Antisémitisme/Europe: Qui sème le vent … (Reaping the whirlwind: 40% of Europeans hold demonic views of Israel)

21 juillet, 2013
demonizingisraelandthejewsPhoto : WHAT'S WRONG WITH THIS PICTURE ? (Burn, baby, burn : More ambulance chasing from Post racial in chief)To me belongeth vengeance and recompence; their foot shall slide in due time: for the day of their calamity is at hand, and the things that shall come upon them make haste.Deuteronomy 32: 35Dearly beloved, avenge not yourselves, but rather give place unto wrath: for it is written, Vengeance is mine; I will repay, saith the Lord.Paul (Romans 12: 19)http://www.breitbart.com/Big-Government/2013/07/20/Rally-for%20Trayvon-Vegas-StyleBefore the 1960s the black American identity (though no one ever used the word) was based on our common humanity, on the idea that race was always an artificial and exploitive division between people. After the ’60s—in a society guilty for its long abuse of us—we took our historical victimization as the central theme of our group identity. We could not have made a worse mistake. It has given us a generation of ambulance-chasing leaders, and the illusion that our greatest power lies in the manipulation of white guilt. Shelby Steelehttps://jcdurbant.wordpress.com/2012/04/12/antiracisme-une-generation-de-chasseurs-dambulances-black-teenagers-are-afraid-of-black-teenagers-stupid/http://blogcritics.org/watts-riots-burn-baby-burn/https://i0.wp.com/sadhillnews.com/wp-content/uploads/2012/03/120324-if-i-had.jpgPuisqu’ils ont semé du vent, ils moissonneront la tempête. Osée 8: 7
Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère; car il est écrit: A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur. Paul (Romains 12: 19)
L’oppression mentale totalitaire est faite de piqûres de moustiques et non de grands coups sur la tête. (…) Quel fut le moyen de propagande le plus puissant de l’hitlérisme? Etaient-ce les discours isolés de Hitler et de Goebbels, leurs déclarations à tel ou tel sujet, leurs propos haineux sur le judaïsme, sur le bolchevisme? Non, incontestablement, car beaucoup de choses demeuraient incomprises par la masse ou l’ennuyaient, du fait de leur éternelle répétition.[…] Non, l’effet le plus puissant ne fut pas produit par des discours isolés, ni par des articles ou des tracts, ni par des affiches ou des drapeaux, il ne fut obtenu par rien de ce qu’on était forcé d’enregistrer par la pensée ou la perception. Le nazisme s’insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s’imposaient à des millions d’exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente. Victor Klemperer
Vous savez, quand Trayvon Martin a été tué, j’avais dit qu’il aurait pu être mon fils. Une autre manière de formuler les choses, c’est de dire que Trayvon Martin, ç’aurait pu être moi, il y a 35 ans. (…) Dans ce pays, il y a très peu d’hommes Américains d’origine africaine qui n’ont pas fait l’expérience d’être suivis quand ils faisaient des courses dans un grand magasin. Je l’ai été moi aussi. Il y a très peu d’Américains d’origine africaine qui n’ont pas fait l’expérience de prendre l’ascenseur et de voir une femme serrer son porte-monnaie nerveusement et retenir sa respiration jusqu’à ce qu’elle puisse sortir. Cela arrive souvent. Obama
My publisher, Rene van Praag of RVP Publishers says that just as many stories are too small for leading newspapers, a few are ‘too big’. Once it becomes widely known that out of 400 million adult E.U citizens, 150 million have demonic anti-Semitic views, the possible consequences for the EU’s image, its politics and its need to act, cannot be ignored. The EU presents itself as a “model of democracy and promoter of human rights.” From the 150 million number of citizens with demonic views of Israel and the book’s interviews, it also emerges as a conglomeration of anti-Israel hate-mongering and a widespread criminal worldview. In the 1930’s European countries had huge number of citizens with a criminal worldview of the Jews. In view of the Holocaust thereafter and other atrocities this similarity pulls the bottom out of the image of a humanitarian Europe. It may for instance become difficult for the EU to avoid investigating who has contributed to creating this criminal worldview? That should lead to explosive results. One will for instance, have to point at leading EU and national politicians in various countries. This would not only be a further assault on the EU’s contrived humanitarian image, but also on some countries and political parties. These European hate-mongers do not necessarily believe themselves that Israel exterminates the Palestinians, or behaves like the Nazis. Their biased statements however, all contribute to this image. This is the method of “the thousands cuts.” On an individual basis, none of these attacks has caused the dramatic results the studies show. However, together they have created them. Another element is the trivialization and partly hiding of major horrific events in the European countries’ own past. In this way, a far too rosy picture of Europe’s own history is painted. This is then compared to the greatly falsified picture of Israel. Very important is also the far too little attention given to the widespread criminality and hate-mongering in large parts of Palestinian society and many Arabic and Muslim states. If mass murders, terror attacks and other major crimes there were highlighted proportionally to the size of the population and misconduct in those countries, news about Israel would be comparatively negligible. Looking away from major crimes in the Muslim world is an example of what we might call humanitarian racism. Many people ignore the crimes of colored people because they are perceived as weak. Such racists often falsely claim that they belong in the anti-racist camp. Another major one is that the widespread European criminal worldview of the 1930’s was the precursor to major crimes committed in Europe in the 1940’s. It raises the question – what could the current criminal worldview lead to? Will it again lead to major European crimes, this time against Israel? Or will Europeans be criminal bystanders when many in Muslim countries will want to commit extreme crimes against Israel? Dr. Manfred Gerstenfeld
Au moins 150 millions d’Européens perçoivent Israël comme animé d’intentions maléfiques. Ce sont les résultats d’une étude de l’Université de Bielefeld, publiée en 2011, à la demande de la Fondation allemande, sociale et démocratique Freidrich Ebert. En dépit de ces découvertes scandaleuses, ce rapport n’a guère capté la moindre attention, où que ce soit. Cette enquête s’est déroulée dans sept pays européens. Les chercheurs ont sondé les gens pour savoir s’ils pensaient qu’Israël se livre à une guerre d’extermination contre les Palestiniens. Les pourcentages les plus faibles de ceux en accord avec cette proposition se trouvent en Italie et aux Pays-Bas, avec un taux légèrement au-dessus de 40%. L’Angleterre, l’Allemagne, le Portugal et la Hongrie se situaient tous entre 40 et 50%. En Pologne, la configuration atteignait 63%. Une étude du Centre sur la Shoah de Norvège posait la question d’une façon quelque peu différente : « Les Israéliens se comportent-ils comme les Nazis ? ». Trente-huit pour cent de ceux interrogés ont répondu : « Oui ». (…) Les découvertes de ces deux études apportent un éclairage saisissant sur l’image qu’un grand nombre d’Européens entretiennent de l’Etat Juif comme étant, nécessairement, malveillant et extrémiste. Elles évoquent l’antisémitisme le plus grave des deux derniers millénaires passés. (…) Avec une vision aussi diabolisée de l’Etat Juif, un vaste nombre d’Européens a, ainsi, ranimé un état d’esprit antisémite qui semble surgi du Moyen-Âge. Il y a, probablement, autant d’Européens contaminés par ces opinions profondément erronées qu’il existait d’antisémites en Europe avant qu’Hitler ne parvienne au pouvoir. Cette vision radicale d’Israël reste encore latente. Pourtant, elle s’exprime aussi à travers les incidents antisémites et anti-israéliens. Cela dit, ce qui demeure souterrain pourrait exploser à l’avenir, tout comme cela s’est produit auparavant. La question cruciale subsiste : d’où provient ce point de vue diabolisant ? Trois facteurs, au moins, ont, graduellement, contribué à son apparition. Le premier correspond à la méthode de délégitimation à « petit feu ». Elle consiste à publier, aussi fréquemment que possible des nouvelles négatives au sujet d’Israël. Elle est instaurée par des mensonges répétitifs, de fausses accusations, la fabrication de « meurtres rituels », d’articles bourrés de distorsions et de préjugés, de condamnations officielles et ainsi de suite. La télévision, d’autres medias, des hommes politiques et d’anciens politiciens, certains dirigeants d’Eglise, de nombreuses ONG humanitaires politisées, des universitaires, autant que des Juifs et Israéliens animés par la haine de soi, ont tous, à un degré ou un autre, contribué à cet état de fait. Cela s’ajoute au façonnement de cette opinion extrêmement malveillante envers Israël. Les nouvelles positives en provenance d’Israël sont souvent occultées par les médias. En noircissant l’image d’Israël, les sentiments de culpabilité relatifs à la collaboration avec les Nazis et à l’échec de beaucoup de représentants des autorités et de destins individuels, durant la Shoah, peuvent, ainsi, être réprimés, refoulés. Le second point réside dans l’attention réduite accordée à l’énorme taux de criminalité et au très haut degré d’incitation à la haine qui se propagent dans de vastes secteurs de la société palestinienne et de nombreux Etats arabo-musulmans. Si les massacres de masse, les attaques terroristes et d’autres crimes fondamentaux bénéficiaient d’un éclairage proportionnel à la taille de la population et à la hauteur des fautes commises dans ces pays, les nouvelles concernant Israël resteraient comparativement négligeables. En même temps, les Etats Européens n’ont pas été à la hauteur de leurs engagements, dans le cadre de la Convention de l’ONU sur le Génocide, d’envoyer devant un Tribunal International des planificateurs musulmans de génocide, tels que l’Iran et le Hamas. Le troisième facteur qui a contribué à la délégitimation d’Israël c’est la minimisation de sinistres évènements s’étant déroulés, dans le propre passé des pays européens. De cette façon, on dépeint une image bien plus rose de l’histoire de cette société, qui est ensuite comparée au portrait excessivement malmené et déprécié d’Israël. Dr. Manfred Gerstenfeld

Qui sème le vent …

A l’heure où, sondages calamiteux obligent en ces temps de basses eaux médiatiques estivales, le Chasseur d’ambulances en chef de la Maison blanche se sent à nouveau obligé d’attiser les flammes suite à l’acquittement du vigile bénévole George Zimmerman …

Et où, pour mieux faire passer son apologie de l’islam, le candidat mandchou Reza Aslan nous sort la diffamation du siècle sur un Jésus non seulement chef de guerre mais chef de guerre raté …

Faut-il s’étonner, comme le rappelle le nouveau livre du Dr. Manfred Gerstenfeld, de cette série d’enquêtes soigneusement conservées depuis des années dans les tiroirs de l’Union européenne …

Pointant toutes les quelque 40 % d’Européens déclarant des opinions anti-israéliennes ?

Car ne font-elles après tout autre chose …

Sans compter la pression nouvelle de millions d’immigrés et d’électeurs d’origine musulmane …

Que réfléter les décennies de délégitimation à petit feu de l’Etat juif par nos élites et leurs relais médiatiques ?

The Untold Truth: 150 Million Europeans Hate Israel

Simon Plosker

July 1, 2013

In a thought-provoking new book, Demonizing Israel and the Jews, Dr. Manfred Gerstenfeld, a board member of the Jerusalem Center for Public Affairs, posits that today, well over 150 million Europeans believe that Israel is exterminating the Palestinians. This current widespread demonic view of Israel is a new mutation of the diabolical beliefs about Jews which many held in the Middle Ages, and those promoted more recently by the Nazis and their allies.

This collection of 57 interviews with scholars, politicians, and the like, including HonestReporting’s Managing Editor Simon Plosker, depicts how extensive and intense the hate-mongering is.

In an exclusive two-part interview to coincide with the publication of his book (available for purchase on Amazon), we asked Manfred Gerstenfeld about the important issues raised and why its conclusions appear to have been swept under the carpet by the mainstream media.

HR: In your new book Demonizing Israel and the Jews, you state that more than 150 million adult citizens of the European Union hold a demonic view of Israel and that this resembles the diabolical view many people in the Middle Ages had of Jews. What do you mean by that?

MG: The core element of anti-Semitism for almost two millennia has been that Jews represent “absolute evil.” The notion what absolute evil is, has changed over the centuries. Many Christians falsely claimed that the Jews had killed God’s alleged son – the worst thing imaginable in their minds. For the Nazis, absolute evil was if people were sub-human, vermin, bacteria and so on in their eyes. After the Holocaust, the worst thing possible now is to commit genocide, or to behave like the Nazis did.

HR: What is your book’s statement that more than 150 million EU citizens have a demonic view of Israel based upon?

MG: Various studies asked respondents whether they agree with statements such as, “Israel is conducting a war of extermination against the Palestinians,” or “Israel behaves toward the Palestinians like the Nazis did toward the Jews.” Studies in seven E.U. countries confirm that about 40% or more people there hold such demonic views. Similar studies confirm this for the non-E.U. countries Norway and Switzerland. Several other studies also show strongly negative views of E.U. citizens about Israel.

HR: Most of these studies are not new. Why weren’t they given prominence much earlier?

MG: One can only guess. Results of these studies should make European leaders and opinion-makers extremely uncomfortable. For instance, the Norwegian Government paid for a 2012 study by the Oslo Holocaust Center. The authors of the study avoided writing that the 38% of Norwegians who believe that Israel behaves like Nazis toward the Palestinians, are extreme anti-Semites. Yet they must have known that having such attitudes is an anti-Semitic act as defined by the European working definition of anti-Semitism.

HR: If these studies are already known, what is new about your book on this issue?

MG: For the first time, these studies which point to the same conclusions are listed together. They back up my estimate that at least 150 million adult citizens of the EU have such a demonic view of Israel. This a clear strong message to convey widely.

HR: Have journalists been in contact with you about this?

MG: I have been interviewed at length by several European journalists about my book. Some work for newspapers with huge circulations. They have shown great interest in this story and told me that the figures were convincing I have not seen anything in their papers yet, however.

HR: Why do you think that is?

MG: My publisher, Rene van Praag of RVP Publishers says that just as many stories are too small for leading newspapers, a few are ‘too big’.

HR: What does a ‘too big story mean” in this case?

MG: Once it becomes widely known that out of 400 million adult E.U citizens, 150 million have demonic anti-Semitic views, the possible consequences for the EU’s image, its politics and its need to act, cannot be ignored. The EU presents itself as a “model of democracy and promoter of human rights.” From the 150 million number of citizens with demonic views of Israel and the book’s interviews, it also emerges as a conglomeration of anti-Israel hate-mongering and a widespread criminal worldview. In the 1930’s European countries had huge number of citizens with a criminal worldview of the Jews. In view of the Holocaust thereafter and other atrocities this similarity pulls the bottom out of the image of a humanitarian Europe.

HR: Are there other possible consequences?

MG: It may for instance become difficult for the EU to avoid investigating who has contributed to creating this criminal worldview? That should lead to explosive results. One will for instance, have to point at leading EU and national politicians in various countries. This would not only be a further assault on the EU’s contrived humanitarian image, but also on some countries and political parties. These European hate-mongers do not necessarily believe themselves that Israel exterminates the Palestinians, or behaves like the Nazis. Their biased statements however, all contribute to this image. This is the method of “the thousands cuts.” On an individual basis, none of these attacks has caused the dramatic results the studies show. However, together they have created them.

HR: What else has contributed to Europe’s criminal worldview of Israel?

MG: Another element is the trivialization and partly hiding of major horrific events in the European countries’ own past. In this way, a far too rosy picture of Europe’s own history is painted. This is then compared to the greatly falsified picture of Israel.

Very important is also the far too little attention given to the widespread criminality and hate-mongering in large parts of Palestinian society and many Arabic and Muslim states. If mass murders, terror attacks and other major crimes there were highlighted proportionally to the size of the population and misconduct in those countries, news about Israel would be comparatively negligible. Looking away from major crimes in the Muslim world is an example of what we might call humanitarian racism. Many people ignore the crimes of colored people because they are perceived as weak. Such racists often falsely claim that they belong in the anti-racist camp.

HR: Any other possible considerations concerning the findings of your book?

MG: Another major one is that the widespread European criminal worldview of the 1930’s was the precursor to major crimes committed in Europe in the 1940’s. It raises the question – what could the current criminal worldview lead to? Will it again lead to major European crimes, this time against Israel? Or will Europeans be criminal bystanders when many in Muslim countries will want to commit extreme crimes against Israel? My book thus exposes a potentially huge story.

Voir aussi:

La Vision Criminelle portée par l’Europe sur Israël

Manfred Gerstenfeld

Lessakale

18 avril 2013

Au moins 150 millions d’Européens perçoivent Israël comme animé d’intentions maléfiques. Ce sont les résultats d’une étude de l’Université de Bielefeld, publiée en 2011, à la demande de la Fondation allemande, sociale et démocratique Freidrich Ebert-1-[1]. En dépit de ces découvertes scandaleuses, ce rapport n’a guère capté la moindre attention, où que ce soit.

Cette enquête s’est déroulée dans sept pays européens. Les chercheurs ont sondé les gens pour savoir s’ils pensaient qu’Israël se livre à une guerre d’extermination contre les Palestiniens. Les pourcentages les plus faibles de ceux en accord avec cette proposition se trouvent en Italie et aux Pays-Bas, avec un taux légèrement au-dessus de 40%. L’Angleterre, l’Allemagne, le Portugal et la Hongrie se situaient tous entre 40 et 50%. En Pologne, la configuration atteignait 63%. Une étude du Centre sur la Shoah de Norvège posait la question d’une façon quelque peu différente : « Les Israéliens se comportent-ils comme les Nazis ? ». Trente-huit pour cent de ceux interrogés ont répondu : « Oui » -2-[2].

L’accusation selon laquelle Israël est en train d’exterminer les Palestiniens relève d’une calomnie criminelle. Au cours des deux années allant de la fin 1941 à la fin 1943, seulement dans les camps d’extermination de Treblinka, Belzec et Sobibor, 2 millions de Juifs ont été assassinés par les Allemands. Les moyens technologiques ont grandement « évolué » depuis lors. Si l’accusation génocidaire avait la moindre once de vérité, on aurait fini d’exécuter les derniers enfants et adultes palestiniens, il y a belle lurette ! Pourtant le nombre de Palestiniens a continué d’augmenter considérablement, tout au long de ces dernières décennies. Des enfants palestiniens voient le jour dans des hôpitaux israéliens et ceux qui sont malades sont soignés par des médecins israéliens.

Les découvertes de ces deux études apportent un éclairage saisissant sur l’image qu’un grand nombre d’Européens entretiennent de l’Etat Juif comme étant, nécessairement, malveillant et extrémiste. Elles évoquent l’antisémitisme le plus grave des deux derniers millénaires passés. Aux premiers siècles de la Chrétienté, fut lancée la fasse accusation, disant que les Juifs avaient commis un déicide, en tuant le prétendu fils de D.ieu. A cette époque, on n’aurait pas pu imaginer un crime plus grand. Des Juifs, identifiables comme tels, vivant dans certains pays européens m’ont raconté que, même de nos jours, des gens les abordent parfois pour leur dire : « Vous avez tué Jésus ».

La sécularisation n’a cessé de se poursuivre, après le siècle des Lumières. De ce fait, les symboles du Mal Absolu ont aussi subi une mutation. Au sein d’Etats fortement nationalistes, on a commencé à considérer d’autres groupes ethniques comme inférieurs. Dans l’Allemagne nazie, cette vision a été portée à son paroxysme : les Juifs ont été totalement déshumanisés et définis comme « sous-hommes » « vermine », ou « bactéries ». A nouveau, ils incarnaient le « Mal Absolu », de la façon dont ils étaient perçus à cette époque et cela a mené à la Shoah et au génocide des Juifs.

La représentation du Mal Absolu a encore changé dans le monde occidental, après la Seconde Guerre Mondiale. Il s’est transformé en soupçon de commettre un génocide et de se comporter comme les Nazis. Les deux études mentionnées précédemment montrent qu’une minorité très consistante d’Européens porte ce type de regard sur Israël. L’étude ne couvre pas tous les pays européens, cela dit, on peut considérer qu’elle reste représentative.

Avec une vision aussi diabolisée de l’Etat Juif, un vaste nombre d’Européens a, ainsi, ranimé un état d’esprit antisémite qui semble surgi du Moyen-Âge. Il y a, probablement, autant d’Européens contaminés par ces opinions profondément erronées qu’il existait d’antisémites en Europe avant qu’Hitler ne parvienne au pouvoir. Cette vision radicale d’Israël reste encore latente. Pourtant, elle s’exprime aussi à travers les incidents antisémites et anti-israéliens. Cela dit, ce qui demeure souterrain pourrait exploser à l’avenir, tout comme cela s’est produit auparavant.

La question cruciale subsiste : d’où provient ce point de vue diabolisant ? Trois facteurs, au moins, ont, graduellement, contribué à son apparition. Le premier correspond à la méthode de délégitimation à « petit feu ». Elle consiste à publier, aussi fréquemment que possible des nouvelles négatives au sujet d’Israël. Elle est instaurée par des mensonges répétitifs, de fausses accusations, la fabrication de « meurtres rituels », d’articles bourrés de distorsions et de préjugés, de condamnations officielles et ainsi de suite.

La télévision, d’autres medias, des hommes politiques et d’anciens politiciens, certains dirigeants d’Eglise, de nombreuses ONG humanitaires politisées, des universitaires, autant que des Juifs et Israéliens animés par la haine de soi, ont tous, à un degré ou un autre, contribué à cet état de fait. Cela s’ajoute au façonnement de cette opinion extrêmement malveillante envers Israël. Les nouvelles positives en provenance d’Israël sont souvent occultées par les médias. En noircissant l’image d’Israël, les sentiments de culpabilité relatifs à la collaboration avec les Nazis et à l’échec de beaucoup de représentants des autorités et de destins individuels, durant la Shoah, peuvent, ainsi, être réprimés, refoulés.

Le second point réside dans l’attention réduite accordée à l’énorme taux de criminalité et au très haut degré d’incitation à la haine qui se propagent dans de vastes secteurs de la société palestinienne et de nombreux Etats arabo-musulmans. Si les massacres de masse, les attaques terroristes et d’autres crimes fondamentaux bénéficiaient d’un éclairage proportionnel à la taille de la population et à la hauteur des fautes commises dans ces pays, les nouvelles concernant Israël resteraient comparativement négligeables. En même temps, les Etats Européens n’ont pas été à la hauteur de leurs engagements, dans le cadre de la Convention de l’ONU sur le Génocide, d’envoyer devant un Tribunal International des planificateurs musulmans de génocide, tels que l’Iran et le Hamas.

Le troisième facteur qui a contribué à la délégitimation d’Israël c’est la minimisation de sinistres évènements s’étant déroulés, dans le propre passé des pays européens. De cette façon, on dépeint une image bien plus rose de l’histoire de cette société, qui est ensuite comparée au portrait excessivement malmené et déprécié d’Israël. La question subsiste, par conséquent, de savoir s’il n’y a uniquement que le fait que des désastres s’abattent sur Israël qui puissent encore ouvrir les yeux des peuples ou s’il y a quoi que ce soit d’autre qu’on puisse faire pour combattre cette tendance ?

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

Adaptation : Marc Brzustowski.


Scoop: Jésus était non seulement un chef de guerre mais un chef de guerre raté ! (Zealot: Muslim manchurian candidate Reza Aslan pulls out the character assassination of the century)

20 juillet, 2013
https://i2.wp.com/rlv.zcache.fr/candidat_mandchou_carte_postale-p239306756309212782baanr_400.jpg https://i2.wp.com/www.thelavinagency.com/content/blog/8954/cblog_d216e4f627-thumbc.jpgNe croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Jésus (Matthew 10: 34)
Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne fusse pas livré aux Juifs; mais maintenant mon royaume n’est point d’ici-bas. Jésus (Jean 18: 36)
Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes. Jésus (Matthieu 10: 16)
Hommes Israélites, prenez garde à ce que vous allez faire à l’égard de ces gens. Car, il n’y a pas longtemps que parut Theudas, qui se donnait pour quelque chose, et auquel se rallièrent environ quatre cents hommes: il fut tué, et tous ceux qui l’avaient suivi furent mis en déroute et réduits à rien.Après lui, parut Judas le Galiléen, à l’époque du recensement, et il attira du monde à son parti: il périt aussi, et tous ceux qui l’avaient suivi furent dispersés. Et maintenant, je vous le dis ne vous occupez plus de ces hommes, et laissez-les aller. Si cette entreprise ou cette oeuvre vient des hommes, elle se détruira;mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d’avoir combattu contre Dieu. Gamaliel (Actes 5: 35-39)
Le christianisme est la seule religion qui aura prévu son propre échec. Cette prescience s’appelle l’apocalypse. René Girard
Depuis un demi-siècle, l’Amérique vit dans la hantise du « candidat de Mandchourie ». Derrière cette expression, il y a d’abord eu un roman de politique-fiction de Richard Condon, The Manchurian Candidate, paru en 1959. Puis deux films : par John Frankenheimer d’abord, en 1962, avec Frank Sinatra dans le rôle principal ; et par John Demme ensuite, en 2004, avec Denzel Washington. Thème : la manipulation du système démocratique par des ennemis de la démocratie. Dans le roman de Condon et le premier film, il est question de soldats américains capturés par les Rouges pendant la guerre de Corée, robotisés à travers un « lavage de cerveau » et renvoyés aux Etats-Unis pour y participer à un coup d’Etat : l’un de ces soldats, conditionné pour être un assassin, devra tuer le président des Etats-Unis et assurer ainsi son remplacement par le vice-président, autre ancien captif des Nord-Coréens, qui a été programmé, quant à lui, pour livrer son pays, et l’ensemble du monde libre, au communisme. (…) Le premier est Jimmy Carter, président de 1977 à 1981, médiocre gouverneur d’un Etat du Sud, pris en main par un universitaire ambitieux d’origine est-européenne, Zbigniew Brzezinski, qui lui même agit pour un cartel d’hommes d’affaires et de politiques américains, européens et japonais décidés à « dépasser la guerre froide » et à conclure une sorte de Grande Alliance avec le bloc communiste : la Commission Trilatérale. Au bout de quatre ans, le bilan est si catastrophique pour l’Amérique que Ronald Reagan, le candidat de la droite pure et dure – des « bons » du livre de Condon et du film de Frankenheimer -, remplaçait Carter à la Maison Blanche. Le second, c’est Barack Obama. Un homme politique jeune (moins de cinquante ans), sans fortune, au profil personnel ambigu (incertitudes sur les circonstances exactes de sa naissance, sur sa nationalité, sur son identité religieuse, sur son itinéraire académique), lié à l’extrême gauche, est mis en orbite dès 2004 en tant que sénateur de l’Illinois (l’un des Etats les plus corrompus des Etats-Unis). Puis lancé, avec un soutien médiatique immédiat et massif, en tant que candidat aux primaires démocrates de 2008. Puis élu, au terme de la campagne la plus chère de l’histoire américaine, à la présidence. Le fait qu’il soit Africain et musulman par son père, musulman par son père adoptif indonésien, et qu’il apparaisse donc comme Noir, semi-musulman, et fils du tiers-monde, a sans doute beaucoup joué dans la décision de ses parrains : en gros, la Trilatérale des années 1970, élargie aux dictatures national-socialistes russe et chinoise et aux régimes totalitaires ou autoritaires islamiques. Le slogan de la campagne d’Obama en 2008 – Yes I Can ! (« Oui, je peux le faire ! ») – a caché le programme. Mais aujourd’hui, les Américains découvrent ce dernier à travers la politique de leur président et les lois qu’il tente de faire approuver par le Congrès. Michel Gurfinkiel
Nous avons décidé d’accorder aux chrétiens et à tous les autres le libre choix de suivre la religion qu’ils voudraient, de telle sorte que ce qu’il peut y avoir de divinité et de pouvoir céleste puisse nous être bienveillant, à nous et à tous ceux qui vivent sous notre autorité. (…) Ainsi donc, dans un dessein salutaire et tout à fait droit, nous avons décidé que notre volonté est qu’il ne faut refuser absolument à personne la liberté de suivre et de choisir l’observance ou la religion des chrétiens, et qu’à chacun soit accordée la liberté de donner son adhésion réfléchie à cette religion qu’il estime lui être utile […]. Puisque Ta Dévotion voit que nous leur accordons cette liberté sans aucune restriction, elle voit également qu’aux autres aussi qui le veulent est accordé le pouvoir de suivre leur observance et leur religion, ce qui évidemment est convenable pour la tranquillité de nos temps : de la sorte chacun a le pouvoir de choisir et de pratiquer la religion qu’il veut. Cela a été décidé par nous de telle sorte que nous ne paraissions diminuer pour personne aucun rite ou religion. « Edit » de Milan (13 juin 313, cité par Eusèbe de Césarée)
Nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant, Créateur de toutes choses visibles et invisibles. Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, engendré du Père, c’est-à-dire, de la substance du Père. Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu ; engendré et non fait, consubstantiel au Père ; par qui toutes choses ont été faites au ciel et en la terre. Qui, pour nous autres hommes et pour notre salut, est descendu des cieux, s’est incarné et s’est fait homme ; a souffert et est mort crucifié sur une croix, est ressuscité le troisième jour, est monté aux cieux, et viendra juger les vivants et les morts. Et au Saint-Esprit. (…) Pour ceux qui disent : “ Il fut un temps où il n’était pas ” et “ Avant de naître, il n’était pas ”, et “ Il a été créé à partir du néant ”, ou qui déclarent que le Fils de Dieu est d’une autre substance (hypostasis) ou d’une autre essence (ousia), ou qu’il est créé ou soumis au changement ou à l’altération, l’Église catholique et apostolique les anathématise. Crédo de Nicée (25 juillet 325)
Édit des empereurs Gratien, Valentinien II et Théodose Auguste, au peuple de la ville de Constantinople. Nous voulons que tous les peuples que régit la modération de Notre Clémence s’engagent dans cette religion que le divin Pierre Apôtre a donné aux Romains – ainsi que l’affirme une tradition qui depuis lui est parvenue jusqu’à maintenant – et qu’il est clair que suivent le pontife Damase Ier et l’évêque d’Alexandrie, Pierre, homme d’une sainteté apostolique : c’est-à-dire que, en accord avec la discipline apostolique et la doctrine évangélique, nous croyons en l’unique Divinité du Père et du Fils et du Saint-Esprit, dans une égale Majesté et une pieuse Trinité. Nous ordonnons que ceux qui suivent cette loi prennent le nom de Chrétiens Catholiques et que les autres, que nous jugeons déments et insensés, assument l’infamie de l’hérésie. Leurs assemblées ne pourront pas recevoir le nom d’églises et ils seront l’objet, d’abord de la vengeance divine, ensuite seront châtiés à notre propre initiative que nous avons adopté suivant la volonté céleste. Donné le troisième jour des calendes de mars à Thessalonique, Gratien Auguste étant consul pour la cinquième fois et Théodose Auguste pour la première fois. Edit de Thessalonique (24 novembre 380)
Il est une race nouvelle d’hommes nés d’hier, sans patrie ni traditions, ligués contre toutes les institutions religieuses et civiles, poursuivis par la justice, universellement notés d’infamie, mais se faisant gloire de l’exécration commune : ce sont les chrétiens […]. Dans ces derniers temps, les chrétiens ont trouvé parmi les juifs un nouveau Moïse qui les a séduits mieux encore. Il passe auprès d’eux pour le fils de Dieu et il est l’auteur de leur nouvelle doctrine […]. On sait comment il a fini. Vivant, il n’avait rien pu faire pour lui-même ; mort, dites-vous, il ressuscita et montra les trous de ses mains. Mais qui a vu tout cela ? […] Soutenez l’empereur de toutes vos forces, partagez avec lui la défense du droit ; combattez pour lui si les circonstances l’exigent ; aidez-le dans le commandement de ses armées. Pour cela, cessez de vous dérober aux devoirs civils et au service militaire ; prenez votre part des fonctions publiques, s’il le faut, pour le salut des lois et la cause de la piété. Celse (cité par Origène)
Celse, philosophe romain épicurien du IIe siècle écrivant en langue grecque, est l’auteur d’un ouvrage analytique et articulé, Discours véritable (en grec : Λόγος ‘AληΘής), rédigé vers 178. Il s’agissait d’un ouvrage où il attaquait le christianisme naissant par les armes du raisonnement et du ridicule. Le texte original est perdu mais la majeure partie nous est parvenue par les extraits étendus cités par son grand contradicteur Origène dans son ouvrage La Réfutation. Wikipedia
Socrate (…) est un philosophe grec du Ve siècle av. J.-C. (-470 à -399). Il est considéré comme l’un des inventeurs de la philosophie morale et politique. Socrate n’a laissé aucun écrit, mais sa pensée et réputation se sont transmises par des témoignages indirects. Ses disciples Platon et Xénophon ont notablement œuvré à maintenir l’image de leur maître, qui est mis en scène dans leurs œuvres respectives. D’après Idoménée de Lampsaque dans son ouvrage Des Socratiques, il est le premier à avoir, avec Eschine de Sphettos, son disciple, enseigné l’art oratoire. Déjà renommé de son vivant, Socrate est devenu l’un des penseurs les plus illustres de l’histoire de la philosophie. Sa condamnation à mort et sa présence très fréquente dans les dialogues de Platon ont contribué à faire de lui une icône philosophique majeure. La figure de Socrate a été discutée, reprise, et réinterprétée jusqu’à l’époque contemporaine. Socrate est ainsi célèbre au-delà de la sphère philosophique, et son personnage entouré de légendes. En dépit de cette influence culturelle, très peu de choses sont connues avec certitude sur le Socrate historique. Les témoignages le concernant sont souvent discordants, et reconstituer la vie ou la pensée originelle de Socrate est une tâche difficile. Wikipedia
Every word ever written about the historical Jesus (…) was written by people who did not know Jesus while he was alive. Reza Aslan
There is no evidence that Jesus promoted violence in any of the histories that we have. But we need to rid ourselves of this notion that he was a pacifist. Jesus wasn’t a fool, if you are talking about the end of Caesar’s rule and inauguration of reign of God, you can’t be so daft as to think that will happen in a peaceful way. (…) This is who Jesus was, the historical Jesus: he was an illiterate, day laborer, peasant from the country side of Galilee who hung around with the most dispossessed, poor, weak, outcasts of his society — people whom the temple rejected. And who, in their name, launched an insurrection against the Roman and priestly authorities. That’s Jesus. So, if you claim to walk in Jesus’ footsteps, that’s what it means. It means rejecting power, in all its forms -– religious and political — it means denying yourself in the name of the poor and the marginalized regardless of their religious or their sexual orientation or anything else. If you do not do those things, you are not a follower of Jesus. ‘Cause that’s who Jesus was. (…) The land that Jesus called his own, there is still a poor marginalized people who are being occupied directly by a military presence and so I would be curious how Christians couldn’t see the parallels between what’s happening in the occupied territories today and what was happening in the time of Jesus. Reza Aslan
From the internationally bestselling author of No god but God comes a fascinating, provocative, and meticulously researched biography that challenges long-held assumptions about the man we know as Jesus of Nazareth. Two thousand years ago, an itinerant Jewish preacher and miracle worker walked across the Galilee, gathering followers to establish what he called the “Kingdom of God.” The revolutionary movement he launched was so threatening to the established order that he was captured, tortured, and executed as a state criminal. Within decades after his shameful death, his followers would call him God. Sifting through centuries of mythmaking, Reza Aslan sheds new light on one of history’s most influential and enigmatic characters by examining Jesus through the lens of the tumultuous era in which he lived: first-century Palestine, an age awash in apocalyptic fervor. Scores of Jewish prophets, preachers, and would-be messiahs wandered through the Holy Land, bearing messages from God. This was the age of zealotry—a fervent nationalism that made resistance to the Roman occupation a sacred duty incumbent on all Jews. And few figures better exemplified this principle than the charismatic Galilean who defied both the imperial authorities and their allies in the Jewish religious hierarchy. Balancing the Jesus of the Gospels against the historical sources, Aslan describes a man full of conviction and passion, yet rife with contradiction; a man of peace who exhorted his followers to arm themselves with swords; an exorcist and faith healer who urged his disciples to keep his identity a secret; and ultimately the seditious “King of the Jews” whose promise of liberation from Rome went unfulfilled in his brief lifetime. Aslan explores the reasons why the early Christian church preferred to promulgate an image of Jesus as a peaceful spiritual teacher rather than a politically conscious revolutionary. And he grapples with the riddle of how Jesus understood himself, the mystery that is at the heart of all subsequent claims about his divinity. Zealot yields a fresh perspective on one of the greatest stories ever told even as it affirms the radical and transformative nature of Jesus of Nazareth’s life and mission. The result is a thought-provoking, elegantly written biography with the pulse of a fast-paced novel: a singularly brilliant portrait of a man, a time, and the birth of a religion. Book description (Amazon)
The person and work of Jesus of Nazareth has been a topic of constant interest since he lived and died some 2,000 years ago. Much speculation about who he was and what he taught has led to confusion and doubt. Aslan, who authored the much acclaimed No god but God: The Origins, Evolution, and Future of Islam, offers a compelling argument for a fresh look at the Nazarene, focusing on how Jesus the man evolved into Jesus the Christ. Approaching the subject from a purely academic perspective, the author parts an important curtain that has long hidden from view the man Jesus, who is every bit as compelling, charismatic, and praiseworthy as Jesus the Christ. Carefully comparing extra-biblical historical records with the New Testament accounts, Aslan develops a convincing and coherent story of how the Christian church, and in particular Paul, reshaped Christianity’s essence, obscuring the very real man who was Jesus of Nazareth. Compulsively readable and written at a popular level, this superb work is highly recommended. Elyse Cheney (Publishers Weekly)

Attention: un candidat mandchou peut en cacher un autre !

Après Mordillat et Prieur et la longue tradition dont ils sont le produit …

Voici, en ces temps étranges de post-tout et naturellement dans la patrie du premier président américain multiculturel, le dernier révisionniste en date du christianisme …

Un certain Reza Aslan qui, véritable agent dormant de l’islam (et postculturel comme il se doit: né de réfugiés iraniens fuyant la révolution islamique, ancien chrétien évangélique et aujourd’hui born again musulman), redécouvre pour nous,  si l’on en croit les extraits qui en sont parus, la roue du Jésus historique …

A savoir l’ensemble des objections contre l’historicité du Jésus des Evangiles qu’il passe dument en revue …

Sauf qu’ignorant commodément au passage le bab-ba de la critique historique, il oublie de rappeler que nombre d’entre elles, de l’embarras ecclésiastique (le fait d’aller à l’encontre de la thèse ou des intérêts de ses auteurs) à l’absence de sources contemporaines (à la mesure de la nécessaire marginalité alors d’un personnage issu d’une province marginale de l’empire romain) et aux incohérences et contradictions entre les textes ou aux critiques d’adversaires patentés,  peuvent en fait  être les meilleures attestations d’existence et d’authenticité …

Ou que l’invention supposée d’un supplice aussi infamant que la crucifixion ou de l’expression « roi des juifs » (comme acte d’accusation pour sédition et haute trahison) pour expliquer la mort d’un maitre à penser (de surcroit entouré chronologiquement de nombre de faux messies (Athronges, Simon, Judas le Galiléen, fils de Hézékiah/Ézékias) mais aussi littéralement entre ses disciples zélotes: Simon, Judas, qui le trahira), sa mise au ban des sicaires: Barabbas contre lequel il sera échangé et les deux « larrons » jusque sur la croix) semble un moyen très peu crédible tant de se distinguer de groupes rivaux (juifs) que de s’intégrer à la société dominante (romaine) …

Et ce pour quelqu’un dont, au contraire par exemple d’un Socrate (qui on le sait n’a jamais rien écrit et qui n’est connu qu’a travers son disciple Aristote), « la multiplicité et la précocité des sources documentaires » font  au bout du compte « le personnage historique le mieux attesté de toute l’Antiquité » …

Pour finir de plus par s’appuyer sur les textes mêmes qu’il remet en cause pour, oubliant encore le critère de cohérence (face à « mon royaume n’est pas de ce monde », « Je suis venu apporter l’épée » ne doit-il pas être entendu davantage comme une référence aux effets induits qu’à l’objectif explicite du message christique ?),  n’en retenir que ce qui coïncide avec sa thèse préalable …

A savoir que, derrière le véritable mythe créé ultérieurement par ceux qui ont écrit sur lui, Jésus n’était qu’un vulgaire zélote qui a eu ce qu’il méritait …

N’oubliant bien sûr pas au passage, dans les nombreuses interviews qui lui sont accordées, de défendre (vous avez dit « ordre du jour caché » ? Continuation de la falsification par d’autres moyens ?) les thèses de sa bien plus tendance foi islamique …

Notamment (surprise !) l’Iran de ses pères incompris par l’Occident et notamment sa quête bien compréhensible du nucléaire …

Mais également (nouvelle surprise !) ses frères palestiniens, nouveaux juifs opprimés par les nouveaux Romains que l’on sait …

Zealot: The Life And Times Of Jesus Of Nazareth By Reza Aslan (EXCERPT)

07/17/2013

Introduction

It is a miracle that we know anything at all about the man called Jesus of Nazareth. The itinerant preacher wandering from village to village clamoring about the end of the world, a band of ragged followers trailing behind, was a common a sight in Jesus’ time—so common, in fact, that it had become a kind of caricature among the Roman elite. In a farcical passage about just such a figure, the Greek philosopher Celsus imagines a Jewish holy man roaming the Galilean countryside, shouting to no one in particular: “I am God, or the servant of God, or a divine spirit. But I am coming, for the world is already in the throes of destruction. And you will soon see me coming with the power of heaven.”

The first century was an era of apocalyptic expectation among the Jews of Palestine, the Roman designation for the vast tract of land encompassing modern day Israel/Palestine as well as large parts of Jordan, Syria, and Lebanon. Countless prophets, preachers, and messiahs tramped through the Holy Land delivering messages of God’s imminent judgment. Many of these so-called “false messiahs” we know by name. A few are even mentioned in the New Testament. The prophet Theudas, according to the book of Acts, had four hundred disciples before Rome captured him and cut off his head. A mysterious charismatic figure known only as “The Egyptian” raised an army of followers in the desert, nearly all of whom were massacred by Roman troops. In 4 B.C.E., the year in which most scholars believe Jesus of Nazareth was born, a poor shepherd named Athronges put a diadem on his head and crowned himself “King of the Jews”; he and his followers were brutally cut down by a legion of soldiers. Another messianic aspirant, called simply “The Samaritan,” was crucified by Pontius Pilate even though he raised no army and in no way challenged Rome—an indication that the authorities, sensing the apocalyptic fever in the air, had become extremely sensitive to any hint of sedition. There was Hezekiah the bandit chief, Simon of Peraea, Judas the Galilean, his grandson Menahem, Simon son of Giora, and Simon son of Kochba—all of whom declared messianic ambitions and all of whom were executed by Rome for doing so. Add to this list the Essene sect, some of whose members lived in seclusion atop the dry plateau of Qumran on the northwestern shore of the Dead Sea; the first-century Jewish revolutionary party known as the Zealots, who helped launched a bloody war against Rome; and the fearsome bandit-assassins whom the Romans dubbed the Sicarii (the Daggermen), and the picture that emerges of first-century Palestine is of an era awash in messianic energy.

It is difficult to place Jesus of Nazareth squarely within any of the known religiopolitical movements of his time. He was a man of profound contradictions, one day preaching a message of racial exclusion (“I was sent solely to the lost sheep of Israel”; Matthew 15:24), the next, of benevolent universalism (“Go and make disciples of all nations”; Matthew 28:19); sometimes calling for unconditional peace (“Blessed are the peacemakers for they shall be called the sons of God”; Matthew 5:9), sometimes promoting violence and conflict (“If you do not have a sword, go sell your cloak and buy one”; Luke 22:36).

The problem with pinning down the historical Jesus is that, outside of the New Testament, there is almost no trace of the man who would so permanently alter the course of human history. The earliest and most reliable nonbiblical reference to Jesus comes from the first-century Jewish historian Flavius Josephus (d. 100 C.E.). In a brief throwaway passage in the Antiquities, Josephus writes of a fiendish Jewish high priest named Ananus who, after the death of the Roman governor Festus, unlawfully condemned a certain “James, the brother of Jesus, the one they call messiah,” to stoning for transgression of the law. The passage moves on to relate what happened to Ananus after the new governor, Albinus, finally arrived in Jerusalem.

Fleeting and dismissive as this allusion may be (the phrase “the one they call messiah” is clearly meant to express derision), it nevertheless contains enormous significance for those searching for any sign of the historical Jesus. In a society without surnames, a common name like James required a specific appellation—a place of birth or a father’s name—to distinguish it from all the other men named James roaming around Palestine (hence, Jesus of Nazareth). In this case, James’ appellative was provided by his fraternal connection to someone with whom Josephus assumes his audience would be familiar. The passage proves not only that “Jesus, the one they call messiah” probably existed, but that by the year 94 C.E., when the Antiquities was written, he was widely recognized as the founder of a new and enduring movement.

It is that movement, not its founder, that receives the attention of second-century historians like Tacitus (d. 118) and Pliny the Younger (d. 113), both of whom mention Jesus of Nazareth but reveal little about him, save for his arrest and execution—an important historical note, as we shall see, but one that sheds little light on the details of Jesus’ life. We are therefore left with whatever information can be gleaned from the New Testament.

The first written testimony we have about Jesus of Nazareth comes from the epistles of Paul, an early follower of Jesus who died sometime around 66 C.E. (Paul’s first epistle, 1 Thessalonians, can be dated between 48 and 50 C.E., some two decades after Jesus’ death). The trouble with Paul, however, is that he displays an extraordinary lack of interest in the historical Jesus. Only three scenes from Jesus’ life are ever mentioned in his epistles: the Last Supper (1 Corinthians 11:23–26), the crucifixion (1 Corinthians 2:2), and, most crucially for Paul, the resurrection, without which, he claims, “our preaching is empty and your faith is in vain” (1 Corinthians 15:14). Paul may be an excellent source for those interested in the early formation of Christianity, but he is a poor guide for uncovering the historical Jesus.

That leaves us with the gospels, which present their own set of problems. First of all, one must recognize that, with the possible exception of the gospel of Luke, none of the gospels we have were written by the person after whom they are named. That is true of most of the books in the New Testament. Such so-called pseudepigraphical works, or works attributed to but not written by a specific author, were extremely common in the ancient world and should by no means be thought of as forgeries. Naming a book after a person was a standard way of reflecting that person’s beliefs or representing his or her school of thought. Regardless, the gospels are not, nor were they ever meant to be, a historical documentation of Jesus’ life. These are not eyewitness accounts of Jesus’ words and deeds. They are testimonies of faith composed by communities of faith written many years after the events they describe. Simply put, the gospels tell us about Jesus the Christ, not Jesus the man.

The most widely accepted theory on the formation of the gospels, “the Two-Source Theory,” holds that Mark’s account was written first sometime after 70 C.E., some four decades after Jesus’ death. Mark had at his disposal a collection of oral and perhaps a handful of written traditions that had been passed around by Jesus’ earliest followers for years. By adding a chronological narrative to this jumble of traditions, Mark created a wholly new literary genre called gospel, Greek for “good news.” Yet Mark’s gospel is a short and somewhat unsatisfying one for many Christians. There is no infancy narrative; Jesus simply arrives one day on the banks of the Jordan River to be baptized by John the Baptist. There are no resurrection appearances. Jesus is crucified. His body is placed in a tomb. A few days later, the tomb is empty. Even the earliest Christians were left wanting by Mark’s brusque account of Jesus’ life and ministry, and so it was left to Mark’s successors, Matthew and Luke, to improve upon the original text.

Two decades after Mark, between 90 and 100 C.E., the authors of Matthew and Luke, working independently of each other and with Mark’s manuscript as a template, updated the gospel story by adding their own unique traditions, including two different and conflicting infancy narratives as well as a series of elaborate resurrection stories to satisfy their Christian readers. Matthew and Luke also relied on what must have been an early and fairly well distributed collection of Jesus’ sayings that scholars have termed Q (German for Quelle, or “source”). Although we no longer have any physical copies of this document, we can infer its contents by compiling those verses that Matthew and Luke share in common but that do not appear in Mark.

Together, these three gospels—Mark, Matthew, and Luke—became known as the Synoptics (Greek for “viewed together”) because they more or less present a common narrative and chronology about the life and ministry of Jesus, one that is greatly at odds with the fourth gospel, John, which was likely written soon after the close of the first century, between 100 and 120 C.E.

These, then, are the canonized gospels. But they are not the only gospels. We now have access to an entire library of noncanonical scriptures written mostly in the second and third centuries that provides a vastly different perspective on the life of Jesus of Nazareth. These include the Gospel of Thomas, the Gospel of Philip, the Secret Book of John, the Gospel of Mary Magdalene, and a host of other so-called “Gnostic writings” discovered in Upper Egypt, near the town of Nag Hammadi, in 1945. Though they were left out of what would ultimately become the New Testament, these books are significant in that they demonstrate the dramatic divergence of opinion that existed over who Jesus was and what Jesus meant, even among those who walked with him, who shared his bread and ate with him, who heard his words and prayed with him.

In the end, there are only two hard historical facts about Jesus of Nazareth upon which we can confidently rely: the first is that Jesus was a Jew who led a popular Jewish movement in Palestine at the beginning of the first century C.E.; the second is that Rome crucified him for doing so. By themselves these two facts cannot provide a complete portrait of the life of a man who lived two thousand years ago. But when combined with all we know about the tumultuous era in which Jesus lived—and thanks to the Romans, we know a great deal—these two facts can help paint a picture of Jesus of Nazareth that may be more historically accurate than the one painted by the gospels. Indeed, the Jesus that emerges from this historical exercise—a zealous revolutionary swept up, as all Jews of the era were, in the religious and political turmoil of first-century Palestine—bears little resemblance to the image of the gentle shepherd cultivated by the early Christian community.

Consider this: Crucifixion was a punishment that Rome reserved almost exclusively for the crime of sedition. The plaque the Romans placed above Jesus’ head as he writhed in pain—“King of the Jews”—was called a titulus and, despite common perception, was not meant to be sarcastic. Every criminal who hung on a cross received a plaque declaring the specific crime for which he was being executed. Jesus’ crime, in the eyes of Rome, was striving for kingly rule (i.e. treason), the same crime for which nearly every other messianic aspirant of the time was killed. Nor did Jesus die alone. The gospels claim that on either side of Jesus hung men who in Greek are called lestai, a word often rendered into English as “thieves” but that actually means “bandits” and was the most common Roman designation for an insurrectionist or rebel.

Three rebels on a hill covered in crosses, each cross bearing the racked and bloodied body of a man who dared defy the will of Rome. That image alone should cast doubt upon the gospels’ portrayal of Jesus as a man of unconditional peace almost wholly insulated from the political upheavals of his time. The notion that the leader of a popular messianic movement calling for the imposition of the “Kingdom of God”—a term that would have been understood by Jew and gentile alike as implying revolt against Rome—could have remained uninvolved in the revolutionary fervor that had gripped nearly every Jew in Judea is simply ridiculous.

Why would the gospel writers go to such lengths to temper the revolutionary nature of Jesus’ message and movement? To answer this question we must first recognize that almost every gospel story written about the life and mission of Jesus of Nazareth was composed after the Jewish rebellion against Rome in 66 C.E. In that year, a band of Jewish rebels, spurred by their zeal for God, roused their fellow Jews in revolt. Miraculously, the rebels managed to liberate the Holy Land from the Roman occupation. For four glorious years, the city of God was once again under Jewish control. Then, in 70 C.E., the Romans returned. After a brief siege of Jerusalem, the soldiers breached the city walls and unleashed an orgy of violence upon its residents. They butchered everyone in their path, heaping corpses on the Temple Mount. A river of blood flowed down the cobblestone streets. When the massacre was complete, the soldiers set fire to the Temple of God. The fires spread beyond the Temple Mount, engulfing Jerusalem’s meadows, the farms, the olive trees. Everything burned. So complete was the devastation wrought upon the holy city that Josephus writes there was nothing left to prove Jerusalem had ever been inhabited. Tens of thousands of Jews were slaughtered. The rest were marched out of the city in chains.

The spiritual trauma faced by the Jews in the wake of that catastrophic event is hard to imagine. Exiled from the land promised them by God, forced to live as outcasts among the pagans of the Roman Empire, the rabbis of the second century gradually and deliberately divorced Judaism from the radical messianic nationalism that had launched the ill-fated war with Rome. The Torah replaced the Temple in the center of Jewish life, and rabbinic Judaism emerged.

The Christians, too, felt the need to distance themselves from the revolutionary zeal that had led to the sacking of Jerusalem, not only because it allowed the early church to ward off the wrath of a deeply vengeful Rome, but also because, with the Jewish religion having become pariah, the Romans had become the primary target of the church’s evangelism. Thus began the long process of transforming Jesus from a revolutionary Jewish nationalist into a peaceful spiritual leader with no interest in any earthly matter. That was a Jesus the Romans could accept, and in fact did accept three centuries later when the Roman emperor Flavius Theodosius (d. 395) made the itinerant Jewish preacher’s movement the official religion of the state, and what we now recognize as orthodox Christianity was born.

This book is an attempt to reclaim, as much as possible, the Jesus of history, the Jesus before Christianity: the politically conscious Jewish revolutionary who, two thousand years ago, walked across the Galilean countryside, gathering followers for a messianic movement with the goal of establishing the Kingdom of God but whose mission failed when, after a provocative entry into Jerusalem and a brazen attack on the Temple, he was arrested and executed by Rome for the crime of sedition. It is also about how, in the aftermath of Jesus’ failure to establish God’s reign on earth, his followers reinterpreted not only Jesus’ mission and identity, but also the very nature and definition of the Jewish messiah.

There are those who consider such an endeavor to be a waste of time, believing the Jesus of history to be irrevocably lost and incapable of recovery. Long gone are the heady days of “the quest for the historical Jesus,” when scholars confidently proclaimed that modern scientific tools and historical research would allow us to uncover Jesus’ true identity. The real Jesus no longer matters, these scholars argue. We should focus instead on the only Jesus that is accessible to us: Jesus the Christ.

Granted, writing a biography of Jesus of Nazareth is not like writing a biography of Napoleon Bonaparte. The task is somewhat akin to putting together a massive puzzle with only a few of the pieces in hand; one has no choice but to fill in the rest of the puzzle based on the best, most educated guess of what the completed image should look like. The great Christian theologian Rudolf Bultmann liked to say that the quest for the historical Jesus is ultimately an internal quest. Scholars tend to see the Jesus they want to see. Too often they see themselves—their own reflection—in the image of Jesus they have constructed.

And yet that best, most educated guess may be enough to, at the very least, question our most basic assumptions about Jesus of Nazareth. If we expose the claims of the gospels to the heat of historical analysis, we can purge the scriptures of their literary and theological flourishes and forge a far more accurate picture of the Jesus of history. Indeed, if we commit to placing Jesus firmly within the social, religious, and political context of the era in which he lived—an era marked by the slow burn of a revolt against Rome that would forever transform the faith and practice of Judaism—then, in some ways, his biography writes itself.

The Jesus that is uncovered in the process may not be the Jesus we expect; he certainly will not be the Jesus that most modern Christians would recognize. But in the end, he is the only Jesus that we can access by historical means.

Everything else is a matter of faith.

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A Hole in the Corner

Who killed Jonathan son of Ananus as he strode across the Temple Mount in the year 56 c.e.? No doubt there were many in Jerusalem who longed to slay the rapacious high priest, and more than a few who would have liked to wipe out the bloated Temple priesthood in its entirety. For what must never be forgotten when speaking of first-century Palestine is that this land—this hallowed land from which the spirit of God flowed to the rest of the world—was occupied territory. Legions of Roman troops were stationed throughout Judea. Some six hundred Roman soldiers resided atop the Temple Mount itself, within the high stone walls of the Antonia Fortress, which buttressed the northwest corner of the Temple wall. The unclean centurion in his red cape and polished cuirass who paraded through the Court of Gentiles, his hand hovering over the hilt of his sword, was a not so subtle reminder, if any were needed, of who really ruled this sacred place.

Roman dominion over Jerusalem began in 63 b.c.e., when Rome’s master tactician, Pompey Magnus, entered the city with his conquering legions and laid siege to the Temple. By then, Jerusalem had long since passed its economic and cultural zenith. The Canaanite settlement that King David had recast into the seat of his kingdom, the city he had passed to his wayward son, Solomon, who built the first Temple to God—sacked and destroyed by the Babylonians in 586 b.c.e.—the city that had served as the religious, economic, and political capital of the Jewish nation for a thousand years, was, by the time Pompey strode through its gates, recognized less for its beauty and grandeur than for the religious fervor of its troublesome population.

Situated on the southern plateau of the shaggy Judean mountains, between the twin peaks of Mount Scopus and the Mount of Olives, and flanked by the Kidron Valley in the east and the steep, forebidding Valley of Gehenna in the south, Jerusalem, at the time of the Roman invasion, was home to a settled population of about a hundred thousand people. To the Romans, it was an inconsequential speck on the imperial map, a city the wordy statesman Cicero dismissed as “a hole in the corner.” But to the Jews this was the navel of the world, the axis of the universe. There was no city more unique, more holy, more venerable in all the world than Jerusalem. The purple vineyards whose vines twisted and crawled across the level plains, the well-tilled fields and viridescent orchards bursting with almond and fig and olive trees, the green beds of papyrus floating lazily along the Jordan River—the Jews not only knew and deeply loved every feature of this consecrated land, they laid claim to all of it. Everything from the farmsteads of the Galilee to the low-lying hills of Samaria and the far outskirts of Idumea, where the Bible says the accursed cities of Sodom and Gomorrah once stood, was given by God to the Jews, though in fact the Jews ruled none of it, not even Jerusalem, where the true God was worshipped. The city that the Lord had clothed in splendor and glory and placed, as the prophet Ezekiel declared, “in the center of all nations”—the eternal seat of God’s kingdom on earth—was, at the dawn of the first century c.e., just a minor province, and a vexing one at that, at the far corner of the mighty Roman Empire.

It is not that Jerusalem was unaccustomed to invasion and ­occupation. Despite its exalted status in the hearts of the Jews, the truth is that Jerusalem was little more than a trifle to be passed among a succession of kings and emperors who took turns ­plundering and despoiling the sacred city on their way to far grander ambitions. In 586 b.c.e. the Babylonians—masters of Mesopotamia—rampaged through Judea, razing both Jerusalem and its Temple to the ground. The Babylonians were conquered by the Persians, who allowed the Jews to return to their beloved city and rebuild their temple, not because they admired the Jews or took their cult seriously, but because they considered Jerusalem an irrelevant backwater of little interest or concern to an empire that stretched the length of Central Asia (though the prophet Isaiah would thank the Persian king Cyrus by anointing him messiah). The Persian Empire, and Jerusalem with it, fell to the armies of Alexander the Great, whose descendants imbued the city and its inhabitants with Greek culture and ideas. Upon Alexander’s untimely death in 323 b.c.e., Jerusalem was passed as spoils to the Ptolemaic dynasty and ruled from distant Egypt, though only briefly. In 198 b.c.e., the city was wrested from Ptolemaic control by the Seleucid king Antiochus the Great, whose son Antiochus Epiphanes fancied himself god incarnate and strove to put an end once and for all to the worship of the Jewish deity in Jerusalem. But the Jews responded to this blasphemy with a relentless ­guerrilla war led by the stouthearted sons of Mattathias the Hasmonaean—the Maccabees—who reclaimed the holy city from Seleucid control in 164 b.c.e. and, for the first time in four centuries, restored Jewish hegemony over Judea.

For the next hundred years, the Hasmonaeans ruled God’s land with an iron fist. They were priest-kings, each sovereign serving as both King of the Jews and high priest of the Temple. But when civil war broke out between the brothers Hyrcanus and Aristobulus over control of the throne, each brother foolishly reached out to Rome for support. Pompey took the brothers’ entreaties as an invitation to seize Jerusalem for himself, thus putting an end to the brief period of direct Jewish rule over the city of God. In 63 b.c.e., Judea became a Roman protectorate, and the Jews were made once again a subject people.

Roman rule, coming as it did after a century of independence, was not warmly received by the Jews. The Hasmonaean dynasty was abolished, but Pompey allowed Hyrcanus to maintain the position of high priest. That did not sit well with the supporters of Aristobulus, who launched a series of revolts to which the Romans responded with characteristic savagery—burning towns, massacring rebels, enslaving populations. Meanwhile, the chasm between the starving and indebted poor toiling in the countryside and the wealthy provincial class ruling in Jerusalem grew even wider. It was standard Roman policy to forge alliances with the landed aristocracy in every captured city, making them dependent on the Roman overlords for their power and wealth. By aligning their interests with those of the ruling class, Rome assured that local leaders remained wholly vested in maintaining the imperial system. Of course, in Jerusalem, “landed aristocracy” more or less meant the priestly class, and specifically, that handful of wealthy priestly families who maintained the Temple cult and who, as a result, were charged by Rome with collecting the taxes and tribute and keeping order among the increasingly restive population—tasks for which they were richly compensated.

The fluidity that existed in Jerusalem between the religious and political powers made it necessary for Rome to maintain close supervision over the Jewish cult and, in particular, over the high priest. As head of the Sanhedrin and “leader of the nation,” the high priest was a figure of both religious and political renown with the power to decide all religious matters, to enforce God’s law, and even to make arrests, though only in the vicinity of the Temple. If the Romans wanted to control the Jews, they had to control the Temple. And if they wanted to control the Temple, they had to control the high priest, which is why, soon after taking control over Judea, Rome took upon itself the responsibility of appointing and deposing (either directly or indirectly) the high priest, essentially transforming him into a Roman employee. Rome even kept custody of the high priest’s sacred garments, handing them out only on the sacred festivals and feast days and confiscating them immediately after the ceremonies were complete.

Still, the Jews were better off than some other Roman subjects. For the most part, the Romans humored the Jewish cult, allowing the rituals and sacrifices to be conducted without interference. The Jews were even excused from the direct worship of the emperor, which Rome imposed upon nearly every other religious community under its dominion. All that Rome asked of Jerusalem was a twice-daily sacrifice of one bull and two lambs on behalf of the emperor and for his good health. Continue making the sacrifice, keep up with the taxes and tribute, follow the provincial laws, and Rome was happy to leave you, your god, and your temple alone.

The Romans were, after all, fairly proficient in the religious beliefs and practices of subject peoples. Most of the lands they conquered were allowed to maintain their temples unmolested. Rival gods, far from being vanquished or destroyed, were often assimilated into the Roman cult (that is how, for example, the Canaanite god Baal became associated with the Roman god Saturn). In some cases, under a practice called evocatio, the Romans would take possession of an enemy’s temple—and therefore its god, for the two were inextricable in the ancient world—and transfer it to Rome, where it would be showered with riches and lavish sacrifices. Such displays were meant to send a clear signal that the hostilities were directed not toward the enemy’s god but toward its fighters; the god would continue to be honored and worshipped in Rome if only his devotees would lay down their arms and allow themselves to be absorbed into the empire.

As generally tolerant as the Romans may have been when it came to foreign cults, they were even more lenient toward the Jews and their fealty to their One God—what Cicero decried as the “barbarian superstitions” of Jewish monotheism. The Romans may not have understood the Jewish cult, with its strange observances and its overwhelming obsession with ritual …

COMPLEMENT:

LA QUESTION – « Vous êtes musulman. Pourquoi écrivez-vous sur Jésus ? »

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29 juillet 2013

http://www.youtube.com/watch?v=YY92TV4_Wc0

Reza Aslan, un universitaire américain, vient de publier un livre sur la vie de Jésus, Zealot: The Life and Times of Jesus of Nazareth (« Zélote : la vie et l’époque de Jésus de Nazareth »). Jusqu’ici rien de plus normal pour un spécialiste de l’histoire des religions. Mais il se trouve que Reza Aslan est musulman… et qu’il a eu la mauvaise idée de faire la promotion de son livre sur Fox News.

Dès sa première question, la présentatrice de Fox news, chaîne réputée pour ses positions conservatrices, attaque l’universitaire sur sa légitimité à écrire sur le sujet : « Vous êtes musulman. Alors pourquoi avoir écrit un livre sur le fondateur de la chrétienté ? »

Littéralement soufflé par cette entrée en matière, Reza Aslan ouvre de grands yeux, reprend son souffle, et tente, avec force pédagogie et patience, de remettre la conversation sur des rails plus rationnels :

« Bon pour être clair, je suis un universitaire spécialiste des religions, titulaire de quatre diplômes, dont l’un sur le Nouveau Testament, qui lit parfaitement le grec biblique, qui a étudié les origines de la chrétienté pendant deux décennies, et qui se trouve aussi être musulman. Mais je ne suis pas un musulman qui écrit sur Jésus : je suis un spécialiste ayant fait un PhD [doctorat] sur l’histoire des religions… »

Peine perdue. La journaliste l’interrompt : « Ça ne répond toujours pas à la question : pourquoi vous êtes-vous intéressé au fondateur de la chrétienté ? »

Reza Aslan roule de nouveaux de grands yeux éberlués avant de reprendre, de répéter plutôt (quoi faire d’autre ?), son raisonnement :

« Parce que c’est mon travail d’universitaire. Je suis professeur en histoire des religions, et cela inclut le Nouveau Testament. C’est mon métier. Demanderiez-vous à un chrétien pourquoi il écrit un livre sur l’islam ? Je ne le pense pas. Et pour être honnête, je suis obsédé par Jésus depuis vingt ans. J’ai étudié sa vie, son œuvre et les origines de la chrétienté depuis deux décennies. Ce livre n’est pas une attaque de la chrétienté : ma mère est chrétienne, ma femme est chrétienne, mon beau-frère est pasteur… Toute personne qui pense que ce livre est une attaque contre le christianisme ne l’a pas lu. »

La journaliste cite alors à l’antenne la tribune publiée sur le site de Fox News d’un certain John S. Dickerson, journaliste, auteur et pasteur, reprochant à Reza Aslan de ne pas avoir révélé lors de ses différentes apparitions médiatiques qu’il était musulman. Il l’accuse en outre de ne pas faire œuvre d’historien et de véhiculer des opinions propres à l’islam sur Jésus, comme le fait qu’il ait été un zélote, cette secte juive qui combattait le pouvoir romain, et ne prétendait pas être le fils de dieu.

Réponse résignée du chercheur :

« Ce n’est pas du tout ce que dit l’islam sur Jésus… Et mon livre dément justement la plupart des affirmations de l’islam sur Jésus. […] Pour être clair, il ne s’agit pas de l’opinion d’un musulman sur Jésus, mais d’un travail universitaire à visée historique, pas tant sur le Christ ou la chrétienté d’ailleurs que sur la vie d’un homme qui a vécu il y a deux mille ans sur un territoire que les Romains nommaient Palestine. »

« En quoi votre livre diffère-t-il des thèses de l’islam sur Jésus ? », insiste la journaliste, visiblement incapable d’endurer la lecture politique que fait le chercheur du personnage historique de Jésus.

Réponse argumentée de Reza Aslan :

« Pour commencer, l’islam pense que Jésus n’a pas été crucifié et croit à l’immaculée conception. Or il est tout à fait clair que Jésus a été crucifié, et mon livre remet en question la véracité historique de l’immaculée conception. Encore une fois, je sais que nous avons déjà mentionné ce point à trois reprises, mais je ne suis pas sûr que ma foi ait quoi que ce soit à voir avec vingt années de recherches sur le Nouveau Testament. […] Je suis tout à fait disposé à débattre du fond avec ceux qui ne partagent pas mes conclusions, cependant je trouve un peu étrange de débattre, non pas des thèses du livre, mais de mon droit en tant qu’universitaire à l’écrire. »

Il revient ensuite sur le fond de sa thèse, qui part de la réalité historique de la crucifixion :

« Ce châtiment était réservé aux personnes qui avait porté atteinte à la sécurité de l’Etat (sédition, rébellion, trahison, insurrection…). Les ‘voleurs’ crucifiés à ses côtés n’étaient pas des voleurs, mais des ‘bandits’, un des termes les plus communs à l’époque pour désigner les insurrectionnistes. Il suffit de savoir que Jésus a été crucifié pour comprendre quel agitateur il était. Son action était une telle menace pour l’empire romain qu’ils l’ont arrêté, torturé et crucifié… »

Le chercheur n’a pas le temps de poursuivre la présentation de son ouvrage que la présentatrice lui coupe de nouveau la parole afin de questionner, une énième fois, sa légitimité à écrire sur le sujet. D’une patience héroïque, Reza Aslan déroule une nouvelle fois son raisonnement avant, face aux arguments de plus en plus fallacieux de son interlocutrice, qui le compare à un démocrate écrivant un livre sur Ronald Reagan, de souligner ce qui s’apparente, de toute évidence, à un manque de culture générale : « Vous ne me connaissez peut-être pas, mais il se trouve que je suis un penseur musulman relativement connu aux Etats-Unis. »

Une semaine avant son expérience désastreuse sur Fox News, Reza Aslan avait passé un bien meilleur moment sur le Daily Show :

http://www.youtube.com/watch?v=TYOm_GrzFVI


Expo Ahlam Shibli/Jeu de Paume: Dur dur de se faire remarquer dans le monde impitoyable de la photo (Suicide bomber art: How about a bin Laden photo show in a Paris museum ?)

2 juillet, 2013
https://i2.wp.com/s3.vidimg02.popscreen.com/original/41/NTE3MTQyMzQ3MjA=_o_mom-defends-daughters-photos.jpgAamna Aqeel racist photoshoothttp://thepossessionofstyle.files.wordpress.com/2011/11/01vogue02_650.jpghttp://www.blogcdn.com/www.luxist.com/media/2008/09/vogueindia(2).jpghttp://mannequin-model.com/mannequinat/0-Victim-of-Beauty-12-magazine-Vasil-Germanov-Gabriela-Dasheva-Nora-Shopova.jpg
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https://i0.wp.com/lunettesrouges.blog.lemonde.fr/files/2013/06/AShibli-Death-n37-Palestine-2011-2012.jpg
https://i0.wp.com/www.europe-israel.org/wp-content/uploads/2013/06/tract-Recto-Jeu-de-Paume.jpg
https://i2.wp.com/honestreporting.com/wp-content/uploads/2013/07/monalisaterrorist.jpg
Le roi de Moab, voyant qu’il avait le dessous dans le combat, (…) prit alors son fils premier-né, qui devait régner à sa place, et il l’offrit en holocauste sur la muraille. Et une grande indignation s’empara d’Israël, qui s’éloigna du roi de Moab et retourna dans son pays. 2 Rois 3: 26-27
Il faut se souvenir que le nazisme s’est lui-même présenté comme une lutte contre la violence: c’est en se posant en victime du traité de Versailles que Hitler a gagné son pouvoir. Et le communisme lui aussi s’est présenté comme une défense des victimes. Désormais, c’est donc seulement au nom de la lutte contre la violence qu’on peut commettre la violence. René Girard
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, mars 2008)
J’espère offrir mon fils unique en martyr, comme son père. Dalal Mouazzi (jeune veuve d’un commandant du Hezbollah mort en 2006 pendant la guerre du Liban, à propos de son gamin de 10 ans)
Nous n’aurons la paix avec les Arabes que lorsqu’ils aimeront leurs enfants plus qu’ils ne nous détestent. Golda Meir
A chaque nouvel épisode sanglant dans un pays arabe, le culte de la mort de l’islam que les foules expriment devant les caméras ne peut manquer de nous interpeller. (…) D’un point de vue ethnologique, nous pourrions nous contenter d’observer ces différences sans les juger. Mais cela n’est pas possible, car de ces comportements envers les morts naissent des comportements envers les vivants qu’il n’est pas possible d’ignorer et de ne pas condamner. Le sang appelle la vengeance du sang. La vengeance, ce n’est pas l’action que l’on entreprend pour se débarrasser d’une menace ou d’un ennemi. La vengeance ne trouve pas sa récompense dans l’élimination de l’ennemi, mais dans le sang qu’on lui fait verser. Cette différence est importante, elle explique pourquoi les groupes terroristes n’ont pas d’état d’âme quant à leurs cibles. Leur but n’est pas d’affaiblir la force armée qui les opprimerait, mais de faire couler le sang de l’ennemi. L’armée d’Israël ne cherche pas à tuer des civils innocents, mais à éliminer les donneurs d’ordre des factions terroristes. Le seul but de ses interventions, c’est l’élimination d’une menace. Ceux qui prétendent que les groupes terroristes utilisent les moyens qui sont à leur disposition face à une armée sur-puissante font l’impasse sur l’aspect strictement culturel du mode de fonctionnement de ces assassins. C’est leur rapport à la mort qui dicte leur stratégie, et non pas le contexte du rapport de force. Tirer sur des civils est un acte délibéré qui est directement inspiré par leur psyché. Ceci mis au point, il devient légitime de se demander si ce rapport à la mort est lié à leur religion. Le christianisme envisage la mort des martyrs comme une béatification. En aucune façon le martyr doit entraîner ses persécuteurs dans la mort. Ce qui l’attend est de l’ordre du spirituel, une félicité éternelle qui n’est pas de ce monde. Le judaïsme parle d’un monde futur où règne une paix éternelle où sensualité et contingence terrestre auront disparu au profit d’un rapprochement de Dieu. L’islam, en tout cas celui des foules analphabètes et d’un certain nombre de meneurs psychopathes, imagine un au-delà de stupre et de plaisirs on ne peut plus sensuels. Pour le judaïsme et le christianisme, la mort est le passage vers un état spirituel qui n’a plus rien à voir avec la vie d’ici-bas. Pour cet islam, la mort est le passage vers une vie « idéale » où tous les sens du monde réel seront satisfaits, y compris les plaisirs sexuels qui nous sont interdit dans notre vie terrestre. Comment ne pas comprendre que cette mort fantasmée, cette vision obscène et perverse de l’au-delà a des conséquences directes sur la perception de la mort, de la sienne et de celle qu’on inflige à autrui.  Adam Harishon
La mort de Mohammed annule, efface celle de l’enfant juif, les mains en l’air devant les SS, dans le Ghetto de Varsovie. Catherine Nay (Europe 1)
Je ne suis pas une militante […] Mon travail est de montrer, pas de dénoncer ni de juger. Ahlam Shibli
Je n’ai pas envie de jouer la médiatrice, de dire ‘voilà ce qu’il faut regarder’. Il y a quelque chose d’irreprésentable dans la cause palestinienne comme dans la condition de l’enfant orphelin, que je cherche néanmoins à montrer, tout du moins à suggérer. C’est l’un des challenges de la photographie. Ahlam Shibli
Ces images ne peuvent en aucun cas être une apologie du terrorisme : elles pourraient tout aussi bien être vues comme une critique du culte du martyr, avec sa profusion de clichés d’hommes en armes, paradant dans les foyers au milieu des enfants et des grand-mères, ou sur les murs de la ville. Les images d’Ahlam Shibli ne portent aucun jugement, attestant simplement d’une réalité. La photographe prouve (et c’est son rôle d’artiste) que toute image possède une dimension anthropologique et historique dont il faut tenir compte. Télérama
Quand des œuvres sont menacées de censure, est-il encore possible de les considérer d’un point de vue esthétique ? L’exercice critique reste-t-il pertinent ? Plus que jamais. Car la censure, toujours, nie les œuvres en tant que telles. Ceux qui par des pressions, comme celles exercées notamment par le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), ou par des actes violents (alertes à la bombe, menaces de mort…) tentent d’obtenir la fermeture de l’exposition consacrée actuellement à Ahlam Shibli au musée du Jeu de paume, à Paris, intitulée Foyers fantômes, n’ont pour la plupart pas vu les œuvres qu’ils incriminent. Quand bien même ce serait le cas, le simple fait que le Crif invoque la notion d’« apologie du terrorisme » à propos de ces photographies atteste de son aveuglement. Non qu’il y ait une approche des œuvres plus « objective » que d’autres. Mais la moindre des choses est de se rendre disponible pour les accueillir, de mettre à distance ses a priori et d’être attentif aux signes, aux images qui sont proposés. En outre, parce qu’il y a aveuglement, la voix de la censure est irrationnelle. Pour la contrer, le geste critique est nécessaire, qui s’efforce de produire un discours articulé. (…) Dans la salle Death, qui pose problème aux censeurs, Ahlam Shibli a apposé un texte de présentation. On peut y lire : « Death montre plusieurs façons pour ceux qui sont absents de retrouver une présence, une “représentation” : combattants palestiniens tombés lors de la résistance armée aux incursions israéliennes, et victimes de l’armée israélienne tuées dans des circonstances diverses […] ; militants ayant mené des actions où ils étaient certains de laisser leur vie, entre autres les hommes et les femmes bardés d’explosifs qu’ils ont mis à feu pour assassiner des Israéliens […] ; et enfin prisonniers ». Face aux attaques, Ahlam Shibli a précisé : « Je ne suis pas une militante […]. Mon travail est de montrer, pas de dénoncer ni de juger. » Dans le communiqué du ministère de la Culture, censé soutenir l’artiste et l’institution du Jeu de paume, mais qui en réalité s’en dédouane, Aurélie Filippetti a cru bon d’interpréter cette phrase comme la revendication d’une « neutralité ». Erreur. Ahlam Shibli, comme tout artiste digne de ce nom, assume un point de vue. (…) Certains clichés de Death sont particulièrement éloquents, surtout ceux où l’on voit des familles autour des effigies de leurs morts. Sur l’un d’eux, un garçon regarde son père avec amour et admiration. Sur un autre, la photo encadrée est époussetée par la sœur du défunt. Dans les maisons, ces portraits sont largement exposés sur les murs, les protagonistes souvent en situation : ce sont des saints guerriers, ou des « martyrs », comme les nomment les Palestiniens, dont la présence s’impose aux vivants. Ahlam Shibli a photographié « de l’intérieur ». L’absence de prise de distance est consubstantielle à son projet artistique. C’est pourquoi l’accuser de reprendre à son compte le mot « martyrs » dans les cartels de la salle Death, sans guillemets, comme il le lui a été reproché, relève du faux procès. Mais l’usage des cartels à portée informative, plus développé dans cette salle que dans les autres, a tendance à affaiblir les images de leur charge narrative et même émotionnelle. Contrairement à ce que certains ont réclamé, c’est-à-dire une plus grande contextualisation des photographies, la force de l’œuvre d’Ahlam Shibli est de donner à voir sans filtre l’univers mental de dominés au cœur du chaos de l’histoire. Le scandale est de ne pas admettre que cette œuvre s’avère par là même, et sans provocation aucune, nécessairement scandaleuse. Politis
Face aux gesticulations communautaristes (très parisiennes : l’exposition vient de Barcelone où nul n’a tenté de la censurer, et elle va au Portugal, où, très probablement, nul ne le fera), il est important que les spectateurs réalisent que le travail d’Ahlam Shibli est, non pas une apologie du terrorisme comme des propagandistes obtus voudraient le faire croire, mais une réflexion critique sur les ambiguïtés dont nul n’est exempt, sur la manière dont les hommes réagissent face à l’absence ou à la destruction de leur foyer, et s’adaptent aux contraintes qui en résultent. Les visiteurs du Jeu de Paume auront certainement l’intelligence de le comprendre, et de s’élever contre les tentatives de censure de cette exposition. (…) Des organes de presse ici et là ont repris les éléments de langage de la propagande du CRIF et de ses soutiens selon laquelle cette exposition ne serait consacrée qu’aux auteurs d’attentats-suicide : ‘ »Death » montre des habitants des territoires occupés palestiniens, qui vivent au quotidien avec les photographies des membres de leur famille morts ayant commis un attentat-suicide » (Le Monde, corrigé depuis) et « murs tapis de photos à l’effigie des «martyrs» disparus: terroristes s’étant fait sauter » (Slate); le CRIF, lui, dit  que l’exposition montre « comment les familles ou la société palestinienne entretiennent la mémoire des terroristes qui ont été tués lors d’attentats-suicide perpétrés en Israël ». Il suffit d’analyser même succinctement les données disponibles (sur les cartels ou dans le catalogue) pour voir que le CRIF détourne la vérité (pas la 1ère fois, me direz-vous) : sur les 68 photos de la série Death (rappelons-le, une des six séries de l’exposition), 10 sont des vues d’ensemble sans ‘martyr’ identifié. Parmi les personnes nommées sur les 58 autres photos (certaines à plusieurs reprises), 11 sont des prisonniers, 31 ont été tuées soit au combat, soit par des raids de l’armée israélienne, et 9 sont morts dans des attentats-suicide, d’après les légendes des photographies. Et on ne parle que de ces neuf là. Mais pour le CRIF et ses amis, c’est tellement plus facile de réduire la résistance palestinienne aux kamikazes … Lunettes rouges
Les personnes qui se sont déplacées hier dimanche pour visiter l’exposition d’Ahlam Shibli, au Musée du Jeu de Paume dans le Jardin des Tuileries à Paris, ont trouvé ses portes fermées, la LDJ ayant annoncé une « descente » sur le musée ce jour là ! Ainsi ce gouvernement de lâches, cette ministre de la Culture qui se couche quand les chiens du lobby israélien aboient, n’ont pas été en mesure de protéger l’accès à cette exposition ? Nous ne payons pas assez d’impôts pour que la culture soit respectée ? Ou bien s’agit-il de faire plaisir au CRIF et consorts ? Ou encore M. Valls et Mme Philipetti ont peur des bandes armées de la LDJ ? Alors qu’ils les interdisent ! (…)  Nous rappelons que l’exposition de la photographe palestinienne Ahlam Shibli esrt exposée au Musée du Jeu de Paume à Paris jusqu’au 1er septembre, que c’est une exposition magnifique et très instructive, et qu’il faut aller la voir ! (notamment) les réflexions et interrogations qu’elles suscitent sur divers problèmes, dont (…) des orphelins ou enfants abandonnés polonais qui recréent là un monde à eux (…) des homosexuels hommes et femmes qui ont dû fuir leurs pays, le plus souvent musulmans (pour… Tel Aviv ! – note de l’éditeur), où ils ne pouvaient assumer leurs choix de vie. la résistance à l’occupation pendant la deuxième guerre mondiale et l’engagement dans des luttes de conquêtes coloniales, par les mêmes personnes, en Corrèze, avec des lieux célébrant les deux à la fois et au même endroit ! et la manière dont les Palestiniens tentent de conserver leur dignité, qu’ils soient en prison ou dans des camps de réfugiés à Naplouse, sous occupation. Comment ils tentent, au milieu de la mort constamment présente, et de la négation de leur histoire, de leur liberté, de conserver la mémoire de leurs proches, ces martyrs tués en combattant l’armée d’occupation, à un check-point, ou en commettant des attentats suicide, signes d’un désespoir tel que leur vie ne leur semblait plus présenter la moindre utilité.Rappelons que cette très belle expo vient de Barcelone où nul n’a tenté de la censurer, et elle va au Portugal cet automne, où, très probablement, nul ne le fera. Les visiteurs normalement constitués, et surtout honnêtes, comprennent bien que le travail d’Ahlam Shibli est, non pas une apologie du terrorisme comme le lobby israélien voudrait le faire croire, mais une réflexion sur la manière dont les hommes réagissent face à l’absence ou à la destruction de leur foyer, et s’adaptent aux contraintes qui en résultent. Médiapart
Ahlam Shibli, artiste internationalement reconnue, propose une réflexion critique sur la manière dont les hommes et les femmes réagissent face à la privation de leur foyer qui les conduit à se construire, coûte que coûte, des lieux d’appartenance. Dans la série Death, conçue spécialement pour cette rétrospective, l’artiste Ahlam Shibli présente un travail sur les images qui ne constitue ni de la propagande ni une apologie du terrorisme, contrairement à ce que certains messages que le Jeu de Paume a reçus laissent entendre. Comme l’artiste l’explique elle-même : « Je ne suis pas une militante […] Mon travail est de montrer, pas de dénoncer ni de juger ». Death explore la manière dont des Palestiniens disparus — « martyrs », selon les termes repris par l’artiste — sont représentés dans les espaces publics et privés (affiches et graffitis dans les rues, inscriptions sur les tombes, autels et souvenirs dans les foyers…) et retrouvent ainsi une présence dans leur communauté. L’exposition monographique réunit cinq autres séries de l’artiste questionnant les contradictions inhérentes à la notion de « chez soi » dans différents contextes : celui de la société palestinienne, mais aussi des communautés d’enfants recueillis dans les orphelinats polonais, des commémorations de soulèvements de la Résistance contre les nazis à Tulle (Corrèze) et des guerres coloniales en Indochine et en Algérie, ou encore des ressortissants des pays orientaux qui ont quitté leur pays afin de vivre librement leur orientation sexuelle. La plupart de ces photographies sont accompagnées de légendes écrites par l’artiste, inséparables des images, qui les situent dans un temps et un lieu précis. Des mesures ont été prises par le Jeu de Paume pour le rappeler aux visiteurs. La rétrospective dédiée à Ahlam Shibli s’inscrit dans la volonté de montrer de nouvelles pratiques de la photographie documentaire, après les expositions consacrées à Sophie Ristelhueber (2009), Bruno Serralongue (2010) ou Santu Mofokeng (2011). La programmation du Jeu de Paume a pour objectif de s’interroger de façon critique sur les différentes formes de représentation des sociétés contemporaines et, dans cette démarche, revendique la liberté d’expression des artistes. Le Jeu de Paume ne souhaite pas esquiver le débat ni passer sous silence l’émoi que l’exposition suscite auprès d’un certain nombre de personnes, bien au contraire, il invite chacun à la découvrir sereinement. Après le MACBA de Barcelone (25 janvier-28 avril 2013) et avant la Fondation Serralves de Porto (15 novembre 2013-9 février 2014), tous deux coproducteurs, le Jeu de Paume présente, pour la première fois en France, l’œuvre de l’artiste palestinienne Ahlam Shibli avec l’exposition « Foyer Fantôme », du 27 mai au 1er septembre 2013. Musée du Jeu de Paume
Without question, Shibli’s new series, « Death » (2011-12), commissioned by the three museums co-hosting her retrospective (MACBA, the Jeu de Paume, Paris, and the Museu de Arte Contemporânea de Serralves, Porto), is her most ambitious and difficult work to date. It provides an in-depth study of commemorative images of Palestinian martyrs in the city of Nablus, a bastion of Palestinian resistance during the Second Intifada (2000-05). A martyr in these circumstances is any Palestinian killed due to the Israeli occupation, including soldiers who died in confrontations with Israeli forces, civilians killed in Israeli attacks and suicide bombers who carried out attacks in Israel. Shibli sought out the families and friends of these people as well as contacted martyr support associations. The resulting 68 medium and large color prints present posters, murals, banners, paintings, photographs and graffiti of some of the most revered martyrs in Nablus (such as the first Palestinian woman to carry out a suicide bombing in Israel). The subjects are typically shown brandishing a weapon, with backgrounds that include patriotic decorative elements like the Palestinian flag and handwritten exaltations. In the public spaces of Nablus, a cult of martyrdom seems omnipresent. Commemorations are seen on concrete walls pockmarked by bullet holes, or in the shabby interiors of cafes. Large, framed pictures of prominent martyrs are mounted on metal structures above the crumbling entrance of an oft-visited cemetery. Shibli provides lengthy descriptive captions for each photograph (available at MACBA as printed gallery notes), indicating details about the people pictured. Perhaps the most disturbing photos are the ones taken in the intimacy of family homes, such as Untitled (Death, no. 37), in which a living room is dominated by a painting of Kayed Abu Mustafá (aka Mikere), a grim-faced young man with his finger on the trigger of an assault rifle. Mikere’s son looks up at the portrait of his father with pride, as his mother, daughter and young nephew sit nearby. Shibli’s « Death » series seems to be the culmination of many years of reflecting on her homeland. She has probed deeply into the devastating impact that the frustrated quest for a home has had, and presents a terrifying portrait of a place where a continuing cult of martyrdom—and terrorism—appears inevitable. This viewer wonders if the questions that « Death » poses are best served by its presentation in the rarefied context of a contemporary art museum. Kim Bradley
Ahlam Shibli montre, photographies alignées, des affiches faisant l’apologie de ces «martyrs» sur les murs de camps de réfugiés de Balata, sur ceux de la ville de Naplouse. Des hommes avec des poses de Rambo mais ayant tué pour de vrai. D’autres images montrent des foyers, murs tapis de photos à l’effigie des «martyrs» disparus: terroristes s’étant fait sauter. Ils sont fascinants ces foyers-mausolées.Cette série montre un monde fascinant où les terroristes sont adulés. Elle montre comment les images suppléent au discours et gardent vivants des morts pour que la force de leurs actions persiste. Elle pourrait montrer la façon dont un discours peut être renversé, une idéologie servie, des terroristes présentés en héros. Mais ces «représentations» sont livrées sans distance, sans regard de biais. Sans critique. Dans les légendes, les terroristes sont décrits en martyrs, en combattants, en victimes.(…) En mettant sur le même plan ces terroristes et les personnages des autres séries, victimes de régimes homophobes, d’occupants nazis en France, orphelins abandonnés, ces terroristes sont assimilés aux victimes. Dans cette région du monde où la propagande est si violente, l’artiste semble avoir été contaminée par le discours iconographique abêtissant. Et le Jeu de Paume, qui aurait pu se servir de ce travail pour montrer et la réalité et son travestissement en images, aussi. Slate
Il s’agit d’éviter à tout prix de rappeler le contexte historique et les drames qui ont été occasionnés par ces multiples attentats. Combien de bus israéliens éventrés? Combien de magasins ou de restaurants israéliens calcinés? Combien d’enfants israéliens assassinés? Combien de rues déchiquetées? Crif
A quand la glorification d’un Mohamed Merah ou d’un Ben Laden dans nos musées nationaux, financée par nos impôts ?!!! (…) La photographe Ahlam Shibli affirme je cite « je ne suis pas une militante, mon travail est de montrer, pas de dénoncer ni juger ». Alors pourquoi n’évoque t-elle pas les nombreuses victimes de ces attentats terroristes ? Pourquoi a t-elle choisi délibérément de traduire certains passages dans ses cartels et passer sous silence les appels à la mort ? Pourquoi ne nous informe t-elle pas sur le nombre des victimes innocentes ? Pourquoi ne nous montre t-elle pas leur portrait ?!! JSSNews
Il travaille dans un garage et voulait juste se faire un peu d’argent.  Aamna Aqeel
Lighten up, Vogue is about realizing the power of fashion and the shoot was saying that fashion is no longer a rich man’s privilege. Anyone can carry it off and make it look beautiful. Priya Tanna (Vogue India editor)
This provocative juxtaposition of luxury and poverty is something of a Campos hallmark. In shot after shot, fashion models and expensive clothes are set against backdrops of urban poverty. Personally, I find the images thought-provoking and beautiful. They free the fashion world from its ivory tower isolation and allow it to circle ethical issues — without forcing any particular conclusions on the viewer. They also raise the question of whether the beautiful artifacts of a traditional culture like India aren’t a match for the most expensive couture. Which raises, in turn, the worrying idea that, by thinking this way, we may be romanticizing (and therefore justifying) poverty. (…)  Revisiting Bringing the War Home, a set of Vietnam War-themed images  she made between 1967 and 1972, Rosler created a montage series in 2004, which imagined fashion shoots taking place on the streets of Baghdad. “Assembled from the pages of Life magazine,” Laura Cottingham wrote in an essay, “…Rosler’s montages re-connect two sides of human experience, the war in Vietnam, and the living rooms of America, which have been falsely separated.” The Campos images, with their uncomfortable beauty and ambiguous juxtapositions, may be making the same point about the “false separation” between luxury and poverty — with, perhaps, more seductive subtlety. Nick Currie
Martha Rosler: Bringing the War Home is the first museum exhibition to bring together Rosler’s two landmark series of photomontages. In the pioneering series, Bringing the War Home: House Beautiful (1967-1972), news photos of the Vietnam War are combined with images from contemporary architectural and design magazines. The prosperity of postwar America is integrated with images of soldiers, corpses and the wounded. Made during the height of the war, these images were originally disseminated in underground newspapers and on flyers and were made, in part, as a response to the artist’s frustration with media images, reporting techniques, and even some anti-war propaganda. The recent group, Bringing the War Home: House Beautiful, New Series (2004) combines news photos of the Iraq War with elegant landscapes and interiors from magazines, raising questions about the connections between advertising, journalism, politics, sexism, and violence. Rosler’s montages re-connect two sides of human experience that have been falsely separated – distant wars and the living rooms of America. Laura Cottingham
Une série mode intitulée « Victim of Beauty » publiée dans le magazine bulgare « 12 Magazine » a créé la polémique internationale : une séance photo éditoriale provocante réalisée par le photographe Vasil Germanov qui met en scène les mannequins Gabriela Dasheva et Nora Shopova relookées en femmes violemment battues. Yeux au beurre noir, lèvres fendues, gorge tranchée, brûlures nauséabondes… des blessures réalistes en maquillage effets-spéciaux par Daniela Avramova qui provoquent l’indignation des associations de victimes de violences conjugales : les militants pour la cause féminine condamnent cette représentation « scandaleuse et perverse » de la beauté. Les éditeurs du magazine bulgare se défendent de faire l’apologie de la violence et déclarent que « la photo de mode n’est qu’une imitation de la réalité ». Mannequin-model.com
Cette petite fille qui est née le 05 Avril 2001 en France, s’appelle Thylane et a fait sa première grande apparition par l’intermédiaire de Carine Roitfeld pour des photos qui font surface avec 7 mois de retard aux États-Unis… L’ex redac’chef confirme malgré tout qu’elle est dotée d’un sens aiguisé dans la découverte de futurs talents. Car oui, au delà de la polémique sur le fait d’avoir maquillé et habillé cette jeune fille en femme plus âgée dans les pages du Vogue Paris en décembre dernier, Thylane n’en reste pas moins une fillette de 10 ans qui voit une carrière de Top et d’égérie à succès se profiler à l’horizon. Sa mère, qui n’est autre que l’animatrice Veronika Loubry (reconvertie d’ailleurs dans la création de vêtements et la photo) l’encourage dans cette voie bien qu’elle affirme refuser les 3/4 des projets proposés. Il faut reconnaitre que malgré son jeune âge, elle est extrêmement douée et photogénique : un air de Bardot par-ci, d’Abbey Lee par là, elle possède l’esthétisme que l’on réclame aux mannequins d’aujourd’hui (excepté bien sur les mensurations qui seront déterminantes pour la suite). La question qui se pose aujourd’hui outre-Atlantique est de savoir si oui ou non il est néfaste pour une fillette d’adopter des postures et expressions d’adultes ou de poser topless ? Une limite est-elle franchie à cause de son âge ou est-ce uniquement de l’art? La mode « enfant » est un secteur en pleine expansion de nos jours, chose que les marques et les magazines ont bien intégré ; outre le fait qu’actuellement du scandale naît la notoriété, Thylane sera certainement une modèle à surveiller de près. Jules fashion
Nous avons voulu exposer de beaux articles de mode dans un contexte intéressant et plein de charme. Nous avons vu une immense beauté, de l’innocence et de la fraîcheur sur les visages que nous avons saisis. « La mode n’est plus le privilège des riches. N’importe qui peut la porter et la rendre magnifique. Priya Tanna (rédactrice en chef du magazine Vogue India)
Rabaisser la pauvreté à ce niveau de frivolité enlève tout sérieux à ce qu’elle représente réellement. Comme si les bébés indiens pauvres, dont la vie est menacée par la malnutrition, pouvaient profiter d’un déjeuner sympathique en portant un bavoir Fendi.  Archana Jahagirdar (Business Standard)
L’intervention du magazine ressemble à celle des premiers missionnaires, apportant Hermès et Miu Miu, comme des outils de civilisation. Amrita Shah (« La pauvreté comme papier peint », The Indian Express)
Le problème est que les Indiens aisés sont devenus complètement aveugles à la misère. Pavan Mehta
Mis en scène dans un contexte si différent, les pauvres ne suscitent plus l’indifférence. Les Indiens aisés prendront au moins conscience de leur existence. Hemant Sagar (couturier de Lecoanet Hemant)
Pas facile de produire une séance photo de mode mémorable; les photos de jolies filles portant de jolis vêtements peuvent vite devenir ennuyeuses. Les meilleures photos de mode sont engageantes, captivantes et imaginatives ; elles supposent talent, travail acharné et vision de designer, styliste, photographe et modèle. Bien sûr, si vous ne pouvez pas gérer tout cela, l’autre moyen de vous faire remarquer est de faire des photos de mode tellement controversées et d’un tel mauvais goût que l’attention des médias est garantie. Le dernier shooting de la créatrice Aamna Aqeel intitulé « Sois mon esclave » tombe carrément dans cette catégorie. De toute évidence conçu pour choquer, il montre un modèle servi par un enfant esclave à la peau noire. Les images sont répugnantes à connotation raciste et colonialiste.  Le fait que l’esclave dans les publicités est un enfant rend les images encore plus inexcusables. Aqeel ne travaille que depuis à peine deux ans. Elle a remporté quelques succès critiques lors de la cinquième édition de la Fashion Week du Pakistan qui s’est tenue récemment à Karachi, mais elle reste vraiment un designer émergent avec beaucoup à prouver. Il semble qu’elle ait décidé que le temps était venu, coûte que coûte, de se faire remarquer. La mode aime être provocante et parfois il semble que rien n’est tabou. Vogue France avait fait une séance avec des images sexualisées de modèles de dix ans, Vogue India un reportage avec des Indiens pauvres portant des parapluies de Burberry et des bavoirs Fendi à 100 dollars. Un magazine bulgare (12)  avait fait une série intitulée « Victime de la beauté » présentant des modèles meurtris qui semblait glorifier la violence domestique. A chaque fois, les magazines avaient une explication à donner, à savoir qu’ils essayaient de mettre en évidence l’utilisation de modèles de l’enfant, ou tenter de dire que la mode était pour tout le monde ou de montrer la juxtaposition entre les films d’horreur et le maquillage et la beauté. Dans chaque cas, la véritable raison était simple : commander des photos de mauvais goût pour s’assurer une couverture médiatique et stimuler les ventes. Salima Feerasta

Les temps sont décidément cruels !

Yeux au beurre noir, lèvres fendues, gorge tranchée, brûlures nauséabondes, petites filles de 10 ans hypersexualisées, vieil homme en haillons sous un parasol Burberry, bébé d’une femme édentée en bavoir Fendi à 100 dollars, femme portant au bras un sac Hermes à plus de 10 000 dollars, modèle blanc abritée par l’ombrelle d’un enfant noir vêtu d’un simple pagne …

A l’heure où, en Egypte, un jeune idéaliste juif américain vient de payer au prix fort sa dévotion pour les tenants de la religion d’amour de tolérance et de paix …

Et où, une fois de plus et dans l’indifférence ou l’incompréhension générales, le musée national du Jeu de Paume réaffirme courageusement son indéfectible soutien à la liberté culturelle et aux jeunes talents face au monde impitoyable qu’est devenue la création internationale …

Comment ne pas compatir à la diffculté que rencontrent de plus en plus pour se faire un nom nos jeunes créateurs et artistes ?

Surtout quand en plus ils se donnent tant de mal à lancer le débat sur l’esclavage, le travail des enfants, les femmes battues ….

Ou, à l’instar d’un Miki Kratsman israélien ou de notre Enderlin national (voire de votre serviteur dans le musée lui-même aujourd’hui), la manipulation en un véritable culte de la mort des terroristes-suicide ou des enfants boucliers humains …

Aamna Aqeel: It’s certainly not fashion!

Salima Feerasta

The Express Tribune

May 9, 2013

KARACHI:

It’s not easy producing a memorable fashion shoot; pictures of pretty women wearing pretty clothes can get boring fast. The best fashion shoots are engaging, compelling and imaginative; they require talent, hard work and vision from the designer, stylist, photographer and model. Of course, if you can’t manage all of that, the other way to ensure you get noticed is to make a fashion shoot so controversial and tasteless that getting media attention is guaranteed.

Designer Aamna Aqeel’s latest shoot titled “Be My Slave” falls squarely into this category. Obviously designed to shock, it shows a model being pandered to by a dark-skinned child slave. The images are repulsive with racist and colonialist overtones. The fact that the slave in the advertisements is a child, makes the images that much more inexcusable.

Aqeel has barely been designing for two years. She won some critical acclaim at the fifth edition of Fashion Pakistan Week held recently in Karachi, but she remains very much an emerging designer with a lot to prove. It seems that she’s decided, by hook or by crook, it’s time to get noticed.

Fashion loves to be provocative and sometimes it seems nothing is taboo. French Vogue did a shoot with sexualised images of models as young as 10, Vogue India did a feature with impoverished Indians carrying Burberry umbrellas and wearing $100 Fendi bibs. A Bulgarian magazine 12 did a shoot called “Victim of Beauty” showing bloodied, bruised models that appeared to glamourise domestic violence.

In each case, the magazines had an explanation to give, that they were trying to highlight the use of child models, or attempting to say fashion was for everyone or trying to show the juxtaposition between horror flick make-up and beauty. In each case, the real reason was simple: commissioning distasteful fashion shoots to ensure media coverage and boost sales.

When contacted, Aqeel vehemently denied any racist angle to the shoot at all. According to her, the choice of a dark-skinned Baloch child was purely incidental. “He works in a garage and wanted some work,” she said. Obviously the parents of usual child models wouldn’t have agreed to the shoot. The pampered little cuties who advertise soap, toothpaste and biscuits on TV may not have looked right for the part but even if they had, no one would have let their child play such a degrading role.

Aqeel’s argument is that she wanted to spark a debate on child labour. She says she is involved with a children’s charity and wanted to highlight how ‘society madams’ employ child labour in their homes. She is educating and supporting the child used in the shoot — it seems the least she can do after exploiting him in this fashion.

It’s facetious of the designer to claim that she was trying to stimulate a debate on child labour. The model wearing her clothes is clearly comfortable with her dominant position. She is not made up in a way that shows her to be the villain of the piece. The use of a dark skinned child in a shoot entitled “Be My Slave” certainly reeks of racism, however much the designer may deny it. And if anything, the shoot seems to condone child labour.

Aqeel went on to deny that this was a publicity-seeking move on her part and says she is happy at the pace her brand is developing. Her purpose for this shoot was apparently not to publicise her brand, but to raise public awareness of a social issue. Apparently, she feels so blessed with her success that she wants to give back to society and feels that it’s every individual’s duty to do what he or she can to make life better for the underprivileged.

To me, Aqeel’s stance stinks of hypocrisy. Designers do fashion shoots to sell a vision of their brand and to raise their profile. I wonder at the magazine that published the pictures. The stylist and photographer may have had to bend to the designer’s vision but the magazine had no such compulsion. I feel ashamed to be involuntarily publicising the shoot but we need to speak up against vile images of racism and exploitation. There are some taboos fashion shouldn’t break.

Oxford-grad Salima Feerasta is a social commentator and lover of style in any form or fashion. She blogs at karachista.blogspot.com and tweets @karachista

Voir encore:

The Post-Materialist | Fashion and Poverty

Women’s Fashion
Nick Currie
The NYT
September 5, 2008

A report from our Berlin correspondent on design and society.

Should poor people appear in fashion shoots for expensive clothing? What’s the difference between a $2 umbrella and a $200 umbrella? What’s the role of a magazine like Vogue in a nation where more than 75% of the population lives on less than $2 a day? Can cheap clothes enhance — even trump — expensive ones? Do couture items look cheap mixed into a poor person’s outfit?

These were some of the questions raised by an article by Heather Timmons in Sunday’s New York Times. Vogue’s Fashion Photos Spark Debate in India described — and showed — a photo shoot by Jean-François Campos which appeared in the August edition of Vogue India.

Since its launch last October, the Indian edition of Vogue has tended to concentrate on glitzy, aspirational images; Western models appear alongside Indian models whose styling (colored contact lenses and lightened skin tones — the subject of another New York Times article) nudges them in the direction of Western norms. Campos’s story — featuring impoverished Indians sporting a Fendi baby bib, a Burberry umbrella and a $10,000 Hermès Birkin bag — departs, provocatively, from that line.

Glance at his portfolio at creative agency Michele Filomeno and you’ll see that this provocative juxtaposition of luxury and poverty is something of a Campos hallmark. In shot after shot, fashion models and expensive clothes are set against backdrops of urban poverty. Personally, I find the images thought-provoking and beautiful. They free the fashion world from its ivory tower isolation and allow it to circle ethical issues — without forcing any particular conclusions on the viewer. They also raise the question of whether the beautiful artifacts of a traditional culture like India aren’t a match for the most expensive couture. Which raises, in turn, the worrying idea that, by thinking this way, we may be romanticizing (and therefore justifying) poverty.

When I wrote about the Vogue India controversy on my own blog, Click Opera, the South African artist Candice Breitz sent me some images by veteran New York artist Martha Rosler. Revisiting Bringing the War Home, a set of Vietnam War-themed images she made between 1967 and 1972, Rosler created a montage series in 2004, which imagined fashion shoots taking place on the streets of Baghdad.

“Assembled from the pages of Life magazine,” Laura Cottingham wrote in an essay, “…Rosler’s montages re-connect two sides of human experience, the war in Vietnam, and the living rooms of America, which have been falsely separated.” The Campos images, with their uncomfortable beauty and ambiguous juxtapositions, may be making the same point about the “false separation” between luxury and poverty — with, perhaps, more seductive subtlety.

Voir encore:

Sick poverty chic: Outrage as Pakistan designers underline rich-poor divide in adverts

Deepti Jakhar

Daily Mail

18 March 2012

Fashion is arguably about aspiration with its limited editions and price-on- request adornments. But when fashion, in the name of aspiration, creates an ugly divide between the haves and have-nots, it’s bound to create outrage.

That’s what Pakistani designer duo Sana-Safinaz is seemingly facing. The designers, considered one of the biggest names in luxurious design in their country, are no strangers to publicity – the most recent being their designs worn to the Oscars and the Vanity Fair party by Pakistan’s Oscar debutant Sharmeen Obaid-Chinoy.

Their ‘Lawn’ collection print advertisement is, however, garnering the wrong kind of publicity with most labelling it as ‘distasteful’.

As soon as the design house posted a picture of its latest spring/summer ad campaign on Facebook, it received a slew of angry comments. The campaign shows model Neha Ahmed posing in front of coolies with Louis Vuitton luggage, most of whom can never think of affording a LV with a lifetime of earnings and savings.

The advertisement reminds the fashion-conscious of Vogue India’s 2008 issue when it used poor people not as models but as props for obscenely expensive brands such as Burberry and Fendi.

Poor as prop: A toddler wearing a Fendi bib in another Vogue ad

Poor as prop: A toddler wearing a Fendi bib in another Vogue ad

The issue that featured an old woman holding a child wearing a Fendi bib; a family squeezing on to a motorbike with the mother holding a Hermès Birkin bag; and a barefoot man holding a Burberry umbrella, created a lot of furore online about its vulgar display of luxury, juxtaposing it with extreme poverty.

For countries such as India and Pakistan – where the divide between the rich and the poor is so stark – campaigns that bring both the worlds together seem to be mocking the gap more than anything else.

The same is being experienced once again as Twitter and Facebook are full of critical remarks for the designers.

‘The image uses the poor as props. It not only dehumanises them, it also trivialises and celebrates the stark contrast,’ a post on Twitter read.

Designer Safinaz Munir has reacted to the angry tweets in an interview, saying: ‘We’re public figures and it goes with the territory… everyone uses porters for luggage. No one carries their own luggage.’

 Voir encore:

Far too much, far too young: Outrage over shocking images of the 10-YEAR-OLD model who has graced the pages of Vogue

Daily Mail

10 August 2011

Wearing heavy make-up and gold stilettos, Thylane Blondeau sprawls seductively on leopard print bed covers.

The provocative pose might seem like nothing unusual for a Vogue fashion shoot – except that Miss Blondeau is just ten years old.

Now the shocking images of the French child model have brought condemnation from parents’ groups and MPs.

And they are likely to take centre stage at a summit called by Prime Minister David Cameron and the Mothers’ Union aimed at cracking down on the sexualisation of children in advertising and the media.

Fleur Dorrell, of the Mothers’ Union, yesterday described the images as ‘physically disturbing’ and said they were ‘blurring all thoughts of beauty’.

And Labour MP Helen Goodman accused Vogue of being ‘disgraceful and totally irresponsible’ by publishing the pictures, saying it should have known better. ‘They have descended into the gutter by doing this,’ she said.

‘The sexualisation of children is one of the most pernicious ills of our era. They should not have done this.’

Born in the Ivory Coast, Miss Blondeau is the daughter of Véronika Loubry, an actress and television presenter, and former Sheffield Wednesday and Watford footballer Patrick Blondeau.

She walked the catwalk for Jean Paul Gaultier at the age of four and already boasts an impressive modelling CV, with several magazine shoots to her name.

In Paris, her piercing eyes, waist-length hair and pouting lips have brought comparisons with a youthful Brigitte Bardot, who was herself just 15 when she modelled for Elle magazine.

But it is the 15-page spread in a French Vogue issue guest-edited by fashion designer Tom Ford back in January that has emerged at the centre of the current debate on the over-sexualisation of children.

Miss Blondeau’s entry into the fashion world follows a recent trend for younger models.

Hollywood child actresses Elle Fanning, 13, and 14-year-old Hailee Steinfeld have both recently signed modelling deals with Marc Jacobs and Miu Miu respectively.

Last night the Mothers’ Union issued a damning criticism of Miss Blondeau’s Vogue pictures.

‘We have grave concerns about the modelling agency who represent Miss Blondeau, which clearly does not know if it represents a child or an adult,’ it said.

‘Photo shoots requiring her, a ten-year-old-girl, to dress in full make-up, teetering heels and a dress with a cleavage cut to the waist across her prepubescent body deny Miss Blondeau the right to be the child she is.’

Bloggers also attacked the images. One said on Tumblr: ‘This isn’t edgy. It’s inappropriate, and creepy.’

And Dr Emma Gray of the British CBT & Counselling Service (www.thebritishcbtcounsellingservice.co.uk) said: ‘This picture is the antithesis of what childhood in our society should be; a child being exposed to a world she is not yet equipped to deal with solely to serve the needs of the adults around her.’

Mothers’ Union chief executive Reg Bailey has been commissioned to carry out an independent review on the pressures faced by children and, with Mr Cameron, has invited the fashion and advertising industries to an inquiry in October.

Vogue’s publisher Condé Nast was unavailable for comment last night.

THE CHANGING FACE OF SOCIETY

The ‘ideal’ body image created by the media and the fashion industry are intertwined.

The advertising industry target women and younger girls as commodities, as well as important consumers.

A UK online survey in 2005 showed that 63 per cent of young girls between 15 to 19 years aspired to be glamour models rather than doctors or teachers.

The sociological reason for this can be debated but may be linked to a false sense of increased self esteem and confidence, associated with society’s acceptance of increasingly feminine role models.

It’s probably not ‘cool’ to be clever. Increased focus on not having the ideal ‘air brushed’ body may give rise to increased anxiety and worries related to body image, eating disorders in young people as young as 14 years, clinical depression and adjustment difficulties with usual life stresses.

As a doctor treating young people with emotional difficulties, one often faces the reality of aspiration and broken dreams of young people. It’s not enough to be just ‘cool’ to go through life.

DR SOUMITRA DATTA, Consultant Child & Adolescent Psychiatrist, London Medical

Environnement

POLÉMIQUE

« Be my slave »: quand l’esclavage devient fashion

Après l’affaire des bijoux « style esclave » de Mango, et celle de la mannequin blanche maquillée en femme noire, les photos de mode intitulées « Be my slave » (« Sois mon esclave »), réalisées par la créatrice pakistanaise Aamna Aqeel, ont provoqué un tollé.

Dans le monde impitoyable de la mode, une des façons de se faire remarquer, « c’est de faire un shooting de mode si controversé et de si mauvais goût que l’attention des médias est garantie ».

« Le dernier shooting de la créatrice Aamna Aqeel intitulé « Be My Slave » tombe carrément dans cette catégorie. De toute évidence conçu pour choquer, il montre un modèle servi par un enfant esclave à la peau noire. Les images sont répugnantes à connotation raciste et colonialiste », écrit la bloggeuse pakistanaise Salima Feerasta, dans un article publié par l’Express Tribune.

Dérapages en série

Ce n’est pas la première fois que le milieu de la mode dérape sur des sujets aussi sensibles. En janvier 2012 déjà, un article publié par le magazine Elle sur le « style black » provoquait un tollé : la journaliste, qui proposait une analyse du style vestimentaire des femmes noires, déclarait que « le chic [était] devenu une option plausible pour une communauté jusque-là arrimée à ses codes streetwear », évoquant également les « codes blancs » désormais intégrés par la « black-geoisie ».

Plus récemment, des photos d’une mannequin blanche maquillée en femme noire, publiées dans le magazine Numéro, ont également scandalisé la fashion sphere. Et la marque de vêtements Mango en a remis une couche, avec sa gamme de bijoux « style esclave ».

Le choc des photos

C’est maintenant au tour de la créatrice de mode pakistanaise Aamna Aqeel, qui travaille pour Diva Magazine au Pakistan, de créer la polémique. Sur ses photos (désormais retirées de sa page Facebook), on voit un modèle blanc, à côté d’un enfant noir vêtu d’un simple pagne, qui protège la femme d’une ombrelle, porte son sac, lui tient sa tasse de thé ou dors à même le sol…

Pour le journaliste pakistanais Usama Hamayun, qui publie sur son blog Style Inn, « jouer avec un thème si sensible dans un pays où le racisme et le travail forcé sont des questions cruciales n’est en aucun cas acceptable ou esthétique. Vous pouvez être à la pointe de la mode et repousser les limites, mais ces photos relèvent d’un manque de goût et sont offensantes ».

Lancer le débat sur le travail infantile ?

Aamna Aqeel a déclaré que les photos n’étaient pas racistes et que son intention était de lancer le débat sur le travail des enfants au Pakistan. Quant au choix d’engager cet enfant pour les photos, elle s’est défendue en déclarant qu’elle le « soutenait financièrement et pourvoyait à sa scolarisation ». Celui-ci « travaillait dans un garage et voulait gagner un peu d’argent », selon la créatrice.

Voir aussi:

L’Inde lance la mode du « pauvre chic »

Julien Bouissou

Le Monde

11.09.2008

Ils sont pauvres. Leurs corps sont maigres et leurs visages cernés. Mais ils font l’effort de sourire devant l’objectif du photographe. Dans les bras d’une vieille femme édentée, un bébé porte un bavoir de la marque Fendi, d’une valeur de 100 dollars (72 euros).

Dans la cour d’une maison construite en pisé, un paysan mal rasé, vêtu d’une tunique sale et trouée, se protège du soleil en portant un parapluie de la marque Burberry, à 200 dollars. Les noms des marques de luxe sont les seuls à être mentionnés dans les légendes. Les personnages, eux, sont anonymes. On sait juste qu’ils habitent un village pauvre du Rajasthan, dans l’ouest de l’Inde.

Les seize pages de photographies ont été publiées par le magazine Vogue India, dans son édition du mois d’août, en vente à chaque carrefour des grandes villes indiennes. « Nous avons voulu exposer de beaux articles de mode dans un contexte intéressant et plein de charme. Nous avons vu une immense beauté, de l’innocence et de la fraîcheur sur les visages que nous avons saisis », déclare simplement Priya Tanna, la rédactrice en chef du magazine Vogue India.

Les commentateurs de la presse indienne ont surtout été choqués de voir des pauvres assurer la promotion d’articles de luxe. « Rabaisser la pauvreté à ce niveau de frivolité enlève tout sérieux à ce qu’elle représente réellement. Comme si les bébés indiens pauvres, dont la vie est menacée par la malnutrition, pouvaient profiter d’un déjeuner sympathique en portant un bavoir Fendi », écrit Archana Jahagirdar dans les colonnes du quotidien indien Business Standard. Mme Tanna croit au contraire que le luxe n’est plus interdit aux pauvres : « La mode n’est plus le privilège des riches. N’importe qui peut la porter et la rendre magnifique. »

Si la mode devient accessible à tous, est-ce le signe que toute l’Inde s’enrichit ? Les statistiques affirment le contraire. Quelques jours après la publication des clichés de pauvres drapés dans des vêtements de luxe, la Banque mondiale rendait publics les chiffres de la pauvreté. Quelque 456 millions d’Indiens vivent avec moins de 1,25 dollar par jour. Le luxe, loin de réduire le fossé entre les riches et les exclus de la croissance, est même perçu par Amrita Shah comme une nouvelle forme de colonisation. « L’intervention du magazine ressemble à celle des premiers missionnaires, apportant Hermès et Miu Miu, comme des outils de civilisation », regrette la journaliste dans un article intitulé « La pauvreté comme papier peint », publié dans le quotidien The Indian Express.

La pauvreté est loin d’avoir disparu, mais le regard porté sur elle change. « Le problème est que les Indiens aisés sont devenus complètement aveugles à la misère », estime Pavan Mehta, l’auteur d’un essai intitulé Quand l’Inde s’éveillera. Le couturier Hemant Sagar, de Lecoanet Hemant, en conclut que les photographies controversées auront au moins le mérite d’ouvrir les yeux sur la misère : « Mis en scène dans un contexte si différent, les pauvres ne suscitent plus l’indifférence. Les Indiens aisés prendront au moins conscience de leur existence. »

Vogue Inde, la polémique

Coco

Tendances de mode

03 septembre 2008

Lancé en octobre dernier, le Vogue Inde essuie son premier scandale. Il faut dire que dans un pays où la disparité entre les catégories sociales est si intense, il est difficile de prôner l’apogée du luxe sans risquer de tomber dans l’indécence…

Alors que le pays compte désormais plus d’un milliard d’habitants, la classe émergente de la population s’annonce comme le nouvel eldorado des marques de luxe. En effet, en Inde comme en Chine, les individus aiment faire état de leur réussite par le biais de produits haut de gamme, symbole d’avènement social.

Dans ce contexte, le groupe Condé Nast s’est empressé « d’éduquer » le peuple indien en lançant chez eux la 17e édition de Vogue. Depuis quelques mois, les Indiens ont ainsi la possibilité de découvrir les fastes de la société occidentale. Les magnats du secteur ont d’ailleurs tous répondu présents : Gucci, Fendi, Burberry, Hermès… pas un ne veut manquer l’opportunité d’accompagner la croissance indienne.

Cependant, on sait très bien que si le pays voit effectivement certains de ses ressortissants accéder à l’univers du luxe, la majorité d’entre eux vit avec moins d’1 dollar par jour, et est confrontée à une misère immense. C’est pourquoi un minimum de décence est nécessaire si l’on ne veut pas devenir complètement inhumain, gangrené par l’appât du gain. C’est ce « minimum » qui a malheureusement fait défaut à l’une des séries mode de la parution du mois d’août.

En effet, 16 pages – consacrées à la mise en valeur de sacs, parapluies et autres accessoires – furent shootées non pas dans un studio avec tel ou tel mannequins ou stars de Bollywood, mais dans la rue avec pour figurants des Indiens plus préoccupés par la survie au quotidien que par les dernières tendances.

Sur cette série, on peut ainsi voir un vieil homme s’abritant sous un parapluie Burberry, un bébé en bavoir Fendi ou encore une femme portant au bras un Birkin, entourée de ses 3 enfants vêtus de nippes… Certes, les photos sont superbes, le peuple indien possédant cette lumière, cette joie de vivre qui irradierait n’importe quel cliché, néanmoins leur incongruité révolte les journalistes du pays. Confronter une mère qui se bat pour nourrir sa famille à un sac coûtant plus de 10 000 dollars est en effet presque malsain…

Dans un pays ou l’on se suicide parfois pour échapper à une pauvreté écrasante, les médias luxe ne peuvent se permettre des inepties de ce genre. Pour sa défense, Vogue assure avoir voulu illustrer « la nouvelle Inde », où il est possible de réaliser une ascension sociale fulgurante et d’en afficher les signes. Qu’à cela ne tienne, lorsqu’on réalise que les légendes des photos ne font pas référence aux mannequins d’un jour mais simplement aux marques de sacs, on réalise à quel point Vogue n’a que faire du facteur humain…

Alors certes, il est évident que l’industrie du luxe va déferler en Inde et que seuls quelques élus y auront accès, et cela en soi n’est pas critiquable. Ce qui l’est plus, c’est de mélanger les genres de façon unilatérale. Que les sacs Hermès restent donc dans les boutiques de Mubai, et que les photographes se contentent de Gisele, on évitera peut-être ainsi des images malheureuses…

Voir aussi:

Thylane Blondeau : La fille de Véronika Loubry fait scandale

Sophie Bernard

News de stars

07 août 2011

Elle s’appelle Thylane Blondeau, elle a dix ans, c’est la fille de Véronika Loubry et de Patrick Blondeau, elle est mannequin et certaines de ses photos font scandale aux Etats-Unis.

Vous ne la connaissiez pas il y a une semaine, mais Thylane Blondeau c’est un peu la Kate Moss du mannequinat enfant. Comprenez par là qu’elle est le visage incontournable de la mode enfantine… En effet, la fille de Véronika Loubry – personnalité de la télévision française – et de Patrick Blondeau – ancien footballeur – est dans une agence de mannequins pour enfants et elle fait des pubs ainsi que des défilés depuis qu’elle est toute petite.

Mais ce n’est pas son succès qui fait parler aux Etats-Unis. Une série de clichés qu’elle a réalisés pour un numéro du Vogue français soulève la polémique outre-Atlantique. Sur ces photographies, Thylane est habillée avec des vêtements de femme adulte, elle porte entre autres des escarpins léopard, elle est très maquillée et elle joue le model comme une grande.

Est-elle trop jeune pour poser ainsi ? Fait-elle trop femme ? Voici les questions que se posent les Américains. L’émission Good Morning America diffusée sur ABC a consacré l’une de ses rubriques à ce sujet. Des associations US trouvent que ces images vont trop loin dans la sexualisation de la fillette. Chloe Angyal – directrice du site Feminsting – affirme « C’est inapproprié et choquant’, tandis que les internautes lancent des commentaires plus virulents comme ALSMac1 qui a posté sur le site de ABC : « Les photos sont un rêve pour les pédophiles. C’est dégoûtant ».

Véronika Loubry s’est justifiée sur le blog de Jean-Marc Morandini : »Le seul élément qui me choque sur cette photo, c’est le collier qu’elle porte, qui vaut trois millions d’euros! […] Je trouve beaucoup plus choquante une photo pour Petit Bateau, d’une petite fille de 11 ans qui a les seins qui pointent. Là, ma fille n’est pas nue, il ne faut pas exagérer! »

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Voir par ailleurs:

Ahlam Shibli : l’exposition polémique qui agite Paris

Arts et scènes | La Palestinienne Ahlam Shibli photographie son pays pour témoigner des traumatismes de son peuple. Une démarche qui n’est pas acceptée par tout le monde.

Frédérique Chapuis

Télérama

22/06/2013

Depuis l’ouverture de l’exposition « Foyer fantôme » consacrée à l’artiste palestinienne Ahlam Shibli, l’équipe du musée du Jeu de Paume est harcelée, menacée, et obligée d’évacuer son public à la suite d’alertes à la bombe… Des organisations extrémistes accusent l’artiste et l’institution de faire l’apologie du terrorisme. Même le ministère de la Culture et de la Communication cède aux pressions en exigeant du Jeu de Paume qu’il clarifie le propos de l’artiste et distingue la proposition d’Ahlam Shibli de ce qu’exprime l’institution…

Principale accusée, la série Death, pour laquelle Ahlam Shibli s’est rendue à Naplouse et dans les camps de réfugiés des alentours, afin d’enquêter sur le culte des martyrs de la seconde intifada (2000- 2005). Un travail artistique montrant l’ominiprésence des défunts dans le quotidien palestinien.

Ces images ne peuvent en aucun cas être une apologie du terrorisme : elles pourraient tout aussi bien être vues comme une critique du culte du martyr, avec sa profusion de clichés d’hommes en armes, paradant dans les foyers au milieu des enfants et des grand-mères, ou sur les murs de la ville. Les images d’Ahlam Shibli ne portent aucun jugement, attestant simplement d’une réalité. La photographe prouve (et c’est son rôle d’artiste) que toute image possède une dimension anthropologique et historique dont il faut tenir compte. Retour sur un parcours et une démarche artistique remarquable.

L’enfance de l’art

C’est à côté de Jenine, dans un village de Galilée, qu’est née Ahlam Shibli, en 1970. La maison familiale est remplie de livres mais aussi de onze enfants, dont neuf filles. Ahlam est l’avant-dernière de la fratrie. Elle se souvient du jour où son frère, étudiant en ville, revint un week-end avec un appareil photo : « Dès lors, trois de mes soeurs et moi nous avons pris l’habitude de nous déguiser puis de prendre la pose. Ma mère autorisait que l’on emprunte ses vêtements ou le beau chapeau de mon père. Et nous avions exceptionnellement le droit d’aller dans son jardin pour les prises de vue. C’est en découvrant le résultat sur les tirages papier, que mon frère nous rapportait des semaines plus tard, que j’ai compris ce que signifiait une narration et la mise en scène de ses propres histoires. Ma vocation d’artiste est probablement née là. » En attendant, Ahlam rêve d’être électricienne. Son père refuse. Aspirant à aider la communauté palestinienne, elle devient conseillère d’éducation, monte un projet pour les enfants défavorisés où elle utilise l’art thérapie, et finit par reprendre des études de cinéma et de photographie. Pour être bien certaine d’avoir trouvé sa voie, elle s’exerce beaucoup, réfléchit longuement à l’acte photographique. Elle avoue qu’elle n’a pas eu confiance en elle jusqu’en 1996, année où, le travail et la maturité aidant, elle découvre enfin ce qu’elle a à dire et comment le montrer.

Son père, qui a fermement encouragé l’épanouissement de tous ses enfants, sera le premier à découvrir les neuf carnets de Wadi al-Salib (« Vallée de la croix »). Un travail photographique où sont reconstituées des scènes quotidiennes dans les maisons en ruine d’un quartier d’Haïfa, abandonné depuis l’expulsion des familles palestiniennes par les Israéliens en 1948. Cette série d’images annonce les questions du chez-soi, du traumatisme de l’expulsion et de la discrimination qui traversent l’oeuvre d’Ahlam Shibli. Une oeuvre résumée dans « Phantom Home » (« Foyer fantôme »), l’exposition qui lui est consacrée pour la première fois en France.

Ni empathie ni désespoir

Parmi les six séries d’images proposées, « Trackers » (2005) et « Death » (2012) ont pour sujet la condition du peuple palestinien ; « Dom Dziecka : la maison meurt de faim quand tu n’es pas là » (2008) s’attache aux orphelinats polonais ; et « Eastern LGBT » (2006) pose la question de la non-reconnaissance et de l’exil des gays, travestis et transexuels orientaux. Quant à la série « Trauma » (2009), réalisée en Corrèze lors de cérémonies de commémoration, elle montre qu’une victime du nazisme a pu, selon le cours de l’histoire, devenir à son tour un bourreau pendant les guerres coloniales d’Indochine et d’Algérie. « Ces images, précise Ahlam Shibli, posent la question de l’utilisation qui est faite du souvenir. Pour la Palestine, on recycle toujours les mêmes clichés de gens qui fuient ou des scènes de massacre. A tel point que les mots « martyr » et « palestinien  » sont devenus synonymes. » Sa série la plus récente, « Death », comprend soixante-huit photos montrant, jusqu’à la nausée, la glorification des martyrs sur les affiches placardées dans les rues, sur les images qui envahissent les tombes et les murs des maisons ; qu’ils aient été tués par l’armée israélienne ou qu’ils aient donné la mort lors d’une opération suicide. La photographe dévoile l’intimité touchante des familles et le message politique, le portrait d’un individu et les symboles religieux. Mais la question que pose Ahlam Shibli est immuable : la représentation de la cause palestinienne est-elle possible ou, au contraire, irrémédiablement vouée à l’échec ? Pour autant, elle ne cède ni à l’empathie ni au désespoir, accompagnant ses images de légendes précises et factuelles.

Au côté de ces résistants palestiniens qui risquent l’expulsion ou voient leur maison détruite par les bulldozers israéliens, l’artiste évoque aussi le statut des « trackers », nomades d’origine bédouine, dont certains se sont mis au service de l’armée israélienne afin d’acquérir un bout de terre… subtilisé à d’autres Palestiniens. Là encore, elle ne porte aucun jugement. Sur l’une des photographies de la série « Trackers », on voit un homme en tenue militaire, les oreilles préservées du bruit par des bouchons, le regard perdu au loin. Il s’appuie sur une tige en fer plantée dans la terre et rongée par la rouille qui ne peut plus soutenir grand-chose. Au premier abord, la scène est anodine, mais à la regarder de près, cette image, sans prétention esthétique, se révèle tragique ; dans ce paysage de désolation, la solitude de cet homme est palpable.

« Quelque chose d’irreprésentable »

« Je n’ai pas envie de jouer la médiatrice, de dire « voilà ce qu’il faut regarder », affirme Ahlam Shibli. Il y a quelque chose d’irreprésentable dans la cause palestinienne comme dans la condition de l’enfant orphelin, que je cherche néanmoins à montrer, tout du moins à suggérer. C’est l’un des challenges de la photographie. » Au fond, qu’est-ce qui nous regarde avec insistance dans l’histoire de cet « autre », pour reprendre la formule du philosophe Georges Didi-Huberman ? A la question de l’altérité, donc, elle ne répond pas en sociologue mais veille toutefois à préserver une distance discrète. Les longues recherches documentaires menées pour chacun de ses sujets lui permettent sans doute de se défaire de la trop forte charge émotionnelle pour ne se concentrer que sur l’espace de son cadre photographique ; un chez-soi où elle est libre et son seul maître. D’ailleurs, à la question « Croyez-vous en Dieu ? », la jeune Palestinienne répond en riant et avec dérision : « Absolument pas ! Comment la croyance peut-elle s’appuyer sur le châtiment ? Dieu c’est moi ! »

A voir :

Exposition « Foyer fantôme », jusqu’au 27 août Jeu de Paume.

Voir encore:

Culture

Ahlam Shibli au Jeu de paume : La critique contre la censure

Une série de photos d’Ahlam Shibli est accusée d’« apologie du terrorisme ». Analyse d’une œuvre qui travaille le thème de la disparition.

Christophe Kantcheff

27 juin 2013

Politis n° 1259

Quand des œuvres sont menacées de censure, est-il encore possible de les considérer d’un point de vue esthétique ? L’exercice critique reste-t-il pertinent ? Plus que jamais. Car la censure, toujours, nie les œuvres en tant que telles. Ceux qui par des pressions, comme celles exercées notamment par le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), ou par des actes violents (alertes à la bombe, menaces de mort…) tentent d’obtenir la fermeture de l’exposition consacrée actuellement à Ahlam Shibli au musée du Jeu de paume, à Paris, intitulée Foyers fantômes, n’ont pour la plupart pas vu les œuvres qu’ils incriminent. Quand bien même ce serait le cas, le simple fait que le Crif invoque la notion d’« apologie du terrorisme » à propos de ces photographies atteste de son aveuglement. Non qu’il y ait une approche des œuvres plus « objective » que d’autres. Mais la moindre des choses est de se rendre disponible pour les accueillir, de mettre à distance ses a priori et d’être attentif aux signes, aux images qui sont proposés. En outre, parce qu’il y a aveuglement, la voix de la censure est irrationnelle. Pour la contrer, le geste critique est nécessaire, qui s’efforce de produire un discours articulé.

Dans cette exposition, qui regroupe l’essentiel de l’œuvre photographique réalisée depuis une dizaine d’années par Ahlam Shibli, on voit des enfants polonais vivant en foyer (Dom Dziecka), des lesbiennes, des gays, des bi et des trans exilés (Eastern LGBT), des Arabes israéliens d’origine bédouine ayant intégré l’armée israélienne (Trackers), les marques du souvenir des combattants de la Seconde Guerre mondiale et des guerres coloniales (Trauma), et la manière dont sont utilisées, dans des intérieurs ou dans l’espace public, les images des combattants défunts de la cause palestinienne (Death).

Thématiquement, ce qui relie ces nombreux clichés n’a rien d’une évidence. Les fils sont parfois directs, d’autres fois souterrains ou métaphoriques. Ahlam Shibli travaille sur les manifestations de résistance à la disparition et à l’invisibilité. Les personnes concernées, ses « sujets », ont pour la plupart perdu leur foyer, au sens large : leur famille pour les enfants polonais ; leur pays réprimant ce qu’ils sont pour les personnes LGBT ; les Palestiniens, quant à eux, ont vu leur existence gommée et leur État nié ; tandis que certains résistants à l’Occupation allemande se sont retrouvés, quelques années plus tard, faisant partie du mauvais camp en Indochine ou en Algérie. En outre, l’exposition s’ouvre sur une série intitulée Self Portrait, où une fille et un garçon inventent une histoire dans le village où a grandi l’artiste (elle-même Arabe israélienne d’origine bédouine). Il s’agit là d’une reconstitution, ou d’une fiction autobiographique, qui rend visible un souvenir, une émotion, un « foyer intime ».

Dans la salle Death, qui pose problème aux censeurs, Ahlam Shibli a apposé un texte de présentation. On peut y lire : « Death montre plusieurs façons pour ceux qui sont absents de retrouver une présence, une “représentation” : combattants palestiniens tombés lors de la résistance armée aux incursions israéliennes, et victimes de l’armée israélienne tuées dans des circonstances diverses […] ; militants ayant mené des actions où ils étaient certains de laisser leur vie, entre autres les hommes et les femmes bardés d’explosifs qu’ils ont mis à feu pour assassiner des Israéliens […] ; et enfin prisonniers ». Face aux attaques, Ahlam Shibli a précisé : « Je ne suis pas une militante […]. Mon travail est de montrer, pas de dénoncer ni de juger. » Dans le communiqué du ministère de la Culture, censé soutenir l’artiste et l’institution du Jeu de paume, mais qui en réalité s’en dédouane, Aurélie Filippetti a cru bon d’interpréter cette phrase comme la revendication d’une « neutralité ». Erreur. Ahlam Shibli, comme tout artiste digne de ce nom, assume un point de vue. Celui-ci est présent dans toutes les salles de l’exposition, pas seulement dans Death. Mais ce point de vue est à hauteur des personnes photographiées. Il cherche à se fondre avec celui de ses sujets, à s’identifier au leur. Afin de montrer quels types de représentations ils se fabriquent, quelle forme d’être-ensemble, de visibilité dans le champ social ou de souvenirs ils élaborent. La photographe révèle ainsi une construction d’identité, à l’image de la série Self Portrait, mais qui dans ce cas s’applique à elle-même. Il s’agit, dans tous les cas, d’« histoires qu’on se raconte sur soi ». La dimension documentaire de son œuvre n’exclut donc pas l’imagination, ni même la fiction.

Certains clichés de Death sont particulièrement éloquents, surtout ceux où l’on voit des familles autour des effigies de leurs morts. Sur l’un d’eux, un garçon regarde son père avec amour et admiration. Sur un autre, la photo encadrée est époussetée par la sœur du défunt. Dans les maisons, ces portraits sont largement exposés sur les murs, les protagonistes souvent en situation : ce sont des saints guerriers, ou des « martyrs », comme les nomment les Palestiniens, dont la présence s’impose aux vivants.

Ahlam Shibli a photographié « de l’intérieur ». L’absence de prise de distance est consubstantielle à son projet artistique. C’est pourquoi l’accuser de reprendre à son compte le mot « martyrs » dans les cartels de la salle Death, sans guillemets, comme il le lui a été reproché, relève du faux procès. Mais l’usage des cartels à portée informative, plus développé dans cette salle que dans les autres, a tendance à affaiblir les images de leur charge narrative et même émotionnelle. Contrairement à ce que certains ont réclamé, c’est-à-dire une plus grande contextualisation des photographies, la force de l’œuvre d’Ahlam Shibli est de donner à voir sans filtre l’univers mental de dominés au cœur du chaos de l’histoire. Le scandale est de ne pas admettre que cette œuvre s’avère par là même, et sans provocation aucune, nécessairement scandaleuse.

Voir de plus:

Aurélie Philipetti : choisit le camp des fascistes de la Ligue de Défense Juive (LDJ)

Di-Léta

Mediapart

02 juillet 2013

Expo Jeu de Paume : le gouvernement encourage le terrorisme

Les personnes qui se sont déplacées hier dimanche pour visiter l’exposition d’Ahlam Shibli, au Musée du Jeu de Paume dans le Jardin des Tuileries à Paris, ont trouvé ses portes fermées, la LDJ ayant annoncé une « descente » sur le musée ce jour là !

Ainsi ce gouvernement de lâches, cette ministre de la Culture qui se couche quand les chiens du lobby israélien aboient, n’ont pas été en mesure de protéger l’accès à cette exposition ?

Nous ne payons pas assez d’impôts pour que la culture soit respectée ? Ou bien s’agit-il de faire plaisir au CRIF et consorts ? Ou encore M. Valls et Mme Philipetti ont peur des bandes armées de la LDJ ? Alors qu’ils les interdisent !

C’est une honte !

Alors, la LDJ n’a qu’à annoncer un « raid » tous les jours, et on fermera le musée définitivement ?

Et quand on pense que ce sont des militants de la liberté et des droits de l’homme que le gouvernement poursuit en justice pour « entrave » quand nous nous contentions de distribuer pacifiquement des tracts aux consommateurs pour expliquer pourquoi il n’est pas éthique d’acheter des produits de l’occupant israélien !

C’est assez incroyable.

Le gouvernement français est minable : il encourage le terrorisme, l’intimidation et les menaces de ceux qui provoquent des alertes à la bombe, envoient des menaces de mort et harcèlent la direction du musée.

Nous rappelons que l’exposition de la photographe palestinienne Ahlam Shibli esrt exposée au Musée du Jeu de Paume à Paris jusqu’au 1er septembre, que c’est une exposition magnifique et très instructive, et qu’il faut aller la voir !

Nous sommes allés visiter cette exposition, et nous en sommes revenus bouleversés. Elle est passionnante et non réservée à des militants. Les visiteurs de tous âges et de tous milieux qui en prenaient connaissance, et profitaient des explications très intéressantes de la guide du Musée, n’ont pas émis la moindre critique, n’ont pas été choqués par une seule photographie. Ils étaient au contraire favorablement impressionnés par la beauté des photos,les réflexions et interrogations qu’elles suscitent sur divers problèmes, dont :

celui de l’exil et de la notion de foyer. Toujours intéressée par les précarités, les déracinements, les transplantations, Ahlam Shibli nous présente, dans la série « Maison d’enfants » des orphelins ou enfants abandonnés polonais qui recréent là un monde à eux. Elle traite par ailleurs des homosexuels hommes et femmes qui ont dû fuir leurs pays, le plus souvent musulmans, où ils ne pouvaient assumer leurs choix de vie.

la résistance à l’occupation pendant la deuxième guerre mondiale et l’engagement dans des luttes de conquêtes coloniales, par les mêmes personnes, en Corrèze, avec des lieux célébrant les deux à la fois et au même endroit !

et la manière dont les Palestiniens tentent de conserver leur dignité, qu’ils soient en prison ou dans des camps de réfugiés à Naplouse, sous occupation. Comment ils tentent, au milieu de la mort constamment présente, et de la négation de leur histoire, de leur liberté, de conserver la mémoire de leurs proches, ces martyrs tués en combattant l’armée d’occupation, à un check-point, ou en commettant des attentats suicide, signes d’un désespoir tel que leur vie ne leur semblait plus présenter la moindre utilité.

Rappelons que cette très belle expo vient de Barcelone où nul n’a tenté de la censurer, et elle va au Portugal cet automne, où, très probablement, nul ne le fera.

Les visiteurs normalement constitués, et surtout honnêtes, comprennent bien que le travail d’Ahlam Shibli est, non pas une apologie du terrorisme comme le lobby israélien voudrait le faire croire, mais une réflexion sur la manière dont les hommes réagissent face à l’absence ou à la destruction de leur foyer, et s’adaptent aux contraintes qui en résultent.

AGIR :

Il faut impérativement dire à notre ministre de la Culture ce que nous dénonçons sa complaisance vis à vis des terroristes, de ceux qui n’ont qu’une seule culture, celle de la violence et de l’intolérance :

ET QUE NOUS REFUSONS QUE CES TERRORISTES EMPÊCHENT L’OUVERTURE DU MUSEE, CE QUI EST UN SCANDALE !

Aurélie Philipetti : sp.ministre@culture.gouv.fr

CAPJPO-EuroPalestine : http://www.europalestine.com/spip.php?article8376

Voir également:

Ahlam Shibli: quand les terroristes deviennent des martyrs

La photographe palestinienne est exposée au Jeu de Paume. En filigrane de son travail, on peut lire un discours pro-palestinien qui excuse étonnamment le terrorisme. Voire le justifie. Voire le magnifie.

Slate.fr
11/06/2013
Ahlam Shibli, Sans titre (Death n° 48 ), Palestine, 2011-2012 / Jeu de Paume

MIS A JOUR LE 13/06 AVEC LA REACTION DU JEU DE PAUME

Au Jeu de Paume, à Paris, plusieurs expositions en cours. L’une d’elles est de la photographe palestinienne Ahlam Shibli: Foyer Fantôme. L’artiste aborde «les contradictions inhérentes à la notion de foyer», explique le musée.

Pour aborder ces contradictions, six séries photos parlent de déracinement, de déplacement, de spoliation. Des portraits d’homosexuels ou de transgenres contraints de quitter leurs foyers au Pakistan ou au Liban pour vivre leur sexualité comme ils l’entendent, des enfants grandissant dans des orphelinats en Pologne. Ahlam Shibli met tous ces parias sur ses images et ils sont soudain dans un chez-soi, inclus dans un ensemble.

Mais en filigrane, se dessine dans Foyer Fantôme une autre logique. Un discours pro-palestinien qui excuse étonnamment le terrorisme. Voire le justifie. Voire le magnifie.

Dès la série Trackers, quelque chose de complexe se dessine. Le texte d’introduction de la série est le suivant:

«Série réalisée en 2005, porte sur les Palestiniens d’origine bédouine qui ont servi ou servent encore comme volontaires de l’armée israélienne. Ce projet s’interroge sur le prix qu’une minorité colonisée est obligée de payer à une majorité. Composée de colons, peut-être pour se faire accepter, peut-être pour changer d’identité, peut-être pour survivre, peut-être aussi pour toutes ces raisons et pour d’autres encore.»

Les photos montrent des Palestiniens déracinés, peut-être, mais surtout contraints ou traîtres. Comme sur ces trois portraits, accrochés les uns au-dessus des autres. Les deux premiers ont les lèvres entrouvertes, comme quand on reprend douloureusement son souffle. Les trois ont de la peinture sur le visage, comme travestis contre leur gré. Changés en autres, prostitués.

Death

Mais c’est la série finale, Death, qui choque. Le Jeu de Paume a mis un petit carton dans la salle pour prévenir que les textes étaient de la photographe, comme une prise de distance. La photographe, donc, est celle qui écrit le texte d’introduction de la série:

«Ce travail porte sur la demande de reconnaissance née de la deuxième Intifada, le soulèvement palestinien contre la puissance coloniale dans les territoires occupés par Israël depuis 1967. La deuxième Intifada, qui a duré de 2000 à 2005, a fait plusieurs milliers de morts dans le camp palestinien.

Death montre plusieurs façons pour ceux qui sont absents de retrouver une présence, une représentation: combattants palestiniens, tombés lors de la résistance armée aux incursions israéliennes, et victimes de l’armée israélienne tuées dans des circonstances diverses (chahid et chahida); militants ayant mené des actions où ils étaient certains de laisser leur vie, entre autre les hommes et les femmes bardés d’explosifs qu’ils ont mis à feu pour assassiner les Israéliens (istichhadi et istichhadiya); et enfin prisonniers. Les premiers sont morts, les derniers vivants, condamnés à la prison pour le reste de leurs jours ou presque.

Ces représentations font de toute personne ayant perdu la vie par suite de l’occupation israélienne en Palestine un martyr.

Death se limite à quelques moyens de représentations des martyrs et des détenus (…) Toutes ces formes de représentations émanent des familles, des amis et des associations de combattants.»


Ahlam Shibli, Sans titre (Death n° 47), Palestine, 2011-2012, Camp de réfugiés de Balata, 7 mars 2012[1]

Représentations

Ce sont des «représentations», la photographe le dit bien. Ahlam Shibli montre, photographies alignées, des affiches faisant l’apologie de ces «martyrs» sur les murs de camps de réfugiés de Balata, sur ceux de la ville de Naplouse. Des hommes avec des poses de Rambo mais ayant tué pour de vrai.

D’autres images montrent des foyers, murs tapis de photos à l’effigie des «martyrs» disparus: terroristes s’étant fait sauter. Ils sont fascinants ces foyers-mausolées.


Ahlam Shibli, Sans titre (Death n° 33), Palestine, 2011-2012 © Ahlam Shibli

Cette série montre un monde fascinant où les terroristes sont adulés. Elle montre comment les images suppléent au discours et gardent vivants des morts pour que la force de leurs actions persiste. Elle pourrait montrer la façon dont un discours peut être renversé, une idéologie servie, des terroristes présentés en héros.

Mais ces «représentations» sont livrées sans distance, sans regard de biais. Sans critique. Dans les légendes, les terroristes sont décrits en martyrs, en combattants, en victimes. Pour la photo ci-dessus, la légende dit:

«Photos du martyr Khalil Marchoud qu’est en train d’épousseter sa sœur dans le séjour de la maison familiale. Sur l’affiche, cadeau des Brigades Abu Ali Mustafa, il est présenté comme le secrétaire général des Brigades des martyrs d’al-Aqsa à Balata.»

En mettant sur le même plan ces terroristes et les personnages des autres séries, victimes de régimes homophobes, d’occupants nazis en France, orphelins abandonnés, ces terroristes sont assimilés aux victimes. Dans cette région du monde où la propagande est si violente, l’artiste semble avoir été contaminée par le discours iconographique abêtissant. Et le Jeu de Paume, qui aurait pu se servir de ce travail pour montrer et la réalité et son travestissement en images, aussi.

Colère

Le Crif s’est ému de cette exposition. Une première fois, précisant dans un communiqué que l’exposition faisait «l’apologie du terrorisme»:

«Ces gens sont pour la plupart membres des Brigades d’al-Aqsa, Issal-dinal-Qassam et du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), considérées comme des organisations terroristes par le Conseil de l’Union européenne»

Puis une seconde:

«Il s’agit d’éviter à tout prix de rappeler le contexte historique et les drames qui ont été occasionnés par ces multiples attentats. Combien de bus israéliens éventrés? Combien de magasins ou de restaurants israéliens calcinés? Combien d’enfants israéliens assassinés? Combien de rues déchiquetées?»

La polémique a voyagé jusqu’en Israël, dont l’ambassade à Paris est allée voir l’exposition et a «décidé de saisir les autorités pour leur demander des explications».

Ce mardi, le Jeu de Paume était un peu embarrassé par l’affaire. Marta Gili, directrice du Jeu de Paume et commissaire de l’exposition, n’avait pas le temps de parler à la presse. Mais elle revenait du ministère de la Culture où une stratégie devait se décider.

Mercredi, un communiqué était envoyé aux rédactions:

«Le Jeu de Paume réfute fermement les accusations d’apologie du terrorisme ou de complaisance à l’égard de celui-ci, et portera plainte contre toutes les personnes lui adressant des menaces.

Ahlam Shibli, artiste internationalement reconnue, propose une réflexion critique sur la manière dont les hommes et les femmes réagissent face à la privation de leur foyer qui les conduit à se construire, coûte que coûte, des lieux d’appartenance.

Dans la série Death, conçue spécialement pour cette rétrospective, l’artiste Ahlam Shibli présente un travail sur les images qui ne constitue ni de la propagande ni une apol ogie du terrorisme, contrairement à ce que certains messages que le Jeu de Paume a reçus laissent entendre. Comme l’artiste l’explique elle-même : « Je ne suis pas une militante […] Mon travail est de montrer, pas de dénoncer ni de juger ».

Death explore la manière dont des Palestiniens disparus – « martyrs », selon les termes repris par l’artiste – sont représentés dans les espaces publics et privés (affiches et graffitis dans les rues, inscriptions sur les tombes, autels et souvenirs dans les foyers…) et retrouvent ainsi une présence dans leur communauté.»

C.P.

[1] Légende complète de l’image telle qu’affichée au Jeu de Paume: «Mémorial du martyr Hamouda Chtewei aménagé devant la maison familiale. Au mur, une peinture du martyr, enveloppé des couleurs palestiniennes, dans sa tombe, sur laquelle poussent des oliviers; au-dessus, un portrait de lui. Les mémoriaux de ce genre sont souvent décorés de plantes et d’arbres pour symboliser la vie qui continue. Ici, il s’agit d’un figuier. En haut, au balcon, la famille a accroché une affiche de Chtewei où l’on lit: “Beaucoup ont une arme, mais peu la portent jusqu’à la poitrine de l’ennemi.” Chtewei était un combattant qui figurait sur la liste des personnes recherchées par Israël. Après avoir échappé à plusieurs tentatives d’assassinat, il a été tué dans ce camp le 22 février 2006 lors d’un accrochage avec l’armée israélienne. Courtesy de l’artiste, © Ahlam Shibli.»

Voir aussi:

Le parti-pris du Musée du jeu de Paume

Marc Knobel

CRIF

11 Juin 2013

Dans un long article publié le 10 juin 2013, France 24 (1) revient sur l’exposition de photographies qui provoque la polémique, puisque le CRIF à ce sujet a parlé « d’apologie du terrorisme » (2) : la série prise par la Palestinienne Ahlam Shibli, exposée au Musée du jeu de Paume, à Paris depuis le 28 mai. 

Cet ensemble s’intitule Death. Rappelons ici que Shibli veut montrer « quelques moyens de représentation des martyrs et des détenus » dans Naplouse et comment les familles ou la société palestinienne entretiennent la mémoire des terroristes qui ont été tués lors d’attentats-suicide perpétrés en Israël. Mais, ce qui est incroyable dans cet article, c’est la réaction du Musée. Hallucinant.

Selon France 24, le musée du Jeu de Paume souhaite rester discret sur le sujet, pour ne pas alimenter davantage la polémique. Le Musée spécifie cependant que les légendes ont été rédigées entièrement par Ahlam Shibli, à la demande de l’artiste, et qu’elles font partie intégrante de l’œuvre. Étrange commentaire. D’abord, on comprend que les commissaires du Musée soient embarrassés. Et pour cause, on le serait à moins. Par ailleurs, comment aurait-il été possible que le Musée rédige les légendes ? Le scandale eut été encore plus grand. Bref, ce n’est pas une explication. Tout juste, un tour de passe-passe. Le musée rappelle qu’un texte de présentation, rédigé par les commissaires de l’exposition, remet ces photographies et ces légendes en contexte, selon France 24. La photographie d’Ahlam « suspend l’autonomie de l’image et fait basculer celle-ci dans un régime qui ne l’utilise plus dans un but informatif », estiment ainsi les commissaires. Le travail de la photographe « évite une obsession historique propre à ce médium, celle de fournir des preuves à tout prix. Ses images refusent d’expliquer le conflit ».

Les commissaires font siennes les explications tordues de la photographe palestinienne. Car il s’agit d’éviter à tout prix de rappeler le contexte historique et les drames qui ont été occasionnés par ces multiples attentats. Combien de bus israéliens éventrés ? Combien de magasins ou de restaurants israéliens calcinés ? Combien d’enfants israéliens assassinés ? Combien de rues déchiquetées ? Le commentaire des commissaires est invraisemblable. Il faut « éviter une obsession historique », disent-ils. Par contre, il ne faut (surtout) pas éviter de faire l’apologie de ces terroristes, terroristes glorifiés par la société palestinienne, rappelons-le ici. Ce sont des « martyrs », qui ont été tués en témoignage de leur foi ou de leur cause, selon Shibli. Une cause sacralisée par cette photographe. Et les kamikazes se trouvent donc légitimés, les attentats sont justifiés, les victimes sont oubliées. Et cette soi-disant « œuvre » n’est qu’une « œuvre » de basse propagande.

L’art peut interpeller et être subversif. Il questionne en Israël aussi. Mais l’exposition au Musée du Jeu de Paume ne répond pas à ces critères. Cette série de photographie est une entreprise de propagande peu conforme à la neutralité d’un établissement public et culturel.

Notes :

1.http://www.france24.com/fr/20130610-exposition-paris-photos-martyrs-palestiniens-polemique-ahlam-shibli-musee-jeu-paume-crif

2.http://www.crif.org/fr/lecrifenaction/une-exposition-inacceptable-au-mus%C3%A9e-du-jeu-de-paume/37353

Voir également:

Ahlam Shibli

American Art

5/20/13

MACBA

Kim Bradley

Barcelona

Ahlam Shibli’s first major retrospective, « Phantom Home, » featured nine series of her documentary-style photographs, dating from 2000 to 2012. For Shibli, who was born in Galilee in 1970 and lives in Haifa, the concept of home is multilayered, encompassing one’s family home, one’s homeland and one’s body.

A Palestinian of Bedouin descent, Shibli has often focused on her homeland. All her projects involve months of investigation as well as direct contact with her subjects. The mostly black-and-white photos in « Goter » (2002-03) were taken in two types of areas where Bedouin families live: villages that they’ve inhabited for centuries but are unrecognized by the Israeli government, and « recognized » townships set up by the government. The images show barren, rocky terrains and desolate, flat landscapes, sometimes with a solitary building in the distance. Occasionally, people appear: we see children playing in dirt berms, and a family going about daily tasks in a simple home. The viewer cannot easily tell the types of villages apart; in both, a sense of desolation and impermanence prevails.

Shibli’s interest in the body as home led to « Eastern LGBT » (2004/2006), a group of works portraying the lives of lesbian, gay, bisexual and transgender Eastern Europeans who have fled the repression in their countries to live more freely in Tel Aviv, Barcelona, London and Zurich. One photo features a lone man adjusting his slinky red belly-dancing outfit in an empty concrete hallway. Others depict expats helping each other dress up for a night out.

Without question, Shibli’s new series, « Death » (2011-12), commissioned by the three museums co-hosting her retrospective (MACBA, the Jeu de Paume, Paris, and the Museu de Arte Contemporânea de Serralves, Porto), is her most ambitious and difficult work to date. It provides an in-depth study of commemorative images of Palestinian martyrs in the city of Nablus, a bastion of Palestinian resistance during the Second Intifada (2000-05). A martyr in these circumstances is any Palestinian killed due to the Israeli occupation, including soldiers who died in confrontations with Israeli forces, civilians killed in Israeli attacks and suicide bombers who carried out attacks in Israel.

Shibli sought out the families and friends of these people as well as contacted martyr support associations. The resulting 68 medium and large color prints present posters, murals, banners, paintings, photographs and graffiti of some of the most revered martyrs in Nablus (such as the first Palestinian woman to carry out a suicide bombing in Israel). The subjects are typically shown brandishing a weapon, with backgrounds that include patriotic decorative elements like the Palestinian flag and handwritten exaltations.

In the public spaces of Nablus, a cult of martyrdom seems omnipresent. Commemorations are seen on concrete walls pockmarked by bullet holes, or in the shabby interiors of cafes. Large, framed pictures of prominent martyrs are mounted on metal structures above the crumbling entrance of an oft-visited cemetery. Shibli provides lengthy descriptive captions for each photograph (available at MACBA as printed gallery notes), indicating details about the people pictured.

Perhaps the most disturbing photos are the ones taken in the intimacy of family homes, such as Untitled (Death, no. 37), in which a living room is dominated by a painting of Kayed Abu Mustafá (aka Mikere), a grim-faced young man with his finger on the trigger of an assault rifle. Mikere’s son looks up at the portrait of his father with pride, as his mother, daughter and young nephew sit nearby.

Shibli’s « Death » series seems to be the culmination of many years of reflecting on her homeland. She has probed deeply into the devastating impact that the frustrated quest for a home has had, and presents a terrifying portrait of a place where a continuing cult of martyrdom—and terrorism—appears inevitable. This viewer wonders if the questions that « Death » poses are best served by its presentation in the rarefied context of a contemporary art museum.

« Phantom Home » travels to the Jeu de Paume, Paris, May 28- Sept. 1, and the Museu de Arte Contemporânea de Serralves, Porto, Portugal, October 2013-February 2014.

Voir de même:

Martha Rosler: Bringing the War Home

the remains of the web

 04/09/2012

For a long time Martha Rosler was con­sid­ered to be an “under­ground artist”, as she pio­neered using dif­fer­ent media and com­bin­ing them.

Her work fre­quently con­trasts the domes­tic lives of women with inter­na­tional war, repres­sion and pol­i­tics, and pays close atten­tion to the mass media and archi­tec­tural structures.

Over the last 40 years she has com­mit­ted to an art that engages a pub­lic beyond the con­fines of the art world, Rosler inves­ti­gates how socioe­co­nomic real­i­ties and polit­i­cal ide­olo­gies dom­i­nate ordi­nary life. Rosler uses a vari­ety of medi­ums, but her most rec­og­niz­able medium is photo-collage and photo-text. She also works cre­ates video instal­la­tions and per­for­mance art.

We think of pho­tomon­tage works by the Ger­mans of the 1920s (John Heart­field and Han­nah Hoch) we also recall the Sit­u­a­tion­ists in France who, as part of their attack on the “spec­ta­cle” of media-capitalism, altered comic strips and advertisements.

In the 1960s she made pho­tomon­tages that protested the Viet­nam War and the objec­ti­fi­ca­tion of women. Dur­ing the 1970s she became known for her videos — some quite hilar­i­ous — that cri­tiqued female social roles.

She began mak­ing polit­i­cal pho­tomon­tages to protest the Viet­nam War, and reac­ti­vated the project dur­ing the 2004 pres­i­den­tial elec­tion, in response to the Iraq war. They are com­pos­ites con­structed from the incon­gru­ous pho­tographs com­monly found cheek by jowl in com­mer­cial news media: adver­tis­ing images of ide­al­ized Amer­i­can homes con­joined with com­bat scenes from overseas.

The ear­lier series, made from about 1967 to 1972, brought the war home; she intro­duced Viet­namese refugees and Amer­i­can troops into images of sub­ur­ban liv­ing rooms. The pieces were intended to be pho­to­copied and passed around at anti­war ral­lies in New York and Cal­i­for­nia, where Ms. Rosler, a Brook­lyn native, lived on and off through­out the 1970s.

The pho­tomon­tages of the 2000s dif­fer in that they are large, vibrantly col­ored, dig­i­tally printed and hung in a com­mer­cial gallery. In them Ms. Rosler often col­lages Amer­i­cans onto scenes from Iraq and Afghanistan.

Ini­tially Ms. Rosler felt some trep­i­da­tion about reviv­ing the project. “The down­side was that peo­ple could say, ‘She’s revis­it­ing some­thing she did 30 years ago,’ ” she said. “But I thought that actu­ally was a plus, because I wanted to make the point that with all the dif­fer­ences, this is exactly the same sce­nario. We haven’t advanced at all in the way we go to war.”, “Tout la change, tout la même chose.” — Martha Rosler, on “Bring­ing the War Home: House Beautiful”.

Martha Rosler teaches at the Mason Gross School of the Arts at Rut­gers Uni­ver­sity and the Städelschule in Frankfurt

Voir enfin:

Le Jeu de Paume répond aux accusations qui lui sont faites à propos de l’exposition de l’artiste palestinienne Ahlam Shibli

Le Jeu de Paume qui veille, depuis sa création, à promouvoir la pluralité des expressions artistiques autour de l’image sous toutes ses formes, regrette la polémique naissante autour de l’exposition « Foyer Fantôme » de l’artiste Ahlam Shibli.

Ces derniers jours, l’institution a reçu de nombreux messages de protestation à propos de cette exposition et plus particulièrement de l’une des séries présentées, intitulée Death.

Le Jeu de Paume réfute fermement les accusations d’apologie du terrorisme ou de complaisance à l’égard de celui-ci, et portera plainte contre toutes les personnes lui adressant des menaces.

Ahlam Shibli, artiste internationalement reconnue, propose une réflexion critique sur la manière dont les hommes et les femmes réagissent face à la privation de leur foyer qui les conduit à se construire, coûte que coûte, des lieux d’appartenance.

Dans la série Death, conçue spécialement pour cette rétrospective, l’artiste Ahlam Shibli présente un travail sur les images qui ne constitue ni de la propagande ni une apologie du terrorisme, contrairement à ce que certains messages que le Jeu de Paume a reçus laissent entendre. Comme l’artiste l’explique elle-même : « Je ne suis pas une militante […] Mon travail est de montrer, pas de dénoncer ni de juger ».

Death explore la manière dont des Palestiniens disparus — « martyrs », selon les termes repris par l’artiste — sont représentés dans les espaces publics et privés (affiches et graffitis dans les rues, inscriptions sur les tombes, autels et souvenirs dans les foyers…) et retrouvent ainsi une présence dans leur communauté.

L’exposition monographique réunit cinq autres séries de l’artiste questionnant les contradictions inhérentes à la notion de « chez soi » dans différents contextes : celui de la société palestinienne, mais aussi des communautés d’enfants recueillis dans les orphelinats polonais, des commémorations de soulèvements de la Résistance contre les nazis à Tulle (Corrèze) et des guerres coloniales en Indochine et en Algérie, ou encore des ressortissants des pays orientaux qui ont quitté leur pays afin de vivre librement leur orientation sexuelle.

La plupart de ces photographies sont accompagnées de légendes écrites par l’artiste, inséparables des images, qui les situent dans un temps et un lieu précis. Des mesures ont été prises par le Jeu de Paume pour le rappeler aux visiteurs.

La rétrospective dédiée à Ahlam Shibli s’inscrit dans la volonté de montrer de nouvelles pratiques de la photographie documentaire, après les expositions consacrées à Sophie Ristelhueber (2009), Bruno Serralongue (2010) ou Santu Mofokeng (2011). La programmation du Jeu de Paume a pour objectif de s’interroger de façon critique sur les différentes formes de représentation des sociétés contemporaines et, dans cette démarche, revendique la liberté d’expression des artistes.

Le Jeu de Paume ne souhaite pas esquiver le débat ni passer sous silence l’émoi que l’exposition suscite auprès d’un certain nombre de personnes, bien au contraire, il invite chacun à la découvrir sereinement.

Après le MACBA de Barcelone (25 janvier-28 avril 2013) et avant la Fondation Serralves de Porto (15 novembre 2013-9 février 2014), tous deux coproducteurs, le Jeu de Paume présente, pour la première fois en France, l’œuvre de l’artiste palestinienne Ahlam Shibli avec l’exposition « Foyer Fantôme », du 27 mai au 1er septembre 2013.


Obamamanie: M. Obama est certes un beau parleur (So what happened to the peacemaker ?)

30 juin, 2013
He’s loved in seven languages Jewel box life diamond nights and ruby lights, high in the sky Heaven help him, when he falls (..) No need to ask He’s a smooth operator. Sade
Je rêve que mes quatre petits enfants vivront un jour dans un pays où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau mais à la nature de leur caractère. Martin Luther King
Si Obama était blanc, il ne serait pas dans cette position. Et s’il était une femme, il ne serait pas dans cette position. Il a beaucoup de chance d’être ce qu’il est. Et le pays est pris par le concept. Geraldine Ferraro (ex-colistière du candidat démocrate de 1984 Walter Mondale et proche d’Hillary Clinton, Daily Breeze, 07.03.08)
Ma propre ville de Chicago a compté parmi les villes à la politique locale la plus corrompue de l’histoire américaine, du népotisme institutionnalisé aux élections douteuses. Barack Obama (Nairobi, Kenya, août 2006)
Je vous l’assure : à l’instant où je l’ai appris, j’ai mis toute mon énergie pour faire en sorte que ce problème soit réglé. (…) Je peux vous affirmer que je n’étais au courant de rien à propos de ce rapport de l’inspection générale des services fiscaux avant qu’il n’y ait des fuites dans la presse. Barack Obama (16 mai 2013)
C’est une victoire pour la démocratie américaine. Je crois qu’à la racine de ce que nous sommes en tant que peuple, en tant qu’Américains, il y a le précepte de base que nous sommes tous égaux devant la loi. Barack Obama
Le Sénégal est un pays tolérant qui ne fait pas de discrimination en termes de traitement sur les droits (…). Mais on n’est pas prêts à dépénaliser l’homosexualité. C’est l’option du Sénégal pour le moment. Cela ne veut pas dire que nous sommes homophobes. Mais il faut que la société absorbe, prenne le temps de traiter ces questions sans qu’il y ait pression. C’est comme la peine de mort, une question que chaque pays traite [à sa façon]. Nous l’avons abolie depuis longtemps. Dans d’autres pays, elle s’impose parce que la situation l’exige. Nous respectons le choix de chaque Etat. Macky Sall
Qu’est donc devenu cet artisan de paix récompensé par un prix Nobel, ce président favorable au désarmement nucléaire, cet homme qui s’était excusé aux yeux du monde des agissements honteux de ces Etats-Unis qui infligeaient des interrogatoires musclés à ces mêmes personnes qu’il n’hésite pas aujourd’hui à liquider ? Il ne s’agit pas de condamner les attaques de drones. Sur le principe, elles sont complètement justifiées. Il n’y a aucune pitié à avoir à l’égard de terroristes qui s’habillent en civils, se cachent parmi les civils et n’hésitent pas à entraîner la mort de civils. Non, le plus répugnant, c’est sans doute cette amnésie morale qui frappe tous ceux dont la délicate sensibilité était mise à mal par les méthodes de Bush et qui aujourd’hui se montrent des plus compréhensifs à l’égard de la campagne d’assassinats téléguidés d’Obama. Charles Krauthammer
Les drones américains ont liquidé plus de monde que le nombre total des détenus de Guantanamo. Pouvons nous être certains qu’il n’y avait parmi eux aucun cas d’erreurs sur la personne ou de morts innocentes ? Les prisonniers de Guantanamo avaient au moins une chance d’établir leur identité, d’être examinés par un Comité de surveillance et, dans la plupart des cas, d’être relâchés. Ceux qui restent à Guantanamo ont été contrôlés et, finalement, devront faire face à une forme quelconque de procédure judiciaire. Ceux qui ont été tués par des frappes de drones, quels qu’ils aient été, ont disparu. Un point c’est tout. Kurt Volker
L’Amérique ne «torture pas», avait déclaré à son arrivée aux affaires en 2009 le président Obama. Il avait immédiatement demandé la publication des fameux mémos juridiques de l’Administration Bush, qui justifiaient l’utilisation par la CIA de «techniques d’interrogatoire renforcées» dans sa guerre contre le terrorisme. Les pratiques de torture avaient été déclarées interdites. (…) Ironie de l’histoire, ce même président s’est depuis arrogé un droit de tuer, demandant à son tour à ses conseillers de rédiger une série de mémos donnant une justification juridique à ses décisions d’élimination de tel ou tel individu, au nom de la nécessité de protéger l’Amé­rique. Ces documents secrets représentent la base légale sur laquelle s’appuie l’Administration Obama pour justifier les intenses campagnes secrètes de drones qu’elle mène contre les terroristes islamistes, dans sa guerre contre al-Qaida.«Le parallèle avec les mémos de l’Administration Bush sur la torture est glaçant», note Vincent Warren, directeur exécutif du Centre pour les droits constitutionnels, parlant de l’«hypocrisie d’Obama», qui critiquait son prédécesseur mais s’est arrogé un immense pouvoir, non contrôlé par le Congrès, en matière de guerre contre le terrorisme. (…) Mais ce qui frappe, c’est que le débat intervienne si tardivement. Cela fait au moins trois ans que des articles décrivent «le droit de tuer» que s’est arrogé Obama, les listes de cibles qu’il se voit soumettre régulièrement, et la «responsabilité» solitaire qu’il estime devoir assumer. Pourtant le sujet n’a jamais semblé choquer l’opinion, malgré les nombreuses victimes collatérales que font les bombardements «chirurgicaux» des avions sans pilote. Les conséquences de ces frappes, qui entretiennent une haine tenace de l’Amérique, sont potentiellement explosives, en termes de recrutement de nouveaux soldats du djihad. En affirmant que l’Amérique a le droit d’agir parce qu’elle mène une guerre, qui ne s’applique pas à un territoire précis, contre un ennemi multiforme, la Maison-Blanche crée aussi un dangereux précédent, qui pourrait bien être utilisé à l’avenir par la Russie, la Chine ou l’Iran pour aller éliminer leurs propres ennemis. Pourquoi, dès lors, les alliés de l’Amérique restent-ils silencieux, alors qu’ils accablaient Bush? Le Figaro
Terrorist groups had always taken care to avoid detection – from using anonymous email accounts, to multiple cellphones, to avoiding electronic communications at all, in the case of Osama bin Laden. But there were some methods of communication, like the Skype video teleconferencing software that some militants still used, thinking they were safe, according to U.S. counterterrorism officials who follow the groups. (…) Those militants now know to take care with Skype – one of the 9 U.S.-based Internet servers identified by former NSA contractor Edward Snowden’s leaks to The Guardian and The Washington Post. (…) Shortly after Edward Snowden leaked documents about the secret NSA surveillance programs, chat rooms and websites used by like-minded extremists and would-be recruits advised users how to avoid NSA detection, from telling them not to use their real phone numbers to recommending specific online software programs to keep spies from tracking their computers’ physical locations. (…) At the same time, (…) terror groups switching to encrypted communication may slow the NSA, but encryption also flags the communication as something the U.S. agency considers worth listening to, according to a new batch of secret and top-secret NSA documents published last week by The Guardian, a British newspaper. They show that the NSA considers any encrypted communication between a foreigner they are watching and a U.S.-based person as fair game to gather and keep, for as long as it takes to break the code and examine it. (…) Terrorist groups have already adapted after learning from books and media coverage of « how U.S. intelligence mines information from their cellphones found at sites that get raided in war zones, » said Scott Swanson, a forensics intelligence expert with Osprey Global Solutions. « Many are increasingly switching the temporary phones or SIM cards they use and throw them away more often, making it harder to track their network. » The disclosure that intelligence agencies were listening to Osama bin Laden drove him to drop the use of all electronic communications. « When it leaked that bin Laden was using a Thuraya cellphone, he switched to couriers, » said Jane Harman, former member of the House Intelligence Committee and now director of the Woodrow Wilson International Center. (…) It took more than a decade to track bin Laden down to his hiding place in Abbottabad, Pakistan, by following one of those couriers. Associated press
Il existe de nombreuses raisons justifiant légitimement le secret, en particulier pour tout ce qui relève de l’écoute des communications transitant par les ondes. C’est pourquoi Bradley Manning, l’auteur des fuites révélées par WikiLeaks, et moi-même – qui avions accès à de telles sources de renseignement parce que nous étions accrédités pour un niveau plus élevé encore que celui du top secret – avions choisi de ne divulguer aucune information ainsi classifiée. Et c’est pourquoi Edward Snowden s’est engagé à ne pas divulguer la plus grande partie de ce qu’il aurait pu révéler. Mais, ce qui n’est pas légitime, c’est d’utiliser un système axé sur le secret pour dissimuler des programmes qui, de façon flagrante, sont anticonstitutionnels par leur ampleur et par les potentialités d’abus qu’ils recèlent. Ni le président ni le Congrès ne pourraient à eux seuls tirer un trait sur le quatrième amendement, portant sur le droit des citoyens d’être garantis dans leurs personne, domicile, papiers et effets, contre les perquisitions et saisies non motivées. C’est pourquoi ce qu’Edward Snowden a révélé jusqu’ici était tenu au secret, dissimulé au peuple américain. En 1975, le sénateur Frank Church parla de l’Agence de sécurité américaine en ces termes : « Je sais qu’il y a là tout ce qu’il faut pour faire de l’Amérique une tyrannie accomplie, et nous devons veiller à ce que cette agence et toutes les agences qui disposent de cette technologie opèrent dans le cadre de la loi, et sous une supervision appropriée, de sorte que nous ne sombrions jamais dans ces ténèbres. Ce sont des ténèbres d’où l’on ne revient pas. » La perspective funeste qu’il discernait était que la force de frappe grandissante des renseignements américains – qui est aujourd’hui incomparablement plus puissante que tout ce qui existait à leur époque prénumérique – « puisse à tout moment être retournée contre le peuple américain, et qu’aucun Américain ne sache plus ce qu’est la vie privée ». Cela est désormais arrivé. C’est ce qu’Edward Snowden a démontré, documents officiels secrets à l’appui. La NSA, la police fédérale (FBI) et l’Agence centrale de renseignement (CIA) disposent, avec la nouvelle technologie digitale, de pouvoirs de surveillance sur nos propres citoyens dont la Stasi (la police secrète de la disparue République démocratique allemande) n’aurait guère pu rêver. Daniel Ellsberg
Ledit individu, en sa qualité de président des Etats-Unis, s’est en effet livré depuis quatre ans à diverses activités bellicistes qui démentent les espoirs que l’on avait mis en lui, et qui avaient justifié la remise de votre prix. Usage intensif de drones assassins en Afghanistan et au Pakistan, incapacité à fermer la prison de Guantanamo, extension d’un programme de surveillance des communications électroniques des citoyens sont autant de témoignages du caractère inapproprié de l’attribution de votre prestigieuse distinction. De surcroît, monsieur le Président, l’action sur le changement climatique promise par l’impétrant avait été un des arguments essentiels conduisant à votre choix, un mois avant la conférence de Copenhague sur le climat en 2009. Or, l’individu susnommé n’est pas étranger, loin de là, au sort funeste qu’a connu cette conférence en laquelle le monde mettait tant d’espoir. (…) M. Obama est certes un beau parleur, un comédien hors pair. Le discours qu’il a délivré avec solennité le 25 juin est truffé d’images et de paroles capables de faire frémir ses auditeurs. Mais comme au théâtre où les hallebardes brandies avec énergie se révèlent en carton-pâte, l’emphase dudit individu recouvre des pas si modestes qu’ils sonnent comme un nouveau recul. Hervé Kempf

Attention: un mensonge peut en cacher un autre !

A l’heure où après avoir réconcilié son pays avec le Monde arabe, le Beau parleur en chef fait la leçon à l’Afrique

Et où nos nouvelles belles au bois dormant semblent se réveiller de leur longue obamalâtrie face au plus rapide prix Nobel de la paix de l’histoire …

Faisant mine, de Guantanamo aux assassinats ciblés ou aux écoutes électroniques, de découvrir aujourd’hui les mensonges accumulés depuis le début par l’Illusioniste en chef de Chicago

Et, au-delà des outrances de nos sonneurs autoproclamés d’alarme (la surveillance des métadonnées, même si elle était connue et ne suffit pas à faire des Etats-Unis un Etat policier, n’autorise en revanche en aucun cas à mettre en danger ses diplomates ou lancer le fisc contre ses adversaires pour favoriser sa propre réélection), une guerre contre le terrorisme qui ne dit pas son nom mais n’en est pas pour autant finie …

Comment ne pas voir la réalité de l’élection (et réélection) d’un homme …

Qui, contre le rêve même du pasteur Martin Luther King, avait dû principalement à la couleur de sa peau (et à ses indéniables dons de lecteur de prompteur) de devenir le  premier président noir des Etats-Unis ?

Pas beau, le Nobel

Hervé Kempf

Le Monde

29.06.2013

L’AIE a aussi prédit que les Etats-Unis deviendront le premier producteur mondial de pétrole de la planète vers 2020, et un exportateur net de brut vers 2030, en raison de l’essor des hydrocarbures non conventionnels, notamment du pétrole de schiste.

Monsieur le Président du comité Nobel, j’ai l’honneur de vous demander respectueusement de retirer le prix que vous avez attribué en 2009 au sieur Obama.

Ledit individu, en sa qualité de président des Etats-Unis, s’est en effet livré depuis quatre ans à diverses activités bellicistes qui démentent les espoirs que l’on avait mis en lui, et qui avaient justifié la remise de votre prix. Usage intensif de drones assassins en Afghanistan et au Pakistan, incapacité à fermer la prison de Guantanamo, extension d’un programme de surveillance des communications électroniques des citoyens sont autant de témoignages du caractère inapproprié de l’attribution de votre prestigieuse distinction.

De surcroît, monsieur le Président, l’action sur le changement climatique promise par l’impétrant avait été un des arguments essentiels conduisant à votre choix, un mois avant la conférence de Copenhague sur le climat en 2009. Or, l’individu susnommé n’est pas étranger, loin de là, au sort funeste qu’a connu cette conférence en laquelle le monde mettait tant d’espoir. Et depuis, l’action du lauréat sur le climat n’a pas été brillante. Il a échoué, comme dans bien d’autres domaines, à imposer le marché des émissions dans lequel il croyait si fermement, et ne compte guère à son actif qu’une norme de réduction de la consommation des véhicules neufs.

M. Obama est certes un beau parleur, un comédien hors pair. Le discours qu’il a délivré avec solennité le 25 juin est truffé d’images et de paroles capables de faire frémir ses auditeurs. Mais comme au théâtre où les hallebardes brandies avec énergie se révèlent en carton-pâte, l’emphase dudit individu recouvre des pas si modestes qu’ils sonnent comme un nouveau recul.

Car enfin, monsieur le Président du comité Nobel, qui peut croire que l’annonce d’un « mémorandum » demandant à l’Agence de protection de l’environnement de prévoir de nouvelles normes d’émissions des futures centrales électriques est à la mesure de l’immense problème climatique, où le rôle des Etats-Unis est si important ? Que quelques mesures sur l’efficacité énergétique ou un soutien compté aux énergies renouvelables changeront la donne ? On est au point où il n’est pas même certain que les Etats-Unis atteindront en 2020 l’objectif adopté à Copenhague de réduire de 17 % leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2005. Quant à les diminuer de 80 % à l’horizon 2050, comme le recommandent les climatologues, il n’est même plus évoqué dans le discours, tant il paraît fantasmagorique dans les conditions actuelles.

En fait, Barack Obama ne montre aucun désir de réfréner véritablement la consommation énergétique de son pays ; il salue l’exploitation polluante de son pétrole de schiste ; il néglige les émissions de méthane engendrées par l’extraction de gaz de schiste. Un authentique Prix Nobel de la paix engagerait ses concitoyens sur les voies de l’avenir et de la transformation. Un politicien standard ne fait que les conforter dans leur conservatisme. Sa prudence prépare les douloureux chocs à venir.

Voir aussi:

Aux Etats-Unis, une cybersurveillance digne d’un Etat policier

Daniel Ellsberg (Ancien haut fonctionnaire américain)

Le Monde

25.06.2013

Il n’y a jamais eu, à mes yeux, dans l’histoire américaine, de fuite plus importante que la divulgation par Edward Snowden des programmes secrets de l’Agence de sécurité nationale américaine (NSA). L’alerte qu’il a lancée permet de prendre la mesure d’un pan entier de ce qui se ramène à un « coup d’Etat de l’exécutif » contre la Constitution américaine.

Depuis le 11-Septembre, le Bill of Rights, cette Déclaration des droits pour laquelle cette nation combattit il y a plus de deux cents ans, a été l’objet, dans un premier temps secrètement, ensuite de plus en plus ouvertement, d’une révocation de fait. Les quatrième et cinquième amendements de la Constitution, qui protégeaient les citoyens d’une intrusion injustifiée du gouvernement dans leurs vies privées, ont été pratiquement suspendus.

Le gouvernement affirme qu’il peut se prévaloir d’un mandat de justice en vertu du FISA, du Foreign Intelligence Surveillance Act (loi de 1978 portant sur les procédures de surveillance physique et électronique et l’activité de renseignement à l’étranger). Mais ce mandat est d’une si grande portée qu’il est inconstitutionnel. Il est de plus délivré par une juridiction secrète, à l’abri de toute supervision efficace, et qui fait preuve d’une déférence presque totale face aux demandes de l’exécutif.

Affirmer, comme le fait le président, qu’il y a eu une supervision juridique n’a pas de sens. Le fait que les dirigeants du Congrès aient été informés sur cette question et aient approuvé tout cela, sans aucun débat public ni auditions, montre l’état misérable, dans ce pays, du système des contre-pouvoirs.

A l’évidence, les Etats-Unis ne sont pas aujourd’hui un Etat policier. Mais, au regard de l’ampleur de cette invasion de la sphère privée, nous avons là l’infrastructure électronique et législative d’un tel Etat. Si une guerre devait éclater et conduire à l’apparition d’un mouvement pacifiste de très grande ampleur ou si nous devions être la cible d’une nouvelle attaque d’une gravité similaire à celle du 11-Septembre, je ne donne pas cher de l’avenir de notre démocratie. Ces pouvoirs sont extrêmement dangereux.

Il existe de nombreuses raisons justifiant légitimement le secret, en particulier pour tout ce qui relève de l’écoute des communications transitant par les ondes. C’est pourquoi Bradley Manning, l’auteur des fuites révélées par WikiLeaks, et moi-même – qui avions accès à de telles sources de renseignement parce que nous étions accrédités pour un niveau plus élevé encore que celui du top secret – avions choisi de ne divulguer aucune information ainsi classifiée. Et c’est pourquoi Edward Snowden s’est engagé à ne pas divulguer la plus grande partie de ce qu’il aurait pu révéler.

Mais, ce qui n’est pas légitime, c’est d’utiliser un système axé sur le secret pour dissimuler des programmes qui, de façon flagrante, sont anticonstitutionnels par leur ampleur et par les potentialités d’abus qu’ils recèlent. Ni le président ni le Congrès ne pourraient à eux seuls tirer un trait sur le quatrième amendement, portant sur le droit des citoyens d’être garantis dans leurs personne, domicile, papiers et effets, contre les perquisitions et saisies non motivées. C’est pourquoi ce qu’Edward Snowden a révélé jusqu’ici était tenu au secret, dissimulé au peuple américain.

En 1975, le sénateur Frank Church parla de l’Agence de sécurité américaine en ces termes : « Je sais qu’il y a là tout ce qu’il faut pour faire de l’Amérique une tyrannie accomplie, et nous devons veiller à ce que cette agence et toutes les agences qui disposent de cette technologie opèrent dans le cadre de la loi, et sous une supervision appropriée, de sorte que nous ne sombrions jamais dans ces ténèbres. Ce sont des ténèbres d’où l’on ne revient pas. »

La perspective funeste qu’il discernait était que la force de frappe grandissante des renseignements américains – qui est aujourd’hui incomparablement plus puissante que tout ce qui existait à leur époque prénumérique – « puisse à tout moment être retournée contre le peuple américain, et qu’aucun Américain ne sache plus ce qu’est la vie privée ».

Cela est désormais arrivé. C’est ce qu’Edward Snowden a démontré, documents officiels secrets à l’appui. La NSA, la police fédérale (FBI) et l’Agence centrale de renseignement (CIA) disposent, avec la nouvelle technologie digitale, de pouvoirs de surveillance sur nos propres citoyens dont la Stasi (la police secrète de la disparue République démocratique allemande) n’aurait guère pu rêver. Edward Snowden révèle que ladite communauté du renseignement est devenue the United Stasi of America.

Nous nous retrouvons donc plongés dans les ténèbres que craignait tant le sénateur Church. Il nous faut désormais nous demander si ce dernier eut raison ou tort de dire qu’il s’agit de ténèbres d’où l’on ne revient pas, et si cela signifie qu’une démocratie effective deviendra impossible.

Il y a peu, j’aurais trouvé difficile de rétorquer quoi que ce soit à des réponses pessimistes à ces questions. Mais devant la manière qu’a Edward Snowden de mettre sa vie en jeu pour que ces informations soient connues de tous, et parce qu’il pourrait de cette façon inciter très possiblement d’autres personnes ayant le même savoir, la même conscience, et le même patriotisme, à faire preuve d’un courage civique comparable – dans l’opinion publique, au Congrès et au sein de l’exécutif lui-même –, je vois une possibilité inespérée de traverser ces ténèbres et d’en réchapper.

Une pression exercée sur le Congrès par une opinion informée afin que soit créée une commission d’enquête parlementaire au sujet des révélations d’Edward Snowden et, je l’espère, d’autres restant à venir, pourrait nous conduire à placer la NSA et les autres agences de renseignement sous un véritable contrôle, et pourrait nous amener à restaurer les protections de la Déclaration des droits.

Edward Snowden a agi comme il l’a fait, parce qu’il a reconnu les programmes de surveillance de la NSA pour ce qu’ils sont : une activité dangereuse et anticonstitutionnelle. Cette invasion massive de la sphère privée des Américains et des citoyens étrangers ne contribue en rien à notre sécurité. Elle met en danger les libertés mêmes que nous tentons de protéger.

(Traduit de l’anglais par Frédéric Joly)

Daniel Ellsberg (Ancien haut fonctionnaire américain)

Edward Snowden, ex-agent de la CIA et ex-consultant de l’Agence de sécurité nationale (NSA) américaine, s’est réfugié à Hongkong le 20 mai. Inculpé d’espionnage aux Etats-Unis, il est arrivé dimanche 23 juin à Moscou, il serait

« en route pour la République d’Equateur par un chemin sûr, afin d’obtenir l’asile », selon le site WikiLeaks de Julian Assange

Daniel Ellsberg

Il est à l’origine de la fuite, en 1971, des Pentagon Papers, qui révélèrent la duplicité des autorités américaines lors de la guerre du Vietnam.

Edward Snowden, ex-agent de la CIA et ex-consultant de l’Agence de sécurité nationale (NSA) américaine, s’est réfugié à Hongkong le 20 mai. Inculpé d’espionnage aux Etats-Unis, il est arrivé dimanche 23 juin à Moscou, il serait « en route pour la République d’Equateur par un chemin sûr, afin d’obtenir l’asile », selon le site WikiLeaks de Julian Assange.

Voir encore:

The Mood of 1980

Victor Davis Hanson

NRO’s The Corner

June 26, 2013

Next year could be a frightening one, in the fashion of 1979–80.

The developing circumstances of our withdrawal from Afghanistan conjure up Vietnam 1975, with all the refugees, reprisals, humiliation, and emboldened enemies on the horizon, though this time there is no coastline for a flotilla of boat people to launch from. The Obama administration is debating no-fly zones over Syria; more likely, it will have the same discussion over Afghanistan soon, once the Taliban drops the diplomatic veneer and comes back into town.

Because of the failure to negotiate a single residual base in Iraq, Iran has appropriated a vast air corridor to the Middle East. John Kerry speaks sonorously to Russia and China, but apparently assumes that diplomacy follows gentlemanly New England yacht protocols, the right of way given to the more sober, judicious, and pontificating.

When Obamacare comes on line full bore, I think the American people could be quite depressed over the strange things they encounter. The economy offers only marginal encouragement, given that unemployment is still high and growth low; printing money at a record pace is not sustainable. Only gas and oil production is encouraging — and that is despite, not because of, administration efforts.

The Snowden extradition affair in and of itself could be small potatoes, but it takes on enormous iconic importance when the Chinese and Russians feel no compunction about publicly snubbing the administration — with North Korea, Iran, and many in the Middle East watching and drawing the conclusion that there are no consequences to getting on the bad side of the United States. Or perhaps they no longer see a bad side at all and consider us complacent neutral observers. Red lines, deadlines, ultimatums, “make no mistake about it,” “let me be perfectly clear,” the Nobel Peace Prize — all that is the stuff of yesteryear, its currency depleted by the years of speaking quite loudly while carrying a tiny stick.

All of the above take place while the Benghazi, IRS, AP/Fox, and NSA scandals are thought to be best handled by simple neglect, media lethargy, and amnesia on the part of the people.

We are back to the future, with the same old, same old sort of Carteresque engineered malaise.

Voir enfin:

Al-Qaida said to be changing its ways after leaks

Kimberly Dozier

AP Intelligence Writer

Jun 26, 2013

WASHINGTON (AP) — U.S. intelligence agencies are scrambling to salvage their surveillance of al-Qaida and other terrorists who are working frantically to change how they communicate after a National Security Agency contractor leaked details of two NSA spying programs. It’s an electronic game of cat-and-mouse that could have deadly consequences if a plot is missed or a terrorist operative manages to drop out of sight.

Terrorist groups had always taken care to avoid detection – from using anonymous email accounts, to multiple cellphones, to avoiding electronic communications at all, in the case of Osama bin Laden. But there were some methods of communication, like the Skype video teleconferencing software that some militants still used, thinking they were safe, according to U.S. counterterrorism officials who follow the groups. They spoke anonymously as a condition of describing their surveillance of the groups. Those militants now know to take care with Skype – one of the 9 U.S.-based Internet servers identified by former NSA contractor Edward Snowden’s leaks to The Guardian and The Washington Post.

Two U.S. intelligence officials say members of virtually every terrorist group, including core al-Qaida members, are attempting to change how they communicate, based on what they are reading in the media, to hide from U.S. surveillance. It is the first time intelligence officials have described which groups are reacting to the leaks. The officials spoke anonymously because they were not authorized to speak about the intelligence matters publicly.

The officials wouldn’t go into details on how they know this, whether it’s terrorists switching email accounts or cellphone providers or adopting new encryption techniques, but a lawmaker briefed on the matter said al-Qaida’s Yemeni offshoot, al-Qaida in the Arabian Peninsula, has been among the first to alter how it reaches out to its operatives.

The lawmaker spoke anonymously because he would not, by name, discuss the confidential briefing.

Shortly after Edward Snowden leaked documents about the secret NSA surveillance programs, chat rooms and websites used by like-minded extremists and would-be recruits advised users how to avoid NSA detection, from telling them not to use their real phone numbers to recommending specific online software programs to keep spies from tracking their computers’ physical locations.

House Intelligence Committee Chairman Mike Rogers, R-Mich., said there are « changes we can already see being made by the folks who wish to do us harm, and our allies harm. »

Sen. Angus King, I-Maine, said Tuesday that Snowden « has basically alerted people who are enemies of this country … (like) al-Qaida, about what techniques we have been using to monitor their activities and foil plots, and compromised those efforts, and it’s very conceivable that people will die as a result. »

Privacy activists are more skeptical of the claims. « I assume my communication is being monitored, » said Andrea Prasow, senior counterterrorism counsel for Human Rights Watch. She said that’s why her group joined a lawsuit against the Director of National Intelligence to find out if its communications were being monitored. The case was dismissed by the U.S. Supreme Court last fall. « I would be shocked if terrorists didn’t also assume that and take steps to protect against it, » she said.

« The government is telling us, `This has caused tremendous harm.’ But also saying, `Trust us we have all the information. The US government has to do a lot more than just say it, » Prasow said.

At the same time, NSA and other counterterrorist analysts have been focusing their attention on the terrorists, watching their electronic communications and logging all changes, including following which Internet sites the terrorist suspects visit, trying to determine what system they might choose to avoid future detection, according to a former senior intelligence official speaking anonymously as a condition of discussing the intelligence operations.

« It’s frustrating. You have to start all over again to track the target, » said M.E. « Spike » Bowman, a former intelligence officer and deputy general counsel of the FBI, now a fellow at the University of Virginia’s Center for National Security Law. But the NSA will catch up eventually, he predicted, because there are only so many ways a terrorist can communicate. « I have every confidence in their ability to regain access. »

Terror groups switching to encrypted communication may slow the NSA, but encryption also flags the communication as something the U.S. agency considers worth listening to, according to a new batch of secret and top-secret NSA documents published last week by The Guardian, a British newspaper. They show that the NSA considers any encrypted communication between a foreigner they are watching and a U.S.-based person as fair game to gather and keep, for as long as it takes to break the code and examine it.

Documents released last week also show measures the NSA takes to gather foreign intelligence overseas, highlighting the possible fallout of the disclosures on more traditional spying. Many foreign diplomats use email systems like Hotmail for their personal correspondence. Two foreign diplomats reached this week who use U.S. email systems that the NSA monitors overseas say they plan no changes, because both diplomats said they already assumed the U.S. was able to read that type of correspondence. They spoke on condition of anonymity because they were not authorized to discuss their methods of communication publicly.

The changing terrorist behavior is part of the fallout of the release of dozens of top-secret documents to the news media by Snowden, 30, a former systems analyst on contract to the NSA.

The Office of the Director for National Intelligence and the NSA declined to comment on the fallout, but the NSA’s director, Gen. Keith Alexander, told lawmakers that the leaks have caused « irreversible and significant damage to this nation. »

« I believe it will hurt us and our allies, » Alexander said.

« After the leak, jihadists posted Arabic news articles about it … and recommended fellow jihadists to be very cautious, not to give their real phone number and other such information when registering for a website, » said Adam Raisman of the SITE Intelligence Group, a private analysis firm. They also gave out specific advice, recommending jihadists use privacy-protecting email systems to hide their computer’s IP address, and to use encrypted links to access jihadi forums, Raisman said.

Other analysts predicted a two-track evolution away from the now-exposed methods of communication: A terrorist who was using Skype to plan an attack might stop using that immediately so as not to expose the imminent operation, said Ben Venzke of the private analysis firm IntelCenter.

But if the jihadi group uses a now-exposed system like YouTube to disseminate information and recruit more followers, they’ll make a gradual switch to something else that wasn’t revealed by Snowden’s leaks – moving slowly in part because they’ll be trying to determine whether new systems they are considering aren’t also compromised, and they’ll have to reach their followers and signal the change. That will take time.

« Overall, for terrorist organizations and other hostile actors, leaks of this nature serve as a wake-up call to look more closely at how they’re operating and improve their security, » Venzke said. « If the CIA or the FBI was to learn tomorrow that its communications are being monitored, do you think it would be business as usual or do you think they would implement a series of changes over time? »

Terrorist groups have already adapted after learning from books and media coverage of « how U.S. intelligence mines information from their cellphones found at sites that get raided in war zones, » said Scott Swanson, a forensics intelligence expert with Osprey Global Solutions. « Many are increasingly switching the temporary phones or SIM cards they use and throw them away more often, making it harder to track their network. »

The disclosure that intelligence agencies were listening to Osama bin Laden drove him to drop the use of all electronic communications.

« When it leaked that bin Laden was using a Thuraya cellphone, he switched to couriers, » said Jane Harman, former member of the House Intelligence Committee and now director of the Woodrow Wilson International Center. « The more they know, the clearer the road map is for them. »

It took more than a decade to track bin Laden down to his hiding place in Abbottabad, Pakistan, by following one of those couriers.


Verdict Karsenty: Enderlin est bien un faussaire mais ce n’est pas une raison pour le répéter partout (In France, truth is not a defense)

28 juin, 2013
https://i1.wp.com/www.theaugeanstables.com/wp-content/uploads/2011/11/ghetto-boy-2.jpgL’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie. Charles Enderlin (Le Figaro, 27/01/05)
This is not staging, it’s playing for the camera. When they threw stones and Molotov cocktails, it was in part for the camera. That doesn’t mean it’s not true. They wanted to be filmed throwing stones and being hit by rubber bullets. All of us — the ARD too — did reports on kids confronting the Israeli army, in order to be filmed in Ramallah, in Gaza. That’s not staging, that’s reality. Enderlin
La mort de Mohammed annule, efface celle de l’enfant juif, les mains en l’air devant les SS, dans le Ghetto de Varsovie. Catherine Nay (Europe 1)
Il y a lieu de décider que Patrick Karsenty a exercé de bonne foi son droit à la libre critique (…) En répondant à Denis Jeambar et à Daniel Leconte dans le Figaro du 23 janvier 2005 que « l’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie », alors que la diffusion d’un reportage s’entend comme le témoignage de ce que le journaliste a vu et entendu, Charles Enderlin a reconnu que le film qui a fait le tour du monde en entrainant des violences sans précédent dans toute la région ne correspondait peut-être pas au commentaire qu’il avait donné. Laurence Trébucq (Présidente de la Cour d’appel de Paris, 21.05.08)
In France, truth is not a defense against defamation. The key is what a defendant knew at the time, not what the facts actually are. Joel B. Pollak
Ce reportage de 27 secondes a été une « source d’inspiration » et a servi à justifier le terrorisme, l’antisémitisme, et la délégitimation de l’Etat juif. L’image choc a été diffusée et rediffusée sur toutes les chaînes de la planète et a déclenché dans les territoires et en Israël des vagues de protestation, de haine et de violence. Depuis lors, « les soldats de Tsahal sont désormais des tueurs à gage et des assassins d’enfants innocents. » « Les soldats juifs se comportent comme des nazis… » Et l’enfant palestinien devient martyr et comparé à la célèbre photo de l’enfant juif du ghetto de Varsovie, levant les bras devant un soldat allemand… Dans les pays arabes, la mort du petit Mohammed est sur toutes les lèvres. Des milliers de photos sont affichées sur les murs des rues et dans les appartements. Les nouveau-nés prennent le nom de Mohammed al-Doura. Des timbres nationaux et des places publiques aussi. L’enfant tué « avec préméditation » devient le symbole de la lutte des Palestiniens contre l’occupation israélienne dans les territoires et dans les pays islamiques. Freddy Eytan
La Cour s’est ainsi limitée à examiner si oui ou non Karsenty avait tous les éléments nécessaires pour démolir le reportage et leurs auteurs ainsi qu’il l’a fait. Elle ne se préoccupe pas de savoir s’il dit la vérité. La presse française va faire ses choux gras de ce jugement comme s’il blanchissait ceux qu’elle a soutenus au mépris des faits. Karsenty pourrait se pourvoir en cassation, mais ses premiers propos laissent entendre qu’il ne le fera pas. Philippe Karsenty, Esther Shapira, Pierre-André Taghieff, entre autres, ont apporté toutes les preuves d’une des plus dramatiques tromperies médiatiques de notre époque. Ils peuvent aujourd’hui redire, crier, réécrire tant qu’ils le veulent cette vérité: ni France 2, ni Enderlin n’oseront plus déposer plainte. Ils en connaissent trop bien l’issue. Mais le mal est durable. Le reportage affirmant que des soldats israéliens ont tué délibérément un enfant a été dramatique pour l’image d’Israël. Mireille Vallette
Ce reportage est devenu une « affaire » parce qu’il a été monté de toutes pièces, semblable à « l’affaire Dreyfus » dans lequel on retrouve désinformation, manipulation et mensonge, Charles Enderlin n’était même pas présent sur le lieu du « crime » qu’il décrivait. Avec une différence, la France de Dreyfus était divisée, alors que la France d’Enderlin est unie dans son antisionisme, il y a même un parti politique antisioniste, le PAS. (…) Charles Enderlin est coupable d’avoir oublié ses certitudes et d’avoir fait siennes les convictions d’une France majoritairement antisioniste, anti-israélienne. Charles Enderlin est coupable d’avoir choisi l’autre côté, l’autre coté, c’est le chemin de tout le monde, c’est le chemin de la majorité. La France veut des reportages anti-israéliens, Charles Enderlin va les lui fournir, avec zèle. (…) Charles Enderlin s’est condamné lui-même, il est condamné à être l’ami de tous les anti-sionistes, les anti-Israéliens, les antijuifs, du premier tristement célèbre d’entre eux, Pascal Boniface. Lui le juif, le sioniste, va servir d’alibi à Dieudonné et à ses amis, il va devenir leur exemple, leur modèle. Raphaël Kalfon

Bienvenue au pays où « fausse mort, faux reportage, mascarade, supercherie, imposture médiatique » vendus à la planète entière comme vérité d’évangile par un prétendu journaliste qui n’hésite pas à mentir et n’était même pas sur place …

Se transforment, par un coup de baguette judiciaire, en un verdict de culpabilité pour celui qui les révèle pour cause de non possession de tous les « moyens de preuves au moment des accusations proférées » !

Enderlin-Karsenty: épilogue d’une des plus meurtrières tromperies médiatiques

Mireille Vallette

Les observateurs.ch

27.06.2013

Philippe Karsenty a perdu la dernière bataille de la procédure judiciaire qui l’opposait à Charles Enderlin et France 2. Mais il a gagné la guerre… sauf pour la presse française, gravement malade de son idéologie. Cette tromperie a été depuis longtemps dévoilée.

Philippe Karsenty devra payer 7000 euros à Charles Enderlin et France 2, ainsi en a décidé la Cour ce 26 juin au terme de 13 ans de procédure. Elle considère que l’accusé ne possédait pas tous les moyens de preuves lorsqu’il a traité le reportage de mascarade. C’en est pourtant bien une, ainsi que l’a montré la chaîne publique allemande ARD, entre autres.

Rappelons les faits. Le 30 septembre 2000, un reportage de France 2 commenté par Charles Enderlin montre l’armée israélienne tuant un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza. Le petit Mohammed Al-Dura est délibérément et longuement visé par des soldats. Commentaire d’Enderlin :

« Ici, Jamal et son fils Mohamed sont la cible de tirs venus de la position israélienne (images de la position israélienne). Mohamed a 12 ans, son père tente de le protéger. Il fait des signes. Mais une nouvelle rafale, Mohamed est mort et son père gravement blessé. »

Ce reportage a été réalisé par le cameraman palestinien Talal Abu Rahma qui a ramené les images à Enderlin, lui-même pas présent sur les lieux.

Le reportage fait le tour du monde, fanatise les populations arabes et les mouvements pro-palestiniens (la Suisse aura aussi ses manif) et entraîne des violences sans précédent. Des manifestations se solderont par la mort de treize Arabes et d’un Juif. Le 12 octobre, deux réservistes de l’armée israélienne en civil sont lynchés par la foule de Ramallah aux cris de « vengeance pour Al-Dura ! ». La mort de l’enfant sera aussi invoquée pour décapiter le journaliste Daniel Pearl au Pakistan.

Le reportage d’Enderlin est sans cesse instrumentalisé par les mouvements islamistes et « antisionistes », son nom fait l’objet d’innombrables « produits dérivés » alimentant la haine d’Israël.

Premiers soupçons

Des soupçons de falsification naissent rapidement. En 2002 déjà, la chaîne publique allemande ARD diffuse un reportage qui met en cause la version d’Enderlin et de son cameraman

Plusieurs indices concordants indiquent que les scènes tournées ce jour-là seraient en grande partie des mises en scène. Philippe Karsenty, homme d’affaire qui abandonnera son activité professionnelle pour consacrer toute son énergie à traquer le mensonge, parle dans un communiqué publié sur son site de « fausse mort, faux reportage, mascarade, supercherie, imposture médiatique ». Il est attaqué en diffamation par Enderlin et France 2. En 2006, il est condamné à une amende, mais fait appel.

Charles Enderlin a déclaré, entre autres: « J’ai coupé l’agonie de l’enfant. C’était insupportable… Cela n’aurait rien apporté de plus ». La Cour d’appel exige les rushs : les images de l’agonie n’existent pas. Un trio de journalistes avait déjà été autorisé à visionner ces rushs sans agonie en 2004 et constaté que sur les 27 minutes présentées, 23 n’ont rien à voir avec Al-Dura et consistent en de fausses scènes de guerre jouées par de jeunes Palestiniens.

Le jugement confirme les dires de Karsenty

Le 21 mai 2008, la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris déboute Enderlin et France 2. Cet arrêt représente le premier examen au fond. La Cour remarque que France 2 a déclaré que des soldats israéliens avaient pris pour cible et tué un enfant sur la seule base du témoignage du cameraman Et ceci sans rien mettre au conditionnel, ni signaler que Charles Enderlin lui-même, qui faisait le commentaire, n’avait pas assisté à ce qu’il décrivait en termes tout à fait affirmatifs.

Il devient même difficile de confirmer que l’enfant est mort.

D’autres mystères alimentent la thèse de Karsenty: pas de trace d’un transport à l’hôpital, absence des balles qui sont censées avoir tué l’enfant et blessé son père, pas de trace de sang alors qu’il a forcément giclé lors des impacts, puis suinté des blessures, pas de témoins de cette longue scène, alors que le lieu est empli de gens de presse.

Les journalistes français ne s’intéressent pas à la vérité

Pour la presse française, il est scandaleux que la justice croie un simple péquin au détriment d’un journaliste «connu pour le sérieux et la rigueur de son travail ». Le Nouvel Observateur lance une pétition de soutien. Elle est signée par quelque 300 confrères et des centaines de personnalités. Dans ce texte, chercher à faire éclater la vérité devient « une campagne obstinée et haineuse » visant à « salir la dignité professionnelle » d’un confrère.

La manière « pro Enderlin » dont Wikipédia raconte cette polémique est elle aussi édifiante.

Cette fois, ce sont Enderlin et France 2 qui se pourvoient en cassation.

Le 4 mars 2009, la chaîne ARD diffuse un nouveau documentaire d’Esther Shapira qui apporte des éléments décisifs à la thèse d’une mise en scène. La même année, Bernard Kouchner fait attribuer la légion d’honneur à Enderlin.

En cassation, l’Avocat général après examen de l’affaire, recommande le rejet du pourvoi de France 2 et de Charles Enderlin. Il estime que la cour d’appel a eu raison d’« apprécier le sérieux des investigations menées par le prévenu Philippe Karsenty ». Il considère que celui-ci a « exercé de bonne foi son droit de libre critique » en dénonçant l’enquête d’Enderlin comme « un faux reportage, une mise en scène, une « mascarade, une supercherie et l’«imposture» d’une «fausse mort» », et ne peut en conséquence être condamné pour diffamation. La Cour ne le suit pas et annule la relaxe de Karsenty au motif que la Cour d’appel n’avait pas à demander les rushs du reportage, car il appartient au prévenu d’apporter les preuves de sa bonne foi en vertu de ce qu’il savait au moment des accusations proférées.

La Cour ne juge pas sur le fond

La Cour s’est ainsi limitée à examiner si oui ou non Karsenty avait tous les éléments nécessaires pour démolir le reportage et leurs auteurs ainsi qu’il l’a fait. Elle ne se préoccupe pas de savoir s’il dit la vérité. La presse française va faire ses choux gras de ce jugement comme s’il blanchissait ceux qu’elle a soutenus au mépris des faits. Karsenty pourrait se pourvoir en cassation, mais ses premiers propos laissent entendre qu’il ne le fera pas.

Philippe Karsenty, Esther Shapira, Pierre-André Taghieff, entre autres, ont apporté toutes les preuves d’une des plus dramatiques tromperies médiatiques de notre époque. Ils peuvent aujourd’hui redire, crier, réécrire tant qu’ils le veulent cette vérité: ni France 2, ni Enderlin n’oseront plus déposer plainte. Ils en connaissent trop bien l’issue. Mais le mal est durable. Le reportage affirmant que des soldats israéliens ont tué délibérément un enfant a été dramatique pour l’image d’Israël.

En bref, 13 ans de procédure

30 septembre 2000, diffusion du reportage au 20 Heures de France 2.

18 mars 2002, diffusion d’un reportage d’Esther Shapira sur la chaîne publique allemande ARD « Trois balles et un enfant mort » qui alimente la thèse que l’enfant a été tué par des Palestiniens.

Novembre 2004 : Philippe Karsenty, directeur de Media-Ratings, publie un article intitulé « France 2: Arlette Chabot et Charles Enderlin doivent être démis de leurs fonctions immédiatement ».

Octobre 2006, condamnation de Karsenty à une amende. Appel.

21 mai 2008 : jugement de la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboute Charles Enderlin et France 2 et relaxe Karsenty. La Cour a jugé au fond.

4 mars 2009 : deuxième reportage d’Esther Shapira sur ARD. Il conduit à la conclusion que l’enfant filmé par France 2 n’est pas celui montré à la morgue de Gaza (analyse biométrique). l’enfant mort présenté aux obsèques comme étant Mohamed Al-Dura est en fait arrivé à l’hôpital avant 10 heures, alors que la scène montrée par France 2 a été tournée après 14h30. Il s’agit probablement de son cousin. Le père Jamal Al-Dura donnait des instructions à des personnes se trouvant dans la direction du cameraman de France 2 (technique de lecture labiale); dans le reportage, il n’y a pas de sang sur les corps de Mohamed et Jamal Al-Dura alors qu’ils sont censés avoir reçu 15 balles à eux deux ; nombreuses contradictions de Charles Enderlin et Talal Abou Rahma, notamment au sujet de la durée du film tourné…

28 février 2012 : la Cour de cassation annule la relaxe de Karsenty, contre l’avis de l’avocat général.

26 juin 2013 : Karsenty est condamné à une amende alors que toutes les preuves qu’il disait la vérité sont aujourd’hui établies.

 Voir aussi:

Enderlin, ou comment devenir anti-sioniste…

Raphaël Kalfon

JSSNews

27 juin 2013

Charles Enderlin fait l’actualité, israélienne, Française, Mondiale, des pétitions contre lui circulent, certains veulent le voir comparaître devant la justice des hommes.

Il était au centre des législatives, la respectabilité des candidats variait selon qu’ils étaient ou non l’ami de Charles Enderlin, les plus respectables sont ceux qui peuvent démontrer qu’ils l’ont toujours combattu, les autres sont indignes.

Il est responsable de tous les maux, il est même responsable, dit-on, de la défaite de Valérie Hoffenberg.

Capture d’écran 2013-06-27 à 15.06.19

Que s’est-il passé ?

Tout avait bien commencé pour Charles Enderlin, il a réalisé ses rêves, il est en harmonie avec ses combats, ses valeurs, il est brillant, il fait une belle carrière de journaliste, tout lui réussi, il a les honneurs, le pouvoir de ses ambitions.

Wikipédia, le présente ainsi :

« Charles Enderlin, né en 1945 à Paris, après le divorce de leurs parents, Charles et sa sœur sont élevés en Lorraine, par sa mère et ses grands-parents maternels, Juifs autrichiens qui ont fui l’Anschluss en 1938.

En décembre 1968, féru des pensées de Théodor Herzl, il décide d’émigrer vers Israël pour vivre dans un kibboutz. Il prend la citoyenneté israélienne au début des années 1970.

Charles Enderlin entre en journalisme en 1971 pour une radio israélienne. En 1973, il devient correspondant de RMC et l’année suivante éditeur à Kol Israël.

En 1981, Charles Enderlin devient le correspondant à Jérusalem de la chaîne de télévision française Antenne 2 (devenue France 2) et acquiert le titre de grand reporter en 1988. En 1991, il est le chef du bureau de France 2 en Israël. Il est également vice-président de l’Association des correspondants de la presse étrangère à Jérusalem. »

Wikipédia poursuit :

« Ses reportages sur le conflit israélo-palestinien ont suscité des réactions hostiles. Charles Enderlin a reçu la Légion d’honneur en 2009 à Jérusalem. »

On reproche à Charles Enderlin, lui, l’idéaliste, le sioniste, l’ancien de Tsahal, ses reportages anti-israéliens, reportages qui ont récompensé sa brillante carrière et qui lui ont valu de mériter la plus haute distinction Française, la Légion d’honneur.

On reproche à Charles Enderlin, d’avoir fait le reportage de trop, celui qui deviendra l’affaire « al dura », reconnu aujourd’hui par les autorités israéliennes comme « bidonné », et dénoncé dès le premier jour par Philippe Karsenty, dans un combat solitaire qui va durer plus de 10 ans.

Il y a toujours eu des reportages « bidonnés », qui se souvient encore aujourd’hui de la fausse interview de Patrick Poivre-d’Arvor donnée à Fidel Castro ?

Ce reportage est devenu une « affaire » parce qu’il a été monté de toutes pièces, semblable à « l’affaire Dreyfus » dans lequel on retrouve désinformation, manipulation et mensonge, Charles Enderlin n’était même pas présent sur le lieu du « crime » qu’il décrivait.

Avec une différence, la France de Dreyfus était divisée, alors que la France d’Enderlin est unie dans son antisionisme, il y a même un parti politique antisioniste, le PAS.

On reproche à Charles Enderlin d’être passé de Herzl au Colonel Henry.

On reproche à Charles Enderlin, les conséquences de son reportage, qu’analyse Freddy Eytan :

« ce reportage de 27 secondes a été une « source d’inspiration » et a servi à justifier le terrorisme, l’antisémitisme, et la délégitimation de l’Etat juif. L’image choc a été diffusée et rediffusée sur toutes les chaînes de la planète et a déclenché dans les territoires et en Israël des vagues de protestation, de haine et de violence.

Depuis lors, « les soldats de Tsahal sont désormais des tueurs à gage et des assassins d’enfants innocents. » « Les soldats juifs se comportent comme des nazis… » Et l’enfant palestinien devient martyr et comparé à la célèbre photo de l’enfant juif du ghetto de Varsovie, levant les bras devant un soldat allemand…

Dans les pays arabes, la mort du petit Mohammed est sur toutes les lèvres. Des milliers de photos sont affichées sur les murs des rues et dans les appartements. Les nouveau-nés prennent le nom de Mohammed al-Doura. Des timbres nationaux et des places publiques aussi. L’enfant tué « avec préméditation » devient le symbole de la lutte des Palestiniens contre l’occupation israélienne dans les territoires et dans les pays islamiques, »

Charles Enderlin ne voulait pas ça, après tout, il faisait son travail, et ses patrons étaient contents de lui, il fallait bien qu’il fasse vivre sa famille !

Qu’aurions nous fait à sa place ?

Qu’ont fait ceux qui accablent Charles Enderlin, ces résistants de la dernière heure, qui tentent de s’approprier le combat solitaire de Philippe Karsenty.

Charles Enderlin est coupable d’avoir oublié ses certitudes et d’avoir fait siennes les convictions d’une France majoritairement antisioniste, anti-israélienne.

Charles Enderlin est coupable d’avoir choisi l’autre côté, l’autre coté, c’est le chemin de tout le monde, c’est le chemin de la majorité.

La France veut des reportages anti-israéliens, Charles Enderlin va les lui fournir, avec zèle.

Pour suivre les voies de la vérité, il faut se forcer à ne pas être du même coté que tout le monde, parce qu’il est structurellement impossible que la vérité soit du coté de la majorité.

Pourquoi, simplement parce que la majorité exerce un pouvoir paralysant sur l’individu, elle est dangereuse parce qu’elle me prend en charge, et de ce fait elle s’attaque au principe de liberté et du libre arbitre.

Elle sait bien la majorité, qu’à force de me faire tout comprendre, elle va finir par me faire tout admettre, et qu’à force de me faire tout admettre, elle va finir par me faire tout approuver.

Philippe Karsenty a démontré que Les voies de la vérité ne sont pas de l’autre côté,

D’une façon générale, je suis certain qu’en suivant la majorité je suis dans l’erreur, c’est la raison pour laquelle j’ai refusé de hurler aux cotés de ceux qui demandent la tête de Charles Enderlin, de signer des pétitions.

Pétitions que Philippe Karsenty a demandé à ce qu’elles soient immédiatement arrêtées.

Charles Enderlin, est aujourd’hui reconnu coupable, faut-il le condamner ?

Charles Enderlin s’est condamné lui-même, il est condamné à être l’ami de tous les anti-sionistes, les anti-Israéliens, les antijuifs, du premier tristement célèbre d’entre eux, Pascal Boniface.

Lui le juif, le sioniste, va servir d’alibi à Dieudonné et à ses amis, il va devenir leur exemple, leur modèle.

A moins que Charles Enderlin, dans un dernier sursaut, devienne responsable de ses choix, au lieu de les justifier, et décide, parce que cette vie ne valait pas d’être vécue comme ça, de rentrer à la maison, à nos cotés.

Voir également:

Affaire Al-Dura : Karsenty condamné

Trop de droit peut-il tuer le droit?

Luc Rosenzweig

27 Juin 2013

Les juges de la 11ème chambre de la Cour d’appel de Paris ont condamné Philippe Karsenty à 7000 € de dommages-intérêts pour avoir diffamé France 2 et son correspondant à Jérusalem Charles Enderlin. Karsenty avait affirmé en novembre 2004 que le reportage diffusé au journal télévisé du 30 septembre 2000, montrant la mort d’un enfant palestinien, et les sévères blessures de son père, victime de tirs ciblés de soldats israéliens, était une manipulation. Il s’agit de la fameuse affaire Al-Dura, qui a connu de multiples rebondissements judiciaires et médiatiques [2] au cours de ces douze dernières années.

Disons-le d’emblée : en termes de droit, la Cour avait à sa disposition tous les éléments permettant de valider le jugement de première instance condamnant Philippe Karsenty pour diffamation. À l’époque où ce dernier mettait en cause France 2, il ne pouvait arguer d’une enquête approfondie, ni de la modération de son propos mettant en cause ce reportage et ses auteurs. C’est donc le Karsenty imprécateur de 2004 qui a été condamné, et non le Karsenty de 2013, qui est parvenu, à force d’opiniâtreté, à faire surgir une vérité maintenant reconnue aussi bien par les autorités israéliennes [3], que par tous ceux qui, en France et à l’étranger se sont penchés sérieusement sur cette affaire. La justice française a également apporté sa pierre à cette entreprise de vérité, lorsque la Cour d’appel, présidée par la juge Trébucq1 [4], avait exigé de France 2 la mise à la disposition de la cour des « rushes », les images non diffusées des événements de Gaza, tournées par le cameraman palestinien de la chaîne française. C’est à partir de ces images que sont apparus dans toute leur évidence les mensonges et invraisemblances de la version défendue jusqu’à aujourd’hui par Charles Enderlin. Ces documents sont accessibles sur la toile, et démontrent de manière éclatante que ce reportage relève du « bidonnage » pur et simple. Un florilège des déclarations successives de Charles Enderlin et de son caméraman Talal Abou Rahma, également disponibles sur internet, est très éclairant sur leur rapport pour le moins perturbé avec la vérité lorsqu’ils tentent de faire avaler au public leur version du meurtre délibéré de civils palestiniens par les soldats de Tsahal.

Aujourd’hui donc, et après le jugement de la Cour d’appel de Paris, je persiste à affirmer :

Que tous les éléments à notre disposition – images, témoignages, expertises balistiques et médicales – concourent à conforter la thèse d’une mise en scène orchestrée par le cameraman Talal Abou Rahma. Qu’en conséquence France 2 et Charles Enderlin se sont rendus coupables d’une faute professionnelle aux conséquences gravissimes.

Que Charles Enderlin, qui n’était pas présent sur place a, sans procéder à un minimum de vérification des affirmations de son caméraman, été le complice conscient ou inconscient de cette supercherie. De plus, il a menti en affirmant qu’il avait coupé au montage les scènes de l’agonie de l’enfant, au prétexte qu’elles auraient « été trop insupportables ». Qu’il a encore menti à la télévision israélienne en déclarant qu’il « n’avait jamais dit que l’enfant était mort sous les balles de Tsahal ». Je tiens à la disposition de la justice d’autres preuves des mensonges d’Enderlin et de Talal Abou Rahma dont je fais grâce aux lecteurs de cet article.

Que le refus, après un semblant d’acceptation, de Jamal Al-Dura, le père prétendument grièvement blessé dans cet incident, de se soumettre à une expertise médico-légale indépendante, laisse penser que les cicatrices présentes sur son corps ne relèvent pas de blessures par balles israéliennes. Elles sont, selon toute vraisemblance, la conséquence de blessures à l’arme blanche reçues au cours d’une rixe à Gaza en 1992, qui ont été soignées par un chirurgien israélien, Yehuda David.

Que France 2 et Enderlin ne sauraient tirer argument de l’arrêt Karsenty pour clamer haut et fort que la thèse défendue par le second est maintenant vérité historique. Cette dernière finira bien par s’imposer.

Enfin, on peut constater que l’adage romain, transmis par Cicéron dans son Traité des devoirs , summa jus, summa injuria (Trop de droit tue le droit) a encore de beaux jours devant lui…

L’arrêt de la Cour de 2008, relaxant Philippe Karsenty, avait été cassé au motif que la jurisprudence en matière de diffamation interdisait aux juges d’apporter des éléments en faveur de la partie attaquée… ↩ [5]

URL dans cet article:

[1] Image: http://www.causeur.fr/karsenty-dura-enderlin,23195/karsenty-dura-enderlin

[2] multiples rebondissements judiciaires et médiatiques: http://www.causeur.fr/israel-al-dura-enderlin-karsenty,21398

[3] les autorités israéliennes: http://www.causeur.fr/israel-al-dura-enderlin,22567

[4] 1: #fn-23195-1

[5] ↩: #fnref-23195-1

Voir encore:

L’enfant martyr de la seconde Intifada n’est pas mort, selon Israël
Serge Dumont

Le Temps

21 mai 2013

Tel-Aviv
L’enfant martyr de la seconde Intifada ne serait pas mort, selon Israël, qui publie un rapport opaque treize ans après les faits Treize ans après sa diffusion, le reportage sur la mort de Mohamad al-Dura du correspondant de France 2 Charles Enderlin continue de faire débat
Treize ans après les faits, le gouvernement israélien publie un étrange document. Un rapport de 36 pages prétend que Mohamad al-Dura, un enfant gazaoui de 12 ans devenu l’icône de la seconde Intifada après avoir été filmé au milieu d’un échange de tirs entre des soldats israéliens et des policiers de l’Autorité palestinienne, ne serait pas mort. Qu’il n’aurait même pas été blessé. Et que son père Jamal, touché durant la fusillade, aurait participé à cette mystification avec la complicité du correspondant de France 2 au Proche-Orient Charles Enderlin et de son caméraman Talal Abou Rahmeh.

L’armée se rétracte

Le 30 septembre 2000, la diffusion, par la chaîne française, de l’accrochage durant lequel Mohamad al-Dura et son père encaissaient plusieurs balles à proximité de la colonie de Netzarim avait enflammé l’opinion palestinienne et l’ensemble du monde arabe. L’armée israélienne avait d’abord reconnu la bavure afin de se rétracter par la suite. Pourquoi le gouvernement de Benyamin Netanyahou ressort-il cette histoire? «Parce qu’elle porte préjudice à l’image d’Israël et parce que nos ­ennemis s’en servent pour attiser l’antisémitisme et délégitimer son droit à l’existence», dit le premier ministre.

L’initiative de l’enquête revient au ministre de la Défense, Moshé Yaalon, un faucon qui avait nommé une commission secrète en septembre 2012, lorsqu’il n’était que simple ministre des Questions stratégiques. A part celui de l’ex-général Yossi Kuperwasser, un ancien responsable des Renseignements militaires (Aman), le nom des autres commissaires chargés de mener les investigations ne sera jamais publié. On ne connaîtra pas non plus leur méthodologie de travail, ni quels documents ils ont consultés puisqu’ils ont, sur ordre de leur ministre, opéré avec la plus grande opacité.

En revanche, leurs conclusions sont soutenues par un grand battage puisque les médias israéliens les répercutent à l’envie. L’idée qui sous-tend cette campagne étant que «nos soldats sont de bons petits gars incapables de tirer sur un enfant» et que ceux qui osent prétendre le contraire sont motivés par la haine antisémite ou antisioniste.

Paradoxalement, la commission n’a pas pris la peine d’entendre Charles Enderlin, ni son caméraman. Quant aux médecins jordaniens qui ont soigné Jamal al-Dura, ils n’ont pas non plus été contactés. Interviewé dans le camp de réfugiés d’El-Boureij (Gaza) où il réside, ce dernier affirme accepter que l’on ouvre la tombe de son fils afin de procéder à des analyses. «A la condition que ces prélèvements et que l’enquête attenante soient effectués par des experts internationaux neutres, pas par des Israéliens», précise-t-il. Et d’ajouter: «Je ne demanderais pas mieux que de voir mon fils vivant pour le serrer dans mes bras. Si c’était le cas, il serait âgé de 25 ans aujourd’hui et il aurait sans doute fondé une famille.»

«Insulte à la mémoire»

Depuis deux jours, les propos de Jamal al-Dura sont repris en boucle par les grands médias satellitaires arabes, selon lesquels le nouveau rapport israélien serait une «provocation anti-palestinienne», une «insulte à la mémoire d’un enfant martyr». Depuis le 30 septembre 2000, Charles Enderlin est régulièrement la cible des officiels israéliens et de la frange extrémiste de la communauté juive de France, qui l’accuse d’avoir inventé la mort de Mohamad al-Dura. D’insultes en accusations, le débat a d’ailleurs viré au procès, et celui-ci est toujours en cours actuellement.

Voir enfin:

Karsenty: Al-Dura Video Remains ‘An Antisemitic Blood Libel’

Joel B. Pollak

Breithart

27 Jun 2013

Philippe Karsenty, the French media activist who has battled France 2 for several years over accusations that the infamous tape of the « death » of Muhammad Al-Dura is a hoax, says he will not find an appeals court ruling June 26 affirming his conviction for defamation.

Instead of using the French legal system, which he regards as corrupt, he says he will find other ways to promote the truth about the Al-Dura story, using media and political pressure on the French government.

Karsenty had won an earlier appeal, after the appeals court was shown raw footage that impugned France 2 and journalist Charles Enderlin, including a portion at the end that appeared to show Al-Dura alive, and which Enderlin had edited out of the final video.

That appellate judgement was canceled by France’s highest court, the Court de Cassation, which held that the appeals court should not have admitted the raw footage into evidence.

Following a remand to the appellate court, Karsenty’s conviction was upheld. In France, truth is not a defense against defamation. The key is what a defendant knew at the time, not what the facts actually are.

Karsenty told Breitbart News that he has no plans to appeal the ruling back to the Court de Cassation, because it will not reopen the evidence in the case. And winning, he says, is not the point.

« When I won in the Court of Justice, even the State of Israel did not take it seriously and I was not taken seriously by the State of Israel. So winning the case does not help me. »

What is essential, Karsenty says, is that he was able to use the judicial process to « debate » France 2 and to force the truth of the Al-Dura incident into the open–even if that evidence was later disallowed.

Indeed, the State of Israel concluded in a recent inquiry that Karsenty was correct, and that journalists had perpetrated a « misleading and mendacious » hoax that had inspired violence against Israel and Jews.

The final verdict was postponed twice–under political pressure, Karsenty suspects. He was « shocked, » he says, by the outcome, and says that the monetary damages of 7,000 euros were especially punitive.

The Al-Dura video, he says, remains « an antisemitic blood libel. »

Karsenty is now considering a move to the United States. « Now the free world has to engage France, » he says.


Scoop du siècle: Plus de musulmans tués par d’autres musulmans que par Israël (Mene, Mene, Tekel, Upharsin: Will Muslims finally see the writing on the wall ?)

25 juin, 2013
https://jcdurbant.files.wordpress.com/2013/06/da9de-rembrandtwritingonthewall.jpgLe roi Belschatsar donna un grand festin à ses grands au nombre de mille, et il but du vin en leur présence. (…) En ce moment, apparurent les doigts d’une main d’homme, et ils écrivirent, en face du chandelier, sur la chaux de la muraille du palais royal. Le roi vit cette extrémité de main qui écrivait. Alors le roi changea de couleur, et ses pensées le troublèrent; les jointures de ses reins se relâchèrent, et ses genoux se heurtèrent l’un contre l’autre. (…) Voici l’écriture qui a été tracée: Compté, compté, pesé, et divisé.Et voici l’explication de ces mots. Compté: Dieu a compté ton règne, et y a mis fin. Pesé: Tu as été pesé dans la balance, et tu as été trouvé léger. Divisé: Ton royaume sera divisé, et donne aux Mèdes et aux Perses. Daniel 5: 1-28
Iran and Hezbollah are cooperating with Israel to be able to support Assad. Assad has protected Israel’s border for 40 years. (…) The opposition was going to take over arms, so Israel attacked. There is evidence pointing to this. (…) This assault was intended to support the Assad administration. Abdulkader Saleh (Syrian opposition commander)
More Muslims have died at the hands of fellow Muslims than at the hands of Israel. Sheikh Nasser al-Asfour (Bahraini cleric, al-Wasat daily)
Selon des témoins et des responsables de la sécurité, des centaines d’habitants d’Abou Moussallam, un village du gouvernorat de Guizeh au sud du Caire, ont cerné dimanche la maison d’un musulman chiite après avoir appris qu’un responsable religieux chiite, Hassan Shehata, s’y trouvait. La foule de plusieurs centaines de personnes a tenté d’incendier la maison située dans une ruelle en lançant des cocktails Molotov. Les gens scandaient « Allah Akbar » et « Les chiites sont des infidèles » puis sont entrés en force dans la maison pour en sortir les chiites et les frapper. Quatre personnes ont été tuées, dont Hassan Shehata et son frère, et plusieurs autres blessées. Le Premier ministre égyptien Hicham Qandil a condamné un « crime haineux » qui est « incompatible avec les principes et les enseignements de notre religion tolérante ». À Abou Moussallam, où les habitants qualifient les chiites d’« infidèles », la scène a été filmée avec des téléphones et les images ont circulé abondamment, des habitants expliquant aux journalistes combien ils étaient « fiers » de ce qui s’était passé. « Nous sommes contents de ce qui s’est passé. Ça aurait dû arriver depuis longtemps », a ainsi indiqué Mohammad Ismaïl, recueillant l’approbation autour de lui. Selon un habitant s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, les gens étaient « furieux contre Shehata car il a récemment convaincu plusieurs habitants de se convertir au chiisme ». L’Orient le jour
Some 11,000,000 Muslims have been violently killed since 1948, of which 35,000, or 0.3 percent, died during the sixty years of fighting Israel, or just 1 out of every 315 Muslim fatalities. In contrast, over 90 percent of the 11 million who perished were killed by fellow Muslims. Heinsohn and Pipes (2007)
The Syrian conflict has already killed five to 10 times as many people in a mere two years – anywhere from 80,000 to 120,000, depending on whose estimate you believe – as the Israeli-Palestinian conflict has in the entire 65 years of Israel’s existence (about 15,000). And that’s without even mentioning the ongoing Muslim-on-Muslim carnage in places like Iraq (almost 2,000 killed in the last three months) or Pakistan, much less historical events like the Iran-Iraq War of 1980-88, which killed more than one million people. Commentary

Attention: un bilan peut en cacher un autre !

A l’heure où nos apprentis-sorciers de gouvernants et leurs amis pompiers-pyromanes qataris et saoudiens s’apprêtent à officialiser leur aide financière et militaire …

Aux barbares crieurs de allah akbar de la version syrienne du prétendu « printemps arabe » …

Contre leurs frères ennemis de l’Iran et du Hezbollah pour un bilan qui pourrait se chiffrer en centaines de milliers de victimes …

Et où de son côté l’un des commandants desdites forces d’opposition au régime syrien dénonce (on ne rit pas !) la collusion de l’Etat d’Israël avec l’Iran et ses affidés du Hezbollah …

Remise des pendules à l’heure, avec les chiffres de 2007 du magazine  Frontpage, sur le vrai bilan, dans sa propre région du monde, de la religion d’amour de paix et de tolérance …

Qui, comme semble le confirmer (sentant le vent tourner ?) rien de moins qu’un religieux chiite bahreini lui-même, dépasserait largement, surprise des surprises, celui des forces israéliennes depuis la création de leur Etat il y a 65 ans …

Arab-Israeli Fatalities Rank 49th

Gunnar Heinsohn and Daniel Pipes

October 08, 2007

The Arab-Israeli conflict in the global imagination.

The Arab-Israeli conflict is often said, not just by extremists, to be the world’s most dangerous conflict – and, accordingly, Israel is judged the world’s most belligerent country.

For example, British prime minister Tony Blair told the U.S. Congress in July 2003 that “Terrorism will not be defeated without peace in the Middle East between Israel and Palestine. Here it is that the poison is incubated. Here it is that the extremist is able to confuse in the mind of a frighteningly large number of people the case for a Palestinian state and the destruction of Israel.” This viewpoint leads many Europeans, among others, to see Israel as the most menacing country on earth.

But is this true? It flies in the face of the well-known pattern that liberal democracies do not aggress; plus, it assumes, wrongly, that the Arab-Israeli conflict is among the most costly in terms of lives lost.

To place the Arab-Israeli fatalities in their proper context, one of the two co-authors, Gunnar Heinsohn, has compiled statistics to rank conflicts since 1950 by the number of human deaths incurred. Note how far down the list is the entry in bold type.

Conflicts since 1950 with over 10,000 Fatalities*

1 40,000,000 Red China, 1949-76 (outright killing, manmade famine, Gulag)

2 10,000,000 Soviet Bloc: late Stalinism, 1950-53; post-Stalinism, to 1987 (mostly Gulag)

3 4,000,000 Ethiopia, 1962-92: Communists, artificial hunger, genocides

4 3,800,000 Zaire (Congo-Kinshasa): 1967-68; 1977-78; 1992-95; 1998-present

5 2,800,000 Korean war, 1950-53

6 1,900,000 Sudan, 1955-72; 1983-2006 (civil wars, genocides)

7 1,870,000 Cambodia: Khmer Rouge 1975-79; civil war 1978-91

8 1,800,000 Vietnam War, 1954-75

9 1,800,000 Afghanistan: Soviet and internecine killings, Taliban 1980-2001

10 1,250,000 West Pakistan massacres in East Pakistan (Bangladesh 1971)

11 1,100,000 Nigeria, 1966-79 (Biafra); 1993-present

12 1,100,000 Mozambique, 1964-70 (30,000) + after retreat of Portugal 1976-92

13 1,000,000 Iran-Iraq-War, 1980-88

14 900,000 Rwanda genocide, 1994

15 875,000 Algeria: against France 1954-62 (675,000); between Islamists and the government 1991-2006 (200,000)

16 850,000 Uganda, 1971-79; 1981-85; 1994-present

17 650,000 Indonesia: Marxists 1965-66 (450,000); East Timor, Papua, Aceh etc, 1969-present (200,000)

18 580,000 Angola: war against Portugal 1961-72 (80,000); after Portugal’s retreat (1972-2002)

19 500,000 Brazil against its Indians, up to 1999

20 430,000 Vietnam, after the war ended in 1975 (own people; boat refugees)

21 400,000 Indochina: against France, 1945-54

22 400,000 Burundi, 1959-present (Tutsi/Hutu)

23 400,000 Somalia, 1991-present

24 400,000 North Korea up to 2006 (own people)

25 300,000 Kurds in Iraq, Iran, Turkey, 1980s-1990s

26 300,000 Iraq, 1970-2003 (Saddam against minorities)

27 240,000 Columbia, 1946-58; 1964-present

28 200,000 Yugoslavia, Tito regime, 1944-80

29 200,000 Guatemala, 1960-96

30 190,000 Laos, 1975-90

31 175,000 Serbia against Croatia, Bosnia-Herzegovina, Kosovo, 1991-1999

32 150,000 Romania, 1949-99 (own people)

33 150,000 Liberia, 1989-97

34 140,000 Russia against Chechnya, 1994-present

35 150,000 Lebanon civil war, 1975-90

36 140,000 Kuwait War, 1990-91

37 130,000 Philippines: 1946-54 (10,000); 1972-present (120,000)

38 130,000 Burma/Myanmar, 1948-present

39 100,000 North Yemen, 1962-70

40 100,000 Sierra Leone, 1991-present

41 100,000 Albania, 1945-91 (own people)

42 80,000 Iran, 1978-79 (revolution)

43 75,000 Iraq, 2003-present (domestic)

44 75,000 El Salvador, 1975-92

45 70,000 Eritrea against Ethiopia, 1998-2000

46 68,000 Sri Lanka, 1997-present

47 60,000 Zimbabwe, 1966-79; 1980-present

48 60,000 Nicaragua, 1972-91 (Marxists/natives etc,)

49 51,000 Arab-Israeli conflict 1950-present

50 50,000 North Vietnam, 1954-75 (own people)

51 50,000 Tajikistan, 1992-96 (secularists against Islamists)

52 50,000 Equatorial Guinea, 1969-79

53 50,000 Peru, 1980-2000

54 50,000 Guinea, 1958-84

55 40,000 Chad, 1982-90

56 30,000 Bulgaria, 1948-89 (own people)

57 30,000 Rhodesia, 1972-79

58 30,000 Argentina, 1976-83 (own people)

59 27,000 Hungary, 1948-89 (own people)

60 26,000 Kashmir independence, 1989-present

61 25,000 Jordan government vs. Palestinians, 1970-71 (Black September)

62 22,000 Poland, 1948-89 (own people)

63 20,000 Syria, 1982 (against Islamists in Hama)

64 20,000 Chinese-Vietnamese war, 1979

65 19,000 Morocco: war against France, 1953-56 (3,000) and in Western Sahara, 1975-present (16,000)

66 18,000 Congo Republic, 1997-99

67 10,000 South Yemen, 1986 (civil war)

*All figures rounded. Sources: Brzezinski, Z., Out of Control: Global Turmoil on the Eve of the Twenty-first Century, 1993; Courtois, S., Le Livre Noir du Communism, 1997; Heinsohn, G., Lexikon der Völkermorde, 1999, 2nd ed.; Heinsohn, G., Söhne und Weltmacht, 2006, 8th ed.; Rummel. R., Death by Government, 1994; Small, M. and Singer, J.D., Resort to Arms: International and Civil Wars 1816-1980, 1982; White, M., “Death Tolls for the Major Wars and Atrocities of the Twentieth Century,” 2003.

This grisly inventory finds the total number of deaths in conflicts since 1950 numbering about 85,000,000. Of that sum, the deaths in the Arab-Israeli conflict since 1950 include 32,000 deaths due to Arab state attacks and 19,000 due to Palestinian attacks, or 51,000 in all. Arabs make up roughly 35,000 of these dead and Jewish Israelis make up 16,000.

These figures mean that deaths Arab-Israeli fighting since 1950 amount to just 0.06 percent of the total number of deaths in all conflicts in that period. More graphically, only 1 out of about 1,700 persons killed in conflicts since 1950 has died due to Arab-Israeli fighting.

(Adding the 11,000 killed in the Israeli war of independence, 1947-49, made up of 5,000 Arabs and 6,000 Israeli Jews, does not significantly alter these figures.)

In a different perspective, some 11,000,000 Muslims have been violently killed since 1948, of which 35,000, or 0.3 percent, died during the sixty years of fighting Israel, or just 1 out of every 315 Muslim fatalities. In contrast, over 90 percent of the 11 million who perished were killed by fellow Muslims.

Comments: (1) Despite the relative non-lethality of the Arab-Israeli conflict, its renown, notoriety, complexity, and diplomatic centrality will probably give it continued out-sized importance in the global imagination. And Israel’s reputation will continue to pay the price. (2) Still, it helps to point out the 1-in-1,700 statistic as a corrective, in the hope that one day, this reality will register, permitting the Arab-Israeli conflict to subside to its rightful, lesser place in world politics.

Professor Heinsohn is director of the Raphael-Lemkin-Institut für Xenophobie- und Genozidforschung at the University of Bremen. Mr. Pipes (www.DanielPipes.org) is director of the Middle East Forum.

Voir aussi:

Syria Spurs A Few Arabs to Rethink Israel

Evelyn Gordon

Commentary

06.19.2013

One surprising side effect of Syria’s civil war is that it’s causing a few people in the Arab world to question their society’s accepted view of Israel as evil incarnate. These people are still very much a minority: The majority’s attitude is exemplified by the Syrian rebel commander who, without batting an eyelash, last month espoused the delusional theory that “Iran and Hezbollah are cooperating with Israel” to support Syrian President Bashar Assad. Nevertheless, two notable examples of a rethink have surfaced recently.

One involved a seriously wounded Syrian treated at an Israeli hospital this month. He isn’t the first Syrian to be treated in Israel, but he was the first to arrive with a note from the Syrian doctor who treated him initially. “To the honorable doctor, hello,” it began, before launching into a description of his symptoms, his treatment to date and suggestions for further treatment. “Please do what you think needs to be done,” it concluded. “Thanks in advance.”

The Syrian doctor who wrote that note clearly didn’t view Israelis as enemies, but as colleagues who could be trusted to give his patient the care he himself couldn’t provide. It indicates that word has filtered out to at least parts of Syria: Good medical care is available in Israel, and patients who need it can safely be sent there.

Perhaps even more remarkable, however, was a Friday sermon given earlier this month by a cleric in Qatif, a Shi’ite-majority city in Saudi Arabia. Discussing the conflict in Syria, Sheikh Abdullah Ahmed al-Youssef informed his congregants that more Muslims have been killed by fellow Muslims than were ever killed by Israel.

That isn’t news to anyone familiar with the facts. As I noted last month, the Syrian conflict alone has killed more than five times as many people in just two years as the Israeli-Palestinian conflict has in all of Israel’s 65 years of existence. And that’s without even mentioning the ongoing Muslim-on-Muslim carnage in places like Iraq (almost 2,000 killed in the last three months) or Pakistan, much less historical events like the Iran-Iraq War of 1980-88, which killed more than one million people.

But most Arabs aren’t familiar with the facts, having been fed delusional atrocity tales about Israel for decades by their media and their political, religious, cultural and intellectual leaders. Thus for a cleric to stand up in the mosque and tell his congregants this home truth borders on the revolutionary.

If this attitude spreads, it would benefit not just Israel, or even the elusive quest for Mideast peace, but above all, the Arabs themselves. This isn’t merely because Israel has much to offer Arab countries on a practical level (like water management technologies essential for agriculture in a drought-stricken region), but mainly because Arab society’s biggest problem has always been its habit of blaming outsiders–Israel and the West–for all its ills. By so doing, they not only absolve themselves of responsibility, but also nourish the belief that these ills are beyond their control, and hence beyond their own power to fix.

By recognizing that Israel is not the monster of their own imagining, Arabs can begin the process of recognizing that their problems are of their own making rather than the product of malign outside intervention. And only then can they begin the long, hard work of fixing them.

Voir également:

Syrian Rebel Says Israel Supports Assad

Military.com

May 13, 2013

UPI

Iran and Hezbollah are cooperating with Israel to support Syrian President Bashar Assad’s regime, Abdulkader Saleh, a Syrian opposition commander said.

« Iran and Hezbollah are cooperating with Israel to be able to support Assad. Assad has protected Israel’s border for 40 years, » Saleh said in an interview published Monday by the Turkish daily Today’s Zaman.

Saleh also said the alleged Israeli airstrike in Syria, in which at least 42 Syrian soldiers were killed, was aimed at preventing Syrian opposition forces from taking control of weapons.

« The opposition was going to take over arms, so Israel attacked. There is evidence pointing to this, » he said.

Israel has refused to comment on the airstrike but foreign media reported Israeli war planes bombed stockpiles of Iranian-made rockets in sites around Damascus. The rockets allegedly were to be transported to Hezbollah in Lebanon.

« This assault was intended to support the Assad administration, » Saleh said.

He maintained that senior Syrian army commanders were planning to hand over the weapons to Syrian opposition forces when the airstrike occurred.

Saleh also rejected reports that opposition forces in Syria had used chemical weapons.

« [Chemical weapons] have been used in Damascus’ Ghouta, Homs and now Aleppo’s Khan al-Assal region. These attacks indicate the regime’s demise, » he said.

Voir encore:

Statesmen Stuck in Middle East Time Warp

Evelyn Gordon

Commentary

05.28.2013

While visiting Israel this weekend, Secretary of State John Kerry said that everywhere he goes – Europe, the Gulf States, China, Japan, even New Zealand and Brazil – the first thing he is asked about is the Israeli-Palestinian conflict. Perhaps his hosts are simply demonstrating tact by starting off with the only issue Kerry shows any real interest in. But if this is truly their number-one concern, we should all be afraid: It means the leaders and diplomats entrusted with managing global crises don’t have the faintest understanding of what is and isn’t important.

Even if we disregard some pretty major problems elsewhere on the planet – for instance, the adventurism of nuclear North Korea, or the serious instability in another nuclear power, Pakistan, where Islamic extremists slaughter thousands of their own countrymen every year – there’s a Middle Eastern problem right next door that’s infinitely more important than the Israeli-Palestinian conflict. I am talking, of course, about Syria.

It’s not just that the Syrian conflict has already killed five to 10 times as many people in a mere two years – anywhere from 80,000 to 120,000, depending on whose estimate you believe – as the Israeli-Palestinian conflict has in the entire 65 years of Israel’s existence (about 15,000). It’s that unlike the Israeli-Palestinian conflict, the Syrian conflict is rapidly destabilizing all its neighbors.

Over the last 25 years, the Palestinian-Israeli conflict has manifested itself in two intifadas and two Hamas-Israel wars. Not one of them resulted in refugees fleeing to other countries, fighters pouring in from other countries, or violence inside other countries. The Syrian conflict, however, has produced large quantities of all three.

Some 1.5 million Syrian refugees have fled to other countries, mainly Jordan, Turkey and Lebanon, and the UN says the number is rising by about 250,000 per month. This is putting a serious strain on the host countries.

Moreover, citizens of most of Syria’s neighbors – especially Lebanon, Iraq and Jordan – are now fighting in Syria, acquiring skills that their countries of origin fear will be turned against their own countrymen when they return. And the problem isn’t confined to Arab countries: Hundreds of European Muslims are also fighting in Syria, where they are being further radicalized and learning military skills that will make them serious terror risks when they return. The Israeli-Palestinian conflict has attracted no similar influx.

Finally, the Syrian conflict is exporting violence to all its neighbors. To cite just two of the most serious incidents, a double bombing killed 52 people in Reyhanli, a Turkish town near the Syrian border, two weeks ago, while Sunni-Alawite clashes in the Lebanese city of Tripoli have killed 29 people in the last week.

The Syrian conflict is thus a clear and present danger to every country in the region, and even to some farther afield, like the European states whose citizens are fighting there. The same hasn’t been true of the Israeli-Palestinian conflict in decades: The last time this conflict drew in another country was the 1982 Lebanon War (the Israel-Hezbollah war of 2006 had nothing to do with the Palestinians). Today, the conflict affects nobody but Israelis and Palestinians themselves.

Yet the statesmen whom we count on to manage global affairs appear to be stuck in a time warp, unable to see that the map of the world’s problems has changed. And that may pose an even greater danger than the bloodbath in Syria.

Voir aussi:

Gulf Shi’ites fear blame for Syrian conflict

Researcher: Hate language is on the rise, in the press, on social media and even at lectures in mosques.

Jerusalem Post

12/06/2013

DUBAI – Shi’ite Muslims in the Gulf, alarmed by the shrill sectarian rhetoric of some Sunni clerics after Lebanon’s Hezbollah militia entered Syria’s civil war, fear they will be blamed and may be victimized for the bloodshed.

« Hate language is on the rise, in the press, on social media and even at lectures in mosques. Shi’ites in general are being blamed for what’s happening in Syria, » said Waleed Sulais, a researcher at the Saudi Adalah Center for Human Rights.

Emotions over the Syrian conflict have been stoked by gory online videos depicting atrocities in stark language that plays on the Sunni affiliation of most of the rebels and on President Bashar Assad’s Alawite family, an offshoot of Shi’ite Islam.

Respected Muslim religious figures have now lent a measure of authority to inflammatory online sectarian material, casting the conflict as part of a wider Sunni-Shi’ite struggle.

The influential Sunni cleric Youssef al-Qaradawi urged Sunnis to join a jihad (holy war) in Syria, and his Qatar-based International Association of Muslim Scholars has called for a « day of rage » over the conflict next Friday.

In Egypt, the most populous Arab state, a senior preacher from the ruling Muslim Brotherhood, Salah Sultan, called the Shi’ite Hezbollah (party of God) movement « the party of Satan » in a nationally televised sermon last Friday.

Such talk has aggravated a geopolitical split between countries allied to Shi’ite power Iran and those aligned with Gulf Sunni states, a divide that has turned into an all-out proxy war in Syria.

« There is a very raw sectarian nerve that is being twitched and stroked in the Gulf Cooperation Council countries right now, » Sheikh Mohammad al-Mubarak al-Sabah, Kuwaiti Minister for Cabinet Affairs and a Sunni Muslim, told Reuters.

« It’s very flammable, very sensitive… Unfortunately Syria has become the new battleground for a very ancient tug of war. »

Gulf Arab states have been among the rebels’ main supporters while Iran has backed Assad with arms and cash, and encouraged fighters from its Lebanese ally Hezbollah to join the struggle.

While Sunni volunteers have swelled rebel ranks, the rebels report that large numbers of Shi’ite fighters are now crossing into Syria from Iraq, another Gulf state with its own deepening sectarian divide, to help Assad, whose forces are massing for an offensive on the northern city of Aleppo.

Some Sunni clerics have extended their verbal assault to local Shi’ites, who are a minority group in Saudi Arabia and Kuwait but a majority in Bahrain, branding them tools of non-Arab Iran.

« Everything that happens in Syria or Lebanon has an impact everywhere in the region, » said Jihan Kazerooni, vice president of the Bahrain Rehabilitation and Anti-Violence Organization (BRAVO). « As a Bahraini woman, I am afraid of a sectarian war. »

SUSPICION, DISCRIMINATION

Mutual suspicion has fuelled a historic rift in Islam that began after the death of the Prophet Mohammad in 632 AD. Shi’ites, followers of the Prophet’s son-in-law Ali and his descendants, complain of systematic discrimination and neglect of their communities.

« In times of high tension, like the times we are going through now, these unfortunate sectarian issues rise up to the surface, » said Alanoud Alsharekh, a senior fellow at the International Institute for Strategic Studies.

Minorities close ranks against perceived external threats.

Videos posted on the Internet from the battlefront in Syria have served to polarize Gulf Arabs, whose Shi’ite communities increasingly complain they are seen as Iranian agents.

Shi’ites point to the recent digging up by rebels near Damascus of the grave of a seventh-century figure revered by Shi’ites, and the filmed cutting out of the heart of a Syrian government soldier by a rebel fighter as examples of what could happen to them if hardline Islamists take charge.

For their part, Sunnis say Assad’s forces have committed countless massacres in their struggle to shield the president from being overthrown.

« What is dangerous about this issue is that while the media may target Hezbollah, all the Shi’ites are implicated in this, » Sulais said. « Everybody is regarded as a Hezbollah supporter. »

IRANIAN FACTOR

Although Syria is ruled by the secular pan-Arab Baath party, many Gulf Arabs fear a victory by the Iranian-backed Assad could extend Tehran’s influence across what Jordan’s King Abdullah once called a Shi’ite crescent stretching from Tehran to Beirut.

Sunni-led Gulf Arab states accuse Iran of being behind an uprising by Bahrain’s majority Shi’ites in 2011 that threatened the Sunni monarchy, and blame them for occasional protests by minority Shi’ites in eastern Saudi Arabia.

Saudi forces intervened to help Bahrain’s ruler crush the revolt.

Riyadh has also blamed Iran for an alleged plot to kill its ambassador in Washington, and has also rounded up a number of people accused of espionage for Tehran.

When Assad’s forces, backed by Hezbollah fighters retook Qusair town last week, some Saudis saw that as an Iranian win.

« If Bashar al-Assad’s regime survives, Iran and Hezbollah will also be victorious. Thus, it is not an exaggeration to say that this is a decisive battle for the Gulf states, Jordan and Lebanon, and before them all Syria, » Rashed said.

GOVERNMENT ROLE

Although some conservative clerics who have blasted Shi’ites are close to Gulf Sunni governments, the increasingly sectarian language does not necessarily have official backing.

In 2003, Saudi Arabia set up the King Abdulaziz Center for National Dialogue as a venue to promote understanding. Last year King Abdullah said a centre to study Muslim sects was being set up, a statement seen as sending a message to Sunni clerics that they should regard Shi’ites as proper Muslims.

Now, however, Sulais said he feared years of efforts by Gulf governments to improve relations between Sunnis and Shi’ites « are being wasted ».

Despite the high tensions, there has been virtually no incident of friction in countries with mixed populations, thanks to strong government policies that do not tolerate to strife. So harsh words have yet to turn into deeds.

Government-approved sermons preached in Saudi Arabia last Friday mostly focused on social issues such as behavior in the summer holidays and combating drug abuse.

Shi’ite clerics across the Gulf also sought to calm tempers, appealing to followers to avoid inflaming passions.

« Today, more than ever, we need to shy away from aggravating the sectarian spasm and confessional tensions, and to work to create a positive climate and prepare the ground to contain all forms of partisanship and agitation, » Sheikh Nasser al-Asfour, a Bahraini cleric, said according to al-Wasat daily on Sunday.

Sheikh Abdullah Ahmed al-Youssef, in a Friday sermon in the mostly Shi’ite Saudi city of Qatif, expressed sorrow at what he called « the dangerous division » that Muslims are living through. He noted that more Muslims have died at the hands of fellow Muslims than at the hands of Israel.

Voir encore:

À Abou Moussallam, on est « fier » du lynchage de 4 chiites

OLJ/AFP

juin 25, 2013

Le Premier ministre Qandil a condamné un « crime haineux ».

Des habitants d’un village proche du Caire où quatre chiites ont été lynchés par une foule hostile affichaient hier leur « fierté » après cette attaque, la première de ce type alors qu’une rhétorique antichiite se généralise dans le pays.

Selon des témoins et des responsables de la sécurité, des centaines d’habitants d’Abou Moussallam, un village du gouvernorat de Guizeh au sud du Caire, ont cerné dimanche la maison d’un musulman chiite après avoir appris qu’un responsable religieux chiite, Hassan Shehata, s’y trouvait. La foule de plusieurs centaines de personnes a tenté d’incendier la maison située dans une ruelle en lançant des cocktails Molotov. Les gens scandaient « Allah Akbar » et « Les chiites sont des infidèles » puis sont entrés en force dans la maison pour en sortir les chiites et les frapper. Quatre personnes ont été tuées, dont Hassan Shehata et son frère, et plusieurs autres blessées.

Le Premier ministre égyptien Hicham Qandil a condamné un « crime haineux » qui est « incompatible avec les principes et les enseignements de notre religion tolérante ».

À Abou Moussallam, où les habitants qualifient les chiites d’« infidèles », la scène a été filmée avec des téléphones et les images ont circulé abondamment, des habitants expliquant aux journalistes combien ils étaient « fiers » de ce qui s’était passé. « Nous sommes contents de ce qui s’est passé. Ça aurait dû arriver depuis longtemps », a ainsi indiqué Mohammad Ismaïl, recueillant l’approbation autour de lui. Selon un habitant s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, les gens étaient « furieux contre Shehata car il a récemment convaincu plusieurs habitants de se convertir au chiisme ».

Environ une vingtaine de familles chiites vivent à Abou Moussallam. Les chiites représentent moins de 1 % de la population égyptienne, dans sa très grande majorité de confession sunnite. Les sunnites sont traditionnellement opposés aux chiites, selon lesquels de nombreux compagnons du prophète Mohammad vénérés par les sunnites étaient corrompus et ont usurpé le pouvoir au détriment du successeur légitime de Mohammad, son cousin Ali.

M. Shehata était une figure importante de la petite communauté chiite égyptienne. Il a été emprisonné à plusieurs reprises sous le régime de l’ex-président Hosni Moubarak pour insulte à la religion, selon des habitants. « Shehata assistait à une cérémonie religieuse dans la maison », a indiqué, en larmes, un habitant chiite Diaa Moharram. Selon Yasser Yehya, un charpentier, quand les gens ont découvert que Shehata s’y trouvait, ils ont demandé aux propriétaires de leur livrer le religieux mais ils ont refusé. « Ils ont traîné les chiites dehors l’un après l’autre et les ont frappés à mort », a-t-il dit.

Les chiites égyptiens sont régulièrement visés par des discours hostiles dans les médias et de la part de prédicateurs islamistes égyptiens, qui les accusent d’être sous l’influence de l’Iran, où le chiisme est majoritaire. Récemment lors d’une conférence en présence du président Mohammad Morsi, un responsable d’un mouvement salafiste a traité les chiites d’« immondices ».

Bahaa Anwar, un porte-parole de la communauté chiite en Égypte, a fait porter à M. Morsi la responsabilité de cette attaque. « Mohammad Morsi porte l’entière responsabilité de ce qui s’est passé car il y a eu constamment des incitations antichiites dans le village, et personne n’est intervenu malgré nos appels répétés aux autorités », a-t-il indiqué. Selon l’adjoint de la sécurité pour Guizeh, le général Abelazim Nasreddine, la police a tenté dimanche d’intervenir, « mais la foule était trop importante et les rues trop étroites, nous empêchant de la disperser ». Posté avec ses hommes en dehors du village, il a indiqué que la police avait été attaquée avec des bâtons et des couteaux par les habitants, « nous forçant à nous retirer ». Selon lui, la police à pu faire sortir 25 chiites de la maison pendant l’attaque, « ce qui a permis de réduire le nombre de victimes ».

Voir enfin:

Chiite, la confession négative

Le Moyen-Orient a trouvé sa nouvelle guerre de religion

Daoud Boughezala

Causeur

17 Juin 2013

Hachem Salman avait 19 ans. Il a été abattu devant l’ambassade d’Iran à Beyrouth le 9 juin dernier. Mort pour ses idées. Le chef des jeunes de l’Option libanaise, petit parti chiite anti-Hezbollah, a été molesté par des chemises noires armées de bâtons puis tué à bout portant. Des gardes iraniens du bâtiment diplomatique ou des gros bras du parti de Dieu, l’enquête officielle n’a pas encore désigné les coupables.

Le martyre de Salman symbolise en tout cas le chant du cygne d’une grande idée née à la fin du XIXe siècle. Au grand courroux des derniers nationalistes arabes, leur idéologie est bel et bien morte et enterrée. Ni Damas ni Téhéran : la neutralité de l’Option libanaise porte peu chez des chiites libanais électeurs du Hezbollah et de son allié Amal à plus de 85%.

En ces temps troublés, la mort d’Hachem Salman sonne aussi le glas de l’unité chiite. En proie à des tensions croissantes au Proche-Orient et dans le golfe persique, des millions de musulmans chiites vivent au rythme des combats menés en Syrie, des élections iraniennes et des sempiternels affrontements intra-libanais. De ce point de vue, la semaine dernière fut particulièrement riche en rebondissements.

D’abord, le Hezbollah a – définitivement ? – enterré son credo islamo-nationaliste. Les géopoliticiens devront revoir leurs classiques : avec la guerre de Syrie, de la figure du partisan territorialisé, le hezbollahi personnifie le second type schmittien : le partisan global, sans enracinement tellurique, tel le premier salafiste venu.

Peu on prou, on observe la formation d’une « Internationale chiite » à l’identité religieuse claudicante. Si ses buts stratégiques restent bien définis, l’axe Damas-Téhéran ne correspond en effet à aucune unité confessionnelle, le clan alaouite d’Assad étant à un chiite iranien ce qu’un anglican est à l’évêque de Rome. Tant il est vrai que la politique commande au religieux, la (non-)pratique quotidienne de l’alaouite de la rue a peu à avoir avec le rite officiel « chiitisé » promu par le régime syrien depuis ses trente ans de noces avec l’Iran1 [2]. N’en déplaise aux essentialistes, la géostratégie est affaire d’intérêts, les tapis de prière suivent. La nouvelle guerre de religion qui déchire le Moyen-Orient a tout de la lutte d’influence, avec des acteurs telluriques fragilisés (l’Arabie Saoudite à la puissance déclinante, la Syrie baathiste vacillante) et de nouvelles forces hyper-mobiles qui livrent bataille aux quatre coins de l’Oumma : Salafistes vs. Hezbollahis. Même les vieux Etats se prennent à ce petit jeu. Ainsi, son président réformateur Rohani à peine élu, la République islamique d’Iran a annoncé l’envoi de quatre mille soldats en Syrie, sans doute pour signifier que la politique étrangère reste l’apanage exclusif du Guide. On ne badine pas avec une alliance vieille de trente ans…

Aujourd’hui estampillé mouvement régional, le Hezbollah achève d’internationaliser le séisme syrien et ses répliques libanaises. Face au chaudron bahreïni qui gronde, le Conseil de Coopération du golfe a carrément inscrit le Parti de Dieu sur la liste des organisations terroristes pendant que ses membres multiplient les mesures vexatoires à l’encontre de leurs minorités chiites. En rétorsion, un koweïtien a failli être enlevé sur un site touristique libanais il y a quelques jours puis quatre chiites ont été assassinés dans la Bekaa. Tout le monde a en tête les récentes images de villageois chiites massacrés par la guerilla, à l’est de la Syrie. Une barbarie qui ne le cède en rien aux exactions des mercenaires pro-Bachar.

Avec des foyers aussi incandescents que le brasier syrien, l’Internationale chiite aura fort à faire pour ménager sa sphère d’influence. Que son porte-parole s’appelle Khamenei ou Rohani, qu’il éveille l’effroi ou l’espoir des bonnes consciences occidentales, n’y changera finalement pas grand-chose.

*Photo : looking4poetry.

On lira avec intérêt les indispensables travaux de Thomas Pierret sur l’intégration de l’alaouisme syrien au rite jaffarite en vigueur en Iran, notamment à travers de multiples séjours religieux dans la ville sainte de Qom.


Syndrome de Stockholm/40e: Je sentais qu’on était mieux intégré au groupe si on n’était pas 100% français (France discovers anti-white racism)

22 juin, 2013
https://i1.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b1/The_Intervention_of_the_Sabine_Women.jpghttps://i1.wp.com/images1.wikia.nocookie.net/__cb20071104124311/psychology/images/4/47/Stockholm_syndrome.jpgLes voleurs nous protègent contre la police. Otages du Crédit Suédois de Stockholm (le 23 août 1973)
Le syndrome de Stockholm désigne la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers à développer une empathie, voire une sympathie, ou une contagion émotionnelle avec ces derniers. L’expression « syndrome de Stockholm » a été inventée par le psychiatre Nils Bejerot en 1973. Ce comportement paradoxal des victimes de prise d’otage fut décrit pour la première fois en 1978 par le psychiatre américain Frank Ochberg, en relation avec un fait-divers qui eut lieu en cette même ville. Wikipedia
Ces propos, s’ils ont été dits, interviennent dans un contexte où mes agresseurs étaient drogués ou ivres. Par ailleurs, ils n’étaient pas tous issus de l’immigration. La vidéo de mon agression apparaît comme très stéréotypée car, ce soir-là, je suis habillé de façon bourgeoise et je suis face à quatre jeunes qui faisaient beaucoup de bruit. En aucun cas, je ne veux passer pour l’incarnation d’une certaine image sociale qui aurait été prise à partie par des étrangers. Je ne l’ai pas ressenti comme cela. L’un des assaillants en survêtement, rasé, avait d’ailleurs une couleur de peau très pâle.  F. G. (étudiant de Sciences Po, après son agression dans un bus de nuit parisien, 2009)
Appelons cela le syndrome du Noctilien (en référence à ce bus de nuit parisien dans lequel un jeune passager a été roué de coups, dernièrement) : il consiste à nier la gravité de certaines évidences, en détournant l’attention, si possible, sur la source du désordre. En l’espèce, pour cet étudiant qui n’a pas voulu voir une agression raciste dans ce qui lui est arrivé, les coupables sont celui qui a diffusé la vidéo de son passage à tabac et ceux qui l’ont commentée. Le politiquement correct raisonne de cette manière. Ivan Rioufol
Je ne suis pas du tout raciste, toutes mes copines sont noires ou métisses.  Moi-même, je suis français, quelqu’un me dit ça, je lui mets une baffe ! (…) J’habite dans le 93. Il y a des contrôles de police matin, midi et soir, même quand on travaille. Quelqu’un qui se fait taper, vous le défendez. Voilà comment j’ai appris … Arnaud
Pendant le ramadan, je me cachais pour manger quelque chose de peur que l’on me fasse une réflexion ou que je sois agressé d’une manière ou d’une autre. Guillaume
Il m’est arrivé de mentir plusieurs fois en m’inventant des origines que je n’avais pas (…) Je sentais qu’on était mieux intégré au groupe si on n’était pas 100% français. Céline
Tout élément qui différencie un élève du groupe provoque une réaction hostile, plus ou moins violente. C’est ce qui se passe lorsque des élèves traitent un élève différemment parce qu’il a la peau blanche. Caroline (enseignante)
Il suffit d’une différence – couleur de peau, de cheveux, physique ingrat… – pour être pris pour cible. Tarik Yildiz
Les actes d’intolérance visent les minorités. Or, l’endroit où les Français « pure souche » – les « blancs » – sont les moins représentés demeure les quartiers sensibles. On ne peut pas le nier  Tarik Yildiz
Au terme de l’audience, une question demeure irrésolue : pourquoi Arnaud D., un Blanc, a-t-il frappé Térence C., au motif, comprend-on, que celui-ci était blanc, motif que le coauteur des coups – son complice n’a pu être identifié – réfute ? Ni les parties civiles, ni la défense n’ont jugé utile d’interroger l’accusé, né à Montreuil, sur l’origine de son nom, à consonance maghrébine, probablement kabyle. Elles n’y avaient pas intérêt, ont-elles reconnu à demi-mot entre deux audiences. Les deux avocats de la victime, dont l’un représentait la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) ne souhaitaient pas politiser un cas déjà suffisamment lourd de sens. Le comment, d’accord, pour le pourquoi, on repassera. Seules les origines de la victime, du fait même de l’infraction jugée, devaient être prises en compte, non celles de ses agresseurs. Quant au défenseur, il était dans son rôle. Questionner le « pedigree » de son client risquait de le mener sur la pente glissante du sentiment d’appartenance, dont on sait qu’il peut être confus, a fortiori chez un « Blanc » vivant dans un environnement qui ne l’est pas majoritairement. Tout le monde sembla donc rassuré quand il fut précisé que les parents d’Arnaud D. se prénommaient Alain et Murielle. Antoine Menusier
Je suis un sale Blanc car dans une vie antérieure j’ai affrété des bateaux à Bordeaux pour traverser l’Atlantique avec mes cargaisons d’esclaves. Benoît Rayski

Vous avez dit syndrome de Stockholm ?

Renvoi de huit mois en l’absence de plaignants, accusé absent parce que non retrouvé, co-accusé jugé mais blanc, refus d’une association anti-raciste (MRAP) de se porter partie civile (Le racisme anti-blanc ne serait qu’une réaction au racisme envers les noirs et les arabes, et serait instrumentalisé politiquement), refus des parties civiles comme de la défense d’interroger l’accusé, né à Montreuil, sur l’origine de son nom, à consonance maghrébine, probablement kabyle

Au lendemain, suite à la bastonnade accompagnée d’injures racistes sur un quai de métro parisien en septembre 2010 d’un jeune homme blanc, du premier pour « racisme anti-blanc » …

Et une semaine après les simples sursis et avertissements des adolescents impliqués dans l’attaque du RER à la gare de Grigny …

Mais aussi trois ans après une vidéo qui avait révélé (outre la suspension et la garde à vue du policier l’ayant mise en ligne et la défense de ses agresseurs par l’agressé: « habillé de façon bourgeoise ») le genre de phénomène d’attaques en meute que peuvent subir certains usagers des bus de nuit parisiens …

Comment ne pas voir, évoquée à demi-mot  si l’on en croit les extraits de presse dans le livre d’un jeune sociologue, l’étrange forme de syndrome de Stockholm (qui fête ses 40 ans cette année) …

Qui de la presse à nos belles âmes des beaux quartiers mais aussi apparemment à ses premières victimes que sont les derniers mohicans de certains quartiers des villes d’Ile-de-France les plus touchées par l’immigration (jusqu’à, pression de l’environnement oblige, mentir sur ses propres origines) …

Semble à présent s’être étendu l’ensemble de nos sociétés ?

Comment parler du racisme anti-blanc?

Julie Saulnier

L’Express

14/03/2011

Le racisme anti-blanc est une réalité embarrassante. Dans un essai, le sociologue Tarik Yildiz l’aborde de front, pour éviter notamment de laisser le sujet aux extrêmes.

« Sale Français(e) de merde! » Cette expression les renvoyant à leurs origines françaises, Guillaume, Bastien, Anne, Hasan et les autres l’ont entendue souvent. C’est ce que décrit Tarik Yildiz au travers de neuf entretiens avec un collégien, un lycéen, une étudiante, des professeurs et des parents d’élèves de Seine-Saint-Denis.

Dans son essai, Racisme anti-blanc, Ne pas en parler: un déni de réalité*, ce doctorant en sociologie de seulement 25 ans dresse une cartographie du phénomène dans certains quartiers de certaines villes d’Ile-de-France.

Insultes, crachats, coups, les protagonistes de l’étude se disent victimes d' »une intolérance qui touche les blancs parce qu’ils sont – ou sont considérés – comme des ‘Français de souche’, en opposition aux Français issus de l’immigration », explique l’auteur, par ailleurs collaborateur du Bondy Blog.

Ne pas laisser la voie libre aux extrêmes

« Pendant le ramadan, je me cachais pour manger quelque chose de peur que l’on me fasse une réflexion ou que je sois agressé d’une manière ou d’une autre », raconte Guillaume, collégien. Céline confie que, pendant ses années de collège, elle maquillait la vérité pour qu’on la laisse en paix: « Il m’est arrivé de mentir plusieurs fois en m’inventant des origines que je n’avais pas (…) Je sentais qu’on était mieux intégré au groupe si on n’était pas 100% français. » « Chaque jour, la seule chose que j’espérais, c’était de rentrer sans avoir pris de coups ou sans me faire insulter », ajoute de son côté Bastien, lycéen. Anne, sa mère, est abasourdie. « Jamais je n’aurais pu imaginer qu’un tel racisme pouvait exister chez des enfants », déplore-t-elle.

Le phénomène est réel, mais circonscrit. Alain, qui a soutenu un appel « contre les ratonnades anti-blanc » en 2008, précise « que ceux qui profèrent ces insultes (…) représentent une minorité dans les classes. Et comme souvent, la minorité violente est la plus visible. » « Tout élément qui différencie un élève du groupe provoque une réaction hostile, plus ou moins violente, analyse Caroline. C’est ce qui se passe lorsque des élèves traitent un élève différemment parce qu’il a la peau blanche. » Tarik Yildiz reconnaît qu’il « suffit d’une différence – couleur de peau, de cheveux, physique ingrat… – pour être pris pour cible ».

Il faut aussi ne pas oublier, comme Caroline, enseignante, qu' »on a plus de chance de trouver un emploi ou un appartement quand on s’appelle François que quand on s’appelle Kader ». Ou qu’il « est plus facile d’entrer en boîte de nuit, qu’on se fait beaucoup moins contrôler par la police quand on a la peau claire. » Et d’attirer l’attention sur la dimension sociale: « Les jeunes qui posent des problèmes dans les établissements scolaires sont les plus défavorisés socialement (…) Ce n’est pas vraiment du racisme, mais une manière de vouloir prendre leur place dans une société où ils se sentent mal à l’aise. »

Pour sa part, Fatima, étudiante française issue de l’immigration, estime qu' »il ne faut pas faire de distinction entre les racismes ». Ce qu’admet bien volontiers Caroline, selon qui faire des différences, « c’est établir une hiérarchie ». D’où l’importance de reconnaître l’existence de ces discriminations. « Lorsqu’on ne parle pas d’un problème, les victimes se sentent incomprises, déconsidérées. Cela peut les pousser elles-mêmes vers du racisme », observe Alain. « Ne pas entendre ceux qui souffrent, c’est prendre le risque de l’engrenage et les jeter dans les bras des partis extrêmistes, renchérit Tarik Yildiz. Il ne faut pas laisser le champs de ce qui préoccupe les Français aux extrêmes. Les partis traditionnels ne doivent pas avoir peur d’aborder le racisme ‘anti-blanc’. Ce sont les solutions apportées à cette forme de racisme qui doivent être différentes. »

Le racisme anti-blanc, Ne pas en parler: un déni de réalité, Tarik Yildiz, Les Editions du Puits du Roulle, 58 p., 8 euros.

Avertissement de modération: comme vous l’aurez noté, l’un des objectifs de Tarik Yildiz est de ne pas laisser aux extrêmes le sujet du racisme anti-blanc. Nous serons extrêmement attentifs à ce que ces mêmes extrêmes ne puissent exprimer des idées extrémistes dans les commentaires. LEXPRESS.fr

Voir aussi:

« Le racisme anti-blanc est réversible »

Julie Saulnier

L’Express

26/09/2012

Dans son livre Manifeste pour une droite décomplexée, Jean-François Copé dénonce le racisme anti-blanc. Une récupération politique qui risque de « jeter de l’huile sur le feu », selon le sociologue Tarik Yildiz, auteur de Racisme anti-blanc, Ne pas en parler: un déni de réalité.

Dans son livre Manifeste pour une droite décomplexée, Jean-François Copé, candidat à la présidence de l’UMP, dénonce le racisme anti-blanc. Que pensez-vous de ses propos?

Je ne suis pas dupe des intentions électoralistes de Jean-François Copé. Il veut envoyer un message fort à la base de l’UMP et lui dire qu’il est proche d’elle et de ses idées. Car beaucoup de gens pensent et disent que le racisme anti-blanc existe. Jean-François Copé ne fait que relayer cette idée.

Il est bon d’évoquer le racisme anti-blanc, comme il est bon de parler toute sorte de racisme. Mais la récupération partisane d’un sujet aussi délicat que celui-ci risque de jeter de l’huile sur le feu.

Comment éviter de tomber dans cet écueil?

Il faut parler du racisme anti-blanc mais éviter à tout prix la récupération politique. Pour cela, la dénonciation de cette forme de racisme doit venir, en premier lieu, des associations antiracisme. Elles seules peuvent aborder le sujet sans être taxées de xénophobie.

Si ces associations, donc, dénoncent clairement et sans gêne cette réalité, on gagnera en crédibilité. Et les tabous tomberont. Dès lors, les responsables politiques, y compris de gauche, pourront en parler sereinement.

Jean-François Copé limite ce phénomène aux « quartiers sensibles »…

Les actes d’intolérance visent les minorités. Or, l’endroit où les Français « pure souche » – les « blancs » – sont les moins représentés demeure les quartiers sensibles. On ne peut pas le nier. Ce constat dressé, ce n’est pas autant qu’il faut y voir un lien de causalité – mais plutôt un lien de corrélation.

Peut-on endiguer cette forme de racisme?

Oui, car le racisme anti-blanc est quelque chose de très concret et qu’il est perpétré par des jeunes immatures. En cela, ce phénomène me semble réversible. Une bonne politique éducative et une punition adaptée permettraient d’en venir à bout. La solution consisterait à instaurer plus de discipline à l’école, et ce dès le collège, et à fixer des limites à ne pas dépasser pour éviter l’effet de surenchère.

Le sociologue Tarik Yildiz est l’auteur de l’essai Racisme anti-blanc, Ne pas en parler: un déni de réalité.

Avertissement de modération: compte tenu du caractère sensible de ce thème, nous serons particulièrement sensibles à la bonne tenue des débats. Merci donc de ne pas tenir de propos xénophobes, racistes ou discriminatoires.

Voir également:

Justice : un Blanc jugé pour racisme… anti-Blanc

Marc Leplongeon

Le Point

26/04/2013

« Sale Blanc », « blanc-bec »… Un cuisinier était jugé vendredi à Paris pour avoir entaillé le visage d’un homme sur le quai du RER et proféré des injures racistes.

« Racisme anti-Blanc », l’expression est devenue presque banale. Pour SOS Racisme, elle appartient historiquement au vocabulaire de l’extrême droite. Mais elle est devenue ensuite un argument de campagne. Jean-François Copé, candidat à la présidence de l’UMP contre François Fillon, avait raconté fin 2012 l’histoire d’un jeune qui s’était fait « arracher son pain au chocolat par des voyous », au motif qu' »on ne mange pas au ramadan ». D’après un rapport de la Commission nationale des droits de l’homme (CNCDH), ces propos pourraient avoir eu une incidence sur la diffusion de l’idée d’un hypothétique racisme « anti-Français » dans la société. « 4 % des personnes interrogées considèrent que les Blancs sont les principales victimes de racisme dans l’Hexagone », explique le rapport. Et « le sentiment que les Français sont les principales victimes de racisme en France est en hausse, avec 12 %, dont 18 % parmi les sympathisants de droite et 5 % parmi ceux de gauche », poursuit l’étude.

Vendredi après-midi, au palais de justice de Paris, la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) s’est portée pour la première fois partie civile dans une affaire de « racisme anti-Blanc ». Situation ubuesque : le prévenu est lui-même blanc. « Je n’aime pas ce terme [de racisme anti-Blanc, NDLR] », explique Mario Pierre Stasi, président de la commission juridique de la Licra. « Mais je n’en vois pas d’autres », lâche-t-il. À l’audience, un homme de 37 ans, crâne rasé, est appelé à la barre. La démarche lourde, les mains dans les poches de son jean recouvertes par une veste grise, Arnaud écoute, sans broncher, le président du tribunal. Son casier judiciaire est déjà bien rempli : plusieurs condamnations pour port d’armes (des couteaux), outrages contre policiers et infractions à la législation sur les stupéfiants (cannabis).

Pour Mario Pierre Stasi, avocat de la Licra, une infraction à connotation raciste peut être constituée, « qu’importe la pigmentation de la peau ».

Balafre de 15 centimètres

Le 12 septembre 2010, au petit matin, la victime, un jeune homme de 28 ans, attend son métro à la station Strasbourg-Saint-Denis. Il est apostrophé par un homme qui accompagnait Arnaud, mais qui n’a jamais pu être identifié. « Sale Français ! » lui aurait-il lancé. La victime descend du métro à Gare du Nord, avant de se rendre sur les quais du RER D. La vidéosurveillance laisse supposer qu’Arnaud et son acolyte l’y ont suivie. Vers 6 heures du matin, quoi qu’il en soit, l’agresseur non identifié se rue vers sa victime et lui porte un premier coup. La bagarre commence. L’agresseur tombe à terre, la victime prend le dessus. « Quand il était à terre, j’ai voulu le défendre. Il l’étranglait avec ses genoux, donc je lui ai mis des coups avec la droite, et un dernier avec un tesson de bouteille », lâche benoîtement Arnaud. Lorsque la bagarre se termine, la victime a une balafre de 15 centimètres de long sur la joue gauche. Le sang coule sur son torse.

Lors de ses premières auditions, Arnaud nie tout, malgré les images des caméras. Jusqu’à ce que le juge d’instruction lui parle d’une éventuelle circonstance aggravante : les injures racistes. Là, Arnaud se décide enfin à parler. « Je suis vraiment dégoûté. Je ne suis pas du tout raciste, toutes mes copines sont noires ou métisses », lâche-t-il. Problème : la victime est « blanche », comme lui. À l’audience, il s’énerve : « Moi-même, je suis français, quelqu’un me dit ça, je lui mets une baffe ! » Son acolyte ? Il l’aurait rencontré lors d’une soirée. Mais il n’en dira pas plus. « Je sais juste ce qu’il aimait comme filles, c’est tout », résume-t-il. Pas de provocation dans sa voix, juste le ton un peu benêt qu’il adoptera tout au long de l’audience.

« Sale blanc-bec »

Les témoins de la scène, des usagers et des agents de la société Effia, n’ont pas bougé. Certains n’étaient pourtant qu’à cinq mètres de la bagarre. Seule une dame a eu le cran de s’interposer, note la procureur. Trois d’entre eux ont cependant entendu les insultes « sale Français », « sale Blanc » (en français et en arabe), « sale blanc-bec », « va niquer ta mère », de la bouche de l’agresseur anonyme. Deux témoins sont formels : Arnaud a lui aussi prononcé ces mots avant, pendant et après l’agression. Lui assure que ces mots n’ont pas franchi ses lèvres. Arnaud semble accorder la même importance à une affaire de violences (qui ont causé 39 jours d’interruption temporaire de travail) qu’à quelques insultes racistes. « Pour moi, c’est pareil », lâche-t-il à l’audience.

« Vous vous considérez comme violent ? » lui demande le président du tribunal. « Nan », répond-il. Puis il raconte quelques bribes de sa vie. « J’habite dans le 93. Il y a des contrôles de police matin, midi et soir, même quand on travaille », argue-t-il. « Quelqu’un qui se fait taper, vous le défendez. Voilà comment j’ai appris », lâche le prévenu. Pour l’avocat de la victime, Arnaud n’a rien d’un « sauveur ». Il ne croit pas à la thèse de l’agression avec un tesson de flasque d’alcool, qui se serait brisée dans sa poche. Pour l’avocat, Arnaud a utilisé un couteau ou un cutter. Et il enfonce le clou sur les injures racistes. « La victime m’a dit : C’est tombé sur moi parce que j’étais blanc », explique-t-il.

Le procureur réclame quatre ans de prison, dont un avec sursis assorti d’un contrôle judiciaire. Le jugement a été mis en délibéré au 21 juin. Pour l’avocat de la défense, Me Grégoire Etrillard : « On est en train de faire un exemple de racisme anti-Blanc. Il y a une frustration de ne pas avoir attrapé le vrai coupable. »

Voir encore:

Le premier procès pour racisme anti-Blancs n’a pas eu lieu

Quand la partie civile n’assume pas son audace de principe

Antoine Menusier

Causeur

29 avril 2013

Le premier procès pour « racisme anti-Blancs », tenu en l’absence de la victime, vendredi 26 avril, devant la 13e Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris, s’est arrêté au plus mauvais moment : quand il aurait pu vraiment commencer. Tant qu’à juger des motivations racistes du prévenu, un jeune homme de 28 ans qui comparaissait libre, cuisinier de métier, condamné à sept reprises pour des délits, la cour et les avocats de la partie civile et de la défense auraient pu aller « au fond », comme disent les juristes. Au fond du sujet. Un procès d’assises l’aurait sans doute permis, des psychologues auraient été cités à charge et à décharge pour éclairer le jury sur la personnalité de l’accusé. Ce dernier a d’ailleurs échappé de peu aux assises, a indiqué la procureur, agitant cette menace a posteriori, le chef d’accusation de tentative de meurtre n’ayant pas été retenu. La magistrate a requis quatre ans ferme, dont un avec sursis et mise à l’épreuve.

Au terme de l’audience, une question demeure irrésolue : pourquoi Arnaud D., un Blanc, a-t-il frappé Térence C., au motif, comprend-on, que celui-ci était blanc, motif que le coauteur des coups – son complice n’a pu être identifié – réfute ?

Ni les parties civiles, ni la défense n’ont jugé utile d’interroger l’accusé, né à Montreuil, sur l’origine de son nom, à consonance maghrébine, probablement kabyle. Elles n’y avaient pas intérêt, ont-elles reconnu à demi-mot entre deux audiences. Les deux avocats de la victime, dont l’un représentait la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) ne souhaitaient pas politiser un cas déjà suffisamment lourd de sens. Le comment, d’accord, pour le pourquoi, on repassera.

Seules les origines de la victime, du fait même de l’infraction jugée, devaient être prises en compte, non celles de ses agresseurs. Quant au défenseur, il était dans son rôle. Questionner le « pedigree » de son client risquait de le mener sur la pente glissante du sentiment d’appartenance, dont on sait qu’il peut être confus, a fortiori chez un « Blanc » vivant dans un environnement qui ne l’est pas majoritairement. Tout le monde sembla donc rassuré quand il fut précisé que les parents d’Arnaud D. se prénommaient Alain et Murielle.

Les faits : le 12 septembre 2010, vers 6 heures du matin, Arnaud D. se trouve sur un quai de la station de métro Strasbourg-Saint-Denis, à Paris, en compagnie d’un autre homme. Ils rentrent d’une soirée arrosée, se sont connus à cette occasion, raconte le prévenu, qui dit ignorer l’identité du second. Tout aurait commencé par une vague histoire de cigarette entre l’ami d’un soir d’Arnaud D. et Térence C., une vingtaine d’années, vendeur dans le prêt-à-porter, également présent sur le quai. L’ami aurait traité Térence C. de « sale Français », a rapporté la victime aux enquêteurs.

L’altercation reprend à trois stations de là, sur un quai de RER, gare du Nord. Arnaud D. et son acolyte y croisent à nouveau Térence C. – ils étaient à sa recherche, soupçonnent les parties civiles. L’acolyte attaque Térence C., lui donne des coups de poing. Celui-ci parvient à immobiliser son agresseur. C’est à ce moment-là qu’intervient Arnaud D., dans le dos de la victime. Il la frappe de ses poings, lui entaille la joue gauche au moyen d’un tesson de bouteille ou d’un couteau – d’« un tesson d’un flash de Cognac que j’avais dans la poche », explique le prévenu sans convaincre –, « sur quinze centimètres de long », selon le rapport d’enquête.

Une femme tente de s’interposer, en vain. Deux témoins passifs de la scène, agents de la RATP, absents à l’audience – la défense met en doute le sérieux de leurs témoignages –, ont affirmé que ces violences étaient accompagnées d’insultes : « Sale Français », « sale blanc-bec », « sale Blanc, « sale gaouri » (terme dépréciatif en argot maghrébin, désignant un Français ou plus généralement un étranger). Arnaud D. dit n’en avoir proféré aucune : « J’ai jamais entendu “gaouri”, je ne sais pas ce que ça veut dire. » Le président de la cour : « Ça veut dire “sale Français”. »

L’agression a été filmée, sans le son, par des caméras de vidéo-surveillance. Le complice d’Arnaud D. apparaît sur ces images muettes comme étant un Noir ou un métis. N’ayant pas été identifié, il a échappé à la justice. Un début de bande est diffusé au tribunal, mais le président met fin à son déroulé, la touche « avance rapide » ne fonctionnant pas. Ce 12 septembre 2010, Arnaud D. est vêtu d’un pantalon noir, d’un sweat rouge et porte une chaînette au cou. Il a le crâne ras. Ras, comme vendredi à l’audience, à laquelle il s’est présenté en blazer gris, chemise noire et cravate lilas pâle. Grand, sec, il dit le minimum, affirme qu’il ne peut pas être raciste, « toutes mes copines sont noires ou métisses ». Lors de l’instruction, niant dans un premier temps être la personne que les images désignent, il l’a d’abord dépeinte comme de « type arabe », avant d’admettre sa participation à l’agression.

Les insultes qu’il aurait proférées durant l’agression lui valent la circonstance aggravante de racisme, conformément à l’article 132-76 du Code pénal qui établit cette circonstance dès lors que l’infraction est commise « à raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. » Me Grégoire Etrillard, l’avocat d’Arnaud D., a demandé à la cour de transmettre une Question Prioritaire de Constitutionnalité au Conseil constitutionnel, afin qu’il se prononce sur cette disposition pénale, qu’il trouve floue. En effet, s’étonne-t-il, comment un individu mêlé à une agression au cours de laquelle des propos racistes sont prononcées, pourrait-il en être tenu responsable alors qu’il ne les a pas tenus ?

Sur leur banc, Me Pierre Combles de Nayves, le conseil de la victime, et son confrère Me Mario-Pierre Stasi, plaidant au nom de la Licra, soupirent et s’étranglent en silence. Pas pour longtemps. Me Stasi rappelle que, selon la loi, « le complice (d’une agression) encourt toutes les circonstances aggravantes ». S’ensuit un échange sur un cas, pas que d’école : des violences racistes commises en réunion par des skinheads. Me Etrillard admet qu’en cette circonstance, aucun des agresseurs ne peut se désolidariser pénalement de l’infraction.

Le 26 octobre 2012, Térence C. ne s’était pas présenté à une première audience parce qu’il suivait une formation professionnelle de « trois mois dans la région lilloise ». La tenue du procès avait été reportée. « Je regrette l’absence de Monsieur C. Il n’est pas un héros, c’est un homme comme vous et moi. C’est toujours difficile d’avoir été agressé. Il a été licencié ce matin », a argumenté Me Combles de Nayves pour expliquer la nouvelle défection de son client.

L’accusé a énuméré ses états de service dans la restauration, CAP de cuisine, commis, demi-chef de partie, chef de partie, second de cuisine, un passage « chez Dalloyau », une succession de « CDI ». Il lui arrive de porter sur lui des couteaux de travail, des armes aux yeux de la loi. Une personnalité complexe, dit-on banalement pour caractériser pareil individu. En refusant, par crainte de récupération politique, de fouiller la personnalité de l’accusé, la partie civile s’est peut-être privé de la preuve sinon matérielle du moins morale qui lui aurait permis de le confondre. Verdict le 21 juin.

Voir de même:

Diffusion d’une agression filmée: un policier en garde à vue

La mise en ligne sur Internet des images d’une violente agression survenue en décembre dans un bus parisien a conduit à l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Le Parisien

09.04.2009

Hier, un policier a été placé en garde à vue par l’inspection générale des services (IGS). La police des polices soupçonne ce jeune gardien de la paix d’être impliqué dans la diffusion sur le Net de la vidéo d’une agression extrêmement violente d’un passager, tabassé par une bande dans un bus de nuit, le 7 décembre dernier à Paris. Ces images proviennent de la caméra du bus de la RATP.

L’IGS cherche à savoir comment le policier relâché dès hier soir a pu se procurer ce document. La mise en ligne de cette vidéo, relayée et exploitée politiquement par des sites et des blogs d’extrême droite, a créé un buzz sur le Net, qui a explosé cette semaine. « C’est plus qu’une fuite, c’est une manipulation d’un document à usage policier et judiciaire à des fins de communication externe », dénonce Pierre Mongin, le patron de la RATP.

L’agression. Le 7 décembre 2008, vers 3 h 45, plusieurs jeunes gens s’en prennent au passager d’un Noctilien qui circule dans le XVIII e arrondissement de Paris. Assis non loin du chauffeur, l’usager se fait voler son portefeuille puis est violemment frappé par au moins quatre adolescents qui s’acharnent à coups de pieds et de poings, aux cris de « sale Français » et de « fils de pute ». D’autres passagers, dont une personne âgée et une femme, tentent de s’interposer et sont à leur tour molestés. Le chauffeur n’intervient pas mais déclenche une alarme silencieuse reliée au PC de sécurité. « Son attitude a été irréprochable », souligne-t-on à la RATP.

La vidéo. Quelques jours plus tard, les images de l’agression apparaissent en toute illégalité sur une page de Facebook. Le patron de la RATP, qui a porté plainte, rappelle que la « diffusion sur Internet de cette vidéo est constitutive d’un délit ». L’internaute qui l’a mise en ligne serait le policier entendu hier par l’IGS. Ce dernier est affecté au service régional de la police des transports (SRPT), service justement chargé de l’enquête sur l’agression filmée. « Ce fonctionnaire travaille en tenue à la sécurisation dans les trains, il n’a rien à voir avec les investigations sur les faits du 7 décembre, ni de près ni de loin », soutient un policier du SRPT. Reste à connaître les motivations du gardien de la paix. « Si c’est lui, il a dû vouloir montrer certaines réalités à des copains, sans aucune arrière-pensée politique, croit savoir un de ses collègues. Une connerie de jeunesse. » Ce comportement n’est pas anodin.

Le buzz. D’abord passée inaperçue, la vidéo est petit à petit sortie de la confidentialité. Le blogueur d’extrême droite François Desouche est l’un des premiers à l’avoir décelée sur la Toile. La vidéo a fini par faire son apparition sur les grandes plates-formes telles Dailymotion et YouTube. Depuis, ces sites la censurent sans relâche. Mais certains contournent l’obstacle en diffusant le document sur des plates-formes étrangères.

L’enquête. Alertés par le chauffeur du Noctilien, les policiers du SRPT ont interpellé dès la nuit des faits deux des agresseurs présumés, puis un troisième le 11 décembre. Au total, trois majeurs et un mineur ont été mis en examen, deux étant placés en détention provisoire. La vidéo enregistrée par la caméra du bus est une pièce à conviction capitale dans cette affaire, dont l’instruction est terminée.

La sécurité. L’agression du passager est-elle un fait isolé ? « Elle fait partie du top 20 des cas les plus graves que l’on traite. C’est évidemment choquant », indique un policier spécialisé. Selon ce dernier, ce type d’agression est loin d’être rare dans les transports en commun. Il évoque des jeunes, souvent mineurs, qui agissent en « meute » et de façon ultraviolente. « Quant au Noctilien, c’est souvent chaud, à l’image des trains de nuit, ajoute le policier. Si vous n’avez pas d’argent pour un taxi le samedi soir, mieux vaut rester en boîte et attendre le matin. »

Voir encore:

Vidéo de l’agression : la victime nie tout caractère raciste

Le Parisien

10.04.2009

Le jeune homme agressé dans un bus Noctilien, à Paris, dans la nuit du 6 au 7 décembre dernier s’est confié au journal Le Figaro après que la vidéo de son agression a été diffusée à grande échelle sur internet, provoquant une vive polémique.

Agé de 19 ans et élève en première année à Sciences Po Paris, le jeune homme n’a rien oublié de son agression qui a été filmée par une caméra de vidéosurveillance.

Interrogée sur les injures raciales proférées sur la video, la victime identifiée comme F. G., un élève de 19 ans en première année de Science Po, à Paris, affirme: «Personnellement, je n’ai rien entendu de la sorte».

Sur la vidéo montrant l’agression d’un jeune homme par quatre adolescents cherchant à lui dérober son porte-monnaie, la victime était rouée de coups de pied et de poing aux cris de «fils de pute» et de «sale Français».

«Ces propos, s’ils ont été dits, interviennent dans un contexte où mes agresseurs étaient drogués ou ivres», déclare la victime, qui n’a pas souhaité être identifiée, selon le journal.

«Par ailleurs, ils n’étaient pas tous issus de l’immigration. La vidéo de mon agression apparaît comme très stéréotypée car, ce soir-là, je suis habillé de façon bourgeoise et je suis face à quatre jeunes qui faisaient beaucoup de bruit. En aucun cas, je ne veux passer pour l’incarnation d’une certaine image sociale qui aurait été prise à partie par des étrangers. Je ne l’ai pas ressenti comme cela. L’un des assaillants en survêtement, rasé, avait d’ailleurs une couleur de peau très pâle», ajoute F. G.

Aujourd’hui, en pleine forme, le jeune homme estime être totalement sorti de cette affaire.

Voir de même:

Procès pour racisme anti-blanc : lettre ouverte d’un « sale blanc » au Mrap

Alors que s’ouvre le premier procès pour « racisme anti-blanc », le représentant du Mrap a expliqué à Europe 1 pourquoi l’association, exceptionnellement, ne se porte pas partie civile. Le racisme anti-blanc ne serait qu’une réaction au racisme envers les noirs et les arabes, et serait instrumentalisé politiquement.

Mea Culpa

Benoît Rayski

Atlantico

27 avril 2013

Je suis un sale Blanc et j’espère que de l’avoir confessé me vaudra l’indulgence du tribunal où siègent peut-être les membres du Syndicat de la magistrature.

Je suis un sale Blanc car dans une vie antérieure j’ai affrété des bateaux à Bordeaux pour traverser l’Atlantique avec mes cargaisons d’esclaves.

Je suis un sale Blanc car j’ai usé de toute mon influence, qui est grande, pour que des dizaines de milliers d’Africains et d’Antillais soient enfermés dans des prisons appelées HLM.

Je suis un sale Blanc parce qu’un jour où mon fils s’était fait qualifier de « face de craie », frapper et dépouiller à la Foire du Trône je suis allé avec lui porter plainte et je ne l’ai pas dissuadé de dire que ses agresseurs étaient des Noirs.

Je suis un sale Blanc car j’habite un immeuble où aucune seringue ne jonche les escaliers et où aucun guetteur ne signale l’arrivée de mes visiteurs.

Je suis un sale Blanc car un jour, dans un regrettable mouvement de colère, j’ai dit à un grand gaillard notoirement plus foncé que moi et qui m’avait bousculé parce que je tardais à lui donner un clope : « Appelle-moi bwana! » (« Patron », comme disaient les Africains aux administrateurs coloniaux à une certaine époque).

Je suis un sale Blanc car, écrivant dans les journaux, je n’ai pas pris ma plume pour dénoncer l’affreux Eric Zemmour qui s’était permis de dire que les Noirs et les Arabes étaient largement majoritaires dans nos prisons.

Je suis un sale Blanc car, toute honte bue, je n’ai pas jeté à la poubelle mon exemplaire de « Tintin au Congo » que les forces progressistes, anti-racistes et anti-colonialistes tentent, à juste titre, de faire interdire.

Je suis un sale Blanc car je ne milite pas au MRAP et que j’ai refusé -alors que j’ai de la thune- d’envoyer un chèque de soutien au CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires).

Je suis un sale Blanc car j’ai infiniment de respect pour Félix Eboué (nommé gouverneur de l’Afrique Occidentale Française par De Gaulle), pour Léopold Sédar Senghor et pour Rama Yade que je trouve très jolie. Or, ces gens-là sont, comme on dit dans les cités, des « Bounty », noirs à l’extérieur et blanc à l’intérieur, des « suceurs de Blancs », des traîtres.

Et, enfin, je suis un sale Blanc car je suis blanc.

Pour tous ces motifs-là, j’admets que je mérite d’être poursuivi. Je demande pardon pour l’esclavage et pour toutes les horreurs que je viens de citer. Faute avouée étant à moitié pardonnée, j’espère que le MRAP aura la bonté de ne pas exiger un verdict trop sévère. Peut-être même que les juges, compréhensifs et touchés par mon remord sincère, se contenteront de m’épingler sur le « Mur des Cons ».

Voir enfin:

The six day war in Stockholm

Dr Nils Bejerot, professor of social medicine, Karolinska Institute, Stockholm

New Scientist (volume 61, number 886, page 486-487)

1974

The use of gas in the Swedish bank drama last August was widely criticised. Here a consultant psychiatrist to the police, who was in the bank throughout the affair, gives his explanation of the strategy adopted. The bank robbery in Stockholm in August 1973 held all Swedes, from the government and police to the mass media and the public, in horrified suspense for six days. I spent the whole of that week at the bank as psychiatric consultant to the police. I consider it instructive to answer the criticism of our strategy expressed during and after the operation.

During the drama I was rung up by some uninitiated psychiatrists and psychologists who declared that all signs pointed to a bloody outcome. In their opinion, the bank robber, when cornered and desperate, would probably shoot the hostages and perhaps himself, too. I was told that it was my duty to persuade the police to stop the action and also to induce the government to change its instructions forbidding the robbers to leave the bank with the hostages. In several newspapers journalists supported this theory, on television a similar opinion was expressed by a well-known child psychiatrist, and nine lecturers in criminology at the University of Stockholm broadcast an appeal along the same lines.

In spite of all this pressure we followed the opposite line. Here I can only give a short account of some of the most important considerations on which our strategy was based.

1. Right at the beginning the robber very nearly killed a policeman with shots from his submachine gun. Conclusion: The man would be a serious danger to the police in a confrontation in the bank, or in a later chase. A few days afterwards another policeman was shot, and here again it was only by chance that this did not end in the murder of a policeman. Or, the other hand in the early stages two policemen, after agreement with the bank robber, were able to go into the bank unharmed and negotiate without being shot at. As a physician I was able to move freely in the bank and speak to the robber at close quarters. It was clear that the man was not under the influence of alcohol or drugs, nor was he psychotic (“insane”). He was a resolute man of normal intelligence, and he functioned in a rational way from the standpoint of his criminal ambitions. Had he been psychotic, it would have been very difficult to predict his behaviour.

2. The robber demanded three million crowns and insisted that Clark Olofsson, a prisoner who had a further six years to serve, and who, two weeks previously, had made an unsuccessful attempt to escape by blowing up a prison door, should be brought to the bank. He also demanded two pistols and safe conduct for himself and Olofsson together with the hostages. Conclusion: ‘We were faced with a shrewd, daring and ambitious professional criminal. He would not be expected to do anything unless he would gain something by it, directly or indirectly. It must be remembered that among professional criminals shooting at the police in a threatening situation gives high status. It is, however, beneath the dignity of these criminals to injure hostages. With political terrorists the whole situation is different, but this subject will not be discussed here.

3. The Swedish government quickly took two decisions: (a) It agreed to the police using Olofsson, with his own consent, in negotiations with the bank robber; (b) the bank robber was not to be permitted to leave the bank with the hostages. Otherwise the police had a free hand. The decision not to let the bank robber take the hostages with him established a vitally important principle. If the government had accepted that the robbers had disappeared with three million crowns and the hostages, we would probably have been faced with a series of similar crimes in many countries, just as with hijacking. We would have been at a great psychological disadvantage in relation to professional criminals and gangsterism.

4. My conversations with Olofsson confirmed the opinion of the police. that he would not commit any desperate act or do anything which would hazard his own life. He was therefore allowed to join the bank robber, although at that stage we were unable to release the hostages in exchange for Olofsson as the government had intended. Conclusion: Apart from the fact that the bank robber seemed to act logically in relation to his aims, we now had in the bank also an intelligent man with a strong will to live and a rational way of thinking.

5. In this situation the outcome of the drama was given, and only a tactical blunder from one side or the other could have caused bloodshed. At an early stage the police had asked for a psychological assessment of the risk to the hostages. I judged this to be about 2 to 3 per cent in unfavourable circumstances, for instance, if we forced the operations too quickly and did not give the robber enough time to realise that the fight was lost. With a drawn-out course and the right amount of pressure, I considered that the action was practically free from risk for the hostages. It was clear to all initiated persons that the hazards would be far greater if the hostages had been allowed to accompany the robber, regardless of where the journey might lead or how long it might take.

6. Throughout the drama the bank robber acted in a way we had predicted at an early stage. He shot at the police when he had a chance, and in order to emphasise his demands he demonstratively detonated explosive paste in the bank hall and in the ventilation system. He kept his promise not to shoot people who came with food and drink, realising that otherwise he would not have received any necessities. As expected, also, he put up a long and determined resistance. Only two unexpected events occurred: (a) In connection with the first attempt to use gas, the robber made the hostages stand up with a noose round their necks. The police and hostages were given to understand that if gas was let in the hostages would be strangled when they were no longer able to stand up. This scheme took us completely by surprise. We heard through the microphones in the vault that the hostages experienced this as a direct threat to their lives, and the action was therefore immediately discontinued for a time. Nobody outside or inside the bank vault had slept properly for three days, and there was a certain risk that one side or the other might make a tactical mistake unless everyone had an opportunity of resting. As with the robber’s previous behaviour, the hanging arrangement was a serious threat, but in my interpretation, not really intended to injure the hostages. The bank robber here proved a little more cunning than we were. A much-needed 12- hour truce followed. (b) The other psychological misjudgement was that we expected the robber, during the final break through into the bank vault, to shoot off all his ammunition through the inner door to the vault before he capitulated. Obviously the tear gas and the determination of the final assault had such an effect on him that he considered it best to give up a few seconds earlier than we predicted.

Criminals are rational

It is astonishing that those critics who consider they have a great understarding of criminals and their reaction patterns, and who declared throughout that we should let the robbers escape with the hostages and the money, is fact did not believe that criminals think in a rational manner. Afterwards the critics argued that it was mere luck that everything went well. We who have worked with criminals for decades and are now accused of regarding them as madmen and monsters, know that they function rationally in the situation in which they have placed themselves. They are like players or gamblers, and they are very good at their game, otherwise they would never have become professional criminals. As a piquant political addendum I would like to point out that the government would have been in an almost hopeless situation if I had collected some of these so-called “progressive” critics, almost all of whom were strong government supporters, and consulted them on the situation. The Prime Minister would then have been confronted with a demand for the release of the robbers with the hostages. Even if I had put in a reservation, the government could hardly have stood out against this massive “expert opinion’”. The release .of the bank robbers on these premises, two weeks before a general election, would have been political suicide.


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