Shabouot/Pentecôte: A quand un référendum sur les dix commandements ? (Robespierre’s one-day religion: Looking back at the ceremony that was to abolish 2, 000 years of “perverted” christianism)

24 mai, 2015
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https://i1.wp.com/www.je-suis-stupide-j-ai-vote-hollande.fr/blog/wp-content/uploads/gpa.pngHomme et femme, il les créa. Genèse 1: 27
Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. Jésus (Jean 14: 6)
Dans le calendrier juif, Chavouot se déroule « sept semaines entières » ou cinquante jours jusqu’au lendemain du septième sabbat » après la fête de Pessa’h. De là son nom de Fête des Semaines (Chavouot, en hébreu) et celui de Pentecôte (cinquantième [jour], en grec ancien) dans le judaïsme hellénistique. (…) Ce n’est qu’à partir du IIe siècle que le pharisianisme liera la fête de la moisson à la commémoration du don de la Loi au Sinaï. Les Actes des Apôtres situent explicitement lors de cette fête juive le récit où les premiers disciples de Jésus de Nazareth reçoivent l’Esprit Saint et une inspiration divine dans le Cénacle de Jérusalem : des langues de feu se posent sur chacun d’eux, formalisant la venue de l’Esprit (…) L’image du feu — conforme à la tradition juive de l’époque sur l’épisode de la révélation sinaïtique que l’épisode entend renouveler — matérialise la Voix divine. La tradition chrétienne perçoit et présente la Pentecôte comme la réception du don des langues qui permet de porter la promesse du salut universel aux confins de la terre ainsi que semble en attester l’origine des témoins de l’évènement, issus de toute la Diaspora juive. Wikipedia
Dans l’ancien Orient, lors d’une alliance entre deux puissances, on disposait, dans le temple des partenaires, un document écrit devant être lu périodiquement12, il n’est donc pas surprenant que les Tables de la Loi soit le témoignage concret de l’Alliance entre Dieu et son peuple. C’est la raison pour laquelle, les images des tables sont souvent présentes sur le fronton des synagogues. (…) Dans les temples protestants, une représentation des Tables de la Loi remplaçait, jusqu’au XVIIe siècle, la croix des églises catholiques. Wikipedia
Tous les préceptes du Décalogue se peuvent déduire de la justice et de la bienveillance universelle que la loi naturelle ordonne. (…) Le Décalogue ne contient donc que les principaux chefs ou les fondements politiques des Juifs ; mais néanmoins ces fondements (mettant à part ce qui regardait en particulier la nation judaïque) renferment des lois qui sont naturellement imposées à tous les hommes et à l’observance desquelles ils sont tenus dans l’indépendance de l’état de la nature comme dans toute société civile. Louis  de Jancourt (article Décalogue, Encyclopédie dirigée par D’Alembert et Diderot, 1 octobre 1754)
L’Assemblée Nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être suprême, les droits suivants de l’Homme et du Citoyen… Préambule de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen
Le texte s’inscrit sur deux registres, dont la forme évoque celles des Tables de la Loi rapportées par Moïse du mont Sinaï. Il est accompagné de figures allégoriques personnifiant la France et la Renommée, et de symboles comme le faisceau (unité), le bonnet « phrygien » (liberté), le serpent se mordant la queue (éternité), la guirlande de laurier (gloire), les chaînes brisées (victoire sur le despotisme) ; l’ensemble étant placé sous l’œil du Dieu créateur, rayonnant d’un triangle à la fois biblique et maçonnique. Philippe de Carbonnières
Le Judaïsme a abandonné la lecture quotidienne des proclamations des ‘sectaires’ (Chrétiens) (Berachot 12a). Les partisans de Paul croyaient que seuls les Dix Commandements et non le reste de la loi mosaïque étaient divins, éternels et obligatoires. Dans ce contexte, pour les Juifs, donner la priorité au Décalogue aurait pu signifier un accord avec les sectaires, aussi la lecture quotidienne a été abandonnée de façon à montrer que toutes les autres 613 mitzvot étaient des commandements divins. Raymond Apple
Les Tables ne sont pas un symbole laïc ou païen. A la différence du bonnet phrygien, du serpent qui se mord la queue, des faisceaux de licteurs, etc., leur référent n’est pas l’antiquité païenne, mais la Bible, au message religieux évident. Pourtant, dans la France chrétienne du 18e siècle, le message religieux normalement reçu est lié à une symbolique chrétienne, que justement la Révolution repousse. La mentalité révolutionnaire est donc à la recherche d’une symbolique qui ne soit pas chrétienne (puisque l’Eglise est désormais perçue comme synonyme de fanatisme et d’absolutisme despotique), mais qui soit cependant suffisamment religieuse pour satisfaire le sentiment religieux profond qui réside au coeur de chaque révolutionnaire (…) Mais par-delà la croyance sentimentale difficilement déracinable existe aussi un pragmatisme politique. Il peut être dangereux de déraciner tout symbole religieux dans l’imagerie populaire et donc dans les mentalités qu’on veut forger. Représenter des symboles chrétiens est exclu, puisque contraire aux principes jacobins. Les Tables de la Loi s’offrent donc d’une manière idéale pour répondre à un certain besoin religieux sans pour autant laisser croire à une affiliation cléricale. Les Tables de la Loi fournissent ainsi « les vêtements du sacré » à la religion de la Patrie. Nous les voyons figurer sur des allégories patriotiques, sur le soleil qui doit faire sortir le monde vers l’âge des lumières, sur des médailles en fer de grande diffusion, représentant l’Egalité et la Justice, sur des gravures évoquant des fêtes populaires, et jusque sur les uniformes militaires, au milieu des canons. On les trouve sur les médailles d’identification des membres des diverses assemblées révolutionnaires comme celle du Conseil des Cinq-Cents. (…) La laïcisation des Tables de la Loi peut aller jusqu’au cas limite où un contenu nouveau est donné au Décalogue. C’est ainsi qu’une gravure populaire présente « les Dix Commandements républicains » dans le cadre graphique des Tables de la Loi. Les Tables de la Loi remplissent donc un rôle important dans l’iconographie de la Révolution. Elles permettent à la Révolution de déconnecter ses emblèmes de tout ce qui est chrétien sans se prévaloir uniquement de symboles d’origine antique et païenne. Elles permettent de donner une coloration religieuse mais dans un ton pour ainsi dire « neutre » aux idéaux de justice, d’égalité, de soumission à une loi égale pour tous, que prône la Révolution. La défaite de l’arbitraire royal et l’apparition d’une Constitution garantissant les Droits de l’homme sont très clairement symbolisés par les Tables de la Loi, ce qui explique leur place récurrente dans l’iconographie de la Révolution. Renée Neher-Bernheim
On a supposé qu’en accueillant des offrandes civiques, la Convention avait proscrit le culte catholique. Non, la Convention n’a point fait cette démarche téméraire: la Convention ne la fera jamais. Son intention est de maintenir la liberté des cultes, qu’elle a proclamée, et de réprimer en même temps tous ceux qui en abuseraient pour troubler l’ordre public; elle ne permettra pas qu’on persécute les ministres paisibles du culte, et elle les punira avec sévérité toutes les fois qu’ils oseront se prévaloir de leurs fonctions pour tromper les citoyens et pour armer les préjugés ou le royalisme contre la république. (…) Il est des hommes qui veulent aller plus loin; qui, sous le prétexte de détruire la superstition, veulent faire une sorte de religion de l’athéisme lui-même. (…) La Convention n’est point un faiseur de livres, un auteur de systèmes métaphysiques, c’est un corps politique et populaire, chargé de faire respecter, non seulement les droits, mais le caractère du peuple français. Ce n’est point en vain qu’elle a proclamé la déclaration des droits de l’homme en présence de l’Etre suprême!” (…) L’athéisme est aristocratique; l’idée d’un grand être, qui veille sur l’innocence opprimée, et qui punit le crime triomphant, est toute populaire. Le peuple, les malheureux m’applaudissent; si je trouvais des censeurs, ce serait parmi les riches et parmi les coupables. J’ai été, dès le collège, un assez mauvais catholique; je n’ai jamais été ni un ami froid, ni un défenseur infidèle de l’humanité. Je n’en suis que plus attaché aux idées morales et politiques que je viens de vous exposer: “Si Dieu n’existait pas, il faudrait |’inventer.” (…) Ce sentiment est celui de l’Europe et de l’univers, c’est celui du peuple français. Ce peuple n’est attaché ni aux prêtres, ni à la superstition, ni aux cérémonies religieuses; il ne l’est qu’au culte en lui-même, c’est-à-dire à l’idée d’une puissance incompréhensible, l’effroi du crime et le soutien de la vertu, à qui il se plaît à rendre des hommages qui sont autant d’anathèmes contre l’injustice et contre le crime triomphant. Si le philosophe peut attacher sa moralité à d’autres bases, gardons-nous néanmoins de blesser cet instinct sacré et ce sentiment universel des peuples. Quel est le génie qui puisse en un instant remplacer, par ses inventions, cette grande idée protectrice de l’ordre social et de toutes les vertus privées? Maximilien Robespierre (club des Jacobins, 21 novembre 1793)
Si quelqu’un me prouvait que le Christ est en dehors de la vérité, et qu’il serait réel que la vérité fût en dehors du Christ, j’aimerais mieux alors rester avec le Christ qu’avec la vérité. Dostoeivski
Si vous admettez qu’un homme revêtu de la toute-puissance peut en abuser contre ses adversaires, pourquoi n’admettez-vous pas la même chose pour une majorité?  (…) Le pouvoir de tout faire, que je refuse à un seul de mes semblables, je ne l’accorderai jamais à plusieurs. Tocqueville
Toute idée fausse finit dans le sang, mais il s’agit toujours du sang des autres. C’est ce qui explique que certains de nos philosophes se sentent à l’aise pour dire n’importe quoi. Camus
Dans ces temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire.  George Orwell (?)
Si les faits ne coïncident pas avec la théorie, il faut changer les faits ! Albert Einstein (?)
La vérité ne se décide pas au vote majoritaire. Doug Gwyn
Dans l’histoire de l’Europe moderne, c’est la Révolution française qui la première fit passer dans la réalité l’idée d’exterminer une classe ou un groupe. Ernst Nolte
Si j’étais législateur, je proposerais tout simplement la disparition du mot et du concept de “mariage” dans un code civil et laïque. Le “mariage”, valeur religieuse, sacrale, hétérosexuelle – avec voeu de procréation, de fidélité éternelle, etc. -, c’est une concession de l’Etat laïque à l’Eglise chrétienne – en particulier dans son monogamisme qui n’est ni juif (il ne fut imposé aux juifs par les Européens qu’au siècle dernier et ne constituait pas une obligation il y a quelques générations au Maghreb juif) ni, cela on le sait bien, musulman. En supprimant le mot et le concept de “mariage”, cette équivoque ou cette hypocrisie religieuse et sacrale, qui n’a aucune place dans une constitution laïque, on les remplacerait par une “union civile” contractuelle, une sorte de pacs généralisé, amélioré, raffiné, souple et ajusté entre des partenaires de sexe ou de nombre non imposé.(…) C’est une utopie mais je prends date. Jacques Derrida
C’est le sens de l’histoire (…) Pour la première fois en Occident, des hommes et des femmes homosexuels prétendent se passer de l’acte sexuel pour fonder une famille. Ils transgressent un ordre procréatif qui a reposé, depuis 2000 ans, sur le principe de la différence sexuelle. Evelyne Roudinesco
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
On a commencé avec la déconstruction du langage et on finit avec la déconstruction de l’être humain dans le laboratoire. (…) Elle est proposée par les mêmes qui d’un côté veulent prolonger la vie indéfiniment et nous disent de l’autre que le monde est surpeuplé. René Girard
Si les forêts tropicales méritent notre protection, l’homme (…) ne la mérite pas moins (…) Parler de la nature de l’être humain comme homme et femme et demander que cet ordre de la création soit respecté ne relève pas d’une métaphysique dépassée. Benoit XVI
La lisibilité de la filiation, qui est dans l’intérêt de l’enfant, est sacrifiée au profit du bon vouloir des adultes et la loi finit par mentir sur l’origine de la vieConférence des évêques
Israël existe et continuera à exister jusqu’à ce que l’islam l’abroge comme il a abrogé ce qui l’a précédé. Hasan al-Bannâ (préambule de la charte du Hamas, 1988)
Le Mouvement de la Résistance Islamique est un mouvement palestinien spécifique qui fait allégeance à Allah et à sa voie, l’islam. Il lutte pour hisser la bannière de l’islam sur chaque pouce de la Palestine. Charte du Hamas (Article six)
Les enfants de la nation du Hezbollah au Liban sont en confrontation avec [leurs ennemis] afin d’atteindre les objectifs suivants : un retrait israélien définitif du Liban comme premier pas vers la destruction totale d’Israël et la libération de la Sainte Jérusalem de la souillure de l’occupation … Charte du Hezbollah (1985)
La libération de la Palestine a pour but de “purifier” le pays de toute présence sioniste. (…) Le partage de la Palestine en 1947 et la création de l’État d’Israël sont des événements nuls et non avenus. (…) La Charte ne peut être amendée que par une majorité des deux tiers de tous les membres du Conseil national de l’Organisation de libération de la Palestine réunis en session extraordinaire convoquée à cet effet. Charte de l’OLP (articles 15, 19 et 33)
Je mentirais si je vous disais que je vais l’abroger. Personne ne peut le faire. Yasser Arafat (Harvard, octobre 1995)
Abraham n’était pas juif, pas plus que c’était un Hébreu, mais il était tout simplement irakien. Les Juifs n’ont aucun droit de prétendre disposer d’une synagogue dans la tombe des patriarches à Hébron, lieu où est inhumé Abraham. Le bâtiment tout entier devrait être une mosquée. Yasser Arafat, cité dans le Jerusalem Report, 26 décembre 1996)
Mariage homosexuel : l’Irlande plus démocratique que les socialistes français, fait un référendum. Les votes sont clos, en République d’Irlande, où plus de 3.2 millions d’habitants étaient appelés à prendre part à un référendum sur la légalisation du mariage homosexuel. 3,2 millions d’Irlandais chanceux qu’on leur demande s’il veulent que la constitution du pays soit modifiée pour autorisé le mariage des couples de gays et lesbiennes. 3,2 millions d’Irlandais plus chanceux que les Français, méprisé par les élites et les dirigeants politiques socialistes, qui ont fait passer leur réforme malgré l’hostilité de millions de Français dans les rues. 3,2 millions d’Irlandais respectés par leur gouvernement, qui, pour un sujet de société aussi important, les a consultés. Jean-Patrick Grumberg
Le Luxembourg donne l’image d’un pays en avance sur les questions de société. C’est un message envoyé à un moment où l’homophobie est en train de monter en Europe. (…) J’aurais pu le cacher, ou le refouler et être malheureux toute ma vie. J’aurais pu avoir une relation avec quelqu’un de l’autre sexe et avoir des relations homosexuelles en cachette. Mais je me suis dit : si tu veux faire de la politique et être honnête en politique, tu dois être honnête avec toi-même et donc t’accepter toi-même. Charles Michel (Premier ministre belge)
Le Luxembourg a célébré une grande première. Le Premier ministre libéral du Luxembourg Xavier Bettel a épousé vendredi son compagnon belge Gauthier Destenay. Il est ainsi devenu le premier dirigeant uni par les liens d’un mariage homosexuel dans l’Union européenne. Europe 1
Pour fêter les deux ans du mariage homo­sexuel léga­lisé en avril 2013. Et puis, je suis très heureux, alors ça donne envie de faire bouger les menta­li­tés. Mon mari et moi sommes venus vivre à Las Vegas pour être libres d’avoir l’en­fant que nous n’au­rions pas pu avoir en France. À Paris, on a parfois l’im­pres­sion qu’il ne faut être ni juif ni noir, ni arabe ni homo­sexuel. Je ne supporte plus le refus de l’autre. J’en ai assez qu’on dise à Romain de féli­ci­ter sa femme pour la nais­sance. Moi-même je devrais me taire. Eh bien non. Je le reven­dique : nous sommes deux hommes, nous avons fait un enfant et ça se passe bien. Alex Goude (animateur M6)
L’Irlande devient ainsi le premier pays au monde à autoriser le mariage gay par voie référendaire. (…) Plus de 3,2 millions d’Irlandais ont été appelés à se prononcer sur une modification de la Constitution proposant d’autoriser « le mariage entre deux personnes, sans distinction de sexe ». L’Irlande devient ainsi le 19e pays, le 14e en Europe, à légaliser le mariage gay. Il est par contre le seul pays à l’avoir fait par référendum, les autres ayant opté pour la voie parlementaire. « C’est historique », a souligné le ministre de la Santé, Leo Varadkar. Ce référendum, a-t-il estimé, constitue « une révolution culturelle » dans un pays longtemps conservateur et où l’homosexualité n’a été dépénalisée qu’en 1993. « Je suis tellement fier d’être Irlandais aujourd’hui », avait tweeté en début de journée, Aodhan O Riordain, secrétaire d’Etat pour l’Egalité, tandis que, dans les rues de Dublin, des Irlandais, hommes et femmes de tous âges, exultaient et se prenaient dans les bras. Avant même la publication des résultats, un des principaux responsables de la campagne du non, David Quinn, avait concédé la défaite de son camp. « C’est une claire victoire pour le camp du oui », a-t-il déclaré, adressant ses « félicitations » aux partisans du mariage homosexuel. Francetvinfo
Une Allemande de 65 ans, mère de 13 enfants et grand-mère de 7 petits-enfants, a accouché de quadruplés « pas complètement développés » à Berlin, un cas controversé mêlant médecine et téléréalité qui relance le débat sur les grossesses tardives. Annegret Raunigk, qui a procédé à des fécondations in vitro en Ukraine, est désormais la mère de quadruplés la plus âgée au monde, selon la chaîne de télévision RTL, détentrice des droits exclusifs sur cette grossesse hors normes. Les bébés prématurés, trois garçons et une fille, sont nés mardi par césarienne, après seulement 26 semaines de grossesse. Ils ont été placés en couveuse mais ont « de bonnes chances de survivre », selon un communiqué de RTL. « Toutefois, les bébés, par comparaison avec une naissance normale dans la 40e semaine de grossesse, ne sont pas encore développés complètement. D’éventuelles complications ne peuvent donc pas être complètement exclues », poursuit la chaîne. (…) Cette femme élégante, les cheveux roux et une fine paire de lunettes sur les yeux, n’en est pas à sa première grossesse tardive. En 2005, alors âgée de « seulement » 55 ans, elle avait mis au monde une petite fille. C’est d’ailleurs pour répondre au souhait de sa dernière fille d’avoir un petit frère ou une petite sœur qu’elle a décidé de retenter une insémination artificielle, a-t-elle expliqué. Nés de 5 pères différents, les autres enfants d’Annegret Raunigk ont déjà tous quitté le domicile maternel. RTL
L’homme et la femme utilisent tous les deux ces poupées pour remplacer un compagnon humain, que ce soit par choix ou par nécessité. Je pense qu’il n’y a aucun inconvénient à cela, surtout si les journées en deviennent plus supportables » (…) Mes photos concernent la vie, les relations amoureuses et la sexualité. Les poupées repoussent certaines personnes, tandis que d’autres sont empathiques envers elle. Au fur et à mesure que le monde devient plus numérique et moins personnel, il sera de plus en plus banal que des poupées et des robots soient utilisés en tant que substituts pour les relations amoureuses. Je peux uniquement espérer que mes photos déclenchent une émotion ou une connexion chez le spectateur. Stacy Leigh
Une reconnaissance de l’Etat de Palestine par le Saint-Siège est un signe fort envoyé aux pays musulmans. C’est un appel à l’apaisement. (…) En règle générale, le Saint-Siège reconnaît des pays qui l’ont déjà été par la communauté internationale et les grandes puissances. C’est bien le style du pape François de bousculer ainsi les habitudes. François Mabille
Israël-Palestine : la France veut renverser la table Paris propose un projet de résolution poussant les deux parties à s’entendre en 18 mois. Sous peine de reconnaître l’État palestinien. Le Point
Banking on Netanyahu’s assertion while campaigning for re-election that there would be no Palestinian state during his term in office, Obama is reported exclusively by our sources to have given the hitherto withheld green light to European governments to file a UN Security Council motion proclaiming an independent Palestinian state. Although Netanyahu left the foreign affairs portfolio in his charge and available to be filled by a suitably moderate figure as per the White House’s expectations did not satisfy the US President. The White House is confident that, with the US voting in favor, the motion will be passed by an overwhelming majority and therefore be binding on the Israeli government. To show the administration was in earnest, senior US officials sat down with their French counterparts in Paris last week to sketch out the general outline of this motion. According to our sources, they began addressing such questions as the area of the Palestinian state, its borders, security arrangements between Israel and the Palestinians and whether or not to set a hard-and-fast timeline for implementation, or phrase the resolution as  a general declaration of intent. Incorporating a target date in the language would expose Israel to Security Council sanctions for non-compliance. (…) At the same time, both American and French diplomats are already using the club they propose to hang over the Netanyahu government’s head for gains in other spheres. French President Francois Hollande, for instance, the first foreign leader ever to attend a Gulf Council of Cooperation summit, which opened in Riyadh Tuesday to discuss Iran and the Yemen war, used the opportunity to brief Gulf Arab rulers on Washington’s turnaround on the Israeli-Palestinian issue. And US Secretary of State John Kerry plans to present the Obama administration’s new plans for Palestinian statehood to Saudi leaders during his visit to Riyadh Wednesday and Thursday, May 6-7. Kerry will use Washington’s willingness to meet Palestinian aspirations as currency for procuring Saudi and Gulf support for a Yemen ceasefire and their acceptance of the nuclear deal shaping up with Iran. Debka file
Once again, Barack Obama was riffing off the cosmic joke that he is somehow anti-Semitic, when in fact, as many people understand, he is the most Jewish president we’ve ever had (except for Rutherford B. Hayes). No president, not even Bill Clinton, has traveled so widely in Jewish circles, been taught by so many Jewish law professors, and had so many Jewish mentors, colleagues, and friends, and advisers as Barack Obama (though it is true that every so often he appoints a gentile to serve as White House chief of staff). (…) I’ll grapple with the meaning of Obama’s Jewishness later, but the dispute between the Jewish right and the Jewish left over Obama is actually not about whether he is anti-Jewish or pro-Jewish, but over what sort of Jew he actually is. Jeffrey Goldberg
I’ve been called the first Jewish president, you know. Barack Hussein Obama
Maximilien Robespierre, known as l’Incorruptible, is at the summit of his glory.  Rivers of blood, flowing from the guillotines of France, have washed away the Girondins and anyone who had pactised with them; the Jacobins, even though they were close to him;  certain Montagnards and, curiously, some of his friends who had too openly supported the theses of the atheists… (…) So great is his power now, that to have any opinion at all is a crime of lese-Revolution.  Since obtaining the head of Louis XVI, he seems to be invested with a sort of absolute power, a divine right. (…) When, after having voted for death, the Convention came to its senses, terrified at what it had just decided, he demanded an immediate execution.  (…)  Everyone is waiting to see how the High Priest is going to organize the next part of the sacrifice.  For a whole month, a great silence settles on Paris, troubled only by the cries of the executed.  The Convention, the clubs, the army, the Commune and even the revolutionary tribunal, remain quiet… At last, on 6 May, l’Incorruptible climbs up to the tribunal.  He is wearing his sacerdotal clothes, a sky blue riding-coat and white stockings.  (…)  By degrees, he asks the Deputies to recognize the existence of a “Supreme Being and immortality as the directing power of the Universe”. Then to the stupefaction of some, and the enthusiasm of others, he wants to give his vibrant profession of faith the form of a decree, with immediate effect. His speech, which at the end rises in a passionate plea for a regenerated Humanity, is welcomed by unending applause. Couthon spurs his gendarme mount and proclaims that this great piece of literature must be displayed throughout the whole country.  That it should be translated into all languages, too, and diffused throughout the whole universe. The fabulous decree which institutes in France a new religion and proposes a festival in the style of the celebrations of Antiquity, is voted with enthusiasm and without any discussion.  In the corridors, when the euphoria has died down, the least terrorised start to murmur that, when they had voted the King’s death, they thought that they had also voted that of God. The French people welcome back a divinity.  For months, the churches had been profaned.  Mountain decors peopled with mythological characters symbolising Reason had been built in them.  In a lot of places, prostitutes, “living marbles of public flesh” had draped themselves, completely naked, on the altars. God was now being re-installed under the name of Supreme Being. In Paris, it is not yet known that this Being will soon take on the profile of l’Incorruptible.  But perhaps this will eclipse in a brilliant manner the red reflects of the guillotine, of which everybody is secretly very tired. (…) To bring God back to Earth, Robespierre engages the most gifted director, the painter David, who will soon plant the scene of other festivities, this time imperial… (…) On the terrace of the Tuileries Palace, a colossal amphitheatre, whose floor completely covers the ornamental lake, begins to grow.  Cyclopean statues rise above the formal French gardens, which have become the Jardin national.  They symbolise Atheism, Ambition, Discord, Egoism, and will explode on the day of the ceremony…  It is on 20 prairial, year II (8 June, 1794) that it will take place.  Robespierre has chosen the Sunday which, according to the former Roman Catholic rites, was Pentecost. On the Champs-de-Mars, the Holy Mountain is nearly finished.  The People’s representatives will take place on it, along with the choirs, the orchestras and the banner-bearers.  On its summit, a column fifty feet high overlooks the entrance to a deep cave, lit by giant candelabra.  A river seeps from it, snaking between Etruscan tombs in the shade of an oak tree, and an antique altar, a pyramid, a sarcophage and a temple with twenty columns, complete this mythology.  It takes only a month for a swarm of ditch-diggers, masons, carpenters and artists of all kinds, to finish this unusual church. And here, at last, is the astonishing day of 8 June 1794.  Starting at five o’clock in the morning, the sound of pikes striking the pavement, the rattling of sabres, and the noise of a great troop marching, out-of-step and almost in silence, for a lot of these men do not have shoes, is to be heard.  Robespierre sees, parading under his windows, in columns of twelve, some of the forty-eight Sections of the People who are hurrying towards the meeting places, followed by the Parisians who, already the day before, had discovered the altars of the Supreme Being. (…) Occupied by the armies of Europe outside, chopped down by the butchers of the revolutionary tribunal on the inside, the capital escapes for the first time in months from the baseness of this time of proscriptions…  A lot of people cry and embrace each other in the fading light. (…) From 8 June, the day of the Festival of the Supreme Being, Robespierre will have fifty more days to live.  (…) For Robespierre, the sense and the aim of this festival were to replace the pagan, dry and materialistic cult of Reason by a religion which restored transcendance, a God, without Whom, no man worthy of the name, could live… Right from the beginning of the Revolution, Robespierre had tried to stop the dechristianisation of France.  As a faithful disciple of Rousseau, whom he qualified as a “divine man”, he was sure that Man is a “religious animal”, incapable of durably banishing his spiritual needs.  He shared the feeling of the curate of Boissis-la-Bertrand who was willing to renounce his “mummeries”, that is to say, all formal aspects of the cult, but not his religion. (…) The 8 June festival gives a fairly precise idea of the religion that Robespierre wanted, but did not have the time to develop. (…) What originally caused Robespierre’s downfall was the Deputies’ certainty that he wanted to install a new religion of which he would be the High Priest, and this enormous misunderstanding would be fatal to him.  It was not the god of the christian religion that he wanted to install, of course.  He most certainly wanted to radically end the christian institutions and abolish two thousand years of “perverted” christianism, to return to the spirit and the liturgy of the Roman Republic, the religion of Antiquity.  His ideal not only had the sense of political revolution, but also that of a fundamental cultural revolution. This was his great dream.  He succeeded in giving it body for a few hours by getting five hundred thousand French people to live a day in the fashion of Antiquity. Louis Pauwels

Attention: une solution finale peut en cacher une autre !

En ce jour où avec le don du Décalogue et de l’Esprit Saint pour l’universaliser, la Synagogue et l’Eglise ne fêtent rien de moins que leur fondation et acte de naissance

Et où après l’église protestante des Européens les plus mécréants et avant la Cour suprême du peuple jusqu’ici le plus croyant du monde, c’est à présent aux Européens les plus christianisés mais aussi à l’église la plus décrébilisée par les scandales de pédophilie …

Que se décide au vote majoritaire (A quand un référendum sur la pédophilie ?) la vérité sur l’origine de la vie elle-même …

Alors qu’avec une science désormais capable de s’affranchir du temps, on peut à présent  changer  les faits qui ne coïncident plus avec la théorie …

Pendant qu’après l’Amérique d’Obama et la France de Hollande, c’est au tour du Vatican du petit père des peuples François d’imposer au seul Israël …

La prétendue nouvelle vérité d’un Etat qui n’existe même pas sur le papier

Mais qui à l’instar de la purification de toute trace du judéo-christianisme qui se poursuit dans le berceau de celui-ci et pendant que les mollahs eux préparent tranquillement leur Arme fatale, prétend à rien de moins que l’annihilation de son voisin …

Comment ne pas repenser …

A cette même journée de Pentecôte-Shabouot de 1794

Où redescendant de son Horeb en papier-maché du champ de Mars …

Après le sacrifice par régions et tombereaux entiers des réfractaires comme du roi et de son grand rival Danton …

Et avec son nouveau culte de la Raison et ses autels couverts de marbres vivants de chair publique …

L’Incorruptible et nouveau Moïse entendait apporter sous les vivats de la foule …

L’ultime solution finale à la question chrétienne en France  ?

8 juin 1794
La fête de l’Être suprême
À Paris, le 8 juin 1794 (20 prairial An II), le tout-puissant Maximilien de Robespierre conduit la première fête en l’honneur de l’Être suprême. Par cette cérémonie qui se veut grandiose, civique et religieuse à la fois, l’« Incorruptible » tente de concilier la déchristianisation menée par le Comité de Salut public avec les aspirations religieuses de la grande masse des Français.

Fabienne Manière

Hérodote

L’Être suprême plutôt que Dieu
Depuis l’exécution de son principal rival, Danton, le 5 avril 1794, Robespierre écrase de son autorité le Comité de Salut public (le gouvernement révolutionnaire) ainsi que l’assemblée de la Convention. Celle-ci est dominée par les députés de la Montagne (ainsi nommés parce qu’ils siègent sur les bancs les plus élevés). Alliés aux sans-culottes des sections et des clubs parisiens, ils sont disposés à suivre Robespierre sur le chemin sans fin de la Révolution.

Robespierre a recours à la Terreur contre les citoyens suspects de tiédeur révolutionnaire. Il est décidé d’autre part à mener la déchristianisation de la France à son terme.

Mais l’« Incorruptible » ne veut pas priver le peuple de références religieuses et morales car il caresse l’idéal rousseauiste d’une société vertueuse, démocratique et égalitaire. Lui-même se veut déiste, à l’encontre de nombre de ses anciens adversaires, athées déclarés tels Anacharsis Cloots, « pape des athées » ou encore Danton et Desmoulins. Au Club des Jacobins, il lance : « Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer ! »

À son instigation, la Convention décrète le 18 floréal An II (7 mai 1794) : « le peuple français reconnaît l’existence de l’Être suprême et de l’Immortalité de l’âme ». Par la même occasion, elle annonce une grande fête destinée à inaugurer ce nouveau culte fondé sur la raison.

Vive la fête
Arrive le jour fixé pour la fête de la nouvelle divinité sans nom et sans visage. Il coïncide avec le dimanche de la Pentecôte (commémoration par les chrétiens de la révélation de l’Esprit-Saint aux apôtres du Christ). À l’initiative du peintre et conventionnel Louis David, grand ordonnateur des festivités, les maisons de Paris ont été fleuries et enguirlandées pour l’occasion.

Robespierre, en habit bleu à revers rouge, met d’abord le feu à une effigie de l’Athéisme, installée au milieu du bassin des Tuileries. En s’effondrant, elle révèle la statue de la Sagesse !

Puis le dictateur prend la tête d’un cortège magnifique, un bouquet de fleurs et d’épis à la main. Il se rend au Champ-de-Mars où a été dressée une montagne surmontée d’un obélisque et de la statue du Peuple français.

La foule des sans-culottes semble apprécier les effets de scène mais le ridicule de la cérémonie suscite des ricanements dans l’entourage de l’« Incorruptible ». Celui-ci, qui s’en aperçoit, dissimule mal son ressentiment.

Retour à la tradition

Quelques semaines plus tard, la victoire de Fleurus rassure les conventionnels sur le sort du pays. Elle les convainc de se défaire d’un chef devenu encombrant et décidément imprévisible. La chute de Robespierre, le 27 juillet 1794 (9 thermidor An II), entraîne la disparition de l’Être suprême.

Les conventionnels n’en ont pas fini pour autant avec les fêtes civiques. Le 11 octobre 1794, ils organisent l’entrée solennelle au Panthéon de la dépouille de leur maître à penser Jean-Jacques Rousseau. Ils créent aussi sept fêtes nationales : fête de la République (1er vendémiaire), fête de la Jeunesse (10 germinal), fête des Époux (10 floréal), fête de la Reconnaissance (10 prairial), fête de l’Agriculture (10 messidor), fête de la Liberté (9 et 10 thermidor – chute de Robespierre ! -), fête de la Vieillesse (10 fructidor).

Dans un ultime effort pour déchristianiser la société, la loi du 9 septembre 1798 instaure la fête du décadi en remplacement du dimanche ; ce jour-là, le président de chaque municipalité, en uniforme d’apparat, doit rassembler les habitants sur la place du village, les informer des lois et des nouvelles, prononcer un sermon civique et célébrer les mariages civils !

Avec le Concordat de 1802, enfin, la religion catholique va retrouver les faveurs des autorités publiques.

Voir aussi:

Mariage homosexuel : l’Irlande plus démocratique que les socialistes français, fait un référendum

Les votes sont clos, en République d’Irlande, où plus de 3.2 millions d’habitants étaient appelés à prendre part à un référendum sur la légalisation du mariage homosexuel.

3,2 millions d’Irlandais chanceux qu’on leur demande s’il veulent que la constitution du pays soit modifiée pour autorisé le mariage des couples de gays et lesbiennes.

3,2 millions d’Irlandais plus chanceux que les Français, méprisé par les élites et les dirigeants politiques socialistes, qui ont fait passer leur réforme malgré l’hostilité de millions de Français dans les rues.

3,2 millions d’Irlandais respectés par leur gouvernement, qui, pour un sujet de société aussi important, les a consultés.

Le résultat du référendum irlandais sur le mariage homosexuel semble se diriger vers deux fois plus de oui que de non.

Il semble même que dans les régions rurales les plus conservatives, le vote se situe aux alentours de 50/50.

A Dublin, le vote est massivement pour le Oui.

Voir également:

L’Irlande a voté en faveur du mariage homosexuel à 62,1% selon les résultats définitifs
L’Irlande devient ainsi le premier pays au monde à autoriser le mariage gay par voie référendaire.

Francetvinfo avec AFP et Reuters

23/05/2015

Les Irlandais se sont prononcés massivement en faveur de la légalisation du mariage homosexuel, selon des résultats définitifs de ce référendum historique, organisé vendredi, et publiés samedi 23 mai. Le oui l’emporte largement avec 62,1% des voix, selon des résultats publiés par la chaîne nationale RTE.

Plus de 3,2 millions d’Irlandais ont été appelés à se prononcer sur une modification de la Constitution proposant d’autoriser « le mariage entre deux personnes, sans distinction de sexe ».

Le 19e pays dans le monde à légaliser le mariage gay
L’Irlande devient ainsi le 19e pays, le 14e en Europe, à légaliser le mariage gay. Il est par contre le seul pays à l’avoir fait par référendum, les autres ayant opté pour la voie parlementaire.

« C’est historique », a souligné le ministre de la Santé, Leo Varadkar. Ce référendum, a-t-il estimé, constitue « une révolution culturelle » dans un pays longtemps conservateur et où l’homosexualité n’a été dépénalisée qu’en 1993. « Je suis tellement fier d’être Irlandais aujourd’hui », avait tweeté en début de journée, Aodhan O Riordain, secrétaire d’Etat pour l’Egalité, tandis que, dans les rues de Dublin, des Irlandais, hommes et femmes de tous âges, exultaient et se prenaient dans les bras.

Avant même la publication des résultats, un des principaux responsables de la campagne du non, David Quinn, avait concédé la défaite de son camp. « C’est une claire victoire pour le camp du oui », a-t-il déclaré, adressant ses « félicitations » aux partisans du mariage homosexuel.

Voir également:

Pédophilie: excuses du primat d’Irlande
Le Figaro/AFP
17/03/2010

Le primat d’Irlande, au coeur d’une polémique pour n’avoir pas dénoncé des abus sexuels dont il avait eu connaissance, a présenté aujourd’hui ses excuses et exprimé sa « honte » de n’avoir pas défendu les valeurs qu’il professe.

Des familles de victimes ont réclamé la démission du cardinal Sean Brady depuis que l’église catholique d’Irlande a reconnu qu’il avait participé à deux réunions en 1975 au cours desquelles deux victimes présumées d’abus sexuels avaient signé des promesses de silence.

« Je voudrais dire à tous ceux qui ont été blessés par des manquements de ma part, que je leur présente des excuses du fond du coeur », a déclaré le cardinal Brady dans son homélie en la cathédrale d’Armagh (Irlande du nord), selon un communiqué de l’église publié à Dublin. « Je voudrais également présenter mes excuses à tous ceux qui ont l’impression que je les ai laissés tomber », a-t-il ajouté. « Avec le recul, j’ai honte de n’avoir pas toujours soutenu les valeurs que je défendais et en lesquelles je crois ».

Une culture de « silence » et de « secret

Le primat d’Irlande avait affirmé lundi qu’il ne présenterait sa démission qu’à la demande du pape Benoît XVI. Selon l’Eglise catholique, le cardinal Sean Brady a participé à deux réunions en 1975, alors qu’il était prêtre. Au cours de ces réunions, deux victimes présumées « ont signé des engagements promettant de respecter la confidentialité de la récolte d’informations », a confirmé l’Eglise.

Les autorités ecclésiastiques enquêtaient alors sur le père Brendan Smyth, considéré comme responsable d’abus sexuels sur des centaines d’enfants sur une période de 40 ans et mort en prison après son arrestation dans les années 1990.
Sur la radio BBC Ulster, le cardinal Brady avait expliqué lundi qu’il régnait il y a 35 ans une culture de « silence » et de « secret » concernant les abus sexuels à la fois dans le clergé et dans la société civile, et qu’il n’avait pas jugé de sa responsabilité de dénoncer le pédophile.

Mariage gay : L’Eglise protestante unie de France autorise la bénédiction des couples de même sexe
Rédaction du HuffPost avec AFP
17/05/2015

MARIAGE POUR TOUS – L’Eglise protestante unie de France (EPUdF) a adopté dimanche la possibilité de bénir les couples homosexuels à l’issue d’un vote très largement positif, une quasi-première en France, a indiqué le porte-parole de la principale Église protestante du pays.

Sur la centaine de délégués de l’EPUdF réunis à Sète (Hérault) et ayant pris part au vote, 94 ont voté pour la possibilité d’offrir une bénédiction religieuse aux couples homosexuels, et trois contre, a-t-il précisé.

Ce vote donne la possibilité aux 500 pasteurs de l’EPUdF de bénir des couples homosexuels, sans pour autant y obliger ceux des pasteurs qui sont opposés à un tel geste.

Le protestantisme est actuellement la 3e religion en France. Selon des données de l’INED de 2008, 45% des Français se déclarent sans religion, 43% se disent catholiques, 8% musulmans, 2% protestants et 0,5% juifs. En 2012, le CSA estimait de son coté que les catholiques représentaient 56% de la population adulte, les musulmans 6%, les protestants 2% et les juifs 1%.

Même bénédiction que celle accordée aux couples hétérosexuels

Le mariage n’est pas un sacrement pour les protestants, mais les couples hétérosexuels unis en mairie peuvent être bénis au temple. En France, seule la Mission populaire évangélique (MPEF), une Eglise beaucoup plus petite que l’EPUdF, autorise un « geste liturgique d’accueil et de prière » pour les homosexuels.

Cette décision intervient deux ans après l’adoption de la loi Taubira sur le mariage gay. Les délégués de la principale Eglise protestante française sont réunis depuis jeudi autour du thème « Bénir, témoins de l’Evangile dans l’accompagnement des personnes et des couples ».

L’EPUdF, qui incarne le courant historique du protestantisme français, revendique 110.000 membres actifs parmi 400.000 personnes faisant appel à ses services.

Tout en se défendant d’être en concurrence avec une mouvance évangélique en forte croissance, elle parie désormais sur une démarche missionnaire pour « passer d’une Eglise de membres à une Eglise de témoins ».

Voir encore:

Etats-Unis : la Cour suprême s’apprête à légaliser le mariage gay
La Cour suprême des Etats-Unis examine mardi la constitutionnalité du mariage homosexuel pour dire si les couples de même sexe peuvent se marier partout dans le pays. Deux ans après le premier round, la plus haute juridiction des Etats-Unis arbitre le second lors d’une audience exceptionnelle de deux heures et demie.
Le Parisien

28 Avril 2015

La Cour suprême des Etats-Unis examine ce mardi, lors d’une audience exceptionnelle de deux heures et demie, la constitutionnalité du mariage homosexuel. Il s’agit de dire si les couples de même sexe peuvent se marier partout dans le pays. Des centaines de militants des deux camps étaient attendus dans la journée devant le temple de la justice.

Une première dans l’UE : le Premier ministre du Luxembourg épouse son compagnon
Plusieurs milliers d’Américains ont déjà manifesté ce week-end à Washington, dont certains ont campé au pied des marches de la haute Cour pour s’assurer une place dans la salle d’audience.

Quatre Etats réfractaires

Légal dans 37 Etats sur 50 (dont certains en appel) ainsi que dans la capitale fédérale Washington, le mariage homosexuel doit encore être reconnu dans tout le pays. C’est ce que réclament des gays et lesbiennes de quatre Etats interdisant le mariage homosexuel, le Tennessee, le Kentucky, le Michigan et l’Ohio. Soutenus par l’administration Obama, les 16 plaignants veulent pouvoir se marier légalement ou voir leur mariage reconnu dans l’Etat où ils vivent. Les quatre Etats incriminés, soutenus par nombre d’organisations religieuses et conservatrices, définissent le mariage comme l’union entre un homme et une femme, refusent de marier des hommes entre eux ou des femmes entre elles, et ne reconnaissent pas le mariage homosexuel lorsqu’il a été légalement célébré ailleurs.

Les quatre Etats visés arguent de leur droit à protéger la définition traditionnelle du mariage, pour «respecter la complémentarité biologique des deux sexes» dans l’éducation des enfants et dans la société. De leur côté, les plaignants ne voient rien d’autre qu’une discrimination fondée sur l’orientation sexuelle. «Quelles que soient les limites imposées au droit à se marier, le genre des conjoints ne peut pas être l’une d’elles», arguent les couples du Michigan. Ils jugent aussi que les quatre Etats violent leur liberté de voyager en refusant de reconnaître leur mariage lorsqu’il a été légalement célébré.

Trois questions pour les neuf Sages

Pour savoir si elle légalise le mariage gay sur tout le territoire américain, la haute Cour se demandera d’abord si le 14e Amendement de la Constitution exige d’un Etat qu’il unisse par les liens du mariage les couples de même sexe. Dans un deuxième temps, elle déterminera si le même Amendement requiert qu’un Etat reconnaisse un mariage homosexuel légalement célébré dans un autre Etat. Dans les deux cas, elle s’appuiera sur le principe d’égalité de tous devant la loi et sur le droit fondamental au mariage. Sur la base du principe de «rationnalité», les neuf sages se demanderont également si un Etat a un intérêt légitime à interdire le mariage des couples de même sexe ou si c’est purement arbitraire.

Fin juin 2013, la Cour suprême a abrogé une partie d’une loi fédérale qui définissait le mariage comme l’union entre un homme et une femme, ouvrant de facto les droits fédéraux à la retraite, à la succession ou aux abattements fiscaux à tous les couples légalement mariés, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels. Mais le mariage restait du ressort des Etats. Or la haute Cour protège traditionnellement les principes de fédéralisme.

Une marche arrière difficile

D’avis d’experts, la reconnaissance du mariage pour tous à l’échelle du pays semble désormais «inévitable». Traditionnel défenseur des droits homosexuels, le juge conservateur Anthony Kennedy devrait rejoindre les quatre juges progressistes de la haute Cour pour valider le mariage homosexuel au niveau national.

Ces dernières années, la haute Cour américaine, pourtant à majorité conservatrice, a confirmé toutes les décisions judiciaires en faveur des unions des couples de même sexe, «ce qui rend une marche arrière vraiment difficile», estime Steven Schwinn, professeur de la John Marshall Law School.

Cette controverse sur la mariage gay présente un caractère historique. Plus de 150 argumentaires ont été déposés – un record – dont une vingtaine par les deux parties. Sur ces argumentaires, 78 soutiennent les plaignants homosexuels, dont l’administration Obama ; 67 prennent position pour les Etats, dont la Conférence des évêques des Etats-Unis.

Voir de même:

Luxembourg : le Premier ministre épouse son compagnon
B.W avec AFP

Europe 1

15 mai 2015

INÉDIT – Le Premier ministre luxembourgeois s’est marié avec son compagnon, une première pour un chef de gouvernement de l’Union européenne.
Le Luxembourg a célébré une grande première. Le Premier ministre libéral du Luxembourg Xavier Bettel a épousé vendredi son compagnon belge Gauthier Destenay. Il est ainsi devenu le premier dirigeant uni par les liens d’un mariage homosexuel dans l’Union européenne. « Le Luxembourg donne l’image d’un pays en avance sur les questions de société. C’est un message envoyé à un moment où l’homophobie est en train de monter en Europe » », a insisté Charles Michel, le Premier ministre belge.

Le mariage homosexuel légalisé en 2014. Xavier Bettel et Gauthier Destenay, tous deux en costumes sombres, sont arrivés en marchant, la main dans la main. Deux cent personnes étaient présentes devant l’hôtel de ville de Luxembourg et ont applaudi le couple à son arrivée. Les mariés sont revenus sur le perron pour les saluer après la cérémonie et ont eu droit à un lancer de riz. Le jeune Premier ministre, 42 ans, avait fait savoir en août 2014 son intention de se marier avec Gauthier Destenay, un architecte belge. L’annonce était intervenue deux mois après l’adoption à une très large majorité de la législation autorisant le mariage et l’adoption pour les couples du même sexe au Luxembourg.

« Tu dois être honnête avec toi-même ». Xavier Bettel a été nommé chef du gouvernement fin 2013. Il n’a jamais caché son homosexualité à ses compatriotes. « J’aurais pu le cacher, ou le refouler et être malheureux toute ma vie. J’aurais pu avoir une relation avec quelqu’un de l’autre sexe et avoir des relations homosexuelles en cachette. Mais je me suis dit : si tu veux faire de la politique et être honnête en politique, tu dois être honnête avec toi-même et donc t’accepter toi-même », a-t-il expliqué sur la chaîne de télévision belge RTBF. Le Luxembourgeois n’est cependant pas le Premier chef de gouvernement homosexuel à se marier en Europe. La Première ministre islandaise Johanna Sigurdardottir, au pouvoir depuis 2009, a épousé sa compagne en 2010, mais l’Islande n’est pas membre de l’UE.

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Exclu Gala – Alex Goude: « Avec Romain, on aime­rait un second enfant »
L’anima­teur raconte son homo­pa­ren­ta­lité
Séverine Servat

Gala

22 mai 2015

Alex Goude, anima­teur de La France a un incroyable talent, dévoile sa vie privée. Comme un acte mili­tant. Avec Romain, son mari et amou­reux depuis cinq ans, ils ont eu un fils, Elliot, né par mère porteuse aux États-unis. Rencontre dans leur home sweet home, à Las Vegas.

Du centre-ville truffé de casi­nos, il faut quinze minutes pour arri­ver devant la maison du trublion de M6 située dans un coquet lotis­se­ment de Las Vegas. Deux voitures, dont une imma­tri­cu­lée au nom de son chien, une piscine entou­rée de palmiers fichés sous le soleil de plomb de la ville, deux chambres d’amis et un écran de télé­vi­sion géant exté­rieur signent l’abou­tis­se­ment du rêve améri­cain d’Alex Goude. Voici deux ans qu’il s’est installé à Las Vegas et prend l’avion pour tour­ner ses émis­sions en France. Dans un tran­sat, son fils Elliot, trois mois. Un tableau ordi­naire, sauf qu’El­liot a la parti­cu­la­rité d’avoir deux papas. Alex est marié à Romain, trente ans, et l’en­fant du couple est né par gesta­tion pour autrui. Cette démarche, inter­dite en France, pousse plus loin le débat autour des droits des homo­sexuels. Que penser de ce tableau de famille 2.0, homo­pa­ren­tal, qui oscille entre conte de fées contem­po­rain et étran­geté assu­mée ? Lorsque la nais­sance s’af­fran­chit des lois de la nature, que reste-t-il de nos repères ? L’ani­ma­teur livre ses convic­tions.

Gala : Pourquoi choi­sir, aujourd’­hui, de parler de votre vie privée ?

Alex Goude : Pour fêter les deux ans du mariage homo­sexuel léga­lisé en avril 2013. Et puis, je suis très heureux, alors ça donne envie de faire bouger les menta­li­tés. Mon mari et moi sommes venus vivre à Las Vegas pour être libres d’avoir l’en­fant que nous n’au­rions pas pu avoir en France. À Paris, on a parfois l’im­pres­sion qu’il ne faut être ni juif ni noir, ni arabe ni homo­sexuel. Je ne supporte plus le refus de l’autre. J’en ai assez qu’on dise à Romain de féli­ci­ter sa femme pour la nais­sance. Moi-même je devrais me taire. Eh bien non. Je le reven­dique : nous sommes deux hommes, nous avons fait un enfant et ça se passe bien.

Gala : S’as­su­mer et s’y tenir, c’est un long chemi­ne­ment ?

A. G. : On n’ima­gine pas à quel point. Jusqu’à vingt-cinq ans, je pensais que j’étais hété­ro­sexuel,  j’avais du succès avec les filles, je devais me fian­cer, avoir des enfants comme tout le monde. Puis tout a basculé.

Gala : Vous avez réalisé que ce ne serait pas votre destin ?

A. G. : Oui, j’ai pris des cours de théâtre et à force d’en­dos­ser des person­na­li­tés diffé­rentes, je me suis libéré. Un jour, j’ai embrassé un homme. Le lende­main, j’ai pleuré toute la jour­née, sous le choc. L’his­toire d’amour a duré six mois. J’ai à nouveau aimé des femmes et puis fina­le­ment mon choix s’est à nouveau porté sur un homme.

Gala : Vous l’avez annoncé à vos parents ?

A. G. : Mon père était tombé dans l’al­cool. On ne se parlait plus (le père d’Alex est décédé des suites de son alcoo­lisme). Pour ma mère, qui m’avait connu hétéro, c’était dur à imagi­ner. J’étais son fils unique, elle a pensé qu’elle ne serait jamais grand-mère. Aujourd’­hui elle est heureuse, la vraie ‘Lady Gaga’, c’est elle.

Gala : Le grand public, lui, n’en a jamais rien su…

A. G. : Ma chaine, M6, en tout cas, est au courant et assume. Je n’au­rais jamais parlé de ma vie privée si je ne rece­vais pas sans arrêt, via les réseaux sociaux, des témoi­gnages de jeunes gays déses­pé­rés.

Gala : Vous les écou­tez?

A. G. : Mieux: je leur réponds. L’ho­mo­sexua­lité est encore lour­de­ment stig­ma­ti­sée. En Espagne en 2005 ou au Portu­gal en 2010, la léga­li­sa­tion du mariage est passée en douceur. En France, le débat a été instru­men­ta­lisé. Les gens sont sortis défi­ler en assu­mant leur homo­pho­bie. A ce moment, des adoles­cents me disaient « mes parents me forcent à mili­ter avec eux, ils ne savent pas que je suis homo ». C’était choquant. Qu’est-ce que les parents d’un enfant de six ans qu’on emmène défi­ler savent de la voie qu’il emprun­tera plus tard? Si je peux montrer qu’on réus­sit à fonder une famille malgré tout, alors je le fais.

Gala : Votre enfant est né d’une mère porteuse. Vous auriez pour­tant pu recou­rir à l’adop­tion…

A.G. : En tant que céli­ba­taire oui, mais pas en tant que couple. Pour être en mesure d’adop­ter, en France, aujourd’­hui, on doit taire son homo­sexua­lité. Je n’avais pas envie de mentir. Et puis c’est vrai que Romain et moi, rêvions d’un lien du sang.

Gala : Vous aviez des exemples autour de vous ?

A.G. : Bien sûr. Au sein du show­biz français, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu recours à la gesta­tion pour autrui, mais le sujet est tabou. D’au­tant qu’on doit partir à l’étran­ger pour le faire. Aux États-Unis, où la gesta­tion pour autrui (GPA) est légale, les profes­sion­nels ont plus de vingt-cinq ans de recul sur le sujet. Et les enfants, une fois adultes, vont bien. Nous avons fait appel à une agence sérieuse.

Gala : Pour bien comprendre, quel est le proto­cole à suivre ?

A.G. : On l’a débuté avant même de se marier, en mars 2013. D’abord, il faut répondre à des ques­tions sur son couple avec un psy, une démarche que jamais aucun parent biolo­gique n’a évidem­ment à subir pour mettre au monde un enfant. Puis s’in­for­mer des impli­ca­tions psycho­lo­giques qui sont assez complexes, c’est vrai. Il faut être très clair : deux hommes ne peuvent pas faire un enfant. Le tiers, c’est la mère, et on doit respec­ter son rôle. On choi­sit alors une donneuse d’ovule, et une mère porteuse, qui est une personne diffé­rente de la donneuse d’ovule.

Gala : A ce moment, quels ont été vos critères de choix?

A. G. : Romain et moi avons choisi la donneuse qui parais­sait le mieux dans sa peau. Ensuite, nous avons aussi choisi, par goût, une personne aux yeux bleus (ndlr : Elliot a les yeux clairs) comme plusieurs personnes de nos familles respec­tives. C’est une jeune femme qui travaille dans la mode, une yuppie, qui a déjà donné ses ovules à deux autres couples. Elle est dans une démarche altruiste.

Gala : Mais la mère porteuse, elle fait ça pour l’argent, non?

A. G. : Le recours à la GPA pour un couple coûte très cher, mais dans tout le proces­sus, celle qui touche le moins d’argent, c’est la mère porteuse. Elle gagne moins que l’avo­cat, le méde­cin ou l’agence. La nôtre est noire – déjà maman parce que c’est la condi­tion pour porter le bébé d’un autre – et suit des études de psy. Elle avait déjà porté un enfant pour un autre couple. Nous sommes deve­nus amis après avoir commu­niqué avec elle par Skype tout le temps de la gros­sesse. D’après les psys, l’enfant, plus tard, est moins atta­ché à la donneuse d’ovule qu’à la mère porteuse. Cette dernière nous a déjà dit qu’elle voudrait porter notre deuxième enfant. Je comprends le débat autour de la marchan­di­sa­tion des corps, mais dans les faits, ça ne se passe pas comme ça.

Gala : Comment vos voisins prennent-ils votre famille atypique?

A. G. : Sans préju­gés. On se reçoit les uns les autres pour des barbe­cues. Et nous veillons à garder des réfé­rents fémi­nins avec ma mère, celle de Romain, ma tante et sa fille, qui habitent près de chez nous à Las Vegas.

Gala : Comment envi­sa­gez-vous la suite ?

A.G. : On n’a pas voulu savoir si Elliot est mon fils ou celui de Romain. Mais on aime­rait avoir un second enfant et qu’il soit de l’autre papa, c’est ce qu’on a demandé au méde­cin.

Gala : Vous n’avez pas l’im­pres­sion de propo­ser une sorte de monde virtuel, de labo­ra­toire expé­ri­men­tal ?

A.G. : Ecou­tez, pour être clair, quand on est là en train de se tripo­ter devant une éprou­vette pour avoir un bébé alors que c’est tout simple pour les hété­ros, bien sûr, on voit bien que ce n’est pas natu­rel. Mais dans 99% des cas, les psys disent que ce que l’en­fant retient, in fine, c’est la volonté farouche qu’ont eue ses parents de l’avoir.

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En Allemagne, une femme de 65 ans, mère de 13 enfants, donne naissance à des quadruplés
AFP/ RTL

23 mai 2015

Une Allemande de 65 ans, mère de 13 enfants et grand-mère de 7 petits-enfants, a accouché de quadruplés « pas complètement développés » à Berlin, un cas controversé mêlant médecine et téléréalité qui relance le débat sur les grossesses tardives.

Annegret Raunigk, qui a procédé à des fécondations in vitro en Ukraine, est désormais la mère de quadruplés la plus âgée au monde, selon la chaîne de télévision RTL, détentrice des droits exclusifs sur cette grossesse hors normes.

Les bébés prématurés, trois garçons et une fille, sont nés mardi par césarienne, après seulement 26 semaines de grossesse. Ils ont été placés en couveuse mais ont « de bonnes chances de survivre », selon un communiqué de RTL.

« Toutefois, les bébés, par comparaison avec une naissance normale dans la 40e semaine de grossesse, ne sont pas encore développés complètement. D’éventuelles complications ne peuvent donc pas être complètement exclues », poursuit la chaîne.

Annegret Raunigk, enseignante d’anglais et de russe qui doit prendre sa retraite à l’automne, avait effectué de multiples tentatives en Ukraine avec un donneur et une donneuse anonymes. La dernière tentative s’est avéré un succès puisque les quatre ovules implantés avaient été fécondés.

Malgré des conditions exceptionnelles, « la grossesse s’est déroulée étonnement sans problèmes », assure RTL, sur la foi des témoignages de médecins qui l’ont prise en charge.

Cette femme élégante, les cheveux roux et une fine paire de lunettes sur les yeux, n’en est pas à sa première grossesse tardive. En 2005, alors âgée de « seulement » 55 ans, elle avait mis au monde une petite fille.

C’est d’ailleurs pour répondre au souhait de sa dernière fille d’avoir un petit frère ou une petite sœur qu’elle a décidé de retenter une insémination artificielle, a-t-elle expliqué. Nés de 5 pères différents, les autres enfants d’Annegret Raunigk ont déjà tous quitté le domicile maternel.

Avant même de naître, Neeta (655 g, 30 cm), Dries (960 g, 35 cm), Bence (680 g, 32 cm) et Fjonn (745 g, 32,5 cm) ont suscité un vif intérêt médiatique en Allemagne. Il faut dire que la chaîne de télévision privée, qui diffuse nombre d’émissions de téléréalité et de télécrochet, s’est assuré les droits exclusifs sur cette histoire rocambolesque.

C’est la chaîne qui avait d’ailleurs révélé cette grossesse en avril.

Après avoir suivi Annegret Raunigk ces derniers mois sous la forme d’un « journal de grossesse », RTL a promis de poursuivre l’histoire, même si elle assure qu’aucun tournage n’a eu lieu dans l’hôpital où sont nés les bébés.

La chaîne a également précisé que la mère ne répondrait à aucune demande d’interview d’autres médias.

Lors de la révélation de cette grossesse extraordinaire, la Berlinoise n’avait accordé d’entretien qu’à la chaîne RTL et au quotidien à grand tirage Bild qui l’avait fait poser en Une sous le titre: « J’ai 65 ans et j’attends des quadruplés ».

Annegret Raunigk n’en est pas à sa première coopération avec le groupe RTL. Il y a dix ans, elle avait déjà négocié un contrat d’exclusivité avec la chaîne et le journal Bild pour la naissance de sa fille.

Interviewée en avril, la Berlinoise avait balayé les critiques sur son manque de responsabilité, notamment sur le fait qu’elle aura plus de 70 ans quand les enfants entreront à l’école. « On ne peut jamais savoir ce qui va se passer. Il peut aussi se passer des choses à 20 ans », avait-elle argumenté, affirmant que c’était à chacun de décider pour soi-même de devenir parent.

« Les enfants me permettent de rester jeune », avait-elle lancé.

Ces dernières années, plusieurs cas de grossesse tardive ont attiré l’attention, notamment en Italie. En Allemagne, la chanteuse italienne très populaire Gianna Nannini avait aussi retenu l’attention en 2010 en mettant au monde une petite fille à l’âge de 56 ans.

Voir également:

Mère de quadruplés à 65 ans  : l’indignation du professeur Nisand
Une femme de 65 ans, ayant recours à une fécondation in-vitro en Ukraine, a donné naissance à quatre enfants prématurés en Allemagne. «  Il ne faut surtout pas y voir un exploit. On est juste dans la médecine du fric et de l’irresponsabilité » , dénonce  le professeur Israël Nisand , chef du pôle de gynécologie-obstétrique du CHRU de Strasbourg,

La Croix

23/5/15

Le professeur Israël Nisand dénonce avec force le recours à une fécondation in vitro chez cette femme de 65 ans, mère de quadruplés.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Chef du pôle de gynécologie-obstétrique du CHRU de Strasbourg, le professeur Israël Nisand cite spontanément Rabelais pour exprimer sa consternation après l’annonce, samedi 23 mai, de l’accouchement d’une Allemande de 65 ans, qui a mis au monde quatre enfants très prématurés. Le cas de cette sexagénaire, Annegret Raunigk, déjà mère de 13 enfants et grand-mère de 7 petits-enfants, avait défrayé la chronique en avril lors de l’annonce de sa grossesse. Après cet accouchement, elle est désormais la mère de quadruplés la plus âgée au monde. «  Il ne faut surtout pas y voir un exploit, ni un record à célébrer. Et les médecins, qui l’ont aidé dans cette démarche, n’ont pas de quoi être fiers. On est juste dans le champ de la médecine du fric et de l’irresponsabilité  », s’agace le professeur Nisand.

«  Ils iront à l’école avec une mère qui aura plus de 70 ans »
Les bébés prématurés, trois garçons et une fille, sont nés mardi par césarienne, après seulement 26 semaines de grossesse. Ils sont dans en situation de grande prématurité et ont été placés en couveuse. « Une naissance à 26 semaines de grossesse expose les enfants à des handicaps qui peuvent être lourds. Et même si tout se passe bien pour eux, il faut songer à leur vie plus tard », explique le professeur Nisand. «  Ils iront à l’école avec une mère qui aura plus de 70 ans », ajoute-il. Interviewée en avril sur ce thème, Annegret Raunigk, avait rejeté les critiques sur son manque de responsabilité « On ne peut jamais savoir ce qui va se passer. Il peut aussi se passer des choses à 20 ans », avait-elle estimé affirmant que c’était à chacun de décider pour soi-même de devenir parent. « Les enfants me permettent de rester jeune », avait-elle ajouté.

Un enfant après 40 ans
Une fécondation in-vitro en Ukraine
Cette enseignante d’anglais et de russe, qui doit prendre sa retraite à l’automne, s’est rendue en Ukraine pour de multiples tentatives de fécondation in-vitro avec un donneur et une donneuse anonymes. La dernière tentative s’est avérée être un succès puisque les quatre ovules implantés ont été fécondés. « Il n’existe malheureusement aucune réglementation internationale permettant d’éviter ce type de bavures médicales, indique le professeur Nisand. On arrive forcément à des dérives quand la médecine emprunte des chemins dévoyés et que des praticiens se comportent comme des prestataires de service avec pour seul principe que celui ou celle qui paie peut tout avoir  ».

Des pays connus pour accepter ces pratiques
Selon le professeur Nisand, plusieurs pays sont connus pour abriter certains médecins qui acceptent de favoriser ces grossesses tardives via les techniques d’assistance médicale à la procréation. «  C’est le cas de l’Ukraine, de la Grèce et surtout de la Turquie. Sinon, il y a aussi l’Inde où quelques médecins peuvent accepter de faire des choses très déraisonnables », indique le médecin, en se félicitant de l’existence en France des lois de bioéthiques qui s’opposent à ces pratiques.

En France, des techniques réservées aux couples « en âge de procréer »
En France, les techniques d’assistances médicales à la procréation (AMP) sont réservées aux couples confrontées à une infertilité médicalement constatée ou pour éviter la transmission d’une maladie grave. La loi ne fixe pas un âge limite précis au delà duquel il n’est plus possible de bénéficier de ces techniques. Elle stipule simplement que le couple (un homme et une femme) doit être en « âge de procréer ». Ce sont donc les médecins qui décident à partir de ce critère. Une autre limite est le fait que l’assurance-maladie ne prend pas en charge une fécondation in-vitro pour une femme au delà de l’âge de 43 ans. Les médecins, en pratique, ne prennent pas non plus en charge les couples dans lesquels l’homme à dépassé 60 ans.

En 2009, une mère de triplés à 59 ans à Paris
En France, ce débat sur les grossesses tardives, favorisées par la médecine, s’était posé en septembre 2008. Une femme de 59 ans avait alors donné naissance à Paris à trois enfants, conçus via une FIV au Vietnam. L’implantation de ces trois embryons avait été, à l’époque, qualifiée de « faute médicale », par le professeur René Frydman, interrogé par la Croix, « Néanmoins, nos services accueillent de plus en plus souvent des femmes enceintes de 45 ans ou plus Elles se rendent principalement en Espagne ou en Belgique, là où le don d’ovocyte est plus répandu puisqu’il est rémunéré 900 €, ou encore en Grèce, à Chypre ou en Ukraine », expliquait alors le célèbre gynécologue-obstétricien, alors chef de service à la maternité de l’hôpital Antoine-Béclère à Clamart.

Voir encore:

L’autoconservation des ovocytes ou la tentation de s’affranchir du temps
Aux États-Unis, les entreprises Apple et Facebook ont annoncé qu’elles couvriraient les frais engagés par leurs salariées qui souhaitent reporter leur projet de grossesse au-delà de 40 ans en ayant recours à la congélation de leurs ovocytes. Une possibilité interdite en France, mais réclamée par certains.

Flore Thomasset

La Croix

27/10/14

Aux États-Unis, certains n’hésitent pas à parler d’une «révolution» comparable à celle que fut, dans les années 1970, l’arrivée de la pilule. L’autoconservation des ovocytes permet à une jeune femme de faire prélever ses ovocytes, notamment quand sa fertilité est maximum, vers 20 ou 30ans, puis de les congeler. Plus tard, vers 40 ou 50ans, elle pourra les faire décongeler, féconder in vitro puis se les voir réimplanter pour commencer sa grossesse.

La technique est pratiquée depuis plusieurs années outre-Atlantique, où elle est en vogue. Mais deux grandes entreprises, Facebook et Apple, viennent d’y apporter un nouvel élan, en annonçant, comme d’autres avant elles, qu’elles prendraient en charge à hauteur de 20000 dollars (16 000€) les traitements contre l’infertilité de leurs salarié(e)s, y compris l’autoconservation des ovocytes  (lire La Croix du 20 octobre)  .

À l’heure où l’âge du premier enfant ne cesse de reculer, où les relations amoureuses sont de plus en plus chaotiques et les ruptures tardives, les femmes y ayant recours se disent libérées de la pression de «l’horloge biologique» et de l’obligation, à 30 ou 35ans, de trouver «absolument» un père pour leur enfant. Surtout, les trentenaires entendent ainsi s’investir pleinement dans leur vie professionnelle, sans être freinées dans leur ascension par la maternité : plutôt que de choisir entre l’une et l’autre, elle diffère la seconde. Les entreprises, évidemment, y trouvent aussi leur compte.

Combien de femmes ont déjà eu recours à cette technique, autorisée aux États-Unis, mais aussi en Espagne, en Belgique, en Italie ? Dans la presse américaine, médecins et laboratoires parlent de 2 000 à 5 000 bébés nés. Dans un article publié dans BusinessWeek en avril, le New York University Fertility Center assurait procéder à 5 à 10ponctions par semaine.

En 2013, l’autoconservation représentait le tiers de leur «business». Car c’est bien de cela qu’il s’agit : aux États-Unis, l’ensemble de la procédure (stimulation hormonale, suivi médical, ponction des ovocytes, vitrification) coûte entre 10 000 et 15 000 dollars (entre 7 900 € et 11 800€), auxquels il faut ajouter 500 à 1000 dollars (393€ à 786€) par an pour la conservation. Sur une dizaine d’années (prélèvement avant 35ans, grossesse avant 45ans), le procédé revient donc très cher.

Et en France, qu’en est-il ? L’autoconservation «sociétale» ou «pour convenance» est interdite. En revanche, elle est autorisée pour raisons médicales, depuis la loi de bioéthique de 2011. Ainsi, elle est régulièrement pratiquée quand une femme est soumise à des traitements qui peuvent rendre infertiles, comme une chimiothérapie. La loi autorise aussi l’autoconservation pour les femmes donnant leurs ovocytes : une partie du prélèvement est donnée, l’autre est conservée pour son propre et éventuel futur usage. Cette mesure, qui n’est cependant pas appliquée faute de décret, a été décidée pour favoriser le don d’ovocytes, qui connaît une pénurie en France.

Pour le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), l’autoconservation ne peut être un élément de marchandage en échange du don, elle doit être ouverte à toutes les femmes.

En décembre 2012, le CNGOF a officiellement pris position en ce sens, estimant que cette technique est, «avec le don d’ovocytes, la seule méthode de traitement de l’infertilité réellement efficace à 40 ans et plus». «Il y a un fait de société majeur et largement sous-estimé qui est le retard de la procréation, explique son président, Bernard Hédon. Nous ne cessons de recevoir dans nos cabinets des femmes de 40 ans passés qui, bien qu’elles aient su qu’il ne fallait pas trop attendre pour concevoir, n’ont pas pu le faire avant. On les engage alors dans des processus de FIV (fécondation in vitro) complexes, coûteux et qui sont loin de donner toujours des résultats.»

Plus qu’une affaire de relations ou de carrière, c’est selon lui, plus globalement, une question de mentalité : «Aujourd’hui, quand une femme de 25 ans devient enceinte, on lui dit qu’elle est bien jeune pour cela, remarque-t-il. Or, c’est pourtant le bon âge, d’un point de vue biologique. Le message essentiel doit d’ailleurs rester : “Faites des enfants jeunes.” Car la congélation n’offre aucune garantie de grossesse : ce n’est qu’une aide, limitée, quand on n’a pas pu faire autrement.»

Sauf que pour beaucoup de médecins, l’ouverture de cette technique pour convenance envoie justement un message contradictoire. Elle risque de favoriser les grossesses tardives, au-delà de 43ans, à haut risque pour la mère et l’enfant : fausse couche, diabète gestationnel, hypertension… Une des questions posées par cette technique est d’ailleurs : jusqu’à quel âge réimplanterait-on l’ovocyte fécondé ? Des exemples extrêmes de mères accouchant à 60 ans font régulièrement la une des journaux. Le CNGOF, lui, fixe une limite à 45ans, voire 50ans pour une femme qui ne cumule aucun autre facteur de risque.

«On crée l’illusion que la science peut tout, que l’on peut avoir un enfant à n’importe quel âge, alors que la procréation est quand même un processus naturel, déplore Louis Bujan, président de la fédération des Centres d’études et de conservation des œufs et du sperme (Cecos). On crée des besoins qui n’existent pas : certes, l’âge de la maternité recule, mais il y a encore de la marge avant d’en arriver à ces âges-là. Plutôt que d’abonder dans ce sens, il faudrait se poser la question de savoir pourquoi les femmes reculent leurs projets de maternité.»

En janvier 2013, la fédération a pris position contre l’autoconservation pour convenance, insistant notamment sur la question du coût et de la prise en charge : «Cela pose un vrai problème éthique, poursuit Louis Bujan. Étant donné le coût, que l’on pourrait estimer à 3000€ en France, hors fécondation in vitro et réimplantation, toutes les femmes n’y auront pas accès. Faut-il que la Sécurité sociale le prenne en charge ? Et si oui, au détriment de quel autre remboursement ?»

C’est ainsi un véritable choix de société qui est en jeu. L’Observatoire de la parentalité en entreprise ne s’y est pas trompé, son président, Jérôme Ballarin, se disant «choqué» par l’annonce de Facebook et Apple : «C’est en réorganisant la vie professionnelle autour de la vie privée et non en faisant l’inverse que nous construirons une société équitable et épanouie», a-t-il jugé dans un communiqué. Quant à la ministre de la santé, Marisol Touraine, elle a estimé que «le débat est un débat médical, éthique, ça n’est certainement pas un débat pour directeurs de ressources humaines».

————————————

CE QUE DIT LA LOI BIOÉTHIQUE
En juillet 2011, la révision de loi de bioéthique autorise, en France, «la technique de congélation ultra-rapide des ovocytes». En France, le premier bébé conçu après cette technique naît le 4 mars 2012.
Quand une femme donne ses ovocytes, une partie de la ponction peut être conservée pour usage propre : «Lorsqu’il est majeur, le donneur peut ne pas avoir procréé. Il se voit alors proposer le recueil et la conservation d’une partie de ses gamètes (…) en vue d’une éventuelle réalisation ultérieure, à son bénéfice, d’une assistance médicale à la procréation».
En France, le don d’ovocytes souffre d’une pénurie: en 2012, 422 femmes ont fait un don pour près de 800 fécondations in vitro réalisées ; 2 110 couples étaient en attente d’un don d’ovocytes; 164 enfants sont nés suite à une PMA avec un don.

Voir de même:

Sci/Tech/Health Journalism Ethics News :
Daily Media Pick
Same Sex Marriage Study: At least 12 News Outlets retract or add Editor’s Note
Sydney Smith
iMediaethics

May 20, 2015

Since the news broke that a study on same-sex marriage published last year in Science may be based on fabricated information, most of the news outlets that reported on the study have warned readers about the problems with the study they covered.

As iMediaEthics previously reported, one of the study’s co-authors Donald Green issued a retraction request after saying he learned there were problems with his co-author Michael LaCour’s work. While LaCour hasn’t spoken out yet and said he is still working on a response, Green said at first LaCour « confessed to falsely describing at least some of the details of data collection, » Retraction Watch reported. LaCour later said he didn’t fabricate and that instead he can’t find research evidence to support his study.

The discovery was made when two graduate students tried to further the research and encountered problems. For example, when they went to Qualtrics, the company who LaCour said he got the survey data from, Qualtrics said it couldn’t find that data.

A spokesperson for UCLA, where LaCour is a Ph.D. candidate, told iMediaEthics: « UCLA expects its students to demonstrate integrity in all academic endeavors.  UCLA is reviewing allegations regarding data published by UCLA graduate student Michael LaCour.  UCLA will assess these allegations pursuant to UCLA policy and in a manner that provides due process to Mr. LaCour. »

Below, see a collection of editor’s notes added to news reports because of the questions raised by the study.

1. The Washington Post has added an editor’s note to its story: « Editor’s Note: Since the publication of this post on a study examining how easily people’s minds can be changed concerning same-sex marriage, a co-author has disavowed its findings. Donald P. Green is seeking a retraction of the study from the journal Science, which originally published the research. » Science told iMediaEthics it is reviewing the case.

2. US News added this editor’s note to its Dec. 22, 2014 story that reads: « Editor’s Note: The data used in the study recently were found to have been falsified, » linking to its report on the debunking

3. This American Life retracted its report on the Science study. « Our original story was based on what was known at the time, » This American Life‘s Ira Glass wrote in part. « Obviously the facts have changed. We’ll update today as we learn more. The apparent fakery was discovered by researchers at UC Berkeley and Stanford who tried to replicate the findings in the original study. How they figured it out is a great story in itself. »

4. New York Magazine‘s Dec. 11, 2014 story, « A 20-Minute Chat with a Gay Person Made People Much More Supportive of Gay Marriage » now has this note: « (UPDATE: This study has been retracted by Science. Science of Us has posted an explanation here.) »

5. Bloomberg tacked on an editor’s note to its Oct. 6 story, « How do you Change Someone’s Mind About Abortion? Tell Them You Had One. » That reads:

« EDITOR’S NOTE, May 20, 2015: The findings from the field experiment on attitudes toward gay marriage conducted by UCLA graduate student Michael LaCour described below—which were published in the journal Science two months after Bloomberg Politics reported on the research—have been called into question by co-author Don Green, who yesterday requested that the journal retract the article. ‘Michael LaCour’s failure to produce the raw data,’ Green wrote to the journal’s editors, ‘undermines the credibility of the findings.' »

6. BuzzFeed added an editor’s note to its Dec. 11, 2014 story, « Scientists Report Gay People are the Best at Changing Minds on Marriage Equality. » It states: [Update: The study described in the article below was retracted in May 2015 after the lead author said his co-author faked data. BuzzFeed News reports here.]

7. Business Insider‘s May 12, 2015 story, « How to convince anyone to change their mind on a divisive issue in just 22 minutes — with science, » has this update.  « *Update 5/20: While trying to follow up on the study cited in the story below, researchers have found that some of the data in the original study was falsified. The authors say they’ve requested that the paper be retracted from the journal Science. »

8. Vox retracted its story on the study earlier today, warning readers « don’t believe » it.

9. The New York Times added an editor’s note to its two stories on the study, a spokesperson for the newspaper told iMediaEthics. The editor’s note on The New York Times‘ Dec. 12, 2014 story, « Gay Advocates Can Shift Same-Sex Marriage Views, »  and the New York Times’ Dec. 18 story, « How Same Sex Marriage Effort Found a Way Around Polarization » reads:

« An article on Dec. 12, 2014, reported on a study published by the journal Science that said gay political canvassers could change conservative voters’ views on gay marriage by having a brief face-to-face discussion about the issue. The editor in chief of the journal said on Wednesday that the senior author of the study had now asked that the report be retracted because of the failure of his fellow author to produce data supporting the findings. »

New York Times public editor Margaret Sullivan told iMediaEthics she doesn’t plan to address this issue in her blogs or columns and pointed us to the Times‘ PR.

10. The Los Angeles Times added a note to its Dec. 12, 2014 article « Doorstep visits change attitudes on gay marriage. » That update, at the bottom of the article, states: « May 20, 2015: Science published an ‘Expression of Concern’ about the study reported on here. ‘Serious questions have been raised about the validity’ of the report, which claimed that skeptics of same-sex marriage could be persuaded to accept it after talking with a gay lobbyist for 20 minutes. One of the study’s co-authors, Donald Green, said he no longer has confidence in the data and has requested that the study be retracted. Read our full story here. »

The Los Angeles Times also posted a follow-up story on the news, a spokesperson for the newspaper told iMediaEthics.

11. Mother Jones added an update to its Dec. 18, 2014 story, « How a 20-Minute Conversation Can Convince People with Anti-Gay Views to Change Their Mind, a spokesperson for the magazine told iMediaEthics. The update reads: « The following study was retracted following allegations the data had been faked by a co-author. « I am deeply embarrassed by this turn of events and apologize to the editors, reviewers, and readers of Science, » author Columbia University political science professor Donald Green said. The original article follows but be forewarned that its contents are no longer credible given this revelation. »

12. The Wall Street Journal posted this « note to readers » on its Feb. 25, 2015 story, « Gay Marriage: How to Change Minds. »

« NOTE TO READERS: According to an Associated Press report, data in the Science magazine study to which the article below alludes have come under question, as one of the authors of the study has asked the magazine to retract it. Read the article. »

UCLA and Columbia issued a press release last year touting the study.  iMediaEthics has written to Columbia for comment.

Other outlets that reported on the study without adding a flag to readers about the study’s retraction request as of 3 PM EST are:

UPDATED: 5/20/2015 5:57 PM EST Added responses from UCLA, additional info from the New York Times

UPDATED: 5/20/2015 8:32 PM EST Added response from the Los Angeles Times

UPDATED: 5/21/2015 12:42 PM EST Updated with notes from Mother Jones and Wall Street Journal

Voir de plus:

Des poupées sexuelles touchantes

  21/05/2015

ART – Voilà une artiste dont les muses sont assez surprenantes. À travers une série de clichés, la photographe new-yorkaise Stacy Leigh a souhaité montrer que des poupées sexuelles en caoutchouc pouvaient être touchantes.

Si à première vue, les images peuvent paraître glamour et sexy, il suffit de les observer de plus près pour que cette dimension charmante s’amenuise. Le maquillage, les vêtements et la position des poupées… Tout est mis en scène pour qu’elles ressemblent le plus possible à de véritables femmes.

À l’origine, ces poupées pour adulte grandeur nature sont conçues pour donner du plaisir, mais elles servent aussi à apporter de la compagnie. Stacy Leigh l’explique elle-même au site du Mirror: « L’homme et la femme utilisent tous les deux ces poupées pour remplacer un compagnon humain, que ce soit par choix ou par nécessité. Je pense qu’il n’y a aucun inconvénient à cela, surtout si les journées en deviennent plus supportables ». Au total, Stacy Leigh en possède 12, qui valent chacune 4000 livres sterling (5630.80 euros).

Si la série de photos s’intitule « Américains moyens« , c’est parce que l’artiste de 43 ans tient à interpréter une certaine réalité selon laquelle les humains artificiels finiront par faire partie de notre quotidien.

« Mes photos concernent la vie, les relations amoureuses et la sexualité. Les poupées repoussent certaines personnes, tandis que d’autres sont empathiques envers elle. Au fur et à mesure que le monde devient plus numérique et moins personnel, il sera de plus en plus banal que des poupées et des robots soient utilisés en tant que substituts pour les relations amoureuses. Je peux uniquement espérer que mes photos déclenchent une émotion ou une connexion chez le spectateur« .

Celle qui s’auto-décrit comme une « peintre frustrée » raconte comment elle en est arrivée à utiliser des poupées gonflables comme modèles il y a 10 ans, après avoir regardé une série documentaire télévisée sur HBO, « Real Sex« . Au départ, elle reconnaît que c’était plutôt effrayant.

« Elles avaient un effet étrange sur moi. J’étais empathique à leur égard parce qu’elles avaient l’air si réelles, mais je me suis aussi sentie très mal à l’aide, je sentais qu’elles étaient en train de m’observer », confie-t-elle à nos confrères du Huffington Post américain. Avant d’ajouter: « J’ai ressenti le besoin de montrer à quoi elles ressembleraient si elles étaient intégrées dans notre société ».

Jusqu’ici, les poupées gonflables sexuelles n’avaient rien d’humain. Mais plus elles deviennent réalistes, plus leur popularité augmente. « Les clients peuvent choisir de personnaliser absolument tout, qu’il s’agisse de la couleur des cheveux, des yeux et de la peau, de la taille des seins, et même de la forme et du style du vagin », peut-on ainsi lire sur le DailyMail. Inquiétant, vous avez dit?

Voir par ailleurs:

Dans un accord bilatéral, le Saint-Siège reconnaît « l’Etat de Palestine »
Sixtine Dechancé
La Vie

13/05/2015

Dans un accord bilatéral conclu ce 13 mai avec la Palestine, le Saint-Siège reconnaît clairement « l’État de Palestine ». La signature définitive du texte, qui établit une reconnaissance juridique de l’Eglise catholique dans les territoires palestiniens, devrait avoir lieu dans les jours à venir.

Le président palestinien Mahmoud Abbas sera en effet présent au Vatican les 16 et 17 mai, où il assistera à la canonisation de deux palestiniennes, la carmélite Mariam Bawardi et Soeur Marie-Alphonsine Ghattas, co-fondatrice de la congrégation des Soeurs du Rosaire. Toutes deux nées au XIXe siècle, elles deviendront les premières saintes palestiniennes de l’époque contemporaine. Le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, a souligné l’importance de cet événement, « signe d’espoir » pour la Terre Sainte et le Moyen-Orient « déchirés par la guerre ».

Le texte, qui attend encore d’être signé, est le fruit d’un long travail entre le Saint-Siège et l’autorité palestinienne, depuis l’accord initial qui les a liés en février 2000. Il s’agissait alors de garantir sur le territoire palestinien la liberté de religion et l’égalité devant la loi des institutions et des fidèles de toutes confessions, ainsi que le libre accès aux lieux saints. Ces dispositions sont renforcées dans le nouvel accord, qui permettra à l’Église, selon Mgr Antoine Camilleri, sous-secrétaire pour les relations avec les États, « d’assurer un service plus efficace à la société ».

La référence explicite à « l’État de Palestine » n’est pas une nouveauté pour le Saint-Siège, qui employait déjà cette expression dans ses communiqués diplomatiques depuis 2012 et plaide depuis longtemps pour la « solution des deux Etats ». Néanmoins, le texte de cet accord bilatéral est appelé à faire jurisprudence.

« Il peut être suivi par d’autres pays, même ceux à majorité musulmane, et il montre qu’une telle reconnaissance [de l’Église] n’est pas incompatible avec le fait que la majorité de la population du pays appartient à une autre religion », a assuré Mgr Camilleri dans une interview à L’Osservatore Romano, le quotidien du Vatican.

Pour François Mabille, spécialiste de la géopolitique vaticane, l’accord est à replacer dans le contexte de crise que subissent les chrétiens au Moyen-Orient : « Une reconnaissance de l’Etat de Palestine par le Saint-Siège est un signe fort envoyé aux pays musulmans. C’est un appel à l’apaisement », interprète-t-il. Bien que la démarche s’inscrive dans la continuité de la politique internationale vaticane, le chercheur y voit une nouveauté : « En règle générale, le Saint-Siège reconnaît des pays qui l’ont déjà été par la communauté internationale et les grandes puissances. C’est bien le style du pape François de bousculer ainsi les habitudes. »

Soulignant dans L’Osservatore Romano « le souhait d’une résolution de la question palestinienne et du conflit israélo-palestinien dans le cadre de la solution des deux Etats », Mgr Antoine Camilleri rappelle également qu’un seul de ces deux Etats existe pour le moment  (Israël). Il réaffirme le souhait du Saint-Siège de voir « l’établissement et la reconnaissance d’un Etat palestinien indépendant, souverain et démocratique ».

Dans le quotidien israélien Haaretz, un membre du ministère des Affaires étrangères critique ce geste du Vatican : « Israël est déçu d’apprendre la décision du Saint-Siège de valider un texte d’accord qui mentionne le terme d' »Etat de Palestine » ». « Ce geste ne fait pas avancer le processus de paix, et éloigne même les autorités palestiniennes d’un retour à des négociations directes et bilatérales. Israël va examiner cet accord et étudier une réaction proportionnée », ajoute-t-il.

Voir aussi:

Exclusive: Obama to back Palestinian state at Security Council – payback for Israel’s right-wing cabinet
DEBKA file

May 6, 2015

US President Barack Obama did not wait for Binyamin Netanyahu to finish building his new government coalition by its deadline at midnight Wednesday, May 6, before going into action to pay him back for forming a right-wing cabinet minus any moderate figure for resuming negotiations with the Palestinians.

Banking on Netanyahu’s assertion while campaigning for re-election that there would be no Palestinian state during his term in office, Obama is reported exclusively by our sources to have given the hitherto withheld green light to European governments to file a UN Security Council motion proclaiming an independent Palestinian state. Although Netanyahu left the foreign affairs portfolio in his charge and available to be filled by a suitably moderate figure as per the White House’s expectations did not satisfy the US President.

The White House is confident that, with the US voting in favor, the motion will be passed by an overwhelming majority and therefore be binding on the Israeli government.

To show the administration was in earnest, senior US officials sat down with their French counterparts in Paris last week to sketch out the general outline of this motion. According to our sources, they began addressing such questions as the area of the Palestinian state, its borders, security arrangements between Israel and the Palestinians and whether or not to set a hard-and-fast timeline for implementation, or phrase the resolution as  a general declaration of intent.

Incorporating a target date in the language would expose Israel to Security Council sanctions for non-compliance.
It was indicated by the American side in Paris that the Obama administration would prefer to give Netanyahu a lengthy though predetermined time scale to reconsider his Palestinian policy or even possibly to broaden and diversify his coalition by introducing non-aligned factions or figures into such key posts as foreign affairs.
At the same time, both American and French diplomats are already using the club they propose to hang over the Netanyahu government’s head for gains in other spheres.

French President Francois Hollande, for instance, the first foreign leader ever to attend a Gulf Council of Cooperation summit, which opened in Riyadh Tuesday to discuss Iran and the Yemen war, used the opportunity to brief Gulf Arab rulers on Washington’s turnaround on the Israeli-Palestinian issue.

And US Secretary of State John Kerry plans to present the Obama administration’s new plans for Palestinian statehood to Saudi leaders during his visit to Riyadh Wednesday and Thursday, May 6-7. Kerry will use Washington’s willingness to meet Palestinian aspirations as currency for procuring Saudi and Gulf support for a Yemen ceasefire and their acceptance of the nuclear deal shaping up with Iran.

Voir également:

Le règne de la vertu – La dictature de Robespierre
Louis Madelin
Revue des Deux Mondes tome 1, 1911

Le 16 germinal an II, Jacques Danton montait à l’échafaud avec ses « complices ; » le 4 du même mois, Jacques Hébert et sa « bande » avaient péri. Seuls, depuis le lamentable effondrement des Girondins, Hébert et Danton gênaient, à des degrés divers, l’omnipotence de Robespierre. Leur sang semblait donc pour longtemps cimenter le pouvoir de Maximilien et je peux dire son sacerdoce ; ce sang impur n’était-il pas offert en holocauste à l’Etre Suprême, trop longtemps offensé par l’athéisme et l’immoralité de ces scélérats ? Les « victoires » du 4 au 16 germinal, ne nous y trompons point, ne sont pas seulement celles d’un homme, ni même d’une politique : voyons-y le passager triomphe d’une secte religieuse. Désormais la « Vertu » l’emporte et, avec elle, Dieu ressuscita. Jusqu’au 9 thermidor, quatre mois durant, la France va connaître le gouvernement le plus singulier et d’ailleurs le plus effroyable, celui qui fera rouler des têtes au nom d’une mission divine.

I
Certes, depuis plus de huit mois, Robespierre semblait l’homme le plus puissant du pays. Après avoir, avec l’appui de Danton, précipité les Girondins du pouvoir, il avait, le 10 juillet 1793, fait éliminer Danton du Comité de Salut public où un instant celui-ci avait paru régner ; Maximilien y avait prudemment, — c’était sa façon, — fait entrer ses amis, puis le 27 juillet, la majorité lui étant assurée, s’y était fait élire. Et depuis lors, il semblait, de cette célèbre salle verte du Pavillon de Flore, où besognait le terrible Comité, dominer la Convention et le pays.

Il s’en fallait cependant qu’avant le printemps de 1794, il pût tout diriger. Il avait dû assister presque impuissant aux « intrigues des factions » et presque à leur triomphe. Plusieurs fois, la Convention avait failli faire rentrer Danton au Comité et sa faction d’indulgens ; par ailleurs, Maximilien avait dû, la rage au cœur, accepter cet opprobre : le triomphe momentané de la faction des exagérés, ces Hébertistes transgressant les dogmes qui lui étaient chers et froissant ses sentimens les plus intimes. Enfin, des provinces où ils desservaient sa politique, les proconsuls l’avaient presque bravé, des « pourris » par surcroît, que son incorruptibilité vomissait et que soutenaient les « factions » de Paris.

Le « règne de la Vertu » ne s’établit donc pas en un jour et il importe de voir de quelle réaction la redoutable dictature parut le fruit : l’Eglise robespierriste avait été militante et même souffrante, avant d’être, pour une heure, triomphante.

Eglise ! Le mot s’impose à nous, mais il avait déjà cours. Son chef et ses apôtres suffisent à marquer d’un caractère vraiment sacerdotal cette singulière confrérie.

Interrogeait-on sur Robespierre un des séides qui l’entouraient, il répondait : Maximilien est l’homme de la vertu.

Il était l’homme de la vertu : probe, chaste, moral, il avait, de l’aveu de Danton, étonné, « peur de l’argent ; » il avait plus peur encore de la femme, et, en ayant la peur, il en avait la haine. Cette phobie était avérée : si, en décembre 1793, une « patriote » pourtant pure, Emilie Laroche, plaide près de lui la cause de Hérault de Séchelles, on écrit : « Il n’y fera pas attention : c’est d’une femme. » Bien au contraire, telle intervention suffirait à perdre le bel Hérault, spécialement haï parce que lui, au contraire, pratique la femme. On dira de Maximilien qu’il est « un prêtre : » par certains côtés il semble plus : quelque moine fanatique persuadé que la femme est « la bête de perdition » destinée à dégrader l’homme et à le faire tomber : il n’a ni épouse ni maîtresse ; il méprise qui se laisse conduire par la maîtresse ou l’épouse : Danton, Hébert, Desmoulins, Tallien, Barras, Fréron encourent à bien des titres sa rancune, mais il déteste spécialement en eux des hommes « avilis » que conduisent des femmes. Mme Roland l’a littéralement exaspéré : nul n’a plus contribué que lui à mener à l’échafaud l’héroïque Manon. C’est lui qui, d’ailleurs, y jettera Lucile Desmoulins qui l’a longtemps cru son ami, et la « veuve Hébert, » après la « veuve Capet. » Et c’est lui encore qui, à la veille de Thermidor, y acheminera, avec une sorte de joie cruelle, cette belle fille de Thérézia Cabarrus, la maîtresse de Tallien. Si, de sa prison, elle réclame moins de gêne : « Qu’on lui donne un miroir, » ricanera-t-il. Et on sent passer, dans cette raillerie, la haine de cette beauté féminine qui a stupidement ensorcelé Tallien, hier « pur. » Il n’est pas jusqu’à sa sœur Charlotte qu’il n’ait, d’une main froide, écartée de sa vie. Pour la première fois, ce pays de France, sentimental et rieur, est gouverné par un ennemi de la femme et du rire.

Il n’est pas laid cependant, ce Maximilien : les demoiselles Duplay, dont il est l’hôte, le trouvent charmant et le lui font bien voir ; la citoyenne Jullien dont, à la vérité, les lettres sont celles d’une fanatique du prophète, lui trouve « les traits doux ; » et, de fait, aucun portrait ne révèle « la figure de chat » dont parle aigrement Buzot. Son portrait par Danloux nous présente un jouvenceau élégant, à la taille mince, aux traits à la vérité un peu forts, le nez et les lèvres trop larges, mais, en dernière analyse, de physionomie fort peu antipathique. Les yeux, sans doute, clignotaient derrière des besicles bleues ; c’était, disait-on, pour ne se point laisser pénétrer : au demeurant, d’une correction parfaite, les cheveux frisés, poudrés, les joues toujours soigneusement rasées, le petit corps maigre bien pris dans une redingote bleue ou marron qu’il porte sur la veste de casimir, chemise brodée à jabots, manchettes toujours blanches, ce sans-culotte se culotte de soie, trop fier pour sacrifier au débraillement républicain. Jusqu’au bout, les effets resteront sans taches, jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à cette horrible matinée du 10 thermidor où il viendra s’échouer, éclaboussé de sang et d’ordure, en lambeaux, sur la table du Comité de Salut public, en attendant l’échafaud : « habit de drap de Silésie taché de sang, » lit-on dans l’inventaire du greffe. Sa chambre aux rideaux bleus, son cabinet, où il peine cependant (car sa littérature sent l’huile), sont toujours bien rangés, — remplis d’ailleurs (plusieurs témoins signalent ce trait) de ses portraits et de ses bustes : on y voit Maximilien « sous toutes les formes. »

Le trait est à retenir. Maximilien est avant tout personnel. Nul n’a porté plus haut l’orgueil d’être soi. « Vertueux, » il a reçu du Très-Haut mission de faire régner la vertu. Infortune affreuse, voici la France aux mains d’un de ces terribles missionnaires qui sévissent de temps à autre pour écraser « les impies » et les « corrompus, » les « Amalécites, » disait Cromwell, bref les « non-conformistes. » Ce sont les pires tyrans. A une mission surnaturelle la nature même doit être sacrifiée : Robespierre lui sacrifiera tout, et d’abord l’amitié, la reconnaissance, la tendresse. De Camille Desmoulins, son vieux camarade de Louis-le-Grand, à la petite Lucile au mariage de laquelle il a servi de témoin ; de Brissot, avec lequel il a probablement grossoyé chez le procureur, à Danton dont il sait fort bien qu’il fut un loyal compagnon de luttes, il n’hésitera jamais à jeter un ami sous le couperet. Sa sœur put penser qu’il l’y voulait envoyer. Au fond, il n’aimait personne, parce qu’il se vénérait.

« Etre atroce qui ment à sa conscience, » a écrit de lui la vindicative Manon Roland. Non ! Il obéit, au contraire, à sa conscience ; pénétrée de sa mission, cette conscience lui commandera la calomnie (contre les Girondins notamment) et jusqu’au faux (s’il s’agit de perdre un Hérault de Séchelles contre lequel il forge une pièce) : c’est qu’il ne s’agit point aux yeux de Maximilien de frapper un ennemi personnel : son ennemi est « l’ennemi de la vertu. »

D’ailleurs, aucun doute : s’il incarne la vertu, il tient la vérité. D’où une sorte de sérénité : celle d’un prêtre infaillible : le caractère frappe, dès 1792, qui l’approche. « Robespierre est un prêtre, » a-t-on écrit alors (probablement le mot est-il de Condorcet) : un prêtre et presque un prophète du nouveau Millénaire. « Il y avait en cet homme-là du Mahomet et du Cromwell, » dit un conventionnel. Du pontife il a l’impassibilité. Certes, il n’est pas immuable, étant, ainsi que l’écrivait récemment un excellent historien, M. Sagnac, « grand opportuniste ; » il n’est pas immuable dans ses attitudes, mais il l’est, au fond, dans l’idée maîtresse de sa vie. Il y croit sincèrement, et sa force est dans sa sincérité. Il n’est pas l’ « hypocrite raffiné » que Bossuet a flétri en Olivier Cromwell. Se tenant pour l’homme de la Liberté, de la République, de la Révolution, il estime en toute candeur que quiconque lui fait obstacle est l’ennemi de la Révolution, de la République et de la Liberté. Or lui fait obstacle quiconque excite sa « bilieuse jalousie : » qui a plus de talent et de succès, plus d’audace et plus d’entregent, lui porte nécessairement ombrage. Sa jalousie inquiète multiplie ses ennemis : ce sont ceux de la Patrie. Celui qui n’est pas avec lui est contre elle.

Le prophète proclame des dogmes. Tout d’abord, la Terreur soutenant la Vertu et la Vertu justifiant la Terreur. Le 25 décembre, le dogme fondamental a été proclamé par le pontife infaillible. « Le ressort du gouvernement populaire dans la paix est la Vertu ; en révolution, il est à la fois la Vertu et la Terreur. » Certes, il n’a inventé ni le système ni le mot. Dès le 5 septembre, « les sections de Paris » sont venues demander qu’on « plaçât la Terreur à l’ordre du jour » et, depuis l’été de 1793, Fouquier-Tinville expédie à Sanson « gros et petit gibier. » Ce n’est cependant que du jour où la doctrine a été proclamée par l’Incorruptible sainte, pure et indiscutable, que « l’activité du tribunal » a redoublé. Alors commencent les belles fournées de l’hiver de l’an II qui deviendront « magnifiques » une fois les Indulgens supprimés en germinal (155 victimes en germinal, 354 en floréal), et formidables, quand la loi de Prairial, qu’on peut appeler la loi Couthon-Robespierre, permettra à l’accusateur public d’envoyer, en quarante-sept jours, 1 366 « cliens » au « rasoir national. »

Il serait injuste de faire de cet homme le bouc émissaire de la Terreur. Des proconsuls qu’il n’aimait pas, Carrier, Lequinio, Tallien, Barras, Fréron, Fouché, Collot d’Herbois, Javogue, Le Bon, Schneider, faisaient à Nantes, Lorient, Bordeaux, Toulon, Marseille, Lyon, Amis, Strasbourg, tomber des têtes avant que Paris connût « les belles fournées d’aristocrates. » Mais s’il parut un jour les blâmer, c’est moins d’avoir terrorisé, que d’avoir terrorisé « sans vertu. » De toutes parts, le monde infâme que la Terreur exaltait jusqu’à la démence avait les yeux fixés sur lui avec une sorte de gratitude. Tyranneaux subalternes et délateurs immondes l’adoraient parce qu’il leur avait appris que, forgeant des fers et répandant le sang, ils servaient « la Loi, » « la Patrie, » la Vertu » surtout. « Quelles délices tu aurais goûtées, a écrit un de ces misérables, Achard (de Lyon où l’on mitraille) : quelles délices tu aurais goûtées, si tu eusses vu, avant-hier, cette justice nationale de 209 scélérats ! » et la lettre adressée à un ami du « grand patriote » se termine par : « Le bonjour à Robespierre. » Ils l’adorent tous.

C’est que Robespierre a proclamé ces mouchards, ces geôliers et ces bourreaux, les « hommes de la Vertu. »

Deux autres dogmes cependant seront proclamés ex cathedra : la croyance à l’Etre Suprême, sanction de la vertu, satisfaction donnée aux « âmes pures » et aux élans vers le ciel du Vicaire savoyard, et, par ailleurs, le respect de la propriété sacro-sainte, fondement de l’Etat et de la République ; car, s’il a pu, à certaines heures, paraître mériter, par des concessions purement verbales, les félicitations de la Société des indigens, Maximilien restera, de 1789 à 1794, socialement parlant, un conservateur.

Déiste et conservateur, il l’est avec le même dogmatisme que moraliste et terroriste, c’est-à-dire qu’il se sent une sorte de haine contre les non-conformistes en matière sociale et religieuse comme en matière politique. « Mauvais citoyen, » certes, celui qui prêche « l’indulgence » ou qui, sans vertu, pratique la terreur, mais « mauvais citoyen » aussi qui nie l’existence de l’Etre Suprême et « mauvais citoyen » qui ose prêcher le partage des terres. Telles dispositions lui font apercevoir un monde de « scélérats. » Dans ce pays où, s’est-il écrié en janvier 1793, « la vertu est en minorité ; » mais plus précisément dans cette Convention où Danton et Hébert ont tant d’amis, que peu d’élus au regard de tant de réprouvés ! Sa sombreur s’en augmente. Son maître Rousseau dont il commente le soir, aux enfans du menuisier Duplay, l’œuvre immortelle, « comme un curé de village, dit Barras, explique l’Evangile à ses paroissiens, » entend que les non-conformistes soient chassés de la Cité. Le prophète appliquera la doctrine du Dieu, mais de terrible manière ; ce n’est point seulement hors de la Cité que seront jetés ces scélérats, mais sous le couteau. Au fond ces « scélérats ». soiit des hérétiques, car Robespierre, comme Torquemada, est, suivant le mot ironique de M. Aulard, « le maître de la vérité. »

« La vertu a toujours été en minorité ! » Robespierre ne compte que sur quelques amis, surtout à la Convention : Couthon, Saint-Just, Le Bas. Ce sont les séides de ce Mahomet, les émirs du Prophète.

Couthon plaît à Maximilien par son spiritualisme : lui a non seulement lu le Vicaire savoyard, mais il l’a paraphrasé. Ce n’est pas sans quelque regret que le représentant du Puy-de-Dôme a vu disparaître « messieurs les curés » dont, à la fin de 1791, il louait encore « le zèle et la délicatesse ; » il a toujours protesté que, loin de travailler contre « la religion de nos pères, » les députés travaillaient pour elle « par le rétablissement des mœurs. » Car s’il est religieux, il l’est avec ce puritanisme qui est vraiment la marque du groupe : ce malheureux Couthon, à dire vrai, a peut-être moins de mérite qu’un autre à être de mœurs pures, infortuné qui s’avoue cousu de maux, geint en toutes ses lettres sur son sang avarié et ses jambes recroquevillées, et ne quitte sa voiturette de cul-de-jatte que pour se faire porter à la tribune. A la veille de Thermidor, c’est lui qui, fort de ses bonnes mœurs, dénoncera avec âpreté « les hommes impurs qui cherchent à corrompre la morale publique sur le tombeau des mœurs et de la vertu. » Mais dès 1793, il a admis que « la religion était l’appui des bonnes mœurs, » et si, à l’automne de cette année-là, il a supprimé le culte catholique, c’est avec les considérans d’un puritain d’Ecosse abolissant le presbytérianisme après le papisme : car louant « l’architecte » qui « maintient l’harmonie dans la nature » et dont nous sommes « les enfans, » il affirme n’avoir « détruit la religion des prêtres » que pour instaurer « la religion de Dieu. » Ce « Dieu de vérité » qu’il salue du haut de la tribune, il trouve sa main partout. Nul orateur « clérical » n’a aussi souvent fait appel au Très-Haut et discerné sa dextre : c’est le Très-Haut qui « servant mieux la Révolution que les hommes » a « rappelé » Léopold d’Autriche, ennemi de la France ; et c’est Lui qui, inondant de soleil la fête de la Victoire en 1794, a marqué sa prédilection aux républicains, en « ouvrant pour la première fois depuis longtemps son œil bienfaisant. »

Personne n’a, plus que ce singulier Jacobin, entretenu Robespierre dans cette sorte de mysticisme déiste que le groupe imposera, nous le verrons, aux agens subalternes à l’heure des passagers triomphes. Personne aussi ne contribue plus à donner à cette religion un caractère sombre et terrifiant. L’infirme qu’aigrit son malheur et auquel ses maux font pousser parfois en pleine assemblée des cris de douleur, ne saurait être un souriant apôtre. Dans ses lettres nous le trouvons hanté jusqu’au délire par la crainte des éternels conspirateurs : « Le nombre des complices est immense… Patience, ajoute-t-il, nous saurons délivrer la République de tous ses ennemis. »

Le vrai séide n’est cependant point Couthon, c’est Saint-Just, qu’on appellerait l’enfant de chœur de cette église (il a vingt-cinq ans en 1794), s’il n’était fort supérieur à Robespierre en intelligence et en talent. « Esprit de feu, cœur de glace, » le mot est de Barère et paraît exact. Ce joli garçon, dont Greuze a laissé un charmant portrait, est « un terrible adolescent. » Les Robespierristes eux-mêmes en gardaient un souvenir terrifiant. « Son enthousiasme résultait d’une certitude mathématique, écrit l’un d’eux, Levasseur de la Sarthe… Pour fonder la République qu’il avait rêvée, il aurait donné sa tête, mais aussi cent mille têtes d’hommes avec la sienne. » L’ex-conventionnel Baudot nous le peint, vibrant et coupant, « ne parlant que par sentences. » Orgueilleux jusqu’au miracle, il « portait sa tête comme un Saint-Sacrement : » ne riant qu’ironiquement, il rebutait et alarmait. Audacieux et inflexible, il dépassait Robespierre, — s’il était possible, — en dogmatisme. Nouveau venu à la « vertu » (il avait, dans sa prime jeunesse, composé un poème érotique et commis plus d’une peccadille), il savait parler de la morale mieux qu’homme du monde. « Voyant des criminels dans tous les dissidens, » dit un conventionnel, il flattait l’idée favorite de Robespierre. Il avait épaulé celui-ci, mais le poussait : moins « légaliste » que Maximilien, il était l’agent des exécutions, « le chevalier porte-glaive, » dit M. Claretie. Il eût renié le Maître, si celui-ci avait faibli.

Quant à Le Bas, son fanatisme a quelque chose d’émouvant. Aveugle lorsqu’il s’agissait de Robespierre, ce jeune Le Bas livre, dans ses lettres à Elisabeth Duplay, sa fiancée, puis sa femme, une âme ingénue : pour servir le Maître, il sacrifie tout, s’arrache en soupirant de son idylle, mais sans hésiter, et, après lui avoir voué sa vie, se vouera pour lui à la mort, sachant que tous, là-bas chez les Duplay, l’approuveront, la jeune femme, la belle-sœur, le papa et la maman Duplay. Vraiment les seuls prophètes trouvent de tels serviteurs et les grands égoïstes de tels amis.

II
Le reste du monde politique, Robespierre l’avait en méfiance, surtout en cet hiver de 1793-1794 où la Convention semblait encore subir l’influence de Danton tantôt, et tantôt de l’Hôtel de Ville hébertiste. En somme, tout ce monde lui paraissait tenir en échec la Vertu.

Grand réaliste en face de cet idéaliste presque mystique, brutal, violent, mais parfois généreux, impulsif, autant que l’autre était calculateur, Danton est l’antithèse de Robespierre. Capable de folles colères suivies de prompts retours, d’actes de prodigieuse énergie et d’inexplicables nonchalances, c’était pour Maximilien un adversaire redoutable, mais dont la cuirasse de bronze présentait vingt défauts. Robespierre le tenait pour improbe. Avait-il tort ou raison ? Danton peut-être ne tripota pas, mais couvrit plus d’un tripotage. En cette âme tumultueuse et trouble on découvre, pêle-mêle, dans une lave incandescente des métaux précieux et d’horribles scories. Assurément, on volait autour de lui et l’on jouissait. Lui, truculent, ardent, aimant la femme, — plus particulièrement la sienne, les siennes, car il en eut deux qu’il adora follement, — se plaisant à la ripaille, vrai personnage de Shakspeare, fanfaron de vices et parfois de crimes, paraissait assurément s’éloigner fort de « l’homme de la Vertu. » Il plaisantait d’ailleurs ceux que son ami Chabot (celui-là un vrai voleur) appelait « les catonistes, » et toute cette famille Duplay où prêchait Robespierre, un sot qui fanatisait ces belles filles au lieu de les aimer et transformait en Spartiates et en Romaines ces petites Parisiennes : « Cornélie Copeau, » disait-il en riant de la fille du menuisier, platonique et grave amoureuse.

Au fond, c’étaient ces railleries que Robespierre ne pardonnait pas, et moins encore le génie de ce Danton qui vraiment, à nos yeux, domine de cent coudées l’étroit politicien. Mais il affectait d’être avant tout scandalisé des « mœurs » de son adversaire : un « scélérat, » dira Couthon, qui pratiquait un « système d’immoralité, d’athéisme et de corruption, » et particulièrement avait affirmé — abominable chose, — qu’après la mort, l’homme rentrait dans « le néant. »

En fait Danton paraît bien avoir été athée, sans d’ailleurs avoir jamais voulu ériger en doctrine un sentiment tout personnel. Libre penseur, il n’était pas fanatique. Les prêtres ne l’occupaient pas : il en avait laissé massacrer une centaine aux Carmes sans remords, mais quand, en pleine Terreur, sa fiancée (bonne catholique), avait entendu faire bénir leur union par un « réfractaire, » il y avait consenti. Il n’était point pour une Eglise d’Etat, pas plus la constitutionnelle que la catholique, et pas plus le culte de la Raison que celui de l’Être Suprême. Il pensait que chacun devait vivre à sa guise et, Robespierre étant partisan de l’école obligatoire (pour ne citer qu’un trait), Danton la voulait libre. Mais cette facilité de doctrine même, Robespierre la tenait pour immorale. En toute sincérité, il tenait pour un médiocre républicain ce Danton, dix fois plus « libre penseur » que lui.

D’autre part, depuis quelques mois, en cet hiver de l’an II, — ce terrible Danton encourait à d’autres titres l’excommunication majeure. Ne voulait-il point qu’on mît fin à la Terreur, lui l’homme qui avait presque assumé la responsabilité des massacres de Septembre ? Ce dessein était connu. Au scandale des purs, Danton prônait « l’indulgence. » Lorsque, après la condamnation des Girondins, Camille Desmoulins était venu, en pleurs, se jeter dans ses bras, criant : « C’est moi qui les tue ! » Danton avait pleuré avec lui, et, un soir, passant sur le Pont-Neuf, il avait, dans une sorte d’hallucination, montré à Camille la Seine qu’éclairait le soleil couchant : « Regarde : la Seine coule du sang. Ah ! c’est trop de sang versé. Allons, reprends ta plume et demande qu’on soit clément. » Desmoulins l’avait entendu. Lui aussi avait autrefois allumé les incendies ; mais, depuis des mois, il restait consterné du désastre : « Ce pauvre Camille, » avait écrit de lui le puissant Mirabeau. Il restait « ce pauvre Camille, » enfant terrible, journaliste d’élan, ne calculant rien, âpre folliculaire en 1789, dont un charmant mariage avait adouci l’âme ulcérée, en le dotant d’ailleurs de quelques rentes. Danton ayant parlé, Camille avait lancé son terrible Vieux Cordelier qui prenait à la gorge le Père Duchesne, organe ignoble de l’Extrême Terreur, en attendant qu’il flétrît, avec la basse délation et la terreur sanglante, toute la clientèle de Robespierre.

Robespierre avait cependant, lors de l’apparition du Vieux Cordelier, détourné pour un instant de la tête de Desmoulins les foudres des Jacobins. C’est qu’il lui plaisait que les amis de Danton éventrassent ceux d’Hébert. Il les voulait tous détruire : le Père Duchesne jeté par terre, on tordrait le cou au Vieux Cordelier. Le Père Duchesne, en effet, c’était Hébert, c’était Chaumette, c’était leur Commune « exagérée, » c’était le communisme et l’athéisme affichés et un instant triomphans.

La Commune de Paris, sous l’inspiration d’Hébert et de Chaumette, semblait en effet, — sur le terrain social et religieux, — résolue à consommer ce que leur ami, le citoyen Fouché de Nantes appelait dans ses proclamations de proconsul, à Moulins et Nevers, puis à Lyon, « la Révolution intégrale. »

C’est en effet Fouché, futur millionnaire, qui, en Nivernais et en Bourbonnais, avait, dès l’été de 1793, pris une attitude si démagogique qu’elle avait déconcerté l’Eglise orthodoxe que présidait Maximilien, mais fort exalté l’Hôtel de Ville de Paris. Le futur duc d’Otrante avait, en ces riches provinces du Centre, prêché « la révision des fortunes, » « la guerre au négotiantisme, » « le partage des fruits de la terre, » « l’obligation pour la République d’occuper le travailleur, » tout cela pour faire triompher la formule maratiste : « La richesse et la pauvreté doivent également disparaître du régime de l’égalité. »

Chaumette, fort lié avec Fouché, l’avait poussé, puis suivi. La Commune avait félicité le proconsul et était entrée dans- ses voies : il fallait « inviter la nation à s’emparer de tout le commerce, de toutes les manufactures et à l’aire travailler pour son compte. » Hébert soutenait fort cette doctrine : si Chaumette était le théoricien de l’Hôtel de Ville, lui était le maître, puissant surtout par son terrible Père Duchesne, la feuille la plus répandue de Paris. On entendait convertir Robespierre à l’idée de « faire disparaître, lui écrivait-on, l’aristocratie mercantile. » Mais derrière le mot de révolution intégrale, Maximilien lisait le mot de révolution sociale. Rien ne pouvait plus froisser ses persistans principes de bourgeois conservateur que ces théories extrêmes : elles ne venaient pas de lui et cela eût suffi à les lui faire détester. Il regardait avec une irritation croissante les Hébert, les Chaumette, les Fouché favoriser la révolution communiste et y conquérir, chose grave, une partie de sa clientèle à lui.

Par surcroît, un autre mouvement, parti des mêmes milieux, l’offusquait jusqu’au scandale. On entreprenait la déchristianisation par le triomphe de la Raison. Et tel fait doit nous retenir un instant, car ce mouvement suivi d’une réaction violente permet de saisir le caractère exact de la lutte qui va s’engager, presque exclusivement religieuse.

Dès l’abord, — et c’est ce qui explique ces essais de culte, — la Révolution avait été marquée d’une indéniable tendance à s’ériger en religion ; 1789 est, somme toute, le point de départ d’une crise de mysticisme civique. MM. Tiersot et Mathiez, l’un étudiant plus spécialement les rites et l’autre la doctrine, ont parfaitement démontré à quel point, dès les premières heures, le Verbe s’était fait religieux, et rien ne serait plus intéressant que de résumer ici leurs édifiantes études : évolution des cultes et des dogmes, extension et transformation des fêtes où les Mehul et les Gossec mêlent une sorte de musique sacrée au son du canon et aux hymnes patriotiques.

L’organisation de l’Église constitutionnelle, « l’Eglise tricolore, » avait été un autre essai pour créer un culte révolutionnaire sans se détacher de ce que Couthon appelait encore en 1791 « la religion de nos pères. » Cet essai, on le sait, échouait lamentablement en 1791. L’Eglise artificielle, imposée par la Constitution civile, se dissolvait ; des prêtres jureurs avaient rallié le « papisme, » et d’autres avaient achevé leur évolution en se défroquant ; Grégoire soutenait avec peine les ruines branlantes du sanctuaire « tricolore. »

L’entreprenante Commune de Paris hâtait cette dissolution. De l’Hôtel de Ville, on méditait d’organiser, sur les débris de toutes les religions déistes, le culte païen de la Raison ou de la Liberté.

A cette entreprise Hébert prêtait son nom : le vrai instigateur fut pourtant bien Chaumette. C’était un aventurier que ses mœurs, — si j’en crois les gens bien informés, — eussent de nos jours conduit en cour d’assises (à huis clos). Lui aussi parlait de « la vertu, » mais il pratiquait le vice rare. Anaxagoras Chaumette se fût ici sans doute recommandé des philosophes grecs : comme eux, par ailleurs, il entendait déloger les dieux. Il fallait entre autres évincer le Christ. On commença à Paris par décrocher des clochers « les breloques du Père Éternel » dont on entendit faire des canons et des sous ; puis on parla d’abattre les clochers eux-mêmes, qui, « par leur domination sur les autres édifices, semblaient, écrivait-on à l’Hôtel de Ville, contrarier les principes de l’Egalité. » Le théâtre se mit à ridiculiser l’ancienne religion dans le Tombeau des Imposteurs et l’Inauguration du temple de la Vérité où une grand’messe était, sur la scène, chantée en parodie.

La Convention ne sembla pas tout d’abord portée à favoriser cette campagne. C’étaient cependant certains de ses membres qui avaient, les premiers, en province, tenté de substituer, dès l’automne de 1793, au culte chrétien le culte civique : Dumont à Abbeville, Fouché à Nevers, Laignelot à Rochefort, et bien d’autres. Sous l’inspiration de Chaumette, venu à Nevers, Fouché avait, par un célèbre arrêté, aboli le ciel, le purgatoire et l’enfer, en proclamant la mort « sommeil éternel. »

Le mouvement se généralisa : on se mit à brûler un peu partout « les vierges à miracles » et à rafler « l’argenterie des églises. » Entre les mains de Fouché l’évêque de l’Allier abjura- ; Gobel, évêque de Paris, allait l’imiter. Il y eut des détails grotesques : tel converti se lava la tête en plein club pour « se débaptiser » et, solennellement, Bechonnet, ci-devant prêtre, divorça publiquement d’avec son bréviaire.

Encouragée, la Commune pesait sur la Convention où, appuyé par Robespierre et même par Danton, l’évêque Grégoire résistait très courageusement à la poussée. Mais les « héberistes » de l’Assemblée faisait rage, gens dont Grégoire affirme qu’ils lui amenaient leurs femmes à confesse et leurs enfans à baptiser, mais publiquement « blasphémaient contre la révélation. »

Fouché envoyait des caisses de calices et de crucifix qu’on déballait devant la tribune. Cette opération grisait d’iconoclastie l’Assemblée. Lorsque, après un de ces « inventaires, » Gobel, traîné par Chaumette à la barre de l’Assemblée, s’y fût venu défroquer, la Convention, un instant conquise, céda. Le président, félicitant l’ex-évêque de Paris, déclara que l’Être suprême « né voulait pas de culte que celui de la Raison… et que ce serait désormais la religion nationale. »

Chaumette incontinent fit décider par la Commune que, « pour célébrer le triomphe que la Raison avait, dans cette séance, remporté sur les préjugés de dix-huit siècles, » on célébrerait, le 20 brumaire, une cérémonie civique « devant l’image de cette divinité, dans l’édifice ci-devant église métropolitaine. »

On a maintes fois décrit cette célèbre fête et comment une Liberté, empruntée à l’Opéra, siégea sur l’autel de la Raison. La Convention s’étant, sous prétexte de travail, refusée à assister à la fête, un cortège (extrêmement mêlé) amena la déesse aux Tuileries, et, en sa gracieuse présence, força l’Assemblée à décréter que Notre-Dame deviendrait à jamais Temple de la Raison. Bientôt Libertés et Raisons pullulèrent à Paris et dans les départemens, vierges folles trop souvent (à côté de quelques « déesses » dont le nom étonne) : si l’une de ces Libertés portait sur son front une banderole ornée de ces mots : « Ne me tournez pas en licence, » le conseil n’eût été presque nulle part superflu, car partout s’organisaient de répugnantes saturnales.

Tout cela froissait Robespierre. Lorsque, dès frimaire an II, un de ses hommes, Payan, dénonçait « ces déesses plus avilies que celles de la Fable, » il applaudissait au propos. Collot d’Herbois lui-même, sermonné au Comité, flétrissait « cette Raison postiche qui courait les rues avec les conspirateurs (les Hébertistes déjà menacés) et terminait avec eux leurs prétendues fêtes dans de licencieuses orgies. » Couthon, à la fête de la Victoire, tint des propos fort déistes. Enfin Maximilien lui-même prononçait le 1er frimaire au club ce discours célèbre où il proclamait « toute populaire… l’idée d’un grand Être qui veille sur l’innocence opprimée et qui punit le crime triomphant ; » le 16, il faisait condamner par la Convention « les extravagances du philosophisme. » « Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer, » avait-il, entre autres propos, affirmé péremptoirement.

Brusquement, le culte de la Raison oscilla sur ses autels. A Paris, Chaumette et Hébert étaient menacés et dans les départemens où quelques Raisons, fort prudemment, regagnaient, qui les coulisses du théâtre, qui te foyer familial, les proconsuls « athéistes » se sentirent en détresse. Robespierre avait résolu de les faire rappeler, ces misérables et indignes satrapes qui, non contens de pratiquer des « mœurs » contraires à la vertu, expulsaient de son presbytère jusqu’au vicaire savoyard.

Pour les abattre plus sûrement, il fallait abattre leurs protecteurs de Paris, ces « conspirateurs, » ces « scélérats » qui, écrira Couthon, « adoptaient le système absurde et désespérant du néant : » Danton et ses hommes, Hébert et ses complices.

Comment Robespierre les abattit dans les journées de Germinal, nous n’avons pas à le raconter ici. Remarquons seulement que le double procès eut un caractère nettement « moral. » Contre les Hébertistes, il fut vraiment impossible d’articuler un grief sérieux, sauf celui d’avoir eu de mauvaises mœurs ou d’avoir ébranlé celles d’autrui « par la religion de l’athéisme ; » Gobel, qui les suivra à l’échafaud, n’y sera conduit, somme toute, que pour avoir foulé aux pieds sa crosse ; et quant à Chaumette, il est assez caractéristique qu’il se vit reprocher en plein tribunal par le président, Robespierriste fervent, d’avoir démoralisé l’esprit public en supprimant les messes de minuit, le 25 décembre 1793.

Contre les Dantonistes, tels reproches n’étaient pas de mise : Danton lui-même avait, à la Convention, montré quelque dégoût pour « les mascarades » de la Raison. Contre eux, on ne vengea pas l’Être Suprême, mais « la Vertu. » N’ayant à formuler aucun reproche précis contre Danton, on l’accusa de conspiration réactrice, ce qui lui arracha ces magnifiques réponses où l’ironie se mêlait à l’indignation et qui font de son procès une des scènes les plus prodigieusement intéressantes de ce drame révolutionnaire ; mais on avait eu soin de l’entourer d’amis compromettans : Fabre, Chabot, Hérault et autres, dont « l’improbité » ou « l’immoralité » paraissaient établies. Ces « scélérats » salissaient le puissant tribun de leurs « vols » et de leurs « débauches. »

Et c’est pourquoi, lorsque, le 16 germinal, la tête de Danton roulait, douze jours après celle d’Hébert, dans le panier de Sanson, la Vertu était tenue pour triomphante et le Vice pour terrassé.

La veille de cette bataille décisive, Couthon avait écrit (il était certainement l’écho de son milieu) : « Si l’Enfer est contre nous, le Ciel est pour nous et le Ciel est maître de l’Enfer. » La maison des Duplay devenait un Vatican contre lequel les portes de l’enfer ne pouvaient prévaloir.

III
« Le ciel » étant resté « maître, » Robespierre paraissait désormais le chef incontesté. Les dogmes triomphaient avec le pontife. L’Europe (Sorel l’a admirablement montré), l’Europe, mal instruite de sa personnalité, crut qu’un Cromwell était né : de Vienne à Londres, de Pétersbourg à Naples, on affirmait qu’il allait mettre fin à la Révolution.

Il n’y songeait point. De cerveau médiocre et d’âme rétrécie, il n’était pas fait pour concevoir une grande tâche. Il ne pensait toujours qu’à s’assurer contre « ses ennemis, » — ceux de la République s’entend. Qui étaient-ils ? Son vicaire l’a proclamé à la Convention. Il faudrait reproduire ici le discours de Saint-Just où tient tout un programme, non de restauration, mais d’extermination : « Ce qui constitue la République, c’est la destruction de tout ce qui lui est opposé. On est coupable contre la République parce qu’on s’apitoie sur les détenus ; on est coupable parce qu’on ne veut pas de la vertu ; on est coupable parce qu’on ne veut pas de la terreur… » Chaque phrase livrait des centaines de têtes à Fouquier-Tinville. Ce jeune sectaire semblait, devant l’Assemblée terrifiée, faire manœuvrer le déclic d’une gigantesque guillotine.

La Terreur allait donc continuer, frappant pêle-mêle royalistes et républicains, anciens amis de la Reine et d’Hébert, de Mme Roland et de Danton. C’est que Robespierre entendait étouffer dans le sang toute opposition.

Tout — une heure — lui sembla soumis. La Convention, en livrant Danton, s’était faite esclave. On y votait sans discussion et « avec un air de contentement, » sinon, dit Baudot, on était « l’objet de l’attention de Saint-Just comme du temps de Néron. » Il ne fallait point paraître triste ; on devait même se garder de sembler songeur. Barras cite ce député qui, s’étant vu regardé par Robespierre au moment où il paraissait rêver, s’écriait, terrifié : « Il va supposer que je pense quelque chose ! » Billaud qui, au printemps de 1794, ne s’est pas encore séparé de Robespierre au Comité, participe à sa mentalité absolutiste ; prononçant un discours à la Convention, il s’interrompt brusquement et, impérieusement : « Je crois, s’écrie-t-il, qu’on murmure ; » un grand silence plana. Ce Comité, c’est un César à dix têtes qui, pour trois mois, est soumis à Maximilien.

Celui-ci en profitait pour faire rappeler les proconsuls détestés. Déjà Robespierre leur a substitué en province des missi dominici à lui, des agens nationaux qui, partout, entravent, puis démolissent l’œuvre des représentans en mission, envoient à Robespierre des rapports sur les « crimes » commis par ces « despotes » et grossissent les dossiers sous lesquels, avant peu, le maître compte bien écraser cette queue d’Hébert et de Danton. Le type de ces envoyés spéciaux est le petit Jullien ; cet adolescent fait, de Nantes à Toulouse par Bordeaux, une tournée qui pourrait bien coûter cher à ceux qui ont terrorisé « sans vertu. » A Lyon, à Marseille, à Toulon, Robespierre ne se fiera qu’à son frère Augustin, qui, déjà, dénonce l’improbité de Fouché, de Barras et de Fréron. Quand ceux-ci ont regagné Paris, fort inquiets, ils tentent de désarmer le César. Ils courent tous chez Duplay, prêts à toutes les soumissions, à toutes les capitulations : ils trouvent figure de marbre, suivant l’expression de l’un d’eux. Fixés sur leur sort, ils vont saper l’idole et feront Thermidor, mais pas un n’osera, avant le 8 thermidor, élever la voix à la Convention contre ce « tyran » qu’ils démolissent dans l’ombre.

La force du « tyran » est que, maintenant, il tient l’Hôtel de Ville : au « papa Pache, » maire de Paris, suspect d’Hébertisme, on a substitué une des créatures de Robespierre, Fleuriot-Lescot, et, à Chaumette, un homme de la maison Duplay, Payan ; la nouvelle Commune est toute « robespierriste. »

Tenant l’Hôtel de Ville, il tient également le tribunal révolutionnaire ; le président Dumas est à lui, à lui l’accusateur public Fouquier-Tinville. Et le jury ne paraissant pas assez pur, on l’épure : le menuisier Duplay y va exercer une grande influence ; les jurés sont la garde prétorienne du maître et le vont chercher chez Duplay pour l’escorter à la Convention. Il croit tenir l’armée, faisant trembler les généraux : tout à l’heure Hoche et Kellermann seront jetés en prison ; on ne choisit les commissaires aux armées que parmi les amis de Robespierre (mauvaise manœuvre au surplus qui laissera dégarnie, en Thermidor, la gauche robespierriste). Maximilien, par ailleurs, a sous la main la pépinière du futur état-major, cette École de Mars, fondée depuis peu et où vingt-cinq jeunes gens, vêtus à la romaine, reçoivent la visite du Maître avec un enthousiasme que nous a dit l’un d’eux : Le Bas dirige de haut ces jeunes prétoriens. Au surplus, le « général » Henriot livre l’armée de Paris, ce misérable Henriot qu’on appelle couramment dans le peuple « la bourrique à Robespierre. » La propriété rassurée et la religion vengée ont foi en celui-ci : les députés de la Plaine, un Boissy d’Anglas, un Durand de Maillane ont peine à ne lui être pas reconnaissans d’avoir abattu les énergumènes de la Révolution intégrale, et l’évêque Grégoire d’avoir ressuscité Dieu.

Et puis, — et cela maintenant se dit et se redit, — il est « l’homme de la vertu. »

Jamais la vertu ne fut plus magnifiée. Certes, Robespierre n’a fait qu’emprunter le vocable à la phraséologie sentimentale de Rousseau et de vingt autres ; tous les tribuns des assemblées, tous les orateurs des clubs, tous les commissaires dans les départemens l’ont employé à satiété ; Mirabeau, l’homme le plus immoral de son époque, a tonné au nom de la vertu, et c’est pour « le triomphe de la vertu » que Carrier a noyé, Barras et Fréron fusillé, Fouché et Collot mitraillé, Le Bon guillotiné. Tallien, oui Tallien, a parlé au nom de la vertu, et n’est-ce point la citoyenne Therezia Cabarrus, future citoyenne Tallien (on ne s’attendait guère à la trouver en cette affaire), qui, dans une adresse à la Convention du 5 floréal, dit par quels exercices « on exercera les jeunes filles à la vertu ? »

Mais voici l’apothéose de la vraie vertu après l’écrasement du vice hypocrite. Et soudain le pays devenu « Spartiate » est tenu à la vertu. Dès le 16 germinal, la Convention vote un décret exigeant que chacun de ses membres rende un compte moral de sa conduite pour s’assurer « qu’il n’est devenu plus riche qu’en vertus. » Grand exemple. Cou thon a écrit : « Qui dit démocratie dit gouvernement vertueux par essence. » L’heure est venue, dira-t-il encore (cette fois à la tribune), de vouer « au mépris public… tous les êtres improbes et immoraux ; » et voici des précisions : il va falloir particulièrement proscrire « le concubinage honteux qui relâche les liens sacrés du mariage. » Qu’on ne croie pas à de simples formules. Voici telle Société populaire, celle de Provins, qui entend être chaudement félicitée, ayant fait conduire en prison « l’instituteur coupable d’avoir trop tardivement régularisé sa liaison. » Rien ne vaut un petit fait de cette espèce.

Maximilien qui nettoie le Palais-Royal, faisant rentrer les filles et sortir les joueurs, Maximilien lui-même continue à pratiquer la vertu au sein d’une vertueuse famille. Sa chambre bleue — vraie Mecque de la nouvelle religion, — est l’asile des vertus austères. Un jour, il dit à Robert Lindet : « Nous voulons fonder Salente. »

Salente sanglante ! Depuis que Robespierre a écrasé les indulgens, Fouquier-Tinville ne se possède plus : il crie, peste, plaisante, s’affaire, presse tout son monde. Il a exhorté le prudent Dumas « à serrer la botte aux bavards, » grâce à quoi les audiences vont vite. On condamne, tel jour, vingt-trois prévenus sur l’audition d’un seul témoin. » L’accusateur qui a toujours barboté dans le sang avec agrément, s’exalte, tout joyeux : « Les têtes tombent comme des ardoises. » Mais il espère mieux : « La semaine prochaine, j’en déculotterai trois ou quatre cents. » « Il faut, a déclaré Robespierre, que le tribunal soit actif comme le crime et finisse tout procès en vingt-quatre heures. » On les finit en vingt-quatre minutes.

Contre les prévenus les plus disparates, ci-devant grands seigneurs et domestiques, petits boutiquiers et religieuses, anciens membres de la Commune et marquises de Versailles, prêtres et magistrats, artisans et courtisanes et dans ce pêle-mêle Gobel, Chaumette, Lucile Desmoulins, Malesherbes, Lavoisier, le général Dillon, la duchesse du Châtelet, la veuve Hébert, Madame Elisabeth, griefs sommaires : complot liberticide, mais plus souvent l’accusation vague et commode : « a dépravé les mœurs, » — ce qui cadre bien avec le règne de la vertu ; et l’on voit bien, comment la Sainte-Amaranthe, raflée, dit Beugnot, avec tout son cercle, a dépravé les mœurs, mais Madame Elisabeth et Malesherbes ?

En tout cas, des « scélérats, » « déprava leurs des mœurs » emplissent sans cesse les prisons, que sans cesse on vide. A la veille de Thermidor, André Chénier et Antoine Roucher, Garat et Beauharnais, Hoche et Kellermann, les peintres Suvée et Robert, les comédiens du Théâtre-Français sont en prison pêle-mêle avec Therezia Cabarrus, Aimée de Coigny, Joséphine de Beauharnais, des représentans des trois Assemblées révolutionnaires et tout le d’Hozier français. Et tout ce monde a plus ou moins contribué à « dépraver les mœurs, » tout en menaçant la liberté.

En province, sous les commissaires robespierristes comme naguère sous les représentans hébertistes, les massacres continuent et les arrestations. Au 9 thermidor, il y aura 1 000 personnes dans les prisons d’Arras, 3 000 dans celles de Strasbourg, 1 500 dans celles de Toulouse, — à Paris environ 7 000, — victimes vouées à la mort pour que triomphe la vertu.

Il faut cependant « une sanction » à cette vertu, — c’est la théorie de Couthon. Il faut un ciel : il faut un Dieu. Tallien ricanera, le 11 thermidor, que « ce petit Robespierre » eût « déplacé l’Eternel pour se mettre à sa place. » En attendant, il achève de le restaurer.

Le 17 germinal, Couthon vient annoncer à la Convention que le Comité prépare une fête de l’Être Suprême. Commentant son propre discours, il écrit, le 21 : « C’est un besoin pour les âmes pures de reconnaître et d’adorer une intelligence supérieure. » Evidemment, qui n’éprouve pas ce besoin est « impur. » Du reste, on doit à Dieu ces hommages : n’est-ce pas « grâce à la Providence qui veille sans cesse sur nos destinées » que « ces monstres, » Hébert, Danton, ont été abattus ? Oui, le Très-Haut veille sur Robespierre : Dieu est robespierriste, — tout comme Fleuriot-Lescot, Fouquier-Tinville et le général Henriot. « Dieu nous bénit, » écrit Couthon le 12 floréal.

Le 18 floréal, le grand prêtre lui-même lance une encyclique : il vient lire son fameux discours sur les rapports des idées religieuses et morales avec les principes républicains où tient toute la pensée du règne : il faut replonger « le vice dans le néant » et comme il est impossible à Maximilien d’oublier ses ennemis, même lorsqu’il les a fait guillotiner, il entend vouer à l’exécration ces athées : Vergniaud, Hébert, Danton, étrange triumvirat auquel il oppose (facilement, puisqu’ils ne sont plus là pour répondre) ce déisme qui fut la religion de Socrate et celle de Léonidas, — imprévu rapprochement. Quoi qu’il en soit, Robespierre obtint sans peine le vote du décret qui, sanction de son discours, établissait en France comme culte officiel celui de l’Être Suprême et de toutes tes vertus.

Discours et décret mirent le comble à l’exaltation mystique du monde robespierriste. De sa voix « cristalline » qui toujours semblait mouillée de larmes, Couthon en fit, aux Jacobins, telle apologie que le club acclama « avec transports » Dieu et son prophète : la société avait compris que l’athéisme « desséchant le cœur » eût fait de la France « un peuple d’esclaves. » Il est vrai que l’adresse de félicitations adressée par la Société à la Convention parut évidemment d’un style trop religieux au président, Lazare Carnot, l’homme le moins mystique du monde, qui l’accueillit assez sèchement le 27 floréal, — ce qui le rendit incontinent suspect de libertinage.

Mais les subalternes, au contraire, exagéraient les formules. A lire les proclamations et lettres des amis de Robespierre, on reste stupéfait. Vit-on sous une théocratie mystique où sous une république philosophique ? Les soldats qui sont en train de défendre la République et se font tuer pour elle n’ont été, — qui le croirait ? — inspirés que par le désir de « s’élancer dans le sein de la divinité : » C’est le jeune Jullien qui vient l’affirmer au club. Le Dieu des armées ressuscite donc, et voici que le Dieu de la Nature à son tour vient à la rescousse : le maire robespierriste prévoit de riches moissons. Fleuriot-Lescot n’a consulté ni les savans, ni les agronomes ; mais « l’Être Suprême, assure-t-il aux Parisiens… a commandé à la nature de vous préparer d’abondantes récoltes. Il vous observe, crie-t-il encore à ses administrés, soyez dignes de lui ! »

Les Parisiens se rendaient dignes de lui en préparant la Fête de l’Être Suprême.

Elle devait être l’apothéose du nouveau vicaire des Croyans.

Il ne lui manquait qu’un attentat pour corser l’apothéose : l’attentat vint à point. Une enfant fut saisie dans la cour des Duplay, porteuse de deux petits couteaux. On voulut que ce fût une Charlotte Corday : l’Incorruptible allait être égorgé. La petite Cécile Renault fut conduite à l’échafaud avec 53 « complices » qui jamais ne l’avaient vue, revêtus du voile noir du parricide. Maximilien n’était-il pas le père de la Patrie ?

Le 16 prairial, pour qu’il pût présider officiellement la fête du 20, il fut porté à la présidence de la Convention. Quelques ennemis, perfidement, l’y poussèrent, espérant rendre tangible cette dictature pour l’en mieux incriminer le lendemain. Car, cauteleux à son ordinaire, il régnait jusque-là sans se mettre tout à fait en avant, lançant Couthon, Saint-Just et les autres, faisant agir ses ressorts à l’Etat-major, à l’Hôtel de Ville, à la Convention, au Comité, sans prendre visiblement la tête. On voulait le faire monter au Capitole une bonne fois, pour qu’il y trouvât la Roche Tarpéienne.

David préparait la fête : il était le décorateur officiel, le ministre des Beaux-Arts de Maximilien. Marie-Joseph Chénier avait reçu commande de l’hymne que Gossec devait orchestrer. Mais Marie-Joseph avait blessé le maître en fournissant des hymnes à Chaumette. Il fut jugé indigne : le Pontife en était déjà aux excommunications majeures. Méhul et Gossec, pourvus d’une cantate orthodoxe, s’en allèrent, chaque soir, faire exécuter dans les sections le chant sacré, si bien que Paris, — le Paris sceptique et narquois que nous savons, — fut, une semaine durant, occupé à répéter, sur un mandement suivi d’un dispositif, un cantique au bon Dieu. On croit rêver.

M. Tiersot, après M. Aulard, a tracé un tableau fort pittoresque et des plus détaillés de la fête. Je n’en retiendrai que quelques traits.

Sous le ciel de juin, éclatant et propice (toujours « l’œil bienfaisant » que Couthon voit fixé sur lui et ses amis), le sol jonché de roses et les maisons tapissées de feuillage, les cloches échappées aux exécutions de Chaumette sonnent l’Alléluia, tandis que, les tambours battant, le canon tonne ; le peuple « enrégimenté » en un chœur gigantesque s’achemine vers les Tuileries, parterre immense et fleuri, car les hommes portant des branches vertes, les femmes élèvent des corbeilles aux mille nuances, « coup d’œil ravissant, de femmes en blanc couronnées de roses, » dit une spectatrice, Mlle Fusil. (Notons qu’à deux pas de là, place de la Révolution, de l’autre côté de la grille, le pavé restait rouge du sang de la veille et prêt à recevoir celui du lendemain.)

Devant le Château, la Convention est massée, elle aussi fleurie, car chaque représentant porte à la main un bouquet d’épis, de fleurs et de fruits. Au centre du bassin des Tuileries, le monument allégorique, la Sagesse terrassant l’Athéisme.

Chacun prenant place, Robespierre déjeunait au Château où, deux ans après l’éviction des Bourbons et cinq ans avant l’installation de Bonaparte, il représente seul, pour une heure, une manière de souverain. Il en avait conscience. Etait-ce joie ou inquiétude, sa voix tremblait, ses propos étaient entrecoupés. Vêtu de son habit bleu barbeau, — déjà célèbre, — la culotte de nankin bien tirée sur le bas de soie blanc, il portait avec une sorte de solennité l’écharpe et le panache aux trois couleurs. L’orgueil, vraiment, pour la première fois, lui fit perdre la tête et s’évanouir un instant son heureuse cautèle. Lorsqu’il saisit l’énorme bouquet qu’Eléonore Duplay lui avait préparé, il ressentit évidemment l’exaltation d’un pontife, maître des âmes.

Il était midi. Il parut au balcon, gagna l’estrade, se mit à la tête de la Convention qui, elle, avait attendu (c’était cependant le Souverain). De cette estrade, chaire ou trône, il prononça un long discours, rapsodie dont, pour être tout à fait dans la note (le fait a été récemment révélé), il avait prié un brave prêtre, vieux courtisan au demeurant, l’abbé Porquet, de lui composer le texte. Le sermon fini, cent mille voix entonnèrent l’Hymne au Très-Haut, « Père de l’Univers. »

Une heure après, l’énorme procession s’épanchait au Champ-de-Mars, au son des fanfares. Là encore, au milieu de groupes sentimentaux, mères tendres, pures jeunes filles, vieillards vénérables, soldats héroïques, tous pourvus d’attributs et décorés de fleurs, Maximilien pontifia. A la tête de l’Assemblée, il escalada la Montagne artificielle où, grottes, arbres, galeries, temple s’étageaient. L’immense chœur, derechef, s’était reformé que dirigeait le vieux Gossec. Maximilien était maintenant au sommet comme Moïse au Sinaï : l’Hymne montait vers lui et des nuages d’encens l’entouraient. Alors lui qui, à travers les déceptions, les querelles, les injures, les tendresses, les émeutes, les succès, les révolutions, était toujours resté impassible où sombre, lui qui ne semblait pas savoir sourire, s’épanouit à cette heure brève. Un rêve se réalisait : le pontife, — une minute, — dut se croire Dieu. IV
Une minute, il avait perdu de vue son plan de conquête sans tapage ; il était perdu. Il n’entendit pas que, derrière lui, des imprécations grondaient, partant des rangs de la Convention oubliée. Les ennemis soulignaient de murmures l’imprudence de l’homme.

Le soir même, la Décade osa plaisanter en termes acerbes la nouvelle religion d’Etat, et lorsque Maximilien, encore grisé, se rendit aux Jacobins pour y triompher, il s’y heurta à la morne figure de Joseph Fouché.

Par un hasard, ce « déchristianisateur » était président du club, où, déjà avisé, il avait cru trouver une place de sûreté. Il affecta, à la vérité, de s’associer à la joie générale, mais, après quelques phrases banales, il ajouta : « Brutus rendit un hommage digne de l’Etre Suprême en enfonçant un poignard dans le cœur d’un tyran. Sachez l’imiter. » Robespierre comprit : il le montrera bien lorsque, quelques jours après, il désignera Fouché comme le chef d’une conspiration tramée contre lui. Mais on avait applaudi la phrase audacieuse du président. Robespierre avait commis sa première faute.

Il ne lui en fallait plus commettre. On le guettait. Tout un groupe se tenait pour condamné par le règne de la vertu C’étaient ceux qu’autour de Robespierre, on appelait « les pourris, » proconsuls qui avaient fait de l’or dans le sang. C’étaient aussi les athées, la queue d’Hébert, particulièrement ce « misérable Fouché. » Il en fallait (le mot revient dans les discours di groupe) « purger » la Convention.

C’est le surlendemain de l’algarade de Fouché, le 22 prairial que surgit inopinément la proposition Couthon, destinée à livre : à Robespierre ses derniers ennemis. « Toute lenteur est un crime toute formalité un danger public ; le délai pour punir les ennemis de la patrie ne doit être que le temps de les reconnaître. » Le prévenus n’auront plus d’avocats et le jury par ailleurs juger en masse les accusés. Plus d’ « espèces ; » une seule inculpation seront déclarés ennemis du peuple « tous ceux qui cherchent anéantir la liberté soit par la force, soit par la ruse. »

C’est la dictature de l’accusateur public et du juge ; mais on sait bien qui tient juge et accusateur. Ce n’est pas tout, et voici où se trahit le vrai dessein : jusqu’à cette heure, les représentans, — de Vergniaud à Danton, — n’ont pu être traduits devant le tribunal que sur l’autorisation de l’Assemblée ; désormais ils le pourront être sur l’ordre seul des comités. L’article est pour Legendre, Fréron, Tallien, Barras, Fouché et cinquante autres. Les « ennemis » comprirent. « Si cette loi passe, s’écrie Ruamps, il ne me reste plus qu’à me brûler la cervelle. Je demande l’ajournement. » Des voix nombreuses le soutinrent.

Alors Robespierre, blême de colère, se leva. Il voulait sa loi, ses têtes : « Depuis longtemps, la Convention discute et décrète, parce que, depuis longtemps, elle n’est plus asservie qu’à l’empire des factions. » Il demande que, sans s’arrêter à la proposition d’ajournement, la Convention discute jusqu’à huit heures du soir, s’il le faut, le projet de loi qui lui est soumis.

Quel pouvoir d’hypnose exerçait cet homme ? Les opposans tremblans se turent. Une demi-heure après, la loi de mort était votée.

Maximilien partit, croyant tenir ses vengeances. Mais, dès le lendemain, l’Assemblée, soulevée, derechef s’insurgeait. Bourdon de l’Oise et Merlin obtenaient que, d’un trait de plume, on rayât l’article relatif aux représentans. Ces malheureux voulaient bien livrer la France, mais ils ne voulaient pas se livrer.

Robespierre tenait à l’article plus qu’à toute la loi. Il osa venir réclamer ces têtes qui se disputaient à lui. « Des intrigans, dit-il, s’efforçaient d’entraîner la Montagne, de s’y faire les chefs d’un parti. » — « Nommez-les ! » criaient les malheureux au comble de l’angoisse.

Il eût dû les nommer : dans l’état de terreur folle où se débattait la Convention, elle eût encore livré les têtes nommément désignées. Maximilien commit la faute de laisser planer les craintes sans rassurer la masse. « Je les nommerai quand il le faudra. » Mais il avait parlé, son œil vert fixé sur la Montagne. On s’inclina : l’article mortel fut rétabli.

Le soir même, Robespierre, qui tenait sa loi, entrait en campagne. La présence de Fouché au fauteuil des Jacobins était un scandale qui avait trop duré. Robespierre l’en fit chasser, ce soir du 23 prairial. L’autre s’éclipsa, restant désormais dans l’ombre où il tendit ses rets. Ces six semaines, — du 23 prairial au 8 thermidor, — sont affreuses. Le pays connut l’extrême Terreur : à Paris 40, 50, 60 têtes parfois par jour. « Boucherie, » dit M. Aulard. Le mot est juste.

Paris, rempli des « officieux » de Robespierre, était sous la surveillance d’une effroyable police. On craignait tout, le bruit d’une porte qui s’ouvrait, un cri, un souffle. Les salons étaient déserts, les cabarets vides : les filles ne descendaient plus au Palais-Royal où, — chose inouïe, — la vertu régna. Sous le soleil de Messidor, la ville morne attendait : Quoi ? Tous redoutaient tout, des sacristies aux lupanars.

Les députés ne venaient plus aux Tuileries, craignant d’y trouver une souricière : Prieur fut élu président par 94 voix. Les députés ne couchaient plus chez eux. Parmi ceux qui venaient, dit Thibaudeau, « des timides erraient déplace en place, d’autres n’osaient en occuper aucune, s’esquivant au moment du vote. » C’était la Convention-géante, l’Assemblée qui avait vaincu l’Europe, la Représentation nationale. Déjà Cromwell pouvait, du pavillon de Flore, apercevoir son Parlement croupion.

Il semblait vraiment régner sur un monde aplati : Barras, lors d’une suprême démarche, avait trouvé chez Duplay le général Brune, — le futur maréchal, — épluchant les légumes avec la femme du menuisier. On voit aussi chez le menuisier favori le conventionnel Curée, le futur tribun sur la proposition duquel l’Empire sera un jour proclamé et qui, à plat chez Robespierre, s’exerce à la servitude.

Mais, dans l’ombre, les « pourris » agissaient. Puisqu’ils ne pouvaient entraîner la Convention contre les comités, ils avaient entrepris de disloquer les comités. Au Comité de Salut public, Collot d’Herbois, Barère, Billaud-Varenne, Carnot, Prieur, Lindet, — à des titres divers, — se croyaient menacés, à voir l’exclusive faveur de Couthon et Saint-Just ; et le Comité de Sûreté générale presque tout entier se laissait entraîner contre Robespierre. Beaucoup, après tout, parmi les membres des comités n’avaient serré les coudes que devant l’absolue nécessité de préparer d’accord la résistance aux ennemis de la Patrie. A certains d’entre eux le salut public avait paru justifier leur dicta ture collective et leur imposer l’union. Mais les frontières étaient définitivement reconquises : la victoire de Fleurus, dont la nouvelle éclate à Paris en messidor, est le couronnement d’éclatans succès, et chaque succès, en diminuant le péril extérieur, dispose à trouver plus abusive la dictature intérieure et moins nécessaire l’union du comité. Ce « salut public » n’apparaît plus que comme un audacieux prétexte à la dictature, non plus d’un comité, mais d’une coterie et bientôt d’un homme. « Les victoires s’acharnaient contre Robespierre, » écrira Barère. Aussi Saint-Just recommandait-il à celui-ci de « les faire moins mousser à la tribune. »

Parmi les membres des comités d’autre part, certains se sentaient froissés ou menacés, les uns par l’éclatante réaction spiritualiste, les autres par l’insupportable puritanisme de la vertu. Si Carnot et Lindet goûtaient peu la nouvelle religion d’Etat, un Collot d’Herbois n’était point une rosière, et le vieux Vadier, qui parlait de ses « soixante ans de vertu, » les couronnait par d’étranges débauches. Si on faisait décidément passer la vertu des phrases de tribune aux réquisitoires de l’accusateur, la vie devenait instable.

La morgue pédante de tout l’état-major robespierriste exaspérait : le larmoyant Couthon était insupportable, moins cependant que l’arrogant Saint-Just. Le caractère pontifical de Robespierre faisait sourire ce vieux pitre de Vadier : à la Sûreté générale, il avait saisi les fils d’une affaire dont il entendait faire une machine de guerre. Une folle, Catherine Théot, se disait mère de Dieu : elle prédisait la venue d’un nouveau messie ; ce nouveau messie, ne serait-ce pas Robespierre ? Vadier croyait le démêler dans les propos extravagans de la prophétesse. Il compromit Robespierre en en faisant partout des gorges chaudes. On ricana. La force de Robespierre était d’avoir imposé à tous la gravité tragique. Mais, vraiment, on en avait assez en France. Du jour où le ridicule retrouvait ses droits, Robespierre était perdu.

Les ennemis à l’affût, Tallien, Fouché, comprirent qu’ils n’avaient qu’un parti à prendre pour se sauver : agrandir les fissures qui couraient le long du bloc jusque-là si ferme des comités. Ils s’y appliquèrent. Ils y devaient réussir. Les 8 et 9 thermidor, le bloc tombera en pièces et écrasera sous ses morceaux les missionnaires de la Vertu, les apôtres de l’Être Suprême, Maximilien en tête. En réalité, la dictature de la Vertu avait lassé. Notre joyeux pays se laisse impressionner, une beure, par les professeurs de moralité. Encore faut-il que ces professeurs ne coiffent point trop ostensiblement la tiare et ne transforment pas la tribune en chaire pontificale.

La chute de Robespierre sera très nettement marquée par une réaction de débauches. Lui le prévit et le prédit. « Les brigands triomphent ! » s’écriera-t-il le 9 thermidor. Quelques momens après, hagard, accablé, près d’être arrêté, il essaiera de faire front, il se tournera vers le Centre et tendant les bras aux gens du Marais, il criera : « Hommes purs ! hommes vertueux ! c’est à vous que j’ai recours ! » L’un de ces hommes, Durand de Maillane, lui répondra : « Scélérat, la vertu dont tu profanes le nom doit te traîner à l’échafaud. »

Que la réponse ait été le lendemain imaginée par le bon Durand ou qu’il l’ait prononcée, elle s’imposait. L’avant-veille même, 36 personnes avaient péri, dont André Chénier, le pur poète et, la veille, 55, parmi lesquelles 19 femmes ; et demain Hoche allait périr à son tour, — toujours au nom de « la vertu. » Vraiment cette « vertu » coûtait trop cher.

N’importe : soyons persuadés que Robespierre se croira sincèrement, le 9, victime de « brigands, » ainsi qu’il le dit. Jusqu’au bout, l’homme gardera une sincérité qui fait frémir. Au service d’un cœur de marbre et d’un esprit étroit, telle sincérité équivaut à la pire férocité. En tous cas, elle avait abouti au plus effroyable des régimes. Au plus étonnant aussi : des mois durant, la France aura connu et subi le système qu’elle détestera toujours comme le pire des despotismes : une théocratie fondée sur la morale. Le verbe de Rousseau aura donné naissance à la dictature de Calvin doublée de celle de Torquemada. « C’est ainsi, écrivait Saint-Just à Robespierre, que se gouverne un État libre. »

Voir de plus:

Fête de l’Être suprême au Champ de Mars le 20 prairial an II (8 juin 1794)
Thomas Charles Naudet
(1778 – 1810)
Musée Carnavalet – Histoire de Paris
1793
Aquarelle, gouache et pastel sur traits de plume et mine de plomb
Hauteur: 46,8 cm Longueur: 73 cm

En avril 1794, après l’élimination des Hébertistes, après les mesures prises à l’encontre des sans-culottes (épuration de la Commune de Paris, démantèlement des sections, etc.), le comité de Salut Public se trouvait privé d’un soutien populaire dont il avait craint les excès. La Révolution était « glacée », selon l’expression de Saint-Just. Quelques gages donnés à la bourgeoisie dans le domaine économique ne pouvaient suffire à élargir les bases sociales du régime. C’est pour dépasser les divergences idéologiques et les oppositions de classes par le recours à un consensus d’ordre moral et même métaphysique, que, dans le discours du 18 floréal an II, au cours d’une véritable profession de foi déiste, très imprégnée des idées de Rousseau, Robespierre réclama l’instauration d’une religion de l’Être Suprême. La célébration du nouveau culte fut admise par la Convention au nombre des fêtes nationales et décadaires. Cette religion de substitution devait théoriquement pallier les effets de la déchristianisation croissante, ceux qu’entraînait la disparition du principe d’ordre sous-tendu par le catholicisme. Fondée en nouvelle théologie, la Vertu devient alors garante de la pratique politique puisque, selon Robespierre, « le fondement unique de la société civile, c’est la morale » et que « l’idée de l’Être suprême et de l’immortalité de l’âme est un rappel continu à la justice : elle est donc sociale et républicaine » (Rapport du 18 floréal).

C’est David, grand ordonnateur des fêtes révolutionnaires depuis 1791, qui fut chargé de l’organisation de la cérémonie. Commencée aux Tuileries, où Robespierre mit le feu à un groupe de l’Athéisme, père de tous les vices, pour mettre au jour l’effigie de la Sagesse, la fête atteignit son terme au Champ de la Réunion (Champ de Mars). Elle devait sanctionner la fin de la Révolution dans l’espace même où avaient eu lieu les fêtes de la Fédération (14 juillet 1790) et de l’Unité (10 août 1793) ainsi que la destruction solennelle des emblèmes féodaux, le 14 juillet 1792.

Le but de la procession était un rocher artificiel au sommet duquel était planté un arbre de la Liberté. Cette montagne, métaphore politique, était amplement symbolique puisqu’elle relevait d’une conception moralisée de la nature, connotant l’idée de puissance et celle d’une religion naturelle fondée sur la théologie « panthéiste » de l’Émile. Le thème de la montagne avait déjà été exploité au cours des fêtes révolutionnaires : au camp fédératif de Lyon (30 mai 1790), aux Invalides, lors de la fête de l’Unité (10 août 1793) et durant les cérémonies accompagnant la fête de la Liberté et de la Raison à Notre-Dame de Paris (20 brumaire an II) et à Saint-André de Bordeaux (20 frimaire an II). Au Champ de Mars, la montagne était accompagnée d’une colonne dont seul le sommet apparaît dans l’aquarelle de Naudet ; elle supportait une statue du peuple français sous les traits d’Hercule. La montagne était suffisamment élevée pour accueillir les membres de la Convention, les musiciens et une foule de participants qui interprétèrent un hymne à l’Etre suprême sur une musique de Gossec et des paroles de Marie-Joseph Chénier, et jurèrent de ne déposer les armes qu’après avoir triomphé des ennemis de la République. À droite, le char de Cérès, tiré par des bœufs, est, avec l’Hercule et le trépied fumant, la référence obligée à une Antiquité mythique dont les vertus supposées étaient érigées en modèles. À la fin de la cérémonie, cependant, apparurent les premières marques déclarées d’hostilité envers Robespierre, dont le 9 thermidor allait voir la chute, moins de deux mois plus tard.

Sous un ciel dont le bleu est nuancé de nuages légers, dans un registre réduit de couleurs pâles, Naudet a rendu, plus que la gravité d’une liturgie solennelle, l’enthousiasme d’une foule, rivalisant de verve avec Swebach (vr no 147). Il a isolé le motif de la montagne, en l’utilisant comme une sorte de dispositif scénographique et en a fait le centre de sa composition, à l’encontre, par exemple, d’un De Machy qui, dans son tableau du musée Carnavalet, déploie une vision panoramique du Champ de Mars, avec la colonnade circulaire du temple de l’Immortalité (vestige, il est vrai, d’une fête antérieure, celle de l’Unité).

La Fête de l’Etre suprême, 20 prairial an II (8 juin 1794)
Mémoire de l’artificier Ruggieri relatif à la Fête de l’Etre suprême, 20 prairial an II.

Voir encore:

Vue du jardin national et des décorations, le jour de la fête célébrée en l’honneur de l’être suprême
Fête de l’Etre suprême au Champ de Mars (20 prairial an II – 8 juin 1794)

Auteur : Pierre-Antoine DEMACHY (1723-1807)
Date de création : 1794
Date représentée : 8 juin 1794
Dimensions : Hauteur 53.5 cm – Largeur 88.5 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée Carnavalet (Paris) ; site web

Contexte historique
L’alliance de la Vertu et de la Terreur

A l’été 1793, la Révolution française traverse une période sombre : le pays est durement touché par une crise économique et des troubles sociaux auxquels s’ajoutent une guerre civile (insurrection vendéenne et révolte fédéraliste) et une série de défaites militaires aux frontières. Or l’entrée de Robespierre, fervent jacobin, au Comité de salut public le 27 juillet 1793 marque un tournant : elle permet au gouvernement révolutionnaire d’opérer un redressement de la situation sur tous les fronts, tandis qu’elle entraîne simultanément une radicalisation de la Révolution. Robespierre, qui aspire à l’unité et à la régénération du peuple, s’efforce d’éliminer physiquement tous les ennemis de la Révolution. A ce renforcement de la Terreur, il ajoute l’instauration d’une religion d’Etat en mai 1794 : le culte de l’Etre suprême, en l’honneur duquel il organise des cérémonies fastueuses le 8 juin suivant.

Analyse de l’image
La fête de l’Etre suprême

Cette huile sur toile de Pierre-Antoine Demachy (1723-1807), peintre d’histoire et excellent dessinateur, livre un témoignage particulièrement intéressant sur le déroulement de la fête de l’Etre suprême au Champ-de-Mars, à Paris. Une vue panoramique du Champ-de-Mars lui a permis de restituer l’ampleur et la somptuosité de la célébration : au premier plan figure le peuple, dont les gestes, minutieusement dépeints, laissent transparaître l’allégresse que suscite la vue, au deuxième plan, d’une gigantesque procession formée par les représentants du peuple suivis des soldats révolutionnaires et de la garde républicaine. Au centre, sur un char que tirent quatre taureaux, trône l’allégorie des instruments des arts et des métiers et des productions du territoire français. Ce cortège s’achemine vers une sorte de rocher artificiel – la « montagne sacrée » par excellence – au sommet duquel s’élèvent l’arbre de la Liberté, symbole de l’unité et de l’adhésion collective à la Révolution, et une colonne antique surmontée d’une statue qui brandit un flambeau. En arrière-plan, à gauche, l’architecture massive de l’Ecole militaire évoque le cadre urbain dans lequel s’insère cette fête aux allures champêtres et mythologiques. Ainsi, de cette composition minutieuse et savamment élaborée se dégage une impression de grandeur, mais aussi de froideur qui correspond bien à l’esprit de la cérémonie, dont le faste hautain et le rituel à l’antique, strictement pensé dans ses moindres détails, étaient surtout destinés à inspirer la stupeur et à frapper l’imagination du peuple, plus spectateur qu’acteur.
Interprétation
Les cultes révolutionnaires de l’an II

Fervent catholique, Robespierre s’opposait fermement à l’accélération du processus de déchristianisation entamé en septembre 1792. Pour lui, le vide laissé par la disparition du catholicisme risquait de plus de désorienter le peuple, accoutumé à ses dogmes et à ses rites. C’est pourquoi il s’efforça de créer une religion officielle, conforme aux idéaux des Lumières et, en particulier, aux théories rousseauistes, qui postulaient l’existence d’une morale naturelle et universelle et d’une divinité impersonnelle, l’Etre suprême, créateur de l’Univers. Dépourvue de prêtres et de sanctuaires, cette nouvelle religion déiste et patriotique n’en revêtait pas moins toutes les apparences d’un culte. La fête du 8 juin 1794 rencontra ainsi un certain succès en France. Elle ne fut que le couronnement d’une série de tentatives menées par les dirigeants de l’an II pour instaurer un culte révolutionnaire. Pour la plupart avortées, ces tentatives témoignent de la complexité des liens qui unissaient la sphère politique et la sphère religieuse, ainsi que de l’impossibilité d’éradiquer tout sentiment religieux. Elles constituèrent également le point de départ d’une religion civique dont les développements ont marqué l’histoire de la République.
Auteur : Charlotte DENOËL
– See more at: http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=379#sthash.oDNzVfcC.dpuf
Titre : Mémoire de l’artificier Ruggieri relatif à la Fête de l’Etre suprême, 20 prairial an II.

Date de création : 1794
Date représentée : 8 juin 1794
Dimensions : Hauteur 32.5 cm – Largeur 21.5 cm
Technique et autres indications : manuscrit ; encre brune ; encre de couleur
Lieu de Conservation : Centre historique des Archives nationales (Paris) ; site web
Contact copyright : CARAN – service de reprographie, 60 rue des Francs-Bourgeois, 75141 Paris cedex 03 ; site web
Référence de l’image : F/4/2090

Contexte historique
Pourfendre l’athéisme à l’aide d’un simulacre pyrotechnique

La fête de l’Etre suprême du 20 prairial an II (8 juin 1794), voulue par Robespierre et orchestrée par J.-L. David, est composée de deux parties. Aux Tuileries, le peuple doit d’abord rejeter l’athéisme puis, au Champ-de-Mars, reconnaître l’Etre suprême et célébrer son adhésion à la Révolution (Voir « La Fête de l’Etre suprême au Champ-de-Mars » de P. A. Demachy ).

Dans l’esprit de Robespierre, la « déchristianisation » entreprise à partir de brumaire an II (novembre 1793) ne doit conduire ni à l’athéisme ni à la laïcité. La reconnaissance du « Grand Etre », auteur de l’Univers, est commune à Voltaire et à Rousseau, elle cimentera la société nouvelle. Le 18 floréal (7 mai), Robespierre fait prendre par la Convention le décret par lequel « le peuple français reconnaît l’Etre suprême et l’immortalité de l’âme » et lui fait approuver le projet de déroulement de la fête de l’Etre suprême mis au point par David pour le 20 prairial. Aux Tuileries, l’Incorruptible prononce deux discours pour stigmatiser l’athéisme, rendre grâce à l’Etre suprême et élever la conscience publique.

On fait appel à l’artificier Ruggieri[1], dont l’activité s’est prolongée jusqu’à notre époque, pour mettre en scène la défaite de l’athéisme. Lorsque débute la Révolution, Petrone Ruggieri exploite un Jardin Ruggieri au faubourg Montmartre, où sont mises en scène des pantomimes pyrotechniques, tous les dimanches et jours de fête à partir du mois de mai. La République, pauvre et guerrière, n’est guère portée sur cet art de substitution dont la monarchie a usé de façon dispendieuse. Elle compose de façon exceptionnelle avec les goûts du temps pour dénoncer le risque de l’athéisme, et non pour organiser un spectacle d’art pyrotechnique.

Analyse des images
Frapper les esprits

David a prévu un effet bref mais spectaculaire : « Le président s’approche tenant entre ses mains un flambeau, le groupe s’embrase, il rentre dans le néant avec la même rapidité que les conspirateurs qu’a frappés le glaive de la loi. »

Daté du 20 fructidor an II (6 septembre 1794), le mémoire de l’artificier Ruggieri, qui s’intitule, à cette occasion, « artificier de la République française une et indivisible », révèle que la statue de l’Athéisme à laquelle Robespierre, habillé en bleu céleste, met le feu a reçu un traitement spécial afin de brûler de façon fulgurante. Il détaille la composition de la pâte inflammable et mentionne aussi la main-d’œuvre « pour avoir aidé au sculpteur à poser la draperie ». L’Athéisme doit aussi consumer les figures qui lui servent de socle : l’Ambition, l’Egoïsme, la Discorde et la Fausse Simplicité. David a prévu qu’elles portent toutes sur le front la mention « seul espoir de l’étranger ». Ces maux fragilisent la patrie en guerre contre les souverains d’Europe coalisés, et le peuple doit en prendre conscience.

L’estampe, éditée par Jacques-Simon Chéreau[2], montre la Sagesse surgissant alors du brasier. Selon David, elle présentera « un front calme et serein », – mais peut-être un peu noirci par la fumée ! – aux députés de la Convention massés sur la tribune. Derrière la Sagesse, on aperçoit les restes de la statue de l’Athéisme et le char de l’allégorie des instruments des arts et des métiers et des productions du territoire français qui sera tiré par quatre taureaux jusqu’au Champ-de-Mars, « emblèmes des jouissances simples de la nature » que « le peuple laborieux et sensible » doit préférer aux « vils trésors de ses lâches ennemis ». Les drapeaux déploient les trois couleurs dans leur disposition originelle[3], qui était encore horizontale et non verticale comme de nos jours.

Interprétation
Promouvoir la vertu civique

Il est surprenant de voir ici l’Incorruptible se prêter à une substitution pyrotechnique organisée avec le concours d’un artificier professionnel pour frapper les esprits ! Le but de Robespierre est d’opérer une pédagogie de masse, fondée sur les conceptions de Rousseau selon lesquelles une émotion bouleversante peut élever les consciences.

L’image, le projet et les documents de cette fête montrent que Robespierre a tenté de propager la morale « naturelle », tout aussi chère à Rousseau que la Raison. Mais cette morale qui serait fondée sur la bonté de l’homme dans l’état de nature nécessite de susciter des élans vers les valeurs simples et naturelles. Robespierre espère voir se répandre la vertu civique grâce à des cérémonies de ce type, qui cherchent à toucher collectivement la sensibilité des participants. David prévoit que le programme suscitera de nombreux moments d’émotion et des larmes populaires, mais aux participants qui viennent de traverser la Terreur, cette fête paraît sans doute grandiose mais étrangement abstraite.

Quelques jours plus tard, la victoire de Fleurus le 8 messidor (26 juin 1794) contre les Autrichiens desserrera l’étau de la coalition et provoquera, sur le plan intérieur, le rejet de la Terreur le mois suivant. Mais, bien après le 9 Thermidor, le Directoire maintiendra longtemps ces cultes civiques à l’Etre suprême.

Auteur : Luce-Marie ALBIGÈS
Notes
1. retour
L’ancêtre de la maison Ruggieri,  » artificier de Bologne « , s’installe à Paris en 1743 pour contribuer par ses  » ingénieuses inventions  » aux spectacles de la Comédie-Italienne. Ses descendants, artificiers du roi, organisent de nombreux spectacles sous l’Ancien Régime.

2. retour
Jacques-Simon Chéreau édite des estampes Aux Deux Colonnes, au 257 de la rue Saint-Jacques – devenue sur cette gravure Rue Jacques, du fait de la déchristianisation –, jusque sous l’Empire. Il est le petit-fils de Jacques Chéreau et le fils de Jacques-Simon Chéreau.

3. retour
Les trois couleurs seront disposées verticalement pour éviter la confusion avec les Pays-Bas.
Bibliographie
Patrick BRACCO,, Ruggieri, 250 ans de feux d’artifice, Paris, Denoël, 1988.
Jules DAVID, Le Peintre Louis David,1748-1825, tome I « Souvenirs et documents inédits », Paris, 1880.
Maxime Préaud, Pierre Casselle, Marianne Grivel et Corinne Le Bitouzé, Dictionnaire des éditeurs d’estampes à Paris sous l’Ancien Régime, Paris, Promodis, 1987.

Voir encore:

Robespierre’s one-day religion
Louis Pauwels

Marilyn Kay Dennis

September 15, 2010

Maximilien Robespierre, known as l’Incorruptible, is at the summit of his glory.  Rivers of blood, flowing from the guillotines of France, have washed away the Girondins and anyone who had pactised with them; the Jacobins, even though they were close to him;  certain Montagnards and, curiously, some of his friends who had too openly supported the theses of the atheists…

In this 1794 Spring, all the great names which had embodied, one after the other, the revolutionary ideals have disappeared in the torment:  Verniaud, Brissot and twenty-one of their friends;  Petion whom he called his brother and Roland, known as le Vertueux;  his wife, the fascinating Madame Roland, Condorcet, the great scholar, President of the Convention, whom he had obliged to commit suicide.

The Corrompus, the Indulgents and, for good measure, the Exageres;  Hebert and his band of lynchers;  the superb Danton and all his companions;  Camille Desmoulins, his former fellow-disciple at Louis-le-Grand, whose best man he had been at his wedding, had all been cut in two.

So great is his power now, that to have any opinion at all is a crime of lese-Revolution.  Since obtaining the head of Louis XVI, he seems to be invested with a sort of absolute power, a divine right.

Without a debate, with no interrogation, no discussion and without anyone to defend him, he had wanted to throw the King into the common grave.  When, after having voted for death, the Convention came to its senses, terrified at what it had just decided, he demanded an immediate execution.  To succeed in this, he had the public tribunals of the Assembly invaded by his friends the sans-culottes.  The redoubtable Commune de Paris lays seige to the King’s prison, the armed sections, the clubs who are devoted to him, get ready for a fight…

Of course, no-one likes him.  There are those who hate him because he has made them vile through the fear that he inspires.  There are those who admire him fearfully, like the Ancients who bowed down before the omnipotent demiurge.  There is the People whom he loves more than he understands, and who idolises him for the absolute rigour of his life.  But without really liking him.  When he, himself, will follow the tragic path of the King, in a cart, an immense cry of joy will rise from the little people of Paris.

He has always been alone, since childhood, and the sceptre of death that he brandishes always higher, isolates him more every day.  Two men only can still enter as they like the door of the living god.  Two exterminating angels.  The handsome Saint-Just, whose principles sharpen every day the blade of the guillotine, and the frightful Couthon, the paraplegic, the blue shadow of the machine, when a gendarme carries him to the tribunal to designate the next victims…

It is April 1794 and, in Paris, it is more oppressing than in the heart of Summer.  Everyone is waiting to see how the High Priest is going to organize the next part of the sacrifice.  For a whole month, a great silence settles on Paris, troubled only by the cries of the executed.  The Convention, the clubs, the army, the Commune and even the revolutionary tribunal, remain quiet…

At last, on 6 May, l’Incorruptible climbs up to the tribunal.  He is wearing his sacerdotal clothes, a sky blue riding-coat and white stockings.  In the deathly silence which greets all of his appearances now, he straightens up and stares for a long time without speaking at the faces of several Deputies.  In particular, that of Fouche, who feels his stony heart starting to liquefy…

Then, he begins in a strange voice, both exalted and monochord…  He starts by establishing that the people of France are at the height of happiness.

“It is in prosperity that the people must meditate to listen to the voice of wisdom…”
Prosperity:  that must be the explosive inflation, with its cortege of misery.  As for wisdom:  that must be the definitive one via the guillotine, with twenty-four heads the day before, and twenty-six today.

Robespierre is more nervous than usual.  His pale, graceless face is agitated with tics.  His eyes with their moist gaze blink frequently while his fingers drum on the edge of the tribunal.

Now, his voice swells, and he climbs over the cadavers, toward the high metaphysical regions, where the Assembly has trouble following him, at first.  By degrees, he asks the Deputies to recognize the existence of a

“Supreme Being and immortality as the directing power of the Universe”.
Then to the stupefaction of some, and the enthusiasm of others, he wants to give his vibrant profession of faith the form of a decree, with immediate effect.

His speech, which at the end rises in a passionate plea for a regenerated Humanity, is welcomed by unending applause.  Couthon spurs his gendarme mount and proclaims that this great piece of literature must be displayed throughout the whole country.  That it should be translated into all languages, too, and diffused throughout the whole universe.

The fabulous decree which institutes in France a new religion and proposes a festival in the style of the celebrations of Antiquity, is voted with enthusiasm and without any discussion.  In the corridors, when the euphoria has died down, the least terrorised start to murmur that, when they had voted the King’s death, they thought that they had also voted that of God.

The French people welcome back a divinity.  For months, the churches had been profaned.  Mountain decors peopled with mythological characters symbolising Reason had been built in them.  In a lot of places, prostitutes, “living marbles of public flesh” had draped themselves, completely naked, on the altars.  God was now being re-installed under the name of Supreme Being.

In Paris, it is not yet known that this Being will soon take on the profile of l’Incorruptible.  But perhaps this will eclipse in a brilliant manner the red reflects of the guillotine, of which everybody is secretly very tired.

Robespierre’s one-day religion – part 2
Louis Pauwels

Marilyn Kay Dennis
September 16, 2010

To bring God back to Earth, Robespierre engages the most gifted director, the painter David, who will soon plant the scene of other festivities, this time imperial…

Robespierre, himself, organizes the music for the ceremonies, and closely oversees the elaboration of the texts, given into the care of Marie-Joseph de Chenier, brother of the great poet, who had only two more months to live.

The gigantic works are hastily started.  On the terrace of the Tuileries Palace, a colossal amphitheatre, whose floor completely covers the ornamental lake, begins to grow.  Cyclopean statues rise above the formal French gardens, which have become the Jardin national.  They symbolise Atheism, Ambition, Discord, Egoism, and will explode on the day of the ceremony…  It is on 20 prairial, year II (8 June, 1794) that it will take place.  Robespierre has chosen the Sunday which, according to the former Roman Catholic rites, was Pentecost.

On the Champs-de-Mars, the Holy Mountain is nearly finished.  The People’s representatives will take place on it, along with the choirs, the orchestras and the banner-bearers.  On its summit, a column fifty feet high overlooks the entrance to a deep cave, lit by giant candelabra.  A river seeps from it, snaking between Etruscan tombs in the shade of an oak tree, and an antique altar, a pyramid, a sarcophage and a temple with twenty columns, complete this mythology.  It takes only a month for a swarm of ditch-diggers, masons, carpenters and artists of all kinds, to finish this unusual church.

A map with all the details of the organization, which had to be strictly respected, was printed and distributed to the people of Paris.  At the crossroads, the musicians who had composed the hymns, Gossec, Mehul and Cherubini, rehearsed and taught their chants to the assembled crowds.

Experts in solemn occasions, the Italians have come to help, and the great firework master of ceremonies, Ruggieri, has installed the mines which are to reduce to ashes the statues which symbolise the major vices of the old times, atheism in particular.  Hardly any notice is taken, amongst all the hammering and sawing, of the rumbling of the carts which, on the other side of the Seine, are carrying hundreds of people to the guillotine.

And here, at last, is the astonishing day of 8 June 1794.  Starting at five o’clock in the morning, the sound of pikes striking the pavement, the rattling of sabres, and the noise of a great troop marching, out-of-step and almost in silence, for a lot of these men do not have shoes, is to be heard.  Robespierre sees, parading under his windows, in columns of twelve, some of the forty-eight Sections of the People who are hurrying towards the meeting places, followed by the Parisians who, already the day before, had discovered the altars of the Supreme Being.

For once, l’Incorruptible allows himself a bit of coquetry.  In this early morning, he adjusts with care the uniform, whose view turns suspects icy cold:  the sky blue jacket, the immaculate stockings, in the pre-Revolution fashion.

At nine o’clock, Paris is in place right down to the last man.  It is not a good idea to be absent from the Grand-Mass in the parish of the terrifying curate who walks in front of his parishioners, carrying a sheaf of wheat ears.

On the Tuileries terrace, the Conventionnels, dressed in dark blue, are already assembled in the amphitheatre.  On their hats, they wear tricoloured feathers, and they, too, brandish wheat ears, mixed with artificial cornflowers and poppies.  The young men arrange themselves in a square around their Section flag, and mothers, who carry bouquets of roses, hold the hand of their daughters dressed in white tunics.

When l’Incorruptible appears, the orchestras start playing their symphonies accompanied by the rolling of drums.  When he arrives at the highest part of the theatre, a salvo of artillery explodes.  Pale, extatic, his body stiff, Robespierre takes a deep breath.

“At last it has arrived, the day forever fortunate that the People consecrate to the Supreme Being…”
His speech, which goes unheard by many, for his voice doesn’t carry well, is magnificent with lyricism and poetic elevation.  The whole time that he takes to descend to the wooden floor over the lake, five hundred thousand Parisians give him an ovation.  Then they see the statue of Atheism go up in flames, replaced by that of Wisdom.  Unfortunately, this papier-mache allegory also has a singed forehead, and its head is crooked.  When Robespierre regains his place, the Conventionnels, sure of making people laugh, cry out:

“Citizen, your wisdom has been obscured!”
Around him, people roar with laughter.  And suddenly, for the High Priest of the new cult, the day darkens, heavy with fateful signs.  Now, an immense procession forms which moves towards the Champ-de-Mars, preceded by cavalry and music squadrons

The Convention surrounds the Liberty float which disappears under an enormous tricoloured banner carried by Childhood decorated with violets.  Virility follows, decorated with oak leaves, beside Adolescence, distinguished by myrtle.  Old Age, decorated with grape-bearing vines, closes the procession.  Behind them, comes the float of the blind, singing hymns to the divinity.

Within the procession, the Deputies look at their little bouquet and find themselves ridiculous.  Luckily, Robespierre walks far up front, which allows the Conventionnels to relax.  In spite of the music, the salvos, the cheering and the singing, he hears behind him cries of “dictator” and “charlatan”.  A woman screams:

“You are a god, Robespierre!”
A Deputy yells to her:

“Cry “Vive la Republique” rather, madwoman!”
In spite of the heat, the face of the Incorruptible is deadly pale.  He thought that today he would feel the spirit of the Supreme Being, but he feels hate around him instead.  He can hear the Deputies openly insulting himself and his God…

Robespierre’s one-day religion – part 3
Louis Pauwels

Marilyn Kay Dennis
September 17, 2010

Very, very slowly, the procession arrives at the foot of the Holy Mountain.  The Conventionnels climb it, and each finds his place on its flanks.  They all have to play their part in front of this long, immense, double column, with men on one side and women on the other.  The crucial moment has arrived.  When the Symphonie au pere de l’Univers erupts, the young girls throw their flowers, the mothers hold their babies up toward Robespierre, the sons unsheath their swords, which they put into their fathers’ hands, swearing only to use them for victory.

Occupied by the armies of Europe outside, chopped down by the butchers of the revolutionary tribunal on the inside, the capital escapes for the first time in months from the baseness of this time of proscriptions…  A lot of people cry and embrace each other in the fading light.

Spread out over the square, whose black soil has not yet finished absorbing the blood of its victims, the crowd feasts and sings.  It will take the whole night to break up…  In the pompous decor delivered up to relic and souvenir hunters, the Deputies can be heard to grumble:

“It’s not enough for him to be the master…  This fellow wants to be a god, as well!”
At nightfall, l’Incorruptible returns alone to the home of the Duplays who shelter him, from where he had left that morning, so full of happy exaltation.  His hosts are very simple people.  When he arrives in the little lodgement, they welcome him with cries of joy and congratulate him on this immense, this indescribable triumph.  Calm, impenetrable, Robespierre tells them in a low voice:

“You will not be seeing me for much longer, my friends…”
***

From 8 June, the day of the Festival of the Supreme Being, Robespierre will have fifty more days to live.  As well as a premonition, it was an act of lucidity that he made with this prediction.  He knew, that day, that he was totally misunderstood by the Conventionnels.

For Robespierre, the sense and the aim of this festival were to replace the pagan, dry and materialistic cult of Reason by a religion which restored transcendance, a God, without Whom, no man worthy of the name, could live…

***

Right from the beginning of the Revolution, Robespierre had tried to stop the dechristianisation of France.  As a faithful disciple of Rousseau, whom he qualified as a “divine man”, he was sure that Man is a “religious animal”, incapable of durably banishing his spiritual needs.  He shared the feeling of the curate of Boissis-la-Bertrand who was willing to renounce his “mummeries”, that is to say, all formal aspects of the cult, but not his religion.  It is in this sense that Michelet was able to say of Robespierre:

“He had a priest’s temperament”.
***

The 8 June festival gives a fairly precise idea of the religion that Robespierre wanted, but did not have the time to develop.  Four days after the festival, perhaps disappointed by the attitude of the Conventionnels, he disappeared, only reappearing at the Convention one month later.  This was enough time for Fouche, Barras and his friends, to dig the hole into which he would fall on 9 Thermidor.  Stefan Zweig writes of Robespierre:

“You can’t pardon a man who has caused you so much fear.”
The 10 Thermidor, he is guillotined with his brother, Saint-Just, Couthon and seventeen of his friends…

***

What originally caused Robespierre’s downfall was the Deputies’ certainty that he wanted to install a new religion of which he would be the High Priest, and this enormous misunderstanding would be fatal to him.  It was not the god of the christian religion that he wanted to install, of course.  He most certainly wanted to radically end the christian institutions and abolish two thousand years of “perverted” christianism, to return to the spirit and the liturgy of the Roman Republic, the religion of Antiquity.  His ideal not only had the sense of political revolution, but also that of a fundamental cultural revolution.

This was his great dream.  He succeeded in giving it body for a few hours by getting five hundred thousand French people to live a day in the fashion of Antiquity.

It is for this reason that he was accused on 9 Thermidor of taking himself for a divinity, and was made to look ridiculous.  He would not have the time to correct this.  And everyone knows that, in France, you can die from being ridiculous…

***

Voir enfin:

La messe rouge

… David, cependant, ne revint pas le lendemain ni les jours suivants, absorbé qu’il était par les préparatifs de la fête gigantesque ordonnée par Robespierre désormais au faîte de la puissance. Celui-ci, considérant que ses ennemis étaient abattus, hormis un seul [xl], a décidé d’en remercier quelqu’un de plus crédible que la déesse Raison : un Etre suprême qui ne peut pas ne pas exister mais auquel cependant il refuse le nom de Dieu. Et depuis que le 7 mai, à la Convention stupéfaite, il a déclaré vouloir rendre hommage à cette entité suprême qui a fait de lui son élu, Louis David dessine, prépare, trace des plans pour l’immense manifestation qui aura lieu, comme par hasard, le 20 prairial, autrement dit le dimanche de la Pentecôte. Dans l’espoir peut-être que le Saint-Esprit s’en mêlerait…

 Ces deux affaires simultanées firent un bruit énorme : on conclut à ce que, par deux fois le même jour, on avait voulu assassiner l’Incorruptible! La fameuse conspiration prenait corps, visages, et Robespierre n’en attacha que plus de soin à la préparation de la cérémonie dont il serait l’unique héros, lui, le grand prêtre de l’Être suprême. Ensuite, on offrirait au peuple le spectacle de la punition exemplaire des membres de cette infâme conspiration : les amis de Batz. D’ici là, on réussirait peut-être à mettre la main sur le baron fantôme.

      Quatre jours avant la fête, le 16 prairial (4 juin) Robespierre fut élu président de la Convention à l’unanimité mais – et ce mais pèserait d’un certain poids dans la suite des événements – quarante-huit heures plus tard, le citoyen Fouché devenait président des Jacobins. Et Fouché haïssait Robespierre…

      En dépit des objurgations de Julie, de Talma et de David qui voudrait qu’elle vienne contempler son ouvre, Laura a refusé farouchement de se rendre à la fête. Ses amis américains n’y vont pas et, de toute façon, elle a horreur de la foule en général et celle qui va se rassembler lui ferait plutôt peur : elle sait trop de quoi elle est capable.

      – Allez-y sans moi, leur dit-elle. Vous me raconterez.

      En revanche, elle a volontiers accordé à Jaouen la permission de s’y rendre : avec lui, elle est sûre d’avoir une relation fidèle, dépourvue de toute autosatisfaction comme de louange obligatoire. Mais, en vérité, Robespierre, David, et les milliers d’ouvriers qui, durant un mois, ont travaillé comme des esclaves construisant des pyramides ont bien fait les choses : un immense cortège doit conduire le char de la Liberté des Tuileries, où se fait le rassemblement, au Champ-de-Mars choisi pour le plus important de la cérémonie. David a donné libre cours à son goût du gigantesque. Sur la terrasse des Tuileries, il a bâti un amphithéâtre dont le plancher recouvre jusqu’au grand bassin. Autour sont plantées d’immenses statues de l’Athéisme (?), de l’Ambition, de la Discorde et de l’Égoïsme que la magie des frères Ruggieri, les maîtres artificiers, fera sauter plus tard.

      A neuf heures du matin, l’amphithéâtre est plein et la foule s’écrase autour. Il est garni de tous les députés de la Convention vêtus de bleu sombre avec chapeaux empanachés de tricolore et portant un petit bouquet d’épis de blé mêlés de bleuets et de coquelicots artificiels. Les jeunes gens forment des carrés autour du drapeau de leur section, cependant que les mères nanties de bouquets de rosés, tiennent par la main leurs filles en tuniques blanches. Et puis voici Robespierre !

      Précédé de roulements de tambour et salué par les éclats des orchestres, il apparaît soudain tout en haut de l’amphithéâtre, silhouette grêle sanglée dans un frac de soie bleu azur avec culotte et bas blancs, coiffé de son habituelle perruque à catogan : presque un élégant de l’Ancien Régime. Il tient dans les bras une gerbe de blé, et c’est dans cet appareil qu’il entame un discours :  » II est enfin arrivé le jour fortuné que le peuple consacre à l’Être suprême…  » Un discours que tous n’entendront pas, car il a toujours eu la voix un peu faible. Puis il se met en marche vers le Champ-de-Mars tandis que flambent les statues que remplace aussitôt celle de la Sagesse. Un peu trop tôt, d’ailleurs, car elle sent le brûlé et manque de perdre la tête. Ce qui fait rire franchement les conventionnels visiblement agacés par une cérémonie qu’ils jugent ridicule.

      Sur le chemin de celui qui se veut le grand prêtre d’un culte nouveau, éclatent les acclamations, les vivats, les chants mais, de temps en temps tout de même son oreille – qu’il a fine s’il ne voit pas très clair -perçoit des cris moins aimables :  » Dictateur!  » ou  » Charlatan! « . Et, sous l’impact de la colère, il devient encore plus pâle que d’habitude. Enfin, voici le Champ-de-Mars, et là, David s’est surpassé. S’il n’a pas encore réussi à construire une montagne sur le Pont-Neuf avec les pierres de Notre-Dame, il en a élevé une ici : la  » Sainte-Montagne  » où prendront place les représentants du peuple, les choeurs, les orchestres et les porte-drapeaux

      Lorsque la Convention eut pris place au sommet de la montagne, un choeur de deux mille cinq cents voix entonna un hymne au Père de l’Univers composé par Marie-Joseph Chénier tandis que les jeunes filles jetaient des fleurs sur la foule répandue tout autour, que les mères élevaient leurs enfants au-dessus de leurs têtes et que les jeunes hommes brandissaient des sabres en jurant de s’en servir jusqu’à la victoire. Après quoi, bien sûr, les assistants se livrèrent à une sorte d’énorme pique-nique copieusement arrosé : il faisait si chaud !

      Parmi les députés, deux hommes avaient suivi le délirant événement avec des yeux froids, un sourire glacé. L’un d’eux dit :

      – Ce n’est pas assez d’être le maître, ce bougre-là voudrait aussi être un dieu?

      – Il faudrait peut-être songer à y mettre un frein?

      L’un s’appelait Barras et l’autre Fouché…

      Robespierre lui-même était-il satisfait? Plein d’exaltation le matin en quittant la maison Duplay, il y revint le soir, toujours calme, toujours impénétrable mais à cette seconde famille qu’il s’était donnée et qui le félicitait en pleurant de joie, il déclara :

      – Vous ne me verrez plus longtemps…

      Ils pensèrent qu’il était fatigué, mais lui songeait déjà à compléter la cérémonie de ce jour en offrant à sa nouvelle divinité un sacrifice propitiatoire susceptible de frapper de terreur ceux qui devaient comploter sa ruine. D’abord, il fallait accorder une grâce aux habitants de sa rue dont certains ne cachaient pas leur écoeurement de voir passer jour après jour, sous leurs fenêtres, les sinistres charrettes de la mort dans lesquelles, parfois, ils reconnaissaient des amis. Une semaine plus tard, le bourreau Sanson démontait la guillotine pour la transporter au bout du faubourg Saint-Antoine, sur la vaste place du Trône-renversé [xlii]. On avait d’abord pensé à la Bastille, mais les habitants s’y opposèrent fermement.

 …

xl

C’est à cette époque qu’il note :  » Les jours qui viennent de luire sont gros des destinées de l’Univers : les deux génies qui s’en disputaient l’empire sont en présence… A la tête de la faction criminelle qui croit toucher au moment de se baigner dans le sang des fidèles représentants du peuple est le baron de Batz… « 

[xli]. Sur son faîte, une colonne de cinquante pieds surveille l’entrée d’une grotte profonde éclairée par des candélabres géants. Une rivière en sourd qui serpente entre des tombeaux étrusques ombragés d’un chêne. Un autel antique, une pyramide, un sarcophage et un temple soutenu de vingt colonnes, complètent cette mythologie.

xli

Louis Pauwels,  » Robespierre ou la religion qui dura un jour  » dans Histoires magiques de l’histoire de France, t. II.
xlii


Gaza: Attention, un silence peut en cacher un autre ! (Breaking the silence over why Israel’s view of the enemy is becoming more extreme)

9 mai, 2015
https://i2.wp.com/www.thebureauinvestigates.com/wp-content/uploads/2012/07/All-Totals-Dash54.jpg
https://pbs.twimg.com/media/CBc3Ks4UUAAtpYu.jpg:large
https://i2.wp.com/www.europe-israel.org/wp-content/uploads/2014/08/BH6.jpgLes frères Jonas sont ici ; ils sont là quelque part. Sasha et Malia sont de grandes fans. Mais les gars, allez pas vous faire des idées. J’ai deux mots pour vous: « predator drones ». Vous les verrez même pas venir. Vous croyez que je plaisante, hein ? Barack Obama (2010)
L’ennemi n’est pas identifiable en tant que tel dans le sens où ce sont des gens qui se mêlent à la population. Donc ils sont habillés comme n’importe qui. Il n’y a pas d’uniforme donc comment savoir si c’est l’ennemi ou juste des personnes normales ? C’est juste d’après le comportement qu’on peut le voir. Bernard Davin (pilote belge au retour d’Afghanistan, RTBF, 13.01.09)
La majorité du temps, ce n’est pas une décision qui est difficile puisque en fait, c’est l’ennemi qui nous met dans une situation difficile au sol. Didier Polomé (commandant belge)
On n’en saura pas plus. Les détails des opérations OTAN sont couvertes par le secret militaire pour éviter les représailles contre les pays impliqués et contre les familles des pilotes en mission en Afghanistan. Journaliste belge (RTBF, 13.01.09)
Afghanistan: l’armée française tue par erreur quatre jeunes garçons Jean-Dominique Merchet (blog de journaliste, 24.04.10)
Les drones américains ont liquidé plus de monde que le nombre total des détenus de Guantanamo. Pouvons nous être certains qu’il n’y avait parmi eux aucun cas d’erreurs sur la personne ou de morts innocentes ? Les prisonniers de Guantanamo avaient au moins une chance d’établir leur identité, d’être examinés par un Comité de surveillance et, dans la plupart des cas, d’être relâchés. Ceux qui restent à Guantanamo ont été contrôlés et, finalement, devront faire face à une forme quelconque de procédure judiciaire. Ceux qui ont été tués par des frappes de drones, quels qu’ils aient été, ont disparu. Un point c’est tout. Kurt Volker
The drone operation now operates out of two main bases in the US, dozens of smaller installations and at least six foreign countries. There are « terror Tuesday » meetings to discuss targets which Obama’s campaign manager, David Axelrod, sometimes attends, lending credence to those who see naked political calculation involved. The New York Times
Foreign Policy a consacré la une de son numéro daté de mars-avril aux “guerres secrètes d’Obama”. Qui aurait pu croire il y a quatre ans que le nom de Barack Obama allait être associé aux drones et à la guerre secrète technologique ? s’étonne le magazine, qui souligne qu’Obama “est le président américain qui a approuvé le plus de frappes ciblées de toute l’histoire des Etats-Unis”. Voilà donc à quoi ressemblait l’ennemi : quinze membres présumés d’Al-Qaida au Yémen entretenant des liens avec l’Occident. Leurs photographies et la biographie succincte qui les accompagnait les faisaient ressembler à des étudiants dans un trombinoscope universitaire. Plusieurs d’entre eux étaient américains. Deux étaient des adolescents, dont une jeune fille qui ne faisait même pas ses 17 ans. Supervisant la réunion dédiée à la lutte contre le terrorisme, qui réunit tous les mardis une vingtaine de hauts responsables à la Maison-Blanche, Barack Obama a pris un moment pour étudier leurs visages. C’était le 19 janvier 2010, au terme d’une première année de mandat émaillée de complots terroristes dont le point culminant a été la tentative d’attentat évitée de justesse dans le ciel de Detroit le soir de Noël 2009. “Quel âge ont-ils ? s’est enquis Obama ce jour-là. Si Al-Qaida se met à utiliser des enfants, c’est que l’on entre dans une toute nouvelle phase.” La question n’avait rien de théorique : le président a volontairement pris la tête d’un processus de “désignation” hautement confidentiel visant à identifier les terroristes à éliminer ou à capturer. Obama a beau avoir fait campagne en 2008 contre la guerre en Irak et contre l’usage de la torture, il a insisté pour que soit soumise à son aval la liquidation de chacun des individus figurant sur une kill list [liste de cibles à abattre] qui ne cesse de s’allonger, étudiant méticuleusement les biographies des terroristes présumés apparaissant sur ce qu’un haut fonctionnaire surnomme macabrement les “cartes de base-ball”. A chaque fois que l’occasion d’utiliser un drone pour supprimer un terroriste se présente, mais que ce dernier est en famille, le président se réserve le droit de prendre la décision finale. (…) Une série d’interviews accordées au New York Times par une trentaine de ses conseillers permettent de retracer l’évolution d’Obama depuis qu’il a été appelé à superviser personnellement cette “drôle de guerre” contre Al-Qaida et à endosser un rôle sans précédent dans l’histoire de la présidence américaine. Ils évoquent un chef paradoxal qui approuve des opérations de liquidation sans ciller, tout en étant inflexible sur la nécessité de circonscrire la lutte antiterroriste et d’améliorer les relations des Etats-Unis avec le monde arabe. (…) C’est le plus curieux des rituels bureaucratiques : chaque semaine ou presque, une bonne centaine de membres du tentaculaire appareil sécuritaire des Etats-Unis se réunissent lors d’une visioconférence sécurisée pour éplucher les biographies des terroristes présumés et suggérer au président la prochaine cible à abattre. Ce processus de “désignation” confidentiel est une création du gouvernement Obama, un macabre “club de discussion” qui étudie soigneusement des diapositives PowerPoint sur lesquelles figurent les noms, les pseudonymes et le parcours de membres présumés de la branche yéménite d’Al-Qaida ou de ses alliés de la milice somalienne Al-Chabab. The New York Times (07.06.12)
Rarement moment politique et innovation technologique auront si parfaitement correspondu : lorsque le président démocrate est élu en 2008 par des Américains las des conflits, il dispose d’un moyen tout neuf pour poursuivre, dans la plus grande discrétion, la lutte contre les « ennemis de l’Amérique » sans risquer la vie de citoyens de son pays : les drones. (…) George W. Bush, artisan d’un large déploiement sur le terrain, utilisera modérément ces nouveaux engins létaux. Barack Obama y recourra six fois plus souvent pendant son seul premier mandat que son prédécesseur pendant les deux siens. M. Obama, qui, en recevant le prix Nobel de la paix en décembre 2009, revendiquait une Amérique au « comportement exemplaire dans la conduite de la guerre », banalisera la pratique des « assassinats ciblés », parfois fondés sur de simples présomptions et décidés par lui-même dans un secret absolu. Tandis que les militaires guident les drones dans l’Afghanistan en guerre, c’est jusqu’à présent la très opaque CIA qui opère partout ailleurs (au Yémen, au Pakistan, en Somalie, en Libye). C’est au Yémen en 2002 que la campagne d’ »assassinats ciblés » a débuté. Le Pakistan suit dès 2004. Barack Obama y multiplie les frappes. Certaines missions, menées à l’insu des autorités pakistanaises, soulèvent de lourdes questions de souveraineté. D’autres, les goodwill kills (« homicides de bonne volonté »), le sont avec l’accord du gouvernement local. Tandis que les frappes de drones militaires sont simplement « secrètes », celles opérées par la CIA sont « covert », ce qui signifie que les Etats-Unis n’en reconnaissent même pas l’existence. Dans ce contexte, établir des statistiques est difficile. Selon le Bureau of Investigative Journalism, une ONG britannique, les attaques au Pakistan ont fait entre 2 548 et 3 549 victimes, dont 411 à 884 sont des civils, et 168 à 197 des enfants. En termes statistiques, la campagne de drones est un succès : les Etats-Unis revendiquent l’élimination de plus d’une cinquantaine de hauts responsables d’Al-Qaida et de talibans. D’où la nette diminution du nombre de cibles potentielles et du rythme des frappes, passées de 128 en 2010 (une tous les trois jours) à 48 en 2012 au Pakistan. Car le secret total et son cortège de dénégations ne pouvaient durer éternellement. En mai 2012, le New York Times a révélé l’implication personnelle de M. Obama dans la confection des kill lists. Après une décennie de silence et de mensonges officiels, la réalité a dû être admise. En particulier au début de l’année, lorsque le débat public s’est focalisé sur l’autorisation, donnée par le ministre de la justice, Eric Holder, d’éliminer un citoyen américain responsable de la branche yéménite d’Al-Qaida. L’imam Anouar Al-Aulaqi avait été abattu le 30 septembre 2011 au Yémen par un drone de la CIA lancé depuis l’Arabie saoudite. Le droit de tuer un concitoyen a nourri une intense controverse. D’autant que la même opération avait causé des « dégâts collatéraux » : Samir Khan, responsable du magazine jihadiste Inspire, et Abdulrahman, 16 ans, fils d’Al-Aulaqui, tous deux américains et ne figurant ni l’un ni l’autre sur la kill list, ont trouvé la mort. Aux yeux des opposants, l’adolescent personnifie désormais l’arbitraire de la guerre des drones. La révélation par la presse des contorsions juridiques imaginées par les conseillers du président pour justifier a posteriori l’assassinat d’un Américain n’a fait qu’alimenter les revendications de transparence. La fronde s’est concrétisée par le blocage au Sénat, plusieurs semaines durant, de la nomination à la tête de la CIA de John Brennan, auparavant grand ordonnateur à la Maison Blanche de la politique d’assassinats ciblés. (…) Très attendu, le grand exercice de clarification a eu lieu le 23 mai devant la National Defense University de Washington. Barack Obama y a prononcé un important discours sur la « guerre juste », affichant enfin une doctrine en matière d’usage des drones. Il était temps : plusieurs organisations de défense des libertés publiques avaient réclamé en justice la communication des documents justifiant les assassinats ciblés. Une directive présidentielle, signée la veille, précise les critères de recours aux frappes à visée mortelle : une « menace continue et imminente contre la population des Etats-Unis », le fait qu’ »aucun autre gouvernement ne soit en mesure d'[y] répondre ou ne la prenne en compte effectivement » et une « quasi-certitude » qu’il n’y aura pas de victimes civiles. Pour la première fois, Barack Obama a reconnu l’existence des assassinats ciblés, y compris ceux ayant visé des Américains, assurant que ces morts le « hanteraient » toute sa vie. (…) Six jours après ce discours, l’assassinat par un drone de Wali ur-Rehman, le numéro deux des talibans pakistanais, en a montré les limites. Ce leader visait plutôt le Pakistan que « la population des Etats-Unis ». Tout porte donc à croire que les critères limitatifs énoncés par Barack Obama ne s’appliquent pas au Pakistan, du moins aussi longtemps qu’il restera des troupes américaines dans l’Afghanistan voisin. Et que les « Signature strikes », ces frappes visant des groupes d’hommes armés non identifiés mais présumés extrémistes, seront poursuivies. Les drones n’ont donc pas fini de mettre en lumière les contradictions de Barack Obama : président antiguerre, champion de la transparence, de la légalité et de la main tendue à l’islam, il a multiplié dans l’ombre les assassinats ciblés, provoquant la colère de musulmans. Le Monde (18.06.13)
Ce qui est arrivé au quartier Dahiya de Beyrouth en 2006 arrivera à tous les villages qui servent de base à des tirs contre Israël. […] Nous ferons un usage de la force disproportionné et y causerons de grands dommages et destructions. De notre point de vue, il ne s’agit pas de villages civils, mais de bases militaires. […] Il ne s’agit pas d’une recommandation, mais d’un plan, et il a été approuvé.  Gadi Eisenkot (commandant israélien de la division nord)
Frapper un grand coup n’est pas nécessairement immoral. Parfois cela peut même sauver des vies à plus long terme, parce que si vous frappez un grand coup, vous réduisez les possibilités que la guerre dure longtemps ou d’un deuxième round. Avi Kober (expert israélien en affaires militaires)
Je ne crois pas qu’une armée ait jamais fait plus d’efforts dans l’histoire militaire pour réduire le nombre des civils blessés et des décès des personnes innocentes que ne le font actuellement les forces armées d’Israël à Gaza. Colonel Richard Kemp (ancien commandant des forces britanniques en Afghanistan)
Je crois qu’en raison de l’énorme destruction, les habitants de Gaza ont compris que cela ne mène nulle part. Quand la construction commencera – avec des fonds de l’Europe, de l’Arabie Saoudite et d’autres endroits – et que les gens auront reconstruit leurs maisons, je ne crois pas qu’ils accepteront d’y remettre des lance-roquettes le jour suivant. Regardez ce qui s’est passé au lendemain de la deuxième guerre du Liban. Le Hezbollah a multiplié les menaces mais n’a pas envoyé la moindre roquette cette fois. Pourquoi? Parce que les habitants du Sud-Liban dont les maisons avaient été détruites ont dit: ‘Pour quoi faire ? Pourquoi recommencer tout ça?’. (…) Après les erreurs de la deuxième guerre du Liban, les soldats avaient peur, la population israélienne avait peur, les médias ont averti que ce serait une guerre dure et sans précédent. Hamas avait averti: ‘Si vous entrez dans Gaza, nous en ferons votre cimetière; il y aura des mines et des guet-apens partout’. Donc il y avait une vraie peur. Cette crainte nous a fait frapper trop fort. Il n’y a aucun doute que des choses dures se sont produites là-bas. Mais d’un autre côté, quand vous comparez aux batailles récentes de par le monde, cela n’a pas été si extraordinaire. A Fallujah, par exemple, environ 6 000 personnes ou 2,3 % de la population de cette ville irakienne ont été tuées par les forces américaines; et les Irakiens n’avaient jamais tiré sur Washington ou New York. En comparaison, le nombre de victimes à Gaza a été très bas. A.B. Yehoshua (écrivain israélien pacifiste)
With an outbreak of hostilities, the IDF will need to act immediately, decisively, and with force that is disproportionate to the enemy’s actions and the threat it poses. Such a response aims at inflicting damage and meting out punishment to an extent that will demand long and expensive reconstruction processes. The strike must be carried out as quickly as possible, and must prioritize damaging assets over seeking out each and every launcher. Punishment must be aimed at decision makers and the power elite. In Syria, punishment should clearly be aimed at the Syrian military, the Syrian regime, and the Syrian state structure. In Lebanon, attacks should both aim at Hizbollah’s military capabilities and should target economic interests and the centers of civilian power that support the organization. Moreover, the closer the relationship between Hizbollah and the Lebanese government, the more the elements of the Lebanese state infrastructure should be targeted. Such a response will create a lasting memory among Syrian and Lebanese decision makers, thereby increasing Israeli deterrence and reducing the likelihood of hostilities against Israel for a an extended period. At the same time, it will force Syria, Hizbollah, and Lebanon to commit to lengthy and resource-intensive reconstruction programs. Recent discussion of “victory” and “defeat” in a future war against Hizbollah has presented an overly simplistic approach. The Israeli public must understand that overall success cannot be measured by the level of high trajectory fire against Israel at the end of the confrontation. The IDF will make an effort to decrease rocket and missile attacks as much as possible, but the main effort will be geared to shorten the period of fighting by striking a serious blow at the assets of the enemy. Israel does not have to be dragged into a war of attrition with Hizbollah. Israel’s test will be the intensity and quality of its response to incidents on the Lebanese border or terrorist attacks involving Hizbollah in the north or Hamas in the south. In such cases, Israel again will not be able to limit its response to actions whose severity is seemingly proportionate to an isolated incident. Rather, it will have to respond disproportionately in order to make it abundantly clear that the State of Israel will accept no attempt to disrupt the calm currently prevailing along its borders. Israel must be prepared for deterioration and escalation, as well as for a full scale confrontation. Such preparedness is obligatory in order to prevent long term attrition. The Israeli home front must be prepared to be fired upon, possibly with even heavy fire for an extended period, based on the understanding that the IDF is working to reduce the period of fighting to a minimum and to create an effective balance of deterrence. This approach is applicable to the Gaza Strip as well. There, the IDF will be required to strike hard at Hamas and to refrain from the cat and mouse games of searching for Qassam rocket launchers. The IDF should not be expected to stop the rocket and missile fire against the Israeli home front through attacks on the launchers themselves, but by means of imposing a ceasefire on the enemy. Gabi Siboni
Il y n’y a que deux moyens d’aborder la question d’une manière efficace: occuper le territoire sur la durée et affaiblir systématiquement l’ennemi, ou entrer en force et porter un coup rapide mais fulgurant. A Gaza, l’armée israélienne a choisi la deuxième option, et donc, elle a eu tout-à-fait raison en termes militaires d’employer une puissance de feu massive. Vous devez frapper dur, entrer et sortir vite et prendre l’ennemi par surprise. Et surtout, vous ne devez jamais vous excuser. Parce que si vous le faites, vous démoralisez votre propre camp avant même de commencer. En dépit de toute les critiques, la guerre du Liban de 2006 a été un succès, parce que le Hezbollah n’a pas réattaqué depuis. En d’autres termes, nous sommes parvenus à casser la volonté de combattre du Hezbollah et je pense qu’il y a une possibilité raisonnable d’arriver au même résultat avec le Hamas à Gaza, où la performance de Tsahal était meilleure et les pertes inférieures. Martin van Creveld (historien militaire)

Nous  avons  réussi,  notre  récit  a  pris  le dessus !
Ismaël  Haniyeh (ancien premier  ministre  du  Hamas, Al-Jazeera, 29 août 2014)
Les groupes armés palestiniens doivent mettre fin à l’ensemble des attaques directes visant les civils et des attaques menées sans discrimination. Ils doivent aussi prendre toutes les précautions possibles afin de protéger les civils de la bande de Gaza des conséquences de ces attaques. Cela suppose d’adopter toutes les mesures qui s’imposent pour éviter de placer combattants et armes dans des zones densément peuplées ou à proximité. (…) Les éléments selon lesquels il est possible qu’une roquette tirée par un groupe armé palestinien ait causé 13 morts civiles dans la bande de Gaza soulignent à quel point ces armes sont non discriminantes et les terribles conséquences de leur utilisation. (…) L’impact dévastateur des attaques israéliennes sur les civils palestiniens durant ce conflit est indéniable, mais les violations commises par un camp dans un conflit ne peuvent jamais justifier les violations perpétrées par leurs adversaires. (…) La communauté internationale doit aider à prévenir de nouvelles violations en luttant contre la banalisation de l’impunité, et en cessant de livrer aux groupes armés palestiniens et à Israël les armes et équipements militaires susceptibles d’être utilisés pour commettre de graves violations du droit international humanitaire. Philip Luther
Amnesty International demande à tous les États de soutenir la Commission d’enquête des Nations unies et la compétence de la Cour pénale internationale concernant les crimes commis par toutes les parties au conflit. Amnesty international
Des groupes armés palestiniens ont fait preuve d’un mépris flagrant pour la vie de civils, en lançant de nombreuses attaques aveugles à l’aide de roquettes et de mortiers en direction de zones civiles en Israël durant le conflit de juillet-août 2014, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public jeudi 26 mars. Ce document, intitulé Unlawful and deadly: Rocket and mortar attacks by Palestinian armed groups during the 2014 Gaza/Israel conflict (…), fournit des éléments tendant à prouver que plusieurs attaques lancées depuis la bande de Gaza constituaient des crimes de guerre. Six civils, dont un petit garçon de quatre ans, ont été tués en Israël dans le cadre d’attaques de ce type, au cours de ce conflit ayant duré 50 jours. Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile tiré depuis la bande de Gaza s’est écrasé dans le camp de réfugiés d’al Shati. (…) Toutes les roquettes utilisées par les groupes armés palestiniens sont des projectiles non guidés, avec lesquels on ne peut pas viser avec précision de cible spécifique et qui sont non discriminantes par nature ; recourir à ces armes est interdit par le droit international et leur utilisation constitue un crime de guerre. Les mortiers sont eux aussi des munitions imprécises et ne doivent jamais être utilisés pour attaquer des cibles militaires situées dans des zones civiles ou à proximité. (…) Selon les données des Nations unies, plus de 4 800 roquettes et 1 700 mortiers ont été tirés depuis Gaza vers Israël au cours de ce conflit. Sur ces milliers de roquettes et mortiers, environ 224 auraient atteint des zones résidentielles israéliennes, tandis que le Dôme de fer, le système de défense anti-missile israélien, en a intercepté de nombreux autres. (…) Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien durant ce conflit, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile a explosé à côté d’un supermarché, dans le camp – surpeuplé – de réfugiés d’al Shati (bande de Gaza) le 28 juillet 2014, premier jour de l’Aïd al Fitr. Les enfants jouaient dans la rue et achetaient des chips et des boissons sucrées au supermarché au moment de l’attaque. Si les Palestiniens ont affirmé que l’armée israélienne était responsable de cette attaque, un expert indépendant, spécialiste des munitions, ayant examiné les éléments de preuve disponibles pour le compte d’Amnesty International, a conclu que le projectile utilisé dans le cadre de cette attaque était une roquette palestinienne. (…) Mahmoud Abu Shaqfa et son fils Khaled, âgé de cinq ans, ont été gravement blessés lors de cette attaque. Muhammad, son fils de huit ans, a été tué. (…) Il n’y pas d’abri contre les bombes ni de système d’alerte en place pour protéger les civils dans la bande de Gaza. Le rapport décrit en détail d’autres atteintes au droit international humanitaire commises par des groupes armés palestiniens durant le conflit, comme le fait de stocker des roquettes et d’autres munitions dans des immeubles civils, y compris des écoles administrées par les Nations unies, ainsi que des cas dans lesquels des groupes armés palestiniens ont lancé des attaques ou stocké des munitions très près de zones où se réfugiaient des centaines de civils déplacés. Amnesty international
Le bien et le mal se mélangent un peu (…) et ça devient un peu comme un jeu vidéo. Soldat israélien
While the testimonies include pointed descriptions of inappropriate behavior by soldiers in the field, the more disturbing picture that arises from these testimonies reflects systematic policies that were dictated to IDF forces of all ranks and in all zones. The guiding military principle of “minimum risk to our forces, even at the cost of harming innocent civilians,” alongside efforts to deter and intimidate the Palestinians, led to massive and unprecedented harm to the population and the civilian infrastructure in the Gaza Strip. This policy was evident first and foremost during the briefings provided to the forces before entering Gaza. Many soldiers spoke of a working assumption that Palestinian residents had abandoned the neighborhoods they entered due to the IDF’s warnings, thus making anyone located in the area a legitimate target – in some cases even by direct order. This approach was evident before the ground incursion, when the neighborhoods IDF forces entered suffered heavy shelling, as part of the “softening” stage. This included, among other things, massive use of statistical weapons, like cannons and mortars, which are incapable of precise fire. They are intended for broad area offensives, through the random distribution of shells over a range that can reach up to hundreds of meters from the original target (see testimonies 1, 88, and 96). In practice, during the preliminary shelling, the army pounded populated areas throughout the Strip with artillery shells in order to scare off enemy combatants who were in the area, and at times also to urge the civilian population to flee. (…) This policy changed for various reasons, including the dwindling of the target lists, the desire to prevent Hamas from, attaining a “display of victory” ahead of the ceasefires, and the desire to attack as many targets as possible before the ceasefires went into effect. The top echelons of the IDF command determined these changes in the open-fire policy. At least in some cases, the deliberations and circumstances that led to changes in this policy were not directly related to the combat itself or to defending the troops in the field – but rather served political and diplomatic interests. Breaking the silence
This is combat in an urban area, we’re in a war zone. The saying was: ‘There’s no such thing there as a person who is uninvolved.’ In that situation, anyone there is involved. Everything is dangerous; there were no special intelligence warnings such as some person, or some white vehicle arriving… No vehicle is supposed to be there – if there is one, we shoot at it. Anything that’s not ‘sterile’ is suspect. There was an intelligence warning about animals. If a suspicious animal comes near, shoot it. In practice, we didn’t do that. We had arguments about whether or not to do it. But that was just a general instruction; in practice you learn to recognize the animals because they are the only ones wandering around. Israeli soldier
There isn’t a soul around, the streets are empty, no civilians. At no point did I see a single person who wasn’t a soldier. (…) To try and trigger a response, to deter. Our objective at that time was not to eliminate anyone we saw – our objective was to blow up the two tunnels we were sitting right on top of. We kept this line for five days and made sure no one came near. Why would anyone come near? To die? During the talk the unit commander explained that it wasn’t an act of revenge. That the houses situated on a high axis on this side of the ridge dominated the entire area between [the separation fence with] Israel and the neighborhood, and that is why they couldn’t be left standing. They also overlook the Israeli towns and allow for them to be shelled with mortars. At a certain point we understood it was a pattern: you leave a house and the house is gone – after two or three houses you figure out that there’s a pattern. The D9 (armored bulldozer)comes and flattens it. (…) Often there were reports that the tunnels (dug by Palestinian militants) were being dug inside greenhouses to camouflage them. Israeli soldier
We were staying in abandoned houses. The people’s stuff was left inside, but not things like electrical appliances. They must have taken everything – they fled. I did not see any casualties that were not clearly enemies there, because everyone was told to flee north from the very start. That’s what we knew. They left their houses closed up tight. It was clear that people had been preparing for our entry. [When we went in] we turned the houses upside down, because there was no other choice, you had to. We found weapons. Israeli soldier
They went over most of the things viewed as accomplishments. They spoke about numbers: 2,000 dead and 11,000 wounded, half a million refugees, decades worth of destruction. Harm to lots of senior Hamas members and to their homes, to their families. These were stated as accomplishments so that no one would doubt that what we did during this period was meaningful. Israeli soldier
There was this mentally handicapped girl in the neighborhood, apparently, and the fact that shots were fired near her feet only made her laugh (earlier in his testimony the soldier described a practice of shooting near
people’s feet in order to get them to distance themselves from the forces). She would keep getting closer and it was clear to everyone that she was mentally handicapped, so no one shot at her. No one knew how to deal with this situation. She wandered around the areas of the advance guard company and some other company – I assume she just wanted to return home, I assume she ran away from her parents, I don’t think they would have sent her there. It is possible that she was being taken advantage of – perhaps it was a show, I don’t know. I thought to myself that it was a show, and I admit that I really, really wanted to shoot her in the knees because I was convinced it was one. I was sure she was being sent by Hamas to test our alertness, to test our limits, to figure out how we respond to civilians. Later they also let loose a flock of sheep on us, seven or ten of whom had bombs tied to their bellies from below. I don’t know if I was right or wrong, but I was convinced that this girl was a test. Eventually, enough people fired shots near her feet for her to apparently get the message that ‘OK, maybe I shouldn’t be here,’ and she turned and walked away. The reason this happened is that earlier that day I was t know if׳I don right or wrong, but I was convinced that this girl was a test. Eventually, enough people fired shots near her feet for her to apparently get,OK׳ the message thatt be׳I shouldn maybe and she turned ׳,here and walked away. The reason this happened is that earlier that day we heard about an old man who went in the direction of a house held by a different force; [the soldiers] didn’t really know what to do so they went up to him. This guy, 70 or 80 years old, turned out to be booby-trapped from head to toe. From that moment on the protocol was very, very clear: shoot toward the feet. And if they don’t go away, shoot to kill. Israeli soldier
There was a mosque identified [as a hostile target] that we were watching over. This mosque was known to have a tunnel [opening] in it, and they thought that there were Hamas militants or something inside. We didn’t spot any in there – we didn’t detect anything, we didn’t get shot at. Nothing. They told us: “There aren’t supposed to be any civilians there. If you spot someone, shoot.” Israeli soldier
If the family had no phone and a ‘roof knocking’ was conducted, and after a few minutes no one came out, then the assumption was that there was no one there. You were working under the assumption that once a ‘roof knocking’ was conducted everyone leaves the building immediately, and if nobody leaves it means there was no one inside? People who are willing to sacrifice themselves, there’s nothing you can do. We have no way of knowing if there were people in there who decided not to get out. Israeli soldier
It’s like “Call of Duty” (a first-person shooter video game). Ninety-nine percent of the time I was inside a house, not moving around – but during the few times we passed from place to place I remember that the level of destruction looked insane to me. It looked like a movie set, it didn’t look real. Israeli soldier
We entered a neighborhood with orchards, which is the scariest. There were lots of stories going around about being surprised by tunnels or explosive devices in these orchards. When you go in you fire at lots of suspicious places. You shoot at bushes, at trees, at all sorts of houses you suddenly run into, at more trees. You fire a blast and don’t think twice about it. When we first entered [the Gaza Strip] there was this ethos about Hamas – we were certain that the moment we went in our tanks would all be up in flames. But after 48 hours during which no one shoots at you and they’re like ghosts, unseen, their presence unfelt – except once in a while the sound of one shot fired over the course of an entire day – you come to realize the situation is under control. And that’s when my difficulty there started, because the formal rules … they warned us, they told us that after a ceasefire the population might return, and then they repeated the story about the old man who asked for water (earlier in his testimony the testifier described a briefing in which an incident was described where an elderly Palestinian man asked soldiers for water and then threw grenades at the forces). Israeli soldier
We’re blowing up this house, but we can’t eat this bag of Bamba (peanut butter snacks)? Israeli soldier
I never saw anything like it, not even in Lebanon. There was destruction there, too – but never in my life did I see anything like this. When we got there, there were white flags on all the rooftops. We had been prepared for something very… For some very glorious combat, and in the end it was quiet. After three weeks in Gaza, during which you’re shooting at anything that moves – and also at what isn’t moving, crazy amounts – you aren’t anymore really … Israeli soldier
 « The rules of engagement are pretty identical: Anything inside [the Gaza Strip] is a threat, the area has to be ‘sterilized,’ empty of people – and if we don’t see someone waving a white flag, screaming ‘I give up’ or something, then he’s a threat and there’s authorization to open fire.” Haaretz
Israeli soldiers assaulted a pair of photojournalists near the West Bank town of Nabi Saleh on Friday, video footage of the incident shows. The video shows a group of soldiers accosting two photojournalists clearly marked as members of the press, shouting at them « Get out of here. » Then one of the soldiers is seen pushing one of the photographers to the ground with his helmet. After this, another soldier knocks the other photographer to the ground. The same soldier then picks up a stone and hurls it at the photographer. According to the army, the area was a closed military zone and some 70 Palestinians had assembled there and hurled stones at passing vehicles and the force itself. This demonstration is not seen in the video. (…) An Israel Defense Forces spokesman told Haaretz that « the behavior seen in the video is reprehensible and isn’t in line with the guidelines issued by the commanders in the region. The IDF guidelines allow for free press coverage in the territory under control of the Central Command in general, and specifically during demonstrations. The matter will be investigated. » In 2012, an IDF officer was filmed throwing stones and firing at Palestinians in Nabi Saleh – contrary to regulations. He was relieved of his duties and was later charged with illegal use of a fire arm. Haaretz
During Operation Cast Lead, Israeli forces killed Palestinian civilians under permissive rules of engagement and intentionally destroyed their property, say soldiers who fought in the offensive. (…) The testimonies include a description by an infantry squad leader of an incident where an IDF sharpshooter mistakenly shot a Palestinian mother and her two children. (…) Another squad leader from the same brigade told of an incident where the company commander ordered that an elderly Palestinian woman be shot and killed; she was walking on a road about 100 meters from a house the company had commandeered. Haaretz
To write ‘death to the Arabs’ on the walls, to take family pictures and spit on them, just because you can. I think this is the main thing: To understand how much the IDF has fallen in the realm of ethics, really. It’s what I’ll remember the most. IDF soldier
The IDF’s ethical problems did not start in 2009. Such discussions also followed the Six-Day War. But a reserve officer who looked at the transcript Wednesday said: « This is not the IDF we knew. »The descriptions show that Israel’s view of the enemy is becoming more extreme. The deterioration has been continuous – from the first Lebanon war to the second, from the first intifada to the second, from Operation Defensive Shield to Operation Cast Lead. Haaretz
Il n’existe plus de conflit conventionnel dont le cadre légal peut être à postériori analysé. Israël ne fait que s’adapter à une nouvelle forme de guerre totale mêlant le conflit conventionnel à la guerre au nom de l’islam : les Palestiniens entrainent des enfants soldats (filles comme garçons) au « martyr », c’est-à-dire à des actions kamikazes de civils contre des unités militaires. Des vidéos sur ces entrainements prolifèrent sur internet et sont un des moyens de propagande des mouvements palestiniens dans une surenchère djihadiste. Ne pas en tenir compte de par son positionnement politique sur le conflit israélo-palestinien serait une grave erreur; et un appui tacite au développement d’idéologie tendant à exposer les populations civiles dans des conflits armés. De ce fait, le respect du Droit est à la base vicié : toute action militaire entrainant la mort de « civil » se verra condamné par un droit n’ayant jamais envisagé l’utilisation de la population comme arme potentielle. Alors oui, brisons le silence ! Brisons le silence sur une fausse guerre au nom d’une revendication de « libération » (Gaza n’est pas occupée) mais bien sur une idéologie islamiste palestinienne basée sur la destruction définitive du peuple juif au Moyen orient : les chrétiens d’orient pourtant massivement anti-israéliens en découvrent aujourd’hui l’autre pendant. Danilette

Frappes aveugles et aléatoires sur l’ensemble des villes; centaines de kilomètres de tunnels offensifs jusqu’aux zones habitées; enlèvements et menaces d’enlèvement de soldats; militaires sans uniformes déguisés en civils; guerre de rues où tous les coups sont permis; population civile et biens de caractère civil utilisés comme boucliers humains; installations de commandements, armements ou munitions dans maisons d’habitation, écoles, lieux de culte; piégeage de maisons, animaux, vieillards, femmes, enfants ou handicapés mentaux …

Attention: un silence peut en cacher un autre !

A l’heure où nos belles âmes se félicitent de l’élimination ô combien méritée du cerveau des récents attentats de Paris

Par les drones d’un prix Nobel de la paix qui tout en se refusant à prononcer le nom même de l’ennemi en est quand même bientôt …

Dans la plus grande indifférence et femmes et enfants compris à son 2 500e carton …

Et qu’après avoir courageusement abandonné l’Afghanistan à son triste sort, l’Europe a depuis longtemps oublié ce que ses soldats ont bien pu y faire …

Qui s’étonne …

De l’étrange acharnement des mêmes belles âmes sur les prétendus crimes de guerre

D’une armée tentant de défendre ses soldats face aux pires perfidies du Hamas ?

Et qui prend la peine de se demander la raison

De la « vision israélienne » prétendument « extrême »  …

Derrière l’apparente disproportion des destructions …

 De ceux qui en avaient cyniquement transformées les cibles en objectifs militaires ?

Gaza : Brisons le silence ?
Ded Zep
Danilette
6 mai 2015

L’éthique de l’Armée Israélienne, une des plus rigoureuses, car créée et encadrée par des sociologues et des philosophes au sortir de la barbarie nazie ne serait plus ?

Israël aurait-elle surtout pensé à protéger ses propres soldats, au détriment de la population civile palestinienne, lors de la dernière guerre contre l’islamisme intégriste du Hamas ?

« Une ONG israélienne, Breaking The Silence, sur la foi d’entretiens avec une soixantaine d’anciens combattants du conflit, estime que Tsahal a infligé des ‘préjudices massifs et sans précédent’ aux civils palestiniens pendant ce conflit en tirant à l’aveugle et en négligeant ses règles d’engagement ».

Ce qu’il y a de bien en Israël, c’est la transparence politique et éthique des institutions et des corps sociaux : Tsahal n’est pas la « grande muette » française dont la guerre d’Algérie n’a pas encore révélé plus de 50 ans après tous les aspects d’une guerre forcément sale.

Mais revenons sur la guerre contre le Hamas. Il faut bien comprendre, comme nous le découvrons hélas en France, que l’ennemi est invisible et peut frapper à tout moment.

Retour sur l’escalade ayant mené à une nouvelle intervention israélienne.
1. Tout d’abord des frappes aveugles, aléatoires de missiles tirés de gaza vers les villes israéliennes. Les villes, pas des objectifs militaires.
2. Des tirs sporadiques, puis de plus en plus rapprochés, de plus en plus violents.
3. Le gouvernement israélien commence par prendre des contacts dans le monde arabe pour essayer de faire cesser ces tirs. Des réunions secrètes tripartites avec l’Égypte, mais aussi les pays du Golfe sont organisées pour « convaincre » le Hamas de ne pas s’engager dans une spirale ne pouvant déboucher sur un nouveau conflit : aucun État ne peut supporter que l’on tire délibérément sur son armée, encore moins sur sa population civile sans réagir.
4. Les négociations échouent du fait du Hamas enfermé dans une logique islamiste et des conflits d’intérêts internes à la politique palestinienne : qui sera le mouvement palestinien perçu comme le plus « dur » avec Israël.
5. Israël durcit officiellement le ton et parle de plus en plus d’une possible intervention face à ce casus-belli.
6. Le Hamas réplique en indiquant que gaza sera le tombeau des juifs, et que de nouveaux militaires seront enlevés comme Guilad Shalit (gardé comme otage par les palestiniens « pendant plus de cinq années, soustrait au monde et au droit » – Bertrand Delanoë, maire de Paris -).
7. Le Hamas réplique aussi en disant que dans cette guerre des rues, tout vivant sera un piège pour les soldats israéliens : un âne, un chien, un enfant, une femme, un vieillard seront des kamikazes, des martyrs contre les sionistes.

L’exigence du « principe de distinction » entre combattant et civil
La décision de Tsahal de minimiser au maximum les pertes humaines au niveau de ses propres hommes découle directement de ces avertissements explicites des djihadistes palestiniens.
Il y a aussi l’apprentissage des précédents engagements militaires contre les Palestiniens : ce ne sont pas des soldats identifiables par leurs uniformes contre qui les soldats israéliens ont eut à faire mais à des militaires sans uniformes déguisés en civils !
• Militaires déguisés en civils. Ce principe est dénoncé dans l’article 48 du 1er Protocole additionnel des conventions de Genève :

« En vue d’assurer le respect et la protection de la population civile et des biens de caractère civil, les Parties au conflit doivent en tout temps faire la distinction entre la population civile et les combattants ainsi qu’entre les biens de caractère civil et les objectifs militaires et, par conséquent, ne diriger leurs opérations que contre des objectifs militaires. »

• L’utilisation de ses civils comme boucliers humains par l’une des Parties est interdite.

« Aucun principe n’est plus central à la loi humanitaire en tant de guerre que l’obligation de respecter la distinction entre combattants et non-combattants. Ce principe est violé et la responsabilité pénale est donc engagée lorsque des organisations utilisent des civils comme boucliers ou manifestent une indifférence injustifiée pour la protection des non-combattants. »

• Le droit des conflits armés établit clairement qu’il est formellement interdit aux Parties d’un conflit armé d’utiliser la population civile ou des installations civiles pour protéger des infrastructures militaires. L’article 51-7 du 1er Protocole additionnel des Conventions de Genève stipule :

« La présence ou les mouvements de population civile, ou de personnes civiles, ne doivent pas être utilisés pour mettre certains points ou certaines zones à l’abri d’opérations militaires, notamment pour tenter de mettre des objectifs militaires à l’abri d’attaques ou de couvrir, favoriser ou gêner des opérations militaires. Les Parties au conflit ne doivent pas diriger les mouvements de la population civile ou des personnes civiles ».

Les palestiniens postent leurs unités de tir de missile dans les parcs d’habitation entourés d’enfants, devants des bâtiments de l’ONU, dans des hôpitaux mettant ainsi délibérément ces lieux sous le feu de la réplique israélienne avec des dégâts permettant une guerre des images destinée à soulever l’indignation:
• dans un monde occidental peu informé, toujours prompt à condamner Israël,
• dans le monde arabe pour susciter la formation de nouveaux djihadistes contre les juifs du monde entier : Mohamed Merah, Mehdi Nemmouche, Amedy Coulibaly, les frères Kouachi en sont les exemples récents revendiquant leurs actes pour « venger la mort des enfants palestiniens ».

Conflit conventionnel ou guerre au nom de l’islam ?
À ce titre il n’existe plus de conflit conventionnel dont le cadre légal peut être à postériori analysé. Israël ne fait que s’adapter à une nouvelle forme de guerre totale mêlant le conflit conventionnel à la guerre au nom de l’islam : les palestiniens entrainent des enfants soldats (filles comme garçons) au « martyr », c’est-à-dire à des actions kamikazes de civils contre des unités militaires.
Des vidéos sur ces entrainements prolifèrent sur internet et sont un des moyens de propagande des mouvements palestiniens dans une surenchère djihadiste.
Ne pas en tenir compte de par son positionnement politique sur le conflit israélo-palestinien serait une grave erreur; et un appui tacite au développement d’idéologie tendant à exposer les populations civiles dans des conflits armés.
De ce fait, le respect du Droit est à la base vicié : toute action militaire entrainant la mort de « civil » se verra condamné par un droit n’ayant jamais envisagé l’utilisation de la population comme arme potentielle.

Brisons le silence !
Alors oui, brisons le silence ! Brisons le silence sur une fausse guerre au nom d’une revendication de « libération » (Gaza n’est pas occupée) mais bien sur une idéologie islamiste palestinienne basée sur la destruction définitive du peuple juif au moyen orient : les chrétiens d’orient pourtant massivement anti-israéliens en découvrent aujourd’hui l’autre pendant.

Voir aussi:

La dérive morale de l’armée israélienne à Gaza
Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)

Le Monde

04.05.2015

Eté 2014, bande de Gaza. Un vieux Palestinien gît à terre. Il marchait non loin d’un poste de reconnaissance de l’armée israélienne. Un soldat a décidé de le viser. Il est grièvement blessé à la jambe, ne bouge plus. Est-il vivant ? Les soldats se disputent. L’un d’eux décide de mettre fin à la discussion. Il abat le vieillard.

Cette histoire, narrée par plusieurs de ses acteurs, s’inscrit dans la charge la plus dévastatrice contre l’armée israélienne depuis la guerre, lancée par ses propres soldats. L’organisation non gouvernementale Breaking the Silence (« rompre le silence »), qui regroupe des anciens combattants de Tsahal, publie, lundi 4 mai, un recueil d’entretiens accordés sous couvert d’anonymat par une soixantaine de participants à l’opération « Bordure protectrice ».

Une opération conduite entre le 8 juillet et le 26 août 2014, qui a entraîné la mort de près de 2 100 Palestiniens et 66 soldats israéliens. Israël a détruit trente-deux tunnels permettant de pénétrer clandestinement sur son territoire, puis a conclu un cessez-le-feu avec le Hamas qui ne résout rien. L’offensive a provoqué des dégâts matériels et humains sans précédent. Elle jette, selon l’ONG, « de graves doutes sur l’éthique » de Tsahal.

« Si vous repérez quelqu’un, tirez ! »

Breaking the Silence n’utilise jamais l’expression « crimes de guerre ». Mais la matière que l’organisation a collectée, recoupée, puis soumise à la censure militaire comme l’exige toute publication liée à la sécurité nationale, est impressionnante. « Ce travail soulève le soupçon dérangeant de violations des lois humanitaires, explique l’avocat Michael Sfard, qui conseille l’ONG depuis dix ans. J’espère qu’il y aura un débat, mais j’ai peur qu’on parle plus du messager que du message. Les Israéliens sont de plus en plus autocentrés et nationalistes, intolérants contre les critiques. »

Environ un quart des témoins sont des officiers. Tous les corps sont représentés. Certains étaient armes à la main, d’autres dans la chaîne de commandement. Cette diversité permet, selon l’ONG, de dessiner un tableau des « politiques systémiques » décidées par l’état-major, aussi bien lors des bombardements que des incursions au sol. Ce tableau contraste avec la doxa officielle sur la loyauté de l’armée, ses procédures strictes et les avertissements adressés aux civils, pour les inviter à fuir avant l’offensive.

« Ce travail soulève le soupçon dérangeant de violations des lois humanitaires, explique l’avocat Michael Sfard, qui conseille l’ONG Breaking the Silence. J’espère qu’il y aura un débat »
Les témoignages, eux, racontent une histoire de flou. Au nom de l’obsession du risque minimum pour les soldats, les règles d’engagement – la distinction entre ennemis combattants et civils, le principe de proportionnalité – ont été brouillées. « Les soldats ont reçu pour instructions de leurs commandants de tirer sur chaque personne identifiée dans une zone de combat, dès lors que l’hypothèse de travail était que toute personne sur le terrain était un ennemi », précise l’introduction. « On nous a dit, il n’est pas censé y avoir de civils, si vous repérez quelqu’un, tirez ! », se souvient un sergent d’infanterie, posté dans le nord.

Les instructions sont claires : le doute est un risque. Une personne observe les soldats d’une fenêtre ou d’un toit ? Cible. Elle marche dans la rue à 200 mètres de l’armée ? Cible. Elle demeure dans un immeuble dont les habitants ont été avertis ? Cible. Et quand il n’y a pas de cible, on tire des obus ou au mortier, on « stérilise », selon l’expression récurrente. Ou bien on envoie le D-9, un bulldozer blindé, pour détruire les maisons et dégager la vue.

« Le bien et le mal se mélangent »

Un soldat se souvient de deux femmes, parlant au téléphone et marchant un matin à environ 800 mètres des forces israéliennes. Des guetteuses ? Un drone les survole. Pas de certitude. Elles sont abattues, classées comme « terroristes ». Un sergent raconte le « Bonjour Al-Bourej ! », adressé un matin par son unité de tanks à ce quartier situé dans la partie centrale du territoire. Les tanks sont alignés puis, sur instruction, tirent en même temps, au hasard, pour faire sentir la présence israélienne.

Beaucoup de liberté d’appréciation était laissée aux hommes sur le terrain. Au fil des jours, « le bien et le mal se mélangent un peu (…) et ça devient un peu comme un jeu vidéo », témoigne un soldat. Mais cette latitude correspondait à un mode opérationnel. Au niveau de l’état-major, il existait selon l’ONG trois « niveaux d’activation », déterminant notamment les distances de sécurité acceptées par rapport aux civils palestiniens. Au niveau 3, des dommages collatéraux élevés sont prévus. « Plus l’opération avançait, et plus les limitations ont diminué », explique l’ONG. « Nos recherches montrent que pour l’artillerie, les distances à préserver par rapport aux civils étaient très inférieures à celles par rapport à nos soldats », souligne Yehuda Shaul, cofondateur de Breaking the Silence.

Un lieutenant d’infanterie, dans le nord de la bande de Gaza, se souvient : « Même si on n’entre pas [au sol], c’est obus, obus, obus. Une structure suspecte, une zone ouverte, une possible entrée de tunnel : feu, feu, feu. » L’officier évoque le relâchement des restrictions au fil des jours. Lorsque le 3e niveau opératoire est décidé, les forces aériennes ont le droit à un « niveau raisonnable de pertes civiles, dit-il. C’est quelque chose d’indéfinissable, qui dépend du commandant de brigade, en fonction de son humeur du moment ».

Fin 2014, le vice-procureur militaire, Eli Bar-On, recevait Le Monde pour plaider le discernement des forces armées. « On a conduit plus de 5 000 frappes aériennes pendant la campagne. Le nombre de victimes est phénoménalement bas », assurait-il. A l’en croire, chaque frappe aérienne fait l’objet d’une réflexion et d’une enquête poussée. Selon lui, « la plupart des dégâts ont été causés par le Hamas ». Le magistrat mettait en cause le mouvement islamiste pour son utilisation des bâtiments civils. « On dispose d’une carte de coordination de tous les sites sensibles, mosquées, écoles, hôpitaux, réactualisée plusieurs fois par jour. Quand on la superpose avec la carte des tirs de roquettes, on s’aperçoit qu’une partie significative a été déclenchée de ces endroits. »

Treize enquêtes pénales ouvertes

L’armée peut-elle se policer ? Le parquet général militaire (MAG) a ouvert treize enquêtes pénales, dont deux pour pillages, déjà closes car les plaignants ne se sont pas présentés. Les autres cas concernent des épisodes tristement célèbres du conflit, comme la mort de quatre enfants sur la plage de Gaza, le 16 juillet 2014. Six autres dossiers ont été renvoyés au parquet en vue de l’ouverture d’une enquête criminelle, après un processus de vérification initial.

Ces procédures internes n’inspirent guère confiance. En septembre, deux ONG israéliennes, B’Tselem et Yesh Din, ont annoncé qu’elles cessaient toute coopération avec le parquet. Les résultats des investigations antérieures les ont convaincues. Après la guerre de 2008-2009 dans la bande de Gaza (près de 1 400 Palestiniens tués), 52 enquêtes avaient été ouvertes. La sentence la plus sévère – quinze mois de prison dont la moitié avec sursis – concerna un soldat coupable du vol d’une carte de crédit. Après l’opération « Pilier de défense », en novembre 2012 (167 Palestiniens tués), une commission interne a été mise en place, mais aucune enquête ouverte. Le comportement de l’armée fut jugé « professionnel ».

Voir également:

Investigate Israel’s political leadership over civilian deaths in Gaza
Probing specific incidents of civilian fatalities in last summer’s Gaza war won’t alone contribute to uncovering the truth. An external probe must be launched that examines every level of official involved, and especially politicians.
Haaretz Editorial

May 6, 2015

“Anyone located in an IDF area, in areas the IDF took over – is not [considered] a civilian. That is the working assumption.” That statement, which appears in a report by Breaking the Silence that includes testimony from more than 60 soldiers and officers who participated in last summer’s war in the Gaza Strip, does a lot to explain the large number of civilian fatalities during Operation Protective Edge.

This statement and others like it that appear in the report also reveal the policy set by high-level officials, especially the elected politicians. This policy includes a warped interpretation of the Israel Defense Forces’ Code of Ethics – which says the state has an obligation to protect its soldiers’ lives that outweighs its obligation to protect the lives of civilians “on the other side” who aren’t involved in the fighting – and permits indiscriminate harm to civilians.

“The saying was: ‘There’s no such thing there as a person who is uninvolved,’” another testimony said, revealing a prima facie disregard for the most fundamental principle of the laws of war – the distinction between combatants and civilians. The testimony exposes a de facto policy characterized by permission to “shoot anywhere, nearly freely,” which contradicts both international law and Israeli law. The orders given under this policy ought to be considered patently illegal.

The Supreme Court’s ruling on the 1956 Kafr Qasem massacre stated that “a black flag … like a warning sign saying ‘Stop!’” flies over any order to shoot indiscriminately even at the price of killing innocents. “The illegality is glaringly apparent to the eye and infuriating to the heart, if the eye isn’t blind and the heart isn’t stony or corrupt,” the ruling said.

The Breaking the Silence report also reveals that the IDF tried to create the impression that the number of civilians killed was smaller than it really was – for instance, by classifying women who didn’t participate in the fighting but were shot to death as “terrorists.” There is also testimony about prima facie breaches of the obligation to take precautions to avoid harming civilians, as well as breaches of the prohibition on attacking a military target if disproportionate harm to civilians can be anticipated.

What is especially troubling about the report is the impression that these weren’t exceptional incidents, but settled policy. Therefore, investigating these specific incidents alone won’t contribute to uncovering the truth. An external probe must be launched that examines every level of official involved, and especially the elected politicians, because they’re the ones who bear responsibility for the policy that was implemented.

In an interview last week with Haaretz, Fatou Bensouda, prosecutor of the International Criminal Court in The Hague, said that the ICC only gets involved when a country refuses or is unwilling to conduct its own investigations. This is one investigation that Israel can and must conduct by itself.

 Voir encore:

Gaza testimonies / Diverting the debate from the real issue
A new wave of damning testimonies by IDF soldiers who fought in Gaza has unleashed a knee-jerk reaction.
Amos Harel

Jul. 16, 2009

A new wave of damning testimonies by Israel Defense Forces soldiers who took part in the recent fighting in Gaza has unleashed a knee-jerk reaction from the already sensitive Israeli public. (Leading the charge was Defense Minister Ehud Barak, who on Wednesday demanded that all criticism in military matters be directed at him, not the soldiers.)

The testimonies were released by « Breaking the Silence, » an organization of former soldiers who use personal experiences to illustrate what they perceive to be the folly of Israeli policies in the Palestinian territories. Once again, the organization has been singled out for rebuke.

The response to the testimonies was taken – admittedly very skillfully – in one very specific direction: the reliability of the witnesses and their betrayal of IDF and Israeli society as a whole.

The IDF Spokesman’s Office dismissed Breaking the Silence as a private body focused on media manipulation. Kadima MK Otniel Schneller, a resident of the Maaleh Michmas settlement, demanded the anonymous soldier witnesses identify themselves. This demand took center stage in the efforts to discredit the troops who had spoken out.

So, it was asked, why won’t Breaking the Silence give any identifying details in their accounts, tying them to a specific sector, date or unit? Who would know, reporters heard IDF officers wonder aloud, whether the testimonials were delivered by actors reading from a script?

The nay-sayers should simmer down. The men behind the testimonies are soldiers, that is certain. Three of them met with Haaretz, at the paper’s request. While there is no definite way of vouching for the credibility of their reports, it is safe to say that they did fight in Gaza and that they provided enough authentic detail to prove that they are not imposters.

The refusal to disclose their identities, especially for those witnesses still completing their mandatory military service, stems from a fear of possible retribution, both from their commanders and from their peers.

Telling their stories to outside organizations, in particular the media, is seen as tattling. It was enough for these soldiers to hear from graduates of a pre-army prep course about the onslaught they faced after previous Cast Lead testimonies – vehemently denied in the Military Advocate General’s subsequent report – to understand that their fears are not unfounded. It will be interesting to hear the full version of events once these soldiers are discharged.

On the flip side, Breaking the Silence, founded in 2004 by veterans of the second intifada, has a clear political agenda, and can no longer be classed as a « human rights organization. » Any organization whose website includes the claim by members to expose the « corruption which permeates the military system » is not a neutral observer.

The organization has a clear agenda: to expose the consequences of IDF troops serving in the West Bank and Gaza. This seems more of interest to its members than seeking justice for specific injustices. The fact that the material was published just six months after the end of the conflict will diminish its impact in the eyes of a public supportive of their troops.

But this does not mean that the documented evidence, some of which was videotaped, is fabricated. It goes without saying, however, that the vague contextual descriptions hamper the possibility that the IDF could use such testimonies in a criminal investigation.

During the conflict in Gaza earlier this year, Israel did not use even close to the amount of firepower the U.S. military unleashed on Iraq’s civilian population. The IDF, as can be concluded from the reports themselves, did not systematically kill innocent people. It did use intense fire in crowded areas and issued fairly loose rules of engagement in order to meet the unwritten goal of the operation – a minimum of IDF casualties.

Among the lower ranks of some units, this translated to a certain unraveling in the wake of eight years of Qassam rockets (a period in which, despite our celebrated policy of restraint, several thousand Palestinians were killed) and a sentiment among some soldiers that the time had come to settle the score with the Gazans.

So where can Israel draw the line between self-flagellation and introspection? A month ago, Colonel Hertzi Halevy of the IDF Paratroopers Brigade held a conference on battle values, in which all battalion and brigade commanders took part. It was an extensive and thorough discussion, which heard from legal experts, journalists, a philosophy professor and even (good heavens!) a bona fide leftwing activist.

The Paratroopers officers felt they had done nothing for which they should feel ashamed. Instead of curling up in a defensive ball, they listened to the criticism with interest, although they rejected much of it in their own detailed responses.

International criticism, including an upcoming harsh UN report, will continue regardless. We can and must lead a debate on the matter within Israeli society, instead of responding to every claim with a chorus of « The IDF is the most moral army in the world » – as if that issue had already been settled in an Olympic event in which nations’ armies compete in a moral high jump.

One would hope that the IDF as a whole can follow the Paratroopers? lead, not just in the way its soldiers behave during battle, but in how it examines itself once the battle is over.

Voir de plus:

ANALYSIS / Can Israel dismiss its own troops’ stories from Gaza?
Testimonies of IDF soldiers show that Israel’s view of the enemy is becoming more extreme.
Amos Harel

Haaretz

Mar. 19, 2009

The statements of the Israel Defense Forces soldiers from the Yitzhak Rabin preparatory course provide the first, uncensored look at what occurred in some of the combat units in Operation Cast Lead.

It seems that what soldiers have to say is actually the way things happened in the field, most of the time. And as usual, reality is completely different from the gentler version provided by the military commanders to the public and media during the operation and after.

The soldiers are not lying, for the simple reason that they have no reason to. If you read the transcript that will appear in Haaretz Friday, you will not find any judgment or boasting. This is what the soldiers, from their point of view, saw in Gaza. There is a continuity of testimony from different sectors that reflects a disturbing and depressing picture.

The IDF will do everyone, and most of all itself, a big favor if it takes these soldiers and allegations seriously and investigates itself in depth. When statements came only from Palestinian witnesses or « the hostile press, » it was possible to dismiss them as propaganda that served the enemy. But what can be done when the soldiers themselves tell the story?

It’s possible that somewhere in the stories there were a few mistakes or exaggerations, because a squad or platoon leader does not always see the entire picture. But this is evidence, first hand, of what most Israelis would prefer to repress. This is how the army carried out its war against armed terrorists, with a civilian population of a million and a half people stuck in the middle.

In response to a question from Haaretz Wednesday, Danny Zamir, the head of the preparatory course, said he had decided to publish the discussion in the newsletter only after speaking with and writing to senior IDF officers a number of times. Zamir was told by General Staff officers that the operational inquiries into the fighting in Gaza, including the ethical inquiry, were still far from completion. The officers also said they had not encountered evidence of incidents of the type the soldiers described.

If the IDF really never heard about these incidents, the reasonable assumption is that it did not want to know. The soldiers describe the reality in combat units, from the level of company commander down. In the debriefings, the participants usually include company commanders up. It seems that except for isolated incidents, the rule is « you don’t ask, we won’t tell. »

The ones who finally let the dark secrets out were the soldiers in the combat units themselves. Somewhere along the way their moral warning lights went off.

In the coming days, in an effort to rebuff the claims, we will certainly hear about those who « pulled one over » on Zamir. In 1990, as a company commander in the reserves, Zamir was tried and sentenced to prison for refusing to guard a ceremony where right-wingers brought Torah scrolls to Joseph’s Tomb in Nablus. But even though Zamir does not hide his political opinions, a reading of the transcript shows he acts out of a deep concern for the spirit of the IDF.

The IDF’s ethical problems did not start in 2009. Such discussions also followed the Six-Day War. But a reserve officer who looked at the transcript Wednesday said: « This is not the IDF we knew. »

The descriptions show that Israel’s view of the enemy is becoming more extreme. The deterioration has been continuous – from the first Lebanon war to the second, from the first intifada to the second, from Operation Defensive Shield to Operation Cast Lead.

Voir de même:

IDF in Gaza: Killing civilians, vandalism, and lax rules of engagement
Haaretz expose gathers testimony of Gaza op incidents; IDF: We’ll check info, investigate as required.
Amos Harel

Haaretz

Mar. 18, 2009

During Operation Cast Lead, Israeli forces killed Palestinian civilians under permissive rules of engagement and intentionally destroyed their property, say soldiers who fought in the offensive.

The soldiers are graduates of the Yitzhak Rabin pre-military preparatory course at Oranim Academic College in Tivon. Some of their statements made on Feb. 13 will appear Thursday and Friday in Haaretz. Dozens of graduates of the course who took part in the discussion fought in the Gaza operation.

The speakers included combat pilots and infantry soldiers. Their testimony runs counter to the Israel Defense Forces’ claims that Israeli troops observed a high level of moral behavior during the operation. The session’s transcript was published this week in the newsletter for the course’s graduates.

The testimonies include a description by an infantry squad leader of an incident where an IDF sharpshooter mistakenly shot a Palestinian mother and her two children. « There was a house with a family inside …. We put them in a room. Later we left the house and another platoon entered it, and a few days after that there was an order to release the family. They had set up positions upstairs. There was a sniper position on the roof, » the soldier said.

« The platoon commander let the family go and told them to go to the right. One mother and her two children didn’t understand and went to the left, but they forgot to tell the sharpshooter on the roof they had let them go and it was okay, and he should hold his fire and he … he did what he was supposed to, like he was following his orders. »

According to the squad leader: « The sharpshooter saw a woman and children approaching him, closer than the lines he was told no one should pass. He shot them straight away. In any case, what happened is that in the end he killed them.

« I don’t think he felt too bad about it, because after all, as far as he was concerned, he did his job according to the orders he was given. And the atmosphere in general, from what I understood from most of my men who I talked to … I don’t know how to describe it …. The lives of Palestinians, let’s say, is something very, very less important than the lives of our soldiers. So as far as they are concerned they can justify it that way, » he said.

Another squad leader from the same brigade told of an incident where the company commander ordered that an elderly Palestinian woman be shot and killed; she was walking on a road about 100 meters from a house the company had commandeered.

The squad leader said he argued with his commander over the permissive rules of engagement that allowed the clearing out of houses by shooting without warning the residents beforehand. After the orders were changed, the squad leader’s soldiers complained that « we should kill everyone there [in the center of Gaza]. Everyone there is a terrorist. »

The squad leader said: « You do not get the impression from the officers that there is any logic to it, but they won’t say anything. To write ‘death to the Arabs’ on the walls, to take family pictures and spit on them, just because you can. I think this is the main thing: To understand how much the IDF has fallen in the realm of ethics, really. It’s what I’ll remember the most. »

More soldiers’ testimonies will be published in Haaretz over the coming days.

Voir pareillement:

Israeli soldiers admit ‘shoot first’ policy in Gaza offensive

Anonymous testimonies collated by human rights group also contain allegations that Palestinians were used as human shields
Ian Black, Middle East editor
The Guardian
15 July 2009

Israeli soldiers who served in the Gaza Strip during the offensive of December and January have spoken out about being ordered to shoot without hesitation, destroying houses and mosques with a general disregard for Palestinian lives.

In testimony that will fuel international and Arab demands for war crime investigations, 30 combat soldiers report that the army’s priority was to minimise its own casualties to maintain Israeli public support for the three-week Operation Cast Lead.

One specific allegation is that Palestinians were used by the army as « human shields » despite a 2005 Israeli high court ruling outlawing the practice. « Not much was said about the issue of innocent civilians, » a soldier said. « There was no need to use weapons like mortars or phosphorous, » said another. « I have the feeling that the army was looking for the opportunity to show off its strength. »

The 54 anonymous testimonies were collated by Breaking the Silence, a group that collects information on human rights abuses by the Israeli military. Many of the soldiers are still doing their compulsory national service.

Palestinians counted 1,400 dead but Israel put the death toll at 1,166 and estimated 295 fatalities were civilians. Ten soldiers and three Israeli civilians were killed.

Israel launched the attack after the expiry of a ceasefire designed to halt rocket fire from Gaza and crush the Islamist movement Hamas, which controls the coastal strip.
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Witnesses described the destruction of hundreds of houses and many mosques without military reason, the firing of phosphorous shells into inhabited areas, the killing of innocents and the indiscriminate destruction of property.

Soldiers describe a « neighbour procedure » in which Palestinian civilians were forced to enter suspect buildings ahead of troops. They cite cases of civilians advancing in front of a soldier resting his rifle on the civilian’s shoulder.

« We did not get instructions to shoot at anything that moved, » said one soldier. « But we were generally instructed: if you feel threatened, shoot. They kept repeating to us that this is war and in war opening fire is not restricted. »

Many testimonies are in line with claims by Amnesty International and other human rights organisations that Israeli actions were indiscriminate and disproportionate.

Another soldier testified: « You feel like a stupid little kid with a magnifying glass looking at ants, burning them. A 20-year-old kid should not have to do these kinds of things to other people. »

The testimonies « expose significant gaps between the official army version of events and what really happened on the ground », Breaking the Silence said.

« This is an urgent call to Israeli society and its leaders to sober up and investigate anew the results of our actions. »

Ehud Barak, Israel’s defence minister, said: « Criticism directed at the IDF (Israel Defence Forces) by one organisation or another is inappropriate and is directed at the wrong place. The IDF is one of the most ethical armies in the world and acts in accordance with the highest moral code. »

An IDF spokesman told the Ha’aretz newspaper: « The IDF regrets the fact that a human rights organisation would again present to the country and the world a report containing anonymous, generalised testimony without checking the details or their reliability, and without giving the IDF, as a matter of minimal fairness, the opportunity to check the matters and respond to them before publication. »

An internal investigation by the Israeli military said troops fought lawfully although errors did take place, such as the deaths of 21 people in a house that had been wrongly targeted.

Voir encore:

Israeli soldiers killed unarmed civilians carrying white flags in Gaza, says report
Human Rights Watch says Israel has failed to properly investigate ‘white flag’ killings during Gaza offensive
A shell fired by the Israeli military explodes in the northern Gaza Strip
A shell fired by the Israeli military explodes in the northern Gaza Strip during the January offensive. Photograph: Bernat Armangue/AP

Peter Beaumont

The Guardian

13 August 2009

 Israeli soldiers shot dead 11 unarmed Palestinian civilians carrying white flags during Israel’s offensive in Gaza earlier this year, according to a report from Human Rights Watch, which said Israel had failed to investigate the killings adequately.

The deaths – including those of five women and four children – took place in seven separate incidents across Gaza in areas controlled by the Israeli Defence Forces (IDF), where there was no fighting and no Palestinian fighters were nearby.

Human Rights Watch, a New-York-based organisation, which published White Flag Deaths: Killings of Palestinian Civilians during Operation Cast Leadsaid it informed the Israeli military of the cases in February. But the cases were not examined in an IDF internal investigation, which concluded that they « operated in accordance with international law. » The group says at least three witnesses confirmed the details in each of the seven shootings.

Included among the cases is one first reported in detail by the Observer in Khuza’a, close to the fence surrounding Gaza. Rawiya al-Najjar, 47, was shot dead, and her relative Jasmin al-Najjar, 23, was wounded while the two women were attempting to escape an attack on the village that included the use of white phosphorus and the bulldozing of houses.

Three other incidents occurred around the northern Gaza village of al-Atatra, which had previously seen fighting between Israeli soldiers and Hamas fighters. By the time of the shootings, however, the fighting had stopped, and in each case the civilians were visible, unarmed, and displaying white flags, the report says.

In one case, the civilians were walking in a group on a street. In another, they were driving slowly on tractors and in cars, trying to leave the area with the wounded, according to the report.

« On the way we saw tanks and soldiers, » said Omar Abu Halima, 18. « When we saw them [the Israeli soldiers] they told us to stop. After we stopped they fired at us. They killed my cousin Mattar. My cousin Muhammad was wounded and later died. »

In another case – also in al-Atatra – two women holding white flags stepped out of a house that the IDF was demolishing to tell the soldiers that civilians were inside. « We opened the door and a sniper fired at us from a house, » said Zakiya al-Qanu, 55. « Ibtisam was hit and I turned to go back inside and another bullet grazed my back. Ibtisam died in the doorway. »

The Israeli military said that in some cases Hamas militants had used civilians with white flags for cover. It said yesterday the reports were based on « unreliable witnesses » whose testimony was « unproven ».

Human Rights Watch said it could find no evidence of misuse of white flags or the use of civilians as human shields in the cases detailed. « These casualties comprise a fraction of the Palestinian civilians wounded and killed, » the report says.

« But they stand out because, in each case, the victims were standing, walking or in slowly moving vehicles with other unarmed civilians, and were trying to convey their non-combatant status by waving a white flag. »

Along with the use of white phosphorus on civilian areas, the shooting of unarmed civilians has become the most controversial issue of January’s war. The report follows the publication last month of anonymous testimonies by more than two dozen soldiers who fought in Gaza, compiled by Breaking the Silence, an organisation of former Israeli servicemen, which accused the IDF of allowing an atmosphere of permissive violence against civilians.

The allegations of white flag deaths, collected by human rights groups and the media, have yet to be adequately responded to. Under the Geneva conventions, combatants are obliged to distinguish between soldiers and civilians (as well as fighters who are hors de combat) and also have a legal obligation to protect civilians. They are also required to investigate any alleged war crimes committed by their own troops.

Last month, the Israeli government released its own report defending its use of force in Gaza.

It said Israel was investigating five alleged cases in which soldiers killed civilians carrying white flags, incidents that it said resulted in 10 deaths. Two of the cases – the incident in Khuza’a and one in eastern Jabaliya – are among them.

War of words

While relations between Human Rights Watch and Israel have never been comfortable, the series of reports that HRW has released since the war in Gaza has brought both Israeli officials’ criticism of the group to a new pitch of intensity. They accuse the organisation of having an anti-Israeli bias, despite the fact that HRW has also forcefully criticised Palestinian rocket fire out of Gaza that targeted civilians. Israeli media commentators have tried to accuse the group of being part of a campaign to present Israel as « a primary perpetrator of war crimes ». More recently the group’s US and Israeli critics have suggested that a series of meetings to encourage human rights campaigning in Saudi Arabia was a fundraising trip underpinned by its record of criticising Israel, claims that the group has vigorously denied. The Israeli government spokesman Mark Regev referred to these allegations in an attempt to rebut the latest report and questioned the group’s « impartiality, professionalism and credibility ».

Voir aussi:

Israeli soldiers caught on camera pushing, throwing stone at photojournalists
‘The behavior seen in the video is reprehensible,’ an army spokesman said, ‘The matter will be investigated.’
Gili Cohen

Haaretz

Apr. 25, 2015

Israeli soldiers assaulted a pair of photojournalists near the West Bank town of Nabi Saleh on Friday, video footage of the incident shows.

The video shows a group of soldiers accosting two photojournalists clearly marked as members of the press, shouting at them « Get out of here. » Then one of the soldiers is seen pushing one of the photographers to the ground with his helmet. After this, another soldier knocks the other photographer to the ground. The same soldier then picks up a stone and hurls it at the photographer.

According to the army, the area was a closed military zone and some 70 Palestinians had assembled there and hurled stones at passing vehicles and the force itself. This demonstration is not seen in the video.

Two Palestinians were lightly wounded in the clashes. According to the demonstrators, one of the Palestinians suffered a head wound from Ruger fire, but the Israeli army said he was not wounded by a Ruger, but could not give any details on the circumstances of the man’s injury. The other wounded was hit by rubber bullets.

An Israeli soldier was also wounded by stones thrown by the demonstrators.

An Israel Defense Forces spokesman told Haaretz that « the behavior seen in the video is reprehensible and isn’t in line with the guidelines issued by the commanders in the region. The IDF guidelines allow for free press coverage in the territory under control of the Central Command in general, and specifically during demonstrations. The matter will be investigated. »

In 2012, an IDF officer was filmed throwing stones and firing at Palestinians in Nabi Saleh – contrary to regulations. He was relieved of his duties and was later charged with illegal use of a fire arm.

Video by Miki Kratsman:

Voir enfin:

Toute la vérité sur la guerre de Gaza (été 2014)
Freddy Eytan

Le CAPE

3/18/15

Le CAPE de Jérusalem – Centre des Affaires Publiques et de l’Etat (JCPA-CAPE) publie un document exclusif sur les crimes de guerre commis par le mouvement Hamas durant l’opération militaire Bordure Protectrice dans la bande de Gaza.

Ce document a été écrit par des diplomates, des experts et chercheurs, spécialistes en matière de Droit international, de Renseignement, et de stratégie concernant le Hamas.

Il présente un dossier complet, précieux et indispensable, au moment où une commission d’enquête de l’ONU s’apprête à publier des conclusions partiales et mensongères, en osant, sans scrupule, accuser Tsahal de « crimes contre l’Humanité ».

La récente démission du président de cette commission onusienne prouve justement l’absence de souci de justice et de vérité, et sa partialité en faveur de la cause palestinienne.

Cette étude offre au spécialiste comme au grand public un nouvel éclairage sur le combat inlassable que mène aujourd’hui l’Etat juif contre les mouvements terroristes palestiniens dans un contexte régional explosif face à une montée en puissance du djihad mondial, encouragé par l’Organisation de l’Etat islamique-Daesh, et avec la menace omniprésente de l’étendard chiite iranien.

Le Hamas est reconnu comme une organisation terroriste et sa charte appelle toujours à la destruction de l’Etat d’Israël.

L’Egypte, qui combat sans merci les groupes terroristes dans la péninsule du Sinaï, accuse le Hamas de participer activement aux activités terroristes sur son propre territoire, et vient de proclamer le mouvement palestinien « hors la loi », à l’instar de la confrérie des Frères musulmans.

Ce document analyse avec acuité les étapes qui ont abouti au déclenchement de la guerre, et le refus catégorique du Hamas d’accepter les différentes trêves proposées par l’Egypte.

Il explique la complexité du combat mené par un Etat démocratique contre une organisation terroriste dont les chefs n’ont aucun souci de leur propre population. D’une indifférence mortelle et capables des pires lâchetés, les dirigeants du Hamas se cachent systématiquement derrière des boucliers humains dans des hôpitaux, des écoles, des mosquées.

Cette étude révèle la politisation des organismes onusiens, notamment la connivence de l’UNRWA avec le mouvement palestinien. Elle dévoile le réseau des tunnels d’attaque et surtout les efforts de l’Etat d’Israël pour respecter les lois internationales et enquêter lui-même sur les bavures et les défaillances.

Au moment où les Palestiniens lancent une campagne de délégitimation de l’Etat juif, tout en désirant créer leur propre Etat unilatéralement, sans négociation préalable, nous devrions focaliser l’attention des chancelleries et de l’opinion internationale sur les réalités du terrain et révéler au grand jour toute la vérité sur la dernière guerre de Gaza.

Voir l’étude du JCPA-CAPE de Jérusalem “Toute la vérité sur la guerre de Gaza” avec ses illustrations.

Voir l’intégralité du document en anglais.


Good kill: Attention, un pilote de drones peut en cacher un autre (No kill lists and Terror Tuesdays, please, we’re Hollywood)

8 mai, 2015
https://i2.wp.com/www.thebureauinvestigates.com/wp-content/uploads/2012/07/All-Totals-Dash54.jpg
L’ennemi n’est pas identifiable en tant que tel dans le sens où ce sont des gens qui se mêlent à la population. Donc ils sont habillés comme n’importe qui. Il n’y a pas d’uniforme donc comment savoir si c’est l’ennemi ou juste des personnes normales ? C’est juste d’après le comportement qu’on peut le voir. Bernard Davin (pilote belge au retour d’Afghanistan, RTBF, 13.01.09)
La majorité du temps, ce n’est pas une décision qui est difficile puisque en fait, c’est l’ennemi qui nous met dans une situation difficile au sol. Didier Polomé (commandant belge)
On n’en saura pas plus. Les détails des opérations OTAN sont couvertes par le secret militaire pour éviter les représailles contre les pays impliqués et contre les familles des pilotes en mission en Afghanistan. Journaliste belge (RTBF, 13.01.09)
Le bien et le mal se mélangent un peu (…) et ça devient un peu comme un jeu vidéo. Soldat israélien
Les frères Jonas sont ici ; ils sont là quelque part. Sasha et Malia sont de grandes fans. Mais les gars, allez pas vous faire des idées. J’ai deux mots pour vous: « predator drones ». Vous les verrez même pas venir. Vous croyez que je plaisante, hein ? Barack Obama (2010)
Les drones américains ont liquidé plus de monde que le nombre total des détenus de Guantanamo. Pouvons nous être certains qu’il n’y avait parmi eux aucun cas d’erreurs sur la personne ou de morts innocentes ? Les prisonniers de Guantanamo avaient au moins une chance d’établir leur identité, d’être examinés par un Comité de surveillance et, dans la plupart des cas, d’être relâchés. Ceux qui restent à Guantanamo ont été contrôlés et, finalement, devront faire face à une forme quelconque de procédure judiciaire. Ceux qui ont été tués par des frappes de drones, quels qu’ils aient été, ont disparu. Un point c’est tout. Kurt Volker
The drone operation now operates out of two main bases in the US, dozens of smaller installations and at least six foreign countries. There are « terror Tuesday » meetings to discuss targets which Obama’s campaign manager, David Axelrod, sometimes attends, lending credence to those who see naked political calculation involved. The New York Times
Foreign Policy a consacré la une de son numéro daté de mars-avril aux “guerres secrètes d’Obama”. Qui aurait pu croire il y a quatre ans que le nom de Barack Obama allait être associé aux drones et à la guerre secrète technologique ? s’étonne le magazine, qui souligne qu’Obama “est le président américain qui a approuvé le plus de frappes ciblées de toute l’histoire des Etats-Unis”. Voilà donc à quoi ressemblait l’ennemi : quinze membres présumés d’Al-Qaida au Yémen entretenant des liens avec l’Occident. Leurs photographies et la biographie succincte qui les accompagnait les faisaient ressembler à des étudiants dans un trombinoscope universitaire. Plusieurs d’entre eux étaient américains. Deux étaient des adolescents, dont une jeune fille qui ne faisait même pas ses 17 ans. Supervisant la réunion dédiée à la lutte contre le terrorisme, qui réunit tous les mardis une vingtaine de hauts responsables à la Maison-Blanche, Barack Obama a pris un moment pour étudier leurs visages. C’était le 19 janvier 2010, au terme d’une première année de mandat émaillée de complots terroristes dont le point culminant a été la tentative d’attentat évitée de justesse dans le ciel de Detroit le soir de Noël 2009. “Quel âge ont-ils ? s’est enquis Obama ce jour-là. Si Al-Qaida se met à utiliser des enfants, c’est que l’on entre dans une toute nouvelle phase.” La question n’avait rien de théorique : le président a volontairement pris la tête d’un processus de “désignation” hautement confidentiel visant à identifier les terroristes à éliminer ou à capturer. Obama a beau avoir fait campagne en 2008 contre la guerre en Irak et contre l’usage de la torture, il a insisté pour que soit soumise à son aval la liquidation de chacun des individus figurant sur une kill list [liste de cibles à abattre] qui ne cesse de s’allonger, étudiant méticuleusement les biographies des terroristes présumés apparaissant sur ce qu’un haut fonctionnaire surnomme macabrement les “cartes de base-ball”. A chaque fois que l’occasion d’utiliser un drone pour supprimer un terroriste se présente, mais que ce dernier est en famille, le président se réserve le droit de prendre la décision finale. (…) Une série d’interviews accordées au New York Times par une trentaine de ses conseillers permettent de retracer l’évolution d’Obama depuis qu’il a été appelé à superviser personnellement cette “drôle de guerre” contre Al-Qaida et à endosser un rôle sans précédent dans l’histoire de la présidence américaine. Ils évoquent un chef paradoxal qui approuve des opérations de liquidation sans ciller, tout en étant inflexible sur la nécessité de circonscrire la lutte antiterroriste et d’améliorer les relations des Etats-Unis avec le monde arabe. (…) C’est le plus curieux des rituels bureaucratiques : chaque semaine ou presque, une bonne centaine de membres du tentaculaire appareil sécuritaire des Etats-Unis se réunissent lors d’une visioconférence sécurisée pour éplucher les biographies des terroristes présumés et suggérer au président la prochaine cible à abattre. Ce processus de “désignation” confidentiel est une création du gouvernement Obama, un macabre “club de discussion” qui étudie soigneusement des diapositives PowerPoint sur lesquelles figurent les noms, les pseudonymes et le parcours de membres présumés de la branche yéménite d’Al-Qaida ou de ses alliés de la milice somalienne Al-Chabab. The New York Times (07.06.12)
Rarement moment politique et innovation technologique auront si parfaitement correspondu : lorsque le président démocrate est élu en 2008 par des Américains las des conflits, il dispose d’un moyen tout neuf pour poursuivre, dans la plus grande discrétion, la lutte contre les « ennemis de l’Amérique » sans risquer la vie de citoyens de son pays : les drones. (…) George W. Bush, artisan d’un large déploiement sur le terrain, utilisera modérément ces nouveaux engins létaux. Barack Obama y recourra six fois plus souvent pendant son seul premier mandat que son prédécesseur pendant les deux siens. M. Obama, qui, en recevant le prix Nobel de la paix en décembre 2009, revendiquait une Amérique au « comportement exemplaire dans la conduite de la guerre », banalisera la pratique des « assassinats ciblés », parfois fondés sur de simples présomptions et décidés par lui-même dans un secret absolu. Tandis que les militaires guident les drones dans l’Afghanistan en guerre, c’est jusqu’à présent la très opaque CIA qui opère partout ailleurs (au Yémen, au Pakistan, en Somalie, en Libye). C’est au Yémen en 2002 que la campagne d' »assassinats ciblés » a débuté. Le Pakistan suit dès 2004. Barack Obama y multiplie les frappes. Certaines missions, menées à l’insu des autorités pakistanaises, soulèvent de lourdes questions de souveraineté. D’autres, les goodwill kills (« homicides de bonne volonté »), le sont avec l’accord du gouvernement local. Tandis que les frappes de drones militaires sont simplement « secrètes », celles opérées par la CIA sont « covert », ce qui signifie que les Etats-Unis n’en reconnaissent même pas l’existence. Dans ce contexte, établir des statistiques est difficile. Selon le Bureau of Investigative Journalism, une ONG britannique, les attaques au Pakistan ont fait entre 2 548 et 3 549 victimes, dont 411 à 884 sont des civils, et 168 à 197 des enfants. En termes statistiques, la campagne de drones est un succès : les Etats-Unis revendiquent l’élimination de plus d’une cinquantaine de hauts responsables d’Al-Qaida et de talibans. D’où la nette diminution du nombre de cibles potentielles et du rythme des frappes, passées de 128 en 2010 (une tous les trois jours) à 48 en 2012 au Pakistan. Car le secret total et son cortège de dénégations ne pouvaient durer éternellement. En mai 2012, le New York Times a révélé l’implication personnelle de M. Obama dans la confection des kill lists. Après une décennie de silence et de mensonges officiels, la réalité a dû être admise. En particulier au début de l’année, lorsque le débat public s’est focalisé sur l’autorisation, donnée par le ministre de la justice, Eric Holder, d’éliminer un citoyen américain responsable de la branche yéménite d’Al-Qaida. L’imam Anouar Al-Aulaqi avait été abattu le 30 septembre 2011 au Yémen par un drone de la CIA lancé depuis l’Arabie saoudite. Le droit de tuer un concitoyen a nourri une intense controverse. D’autant que la même opération avait causé des « dégâts collatéraux » : Samir Khan, responsable du magazine jihadiste Inspire, et Abdulrahman, 16 ans, fils d’Al-Aulaqui, tous deux américains et ne figurant ni l’un ni l’autre sur la kill list, ont trouvé la mort. Aux yeux des opposants, l’adolescent personnifie désormais l’arbitraire de la guerre des drones. La révélation par la presse des contorsions juridiques imaginées par les conseillers du président pour justifier a posteriori l’assassinat d’un Américain n’a fait qu’alimenter les revendications de transparence. La fronde s’est concrétisée par le blocage au Sénat, plusieurs semaines durant, de la nomination à la tête de la CIA de John Brennan, auparavant grand ordonnateur à la Maison Blanche de la politique d’assassinats ciblés. (…) Très attendu, le grand exercice de clarification a eu lieu le 23 mai devant la National Defense University de Washington. Barack Obama y a prononcé un important discours sur la « guerre juste », affichant enfin une doctrine en matière d’usage des drones. Il était temps : plusieurs organisations de défense des libertés publiques avaient réclamé en justice la communication des documents justifiant les assassinats ciblés. Une directive présidentielle, signée la veille, précise les critères de recours aux frappes à visée mortelle : une « menace continue et imminente contre la population des Etats-Unis », le fait qu' »aucun autre gouvernement ne soit en mesure d'[y] répondre ou ne la prenne en compte effectivement » et une « quasi-certitude » qu’il n’y aura pas de victimes civiles. Pour la première fois, Barack Obama a reconnu l’existence des assassinats ciblés, y compris ceux ayant visé des Américains, assurant que ces morts le « hanteraient » toute sa vie. (…) Six jours après ce discours, l’assassinat par un drone de Wali ur-Rehman, le numéro deux des talibans pakistanais, en a montré les limites. Ce leader visait plutôt le Pakistan que « la population des Etats-Unis ». Tout porte donc à croire que les critères limitatifs énoncés par Barack Obama ne s’appliquent pas au Pakistan, du moins aussi longtemps qu’il restera des troupes américaines dans l’Afghanistan voisin. Et que les « Signature strikes », ces frappes visant des groupes d’hommes armés non identifiés mais présumés extrémistes, seront poursuivies. Les drones n’ont donc pas fini de mettre en lumière les contradictions de Barack Obama : président antiguerre, champion de la transparence, de la légalité et de la main tendue à l’islam, il a multiplié dans l’ombre les assassinats ciblés, provoquant la colère de musulmans. Le Monde (18.06.13)
Aucun soldat n’avait vécu cela jusqu’ici. Avant, on se rendait dans le pays avec lequel on était en conflit. Aujourd’hui, plus besoin : la guerre est télécommandée. Avant, le pilote prenait son jet, lâchait une bombe et rentrait. Aujourd’hui, il lâche sa bombe, attend dans son fauteuil et compte le nombre de morts. Il passe douze heures à tuer des talibans avant d’aller chercher ses enfants à l’école. (…) Obama est démocrate. Et l’emploi des drones a augmenté depuis qu’il est au pouvoir. Mon film parle de l’ »American sniper » ultime. J’ai juste tenté d’être honnête vis-à-vis du sujet. De montrer les choses telles qu’elles sont sans imposer une manière de penser. Il serait naïf de dire « je suis anti-drone ». Ce serait comme dire « je suis anti-internet ». Mais avec cette technologie, la guerre peut être infinie. Le jour où l’armée américaine quittera le Moyen-Orient, les drones, eux, y resteront. (…) L’état-major américain était sur le point d’attribuer une médaille à certains pilotes de drones. Cela a soulevé un tel tollé de la part des vrais pilotes qu’ils ont abandonné l’idée. Ces médailles sont censées célébrer les valeurs et le courage. Comment les décerner à des types qui tuent sans courir le moindre danger ? (…) J’ai aussi pas mal filmé les scènes extérieures au conflit, celles de la vie quotidienne du personnage à Las Vegas, d’un point de vue culminant, pour créer une continuité et un sentiment de paranoïa. Comme si un drone le suivait en permanence. Ou le point de vue de Dieu. Andrew Niccol
Tout ce que je montre est vrai: un type près de Las Vegas peut détruire une maison pleine de talibans en Afghanistan. Encore faut-il être sûr que ceux qui y sont réunis sont vraiment des talibans. Et il est arrivé que des missiles américains soient lancés contre des enterrements. Andrew Niccol
J’étais plus intéressé par le personnage, par cette nouvelle manière de faire la guerre. On n’a jamais demandé à un soldat de faire ça. De combattre douze heures et de rentrer chez lui auprès de sa femme et de ses enfants, il n’y a plus de sas de décompression. (…) J’ai engagé d’anciens pilotes de drones comme consultants, puisque l’armée m’avait refusé sa coopération. J’en aurais bien voulu, ç’aurait été plus facile si on m’avait donné ces équipements, ces installations. J’ai dû les construire. (…) je me suis souvenu aujourd’hui d’une conférence de presse du général Schwartzkopf pendant la première guerre d’Irak, il avait montré des vidéos en noir et blanc, avec une très mauvaise définition, de frappes de précision et on voyait un motocycliste échapper de justesse à un missile. Il l’avait appelé « l’homme le plus chanceux d’Irak ». On le voit traverser un pont, passer dans la ligne de mire et sortir du champ au moment où le panache de l’explosion éclot. Aujourd’hui on sait qu’il existe une vidéo pour chaque frappe de drone, c’est la procédure. Mais on ne les montre plus comme au temps du général Schwartzkopf. Expliquez-moi pourquoi. (…) Je vais vous dire pourquoi. Les humains ont tendance à l’empathie – et même si vous êtes mon ennemi, même si vous êtes une mauvaise personne, si je vous regarde mourir, je ressentirai de l’empathie. Ce qui n’est pas bon pour les affaires militaires. (…) Je crois que ça a tendance à insensibiliser. On n’entend jamais une explosion, on ne sent jamais le sol se soulever. On est à 10 000 kilomètres. (…) L’armée l’a mise là pour des raisons de commodité: les montagnes autour de Las Vegas ressemblent à l’Afghanistan, ce qui permet aux pilotes de drones à l’entraînement de se familiariser avec le terrain. Ils s’exercent aussi à suivre des voitures. Andrew Niccol
Je voulais montrer que plus on progresse technologiquement, plus on régresse humainement. Derrière sa télécommande, le pilote n’entend rien, ne sent pas le sol trembler, ne respire pas l’odeur de brûlé… Il fait exploser des pixels sans jamais être dans le concret de la chair et du sang. Andrew Nicool
I get to play a character I’ve never seen on screen before. He’s spending the bulk of the day fighting the Taliban; leaves work, picks up some eggs and orange juice, helps his son with his homework and fights with his wife about what TV show to watch. And then the next day does the same thing again. This is a new situation we’ve never been in: Soldiers who take people’s lives whose own life isn’t in danger. A lot of these people go into the military because they have the mentality of a warrior. They want to put their life on the line for their beliefs to make people safe, but what does it mean when your life isn’t on the line? It seems like the stuff of sci-fi but it’s arrived. (…) We can’t have a serious conversation about a drone strike unless people have more information. Most people don’t know what a drone looks like, or how it’s operated. I learned a lot – I had no idea [the US] would strike a funeral or rescuers. There’s a certain logic to doing it – you could say perhaps it is proportionate. Perhaps we’re stopping more death than we’re creating, but we are killing innocent people. Am I sure I want our soldiers doing that? An interesting example is on Obama’s third day in office he ordered a drone strike – it was surgical, but they had the wrong information and they murdered a family that had nothing to do with anything. When these tools are available accidents happen. It’s ripe for dialogue. I’m not in politics, I don’t have an agenda for the audience, but I think it’s a really interesting conversation. I don’t think we should let our governments run willy-nilly and kill whoever and spy on whoever they want to without asking any questions. Ethan Hawke
Every strike Tom does in the movie there is a precedent for, but his character is fictitious. There were some things I didn’t put in the movie because I thought they were too outrageous. I was told about drone pilots who were younger than Ethan’s character – they would work with a joystick for 12 hours over Afghanistan, take out a target and go home to their apartment and play video games. The military modelled the workstation on computer games because it’s the joystick that’s the easiest to use. They want gamers to join the Air Force because they’re good and can manoeuvre a drone perfectly. But how can they possibly separate playing one joystick game one moment, and then playing real war the next? Andrew Nicool
His control bunker looks a bit like a shipping container from the outside, boxy and portable. ‘The troops are going to withdraw from Afghanistan, but the drones won’t leave’ “The reason is that they used to wheel them into a Hercules and fly them around the world,” says Niccol. “But then realized they didn’t have to go anywhere; they had satellites.” Hawke’s character kills enemies in Afghanistan from half a world away, but struggles with the moral implications of such precise, emotionless combat. The cinematography in Good Kill calls attention to the similarities in geography between the U.S. and Afghan deserts, and the walled residences that exist in both locations. “It’s not my choice; it’s the military’s choice,” says Niccol. They can train drone pilots locally over terrain similar to what they’ll see while on duty. “If you’re going on a weekend trip to Vegas in your car,” he adds, “you may not know it — in fact you won’t know it — but they’ll follow a car with a drone just as practice.” Good Kill airs both sides of the debate over unmanned drone strikes — on the one hand, it risks fewer American lives; on the other, it risks dehumanizing war — but it’s clear on which side Niccol and Hawke stand. “Say what you like about the United States,” says the New Zealand-born Niccol, “but you’re allowed to make that movie. Some people are going to hate it and think it’s unpatriotic, and some people are going to love it, but if it causes some kind of debate — great.” “That’s the point of making a movie like this,” says Hawke, “is to not let all this stuff happen in our name without us having any awareness or knowledge or interest in what’s being done.” He likes the idea of a war film “that isn’t glorifying the past; something that shows us where we are right now. The troops are going to withdraw from Afghanistan, but the drones won’t leave.” National Post
Needless to say, however, this particular world is no product of Niccol’s imagination: The apparent future of warfare is in fact, as Bruce Greenwood’s hardened commander likes to bark at awestruck new arrivals, “the fucking here and now.” Pilots are recruited in shopping malls on the strength of their gaming expertise; joysticks are the new artillery. The film opens on the Afghan desert, as caught through a drone’s viewfinder and transmitted to Egan’s monitor. A terrorist target is identified, the missile order is given and, within 10 seconds of Egan hitting the switch 7,000 miles away, a life ends in a silent explosion of dust and rubble. (The title refers to Egan’s regular, near-involuntary verbal reaction to each successful hit.) Another day’s work done, Egan hops in his sports car and heads home to his military McMansion, where his wife, Molly (January Jones), and two young children await. It’s an existence that theoretically combines the gung-ho ideals of American heroism and the domestic comforts of the American Dream. Niccol forges this connection with one elegantly ironic long shot of Egan’s car leaving the arid middle-of-nowhere surrounds of the control center (which have an aesthetic proximity to the Middle East, if nothing else) and approaching the glistening urban heights of Vegas — hardly the city to anchor this uncanny setup in any greater sense of reality. For all intents and purposes, Egan, who previously risked life and limb flying F-16 planes in Iraq, has lucked out. It doesn’t feel that way to him, however, as he finds it increasingly impossible to reconcile the immense power he wields from his planeless cockpit with the lack of any attendant peril or consequence on his end. Niccol’s script and Hawke’s stern, buttoned-down performance keep in play the question of whether it’s adrenaline or moral accountability that he misses most in his new vocation, but either way, as new, more ruthless orders come in from the CIA, it’s pushing him to the brink of emotional collapse. Egan finds a measure of solidarity in rookie co-pilot Suarez (a fine, flinty Zoe Kravitz), who challenges authority more brazenly than he does, but can’t explain his internal crisis to his increasingly alienated family. It’s the peculiar mechanics of drone warfare that enable “Good Kill” to be at once a combat film and a war-at-home film, two familiar strains of military drama given a bracing degree of tension by their parallel placement in Niccol’s tightly worked script: The pressures of Egan’s activity in the virtual field bounce off the volatile battles he fights in the bedroom and vice versa, as the film’s intellectual deliberations over the rights and wrongs of this new military policy are joined by the more emotive question of just what type of man, if any, is mentally fit for the task. (Or, indeed, woman: One thing to be said for the new technology is that it expands the demographic limits of combat.) Rife as it is with heated political questioning, this essentially human story steers clear of overt rhetorical side-taking: The Obama administration comes in for some implicit criticism here, but the film’s perspective on America’s ongoing Middle East presence isn’t one the right is likely to take to heart. Just as Niccol’s narrative structure is at once fraught and immaculate in its escalation of ideas and character friction, so his arguments remain ever-so-slightly oblique despite the tidiness of their presentation: How much viewers wish to accept the pic as a single, tragic character study or a broader cautionary tale is up to them. He overplays his hand, however, with a needlessly melodramatic subplot that finds Egan growing personally invested in the fate of a female Afghan civilian living on their regular surveillance route, while Greenwood’s character is given one pithy slogan too many (“fly and fry,” “warheads on foreheads”) to underline the detachment of empathy from the act of killing. Happily, such instances of glib overstatement are rare in a film that trusts its audience both to recognize Niccol’s interpretations of current affairs as such, and to arrive at their own without instruction. Variety
Implacable et documenté, Good kill décrit avec précision les pratiques de l’armée américaine : par exemple, le principe de la double frappe. Vous éliminez d’un missile un foyer de présumés terroristes, mais vous frappez dans les minutes qui suivent au même endroit pour éliminer ceux qui viennent les secourir, et tant pis si ce sont clairement des civils. L’un des sommets du film est le récit d’une opération visant l’enterrement d’ennemis tués plus tôt dans la journée, la barbarie à son maximum – et on est sûr que Andrew Niccol, scénariste et réalisateur, n’a rien inventé. Bien sûr, à tuer quasiment à l’aveugle, ou sur la foi de renseignements invérifiables, on crée une situation de guerre permanente, et on fabrique les adversaires que l’on éliminera plus tard. (…) Good Kill est un film important parce qu’il montre pour la première fois le vrai visage des guerres modernes, et à quel point ont disparu les notions de patriotisme et d’héroïsme – que risque ce combattant planqué à part de se détruire lui-même ? C’est aussi un réquisitoire courageux contre l’american way of life, symbolisée ici par Las Vegas, ville sans âme que les personnages traversent sur leur chemin entre base militaire et pavillon sinistre. Ce n’est pas un film d’anticipation. L’horreur que l’on fait subir aux victimes et, en un sens, à leurs bourreaux, c’est ici et maintenant. Une sale guerre, un sale monde. Aurélien Ferenczi
Ce qui pose vraiment problème n’est toutefois pas d’ordre artistique, mais politique. Paré des oripeaux de la fiction de gauche, The Good Kill s’inscrit pleinement (comme le faisait la troisième saison de « Homeland ») dans le paradigme de la guerre contre le terrorisme telle que la conduisent les Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001. Les Afghans ne sont jamais représentés autrement que sous la forme des petites silhouettes noires mal définies, évoluant erratiquement sur l’écran des pilotes de drones qui les surveillent. La seule action véritablement lisible se déroule dans la cour d’une maison, où l’on voit, à plusieurs reprises, un barbu frapper sa [?] femme et la violer. C’est l’argument imparable, tranquillement anti-islamiste, de la cause des femmes, que les avocats de la guerre contre le terrorisme ont toujours brandi sans vergogne pour mettre un terme au débat. La critique que fait Andrew Niccol, dans ce contexte, de l’usage des drones ne pouvait qu’être cosmétique. Elle est aussi inepte, confondant les questions d’ordre psychologique (comment se débrouillent des soldats qui rentrent le soir dans leur lit douillet après avoir tué des gens – souvent innocents), et celles qui se posent sur le plan du droit de la guerre (que Grégoire Chamayou a si bien expliqué dans La Théorie du drone, La Fabrique, 2013), dès lors que ces armes autorisent à détruire des vies dans le camp adverse sans plus en mettre aucune en péril dans le sien. Si l’ancien pilote de chasse ne va pas bien, explique-t-il à sa femme, ce n’est pas parce qu’il tue des innocents, ce qu’il a toujours fait, c’est qu’il les tue sans danger. Pour remédier à son état, s’offre une des rédemptions les plus ahurissantes qu’il ait été donné à voir depuis longtemps au cinéma. S’improvisant bras armé d’une justice totalement aveugle, il dégomme en un clic le violeur honni, rendant à sa [?] femme, après un léger petit suspense, ce qu’il imagine être sa liberté. La conscience lavée, le pilote peut repartir le cœur léger, retrouver sa famille et oublier toutes celles, au loin, qu’il a assassinées pour la bonne cause. Le Monde
Semblable à l’œil de Dieu, sa caméra voit tout lorsqu’elle descend du ciel : la femme qui se fait violer par un taliban sans qu’il puisse intervenir, les marines dont il assure la sécurité durant leur sommeil, mais aussi l’enfant qui surgit à vélo là où il vient d’envoyer son missile… (…) Dans cet univers orwellien où toutes sortes d’euphémismes – « neutraliser », « incapaciter », « effacer » – sont utilisés pour éviter de prononcer le mot « tuer », le décalage entre la réalité et le virtuel prend encore plus de sens quand on apprend que les très jeunes pilotes de drone sont repérés dans les arcades de jeux vidéo. D’autres, comme l’ancien pilote de chasse interprété par Ethan Hawke, culpabilisent d’être si loin du danger. Paris Match

 Vous avez dit deux poids deux mesures ?

Au lendemain de l’annonce de l’élimination ô combien méritée, par un drone américain au Yémen, du commanditaire des attentats de Paris de janvier dernier …

Et après le courageux abandon l’Afghanistan à son triste sort, l’Europe a depuis longtemps oublié ce que ses soldats ont bien pu y faire …

Comment ne pas voir …

Alors que, pour défendre ses soldats face aux pires perfidies du Hamas, Israël se voit à nouveau soupçonné des pires crimes de guerre

L’étonnante retenue de nos journalistes comme de nos cinéastes (une seule allusion indirecte et non-nominative dans un film par ailleurs présenté absurdement comme l’anti-American sniper)  …

Qu’on avait naguère connus autrement plus virulants contre une certaine prison cubaine …

Depuis l’inauguration d’un certain prix Nobel 2009 …

Face à l’élimination, dans la plus grande discrétion, de quelque 2 500 cibles …

« Femmes et enfants » compris, comme le veut la formule …

Par quelqu’un qui peut même, cerise sur le gâteau, se permettre de plaisanter devant un parterre de journalistes …

D’une nouvelle arme pouvant abattre n’importe qui à 10 000  km de distance Américains inclus ?  …

Rencontre
Andrew Niccol : “’Good Kill’ dit une vérité inconfortable”

Aurélien Ferenczi
Télérama

22/04/2015
Œil pour œil, le débat des critiques ciné #331 : “Caprice” d’Emmanuel Mouret et “Good Kill” d’Andrew Niccol

“Good-Kill”, avec Ethan Hawke, son film-brûlot basé sur des faits réels, interroge le drone, une nouvelle arme de guerre. Andrew Niccol (“Bienvenue à Gattaca”, “Lord of war”) livre ses secrets de réalisation et revient sur sa carrière.
Il a toute prête une jolie citation de John Lennon, qu’il sort promptement au journaliste ayant tenté d’établir un lien entre son premier film, Bienvenue à Gattaca (1998) et son sixième – seulement –, Good Kill, sur les écrans cette semaine. « Plus vous mettez le doigt sur ce que vous faites, plus vous l’éloignez. Si je réfléchis trop à ce que je fais, j’ai peur de ne plus pouvoir le faire. » Andrew Niccol, 50 ans, costume chic de businessman, regard bleu, a l’air un peu fatigué (le jet lag ?) et la parole prudente. L’inquiétude, sans doute, d’avoir signé un film-brûlot, qui, en décrivant la vie d’un manipulateur de drone (Ethan Hawke), ex-pilote de l’armée de l’air cloué au sol sur une base du Nevada, raconte la guerre d’aujourd’hui : une guerre à distance, à armes inégales, un conflit sans fin où n’importe quel suspect – aux yeux de qui ? c’est tout le problème – peut être cliniquement dézingué d’un tir à la précision chirurgicale par un soldat en poste à l’autre bout du monde.

« Quand j’ai écrit le film, lâche-t-il, un de mes amis m’a tout de suite dit que je devrais réunir le budget en euros plutôt qu’en dollars. » De fait, le projet, qui n’a pas intéressé les majors d’Hollywood, est produit notamment par le Français Nicolas Chartier (qui avait financé Démineurs, de Kathryn Bigelow). Et quand la production est allée demander le soutien logistique de l’armée américaine, on lui a répondu un cinglant « Classifié »… « C’est ce qui nous différencie d’American Sniper, ajoute malicieusement Andrew Niccol, qui a reçu une aide conséquente de l’armée. »  Sur le film d’Eastwood, il refuse de porter un jugement, se contentant de signaler que le pilote de drone est « le sniper ultime, qui tue sans être vu… »

“Good Kill dit une vérité inconfortable”
Les infos, il les a trouvées alors auprès d’ex-pilotes de drone de l’US Air Force, et aussi dans les documents transmis par Bradley/Chelsea Manning à Wikileaks. « Tout ce que je montre est vrai, assure-t-il : un type près de Las Vegas peut détruire une maison pleine de talibans en Afghanistan. Encore faut-il être sûr que ceux qui y sont réunis sont vraiment des talibans. Et il est arrivé que des missiles américains soient lancés contre des enterrements. » Good kill dédouane un peu l’armée américaine, la soumettant aux ordres obscurs d’une mystérieuse agence gouvernementale – de fait, la CIA – pour qui la mort d’innocents ne semble pas un problème majeur. « Good Kill dit une vérité inconfortable. Après la première projection au Festival de Venise, j’ai entendu des échos contradictoires : certains spectateurs accusaient le film d’être anti-américain, d’autres d’être pro-américain. Moi, je ne juge pas. Et on ne peut pas être « anti-drone » : c’est l’usage qu’on en fait qui peut être répréhensible. »

En 2005, déjà, Andrew Niccol avait abordé un sujet sérieusement contemporain dans l’excellent (et souvent sous-estimé) Lord of war : les trafics d’armes internationaux et leur impact sur les guerres civiles africaines. Le personnage principal, joué par Nicholas Cage, était directement inspiré du trafiquant d’origine russe Victor Bout. Lequel, lors de son procès, se plaignit de la mauvaise image que le film donnait de lui… Après la sortie, Niccol reçut même la visite du FBI. « Parce que nous avions dû louer l’avion-cargo de Victor Bout, impossible autrement de trouver un Antonov en Afrique. Alors que nous mettions en soute des armes factices, l’équipage se fichait de nous : « Nous transportions de vraies armes il y a quelques jours, on aurait pu vous les garder »… Depuis, je sais que je suis sous surveillance ! »

Né en Nouvelle-Zélande, Andrew Niccol a débuté dans la publicité à Londres, qui fut, « comme pour Ridley Scott », son école de cinéma. Il part pour les Etats-Unis au début des années 90, écrit un premier script qu’il ne pourra réaliser, mais qui lui vaudra une nomination à l’Oscar : The Truman show. Sa version à lui, qui se situe entièrement à New York est plus noire que le film signé Peter Weir en 1998. Et à la place de Jim Carrey, Niccol aurait bien vu Jeff Bridges… Mais, dans la foulée, on le laisse réaliser son premier film, déjà avec Ethan Hawke, Bienvenue à Gattaca. « Je suppose que Sony a dit oui sur un malentendu. Une fois le film fini, ils ne savaient pas quoi en faire. Ils l’ont enterré. Cette année-là, ils croyaient beaucoup plus à un petit film d’horreur : Souviens-toi l’été dernier… »

“J’ai des idées non conventionnelles et coûteuses”
Bienvenue à Gattaca est (presque) devenu un classique, et la science-fiction a gagné ses lettres de noblesse auprès des studios. Sans que Niccol en profite réellement. « J’ai des idées non conventionnelles et coûteuses. L’un ou l’autre – des idées conventionnelles exigeant un gros budget, ou des idées non conventionnelles bon marché – ça peut passer. Les deux ensemble, c’est plus dur. » Il a refusé de mettre en scène des films de super-héros, et écrit plusieurs scénarios qui n’ont jamais vu le jour. « Peut-être que je vais enfin pouvoir réaliser The Cross, l’histoire de personnages qui veulent échapper à la société dans laquelle ils vivent… » Le thème central de son œuvre ? Le film avait déjà failli se faire en 2009, avec Vincent Cassel. « Cinéaste aux Etats-Unis, c’est épuisant : il faut savoir faire tourner au-dessus de sa tête plusieurs assiettes en même temps », explique-t-il en empruntant une métaphore circassienne. « Si tant est qu’on ne me chasse pas du pays. Dans ce cas, j’irai au Canada, le pays de ma femme… »

Voir aussi:

‘Good Kill’ Review: Ethan Hawke Stars
Andrew Niccol takes on the topical issue of drone strikes in a tense war drama notable for its tact and intelligence.
Guy Lodge
Variety

September 5, 2014

Sci-fi futures characterized by complex moral and political architecture have long been writer-director Andrew Niccol’s stock-in-trade. Yet while there’s not a hint of fantasy in “Good Kill,” a smart, quietly pulsating contempo war drama, it could hardly feel more typical of Niccol’s strongest work. To many, after all, drone strikes — the controversial subject of this tense but appropriately tactful ethics study — still feel like something that should be a practical and legal impossibility. Those who haven’t considered its far-reaching implications, meanwhile, will be drawn into consciousness by Niccol’s film, which sees Ethan Hawke’s former U.S. fighter pilot wrestling with the psychological strain of killing by remote control. At once forward-thinking and exhilaratingly of the moment, this heady conversation piece could yield substantial commercial returns with the right marketing and release strategy.

Niccol has, of course, covered this kind of topical dramatic territory before in 2005’s Amnesty Intl.-approved underperformer “Lord of War,” which starred Nicolas Cage as a faintly disguised incarnation of Soviet arms dealer Viktor Bout. “Good Kill,” however, feels closer in tone and texture to the stately speculative fiction of his 1997 debut, “Gattaca,” and not merely because of Hawke’s presence in the lead. The spartan Las Vegas airbase where Major Thomas Egan (Hawke) wages war against the Taliban from the comfort of an air-conditioned cubicle seems, in terms of its bleak function and lab-like appearance, a faintly dystopian creation — one where distant life-and-death calls are made at the touch of a button. The perils of playing God, of course, were also explored in Niccol’s prescient screenplay for “The Truman Show,” with which “Good Kill” shares profound concerns about a growing culture of extreme surveillance that itself goes unmonitored.

Needless to say, however, this particular world is no product of Niccol’s imagination: The apparent future of warfare is in fact, as Bruce Greenwood’s hardened commander likes to bark at awestruck new arrivals, “the fucking here and now.” Pilots are recruited in shopping malls on the strength of their gaming expertise; joysticks are the new artillery. The film opens on the Afghan desert, as caught through a drone’s viewfinder and transmitted to Egan’s monitor. A terrorist target is identified, the missile order is given and, within 10 seconds of Egan hitting the switch 7,000 miles away, a life ends in a silent explosion of dust and rubble. (The title refers to Egan’s regular, near-involuntary verbal reaction to each successful hit.)

Another day’s work done, Egan hops in his sports car and heads home to his military McMansion, where his wife, Molly (January Jones), and two young children await. It’s an existence that theoretically combines the gung-ho ideals of American heroism and the domestic comforts of the American Dream. Niccol forges this connection with one elegantly ironic long shot of Egan’s car leaving the arid middle-of-nowhere surrounds of the control center (which have an aesthetic proximity to the Middle East, if nothing else) and approaching the glistening urban heights of Vegas — hardly the city to anchor this uncanny setup in any greater sense of reality.

For all intents and purposes, Egan, who previously risked life and limb flying F-16 planes in Iraq, has lucked out. It doesn’t feel that way to him, however, as he finds it increasingly impossible to reconcile the immense power he wields from his planeless cockpit with the lack of any attendant peril or consequence on his end. Niccol’s script and Hawke’s stern, buttoned-down performance keep in play the question of whether it’s adrenaline or moral accountability that he misses most in his new vocation, but either way, as new, more ruthless orders come in from the CIA, it’s pushing him to the brink of emotional collapse. Egan finds a measure of solidarity in rookie co-pilot Suarez (a fine, flinty Zoe Kravitz), who challenges authority more brazenly than he does, but can’t explain his internal crisis to his increasingly alienated family.

It’s the peculiar mechanics of drone warfare that enable “Good Kill” to be at once a combat film and a war-at-home film, two familiar strains of military drama given a bracing degree of tension by their parallel placement in Niccol’s tightly worked script: The pressures of Egan’s activity in the virtual field bounce off the volatile battles he fights in the bedroom and vice versa, as the film’s intellectual deliberations over the rights and wrongs of this new military policy are joined by the more emotive question of just what type of man, if any, is mentally fit for the task. (Or, indeed, woman: One thing to be said for the new technology is that it expands the demographic limits of combat.) Rife as it is with heated political questioning, this essentially human story steers clear of overt rhetorical side-taking: The Obama administration comes in for some implicit criticism here, but the film’s perspective on America’s ongoing Middle East presence isn’t one the right is likely to take to heart.

Just as Niccol’s narrative structure is at once fraught and immaculate in its escalation of ideas and character friction, so his arguments remain ever-so-slightly oblique despite the tidiness of their presentation: How much viewers wish to accept the pic as a single, tragic character study or a broader cautionary tale is up to them. He overplays his hand, however, with a needlessly melodramatic subplot that finds Egan growing personally invested in the fate of a female Afghan civilian living on their regular surveillance route, while Greenwood’s character is given one pithy slogan too many (“fly and fry,” “warheads on foreheads”) to underline the detachment of empathy from the act of killing. Happily, such instances of glib overstatement are rare in a film that trusts its audience both to recognize Niccol’s interpretations of current affairs as such, and to arrive at their own without instruction.

It can’t be a coincidence that Hawke’s styling — aviators, snug leather bomber, Ivy League haircut — gives him the appearance of Tom Cruise’s “Top Gun” hero Maverick Mitchell gone somewhat to seed. His nuanced, hard-bitten performance, too, bristles with cracked machismo and seething self-disappointment; the actor has had a good run of form recently, though his brittle, closed manner here still surprises. Supporting ensemble work is uniformly strong, with Jones, who has form when it comes to playing the repressed wives of inscrutable men, finally landing a film role worthy of her work in “Mad Men.”

The filmmaking here is as efficient and squared-off as the storytelling, with Amir Mokri’s sturdy lensing capturing the hard, unforgiving light of the Nevada desert, and foregrounding every sharp angle of Guy Barnes’ excellent production design — which makes equally alien spaces of a pod-like military boardroom and the beige, under-loved walls of Egan’s home. Sound work throughout is aces, making a virtue of the sound effects that are eerily absent as those present: In drone warfare, at least in Vegas, no one can hear you scream.

Venice Film Review: ‘Good Kill’
Reviewed at Venice Film Festival (competing), Sept. 3, 2014. (Also in Toronto Film Festival — Special Presentations.) Running time: 102 MIN.

Voir également:

Frame of drones: Ethan Hawke is a conflicted fighter pilot in Andrew Niccol’s Good Kill
Chris Knight

National Post

September 11, 2014

Andrew Niccol can remember a time when U.S. involvement in Iraq included televised media briefings in which Gen. Norman Schwarzkopf would show video clips that demonstrated the accuracy of so-called smart bombs. Then, they were launched from piloted aircraft. Now they’re as likely to be fired from unmanned aerial vehicles, or drones.

“Now that picture is a lot better, and there is obviously video for every one of the drone strikes,” he says. “But you haven’t seen one recently, have you?”

Ethan Hawke jumps in at this point. “Nobody has,” he says darkly. “They don’t want you to see this.”

Hawke is starring in Niccol’s Good Kill, which had its North American premiere this week at the Toronto International Film Festival after screening in Venice. The actor plays Maj. Thomas Egan, a former fighter pilot who now flies unmanned drones from a military base outside Las Vegas. His control bunker looks a bit like a shipping container from the outside, boxy and portable.

‘The troops are going to withdraw from Afghanistan, but the drones won’t leave’

“The reason is that they used to wheel them into a Hercules and fly them around the world,” says Niccol. “But then realized they didn’t have to go anywhere; they had satellites.” Hawke’s character kills enemies in Afghanistan from half a world away, but struggles with the moral implications of such precise, emotionless combat.

The cinematography in Good Kill calls attention to the similarities in geography between the U.S. and Afghan deserts, and the walled residences that exist in both locations. “It’s not my choice; it’s the military’s choice,” says Niccol. They can train drone pilots locally over terrain similar to what they’ll see while on duty.

“If you’re going on a weekend trip to Vegas in your car,” he adds, “you may not know it — in fact you won’t know it — but they’ll follow a car with a drone just as practice.”

Good Kill airs both sides of the debate over unmanned drone strikes — on the one hand, it risks fewer American lives; on the other, it risks dehumanizing war — but it’s clear on which side Niccol and Hawke stand.

“Say what you like about the United States,” says the New Zealand-born Niccol, “but you’re allowed to make that movie. Some people are going to hate it and think it’s unpatriotic, and some people are going to love it, but if it causes some kind of debate — great.”

“That’s the point of making a movie like this,” says Hawke, “is to not let all this stuff happen in our name without us having any awareness or knowledge or interest in what’s being done.”

He likes the idea of a war film “that isn’t glorifying the past; something that shows us where we are right now. The troops are going to withdraw from Afghanistan, but the drones won’t leave.”

Niccol and Hawke have worked together, albeit sporadically, on Gattaca (1997) and Lord of War (2005), before this film. They share a favourite movie (One Flew Over the Cuckoo’s Nest) and a shorthand that the writer/director says was invaluable given the movie’s tight budget and timeline.

That extended to Hawke’s agreement to star in the film, which took place over the phone. “I was walking my dog and I called you after reading the script,” he recalls. “I think I walked my dog for two hours as we talked. We were already making the movie that night!”

Voir également:

Entertainment & Arts
Good Kill: Tackling the ethics of drone warfare on film
Genevieve Hassan Entertainment reporter
BBC

10 April 2015

Ethan Hawke’s drone pilot begins to question his orders – and his job
Actor Ethan Hawke and director Andrew Niccol discuss their latest film, Good Kill, about an Air Force drone pilot who begins to question the ethics of his job.

The first time Hawke worked with Niccol, they made 1997 sci-fi film Gattaca. The second occasion, they made 2005’s Lord of War, about an arms dealer with a conscience. Now they’ve made it a hat-trick, reuniting once again to tackle the timely issue of using drones in modern warfare.

Set in 2010, Good Kill sees Hawke play Air Force pilot Tom Egan, who spends eight hours a day fighting the Taliban. But instead of being out on the front line, he’s in a Las Vegas bunker remotely dropping bombs in the Middle East as part of the US’s War on Terror.

Distanced from close combat from the safety of his joystick control half a world away, when the civilian casualties start mounting up, Egan begins to question his orders – and his job.

Hawke and Niccol spoke to the BBC News website about the inspiration behind the film and the moral questions it raises.

Why did you decide to make this project now?
Andrew Niccol: Now is almost a few years too late. I could have made this film a few years ago because this war has been going on in Afghanistan for 13 years. It’s stunning to me it’s America’s longest war and still counting – it beats Vietnam, the first Iraq war and World War Two.

It was all in response to 9/11 and I completely understand why we began it because that’s where Bin Laden was. But it gets to a point where it’s overkill. Are we ever going to leave that part of the planet? Are we really going to stay over the top of the Middle East forever?

Ethan Hawke: The troops are going to come out of Afghanistan, but the drones will still be there. It’s not a question of right or wrong, or how I feel about it – it’s the truth. This is the nature of warfare right now.

Do we want drones to be the international police? Is it a good idea? Is it creating more terror than stopping? They’re valuable questions.

For me as an actor and a fan of storytelling, I get to play a character I’ve never seen on screen before. He’s spending the bulk of the day fighting the Taliban; leaves work, picks up some eggs and orange juice, helps his son with his homework and fights with his wife about what TV show to watch. And then the next day does the same thing again.

This is a new situation we’ve never been in: Soldiers who take people’s lives whose own life isn’t in danger. A lot of these people go into the military because they have the mentality of a warrior. They want to put their life on the line for their beliefs to make people safe, but what does it mean when your life isn’t on the line? It seems like the stuff of sci-fi but it’s arrived.

Did you intend to push a specific political agenda with this film?
Ethan Hawke: No, I’m allergic to that. We can’t have a serious conversation about a drones strike unless people have more information. Most people don’t know what a drone looks like, or how it’s operated.

I learned a lot – I had no idea [the US] would strike a funeral or rescuers. There’s a certain logic to doing it – you could say perhaps it is proportionate. Perhaps we’re stopping more death than we’re creating, but we are killing innocent people. Am I sure I want our soldiers doing that?

An interesting example is on Obama’s third day in office he ordered a drone strike – it was surgical, but they had the wrong information and they murdered a family that had nothing to do with anything. When these tools are available accidents happen. It’s ripe for dialogue.

I’m not in politics, I don’t have an agenda for the audience, but I think it’s a really interesting conversation. I don’t think we should let our governments run willy-nilly and kill whoever and spy on whoever they want to without asking any questions.

Andrew Niccol: I’m not anti or pro, I’m just saying this is what is, and now you have that information perhaps it can provoke thought and conversation.

The US military want computer gamers to join the Air Force because they are equipped with the dexterity and speed needed to operate a drone efficiently, like Ethan Hawke’s character in Good Kill
Are all the events depicted in the film real?
Andrew Niccol: Every strike Tom does in the movie there is a precedent for, but his character is fictitious.

There were some things I didn’t put in the movie because I thought they were too outrageous. I was told about drone pilots who were younger than Ethan’s character – they would work with a joystick for 12 hours over Afghanistan, take out a target and go home to their apartment and play video games.

The military modelled the workstation on computer games because it’s the joystick that’s the easiest to use. They want gamers to join the Air Force because they’re good and can manoeuvre a drone perfectly.

But how can they possibly separate playing one joystick game one moment, and then playing real war the next?

Good Kill is released in UK cinemas on 10 April.

Voir encore:

Barack Obama, président des drones
LE MONDE GEO ET POLITIQUE

Philippe Bernard

18.06.2013

De même que George W. Bush restera dans l’histoire comme le  » président des guerres  » de l’après-11-Septembre en Afghanistan et en Irak, Barack Obama pourrait passer à la postérité comme le  » président des drones « , autrement dit le chef d’une guerre secrète, menée avec des armes que les Etats-Unis sont, parmi les grandes puissances, les seuls à posséder.

Rarement moment politique et innovation technologique auront si parfaitement correspondu : lorsque le président démocrate est élu en 2008 par des Américains las des conflits, il dispose d’un moyen tout neuf pour poursuivre, dans la plus grande discrétion, la lutte contre les « ennemis de l’Amérique » sans risquer la vie de citoyens de son pays : les drones.

L’utilisation militaire d’engins volants téléguidés par les Américains n’est pas nouvelle : pendant la guerre du Vietnam, des drones de reconnaissance avaient patrouillé. Mais l’armement de ces avions sans pilote à partir de 2001 en Afghanistan marque un changement d’époque. Au point que le tout premier Predator armé à avoir frappé des cibles après les attaques du 11-Septembre, immatriculé 3034, a aujourd’hui les honneurs du Musée de l’air et de l’espace, à Washington. Leur montée en puissance aura été fulgurante : alors que le Pentagone ne disposait que de 50 drones au début des années 2000, il en possède aujourd’hui près de 7 500. Dans l’US Air Force, un aéronef sur trois est sans pilote.

George W. Bush, artisan d’un large déploiement sur le terrain, utilisera modérément ces nouveaux engins létaux. Barack Obama y recourra six fois plus souvent pendant son seul premier mandat que son prédécesseur pendant les deux siens. M. Obama, qui, en recevant le prix Nobel de la paix en décembre 2009, revendiquait une Amérique au « comportement exemplaire dans la conduite de la guerre », banalisera la pratique des « assassinats ciblés », parfois fondés sur de simples présomptions et décidés par lui-même dans un secret absolu.

LES FRAPPES OPÉRÉES PAR LA CIA SONT « COVERT »

Tandis que les militaires guident les drones dans l’Afghanistan en guerre, c’est jusqu’à présent la très opaque CIA qui opère partout ailleurs (au Yémen, au Pakistan, en Somalie, en Libye). C’est au Yémen en 2002 que la campagne d' »assassinats ciblés » a débuté. Le Pakistan suit dès 2004. Barack Obama y multiplie les frappes. Certaines missions, menées à l’insu des autorités pakistanaises, soulèvent de lourdes questions de souveraineté. D’autres, les goodwill kills (« homicides de bonne volonté »), le sont avec l’accord du gouvernement local. Tandis que les frappes de drones militaires sont simplement « secrètes », celles opérées par la CIA sont « covert », ce qui signifie que les Etats-Unis n’en reconnaissent même pas l’existence.

Dans ce contexte, établir des statistiques est difficile. Selon le Bureau of Investigative Journalism, une ONG britannique, les attaques au Pakistan ont fait entre 2 548 et 3 549 victimes, dont 411 à 884 sont des civils, et 168 à 197 des enfants. En termes statistiques, la campagne de drones est un succès : les Etats-Unis revendiquent l’élimination de plus d’une cinquantaine de hauts responsables d’Al-Qaida et de talibans. D’où la nette diminution du nombre de cibles potentielles et du rythme des frappes, passées de 128 en 2010 (une tous les trois jours) à 48 en 2012 au Pakistan.

Car le secret total et son cortège de dénégations ne pouvaient durer éternellement. En mai 2012, le New York Times a révélé l’implication personnelle de M. Obama dans la confection des kill lists. Après une décennie de silence et de mensonges officiels, la réalité a dû être admise. En particulier au début de l’année, lorsque le débat public s’est focalisé sur l’autorisation, donnée par le ministre de la justice, Eric Holder, d’éliminer un citoyen américain responsable de la branche yéménite d’Al-Qaida. L’imam Anouar Al-Aulaqi avait été abattu le 30 septembre 2011 au Yémen par un drone de la CIA lancé depuis l’Arabie saoudite. Le droit de tuer un concitoyen a nourri une intense controverse. D’autant que la même opération avait causé des « dégâts collatéraux » : Samir Khan, responsable du magazine jihadiste Inspire, et Abdulrahman, 16 ans, fils d’Al-Aulaqui, tous deux américains et ne figurant ni l’un ni l’autre sur la kill list, ont trouvé la mort. Aux yeux des opposants, l’adolescent personnifie désormais l’arbitraire de la guerre des drones.

La révélation par la presse des contorsions juridiques imaginées par les conseillers du président pour justifier a posteriori l’assassinat d’un Américain n’a fait qu’alimenter les revendications de transparence. La fronde s’est concrétisée par le blocage au Sénat, plusieurs semaines durant, de la nomination à la tête de la CIA de John Brennan, auparavant grand ordonnateur à la Maison Blanche de la politique d’assassinats ciblés. Une orientation pourfendue, presque treize heures durant, le 6 mars, par le spectaculaire discours du sénateur libertarien Rand Paul.

UN IMPORTANT DISCOURS SUR LA « GUERRE JUSTE »

Très attendu, le grand exercice de clarification a eu lieu le 23 mai devant la National Defense University de Washington. Barack Obama y a prononcé un important discours sur la « guerre juste », affichant enfin une doctrine en matière d’usage des drones. Il était temps : plusieurs organisations de défense des libertés publiques avaient réclamé en justice la communication des documents justifiant les assassinats ciblés.

Une directive présidentielle, signée la veille, précise les critères de recours aux frappes à visée mortelle : une « menace continue et imminente contre la population des Etats-Unis », le fait qu' »aucun autre gouvernement ne soit en mesure d'[y] répondre ou ne la prenne en compte effectivement » et une « quasi-certitude » qu’il n’y aura pas de victimes civiles. Pour la première fois, Barack Obama a reconnu l’existence des assassinats ciblés, y compris ceux ayant visé des Américains, assurant que ces morts le « hanteraient » toute sa vie. Le président a annoncé que les militaires, plutôt que la CIA, auraient désormais la main. Il a aussi repris l’idée de créer une instance judiciaire ou administrative de contrôle des frappes. Mais il a renvoyé au Congrès la mission, incertaine, de créer cette institution. Le président, tout en reconnaissant que l’usage des drones pose de « profondes questions » – de « légalité », de « morale », de « responsabilité « , sans compter « le risque de créer de nouveaux ennemis » -, l’a justifié par son efficacité : « Ces frappes ont sauvé des vies. »

Six jours après ce discours, l’assassinat par un drone de Wali ur-Rehman, le numéro deux des talibans pakistanais, en a montré les limites. Ce leader visait plutôt le Pakistan que « la population des Etats-Unis ». Tout porte donc à croire que les critères limitatifs énoncés par Barack Obama ne s’appliquent pas au Pakistan, du moins aussi longtemps qu’il restera des troupes américaines dans l’Afghanistan voisin. Et que les « Signature strikes », ces frappes visant des groupes d’hommes armés non identifiés mais présumés extrémistes, seront poursuivies.

Les drones n’ont donc pas fini de mettre en lumière les contradictions de Barack Obama : président antiguerre, champion de la transparence, de la légalité et de la main tendue à l’islam, il a multiplié dans l’ombre les assassinats ciblés, provoquant la colère de musulmans.

Or les drones armés, s’ils s’avèrent terriblement efficaces pour éliminer de véritables fauteurs de terreur et, parfois, pour tuer des innocents, le sont nettement moins pour traiter les racines des violences antiaméricaines. Leur usage opaque apparaît comme un précédent encourageant pour les Etats (tels la Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan ou l’Iran) qui vont acquérir ces matériels dans l’avenir. En paraissant considérer les aéronefs pilotés à distance comme l’arme fatale indispensable, le « président des drones » aura enclenché l’engrenage de ce futur incertain.

Voir encore:

US national security
Obama’s secret kill list – the disposition matrix
The disposition matrix is a complex grid of suspected terrorists to be traced then targeted in drone strikes or captured and interrogated. And the British government appears to be colluding in it
US President Barack Obama
Barack Obama, chairing the ‘Terror Tuesday’ meetings, agrees the final schedule of names on the disposition matrix. Photograph: Saul Loeb/AFP/Getty Images

Ian Cobain

The Guardian

14 July 2013

When Bilal Berjawi spoke to his wife for the last time, he had no way of being certain that he was about to die. But he should have had his suspicions.

A short, dumpy Londoner who was not, in the words of some who knew him, one of the world’s greatest thinkers, Berjawi had been fighting for months in Somalia with al-Shabaab, the Islamist militant group. His wife was 4,400 miles away, at home in west London. In June 2011, Berjawi had almost been killed in a US drone strike on an al-Shabaab camp on the coast. After that he became wary of telephones. But in January last year, when his wife went into labour and was admitted to St Mary’s hospital in Paddington, he decided to risk a quick phone conversation.

A few hours after the call ended Berjawi was targeted in a fresh drone strike. Perhaps the telephone contact triggered alerts all the way from Camp Lemmonier, the US military’s enormous home-from-home at Djibouti, to the National Security Agency’s headquarters in Maryland. Perhaps a few screens also lit up at GCHQ in Cheltenham? This time the drone attack was successful, from the US perspective, and al-Shabaab issued a terse statement: « The martyr received what he wished for and what he went out for. »

The following month, Berjawi’s former next-door neighbour, who was also in Somalia, was similarly « martyred ». Like Berjawi, Mohamed Sakr had just turned 27 when he was killed in an air strike.

Four months later, the FBI in Manhattan announced that a third man from London, a Vietnamese-born convert to Islam, had been charged with a series of terrorism offences, and that if convicted he would face a mandatory 40-year sentence. This man was promptly arrested by Scotland Yard and is now fighting extradition to the US. And a few weeks after that, another of Berjawi’s mates from London was detained after travelling from Somalia to Djibouti, where he was interrogated for months by US intelligence officers before being hooded and put aboard an aircraft. When 23-year-old Mahdi Hashi next saw daylight, he was being led into a courtroom in Brooklyn.

That these four men had something in common is clear enough: they were all Muslims, all accused of terrorism offences, and all British (or they were British: curiously, all of them unexpectedly lost their British citizenship just as they were about to become unstuck). There is, however, a common theme that is less obvious: it appears that all of them had found their way on to the « disposition matrix ».

The euphemisms of counter-terrorism

When contemplating the euphemisms that have slipped into the lexicon since 9/11, the adjective Orwellian is difficult to avoid. But while such terms as extraordinary rendition, targeted killing and enhanced interrogation are universally known, and their true meanings – kidnap, assassination, torture – widely understood, the disposition matrix has not yet gained such traction.

Since the Obama administration largely shut down the CIA’s rendition programme, choosing instead to dispose of its enemies in drone attacks, those individuals who are being nominated for killing have been discussed at a weekly counter-terrorism meeting at the White House situation room that has become known as Terror Tuesday. Barack Obama, in the chair and wishing to be seen as a restraining influence, agrees the final schedule of names. Once details of these meetings began to emerge it was not long before the media began talking of « kill lists ». More double-speak was required, it seemed, and before long the term disposition matrix was born.

In truth, the matrix is more than a mere euphemism for a kill list, or even a capture-or-kill list. It is a sophisticated grid, mounted upon a database that is said to have been more than two years in the development, containing biographies of individuals believed to pose a threat to US interests, and their known or suspected locations, as well as a range of options for their disposal.

It is a grid, however, that both blurs and expands the boundaries that human rights law and the law of war place upon acts of abduction or targeted killing. There have been claims that people’s names have been entered into it with little or no evidence. And it appears that it will be with us for many years to come.

The background to its creation was the growing realisation in Washington that the drone programme could be creating more enemies than it was destroying. In Pakistan, for example, where the government estimates that more than 400 people have been killed in around 330 drone strikes since 9/11, the US has arguably outstripped even India as the most reviled foreign country. At one point, Admiral Mike Mullen, when chairman of the US joint chiefs of staff, was repo rted to be having furious rows over the issue with his opposite number in Pakistan, General Ashfaq Kayani.
matrix mike mullen and ashfaq Kayani

The term entered the public domain following a briefing given to the Washington Post before last year’s presidential election. « We had a disposition problem, » one former counter-terrorism official involved in the development of the Matrix told the Post. Expanding on the nature of that problem, a second administration official added that while « we’re not going to end up in 10 years in a world of everybody holding hands and saying ‘we love America' », there needed to be a recognition that « we can’t possibly kill everyone who wants to harm us ».

Drawing upon legal advice that has remained largely secret, senior officials at the US Counter-Terrorism Center designed a grid that incorporated the existing kill lists of the CIA and the US military’s special forces, but which also offered some new rules and restraints.

Some individuals whose names were entered into the matrix, and who were roaming around Somalia or Yemen, would continue to face drone attack when their whereabouts become known. Others could be targeted and killed by special forces. In a speech in May, Obama suggested that a special court could be given oversight of these targeted killings.

An unknown number would end up in the so-called black sites that the US still quietly operates in east Africa, or in prisons run by US allies in the Middle East or Central Asia. But for others, who for political reasons could not be summarily dispatched or secretly imprisoned, there would be a secret grand jury investigation, followed in some cases by formal arrest and extradition, and in others by « rendition to justice »: they would be grabbed, interrogated without being read their rights, then flown to the US and put on trial with a publicly funded defence lawyer.

Orwell once wrote about political language being « designed to make lies sound truthful and murder respectable ». As far as the White House is concerned, however, the term disposition matrix describes a continually evolving blueprint not for murder, but for a defence against a threat that continues to change shape and seek out new havens.

As the Obama administration’s tactics became more variegated, the British authorities co-operated, of course, but also ensured that the new rules of the game helped to serve their own counter-terrorism objectives.

Paul Pillar, who served in the CIA for 28 years, including a period as the agency’s senior counter-terrorism analyst, says the British, when grappling with what he describes as a sticky case – « someone who is a violence-prone anti-western jihadi », for example – would welcome a chance to pass on that case to the US. It would be a matter, as he puts it, of allowing someone else to have their headache.

« They might think, if it’s going to be a headache for someone, let the Americans have the headache, » says Pillar. « That’s what the United States has done. The US would drop cases if they were going to be sticky, and let someone else take over. We would let the Egyptians or the Jordanians or whoever take over a very sticky one. From the United Kingdom point of view, if it is going to be a headache for anyone: let the Americans have the headache. »

The four young Londoners – Berjawi, Sakr, Hashi and the Vietnamese-born convert – were certainly considered by MI5 and MI6 to be something of a headache. But could they have been seen so problematic – so sticky – that the US would be encouraged to enter their names into the Matrix?
The home secretary’s special power

Berjawi and Sakr were members of a looseknit group of young Muslims who were on nodding terms with each other, having attended the same mosques and schools and having played in the same five-a-side football matches in west London.

A few members of this group came to be closely scrutinised by MI5 when it emerged that they had links with the men who attempted to carry out a wave of bombings on London’s underground train network on 21 July 2005. Others came to the attention of the authorities as a result of their own conduct. Mohammed Ezzouek, for example, who attended North Westminster community school with Berjawi, was abducted in Kenya and interrogated by British intelligence officers after a trip to Somalia in 2006; another schoolmate, Tariq al-Daour, has recently been released from jail after serving a sentence for inciting terrorism.

As well as sharing their faith and, according to the UK authorities, jihadist intent, these young men had something else in common: they were all dual nationals. Berjawi was born in Lebanon and moved to London with his parents as an infant. Sakr was born in London, but was deemed to be a British-Egyptian dual national because his parents were born in Egypt. Ezzouek is British-Moroccan, while al-Daour is British-Palestinian.

This left them vulnerable to a little-known weapon in the government’s counter-terrorism armoury, one that Theresa May has been deploying with increasing frequency since she became home secretary three years ago. Under the terms of a piece of the 2006 Immigration, Asylum and Nationality Act, and a previous piece of legislation dating to 1981, May has the power to deprive dual nationals of their British citizenship if she is « satisfied that deprivation is conducive to the public good ».

This power can be applied only to dual nationals, and those who lose their citizenship can appeal. The government appears usually to wait until the individual has left the country before moving to deprive them of their citizenship, however, and appeals are heard at the highly secretive special immigration appeals commission (SIAC), where the government can submit evidence that cannot be seen or challenged by the appellant.

The Home Office is extraordinarily sensitive about the manner in which this power is being used. It has responded to Freedom of Information Act requests about May’s increased use of this power with delays and appeals; some information requested by the Guardian in June 2011 has still not been handed over. What is known is that at least 17 people have been deprived of their British citizenship at a stroke of May’s pen. In most cases, if not all, the home secretary has taken action on the recommendation of MI5. In each case, a warning notice was sent to the British home of the target, and the deprivation order signed a day or two later.

One person who lost their British citizenship in this way was Anna Chapman, a Russian spy, but the remainder are thought to all be Muslims. Several of them – including a British-Pakistani father and his three sons – were born in the UK, while most of the others arrived as children. And some have been deprived of their citizenship not because they were assessed to be involved in terrorism or any other criminal activity, but because of their alleged involvement in Islamist extremism.

Berjawi and Sakr both travelled to Somalia after claiming that they were being harassed by police in the UK, and were then stripped of their British citizenship. Several months later they were killed. The exact nature of any intelligence that the British government may have shared with Washington before their names were apparently entered into the disposition matrix is deeply secret: the UK has consistently refused to either confirm or deny that it shares intelligence in support of drone strikes, arguing that to do so would damage both national security and relations with the US government.

More than 12 months after Sakr’s death, his father, Gamal, a businessman who settled in London 37 years ago, still cannot talk about his loss without breaking down and weeping. He alleges that one of his two surviving sons has since been harassed by police, and suspects that this boy would also have been stripped of his citizenship had he left the country. « It’s madness, » he cries. « They’re driving these boys to Afghanistan. They’re making everything worse. »

Last year Gamal and his wife flew to Cairo, formally renounced their Egyptian citizenship, and on their return asked their lawyer to let it be known that their sons were no longer dual nationals. But while he wants his family to remain in Britain, the manner in which his son met his death has shattered his trust in the British government. « It was clearly directed from the UK, » he says. « He wasn’t just killed: he was assassinated. »
The case of Mahdi Hashi

Mahdi Hashi was five years old when his family moved to London from Somalia. He returned to the country in 2009, and took up arms for al-Shabaab in its civil war with government forces. A few months earlier he had complained to the Independent that he been under pressure to assist MI5, which he was refusing to do. Hashi was one of a few dozen young British men who have followed the same path: in one internet video clip, an al-Shabaab fighter with a cockney accent can be heard urging fellow Muslims « living in the lands of disbelief » to come and join him. It is thought that the identities of all these men are known to MI5.

After the deaths of Berjawi and Sakr, Hashi was detained by al-Shabaab, who suspected that he was a British spy, and that he was responsible for bringing the drones down on the heads of his brothers-in-arms. According to his US lawyer, Harry Batchelder, he was released in early June last year. The militants had identified three other men whom they believed were the culprits, executing them shortly afterwards.

Within a few days of Hashi’s release, May signed an order depriving him of his British citizenship. The warning notice that was sent to his family’s home read: « The reason for this decision is that the Security Service assess that you have been involved in Islamist extremism and present a risk to the national security of the United Kingdom due to your extremist activities. »

Hashi decided to leave Somalia, and travelled to Djibouti with two other fighters, both Somali-Swedish dual nationals. All three were arrested in a raid on a building, where they had been sleeping on the roof, and were taken to the local intelligence agency headquarters. Hashi says he was interrogated for several weeks by US intelligence officers who refused to identify themselves. These men then handed him over to a team of FBI interrogators, who took a lengthy statement. Hashi was then hooded, put aboard an aircraft, and flown to New York. On arrival he was charged with conspiracy to support a terrorist organisation.

Hashi has since been quoted in a news report as saying he was tortured while in custody in Djibouti. There is reason to doubt that this happened, however: a number of sources familiar with his defence case say that the journalist who wrote the report may have been misled. And the line of defence that he relied upon while being interrogated – that Somalia’s civil war is no concern of the US or the UK – evaporated overnight when al-Shabaab threatened to launch attacks in Britain.

When Hashi was led into court in Brooklyn in January, handcuffed and dressed in a grey and orange prison uniform, he was relaxed and smiling. The 23-year-old had been warned that if he failed to co-operate with the US government, he would be likely to spend the rest of his life behind bars. But he appeared unconcerned.

At no point did the UK government intervene. Indeed, it cannot: he is no longer British.

When the Home Office was asked whether it knew Hashi was facing detention and forcible removal to the US at the point at which May revoked his citizenship, a spokesperson replied: « We do not routinely comment on individual deprivation cases, nor do we comment on intelligence issues. »

The Home Office is also refusing to say whether it is aware of other individuals being killed after losing their British citizenship. On one point it is unambiguous, however. « Citizenship, » it said in a statement, « is a privilege, not a right. »

The case of ‘B2’

A glimpse of even closer UK-US counter-terrorism co-operation can be seen in the case of the Vietnamese-born convert, who cannot be named for legal reasons. Born in 1983 in the far north of Vietnam, he was a month old when his family travelled by sea to Hong Kong, six when they moved to the UK and settled in London, and 12 when he became a British citizen.

While studying web design at a college in Greenwich, he converted to Islam. He later came into contact with the banned Islamist group al-Muhajiroun, and was an associate of Richard Dart, a fellow convert who was the subject of a TV documentary entitled My Brother the Islamist, and who was jailed for six years in April after travelling to Pakistan to seek terrorism training. In December 2010, this man told his eight-months-pregnant wife that he was going to Ireland for a few weeks. Instead, he travelled to Yemen and stayed for seven months. MI5 believes he received terrorism training from al-Qaida in the Arabian peninsula and worked on the group’s online magazine, Inspire.

He denies this. Much of the evidence against him comes from a man called Ahmed Abdulkadir Warsame, a Somali who once lived in the English midlands, and who was « rendered to justice » in much the same way as Hashi after being captured in the Gulf of Aden two years ago. Warsame is now co-operating with the US Justice Department.

On arrival back at Heathrow airport, the Vietnamese-born man was searched by police and arrested when a live bullet was found in his rucksack. A few months later, while he was free on bail, May signed an order revoking his British citizenship. Detained by immigration officials and facing deportation to Vietnam, he appealed to SIAC, where he was given the cipher B2. He won his case after the Vietnamese ambassador to London gave evidence in which he denied that he was one of their citizens. Depriving him of British citizenship at that point would have rendered him stateless, which would have been unlawful.

Within minutes of SIAC announcing its decision and granting B2 unconditional bail, he was rearrested while sitting in the cells at the SIAC building. The warrant had been issued by magistrates five weeks earlier, at the request of the US Justice Department. Moments after that, the FBI announced that B2 had been charged with five terrorism offences and faced up to 40 years in jail. He was driven straight from SIAC to Westminster magistrates’ court, where he faced extradition proceedings.

B2 continues to resist his removal to the US, with his lawyers arguing that he could have been charged in the UK. Indeed, the allegations made by the US authorities, if true, would appear to represent multiple breaches of several UK laws: the Terrorism Act 2000, the Terrorism Act 2006 and the Firearms Act 1968. Asked why B2 was not being prosecuted in the English courts – why, in other words, the Americans were having this particular headache, and not the British – a Crown Prosecution Service spokesperson said: « As this is a live case and the issue of forum may be raised by the defence in court, it would be inappropriate for us to discuss this in advance of the extradition hearing. »

The rule of ‘imminent threat’

In the coffee shops of west London, old friends of Berjawi, Sakr, Hashi and B2 are equally reluctant to talk, especially when questioned about the calamities that have befallen the four men. When they do, it is in a slightly furtive way, almost in whispers.

Ezzouek explains that he never leaves the country any more, fearing he too will be stripped of his British citizenship. Al-Daour is watched closely and says he faces recall to prison whenever he places a foot wrong. Failing even to tell his probation officer that he has bought a car, for example, is enough to see him back behind bars. A number of their associates claim to have learned of the deaths of Berjawi and Sakr from MI5 officers who approached them with the news, and suggested they forget about travelling to Somalia.

Last February, a 16-page US justice department memo, leaked to NBC News, disclosed something of the legal basis for the drone programme. Its authors asserted that the killing of US citizens is lawful if they pose an « imminent threat » of violent attack against the US, and capture is impossible. The document adopts a broad definition of imminence, saying no evidence of a specific plot is needed, and remains silent on the fate that faces enemies who are – or were – citizens of an allied nation, such as the UK.
matrix drone in flight

But if the Obama administration is satisfied that the targeted killing of US citizens is lawful, there is little reason to doubt that young men who have been stripped of their British citizenship, and who take up arms in Somalia or Yemen or elsewhere, will continue to find their way on to the disposition matrix, and continue to be killed by missiles fired from drones hovering high overhead, or rendered to courts in the US.

And while Obama says he wants to curtail the drone programme, his officials have been briefing journalists that they believe the operations are likely to continue for another decade, at least. Given al-Qaida’s resilience and ability to spread, they say, no clear end is in sight.

Voir encore:

La dérive morale de l’armée israélienne à Gaza
Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)

Le Monde

04.05.2015

Eté 2014, bande de Gaza. Un vieux Palestinien gît à terre. Il marchait non loin d’un poste de reconnaissance de l’armée israélienne. Un soldat a décidé de le viser. Il est grièvement blessé à la jambe, ne bouge plus. Est-il vivant ? Les soldats se disputent. L’un d’eux décide de mettre fin à la discussion. Il abat le vieillard.

Cette histoire, narrée par plusieurs de ses acteurs, s’inscrit dans la charge la plus dévastatrice contre l’armée israélienne depuis la guerre, lancée par ses propres soldats. L’organisation non gouvernementale Breaking the Silence (« rompre le silence »), qui regroupe des anciens combattants de Tsahal, publie, lundi 4 mai, un recueil d’entretiens accordés sous couvert d’anonymat par une soixantaine de participants à l’opération « Bordure protectrice ».

Une opération conduite entre le 8 juillet et le 26 août 2014, qui a entraîné la mort de près de 2 100 Palestiniens et 66 soldats israéliens. Israël a détruit trente-deux tunnels permettant de pénétrer clandestinement sur son territoire, puis a conclu un cessez-le-feu avec le Hamas qui ne résout rien. L’offensive a provoqué des dégâts matériels et humains sans précédent. Elle jette, selon l’ONG, « de graves doutes sur l’éthique » de Tsahal.

« Si vous repérez quelqu’un, tirez ! »

Breaking the Silence n’utilise jamais l’expression « crimes de guerre ». Mais la matière que l’organisation a collectée, recoupée, puis soumise à la censure militaire comme l’exige toute publication liée à la sécurité nationale, est impressionnante. « Ce travail soulève le soupçon dérangeant de violations des lois humanitaires, explique l’avocat Michael Sfard, qui conseille l’ONG depuis dix ans. J’espère qu’il y aura un débat, mais j’ai peur qu’on parle plus du messager que du message. Les Israéliens sont de plus en plus autocentrés et nationalistes, intolérants contre les critiques. »

Environ un quart des témoins sont des officiers. Tous les corps sont représentés. Certains étaient armes à la main, d’autres dans la chaîne de commandement. Cette diversité permet, selon l’ONG, de dessiner un tableau des « politiques systémiques » décidées par l’état-major, aussi bien lors des bombardements que des incursions au sol. Ce tableau contraste avec la doxa officielle sur la loyauté de l’armée, ses procédures strictes et les avertissements adressés aux civils, pour les inviter à fuir avant l’offensive.

« Ce travail soulève le soupçon dérangeant de violations des lois humanitaires, explique l’avocat Michael Sfard, qui conseille l’ONG Breaking the Silence. J’espère qu’il y aura un débat »
Les témoignages, eux, racontent une histoire de flou. Au nom de l’obsession du risque minimum pour les soldats, les règles d’engagement – la distinction entre ennemis combattants et civils, le principe de proportionnalité – ont été brouillées. « Les soldats ont reçu pour instructions de leurs commandants de tirer sur chaque personne identifiée dans une zone de combat, dès lors que l’hypothèse de travail était que toute personne sur le terrain était un ennemi », précise l’introduction. « On nous a dit, il n’est pas censé y avoir de civils, si vous repérez quelqu’un, tirez ! », se souvient un sergent d’infanterie, posté dans le nord.

Les instructions sont claires : le doute est un risque. Une personne observe les soldats d’une fenêtre ou d’un toit ? Cible. Elle marche dans la rue à 200 mètres de l’armée ? Cible. Elle demeure dans un immeuble dont les habitants ont été avertis ? Cible. Et quand il n’y a pas de cible, on tire des obus ou au mortier, on « stérilise », selon l’expression récurrente. Ou bien on envoie le D-9, un bulldozer blindé, pour détruire les maisons et dégager la vue.

« Le bien et le mal se mélangent »
Un soldat se souvient de deux femmes, parlant au téléphone et marchant un matin à environ 800 mètres des forces israéliennes. Des guetteuses ? Un drone les survole. Pas de certitude. Elles sont abattues, classées comme « terroristes ». Un sergent raconte le « Bonjour Al-Bourej ! », adressé un matin par son unité de tanks à ce quartier situé dans la partie centrale du territoire. Les tanks sont alignés puis, sur instruction, tirent en même temps, au hasard, pour faire sentir la présence israélienne.

Beaucoup de liberté d’appréciation était laissée aux hommes sur le terrain. Au fil des jours, « le bien et le mal se mélangent un peu (…) et ça devient un peu comme un jeu vidéo », témoigne un soldat. Mais cette latitude correspondait à un mode opérationnel. Au niveau de l’état-major, il existait selon l’ONG trois « niveaux d’activation », déterminant notamment les distances de sécurité acceptées par rapport aux civils palestiniens. Au niveau 3, des dommages collatéraux élevés sont prévus. « Plus l’opération avançait, et plus les limitations ont diminué », explique l’ONG. « Nos recherches montrent que pour l’artillerie, les distances à préserver par rapport aux civils étaient très inférieures à celles par rapport à nos soldats », souligne Yehuda Shaul, cofondateur de Breaking the Silence.

Un lieutenant d’infanterie, dans le nord de la bande de Gaza, se souvient : « Même si on n’entre pas [au sol], c’est obus, obus, obus. Une structure suspecte, une zone ouverte, une possible entrée de tunnel : feu, feu, feu. » L’officier évoque le relâchement des restrictions au fil des jours. Lorsque le 3e niveau opératoire est décidé, les forces aériennes ont le droit à un « niveau raisonnable de pertes civiles, dit-il. C’est quelque chose d’indéfinissable, qui dépend du commandant de brigade, en fonction de son humeur du moment ».

Fin 2014, le vice-procureur militaire, Eli Bar-On, recevait Le Monde pour plaider le discernement des forces armées. « On a conduit plus de 5 000 frappes aériennes pendant la campagne. Le nombre de victimes est phénoménalement bas », assurait-il. A l’en croire, chaque frappe aérienne fait l’objet d’une réflexion et d’une enquête poussée. Selon lui, « la plupart des dégâts ont été causés par le Hamas ». Le magistrat mettait en cause le mouvement islamiste pour son utilisation des bâtiments civils. « On dispose d’une carte de coordination de tous les sites sensibles, mosquées, écoles, hôpitaux, réactualisée plusieurs fois par jour. Quand on la superpose avec la carte des tirs de roquettes, on s’aperçoit qu’une partie significative a été déclenchée de ces endroits. »

Treize enquêtes pénales ouvertes
L’armée peut-elle se policer ? Le parquet général militaire (MAG) a ouvert treize enquêtes pénales, dont deux pour pillages, déjà closes car les plaignants ne se sont pas présentés. Les autres cas concernent des épisodes tristement célèbres du conflit, comme la mort de quatre enfants sur la plage de Gaza, le 16 juillet 2014. Six autres dossiers ont été renvoyés au parquet en vue de l’ouverture d’une enquête criminelle, après un processus de vérification initial.

Ces procédures internes n’inspirent guère confiance. En septembre, deux ONG israéliennes, B’Tselem et Yesh Din, ont annoncé qu’elles cessaient toute coopération avec le parquet. Les résultats des investigations antérieures les ont convaincues. Après la guerre de 2008-2009 dans la bande de Gaza (près de 1 400 Palestiniens tués), 52 enquêtes avaient été ouvertes. La sentence la plus sévère – quinze mois de prison dont la moitié avec sursis – concerna un soldat coupable du vol d’une carte de crédit. Après l’opération « Pilier de défense », en novembre 2012 (167 Palestiniens tués), une commission interne a été mise en place, mais aucune enquête ouverte. Le comportement de l’armée fut jugé « professionnel ».

Voir par ailleurs:

“Good Kill”, ce film digne qu’Eastwood n’a pas signé

Aurélien Ferenczi
Cinécure

24/02/2015

L’unique statuette ramassée l’autre nuit par American Sniper, le dernier Clint Eastwood, a valeur de symbole : l’Oscar du meilleur montage son est allé comme une médaille du courage aux deux types qui ont passé de longues semaines à recueillir, puis à caler sur les images du film des bruits de fusils d’assaut, mitraillettes, fusils de chasse, lance-roquettes, grenades, etc. Des techniciens à l’ouïe fine, sans doute capables de différencier le son d’une balle amie à celui d’une balle ennemie…

Mais ce sont aussi les petits malins responsables (sous les ordres de Papy Clint) de la première faute de goût du film, impardonnable péché originel : dès la première seconde de projection, sur le logo de la Warner (pas encore passée sous contrôle qatari pourtant), une voix psalmodie « Allah Akbar ». Une prière qui ouvre clairement les hostilités, dit à qui on aura affaire, jouerait presque à faire peur. Pas très digne, vraiment…

American Sniper cartonne des deux côtés de l’Atlantique (plus d’un million de spectateurs en France au terme de sa première semaine d’exploitation) : les « eastwoodiens » de longue date s’en félicitent (à tous lessens du mot), sans s’apercevoir que c’est l’un des films les plus faibles de leur auteur-fétiche. Outre les libertés bien commodes qu’il prend avec la vraie biographie de Chris Kyle (un type assez malin pour penser que des séances de tir sont le meilleur remède au syndrome post-traumatique des soldats éclopés), le scénario alterne mécaniquement scènes de guerre banales – moins spectaculaires que celles de La Chute du Faucon noir, par exemple – et vie de famille troublée, montrée avec une finesse éléphantesque. Exemple : Intérieur jour. Chris Kyle est assis dans son fauteuil, inerte. La télévision est éteinte, mais il entend des rafales d’armes automatiques (merci les monteurs son). C’est comme s’il était encore à la guerre… Non, vraiment ? Difficile de reconnaître l’auteur de Josey Wales dans ces gros sabots bellicistes.

Eastwood parachute un héros américain dans une époque où le manichéisme n’est plus possible. Chacun sait qu’il n’y a plus de guerre propre et que le défi « à l’ancienne » que s’impose le héros eastwoodien – avoir la peau du sniper adverse, et puis rentrer chez lui – est pure fiction. L’impossibilité de l’héroïsme est au cœur d’un autre film sur les conflits d’aujourd’hui, qui sonne autrement juste. Good Kill, d’Andrew Niccol (le réalisateur de Bienvenue à Gattaca et Lord of War), qui sortira en France le 22 avril, raconte la guerre d’un type qui tue de très loin. Un ancien pilote de chasse de l’US Air force, désormais aux commandes de drones qu’il dirige à des milliers de kilomètres de distance.

Il agit depuis sa base de Las Vegas, au sein de petites cabines frappées d’extra-territorialité, des habitacles immobiles comme ceux des jeux vidéos, et il appuie sur le lance-roquettes quand les cibles se précisent. Quelles cibles ? C’est le problème, a fortiori quand la CIA s’en mêle, réquisitionnant les unités d’élite de l’armée pour éliminer des suspects : les drones survolent par exemple le Waziristan, au nord-ouest du Pakistan, et il faut obéir aux ordres, imaginer que ces villageois réunis sont bien des terroristes en puissance, et les éliminer, tant pis si des femmes ou des enfants sont dans la zone de tir.

Implacable et documenté, Good kill décrit avec précision les pratiques de l’armée américaine : par exemple, le principe de la double frappe. Vous éliminez d’un missile un foyer de présumés terroristes, mais vous frappez dans les minutes qui suivent au même endroit pour éliminer ceux qui viennent les secourir, et tant pis si ce sont clairement des civils. L’un des sommets du film est le récit d’une opération visant l’enterrement d’ennemis tués plus tôt dans la journée, la barbarie à son maximum – et on est sûr que Andrew Niccol, scénariste et réalisateur, n’a rien inventé. Bien sûr, à tuer quasiment à l’aveugle, ou sur la foi de renseignements invérifiables, on crée une situation de guerre permanente, et on fabrique les adversaires que l’on éliminera plus tard.

Le personnage joué par Ethan Hawke, avec autrement d’intensité que la bonhomie irresponsable de Bradley Cooper chez Eastwood, peut difficilement ne pas être traversé d’un trouble terrible – a fortiori en retrouvant sa femme et ses enfants le soir chez lui, juste après avoir détruit des familles dans la journée.

Good Kill est un film important parce qu’il montre pour la première fois le vrai visage des guerres modernes, et à quel point ont disparu les notions de patriotisme et d’héroïsme – que risque ce combattant plaqué à part de se détruire lui-même ? C’est aussi un réquisitoire courageux contre l’american way of life, symbolisée ici par Las Vegas, ville sans âme que les personnages traversent sur leur chemin entre base militaire et pavillon sinistre. Ce n’est pas un film d’anticipation. L’horreur que l’on fait subir aux victimes et, en un sens, à leurs bourreaux, c’est ici et maintenant. Une sale guerre, un sale monde.

Voir aussi:

Good Kill », un film édifiant sur l’utilisation des drones
Nicolas Schaller

L’Obs
26-04-2015
« Good Kill », c’est l’anti-« American Sniper ». Rencontre avec son réalisateur, Andrew Niccol

L’OBS. « Good Kill » suit un pilote de l’U.S. Air Force, interprété par Ethan Hawke, qui pilote des drones et bombarde le Moyen-Orient depuis une base de Las Vegas, à plus de 10.000 km.

Andrew Niccol. Tout ce que vous voyez dans le film est réel. L’utilisation militaire des drones a commencé après le 11-Septembre et n’a jamais cessé depuis. Les Républicains comme les Démocrates y sont favorables. Cela leur évite d’envoyer des soldats dans la zone de conflit. Les stations de contrôle des drones sont à l’intérieur de remorques. Avant, ces remorques étaient emmenées sur place par hélicoptère. Puis ils se sont rendu compte qu’ils n’avaient pas besoin d’y être. « Good Kill » se déroule en 2010, année où les frappes de drones ont atteint des proportions jamais connues.

Une manière de dire aux familles : « nous n’envoyons pas vos enfants là-bas ».

– C’est sans danger. On ne voit pas revenir de cercueils.

En revanche, les morts de l’autre côté sont hasardeuses.

– Les drones sont très précis. Si vous voulez détruire tel immeuble, vous l’aurez sans problème. Reste à savoir si c’est le bon. Trois jours après son accession au pouvoir, Obama a ordonné une frappe sur un repaire taliban. Qui s’est avéré ne pas en être un. Neuf civils sont morts. Au moment où on tournait, l’armée américaine a accidentellement bombardé une cérémonie de mariage au Yémen. On en a à peine parlé aux infos. Ce n’était pas le premier mariage pris pour cible par erreur. Là-bas, la tradition veut que l’on tire des coups de feu durant la fête et il est arrivé à plusieurs reprises que les Américains prennent ça pour des attaques.

Avez-vous bénéficié du concours de l’armée américaine ?

– Non. Le film raconte une vérité trop dérangeante. Mais j’ai pu parler à d’ex-pilotes de drones tels que Brandon Bryant…

… lequel a déclaré dans les médias américains avoir tué plus de 1600 personnes. Cela n’a choqué personne ?

– Pas vraiment. Les Etats-Unis sont le seul pays où la guerre menée par drones est plus populaire que l’inverse. WikiLeaks m’a été très précieux : c’est le seul moyen de voir des images de frappes de drones. Grâce à Chelsea Manning [ex-analyste militaire condamnée en 2013 à 35 ans de prison pour avoir divulguer des documents classés Secret Défense, ndlr].

« Good Kill » se focalise sur les missions confidentielles menées par l’armée sous le commandement de la C.I.A.

– Je n’ai rien inventé. Comme on le voit dans mon film, l’armée américaine a délibérément bombardé un enterrement. La CIA ne fait plus dans l’espionnage mais dans l’assassinat. Depuis le 11 septembre et la guerre contre le terrorisme, tout lui est permis. Mais comme elle n’a pas de pilotes, elle doit faire appel à l’armée. Bien sûr, l’assassinat est illégal aux Etats-Unis. Sauf qu’ils emploient des termes différents. Ils ont mis au point tout un lexique qui ferait bien rire George Orwell. Ils parlent d’ « auto-défense préventive ». Comme dans « Minority Report » : on tue le coupable présumé avant qu’il n’ait agi ! Il y a aussi la « frappe signature » qui consiste à tirer sur tout un groupe de gens dont vous ne connaissez pas forcément l’identité. Ils justifient cela par l’idée de « proportionalité ». Traduction : il est si important d’éliminer la personne ciblée que peu importe si on tue les types d’à côté. Et puis d’ailleurs, que font-ils là ? S’ils ne sont pas loin d’un terroriste, c’est qu’ils ne doivent pas être innocents.

On imagine les répercussions au Moyen Orient.

– Dans le film, j’ai choisi de ne montrer que le point de vue du drone, si j’ose dire, car c’est le seul à la portée du pilote qu’interprète Ethan Hawke. Une chose m’a marqué : aujourd’hui, les habitants des pays du Moyen-Orient où l’Amérique est en guerre détestent le ciel bleu. Ils sont heureux quand la météo se couvre : cela signifie que les drones ne peuvent pas voler. Cette guerre est une usine à terroristes. A chaque innocent qu’elle tue, l’armée américaine crée dix nouveaux terroristes.

Il est dit dans le film que la console de jeu X-Box a servi de modèle pour les drones. Vrai ?

– Oui, l’armée s’en est inspirée pour concevoir les joysticks de téléguidage. Elle ne veut plus de vrais pilotes, elle les embauche dans les salles d’arcades des centres commerciaux. Comme ce sont des civils, ils n’ont pas le droit d’actionner la bombe. Un officier doit être là pour appuyer sur le bouton de tir. Il y a une chose que je n’ai pas mise dans le film car cela n’aurait pas eu l’air crédible et pourtant, c’est vrai : des jeunes pilotes de drones m’ont raconté qu’après leur journée à tuer des talibans de derrière leur joystick, ils rentraient chez eux et jouaient aux jeux vidéo !

On imagine que la guerre menée avec des drones est moins onéreuse ?

– Un tir de drone coûte 68.000 $. C’est bien moins cher qu’un tir de jet. Un drone est très lent mais il peut tenir en l’air 24 heures d’affilée. On en produit davantage aujourd’hui que des jets. Et bientôt, il y aura des drones-jets. Le personnage d’Ethan Hawke souffre de ça. Il a grandi avec l’image de « Top Gun », rêvait d’être Tom Cruise dans le film et voilà à quoi il en est réduit.

Le syndrome de stress post-traumatique dont il souffre est très particulier.

– Parce qu’aucun soldat n’avait vécu cela jusqu’ici. Avant, on se rendait dans le pays avec lequel on était en conflit. Aujourd’hui, plus besoin : la guerre est télécommandée. Avant, le pilote prenait son jet, lâchait une bombe et rentrait. Aujourd’hui, il lâche sa bombe, attend dans son fauteuil et compte le nombre de morts. Il passe douze heures à tuer des talibans avant d’aller chercher ses enfants à l’école.

« J’ai tué six talibans cet après-midi et là, je rentre chez moi préparer un barbecue », dit le personnage d’Ethan Hawke à l’épicier auquel il achète sa bouteille de vodka quotidienne.

– Et le type croit qu’il blague. Le fait que les pilotes soient basés près du clinquant Las Vegas est obscène. Vous savez pourquoi ils ont choisi cette zone ?Parce que le paysage et les montagnes alentour ressemblent à ceux d’Afghanistan. Cela facilite l’entraînement.

L’héroïsme, la famille, le fantasme d’une Amérique gendarme du monde… « Good Kill » traite des mêmes sujets qu’ « American Sniper ». Jusqu’à sa fin ambiguë. Est-ce la version démocrate du film de Clint Eastwood ?

– Même pas : Obama est démocrate. Et l’emploi des drones a augmenté depuis qu’il est au pouvoir. Mon film parle de l’ »American sniper » ultime. J’ai juste tenté d’être honnête vis-à-vis du sujet. De montrer les choses telles qu’elles sont sans imposer une manière de penser. Il serait naïf de dire « je suis anti-drone ». Ce serait comme dire « je suis anti-internet ». Mais avec cette technologie, la guerre peut être infinie. Le jour où l’armée américaine quittera le Moyen-Orient, les drones, eux, y resteront.

Qu’avez-vous pensé d’ « American Sniper » ?

– J’ai pour règle de ne jamais m’exprimer sur les films des autres, mais son succès m’a un peu surpris. En fait, il est tombé pile au bon moment et a permis aux Américains de se sentir mieux vis-à-vis d’eux-mêmes. Mon « sniper » est très différent. Ce qui m’intéresse chez lui, c’est sa schizophrénie. L’état-major américain était sur le point d’attribuer une médaille à certains pilotes de drones. Cela a soulevé un tel tollé de la part des vrais pilotes qu’ils ont abandonné l’idée. Ces médailles sont censées célébrer les valeurs et le courage. Comment les décerner à des types qui tuent sans courir le moindre danger ?

Je crains que « Good Kill » ne rencontre pas le même succès qu’ « American Sniper » aux Etats-Unis.

– Je n’en doute pas.

Votre film est moins roublard que celui d’Eastwood.

– Et c’est une petite compagnie indépendante qui le sort, pas la Warner.

Avez-vous utilisé de vrais drones lors du tournage ?

– On peut effectuer des prises de vue aériennes à l’aide de drones mais, étrangement, ils sont trop petits et pas assez stables pour soutenir une caméra de cinéma. J’ai donc utilisé un hélicoptère ainsi qu’une grue de 60 mètres en balançant légèrement la caméra pour donner l’impression qu’elle vole. J’ai aussi pas mal filmé les scènes extérieures au conflit, celles de la vie quotidienne du personnage à Las Vegas, d’un point de vue culminant, pour créer une continuité et un sentiment de paranoïa. Comme si un drone le suivait en permanence. Ou le point de vue de Dieu.

Salle de contrôle (Voltage Pictures / Sobini films)

« Truman Show », « S1m0ne », « Lord of War » : dans tous vos films, les hommes sont prisonniers de la technologie…

– L’interaction entre les humains et la technologie me passionne.

… Et un individu se retrouve doté du pouvoir d’un dieu.

– Dans « Bienvenue à Gattaca » aussi : la manipulation génétique, c’est jouer à être Dieu. J’ai toujours vu le personnage de Nicolas Cage dans « Lord of War » comme quelqu’un d’invincible. Je l’imaginais traversant un champ de bataille sans baisser la tête, inatteignable. C’est sa malédiction.

Vous aimez gratter les sujets qui fâchent ?

– Je suis sur la « watch list » des autorités américaines depuis « Lord of War ».

Comment le savez-vous ?

– Le FBI m’a rendu visite pour savoir pourquoi j’avais fait jouer un vrai trafiquant d’armes dans le film. Parce que le seul moyen d’obtenir un avion-cargo russe en Afrique est de passer par un trafiquant d’armes. Celui que l’on voit dans « Lord of War » transportait de vraies armes au Congo une semaine avant qu’on le filme rempli de fausses armes. L’équipage russe se foutait de moi en me disant : « Pourquoi t’es pas venu la semaine dernière, on t’en aurait filées des vraies ». Vous vous souvenez du plan avec tous les tanks ? Les cinquante ont été vendus à Kadhafi un mois plus tard.

Propos recueillis par Nicolas Schaller

Voir de même:

« Good Kill » : au temps des drones, un nouvel art de la guerre
Thomas Sotinel
Le Monde

21.04.2015

L’American Sniper de Clint Eastwood était capable d’abattre sa cible à plusieurs centaines de mètres de distance. Le major Tom Egan peut le faire à des milliers de kilomètres. Le major est un as de l’US Air Force, le descendant des pilotes de biplan de la première guerre mondiale, qui fascinaient les Howard, Hawks et Hughes, des héros que filmait John Ford pendant la bataille de Midway en 1942. Mais la vie de guerrier de Tom Egan n’a rien à voir avec celle de ses ancêtres chevaleresques, qui ne savaient jamais le matin s’ils reverraient un jour leur patrie. Le soir, quand le service est fini, le major du XXIe siècle pousse la porte de l’espèce de container dans lequel il a passé sa journée, marche jusqu’au parking, monte dans sa voiture et regagne la périphérie de Las Vegas, sa maison entourée d’un carré de pelouse aussi verte que le désert est poussiéreux. Tom Egan ne pilote plus d’avions depuis longtemps mais dirige des drones qui survolent l’Afghanistan, le Waziristan, le Yémen, la Somalie pour surveiller et punir les ennemis des Etats-Unis.

Andrew Niccol, le réalisateur de Good Kill, est fasciné par les mutations de l’humanité : l’intervention de la génétique dans la définition des rapports sociaux (Bienvenue à Gattaca), la mondialisation – vue à travers le commerce des armes (Lord of War). Ici, il se lance dans une entreprise presque impossible : la mise en scène de la guerre contemporaine, dont l’asymétrie repose sur la disparition physique de l’une des parties en présence, remplacée par des machines. Comme cette ambition s’accompagne d’un souci très américain d’offrir un spectacle correspondant au prix du billet, Good Kill n’est pas tout à fait le film analytique, froid et fascinant que l’on entrevoit lors des premières séquences.

Elles montrent Tom Egan (Ethan Hawke) abruti d’ennui, devant un écran qui offre des images d’une netteté et d’une platitude presque insupportables. On y voit des cours orientales dans lesquelles des gens sans intérêt vaquent à des occupations triviales. Une fois que le renseignement a assigné à ces silhouettes la qualité d’ennemi, Egan peut faire tomber la foudre sur elles. Ce processus clinique, à l’opposé de la fureur guerrière que chérit le cinéma, trouve sa contrepartie civile dans le paysage synthétique de Las Vegas que traverse le soldat pour rentrer chez lui.

Une volonté d’analyse froide
Ethan Hawke est parfait pour le rôle, trouvant un nouvel emploi à cette faille constitutive qui fait qu’on sait toujours qu’il ne sera pas le héros qu’on attendait. Ici, sa frustration d’ancien combattant de terrain (on suppose qu’il a mitraillé et bombardé en Irak et en Afghanistan) honteux de son travail de bourreau à distance qu’il ressent comme une espèce d’impuissance martiale.

Cette description clinique, photographiée avec un soin maniaque du détail et un refus admirable de l’esthétique habituelle des films situés à Las Vegas, est assez vigoureuse et singulière pour empêcher Good Kill de succomber à ses nombreux défauts. Telles les figures dramatiques usées – les disputes conjugales en écho aux drames guerriers (Ethan Hawke a pour épouse January Jones, qui incarne Betty Draper dans la série « Mad Men ») –, la galerie sommaire de stéréotypes qui entourent le major Egan à la base de l’US Air Force, répartis équitablement entre militaires soucieux de leur honneur et ruffians qui voient des ennemis partout.

Malgré ces maladresses (et une fin qui menace de saper le travail intellectuel qui a précédé), Good Kill reste un film passionnant, soulevant (parfois avec beaucoup de raideur) une bonne part des questions posées par les mutations de l’art de la guerre.

On voit les contrôleurs de drones se soumettre aux ordres des services secrets, on les voit tentés par la toute-puissance que leur confère ce pouvoir de voir et de tuer sans être vus ni menacés. Dans les moments où la mise en scène s’accorde avec cette volonté d’analyse froide, Good Kill devient comme une version réaliste de ce qui reste à ce jour le meilleur film d’Andrew Niccol, le cauchemar futuriste de Bienvenue à Gattaca : le portrait d’un monde dont l’homme a exclu sa propre humanité.
Film américain d’Andrew Niccol avec Ethan Hawke, January Jones, Zoë Kravitz (1 h 42).

Toronto: le drame de drones d’Andrew Niccol

Thomas Sotinel

10 septembre 2014

« Good Kill », c’est l’interjection qu’éructent les pilotes de drones une fois leur objectif détruit. Coincés à l’intérieur d’une espèce de caravane, dans le désert du Nevada, ils contrôlent à distance de petits avions sans pilotes qui frappent sans relâches les ennemis des Etats-Unis, en Afghanistan, au Waziristan, au Yemen. Good Kill, le film, raconte le voyage dans la folie d’un ces pilotes, incarné par Ethan Hawke, qui n’arrive pas à faire le deuil de la guerre, la vraie, celle qui révèle la vérité d’un homme.

Ethan Hawke dans Good Kill, d’Andrew Niccol
Andrew Niccol a présenté son film à la Mostra, comme vous l’avez peut-être lu sur ce site. Je ne partage pas la répulsion de ma camarade vénitienne, au contraire. De Bienvenue à Gattaca en Lord of War, Niccol a toujours mis en scène avec précision l’interaction entre l’homme et les machines qu’il crée. Il est peut-être moins à l’aise lorsqu’il s’agit de filmer les relations entre humains, mais comme l’essentiel de Good Kill est consacré à ces machines invisibles dont les victimes n’apprennent la présence qu’au moment exact de leur mort, ce n’est pas très grave.

Pour l’instant, le film n’a pas trouvé de distributeur en France. En attendant, voici ce que le réalisateur a à en dire.

Qu’est ce qui vous a intéressé dans les drones?

J’étais plus intéressé par le personnage, par cette nouvelle manière de faire la guerre. On n’a jamais demandé à un soldat de faire ça. De combattre douze heures et de rentrer chez lui auprès de sa femme et de ses enfants, il n’y a plus de sas de décompression.

Vous avez imaginé la psychologie de ces pilotes?

J’ai engagé d’anciens pilotes de drones comme consultants, puisque l’armée m’avait refusé sa coopération. J’en aurais bien voulu, ç’aurait été plus facile si on m’avait donné ces équipements, ces installations. J’ai dû les construire.

Vous pensez que ce souci de discrétion, de secret même, fait partie la stratégie d’emploi des drones?

Oui, je me suis souvenu aujourd’hui d’une conférence de presse du général Schwartzkopf pendant la première guerre d’Irak, il avait montré des vidéos en noir et blanc, avec une très mauvaise définition, de frappes de précision et on voyait un motocycliste échapper de justesse à un missile. Il l’avait appelé « l’homme le plus chanceux d’Irak ». On le voit traverser un pont, passer dans la ligne de mire et sortir du champ au moment où le panache de l’explosion éclot. Aujourd’hui on sait qu’il existe une vidéo pour chaque frappe de drone, c’est la procédure. Mais on ne les montre plus comme au temps du général Schwartzkopf. Expliquez-moi pourquoi.

Je préfèrerais que vous le fassiez.

Je vais vous dire pourquoi. Les humains ont tendance à l’empathie – et même si vous êtes mon ennemi, même si vous êtes une mauvaise personne, si je vous regarde mourir, je ressentirai de l’empathie. Ce qui n’est pas bon pour les affaires militaires.

Vous pensez que l’emploi des drones permet de surmonter cet inconvénient?

Je crois que ça a tendance à insensibiliser. On n’entend jamais une explosion, on ne sent jamais le sol se soulever. On est à 10 000 kilomètres.

Il doit y avoir plusieurs bases de pilotages de drones aux Etats-Unis, pourquoi avez vous situé celle du film près de Las Vegas?

L’armée l’a mise là pour des raisons de commodité: les montagnes autour de Las Vegas ressemblent à l’Afghanistan, ce qui permet aux pilotes de drones à l’entraînement de se familiariser avec le terrain. Ils s’exercent aussi à suivre des voitures.

« Good Kill », par Andrew Niccol, en salles actuellement

« The Good Kill » à la Mostra de Venise : le film américain de trop
Isabelle Regnier (Venise, envoyée spéciale)

Le Monde

06.09.2014

(…)

LA QUESTION DES DRONES

Mais il a fallu attendre vendredi 5 septembre pour découvrir, en compétition, le plus problématique des films américains. Très attendu, The Good Kill d’Andrew Niccol (auteur du très élégant Bienvenue à Gattacca, et du plus englué Master of War) promettait d’interroger la question hautement politique et morale des drones, en suivant un ancien pilote de chasse reconverti en pilote à distance de ces machines meurtrières.

Le film est si mauvais qu’on peine à y croire. À partir d’un scénario qui lorgne du côté de la série Homeland (malaise du pilote de guerre de retour dans la vie civile, cynisme de la CIA, suprématie de la raison d’Etat dans la guerre contre le terrorisme…), Andrew Niccol met en scène des personnages sans épaisseur, sans qualité. Enveloppe vide qui tire la gueule du début à la fin du film, celui d’Ethan Hawke est défini par les rasades de vodka qu’il s’envoie en douce dans la salle de bains ; déambulant en robe cocktail et talons aiguilles dans son pavillon de la banlieue de Las Vegas comme si elle n’était pas tout à fait sortie de la série Mad Men, sa femme, interprétée par l’actrice January Jones, répète en boucle la même réplique : « tu as l’air d’être à des kilomètres… » ; quant à la jeune Zoe Kravitz, qui restera peut-être dans l’histoire comme la femme officier la plus sexy de toute l’histoire de l’armée, elle s’adonne, faute d’avoir plus intéressant à faire, à un festival de moues boudeuses qui pourrait lui valoir un prix dans un festival un peu en pointe. Le reste – monologues didactiques sur l’enjeu militaire et moral des drones, dialogues téléphonés, blagues pas drôles, musique de bourrin – est à l’avenant.

CRITIQUE COSMÉTIQUE

Ce qui pose vraiment problème n’est toutefois pas d’ordre artistique, mais politique. Paré des oripeaux de la fiction de gauche, The Good Kill s’inscrit pleinement (comme le faisait la troisième saison de « Homeland ») dans le paradigme de la guerre contre le terrorisme telle que la conduisent les Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001. Les Afghans ne sont jamais représentés autrement que sous la forme des petites silhouettes noires mal définies, évoluant erratiquement sur l’écran des pilotes de drones qui les surveillent. La seule action véritablement lisible se déroule dans la cour d’une maison, où l’on voit, à plusieurs reprises, un barbu frapper sa femme et la violer. C’est l’argument imparable, tranquillement anti-islamiste, de la cause des femmes, que les avocats de la guerre contre le terrorisme ont toujours brandi sans vergogne pour mettre un terme au débat.

La critique que fait Andrew Niccol, dans ce contexte, de l’usage des drones ne pouvait qu’être cosmétique. Elle est aussi inepte, confondant les questions d’ordre psychologique (comment se débrouillent des soldats qui rentrent le soir dans leur lit douillet après avoir tué des gens – souvent innocents), et celles qui se posent sur le plan du droit de la guerre (que Grégoire Chamayou a si bien expliqué dans La Théorie du drone, La Fabrique, 2013), dès lors que ces armes autorisent à détruire des vies dans le camp adverse sans plus en mettre aucune en péril dans le sien. Si l’ancien pilote de chasse ne va pas bien, explique-t-il à sa femme, ce n’est pas parce qu’il tue des innocents, ce qu’il a toujours fait, c’est qu’il les tue sans danger.

RÉDEMPTION AHURISSANTE

Pour remédier à son état, s’offre une des rédemptions les plus ahurissantes qu’il ait été donné à voir depuis longtemps au cinéma. S’improvisant bras armé d’une justice totalement aveugle, il dégomme en un clic le violeur honni, rendant à sa femme, après un léger petit suspense, ce qu’il imagine être sa liberté. La conscience lavée, le pilote peut repartir le cœur léger, retrouver sa famille et oublier toutes celles, au loin, qu’il a assassinées pour la bonne cause.

Good Kill
Thriller réalisé en 2014 par Andrew Niccol
Avec Ethan Hawke , Stafford Douglas , Michael Sheets …
Date de sortie : 22 avril 2015

Good Kill – Bande Annonce VOST
SYNOPSIS
Le commandant Tom Egan est un ancien pilote de chasse de l’US Army qui, après de nombreuses missions sur le terrain, se retrouve en service dans une petite base du Nevada où il s’est reconverti en pilote de drones, des machines meurtrières guidées à distance. Derrière sa télécommande Tom opère ses missions douze heures par jour : surveillance des terrains à risque, protection des troupes et exécution des cibles terroristes. Mais de retour chez lui, ses relations avec sa famille sont exécrables. Progressivement confronté à des problèmes de conscience, Tom remet bientôt sa mission en question…

LA CRITIQUE LORS DE LA SORTIE EN SALLE DU 22/04/2015

Pour

Un héros américain déchu : pilote de chasse, le commandant Tommy Egan ne fait plus voler que des drones. Enfermé dans un conteneur banalisé, sur une base militaire près de Las Vegas, son écran de contrôle lui montre la Terre, quelque part au Moyen-Orient, filmée de si haut qu’elle en devient presque abstraite. Mais pas pour lui. On lui ­désigne des cibles à bombarder, il voit des humains qu’il doit détruire. Et ça le détruit, comme l’alcool dont il abuse… Il est beau, ce personnage, cet oiseau blessé interprété par Ethan Hawke avec un désenchantement fiévreux digne de Montgomery Clift. Pour mener la guerre d’aujourd’hui, technologique et furtive, il faudrait que le commandant Egan devienne lui-même une machine. Au lieu de quoi, il résiste, pense, souffre. Le film trouve là une dimension mentale séduisante et pleine de tension. Car les états d’âme du militaire surgissent dans une réalité qui semble simplifiée, géométrique, comme les maisons du lotissement où il vit avec sa famille.

La superbe mise en scène d’Andrew Niccol donne toute sa complexité au personnage. Filmé à plusieurs reprises avec un crucifix derrière lui, accroché au mur de la chambre à coucher, il est désigné comme un croyant possible. En tout cas, un homme honnête qui veut rester fidèle à sa femme — alors que tout le pousse vers une charmante collègue — et à son idée du bien. Les autres pilotes de drones, après avoir fait feu, s’exclament « Good kill ! » (« en plein dans le mille ! »). Pour lui, cette logique entre le « good » et le « kill » soulève des interrogations morales. Nobles, assurément, mais qui, dans ce monde explosif et martial, passent par la violence. La guerre, c’est ça. — Frédéric Strauss

Contre

La guerre moderne qui transforme les soldats en snipers de jeux vidéo : un sujet en or pour le réalisateur de Bienvenue à Gattaca et Lord of war. Hélas, Andrew Niccol accumule les archétypes : l’ancien pilote, partagé entre le devoir et la cul­pabilité, sa collègue féminine qui verse une larme en gros plan en appuyant sur le bouton de la mort, le ­supérieur galonné qui débite des discours lourdement explicatifs… Dans American Sniper, Clint Eastwood filmait un homme formé à obéir et à tuer sans chercher à définir ce qu’est un « bon » ou un « mauvais » soldat. Andrew Niccol, lui, s’arroge ce droit et plonge dans la complaisance. Pendant tout le film, il prépare le terrain, il montre plusieurs fois, sur l’écran de contrôle, un salaud, un violeur, la pire des ordures. Enfin une cible que le sniper pourra dégommer sans remords — depuis son scénario du Truman Show, il n’a qu’une obsession : l’homme qui se prend pour Dieu. Mais à aucun moment, ici, il ne condamne le geste de ce soldat qui, à force d’exercer le droit de vie et de mort à distance, se change en justicier. Le film réquisitoire contre la sale guerre devient, dès lors, un thriller qui crée le malaise et met en rage. — Guillemette Odicino

Frédéric Strauss;Guillemette Odicino

Ethan Hawke et Andrew Niccol
« Good Kill », une drone de guerre
Ethan et Andrew posent pour Paris Match. © Patrick Fouque
Le 23 avril 2015 | Mise à jour le 23 avril 2015
Christine Haas

Dans «Good Kill», tuer à distance provoque des dégâts qui n’ont rien de virtuel…

«Good Kill ! » est la phrase glaçante que prononce le pilote de drone en atteignant sa cible quelque part en Afghanistan, à 11 000 kilomètres de la base militaire de Las Vegas où il « combat » douze heures par jour, installé dans un compartiment climatisé. Semblable à l’œil de Dieu, sa caméra voit tout lorsqu’elle descend du ciel : la femme qui se fait violer par un taliban sans qu’il puisse intervenir, les marines dont il assure la sécurité durant leur sommeil, mais aussi l’enfant qui surgit à vélo là où il vient d’envoyer son missile…

Face à cette inconfortable vérité, l’armée américaine n’a pas soutenu le projet du subversif Andrew Niccol, qui avait déjà agacé avec sa leçon de géopolitique dans « Lord of War ». Pour son scénario, le cinéaste s’est nourri des conseils d’anciens pilotes de drone. « Je voulais montrer que plus on progresse technologiquement, plus on régresse humainement, explique-t-il. Derrière sa télécommande, le pilote n’entend rien, ne sent pas le sol trembler, ne respire pas l’odeur de brûlé… Il fait exploser des pixels sans jamais être dans le concret de la chair et du sang. »

Dans cet univers orwellien où toutes sortes d’euphémismes – « neutraliser », « incapaciter », « effacer » – sont utilisés pour éviter de prononcer le mot « tuer », le décalage entre la réalité et le virtuel prend encore plus de sens quand on apprend que les très jeunes pilotes de drone sont repérés dans les arcades de jeux vidéo. D’autres, comme l’ancien pilote de chasse interprété par Ethan Hawke, culpabilisent d’être si loin du danger. « Il combat les talibans tout l’après-midi, explique l’acteur, puis il rentre chez lui, passe la soirée en famille et, le lendemain matin, retourne faire la guerre. Sa psychose traumatique s’accentue lorsqu’il se demande si l’Amérique ne suscite pas plus le terrorisme qu’elle ne l’éradique. C’est la triste possibilité d’une guerre sans fin qui semble se dessiner… »

«Good Kill», en salle actuellement.

Voir encore:

« Good Kill », les drones noyés sous le pathos
Andrew Niccol fait mine de s’attaquer aux questions posées par la suprématie technologique de l’armée américaine, mais déçoit avec un film caricatural.
La Croix
21/4/15

GOOD KILL

d’Andrew Niccol Film américain, 1 h 42

Présenté lors de la dernière Mostra de Venise, au mois de septembre 2014, Good Kill avait, sur le papier, de quoi retenir l’attention. D’abord pour son thème – l’utilisation massive de drones par l’armée américaine –, encore très peu exploité par le cinéma hollywoodien.

Ensuite pour la personnalité de son réalisateur, Andrew Niccol, scénariste de The Truman Show à ses débuts, à qui l’on doit un film d’anticipation très réussi, Bienvenue à Gattaca (1998), mais aussi Simone (2002), Lord of War (2005), Les Ames Vagabondes (2013)…

Autant de longs-métrages qui, s’ils ne révèlent pas à toute force la personnalité d’un auteur, proposent de réfléchir par-delà le simple divertissement. Dans le cas présent, il faut hélas déchanter.

Voici donc l’histoire du commandant Tommy Egan (Ethan Hawke), pilote de chasse de l’armée de l’air américaine, affecté au guidage de drones en attendant de retrouver une affectation digne de son rang. Depuis sa base située dans les environs de Las Vegas, avec des horaires de fonctionnaire, il traque les Talibans afghans à l’aide de ces aéronefs sans équipage, concentrés de technologies censés permettre des « frappes chirurgicales ».

Supportant mal de délivrer la mort sans être lui-même engagé physiquement, Tommy Egan vit des heures d’autant plus difficiles que les services secrets américains s’immiscent souvent dans son travail, désignant des cibles sans donner de raisons et faisant peu de cas des éventuels dommages collatéraux.

Le questionnement moral du soldat se trouve décuplé par la toute-puissance et l’omniscience dont il semble jouir derrière ses manettes. Son malaise, son impuissance à agir, l’incitent à se transformer en justicier solitaire, en dépit de sa hiérarchie et des procédures d’encadrement existantes.

Un scénario caricatural

Good Kill ne fait pas longtemps illusion : si le sujet autorisait une réflexion intéressante sur la guerre technologique, ses risques et limites, le scénario se charge de la caricaturer et de l’étouffer sous une épaisse couche de pathos.

Le pilote de drone cache ses bouteilles de vodka et, incapable de s’extraire de ses obsessions, voit son couple et sa famille se déliter sous ses yeux. Sempiternelle rengaine. Hollywood, dont on connaît la capacité à s’emparer du réel, donne ici plutôt l’impression de faire du vieux avec du neuf. La portée critique du film s’en trouve considérablement réduite.

Voir enfin:

«Charlie Hebdo»: un chef d’al-Qaïda tué par un drone au Yémen
RFI
07-05-2015

Nasser bin Ali al-Ansi avait revendiqué l’attentat de «Charlie Hebdo» en janvier 2015. AFP PHOTO / HANDOUT / SITE Intelligence Group
Un haut responsable d’al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) a été tué par un tir de drone américain au Yémen. L’information est donnée par l’organisation elle-même, selon le centre américain de surveillance des sites islamistes. Nasser al-Ansi est connu pour avoir revendiqué l’attaque contre Charlie Hebdo, le 7 janvier dernier en France.

Nasser al-Ansi, stratège militaire du réseau extrémiste, était apparu dans plusieurs vidéos d’Aqpa. C’est lui qui, le 14 janvier, affirmait que son groupe avait mené, par l’intermédiaire des frères Kouachi, la tuerie de Charlie Hebdo une semaine plus tôt, pour « venger » Mahomet, caricaturé par le journal satirique français. L’homme est aussi connu pour ses discours faisant l’apologie des attaques en Europe et aux Etats-Unis. Il avait rendu Barack Obama responsable de la mort de deux otages occidentaux que son groupe détenait, lors d’une tentative de libération.

La mort d’Ansi a été annoncée par un responsable d’Aqpa, Abou al-Miqdad al-Kindi dans une vidéo diffusée sur Twitter, selon SITE. Le centre américain de surveillance des sites islamistes précise que « selon des informations de presse, Ansi a été tué par un raid de drone à Moukalla, une ville du gouvernorat du Hadramout au Yémen, en avril avec son fils et six autres combattants ». Le Pentagone, comme à l’habitude, n’a pas souhaité commenter ces informations.

Selon une biographie fournie en novembre 2014 par Aqpa, Nasser ben Ali al-Ansi est né en octobre 1975 à Taëz, au Yémen. Il a participé au « jihad » en Bosnie en 1995, avant de retourner au Yémen puis de se rendre au Cachemire et en Afghanistan. Il avait rencontré Oussama ben Laden qui l’avait chargé de questions administratives, avant de participer à davantage de camps d’entraînement où il avait excellé. Il a été emprisonné six mois au Yémen puis avait rejoint Aqpa en 2011.

Sa mort, pour laquelle Washington offrait une récompense de cinq millions de dollars, est un coup réel porté à l’organisation, qui a profité de la guerre civile au Yémen pour reprendre des positions. Cela signifie aussi que le Pentagone a continué de recevoir des informations en provenance de ce pays malgré la crise, et le retrait de ses marines.


Centenaire du génocide arménien: A quand un Yad Vashem palestinien ? (US Nabka Memorial Museum: It’s genocide envy, stupid !)

27 avril, 2015
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Vous aimerez l’étranger, car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte. Deutéronome 10: 19
Et je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs une place et un nom (…) qui ne seront pas effacés. Esaïe 56: 5
Requiem pour six millions d’âmes Qui n’ont pas leur mausolée de marbre Et qui malgré le sable infâme Ont fait pousser six millions d’arbres … Salvatore Adamo (Inch’ Allah, version 1967)
Requiem pour LES millions d’âmes de ces enfants, ces femmes, ces hommes, tombés DES DEUX CÔTÉS du drame… Assez de sang, Salam, Shalom… Salvatore Adamo (Inch’ Allah, version 1993)
Aujourd’hui, les gens redécouvrent les chansons des années soixante où on pouvait afficher de bons sentiments, sans engendrer l’ironie. Ce qui n’empêchait pas de chanter des choses plus graves. Je pense à Inch’Allah, que j’ai écrite en octobre 1966. C’était bien la preuve qu’on pouvait être fleur bleue et s’intéresser aux malheurs du monde. Cette chanson, je n’ai pas eu l’occasion de l’enlever de mon répertoire, parce qu’elle est toujours d’actualité. À tel point que j’ai dû la nuancer au gré des quelques espoirs de paix. J’ai changé quelques strophes, mais je me suis rendu compte que je n’allais pas jusqu’au bout du message. J’ai ainsi réécrit une autre chanson dans l’album Zanzibar sur le problème du Moyen-Orient, Mon douloureux Orient, où je fais allusion à la souffrance du côté palestinien. Une chanson qui dit : quelles qu’aient été les raisons de cette haine ancestrale, il faut l’oublier pour vivre l’un à côté de l’autre. Salvatore Adamo
Au sommet de sa gloire avec huit chansons au hit-parade en un an, Salvatore Adamo ne s’arrête pas là et continu de travailler. Préoccupé par les problèmes du monde, il écrit et enregistre Inch’Allah. Elle lui a été inspirée par sa vision d’une Jérusalem meurtrie par la guerre des six jours. A sa sortie, en 1967, la plupart des pays arabes condamnent cette chanson à connotation pro-israélienne, et la censure pendant dix ans. En dépit d’un titre et d’un refrain arabo-musulman, cette chanson, à tous point exceptionnelle, racontait Israël et Jérusalem, tels qu’ils pouvaient alors apparaître à un jeune visiteur européen : un pays fragilisé par la guerre. Une ville divisée entre l’Ancien et le Nouveau Testament.  On ne saurait exagérer l’impact que cette chanson eut sur les esprits, en France, et dans le monde en général. Si les opinions publiques européennes furent massivement du côté d’Israël quelques mois plus tard, pendant la guerre de juin 1967, cela fut en partie à cause d’elle. Et les juifs de France mêlèrent spontanément, au lendemain de l’épreuve et de la victoire, les paroles si vraies d’Adamo avec un nouveau refrain qui venait cette fois d’Israël et qu’une toute petite jeune fille, Shuli Nathan, chantait en hébreu : Yerushalayyim shel Zahav, Jérusalem, la Ville d’Or…  Sixties story
Sa chanson Inch’Allah, écrite avant la Guerre des Six-Jours, est interdite dans la plupart des pays arabes, car elle associe un texte pro-israélien à une mélopée et un titre arabo-musulman. L’artiste affirme que sa chanson est une chanson de paix, et veut le prouver en en publiant, en 1993, un texte modifié, dans laquelle les références négatives, aux ennemis d’Israël sont estompées. La strophe conclusive, qui était un « requiem pour six millions d’âmes (…) qui malgré le sable infâme, ont fait pousser six millions d’arbres », devient un « requiem aux millions d’âmes (…) tombées des deux côtés du drame. Assez de sang. Salam, Shalom ». Wikipedia
Au cours de la « Grande soirée du Télévie 2015 », le chanteur-vedette Salvatore Adamo (71 ans) a interprété, en duo avec Julie Zenatti, sa célèbre chanson « Inch’Allah », dans la version revue et corrigée par ses soins en 1993 pour la rendre plus géopolitiquement correcte. Cette ré-audition m’a rappelé la mise au point sévère que j’avais publiée, en avril 2008, sur un site juif. J’y donnais suite à l’interpellation d’un internaute qui rappelait amèrement que le chanteur avait rédigé, en 1993, une deuxième version de son ‘tube’, expurgée du parti pris pro-israélien que lui reprochaient ses détracteurs (…) « Cette chanson, je n’ai pas eu l’occasion de l’enlever de mon répertoire, parce qu’elle est toujours d’actualité… j’ai dû la nuancer… ». Qu’avons-nous besoin d’un autre aveu. Le message du boycott arabe, vous l’avez reçu 5 sur 5, Monsieur Adamo. Personnellement, j’eusse préféré que vous supprimiez carrément cette chanson de votre répertoire, plutôt que de vous voir la profaner de votre propre initiative. D’autant que le résultat, permettez-moi de vous le dire, sent le labeur et non l’inspiration, et en tout cas, pas la sincérité. (…) Monsieur Salvatore Adamo s’est fait, de longue date, une réputation de « gentil garçon ». Ses manières gauches et timides (spontanées ou étudiées? nul ne le sait…), sa simplicité, sa discrétion, sa pudeur et sa modestie (même remarque), ont fait de lui une star très populaire. Et chacun sait que les stars font souvent la pluie et le beau temps en matière d’opinion. Alors, malheur à celui ou celle (personne privée, institution ou nation), que la vedette fustige, ou simplement à qui il fait les gros yeux ! Malheur, donc, à Israël, qui a eu la malchance de se voir supplanté, dans l’estime d’Adamo, par les « gentils » Palestiniens. Du coup, oubliés, les enfants d’Israël qui tremblent, disparu, le Requiem, éludés, les Six Millions de Juifs, submergés, les mausolées de marbre, passés sous silence, les Six Millions d’arbres… Menahem Macina
Mahomet s’est établi en tuant ; Jésus-Christ en faisant tuer les siens. Mahomet en défendant de lire; Jésus-Christ en ordonnant de lire. Enfin cela est si contraire, que si Mahomet a pris la voie de réussir humainement, Jésus-Christ a pris celle de périr humainement. Et au lieu de conclure, que puisque Mahomet a réussi, Jésus-Christ a bien pu réussir ; il faut dire, que puisque Mahomet a réussi, le Christianisme devait périr, s’il n’eût été soutenu par une force toute divine. Pascal
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude.  G.K. Chesterton
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
Le point intéressant est l’attitude des Palestiniens. Il me semble que ceux-ci sont attirés par deux attitudes extrêmes: l’une est la négation pure et simple de la Shoah, dont il y a divers exemples dans la littérature palestinienne ; l’autre est l’identification de leur propre destin à celui du peuple juif. Tout le monde a pu remarquer, par exemple, que la Déclaration d’indépendance des Palestiniens en novembre 1988 était calquée sur la Déclaration d’indépendance d’Israël en 1948. C’est dans cet esprit qu’il arrive aux dirigeants palestiniens de dire que la Shoah, ils savent ce que c’est, puisque c’est ce qu’ils subissent au quotidien. J’ai entendu M. Arafat dire cela, en 1989, à un groupe d’intellectuels, dont je faisais partie. Pierre Vidal-Naquet

Pierre Vidal-NaquetImaginons deux enfants dans une pièce pleine de jouets identiques. Le premier prend un jouet, mais il ne semble pas fort intéressé par l’objet. Le second l’observe et essaie d’arracher le jouet à son petit camarade. Celui-là n’était pas fort captivé par la babiole, mais – soudain – parce que l’autre est intéressé cela change et il ne veut plus le lâcher. Des larmes, des frustrations et de la violence s’ensuivent. Dans un laps de temps très court un objet pour lequel aucun des deux n’avait un intérêt particulier est devenu l’enjeu d’une rivalité obstinée. René Girard

On admet généralement que toutes les civilisations ou cultures devraient être traitées comme si elles étaient identiques. Dans le même sens, il s’agirait de nier des choses qui paraissent pourtant évidentes dans la supériorité du judaïque et du chrétien sur le plan de la victime. Mais c’est dans la loi juive qu’il est dit: tu accueilleras l’étranger car tu as été toi-même exilé, humilié, etc. Et ça, c’est unique. Je pense qu’on n’en trouvera jamais l’équivalent mythique. On a donc le droit de dire qu’il apparaît là une attitude nouvelle qui est une réflexion sur soi. On est alors quand même très loin des peuples pour qui les limites de l’humanité s’arrêtent aux limites de la tribu. (…)  Mais il faut distinguer deux choses. Il y a d’abord le texte chrétien qui pénètre lentement dans la conscience des hommes. Et puis il y a la façon dont les hommes l’interprètent. De ce point de vue, il est évident que le Moyen Age n’interprétait pas le christianisme comme nous. Mais nous ne pouvons pas leur en faire le reproche. Pas plus que nous pouvons faire le reproche aux Polynésiens d’avoir été cannibales. Parce que cela fait partie d’un développement historique. (…) Il faut commencer par se souvenir que le nazisme s’est lui-même présenté comme une lutte contre la violence: c’est en se posant en victime du traité de Versailles que Hitler a gagné son pouvoir. Et le communisme lui aussi s’est présenté comme une défense des victimes. Désormais, c’est donc seulement au nom de la lutte contre la violence qu’on peut commettre la violence. Autrement dit, la problématique judaïque et chrétienne est toujours incorporée à nos déviations. (…)  Et notre souci des victimes, pris dans son ensemble comme réalité, n’a pas d’équivalent dans l’histoire des sociétés humaines. (…) Le souci des victimes a (…) unifié le monde. René Girard
La condition préalable à tout dialogue est que chacun soit honnête avec sa tradition. (…) les chrétiens ont repris tel quel le corpus de la Bible hébraïque. Saint Paul parle de  » greffe » du christianisme sur le judaïsme, ce qui est une façon de ne pas nier celui-ci . (…) Dans l’islam, le corpus biblique est, au contraire, totalement remanié pour lui faire dire tout autre chose que son sens initial (…) La récupération sous forme de torsion ne respecte pas le texte originel sur lequel, malgré tout, le Coran s’appuie. René Girard
Dans la foi musulmane, il y a un aspect simple, brut, pratique qui a facilité sa diffusion et transformé la vie d’un grand nombre de peuples à l’état tribal en les ouvrant au monothéisme juif modifié par le christianisme. Mais il lui manque l’essentiel du christianisme : la croix. Comme le christianisme, l’islam réhabilite la victime innocente, mais il le fait de manière guerrière. La croix, c’est le contraire, c’est la fin des mythes violents et archaïques. René Girard
L’existence d’Israël pose le problème du droit de vivre en sujets libre et souverains des nations non musulmanes dans l’aire musulmane. L’extermination des Arméniens, d’abord par l’empire ottoman, puis par le nouvel Etat turc a représenté la première répression d’une population dhimmie en quête d’indépendance nationale. Il n’y a quasiment plus de Juifs aujourd’hui dans le monde arabo-islamique et les chrétiens y sont en voie de disparition. Shmuel Trigano
En 1453, immédiatement après la prise de Constantinople, la basilique fut convertie en mosquée, conservant le même nom, Ayasofya, comme symbole de la conquête. À cette époque, le bâtiment était très délabré : plusieurs de ses portes ne tenaient plus. (…) Le sultan Mehmed II ordonna le nettoyage immédiat de l’église et sa conversion en une mosquée. Contrairement aux autres mosaïques et peintures murales des églises de la ville, la mosaïque de Marie dans l’abside de Sainte-Sophie ne fut pas, pour des raisons obscures, recouverte de lait de chaux par ordre de Mehmed II[. Pendant cent ans, elle fut couverte d’un voile puis eut le même traitement que les autres. Wikipedia
En 2004, la Commission islamique d’Espagne, soutenue par le parti socialiste espagnol, réclame officiellement au Vatican le droit pour les musulmans de prier au sein de la mosquée-cathédrale. Le Saint-Siège oppose un refus catégorique. En 2006, l’archevêque de Cordoue ne change pas de position. Il assure que «l’utilisation partagée de la cathédrale par les catholiques et par les musulmans ne contribuerait en rien à la coexistence pacifique des différentes confessions religieuses». En octobre 2007, c’est la Ligue arabe qui revendique ce droit à la conférence de l’OSCE, avant que la Commission Islamique d’Espagne n’appelle en novembre 2008, l’UNESCO à se prononcer, toujours sans succès. Le Figaro (29.04.10)
Des responsables de l’Eglise grecque orthodoxe qui essaient de reconstruire la seule église détruite dans les attentats du 11/9 ont exprimé leur consternation cette semaine en apprenant par Fox News que des officiels du gouvernement avait enterré un projet de reconstruire l’église un peu plus loin. Fox News
Personne n’a rien contre les centres culturels japonais, mais en construire un à Pearl Harbor serait une offense. (…) Le lieu choisi a son importance. (…) Pas de passerelle pour les touristes au-dessus de Gettysburg, pas de couvent à Auschwitz – et pas de mosquée à Ground Zero. Charles Krauthammer
Il n’y a aucune différence entre les Jordaniens, les “Palestiniens”, les Syriens et les Libanais. Nous faisons tous partie de la même nation. C’est seulement pour des raisons politiques que nous soulignons soigneusement notre identité “palestinienne”. L’existence d’une identité “palestinienne” distincte sert seulement un objectif tactique. La création d’un état “palestinien” est un nouvel outil dans la bataille continue contre Israël et pour l’unité arabe. Zuheir Muhsin (interview au Pakistan, 2006?)
Le peuple palestinien n’existe pas. La création d’un État palestinien n’est qu’un moyen pour continuer la lutte contre l’Etat d’Israël afin de créer l’unité arabe. En réalité, aujourd’hui, il n’y a aucune différence entre les Jordaniens, les Palestiniens, les Syriens et les Libanais. C’est uniquement pour des raisons politiques et tactiques, que nous parlons aujourd’hui de l’existence d’un peuple palestinien, étant donné que les intérêts arabes demandent que nous établissions l’existence d’un peuple palestinien distinct, afin d’opposer le sionisme. Pour des raisons tactiques, la Jordanie qui est un Etat souverain avec des frontières bien définies, ne peut pas présenter de demande sur Haifa et Jaffa, tandis qu’en tant que palestinien, je peux sans aucun doute réclamer Haifa, Jaffa, Beersheba et Jérusalem. Toutefois, le moment où nous réclamerons notre droit sur l’ensemble de la Palestine, nous n’attendrons pas même une minute pour unir la Palestine à la Jordanie.  Zahir Muhsein (membre du comité exécutif de l’OLP, proche de la Syrie, « Trouw », 31.03. 77)
Il n’y a pas de preuve tangible qu’il y ait la moindre trace ou le moindre vestige juif que ce soit dans la vieille ville de Jérusalem ou dans le voisinage immédiat. Communiqué du ministère palestinien de l’Information (10 décembre 1997)
Abraham n’était pas juif, pas plus que c’était un Hébreu, mais il était tout simplement irakien. Les Juifs n’ont aucun droit de prétendre disposer d’une synagogue dans la tombe des patriarches à Hébron, lieu où est inhumé Abraham. Le bâtiment tout entier devrait être une mosquée. Yasser Arafat (Jerusalem Report, 26 décembre 1996)
[La Shoah] est un mensonge des Sionistes concernant de soi-disant massacres perpétrés contre les Juifs. Al Hayat Al Jadeeda ( journal de l’Autorité palestinienne, 3 septembre 1997)
[Notre but est] d’éliminer l’Etat d’Israël et d’établir un Etat qui soit entièrement palestinien. Yasser Arafat (session privée avec des diplomates arabes en Europe, 30 janvier 1996)
La lutte contre l’ennemi sioniste n’est pas une question de frontières, mais touche à l’existence même de l’entité sioniste. Bassam-abou-Sharif (porte-parole de l’OLP, Kuwait News Agency – Agence de presse koweïtienne, 31 mai 1996)
A document found in the Cairo Geniza describes the way in which Umar I brought a group of Jews to the site of the Temple in order to clean it. The Jewish elders were asked to identify the stone known as the Foundation Stone. When it was found and identified, Umar ordered « a sanctuary to be built and a dome to be erected over the stone and overlaid with gold. » As a reward, Umar permitted the Jews to return to Jerusalem and establish the Jewish Quarter. Reuven Hammer
Le choix du lieu lui-même est extrêmement symbolique : lieu sacré juif, où restent encore des ruines des temples hérodiens, laissé à l’abandon par les chrétiens pour marquer leur triomphe sur cette religion, il est à nouveau utilisé sous l’Islam, marquant alors la victoire sur les Chrétiens et, éventuellement, une continuité avec le judaïsme. (…) Enfin, l’historien Al-Maqdisi, au Xe siècle, écrit que le dôme a été réalisé dans la but de dépasser le Saint-Sépulcre, d’où un plan similaire, mais magnifié. De cette analyse on a pu conclure que le dôme du Rocher peut être considéré comme un message de l’Islam et des Umayyades en direction des chrétiens, des Juifs, mais également des musulmans récemment convertis (attirés par les déploiements de luxe des églises chrétiennes) pour marquer le triomphe de l’Islam. Wikipedia 
Je n’arrive pas à imaginer que les musulmans veuillent réellement une mosquée à cet endroit particulier, parce que ce deviendra une arène pour les promoteurs de la haine et un monument à ceux qui ont commis ce crime. D’ailleurs, il n’y a pas de fidèles musulmans dans le quartier qui aient besoin d’un lieu de culte parce que c’est une zone commerciale. (…) Ce que les Américains n’arrivent pas à comprendre, c’est que la bataille contre les terroristes du 11/9 n’est pas leur bataille. C’est une bataille de musulmans – une bataille dont les flammes continuent à faire rage dans plus de 20 pays musulmans… Je ne pense pas que la majorité des musulmans veuillent bâtir un monument ou un lieu de culte qui demain peut devenir source de fierté pour les terroristes et leurs disciples musulmans, ni qu’ils veulent une mosquée qui deviendra un lieu de pèlerinage pour ceux qui haïssent l’islam… Ceci a déjà commencé à se produire: ils prétendent qu’une mosquée va être construite au-dessus des cadavres des 3 000 Américains qui furent enterrés vivants par des personnes criant Allah akbar’  – le même appel qu’on entendra dans la mosquée… Abd Al-Rahman Al-Rashed (PDG d’Al-Arabiya)
Je n’aimerais pas entendre Obama dire quelque chose comme ça, et je ne m’y attends pas de toute façon. Pour la Turquie, la position américaine est très claire, elle est contre » la reconnaissance du génocide. (…) Tout au long de ces six années depuis qu’il est président, nous avons longuement parlé de cette question et convenu qu’elle devait être laissée aux historiens, pas aux dirigeants politiques (…) Ils vont parler, parler et insulter la Turquie. Nous serons à Canakkale ce jour-là, mais l’Arménie n’est pas à notre programme. Recep Tayyip Erdogan (conférence de presse avec le président irakien Fouad Massoum, 2015)
Khamenei.ir @khamenei_ir  This barbaric, wolflike & infanticidal regime of which spares no crime has no cure but to be annihilated. 7/23/14 1:15 PM – 8 Nov 2014
Nous soutenons la Turquie contre la campagne de propagande à laquelle elle fait face au sujet du prétendu génocide arménien. Ismail Haniyeh (chef du Hamas, 24.04.15)
This year we mark the centennial of the Meds Yeghern, the first mass atrocity of the 20th Century.  Beginning in 1915, the Armenian people of the Ottoman Empire were deported, massacred, and marched to their deaths.  Their culture and heritage in their ancient homeland were erased. Amid horrific violence that saw suffering on all sides, one and a half million Armenians perished.  As the horrors of 1915 unfolded, U.S. Ambassador Henry Morgenthau, Sr. sounded the alarm inside the U.S. government and confronted Ottoman leaders.  Because of efforts like his, the truth of the Meds Yeghern emerged and came to influence the later work of human rights champions like Raphael Lemkin, who helped bring about the first United Nations human rights treaty.  Against this backdrop of terrible carnage, the American and Armenian peoples came together in a bond of common humanity.   Ordinary American citizens raised millions of dollars to support suffering Armenian children, and the U.S. Congress chartered the Near East Relief organization, a pioneer in the field of international humanitarian relief. Thousands of Armenian refugees began new lives in the United States, where they formed a strong and vibrant community and became pillars of American society.  Rising to great distinction as businesspeople, doctors, scholars, artists, and athletes, they made immeasurable contributions to their new home. This centennial is a solemn moment.  It calls on us to reflect on the importance of historical remembrance, and the difficult but necessary work of reckoning with the past.  I have consistently stated my own view of what occurred in 1915, and my view has not changed.  A full, frank, and just acknowledgement of the facts is in all our interests.  Peoples and nations grow stronger, and build a foundation for a more just and tolerant future, by acknowledging and reckoning with painful elements of the past.  We welcome the expression of views by Pope Francis, Turkish and Armenian historians, and the many others who have sought to shed light on this dark chapter of history.  On this solemn centennial, we stand with the Armenian people in remembering that which was lost.  We pledge that those who suffered will not be forgotten.  And we commit ourselves to learn from this painful legacy, so that future generations may not repeat it. Statement by the President on Armenian Remembrance Day
Nassar, a former Arab American Institute intern, grew up near the outskirts of Bethlehem under the Israeli occupation with the constant threat of displacement from his family’s historic land. Despite his circumstances, he always wanted to be a peace builder and came to embrace non-violent methods to protest the Israeli occupation of Palestine. Nassar recounts the first hand impact of the Nakba (“catastrophe” in Arabic, referring to the 1948 war) in the refugee camp near his home which he frequently visited. “I saw what it was like to be a refugee and what I saw was that the Nakba did not just happen in 1948, but is happening today.” When Nassar met Sam Feigenbaum, an American Jew, at the Tent of Nations farm in Palestine his ambition to open the Nakba museum became a reality. (…) After discussing ideas and strategies they realized that they could make their idea a digital project. Nassar would help gather the stories and artwork for the museum and Feigenbaum would do the graphic design and post the content on the newly fashioned website. They hope that the museum will serve as a safe space to start deep conversations about the impact the Nakba has had on millions of people. Nassar and Feigenbaum plan to move the museum to a permanent space in the future, and they’ve set up an IndieGoGo campaign to support their vision. The opening exhibit will be hosted on June 12-27th at the Festival Center in Washington, D.C. The opening exhibit will feature photos and prints of the Nakba as well as video interviews with refugees. Arab American institute
For the sake of clarity and decency, one must delineate between (a) genocides (documented attempts to wipe off a race or a nation); (b) non-genocidal mass murders; (c) enslavement of large numbers of people; (d) planned dispossession and expulsion of large numbers of people; and (e) secondary effects of wars and other crises. In that order. The Holocaust qualifies under point (a). So does the starvation program against the Hereros (in German Southwest Africa shortly before WW1), and the further genocidal operations against the Armenians, the Iraqi Chaldeans, the black minority in the Dominican Republic, the Roma/Sinti in Europe, and the Tutsis in Rwanda. The « Nakba » does not compare to most other collective tragedies in the last century. The Soviet, Red Chinese, and Khmer Rouge domestic massacres qualify under point (b), as well as the Nazi treatment of European nations (like the Poles), the Japanese atrocities in China, and many further ethnic and religious massacres in the Balkans, South Asia, and Africa. The African slave trade and the slavery regimes in both Islamic countries and the Christian colonies in the Americas and elsewhere qualify under point (c). So do massive slave work programs in the Soviet Union, in Nazi Germany, in Maoist China, and in present-day North Korea. Qualifying under point (d): The U.S. treatment of many Native Americans in the 19th century; the French treatment of Kabyles in Algeria in 1871; the alternate expulsion of Turks, Greeks, and Turks again between 1912 and 1923; the expulsion of Poles and French from areas slated for German colonization during WW2; the expulsion of ethnic Germans from East Prussia, Transoderian Germany, and Czechoslovakia in 1945; the mass anti-Christian pogroms in Turkey in 1955; the expulsion of Christians and Jews from Arab or Islamic countries from 1956 on (Egypt, North Africa, the Middle East); and the expulsion of ethnic Greeks from Northern Cyprus. UNRWA has evolved from a temporary relief and works program into a broad social welfare organization. The Nakba should be chiefly considered under point (e): the mass flight of Arab Palestinians was a collateral outcome of the first Arab-Israeli war, which was initiated by the Arab Palestinian leadership of the day and six Arab nations. Even so, Arab Palestinian refugees, while often unwelcome in neighboring Arab countries, were given a privileged status by the United Nations and have been able to retain it on a hereditary basis to this day. As an average, UNRWA — the United Nations agency that deals exclusively with Palestinian refugees — has been getting one third of the global United Nations budget for refugees over a period of almost seventy years. It is noteworthy that most Muslim victims come also under point (e), whereas Muslim powers acted criminally in many instances under points (a), (c) and (d). Likewise, it should be stressed that throughout the 1915-2015 period, Christians have been the largest victim group in the Middle East under points (a), (d) and (e), followed by Jews under points (d) and (e). Again, comparison of the Nakba with the Holocaust or with much of the above criminality of the past 100 years is parody rooted in anti-Israeli sentiment. Michel Gurfinkiel

Bible falsifiée, mosquées-coucou sur l’esplanade du Temple, « Palestine » terre du « peuple palestinien », « diaspora », contre-sionisme, « exode », « exil », « droit du retour »,   Jésus « premier résistant palestinien qui voulait chasser l’occupant » , « Jérusalem perle du monde arabe et « sommet de toutes ses joies », Gaza « camp de concentration à ciel ouvert », « génocide de Gaza »,  « Jour de la Nakba » avec minute de silence et sirènes …

A quand un Yad Vashem palestinien ?

En ces temps d’idées chrétiennes devenues folles

Où, lieux de culte et génocide compris, chacun revendique son droit à la victimisation …

En ce lendemain du centenaire du génocide des chrétiens turcs dit génocide arménien …

Où, fidèle à lui-même après Auschwitz et Paris, le Golfeur en chef de la Maison Blanche a à nouveau brillé par son absence et sa casuistique

Et où, sentant le vent tourner, même nos chanteurs « fleur bleue » recyclent leurs vieux tubes à la sauce géopolitiquement correcte …

Alors qu’à Gallipoli aux côtés du Négationniste en chef d’Ankara, le prince Charles et les premiers ministres australien, néo-zélandais et irlandais se prêtaient à la pire des mascarades …

Pendant que sur les lieux mêmes du génocide des chrétiens de l’Empire ottoman ou sur les plages ou au large des côtes libyennes et à coup de sacrifices humains aux couteau de boucher ou au vieux rafiot pourri abandonné en pleine mer, nos amis musulmans s’évertuent et se tuent littéralement à nous ouvrir les yeux sur la réalité de la Religion de paix …

Et qu’entre Téhéran et Washington, on prépare l’Arme de la Solution finale …

Comment ne pas voir …

Avec le projet, comme le rappelle Michel Gurfinkiel, d’un Holocaust Memorial Museum palestinien (pardon: un « Nabka Memorial Museum » !) à Washington …

Le véritable moteur de toute l’entreprise de désinformation palestinienne en particulier et de l’islam en général …

A savoir la concurrence victimaire et la bonne vieille rivalité mimétique ?

1915-2015 : A Century Of Barbarity
In the Middle East, the main victims were Christians and Jews.
Michel Gurfinkiel
PJMedia
April 24 2015

Bshara Nassar – a self-described « peacebuilder and social entrepreneur, a graduate of Bethlehem University, Palestine », with « a master’s degree in Conflict Transformation from Eastern Mennonite University » – leads a campaign for a « Nakba Museum Project of Memory and Hope » in order to « bring the Palestinian refugee story to Washington, DC ».

The campaign, supported by Nonviolence International With Nakba Museum and Indiegogo, a crowd-funding organization, was launched in 2014 and seems to enjoy

Crime, including political crime and politically or militarily motivated mass murder, is usually a mean to achieve some higher purpose or to bring about some practical benefit. For instance, the Ottoman rationale in 1915 was to « remove » the Armenian minority from Turkish Anatolia, in order to prevent a pro-Russian Armenian uprising and to achieve geostrategic cohesion. They had no further « racial » or metaphysical concern : the few Armenians who converted to islam were spared ; many Armenian orphans were adopted by Turkish families and raised as Turks.

As far as the Holocaust was concerned, however, crime was an end unto itself. No Jew, under the Nazi genocidal project, was allowed to survive, neither by renouncing Judaism nor even as a pariah or a slave ; and in fact, very few Jews, in the Nazi-controled areas, managed to survive. Moreover, the annihilation of the Jews was to take precedence over Germany’s strategic considerations, and did actually divert and waste throughout WW2 crucial resources in manpower, energy and transportation needed by German forces. Finally, the Jews were not just to be murdered : they had to be murdered in the most gruesome and sadistic way, not just with physical crualty but with moral or mental cruelty as well.

This is why the memory of the Holocaust – and knowledge of the Holocaust – is so important today ; why so many nations, including present day Germany, devote so much attention to it ; and why there is an U. S. Holocaust Memorial Museum. The more one remembers such an ultimate tragedy and crime,  the more one remembers – and understands – other tragedies and other crimes.

Pope Francis rightly marked, on April 12, the one hundredth anniversary of the Armenian genocide. So did, on April 15, the European Parliament.  The Armenian tragedy was however almost forgotten or ignored for decades, even among European Christians : it took the new context shaped by the Holocaust memorial effort to bring it back to full exposure. In fact, Holocaust Memorial Museums all over the world tend by now to educate the public about all genocides. An exhibition about the Armenians was just inaugurated at the French National Shoah Museum in Paris.

Indeed, Arab Palestinians underwent tremendous ordeals in the 20th century. Still, the Nakba was not the Holocaust. It does not even compare to most other collective tragedies in the 20th and early 21st centuries.

For the sake of clarity and decency, one must delineate between : (a) genocides (documented attempts to wipe off a race or a nation) ; (b) non-genocidal mass murders ; (c) enslavement of large numbers of people ; (d) planned dispossession and expulsion of large numbers of people ; (e) secondary effects of wars and other crisis. In that order.

The Holocaust qualifies under point (a). So do the starvation program against the Hereros (in German South West Africa shortly before WW1), and the further genocidal operations against the Armenians, the Iraqi Chaldeans, the Black minority in the Dominican Republic, the Roma/Sinti in Europe, the Tutsis in Rwanda.

The Soviet, Red Chinese and Khmer Rouge domestic massacres qualify under point (b), as well as the Nazi treatment of « inferior » European nations (like the Poles), the Japanese atrocities in China, and many further ethnic and religious massacres in the Balkans, South Asia and Africa.

The African trade slave and the slavery regimes in both the Islamic countries and the Christian colonies in the Americas and elsewhere qualify under point (c). So do massive slave work programs in the Soviet Union, in Nazi Germany, in Maoist China and in present day North Korea.

The US treatment of many Native Americans in the 19th century, the French treatment of Kabyles in Algeria in 1871, the alternate expulsion of Turks, Greeks and Turks again between 1912 and 1923, the expulsion of Poles and French from areas slated for German colonization during WW2, the expulsion of ethnic Germans from East Prussia, Transoderian Germany and Czechoslovakia in 1945, the mass anti-Christian pogroms in Turkey in 1955, the expulsion of Christians and Jews from Arab or Islamic countries from 1956 on (Egypt, North Africa, the Middle East), the expulsion of ethnic Greeks from Northern Cyprus, qualify under point (d).

The Nakba should be chiefly considered under point (e) : the mass flight of Arab Palestinians was a collateral outcome of the first Arab-Israeli war, which was initiated by the Arab Palestinian leadership of the day and six Arab nations. Even so, Arab Palestinian refugees, while often unwelcome in neighboring Arab countries, were given a privileged status by the United Nations and have been able to retain it on an hereditary basis to this day. As an average, UNRWA, the United Nations agency that deals exclusively with Palestinian refugees, has been getting one third of the global United Nations budgets for refugees over a period of almost seventy years.

It is noteworthy that most Muslim victims come also under point (e), whereas Muslim powers acted criminally in many instances under points (a), (c) and (d). Likewise, it should be stressed that, throughout the 1915-2015 period, Christians have been the largest victim group in the Middle East under points (a), (d) and (e), followed by Jews under points (d) and (e).

© Michel Gurfinkiel & PJMedia, 2015

Michel Gurfinkiel is the Founder and President of the Jean-Jacques Rousseau Institute, a conservative think-thank in France, and a Shillman/Ginsburg Fellow at Middle East Forum.

Voir aussi:

Nakba Museum: Of Memory and Hope

Shadi Matar

Arab American institute

February 20, 2015

In 2011, Bshara Nassar participated in a New Story Leadership program that brought together young Israelis and Palestinians in a powerful learning experience. The program took 10 participants to the United States Holocaust Memorial Museum which certainly seemed like an appropriate site for reflection. However, he realized that there was not a museum dedicated to showing the suffering of the Palestinian people. Although the program aspired to fairly expose participants to the historical underpinnings of the Israeli and Palestinian narratives on modern history and conflict, Nassar realized that it was missing a key element of the Palestinian experience – which inspired him to launch the Nakba Museum, which is live online and will open its first physical exhibit in Washington, D.C. this June.

Nassar, a former Arab American Institute intern, grew up near the outskirts of Bethlehem under the Israeli occupation with the constant threat of displacement from his family’s historic land. Despite his circumstances, he always wanted to be a peace builder and came to embrace non-violent methods to protest the Israeli occupation of Palestine. Nassar recounts the first hand impact of the Nakba (“catastrophe” in Arabic, referring to the 1948 war) in the refugee camp near his home which he frequently visited. “I saw what it was like to be a refugee and what I saw was that the Nakba did not just happen in 1948, but is happening today.”

When Nassar met Sam Feigenbaum, an American Jew, at the Tent of Nations farm in Palestine his ambition to open the Nakba museum became a reality. Both Nassar and Feigenbaum studied conflict resolution and whole heartedly endorse the motto made famous by Nassar’s family farm, “We refuse to be enemies,” and have made it their mission to share stories of the Nakba that have been silenced. Both Nassar and Feigenbaum are not interested in creating competing narratives, but they both hope that this museum will focus on the human suffering caused by the events of 1948. Nassar commented that “There is no political agenda here, we just want to tell the story”.

After discussing ideas and strategies they realized that they could make their idea a digital project. Nassar would help gather the stories and artwork for the museum and Feigenbaum would do the graphic design and post the content on the newly fashioned website. They hope that the museum will serve as a safe space to start deep conversations about the impact the Nakba has had on millions of people. Nassar and Feigenbaum plan to move the museum to a permanent space in the future, and they’ve set up an IndieGoGo campaign to support their vision.

The opening exhibit will be hosted on June 12-27th at the Festival Center in Washington, D.C. The opening exhibit will feature photos and prints of the Nakba as well as video interviews with refugees.

Voir par ailleurs:

Adamo recycle «Inch’Allah»
Menahem Macina

28 avril 2015

Au cours de la « Grande soirée du Télévie 2015 », Le chanteur-vedette Salvatore Adamo (71 ans) a interprété, en duo avec Julie Zenatti, sa célèbre chanson « Inch’Allah », dans la version revue et corrigée par ses soins en 1993 pour la rendre plus géopolitiquement correcte.

Cette ré-audition m’a rappelé la mise au point sévère que j’avais publiée, en avril 2008, sur un site juif. J’y donnais suite à l’interpellation d’un internaute qui rappelait amèrement que le chanteur avait rédigé, en 1993, une deuxième version de son ‘tube’, expurgée du parti pris pro-israélien que lui reprochaient ses détracteurs [1].

Deux explications principales de ce revirement ont été données par les critiques. La plus positive (c’est la version du chanteur lui-même), les accords d’Oslo avaient changé la donne ; l’espoir d’une paix prochaine et donc de la cessation du conflit palestino-israélien méritait une illustration poétique, et plutôt que d’écrire une nouvelle chanson sur ce thème, pourquoi ne pas transformer l’originale par quelques touches littéraires bien venues?

Les tenants de l’explication négative, eux, ricanaient en faisant remarquer que, sur le plan de l’image de marque du chanteur et du marketing de son ‘tube’, c’était une bonne affaire, puisque – ô miracle ! – après ce rafistolage, « Inch’Allah » devenait arabo-correcte et valait à la vedette des concerts dans tout le Proche-Orient (à l’exception du Liban).

Je donnerai mon avis sur la question dans la dernière partie du présent billet. En attendant, pour permettre à qui le souhaite de se faire une religion, voici une brève leçon de texte. Ne pouvant, en raison des contraintes éditoriales de ce Blog, disposer les deux versions en synopse pour permettre la visualisation immédiate des différences entre les deux textes, je me limiterai à quelques remarques et commentaires successifs.

Le fait le plus massif est la disparition pure et simple, dans la version recyclée, des strophes 7 à 9, dont voici le texte :

« Dieu de l’enfer ou Dieu du ciel
Toi qui te trouves où bon te semble
Sur cette terre d’Israël
Il y a des enfants qui tremblent…»

« Les femmes tombent sous l’orage
Demain le sang sera lavé
La route est faite de courage
Une femme pour un pavé… »

« Mais oui j’ai vu Jérusalem
Coquelicot sur un rocher
J’entends toujours ce Requiem
Lorsque sur lui je suis penché… »

Intéressant également est le remaniement de la strophe 4 :

« Le chemin mène à la fontaine
Tu voudrais bien remplir ton seau
Arrête-toi Marie-Madeleine
Pour eux ton corps ne vaut pas l’eau… »

Qui devient :

« Mais voici qu’après tant de haine
Fils d’Ismaël et fils d’Israël
Libèrent d’une main sereine
Une colombe dans le ciel… »

Mais le plus choquant, semble-t-il, ce sont les « SIX millions d’âmes » (juives) du texte original, diluées’ (à parts égales ?) dans la strophe 10 de la version amendée :

Requiem pour LES millions d’âmes
de ces enfants, ces femmes, ces hommes,
tombés DES DEUX CÔTÉS du drame…
Assez de sang, Salam, Shalom…

Des deux côtés? Attendez ! Je croyais savoir compter…

Où sont les MILLIONS de Palestiniens « tombés »?…

Cette strophe 10 est la dernière de la version rédimée et en constitue le bouquet final.

Mon avis, à présent, sur cette opération « chanson propre ».

Monsieur Salvatore Adamo s’est fait, de longue date, une réputation de «gentil garçon»

Ses manières gauches et timides (spontanées ou étudiées? nul ne le sait…), sa simplicité, sa discrétion, sa pudeur et sa modestie (même remarque), ont fait de lui une star très populaire.

Et chacun sait que les stars font souvent la pluie et le beau temps en matière d’opinion. Alors, malheur à celui ou celle (personne privée, institution ou nation), que la vedette fustige, ou simplement à qui elle fait les gros yeux!

Du coup,

oubliés, les « enfants d’Israël qui tremblent »…
disparu, le « Requiem »…
éludés, les « Six Millions d’âmes » (juives)…
submergés, les « mausolées de marbre »…
passés sous silence, les « Six Millions d’arbres »…

Après cet exercice, Adamo pourrait, sans problème, pasticher les «Trompettes de la renommée» de Brassens. Cela donnerait à peu près ceci :

« Les gens de bon conseil ont su me faire comprendre
qu’à l’homme de la rue [arabe] j’avais des comptes à rendre, et que, sous peine de choir dans un oubli complet, j’devais mettre au rancart mes sionistes couplets ! »

Pauvre Adamo! Il faut le comprendre. Il nous l’a expliqué lui-même: «On m’a reproché d’avoir choisi mon camp» – entendez : Israël. Pas très politiquement correct, il est vrai…

Alors, tant pis pour le peuple aux Six Millions de victimes : intimidé, honteux de sa partialité, Adamo le doux (non, je n’ai pas dit « le mou »!), incapable de peiner le dernier interlocuteur qui le remet en cause, s’est remis au travail… Vous avez lu, plus haut, ce que cela a donné. C’est médiocre, poussif, absolument pas convaincant.

Moi, à la place des Arabes et des Palestiniens (victimes eux aussi, ne l’oubliez pas… (Quoi, Six Millions?… Lâchez-nous les baskets avec vos «Six Millions»! Vous n’avez donc que «ça» à la bouche !?)… Donc, à la place des Arabes et des Palestiniens, je serais horriblement vexé…

Alors, ma conclusion personnelle? Après les analyses qui précèdent, elles ne font certainement plus de doute pour vous :

Malgré l’affirmation contraire de Monsieur Adamo, la cure d’amaigrissement et la ’révision’ qu’il a infligées à sa chanson de 1966, n’ont rien d’un «rééquilibrage», comme on l’a écrit. C’est du pur recyclage révisionniste, après les titillements d’une conscience mal éclairée.

Résultat recherché: l’équivalence morale [2] ! La tarte à la crème des «belles âmes» qui veulent être du bon côté du manche. Selon cette morale de chapon, (ou, si vous préférez, émasculée), une partie qui a raison et l’autre qui a tort, ça n’existe pas, alors, partageons les torts.

Il faut savoir que ceux qui pratiquent ce genre de ‘philosophie’ « droit-de-l’hommiste » s’estiment moraux, parce que non-partisans. On a vu ce que cela a donné au cours des décennies écoulées :

Loi du retour pour les Juifs = Droit au retour en Israël pour les Palestiniens ;
Implantations sur le sol de l’antique patrie des Juifs = Grand Israël, colonisation, occupation ;
Barrière de sécurité = Apartheid ;
Autodéfense armée = Réaction disproportionnée ;
État Juif = Racisme et Théocratie;
Holocauste = Nakba, etc.

Il y a beau temps que j’ai ôté le « gentil» Adamo de mes podcasts préférés. Si quelqu’un cherche une chanson sioniste équivalente de l’ »Inchallah » première époque, j’ai une bonne nouvelle : il existe un « tube » bien meilleur que celui d’Adamo, et surtout plus sincère.

Il s’appelle « Terre promise ». Les paroles, simplissimes et percutantes, sont de Pierre Delanoé. La musique est une adaptation du « tube » populaire international du groupe The Mamas & Papas, intitulé « California Dreamin’ », et il est interprété par la belle voix, chaude, rythmée, et bien timbrée, du regretté Richard Anthony, récemment décédé.

Cette chanson date de 1966 (tiens, la date où Adamo créait « Inch’Allah » première mouture !). Contrairement à celle d’Adamo, elle n’a pas eu besoin de recyclage. Hélas, il n’y a pas eu non plus de vedette pour la reprendre, faisant chaud au cœur à qui veut l’entendre ou la ré-entendre.

Vous la trouverez ICI.

Enfin – pardonnez ce jeu de mots facile – :

aucun Adamo au monde ne nous séparera de notre Adamah, notre terre à nous, Eretz Israel !

———————————————————————————————-

[1] Titre de l’article, que j’ai repris sur mon site personnel debriefing : « L’ »Inch’Allah » d’Adamo (1966-1993): rééquilibrage ou recyclage islamiquement correct ? »

[2] «Concrètement, l’équivalence morale signifie une culpabilité également partagée, une mauvaise foi également répartie, une intransigeance également intraitable. Vous voyez le topo: Israéliens et Palestiniens, tous dans le même sac! Ils sont tous fautifs, pleins de haine. C’est là, reconnaissez-le, une posture facile et combien rassurante puisque ça vous dispense de prendre parti. C’est cependant une attitude parfaitement odieuse et méprisable.» (D’après Jacques Brassard, «L’équivalence morale, ou l’hypocrisie occidentale».

Voir encore:

L’ »Inch’Allah » d’Adamo (1966-1993): rééquilibrage ou recyclage islamiquement correct ?

M. Macina

6 avril 2008

upjf.org

07/04/2008

Un internaute rappelle ce que les observateurs avertis savent depuis longtemps, mais dont ils évitent de parler afin de ne pas passer pour des paranoïaques, à savoir qu’il y a deux versions de la chanson de Salvatore Adamo, « Inch’Allah ». Notre correspondant précise que, dans la version de 1993, « les strophes évoquant les enfants tremblants de Jérusalem et les six millions d’âmes sont parties en …fumée ». Il intitule amèrement la mise au point qu’il nous adresse : « La version de 1993 et le politiquement correct (un gilet pare-balles, en quelque sorte) ». Il joint ensuite les deux versions de cette célèbre chanson. Avant de les mettre, à mon tour, sous les yeux de nos internautes, j’ai tenu à vérifier soigneusement l’une et l’autre et à resituer les choses dans leur contexte. (Menahem Macina).
06/04/08

Avant d’examiner si l’accusation ou le soupçon qu’évoque mon titre, sont fondés ou non, j’ai reproduit, en synopse, les deux versions que séparent 27 années… En rouge, les différences.

On remarquera que les strophes 7 à 9 ont disparu de la version ’recyclée’. J’en ignore la cause.
Mais le plus choquant, à mes yeux, ce sont les « SIX millions d’âmes » (juives), ’diluées’ (à parts égales ?) dans LES millions « de ces enfants, ces femmes, ces hommes, tombés DES DEUX CÔTES du drame »…
Deux côtés? Attendez, je croyais savoir compter… Où sont les millions de Palestiniens « tombés »…
« On était en plein processus d’Oslo » (voir 4ème strophe), me dira-t-on sans doute, « tout le monde (ou presque), y compris en Israël, planait sur son petit nuage »… Peut-être, mais examinez bien les changements, mis en rouge (modifications effectuées pour ’coller’ au ’rêve’ d’Oslo), et en MAJUSCULES (ce qui ne pouvait pas être conservé dans la nouvelle version, parce que trop marqué Juif et Israélien, donc potentiellement blessant ou frustrant pour le « partenaire de paix »). Puis, lisez les deux extraits d’interviews d’Adamo, qui suivent. Vous serez alors en mesure de vous forger une opinion, avant de lire la mienne, à la fin du présent article

1. Aperçu synoptique des deux versions et des modifications du texte de l’original

    Version originale (1966)                                         Version recyclée (1993)

J’ai vu l’Orient dans son écrin                             J’ai vu l’Orient dans son écrin

Avec la lune pour bannière                                  Avec la lune pour bannière

Et je comptais en un quatrain                             Et je comptais en un quatrain

Chanter au monde sa lumière                             Chanter au monde sa lumière

Mais quand j’ai vu Jérusalem                              Mais quand j’ai vu Jérusalem

Coquelicot sur un rocher                                      Coquelicot sur un rocher

J’ai entendu un Requiem                                      J’ai entendu un Requiem

Quand sur lui je me suis penché                         Quand sur lui je me suis penché

Ne vois-tu pas, humble Chapelle                        Ne vois-tu pas humble Chapelle

Toi qui murmures paix sur la terre                     Toi qui murmures paix sur la terre

Que les oiseaux cachent de leurs ailes             Que les oiseaux cachent de leurs ailes

Ces lettres de feu: « Danger frontière »               Ces lettres de feu: « Danger frontière »

Le chemin mène à la fontaine                             Mais voici qu’après tant de haine

Tu voudrais bien remplir ton seau                      Fils d’Ismaël et fils d’Israël

Arrête-toi Marie-Madeleine                                 Libèrent d’une main sereine

Pour eux ton corps ne vaut pas l’eau                 Une colombe dans le ciel

Inch’Allah, Inch’Allah, Inch’Allah, Inch’Allah

Et l’olivier pleure son ombre                                Et l’olivier retrouve son ombre

Sa tendre épouse son amie                                 Sa tendre épouse son amie

Qui repose sur les décombres                             Qui reposait sur les décombres

Prisonnière en terre ennemie                              Prisonnière en terre ennemie

Sur une épine de barbelés                                    Et par dessus les barbelés

Le papillon guette la rose                                     Le papillon vole vers la rose

Les gens sont si écervelés                                   Hier on l’aurait répudié

Qu’ils me répudieront si j’ose                              Mais aujourd’hui, enfin il ose

Dieu de l’enfer ou Dieu du ciel

Toi qui te trouves où bon te semble

SUR CETTE TERRE D’ISRAËL

IL Y A DES ENFANTS QUI TREMBLENT

Inch’Allah, Inch’Allah, Inch’Allah, Inch’Allah

Les femmes tombent sous l’orage

Demain le sang sera lavé

La route est faite de courage

Une femme pour un pavé

Mais oui j’ai vu Jérusalem

Coquelicot sur un rocher

J’ENTENDS TOUJOURS CE REQUIEM

Lorsque sur lui je suis penché

Requiem pour SIX millions d’âmes                      Requiem pour LES millions d’âmes

QUI N’ONT PAS LEUR MAUSOLEE DE MARBRE     De ces enfants, ces femmes, ces hommes

Et qui malgré le sable infâme                               Tombés DES DEUX CÔTES du drame

ONT FAIT POUSSER SIX MILLIONS D’ARBRES      Assez de sang, Salam, Shalom

Inch’Allah, Inch’Allah, Inch’Allah, Inch’Allah

2. Le témoignage du recycleur/rééquilibreur lui-même

(1) « Je revendique mon côté fleur bleue », entretien avec S. Adamo, L’Humanité, 16 février 2007

Q. – Vous venez de fêter vos soixante-trois ans. Quel regard portez-vous sur votre parcours ?

Adamo – « …Aujourd’hui, les gens redécouvrent les chansons des années soixante où on pouvait afficher de bons sentiments, sans engendrer l’ironie. Ce qui n’empêchait pas de chanter des choses plus graves. Je pense à Inch’Allah, que j’ai écrite en octobre 1966. C’était bien la preuve qu’on pouvait être fleur bleue et s’intéresser aux malheurs du monde. Cette chanson, je n’ai pas eu l’occasion de l’enlever de mon répertoire, parce qu’elle est toujours d’actualité. À tel point que j’ai dû la nuancer au gré des quelques espoirs de paix. J’ai changé quelques strophes, mais je me suis rendu compte que je n’allais pas jusqu’au bout du message. J’ai ainsi réécrit une autre chanson dans l’album Zanzibar sur le problème du Moyen-Orient, « Mon douloureux Orient », où je fais allusion à la souffrance du côté palestinien. Une chanson qui dit : quelles qu’aient été les raisons de cette haine ancestrale, il faut l’oublier pour vivre l’un à côté de l’autre. »

Mon commentaire

« Cette chanson, je n’ai pas eu l’occasion de l’enlever de mon répertoire, parce qu’elle est toujours d’actualité… j’ai dû la nuancer… ». Qu’avons-nous besoin d’un autre aveu. Le message du boycott arabe, vous l’avez reçu 5 sur 5, Monsieur Adamo. Personnellement, j’eusse préféré que vous supprimiez carrément cette chanson de votre répertoire, plutôt que de vous voir la profaner de votre propre initiative. D’autant que le résultat, permettez-moi de vous le dire, sent le labeur et non l’inspiration, et en tout cas, pas la sincérité.

(2) « Adamo, un sentimental engagé », Sur le site RFI/Musique (6 novembre 2003)

Q. – On remarque aussi, sur votre nouvel album, trente-sept ans après Inch Allah, une nouvelle chanson sur les drames d’Israël, Mon douloureux Orient…

Adamo – « On peut se demander pourquoi, moi qui suis catholique d’éducation, je suis resté fidèle à une émotion de 1966, que j’ai traduite d’une façon qui a été malheureusement mal interprétée dans pas mal de pays arabes où j’ai été interdit. Cet été, le 15 août [2003], pour la première fois depuis cette époque, j’ai pu chanter dans un pays arabe, en Tunisie. J’ai chanté Mon douloureux Orient et les gens applaudissaient à certains mots pendant la chanson. J’ai voulu dire qu’il est temps que ces deux peuples vivent en paix. On ne leur demande pas de s’aimer, mais d’arrêter de s’entretuer. Avec le recul, je me suis rendu compte de quelle strophe avait valu [sic] mon interdiction: « Sur cette terre d’Israël/J’ai vu des enfants qui tremblent ». On m’a dit que c’était choisir un camp. Mais je voulais parler de la terre biblique tout entière, Israël et Palestine ensemble. Je n’ai pas fait cette nouvelle chanson pour «rattraper» quoi que ce soit, mais pour avoir la conscience en paix. »

Mon commentaire :

« Israël et Palestine ensemble ! » Monsieur Adamo, soit vous nous prenez pour des bœufs, soit vous êtes un ignare. En 1966, les Arabes d’Israël n’avaient pas conscience de former un peuple, il n’y avait pas encore d’Autorité Palestinienne, la Guerre des Six Jours n’avait pas eu lieu, le monde arabe constituait bien une menace, mais pas pour « la Palestine ». A l’époque et dans les années qui suivirent, les seuls enfants qui tremblaient étaient Israéliens. Bien avant que vous ne procédiez au recyclage de votre chanson et que vous en effaciez, purement et simplement, la phrase que l’on vous reprochait (« Sur cette terre d’Israël, il y a des enfants qui tremblent »), elle s’est malheureusement avérée prophétique. En effet, le 11 avril 1974, sept mois après la Guerre de Kippour, des terroristes s’infiltrent du Liban à Maalot, ville du nord d’Israël. Ils pénètrent dans la maison de la famille Cohen, tuent le mari, la femme et leur fils de quatre ans. Ils prennent ensuite le contrôle de l’école Nativ Méir. 105 élèves sont retenus en otage. Finalement devant l’intransigeance des terroristes et après que des rafales d’armes automatiques aient été entendues à l’intérieur de l’école, les forces de sécurité donnent l’assaut. Au total, vingt-deux adolescents et cinq adultes trouveront la mort dans cette tragédie.

Conclusion

Monsieur Salvatore Adamo s’est fait, de longue date, une réputation de « gentil garçon ». Ses manières gauches et timides (spontanées ou étudiées? nul ne le sait…), sa simplicité, sa discrétion, sa pudeur et sa modestie (même remarque), ont fait de lui une star très populaire. Et chacun sait que les stars font souvent la pluie et le beau temps en matière d’opinion. Alors, malheur à celui ou celle (personne privée, institution ou nation), que la vedette fustige, ou simplement à qui il fait les gros yeux ! Malheur, donc, à Israël, qui a eu la malchance de se voir supplanté, dans l’estime d’Adamo, par les « gentils » Palestiniens. Du coup,

oubliés, les enfants d’Israël qui tremblent,
disparu, le Requiem,
éludés, les Six Millions de Juifs,
submergés, les mausolées de marbre,
passés sous silence, les Six Millions d’arbres…
Après cet exercice, Adamo pourrait bien pasticher les « Trompettes de la renommée » de Brassens. Cela donnerait à peu près cela :

 » Les gens de bon conseil ont su me faire comprendre
qu’à l’homme de la rue [arabe] j’avais des comptes à rendre,
et que sous peine de choir dans un oubli complet,
j’devais mettre au rancart mes sionistes couplets !  »
Pauvre Adamo, il faut le comprendre. Il nous l’a expliqué lui-même : « On m’a reproché d’avoir choisi mon camp » – entendez : Israël. Pas très politiquement correct, n’est-ce pas?… Alors, tant pis pour le peuple aux Six Millions de victimes : intimidé, honteux de sa partialité, Adamo le doux (non, je n’ai pas dit « le mou »!), incapable de peiner le dernier interlocuteur qui le remet en cause, s’est mis au travail… Vous avez lu, plus haut, ce que cela a donné. C’est médiocre, poussif, absolument pas convaincant. Moi, à la place des Arabes et des Palestiniens (victimes eux aussi, ne l’oubliez pas… Quoi Six Millions? Oh! lâchez-nous les baskets avec vos « Six Millions »! Vous n’avez donc que « ça » à la bouche !?), donc, moi, à la place des Arabes et des Palestiniens, je serais horriblement vexé…

Alors, ma conclusion personnelle? Après les analyses qui précèdent, elles ne font certainement plus de doute pour vous :

Malgré l’affirmation contraire de Monsieur Adamo, la cure d’amaigrissement et la ’révision’ qu’il a infligées à sa chanson de 1966, n’a rien d’un « rééquilibrage ». C’est du pur recyclage révisionniste, après titillage d’une conscience mal éclairée. Résultat recherché: l’équivalence morale * ! La tarte à la crème des « belles âmes » qui veulent être du bon côté du manche. Selon cette morale de chapon, (ou, si vous préférez, émasculée), une partie qui a raison et l’autre qui a tort, ça n’existe pas, alors, partageons les torts. Et ceux qui pratiquent ce genre de ’philosophie’ « droit de l’hommiste » s’estiment moraux, non partisans. On a vu ce que cela a donné au cours des deux décennies écoulées :
Loi du retour pour les Juifs = Droit au retour en Israël pour les Palestiniens;
Implantations sur le sol de l’antique patrie des Juifs = Grand Israël, colonisation, occupation;
Barrière de sécurité = Apartheid;
Autodéfense armée = Réaction disproportionnée;
Etat Juif = Racisme et Théocratie;
Holocauste = Nakba, etc.

Il y a beau temps que j’ai ôté le « gentil » Adamo de mes podcasts préférés. Si vous cherchez une chanson sioniste équivalente, amis internautes, j’ai une bonne nouvelle pour ceux qui l’ignorent : il existe un « tube » bien meilleur que celui d’Adamo, et surtout plus sincère. Il s’appelle « Terre promise » : les paroles, simplissimes, sont de Pierre Delanoé. La musique est une adaptation du « tube » populaire international du groupe The Mamas & Papas, intitulé « California Dreamin’ », et il est interprété par la belle voix, chaude, rythmée, et bien timbrée, de Richard Anthony. Cette chanson date de 1966 (tiens, la date où Adamo créait « Inch’Allah », première mouture – sincère !), mais, croyez-moi, elle n’a pas pris une ride et cela fait chaud au cœur de l’entendre. Vous la trouverez ici, et ici.

Et puis – pardonnez ce jeu de mots facile -,

aucun Adamo au monde ne nous séparera de notre Adamah, notre terre à nous, Eretz Israel !

* Note sur l’équivalence morale.

Voir, entre autres, Yossi Alpher, « Gaza : le dilemme d’Israël ». Extrait :

 » La plupart des Israéliens… croient qu’il n’existe pas d’équivalence morale entre des civils israéliens délibérément visés par des terroristes palestiniens et des civils palestiniens tués par inadvertance lors d’attaques ripostant au terrorisme…. Je crois que l’argument israélien de l’équivalence morale est un argument fort : les terroristes visent délibérément des civils ; nous pas. Lorsque nous nous protégeons nous-mêmes, nous hésitons longuement avant de toucher des civils. Il y a un élément du « choc des civilisations » dans cette équation. Nous pourrions avoir à l’invoquer pour expliquer au monde les représailles massives des F.D.I. [Tsahal] contre le Hamas et les autres groupes terroristes à Gaza. « 

Voir enfin:

« Je revendique mon côté fleur bleue »
L’Humanité
6 Février, 2007

Chanson . À soixante-trois ans, Salvatore Adamo sort la Part de l’ange. Un album aux arrangements élégants dans lequel il privilégie le sentiment amoureux.
D’un naturel timide, Salvatore Adamo n’a jamais aimé faire parler de lui. Cela ne l’empêche pas d’être dans le coeur de tous les Français grâce aux inoubliables chansons que sont Vous permettez monsieur,Tombe la neige ou encore Inch’Allah. On le trouve fleur bleue. Il est surtout un chanteur romantique qui ne craint pas d’afficher ses sentiments pour mieux se jouer de la laideur du monde. Après Zanzibar, il revient avec la Part de l’ange, album aux arrangements élégants signés Fabrice-Ravel-Chapuis et édith Fambuena. Un enregistrement teinté de mélancolie où l’on croise la voix acidulée de la piquante Olivia Ruiz, à l’occasion d’un duo (Ce Georges) plein d’humour, faisant allusion à Georges Clooney. Depuis plus de quarante ans, le chanteur belge va où son coeur le porte, offrant le meilleur d’un répertoire qui a bien peu d’équivalent émotionnel. En 1963, il avait vingt ans et sortait son premier disque. À soixante-trois ans, il signe son 20e album, enregistré après son accident cérébral.

On sent que vous aimez privilégier l’émotion…

Salvatore Adamo. Je voulais éviter les fioritures de style et laisser l’âme s’exprimer. C’est un disque que j’ai eu le temps de préparer, après ma convalescence. Dès que j’ai senti que l’envie d’écrire se réveillait en moi, ça a été comme une renaissance. J’avais des doutes après mon accident cérébral. J’avais le cerveau en désordre. Étant à Bruxelles, je prétendais être dans le midi de la France. J’avais oublié beaucoup de choses, les numéros de téléphone… D’ailleurs, dans la première chanson, les Anges de l’ombre, que j’ai réécrite, et que je n’ai pas voulu enregistrer pour l’album, je m’adresse au corps médical, pour le remercier de m’avoir sauvé.

Comment se sent-on après un tel accident ?

Salvatore Adamo. En phase avec la vie. J’ai vécu ces quelques mois en planant un peu. Les premiers mois après l’accident, je pensais des choses absurdes. Petit à petit les boulons se sont resserrés, j’ai repris goût à l’existence. J’étais heureux de faire ce que j’ai toujours fait parce que sans écrire de chansons, je n’existe pas tout à fait.

D’où vient ce titre la Part de l’ange?

Salvatore Adamo. À l’origine, c’est une expression viticole. C’est la part du vin qui s’évapore des fûts. Moi, je considère que c’est la part de magie qu’il ne faut pas laisser filer dans un couple. C’est la faculté de s’étonner l’un l’autre pour ne pas laisser la routine s’installer. C’est respecter les jardins secrets de l’autre, ne pas vouloir imposer ses rêves. C’est un peu ce que je dis dans le Féminin sacré où l’homme pense toujours qu’il faut qu’il épate et qu’il décroche la lune pour sa compagne, alors qu’elle ne demande pas tout cela. Elle veut, peut-être, plus simplement un peu de tendresse, un petit rêve à deux.

Toujours aussi fleur bleue ?

Salvatore Adamo. Je le revendique. J’ai d’ailleurs voulu commencer par une chanson Fleur, car c’est désuet de chanter les fleurs aujourd’hui. Pendant des années, au vu de mon image fleur bleue, j’avais presque un complexe. Dans la Part de l’ange, il y a un message ou deux pour montrer que je suis quand même concerné par ce qui se passe sur terre, mais je suis revenu à ce que j’aime, à des chansons d’amour, tout simplement. À dix-huit ans, j’ai écrit Tombe la neige, à cet âge, on a toujours tendance à faire un drame de tout, dès qu’il y en a un qui ne vient pas au rendez-vous. À mon âge, je chante un amour serein, un amour trouvé en quelque sorte.

Vous venez de fêter vos soixante-trois ans. Quel regard portez-vous sur votre parcours ?

Salvatore Adamo. J’ai eu cet immense privilège de pouvoir vivre en faisant ce que j’aime. Cette voie, que j’ai suivie, je n’aurais pas osé la rêver. Adolescent, je jouais au football, mon rêve était de faire se lever un stade en marquant un but. La musique, c’était vraiment dans l’air que l’on respire. Mon père adorait la musique. J’ai été ballotté entre la chanson italienne, napolitaine et la chanson française que j’entendais à la radio. Aujourd’hui, les gens redécouvrent les chansons des années soixante où on pouvait afficher de bons sentiments, sans engendrer l’ironie. Ce qui n’empêchait pas de chanter des choses plus graves. Je pense à Inch’Allah, que j’ai écrite en octobre 1966. C’était bien la preuve qu’on pouvait être fleur bleue et s’intéresser aux malheurs du monde. Cette chanson, je n’ai pas eu l’occasion de l’enlever de mon répertoire, parce qu’elle est toujours d’actualité. À tel point que j’ai dû la nuancer au gré des quelques espoirs de paix. J’ai changé quelques strophes, mais je me suis rendu compte que je n’allais pas jusqu’au bout du message. J’ai ainsi réécrit une autre chanson dans l’album Zanzibar sur le problème du Moyen-Orient, Mon douloureux Orient, où je fais allusion à la souffrance du côté palestinien. Une chanson qui dit : quelles qu’aient été les raisons de cette haine ancestrale, il faut l’oublier pour vivre l’un à côté de l’autre. J’ai aussi écrit une chanson contre le franquisme qui s’appelle Manuel. Je suis toujours redescendu de mon nuage !

Album la Part de l’ange chez Polydor. Au Bataclan

du 13 au 24 mars,

boulevard Voltaire, Paris11e. Tél. : 01 43 14 35 35.

Entretien réalisé par Victor Hache


Centenaire du génocide arménien: L’Arménie n’est pas à notre programme (Nothing happened at Gallipoli on April 24: How America, Britain, Australia and New Zealand helped Turkey hide the Armenian Holocaust)

25 avril, 2015
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Armenian genocide map
Après tout, qui parle encore aujourd’hui de l’annihilation des Arméniens? Hitler (le 22 août 1939)
Je n’aimerais pas entendre Obama dire quelque chose comme ça, et je ne m’y attends pas de toute façon. Pour la Turquie, la position américaine est très claire, elle est contre » la reconnaissance du génocide. (…) Tout au long de ces six années depuis qu’il est président, nous avons longuement parlé de cette question et convenu qu’elle devait être laissée aux historiens, pas aux dirigeants politiques (…) Ils vont parler, parler et insulter la Turquie. Nous serons à Canakkale ce jour-là, mais l’Arménie n’est pas à notre programme. Recep Tayyip Erdogan (conférence de presse avec le président irakien Fouad Massoum, 2015)

This barbaric, wolflike & infanticidal regime of which spares no crime has no cure but to be annihilated. 7/23/14

Nous soutenons la Turquie contre la campagne de propagande à laquelle elle fait face au sujet du prétendu génocide arménien. Ismail Haniyeh (chef du Hamas, 24.04.15)
Il y a deux ans, j’ai critiqué la secrétaire d’état pour le renvoi de l’ambassadeur des États-Unis en Arménie John Evans, après qu’il a correctement employé le terme de  « génocide » pour décrire le massacre par la Turquie  de milliers d’Arméniens à partir de 1915. Je partageais avec la secrétaire d’Etat Rice ma conviction fermement tenue que le génocide arménien n’est pas une allégation, une opinion personnelle, ou un point de vue, mais un fait largement documenté et appuyé par un irréfutable faisceau de preuves historiques. Les faits sont indéniables. Une politique officielle qui contraint les diplomates à tordre les faits historiques n’est pas une politique viable. En tant que sénateur, je soutiens fortement le passage de la résolution du génocide arménien et en tant que président je reconnaitrai le génocide arménien. (…) L’Amérique mérite un dirigeant qui parle avec véracité du génocide arménien et qui condamne fermement tous les génocides. J’ai l’intention d’être ce président. Candidat Obama (janvier 2008)
Nous exprimerons notre appréciation profonde de la foi musulmane qui a tant fait au long des siècles pour améliorer le monde, y compris mon propre pays. Barack Hussein Obama (Ankara, avril 2009)
This year we mark the centennial of the Meds Yeghern, the first mass atrocity of the 20th Century.  Beginning in 1915, the Armenian people of the Ottoman Empire were deported, massacred, and marched to their deaths.  Their culture and heritage in their ancient homeland were erased. Amid horrific violence that saw suffering on all sides, one and a half million Armenians perished.  As the horrors of 1915 unfolded, U.S. Ambassador Henry Morgenthau, Sr. sounded the alarm inside the U.S. government and confronted Ottoman leaders.  Because of efforts like his, the truth of the Meds Yeghern emerged and came to influence the later work of human rights champions like Raphael Lemkin, who helped bring about the first United Nations human rights treaty.  Against this backdrop of terrible carnage, the American and Armenian peoples came together in a bond of common humanity.   Ordinary American citizens raised millions of dollars to support suffering Armenian children, and the U.S. Congress chartered the Near East Relief organization, a pioneer in the field of international humanitarian relief. Thousands of Armenian refugees began new lives in the United States, where they formed a strong and vibrant community and became pillars of American society.  Rising to great distinction as businesspeople, doctors, scholars, artists, and athletes, they made immeasurable contributions to their new home. This centennial is a solemn moment.  It calls on us to reflect on the importance of historical remembrance, and the difficult but necessary work of reckoning with the past.  I have consistently stated my own view of what occurred in 1915, and my view has not changed.  A full, frank, and just acknowledgement of the facts is in all our interests.  Peoples and nations grow stronger, and build a foundation for a more just and tolerant future, by acknowledging and reckoning with painful elements of the past.  We welcome the expression of views by Pope Francis, Turkish and Armenian historians, and the many others who have sought to shed light on this dark chapter of history.  On this solemn centennial, we stand with the Armenian people in remembering that which was lost.  We pledge that those who suffered will not be forgotten.  And we commit ourselves to learn from this painful legacy, so that future generations may not repeat it. Statement by the President on Armenian Remembrance Day
In the government’s opinion, this is a historical question that should be left up to the historians. Per Stig Moeller (Danish Foreign Minister, 01.12.08)
Ces actes de reconnaissance sont très divers: parmi les 24 Etats, seuls quatre -la France, l’Uruguay, l’Argentine et Chypre- ont promulgué des lois en ce sens. La plupart du temps, il s’agit de résolutions adoptées par le Parlement ou une des chambres du Parlement. Les termes employés dans les déclarations ne sont pas toujours les mêmes: 22 pays nomment bien un « génocide » -contrairement à l’Uruguay, placé dans la catégorie « reconnaissance partielle » de la carte. En Allemagne, le texte adopté par le Parlement en 2005 n’emploie pas le terme mais le président Joachim Gauck l’a prononcé jeudi 23 avril, reconnaissant dans la foulée une « coresponsabilité » de son pays dans les massacres. Des variations existent aussi sur l’identification de la responsabilité du génocide. Tous les pays n’évoquent pas la Turquie. Ainsi, la France et le Vatican ne mentionnent pas du tout Ankara, quand la Belgique, l’Italie, la Suisse, le Liban, la Syrie ou le Chili parlent de « l’Empire ottoman ». L’Express
Nous n’avons pas l’intention de faire de ces manifestations une sorte d’hystérie anti-turque. L’un de nos objectifs est de faire un appel à l’humanité toute entière pour lutter contre les génocides. Nous voudrions commémorer le génocide arménien en commun avec le peuple turc. C’est cet objectif qui était à la base des protocoles signés en 2009 pour le rétablissement des relations. Un objectif que je visais aussi avec mon invitation à la Turquie de se rendre au Mémorial en Arménie, le 24 avril. Malheureusement, nous nous sommes heurtés à une démarche négationniste qui a trouvé – pardon de le dire ainsi – une expression particulièrement cynique cette année. La bataille de Gallipoli n’a pas commencé et s’est encore moins achevée le 24 avril. C’est une sorte de blessure adressée au peuple arménien. En même temps, il est évident que c’est une démarche qui vise à créer des obstacles à la commémoration du génocide arménien. Serge Sarkissian (président arménien, 23.03.15)
Cette année, nous allons commémorer le centième anniversaire des batailles des Dardanelles. Nous n’allions pas demander la permission à l’Arménie. La date est établie. Nous connaissons la date. C’est le centième anniversaire de ces batailles des Dardanelles. Et il n’y a aucun rapport de près ou de loin avec les cérémonies qui vont être organisées en Arménie. Au contraire, je pense que c’est eux qui ont fait une indexation sur notre date à nous. (…) Le 24 avril, nous allons essayer d’apporter une contribution à la paix mondiale. Le 18 et le 24 avril, nous allons organiser ces cérémonies (…) Et le 25 avril, nos invités vont participer aux cérémonies de l’Aurore. Erdogan (27.03.15)
This is a very indecent political manoeuvre. It’s cheap politics to try to dissolve the pressure on Turkey in the year of the centennial by organising this event. Everybody knows that the two memorials around Gallipoli have been held on 18 March and 25 April every year. Ohannes Kılıçdağı (Agos, Armenian weekly)
Winston Churchill described it as « an administrative holocaust . . . there is no reasonable doubt that this crime was executed for political reasons. New statesman
HMG is open to criticism in terms of the ethical dimension, but given the importance of our relations (political, strategic and commercial) with Turkey . . . the current line is the only feasible option. British internal memorandum to ministers (Joyce Quin and Baroness Symons)
Vous voulez dire reconnaître la version arménienne de cette histoire ? Il y avait un problème arménien pour les Turcs, à cause de l’avance des Russes et d’une population anti-ottomane en Turquie, qui cherchait l’indépendance et qui sympathisait ouvertement avec les Russes venus du Caucase. Il y avait aussi des bandes arméniennes – les Arméniens se vantent des exploits héroïques de la résistance -, et les Turcs avaient certainement des problèmes de maintien de l’ordre en état de guerre. Pour les Turcs, il s’agissait de prendre des mesures punitives et préventives contre une population peu sûre dans une région menacée par une invasion étrangère. Pour les Arméniens, il s’agissait de libérer leur pays. Mais les deux camps s’accordent à reconnaître que la répression fut limitée géographiquement. Par exemple, elle n’affecta guère les Arméniens vivant ailleurs dans l’Empire ottoman.  » Nul doute que des choses terribles ont eu lieu, que de nombreux Arméniens – et aussi des Turcs – ont péri. Mais on ne connaîtra sans doute jamais les circonstances précises et les bilans des victimes. Songez à la difficulté que l’on a de rétablir les faits et les responsabilités à propos de la guerre du Liban, qui s’est pourtant déroulée il y a peu de temps et sous les yeux du monde ! Pendant leur déportation vers la Syrie, des centaines de milliers d’Arméniens sont morts de faim, de froid… Mais si l’on parle de génocide, cela implique qu’il y ait eu politique délibérée, une décision d’anéantir systématiquement la nation arménienne. Cela est fort douteux. Des documents turcs prouvent une volonté de déportation, pas d’extermination. Bernard Lewis
Nous avons été consternés de découvrir, au milieu de l’entretien érudit et pertinent sur le fondamentalisme islamique que Bernard Lewis a accordé au Monde du 16 novembre, des jugements d’une teneur bien différente au sujet du génocide arménien de 1915. Qualifier ces massacres de génocide, c’est-à-dire de politique délibérée de destruction d’une population, c’est, dit-il, la  » version arménienne de l’Histoire « . Bernard Lewis ne peut ignorer que, dès le 24 mai 1915, les gouvernements alliés, russe mais aussi français et britannique, ont fait savoir publiquement à la Sublime Porte qu’ils tiendraient pour personnellement responsables tous les membres du gouvernement ottoman et leurs agents impliqués dans ce  » crime de lèse-humanité « . Que les diplomates allemands et autrichiens, alliés de la Turquie et présents sur les lieux, ainsi que les diplomates américains neutres, ont envoyé des dizaines de télégrammes dénonçant la  » campagne d’extermination  » menée par le gouvernement jeune-turc pour  » liquider définitivement  » la question arménienne, en se servant, déjà, de la guerre comme prétexte. Ceux-là mêmes qui ne veulent tenir compte que des documents turcs ne peuvent passer sous silence le procès mené en 1919 par le gouvernement libéral de Constantinople, qui a établi les responsabilités des ministres, du parti au pouvoir et des bandes d’assassins qu’ils avaient spécialement recrutés dans les prisons. L’historien ne peut récuser les témoignages convergents des survivants, à qui on ne saurait dénier le droit de dire leur souffrance. Les preuves abondent aussi bien du massacre sur place d’une partie de la population que des multiples formes de tueries qui ont accompagné la déportation des autres. Les victimes ont été livrées à toutes les morts, sauf celle, que cite Bernard Lewis, par le froid puisque la déportation a eu lieu à la saison chaude. Loin d’être limitée géographiquement, l’éradication de la présence arménienne s’est étendue à l’ouest jusqu’à Bursa, au sud jusqu’à Alep, à 800 kilomètres du front russe. Elle a été conduite par un gouvernement contre une partie de ses sujets, un groupe défini religieusement et ethniquement, et détruit comme tel. Ces actes caractérisent un génocide. Et c’est précisément parce qu’il est dangereux d’abuser du terme qu’il est important de reconnaître le génocide quand il ne fait pas de doute. C’est d’ailleurs l’entreprise de destruction des Arméniens de l’Empire ottoman qui a servi de référence aux juristes des années 30 alarmés par la montée du nazisme, comme le Polonais Lemkin, pour fixer le concept de génocide. Toute tentative de comparaison entre cette extermination planifiée et la guerre civile libanaise, où tout Etat avait disparu, est dénuée de fondement. Nier les faits, effacer le crime, c’est à quoi s’emploient les gouvernements turcs depuis Mustafa Kemal. Qu’un savant de l’autorité de Bernard Lewis accrédite cette thèse officielle, qui réitère elle-même le mensonge des criminels d’hier, rien ne le justifie. Autant il est légitime de soutenir la laïcité contre l’intégrisme, autant il importe de ne pas dissimuler des responsabilités connues de tous. Déclaration collective de trente universitaires et intellectuels (dont André Chouraqui, Jacques Ellul, Alain Finkielkraut, André Kaspi, Yves Ternon et Jean-Pierre Vernant, Le Monde, 27 novembre 1993)
Comparer, c’est différencier. (…) Selon moi, le génocide caractérise un processus spécifique de destruction qui vise à l’éradication totale d’une collectivité. (…) Dans un nettoyage ethnique, on tue les gens en partie, mais on leur dit : par ici la sortie. Dans un génocide, on ferme toutes les portes. Jacques Sémelin
There are few genocides more clearly established than that suffered by the Armenians in 1915-16, when half the race was extinguished in massacres and deportations directed by the Young Turk government. Today you can be prosecuted in France and other European countries for denying the slaughter. But the world’s most influential genocide denier – other than Turkey itself – is the British government, which has  repeatedly asserted that there is insufficient evidence that what it terms a « tragedy » amounted to genocide. Now, thanks to the Freedom of Information Act, we learn that (in the words of Foreign Office memos) commercial and political relations with Turkey have required abandoning « the ethical dimension ». The Armenian Centre in London obtained hundreds of pages of hitherto secret memorandums, bearing the astonishing admission that there was no « evidence » that had ever been looked at and there had never been a « judgment » at all. Parliament had been misinformed: as the Foreign Office now admits, « there is no collection of documents, publications and reports by historians, held on the relevant files, or any evidence that a series of documents were submitted to ministers for consideration ». In any case, ministers repeatedly asserted that, « in the absence of unequivocal evidence to show that the Ottoman administration took a specific decision to eliminate the Armenians under their control at the time, British governments have not recognised the events of 1915-16 as genocide ». That was the answer given by the government during the House of Lords debate on the subject in 1999. (…) The other routine excuse for denying the genocide has been that « it is for historians, not governments, to interpret the past ». This « line » was described in 1999 as « long-standing ». But genocide is a matter for legal judgment, not a matter for historians, and there is no dispute about the Armenian genocide among legal scholars. Yet Foreign Office ministers insist that the « interpretation of events is still the subject of genuine debate among historians ». This « line » was stoutly maintained until last year, when it was placed on the Downing Street website in response to an e-petition and provoked angry replies from the public. The minister, by now Jim Murphy, was displeased, and became the first to demand to know just what evidence the Foreign Office had looked at. The Eastern Department had looked at no evidence at all. In great haste, it came up with three historians – Bernard Lewis (who had been prosecuted in France for denying the genocide, but then told Le Monde that he did not dispute that hundreds of thousands of Armenians had died), Justin McCarthy (a Kentucky professor whose pro-Turkish work was sent to Keith Vaz, then a minister at the Foreign Office, by the Turkish ambassador) and Heath Lowry, who, although he does not put his own name to denials of the genocide, provoked dispute at Princeton after it accepted funds from the Turkish government to endow his « Atatürk Chair » and he was then exposed as having helped draft a letter in which the Turkish ambassador denounced a scholar for writing about the genocide. It is astonishing, given the number of British historians, from Arnold Toynbee onwards, who have no doubts on the subject, that the Foreign Office should grasp at the straw of three controversial Americans. (…) In August 1939, Adolf Hitler exhorted his generals to show no mercy to the Polish people they were preparing to blitzkrieg because, « After all, who now remembers the annihilation of the Armenians? » If the ethics-free zone in the Foreign Office has its way, nobody in the UK will remember them either. Geoffrey Robertson
Ce n’est pas pour condamner la Turquie moderne, pas plus qu’à Nuremberg on a voulu condamner l’Allemagne qui naîtrait des ruines du IIIe Reich. D’ailleurs, l’Allemagne fédérale dès sa naissance, la République démocratique allemande peu avant sa chute et l’Allemagne enfin réunifiée ont reconnu le génocide commis par l’Allemagne hitlérienne et, en en assumant les conséquences sur tous les plans, ont libéré le peuple allemand d’une partie de son fardeau moral. Les dirigeants de la Turquie doivent suivre cet exemple. Tant qu’ils nieront la vérité historique, tant qu’ils essaieront d’échapper à leurs responsabilités et qu’ils continueront à prétendre que les Arméniens les ont trahis pendant la première guerre mondiale et qu’eux ont seulement riposté, ils seront tenus à l’écart par la communauté internationale, et en priorité par l’Union européenne. Tant qu’Israël ne reconnaîtra pas le génocide arménien, la Turquie se refusera à le faire. L’Etat juif sait que les nazis ont pu se risquer à commettre au XXe siècle un second génocide parce que les auteurs du premier n’avaient pas été punis. Serge et Arno Klarsfeld
L’un des documents des archives des essais de Nurenberg révèle que l’apathie de la communauté internationale, l’oubli du massacre des Arméniens par les Turcs pendant la Première Guerre mondiale et l’absence de réponse appropriée ont encouragé Adolf Hitler à conquérir des territoires et à anéantir les Juifs d’Europe. « Qui se souvient de ces Arméniens? », a déclaré Hitler à son personnel, pour les informer de sa décision d’envahir la Pologne, ajoutant qu’ils ne devaient pas craindre une réaction internationale, en utilisant le massacre des Arméniens comme preuve. (…) Aujourd’hui, lorsque le président turc, qui a été Premier ministre pendant une décennie, Recep Tayyip Erdogan, maintient une ligne anti-israélienne et antisémite claire, le ministère des Affaires étrangères continue d’ignorer l’holocauste arménien et de maintenir vcette basse politique sur la base de mauvaises considérations. Il y a une justification morale et historique à reconnaître la genocide arménien. L’holocauste arménien doit être enseigné dans les écoles. Dans un mois, le 24 avril 2015 nous allons commémorer les 100 ans de l’assassinat de 1,5 million d’Arméniens. Edy Cohen
For years, close ties between Israel and Turkey were understood to be the reason Jerusalem has avoided the repeated requests of Armenians for the international community to recognize the genocide their community suffered at the hands of the Ottoman Turks during World War I. (…) Given the deterioration of its relationship with Turkey, this occasion would seem to provide Israel with a golden opportunity to respond to the moral claim that it recognize the Armenian genocide, just as Pope Francis recently did, followed by the European Parliament. In fact, dozens of prominent Israeli artists and academics recently signed a petition calling on the Israeli government and Knesset to recognize the Armenian genocide. Nevertheless, officially, Israel continues to squirm. The Foreign Ministry recommends showing greater empathy to the Armenian issue, and this will be the first year that Israel will send an official delegation to participate in the memorial ceremony to take place in Yerevan. It will, however, be a low-ranking delegation, made up of Knesset members. (…) A few senior Israeli officials dealing with the issue spoke to Al-Monitor about it on condition of anonymity. They emphasized that this doesn’t just involve susceptibility toward Turkish sensitivities, but also sensitivity that Israel wants to show toward Azerbaijan, which is a neighbor of both Turkey and Armenia. Since the Soviet Union’s collapse, the borders in the Caucasus region have been redefined. One consequence is a continuing state of war between Azerbaijan and Armenia. One of the pillars of Azerbaijan’s new national narrative is the “Khojaly massacre,” which refers to a battle in the village of Khojaly, located in the disputed Armenian enclave of Nagorno-Karabakh, on Feb. 26, 1992. According to the Azeri narrative, Armenian forces killed 600 Azeri civilians there, including 169 women and children. In this instance, the Armenians deny responsibility for the massacre of civilians, just as they do for a long list of atrocities that the Azeris have blamed on them since WWI. (…) Gallia Lindenstrauss of Israel’s Institute for National Security Studies says that Azerbaijan is the Muslim country with which Israel currently has the closest ties. Trade between Israel and Azerbaijan is estimated at over $5 billion. Israel imports some 40% of its oil from there, and exports mainly weapons and sophisticated defense systems to it. In 2012, when talk of an Israel strike against Iran was at its peak, Foreign Policy quoted a senior US official as saying (apparently with considerable hyperbole), “The Israelis have bought an airfield … and the airfield is called Azerbaijan.” (…) Azerbaijan, like the Israeli government, considers Iran’s nuclear capacity to be an existential threat. Azerbaijan’s border with Iran stretches for 611 kilometers (380 miles), making it longer even than Turkey’s border with Iran, which is 499 kilometers (310 miles) long. Meanwhile, Armenia’s border with Iran stretches for just 35 kilometers (22 miles). If the length of their borders can be used to determine the importance of relations with those countries, then Armenia is the least important of all of them. And in general, it is considered an ally of the country that Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu compares to Hitler’s Germany. Coming back to the official position presented by the Israeli Foreign Ministry spokesman, it would seem that the call to the international community “to prevent humanitarian tragedies in the future” might not refer only to the incidents of mass murder committed daily by the Islamic State against anyone who is not one of them — Yazidis, Christians or Alawites. It is mainly directed against Iran’s “explicit intent of obliterating the Jewish state,” as Netanyahu reiterated April 16 at Yad Vashem during a memorial service for the victims of the Holocaust. Herein lies the real reason for Israel’s policy concerning whether it will recognize the Armenia genocide. The reason isn’t Turkey; it’s Iran. Arad Nir
The first world war operations in Gallipoli – Çanakkale in Turkish – began on 18 March 1915 with the British naval bombardment of the peninsula. Turks have used that date to celebrate their victory against the Allied attack and mourn the soldiers who died in battle. The naval landings on the shores of Gallipoli ended in devastating defeat and are remembered by Australians and New Zealanders on 25 April, known as Anzac Day. After Ankara’s announcement to shift all official commemorations of Gallipoli to 24 April, critics were quick to point out that no significant military event took place at Gallipoli that day and that Armenians had greater claim to it because 24 April 1915 was when Ottoman authorities started to arrest Armenian intellectuals in Istanbul. Guardian
When world leaders, including Prince Charles and the Australian and New Zealand prime ministers, gather at Gallipoli to commemorate the First World War battle at the invitation of the Turkish government in April, the ghosts of one and half million slaughtered Christian Armenians will march with them. For in an unprecedented act of diplomatic folly, Turkey is planning to use the 100th anniversary of the Allied attempt to invade Turkey in 1915 to smother memory of its own mass killing of the Armenians of the Ottoman Empire, the 20th century’s first semi-industrial holocaust. The Turks have already sent invitations to 102 nations to attend the Gallipoli anniversary on 24th April — on the very day when Armenia always honours its own genocide victims at the hands of Ottoman Turkey. (…) The irony of history has now bequeathed these very same killing fields to the victorious forces of the ‘genocidal’ Islamist ISIS army, which has even destroyed the Armenian church commemorating the genocide in the Syrian city of Deir ez-Zour. Armenians chose 24th April to remember their genocide victims because this was the day on which Turkish police rounded up the first Armenian academics, lawyers, doctors, teachers and journalists in Constantinople. (…) Armenians hold their commemorations on April 24th – when nothing happened at Gallipoli – because this was the day on which the Armenian intellectuals were rounded up and jailed in the basement of Constantinople’s police headquarters prior to their deportation and — in some cases — execution. These were the first ‘martyrs’ of the Armenian genocide. By another cruel twist of history, the place of their incarceration is now the Museum of Islamic Arts – a tourist location to which Prince Charles and other dignitaries will presumably not be taken on 24th April. These killings marked the start of the Armenian people’s persecution and exile to the four corners of the earth. (…) The Turkish hero of Gallipoli, of course, was Lieutenant Colonel Mustapha Kemal – later Ataturk, founder of the modern Turkish state – and his own 19th Division at Gallipoli was known as the ‘Aleppo Division’ because of the number of Arabs serving in it. Ataturk did not participate in the mass killings of Armenians in 1915, but some of his associates were implicated – which still casts a shadow over the history of the Turkish state. The bloody Allied defeat at Gallipoli was to cast a shadow over the rest of Winston Churchill’s career, a fact well known to the tens of thousands of Australians and New Zealanders who plan to come to the old battlefield this April. How much they will know about an even more horrific anniversary on April 24th is another matter. Liveleak

Attention: un déni peut en cacher bien d’autres !

Etats-Unis, Royaume-Uni, Irlande, Australie, Nouvelle Zélande, Danemark, Espagne

En ces temps étranges où, triste ironie de l’histoire, les djiahdistes de l’Etat islamique terminent sur les mêmes territoires le travail commencé il y a cent ans par leurs prédécesseurs de l’Etat turc …

Et que fidèle à ses habitudes, le Golfeur-en-chef de la Maison Blanche a non seulement encore laissé dans sa poche les promesses répétées, vote arménien oblige, sur la question …

Mais après Paris et Auschwitz, ajouté Erevan à la longue liste de ses absences remarquées …

Pendant qu’avec le refroidissement de ses relations avec une Turquie qui cache de moins en moins son antisémitisme, la prochaine victime sur la liste des génocidaires se voit seule sommer, pour une reconnaissance largement parlementaire et notoirement à géométrie variable voire inexistante selon les termes utilisés et les pays ou même les régions, y compris au sein de l’Etat juif lui-même et dans la France donneuse de leçons en chef et maitresse es lois liberticides, de sacrifier son dernier soutien dans le monde musulman …

Comment s’étonner encore …

Au nom de leur intérêt bien compris et aux côtés du maitre-négationniste d’Ankara …

De l’incroyable contribution des princes Charles et Harry comme des premiers ministres irlandais, australien et néo-zélandais …

A non seulement la célébration du héros génocidaire d’une des plus tragiques défaites de l’Empire britannique …

Mais via la date complètement fictive du 24 avril, les dates officielles turque et britannique étant respectivement les 18 et 25 avril …

A rien de moins qu’une énième répétition du premier déni d’un génocide

Qui inspira à Hitler sa Solution finale à lui ?

Massacres d’Arméniens: Erdogan se réjouit que Washington évite le mot « génocide »

France 24

22 avril 2015

ANKARA (AFP) – Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est ostensiblement réjoui mercredi de la volonté des Etats-Unis de ne pas qualifier de génocide les massacres d’Arméniens perpétrés en 1915, assurant avoir le plein « soutien » de son homologue Barack Obama.

« Je n’aimerais pas entendre Obama dire quelque chose comme ça, et je ne m’y attends pas de toute façon. Pour la Turquie, la position américaine est très claire, elle est contre » la reconnaissance du génocide, a déclaré M. Erdogan lors d’une conférence de presse avec le président irakien Fouad Massoum.

La Maison Blanche a appelé mardi à une reconnaissance « pleine, franche et juste » des massacres de centaines de milliers d’Arméniens perpétrés par l’Empire ottoman à partir de 1915, mais elle a comme toujours évité d’utiliser le mot « génocide ».

« Tout au long de ces six années depuis qu’il (M. Obama) est président, nous avons longuement parlé de cette question et convenu qu’elle devait être laissée aux historiens, pas aux dirigeants politiques », a poursuivi M. Erdogan.

La Turquie nie catégoriquement que l’Empire ottoman ait organisé le massacre systématique de sa population arménienne pendant la Première guerre mondiale et récuse le terme de « génocide » repris par l’Arménie, de nombreux historiens et une vingtaine de pays dont la France, l’Italie et la Russie.

Le président turc a aussi dénoncé les commémorations organisées en Arménie le 24 avril pour commémorer le « génocide ». « Ils vont parler, parler et insulter la Turquie. Nous serons à Canakkale (sur les rives du détroit des Dardanelles: ndlr) ce jour-là, mais l’Arménie n’est pas à notre programme », a-t-il ajouté.

La Turquie célèbre vendredi en grande pompe le 100e anniversaire de la meurtrière bataille de Gallipoli, ou des Dardanelles, qui a opposé d’avril 1915 à janvier 1916 les troupes de l’Empire ottoman à celles de l’Empire britannique et de la France.

Voir aussi:

Génocide arménien : le président Sarkissian dénonce le « négationnisme » d’Erdogan
France 24

23/03/2015

Dans une interview exclusive accordée à France 24, le président arménien Serge Sarkissian a regretté le choix de son homologue turc de commémorer la bataille de Gallipoli le jour des cérémonies entourant le 100e anniversaire du génocide arménien.

À un mois des commémorations du 100e anniversaire du génocide arménien de 1915, le président Serge Sarkissian a dénoncé le « négationnisme » du president turc Recep Tayyip Erdogan, dans une interview exclusive à France 24. Il affirme que la décision d’Erdogan d’organiser en Turquie des commémorations de la bataille de Gallipoli, le jour même des commémorations du génocide, est une « provocation ».

« Nous n’avons pas l’intention de faire de ces manifestations une sorte d’hystérie anti-turque. L’un de nos objectifs est de faire un appel à l’humanité toute entière pour lutter contre les génocides », a affirmé le président arménien. « Nous voudrions commémorer le génocide arménien en commun avec le peuple turc. C’est cet objectif qui était à la base des protocoles signés en 2009 pour le rétablissement des relations. Un objectif que je visais aussi avec mon invitation à la Turquie de se rendre au Mémorial en Arménie, le 24 avril. Malheureusement, nous nous sommes heurtés à une démarche négationniste qui a trouvé – pardon de le dire ainsi – une expression particulièrement cynique cette année. La bataille de Gallipoli n’a pas commencé et s’est encore moins achevée le 24 avril. C’est une sorte de blessure adressée au peuple arménien. En même temps, il est évident que c’est une démarche qui vise à créer des obstacles à la commémoration du génocide arménien », a-t-il regretté.

Les cérémonies du 24 avril en Arménie, auxquelles assisteront François Hollande et Vladimir Poutine notamment, doivent être l’occasion de dire non aux crimes contre l’humanité. Le président Sarkissian regrette que la Turquie préfére « saboter » ce moment de solidarité plutôt que de s’y joindre.

Le chef d’État arménien a également souligné « avoir peur » d’une nouvelle guerre contre l’Azerbaïdjan à propos de la région disputée du Haut-Karabakh, où les tensions se sont accentuées ces derniers mois. Mais il a affirmé que l’Arménie était « prête a se battre » s’il le fallait.

Enfin, le président Sarkissian a dit craindre une « nouvelle guerre froide » entre la Russie et l’Occident, tout en affirmant avoir de « très bonnes relations » avec Vladimir Poutine. Le chef d’État arménien a souligné ne pas craindre que son homologue russe ait des vues sur les ex-républiques soviétiques comme l’Arménie.

Voir également:

Turkey eclipses centenary of Armenian massacre by moving Gallipoli memorial

Change of date by Ankara, which leads to a clash of commemoration ceremonies, condemned as ‘indecent manoeuvre’
Constanze Letsch in Istanbul

The Guardian

16 April 2015

Turkey has been accused of belittling the imminent centenary of the Armenian genocide by advancing its Gallipoli commemorations to the same day.

The anniversary of the 1915 military operations on the Gallipoli peninsula has always been marked on 25 April, the day after commemorations of the massacre of more than 1 million Armenians in the Ottoman empire. This year, however, President Recep Tayyip Erdoğan has invited state leaders to join him in Gallipoli on 24 April.

“This is a very indecent political manoeuvre,” said Ohannes Kılıçdağı, a researcher and writer for Agos, an Armenian weekly. “It’s cheap politics to try to dissolve the pressure on Turkey in the year of the centennial by organising this event.

“Everybody knows that the two memorials around Gallipoli have been held on 18 March and 25 April every year.”

Prince Charles, Prince Harry, Tony Abbott, the Australian prime minister, and John Key, New Zealand’s prime minister, have confirmed they will attend events at Gallipoli. As part of the programme on 24 April, services will be held at several military cemeteries. A Foreign Office spokesman said annual Gallipoli commemorations had taken place on both 24 and 25 April “for a number of years”.
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At the same time, hundreds will gather on Istanbul’s Taksim Square, where a commemoration of the Armenian genocide has been held since 2010. Another rally will be held in the eastern city of Diyarbakır, an important centre from where the state governor oversaw the mass killings in 1915. The main event will be held in Yerevan, capital of Armenia, with a number of foreign dignitaries from Russia, France, the UK and elsewhere.

The Turkish government’s efforts to divert international attention from the commemoration of the massacre have been called “disgraceful” by Armenians.

“It’s not just Gallipoli,” said Nazar Büyüm, an Armenian columnist and writer. “Someone also had the audacity to suggest the organisation of a Gallipoli memorial concert in an Armenian church in Istanbul for 24 April. The government does everything to overshadow the centennial of the genocide this year.”

Turkey refuses to accept responsibility for the slaughter of hundreds of thousands of Armenians in the Ottoman empire. In recent days, senior officials have lashed out at the pope and the EU for labelling the events of 1915 a genocide.

The plot thickened on Thursday when it was announced that a senior Turkish government adviser, Etyen Mahçupyan, had stepped down just months after he took on the job – and days after he too used the word “genocide”. Officials said he had retired because he had turned 65.

There are as many as 100,000 Armenians living in Turkey today, but many are too wary of local hostilities to openly project their ethnicity, still less confess their Christian faith.

Professor Ayhan Aktar of Bilgi University in Istanbul, who has long researched the denial of the Armenian genocide in Turkey, was not surprised by the government’s decision to move the date of the Gallipoli events.

“Turkey has been putting forward the Turks dying on world war one battlefields for 97 years, arguing that, yes, Armenians might have died, but so did our ancestors,” he said. “This move just continues this line of defence. It’s indecent, and a disgrace.”

While the Armenian state leader and many Armenians abroad expressed outrage at Turkey’s diplomatic gamble, the reaction in Turkey has been rather mute. Part of the reason, Kılıçdağı says, is the persistent fear of violence against the Armenian community in Turkey.

“Even though the situation has somewhat improved, and even though solidarity with the Armenian community has increased, many have learned to live with the constant fear,” he said. “It has become almost a reflex. Armenians are still a vulnerable group in Turkey.”

The first world war operations in Gallipoli – Çanakkale in Turkish – began on 18 March 1915 with the British naval bombardment of the peninsula. Turks have used that date to celebrate their victory against the Allied attack and mourn the soldiers who died in battle. The naval landings on the shores of Gallipoli ended in devastating defeat and are remembered by Australians and New Zealanders on 25 April, known as Anzac Day.

After Ankara’s announcement to shift all official commemorations of Gallipoli to 24 April, critics were quick to point out that no significant military event took place at Gallipoli that day and that Armenians had greater claim to it because 24 April 1915 was when Ottoman authorities started to arrest Armenian intellectuals in Istanbul.

Hopes of an Armenian-Turkish thaw were raised last year, when Erdogan extended condolences to the grandchildren of all killed Armenians. But this year’s actions have alienated the 100,000-strong Armenian community in Turkey.

“After Erdoğan’s words last year, this was a big disappointment,” said Nayat Karaköse, programme coordinator at the Hrant Dink Foundation, an Istanbul organisation named after an Armenian-Turkish journalist murdered in 2007, which promotes Turkish-Armenian reconciliation, research and culture.

“We expected a more positive step than to try and shift the international focus away from Armenia’s effort to raise awareness about the genocide.”

Orhan Kemal Cengiz, a Turkish journalist and human rights activist, said the forthcoming parliamentary elections made any meaningful concessions by the ruling Justice and Development party impossible.

“They are trying to rally more nationalist votes. Erdoğan is a very pragmatic politician, who is very conscious of political advantages he can gain by any move he makes,” Cengiz said. “But the Armenian issue is a matter of conscience and of morality, which is why Erdoğan is not the leader who will solve it.”

Voir également:

The Gallipoli centenary is a shameful attempt to hide the Armenian Holocaust

Robert Fisk

The Independent

19 January 2015

When world leaders, including Prince Charles and the Australian and New Zealand prime ministers, gather at Gallipoli to commemorate the First World War battle at the invitation of the Turkish government in April, the ghosts of one and half million slaughtered Christian Armenians will march with them.

For in an unprecedented act of diplomatic folly, Turkey is planning to use the 100th anniversary of the Allied attempt to invade Turkey in 1915 to smother memory of its own mass killing of the Armenians of the Ottoman Empire, the 20th century’s first semi-industrial holocaust. The Turks have already sent invitations to 102 nations to attend the Gallipoli anniversary on 24th April — on the very day when Armenia always honours its own genocide victims at the hands of Ottoman Turkey.

In an initiative which he must have known would be rejected, Turkish President Recep Erdogan even invited the Armenian President, Serge Sarkissian, to attend the Gallipoli anniversary after himself receiving an earlier request from President Sarkissian to attend ceremonies marking the Armenian genocide on the same day.

This is not just diplomatic mischief. The Turks are well aware that the Allied landings at Gallipoli began on 25th April – the day after Armenians mark the start of their genocide, which was ordered by the Turkish government of the time – and that Australia and New Zealand mark Anzac Day on the 25th. Only two years ago, then-president Abdullah Gul of Turkey marked the 98th anniversary of the Great War battle on 18th March 2013 — the day on which the British naval bombardment of the Dardanelles Peninsular began on the instructions of British First Lord of the Admiralty Winston Churchill. At the time, no-one in Turkey suggested that Gallipoli – Canakkale in Turkish — should be remembered on 24th April.

The Turks, of course, are fearful that 1915 should be remembered as the anniversary of their country’s frightful crimes against humanity committed during the Armenian extermination, in which tens of thousands of men were executed with guns and knives, their womenfolk raped and then starved with their children on death marches into what was then Mesopotamia. The irony of history has now bequeathed these very same killing fields to the victorious forces of the ‘genocidal’ Islamist ISIS army, which has even destroyed the Armenian church commemorating the genocide in the Syrian city of Deir ez-Zour. Armenians chose 24th April to remember their genocide victims because this was the day on which Turkish police rounded up the first Armenian academics, lawyers, doctors, teachers and journalists in Constantinople.

Like Germany’s right wing and revisionist historians who deny the Jewish Holocaust, Turkey has always refused to accept the Ottoman Turkish Empire’s responsibility for the greatest crime against humanity of the 1914-18 war, a bloodletting which at the time upset even Turkey’s German allies. Armenia’s own 1915 Holocaust – which lasted into 1917 — has been acknowledged by hundreds of international scholars, including many Jewish and Israeli historians, and has since been recognized by many European states. Only Tony Blair’s government tried to diminish the suffering of the Armenians when it refused to regard the outrages as an act of genocide and tried to exclude survivors from commemorating their dead during Holocaust ceremonies in London. Turkey’s claim – that the Armenians were unfortunate victims of the social upheavals of the war – has long been discredited.

Several brave Turkish scholars – denounced for their honesty by their fellow countrymen – have researched Ottoman documents and proved that instructions were sent out from Constantinople (now Istanbul) to regional officials to destroy their Armenian communities. Professor Ayhan Aktar of Istanbul Bilgi University, for example, has written extensively about the courage of Armenians who themselves fought in uniform for Turkey at Gallipoli, and has publicised the life of Captain Sarkis Torossian, an Armenian officer who was decorated by the Ottoman state for his bravery but whose parents and sister were done to death in the genocide. Professor Aktar was condemned by Turkish army officers and some academics who claimed that Armenians did not even fight on the Turkish side. Turkish generals officially denied – against every proof to the contrary, including Torossian’s photograph in Ottoman uniform — that the Armenian soldier existed.
But now Turkey has changed its story. Turkish foreign minister Mevlut Cavusoglu recently acknowledged that other ethnic groups – including many Arabs as well as Armenians – also fought at Gallipoli. “We [Turks and Armenians] fought together at Gallipoli,” he said. “That’s why we have extended the invitation to President Sarkissian as well.” The Armenian president’s reply to Erdogan’s invitation even mentioned Captain Torossian – although he sadly claimed that the soldier was also killed in the genocide when he in fact died in New York in 1954 after writing his memoirs – and reminded the Turkish president that “peace and friendship must first be hinged on the courage to confront one’s own past, historical justice and universal memory… Each of us has a duty to transmit the real story to future generations and prevent the repetition of crimes… and prepare the ground for rapprochement and future cooperation between peoples, especially neighbouring peoples.”

Armenians hold their commemorations on April 24th – when nothing happened at Gallipoli – because this was the day on which the Armenian intellectuals were rounded up and jailed in the basement of Constantinople’s police headquarters prior to their deportation and — in some cases — execution. These were the first ‘martyrs’ of the Armenian genocide. By another cruel twist of history, the place of their incarceration is now the Museum of Islamic Arts – a tourist location to which Prince Charles and other dignitaries will presumably not be taken on 24th April. These killings marked the start of the Armenian people’s persecution and exile to the four corners of the earth.

Professor Aktar’s contribution – along with that of historian Taner Akcam in the US — to the truth of Turkish-Armenian history is almost unique. They alone, through their academic research and under enormous political pressure to remain silent, forced thousands of Turks to debate the terrible events of 1915. Many Turks have since discovered Armenian grandmothers who were ‘Islamised’ or seized by Turkish militiamen or soldiers when they were young women. Aktar also points out that other Armenian soldiers – a First Lieutenant Surmenian, whose own memoirs were published in Beirut 13 years after Torossian’s death – fought in the Turkish army.

He has little time, however, for either the Turkish government or Armenian president Sarkissian. “If you want to honour the Armenian officers and soldiers who… died for the fatherland (Turkey) in 1915, then you should invite the Armenian patriarch of Istanbul,” Aktar told me. “Why do (they) invite President Sarkissian? His ancestors were probably fighting in the Russian Imperial Army in 1915. He is from Karabagh [Armenian-held territory that is part of Turkish Azerbaijan] as far as I know! This is a show of an ‘indecent proposal’ towards President Sarkissian… it is rather insulting!”

Many Armenians might share the same view. For several months, Sarkissian was prepared to sign a treaty with Turkey to open the Armenian-Turkish frontier in return for a mere formal investigation by scholars of the genocide. Then-US Secretary of State Hillary Clinton supported him, along with sundry politicians and some Western journalists based in Turkey. But the Armenian diaspora responded in fury, asking how Jews would feel if friendship with Germany was contingent upon an enquiry to discover if the Jewish Holocaust had ever occurred. In the First World War, American and European newspapers gave massive publicity to the savagery visited upon the Armenians, and the British Foreign Office published a ‘black book’ on the crimes against Armenians of the Turkish army. The very word ‘genocide’ was coined about the Armenian holocaust by Raphael Lemkin, an American lawyer of Polish-Jewish descent. Israelis use the word ‘Shoah’ – ‘Holocaust’ — when they refer to the suffering of the Armenians.

The Turkish hero of Gallipoli, of course, was Lieutenant Colonel Mustapha Kemal – later Ataturk, founder of the modern Turkish state – and his own 19th Division at Gallipoli was known as the ‘Aleppo Division’ because of the number of Arabs serving in it. Ataturk did not participate in the mass killings of Armenians in 1915, but some of his associates were implicated – which still casts a shadow over the history of the Turkish state. The bloody Allied defeat at Gallipoli was to cast a shadow over the rest of Winston Churchill’s career, a fact well known to the tens of thousands of Australians and New Zealanders who plan to come to the old battlefield this April. How much they will know about an even more horrific anniversary on April 24th is another matter.

Voir encore:

Denmark does not recognize Armenian genocide claims: Minister
Agence France Presse

1/12/2008

Denmark does not officially recognize that Ottoman-era killings of Armenians during World War I constitute genocide, Danish Foreign Minister Per Stig Moeller said Thursday.

« In the government’s opinion, this is a historical question that should be left up to the historians, » Moeller said in a written parliamentary answer, indicating that Denmark would not follow the lead of some 20 other countries, including France, that have labeled the killings genocide. Moeller’s note came in response to a question from parliamentary member, Morten Messerchmidt, of the far-right Danish People’s Party, on whether « Denmark had officially recognized this genocide. » « It is unfortunate that the Danish government refuses to join other countries in recognizing this genocide, » Messerschmidt told Agence France Presse. « It is as if they fear Turkey’s reactions, » he said. Copenhagen’s decision « to not recognize this genocide shows that the government indirectly supports Turkey’s cowardly refusal to take responsibility for its history the way the Germans did after World War II, » he said. The mass killing of Armenians is considered genocide by Armenians but not by Turkey, which rejects the term. According to the Armenian claims, 1.5 million of their kinsmen were killed from 1915 to 1917 under an Ottoman Empire campaign of deportation and murder. Rejecting the genocide label, Turkey states that 250,000 to 500,000 Armenians and at least as many Turks died in civil strife when Armenians took up arms for independence in eastern Anatolia during World War I. A number of countries and official bodies, notably the European parliament, France, Canada and now a United States House of Representatives committee, have labeled the killings genocide.

 Voir de plus:

Bataille de Gallipoli : la Turquie se souvient
Le Point

24/04/2015

« Je veux redire à nouveau au nom de tous, devant la mémoire des centaines de milliers de jeunes qui reposent dans cette petite péninsule, notre détermination à assurer la paix et la prospérité dans le monde », a-t-il promis dans son discours. Entouré d’une vingtaine de dirigeants du monde entier réunis sur les rives du détroit des Dardanelles, le chef de l’État turc a honoré la mémoire des soldats de l’Empire ottoman et du corps expéditionnaire franco-britannique tombés pendant cet épisode meurtrier de la Première Guerre mondiale, et a prêché pour la paix.

« Un remède contre le terrorisme »

« J’espère que Canakkale (Dardanelles) servira d’exemple au monde entier et à toutes les communautés pour transformer notre peine commune en un outil de promotion de la fraternité, de l’amour et de la paix », a-t-il insisté, « un remède contre le terrorisme, le racisme, l’islamophobie et la haine ». « Nous devons honorer l’héroïsme des combattants de Gallipoli dans les deux camps », a renchéri sur le même ton le prince Charles, héritier de la couronne britannique. Malgré ce ton très oecuménique, le message délivré par l’homme fort de Turquie est resté largement brouillé par la polémique sur le génocide arménien. D’autres chefs d’État et de gouvernement, dont les présidents russe Vladimir Poutine et français François Hollande, ont ainsi boudé l’invitation de Gallipoli et préféré rendre vendredi hommage à Erevan aux centaines de milliers d’Arméniens massacrés par l’Empire ottoman à partir du 24 avril 1915.

Ces derniers jours, les Turcs ont vigoureusement dénoncé toutes les déclarations, du pape François au président allemand Joachim Gauck, les pressant de reconnaître un « génocide » arménien, et ont dénoncé une « campagne de dénigrement ». Pour la première fois cependant, un ministre turc a assisté vendredi à Istanbul à une messe en l’honneur des victimes arméniennes de 1915. « Nos coeurs sont ouverts aux descendants des Arméniens ottomans de par le monde », a déclaré M. Erdogan dans un message lu pendant cet office en leur renouvelant ses condoléances. Mais le chef de l’État turc n’est pas allé plus loin. Après la cérémonie internationale de Gallipoli, les anciens belligérants de 1915 ont commencé vendredi à honorer leurs morts dans des rendez-vous « nationaux ».

400 000 morts ou blessés dans les deux camps
Le plus célèbre, le fameux « service de l’aube » organisé par l’Australie et la Nouvelle-Zélande, se déroulera samedi au petit matin, à l’heure précise du débarquement des premières troupes alliées sur les plages turques. La bataille des Dardanelles a commencé en février 1915 par la tentative d’une flottille franco-britannique de forcer le détroit pour s’emparer d’Istanbul, capitale de l’Empire ottoman. Repoussés, les Alliés ont débarqué le 25 avril à Gallipoli mais ont été contraints à une humiliante retraite après neuf fois d’une guerre de tranchées qui a fait plus de 400 000 morts ou blessés dans les deux camps. Malgré la défaite, l’héroïsme des jeunes soldats australiens et néo-zélandais, dont c’était le baptême du feu, contribuera à former l’identité nationale des deux pays. « Leur persévérance, leur dévouement, leur courage et leur compassion nous ont définis en tant que nation », a déclaré le chef du gouvernement australien Tony Abbott.

Comme chaque année, de nombreux touristes ont fait le pèlerinage de Gallipoli depuis l’autre côté de la planète. « Il est très important de revenir ici pour leur rendre l’hommage qu’ils méritent », a déclaré Marjorie Stevens, 87 ans, venue d’Adelaïde (Australie). L’Empire ottoman a fini la guerre dans le camp des perdants et a été démantelé. Mais la bataille de Gallipoli est devenue un symbole de la résistance qui a abouti à l’avènement de la République turque moderne en 1923. À la tête d’un régiment, son père-fondateur Mustafa Kemal y a forgé sa légende de héros national. À un mois des élections législatives turques du 7 juin, M. Erdogan n’a pas manqué de faire vibrer la fibre patriotique nationale. « Nous avons payé un prix élevé pour la victoire de Gallipoli. Il ne faut pas oublier que nous devons à cet esprit et à cette persévérance notre indépendance d’aujourd’hui », a-t-il dit.

Voir de plus:

A genocide denied
Newly uncovered Foreign Office memos show how New Labour has played politics with the massacre of th
Geoffrey Robertson

New Statesman

10 December, 2009

There are few genocides more clearly established than that suffered by the Armenians in 1915-16, when half the race was extinguished in massacres and deportations directed by the Young Turk government. Today you can be prosecuted in France and other European countries for denying the slaughter. But the world’s most influential genocide denier – other than Turkey itself – is the British government, which has
repeatedly asserted that there is insufficient evidence that what it terms a « tragedy » amounted to genocide. Now, thanks to the Freedom of Information Act, we learn that (in the words of Foreign Office memos) commercial and political relations with Turkey have required abandoning « the ethical dimension ».

For the past ten years, various Foreign Office ministers, from Geoff Hoon to Mark Malloch Brown, have told parliament that « neither this government nor previous governments have judged that the evidence is sufficiently unequivocal to persuade us that these events should be categorised as genocide, as defined by the 1948 convention ». This would have come as a shock to the architects of the 1948 UN Convention on Genocide (for whom the Armenian genocide was second only to the Holocaust), as well as to the wartime British government, which accused the Turks of proceeding « systematically to exterminate a whole race out of their domain ». (Winston Churchill described it as « an administrative holocaust . . . there is no reasonable doubt that this crime was executed for political reasons ».)

What does the Foreign Office know that eluded our government at the time as well as the drafters of the Genocide Convention, not to mention the International Association of Genocide Scholars, the US House committee on foreign affairs and at least nine other European governments? The Freedom of Information Act has now unravelled this mystery.

The Armenian Centre in London obtained hundreds of pages of hitherto secret memorandums, bearing the astonishing admission that there was no « evidence » that had ever been looked at and there had never been a « judgment » at all. Parliament had been misinformed: as the Foreign Office now admits, « there is no collection of documents, publications and reports by historians, held on the relevant files, or any evidence that a series of documents were submitted to ministers for consideration ». In any case, ministers repeatedly asserted that, « in the absence of unequivocal evidence to show that the Ottoman administration took a specific decision to eliminate the Armenians under their control at the time, British governments have not recognised the events of 1915-16 as genocide ».

That was the answer given by the government during the House of Lords debate on the subject in 1999. The thinking behind the genocide denial is revealed in an internal memorandum to ministers (Joyce Quin and Baroness Symons) before the debate: « HMG is open to criticism in terms of the ethical dimension, but given the importance of our relations (political, strategic and commercial) with Turkey . . . the current line is the only feasible option. »

An inconvenient truth
Nobody noticed that this « current line » was a legal nonsense. To prove genocide, you do not need unequivocal evidence of a specific government decision to eliminate a race – neither the Nazis nor the Hutu government in Rwanda ever voted to do so or recorded any such decision. Genocidal intentions are inferred from what governments do and from what they knew at the time they did it; and it was obvious to everyone in Armenia (including diplomats and missionaries from Germany, then allied to Turkey, and to neutral US ambassadors) that the deportations had turned into death marches, and the massacres were influenced by race hatred fanned by the government’s « Turkification » campaign. The internal documents show that the Foreign Office has never had the slightest interest in the law of genocide: its stance throughout is that the UK cannot recognise this particular genocide, not because it had not taken place, but because realpolitik makes it inconvenient.

There is no suggestion in these documents that expert legal advice was ever sought before ministers were wrongly briefed on the law of genocide. The definition of the crime includes « deliberately inflicting on the group conditions of life calculated to bring about its physical destruction in whole or in part » – a precise description of the Ottoman government’s orders to deport two million Armenians to the Syrian Desert, in the course of which hundreds of thousands were murdered or died of starvation. Courts in The Hague have actively developed the law relating to genocide in recent years, but the Foreign Office memos make no reference to this – its only concern is that ministers should say nothing which might discomfort a Turkish government that it describes as « neuralgic » about its accountability.

The documents show how Foreign Office officials have discouraged ministers from attending memorial services for Armenian victims and from including any reference to this genocide at Holocaust Memorial Day. They advised Margaret Beckett, Geoff Hoon and Kim Howells to absent themselves from the Armenian genocide memorial day in 2007. It is no business of the Foreign Office to discourage ministers from attending memorial services for victims of crimes against humanity.Notable in these hitherto secret documents is how government ministers parrot their Foreign Office briefs in parliament word for word and never challenge the advice provided by diplomats. None of them has ever pointed out, for example, that the « not sufficiently unequivocal » test is oxymoronic – evidence is either equivocal or it is not. It cannot be a little bit unequivocal.

The other routine excuse for denying the genocide has been that « it is for historians, not governments, to interpret the past ». This « line » was described in 1999 as « long-standing ». But genocide is a matter for legal judgment, not a matter for historians, and there is no dispute about the Armenian genocide among legal scholars. Yet Foreign Office ministers insist that the « interpretation of events is still the subject of genuine debate among historians ». This « line » was stoutly maintained until last year, when it was placed on the Downing Street website in response to an e-petition and provoked angry replies from the public. The minister, by now Jim Murphy, was displeased, and became the first to demand to know just what evidence the Foreign Office had looked at.

The Eastern Department had looked at no evidence at all. In great haste, it came up with three historians – Bernard Lewis (who had been prosecuted in France for denying the genocide, but then told Le Monde that he did not dispute that hundreds of thousands of Armenians had died), Justin McCarthy (a Kentucky professor whose pro-Turkish work was sent to Keith Vaz, then a minister at the Foreign Office, by the Turkish ambassador) and Heath Lowry, who, although he does not put his own name to denials of the genocide, provoked dispute at Princeton after it accepted funds from the Turkish government to endow his « Atatürk Chair » and he was then exposed as having helped draft a letter in which the Turkish ambassador denounced a scholar for writing about the genocide. It is astonishing, given the number of British historians, from Arnold Toynbee onwards, who have no doubts on the subject, that the Foreign Office should grasp at the straw of three controversial Americans.

Will we remember?
The head of the department later told Murphy that it had stopped « deploying this line » because « we found that references to historians tended to raise further questions ». Malloch Brown proceeded to read out the old mantra that « neither this government nor previous governments have judged that the evidence is sufficiently unequivocal » on his behalf, even though no government had actually « judged » or received any evidence at all.Parliament has been routinely misinformed by ministers who have recited Foreign Office briefs without questioning their accuracy. The government’s only policy has been to evade giving any truthful answer about the Armenian genocide, because it has abandoned « the ethical dimension » in the interests of relations with a Turkish government that it acknowledges to be unbalanced in its attitude to this issue.

In August 1939, Adolf Hitler exhorted his generals to show no mercy to the Polish people they were preparing to blitzkrieg because, « After all, who now remembers the annihilation of the Armenians? » If the ethics-free zone in the Foreign Office has its way, nobody in the UK will remember them either.

Geoffrey Robertson, QC is the author of « Crimes Against Humanity: the Struggle for Global Justice » (Penguin, £14.99)
His full opinion on the Armenian genocide and the Foreign Office documents can be obtained for free from j.flint@doughtystreet.co.uk

Voir de même:

Israël doit reconnaître le génocide arménien
Serge et Arno Klarsfeld

Le Monde

20.04.2015

Il est temps pour les autorités les plus représentatives d’Israël, son président, le chef de son gouvernement, la Knesset, de reconnaître le génocide dont ont été victimes les Arméniens de l’Empire ottoman.

Dans moins de vingt-cinq ans, ce sera au tour du centenaire du génocide des juifs d’être célébré dans le monde entier, et – nous l’espérons – y compris dans le monde musulman. Comment cultiver cette espérance d’unanimité si l’Etat des juifs se refuse encore à cette reconnaissance formelle pour ne pas indisposer son puissant voisin turc ?

Le génocide arménien a été reconnu par de nombreux pays, et le président de la République, François Hollande, s’est engagé à ce qu’une loi sanctionne la négation du génocide arménien comme la loi Gayssot sanctionne depuis un quart de siècle la négation du génocide juif.

En un temps ou les massacres des chrétiens d’Orient se multiplient, la voix du pape s’est fait entendre pour le déplorer et pour, enfin, proclamer que les Arméniens ont été victimes d’un génocide.

Suivre l’exemple allemand

Ce n’est pas pour condamner la Turquie moderne, pas plus qu’à Nuremberg on a voulu condamner l’Allemagne qui naîtrait des ruines du IIIe Reich. D’ailleurs, l’Allemagne fédérale dès sa naissance, la République démocratique allemande peu avant sa chute et l’Allemagne enfin réunifiée ont reconnu le génocide commis par l’Allemagne hitlérienne et, en en assumant les conséquences sur tous les plans, ont libéré le peuple allemand d’une partie de son fardeau moral.

Les dirigeants de la Turquie doivent suivre cet exemple. Tant qu’ils nieront la vérité historique, tant qu’ils essaieront d’échapper à leurs responsabilités et qu’ils continueront à prétendre que les Arméniens les ont trahis pendant la première guerre mondiale et qu’eux ont seulement riposté, ils seront tenus à l’écart par la communauté internationale, et en priorité par l’Union européenne. Tant qu’Israël ne reconnaîtra pas le génocide arménien, la Turquie se refusera à le faire.

L’Etat juif sait que les nazis ont pu se risquer à commettre au XXe siècle un second génocide parce que les auteurs du premier n’avaient pas été punis. Aucun argument ne peut s’opposer valablement à la reconnaissance que nous demandons à Israël en ces jours ou nous commémorons Yom HaShoah (la Journée du souvenir de l’Holocauste en Israël).

Serge Klarsfeld préside Fils et filles des déportés juifs de France.

Arno Klarsfeld est l’ancien avocat des Fils et filles des déportés juifs de France.

Voir aussi:

Un siècle plus tard, Israël est moralement tenu de reconnaître le génocide arménien
Edy Cohen

i24news

44 membres du Congrès américain ont récemment présenté un projet de loi demandant à l’administration Obama de reconnaître l’holocauste arménien comme un « génocide ». On ne sait pas quand la proposition sera soumise au vote, mais il semble que les États-Unis pourraient très bientôt rejoindre la liste des 21 pays qui ont formellement reconnu le premier génocide du 21ème siècle.

Lorsque la Première Guerre mondiale a éclaté, l’Empire ottoman a déclaré la guerre à la Russie. Les Arméniens, qui cherchaient à réaliser leurs aspirations nationales et établir une autonomie arménienne dans l’Empire, ont été perçus comme des traîtres qui collaboraient avec les Russes. Les « Jeunes Turcs », le parti nationaliste turc qui a déposé le sultan Abdul Hamid II, avaient d’autres plans concernant les Arméniens sur son territoire. Le parti a « turquifié” les territoires sous son contrôle en menant un nettoyage ethnique contre la minorité chrétienne.

Les responsables du génocide arménien étaient les hauts gradés des Jeunes Turcs, soit le ministre de l’Intérieur Talaat Pacha et le ministre de la Guerre, Enver Pacha. Ces hauts responsables ont ordonné la création d’une organisation paramilitaire, l’ »Organisation spéciale » (Techkilat-i Mahsoussé), afin de résoudre le « problème arménien ». La mission confiée à l’organisation était de bannir et de détruire le peuple arménien. Des criminels et les détenus libérés ont été engagés spécialement pour exécuter le plan.

Dans la nuit du 23 au 24 avril 1915, l’armée turque est entrée dans les maisons des dirigeants de la minorité arménienne et a cruellement tué des centaines de personnes.

Par conséquent, le 24 avril symbolise le début du génocide arménien et a été fixé comme journée officielle du souvenir. Les enquêteurs ont estimé que, entre 1914 et 1918 entre 1 et 1.5 million d’Arméniens, hommes, femmes et enfants ont été cruellement et systématiquement assassinés. La Turquie moderne refuse avec véhémence d’admettre son implication historique dans l’assassinat du peuple arménien et investit beaucoup dans la propagande de négation de l’holocauste arménien.

L’un des documents des archives des essais de Nurenberg révèle que l’apathie de la communauté internationale, l’oubli du massacre des Arméniens par les Turcs pendant la Première Guerre mondiale et l’absence de réponse appropriée ont encouragé Adolf Hitler à conquérir des territoires et à anéantir les Juifs dans Europe. « Qui se souvient de ces Arméniens? », a déclaré Hitler à son personnel, pour les informer de sa décision d’envahir la Pologne, ajoutant qu’ils ne devaient pas craindre une réaction internationale, en utilisant le massacre des Arméniens comme preuve.

Israël n’a jamais formellement reconnu le génocide arménien. La politique du ministère israélien des Affaires étrangères a toujours été de « ne pas perturber » les Turcs. La presse a fait en sorte de ne pas publier des articles sur le sujet, les éditeurs craignaient d’affronter le ministère des Affaires étrangères et ont sciemment dissumulé au public israélien le droit de savoir et de se familiariser avec la tragédie arménienne. Une grande partie de la population israélienne n’est pas consciente de la question malgré son importance et son influence sur l’histoire juive.

Tout Israël et le peuple juif en particulier, ont le devoir moral de reconnaître le génocide arménien. Un peuple qui a perdu un tiers de ses membres dans la Shoah ne peut pas nier le génocide d’un autre peuple qui avaient perdu les deux tiers de son numéro. Toutes les tentatives faites ces dernières années pour reconnaître le génocide arménien ont échoué en raison des considérations étrangères et des raisons politiques, la plupart du temps sur l’insistance du ministère israélien des Affaires étrangères et de la peur de la réponse turque.

Aujourd’hui, lorsque le président turc, qui a été Premier ministre pendant une décennie, Recep Tayyip Erdogan, maintient une ligne anti-israélienne et antisémite claire, le ministère des Affaires étrangères continue d’ignorer l’holocauste arménien et de maintenircette basse politique sur la base de mauvaises considérations. Il y a une justification morale et historique à reconnaître la genocide arménien. L’holocauste arménien doit être enseigné dans les écoles. Dans un mois, le 24 avril 2015 nous allons commémorer les 100 ans de l’assassinat de 1,5 million d’Arméniens.

A cette occasion, en plus de la page Facebook que j’avais créé – « Reconnaître le génocide arménien » – La parole est au président d’Israël Reuven Rivlin, le Premier ministre Benyamin Netanyahou et le ministre des Affaires étrangères à venir devront prendre immédiatement des mesures pour reconnaître le génocide qui a eu lieu il y a 100 ans et a été ignoré par l’ensemble de leurs prédécesseurs.

Edy Cohen est chercheur au département d’études du Moyen-Orient de l’université de Bar-Ilan

Voir de même:

Why is Israel still silent on Armenian genocide?

Israel has not joined the EU Parliament and the pope in officially recognizing the Armenian genocide, partly because of its strategic alliance with Azerbaijan against Iran.
Arad Nir

Al Monitor

April 22, 2015

Translator Danny Wool
For years, close ties between Israel and Turkey were understood to be the reason Jerusalem has avoided the repeated requests of Armenians for the international community to recognize the genocide their community suffered at the hands of the Ottoman Turks during World War I. Not only has Israel refused to recognize that the massacre was premeditated and planned by the Ottoman government in Istanbul, it has also exerted its influence in Washington to prevent the United States from recognizing the genocide. This alone was a good enough reason for the various Turkish governments to maintain close ties with Israel. Ankara believed that Israel had almost mystical powers of influence over the White House and Capitol Hill.

Diplomatic relations between Israel and Turkey have been foundering for over half a decade. During most of that time, there has been no Turkish ambassador to Israel, while the Israeli ambassador to Turkey was expelled from Ankara in disgrace. Pro-Israel lobbyists no longer meet with the Turkish ambassador in Washington, and the Israel Defense Forces have found apt and even successful alternatives to cooperation with the Turkish military, at least as far as Israel is concerned.

This year, Armenians are marking the centennial of the genocide. Given the deterioration of its relationship with Turkey, this occasion would seem to provide Israel with a golden opportunity to respond to the moral claim that it recognize the Armenian genocide, just as Pope Francis recently did, followed by the European Parliament. In fact, dozens of prominent Israeli artists and academics recently signed a petition calling on the Israeli government and Knesset to recognize the Armenian genocide.

Nevertheless, officially, Israel continues to squirm. The Foreign Ministry recommends showing greater empathy to the Armenian issue, and this will be the first year that Israel will send an official delegation to participate in the memorial ceremony to take place in Yerevan. It will, however, be a low-ranking delegation, made up of Knesset members. Foreign Ministry spokesman Emmanuel Nahshon presented Israel’s official position to Al-Monitor, saying: “Israel’s position has not changed. We are sensitive and attentive to the terrible tragedy of the Armenian people during the First World War, and express our empathy and solidarity. Most of the international community’s efforts must be focused on preventing humanitarian tragedies in the future.”

A few senior Israeli officials dealing with the issue spoke to Al-Monitor about it on condition of anonymity. They emphasized that this doesn’t just involve susceptibility toward Turkish sensitivities, but also sensitivity that Israel wants to show toward Azerbaijan, which is a neighbor of both Turkey and Armenia. Since the Soviet Union’s collapse, the borders in the Caucasus region have been redefined. One consequence is a continuing state of war between Azerbaijan and Armenia. One of the pillars of Azerbaijan’s new national narrative is the “Khojaly massacre,” which refers to a battle in the village of Khojaly, located in the disputed Armenian enclave of Nagorno-Karabakh, on Feb. 26, 1992. According to the Azeri narrative, Armenian forces killed 600 Azeri civilians there, including 169 women and children.

In this instance, the Armenians deny responsibility for the massacre of civilians, just as they do for a long list of atrocities that the Azeris have blamed on them since WWI. Given this relationship, it’s no wonder that the Azeris describe Armenian claims of genocide as fabricated. Last week’s decision by the European Parliament to use the term “Armenian genocide” was described by a spokesman for the Azeri Foreign Ministry as “an attempt to falsify the history [and] its interpretation for political purposes” stemming from the parliament’s succumbing to Armenian pressure.

Gallia Lindenstrauss of Israel’s Institute for National Security Studies says that Azerbaijan is the Muslim country with which Israel currently has the closest ties. Trade between Israel and Azerbaijan is estimated at over $5 billion. Israel imports some 40% of its oil from there, and exports mainly weapons and sophisticated defense systems to it. In 2012, when talk of an Israel strike against Iran was at its peak, Foreign Policy quoted a senior US official as saying (apparently with considerable hyperbole), “The Israelis have bought an airfield … and the airfield is called Azerbaijan.”

About six months ago, Defense Minister Moshe Ya’alon paid his first public visit to Azerbaijan. Foreign Minister Avigdor Liberman has visited Baku, the capital, on several occasions. While there, both of them heard from their hosts that Azerbaijan, like the Israeli government, considers Iran’s nuclear capacity to be an existential threat.

Azerbaijan’s border with Iran stretches for 611 kilometers (380 miles), making it longer even than Turkey’s border with Iran, which is 499 kilometers (310 miles) long. Meanwhile, Armenia’s border with Iran stretches for just 35 kilometers (22 miles). If the length of their borders can be used to determine the importance of relations with those countries, then Armenia is the least important of all of them. And in general, it is considered an ally of the country that Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu compares to Hitler’s Germany.

Coming back to the official position presented by the Israeli Foreign Ministry spokesman, it would seem that the call to the international community “to prevent humanitarian tragedies in the future” might not refer only to the incidents of mass murder committed daily by the Islamic State against anyone who is not one of them — Yazidis, Christians or Alawites. It is mainly directed against Iran’s “explicit intent of obliterating the Jewish state,” as Netanyahu reiterated April 16 at Yad Vashem during a memorial service for the victims of the Holocaust. Herein lies the real reason for Israel’s policy concerning whether it will recognize the Armenia genocide. The reason isn’t Turkey; it’s Iran.

Arad Nir
Contributor,  Israel Pulse
Arad Nir Is the head of the foreign news desk and international commentator for Channel 2 News, the largest news provider in Israel. Arad has covered international politics and diplomacy, ethnic conflicts around the world and interviewed various world leaders, decision-makers and opinion leaders. He teaches TV journalism at the IDC Herzliya and Netanya Academic College.
Original Al-Monitor Translations

Voir encore:

Le dilemme d’Israël face au génocide arménien
Cyrille Louis
Le Figaro

24/04/2015

L’Etat hébreu, soucieux de ne pas froisser la Turquie et l’Azerbaïdjan, s’est toujours refusé à qualifier ainsi les massacres survenus en 1915. Mais une partie de l’opinion israélienne réclame la remise en cause de cette posture.

Correspondant à Jérusalem

L’Etat hébreu, qui a toujours refusé de reconnaître le génocide arménien, ne sera pas pour autant absent des cérémonies organisées à Erevan pour en commémorer le centenaire. Sous pression d’une partie de son opinion publique, le gouvernement a décidé de s’y faire représenter par une délégation parlementaire. «Cette démarche reflète la sympathie et la solidarité que nous éprouvons vis-à-vis du peuple arménien», explique Emmanuel Nahshon, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, tout en soulignant qu’il n’est pas question, à ce stade, de remettre en cause la position israélienne. «Nous continuons d’évoquer une tragédie, et non pas un génocide, pour désigner les événements survenus en 1915», rappelle-t-il.

Avant de s’envoler pour Erevan, le député Nachman Shai (Union sioniste) et sa collègue Anat Berko (Likoud) ont ainsi été priés par les diplomates israéliens de choisir avec soin les mots qu’ils emploieront durant leur mission. Pas question, les a-t-on mis en garde, d’afficher des positions qui risqueraient de froisser la Turquie ou l’Azerbaïdjan. Mais la participation de ces deux parlementaires aux cérémonies d’Erevan laisse penser que la position israélienne n’est pas gravée dans le marbre. «Israël doit se demander si l’heure n’est pas venue de reconnaître qu’un génocide s’est déroulé en Arménie», explique Nachman Shai, qui, à titre personnel, parle d’un «holocauste arménien». «En tant que Juifs, nous avons la responsabilité de franchir ce pas, ajoute-t-il. Notre participation à ces commémorations traduit un engagement fort et clair de la Knesset, qui a régulièrement commémoré le souvenir des victimes, à réexaminer cette question.»

Une pétition pour la reconnaissance du génocide
Le gouvernement, soulignant que seuls une vingtaine de pays ont à ce jour reconnu le génocide arménien, considère qu’une telle démarche irait à l’encontre de ses intérêts stratégiques. Elle risquerait d’aggraver encore la brouille avec Ankara, l’un des rares alliés qu’Israël compte dans la région, avec lequel les relations sont des plus fraîches depuis l’assaut mortel contre le navire Mavi Marmara (2010). Elle ne manquerait pas, en outre, de froisser l’Azerbaïdjan. Or l’Etat hébreu entretient depuis les années 1990 un lien étroit avec Bakou, qui lui apporte une aide discrète mais essentielle dans ses efforts pour surveiller le programme nucléaire iranien. La relation entre les deux pays est «semblable à un iceberg», aurait jadis confié le président Ilham Aliyev, qui précisait alors: «Elles se déroulent à 90% sous la surface…»

Cent ans après le génocide arménien, de nombreuses voix appellent cependant les autorités israéliennes à ne pas sacrifier leurs principes à ces considérations géopolitiques. «En tant que descendants d’un peuple qui a connu l’Holocauste et qui se bat encore contre sa négation, il nous incombe de montrer une sensibilité particulière aux désastres subis par d’autres peuples», affirme une pétition récemment signée par une groupe d’universitaires, d’artistes, d’ex-officiers généraux et de responsables politiques israéliens. Le président Reuven Rivlin, élu au printemps 2014, est lui-même un partisan notoire de la reconnaissance du génocide arménien. Au nom de la raison d’Etat, il a récemment mis ce point de vue en sourdine. «Rouvrir ce débat au moment du centenaire n’a pas paru opportun, décrypte un responsable israélien, mais il ne serait pas surprenant qu’il revienne sur la table une fois les commémorations achevées…»

Voir enfin:

CARTE. La reconnaissance du génocide arménien dans le monde
Marie Le Douaran

L’Express

24/04/2015

Quelques jours avant la commémoration du centenaire des massacres, le Parlement autrichien et le Pape François ont reconnu publiquement le terme « génocide » que la Turquie nie catégoriquement.

Alors que l’Arménie commémore ce vendredi le centenaire des massacres perpétrés contre les Arméniens de Turquie au cours de la Première Guerre mondiale, 24 pays dans le monde reconnaissent actuellement le génocide arménien. Le Parlement européen et l’ONU qualifient aussi ces événements de « génocide ».

Ces actes de reconnaissance sont très divers: parmi les 24 Etats, seuls quatre -la France, l’Uruguay, l’Argentine et Chypre- ont promulgué des lois en ce sens. La plupart du temps, il s’agit de résolutions adoptées par le Parlement ou une des chambres du Parlement.

Les termes employés dans les déclarations ne sont pas toujours les mêmes: 22 pays nomment bien un « génocide » -contrairement à l’Uruguay, placé dans la catégorie « reconnaissance partielle » de la carte. En Allemagne, le texte adopté par le Parlement en 2005 n’emploie pas le terme mais le président Joachim Gauck l’a prononcé jeudi 23 avril, reconnaissant dans la foulée une « coresponsabilité » de son pays dans les massacres.

Des variations existent aussi sur l’identification de la responsabilité du génocide. Tous les pays n’évoquent pas la Turquie. Ainsi, la France et le Vatican ne mentionnent pas du tout Ankara, quand la Belgique, l’Italie, la Suisse, le Liban, la Syrie ou le Chili parlent de « l’Empire ottoman ».

La reconnaissance du génocide donne lieu à des tensions diplomatiques. Ainsi, la Turquie a rappelé son ambassadeur en Autriche cette semaine, après que Vienne a reconnu les massacres. Pour ne pas froisser la Turquie, Israël ne reconnaît toujours pas le génocide, mais évoque une « tragédie », et la Knesset n’a pas adopté de résolution. C’est également un des sujets qui ont pu freiner les discussions entre l’Union européenne et la Turquie, en vue d’une adhésion.


Doctrine Obama: Attention, un Münich peut en cacher un autre ! (Former British adviser to US troops: How Obama lost Iraq)

16 avril, 2015
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Notre contrat devient pire, à chaque instant. Lando Carlissian (murmurant entre ses dents)
If we fail to respond today, Saddam and all those who would follow in his footsteps will be emboldened tomorrow. Some day, some way, I guarantee you, he’ll use the arsenal. President Clinton (February 1998)
[La mission des forces armées américaines et britanniques est d’]attaquer les programmes d’armement nucléaires, chimiques et biologiques de l’Irak et sa capacité militaire à menacer ses voisins (…) On ne peut laisser Saddam Hussein menacer ses voisins ou le monde avec des armements nucléaires, des gaz toxiques, ou des armes biologiques. » (…) Il y a six semaines, Saddam Hussein avait annoncé qu’il ne coopérerait plus avec l’Unscom [la commission chargée du désarmement en Irak (…). D’autres pays [que l’Irak possèdent des armements de destruction massive et des missiles balistiques. Avec Saddam, il y a une différence majeure : il les a utilisés. Pas une fois, mais de manière répétée (…). Confronté au dernier acte de défiance de Saddam, fin octobre, nous avons mené une intense campagne diplomatique contre l’Irak, appuyée par une imposante force militaire dans la région (…). J’avais alors décidé d’annuler l’attaque de nos avions (…) parce que Saddam avait accepté nos exigences. J’avais conclu que la meilleure chose à faire était de donner à Saddam une dernière chance (…).  Les inspecteurs en désarmement de l’ONU ont testé la volonté de coopération irakienne (…). Hier soir, le chef de l’Unscom, Richard Butler, a rendu son rapport au secrétaire général de l’ONU [Kofi Annan. Les conclusions sont brutales, claires et profondément inquiétantes. Dans quatre domaines sur cinq, l’Irak n’a pas coopéré. En fait, il a même imposé de nouvelles restrictions au travail des inspecteurs (…). Nous devions agir et agir immédiatement (…).  J’espère que Saddam va maintenant finalement coopérer avec les inspecteurs et respecter les résolutions du Conseil de sécurité. Mais nous devons nous préparer à ce qu’il ne le fasse pas et nous devons faire face au danger très réel qu’il représente. Nous allons donc poursuivre une stratégie à long terme pour contenir l’Irak et ses armes de destruction massive et travailler jusqu’au jour où l’Irak aura un gouvernement digne de sa population (…). La dure réalité est qu’aussi longtemps que Saddam reste au pouvoir il menace le bien-être de sa population, la paix de la région et la sécurité du monde. La meilleure façon de mettre un terme définitif à cette menace est la constitution d’un nouveau gouvernement, un gouvernement prêt à vivre en paix avec ses voisins, un gouvernement qui respecte les droits de sa population. Bill Clinton (16.12.98)
 Iraq would serve as the base of a new Islamic caliphate to extend throughout the Middle East, and which would threaten legitimate governments in Europe, Africa and Asia. Don Rumsfeld (2005)
They will try to re-establish a caliphate throughout the entire Muslim world. Just as we had the opportunity to learn what the Nazis were going to do, from Hitler’s world in ‘Mein Kampf,’, we need to learn what these people intend to do from their own words. General Abizaid (2005)
The word getting the workout from the nation’s top guns these days is « caliphate » – the term for the seventh-century Islamic empire that spanned the Middle East, spread to Southwest Asia, North Africa and Spain, then ended with the Mongol sack of Baghdad in 1258. The term can also refer to other caliphates, including the one declared by the Ottoman Turks that ended in 1924. (…) A number of scholars and former government officials take strong issue with the administration’s warning about a new caliphate, and compare it to the fear of communism spread during the Cold War. They say that although Al Qaeda’s statements do indeed describe a caliphate as a goal, the administration is exaggerating the magnitude of the threat as it seeks to gain support for its policies in Iraq. In the view of John L. Esposito, an Islamic studies professor at Georgetown University, there is a difference between the ability of small bands of terrorists to commit attacks across the world and achieving global conquest. « It is certainly correct to say that these people have a global design, but the administration ought to frame it realistically, » said Mr. Esposito, the founding director of the Center for Muslim-Christian Understanding at Georgetown. « Otherwise they can actually be playing into the hands of the Osama bin Ladens of the world because they raise this to a threat that is exponentially beyond anything that Osama bin Laden can deliver. » Shibley Telhami, the Anwar Sadat professor for peace and development at the University of Maryland, said Al Qaeda was not leading a movement that threatened to mobilize the vast majority of Muslims. A recent poll Mr. Telhami conducted with Zogby International of 3,900 people in six countries – Egypt, Saudi Arabia, Morocco, Jordan, the United Arab Emirates and Lebanon – found that only 6 percent sympathized with Al Qaeda’s goal of seeking an Islamic state. The notion that Al Qaeda could create a new caliphate, he said, is simply wrong. « There’s no chance in the world that they’ll succeed, » he said. « It’s a silly threat. » (On the other hand, more than 30 percent in Mr. Telhami’s poll said they sympathized with Al Qaeda, because the group stood up to America.) The term « caliphate » has been used internally by policy hawks in the Pentagon since the planning stages for the war in Iraq, but the administration’s public use of the word has increased this summer and fall, around the time that American forces obtained a letter from Ayman al-Zawahiri, the No. 2 leader in Al Qaeda, to Abu Musab al-Zarqawi, the leader of Al Qaeda in Mesopotamia. The 6,000-word letter, dated early in July, called for the establishment of a militant Islamic caliphate across Iraq before Al Qaeda’s moving on to Syria, Lebanon and Egypt and then a battle against Israel. In recent weeks, the administration’s use of « caliphate » has only intensified, as Mr. Bush has begun a campaign of speeches to try to regain support for the war. He himself has never publicly used the term, although he has repeatedly described the caliphate, as he did in a speech last week when he said that the terrorists want to try to establish « a totalitarian Islamic empire that reaches from Indonesia to Spain. » Six days earlier, Mr. Edelman, the under secretary of defense, made it clear. « Iraq’s future will either embolden terrorists and expand their reach and ability to re-establish a caliphate, or it will deal them a crippling blow, » he said. « For us, failure in Iraq is just not an option. » NYT (2005)
They demand the elimination of Israel; the withdrawal of all Westerners from Muslim countries, irrespective of the wishes of people and government; the establishment of effectively Taleban states and Sharia law in the Arab world en route to one caliphate of all Muslim nations. Tony Blair (2005)
I remember having a conversation with one of the colonels out in the field, and although he did not believe that a rapid unilateral withdrawal would actually be helpful, there was no doubt that the US occupation in Iraq was becoming an increasing source of irritation. And that one of the things that we’re going to need to do – and to do sooner rather than later – is to transition our troops out of the day-to-day operations in Iraq and to have a much lower profile and a smaller footprint in the country over the coming year. On the other hand, I did also ask some people who were not particularly sympathetic to the initial war, but were now trying to make things work in Iraq – what they thought would be the result of a total withdrawal and I think the general view was that we were in such a delicate situation right now and that there was so little institutional capacity on the part of the Iraqi government, that a full military withdrawal at this point would probably result in significant civil war and potentially hundreds of thousands of deaths. This by the way was a message that was delivered also by the Foreign Minister of Jordan, who I’ve been meeting with while here in Amman, Jordan. The sense, I think, throughout the entire region among those who opposed the US invasion, that now that we’re there it’s important that we don’t act equally precipitously in our approach to withdrawal, but that we actually stabilize the situation and allow time for the new Iraqi government to develop some sort of capacity. Barack Obama (January 9, 2006)
Having visited Iraq, I’m also acutely aware that a precipitous withdrawal of our troops, driven by Congressional edict rather than the realities on the ground, will not undo the mistakes made by this Administration. It could compound them. It could compound them by plunging Iraq into an even deeper and, perhaps, irreparable crisis. We must exit Iraq, but not in a way that leaves behind a security vacuum filled with terrorism, chaos, ethnic cleansing and genocide that could engulf large swaths of the Middle East and endanger America. We have both moral and national security reasons to manage our exit in a responsible way. Barack Obama (June 21, 2006)
To begin withdrawing before our commanders tell us we are ready … would mean surrendering the future of Iraq to al Qaeda. It would mean that we’d be risking mass killings on a horrific scale. It would mean we’d allow the terrorists to establish a safe haven in Iraq to replace the one they lost in Afghanistan. It would mean increasing the probability that American troops would have to return at some later date to confront an enemy that is even more dangerous. George Bush (2007)
Sénateur Obama, je ne suis pas le président Bush. Si vous vouliez vous présenter contre le président Bush, il aurait fallu faire campagne il y a quatre ans. John McCain (2008)
The next president of the United States is not going to have to address the issue as to whether we went into Iraq or not. The next president of the United States is going to have to decide how we leave, when we leave, and what we leave behind. That’s the decision of the next president of the United States. Senator Obama said the surge could not work, said it would increase sectarian violence, said it was doomed to failure. Recently on a television program, he said it exceed our wildest expectations. But yet, after conceding that, he still says that he would oppose the surge if he had to decide that again today. Incredibly, incredibly Senator Obama didn’t go to Iraq for 900 days and never asked for a meeting with General Petraeus.(…) I’m afraid Senator Obama doesn’t understand the difference between a tactic and a strategy. (…) And this strategy, and this general, they are winning. Senator Obama refuses to acknowledge that we are winning in Iraq. (…) They just passed an electoral (…) law just in the last few days. There is social, economic progress, and a strategy, a strategy of going into an area, clearing and holding, and the people of the country then become allied with you. They inform on the bad guys. And peace comes to the country, and prosperity. (…) And that same strategy will be employed in Afghanistan by this great general. And Senator Obama, who after promising not to vote to cut off funds for the troops, did the incredible thing of voting to cut off the funds for the troops in Iraq and Afghanistan. (…) Now General Petraeus has praised the successes, but he said those successes are fragile and if we set a specific date for withdrawal — and by the way, Senator Obama’s original plan, they would have been out last spring before the surge ever had a chance to succeed.(…) But if we snatch defeat from the jaws of victory and adopt Senator Obama’s plan, then we will have a wider war and it will make things more complicated throughout the region, including in Afghanistan. (…) I won’t repeat the mistake that I regret enormously, and that is, after we were able to help the Afghan freedom fighters and drive the Russians out of Afghanistan, we basically washed our hands of the region. And the result over time was the Taliban, Al Qaida, and a lot of the difficulties we are facing today. So we can’t ignore those lessons of history. (…) My reading of the threat from Iran is that if Iran acquires nuclear weapons, it is an existential threat to the State of Israel and to other countries in the region because the other countries in the region will feel compelling requirement to acquire nuclear weapons as well. (…) What I’d also like to point out the Iranians are putting the most lethal IEDs into Iraq which are killing young Americans, there are special groups in Iran coming into Iraq and are being trained in Iran. There is the Republican Guard in Iran, which Senator Kyl had an amendment in order to declare them a sponsor of terror. Senator Obama said that would be provocative. John McCain (26.09.08)
Well, let me just correct something very quickly. I believe the Republican Guard of Iran is a terrorist organization. I’ve consistently said so. What Senator McCain refers to is a measure in the Senate that would try to broaden the mandate inside of Iraq. To deal with Iran. And ironically, the single thing that has strengthened Iran over the last several years has been the war in Iraq. Iraq was Iran’s mortal enemy. That was cleared away. And what we’ve seen over the last several years is Iran’s influence grow. They have funded Hezbollah, they have funded Hamas, they have gone from zero centrifuges to 4,000 centrifuges to develop a nuclear weapon. So obviously, our policy over the last eight years has not worked. Senator McCain is absolutely right, we cannot tolerate a nuclear Iran. It would be a game changer. Not only would it threaten Israel, a country that is our stalwart ally, but it would also create an environment in which you could set off an arms race in this Middle East. (…) We do need tougher sanctions. I do not agree with Senator McCain that we’re going to be able to execute the kind of sanctions we need without some cooperation with some countries like Russia and China that are, I think Senator McCain would agree, not democracies, but have extensive trade with Iran but potentially have an interest in making sure Iran doesn’t have a nuclear weapon. But we are also going to have to, I believe, engage in tough direct diplomacy with Iran and this is a major difference I have with Senator McCain, this notion by not talking to people we are punishing them has not worked. It has not worked in Iran, it has not worked in North Korea. In each instance, our efforts of isolation have actually accelerated their efforts to get nuclear weapons. That will change when I’m president of the United States. Barack Obama (26.09.08)
Senator Obama twice said in debates he would sit down with Ahmadinejad, Chavez and Raul Castro without precondition. Without precondition. Here is Ahmadinenene (…) who is now in New York, talking about the extermination of the State of Israel, of wiping Israel off the map, and we’re going to sit down, without precondition, across the table, to legitimize and give a propaganda platform to a person that is espousing the extermination of the state of Israel, and therefore then giving them more credence in the world arena and therefore saying, they’ve probably been doing the right thing, because you will sit down across the table from them and that will legitimize their illegal behavior. (…)  Look, I’ll sit down with anybody, but there’s got to be pre-conditions. Those pre-conditions would apply that we wouldn’t legitimize with a face to face meeting, a person like Ahmadinejad. Now, Senator Obama said, without preconditions. John McCain (26.09.08)
J’espère que j’ai tort et que le président a raison, mais j’ai bien peur que cette décision provoque des situations qui vont revenir hanter notre pays. Lindsey Graham
L’Irak (…) pourrait être l’un des grands succès de cette administration. Joe Biden (10.02.10)
Nous laissons derrière nous un État souverain, stable, autosuffisant, avec un gouvernement représentatif qui a été élu par son peuple. Nous bâtissons un nouveau partenariat entre nos pays. Et nous terminons une guerre non avec une bataille finale, mais avec une dernière marche du retour (…) C’est une réussite extraordinaire, qui a pris neuf ans (…)
Nous ne connaissons que trop bien le prix élevé de cette guerre. Plus de 1,5 million d’Américains ont servi en Irak. Plus de 30 000 Américains ont été blessés, et ce sont seulement les blessés dont les blessures sont visibles (…) les dirigeants et les historiens continueront à analyser les leçons stratégiques de l’Irak». «Et nos commandants prendront en compte des leçons durement apprises lors de campagnes militaires à l’avenir (…) Mais la leçon la plus importante que vous nous apprenez n’est pas une leçon en stratégie militaire, c’est une leçon sur le caractère de notre pays», car «malgré toutes les difficultés auxquelles notre pays fait face, vous nous rappelez que rien n’est impossible pour les Américains lorsqu’ils sont solidaires.
Obama (14.12.11)
We think a successful, democratic Iraq can be a model for the entire region. Obama (12.12.11)
Nous laissons derrière nous un Etat souverain, stable, autosuffisant, avec une gouvernement représentatif qui a été élu par son peuple. Nous bâtissons un nouveau partenariat entre nos pays. Et nous terminons une guerre non avec une bataille filnale, mais avec une dernière marche du retour. C’est une réussite extraordinaire, qui a pris presque neuf ans. Et aujourd’hui nous nous souvenons de tout ce que vous avez fait pour le rendre possible. (…) Dur travail et sacrifice. Ces mots décrivent à peine le prix de cette guerre, et le courage des hommes et des femmes qui l’ont menée. Nous ne connaissons que trop bien le prix élevé de cette guerre. Plus d’1,5 million d’Américains ont servi en Irak. Plus de 30.000 Américains ont été blessés, et ce sont seulement les blessés dont les blessures sont visibles. Près de 4.500 Américains ont perdu la vie, dont 202 héros tombés au champ d’honneur venus d’ici, Fort Bragg. (…) Les dirigeants et les historiens continueront à analyser les leçons stratégiques de l’Irak. Et nos commandants prendront en compte des leçons durement apprises lors de campagnes militaires à l’avenir. Mais la leçon la plus importante que vous nous apprenez n’est pas une leçon en stratégie militaire, c’est une leçon sur le caractère de notre pays, car malgré toutes les difficultés auxquelles notre pays fait face, vous nous rappelez que rien n’est impossible pour les Américains lorsqu’ils sont solidaires. Obama (14.12.11)
Vous devez vous montrer clair, à la fois pour nos alliés et nos ennemis. Vous avez fait un discours il y a quelques semaines au cours duquel vous avez déclaré que vous pensiez que nous devrions avoir encore des soldats en Irak. Ce n’est pas vraiment la bonne façon d’affronter les enjeux de la région. Il est évident que nous ne pouvons pas affronter tous les enjeux de façon militaire. Et ce que j’ai fait pendant ma présidence et continuerai à faire, c’est d’abord m’assurer que ces pays soutiennent nos efforts contre le terrorisme ; qu’ils veillent à notre intérêt pour la sécurité d’Israël, car c’est notre plus fidèle allié dans la région ; qu’ils protègent les minorités religieuses et les femmes, car ces pays ne peuvent se développer si seulement une moitié de la population y contribue ; que nous développions leurs économies. Mais nous devons reconnaître que nous ne pouvons plus faire de construction nationale dans ces régions. Une partie du leadership américain est de veiller à ce que nous construisions d’abord notre pays. Cela nous aidera à garder le type de leadership dont nous avons besoin. Obama (23.10.2012)
What I just find interesting is the degree to which this issue keeps on coming up, as if this was my decision. Barack Hussein Obama (09.08.14)
If only Obama had paid attention to Iraq … But his only interest in Iraq was in ending the war. (…) Iran’s goal was to ensure that Iraq was not integrated into the Arab world, instead becoming a close ally of Iran. Emma Sky
The surge did really work.  It was a complicated series of events that led to the surge’s ultimate success, but one of the empirical metrics we can look to is that violence was reduced by 90% from pre-surge highs. Ambassador Crocker and General Petraeus had a theory, which proved absolutely correct, that by reducing the sectarian violence what you would get is more room for politicians in Baghdad to have more flexibility to reach compromises, and that would in turn build upon itself in the form of political cooperation that would lead to further reduction of violence; and that’s what happened. From 2007 through 2010, we really saw the violence coming down as Sunni Arabs were reintegrating into Iraqi politics after being purged in a wholesale manner following the invasion of 2003. The Sunnis came back into the political process and fought al-Qaeda and formed the Iraqiya coalition that eventually won in the 2010 elections. It became the primary driver for the reduction in violence from the Sunni side and that was reciprocated by a reduction of violence by Shia Islamist militias that had been backed by Iran in coordination with Hezbollah and to some extent Assad. Unfortunately, what happened later, for reasons that I cannot even begin to understand, Washington betrayed the promises that the U.S. government had made to the Sunni tribal leaders, the same leaders that had fought al-Qaeda throughout the “Awakening.” With Nouri al Maliki’s sectarian rule, Iraq’s path toward civil war was really inevitable. There was a direct line from Maliki when he returned to power in December 2010 to consolidate his personal control over the organs of the state and steer it toward a very pro-Iranian and sectarian agenda, which inevitably disillusioned and disenfranchised Sunni Arabs for a second time. Then given Maliki’s misrule in Iraq and Assad’s misrule in Syria and their cooperation along with the Iranians and Hezbollah to wage a campaign of genocide, led to a region-wide sectarian war while the United States under President Obama stood back and watched and did nothing as the violence spiraled further and further out of control. (…) Iraq’s unraveling was essentially cemented on March 20th 2003 when the first bombs were dropped on Dora farms and on April 9th when Baghdad fell. Essentially, when Saddam’s regime was blown away, Iraq was blown away too. Saddam had hollowed out the state, similar to Qaddafi in Libya, Saleh in Yemen, and Assad in Syria – the state had become a cult of personality built around one man with no real capacity and no real institutions. When we bombed Saddam’s palaces, the military and intelligence services, and when we watched the Iraqi population rise up to burn and loot the ministries, there was nothing left of the country and nothing left of the state. Therefore, Bremer’s decision to disband the army and create the DeBaathification Commission ensured that the chaos that followed was inevitable.  These decisions displaced hundreds of thousands of members of the Iraqi security services, who were trained and disciplined and knew how to use weapons and where weapons caches were.  When they were told that they had no future in the New Iraq, a violent insurgency was born. So one bad decision was followed by another bad decision, and we ended up with an absolute perfect storm, which led to the chaos that we’ve seen since 2003. Ali Khedery
Dans l’immédiat, notre attention doit se porter en priorité sur les domaines biologique et chimique. C’est là que nos présomptions vis-à-vis de l’Iraq sont les plus significatives : sur le chimique, nous avons des indices d’une capacité de production de VX et d’ypérite ; sur le biologique, nos indices portent sur la détention possible de stocks significatifs de bacille du charbon et de toxine botulique, et une éventuelle capacité de production.  Dominique De Villepin
Even when viewed through a post-war lens, documentary evidence of messages are consistent with the Iraqi Survey Group’s conclusion that Saddam was at least keeping a WMD program primed for a quick re-start the moment the UN Security Council lifted sanctions. Iraqi Perpectives Project (March 2006)
Captured Iraqi documents have uncovered evidence that links the regime of Saddam Hussein to regional and global terrorism, including a variety of revolutionary, liberation, nationalist, and Islamic terrorist organizations. While these documents do not reveal direct coordination and assistance between the Saddam regime and the al Qaeda network, they do indicate that Saddam was willing to use, albeit cautiously, operatives affiliated with al Qaeda as long as Saddam could have these terrorist operatives monitored closely. Because Saddam’s security organizations and Osama bin Laden’s terrorist network operated with similar aims (at least in the short term), considerable overlap was inevitable when monitoring, contacting, financing, and training the same outside groups. This created both the appearance of and, in some ways, a de facto link between the organizations. At times, these organizations would work together in pursuit of shared goals but still maintain their autonomy and independence because of innate caution and mutual distrust. Though the execution of Iraqi terror plots was not always successful, evidence shows that Saddam’s use of terrorist tactics and his support for terrorist groups remained strong up until the collapse of the regime.  Iraqi Perspectives Project (Saddam and Terrorism, Nov. 2007, released Mar. 2008)
Beginning in 1994, the Fedayeen Saddam opened its own paramilitary training camps for volunteers, graduating more than 7,200 « good men racing full with courage and enthusiasm » in the first year. Beginning in 1998, these camps began hosting « Arab volunteers from Egypt, Palestine, Jordan, ‘the Gulf,’ and Syria. » It is not clear from available evidence where all of these non-Iraqi volunteers who were « sacrificing for the cause » went to ply their newfound skills. Before the summer of 2002, most volunteers went home upon the completion of training. But these camps were humming with frenzied activity in the months immediately prior to the war. As late as January 2003, the volunteers participated in a special training event called the « Heroes Attack. » This training event was designed in part to prepare regional Fedayeen Saddam commands to « obstruct the enemy from achieving his goal and to support keeping peace and stability in the province.  » Study (Joint Forces Command in Norfolk, Virginia)
There is no question that the United States was divided going into that war. But I think the United States is united coming out of that war. We all recognize the tremendous price that has been paid in lives, in blood. And yet I think we also recognize that those lives were not lost in vain. (…) As difficult as [the Iraq war] was, and the cost in both American and Iraqi lives, I think the price has been worth it, to establish a stable government in a very important region of the world. Leon Panetta  (secrétaire américain à la Défense)
Who Lost Iraq? You know who. (…) The military recommended nearly 20,000 troops, considerably fewer than our 28,500 in Korea, 40,000 in Japan, and 54,000 in Germany. The president rejected those proposals, choosing instead a level of 3,000 to 5,000 troops. A deployment so risibly small would have to expend all its energies simply protecting itself — the fate of our tragic, missionless 1982 Lebanon deployment — with no real capability to train the Iraqis, build their U.S.-equipped air force, mediate ethnic disputes (as we have successfully done, for example, between local Arabs and Kurds), operate surveillance and special-ops bases, and establish the kind of close military-to-military relations that undergird our strongest alliances. The Obama proposal was an unmistakable signal of unseriousness. It became clear that he simply wanted out, leaving any Iraqi foolish enough to maintain a pro-American orientation exposed to Iranian influence, now unopposed and potentially lethal. (…) The excuse is Iraqi refusal to grant legal immunity to U.S. forces. But the Bush administration encountered the same problem, and overcame it. Obama had little desire to. Indeed, he portrays the evacuation as a success, the fulfillment of a campaign promise. Charles Krauthammer
En dernière analyse, ce que nous laisserons et comment nous partirons sera plus important que la manière dont nous sommes venus. Ryan Crocker (ex-ambassadeur américain en Irak)
Nous devons également reconnaître que le choix auquel nous sommes confrontés en Irak n’est pas entre le gouvernement irakien actuel et un gouvernement irakien parfait. Il s’agit plutôt d’un choix entre une démocratie jeune, imparfaite et à la peine que nous avons laborieusement amenée à l’existence, et les kamikazés fanatiques d’Al Qaeda et les terroristes commandités par l’Iran qui essayent de la détruire. Si les politiciens de Washington réussissent à imposer un retrait prématuré de nos troupes en Irak, le résultat sera un monde plus dangereux et l’encouragement de nos ennemis. Comme le président iranien s’en est récemment vanté,  » bientôt, nous verrons apparaître un grand vide de pouvoir dans la région. . . [ et ] nous sommes prêts à combler ce vide. » Quelque soient les imperfections de nos amis irakiens, elles ne sont aucunement une excuse pour que nous battions en retraite devant nos ennemis comme Al Qaeda et l’Iran, qui constituent une menace mortelle pour nos intérêts nationaux essentiels. Nous devons comprendre qu’aujourd’hui en Irak nous combattons et sommes en train de vaincre le même réseau terroriste qui nous a attaqués le 11/9. John McCain et Joe Lieberman
La vérité est que c’est les Sunnites qui ont lancé cette guerre il y a quatre ans et qu’ils l’ont perdue. Les tribus ne gagnent jamais les guerres, elles ne font que rejoindre le camp des vainqueurs. Un Irakien
A number of scholars and former government officials take strong issue with the administration’s warning about a new caliphate, and compare it to the fear of communism spread during the Cold War. They say that although Al Qaeda’s statements do indeed describe a caliphate as a goal, the administration is exaggerating the magnitude of the threat as it seeks to gain support for its policies in Iraq. NYT (2005)
To begin withdrawing before our commanders tell us we are ready … would mean surrendering the future of Iraq to al Qaeda. It would mean that we’d be risking mass killings on a horrific scale. It would mean we’d allow the terrorists to establish a safe haven in Iraq to replace the one they lost in Afghanistan. It would mean increasing the probability that American troops would have to return at some later date to confront an enemy that is even more dangerous. George Bush (2007)
More than 600,000 Iraqi children have died due to lack of food and medicine and as a result of the unjustifiable aggression (sanction) imposed on Iraq and its nation. The children of Iraq are our children. You, the USA, together with the Saudi regime are responsible for the shedding of the blood of these innocent children.  (…) The latest and the greatest of these aggressions, incurred by the Muslims since the death of the Prophet (ALLAH’S BLESSING AND SALUTATIONS ON HIM) is the occupation of the land of the two Holy Places -the foundation of the house of Islam, the place of the revelation, the source of the message and the place of the noble Ka’ba, the Qiblah of all Muslims- by the armies of the American Crusaders and their allies.   (…) there is no more important duty than pushing the American enemy out of the holy land. Osama Bin Laden (1996)
Le peuple comprend maintenant les discours des oulémas dans les mosquées, selon lesquels notre pays est devenu une colonie de l’empire américain. Il agit avec détermination pour chasser les Américains d’Arabie saoudite. […] La solution à cette crise est le retrait des troupes américaines. Leur présence militaire est une insulte au peuple saoudien. Ben Laden
27 août 1992 : les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France mettent en place une autre zone d’exclusion aérienne, au sud du 32eme parallèle, avec l’objectif d’observer les violations de droits de l’homme à l’encontre de la population chiite.
3 septembre 1996 : en représailles à un déploiement de troupes irakiennes dans la zone nord, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ripostent militairement dans le sud et étendent la zone d’exclusion aérienne sud, qui passe du 32eme au 33eme parallèle. La France refuse cette extension, mais continue à effectuer des missions de surveillance aérienne au sud du 32ème parallèle..
27 décembre 1996 : Jacques Chirac décide de retirer la France du contrôle de la zone d’exclusion aérienne nord. Il justifie cette décision par le fait que le dispositif a changé de nature avec les bombardements de septembre, et que le volet humanitaire initialement prévu n’y est plus inclus. La France proteste par ailleurs contre la décision unilatérale des Etats-Unis et de la Turquie (avec l’acceptation de la Grande-Bretagne) d’augmenter la zone d’exclusion aérienne sud.
Michel Wéry
Les Etats-Unis n’ont pas envahi l’Irak mais sont intervenus dans un conflit déjà en cours.  Kiron Skinner (conseillère à la sécurité du président Bush)
Since a wounded Saddam could not be left unattended and an oil-rich Saudi Arabia could not be left unprotected, U.S. troops took up long-term residence in the Saudi kingdom, a fateful decision that started the clock ticking toward 9/11. As bin Laden himself explained in his oft-quoted 1996 fatwa, his central aim was “to expel the occupying enemy from the country of the two Holy places.”… Put another way, bin Laden’s casus belli was an unintended and unforeseen byproduct of what Saddam Hussein had done in 1990. The presence of U.S. troops in the land of Mecca and Medina had galvanized al-Qaeda, which carried out the attacks of Sept. 11, 2001, which triggered America’s global war on terror, which inevitably led back to Iraq, which is where America finds itself today. In a sense, occupation was inevitable after Desert Storm; perhaps the United States ended up occupying the wrong country. … If the U.S. presence in Saudi Arabia sparked bin Laden’s global guerrilla war, America’s low threshold for casualties would serve as the fuel to keep it raging. … From bin Laden’s vantage point, America’s retreats from Beirut in the 1980s, Mogadishu in the 1990s and Yemen in 2000 were evidence of weakness. “When tens of your soldiers were killed in minor battles and one American pilot was dragged in the streets of Mogadishu, you left the area carrying disappointment, humiliation, defeat and your dead with you,” he recalled. “The extent of your impotence and weaknesses became very clear. It was a pleasure for the heart of every Muslim and a remedy to the chests of believing nations to see you defeated in the three Islamic cities of Beirut, Aden and Mogadishu.” … Hence, quitting Iraq could have dramatic and disastrous consequences – something like the fall of Saigon, Desert One, and the Beirut and Mogadishu pullouts all rolled into one giant propaganda victory for the enemy. Not only would it leave a nascent democracy unprotected from bin Laden’s henchmen, it would serve to confirm their perception that America is a paper tiger lacking the will to fight or to stand with those who are willing to fight. Who would count on America the next time? For that matter, on whom would America be able to count as the wars of 9/11 continue? … Finally, retreat also would re-energize the enemy and pave the way toward his ultimate goal. Imagine Iraq spawning a Balkan-style ethno-religious war while serving as a Taliban-style springboard for terror. Abu Musab al-Zarqawi, al-Qaeda’s top terrorist in Iraq, already has said, “We fight today in Iraq, and tomorrow in the land of the two Holy Places, and after there the West.” Alan W. Dowd
De même que les progressistes européens et américains doutaient des menaces de Hitler et de Staline, les Occidentaux éclairés sont aujourd’hui en danger de manquer l’urgence des idéologies violentes issues du monde musulman. Les socialistes français des années 30 (…) ont voulu éviter un retour de la première guerre mondiale; ils ont refusé de croire que les millions de personnes en Allemagne avaient perdu la tête et avaient soutenu le mouvement nazi. Ils n’ont pas voulu croire qu’un mouvement pathologique de masse avait pris le pouvoir en Allemagne, ils ont voulu rester ouverts à ce que les Allemands disaient et aux revendiquations allemandes de la première guerre mondiale. Et les socialistes français, dans leur effort pour être ouverts et chaleureux afin d’éviter à tout prix le retour d’une guerre comme la première guerre mondiale, ont fait tout leur possible pour essayer de trouver ce qui était raisonnable et plausible dans les arguments d’Hitler. Ils ont vraiment fini par croire que le plus grand danger pour la paix du monde n’était pas posé par Hitler mais par les faucons de leur propre société, en France. Ces gesn-là étaient les socialistes pacifistes de la France, c’était des gens biens. Pourtant, de fil en aiguille, ils se sont opposés à l’armée française contre Hitler, et bon nombre d’entre eux ont fini par soutenir le régime de Vichy et elles ont fini comme fascistes! Ils ont même dérapé vers l’anti-sémitisme pur, et personne ne peut douter qu’une partie de cela s’est reproduit récemment dans le mouvement pacifiste aux Etats-Unis et surtout en Europe. Un des scandales est que nous avons eu des millions de personnes dans la rue protestant contre la guerre en Irak, mais pas pour réclamer la liberté en Irak. Personne n’a marché dans les rues au nom des libertés kurdes. Les intérêts des dissidents libéraux de l’Irak et les démocrates kurdes sont en fait également nos intérêts. Plus ces personnes prospèrent, plus grande sera notre sécurité. C’est un moment où ce qui devrait être nos idéaux — les idéaux de la démocratie libérale et de la solidarité sociale — sont également objectivement notre intérêt. Bush n’a pas réussi à l’expliquer clairement, et une grande partie de la gauche ne l’a même pas perçu. Paul Berman
Avec Assad, on voit justement ce qui arrive quand on laisse un dictateur en place. Les problèmes ne disparaissent pas tout seuls. Tony Blair
L’un des arguments des adversaires de l’intervention de 2003 est de dire que, puisque Saddam Hussein ne possédait aucune arme de destruction massive, l’invasion de l’Irak était injustifiée. D’après les rapports des inspecteurs internationaux, nous savons que, même si Saddam s’était débarrassé de ses armes chimiques, il avait conservé l’expertise et les capacités d’en produire. En 2011, si nous avions laissé Saddam au pouvoir, l’Irak aurait été lui aussi emporté par la vague des révolutions arabes. En tant que sunnite, Saddam aurait tout fait pour préserver son régime face à la révolte de la majorité chiite du pays. Pendant ce temps, de l’autre côté de la frontière, en Syrie, une minorité bénéficiant de l’appui des chiites s’accrocherait au pouvoir et tenterait de résister à la révolte de la majorité sunnite. Le risque aurait donc été grand de voir la région sombrer dans une conflagration confessionnelle généralisée dans laquelle les Etats ne se seraient pas affrontés par procuration, mais directement, avec leurs armées nationales. Tout le Moyen-Orient est en réalité engagé dans une longue et douloureuse transition. Nous devons nous débarrasser de l’idée que  » nous  » avons provoqué cette situation. Ce n’est pas vrai. (…) Nous avons aujourd’hui trois exemples de politique occidentale en matière de changement de régime dans la région. En Irak, nous avons appelé à un changement de régime, renversé la dictature et déployé des troupes pour aider à la reconstruction du pays. Mais l’intervention s’est révélée extrêmement ardue, et aujourd’hui le pays est à nouveau en danger. En Libye, nous avons appelé au changement de régime, chassé Kadhafi grâce à des frappes aériennes mais refusé d’envoyer des troupes au sol. Aujourd’hui, la Libye, ravagée par la violence, a exporté le désordre et de vastes quantités d’armes à travers l’Afrique du Nord et jusqu’en Afrique subsaharienne. En Syrie, nous avons appelé au changement de régime mais n’avons rien fait, et c’est le pays qui se trouve dans la situation la pire. (…) Il n’est pas raisonnable pour l’Occident d’adopter une politique d’indifférence. Car il s’agit, que nous le voulions ou pas, d’un problème qui nous concerne. Les agences de sécurité européennes estiment que la principale menace pour l’avenir proviendra des combattants revenant de Syrie. Le danger est réel de voir le pays devenir pour les terroristes un sanctuaire plus redoutable encore que ne l’était l’Afghanistan dans les années 1990. Mais n’oublions pas non plus les risques que fait peser la guerre civile syrienne sur le Liban et la Jordanie. Il était impossible que cet embrasement reste confiné à l’intérieur des frontières syriennes .Je comprends les raisons pour lesquelles, après l’Afghanistan et l’Irak, l’opinion publique est si hostile à une intervention militaire. Mais une intervention en Syrie n’était pas et n’est pas nécessairement obligée de prendre les formes qu’elle a prises dans ces deux pays. Et, chaque fois que nous renonçons à agir, les mesures que nous serons fatalement amenés à prendre par la suite devront être plus violente. (…) Nous devons prendre conscience que le défi s’étend bien au-delà du Moyen-Orient. L’Afrique, comme le montrent les tragiques événements au Nigeria, y est elle aussi confrontée. L’Extrême-Orient et l’Asie centrale également.L’Irak n’est qu’une facette d’une situation plus générale. Tous les choix qui s’offrent à nous sont inquiétants. Mais, depuis trois ans, nous regardons la Syrie s’enfoncer dans l’abîme et, pendant qu’elle sombre, elle nous enserre lentement et sûrement dans ses rets et nous entraîne avec elle. C’est pourquoi nous devons oublier les différends du passé et agir maintenant pour préserver l’avenir. Tony Blair
Ce n’est pas parce qu’une équipe de juniors porte le maillot des Lakers que cela en fait des Kobe Bryant. Je pense qu’il y a une différence entre les moyens et la portée d’un Ben Laden, d’un réseau qui planifie activement des attaques terroristes de grande envergure contre notre territoire, et ceux de jihadistes impliqués dans des luttes de pouvoir locales, souvent de nature ethnique. Barack Obama (janvier 2014)
The prospect of Iraq’s disintegration is already being spun by the Administration and its media friends as the fault of George W. Bush and Mr. Maliki. So it’s worth understanding how we got here. Iraq was largely at peace when Mr. Obama came to office in 2009. Reporters who had known Baghdad during the worst days of the insurgency in 2006 marveled at how peaceful the city had become thanks to the U.S. military surge and counterinsurgency. In 2012 Anthony Blinken, then Mr. Biden’s top security adviser, boasted that, « What’s beyond debate » is that « Iraq today is less violent, more democratic, and more prosperous. And the United States is more deeply engaged there than at any time in recent history. » Mr. Obama employed the same breezy confidence in a speech last year at the National Defense University, saying that « the core of al Qaeda » was on a « path to defeat, » and that the « future of terrorism » came from « less capable » terrorist groups that mainly threatened « diplomatic facilities and businesses abroad. » Mr. Obama concluded his remarks by calling on Congress to repeal its 2001 Authorization to Use Military Force against al Qaeda. If the war on terror was over, ISIS didn’t get the message. The group, known as Tawhid al-Jihad when it was led a decade ago by Abu Musab al-Zarqawi, was all but defeated by 2009 but revived as U.S. troops withdrew and especially after the uprising in Syria spiraled into chaos. It now controls territory from the outskirts of Aleppo in northwestern Syria to Fallujah in central Iraq. The possibility that a long civil war in Syria would become an incubator for terrorism and destabilize the region was predictable, and we predicted it. « Now the jihadists have descended by the thousands on Syria, » we noted last May. « They are also moving men and weapons to and from Iraq, which is increasingly sinking back into Sunni-Shiite civil war. . . . If Prime Minister Nouri al-Maliki feels threatened by al Qaeda and a Sunni rebellion, he will increasingly look to Iran to help him stay in power. » We don’t quote ourselves to boast of prescience but to wonder why the Administration did nothing to avert the clearly looming disaster. Contrary to what Mr. Blinken claimed in 2012, the « diplomatic surge » the Administration promised for Iraq never arrived, nor did U.S. weapons. « The Americans have really deeply disappointed us by not supplying the Iraqi army with the weapons and support it needs to fight terrorism, » the Journal quoted one Iraqi general based in Kirkuk. That might strike some readers as rich coming from the commander of a collapsing army, but it’s a reminder of the price Iraqis and Americans are now paying for Mr. Obama’s failure to successfully negotiate a Status of Forces Agreement with Baghdad that would have maintained a meaningful U.S. military presence. A squadron of Apache attack helicopters, Predator drones and A-10 attack planes based in Iraq might be able to turn back ISIS’s march on Baghdad. WSJ
The president is in fact implementing the policy he promised. It was retrenchment by one word, retreat by another.[Obama’s policy is also what the American public showed in polls that it wants right now] ”It wants it, at least until it gets queasy by looking at the pictures they’ve been seeing tonight. George Will
 Affirmer, au bout de onze ans, que ce à quoi on assiste actuellement est le résultat de ce qui s’est produit à l’époque est aussi simpliste qu’insultant. Dans ce qui s’assimile à une perspective néocolonialiste postmoderne, ceci revient à suggérer que les Irakiens ne sont toujours pas en mesure d’assumer la responsabilité de leur propre pays. Abstraction faite de toutes les autres conséquences, l’invasion de 2003 n’en a pas moins donné aux Irakiens une possibilité d’autodétermination démocratique qu’ils n’auraient jamais eue sous Saddam Hussein. C’est cette démocratie imparfaite qui est menacée ; il faut à présent la conserver et l’améliorer. The Observer
Mosul’s fall matters for what it reveals about a terrorism whose threat Mr. Obama claims he has minimized. For starters, the Islamic State of Iraq and al-Sham (ISIS) isn’t a bunch of bug-eyed « Mad Max » guys running around firing Kalashnikovs. ISIS is now a trained and organized army. The seizures of Mosul and Tikrit this week revealed high-level operational skills. ISIS is using vehicles and equipment seized from Iraqi military bases. Normally an army on the move would slow down to establish protective garrisons in towns it takes, but ISIS is doing the opposite, by replenishing itself with fighters from liberated prisons. An astonishing read about this group is on the website of the Washington-based Institute for the Study of War. It is an analysis of a 400-page report, « al-Naba, » published by ISIS in March. This is literally a terrorist organization’s annual report for 2013. It even includes « metrics, » detailed graphs of its operations in Iraq as well as in Syria. One might ask: Didn’t U.S. intelligence know something like Mosul could happen? They did. The February 2014 « Threat Assessment » by the Pentagon’s Defense Intelligence Agency virtually predicted it: « AQI/ISIL [aka ISIS] probably will attempt to take territory in Iraq and Syria . . . as demonstrated recently in Ramadi and Fallujah. » AQI (al Qaeda in Iraq), the report says, is exploiting the weak security environment « since the departure of U.S. forces at the end of 2011. » But to have suggested any mitigating steps to this White House would have been pointless. It won’t listen. In March, Gen. James Mattis, then head of the U.S. Central Command, told Congress he recommended the U.S. keep 13,600 support troops in Afghanistan; he was known not to want an announced final withdrawal date. On May 27, President Obama said it would be 9,800 troops—for just one year. Which guarantees that the taking of Mosul will be replayed in Afghanistan. Let us repeat the most quoted passage in former Defense Secretary Robert Gates’s memoir, « Duty. » It describes the March 2011 meeting with Mr. Obama about Afghanistan in the situation room. « As I sat there, I thought: The president doesn’t trust his commander, can’t stand Karzai, doesn’t believe in his own strategy and doesn’t consider the war to be his, » Mr. Gates wrote. « For him, it’s all about getting out. » Daniel Henninger
My greatest fear is that we stabilize Iraq, then hand it over to the Iranians in our rush to the exit. I’ve invested too much here to simply walk away and let that happen. General Raymond Odierno (commanding general of U.S. forces in Iraq, 2010)
Where is the U.S.? Does the U.S. have no interest in protecting the democratic process? Does the U.S. not care what sort of government is put together? Qasim Suleimani is very active putting together the Shia coalition. Does the U.S. not understand what impact this will have on the region—and on internal stability in Iraq? Is the U.S. not worried about Iranian influence in Iraq? Rafi Issawi (Iraqi, deputy prime minister)
 I had arrived ready to apologise to every Iraqi for the war. Instead I had listened to a litany of suffering and pain under Saddam for which I was quite unprepared. The mass graves, the details of torture, the bureaucratisation of abuse. The pure banality of evil. But the Iraqis also had huge expectations of the US. After every war Saddam rebuilt the country in six months, so their attitude was, ‘imagine what the US can do after six months. America can put a man on the moon … you wait’. Emma Sky
Nothing that happened in Iraq after the overthrow of Saddam Hussein in 2003 was pre-ordained; different futures than the one unfolding today were possible. Recall that violence declined drastically during the 2007 U.S. troop surge, and that for the next couple of years both Iraq and the West felt that the country was going in the right direction. But the seeds of Iraq’s unravelling were sown in 2010, when the United States did not uphold the election results and failed to broker the formation of a new Iraqi government. As an adviser to the top U.S. general in Iraq, I was a witness. (…)The national elections took place on March 7, 2010, and went more smoothly than we had dared hope. After a month of competitive campaigning across the country and wide media coverage of the different candidates and parties, 62 percent of eligible Iraqis turned out to vote. (…) We had not expected Iraqiya—a coalition headed by the secular Shia Ayad Allawi and leaders of the Sunni community, and running on a non-sectarian platform—to do so well. The coalition had won 91 seats—two more than the incumbent Prime Minister Nouri al-Maliki’s State of Law Coalition. (…) Even though there was no evidence of fraud to justify a recount, the Iraqi electoral commission and the international community agreed to one, fearful of a repeat of the election fiasco in 2009 in Afghanistan, which had tarnished the credibility of elections there. In the meantime, Maliki’s advisers told us he needed two extra seats, either from the recount or through arbitrary de-Ba’athification that could disqualify Iraqiya candidates. Otherwise, he would be blamed for losing Iraq for the Shia, who make up some two-thirds of the population. (…)  General O and I did not think that the Iraqiya candidate, Allawi, would be able to put a government together with himself as prime minister. But we thought he had the right as the winner of the election to have first go—and that this could lead to a political compromise among the leaders, with either Allawi and Maliki agreeing to share power between them or a third person chosen to be prime minister. But … Hill, General O strode down the embassy corridor looking visibly upset. “He told me that Iraq is not ready for democracy, that Iraq needs a Shia strongman,” the general said, “and Maliki is our man.” Odierno had objected that that was not what the Iraqis wanted. They were rid of one dictator, Hussein, and did not want to create another. (…) Sami al-Askari, a Shia politician close to Maliki who believed that an agreement between State of Law and Iraqiya was the best way forward (…) also told me that everyone except the Americans realized that the formation of the government was perceived as a battle between Iran and the United States for influence in Iraq. The Iranians were active, while the U.S. embassy did nothing. Qasim Suleimani, the commander of the Iranian Revolutionary Guard’s al-Quds Force, continued to summon Iraqis to Iran in order to put together a pan-Shia coalition. The Iranians, al-Askari said, intended to drag out government formation until after August 31, when all U.S. combat forces were due to leave, in order to score a “victory” over the United States. (…) In the Arabic media, there was confusion as to why the United States and Iran should both choose Maliki as prime minister, and this fuelled conspiracy theories about a secret deal between those two countries. (…) The Obama administration wanted to see an Iraqi government in place before the U.S. mid-term elections in November. Biden believed the quickest way to form a government was to keep Maliki as prime minister, and to cajole other Iraqis into accepting this. (…) I tried to explain the struggle between secularists and Islamists, and how many Iraqis wanted to move beyond sectarianism. But Biden could not fathom this. For him, Iraq was simply about Sunnis, Shia and Kurds.(…) If only President Obama had paid attention to Iraq. He, more than anyone, would understand the complexity of identities, I thought—and that people can change. But his only interest in Iraq, it appeared, was in ending the war. (…) In July 2014, I visited Erbil, Iraq, shortly after the Islamic State had taken control of a third of the country and the Iraqi Army had disintegrated. I met up with Rafi Issawi. (…) Rafi listed for me the Sunni grievances that had steadily simmered since I’d left—until they had finally boiled over. Maliki had detained thousands of Sunnis without trial, pushed leading Sunnis, including Rafi, out of the political process by accusing them of terrorism and reneged on payments and pledges to the Iraqi tribes who had bravely fought Al Qaeda in Iraq. Year-long Sunni protests demanding an end to discrimination were met by violence, with dozens of unarmed protesters killed by Iraqi security forces. Maliki had completely subverted the judiciary to his will, so that Sunnis felt unable to achieve justice. The Islamic State, Rafi explained to me, was able to take advantage of this situation, publicly claiming to be the defenders of the Sunnis against the Iranian-backed Maliki government. The downward spiral, Rafi told me not surprisingly, had begun in 2010—when Iraqiya was not given the first chance to try to form the government. “We might not have succeeded,” he admitted, “but the process itself would have been important in building trust in Iraq’s young institutions.” Emma Sky

Attention: un Munich peut en cacher un autre !

A l’heure où, dénoncé presque immédiatement par les intéressés, le prétendu accord « historique » avec Téhéran tourne à la bérézina diplomatique …

Et où la poignée prétendument « historique » avec un Cuba tout aussi inflexible est bien prête de retomber comme le soufflé qu’elle n’a jamais cessé d’être …

Pendant qu’ayant fait main basse sur quatre capitales arabes …

Et se voyant légitimés dans leur quête d’une arme nucléaire …

Les mollahs sont en train de faire basculer, de l’Arabie saoudite à la Turquie l’ensemble de la région dans une course aux armements nucléaires …

Et que, du Moyen-Orient à l’Afrique, se réalisent sous nos propres yeux les pires prédictions, tant moquées, de la bande à Bush sur les intentions caliphatiques des djiahdistes …

Qui se souvient du précédent Munich …

Déjà dénoncé prophétiquement dès 2007 par l’ancien président Bush comme un an plus tard par le sénateur McCain ?

Qui se rappelle …

Comme le confirme, nouvelle Gertrude Bell de l’Irak, l’ancienne conseillère britannique des troupes américaines dans un nouveau livre …

La véritable trahison, par l’Administration Obama, des sunnites qui avaient permis l’élimination d’Al Qaeda en Irak …

Comme l’abandon militaire du pays en refusant d’y laisser assez de troupes …

Pour le plus grand profit non seulement des islamistes que l’on doit combattre à nouveau …

Mais surtout des Iraniens que l’on courtise aujourd’hui ?

How Obama Abandoned Democracy in Iraq
Bush’s mistake was invading the country. His successor’s was leaving it to a strongman.
Emma Sky
Politico
April 07, 2015

When trying to explain the current unrest in the Middle East, from Iraq to Syria to Yemen, American officials often resort to platitudes about Sunni and Shia Muslims fighting each other for “centuries” due to “ancient hatreds.” Not only is this claim historically inaccurate, but it also ignores the unintended consequences that the Iraq War more recently leashed on the region. That war—and the manner in which the United States left it behind in 2011—shifted the balance of power in the region in Iran’s favor. Regional competition, of which Iran’s tension with Saudi Arabia is the main but not only dimension, exacerbated existing fault-lines, with support for extreme sectarian actors, including the Islamic State, turning local grievances over poor governance into proxy wars.

Nothing that happened in Iraq after the overthrow of Saddam Hussein in 2003 was pre-ordained; different futures than the one unfolding today were possible. Recall that violence declined drastically during the 2007 U.S. troop surge, and that for the next couple of years both Iraq and the West felt that the country was going in the right direction. But the seeds of Iraq’s unravelling were sown in 2010, when the United States did not uphold the election results and failed to broker the formation of a new Iraqi government. As an adviser to the top U.S. general in Iraq, I was a witness.

***

“My greatest fear,” General Raymond Odierno, the then commanding general of U.S. forces in Iraq, told me in early 2010, “is that we stabilize Iraq, then hand it over to the Iranians in our rush to the exit.”

General O (as he is known), had recently watched the 2007 movie Charlie Wilson’s War, which recounts how U.S. interest in Afghanistan ceased once the mujahedeen defeated the Soviet Army in 1989 and drove them out. Now, he had a premonition that the same could happen in Iraq. “I’ve invested too much here,” he said, “to simply walk away and let that happen.”

I had first met Odierno in 2003, when he was the commanding general of the 4th Infantry Division responsible for the provinces of Salah al-Din, Diyala and Kirkuk in the early days of the Iraq War; I had been the representative in Kirkuk of the Coalition Provisional Authority, the American-led transitional government that controlled Iraq after Hussein’s fall. Now, as his political adviser, I was helping General O ensure that the United States kept its focus on the mission in Iraq while drawing down U.S. forces.

Odierno wanted U.S. engagement with Iraq to continue for years to come, but led by U.S. civilians, not the military. He believed that, in order to train Iraqi security forces and provide the psychological support needed to maintain a level of stability, 20,000 or so U.S. troops needed to stay in Iraq beyond 2011, when all American troops were scheduled to be withdrawn. But the real engagement, General O believed, should be from the other instruments of national power, led by the U.S. embassy.

Every time a congressional delegation visited us in Baghdad, General O put up a slide showing why the United States should continue to invest in Iraq through the Strategic Framework Agreement that the two countries had signed in 2008. General O knew that for the mission to succeed, there needed to be a political agreement between Iraqi leaders. Otherwise, all the security gains that the American troops had fought so hard for would not be sustainable. He took every opportunity to educate and communicate these complexities to the new Obama administration.

For six months, General O had tried hard to support the leadership of Chris Hill, the new American ambassador who had taken up his post in April 2009. But Odierno had begun to despair. It was clear that Hill, though a career diplomat, lacked regional experience and was miscast in the role in Baghdad. In fact, he had not wanted the job, but Secretary of State Hillary Clinton had persuaded him to take it; she admitted as much to General O, he told me, when he met her in early 2010 in Washington to discuss the dysfunction at the embassy. General O complained that Hill did not engage with Iraqis or with others in the diplomatic community—his only focus appeared to be monitoring the activities of the U.S. military.

It was frightening how a person could so poison a place. Hill brought with him a small cabal who were new to Iraq and marginalized all those with experience in the country. The highly knowledgeable and well-regarded Arabist Robert Ford had cut short his tour as ambassador to Algeria to return to Iraq for a third tour and turned down another ambassadorship to stay on in Iraq and serve as Hill’s deputy. But Hill appeared not to want Ford’s advice on political issues and pressured him to depart the post early in 2010. In his staff meetings, Hill made clear how much he disliked Iraq and Iraqis. Instead, he was focused on making the embassy “normal” like other U.S. embassies. That apparently meant having grass within the embassy compound. The initial attempts to plant seed had failed when birds ate it all, but eventually, great rolls of lawn turf were brought in—I had no idea from where—and took root. By the end of his tenure, there was grass on which the ambassador could play lacrosse.

***

The national elections took place on March 7, 2010, and went more smoothly than we had dared hope. After a month of competitive campaigning across the country and wide media coverage of the different candidates and parties, 62 percent of eligible Iraqis turned out to vote.

The author and Gen. Raymond Odiero in Iraq. | Courtesy of Emma Sky

The European Union and others had fielded hundreds of international poll-watchers alongside thousands of trained Iraqi election observers, while the United Nations provided the Iraqis with advice on technical matters related to elections. All this helped to sustain the credibility of the process. Insurgents sought to create a climate of fear by planting bombs in water bottles and blowing up a house, but the Iraqi security forces stood up to the test.

“We won the elections!” Rafi Issawi, the deputy prime minister, shouted excitedly to me on the phone. I could hear celebratory gunfire in the background. We had not expected Iraqiya—a coalition headed by the secular Shia Ayad Allawi and leaders of the Sunni community, and running on a non-sectarian platform—to do so well. The coalition had won 91 seats—two more than the incumbent Prime Minister Nouri al-Maliki’s State of Law Coalition.

I accompanied General O and Hill to a meeting with Maliki the next day. Maliki, a Shia, had been prime minister since 2006. Americans and Iraqis alike initially viewed him as weak, but his reputation grew after he ordered military operations against Shia militias. Since then, Iraqi politicians had become increasingly fearful of his authoritarian tendencies. He had insisted on running separately in the election—as State of Law rather than joining a united Shia coalition as had happened in 2005—in large part because the Shia parties would not agree on him to lead the list. Nobody wanted a second Maliki premiership.

When Hill asked Maliki that day about his retirement plans, it was immediately apparent that he was not contemplating stepping down. Instead, he claimed there had been massive election fraud and that the Mujahideen al-Khalq, an Iranian opposition group locked away in eastern Iraq’s Diyala province, had used satellites to tamper with the computers used to tally the voting results—even though the computers were not connected to the Internet and thousands of election observers had monitored the voting. But Maliki’s advisers had told him he would win big with more than a hundred seats, so he demanded a recount. Maliki was becoming scary.

Even though there was no evidence of fraud to justify a recount, the Iraqi electoral commission and the international community agreed to one, fearful of a repeat of the election fiasco in 2009 in Afghanistan, which had tarnished the credibility of elections there. In the meantime, Maliki’s advisers told us he needed two extra seats, either from the recount or through arbitrary de-Ba’athification that could disqualify Iraqiya candidates. Otherwise, he would be blamed for losing Iraq for the Shia, who make up some two-thirds of the population.

In parliamentary systems, the winning bloc is, by definition, the one that wins the most seats in the election and thus gets to have the first go at trying to form a government. This was certainly the intent of those who had drafted the Iraqi Constitution in 2005. But Maliki sought to challenge this basic notion, pressing Judge Medhat al-Mahmoud, Iraq’s chief justice, for his interpretation of the “winning bloc.” Medhat, continually under pressure from Maliki, returned an ambiguous ruling, saying it could mean either the bloc that receives the most seats in the election or the largest coalition formed after the election, within parliament. This would be Maliki’s escape clause.

General O urged that we should protect the process. He said the United States should not pick winners. It never worked out well. General O and I did not think that the Iraqiya candidate, Allawi, would be able to put a government together with himself as prime minister. But we thought he had the right as the winner of the election to have first go—and that this could lead to a political compromise among the leaders, with either Allawi and Maliki agreeing to share power between them or a third person chosen to be prime minister.

But after one meeting with Hill, General O strode down the embassy corridor looking visibly upset. “He told me that Iraq is not ready for democracy, that Iraq needs a Shia strongman,” the general said, “and Maliki is our man.” Odierno had objected that that was not what the Iraqis wanted. They were rid of one dictator, Hussein, and did not want to create another.

As the embassy did not want to do anything to help the Iraqis form a new government, General O instructed me to try to broker a meeting between Iraqiya and State of Law. They were the two largest blocs, and we saw an agreement between them as the most stable solution—and the one that would also best serve U.S. interests.

***

Finally, in June 2010, three months after the elections, State of Law and Iraqiya, the two largest blocs, headed into negotiations. But there was little trust between the two. State of Law continued to insist on Maliki as prime minister, and Iraqiya on Allawi.

I met up with Sami al-Askari, a Shia politician close to Maliki who believed that an agreement between State of Law and Iraqiya was the best way forward. But he also told me that everyone except the Americans realized that the formation of the government was perceived as a battle between Iran and the United States for influence in Iraq. The Iranians were active, while the U.S. embassy did nothing. Qasim Suleimani, the commander of the Iranian Revolutionary Guard’s al-Quds Force, continued to summon Iraqis to Iran in order to put together a pan-Shia coalition. The Iranians, al-Askari said, intended to drag out government formation until after August 31, when all U.S. combat forces were due to leave, in order to score a “victory” over the United States.

The Iranians had indeed not been idle. They were pressuring Syrian President Bashar al-Assad to drop his support for Allawi and agree to another Maliki term. For years, the Baathist regime in Syria had allowed jihadi foreign fighters to use their country as a launching pad for horrific attacks in Iraq. In August 2009, coordinated attacks targeted the foreign ministry and the finance ministry in Baghdad, killing around a hundred Iraqis. Maliki had blamed Assad himself for the murders.

The Iranians also were putting huge pressure on the Supreme Council, a Shia party headed by Amar Hakim, to agree a second Maliki premiership. And Iran was seeking to persuade the Sadrists, a Shia party led by Muqtada al-Sadr, through intermediaries from Lebanese Hezbollah, that Maliki would ensure there was no U.S. military presence of any sort in Iraq after 2011, and that the Sadrists would get key posts in the new government. Iran’s goal was to ensure that Iraq was not integrated into the Arab world, instead becoming a close ally of Iran. Maliki would be able to achieve this because all the neighboring Sunni countries hated him. As for Jalal Talabani, Iraq’s Kurdish president, Suleimani was determined to keep him in the role. Their relationship went back decades.

I went to see Rafi, the deputy prime minister. “Where is the U.S.?” he asked. He described how previous U.S. ambassadors had helped to bring Iraqis together. “Does the U.S. have no interest in protecting the democratic process? Does the U.S. not care what sort of government is put together? Qasim Suleimani is very active putting together the Shia coalition. Does the U.S. not understand what impact this will have on the region—and on internal stability in Iraq? Is the U.S. not worried about Iranian influence in Iraq?”

In July, Maliki’s fortunes appeared to take a decisive turn for the worse: The Shia coalition sent him a letter requesting that he withdraw his candidature for prime minister; Iraqiya made it clear that they would offer him the speakership of the parliament or the presidency, but not the premiership, and the Kurds explained that they really did not want to see him as prime minister for another four years.

General O and Hill met Maliki and told him frankly that he had little support from other groups, so it would be very hard for him to remain as prime minister. Maliki continued to insist that only he could do the job, only he could save Iraq. “I dream I am on a boat,” he said. “I keep trying to pull Iraqis out of the water to save them.”

The embassy informed the United Nations Assistance Mission for Iraq, Allawi and other Iraqi leaders that Maliki had no chance of being prime minister.

***

General O went back to Washington in mid-July for more meetings. He phoned to tell me that Vice President Joe Biden had agreed to give Maliki and Allawi a deadline. If they could not reach an agreement within two weeks on how to form the government, they should both step aside and let others have a shot at it.

However, when Biden phoned up the two leaders that week, he did not stick to the agreed line. Instead, he told Maliki that the United States would support him remaining as prime minister, and he told Allawi that he should accept Maliki as PM. In the Arabic media, there was confusion as to why the United States and Iran should both choose Maliki as prime minister, and this fuelled conspiracy theories about a secret deal between those two countries.

When I met Rafi, he was incredulous: “How come one week the U.S. was telling everyone that Maliki should step down and the next week telling Maliki he should be PM?” He went on: “Why is the U.S. picking the prime minister? This is Iraq. This is our country. We have to live here. And we care passionately about building a future for our children.” He was deeply upset.

Biden visited Iraq at the end of August 2010. By then, Hill had been replaced as ambassador by Jim Jeffrey. In internal meetings, one U.S. adviser argued that Maliki was “our man”: He would give us a follow-on Status of Forces Agreement to keep a small contingent of U.S. forces in Iraq after 2011; he was a nationalist; and he would fight the Sadrists. Furthermore, the official claimed that Maliki had promised him that he would not seek a third term. “Maliki is not our friend,” replied another official, Jeff Feltman, the assistant secretary of state for Near Eastern Affairs, exasperated at the delusional nature of the discussion. But Biden had been persuaded by the arguments that there was no one but Maliki who could be prime minister and that he would sign a new security agreement with the United States. The Obama administration wanted to see an Iraqi government in place before the U.S. mid-term elections in November. Biden believed the quickest way to form a government was to keep Maliki as prime minister, and to cajole other Iraqis into accepting this.

“Iraqiya genuinely fear Maliki,” General O explained. They were scared that he would accuse them of being terrorists or bring charges of corruption against them, and would arrest them. Maliki had accused Rafi of being the leader of a terrorist group, for instance—allegations that were totally unfounded. General O described how Maliki had changed so much over the past six months. He had become more sectarian and authoritarian. Iraqis had reason to fear him.

I tried to explain the struggle between secularists and Islamists, and how many Iraqis wanted to move beyond sectarianism. But Biden could not fathom this. For him, Iraq was simply about Sunnis, Shia and Kurds.

I tried another tack: “It is important to build belief in the democratic process by showing people that change can come about through elections—rather than violence. The peaceful transfer of power is key—it has never happened in the Arab World.” At the very least, either Maliki or Talabani needed to give up his seat; otherwise, they would both think they owned the seats. Biden did not agree. He responded that there were often elections in the United States that did not bring about any change.

Biden’s easy smile had evaporated. He was clearly irritated by me. “Look, I know these people,” he went on. “My grandfather was Irish and hated the British. It’s like in the Balkans. They all grow up hating each other.”

The conversation ended, as we had to head over to the meeting with Iraqiya members. Some were in suits, others were wearing their finest traditional robes. There were Sunni Arabs, Shia Arabs, Turkmen Shia, Kurds and a Christian. The full tapestry of Iraqi society was sitting facing us—distinguishable only by their dress, clearly showing us the sort of Iraq they wanted to live in.

Biden started off smiling: “I know you people. My grandfather was Irish and hated the British.” Everyone turned toward me, the Brit. The Iraqis were grinning, expecting there was going to be a good spat between Brits and Americans. How could I stop Biden making a totally inappropriate comment about them all being Sunnis and hating Shia? Thinking on my feet, I said, “Don’t look at me, Mr. Vice President, I am not the only Brit in the room.” One of the Iraqis piped up: “I have a British passport.”

Biden lost his train of thought and moved on. He said that one of his predecessors, Al Gore, had technically won more votes in the 2000 presidential election, but for the good of America had stepped back rather than keep the country in limbo while fighting over the disputed vote-count.

Allawi pretended not to understand that Biden was suggesting he give up his claim to have first go at trying to form the government, letting Maliki remain as prime minister. The meeting finished. After we left, I was sure the Iraqis would be wondering why on earth Biden had mentioned his Irish grandfather and Al Gore. If only President Obama had paid attention to Iraq. He, more than anyone, would understand the complexity of identities, I thought—and that people can change. But his only interest in Iraq, it appeared, was in ending the war.

***

In July 2014, I visited Erbil, Iraq, shortly after the Islamic State had taken control of a third of the country and the Iraqi Army had disintegrated. I met up with Rafi Issawi. So much had happened since General O and I had left Iraq at the end of August 2010. Iran had succeeded in pressuring Muqtada al-Sadr to accept a second Maliki term as prime minister and hence ensured that there would be no follow-on security agreement for a post-2011 U.S. troop presence. The United States had helped to hammer out a power-sharing agreement of sorts in Erbil, but it had never been implemented.

Rafi listed for me the Sunni grievances that had steadily simmered since I’d left—until they had finally boiled over. Maliki had detained thousands of Sunnis without trial, pushed leading Sunnis, including Rafi, out of the political process by accusing them of terrorism and reneged on payments and pledges to the Iraqi tribes who had bravely fought Al Qaeda in Iraq. Year-long Sunni protests demanding an end to discrimination were met by violence, with dozens of unarmed protesters killed by Iraqi security forces. Maliki had completely subverted the judiciary to his will, so that Sunnis felt unable to achieve justice. The Islamic State, Rafi explained to me, was able to take advantage of this situation, publicly claiming to be the defenders of the Sunnis against the Iranian-backed Maliki government.

The downward spiral, Rafi told me not surprisingly, had begun in 2010—when Iraqiya was not given the first chance to try to form the government. “We might not have succeeded,” he admitted, “but the process itself would have been important in building trust in Iraq’s young institutions.”

Emma Sky, senior fellow at Yale University’s Jackson Institute, is author of The Unraveling: High Hopes and Missed Opportunities in Iraq, from which this article is adapted.

Voir aussi:

Ex-British diplomat accuses Hillary Clinton of role in meltdown of Iraq
New book by former adviser to the US in Iraq Emma Sky says Clinton appointed ambassador to Baghdad who had no Middle East experience
Colin Freeman, Chief foreign correspondent
The Guardian
14 Apr 2015

A former British diplomat has accused Hillary Clinton of contributing to Iraq’s disastrous meltdown during her four years as Barack Obama’s foreign policy chief.
Emma Sky, who served as an adviser to one of the top US commanders in Iraq, claims in a new book that Mrs Clinton operated a “dysfunctional” diplomatic mission to Baghdad that allowed a lapse back into sectarian warfare after elections in 2010.
At that time Mrs Clinton was mid-way through her four-year stint as Mr Obama’s Secretary of State, the equivalent position to Foreign Secretary in Britain.
The criticisms, which come as Mrs Clinton announces her presidential bid, are contained in a book that Ms Sky, an Oxford-educated Middle East expert, is to publish next month about the seven years she spent in Iraq.
Entitled The Unraveling: High Hopes and Missed Opportunities in Iraq, it paints an unflattering picture of the Obama administration as it tried to extricate itself from the country as hastily as possible.

While the demand for a speedy drawdown from Iraq was driven primarily by Mr Obama himself, Mrs Clinton is accused of appointing an incompetent US ambassador to Baghdad, Chris Hill, who had little experience of the region and held its people in contempt.

That then paved the way for Washington to be outmanoeuvred by Iraq’s prime minister, Nouri al-Maliki, who was able to grab a second term in office despite fears that he was a sectarian dictator in the making.

The book also claims that the US-vice president, Joe Biden, showed little interest in Iraq’s political complexities, making oafish comparisons between its sectarian civil war and Britain’s historic tensions with Ireland.

Thanks to Mr Obama’s hasty pull-out at the end of 2011, Ms Sky says, hard-won opportunities for a lasting peace in Iraq after the war to remove Saddam Hussein in 2003 were squandered.

“That war – and the manner in which the United States left it behind in 2011 – shifted the balance of power in the region in Iran’s favour,” she writes. “Regional competition… exacerbated existing fault-lines, with support for extreme sectarian actors, including the Islamic State, turning local grievances over poor governance into proxy wars.”

Ms Sky, who is now an academic at Yale University, first went to work in Iraq in 2003 after a spell as a development expert for the British Council in the Palestinian territories. Although a self-described “tree hugger”, her expertise in Arab affairs saw her appointed as coalition governor of the northern city of Kirkuk, where she then impressed General Ray Odierno, whom she advised during the US troop “surge” that curbed Iraq’s 2006-7 Sunni-Shia civil war.

However, by 2010, Gen Odierno was becoming increasingly concerned that Washington was likely to destabilise Iraq in the “rush to the exit”. He had already “begun to despair”, Ms Sky says, of Mr Hill, who was appointed the year before despite concerns about his lack of Middle East experience.

Lifting the lid on behind the scenes intrigues in Baghdad’s heavily guarded “Green Zone”, Ms Sky writes: “It was clear that Hill, though a career diplomat, lacked regional experience and was miscast in the role in Baghdad. In fact, he had not wanted the job, but Secretary of State Hillary Clinton had persuaded him to take it; she admitted as much to General Odierno, he told me, when he met her in early 2010 in Washington to discuss the dysfunction at the embassy.”

She adds that “in his staff meetings, Hill made clear how much he disliked Iraq and Iraqis”. His main priority, she said, was getting the embassy to look like a “normal” US mission, which included importing rolls of turf “on which the ambassador could play lacrosse”.

Worse was to come when Mr Biden visited Baghdad. He made clear his impatience when Ms Sky tried to explain about Iraq’s myriad political landscape of secularists, Islamists, and moderates who wanted to move beyond sectarianism. Mr Biden “could not fathom this”, she said, telling her: “My grandfather was Irish and hated the British. It’s like in the Balkans. They all grow up hating each other.”

He repeated the simplistic observation at a meeting with the Iraqiya bloc, a religiously mixed, secular movement, only to be embarrassed when one of the Iraqi politicians told him that he had a British passport.

Ms Sky makes her accusations in an article adapted from her book in Politico magazine, titled “How Obama Abandoned Democracy in Iraq”.

She says the lack of foreign policy focus from Washington ultimately allowed the White House to back Mr Maliki for a second term when he tied in 2010’s elections with Ayad Allawi, the secular, pro-Western leader of the Iraqiya bloc. Mr Hill, she says, told a distraught Gen Odierno “that Iraq is not ready for democracy, that Iraq needs a Shia strongman, and Maliki is our man”.

Her revelations come as Haider al-Abadi, Iraq’s prime minister, met Mr Obama on Tuesday to ask for more arms to defeat Islamic State of Iraq and the Levant (Isil). Recent gains against the group in Tikrit have been undermined by Isil counter-attacks in the western province of Anbar.

Voir également:

Bookshelf
Iraq’s Unlikely Eulogist
There was no more improbable duo than Odierno, the hulking general with a shaved head, and his petite English adviser.
Max Boot
The Wall Street journal

April 13, 2015

The British Empire, which at one time dominated the lands stretching from Egypt to Persia, produced a long line of distinguished if often eccentric Arabists —Richard Francis Burton, Gertrude Bell, St. John Philby, T.E. Lawrence, Freya Stark, Wilfred Thesiger and more.

The deepening American involvement in the Middle East over the past decade has inspired its own crop of ardent experts. Some have been Foreign Service officers, such as Robert Ford and Ryan Crocker. Others military officers like Rick Welch, Derek Harvey and Joel Rayburn. Still others—perhaps the largest share—have been temporary recruits, helping the U.S. government understand the “human terrain” and filling gaps left by insufficient State Department resources. This group includes Ali Khedery, a young Arab-American who served as an aide to U.S. ambassadors in Baghdad; Matt Sherman, currently serving as political adviser to the U.S. commander in Kabul after previous stints in both Iraq and Afghanistan; and Carter Malkasian, who advised Marines in Iraq and Afghanistan.

The new generation of American Arabists, busy in the field trying to help win two wars, has not yet produced the outpouring of writing that characterized their British predecessors, but they are starting to catch up. Mr. Malkasian penned a first-rate account of his experiences in Afghanistan’s Helmand Province, “War Comes to Garmser” (2013), and, last year, Col. Rayburn published a wise book on “Iraq After America.” And now Emma Sky, dubbed “Our Miss Bell” by Iraqi interlocutors, has produced a radiant and beautifully written account, at turns funny and sad, of her service in Iraq.

There could have been few more unlikely candidates to advise U.S. military commanders. British-born and Oxford-educated, Ms. Sky is the kind of “progressive” who imagines that Texas is “a State of cowboys, electric chairs and right-wing zealots who spend their weekends down by the border shooting Mexicans who tried to cross illegally.” She welcomed Barack Obama’s victory in 2008, writing, “After the crazy era of the neoconservatives, the US was now led by a man whose worldview I believed I shared.”

The Unraveling

By Emma Sky
PublicAffairs, 382 pages, $28.99

She had come to assist the American war effort in Iraq by chance in 2003 after having spent a decade as a humanitarian worker in the Middle East. Employed by the British Council, a cultural organization sponsored by the Foreign Office, she received an email asking for volunteers to help the Coalition Provisional Authority in Iraq. Single and 30-something, she raised her hand and wound up in Kirkuk, where she became political adviser to Col. William Mayville, commander of the U.S. Army’s 173rd Airborne Brigade.

Ms. Sky had no experience of the military and was “wary” of her new colleagues. Upon first meeting Col. Mayville, she threatened to haul him to The Hague if he did anything that violated the Geneva Convention: “I took my brown Filofax with me everywhere,” she writes, “and began documenting everything Colonel Mayville said and did.” Before long, however, she realized that behind his “bravado was a deep intellect—and a wicked sense of humor.” She developed such admiration and affection for the soldiers of the brigade that when they rotated home in early 2004 she “sobbed inconsolably all afternoon.”

She returned home herself in June 2004 but “could not settle back” into her humdrum job. She spent nine months in Jerusalem advising the U.S. military mission monitoring Israel’s disengagement from Gaza and then did a tour in Afghanistan for Britain’s Department for International Development. In 2006, Gen. Raymond Odierno, who had been Col. Mayville’s division commander, invited her to become his political adviser when he was appointed the deputy American commander in Iraq.

There was no more unlikely duo than the hulking, 6-foot-5 former football player with the shaved head and his petite English adviser. To add to the incongruity, Ms. Sky needled Gen. Odierno relentlessly in a way that no one else would have dared—and he returned the favor. On a helicopter ride after “General O” comments that Saddam Hussein was a mass murderer, she replies, “We still don’t know who killed more Iraqis: you or Saddam, sir.” This was greeted by total silence among the general’s aides, but he jocularly shouted, “Open the door, pilots. Throw her out!”

It is part of Gen. Odierno’s greatness as a commander that he realized he needed the independent viewpoint that Ms. Sky could provide to avoid the groupthink that so often characterizes military command. He made her his indispensable aide, and she stayed by his side not only during his tour as the deputy commander in Iraq in 2006-08 but also when he was the top commander, from 2008 to 2010.

Along the way, she helped the U.S. military drag Iraq back from the brink of the abyss—only to see all of their achievements squandered. In Ms. Sky’s telling, the turning point was the failure to allow the secular Shiite Ayad Allawi a chance to form a government after his party had emerged as the top vote-getter in the 2010 election. Ambassador Christopher Hill and Vice President Joe Biden, the architects of the Obama administration’s Iraq policy in spite of their invincible ignorance of the country, threw U.S. influence behind the sitting prime minister, Nouri al-Maliki, who had refused to accept his electoral defeat. In his second term, he pursued the sectarian agenda that drove many Sunnis into the arms of Islamic State.

Ms. Sky ended up disenchanted with the administration she had once supported: “Biden was a nice man, but he simply had the wrong instincts on Iraq. If only Obama had paid attention to Iraq. . . . But his only interest in Iraq was in ending the war.” By contrast, her respect for the whole U.S. military and in particular for Gen. Odierno—who warned the administration of Mr. Maliki’s authoritarian tendencies—was never higher. He told her, “I gave my best military advice.” She laments: “But he had been ignored.” That is as good an epitaph as any for the American misadventure in Mesopotamia.

Mr. Boot, a senior fellow at the Council on Foreign

‘Iraq Is Finished’
Tribal leaders reflect on the enemy destroying their country from within.
Emma Sky

The Atlantic

Apr 8 2015

One afternoon this March, during a visit to Jordan, I sat on the banks of the Dead Sea with my Iraqi friend, Azzam Alwash. As we stared across the salt lake and watched the sun disappear behind the rocky crags of Israel, I recounted a trip I had taken to Jordan 20 years earlier to conduct field research on Palestinian refugees, as part of a Middle East peace effort designed to ensure that within a decade nobody in the region considered himself a refugee.

No one had an inkling back then that the numbers of refugees in the region would increase exponentially, with millions of Iraqis and Syrians displaced from their homes by international intervention and civil war. Nor had I imagined at the time that I would find myself in Iraq after the invasion of 2003, initially as a British representative of the Coalition Provisional Authority—the international transitional government that ran the country for about a year after the fall of Saddam Hussein—and then as the political advisor to U.S. Army General Raymond Odierno when he commanded U.S. forces in the country.

A number of the Iraqis I had gotten to know over the last decade had relocated to Jordan. I had gone there to see them and better understand events in the region—and the conditions that had led to the rise of the Islamic State.

* * *

The evening following our Dead Sea visit, Azzam and I went out for Italian food in Amman with a diverse group of our Iraqi friends, Sunni and Shiite, Kurd and Arab. It was a reunion of sorts; some of us had gone white-water rafting down the Little Zaab river in northern Iraq a few years ago. Azzam was an experienced rafter, but even the danger of the rapids had not pressured the group to trust his leadership and work together. There was a lot of shouting and we all got soaked, but somehow we had survived the trip. This, to me, represented Iraq writ large.

The conversation soon turned to Daesh (known as ISIS in the West), and how the group had formed. A common view I’ve heard in the region, propagated by Sunni and Shiite alike, is that Daesh is the creation of the United States. There was no al-Qaeda in Iraq or Islamic State before the U.S. invasion in 2003. Therefore, so the twisted reasoning goes, the United States must have deliberately created the group in order to make Sunnis and Shiites fight each other, thereby allowing the U.S to continue dominating the region. Local media had reported on alleged U.S. airdrops to Daesh. Some outlets even referred to Daesh’s leader, Abu Bakr al-Baghdadi, as an Israeli-trained Mossad agent.

One of my dining companions asked me where I thought the group came from. I responded that Daesh was a symptom of a much larger problem. Regional sectarian conflict was an unintended consequence of the Iraq War and the manner in which the United States had left the country, both of which had empowered Iran and changed the balance of power in the Middle East. In my view, regional competition—of which Iran versus Saudi Arabia is the main but not only dimension—exacerbated existing fault lines. Those countries’ support for extreme sectarian actors in different countries had now turned local grievances over poor governance into proxy wars. Iran was funding and training Shiite militias, as well as advising regimes in Baghdad and Damascus. Gulf financing had flowed to Sunni fighters, including the ones that ultimately became Daesh. At the same time, there was a symbiotic relationship between corrupt elites in Iraq and terrorists—they justified each other’s existence, each claiming to provide protection from the other.

Azzam offered another perspective. Daesh, he said, were Muslims, and fundamentalist Salafi Islam was to blame for their existence. The problem, he said, was the literal interpretation of the Quran, which, for example, spelled out harsh criminal punishments reflective of seventh-century practices. Other religions had moved forward and reformed because adherents were willing to interpret texts for their own time. A heated argument broke out as others at the table defended Islam and accused Azzam of being brainwashed by the West. « If we Muslim intellectuals are not self-critical, if we refuse to take responsibility to address the issues, » he responded, « what hope is there for the Middle East? »

* * *

Azzam’s was only one of numerous explanations of Daesh’s origins and power that I heard from Iraqis during my visit to Jordan. All of these explanations contained some truth: There was no one simple reason, but rather a complex set of factors, that had enabled the group to take control of so much of Iraq.

Another explanation came from Sheikh Abdullah al-Yawar, the paramount sheikh of the Shammar tribe, which has around 5 million members in Iraq, Syria, Jordan, and Saudi Arabia. Last summer, in the wake of the Daesh takeover of Mosul, his mother and brother managed to escape just hours before their palatial 27-room house near Rabiah—northwest of Mosul on the Syrian border—was blown up, his photos and carpets destroyed, his horses scattered to the wilds. It was a house that I knew well and had visited many times. From 2003 onward, Abdullah had decided that he and his family would cooperate with international coalition forces to secure their area, rather than fight against them.

Daesh did not suddenly take control of Mosul last summer, Abdullah told me over dinner with his family at his house in Amman. For years, there had been so much corruption in local government that Daesh had been able to buy influence and supporters. Government in Iraq, he said, was a business—a family business in which politicians in Baghdad and Mosul had stolen millions of dollars worth of the country’s wealth. Daesh had then been able to exploit this situation to take control, presenting itself as a better alternative to corrupt local government.

In Iraq, corrupt elites and terrorists justified each other’s existence, each claiming to provide protection from the other.
But I had a more basic question: « Who are Daesh? » Many, he told me, had come out of the town of Tal Afar, where there had been bitter fighting between the Sunni and Shiite populations during the civil war. They were former Baathists, members of Saddam Hussein’s party who had been purged from Iraq’s government following the international intervention to oust Hussein. Then, after 2003, some became al-Qaeda, and now they were Daesh. They felt excluded and marginalized. Daesh gave them a sense of empowerment and let them present themselves as the defenders of the Sunnis against Shiites, Iran, and the United States.

In northern Iraq last summer, I had met men with large mustaches—the Baathists’ signature facial hair—who claimed to be spokesmen for insurgent groups and said they were leading a Sunni uprising against then-Prime Minister Nouri al-Maliki. I asked Abdullah what had happened to them. He responded that they had been all talk. Some had grown the beards mandated by fundamentalists and joined Daesh. Others had done nothing.

Abdullah and his wife provided me quotation after quotation from the Quran to prove that Daesh violated the tenets of Islam. Personally, I told them, I judge people by how they behave. « When I think of a Muslim, I think of the hospitality shown to me, a foreigner, whenever I travel in the Arab world. » I went on, « Sadly, when I now tell people in the U.S. that I am off on holiday to the Middle East, they worry that I will be kidnapped and have my head chopped off. » I had finished the vine leaves and tabbouleh salad we had been eating, and kebab and chicken were now heaped on my plate. I told them I thought I faced a greater risk of death from overeating.

Abdullah turned serious. « We need more help from America, » he said. « Look at what Iran is doing. Iran is now in Tikrit.” (Iranian military officers were highly visible as advisors to Shiite militias seeking to retake the city.) He went on: « This is a huge humiliation for the Sunnis. This is not the way to destroy Daesh. It will cause a worse reaction in the future. »

* * *

A few days later, Sheikh Ghassan al-Assi of the Obeidi tribe, which has around 700,000 members in Iraq, both Sunni and Shiite, took me to a restaurant in Amman that he said was owned by Christians from Baghdad. When the waiter came to take our order, Ghassan said, with an acerbic wit that I was by now long familiar with: « The Americans and British destroyed our country—but we still invite them to lunch! » He would later pick out the best parts of the barbecued fish and put them on my plate.

I had first met Ghassan in 2003, when he had been highly critical of coalition forces in Iraq. Even so, we had remained friends. He had fled to Amman last summer in the wake of the Daesh blitzkrieg. According to Ghassan, the group had blown up the grave of his father, the paramount sheikh of the Obeidis, and had destroyed the houses of his uncles because they collaborated with Maliki. He had hoped that his house would be left alone, since he had not worked with the United States or the Iraqi government. But the week prior to my visit, Daesh had turned up with C4 explosives and blown the home up. He did not know why. He took out his iPhone. « Bastards, bastards, bastards,” he muttered as he flicked through the photos.

« There is no state left. It is a state of militias. »
Over a cup of tea, Ghassan showed me photos of one of his sons, who was wearing a red-and-white checked scarf, with a goatee, and was posing for the camera like a male model. I was surprised; I had never expected a boy born and bred in Hawija—a rough provincial town—to turn out looking like this. Even in Hawija, it seemed, there were people who just wanted to lead normal lives, to wear the latest fashion. It was Dubai, not Daesh, that represented the sort of society they wanted to live in.

Sheikh Ghassan laughed at my astonishment. « Miss Emma,” he asked me somewhat cryptically, “what is life without love? »

* * *

On my last day in Jordan, Jaber al-Jaberi, another tribal leader who had served Iraq as a member of parliament and had once been a candidate for minister of defense, drove me to Jerash, an ancient city outside Amman. With Daesh destroying Iraq’s archaeological sites, we both wanted to go and see Jordan’s. Jaber, too, had been forced to leave his home in Anbar amid the Daesh advance.

« The Sunnis of Iraq are like the Palestinians, » Jaber said. « We’ve been displaced from our land. » Sunnis had been cleansed from Diyala and areas surrounding Baghdad by Shiite militias, and many more had fled from the provinces of Anbar, Nineva, and Salah al-Din because of Daesh. Jaber himself had given up politics and was now spending his days trying to get food and assistance to tribesmen living in terrible conditions in makeshift accommodation in the desert. The Sunnis, he said, had no real leaders, and the Shiite militias were more powerful than the Iraqi security forces.

« Iraq is finished, » he lamented to me. « There is no state left. It is a state of militias.”

The state of Iraq has indeed failed. It no longer has the legitimacy or the power to extend control over its whole territory, and the power vacuum is being filled by a multitude of non-state actors, increasingly extreme and sectarian, who will likely continue to fight each other for years to come, supported by regional powers. Whether a new kind of order will finally emerge, with more local legitimacy, remains to be seen. And for now those who are displaced are left wondering how long it will be until they are able to return home—and to what.

Still, I refused to believe that terrorists could erase Iraq’s past, and I told Jaber so. The past would survive in archives, in exhibits in the British Museum, on the walls of art galleries in Amman, in poems recited around the world. We were in the land where humans had first experimented with settled agriculture, where the Babylonian king Hammurabi gave some of the first written laws, where Jews had written the Talmud. Jaber, I saw, had tears in his eyes. « Nothing can take this away, Jaber,” I told him. “Nothing. Not these terrible terrorists, not these militias, not these awful politicians. A new generation will come one day that can build on this. The hope is the youth who just want to live their lives. »

POSTSCRIPT
Who Lost Iraq?
And How to Get It Back

Emma Sky

Foreign Affairs

June 24, 2014

EMMA SKY is a senior fellow at Yale University’s Jackson Institute for Global Affairs. From 2007 to 2010, she was the political adviser to Ray Odierno (then the commanding general of U.S. Forces in Iraq).Republicans and Democrats each share some of the blame for the situation in Iraq — the former for the way in which the United States entered the country and the latter for the way in which it left. It was only between 2007 and 2009 that the United States had a coherent strategy in Iraq, matched with the right leadership and the necessary resources. The current turmoil dates back to just after that period, to 2010, after Iraq’s second post-Saddam national election.

Republicans and Democrats each share some of the blame for the situation in Iraq — the former for the way in which the United States entered the country and the latter for the way in which it left. It was only between 2007 and 2009 that the United States had a coherent strategy in Iraq, matched with the right leadership and the necessary resources. The current turmoil dates back to just after that period, to 2010, after Iraq’s second post-Saddam national election.

At that time, some senior officials argued that the United States should uphold the constitutionally mandated right of the winning bloc, Iraqiya, headed by Ayad Allawi, to have the first go at trying to form a government. They maintained that the United States should actively help broker an agreement among Iraqi elites to form the new government and warned of the already apparent autocratic tendencies of Nouri al-Maliki, the incumbent prime minister.

Other officials argued that Maliki, despite his narrow electoral defeat, was the only conceivable Shia leader who could hold the position. He was also, they said, a friend of the United States who would agree to allow the United States to maintain a small contingent of forces in Iraq after 2011, when the existing agreement between the two countries expired. In the end, it was Iran that stepped in and, by pressuring the Sadrists to support Maliki, secured him a second premiership. The price Iran extracted from Maliki was his support for the removal of all U.S. forces.

Since 2010, Maliki has consolidated his power by targeting his political rivals, subverting the judiciary and independent government commissions, reneging on his promises to the Sunni tribal leaders who had helped him fight al Qaeda, and politicizing the security forces that the United States invested so much in training. He also mishandled the yearlong protests against his government that erupted in Sunni areas at the end of 2012, following the souring of relations between him and Rafi al-Issawi, the highly respected minister of finance. His forces attacked protesters in Hawija, killing 50. Then, in December 2013, he sent troops into western Anbar to attack the desert camps of a Sunni radical group, the Islamic State of Iraq and al-Sham (ISIS). Following the death of the Iraqi general leading the operation, Maliki ordered his troops into the cities of Anbar province to close down all protest sites.

Maliki’s moves seemed to be tactical successes in that they strengthened his regime. But they have been revealed to be strategic disasters, since they provoked a backlash that weakened the state. With the ISIS takeover of cities in the provinces of Anbar, Ninewa, and Salah al-Din, that reality has been made clear. Iraqi security forces, which outnumber ISIS by around a hundred to one, deserted and fled their positions as ISIS advanced; soldiers’ morale was low and a number of senior officers owed their positions to bribes and political affiliation rather than to competence. Sunni tribes, which previously had turned against the forerunner of ISIS, al Qaeda in Iraq, have this time either fled, remained neutral, or backed the militants. Given their sense of disenfranchisement, they do not trust Maliki’s government to provide for them or to protect them. Some have concluded that ISIS is the lesser of two evils. Sunni clerics in Iraq, along with regional media, are now referring to the Sunni « revolt » against Maliki’s government.

ISIS’ victories are a result of internal divides, rising sectarianism, state failure, and geopolitical competition in two neighboring countries. In one of his recent speeches, Abu Bakr al-Baghdadi, the leader of ISIS, called on Sunni Muslims to join his organization to fight the Shia and establish a caliphate, which would remove the borders between Muslim lands that were demarcated by colonial powers. “Give up corrupt nationalism,” he urged, “and join the nation of Islam.”

But it is not the borders that are the root of the problems of these countries. It is the political leadership, which has failed to develop inclusive and robust states. Grievances against the governments of Maliki and Bashar al-Assad in Syria have created the environment in which ISIS can prosper. And, ironically, although the ISIS has railed against national divisions, the tensions between its international jihadist agenda and the nationalist agendas of most Sunni groups will inevitably create friction and infighting. For now, though, ISIS will find plenty of Sunnis willing to join the fray.

Meanwhile, facing the shock caused by the collapse of the Iraqi army in Mosul, Shia have turned to Ayatollah Ali al-Sistani for guidance. Sistani issued a fatwa calling on Iraqis to join the security forces in the fight against ISIS. Despite Sistani’s statement that the fatwa was intended for Sunni and Shia civilians alike, Shia militias are using it as an occasion for sectarian mobilization.

In the ongoing turmoil, the Kurds have taken the contested city of Kirkuk and see independence in their sights. U.S. forces invested considerable time and resources in mediating between the different parties in these disputed territories. Without such a neutral third party, the likelihood of Arab-Kurdish conflict is increasing, with ISIS gaining the opportunity to present itself as the protector of the Sunnis against Iranian-backed Shia but also against what they perceive as Kurdish expansionism.

So what can and should the United States do? It is positive that the United States no longer views the violence in Iraq as separate from the bloodshed in Syria and Lebanon. The region has become one battlefield — and U.S. policy must reflect that. It was the 1979 Iranian Revolution that set off the modern-day struggle between Iran and the Sunni powers. And it was the 2003 war in Iraq that led to sectarianization of regional politics. Then it was the 2011 U.S. departure from Iraq that left the impression in the region that Iran had defeated the United States. The United States needs to pursue policies that lessen sectarian tensions and support moderates. The majority of those living in Iraq and Syria yearn to live in peace with just, effective, and transparent governments. The choice before them cannot simply be Iranian-backed exclusionary regimes or al Qaeda­–linked affiliates.

Although the United States and Iran face a common threat in ISIS, the United States should cooperate with Iran only if it leads to major reform of Iraq’s political system so as to overcome sectarian divisions. If not, the specter of a perceived alignment between the United States and Iran could worsen sectarianism and push more Sunnis toward ISIS.

The main political tensions in Iraq today are between Maliki’s drive to centralize power, the Kurds’ desire to maximize their autonomy, and the increasing Sunni awareness of themselves as a distinct community. The fall of Mosul and events that followed are indications that these tensions have come to a head and that it is time for Maliki to admit his failures and open the way for a more competent Shia leader to start a new approach. Although Maliki did head the winning bloc in the most recent elections, those opposed to him have enough votes to replace him if they can agree on an alternative. Iraq’s political elites, in particular the Shia parties, need to select a new prime minister who is acceptable to them and to other communities, and is supported by Iran and Turkey as well as the United States.

In his June 19 statement, U.S. President Barack Obama said, « Iraqi leaders must rise above their differences and come together around a political plan for Iraq’s future. Shia, Sunni, Kurds — all Iraqis — must have confidence that they can advance their interests and aspirations through the political process rather than through violence.” Obama is right to pressure Iraqi politicians to form a new government, rather than insisting that they support Maliki. He correctly recognized that any military options would be effective only if they were in support of an overall political strategy that a new broad-based government agreed to. The United States has a key role to play in helping broker a new deal among the elites that creates a better balance among Iraq’s communities. A new broad-based Iraqi government will need to win back the support of Sunnis against ISIS — and the Obama administration should be prepared to respond positively to requests for assistance to do so.

Iraqi Sunnistan?
Why Separatism Could Rip the Country Apart—Again
Emma Sky and Harith al-Qarawee
Foreign Affairs

January 23, 2013

EMMA SKY is a senior fellow at Yale University’s Jackson Institute for Global Affairs. From 2007 to 2010, she was the political adviser to Ray Odierno (then the commanding general of U.S. Forces in Iraq). HARITH AL-QARAWEE is an Iraqi political scientist and the author of Imagining the Nation: Nationalism, Sectarianism and Socio-political Conflict in Iraq.

It’s not easy being a prominent Sunni in Iraq these days. This past December, Iraqi Prime Minister Nouri al-Maliki ordered the arrest of several bodyguards of Rafi al-Issawi, the minister of finance and one of the most influential and respected Sunni leaders in Iraq. In response, tens of thousands of Sunnis took to the streets of Anbar, Mosul, and other predominantly Sunni cities, demanding the end of what they consider government persecution. Issawi has accused Maliki of targeting him as part of a systematic campaign against Sunni leaders, which includes the 2011 indictment of Vice President Tariq al-Hashimi, a Sunni, on terrorism charges. This is not the first time that Maliki has gone after Issawi, either. In 2010, during tense negotiations over the makeup of the government, Maliki accused Issawi of leading a terrorist group — a claim that the U.S. military investigated and found baseless. Not coincidentally, this most recent incident occurred days after President Jalal Talabani, always a dependable moderator in Iraqi politics, was incapacitated by a stroke.

The scale of the ongoing demonstrations reveals the widespread sense of alienation that Sunnis feel in the new Iraq. Prior to 2003, Sunnis rarely identified as members of a religious sect and instead called themselves Iraqi or Arab nationalists. It was the country’s Shia population that claimed to be victims, on account of their persecution by Saddam Hussein.
Today, the roles are reversed. Shia Islamists consolidated power in Baghdad after the toppling of Saddam’s regime, and some — particularly those who were exiled during Baathist rule — now view all Sunnis with suspicion. In turn, many Sunnis take issue with the new political system, which was largely shaped by Shia and Kurdish parties. Today, the Sunni population is mobilizing against the status quo and making sect-specific demands, such as the release of Sunni detainees, an end to the torture of Sunni suspects, and humane treatment of Sunni women in jails. Moreover, demonstrators are calling for the overthrow of the regime, using slogans made popular during the Arab Spring.

Meanwhile, Kurdish leaders identify Maliki as the main problem facing Iraq, and some delegations of Kurds and Shia have travelled to Issawi’s native province of Anbar to express their own distrust of the regime. The top Iraqi Shia cleric, Grand Ayatollah Sistani, has voiced disappointment with Maliki’s government and has called for it to respond to the concerns of the protestors. Muqtada al-Sadr, the leader of Iraq’s most authentic grassroots Shia movement, the Sadrist Trend, has accused Maliki of provoking the current discontent. Although fear of Maliki’s creeping authoritarianism is pushing his rivals together, growing sectarian tensions may yet rip Iraq apart.
As with other protests in the Arab world, which were initially driven by legitimate local grievances, there is a risk that the current movement will become increasingly sectarian. At political events, some Iraqi Sunni clerics use conciliatory language and emphasize Iraqi fraternity. Others, however, speak passionately about the suffering of the Sunni community at the hands of Maliki’s Shia administration and condemn his ties with Iran.

Since 2008, when Maliki led a harsh crackdown on the Mahdi Army, a Shia militia, the prime minister has tried to present himself as a nationalist leader seeking to unify his country and evenly enforce the rule of law. The rise of Maliki and the popularity he gained with Shia, however, reveal the flaws of Iraq’s new political system, which made state institutions fiefdoms of patronage for sectarian political parties rather than channels for delivering public services. Maliki tried to earn legitimacy beyond just the Shia community, in particular seeking the support of Sunni voters. His confrontation with Massoud Barzani, the president of the semi-independent Iraqi Kurdistan region, over security issues along the disputed border was primarily a move to win the support of the Sunni population there, which is resentful of Kurdish encroachment.
But Maliki has squandered his ability to appeal to the country’s other sects and communities because of his paranoia and ideological bias as a leader of Dawa, the Shia Islamist party. He blames external interference for the current tensions, exploiting images of divisive symbols such as flags of the Saddam era, the Free Syrian Army, and Kurdistan, as well as photos of Turkish Prime Minister Recep Tayyip Erdogan. And Maliki’s record — his targeting of Sunni politicians, his selective use of law, his influence over the judiciary to ensure rulings in his favor, and his close ties with Iran — confirms that he is prepared to use all means necessary to consolidate power.

Maliki could cling to power by presenting himself as the defender of the Shia in an increasingly tumultuous environment, turning his fear of a regional sectarian conflict into a self-fulfilling prophecy. Al-Qaeda attacks in Iraq are on the rise, provoked by discontent with Maliki and inspired by the Syrian civil war next door. So far this month, al-Qaeda has killed Shia pilgrims in Karbala, a Sunni lawmaker in Anbar, and Kurds in Kirkuk. Meanwhile, other leaders are struggling to remain relevant. The credibility of Sunni government officials is declining, due to their inability to prevent discrimination against their constituents while participating in a system that brings them personal benefits. In the Shia camp, Sadr is moving to the center, positioning himself as a nationalist leader. If Sadr is able to create an alliance with anti-Maliki Sunnis and Kurds — presenting a credible and unifying alternative government — sectarianism could be curbed. However, Maliki might be provoked by such a challenge and clamp down on his rivals even more aggressively.
Politics in Iraq and the surrounding region are increasingly sectarian. Inspired by the rebellion in Syria and supported by the Sunni leaders of Turkey, Saudi Arabia, and Qatar, Iraq’s Sunnis may seek greater autonomy from the Shia-dominated central government in years to come. This need not be the case: in the 2010 national elections, most Sunnis voted for the Iraqiya electoral list, a coalition that defined itself as nonsectarian and was led by a secular Shia politician. But, given the sectarian turn of Iraqi politics, Sunni leaders seem likely to run on one list with a platform built around Sunni grievances in the 2014 national elections. In addition, more hardline Sunni leaders may emerge if the current politicians prove unable to achieve meaningful gains for their communities. Sunni leaders may also, if they manage to overcome their internal divisions, propose an independent Sunni region, similar to the one enjoyed by the Kurds. This would mark the end of Iraqi nationalism and put the survival of the state in question.
Maliki’s efforts to destroy his rivals have drawn him closer to Shia Iran, which has in turn affected regional power dynamics. To counter Iran’s influence, Turkey is now posing as the defender not only of Iraq’s Sunnis but also of its Kurds, even though Turkey has long feared Kurdish nationalism within its own borders. Saudi Arabia, despite its usual counterrevolutionary attitude, is supporting the rebels in Syria in hopes of replacing the Shia-Alawite regime with a Sunni government and undoing the pro-Shia axis that now runs through Iran, Iraq, Syria, and Lebanon.

It is up to Iraq’s politicians, then, to overcome their differences and construct a national platform that addresses the country’s challenges. Any such settlement will require making concessions regarding regional autonomy, internal border disputes, the management and distribution of oil profits, and Baghdad’s foreign policy orientation. Unfortunately, given mutual distrust, the personalization of disputes, and the upcoming electoral season, such compromises do not seem likely — particularly if Maliki insists on remaining in power indefinitely.
The American public is no doubt fatigued by the recent decades of involvement in the country and the region. But to avoid disaster, the United States urgently needs to review its Iraq policy. Washington needs to show the Iraqi people that its intent is not to divide Iraq and keep it weak — even if that appears to have been a main outcome of the U.S. intervention. U.S. President Barack Obama succeeded in keeping his campaign promise of withdrawing U.S. forces from Iraq. In its second term, the Obama administration should stop supporting a status quo that is driving Iraq toward both authoritarianism and fragmentation. The United States should make clear that it neither condones nor supports the prime minister’s consolidation of power and blatant use of the Iraqi Security Forces — which the United States helped train and equip — to crack down on political opposition. Washington should make its aid to Maliki — or any other Iraqi leader — conditional on his behaving within democratic norms.
In addition, Washington should support Iraqi Shia’s attempts to select a new prime minister and should help facilitate a pact among the country’s elites in order to turn Iraq into a buffer rather than a battlefield state in the volatile region. U.S. engagement in the Middle East should seek to restrain external actors from interfering in Iraq and waging a proxy war there. Washington needs to contain Iran, but should make clear that it is not aligned with Sunnis in a regional sectarian war against Shia. This will require pushing back on Iranian influence in Iraq and simultaneously putting greater pressure on Sunni allies in the region to respect and protect their Shia populations. The United States has invested too much in Iraq to simply ignore these warning signs. Washington should use its diplomatic clout to help prevent further bloodshed.

UPDATE 1-Saudi Arabia, South Korea sign MOU on nuclear power
(Reuters) – Saudi Arabia and South Korea have signed a memorandum of understanding (MOU) to cooperate on the development of nuclear energy, Saudi state news agency SPA said, building on a deal signed in 2011.

South Korean President Park Geun-hye met with Saudi Arabia’s King Salman on Tuesday in Riyadh during an official visit, SPA said.

The MOU calls for South Korean firms to help build at least two small-to-medium sized nuclear reactors in Saudi Arabia, the South Korean presidential office said in a statement.

« If the two units go ahead, the cost of the contract will be (near) $2 billion, » the statement said.

Saudi Arabia aims to build 17 gigawatts (GW) of nuclear power by 2032 as well as around 41 GW of solar capacity. The oil exporter currently has no nuclear power.

Those plans are likely to take until 2040, the head of the King Abdullah City for Atomic and Renewable Energy (K.A.CARE), in charge of overseeing such projects, said in January.

On Tuesday, K.A.Care said in a statement: « The two sides will discuss the current mutual activities and ways and means of future collaboration, building on the bilateral agreement already signed between the kingdom of Saudi Arabia and the Republic of South Korea in 2011 with a view to develop and apply nuclear energy for peaceful uses. »

That agreement called for cooperation in research and development, as well as in construction and training.

Separately, Saudi Electricity signed four energy-related agreements on Tuesday with U.S. company General Electric as well as South Korea’s Korea Electric Power Corp (KEPCO) , Doosan Heavy Industries and Construction and Eximbank.

The KEPCO agreement calls for cooperation in development of nuclear and renewable energy.

Al Hassan Ghazi Ibrahim Shaker Co. also signed a non-binding MOU with South Korea’s LG Electronics on cooperation in cooling systems for nuclear reactors.

The United Arab Emirates was the first Gulf Arab state to start building a nuclear power plant. In December 2009, the UAE awarded a group led by KEPCO a contract to build four 1,400 MW nuclear reactors to meet surging demand for electricity.

(Reporting by Reem Shamseddine and Brian Kim; editing by Rania El Gamal and Jason Neely)

Voir encore:

Turkey Launches Nuclear Plant Construction, Sparking Protest
ABC

ANKARA, Turkey — Apr 14, 2015

Turkey held a ground-breaking ceremony for the construction of parts of its first nuclear reactor, sparking an angry protest by activists.

Activists say Tuesday’s ceremony came despite ongoing court cases against the nuclear plant being built by Russia in Akkuyu, in the Mediterranean coastal province of Mersin.

Protesters blocked a gate leading to the ceremony area, briefly preventing officials from leaving the site. Security forces pushed the activists back with water cannons.

Energy Minister Taner Yildiz said the plant was designed to withstand powerful earthquakes, adding: « There cannot be a developed Turkey without nuclear energy. »

Turkey has chosen a French-Japanese consortium to build the country’s second nuclear plant on the Black Sea coast and also has plans to build a third to reduce the nation’s energy dependence.

Voir encore:

Briton who advised US in Iraq tells how tactics changed after bloody insurgency
Emma Sky, who spent four years in Iraq, says US military started reaching out to groups it had been fighting to stem violence

Nick Hopkins

16 July 2012

The British woman who became adviser to America’s most senior general in Iraq has given an insider’s account of the way the US radically changed tactics to try to stem the violence from 2007 and why military commanders started dealing with insurgents who « had blood on their hands ».

Emma Sky, 44, said she feared Iraq was in danger of becoming « the biggest strategic failure in the history of the US ». She also worried the « surge » strategy, which involved another 20,000 US troops being sent to Baghdad, might make the situation worse.

« There was so much violence that it was almost too big to comprehend. Everything had just escalated and escalated. There were occasions when I doubted whether we were ever going to break the back of it, and whether we should call it quits, » she said.

Speaking in detail for the first time about this most turbulent of periods, Sky also describes how:

• Barack Obama’s first trip to Iraq in 2009 almost turned into a diplomatic fiasco.

• She went on secret night trips into some of Baghdad’s most dangerous areas to try to gather information about the strength of the insurgency.

• She became a hostage negotiator to stop a spate of kidnaps escalating into an international crisis involving the Kurds.
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Sky was political adviser to General Ray Odierno, who was commander of all US forces in Iraq, and was also in charge of implementing the overarching « surge » strategy devised by General David Petraeus.

A British liberal who had been against the war in Iraq, she was taken on by the Americans because they respected her judgment and advice, even when it ran directly counter to their own.

Sky spent more than four years in Iraq, and was recruited by Odierno to help him implement the « surge » in 2007. She said the military realised it could not win with might alone, and had to start reaching out to groups that had been waging violence against it.

« I had confidence in our analysis. But I was not sure the strategy would work. Not because I thought it was wrong, but because I worried the situation in Iraq was so out of control our extra forces might only exacerbate the violence, not lessen it, » she said.

« There was so much violence that it was almost too big to comprehend. The military has a language that is not accidental, it is used to quarantine emotion. Every day we would hear reports that another 60 or 70 bodies had turned up, heads chopped off or drilled through. It was absolutely horrific. We could tell which groups had been behind the attacks by the way the victims had been killed. »

In the face of this, Sky said, Odierno challenged his soldiers to « understand the causes of instability, to understand the ‘why’ not just describe the ‘what’.

« It meant we would have to start dealing with people we had been fighting and for any commander that is a very difficult thing to do. We couldn’t afford to say: ‘We’ll only deal with people as long as they haven’t got blood on their hands.’ We’ve all got blood on our hands. »

Six months into the campaign, Sky said, things began to change.

« By July we started to feel things were changing. We heard it first from the battalions who described how more and more Iraqis were coming forward to give information about ‘bad guys’, and how insurgents were reaching out to do deals. There were ceasefires everywhere, local agreements, because more and more Iraqis were coming forward wanting to work with us. The intelligence we were getting improved, and the number of Iraqi casualties started to go down. »

When Obama made his first visit to Iraq, a scheduled meeting with the Iraqi prime minister, Nouri al-Maliki, had to be abandoned because White House security staff refused to let the president fly from the American base outside Baghdad to the Green Zone because of bad weather.

Senior Iraqi politicians had always avoided the US base, called Camp Victory, because it was regarded as the seat of the occupation.

With a diplomatic standoff looming, Sky was sent to the Green Zone to see if Maliki could be persuaded to travel by car to meet Obama at the US headquarters.

Maliki was asleep when she arrived.

« So I go over to see the prime minister, who is having his afternoon siesta. I had to wake him up. I said: ‘I am terribly sorry but President Obama cannot come to Green Zone because of the weather and I hate, hate to ask of you, is there any chance you can come to Camp Victory?’ Obama was new. Everyone was excited about him, and Maliki agreed. And if Maliki agreed, then the others would probably come too. »

Inside Iraq: the British peacenik who became key to the US military
Exclusive: How Emma Sky went from anti-war academic to governor of Kirkuk, one of Iraq’s most volatile regions

Nick Hopkins, defence and security correspondent

The Guardian

15 July 2012

On the face of it, Emma Sky was not an obvious candidate to send to Iraq in the immediate aftermath of the war. She had never been to the country before, and had opposed the coalition’s invasion. She had only been to the US once and was instinctively suspicious of the military, perhaps especially the US military.

Yet on Friday, 20 June 2003 , two months after the war began, Sky boarded a flight from RAF Brize Norton, the only woman among 200 soldiers, and headed into the 50C heat and post-conflict chaos of Basra, the city in the south where the British were based.

Two weeks earlier she had been working as an international development adviser for the British Council in Manchester; now she found herself in charge of one of the most volatile regions in Iraq. The journey from north-west England to north-east Iraq owed a lot to fortune, her determination, and some barely scriptable coincidences. But Sky is the first to concede the random nature of her appointment reflected much broader failures in planning and strategy that would ultimately draw the country into a civil war.
Into the breach

Nobody’s ingenue, Sky was certainly used to operating in difficult environments; an Arabist, she had spent 10 years working in Gaza and the West Bank before returning to the UK with the British Council to advise countries in Africa, Asia and south America, on issues such as human rights and governance. When the Foreign Office asked for volunteers to go to Iraq to help with the reconstruction effort, a friend in the civil service prompted Sky to apply.

« I was against the war and I had this idea that I was going to go out to Iraq and apologise to the Iraqis for the invasion, and everything they had experienced, and I would do whatever I could to help them get back on their feet. » A few days and one short phone call later, Sky was told to report to the military air base in Oxfordshire. The Foreign Office did not give her a formal interview or briefing before she left, and she was given no detailed instructions about what to do when she landed. « I had a phone call from someone in the Foreign Office. It wasn’t a long conversation. They said ‘you’ve spent a lot of time in the Middle East, you’ll be fine’. I was told that there would be someone at the airport waiting for me, carrying a card with my name. When I got to Basra, there was nobody there, and nobody seemed to know I was coming. »

After a sleepless night on the floor in a corridor at Basra airport, Sky hitched a lift on a US Hercules transport plane to Baghdad, and then a military bus into the Republican Palace in the Green Zone. This had become the headquarters of the Coalition Provisional Authority (CPA) which was supposed to be restoring order to the country.

She tracked down and introduced herself to Sir John Sawers, who was the UK’s special envoy to Iraq, (and is now head of MI6) and spent a week helping out until a proper role was found for her. Life inside the palace was bizarre. « Stately rooms had become dormitories reminiscent of wartime hospitals. At times we showered in mineral water and some days even the floors were washed with mineral water. »

Their dirty laundry was flown to Kuwait for cleaning, and engineers spent days trying to decapitate the four giant heads of Saddam Hussein, which leered from the palace ceilings. Sky says she adapted more easily than most, thanks to her « years at an all boys’ English boarding school that had honed a wide range of survival instincts which proved most useful in the jungle ».

A few days after arriving, she decided to escape into downtown Baghdad on her own – the kind of trip that was already strictly forbidden. She found herself chatting to a man selling cigarettes from a trolley. « I talked to him, he was in his 50s. He said to me ‘it’s a Hobbesian world’. And I was thinking, how does he know about Hobbes? He was referring to all the looting. Iraqis were taking revenge on the state that had controlled their lives for so long. » From the start nothing was quite as it seemed.

Under the leadership of the US diplomat Paul Bremer, the CPA was tasked with reforming and reconstructing the country; but it was always going to struggle, especially in the regions away from Baghdad, where it had fewer people.

Sky was told to fly to northern Iraq because the CPA was short of staff in Erbil, but when she arrived, the posts were already filled, and she was directed to Kirkuk. « They said, ‘we’ve nobody in Kirkuk, so go there’. »

On the border of the autonomous Kurdish area, and 150 miles north of Baghdad, Kirkuk is an ancient, oil-rich city, with tribal rivalries that date back to the Ottoman Empire.

And so this 35-year-old Oxford graduate who had almost fallen out of the Black Hawk helicopter that took her to the city for the first time (« I couldn’t get my harness on and I couldn’t understand why they’d left the door open ») became the governate co-ordinator of this restive area. She reported directly to ambassador Bremer.

In the days before she took up her new post, he invited her to join him on a short tour of the north, which included dinner with the Kurdish leader, Masoud Barzani, in the town of Sari Rash. During the meal, Bremer spoke about America’s 4 July Independence Day, which was the next day, and then he turned to Sky for a comment. « I managed to say something about wishing all our former colonies the same success as America. I wondered, how on Earth have I got here? How on Earth had someone like me, a British liberal, become part of a US-led invasion that I had opposed? »

Welcome to Kirkuk

From the airport in Kirkuk, Sky was taken to modern villa near the centre of the city, a base she was supposed to share with a group of American contractors and engineers. But within days, this idea looked a trifle optimistic, as did any notion that a new Iraq would emerge easily from the shadow of the old.

« We received intelligence that the house might be targeted, » said Sky. « We had to turn the lights out at dusk and we slept fully clothed away from the windows. On my fifth night, five mortars were fired at the house. The noise was deafening and seemed to be coming from all sides. We were under attack. I struggled into my body armour and ran down to the safest part of the building where the others were already huddled. We sat in the darkness for what seemed like hours. »

Most of the staff abandoned the villa the following day, but Sky decided to stay. Two nights later, the house was attacked again by gunmen who appeared determined to storm the building. « I woke to the sound of automatic gunfire followed by massive explosions. Dust poured in through the sandbags. I curled up in a ball in bed with my hands over my ears, paralysed by the sound. The attack lasted half an hour … it was only when it was over that I discovered that four rocket propelled grenades had been fired at the house, and one had entered a couple of metres from my bed. »

The private security guards who tried to defend the house believed it was too vulnerable, so Sky accepted the offer of a bunk on the airfield in a US airforce tent, which she shared with seven men. This required her to become expert in the military’s « three-minute showers (30 seconds to soap, two and a half minutes to rinse).

Narrowly avoiding death within her first week was an inauspicious start to her governorship, and the task ahead remained unclear. This was underlined to her a few days later when Sawers arrived in Kirkuk on his farewell tour of the country. He invited Sky to join his entourage, and during the trip, she sought his advice. « His parting advice to me was to become a trusted partner to all groups and to get to know the Turkmen, » she said. « And that, in essence, was as far as guidance from CPA went in the early months. »

With few staff of her own, no orders from Baghdad, and reliant on the US military for protection, Sky concluded there was only one way to get anything done. She would have to work with the 3,500 soldiers of the 173rd Airborne Brigade who were based on the outskirts of the city.

« I was a British civilian volunteer who had arrived accidentally in Kirkuk. I looked around and decided to work closely with the military. They were the ones with the power, with the resources, with the bureaucracy. I could spend all my time watching what they do and reporting back on all their mistakes, or I could look at how to work with them. So I rolled up my sleeves, knuckled down. I learned the rank structure, the handshakes, the jokes, the code. »

Sky did this with some trepidation – she had never worked with the military before – and some of those she spoke to at first did their best to confirm her fears. One American officer told her working in Iraq was « like being on Planet of the Apes ». And she heard soldiers referring to Iraqis as « haji », which is an honorific in Arabic, but was being used in a derogatory way, as a racial slur. Some mocked the Iraqi people for living in mud huts, wearing « man dresses » and giving « man kisses ».

« They had come into contact with an ancient civilisation with people who knew their lineage back through centuries, who had survived under the harshest of dictatorships. They did not understand the people they were dealing with. » Sometimes offence was caused unwittingly. In one effort to foster relations with community leaders, the US air force invited a group of dignitaries to a military entertainment show. The « tops and stripes » evening included a mildly racy dance involving women flipping up their skirts. The guests walked out, quickly followed by Sky, who assured them that no offence had been intended.
Abu Ghraib
Iraqi inmates line up for a body search in Abu Ghraib prison: the detention of young men and evidence of torture at Abu Ghraib radicalised many Iraqis. Photograph: John Moore/AP

Sky set about learning the history of Kirkuk and ventured out into the city, in her soft-topped car, to speak to people about their problems. The military seemed genuinely perplexed that Iraqis seemed so hostile. « The brigade viewed themselves as liberators and were angry that Iraqis were not more grateful. One of the questions put to me was, ‘what do we need to do to be loved?’ I told them that people who invaded other peoples’ countries, and killed people who were no threat to them, would never be loved. I said that after the first Gulf war which killed 100,000 Iraqis, a decade of sanctions with the devastating effects on health, education and economy, and the humiliating defeat of the second Gulf war, I could well understand why Iraqis were shooting at us. »

Sky found an unlikely kindred spirit in Colonel William Mayville, the brigade commander with a cowboy swagger. They shared the same goal – to help Kirkuk get on its feet so the military could withdraw. And he also believed – wrongly – her presence heralded the arrival of an army of civilians that would enable his brigade to go home. One of the US military’s rising stars, Mayville loved listening to opera and had a team of highly educated officers – all of which came as a surprise to Sky. As did their willingness to listen to this opinionated Englishwoman who had appeared in their midst.
The restless natives

Sky was included in all classified « battle update briefs » about security operations, and discussions about what the military should be doing next. When she arrived in Kirkuk, the military was running everything in the city. But that was part of the problem. Sky said success should be defined as Kirkukis running their own affairs: the job of the coalition was not to do it for them, but to help them do it themselves.

She and Mayville formed « team government » – a military and civilian partnership, developing ideas that were later reflected in America’s new counter-insurgency strategy. They established the Kirkuk Development Commission to kickstart the local economy. And they also encouraged Iraqis to register any complaints they had about the coalition, including damage done to property during raids.

The two shared an office on the first floor of an old government building in the city centre. « Every day, there were long queues outside our door, with Kirkukis wanting to tell us about weapons of mass destruction or sightings of Saddam. Others were asking for jobs or complaining about services. It was madness, » said Sky.

Among the myriad issues were two that were intertwined; the property claims of 250,000 Kurds who had been expelled from their homes in the city during the 1970s – when Saddam Hussein set out to « arabise » Kirkuk by moving hundreds of families there from the south. The second issue was whether Kirkuk should secede from Iraq and become part of the Kurdish enclave in the north.

Sky urged the CPA to give Kirkuk special status because of its unique make-up; she met the US secretary of state, Colin Powell, and the US deputy defence secretary, Paul Wolfowitz, when they made flying visits to the city. She argued Kirkuk needed to be exempted from the rush to Iraqi governance the CPA was demanding in other areas. On 19 September 2003, Sky was summoned to a meeting in Baghdad with Bremer and his deputy, the British diplomat Sir Jeremy Greenstock.

Her idea, she says, « was torpedoed » because of concerns that a precedent might be set. Bremer promised Sky that Kirkuk would be treated as a priority – but it wasn’t, because there were so many other priorities.

Sky didn’t find any mourning for Saddam, but she sensed growing anger about decisions taken in Baghdad that had dire consequences on the ground. « I had arrived ready to apologise to every Iraqi for the war. Instead I had listened to a litany of suffering and pain under Saddam for which I was quite unprepared. The mass graves, the details of torture, the bureaucratisation of abuse. The pure banality of evil. But the Iraqis also had huge expectations of the US. After every war Saddam rebuilt the country in six months, so their attitude was, ‘imagine what the US can do after six months. America can put a man on the moon … you wait’. »

Sky admits the CPA simply could not meet these expectations and no amount of hard work from many experienced British and American volunteers could make up for the lack of planning before the invasion. It left the CPA – which was assembled in haste and from scratch – attempting to restore public services, disband the security forces and build new ones, as well as introduce a free market and democracy. « No organisation would have been able to implement such an agenda, particularly without the consent of the population. Those in Baghdad struggled to cope with the daily crises, whilst those in the provinces were often left to their own devices. Some Americans believed Iraq could become a democracy that would serve as a model for the region. Most Iraqis had not consented to this experiment, or to being occupied by foreign forces. »

Driven on by « zealous Iraqi exiles who had no proper constituency », Sky says some senior members of the CPA and the US government seemed to see Iraq as « an experiment, an incubator for bringing in democracy ».

One of the most contentious CPA orders involved the « de-Ba’athification » of society. This demanded that any member of Saddam’s Ba’ath party at grade four level and above should be dismissed, regardless of whether there was any evidence of actual complicity in crimes. Thousands of professional people in Kirkuk lost their jobs at a stroke – including teachers and doctors.

« Demonising the Ba’ath party to this degree was dangerous, » said Sky. « The whole process hit us very, very hard. It did not affect all communities evenly. Some Sunni areas ended up with no doctors in their hospitals and no teachers in their schools. What did the coalition really know about Iraq? Nothing. De-Ba’athification was based on de-Nazification. It didn’t bring catharsis, or justice. It became highly politicised and brought more and more anger. Everybody who had stayed in Iraq had, in order to survive, become complicit to some way with the regime. But instead of saying we have all suffered, and let’s talk about how we deal with the past, this pitted people against each other. De-Ba’athification became a witch-hunt. I don’t think any society could have withstood what we did to it in terms of disbanding the security forces and sacking its civil servants. »

Sky said the brigade started to become « contemptuous of the CPA and its lack of clear policies and obstruction of their work. Their experiences of Iraq led the military to regard most civilians and their agencies as largely incompetent and impotent ».

A fresh insurgency

Sky realised many local Sunni Arabs were joining an emerging insurgency because they felt excluded from the Shia-led Iraq. « Iraqis felt humiliated by the presence of foreign troops on their soil. Right from the outset, there was resistance from former regime members as well as foreign fighters who entered the country to fight jihad. But it was the de-Ba’athication and dissolving of the military that led many Sunnis to believe that there was no future for them and to oppose the coalition as well as the Iraqi leaders they had put in power. »

The US commander in overall charge of the Kirkuk region, Major General Ray Odierno, issued an amnesty to teachers and doctors caught up in de-Ba’athification in an attempt to defuse the issue. But Baghdad controlled the payroll and cut them off.

A mix of resentments and fears fuelled violence to a level nobody had foreseen. « The US military was not trained or prepared to deal with such a situation and they met violence with violence. There were continuous raids and mass round-ups of military-aged males. There were no suitable facilities to hold the detainees, nor systems to process them, and many became radicalised in detention. » Worst of all, she says, was the evidence that US soldiers were abusing detainees in Abu Ghraib prison.

Kirkuk did not escape the bloodshed, and its victims included community leaders Sky had encouraged to help her shape the city’s new landscape. « I had worked in places overseas for a long time, but I had not worked with people who had been killed, or had been killed because of their relationship with me. I spent a lot of time with the provincial council and about a quarter of the people on council were killed. There was always that sense that we had come into their lives and said, ‘who is going to stand up and serve their province?’, and they had come forward, and some of them had been killed. If we had never come into their lives that would never have happened. Some were killed because they stood forward to join the council, some were killed because they were seen as close to the coalition. I can still see their faces, I remember going to their funerals, speaking to their kids. »

By February 2004, Sky had returned to work at the CPA’s headquarters in Baghdad, where life had become even more stressful for its staff. The number of attacks on the Green Zone had reached such a level that people had stopped running to the shelters when the siren sounded – and the siren didn’t always sound.

Beyond the wire and thick bomb-resistant walls, fliers were appearing all over the capital denouncing the occupation. « Everyone was working incredibly hard but I wasn’t convinced we knew who we were fighting, or why they were fighting. » One man who knew that Sky brought a different perspective on Iraq was Odierno, who had a fearsome reputation as an « old school » soldier.

He had watched Sky reaching out to people in Kirkuk and liked the way she worked with the 173rd Airborne Brigade. In almost all respects, Sky and Odierno were different; she is diminutive, precise and controlled. Shaven-headed and muscular, Odierno is a giant, whose military call sign was Iron Horse. He and Sky developed a rapport that became as important as it was unlikely. « Odierno never questioned why one of his commanders had brought in a British civilian woman into an American brigade. I found him honest, straightforward and direct. Whenever he arrived in Kirkuk, we felt a huge sense of relief. He always gave us support and asked how he could help. And he always asked my opinion about why the violence was happening. I think he recognised the solutions were not simply military ones. »

When Odierno returned to Iraq two and a half years later to lead US forces during « the surge », the general decided he needed more than military might to stop Iraq’s vicious civil war. He asked Sky to join his team.

Voir encore:

Inside Iraq: ‘We had to deal with people who had blood on their hands’
Exclusive: Emma Sky – a British civilian who advised US commanders in Iraq – explains how the surge changed military tactics, and why Obama’s Baghdad trip almost ended in disaster

Part one of our exclusive interview with Emma Sky

Nick Hopkins

The Guardian

16 July 2012

Emma Sky was at her home in Wandsworth, south-west London in September 2006, when she received an email from a friend in the US. At first she tried to ignore it. But Sky knew she wouldn’t refuse him his unusual request.

The author was General Raymond T Odierno, one of the US army’s most senior officers. He was about to return to Iraq to head « Phantom Corps » in a last ditch attempt to stop violence tearing the country apart.

And he wanted Sky to go with him as his political adviser.

« I hadn’t been in Iraq for two years and had just done a six-month tour in Afghanistan, so the email came as something of a surprise. When he asked me to return I was flattered. I also felt that if anyone could make a difference in Iraq it was Odierno. The general is a good listener, he doesn’t think he knows the whole truth, he is intellectually curious. He is prepared to take in ideas, and then make decisions. That’s why I was prepared to return at the worst of times. »

The presence of a British woman at his side would prove controversial and unpopular in some quarters, particularly at the US state department, but the stakes were high and Odierno was evidently prepared to take a risk.

The general had been criticised for his aggressive approach to security in the months after the invasion, though Sky says he took the blame for circumstances beyond his control, and she did not find him to be « some brutal unthinking monster who suddenly had a complete change of personality ».

Sky believed he wanted her to help challenge the army’s punch first instincts, raise with him things he might not want to hear, as well as offer advice he couldn’t get « in-house ». « He didn’t want me to comply and he didn’t pigeonhole me. »

The situation in Iraq at the time was desperate. The violence in Iraq had morphed from an insurgency into sectarian conflict. The al-Qaida leader Abu Musab al-Zarqawi had provoked a civil war between Sunni and Shias that would take the country close to collapse.

In 2006, 16,564 Iraqi civilians died, including 3,389 in September, the highest amount for any month during the conflict. Coalition casualties were also high; 873 troops were killed that year, 823 of them American. Inevitably, political support for continuing the military campaign was ebbing away in Washington and London.

Nevertheless, the US president George Bush was poised to disregard the advice of some of his closest advisers – and most commentators too – to announce he was sending an extra 20,000 troops to Iraq, most of them into the cauldron of Baghdad.

The surge was a gamble. It seemed then, and with hindsight remains, an astonishing risk taken by a president who had stopped believing those people who said the violence was being provoked solely by the presence of US forces.

With thousands of extra troops heading for Iraq, Odierno set up headquarters in the vast US military base outside Baghdad near the airport, the unfortunately named Camp Victory.

Sky was given her own basic accommodation and was expected to accompany the general everywhere he went.

Emma Sky became a core member of General Odierno’s team and went everywhere he went. Photograph: Linda Nylind for the Guardian Linda Nylind/Guardian

She became a core member of Odierno’s handpicked team, which included of some of the best officers in the military, all of them Iraq veterans.

Specifically, Odierno wanted Sky to help him work out an operational plan. A process, she said, that could only begin with a brutal acknowledgment of previous tactics.

« During one of our first discussions, I told him that the situation in Iraq was a disaster and perhaps the biggest strategic failure in the history of the US, » said Sky.

« His response was, ‘what are we going to do about it? We cannot leave it like this’. There was no denial about the extent of the problem. »

« We spent many hours discussing the depth of the problem and what needed to be done. Sometimes it was just me and him, at the end of the day, sitting at Camp Victory on his balcony, and he’s smoking cigars. Sometimes we are at his office and he’s brought in a small team of people. But every day we would be up late talking about why people are using violence. »

« There was a power struggle going on at every level, a communal struggle for power and resources. I knew from my time in Kirkuk that politics drives this kind of instability, and that politics needs to be managed to bring down violence. I believed Iraqis were using violence to achieve political goals. We had to stop stigmatising these people. We had to stop calling these people the enemy. We needed to identify all the different the groups and ask, ‘why are they fighting? What are the drivers of instability?' »
Implementing Fardh al-Qanoon

The overall strategy was masterminded by General David Petraeus, who had spent months in the US developing a new counter-insurgency doctrine.

In February 2007, he arrived in Baghdad to assume command of all coalition forces in Iraq, and reviewed the plans drawn up by Odierno’s team about where and how the extra troops should be deployed.

« The operational details for the surge were left to General Odierno, » said Sky.

An important part of the new campaign involved separating the people who might be persuaded to abandon violence, the so-called « reconcilables », from those who were not. The former would not be targeted by Special Forces operations, the latter could be.

The men in charge of this were General Petraeus’ deputy, Graeme Lamb, a former director of UK special forces, and the American General Stanley McChrystal.

« The irreconcilables were those people who essentially believed that you have to destroy the nation-state to build the caliphate. But you have to be really careful deciding who can be won over, and who can’t. It meant we would have to start dealing with people we had been fighting and for any commander that is a very difficult thing to do. We couldn’t afford to say ‘we’ll only deal with people as long as they haven’t got blood on their hands’. We’ve all got blood on our hands, » Sky says.

Referring to where he was going to put the « wedge », and who could be put in his « squeeze box », Lamb drew up « Restricted Target Lists » – the names and details of those Iraqis that could not be targeted in operations because they were talking to the military. McChrystal dealt with those who refused to compromise.

Once Odierno’s plans had been endorsed by Petraeus, he and Sergeant Major Neil Ciotola travelled the length and breadth of Iraq to visit the troops and explain the new tactics. Sky was always at Odierno’s side.

The campaign was given an Arabic name, Fardh al-Qanoon – imposing the law. As an important first step, US troops began to move out of their bases to live among the local population.

And they had to do two things which were fundamentally counter-intuitive; prioritise protecting the population rather than trying to defeat the enemy; secondly, reach out to the armed groups which were killing civilians and soldiers.

« The general challenged his soldiers to understand the causes of instability, to understand the ‘why’ not just describe the ‘what’. » He would tell the soldiers, ‘the average Iraqi is just like you and me, they want to have their breakfast, take their kids to school and go to work. They are good people they are not our enemy’. People were using violence to achieve political objectives, so we had to create a process where they could achieve their objectives without violence. I had confidence in our analysis. But I was not sure the strategy would work. Not because I thought it was wrong, but because I worried the situation in Iraq was so out of control our extra forces might only exacerbate the violence, not lessen it. »

In those first months, there were few signs of progress and there was violence everywhere they went.

« You can hear it, you can smell it, it is all around. We would go to the hospitals to visit the wounded. We would attend memorial and ramp services for the dead. Every day, the general would be slipped a note with details of casualties which went up and up. We lost over a hundred soldiers a month in April, May and June 2007. In the past, I had been a spectator, an observer. I had never been involved in the decision-making to send our soldiers somewhere. It’s not like being a politician sitting in London. We were living among these men. People I knew died out there, and I am asking myself, ‘what have we sent them out to die for?’

« For weeks and weeks this went on. And every day, the general would talk to commanders and troops, explain the strategy, listen to their concerns, boost their morale. He would tell them that he knew it was so tough in this gruelling heat to put on body armour and go out day after day on raids. And the general continued telling them that they were making a difference, and all the little tactical successes were helping the strategy. »

Sky said she never felt in danger herself, though with hindsight, she accepts her confidence may have been misplaced.

« We were on our way to Mosul when our plane got shot at and we started to take evasive action. Then the door at the back of the plane fell open and we had to get it closed, and on the ground there was shooting, and when we got in a vehicle and it was hit by an IED. But I never had a sense that I was going to die, and I was sure the General could not die. I thought, this is not where the story ends. »

Sky said she found many of the daily security briefings distressing.

« We’d have power point presentations with pictures of men who’ve had half their brains blown out. Some things you never forget … the smell of burning bodies. I didn’t want to learn to cope with these images. The military talk about KIAs (killed in action). That’s how they cope. They don’t say, the victims were women and children. There was so much violence that it was almost too big to comprehend. The military has a language that is not accidental, it is used to quarantine emotion. Everyday we would hear reports that another 60 or 70 bodies had turned up, heads chopped off or drilled through. It was absolutely horrific. We could tell which groups had been behind the attacks by the way the victims had been killed. »

« It can be very lonely being in command and the general appreciated having a confidante. As commander you have to show leadership, you can’t show you have doubts, you have to be strong. But I was a civilian outside the chain of command who could say ‘how are you feeling, are you alright, has it been a bad day? We were not peers and he was always in charge. But I could be more of a friend to him. »
The awakening

Within two months of the launch of the new campaign, al-Qaida militants had claimed responsibility for an audacious suicide bomb attack on the Iraqi parliament in the heart of the fortified Green Zone; two of the bridges in the capital were also hit by truck bombs. These « spectaculars » inevitably raised further doubts about the surge among Iraqi politicians and, privately, among military commanders.

But these incidents proved to be the high-water mark. « When the insurgents blew up the parliament, everyone in Iraq was probably thinking ‘this isn’t going to work’. Of course there were nights when I thought, we are bringing more violence and it is causing more violence, but is it actually going to break the violence. Everything had just escalated and escalated … there were occasions when I doubted whether we were ever going to break the back of it, and whether we should call it quits.

« But by July we started to feel things were changing. We heard it first from the battalions who described how more and more Iraqis were coming forward to give information about ‘bad guys’, and how insurgents were reaching out to do deals. There were ceasefires everywhere, local agreements, because more and more Iraqis were coming forward wanting to work with us. The intelligence we were getting improved, and the number of Iraqi casualties started to go down. »

Separately, the « awakening » in Anbar, which had begun a year earlier, began to have its own important effect. Anbar had been the most violent of all Iraq’s provinces, a place where Sunni tribal leaders had joined forces with al-Qaida to fight American forces. That was until those same tribal chiefs began to see al-Qaida as a greater threat to them, and turned to the US military for help to drive the insurgents out of the region.

This process had begun before the surge, but the Fardh al-Qanoon programme put the US in a better position to work with, and build trust between, sheiks who had spent the previous four years waging vicious conflict against American forces.

« The Sunnis could see we were trying to push back on the Shia extremists, and I think that had a huge affect, » said Sky. « With the awakening happening and spreading, it created the environment for the Sunnis to come back into society. This started before the surge when the Anbaris became sick of al-Qaida. In that wonderful way people in the region can switch alliances, they just changed side. One minute they are wearing al-Qaida patches on their sleeves, and the next they are taking them off and calling themselves ‘Sahwa’ (Awakening). They saw they could get American help, and they regarded Iran, and the Shia militias it supported, as the bigger threat, and decided to align with the US to fight them. »
Talking to Bassima

While tentative progress was being made out on the ground by the military, Sky was tasked with talking to the Iraqi government and assuaging some of their fears.

One unexpected consequence of the campaign was that Shia leaders had begun to worry that through the ever-increasing awakening the US was creating a Sunni army that would eventually overthrow them.

Sky decided to approach Dr Bassima al-Jaidri, the military adviser of the Shia prime minister, Nouri al-Maliki.

Al-Jaidra was remarkable in many ways. She was a young Shia, in her late 30s. She had been a rocket engineer. And she was tough. Sky admits that some in the military suspected she was a « leader of the Shia death squads across Baghdad ». Such criticism didn’t seem to faze her at all.

When she was denounced by the US for her unwillingness to include Sunnis in the higher echelons of the new Iraqi security forces, she said: « I have had a long struggle with men … I can handle the American officers. »

Over the summer and autumn, Sky made regular helicopter trips into the Green Zone to speak to Al-Jaidra, who was known for wearing the striking combination of stiletto heels and a veil.

The meetings would take place in her office which was part of the prime minister’s office.

« I thought, I cannot go to speak to Maliki directly, so the best way to influence him is through Bassima. I think it would be fair to say she is not an easy woman. I would try to explain to her what we were doing and why.

« The Iraqi government could not accept some of the people we were doing deals with. To them they were bad Ba’athists, terrorists, and the awakening was creating a militia which could be a danger to the state.

« They were so suspicious of our motives … and they could not believe that the US had gone into Iraq without a grand plan. They assumed that this was all part of a conspiracy by the US to purposefully destroy Iraq, keep it weak and humiliate its people. I tried to get her to understand our position and how we had got there, and vice-versa. »

To encourage Iraqi government support for the awakening, Odierno had been relaying to the prime minister « good news » stories he had received from his commanders about the Sons of Iraq, the term the US used to described the awakening.

« But Maliki was only hearing bad news from his people on the ground. He therefore assumed the US was plotting a coup against him using the Sons of Iraq! When you ask your commanders for good news, you get good news. If you ask for bad news, you get bad news. »

Sky said it took « weeks and weeks » to earn Al-Jaidra’s trust. It helped that they were women in similar positions. « We were both working for big men. We were the same age, and neither of us had married. And we were both trying to bring our bosses closer together.

Sky persuaded Al-Jaidra that it would be better, and safer, for the government to integrate the new groups emerging around the country into the Iraqi security forces, rather than ostracise them.

In December 2007, Odierno and Maliki were at a meeting of the National Security Conference in Baghdad. When Odierno set out why the awakening needed to be integrated into Iraq’s security and the plan to do so, Maliki commented: « I agree with the general 100%. »

« Some people in the room gasped, » said Sky. « It was a hugely important moment. That year we went from being in hell to bringing the violence down. »
Iraq Inquiry opens in London
Tony Blair in Iraq in May 2007: when the prime minister met Emma Sky he asked if she really was British and why she was working with the US military. Photograph: Christopher Furlong/EPA

In 2007, 15,960 Iraqi civilians were killed in violence. In 2008, the number had come down to 4,859. US casualties went from 904 in 2007 to 314 in 2008.
The British

Sky was at the heart of the US military machine and her advice was being sought at the top of the political pyramid. But she says she only ever met British diplomats when she accompanied Odierno to embassy meetings.

When Tony Blair made his last visit to Iraq in May 2007, Sky was introduced to him by Petraeus and Odierno. They told the prime minister their senior adviser was from the UK.

He said: « Are you really British? I assured him that I was British born and bred. He then asked, ‘so how come you are working with the US military?’ I replied, ‘Stockholm Syndrome’. »

To end any suspicions, Sky says she was not and never has worked for MI6.

Sky saw what the British were doing from the US side of the fence. More than 40,000 British troops took part in the 2003 invasion but, by 2007, it seemed the UK was losing control of the south to the Iran-backed Shia militias of the cleric, Muqtada al-Sadr.

And there was little political appetite to win back this territory. The early confidence that led senior members of the British military to boast to the Americans about their experience in counter-insurgency had evaporated.

« This was a time when the British were saying, ‘the problem in Basra is the British presence’, so the Brits were intending to pull out. » Sky remembers one conversation with an American general. « He said to me, ‘we are surging and the Brits are de-surging’. He didn’t know the opposite of surge. »

Sky added: « The British public support for this war was always very low. In America they are much more supportive of the military and even though you saw public opinion turning against the Iraq war, it wasn’t to the level that it was in Britain. Of course the Americans wished the British forces were bigger and had more resources, but to be perfectly honest, the British think far more about what the Americans think of them than the Americans think about them. » At the end of the day, the Americans were grateful to have the British as a close ally.

In March 2008, 30,000 troops from the Iraqi army surged into Basra to clear the city of Shia militias; the operation was called the Charge of the Knights. The British were peripherally involved, mostly giving medical and logistical help.

Brigadier Julian Free, commander of British troops in Basra at the time, admitted the UK could do little more. « We didn’t have enough capacity in the air and we didn’t have enough capability on the ground. »
David Petraeus , Ray Odierno,
General Petraeus contacted Sky to ask how they could persuade General Odierno to replace him as commanding general of all coalition forces in Iraq. Photograph: Dusan Vranic/AP

All of which meant the British inevitably left Iraq under a cloud. « The Sadrists will always claim that they are the ones who won in the south, and pushed the British out, » said Sky. « And I think the Iraqi government will claim that the British didn’t stand there and fight. »

With the British hamstrung by lack of numbers, and with Prime Minister Maliki overestimating the capabilities of his own forces, the US had to intervene to stop the Charge of the Knights turning into another disaster.

« The risk of failing in Basra would have been catastrophic for the country, » Sky said.

The end game

AT the end of 2007, Sky left Iraq for what she thought was the last time.

But three months later there was an unexpected reshuffle at the top of the US military. The officer in charge of US Central Command (Centcom), Admiral William Fallon, was forced to resign after an article in Esquire magazine, written with his cooperation, claimed he was opposed to President Bush’s approach to Iran. In the rearrangement, Petraeus was to leave Iraq to take command from Centcom and Odierno was asked to return to replace him as the commanding general of all coalition forces in Iraq.

« I was walking in the hills in France when I got this email from Gen Petraeus saying, how can we persuade Odierno to accept to come back to replace me in Iraq. General Odierno had been separated from his family for so long and had been so looking forward to going home. Within months, he was told he was being sent back to Iraq. For senior commanders, they get little choice. The poor guy, I felt so sorry for him. But General Odierno was going to go regardless. For him it was duty. And if he goes, and he wants my help, I go. That’s a given. »

Sky spent two months working for Petraeus in Baghdad in May and June, and then returned to Iraq as Odierno’s adviser shortly before he arrived in September. This time, with broader responsibilities, she was based in the US embassy in Baghdad, but still accompanied Odierno to all his meetings.

Not everyone was pleased.

« One of the general’s staff told me that everybody hated me. Someone else said to me ‘if you send anymore emails to the general we will destroy you, get rid of you’. Staff like to feel they are controlling the general and they did not like him getting different ideas from me. It was upsetting, but I felt the mission was important. If I’d thought the general didn’t value me there is no way I would have put up with that shit. I didn’t tell the general about it. He had enough things going on. You certainly need thick skin to work with some in the military. »

But such incidents were isolated, and most of Odierno’s staff accepted her.

The key initial task was on negotiating a status of forces agreement, the legal basis that allowed the US to remain in the country, and for how long. Sky, the Englishwoman, was asked to represent the US military during the talks.

With a UN resolution due to expire, getting an agreement was essential before the end of 2008. « I was on of a small team under the US ambassador Ryan Crocker. If we didn’t get it, the US would have to withdraw 150,000 troops within two or three months, they’d have to pack up and go home. And if the US went home, the Iraqis wouldn’t get their help anymore. »

« There were times when I really thought this isn’t going to happen, it really came down to the wire. Some of the Iraqis were scared the agreement made the prime minister too strong and wanted reassurances. We had already done a contingency plan on the basis we’d have to leave. But, at the last moment, an agreement was signed. It specified that the military had to be out of the cities by the end of June 2009, and out of Iraq completely by 2011. »

After so many years of fighting in Iraq, it was natural the military would find it difficult to let go.

« General Odierno would go out visiting troops and they would always say, ‘security isn’t good enough, there is still a risk, we cannot leave’. But by letting go, our relationship with Iraqis would improve. So the general had to get them to understand that success was something different now. We were shifting from counter-insurgency to stability, and putting Iraqis in the lead was the priority. When you do counter-insurgency the focus is protecting the people. In stabilisation, the priority is building up the institutions. »

As the change in military posture and preparations for withdrawal continued, Sky remembers tensions between the military and the state department. Some of the embassy officials were on their first tours to Iraq and didn’t seem as committed as their predecessors or the soldiers.

« One of the diplomats told me it was like being handed a bus with no wheels on, and I said, at least you recognise it as a bus. In the last few years you couldn’t even recognise it as a bus. »
Secret trips into Baghdad

Because Sky wasn’t in the military chain of command, and because she wasn’t an American, nobody could actually stop her leaving the confines of the Green Zone to get out among Iraqis.

These trips gave Sky a chance to speak to Iraqis and see places for herself, picking up valuable on-the-ground understanding she could feed back to the general and his staff.

« Everyone was under all these regulations. I was supposed to be as well, but being a non-American, and not coming under the British either, I was in a unique situation and Odierno trusted my judgment. I would travel at night around Baghdad to get a sense of what it was like so I could report back on different areas. I was going out with and among Iraqis. I could see if the Iraqis were working the checkpoints properly, if the electricity was on. Things like that can help give commanders the confidence to let go.

« In some places, I’d get people from the area to take me around. I was going in and out of Sadr city (a district of Baghdad), which the Americans regarded as one of the most dangerous places on earth at the time. »

The year before, Sky had helped work on the ceasefire of Jaish al-Mahdi (JAM), an Iraqi paramilitary group created by Al-Sadr, so she already knew some of its members.

« I knew some of them, and I had built up a relationship with them. They had their own lives and their own motivations. Iraqis are the most extraordinary people, they might distrust each other but they can be remarkably open to an outsider. »

Sky said she did not feel in danger – the people she relied upon to keep her safe on her trips into the city’s underworld were taking high risks too.

« I think they felt responsible for me. I was a woman on my own, and they took good care of me. The people who would have done me harm, would have done them harm too. So if the security was good enough for them, it was good enough for me. Although the risk of kidnapping was real, I was not worried that I would be taken. I trusted the Iraqis with my life, I trusted them completely. »

Sky would travel from neighbourhood to neighbourhood. « In some areas there was still something sinister, completely dark. And in others, you didn’t get that at all. You could see areas coming back to life. When women and children are in the streets you know they must feel safe. Even Sadr city started to buzz, and that was very exciting. »

During the day, Sky would occasionally have meetings with Iraqis at the Rashid Hotel in the Green Zone. One meeting made a particular impression. « I thought this man was just an angry Sunni, and we were trying to find common ground. We had tea together. A little later I discovered he had been arrested and was the al-Qaida emir for northern Iraq. I don’t know how he managed to get into the Green Zone. »

Sky still keeps in touch with some of the Iraqis she knew then, including one member of JAM, who sends her a Valentine’s card every year.

Obama’s first Iraqi trip
When Obama was unable to go to the Green Zone to meet Maliki, Sky played a key role in getting the Iraqi prime minister to go to Camp Victory to meet the US president. Photograph: the Guardian The Guardian

The election of Barack Obama didn’t change US plans to pull back from Iraq according to the timetable set by George Bush.

But Obama-mania was still very much alive when he made his first visit to Baghdad in April, 2009. He was mobbed by US troops, and Iraq’s senior politicians and tribal leaders were enthusiastic to meet him too.

Though not reported at the time, Sky says the trip so nearly ended in acute embarrassment for all sides.

The problem was something even the leader of the free world could not control; the weather.

« Obama was supposed to land at Camp Victory and then go by helicopter to the Green Zone to meet the Iraqi prime minister and other Iraqi politicians. But the weather was so bad the helicopters couldn’t fly. The president’s security people were saying there’s no way he will travel by road to the ceremony, and the US embassy was saying there’s no way the Iraqi politicians will come to Camp Victory, the seat of the occupation. And I am saying, there’s no way the president can come to Iraq and not see Iraqis. It is their country, he has to meet them. It would be a disaster if he didn’t. » Odierno told Sky to try to persuade Prime Minister Maliki to drive to Camp Victory.

« So I go over to see the prime minister, who is having his afternoon siesta. I had to wake him up. I said ‘I am terribly sorry but President Obama cannot come to the Green Zone because of the weather and I hate, hate to ask of you, is there any chance you can come to Camp Victory?’ Obama was new. Everyone was excited about him, and Maliki agreed. And if Maliki agreed, then the others would probably come too. »

In the Green Zone, nobody else knew about the looming crisis. « President Talabani had got the band playing and was waiting for Obama to arrive, and I am trying to focus on getting Maliki to Camp Victory. You have to remember that a lot of these politicians don’t get on at all, and we still had to decide the order of who sees Obama, when and where. »

Odierno’s residence in Camp Victory became the emergency reception area and Sky travelled with the prime minister’s convoy on the way out to the base. There were myriad security check-points along the route and Sky knew the prime minister would take umbrage if he was stopped anywhere along the drive, and U-turn back to the Green Zone.

« I was in the first car, sending messages to the military to open the checkpoint gates. At every one I jumped out, waved my military badge and shouted. ‘Prime Minister of Iraq, open the gate’. It was a miracle that we got him in without a major diplomatic incident. » President Talabani arrived soon after, but there was nowhere for him to wait before his audience with Obama. « We ended up putting him the bedroom of Odierno’s bodyguard. There was laundry all over the bed. »

Sky attended all the meetings between the Iraqis and Obama, and Odierno introduced them. Despite the chaos, and the opportunities for bruised egos, the visit ended without any major diplomatic incidents.

To Sky’s surprise, Maliki was so impressed with his tour around Camp Victory that he thought it would make a good site to hold the Arab Summit in 2010.

« The next day in our staff meeting General Odierno told his chief of staff to come up with a feasibility study to get all US soldiers out of Camp Victory in 2010 just in case the prime minister asked about it again. The chief of staff almost had a heart attack. »
Hostages

Although the ceasefires between Sunnis and Shia were holding, tensions in the north had increased between Kurds and Arabs.

The president of the semi-autonomous Kurdish region, Massoud Barzani, and Iraq’s Shia prime minister Nouri al-Maliki, did not get on well, which didn’t help matters when, as Sky put it, « things began to get a bit dodgy in the north » – Kurdish peshmerga forces were squaring up to Iraqi security forces.

One episode reflected the difficulties; there had been a spate of bomb attacks close to the town of Hawija, just south of Kirkuk, which had been blamed on al-Qaida. Sky suspected it wasn’t insurgents, but local Arabs fearful that their town was about to be overrun by the Kurdish peshmerga.

« I was sitting in the office in Baghdad when someone showed me a map of where all the different forces were due to be stationed, including peshmerga south of Kirkuk. I thought this upsurge in violence isn’t al-Qaida, it is the Hawija Arabs. They are angry. So Gen Odierno told me to accompany one of his generals to speak to the sheiks.

« The sheikhs are not an easy lot but I had known them since 2003. I told them the peshmerga would not be positioned south of Kirkuk. And they said, ‘thank God, we had to put plant all these road side bombs because we were worried you were letting them in’. This is how they saw things so they took their own defensive action. »

Matters came to a head in Nineveh in February 2010, when the province’s new Arab governor, Atheel Najafi, decided he was going to test his freedom of movement by taking a trip into an area of his province which was predominantly Kurdish.

« The governor is supposed to have freedom of movement, but the Kurds said he can’t go in there. The Americans said he could, as part of an agreement that we had brokered.

« So the Americans escort the governor and the Kurds send reinforcements and things begin to escalate, and then shots are fired at the governor.

« The US brought tanks to a Kurdish village, and are flying F16 fighters overhead to try to calm the situation. And then the Iraqi security forces arrested some Kurds for trying to assassinate the governor. »

It was not an end to the affair.

« I was woken up at 2am by the Turkish ambassador in Baghdad, who had received a report from Ankara that the Kurds had invaded Mosul. I didn’t know what he was talking about and was desperate to find out what was going on.

« This was really very bad, definitely up there in the list of the most stressful events I have ever had to deal with. There hadn’t been an invasion, but the Kurds had kidnapped a number of Arabs in Nineveh in response to the arrests. So we had a group of Kurds detained in Mosul, and an group of Arabs had been taken in retaliation. »

Sky said the US embassy insisted that men accused of attempting to assassinate the governor should be put on trial, in accordance with the rule of law.

« When I mentioned this to the Kurds, they screamed at me ‘there is no rule of law in Iraq’. Every time Barzani turned on his TV, they were showing the American tanks and the F16s. He was furious… »

Odierno told Sky to find a pragmatic solution to the crisis; realistically, it could only be solved one way – an exchange of hostages.

« I tried to organise a deal to swap the detained Kurds with the Arabs. But to do this, I needed to get proof of life of the Arab detainees. So I had to fly up to Kurdistan on the general’s plane. The weather was absolutely terrible. There was thick fog, the airport was closed and the pilots couldn’t see the runway. But they were determined to get me to my meeting and managed to land on the second attempt. The Kurds were amazed I’d manage to fly in.

The Kurds took Sky to a presidential guest house, but before addressing the critical security situation, her hosts said she had another appointment – with a beautician.

« They got a young Kurdish girl to look after me. I had my hair cut and my legs waxed. It was quite nice but rather bizarre. Then they said they wanted to take me to a new mall. They love their malls. »

This was partly a deception; on the way, Sky was diverted to meet members of the Asayesh, the Kurdish intelligence service.

« They were holding three of the Arab hostages. I saw they were alive and well. So I called the deputy prime minister (Rafi al-Issawi) and told him I had proof of life. »

Sky flew down to Baghdad to pick up Issawi and his adviser, Jaber al Jaberi, and then they all flew back to Mosul to seal the deal.

There was a further twist; the three Kurds suspected of attempting to assassinate the governor had to be taken before a court so an Iraqi judge could formally release them from custody.

The Kurds were suspicious.

« So we are sitting at the airport trying to do the deal. The Kurds have informers everywhere and there was no way they wanted the prisoners taken before a judge without having some way of ensuring they came back again.

« So we had to give up Jaber as a hostage to the Kurds. He wasn’t very pleased about that! »

Two American military helicopters went to pick up the 15 kidnapped Arabs.

« The Kurdish negotiation side wouldn’t let the Arabs get off the helicopters until the Kurds were back from the judge. All this time they were saying, we are going to call off the deal, we are going to call off the deal. This went on for about four or five hours … it was incredibly stressful. The mobile reception was terrible. It was on, then off, then on then off. » Eventually, the Kurds and the Arabs were released.

« Issawi hugged them and gave them each some money. The Arabs had had no idea why they had been detained. Then we held a press conference in which Issawi went on about national reconciliation and on the flight back to Baghdad he was saying how great it was to do something that made all sides happy. »
Conclusion

Emma Sky left Iraq, along with Odierno in September 2010, at the end of combat operations. In total, she had been in the country for 50 months, completing more tours than most military commanders.

By nature she was suspicious of armed forces, and she was no supporter of America either. So Sky was probably the last person US commanders wanted at their side pointing out where they were going wrong. Which is one of the reasons she came to like and respect them. They were brave enough to take her in, and braver still to listen to what she was saying. The British would not have dared be so bold.

Sky has thought long and hard about what went wrong in those early days, and whether enough was done in the later years to give Iraq a chance for stability.

She is angry that no one has been held accountable for a war fought over false claims of WMD which had such high costs; more than 100,000 Iraqis were killed, along with 4,486 US soldiers and 179 British soldiers.

She believes the surge helped reduce the violence and allowed US forces to withdraw in 2011 with dignity – something that would have been inconceivable years earlier.

Sky says it is probably too early to judge whether Iraq can evolve into a democracy and become a force for regional stability: « People tend to be critical of the military, but the criticism needs to be more focused on the politicians and civilian leaders who failed to set an overall strategy. No one has been held accountable. They do not understand what the military is capable of, what it can and cannot do. Success in Iraq was always going to be defined by politics. We needed a political solution, a pact, a peace. The military had been asked to fight the war and then to deal with the consequences of it, without anyone in political authority having a plan or understanding Iraq well enough to appreciate the consequences of some of their decisions.

« I don’t want to live in a world where we see the killing of innocent civilians and don’t yearn to stop it. However, the Iraq war should have taught us, if nothing else, about the limitations of our own power. »

She is also unashamed of her conversion regarding the US military. As a self-confessed Guardian reader, she had prejudices that were challenged, and ultimately reshaped, by her experiences.

« They made me feel part of the team, and were as driven as I was to find a way of improving the situation in Iraq. I went on patrol with them, and spent hours in humvees and helicopters. I built up a camaraderie with soldiers that only people who go to war experience. Some of them remain close friends. » Odierno was the best of the lot, she says.

« I would have followed him anywhere. »

Sky still keeps in touch with many Iraqis – including a few who were once insurgents.

« If I had never volunteered and stepped on that plane in 2003 I would never have known that Iraq is such an amazing society. I think Iraqis are some of the most warm, generous, kind and funny people. »

« Nothing in my life will ever compare to the experience I had in Iraq. I had a real sense of purpose and I don’t regret going there for a single moment. People sometimes ask me, why did you go to Iraq, and I respond, why wouldn’t you go? » It was the best decision of my life. »

Voir de plus:

Iraq war will haunt west, says Briton who advised US military
Exclusive: Emma Sky – British civilian who advised US commanders in Iraq – says Muslim world sees a war on Islam

Nick Hopkins, defence and security correspondent

The Guardian

15 July 2012

A British woman who worked at the top of the US military during the most troubled periods of the Iraq war has said she fears the west has yet to see how some Muslims brought up in the last decade will seek revenge for the « war on terror ».

Speaking for the first time about her experiences, Emma Sky also questioned why no officials on either side of the Atlantic have been held to account for the failures in planning before the invasion.

Sky, 44, was political adviser to America’s most senior general in Iraq, and was part of the team that implemented the counterinsurgency strategy that helped to control the civil war that erupted in the country. The appointment of an English woman at the heart of the US military was a bold and unprecedented move, and it gave her unique access and insights into the conduct of one of the most controversial campaigns in modern history.

In all, the Oxford graduate spent more than four years in Iraq, including a spell as civilian governor of one of its most complex regions. She met Tony Blair and Barack Obama in Baghdad and earned the trust of senior Iraqi officials, as well as many of the country’s leading politicians and community leaders, some of whom remain her friends.

Now back in London, Sky has been reflecting on her time in Iraq in a series of interviews with the Guardian. She expressed concern about the effects this period has had on the Arab world, and how some of the mistakes made in Iraq appear to have been repeated in Afghanistan.

But Sky also defended the military and the senior commanders she worked with, who, she said, did everything they could to retrieve the situation.

She argued politicians and government officials on both sides of the Atlantic should have been held responsible for the decision to go to war, and the lack of strategy and planning for its aftermath – the consequences of which are still being felt.

A lack of understanding of the Arab world also meant the west struggled to grasp why it had provoked so much violence, and who was responsible for it.

« We’ve been fighting the war on terror for 10 years » said Sky. « At times it seems we have been fighting demons. We behaved as if there were a finite number of people in the world who had to be killed or captured. And we were slow to realise that our actions were creating more enemies.

« It has been seen by many Muslims as a war on Islam. Now, we are saying, ‘We’ve pulled out of Iraq, we are pulling out of Afghanistan, and it’s all over now.’ It may be over for the politicians. But it is not over for the Muslim world. Well over 100,000 Muslims have been killed since 9/11 following our interventions in Iraq and Afghanistan, mostly by other Muslims.

« We have to ask ourselves, what do we think this has done to their world? And how will they avenge these deaths in years to come? It is not over for the soldiers who have physical injuries and mental scars, nor the families who have lost loved ones. »

She added: « The world is better off without Saddam. But nobody has been held accountable for what happened in Iraq, and there is a danger that we won’t learn the right lessons, particularly related to the limitations of our power.

« Politicians can still claim that Iraq was a violent society, or that Iraqis went into civil war because of ancient hatreds, or the violence was the inevitable result of the removal of Saddam, or that al-Qaida and Iran caused the problems. They distract from our own responsibility for causing some of the problems by our presence and the policies we pursued. »

She said the focus on building up local security forces in Iraq and Afghanistan was not the right priority.

« We think it is about us, and it is about our security. But in the end, it is about their politics … success in Iraq was always going to be defined by politics. We needed a political solution, a pact, a peace. »

Sky was one of the British volunteers who went to Iraq in the aftermath of the invasion to help the reconstruction effort being led by the Coalition Provisional Authority.

She was appointed civilian governor of Kirkuk, the oil-rich city in the north of the country, and impressed US commanders with the way she worked with an American brigade to bring stability to the region.

Her frankness about the problems facing the country, and the coalition’s difficulties in dealing with them, did not deter the American military from recruiting her in 2007. She was made political adviser to General Ray Odierno, the US commander sent to Iraq to oversee the military « surge » – which involved 20,000 extra troops being sent to the country to stem the violence.

In 2008, Odierno succeeded General David Petraeus as overall commander of forces in Iraq. He asked Sky to return with him in the same advisory role. Odierno is now chief of staff of the US army and Petraeus is director of the CIA.

As a civilian member of Odierno’s team, Sky accompanied him everywhere, and was given responsibilities that seem remarkable for a « foreigner ». She witnessed some of the horrific violence that led to tens of thousands of Iraqis, and thousands of coalition troops, being killed. A number of people she considered friends – Iraqi and American – died in the fighting.

An Arabist who spent 10 years working in Jerusalem, Sky said: « I had worked in places overseas for a long time, but I had not worked with people who were then killed – sometimes due to their association with me. That first year in Kirkuk, I spent a lot of time with the provincial council and about a quarter of the people on the council were killed.

« There was always that sense that we had come into their lives and said, ‘Who is going to stand up and serve their province?’ and they had come forward, and some of them had been killed. If we had never come into their lives that might never have happened. »

Voir par ailleurs:

George Bush’s Prediction of the Iraq Meltdown

David Paulin

Front Page

June 20, 2014

[1]Former President George W. Bush is remaining mum on the tragedy unfolding in Iraq. But as an army of bloodthirsty Islamists rampages across Iraq with the goal [2] of establishing a 7th century religious tyranny — a caliphate — it’s worth recalling who years ago had predicted this would happen if the Democrats got their way.

It was President George W. Bush and his top officials.

They warned early on that Iraq was ripe for the rise of an Islamic caliphate — either in a failed state created by Saddam Hussein or, they later contended, if the U.S.-led coalition bugged out without leaving behind a stable Iraq. Two years into the U.S.-led occupation, in 2005, Secretary of Defense Donald H. Rumsfeld warned that a premature withdrawal would be disastrous — and he foresaw what has in fact happened. He explained, “Iraq would serve as the base of a new Islamic caliphate to extend throughout the Middle East, and which would threaten legitimate governments in Europe, Africa and Asia.”

Vice President Dick Cheney also warned of the rise of a caliphate if the U.S. withdrew before Iraq was capable of governing and defending itself. “They talk about wanting to re-establish what you could refer to as the seventh-century caliphate” to be “governed by Sharia law, the most rigid interpretation of the Koran,” he said.

Gen. John P. Abizaid, then America’s top commander in the Middle East, also offered prescient testimony in 2005 to the House Armed Services Committee, forseeing what the terror masters would do in a weak Iraqi state. “They will try to re-establish a caliphate throughout the entire Muslim world. Just as we had the opportunity to learn what the Nazis were going to do, from Hitler’s world in ‘Mein Kampf,’ we need to learn what these people intend to do from their own words.”

Liberals jeered such dire predictions — and especially at the repeated use of the word “caliphate.”

The New York Times, for instance, ran a piece [3]on December 12, 2005, that mocked the forgoing Bush-administration officials for their warnings of a “caliphate” — portraying them as foreign-policy amateurs peddling an alarmist view of the Middle East. Wrote reporter Elisabeth Bumiller:

A number of scholars and former government officials take strong issue with the administration’s warning about a new caliphate, and compare it to the fear of communism spread during the Cold War. They say that although Al Qaeda’s statements do indeed describe a caliphate as a goal, the administration is exaggerating the magnitude of the threat as it seeks to gain support for its policies in Iraq.
Members of the Islamic State of Iraq and Syria, or ISIS, obviously don’t believe what’s printed in The New York Times. ISIS, incidentally, has reportedly been preparing to make its move for several years — right under the radar of the Obama administration. Were they emboldened by President Obama’s endless apologies to the Muslim world? Or the deadlines he’d set for leaving Iraq and Afghanistan? Probably all of the above. But what no doubt really energized them was President Obama’s failure to negotiate a deal with Iraqi Prime Minister Nouri al-Maliki that would have left sufficient U.S. troops in Iraq.

President Bush, for his part, issued a prophetic warning [4]in 2007 when vetoing a Democratic bill that would have withdrawn U.S. troops. “To begin withdrawing before our commanders tell us we are ready would be dangerous for Iraq, for the region and for the United States,” he said.

It would mean surrendering the future of Iraq to al Qaeda. It would mean that we’d be risking mass killings on a horrific scale. It would mean we’d allow the terrorists to establish a safe haven in Iraq to replace the one they lost in Afghanistan. It would mean increasing the probability that American troops would have to return at some later date to confront an enemy that is even more dangerous.
A little history is worth recalling. Saddam’s failure to account for his weapons of mass destruction, including remnants of his toxic arsenal (some of which was in fact found [5]), gave the Bush administration legal cover for going into Iraq. But only a fool would believe weapons of mass destruction were the only reason for the war. The U.S.-led invasion, or liberation, was in fact part of a vision to remake the Middle East: a long-term project to liberate millions in Iraq; nudge the region toward modernity; and above all make America safer in a post-9/11 world — all by correctly defining who the enemy was and taking the war on terror to them.

The Bush administration certainly encountered setbacks in Iraq and made mistakes; the fog of war invariably upsets the best-laid plans of politicians and generals. But Iraq only plunged into utter chaos after President Obama brought home U.S. troops, despite warnings that Iraq was not ready to govern or defend itself. The blood and treasure that America spent in Iraq has been squandered.

The terror masters were energized in Syria, thanks to the Obama administration’s tepid support [6]of moderate rebels there. Now they are on the march, just as President Bush and his top officials had predicted. After they establish their regional caliphate in Iraq and Syria, expect them to next turn their attention toward their real enemies: America, Israel, and the West. Oil prices are bound to go through the roof, sending the global economy into a tailspin.

President Obama and his foreign-policy advisors have blood on their hands. But if Obama remains in character, he’ll do what he usually does — blame it all on George Bush.

URLs in this post:

[1] Image: http://www.frontpagemag.com/wp-content/uploads/2014/06/140616-isis-iraq-jms-1914_dfd9d334d657162e5efe720e4f206e29.jpg

[2] goal: http://online.wsj.com/articles/the-iraq-debacle-1402615473

[3] ran a piece : http://www.nytimes.com/2005/12/12/politics/12letter.html?_r=1&

[4] prophetic warning : http://www.thegatewaypundit.com/2014/06/flashback-george-w-bush-predicted-iraqi-meltdown-if-us-troops-were-withdrawn-from-region/

[5] found: http://hotair.com/archives/2010/10/24/wikileaks-documents-show-wmds-found-in-iraq/

[6] tepid support : http://www.nytimes.com/2014/06/11/world/middleeast/former-ambassador-to-syria-urges-increasing-arms-supply-to-moderate-rebels.html

[7] Click here: http://www.amazon.com/s/ref%3dnb_sb_noss?url=search-alias%3Ddigital-text&field-keywords=david+horowitz&rh=n:133140011%2ck:david+horowitz&ajr=0#/ref=sr_st?keywords=david+horowitz&qid=1316459840&rh=n:133140011%2ck:david+horowitz&sort=daterank

[8] Subscribe: http://horowitzfreedomcenter.us1.list-manage.com/subscribe?u=caa6f67f1482e6214d83be62d&id=c761755bdf

[9] LIKE: https://www.facebook.com/glazovgang

Voir encore:

Voir aussi:

Que veulent les terroristes?

Daniel Pipes
New York Sun
26 juillet 2005

Version originale anglaise: What Do the Terrorists Want? [A Caliphate and Shari’a]
Adaptation française: Alain Jean-Mairet

Que veulent les terroristes? La réponse devrait être évidente. Pourtant, elle ne l’est pas.

Les terroristes de la génération précédente exprimaient clairement leur volonté. Lors du détournement de trois avions de ligne en septembre 1970, par exemple, le Front populaire de libération de la Palestine exigea et obtint la mise en liberté de terroristes arabes détenus en Grande-Bretagne, en Suisse et en Allemagne de l’ouest. Lors de l’attaque du siège du B’nai B’rith et de deux autres immeubles de Washington, D.C., en 1977, un groupe musulman hanafite exigea l’interdiction d’un film, «Le Message» (VO: Mohammad, Messenger of God), 750 dollars (au titre de remboursement d’une amende), la remise des cinq hommes qui avaient massacré la famille du leader hanafite et le meurtrier de Malcolm X.

Ces «exigences non négociables» liées à des prises d’otages provoquèrent des drames déchirants et autant de dilemmes politiques. «Nous ne négocierons jamais avec des terroristes», déclarèrent les responsables politiques. «Donnez-leur Hawaii mais rendez-moi mon mari», suppliaient les épouses des otages.

Ces temps sont si lointains et leur terminologie est à tel point oubliée que même le président Bush parle aujourd’hui d’«exigences non négociables» (en l’occurrence en matière de dignité humaine), oubliant l’origine sinistre de cette expression.

La plupart des attentats terroristes perpétrés de nos jours ne sont accompagnés d’aucune exigence. Des bombes explosent, des avions sont détournés et s’écrasent sur des immeubles, des hôtels s’effondrent. Les morts sont comptés. Les enquêteurs établissent l’identité des auteurs. De vagues sites web émettent après coup des revendications non authentifiées.

Mais les raisons de la violence ne sont pas explicitées. Les analystes, y compris votre serviteur, doivent donc spéculer sur les motifs. Ceux-ci peuvent être liés aux ressentiments personnels des terroristes, basés sur la pauvreté, des préjudices ou des sentiments d’aliénation culturelle. Par ailleurs, on peut discerner une intention d’influer sur la politique internationale:

  • «frapper» à Madrid pour obtenir que les gouvernements retirent leurs troupes d’Irak.
  • Convaincre les Américains de quitter l’Arabie Saoudite.
  • Faire cesser l’aide américaine à Israël.
  • Faire pression sur New Dehli pour qu’elle abandonne tout contrôle sur le Cachemire.

Tout cela pourrait avoir contribué à motiver les violences. Pour reprendre les termes du Daily Telegraph de Londres, les problèmes en Irak et en Afghanistan ajoutèrent à chaque fois «une nouvelle pierre à la montagne de rancunes érigée par des militants fanatiques». Mais aucun de ces éléments n’est décisif dans le choix de sacrifier sa vie pour tuer d’autres gens.

Dans presque tous les cas, les terroristes djihadistes nourrissent une ambition manifeste, celle d’établir un règne mondial dominé par les Musulmans, l’Islam et la loi islamique, la charia. Ou, pour citer une nouvelle fois le Daily Telegraph, leur «projet réel est l’extension du territoire islamique sur l’ensemble du globe et l’instauration d’un califat mondial basé sur la charia».

Les terroristes affichent cet objectif ouvertement. Les islamistes qui assassinèrent Anouar El-Sadate en 1991 décorèrent leurs cages de banderoles proclamant «Le califat ou la mort». Dans une biographie, l’un des penseurs islamistes les plus influents, et qui a inspiré Oussama Ben Laden, Abdullah Azzam, déclare que sa vie «s’articula autour d’un seul but, celui d’instaurer le règne d’Allah sur la Terre» et de restaurer le califat.

Ben Laden lui-même parla de veiller à ce que «le pieux califat prenne son essor depuis l’Afghanistan». Son principal adjoint, Ayman al-Zawahiri, rêvait aussi de rétablir le califat lorsqu’il écrivit «l’histoire, si Dieu le veut, va prendre un grand tournant dans la direction opposée, contre l’empire des États-Unis et le gouvernement juif mondial.» Un autre leader d’Al-Qaida, Fazlur Rehman Khalil, publie un magazine qui déclara: «Grâce à la bénédiction du djihad, le compte-à-rebours a commencé pour l’Amérique. Elle sera déclarée vaincue très bientôt», puis le califat sera mis en place.

Ou, comme l’écrivait Mohammed Bouyeri dans la note qu’il fixa sur la dépouille de Theo van Gogh, le cinéaste hollandais qu’il venait d’assassiner, «l’Islam vaincra grâce au sang des martyres qui répandent sa lumière dans chaque recoin de cette terre».

Il est intéressant de relever que l’assassin de van Gogh se montra contrarié par les motifs erronés qui lui furent attribués. Lors de son procès, il insista sur ce point: «J’ai fait ce que j’ai fait par pure foi. Je veux que vous sachiez que j’ai agi par conviction et que je ne l’ai pas tué parce qu’il était hollandais ou que j’étais marocain et que je me sentais offensé.»

Bien que les terroristes déclarent haut et fort leurs motivations djihadistes, les Occidentaux comme les Musulmans, trop souvent, ne les entendent pas. Comme l’observe l’auteure canadienne Irshad Manji, les organisations islamiques prétendent que «l’Islam est un spectateur innocent du terrorisme actuel».

Ce que veulent les terroristes est extrêmement clair. Et il faut fournir un effort monumental de dénégation pour ne pas le reconnaître, mais nous autres Occidentaux semblons bien en être capables.

Voir également:

White House Letter
21st-Century Warnings of a Threat Rooted in the 7th

Elizabeth Bumuller
The new York Times

December 12, 2005
WASHINGTON

Defense Secretary Donald H. Rumsfeld said it in a speech last Monday in Washington and again on Thursday on PBS. Eric S. Edelman, the under secretary of defense for policy, said it the week before in a round table at the Council on Foreign Relations. Stephen J. Hadley, the national security adviser, said it in October in speeches in New York and Los Angeles. Gen. John P. Abizaid, the top American commander in the Middle East, said it in September in hearings on Capitol Hill.

Vice President Dick Cheney was one of the first members of the Bush administration to say it, at a campaign stop in Lake Elmo, Minn., in September 2004.

The word getting the workout from the nation’s top guns these days is « caliphate » – the term for the seventh-century Islamic empire that spanned the Middle East, spread to Southwest Asia, North Africa and Spain, then ended with the Mongol sack of Baghdad in 1258. The term can also refer to other caliphates, including the one declared by the Ottoman Turks that ended in 1924.

Specialists on Islam say the word is a mysterious and ominous one for many Americans, and that the administration knows it. « They recognize that there’s a lot of resonance when they use the term ‘caliphate,’  » said Kenneth M. Pollack, a former Central Intelligence Agency analyst and now a scholar at the Saban Center at the Brookings Institution. Zbigniew Brzezinski, President Jimmy Carter’s national security adviser, said that the word had an « almost instinctive fearful impact. »

So now, Mr. Cheney and others warn, Al Qaeda’s ultimate goal is the re-establishment of the caliphate, with calamitous consequences for the United States. As Mr. Cheney put it in Lake Elmo, referring to Osama bin Laden and his followers: « They talk about wanting to re-establish what you could refer to as the seventh-century caliphate » to be « governed by Sharia law, the most rigid interpretation of the Koran. »

Or as Mr. Rumsfeld put it on Monday: « Iraq would serve as the base of a new Islamic caliphate to extend throughout the Middle East, and which would threaten legitimate governments in Europe, Africa and Asia. »

General Abizaid was dire, too. « They will try to re-establish a caliphate throughout the entire Muslim world, » he told the House Armed Services Committee in September, adding that the caliphate’s goals would include the destruction of Israel. « Just as we had the opportunity to learn what the Nazis were going to do, from Hitler’s world in ‘Mein Kampf,’  » General Abizaid said, « we need to learn what these people intend to do from their own words. »

A number of scholars and former government officials take strong issue with the administration’s warning about a new caliphate, and compare it to the fear of communism spread during the Cold War. They say that although Al Qaeda’s statements do indeed describe a caliphate as a goal, the administration is exaggerating the magnitude of the threat as it seeks to gain support for its policies in Iraq.

In the view of John L. Esposito, an Islamic studies professor at Georgetown University, there is a difference between the ability of small bands of terrorists to commit attacks across the world and achieving global conquest.

« It is certainly correct to say that these people have a global design, but the administration ought to frame it realistically, » said Mr. Esposito, the founding director of the Center for Muslim-Christian Understanding at Georgetown. « Otherwise they can actually be playing into the hands of the Osama bin Ladens of the world because they raise this to a threat that is exponentially beyond anything that Osama bin Laden can deliver. »

Shibley Telhami, the Anwar Sadat professor for peace and development at the University of Maryland, said Al Qaeda was not leading a movement that threatened to mobilize the vast majority of Muslims. A recent poll Mr. Telhami conducted with Zogby International of 3,900 people in six countries – Egypt, Saudi Arabia, Morocco, Jordan, the United Arab Emirates and Lebanon – found that only 6 percent sympathized with Al Qaeda’s goal of seeking an Islamic state.

The notion that Al Qaeda could create a new caliphate, he said, is simply wrong. « There’s no chance in the world that they’ll succeed, » he said. « It’s a silly threat. » (On the other hand, more than 30 percent in Mr. Telhami’s poll said they sympathized with Al Qaeda, because the group stood up to America.)

The term « caliphate » has been used internally by policy hawks in the Pentagon since the planning stages for the war in Iraq, but the administration’s public use of the word has increased this summer and fall, around the time that American forces obtained a letter from Ayman al-Zawahiri, the No. 2 leader in Al Qaeda, to Abu Musab al-Zarqawi, the leader of Al Qaeda in Mesopotamia. The 6,000-word letter, dated early in July, called for the establishment of a militant Islamic caliphate across Iraq before Al Qaeda’s moving on to Syria, Lebanon and Egypt and then a battle against Israel.

In recent weeks, the administration’s use of « caliphate » has only intensified, as Mr. Bush has begun a campaign of speeches to try to regain support for the war. He himself has never publicly used the term, although he has repeatedly described the caliphate, as he did in a speech last week when he said that the terrorists want to try to establish « a totalitarian Islamic empire that reaches from Indonesia to Spain. »

Six days earlier, Mr. Edelman, the under secretary of defense, made it clear. « Iraq’s future will either embolden terrorists and expand their reach and ability to re-establish a caliphate, or it will deal them a crippling blow, » he said. « For us, failure in Iraq is just not an option. »

Voir encore:

Caliwho ? Bush’s New Word: ‘Caliphate’
Matthew Philips

Newsweek

10/12/06

When President George W. Bush starts using fifty-cent words in press conferences, one has to wonder why, and on Wednesday, during his Rose Garden appearance, he used the word “caliphate” four times. The enemy, he said—by which he clearly meant the Islamic terrorist enemy—wants to “extend the caliphate,” “establish a caliphate,” and “spread their caliphate.” Caliphate? Really? Many people live long, fruitful lives without once using the word caliphate. Almost no one, with the exception of our president and some of his advisers, uses it as a pejorative.

As NEWSWEEK reported last month, the president and the people who prep him are still clearly casting about for the right phrase to pin on America’s elusive enemy .  “Axis of evil” is outdated by now. “Islamist,” the preferred choice of scholars, has been deemed too jargony and academic. “Islamofascist” is a recent favorite, and in a speech last month the president used it as punctuation in a litany of other tags, notably “Islamic radicalism” and “militant jihadism.” The beauty of “caliphate” is that no one but students of Islamic history have much more than a vague idea of what it means. “Bush has been successful in defining terms in his own way,” said Steve Ebbins, a former Democratic speechwriter. “[The Bush administration] has captured the language. If you control the language, you control the message and are able to sway people’s attitude toward your policy. It’s a policy-endorsing mechanism.” Until last January, the president rarely used it, if ever. Since then, he’s used it more than 15 times.

A caliphate , according to Merriam-Webster’s dictionary, is the “office or dominion of a caliph”; a caliph is “a successor of Muhammad … [the] spiritual head of Islam.” Simply put, the caliph is Islam’s deputy to the world. After the Prophet Muhammad died in 632 A.D., his father-in-law, Abu Bakr, became the first caliph. (At the heart of the schism between Sunni and Shia Muslims, even today, is the question of succession: who has the right to become Islam’s caliph?) From the time of the Prophet’s death until the Mongols sacked Baghdad in 1258, caliphs ruled over Muslims and presided over the Muslim expansion throughout the Middle East, Asia, Africa and Europe. These were the caliphates; some beneficent, some warmongering, in concept not unlike any other empire or dynasty.

In fairness, Bush isn’t the first person in recent history to appropriate the word caliphate and use it as a weapon. Osama bin Laden did it himself, most notably three years ago, in his statement to the United Sates via Al-Jazeera. “Baghdad, the seat of the caliphate, will not fall to you, God willing,” he said, “and we will fight you as long as we carry our guns.” Bin Laden’s rhetoric evoked, as it often does, an earlier, golden era of Islam, one that exists more in his imagination than in the lawless, crumbling city of Baghdad today. Backers of the war in Iraq—Vice President Dick Cheney and Defense Secretary Donald Rumsfeld, not to mention hawks like Sen. Rick Santorum of Pennsylvania—jumped on the word and used it in speeches dozens of times.

Parvez Ahmed, chairman of the Council on American Islamic Relations, says bin Laden’s word choices distort Islam for the world, and he wishes the president would take more care. When Ahmed heard “caliphate” Wednesday morning, he thought of the way Bush used the word “crusade” after September 11. “There’s a fundamental misunderstanding with the president and his advisers on core Islamic issues,” Ahmed said. “He’s getting bad advice, they’re misinformed on Islamic terminology.” Either that, or he’s making a strategic rhetorical choice.

Voir enfin:

Full text: Blair speech on terror
Mr Blair said ‘evil ideology’ motivated the London bombers
The following is the full text of Prime Minister Tony Blair’s speech on the London bombings, delivered at the Labour Party national conference on Saturday. The greatest danger is that we fail to face up to the nature of the threat we are dealing with. What we witnessed in London last Thursday week was not an aberrant act.

It was not random. It was not a product of particular local circumstances in West Yorkshire.

Senseless though any such horrible murder is, it was not without sense for its organisers. It had a purpose. It was done according to a plan. It was meant.

What we are confronting here is an evil ideology.

It is not a clash of civilisations – all civilised people, Muslim or other, feel revulsion at it. But it is a global struggle and it is a battle of ideas, hearts and minds, both within Islam and outside it.

This is the battle that must be won, a battle not just about the terrorist methods but their views. Not just their barbaric acts, but their barbaric ideas. Not only what they do but what they think and the thinking they would impose on others.

Religious ideology

This ideology and the violence that is inherent in it did not start a few years ago in response to a particular policy. Over the past 12 years, Al-Qaeda and its associates have attacked 26 countries, killed thousands of people, many of them Muslims.

They have networks in virtually every major country and thousands of fellow travellers. They are well-financed. Look at their websites.

They aren’t unsophisticated in their propaganda. They recruit however and whoever they can and with success.

Neither is it true that they have no demands. They do. It is just that no sane person would negotiate on them.

This is a religious ideology… Those who kill in its name believe genuinely that in doing it, they do God’s work; they go to paradise.

They demand the elimination of Israel; the withdrawal of all Westerners from Muslim countries, irrespective of the wishes of people and government; the establishment of effectively Taleban states and Sharia law in the Arab world en route to one caliphate of all Muslim nations.

We don’t have to wonder what type of country those states would be. Afghanistan was such a state. Girls put out of school.

Women denied even rudimentary rights. People living in abject poverty and oppression. All of it justified by reference to religious faith.

The 20th century showed how powerful political ideologies could be. This is a religious ideology, a strain within the world-wide religion of Islam, as far removed from its essential decency and truth as Protestant gunmen who kill Catholics or vice versa, are from Christianity. But do not let us underestimate it or dismiss it.

Those who kill in its name believe genuinely that in doing it, they do God’s work; they go to paradise.

‘Legitimate targets’

From the mid 1990s onwards, statements from Al-Qaeda, gave very clear expression to this ideology: « Every Muslim, the minute he can start differentiating, carries hatred towards the Americans, Jews and Christians. This is part of our ideology. The creation of Israel is a crime and it has to be erased.

« You should know that targeting Americans and Jews and killing them anywhere you find them on the earth is one of the greatest duties and one of the best acts of piety you can offer to God Almighty. Just as great is their hatred for so-called apostate governments in Muslim countries. This is why mainstream Muslims are also regarded as legitimate targets ».

Mr Blair said the « devilish logic » of their claims must be exposed.
At last year’s (Labour) party conference, I talked about this ideology in these terms.

Its roots are not superficial, but deep, in the madrassas of Pakistan, in the extreme forms of Wahabi doctrine in Saudi Arabia, in the former training camps of Al-Qaeda in Afghanistan; in the cauldron of Chechnya; in parts of the politics of most countries of the Middle East and many in Asia; in the extremist minority that now in every European city preach hatred of the West and our way of life.

This is what we are up against. It cannot be beaten except by confronting it, symptoms and causes, head-on. Without compromise and without delusion.

The extremist propaganda is cleverly aimed at their target audience. It plays on our tolerance and good nature.

It exploits the tendency to guilt of the developed world, as if it is our behaviour that should change, that if we only tried to work out and act on their grievances, we could lift this evil, that if we changed our behaviour, they would change theirs. This is a misunderstanding of a catastrophic order.

Their cause is not founded on an injustice. It is founded on a belief, one whose fanaticism is such it can’t be moderated. It can’t be remedied. It has to be stood up to.

And, of course, they will use any issue that is a matter of dissent within our democracy. But we should lay bare the almost-devilish logic behind such manipulation.

‘Callous indifference’

If it is the plight of the Palestinians that drives them, why, every time it looks as if Israel and Palestine are making progress, does the same ideology perpetrate an outrage that turns hope back into despair?

If it is Afghanistan that motivates them, why blow up innocent Afghans on their way to their first ever election? If it is Iraq that motivates them, why is the same ideology killing Iraqis by terror in defiance of an elected Iraqi government?

What was September 11, 2001 the reprisal for? Why even after the first Madrid bomb (in March 2004) and the election of a new Spanish government, were they planning another atrocity when caught?

In the end, it is by the power of argument, debate, true religious faith and true legitimate politics that we will defeat this threat.

Why if it is the cause of Muslims that concerns them, do they kill so many with such callous indifference?

We must pull this up by its roots. Within Britain, we must join up with our Muslims community to take on the extremists. Worldwide, we should confront it everywhere it exists.

Next week I and other party leaders will meet key members of the Muslim community. Out of it I hope we can get agreed action to take this common fight forward. I want also to work with other nations to promote the true face of Islam worldwide.

Round the world, there are conferences already being held, numerous inter-faith dialogues in place but we need to bring all of these activities together and give them focus.

Defeating the threat

We must be clear about how we win this struggle. We should take what security measures we can. But let us not kid ourselves.

In the end, it is by the power of argument, debate, true religious faith and true legitimate politics that we will defeat this threat.

That means not just arguing against their terrorism, but their politics and their perversion of religious faith. It means exposing as the rubbish it is, the propaganda about America and its allies wanting to punish Muslims or eradicate Islam.

It means championing our values of freedom, tolerance and respect for others. It means explaining why the suppression of women and the disdain for democracy are wrong.

The idea that elected governments are the preserve of those of any other faith or culture is insulting and wrong. Muslims believe in democracy just as much as any other faith and, given the chance, show it.

We must step up the urgency of our efforts. Here and abroad, the times the terrorists have succeeded are all too well known.

Less known are the times they have been foiled. The human life destroyed we can see. The billions of dollars every nation now spends is huge and growing. And they kill without limit.

They murdered over 50 innocent people (in London) last week. But it could have been over 500. And had it been, they would have rejoiced.

The spirit of our age is one in which the prejudices of the past are put behind us, where our diversity is our strength. It is this which is under attack. Moderates are not moderate through weakness but through strength. Now is the time to show it in defence of our common values. »

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January 2006 Trip to Iraq and Kuwait – Podcast Transcript

TOPIC: Iraq
January 9, 2006
From the Road: Speaking with American Troops in Iraq
Complete Text
PODCAST TRANSCRIPT: Hello, this is Senator Barack Obama, and I am resuming my podcasts after a couple weeks Christmas Break. And I am calling from a cell phone at a hotel overlooking the hills of Amman, Jordan. It’s actually a beautiful city, Jordan. The sun is setting and I am just come back from my first trip into Iraq.

You know, obviously Iraq has dominated our foreign policy for the last several years. Listeners to my regular podcasts or those who followed my campaign, I think, are aware of the fact that I have been deeply skeptical about the administration’s policy towards Iraq and the initial invasion. I felt it was important for me to visit Iraq myself and get some sort of first hand report about what was happening there.

So, I started the trip actually from Kuwait, where the US maintains several bases that are used to provide logistical support for what’s happening in Iraq. I met with troops as well as some of the generals who are in charge of logistical support. They talked about the enormous efforts that are required to maintain our presence in Iraq. There are about 20,000 troops in this base in Kuwait and they typically provide initial training for troops before they deploy into Iraq as well as providing water and fuel and are used as a launching site for operations in Iraq.

I had the opportunity to meet wi