humaine en général, voilà qui me tourmentait en permanence. L’aveuglement général est tel que j’ai entendu des Juifs se désoler sans retenue devant le phénomène de l’antisémitisme pour aborder sans se démonter la question afro-américaine et en parler en petits Hitler. Si je le leur faisais remarquer en protestant énergiquement, ils se retournaient contre moi. Ils ne se rendaient pas du tout compte de ce qu’ils faisaient.

J’ai entendu une fois une dame tenir des propos enflammés sur les gentils qui n’avaient rien fait pour sauver les Juifs d’Europe. « On ne peut pas leur faire confiance », affirmait- elle.

J’ai laissé passer un temps, puis je lui ai subitement demandé : « Et vous, qu’est-ce que vous faites pour aider les Noirs à obtenir leurs droits civiques ?

— Ecoutez, m’a-t-elle rétorqué. J’ai assez avec mes propres problèmes. »

Et moi : « C’est exactement ce que se sont dit les gentils d’Europe. » J’ai lu une totale incompréhension dans son regard. Elle ne voyait pas où je voulais en venir. Qu’y faire ? Le monde entier semble brandir en permanence une bannière clamant : « Liberté !… mais pas pour les autres. »

Je me suis publiquement exprimé là-dessus une seule fois, dans des circonstances délicates. C’était en mai 1977. J’étais convié à une table ronde en compagnie notamment d’Elie Wiesel, qui a survécu à l’Holocauste et, depuis, ne sait plus parler d’autre chose. Ce jour-là, il m’a agacé en prétendant qu’on ne pouvait pas faire confiance aux savants, aux techniciens, parce qu’ils avaient contribué à rendre possible l’Holocauste. Voilà bien une généralisation abusive ! Et précisément le genre de propos que tiennent les antisémites : « Je me méfie des Juifs, parce que jadis, des Juifs ont crucifié mon Sauveur. »

J’ai laissé les autres débattre un moment en remâchant ma rancœur puis, incapable de me contenir plus longtemps, je suis intervenu : « Monsieur Wiesel, vous faites erreur ; ce n’est pas parce qu’un groupe humain a subi d’atroces persécutions qu’il est par essence bon et innocent. Tout ce que montrent les persécutions, c’est que ce groupe était en position de faiblesse. Si les Juifs avaient été en position de force, qui sait s’ils n’auraient pas pris la place des persécuteurs ? »

A quoi Wiesel m’a répliqué, très emporté : « Citez-moi un seul cas où des Juifs auraient persécuté qui que ce soit ! »

Naturellement, je m’y attendais. « Au temps des Macchabées, au IIe siècle av. J.-C., Jean Hyrcan de Judée a conquis Edom et donné à choisir aux Edomites entre la conversion au judaïsme et l’épée. N’étant pas idiots, les Edomites se sont convertis, mais par la suite, on les a quand même traités en inférieurs, car s’ils étaient devenus des Juifs, ils n’en restaient pas moins des Edomites. »

Et Wiesel, encore plus énervé : « Il n’y a pas d’autre exemple. »

— C’est qu’il n’y a pas d’autre période dans l’histoire où les Juifs aient exercé le pouvoir, ai-je répondu. La seule fois où ils l’ont eu, ils ont fait comme les autres. »

Ce qui mit fin à la discussion. J’ajoute cependant que l’auditoire était totalement acquis à Elie Wiesel.

J’aurais pu aller plus loin. Faire allusion au sort réservé par les Israélites aux Cananéens au temps de David et de Salomon, par exemple. Et si j’avais pu prédire l’avenir, j’aurais évoqué ce qui se passe en Israël aujourd’hui. Les Juifs d’Amérique auraient une vision plus claire de la situation s’ils se représentaient un renversement des rôles : les Palestiniens gouvernant le pays et les Juifs les bombardant de pierres avec l’énergie du désespoir.

J’ai eu le même type de querelle avec Avram Davidson, brillant auteur de science-fiction qui, naturellement, est juif, et a été, du moins à une époque, ostensiblement orthodoxe. J’avais consacré un essai au Livre de Ruth, où je voyais un appel à la tolérance par opposition aux édits du cruel scribe Ezra, qui incitait les Juifs à « répudier » leurs épouses étrangères. Ruth était une Moabite, peuple haï des juifs s’il en est ; pourtant, elle est dépeinte dans l’Ancien Testament sous les traits d’une femme modèle ; en outre, elle compte parmi les ancêtres de David. Avram Davidson a pris ombrage de mon sous-entendu (les Juifs présentés comme intolérants) et j’ai eu droit à une lettre fort sarcastique dans laquelle il me demandait lui aussi si les Juifs s’étaient jamais livrés à des persécutions. Je lui ai répondu notamment : « Avram, vous et moi vivons dans un pays à 95 % non juif et cela ne nous pose pas de problème particulier. En revanche, qu’adviendrait-il de nous si nous étions des gentils habitant un pays à 95 % juif orthodoxe ? »

Je n’ai jamais reçu de réponse.

A l’heure où j’écris, on assiste à un afflux de Juifs ex-soviétiques en Israël. S’ils fuient leur pays, c’est bien parce qu’ils redoutent des persécutions de nature religieuse. Pourtant, dès qu’ils posent le pied sur le sol d’Israël, ils se muent en sionistes extrémistes impitoyables à l’égard des Palestiniens. Ils passent en un clin d’œil du statut de persécutés à celui de persécuteurs.

Cela dit, les Juifs ne sont pas les seuls dans ce cas. Si je suis sensible à ce problème particulier, c’est parce que je suis juif moi-même. En réalité, là encore le phénomène est universel. Au temps où Rome persécutait les premiers chrétiens, ceux-ci plaidaient pour la tolérance. Mais quand le christianisme l’a emporté, est-ce la tolérance qui a régné ? Jamais de la vie. Au contraire, les persécutions ont aussitôt repris dans l’autre sens. Prenez les Bulgares, qui réclamaient la liberté à leur régime dictatorial et qui, une fois qu’ils l’ont eue, s’en sont servis pour agresser leur minorité turque. Ou le peuple d’Azerbaïdjan, qui a exigé de l’Union soviétique une liberté dont il était privé par le pouvoir central pour s’en prendre aussitôt à la minorité arménienne.

La Bible enseigne que les victimes de persécutions ne doivent en aucun cas devenir à leur tour des persécuteurs : « Vous n’attristerez et vous n’affligerez pas l’étranger, parce que vous avez été étrangers vous-mêmes dans le pays d’Egypte » (Exode 22 : 21). Mais qui obéit à cet enseignement ? Personnellement, chaque fois que je tente de le répandre, je m’attire des regards hostiles et je me rends impopulaire.

Isaac Asimov, Moi, Asimov, traduit de l’américain par Hélène Collon, Folio Science Fiction, Paris, 1996 [1994]

Voir aussi:

Elie Wiesel. Les réactions après l’annonce de son décès
Ouest France

03/07/2016

Voici les premières réactions politiques et de la société civile à la mort samedi à New York de l’écrivain Elie Wiesel, prix Nobel de la paix et rescapé de la Shoah.

– Barack Obama, président des Etats-Unis, a salué la mémoire d’un « ami », « de l’une des grandes voix morales de notre temps, et à bien des égards, la conscience du monde ». M. Wiesel ne se battait pas uniquement contre l’antisémitisme, a rappelé le locataire de la Maison blanche, soulignant son engagement contre la haine, la bigoterie et l’intolérance sous toutes ses formes.

-Benyamin Nétanyahou, premier ministre israélien, a salué sa mémoire, faisant valoir qu’il était un « rayon de lumière et un exemple d’humanité croyant en la bonté de l’homme ». « L’Etat d’Israël et le peuple juif pleurent avec amertume la mort d’Elie Wiesel », a dit M. Nétanyahou.
En France
– Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères: « l’humanité perd un grand témoin de l’holocauste, un infatigable combattant de la mémoire et un prodigieux homme de lettres de langue française ». « Notre devoir est de faire vivre son message, qui lui avait valu le prix Nobel de la Paix, et les valeurs qu’il incarnait » (communiqué).

– Bernard Cazeneuve, ministre français de l’Intérieur, salue « la mémoire de cet homme exceptionnel, qui fut un immense écrivain, luttant par son oeuvre contre les forces de l’oubli et de l’indifférence, mais aussi un militant inlassable des droits de l’homme, appelant l’attention de l’opinion mondiale sur les individus et sur les peuples victimes de persécutions ». « Le monde perd un témoin de l’univers concentrationnaire, l’une des grandes voix qui ont contribué à révéler au monde l’horreur singulière de la Shoah et à en perpétuer la mémoire » (communiqué).

– Audrey Azoulay, ministre de la Culture, rend hommage à un « soldat de la paix ». Cet « homme au regard si doux, avait connu le pire de ce que l’humanité peut produire, mais avait fait de sa vie une victoire. Il avait gardé confiance en l’homme, défendu ses droits dans les tribunes internationales comme ses livres ». (communiqué)

– Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France): « Elie Wiesel était une figure emblématique de la mémoire de la Shoah et de la souffrance des Juifs. Toute sa vie, il fut un intellectuel engagé ». « Pour le Crif, il fut un résistant à l’oubli et un militant de la mémoire. C’est un phare pour l’humanité qui disparaît. »

– Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes: « Avec la disparition d’un infatigable et admirable témoin, il nous reste la force du témoignage de paix, par l’un de ceux qui ont été confrontés à l’horreur absolue ». Sa « lutte contre l’indifférence, l’intolérance et l’injustice a aujourd’hui force d’exemple » (communiqué).

– Anne Hidalgo, maire de Paris: « De l’importance du devoir de mémoire. « Celui qui ne connaît pas l’Histoire est condamné à la revivre », disait Elie Wiesel. N’oublions jamais ».

– Jack Lang, ancien ministre de la Culture: « C’était d’abord un ami fidèle auquel me liait des liens étroits d’affection. Il fut aussi indéfectiblement attaché à la personne de François Mitterrand dont il a suivi l’action en permanence. Elie Wiesel était l’élégance même, la grandeur, la générosité. Les horribles souffrances que la vie lui a infligées ont fait grandir en lui sa profonde humanité. Immense écrivain, il a su admirablement exprimer la densité de l’âme humaine. Son amour de la France le portait à écrire dans la langue française qu’il savourait avec passion. Elie, ce cher et grand Elie, appartient au Panthéon des hommes de lumière » (communiqué).

– Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale: « Grande tristesse, Elie Wiesel nous a quittés. Une conscience universelle disparaît dont la voix ne s’éteindra jamais » (tweet)

– Gérard Larcher, président (LR) du Sénat: « E. #Wiesel restera cet infatigable militant au service de la paix et des Droits de l’Homme » (tweet)

– François Fillon, ancien Premier ministre: « c’est une voix de paix qui s’éteint. Une mémoire, une conscience, un grand écrivain. N’oublions jamais ». (tweet)

– Christiane Taubira, ancienne ministre: « #ElieWiesel, ou la défaite de l’horreur absolue : un esprit lumineux invaincu, une conscience vigilante au monde » (tweet)

– Nathalie Kosciusko-Morizet, députée LR et chef de file de la droite parisienne: « Elie Wiesel, rescapé de la Shoah, intellectuel brillant, humaniste engagé. C’est une conscience qui nous quitte. Son combat reste le nôtre ». (tweet)

Voir également:

‘L’hommage’ acerbe de Claude Lanzmann à Elie Wiesel
Au micro de France Inter, le réalisateur juif français a fortement critiqué l’écrivain et prix Nobel de la Paix
Times of Israel

6 juillet 2016

Les hommages à Elie Wiesel, prix Nobel de la Paix et survivant de la Shoah, décédé le 2 juillet dernier, se succèdent, mais certains sont plus critiques que d’autres.

Des militants pro-palestiniens ont ainsi reproché à l’écrivain son soutien public de Benjamin Netanyahu et de l’Etat d’Israël, allant jusqu’à le traiter « d’escroc » sur Twitter et d’allié du « nettoyage ethnique du peuple palestinien ».

Un journaliste américain a écrit que Wiesel ne méritait aucun honneur, et qu’il était « passé de victime de crimes de guerre à soutien de ceux qui en commettent. Il a fait plus de mal que de bien, et ne devrait pas être honoré. »

En France, et dans une moindre dimension, la critique est notamment venue de Claude Lanzmann qui s’est exprimé au micro de France Inter dimanche matin. selon lui, l’écrivain juif américain tenait beaucoup, voire trop, à son statut d’icône de la Shoah : « la Shoah, c’était, pensait-il, son domaine à lui, et moi je n’étais pas survivant d’un camp », a déclaré le réalisateur de « Shoah » – qui, ironiquement, a souvent été accusé d’effectuer un monopole sur le récit de la Shoah.

Le cinéaste explique qu’il avait en effet rencontré Wiesel dans les années 70, souhaitant centrer son film magistral autour du philosophe, mais que sa réaction à l’annonce du projet lui avait donné l’impression d’avoir commis « un crime de lèse-majesté ».

C’est donc une voix discordante, qui « n’est pas fanatique d’Elie Wiesel », qui s’élève à France Inter, face à Laetitia Gayet, qui tente tant bien que mal de garder l’interview sur les rails.

Car Claude Lanzmann, âgé de 90 ans, continue et critique le statut même de Wiesel comme survivant d’Auschwitz : « Elie Wiesel a passé à Auschwitz, en tout et pour tout, trois ou quatre nuits et jours. Le reste du temps, il était à Buchenwald, il n’était pas à Auschwitz ».

Comme le note le Nouvel Obs, dans une fine analyse de l’interview, « [Lanzmann] affirme avoir lu ça dans « Etre sans destin » du Hongrois Imre Kertész, prix Nobel de littérature et survivant des camps, qu’il considère comme ‘un témoin fiable’.

Il n’en fallait pas plus pour agiter la presse française : pendant que le Point titre « Lanzmann règle ses comptes avec Elie Wiesel », les sites antisémites s’en donnent à cœur joie et utilisent les propos de Lanzmann – qui s’est probablement trompé, comme l’explique le journaliste de l’Obs – pour nier le calvaire enduré par les survivants de la Shoah.

Et l’Obs de conclure, très justement, « l’hostilité que Lanzmann essuie depuis dimanche pour son refus bourru de « rendre hommage » illustre tragiquement notre incapacité à être sereins face à la mémoire du génocide ».

Voir encore:

Après sa mort, Wiesel est critiqué pour son soutien à Israël
Des activistes pro-palestiniens crient au scandale après les éloges sur le défenseur des droits de l’Homme
Times of Israel
3 juillet 2016

La mort du survivant de l’Holocauste et prix Nobel de la Paix Elie Wiesel, 87 ans, était largement déplorée dimanche, mais certains critiques d’Israël et militants pro-palestiniens se sont concentrés sur le soutien ardent de Wiesel au sionisme, disant que son soutien à l’Etat juif a terni sa réputation de défenseur des droits de l’Homme.

Wiesel était un soutien public du Premier ministre de droite Benjamin Netanyahu, qui est très impopulaire parmi les Palestiniens.

Le leader juif et auteur prolifique a aussi ouvertement reproché à son ami, le président américain Barack Obama, d’appeler à la fin de la construction dans les implantations, et de négocier un accord nucléaire levant les sanctions avec l’Iran. La position de Wiesel sur ces sujets a été critiquée, même par ses admirateurs de longue date.

« Eli [sic] Wiesel soutenait les droits de l’Homme pour tous sauf les Palestiniens, où il défendait plus de politiques israéliennes contre notre peuple », a écrit sur Twitter Xavier Abu Eid, conseiller en communications du département de négociations de l’OLP [Organisation de libération de la Palestine].

Après avoir survécu à l’Holocauste, Wiesel, romancier et militant, est devenu célèbre, l’un des témoins principaux de l’Holocauste et un homme qui a non seulement documenté les horreurs du passé mais aussi cherché à empêcher de futures tragédies en se battant pour els droits de l’Homme.

« En tant qu’écrivain, qu’orateur, que militant, et en tant qu’intellectuel, il était l’une de ces personnes qui ont changé le monde en tant que citoyen du monde, plus que ceux qui ont des mandats et des postes traditionnels de pouvoir. Sa vie, et la puissance de son exemple, nous appelle à faire mieux », a déclaré Obama samedi soir.

Pendant plus d’un demi-siècle, Wiesel a exprimé ses croyances passionnées aux dirigeants mondiaux, aux célébrités et à des publics généraux au nom des victimes de violence et d’oppression. Il a écrit 57 livres, mais son roman le plus influant est de loin La nuit, un classique rangé aux côtés du Journal d’Anne Frank dans les lectures classiques sur l’Holocauste.

Mais pour certains militants pro-palestiniens, son soutien à Israël l’a emporté sur le reste de son héritage.

« Les Palestiniens se rappelleront d’Elie Wiesel pour son racisme et sa propagande aux services de leurs oppresseurs, nettoyeurs ethniques et tueurs », a écrit Ali Abuminah, cofondateur du blog palestinien Electronic Intifada.

Abbas Hamideh, cofondateur d’Al-Awda, une association qui vise à permettre aux réfugiés palestiniens de la guerre d’indépendance israélienne de 1948 à revenir sur leurs anciennes terres, a déclaré que Wiesel était un « escroc ».

« Elie Wiesel était un escroc qui a menti sur son expérience et soutenu le nettoyage ethnique du peuple palestinien dans le processus. Rien d’honorable », a-t-il écrit.

Certaines personnalités médiatiques internationales ont aussi utilisé Twitter pour critiquer les hommages mondiaux unanimes au militant des droits de l’Hommes récemment décédé.

Reza Aslan, auteur irano-américain et chercheur en religion qui apparait souvent dans les médias américains, a déclaré que la promesse de Wiesel de ne jamais être en paix devant la souffrance d’un être humain était un mensonge.

Mehdi Hassan, présentateur de télévision et journaliste pour Al Jazeera, a suggéré que les fortes louanges de Wiesel étaient sans fondement étant donné sa position envers les Palestiniens.

« Pauvres vieux Palestiniens, le seul peuple dont vous pouvez ignorer/compromettre les droits et être toujours appelé un défenseur des droits de l’Hommes quand vous mourrez », a écrit Hassan.

Dans un autre tweet, le journaliste d’Al-Jazeera a essayé de clarifier son opinion, écrivant que « pour être clair, il est possible d’apprécier le combat de Wiesel, son héritage et sa littérature tout en étant repoussé par son soutien aux colons. »

Max Blumenthal, journaliste, militant, et fils de Sidney Blumenthal, conseiller de longue date de la candidate à la présidentielle américaine Hillary Clinton, a affirmé que Wiesel ne méritait aucun honneur.

« Elie Wiesel est passé de victime de crimes de guerre à soutien de ceux qui en commettent. Il a fait plus de mal que de bien, et ne devrait pas être honoré. »

Un important diplomate arabe a cependant publiquement rendu hommage à Wiesel sans mentionner les Palestiniens.

Khalid Bin Ahmad, ministre des Affaires étrangères de Bahreïn depuis 2005, a écrit, « Repose en paix #ElieWiesel. Ton noble héritage survivra. »

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé qu’avec la mort « de l’une des personnalités les plus marquantes du siècle passé », « une voix de la morale et de l’humanité s’était (s’est) tue ».

« Elie Wiesel nous a tendu la main à nous, les Allemands et a travaillé avec nous inlassablement pour rendre possible un monde meilleur », a-t-elle insisté.

Voir de plus:

Face à Elie Wiesel : Claude Lanzmann, Jean Robin et Isaac Asimov sonnent la charge !
Play Mobil
Agoravox
5 juillet 2016

Elie Wiesel est décédé le 2 juillet 2016. Rescapé de la Shoah, il constituait une figure d’autorité très respectée : Grand-croix de la Légion d’honneur et commandeur de l’ordre de l’Empire britannique, ayant reçu aux États-Unis la médaille d’or du Congrès et la médaille présidentielle de la Liberté, fait docteur honoris causa par plus de cent universités parmi lesquelles Harvard, Yale, Stanford, Cambridge, Princeton, Columbia, l’École normale supérieure, Oxford, la Sorbonne et l’université hébraïque de Jérusalem, il reçoit le Prix Nobel de la paix en 1986. Son livre La Nuit est resté sur la liste des meilleures ventes du New York Times pendant neuf semaines d’affilée, un record inégalé pour un livre de non-fiction.

Le personnage faisait pourtant polémique, comme en témoignent plusieurs réactions fracassantes émises ou exhumées ces derniers jours.

Lanzmann règle ses compte avec Wiesel

Invité de France Inter dimanche 3 juillet peu avant 8 heures, Claude Lanzmann, le réalisateur de Shoah, reproche d’abord au Prix Nobel de ne pas lui avoir réservé un bon accueil lorsqu’il lui a annoncé à New York qu’il allait préparer le film. «  L’idée que je réalise Shoah le rendait fou. Je crois que l’explication est simple. La Shoah était, pensait-il, son domaine à lui et moi, je n’étais pas survivant d’un camp », explique Lanzmann.

Plus tard, il dresse Imre Kertész, Prix Nobel de littérature, contre Wiesel en lisant un extrait d’un de ses ouvrages : « Imre Kertész, dans “Être sans destin”, dit ceci : Elie Wiesel a passé à Auschwitz en tout et pour tout trois ou quatre nuits et jours, le reste du temps il était à Buchenwald. Il n’était pas à Auschwitz. […] C’est un témoin fiable, Imre Kertész. »

L’interview de près de 8 minutes, donné à France Inter, n’était plus disponible ce mardi matin sur le site de la radio, qui semble avoir choisi la voie de la censure, mais quelques blogueurs l’ont néanmoins conservée. Le Point (qui a récupéré l’enregistrement) propose ainsi à ses lecteurs de l’écouter in extenso :

Une enquête explosive mais très controversée

Autre réaction, celle de l’inénarrable Jean Robin, écrivain, journaliste et éditeur exilé en Polynésie suite à un appel de son Seigneur Jésus Christ. Celui-ci prétend avoir démontré « que Wiesel n’a jamais mis les pieds à Auschwitz de sa vie« , et donc que « Lanzmann ment et va jusqu’au maximum de ce qu’il peut aller sans accuser Wiesel d’être un faux déporté« .

Ses accusations, étayées par plusieurs articles, sont terribles :

« Elie Wiesel, qui a menti sur son identité, son tatouage à Auschwitz qu’il n’avait pas, et sa détention imaginaire à Buchenwald, comme nous l’avons prouvé, vient de mourir. Tous les médias vont faire l’éloge d’un faussaire de l’histoire, dont les mensonges ont permis aux négationnistes de mettre en doute la Shoah elle-même. »

Jean Robin a bien conscience qu’il marche sur des oeufs : Wiesel « étant devenu un demi-dieu, il est désormais interdit de le critiquer, sous peine d’accusation en négationnisme, antisémitisme, nazisme, etc. » Le bougre, repris par le site de son ennemi juré, Alain Soral (qui ne manque pas une information pouvant aller dans le sens du révisionnisme, si ce n’est du négationnisme), n’a pas tardé à en faire les frais, comme il nous le confie sur son site :

« Je viens d’ailleurs d’en faire les frais en me faisant virer sans notification et après maintes insultes du groupe des amis de Guy Millière, dont je suis quand même l’éditeur de 3 livres. »

Selon l’écrivain Michaël de Saint-Cheron, Elie Wiesel est aujourd’hui critiqué par des « personnes inqualifiables qui cherchent non pas à salir mais à démolir la statue morale » qu’il incarne. Il mentionne l’Américaine Carolyn Yeager et le juif hongrois Miklos Grüner. Ce dernier, rescapé d’Auschwitz, accuse Wiesel d’avoir « usurpé le numéro matricule A-7713 d’un certain Lazar Wiesel et [de s’être] approprié le récit de ce dernier sur son passage à Auschwitz ». Cette thèse se trouve soutenue par des négationnistes, ainsi que par Jean Robin, qui aurait reçu des archives du Musée national Auschwitz-Birkenau un courriel selon lequel le déporté immatriculé A-7713 était nommé Lazar Wiesel et avait pour année de naissance 1913 (alors qu’Elie Wiesel est né en 1928). Michaël de Saint-Cheron met en question la fiabilité de ces archives, soutient que Wiesel a progressivement changé l’orthographe de son prénom (Lazar étant le diminutif yiddish d’Eliezer), et affirme avoir vu par lui-même son tatouage.

On espère que des journalistes contre-enquêteront sur l’enquête de Robin. Si ce dernier prétend que ce sont les supposés « mensonges » de Wiesel qui feraient le jeu des négationnistes, d’autres l’accusent désormais de faire, lui, le jeu des négationnistes.

La sagesse d’Isaac Asimov : les persécutés deviennent les persécuteurs… lorsqu’ils sont les plus forts

Le troisième témoignage, plus apaisé et profond, est post-mortem, et nous le devons à Jean Bricmont, qui l’a publié dès le 3 juillet sur sa page Facebook. Il est signé Isaac Asimov.

Né en 1920 à Petrovitchi, en Russie, et mort en 1992 à New York, Asimov est l’un des plus grands auteurs de science-fiction. Il est notamment le père du cycle Fondation et du cycle des Robots. Il a écrit une autobiographie, Moi, Asimov, parue chez Denoël en 1996. Il y évoque notamment ses origines juives et la polémique qui l’opposa en 1977 à Elie Wiesel (le passage qui suit a été publié en 2010 par Le Monde diplomatique) :

Mon père était fier de dire qu’il n’y avait jamais eu de pogrom dans sa petite ville natale, où juifs et gentils cohabitaient sans problème. En fait, lui-même avait pour ami un fils de gentils à qui il donnait un coup de main pour ses devoirs du soir. Après la Révolution [de 1917], il s’avéra que l’ami d’enfance était devenu fonctionnaire local du Parti ; à son tour, il aida mon père à réunir les papiers nécessaires pour émigrer aux Etats-Unis. Ce détail a son importance, car j’ai souvent lu sous la plume de romantiques échevelés que ma famille avait fui la Russie pour échapper aux persécutions. D’après eux, c’est tout juste si, pour quitter le pays, nous n’avions pas traversé le Dniepr en sautant de bloc de glace en bloc de glace, avec sur les talons une meute de chiens assoiffés de sang et la totalité de l’Armée rouge.

Evidemment, il n’en est rien. Nous n’avons nullement été persécutés, et c’est en toute légalité que nous sommes partis de chez nous, sans plus de tracasseries administratives qu’on ne peut en attendre de la bureaucratie en général, et de la nôtre en particulier. Tant pis si c’est une déception.

Je n’ai pas non plus d’histoires horribles à raconter sur ma vie aux Etats-Unis. Littéralement, je n’ai jamais eu à souffrir d’être juif ; je veux dire qu’on ne m’a ni frappé ni maltraité de quelque façon que ce soit. En revanche, j’ai été maintes fois provoqué, ouvertement par les jeunes butors, plus subtilement par les gens instruits. Mais j’acceptais ; pour moi, ces choses faisaient inévitablement partie d’un univers que je ne pouvais changer.

Je savais aussi que de vastes secteurs de la société américaine me resteraient fermés parce que j’étais juif, mais qu’il en allait ainsi dans toutes les sociétés chrétiennes, et cela depuis deux mille ans ; là encore, cela faisait partie des choses de la vie. Difficile à supporter en revanche fut le sentiment d’insécurité permanente, et parfois même de terreur, face à ce qui se passait dans le monde. Je veux parler ici des années 30 et de l’ascension d’Hitler, avec sa folie antisémite toujours plus féroce et toujours plus meurtrière.

Nul Juif américain ne pouvait ignorer alors que, d’abord en Allemagne, puis en Autriche, les Juifs étaient constamment humiliés, maltraités, emprisonnés, torturés et assassinés simplement parce qu’ils étaient juifs. Nous ne pouvions fermer les yeux sur le fait que des partis « naziisants » voyaient le jour dans d’autres régions d’Europe en faisant de l’antisémitisme leur maître mot. Même la France et la Grande-Bretagne furent touchées ; toutes deux virent l’émergence d’un parti de type fasciste, et toutes deux avaient déjà un lourd passé en matière d’antisémitisme.

Nous n’étions pas même en sécurité aux Etats-Unis, pays où sévissait en permanence un antisémitisme sous-jacent et qui n’était pas à l’abri d’une bouffée de violence occasionnelle chez les gangs de rue les plus frustes. Là aussi existait une certaine attirance pour le nazisme. Ne parlons pas du German-American Bund, cette antenne déclarée des nazis, mais on a pu entendre des individus comme le père Charles Coughlin, ou encore Charles Lindbergh, exprimer ouvertement des opinions antisémites. Sans parler des mouvements fascisants autochtones qui se rassemblaient autour de la bannière de l’antisémitisme.

Comment les juifs américains ont-ils pu supporter cette pression ? Comment n’ont-ils pas cédé sous son poids ? La plupart, je présume, ont simplement appliqué la stratégie du « déni », du refus de voir les choses en face. Ils se sont efforcés de ne pas y penser et ont fait de leur mieux pour continuer à vivre comme avant. Et dans une large mesure, c’est ce que j’ai fait moi aussi. On n’avait pas le choix. (Les juifs d’Allemagne se sont comportés de la même manière jusqu’à ce que l’orage éclate et qu’il soit trop tard.) En outre, j’avais trop foi en mon pays, les Etats-Unis d’Amérique, pour croire qu’il pourrait suivre un jour l’exemple allemand.

Il est un fait que les outrances d’Hitler, non seulement dans le racisme mais aussi dans le nationalisme va-t-en-guerre, ajoutées à une paranoïa galopante de plus en plus manifeste, suscitaient le dégoût et la colère chez un nombre non négligeable d’Américains. Le gouvernement des Etats-Unis avait beau se montrer globalement réservé sur le sort funeste des juifs d’Europe, les citoyens étaient de plus en plus opposés à Hitler. C’est du moins ce qu’il me semblait, et j’y trouvais quelque réconfort.

J’essayais par ailleurs de ne pas me laisser désagréablement obnubiler par le sentiment que l’antisémitisme était le problème mondial majeur. Autour de moi, beaucoup de Juifs divisaient la population de la terre en deux camps : les Juifs et les autres, point final. Nombreux étaient ceux qui ne prenaient en compte aucun autre problème que l’antisémitisme, quels que soient le lieu et l’époque.

Pour moi, il était évident que le préjugé était au contraire un phénomène universel, et que toutes les minorités, tous les groupes qui n’occupaient pas le sommet de l’échelle sociale devenaient par là même des victimes potentielles. Dans l’Europe des années 30, ce sont les Juifs qui en ont pâti de manière spectaculaire, mais aux Etats-Unis, ce n’étaient pas eux les plus mal traités. Chez nous, quiconque ne se fermait pas délibérément les yeux voyait bien que c’étaient les Afro-Américains. Pendant deux siècles, ils avaient été réduits en esclavage. Puis on avait théoriquement mis fin à cet état de fait, mais un peu partout, ils n’avaient accédé qu’au statut de quasi-esclaves : on les avait privés de leurs droits les plus fondamentaux, traités par le mépris et délibérément exclus de ce qu’il est convenu d’appeler le « rêve américain ».

Quoique juif, et pauvre de surcroît, j’ai pu bénéficier du système éducatif américain dans ce qu’il a de meilleur et fréquenter une de ses meilleures universités ; je me demandais, à l’époque, combien d’Afro-Américains se verraient offrir la même chance. Dénoncer l’antisémitisme sans dénoncer la cruauté humaine en général, voilà qui me tourmentait en permanence. L’aveuglement général est tel que j’ai entendu des Juifs se désoler sans retenue devant le phénomène de l’antisémitisme pour aborder sans se démonter la question afro-américaine et en parler en petits Hitler. Si je le leur faisais remarquer en protestant énergiquement, ils se retournaient contre moi. Ils ne se rendaient pas du tout compte de ce qu’ils faisaient.

J’ai entendu une fois une dame tenir des propos enflammés sur les gentils qui n’avaient rien fait pour sauver les Juifs d’Europe. « On ne peut pas leur faire confiance », affirmait-elle.

J’ai laissé passer un temps, puis je lui ai subitement demandé : « Et vous, qu’est-ce que vous faites pour aider les Noirs à obtenir leurs droits civiques ?

— Ecoutez, m’a-t-elle rétorqué. J’ai assez avec mes propres problèmes. »

Et moi : « C’est exactement ce que se sont dit les gentils d’Europe. » J’ai lu une totale incompréhension dans son regard. Elle ne voyait pas où je voulais en venir. Qu’y faire ? Le monde entier semble brandir en permanence une bannière clamant : « Liberté !… mais pas pour les autres.  »

Je me suis publiquement exprimé là-dessus une seule fois, dans des circonstances délicates. C’était en mai 1977. J’étais convié à une table ronde en compagnie notamment d’Elie Wiesel, qui a survécu à l’Holocauste et, depuis, ne sait plus parler d’autre chose. Ce jour-là, il m’a agacé en prétendant qu’on ne pouvait pas faire confiance aux savants, aux techniciens, parce qu’ils avaient contribué à rendre possible l’Holocauste. Voilà bien une généralisation abusive ! Et précisément le genre de propos que tiennent les antisémites : « Je me méfie des Juifs, parce que jadis, des Juifs ont crucifié mon Sauveur. »

J’ai laissé les autres débattre un moment en remâchant ma rancœur puis, incapable de me contenir plus longtemps, je suis intervenu : « Monsieur Wiesel, vous faites erreur ; ce n’est pas parce qu’un groupe humain a subi d’atroces persécutions qu’il est par essence bon et innocent. Tout ce que montrent les persécutions, c’est que ce groupe était en position de faiblesse. Si les Juifs avaient été en position de force, qui sait s’ils n’auraient pas pris la place des persécuteurs ? »

A quoi Wiesel m’a répliqué, très emporté : « Citez-moi un seul cas où des Juifs auraient persécuté qui que ce soit !  »

Naturellement, je m’y attendais. « Au temps des Macchabées, au IIe siècle av. J.-C., Jean Hyrcan de Judée a conquis Edom et donné à choisir aux Edomites entre la conversion au judaïsme et l’épée. N’étant pas idiots, les Edomites se sont convertis, mais par la suite, on les a quand même traités en inférieurs, car s’ils étaient devenus des Juifs, ils n’en restaient pas moins des Edomites. »

Et Wiesel, encore plus énervé : « Il n’y a pas d’autre exemple. »

— C’est qu’il n’y a pas d’autre période dans l’histoire où les Juifs aient exercé le pouvoir, ai-je répondu. La seule fois où ils l’ont eu, ils ont fait comme les autres. »

Ce qui mit fin à la discussion. J’ajoute cependant que l’auditoire était totalement acquis à Elie Wiesel.

J’aurais pu aller plus loin. Faire allusion au sort réservé par les Israélites aux Cananéens au temps de David et de Salomon, par exemple. Et si j’avais pu prédire l’avenir, j’aurais évoqué ce qui se passe en Israël aujourd’hui. Les Juifs d’Amérique auraient une vision plus claire de la situation s’ils se représentaient un renversement des rôles : les Palestiniens gouvernant le pays et les Juifs les bombardant de pierres avec l’énergie du désespoir.

J’ai eu le même type de querelle avec Avram Davidson, brillant auteur de science-fiction qui, naturellement, est juif, et a été, du moins à une époque, ostensiblement orthodoxe. J’avais consacré un essai au Livre de Ruth, où je voyais un appel à la tolérance par opposition aux édits du cruel scribe Ezra, qui incitait les Juifs à « répudier » leurs épouses étrangères. Ruth était une Moabite, peuple haï des juifs s’il en est ; pourtant, elle est dépeinte dans l’Ancien Testament sous les traits d’une femme modèle ; en outre, elle compte parmi les ancêtres de David. Avram Davidson a pris ombrage de mon sous-entendu (les Juifs présentés comme intolérants) et j’ai eu droit à une lettre fort sarcastique dans laquelle il me demandait lui aussi si les Juifs s’étaient jamais livrés à des persécutions. Je lui ai répondu notamment : « Avram, vous et moi vivons dans un pays à 95 % non juif et cela ne nous pose pas de problème particulier. En revanche, qu’adviendrait-il de nous si nous étions des gentils habitant un pays à 95 % juif orthodoxe ?  »

Je n’ai jamais reçu de réponse.

A l’heure où j’écris, on assiste à un afflux de Juifs ex-soviétiques en Israël. S’ils fuient leur pays, c’est bien parce qu’ils redoutent des persécutions de nature religieuse. Pourtant, dès qu’ils posent le pied sur le sol d’Israël, ils se muent en sionistes extrémistes impitoyables à l’égard des Palestiniens. Ils passent en un clin d’œil du statut de persécutés à celui de persécuteurs.

Cela dit, les Juifs ne sont pas les seuls dans ce cas. Si je suis sensible à ce problème particulier, c’est parce que je suis juif moi-même. En réalité, là encore le phénomène est universel. Au temps où Rome persécutait les premiers chrétiens, ceux-ci plaidaient pour la tolérance. Mais quand le christianisme l’a emporté, est-ce la tolérance qui a régné ? Jamais de la vie. Au contraire, les persécutions ont aussitôt repris dans l’autre sens. Prenez les Bulgares, qui réclamaient la liberté à leur régime dictatorial et qui, une fois qu’ils l’ont eue, s’en sont servis pour agresser leur minorité turque. Ou le peuple d’Azerbaïdjan, qui a exigé de l’Union soviétique une liberté dont il était privé par le pouvoir central pour s’en prendre aussitôt à la minorité arménienne.

La Bible enseigne que les victimes de persécutions ne doivent en aucun cas devenir à leur tour des persécuteurs : « Vous n’attristerez et vous n’affligerez pas l’étranger, parce que vous avez été étrangers vous-mêmes dans le pays d’Egypte » (Exode 22 : 21). Mais qui obéit à cet enseignement ? Personnellement, chaque fois que je tente de le répandre, je m’attire des regards hostiles et je me rends impopulaire.

———————————–

Isaac Asimov, Moi, Asimov, traduit de l’américain par Hélène Collon, Folio Science Fiction, Paris, 1996 [1994].

Voir encore:

Quel procès pour ceux qui mettent Elie Wiesel en procès ?
Michaël de Saint-Cheron
11 mars 2013

Aujourd’hui, avec l’affaire Wiesel, c’est sa déportation qui est insidieusement remise en cause

Laisserons-nous outrepasser la simple critique intellectuelle par des personnes inqualifiables qui cherchent non pas à salir mais à démolir la statue morale d’Elie Wiesel ? Sur quel autre rescapé juif des camps a-t-on aussi gratuitement déblatéré, menti de façon éhontée, trahi la vérité historique, non pas depuis hier mais grosso-modo depuis qu’il fut lauréat du prix Nobel de la paix à Oslo en 1986 ?

Parmi les premiers à se déchaîner contre cette attribution, se trouvaient les amis de Simon Wiesenthal puis quelque Suédois me rappelait encore Elie Wiesel au téléphone cette semaine. Cette fois c’est un Juif hongrois, Miklos Grüner, dans un procès pour diffamation contre le rabbin Shlomo Köves dans lequel le cas de Wiesel fut très présent, qu’il perdit en première instance et en appel. Parmi toutes les impostures, celle de ce Miklos Grüner est l’une des plus énormes. Pour lui l’écrivain, prix Nobel, est un « imposteur qui a usurpé le numéro matricule A-7713 d’un certain Lazar Wiesel et s’est approprié le récit de ce dernier sur son passage à Auschwitz. » Tout le document sur ce procès intenté à l’écrivain par le rescapé juif hongrois, est en ligne sur un site à mouvance révisionniste, sous le titre « Affaire Elie Wiesel » ou encore sur un site intitulé « Résistance » [mais de quelle résistance parle-t-on ? sûrement pas de celle à l’infamie] avec ce titre « Elie Wiesel est-il un imposteur ? »

On se souvient que Simone Veil, ministre de la santé, défendant le projet de loi sur l’IVG (si mal appliquée et toujours si mal considérée en France, mais c’est un tout autre débat !) avait été la cible d’attaques antisémites ignobles d’opposants catholiques intégristes et/ou d’extrême-droite. « Dommage que tu n’y sois pas restée ! », lui lançaient certaines lettres infâmes et anonymes !

Aujourd’hui, avec l’affaire Wiesel, c’est sa déportation qui est simplement remise en cause, donc tout naturellement son récit La Nuit jusqu’à sa renommée morale qui lui valut son prix Nobel…

Est-il utile ou plus exactement nécessaire de répondre à autant de calomnies sans queue ni tête, quant elles ne sont guidées que par un esprit malin, quant ce n’est un esprit qui ne sait pas discerner l’immoral du moral ? On sait qu’il existe un site américain alimenté par une certaine Carolyn Yeager « Elie Wiesel cons the world » (Elie Wiesel escroque le monde), qui se consacre au « faux-témoignage du plus célèbre survivant de l’Holocauste ».

Revenons-en aux faits de cette dernière affaire, sans doute la plus ignoble de toutes celles qui se sont portées contre Wiesel depuis toutes ces décennies. On ne veut ni plus ni moins le dénantir de sa condition de survivant. Miklos Grüner, rejoint par quelques tristes individus se réclamant pour la plupart de thèses révisionnistes, pour qui tout combat de cette nature est salutaire, même les plus risibles, réfute ni plus ni moins que le numéro tatoué [« qu’Elie Wiesel dit avoir »] sur son avant bras-gauche : A-7713 (que j’ai vu de mes yeux !) est vraiment le sien… S’il n’est pas le sien, il n’est pas tatoué et ne fut pas déporté à Birkenau au printemps 1944 ! Nous sommes entre le rêve et le cauchemar. La thèse qui s’ensuit est donc qu’Elie Wiesel aurait usurpé l’identité d’un autre déporté, au nom étrangement voisin : Lazar Wiesel, qui ne porta jamais plainte pour usurpation d’identité – et pour cause… Lazar ou plus exactement Leizer, est le diminutif yiddish d’Eliezer, qu’après la guerre Wiesel simplifia en Elie. L’un des journalistes du site Enquête & Débat (mais de quelles enquêtes et de quels débats s’agit-il au fait ?), qui se dit « anti-antisémite » et entend défendre la mémoire de la Shoah, a écrit au responsable des archives du Museum d’État d’Auschwitz-Birkenau à Oświęcim, pour en avoir confirmation et le courriel reçu fait bien état d’un Lazar Wiesel né en 1913, sauf qu’Elie Wiesel est né en 1928, soit quinze plus tard.

Les archives d’Auschwitz-Birkenau sont-elles fiables ? On peut en douter à lire de pareilles informations erronées.

Après quoi il écrivit à Elie Wiesel et à son assistante à New York, leur demandant d’apporter des preuves sur sa déportation, i.e. son véritable numéro tatoué…

Un website a repris tout ce procès fou intenté à l’écrivain sous le titre « eliewieseltattoo.com ». Faut-il aller plus avant dans la dénonciation de la supercherie, de la haine qui se cachent ici derrière de faux-semblants tragiques et pathétiques ?

On arbore une photo de Wiesel son bras gauche nu et replié sans que l’on y discerne le tatouage et l’on en déduit qu’aucun numéro n’y figure. Mais ce tatouage beaucoup de gens qui ont connu ou connaissent Wiesel l’ont vu – dont je suis. Que cherchent alors à prouver ces calomniateurs ? Que la haine, dans son travail d’élaboration, a beaucoup de temps à faire perdre à ceux qui en sont devenus ni plus ni moins ses instruments aveugles.

Alors qu’il devient de plus en plus impossible de nier l’existence des chambres à gaz, il reste à s’attaquer par tous les moyens à ce qui est encore tangible. Or, parmi les dernières figures d’écrivains ou d’intellectuels survivants de l’extermination des Juifs, tels qu’Imre Kertész pourtant prix Nobel de littérature, ou Aharon Appelfeld, Wiesel reste celui qui continue à attiser les haines les plus irrationnelles et les plus farouches…

Quand on a encore à l’oreille les paroles de la sœur aînée d’Elie Wiesel, Hilda, morte voici deux ans à Nice, se souvenant de l’ultime scène sur le quai maudit de Birkenau avec sa mère lui disant  : « cours, cours dire à papa de ne pas se séparer de ton frère[1] ! », il est absolument immoral, indécent, de se poser simplement la question de la véracité du dire d’Elie Wiesel.

Il est un texte dans l’Evangile où il est dit que tous les péchés seront remis, sauf le péché contre l’Esprit ! Il faut croire que les coupables de crimes contre l’humanité et ceux qui de près ou de loin font le lit de ces abominations de la désolation, ont commis et commettent chaque jour un péché contre l’Esprit inexpiable. Ceux qui attentent aujourd’hui un tel procès à Elie Wiesel au nom d’une  mémoire qu’ils disent servir, diffament cette mémoire.
[1] Voir son témoignage dans mon livre Elie Wiesel, l’homme de la mémoire,Bayard éditions, 1998

Voir de plus:

Elie Wiesel l’imposteur et Jérusalem

Alain Gresh
Le Monde  diplomatique
18 avril 2010

Dans une publicité intitulée « For Jerusalem » et reproduite par l’International Herald Tribune (16 avril 2010), Elie Wiesel, prix Nobel de la paix, réaffirme son inquiétude. Ce texte affirme hautement que « Jérusalem est au-dessus de la politique ». Ce qui, pour l’auteur, signifie qu’elle doit… rester israélienne.

Pour lui, précise-t-il, sa présence dans l’histoire juive est totale, elle est mentionnée « 600 fois dans les écritures et pas une seule fois dans le Coran ». Outre que cela est discutable (je ne vais pas entrer ici dans une interprétation du texte coranique), on ne voit pas en quoi la mention d’une ville dans un texte vieux de quelques milliers d’années donnerait un droit de propriété à quiconque. Ou alors il faudrait redéfinir les frontières de l’Europe en fonction des textes latins du Moyen Age ou des textes grecs de l’Antiquité.

Lire aussi Philippe Rekacewicz & Dominique Vidal, « Comment Israël confisque Jérusalem-Est », Le Monde diplomatique, février 2007. « Il n’y a pas de prière plus émouvante dans l’histoire juive, poursuit-il, que celle qui exprime notre (les juifs) désir ardent de retourner à Jérusalem. » Cette interprétation politique d’une prière n’a évidemment aucun sens. Pendant des siècles, les juifs religieux ont effectivement prononcé cette prière, mais sans jamais vouloir la mettre en œuvre. Jusqu’en 1948, les juifs pouvaient se rendre à Jérusalem (certains y allaient pour être enterrés). C’est seulement avec la naissance du mouvement sioniste que l’objectif est devenu politique. Comme l’écrit si pertinemment Gilles Perrault dans sa biographie d’Henri Curiel, Un homme à part (Fayard), « la minorité sioniste exceptée, personne ne ressentait la nécessité d’un Etat juif et l’on n’éprouvait pas le besoin de psalmodier “l’an prochain à Jérusalem” quand il suffisait de prendre le train de 9h45 pour s’y rendre ».

« Aujourd’hui, poursuit Wiesel, pour la première fois dans l’histoire, juifs, chrétiens et musulmans peuvent accomplir leurs rites religieux librement. Et, contrairement à certaines affirmations des médias, juifs, chrétiens et musulmans ONT (en capitale) l’autorisation de construire leurs foyers n’importe où dans la ville. »

Il faut le dire clairement : il s’agit d’un honteux mensonge. Non seulement chrétiens et musulmans sont sans arrêt interdits d’accès à leurs lieux saints, non seulement ils n’ont pas le droit de construire dans Jérusalem, mais les maisons qu’ils ont sont détruites, comme l’ont reconnu mille et un rapports d’organisations diverses, mais aussi de gouvernements. Même les Etats-Unis se sont émus de la destruction de maisons arabes (« U.S. furious over Israel’s demolition of East Jerusalem homes », par Barak Ravid et Natasha Mozgovaya, Haaretz, 22 mars 2009). Et il suffit de lire le rapport des consuls européens à Jérusalem. Wiesel l’ignore-t-il ?

Lire aussi Alain Gresh, « Jérusalem, le rapport occulté », Le Monde diplomatique, juillet 2009. Dans une réponse à ce texte, « For Jerusalem, a response to Elie Wiesel » (Haaretz, 18 avril), Yossi Sarid écrit :

« Quelqu’un vous a trompé, mon cher ami. Non seulement un Arabe ne peut pas construire “n’importe où”, mais il peut remercier son Dieu s’il n’est pas expulsé de sa maison et jeté à la rue avec sa famille et des biens. Peut-être avez-vous entendu parler de résidents arabes de Sheikh Jarrah, qui ont vécu là depuis 1948, qui sont à nouveau devenus des réfugiés déracinés, parce que certains juifs se jouent des contraintes de l’espace à Jérusalem. »

« Ces juifs zélés insistent même pour s’insérer comme autant d’os dans les gorges des quartiers arabes, pour les purifier et les judaïser avec l’aide de riches bienfaiteurs américains, dont vous connaissez plusieurs personnellement. Dans les coulisses, notre premier ministre et le maire de Jérusalem activent les fils de ce spectacle de marionnettes tout en se défaussant de leur responsabilité face à cette anarchie et cette cupidité. C’est la raison réelle pour laquelle “les nouvelles et les anciennes tensions” dont vous parlez dans votre lettre refont surface, “avec une telle rapidité”. »

Wiesel conclut en appelant à ne pas résoudre le problème de Jérusalem, c’est-à-dire, clairement, à maintenir la ville sous occupation.

Ce n’est pas sa première intervention sur la question de Jérusalem. Déjà, durant les négociations entre Israéliens et Palestiniens avant la seconde Intifada, alors que la presse évoquait un partage de Jérusalem, il prenait la plume et publiait une tribune dans le quotidien Le Monde (« Jérusalem, il est urgent d’attendre », 17 janvier 2001), reprochant au premier ministre israélien d’alors ses éventuelles concessions. Ce texte, repris sur tous les sites pro-israéliens les plus extrémistes, pouvait ainsi se résumer : mieux vaut le mur des lamentations que la paix.

Dans les deux textes, celui de l’IHT et celui du Monde, Wiesel cite le rabbin hassidique Nahman de Breslev (né en 1772) pour justifier ses dires. Que dirait-on d’un intellectuel musulman qui citerait une sommité religieuse de l’époque des califes pour justifier la revendication musulmane sur Jérusalem ?

Cette « grande conscience », rarement critiquée publiquement, est pourtant un imposteur moral qui mériterait un traitement différent dans les médias.

Rappelons que, outre ses positions sur le conflit israélo-palestinien, il a fait l’éloge de la torture, celle du financier Bernard Madoff chez qui il avait placé une partie de sa fortune (il ne lui a jamais semblé immoral de gagner des millions de dollars grâce à lui quand ses combinaisons financières marchaient), comme le rapportait LeMonde.fr (« Bernard Madoff est un “psychopathe”, selon Elie Wiesel », 27 février 2009).

« “Psychopathe est un mot trop gentil pour le qualifier”, a déclaré M. Wiesel. “Il devrait être placé à l’isolement pendant au moins cinq ans avec un écran sur lequel seraient diffusées des photos de ses victimes. […] Il faudrait inventer n’importe quoi pour le faire souffrir. (…) Il devrait être présenté à des juges qui trouveraient un châtiment”, a ajouté ce survivant de l’Holocauste. »

D’autre part, comme le rappelle Max Blumenthal, un membre du lobby J-street, Elie Wiesel s’est adressé le 25 octobre 2009 à 6 000 chrétiens sionistes adeptes du pasteur John Hagee, un homme qui tient des propos homophobes, mais aussi négationistes et antisémites (rappelons qu’une partie des chrétiens sionistes sont antisémites) (« Elie Wiesel’s “Dear Pastor” Hagee Trashes Obama (and my response to Goldfarb/Goldberg) », 29 octobre 2009). En échange, si l’on peut dire, il a obtenu un chèque de 500 000 dollars pour sa fondation. Cette somme était d’autant plus nécessaire que la crise financière a frappé ce pauvre Wiesel et qu’il ne s’en est pas remis.

Nous avons déjà rappelé ce que le grand auteur de science-fiction Isaac Asimov écrivait de Wiesel, « qui a survécu à l’Holocauste et, depuis, ne sait plus parler d’autre chose. Ce jour-là, il m’a agacé en prétendant qu’on ne pouvait pas faire confiance aux savants, aux techniciens, parce qu’ils avaient contribué à rendre possible l’Holocauste. Voilà bien une généralisation abusive ! Et précisément le genre de propos que tiennent les antisémites : “Je me méfie des Juifs, parce que jadis, des Juifs ont crucifié mon Sauveur.” » Et Asimov ajoute : « J’ai laissé les autres débattre un moment en remâchant ma rancœur puis, incapable de me contenir plus longtemps, je suis intervenu : “Monsieur Wiesel, vous faites erreur ; ce n’est pas parce qu’un groupe humain a subi d’atroces persécutions qu’il est par essence bon et innocent. Tout ce que montrent les persécutions, c’est que ce groupe était en position de faiblesse. Si les Juifs avaient été en position de force, qui sait s’ils n’auraient pas pris la place des persécuteurs ?” »

Voir de même:

Elie Wiesel n’a pas le tatouage d’Auschwitz qu’il prétend avoir
Jean Robin
24 décembre 2012

Enquête exclusive d’Enquête & Débat. (To read the English version of this article, click here)

Qui ne connaît pas Elie Wiesel ? Véritable conscience vivante de la Shoah, il est l’un des survivants des camps, sinon le survivant le plus connu et reconnu mondialement. Prix Nobel de la paix en 1986, plus de 10 millions d’exemplaires de son livre La nuit ont été écoulés dans le monde entier depuis sa sortie en 1958, docteur honoris causa de plus d’une centaine d’universités dans le monde, Grand-croix de la Légion d’honneur en France, il a également reçu la Médaille d’or du Congrès américain. Or, notre enquête démontre et confirme qu’Elie Wiesel n’a pas le tatouage d’Auschwitz qu’il prétend avoir (dans son livre La nuit, qui n’est pas une fiction selon lui, et dans d’autres déclarations publiques, y compris certaines sous serment), le numéro A-7713. Le premier à l’avoir révélé, dans un silence médiatique total, fut Nikolaus Grüner, survivant d’Auschwitz lui aussi, qui a écrit un livre où il le révèle, ainsi que bien d’autres choses sur Elie Wiesel. Ne pouvant vérifier tout ce qu’il affirme dans son livre, Stolen Identity (Identité volée), nous avons voulu vérifier le fait le plus accablant, en contactant Auschwitz d’abord par mail, puis par téléphone. C’est le responsable des archives du musée, M. Plosa, qui a confirmé que le numéro A-7713, revendiqué par Elie Wiesel sans jamais l’avoir montré, avait été attribué à Lazar Wisel, né 15 ans avant lui, et qui ne peut donc par conséquent pas être confondu avec lui.

Voici tout d’abord notre échange téléphonique avec M. Plosa :

Et voici le mail traduit en français (pour voir la version originale en anglais cliquez ici) qu’il nous avait envoyé quelques jours auparavant :
“Oświęcim, 17 Décembre 2012
L.dz.I.Arch-577//202
Mr. Jean ROBIN
e-mail: jean@enquete-debat.fr

Cher Mr. Robin,
Merci beaucoup pour votre message du 4 Décembre 2012. J’aimerais vous informer qu’en nous basant sur les documents des archives dont nous disposons il est possible de déterminer les choses suivantes :
Le numéro de prisonnier A-7713 a été attribué le 24 mai 1944 à Mr. Lazar WISEL, né le 4 Septembre 1913 à Marmaroasieget (Hongrie). Après la liquidation et l’évacuation du camp d’Auschwitz, Mr. Lazar Wisel a été transféré à KL Buchenald. Son arrivée à ce camp date du 26 Janvier 1945.

Mr. Nikolaus GRÜNER, né le 4 ou le 6 avril 1928 à Nyiregihaza (Hongrie), avait dans le camp KL Auschwitz le numéro de prisonnier A-11104. Cela signifie que Mr. Grüner a été enregistré dans le camp le 31 mai 1944 après l’arrivée du transport depuis la Hongrie. Après la liquidation et l’évacuation du camp d’Auschwitz Mr. Nikolaus Grüner a été transféré à KL Buchenald. Son arrivée dans ce camp date du 26 Janvier 1945.
Cordialement
Wojciech Płosa
Responsables des Archives
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau à Oświęcim”

Ce mail était la réponse au nôtre (pour voir l’e-mail original en anglais cliquez ici) :

“Madame, monsieur,

Je suis un journaliste français qui travaille pour Enquête & Débat, et nous voulions nous assurer qu’Elie Wiesel a bien été prisonnier à Auschwitz.
Comme vous le savez, des rumeurs courent sur Internet selon lesquelles il n’a jamais été prisonnier à Auschwitz, puisque le numéro de prisonnier (A-7713 dans son cas) n’est pas tatoué sur son avant-bras gauche, comme on peut le voir sur cette vidéo.
Un autre prisonnier à Auschwitz, Miklos Grüner, prétend qu’Elie Wiesel n’était pas prisonnier à Auschwitz mais que Lazar Wiesel l’était, et Lazar Wiesel avait ce numéro A-7713 mais pas Elie Wiesel.
Donc pour savoir qui dit la vérité, pourriez-vous nous confirmer qu’Elie Wiesel, Miklos Grüner et Lazar Wiesel étaient prisonniers à Auschwitz, sous quelle identité et quel numéro ?

Cela nous aidera à nous débarrasser des négationnistes qui ont exploité cette suspicion depuis plus de 3 ans maintenant.
Bien cordialement
Jean Robin
(par ailleurs je suis également intéressé par ces questions car la partie juive de ma famille du côté de ma mère a péri en partie à Auschwitz, et mon arrière-grand-père paternel, Noël Robin, a été déporté à Buchenwald et à Dora – où il est mort – pour acte de résistance contre les nazis).”

Pourquoi avoir enquêté sur cette question maintenant ?

Certains d’entre vous, surtout si vous découvrez ainsi Enquête & Débat, se demanderont peut-être pourquoi nous avons décidé d’enquêter maintenant sur cette question. En effet, Nikolaus Grüner a publié ces révélations (et bien d’autres sur Elie Wiesel) il y a déjà quelques années dans son livre, dont nous vous recommandons la lecture. Même nous qui sommes extrêmement informés sur ces questions, et ce depuis de nombreuses années, nous n’en avions jamais entendu parler. Il a fallu que l’antisémite Alain Soral nous lance le défi de mener cette enquête, dans sa vidéo d’octobre 2012 (cliquez ici, et allez vers la 11ème minute), pour que nous en prenions connaissance. C’est alors qu’en nous penchant sur cette question, nous avons découvert que ce sujet était largement traité par les antisémites, négationnistes et autres nazis depuis plusieurs années. Ainsi, le frère Nathanaël sur lequel Soral s’appuie est un antisémite revendiqué et rabique : un rapide survol de son site internet ne laisse aucun doute à ce sujet. Soral lui-même est obsédé par les juifs et s’est même revendiqué de l’antisémitisme. Enfin, Carolyn Yeager, une nazie elle aussi revendiquée traque Wiesel depuis 2010 via un site où elle diffuse tout ce qui peut avoir un rapport direct ou indirect à la question du tatouage d’Elie Wiesel.

Or la dernière chose à faire serait de faire le cadeau du réel aux antisémites et aux négationnistes, pour paraphraser Alain Finkielkraut. Ces antisémites carabinés utilisent et instrumentalisent le travail et le prestige de Nikolaus Grüner, authentique déporté à Auschwitz et Buchenwald, sur lequel ne pèse aucun doute (il a même montré son tatouage à la télévision américaine) et qui prétend défendre la mémoire de son ami Lazar. Mais les véritables responsables de cette instrumentalisation du travail de Grüner par des antisémites, ce sont les médias et les personnalités en général qui ont eu vent de cette affaire Wiesel et qui n’ont jamais enquêté, ou contre-enquêté, comme nous venons de le faire. En effet, garder tout cela tabou permet à l’antisémitisme de grandir et de se parer des atours du réel, tout en renforçant la négation de la Shoah. En effet, si Wiesel n’est pas celui qu’il prétend être et qu’aucun média ni aucune personnalité ne l’a dénoncé alors qu’un livre avec des preuves factuelles est paru sur le sujet, alors les antisémites peuvent expliquer aux esprits faibles ou corrompus que l’antisémitisme ou le négationnisme a raison, quand l’anti-antisémitisme a tort, et ce factuellement. Encore plus quand il s’agit de l’un des symboles des rescapés de l’holocauste. En mémoire des déportés, dont un bon nombre de membres de ma propre famille, on ne peut laisser passer cela.

Quelles conséquences ont ces révélations ?

Cet échange avec le responsable des archives d’Auschwitz, ainsi que le mail reçu de leur part peu de temps auparavant, ne permet plus de douter. Il n’est même plus temps de vouloir demander à M. Wiesel (qui n’est pas revenu vers nous quand nous l’avons contacté par le biais de sa fondation) de montrer son tatouage pour faire taire les rumeurs. Il est temps pour les grands médias surtout, voire des personnalités prétendant être concernées par la Shoah, de se réveiller enfin et de ne plus laisser passer cela.

Je le répète : les médias n’ont pas fait leur travail, étant donné que le travail de recherche d’un ancien détenu indiscutable d’Auschwitz et de Buchenwald, donc témoin direct, existe depuis des années, et que nous avons pu le vérifier sur un point majeur.

La catastrophe, la Shoah, doit impérativement empêcher et interdire tout soupçon de fraude à son sujet. En plus M. Wiesel a été couvert d’éloges et d’argent depuis une cinquantaine d’années grâce ou à cause de la Shoah. Un survivant aussi illustre de la Shoah que M. Wiesel doit impérativement avoir un comportement exemplaire. J’en appelle donc à la communauté juive dans le monde, aux personnalités qui se sentent concernées par la Shoah et l’avenir de sa mémoire, ainsi qu’aux grands médias pour prendre leurs responsabilités et l’obliger à répondre aux questions graves qui se posent à son sujet. Il faut le faire pendant que MM. Wiesel et Grüner, les deux principaux concernés dans cette affaire, sont encore en vie, ce qui est une chance mais ne durera hélas plus très longtemps vu leur âge (ils ont tous deux plus de 80 ans).

Nous ignorons tout à fait si tout cela cache autant de choses que le prétend M. Grüner dans son livre. Mais cela nous suffit à publier noir sur blanc cet article factuel nourri d’indignation, de stupéfaction et de colère. Sans faire le moindre lien entre Elie Wiesel et les autres personnes dont il est question juste après, il convient de rappeler que l’histoire récente nous a fourni des exemples de fraudeurs et d’exploiteurs de la Shoah, qui ont porté un tort incommensurable à la mémoire des victimes et des déportés. Citons Misha Defonseca (1), et le film tiré du livre Survivre avec les loups, dont l’histoire était totalement inventée. Herman Rosenblat, qui avait inventé son histoire d’amour avec sa femme venant lui jeter des pommes de l’autre côté du camp de concentration. Etc.

M. Wiesel n’a désormais plus le choix, il doit la vérité au monde. Les honneurs qu’il a reçus depuis si longtemps, sa fortune, et sa gloire ne peuvent souffrir plus longtemps le doute, car l’affaire est désormais connue de trop de monde pour ne pas faire plus de dégâts. Alain Soral touche désormais des centaines de milliers de personnes avec ses vidéos, et Internet lui permet de doubler son audience tous les trimestres environ depuis 2 ans. Il n’est pas le seul antisémite revendiqué, hélas, à surfer sur la vague grandissante de la haine anti-juive, et la pire des choses consisteraient à fermer les yeux en attendant que l’orage passe. Non, l’orage ne passera pas, il ne fait que commencer.

Des médias qui n’enquêtent plus

La conclusion la plus amère à tirer de toute cette affaire revient sans doute aux médias. Alors qu’ils étaient les chiens de garde de la démocratie et de la liberté d’expression, ils en sont devenus les premiers ennemis. Nous avions déjà l’exemple de Matt Drudge, qui avait révélé l’affaire Monika Lewinski alors que de grands médias américains détenaient les mêmes informations que lui mais sans oser les publier. Wikileaks, avec ses limites, démontre également que les médias cachent bon nombre d’informations utiles à la démocratie. Maintenant cette affaire Wiesel démontre que les médias n’enquêtent plus, car cette affaire du numéro A-7713 était révélée en 2007 par une source sûre, et démontrée factuellement, preuves à l’appui. Nous n’avons fait que revérifier une information à sa source, et la porter à l’attention du grand public.

A l’ère d’Internet, les rapports de force entre citoyens et médias ne sont plus les mêmes. N’importe quel citoyen peut devenir un enquêteur, une source voire un journaliste de qualité. Les journalistes dits professionnels ont le plus souvent été formatés dans des écoles de journalisme dont le but est de faire “pisser de la copie” selon un format conforme aux attentes de l’actionnaire principal, qu’il s’agisse de l’État ou d’une multinationale en contrat avec l’État. Tout cela ne peut plus durer, de nouveaux médias totalement indépendants des anciens et de tout pouvoir politique ou financier doivent émerger afin de protéger voire réinstaurer la vérité là où elle a été bâillonnée. La démocratie en dépend.

Addendum 10 janvier 2013 : l’assistante d’Elie Wiesel nous raccroche au nez en guise de réponse.

(1) Elie Wiesel avait d’ailleurs soutenu et cautionné le livre de Misha Defonseca, contrairement à Raul Hilberg, Lawrence L. Langer of Newton et d’autres spécialistes de la Shoah qui avaient trouvé dès 2001 l’histoire impossible. La supercherie sera révélée en 2008.

Voir par ailleurs:

Chronique de la bêtise triomphante
Le comble du chic : être migrant + noir (ou arabe) + femme + homosexuelle…
C’est un nouveau produit qui s’expose en vitrine du magasin « la pensée folle ». Et ça se vend très bien.
Avec Benoît Rayski
Atlantico
7 Juillet 2015

Une femme ça souffre. Un Noir, une Noire, ou un (une) Arabe ça souffre. Un migrant(te), un immigré, ça souffre. Un gay ça souffre. Une lesbienne ça souffre. Tout ça, on le sait depuis longtemps. C’est disponible dans toutes les boutiques qui ont pour enseigne “abrutis du monde entiers unissez-vous !”.

Mais, comme on dit, on n’arrête pas le progrès. De nouveaux produits ont fait leur apparition, plus fins, plus modernes, plus pointus. Ils sont regroupés sous l’appellation de “intersectionnalité”. C’est un concept -je recopie Libération- “visant à regrouper les discriminations de classe, de sexe et de race.” Si j’ai bien compris, l’intersectionnalité prend en compte l’addition de plusieurs handicaps cumulés par la même personne. Par exemple : femme + Noire + lesbienne + immigrée. Dès lors la souffrance devient insupportable : c’est triple ou quadruple peine.

La question est posée en ces termes. “On sait les discriminations dont les femmes sont victimes. On étudie celles qui visent les Français d’origine algérienne ou les homosexuels. Mais quelle est la situation des femmes migrantes ou celle des hommes d’origine algérienne homosexuels ?”. Il est vrai qu’on peut avoir en même temps un rhume, une jambe cassée, une crise de foie. Plus c’est compliqué, mieux c’est… “L’intersectionnalité permet de penser de manière plurielle la domination masculine” écrit l’historienne Florence Rochefort.

Donc, vous pensez, en bonne logique, que le port du voile serait l’exemple le pus frappant de la “domination masculine”. Vous n’y êtes pas, mais pas du tout. Car vous n’avez pas fait d’études de sociologie et la vie ne vous a donné qu’un CAP de bon sens qui ne vaut pas un sou sur le marché de l’intersectionnalité. Océane Rosemarie sait, elle. Elle est comédienne, très certainement cultivée et présente un spectacle intitulé “La Lesbienne invisible”. Pour elle, en effet « lutter contre l’islamophobie est une priorité ». Car, c’est une autre givrée qui parle, les attaques contre les femmes voilées sont également “sexistes”.

Au royaume des fous (je ne dis pas des folles, ça pourrait être mal compris), la compétition est rude pour savoir qui s’assiéra sur le trône. Comme ça, pour le plaisir, j’ai tenté ma chance. Avec un produit du terroir. Un Creusois catholique (habitant du département de la Creuse, le plus pauvre de France) vivant du RMI, transsexuel et séropositif ! J’ai été brutalement retoqué au motif que la couleur n’était pas bonne, et la religion non plus. Tenace je n’ai pas abandonné le combat. Il fallait, ai-je compris tardivement, s’ouvrir vers le vaste monde. J’ai trouvé un produit qui approche de l’excellence. Une Erythréenne noire, voilée, lesbienne, migrante et handicapée moteur ! On m’a félicité mais on ne m’a rien promis tant la concurrence est forte.

PS : Dans les années 80, il y eu un chanteur très connu : Sammy Davis Jr. Il était de son propre aveu « noir, juif et borgne ». Il ne s’en plaignait pas. Aujourd’hui il serait recalé par les examinatrices de l’intersectionnalité : un mot de trop.

Voir aussi:

CHRONIQUE «AU MOT»
Intersectionnalité [nom] : concept visant à révéler la pluralité des discriminations de classe, de sexe et de race
Sonya Faure
Libération
2 juillet 2015

Intersectionnalité [nom] : concept visant à révéler la pluralité des discriminations de classe, de sexe et de race

Décryptage d’un terme qui apparaît ou ressurgit dans le débat public. Aujourd’hui, à l’occasion du partenariat de «Libération» avec le documentaire «Trop noire pour être Française ?», analyse du terme «intersectionnalité», de plus en plus débattu par les militants anti-racistes ou féministes.

Intersectionnalité [nom] : concept visant à révéler la pluralité des discriminations de classe, de sexe et de race

Comme en géométrie, ça parle de trajectoires qui se croisent et de zones de recoupement. Mais en France «l’intersectionnalité» est une notion avant tout utilisée par les sociologues. Le concept est à première vue simple: montrer que la domination est plurielle et tenter de mesurer l’impact de discriminations multiples – de sexe, de classe, de race surtout, mais aussi de handicap ou d’orientation sexuelle – qui se croisent, parfois se renforcent, mais pas toujours.

On sait les discriminations dont les femmes sont victimes. On étudie celles qui visent les Français d’origine algérienne. Ou les homosexuels. Mais quelle est la situation spécifique des femmes migrantes ou celle des hommes d’origine algérienne homosexuels? Peu connue du grand public, «l’intersectionnalité» fait aujourd’hui l’objet de multiples colloques universitaires et vient nourrir à nouveau les débats militants.
Un «hit concept»

A l’origine du concept, une juriste féministe américaine, Kimberlé Crenshaw, qui conceptualise alors une idée issue du black feminism américain. Dans un article de droit écrit en 1989 et devenu fameux (1), elle tente de comprendre pourquoi les femmes noires ont du mal à faire reconnaître par la justice les discriminations qu’elles subissent au travail. En droit américain, les victimes de discrimination doivent choisir le fondement de discrimination sur lequel elles vont engager leurs poursuites: le sexe ou la race par exemple. Or, cette contrainte joue contre les Noires, explique Crenshaw. Comme le résumait la juriste française Stéphanie Hennette-Vauchez, lors d’un colloque consacré à l’intersectionnalité à Brest, «si elles se présentent comme victimes de discriminations fondées sur le sexe, les juridictions les déboutent en soulignant que d’autres femmes (blanches) ne rencontrent pas les difficultés dont elles se plaignent. Si elles se présentent comme victimes de discriminations fondées sur la race, les juridictions les déboutent en soulignant que d’autres Noirs (des hommes) ne rencontrent pas les mêmes difficultés qu’elles.» Voilà l’exemple type de la discrimination intersectionnelle, écrit Crenshaw : les femmes noires ne sont pas discriminées comme femmes, ni comme Noires. Elles sont discriminées comme femmes noires. C’est à cela que doit servir l’intersectionnalité: révéler la spécificité de situations souvent invisibilisées.

Rapidement, l’intersectionnalité s’exporte et fait fureur – au risque de devenir «gadget», note Florence Rochefort. «Il est très étonnant de voir à quel point elle est devenue un «hit concept», pointe la philosophe Elsa Dorlin, qui vient de créer une nouvelle revue, «Comment s’en sortir», dont le premier numéro, passionnant, est consacré aux Féminismes noirs (2). Cette dissémination internationale repose d’ailleurs aussi sur un malentendu.» Issu d’une critique du droit américain, un cas d’école qui ne peut pas être transposé tel quel dans d’autres pays comme la France, l’intersectionnalité est devenu un mot-clef pour désigner les interactions plus générales entre le genre et d’autres situations de discrimination.
Penser de manière plurielle la domination masculine

En France justement, où elle débarque dans les années 2000, «l’intersectionnalité a permis de penser de manière plurielle la domination masculine», reconnaît l’historienne Florence Rochefort. Et la domination tout court, qui, traditionnellement en France, était avant tout étudiée comme un rapport de classe. Non pas que le croisement entre classe et sexe n’ait jamais été étudié. «Danièle Kergoat avait bien montré que la situation des ouvriers n’était pas la même que les ouvrières: ce n’est ni mieux ni moins bien, ce n’est simplement pas le même rapport de domination», rappelle la sociologue Armelle Testenoire.

Armelle Testenoire est de celles qui pensent que l’intersectionnalité est un outil utile, aussi bien dans le champ universitaire que politique. «Non seulement il offre une gymnastique intellectuelle et nous interdit de « raisonner toute chose égale par ailleurs ». Mais il permet d’étudier si telle ou telle mesure de politique publique visant à aider les femmes « en général » n’est pas en réalité discriminante pour une partie d’entre elles.»

Venue du militantisme féministe noir américain, devenue un outil de réflexion juridique puis sociologique et philosophique, l’intersectionnalité agite à nouveau depuis plusieurs années les milieux militants français – féministes notamment. Le mot y est devenu synonyme de la convergence des luttes contre le sexisme, l’homophobie ou le racisme. Mais il peut provoquer des débats houleux. Une nouvelle génération de féministes reproche en effet aux plus anciennes de ne pas assez s’ouvrir aux dimensions raciales et culturelles. «On ne peut pas considérer que toutes les femmes sont blanches», résume Rokhaya Diallo. A contrario, bien des associations antiracistes ne prennent pas en compte la question féministe ou les discriminations vécues par les homosexuels. La question du voile est l’acmé de ces dissensions. « La grande majorité des actes islamophobes concernent des femmes voilées, et sont donc manifestement sexistes. Or cela ne suscite aucune réaction des associations féministes traditionnelles», regrette Rokhaya Diallo.

Pour les militantes «traditionnelles» justement, comme au Collectif national pour les droits des femmes (CNDF) qui estime que le voile est avant tout un «instrument de marquage et d’oppression», l’intersectionnalité est mal comprise par les jeunes féministes françaises. «Plaquer les théories du black feminism sur le contexte français est tiré par les cheveux et ce n’est pas en regroupant un agrégat de gens qui ne se sentent pas représentés qu’on fait de l’intersectionnalité!, estime Suzy Rojtman, porte-parole du CNDF. Nous avons parlé de féminisme de classe dès les années 70, nous travaillons avec les femmes de ménages des hôtels de luxe: ça aussi c’est de l’intersectionnalité!»

Pour donner un visage à ce mot ardu, on aurait bien pensé à Oceanerosemarie dont le spectacle, «La lesbienne invisible», parle justement d’identités multiples. Pas si simple. Car pour la comédienne, derrière le mot «intersectionnalité» si souvent revendiqué, se cache parfois une certaine «hypocrisie»: «Beaucoup de féministes blanches se réclament de ce concept à la mode, qui ne leur pose pas de problème tant qu’il faut marcher avec les homosexuels pour le mariage gay, explique Oceanerosemarie. Mais leur intersectionnalité s’arrête quand il s’agit de manifester contre l’islamophobie, avec des associations, certes très problématiques, comme l’UOIF. Etre intersectionnelle suppose à  mon avis d’avoir des priorités: aujourd’hui la lutte contre l’islamophobie. Et donc d’accepter, parfois, d’être en présence de personnes qu’on aurait préféré ne jamais côtoyer.»

(1) « Demarginalizing the Intersection of Race and Sex: A Black Feminist Critique of Antidiscrimination Doctrine, Feminist Theory and Antiracist Politics », University of Chicago Legal Forum, 1989

(2) «Féminismes noirs», Revue Comment s’en sortir, n°1, Editions iXe, 14 euros et sur internet http://www.commentsensortir.org

(3) «Qu’est-ce que l’intersectionnalité» ? Revue L’Homme et la Société n°176, L’Harmattan

(4) Dans un article reproduit en français dans les Cahiers du genre en 2005.

Voir enfin:

Misogyny To Be Considered a Hate Crime For First Time in U.K.

Women in Nottinghamshire encouraged to report misogynist incidents in an effort to tackle sexual harassment.

The police force in Nottinghamshire, East Midlands, will become the first in the U.K. to record misogyny as a hate crime in an effort to tackle the increasing number of incidents in the county.

Misogynist hate crime is defined by the force as:  » Incidents against women that are motivated by an attitude of a man towards a woman and includes behaviour targeted towards a woman by men simply because they are a woman. »

The new category will include everything from verbal comments to unwanted physical approaches. The use of mobile devices to send uninvited messages or take photographs without consent will also warrant police attention. When reported, Nottinghamshire police will investigate the claim and specially trained officers will provide support for the victim. Domestic abuse will not be recorded as a misogyny hate crime because it already has a separate comprehensive procedure.

« What women face, often on a daily basis, is absolutely unacceptable and can be extremely distressing, » said Chief Constable Sue Fish. « Nottinghamshire Police is committed to taking misogynistic hate crime seriously and encourages anyone who is affected by it to contact us without hesitation. »

The urgent need to provide greater support for women facing abuse of various kinds became clear during the Nottinghamshire Safer for Women Conference last year, when, while reporting on the event, Sarah Teale, a BBC broadcaster was verbally harassed by a man in the street.

« We’re pleased to see Nottinghamshire Police recognize the breadth of violence and intimidation that women experience on a daily basis in our communities,” said Melanie Jeffs, centre manager at Nottingham Women’s Centre. « Understanding this as a hate crime will help people to see the seriousness of these incidents and hopefully encourage more women to come forward and report offences. »

Sam Smethers, Chief Executive at The Fawcett Society, the leading U.K. charity campaigning for women’s rights, is supportive of Nottinghamshire Police’s decision:

« This is what the Fawcett Society has been calling for. Nottinghamshire Police’s commitment to taking misogynistic hate crime seriously should be welcomed and rolled out nationwide, » she said in a statement issued to Newsweek. “We need to call out misogyny for what it is – a hate crime. Women and girls face a tidal wave of abuse and harassment every day. Our law has to send a clear signal that this is not acceptable. It is a crime.”

Rachel Noble, Women’s Rights Policy Adviser at ActionAid U.K., a charity providing hands-on support to women and children in need, agrees.  She also hopes that the initiative will draw attention to female harassment across the world: « Nottinghamshire Police force have taken an important step in recognising the scope and scale of the violence and harassment that women face every day, » she told Newsweek.

“For far too long women and girls in this country and around the world have endured misogynistic abuse as they go about their daily lives, amongst many other forms of violence and harassment. ActionAid’s own research highlights that globally three in four women experience harassment on the streets of their cities. »


Policiers tués à Dallas: Attention, une violence peut en cacher une autre ! (The real danger behind the myths of the “Black Lives Matter” movement)

9 juillet, 2016

Fry'em

Pigs AADL Micah Xavier JohnsonBHOCharleston-Dallas
https://jcdurbant.files.wordpress.com/2015/10/homicidesbyrace.gif?w=450baby-killed-drive-by-shooting

I had feared that thousands of furious blond, blue-eyed women and their brunette sympathizers would take their rage into the streets, burning, killing and looting. While I don’t condone rioting, the historic and sociological reasons would have made such violence understandable. As one woman told me after the verdict: « For thousands of years, we have been putting up with abuse from large, strong, arrogant, evil-tempered men. « There is no group on Earth that has been kicked around the way women have. Since the dawn of history, we’ve been beaten, violated, enslaved, abandoned, stalked, pimped, murdered and even dissed by men. « Now this jury and the legal system have sent a clear message to society: It’s OK for men to cut our throats from ear to ear. » Mike Royko
« 60 % à 70 % » des détenus en France sont musulmans alors qu’ils représentent « à peine 12 % de la population totale du pays ». « Sur un continent où la présence des immigrés et de leurs enfants dans les systèmes carcéraux est généralement disproportionnée, les données françaises sont les plus flagrantes. En Grande-Bretagne, 11 % des prisonniers seraient musulmans, pour 3 % de la population. Une étude de l’ONG Open Society du milliardaire américain George Soros souligne de son côté qu’aux Pays-Bas, 20 % des détenus sont musulmans alors qu’ils représentent 5,5 % de la population, et, en Belgique, au moins 16 % de la population carcérale pour 2 % de la population totale. Les chiffres avancés ne sont pas officiels, car l’Etat français ne demande pas à ses citoyens de communiquer leur origine ou leur religion. En revanche, le quotidien affirme qu’il s’agit d’« estimations généralement acceptées » par les démographes et les sociologues. The Washington Post
Savez-vous que les Noirs sont 10 pour cent de la population de Saint-Louis et sont responsables de 58% de ses crimes? Nous avons à faire face à cela. Et nous devons faire quelque chose au sujet de nos normes morales. Nous savons qu’il y a beaucoup de mauvaises choses dans le monde blanc, mais il y a aussi beaucoup de mauvaises choses dans le monde noir. Nous ne pouvons pas continuer à blâmer l’homme blanc. Il y a des choses que nous devons faire pour nous-mêmes. Martin Luther King (St Louis, 1961)
Nous devons admettre le fait que ce type de violence n’arrive pas dans d’autres pays développés (…) Le fait que cela ait eu lieu dans une église noire soulève évidemment des questions sur une page sombre de notre histoire. Ce n’est pas la première fois que des églises noires ont été attaquées. Et nous savons que la haine entre les races et les religions posent une menace particulière pour notre démocratie et nos idéaux. Barack Hussein Obama (19.06.2015)
Je pense qu’il est très difficile de démêler les motivations de ce tireur. Par définition, si vous tirez sur des gens qui ne constituent aucune menace pour vous, vous avez un problème. Barack Hussein Obama (09.07.2016)
L’Amérique n’est pas aussi divisée qu’on le suggère (…)  L’individu dément qui a accompli ces attaques, il n’est pas plus représentatif des Noirs américains que le tireur de Charleston ne l’était des Américains blancs ou que le tireur d’Orlando ou de San Bernardino n’était représentatif des Américains musulmans. Barack Hussein Obama (09.07.2016)
It’s just not the police. (…) It’s a kind of anti-black mood, anti-semitism, anti-Muslim bashing, immigrant bashing, female bashing, a kind of mean spirited division in the country. (…) The poison of the rhetoric has had a devastating impact. (…) Just the permissiveness of violence towards black people is ready and apparent. We’ve being used as scapegoats for deeper economic and social fears. (…) It’s not just Trump, it’s the followers of Trump. Jessie Jackson
But what about all the other young black murder victims? Nationally, nearly half of all murder victims are black. And the overwhelming majority of those black people are killed by other black people. Where is the march for them? Where is the march against the drug dealers who prey on young black people? Where is the march against bad schools, with their 50% dropout rate for black teenaged boys? Those failed schools are certainly guilty of creating the shameful 40% unemployment rate for black teens? How about marching against the cable television shows constantly offering minstrel-show images of black youth as rappers and comedians who don’t value education, dismiss the importance of marriage, and celebrate killing people, drug money and jailhouse fashion—the pants falling down because the jail guard has taken away the belt, the shoes untied because the warden removed the shoe laces, and accessories such as the drug dealer’s pit bull. (…) There is no fashion, no thug attitude that should be an invitation to murder. But these are the real murderous forces surrounding the Martin death—and yet they never stir protests. The race-baiters argue this case deserves special attention because it fits the mold of white-on-black violence that fills the history books. Some have drawn a comparison to the murder of Emmett Till, a black boy who was killed in 1955 by white racists for whistling at a white woman. (…) While civil rights leaders have raised their voices to speak out against this one tragedy, few if any will do the same about the larger tragedy of daily carnage that is black-on-black crime in America. (…) Almost one half of the nation’s murder victims that year were black and a majority of them were between the ages of 17 and 29. Black people accounted for 13% of the total U.S. population in 2005. Yet they were the victims of 49% of all the nation’s murders. And 93% of black murder victims were killed by other black people, according to the same report. (…) The killing of any child is a tragedy. But where are the protests regarding the larger problems facing black America? Juan Williams
The absurdity of Jesse Jackson and Al Sharpton is that they want to make a movement out of an anomaly. Black teenagers today are afraid of other black teenagers, not whites. … Trayvon’s sad fate clearly sent a quiver of perverse happiness all across America’s civil rights establishment, and throughout the mainstream media as well. His death was vindication of the ‘poetic truth’ that these establishments live by. Shelby Steele
Would Trayvon be alive today had he been walking home—Skittles and ice tea in hand—wearing a polo shirt with an alligator logo? Possibly. And does this make the ugly point that dark skin late at nigh