Mort de Jacques Chirac: La France qui triche a trouvé son héros (As amnesic France goes gaga over the death of its first former head of state to be convicted since Petain, ex-British spy chief confirms ‘Grand Philanderer’ Chirac was ‘a roguish individual who manoeuvred very cleverly’)

29 septembre, 2019

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Une droite qui voudrait que soit placé dans nos mairies et nos écoles le portrait d’un homme mis en examen, qui a perdu toute autorité morale. Richard Ferrand (14.04.2017)
Presque aucun des fidèles ne se retenait de s’esclaffer, et ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang. Car l’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. C’est de la même façon que le peuple chasse ou acclame les rois. Marcel Proust
Un père, ça peut être une femme, une grand-mère. Agnès Buzyn (ministre française de la Santé)
L’enfant a le droit à un nom dès la naissance. Il a également le droit d’ acquérir une nationalité et, dans la mesure du possible, de connaître ses parents et d’être élevé par eux. Convention internationale des droits de l’enfant (article 7, 1989)
La loi ne doit pas mentir sur l’origine de la vie. Conférence des évêques
Une droite qui voudrait que soit placé dans nos mairies et nos écoles le portrait d’un homme mis en examen, qui a perdu toute autorité morale. Richard Ferrand (14.04.2017)
Le président Chirac incarna une certaine idée de la France. (…) Jacques Chirac était un destin français. (…) Jacques Chirac portait en lui l’amour de la France et des Français. Emmanuel Macron
Dans une autre publication, il tenait à peu près les mêmes propos concernant le candidat LR: “nous disons à François Fillon qu’il a perdu toute autorité morale pour diriger l’État et parler au nom de la France”. Lundi 30 septembre 2019 est une journée de deuil national à la suite du décès de M. Jacques CHIRAC, ancien Président de la République. Durant cette journée, les enseignants qui le souhaitent peuvent consacrer un cours à l’évocation de la mémoire de l’ancien chef de l’État. A cette fin, éduscol vous propose des ressources pédagogiques permettant de revenir sur la biographie de Jacques Chirac, son engagement politique national et international, sa relation à l’histoire des arts… Ministère de l’Education nationale
C’est très français au fond. La seule chose que l’on retiendra de la présidence de Jacques Chirac est une belle bravade sans conséquence: son refus spectaculaire de la guerre américaine en Irak. Laquelle, pour le coup, en eut de fâcheuses. Dieu sait combien Jacques Chirac représentait le caractère national. Au milieu de beaucoup de compromissions, ce fut une parenthèse de gloire, de panache et d’honneur. Cela n’a servi à rien mais le geste en était d’autant plus beau. Chirac eut quelque chose de Cyrano de Bergerac au cours de cet hiver 2002-2003, entraînant la Russie de Poutine et l’Allemagne de Schröder et bien d’autres nations derrière lui. Villepin, au contraire, avait peur de se fâcher avec l’Amérique. Il n’a pas troqué le retour de la France dans le comité militaire de l’Otan en échange de quelques postes honorifiques. Il a osé renouveler la dissuasion nucléaire française. C’est en souvenir de ces moments-là que la France est encore écoutée dans le monde. (…) Jacques Chirac avait un grand mérite: il connaissait l’histoire du monde et de ses civilisations. Il savait que l’Irak est un des berceaux de l’humanité et qu’on ne pouvait la détruire sans commettre l’irréparable. Il savait aussi que la démocratie ne se construit pas sur le sable d’une occupation militaire et que tôt ou tard, les chiites d’Irak se tourneraient vers leurs coreligionnaires iraniens, entraînant une terrible guerre de religions. Ce qui devait advenir arriva: la rage cumulée des pétromonarchies du golfe et des terroristes wahhabites a redoublé de violence. Daech et les destructions de Mossoul, Palmyre et Alep sont des contrecoups de la folle expédition de Dick Cheney et Donald Rumsfeld. Tout le Moyen-Orient a souffert de cette lamentable aventure mais pas seulement. Après les attentats de 2004-2005 et 2015-2016 en Europe, nous sommes loin d’avoir retrouvé l’équilibre. Depuis 2003, le Moyen-Orient est une région en guerre de religion, fracturée et travaillée par le terrorisme, minée par les migrations, incapable de se coordonner et d’avancer ensemble. Chirac avait au long de sa carrière noué des relations fidèles avec les chefs d’États d’Afrique et d’Asie. Il était soucieux du sort des Palestiniens, lui qui était intraitable avec l’antisémitisme. (…) Chirac s’intéressait et comprenait les relations internationales, sans avoir peur de quiconque. Le Figaro
Nous avons été présidés par un délinquant pendant 12 ans, et mon adversaire de 2002 est quelqu’un qui aurait dû être condamné à la prison. Le Pen
Attendu que la responsabilité de Jacques Chirac, maire de París, découle du mandat reçu de la collectivité des Parisiens ; qu’elle résulte également de l’autorité hiérarchique exercée par lui sur l’ensemble du personnel de la Ville de Paris et singulièrement sur ses collaborateurs immédiats au premier rang desquels son directeur de cabinet ; Attendu que le dossier et les débats ont établi que Jacques Chirac a été l’initiateur et l’auteur principal des délits d’abus de confiance, détournement de fonds publics, ingérence et prise illégale d’intérêts ; que sa culpabilité résulte de pratiques pérennes et réitérées qui lui sont personnellement imputables et dont le développement a été grandement favorisé par une parfaite connaissance des rouages de la municipalité ainsi que la qualité des liens tissés avec les différents acteurs administratifs et politiques au cours de ses années passées à la tête de la Ville de Paris ; qu’en multipliant les connexions entre son parti et la municipalité parisienne, Jacques Chirac a su créer et entretenir entre la collectivité territoriale et l’organisation politique une confusion telle qu’elle a pu entraîner ses propres amis politiques ; que le gain en résultant, nonobstant les économies des salaires payés par la mairie de Paris, a pu prendre la forme soit d’un renforcement des effectifs du parti politique dont il était le président soit d’un soutien à la contribution intellectuelle pour l’élaboration du programme politique de ce parti ; Attendu que par l’ensemble de ces agissements, Jacques Chirac a engagé les fonds de la Ville de Paris pour un montant total d’environ 1 400 000 euros ; Attendu que l’ancienneté des faits, l’absence d’enrichissement personnel de Jacques Chirac, l’indemnisation de la Ville de Paris par l’UMP et Jacques Chirac, ce dernier à hauteur de 500.000 euros, l’âge et l’état de santé actuel de Jacques Chirac, dont la dégradation est avérée, ainsi que les éminentes responsabilités de chef de l’Etat qu’il a exercées pendant les douze années ayant immédiatement suivi la période de prévention, sont autant d’éléments qui doivent être pris en considération pour déterminer la sanction qu’il convient d’appliquer à son encontre ; Attendu que ces éléments ne sauraient occulter le fait que, par son action délibérée, en ayant recours au cours de ces cinq années à dix neuf emplois totalement ou partiellement fictifs, Jacques Chirac a manqué à l’obligation de probité qui pèse sur les personnes publiques chargées de la gestion des fonds ou des biens qui leur sont confiés, cela au mépris de l’intérêt général des Parisiens ; que dans ces conditions, le recours à une peine d’emprisonnement avec sursis dont le quantum sera fixé à deux années apparaît tout à la fois adapté à la personnalité du prévenu et ainsi qu’à la nature et la gravité des faits qu’il a commis. Verdict de la 11e chambre correctionnelle de Paris (15.12.11)
Pour la première fois depuis Louis XVI et Philippe Pétain, un ancien chef de l’Etat français a été condamné par la justice de son pays. Jacques Chirac, 79 ans, reconnu coupable d’abus de confiance, de détournement de fonds publics et de prise illégale d’intérêts, a écopé ce jeudi matin de deux ans de prison avec sursis. Dans un communiqué, Jacques Chirac a annoncé qu’il ne ferait pas appel, même si « sur le fond [il] conteste catégoriquement ce jugement ». Il explique ne plus avoir « hélas, toutes les forces nécessaires pour mener par [lui-même], face à de nouveaux juges, le combat pour la vérité ». Nouvel obs
Janvier 1975. C’est l’époque du journalisme politique à la Françoise Giroud, la patronne de L’Express envoie alors de jeunes et jolies reporters pour faire parler les politiques. Jacqueline Chabridon, journaliste au Figaro, est mandatée par son rédacteur en chef pour suivre Jacques Chirac et en tirer un portrait du jeune Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing. Elle n’en a guère envie, le voit comme « un soudard, un prêt-à-tout (…) sentencieux et ringard au possible », écrivent les auteurs. De son côté, il veut vérifier à qui il a affaire. Il la met au défi d’engloutir les copieuses portions de tête de veau trônant sur la table aussi vite que lui. Elle s’y colle, en bonne vivante. Il est séduit par cette petite jeune femme de 34 ans. Comme le dit son ami Jacques Toubon, alors conseiller technique à Matignon, « c’est le charme fait femme ». Pauline de Saint-Rémy d’expliquer : « On s’était imaginé une femme impressionnante, très élégante, très intello. Avec sa voix fluette, sa petite taille, elle est en fait très simple. Au sens noble du terme. » C’est peut-être cela qui plaît alors au Premier ministre. Elle est d’origine modeste, auvergnate, fille de communistes. Affirme simplement son goût pour la vie. « Jacques et Jacqueline, c’est aussi et avant tout une complicité de classe, relatent les journalistes dans leur livre. Une sorte de reconnaissance mutuelle. » De son côté, Jacqueline voit désormais derrière le technocrate ambitieux un homme qui a « du goût pour les gens ». Très vite, « son envie de la revoir vire à l’obsession. Il la veut à ses côtés, en public comme en privé », lit-on dans Jacques et Jacqueline (1). On prête à Chirac un parcours de séducteur « mais avec elle, ça a été différent, affirment Laureline Dupont et Pauline de Saint-Rémy. Pour elle, il a failli tout quitter ; ça a eu des répercussions sur sa vie politique, dans un moment charnière. » Le livre raconte l’appartement aménagé pour eux rue de Marignan, à Paris : c’est là qu’il installe sa collection d’ouvrages de la Pléiade, un mur entier. Il l’emmène en escapade à La Rochelle. Elle le suit dans ses déplacements, en tant que journaliste. Fin 1975, il organise même, selon les auteurs, un voyage de presse aux Antilles pour passer Noël en sa compagnie ! Les reporters présents sur place s’agacent des nombreux « briefings » du chef du gouvernement. Dans l’ouvrage, Jacques Toubon se souvient des chuchotements qu’il surprend alors : « Il [Chirac] n’a rien à nous dire… » « C’est ridicule ! C’est juste pour la voir. » Le couple fait face à l’incompréhension de son entourage devant cette histoire qui dure, devant ce mariage qu’il lui aurait promis. Jacqueline Chabridon, dont les premières noces avec le socialiste Charles Hernu ont été célébrées par François Mitterrand, se fait rabrouer par ses amis de gauche, expliquent les auteurs. Chirac, lui, encaisse l’hostilité de sa conseillère Marie-France Garaud. Elle s’inquiète. Et si l’affaire s’ébruitait ? « Beaucoup de gens savaient, à l’époque, souligne Laureline Dupont. Le sujet fait jaser dans les dîners parisiens. » Toujours selon le livre, Le Nouvel Observateur s’apprête à publier en avril 1976 un court article intitulé « La garçonnière du Premier ministre ». La publication sera stoppée. Mais c’en est trop pour les conseillers. Trop pour Bernadette Chirac aussi. Dans Jacques et Jacqueline, on la voit faire front commun avec Marie-France Garaud pour éloigner la maîtresse. Et puis à l’époque, on ne divorce pas. Surtout si l’on envisage la plus haute fonction… Été 1976. Jacqueline Chabridon découvre l’appartement vidé. Leur correspondance a disparu. Le choc. Dans un bureau anonyme, il lui annonce que c’est fini. Certains y ont vu la pression de ses proches. Les auteurs livrent une autre hypothèse : « De nombreux témoins nous ont dit que Chirac, qui s’apprêtait à lancer le RPR (Rassemblement pour la République, ndlr) – il venait de démissionner de Matignon pour ça -, avait besoin d’avoir le coeur et les mains libres. Parce qu’il entretenait un rapport charnel et chaleureux aux électeurs. Notre théorie, c’est qu’il a été rattrapé par son ambition, plus que par son entourage. » Apporter un autre éclairage sur Jacques Chirac, c’était un des objectifs des deux journalistes : « Il est plus humain et plus complexe qu’il n’y paraît, perclus de passions contraires. » Fallait-il pour autant, quarante ans après, remettre cet amour sous le feu des projecteurs ? « Certains seront heurtés car on est sur le terrain de la vie privée. Mais c’est un récit politique, pas un livre sulfureux, répond Pauline de Saint-Rémy. Nous voulions aussi donner un autre éclairage à cette époque politico-médiatique en nous intéressant à la petite histoire dans la grande histoire. » Jacqueline Chabridon, elle, a poursuivi la sienne. Le coeur à gauche. « Elle qui pensait ne jamais pouvoir voter pour lui a fini par le faire en avril 2002. Mais on a compris que ça lui avait fait un peu mal. » Aujourd’hui encore, elle est proche des socialistes. Voit François Hollande régulièrement. Et Laureline Dupont de conclure : « Elle a 75 ans et a l’air très heureuse. » Grazia
Voici un homme qui a dû se représenter à  sa réélection l’an dernier afin de préserver son immunité  présidentielle des poursuites judiciaires pour de graves accusations de corruption. Voici un homme qui a aidé Saddam Hussein à construire un réacteur nucléaire et qui savait très bien ce qu’il comptait en faire. Voici un homme à la tête de la France qui est en fait ouvertement à vendre. Il me fait penser au banquier de « L’Education Sentimentale » de Flaubert : un homme si habitué à la corruption qu’il payerait pour le plaisir de se vendre lui-même. Ici, également, est un monstre positif de vanité. Lui et son ministre des affaires étrangères, Dominique de Villepin, ont mielleusement déclaré que la « force est toujours le dernier recours.  » Vraiment ? Ce n’était pas la position de l’establishment français quand des troupes ont été envoyées au Rwanda pour tenter de sauver le client-régime qui venait de lancer un ethnocide contre les Toutsis. Ce n’est pas, on présume, la position des généraux français qui traitent actuellement comme leur fief  la population et la nation ivoiriennes. Ce n’était pas la position de ceux qui ont commandité la destruction d’un bateau désarmé, le Rainbow à l’ancre dans un port de Nouvelle Zélande après les manifestations contre la pratique officielle française d’essais nucléaires atmosphériques dans le Pacifique. (…) Nous nous rendons tous compte du fait que Saddam Hussein doit beaucoup d’argent à des compagnies françaises et à l’Etat français. Nous espérons tous que le parti Baath irakien n’a fait aucun cadeau privé à des personnalités politiques françaises, même si le moins qu’on puisse dire c’est que de tels scrupules des deux côtés seraient une anomalie. Est-il possible qu’il y ait plus en jeu que cela ? Il est très possible que le futur gouvernement de Bagdad ne se considère plus tellement responsable des dettes de Saddam. Ce seul fait conditionne-t-il la réponse de Chirac à une fin de régime en Irak ? (…) Charles de Gaulle avait un égo colossal, mais il se sentit obligé à un moment crucial de représenter une certaine idée de la  France à un moment où cette nation avait été trahie dans le servitude et la honte par son establishment politique et militaire. (…) Il avait un sens de l’histoire. Aux intérêts permanents de la France, il tenait à joindre une certaine idée de la liberté aussi. Il aurait approuvé les propos de Vaclav Havel – ses derniers en tant que président tchèque – parlant hardiment des droits du peuple irakien. Et on aime à penser qu’il aurait eu un mépris  pour son pygmée de successeur, l’homme vain, poseur et vénal qui, souhaitant jouer le rôle d’une Jeanne d’Arc travestie, fait de la France le proxénète abject de Saddam. C’est le cas du rat qui voulait rugir. Christopher Hitchens (2003)
Pasqua n’était guère cocaïnomane – «j’en suis sûr», atteste notre lascar – mais l’argent parallèle du secteur a pu l’intéresser… Fauré, précoce dealer au Maroc puis un peu partout ailleurs, raconte avoir été très vite pris en charge, dans les années 70, par l’Organisation de l’armée secrète. Initialement dédiée au maintien de l’Algérie française, l’OAS changera très vite de fusil d’épaule : «opérations homo» (assassinats ciblés) contre des indépendantistes basques ou corses, mais aussi braquages de banques. Le Service d’action civique (SAC) prendra ensuite le relais. Fauré, fort de ses compétences en la matière, met la main à l’ouvrage : «La recette Pasqua consistait à constituer des « mouvements patriotiques », en vérité violents, avec des voyous peu recommandables. Comment les rémunérer ? Tout simplement avec l’argent provenant de gros braquages de banques et de bijouteries, commis en toute impunité. Avec Pasqua, tout était possible, du moins pour les membres du SAC. Patriote, certainement prêt à mourir pour son pays, il gardait en revanche un œil attentif sur les caisses du parti. Moyennant la moitié de nos gains, il nous garantissait l’impunité sur des affaires juteuses et triées sur le volet, sachant exactement là ou il fallait frapper.» (…) A l’issue de l’entretien, Gérard Fauré croisera illico le parrain marseillais «Tony» Zampa, qui traînait là par hasard, lequel l’entreprend dans la foulée sur différentes affaires à venir : des investissements dans les casinos et la prostitution aux Pays-Bas. Cas peut-être unique dans les annales de la voyoucratie, il fera parallèlement équipe avec l’illustre Francis Vanverberghe, dit «Francis le Belge», «doté d’un savoir-vivre qui valait bien son savoir-tuer». (…) Pour la petite histoire, il reconstitue leur brouille à propos de… Johnny Hallyday : «Tous les deux voulaient le prendre sous tutelle, pour capter sa fortune ou l’utiliser comme prête-nom. Ils ont fini par s’entre-tuer pour ce motif et quelques autres.» Fauré considérait Johnny comme sa «plus belle prise de guerre» dans le microcosme de la coke. Mais lui gardera un chien de sa chienne après que le chanteur l’a balancé sans vergogne aux Stups, contre sa propre immunité. (…) «Si vous le voulez bien, j’attends votre version des faits s’agissant des deux chèques de M. Chirac rédigés à votre ordre. Je vous invite à bien réfléchir avant de répondre» : sollicitation d’une juge d’instruction parisienne en 1986, hors procès-verbal. Tempête sous un crâne à l’issue de laquelle Gérard Fauré évoquera une dette de jeu au backgammon… Dans son bouquin, l’explication est tout autre – «J’avais dû travestir la vérité.» S’il ne peut attester que l’ex-président prenait de la coke, il évoque son penchant pour les femmes… Pour l’anecdote, les deux chèques en question feront l’objet d’une rapide opposition de leur signataire. «Chirac, dont j’avais admiré la prestance et même les idées politiques, s’est avéré mauvais payeur.» (…) Le livre s’achève sur cet hommage indirect à la police française : lors d’une perquisition à son domicile, 10 des 15 kilos de cocaïne disparaissent, tout comme 90 % des 300 000 euros logés dans un tiroir. «Je n’ai pas pensé un seul instant me plaindre de la brigade du quai des Orfèvres, dans la mesure où les vols qu’elle commettait chez moi ne pouvaient qu’alléger ma future condamnation. » Libération
Chirac’s opposition to the Iraq War put him at loggerheads with George W. Bush and Tony Blair. As President he made a historic apology for France’s role in the Holocaust but his term was also marked by riots and a stinging defeat over EU integration. He also had a reputation as a womaniser and philanderer who repeatedly cheated on his long-suffering wife Bernadette during their 63 years of marriage. His reputed partners included Italian sex symbol Claudia Cardinale and there were rumours about a series of relationships with journalists and politicians. Chirac was also known for a love of fine living, revelling in the trappings of power including luxury trips abroad and life at the presidential palace. After leaving office, Chirac was found guilty of corruption dating back to his time as mayor of Paris and given a two-year suspended prison sentence. The Daily Mail
How many times have certain Western politicians cast an envious glance at Jacques Chirac and thought: just how the hell did he get away with it? France is in deep mourning following the news that its flamboyant, philandering former centre-Right president has died at the age of 86. World leaders joined in a chorus of tributes yesterday. Precisely what and whom they are mourning, however, remains as opaque as ever. Former French President Jacques Chirac was often seen in the company of beautiful women such as legendary actress Brigitte Bardot (….) The first ex-president in French history to be convicted of corruption, he managed to espouse contradictory opinions on just about everything during four decades in politics. Here was the great peacemonger – famous for keeping France out of the 2003 invasion of Iraq – who also flogged nuclear technology to Iraq’s Saddam Hussein and who obliterated a South Pacific coral atoll with his own nuclear weapons. (…) He was the self-styled champion of human rights and the developing world who also sucked up to the most appalling tyrants, argued that ‘Africa is not ready for democracy’ and deplored the ‘noise and smell’ of workshy immigrants. And all the while, he was the family man who enjoyed affairs with umpteen women – from humble secretaries and party workers to film stars. As mayor of Paris, he kept a mayoral bus with a bedroom for assignations and used public funds to rent a flat for a political journalist from Le Figaro who was his then mistress. As president, so it was claimed by one biographer, he would never want for ‘naked women, burning with desire’ on board the presidential jet. On a state visit to Tunisia, he managed to bring along both his long-suffering wife, Bernadette, and his mistress du moment on the same trip. The two women did not exchange a word. Not that he would ever allow himself to be distracted from his work for long. Following the publication of the memoirs of the presidential chauffeur, Chirac could never quite shake off the nickname he acquired thereafter: ‘Five minutes – including shower’ (to add insult to injury, this was later reduced from ‘five’ to ‘three’). Routinely satirised on a top French comedy show as ‘Superliar’, Chirac would never have got where he got – or lasted as long as he did – in British politics. It was his good fortune to be blessed with a French media which seldom subjected him to the same scrutiny endured by his British counterparts. It also helped that he was sleeping with quite a few of them. (…) In 2011, he received a two-year prison sentence for abuse of trust and public funds, though the sentence was suspended. The Daily Mail
There were strong indications in the US and UK [intelligence services] that Chirac received money from Saddam. His recent obituaries are saying that Chirac got it right [on Iraq] and the rest of us got it wrong. But I am saying that Chirac’s motive for getting it right may not appear to be what it is.’‘He had this questionable relationship with Saddam Hussein. It raises a lot of questions as to what his motives were for opposing the UN Resolution in the build-up to the invasion. It was not a matter of conscience, it was his reputation. If it came out in the wash [that he received money from Saddam], it would have been damaging to him as a politician. It was a dimension which at the time was politically worrying – Chirac had a longstanding relationship with Saddam, which was not state to state, it was personal. He was a roguish individual who manoeuvred very cleverly.  Sir Richard Dearlove
J’ai un principe simple en politique étrangère. Je regarde ce que font les Américains et je fais le contraire. Alors, je suis sûr d’avoir raison. Jacques Chirac
Le multipartisme est une erreur politique, une sorte du luxe que les pays en voie de développement, qui doivent concentrer leurs efforts sur leur expansion économique n’ont pas les moyens de s’offrir. Jacques Chirac (Abidjan, février 1990)
Si les valeurs des droits de l’homme sont universelles, elles peuvent s’exprimer sous des formes différentes. Jacques Chirac (Paris, 1996, visite de Li Peng)
Ici, le message millénaire de l’islam rejoint l’héritage et les valeurs de la République. Jacques Chirac (Grande Mosquée de Paris, 9/4/02)
La guerre … est toujours la pire des solutions … Jacques Chirac (Paris, 17 janvier 2003, au côté de Hans Blix, président exécutif de la commission de contrôle de vérification et d’inspection des Nations Unies en Irak et de Mohamed El Baradei, directeur de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique)
Cette institution met la Russie au premier rang des démocraties, pour le respect dû aux peuples premiers, pour le dialogue des cultures et tout simplement pour le respect de l’autre. Jacques Chirac (Saint-Pétersbourg, juin 2003, inauguration de l’Académie polaire)
Le premier des droits de l’homme, c’est de manger, d’être soigné, de recevoir une éducation et d’avoir un habitat. De ce point de vue, la Tunisie est très en avance sur beaucoup de pays. Jacques Chirac (Tunis, le 3 décembre 2003, jour où l’opposante Radhia Nasraoui entrait dans son 50e jour de grève de la faim)
Je n’ai pas à juger les choix de politique intérieure d’un homme démocratiquement élu. Mais je sais une chose : il a rendu sa dignité à un peuple privé de ses droits et de son identité.» Il « a rendu sa dignité à son peuple ». « On ne peut pas vouloir des élections au suffrage universel et contester leurs résultats. Jacques Chirac (sur le président bolivien Evo Morales, Brasilia, 25 mai 2006)
Les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes. Jacques Chirac
Ce n’est pas une politique de tuer des enfants. Chirac (accueillant Barak à Paris, le 4 octobre 2000)
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Dominique Galouzeau de Villepin (Paris, automne 2001)
La France condamne les attaques du Hezbollah et toutes les actions terroristes unilatérales, où qu’elles se mènent, contre des soldats ou des populations civiles. Oui, ces attaques sont terroristes, et la France souhaite que la réplique frappe aussi peu que possible les populations civiles. Epargner les populations civiles est une contrainte que s’efforce de respecter Israël. Lionel Jospin (Jérusalem, 24 février 2000)
On his visit to Birzeit University, Lionel Jospin had the gall to speak of the Hizbullah fighters as terrorists, also expressing his « understanding » of Israel’s actions against Lebanon. Edward Said
Soudain, une pluie de pierres s’abat sur le groupe, petites d’abord, puis de plus en plus grosses. Les gardes du corps déploient aussitôt leur protection en kevlar. Le premier ministre disparaît littéralement sous les corps massés « en tortue » de sa protection rapprochée, avant d’être précipité à l’arrière de la Mercedes blindée qui l’attend. Une voiture, posée en travers de la route, barre le départ du cortège et immobilise quelques longues secondes celle de M. Jospin, criblée de pierres et de coups de pied, tandis qu’un enseignant, debout sur le toit du véhicule, lève les bras pour tenter de calmer les manifestants. Une vitre est atteinte par un pavé. Un photographe de l’Agence France-Presse, Manoucher Deghati, est renversé, la jambe cassée. Il sera transféré à l’hôpital de Jérusalem. Dans le hurlement des sirènes et sous les insultes des manifestants, le cortège repart, enfin. Le Monde
Vous savez bien que l’Irak est un pays pacifique géré par des gens pacifiques. Jacques Chirac (Journal marocain, septembre 1980)
Il y a un problème, c’est la possession probable d’armes de destruction massive par un pays incontrôlable, l’Irak. La communauté internationale a raison de s’émouvoir de cette situation. Et elle a eu raison de décider qu’il fallait désarmer l’Irak. (…) Il faut laisser aux inspecteurs le temps de le faire. Jacques Chirac
Dans l’immédiat, notre attention doit se porter en priorité sur les domaines biologique et chimique. C’est là que nos présomptions vis-à-vis de l’Iraq sont les plus significatives : sur le chimique, nous avons des indices d’une capacité de production de VX et d’ypérite ; sur le biologique, nos indices portent sur la détention possible de stocks significatifs de bacille du charbon et de toxine botulique, et une éventuelle capacité de production.  Dominique De Villepin (05.02.03)
Les visées militaires du programme nucléaire iranien ne font plus de doute mais les possibilités de négociations avec le régime de Téhéran n’ont pas été épuisées. (…) De l’avis des experts, d’ici deux à trois ans, l’Iran pourrait être en possession d’une arme nucléaire. Rapport parlementaire français (17 décembre 2008)
Même aux pires moments de notre relation, quand le général De Gaulle a quitté l’OTAN, critiqué la guerre du Vietnam et voulu remplacer le dollar par l’étalon-or, il n’est jamais allé aussi loin. Il n’a jamais tenté, lui, de monter une coalition contre nous. Kissinger (Paris, automne 2003)
Il est maintenant clair que les assurances données par Chirac ont joué un rôle crucial, persuadant Saddam Hussein de ne pas offrir les concessions qui auraient pu éviter une guerre et le changement de régime. Selon l’ex-vice président Tareq Aziz, s’exprimant depuis sa cellule devant des enquêteurs américains et irakiens, Saddam était convaincu que les Français, et dans une moindre mesure, les Russes allaient sauver son régime à la dernière minute. Amir Taheri
L’affaire Boidevaix-Mérimée est-elle l’arbre qui cache la forêt ? Certaines sources au Quai d’Orsay l’insinuent. « Il est impossible que Mérimée se soit mouillé pour une telle somme (156 000 dollars), qui n’est pas si importante au regard des risques encourus et des profits possibles », estime un diplomate qui a côtoyé l’ancien représentant de la France au Conseil de sécurité. « Nous sommes plusieurs à penser que les sommes en jeu sont en réalité colossales. » Olivier Weber (Le Point 01/12/05)
A senior U.S. official said France’s refusal to join in threatening force against Iraq doomed the united front assembled in November and convinced Iraqi President Saddam Hussein that he could split the international community and avert war without divulging his programs to develop weapons of mass destruction. (…) As the United States and Britain lobbied for a second U.N. resolution that would authorize the use of force, France played hardball, openly competing for Security Council votes and trying to intimidate supporters of the U.S. position among Eastern European countries. It wasn’t just France’s anti-war stance that Washington resented, but the « gleeful organizing against us, » a senior U.S. official said. This generated even more disfavor within the Bush administration than was reserved for Russia, which opposed the war less aggressively. (…) U.S.-French strains did not start with Iraq, and are unlikely to end anytime soon. Determined to act as a counterweight to American power in Europe and to preserve its influence among former colonies in Africa and the Middle East, France has long viewed the United States and its power with a mixture of gratitude, Old World disdain and sheer mischievousness. President Charles de Gaulle set the relationship on its rocky course in 1966 when he pulled France out of the military arm of the U.S.-led North Atlantic Treaty Organization while remaining part of its political umbrella, the North Atlantic Council, and providing troops and equipment for NATO missions. In the years since, France has refused to give unblinking support for U.S. actions, even blocking the use of its airspace when the United States, under President Ronald Reagan, bombed Libya in 1986. The Baltimore Sun (09.05.2003)

Attention: un mensonge peut en cacher beaucoup d’autres !

Longue allocution présidentielle, unes et dossiers spéciaux médiatiques, drapeaux en berne, extinction de la Tour Eiffel, photo géante sur la façade de l’Hôtel de ville de Paris, messe, journée de deuil national, minute de silence dans les écoles …

A l’heure où après le mariage pour tous, l’on s’apprête à mentir à nos enfants sur leurs propres origines

Où jusque dans leurs salles de classe …

Une France étrangement amnésique multiplie, aussi hypocrites les uns que les autres, hagiographies et hommages …

Et où pour faire oublier le long feuilleton des gilets jaunes et le retour des affaires, la Macronie tente de nous refaire le coup des funérailles quasi-nationales de Johnny il y a deux ans …

Merci au Daily Mail et à l’ancien patron des services secrets britanniques …

Pour leur salutaire remise des pendules à l’heure …

Sur, entre le pillage systématique de la mairie de Paris pendant 20 ans et la fourniture de l’arme nucléaire puis, contre espèces sonnates et trébuchantes, l’indéfectible soutien au tyran Saddam …

Le maitre ès escrocqueries et repris de justice Chirac !

Saddam Hussein ‘bribed Jacques Chirac’ with £5million in bid to make the former French President oppose the US-led Iraq war

Jacques Chirac (pictured) was paid millions of pounds in bribes by Saddam Hussein to oppose the US-led war in Iraq, according to Britain’s former spy chief

Jacques Chirac was paid millions of pounds in bribes by Saddam Hussein to oppose the US-led war in Iraq, according to intelligence revealed for the first time by Britain’s former spy chief.

Sir Richard Dearlove – head of MI6 in the run-up to the invasion of Iraq in 2003 – spoke out as recent obituaries for the former French President cited his principled opposition to US President George Bush’s plans for military action.

But the former spymaster, speaking exclusively to The Mail on Sunday, revealed that Chirac’s true motive for opposing the Gulf War was because he accepted ‘substantial amounts’ of cash from the Iraqi tyrant for his election campaigns.

Sir Richard, who made the sensational revelation only days after the French statesman’s death on Thursday aged 86, said: ‘There were strong indications in the US and UK [intelligence services] that Chirac received money from Saddam.

‘His recent obituaries are saying that Chirac got it right [on Iraq] and the rest of us got it wrong. But I am saying that Chirac’s motive for getting it right may not appear to be what it is.’

Chirac had led an alliance of France, Germany and Russia against plans by the US and Britain to invade Iraq over suspicions that Saddam possessed weapons of mass destruction, which it would pass on to terrorist groups like Al Qaeda.

Sir Richard Dearlove said there had been 'strong indications in the US and UK [intelligence services] that Chirac received money from Saddam'. French Prime Minister Jacques Chirac, left, is seen with Iraqi President Saddam Hussein, right, after arriving in Bagdad in 1976

Sir Richard Dearlove said there had been ‘strong indications in the US and UK [intelligence services] that Chirac received money from Saddam’. French Prime Minister Jacques Chirac, left, is seen with Iraqi President Saddam Hussein, right, after arriving in Bagdad in 1976

The French President addressed his nation on television to declare that he would use France’s veto at the UN to prevent George Bush and Tony Blair gaining a resolution that sanctioned a military invasion.

Chirac’s anti-war stance caused a massive rift between France and the US, prompting American media to deride the French as ‘cheese-eating surrender monkeys’ and some restaurants to rename French fries as ‘Freedom fries’.

While the US and Britain went to war with Iraq without a UN resolution, France stayed out of the coalition.

At the time, MI6 and its US counterparts were gathering ‘reliable intelligence’ that Chirac had pocketed £5 million from the Iraqi dictator to fight his presidential elections in 1995 and in 2002.

The money came from Saddam’s own personal funds and was passed to Chirac through intermediaries, according to the intelligence.

Sir Richard told this newspaper that the ‘long relationship’ between Chirac and Saddam was the real reason why the French leader opposed the 2003 invasion of Iraq.

‘He [Chirac] had this questionable relationship with Saddam Hussein,’ said Sir Richard. ‘It raises a lot of questions as to what his motives were for opposing the UN Resolution in the build-up to the invasion.’

He added: ‘It was not a matter of conscience, it was his [Chirac’s] reputation. If it came out in the wash [that he received money from Saddam], it would have been damaging to him as a politician.

‘It was a dimension which at the time was politically worrying – Chirac had a longstanding relationship with Saddam, which was not state to state, it was personal.’

Sir Richard said obituaries on Chirac praised the former leader’s stance without knowing the full facts. He went on: ‘He was a roguish individual who manoeuvred very cleverly.’

The former spymaster, known as ‘C’ during his five-year spell as head of MI6, is due to give further details at the Cliveden Literary Festival later today.

Last night, France’s embassy in London declined to comment on the revelations, but spokeswoman Aurelie Bonal said: ‘History has shown who took the right decision.’

Former Foreign Secretary Sir Malcolm Rifkind said: ‘Regardless of personal reasons, Chirac would have opposed the war because the French public opposed it so vehemently.’

Voir aussi:

Adieu to Le Grand Philanderer: As Jacques Chirac dies at 86, ROBERT HARDMAN bids farewell to a president so priapic even his official jet had room for illicit trysts

How many times have certain Western politicians cast an envious glance at Jacques Chirac and thought: just how the hell did he get away with it?

France is in deep mourning following the news that its flamboyant, philandering former centre-Right president has died at the age of 86. World leaders joined in a chorus of tributes yesterday.

Precisely what and whom they are mourning, however, remains as opaque as ever.

Former French President Jacques Chirac was often seen in the company of beautiful women such as legendary actress Brigitte Bardot, pictured here in October 1990

The first ex-president in French history to be convicted of corruption, he managed to espouse contradictory opinions on just about everything during four decades in politics.

Here was the great peacemonger – famous for keeping France out of the 2003 invasion of Iraq – who also flogged nuclear technology to Iraq’s Saddam Hussein and who obliterated a South Pacific coral atoll with his own nuclear weapons.

Here was Chirac the ardent Eurosceptic who ended up a passionate advocate of a European superstate.

He was the self-styled champion of human rights and the developing world who also sucked up to the most appalling tyrants, argued that ‘Africa is not ready for democracy’ and deplored the ‘noise and smell’ of workshy immigrants.

And all the while, he was the family man who enjoyed affairs with umpteen women – from humble secretaries and party workers to film stars. As mayor of Paris, he kept a mayoral bus with a bedroom for assignations and used public funds to rent a flat for a political journalist from Le Figaro who was his then mistress.

Chirac, pictured here in 1987 with Madonna, was routinely satirised on a top French comedy show as 'Superliar'

Chirac, pictured here in 1987 with Madonna, was routinely satirised on a top French comedy show as ‘Superliar’

As president, so it was claimed by one biographer, he would never want for ‘naked women, burning with desire’ on board the presidential jet. On a state visit to Tunisia, he managed to bring along both his long-suffering wife, Bernadette, and his mistress du moment on the same trip. The two women did not exchange a word.

Not that he would ever allow himself to be distracted from his work for long. Following the publication of the memoirs of the presidential chauffeur, Chirac could never quite shake off the nickname he acquired thereafter: ‘Five minutes – including shower’ (to add insult to injury, this was later reduced from ‘five’ to ‘three’).

Routinely satirised on a top French comedy show as ‘Superliar’, Chirac would never have got where he got – or lasted as long as he did – in British politics. It was his good fortune to be blessed with a French media which seldom subjected him to the same scrutiny endured by his British counterparts. It also helped that he was sleeping with quite a few of them.

And even when scandals did emerge – be it bungs or mysterious six-figure payments for family entertainment – the publicity never seemed to do him lasting damage. As far as millions of what he called ‘my dear compatriots’ were concerned, he was a quintessentially French political chancer who put the gloire back in to French public life.

He may have enraged the wider world. The British public, for example, were appalled by his withering attack on the UK: ‘You can’t trust people who cook as badly as that.’ Yet it all played brilliantly to a domestic audience.

Chirac, pictured with the Princess of Wales in September 1995, criticised the UK with a withering remark: 'You can’t trust people who cook as badly as that'

Chirac, pictured with the Princess of Wales in September 1995, criticised the UK with a withering remark: ‘You can’t trust people who cook as badly as that’

And on the few occasions when his extra-marital infidelities did emerge into the public domain, they did little harm to his ratings. ‘Do you know where my husband is tonight?’ the aristocratic Bernadette, asked his chauffeur on the night in 1997 when Diana, Princess of Wales was killed in a Paris car crash. According to the chauffeur, the president was enjoying a tryst with an Italian actress. When the story emerged some time later, the French public shrugged.

Chirac was the only surviving child of a well-to-do middle class family who shone at school and university and beyond, passing through the French Army – where he was top of his officer intake – and the prestigious Ecole Nationale d’Administration, the training school for elite civil servants.

His determination, along with his political and bureaucratic skills, were soon spotted by the French prime minister, Georges Pompidou who made him chief of staff and gave him the first of his many nicknames: ‘Le Bulldozer’. Having entered the French parliament in 1967, he was promoted to agriculture minister in the early Seventies. He wisely backed the new president, Giscard d’Estaing, and was rewarded with the post of prime minister.

He soon had a formidable power base from which to stake his claim for the top prize (while also dishing out fake jobs to chums). In 1977, he was elected mayor of Paris and remained there for nearly 20 years.

Chirac became president in 1995 and set about trying to apply a mild dose of Thatcherism to France’s bloated state sector. An inevitable succession of strikes and U-turns ensured that little changed.

At the same time, Chirac decided to conduct a series of nuclear tests on a far-flung Pacific atoll in the French colony of French Polynesia – just before France was due to sign a test ban treaty. There was outrage around the world, although a handful of France’s allies – including Britain – refused to condemn him.

Months later, the British government invited Chirac and his wife on a state visit to London where he was given the full Buckingham Palace treatment. She was said to be charmed by Chirac and the English-speaking Bernadette. However, within a year, Chirac was touring China, deploring Britain’s imperial record in Hong Kong to secure contracts for French businesses in China.

Having seen off a far-Right challenge by the National Front’s Jean-Marie Le Pen, Chirac won a second term as president in 2002.

Soon afterwards, his refusal to join the US and the UK in invading Iraq saw his approval ratings soar at home. However, his decision provoked such contempt among allies that he was derided by the tabloid press as a ‘cheese-eating surrender monkey’.

There was also another trip to stay with the Queen as Britain and France marked the centenary of the bilateral friendship agreement known as the ‘Entente Cordiale’.

Yet, at the same time, he was cosying up to a man whom Britain was trying to ostracise from the rest of the world.

Zimbabwe despot Robert Mugabe had been banned from visiting Europe. Yet Chirac gave him a special pass to attend a meeting of African nations in Paris.

By now, reports of corruption during his days as Mayor of Paris were catching up. In 2011, he received a two-year prison sentence for abuse of trust and public funds, though the sentence was suspended. Thereafter, he disappeared from public view. Bernadette, meanwhile, would have the last word.

Four years ago, she let it be known that she was not a fan of her husband’s policies and that she supported his successor, Nicolas Sarkozy, whom Chirac loathed. She also accused her husband of ‘ruining her life’. His life in the public eye had certainly taken its toll on their two daughters, one of whom died in 2016 after a lifelong battle with anorexia.

In 2002, Bernadette had publicly acknowledged that she had been married to a serial womaniser. It had been difficult, she said but her husband had ‘always returned’ to her. ‘Anyway,’ she added, ‘I have often warned him: Napoleon lost everything on the day he abandoned Josephine.’

Voir également:

Death of a playboy president: France mourns as former head of state Jacques Chirac – famed for his love of fine living and many rumoured affairs – passes away aged 86

Former French President Jacques Chirac has died at the age of 86.

Chirac, who had suffered a series of health problems in recent years, died this morning ‘surrounded by his family’, his son-in-law Frederic Salat-Baroux said today.

In Paris a minute’s silence was held in the National Assembly when the former President’s death was announced this morning while mourners have brought flowers to his home in the capital.

In a long career on the French right, Chirac was twice Prime Minister of France before serving as head of state from 1995 to 2007.

Chirac’s opposition to the Iraq War put him at loggerheads with George W. Bush and Tony Blair. As President he made a historic apology for France’s role in the Holocaust but his term was also marked by riots and a stinging defeat over EU integration.

He also had a reputation as a womaniser and philanderer who repeatedly cheated on his long-suffering wife Bernadette during their 63 years of marriage.

His reputed partners included Italian sex symbol Claudia Cardinale and there were rumours about a series of relationships with journalists and politicians.

Chirac was also known for a love of fine living, revelling in the trappings of power including luxury trips abroad and life at the presidential palace.

After leaving office, Chirac was found guilty of corruption dating back to his time as mayor of Paris and given a two-year suspended prison sentence.

His two immediate successors both paid tribute today, Nicolas Sarkozy declaring that ‘a part of my life has disappeared’ while Francois Hollande said France was ‘losing a statesman’. Current President Emmanuel Macron will speak later.

Voir encore:

« Jacques Chirac a manqué à l’obligation de probité » : le jugement

Pour la première fois depuis Louis XVI et Philippe Pétain, un ancien chef de l’Etat français a été condamné par la justice de son pays. Jacques Chirac, 79 ans, reconnu coupable d’abus de confiance, de détournement de fonds publics…

Augustin Scalbert

Pour la première fois depuis Louis XVI et Philippe Pétain, un ancien chef de l’Etat français a été condamné par la justice de son pays. Jacques Chirac, 79 ans, reconnu coupable d’abus de confiance, de détournement de fonds publics et de prise illégale d’intérêts, a écopé ce jeudi matin de deux ans de prison avec sursis.

Dans un communiqué, Jacques Chirac a annoncé qu’il ne ferait pas appel, même si « sur le fond [il] conteste catégoriquement ce jugement ». Il explique ne plus avoir « hélas, toutes les forces nécessaires pour mener par [lui-même], face à de nouveaux juges, le combat pour la vérité ».

Les réactions à cette première historique sous ce régime sont évidemment nombreuses. Certaines portent sur la sévérité du jugement.

Rue89 publie ci-dessous les attendus – c’est-à-dire les motivations – de la condamnation de Jacques Chirac, tels qu’ils ont été communiqués par la justice à l’Association de la presse judiciaire. (Les caractères gras sont de la rédaction.)

« Attendu que la responsabilité de Jacques Chirac, maire de París, découle du mandat reçu de la collectivité des Parisiens ; qu’elle résulte également de l’autorité hiérarchique exercée par lui sur l’ensemble du personnel de la Ville de Paris et singulièrement sur ses collaborateurs immédiats au premier rang desquels son directeur de cabinet ;

Attendu que le dossier et les débats ont établi que Jacques Chirac a été l’initiateur et l’auteur principal des délits d’abus de confiance, détournement de fonds publics, ingérence et prise illégale d’intérêts ;

que sa culpabilité résulte de pratiques pérennes et réitérées qui lui sont personnellement imputables et dont le développement a été grandement favorisé par une parfaite connaissance des rouages de la municipalité ainsi que la qualité des liens tissés avec les différents acteurs administratifs et politiques au cours de ses années passées à la tête de la Ville de Paris ;

qu’en multipliant les connexions entre son parti et la municipalité parisienne, Jacques Chirac a su créer et entretenir entre la collectivité territoriale et l’organisation politique une confusion telle qu’elle a pu entraîner ses propres amis politiques ;

que le gain en résultant, nonobstant les économies des salaires payés par la mairie de Paris, a pu prendre la forme soit d’un renforcement des effectifs du parti politique dont il était le président soit d’un soutien à la contribution intellectuelle pour l’élaboration du programme politique de ce parti ;

Attendu que par l’ensemble de ces agissements, Jacques Chirac a engagé les fonds de la Ville de Paris pour un montant total d’environ 1 400 000 euros ;

Attendu que l’ancienneté des faits, l’absence d’enrichissement personnel de Jacques Chirac, l’indemnisation de la Ville de Paris par l’UMP et Jacques Chirac, ce dernier à hauteur de 500.000 euros, l’âge et l’état de santé actuel de Jacques Chirac, dont la dégradation est avérée, ainsi que les éminentes responsabilités de chef de l’Etat qu’il a exercées pendant les douze années ayant immédiatement suivi la période de prévention, sont autant d’éléments qui doivent être pris en considération pour déterminer la sanction qu’il convient d’appliquer à son encontre ;

Attendu que ces éléments ne sauraient occulter le fait que, par son action délibérée, en ayant recours au cours de ces cinq années à dix neuf emplois totalement ou partiellement fictifs, Jacques Chirac a manqué à l’obligation de probité qui pèse sur les personnes publiques chargées de la gestion des fonds ou des biens qui leur sont confiés, cela au mépris de l’intérêt général des Parisiens ;

que dans ces conditions, le recours à une peine d’emprisonnement avec sursis dont le quantum sera fixé à deux années apparaît tout à la fois adapté à la personnalité du prévenu et ainsi qu’à la nature et la gravité des faits qu’il a commis. »

Voir enfin:

Chirac, le président qui a dit non à l’Amérique

FIGAROVOX/TRIBUNE – Jacques Chirac a tenu tête à George Bush en refusant d’engager la France dans la guerre en Irak. Pour l’essayiste Hadrien Desuin, si, encore aujourd’hui, on écoute la France dans le monde, c’est notamment grâce à l’acte de bravoure de cet ancien président, fin connaisseur des relations internationales.


Spécialiste des questions internationales et de défense, Hadrien Desuin est essayiste. Il a publié La France atlantiste ou le naufrage de la diplomatie (éd. du Cerf, 2017).


C’est très français au fond. La seule chose que l’on retiendra de la présidence de Jacques Chirac est une belle bravade sans conséquence: son refus spectaculaire de la guerre américaine en Irak. Laquelle, pour le coup, en eut de fâcheuses.

Dieu sait combien Jacques Chirac représentait le caractère national. Au milieu de beaucoup de compromissions, ce fut une parenthèse de gloire, de panache et d’honneur. Cela n’a servi à rien mais le geste en était d’autant plus beau. Chirac eut quelque chose de Cyrano de Bergerac au cours de cet hiver 2002-2003, entraînant la Russie de Poutine et l’Allemagne de Schröder et bien d’autres nations derrière lui. Villepin, au contraire, avait peur de se fâcher avec l’Amérique.

Il n’a pas troqué le retour de la France dans le comité militaire de l’Otan en échange de quelques postes honorifiques. Il a osé renouveler la dissuasion nucléaire française.

C’est en souvenir de ces moments-là que la France est encore écoutée dans le monde. Malheureusement, la geste irakienne n’a pas eu de suites. Que ce soit en Libye et en Syrie, les leçons du vieux Chirac n’ont pas été retenues.

» LIRE AUSSI – Jacques Chirac, le mousquetaire du monde multipolaire

Jacques Chirac avait un grand mérite: il connaissait l’histoire du monde et de ses civilisations. Il savait que l’Irak est un des berceaux de l’humanité et qu’on ne pouvait la détruire sans commettre l’irréparable. Il savait aussi que la démocratie ne se construit pas sur le sable d’une occupation militaire et que tôt ou tard, les chiites d’Irak se tourneraient vers leurs coreligionnaires iraniens, entraînant une terrible guerre de religions. Ce qui devait advenir arriva: la rage cumulée des pétromonarchies du golfe et des terroristes wahhabites a redoublé de violence. Daech et les destructions de Mossoul, Palmyre et Alep sont des contrecoups de la folle expédition de Dick Cheney et Donald Rumsfeld. Tout le Moyen-Orient a souffert de cette lamentable aventure mais pas seulement. Après les attentats de 2004-2005 et 2015-2016 en Europe, nous sommes loin d’avoir retrouvé l’équilibre.

Depuis 2003, le Moyen-Orient est une région en guerre de religion, fracturée et travaillée par le terrorisme, minée par les migrations, incapable de se coordonner et d’avancer ensemble. Chirac avait au long de sa carrière noué des relations fidèles avec les chefs d’États d’Afrique et d’Asie. Il était soucieux du sort des Palestiniens, lui qui était intraitable avec l’antisémitisme.

L’ancien Premier ministre de Giscard et Mitterrand a aussi commis quelques erreurs. On pense notamment à sa gestion de la crise en Côte d’Ivoire ou lorsqu’il laissa l’Otan bombarder le Kosovo sans mandat des Nations unies.

Mais au moins Chirac s’intéressait et comprenait les relations internationales, sans avoir peur de quiconque.

Voir par ailleurs:

Richard Ferrand rattrapé par ses tweets sur la mise en examen de François Fillon

En 2017, il estimait que le candidat de la droite, alors mis en examen, avait « perdu toute autorité morale ».

Romain Herreros

Hufffington Post

12/09/2019

POLITIQUE – Les paroles s’envolent, les écrits restent. Après la mise en examen de Richard Ferrand ce jeudi 12 septembre, les réactions sont nombreuses dans la classe politique. Alors que la majorité et l’Elysée font bloc autour du président de l’Assemblée nationale, des responsables de l’opposition, à l’image du socialiste Olivier Faure ou du député LR Philippe Gosselin, estiment que l’élu du Finistère n’est plus en condition de diriger les débats sereinement.

Mais au delà de son maintien (ou non) au Perchoir, c’est la “présomption d’innocence” à géométrie variable de Richard Ferrand qui est pointée, notamment à droite. En cause, des tweets qu’il avait publiés en pleine campagne présidentielle, quand François Fillon, alors embourbé dans le “Penelope Gate”, avait été mis en examen pour détournement de fonds publics.

L’ex-député socialiste s’en prenait à cette droite qui “voudrait que soit placé dans nos mairies et nos écoles le portrait d’un homme mis en examen, qui a perdu toute autorité morale”. Dans une autre publication, il tenait à peu près les mêmes propos concernant le candidat LR: “nous disons à François Fillon qu’il a perdu toute autorité morale pour diriger l’État et parler au nom de la France”.

Des propos qui intervenaient dans un contexte où le candidat de la droite avait promis qu’il jetterai l’éponge en cas de mise en examen, et qui avait attaqué Nicolas Sarkozy sur ce point lors de la primaire de la droite.

Voir enfin:

Profil

Gérard Fauré, une clientèle haut de came

L’ancien dealer et braqueur de banque, qui a croisé la route de Charles Pasqua ou de Johnny Hallyday publie son autobiographie. Son parcours hors norme laisse entrevoir les liens entre politique et voyoucratie.

Renaud Lecadre

Barnum garanti. Aujourd’hui sort en librairie l’autobiographie d’un beau voyou. Gérard Fauré (1), fils d’un médecin militaire, fut un authentique trafiquant de cocaïne, doublé d’un braqueur de banques, et tueur à gages à l’occasion. A ce titre, l’intitulé du bouquin, Dealer du tout-Paris, le fournisseur des stars parle (1), pourrait prêter à confusion. Il n’était pas que cela. Mais comme le souligne son éditeur, Yannick Dehée, «c’est la première fois qu’un voyou parle sur les politiques». Et pas n’importe lesquels : Charles Pasqua et Jacques Chirac.

Un quart du manuscrit initial a été expurgé, des noms ont été initialisés ou anonymisés. Demeure le name-dropping dans le milieu du show-biz, visant des personnalités déjà connues pour leur addiction à la coke. Certains lecteurs s’en délecteront, mais il y a mieux – ou pire : l’interférence entre la politique et la voyoucratie, fournisseuse de services en tous genres. «On entre dans le dur», souligne un spécialiste du secteur.

Pasqua n’était guère cocaïnomane – «j’en suis sûr», atteste notre lascar – mais l’argent parallèle du secteur a pu l’intéresser… Fauré, précoce dealer au Maroc puis un peu partout ailleurs, raconte avoir été très vite pris en charge, dans les années 70, par l’Organisation de l’armée secrète. Initialement dédiée au maintien de l’Algérie française, l’OAS changera très vite de fusil d’épaule : «opérations homo» (assassinats ciblés) contre des indépendantistes basques ou corses, mais aussi braquages de banques. Le Service d’action civique (SAC) prendra ensuite le relais. Fauré, fort de ses compétences en la matière, met la main à l’ouvrage : «La recette Pasqua consistait à constituer des « mouvements patriotiques », en vérité violents, avec des voyous peu recommandables. Comment les rémunérer ? Tout simplement avec l’argent provenant de gros braquages de banques et de bijouteries, commis en toute impunité. Avec Pasqua, tout était possible, du moins pour les membres du SAC. Patriote, certainement prêt à mourir pour son pays, il gardait en revanche un œil attentif sur les caisses du parti. Moyennant la moitié de nos gains, il nous garantissait l’impunité sur des affaires juteuses et triées sur le volet, sachant exactement là ou il fallait frapper.»

L’auteur narre ainsi sa rencontre avec le politique, qu’il situe en 1978 : «Charles Pasqua donnait de sa voix tonitruante des ordres à tout le personnel, toutes les têtes brûlées de France et de l’Algérie française.» Et de lui lancer : «Alors, c’est toi le mec dont on me vante les mérites ? Bien. Tu vas reprendre du service dès aujourd’hui, avec tes amis, si tu veux bien. J’ai une mission de la plus haute importance, que tu ne peux pas te permettre de refuser, ni de rater. Compris ?»

Backgammon

A l’issue de l’entretien, Gérard Fauré croisera illico le parrain marseillais «Tony» Zampa, qui traînait là par hasard, lequel l’entreprend dans la foulée sur différentes affaires à venir : des investissements dans les casinos et la prostitution aux Pays-Bas. Cas peut-être unique dans les annales de la voyoucratie, il fera parallèlement équipe avec l’illustre Francis Vanverberghe, dit «Francis le Belge», «doté d’un savoir-vivre qui valait bien son savoir-tuer». Il en garde un souvenir mi-épaté mi-amusé : «Zampa ou « le Belge », qui pourtant étaient des gangsters d’envergure internationale, se seraient fait descendre comme des mouches s’ils avaient eu la mauvaise idée de mettre les pieds en Colombie ou au Venezuela, car ils étaient prétentieux.» Pour la petite histoire, il reconstitue leur brouille à propos de… Johnny Hallyday : «Tous les deux voulaient le prendre sous tutelle, pour capter sa fortune ou l’utiliser comme prête-nom. Ils ont fini par s’entre-tuer pour ce motif et quelques autres.» Fauré considérait Johnny comme sa «plus belle prise de guerre» dans le microcosme de la coke. Mais lui gardera un chien de sa chienne après que le chanteur l’a balancé sans vergogne aux Stups, contre sa propre immunité.

Notre voyou prétend n’avoir jamais balancé, lui, du moins jusqu’à ce livre. «Si vous le voulez bien, j’attends votre version des faits s’agissant des deux chèques de M. Chirac rédigés à votre ordre. Je vous invite à bien réfléchir avant de répondre» : sollicitation d’une juge d’instruction parisienne en 1986, hors procès-verbal. Tempête sous un crâne à l’issue de laquelle Gérard Fauré évoquera une dette de jeu au backgammon… Dans son bouquin, l’explication est tout autre – «J’avais dû travestir la vérité.» S’il ne peut attester que l’ex-président prenait de la coke, il évoque son penchant pour les femmes… Pour l’anecdote, les deux chèques en question feront l’objet d’une rapide opposition de leur signataire. «Chirac, dont j’avais admiré la prestance et même les idées politiques, s’est avéré mauvais payeur.»

Hommage

Ce livre-confession est une authentique plongée dans le commerce de la drogue. Notre trafiquant, dix-huit ans de prison au compteur, connaît son produit : «Aucune coke ne ressemble à une autre. Certaines, comme la colombienne, vous donnent envie de danser, de faire l’amour, mais rendent très agressif, parano et méfiant. La bolivienne rend morose, triste, et pousse parfois au suicide. La meilleure est la péruvienne, qui augmente votre tonus, votre joie de vivre et pousse à la méditation, au questionnement. La vénézuélienne a des effets uniquement sur la performance sexuelle. Les autres, brésilienne, chilienne ou surinamienne, ne sont que des pâles copies.» Son mode de transport aussi : dans le ventre d’une chèvre, elle-même logée dans l’estomac d’un boa que les douaniers, à l’aéroport d’arrivée, prendront soin de ne pas réveiller. Puis, une fois le coup du boa connu des gabelous, le ventre d’un nourrisson – une technique brésilienne consistant à empailler un bébé mort pour le maintenir en bon état, et ainsi faire croire qu’il dort au moment de passer la frontière…

Le livre s’achève sur cet hommage indirect à la police française : lors d’une perquisition à son domicile, 10 des 15 kilos de cocaïne disparaissent, tout comme 90 % des 300 000 euros logés dans un tiroir. «Je n’ai pas pensé un seul instant me plaindre de la brigade du quai des Orfèvres, dans la mesure où les vols qu’elle commettait chez moi ne pouvaient qu’alléger ma future condamnation.»

(1) Nouveau Monde, 224 pp., 17,90 €.


11 septembre/18e: Il y a des gens qui avaient fait quelque chose (While the Ilhan Omars of this world never miss an opportunity to spit on their adopted countries, thank God for Mitchell Zuckoff’s attempt to ‘delay the descent of 9/11 into the well of history’)

11 septembre, 2019

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Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. (…) Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. (…) S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi. Jésus (Jean 15: 13-20)
Let’s roll ! Todd Beamer
You’ve got to turn on evil,when it’s coming after you, you’ve gotta face it down … Neil Young (« Let’s roll, 2001)
[Beamer’s wife Lisa] was talking about how he always used to say that (« let’s roll ») with the kids when they’d go out and do something, that it’s what he said a lot when he had a job to do. And it’s just so poignant, and there’s no more of a legendary, heroic act than what those people did. With no promise of martyrdom, no promise of any reward anywhere for this, other than just knowing that you did the right thing. And not even having a chance to think about it or plan it or do anything — just a gut reaction that was heroic and ultimately cost them all their lives. What more can you say? It was just so obvious that somebody had to write something or do something. Neil Young
In the normal course of events, Presidents come to this chamber to report on the state of the Union. Tonight, no such report is needed. It has already been delivered by the American people. We have seen it in the courage of passengers, who rushed terrorists to save others on the ground — passengers like an exceptional man named Todd Beamer. And would you please help me to welcome his wife, Lisa Beamer, here tonight. George W. Bush
Et immédiatement, le centre sacrificiel se mit à générer des réactions habituelles : un sentiment d’unanimité et de deuil. […] Des phrases ont commencé à se dire comme « Nous sommes tous Américains » – un sentiment purement fictif pour la plupart d’entre nous. Ce fut étonnant de voir l’unité se former autour du centre sacré, rapidement nommé Ground Zero, une unité qui se concrétisera ensuite par un drapeau, une grande participation aux cérémonies religieuses, les chefs religieux soudainement pris au sérieux, des bougies, des lieux saints, des prières, tous les signes de la religion de la mort. […] Et puis il y avait le deuil. Comme nous aimons le deuil ! Cela nous donne bonne conscience, nous rend innocents. Voilà ce qu’Aristote voulait dire par katharsis, et qui a des échos profonds dans les racines sacrificielles de la tragédie dramatique. Autour du centre sacrificiel, les personnes présentes se sentent justifiées et moralement bonnes. Une fausse bonté qui soudainement les sort de leurs petites trahisons, leurs lâchetés, leur mauvaise conscience. James Alison
La révolte contre l’ethnocentrisme est une invention de l’Occident, introuvable en dehors. (…) À la différence de toutes les autres cultures, qui ont toujours été ethnocentriques tout de go et sans complexe, nous autres occidentaux sommes toujours simultanément nous-mêmes et notre propre ennemi. René Girard
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme.  René Girard
J’ai l’impression que beaucoup de gens ont oublié le 11 Septembre – pas complètement, mais ils l’ont réduit à une espèce de norme tacite. Quand j’ai donné cet entretien au Monde, l’opinion générale pensait qu’il s’agissait d’un événement inhabituel, nouveau, et incomparable. Aujourd’hui, je pense que beaucoup de gens seraient en désaccord avec cette remarque. Malheureusement, l’attitude des Américains face au 11 Septembre a été influencée par l’idéologie politique, à cause de la guerre en Irak. Le fait d’insister sur le 11 Septembre est devenu « « conservateur » et « alarmiste ». Ceux qui aimeraient mettre une fin immédiate à la guerre en Irak tendent donc à le minimiser. Cela dit, je ne veux pas dire qu’ils ont tort de vouloir terminer la guerre en Irak, mais avant de minimiser le 11 Septembre, ils devraient faire très attention et considérer la situation dans sa globalité. Aujourd’hui, cette tendance est très répandue, car les événements dont vous parlez – qui ont eu lieu après le 11 Septembre et qui en sont, en quelque sorte, de vagues réminiscences – sont incomparablement moins puissants et ont beaucoup moins de visibilité. Par conséquent, il y a tout le problème de l’interprétation : qu’est-ce que le 11 Septembre ? (…) je le vois comme un événement déterminant, et c’est très grave de le minimiser aujourd’hui. Le désir habituel d’être optimiste, de ne pas voir l’unicité de notre temps du point de vue de la violence, correspond à un désir futile et désespéré de penser notre temps comme la simple continuation de la violence du XXe siècle. Je pense, personnellement, que nous avons affaire à une nouvelle dimension qui est mondiale. Ce que le communisme avait tenté de faire, une guerre vraiment mondiale, est maintenant réalisé, c’est l’actualité. Minimiser le 11 Septembre, c’est ne pas vouloir voir l’importance de cette nouvelle dimension. (…)  [la guerre froide et le terrorisme islamiste] sont similaires dans la mesure où elles représentent une menace révolutionnaire, une menace globale. Mais la menace actuelle va au-delà de la politique, puisqu’elle comporte un aspect religieux. Ainsi, l’idée qu’il puisse y avoir un conflit plus total que celui conçu par les peuples totalitaires, comme l’Allemagne nazie, et qui puisse devenir en quelque sorte la propriété de l’islam, est tout simplement stupéfiante, tellement contraire à ce que tout le monde croyait sur la politique. Il faudrait beaucoup y travailler, car il n’y a pas de vraie réflexion sur la coexistence des autres religions, et en particulier du christianisme avec l’islam. Le problème religieux est plus radical dans la mesure où il dépasse les divisions idéologiques – que bien sûr, la plupart des intellectuels aujourd’hui ne sont pas prêts d’abandonner. En deçà de ces visions idéologiques, nos réflexions sur le 11 Septembre resteront superficielles. Nous devons réfléchir dans le contexte plus large de la dimension apocalyptique du christianisme. Celle-ci est une menace, car la survie même de la planète est en jeu. Notre planète est menacée par trois choses qui émanent de l’homme : la menace nucléaire, la menace écologique et la manipulation biologique de l’espèce humaine. L’idée que l’homme ne puisse pas maîtriser ses propres pouvoirs est aussi vraie dans le domaine biologique que dans le domaine militaire. C’est cette triple menace mondiale qui domine aujourd’hui. (…) Le terrorisme est une forme de guerre, et la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. En ce sens, le terrorisme est politique. Mais le terrorisme est la seule forme possible de guerre face à la technologie. Les événements actuels en Irak le confirment. La supériorité de l’Occident, c’est sa technologie, et elle s’est révélée inutile en Irak. L’Occident s’est mis dans la pire des situations en déclarant qu’il transformerait l’Irak en une démocratie jeffersonienne ! C’est précisément ce qu’il ne peut pas faire. Il est impuissant face à l’islam car la division entre les sunnites et les chiites est infiniment plus importante. Alors même qu’ils combattent l’Occident, ils parviennent encore à lutter l’un contre l’autre. Pourquoi l’Occident devrait-il s’investir dans ce conflit interne à l’islam alors que nous ne parvenons même pas à en concevoir l’immense puissance au sein du monde islamique lui-même ? (…) Il s’agit de notre incompréhension du rôle de la religion, et de notre propre monde ; c’est ne pas comprendre que ce qui nous unit est très fragile. Lorsque nous évoquons nos principes démocratiques, parlons-nous de l’égalité et des élections, ou bien parlons-nous de capitalisme, de consommation, de libre échange, etc. ? Je pense que dans les années à venir, l’Occident sera mis à l’épreuve. Comment réagira-t-il : avec force ou faiblesse ? Se dissoudra-t-il ? Les occidentaux devraient se poser la question de savoir s’ils ont de vrais principes, et si ceux-ci sont chrétiens ou bien purement consuméristes. Le consumérisme n’a pas d’emprise sur ceux qui se livrent aux attentats suicides. L’Amérique devrait y réfléchir, car elle offre au monde ce que l’on considère de plus attrayant. Pourquoi cela ne fonctionne- t-il pas vraiment chez les musulmans ? Est-ce par ressentiment ou ont-ils, contre cela, un système de défense bien organisé ? Ou bien, leur perspective religieuse est-elle plus authentique et plus puissante ? Le vrai problème est là. (…) Je suis bien moins affirmatif que je ne l’étais au moment du 11 Septembre sur l’idée d’un ressentiment total. Je me souviens m’être emporté lors d’une rencontre à l’École Polytechnique lorsque je me suis mis d’accord avec Jean-Pierre Dupuy sur l’interprétation du ressentiment du monde musulman. Maintenant, je ne pense pas que cela suffise. Le ressentiment seul peut-il motiver cette capacité de mourir ainsi ? Le monde musulman pourrait-il vraiment être indifférent à la culture de consommation de masse ? Peut-être qu’il l’est. Je ne sais pas. Il serait sans doute excessif de leur attribuer une telle envie. Si les islamistes ont vraiment pour objectif la domination du monde, alors ils l’ont déjà dépassée. Nous ne savons pas si l’industrialisation rapide apparaîtra dans le monde musulman, ou s’ils tenteront de gagner sur la croissance démographique et la fascination qu’ils exercent. Il y a de plus en plus de conversions en Occident. La fascination de la violence y joue certainement un rôle. (…) Il y a là du ressentiment, évidemment. Et c’est ce qui a dû émouvoir ceux qui ont applaudi les terroristes, comme s’ils étaient dans un stade. C’est cela le ressentiment. C’est évident et indéniable. Mais est-ce qu’il représente l’unique force ? La force majeure ? Peut-il être l’unique cause des attentats suicides ? Je n’en suis pas sûr. La richesse accumulée en Occident, comparée au reste du monde, est un scandale, et le 11 Septembre n’est pas sans rapport avec ce fait. Si je ne veux donc pas complètement supprimer l’idée du ressentiment, il ne peut pas être l’unique explication. (…)  L’autre force serait religieuse. Allah est contre le consumérisme, etc. En réalité, le musulman pense que les rituels de prohibition religieuse sont une force qui maintient l’unité de la communauté, ce qui a totalement disparu ou qui est en déclin en Occident. Les gens en Occident ne sont motivés que par le consumérisme, les bons salaires, etc. Les musulmans disent : « leurs armes sont terriblement dangereuses, mais comme peuple, ils sont tellement faibles que leur civilisation peut être facilement détruite ». C’est ce qu’ils pensent et ils n’ont peut-être pas complètement tort. Il me semble qu’il y a quelque chose de juste dans ce propos. Finalement, je crois que la perspective chrétienne sur la violence surmontera tout, mais ce sera une épreuve importante. (…) Il faut faire attention à ne pas justifier le 11 Septembre en le qualifiant de sacrificiel. Je pense que Jean-Pierre Dupuy ne le dit pas. Il maintient une sorte de neutralité. Mais ce qu’il dit sur la nature sacrée de Ground Zero au World Trade Center est, je pense, parfaitement justifié. (…) Je pense que James Alison a raison de parler de la katharsis dans le contexte du 11 Septembre. La notion de katharsis est extrêmement importante. C’est un mot religieux. En réalité, cela veut dire « la purge » au sens de purification. Dans l’Église orthodoxe, par exemple, katharos veut dire purification. C’est le mot qui exprime l’effet positif de la religion. La purge est ce qui nous rend purs. C’est ce que la religion est censée faire, et ce qu’elle fait avec le sacrifice. Je considère l’utilisation du mot katharsis par Aristote comme parfaitement juste. Quand les gens condamnent la théorie mimétique, ils ne voient pas l’apport d’Aristote. Il ne semble parler que de tragédie, mais pourtant, le théâtre tragique traite du sacrifice comme un drame. On l’appelle d’ailleurs ‘l’ode de la chèvre’. Aristote est toujours conventionnel dans ses explications – conventionnel au sens positif. Un Grec très intelligent cherchant à justifier sa religion, utiliserait, je pense, le mot katharsis. Ainsi, ma réponse mettrait l’accent sur la katharsis au sens aristotélicien du terme. (…) pour le 11 Septembre, il y avait la télévision qui nous rendait présents à l’événement, et intensifiait ainsi l’expérience. L’événement était en direct, comme nous le disons en français. On ne savait pas ce qui allait advenir par la suite. Moi-même, j’ai vu le deuxième avion frapper le gratte-ciel, en direct. C’était comme un spectacle tragique, mais réel en même temps. Si nous ne l’avions pas vécu dans le sens le plus littéral, il n’aurait pas eu le même impact. Je pense que si j’avais écrit La Violence et le Sacré après le 11 Septembre, j’y aurais très probablement inclus cet événement. C’est l’événement qui rend possible une compréhension des événements contemporains, car il rend l’archaïque plus intelligible. Le 11 Septembre représente un étrange retour à l’archaïque à l’intérieur du sécularisme de notre temps. Il n’y a pas si longtemps, les gens auraient eu une réaction chrétienne vis-à-vis du 11 Septembre. Aujourd’hui, ils ont une réaction archaïque, qui augure mal de l’avenir. (…) L’avenir apocalyptique n’est pas quelque chose d’historique. C’est quelque chose de religieux sans lequel on ne peut pas vivre. C’est ce que les chrétiens actuels ne comprennent pas. Parce que, dans l’avenir apocalyptique, le bien et le mal sont mélangés de telle manière que d’un point de vue chrétien, on ne peut pas parler de pessimisme. Cela est tout simplement contenu dans le christianisme. Pour le comprendre, lisons la Première Lettre aux Corinthiens : si les puissants, c’est-à-dire les puissants de ce monde, avaient su ce qui arriverait, ils n’auraient jamais crucifié le Seigneur de la Gloire – car cela aurait signifié leur destruction (cf. 1 Co 2, 8). Car lorsque l’on crucifie le Seigneur de la Gloire, la magie des pouvoirs, qui est le mécanisme du bouc émissaire, est révélée. Montrer la crucifixion comme l’assassinat d’une victime innocente, c’est montrer le meurtre collectif et révéler ce phénomène mimétique. C’est finalement cette vérité qui entraîne les puissants à leur perte. Et toute l’histoire est simplement la réalisation de cette prophétie. Ceux qui prétendent que le christianisme est anarchiste ont un peu raison. Les chrétiens détruisent les pouvoirs de ce monde, car ils détruisent la légitimité de toute violence. Pour l’État, le christianisme est une force anarchique, surtout lorsqu’il retrouve sa puissance spirituelle d’autrefois. Ainsi, le conflit avec les musulmans est bien plus considérable que ce que croient les fondamentalistes. Les fondamentalistes pensent que l’apocalypse est la violence de Dieu. Alors qu’en lisant les chapitres apocalyptiques, on voit que l’apocalypse est la violence de l’homme déchaînée par la destruction des puissants, c’est-à-dire des États, comme nous le voyons en ce moment. (…) mais (…) à la fin, la force religieuse est du côté du Christ. Cependant, il semblerait que la vraie force religieuse soit du côté de la violence. (…) Lorsque les puissances seront vaincues, la violence deviendra telle que la fin arrivera. Si l’on suit les chapitres apocalyptiques, c’est bien cela qu’ils annoncent. Il y aura des révolutions et des guerres. Les États s’élèveront contre les États, les nations contre les nations. Cela reflète la violence. Voilà le pouvoir anarchique que nous avons maintenant, avec des forces capables de détruire le monde entier. On peut donc voir l’apparition de l’apocalypse d’une manière qui n’était pas possible auparavant. Au début du christianisme, l’apocalypse semblait magique : le monde va finir ; nous irons tous au paradis, et tout sera sauvé ! L’erreur des premiers chrétiens était de croire que l’apocalypse était toute proche. Les premiers textes chronologiques chrétiens sont les Lettres aux Thessaloniciens qui répondent à la question : pourquoi le monde continue-t-il alors qu’on en a annoncé la fin ? Paul dit qu’il y a quelque chose qui retient les pouvoirs, le katochos (quelque chose qui retient). L’interprétation la plus commune est qu’il s’agit de l’Empire romain. La crucifixion n’a pas encore dissout tout l’ordre. Si l’on consulte les chapitres du christianisme, ils décrivent quelque chose comme le chaos actuel, qui n’était pas présent au début de l’Empire romain. Comment le monde peut-il finir alors qu’il est tenu si fortement par les forces de l’ordre ? (…)  [La religion chrétienne], fondamentalement, c’est la religion qui annonce le monde à venir ; il n’est pas question de se battre pour ce monde. C’est le christianisme moderne qui oublie ses origines et sa vraie direction. L’apocalypse au début du christianisme était une promesse, pas une menace, car ils croyaient vraiment en un monde prochain. (…) Je suis pessimiste au sens actuel du terme. Mais en fait, je suis optimiste si l’on regarde le monde actuel qui confirme vraiment toutes les prédictions. On voit l’apocalypse s’étendre tous les jours : le pouvoir de détruire le monde, les armes de plus en plus fatales, et autres menaces qui se multiplient sous nos yeux. Nous croyons toujours que tous ces problèmes sont gérables par l’homme mais, dans une vision d’ensemble, c’est impossible. Ils ont une valeur quasi surnaturelle. Comme les fondamentalistes, beaucoup de lecteurs de l’Évangile reconnaissent la situation mondiale dans ces chapitres apocalyptiques. Mais les fondamentalistes croient que la violence ultime vient de Dieu, alors ils ne voient pas vraiment le rapport avec la situation actuelle – le rapport religieux. Cela montre combien ils sont peu chrétiens. La violence humaine, qui menace aujourd’hui le monde, est plus conforme au thème apocalyptique de l’Évangile qu’ils ne le pensent. (…) Par exemple, nous avons moins de violence privée. Comparé à aujourd’hui, si vous regardez les statistiques du XVIIIe siècle, c’est impressionnant de voir la violence qu’il y avait. (…) le mouvement pacifiste est totalement chrétien, qu’il l’avoue ou non. Mais en même temps, il y a un déferlement d’inventions technologiques qui ne sont plus retenues par aucune force culturelle. Jacques Maritain disait qu’il y a à la fois plus de bien et plus de mal dans le monde. Je suis d’accord avec lui. Au fond, le monde est en permanence plus chrétien et moins chrétien. Mais le monde est fondamentalement désorganisé par le christianisme. (…) la pensée de Marcel Gauchet résulte de toute l’interprétation moderne du christianisme. Nous disons que nous sommes les héritiers du christianisme, et que l’héritage du christianisme est l’humanisme. Cela est en partie vrai. Mais en même temps, Marcel Gauchet ne considère pas le monde dans sa globalité. On peut tout expliquer avec la théorie mimétique. Dans un monde qui paraît plus menaçant, il est certain que la religion reviendra. Le 11 Septembre est le début de cela, car lors de cette attaque, la technologie n’était pas utilisée à des fins humanistes mais à des fins radicales, métaphysico-religieuses non chrétiennes. Je trouve cela incroyable, car j’ai l’habitude d’observer les forces religieuses et humanistes ensemble, et non pas en opposition. Mais suite au 11 Septembre, j’ai eu l’impression que la religion archaïque revenait, avec l’islam, d’une manière extrêmement rigoureuse. L’islam a beaucoup d’aspects propres aux religions bibliques à l’exception de la compréhension de la violence comme un mal non pas divin mais humain. Il considère la violence comme totalement divine. C’est pour cela que l’opposition est plus significative qu’avec le communisme, qui est un humanisme même s’il est factice et erroné, et qu’il tourne à la terreur. Mais c’est toujours un humanisme. Et tout à coup, on revient à la religion, la religion archaïque – mais avec des armes modernes. Ce que le monde attend est le moment où les musulmans radicaux pourront d’une certaine manière se servir d’armes nucléaires. Il faut regarder le Pakistan, qui est une nation musulmane possédant des armes nucléaires et l’Iran qui tente de les développer. (…) [la Guerre Froide est] complètement dépassée (…) Et la rapidité avec laquelle elle a été dépassée est incroyable. L’Union Soviétique a montré qu’elle devenait plus humaine lorsqu’elle n’a pas tenté de forcer le blocus de Kennedy, et à partir de cet instant, elle n’a plus fait peur. Après Khrouchtchev on a eu rapidement besoin de Gorbatchev. Quand Gorbatchev est arrivé au pouvoir, les oppositions ne se trouvaient plus à l’intérieur de l’humanisme. Les communistes voulaient organiser le monde pour qu’il n’y ait plus de pauvres. Les capitalistes ont constaté que les pauvres n’avaient pas de poids. Les capitalistes l’ont emporté. [Et ce conflit sera plus dangereux parce qu’il ne s’agit plus d’une lutte au sein de l’humanisme] bien qu’ils n’aient pas les mêmes armes que l’Union Soviétique – du moins pas encore. Le monde change si rapidement. Cela dit, de plus en plus de gens en Occident verront la faiblesse de notre humanisme ; nous n’allons pas redevenir chrétiens, mais on fera plus attention au fait que la lutte se trouve entre le christianisme et l’islam, plus qu’entre l’islam et l’humanisme. (…) Avec l’islam je pense que l’opposition est totale. Dans l’islam, si l’on est violent, on est inévitablement l’instrument de Dieu. Cela veut donc dire que la violence apocalyptique vient de Dieu. Aux États-Unis, les fondamentalistes disent cela, mais les grandes églises ne le disent pas. Néanmoins, ils ne poussent pas suffisamment leur pensée pour dire que si la violence ne vient pas de Dieu, elle vient de l’homme, et que nous en sommes responsables. Nous acceptons de vivre sous la protection d’armes nucléaires. Cela a probablement été la plus grande erreur de l’Occident. Imaginez-vous les implications. (…) la dissuasion nucléaire. Mais il s’agit de faibles excuses. Nous croyons que la violence est garante de la paix. Mais cette hypothèse ne me paraît pas valable. Nous ne voulons pas aujourd’hui réfléchir à ce que signifie cette confiance dans la violence. [Après autre événement tel que le 11 Septembre] Je pense que les personnes deviendraient plus conscientes. Mais cela serait probablement comme la première attaque. Il y aurait une période de grande tension spirituelle et intellectuelle, suivie d’un lent relâchement. Quand les gens ne veulent pas voir, ils y arrivent. Je pense qu’il y aura des révolutions spirituelles et intellectuelles dans un avenir proche. Ce que je dis aujourd’hui semble complètement invraisemblable, et pourtant je pense que le 11 Septembre va devenir de plus en plus significatif.  (…) Il faut distinguer entre le sacrifice des autres et le sacrifice de soi. Le Christ dit au Père : « Vous ne vouliez ni holocauste, ni sacrifice ; moi je dis : “Me voici” » (cf. He 10, 6-7). Autrement dit, je préfère me sacrifier plutôt que de sacrifier l’autre. Mais cela doit toujours être nommé sacrifice. Lorsque nous utilisons le mot « sacrifice » dans nos langues modernes, c’est dans le sens chrétien. Dieu dit : « Si personne d’autre n’est assez bon pour se sacrifier lui plutôt que son frère, je le ferai. » Ainsi, je satisfais à la demande de Dieu envers l’homme. Je préfère mourir plutôt que tuer. Mais tous les autres hommes préfèrent tuer plutôt que mourir. (…)  Dans le christianisme, on ne se martyrise pas soi-même. On n’est pas volontaire pour se faire tuer. On se met dans une situation où le respect des préceptes de Dieu (tendre l’autre joue, etc.) peut nous faire tuer. Cela dit, on se fera tuer parce que les hommes veulent nous tuer, non pas parce qu’on s’est porté volontaire. Ce n’est pas comme la notion japonaise de kamikaze. La notion chrétienne signifie que l’on est prêt à mourir plutôt qu’à tuer. C’est bien l’attitude de la bonne prostituée face au jugement de Salomon. Elle dit : « Donnez l’enfant à mon ennemi plutôt que de le tuer. » Sacrifier son enfant serait comme se sacrifier elle-même, car en acceptant une sorte de mort, elle se sacrifie elle-même. Et lorsque Salomon dit qu’elle est la vraie mère, cela ne signifie pas qu’elle est la mère biologique, mais la mère selon l’esprit. Cette histoire se trouve dans le Premier Livre des Rois (3, 16-28), qui est, à certains égards, un livre assez violent. Mais il me semble qu’il n’y a pas de meilleur symbole préchrétien du sacrifice de soi par le Christ. (…) Je vois en cela le contraste du christianisme avec toutes les religions archaïques du sacrifice. Cela dit, la religion musulmane a beaucoup copié le christianisme et elle n’est donc pas ouvertement sacrificielle. Mais la religion musulmane n’a pas détruit le sacrifice de la religion archaïque comme l’a fait le christianisme. Bien des parties du monde musulman ont conservé le sacrifice prémusulman. (…) bien entendu. Il faut lire les romans de William Faulkner. Bien des gens croient que le sud des États-Unis est une incarnation du christianisme. Je dirais que le sud est sans doute la partie la moins chrétienne des États-Unis en termes d’esprit, bien qu’il en soit la plus chrétienne en termes de rituel. Il n’y a pas de doute que le christianisme médiéval était beaucoup plus proche du fondamentalisme actuel. Mais il y a beaucoup de manières de trahir une religion. En ce qui concerne le sud, cela est évident, car il y a un grand retour aux formes les plus archaïques de la religion. Il faut interpréter ces lynchages comme une forme d’acte religieux archaïque. (…) Le terme de « violence religieuse » est souvent employé d’une manière qui ne m’aide pas à résoudre les problèmes que je me pose, à savoir ceux d’un rapport à la violence en mouvement constant et également historique. (…) Je dirais que toute violence religieuse implique un degré d’archaïsme. Mais certains points sont très compliqués. Par exemple, lors de la première guerre mondiale, est-ce que les soldats qui acceptaient d’être mobilisés pour mourir pour leur pays, et beaucoup au nom du christianisme, avaient une attitude vraiment chrétienne ? Il y a là quelque chose qui est contraire au christianisme. Mais il y a aussi quelque chose de vrai. Cela ne supprime pas, à mon avis, le fait qu’il y a une histoire de la violence religieuse, et que les religions, surtout le christianisme, au fond, sont continuellement influencées par cette histoire, bien que son influence soit, le plus souvent, pervertie. René Girard
Des millions de Faisal Shahzad sont déstabilisés par un monde moderne qu’ils ne peuvent ni maîtriser ni rejeter. (…) Le jeune homme qui avait fait tous ses efforts pour acquérir la meilleure éducation que pouvait lui offrir l’Amérique avant de succomber à l’appel du jihad a fait place au plus atteint des schizophrènes. Les villes surpeuplées de l’Islam – de Karachi et Casablanca au Caire – et ces villes d’Europe et d’Amérique du Nord où la diaspora islamique est maintenant présente en force ont des multitudes incalculables d’hommes comme Faisal Shahzad. C’est une longue guerre crépusculaire, la lutte contre l’Islamisme radical. Nul vœu pieu, nulle stratégie de « gain des coeurs et des esprits », nulle grande campagne d’information n’en viendront facilement à bout. L’Amérique ne peut apaiser cette fureur accumulée. Ces hommes de nulle part – Shahzad Faisal, Malik Nidal Hasan, l’émir renégat né en Amérique Anwar Awlaki qui se terre actuellement au Yémen et ceux qui leur ressemblent – sont une race de combattants particulièrement dangereux dans ce nouveau genre de guerre. La modernité les attire et les ébranle à la fois. L’Amérique est tout en même temps l’objet de leurs rêves et le bouc émissaire sur lequel ils projettent leurs malignités les plus profondes. Fouad Ajami
Relire aujourd’hui les principaux textes consacrés à ces attentats par des philosophes de renom constitue une étrange expérience. De manière prévisible, on y rencontre élaborations sophistiquées, affirmations grandioses ou péremptoires, performances rhétoriques bluffantes. Malgré tout, avec le recul, on ne peut qu’être saisi par un décalage profond entre ces performances virtuoses et la réalité rampante du terrorisme mondialisé que nous vivons à présent quotidiennement. Au fil des ans, un écart frappant s’est creusé entre discours subtils et réalités grossières, propos éthérés et faits massifs. Le 11 septembre devait être nécessairement considéré comme une énigme. Le philosophe français Jacques Derrida affirmait qu’« on ne sait pas, on ne pense pas, on ne comprend pas, on ne veut pas comprendre ce qui s’est passé à ce moment-là ». Il fallait d’abord récuser les évidences, considérées comme clichés idéologiques ou manipulations médiatiques. Ne parler donc ni de d’acte de guerre, ni de haine de l’Occident, ni de volonté de détruire les libertés fondamentales. Dialoguant à propos du 11 septembre avec Jürgen Habermas, qui centrait alors son analyse principalement sur la politique de l’Europe, Derrida, pour comprendre l’événement, s’attardait sur la notion d’Ereignis (« événement », ou « avenance ») dans l’histoire de l’être selon Heidegger et finissait par proposer une « hospitalité sans condition ». « C’est eux qui l’on fait, mais c’est nous qui l’avons voulu » soutenait pour sa part le sociologue Jean Baudrillard, attribuant aux rêves suicidaires de l’Occident l’effondrement des tours et la fascination des images des attentats. Pour celui voulait mettre en lumière « l’esprit du terrorisme », les « vrais » responsables étaient donc, au choix, les Etats-Unis, l’hégémonie occidentale ou chacun d’entre nous… D’autres se demandèrent aussitôt « à qui profite le crime » et conclurent que ce ne pouvait être qu’à la CIA, préparant ainsi les théories du complot qui firent florès. Ce ne sont que quelques exemples. Une histoire des lectures philosophiques du 11 septembre reste à écrire. Elle montrerait combien anti-américanisme et anti-capitalisme ont empêché tant d’esprits affutés de voir la nature religieuse du nouveau terrorisme comme les singularités de la nouvelle guerre. S’y ajoutaient la volonté de n’être pas dupe et la défiance envers les propagandes, transformées en déni systématique des informations de base. Les philosophes ont évidemment pour rôle indispensable d’être critiques, donc de démonter préjugés et fausses évidences, mais n’ont-ils pas pour devoir de ne jamais faire l’impasse sur les faits ? Au lieu de mettre en cause l’empire américain, l’arrogance des tours, le règne des images, il fallait scruter l’islamisme politique, les usages inédits de la violence, l’art terroriste de la communication. Quelques-uns l’ont fait, en parlant dans le désert. Aujourd’hui, il est urgent d’analyser ce qu’impliquent les changements intervenus depuis le 11 septembre. Car ce ne sont plus des symboles, comme les Twin Towers ou le Pentagone, qui sont ciblés, mais n’importe qui vivant chez les « impies » – dans la rue, aux terrasses, au concert, à l’école…. Les terroristes ne sont plus des commandos organisés d’ingénieurs formés au pilotage pour transformer des Boeing en bombes, mais de petits délinquants autogérés, s’emparant d’un couteau de cuisine ou d’un camion. Pour en venir à bout, il va falloir rattraper, au plus vite, le temps perdu à penser à côté de la plaque. Roger-Pol Droit
Le CAIR a été fondé après le 11 Septembre parce qu’ils ont pris acte du fait qu’il y avait des gens qui avaient fait quelque chose et que nous tous allions commencer à perdre accès à nos libertés civiles. Ilhan Omar
Je pense que c’est un produit des médias sensationnalistes. Vous avez ces extraits sonores, et ces mots, et tout le monde les prononce avec une telle intensité, car ça doit avoir une signification plus grande. Je me souviens quand j’étais à la fac, j’ai suivi un cours sur l’idéologie du terrorisme. A chaque fois que le professeur disait « Al-Qaeda », ses épaules se soulevaient. Ilhan Omar
I was 18 years old when that happened. I was in a classroom in college and I remember rushing home after being dismissed and getting home and seeing my father in complete horror as he sat in front of that TV. And I remember just feeling, like the world was ending. The events of 9/11 were life-changing, life-altering for all of us. My feeling around it is one of complete horror. None of us are ever going to forget that day and the trauma that we will always have to live with. Ilhan Omar
9/11 was an attack on all Americans. It was an attack on all of us. And I certainly could not understand the weight of the pain that the victims of the families of 9/11 must feel. But I think it is really important for us to make sure that we are not forgetting, right, the aftermath of what happened after 9/11. Many Americans found themselves now having their civil rights stripped from them. And so what I was speaking to was the fact that as a Muslim, not only was I suffering as an American who was attacked on that day, but the next day I woke up as my fellow Americans were now treating me a suspect. Ilhan Omar
This book is painful to read. Even with the passage of nearly 18 years, reliving modern America’s most terrible day hits an exposed nerve that you thought had been fully numbed, only to discover that the ache was merely in remission. In “Fall and Rise: The Story of 9/11,” Mitchell Zuckoff relives each minute of that morning in 2001 through the perspectives of those who endured the worst: passengers and crew members on the four planes turned into missiles by Islamist hijackers; innocents trapped in the burning twin towers and the Pentagon; rescue workers who struggled valiantly but futilely and, in many cases, fatally; people in Shanksville, Pa., on whom death rained from a clear sky. As much as anything, “Fall and Rise” is a quilt work of futures unrealized, from the woman about to tell her parents she was pregnant to the doctor hoping to build a kidney dialysis center, from the retired bookkeeper set to move in with her daughter to the college student with dreams of becoming a child psychologist. Zuckoff, a professor of narrative studies at Boston University and the author of several nonfiction books, relies on his own interviews with survivors, but also leans heavily on government studies, trial transcripts, books and documentaries long in the public realm. And so the overall picture that he shapes is not really new. But freshness of detail seems less his objective than preservation of memory — an attempt, as he says, “to delay the descent of 9/11 into the well of history.” By design, this narrative of close to 500 pages is not encyclopedic. Big Picture grandiosity — how Sept. 11 changed America and the world — has been left to others. The terrorism puppet master Osama bin Laden gets scant attention. Actions (and inactions) of President George W. Bush and his team merit only a few pages. Rudolph Giuliani, who made a lucrative life for himself after 9/11, earns glancing mention. Flawed communications systems that doomed hundreds of New York’s emergency responders are not explored with the kind of detail that can be found in, say, “102 Minutes,” a 2005 work by the New York Times journalists Jim Dwyer and Kevin Flynn. Rather, this book derives its power from its focus on individuals in the main unknown to the larger world, who managed to survive the ordeal or who lost their lives simply because they were unlucky. With journalistic rigor, Zuckoff acknowledges what he doesn’t know, for example how exactly each group of hijackers seized control of its plane. His language is largely unadorned; then again, embellishment is neither needed nor wanted. Many details are hard to take: the melted flesh, the pulverized bodies, the scorched lungs and, for sure, the revived memory of scores of desperate victims leaping from on high to escape the World Trade Center inferno. But there are also inspiring moments, like the grit shown by those aboard United Airlines Flight 93. It was the plane that never reached its target, crashing in Shanksville after passengers revolted against the hijackers. Phone messages that they left “formed a spoken tapestry of grace, warning, bravery, resolve and love.” Heroes abound, though not in the way that word is routinely used and abused. Heroism, as we see here, is often a product of necessity. Some may ask if this book, covering territory already well traveled, needed to be written. For those who lived through the horror, perhaps not. But a full generation has come of age with no memory of that day. It needs to hear anew what happened, and maybe learn that time, in fact, does not heal all wounds. Clyde Haberman
I teach really engaged journalism students. I’m not sure how the generation as a whole reacts to it. My students approach it with curiosity and a little bit of uncertainty because they didn’t experience it. They are well-read and aware of things, but for them it is a little like Pearl Harbor. They know who was involved and can cite numbers. They can say 3,000 dead, 9/11, four hijacked planes, 19 hijackers. They got the test questions down very well. They don’t have the human connection or that feeling for it that I wish they did. I hope that’s what my book can do. Mitchell Zuckoff
There is this entire generation who didn’t live through this, who don’t have any independent memories of what happened those days. Some members of that generation are going off to war to fight in Afghanistan — a war that started after this — and they don’t have any direct connection to it. Right now, other than Osama bin Laden, is there a single name that’s a household name associated with 9/11?. Names are news, and we connect to them, and that is what’s so important about this: before the time passes, before the people who I could talk to were gone, dead or just not available, to capture this as one story. (…) People do I think know to some extent what happened on Flight 93, the 40 heroes of 93, who rose up and fought back to try to save themselves and ultimately ended up saving untold numbers of people, either at the Capitol or the White House, was the destination. But there in Shanksville — and I tell the story largely through Terry Shaffer, who was the volunteer fire chief there, who had been planning for something his whole life, and he thought it might be a pile-up on the Pennsylvania Turnpike. And he races toward the scene expecting to find casualties, expecting to find people he can help. The story of the people in Shanksville and how they came together, and sort of embraced the families of the Flight 93 victims, is I think one of the most beautiful stories I’ve ever heard. (…) One of the advantages of a book almost 18 years after the event is so much of the material has become public, that all the FAA records of the flight altitudes almost on a second-by-second basis, as we’re approaching Shanksville, Pennsylvania, the transcript of the cockpit recorder — which was enormously valuable, where we have the terrorist pilots discussing what they’re doing with each other, ‘Should we put it into the ground?’ All of those different things, because that and the the trial of Zacarias Moussaoui in 2006 [the so-called 20th hijacker,] certainly a conspirator even though he didn’t get on one of the planes. All of that material became available, and it was a mountain of material. But for me, it was priceless. (…) It was too important not to. It becomes a responsibility when you realize that there are so many people who don’t have a human connection to this story — the way I think of it is sometimes, 9/11 is becoming a story reduced to numbers: 9 and 11, four planes, 19 hijackers, 3,000 people killed. But you don’t connect names to it. And I felt if I could do that, if I could give people the story as it unfolded through the people that they could connect to, then I would have done something worthwhile. Mitchell Zuckoff

A ceux pour qui à chaque fois qu’il est prononcé, le nom « Al-Qaeda » soulève les épaules …

En cette 18e commémoration de l’abomination islamiste du 11 septembre 2001 …

Où, après l’avoir minimisé drapée dans son hijab, une membre du Congrès américain nous joue [avant comme à son habitude de se rétracter quatre jours plus tard – mise à jour du 15.09.2019] les sanglots longs de l’automne

Comment ne pas saluer les efforts ô combien méritoires de l’auteur d’un récent livre réunissant l’ensemble des témoignages possibles de l’évènement …

Contre les ravages du temps et les faiblesses et dérives de la psychologie et de la mémoire humaines …

Où à l’instar de ce journaliste de la radio publique américaine NPR qui n’avait en tête comme noms liés au 11/9 hormis Ben Laden, que le nom honni de Mohamed Atta …

Un peuple américain qui au lendemain de la tragédie avait plébiscité leur président jusqu’au score de popularité proprement soviétique ou africain de 99% le traine à présent dans la boue …

Et où, le même peuple qui avait, entre mémoriaux, noms d’écoles ou de bâtiments publics, films, livres, chansons ou tee-shirts, fait un véritable triomphe aux véritables héros du jour et aux dernières paroles de leur leader Todd Beamer (« Let’s roll !« ) …

En est à présent, via l’antisémite de service du Congrès américain Ilhan Omar et heureusement sauf exceptions, à minimiser l’attentat le plus proprement diabolique de leur histoire ?

‘Fall And Rise’ Seeks To Capture 9/11 As ‘One Story’ — And Keep It From Fading
Jeremy Hobson
WBUR
April 29, 2019

« There is this entire generation who didn’t live through this, who don’t have any independent memories of what happened those days, » Zuckoff (@mitchellzuckoff) tells Here & Now‘s Jeremy Hobson. « Some members of that generation are going off to war to fight in Afghanistan — a war that started after this — and they don’t have any direct connection to it. »

One of the driving forces behind the book was an effort to tie 9/11 into a single narrative before it was too late, Zuckoff says — and to ensure the attacks don’t fade too far from the public consciousness.

« Right now, other than Osama bin Laden, is there a single name that’s a household name associated with 9/11? » he says. « Names are news, and we connect to them, and that is what’s so important about this: before the time passes, before the people who I could talk to were gone, dead or just not available, to capture this as one story. »

Interview Highlights

On starting the book with what happened in the days leading up to Sept. 11

« That was very much by design, to start the book actually on September 10th, because what Mohamed Atta, what Ziad Jarrah, what the other terrorists were doing, all these machinations: training to fly planes coming here, living in this country and coming closer and closer — the circle is tightening — to get them in a position doing trial runs and making this plan which took very little money, a lot of planning but very little money, very little overhead, if you will, and to position themselves where they could be here in Boston, they could go up to Portland, Maine, and be ready to do these events.

« It’s not entirely clear [why they started their journey from Portland.] One strong suspicion we have is that the trip to Portland would allow them to avoid some suspicion. If you had eight Arab men all arriving at Boston’s Logan Airport at the same exact time for the same flights, they thought this might avoid some of that. But that is one of those unanswerable questions. »

« The idea of turning [a plane] into a guided missile wasn’t, quite literally, on the radar for anyone. And that’s unfortunately so sadly why it was so effective. »

Mitchell Zuckoff

On whether all of the hijackers knew the full extent of what they were doing

« I think it’s clear that all 19 knew exactly what was being planned, because it was a very coordinated attack. What happened on each one of the four planes was quite similar, where at a trigger moment, the muscle hijackers — the guys who were not flying the plane — went into attack mode. All of them had discussed … the preparations for purifying themselves for what they understood would be their last day. »

On the hijackers’ use of Mace in the cabin so that it would be more difficult for passengers to thwart the attack

« The Mace is an open question. There was some discussion they had it. A lot of it was just the element of surprise, was the greatest thing, and they committed an act of violence almost on every plane. They immediately cut someone’s throat to make it clear that they meant business. They said they had a bomb, they herded — these were very lightly attended planes, it was a random Tuesday morning to most people — they herded everyone into the back. And they also understood that the flight attendants and the crews would know that there was a standard protocol: You negotiate with terrorists. You expect that they’re going to want to land somewhere and exchange passengers and money for their freedom, or for their political aims. This was not part of anyone’s script except the terrorists.

« The idea of turning [a plane] into a guided missile wasn’t, quite literally, on the radar for anyone. And that’s unfortunately so sadly why it was so effective. »

On how communication failures shaped the way Sept. 11 unfolded

« Communication failures were rampant that day on every level, and that’s where really, that’s the sort of ground zero, if you will, of the communications failures — that people were calling saying what was going on. The airlines knew about it. And then even when it did finally reach the FAA, they weren’t alerting the military. So planes are still taking off. Things are still happening that [are] allowing one after another of these hijackings. The communication failures, they’re rampant, they’re across everything in terms of the communication failures at the towers, communication failures even before it happened.

« A fact that always stayed with me was on 9/11, the FAA had a list, a no-fly list, of a dozen people on it. The State Department had a list, its tip-off terrorists list of 60,000 people it was watching. The director of airline security for the FAA didn’t even know that State Department list existed. »

« Communication failures were rampant that day on every level. »

Mitchell Zuckoff

On stories about passengers on the planes that have stuck with him

« There are so many. One is from … United Flight 175, the second plane that [crashed into the World Trade Center,] took off from from Boston’s Logan Airport. And on that plane was a fellow named Peter Hanson and his wife Sue Kim and their daughter Christine. Christine was 2 years old and she was the youngest person directly affected by 9/11.

« While they were approaching the South Tower and it was clear something terrible was happening, they knew it, Peter called his father Lee in Connecticut, and the two phone calls between Peter and Lee are so poignant. And I spent time with Lee and Eunice Hanson in their home, in Peter’s boyhood bedroom, talking about those. Peter was actually first telling his father, ‘Please call someone, let them know what’s happening.’ And then Peter is actually comforting his father on the phone, when his wife and daughter are there huddled next to him in the back of this plane that they understand is flying too low, is heading toward the Statue of Liberty and toward the World Trade Center. »

On people in the first tower to be hit thinking they didn’t need to evacuate

« They were being told not to evacuate in both the towers. Some people were being told, ‘It’s over in the other tower.’ People didn’t know what was happening. And when the plane cut through, it knocked out the telecommunication system within the building that would have allowed people down in the basement and in the first floor to communicate to them. So the confusion began immediately, and people — some of them stayed in place for well over an hour. They didn’t know there was a ticking clock for the survival of the building.

« I spoke to a number of the Port Authority police officers who were the dispatchers that day who took those calls. They haunted by them still. And they are recorded calls, so I can hear them, I can see the transcripts. They’re remarkable in that they’re trying to keep these people calm, they’re trying to hope for the best. But there is no way up, and there’s no way out. »

On « the miracle of Stairwell B »

« One group of firefighters was Ladder 6, it was a unit in New York led by a remarkable guy named Jay Jonas, and Jay Jonas was a fire captain and he had this team of guys, a half dozen guys, and they’re sent into the North Tower, and they’re going up and they’re walking stair by stair. And when the South Tower collapses, Jay realizes, ‘I gotta get my guys out of here, quick.’

« On the way down, they pause to help a woman, Josephine Harris, who has been injured, who was exhausted, who can’t go any farther. But they slow their exit to help Josephine, and as they’re going farther and farther down through the building to get to the lobby, the North Tower starts to collapse. They’re inside this center stairwell, and they just huddled together, hold on for dear life, and the building literally peels away around them, just keeping a few floors of Stairwell B — which is exactly where they are. And Jay realizes that having slowed to help Josephine ended up saving all of them, because had they been in the lobby, the lobby was completely destroyed. Had they been just outside, they would have been wiped out as well. So it truly was a miracle. »

On what unfolded in Shanksville, Pennsylvania, on 9/11

« People do I think know to some extent what happened on Flight 93, the 40 heroes of 93, who rose up and fought back to try to save themselves and ultimately ended up saving untold numbers of people, either at the Capitol or the White House, was the destination. But there in Shanksville — and I tell the story largely through Terry Shaffer, who was the volunteer fire chief there, who had been planning for something his whole life, and he thought it might be a pile-up on the Pennsylvania Turnpike. And he races toward the scene expecting to find casualties, expecting to find people he can help. The story of the people in Shanksville and how they came together, and sort of embraced the families of the Flight 93 victims, is I think one of the most beautiful stories I’ve ever heard. »

On the difficulties of determining what exactly was happening on the planes

« One of the advantages of a book almost 18 years after the event is so much of the material has become public, that all the FAA records of the flight altitudes almost on a second-by-second basis, as we’re approaching Shanksville, Pennsylvania, the transcript of the cockpit recorder — which was enormously valuable, where we have the terrorist pilots discussing what they’re doing with each other, ‘Should we put it into the ground?’ All of those different things, because that and the the trial of Zacarias Moussaoui in 2006 [the so-called 20th hijacker,] certainly a conspirator even though he didn’t get on one of the planes. All of that material became available, and it was a mountain of material. But for me, it was priceless. »

On why he wrote this book

« It was too important not to. It becomes a responsibility when you realize that there are so many people who don’t have a human connection to this story — the way I think of it is sometimes, 9/11 is becoming a story reduced to numbers: 9 and 11, four planes, 19 hijackers, 3,000 people killed. But you don’t connect names to it. And I felt if I could do that, if I could give people the story as it unfolded through the people that they could connect to, then I would have done something worthwhile. »

Book Excerpt: ‘Fall And Rise’

by Mitchell Zuckoff

Just after 9 a.m., inside her hilltop house in rural Stoystown, Pennsylvania, homemaker Linda Shepley watched her television in shock. The screen showed smoke billowing from a gash in the North Tower as Today show anchor Katie Couric interviewed an NBC producer who witnessed the crash of American Flight 11.

“You say that emergency vehicles are there?” Couric asked Elliott Walker by phone.

“Oh, my goodness!” Walker cried at 9:03 a.m. “Ah! Another one just hit!”

Linda watched the terror in her living room beside her husband, Jim, a Pennsylvania Department of Transportation manager, who’d taken the day off to trade in their old car. The Shepleys saw a grim-faced President Bush speak to the nation from Booker Elementary School in Sarasota, Florida. Then Couric interviewed a terrorism expert but interrupted him for a phone call with NBC military correspondent Jim Miklaszewski, who declared at 9:39 a.m., “Katie, I don’t want to alarm anybody right now, but apparently, it felt just a few moments ago like there was an explosion of some kind here at the Pentagon.”

From the home where they’d lived for nearly three decades, the Shepleys could have driven to Washington in time for lunch or to New York City for an afternoon movie. Yet as the political and financial capitals reeled, those big cities felt almost as far away as the caves of Afghanistan. Jim went to the garage, to clean out the car he still planned to trade in that day. Linda hurried to finish the laundry before she accompanied Jim to the dealership.

Forty-seven years old, with kind eyes and three grown sons, Linda loved the smell of clothes freshly dried by the crisp Allegheny mountain air. As ten o’clock approached, she filled a basket with wet laundry and carried it to the clothesline in her backyard, two grassy acres with unbroken views over rolling hills that stretched southeast toward the neighboring borough of Shanksville. As Linda lifted a wet T-shirt toward the line, she heard a loud thump-thump sound behind her, like a truck rumbling over a bridge. Startled, she glanced over her left shoulder and saw a large commercial passenger plane, its wings wobbling, rocking left and right, flying much too low in the bright blue sky.

As the plane passed overhead at high speed, Linda saw the jet was intact, with neither smoke nor flame coming from either engine. Linda made no connection between the plane’s strange behavior and the news she’d watched minutes earlier about hijacked airliners crashing into the World Trade Center and the Pentagon. Instead, she suspected that a mechanical problem had forced the plane low and wobbly, on a flight path over her house that she’d never before witnessed. Maybe, Linda thought, the pilot was signaling distress and searching for someplace to make an emergency landing. Linda worried that their local airstrip, Somerset County Airport, was far too small to handle such a big plane. And if that was the pilot’s destination, she thought, he or she was heading the wrong way.

Linda didn’t know the plane was United Flight 93, and she couldn’t imagine that minutes earlier the passengers and crew had taken a vote to fight back. Or that CeeCee Lyles, Jeremy Glick, Todd Beamer, Sandy Bradshaw, and others on board had shared that decision during emotional phone calls, or that the revolt was reaching its peak, or that the four hijackers had resolved to crash the plane short of their target to prevent the hostages from retaking control.

Linda tracked the jet as sunlight glinted off its metal skin. Its erratic flight pattern continued. The right wing dipped farther and farther. The left wing rose higher, until the plane was almost perpendicular with the earth, like a catamaran in high winds. Linda saw it start to turn and roll, flipping nearly upside down. Then the plane plunged, nosediving beyond a stand of hemlocks two miles from where Linda stood. As quickly as the jet disappeared, an orange fireball blossomed, accompanied by a thick mushroom cloud of dark smoke.

“Jim!” Linda screamed. “Call 9-1-1!”

Her husband burst outside, fearing that their neighbor’s Rottweiler mix had broken loose from its chain and attacked her.

“A big plane just crashed!” Linda yelled.

“A small plane,” Jim said skeptically, as he regained his bearings. “No, no, no, no. It was a big one. It was a big one! I saw the engines on the wings.”

Jim rushed inside and grabbed a phone.

Heartsick, still clutching the wet T-shirt, Linda stared toward the rising smoke. Soon she’d wonder whether, in the last seconds before the crash, any of the men and women on board saw her hanging laundry on this glorious late-summer day.


Excerpted from the book FALL AND RISE by Mitchell Zuckoff. Copyright © 2019 by Mitchell Zuckoff. Republished with permission of HarperCollins Publishers.

Voir aussi:

The Many Tragedies of 9/11
Clyde Haberman
The NYT
May 3, 2019

FALL AND RISE
The Story of 9/11
By Mitchell Zuckoff

This book is painful to read. Even with the passage of nearly 18 years, reliving modern America’s most terrible day hits an exposed nerve that you thought had been fully numbed, only to discover that the ache was merely in remission.

In “Fall and Rise: The Story of 9/11,” Mitchell Zuckoff relives each minute of that morning in 2001 through the perspectives of those who endured the worst: passengers and crew members on the four planes turned into missiles by Islamist hijackers; innocents trapped in the burning twin towers and the Pentagon; rescue workers who struggled valiantly but futilely and, in many cases, fatally; people in Shanksville, Pa., on whom death rained from a clear sky. As much as anything, “Fall and Rise” is a quilt work of futures unrealized, from the woman about to tell her parents she was pregnant to the doctor hoping to build a kidney dialysis center, from the retired bookkeeper set to move in with her daughter to the college student with dreams of becoming a child psychologist.

Zuckoff, a professor of narrative studies at Boston University and the author of several nonfiction books, relies on his own interviews with survivors, but also leans heavily on government studies, trial transcripts, books and documentaries long in the public realm. And so the overall picture that he shapes is not really new. But freshness of detail seems less his objective than preservation of memory — an attempt, as he says, “to delay the descent of 9/11 into the well of history.”

By design, this narrative of close to 500 pages is not encyclopedic. Big Picture grandiosity — how Sept. 11 changed America and the world — has been left to others. The terrorism puppet master Osama bin Laden gets scant attention. Actions (and inactions) of President George W. Bush and his team merit only a few pages. Rudolph Giuliani, who made a lucrative life for himself after 9/11, earns glancing mention. Flawed communications systems that doomed hundreds of New York’s emergency responders are not explored with the kind of detail that can be found in, say, “102 Minutes,” a 2005 work by the New York Times journalists Jim Dwyer and Kevin Flynn.

Rather, this book derives its power from its focus on individuals in the main unknown to the larger world, who managed to survive the ordeal or who lost their lives simply because they were unlucky. With journalistic rigor, Zuckoff acknowledges what he doesn’t know, for example how exactly each group of hijackers seized control of its plane. His language is largely unadorned; then again, embellishment is neither needed nor wanted.

Many details are hard to take: the melted flesh, the pulverized bodies, the scorched lungs and, for sure, the revived memory of scores of desperate victims leaping from on high to escape the World Trade Center inferno. But there are also inspiring moments, like the grit shown by those aboard United Airlines Flight 93. It was the plane that never reached its target, crashing in Shanksville after passengers revolted against the hijackers. Phone messages that they left “formed a spoken tapestry of grace, warning, bravery, resolve and love.”

Heroes abound, though not in the way that word is routinely used and abused. Heroism, as we see here, is often a product of necessity.

Some may ask if this book, covering territory already well traveled, needed to be written. For those who lived through the horror, perhaps not. But a full generation has come of age with no memory of that day. It needs to hear anew what happened, and maybe learn that time, in fact, does not heal all wounds.

Clyde Haberman, the former NYC columnist for The Times, is a contributing writer for the newspaper.

FALL AND RISE
The Story of 9/11
By Mitchell Zuckoff
589 pp. Harper/HarperCollins Publishers. $29.99.

Voir également:

 

When the first of the World Trade Center towers collapsed on September 11 2001, paramedic Moussa Diaz was among thousands of people engulfed in the cloud of smoke and debris that surged from the wreckage.

Asphyxiating in the toxic swirl around him, he fought the urge to give up, staggering on until he saw a spotlight wielded by a man with a white beard and long hair.

“Are you Jesus Christ?” Diaz asked, convinced he must already be dead. “No,” came the reply. “I’m a cameraman.”

Those who have been close to death often talk of how the experience played tricks on their mind, including the fleeting belief that they could not possibly have survived and must already be in the afterlife.

Yet as Mitchell Zuckoff notes in his new book about 9/11, little of the extraordinary individual testimony from that awful day has worked its way into the public memory.

The average person may recall what they were doing on 9/11, and perhaps the names of hijackers such as Mohamed Atta, but would likely struggle to name a single one of the 2,977 people who died.

“Of the nearly three thousand men, women, and children killed on 9/11, arguably none can be considered a household name,” Zuckoff writes. “The best ‘known’ victim might be the so-called Falling Man, photographed plummeting from the North Tower.”

This is not because the world sought to forget: merely that in the avalanche of events triggered by the atrocity – Afghanistan was invaded less than a month later – the voices of the day itself got buried in the sheer weight of news coverage.

With that in mind, Zuckoff, who covered the attacks for the Boston Globe, has produced this doorstopper of a reconstruction, aimed partly at younger generations who feel no “personal connection” to what happened. He notes that for some of his students at Boston University, where he now teaches journalism, it seems “as distant as World War I”.

Rather like the investigators who searched the mountains of rubble for victims’ personal effects, it is a mammoth undertaking. As well as interviews with Diaz and others, Zuckoff sifts through official archives, trials of terror suspects, and countless news reports. The stories of rescuers and survivors are interwoven with the poignant last words of victims, many of whom left only desperate voice messages as their planes hit the towers.

This, however, is not a print version of United 93, the Hollywood take on the “Let’s roll” passenger rebellion, which brought down one hijacked plane before it could hit the White House. Reluctant to use journalistic licence for a topic of such gravitas, Zuckoff sticks strictly to the known facts.

As a result, his account of the “Let’s roll” incident favours accuracy over drama, relying partly on the more fragmentary version of events preserved by the cockpit voice recorder. The sounds of a struggle, followed by the hijacker-turned-pilot screaming “Hey, hey, give it to me!” suggests passengers may have got as far as wrestling the joystick from his control. But Zuckoff leaves us to fill in many of the gaps for ourselves.

Far more vivid are the scenes inside the burning towers, where witnesses are still alive to recreate what they saw. A dead lobby guard sits melted to his desk by the fireball from the planes’ fuel. Women have hair clips melted into their skulls by the heat. One paramedic, reminded of his own daughter by the sight of a girl’s severed foot inside a pink trainer, looks skywards to clear his mind, only to see people jumping from the towers.

In all, about 200 people ended their lives that way, one killing a firefighter as they landed. Ernest Armstead, a fire department medic, recalls a harrowing conversation with one female jumper who was somehow still alive, despite being little more than a head on a crumpled torso. When she saw him place a black triage tag around her neck, indicating she was beyond help, she shouted: “I am not dead!”

For many rescuers, it was clear early on that the entire crash scene was beyond help. As they contemplate the 1,000ft climb to the blazing North Tower impact zone – the lifts are out of action – firefighter-farmer Gerry Nevins speaks for all his colleagues when he says: “We may not live through today.” They shake hands, then start climbing nonetheless. Father-of-two Nevins was among the 420 emergency workers to perish.

For all the heroism, it was also a day of failures, not least in imagining that terrorists might use planes as bombs in the first place. Air safety chiefs considered hijackings a thing of the past, leading to lax security procedures that allowed the hijackers to carry knives on board.

A plan to stage an exercise where terrorists flew a cargo plane into the UN’s New York HQ had been ruled out as too fanciful. Boasts that the Twin Towers could withstand airline crashes failed to consider the thousands of gallons of burning jet fuel, which weakened their steel cores and caused them to collapse.

This book is not an easy read: heartwarming in parts, horrific in others and studiously cautious in those areas where only the dead really know what happened.

But as a definitive “lest we forget” account, it will take some beating. For those too young to remember where they were on 9/11, and for all future generations too, it should be required reading.

Voir encore:

Mitchell Zuckoff on Writing His 9/11 Magnum Opus

Adam Vitcavage
The Millions
July 10, 2019

The seniors graduating from high school this year know what 9/11 is. They know four planes, two towers, 3,000-plus victims, 19 terrorists, Osama bin Laden. They know all of that because they were taught it in history classes. Because, to them, that’s all it is: history.

With each passing year, the terrorist attacks that happened on the bright blue morning of September 11, 2001 become more of a history lesson than a lived experience. This year, most high school seniors were born in 2001. Eighteen years later, they have the facts memorized, but often fail to understand the emotional and lived experience of that day.

Fall and Rise: The Story of 9/11, a new book by former Boston Globe reporter and current Boston University professor Mitchell Zuckoff, aims to fix that. Fall and Rise reports the facts, but Zuckoff also weaves the lives of people affected by 9/11 to create a narrative not frequently seen on cable news channels or in documentaries.

Fall and Rise shares stories about pilots, passengers, and aviation professionals linked to American Airlines Flights 11 and 77, and United Airlines Flights 93 and 175. He reveals stories about Mohammed Atta and other terrorists. Zuckoff also dives into the stories of New Yorkers and other Americans who experienced that day in different ways. The result is a woven story that puts the humanity back into a day the history books won’t forget.

I spoke with Zuckoff about what he was doing the day of the attacks, what followed, and how a Boston Globe feature published five days after the attacks turned into an essential book more than 6,000 days later.

The Millions: What was the day of September 11, 2001 like for you?

Mitchell Zuckoff: I was on book leave from the Boston Globe trying to write my first book. When the first plane went in, I didn’t think much of it. It could have been an accident. When the second plane went in, I ran to the phone and it was ringing as I got there. Globe editor Mark Morrow was on the other line and said my book leave was over.

He told me to come to the paper and it became apparent that I was going to be in what we call the control chair to write the lead story for that day. It became a matter of trying to figure out what was going on by taking feeds from several of my colleagues, working closely with the aviation reporter, Matthew Brelis, who took the byline with me. It was an intense and confusing day.

This was personal, on top of everything, because two of the planes took off about a mile from the Globe office at Logan International Airport.

TM: You mention the confusion. When did it become clear to you that it was a coordinated terrorist attack?

MZ: I think when the second plane went in. I was still home. When the first plane went in, we didn’t know what size it was. There was speculation that it was some sightseeing plane that got confused. Then there was no way, 17 minutes apart, that two planes were going to hit two towers accidentally. When I got in my car, we didn’t know about the flight heading to the Pentagon or United 93.

TM: What exactly were you looking for in real time during an event like this?

MZ: Really, what we do on any story. We were trying to answer the who, what, when, where, why, and how of it in as much detail as possible. I was just trying to process it all. My desk is an explosion of papers and printers and notes from reporters. We want it to come out so our readers can digest it in a meaningful way.

TM: I was in seventh grade and in Arizona at the time, so I had no clue what was going on. I was hours back—

MZ: That’s significant. Really significant. Folks on the West Coast, by the time they woke up, it was essentially over. People on the East Coast were watching the Today Show or running to CNN to watch it unfold. It’s a different experience.

TM: I remember it as my mother waking me up for school. She said something, and to this day I remember it as being “They’re attacking us.” I always second-guessed myself, but as you said it was something being reported.

MZ: That would have been a good thing to say.

TM: As the day continued to unfold, how much of a rush was it to finish the initial report out there?

MZ: The adrenaline is flying. We had a rolling deadline because we knew we had as many editions as we needed. The first probably left my hands at 6:00 p.m. I continued to write through the story as it continued to unfold. There were little details—little edits like finding better verbs—that continued to be changed until about 1:00 a.m. or 2:00 a.m.

You can’t unwind after that. You walk around the newsroom waiting until it comes off the presses. I needed to let the adrenaline leave because I knew I wouldn’t be able to sleep.

TM: Then that first week, and this may be a dumb question, but how much did the events consume your writing life?

MZ: Completely. I wrote the lead story again the next day. I came back in and it was understood I would do it again. The next day, on Thursday the 13th, I approached the editors with the idea that I could keep doing the leads, but I had an idea for a narrative I could have done for Sunday’s paper. I needed to dispatch some reporters to help me, but I pitched them to weave a narrative. I wanted to weave together six lives: three people on the first plane and three people from New York: one who got out, one who we didn’t know, and a first responder.

That consumed me all day Thursday and Friday reporting it with those reporters. Then writing it Friday into Saturday for the lead feature in the Sunday paper.

TM: That’s what became the backbone of Fall and Rise. But, at the time, you were already reporting the facts. What was it like going into the humanity of those affected less than a week after the attacks?

MZ: Satisfying in a really deep way. I felt, as much as I valued writing the news, I felt we could do something distinctive and lasting with this narrative. I think all of us—not just reporting the news, but consuming the news—all of us were so inundated with information.

I felt we needed to reflect on the emotion of the moment. By talking about the pilot John Oganowsky and the other folks I focused in on, I felt it could be a bit cathartic. We were all numb and in shock. But this could help.

TM: Did you talk to the people in the narrative or was it strictly the other reporters?

MZ: It was the reporters. I was focused on telling the story of Mohammad Atta. I gave myself that assignment. I was guiding my four teammates to some extent. If someone came up with an important detail or timestamp, I would ask the other reporters to follow up with questions about that particular moment to build around it. I didn’t talk to the families until much later.

TM: When was the first time you talked to survivors or the families of victims?

MZ: I talked to some back then. I was teamed up two weeks after the attacks with Michael Rezendes, who was on the Spotlight team, to write about the terrorists. So, at that point, I wasn’t talking a lot with the families—I did some in 2001 and 2002—but really my deep dive into the families didn’t start until five years ago when I really began working on this book.

TM: What did focusing on the terrorists do to you mentally and emotionally?

MZ: It took a lot out of me. We were really trying to instill the journalistic impartiality to it. But you can’t be objective about this sort of thing. We could be impartial. We couldn’t be exactly sure of who these guys were. We had their identities, but we were aware people use false identities or other’s identities. We had to enforce this impartiality to it. We had to be detached in our work even as we were grieving in our hearts.

TM: With the toll it takes, why continue to write about 9/11 after all these years?

MZ: Exactly that reason: because it does take a toll. The way I process things is to write about them. I didn’t really have a let down for months. I was focused on the work before letting the emotion in. It never really left me. I was still talking about this story to my students. I was still talking about this to my family. There are certain stories that will never leave, but I have to instill something of value into it. I wanted to write something that outlasts me.

TM: You’ve had books come out over the years that weren’t related to 9/11—most notably 13 Hours: The Inside Account of What Really Happened in Benghazi. This comes out nearly 18 years later. What was the process like throughout all these years?

MZ: I was not writing directly on Fall and Rise during those years. I was working on those other books and projects. It was on a back processor in my mind. The lede story from 9/11 hangs in my office at Boston University. It’s in the corner of my eye. I think it was always playing in the back of my mind.

Once I dove into it in 2014, it was all consuming. It was the deepest dive I have ever taken on a story. As much as I care about all of the work I’ve done, I kind of knew I would never tell a more important story than this. I had to respect the stories of the people telling me about the worst day of their lives. That responsibility was with me day and night for these past five years.

TM: What were the families’ responses to a reporter coming to ask about the worst day of their lives after all this time?

MZ: It amazed me because overwhelmingly people said yes. There were some who understood what I was doing, but told me they couldn’t go there again. They couldn’t revisit that day. The ones who said yes were amazing. I know I was tearing open a wound. A lot of the interviews go for hours and hours. There were moments of weeping and I have no problem acknowledging I did so along with them.

TM: These stories aren’t necessarily widely known and now they’re preserved in this book. It’s so important because now 9/11 may just seem like an event students study in textbooks. Eighteen years…your college freshmen were born the year it happened or the year after, I suppose. How does this generation react to it?

MZ: I teach really engaged journalism students. I’m not sure how the generation as a whole reacts to it. My students approach it with curiosity and a little bit of uncertainty because they didn’t experience it. They are well-read and aware of things, but for them it is a little like Pearl Harbor. They know who was involved and can cite numbers. They can say 3,000 dead, 9/11, four hijacked planes, 19 hijackers. They got the test questions down very well. They don’t have the human connection or that feeling for it that I wish they did. I hope that’s what my book can do.

Voir enfin:

Tweets racistes de Trump : qu’a vraiment dit Ilhan Omar sur Al-Qaeda et le 11 Septembre ?

Pauline Moullot
Libération
17 juillet 2019

Le président américain a accusé une élue démocrate d’origine somalienne de «bomber le torse» en pensant à l’organisation terroriste.

Question posée par Annie le 16/07/2019

Bonjour,

Nous avons reformulé votre question, qui était : «Quels ont été les propos d’Ilhan Omar sur Al-Qaeda et sur le 11 Septembre, que Trump a cités par sous-entendu dans sa conférence de presse ?»

Dans une nouvelle saillie raciste lundi 15 juillet, Donald Trump a accusé la députée démocrate Ilhan Omar, née en Somalie, d’encenser Al-Qaeda. Pour comprendre ce qu’il s’est passé, il faut rembobiner au dimanche 14 juillet. Ce jour-là, le président américain s’en prend, sans les nommer, à quatre élues démocrates, toutes issues de minorités, à la Chambre des représentants : Ilhan Omar, Alexandria Ocasio-Cortez, Rashida Tlaib et Ayanna Pressley. Il les appelle notamment à «retourner dans leur pays». La première, réfugiée somalienne, est devenue avec Rashida Tlaib l’une des deux premières femmes musulmanes élues au Congrès en novembre. Alexandria Ocasio-Cortez est la plus jeune représentante démocrate de l’histoire, et Ayanna Pressley, première élue afro-américaine au conseil municipal de Boston en 2009. Surnommées «The Squad» par la presse américaine, ces femmes non-blanches se sont démarquées par leur progressisme et leurs prises de position régulières contre la politique de Donald Trump sur l’immigration.

Le lendemain, le Président réitère ses injures racistes en conférence de presse, les appelant de nouveau à quitter les Etats-Unis. A ce moment-là, il assure qu’Ilhan Omar aurait défendu Al-Qaeda et les attentats du 11 Septembre.

A la question «que répondez-vous à ceux qui disent que vos tweets sont racistes ?», Trump rétorque ainsi : «Et bien, elles sont très malheureuses. Elles ne font que se plaindre à longueur de temps. Tout ce que je dis, c’est que si elles veulent partir, qu’elles partent. Elles peuvent partir. Je veux dire, je pense à Omar. Je ne sais pas, je ne l’ai jamais rencontrée. Je l’écoute parler d’Al-Qaeda. Al-Qaeda a tué beaucoup d’Américains. Et elle dit : « Vous pouvez bomber le torse, quand je pense à Al-Qaeda, je peux bomber le torse. » Quand elle parle des attentats du World Trade Center, elle dit « des gens ». Vous vous souvenez de ce fameux « des gens ». Ces personnes, à mon avis, détestent l’Amérique. Donc quand je les entends dire à quel point Al-Qaeda est merveilleux, quand je les entends parler de « ces gens » à propos du World Trade Center…»

Ses propos sur Al-Qaeda

Vous nous demandez ce qu’a vraiment dit Ilhan Omar à propos d’Al-Qaeda et du 11 septembre. L’équipe de Trump a indiqué à nos confrères américains de Politifact que le président faisait référence à deux déclarations d’Omar, largement reprises par les pro-Trump pour la décrédibiliser ces derniers mois.

La première remonte à 2013. Invitée sur une chaîne locale de Minneapolis, TwinCities PBS, Ilhan Omar commente les répercussions sur la communauté somalienne d’un attentat commis par les shebab somaliens au Kenya, affiliés à Al-Qaeda. Plusieurs extraits de cette interview de vingt-huit minutes ont été repris par ses opposants ces derniers mois. Elle ne parle pourtant pas une seule fois de bomber le torse en pensant à Al-Qaeda. Elle discute avec le présentateur du fait que l’on demande à la communauté somalienne aux Etats-Unis de condamner ces actes, et plus largement aux musulmans de condamner tous les actes terroristes. Elle parle alors de «cette supposition qui fait croire que nous sommes tous connectés à ces actes. […] La population générale doit comprendre qu’il y a une différence entre les personnes qui commettent ces actes diaboliques, car c’est un acte diabolique, et nous avons des gens diaboliques dans le monde. Et des gens normaux qui essaient de continuer à mener leur vie.» Elle parle ensuite du fait que les Somaliens sont les premières victimes des shebab et insiste : «Ces personnes exercent la terreur. Et toute leur idéologie est basée sur le fait de terroriser les communautés.»

La partie la plus détournée de l’interview intervient quand le présentateur l’interroge ensuite sur le fait que l’on conserve les noms arabes, sans les traduire, pour désigner les groupes terroristes. Ces noms, qui ont pourtant d’autres significations en arabe, «polluent notre langage quotidien», ajoute le présentateur. Là, Ilhan Omar acquiesce et répond : «Je pense que c’est un produit des médias sensationnalistes. Vous avez ces extraits sonores, et ces mots, et tout le monde les prononce avec une telle intensité, car ça doit avoir une signification plus grande. Je me souviens quand j’étais à la fac, j’ai suivi un cours sur l’idéologie du terrorisme. A chaque fois que le professeur disait « Al-Qaeda », ses épaules se soulevaient.» Ilhan Omar parle donc de la façon dont les médias évoquent les groupes terroristes, et explique comment cela se voit dans le langage corporel. Mais ne parle pas du tout de bomber le torse.

Ses propos sur le 11 Septembre

Enfin, les propos de Trump sur de supposées déclarations d’Ilhan Omar sur l’attentat du World Trade Center visent un discours prononcé par l’élue au Conseil des relations américano-islamiques (Cair) de Los Angeles, en mars. Le président américain avait alors publié sur Twitter une vidéo montrant les tours jumelles s’effondrer, avec une citation d’Ilhan Omar en arrière-plan. Que disait-elle exactement ? Expliquant que les musulmans étaient fatigués d’être considérés comme «des citoyens de seconde zone», elle ajoute : «Le Cair a été fondé après le 11 Septembre parce qu’ils ont pris acte du fait que des gens avaient fait quelque chose et que nous tous allions commencer à perdre accès à nos libertés civiles.» C’est ce terme «gens» qui lui a été reproché. Mais à aucun moment elle ne loue l’organisation terroriste.

Le Washington Post et Ilhan Omar ont fait remarquer que George W. Bush avait utilisé la même expression après les attentats de 2001. «Je vous entends, je vous entends. Et le reste du monde vous entend. Et les gens, ces gens qui ont fait tomber les tours, vont nous entendre bientôt».

Selon le New York Times, Ilhan Omar a qualifié les accusations de Trump de «ridicules». Toutes les élues démocrates ont répliqué lundi 15 juillet, en organisant une conférence de presse commune pour dénoncer le racisme du président américain. Mercredi, celui-ci s’est de nouveau emparé de son clavier pour assurer qu’il n’était pas raciste, en leur demandant de nouveau de quitter le pays.


Caricature antisémite du New York Times: chronique d’une catastrophe annoncée (Between normalization of deviance and creeping normality, how the NYT ended up joining a long-established European post-WWII tradition of antisemitism)

1 mai, 2019

https://twitter.com/Harry1T6/status/1122140959968350209?ref_src=twsrc^tfw

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Blurred Charlie hebdo cover
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L’oppression mentale totalitaire est faite de piqûres de moustiques et non de grands coups sur la tête. (…) Quel fut le moyen de propagande le plus puissant de l’hitlérisme? Etaient-ce les discours isolés de Hitler et de Goebbels, leurs déclarations à tel ou tel sujet, leurs propos haineux sur le judaïsme, sur le bolchevisme? Non, incontestablement, car beaucoup de choses demeuraient incomprises par la masse ou l’ennuyaient, du fait de leur éternelle répétition.[…] Non, l’effet le plus puissant ne fut pas produit par des discours isolés, ni par des articles ou des tracts, ni par des affiches ou des drapeaux, il ne fut obtenu par rien de ce qu’on était forcé d’enregistrer par la pensée ou la perception. Le nazisme s’insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s’imposaient à des millions d’exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente. Victor Klemperer (LTI, la langue du IIIe Reich)
La décision de célébrer désormais le 1er mai comme un jour de lutte sociale de par le monde installe au centre de la mémoire ouvrière un crime commis par l’Amérique. Philippe Roger
Il sera organisé une grande manifestation à date fixe de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail et d’appliquer les autres résolutions du congrès. Attendu qu’une semblable manifestation a été déjà décidée pour le 1er mai 1890 par l’AFL, dans son congrès de décembre 1888 tenu à Saint Louis, cette date est adoptée pour la manifestation. Raymond Lavigne (Congrès de la IIe Internationale, Paris, le 20 juin 1889)
La NASA, c’est nous : la même chose se passe chez nous ! Lecteurs de Diane Vaughan
Diane Vaughan est une sociologue américaine à l’Université Columbia. Elle est principalement connue pour son travail sur les problèmes organisationnels ayant conduit au crash de la navette Challenger en 1986. Plus généralement, elle s’intéresse aux « manières dont les choses tournent mal » dans des situations très diverses : les séparations de couple, les échecs industriels etc. (…) Vaughan a travaillé sur des thèmes éclectiques, qui trouvent leur point commun dans l’étude de l’évolution des relations et des situations. Dans Uncoupling, elle montre que les séparations amoureuses ne sont pas des évènements soudains mais un détachement graduel accompagné de signaux. Elle a proposé l’expression « normalisation de la déviance, » faisant le lien entre sociologie des organisations et sociologie de la déviance, pour expliquer comment la tolérance aux dysfonctionnements augmente. De mauvaises pratiques n’ayant pas de résultats négatifs immédiats deviennent de plus en plus acceptés, menant parfois à la catastrophe (comme celle de Challenger). Wikipedia
La normalité rampante est un terme souvent utilisé pour désigner la façon dont un changement important ne peut être accepté comme normal s’il se produit lentement, par incréments inaperçus, quand il serait considéré comme inacceptable s’il a eu lieu en une seule étape ou sur une courte période. Wikipedia
Les hommes politiques parlent de « normalité rampante » pour désigner ce type de tendances lentes œuvrant sous des fluctuations bruyantes. Si l’économie, l’école, les embouteillages ou toute autre chose ne se détériorent que lentement, il est difficile d’admettre que chaque année de plus est en moyenne légèrement pire que la précédente ; les repères fondamentaux quant à ce qui constitue la « normalité » évoluent donc graduellement et imperceptiblement. Il faut parfois plusieurs décennies au cours d’une séquence de ce type de petits changements annuels avant qu’on saisisse, d’un coup, que la situation était meilleure il y a plusieurs décennies et que ce qui est considéré comme normal a de fait atteint un niveau inférieur. Une autre dimension liée à la normalité rampante est l’ « amnésie du paysage » : on oublie à quel point le paysage alentour était différent il y a cinquante ans, parce que les changements d’année en année ont été eux aussi graduels. La fonte des glaciers et des neiges du Montana causée par le réchauffement global en est un exemple (chapitre 1). Adolescent, j’ai passé les étés 1953 et 1956 à Big Hole Basin dans le Montana et je n’y suis retourné que quarante-deux plus tard en 1998, avant de décider d’y revenir chaque année. Parmi mes plus vifs souvenirs du Big Hole, la neige qui recouvrait les sommets à l’horizon même en plein été, mon sentiment qu’une bande blanche bas dans le ciel entourait le bassin. N’ayant pas connu les fluctuations et la disparition graduelle des neiges éternelles pendant l’intervalle de quarante-deux ans, j’ai été choqué et attristé lors de mon retour à Big Hole en 1998 de ne plus retrouver qu’une bande blanche en pointillés, voire plus de bande blanche du tout en 2001 et en 2003. Interrogés sur ce changement, mes amis du Montana s’en montrent moins conscients : sans chercher plus loin, ils comparaient chaque année à son état antérieur de l’année d’avant. La normalité rampante ou l’amnésie du paysage les empêchaient, plus que moi, de se souvenir de la situation dans les années 1950. Un exemple parmi d’autres qui montre qu’on découvre souvent un problème lorsqu’il est déjà trop tard. L’amnésie du paysage répond en partie à la question de mes étudiants : qu’a pensé l’habitant de l’île de Pâques qui a coupé le dernier palmier ? Nous imaginons inconsciemment un changement sou­dain : une année, l’île était encore recouverte d’une forêt de palmiers parce qu’on y produisait du vin, des fruits et du bois d’œuvre pour transporter et ériger les statues ; puis voilà que, l’année suivante, il ne restait plus qu’un arbre, qu’un habitant a abattu, incroyable geste de stupidité autodestructrice. Il est cependant plus probable que les modifications dans la couverture forestière d’année en année ont été presque indétectables : une année quelques arbres ont été coupés ici ou là, mais de jeunes arbres commençaient à repousser sur le site de ce jardin abandonné. Seuls les plus vieux habitants de l’île, s’ils repensaient à leur enfance des décennies plus tôt, pouvaient voir la différence. Leurs enfants ne pouvaient pas plus comprendre les contes de leurs parents, où il était question d’une grande forêt, que mes fils de dix-sept ans ne peuvent comprendre aujourd’hui les contes de mon épouse et de moi-même, décrivant ce qu’était Los Angeles il y a quarante ans. Petit à petit, les arbres de l’île de Pâques sont devenus plus rares, plus petits et moins importants. À l’époque où le dernier palmier portant des fruits a été coupé, cette espèce avait depuis longtemps cessé d’avoir une signification économique. Il ne restait à couper chaque année que de jeunes palmiers de plus en plus petits, ainsi que d’autres buissons et pousses. Personne n’aurait remarqué la chute du dernier petit palmier. Le souvenir de la forêt de palmiers des siècles antérieurs avait succombé à l’amnésie du paysage. À l’opposé, la vitesse avec laquelle la déforestation s’est répandue dans le Japon des débuts de l’ère Tokugawa a aidé les shoguns à identifier les changements dans le paysage et la nécessité d’actions correctives. Jared Diamond
N’oublions pas que les programmes spatiaux impliquent de multiples collaborations. La NASA en particulier sous-traite la majeure partie des composants de ses missions. Que des problèmes surgissent quand un grand nombre d’organisations différentes travaillent ensemble n’a rien d’exceptionnel, surtout quand il s’agit d’innovations techniques. Des erreurs sont faites en permanence dans toute organisation complexe, mais contrairement au cas de la NASA sur qui les projecteurs médiatiques sont braqués, leurs conséquences, souvent moins spectaculaires, restent généralement ignorées du grand public. (…) Je venais à l’époque de finir un livre, je n’avais rien de précis en tête, si ce n’est d’écrire un court article que l’on m’avait commandé sur la notion d’inconduite, c’est-à-dire de comportement individuel fautif. Le cas Challenger avait alors, selon l’explication officielle, toutes les apparences du parfait exemple, avec cependant la particularité de s’être produit dans une organisation gouvernementale à caractère non lucratif plutôt qu’au sein d’une entreprise. (…) Plutôt que de limiter son attention au niveau individuel, il est en effet indispensable d’examiner comment la culture d’une organisation façonne la manière dont les individus prennent des décisions en son sein. Mon analyse a montré que, pendant les années qui ont précédé l’accident, les ingénieurs et managers de la NASA ont progressivement instauré une situation qui les autorisait à considérer que tout allait bien, alors qu’ils disposaient d’éléments montrant au contraire que quelque chose allait mal. C’est ce que j’ai appelé une normalisation de la déviance : il s’agit d’un processus par lequel des individus sont amenés au sein d’une organisation à accomplir certaines choses qu’ils ne feraient pas dans un autre contexte. Mais leurs actions ne sont pas délibérément déviantes. Elles sont au contraire rendues normales et acceptables par la culture de l’organisation. (…) les erreurs sont inévitables, ne serait ce que parce que dans un système complexe, surtout lorsqu’il est innovant, il est impossible de prédire ou contrôler tous les paramètres d’une situation. Mais il est capital qu’une organisation prenne acte de la dimension sociale des erreurs produites en son sein et agisse en conséquence. Un pas dans ce sens a été accompli par exemple par certains hôpitaux américains. Ici à Boston, de nombreuses études ont abordé le problème des erreurs médicales en se penchant sur la complexité du système hospitalier. Ce qui auparavant était perçu comme l’erreur d’un individu devient une erreur dont la cause est aussi à chercher du côté du système lui-même, en particulier dans la division du travail au sein de l’hôpital. Ce n’est plus seulement la responsabilité du chirurgien ou de l’anesthésiste, mais aussi celle du système qui lui impose un planning chargé. (…) Si vous voulez vraiment comprendre comment une erreur est générée au sein d’un système complexe et résoudre le problème, il ne faut pas se contenter d’analyser la situation au niveau individuel, c’est l’organisation dans son ensemble qu’il faut considérer et, au-delà de l’organisation elle-même, son contexte politique et économique. ‘une politique de blâme individuel n’est pas suffisante car elle sort de leur contexte les « mauvaises décisions » en négligeant les facteurs organisationnels qui ont pesé sur ces décisions. Dès lors, les instances de contrôle, tout comme le public, croient à tort que, pour résoudre le problème, il suffit de se débarrasser des « mauvais décideurs ». Or, on a vu avec le cas de Challenger qu’il n’en était rien. Une stratégie punitive doit s’accompagner d’un souci de réforme des structures et de la culture de l’organisation. Diane Vaughan
Durant mes études de master puis de thèse, je me suis d’abord intéressée aux phénomènes de déviance et de contrôle social, puis j’ai découvert la littérature sur les organisations. Combinant l’un et l’autre de ces aspects, j’ai choisi d’étudier la criminalité en col blanc en tant que phénomène organisationnel. (…) Je me suis appuyée sur une étude de cas. Deux organisations sont impliquées : la première, une chaîne de pharmacies discount de l’Ohio, Revco, s’était rendue coupable de fraudes contre l’autre organisation, l’administration publique en charge de l’assurance santé (Medicaid), à qui une double facturation était transmise par voie informatique par les pharmaciens. (…) Mais, et c’est ce qui rend le cas intéressant en soi, les deux employés ont dit avoir mis en place le système des fausses prescriptions parce que les services de Medicaid rejetaient en masse les prescriptions à rembourser. C’était donc une façon détournée de recouvrer les fonds non perçus et de rééquilibrer les comptes de Revco. (…) J’ai compris combien la théorie de l’anomie de Robert K. Merton – une source d’inspiration essentielle pour moi – peut s’appliquer ici. Selon le schéma mertonien, les deux employés ont « innové » en adaptant les moyens et les règlements aux fins légitimes de l’organisation, qui étaient contrariées par le système Medicaid et donc menaçaient sa survie. Le dysfonctionnement dans le système de transaction entre les deux organisations crée une opportunité de comportement illicite ou de viol des règles pour réaliser les objectifs. (…)  Alors que j’étais étudiante, j’ai rédigé un article sur la séparation conjugale, que j’ai appelée « découplage » (uncoupling) (…) J’ai approfondi le sujet lorsque j’étais à Yale, puis à Boston après mon recrutement au Wellesley College Center for Research on Women. (…) J’observais un couple, à la façon d’une organisation minuscule, au moment critique où la relation rompait ou après la séparation.(…) Des références traversent ces recherches, par exemple la théorie du signal de l’économiste « nobélisé » Michael Spence, qui peut s’appliquer autant aux entreprises qu’aux relations intimes dans le couple. Comment les organisations fondent-elles leurs choix lorsqu’elles recrutent et que les candidats sont nombreux ? La réponse est économique : il est trop coûteux de connaître à fond chaque candidat, si bien que les organisations émettent des jugements sur la base de signaux. Ces derniers sont de deux sortes : d’une part, des indicateurs qui ne peuvent pas être changés, comme l’âge ou le sexe (à l’époque, il n’était pas possible de le changer). D’autre part, des signaux d’ordre social : où avez-vous obtenu votre diplôme ? Qui vous recommande ? Quelle est votre expérience professionnelle ? Ces seconds signaux peuvent être manipulés, truqués, ce qui rapproche de la problématique de la fraude. La théorie du signal s’applique aussi dans Uncoupling : malgré l’expérience d’une rupture relationnelle soudaine, souvent vécue comme traumatique ou chaotique dans nos vies, l’hypothèse que j’ai faite était de dire par contraste que la transition est graduelle : le découplage est une suite de transitions. Je n’ai pas tardé à le vérifier durant les interviews, lors desquelles je demandais aux personnes séparées de retracer la chronologie de leur relation. Une même logique était à l’œuvre : une des deux personnes, initiatrice, commence à quitter la relation, socialement et psychologiquement, avant que l’autre ne réalise que quelque chose ne fonctionne plus. Le temps qu’elle le comprenne, qu’elle en perçoive le signal, il est trop tard pour sauver la relation. (…) Il est frappant de voir que dans ces petites organisations les gens peuvent tomber en morceaux sans même le remarquer ni agir contre. Une longue période d’incubation précède la rupture, les initiateurs envoient des signaux, les partenaires les interprètent (ou pas), mais quoi qu’il arrive, selon les buts ordinaires de l’organisation (le couple) la rupture ne fait pas partie du plan initial. Je commençais à y voir plus clair dans ces processus, analogues malgré les échelles d’analyse, mais il me manquait encore des données sur des structures bien plus grandes. J’ai envoyé le manuscrit d’Uncoupling à mon éditeur en décembre 1985. Un mois plus tard, le 28 janvier 1986, Challenger explosa. La presse a ramené l’explosion à un exemple d’inconduite organisationnelle. Cela se rapprochait de mes premiers cas d’étude – à ceci près que cela concernait une organisation à but non lucratif, la Nasa – et j’ai commencé à enquêter. (…) [Avec Columbia] Le même pattern que j’avais identifié sur le cas Challenger se reproduisait. J’étais stupéfaite par les prises de parole du responsable de la navette spatiale à la télévision : en substance, les équipes impliquées dans le programme s’étaient retrouvées dans la même situation de normalisation de la déviance. (…) J’ai pu vérifier auprès de mes collègues que le modèle causal que j’avais défini sur la catastrophe Challenger fonctionnait encore dans ce nouveau cas. Diane Vaughan
While Ken Livingstone was forcing startled historians to explain that Adolf Hitler was not a Zionist, I was in Naz Shah’s Bradford. A politician who wants to win there cannot afford to be reasonable, I discovered. He or she cannot deplore the Israeli occupation of the West Bank and say that the Israelis and Palestinians should have their own states. They have to engage in extremist rhetoric of the “sweep all the Jews out” variety or risk their opponents denouncing them as “Zionists”. George Galloway, who, never forget, was a demagogue from the race-card playing left rather than the far right, made the private prejudices of conservative Muslim voters respectable. Aisha Ali-Khan, who worked as Galloway’s assistant until his behaviour came to disgust her, realised how deep prejudice had sunk when she made a silly quip about David Miliband being more “fanciable” than Ed. Respect members accused her of being a “Jew lover” and, all of a sudden in Bradford politics, that did not seem an outrageous, or even an unusual, insult. Where Galloway led, others followed. David Ward, a now mercifully forgotten Liberal Democrat MP, tried and failed to save his seat by proclaiming his Jew obsession. Nothing, not even the murder of Jews, could restrain him. At one point, he told his constituents that the sight of the Israeli prime minister honouring the Parisian Jews whom Islamists had murdered made him “sick”. (He appeared to find the massacre itself easier to stomach.)Naz Shah’s picture of Israel superimposed on to a map of the US to show her “solution” for the Israeli-Palestinian conflict was not a one-off but part of a race to the bottom. But Shah’s wider behaviour as an MP – a “progressive” MP, mark you – gives you a better idea of how deep the rot has sunk. She ignored a Bradford imam who declared that the terrorist who murdered a liberal Pakistani politician was a “great hero of Islam” and concentrated her energies on expressing her “loathing” of liberal and feminist British Muslims instead. (…) Liberal Muslims make many profoundly uncomfortable. Writers in the left-wing press treat them as Uncle Toms, as Shah did, because they are willing to work with the government to stop young men and women joining Islamic State. While they are criticised, politically correct criticism rarely extends to clerics who celebrate religious assassins. As for the antisemitism that allows Labour MPs to fantasise about “transporting” Jews, consider how jeering and dishonest the debate around that has become. When feminists talk about rape, they are not told as a matter of course “but women are always making false rape accusations”. If they were, they would suspect that their opponents wanted to deny the existence of sexual violence. Yet it is standard in polite society to hear that accusations of antisemitism are always made in bad faith to delegitimise justifiable criticism of Israel. I accept that there are Jews who say that all criticism of Israel is antisemitic. For her part, a feminist must accept that there are women who make false accusations of rape. But that does not mean that antisemitism does not exist, any more than it means that rape never happens. Challenging prejudices on the left wing is going to be all the more difficult because, incredibly, the British left in the second decade of the 21st century is led by men steeped in the worst traditions of the 20th. When historians had to explain last week that if Montgomery had not defeated Rommel at El Alamein in Egypt then the German armies would have killed every Jew they could find in Palestine, they were dealing with the conspiracy theory that Hitler was a Zionist, developed by a half-educated American Trotskyist called Lenni Brenner in the 1980s. When Jeremy Corbyn defended the Islamist likes of Raed Salah, who say that Jews dine on the blood of Christian children, he was continuing a tradition of communist accommodation with antisemitism that goes back to Stalin’s purges of Soviet Jews in the late 1940s. It is astonishing that you have to, but you must learn the worst of leftwing history now. For Labour is not just led by dirty men but by dirty old men, with roots in the contaminated soil of Marxist totalitarianism. If it is to change, its leaders will either have to change their minds or be thrown out of office. Put like this, the tasks facing Labour moderates seem impossible. They have to be attempted, however, for moral as much as electoral reasons. (…) Not just in Paris, but in Marseille, Copenhagen and Brussels, fascistic reactionaries are murdering Jews – once again. Go to any British synagogue or Jewish school and you will see police officers and volunteers guarding them. I do not want to tempt fate, but if British Jews were murdered, the leader of the Labour party would not be welcome at their memorial. The mourners would point to the exit and ask him to leave. If it is incredible that we have reached this pass, it is also intolerable. However hard the effort to overthrow it, the status quo cannot stand. Nick Cohen
The UK Labour Party, which dates back to 1900, was long seen as the party of the working classes. Throughout most of its history, Labour has stood for social justice, equality, and anti-racism. Labour’s controversy over anti-Semitism is fairly recent. It’s often traced back to 2015, when Jeremy Corbyn became the party leader. Corbyn, seen as on Labour’s left wing, has long defended the rights of Palestinians and often been more critical than the party mainstream of Israel’s government. But during the Labour leadership contest in 2015, a then-senior Jewish Labour MP said that Corbyn had in the past showed “poor judgment” on the issue of anti-Semitism — after Corbyn unexpectedly became the frontrunner in the contest, a Jewish newspaper reported on his past meetings with individuals and organizations who had expressed anti-Semitic views. Concerns over anti-Semitism only really began to turn into a crisis, however, the year after Corbyn became leader. In April 2016, a well-known right-wing blog revealed that Labour MP Naz Shah had posted anti-Semitic messages to Facebook a couple of years before being elected. One post showed a photo of Israel superimposed onto a map of the US, suggesting the country’s relocation would resolve the Israeli-Palestinian conflict. Above the photo, Shah wrote, “Problem solved.” Shah apologized, but former Mayor of London Ken Livingstone, a long-time Labour member who was close to party leader Jeremy Corbyn, made things worse by rushing to Shah’s defense — and added an inflammatory claim that Hitler initially supported Zionism, before “he went mad and ended up killing six million Jews.” The party suspended Shah and Livingstone and launched an inquiry into anti-Semitism. But Corbyn was criticized for not acting quickly or decisively enough to deal with the problem. Afterward, claims of anti-Semitism kept resurfacing as individual examples were dug up across Labour’s wide membership. By now a narrative was building that anti-Semitism was rife within the party — and that the election of Corbyn as leader was the cause. Throughout his political career, Corbyn has protested against racism and backed left-wing campaigns such as nuclear disarmament, and was considered the long shot in the party’s leadership contest — bookmakers initially put the chance of him winning at 200 to 1. Corbyn’s victory confirmed that the New Labour project was dead. (…) Corbyn’s campaign drummed up a big grassroots following as his anti-austerity, socialist message gained traction, in a way that would later be echoed by Bernie Sanders’s 2016 campaign in the US. (…) But after Corbyn’s unexpected win, everything changed. Corbyn steered the party to the left on many issues, including proposals to nationalize the railways and possibly the energy companies, end the era of slashing state spending, and tax the rich. He also moved the party leftward on Israel and Palestine. Labour’s previously moribund membership boomed to half a million, making it one of the biggest political parties in Europe. The many newcomers were attracted by the chance to support a truly left-wing Labour Party. Claims of anti-Semitism also increased: Labour’s general secretary revealed that between April 2018 and January 2019, the party received 673 accusations of anti-Semitism among members, which had led to 96 members being suspended and 12 expelled. Part of the reason anti-Semitism claims have grown under Corbyn is that his wing of the party — the socialist left — tends to be passionately pro-Palestine. There is nothing inherently anti-Semitic about defending Palestinians, but such a position can lead to tensions between left-wing anti-Zionists and mainstream Jewish communities. This tension has at times led to a tendency on the left to indulge in anti-Semitic conspiracy theories and tropes — like blaming a Jewish conspiracy for Western governments’ support of Israel or equating Jews who support Israel with Nazi collaborators. (…) At first glance, Corbyn hardly seems like someone who would be an enabler of anti-Semitism. He has a long history of campaigning against racism — for instance, in the 1980s, he participated in anti-apartheid protests against South Africa, at the same time that former Conservative Prime Minister Margaret Thatcher was calling Nelson Mandela’s African National Congress opposition movement a “typical terrorist organization.” And he has long campaigned for Palestinian rights, while being critical of the government of Israel — including comparing Israel’s treatment of Palestinians to apartheid. But Corbyn’s anti-imperialist, anti-racist stance over the years has also led some to label him a terrorist sympathizer. Corbyn in the past advocated for negotiations with militant Irish republicans. As he did with Irish republicans, Corbyn encouraged talks with the Islamist militant groups Hamas and Hezbollah. He has also been heavily criticized for having previously referred to these groups as “friends,” which caused outrage when publicized during 2015’s Labour leadership contest. Corbyn explained that he had only used “friends” in the context of trying to promote peace talks, but later said he regretted using the word. Last March, Corbyn was also criticized for a 2012 comment on Facebook, in which he had expressed solidarity with an artist who had used anti-Semitic tropes in a London mural that was going to be torn down. After Luciana Berger tweeted about the post and demanded an explanation from the Labour Party leadership, Corbyn said that he “sincerely regretted” having not looked at the “deeply disturbing” image more closely, and condemned anti-Semitism. (…) In August 2018, the right-wing British newspaper the Daily Mail accused Corbyn of having laid a wreath at the graves of the Palestinian terrorists while in Tunisia in 2014. Corbyn acknowledges that he participated in a wreath-laying ceremony at a Tunisian cemetery in 2014, but says he was commemorating the victims of a 1985 Israeli airstrike on the headquarters of the Palestinian Liberation Organization (PLO), who were living in exile in Tunis at the time. The airstrike killed almost 50 people, including civilians, and wounded dozens more. However, the Daily Mail published photos showing Corbyn holding a wreath not far from the graves of four Palestinians believed to be involved with the 1972 Munich massacre, in which members of the Black September terrorist organization killed 11 Israeli athletes and a German police officer at the Munich Olympics. Corbyn denies he was commemorating the latter individuals, but his muddled explanations in the wake of the controversy left some unsatisfied with his response. Today, on social media, it is common to see Corbyn denounced for enabling anti-Semitism — author J.K. Rowling has even criticized him for it — while some brand him outright as an anti-Semite. When US Rep. Alexandria Ocasio-Cortez (D-NY) recently tweeted that she’d had “a lovely and wide-reaching conversation” with Corbyn by phone, hundreds of commenters criticized her for speaking to Labour’s “anti-Semitic” leader. (…) Indeed, urgency is needed for Labour’s leadership to effectually tackle the party’s anti-Semitism crisis and convince other MPs not to quit. The nine MPs who’ve left have formed the Independent Group, an informal assemblage that plans to launch as an official political party before the end of the year. Several other Labour MPs are rumored to be thinking of joining them. Unless Labour moves fast, the emerging centrist party could prove an existential threat. Vox.com
Omar didn’t know that the language in which she expressed her malignant delusions was in the lineage of Jew-hatred in its Christian and European forms. Until she entered the national stage, she’d had no need to know. Omar’s malignant delusions are commonplace in the Arab and Muslim world from which she comes. They are commonplace among the leadership of the Council on American-Islamic Relations (CAIR), the Hamas-friendly front organization for the Muslim Brotherhood which supported her Congressional campaign. And they have become commonplace on the left of the Democratic party. Democrats now protest that the whites and the right have their racists too. In other words, they’re saying that two wrongs make a right. This is playground logic, and it ignores the imbalance between the two kinds of anti-Jewish racism. Firstly, no Republican leader ever posed for the cover of any other national outlet with Steve King, or Omar’s new Twitter chum David Duke. Secondly, the Republican leadership, no doubt hypnotized by the Benjamins tucked in Ivanka Trump’s suspender belt, is hostile to the white racist fringe, and the white racist fringe detests the Republican leadership. Thirdly, the white racists are nothing if not candid about their beliefs and their intentions towards the Jewish people. Ilhan Omar isn’t even honest. Omar said she was against BDS when running for the House and then revised her position as soon as she won her set. She denounces Israel and Saudi Arabia, who oppose the Muslim Brotherhood, but not Turkey or Qatar, the Muslim Brotherhood’s sponsors. She may be ignorant, but she knows exactly what she is doing. She is furtive and duplicitous, and she is successfully importing the language and ideas of racism into a susceptible Democratic party. The buffoons who lead the Democrats are allowing Omar to mainstream anti-Jewish racism. The Democratic leadership tried to co-opt the energy of the post-2008 grassroots, to give its exhausted rainbow coalition an infusion of 21st-century identity politics. The failure to issue the promised condemnation of Omar shows that a European-style ‘red-green’ alliance of hard leftists and Islamists is co-opting the party. This, like the pro-Democratic media’s extended PR work for Rashida Tlaib and that other left-Islamist pinup Linda Sarsour, reflects a turning point in American history. The metaphysical, conspiratorial hatred of Jews is a symptom of civilization in decline. So the inability of the Democratic leadership to call Omar a racist reflects more than the moral and ideological decay of a political party. Americans like to believe in their exceptionalism, and American Jews like to say America is different. We’re about see if those ideas are true. Dominic Green
Il est fini le temps de la cathédrale, si ça pouvait signifier, aussi la fin des curés. Frédéric Fromet (France inter)
Sur France Inter, radio du service public, une « chanson » abjecte sur l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris a été diffusée le 19 avril dernier. Et n’a suscité aucune réaction majeure depuis. Les catholiques ont-ils beaucoup d’humour ou sont-ils tout simplement inaudibles ? Toujours est-il qu’une prestation de (très) mauvais goût sur la radio France Inter le 19 avril dernier a totalement échappé aux radars de la polémique. Qu’en aurait-il été avec une pareille satire sur d’autres religions présentes dans l’Hexagone ? Lors de l’émission Par Jupiter !, présentée par Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek, « La chanson de Frédéric Fromet » portait sur l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Depuis, l’Observatoire de la Christianophobie a notamment relevé la chose, au milieu d’un silence médiatique total. Rappelons que France Inter, appartenant au groupe Radio France, est une radio du service public détenue à 100 % par l’État français et financée en grande partie par la redevance audiovisuelle. (…) À noter que dans cette séquence, la carte de « l’humour » cathophobe est jouée au maximum puisque Frédéric Fromet présente son « œuvre » du jour en ces termes : « L’incendie de Notre-Dame de Paris, c’est quand même du pain bénit. » De quoi susciter les ricanements de l’assistance, une voix féminine ironisant ensuite : « Oh, un Vendredi saint, mon Dieu ! » Délits d’images
This feature is proving that a fully covered hijab wearing model can confidently stand alongside a beautiful woman in a revealing bikini and together they can celebrate one another, cheer each other on, and champion each other’s successes. Young Muslim women need to know that there is a modest swimsuit option available to them so they can join the swim team, participate in swim class at school, and go with their friends to the beach. Muslim girls should feel confident taking that step and doing so comfortably while wearing a burkini. SI Swimsuit has been at the forefront of changing the narrative and conversation on social issues and preconceived notions. I’m hoping this specific feature will open doors up for my Somali community, Muslim community, refugee community, and any other community that can relate to being different. Halima Aden
La mannequin et activiste musulmane entre dans l’histoire avec ses débuts pour le magazine Sports Illustrated Swimsuit. Sports Illustrated Swimsuit continue de prôner la différence dans l’industrie de la mode. Et le nouveau numéro de 2019 est le plus diversifié de tous les temps. La mannequin et activiste américano-somalienne Halima Aden fait ses débuts pour le magazine. Il s’agit de la première fois qu’un mannequin pose avec un hijab et un burkini pour les pages de SI qui sont, habituellement très sexy et où les mannequins sont très dénudés. Halima Aden est née dans un camp de réfugiés au Kenya, où elle a vécu jusqu’à l’âge de sept ans avant de déménager aux États-Unis, elle est retournée dans son pays de naissance pour le shooting de Sport Illustrated pris par le photographe Yu Tsai. « Je n’arrête pas de penser à moi, âgé de six ans, qui vivait dans un camp de réfugiés dans ce même pays », a déclaré Halima Aden, 21 ans, à SI lors de son interview. « Donc, grandir pour vivre le rêve américain et revenir au Kenya pour un magazine de mode dans les plus belles régions du pays, je ne pense pas que ce soit une histoire que quiconque puisse inventer » a-t-elle déclaré émue. Halima a été la première femme à porter un hijab au concours de Miss Minnesota, aux États-Unis, où elle s’est classée demi-finaliste et la première à porter un burkini pour la compétition de maillot de bain… Ce qui lui a valu un contrat avec IMG Models. Peu de temps après, Halima Aden a fait ses débuts sur le podium lors de la Fashion Week de New York à l’automne 2017 en tant que modèle pour le show de la saison 5 de la marque de Kanye West. Public
In a controversial move, Sports Illustrated has unveiled photos of its first ever Baptist swimsuit model, pictured in a floor-length denim skirt, modest collared blouse, and no makeup or jewelry whatsoever, other than her purity ring. The « hot » photoshoot includes pictures of the woman lying on the beach, rolling around in the water, and reading Passion and Purity on the beach in sexy poses, all while completely covered up. Christians quickly praised the decision. « We are glad SI finally sees the value of modesty, » one leading evangelical said. « A woman mostly covered from head to toe is a great precedent to set, and we hope more models going forward will be dressed this modestly. » The woman, Becky Grace-Charity-Faith Benson, said she’s proud to represent her Baptist religious heritage. « It’s important for young Christian girls to see that beauty isn’t just being skinny or wearing b*kinis—it’s wearing a comfy pair of sneaks, a long, denim skirt you made at home, or a modest one-piece bathing suit under a swim shirt and long, flowy swim skirt. » Babylon bee
We are all cartoonists now. Antonio Branco
It’s time for the west to wake up to this kind of thing and stop appeasing radical Islam. Antonio Branco
I’m a fan of Twitter, I’m a fan of a president that talks directly to the people. Antonio Branco
Out of respect to our readers we have avoided those we felt were offensive. Many Muslims consider publishing images of their prophet innately offensive and we have refrained from doing so. Dean Baquet (NYT)
Selon les standards du Times, nous ne publions pas d’images ou d’autres matériaux offensant délibérément les sensibilités religieuses. Après concertation, les journalistes du Times ont décidé que décrire les caricatures en question donnerait suffisamment d’informations pour comprendre l’histoire. NYT
As I grew older, I learned that the fair-skinned, blue-eyed depiction of Jesus has for centuries adorned stained glass windows and altars in churches throughout the United States and Europe. But Jesus, born in Bethlehem, was most likely a Palestinian man with dark skin. Eric Copage
The Times published an appalling political cartoon in the opinion pages of its international print edition late last week. It portrayed Prime Minister Benjamin Netanyahu of Israel as a dog wearing a Star of David on a collar. He was leading President Trump, drawn as a blind man wearing a skullcap. The cartoon was chosen from a syndication service by a production editor who did not recognize its anti-Semitism. Yet however it came to be published, the appearance of such an obviously bigoted cartoon in a mainstream publication is evidence of a profound danger — not only of anti-Semitism but of numbness to its creep, to the insidious way this ancient, enduring prejudice is once again working itself into public view and common conversation. Anti-Semitic imagery is particularly dangerous now. The number of assaults against American Jews more than doubled from 2017 to 2018, rising to 39, according to a report released Tuesday by the Anti-Defamation League. On Saturday, a gunman opened fire during Passover services at a synagogue in San Diego County, killing one person and injuring three, allegedly after he posted in an online manifesto that he wanted to murder Jews. For decades, most American Jews felt safe to practice their religion, but now they pass through metal detectors to enter synagogues and schools. Jews face even greater hostility and danger in Europe, where the cartoon was created. In Britain, one of several members of Parliament who resigned from the Labour Party in February said that the party had become “institutionally anti-Semitic.” In France and Belgium, Jews have been the targets of terrorist attacks by Muslim extremists. Across Europe, right-wing parties with long histories of anti-Semitic rhetoric are gaining political strength. This is also a period of rising criticism of Israel, much of it directed at the rightward drift of its own government and some of it even questioning Israel’s very foundation as a Jewish state. We have been and remain stalwart supporters of Israel, and believe that good-faith criticism should work to strengthen it over the long term by helping it stay true to its democratic values. But anti-Zionism can clearly serve as a cover for anti-Semitism — and some criticism of Israel, as the cartoon demonstrated, is couched openly in anti-Semitic terms. The responsibility for acts of hatred rests on the shoulders of the proponents and perpetrators. But history teaches that the rise of extremism requires the acquiescence of broader society. As anti-Semitism has surged from the internet into the streets, President Trump has done too little to rouse the national conscience against it. Though he condemned the cartoon in The Times, he has failed to speak out against anti-Semitic groups like the white nationalists who marched in Charlottesville, Va., in 2017 chanting, “Jews will not replace us.” He has practiced a politics of intolerance for diversity, and attacks on some minority groups threaten the safety of every minority group. (…) A particularly frightening, and also historically resonant, aspect of the rise of anti-Semitism in recent years is that it has come from both the right and left sides of the political spectrum. Both right-wing and left-wing politicians have traded in incendiary tropes, like the ideas that Jews secretly control the financial system or politicians. (…) In the 1930s and the 1940s, The Times was largely silent as anti-Semitism rose up and bathed the world in blood. That failure still haunts this newspaper. Now, rightly, The Times has declared itself “deeply sorry” for the cartoon and called it “unacceptable.” Apologies are important, but the deeper obligation of The Times is to focus on leading through unblinking journalism and the clear editorial expression of its values. Society in recent years has shown healthy signs of increased sensitivity to other forms of bigotry, yet somehow anti-Semitism can often still be dismissed as a disease gnawing only at the fringes of society. That is a dangerous mistake. As recent events have shown, it is a very mainstream problem. The NYT Editorial Board
During the 2016 campaign, Donald J. Trump’s second campaign chairman, Paul Manafort, had regular communications with his longtime associate — a former Russian military translator in Kiev who has been investigated in Ukraine on suspicion of being a Russian intelligence agent. At the Republican National Convention in July, J. D. Gordon, a former Pentagon official on Mr. Trump’s national security team, met with the Russian ambassador, Sergey Kislyak, at a time when Mr. Gordon was helping keep hawkish language on Russia’s conflict with Ukraine out of the party’s platform. And Jason Greenblatt, a former Trump Organization lawyer and now a special representative for international negotiations at the White House, met last summer with Rabbi Berel Lazar, the chief rabbi of Russia and an ally of Russia’s president, Vladimir V. Putin. In a Washington atmosphere supercharged by the finding of the intelligence agencies that Mr. Putin tried to steer the election to Mr. Trump, as well as continuing F.B.I. and congressional investigations, a growing list of Russian contacts with Mr. Trump’s associates is getting intense and skeptical scrutiny. (…) In fact, vigorous reporting by multiple news media organizations is turning up multiple contacts between Trump associates and Russians who serve in or are close to Mr. Putin’s government. There have been courtesy calls, policy discussions and business contacts, though nothing has emerged publicly indicating anything more sinister. A dossier of allegations on Trump-Russia contacts, compiled by a former British intelligence agent for Mr. Trump’s political opponents, includes unproven claims that his aides collaborated in Russia’s hacking of Democratic targets. Current and former American officials have said that phone records and intercepted calls show that members of Mr. Trump’s 2016 presidential campaign and other Trump associates had repeated contacts with senior Russian intelligence officials in the year before the election. (…) Rabbi Lazar, who has condemned critics of Mr. Putin’s actions in Ukraine, is the leader of the Hasidic Chabad-Lubavitch group in Russia, where it is a powerful organization running dozens of schools and offering social services across the country, while maintaining links to a lucrative financial donor network. Mr. Greenblatt, who handled outreach to Jews for the campaign, said that Rabbi Lazar was one of several Chabad leaders he had met during the campaign. He said the two men did not discuss broader United States-Russia relations and called the meeting “probably less than useful.” Rabbi Lazar said they had spoken about anti-Semitism in Russia, Russian Jews in Israel and Russian society in general. While he meets with Mr. Putin once or twice a year, he said, he never discussed his meeting with Mr. Greenblatt with Kremlin officials. The NYT
Starting in 1999, Putin enlisted two of his closest confidants, the oligarchs Lev Leviev and Roman Abramovich, who would go on to become Chabad’s biggest patrons worldwide, to create the Federation of Jewish Communities of Russia under the leadership of Chabad rabbi Berel Lazar, who would come to be known as “Putin’s rabbi.” A few years later, Trump would seek out Russian projects and capital by joining forces with a partnership called Bayrock-Sapir, led by Soviet emigres Tevfik Arif, Felix Sater and Tamir Sapir—who maintain close ties to Chabad. The company’s ventures would lead to multiple lawsuits alleging fraud and a criminal investigation of a condo project in Manhattan. Meanwhile, the links between Trump and Chabad kept piling up. (…) With the help of this trans-Atlantic diaspora and some globetrotting real estate moguls, Trump Tower and Moscow’s Red Square can feel at times like part of the same tight-knit neighborhood. Now, with Trump in the Oval Office having proclaimed his desire to reorient the global order around improved U.S. relations with Putin’s government—and as the FBI probes the possibility of improper coordination between Trump associates and the Kremlin—that small world has suddenly taken on outsize importance. Founded in Lithuania in 1775, the Chabad-Lubavitch movement today has adherents numbering in the five, or perhaps six, figures. What the movement lacks in numbers it makes up for in enthusiasm, as it is known for practicing a particularly joyous form of Judaism. (…) Despite its small size, Chabad has grown to become the most sprawling Jewish institution in the world, with a presence in over 1,000 far-flung cities, including locales like Kathmandu and Hanoi with few full-time Jewish residents. (…) Chabad followers are also, according to Klein, “remarkable” fundraisers.(…) The Putin-Chabad alliance has reaped benefits for both sides. (…) With Washington abuzz about the FBI’s counterintelligence investigation of Trump world’s relationship with Putin’s Kremlin, their overlapping networks remain the object of much scrutiny and fascination. (…) To those unfamiliar with Russian politics, Trump’s world and Hasidic Judaism, all these Chabad links can appear confounding. Others simply greet them with a shrug. “The interconnectedness of the Jewish world through Chabad is not surprising insofar as it’s one of the main Jewish players,” said Boteach. “I would assume that the world of New York real estate isn’t that huge either.”Politico
The past several days have left many Jews in the United States feeling shell-shocked. Attacks against them seem to be coming from all quarters. First, on Thursday, the New York Times’ International Edition published a stunningly antisemitic cartoon on its op-ed page. It portrayed a blind President Donald Trump wearing the garb of an ultra-Orthodox Jew, replete with a black suit and a black yarmulke, with the blackened sunglasses of a blind man being led by a seeing-eye dog with Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu’s face. If the message – that Jewish dogs are leading the blind American by the nose — wasn’t clear enough, the Netanyahu dog was wearing a collar with a Star of David medallion, just to make the point unmistakable. Under a torrent of criticism, after first refusing to apologize for the cartoon, which it removed from its online edition, the Times issued an acknowledment on Sunday, but has taken no action against the editors responsible. Two days after the Times published its hateful cartoon, Jews at the Chabad House synagogue in Poway, outside San Diego, were attacked by a rifle-bearing white supremacist as they prayed. (…) On the face of things, there is no meaningful connection between the Times’ cartoon and the Poway attack. In his online manifesto, Earnest presented himself as a Nazi in the mold of Robert Bowers, the white supremacist who massacred 11 Jews at the Tree of Life Synagogue last October. The New York Times, on the other hand, is outspoken in its hatred of white supremacists whom it associates with President Donald Trump, the paper’s archenemy. On the surface, the two schools of Jew hatred share no common ground. But a serious consideration of the Times’ anti-Jewish propaganda leads to the opposite conclusion. The New York Times — as an institution that propagates anti-Jewish messages, narratives, and demonizations — is deeply tied to the rise in white supremacist violence against Jews. This is the case for several reasons. First, as Seth Franzman of the Jerusalem Post pointed out, Bowers and Earnest share two hatreds – for Jews and for Trump. Both men hate Trump, whom they view as a friend of the Jews. Earnest referred to Trump as “That Zionist, Jew-loving, anti-White, traitorous c**ks****er.” Bowers wrote that he opposed Trump because he is supposedly surrounded by Jews, whom Bowers called an “infestation” in the White House. The New York Times also hates Trump. And like Bowers and Earnest, it promotes the notion in both news stories and editorials that Trump’s support for Israel harms U.S. interests to benefit avaricious Jews. In 2017, just as the Russia collusion narrative was taking hold, Politico spun an antisemitic conspiracy theory that placed Chabad at the center of the nefarious scheme in which Russian President Vladimir Putin connived with Trump to steal the election from Democratic nominee Hillary Clinton. (…) The story, titled “The Happy-Go-Lucky Jewish Group that Connects Trump and Putin,” claimed that Russia’s Chief Rabbi Berel Lazar, who is Chabad’s senior representative there, served as an intermediary between Putin and Trum-p. He did this, Politico alleged, through his close ties to Chabad rabbis in the United States who have longstanding ties to Trump. (…) In other words, the antisemitic Chabad conspiracy theory laid out by Politico, which slanderously placed Chabad at the center of a nefarious plot to steal the U.S. presidency for Trump, was first proposed by the New York Times. The Times is well known for its hostility towards Israel. But that hostility is never limited to Israel itself. It also encompasses Jewish Americans who support Israel. For instance, in a 11,000 word “analysis” of the antisemitic “boycott, divestment, sanctions” (BDS) movement published in late March, the Times effectively delegitimized all Jewish support for Israel. (…) Last week the Times erroneously claimed that Jesus was a Palestinian. The falsehood was picked up by antisemitic Rep. Ilhan Omar (D-MN). The Times waited a week to issue a correction. (…) In an op-ed following the cartoon’s publication, the Times’ in-house NeverTrump pro-Israel columnist Bret Stephens at once condemned the cartoon and the paper’s easy-breezy relationship with antisemitism, and minimized the role that antisemitism plays at the New York Times. Stephens attributed the decision to publish the cartoon in the New York Times international edition to the small staff in the paper’s Paris office and insisted that “the charge that the institution [i.e., the Times] is in any way antisemitic is a calumny.” (…) Stephens tried to minimize the Times’ power to influence the public discourse in the U.S. by placing its antisemitic reporting in the context of a larger phenomenon. But the fact is that while the New York Times has long since ceased serving as the “paper of record” for anyone not on the political left in America, it is still the most powerful news organization in the United States, and arguably in the world. The Times has the power to set the terms of the discourse on every subject it touches. Politico felt it was reasonable to allege a Jewish world conspiracy run by Chabad that linked Putin with Trump because, as Haberman suggested, the Times had invented the preposterous, bigoted theory three weeks earlier. New York University felt comfortable giving a prestigious award to the Hamas-linked antisemitic group Students for Justice in Palestine last week because the Times promotes its harassment campaign against Jewish students. (…) It has co-opted of the discourse on antisemitism in a manner that sanitizes the paper and its followers from allegations of being part of the problem. It has led the charge in reducing the acceptable discourse on antisemitism to a discussion of right wing antisemitism. Led by reporter Jonathan Weisman, with able assists from Weiss and Stephens, the Times has pushed the view that the most dangerous antisemites in America are Trump supporters. The basis of this slander is the false claim that Trump referred to the neo-Nazis who protested in Charlottesville in August 2017 as “very fine people.” As Breitbart’s Joel Pollak noted, Trump specifically singled out the neo-Nazis for condemnation and said merely that the protesters at the scene who simply wanted the statue of Robert E. Lee preserved (and those who peacefully opposed them) were decent people. The Times has used this falsehood as a means to project the view that hatred of Jews begins with Trump – arguably the most pro-Jewish president in U.S. history, goes through the Republican Party, which has actively defended Jews in the face of Democratic bigotry, and ends with his supporters. By attributing an imaginary hostility against Jews to Trump, Republicans, and Trump supporters, the Times has effectively given carte blanche to itself, the Democrats, and its fellow Trump-hating antisemites to promote Jew-hatred. John Earnest and Robert Bowers were not ordered to enter synagogues and massacre Jews by the editors of the New York Times. But their decisions to do so was made in an environment of hatred for Jews that the Times promotes every day. Following the Bowers massacre of Jewish worshippers at the Tree of Life Synagogue in Pittsburgh, the New York Times and its Trump-hating columnists blamed Trump for Bowers’s action. Not only was this a slander. It was also pure projection. Caroline Glick
À la suite d’un torrent de protestations, la direction du grand quotidien libéral a reconnu que sa caricature reprenait les clichés antisémites d’usage et a présenté ses regrets. Mais il est difficile pour autant, pour un observateur qui scrute depuis longtemps les relations judéo-américaines, de passer cet incident en pures pertes et profits. Pour différentes raisons qui se conjuguent dangereusement. Mais un mot tout d’abord sur la caricature. En dépit de l’amende honorable versée sans barguigner par le journal lui-même, certains esprits forts discutent l’aspect antisémite du dessin incriminé. J’ai cru remarquer qu’il s’agissait souvent d’antiracistes de gauche vétilleux qui sourcillent dès lors que, par exemple, on ne partage pas avec eux extatiquement le même enthousiasme pour le phénomène migratoire massif et souvent illégal. Au demeurant, le New York Times lui-même n’est pas le dernier à se proposer pour donner à autrui des leçons d’antiracisme qu’il n’a pas réclamées. Nous mettrons bien évidemment leurs contestations sur le compte de leur ignorance de l’histoire de l’antisémitisme plutôt que sur celui d’une improbable mauvaise foi. Tout d’abord, l’animalisation du Juif est un grand classique. Mais au-delà même de cet antisémitisme de facture assez classique, ce méchant dessin s’insère dans un contexte contemporain anglo-saxon de gauche fort dégradé. Il convient de comprendre que parallèlement à un conflit interne au parti travailliste britannique qui reproche, preuves à l’appui, à Jeremy Corbyn un antisémitisme caricatural (lui-même ayant reconnu un problème au sein du Labour), le parti Démocrate américain est déchiré. En cause, de nouvelles représentantes d’origine islamique ou immigrée qui multiplient les dérapages. La plus emblématique étant pour l’heure ilhan Omar, d’origine somalienne, qui enchaînent en spirales les provocations suivies d’excuses. L’un de ses griefs consistant notamment à reprocher aux politiciens juifs une double et déloyale allégeance en faveur de l’état Juif. Les réactions de l’appareil démocrate ordinairement antiraciste, se caractérisant ici par une manière de déploration paternaliste. C’est donc bien dans ce cadre général et particulier qu’il convenait d’analyser pourquoi cette caricature tombait mal, pour le journal libéral comme pour la gauche américaine en proie à ses nouveaux vieux démons, comme pour les juifs américains traditionnellement et majoritairement démocrates. Gilles-William Goldnadel
You thought that Congresswoman Ilhan Omar’s comments about foreign loyalty or “Benjamins” were problematic. The International Edition of the Times just said: “Let me show you what we can do,” with a cartoon of a yarmulke-wearing, blind US President Donald Trump being led by a dog with a Star of David collar and Prime Minister Benjamin Netanyahu’s face for a head. (…) It used to be that we were told that Trump was fostering “Trump antisemitism” and driving a new wave of antisemitism in the US. But the cartoon depicts him as a Jew. Well, which is it? Is he fostering antisemitism, or is he now a closet Jew being led by Israel, depicted as a Jewish dog? We used to say that images “conjured up memories” of 1930s antisemitism. This didn’t conjure it up; this showed us exactly what it looked like. The Nazis also depicted us as animals. They also put Stars of David on us. Antisemites have compared us to dogs, pigs and monkeys before. It used to be that it was on the far-Right that Jews were depicted as controlling the world, like an octopus or a spider. But now we see how mainstream it has become to blame the Jews and Israel for the world’s problems. There isn’t just one problem with this cartoon. There are numerous problems. Problem one is putting a yarmulke on the US president in a negative way. What is being said there? That he is secretly a Jew. Then making him blind, and having him led by Israel. That implies Israel controls US policy or controls America. Problem two: they put a dog leash with a Star of David, which is antisemitic in multiple ways. Problems three and four. You’d think that after the Holocaust, any use of the Star of David would automatically raise questions in a newsroom. But no. Then they put the Israeli prime minister’s face on a dog. On a dog. Problem number five. So this cartoon wasn’t just mildly antisemitic. It wasn’t like “whoops.” It was deeply antisemitic. The New York Times acknowledged this in a kind of pathetic way. They admitted that the cartoon “included antisemitic tropes.” It then noted, “The image was offensive and it was an error of judgement to publish it.” This should be a defining moment. It is a defining moment because one of America’s most prestigious newspapers did this, not some small town newspaper somewhere. That it was in the International Edition doesn’t make it any less harmful. In fact, it shows America’s face to the world and gives a quiet signal to other antisemites. How can we demand that there be zero tolerance for antisemitism and antisemitic tropes when this happens? Jerusalem Post
A dog with a Jewish star around its neck and the face of a Jewish leader, leading a blind, yarmulke-wearing U.S. President would be standard fare for the notorious Nazi newspaper Der Sturmer, and for its modern descendants. Unfortunately the New York Times must now be counted among those descendants. Just days after the Times published an op-ed falsely claiming Jesus was a Palestinian, the New York Times International Edition placed this cartoon on their op-ed page, depicting Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu as a dog leading a blind U.S. President Donald Trump: The cartoon is by the award-winning (aren’t they all) Portuguese cartoonist Antonio Antunes Moreira, and was distributed by the New York Times News Service and Syndicate. After a wave of criticism – perhaps among the earliest was a tweet from the left wing site Jewish Worker – the Times removed the image and tweeted this statement: A political cartoon in the international print edition of The New York Times on Thursday, included anti-Semitic tropes, depicting the Prime Minister of Israel as a guide dog with a Star of David collar leading the President of the United States, shown wearing a skullcap. The image was offensive, and it was an error of judgement to publish it. It was provided by the New York Times News Service and Syndicate, which has since deleted it. Some have termed this an apology – it is not, it is cold-blooded and at best descriptive. Neither the word apology nor any synonym for apology is employed, and there is nothing about accountability or further steps the Times will take to make sure nothing like this ever happens again. This did not happen in a vacuum, but there is nothing about the responsible editor or editors being fired, or even disciplined. There is nothing about no longer accepting or distributing cartoons from the cartoonist Antonio, who has previously used religious symbols in an offensive way. For example, in the cartoon below the Jewish Star of David is represented as controlling the United States, and a crescent moon often associated with Islam is linked with dynamite. Both the Jewish Star and the crescent are seemingly bloody. Camera
Imagine if the New York Times cartoon that depicted Israel’s Prime Minister as a dog had, instead, depicted the leader of another ethnic or gender group in a similar manner? If you think that is hard to imagine that you are absolutely right. It would be inconceivable for a Times editor to have allowed the portrayal of a Muslim leader as a dog; or the leader of any other ethnic or gender group in so dehumanizing a manner. What is it then about Jews that allowed such a degrading cartoon about one of its leaders? One would think that in light of the history of the Holocaust, which is being commemorated this week, the last group that a main stream newspaper would demonize by employing a caricature right out of the Nazi playbook, would be the Jews. But, no. Only three quarters of a century after Der Stürmer incentivized the mass murder of Jews by dehumanizing them we see a revival of such bigoted caricatures. The New York Times should be especially sensitive to this issue, because they were on the wrong side of history when it came to reporting the Holocaust. They deliberately buried the story because their Jewish owners wanted to distance themselves from Jewish concerns. They were also on the wrong side of history when it came to the establishment of the nation state of the Jewish people, following the holocaust. When it comes to Jews and Israel, the New York Times is still on the wrong side of history. I am a strong believer in freedom of speech and the New York Times has a right to continue its biased reporting and editorializing. But despite my support for freedom of speech, I am attending a protest in front of the New York Times this afternoon to express my freedom of speech against how the New York Times has chosen to exercise its. There is no inconsistency in defending the right to express bigotry and at the same time protesting that bigotry. When I defended the rights of Communists and Nazis to express their venomous philosophies, I also insisted on expressing my contempt for their philosophy. I did the same when I defended the rights of Palestinian students to fly the Palestinian flag in commemoration of the death of Arafat. I went out of my way to defend the right of students to express their support of this mass murder. But I also went out of my way to condemn Arafat and those who support him and praise his memory. I do not believe in free speech for me, but not for thee. But I do believe in condemning those who hide behind the First Amendment to express anti-Semitic, anti-Muslim, homophobic, sexist or racist views. Nor is the publication of this anti-Semitic cartoon a one-off. For years now, the New York Times op-ed pages have been one-sidedly anti-Israel. Its reporting has often been provably false, and all the errors tend to favor Israel’s enemies. Most recently, the New York Times published an op-ed declaring, on Easter Sunday, that the crucified Jesus was probably a Palestinian. How absurd. How preposterous. How predictable. In recent years, it has become more and more difficult to distinguish between the reporting of the New York Times and their editorializing. Sometimes its editors hide behind the euphemism « news analysis, » when allowing personal opinions to be published on the front page. More recently, they haven’t even bothered to offer any cover. The reporting itself, as repeatedly demonstrated by the Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America (CAMERA), has been filled with anti-Israel errors. The publishers of the New York Times owe its readers a responsibility to probe deeply into this bias and to assume responsibility for making the Times earn its title as the newspaper of record. Any comparison between the reporting of the New York Times and that of the Wall Street Journal when it comes to the Middle East would give the New York Times a failing grade. Having said this, I do not support a boycott of the New York Times. Let readers decide for themselves whether they want to read its biased reporting. I, for one, will continue to read the New York Times with a critical eye, because it is important to know what disinformation readers are getting and how to challenge that disinformation in the marketplace of ideas. So I am off to stand in protest of the New York Times, while defending its right to be wrong. That is what the First Amendment is all about. Finally, there is some good news. One traditional anti-Semitic trope is that « the Jews control the media. » People who peddle this nonsense, often point to the New York Times, which is, in fact, published by a prominent Jewish family, the Sulzbergers. Anyone who reads the New York Times will immediately see the lie in this bigoted claim: Yes, the New York Times has long been controlled by a Jewish family. But this Jewish family is far from being supportive of Jewish values, the nation state of the Jewish people or Jewish sensibilities. If anything, it has used its Jewishness as an excuse to say about Jews and do to Jews what no mainstream newspaper, not owned by Jews, would ever do. Alan M. Dershowitz
As prejudices go, anti-Semitism can sometimes be hard to pin down, but on Thursday the opinion pages of The New York Times international edition provided a textbook illustration of it. Except that The Times wasn’t explaining anti-Semitism. It was purveying it. It did so in the form of a cartoon, provided to the newspaper by a wire service and published directly above an unrelated column by Tom Friedman, in which a guide dog with a prideful countenance and the face of Benjamin Netanyahu leads a blind, fat Donald Trump wearing dark glasses and a black yarmulke. Lest there be any doubt as to the identity of the dog-man, it wears a collar from which hangs a Star of David. Here was an image that, in another age, might have been published in the pages of Der Stürmer. The Jew in the form of a dog. The small but wily Jew leading the dumb and trusting American. The hated Trump being Judaized with a skullcap. The nominal servant acting as the true master. The cartoon checked so many anti-Semitic boxes that the only thing missing was a dollar sign. (…) The Times has a longstanding Jewish problem, dating back to World War II, when it mostly buried news about the Holocaust, and continuing into the present day in the form of intensely adversarial coverage of Israel. The criticism goes double when it comes to the editorial pages, whose overall approach toward the Jewish state tends to range, with some notable exceptions, from tut-tutting disappointment to thunderous condemnation. (…) The problem with the cartoon isn’t that its publication was a willful act of anti-Semitism. It wasn’t. The problem is that its publication was an astonishing act of ignorance of anti-Semitism — and that, at a publication that is otherwise hyper-alert to nearly every conceivable expression of prejudice, from mansplaining to racial microaggressions to transphobia. Imagine, for instance, if the dog on a leash in the image hadn’t been the Israeli prime minister but instead a prominent woman such as Nancy Pelosi, a person of color such as John Lewis, or a Muslim such as Ilhan Omar. Would that have gone unnoticed by either the wire service that provides the Times with images or the editor who, even if he were working in haste, selected it? The question answers itself. And it raises a follow-on: How have even the most blatant expressions of anti-Semitism become almost undetectable to editors who think it’s part of their job to stand up to bigotry? The reason is the almost torrential criticism of Israel and the mainstreaming of anti-Zionism, including by this paper, which has become so common that people have been desensitized to its inherent bigotry. So long as anti-Semitic arguments or images are framed, however speciously, as commentary about Israel, there will be a tendency to view them as a form of political opinion, not ethnic prejudice. But as I noted in a Sunday Review essay in February, anti-Zionism is all but indistinguishable from anti-Semitism in practice and often in intent, however much progressives try to deny this. Add to the mix the media’s routine demonization of Netanyahu, and it is easy to see how the cartoon came to be drawn and published: Already depicted as a malevolent Jewish leader, it’s just a short step to depict him as a malevolent Jew. The paper (…) owes itself some serious reflection as to how its publication came, to many longtime readers, as a shock but not a surprise. Bret L. Stephens
António Antunes a publié ses premiers dessins animés dans le quotidien de Lisbonne« République » en mars 1974. Plus tard cette année, il a rejoint l’hebdomadaire « Expresso » où il continue de publier ses œuvres. Il a reçu différents prix dont le Grand Prix du 20e Salon of Cartoons (Montréal, Canada, 1983), Le 1er prix pour Cartoon Editorial du 23ème International Salon of Cartoons (Montréal, Canada, 1986), Grand Prix D’honneur 15e Festival du Dessin Humoristique (Anglet, France, 1993), Prix ​​d’excellence – Best Newspaper Design, SND – Stockholm, Suède (1995) Premio Internazionale Satira Politica (ex-aequo, Forte Dei Marmi, Italie, 2002), Grand Prix Stuart Carvalhais (Lisbonne, Portugal, 2005) et le Prix International Presse (Saint-Just-le-Martel, France, 2010). Il a organisé des expositions individuelles au Portugal, en France, en Espagne, au Brésil, en Allemagne et au Luxembourg. Il a été membre du jury à différents Salons de Dessin d’Humour au Portugal, au Brésil, en Grèce, en Italie, en Serbie et en Turquie. António est se dédie aussi au design graphique, à la sculpture, aux médailles et il est l’auteur de l’animation plastique de la station de métro Airport de Lisbonne, ouverte en 2012, mettant en vedette des caricatures de personnalités de premier plan dans la ville, réalisées en pierre inserée. Il est président du jury de World Press Cartoon, le Salon dont il est le directeur depuis sa fondation en 2005. Festival International de la caricature, du dessin de presse et d’humour
When the international version of the NY Times decided to publish an anti-Semitic cartoon by the Portuguese cartoonist Antonio Moreira Antunes, it was just following a long-established European post-WWII tradition. Antunes has been in the anti-Semitic image business for decades, and won an award in 1983 for his appropriation of a Warsaw ghetto photo, changing the victim of Nazis into a Palestinian victim of Israeli Jews. For this, Antunes received the top prize at the 20th International Salon of Cartoons in Montreal. So that’s the identity and history of the cartoonist who drew the more recent cartoon with Trump as a blind Jew being led by the dachshund Jew Netanyahu. So far, though, the Times hasn’t seen fit to name the person or persons who decided to publish the Trump/Netanyahu cartoon in their paper. But my guess is that this person or people who made the call is/are European as well—or, if American, has/have lived a long time abroad. To Europeans, that cartoon would likely be considered ho-hum, just business as usual—or maybe even worthy of a prize or two. They have lost the ability to see what the cartoon looks like to others because they are so used to what’s being expressed here that it’s become mainstream. It’s not as though any of this is new in Europe, although it may be somewhat new for the NY Times (even the international version) to publish this sort of thing. Prior to doing the research for this post, I had never heard of Antunes’ reworking of the Warsaw ghetto image. But for me, that blind-Trump/dachshund-Netanyahu cartoon had already conjured up the memory of another cartoon, one that had appeared in the British newspaper The Independent and was drawn by the British political cartoonist Dave Brown. (…) Ariel Sharon is naked, except for that little Likud rosette instead of a fig leaf. Not a kippah or a Jewish star in sight. So that makes the blood libel perfectly okay, apparently. In fact, the cartoon was so highly thought of that it was awarded the 2003 first prize by the British Political Cartoon Society. (…) If you think about it, it’s a wonder that the international NY Times took so long to get with the program. Legal insurrection

Attention: une normalisation de la déviance peut en cacher une autre !

En cette nouvelle Fête du travail ….

Véritable institutionnalisation, de la première bombe anarchiste de Haymarket square aux actuelles déprédations des black blocs, de la violence politique …

Pendant qu’après l’élection au Congrès de la première députée voilée explicitement antisémite, nos médias nous présentent comme nouvelle avancée historique la burkinisation d’un des modèles du numéro spécial maillots du magazine sportif américain Sports illustrated

Comment ne pas voir …

La publication, dans les pages internationales (et parisiennes) d’un quotidien qui avait refusé la moindre caricature de Mahomet ou de Charlie hebdo …

Et entre une descente en règle de la politique israélienne, la dénonciation de la prétendue collusion de Trump avec la Russie via « son rabbin » et la palestinisation de Jésus lui-même …

D’une caricature antisémite, deux jours avant une nouvelle fusillade dans une synagogue, digne des plus beaux jours de der Sturmer ou de Je suis partout …

Comme un nouveau cas, excuses ou pas, à l’instar de ce qui arrive actuellement tant aux travaillistes britanniques qu’aux démocrates américains …

De la « normalisation de la déviance » ou de la « normalité rampante » si bien décrits par les sociologue et historien des catastrophes spatiales (Diane Vaughan) ou écologiques (Jared Diamond) …

rejoignant entre le détournement de la photo du ghetto de Varsovie ou un Sharon dévoreur d’enfants …

Une désormais longue et dûment primée, sauf très rares exceptions, tradition européenne

La tolérance croissante à toute une série de petites entorses à la déontologie génère imperceptiblement une véritable culture d’entreprise de l’antisionisme

Et derrière la banalisation de l’antisémitisme qui s’ensuit …

Sans parler bien sûr de l’antichristianisme de rigueur

Aboutit presque inévitablement au type de  fiasco actuel ?

The New York Times and the European vogue for anti-Semitic cartoons
For decades European anti-Semitic cartoons have won international prizes
New Neo
Legal insurrection
April 30, 2019

When the international version of the NY Times decided to publish an anti-Semitic cartoon by the Portuguese cartoonist Antonio Moreira Antunes, it was just following a long-established European post-WWII tradition. Antunes has been in the anti-Semitic image business for decades, and won an award in 1983 for his appropriation of a Warsaw ghetto photo, changing the victim of Nazis into a Palestinian victim of Israeli Jews. For this, Antunes received the top prize at the 20th International Salon of Cartoons in Montreal.

So that’s the identity and history of the cartoonist who drew the more recent cartoon with Trump as a blind Jew being led by the dachshund Jew Netanyahu. So far, though, the Times hasn’t seen fit to name the person or persons who decided to publish the Trump/Netanyahu cartoon in their paper. But my guess is that this person or people who made the call is/are European as well—or, if American, has/have lived a long time abroad.

To Europeans, that cartoon would likely be considered ho-hum, just business as usual—or maybe even worthy of a prize or two. They have lost the ability to see what the cartoon looks like to others because they are so used to what’s being expressed here that it’s become mainstream.

It’s not as though any of this is new in Europe, although it may be somewhat new for the NY Times (even the international version) to publish this sort of thing. Prior to doing the research for this post, I had never heard of Antunes’ reworking of the Warsaw ghetto image. But for me, that blind-Trump/dachshund-Netanyahu cartoon had already conjured up the memory of another cartoon, one that had appeared in the British newspaper The Independent and was drawn by the British political cartoonist Dave Brown.

It was early in 2003, during the Second Intifada, when Palestinians had been deliberately targeting and blowing up Israelis civilians (including Israeli children) at a rapid clip for three years. The wall had been started but was far from completion at the time the cartoon was published (January of 2003). One would think that if anyone was going to be depicted as deliberate and ghoulish child killers it would be the Palestinians, who not only supported suicide bombers who murdered children but who purposely used their own children as sacrifices, putting them in harm’s way (see also this) to make it more likely that defensive retaliatory measures by the Israelis would result in the inadvertent death of Palestinian children.

But ghoulish Palestinians wasn’t the image Brown was after (and here the reference is to the famous Goya painting “Saturn Devouring His Son“):

See? Ariel Sharon is naked, except for that little Likud rosette instead of a fig leaf. Not a kippah or a Jewish star in sight. So that makes the blood libel perfectly okay, apparently. In fact, the cartoon was so highly thought of that it was awarded the 2003 first prize by the British Political Cartoon Society. In his acceptance speech, “Brown thanked the Israeli Embassy for its angry reaction to the cartoon, which he said had contributed greatly to its publicity.”

If you think about it, it’s a wonder that the international NY Times took so long to get with the program.

Voir aussi:

A Despicable Cartoon in The Times
The paper of record needs to reflect deeply on how it came to publish anti-Semitic propaganda.
NYT
April 28, 2019

As prejudices go, anti-Semitism can sometimes be hard to pin down, but on Thursday the opinion pages of The New York Times international edition provided a textbook illustration of it.

Except that The Times wasn’t explaining anti-Semitism. It was purveying it.

It did so in the form of a cartoon, provided to the newspaper by a wire service and published directly above an unrelated column by Tom Friedman, in which a guide dog with a prideful countenance and the face of Benjamin Netanyahu leads a blind, fat Donald Trump wearing dark glasses and a black yarmulke. Lest there be any doubt as to the identity of the dog-man, it wears a collar from which hangs a Star of David.

Here was an image that, in another age, might have been published in the pages of Der Stürmer. The Jew in the form of a dog. The small but wily Jew leading the dumb and trusting American. The hated Trump being Judaized with a skullcap. The nominal servant acting as the true master. The cartoon checked so many anti-Semitic boxes that the only thing missing was a dollar sign.

The image also had an obvious political message: Namely, that in the current administration, the United States follows wherever Israel wants to go. This is false — consider Israel’s horrified reaction to Trump’s announcement last year that he intended to withdraw U.S. forces from Syria — but it’s beside the point. There are legitimate ways to criticize Trump’s approach to Israel, in pictures as well as words. But there was nothing legitimate about this cartoon.

So what was it doing in The Times?

For some Times readers — or, as often, former readers — the answer is clear: The Times has a longstanding Jewish problem, dating back to World War II, when it mostly buried news about the Holocaust, and continuing into the present day in the form of intensely adversarial coverage of Israel. The criticism goes double when it comes to the editorial pages, whose overall approach toward the Jewish state tends to range, with some notable exceptions, from tut-tutting disappointment to thunderous condemnation.

For these readers, the cartoon would have come like the slip of the tongue that reveals the deeper institutional prejudice. What was long suspected is, at last, revealed.

The real story is a bit different, though not in ways that acquit The Times. The cartoon appeared in the print version of the international edition, which has a limited overseas circulation, a much smaller staff, and far less oversight than the regular edition. Incredibly, the cartoon itself was selected and seen by just one midlevel editor right before the paper went to press.

An initial editor’s note acknowledged that the cartoon “included anti-Semitic tropes,” “was offensive,” and that “it was an error of judgment to publish it.” On Sunday, The Times issued an additional statement saying it was “deeply sorry” for the cartoon and that “significant changes” would be made in terms of internal processes and training.

In other words, the paper’s position is that it is guilty of a serious screw-up but not a cardinal sin. Not quite.

The problem with the cartoon isn’t that its publication was a willful act of anti-Semitism. It wasn’t. The problem is that its publication was an astonishing act of ignorance of anti-Semitism — and that, at a publication that is otherwise hyper-alert to nearly every conceivable expression of prejudice, from mansplaining to racial microaggressions to transphobia.

Imagine, for instance, if the dog on a leash in the image hadn’t been the Israeli prime minister but instead a prominent woman such as Nancy Pelosi, a person of color such as John Lewis, or a Muslim such as Ilhan Omar. Would that have gone unnoticed by either the wire service that provides the Times with images or the editor who, even if he were working in haste, selected it?

The question answers itself. And it raises a follow-on: How have even the most blatant expressions of anti-Semitism become almost undetectable to editors who think it’s part of their job to stand up to bigotry?

The reason is the almost torrential criticism of Israel and the mainstreaming of anti-Zionism, including by this paper, which has become so common that people have been desensitized to its inherent bigotry. So long as anti-Semitic arguments or images are framed, however speciously, as commentary about Israel, there will be a tendency to view them as a form of political opinion, not ethnic prejudice. But as I noted in a Sunday Review essay in February, anti-Zionism is all but indistinguishable from anti-Semitism in practice and often in intent, however much progressives try to deny this.

Add to the mix the media’s routine demonization of Netanyahu, and it is easy to see how the cartoon came to be drawn and published: Already depicted as a malevolent Jewish leader, it’s just a short step to depict him as a malevolent Jew.

I’m writing this column conscious of the fact that it is unusually critical of the newspaper in which it appears, and it is a credit to the paper that it is publishing it. I have now been with The Times for two years and I’m certain that the charge that the institution is in any way anti-Semitic is a calumny.

But the publication of the cartoon isn’t just an “error of judgment,” either. The paper owes the Israeli prime minister an apology. It owes itself some serious reflection as to how it came to publish that cartoon — and how its publication came, to many longtime readers, as a shock but not a surprise.

Bret L. Stephens has been an Opinion columnist with The Times since April 2017. He won a Pulitzer Prize for commentary at The Wall Street Journal in 2013 and was previously editor in chief of The Jerusalem Post.

 Voir également:

New York Times pathetic excuse for printing antisemitic cartoon – opinion
You thought that Congresswoman Ilhan Omar’s comments about foreign loyalty or “Benjamins” were problematic. The International Edition of the New York Times just said “let me show you what we can do.”
Seth J. Frantzman
Jerusalem Post
April 28, 2019

At a time of rising antisemitism, when we have become increasingly exposed to the notion of dog whistles and tropes that are antisemitic, when there is a lively and active debate about this issue in the US, The New York Times International Edition did the equivalent of saying “hold my beer.”

You thought that Congresswoman Ilhan Omar’s comments about foreign loyalty or “Benjamins” were problematic. The International Edition of the Times just said: “Let me show you what we can do,” with a cartoon of a yarmulke-wearing, blind US President Donald Trump being led by a dog with a Star of David collar and Prime Minister Benjamin Netanyahu’s face for a head.
I didn’t believe the cartoon was real when I first saw it. Many of my colleagues didn’t believe it either. I spent all day Saturday trying to track down a hard copy. I phoned friends, I got a PDF of the edition, and even then I didn’t believe it.

I had to see for myself. So I drove to a 24-hour supermarket. There on the newsstand was the April 25 edition. I flipped gingerly through, fearing to see Page 16.

And then I found it. It stared back at me: That horrid image of a blind US President Donald Trump with a yarmulke being led by a dog with the face of Prime Minister Benjamin Netanyahu. Worse, the dog was wearing a Star of David as a collar.

This is what The New York Times thinks of us Israelis. Even if they subsequently said it was an error, they thought it was okay to print a cartoon showing the US president being blindly led by the “Jewish dog”?

And not only that, those who watched as it went to print thought it was fine to put a Jewish skullcap on the US president. Dual loyalty? No need to even wrestle with that question.

It used to be that we were told that Trump was fostering “Trump antisemitism” and driving a new wave of antisemitism in the US. But the cartoon depicts him as a Jew. Well, which is it? Is he fostering antisemitism, or is he now a closet Jew being led by Israel, depicted as a Jewish dog? We used to say that images “conjured up memories” of 1930s antisemitism. This didn’t conjure it up; this showed us exactly what it looked like.

The Nazis also depicted us as animals. They also put Stars of David on us. Antisemites have compared us to dogs, pigs and monkeys before. It used to be that it was on the far-Right that Jews were depicted as controlling the world, like an octopus or a spider.

But now we see how mainstream it has become to blame the Jews and Israel for the world’s problems.

The cartoon comes in the context of numerous similar antisemitic statements and “dog whistles.” In this case it isn’t only “the Jews” but also Israel “leading” the US president. The cartoon is clear as day. It presents the Jews, as symbolized by that Star of David collar, secretly controlling the US president. Trump is being led by Israel, by the Jewish state.

No other country or minority group is subjected to such unrelenting and systematic hatred by mainstream US newspapers. No one would dare to put an Islamic leader’s face on a dog, with Islamic symbols, leading the US president.

Of course not. The editor would stop that.

They’d be sensitive to this issue. They would err on the side of not being offensive. The night editor, the assistant editor or someone would say: “This doesn’t look right.”

Imagine the days when racists tried to depict US president Barack Obama as a closet Muslim. We know the tropes. So why put a yarmulke on Trump’s head? When it comes to Jews and Israel, there is no depth to which they will not sink.

And an apology after the fact isn’t enough.

I know. I’m an Op-ed Editor. When I used to run cartoons in my section, no fewer than four people would see it before it went to print. At the International Edition of The New York Times, it should have been more than four. And they all thought it was fine? What that tells me is that there is a culture of antisemitism somewhere in the newsroom.

THERE ISN’T just one problem with this cartoon. There are numerous problems.

Problem one is putting a yarmulke on the US president in a negative way. What is being said there? That he is secretly a Jew. Then making him blind, and having him led by Israel. That implies Israel controls US policy or controls America.

That is problem two. Then they put a dog leash with a Star of David, which is antisemitic in multiple ways.

Problems three and four. You’d think that after the Holocaust, any use of the Star of David would automatically raise questions in a newsroom.

But no. Then they put the Israeli prime minister’s face on a dog. On a dog. Problem number five.

So this cartoon wasn’t just mildly antisemitic. It wasn’t like “whoops.” It was deeply antisemitic.

The New York Times acknowledged this in a kind of pathetic way. They admitted that the cartoon “included antisemitic tropes.” It then noted, “The image was offensive and it was an error of judgement to publish it.”

That’s not enough. An error of judgment would imply that it was just a kind of mistake. “Tropes” would imply that to some people it is antisemitic, but that it’s not clear as day.

But this is clear as day.

This isn’t like some story of unclear antisemitism. This isn’t a dog whistle. This is a dog. This is antisemitic on numerous levels. It’s time to say no more. It’s time to say “They shall not pass.”

This should be a defining moment. It is a defining moment because one of America’s most prestigious newspapers did this, not some small town newspaper somewhere.

That it was in the International Edition doesn’t make it any less harmful. In fact, it shows America’s face to the world and gives a quiet signal to other antisemites. How can we demand that there be zero tolerance for antisemitism and antisemitic tropes when this happens?

People must speak up against the cartoon fiasco and demand a real accounting. And a real conversation. Not another set of excuses where we all pretend it’s not clearly antisemitism, and it’s not clearly an attack on Jews and “dual loyalty.”

We need to hear contrition and explanations. The public should be included, and The New York Times should listen to how harmful and offensive this was.

Voir encore:

Une caricature antisémite publiée dans le “New York Times” : “un dessin abject”
Le grand quotidien américain s’est excusé pour un dessin représentant Donald Trump et Benyamin Nétanyahou, paru dans son édition internationale. Plus qu’une simple erreur de jugement, dénonce un de ses propres chroniqueurs.
Courrier international
29/04/2019

“Un dessin abject dans le New York Times” : c’est le titre d’une chronique publiée le 28 avril par le New York Times lui-même. Le chroniqueur conservateur Bret Stephens n’hésite pas à critiquer l’institution qui l’emploie pour avoir publié dans son édition internationale une caricature jugée antisémite par de nombreux lecteurs

Ce dessin représente le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, sous l’apparence d’un chien tirant au bout de sa laisse le président américain, Donald Trump. Nétanyahou est affublé d’un collier avec une étoile de David, tandis que Trump porte une kippa et des lunettes noires. “Le Juif sous la forme d’un chien. Le Juif petit mais rusé menant l’Américain naïf et idiot. Trump, cet homme détesté, judaïsé avec une kippa. […] Le dessin était tellement rempli de traits antisémites que tout ce qui manquait, c’était le symbole du dollar”, dénonce le chroniqueur.

La caricature, œuvre du dessinateur portugais António Moreira Antunes, a d’abord été publiée par le journal de Lisbonne Expresso, a précisé le New York Times. D’après le quotidien israélien Jerusalem Post, ce dessinateur aurait déjà été accusé d’antisémitisme dans le passé.

Des excuses sont venues du New York Times à deux reprises. “Nous sommes sincèrement désolés de la publication d’un dessin antisémite jeudi dernier”, a notamment fait savoir, dimanche 28 avril, la rubrique Opinions du journal. En mettant en cause une décision prise dans la précipitation par un seul éditeur.

Pour le chroniqueur Bret Stephens, il ne s’agit pourtant pas d’une simple erreur de jugement. Si la rédaction du New York Times n’est pas coupable d’antisémitisme, elle aurait manqué de vigilance face à une image antisémite. Et cela, selon ce chroniqueur qui prend régulièrement la défense d’Israël, du fait du “flot de critiques à l’encontre d’Israël et [de] la banalisation de l’antisionisme, y compris dans ce journal. Un antisionisme devenu si courant que les gens ne perçoivent plus qu’il est intrinsèquement sectaire.”

Voir aussi:

New York Times, Central Clearinghouse of Antisemitism in America

Caroline Glick

The past several days have left many Jews in the United States feeling shell-shocked. Attacks against them seem to be coming from all quarters.

First, on Thursday, the New York Times’ International Edition published a stunningly antisemitic cartoon on its op-ed page. It portrayed a blind President Donald Trump wearing the garb of an ultra-Orthodox Jew, replete with a black suit and a black yarmulke, with the blackened sunglasses of a blind man being led by a seeing-eye dog with Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu’s face.

If the message – that Jewish dogs are leading the blind American by the nose — wasn’t clear enough, the Netanyahu dog was wearing a collar with a Star of David medallion, just to make the point unmistakable.

Under a torrent of criticism, after first refusing to apologize for the cartoon, which it removed from its online edition, the Times issued an acknowledment on Sunday, but has taken no action against the editors responsible.

Two days after the Times published its hateful cartoon, Jews at the Chabad House synagogue in Poway, outside San Diego, were attacked by a rifle-bearing white supremacist as they prayed.

John Earnest, the gunman, murdered 60-year-old Lori Glibert Kaye and wounded Rabbi Yisroel Goldstein; nine-year-old Noya Dahan; and her uncle, Almog Peretz.

On the face of things, there is no meaningful connection between the Times’ cartoon and the Poway attack. In his online manifesto, Earnest presented himself as a Nazi in the mold of Robert Bowers, the white supremacist who massacred 11 Jews at the Tree of Life Synagogue last October.

The New York Times, on the other hand, is outspoken in its hatred of white supremacists whom it associates with President Donald Trump, the paper’s archenemy.

On the surface, the two schools of Jew hatred share no common ground.

But a serious consideration of the Times’ anti-Jewish propaganda leads to the opposite conclusion.

The New York Times — as an institution that propagates anti-Jewish messages, narratives, and demonizations — is deeply tied to the rise in white supremacist violence against Jews. This is the case for several reasons.

First, as Seth Franzman of the Jerusalem Post pointed out, Bowers and Earnest share two hatreds – for Jews and for Trump.

Both men hate Trump, whom they view as a friend of the Jews. Earnest referred to Trump as “That Zionist, Jew-loving, anti-White, traitorous c**ks****er.” Bowers wrote that he opposed Trump because he is supposedly surrounded by Jews, whom Bowers called an “infestation” in the White House.

The New York Times also hates Trump. And like Bowers and Earnest, it promotes the notion in both news stories and editorials that Trump’s support for Israel harms U.S. interests to benefit avaricious Jews.

In 2017, just as the Russia collusion narrative was taking hold, Politico spun an antisemitic conspiracy theory that placed Chabad at the center of the nefarious scheme in which Russian President Vladimir Putin connived with Trump to steal the election from Democratic nominee Hillary Clinton. The obscene story referred to Chabad as “an international Hasidic movement most people have never heard of.” In truth, Chabad is one of the largest Jewish religious movements in the world and the fastest-growing Jewish religious movement in the United States.

The story, titled “The Happy-Go-Lucky Jewish Group that Connects Trump and Putin,” claimed that Russia’s Chief Rabbi Berel Lazar, who is Chabad’s senior representative there, served as an intermediary between Putin and Trum-p. He did this, Politico alleged, through his close ties to Chabad rabbis in the United States who have longstanding ties to Trump.

Following the article’s publication, the New York Times‘ star reporter Maggie Haberman tweeted,  “We wrote a few weeks ago about “Putin’s Rabbi” Berel Lazar reaching out to a Trump aide.”

The Times’ story alleged that there were across-the-board ties between senior Trump campaign aides and Russian officials. Among the many ties discussed was a meeting that Trump’s advisor Jason Greenblatt held with Lazar. In other words, the antisemitic Chabad conspiracy theory laid out by Politico, which slanderously placed Chabad at the center of a nefarious plot to steal the U.S. presidency for Trump, was first proposed by the New York Times.

The Times is well known for its hostility towards Israel. But that hostility is never limited to Israel itself. It also encompasses Jewish Americans who support Israel. For instance, in a 11,000 word “analysis” of the antisemitic “boycott, divestment, sanctions” (BDS) movement published in late March, the Times effectively delegitimized all Jewish support for Israel.

The article, by Nathan Thrush. purported to be an objective analysis of BDS, which calls for Israel to be destroyed and uses forms of social, economic and political warfare against Jews who support Israel to render continued support for Israel beyond the Pale.

Rather than objectively analyzing BDS, Thrall’s article promoted it — and, through it, the rticle delegitimized American Jewish support for Israel.

The article began with a description of the discussions on Israel conducted by the Democratic Party’s platform committee ahead of the 2016 Democratic National Convention. The committee was comprised of representatives of Senator Bernie Sanders (I-VT) and representatives of former Secretary of State Hillary Clinton.

Thrall wrote:

The representatives chosen by Sanders…were all minorities, including James Zogby, the head of the Arab American Institute and a former senior official on Jesse Jackson’s 1984 and 1988 presidential campaigns; the Native American activist Deborah Parker; and Cornel West, the African-American professor and author then teaching at Union Theological Seminary.

The representatives selected by Clinton and the D.N.C. who spoke on the issue were all Jewish and included the retired congressman Howard Berman, who is now a lobbyist; Wendy Sherman, a former under secretary of state for political affairs; and Bonnie Schaefer, a Florida philanthropist and Democratic donor, who had made contributions to Clinton.

In other words, the anti-Israel representatives were all civil rights activists and members of legitimate victim groups. The pro-Israel representatives were all there because of their money.

And of course, because they are all-powerful, the Jews won.

The New York Times’ promotion of anti-Jewish libels in relation to Israel and more generally is all-encompassing. The Times reacted, for example, to Trump’s designation of the Iranian Revolutionary Guard Corps (IRGC) as a terrorist organization by suggesting that he move could lead the U.S. to designate Israeli intelligence agencies as terrorist organizations.

Why? Well, because they are Israeli. And Israelis are terrorists.

The Times used the recent death of an Israeli spymaster to regurgitate a long discredited accusation that Israel stole enriched uranium from the United States. As is its wont, the Times libeled Israel in bold and then published a correction in fine print.

In addition, as part of its longstanding war against Israel’s Orthodox religious authorities, Times columnist Bari Weiss alleged falsely that Israel’s rabbinate controls circumcision, suggesting that the voluntary practice is compulsory.

Last week the Times erroneously claimed that Jesus was a Palestinian. The falsehood was picked up by antisemitic Rep. Ilhan Omar (D-MN). The Times waited a week to issue a correction.

As to Ilhan Omar, the Times falsely claimed that the only congressional Democrats who condemned her anti-Semitic tweets were Jews — when in fact the Democratic Congressional leadership, which is not comprised of Jews, condemned her anti-Jewish posts.

The paper’s hostility towards Jews is so intense and pervasive that despite the increased public attention to the paper’s hostility to Jews that its anti-Jewish cartoon of blind Trump and dog Netanyahu generated, on Sunday the Times published a feature on bat mitzvahs that portrayed the religious rite of passage for 12 year old girls as a materialist party geared entirely toward social climbing. That is, the Judaism the Times portrayed was denuded of all intrinsic meaning. Bat mitzvahs were presented as a flashy way that materialistic, vapid Jews promote their equally vapid, materialistic daughters.

All this, then, brings us to the synagogue shooting on Saturday and the larger phenomenon of growing antisemitism in America, which while relegated to the margins of the political right is now becoming a dominant force in the Democratic Party specifically and the political left more generally.

In an op-ed following the cartoon’s publication, the Times’ in-house NeverTrump pro-Israel columnist Bret Stephens at once condemned the cartoon and the paper’s easy-breezy relationship with antisemitism, and minimized the role that antisemitism plays at the New York Times. Stephens attributed the decision to publish the cartoon in the New York Times international edition to the small staff in the paper’s Paris office and insisted that “the charge that the institution [i.e., the Times] is in any way antisemitic is a calumny.”

But of course, it is not a calumny. It is a statement of fact, laid bare by the paper’s decision to publish a cartoon that could easily have been published in a Nazi publication.

And this brings us back to the issue of the Times’ responsibility for rising antisemitism in the United States.

Stephens tried to minimize the Times’ power to influence the public discourse in the U.S. by placing its antisemitic reporting in the context of a larger phenomenon. But the fact is that while the New York Times has long since ceased serving as the “paper of record” for anyone not on the political left in America, it is still the most powerful news organization in the United States, and arguably in the world.

The Times has the power to set the terms of the discourse on every subject it touches. Politico felt it was reasonable to allege a Jewish world conspiracy run by Chabad that linked Putin with Trump because, as Haberman suggested, the Times had invented the preposterous, bigoted theory three weeks earlier. New York University felt comfortable giving a prestigious award to the Hamas-linked antisemitic group Students for Justice in Palestine last week because the Times promotes its harassment campaign against Jewish students.

The Times’ active propagation of anti-Jewish sentiment is not the only way the paper promotes Jew-hatred. It has co-opted of the discourse on antisemitism in a manner that sanitizes the paper and its followers from allegations of being part of the problem. It has led the charge in reducing the acceptable discourse on antisemitism to a discussion of right wing antisemitism. Led by reporter Jonathan Weisman, with able assists from Weiss and Stephens, the Times has pushed the view that the most dangerous antisemites in America are Trump supporters. The basis of this slander is the false claim that Trump referred to the neo-Nazis who protested in Charlottesville in August 2017 as “very fine people.” As Breitbart’s Joel Pollak noted, Trump specifically singled out the neo-Nazis for condemnation and said merely that the protesters at the scene who simply wanted the statue of Robert E. Lee preserved (and those who peacefully opposed them) were decent people.

The Times has used this falsehood as a means to project the view that hatred of Jews begins with Trump – arguably the most pro-Jewish president in U.S. history, goes through the Republican Party, which has actively defended Jews in the face of Democratic bigotry, and ends with his supporters.

By attributing an imaginary hostility against Jews to Trump, Republicans, and Trump supporters, the Times has effectively given carte blanche to itself, the Democrats, and its fellow Trump-hating antisemites to promote Jew-hatred.

John Earnest and Robert Bowers were not ordered to enter synagogues and massacre Jews by the editors of the New York Times. But their decisions to do so was made in an environment of hatred for Jews that the Times promotes every day.

Following the Bowers massacre of Jewish worshippers at the Tree of Life Synagogue in Pittsburgh, the New York Times and its Trump-hating columnists blamed Trump for Bowers’s action. Not only was this a slander. It was also pure projection.

Voir aussi:

I saw the darkness of antisemitism, but I never thought it would get this dark

The party faces a huge problem that must be surmounted, if only for moral reasons

Nick Cohen
The Guardian
30 Apr 2016

Racism is not a specific illness but a general sickness. Display one symptom and you display them all. If you show me an anti-Muslim bigot, I will be able to guess his or her views on the European Union, welfare state, crime and “political correctness”. Show me a leftwing or Islamist antisemite and, once again, he will carry a suitcase full of prejudices, which have nothing to do with Jews, but somehow have everything to do with Jews.

The Labour party does not have a “problem with antisemitism” it can isolate and treat, like a patient asking a doctor for a course of antibiotics. The party and much of the wider liberal-left have a chronic condition.

As I have written about the darkness on the left before, I am not going to crow now that it has turned darker than even I predicted. (There is not much to crow about, after all.) I have nothing but respect for the Labour MPs who are trying to stop their party becoming a playpen for fanatics and cranks. It just appears to me that they face interlocking difficulties that are close to insoluble.

They must first pay the political price of confronting supporters from immigrant communities, which Labour MPs from all wings of the party have failed to do for decades. It may be high. While Ken Livingstone was forcing startled historians to explain that Adolf Hitler was not a Zionist, I was in Naz Shah’s Bradford. A politician who wants to win there cannot afford to be reasonable, I discovered. He or she cannot deplore the Israeli occupation of the West Bank and say that the Israelis and Palestinians should have their own states. They have to engage in extremist rhetoric of the “sweep all the Jews out” variety or risk their opponents denouncing them as “Zionists”.

George Galloway, who, never forget, was a demagogue from the race-card playing left rather than the far right, made the private prejudices of conservative Muslim voters respectable. Aisha Ali-Khan, who worked as Galloway’s assistant until his behaviour came to disgust her, realised how deep prejudice had sunk when she made a silly quip about David Miliband being more “fanciable” than Ed. Respect members accused her of being a “Jew lover” and, all of a sudden in Bradford politics, that did not seem an outrageous, or even an unusual, insult. Where Galloway led, others followed. David Ward, a now mercifully forgotten Liberal Democrat MP, tried and failed to save his seat by proclaiming his Jew obsession. Nothing, not even the murder of Jews, could restrain him. At one point, he told his constituents that the sight of the Israeli prime minister honouring the Parisian Jews whom Islamists had murdered made him “sick”. (He appeared to find the massacre itself easier to stomach.)

Naz Shah’s picture of Israel superimposed on to a map of the US to show her “solution” for the Israeli-Palestinian conflict was not a one-off but part of a race to the bottom. But Shah’s wider behaviour as an MP – a “progressive” MP, mark you – gives you a better idea of how deep the rot has sunk. She ignored a Bradford imam who declared that the terrorist who murdered a liberal Pakistani politician was a “great hero of Islam” and concentrated her energies on expressing her “loathing” of liberal and feminist British Muslims instead.

Shah is not alone, which is why I talk of a general sickness. Liberal Muslims make many profoundly uncomfortable. Writers in the left-wing press treat them as Uncle Toms, as Shah did, because they are willing to work with the government to stop young men and women joining Islamic State. While they are criticised, politically correct criticism rarely extends to clerics who celebrate religious assassins. As for the antisemitism that allows Labour MPs to fantasise about “transporting” Jews, consider how jeering and dishonest the debate around that has become.

When feminists talk about rape, they are not told as a matter of course “but women are always making false rape accusations”. If they were, they would suspect that their opponents wanted to deny the existence of sexual violence. Yet it is standard in polite society to hear that accusations of antisemitism are always made in bad faith to delegitimise justifiable criticism of Israel. I accept that there are Jews who say that all criticism of Israel is antisemitic. For her part, a feminist must accept that there are women who make false accusations of rape. But that does not mean that antisemitism does not exist, any more than it means that rape never happens.

Challenging prejudices on the left wing is going to be all the more difficult because, incredibly, the British left in the second decade of the 21st century is led by men steeped in the worst traditions of the 20th. When historians had to explain last week that if Montgomery had not defeated Rommel at El Alamein in Egypt then the German armies would have killed every Jew they could find in Palestine, they were dealing with the conspiracy theory that Hitler was a Zionist, developed by a half-educated American Trotskyist called Lenni Brenner in the 1980s.

When Jeremy Corbyn defended the Islamist likes of Raed Salah, who say that Jews dine on the blood of Christian children, he was continuing a tradition of communist accommodation with antisemitism that goes back to Stalin’s purges of Soviet Jews in the late 1940s.

It is astonishing that you have to, but you must learn the worst of leftwing history now. For Labour is not just led by dirty men but by dirty old men, with roots in the contaminated soil of Marxist totalitarianism. If it is to change, its leaders will either have to change their minds or be thrown out of office.

Put like this, the tasks facing Labour moderates seem impossible. They have to be attempted, however, for moral as much as electoral reasons.

Allow me to state the moral argument as baldly as I can. Not just in Paris, but in Marseille, Copenhagen and Brussels, fascistic reactionaries are murdering Jews – once again. Go to any British synagogue or Jewish school and you will see police officers and volunteers guarding them. I do not want to tempt fate, but if British Jews were murdered, the leader of the Labour party would not be welcome at their memorial. The mourners would point to the exit and ask him to leave.

If it is incredible that we have reached this pass, it is also intolerable. However hard the effort to overthrow it, the status quo cannot stand.

Voir également:

A Rising Tide of Anti-Semitism
By publishing a bigoted cartoon, The Times ignored the lessons of history, including its own.
The Editorial Board
The New York Times
April 30, 2019

The Times published an appalling political cartoon in the opinion pages of its international print edition late last week. It portrayed Prime Minister Benjamin Netanyahu of Israel as a dog wearing a Star of David on a collar. He was leading President Trump, drawn as a blind man wearing a skullcap.

The cartoon was chosen from a syndication service by a production editor who did not recognize its anti-Semitism. Yet however it came to be published, the appearance of such an obviously bigoted cartoon in a mainstream publication is evidence of a profound danger — not only of anti-Semitism but of numbness to its creep, to the insidious way this ancient, enduring prejudice is once again working itself into public view and common conversation.

Anti-Semitic imagery is particularly dangerous now. The number of assaults against American Jews more than doubled from 2017 to 2018, rising to 39, according to a report released Tuesday by the Anti-Defamation League. On Saturday, a gunman opened fire during Passover services at a synagogue in San Diego County, killing one person and injuring three, allegedly after he posted in an online manifesto that he wanted to murder Jews. For decades, most American Jews felt safe to practice their religion, but now they pass through metal detectors to enter synagogues and schools.

Jews face even greater hostility and danger in Europe, where the cartoon was created. In Britain, one of several members of Parliament who resigned from the Labour Party in February said that the party had become “institutionally anti-Semitic.” In France and Belgium, Jews have been the targets of terrorist attacks by Muslim extremists. Across Europe, right-wing parties with long histories of anti-Semitic rhetoric are gaining political strength.

This is also a period of rising criticism of Israel, much of it directed at the rightward drift of its own government and some of it even questioning Israel’s very foundation as a Jewish state. We have been and remain stalwart supporters of Israel, and believe that good-faith criticism should work to strengthen it over the long term by helping it stay true to its democratic values. But anti-Zionism can clearly serve as a cover for anti-Semitism — and some criticism of Israel, as the cartoon demonstrated, is couched openly in anti-Semitic terms.

The responsibility for acts of hatred rests on the shoulders of the proponents and perpetrators. But history teaches that the rise of extremism requires the acquiescence of broader society.

As anti-Semitism has surged from the internet into the streets, President Trump has done too little to rouse the national conscience against it. Though he condemned the cartoon in The Times, he has failed to speak out against anti-Semitic groups like the white nationalists who marched in Charlottesville, Va., in 2017 chanting, “Jews will not replace us.” He has practiced a politics of intolerance for diversity, and attacks on some minority groups threaten the safety of every minority group. The gunman who attacked the synagogue in San Diego claimed responsibility for setting a fire at a nearby mosque, and wrote that he was inspired by the deadly attack on mosques in New Zealand last month.

A particularly frightening, and also historically resonant, aspect of the rise of anti-Semitism in recent years is that it has come from both the right and left sides of the political spectrum. Both right-wing and left-wing politicians have traded in incendiary tropes, like the ideas that Jews secretly control the financial system or politicians.

The recent attacks on Jews in the United States have been carried out by men who identify as white supremacists, including the killing of 11 people in a Pittsburgh synagogue last year. But the A.D.L. reports that most anti-Semitic assaults, and incidents of harassment and the vandalism of Jewish community buildings and cemeteries, are not carried out by the members of extremist groups. Instead, the perpetrators are hate-filled individuals.

In the 1930s and the 1940s, The Times was largely silent as anti-Semitism rose up and bathed the world in blood. That failure still haunts this newspaper. Now, rightly, The Times has declared itself “deeply sorry” for the cartoon and called it “unacceptable.” Apologies are important, but the deeper obligation of The Times is to focus on leading through unblinking journalism and the clear editorial expression of its values. Society in recent years has shown healthy signs of increased sensitivity to other forms of bigotry, yet somehow anti-Semitism can often still be dismissed as a disease gnawing only at the fringes of society. That is a dangerous mistake. As recent events have shown, it is a very mainstream problem.

As the world once again contends with this age-old enemy, it is not enough to refrain from empowering it. It is necessary to stand in opposition.

Voir de :

The anti-Semitism crisis tearing the UK Labour Party apart, explained
Labour leader Jeremy Corbyn is being accused of mishandling claims of anti-Semitism in the party.
Darren Loucaides
Vox.com
Mar 8, 2019

LONDON — The UK’s Labour Party is in the midst of a full-blown anti-Semitism crisis.

Recently, nine members of Parliament (MPs) quit the center-left party in protest of the current leadership, citing their handling of allegations of anti-Semitism as well as dissatisfaction over the party’s stance on Brexit.

“I cannot remain in a party that I have today come to the sickening conclusion is institutionally anti-Semitic,” Labour MP Luciana Berger said at a February 18 press conference explaining her decision to leave. Berger, who is Jewish, has received a torrent of anti-Semitic abuse online over the past few years.

While rumors have circulated for months about a possible Labour split due to the UK’s upcoming, chaotic divorce from the European Union, the resignations — particularly Berger’s — sent shock waves through the party, and many felt that the party leadership should have done more to protect Berger from the abuse she’d been receiving.

If you’re wondering how the situation has escalated to this point, don’t worry. We’ve got you covered.

The anti-Semitism controversy in the Labour Party is fairly recent

The UK Labour Party, which dates back to 1900, was long seen as the party of the working classes. Throughout most of its history, Labour has stood for social justice, equality, and anti-racism.

Labour’s controversy over anti-Semitism is fairly recent. It’s often traced back to 2015, when Jeremy Corbyn became the party leader. Corbyn, seen as on Labour’s left wing, has long defended the rights of Palestinians and often been more critical than the party mainstream of Israel’s government.

But during the Labour leadership contest in 2015, a then-senior Jewish Labour MP said that Corbyn had in the past showed “poor judgment” on the issue of anti-Semitism — after Corbyn unexpectedly became the frontrunner in the contest, a Jewish newspaper reported on his past meetings with individuals and organizations who had expressed anti-Semitic views.

Concerns over anti-Semitism only really began to turn into a crisis, however, the year after Corbyn became leader. In April 2016, a well-known right-wing blog revealed that Labour MP Naz Shah had posted anti-Semitic messages to Facebook a couple of years before being elected.

One post showed a photo of Israel superimposed onto a map of the US, suggesting the country’s relocation would resolve the Israeli-Palestinian conflict. Above the photo, Shah wrote, “Problem solved.”

Shah apologized, but former Mayor of London Ken Livingstone, a long-time Labour member who was close to party leader Jeremy Corbyn, made things worse by rushing to Shah’s defense — and added an inflammatory claim that Hitler initially supported Zionism, before “he went mad and ended up killing six million Jews.”

The party suspended Shah and Livingstone and launched an inquiry into anti-Semitism. But Corbyn was criticized for not acting quickly or decisively enough to deal with the problem. Afterward, claims of anti-Semitism kept resurfacing as individual examples were dug up across Labour’s wide membership.

By now a narrative was building that anti-Semitism was rife within the party — and that the election of Corbyn as leader was the cause.

The unlikely rise of Jeremy Corbyn

Jeremy Corbyn became Labour’s leader in 2015, to pretty much everyone’s surprise.

The 69-year-old became politically active in his 20s and had been a so-called “backbencher” — an MP without an official position in the government or the opposition parties — since 1983.

Throughout his political career, Corbyn has protested against racism and backed left-wing campaigns such as nuclear disarmament, and was considered the long shot in the party’s leadership contest — bookmakers initially put the chance of him winning at 200 to 1.

The three other candidates were considered centrist or center-left. Two had served in government during the New Labour era, when Tony Blair swung the party to the center ground. Corbyn’s victory confirmed that the New Labour project was dead.

Some MPs later admitted they only backed him as one of the leadership candidates so that a representative of the party’s left-wing would be on the ballot; they never thought he would win.

Corbyn’s campaign drummed up a big grassroots following as his anti-austerity, socialist message gained traction, in a way that would later be echoed by Bernie Sanders’s 2016 campaign in the US.

Shocking the establishment and against all odds, Corbyn went on to decisively win the leadership contest. When, the following year, MPs on the right of the party revolted and forced a leadership contest, Corbyn yet again won convincingly.

Ever since Tony Blair helmed the party from 1994 to 2007, Labour had been dominated by more centrist than left-leaning MPs. Under Blair, Labour embraced neoliberal economics alongside more traditionally liberal social policies, such as a minimum wage.

But after Corbyn’s unexpected win, everything changed. Corbyn steered the party to the left on many issues, including proposals to nationalize the railways and possibly the energy companies, end the era of slashing state spending, and tax the rich.

He also moved the party leftward on Israel and Palestine.

Labour’s previously moribund membership boomed to half a million, making it one of the biggest political parties in Europe. The many newcomers were attracted by the chance to support a truly left-wing Labour Party.

Claims of anti-Semitism also increased: Labour’s general secretary revealed that between April 2018 and January 2019, the party received 673 accusations of anti-Semitism among members, which had led to 96 members being suspended and 12 expelled.

Part of the reason anti-Semitism claims have grown under Corbyn is that his wing of the party — the socialist left — tends to be passionately pro-Palestine. There is nothing inherently anti-Semitic about defending Palestinians, but such a position can lead to tensions between left-wing anti-Zionists and mainstream Jewish communities.

This tension has at times led to a tendency on the left to indulge in anti-Semitic conspiracy theories and tropes — like blaming a Jewish conspiracy for Western governments’ support of Israel or equating Jews who support Israel with Nazi collaborators.

Corbyn’s defenders point out that the media has inordinately focused on Labour while giving less attention to cases of racism and Islamophobia among the Conservatives and other parties. But if it wasn’t clear already, recent events have confirmed that anti-Semitism is a crisis for Labour.

Many of the MPs who resigned from Labour two weeks ago had long been threatening to go, and have deeply held political differences with Labour’s more radically progressive leadership. But Luciana Berger resigned because of anti-Semitism, and Labour’s failure to prevent her from leaving on this count is impossible to ignore.

Is Corbyn to blame for Labour’s current crisis?

At first glance, Corbyn hardly seems like someone who would be an enabler of anti-Semitism.

He has a long history of campaigning against racism — for instance, in the 1980s, he participated in anti-apartheid protests against South Africa, at the same time that former Conservative Prime Minister Margaret Thatcher was calling Nelson Mandela’s African National Congress opposition movement a “typical terrorist organization.”

And he has long campaigned for Palestinian rights, while being critical of the government of Israel — including comparing Israel’s treatment of Palestinians to apartheid.

But Corbyn’s anti-imperialist, anti-racist stance over the years has also led some to label him a terrorist sympathizer. Corbyn in the past advocated for negotiations with militant Irish republicans. As he did with Irish republicans, Corbyn encouraged talks with the Islamist militant groups Hamas and Hezbollah.

He has also been heavily criticized for having previously referred to these groups as “friends,” which caused outrage when publicized during 2015’s Labour leadership contest. Corbyn explained that he had only used “friends” in the context of trying to promote peace talks, but later said he regretted using the word.

Last March, Corbyn was also criticized for a 2012 comment on Facebook, in which he had expressed solidarity with an artist who had used anti-Semitic tropes in a London mural that was going to be torn down.

After Luciana Berger tweeted about the post and demanded an explanation from the Labour Party leadership, Corbyn said that he “sincerely regretted” having not looked at the “deeply disturbing” image more closely, and condemned anti-Semitism.

A few days later, Jewish groups gathered outside the UK Parliament to demonstrate against anti-Semitism. The Jewish Leadership Council, an umbrella organization for several Jewish groups and institutions in the UK, said that there was “no safe space” in the Labour Party for Jewish people.

“Rightly or wrong, Jeremy Corbyn is now the figurehead for an anti-Semitic political culture, based upon an obsessive hatred of Israel, conspiracy theories and fake news,” the chair of the Jewish Leadership Council, Jonathan Goldstein, said at the time.

The crisis didn’t end there. In August 2018, the right-wing British newspaper the Daily Mail accused Corbyn of having laid a wreath at the graves of the Palestinian terrorists while in Tunisia in 2014.

Corbyn acknowledges that he participated in a wreath-laying ceremony at a Tunisian cemetery in 2014, but says he was commemorating the victims of a 1985 Israeli airstrike on the headquarters of the Palestinian Liberation Organization (PLO), who were living in exile in Tunis at the time. The airstrike killed almost 50 people, including civilians, and wounded dozens more.

However, the Daily Mail published photos showing Corbyn holding a wreath not far from the graves of four Palestinians believed to be involved with the 1972 Munich massacre, in which members of the Black September terrorist organization killed 11 Israeli athletes and a German police officer at the Munich Olympics.

Corbyn denies he was commemorating the latter individuals, but his muddled explanations in the wake of the controversy left some unsatisfied with his response.

Today, on social media, it is common to see Corbyn denounced for enabling anti-Semitism — author J.K. Rowling has even criticized him for it — while some brand him outright as an anti-Semite. When US Rep. Alexandria Ocasio-Cortez (D-NY) recently tweeted that she’d had “a lovely and wide-reaching conversation” with Corbyn by phone, hundreds of commenters criticized her for speaking to Labour’s “anti-Semitic” leader.

Corbyn’s defenders argue that there is no clear evidence that he — a lifelong campaigner against racism — is anti-Semitic.

“My mother was a refugee on the Kindertransport, and a massive friend of Corbyn — they worked terribly closely together, doing all sorts of political things to support communities in North London,” Annabelle Sreberny, emeritus professor at SOAS University of London and member of Jewish Voice for Labour — a small organization that tends to deny Labour has a problem with anti-Semitism — told me. “So the idea that he himself is an anti-Semite is just a pathetic smear.”

Sreberny told me she largely sees the portrayal of Corbyn’s Labour Party as “institutionally anti-Semitic” — which is how Berger put it when she resigned — as part of a calculated political campaign against Corbyn and his left-wing agenda.

And indeed, this perception may have actually contributed to the current crisis.

Michael Segalov, a journalist who has written and spoken extensively on this issue, told me he thinks that part of the reason Corbyn and the Labour leadership were initially slow to react to anti-Semitism was that the claims were wrongly interpreted as part of a sustained, wider campaign of personal and political attacks against Corbyn.

But like Segalov, there are many in the Labour Party who strongly disagree with the idea that the accusations of anti-Semitism are merely a political smear campaign. A poll carried out by the Jewish Chronicle newspaper in the summer of 2018 found more than 85 percent of British Jews believe Corbyn himself is anti-Semitic, and a similar number believe the level of anti-Semitism in the Labour Party is “high” or “very high.”

Jon Lansman, founder of the pro-Corbyn campaign group Momentum and now a member of Labour’s national executive committee, recently told the BBC’s Radio 4 that there were many more Labour members who held “hardcore, anti-Semitic opinions” than previously thought. Lansman, who is Jewish, also said that he felt “regret, sadness and some shame” about Berger’s resignation from the party.

Where does Labour go from here?

There seems to have been a major shift in the perspectives of party leaders since the resignation of the nine Labour MPs.

Labour’s deputy leader Tom Watson, who is seen as a centrist, recently told the BBC that he thought if Corbyn took “a personal lead” in examining accusations of anti-Semitism, it could make a big difference. Watson said that just last week, he had received a dossier from parliamentary colleagues of 50 complaints on anti-Semitism that he felt had not been dealt with adequately, and had passed them on to Corbyn.

Corbyn, perhaps heeding Watson’s advice, is in talks to appoint former Lord Chancellor Charlie Falconer to be an independent reviewer tasked with ensuring that anti-Semitism claims within the party are handled more effectively. Falconer held high office from 2003 to 2007 under Blair’s government and is respected across the party.

The recent split could prove a turning point for Labour in terms of addressing anti-Semitism as well as wider divisions within the party. “I think [Corbyn] understands now that if he is ever to be prime minister, he needs to rebuild that trust [with the British Jewish community],” said Watson, who urged the quick expulsion of members who’d made anti-Semitic comments. But as Watson added: “Time is against us.”

Indeed, urgency is needed for Labour’s leadership to effectually tackle the party’s anti-Semitism crisis and convince other MPs not to quit. The nine MPs who’ve left have formed the Independent Group, an informal assemblage that plans to launch as an official political party before the end of the year. Several other Labour MPs are rumored to be thinking of joining them.

Unless Labour moves fast, the emerging centrist party could prove an existential threat.

Darren Loucaides is a British writer who covers politics, populism, and identity.

Voir encore:

The Democrats are becoming the party of the Jew-haters

A party and a civilization in moral decline

Dominic Green
The Spectator
March 7, 2019

When Ilhan Omar says that there’s too much money in American politics, she’s stating the obvious. That’s why I support her brave campaign against the US Chamber of Commerce, the National Association of Realtors, the American Medical Association, the American Hospital Association, the Pharmaceutical Research & Manufacturers of America, General Electric, Blue Cross Blue Shield, Business Roundtable, the AARP, and Boeing.

These are America’s top 10 lobby groups, ranked by total spending over the last 20 years. In 2018, the US Chamber of Commerce spent $94.8 million on lobbying. Alphabet, Google’s parent company, spent $21.7 million and surged to Number Eight on the charts. The America-Israel Public Affairs Committee (AIPAC) ranked Number 157, and spent $3.5 million. Who knew you could buy America so cheaply?

Ilhan, that’s who. In 2012, only Ilhan was wise enough to see that ‘Israel has hypnotized the world’. Now, only Ilhan is bold enough to say that American support for Israel is ‘all about the Benjamins’, rather than a mass of reasons religious, strategic, cultural, and sentimental. And only Ilhan has the integrity to double down, and say, ‘I want to talk about the political influence in this country that says it is OK to push for allegiance to a foreign country.’

The 19th-century British prime minister Viscount Palmerston said that great powers have interests, not friends. Omar’s notion that the greatest power in history is somehow beholden to a faraway state the size of New Jersey is a delusion. So is her notion that Israel, a state which has taken to best part of seven decades to set up a railroad network, possesses diabolical powers to ‘hypnotize’ the world. So is her idea that Israel’s supporters, Jewish and not, operate by making congressmen and senators ‘pledge allegiance’, like a militia in a failed state. This last might be Omar’s biggest delusion of all. She actually believes that promises mean something in politics.

Omar’s private thoughts are nobody else’s business. It’s not as if the doctors, Jewish ones probably, have ever dissected a brain and noted hypertrophy of the Jew-hating lobe. Words and deeds are what matters, especially in public life. In which case, anyone who claims that Omar isn’t, to use Nancy Pelosi’s formulation, an ‘intentional’ Jew-hater isn’t listening. Omar has herself apologized for what she admitted was the ‘ugly sentiment’ of her ‘hypnotized’ imagery. It took seven years, but shortly after entering Congress, she disavowed that ‘anti-Semitic trope’ as ‘unfortunate and offensive’. She also apologized ‘unequivocally’ in February after the ‘Benjamins’ episode. Her defense was that she was ignorant of the ‘painful history of anti-Semitic tropes’. She intended it; she just didn’t know what it meant.

Omar didn’t know that the language in which she expressed her malignant delusions was in the lineage of Jew-hatred in its Christian and European forms. Until she entered the national stage, she’d had no need to know. Omar’s malignant delusions are commonplace in the Arab and Muslim world from which she comes. They are commonplace among the leadership of the Council on American-Islamic Relations (CAIR), the Hamas-friendly front organization for the Muslim Brotherhood which supported her Congressional campaign. And they have become commonplace on the left of the Democratic party.

Democrats now protest that the whites and the right have their racists too. In other words, they’re saying that two wrongs make a right. This is playground logic, and it ignores the imbalance between the two kinds of anti-Jewish racism. Firstly, no Republican leader ever posed for the cover of any other national outlet with Steve King, or Omar’s new Twitter chum David Duke. Secondly, the Republican leadership, no doubt hypnotized by the Benjamins tucked in Ivanka Trump’s suspender belt, is hostile to the white racist fringe, and the white racist fringe detests the Republican leadership. Thirdly, the white racists are nothing if not candid about their beliefs and their intentions towards the Jewish people. Ilhan Omar isn’t even honest.

Omar said she was against BDS when running for the House and then revised her position as soon as she won her set. She denounces Israel and Saudi Arabia, who oppose the Muslim Brotherhood, but not Turkey or Qatar, the Muslim Brotherhood’s sponsors. She may be ignorant, but she knows exactly what she is doing. She is furtive and duplicitous, and she is successfully importing the language and ideas of racism into a susceptible Democratic party.

The buffoons who lead the Democrats are allowing Omar to mainstream anti-Jewish racism. The Democratic leadership tried to co-opt the energy of the post-2008 grassroots, to give its exhausted rainbow coalition an infusion of 21st-century identity politics. The failure to issue the promised condemnation of Omar shows that a European-style ‘red-green’ alliance of hard leftists and Islamists is co-opting the party. This, like the pro-Democratic media’s extended PR work for Rashida Tlaib and that other left-Islamist pinup Linda Sarsour, reflects a turning point in American history.

The metaphysical, conspiratorial hatred of Jews is a symptom of civilization in decline. So the inability of the Democratic leadership to call Omar a racist reflects more than the moral and ideological decay of a political party. Americans like to believe in their exceptionalism, and American Jews like to say America is different. We’re about see if those ideas are true.

Dominic Green is Life & Arts Editor of Spectator USA.

Voir par ailleurs:

Diane Vaughan : les leçons d’une explosion
Diane Vaughan
La Recherche
mars 2000

Si la NASA enchaîne aujourd’hui les contre-performances sur Mars, elle avait connu en 1986 une catastrophe : l’explosion de la navette « Challenger ». Quels sont les processus qui, au sein de la culture d’une telle organisation, engendrent une déviance progressivement institutionnalisée ?

La Recherche : La NASA vient de perdre coup sur coup deux sondes martiennes. Comment réagissez-vous à ces récents déboires ?

Diane Vaughan : Ils ne me surprennent guère ! N’oublions pas que les programmes spatiaux impliquent de multiples collaborations. La NASA en particulier sous-traite la majeure partie des composants de ses missions. Que des problèmes surgissent quand un grand nombre d’organisations différentes travaillent ensemble n’a rien d’exceptionnel, surtout quand il s’agit d’innovations techniques. Des erreurs sont faites en permanence dans toute organisation complexe, mais contrairement au cas de la NASA sur qui les projecteurs médiatiques sont braqués, leurs conséquences, souvent moins spectaculaires, restent généralement ignorées du grand public.

Quelle était votre motivation pour vous pencher sur les causes de l’explosion de la navette spatiale Challenger en 1986 ?

Je venais à l’époque de finir un livre, je n’avais rien de précis en tête, si ce n’est d’écrire un court article que l’on m’avait commandé sur la notion d’inconduite, c’est-à-dire de comportement individuel fautif. Le cas Challenger avait alors, selon l’explication officielle, toutes les apparences du parfait exemple, avec cependant la particularité de s’être produit dans une organisation gouvernementale à caractère non lucratif plutôt qu’au sein d’une entreprise. Je ne m’attendais alors pas du tout à ce que mon travail remette complètement en question les conclusions obtenues par la Commission présidentielle qui avait été chargée de l’enquête après la catastrophe.

Quelles étaient les conclusions de cette Commission présidentielle ? Des responsables avaient-ils été identifiés ?

L’enquête de la Commission révéla le fait suivant : la veille du lancement de Challenger , lors d’une téléconférence tenue depuis le Marshall Space Flight Center, le centre de tir de la NASA, des ingénieurs de Morton Thiokol, l’entreprise qui fabriquait le joint annulaire d’un des boosters à l’origine de l’accident, avaient fait part aux managers de la NASA de leur opposition au lancement en invoquant les très faibles températures prévues le lendemain. Cependant, ces managers ne transmirent pas l’information à leurs supérieurs hiérarchiques et, soucieux de respecter la date du lancement, décidèrent de maintenir celui-ci au lendemain. Selon l’explication officiellement admise, une telle décision résultait de la forte pression interne qui régnait alors à la NASA : faute d’un financement suffisant du Congrès, le programme de la navette reposait en effet en partie sur les revenus procurés par les lancements de satellites commerciaux privés.

La conclusion suivante s’imposa alors à la Commission : soumis à cette pression de production, les managers du Marshall Space Flight Center ont ignoré les recommandations des ingénieurs et ont enfreint les règles de sécurité et de transmission de l’information au sein de la hiérarchie, dans le but de maintenir la date de lancement. Selon cette interprétation, il ne s’agissait donc pas d’un simple accident technique, mais d’un cas classique d’inconduite au sein d’une organisation : dans le souci de respecter les objectifs de l’organisation, certains de ses membres sont amenés à violer ses règles de fonctionnement.

Pensez-vous que la Commission présidentielle, en plaçant ainsi la responsabilité sur certains individus, ignora délibérément d’autres facteurs ?

La réponse à une telle question est très complexe. Je crois d’abord que la Commission ne s’attendait pas à trouver autre chose à l’origine de l’accident qu’un simple problème technique. Or, soudainement, cette téléconférence révélait l’existence d’un dysfonctionnement d’une tout autre nature. Cette découverte conditionna la manière même dont l’enquête se poursuivit : par exemple, ne furent appelés à témoigner que cinq ingénieurs, qui s’étaient tous opposés au lancement lors de la téléconférence. L’un des techniciens de la NASA, qui était certainement la personne la mieux avertie quant à l’histoire de ce joint annulaire, ne fut même pas interrogé. La Commission ne procéda pas aux interviews d’une manière aussi exhaustive que l’aurait fait un sociologue : elle interrogea seulement les personnes susceptibles de détenir des informations pertinentes au regard de ce qui, d’emblée, avait eu toutes les apparences d’une mauvaise décision de la part de certains managers. Pour autant, je ne crois pas qu’il faille cher- cher derrière cela une volonté délibérée de masquer d’autres facteurs ou de protéger certaines personnes plus haut placées dans la hiérarchie. Il faut plutôt se rappeler que la Commission était soumise à de fortes contraintes d’ordre pratique. Elle ne disposait que de trois mois pour rendre son rapport, alors que la quantité d’informations à analyser était phénoménale : les documents relatifs à l’accident de Challenger remplissent deux étages complets d’un immense entrepôt ! Ajoutez à cela que les membres de la Commission n’ont pas conduit eux-mêmes les interviews, pas plus qu’ils n’ont lu les comptes rendus : ils étaient seulement « briefés » par les équipes d’interviewers à qui l’on avait sous-traité les entretiens. Difficile dans ces conditions de s’imprégner de la culture d’une organisation.

Quel rôle attribuez-vous donc à la culture de la NASA dans l’accident de Challenger ?

Plutôt que de limiter son attention au niveau individuel, il est en effet indispensable d’examiner comment la culture d’une organisation façonne la manière dont les individus prennent des décisions en son sein. Mon analyse a montré que, pendant les années qui ont précédé l’accident, les ingénieurs et managers de la NASA ont progressivement instauré une situation qui les autorisait à considérer que tout allait bien, alors qu’ils disposaient d’éléments montrant au contraire que quelque chose allait mal. C’est ce que j’ai appelé une normalisation de la déviance : il s’agit d’un processus par lequel des individus sont amenés au sein d’une organisation à accomplir certaines choses qu’ils ne feraient pas dans un autre contexte. Mais leurs actions ne sont pas délibérément déviantes. Elles sont au contraire rendues normales et acceptables par la culture de l’organisation.

Quelle déviance s’est normalisée dans l’histoire de la navette, et pourquoi ?

Lorsque pour la première fois une anomalie fut constatée sur l’un des boosters au retour d’une mission, cette anomalie ne constitua pas un signal d’alarme, car la culture du programme spatial était celle d’un programme technologique de nature extrêmement innovante. Et dans ce contexte, le fait que certains des composants des boosters subissent des dommages lors d’un vol n’était pas considéré comme inacceptable, même si cela n’était pas prévu par ses concepteurs. Avoir des problèmes avec un système aussi complexe que la navette était même quelque chose d’attendu !

Pour saisir les causes de l’accident de Challenger, ne faut-il donc pas remonter seulement à la veille du lancement, mais dix ans avant ?

Absolument. Pendant près de dix ans, les boosters ont subi des dommages pratiquement lors de chaque mission. Après chacun de ces incidents, les analyses des ingénieurs conduisaient à considérer le risque comme acceptable et à recommander la poursuite du programme sans que des tests et des études supplémentaires soient nécessaires. En soi, chacune de ces décisions peut sembler logique et rationnelle. Mais leur accumulation a progressivement conduit à ce que le fait de voler avec de sérieuses anomalies devienne quelque chose de routinier, d’officiellement toléré.

Comment est fixé ce seuil d’acceptabilité du risque ?

C’est là un aspect de la culture d’une organisation qui, vu de l’extérieur, peut paraître très étrange. Au début du programme, la NASA produisit un document intitulé « The acceptable risk process », dans lequel était énoncé un ensemble de procédures à suivre. Celles-ci garantissaient que le maximum soit fait pour la sécurité d’un vol, tant au niveau des processus de prise de décision qu’au niveau purement technique. Ce qui bien sûr n’assurait pas pour autant l’élimination de tout risque. Mais, petit à petit, s’est instaurée une sorte de foi dans ces méthodes : les appliquer rigoureusement n’était plus seulement le mieux que l’on puisse faire, cela suffisait aussi à garantir la sûreté du vol. Or, l’opposition au lancement formulée par les ingénieurs de Thiokol était principalement fondée sur des intuitions. Il n’est dès lors pas étonnant qu’une telle opposition ait été jugée irrecevable par les managers de la NASA, étant donné ce contexte de croyance institutionnalisée dans les méthodes employées.

Selon vous, il n’y a donc pas eu à proprement parler inconduite de la part des responsables du Marshall Space Flight Center ?

Non, en effet, puisque aucune des règles habituelles de décision n’a été transgressée lors de cette fameuse téléconférence. Il faudrait en fait plutôt parler d’erreur : les ingénieurs de Thiokol n’ont pas été en mesure de présenter aux managers les arguments techniques nécessaires pour les convaincre du caractère exceptionnel de la température de lancement et des risques supplémentaires qui en découlaient. La décision de procéder au lancement n’a donc rien eu d’anormal dans le contexte culturel de l’époque.

Pourriez-vous décrire ce contexte culturel ? En quoi, par exemple, diffère- t-il du contexte culturel du programme Apollo , le précédent grand programme de vols habités de la NASA ?

L’ère Apollo se caractérisait par une culture d’ingénieurs purement technique. Cette culture est encore bien sûr présente à l’époque de Challenger, mais la multiplication des contrats de sous-traitance a largement transformé le travail des ingénieurs de la NASA qui assurent dorénavant surtout des tâches de coordination. Cette institutionnalisation de la sous-traitance a comme conséquence de fortement accentuer le poids de la bureaucratie, notamment dans les processus de prises de décision que nous venons d’évoquer et derrière lesquels se sont inconsciemment retranchés ingénieurs et managers.

Un autre changement culturel, peut-être encore plus décisif, résulta des difficultés budgétaires du programme : elles se traduisirent à tous les niveaux de l’organisation par une pression de production très forte, dont les conséquences ont été à juste titre soulignées par la Commission présidentielle. Apollo avait bénéficié d’un large consensus dans l’opinion, allant de pair avec un soutien financier sans faille de la part du Congrès. Ce n’était plus du tout le cas à l’époque de la navette spatiale, l’implication des Etats-Unis dans la guerre du Vietnam ayant entre-temps remis en cause les engagements du pays en matière d’exploration spatiale. Il y eut alors cette volonté politique des hauts dirigeants de la NASA de présenter à l’opinion publique le programme de la navette comme un programme opérationnel : ce n’était plus un programme expérimental comme Apollo, mais un programme suffisamment sûr pour que la NASA puisse s’engager auprès d’entreprises commerciales.

Et suffisamment sûr pour qu’on fasse voler des civils ?

Exactement. Et c’est là une troisième altération de la culture de la NASA qui découla de décisions politiques prises à la fois par les hauts dirigeants de l’agence spatiale et par la Maison Blanche. Le désastre de Challenger n’aurait sans doute pas été aussi traumatisant pour le pays s’il ne s’était trouvé à bord de la navette deux civils, dont une enseignante. Souvenez-vous que la NASA avait déjà perdu plusieurs astronautes lors d’un accident survenu sur le pas de tir d’une des missions Apollo. L’enquête qui a suivi avait été réalisée en interne par l’agence spatiale. Etant donné la nouvelle culture de la NASA, ce ne pouvait plus être le cas pour Challenger , dont la disparition prit d’emblée une dimension publique, politique.

Iriez-vous jusqu’à dire que le président de l’époque, Ronald Reagan, le Congrès et les élites dirigeantes de la NASA ont leur part de responsabilité dans l’accident de Challenger ?

Leurs décisions – celle par exemple de réduire le financement fédéral du programme – étaient bien évidemment dénuées de toute intention délibérée de rendre un pareil désastre possible. Elles n’ont de plus enfreint aucune règle, aucun impératif éthique. Mais il est certain que ces mêmes décisions ont contribué à façonner une nouvelle culture de l’organisation qui a rendu possible la normalisation de déviances techniques, et acceptable de faire voler une enseignante. Pour cette raison, les élites politiques du pays ont certainement des comptes à rendre. Et l’on peut s’étonner que ni les médias, ni l’opinion publique, ni bien sûr la Commission présidentielle ne leur en aient demandé !

Pensez-vous que la NASA ait tiré toutes les leçons de l’accident ?

Beaucoup de choses ont été changées au niveau interne après Challenger, notamment les procédures de prise de décision et de conduite de projet. Par exemple, la NASA s’assure désormais que l’avis de ses astronautes soit davantage pris en compte. Mais rien n’a changé fondamentalement en ce qui concerne la culture même du programme. Le problème du financement privé et son corollaire, la pression de production, demeurent et la NASA a même récemment recommencé à faire voler des civils !

La devise de Dan Goldin, l’actuel dirigeant de l’agence spatiale, « Better, faster and cheaper » Mieux, plus vite et moins cher ne vous paraît-elle pas être un oxymoron ?

C’est le mot en effet ! Les contraintes accrues de calendrier et de budget qui se cachent derrière le Faster et le Cheaper me semblent à l’évidence bien peu conciliables avec le Better de la devise. Mais ne m’étant pas penchée sur les nouveaux programmes, je ne peux guère vous en dire plus. A part cette observation : les gens ayant décidé des réductions de personnels et de moyens ne se sont pas davantage préoccupés qu’à l’époque de Challenger d’étudier leurs effets sur la structure et la culture de l’organisation. Or, de telles études me semblent indispensables. Le problème n’est pas tant l’absence de motivations politiques pour les mener que la nécessité de disposer des compétences de sociologues, anthropologues et autres acteurs traditionnellement absents des sphères dirigeantes d’une organisation comme la NASA.

Avez-vous eu des réactions officielles des dirigeants de la NASA après la publication de votre livre ?

Absolument aucune ! J’ai eu par contre beaucoup de réactions – d’ailleurs souvent très favorables – de personnes qui ont travaillé pour la NASA, ou de diverses organisations dont certaines m’ont dit : « La NASA, c’est nous : la même chose se passe chez nous ! »

Le cas Challenger illustre votre thèse plus générale selon laquelle les erreurs sont socialement construites et systématiquement produites par toute structure sociale. Cela implique-t-il que les erreurs soient inévitables et qu’un certain fatalisme soit dès lors de mise ?

Oui, les erreurs sont inévitables, ne serait ce que parce que dans un système complexe, surtout lorsqu’il est innovant, il est impossible de prédire ou contrôler tous les paramètres d’une situation. Mais il est capital qu’une organisation prenne acte de la dimension sociale des erreurs produites en son sein et agisse en conséquence. Un pas dans ce sens a été accompli par exemple par certains hôpitaux américains. Ici à Boston, de nombreuses études ont abordé le problème des erreurs médicales en se penchant sur la complexité du système hospitalier. Ce qui auparavant était perçu comme l’erreur d’un individu devient une erreur dont la cause est aussi à chercher du côté du système lui-même, en particulier dans la division du travail au sein de l’hôpital. Ce n’est plus seulement la responsabilité du chirurgien ou de l’anesthésiste, mais aussi celle du système qui lui impose un planning chargé.

Faut-il donc chaque fois élargir le champ de l’analyse ?

En effet. Si vous voulez vraiment comprendre comment une erreur est générée au sein d’un système complexe et résoudre le problème, il ne faut pas se contenter d’analyser la situation au niveau individuel, c’est l’organisation dans son ensemble qu’il faut considérer et, au-delà de l’organisation elle-même, son contexte politique et économique. On a vu dans le cas de Challenger que les conclusions auxquelles on aboutit alors sont bien différentes de celles délivrées par une analyse des actions individuelles.

Mais les situations ne sont-elles pas parfois trop complexes pour que cette approche soit réalisable en pratique ?

Je ne le crois pas. On peut cependant considérer, comme le fait notamment Charles Perrow dans son livre Normal Accidents1 , qu’étant donné le caractère inévitable des erreurs générées par certains systèmes en raison de leur complexité, mieux vaudrait se passer complètement de ces systèmes « trop complexes ». Les centrales nucléaires seraient un exemple de tels systèmes. Mais bien évidemment, cette position est indéfendable pour d’autres systèmes complexes comme les hôpitaux.

Quelle leçon peut-on tirer de cette approche en matière de contrôle social d’une organisation ?

Elle suggère qu’une politique de blâme individuel n’est pas suffisante car elle sort de leur contexte les « mauvaises décisions » en négligeant les facteurs organisationnels qui ont pesé sur ces décisions. Dès lors, les instances de contrôle, tout comme le public, croient à tort que, pour résoudre le problème, il suffit de se débarrasser des « mauvais décideurs ». Or, on a vu avec le cas de Chal- lenger qu’il n’en était rien. Une stratégie punitive doit s’accom-pagner d’un souci de réforme des structures et de la culture de l’organisation. Ce qui supposerait par exemple de pouvoir légalement mandater des intrusions dans ce qui est traditionnelle-ment considéré comme son domaine privé.

Vous travaillez actuellement sur le contrôle aérien. Qu’attendez-vous de cette étude ?

Les contrôleurs aériens sont connus pour être capables de détecter des anomalies avant que celles-ci ne génèrent des erreurs irrattrapables. L’histoire de Challenger montre qu’il y a eu de nombreux signaux de danger avant l’accident, qui n’ont pas été pris en compte comme tels. Il me semblait donc logique de m’intéresser à une situation où les gens peuvent expliquer comment ils identifient des signaux d’alarme et prennent les « bonnes » décisions. J’espère alors en tirer des leçons utiles aux organisations soucieuses de minimiser la gravité des erreurs qu’elles produisent systématiquement.

Propos recueillis et traduits de l’américain par Stéphanie Ruphy.

1 C. Perrow, Normal Accidents : Living with High-Risk Technologies , Princeton University Press, 1999

Voir aussi:

En théorie, tout est une question de timing
Entretien avec Diane Vaughan
Réalisé et traduit par Arnaud Saint-Martin
Zilsel/Cairn
2017/2 (N° 2), pages 185 à 222

Diane Vaughan est bien connue pour la recherche classique qu’elle a consacrée à l’accident tragique de la navette spatiale Challenger, survenu en 1986. Dans un livre important paru exactement dix ans après le crash, la sociologue étasunienne proposait une analyse très documentée de la banalisation du risque à la Nasa, qui avait conduit les ingénieurs à prendre des décisions mortelles. Cela a été lu comme largement contre-intuitif dans la presse et parmi les professionnels de la gestion des risques et des désastres, car l’interprétation qui dominait jusqu’alors consistait à individualiser la faute dans un registre très moraliste. L’explication par les structures et la culture d’une organisation aussi complexe que la Nasa montre à l’inverse comment une déviance s’est normalisée au gré des missions du programme de la navette, à travers des décisions qui ont précipité une catastrophe que personne n’avait évidemment désirée. Diane Vaughan révèle ici la force explicative d’un modèle théorique sociologique général, qu’elle s’est efforcée d’affiner et d’appliquer à plusieurs objets empiriques tout au long de sa carrière, amorcée dans les années 1970.

Dans cet entretien réalisé à New York au printemps 2014 puis complété durant l’été 2017, on suivra les itinéraires intellectuels de l’auteure, professeur à l’université Columbia depuis 2005. On y découvrira ses premières recherches sur la criminalité en col blanc et la séparation conjugale, puis les tâtonnements et révélations sur le terrain de Challenger. On ne tardera pas à repérer un pattern intellectuel très particulier en même temps qu’il vise la montée en généralité : sans se disperser, Diane Vaughan approfondit des thèmes théoriques qui lui sont chers, tout en se laissant surprendre sur le(s) terrain(s). Ses explications peuvent intéresser des publics en dehors du champ académique. C’est le cas, surtout, de son travail sur Challenger, qui l’a installée dans les médias aux États-Unis comme experte des échecs organisationnels, surtout après l’accident de l’autre navette Columbia en 2003. Cet exercice non prémédité et « par accident » [1][1]Diane Vaughan, « Public Sociologist by Accident », Social… de public sociology aura été aussi formateur qu’engageant pour une chercheuse qui se percevait au départ comme « académique ». C’était l’occasion d’enseigner la sociologie hors les murs et le confort du département universitaire. Outre les précisions apportées sur ses recherches, la conversation qui suit illustre par l’exemple les vertus de la recherche patiente et obstinée, à distance des standards du « publish or perish » ou du « demo or die ». Diane Vaughan est de ces sociologues qui ne transigent pas avec les nécessités de l’enquête et qui publient lorsqu’elles ou ils estiment que la recherche est suffisamment mûre pour l’être, et pas avant. Quitte à passer des années dans l’invisibilité, pour cause de prospection, de vérifications et de « revisites » sur le terrain. L’ouvrage sur l’accident de Challenger est un modèle en la matière, comme le sera sans doute son nouveau livre sur le contrôle du trafic aérien, dont elle avait amorcé la préparation… à la fin des années 1990. Dernier aspect remarquable qui ressort de l’entretien : au fil des enquêtes et des prises de position publiques, Diane Vaughan s’est efforcée de combiner toutes les dimensions d’une activité intellectuelle qui alterne entre les phases de recherche, d’enseignement, de conseil ou l’intervention publique, sans rien renier de l’exigence théorique élevée qui continue d’être la sienne. Chacun de ces pôles enrichit les autres sans se confondre pour autant. C’est une équation toute personnelle mais, à voir ce qu’elle promet de découvertes et d’heureuses surprises dans cette vie de recherche, il est sans doute bon de s’en inspirer.
Une certaine fascination pour le côté obscur des organisations

Zilsel — Vous avez longtemps travaillé sur les dysfonctionnements, les échecs organisationnels et ce que vous avez appelé la « normalisation de la déviance ». Votre enquête sur le crash de Challenger est votre contribution la plus connue dans ce segment des sciences sociales. Une problématique a peu à peu émergé, que vous n’avez pas cessé d’enrichir au moyen d’un modèle théorique général, celle qui concerne la relation entre les facteurs structurels et les comportements déviants ou illicites. Pour commencer, pourriez-vous revenir sur l’itinéraire qui vous a amenée à aborder ces thèmes classiques de la sociologie des organisations et de la déviance ?

Diane Vaughan — Durant mes études de master puis de thèse, je me suis d’abord intéressée aux phénomènes de déviance et de contrôle social, puis j’ai découvert la littérature sur les organisations. Combinant l’un et l’autre de ces aspects, j’ai choisi d’étudier la criminalité en col blanc en tant que phénomène organisationnel. C’est le sujet de ma thèse, que j’ai soutenue à l’université d’État de l’Ohio en 1979. Je me suis appuyée sur une étude de cas. Deux organisations sont impliquées : la première, une chaîne de pharmacies discount de l’Ohio, Revco, s’était rendue coupable de fraudes contre l’autre organisation, l’administration publique en charge de l’assurance santé (Medicaid), à qui une double facturation était transmise par voie informatique par les pharmaciens. 500 000 dollars ont ainsi été collectés de façon illégale, jusqu’à ce que les deux cadres responsables de l’opération soient pincés en 1977 suite à une enquête des autorités judiciaires. L’affaire a été aussitôt réglée : Revco a plaidé coupable, a restitué 50 000 dollars, tandis que les deux fautifs ont payé une amende de 2000 dollars chacun. Mais, et c’est ce qui rend le cas intéressant en soi, les deux employés ont dit avoir mis en place le système des fausses prescriptions parce que les services de Medicaid rejetaient en masse les prescriptions à rembourser. C’était donc une façon détournée de recouvrer les fonds non perçus et de rééquilibrer les comptes de Revco. Au-delà des agissements individuels, les organisations se trouvaient mises en cause et il n’était pas évident de savoir qui était la victime et qui était le coupable. À partir de la chronologie des événements, des données recueillies sur le cas par divers services d’investigation officiels ou de Revco, mais aussi des interviews que j’ai réalisées, je me suis efforcée d’expliquer d’une part comment et pourquoi cette fraude a été rendue possible et, d’autre part, quels moyens réglementaires et de contrôle ont été mis en place pour y faire face. En plus de l’aspect monographique, j’ai développé un modèle théorique causal. J’ai analysé notamment les effets de la pression de l’environnement concurrentiel sur les organisations et la façon dont elles y répondent, au risque d’altérer leur fonctionnement, toujours plus complexifié par la multiplication des règles et des procédures. J’ai aussi intégré le fait qu’elles offrent et reconnaissent les moyens légitimes d’accéder à des objectifs (s’agissant de Revco, tirer des revenus de la vente de médicaments), tout en créant les conditions structurelles des écarts de conduite pour les atteindre. J’ai compris combien la théorie de l’anomie de Robert K. Merton – une source d’inspiration essentielle pour moi – peut s’appliquer ici. Selon le schéma mertonien, les deux employés ont « innové » en adaptant les moyens et les règlements aux fins légitimes de l’organisation, qui étaient contrariées par le système Medicaid et donc menaçaient sa survie. Le dysfonctionnement dans le système de transaction entre les deux organisations crée une opportunité de comportement illicite ou de viol des règles pour réaliser les objectifs. Avec cette première recherche académique qui s’est transformée en un livre [2][2]Diane Vaughan, Controlling Unlawful Organizational Behavior :…, j’ai dégagé un modèle théorique général, qui permet de comprendre comment les organisations répondent aux pressions d’un environnement externe, dans la structure sociale de la société américaine. À terme, je souhaitais appliquer cette idée d’une pression structurelle sur d’autres types d’organisation, à but non lucratif en particulier.

Après la thèse, j’ai bénéficié d’une bourse postdoctorale de trois ans à l’université de Yale. En même temps que je finissais de rédiger mon premier livre, mes recherches m’ont portée vers d’autres réalités que la fraude en entreprise. Alors que j’étais étudiante, j’ai rédigé un article sur la séparation conjugale, que j’ai appelée « découplage » (uncoupling) [3][3]Diane Vaughan, « Uncoupling : The Process of Moving from One…. J’ai approfondi le sujet lorsque j’étais à Yale, puis à Boston après mon recrutement au Wellesley College Center for Research on Women. J’ai réalisé une centaine d’interviews pour cette enquête. Les gens avec qui je me suis entretenue étaient en union libre ou mariés, gays ou hétérosexuels. J’observais un couple, à la façon d’une organisation minuscule, au moment critique où la relation rompait ou après la séparation. J’ai fini par en faire un livre, Uncoupling [4][4]Diane Vaughan, Uncoupling : Turning Points in Intimate…. Des références traversent ces recherches, par exemple la théorie du signal de l’économiste « nobélisé » Michael Spence, qui peut s’appliquer autant aux entreprises qu’aux relations intimes dans le couple. Comment les organisations fondent-elles leurs choix lorsqu’elles recrutent et que les candidats sont nombreux ? La réponse est économique : il est trop coûteux de connaître à fond chaque candidat, si bien que les organisations émettent des jugements sur la base de signaux. Ces derniers sont de deux sortes : d’une part, des indicateurs qui ne peuvent pas être changés, comme l’âge ou le sexe (à l’époque, il n’était pas possible de le changer). D’autre part, des signaux d’ordre social : où avez-vous obtenu votre diplôme ? Qui vous recommande ? Quelle est votre expérience professionnelle ? Ces seconds signaux peuvent être manipulés, truqués, ce qui rapproche de la problématique de la fraude. La théorie du signal s’applique aussi dans Uncoupling : malgré l’expérience d’une rupture relationnelle soudaine, souvent vécue comme traumatique ou chaotique dans nos vies, l’hypothèse que j’ai faite était de dire par contraste que la transition est graduelle : le découplage est une suite de transitions. Je n’ai pas tardé à le vérifier durant les interviews, lors desquelles je demandais aux personnes séparées de retracer la chronologie de leur relation. Une même logique était à l’œuvre : une des deux personnes, initiatrice, commence à quitter la relation, socialement et psychologiquement, avant que l’autre ne réalise que quelque chose ne fonctionne plus. Le temps qu’elle le comprenne, qu’elle en perçoive le signal, il est trop tard pour sauver la relation. Certes pas toujours, puisque quelquefois les personnes parviennent à inverser le processus, parce qu’ils savent comment traiter l’information ; mais en général, c’est cette trame qui organise le découplage. Il est frappant de voir que dans ces petites organisations les gens peuvent tomber en morceaux sans même le remarquer ni agir contre. Une longue période d’incubation précède la rupture, les initiateurs envoient des signaux, les partenaires les interprètent (ou pas), mais quoi qu’il arrive, selon les buts ordinaires de l’organisation (le couple) la rupture ne fait pas partie du plan initial.

Je commençais à y voir plus clair dans ces processus, analogues malgré les échelles d’analyse, mais il me manquait encore des données sur des structures bien plus grandes. J’ai envoyé le manuscrit d’Uncoupling à mon éditeur en décembre 1985. Un mois plus tard, le 28 janvier 1986, Challenger explosa. La presse a ramené l’explosion à un exemple d’inconduite organisationnelle. Cela se rapprochait de mes premiers cas d’étude – à ceci près que cela concernait une organisation à but non lucratif, la Nasa – et j’ai commencé à enquêter.

Zilsel — Au moment où vous constatez les analogies avec vos premiers objets et que vous débutez le travail sur l’accident de Challenger, quel est votre niveau de familiarité avec l’astronautique et ce que pouvaient éventuellement en dire les sciences sociales ?

Diane Vaughan — J’en ignorais tout ! Je ne connaissais pas non plus les Science & Technology Studies (STS) qui m’aideront à analyser les aspects technologiques. J’ai commencé à travailler à partir de mon modèle théorique. Je n’étais pas complètement dépaysée parce que j’avais étudié le crime organisationnel au moyen de l’informatique dans mon premier livre. Lorsque j’ai amorcé le projet en 1986, je bénéficiais d’une résidence d’un an au Center for Socio-Legal Studies, à l’université d’Oxford. Deux choses importantes me sont arrivées sur place. La première : à l’issue d’un de mes exposés au Centre, un auditeur m’a suggéré de lire l’article « Unruly Technology » de Brian Wynne [5][5]Brian Wynne, « Unruly Technology : Practical Rules, Impractical…, que je ne connaissais pas. Je l’ai dévoré aussitôt et cela m’a ouvert des perspectives fantastiques, notamment la découverte des STS.

Une recherche sérendipienne et pleine d’effets inattendus
À propos de Diane Vaughan, The Challenger Launch Decision : Risky Technology, Culture, and Deviance at NASA, Chicago, University of Chicago Press, 1996.
Ce n’était certes pas prémédité, mais l’accident a bel et bien eu lieu : le 28 janvier 1986, la navette spatiale Challenger se désintégrait en plein ciel 73 secondes après son lancement. Cette tragédie nationale suivie en direct par la Nation tout entière a aussitôt remis en question l’aura d’infaillibilité de la Nasa. Le public s’était peu à peu habitué à l’idée d’une « démocratisation » prochaine de l’accès à l’espace, au moyen d’un véhicule expérimental et high tech, qui embarquait des civils dans cette vingt-cinquième mission STS-51-L, en particulier une institutrice médiatisée pour l’occasion, mais voilà que la confiance dans la sûreté de la technologie s’est aussitôt dégradée. La Commission présidentielle diligentée pour faire la lumière sur les causes de l’accident a rapidement identifié le problème : fragilisé par le froid glacial, un joint d’étanchéité du propulseur d’appoint à poudre s’éroda puis céda dès après le lancement et précipita l’explosion du segment puis la désintégration de la navette. Les directeurs de vol au centre spatial Kennedy de Cap Canaveral en étaient pourtant informés et, durant une téléconférence la veille, ils ont été de nouveau mis en garde par des ingénieurs de la compagnie Thiokol qui fabriquait les fusées d’appoint pour la Nasa. Néanmoins, ils ont finalement décidé de programmer le lancement après sept reports. Pourquoi cette décision a-t-elle été prise malgré les alertes sur la possible rupture des joints dans ces conditions ? Diane Vaughan y répond en dévoilant les mécanismes par lesquels les risques techniques ont été normalisés les années avant le désastre. Elle montre comment la culture organisationnelle des centres techniques de la Nasa, fondée sur l’exploit et l’idéologie de la frontière à dépasser (« Can do ! », p. 209), installe les déviations techniques comme autant de réalités normales.
« Immergée » dans cette culture, Diane Vaughan ne perd jamais le lecteur, ce qui est une prouesse parce que ce gros livre de 575 pages fourmille de détails techniques, de savoirs experts et d’acronymes pour ingénieurs. L’usage d’une trame chronologique s’avère ici précieux pour comprendre comment le risque a été « culturellement » construit, après que des décisions ont été prises de lancer la navette malgré la connaissance des anomalies, en fait très nombreuses et constitutives de la technologie. Les anomalies étaient la norme, notamment celles sur les joints des boosters qui avaient été décelées dans des lancements antérieurs, le risque devenait « acceptable » et n’était plus référé à la hiérarchie. La sociologue navigue entre les échelles micro des conduites et des perceptions individuelles et interindividuelles, méso des organisations (de leur structure sociale et culturelle, de leur accès aux ressources rares, en particulier les budgets), et macro de l’environnement socio-politique et de la culture étasunienne. Les facteurs extérieurs (agenda et contraintes de la politique intérieure, géopolitique, compétition internationale sur le marché de l’industrie spatiale, etc.) pèsent lourd dans la prise de décision et, plus largement, sur l’évolution des activités du secteur aérospatial, tout comme les rapports de force et les conflits « culturels » entre les acteurs, singulièrement entre les ingénieurs de la Nasa et les entreprises sous-traitantes comme Thiokol, chargée de fabriquer les fusées d’appoint. La pression sur les ingénieurs de la Nasa et des entreprises sous-traitantes était immense tout au long du programme, et tout particulièrement la veille du lancement fatal, mais ce n’est pas le seul facteur qui explique la décision malheureuse d’autoriser le lancement ; cette pression faisait partie de l’environnement de travail ordinaire des ingénieurs, qui en réalité ne faisaient que suivre un protocole normal sous contraintes organisationnelles fortes : aucune règle n’a été violée alors qu’on sait maintenant que les ingénieurs ont commis une lourde erreur (p. 68).

Diane Vaughan reconstitue cette histoire contre-intuitive dans un récit « révisionniste » extrêmement précis, qui contredit le récit qui avait cours. Ce récit mettait en scène l’évidence d’un calcul amoral (amoral calculation) de responsables, coupables d’avoir « joué à la roulette russe » pour de grosses poignées de dollars (chaque report de lancement est infiniment coûteux et menace la survie budgétaire du programme). Les chapitres qui suivent sont autant d’explorations des trois grands facteurs qui expliquent la « normalisation de la déviance » dans le processus de décision : (1) la production d’une « culture » propre à un groupe de travail (autour des fusées d’appoint) au filtre de laquelle le risque est normalisé et le processus de décision configuré (patterned), durant les premières missions où les signaux de danger potentiel avaient été distingués (chapitres 3 à 5) ; (2) la « culture de la production » avec ses normes et croyances, caractéristique des mondes de l’aérospatial (qui incluent la Nasa, les industriels, etc.), culture qui engendre une construction « indigène » de l’acceptabilité du risque (chapitre 6) ; (3) le « secret structurel » autour de la circulation contrainte et parfois même empêchée de l’information au sein de l’organisation, qui altère la perception des signaux de danger potentiel (chapitre 7). Informant cette théorie de la normalisation de la déviance, la trame chronologique coupe court avec les explications rétrospectives qui concluent à l’inévitabilité de l’explosion de la navette sans la rapporter au processus par lequel, à force de dérogations, celle-ci a été rendue possible. Abrégée en 50 pages dans le chapitre 9 faute de place ( !), la « description ethnographique dense » de la nuit qui a précédé le lancement achève de restituer l’événement, à la façon d’un scénario de film catastrophe. Le chapitre 10 propose enfin de monter en généralité : la théorie de la normalisation de la déviance est testée sur d’autres organisations, et l’auteure d’esquisser par ces comparaisons structurelles une analyse sociologique de l’organisation sociale de l’erreur (p. 394-399).

The Challenger Launch Decision est une exploration vertigineuse du « côté obscur » de l’organisation Nasa [6], de la « boîte noire » du processus de décision (p. 196). Ce livre est remarquable pour de nombreuses raisons. D’abord, c’est un modèle d’investigation empirique et théorique, la preuve en actes que l’enquête documentaire n’est pas significative sans théorie, et vice versa. Diane Vaughan a recueilli des masses de données durant plusieurs années. Il aura fallu trier dans les 200 000 documents publiés après-coup par la Nasa et les 9 000 pages de retranscription des audiences de la Commission d’enquête. « Tout au long de ce projet, écrit-elle dans l’ouverture du livre, j’avais l’impression d’être une détective, mais ce travail de détective n’avait pas l’infaillible clarté linéaire d’une enquête de Sherlock Holmes » (p. 39). Elle a procédé de façon inductive, par l’ancrage de la théorie sur le terrain, et a invité le lecteur à la suivre dans ses cheminements. Ses interprétations tirent parti de cadres théoriques formulés ailleurs. Elle prône l’usage intensif de la « théorisation analogique », qui consiste à appliquer des concepts et des schèmes théoriques sur des objets qui possèdent des caractéristiques plus ou moins communes. Ainsi l’auteure propose-t-elle un modèle théorique à la fois très indexé à un cas (très) particulier et assez souple et générique pour autoriser des applications sur d’autres objets structurellement comparables. En plus de son apport évident aux disaster studies et à la sociologie des organisations, l’ouvrage est aussi une contribution majeure à la connaissance du fonctionnement, des arcanes et de la structure sociale et culturelle d’une méga-organisation gouvernementale, légendaire par ses accomplissements depuis Apollo mais en fait assez méconnue.

La seconde chose qui m’est arrivée est que je cherchais des précédents historiques de viol des règles au moment des décisions de lancement de la navette, mais je n’en trouvais pas. L’hypothèse initiale qui était la mienne, en phase avec la compréhension traditionnelle des accidents, est que la décision résulte d’un « calcul amoral », de type coûts/bénéfices : sous la pression, les directeurs de vol connaissent les risques mais, escomptant une issue favorable, ils décident malgré tout et sciemment du lancement. Le viol des règles de sûreté est dès lors intégré dans le processus de décision qui précède l’explosion. En fait, cela contredisait mon hypothèse de départ qu’ils se conformaient à toutes les règles. J’ai commencé à examiner les documents d’ingénierie. Brian Wynne souligne que les ingénieurs qui travaillent avec des technologies peu sûres inventent des règles pour « fonctionner » avec ces données, au gré d’une pratique qui se transforme, et cela normalise le processus de façon ad hoc. Mon dieu, ce fut une révélation ! J’ai tout jeté et j’ai recommencé à zéro. Ma question était simple : pourquoi décidèrent-ils de lancer Challenger ?

Zilsel — L’enquête n’est pas facilitée par le fait que, comme vous l’avez souligné dans un article [7][7]Diane Vaughan, « The Dark Side of Organizations : Mistake,…, la Nasa est un exemple parmi d’autres de ces gigantesques bureaucraties techno-scientifiques qui génèrent des quantités littéralement astronomiques de documents. Lorsqu’on lit la monographie sur Challenger, on est frappé par la masse d’archives et de sources de statut divers – rendue accessible par les autorités – que vous avez utilisée pour documenter les processus ayant mené à l’accident. Comment avez-vous procédé pour gérer l’abondance de ces données, dont la maîtrise technique est essentielle pour bien cerner les enjeux ?

Diane Vaughan — Je n’ai pas tout lu ! Il a fallu que je m’organise pour comprendre complètement la logique des événements. Il le fallait avant de réaliser les interviews. J’ai procédé de façon chronologique, à partir des sources historiques publiquement accessibles. J’ai commencé par éplucher les cinq volumes de la commission, les uns après les autres. Le premier rassemble des synthèses, d’autres contiennent des séries de témoignages devant la commission d’enquête. Au fur et à mesure, j’ai repéré les indices d’un pattern régulier, en particulier les problèmes que la commission éprouvait pour comprendre le langage bureaucratique de la Nasa, illustrés par exemple dans le débat ésotérique au sujet des dérogations de lancement (Launch Constraint waivers) : malgré la présence d’anomalies sur les fusées d’appoint à poudre qui a causé l’accident, les ingénieurs de la Nasa et du sous-traitant Thiokol ont jugé le risque « acceptable ». J’ai commencé à saisir le langage technique, ce qui est crucial, mais aussi les différentes positions occupées par les acteurs impliqués dans le programme, le problème lié aux propulseurs d’appoint, en bref comment le système fonctionne. J’ai vite remarqué que les interprétations étaient loin de converger, parce que les gens occupaient des positions différentes dans la structure de l’organisation. Rien d’étonnant : lorsqu’on enquête sur des organisations complexes, on obtient des discours parfois très contradictoires au sujet d’un même phénomène. Cela ne signifie pas que certains mentent tandis que d’autres livrent la vérité la plus absolue ; cela signifie bien plutôt que la position de chacun dans la structure de l’organisation détermine ce qu’il sait et comment il interprète la situation.

En plus des premières lectures, je me suis rendue aux Archives nationales, à Washington DC. J’y ai visionné l’ensemble des vidéos enregistrées aux audiences. J’ai observé les dépositions des témoins, la façon dont ils exprimaient leurs sentiments, le son de leur voix, etc. Ce n’est pas vraiment lisible dans le livre, mais cela m’a été très utile. J’ai appris à les connaître. J’ai passé également trois semaines aux Archives à photocopier des transcriptions réalisées par des avocats chevronnés que la Commission Rogers avait recrutés pour l’investigation. Ils ont interviewé diverses personnes, pour documenter la veille du lancement et l’histoire de la prise de décision sur les fusées d’appoint à poudre. J’ai aussi obtenu la permission de consulter des copies de documents d’ingénierie sur les décisions de lancement. Je disposais d’un immense stock d’informations ! C’est pourquoi j’ai vite compris qu’il était plus simple de traiter ces données de manière chronologique. J’ai commencé par le premier lancement, puis je me suis intéressée aux documents sur les lancements ultérieurs et je n’ai pas cessé de répéter ce processus d’enquête itératif.

Zilsel — Vous définissez votre démarche comme relevant de l’« ethnographie historique ». Cela consiste à suivre les traces, les textes, en les situant dans des environnements pratiques particuliers. Pourriez-vous resituer la façon dont vous est venue cette idée et comment vous l’avez mise en œuvre sur le terrain ?

Diane Vaughan — J’entends par « ethnographie historique » une analyse historique de séquences d’événements basée sur les documents disponibles. Cela s’est imposé à moi parce qu’il m’était indispensable de retourner dans le passé. L’ethnographie renvoie ici à la compréhension de la signification que revêt une situation pour les personnes qui vivent dans un monde différent du vôtre. Le but est de reconstruire les croyances culturelles et une vision du monde, d’interpréter les informations dont les acteurs disposent et auxquels ils ont accès, mais aussi ce qu’ils en font. Cela peut concerner, par exemple, toute la documentation des ingénieurs sur la revue d’aptitude au vol, qui implique un vocabulaire précis, un protocole, une manière de définir la situation. Je disposais des transcriptions des témoignages et les données empiriques sur chaque revue d’aptitude au vol, ce qui me permettait de comprendre comment les acteurs décrivaient la chaîne de décisions, à comparer ensuite avec les protocoles.

J’ai étudié cela des années durant, de 1987 à 1992, et dans l’intervalle j’ai écrit les trois premiers chapitres sur la normalisation de la déviance. Puis, je suis revenue en arrière, j’ai trouvé de nouveaux éléments, j’ai sans cesse révisé mes premières interprétations du processus, qui n’étaient pas complètement correctes. C’est ainsi que j’ai repéré que cela se répétait à chaque décision de lancement, après que les responsables de vol ont décidé d’ignorer les anomalies. J’ai également compris pourquoi à tel moment au contraire, ils avaient tenu compte des anomalies. Des signaux d’alerte précoces et des signaux mêlés leur étaient parvenus. Ils ont identifié une anomalie à l’occasion d’un vol, mais trois lancements furent décidés à la suite sans accrocs. Chaque décision s’accompagne d’un degré élevé d’incertitude.

Après avoir approfondi au maximum la documentation que j’avais rassemblée, je me suis rendue en 1992 au Marshall Space Center de la Nasa, à Huntsville (Alabama), pour réaliser des interviews avec les personnes clés. J’y ai rencontré Roger Boisjoly, j’ai fini par bien le connaître. J’ai interviewé de même Leon Ray, la personne qui en savait le plus, qui n’était pas présent la nuit du lancement ; il était en charge des affaires techniques, il avait travaillé à fond sur le vol. J’ai rencontré aussi Larry Mulloy, Larry Wear – qui était l’ingénieur en chef – d’autres personnes encore, dont j’oublie les noms. J’ai réalisé des interviews téléphoniques en plus, pour compléter l’information. Toutes ces personnes sont restées en contact avec moi. Je pouvais revenir vers eux quand j’avais des questions. Il fallait à chaque instant que je maîtrise l’histoire pour que les échanges soient consistants, parce qu’ils ont compris ce que j’étais en train de faire, et saisi que je n’étais pas d’accord avec les résultats de la commission. Mais suffisamment de temps était passé depuis le crash, si bien qu’ils ont tous accepté de me parler.

Cette expérience de recherche fut incroyablement riche. D’autant plus que, pour les acteurs rencontrés, l’événement a été traumatique. J’aurais dû écrire un appendice méthodologique pour en analyser les enjeux, mais le livre était tellement long déjà… Les récits que les gens font des accidents traumatiques rappellent les ruptures dans les relations intimes, ils sont typiques parce qu’ils commencent par exprimer une confusion vis-à-vis de ce qui est arrivé. Les témoins ont besoin de revenir en arrière et de reconstruire l’histoire d’une façon ordonnée, afin de la comprendre. Mais j’étais convaincue, sur la base de tous ces enregistrements écrits et oraux du passé, que cela coïncidait avec ce qu’il s’était passé. L’histoire que je reconstituais devait être la plus détaillée possible, parce que personne ne savait tout ce que je savais après tant d’années de recherche. Tant de personnes ont publié sur l’accident, le matériau était immense… Donc, il y avait toutes ces sources sur un événement qui était devenu « historique », ce qui justifiait encore l’idée d’« ethnographie historique ».

Zilsel — Et des « descriptions denses » et parfois très techniques de l’ethnographie historique jusqu’à la modélisation sociologique, comment s’est opérée la transition ?

Diane Vaughan — L’analyse s’est peu à peu consolidée. Je combinais le niveau micro de la prise de décision et de la normalisation de la déviance et l’idée d’un pattern régulier dans l’organisation. J’ai mis en lumière l’effet de l’environnement concurrentiel sur la production de la « culture Nasa ». La pression externe sur l’agence provoquait périodiquement des changements dans l’organisation, cela affectait ce que les gens disaient et faisaient. Jusqu’à des situations-limite, où l’on impose des cadences impératives à des ingénieurs qui travaillent H24, semaine après semaine… J’enrichis ensuite par le concept de « secret structurel », à partir de l’intervention des acteurs réglementaires (regulators) externes et l’activité de ceux qui, dans l’organisation, disposent d’un statut réglementaire officiel. L’information sur les anomalies devenait toujours plus mince et réservée aux strates supérieures de la hiérarchie. Ce sont autant de pièces du puzzle. Mon modèle théorique permettait ainsi de comprendre que la décision ne relevait pas de l’inconduite intentionnelle, mais il aura fallu le démontrer, ce dont je n’étais pas sûre à 100 % au départ. C’est en étudiant à fond tous les lancements de la navette que j’y suis parvenue. J’ai compris qu’il y avait un problème lorsque le lancement était prévu un jour de froid. Quand j’ai tout mis bout à bout, je me suis rendue compte que c’était la première fois que l’on disposait d’un récit complet du processus de lancement de Challenger. Mais il me restait encore à expliquer que ce processus ne résultait pas d’une forme d’inconduite, mais plutôt d’une erreur structurellement liée à l’organisation. Des signaux ont été manqués, des pressions ont été exercées dans la production, qui ont affecté l’interprétation des données. Personne ne voulait faire exploser la navette. Personne, absolument personne. Larry Mulloy m’a confié lors d’une interview que le problème des joints sur la fusée à poudre d’appoint était l’un des moins sérieux sur la navette, les problèmes étaient nombreux et normaux parce qu’il s’agissait d’une technologie expérimentale ; ils s’attendaient à avoir des problèmes, celui-là était celui qui préoccupait le moins. Des anneaux en caoutchouc qui scellaient des joints sur les fusées et risquaient de lâcher, cela n’était rien par rapport au système de parachutes utilisé pour récupérer des fusées coûtant des milliards de dollars.

Zilsel — C’est donc une très longue histoire : entre l’accident de Challenger et la publication de votre livre, dix ans se sont écoulés…

Diane Vaughan — L’un des privilèges d’être professeure titulaire (tenure) est que vous pouvez travailler sans hâter les choses. Si j’avais été sous la pression de publier après un an seulement, le résultat aurait été dévastateur puisque je sais maintenant que je me serais trompée complètement dans l’analyse, ce que j’explique dans un des chapitres du livre… Mais comme cela prenait toujours plus de temps et que l’on s’éloignait du crash, je me suis dit que personne ne s’y intéresserait. J’ai écrit les derniers chapitres l’année avant le dixième anniversaire de l’accident de Challenger. Au moment où j’ai envoyé mon manuscrit, en juin 1995, j’ai demandé à mon éditeur s’il pouvait sortir le livre dans les six mois, ce à quoi il m’a répondu qu’en principe cela prenait plutôt une année. Qu’à cela ne tienne, j’ai accéléré la rédaction et j’y suis arrivée ! En novembre 1995, une centaine d’exemplaires a été envoyée aux médias. La publication était envisagée le 28 janvier 1996, date d’anniversaire de l’accident. Tous les journalistes chargés de couvrir l’événement se sont jetés dessus. Ce fut sportif. J’ai été occupée de novembre jusqu’à l’anniversaire, et encore des années après par d’incessantes sollicitations académiques et de conseil. En point d’orgue de cette médiatisation, Malcom Gladwell, journaliste du New Yorker qui s’intéressait au processus de décision sans me connaître, a publié le 22 janvier un long article intitulé « Blowup » [8][8]Malcolm Gladwell, « Blowup », The New Yorker, 22 janvier 1996.. Mon livre y occupait une bonne place. Il a ensuite été chroniqué des dizaines de fois dans les plus grands journaux américains, à la une du New York Times, et jusqu’en Angleterre, dans le Times et l’Independant. C’était impressionnant et inattendu que dix ans après, ce livre épais puisse attirer autant l’attention. Tous les comptes rendus étaient favorables, y compris dans les revues académiques. Quand l’accident de Columbia est survenu en 2003, tout le monde savait que j’étais la personne la plus qualifiée pour livrer mon analyse « à chaud ». Et mon livre a encore été commenté.

Les Science and Technology Studies : une rencontre fortuite

Zilsel — C’est à l’occasion de vos recherches sur Challenger que vous avez découvert les STS, et en particulier le travail de Brian Wynne qui a influé sur votre analyse des pratiques des ingénieurs. Pourriez-vous revenir sur ce moment ? Quel a été l’effet sur la suite de votre carrière ?

Diane Vaughan — Je ne suis pas devenue une « chercheuse STS », j’ai plutôt utilisé la littérature qui relève de ce domaine et j’ai rencontré des chercheurs. C’est la même chose avec les organization studies ou la sociologie de la déviance. Dans ces domaines, surtout dans les STS, c’est l’aspect totalement éclectique qui m’a séduite et qui convenait à la façon dont je travaille. Mais pour autant, ma démarche était très éloignée de ce que faisaient les autres en STS. Je me rappelle la première fois que j’ai rencontré Harry Collins, à Bristol de mémoire. Nous nous sommes installés dans son bureau et il m’a lancé, enthousiaste : « Diane vous tombez du ciel ! Comment en êtes-vous venue à travailler là-dessus ? ! » Alors que le domaine commençait à devenir visible dans le monde académique, j’apparaissais ainsi, sans prévenir ! En fait, je travaillais seule depuis une dizaine d’années, sans lien avec ces domaines. Je tirais les éléments qui m’étaient utiles de diverses littératures, dans le seul objectif de m’aider à structurer mon cadre d’analyse théorique. J’avançais de la sorte, en agrégeant ces sources et en rencontrant de nouveaux collègues, qui m’apportaient en retour de nouveaux éléments. Ce fut le cas avec l’article déclencheur de Brian Wynne.

Zilsel — Vous qualifiez les STS d’éclectiques. Le mot est sans doute bien choisi pour décrire l’état d’effervescence des premières années. Pour autant, nombreux sont les chercheurs dans le domaine qui s’efforcent de le transformer en discipline autonome, donc pas si éclectique et interdisciplinaire que cela. Comment considérez-vous cette tension entre la constitution interdisciplinaire originelle (celle qui était mise en avant au début des années 1970) et l’ambition d’institutionnaliser un segment disciplinaire relativement indépendant des disciplines canoniques (histoire, philosophie et sociologie des sciences), que l’on peut voir à l’œuvre dans les Handbooks et les Readers ?

Diane Vaughan — Je ne pense pas qu’il y ait de tension. Il me semble logique que les STS souhaitent être plus fortes dans le but de se développer. Elles sont déjà en elles-mêmes interdisciplinaires. Et puis, cela se diffuse quoi qu’il advienne, cela fonctionne. Je ne me suis pas rendue à un congrès de STS ou de la Society for Social Studies of Science (4S) depuis bien longtemps. Je suis allée à San Diego en 2013 et j’étais impressionnée par le programme. Il tenait dans un petit livret, comme une petite Bible, et vous pouviez très rapidement constater la diversité des thèmes. Des gens qui travaillent sur tout ce que vous pouvez imaginer y présentaient leurs recherches, par exemple le big data. C’est très actuel, très important. Vous savez, je ne pense pas qu’il y ait encore beaucoup d’études de laboratoire. Ce n’est plus le cœur des STS. Si vous regardez seulement les fondateurs et la façon dont leur travail a évolué à travers le temps, par exemple comment Donald McKenzie est passé des statistiques aux marchés financiers, tout en écrivant pour des publics hors des STS, via le Times Higher Education, vous constatez sans peine une certaine évolution dans les thèmes autant que dans les approches. C’est le cas également de Karin Knorr-Cetina, qui a commencé sa carrière d’ethnométhodologue dans les laboratoires et qui aujourd’hui travaille à démontrer que les marchés sont des choses matérielles ; elle n’intervient pas en dehors du monde académique, mais ses résultats se propagent au-delà de ce qui est connu en STS. On peut encore mentionner la carrière de Harry Collins, depuis les études de laboratoire jusqu’à l’expertise, et maintenant il travaille sur l’expertise profane [9][9]Voir Harry Collins, Martin Weinel et Robert Evans, « The…. Je peux voir chez certains étudiants que j’encadre les effets féconds que peut provoquer la découverte du noyau théorique des STS. Ce noyau d’idées n’a pas été oublié, les études de laboratoire sont prolongées et enrichies par de nouvelles méthodes sur des objets différents ou émergents. En même temps, ce noyau théorique est renouvelé par l’ajout d’idées et d’auteurs qui avaient disparu, comme Ludwik Fleck, ressuscité par Robert K. Merton plus de quarante ans après qu’il a publié son important ouvrage The Genesis and Development of a Scientific Fact (1935).

Zilsel — Votre livre sur l’accident de Challenger est une référence classique dans les disaster studies. Que pensez-vous de ce domaine aujourd’hui de plus en plus visible à l’heure des catastrophes et de la banalisation des risques ?

Diane Vaughan — Je n’ai pas contribué de façon explicite à ce domaine, je me suis surtout focalisé sur mes études de cas Challenger et le contrôle du trafic aérien. Au début, les disaster studies n’étaient pas perçues comme mainstream. Le sociologue des organisations Charles Perrow a publié son livre Normal Accidents bien avant le mien [10][10]Charles Perrow, Normal Accidents : Living with High-Risk…, du reste ce n’était pas classé dans les disaster studies pas plus que dans les organization studies. Puis les disaster studies ont émergé. Il aura fallu attendre la crise financière pour se rendre compte de ce que l’étude des technologies à risque pouvait apporter à l’explication. Je pense notamment au travail de Donald McKenzie, bien qu’il ne soit pas un spécialiste des organisations, mais on peut aussi mentionner les recherches de Karin Knorr-Cetina sur les marchés financiers. Les STS ont beaucoup apporté à l’analyse des désastres de l’économie financière. Mais pour revenir à ma contribution, elle a été plutôt d’ordre théorique, à travers des communications programmatiques faites dans des congrès, à la 4S ou à l’American Sociological Association, ou encore via mon enseignement, puisque j’organise un séminaire sur les échecs organisationnels et un autre sur la connaissance scientifique et la technologie, qui aborde aussi ces questions. J’ai aussi publié un article dans Social Studies of Science [11][11]Diane Vaughan, « The Role of Organization in the Production of…, qui proposait précisément d’appliquer une analyse de type organisationnel sur un sujet classique de la sociologie de la connaissance scientifique. Mais en réalité, cela existait au moins de façon latente. Harry Collins a par exemple comparé deux laboratoires travaillant sur les ondes gravitationnelles, l’un situé en Italie, l’autre aux États-Unis. Son interprétation est culturelle – au sens où il essaie de rendre compte de cultures scientifiques in situ – et l’organisation est l’unité d’analyse [12][12]Harry Collins, Gravity’s Shadow : The Search for Gravitational…. Karin Knorr-Cetina ne procède pas autrement dans Epistemic Cultures, cependant qu’elle ne fait pas usage explicitement des théories sur les organisations [13][13]Karin Knorr-Cetina, Epistemic Cultures : How the Sciences Make…. Même Donald McKenzie s’est orienté dans cette direction. Je pense en particulier à un article qu’il a consacré à la crise financière de 2008 [14][14]Donald MacKenzie, « The Credit Crisis as a Problem in the…. Il montre bien comment les marchés financiers sont couplés à des technologies, et réglés par des organisations, et il est significatif qu’il discute au passage mon analyse sur Challenger. Mais cela n’a pas été approfondi plus que cela dans ces écrits. Ce qui ne veut pas dire que ça ne le sera pas plus tard, car ces idées se diffusent, elles circulent. D’autres pourraient emboîter le pas, de la même façon que je me suis appuyée sur les STS pour les adapter à mes centres d’intérêt théoriques. Quand je m’y suis retrouvée, c’était un microcosme, très interdisciplinaire et ouvert. S’y côtoyaient géographes, philosophes, politologues, sociologues, ingénieurs, etc. Il me semble que c’est toujours le cas et c’est ce qu’il y a de plus précieux. Néanmoins, force est de constater que si les STS se diffusent dans la sociologie mainstream, l’inverse n’est pas avéré. L’engouement reste limité. Peu de sociologues travaillant sur les organisations utilisent le noyau dur des méthodes et théories des STS, à quelques rares exceptions près. Me vient en tête le nom de Wanda Orlikowskio, de la Business School de New York University, longtemps directrice de publication de la revue Organization Science. C’est la même chose dans les disaster studies.

Zilsel — J’ai l’impression que dans les STS il y a une tendance à surinvestir les problèmes philosophiques, qui a donné des controverses parfois très intenses, notamment dans le cas de la construction sociale des savoirs au début des années 1990. Comme si « théoriser », ça voulait dire « faire de la philosophie » – et alors du même coup, reléguer au second plan le travail monographique qui était stratégique dans les années 1970.

Diane Vaughan — Il y a sans doute un certain intérêt pour la théorie et la théorisation, mais les efforts restent hélas trop souvent isolés, cela ne communique pas assez. La palette des concepts utiles est certes étendue. Mon concept de « normalisation de la déviance », comme d’autres – les « conséquences inattendues de l’action » de Robert K. Merton, la « flexibilité interprétative » d’Harry Collins et Trevor Pinch –, peuvent être appliqués pour rendre compte de situations et d’objets présentant des similarités de structure, mais l’intégration des concepts est insuffisante. La « flexibilité interprétative » se diffuse entre les frontières disciplinaires alors que dans les STS ce n’est presque plus cité du tout… Tout cela me conforte dans l’impression que la perspective d’une intégration et de mise en relation de ces recherches n’est pas à l’ordre du jour. C’est très individuel, ce n’est pas cumulatif. Quand vous pensez à la formation des chercheurs des STS, leur inclination à l’interdisciplinarité, cela devrait marcher dans ce sens : les géographes s’intéressent à la diffusion des idées et sont outillés conceptuellement pour l’étudier, les sociologues de la connaissance mettent l’accent sur la production de la connaissance, cela devrait communiquer en liant ces bouts. Mais ce n’est pas vraiment le cas. Si bien que les interprétations individuelles continuent de prévaloir.

Zilsel — Pourtant au tout début des années 1970, il y avait des tentatives de développer une sociologie des organisations scientifiques, avec des visées intégratrices. Un peu plus tard, des propositions se sont consolidées, je pense par exemple à l’importante contribution de Richard Whitley, TheIntellectual and Social Organization of the Sciences [15][15]Richard Whitley, The Intellectual and Social Organization of…, qui propose d’utiles définitions, typologies et modélisations des types d’organisations scientifiques, applicables dans différentes disciplines à travers l’histoire des sciences. Cette démarche est tout à fait en phase avec le projet que vous mettez en avant. S’il n’est pas cité suffisamment, le livre n’en reste pas moins une source indispensable…

Diane Vaughan — Je ne connais pas ce livre… (Cherchant)

Zilsel — Ah ! C’est intéressant parce que dans mon esprit, c’est un classique des études organisationnelles appliquées aux STS. Richard Whitley a été actif dès le début des années 1970, puis s’est un peu éloigné du « mouvement STS » en se concentrant sur les transformations du capitalisme. Sans vouloir surinterpréter, que vous n’ayez pas connaissance de son ouvrage – dont la première édition n’était plus vraiment citée au début des années 1990, quand vous faites le lien avec les STS – me semble révélateur des circulations intellectuelles contrariées au sein des STS.

Diane Vaughan — C’est assez inquiétant que je sois passée à côté ! (Rires) J’ai travaillé et construit mon cadre théorique en m’inspirant des idées développées par d’autres, j’ai bricolé, c’est assez caractéristique de mes recherches. Et quand cela fonctionne sur les phénomènes que vous essayez d’expliquer, vous allez jusqu’au bout de l’explication sans nécessairement faire l’inventaire de toute la littérature, à tel point qu’il peut y avoir un angle mort et quelques oublis. Mais le plus important à la fin, c’est que votre explication tienne la route. Cela dit, j’ai passé un temps considérable à lire les revues de STS après que j’ai découvert l’article de Brian Wynne. J’ai beaucoup apprécié les débats dans certains numéros de Social Studies of Science. Ces lectures ont été formatrices.

Voyages et aventures des théorisations sociologiques

Zilsel — Il est frappant de constater combien il est crucial dans vos recherches d’entretenir une forme de continuité, depuis le premier ouvrage jusqu’au dernier à paraître. Au fur et à mesure, votre approche théorique se consolide, les lignes directrices sont toujours plus affirmées, tout en ménageant assez de souplesse dans les applications à de nouveaux objets. Est-ce un biais de présentation induit par le cadre même de notre entretien, qui mêle biographie et enquêtes, qui suppose donc de revenir en arrière avec linéarité et effet de reconstruction a posteriori, ou bien s’agit-il d’une sorte de trame épistémologique présente tout au long de votre carrière ?

Diane Vaughan — Il y a une forme de continuité, c’est indéniable. Elle s’enrichit de différents procédés, dont le plus essentiel est la comparaison analogique. C’est une idée dominante : les études de cas que j’ai réalisées partagent des données et des processus, mais qui varient en taille autant qu’en complexité. Cette question de l’analogie et surtout son usage dans la théorisation dans les sciences sociales m’intéressent beaucoup. Comme je l’ai soutenu dans une contribution à un livre sur la théorisation [16][16]Diane Vaughan, « Analogy, Cases, and Comparative Social…, nous y avons recours très souvent sans pour autant en avoir une pleine conscience. C’est pourquoi il me paraît nécessaire de rendre explicites ces usages, afin d’exploiter au mieux les potentialités du raisonnement analogique [17][17]Voir aussi Diane Vaughan, « Theorizing disaster : Analogy,…. Lorsque l’on achève un article ou un livre et que l’on essaie de généraliser à partir des résultats, on généralise nos résultats à des situations qui sont analogues sous certains aspects et critères.

C’est une partie de la réponse, mais je ne suis pas sûre que cela réponde à toute la question. Il faut également prendre en considération d’autres éléments, par exemple les processus d’induction et de déduction. Ils sont rituellement distingués. Les chercheurs peuvent reconnaître qu’ils usent soit de l’un, soit de l’autre, et de façon exclusive, mais en réalité je pense que dans le mouvement de la recherche les deux interviennent de concert. Dans The Discovery of Grounded Theory, qui est très lu ici à Columbia, Barney Glaser et Anselm Strauss soutenaient que vous devez vous engager dans un cadre de recherche sans rien savoir, en contrôlant rigoureusement l’induction, en « ancrant la théorie », mais on ne procède jamais ainsi lorsque l’on travaille sur les objets [18][18]Barney Glaser et Anselm Strauss, The Discovery of Grounded…. On a toujours une raison de choisir d’étudier tel ou tel objet. C’est pourquoi il importe de reconnaître l’existence d’une sorte de théorie de départ qui est vôtre lorsque vous amorcez une enquête, qui peut s’avérer juste ou erronée, mais qui, une fois ramenée au premier plan, explicitée donc, n’en permet pas moins d’établir des comparaisons analogiques ou de théoriser analogiquement. En d’autres termes, il y a cette théorie initiale, née d’autres expériences de recherche notamment, mais le processus de découverte demeure aussi inductif parce que nous importons des idées en même temps que nous avançons et découvrons de nouvelles choses. Par exemple, dans le cas de Challenger, j’étais en train de travailler sur mes données et je me rendais compte que j’employais toujours l’expression « moyens légitimes » pour les interpréter. Puis j’ai cherché à en trouver l’origine. Je me suis vite rendue compte en allant vérifier que cela venait de Merton, ce qui m’a amenée à renforcer un raisonnement qui n’était qu’intuitif au départ. Importer sciemment ce schème d’analyse lié à la théorie mertonienne de l’anomie a ainsi modifié ma perspective.

Cela arrive en permanence dans les dynamiques de recherche, et pourtant il est rare que l’on accorde à ces aspects l’importance qu’ils méritent. Nous devrions être bien plus attentifs à nos propres processus de théorisation. Cela peut être d’ordre analogique ou bien basé sur des différences par rapport à des choses que nous connaissons, mais je pense que c’est une façon de faire prendre conscience aux chercheurs qu’ils adoptent une démarche, qu’ils sont inspirés par des concepts et des ressources théoriques. C’est une dimension du travail intellectuel que je mets en avant dans mon enseignement, c’est extrêmement important. Cela aiderait à saisir de façon plus immédiate les intérêts théoriques sous-jacents, qui ne sont pas toujours manifestes, comme s’ils allaient de soi. Il arrive souvent de lire l’ultime version d’un article ou d’un projet de recherche sans savoir vraiment comment ni pourquoi son auteur en est venu à développer les idées qu’il défend. C’est en soi un problème de sociologie de la connaissance très intéressant.

Zilsel — Donc il y a des déplacements analogiques dans votre recherche ainsi que des références par moments appuyées sur le travail de divers auteurs, qui sont autant de sources d’inspiration. C’est le cas par exemple de Bourdieu [19][19]Diane Vaughan, « Bourdieu and Organizations : The Empirical…, dont vous montrez qu’il peut aider à l’analyse empirique des organisations comme champs ou dans des champs – ce qui ne manquera pas de surprendre en France, où la référence à Crozier est plus immédiate. On peut aussi trouver des références répétées à Merton, à Bruno Latour, à Harry Collins, etc. À première vue, cela donne l’impression d’un patchwork référentiel, mais l’on comprend que l’objectif prioritaire pour vous est de chercher des outils utiles pour votre recherche. Et peu importe que ces outils puissent paraître incompatibles, si la recherche avance.

Diane Vaughan — Là encore, je dirais que ces usages relèvent de l’analogie. J’ai été très influencée par l’article de Paul DiMaggio et Walter Powell, « La cage d’acier revisitée » [20][20]Paul J. DiMaggio et Walter W. Powell, « The Iron Cage…, et plus largement le développement de la théorie néo-institutionnaliste durant les années 1980. DiMaggio et Powell étaient enseignants à Yale lors de mon séjour postdoctoral là-bas. J’ai assisté à l’élaboration de leur cadre d’analyse. Quand ils ont fini par en tirer un livre collectif fondateur en 1991 [21][21]Walter W. Powell et Paul DiMaggio (eds.), The New…, j’étais absorbée par l’enquête sur Challenger, en particulier par l’analyse du processus de prise de décision. J’ai lu l’introduction du livre. Ils y reconnaissent que l’agency était trop peu intégrée au schéma théorique de « La cage d’acier revisitée ». Pour y pallier, ils suggèrent des pistes pour leur « nouvel » institutionnalisme : outre les références du moment en théorie des organisations, ils s’appuient sur l’approche bourdieusienne du niveau micro de l’action en termes de dispositions et de prédispositions pour consolider leur « théorie de l’action pratique » [22][22]Ibid., p. 25-26.. Cela m’a inspirée alors que j’étais en train de travailler sur le façonnement des comportements individuels par la culture organisationnelle de la Nasa. Je n’en oubliais pas moins d’utiliser cette théorie néo-institutionnaliste à un niveau plus macro pour comprendre les logiques institutionnelles qui influent sur les organisations et, par extension, les individus. J’ai essayé de connecter théoriquement toutes ces dimensions qui, dans le cadre de ma recherche, étaient objectivement liées. Si mon usage des cadres d’analyse dispositionnalistes de Bourdieu n’est pas si visible dans le livre sur Challenger, j’ai approfondi après-coup la discussion dans l’article que vous mentionnez, sans les relier explicitement à mes terrains d’enquête. Le principal problème, comme je l’ai signalé dans cet article, est que la notion d’habitus et la théorisation qui la sous-tend sont très pertinentes pour rendre compte des pratiques à l’échelle micro, mais à mon sens elle n’est pas assez approfondie sur le domaine institutionnel, alors même que c’était une des ambitions de Bourdieu, qui référait à des phénomènes de niveau macro. Une piste consisterait par exemple à mettre en évidence des « habitus organisationnels ».

Zilsel — Vous n’échapperez pas à une question rituelle des entretiens biographiques : pourriez-vous citer quelques auteurs qui vous ont influencée durant votre carrière ?

Diane Vaughan — Je peux sans doute en citer quelques-uns. J’ai déjà évoqué Merton, Spence, Wynne… Arthur Stinchcombe me vient également à l’esprit. De Merton et Stinchcombe, outre leurs contributions majeures aux domaines qui m’ont intéressée, en particulier les organisations et la théorie sociologique, j’ai retenu l’importance du concept et de sa définition la plus claire possible. C’est un souci constant chez Merton, tout comme dans les ouvrages les plus théoriques de Stinchcombe [23][23]Voir notamment Arthur Stinchcombe, Constructing Social…. Pour lier l’un et l’autre, je renverrai à l’article que Stinchcombe a publié dans le livre d’hommages à Merton que Lewis Coser, son ancien étudiant à Columbia, a fait paraître en 1975 [24][24]Lewis Coser, The Functions of Social Conflict, New York, The…. Dès la première page, vous savez où vous allez. Les marqueurs théoriques sont clairs, vous lisez une démonstration rigoureuse. Il écrit des choses comme « par structure sociale, je veux dire… ». Il propose des définitions claires des processus et des mécanismes, qui lui permettent, dans cet article, de reconstruire l’ensemble de la théorie sociale de Merton – ce qui est un tour de force théorique, que son auteur avait d’ailleurs salué. C’est pour moi un modèle que j’essaie de mettre en œuvre dans mes publications.

Zilsel — Définir les concepts, les intégrer théoriquement, se soucier de leur adéquation aux données empiriques, etc. Ce n’est pas une pratique si courante en sociologie !

Diane Vaughan — Non, mais ça le devrait ! Mais revenons de nouveau sur la diffusion des idées. La comparaison analogique en est un aspect essentiel puisqu’elle suppose de définir les concepts qui vous permettent de trouver des correspondances entre différentes choses. Un concept est analogique à la structure d’un problème et, sous certaines conditions, de comparabilité notamment, il peut être « transporté » vers un autre problème structuré de façon similaire. Or pour que ce transport soit réussi un minimum, pour que cela circule, il faut une définition à peu près stable et précise du concept en amont. Cela concerne les terminologies scientifiques amenées à circuler entre les disciplines scientifiques – leur circulation en dehors de cet espace académique est un autre aspect, sur lequel nous pourrons revenir. La normalisation de la déviance, par exemple, est un des concepts pivots du livre sur Challenger. Il a énormément circulé, plus que je ne l’aurais imaginé d’ailleurs. Si vous cherchez via Google, vous pourrez constater qu’il s’est diffusé très largement. Vous pouvez procéder de la même façon avec n’importe quel concept et voir ce qu’il est devenu en première analyse. Et aller plus loin en reconstituant l’histoire fine des circulations. Prenons la théorie de la signalisation, qui présente l’intérêt de décrire des processus à l’œuvre dans une variété de configurations sociales. Il est instructif d’en remonter la source, dans la mesure du possible.

Par exemple, dans le premier chapitre de Market signaling, Michael Spence pose sa théorie. Je l’ai interviewé afin de savoir comment l’idée lui en est venue. Il m’a raconté cette histoire passionnante. Alors qu’il travaillait sur sa thèse de doctorat, à Harvard après avoir bourlingué, il a fait la connaissance de Robert Jervis sur le campus. Sa thèse portait sur la logique des images et des perceptions dans les relations internationales [25][25]Robert Jervis, The Logic of Images in International Relations,…. Il s’intéressait aux négociations entre les États-nations, pour ce qui concerne en particulier la dissuasion nucléaire. Jervis avait suivi les cours d’Erving Goffman à l’université de Berkeley, et l’on retrouve les analyses du sociologue dans son approche des relations internationales. Et ces analyses d’influencer par la suite Michael Spence. J’ai voulu en savoir plus. Je suis allé à la rencontre de Robert Jervis, qui enseignait alors à l’université Columbia. Il m’a confirmé qu’au moment de sa thèse, il était incollable sur les livres de Goffman, comme Strategic Interaction, dans lequel on trouve une analyse des stratégies de signalisation… que Goffman développe en s’appuyant sur la thèse de Jervis [26][26]Erving Goffman, Strategic Interaction, Philadelphia, University…. Donc d’une certaine manière, ce dernier a utilisé Goffman qui l’a utilisé. Après le départ de Jervis pour Columbia, Spence est resté en contact avec lui via l’économiste et spécialiste de politique étrangère Thomas Schelling, une autre personne importante de cette histoire, avec qui Goffman a également collaboré lors d’un séjour à Harvard. Quand j’ai demandé à Michael Spence s’il s’imaginait recevoir un jour un « prix Nobel » pour cette contribution, il m’a répondu aussitôt par la négative. Et j’en suis venue à lui poser l’idée qui me taraudait le plus et qui justifiait l’entretien, à savoir l’explication du succès et de la diffusion large de son idée. Ce à quoi il a répondu qu’à l’époque où il l’a travaillée, les économistes étaient concentrés sur des problèmes structurellement similaires.

Ainsi, les théories voyagent de façon parallèle et plus ou moins en simultané… Tous les auteurs que je viens d’évoquer, Goffman, Jervis, Spence, Schelling, sont des penseurs « analogiques ». Tout comme l’était Robert K. Merton, qui est une autre source d’inspiration de Jervis, comme l’atteste l’application du paradigme mertonien des conséquences inattendues de l’action à son analyse des effets de système dans les relations internationales [27][27]Diane Vaughan, Compte rendu de Robert Jervis, System Effects,….

La sociologie publique « par accident »

Zilsel — Évoquons à présent ce qu’il est convenu d’appeler, notamment à la suite de la campagne persévérante de Michael Burawoy [28][28]Michael Burawoy, « Pour la sociologie publique », Actes de la… aux États-Unis, la « sociologie publique » (public sociology). Votre ouvrage sur Challenger vous a propulsée sur des scènes autres qu’académiques, où les questions relatives au processus de décision et au fonctionnement des organisations aussi bureaucratiques et gigantesques que la Nasa ont été posées de façon aiguë. Il vous aura fallu publiciser votre diagnostic sur la normalisation de la déviance en échangeant avec une multiplicité d’audiences. Pourriez-vous revenir sur les « voyages » de théorisation de l’échec organisationnel de Challenger, dont les conclusions ont été réactualisées lors de l’explosion d’une seconde navette Columbia en 2003 ?

Diane Vaughan — Il m’est arrivé d’intervenir hors du monde académique, en diverses occasions et de différentes manières. Mon travail sur le crash de Challenger a à voir avec la question du pouvoir, qui ne laisse pas indifférent. Il est possible de l’envisager « à froid » sous l’angle d’un système ou d’effets de système au sein d’une organisation. Y interviennent des facteurs externes, le lien avec le champ politique, le financement des programmes, mais aussi la façon dont les leaders y répondent. Les ingénieurs de la Nasa ont lu le livre sur Challenger, cela résonnait avec leur propre environnement de travail. J’ai été en contact avec le milieu des ingénieurs, par courrier électronique ou à d’autres occasions ; ils continuent à m’écrire, pas aussi régulièrement qu’avant, mais tout de même encore. Cela les a frappés parce qu’ils ont perçu comment leur monde est configuré. Surtout, ils ont été confrontés à une analyse qui ne part pas des individus pris isolément, mais les situe dans une position au sein de l’organisation. Le registre de l’analyse organisationnelle les place dans une position d’extériorité et d’explication structurelle. Le cadre théorique et les concepts sont à un niveau de généralité assez élevé pour être appropriés par quiconque est placé dans une configuration similairement structurée. Et cela permet de contredire le réflexe qui consiste à individualiser l’échec ou la faute, de surinvestir les traits de personnalité des coupables ou leur éventuel manque de compétence. L’idée de mettre en œuvre un raisonnement en termes de système et d’effets de système est ma contribution, dont les acteurs peuvent se saisir pour comprendre et transformer leur monde. Même les responsables politiques, parce qu’ils étaient impliqués, ont été forcés de reconnaître cette réalité et de l’affronter.

J’ai été surprise par l’attention très large que le livre a suscitée, bien après les premiers comptes rendus dans la presse. Je ne cessais d’être sollicitée par des grandes organisations pour donner des conférences, par exemple dans une convention IBM devant 5 000 personnes, aux services de l’US Air Force, à l’US Nuclear Operation, aux services de l’US Submarine, etc. Quelles que soient l’organisation et sa façon de considérer le risque, qu’il s’agisse d’IBM ou de l’armée de l’air, à chaque fois il était question d’échec organisationnel et des moyens à mettre en œuvre pour tenter d’y échapper. Certaines organisations ont sauté le pas et ont intégré ce paramètre dans leur fonctionnement. C’est le cas de l’US Submarine, qui a introduit des formations sur l’échec organisationnel et la normalisation de la déviance. Il était possible de tirer des leçons partout où des systèmes techniques complexes et de grande envergure posent des problèmes organisationnels. Cela inclut les hôpitaux. Je me rappelle avoir été invitée à donner une conférence inaugurale à un congrès sur les erreurs médicales à Palm Springs. C’est un secteur d’activité spécifique, mais sur lequel mes analyses peuvent parfaitement s’appliquer. Les personnes que j’y ai rencontrées me décrivaient diverses sortes d’erreurs, en les rapportant à l’organisation hospitalière. J’ai assisté à une intéressante communication, qui portait sur une erreur lourde de conséquences qui s’est produite dans un hôpital en Floride : les chirurgiens procédaient à une intervention mineure sur un enfant de 10 ans, mais ils ont injecté un produit dans ses veines qui n’était pas le bon, ce qui a provoqué sa mort. Après cette tragédie, une enquête a été menée. Elle s’est focalisée sur la division du travail, la manière dont les opérations étaient organisées et catégorisées. On comprend alors mieux pourquoi la personne qui a chargé la seringue a confondu les traitements. C’est l’ensemble du système organisationnel que constitue la salle d’opération qu’il fallait questionner et repenser ; par exemple, modifier la division du travail, les signalisations et les procédures de telle sorte que l’on puisse se rendre attentif aux signaux appropriés. Comme à l’US Submarine, des hôpitaux ont donc intégré ces changements pour faire face au risque.

Zilsel — Tout se passe comme si votre théorie agissait à la façon d’une sorte d’électrochoc ou de révélation existentielle chez les acteurs qui, de façon soudaine, comprennent pourquoi cela dysfonctionne.

Diane Vaughan — Un des effets les plus perceptibles de l’analyse organisationnelle est le décentrement de soi. Au départ, tout le monde pense en termes d’erreur individuelle et de formation défaillante ; mais d’un coup, ils sont invités à changer de perspective et se mettent à penser de façon systémique. C’est une conversion du regard. Je pense que c’est une bonne chose. Cela m’amène à l’autre question que vous souleviez, celle des raisons de l’adhésion des scientifiques, des ingénieurs ou des techniciens à la théorie de la normalisation de la déviance. Cela renvoie de nouveau au processus de diffusion des idées. J’ai cherché récemment des références faites à la normalisation de la déviance sur Google Scholar. C’est utilisé dans la vaste littérature sur les organisations bien sûr, mais ça l’est également dans des domaines aussi divers – et éloignés de la sociologie – que l’éthique du commerce, la santé publique, le travail social, les disaster studies, l’adoption et les familles d’accueil (foster care). Cela se diffuse partout où des gens considèrent qu’il faut changer un système défectueux. C’est un concept générique et transposable, ouvert à une multiplicité de réappropriations en même temps qu’il conserve une définition de base.

Zilsel — Ce processus par lequel un concept est extrait de son contexte initial de découverte et finit par circuler ailleurs rappelle – sans que l’on réfère à la source, à force d’utilisation – l’idée d’« oblitération par incorporation » proposée par Robert K. Merton. C’est une piste pour analyser la « vernacularisation » des terminologies scientifiques, laquelle peut emprunter des chemins inattendus, voire étonnants.

Diane Vaughan — Il faut tenir compte de tous les canaux de diffusion. Par exemple, on trouve des vidéos sur YouTube, dans lesquelles telle ou telle personne présente l’étude de cas sur Challenger ou introduit l’idée de normalisation de la déviance. L’une d’entre elles met en scène Mike Mullane, ancien astronaute. À l’occasion d’une conférence donnée devant l’International Association of Fire Fighters en 2013, il revient sur la façon dont les manageurs de la Nasa ont finalement accepté de prendre des risques connus sans pour autant attendre un désastre, normalisant ainsi une forme de déviance. À aucun instant il ne cite mon ouvrage. Il présente l’explication avec une telle conviction qu’il a l’air de penser que c’est son idée ! (Rires) Cela arrive, ce n’est pas une mauvaise chose si vous partez du principe que les gens doivent utiliser l’idée, et peu importe à la rigueur qu’elle soit remaniée à la marge [29][29]Mike Mullane l’utilise non sans la réviser : dans la conférence…. Dire qu’au moment où je l’ai achevé, je pensais que personne n’allait le lire… Ce fut le contraire. Et l’expérience m’a été très bénéfique. Et d’autres se sont ajoutées. Avec Uncoupling par exemple. En 2014, alors que j’étais passée à autre chose près de trente ans après la parution du livre, la notion-clé qu’il porte réapparaît dans les médias à la faveur d’une rupture retentissante : un jour donc, Gwyneth Paltrow annonce qu’elle est en train de se séparer de son mari Chris Martin, le chanteur de Coldplay. Un communiqué officiel en fait état. Il devient aussitôt viral sur Internet. Le texte précise qu’elle et lui sont entrés dans une phase de « découplage conscient » (conscious uncoupling) [30][30]John Koblin, « A Third Party Names Their Split », The New York…, ce qui a intrigué nombre de fans et de commentateurs qui ont cherché à savoir à quoi cela renvoyait. De même que des « programmes » peuvent être mis en place pour combattre la normalisation de la déviance, on peut trouver des thérapeutes impliqués dans cette explication du « découplage conscient », qui proposent des traitements et des stages en cinq semaines pour accompagner les couples qui prennent la décision de se séparer. Ici encore, un de mes livres a été repéré puis réutilisé. Si cela n’a pas pris les proportions du débat autour de Challenger et des organisations à risque, « uncoupling » est devenu un terme vernaculaire.

Zilsel — Et ainsi l’idiome sociologique en vient à enrichir le vocabulaire ordinaire.

Diane Vaughan — Je suis une grande avocate de la sociologie vernaculaire ! (Rires) Les interprétations que j’ai pu proposer étaient basées sur les données dont je disposais. J’ai discerné un pattern qui n’était pas référé à un mot ni n’était l’objet d’une quelconque théorisation. Je lui ai donné un nom, qui décrit donc une expérience particulière. Mais ce n’est pas comme si j’inventais tout ex nihilo. Ce qui se passe dans telle situation, par exemple quand l’accident ou la déviance deviennent acceptables dans une organisation, la normalisation de la déviance pour résumer, ce processus donc est sorti du travail de conceptualisation, de l’écriture. Et dans des circonstances que l’on ne contrôle pas toujours, ces néologismes sont finalement appropriés. C’est une des voies de la sociologie publique. Difficile, d’ailleurs, d’être plus « public » que Gwyneth Paltrow !

Zilsel — C’est certain ! Évoquons donc de nouveau la sociologie publique. Vous avez été sollicitée par la Nasa après le crash de Columbia, en 2003. Vous l’évoquez longuement dans un article, « Nasa revisited » [31][31]Diane Vaughan, « NASA Revisited : Theory, Analogy, and Public…, qui vous amène à réfléchir sur les « voyages » de la théorie sociologique au-delà des frontières de son contexte d’élaboration académique. Vous soulignez que votre implication dans la recherche des causes de ce nouvel accident fut l’occasion de diffuser un « message sociologique » dans les discours publics et politiques sur l’organisation de la Nasa. Que vos analyses théoriques s’appuient sur une ethnographie rigoureusement documentée a, dites-vous, nettement favorisé l’appropriation et l’influence de ce message. Ainsi êtes-vous devenue une avocate de la sociologie publique [32][32]Diane Vaughan, « How Theory Travels : A Most Public Public…. Cette orientation était-elle implicite jusqu’alors, malgré les conférences données devant les professionnels exposés à la normalisation de la déviance que vous évoquiez plus tôt ? Le crash de Columbia et les « revisites » qu’il a suscitées ont-ils été une sorte de révélateur de votre positionnement disciplinaire ?

Diane Vaughan — C’est après Columbia que j’en ai eu vraiment conscience.. Le même pattern que j’avais identifié sur le cas Challenger se reproduisait. J’étais stupéfaite par les prises de parole du responsable de la navette spatiale à la télévision : en substance, les équipes impliquées dans le programme s’étaient retrouvées dans la même situation de normalisation de la déviance. Cela m’a surprise. Et je me suis de nouveau laissée happer, puisque j’ai accepté de faire partie de la commission d’enquête sur l’accident de Columbia. Cela a différé la réalisation de l’enquête sur le contrôle du trafic aérien, qui entrait dans sa phase d’écriture après deux ans de travail, mais cette expérience a été très intéressante parce que j’ai observé et participé à l’enquête, de l’intérieur – à la différence de l’enquête sur le crash de Challenger, où j’avais accédé aux données de la commission d’enquête après-coup. J’ai eu la chance d’être conviée dans les installations de la Nasa. J’ai par exemple visité l’énorme centre d’entraînement des astronautes à Houston. C’est un endroit extraordinaire. On y trouve la plus grande piscine du monde, une navette grandeur réelle plongée dans l’eau afin d’entraîner les astronautes à des activités extravéhiculaires. J’ai adoré travailler dans cette équipe interdisciplinaire. J’ai pu vérifier auprès de mes collègues que le modèle causal que j’avais défini sur la catastrophe Challenger fonctionnait encore dans ce nouveau cas. Si bien que le livre a eu une deuxième vie. Je dirais donc que dans ce contexte, j’ai été amenée à m’engager une nouvelle fois dans une forme de sociologie publique, sans pour autant utiliser le terme de moi-même. C’est venu après.

Zilsel — Pourriez-vous rappeler les circonstances de cette prise de conscience que vos interventions pouvaient être rangées sous cette rubrique ?

Diane Vaughan — Vous avez mentionné tout à l’heure la définition qu’en donne Michael Burawoy. Eh bien, il s’est appuyé entre autres sur mes interventions après les crashs de Challenger et Columbia pour définir ce qu’il entend par « sociologie publique ». Tout s’est déroulé au sein de l’American Sociological Association (ASA), alors qu’il en était le président. D’une façon très offensive, en bon marxiste qu’il est, il a proposé de réévaluer le potentiel de transformation sociale de la sociologie publique à l’occasion de son allocution de président (presidential address) au congrès de 2004, qui s’est tenu à l’université de Berkeley [33][33]« Michael Burawoy, For Public Sociology, Part 1 :…. Ce fut un grand moment. C’est l’un des meilleurs conférenciers qui soient ! À Berkeley, il enseigne la théorie sociologique en premier cycle (undergraduate) devant un amphithéâtre d’environ 400 étudiants. Ils s’entretueraient pour pouvoir y assister ! Non seulement il dit des choses importantes de manière accessible, mais en plus il est vraiment amusant. Lors de cette fameuse conférence de 2004, il a plaidé pour la sociologie publique. L’ambiance était survoltée, une bonne partie de la profession était présente ainsi qu’une foule d’étudiants (les siens), certains portant des tee-shirts à l’effigie de Marx. Je me souviens du début de son discours. Burawoy a commencé par évoquer sa carrière, ses débuts dans les mines de Zambie, puis son travail dans une usine à Chicago, ensuite la Sibérie et d’autres expériences encore. Il liait ces moments à des événements politiques qui avaient lieu à l’époque, il dramatisait les enjeux en rappelant que partout où il se trouvait, le chaos était toujours au rendez-vous. Pour conclure, pince-sans-rire : « après je suis devenu… le président de l’ASA ». C’était d’un comique ! (Rires) Après cette introduction, il a repris le fil de sa démonstration et, au détour d’une « thèse » sur la sociologie publique telle qu’il l’entend, il a mentionné mon enquête sur Challenger. Ce n’était pas tout à fait un hasard. Il est venu à Boston College juste au moment où l’accident de Columbia était en cours d’investigation. Je m’occupais de l’organisation des conférences de professeurs éminents invités à l’université. Alors que nous préparions la sienne, mon téléphone n’arrêtait pas de sonner. Les médias me sollicitaient sans interruption et je venais tout juste d’être réquisitionnée pour témoigner à Houston. Cela a fait « tilt » lorsqu’il a découvert combien j’étais impliquée dans cette affaire. Il cherchait à illustrer la sociologie publique. Il avait déjà lu mon livre sur Challenger, il l’a relié à cette nouvelle catastrophe et mes activités dans le cadre de la commission d’enquête. Et donc, à un moment de sa conférence, il parle de moi [34][34]« Michael Burawoy For Public Sociology, Part 3 : Thesis 2 &…. Il se rappelle les moments passés ensemble à Boston, fait rire la salle en disant qu’il a fait « une ethnographie de moi » (Rires), cela pour étayer l’idée que non seulement mon livre sur Challenger était une sorte de sociologie publique parce qu’il avait retenu une large attention en dehors du monde académique, mais qu’en plus je suis intervenue dans la foulée de l’accident de Columbia – qui était annoncé dans le livre, faute d’une prise de conscience à la Nasa. Burawoy tenait donc un exemple idéal : le cas d’une sociologie académique qui devient publique et finit par « convertir » les acteurs à la sociologie. Il rappelle que le rapport de la commission est imprégné de mon vocabulaire et en conclut que « c’est du pur Diane Vaughan ». (Sourires)

Après le congrès de l’ASA, il a continué de défendre sa conception de la sociologie publique. Il a donné d’innombrables conférences dans des community colleges américains. Les personnes qui y enseignent ne se retrouvent pas vraiment dans la sociologie académique de l’ASA. Ils travaillent sur des projets spécifiques dans les quartiers en qualité d’« animateurs communautaires » (community organizers). Ces personnes sont souvent engagées dans des causes ou sont des activistes politiques. Néanmoins, ces sociologues sont perçus comme des chercheurs de second plan, à l’ombre des sociologues rattachés à des départements de sociologie académique. Burawoy refuse ces hiérarchies et souligne au contraire que ces figures sont interdépendantes, que l’on peut aussi passer de l’une à l’autre – ce que je fais sans cesse. Quoique les enjeux fussent éloignés au premier abord, Burawoy a toujours mentionné l’explosion de Columbia dans ses interventions auprès des publics de sociologues des community colleges. Il l’a fait de nouveau dans d’autres circonstances, par exemple l’été suivant en Afrique du Sud. Puis il a continué ailleurs son travail de légitimation de la sociologie publique, notamment au sein de l’Association internationale de sociologie qu’il a présidée de 2010 à 2014. Ce travail a payé. La sociologie publique est devenue un peu plus légitime, et mon livre sur Challenger de même que mes aventures de sociologue publique y ont contribué. Ce qu’a reconnu l’ASA, qui m’a décerné en 2006 un prix « public understanding of sociology » [35][35]Voir « Diane Vaughan Award Statement », 2006,…. C’était un honneur immense, d’autant plus que nous étions deux du département de Columbia à recevoir un prix lors de cette cérémonie (Herbert Gans, récipiendaire du prix W.E.B. Du Bois career of distinguished scholarship) [36][36]ASA Awards Ceremony and Presidential Address, 2006,…. L’aspect qu’a le plus combattu Burawoy est le caractère très hiérarchique de la sociologie américaine. Il voulait transformer cet état de fait, notamment en rééquilibrant les diverses manières de la faire progresser – qu’il s’agisse des sociologies académique, critique, experte et publique. Certes, cette conception n’a pas fait consensus et a suscité d’énormes discussions, mais elle a permis de faire avancer la réflexion sur la sociologie publique. Dans mon discours de réception du prix à l’ASA en 2006, j’ai dit en substance que je n’avais pas anticipé que mon livre « universitaire » écrit dix ans plus tôt puisse être converti en exemple de manuel pour sociologue public [37][37]Voir également Diane Vaughan, « Public Sociologist by…. Mais il l’est devenu. Ces choses-là sont imprévisibles et je ne suis pas la seule à qui cela est arrivé. Je pense à l’expérience de Lewis Coser, que j’ai bien connu à Boston College. Un jour il était revenu sur le succès tardif du livre tiré de sa thèse, The Social Functions of Conflict, qu’il avait publié en 1956. « Ce livre, m’avait-il confié, est passé inaperçu jusque dans les années 1970, et soudain c’est devenu une source d’inspiration. Tout est une question de timing ». Voilà : une question de timing. C’est absolument vrai quand je repense à mon livre sur Challenger.

Notes
[1] Diane Vaughan, « Public Sociologist by Accident », Social Problems, vol. 51, n° 1, 2004, p. 103-130.

[2] Diane Vaughan, Controlling Unlawful Organizational Behavior : Social Structure and Corporate Misconduct, Chicago, University of Chicago Press, 1983.
[3] Diane Vaughan, « Uncoupling : The Process of Moving from One Lifestyle to Another », Alternative Lifestyle : Changing Patterns in Marriage, Family and Intimacy, vol. 2, Sage, 1979, p. 415-442.
[4] Diane Vaughan, Uncoupling : Turning Points in Intimate Relationships, Oxford, Oxford University Press, 1986.
[5] Brian Wynne, « Unruly Technology : Practical Rules, Impractical Discourses and Public Understanding », Social Studies of Science, vol. 18, n° 1, 1988, p. 147-167.

[6] Diane Vaughan, « The Role of the Organization in the Production of Techno-Scientific Knowledge », Social Studies of Science, vol. 29, n° 6, 1999, p. 913-943.

[7] Diane Vaughan, « The Dark Side of Organizations : Mistake, Misconduct, and Disaster », Annual Review of Sociology, vol. 25, 1999, p. 271-305.
[8] Malcolm Gladwell, « Blowup », The New Yorker, 22 janvier 1996.
[9] Voir Harry Collins, Martin Weinel et Robert Evans, « The politics and policy of the Third Wave : new technologies and society », Critical Policy Studies, vol. 4, n° 2, 2010, p. 185-201.
[10] Charles Perrow, Normal Accidents : Living with High-Risk Technologies, New York, Basic Books, 1984.
[11] Diane Vaughan, « The Role of Organization in the Production of Techno-Scientific Knowledge », Social Studies of Science, vol. 29, n° 6, 1999, p. 913-943.

[12] Harry Collins, Gravity’s Shadow : The Search for Gravitational Waves, Chicago, University of Chicago Press, 2004.
[13] Karin Knorr-Cetina, Epistemic Cultures : How the Sciences Make Knowledge, Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1999.
[14] Donald MacKenzie, « The Credit Crisis as a Problem in the Sociology of Knowledge », American Journal of Sociology, vol. 116, n° 6, 2011, p. 1778-1841.

[15] Richard Whitley, The Intellectual and Social Organization of the Sciences, Oxford, Oxford University Press, 2000 [1984].
[16] Diane Vaughan, « Analogy, Cases, and Comparative Social Organization », in Richard Swedberg (ed.), Theorizing in Social Science, Stanford, Stanford University Press, 2014, p. 61-84.
[17] Voir aussi Diane Vaughan, « Theorizing disaster : Analogy, historical ethnography, and the Challenger accident », Ethnography, vol. 5, n° 3, 2004, p. 315-347.
[18] Barney Glaser et Anselm Strauss, The Discovery of Grounded Theory : Strategies for Qualitative Research, New Brunswick, Transaction Publishers, 1967.
[19] Diane Vaughan, « Bourdieu and Organizations : The Empirical Challenge », Theory and Society, vol. 37, n° 1, 2008, p. 65-81.

[20] Paul J. DiMaggio et Walter W. Powell, « The Iron Cage Revisited : Institutional Isomorphism and Collective Rationality in Organizational Fields », American Sociological Review, vol. 48, n° 2, 1983, p. 147-160.
[21] Walter W. Powell et Paul DiMaggio (eds.), The New Institutionalism in Organizational Analysis, Chicago, University of Chicago Press, 1991.
[22] Ibid., p. 25-26.
[23] Voir notamment Arthur Stinchcombe, Constructing Social Theories, Chicago, University of Chicago Press, 1968.
[24] Lewis Coser, The Functions of Social Conflict, New York, The Free Press, 1956.
[25] Robert Jervis, The Logic of Images in International Relations, New York, Columbia University Press, 1969.
[26] Erving Goffman, Strategic Interaction, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 1969.
[27] Diane Vaughan, Compte rendu de Robert Jervis, System Effects, Princeton University Press, 1998, Contemporary Sociology, vol. 29, n° 2, 2000, 425-427.
[28] Michael Burawoy, « Pour la sociologie publique », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 176-177, 2009, p. 121-144. Pour une mise en perspective, voir Étienne Ollion, « Que faire de la sociologie publique ? », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 176-177, 2009, p. 114-120.

[29] Mike Mullane l’utilise non sans la réviser : dans la conférence précédemment citée, il en fait une « tendance humaine naturelle » – « très humaine » – qui survient dans certaines circonstances et qui consiste à « accepter de baisser les standards de performance », des techniques comme des individus qui les exploitent, en ayant recours à des « raccourcis » pouvant compromettre la sûreté. C’est « très naturel », donc n’importe quel domaine d’activité exposé à des risques aigus est susceptible de « rationaliser » cette situation de telle sorte que la catastrophe ne manquera pas de survenir. Sur le site professionnel de Mike Mullane, chacun pourra se procurer le DVD de près d’une heure « Stopping Normalization of Deviance » (sous copyright) pour la somme de 750 dollars (http://mikemullane.com/product/stopping-normalization-of-deviance/, consulté le 23 mai 2017). (Note du traducteur)
[30] John Koblin, « A Third Party Names Their Split », The New York Times, 28 mars 2014. Plus tard, Gwyneth Paltrow niera avoir utilisé d’elle-même l’expression. La référence aurait été faite par des thérapeutes pour qualifier la séparation du couple. Il est piquant de noter que, en Angleterre, l’expression « customisée » de « conscious uncoupling » – qui s’inspire du processus décrit par Diane Vaughan – a suscité la dérision : le néologisme exprimerait la « psychophilie américaine » (Kunal Dutta, « Gwyneth Paltrow denies using phrase “conscious uncoupling” to describe split from Chris Martin », Independant, 3 août 2015). (Note du traducteur)
[31] Diane Vaughan, « NASA Revisited : Theory, Analogy, and Public Sociology », American Journal of Sociology, vol. 112, n° 2, 2006, p. 353-393.

[32] Diane Vaughan, « How Theory Travels : A Most Public Public Sociology », dossier « Public Sociology in Action », Footnotes, novembre-décembre 2003, http://www.asanet.org/sites/default/files/savvy/footnotes/nov03/fn7.html. Voir aussi Diane Vaughan, « How Theory Travels : Analogy, Models, and the Diffusion of Ideas », conférence donnée au congrès annuel de l’American Sociological Association, San Francisco, août 1998.
[33] « Michael Burawoy, For Public Sociology, Part 1 : Introduction », YouTube, https://www.youtube.com/watch?v=8NxvPKGtkUQ. Voir également la version publiée de la conférence : Michael Burawoy, « For Public Sociology », American Sociological Review, vol. 70, n° 1, p. 4-28.
[34] « Michael Burawoy For Public Sociology, Part 3 : Thesis 2 & 3 », YouTube, en ligne : https://www.youtube.com/watch?v=Fdbix7b-iyQ, à partir de la huitième minute.
[35] Voir « Diane Vaughan Award Statement », 2006, http://www.asanet.org/news-and-events/member-awards/public-understanding-sociology-asa-award/diane-vaughan-award-statement.
[36] ASA Awards Ceremony and Presidential Address, 2006, https://vimeo.com/203499881.
[37] Voir également Diane Vaughan, « Public Sociologist by Accident », Social Problems, vol. 51, n° 1, 2004, p. 103-130.

Voir enfin:

Pourquoi certaines sociétés prennent-elles des décisions catastrophiques ?
LieuxCommuns

8 juin 2016

Chapitre éponyme (14) du livre de Jared Diamond, « Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie » (2005, Gallimard 2006).
L’éducation est un processus qui implique deux groupes de participants supposés jouer des rôles différents : les enseignants, qui transmettent un savoir aux élèves, et les élèves, qui absorbent la connaissance qu’ils leur apportent. En réalité, comme chaque enseignant le découvre, l’éducation consiste aussi pour les élèves à transmettre des connaissances à leurs enseignants, à mettre au défi leurs présuppositions et à poser des questions auxquelles ils n’avaient pas pensé auparavant. J’en fis moi-même l’expérience à mon séminaire à l’université de Californie à Los Angeles (UCLA), où je testais la matière de ce livre auprès de mes étudiants. Lors des échanges, l’un d’entre eux me posa une question qui me laissa sans voix : que se dit à lui-même le Pascuan [habitant de l’île de Pâques] qui abattit le dernier arbre ? Les dommages infligés à l’environnement se font-ils en toute connaissance de cause ? Les étudiants se demandaient si – à supposer qu’il y ait encore des Terriens vivants dans cent ans – les hommes du XXIIe siècle seront aussi stupéfaits de notre aveuglement que nous le sommes de celui des habitants de l’île de Pâques.

Historiens et archéologues professionnels ne laissent pas d’être étonnés par les décisions catastrophiques qu’ont prises nombre de sociétés. Le livre peut-être le plus cité sur les effondrements de sociétés est dû à la plume de l’archéologue Joseph Tainter, The Collapse of Complex Societies ( 1990). Examinant les diverses interprétations possibles des effondrements anciens, Tainter se montre sceptique quant à l’hypothèse selon laquelle la cause en fut la diminution des ressources environnementales : « Cette conception présuppose que ces sociétés contemplent les risques sans mener d’actions correctrices. Les sociétés complexes se caractérisent par une prise de décision centralisée, des flux d’informations importants, une forte coordination de leurs différentes parties, des canaux de commandement formels et la mise en commun de leurs ressources. Cette structure semble avoir la capacité, voire le but délibéré, d’équilibrer les fluctuations et les déficiences de la productivité. Fortes de leur structure administrative et de la capacité à encadrer l’allocation du travail et des ressources, la gestion de l’adversité environnementale est sans doute l’une des choses que les sociétés complexes font le mieux. Il est curieux qu’elles se soient effondrées alors qu’elles étaient confrontées précisément à ces situations qu’elles étaient équipées pour circonvenir [ … ]. Lorsqu’il devient évident pour les membres ou les fonctionnaires d’une société complexe qu’une base de ressources se détériore, il semble plus raisonnable de supposer que des pas rationnels sont franchis pour trouver une solution. L’autre présupposé — l’idiotie en face du désastre — exige un acte de foi devant lequel on peut légitime­ ment hésiter. »

Tainter estimait donc qu’il est peu probable que les sociétés complexes puissent s’effondrer en vertu de l’échec de leur gestion des ressources environnementales. Et pourtant, il est clair, au vu de tous les cas analysés dans ce livre, que c’est précisément un tel échec qui s’est produit de façon répétée. Comment autant de sociétés ont-elles pu commettre d’aussi funestes erreurs ?

La question renvoie à un phénomène déconcertant : à savoir, des échecs dans la prise de décision en groupe de la part de sociétés tout entières ou d’autres groupes. Un problème lié assurément à celui des échecs intervenant dans la prise de décision individuelle, mais qui ne s’y résume pas. Des facteurs supplémentaires entrent en ligne de compte dans les échecs de la prise de décision en groupe – tels les conflits d’intérêts entre membres du groupe ou la dynamique de groupe, par exemple. Sujet complexe pour lequel il n’existe pas une seule et unique réponse adaptée à toutes les situations.

J’entends plutôt proposer, à partir des exemples plus amplement développés dans les chapitres précédents, un guide des facteurs qui contribuent à la prise de décision en groupe. Je regrouperai ces facteurs en quatre catégories souples. En premier, un groupe peut échouer à anticiper un problème avant qu’il ne survienne vraiment. Deuxièmement, lorsque le problème arrive, le groupe peut échouer à le percevoir. Ensuite, une fois qu’il l’a perçu, il peut échouer dans sa tentative pour le résoudre. Enfin, il peut essayer de le résoudre, mais échouer. Les analyses des raisons expliquant les échecs et les effondrements ne sont pas seulement déprimantes, elles ont aussi un revers : les décisions qui réussissent. Comprendre les raisons pour lesquelles les groupes prennent souvent de mauvaises décisions, c’est s’armer de connaissances pour mieux orienter les groupes à prendre de judicieuses décisions.

Premier chapitre de mon guide : les groupes peuvent causer des catastrophes parce qu’ils ne parviennent pas à anticiper un problème avant qu’il sur­ienne, et ce pour plusieurs raisons. L’une est qu’ils peuvent ne pas avoir d’expérience antérieure de problèmes similaires et ne sont donc pas sensibilisés à la possibilité qu’ils adviennent.

Un exemple de choix est le désordre que les colons britanniques ont créé en introduisant les lapins et les renards en Australie dans les années 1800. Aujourd’hui, ce sont deux des exemples les plus désastreux de l’impact d’animaux sur un environnement où ils n’étaient pas présents à l’origine (voir chapitre 13). Ces introductions sont des plus tragiques parce qu’elles ont été menées à bien intentionnellement et moyennant beaucoup d’efforts ; elles ne résultent pas de minuscules semences transportées par inadvertance, comme dans beaucoup de cas de mauvaises herbes nocives. Les renards sont devenus les prédateurs de nombreuses espèces de mammifères primitifs australiens qu’ils ont exterminés parce que ceux-ci ne possédaient pas l’ expérience évolutionniste des renards, tandis que les lapins consomment une grande partie du fourrage destiné aux moutons et au bétail, concurrencent les mammifères herbivores autochtones et minent le terrain avec leurs terriers.

Rétrospectivement, nous considérons comme incroyablement stupide que les colons aient intentionnellement lâché en Australie deux espèces étrangères de mammifères dont la maîtrise, et non pas l’éradication, a exigé des milliards de dollars, après qu’elles ont causé des milliards de dollars de dégâts. Nous admettons aujourd’hui, en nous appuyant sur maints autres exemples de ce type, que ces introductions se révèlent souvent désastreuses pour des raisons inattendues. C’est pourquoi, lorsqu’on entre en Australie ou aux États-Unis comme visiteur ou comme résident rentrant chez lui, l’une des premières questions posées par les agents de l’immigration est de savoir si l’on transporte des plantes, des semences ou des animaux – afin de réduire le risque qu’ils s’échappent et s’établissent dans ces pays. Cette expérience antérieure nous a appris (souvent, mais pas toujours) à anticiper les périls potentiels que représente l’introduction de nouvelles espèces. Mais il est toujours difficile, même pour des écologues professionnels, de prédire quelles introductions réussiront, lesquelles se révéleront désastreuses et pourquoi la même espèce s’introduit en certains sites et pas en d’autres. Par conséquent, nous ne devrions pas être surpris par le fait que les Australiens du XIXe siècle, qui n’avaient pas notre expérience, n’ont pas réussi à anticiper les effets des lapins et des renards.

Dans nos enquêtes, nous avons rencontré d’autres exemples de sociétés n’ayant pas réussi à anticiper un problème faute d’en avoir l’expérience. Lorsqu’ils ont investi massivement dans la chasse au morse afin d’exporter de l’ivoire en Europe, les Norvégiens du Groenland ne pouvaient se douter que les croisades élimineraient à terme l’ivoire de morse en rouvrant aux Européens l’accès à l’ivoire d’éléphant d’Asie et d’Afrique ni que les glaces gêneraient les transports vers l’Europe. Sans scientifiques spécialistes des sols, les Mayas de Copàn ne pouvaient prévoir que la déforestation des pentes des collines déclencherait une érosion au détriment du fond des vallées.

Une expérience antérieure ne garantit pas nécessairement qu’une société anticipera un problème, pour peu que cette expérience ait été faite longtemps auparavant et qu’elle soit oubliée. C’est en particulier un problème pour les sociétés sans écriture, qui ont moins que les sociétés avec écriture la capacité à conserver les annales d’événements lointains : la transmission orale des informations est plus limitée que la transmission écrite. Nous avons vu au chapitre 4 que la société anasazi du Chaco Canyon a survécu à plusieurs sécheresses avant de succomber à la grande sécheresse du XIIe siècle après J.-C. Mais, faute de disposer de l’écriture et d’archives, les Anasazis du XIIe siècle n’avaient pas les acquis des mêmes épisodes climatiques antérieurs de plusieurs siècles. De même, les basses terres mayas de l’époque classique ont succombé à une sécheresse au IXe siècle, alors que cette même région avait été touchée par la sécheresse des siècles plus tôt (chapitre 5). Bien que les Mayas disposassent d’une écriture, celle-ci rapportait les hauts faits des rois et les événements astronomiques plutôt que la météorologie, de sorte que la sécheresse du IIIe siècle n’a été d’aucune aide pour anticiper celle du IXe.

Dans les sociétés modernes et contemporaines dont les écrits abordent d’autres questions que celles des rois et des planètes, cela n’implique pas nécessairement que les sociétés s’appuient sur leur expérience passée. Elles ont une tendance à l’oubli. Pendant les deux années qui suivirent les pénuries d’essence liées à la crise du pétrole du Golfe en 1973, les Américains se sont détournés des automobiles à forte consommation, puis ils ont oublié et font aujourd’hui bon accueil aux 4 x 4, malgré tout ce qui a été et est imprimé sur les événements de 1973. Lorsque la ville de Tucson, en Arizona, a connu une grave sécheresse dans les années 1950, ses citoyens en émoi ont juré leurs grands dieux qu’ils géreraient mieux leur eau, mais ils ont vite repris le gaspillage lié à la construction de parcours de golf et à l’arro­sage des jardins.

Une autre raison expliquant l’échec d’une société à anticiper un problème tient au raisonnement par mauvaise analogie. Le raisonnement par analogie est pertinent si les situations ancienne et nouvelle sont vraiment de même type. Mais les similitudes peuvent n’être que de surface. Les Vikings qui ont émigré en Islande à partir de 870 après J.-C. venaient de Norvège et de Grande-Bretagne, pays dotés de sols lourds déposés par les glaciers et qui, même privés de leur couvert végétal, ne peuvent être emportés par l’érosion. Lorsque les colons vikings ont rencontré en Islande beaucoup d’espèces d’arbres qu’ils connaissaient déjà en Norvège et en Grande-Bretagne, ils ont été trompés par la similitude apparente du paysage (chapitre 6). Malheureusement, les sols islandais ne sont pas nés de l’usure glaciaire, mais de vents apportant des cendres légères soufflées par des éruptions volcaniques. Une fois que les Vikings ont défriché les forêts islandaises pour créer des pâturages pour leur cheptel, les sols légers ont été exposés au vent et une bonne partie des sols islandais de surface a été érodée.

La préparation de l’armée française à la Seconde Guerre mondiale est un célèbre exemple contemporain de raisonnement par mauvaise analogie. Après l’horrible bain de sang de la Première, la France a admis qu’il était vital pour elle de se protéger contre la possibilité d’une autre invasion allemande. Malheureusement, le haut commandement de l’armée a présupposé qu’une nouvelle guerre se livrerait de la même façon que la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle le front Est entre la France et l’Allemagne s’est stabilisé par la guerre de tranchées. Les forces défensives d’infanterie avaient bâti des tranchées fortifiées sophistiquées et elles étaient parvenues à repousser les attaques d’infanterie, alors que les forces d’offensive n’avaient déployé les chars tout juste inventés que de façon individuelle et uniquement en soutien aux attaques de fantassins. Dès lors, la France a construit la ligne Maginot, un système encore plus sophistiqué et coûteux de fortifications. Le haut commandement allemand, vaincu lors de la Première Guerre mondiale, avait admis, lui, qu’une nouvelle stratégie s’imposait. Il utilisa des chars regroupés en divisions distinctes pour lancer des attaques éclairs, contourna la ligne Maginot en empruntant des forêts auparavant jugées impénétrables aux chars et occupa Paris en six semaines seulement. Raisonnant faussement par analogie avec la Première Guerre mondiale, l’état-major français commit une erreur très répandue : faire des plans pour la guerre à venir comme si c’était la répétition de la précédente, d’autant que cette dernière avait été remportée.

Deuxième chapitre de mon guide, après l’anticipation, le fait qu’une société peut percevoir ou non qu’un problème se pose vraiment. Il existe au moins trois raisons expliquant de tels échecs, toutes communes au monde des affaires et à l’Université.

Premièrement, les origines de certains problèmes ne peuvent littéralement pas être perçus. Par exemple, les nutriments responsables de la fertilité des sols sont invisibles à l’œil nu et on ne les mesure par des analyses chimiques que depuis l’époque contemporaine. En Australie, à Mangareva, dans certaines parties du Sud-Ouest américain et en bien d’autres lieux, la plus grande partie des nutriments avait déjà été lessivée et détachée des sols par suite des pluies avant que les hommes ne viennent s’établir. Quand les colons ont entrepris de faire pousser des cultures, celles-ci ont rapidement épuisé les nutriments qui restaient, de sorte que l’agriculture a été un échec. Et pourtant, ces sols pauvres en éléments nutritifs portaient souvent une végétation luxuriante en apparence, pour la raison que la plupart des nutriments de l’écosystème sont contenus dans la végétation plutôt que dans les sols. Les premiers colons d’Australie et de Mangareva n’avaient aucun moyen de percevoir ce problème d’ épuisement nutritif des sols par défrichement – non plus que les agriculteurs des régions salées en profondeur (comme l’est du Montana et certaines parties de l’Australie et de la Mésopotamie) ne pouvaient percevoir la salinisation en cours, non plus que certains mineurs·ne pouvaient percevoir que les eaux rejetées par les mines regorgeaient de cuivre et d’acide toxique dissous.

Une autre raison qui explique l’absence de perception d’un problème une fois qu’il se pose, c’est la distance des gestionnaires, le problème est potentiel dans toute société ou entreprise importante. Par exemple, la plus grande firme propriétaire terrienne et d’exploitation forestière au Montana aujourd’hui n’est pas basée dans l’État, mais à quatre cents kilomètres, à Seattle, dans l’État de Washington. Faute de proximité géographique, les cadres de l’entreprise peuvent ignorer un problème à ses commencements sur leurs propriétés forestières. Les entreprises bien gérées évitent de telles surprises en envoyant périodiquement des responsables « sur le terrain » pour observer ce qui s’y passe réellement. De même, si les Tikopiens vivant sur leur île minuscule et les montagnards de Nouvelle-Guinée dans leurs vallées ont réussi à gérer leurs ressources pendant plus de mille ans, c’est grâce à une connaissance exacte du territoire dans son entier dont dépend leur société.

La circonstance la plus répandue d’un échec de perception est celle d’une tendance lourde marquée par des fluctuations. Le réchauffement global en est l’exemple de choix à l’époque contemporaine. Nous comprenons désormais que les températures de par le monde ont monté au cours des décennies récentes, en grande partie du fait des changements atmosphériques causés par les hommes. Cependant, le climat n’a pas exactement augmenté de 0,01 degré par an. Il fluctue de façon erratique d’une année sur l’autre : trois degrés de plus un été que le précédent, deux degrés de plus l’été suivant, quatre degrés de moins le suivant, un degré de moins encore le suivant, puis cinq degrés de plus, etc. Compte tenu de ces fluctuations importantes et imprévisibles, il a fallu longtemps pour discerner la tendance moyenne à la hausse de 0,01 degré. C’est pourquoi la plupart des climatologues professionnels, auparavant sceptiques quant à la réalité du réchauffement global, ne sont convaincus que depuis quelques années. À l’époque où j’écris ces lignes, le président George W. Bush n’était toujours pas convaincu de sa réalité et il estime qu’il faut poursuivre les recherches. À l’époque médiévale, les habitants du Groenland éprouvaient de semblables difficultés à admettre que leur climat se refroidissait progressivement, et les Mayas et les Anasazis à discerner que le leur devenait plus sec.

Les hommes politiques parlent de « normalité rampante » pour désigner ce type de tendances lentes œuvrant sous des fluctuations bruyantes. Si l’économie, l’école, les embouteillages ou toute autre chose ne se détériorent que lentement, il est difficile d’admettre que chaque année de plus est en moyenne légèrement pire que la précédente ; les repères fondamentaux quant à ce qui constitue la « normalité » évoluent donc graduellement et imperceptiblement. Il faut parfois plusieurs décennies au cours d’une séquence de ce type de petits changements annuels avant qu’on saisisse, d’un coup, que la situation était meilleure il y a plusieurs décennies et que ce qui est considéré comme normal a de fait atteint un niveau inférieur.

Une autre dimension liée à la normalité rampante est l’ « amnésie du paysage » : on oublie à quel point le paysage alentour était différent il y a cinquante ans, parce que les changements d’année en année ont été eux aussi graduels. La fonte des glaciers et des neiges du Montana causée par le réchauffement global en est un exemple (chapitre 1). Adolescent, j’ai passé les étés 1953 et 1956 à Big Hole Basin dans le Montana et je n’y suis retourné que quarante-deux plus tard en 1998, avant de décider d’y revenir chaque année. Parmi mes plus vifs souvenirs du Big Hole, la neige qui recouvrait les sommets à l’horizon même en plein été, mon sentiment qu’une bande blanche bas dans le ciel entourait le bassin. N’ayant pas connu les fluctuations et la disparition graduelle des neiges éternelles pendant l’intervalle de quarante-deux ans, j’ai été choqué et attristé lors de mon retour à Big Hole en 1998 de ne plus retrouver qu’une bande blanche en pointillés, voire plus de bande blanche du tout en 2001 et en 2003. Interrogés sur ce changement, mes amis du Montana s’en montrent moins conscients : sans chercher plus loin, ils comparaient chaque année à son état antérieur de l’année d’avant. La normalité rampante ou l’amnésie du paysage les empêchaient, plus que moi, de se souvenir de la situation dans les années 1950. Un exemple parmi d’autres qui montre qu’on découvre souvent un problème lorsqu’il est déjà trop tard.

L’amnésie du paysage répond en partie à la question de mes étudiants : qu’a pensé l’habitant de l’île de Pâques qui a coupé le dernier palmier ? Nous imaginons inconsciemment un changement sou­dain : une année, l’île était encore recouverte d’une forêt de palmiers parce qu’on y produisait du vin, des fruits et du bois d’œuvre pour transporter et ériger les statues ; puis voilà que, l’année suivante, il ne restait plus qu’un arbre, qu’un habitant a abattu, incroyable geste de stupidité autodestructrice. Il est cependant plus probable que les modifications dans la couverture forestière d’année en année ont été presque indétectables : une année quelques arbres ont été coupés ici ou là, mais de jeunes arbres commençaient à repousser sur le site de ce jardin abandonné. Seuls les plus vieux habitants de l’île, s’ils repensaient à leur enfance des décennies plus tôt, pouvaient voir la différence. Leurs enfants ne pouvaient pas plus comprendre les contes de leurs parents, où il était question d’une grande forêt, que mes fils de dix-sept ans ne peuvent comprendre aujourd’hui les contes de mon épouse et de moi-même, décrivant ce qu’était Los Angeles il y a quarante ans. Petit à petit, les arbres de l’île de Pâques sont devenus plus rares, plus petits et moins importants. À l’époque où le dernier palmier portant des fruits a été coupé, cette espèce avait depuis longtemps cessé d’avoir une signification économique. Il ne restait à couper chaque année que de jeunes palmiers de plus en plus petits, ainsi que d’autres buissons et pousses. Personne n’aurait remarqué la chute du dernier petit palmier. Le souvenir de la forêt de palmiers des siècles antérieurs avait succombé à l’amnésie du paysage. À l’opposé, la vitesse avec laquelle la déforestation s’est répandue dans le Japon des débuts de l’ère Tokugawa a aidé les shoguns à identifier les changements dans le paysage et la nécessité d’actions correctives.

Le troisième chapitre de mon guide des échecs est le plus nourri, car traitant d’une situation la plus courante : souvent les sociétés échouent même à résoudre un problème qu’elles ont perçu.

Beaucoup des raisons tiennent à ce que les écono­mistes et d’autres spécialistes de sciences sociales appellent le « comportement rationnel », fruit de conflits d’intérêts. Certains individus, par raisonnement, concluent qu’elles peuvent favoriser leurs intérêts en adoptant un comportement qui est, en réalité, dommageable à d’autres mais que la loi autorise de fait ou par non-application. Ils se sentent en sécurité parce qu’ils sont concentrés (peu nombreux) et très motivés par la perspective de réaliser des profits importants, certains et immédiats, alors que les pertes se distribuent sur un grand nombre d’individus. Cela donne aux perdants peu de motivation pour se défendre, parce que chaque perdant perd peu et n’obtiendrait que des profits réduits, incertains et lointains, quand bien même réussissait-il à défaire ce que la minorité a accompli. C’est le cas, par exemple, des subventions à effets pervers : ces budgets que les gouvernements dépensent pour soutenir des activités qui ne seraient pas rentables sans ces aides, comme la pêche, la production de sucre aux États-Unis et celle du coton en Australie (subventionnées indirectement par le gouvernement qui supporte les coûts liés à l’irrigation). Les pêcheurs et les cultivateurs peu nombreux font pression avec ténacité pour obtenir les subventions qui représentent une bonne part de leurs revenus, tandis que les perdants – tous les contribuables – se font moins entendre parce que la subvention concernée n’est financée que par une petite fraction des impôts acquittée par les contribuables. Les mesures bénéficiant à une petite minorité aux dépens d’une large majorité sont en particulier susceptibles d’être prises dans certains types de démocraties où le pouvoir de faire pencher la balance repose sur certains petits groupes : par exemple, les sénateurs des petits États au Sénat américain ou les petits partis religieux en Israël, à un degré par ailleurs inenvisageable dans le système parlementaire hollandais.

Un type fréquent de comportement rationnel pervers est de l’ordre de l’égoïsme. Prenons un exemple simple. La plupart des pêcheurs du Montana pêchent la truite. Quelques-uns préfèrent pêcher le brochet, gros poisson carnivore qui n’existe pas naturellement dans l’ouest du Montana, mais a été introduit subrepticement et illégalement dans certains lacs et rivières de cette contrée. Il y a ruiné la pêche à la truite, suite à la disparition des truites. Or les pêcheurs de brochets sont moins nombreux que ne l’étaient les pêcheurs de truites.

Nous avons un autre exemple engendrant plus de perdants et des pertes financières plus importantes : jusqu’en 1971, les compagnies minières du Montana, lorsqu’elles fermaient une mine, laissaient son cuivre, son arsenic et son acide s’écouler dans les rivières, faute de législation de l’État pour les contraindre à nettoyer les sites. En 1971, une telle loi a été promulguée. Les entreprises ont·alors découvert qu’elles pouvaient extraire le minerai de valeur, puis se déclarer en faillite avant d’avoir à assumer les coûts d’un nettoyage. Résultat : les citoyens du Montana ont dû acquitter cinq cents millions de dollars de frais de nettoyage, alors que les sociétés minières n’ont eu qu’à engranger leurs profits. D’innombrables autres exemples de comportements de ce type dans le monde des affaires pourraient être cités, mais il n’est pas aussi universel que certains· cyniques le soupçonnent. Au chapitre suivant, nous verrons dans quelle mesure ces comportements résultent de l’impératif, pour les entreprises, de gagner de l’argent dans le cadre autorisé par les règlements de l’État, le droit et la demande du public.

Une forme particulière de conflit d’intérêts est connue sous le nom de « tragédie des communs », laquelle est intimement liée aux conflits appelés « dilemme du prisonnier » et « logique de l’action collective ». Prenez une situation dans laquelle beaucoup de consommateurs récoltent une ressource qu’ils possèdent en commun, tels des pêcheurs qui prennent du poisson dans une zone de l’océan ou des bergers qui font paître leurs moutons sur un pâturage commun. Si chacun surexploite la ressource concernée, elle diminuera par surpêche ou surpâturage et finira par disparaître. Tous les consommateurs en souffriront. Il serait donc dans l’intérêt commun de tous les consommateurs d’exercer une contrainte et de ne pas surexploiter cette ressource. Mais tant qu’il n’existe pas de régulation efficace fixant la quantité de la ressource que chaque consommateur pourra récolter, chaque consommateur a raison de se dire : « Si je n’attrape pas ce poisson ou si je ne laisse pas mes moutons brouter cette herbe, un autre pêcheur ou un autre berger le fera ; je n’ai donc pas de raison de me retenir de surpêcher ou de surrécolter. » Le comporte­ ment rationnel correct consiste ici à récolter avant que l’autre consommateur puisse le faire, même si cela peut avoir pour résultat la destruction des biens communs, et donc nuire à tous les consommateurs.

En réalité, alors que cette logique a conduit nombre de biens communs à être surexploités et détruits, d’autres ont été préservés pendant des centaines, voire des milliers d’années. Parmi les conséquences malheureuses, on trouve la surexploitation et la disparition de la plupart des grandes zones de pêche et l’extermination de la grande faune (gros mammifères, oiseaux et reptiles) sur chaque île océanique ou continent colonisé par les humains pour la première fois au cours des cinquante mille dernières années. Les conséquences heureuses comprennent la préservation de nombreuses zones de pêche locales, de forêts, de sources d’eau, comme les zones de pêche à la truite et les systèmes d’irrigation du Montana que j’ai décrits au chapitre 1. La chose est aisément explicable par trois types différents de dispositions qui ont évolué pour préserver une ressource commune tout en permettant une récolte durable.

Une solution évidente consiste pour le gouvernement ou une autre force extérieure à intervenir, avec ou sans l’invitation des consommateurs, et à imposer des quotas, comme le shoghun et le daimyo dans le Japon des Tokugawas, les empereurs incas dans les Andes et les princes et les propriétaires terriens de l’Allemagne du XVIe siècle l’ont fait pour la coupe de bois. Cependant, la chose n’est pas possible dans certaines situations (par exemple, une île en plein océan) et cela implique des coûts d’administration et de police excessifs dans d’autres situations. Une deuxième solution consiste à privatiser la ressource, c’est-à-dire à la diviser en lots individuels que chaque propriétaire sera motivé à gérer avec prudence dans son propre intérêt. Cette pratique a été appliquée dans certaines forêts possédées par des villages dans le Japon des Tokugawas. Cependant, là encore, certaines ressources (comme les animaux et le poisson migrateur) sont impossibles à subdiviser et les propriétaires individuels peuvent éprouver encore plus de difficultés que les gardes-côtes ou la police publique à refouler les intrus.

Face à la tragédie des communs , la solution qui demeure consiste pour les consommateurs à reconnaître leurs intérêts communs et à imaginer, suivre et imposer eux-mêmes des quotas de récolte prudents. Cela n’est possible que si toute une série de conditions sont satisfaites : les consommateurs forment un groupe homogène ; ils ont appris à se faire confiance et à communiquer entre eux ; ils comptent avoir un avenir commun et transmettre la ressource concernée aux jeunes générations ; ils ont la capacité, ou la permission, de s’organiser et de se surveiller eux-mêmes, et on le leur permet ; les frontières de la ressource et de son ensemble de consommateurs sont bien définies. Le cas des droits s l’eau pour l’irrigation au Montana, analysé au chapitre 1, en est un bon exemple. Alors que l’attribution de ces droits a force de loi écrite, les ranchers obéissent surtout au délégué à l’eau qu’ils ont élu et ils ne tranchent plus leurs litiges devant les tribunaux. Parmi les autres exemples de groupes homogènes gérant avec prudence les ressources qu’ils veulent transmettre à leurs enfants, on trouve les habitants de l’île de Tikopia, les montagnards de Nouvelle-Guinée, les membres de castes indiennes et d’autres groupes analysés au chapitre 9. Ces petits groupes, avec les Islandais (chapitre 6) et les Japonais de l’ère Tokugawa, qui forment des groupes plus importants, ont de plus été motivés à parvenir à un accord par leur isolement de fait : il était évident pour tout le groupe qu’il ne survivrait que grâce à ses ressources dans un avenir proche. De tels groupes savaient qu’ils ne pouvaient invoquer l’excuse classique ( « ce n’est pas mon problème ») pour justifier leur mauvaise gestion.

Des conflits d’intérêts impliquant un comportement rationnel peuvent advenir lorsque, au contraire de la société dans son ensemble, le principal consommateur n’a pas intérêt à long terme à préserver la ressource concernée. Par exemple, une bonne part de l’exploitation commerciale de la forêt tropicale humide est aujourd’hui assurée par des compagnies forestières internationales, lesquelles en général signent des baux à court terme dans un pays, coupent la forêt sur tout le terrain qu’elles ont loué, puis vont dans un autre pays. Les bûcherons ont bien vu qu’une fois qu’ils ont payé le loyer de leur location, il est de leur intérêt de couper les forêts aussi vite que possible, de ne pas tenir leur promesse de reforestation et de s’en aller. C’est ainsi qu’ils ont détruit la plus grande partie des forêts des basses terres de la péninsule de Malaisie, puis de Bornéo, puis des îles Salomon et de Sumatra, maintenant des Philippines, et bientôt de la Nouvelle-Guinée, de l’Amazonie et du bassin du Congo. Ce qui est bon pour les bûcherons est mauvais pour la population locale, qui perd sa source de produits forestiers et doit subir les conséquences de l’érosion des sols et de la sédimentation. C’est mauvais aussi pour le pays d’accueil dans son ensemble, qui perd ainsi une part de sa biodiversité ·et de la possibilité de se doter d’une activité forestière durable. Ce conflit d’intérêts résultant de la location de terres à court terme contraste avec les résultats fréquem­ment obtenus lorsque les sociétés forestières possèdent la terre, car alors elles anticipent des récoltes répétées et -tout comme la population locale et le pays ont intérêt à adopter une perspective à long terme. Dans les années 1920, les paysans chinois ont noté un contraste similaire quand ils ont évalué les avantages comparés de l’exploitation par deux types différents de seigneurs de la guerre. Il était dur d’être exploité par un « bandit à demeure », un seigneur de la guerre implanté localement, mais il laissait au moins aux paysans assez de ressources pour qu’ils lui procurent plus de butin dans les années à venir. Le pire était d’être exploité par un « bandit errant », un seigneur de la guerre qui, telle une compagnie forestière louant des terres à court terme, ne laissait rien aux paysans d’une région et s’en allait seulement piller ceux d’une autre.

Le comportement rationnel peut également dicter à des élites repliées dans leur sphère des décisions nuisibles au reste de la société à l’écart de laquelle elles se maintiennent.

On en a vu, au cours de notre enquête, des exemples divers – la dictature Trujillo en République dominicaine, ou les élites possédantes en Haïti, ou bien encore la politique foncière des zones de résidences huppées sous haute protection sécuritaire aux États-Unis. Il n’y a guère, Barbara Tuchman dressait dans The March of Folly [1] la longue liste des décisions politiques qui, de la guerre de Troie à la guerre du Viêt Nam, furent causes de catastrophes. Il ne faisait, à ses yeux, aucun doute que « la plus importante des forces qui affectent la sottise politique, c’est la soif du pouvoir que Tacite a appelée ’la plus flagrante de toutes les passions’ ». C’est ce même désir que nous avons vu à l’ œuvre chez les chefs de l’île de Pâques ou les rois mayas : elle les poussa, par la rivalité mimétique, à ériger des statues et des monuments toujours plus élevés. Tout chef ou roi qui aurait construit des statues ou des monuments de moindre dimension afin d’épargner les forêts aurait perdu son prestige, donc son rang, et par conséquent sa fonction. La compétition pour le prestige fait rarement bon ménage avec la vision à long terme.

A l’inverse, l’immersion de l’élite dans la société oblige les dirigeants à être conscients des effets de leurs actions. Nous verrons au dernier chapitre que la forte conscience environnementale des Hollandais – y compris celle de leurs hommes politiques – tient au fait qu’une bonne partie de la population, dirigeants et dirigés, vit sur des terres situées en dessous du niveau de la mer, et que tous partagent les mêmes risques en cas de mauvaise gestion des digues. De même, les grands hommes de Nouvelle-Guinée en zone montagnarde vivent dans le même type de huttes que les hommes sans qualité, vont avec ces derniers piocher du bois à brûler et du bois d’œuvre dans les mêmes endroits et sont ainsi très motivés pour élaborer une activité forestière durable (chapitre 9).

D’autres échecs s’expliquent par le « comportement irrationnel », c’est-à-dire le comportement dommageable non plus à certains ni à la majorité, mais. à tous. Un tel comportement irrationnel survient souvent quand chacun, individuellement, est travaillé par un conflit de valeurs : on veut ignorer un mauvais statu quo parce qu’il résulte de l’application des valeurs auxquelles on tient profondément. « La persistance dans l’erreur », « le raidissement », « le refus de tirer les conclusions qui s’imposent à partir de signes négatifs », « l’immobilisme, la stagnation mentale » sont les causes que Barbara Tuch man recense. Les psychologues, eux, parlent d’ « effet de ruine » pour désigner un trait voisin : l’hésitation à abandonner une politique – ou à vendre une action – dans laquelle il a été déjà beaucoup investi.

Certaines motivations irrationnelles courantes tiennent au fait que l’opinion peut ne pas apprécier ceux qui perçoivent un problème les premiers et le dénoncent – comme le parti vert de Tasmanie qui a le premier protesté contre l’introduction de renards en Tasmanie. Ou bien, les avertissements peuvent ou non être entendus du fait de mises en garde antérieures qui se sont révélées de fausses alertes. Ou bien encore, l’opinion peut décider de n’avoir tout simplement pas d’avis sur la question.

Mais il est un facteur clé : les valeurs religieuses. Profondément implantées, elles sont donc de fréquentes causes de comportement désastreux. Par exemple, une bonne partie de la déforestation dans l’île de Pâques résultait d’une motivation religieuse : il fallait disposer de troncs d’arbres pour transporter et ériger les statues géantes de pierre qui étaient des objets de vénération. Au même moment, mais à six mille kilomètres de là et dans l’autre hémisphère, les Norvégiens du Groenland suivaient simplement leurs valeurs chrétiennes. Ces mêmes valeurs qui leur permirent de survivre pendant des siècles les empêchèrent d’opérer des changements drastiques dans leur style de vie et d’adopter certaines technologies inuits qui les auraient aidés à survivre plus long­ temps.

Le monde moderne et contemporain nous offre de nombreux exemples d’admirables valeurs profanes auxquelles nous tenons par-dessus tout alors qu’elles n’ont plus de sens. Les Australiens ont apporté de Grande-Bretagne la tradition d’élever des moutons pour la laine, des valeurs rurales fortes et une identi­ication à la Grande-Bretagne ; ils ont ainsi réalisé l’exploit de bâtir une démocratie digne du Premier Monde loin de toute autre (à l’exception de la Nouvelle-Zélande) ; aujourd’hui, ils commencent cependant à découvrir que ces valeurs ont aussi un revers. Si les habitants du Montana ont tant répugné à résoudre leurs problèmes causés par les mines, l’exploitation forestière et les ranches, c’est parce que ces trois activités, piliers de l’économie du Montana, étaient liées à l’esprit pionnier et à l’identité de cet État. L’attachement des pionniers à la liberté individuelle et à l’autosuffisance les ont empêchés longtemps d’admettre que désormais ils avaient besoin de planification publique et de contrepoids aux droits individuels. La détermination de la Chine communiste à ne pas répéter les erreurs du capitalisme l’a conduite à mépriser le souci de l’environnement : on sait où cela l’a conduite. L’idéal rwandais des grandes familles était adapté à l’époque traditionnelle où la mortalité infantile était élevée, mais il a conduit aujourd’hui à une désastreuse explosion démographique. Il me semble qu’une bonne part de l’opposition rigide que rencontre le souci pour l’environnement dans le Premier Monde s’explique par des valeurs acquises il y a longtemps et jamais réexaminées. Ce qu’en d’autres termes Barbara Tuchman décrit comme la préservation par « des dirigeants ou responsables politiques [des] idées avec lesquelles ils ont commencé leur carrière ».

Concernant ses valeurs fondamentales, jusqu’à quel point un individu préfère-t-il mourir plutôt que de faire des compromis et vivre ? Des millions de gens, à l’époque contemporaine, ont été confrontés à la décision de savoir si, pour sauver leur vie, ils seraient ou non disposés à trahir leurs amis ou leurs proches, à complaire à un dictateur, à vivre en esclavage ou à préférer l’exil. Les nations et les sociétés ont parfois à prendre collectivement des décisions similaires.

Toutes ces décisions impliquent ·des paris sur l’avenir, faute de la certitude que la perpétuation de certaines valeurs conduise à l’échec et leur préservation au succès. En tentant de continuer à être des agriculteurs chrétiens, les Norvégiens du Groenland ont préféré mourir en tant que tels plutôt que de vivre comme des Inuits ; ils ont perdu leur pari. Parmi les cinq petits pays d’Europe de l’Est confrontés à la puissance irrésistible des armées russes, les Estoniens, les Lettons et les Lituaniens ont renoncé à leur indépendance en 1939 sans combattre, alors que les Finlandais se sont battus en 1939-1940 et ont sauvegardé leur indépendance ; les Hongrois, eux, se sont battus en 1956 et ils ont été défaits. Qui d’entre nous peut dire quel pays a été plus sage ? Qui d’entre nous aurait pu prévoir que seuls les Finlandais gagneraient leur pari ?

Peut-être une clé du succès ou de l’échec pour une société est-elle de savoir à quelles valeurs fondamentales se tenir et lesquelles écarter, voire remplacer par de nouvelles. Au cours des soixante dernières années, des pays parmi les plus puissants ont renoncé à certaines valeurs qui paraissaient centrales dans leur image nationale : la Grande-Bretagne et la France ont renoncé à leur rôle centenaire de puissances mondiales agissant de façon indépendante ; le Japon a renoncé à sa tradition militaire et à ses forces armées ; et la Russie a abandonné sa longue expérience du communisme. Les États-Unis ont abandonné en substance – mais pas complètement – leurs anciennes valeurs de discrimination raciale légale, d’homophobie légale, de subordination des femmes et de répression sexuelle. L ’Australie révise aujourd’hui son statut de société. rurale agricole structurée par une identité britannique. Se pourrait-il que les sociétés qui réussissent soient celles qui ont le courage de prendre ces décisions difficiles et ont la chance de gagner leurs paris ?

Beaucoup d’échecs en partie irrationnels s’expliquent par le conflit entre des motivations à court terme et à long terme chez le même individu. Les paysans rwandais et haïtiens, ainsi que des milliards d’autres gens dans le monde aujourd’hui, sont désespérément pauvres et ne pensent qu’à la façon dont ils vont se nourrir le lendemain. Les pêcheurs pauvres des récifs tropicaux se servent de dynamite et de cyanure pour tuer les poissons du récif (et incidemment détruire les récifs eux-mêmes) afin de nourrir leurs enfants aujourd’hui, tout en sachant que, ce faisant, ils ravagent leur cadre de vie futur. Des économistes justifient rationnellement ce souci exclusif des profits à court terme en arguant qu’il peut être de meilleur aloi de récolter une ressource aujourd’hui que demain, dès lors que les profits d’aujourd’hui peuvent être investis et que les intérêts de cet investissement entre aujourd’hui et demain tendent à rendre la récolte d’aujourd’hui plus valable que celle de demain. Quitte à ce que les conséquences néfastes soient supportées par la génération à venir, qui, par définition, n’est pas encore ici pour faire droit à une prospective à long terme.

D’autres facteurs interviennent dans les prises de décision irrationnelles. Irving Janis étudie la « pensée de groupe », forme moins prégnante et à petite échelle de la psychologie des foules, et qui peut apparaître dans un groupe de décideurs. En particulier lorsqu’un petit groupe soudé (comme les conseillers du président Kennedy pendant la crise de la baie des Cochons ou ceux du président Johnson lors de l’escalade de la guerre du Viêt Nam) essaie de parvenir à une décision dans des circonstances de stress où le besoin de soutien et d’approbation mutuels peuvent conduire à annihiler les doutes et la pensée critique, à partager des illusions, à parvenir à un consensus prématuré et finalement à prendre une décision catastrophique. La pensée de groupe – et la psychologie des foules – peut opérer sur des périodes qui ne sont pas seulement de quelques heures, mais parfois de quelques années ; toutefois, on ignore encore quelle est leur part dans des décisions catastrophiques concernant des problèmes d’environnement de longue durée (décennies ou siècles).

La dernière raison spéculative que je mentionne­ rai pour expliquer l’échec irrationnel dans les tentatives menées pour résoudre un problème que l’on perçoit est le déni d’origine psychologique. Si une chose perçue suscite en vous une émotion douloureuse, elle sera inconsciemment supprimée ou niée afin d’éviter cette douleur, angoisse ou peur, quitte à ce que le déni conduise à des décisions désastreuses.

Dans le domaine qui nous concerne, prenons l’exemple d’une étroite vallée sinistrée juste derrière un grand barrage. Que le barrage vienne à se rompre, l’eau emportera les habitants sur une distance considérable en aval. Quand on sonde l’opinion qui vit en aval du barrage sur sa crainte d’une éventuelle rupture, cette peur est moindre en aval, elle augmente au fur et à mesure qu’on s’approche, atteint son paroxysme à quelques kilomètres du barrage, puis décroît brutalement et tend vers zéro parmi les habitants les plus proches du barrage ! Autrement dit, ces derniers, qui sont les plus certains d’être inondés en cas de rupture, disent d’une certaine manière ne pas être concernés. Ce déni d’origine psychologique est leur seule façon de vivre dans une normalité quotidienne. Le déni d’origine psychologique est un phénomène bien attesté dans la psychologie individuelle, mais il semble s’appliquer aussi à la psychologie des groupes.

Enfin, dernier chapitre de mon catalogue, le cas où une société échoue à résoudre un problème perçu, voire anticipé : le problème peut être au-delà de nos capacités présentes de résolution, une solution peut exister, mais être trop coûteuse, ou bien encore nos ·efforts peuvent être trop minimes ou trop tardifs. Certaines solutions tentées ont un effet de retour qui fait empirer le problème, telle l’introduction de crapauds en Australie pour contrôler les insectes nuisibles ou la suppression des feux de forêts dans l’Ouest américain. Maintes sociétés du passé (comme l’Islande médiévale) n’avaient pas les connaissances écologiques détaillées qui nous permettent désormais de mieux faire face aux problèmes auxquels elles étaient confrontées. Mais certains de ces problèmes continuent aujourd’hui à résister à toute solution.

Au chapitre 8, nous avons vu qu’au Groenland, ces cinq derniers mille ans, le climat froid et les ressources limitées et variables ont conduit à l’échec quatre vagues successives de chasseurs-cueilleurs américains puis des Norvégiens. Les Inuits sont parvenus à vivre en autosuffisance au Groenland pendant sept cents ans, mais leur vie était dure et ils mouraient souvent de faim. Les Inuits contemporains ne sont plus prêts à subsister de façon traditionnelle avec des outils de pierre, des traîneaux et la pêche à la baleine au harpon : ils importent des technologies et de la nourriture. Le gouvernement du Groenland n’a pas encore développé une économie qui soit indépendante de l’aide étrangère malgré le choix de l’élevage du bétail et les subventions aux éleveurs de moutons. On comprend mieux dès lors l’échec final des Norvégiens. De même, l’échec final des Anasazis ·dans le sud-ouest des États-Unis doit être considéré à la lumière de beaucoup d’autres tentatives qui ont finalement échoué pour établir des sociétés rurales durables dans un environnement hostile à l’agriculture.

Parmi les problèmes les plus récurrents aujourd’hui, on trouve ceux que posent les espèces nuisibles, qui se révélèrent souvent impossibles à éradiquer ou à contrôler une fois introduites. Par exemple, l’État du Montana continue à dépenser plus de cent millions de dollars par an pour combattre des mauvaises herbes qui ont été introduites. Non pas parce que le Montana n’a rien fait pour les éradiquer, mais tout simplement parce que ces mauvaises herbes sont impossibles à éradiquer à l’heure actuelle. Certaines. ont des racines trop profondes pour qu’on les arrache à la main et les désherbants chimiques spécifiques coûtent cher. L’Australie a tenté les haies, les renards, la chasse, les bulldozers et le virus de la myxomatose ou le virus Calici pour maîtriser les lapins, lesquels ont pour l’instant résisté à toutes ces offensives.

Le problème catastrophique des incendies de forêts dans les parties sèches de l’Ouest montagneux des États-Unis pourrait sans doute être maîtrisé grâce à des techniques de gestion, comme l’élagage mécanique des sous-bois et l’enlèvement du bois mort, visant à réduire ce qui peut brûler. Malheureusement, la mise en œuvre de cette solution sur une grande échelle est considérée comme prohibitive. Le destin du moineau de Floride illustre également l’échec dû aux coûts estimés et à la procrastination qui s’ensuit : trop peu, trop tard. L’habitat de ce moineau se réduisant, toute action a été repoussée le temps que l’on établisse si vraiment il diminuait à un point critique. Lorsque l’Office américain du poisson et de la faune sauvage a décidé à la fin des années 1980 d’acheter l’habitat restant pour le coût élevé de cinq millions de dollars, il était si dégradé que les moineaux moururent. Une polémique fit alors rage pour savoir si l’on devait accoupler les derniers spécimens en captivité avec d’autres, assez proches, puis en obtenir de plus purs en croisant les hybrides ainsi obtenus. Lorsque l’autorisation fut finalement accordée, les derniers moineaux captifs étaient devenus infertiles du fait de leur âge avancé. L’effort pour préserver l’habitat et pour accoupler les oiseaux captifs aurait été moins coûteux et davantage couronné de succès s’il avait été entrepris plus tôt.

En ouverture à ce chapitre, il y avait l’étonnement de mes étudiants et le refus de Joseph Tainter de croire qu’une société pouvait choisir l’échec. Au moment de conclure, il nous apparaît que nous sommes à l’extrême inverse : il y a quantité de raisons qui expliquent l’échec des sociétés. Mais le fait que nous soyons, moi, en train de rédiger et, vous, de lire cet ouvrage prouve que l’échec n’est pas notre destinée inéluctable. Au chapitre 9, nous avons analysé nombre de succès.

Si certaines sociétés réussissent tandis que d’autres échouent, la raison en est évidemment dans les différences entre les environnements plutôt qu’entre les sociétés. Certains environnements posent des problèmes plus difficiles que d’autres. Par exemple, le Groenland froid et isolé posait un plus grand défi que le sud de la Norvège, dont provenaient beaucoup de colons du Groenland. De même, l’île de Pâques, qui est sèche, isolée, de latitude élevée et plate, représentait pour ses colons un plus grand défi que Tahiti, humide, moins isolée, équatoriale et élevée, d’où étaient originaires des ancêtres des habitants de l’île de Pâques. Mais ce n’est que la moitié de l’histoire. Si j’affirmais que ces différences environnementales représentent la seule raison de l’échec ou de la réussite des sociétés, il serait juste de m’accuser de « déterminisme environnemental »,conception peu à l’honneur chez les spécialistes des sciences sociales. En réalité, si les conditions environnementales rendent sans doute plus difficile le maintien des sociétés humaines dans certains milieux plutôt que dans d’autres, les raisons de la réussite ou de l’échec tiennent aussi aux choix qu’opère une société.

Par exemple, pourquoi l’Empire inca a-t-il réussi à reboiser son environnement sec et froid, mais pas les habitants de l’île de Pâques ni les Norvégiens du Groenland ? La réponse dépend en partie des idiosyncrasies des individus et met au défi toute prédiction. Je crois cependant qu’une meilleure intelligence des causes potentielles d’échec recensées dans cette enquête peut aider les décideurs à en prendre conscience et à les éviter.

Un exemple frappant de l’usage d’une bonne compréhension d’une crise antérieure nous est donné par les crises consécutives mais contrastées impliquant Cuba et les États-Unis. Chaque crise donne lieu à des discussions entre le président Kennedy et ses conseillers. Début 1961, ils versent dans la pensée de groupe, et prennent donc la décision catastrophique de lancer l’invasion de la baie des Cochons, qui est un échec humiliant, et conduit à la crise bien plus dangereuse des missiles cubains. Irving Janis, dans Groupthink : Psychological Studies of Policy Decisions and Fiascoes, montre que les délibérations sur l’ expédition dans la baie des Cochons présentent toutes les caractéristiques, ou presque, de la prise de mauvaises décisions : sentiment prématuré d’unanimité, annihilation des doutes personnels et empêchement de l’expression de visions opposées, meneur – Kennedy – dirigeant la discussion de façon à minimiser les désaccords. En 1962, les délibérations sur la crise des missiles impliquent Kennedy et nombre des mêmes conseillers, mais elles suivent un processus inverse et débouchent sur des décisions fructueuses : Kennedy ordonne aux participants de penser avec scepticisme, il autorise la libre discussion, il rencontre séparément les sous-groupes et quitte parfois la salle pour éviter de trop influencer lui-même la discussion.

Au cours de ces deux crises cubaines, la prise de décision est différente en grande partie parce que Kennedy lui-même, après le fiasco de la baie des Cochons, a réfléchi aux dysfonctionnements dans le mode de décision et invité ses conseillers à faire de même.

__ Il faut qu’un dirigeant se fasse parfois visionnaire, ce qui implique du courage politique, puisqu’il doit résoudre un problème environnemental. Nous en avons rencontré quelques cas : les premiers shoguns tokugawas, qui ont réduit la déforestation du Japon longtemps avant que celle-ci n’atteigne le stade de l’île de Pâques ; Joaquin Balaguer, le dictateur qui, quelles que fussent ses motivations, soutint fortement les défenseurs de l’environnement dans la partie dominicaine d’Hispaniola, alors que ses homologues du côté haïtien ne firent rien de tel ; les chefs de Tikopia qui décidèrent d’éliminer les porcs nocifs pour leur île, malgré le statut prestigieux de cet animal en Mélanésie ; les dirigeants de la Chine communiste qui ont promulgué un planning familial longtemps avant que la surpopulation de leur pays atteigne le niveau du Rwanda aujourd’hui. Autant d’exemples qui sont des raisons d’espérer et font de mon enquête un ouvrage optimiste.

[1] Traduction française : La marche folle de l’Histoire, Paris, Robert Laffont, 1985. Citations respectivement aux pages 374 et 376 (N.d.É.)Voir par ailleurs:

Voir par ailleurs:

As a Black Child in Los Angeles, I Couldn’t Understand Why Jesus Had Blue Eyes
As Christians prepare to celebrate Easter, a Times journalist wonders how others first visualized Jesus as a child — and what those images mean now. Share your experience in the comments.
Eric V Copage
The New York Times
April 19, 2019

I must have been no older than 6. I was in church in my hometown, Los Angeles. Parishioners fanned themselves to stay cool in the packed, stuffy room.

On one side of each fan was an illustration of an Ozzie and Harriet-like American family — father, mother, son, daughter. All were black, like the parishioners in the church. On the other side was an illustration of Jesus Christ — fair skinned, fair haired, blue eyed.

Something seemed amiss to me about that depiction of Christ. Why was he white? Why was he not black, like my family, like me?

As I grew older, I learned that the fair-skinned, blue-eyed depiction of Jesus has for centuries adorned stained glass windows and altars in churches throughout the United States and Europe. But Jesus, a Jew born in Bethlehem, presumably had the complexion of a Middle Eastern man.

Many black Americans I met over the years not only embraced that image, but also insisted upon it. In a July 2002 episode of the radio show “This American Life,” an artist, Milton Reed, who made his living painting murals inside people’s apartments in public housing projects in Chicago, said black clients often asked him to paint Jesus — and insisted that Mr. Reed paint him white.

[Use the comments to tell us what you see when you visualize Christ. Your response may be highlighted in this article.]

With the approach of Easter, and these memories at the front of my mind, I decided to dig a little into this topic.

George Yancy, who edited “Christology and Whiteness,” a collection of essays about race and Christianity, told me the desire — sometimes the psychological need — of some black Americans to see Christ as white may “simply be a habit.”

“The first time I saw images of a black Christ it was shocking,” Dr. Yancy, who is black, told me. “It was like, ‘How dare they!’ But when you’ve seen a white Jesus all your life you think that can be the only acceptable image.”

Dr. Yancy, a philosophy professor at Emory University, also said that the social cultural soup all Americans are immersed in equates white with good and pure and black with bad and evil. Consciously or subconsciously some black Americans might have bought into that.

“If you internalized that worldview,” he said, “how could a dark-skinned Christ wash sins away?”

In a few black American churches the image of a white Jesus never took root, and for at least 100 years, those churches have been depicting Christ as black, as reported in a 1994 Washington Post article.

Since the 1960s, with the civil rights and black power movements and black liberation theology, the trend to show Christ as black has steadily grown.

“It would seem to follow that as black people came to rethink and embrace their own beauty, their own self-representation, that the image of a black Christ would naturally follow,” Dr. Yancy said.

Now, even though cultures across the world may at times show a Jesus that reflects their own story, a white Jesus is still deeply embedded in the Western story of Christianity. It has become often impossible to separate Jesus and white from the American psyche.

I remain interested in the depiction of Christ among blacks, Hispanics, East Asians, South Asians and other communities of color, both American born and immigrant.

I am also interested in how white Christians feel about images of Christ. How do you feel about the possibility that Christ may not have looked the way he has been portrayed for centuries in the United States and Europe? If you’ve seen Christ depicted as a man of color, what was your reaction?

In the comments section of this article, I encourage you to share how the age-old debate over the identity of Jesus is playing out in your life and religious community.

Please include where you’re from. We may highlight a selection of responses in this article.

Correction: 

Because of an editing error, an earlier version of this article referred imprecisely to Jesus’s background. While he lived in an area that later came to be known as Palestine, Jesus was a Jew who was born in Bethlehem.


Mur de Trump: Les bonnes clôtures font les bons voisins (Why can’t the misguided left see that building a wall makes Donald Trump the rule, not the exception, among world leaders ?)

2 janvier, 2019
pope
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Divided : Why We're Living in an Age of Walls, Hardback Book
Toi qui as fixé les frontières, dressé les bornes de la terre, tu as créé l’été, l’hiver !  Psaumes 74: 17
Un peuple connait, aime et défend toujours plus ses moeurs que ses lois. Montesquieu
Les bonnes clôtures font les bons voisins. Proverbe anglais
Chacun chez soi et les moutons seront bien gardés. proverbe français
Aimez votre voisin mais n’abattez pas la haie. Autre proverbe français
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Où est Dieu? cria-t-il, je vais vous le dire! Nous l’avons tué – vous et moi! Nous tous sommes ses meurtriers! Mais comment avons-nous fait cela? Comment avons-nous pu vider la mer? Qui nous a donné l’éponge pour effacer l’horizon tout entier? Dieu est mort! (…) Et c’est nous qui l’avons tué ! (…) Ce que le monde avait possédé jusqu’alors de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous nos couteaux (…) Quelles solennités expiatoires, quels jeux sacrés nous faudra-t-il inventer? Nietzsche
« Dionysos contre le « crucifié » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation. (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
Je condamne le christia­nisme, j’élève contre l’Église chrétienne la plus terrible de toutes les accusa­tions, que jamais accusateur ait prononcée. Elle est la plus grande corruption que l’on puisse imaginer, elle a eu la volonté de la dernière corruption possible. L’Église chrétienne n’épargna sur rien sa corruption, elle a fait de toute valeur une non-valeur, de chaque vérité un mensonge, de chaque intégrité une bassesse d’âme (…) L’ « égalité des âmes devant Dieu », cette fausseté, ce prétexte aux rancunes les plus basses, cet explosif de l’idée, qui finit par devenir Révo­lution, idée moderne, principe de dégénérescence de tout l’ordre social — c’est la dynamite chrétienne… (…) Le christianisme a pris parti pour tout ce qui est faible, bas, manqué (…) La pitié entrave en somme la loi de l’évolution qui est celle de la sélection. Elle comprend ce qui est mûr pour la disparition, elle se défend en faveur des déshérités et des condamnés de la vie. Par le nombre et la variété des choses manquées qu’elle retient dans la vie, elle donne à la vie elle-même un aspect sombre et douteux. On a eu le courage d’appeler la pitié une vertu (— dans toute morale noble elle passe pour une faiblesse —) ; on est allé plus loin, on a fait d’elle la vertu, le terrain et l’origine de toutes les vertus. Nietzsche
A l’origine, la guerre n’était qu’une lutte pour les pâturages. Aujourd’hui la guerre n’est qu’une lutte pour les richesses de la nature. En vertu d’une loi inhérente, ces richesses appartiennent à celui qui les conquiert. Les grandes migrations sont parties de l’Est. Avec nous commence le reflux, d’Ouest en Est. C’est en conformité avec les lois de la nature. Par le biais de la lutte, les élites sont constamment renouvelées. La loi de la sélection naturelle justifie cette lutte incessante en permettant la survie des plus aptes. Le christianisme est une rébellion contre la loi naturelle, une protestation contre la nature. Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture systématique de l’échec humain. Hitler
Jésus a tout fichu par terre. Le Désaxé (Les braves gens ne courent pas les rues, Flannery O’Connor)
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude.  G.K. Chesterton
Condamner le nationalisme parce qu’il peut mener à la guerre, c’est comme condamner l’amour parce qu’il peut conduire au meurtre. C.K. Chesterton
C’est le combat de notre époque. Les forces de la liberté, de l’ouverture d’esprit et de la collaboration internationale contre les forces de l’autoritarisme, de l’isolationnisme et du nationalisme. Les forces du flux d’information, de l’échange et de l’immigration contre ceux qui leur font obstacle. Mark Zuckerberg
La Silicon Valley avait beaucoup d’intérêts en jeu dans cette présidentielle, notamment du fait de sa très forte dépendance vis-à-vis des travailleurs immigrants et par rapport au travail déporté dans des pays à faibles salaires. Cette seule situation est intolérable pour la « middle class » américaine, très touchée par le chômage, surtout les seniors, qui sont marginalisés et débarqués dans cette économie numérique basée sur un jeunisme brutal, qui exclut les plus âgés et qui se répand rapidement. Avec près de cinquante ans de stagnation de leurs revenus et de difficultés économiques, les prolétaires ruminaient en silence leur colère en espérant qu’Obama allait faire des miracles. Au final, ils se sentent les victimes du progrès numérique. Ils voulaient leur revanche de façon vraiment tranchée et à n’importe quel prix… Leur raisonnement : ces entreprises de la high-tech éliminent des emplois, en créent en dehors, génèrent d’énormes richesses, dont une très grosse partie hors des Etats-Unis, ne paient pas d’impôts sur ces richesses, qui ne profitent donc pas à la « middle class ». On estime à 58 % la part du chiffre d’affaires de la Silicon Valley en dehors des Etats-Unis, l’an dernier. La « Valley » ne se gêne pas pour faire un lobbying substantiel auprès des politiciens de Washington afin de servir ses intérêts. Et elle est donneuse de leçons. « Changer le monde » pour en faire un monde meilleur, mais pour qui ? Pour les centres de la high-tech et du showbiz de Californie, et c’est une bonne partie du 1 % de la population américaine le plus riche qui profite des progrès. Les thèmes qui ont occupé la Silicon Valley n’ont pas résonné avec le prolétariat. (…) la précarisation des emplois par les nouvelles plates-formes numériques, comme Uber, a provoqué des débats amers. L’avènement de l’intelligence artificielle a davantage crispé les esprits du fait de sa capacité à supprimer beaucoup d’emplois sans perspective d’en créer au moins autant de nouveaux. La high-tech de l’ère Obama n’a fait qu’inquiéter ou marginaliser le prolétariat américain. On voit qu’elle ne peut et ne pourra pas être « la » voie unique de salut pour les économies et les sociétés en difficulté. Georges Nahon
La frontière a mauvaise presse : elle défend les contre-pouvoirs. N’attendons pas des pouvoirs établis, en position de force, qu’il fassent sa promo. Ni que que ces passe-muraille que sont évadés fiscaux, membres de la jet-set, stars du ballon rond, trafiquants de main-d’oeuvre, conférenciers à 50 000 dollars, multinationales adeptes des prix de transfert déclarent leur amour à ce qui leur fait barrage. […] Là est d’ailleurs le bouclier des humbles, contre l’ultra-rapide, l’insaisissable et l’omniprésent. Ce sont les dépossédés qui ont intérêt à la démarcation franche et nette. Leur seul actif est leur territoire, et la frontière, leur principale source de revenus (plus pauvre un pays, plus dépendant est-il de ses taxes douanières). La frontière rend égales (tant soit peu) des puissances inégales. Les riches vont où ils veulent, à tire-d’aile ; les pauvres vont où ils peuvent, en ramant. Ceux qui ont la maîtrise des stocks (de têtes nucléaires, d’or et de devises, de savoirs et de brevets) peuvent jouer avec les flux, en devenant encore plus riches. Ceux qui n’ont rien en stock sont les jouets des flux. Le fort est fluide. Le faible n’a pour lui que son bercail, une religion imprenable, un dédale inoccupable, rizières, montagnes, delta. Guerre asymétrique. Le prédateur déteste le rempart ; la proie aime bien. Régis Debray (Eloge des frontières, 2010)
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
The gospel revelation gradually destroys the ability to sacralize and valorize violence of any kind, even for Americans in pursuit of the good. (…) At the heart of the cultural world in which we live, and into whose orbit the whole world is being gradually drawn, is a surreal confusion. The impossible Mother Teresa-John Wayne antinomy Times correspondent (Lance) Morrow discerned in America’s humanitarian 1992 Somali operation is simply a contemporary manifestation of the tension that for centuries has hounded those cultures under biblical influence. Gil Bailie
La Raison sera remplacée par la Révélation. À la place de la Loi rationnelle et des vérités objectives perceptibles par quiconque prendra les mesures nécessaires de discipline intellectuelle, et la même pour tous, la Connaissance dégénérera en une pagaille de visions subjectives (…) Des cosmogonies complètes seront créées à partir d’un quelconque ressentiment personnel refoulé, des épopées entières écrites dans des langues privées, les barbouillages d’écoliers placés plus haut que les plus grands chefs-d’œuvre. L’Idéalisme sera remplacé par Matérialisme. La vie après la mort sera un repas de fête éternelle où tous les invités auront 20 ans … La Justice sera remplacée par la Pitié comme vertu cardinale humaine, et toute crainte de représailles disparaîtra … La Nouvelle Aristocratie sera composée exclusivement d’ermites, clochards et invalides permanents. Le Diamant brut, la Prostituée Phtisique, le bandit qui est bon pour sa mère, la jeune fille épileptique qui a le chic avec les animaux seront les héros et héroïnes du Nouvel Age, quand le général, l’homme d’État, et le philosophe seront devenus la cible de chaque farce et satire. Hérode (Pour le temps présent, oratorio de Noël, W. H. Auden, 1944)
Just over 50 years ago, the poet W.H. Auden achieved what all writers envy: making a prophecy that would come true. It is embedded in a long work called For the Time Being, where Herod muses about the distasteful task of massacring the Innocents. He doesn’t want to, because he is at heart a liberal. But still, he predicts, if that Child is allowed to get away, « Reason will be replaced by Revelation. Instead of Rational Law, objective truths perceptible to any who will undergo the necessary intellectual discipline, Knowledge will degenerate into a riot of subjective visions . . . Whole cosmogonies will be created out of some forgotten personal resentment, complete epics written in private languages, the daubs of schoolchildren ranked above the greatest masterpieces. Idealism will be replaced by Materialism. Life after death will be an eternal dinner party where all the guests are 20 years old . . . Justice will be replaced by Pity as the cardinal human virtue, and all fear of retribution will vanish . . . The New Aristocracy will consist exclusively of hermits, bums and permanent invalids. The Rough Diamond, the Consumptive Whore, the bandit who is good to his mother, the epileptic girl who has a way with animals will be the heroes and heroines of the New Age, when the general, the statesman, and the philosopher have become the butt of every farce and satire. »What Herod saw was America in the late 1980s and early ’90s, right down to that dire phrase « New Age. » (…) Americans are obsessed with the recognition, praise and, when necessary, the manufacture of victims, whose one common feature is that they have been denied parity with that Blond Beast of the sentimental imagination, the heterosexual, middle-class white male. The range of victims available 10 years ago — blacks, Chicanos, Indians, women, homosexuals — has now expanded to include every permutation of the halt, the blind and the short, or, to put it correctly, the vertically challenged. (…) Since our newfound sensitivity decrees that only the victim shall be the hero, the white American male starts bawling for victim status too. (…) European man, once the hero of the conquest of the Americas, now becomes its demon; and the victims, who cannot be brought back to life, are sanctified. On either side of the divide between Euro and native, historians stand ready with tarbrush and gold leaf, and instead of the wicked old stereotypes, we have a whole outfit of equally misleading new ones. Our predecessors made a hero of Christopher Columbus. To Europeans and white Americans in 1892, he was Manifest Destiny in tights, whereas a current PC book like Kirkpatrick Sale’s The Conquest of Paradise makes him more like Hitler in a caravel, landing like a virus among the innocent people of the New World. Robert Hughes (24.06.2001)
La vérité biblique sur le penchant universel à la violence a été tenue à l’écart par un puissant processus de refoulement. (…) La vérité fut reportée sur les juifs, sur Adam et la génération de la fin du monde. (…) La représentation théologique de l’adoucissement de la colère de Dieu par l’acte d’expiation du Fils constituait un compromis entre les assertions du Nouveau Testament sur l’amour divin sans limites et celles sur les fantasmes présents en chacun. (…) Même si la vérité biblique a été de nouveau  obscurcie sur de nombreux points, (…) dénaturée en partie, elle n’a jamais été totalement falsifiée par les Églises. Elle a traversé l’histoire et agit comme un levain. Même l’Aufklärung critique contre le christianisme qui a pris ses armes et les prend toujours en grande partie dans le sombre arsenal de l’histoire de l’Eglise, n’a jamais pu se détacher entièrement de l’inspiration chrétienne véritable, et par des détours embrouillés et compliqués, elle a porté la critique originelle des prophètes dans les domaines sans cesse nouveaux de l’existence humaine. Les critiques d’un Kant, d’un Feuerbach, d’un Marx, d’un Nietzsche et d’un Freud – pour ne prendre que quelques uns parmi les plus importants – se situent dans une dépendance non dite par rapport à l’impulsion prophétique. Raymund Schwager
L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers au poing, à descendre dans la rue et à tirer, au hasard, tant qu’on peut dans la foule. André Breton
Il faut avoir le courage de vouloir le mal et pour cela il faut commencer par rompre avec le comportement grossièrement humanitaire qui fait partie de l’héritage chrétien. (..) Nous sommes avec ceux qui tuent. Breton
Bien avant qu’un intellectuel nazi ait annoncé ‘quand j’entends le mot culture je sors mon revolver’, les poètes avaient proclamé leur dégoût pour cette saleté de culture et politiquement invité Barbares, Scythes, Nègres, Indiens, ô vous tous, à la piétiner. Hannah Arendt (1949)
L’Occident s’achève en bermuda […] Craignez le courroux de l’homme en bermuda. Craignez la colère du consommateur, du voyageur, du touriste, du vacancier descendant de son camping-car ! Vous nous imaginez vautrés dans des plaisirs et des loisirs qui nous ont ramollis. Eh bien,nous lutterons comme des lions pour protéger notre ramollissement.  Chers djihadistes, chevauchant vos éléphants de fer et de feu, vous êtes entrés avec fureur dans notre magasin de porcelaine. Mais c’est un magasin de porcelaine dont les propriétaires de longue date ont entrepris de réduire en miettes tout ce qui s’y trouvait entassé. […] Vous êtes les premiers démolisseurs à s’attaquer à des destructeurs. Les premiers incendiaires en concurrence avec des pyromanes. […] À la différence des nôtres, vos démolitions s’effectuent en toute illégalité et s’attirent un blâme quasi unanime. Tandis que c’est dans l’enthousiasme général que nous mettons au point nos tortueuses innovations et que nous nous débarrassons des derniers fondements de notre ancienne civilisation.  Chers djihadistes, nous triompherons de vous. Nous vaincrons parce que nous sommes les plus morts. Philippe Muray
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxismeRené Girard
Nous sommes encore proches de cette période des grandes expositions internationales qui regardait de façon utopique la mondialisation comme l’Exposition de Londres – la « Fameuse » dont parle Dostoievski, les expositions de Paris… Plus on s’approche de la vraie mondialisation plus on s’aperçoit que la non-différence ce n’est pas du tout la paix parmi les hommes mais ce peut être la rivalité mimétique la plus extravagante. On était encore dans cette idée selon laquelle on vivait dans le même monde: on n’est plus séparé par rien de ce qui séparait les hommes auparavant donc c’est forcément le paradis. Ce que voulait la Révolution française. Après la nuit du 4 août, plus de problème ! René Girard
Aujourd’hui, on ne cesse de nous répéter que le nationalisme a provoqué les deux guerres mondiales, et on lui impute même la responsabilité de la Shoah. Mais cette lecture historique n’est pas satisfaisante. J’appelle ‘nationaliste’ quelqu’un qui souhaite vivre dans un monde constitué de nations indépendantes. De sorte qu’à mes yeux, Hitler n’était pas le moins du monde nationaliste. Il était même tout le contraire: Hitler méprisait la vision nationaliste, et il appelle dans Mein Kampf à détruire les autres Etats-nations européens pour que les Allemands soient les maîtres du monde. Dès son origine, le nazisme est une entreprise impérialiste, pas nationaliste. Quant à la Première Guerre mondiale, le nationalisme est loin de l’avoir déclenchée à lui seul! Le nationalisme serbe a fourni un prétexte, mais en réalité c’est la visée impérialiste des grandes puissances européennes (l’Allemagne, la France, l’Angleterre) qui a transformé ce conflit régional en une guerre planétaire. Ainsi, le principal moteur des deux guerres mondiales était l’impérialisme, pas le nationalisme. (…) Depuis plusieurs décennies, les principaux partis politiques aux Etats-Unis et en Europe, de droite comme de gauche, ont souscrit à ce que l’on pourrait appeler ‘l’impérialisme libéral’, c’est-à-dire l’idée selon laquelle le monde entier devrait être régi par une seule et même législation, imposée si besoin par la contrainte. Mais aujourd’hui, une génération plus tard, une demande de souveraineté nationale émerge et s’est exprimée avec force aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Italie, en Europe de l’Est et ailleurs encore. Avec un peu de chance et beaucoup d’efforts, cet élan nationaliste peut aboutir à un nouvel ordre politique, fondé sur la cohabitation de nations indépendantes et souveraines. Mais nous devons aussi être lucides: les élites ‘impérialistes libérales’ n’ont pas disparu, elles sont seulement affaiblies. Si, en face d’eux, le camp nationaliste ne parvient pas à faire ses preuves, elles ne tarderont pas à revenir dans le jeu. (…) Historiquement, le ‘nationalisme’ décrit une vision du monde où le meilleur système de gouvernement serait la coexistence de nations indépendantes, et libres de tracer leur propre route comme elles l’entendent. On l’oppose à ‘l’impérialisme’, qui cherche à apporter au monde la paix et la prospérité en unifiant l’humanité, autant que possible, sous un seul et même régime politique. Les dirigeants de l’Union européenne, de même que la plupart des élites américaines, croient dur comme fer en l’impérialisme. Ils pensent que la démocratie libérale est la seule forme admissible de gouvernement, et qu’il faut l’imposer progressivement au monde entier. C’est ce que l’on appelle souvent le ‘mondialisme’, et c’est précisément ce que j’entends par ‘nouvel empire libéral’. (…) En Europe, on se désolidarise du militarisme américain: les impérialistes allemands ou bruxellois préfèrent d’autres formes de coercition… mais leur objectif est le même. Regardez comment l’Allemagne cherche à imposer son programme économique à la Grèce ou à l’Italie, ou sa vision immigrationniste à la République tchèque, la Hongrie ou la Pologne. En Italie, le budget a même été rejeté par la Commission européenne! (…) Le conflit entre nationalisme et impérialisme est aussi vieux que l’Occident lui-même. La vision nationaliste est l’un des enseignements politiques fondamentaux de la Bible hébraïque: le Dieu d’Israël fut le premier qui donna à son peuple des frontières, et Moïse avertit les Hébreux qu’ils seraient punis s’ils tentaient de conquérir les terres de leurs voisins, car Yahvé a donné aussi aux autres nations leur territoire et leur liberté. Ainsi, la Bible propose le nationalisme comme alternative aux visées impérialistes des pharaons, mais aussi des Assyriens, des Perses ou, bien sûr, des Babyloniens. Et l’histoire du Moyen Âge ou de l’époque moderne montre que la plupart des grandes nations européennes – la France, l’Angleterre, les Pays-Bas… – se sont inspirées de l’exemple d’Israël. Mais le nationalisme de l’Ancien Testament ne fut pas tout de suite imité par l’Occident. La majeure partie de l’histoire occidentale est dominée par un modèle politique inverse: celui de l’impérialisme romain. C’est de là qu’est né le Saint Empire romain germanique, qui a toujours cherché à étendre sa domination, tout comme le califat musulman. Les Français aussi ont par moments été tentés par l’impérialisme et ont cherché à conquérir le monde: Napoléon, par exemple, était un fervent admirateur de l’Empire romain et n’avait pour seul but que d’imposer son modèle de gouvernement ‘éclairé’ à tous les pays qu’il avait conquis. Ainsi a-t-il rédigé de nouvelles constitutions pour nombre d’entre eux: les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne… Son projet, en somme, était le même que celui de l’Union européenne aujourd’hui : réunir tous les peuples sous une seule et même législation. (…) [le modèle nationaliste] permet à chaque nation de décider ses propres lois en vertu de ses traditions particulières. Un tel modèle assure une vraie diversité politique, et permet à tous les pays de déployer leur génie à montrer que leurs institutions et leurs valeurs sont les meilleures. Un tel équilibre international ressemblerait à celui qui s’est établi en Europe après les traités de Westphalie signés en 1648, et qui ont permis l’existence d’une grande diversité de points de vue politiques, institutionnels et religieux. Ces traités ont donné aux nations européennes un dynamisme nouveau: grâce à cette diversité, les nations sont devenues autant de laboratoires d’idées dans lesquels ont été expérimentés, développés et éprouvés les théories philosophiques et les systèmes politiques que l’on associe aujourd’hui au monde occidental. À l’évidence, toutes ces expériences ne se valent pas et certaines n’ont bien sûr pas été de grands succès. Mais la réussite de l’une seule d’entre elles – la France, par exemple – suffit pour que les autres l’imitent et apprennent grâce à son exemple. Tandis que, par contraste, un gouvernement impérialiste comme celui de l’Union européenne tue toute forme de diversité dans l’œuf. Les élites bruxelloises sont persuadées de savoir déjà avec exactitude la façon dont le monde entier doit vivre. Il est pourtant manifeste que ce n’est pas le cas… (…) La diversité des points de vue, et, partant, chacun de ces désaccords, sont une conséquence nécessaire de la liberté humaine, qui fait que chaque nation a ses propres valeurs et ses propres intérêts. La seule manière d’éviter ces désaccords est de faire régner une absolue tyrannie – et c’est du reste ce dont l’Union européenne se rend peu à peu compte: seules les mesures coercitives permettent d’instaurer une relative uniformité entre les États membres. (…) Cette détestation du particulier, qui est une constante dans tous les grands universalismes, est flagrante aujourd’hui dès lors qu’un pays sort du rang: regardez le torrent de mépris et d’insultes qui s’est répandu contre les Britanniques qui ont opté pour le Brexit, contre Trump, contre Salvini, contre la Hongrie, l’Autriche et la Pologne, contre Israël… Les nouveaux universalistes vouent aux gémonies l’indépendance nationale. (…) un nationaliste ne prétend pas savoir ce qui est bon pour n’importe qui, n’importe où dans le monde. Il fait preuve d’une grande humilité, lui, au moins. N’est-ce pas incroyable de vouloir dicter à tous les pays qui ils doivent choisir pour ministre, quel budget ils doivent voter, et qui sera en droit de traverser leurs frontières? Face à cette arrogance vicieuse, je considère en effet le nationalisme comme une vertu. (…) le nationaliste est vertueux, car il limite sa propre arrogance et laisse les autres conduire leur vie à leur guise. » Yoram Hazony
Une nation sans frontières n’est pas une nation. Donald Trump
Les démocrates radicaux veulent remonter le temps, rendre de nouveau le pouvoir aux mondialistes corrompus et avides de pouvoir. Vous savez qui sont les mondialistes? Le mondialiste est un homme qui veut qu’il soit bon de vivre dans le monde entier sans, pour dire le vrai, se soucier de notre pays. Cela ne nous convient pas. (…) Vous savez, il y a un terme devenu démodé dans un certain sens, ce terme est « nationaliste ». Mais vous savez qui je suis? Je suis un nationaliste. OK? Je suis nationaliste. Saisissez-vous de ce terme! Donald Trump
Vous les voyez monter comme une lèpre un peu partout en Europe, dans des pays où nous pensions que c’était impossible de la voir réapparaître et des amis voisins. Ils disent le pire et nous nous y habituons. Ils font les pires provocations et personne ne se scandalise de cela ! (…) Mais regarder ailleurs lorsque d’autres trahissent, même l’asile, font les pires provocations humanitaires, c’est cela contre quoi il faut se battre et dénoncer, pas en nous divisant nous-mêmes ! C’est contre cela qu’il faut se scandaliser, contre le nationalisme qui renaît, contre la frontière fermée que certains proposent ! Alors je vous le dis aujourd’hui avec, vous le voyez, beaucoup d’ardeur chevillée au corps, j’ai besoin de ces terres qui croient dans l’Europe, j’ai besoin des Françaises et Français qui croient dans ce projet parce qu’ils savent notre Histoire, parce qu’ils savent le prix du nationalisme, parce qu’ils savent le coût de la bêtise, parce qu’ils savent qu’on peut voir les peurs en face, essayer de les traiter dans un chemin qui est toujours plus difficultueux, parce que personne n’est jamais content, mais qui est plus responsable que celui qui joue avec les peurs. Emmanuel Macron (Discours aux lépreux, Quimper, 21.06.2018)
Le patriotisme est l’exact contraire du nationalisme : le nationalisme en est la trahison. En disant « nos intérêts d’abord et qu’importent les autres ! », on gomme ce qu’une Nation a de plus précieux, ce qui la fait vivre, ce qui la porte à être grande, ce qui est le plus important : ses valeurs morales. Emmanuel Macron (Paris, 11.11. 2018)
Aux États-Unis comme en Europe, nous vivons une ère de colère et de peur à cause de ces menaces mondiales. Ces sentiments ne sont pas constructifs. On peut jouer un moment avec les peurs et la colère, mais cela n’aboutit à rien. La colère ne fait que nous figer et nous affaiblir. (…) Deux voies s’offrent donc à nous. L’isolationnisme, le retrait, le nationalisme. C’est la première option. Elle peut nous tenter comme remède temporaire à nos peurs. Mais ce n’est pas en fermant la porte au monde que nous arrêterons l’évolution du monde. Cela n’apaisera pas les craintes de nos concitoyens. Cela ne fera au contraire que les renforcer. Nous devons garder les yeux grands ouverts face aux nouveaux risques auxquels nous sommes confrontés. Je suis convaincu qu’en ouvrant les yeux encore plus grands, nous serons plus forts. Nous vaincrons les dangers. Nous ne laisserons pas l’œuvre destructrice du nationalisme extrême ébranler un monde aspirant à une prospérité accrue. (…) En ce qui me concerne, je ne partage pas la fascination pour ses nouvelles puissances, le renoncement à la liberté et l’illusion du nationalisme. (…) La seule option pour cela est de renforcer notre coopération. Nous pouvons bâtir l’ordre mondial du XXIe siècle sur une nouvelle forme de multilatéralisme. Sur un multilatéralisme plus efficace, plus responsable et axé sur les résultats. Sur un multilatéralisme fort. Cela nécessite plus que jamais la participation des États-Unis, car votre rôle a été déterminant dans la création et la sauvegarde du monde libre d’aujourd’hui. Ce sont les États-Unis qui ont inventé le multilatéralisme. Ce sont eux qui doivent maintenant contribuer à le préserver et à le réinventer. Ce multilatéralisme fort n’éclipsera pas nos cultures et nos identités nationales. Bien au contraire. Grâce à un multilatéralisme fort, nos cultures et nos identités seront respectées et protégées, elles pourront s’épanouir librement ensemble. Pourquoi ? Précisément parce que notre culture repose, des deux côtés de l’Atlantique, sur ce goût unique pour la liberté, cet attachement à la liberté et à la paix. Ce multilatéralisme fort est la seule option compatible avec nos nations, nos cultures et nos identités. (…) Les États-Unis et l’Europe ont un rôle historique à jouer à cet égard. C’est le seul moyen de défendre ce en quoi nous croyons, de promouvoir nos valeurs universelles, d’affirmer avec force que les droits de l’Homme, les droits des minorités et la liberté partagée sont la véritable réponse aux troubles de notre monde. Je crois en ces droits et ces valeurs. Je crois que pour lutter contre l’ignorance, nous avons l’éducation. Pour lutter contre les inégalités, nous avons le développement. Pour lutter contre le cynisme, la confiance et la bonne volonté. Pour lutter contre le fanatisme, la culture. Contre les maladies et les épidémies, la médecine. Contre les menaces pour la planète, la science. (…) Je crois en la libération de l’individu et dans la liberté et la responsabilité de chacun de construire sa propre vie et de rechercher le bonheur. (…) Je crois que, pour relever ces défis, c’est le contraire de la dérégulation massive et du nationalisme extrême qu’il nous faut. La guerre commerciale n’est pas la bonne réponse à ces évolutions. Une chose est sûre, nous avons besoin d’un commerce libre et équitable. Une guerre commerciale opposant des alliés n’est pas compatible avec notre mission, notre histoire, nos engagements actuels en faveur de la sécurité mondiale. Au bout du compte, cela détruirait des emplois, entraînerait une augmentation des prix et c’est la classe moyenne qui en paierait le prix. (…) Pour protéger nos démocraties, nous devons combattre le virus des fake news, des informations fallacieuses, qui se propage et expose nos populations à des craintes irrationnelles et à des risques imaginaires. Et permettez-moi d’employer ce terme de « fake news », dont je reconnais l’origine, particulièrement ici. Là où la raison et la confiance sont absentes, il ne peut y avoir de vraie démocratie, car la démocratie est faite de choix éclairés et de décisions rationnelles. La corruption de l’information est une tentative de nuire à l’esprit même de nos démocraties. (…) Face à tous ces défis, à toutes ces craintes, à toute cette colère, je crois que notre devoir, que notre destinée est d’œuvrer ensemble pour construire ce multilatéralisme nouveau et solide. Emmanuel Macron (Washington, Congrès américain, 27.04.2018)
N’oublions donc pas cette réalité fondamentale, avant de chercher les fausses bonnes réponses dans le repli et l’isolement. (…) On ne répond pas aux dysfonctionnements contemporains par le repli, le protectionnisme, le rejet des réponses multilatérales, hier comme aujourd’hui, et nous le savons. Car toutes ces réponses aggravent la crise et les déséquilibres du monde, au lieu d’y répondre. Nous devons, dès lors, combattre trois écueils, dans ce monde qui craque : le confort de la prospérité isolée, sans comprendre que le succès économique ne se construit jamais durablement au détriment des autres pays ; on peut parfois être riche à un moment donné ; cette richesse se fait toujours parce qu’on est meilleur que l’autre, ou parce que le monde fonctionne ainsi ; ceux qui cèdent à ce mirage d’une prospérité isolée, l’Histoire les rappellera à l’ordre, mais ils auront leur responsabilité. Emmanuel Macron (OCDE, 30.05.2018)
N’en déplaise à certains, le virus ne connaît pas ces limites administratives. Emmanuel Macron (Naples, 27.02.2020)
La jeune génération n’est pas encouragée à aimer notre héritage. On leur lave le cerveau en leur faisant honte de leur pays. (…) Nous, Français, devons nous battre pour notre indépendance. Nous ne pouvons plus choisir notre politique économique ou notre politique d’immigration et même notre diplomatie. Notre liberté est entre les mains de l’Union européenne. (…) Notre liberté est maintenant entre les mains de cette institution qui est en train de tuer des nations millénaires. Je vis dans un pays où 80%, vous m’avez bien entendu, 80% des lois sont imposées par l’Union européenne. Après 40 ans d’immigration massive, de lobbyisme islamique et de politiquement correct, la France est en train de passer de fille aînée de l’Eglise à petite nièce de l’islam. On entend maintenant dans le débat public qu’on a le droit de commander un enfant sur catalogue, qu’on a le droit de louer le ventre d’une femme, qu’on a le droit de priver un enfant d’une mère ou d’un père. (…) Aujourd’hui, même les enfants sont devenus des marchandises (…) Un enfant n’est pas un droit (…) Nous ne voulons pas de ce monde atomisé, individualiste, sans sexe, sans père, sans mère et sans nation. (…) Nous devons faire connaitre nos idées aux médias et notre culture, pour stopper la domination des libéraux et des socialistes. C’est la raison pour laquelle j’ai lancé une école de sciences politiques. (…) Nous devons faire connaitre nos idées aux médias et notre culture, pour stopper la domination des libéraux et des socialistes. C’est la raison pour laquelle j’ai lancé une école de sciences politiques. (…) La Tradition n’est pas la vénération des cendres, elle est la passation du feu. (…)Je ne suis pas offensée lorsque j’entends le président Donald Trump dire ‘l’Amérique d’abord’. En fait, je veux l’Amérique d’abord pour le peuple américain, je veux la Grande-Bretagne d’abord pour le peuple britannique et je veux la France d’abord pour le peuple français. Comme vous, nous voulons reprendre le contrôle de notre pays. Vous avez été l’étincelle, il nous appartient désormais de nourrir la flamme conservatrice. Marion Maréchal
Ce n’est pas une proposition que je formule mais une initiative qui a été prise par la Grèce il y a déjà un an. Non pas sur 130 kilomètres comme l’a rapporté la dépêche mal rédigée de l’AFP mais sur les 12,5 kilomètres qui séparent les deux pays, la majorité de la frontière entre la Grèce et la Turquie étant fluviale. Le ministre grec chargé de l’immigration a lancé un projet de barrière, de clôture, de mur, on peut l’appeler comme on veut, sur la partie terrestre de la frontière. Les Grecs mettent ainsi l’accent sur la réalité de la migration clandestine. Chaque jour, près de 300 personnes passent la frontière à cet endroit précis. A l’endroit où le fleuve Maritsa joue le rôle de séparation naturelle entre les deux pays. Pourtant, l’arrivée de clandestins en provenance de la Turquie a augmenté de 400% en un an. D’où l’idée de construire une clôture sur les 12,5 kilomètres de frontière terrestre qu’il reste. C’est une initiative grecque : la clôture se trouverait sur le territoire grec. C’est une décision prise par la Grèce souverainement. (…) La France s’est déclarée favorable à cette initiative. Certains, à la Commission européenne, sont contre. Mais la plupart des Etats de l’Union européenne sont pour. Il y a une porte qui est entrebâillée, il est donc normal de vouloir la fermer. Cette démarche n’a rien à voir avec le mur de Berlin : là où ce dernier empêchait les gens de sortir, la clôture grecque empêchera les gens de rentrer. Le Front national s’est d’ailleurs déclaré contre. Cela montre bien que le Front est dans la gesticulation et pas dans la recherche de solutions au problème. Le FN continue de vouloir expulser de France des gens qui ont toutes leurs attaches ici alors que le problème est en réalité d’empêcher d’autres gens de rentrer en Europe. (…) La proposition est parfaitement raisonnable. Il n’y a rien de méchant ou de mauvais là-dedans. Il y a une espèce de cabale bien-pensante de gauche, un regard très parisien qui crie au fascisme. La Grèce a entamé cette démarche parce qu’il y a chaque année entre 60 000 et 70 000 personnes qui passent illégalement vers l’Europe chaque année. Ces gens sont en situation irrégulière. Les mêmes qui crient aujourd’hui au fascisme sont les mêmes qui construisent de grandes barrières pour protéger leur maison de vacances de leurs propres voisins. Arno Klarsfeld (Office français de l’immigration, 2012)
Il est remarquable de voir se perpétuer cette même folie que je décris dans mon livre. Sur notre continent, personne ne semble vouloir apprendre quelque leçon que ce soit ou penser autrement que dans les termes les plus courts. Quelqu’un pense-t-il vraiment qu’une fois que l’Espagne aura accueilli les quelque 600 personnes de l’Aquarius, le problème sera résolu? Qu’il n’y aura personne pour observer ce qui se passe et décider d’en faire autant en suivant le même chemin que l’Aquarius? En réalité, quelle est notre politique? Que quelqu’un qui monte sur un bateau peut faire route vers l’Europe? Que quelqu’un qui arrive ainsi en Europe a le droit d’y rester? Manifestement, c’est là notre politique actuelle. Et elle est intenable. (…) le président Macron devrait donner l’exemple. Il devrait insister sur le fait que le prochain Aquarius, et celui qui suivra, et celui qui suivra encore, pourront tous accoster dans le sud de la France. Je séjourne à Nice en ce moment et il me semble que ce serait une solution très raisonnable. Je suis sûr que la population locale accueillera avec plaisir un grand nombre de personnes d’Afrique subsaharienne. Après tout, le sud de la France est très vaste et tous les nouveaux arrivants pourraient ne pas s’installer définitivement à Nice. En réalité, si quelqu’un est cynique, c’est le président Macron. Il dit une chose et en fait une autre. Il réprimande le nouveau gouvernement italien pour avoir refusé de permettre à l’Aquarius d’accoster en Italie. Pourtant, depuis la crise de 2015, le gouvernement français a rétabli les contrôles à la frontière franco-italienne. Si le président français est si partisan de l’arrivée des migrants en Italie, pourquoi oblige-t-il l’Italie à en supporter le poids et à conserver les migrants chez elle? Pourquoi n’ouvre-t-il pas les frontières de la France et ne permet-il aux milliers de migrants illégaux de pénétrer en France? Il devrait le faire s’il déteste à ce point le cynisme. En fait, on pourrait dire que Macron est simplement cynique et responsable. (…) L’Italie est évidemment dans une situation très sérieuse. Le parti de M. Salvini a promis d’expulser 500 000 personnes qui seraient arrivées illégalement dans le pays. J’aime l’Italie, mais je me demande s’il y a un pays dans le monde qui soit en mesure d’expulser rapidement un demi-million de personnes de manière ordonnée et humaine. En outre, l’Italie n’a qu’une version plus extrême d’un problème que nous avons tous. Où expulsons-nous les gens une fois qu’ils sont arrivés chez nous? Comment les contraignons-nous? Je pense que personne ne fera cela, même si c’est pourtant ce qui devait être fait. Parce que la distinction entre immigration légale et illégale doit tenir. Certaines personnes, qui prônent l’ouverture des frontières, demandent «quelle est la différence?» La réponse est «la loi». Ce qui n’est pas rien. M. Salvini ne réussira probablement pas. Il est probable que son parti imputera cet échec au parti 5 étoiles, et à un moment donné (peut-être l’année prochaine) les Italiens devront aller à nouveau aux urnes. Et à ce moment-là, c’est la Ligue qui profitera le plus de la situation. (…) Pendant des années, ils – l’Italie et la Grèce – ont porté le poids d’une politique non seulement décidée mais aussi encouragée par Berlin et Bruxelles. Bien sûr, il était prévu un «partage de la charge» en ce qui concerne les frontières extérieures de l’Europe, mais les Italiens et les Grecs étaient seuls à supporter le fardeau. Ainsi, le nord de l’Europe réprimande le Sud pour des politiques dont le Nord est largement responsable. (…) Les Italiens et les Grecs ont été extrêmement généreux et gentils. Il n’y a pas eu de troubles civils à grande échelle et, de façon générale, ils ont essayé d’accueillir les gens qui ont débarqué sur leurs rives. Mais êtes-vous allé en Italie récemment? Les gares et les parkings du pays sont devenus des camps de migrants. Pourquoi cela serait-il positif? Pourquoi cela serait-il souhaitable? Ce phénomène a augmenté pendant de nombreuses années, mais récemment, cela s’est encore accéléré. Et les politiciens ont délibérément laissé à leurs successeurs le soin de s’occuper de cela, parce que le problème est devenu trop complexe pour eux. C’est la même chose en Grande-Bretagne et partout ailleurs en Europe occidentale. Mais ce dont les gens doivent prendre conscience, c’est que toutes les prévisions démographiques en Afrique suggèrent que le nombre de personnes qui essaieront de pénétrer en Europe dans les années à venir sera beaucoup plus important qu’aujourd’hui. C’est pourquoi je dis que si nous ne parvenons pas à maintenir nos lois et nos frontières maintenant, alors nous n’avons aucune chance de résister. (…) L’objectif était de répondre aux naufrages tragiques de navires hors d’âge, chargés de gens par des gangs de trafiquants désireux de maximiser leurs profits. L’Europe a vu les conséquences horribles et a voulu aider. Mais à la fin, nous avons aggravé le problème. Personne n’est prêt à l’admettre, mais envoyer des navires dans la Méditerranée pour amener les gens en toute sécurité en Europe a créé un «facteur d’attraction». Tout le monde le nie, mais c’est vrai. Les trafiquants mettaient de moins en moins de carburant dans leurs bateaux parce qu’ils savaient que les Européens intercepteraient les bateaux de plus en plus tôt et qu’ils feraient l’essentiel du travail de contrebande pour eux. Ce qui est un excellent modèle d’affaires pour les contrebandiers, mais un système terrible pour l’Europe. Entre autres choses que nous aurions dû faire (une mesure suggérée dans mon livre, et je suis heureux d’entendre que le président Macron commence à y songer), ce serait d’ouvrir des centres de traitement en Afrique du Nord. Cela empêcherait aussi les bateaux de quitter la côte nord-africaine et nous éviterait d’agir comme des partenaires des gangs de contrebande. (…) Tous ces phénomènes sont largement favorisés par les ONG «open borders», organisations dirigées par des gens qui sont de véritables extrémistes. Ils distribuent des informations aux migrants et aux migrants potentiels pour les aider à contourner les règles existantes et en leur expliquant comment rester définitivement en Europe. Ces ONG pensent que le monde ne devrait pas avoir de frontières. Que les frontières sont racistes. Que les frontières causent tous les problèmes du monde. Ils ont pris sur eux d’affaiblir les frontières de l’Europe. Les autorités italiennes ont pris un certain nombre d’ONG en flagrant délit de coopération actrive avec les réseaux de contrebande. Ces ONG ont été surprises au téléphone avec des contrebandiers, arrangeant les points de rencontre et retournant même les bateaux aux gangs. Qui a donné à ces groupes le droit de dicter l’avenir de notre continent? Qui leur a permis d’être nos arbitres de moralité? Ou de décider de notre avenir sociétal à court et à long terme? (…) [les fixeurs des frontières] sont des barbares. Ils prennent de l’argent à des personnes nécessiteuses et souvent désespérées. Ils les plongent dans la misère et la crise, les torturant souvent afin d’extorquer plus d’argent à leurs familles. Et ce sont souvent ces personnes que nos dirigeants politiques ont jugé bon d’encourager et avec lesquelles les ONG se sont contentées de collaborer. Encore une fois, tout le monde ne pense qu’au plus court terme possible. (…) On utilise souvent le terme «migrant» et «réfugié» de façon interchangeable. J’ai voyagé partout dans le monde et j’ai vu beaucoup d’endroits terribles. Je ne nie pas qu’il y ait des gens qui fuient la guerre. Particulièrement la guerre en Syrie. Mais la solution la moins traumatisante est le plus souvent de les garder dans le voisinage du pays qu’ils fuient. La plupart des experts de l’aide internationale admettent, comme je l’ai dit dans mon livre, que le coût d’hébergement d’un demandeur d’asile en Europe du Nord est environ 100 fois supérieur à ce qu’il est dans un pays limitrophe du pays fui. C’est déjà là une première raison évidente qui fait du transfert vers l’Europe un déplacement illogique. Avec de tels coûts, nous pouvons aider beaucoup moins de gens. Peut-être faut-il soigner certaines personnes en Europe, mais l’Europe ne peut pas être l’endroit où tous ceux qui fuient la guerre dans le monde se sentent chez eux. La situation des migrants économiques est encore pire. Parce qu’il ne faut pas oublier que la majorité des personnes arrivant en Europe ces dernières années – y compris en 2015 – ont été des migrants économiques. Encore une fois, les ONG soutiennent qu’il n’y a pas beaucoup de différence entre les migrants économiques et les demandeurs d’asile. Mais si nous tombons dans ce mensonge (comme c’est souvent le cas), cela signifie que presque tous les habitants de l’Afrique et du Moyen-Orient (sans parler de la majeure partie de l’Extrême-Orient) ont le droit de s’installer en Europe. Ou ne seront pas arrêtés s’ils viennent. Ou ne seront pas renvoyés une fois qu’ils seront ici. Dans ce cas, observez bien les premiers millions. Car il y aura des centaines de millions de plus. (…) Les personnes qui ont menti sur leur pays d’origine, ou qui viennent d’un pays sûr ou qui n’ont pas fait de demande d’asile légale devraient être renvoyées rapidement. On ne devrait pas permettre que le processus d’appel traîne pendant des années. (…) Les efforts de stabilisation déployés en Irak et en Libye après la guerre se sont avérés totalement insuffisants. Mais qu’avons-nous fait pour déstabiliser la Syrie? Les principaux acteurs impliqués dans la déstabilisation de ce pays ont été l’Iran, la Russie, certains États du Golfe et la Turquie. Pour n’en nommer que quelques-uns. Je montre dans mon livre pourquoi ces pays sont très heureux que l’Europe tombe dans le piège en s’accusant une fois de plus de tous les maux du monde. C’est très confortable pour le reste du monde de nous encourager dans ce travers d’auto-culpabilisation. Lors de mes voyages à travers l’Europe pour les recherches nécessaires à mon livre, j’ai rencontré des migrants originaires de la plupart des pays en développement. Si vous croyez que nous sommes responsables des flux de réfugiés en provenance d’Irak et de Libye, qu’en est-il des flux du Pakistan, du Bangladesh, du Myanmar, de l’Erythrée, du Nigeria et de dizaines de pays à travers le monde? Sommes-nous responsables de la situation dans tous ces pays? Est-ce vraiment la bonne solution de permettre à tous ces gens de s’installer en Europe? Ou bien s’agit-il d’un problème auquel personne ne veut sérieusement penser? (…) Cela prouve que pour le moment, rien ne va changer. C’est une chose positive que le gouvernement italien ait finalement dit «assez». Mais la réponse cynique des autres pays européens montre que, pour le moment, tout le monde espère éviter les conséquences de cette poussée migratoire historique vers notre continent. Peut-être que certains pays seront en mesure de se tenir éloignés encore un certain temps. Peut-être que la France évitera le pire cette année. Mais ça ne pourra pas durer éternellement. Pour aucun pays. C’est pourquoi, au lieu de faire du bruit ou de jouer les uns contre les autres, nous tous en Europe devons reconnaître honnêtement ce qui se passe et y faire face de front. Ce n’est qu’en agissant ainsi que nous avons toutes les chances de trouver des réponses humaines et décentes. Et de garder peut-être notre continent reconnaissable pour la prochaine génération. Douglas Murray
Ce concept de « droitisation » est le plus sûr indice de la confusion mentale qui s’est emparée de certains esprits. Si la « droitisation » consiste à prendre en compte la souffrance sociale des Français les plus exposés et les plus vulnérables, c’est que les anciennes catégories politiques n’ont plus guère de sens… et que le PS est devenu – ce qui me paraît une évidence – l’expression des nouvelles classes dominantes. (…) Est-ce Nicolas Sarkozy qui se « droitise » en plaçant la maîtrise des flux migratoires au cœur de la question sociale ou la gauche qui se renie en substituant à la question sociale le combat sociétal en faveur d’un communautarisme multiculturel ? L’impensé du candidat socialiste sur l’immigration est tout sauf accidentel : il témoigne d’une contradiction à ce jour non résolue. L’idéologie du « transfrontiérisme » n’est pas celle des Français. Près de deux Français sur trois et près d’un sympathisant de gauche sur deux approuvent la proposition de Nicolas Sarkozy de réduire de moitié l’immigration légale. Le projet que porte Nicolas Sarkozy s’adresse à tout l’électorat populaire. Il est clairement le candidat d’une Europe des frontières. C’est en cela qu’il est le candidat du peuple qui souffre de l’absence de frontières et de ses conséquences en chaîne : libre-échangisme sans limites, concurrence déloyale, dumping social, délocalisation de l’emploi, déferlante migratoire. Les frontières, c’est la préoccupation des Français les plus vulnérables. Les frontières, c’est ce qui protège les plus pauvres. Les privilégiés, eux, ne comptent pas sur l’Etat pour construire des frontières. Ils n’ont eu besoin de personne pour se les acheter. Frontières spatiales et sécuritaires : ils habitent les beaux quartiers. Frontières scolaires : leurs enfants fréquentent les meilleurs établissements. Frontières sociales : leur position les met à l’abri de tous les désordres de la mondialisation et en situation d’en recueillir tous les bénéfices. Patrick Buisson
Le mépris dans lequel les tient la classe dirigeante a quelque chose de sidérant. Nos élites sont mues par une invraisemblable prolophobie dont elles n’ont parfois même pas conscience. (…) Les impensés de la gauche sur la sécurité et l’immigration témoignent d’un déni persévérant de celle-ci face à l’expression de certaines souffrances sociales. (…) Avant d’être une posture politique, le front républicain est d’abord un réflexe de classe et de caste. Patrick Buisson
The Secure Fence Act of 2006, which was passed by a Republican Congress and signed by President George W. Bush, authorized about 700 miles of fencing along certain stretches of land between the border of the United States and Mexico. (…) At the time the act was being considered, Barack Obama, Hillary Clinton and Chuck Schumer were all members of the Senate. (…) Obama, Clinton, Schumer and 23 other Democratic senators voted in favor of the act when it passed in the Senate by a vote of 80 to 19. (…) Currently, 702 miles of fencing separates the United States from Mexico, according to U.S. Customs and Border Protection. Trump plans for the wall are vague, but here’s what we know. He said the wall doesn’t need to run the nearly 2,000 miles of the border, but about 1,000 miles because of natural barriers. He said it could cost between $8 billion and $12 billion, be made of precast concrete, and rise 35 to 40 feet, or 50 feet, or higher. Experts have repeatedly told PolitiFact that the differences in semantics between a wall and a fence are not too significant because both block people. (…) A 2016 Associated Press report from the border described « rust-colored thick bars » that form « teeth-like slats » 18 feet high. « There are miles of gaps between segments and openings in the fence itself, » the report said. Trump criticized the 2006 fence as too modest during the 2016 campaign. (…) It’s also worth noting that the political context surrounding the 2006 vote was different, too. Democrats normally in favor of looser immigration laws saw the Secure Fence Act of 2006 as the lesser of two evils, according to a Boston Globe report that detailed the legislative process. Around that same time, the House passed legislation that would make any undocumented immigrant a felon. « It didn’t have anywhere near the gravity of harm, » Angela Kelley, who in 2006 was the legislative director for the National Immigration Forum, told the Boston Globe. « It was hard to vote against it because who is going to vote against a secure fence? And it was benign compared with what was out there. » Politifact
No country can exist without borders. Hillary and Obama have all but destroyed them; Trump must remind us how he will restore them. Walls throughout history have been part of the solution, from Hadrian’s Wall to Israel’s fence with the Palestinians. “Making Mexico pay for the wall” is not empty rhetoric, when $26 billion in remittances go back to Mexico without taxes or fees, largely sent from those here illegally, and it could serve as a source of funding revenue.Trump can supersede “comprehensive immigration” with a simple program: Secure and fortify the borders first; begin deporting those with a criminal record, and without a work history. Fine employers who hire illegal aliens. Any illegal aliens who choose to stay, must be working, crime-free, and have two years of residence. They can pay a fine for having entered the U.S. illegally, learn English, and stay while applying for a green card — that effort, like all individual applications, may or may not be approved. He should point out that illegal immigrants have cut in line in front of legal applicants, delaying for years any consideration of entry. That is not an act of love. Sanctuary cities are a neo-Confederate idea, and should have their federal funds cut off for undermining U.S. law. The time-tried melting pot of assimilation and integration, not the bankrupt salad bowl of identity politics, hyphenated nomenclature, and newly accented names should be our model of teaching new legal immigrants how to become citizens. Victor Davis Hanson
Securing national borders seems pretty orthodox. In an age of anti-Western terrorism, placing temporary holds on would-be immigrants from war-torn zones until they can be vetted is hardly radical. Expecting “sanctuary cities” to follow federal laws rather than embrace the nullification strategies of the secessionist Old Confederacy is a return to the laws of the Constitution. Using the term “radical Islamic terror” in place of “workplace violence” or “man-caused disasters” is sensible, not subversive. Insisting that NATO members meet their long-ignored defense-spending obligations is not provocative but overdue. Assuming that both the European Union and the United Nations are imploding is empirical, not unhinged. Questioning the secret side agreements of the Iran deal or failed Russian reset is facing reality. Making the Environmental Protection Agency follow laws rather than make laws is the way it always was supposed to be. Unapologetically siding with Israel, the only free and democratic country in the Middle East, used to be standard U.S. policy until Obama was elected. (…) Expecting the media to report the news rather than massage it to fit progressive agendas makes sense. In the past, proclaiming Obama a “sort of god” or the smartest man ever to enter the presidency was not normal journalistic practice. (…) Half the country is having a hard time adjusting to Trumpism, confusing Trump’s often unorthodox and grating style with his otherwise practical and mostly centrist agenda. In sum, Trump seems a revolutionary, but that is only because he is loudly undoing a revolution. Victor Davis Hanson
There was likely never going to be “comprehensive immigration reform” or any deal amnestying the DACA recipients in exchange for building the wall. Democrats in the present political landscape will not consent to a wall. For them, a successful border wall is now considered bad politics in almost every manner imaginable. Yet 12 years ago, Congress, with broad bipartisan support, passed the Secure Fence of Act of 2006. The bill was signed into law by then-President George W. Bush to overwhelming public applause. The stopgap legislation led to some 650 miles of a mostly inexpensive steel fence while still leaving about two-thirds of the 1,950-mile border unfenced. In those days there were not, as now, nearly 50 million foreign-born immigrants living in the United States, perhaps nearly 15 million of them illegally. Sheer numbers have radically changed electoral politics. Take California. One out of every four residents in California is foreign-born. Not since 2006 has any California Republican been elected to statewide office. The solidly blue states of the American Southwest, including Colorado, Nevada and New Mexico, voted red as recently as 2004 for George W. Bush. Progressives understandably conclude that de facto open borders are good long-term politics. Once upon a time, Democrats such as Hillary and Bill Clinton and Barack Obama talked tough about illegal immigration. They even ruled out amnesty while talking up a new border wall. In those days, progressives saw illegal immigration as illiberal — or at least not as a winning proposition among union households and the working poor. Democratic constituencies opposed importing inexpensive foreign labor for corporate bosses. Welfare rights groups believed that massive illegal immigration would swamp social services and curtail government help to American poor of the barrios and the inner city. So, what happened? Again, numbers. Hundreds of thousands of undocumented immigrants have flocked into the United States over the last decade. In addition, the Obama administration discouraged the melting-pot assimilationist model of integrating only legal immigrants. Salad-bowl multiculturalism, growing tribalism and large numbers of unassimilated immigrants added up to politically advantageous demography for Democrats in the long run. In contrast, a wall would likely reduce illegal immigration dramatically and with it future Democratic constituents. Legal, meritocratic, measured and diverse immigration in its place would likely end up being politically neutral. And without fresh waves of undocumented immigrants from south of the border, identity politics would wane. A wall also would radically change the optics of illegal immigration. Currently, in unsecured border areas, armed border patrol guards sometimes stand behind barbed wire. Without a wall, they are forced to rely on dogs and tear gas when rushed by would-be border crossers. They are easy targets for stone-throwers on the Mexican side of the border. A high wall would end that. Border guards would be mostly invisible from the Mexican side of the wall. Barbed wire, dogs and tear gas astride the border — the ingredients for media sensationalism — would be unnecessary. Instead, footage of would-be border crossers trying to climb 30-foot walls would emphasize the degree to which some are callously breaking the law. Such imagery would remind the world that undocumented immigrants are not always noble victims but often selfish young adult males who have little regard for the millions of aspiring immigrants who wait patiently in line and follow the rules to enter the United State lawfully. More importantly, thousands of undocumented immigrants cross miles of dangerous, unguarded borderlands each year to walk for days in the desert. Often, they fall prey to dangers ranging from cartel gangs to dehydration. Usually, the United States is somehow blamed for their plight, even though a few years ago the Mexican government issued a comic book with instructions on how citizens could most effectively break U.S. law and cross the border. The wall would make illegal crossings almost impossible, saving lives. Latin American governments and Democratic operatives assume that lax border enforcement facilitates the outflow of billions of dollars in remittances sent south of the border and helps flip red states blue. All prior efforts to ensure border security — sanctions against employers, threats to cut off foreign aid to Mexico and Central America, and talk of tamper-proof identity cards — have failed. Instead, amnesties, expanded entitlements and hundreds of sanctuary jurisdictions offer incentives for waves of undocumented immigrants. The reason a secure border wall has not been — and may not be — built is not apprehension that it would not work, but rather real fear that it would work only too well. Victor Davis Hanson
New House majority leader Nancy Pelosi reportedly spent the holidays at the Fairmont Orchid on Kona, contemplating future climate-change legislation and still adamant in opposing the supposed vanity border wall. But in a very different real world from the Fairmont Orchid or Pacific Heights, other people each day deal with the results of open borders and sanctuary jurisdictions. The results are often nihilistic and horrific. (…)These incidents, and less violent ones like them, are not all that rare in rural California. The narratives are tragically similar and hinge on our society’s assumptions of tolerance and its belief that entering and residing illegally in the United States are not really crimes. Fraudulent identification and fake names are not really felonious behaviors. Driving under the influence is no reason for deportation — all crimes that can ruin careers and have expensive consequences for citizens. Statisticians argue that immigrants commit fewer crimes than the native born, but never quite calibrate illegal immigrants into the equation (in part because no one has any idea who, where, or how many they are, as estimates range from 11 to 20 million) or note that second-generation native-born children of immigrants have much higher violent-crime rates than do their immigrant parents, and in circular fashion add to the general pool of violent Americans who then are used to contrast immigrants as less violent. Immorality is undermining, in Confederate fashion, federal law, and normalizing exemptions that allow felons such as Garcia and Arriaga to wreak havoc on the innocent and defenseless. Too often the architects of open borders and sanctuary jurisdictions are not on the front lines where the vulnerable suffer the all-too-real consequences of distant others, who can rely on their own far greater safety nets when their grand abstractions become all too concrete. And, finally, we forget that so often the victims of illegal aliens are (in California where one in four residents was not born in the U.S.) legal immigrants like officer Singh, and members of the Hispanic community like the late Mr. Soto. Polls show that support for open borders is not popular and most Americans want an end to illegal immigration and catch and release, as well as stricter enforcement of current federal immigration laws. Victor Davis Hanson
Donald Trump n’en finit plus de s’agacer à propos de la construction de son mur à la frontière mexicaine. Ce vendredi, il a menacé de fermer la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique si les démocrates du Congrès n’acceptaient pas de financer la construction d’un mur. (…) Un sujet qui a déjà provoqué un « shutdown » depuis une semaine, soit la paralysie partielle des administrations fédérales et qui a mis des centaines de milliers de fonctionnaires au chômage forcé. Tant que républicains et démocrates ne trouveront pas d’accord au Congrès, les financements de 25% des ministères et administrations fédérales resteront suspendus. Jeudi, les négociations ont encore échoué. Le président républicain exige cinq milliards de dollars pour construire le mur tandis que les démocrates refusent de le financer, mais ont proposé une enveloppe de plus d’un milliard pour d’autres mesures de sécurité à la frontière. Les républicains sont majoritaires au Congrès, mais avec 51 sièges au Sénat, ils ont besoin de soutiens démocrates pour atteindre les 60 voix sur 100 nécessaires afin d’approuver le Budget. Mais si la question cristallise autant, c’est que la mesure est symbolique de la présidence de Donald Trump. Lors la campagne, le milliardaire a construit sa popularité à coup de propositions chocs et fait de la lutte contre l’immigration l’une de ses priorités. « Je vais construire un grand mur sur notre frontière sud, et le Mexique paiera pour le construire. Prenez-en bien note », avait-il alors promis. Une promesse déjà bien entamée par le refus mexicain de financer la construction du mur. Le président américain a été contraint d’admettre que les Etats-Unis allaient lancer le projet avant même d’avoir l’assurance du financement mexicain. Selon un sondage de Politico, la base électorale du président américain est, en effet, très attachée à cette proposition. 78% des électeurs de Trump en 2016 considèrent qu’il s’agit d’un projet important (25%) voire prioritaire (53%) au cours de son mandat. (…) Mais en attendant, Donald Trump doit trouver des financements. En totalité, l’ouvrage devrait coûter entre 22 à 25 milliards de dollars. Faute d’accord de compromis et dans un hémicycle quasi désert, le Sénat a décidé jeudi à l’unanimité d’ajourner la séance jusqu’à lundi 10h et de ne reprendre l’examen d’une loi budgétaire que mercredi 2 janvier, à partir de 16h. Or, à chaque jour qui passe, la position des démocrates se renforce. Ils prendront le contrôle de la Chambre des représentants dès le 3 janvier, tandis que les républicains auront une majorité renforcée au Sénat (53). Il est donc fort probable que Donald Trump soit obligé de faire des concessions, ce que le président américain ne semble pour l’instant pas prêt à faire. Le gouvernement restera paralysé jusqu’à « ce que nous ayons un mur, une barrière, peu importe comment ils veulent l’appeler », avait ainsi déclaré Donald Trump le 25 décembre. JDD
Why is our age of walls also the most open age in humanity’s history? Why is the march of globalisation now being kept company by re-activated nationalisms? Samanth Subramanian
I learnt early on in Bosnia, to understand the terrain in order to understand the story. There’s two things often, even in conflict zones, that some journalists don’t do. One is understanding religion, I mean really understand it. When all this started [the Arab uprisings] there was a whole generation of journalists who because they come from a secular society, thought religion was not a major factor. I think they found it hard to believe that these people actually do believe what they say, whereas I always knew to take them at their word. They believe this stuff, which is their right. I think some people just couldn’t bring themselves to believe people believe this in the 21st century. The other one is terrain. I was also influenced (and I acknowledge it) by Robert Kaplan’s Revenge of Geography. So I took all these ideas that have been swirling around for so long and packed in work to write. Then we start talking about identity, about national symbols and the emotional buttons they press [see Worth Dying For: The Power and Politics of Flags, 2016]. In all my travels, I would always ask, “Who is that statue of? Why is your flag the colour it is?”. You would learn the emotional buttons that are pushed in populations. I do see my latest three books as a trilogy because it all comes together. This last one I wanted to call Us and Them, but that’s been done, so Divided is the title. It’s realistic but depressing stuff, but I do think it’s a fair reflection of where we are, and I think slowly dawning on the Western peoples is the realisation that advancement is not a given. Progression is not a given. (…) It is somewhat deterministic in that yes, these things do, partially determine what happens, but that’s the key word, partially. I’ve had a great response to it, half a million sales, and some very nice reviews. Where it has been criticised, is that it is “too deterministic”. I think that ignores the six or seven times I say in the book, ‘this is a determining factor, not the determining factor’. There is obviously ideas, technology, politics, great leaders. All this stuff goes into make up [international politics], but the one that is overlooked is [physical] geography. That is precisely because intellectuals have a problem with anything deterministic because it is something beyond their control. The new book features a lot on borders. The ‘Open Borders’ theory is right in its idea of oneness, which I happen to agree with, we are one. However, for a whole bunch of reasons, including geography, we are divided from each other. That includes rivers, oceans and mountains, which have divided us from each other and made us different from each other, to the extent I would argue that I cannot see, in the foreseeable future us actually being one. Nor do I think dropping borders would make us one people; I think it would make us kill even more of each other than we already do. I’m reasonably utilitarian on this – the fewest people get killed, that’s good with me. I think their way [‘open border’ scholars] would get a lot more people killed than there already are, and there’s a lot. It’s a utopian idea that I like the idea of, but I’m not convinced it works. These divisions appear to be endemic. This might be a bit trite -and an academic would find it trite- but go up to someone you know and like, and who knows and likes you, and put your nose closer and closer [to their face]. At a certain point, that person is uncomfortable with it, with you in their space. That to me is a starting point, extrapolate from that. We need space, and self-identifying groups require space. Religions have tried to make us one, but it hasn’t quite worked, maybe it’s impossible precisely because we’re human. I suppose I am [pro-borders]. I dislike borders, however I think the way humanity is, and always has been structured, they are inevitable. If you try to get rid of that you’re going to open up a horrible can of worms. This is very unfashionable: I think the nation-state is probably the best unit for organising peoples. Without nation-states, of course there wouldn’t be interstate wars, but we’d be back to fiefdoms before you know it. (…) Divided is (…) about walls and divisions and fences going up all over the place. There’s a chapter on the Indian subcontinent, the walls, barriers and internal divisions in Pakistan, Bangladesh, Myanmar and India. Then a chapter on the USA, starting on walls and moving to racial divisions. Chapters on Europe, Israel, the Middle East, the UK – Brexit is part of it. That little strip of water called the Channel I think has a huge physical and psychological effect on the British. Without it, we wouldn’t have voted for Brexit, for two reasons. One, psychologically, we would feel less distinct, and secondly because of that our history would be very different: we might well have suffered the shock and trauma of the Second World War to the extent that continental Europe did. I read something just yesterday which struck a chord; the British experience of Hitler was such that we could make him a figure of fun, but the Russian experience was such that they don’t do that, it’s too traumatic. I’m interested in something that I completely disagree with: the open borders movement, which in academia is a ‘thing’. I’ve got a problem with ‘no borders’. There’s a very nice guy who helped me on the book called Professor Reece Jones from the University of Hawaii (author of Violent Borders, 2016). He gave me a few quotes for the book and I really like him, but some of his colleagues in this spectrum argue completely to bring borders down, almost overnight. They don’t factor in what will happen to the politics of the countries. We’ve seen with the movement we’ve had already, what’s happening to the politics of Europe, Austria as an example, Germany, France, Sweden, the Netherlands. Magnify that several times if you have no borders – it’s a utopian view. Tim Marshall
This is a mammoth subject and not just because Donald Trump based much of his success in the US electoral college (if not the US popular vote) by claiming at every opportunity that he would “build that wall”. So Marshall explores how different societies have responded to the changes wrought by our globalised world and how they rise to the challenge of maintaining national identity. Trump’s America, he argues, is “the only major power that can absorb the potential losses of withdrawing from globalisation without seriously endangering itself in the short term”. But Trump’s border wall is a rhetorical device that plays on a fear of other peoples. It is unlikely ever to be built, not least because about two-thirds of southern borderland property and land is in private ownership, but it reassures his core voters. Next Marshall turns his attentions to China, home of the Great Wall, where the state has responded to global upheaval by restricting its citizens’ access to the internet. This is his cue to explore cyber security and “the Great Firewall of China”. As Marshall argues, “internet censorship does restrict China’s economic potential” but that is a price that the Chinese Communist Party is willing to pay to maintain both its power and national unity. Subsequent chapters examine Israel and Palestine where walls are a necessity but they are “containing the violence – for now”. In the wider Middle East, Marshall argues that “ironically, another wall is needed… between religion and politics” if the region is to escape its troubled past. The Indian subcontinent contains the longest border fence in the world which runs for 2,500 miles between India and Bangladesh. But the area is still struggling to cope with mass migration as well as climate change. Seven out of 10 of the world’s most unequal countries are to be found in Africa. Marshall focuses on the legacy of colonialism and influences of globalisation which, he argues, “has lifted hundreds of millions of people out of poverty” while widening the gap “between the rich and not rich”. The final two chapters focus on Europe and the UK with Marshall exploring “the new realities of mass immigration and the moral necessities to take in refugees”. He shows how population pressures have led to the rise of nationalism and the Far-Right. Nonetheless he argues that we still need our nation states because “communities need to be bound together in shared experience”. Walls, Marshall concedes, have their place and we need not necessarily “decry the trend of wall-building… they can also provide temporary and partial alleviation of problems, even as countries work towards more lasting solutions, especially in areas of conflict”. Huston Gilmore
According to Tim Marshall, the fall of the Berlin Wall was the exception rather than the rule. ‘We are seeing walls being built along borders everywhere,’ he writes. The numbers support his argument. Fortified borders have increased from almost zero at the end of WWII to around 70 today, with the vast majority having been built since 2000. The divides continue to steer geopolitics and national identities, and countries appear to be goading each other into more wall building. ‘These are the fault lines that will shape our world for years to come,’ says Marshall. In that sense, President Trump’s campaign border wall seems less a shocking new policy than a repeating pattern. As one of the most high-profile border issues, Marshall devotes an early chapter to the Mexico/US divide and uses it to lay the foundations for what makes hard borders persuasive in popular politics – even if they are ineffective at preventing illegal immigration. Marshall puts it bluntly: ‘they make people who want something to be done feel that something is being done… Ultimately, very few barriers are impenetrable. People are resourceful, and those desperate enough will find a way around.’ Marshall takes us on a tour of some of the most relevant border divides in the world: India’s borders with Pakistan and Bangladesh, the Israel and Palestine border in the West Bank, the new borders across the Middle East and those running across Europe. (…) Where Divided is in its most revelatory, however, is where it looks at borders on an internal level, such as gated communities in South Africa and the US. Here Marshall shows how levels of exclusivity can spiral inward from the international to the regional to the local. ‘The new model of urban and suburban living is designed to be exclusionary: you can only get to the town square if you can get through the security surrounding the town. This lack of interaction may shrink the sense of civic engagement, encourage group-think among those on the inside and lead to a psychological division, with poorer people left feeling like “outsiders”, as though they have been walled off.’ In China, he argues, it is the entire population who are excluded. The ‘Great Firewall’ of China keeps the country’s 700 million users (roughly one-quarter of the world’s online population) excluded from the foreign media, meanwhile, internal firewalls and censorship keep the users from connecting too much with each other. ‘The party particularly fears social media being used to organise like-minded groups who might then gather in public places to demonstrate, which in turn could lead to rioting,’ he writes. Laura Cole
There is now a loose consortium of influential academics, pundits and businesspeople known as “New Optimists” dedicated to promoting the proposition that we are living in the best of times. If they are all correct, how do we explain what looks and feels like the world’s collective descent into chaos over the past decade-and-a-half? The optimists overlook the experience of a substantial mass of humanity for whom the world – even after being purged of the ills of the past centuries and endowed with modern technology – remains a forbidding place. The optimists’ exaltation of modernity is accompanied by the myth that modernity has created benefits for all. (…) The majority are “more divided than ever”, as Tim Marshall, who is a contributor to The National, notes in his new book. (…) Everywhere there is evidence of people retreating into narrow identities. Marshall, unlike the western commentators who rushed to pronounce this the Chinese century, is not sed­uced by the glitz of Shanghai’s skyscrapers. His eye is trained on the human cost of China’s progress: the disparities generated by it, the exodus from village to city, the loss of individual dignity. Beijing is altering the demographics of Buddhist Tibet, which it violently subsumed in the 1950s, and Muslim Xinjiang by flooding them with Han Chinese. It is in Beijing’s ethnic engineering that Marshall espies “the greatest threat to the prospects of long-term prosperity and unity in China”. Looking at India, Marshall contends that the subcontinent has not fully recovered from the invasions of the past millennium. The people on the peripheries continue to be haunted by the division of India to create Pakistan and the subsequent partition of Pakistan to birth Bangladesh. Bengalis in India resent the influx of migrants from Bangladesh because they are mostly Muslim. India has erected state-of-the-art fences on its eastern border. But as vast swathes of Bangladesh are poised to sink into the waters as sea levels rise, where will the climate refugees of the future go? Marshall’s chapter on the European Union is the most powerful. Ever since Britain voted to leave Europe, extraordinary claims have been made for the EU. But if the EU is the nec plus ultra of political co-operation, why did so many people choose to turn away from it? “The EU,” Marshall writes, “has never really succeeded in replacing the nation state in the hearts of most Europeans.” The EU hierarchs’ revulsion for nationalism doesn’t negate the importance many attach to national identity. As Marshall warns in his chapter on Britain, to “dismiss people who enjoyed their relatively homogeneous cultures and who are now unsure of their place in the world merely drives them into the arms of those who would exploit their anxieties – the real bigots”. By magnifying religion and culture as the causes of division, Marshall exposes himself to the charge of advancing a deterministic view of the world. Yet this is where Divided draws its strength from. As Raymond Aron said in response to French intellectuals who sought to blunt Algerian demands for independence with talk of progress under French rule, “it is a denial of the experience of our century to suppose that men will sacrifice their passions to their interests”. Marshall can’t be faulted for identifying the sources of those passions. He has written frankly about the world. We deny this at our own peril. Kapil Komireddi
What kind of a president would build a wall to keep out families dreaming of a better life? It’s a question that has been asked world over, especially after the outrage last week over migrant children at the American border. Donald Trump’s argument, one which his supporters agree with, is that the need to split parents from children at the border strengthens his case for a hardline immigration policy. Failure to patrol the border, he says, encourages tens of thousands to cross it illegally — with heartbreaking results. His opponents think he is guilty, and that his wall is a symbol of America closing in on itself… In fact, building a wall would make Trump the norm, not the exception. Those who denounced as crazy Trump’s campaign promise to build a wall did not appreciate how popular such a policy would be, nor how common. Nation states have started to matter again, and people care about borders — not just on the Texan side of the Rio Grande. Today more than 65 countries now wall or fence themselves off from their neighbours — a third of all nation states. And this is no historical legacy. Of all the border walls and fences constructed since the second world war, more than half have been built this century. It wasn’t supposed to be this way. Thirty years ago a wall came down, ushering in what looked like a new era of openness. In 1987 Ronald Reagan went to Berlin and called out to his opposite number in the Soviet Union, ‘Mr. Gorbachev — tear down this wall!’ Two years later it fell. In those heady times some intellectuals predicted an end of history. History had other ideas. (…) At the turn of the century migration sped up and that began to tear down hopes of a borderless world. We’ve grown used to the new barriers that European nations have erected — between Greece and Turkey, for instance, or Serbia and Hungary, or Slovenia and Croatia — but many more are being built. To the east, Estonia, Latvia and Lithuania are working on defensive fortifications on their borders with Russia. These measures are more to do with a perceived Russian military threat than with mass migration, but they are part of the overall trend — reinforcing the physical boundaries of the nation state — and contribute to the hard border which runs from the Baltic to the Black Sea. Saudi Arabia has fenced off its border with Iraq. Turkey has constructed a 700-mile concrete wall to separate it from Syria. The Iranian/Pakistan border, all 435 miles of it, is now fenced. In Central Asia, Uzbekistan, despite being landlocked, has closed itself off from its five neighbours. On the story goes, through the barriers separating Brunei and Malaysia, Pakistan and India, India and Bangladesh and so on around the world. The India/Bangladesh fence is instructive in showing us how the era of wall-building is not just about people in the developing world moving to the industrialised nations. The barrier runs the entire length of the 2,500-mile frontier and is New Delhi’s response to 15 million Bangladeshis moving into the Indian border states this century. This has led to ethnic clashes and many deaths. Wherever this mass movement of peoples happens at pace it seems to assist a retreat into identity. Almost all recent election results in Europe bear this out. Concurrent is the rise of extremes. Following the Dutch and French elections in 2016, there was an assumption in the media that Europe had halted the rise of the right. This was a complacent attitude at odds with the evidence. In the Netherlands, Geert Wilders increased both vote share and parliamentary seats. The French election in particular was used to show that President Emmanuel Macron’s ‘open society’ model was triumphing against the ‘closed society’ model of his opponent Marine Le Pen. However, what Le Pen achieved as to almost double the far-right vote to 34 per cent, compared with when her father (Jean-Marie) stood against President Jacques Chirac in 2002. He won 5.25 million votes; last year 10.6 million voters supported the Front National. Austria’s choice of president, the entry of the AfD into the Bundestag, Hungary’s right-wing landslide and Italy’s new government all point to a rightward direction of travel in European politics. In all cases, concern about mass migration is among the driving forces. Voters are worried and tend to support parties which voice their concerns. This is true of Trump’s presidential victory and public support for his wall. To an extent we are dealing with psychology here. It is not true to say that ‘walls don’t work’ — some do, some don’t — but they do give the psychological impression, via their physicality, that ‘something is being done’. They address concerns about migrant invasions in a way that rhetoric about ‘getting tough’ on immigration does not. (…) The headlines afforded Trump’s ‘anti-immigrant’ stance detract from the bigger picture. It is easier to have the big bad wolf to huff and puff against than it is to see him as part of a global phenomenon. Concentrating on the Donald’s evils allows the Mexican government to quietly get on with deporting far more Central Americans from its country each year than does the United States. Granted, the US assists Mexico in this, but last year Mexico deported 165,000 central Americans, while the US expelled 75,000. The tales of hardship crossings, exploitation and human rights violations on the almost ignored Mexican/Guatemala border are, if anything, more harrowing than those on the border 900 miles to the north. (…) The new wall-building is driven by recent events. The cry ‘tear down this wall’ is losing the argument against ‘fortress mentality’. It is struggling to be heard, unable to compete with the frightening heights of mass migration, the backlash against globalisation, the resurgence of nationalism, the collapse of communism and the 2008 financial crash. On the other hand, our ability to cooperate, to think, and to build, also gives us the capacity to fill the spaces between the walls with hope and to build bridges. However, first must come an acceptance of the situation, and a very open and honest discussion of how we got here. Key to that is the debate on migration and identity and that requires a reaching out across the divides on all sides. Tim Marshall

Pourquoi la gauche irénique ne voit-elle pas que la construction d’un mur fait de Donald Trump la règle plutôt que l’exception parmi les dirigeants du monde ?

A l’heure où de l’électoralisme bien compris des Démocrates américains à l’irénisme intéressé des belles âmes des beaux quartiers du reste du monde …

L’hystérie anti-Trump concernant sa volonté d’un autre âge de terminer, sur la frontière sud de son pays, un mur voté à une large majorité démocrates compris il y a douze ans …
Prend des proportions proprement hystériques …
Refusant de voir à la fois l’origine de l’ouverture effectivement inouïe de notre monde dans l’histoire humaine (le travail de sape d’une révélation biblique nous privant progressivement de nos béquilles sacrificielles)…
Et les conséquences, potentiellement apocalyptiques, d’une telle dissolution des barrières et des interdits (que des traditions millénaires avaient savamment bâtis pour empêcher les humains que nous sommes de s’entretuer) …
Autrement dit, comme nous l’avait enseigné René Girard, que ce ne sont pas les différences mais leur disparition qui génère la pire violence …
D’où la fonction fondamentalement protectrice et l’actuelle demande populaire d’un certain retour, physique ou dentitaire, à certaines formes de barrières …
Petit retour à la réalité avec Tim Marshall …
Qui dans son dernier livre montre en fait …
Que loin d’être la bizarre exception que ses opposants nous présentent …
Le président américain est en réalité la règle parmi les dirigeants mondiaux !

Mass immigration has destroyed hopes of a borderless society

Building a wall makes Donald Trump the rule, not the exception, among world leaders

Tim Marshall
The Spectator
30 June 2018
What kind of a president would build a wall to keep out families dreaming of a better life? It’s a question that has been asked world over, especially after the outrage last week over migrant children at the American border. Donald Trump’s argument, one which his supporters agree with, is that the need to split parents from children at the border strengthens his case for a hardline immigration policy. Failure to patrol the border, he says, encourages tens of thousands to cross it illegally — with heartbreaking results. His opponents think he is guilty, and that his wall is a symbol of America closing in on itself…

In fact, building a wall would make Trump the norm, not the exception. Those who denounced as crazy Trump’s campaign promise to build a wall did not appreciate how popular such a policy would be, nor how common. Nation states have started to matter again, and people care about borders — not just on the Texan side of the Rio Grande. Today more than 65 countries now wall or fence themselves off from their neighbours — a third of all nation states. And this is no historical legacy. Of all the border walls and fences constructed since the second world war, more than half have been built this century.

It wasn’t supposed to be this way. Thirty years ago a wall came down, ushering in what looked like a new era of openness. In 1987 Ronald Reagan went to Berlin and called out to his opposite number in the Soviet Union, ‘Mr. Gorbachev — tear down this wall!’ Two years later it fell. In those heady times some intellectuals predicted an end of history. History had other ideas.

This does not mean Hillary Clinton was wrong when in 2012 she predicted that in the 21st century ‘nations will be divided not between east and west, or along religious lines, but between open and closed societies’. Still, so far she is not right either.

At the turn of the century migration sped up and that began to tear down hopes of a borderless world. We’ve grown used to the new barriers that European nations have erected — between Greece and Turkey, for instance, or Serbia and Hungary, or Slovenia and Croatia — but many more are being built. To the east, Estonia, Latvia and Lithuania are working on defensive fortifications on their borders with Russia. These measures are more to do with a perceived Russian military threat than with mass migration, but they are part of the overall trend — reinforcing the physical boundaries of the nation state — and contribute to the hard border which runs from the Baltic to the Black Sea.

Saudi Arabia has fenced off its border with Iraq. Turkey has constructed a 700-mile concrete wall to separate it from Syria. The Iranian/Pakistan border, all 435 miles of it, is now fenced. In Central Asia, Uzbekistan, despite being landlocked, has closed itself off from its five neighbours.

On the story goes, through the barriers separating Brunei and Malaysia, Pakistan and India, India and Bangladesh and so on around the world. The India/Bangladesh fence is instructive in showing us how the era of wall-building is not just about people in the developing world moving to the industrialised nations. The barrier runs the entire length of the 2,500-mile frontier and is New Delhi’s response to 15 million Bangladeshis moving into the Indian border states this century. This has led to ethnic clashes and many deaths.

Wherever this mass movement of peoples happens at pace it seems to assist a retreat into identity. Almost all recent election results in Europe bear this out. Concurrent is the rise of extremes.

Following the Dutch and French elections in 2016, there was an assumption in the media that Europe had halted the rise of the right. This was a complacent attitude at odds with the evidence. In the Netherlands, Geert Wilders increased both vote share and parliamentary seats. The French election in particular was used to show that President Emmanuel Macron’s ‘open society’ model was triumphing against the ‘closed society’ model of his opponent Marine Le Pen. However, what Le Pen achieved as to almost double the far-right vote to 34 per cent, compared with when her father (Jean-Marie) stood against President Jacques Chirac in 2002. He won 5.25 million votes; last year 10.6 million voters supported the Front National. Austria’s choice of president, the entry of the AfD into the Bundestag, Hungary’s right-wing landslide and Italy’s new government all point to a rightward direction of travel in European politics. In all cases, concern about mass migration is among the driving forces. Voters are worried and tend to support parties which voice their concerns.

This is true of Trump’s presidential victory and public support for his wall. To an extent we are dealing with psychology here. It is not true to say that ‘walls don’t work’ — some do, some don’t — but they do give the psychological impression, via their physicality, that ‘something is being done’. They address concerns about migrant invasions in a way that rhetoric about ‘getting tough’ on immigration does not. Hence, despite the evidence, many Americans appear to believe still that the wall with Mexico will be built and that it will work. This belief ignores the fact that there is a treaty between the two countries in which both agree they will not build on the Rio Grande flood plain, and that despite (somewhat half-hearted) efforts by the President, Congress has not agreed to fund his plan.

The headlines afforded Trump’s ‘anti-immigrant’ stance detract from the bigger picture. It is easier to have the big bad wolf to huff and puff against than it is to see him as part of a global phenomenon. Concentrating on the Donald’s evils allows the Mexican government to quietly get on with deporting far more Central Americans from its country each year than does the United States. Granted, the US assists Mexico in this, but last year Mexico deported 165,000 central Americans, while the US expelled 75,000. The tales of hardship crossings, exploitation and human rights violations on the almost ignored Mexican/Guatemala border are, if anything, more harrowing than those on the border 900 miles to the north.

The walls and fences built this century mirror the divides which have also grown in political discourse and especially on social media. A decade ago Mark Zuckerberg believed social media would unite us all. He now says ‘the world is today more divided than I would have expected for the level of openness and connection that we have’. In some ways he was right — we are more connected and there are many positive aspects to this, but what surprised him is how many of us use that connectedness to abuse the ‘other’. The internet has allowed us to divide into social media tribes howling into a void, an echo chamber or across the divides at each other. This level of abuse has crawled out of the worldwide web and into worldwide politics — Mr Trump being the best-known beneficiary.

The Chinese led the way in great wall- building and are becoming world leaders in using the internet as a wall. We all know of the ‘great firewall of China’, which they call the ‘golden shield’. This is intended to block the outside world from infecting the Middle Kingdom with harmful ideas such as democracy. Less well known are the internal firewalls within China.

Beijing likes to ensure that people in the restless province of Xinjiang, a Turkic-speaking Muslim state, cannot easily converse with those in Tibet. Both have independence movements, and allowing them to form cybernetworks might be detrimental to the unity of the People’s Republic, so they have extra firewalls around them. China is probably the world’s leader in using new technology to build virtual walls. The Russians are the leaders in working inside other countries’ social media to sow division and use disinformation to muddy debate. It used to be argued that the internet would undermine the nation state as citizens of the world simply bypassed governments in a free-flow exchange of ideas and information. Again, this may come true, but it might also be that as the years pass more legislation will be enacted allowing the state to control the net.

We seem to have always divided ourselves one way or another. From the moment we stopped being hunter-gathers about 12,000 years ago, we began to build walls. We ploughed the fields and didn’t scatter. Instead we waited around for the results. More and more of us needed to build barriers: walls and roofs to house ourselves and our livestock, fences to mark our territory, fortresses to retreat to if the territory was overrun. The age of walls was upon us and has gripped our imagination ever since. We still tell stories of the walls of Troy, Constantinople, the Inca in Peru and many others.

The new wall-building is driven by recent events. The cry ‘tear down this wall’ is losing the argument against ‘fortress mentality’. It is struggling to be heard, unable to compete with the frightening heights of mass migration, the backlash against globalisation, the resurgence of nationalism, the collapse of communism and the 2008 financial crash.

On the other hand, our ability to cooperate, to think, and to build, also gives us the capacity to fill the spaces between the walls with hope and to build bridges.

However, first must come an acceptance of the situation, and a very open and honest discussion of how we got here. Key to that is the debate on migration and identity and that requires a reaching out across the divides on all sides.

Tim Marshall is the author of Divided: Why We’re Living In An Age Of Walls, Elliott and Thompson £16.99.

Voir aussi:

Review: ‘Divided: Why We’re Living in an Age of Walls’ by Tim Marshall

While Barack Obama once claimed that we are living in ‘the best of times’, many across the world would beg to differ. A perceptive new book unravels the consequences of this pessimistic mood

Kapil Komireddi

The National

March 25, 2018

“If you had to choose a moment in history to be born,” Barack Obama told an audi­ence in Athens during his final overseas visits as president of the United States in November 2016, “you’d choose now”. Obama’s optimism was out of step with his surroundings. Riot police were busy restraining thousands of Greek protesters as Obama proclaimed confidently that the world had never “been wealthier, better educated, healthier, less violent than it is today”.

It is a message amplified by the Harvard psychologist Steven Pinker in his books The Better Angels of Our Nature (2015) and Enlightenment Now (2018), and there is now a loose consortium of influential academics, pundits and businesspeople known as “New Optimists” dedicated to promoting the proposition that we are living in the best of times. If they are all correct, how do we explain what looks and feels like the world’s collective descent into chaos over the past decade-and-a-half?

The optimists overlook the experience of a substantial mass of humanity for whom the world – even after being purged of the ills of the past centuries and endowed with modern technology – remains a forbidding place. The optimists’ exaltation of modernity is accompanied by the myth that modernity has created benefits for all. Consider, for instance, the frequently repeated claim by the optimists that we live in the most open age in human history: it presupposes that all humans have access to this open world, when only a relatively small portion do.

The majority are “more divided than ever”, as Tim Marshall, who is a contributor to The National, notes in his new book. The pessimism that leaps from the pages of Divided shouldn’t be mistaken for the author’s attitude. It is, rather, the mood of the world as it stands. In eight chapters on China, the United States, Israel and Palestine, West Asia, India, Africa, Europe and the United Kingdom, Marshall examines the walls – physical, religious, ethnic, psychological – that fence people off or, at times, pen them in.

Everywhere there is evidence of people retreating into narrow identities. Marshall, unlike the western commentators who rushed to pronounce this the Chinese century, is not sed­uced by the glitz of Shanghai’s skyscrapers. His eye is trained on the human cost of China’s progress: the disparities generated by it, the exodus from village to city, the loss of individual dignity. Beijing is altering the demographics of Buddhist Tibet, which it violently subsumed in the 1950s, and Muslim Xinjiang by flooding them with Han Chinese. It is in Beijing’s ethnic engineering that Marshall espies “the greatest threat to the prospects of long-term prosperity and unity in China”.

Looking at India, Marshall contends that the subcontinent has not fully recovered from the invasions of the past millennium. The people on the peripheries continue to be haunted by the division of India to create Pakistan and the subsequent partition of Pakistan to birth Bangladesh. Bengalis in India resent the influx of migrants from Bangladesh because they are mostly Muslim. India has erected state-of-the-art fences on its eastern border. But as vast swathes of Bangladesh are poised to sink into the waters as sea levels rise, where will the climate refugees of the future go?

Marshall’s chapter on the European Union is the most powerful. Ever since Britain voted to leave Europe, extraordinary claims have been made for the EU. But if the EU is the ne plus ultra of political co-operation, why did so many people choose to turn away from it? “The EU,” Marshall writes, “has never really succeeded in replacing the nation state in the hearts of most Europeans.”

The EU hierarchs’ revulsion for nationalism doesn’t negate the importance many attach to national identity. As Marshall warns in his chapter on Britain, to “dismiss people who enjoyed their relatively homogeneous cultures and who are now unsure of their place in the world merely drives them into the arms of those who would exploit their anxieties – the real bigots”.

By magnifying religion and culture as the causes of division, Marshall exposes himself to the charge of advancing a deterministic view of the world. Yet this is where Divided draws its strength from. As Raymond Aron said in response to French intellectuals who sought to blunt Algerian demands for independence with talk of progress under French rule, “it is a denial of the experience of our century to suppose that men will sacrifice their passions to their interests”. Marshall can’t be faulted for identifying the sources of those passions. He has written frankly about the world. We deny this at our own peril.

Voir également:

  • Laura Cole
  • Geographical
16 May 2018
by Tim Marshall • Elliott & Thompson • £16.99 (hardback)

According to Tim Marshall, the fall of the Berlin Wall was the exception rather than the rule. ‘We are seeing walls being built along borders everywhere,’ he writes.

The numbers support his argument. Fortified borders have increased from almost zero at the end of WWII to around 70 today, with the vast majority having been built since 2000. The divides continue to steer geopolitics and national identities, and countries appear to be goading each other into more wall building. ‘These are the fault lines that will shape our world for years to come,’ says Marshall.

In that sense, President Trump’s campaign border wall seems less a shocking new policy than a repeating pattern. As one of the most high-profile border issues, Marshall devotes an early chapter to the Mexico/US divide and uses it to lay the foundations for what makes hard borders persuasive in popular politics – even if they are ineffective at preventing illegal immigration. Marshall puts it bluntly: ‘they make people who want something to be done feel that something is being done… Ultimately, very few barriers are impenetrable. People are resourceful, and those desperate enough will find a way around.’

Marshall takes us on a tour of some of the most relevant border divides in the world: India’s borders with Pakistan and Bangladesh, the Israel and Palestine border in the West Bank, the new borders across the Middle East and those running across Europe. The effectiveness of barriers are explored but more important to the author is the desire for divide – ‘us and them thinking’ – and where it gets us in the 21st century.

Readers of Prisoners of Geography, Marshall’s previous work, will be familiar with his global sweep explained through history and geography. Occasionally, his strokes are too broad. For example, only a single chapter is given to the whole continent of Africa, which suffers for it.

Where Divided is in its most revelatory, however, is where it looks at borders on an internal level, such as gated communities in South Africa and the US. Here Marshall shows how levels of exclusivity can spiral inward from the international to the regional to the local. ‘The new model of urban and suburban living is designed to be exclusionary: you can only get to the town square if you can get through the security surrounding the town. This lack of interaction may shrink the sense of civic engagement, encourage group-think among those on the inside and lead to a psychological division, with poorer people left feeling like “outsiders”, as though they have been walled off.’

In China, he argues, it is the entire population who are excluded. The ‘Great Firewall’ of China keeps the country’s 700 million users (roughly one-quarter of the world’s online population) excluded from the foreign media, meanwhile, internal firewalls and censorship keep the users from connecting too much with each other. ‘The party particularly fears social media being used to organise like-minded groups who might then gather in public places to demonstrate, which in turn could lead to rioting,’ he writes.

Divided also shines a light on the future of borders. ‘The technology becomes more sophisticated each year,’ Marshall warns. ‘The barriers along the majority of the thousands of miles of frontiers are now being built higher and wider and are becoming more technologically sophisticated… such barriers don’t stop people from attempting to cross anyway – many don’t have any other choice but to try – and increasingly violent policing of borders can lead to terrible human consequences.’ With border deaths at the highest numbers in history, it begs the question, what will more efficient borders – utilising drones, motion sensors and higher walls – mean to the people near to them?

Answers are where Divided leaves us hanging. Perhaps this is because of the global scope of the book – there is probably no one-size-fits-all solution to the wall-building spree – but also because of the tricky nature of barriers themselves. Walls can prevent violence, but they can cause it too. Having heard, however, about some of the most entrenched borders in the world, the reader has a natural appetite for solutions to remove them, or at least to stem the rate of barriers rising elsewhere. Something Marshall is surprisingly on the fence about.

Voir de même:

Divided by Tim Marshall — to the barricades

Samanth Subramanian

The Financial Times

March 16, 2018

We live in a time of openness, globalisation — and walls. A study of the world’s fraught borderlands seeks to explain why

Of all the walls ever raised, my favourite remains the Indian Salt Hedge, built not of stone — or indeed of salt — but of the thorniest vegetation India could provide. The British, always avid about their gardening, tended to the hedge from the 1840s to 1879, using it to cramp the smuggling of untaxed salt. At its most prosperous, the hedge was 12 feet high and 14 feet thick, jagging for 2,500 miles from India’s left hipbone to right shoulder. It was, like all such barriers, a geopolitical form of Freudian repression. The salt tax was both unfair and unwise, and the British had little moral right to impose it, but they ignored these troublesome truths by walling them away.

Time sheared down the Indian Salt Hedge. Most of the walls we’ve built have crumbled, yet we keep putting up new ones, as if panicked that the planet will run out. By early February, the Berlin Wall had been down longer than it was up, and Europe might have commended itself if so many of its countries hadn’t been busily fencing each other off. We inhabit an age of walls, the journalist Tim Marshall observes in Divided. Half of all border barriers erected around the world since 1945 have appeared in this century. “Within a few years, the European nations could have more miles of walls, fences and barriers on their borders than there were at the height of the Cold War.” We seem to loathe each other more than at any point in living memory — a rebuke both to the evangelists for unfettered globalisation and to the techno-optimists who find so much to cheer in our time.

Any reader of Prisoners of Geography, Marshall’s 2015 bestseller, will recognise his approach here. He first lights upon an indisputable thesis: that the destiny of nations is hewn by their geography, or that humans are dividing themselves from each other. Then he tours the map with that thesis, describing how it applies in as many countries as possible. The tour in Divided is, unfortunately, figurative. Marshall has reported from dozens of countries, often when they were passing through moments of howling drama, but few of those tales filter in. Instead, the case studies seem to draw more on dry policy journals and faraway newspapers than his own first-hand observation.

Marshall opens each of his eight geographically demarcated chapters by discussing a barrier: the Great Wall of China; the Moroccan Wall, a berm of sand slaloming though Western Sahara; the double-layered fence separating India from Bangladesh; the slices of concrete between Israel and the West Bank. These barriers are only physical manifestations of deeper disunities, though, and our world is rife with these.

In China, invisible fissures set apart rural people from urban, the Han from other ethnicities, and older generations from younger. These are new tears in the fabric, wrought by the way China has changed over the past half-century. Elsewhere, Marshall subscribes to the much-derided notion of ancient hatreds, animosities that have boiled forever. The theory suggests that people — usually in the developing world — cleave to a one-dimensional identity, defending it with atavistic violence. Marshall decides that in Africa, the faultlines are tribal, and in the Middle East, they’re religious. He will yield only a minor role for poverty and poor education: “Neither factor can be ignored; however, too much importance is attached to them.” He limits the pernicious effects of colonialism merely to thoughtlessly drawn borders, a final act of haste before the European powers vacated the premises.

The most-deliberated wall over the past year is one that doesn’t yet exist. Donald Trump’s proposed blockade of the US-Mexico border is a ruse, a kneading of white anxieties about the economic and demographic transitions eddying around the country. The older rupture of racism has yet to be sealed. “In this febrile atmosphere Trump’s rhetoric about the wall plays on historical and new divisions within the nation, speaking of a narrow definition of ‘American’,” Marshall writes.

A giant paradox undergirds Marshall’s book, but he never quite looks it in the eye. Why is our age of walls also the most open age in humanity’s history? Why is the march of globalisation now being kept company by re-activated nationalisms? Divided exhibits a deterministic streak that feels wearying and shallow in the face of such questions. The world being what it is, states have no choice but to act in certain ways. To draw borders and defend them is simply “human nature”, he writes in his conclusion. That must mean that every age — and not just this one — is an age of walls. It must also mean, unhappily, that as long as we’re human, this is what we will be: wall-builders, fence-erectors, architects of schisms between ourselves and the rest of our species.

Divided: Why We’re Living in an Age of Walls, by Tim Marshall, Elliott & Thompson, RRP£16.99, 272 pages Samanth Subramanian is author of ‘This Divided Island: Stories from the Sri Lankan War’ (Atlantic)

Voir de plus:

Divided review: A readable primer on the world’s biggest problems
The world is divided by more physical walls than at any time since the Second World War. And, according to this informative and timely account of division in the 21st century, written by the author of the bestselling Prisoners Of Geography, these “physical divisions are mirrored by those in the mind”.
Huston Gilmore
The Express
Mar 9, 2018This is a mammoth subject and not just because Donald Trump based much of his success in the US electoral college (if not the US popular vote) by claiming at every opportunity that he would “build that wall”.So Marshall explores how different societies have responded to the changes wrought by our globalised world and how they rise to the challenge of maintaining national identity.Trump’s America, he argues, is “the only major power that can absorb the potential losses of withdrawing from globalisation without seriously endangering itself in the short term”.But Trump’s border wall is a rhetorical device that plays on a fear of other peoples. It is unlikely ever to be built, not least because about two-thirds of southern borderland property and land is in private ownership, but it reassures his core voters.Next Marshall turns his attentions to China, home of the Great Wall, where the state has responded to global upheaval by restricting its citizens’ access to the internet.This is his cue to explore cyber security and “the Great Firewall of China”. As Marshall argues, “internet censorship does restrict China’s economic potential” but that is a price that the Chinese Communist Party is willing to pay to maintain both its power and national unity.Subsequent chapters examine Israel and Palestine where walls are a necessity but they are “containing the violence – for now”.In the wider Middle East, Marshall argues that “ironically, another wall is needed… between religion and politics” if the region is to escape its troubled past.The Indian subcontinent contains the longest border fence in the world which runs for 2,500 miles between India and Bangladesh.

But the area is still struggling to cope with mass migration as well as climate change.

Seven out of 10 of the world’s most unequal countries are to be found in Africa. Marshall focuses on the legacy of colonialism and influences of globalisation which, he argues, “has lifted hundreds of millions of people out of poverty” while widening the gap “between the rich and not rich”.

The final two chapters focus on Europe and the UK with Marshall exploring “the new realities of mass immigration and the moral necessities to take in refugees”.

He shows how population pressures have led to the rise of nationalism and the Far-Right. Nonetheless he argues that we still need our nation states because “communities need to be bound together in shared experience”.

Walls, Marshall concedes, have their place and we need not necessarily “decry the trend of wall-building… they can also provide temporary and partial alleviation of problems, even as countries work towards more lasting solutions, especially in areas of conflict”.

The book closes with suggested solutions to the world’s problems, including “a 21st-century Marshall Plan for the developing world to harness the riches of the G20 group of nations in a global redistribution of wealth”.

Some of these ideas are intriguing but Marshall barely gives them room to breathe and his conclusion feels rushed.

However he has delivered a readable primer to many of the biggest problems facing the world.

Voir encore:

INTERVIEW: Tim Marshall

Geopolitics, territory and security

19th December 2017

Tim Marshall is the author of Prisoners of Geography (2015), a New York Times and Sunday Times bestseller. Originally from Yorkshire, Marshall started his career in journalism in London at LBC and the BBC, and then spent three years as IRN’s correspondent in Paris. Marshall then joined Sky News, as a Middle East correspondent based in Jerusalem and later as Diplomatic Editor, covering twelve wars and three US presidential elections. He has written for several national newspapers, including the Times, the Guardian, the Daily Telegraph and the Sunday Times, and frequently appears as a guest commentator on global events for the BBC and Sky News. In 2016, Marshall published Worth Dying For: The Power and Politics of Flags. The next title in Marshall’s geographical trilogy, Divided: Why We’re Living in an Age of Walls, is due to be released in March 2018.

As you mentioned in a recent talk organised by the Diplomacy Society at King’s College London, you left school at 16 and went straight into the world of work. How did you start your career as a journalist?

Tim Marshall: “I’d wanted to be a journalist since I was about 11, but it just wasn’t on the radar. I left school at 16, I was a painter and decorator. I always read a lot, and had always been interested in history, [but] it just wasn’t on the cards. So I joined up and when I was in the Forces, I went to night school and got myself a couple of O-levels. On the strength of two O-levels, I then got into a college of higher education and did a degree in American Politics and History. And then I was unemployed in London, and took a French conversation course at night school in the Ken Livingstone era  -when things were free- and I met the newsdesk assistant at IRN and LBC. I gave her a very badly typed CV, probably full of mistakes, which would have gone in the bin if I’d sent it in the post. But because it was by hand, to the woman in charge of the research department at LBC, she gave me a chance. She got me in for an interview and gave me three days’ work which turned into 30 years.”

Did your military experience affect how you reported from the war zone? What is it like to report on conflicts at the frontline?

TM: “I was a telegraphist in the RAF, a radio operator. I thought, ‘I’ve seen that in the films, I’ll do that’. And I did for four years, at Strike Command and later in what was then West Germany. It got me out of my environment. It definitely gave me a discipline I didn’t have – if you want to get something done, do it. It gave me an understanding of military life, which became very useful down the line when I had to work a lot in military situations in Northern Ireland, Gaza/West Bank, Iraq, Afghanistan, Croatia, Bosnia, Kosovo, Macedonia, Libya, Tunisia, Syria…

I don’t really tell war stories because I would go for a couple of weeks and then go home. But people there would live it. However, there were several extremely close situations, one of which, following the death of a colleague, persuaded me I was going to pack it in and not do it any more. I thought, ‘I’m running out of luck here’. I know about twelve colleagues that have been killed over the years, and the last one was a friend, Micky Deane, and shortly after that (he was killed in Cairo), I had a narrow escape in Syria, and I thought, ‘I’ve had enough of this’.”

What inspired you to write Prisoners of Geography, and to produce a trilogy of ‘popular geography’ books?

TM: “I learnt early on in Bosnia, to understand the terrain in order to understand the story. There’s two things often, even in conflict zones, that some journalists don’t do. One is understanding religion, I mean really understand it. When all this started [the Arab uprisings] there was a whole generation of journalists who because they come from a secular society, thought religion was not a major factor. I think they found it hard to believe that these people actually do believe what they say, whereas I always knew to take them at their word. They believe this stuff, which is their right. I think some people just couldn’t bring themselves to believe people believe this in the 21st century. The other one is terrain. I was also influenced (and I acknowledge it) by Robert Kaplan’s Revenge of Geography. So I took all these ideas that have been swirling around for so long and packed in work to write.

Then we start talking about identity, about national symbols and the emotional buttons they press [see Worth Dying For: The Power and Politics of Flags, 2016]. In all my travels, I would always ask, “Who is that statue of? Why is your flag the colour it is?”. You would learn the emotional buttons that are pushed in populations. I do see my latest three books as a trilogy because it all comes together. This last one I wanted to call Us and Them, but that’s been done, so Divided is the title. It’s realistic but depressing stuff, but I do think it’s a fair reflection of where we are, and I think slowly dawning on the Western peoples is the realisation that advancement is not a given. Progression is not a given.”

The theory behind Prisoners of Geography is deterministic, would you agree?

TM: “It is somewhat deterministic in that yes, these things do, partially determine what happens, but that’s the key word, partially. I’ve had a great response to it, half a million sales, and some very nice reviews. Where it has been criticised, is that it is “too deterministic”. I think that ignores the six or seven times I say in the book, ‘this is a determining factor, not the determining factor’. There is obviously ideas, technology, politics, great leaders. All this stuff goes into make up [international politics], but the one that is overlooked is [physical] geography. That is precisely because intellectuals have a problem with anything deterministic because it is something beyond their control.

The new book features a lot on borders. The ‘Open Borders’ theory is right in its idea of oneness, which I happen to agree with, we are one. However, for a whole bunch of reasons, including geography, we are divided from each other. That includes rivers, oceans and mountains, which have divided us from each other and made us different from each other, to the extent I would argue that I cannot see, in the foreseeable future us actually being one. Nor do I think dropping borders would make us one people; I think it would make us kill even more of each other than we already do. I’m reasonably utilitarian on this – the fewest people get killed, that’s good with me. I think their way [‘open border’ scholars] would get a lot more people killed than there already are, and there’s a lot. It’s a utopian idea that I like the idea of, but I’m not convinced it works.

These divisions appear to be endemic. This might be a bit trite -and an academic would find it trite- but go up to someone you know and like, and who knows and likes you, and put your nose closer and closer [to their face]. At a certain point, that person is uncomfortable with it, with you in their space. That to me is a starting point, extrapolate from that. We need space, and self-identifying groups require space. Religions have tried to make us one, but it hasn’t quite worked, maybe it’s impossible precisely because we’re human. I suppose I am [pro-borders]. I dislike borders, however I think the way humanity is, and always has been structured, they are inevitable. If you try to get rid of that you’re going to open up a horrible can of worms. This is very unfashionable: I think the nation-state is probably the best unit for organising peoples. Without nation-states, of course there wouldn’t be interstate wars, but we’d be back to fiefdoms before you know it.”

Have you got any particularly memorable border experiences?

TM: “Going through to Gaza is quite an intense experience. You go past a massive wall, and through two or threecheckpoints. You’re all by yourself in this empty echoing steel and concrete corridor, and there’s cameras everywhere. Suddenly you hear a click, and the door swings open. It’s like a dystopian sci-fi film. The door swings open and you’re now in Gaza. You walk down another 200 yards of corridor and then out into the open but its scrubland, no-mans-land. Another 600 yards and then you meet a Hamas checkpoint. It’s just this weird, cold experience.

Crossing from Tajikistan into Afghanistan, was pretty interesting. A Russian soldier aimed his rifle through our truck window because we were getting impatient to go through the border fence. Then, when we got across, there was a river. It was pitch-black and we went across on a raft with all our kit, with an exchange of mortars going on around us. Then the Northern Alliance were on the other side of the Tajikistan river to greet us. That was intense. Crossing borders is always fun.

Iraq – when we used to go during the Saddam years, they hit upon this great money-making thing at the border with Jordan. You had a choice. They [Iraqi border patrol] would get out this huge rusty knitting needle with a syringe on the end of it and say, “You can have your AIDS test”, and we would say, “Ah, maybe there’s a facility fee, a special tax we can pay?”. So you’d pay $50 and not get jabbed in the backside with this thing. It’s just a money-making thing. Another one, you can leave a bottle of whiskey on the dashboard while they check the car. Then when you come back it wasn’t there anymore. Ok, it’s corruption, but you weren’t getting into Iraq without it – and that was more important.”

What is your next book about?

TM: “Divided is coming out in March; it’s about walls and divisions and fences going up all over the place. There’s a chapter on the Indian subcontinent, the walls, barriers and internal divisions in Pakistan, Bangladesh, Myanmar and India. Then a chapter on the USA, starting on walls and moving to racial divisions. Chapters on Europe, Israel, the Middle East, the UK – Brexit is part of it. That little strip of water called the Channel I think has a huge physical and psychological effect on the British. Without it, we wouldn’t have voted for Brexit, for two reasons. One, psychologically, we would feel less distinct, and secondly because of that our history would be very different: we might well have suffered the shock and trauma of the Second World War to the extent that continental Europe did. I read something just yesterday which struck a chord; the British experience of Hitler was such that we could make him a figure of fun, but the Russian experience was such that they don’t do that, it’s too traumatic.

I’m interested in something that I completely disagree with: the open borders movement, which in academia is a ‘thing’. I’ve got a problem with ‘no borders’. There’s a very nice guy who helped me on the book called Professor Reece Jones from the University of Hawaii (author of Violent Borders, 2016). He gave me a few quotes for the book and I really like him, but some of his colleagues in this spectrumargue completely to bring borders down, almost overnight. They don’t factor in what will happen to the politics of the countries. We’ve seen with the movement we’ve had already, what’s happening to the politics of Europe, Austria as an example, Germany, France, Sweden, the Netherlands. Magnify that several times if you have no borders – it’s a utopian view.”

Prisoners of Geography and Worth Dying For: The Power and Politics of Flags are available here. Marshall’s next book, Divided: Why We’re Living in an Age of Walls, is due to be published by Elliott & Thompson in March 2018. Check out Marshall’s foreign affairs website The What and the Why for more information and geopolitical analysis.

Voir par ailleurs:

It Was Always about the Wall
Victor Davis Hanson
National Review
December 20, 2018

A high wall would end the border patrol’s reliance on dogs and tear gas when rushed by would-be border crossers throwing stones. There was likely never going to be “comprehensive immigration reform” or any deal amnestying the DACA recipients in exchange for building the wall. Democrats in the present political landscape will not consent to a wall. For them, a successful border wall is now considered bad politics in almost every manner imaginable.

Yet 12 years ago, Congress, with broad bipartisan support, passed the Secure Fence of Act of 2006. The bill was signed into law by then-President George W. Bush to overwhelming public applause. The stopgap legislation led to some 650 miles of a mostly inexpensive steel fence while still leaving about two-thirds of the 1,950-mile border unfenced.

In those days there were not, as now, nearly 50 million foreign-born immigrants living in the United States, perhaps nearly 15 million of them illegally.

Sheer numbers have radically changed electoral politics. Take California. One out of every four residents in California is foreign-born. Not since 2006 has any California Republican been elected to statewide office.

The solidly blue states of the American Southwest, including Colorado, Nevada and New Mexico, voted red as recently as 2004 for George W. Bush. Progressives understandably conclude that de facto open borders are good long-term politics.

Once upon a time, Democrats such as Hillary and Bill Clinton and Barack Obama talked tough about illegal immigration. They even ruled out amnesty while talking up a new border wall.

In those days, progressives saw illegal immigration as illiberal — or at least not as a winning proposition among union households and the working poor.

Democratic constituencies opposed importing inexpensive foreign labor for corporate bosses. Welfare rights groups believed that massive illegal immigration would swamp social services and curtail government help to American poor of the barrios and the inner city.

So, what happened? Again, numbers.

Hundreds of thousands of undocumented immigrants have flocked into the United States over the last decade. In addition, the Obama administration discouraged the melting-pot assimilationist model of integrating only legal immigrants.

Salad-bowl multiculturalism, growing tribalism and large numbers of unassimilated immigrants added up to politically advantageous demography for Democrats in the long run.

In contrast, a wall would likely reduce illegal immigration dramatically and with it future Democratic constituents. Legal, meritocratic, measured and diverse immigration in its place would likely end up being politically neutral. And without fresh waves of undocumented immigrants from south of the border, identity politics would wane.

A wall also would radically change the optics of illegal immigration. Currently, in unsecured border areas, armed border patrol guards sometimes stand behind barbed wire. Without a wall, they are forced to rely on dogs and tear gas when rushed by would-be border crossers. They are easy targets for stone-throwers on the Mexican side of the border.

A high wall would end that. Border guards would be mostly invisible from the Mexican side of the wall. Barbed wire, dogs and tear gas astride the border — the ingredients for media sensationalism — would be unnecessary. Instead, footage of would-be border crossers trying to climb 30-foot walls would emphasize the degree to which some are callously breaking the law.

Such imagery would remind the world that undocumented immigrants are not always noble victims but often selfish young adult males who have little regard for the millions of aspiring immigrants who wait patiently in line and follow the rules to enter the United State lawfully.

More importantly, thousands of undocumented immigrants cross miles of dangerous, unguarded borderlands each year to walk for days in the desert. Often, they fall prey to dangers ranging from cartel gangs to dehydration.

Usually, the United States is somehow blamed for their plight, even though a few years ago the Mexican government issued a comic book with instructions on how citizens could most effectively break U.S. law and cross the border.

The wall would make illegal crossings almost impossible, saving lives.

Latin American governments and Democratic operatives assume that lax border enforcement facilitates the outflow of billions of dollars in remittances sent south of the border and helps flip red states blue.

All prior efforts to ensure border security — sanctions against employers, threats to cut off foreign aid to Mexico and Central America, and talk of tamper-proof identity cards — have failed.

Instead, amnesties, expanded entitlements and hundreds of sanctuary jurisdictions offer incentives for waves of undocumented immigrants.

The reason a secure border wall has not been — and may not be — built is not apprehension that it would not work, but rather real fear that it would work only too well.

Voir encore:

The Immorality of Illegal Immigration
Victor Davis Hanson
National Review
December 31, 2018

New House majority leader Nancy Pelosi reportedly spent the holidays at the Fairmont Orchid on Kona, contemplating future climate-change legislation and still adamant in opposing the supposed vanity border wall.

But in a very different real world from the Fairmont Orchid or Pacific Heights, other people each day deal with the results of open borders and sanctuary jurisdictions. The results are often nihilistic and horrific. Here in California’s Central Valley over the holidays we were reminded of the wages of illegal immigration in general — and of California’s sanctuary-city laws in particular, which restrict formal cooperation between local and state law enforcement with federal immigration authorities in matters of deporting illegal aliens under detention.

In the first case, one Gustavo Garcia, a previously deported 36-year-old illegal alien, murdered a 51-year-old Visalia resident on December 17, gratuitously shooting his random victim, Rocky Jones, at a gas station. He apparently had been arrested two days prior and released.

Garcia entered the U.S. illegally in 1998 and was deported for a second time in 2014. He has been charged with at least three immigration violations since illegally returning to the U.S., and has been a convicted felon since at least 2002 for assaults with a deadly weapon, contributing to the delinquency of a minor, possession of a controlled substance, etc. In addition to the murder of Jones, Garcia shot a farmworker who was on a ladder working, and followed a woman to her car at a Motel 6 and shot her too. At the beginning of his violent spree, he seems also to have murdered Rolando Soto, 38, of nearby Lindsay.

Indeed, Garcia was a suspect in a number of prior shootings and thefts. During his final rampage, inter alia, Garcia tried to shoot his ex-girlfriend, then stole a truck from farmworkers and led police on a chase, deliberately veering into opposing traffic, and by intent injuring four more innocents, one critically. During the chase, he fired on police, who returned fire, before Garcia finally wrecked the stolen vehicle and perished in the crash.

The local sheriff of Tulare County, in understated fashion, labeled Garcia’s violent spasm of shootings and car wrecks a “reign of terror.” Garcia had an accomplice who is still at large.

Local law enforcement blamed state sanctuary restrictions on their inability to notify ICE that the felonious illegal alien Garcia was about to be released among the general public. Or as the sheriff put it, “Gustavo Garcia would have been turned over to ICE officials. That’s how we’ve always done it, day in and day out. But after SB 54, we no longer have the power to do that. Under the new state law, we must have a ‘federally signed warrant’ in order to do that. We didn’t honor the detainer because state law doesn’t allow us to.”

Less than two weeks later, there was yet another example of Central Valley illegal-immigration mayhem. To the north in Newman, another twice-deported illegal alien, Gustavo Perez Arriaga (he apparently had a number of aliases), stands accused of shooting and killing Newman policeman Ronil Singh, who pulled him over on suspicion of drunk driving (Arriaga also had two prior DUIs).

Arriaga fled after murdering Officer Singh and evaded law enforcement for a few days thanks to at least seven enablers (brothers, girlfriend, friends, etc.), some of them confirmed also to be illegal aliens.  They either gave police officials false information about Arriaga’s whereabouts or helped him on his planned flight to Mexico, finally aborted 200 miles to the south near Bakersfield.

The suspect’s brother, 25-year-old Adrian Virgen, and a co-worker, 32-year-old Erik Razo Quiroz, were arrested on “accessory after the fact” charges for attempting to protect Arriaga. Authorities report both men are also in the country illegally. Arriaga was at large for five days, also in part because he had so many fake identities and aliases that no one knew really who he was.

Stanislaus County sheriff Adam Christianson noted that SB54 prevents departments “from sharing any information with ICE about this criminal gang member.” He added, “this is a criminal illegal alien with prior criminal activity that should have been reported to ICE.” Christianson finished, “Law enforcement was prohibited because of sanctuary laws and that led to the encounter with Officer Singh. I’m suggesting that the outcome could have been different if law enforcement wasn’t restricted, prohibited or had their hands tied because of political interference.”

These incidents, and less violent ones like them, are not all that rare in rural California. The narratives are tragically similar and hinge on our society’s assumptions of tolerance and its belief that entering and residing illegally in the United States are not really crimes. Fraudulent identification and fake names are not really felonious behaviors. Driving under the influence is no reason for deportation — all crimes that can ruin careers and have expensive consequences for citizens. Statisticians argue that immigrants commit fewer crimes than the native born, but never quite calibrate illegal immigrants into the equation (in part because no one has any idea who, where, or how many they are, as estimates range from 11 to 20 million) or note that second-generation native-born children of immigrants have much higher violent-crime rates than do their immigrant parents, and in circular fashion add to the general pool of violent Americans who then are used to contrast immigrants as less violent.

We should redefine the entire morality of multifaceted illegal immigration.

Immorality is undermining, in Confederate fashion, federal law, and normalizing exemptions that allow felons such as Garcia and Arriaga to wreak havoc on the innocent and defenseless. Too often the architects of open borders and sanctuary jurisdictions are not on the front lines where the vulnerable suffer the all-too-real consequences of distant others, who can rely on their own far greater safety nets when their grand abstractions become all too concrete.

And, finally, we forget that so often the victims of illegal aliens are (in California where one in four residents was not born in the U.S.) legal immigrants like officer Singh, and members of the Hispanic community like the late Mr. Soto. Polls show that support for open borders is not popular and most Americans want an end to illegal immigration and catch and release, as well as stricter enforcement of current federal immigration laws.

(I took a break from writing this on a Sunday afternoon to talk about the volatile Central Valley landscape with an immigrant from India, whose stolen and stripped spray rig I discovered last night in our orchard.)

Voir enfin:

Etats-Unis : pourquoi Donald Trump tient tant à son mur

Le président américain Donald Trump a menacé de fermer la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique si les démocrates du Congrès n’acceptaient pas de financer la construction d’un mur.

  • Alexis Boisselier

Donald Trump n’en finit plus de s’agacer à propos de la construction de son mur à la frontière mexicaine. Ce vendredi, il a menacé de fermer la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique si les démocrates du Congrès n’acceptaient pas de financer la construction d’un mur. « Nous allons être contraints de fermer la Frontière Sud complètement si les Démocrates Obstructionnistes ne nous donnent pas l’argent pour terminer le mur », a tweeté le président américain en leur demandant également de « changer les ridicules lois sur l’immigration dont notre pays est affublé ».

Le milliardaire a ensuite dit qu’il considérerait une telle fermeture comme une « opération rentable », arguant du fait que « les Etats-Unis perdent tellement d’argent en faisant du commerce avec le Mexique avec l’Aléna ». Poursuivant une série de tweets, il a réitéré sa menace plusieurs fois : « Nous construisons un mur ou fermons la Frontière Sud. »

« Shutdown » prolongé

Un sujet qui a déjà provoqué un « shutdown » depuis une semaine, soit la paralysie partielle des administrations fédérales et qui a mis des centaines de milliers de fonctionnaires au chômage forcé. Tant que républicains et démocrates ne trouveront pas d’accord au Congrès, les financements de 25% des ministères et administrations fédérales resteront suspendus.

Jeudi, les négociations ont encore échoué. Le président républicain exige cinq milliards de dollars pour construire le mur tandis que les démocrates refusent de le financer, mais ont proposé une enveloppe de plus d’un milliard pour d’autres mesures de sécurité à la frontière. Les républicains sont majoritaires au Congrès, mais avec 51 sièges au Sénat, ils ont besoin de soutiens démocrates pour atteindre les 60 voix sur 100 nécessaires afin d’approuver le Budget.

Mesure symbolique

Mais si la question cristallise autant, c’est que la mesure est symbolique de la présidence de Donald Trump. Lors la campagne, le milliardaire a construit sa popularité à coup de propositions chocs et fait de la lutte contre l’immigration l’une de ses priorités. « Je vais construire un grand mur sur notre frontière sud, et le Mexique paiera pour le construire. Prenez-en bien note », avait-il alors promis.

Une promesse déjà bien entamée par le refus mexicain de financer la construction du mur. Le président américain a été contraint d’admettre que les Etats-Unis allaient lancer le projet avant même d’avoir l’assurance du financement mexicain. En août 2017, la publication d’une retranscription d’une conversation téléphonique entre les présidents américain et mexicain révélait que Donald Trump considérait le mur comme un coup politique. « C’est la chose la plus futile dont nous parlons, mais politiquement, c’est la plus importante », aurait-il dit à son homologue.

Selon un sondage de Politico, la base électorale du président américain est, en effet, très attachée à cette proposition. 78% des électeurs de Trump en 2016 considèrent qu’il s’agit d’un projet important (25%) voire prioritaire (53%) au cours de son mandat.

Le Mexique ne veut pas payer

Fin mai, le président de l’époque, Enrique Peña Nieto, a pourtant conclu le débat sur Twitter en promettant que « le Mexique ne paiera jamais pour un mur. Pas aujourd’hui, jamais ». Une position de laquelle n’a pas dévié son successeur Andres Manuel Lopez Obrador et qui a poussé Donald Trump à évoluer légèrement sur la question.

« Le Mexique devra payer pour cela, en remboursant ou de toute autre manière », a-t-il déclaré fin août. Par cette déclaration, Donald Trump mettait la pression sur le Mexique pour renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) qui lie les Etats-Unis au Canada et au Mexique. Un traité que le président américain critique régulièrement. Si un nouvel accord a été signé en novembre, il n’a pas encore été ratifié.

Le temps court pour les démocrates

Mais en attendant, Donald Trump doit trouver des financements. En totalité, l’ouvrage devrait coûter entre 22 à 25 milliards de dollars. Faute d’accord de compromis et dans un hémicycle quasi désert, le Sénat a décidé jeudi à l’unanimité d’ajourner la séance jusqu’à lundi 10h et de ne reprendre l’examen d’une loi budgétaire que mercredi 2 janvier, à partir de 16h. Or, à chaque jour qui passe, la position des démocrates se renforce. Ils prendront le contrôle de la Chambre des représentants dès le 3 janvier, tandis que les républicains auront une majorité renforcée au Sénat (53).

Il est donc fort probable que Donald Trump soit obligé de faire des concessions, ce que le président américain ne semble pour l’instant pas prêt à faire. Le gouvernement restera paralysé jusqu’à « ce que nous ayons un mur, une barrière, peu importe comment ils veulent l’appeler », avait ainsi déclaré Donald Trump le 25 décembre.

Voir par ailleurs:

« They voted for (a border wall) in 2006. Then-Senator Obama voted for it. Sen. Schumer voted for it. Sen. Clinton voted for it. »

Mick Mulvaney on Sunday, April 23rd, 2017 in a segment on « Fox News Sunday »

Fact-check: Did top Democrats vote for a border wall in 2006?

White House budget director Mick Mulvaney said he doesn’t understand Democratic opposition to funding the border wall because top Democrats voted for it just over 10 years ago.

During an April 23 segment on Fox News Sunday, Mulvaney talked down concerns about a government shutdown, but scolded Democrats for obstructing action on Trump’s border wall. Mulvaney pointed to the voting record of top Democrats in 2006 to explain his confusion.

« We want our priorities funded and one of the biggest priorities during the campaign was border security, keeping Americans safe, and part of that was a border wall, » he said.

« We still don’t understand why the Democrats are so wholeheartedly against it. They voted for it in 2006. Then-Sen. Obama voted for it. Sen. Schumer voted for it. Sen. Clinton voted for it. So we don’t understand why Democrats are now playing politics just because Donald Trump is in office. »

Mulvaney is referencing their votes on an act that authorized a fence, but as we’ve noted several times in the past, the 2006 fence was less ambitious than the wall Trump is proposing.

The Secure Fence Act of 2006

The Secure Fence Act of 2006, which was passed by a Republican Congress and signed by President George W. Bush, authorized about 700 miles of fencing along certain stretches of land between the border of the United States and Mexico.

The act also authorized the use of more vehicle barriers, checkpoints and lighting to curb illegal immigration, and the use of advanced technology such as satellites and unmanned aerial vehicles.

At the time the act was being considered, Barack Obama, Hillary Clinton and Chuck Schumer were all members of the Senate. (Schumer of New York is now the Senate minority leader.)

Obama, Clinton, Schumer and 23 other Democratic senators voted in favor of the act when it passed in the Senate by a vote of 80 to 19.

Originally, the act called on the Department of Homeland Security to install at least two layers of reinforced fencing along some stretches of the border. That was amended later, however, through the Consolidated Appropriations Act of 2008, which got rid of the double-layer requirement.

Currently, 702 miles of fencing separates the United States from Mexico, according to U.S. Customs and Border Protection.

So how does that compare to Trump’s wall?

Trump plans for the wall are vague, but here’s what we know.

He said the wall doesn’t need to run the nearly 2,000 miles of the border, but about 1,000 miles because of natural barriers. He said it could cost between $8 billion and $12 billion, be made of precast concrete, and rise 35 to 40 feet, or 50 feet, or higher.

Experts have repeatedly told PolitiFact that the differences in semantics between a wall and a fence are not too significant because both block people.

Still, there are obvious differences between the fence and Trump’s wall proposal.

A 2016 Associated Press report from the border described « rust-colored thick bars » that form « teeth-like slats » 18 feet high. « There are miles of gaps between segments and openings in the fence itself, » the report said.

Trump criticized the 2006 fence as too modest during the 2016 campaign.

« Now we got lucky because it was such a little wall, it was such a nothing wall, no, they couldn’t get their environmental — probably a snake was in the way or a toad, » Trump said. (Actually, the project didn’t face environmental hurdles; we rated that part of the claim Mostly False.)

It’s also worth noting that the political context surrounding the 2006 vote was different, too.

Democrats normally in favor of looser immigration laws saw the Secure Fence Act of 2006 as the lesser of two evils, according to a Boston Globe report that detailed the legislative process. Around that same time, the House passed legislation that would make any undocumented immigrant a felon.

« It didn’t have anywhere near the gravity of harm, » Angela Kelley, who in 2006 was the legislative director for the National Immigration Forum, told the Boston Globe. « It was hard to vote against it because who is going to vote against a secure fence? And it was benign compared with what was out there. »

Democrats have described Trump’s wall proposal as overkill and too expensive. Recently, Democrats penned a letter to Senate GOP saying border funding should not be included in the latest budget agreement to keep the government open.

Our ruling

Mulvaney said that Obama, Schumer and Clinton voted for a border wall in 2006.

They did vote for the Secure Fence Act of 2006, which authorized building a fence along about 700 miles of the border between the United States and Mexico.

Still, the fence they voted for is not as substantial as the wall Trump is proposing. Trump himself called the 2006 fence a « nothing wall. »

Mulvaney’s statement is partially accurate, but ignores important context. We rate it Half True.


Retrait américain de Syrie: Quelle mauvaise foi ? (Damned if you do, damned if you don’t: Guess who after being blamed for his war-mongering is now blamed for his non-interventionism ?)

28 décembre, 2018

No automatic alt text available.SyriaThere will be a strong, deliberate, and orderly withdrawal of U.S. forces from Syria — very deliberate, very orderly — while maintaining the U.S. presence in Iraq to prevent an ISIS resurgence and to protect U.S. interests, and also to always watch very closely over any potential reformation of ISIS and also to watch over Iran. We’ll be watching. (..) Now … the nations of the region must step up and take more responsibility for their future. While American might can defeat terrorist armies on the battlefield, each nation of the world must decide for itself what kind of future it wants to build for its people, and what kind of sacrifices they are willing to make for their children. America shouldn’t be doing the fighting for every nation on Earth not being reimbursed, in many cases, at all. (…) If they want us to do the fighting, they also have to pay a price — and sometimes that’s also a monetary price — so we’re not the suckers of the world. We’re no longer the suckers, folks. And people aren’t looking at us as suckers. Donald Trump
De l’extrême gauche anarchiste aux « identitaires » de la droite dure, tout le monde veut voir sa victoire dans le recul de Macron face aux gilets jaunes. Mais au-delà des agendas politiques français, ce sont bien les conservateurs américains qui voient leur vision du monde confortée ! Certains esprits ont vu dans le mouvement des gilets jaunes une exaltation des valeurs françaises. Rien de moins ! (…) Les acteurs les plus variés ont vu dans le mouvement des gilets jaunes l’expression populaire bienvenue de leurs propres revendications. Par exemple, lorsque les graves débordements éclatent à Paris, du NPA d’Olivier Besancenot à la droite identitaire, tous les radicaux se réjouissent et comptent leurs troupes en présence. Dans la partie plus présentable de l’échiquier politique, c’est un peu la même chose. Les libéraux ont vu dans le mouvement l’expression du trop-plein de taxes, amplifié par un président pourtant un temps identifié comme libéral. Les socialistes, eux, ont cru y voir le « retour de la question sociale », alors que le débat politique et intellectuel hexagonal était, selon eux, occupé par les questions d’identité ou de sécurité depuis des mois. On le voit : chacun a endossé son gilet jaune. Le philosophe Alain Finkielkraut déclare préférer les « ploucs » de province aux « bobos » parisiens. Il est gilet jaune. Mais le romancier Edouard Louis aussi, même si c’est dans une approche bien différente, et peut-être car il a des choses à se faire pardonner… Un soutien de plus, en tout cas. De peur apparaître « déconnectés » dans leurs rédactions parisiennes, les médiatiques n’ont jamais osé vraiment recadrer les propos parfois outranciers de certains gilets jaunes qui se pressaient devant les micros. Sans vouloir manifester ici le moindre mépris de classe, il faut reconnaître que les propos les plus crétins ont parfois été largement diffusés. De peur de passer pour « bourgeois » ou pour un « jaune » (le comble !), les esprits sensés se sont effacés devant les plus forts en gueule. Après les mesures lâchées, lundi soir, par un Macron en pleine tourmente, tout le monde devrait avoir remporté une grande victoire. Seul le président semble affaibli. Mais n’oublions pas que c’est notre chef pour encore quelques années. Macron voit le rythme des réformes de son quinquennat brutalement interrompu, tout comme son combat pour le « rafraîchissement » de la planète. (…) De leur côté, les conservateurs américains ne demandaient qu’à voir le programme de Trump appliqué dans leur coin… Même si la voix de la France ne porte plus tant que ça, ils ont été à de nombreuses reprises contrariés par les reproches français d’un Macron arrogant présenté comme le nouveau leader du monde libre (par une presse et une intelligentsia en sédition avec le pouvoir politique). Aussi, l’occasion était trop bonne : les conservateurs américains voient dans la situation sociale française actuelle une raison de plus de se détourner des politiques « vertes ». Outre-Atlantique, on ne se demande pas qui est gagnant ou perdant parmi les Français ou leurs élites politiques. C’est Trump : 1, Macron : 0. La croissance économique française déjà faiblarde ne pâtit-elle pas du mouvement social ? On évalue son impact à – 0,1 point. En termes d’image du pays à l’étranger ou de concorde civile, les dégâts sont désastreux et plus difficiles encore à mesurer. (…) Alors que la situation s’envenimait en France, Donald Trump s’est ainsi autorisé un tweet dont il a la recette à l’attention de son « ami » Emmanuel. Dans son esprit, les protestations des gilets jaunes et le recul de Macron ne font que confirmer ce qu’il disait des accords de Paris depuis deux ans. Les images de violence parisienne relayées par les télévisions comme Fox News sont l’illustration d’un petit peuple qui n’en peut plus d’être pressuré de taxes vertes et que l’administration Trump se garde bien d’imiter. Selon la rhétorique trumpiste, des élites technocratiques ont mis en place chez nous des politiques environnementales qui étranglent les familles modestes de la périphérie, bien contraintes d’utiliser leurs véhicules diesel. Pour les conservateurs américains, le peuple français rural – comme l’électorat de Trump – n’a pas d’autre choix pour aller travailler. Le mécontentement envers Macron était déjà grandissant : politique économique qui tarde à porter ses fruits et adoubement devant une vision mondialiste de l’économie qui fracasse les classes moyennes inférieures. Lesquelles entrent en révolte contre une élite qui les dirige depuis des métropoles où l’on se déplace en transport en commun… Martin Pimentel
L’idéologie encore dominante dans les médias de grande surface, mais en deuil de son pouvoir monopolistique à cause des courants d’information et d’opinion souterrains, aimerait pouvoir édicter de nouveaux principes moraux d’intimidation. C’est ainsi qu’il devrait être acquis sans discussions aux débats que les «fake news» relèvent précisément des réseaux underground et qu’il serait inconvenant parce qu’antidémocratique et complotiste de critiquer irrespectueusement les médias respectables. Malheureusement pour nous et eux, les grands cas de désinformation médiatique des dernières années proviennent des courants d’information de grande surface et sont précisément à l’origine de la profonde défiance publique souterraine. La semaine passée est tristement illustrative de cette réalité inavouée. C’est ainsi que Claas Relotius, l’un des journalistes vedettes du Spiegel, hebdomadaire emblématique de la gauche libérale allemande, vient d’être convaincu de falsifications et mensonges grossiers dans ses articles sur les orphelins syriens et les migrants mexicains refusés par Trump, sujets à haute teneur idéologique. En France, le 15 décembre, était découvert un trucage intervenu lors du journal télévisé «Soir 3» de la chaîne de service public France 3. Il est apparu en effet qu’une pancarte tenue par un gilet jaune et portant l’inscription «Macron dégage!» avait fait l’objet d’un nettoyage circonstancié et ne portait plus que l’improbable et laconique inscription «Macron»… La manipulation du soir mise à jour, la journaliste présentait le lendemain aux téléspectateurs mystifiés des excuses inexcusables car aggravantes, en invoquant, contre l’évidence aveuglante, une «erreur humaine» extravagante. Deux jours plus tard, avec une spontanéité relative, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, sentant venir le vent du boulet, réclamait des sanctions à l’égard d’une faute délibérée dont elle ne pouvait contester la gravité. Dans ce cadre médiatique rien moins que sécure, et où l’idéologie affleure, comment dès lors empêcher le public de douter de ceux qui l’informent en le désinformant? Comment ne pas voir que ce journalisme idéologique fait le jeu des conspirationnistes de tous poils, rien n’étant plus incontrôlable qu’un paranoïaque victime d’un apparent complot? Gilles William Goldnadel
Trump, le golem du business ? Pur produit du capitalisme le plus cynique, spéculateur immobilier sans scrupule, milliardaire ostentatoire et provocant, héros d’une émission de télé-réalité (The Apprentice) dont le leitmotiv symbolise le fantasme des patrons décomplexés – «you’re fired», «vous êtes viré» -, il échappe désormais à son milieu d’origine, jusqu’à angoisser la Bourse, éternel thermomètre des investisseurs. Ceux-ci l’avaient pourtant accueilli à bras ouverts, transportés de bonheur par les baisses d’impôt massives prévues dans son programme. Mais voici que ce capitaliste emblématique inquiète désormais les capitalistes eux-mêmes. Le monde des affaires aime la stabilité : l’imprévisibilité fantasque du Président heurte son amour de l’ordre ; les démissions qui se succèdent jettent un doute sur la santé mentale de celui qui gère la Maison Blanche avec la même devise que son émission ; ses attaques répétées contre le président de la Banque centrale américaine (qu’il a lui-même nommé) ébranlent cette institution que les épargnants voient comme un rempart contre les folies spéculatives ; son bras de fer avec la Chambre des représentants démocrate autour de la construction d’un mur à la frontière sud des Etats-Unis jette le désordre dans l’administration… Bref, l’hubris de ce président adepte plus qu’un autre des lois du marché vient troubler le bon fonctionnement dudit marché. Péché que les capitalistes jugent à tous égards… capital. Cela suffira-t-il à dessiller les yeux de la démocratie américaine ? Sans doute non. Trump est l’homme de la démagogie plus que des milieux d’affaires. A moins que son comportement n’en vienne à provoquer un véritable ralentissement économique. Auquel cas ses électeurs pourraient l’abandonner. Faudra-t-il une récession mondiale pour éviter la réélection de Trump ? Voilà le peu réjouissant paradoxe devant lequel nous sommes. Laurent Joffrin (Libération)
Le retour du balancier est en cours. Non seulement la montée des droites partout dans le monde a déjà pour effet de mater les excès de la rectitude, mais cette dernière commence à douter d’elle-même. La constance de Trump aux États-Unis n’y est pas étrangère. La victoire récente de Bolsonaro au Brésil non plus, de même que la résistance culturelle de certains pays d’Europe de l’Est. Trop longtemps refoulée, l’identité refait surface. L’identité malheureuse, diront certains, sera peut-être finalement l’identité victorieuse. Ils se sont employés à multiplier les tabous et les interdits. Ils ont surfé sur la vague de la déconstruction sans réaliser qu’ils déclencheraient un tsunami en sens inverse. Ils ont voulu assurer leur mainmise sur le langage, important des États-Unis une multitude de concepts que la population n’allait pas digérer. Ils ont décrit le monde avec des mots que le peuple ne connaissait pas, pour marquer sa distance avec lui et le faire passer pour ignorant. Ils ont décrit la France avec des mots qui niaient son universalité, pour lui dérober subtilement ce qui faisait sa grandeur. Ils ont racialisé tous les rapports sociaux au nom de l’antiracisme. Sont devenus presque courants en France les concepts de racisme systémique, de violence symbolique et d’appropriation culturelle, autant d’outils idéologiques destinés à cadenasser le débat. Au Québec, il y a quelques années, certains ont inventé la « laïcité ouverte » pour ne prôner rien d’autre que l’absence de laïcité. Si la première fonction du langage est de nommer la réalité, force est de constater que c’est de moins en moins vrai. Pour certains intellectuels, leur tâche n’est plus de décrire le réel, mais de faire abstraction des enjeux qui préoccupent les gens ordinaires. Le peuple a toujours tort prétendent des néo-progressistes, contrairement à ce que disait Rousseau. Comme dans le vaste monde de la sexualité, les tabous et les interdits ne produisent que des phénomènes de refoulement. Aux États-Unis, plusieurs observateurs ont déjà écrit que le phénomène Trump visait directement à rompre avec le politiquement correct. En fait, le refoulement lié aux interdits produit souvent des déviances. L’avènement de Trump est une extravagance de l’histoire venue répondre à un trop-plein. La gauche américaine en prendra-t-elle acte durant l’année qui vient ? (…) Il y a un parfum de conservatisme dans l’air, qui est de plus en plus difficile à ignorer un peu partout en Occident. Jérome Blanchet-Gravel
After only two years in office, in the face of unprecedented and relentless resistance from the Democrats, the media, and the metastasizing Mueller investigation, President Trump has accomplished more than many presidents accomplish in two terms. He has not, of course, achieved all of his goals. The most obvious disappointments involved Obamacare and the border wall. Yet, even in these areas, his administration has made measureable progress and there is good reason to believe that he will eventually overcome Democratic obstructionism and achieve his ultimate objectives. Meanwhile, Trump’s long list of unalloyed successes keeps growing. Trump’s most conspicuous successes have involved the economy. Under his predecessor GDP growth was characterized by the kind of malaise that prevailed during the Carter era, and we were told that a growth rate of about 2% and an unemployment rate of about 4.5% was the new normal. Trump rejected that prognosis and took steps to energize the economy. Now, despite the somewhat inexplicable meddling with interest rates by the Fed, GDP growth is at 3.4% and the unemployment rate is 3.7%. As Investor’s Business Daily points out, much of this is directly attributable to the Trump tax cuts so often maligned by the Democrats and the media: Contrary to Democrats’ claims, workers are clearly sharing in the tax-cut windfall. Not just through tax-cut bonuses and lower withholdings, but through increased opportunities and wage growth.… Average hourly wages are rising at 3.1%, the fastest rate since 1999. Unemployment rates are at lows not seen since 1969, and for minority groups, they’re lower than any time on record. Median household income is at all-time highs. This means job opportunities for the blue collar “deplorables” who voted for Trump. Of the more than 4 million jobs created during his tenure in the White House, at least 10% have been in the manufacturing sector that the Democrats long ago left for dead. And among the most delicious ironies of the Trump economy is its positive effect on the job prospects of minority voters ostensibly represented by the Democrats. Black and Hispanic unemployment rates are at all-time lows. Female unemployment and youth unemployment are at their lowest points in half a century. Meanwhile, household incomes are rising. Yet Nancy Pelosi insists that all this is bad news: From day one, the White House and Republicans in Congress have sold out working and middle class families to further enrich the wealthy and big corporations shipping jobs overseas.… At the same time, the President’s reckless policies are exploding gas prices, wiping out the few meager gains that some families should have received from the GOP tax scam, as wages remain stagnant.… Democrats will never stop fighting for the hard-working middle class families. Every syllable of this is nonsense, of course. Pelosi’s claim that Americans are experiencing “exploding gas prices,” for example, is Orwellian fiction. Either the presumptive Speaker of the House doesn’t read the news or she is just another Democrat fabulist. In reality gas prices are dropping all across the country. U.S. News & World Report advised its readers last week that the average cost of gas has hit its lowest level in six years: “The national average price of gas dropped below $2 Monday morning for the first time since 2009, according to AAA. The average price at the pump was $1.998 per gallon.” If that’s hurting us, beat us harder please. But Pelosi and the Democrats have no choice but to lie about the positive changes that have occurred on Trump’s watch. This is particularly true of the Tax Cuts and Jobs Act that he signed into law last year. They can’t admit that most of its $5.5 trillion in gross cuts eased the tax burden on families. They must mislead the voters about its dramatic increase in the standard deduction for individuals and families. They can’t admit that it doubled the child tax credit. They can’t tell the truth about the 85% of American workers who saw their paychecks increase as a result of the cuts, or the entrepreneurs who can now deduct 20% of their business income. Likewise, the Democrats can’t tell the truth about the President’s efforts to free Americans from the Obamacare gulag by expanding short-term, limited-duration health plans and enabling more small businesses to join Association Health Plans. The Democrats can’t talk honestly about the repeal of the law’s “death panel,” the Independent Payment Advisory Board (IPAB), whose sole purpose was the rationing of essential health care to the elderly. They must lie about the effective repeal of Obamacare’s individual insurance mandate when the President and Congress eliminated the law’s “tax-penalty” for failing to purchase exorbitantly priced health plans. Nor can the Democrats tell the truth about Trump’s progress in reforming the federal judiciary by appointing judges willing to follow the Constitution. They can’t talk about his nomination and the Senate’s confirmation of two Supreme Court Justices — Neil Gorsuch and Brett Kavanaugh. Nor can they discuss the President’s nomination and the Senate’s confirmation of 83 additional federal judges who will sit on United States Courts of Appeals and United States District Courts. And they certainly can’t breathe a word about the very real possibility that he may well have to appoint a third justice to the Supreme Court during the next two years. The Democrats must also remain mum about the benefits of Trump energy initiatives like the approval of the Keystone XL Pipeline, opening up the Alaska National Wildlife Refuge to energy exploration, withdrawing from the economically unsustainable Paris climate agreement, reforming National Ambient Air Quality Standards, rescinding his predecessor’s deliberately cumbersome hydraulic fracturing rule, expansion of offshore drilling, ad infinitum. They can’t admit that Trump has largely defanged the disastrous Dodd-Frank “reform” legislation that has been strangling credit unions, community banks, and regional financial institutions. And then there’s foreign policy and defense. The President moved the U.S. Embassy in Israel to Jerusalem. He withdrew from the outrageous Obama Iran deal and re-imposed nuclear-related sanctions. He initiated an historic summit with North Korean President Kim Jong-Un in an effort to denuclearize the Korean Peninsula. Trump changed the rules of engagement with regard to the fight against ISIS resulting in the liberation of virtually all Iraqi territory from the tender mercies of that terrorist group, and announced the withdrawal of U.S. forces from Syria. Finally, Trump dramatically increased military funding to more than $700 billion for FY 2018. The list of Trump’s accomplishments is far longer than the above, but the point should be obvious. So let’s wrap it up with Criminal Justice Reform, something to which several administrations have devoted earnest lip service. As Wayne Allyn Root put it a few days ago, “If Obama passed criminal justice reform, he’d be hailed as a hero by the media, black leaders, the black community and the ACLU.… Trump did. I hear crickets.” Instead, the Democrats, the media, and Robert Mueller want to take him down. Why? Precisely because he has been so successful. I think he’ll beat them in the end, and I know he’ll get my vote in 2020. David Catron
Many observers have asserted that the withdrawal gives victory in Syria to Russia, Iran and the Syrian government. That’s absurd. Bashar al-Assad’s regime already controls about two-thirds of Syria, including all of the major cities. The portion of Syria that U.S. forces control alongside their Syrian Democratic Forces (SDF) allies is mostly either desert or drought-prone plains. The oil fields there produce high-sulfur, low-value crude, and production has long been diminishing. Oil revenue made up only about 5 percent of Syrian gross domestic product before the 2011 uprising, according to the International Monetary Fund. In sum, holding northeastern Syria would not have enabled Washington to leverage any important concessions from Damascus, Tehran or Moscow. Stability, not a deeply embattled Syrian Kurdish autonomous zone, is the vital long-term U.S. interest in northeastern Syria. Turkey can accept with conditions the return of Syrian government forces into the area, as Russia and Iran want. Ankara dislikes the Assad government, but it dislikes more the prospect of an autonomous Kurdish region along its border. The United States’ erstwhile friends, the Syrian Kurds, have always allowed Damascus to keep its security offices open in northeastern Syria; the Kurds never closed that channel of communication. If anything, the Syrian Kurds prefer the deployment of Syrian government forces along the Turkish border to deter Ankara. Agile Russian diplomacy should be able to secure the deal for an orderly, perhaps gradual, deployment of those Syrian government forces into the region formerly controlled by the United States. Nor will the U.S. withdrawal be a game changer for Israeli security. Already, Yaakov Amidror, a former chief of Israeli military intelligence, noted that the U.S. troops’ contribution against the Iranian forces in Syria was “marginal to zero.” If Iran tries to build a land bridge from Tehran to its allies in Lebanon, the Israeli Air Force is more than capable of interdicting those convoys. Critics also warn that the U.S. withdrawal could lead to a resurgence of the Islamic State. This is possible, although in western Syria, which is under the control of the Syrian government and its allies, there is little visible Islamic State activity. In any case, U.S. troops can’t destroy the Islamic State ideology, and restraining future recruitment by the extremist group requires more than some infrastructure rehabilitation projects. Syrians had electricity and water when they rose up against Assad in 2011; it is Syria’s underlying societal problems that spawned the unrest and spurred Islamist extremist recruitment. Only Syrians, not U.S. troops and stabilization teams, can reverse that. We would do well to be humbler about our abilities, especially in the face of sustained, widespread regional hostility. Going forward, the Trump administration should use the next few weeks to support SDF fighters’ efforts to capture remaining villages in eastern Syria still held by the Islamic State. Meanwhile, the administration needs to deliver three messages to Moscow. First, it should offer Russia cooperation in smoothing the way for a deal between the SDF and Damascus that would allow Syrian troops to return to eastern Syria in a manner that meets Turkish security concerns and gives no new space to the Islamic State. Second, Washington could offer to share with the Russians actionable intelligence about the Islamic State in eastern Syria and arrange an effective hotline in case the United States decides that a strike force stationed in the region should hit Islamic State targets inside Syria. Third, it should inform the Kremlin that the United States will support Israeli moves to counter Iranian actions in Syria that threaten Israel’s security. Finally, the president needs to consider how his own foreign policy team got so far out ahead of him on Syria. He needs a National Security Council staff that can more clearly relay his cautions and concerns about U.S. foreign policy to the people in charge of executing it. That staff needs to make clear to officials in the departments that, while he hears various departments’ views, those departments must act on his guidance. Ensuring implementation is the NSC’s job. The president would benefit politically and, more importantly, U.S. national security would benefit from a more effective foreign policy team. Robert S. Ford (Middle East Institute and Yale University, U.S. ambassador to Syria from 2011 to 2014)
C’est là un paradoxe inédit : la Maison Blanche, longtemps critiquée pour son interventionnisme sous couvert de « bienfaisance » (ou de « Manifest Destiny), est aujourd’hui fustigée pour son attitude inverse ! Les contempteurs de Trump en appellent ainsi au rôle de « leader » dévolu aux États-Unis depuis la seconde guerre mondiale, et à défaut attendent du reste du monde qu’il reprenne le flambeau de la protection de « l’ordre mondial », de la démocratie et du libre marché. Alors que l’Union Européenne manœuvre pour contrecarrer la Russie perçue comme l’ennemi existentiel, soutient un projet mondialiste sous couvert de globalisation, les États-Unis montrent un sens de la mesure et de la realpolitik inédits. (…) Choqué, le Secrétaire de la Défense, James Mattis, dont on attendait qu’il émousse la vision « America First » du président Trump, a remis sa démission en signe de désaccord total. Les « alliés » occidentaux s’en inquiètent, car Mattis était vu comme un grand soutien de l’OTAN, là où Trump menaçait (bluff) parfois même d’en sortir, au motif que les pays membres de l’Alliance ne prennent pas leur part du fardeau financier, ce qui est la stricte vérité. Cette plainte n’est d’ailleurs pas nouvelle, car tous les présidents des États-Unis ont regretté depuis des décennies que le budget devant être alloué à la défense n’ait jamais été atteint par les pays membres, notamment ceux de la « vieille Europe ». (…) Les États-Unis supportent en fait près de 75% des coûts de l’OTAN, dont l’objectif est pourtant en premier lieu de défendre la sécurité européenne, objectif hérité de la guerre froide et qui n’a plus grand sens aujourd’hui pour certains. (…) Cependant, ceux qui, parmi les capitales occidentales moralisatrices, accusent Donald Trump « d’abandonner les Kurdes », se sont souvent bien gardés de dénoncer les agissements d’Erdogan contre les kurdes, et ce dans une logique du double standard devenue la norme à l’international ces dernières années. Ils se gardent également de noter qu’en réalité, le président américain respecte tout simplement le droit international, et en particulier celui des Nations Unies, en réitérant son attachement non seulement au « patriotisme » (« America first ») mais aussi par là même occasion, celui de l’intangibilité des frontières. Un principe fondateur du droit international que la plupart des prédécesseurs de « Donald » ont tous violé, à commencer par les Bush et les Clinton, que ce soit en Amérique latine, en Irak, ou en ex-Yougoslavie. Les kurdes ont certes combattu avec une bravoure remarquée par la « communauté internationale », mais leur désir de former un État indépendant ne pouvait signifier, en cas de victoire pour eux, que la fin de la Syrie telle qu’on la connaît, et de surcroit la déstabilisation des trois autres pays abritant des forces et populations kurdes travaillées par le désir séparatiste (Irak, Iran, Turquie). (…) Et l’aide militaire américaine apportée aux milices kurdes et FDS à l’est de l’Euphrate n’est pas pour autant totalement supprimée : tout dépendra en fait de la façon dont l’armée turque et le néo-Sultan Erdogan profitera de façon sage ou inconsidérée du vide stratégique laissé par le retrait américain. (…) de l’avis de nombre de ses soutiens et électeurs, globalement restés fidèles, les mesures prises par le président américain depuis le début de sa présidence ont eu un effet particulièrement positif pour les Américains : le taux de chômage est au plus bas – y compris chez les Noirs américains, le prix du carburant a chuté, et la bourse n’a cessé de progresser jusqu’à la très récente crise du shutdown. Comme le rappelle Randall Schweller dans Foreign Affairs, Trump respecte en fait son engagement de mettre fin à l’ère où « nos politiciens semblent plus intéressés de défendre les frontières d’autres pays que du leur ». C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’on peut comprendre le bras de fer actuel du président avec son administration visant à faire voter le financement du mur de la frontière sud avec le Mexique. Plutôt qu’un retrait du jeu mondial dont il laisserait la direction à d’autres, Trump entend en fait « responsabiliser » ses alliés, qu’ils soient latino-américains, européens ou asiatiques, et par conséquent redistribuer les cartes. (…) La triste ironie est que ces élites moralisatrices cosmopolitiquement correctes qui blâment les États-Unis de Donald Trump pour leur « manque d’engagement dans la grande lutte mondiale contre le réchauffement climatique » ou le fait de resserrer l’étau sur les tarifs douaniers avec la Chine, se couchent devant la Chine néo-impériale et feignent de nier la stratégie déloyale de Pékin qui pille les technologies occidentales, viole les règles de libre-échange de l’OMC, pratique un protectionnisme sournois et demeure de loin le plus grand pollueur au monde. A noter d’ailleurs que ce que les experts annonçaient comme un « désastre économique » pour les Américains a en fait été l’occasion de redresser un rapport de forces complètement déséquilibré entre la Chine et les États-Unis. En effet, Beijing a fini par céder en offrant à l’administration de Donald Trump d’augmenter ses importations de produits américains en échange du desserrement par les Etats-Unis de l’étau sur la douane et de la baisse sa taxe sur les voitures à 15 % (contre 25%, sachant que la taxe américaine équivalente était de 2,5% !). De même, alors que les États non-signataires du Pacte global sur les Migrations qui a tant fait jaser le « boboland » immigrationniste se voyaient sermonnés sur leur manque de vision – Donald Trump s’étant retiré de la table des négociations déjà un an avant le document final – on feint d’oublier que les États-Unis ont le plus haut pourcentage de migrants dans le monde. (…) Le recentrage voulu par Trump montre en fait que cette administration « isolationniste » est veut faire entrer les Etats-Unis dans une phase de maturité « multipolariste » alors que ses autres partenaires occidentaux (européens et canadien) de l’OTAN puis « l’Etat profond » démocrate-néo-cons américain s’enfonce dans ce qui ressemble très fort à de l’hubris. Il est facile de tout mettre sur le compte d’une « folie » du président américain, mais nombre des accords qu’il a répudiés (accord sur le nucléaire iranien, accord sur le climat, pacte global sur la migration) et des organisations qu’il critique étaient problématiques à plusieurs points de vue, et avant tout du point de vue américain lui-même qui en supporte le coût financier. Là où en Europe, on fait fi du contexte et de l’histoire, Donald Trump est finalement plus attentif à la situation actuelle de « multipolarisation » du monde de l’après-guerre froide. En effet, n’en déplaise à ceux qui s’évertuent à faire de Moscou l’œil de Sauron, la Guerre froide n’est plus, et le rôle de l’OTAN est donc à revoir de fond en comble. Ce qui ne veut pas dire détruire cette organisation, contrairement à ce que l’on a stupidement reproché à Donald Trump. La réelle aversion de Trump à faire usage de l’interventionnisme militaire et à privilégier la négociation (même très « hard » ou « cash »), dans un style souvent discutable, peut choquer, mais force est de constater son efficacité, comme on l’a vu par exemple avec la Corée du Nord, et peut être bientôt avec le régime totalitaire iranien, sur le point d’être économiquement à genoux. Alexandre Del Valle

Retrait de l’accord iranien, retrait du traité de Paris, transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, accord sur la Corée du nord, pressions sur les mauvais payeurs de l’OTAN, renégociation des traités avec Chine, Canada et Europe, records de croissance et de baisse du chômage, minorités comprises …

Y aura-t-il une gaffe aux conséquences catastrophiques annoncées que Trump n’aura pas faite ?

Et comment ne pas comprendre …

L’embarras et la rage décuplée de ses nombreux détracteurs et ennemis …

Entre une dénonciation de ses « fake news » et de sa dernière théorie du complot anti-Père Noël

Qui lorsqu’ils ne se voient pas complètement rejetés par leur propre population

En sont réduits pour le remettre enfin à sa place au rêve, souvent évoqué et à chaque fois démenti, d’une catastrophe boursière et financière américaine …

Et à lui reprocher aujourd’hui après son annonce du retrait de Syrie …

Après lui avoir si longtemps reproché hier son bellicisme…

Son coupable non-interventionnisme ?

Le président américain est en plein bras de fer avec son gouvernement, décidé à maintenir son shutdown jusqu’à ce que le budget devant financer le mur de la frontière sud avec le Mexique soit approuvé. Politique « à la force du poignet » ou façon de responsabiliser les acteurs tant au pays qu’à l’étranger

Alors que le retrait des troupes américaines de Syrie, annoncé le 19 décembre par Donald Trump, a largement été commenté ces derniers jours, Alexandre del Valle analyse l’envers d’une telle décision et dégage ce qu’elle signifie pour l’avènement d’un « monde multipolaire ». C’est là un paradoxe inédit : la Maison Blanche, longtemps critiquée pour son interventionnisme sous couvert de « bienfaisance » (ou de « Manifest Destiny), est aujourd’hui fustigée pour son attitude inverse ! Les contempteurs de Trump en appellent ainsi au rôle de « leader » dévolu aux États-Unis depuis la seconde guerre mondiale, et à défaut attendent du reste du monde qu’il reprenne le flambeau de la protection de « l’ordre mondial », de la démocratie et du libre marché. Alors que l’Union Européenne manœuvre pour contrecarrer la Russie perçue comme l’ennemi existentiel, soutient un projet mondialiste sous couvert de globalisation, les États-Unis montrent un sens de la mesure et de la realpolitik inédits. L’abandon des Kurdes – critiqué avec justesse – est, certes, le dommage collatéral de l’opposition entre deux visions du monde totalement opposées: l’hyper-globalisation d’un côté, le « pays » d’abord de l’autre.

Décidément, Donald Trump a le don de tenir ses promesses de campagne, au grand dam de ses contempteurs qui avaient cyniquement compté sur son « assagissement » post-victoire – c’est-à-dire escompté qu’il n’ait fait que de l’esbroufe pour gagner mais qu’il rentre dans les rangs par la suite et trahissent ainsi ses électeurs. Le président américain avait promis de mettre un terme aux guerres coûteuses et interminables menées par les États-Unis à l’étranger, et voilà qu’il retire ses troupes de Syrie. Il compte également réduire de moitié la présence des troupes américaines en Afghanistan, après 18 ans de guerre « interminable ». Choqué, le Secrétaire de la Défense, James Mattis, dont on attendait qu’il émousse la vision « America First » du président Trump, a remis sa démission en signe de désaccord total. Les « alliés » occidentaux s’en inquiètent,  car Mattis était vu comme un grand soutien de l’OTAN, là où Trump menaçait (bluff) parfois même d’en sortir, au motif que les pays membres de l’Alliance ne prennent pas leur part du fardeau financier, ce qui est la stricte vérité. Cette plainte n’est d’ailleurs pas nouvelle, car tous les présidents des États-Unis ont regretté depuis des décennies que le budget devant être alloué à la défense n’ait jamais été atteint par les pays membres, notamment ceux de la « vieille Europe ». Toutefois, Donald Trump, avec sa verve coutumière, l’a exprimé plus clairement encore, avec sa manière toute particulière de mener des « deals », c’est-à-dire des « propositions que l’on ne peut pas refuser », pour paraphraser un célèbre mafieux new yorkais… Les États-Unis supportent en fait près de 75% des coûts de l’OTAN, dont l’objectif est pourtant en premier lieu de défendre la sécurité européenne, objectif hérité de la guerre froide et qui n’a plus grand sens aujourd’hui pour certains.

L’abandon des forces kurdes qui ont combattu DAECH ?

Le retrait de Syrie pourrait signer le coup d’arrêt pour les forces Kurdes qui ont pourtant joué un rôle crucial dans les multiples défaites de l’Etat Islamique depuis 2016. D’un autre côté, sans leur allié américain, les Kurdes pourraient être amenés à reformer leur alliance avec les forces pro-gouvernementales afin de contrer la répression turque, Erdogan cherchant à les écraser des deux côtés de l’Euphrate. Ce serait donc l’opportunité pour le régime de Bachar Al-Assad de recouvrer l’entièreté du territoire syrien, avec bien sûr un fort appui russe, territoire pour l’instant laissé à la gestion des Forces de Défense Syriennes (principalement composées de Kurdes des YPG et de leurs alliés arabes locaux), ceci du fait de la faiblesse de l’armée syrienne qui devait privilégier l’ennemi principal, à savoir les jihadistes internationaux et les rebelles sunnites arabes et turcophones. Il est clair que sans les Américains sur le sol syrien, le jeu des forces en présence (Russie, Turquie, Iran) peut basculer à tout moment sans qu’on en connaisse l’issue.

Cependant, ceux qui, parmi les capitales occidentales moralisatrices, accusent Donald Trump « d’abandonner les Kurdes », se sont souvent bien gardés de dénoncer les agissements d’Erdogan contre les kurdes, et ce dans une logique du double standard devenue la norme à l’international ces dernières années. Ils se gardent également de noter qu’en réalité, le président américain respecte tout simplement le droit international, et en particulier celui des Nations Unies, en réitérant son attachement non seulement au « patriotisme » (« America first ») mais aussi par là même occasion, celui de l’intangibilité des frontières. Un principe fondateur du droit international que la plupart des prédécesseurs de « Donald » ont tous violé, à commencer par les Bush et les Clinton, que ce soit en Amérique latine, en Irak, ou en ex-Yougoslavie. Les kurdes ont certes combattu avec une bravoure remarquée par la « communauté internationale », mais leur désir de former un État indépendant ne pouvait signifier, en cas de victoire pour eux, que la fin de la Syrie telle qu’on la connaît, et de surcroit la déstabilisation des trois autres pays abritant des forces et populations kurdes travaillées par le désir séparatiste (Irak, Iran, Turquie).

Cette fois-ci, c’est peut-être donc l’occasion pour le régime syrien de contrôlée à nouveau l’ensemble de son territoire, ce que Trump semble bien avoir à la fois compris et accepté, voir négocié tant avec les Turcs qu’avec les Russes. En fait, en bon adepte de la Realpolitik, certes, non fait de bons sentiments mais de réalisme et de cynisme, le président étatsunien a de facto décidé de laisser la main haute aux deux puissances étrangères les plus décisives en Syrie : la Russie et la Turquie, lesquelles se sont elles-mêmes entendues depuis 2016 dans le cadre des accords d’Astana (militaires) et de Sotchi (politiques), alors qu’elles poursuivent au départ des intérêts totalement opposés en Syrie. De ce fait, si Ankara s’est vengée du soutien américain aux forces kurdes en se rapprochant depuis 2016 de Moscou (après une crise pourtant très grave en 2015), le retrait américain peut finalement rééquilibrer la donne et finalement mener à une sortie du conflit. Et l’aide militaire américaine apportée aux milices kurdes et FDS à l’est de l’Euphrate n’est pas pour autant totalement supprimée : tout dépendra en fait de la façon dont l’armée turque et le néo-Sultan Erdogan profitera de façon sage ou inconsidérée du vide stratégique laissé par le retrait américain.

Les Américains se retirent-ils du jeu mondial ?

Les réactions au retrait américain n’ont pas manqué, certains estimant que le « versatile » Donald Trump « lâchait » ses alliés. En réalité, les critiques viennent de deux camps opposés. D’une part, celle des néoconservateurs et des Démocrates, adeptes de l’interventionnisme américain, et qui voient dans le « repli » de leur Président « l’abandon » du rôle de « leader mondial » dévolu aux États-Unis, voire même un « manquement au devoir moral » de répandre la démocratie et le « bien » puis soutenir la « liberté dans le monde». Ce n’est d’ailleurs sans doute pas Donald Trump qui les détromperait : après tout, sa promesse est de mettre « l’Amérique d’abord », et l’on ne soigne jamais aussi bien son chez-Soi qu’en cessant de se dépenser pour le compte des Autres. L’autre camp des critiques est celui des Européens qui s’indignent de ce que les États-Unis ne jouent plus le « jeu mondial », celui de la globalisation d’abord, entendue non plus comme des moyens d’échanges mais comme un projet mondialiste, nuance que Trump a explicitement évoquée.

Or de l’avis de nombre de ses soutiens et électeurs, globalement restés fidèles, les mesures prises par le président américain depuis le début de sa présidence ont eu un effet particulièrement positif pour les Américains : le taux de chômage est au plus bas – y compris chez les Noirs américains, le prix du carburant a chuté, et la bourse n’a cessé de progresser jusqu’à la très récente crise du shutdown. Comme le rappelle Randall Schweller dans Foreign Affairs, Trump respecte en fait son engagement de mettre fin à l’ère où « nos politiciens semblent plus intéressés de défendre les frontières d’autres pays que du leur ».

C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’on peut comprendre le bras de fer actuel du président avec son administration visant à faire voter le financement du mur de la frontière sud avec le Mexique. Plutôt qu’un retrait du jeu mondial dont il laisserait la direction à d’autres, Trump entend en fait « responsabiliser » ses alliés, qu’ils soient latino-américains, européens ou asiatiques, et par conséquent redistribuer les cartes.

Trump à contre-courant de la grande unification « libérale »

Alors qu’en Europe les alliances se succèdent dans le sens d’un soutien idéologique à une globalisation effrénée qui cache mal un projet mondialiste, Trump a clairement montré son intention de recentrer la politique américaine sur les intérêts des citoyens américains. Qu’on le dénonce comme téméraire, imprudent ou irréfléchi ne le gêne pas outre-mesure, autre pied de nez à la règle informelle internationale du « (cosmo)politiquement correct » qui veut que « dénoncer » les trublions suffirait à les faire rentrer dans le rang. Or Donald Trump est bien décidé à mettre fin au multilatéralisme excessif, pas celui des années 1950 originel, mais celui, actuel, hérité de l’Après-Guerre froide, qui réduit la capacité des Etats à contrôler « leurs » affaires nationales propres par toute une série de contraintes morales et juridictionnelles.

Les Etats-Unis se sont ainsi retirée de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran, de l’accord de Libre-échange pacifique TTIP ; des négociations sur le Pacte global sur la migration des Nations Unies, etc. En d’autres mots, Trump va entièrement à l’encontre du mouvement que poursuit l’Establishment européen, canadien et états-unien, plus soucieux d’ouvrir les frontières, de favoriser la « migration », et d’accélérer la globalisation que de répondre aux « passions » dangereuses et « identitaires » des citoyens lambdas que l’on doit de ce fait « rééduquer ». La triste ironie est que ces élites moralisatrices cosmopolitiquement correctes qui blâment les États-Unis de Donald Trump pour leur « manque d’engagement dans la grande lutte mondiale contre le réchauffement climatique » ou le fait de resserrer l’étau sur les tarifs douaniers avec la Chine, se couchent devant la Chine néo-impériale et feignent de nier la stratégie déloyale de Pékin qui pille les technologies occidentales, viole les règles de libre-échange de l’OMC, pratique un protectionnisme sournois et demeure de loin le plus grand pollueur au monde. A noter d’ailleurs que ce que les experts annonçaient comme un « désastre économique » pour les Américains a en fait été l’occasion de redresser un rapport de forces complètement déséquilibré entre la Chine et les États-Unis. En effet, Beijing a fini par céder en offrant à l’administration de Donald Trump d’augmenter ses importations de produits américains en échange du desserrement par les Etats-Unis de l’étau sur la douane et de la baisse sa taxe sur les voitures à 15 % (contre 25%, sachant que la taxe américaine équivalente était de 2,5% !).

De même, alors que les États non-signataires du Pacte global sur les Migrations qui a tant fait jaser le « boboland » immigrationniste se voyaient sermonnés sur leur manque de vision – Donald Trump s’étant retiré de la table des négociations déjà un an avant le document final – on feint d’oublier que les États-Unis ont le plus haut pourcentage de migrants dans le monde.

Deux visions du monde, deux types de gouvernance ?

Les critiques ne manquent pas, en particulier concernant le dédain supposé de Trump pour ses alliés. Or derrière cette critique, il convient de voir deux visions du monde – et du rôle joué par les États-Unis – qui s’opposent radicalement. Le respect des alliés est en fait l’autre face de l’interventionnisme américain sous couvert de « répandre » la démocratie – comme si l’on pouvait l’étaler à travers le monde, au mépris des spécificités géopolitiques et des jeux d’équilibres précaires propres à la région du Moyen-Orient.

Le recentrage voulu par Trump montre en fait que cette administration « isolationniste » est veut faire entrer les Etats-Unis dans une phase de maturité « multipolariste » alors que ses autres partenaires occidentaux (européens et canadien) de l’OTAN puis « l’Etat profond » démocrate-néo-cons américain s’enfonce dans ce qui ressemble très fort à de l’hubris. Il est facile de tout mettre sur le compte d’une « folie » du président américain, mais nombre des accords qu’il a répudiés (accord sur le nucléaire iranien, accord sur le climat, pacte global sur la migration) et des organisations qu’il critique étaient problématiques à plusieurs points de vue, et avant tout du point de vue américain lui-même qui en supporte le coût financier. Là où en Europe, on fait fi du contexte et de l’histoire, Donald Trump est finalement plus attentif à la situation actuelle de « multipolarisation » du monde de l’après-guerre froide. En effet, n’en déplaise à ceux qui s’évertuent à faire de Moscou l’œil de Sauron, la Guerre froide n’est plus, et le rôle de l’OTAN est donc à revoir de fond en comble. Ce qui ne veut pas dire détruire cette organisation, contrairement à ce que l’on a stupidement reproché à Donald Trump.

La réelle aversion de Trump à faire usage de l’interventionnisme militaire et à privilégier la négociation (même très « hard » ou « cash »), dans un style souvent discutable, peut choquer, mais force est de constater son efficacité, comme on l’a vu par exemple avec la Corée du Nord, et peut être bientôt avec le régime totalitaire iranien, sur le point d’être économiquement à genoux. C’est d’ailleurs peut-être le secrétaire d’État américain Michael Pompeo qui l’a le mieux exprimé, notamment lorsqu’il a parlé de la capacité de Donald Trump à discuter même avec ses adversaires les plus déterminés : comme Ronald Reagan en son temps, Trump a le mérite de mélanger la clarté morale et l’acuité diplomatique. Une forme de réalisme politique auquel on aimerait voir nos dirigeants revenir.

Voir aussi:

Gilets jaunes: le vrai gagnant, c’est Donald Trump?

Je vous l’avais bien dit que les gens ne voulaient pas de votre écologie!


Tout le monde a vu sa victoire dans la « défaite » de Macron. Mais le vrai gagnant du mouvement des gilets jaunes est peut-être à chercher ailleurs. De l’autre côté de l’Atlantique…


De l’extrême gauche anarchiste aux « identitaires » de la droite dure, tout le monde veut voir sa victoire dans le recul de Macron face aux gilets jaunes. Mais au-delà des agendas politiques français, ce sont bien les conservateurs américains qui voient leur vision du monde confortée !

Certains esprits ont vu dans le mouvement des gilets jaunes une exaltation des valeurs françaises. Rien de moins ! Les regroupements spontanés de nombreux citoyens sur les ronds-points de France font certes plaisir à voir. Mais tout de même : quelle France divisée ! N’oublions pas trop vite tous ceux qui ont pris peur en restant des samedis entiers devant BFM TV. Ni ceux qui regrettent qu’un mouvement de contestation ait pu arriver à ses fins en faisant plier le pouvoir. Mouvement d’autant plus inquiétant qu’il est complètement désorganisé et manipulé de toutes parts. Je reconnais pour ma pomme m’être uniquement réjoui que le pays ne soit pas complètement mort, finalement.

Chacun voit la victoire à sa porte

Les acteurs les plus variés ont vu dans le mouvement des gilets jaunes l’expression populaire bienvenue de leurs propres revendications. Par exemple, lorsque les graves débordements éclatent à Paris, du NPA d’Olivier Besancenot à la droite identitaire, tous les radicaux se réjouissent et comptent leurs troupes en présence. Dans la partie plus présentable de l’échiquier politique, c’est un peu la même chose. Les libéraux ont vu dans le mouvement l’expression du trop-plein de taxes, amplifié par un président pourtant un temps identifié comme libéral. Les socialistes, eux, ont cru y voir le « retour de la question sociale », alors que le débat politique et intellectuel hexagonal était, selon eux, occupé par les questions d’identité ou de sécurité depuis des mois.

On le voit : chacun a endossé son gilet jaune. Le philosophe Alain Finkielkraut déclare préférer les « ploucs » de province aux « bobos » parisiens. Il est gilet jaune. Mais le romancier Edouard Louis aussi, même si c’est dans une approche bien différente, et peut-être car il a des choses à se faire pardonner… Un soutien de plus, en tout cas. De peur apparaître « déconnectés » dans leurs rédactions parisiennes, les médiatiques n’ont jamais osé vraiment recadrer les propos parfois outranciers de certains gilets jaunes qui se pressaient devant les micros. Sans vouloir manifester ici le moindre mépris de classe, il faut reconnaître que les propos les plus crétins ont parfois été largement diffusés. De peur de passer pour « bourgeois » ou pour un « jaune » (le comble !), les esprits sensés se sont effacés devant les plus forts en gueule. Après les mesures lâchées, lundi soir, par un Macron en pleine tourmente, tout le monde devrait avoir remporté une grande victoire. Seul le président semble affaibli. Mais n’oublions pas que c’est notre chef pour encore quelques années.

Macron vertement affaibli

Macron voit le rythme des réformes de son quinquennat brutalement interrompu, tout comme son combat pour le « rafraîchissement » de la planète. Sarkozy, qui le conseillerait discrètement, aurait vu venir la catastrophe. Le 1er novembre dans Le Point, il déclarait : « A peine le président émerge-t-il que le système cherche à laffaiblir ou à le détruire à travers les réseaux sociaux. » Il ajoutait aussi : « Le modèle démocratique touche aujourdhui brutalement ses limites. » Prémonitoire ?

De leur côté, les conservateurs américains ne demandaient qu’à voir le programme de Trump appliqué dans leur coin… Même si la voix de la France ne porte plus tant que ça, ils ont été à de nombreuses reprises contrariés par les reproches français d’un Macron arrogant présenté comme le nouveau leader du monde libre (par une presse et une intelligentsia en sédition avec le pouvoir politique). Aussi, l’occasion était trop bonne : les conservateurs américains voient dans la situation sociale française actuelle une raison de plus de se détourner des politiques « vertes ».

Trump et les « rednecks » français

Outre-Atlantique, on ne se demande pas qui est gagnant ou perdant parmi les Français ou leurs élites politiques. C’est Trump : 1, Macron : 0. La croissance économique française déjà faiblarde ne pâtit-elle pas du mouvement social ? On évalue son impact à – 0,1 point. En termes d’image du pays à l’étranger ou de concorde civile, les dégâts sont désastreux et plus difficiles encore à mesurer. Il est connu que Trump se moque éperdument du rafraichissement du climat. Sur les questions d’écologie, si l’on caricature un peu, le plus important pour le président américain est de s’assurer qu’il pourra continuer à arroser les greens des nombreux golfs qu’il possède. Alors que la situation s’envenimait en France, Donald Trump s’est ainsi autorisé un tweet dont il a la recette à l’attention de son « ami » Emmanuel.

Dans son esprit, les protestations des gilets jaunes et le recul de Macron ne font que confirmer ce qu’il disait des accords de Paris depuis deux ans. Les images de violence parisienne relayées par les télévisions comme Fox News sont l’illustration d’un petit peuple qui n’en peut plus d’être pressuré de taxes vertes et que l’administration Trump se garde bien d’imiter. Selon la rhétorique trumpiste, des élites technocratiques ont mis en place chez nous des politiques environnementales qui étranglent les familles modestes de la périphérie, bien contraintes d’utiliser leurs véhicules diesel. Pour les conservateurs américains, le peuple français rural – comme l’électorat de Trump – n’a pas d’autre choix pour aller travailler. Le mécontentement envers Macron était déjà grandissant : politique économique qui tarde à porter ses fruits et adoubement devant une vision mondialiste de l’économie qui fracasse les classes moyennes inférieures. Lesquelles entrent en révolte contre une élite qui les dirige depuis des métropoles où l’on se déplace en transport en commun…

Selon le président américain, les manifestants français qui ont déboulé dans la capitale – qu’il adore – chantaient « We want Trump ! » dans les rues. Voilà autre chose ! Si j’en crois les nombreux comptes-rendus des journalistes français présents sur place, on a quand même envie de crier à la fake news…


Multiculturalisme: Délivrez-nous du bien ! (Multiculturalism, not Trumpism, is the revolution – in conventional times, Trump might have been one of the worst presidents we ever had; but in these most unconventional times, he may be the best president we could have had)

10 novembre, 2018
Délivrez-nous du bien ! Halte aux nouveaux inquisiteurs, par Natacha Polony et Jean-Michel Quatrepoint, éd. de l'Observatoire, 192 p.
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
La loi naturelle n’est pas un système de valeurs possible parmi beaucoup d’autres. C’est la seule source de tous les jugements de valeur. Si on la rejette, on rejette toute valeur. Si on conserve une seule valeur, on la conserve tout entier. (. . .) La rébellion des nouvelles idéologies contre la loi naturelle est une rébellion des branches contre l’arbre : si les rebelles réussissaient, ils découvriraient qu’ils se sont détruits eux-mêmes. L’intelligence humaine n’a pas davantage le pouvoir d’inventer une nouvelle valeur qu’il n’en a d’imaginer une nouvelle couleur primaire ou de créer un nouveau soleil avec un nouveau firmament pour qu’il s’y déplace. (…) Tout nouveau pouvoir conquis par l’homme est aussi un pouvoir sur l’homme. Tout progrès le laisse à la fois plus faible et plus fort. Dans chaque victoire, il est à la fois le général qui triomphe et le prisonnier qui suit le char triomphal . (…) Le processus qui, si on ne l’arrête pas, abolira l’homme, va aussi vite dans les pays communistes que chez les démocrates et les fascistes. Les méthodes peuvent (au premier abord) différer dans leur brutalité. Mais il y a parmi nous plus d’un savant au regard inoffensif derrière son pince-nez, plus d’un dramaturge populaire, plus d’un philosophe amateur qui poursuivent en fin de compte les mêmes buts que les dirigeants de l’Allemagne nazie. Il s’agit toujours de discréditer totalement les valeurs traditionnelles et de donner à l’humanité une forme nouvelle conformément à la volonté (qui ne peut être qu’arbitraire) de quelques membres ″chanceux″ d’une génération ″chanceuse″ qui a appris comment s’y prendre. C.S. Lewis (L’abolition de l’homme, 1943)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Nous sommes encore proches de cette période des grandes expositions internationales qui regardait de façon utopique la mondialisation comme l’Exposition de Londres – la « Fameuse » dont parle Dostoievski, les expositions de Paris… Plus on s’approche de la vraie mondialisation plus on s’aperçoit que la non-différence ce n’est pas du tout la paix parmi les hommes mais ce peut être la rivalité mimétique la plus extravagante. On était encore dans cette idée selon laquelle on vivait dans le même monde: on n’est plus séparé par rien de ce qui séparait les hommes auparavant donc c’est forcément le paradis. Ce que voulait la Révolution française. Après la nuit du 4 août, plus de problème ! René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Ceux qui considèrent l’hébraïsme et le christianisme comme des religions du bouc émissaire parce qu’elles le rendent visible font comme s’ils punissaient l’ambassadeur en raison du message qu’il apporte. René Girard
L’organisateur doit se faire schizophrène, politiquement parlant, afin de ne pas se laisser prendre totalement au jeu. (…) Seule une personne organisée peut à la fois se diviser et rester unifiée. (…) La trame de toutes ces qualités souhaitées chez un organisateur est un ego très fort, très solide. L’ego est la certitude absolue qu’a l’organisateur de pouvoir faire ce qu’il pense devoir faire et de réussir dans la tâche qu’il a entreprise. Un organisateur doit accepter sans crainte, ni anxiété, que les chances ne soient jamais de son bord. Le moi de l’organizer est plus fort et plus monumental que le moi du leader. Le leader est poussé par un désir pour le pouvoir, tandis que l’organizer est poussé par un désir de créer. L’organizer essaie dans un sens profond d’atteindre le plus haut niveau qu’un homme puisse atteindre—créer, être ‘grand créateur,’ jouer à être Dieu. Saul Alinsky
Aujourd’hui, on vit côte à côte, je crains que demain, on vive face à face. Gérard Colomb
Le passeport américain fait toujours des envieux. Si l’on en croit une enquête publiée par le « New York Times « , obtenir le fameux document bleu marine serait même devenu une activité économique comme une autre. Les autorités viennent de fermer une sorte de maternité clandestine abritée dans une maison de San Gabriel (Californie). S’y rendaient des femmes chinoises prêtes à payer des milliers de dollars pour y accoucher. Entrées avec leur visa de touriste, elles repartaient ensuite dans leur pays, leur bébé américain sous le bras. Car, aux Etats-Unis, le 14e amendement de la Constitution accorde la nationalité à tout enfant né sur le territoire. Le « tourisme maternel  » se développe ainsi depuis la Chine, la Corée du Sud et le Mexique. Des annonceurs vendent des forfaits qui incluent le voyage, le séjour et les soins médicaux. Les dernières statistiques disponibles de 2008 font part de 7.462 bébés nés de parents étrangers résidant aux Etats-Unis, ce qui est peu au regard des 4,3 millions de naissances enregistrées cette année-là. L’empressement à donner la nationalité américaine à un enfant qui, a priori, ne vivra pas aux Etats-Unis est perçu comme une sorte d’assurance sur l’avenir : il pourra lui-même la demander, à 21 ans, pour ses parents. Mais contrairement à des enfants de clandestins, qui vivent sur place et qui finiront par s’intégrer, les enfants nés du tourisme maternel demeureront, a priori, totalement étrangers à la civilisation américaine. La prééminence du droit du sol aux Etats-Unis est aujourd’hui contestée par ceux qui ne supportent plus les flux d’immigration clandestine. En Arizona, les législateurs de l’Etat ont déposé un projet de loi qui nierait la nationalité américaine à des enfants nés de parents sans papiers. Même s’il peut être contesté au niveau fédéral, ce texte n’en est pas moins un indice de la montée de la xénophobie aux Etats-Unis. Les Echos
Jim Acosta was called on by the president to ask a question. He was called on by Donald Trump to ask whatever question he liked. And when he’d finished asking one, he then asked another – with interruption follow-ups in between. It was only when he attempted his third question – or possibly fourth depending on how you define the follow-ups – that the president got angry and asked him to sit down. There ensued a tussle with the mic. the scene was an incredible bit of theatre. We couldn’t take our eyes off it. It just went on and on. You could argue the president came looking for it – he does well, electorally, when he’s berating the press. But make no mistake. The media also does well when they are baiting the bear. The urge to poke can sometimes seem irresistible. (…) What happened in that room was not the ultimate fight for press freedom. This wasn’t someone risking life and limb against a regime where freedom of speech is forbidden. This was a bloke sitting in a room full of colleagues who were all trying to ask questions too. This was a man who’d had his turn and had been told he couldn’t hog the whole time. (…) The president took CNN’s question and then took more. And when he tried to move on, he couldn’t. Once the Acosta incident was over, he went on to take questions from journalists from all over the world – for a total of 90 minutes. What worries me is the wider question of how Trump and the media interact. When you watch the US morning shows – and evening shows come to that – what you notice is how things have changed. Even those who were not originally taking sides are now nailing their colours to the mast. Fox and MSNBC have always played to their own bases. But now CNN, too, has editorialised its evening slot with Chris Cuomo – who gives us an essay, a comment piece, on whatever is getting him fired up. It’s a good watch actually. And makes you engaged. But make no mistake – it’s the same game that Trump is playing. The one they pretend to despise. If DJT can rally his base – then – goes the logic – why shouldn’t TV do it too. It works for viewing figures in the same way it works for electoral success. It works, in other words, for those who like their chambers echoed – but it’s an odd place for news to sit. Emily Maitlis
Had Acosta phrased his question in a more neutral tone, he likely would have had more information for his audience to digest. Acosta asked the president if Trump had demonized the caravan of Central Americans trekking toward the United States, ending his exchange by stating, “It is not an invasion.” If Acosta had asked “What about that seems like an invasion?” he could have both sought an answer and avoided becoming bigger than the event he was covering. If you look closely at the video, when Acosta was asking questions, his exchange with the president was on track and normal. Acosta asked. “Do you think that you demonize immigrants?” To which the president answered, “No.” A better question might have been, “How do you respond to the criticism that you are demonizing certain types of immigrants, namely poor immigrants?” But then Acosta’s questions ended and his statements began. “Your campaign had an ad showing migrants climbing over walls,” he said. And then, “They are hundreds of miles away, that’s not an invasion.” The heated exchange grew from there. Things got uncomfortable when Acosta refused to turn over the microphone to an intern who reached out to remove it from him, and then stood up to continue his banter without the microphone. This was a White House event and he was talking to the president of the United States. A briefing is not the same as a cable news wrestling match, where sides shout at each other. Acosta should have handed over the microphone. President Trump deftly used the Acosta incident to play the victim of unfair press treatment. Journalists should not give more fuel to such accusations. Ask tough questions, avoid making statements or arguing during a press event and report the news, don’t become the news. Poynter
Ce que l’on appelle le populisme ou encore le nationalisme ethnique n’est pas un mouvement idéologique, mais une réaction tribale. Les récentes élections aux États-Unis le démontrent amplement. Donald Trump et, d’une manière générale, les candidats républicains qui se sont réclamés de lui n’ont obtenu que les suffrages des Blancs dans des circonscriptions blanches. Le découpage électoral et la complexité du mode de scrutin ne peuvent pas masquer cette réalité politique. Les Noirs, les Latinos, les Asiatiques ne votent jamais pour Trump. Si le Parti républicain conserve sa majorité au Sénat, c’est seulement parce que les États ruraux et dépeuplés du centre des États-Unis sont surreprésentés. Les métropoles cosmopolites comme New York ou Los Angeles se sont prononcées massivement contre Trump, à plus des deux tiers dans ces deux villes qui sont l’avenir du pays : un référendum que le président a perdu, avec au total, dans toute la nation, près de 60 % des voix pour la gauche démocrate. Le recul de Trump en deux ans est spectaculaire. (…) Les Américains votent maintenant soit « blanc », soit démocrate ; le Parti républicain est devenu pour l’essentiel, en son cœur, le parti des Blancs et le Parti démocrate une grande tente qui abrite tous les partisans de la société ouverte et du progressisme, de la droite libérale à la gauche socialiste. Sous cette tente se réfugie l’Amérique de demain : les candidats féminins, issus de la diversité, indiens, musulmans, noirs sont tous démocrates. (…) Sans aucun doute, les Blancs trumpistes (tous les Blancs ne sont pas pour Trump, mais tous les partisans de Trump sont blancs) se perçoivent comme une communauté assiégée : face à la diversité ethnique croissante de leur pays, à la mondialisation économique et au bouleversement des mœurs, ils adoptent des réflexes tribaux d’autodéfense. Trump joue à fond sur ce sentiment d’insécurité, il l’exploite et, aussi, il l’aggrave. Ses agressions vociférantes contre les immigrants font écho à la crainte des Blancs de perdre leur domination ancienne sur la société américaine. Son incitation répétée à porter des armes et à s’en servir alimente cette même paranoïa. Paranoïa parce que les angoisses des Blancs ne sont pas fondées. (…) Le trumpisme, comme les différentes formes de populisme que l’on connaît en Europe, n’a aucune relation avec la réalité : c’est une forme de récession politique et, surtout, morale. Il est aussi paradoxal que la défense des traditions par Donald Trump et ses photocopies en Europe s’exprime de manière extraordinairement violente et vulgaire. On ne comprend pas comment les nationalistes ethniques vont sauver l’Occident chrétien en recourant à des insultes machistes, sexistes, homophobes et racistes. Mais probablement le populisme est-il déjà en recul. L’élection de Trump, il y a deux ans, était fondée sur un malentendu : on a cru aux États-Unis et en Europe que le trumpisme annonçait des temps nouveaux. Il paraît maintenant que le trumpisme n’annonçait rien, clairement minoritaire désormais. Les Blancs eux-mêmes commencent à s’en apercevoir : les banlieues ouvrières du Nord-Est qui avaient soutenu Trump en 2016 l’ont lâché. Mais on se débarrassera véritablement de cette imposture trumpiste, non en niant ses origines, mais en rénovant le discours démocratique et en offrant des perspectives créatives ; celles-ci prendront en compte toutes les anxiétés collectives, qu’elles soient fondées ou pas. Guy Sorman
Trump (…)  is one of the few political leaders in America that recognises the frustration that exists in large parts of Ohio, Pennsylvania, eastern Kentucky and so forth. [But] The part that is forward-looking and answers the question ‘What do we do now?’ — it’s just not there yet.  (…) I wasn’t as critical of my party in 2016 as I was of the person. But when I look at tax reform, when I look at healthcare reform, I see Trump as the least worrisome part of the Republican party’s problem, which is that we are basically living in the 1980s. We are constantly trying to resurrect domestic policies from the 1980s. (…)  Let’s cut taxes for the wealthy! Let’s cut the social safety net! . . . The fundamental thesis that underlined basic Republican policies in the early 1980s, which is right, is that you had an economy which was simultaneously stagnating and experiencing high inflation. I don’t think the primary problem facing the American economy right now is that. It is that the opportunities that are out there require an adjustment in skills, an adjustment in training. (…) Mamaw would not have voted for Trump, had she been alive, because of his history as a philanderer. Yet the vulgarity that turns a lot of people off, Mamaw would have appreciated and thought was hilarious. (…) I think, like a lot of folks, [my grandfather] would have voted against Hillary Clinton. That sort of condescending elitism that the Clinton campaign came to represent would have turned my grandfather off. (…) The elite Republican view of why people voted for Donald Trump is that Trump voters are stupid. I think the elite Democratic view is that Trump people were bigoted and immoral. And that’s probably still very much reflected in popular culture. (…) There is this level of comfort that, I think, is completely weird. I understood for the first time what the Bible means when it talks about the difficulty of a rich man entering Heaven. It’s really tough to be a virtuous person when everyone is constantly taking care of you. (…) There are a lot of entrepreneurs [in Silicon Valley] developing the next app for clothes shopping who say, not ironically, that ‘we are changing the world’. You’re not changing the world. The guy that’s developing a new therapy that’s non-opioid analgesic pain relief? That guy’s changing the world. He’s going to save thousands of lives. (…) I’d say I’m a short-term realist, a long-term optimist. I do really believe in the power of identification and recognition. We’re in this period where everyone is starting to wake up, whether it’s because they know someone who has just had a heroin overdose or whether they are a policy expert and they have read this paper by [Nobel laureate] Angus Deaton [and his wife and fellow economist Anne Case] about dying in poor white America . . . That recognition gives me a lot of optimism. (…) I do think that whatever is happening right now is really transformational and the postwar order is probably going to have to change in some fundamental way. But I am still an optimist on that front. I think that my theory for what is happening is not that classical liberalism has failed. It’s not that western democracy has failed. It’s not that the postwar consensus has failed. It’s that the people who have been calling the shots for 20-30 years really screwed up. J.D. Vance
Our differences — on immigration, race, the role of work, the value of America itself — are intensifying. Slavery was the issue that blew up America in 1861 and led to the Civil War. (…) Something similar to that array of differences is slowly intensifying America’s traditional liberal–conservative and Democratic–Republican divides. (…) Globalization is accentuating two distinct cultures, not just economically but also culturally and geographically. Anywhere industries based on muscular labor could be outsourced, they often were. Anywhere they could not be so easily outsourced — such as Wall Street, Silicon Valley, the entertainment industry, the media, and academia — consumer markets grew from 300 million to 7 billion. The two coasts with cosmopolitan ports on Asia and Europe thrived. (…) Never in the history of civilization had there been such a rapid accumulation of global wealth in private hands as has entered the coffers of Amazon, Apple, Facebook, Google, Microsoft, and hundreds of affiliated tech companies. Never have private research marquee universities had such huge multibillion-dollar endowments. Never had the electronic media and social media had such consumer reach. Never has Wall Street had such capital. The result has been the creation of a new class of millions of coastal hyper-wealthy professionals with salaries five and more times higher than those of affluent counterparts in traditional America. The old working-class Democrat ethos was insidiously superseded by a novel affluent progressivism. Conservationism morphed into radical green activism. Warnings about global warming transmogrified into a fundamentalist religious doctrine. Once contested social issues such as gay marriage, abortion, gun control, and identity politics were now all-or-nothing litmus tests of not just ideological but moral purity. A strange new progressive profile supplanted the old caricature of a limousine liberal, in that many of the new affluent social-justice warriors rarely seemed to be subject to the ramifications of their own ideological zealotry. New share-the-wealth gentry were as comfortable as right-wing capitalists with private prep schools, expansive and largely apartheid gated neighborhoods, designer cars, apprentices, and vacations. For the other half of America, cause and effect were soon forgotten, and a new gospel about “losers” (deplorables, irredeemables, crazies, clingers, wacko birds) explained why the red-state interior seemed to stagnate both culturally and economically — as if youth first turned to opioids and thereby drove industry away rather than vice versa. Half the country, the self-described beautiful and smart people, imagined a future of high-tech octopuses, financial investments, health-care services, and ever more government employment. The other half still believed that America could make things, farm, mine, produce gas and oil — if international trade was fair and the government was a partner rather than indifferent or hostile. (…) As was true in 1861 or 1965, geography often intensified existing discord. The old consensus about immigration eroded, namely that while European and British commonwealth immigration was largely declining, it mattered little given that immigration from Latin America, Asia, and Africa would be diverse, meritocratic, measured — and legal. (…) Indeed, the professed views of Bill and Hillary Clinton, Joe Biden, Barack Obama, and Harry Reid before 2009 about illegal immigration were identical to those of Donald Trump in 2018: Secure the border; ensure that immigration was legal and meritocratic; deport many of those who had arrived illegally; and allow some sort of green-card reprieve for illegal aliens who had resided for years in the U.S., were working, and had no arrest record — all in exchange for paying a small fine, learning English, and applying for legal-resident status. The huge influxes of the 1990s and 21st century — 60 million non-native residents (citizens, illegal aliens, and green-card holders) now reside in the U.S. — destroyed that consensus, once shared across the racial and ideological spectrum, from the late civil-rights leader and Democratic representative Barbara Jordan to labor leader Cesar Chavez. Instead, a new opportunistic and progressive Democratic party assumed that the Latino population now included some 20 million illegal residents, and about that same number of first- and second-generation Hispanics. The 2008 Obama victory raised new possibilities of minority-bloc voting and seemed to offer a winning formula of galvanizing minority voters through salad-bowl identity-politics strategies. Purple states such as California, Colorado, Nevada, and New Mexico gradually turned blue, apparently due to new legions of minority-bloc voters. (…) On entry to the U.S., affluent immigrants from Mumbai, poor arrivals from Oaxaca, Chilean aristocrats, or Taiwanese dentists would all be deemed “minorities” and courted as such by political operatives. Stepping foot on American soil equated with experiencing racism, and racism generated reparational claims of an aggrieved identity. (…) Increasingly, half the country views its history and institutions as inspirational, despite prior flaws and shortcomings, and therefore deserving of reverence and continuance. The other half sees American history and tradition as a pathology that requires rejection or radical transformation. The world of post-1945 is coming to a close — after the end of the Cold War, the collapse of the Soviet Union, the unification of Germany, the creation of the European Union, the ascendance of a mercantilist and authoritarian China, and the post-9/11 rise of radical Islamic terrorism. Our closest NATO allies near the barricades of Russian aggression and radical Islam are the least likely of the alliance to prepare militarily. Yet Russia is a joke compared with the challenge of China. The European Union project is trisected by north-south financial feuding, east-west immigration discord, and Brexit — and the increasing realization that pan-European ecumenicalism requires more force and less democracy to survive than did the old caricatured nation-state. The post-war rationales for American global leadership — we would accept huge trade imbalances, unfair trading agreements, often unilateral and costly interventions given our inordinate wealth and power and fears of another 1939 — no longer persuade half the nation. (…) America is not isolationist, but an increasing number of its citizens sees overseas interventions as an artifact of globalization. Rightly or wrongly, they do not believe that the resulting rewards and costs are evenly distributed, much less in the interest of America as a whole. It is now old-hat to say that the Detroit of 1945, at the time perhaps the world’s most innovative and ascendant city, now looks like Hiroshima or Hamburg of 1945, while Hiroshima and Hamburg of 2018 resemble the equivalent of 1945 Detroit. The point is not that the post-war order itself destroyed Detroit, but that Americans see something somewhere wrong when we helped rebuild the industrial cities of the world and crafted an order under which they thrived but in the process ignored many of our own. The various ties that bind us — a collective educational experience, adherence to the verdict of elections, integration and assimilation, sovereignty between delineated borders, a vibrant popular and shared culture, and an expansive economy that makes our innate desire to become well-off far more important than vestigial tribalism — all waned. Entering a campus, watching cable news, switching on the NFL, listening to popular music, or watching a new movie is not salve but salt for our wounds. Victor Davis Hanson
Many conservatives did not see that Trump had framed the 2016 election as a choice between two mutually exclusive regimes: multiculturalism and America. What I call “multiculturalism” includes “identity politics” and “political correctness.” If multiculturalism continues to worm its way into the public mind, it will ultimately destroy America. Consequently, the election should have been seen as a contest between a woman who, perhaps without quite intending it, was leading a movement to destroy America and a man who wanted to save America. The same contest is being played out in the midterm elections. (…) Multiculturalism conceives of society as a collection of cultural identity groups, each with its own worldview, all oppressed by white males, collectively existing within permeable national boundaries. Multiculturalism replaces American citizens with so-called “global citizens.” It carves “tribes” out of a society whose most extraordinary success has been their assimilation into one people. It makes education a political exercise in the liberation of an increasing number of “others,” and makes American history a collection of stories of white oppression, thereby dismantling our unifying, self-affirming narrative—without which no nation can long survive. During the 2016 campaign, Trump exposed multiculturalism as the revolutionary movement it is. He showed us that multiculturalism, like slavery in the 1850’s, is an existential threat. Trump exposed this threat by standing up to it and its enforcement arm, political correctness. Indeed, he made it his business to kick political correctness in the groin on a regular basis. In countless variations of crassness, he said over and over exactly what political correctness prohibits one from saying: “America does not want cultural diversity; we have our culture, it’s exceptional, and we want to keep it that way.” He also said, implicitly but distinctly: the plight of various “oppressed groups” is not the fault of white males. This too violates a sacred tenet of multiculturalism. Trump said these things at a time when they were the most needful things to say, and he said them as only he could, with enough New York “attitude” to jolt the entire country. Then, to add spicy mustard to the pretzel, he identified the media as not just anti-truth, but anti-American. Trump is a walking, talking rejection of multiculturalism and the post-modern ideas that support it. Trump believes there are such things as truth and history and his belief in these things is much more important than whether he always tells the truth himself or knows his history—which admittedly is sometimes doubtful. His pungent assertion that there are “shithole” countries was an example of Trump asserting that there is truth. He was saying that some countries are better than others and America is one of the better ones, perhaps even the best. Multiculturalism says it is wrong to say this (as it was “wrong” for Reagan to call the Soviet Union “evil”). Trump is the only national political figure who does not care what multiculturalism thinks is wrong. He, and he alone, categorically and brazenly rejects the morality of multiculturalism. He is virtually the only one on our national political stage defending America’s understanding of right and wrong, and thus nearly alone in truly defending America. This why he is so valuable—so much depends on him. His shortcomings are many and some matter, but under present circumstances what matters more is that Trump understands we are at war and he is willing to fight. In conventional times, Trump might have been one of the worst presidents we ever had; but in these most unconventional times, he may be the best president we could have had. (…) Multiculturalism, not Trumpism, is the revolution. Trump’s campaign, and its defense by his intellectual supporters, was not a call for a revolution but a call to stop a revolution. Trump’s intellectual supporters did not say things could not get worse; they said without a sharp change in course there was a good chance we shall never get back home again. (…) Perhaps Trump’s most effective answer to Clinton’s and the Democrats’ multiculturalism was his attacks on political correctness, both before and after the election. Trump scolded Jeb Bush for speaking Spanish on the campaign trail. He pointed out that on 9/11 some Muslims cheered the collapse of the twin towers. He said Mexico was sending us its dregs, suggested a boycott of Starbucks after employees were told to stop saying “Merry Xmas,” told NFL owners they should fire players who did not respect the flag, expressed the view that people from what he called “shitholes” (Haiti and African countries being his examples) should not be allowed to immigrate, exposed the danger of selecting judges based on ethnicity, and said Black Lives Matter should stop blaming others. The core idea of each of these anti-P.C. blasts, when taken in aggregate, represent a commitment to America’s bourgeois culture, which is culturally “Judeo-Christian,” insists on having but one language and one set of laws, and values: among other things, loyalty, practical experience, self-reliance, and hard work. (…) Trump is hardly the ideal preacher, but in a society where people are thirsting for public confirmation of the values they hold dear, they do not require pure spring water. (…) Another [example] occurred in 2015 when Trump, after a terrorist attack, proposed a ban on all Muslims until “we figure out what the hell is going on.” Virtually everyone, the Right included, screamed “racism” and “Islamophobia.” Of course, to have defended Trump would have violated the multicultural diktat that Islam be spoken of as a religion of peace. But like Trump, the average American does not care whether Islam is or is not a religion of peace; he can see with his own eyes that it is being used as an instrument of war. When Muslim terrorists say they are doing the will of Allah, Americans take them at their word. This is nothing but common sense. (…) In exposing the dangers of multiculturalism, Trump exposed its source: radical liberal intellectuals, most of whom hang about the humanities departments (and their modern day equivalents) at our best colleges and universities, where they teach the multicultural arts and set multicultural rules. And from the academy these ideas and rules are drained into the mostly liberal, mostly unthinking opinion-forming elite who then push for open borders, diversity requirements, racism (which somehow they get us to call its opposite), and other aspects of multiculturalism. Thomas D. Klingenstein
Les Démocrates comme les Républicains ont à nouveau tenté d’instrumentaliser à leur profit les revendications identitaires qui dominent et divisent la société américaine depuis des années. Les premiers sont convaincus qu’il y a un stock de votes en leur faveur à récupérer chez les “minorités” (Noirs, Latinos, femmes, musulmans, homosexuels) et au lieu de concentrer leurs efforts et leurs discours sur le contenu de leur programme économique et politique, ils se dispersent dans le clientélisme. Les seconds se posent en défenseurs d’une identité américaine blanche et chrétienne menacée. Des deux côtés, on part du principe que l’électeur voudra voter pour une personne qui lui ressemble, et non pas pour une personne dont les idées le convainquent. Et gare aux traîtres! En 2017, un sénateur noir républicain s’est ainsi fait insulter comme “house negro” – nègre de case – parce qu’il soutenait la candidature d’un membre blanc de son parti au poste de ministre de la Justice. À l’inverse, certains de mes amis ne sont plus les bienvenus chez leurs parents pour avoir soutenu Hillary Clinton à la présidentielle de 2016. (…) Je crois que le pays est divisé depuis longtemps et que l’avènement de Trump n’a fait que mettre en lumière le malaise profond de la société américaine. (…) Plus encore qu’ailleurs, la fracture est béante entre de grands gagnants de la mondialisation et des gens “largués”. (…) Alors parfois, des parents sont même prêts à donner des amphétamines à leurs enfants, dès le CP, pour qu’ils obtiennent de bonnes notes. Dans la communauté noire, les aînés convaincus qu’il suffisait d’être honnête et laborieux, de «filer doux» pour réussir, sont moqués par une jeunesse qui se radicalise. Je vous donne un autre exemple de la panique ambiante: à la fin des années soixante, une large majorité d’Américains se déclarait très optimiste sur l’avenir multiracial du pays. En 2001, 70% des Noirs et 62% des Blancs pensaient encore que les relations avec l’autre communauté étaient bonnes. En 2016, avant l’élection de Donald Trump, ils n’étaient plus que 49% des Noirs et 55% des Blancs. (…) La classe politique mais aussi les réseaux sociaux alimentent une vision catastrophiste et spectrale de la réalité. Chacun vit dans sa cave identitaire, sans vue sur l’extérieur et des faits relativement rares prennent une importance disproportionnée dès qu’ils sont massivement diffusés: quand la vidéo d’un homme noir abattu par la police pour avoir traversé en dehors des clous devient virale, le sentiment d’injustice est décuplé. Quand la nouvelle d’un enfant retrouvé assassiné dans les toilettes d’une station-service est commentée ad nauseam à la sortie de chaque école du pays, la peur du prédateur pédophile gagne les foyers. 60% des Américains sont convaincus que la criminalité augmente alors que, selon le FBI, le taux de crimes violents a chuté de 43% depuis 1993. Le danger réel diminue mais le sentiment être en danger augmente, ce qui incite au repli sur soi et sa communauté. (…) L’abondance de l’information disponible donne l’illusion du contrôle, alors qu’elle est en réalité le combustible d’une anxiété souvent paranoïaque. On croit pouvoir tout savoir, tout comprendre tout seul, on se méfie des experts et des intermédiaires – médecins, journalistes – dont la compétence nous rassurait auparavant. D’autres causes de l’anxiété sont la nécessité de s’adapter à des changements de plus en plus rapides, la désagrégation de la cellule familiale, la baisse de la religiosité, la précarisation de l’emploi ou encore l’obsession du risque zéro. Dans un pays riche, on finit par être beaucoup plus angoissé à l’idée que “quelque chose pourrait nous arriver” que dans un pays pauvre ou, objectivement, les risques encourus – de maladie, d’accident – sont infiniment plus élevés. 18% des Américains souffrent officiellement de troubles anxieux contre seulement 10% en France, où le chiffre est cependant en hausse. Vous verrez que la France va être gagnée par cette maladie (…) L’espérance de vie a diminué pour la seconde année consécutive aux États-Unis à cause d’une épidémie qui touche toutes les classes sociales: depuis 1999, 350 000 Américains sont morts d’une overdose d’opioïdes. Ces médicaments contre la douleur, efficaces et bon marché dans un pays où se soigner coûte très cher, ont été massivement prescrits pendant des années en dépit de leur fort potentiel addictif. En cause, une collusion avérée entre des laboratoires pharmaceutiques et des médecins rémunérés pour promouvoir leurs opioïdes, mais aussi la demande croissante des patients de ne pas avoir mal. Malgré les efforts des pouvoirs publics, l’épidémie n’a pas diminué en 2017: pour les trois millions d’accro aux opioïdes que comptent les États-Unis, il est facile de se procurer les pilules, importées de Chine, sur le Dark Web, l’internet caché. (…) La classe ouvrière et la classe moyenne américaine souffrent des répercussions d’un ultralibéralisme que, Bernie Sanders mis à part, les Démocrates n’ont jamais vraiment dénoncé, quand ils ne l’ont pas eux aussi encouragé. Leur langage de solidarité est sélectif — il cible certaines «communautés» au détriment d’autres – et hypocrite puisque ces élites tirent leur rente de situation d’une mondialisation débridée qui est à l’origine du malheur de leurs concitoyens. Or, quand on vient dire à un type qui se tue à la tâche sur un chantier mais n’a pas de quoi se payer le dentiste qu’il est un “blanc privilégié”, il ne faut pas s’étonner qu’il le prenne mal. Cela explique aussi, bien sûr, le succès de Donald Trump. (…) Sincèrement, je trouve que les relations entre hommes et femmes sont plus agréables en France qu’aux États-Unis. Metoo va sans doute aggraver la défiance qui existe déjà ici entre les deux sexes. D’ailleurs, MeToo n’a pas été initié par les féministes radicales. C’est le prolongement d’un mouvement amorcé depuis longtemps sur les campus américains et connu sous le nom de Title IX, nom d’une mesure adoptée en 1972 pour obliger les universités à financer à parts égales les équipes de sport féminines et masculines. Au fil des ans, son application s’est étendue à la lutte contre le harcèlement sexuel et les discriminations. Title IX a fait beaucoup pour l’égalité entre les sexes mais les meilleures intentions sont souvent perverties. La question du consentement, largement reprise par MeToo, l’illustre: est-il raisonnable, par exemple, qu’une femme puisse retirer son consentement après l’acte sexuel parce que, le lendemain, elle apprend que son partenaire lui a menti sur sa situation matrimoniale? (…) Vous n’imaginez pas (…) à quel point les féministes sont divisées. Les plus radicales ne cherchent pas à en finir avec le patriarcat mais à prendre leur revanche en instaurant le matriarcat. L’homme blanc de plus de 50 ans est la cible préférée (…) ce genre de féminisme, si l’on peut dire, n’est pas une alternative au trumpisme puisqu’il est lui aussi, une manifestation de la «fracturation identitaire» qui mine les États-Unis. Géraldine Smith
Ce qui est nouveau, c’est d’abord que la bourgeoisie a le visage de l’ouverture et de la bienveillance. Elle a trouvé un truc génial : plutôt que de parler de « loi du marché », elle dit « société ouverte », « ouverture à l’Autre » et liberté de choisir… Les Rougon-Macquart sont déguisés en hipsters. Ils sont tous très cools, ils aiment l’Autre. Mieux : ils ne cessent de critiquer le système, « la finance », les « paradis fiscaux ». On appelle cela la rebellocratie. C’est un discours imparable : on ne peut pas s’opposer à des gens bienveillants et ouverts aux autres ! Mais derrière cette posture, il y a le brouillage de classes, et la fin de la classe moyenne. La classe moyenne telle qu’on l’a connue, celle des Trente Glorieuses, qui a profité de l’intégration économique, d’une ascension sociale conjuguée à une intégration politique et culturelle, n’existe plus même si, pour des raisons politiques, culturelles et anthropologiques, on continue de la faire vivre par le discours et les représentations. (…) C’est aussi une conséquence de la non-intégration économique. Aujourd’hui, quand on regarde les chiffres – notamment le dernier rapport sur les inégalités territoriales publié en juillet dernier –, on constate une hyper-concentration de l’emploi dans les grands centres urbains et une désertification de ce même emploi partout ailleurs. Et cette tendance ne cesse de s’accélérer ! Or, face à cette situation, ce même rapport préconise seulement de continuer vers encore plus de métropolisation et de mondialisation pour permettre un peu de redistribution. Aujourd’hui, et c’est une grande nouveauté, il y a une majorité qui, sans être « pauvre » ni faire les poubelles, n’est plus intégrée à la machine économique et ne vit plus là où se crée la richesse. Notre système économique nécessite essentiellement des cadres et n’a donc plus besoin de ces millions d’ouvriers, d’employés et de paysans. La mondialisation aboutit à une division internationale du travail : cadres, ingénieurs et bac+5 dans les pays du Nord, ouvriers, contremaîtres et employés là où le coût du travail est moindre. La mondialisation s’est donc faite sur le dos des anciennes classes moyennes, sans qu’on le leur dise ! Ces catégories sociales sont éjectées du marché du travail et éloignées des poumons économiques. Cependant, cette« France périphérique » représente quand même 60 % de la population. (…) Ce phénomène présent en France, en Europe et aux États-Unis a des répercussions politiques : les scores du FN se gonflent à mesure que la classe moyenne décroît car il est aujourd’hui le parti de ces « superflus invisibles » déclassés de l’ancienne classe moyenne. (…) Toucher 100 % d’un groupe ou d’un territoire est impossible. Mais j’insiste sur le fait que les classes populaires (jeunes, actifs, retraités) restent majoritaires en France. La France périphérique, c’est 60 % de la population. Elle ne se résume pas aux zones rurales identifiées par l’Insee, qui représentent 20 %. Je décris un continuum entre les habitants des petites villes et des zones rurales qui vivent avec en moyenne au maximum le revenu médian et n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois. Face à eux, et sans eux, dans les quinze plus grandes aires urbaines, le système marche parfaitement. Le marché de l’emploi y est désormais polarisé. Dans les grandes métropoles il faut d’une part beaucoup de cadres, de travailleurs très qualifiés, et de l’autre des immigrés pour les emplois subalternes dans le BTP, la restauration ou le ménage. Ainsi les immigrés permettent-ils à la nouvelle bourgeoisie de maintenir son niveau de vie en ayant une nounou et des restaurants pas trop chers. (…) Il n’y a aucun complot mais le fait, logique, que la classe supérieure soutient un système dont elle bénéficie – c’est ça, la « main invisible du marché» ! Et aujourd’hui, elle a un nom plus sympathique : la « société ouverte ». Mais je ne pense pas qu’aux bobos. Globalement, on trouve dans les métropoles tous ceux qui profitent de la mondialisation, qu’ils votent Mélenchon ou Juppé ! D’ailleurs, la gauche votera Juppé. C’est pour cela que je ne parle ni de gauche, ni de droite, ni d’élites, mais de « la France d’en haut », de tous ceux qui bénéficient peu ou prou du système et y sont intégrés, ainsi que des gens aux statuts protégés : les cadres de la fonction publique ou les retraités aisés. Tout ce monde fait un bloc d’environ 30 ou 35 %, qui vit là où la richesse se crée. Et c’est la raison pour laquelle le système tient si bien. (…) La France périphérique connaît une phase de sédentarisation. Aujourd’hui, la majorité des Français vivent dans le département où ils sont nés, dans les territoires de la France périphérique il s’agit de plus de 60 % de la population. C’est pourquoi quand une usine ferme – comme Alstom à Belfort –, une espèce de rage désespérée s’empare des habitants. Les gens deviennent dingues parce qu’ils savent que pour eux « il n’y a pas d’alternative » ! Le discours libéral répond : « Il n’y a qu’à bouger ! » Mais pour aller où ? Vous allez vendre votre baraque et déménager à Paris ou à Bordeaux quand vous êtes licencié par ArcelorMittal ou par les abattoirs Gad ? Avec quel argent ? Des logiques foncières, sociales, culturelles et économiques se superposent pour rendre cette mobilité quasi impossible. Et on le voit : autrefois, les vieux restaient ou revenaient au village pour leur retraite. Aujourd’hui, la pyramide des âges de la France périphérique se normalise. Jeunes, actifs, retraités, tous sont logés à la même enseigne. La mobilité pour tous est un mythe. Les jeunes qui bougent, vont dans les métropoles et à l’étranger sont en majorité issus des couches supérieures. Pour les autres ce sera la sédentarisation. Autrefois, les emplois publics permettaient de maintenir un semblant d’équilibre économique et proposaient quelques débouchés aux populations. Seulement, en plus de la mondialisation et donc de la désindustrialisation, ces territoires ont subi la retraite de l’État. (…) Même si l’on installe 20 % de logements sociaux partout dans les grandes métropoles, cela reste une goutte d’eau par rapport au parc privé « social de fait » qui existait à une époque. Les ouvriers, autrefois, n’habitaient pas dans des bâtiments sociaux, mais dans de petits logements, ils étaient locataires, voire propriétaires, dans le parc privé à Paris ou à Lyon. C’est le marché qui crée les conditions de la présence des gens et non pas le logement social. Aujourd’hui, ce parc privé « social de fait » s’est gentrifié et accueille des catégories supérieures. Quant au parc social, il est devenu la piste d’atterrissage des flux migratoires. Si l’on regarde la carte de l’immigration, la dynamique principale se situe dans le Grand Ouest, et ce n’est pas dans les villages que les immigrés s’installent, mais dans les quartiers de logements sociaux de Rennes, de Brest ou de Nantes. (…) In fine, il y a aussi un rejet du multiculturalisme. Les gens n’ont pas envie d’aller vivre dans les derniers territoires des grandes villes ouverts aux catégories populaires : les banlieues et les quartiers à logements sociaux qui accueillent et concentrent les flux migratoires. Christophe Guilluy
Les excès de l’individualisme aboutissent au fait que chaque individu se pense autorisé à dicter sa vision du bien et du mal au reste de la société. Dans une société où le bien commun a disparu, on ne peut plus faire vivre la liberté, à savoir la capacité des uns à exercer leur liberté en comprenant celle des autres. Aujourd’hui, les individus se regroupent en minorités agissantes sur des intérêts spécifiques liés à leur conception de leur identité. Ce que nous appelons le minoritarisme considère que la majorité est oppressive et que le libre jeu des minorités aboutira au bien commun. Cette conception est profondément anglo-saxonne et n’a rien à voir avec les différentes traditions européennes, en particulier la tradition républicaine française, qui repose sur la distinction entre un espace privé et un espace public où nous sommes des citoyens égaux. Elle nous fait sortir du champ politique démocratique parce que le principe de la démocratie est de débattre – la démocratie, c’est du conflit civilisé – et de résoudre le conflit par le choix de la majorité, différente selon les sujets. Si l’on considère que la majorité est oppressive et toujours la même – pour le dire simplement, les mâles blancs hétérosexuels – et qu’il faut s’en défendre, on fausse le jeu démocratique et on entre dans quelque chose qui est de l’ordre du religieux puisqu’il s’agit de dicter une vision du bien et de l’imposer aux autres. (…) La responsabilité des dirigeants est sans doute d’avoir petit à petit abandonné le politique. A partir du moment où ils ont accepté le primat de l’économie, ils ont adhéré à la vision du monde portée par le néolibéralisme qui nie la société et ne considère que les individus et les groupes minoritaires. Rappelez-vous la phrase de Margaret Thatcher :  » La société n’existe pas. Je ne connais que des individus.  » Ces groupes minoritaires militants font sans le savoir le jeu du néolibéralisme et de la dérégulation. Ils fragilisent un peu plus la communauté politique de telle sorte que les intérêts économiques vont prévaloir. En termes marxistes, ils sont les idiots utiles du néolibéralisme. La gauche américaine est en train de le redécouvrir. Beaucoup d’intellectuels, dont Mark Lilla, l’auteur de La Gauche identitaire (Stock), se sont interrogés sur les raisons de la victoire de Donald Trump. Ils ont observé que la gauche avait pris l’habitude de ne s’adresser qu’à des minorités, des groupes conçus comme des cibles marketing, et qu’elle ne développait plus de discours commun sur la nation. Donald Trump, lui, l’a fait, certes de la façon la plus déplorable qui soit. (…) La défense désintéressée d’une cause est très honorable. Le problème survient lorsque des associations, qui ont construit un fonds de commerce avec ces combats et qui détiennent une puissance financière démesurée, en arrivent à faire exister la cause au-delà de toute raison parce qu’elles en ont besoin pour exister. Des militantes féministes ont monté des sociétés pour conseiller les collectivités sur l’égalité hommes-femmes. Quand elles clament qu’il n’y a pas assez d’égalité, le font-elles de façon désintéressée ou dans l’optique de vendre leur formation aux institutions publiques ? (…) le minoritarisme est le versant culturel de la globalisation économique. Et il s’impose de plus en plus. L’universalisme européen perd du terrain, notamment auprès des jeunes. Ils ne sont pas choqués d’être confrontés à des ateliers en non-mixité dans tel mouvement social ou dans telle université. Ils adhèrent de plus en plus à la vision anglo-saxonne du féminisme conçu comme une lutte de minorités et se détournent de la vision française universaliste. Je n’ai pas envie de vivre dans un monde où il faudra signer un document de consentement avant de draguer. Je n’ai pas envie de ne plus manger de viande parce que cela relèverait du nazisme… Désormais, discuter de ces thèmes de manière approfondie et en recourant à une certaine complexité est d’autant plus difficile que la pression des réseaux sociaux est extrêmement forte. Ils sont devenus le lieu de la nouvelle inquisition. A travers eux, des minorités peuvent peser plus que ce qu’elles ne représentent réellement. Le fonctionnement de Twitter en témoigne. Un scandale éclate. Un pic d’agressions s’en suit contre celui qui a osé enfreindre les règles non écrites. Il doit alors battre sa coulpe et demander pardon. Un délai d’une à six heures est nécessaire pour qu’un revirement s’opère et que des gens de bon sens rétorquent :  » Mais enfin, on va se calmer, peut-être ?  » Sauf que l’écho sur les sites Internet sera celui du début de la polémique. Et la personne incriminée ne sera jamais réhabilitée. (…) C’est un retour du religieux sous une autre forme. Nous avons hérité des Lumières la foi en le progrès de l’humanité via l’émancipation par le savoir. Si vous partez du principe que l’être humain ne peut pas s’amender, qu’il a chevillé au fond de lui le mal à extirper et qu’il doit pour cela être culpabilisé, vous êtes dans un discours religieux. Ces groupes de pression fonctionnent comme cela. Il est frappant d’observer qu’ils entretiennent un rapport très particulier au désir. Le féminisme ou le veganisme entretiennent le sentiment d’une détestation de l’homme, être faillible, pas forcément ni transparent à lui-même, ni sûr de ce qu’il veut, ni maître de ses désirs. Quand on vous explique que le plaisir qu’il y a à manger une côte de boeuf est coupable et ignoble, notre humanité même est remise en cause, c’est-à-dire notre capacité à transformer notre condition d’animal omnivore en un moment de civilisation. La difficulté de la démocratie est de faire avec l’être humain tel qu’il est et d’élaborer des règles en fonction de la possibilité qu’il s’améliore. Les mouvements minoritaires radicaux, eux, veulent créer l’homme nouveau. (…) [Pour le néolibéralisme et le macronisme], la société n’existe pas ; il n’y a que des individus et ceux-ci sont responsables de leur sort. (…) Sa vision de la laïcité – ou plutôt son absence de vision – et ses quelques prises de position démontrent une orientation à l’anglo-saxonne, acquise au multiculturalisme. Nous serions une addition de communautés les unes à côté des autres. La phrase du ministre de l’Intérieur démissionnaire Gérard Colomb lors de la passation de pouvoir avec Edouard Philippe y apporte à cet égard un démenti terrible :  » Aujourd’hui, on vit côte à côte, je crains que demain, on vive face à face « . Le résultat est un éclatement de la société, une somme d’individus vivant côte à côte mais qui n’ont rien à voir entre eux, hors l’envie d’être régulés par le droit et les marchés. Ma conception de la laïcité repose au contraire sur une vision du bien commun. La laïcité est un principe politique qui consiste à penser un espace public dans lequel nous qui portons des histoires et des identités différentes sommes tous citoyens. Le rôle de l’Etat est de préserver cet espace public neutre des intérêts particuliers. Cela ne concerne pas que les intérêts religieux mais aussi les intérêts financiers. Qu’une multinationale essaie d’orienter les décisions politiques dans l’intérêt de ses activités est une façon d’enfreindre ce principe. Je ne comprends pas ceux qui prétendent défendre à tout prix la laïcité contre les communautés religieuses mais qui se moquent du travail des lobbys pour essayer de dépecer l’État. Natacha Polony

C’est plus l’économie, imbécile !

Au lendemain d’une élection de mi-mandat américaine …

Où faisant mentir, avec le plus bas taux de chômage depuis près de 40 ans minorités comprises, le dictum de l’ancien directeur de campagne de Bill Clinton …

Mais conformément à la tradition, un président Bush post-11/9 excepté …

La perte – d’à peine 28 sièges – de la majorité à la Chambre des Représentants …

Se voit qualifier de « vague bleue » …

La dérive identitaire du parti démocrate avec l’élection de quelques femmes de minorités noire, hispanique, amérindienne ou musulmane

Passe pour le triomphe de la démocratie

La véritable agression verbale du président par un journaliste à l’occasion d’une conférence de presse …

Devient haut fait de ladite démocratie …

Le rappel présidentiel de la réalité du dévoiement, tourisme  maternel compris, du droit du sol et des règles élémentaires de l’asile et de l’immigration …

L’implosion, sous le choc du véritable tonneau des danaïdes de l’immigration incontrôlée, de services sociaux se préparant désormais à l’explosion qui vient …

Présentée comme « identité heureuse » …

Les 18 Mohamed de plus – mais bien sûr pas les presque deux fois plus nombreux John – qu’un prénom à l’époque plus rare que Claudius …

Font la triomphale une de nos quotidiens …

Le rejet par la grande-Bretagne de l’asile d’une chrétienne pakistanaise persécutée ou l’appel par un président français à une défense européenne contre l’Amérique …

Excusée ou motivé par des « raisons de sécurité » …

Comment ne pas reconnaitre …

Dans la nouvelle religion et inquisition du multiculturalisme et la véritable perte du sens du bien commun qu’il entraine …

L’avènement et la prolifération de ces idées chrétiennes devenues folles prophétisés il y a un siècle par C.K. Chesterton

Et comment ne pas reprendre …

Au-delà de ses inutiles imprécations, politiquement correct oblige, contre le judéo-christianisme ici dévoyé ou le seul dirigeant à en avoir véritablement pris la mesure …

Le cri du coeur, reprenant sans le citer les analyses du géographe Christophe Guilluy, du dernier livre de Natacha Polony ?

Natacha Polony : « L’universalisme européen perd du terrain »

L’intellectuelle française s’alarme, dans Délivrez-nous du bien ! coécrit avec Jean-Michel Quatrepoint, de la progression en Europe du minoritarisme à l’anglo-saxonne. Pour elle, les groupes minoritaires militants jouent le jeu du néolibéralisme.
Gérald Papy
Vif/L’Express
08/11/2018

Comment expliquez-vous la recrudescence des interdits, des restrictions, des suspicions dans une société qui, comme vous l’écrivez, n’a que le mot « liberté » à la bouche ?/

Les excès de l’individualisme aboutissent au fait que chaque individu se pense autorisé à dicter sa vision du bien et du mal au reste de la société. Dans une société où le bien commun a disparu, on ne peut plus faire vivre la liberté, à savoir la capacité des uns à exercer leur liberté en comprenant celle des autres. Aujourd’hui, les individus se regroupent en minorités agissantes sur des intérêts spécifiques liés à leur conception de leur identité. Ce que nous appelons le minoritarisme considère que la majorité est oppressive et que le libre jeu des minorités aboutira au bien commun. Cette conception est profondément anglo-saxonne et n’a rien à voir avec les différentes traditions européennes, en particulier la tradition républicaine française, qui repose sur la distinction entre un espace privé et un espace public où nous sommes des citoyens égaux. Elle nous fait sortir du champ politique démocratique parce que le principe de la démocratie est de débattre – la démocratie, c’est du conflit civilisé – et de résoudre le conflit par le choix de la majorité, différente selon les sujets. Si l’on considère que la majorité est oppressive et toujours la même – pour le dire simplement, les mâles blancs hétérosexuels – et qu’il faut s’en défendre, on fausse le jeu démocratique et on entre dans quelque chose qui est de l’ordre du religieux puisqu’il s’agit de dicter une vision du bien et de l’imposer aux autres./p>

« Les réseaux sociaux sont devenus le lieu de la nouvelle inquisition ».

Quelle est la responsabilité des politiques dans cette perte du bien commun et comment restaurer le débat démocratique ?

La responsabilité des dirigeants est sans doute d’avoir petit à petit abandonné le politique. A partir du moment où ils ont accepté le primat de l’économie, ils ont adhéré à la vision du monde portée par le néolibéralisme qui nie la société et ne considère que les individus et les groupes minoritaires. Rappelez-vous la phrase de Margaret Thatcher :  » La société n’existe pas. Je ne connais que des individus.  » Ces groupes minoritaires militants font sans le savoir le jeu du néolibéralisme et de la dérégulation. Ils fragilisent un peu plus la communauté politique de telle sorte que les intérêts économiques vont prévaloir. En termes marxistes, ils sont les idiots utiles du néolibéralisme. La gauche américaine est en train de le redécouvrir. Beaucoup d’intellectuels, dont Mark Lilla, l’auteur de La Gauche identitaire (Stock), se sont interrogés sur les raisons de la victoire de Donald Trump. Ils ont observé que la gauche avait pris l’habitude de ne s’adresser qu’à des minorités, des groupes conçus comme des cibles marketing, et qu’elle ne développait plus de discours commun sur la nation. Donald Trump, lui, l’a fait, certes de la façon la plus déplorable qui soit./p>

Vous observez pourtant que ces minorités défendent de bonnes causes…

La défense désintéressée d’une cause est très honorable. Le problème survient lorsque des associations, qui ont construit un fonds de commerce avec ces combats et qui détiennent une puissance financière démesurée, en arrivent à faire exister la cause au-delà de toute raison parce qu’elles en ont besoin pour exister. Des militantes féministes ont monté des sociétés pour conseiller les collectivités sur l’égalité hommes-femmes. Quand elles clament qu’il n’y a pas assez d’égalité, le font-elles de façon désintéressée ou dans l’optique de vendre leur formation aux institutions publiques ?/p>

Pourquoi l’Europe est-elle à ce point influencée par le modèle américain de lutte des minorités ?

Parce que le minoritarisme est le versant culturel de la globalisation économique. Et il s’impose de plus en plus. L’universalisme européen perd du terrain, notamment auprès des jeunes. Ils ne sont pas choqués d’être confrontés à des ateliers en non-mixité dans tel mouvement social ou dans telle université. Ils adhèrent de plus en plus à la vision anglo-saxonne du féminisme conçu comme une lutte de minorités et se détournent de la vision française universaliste. Je n’ai pas envie de vivre dans un monde où il faudra signer un document de consentement avant de draguer. Je n’ai pas envie de ne plus manger de viande parce que cela relèverait du nazisme… Désormais, discuter de ces thèmes de manière approfondie et en recourant à une certaine complexité est d’autant plus difficile que la pression des réseaux sociaux est extrêmement forte. Ils sont devenus le lieu de la nouvelle inquisition. A travers eux, des minorités peuvent peser plus que ce qu’elles ne représentent réellement. Le fonctionnement de Twitter en témoigne. Un scandale éclate. Un pic d’agressions s’en suit contre celui qui a osé enfreindre les règles non écrites. Il doit alors battre sa coulpe et demander pardon. Un délai d’une à six heures est nécessaire pour qu’un revirement s’opère et que des gens de bon sens rétorquent :  » Mais enfin, on va se calmer, peut-être ?  » Sauf que l’écho sur les sites Internet sera celui du début de la polémique. Et la personne incriminée ne sera jamais réhabilitée./p>

La réponse à ce phénomène passe-t-elle par la réintroduction d’une norme majoritaire ?

Non, il faut simplement rétablir l’idée que la norme n’est pas oppressive.

« Le minoritarisme est le versant culturel de la globalisation. »

Cette volonté de dicter le chemin vers le bien plutôt que d’encourager à user de son libre arbitre n’est-elle pas un héritage de siècles de traditions judéo-chrétiennes ?

Bien sûr. C’est un retour du religieux sous une autre forme. Nous avons hérité des Lumières la foi en le progrès de l’humanité via l’émancipation par le savoir. Si vous partez du principe que l’être humain ne peut pas s’amender, qu’il a chevillé au fond de lui le mal à extirper et qu’il doit pour cela être culpabilisé, vous êtes dans un discours religieux. Ces groupes de pression fonctionnent comme cela. Il est frappant d’observer qu’ils entretiennent un rapport très particulier au désir. Le féminisme ou le veganisme entretiennent le sentiment d’une détestation de l’homme, être faillible, pas forcément ni transparent à lui-même, ni sûr de ce qu’il veut, ni maître de ses désirs. Quand on vous explique que le plaisir qu’il y a à manger une côte de boeuf est coupable et ignoble, notre humanité même est remise en cause, c’est-à-dire notre capacité à transformer notre condition d’animal omnivore en un moment de civilisation. La difficulté de la démocratie est de faire avec l’être humain tel qu’il est et d’élaborer des règles en fonction de la possibilité qu’il s’améliore. Les mouvements minoritaires radicaux, eux, veulent créer l’homme nouveau./p>

Certains commentateurs identifient une « phobie anti-Macron probablement irréversible ». Partagez-vous ce constat ?

Ce pouvoir semble fragilisé et en train de se déliter. Nul ne sait comment le mécontentement profond ressenti par une partie des citoyens va s’exprimer. Cette perte de capacité à peser sur les événements en seulement dix-huit mois ne m’étonne pas dans la mesure où l’attelage de départ était sans cohérence idéologique. Le macronisme recèle seulement une cohérence interne : Emmanuel Macron est profondément néolibéral. Pour lui, la société n’existe pas ; il n’y a que des individus et ceux-ci sont responsables de leur sort. Cela n’a rien à voir avec le  » en même temps  » qu’il avait mis en avant pendant sa campagne. Cette contradiction de départ est en train d’être levée.

Délivrez-nous du bien ! Halte aux nouveaux inquisiteurs, par Natacha Polony et Jean-Michel Quatrepoint, éd. de l’Observatoire, 192 p.

Emmanuel Macron favorise-t-il l’importation du modèle anglo-saxon du vivre-ensemble ?

Oui. Sa vision de la laïcité – ou plutôt son absence de vision – et ses quelques prises de position démontrent une orientation à l’anglo-saxonne, acquise au multiculturalisme. Nous serions une addition de communautés les unes à côté des autres. La phrase du ministre de l’Intérieur démissionnaire Gérard Colomb lors de la passation de pouvoir avec Edouard Philippe y apporte à cet égard un démenti terrible :  » Aujourd’hui, on vit côte à côte, je crains que demain, on vive face à face « . Le résultat est un éclatement de la société, une somme d’individus vivant côte à côte mais qui n’ont rien à voir entre eux, hors l’envie d’être régulés par le droit et les marchés. Ma conception de la laïcité repose au contraire sur une vision du bien commun. La laïcité est un principe politique qui consiste à penser un espace public dans lequel nous qui portons des histoires et des identités différentes sommes tous citoyens. Le rôle de l’Etat est de préserver cet espace public neutre des intérêts particuliers. Cela ne concerne pas que les intérêts religieux mais aussi les intérêts financiers. Qu’une multinationale essaie d’orienter les décisions politiques dans l’intérêt de ses activités est une façon d’enfreindre ce principe. Je ne comprends pas ceux qui prétendent défendre à tout prix la laïcité contre les communautés religieuses mais qui se moquent du travail des lobbys pour essayer de dépecer l’État.

Natacha Polony Bio express : 1975 Naissance le 15 avril à Paris. /2002-2009 Journaliste à l’hebdomadaire Marianne, en charge des questions d’éducation. /2011-2014 Chroniqueuse de l’émission TV On n’est pas couché, sur France 2. /2017 Publie Changer la vie : pour une reconquête démocratique (éd. de l’Observatoire). /2018 Directrice de la rédaction de Marianne./p>

Voir aussi:

Géraldine Smith : « Aux États-Unis, chacun vit dans sa cave identitaire »
Eugénie Bastié
Le Figaro
09/11/2018/p>

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – De la politique identitaire au féminisme radical, en passant par la crise des opiacées, la journaliste Géraldine Smith explore diverses facettes de l’Amérique contemporaine dans un essai passionnant Vu en Amérique, bientôt en France.

Géraldine Smith vit depuis onze ans en Caroline du Nord. L’ancienne journaliste raconte l’Amérique contemporaine dans son livre Vu en Amérique, Bientôt en France, publié chez Stock.

FIGAROVOX.- Au lendemain des Midterms, on a beaucoup mis en avant dans la presse américaine et française le nouveau visage des élus démocrates: un gay, une musulmane, une latino, etc. Deux ans après l’élection de Donald Trump, la politique identitaire est-elle toujours au cœur de l’agenda politique aux États-Unis? Les démocrates ont-ils pris la mesure de leur échec en 2016?/p>

Géraldine SMITH.- Les Démocrates comme les Républicains ont à nouveau tenté d’instrumentaliser à leur profit les revendications identitaires qui dominent et divisent la société américaine depuis des années. Les premiers sont convaincus qu’il y a un stock de votes en leur faveur à récupérer chez les “minorités” (Noirs, Latinos, femmes, musulmans, homosexuels) et au lieu de concentrer leurs efforts et leurs discours sur le contenu de leur programme économique et politique, ils se dispersent dans le clientélisme. Les seconds se posent en défenseurs d’une identité américaine blanche et chrétienne menacée. Des deux côtés, on part du principe que l’électeur voudra voter pour une personne qui lui ressemble, et non pas pour une personne dont les idées le convainquent. Et gare aux traîtres! En 2017, un sénateur noir républicain s’est ainsi fait insulter comme “house negro” – nègre de case – parce qu’il soutenait la candidature d’un membre blanc de son parti au poste de ministre de la Justice. À l’inverse, certains de mes amis ne sont plus les bienvenus chez leurs parents pour avoir soutenu Hillary Clinton à la présidentielle de 2016./p>

Comment jugez-vous globalement l’ambiance du pays aux lendemains de ces élections? Avez-vous le sentiment que le pays est plus divisé que jamais?/p>

Je crois que le pays est divisé depuis longtemps et que l’avènement de Trump n’a fait que mettre en lumière le malaise profond de la société américaine. Les inégalités économiques phénoménales ont longtemps été acceptées par ceux qui croyaient dur comme fer que chacun avait sa chance. Il faut être profondément endormi pour le penser dans un pays où 1% de la population possède 50% des richesses! Mais en Amérique on trouve encore partout des drapeaux étoilés, même devant des bicoques à demi effondrées. Or, sauf dans le domaine militaire (40% des dépenses militaires dans le monde), l’Amérique est en train de perdre son statut d’“hyperpuissance”. Pour la première fois, elle est battue à son propre jeu, à savoir le “libre marché” et l’internationalisation de la compétition. Une assez grande partie de la société qu’on croit si “vitale” et “dynamique” résiste mal à cette épreuve. Plus encore qu’ailleurs, la fracture est béante entre de grands gagnants de la mondialisation et des gens “largués”. En somme, le rêve américain est en panne. Le doute s’est instillé partout, jusque dans les foyers. Que faire pour s’en sortir? Les Américains ne sont plus sûrs de la réponse. Alors parfois, des parents sont même prêts à donner des amphétamines à leurs enfants, dès le CP, pour qu’ils obtiennent de bonnes notes. Dans la communauté noire, les aînés convaincus qu’il suffisait d’être honnête et laborieux, de «filer doux» pour réussir, sont moqués par une jeunesse qui se radicalise. Je vous donne un autre exemple de la panique ambiante: à la fin des années soixante, une large majorité d’Américains se déclarait très optimiste sur l’avenir multiracial du pays. En 2001, 70% des Noirs et 62% des Blancs pensaient encore que les relations avec l’autre communauté étaient bonnes. En 2016, avant l’élection de Donald Trump, ils n’étaient plus que 49% des Noirs et 55% des Blancs./p>

Comment l’expliquez-vous?/p>

La classe politique mais aussi les réseaux sociaux alimentent une vision catastrophiste et spectrale de la réalité. Chacun vit dans sa cave identitaire, sans vue sur l’extérieur et des faits relativement rares prennent une importance disproportionnée dès qu’ils sont massivement diffusés: quand la vidéo d’un homme noir abattu par la police pour avoir traversé en dehors des clous devient virale, le sentiment d’injustice est décuplé. Quand la nouvelle d’un enfant retrouvé assassiné dans les toilettes d’une station-service est commentée ad nauseam à la sortie de chaque école du pays, la peur du prédateur pédophile gagne les foyers. 60% des Américains sont convaincus que la criminalité augmente alors que, selon le FBI, le taux de crimes violents a chuté de 43% depuis 1993. Le danger réel diminue mais le sentiment être en danger augmente, ce qui incite au repli sur soi et sa communauté./p>

Dans votre livre «Vu en Amérique, bientôt en France», vous insistez sur «l’anxiété» qui ravage l’Amérique. Pourquoi cette anxiété est-elle si forte dans un pays qui est pourtant la première puissance économique de la planète? Comment se manifeste cette anxiété?/p>

L’un de mes voisins consulte chaque matin sur Internet une carte des crimes commis la veille près de chez nous. Résultat, il est convaincu que nous sommes cernés par des voyous et ne laisse plus son fils sortir. L’abondance de l’information disponible donne l’illusion du contrôle, alors qu’elle est en réalité le combustible d’une anxiété souvent paranoïaque. On croit pouvoir tout savoir, tout comprendre tout seul, on se méfie des experts et des intermédiaires – médecins, journalistes – dont la compétence nous rassurait auparavant. D’autres causes de l’anxiété sont la nécessité de s’adapter à des changements de plus en plus rapides, la désagrégation de la cellule familiale, la baisse de la religiosité, la précarisation de l’emploi ou encore l’obsession du risque zéro. Dans un pays riche, on finit par être beaucoup plus angoissé à l’idée que “quelque chose pourrait nous arriver” que dans un pays pauvre ou, objectivement, les risques encourus – de maladie, d’accident – sont infiniment plus élevés. 18% des Américains souffrent officiellement de troubles anxieux contre seulement 10% en France, où le chiffre est cependant en hausse. Vous verrez que la France va être gagnée par cette maladie: ce n’est pas un hasard si Christophe André, le pape de la lutte antistress, a publié 25 ouvrages qui ont été autant de best-sellers./p>

Cette anxiété se manifeste notamment par la prise massive de drogues, amphétamines et opiacées. Quelle est l’ampleur de ce phénomène? Est-il traité par les pouvoir publics?/p>

L’espérance de vie a diminué pour la seconde année consécutive aux États-Unis à cause d’une épidémie qui touche toutes les classes sociales: depuis 1999, 350 000 Américains sont morts d’une overdose d’opioïdes. Ces médicaments contre la douleur, efficaces et bon marché dans un pays où se soigner coûte très cher, ont été massivement prescrits pendant des années en dépit de leur fort potentiel addictif. En cause, une collusion avérée entre des laboratoires pharmaceutiques et des médecins rémunérés pour promouvoir leurs opioïdes, mais aussi la demande croissante des patients de ne pas avoir mal. Malgré les efforts des pouvoirs publics, l’épidémie n’a pas diminué en 2017: pour les trois millions d’accro aux opioïdes que comptent les États-Unis, il est facile de se procurer les pilules, importées de Chine, sur le Dark Web, l’internet caché./p>

Vous évoquez aussi le système ultralibéral qui régit le droit du travail. Les bons chiffres économiques des États-Unis (notamment ceux du chômage) masquent-ils une réalité sociale plus précaire?/p>

Je raconte le sort d’un employé qui enchaîne chaque jour deux pleins-temps, chez MacDo puis chez Burger King, mais est toujours si pauvre qu’il dépend des bons de nourriture de l’Etat. Autrement dit, le contribuable subventionne indirectement l’industrie du fast-food! La classe ouvrière et la classe moyenne américaine souffrent des répercussions d’un ultralibéralisme que, Bernie Sanders mis à part, les Démocrates n’ont jamais vraiment dénoncé, quand ils ne l’ont pas eux aussi encouragé. Leur langage de solidarité est sélectif — il cible certaines «communautés» au détriment d’autres – et hypocrite puisque ces élites tirent leur rente de situation d’une mondialisation débridée qui est à l’origine du malheur de leurs concitoyens. Or, quand on vient dire à un type qui se tue à la tâche sur un chantier mais n’a pas de quoi se payer le dentiste qu’il est un “blanc privilégié”, il ne faut pas s’étonner qu’il le prenne mal. Cela explique aussi, bien sûr, le succès de Donald Trump./p>

Un an après l’affaire Weinstein, comment analysez-vous l’impact de Me Too sur la société américaine?/p>

Sincèrement, je trouve que les relations entre hommes et femmes sont plus agréables en France qu’aux États-Unis. Metoo va sans doute aggraver la défiance qui existe déjà ici entre les deux sexes. D’ailleurs, MeToo n’a pas été initié par les féministes radicales. C’est le prolongement d’un mouvement amorcé depuis longtemps sur les campus américains et connu sous le nom de Title IX, nom d’une mesure adoptée en 1972 pour obliger les universités à financer à parts égales les équipes de sport féminines et masculines. Au fil des ans, son application s’est étendue à la lutte contre le harcèlement sexuel et les discriminations. Title IX a fait beaucoup pour l’égalité entre les sexes mais les meilleures intentions sont souvent perverties. La question du consentement, largement reprise par MeToo, l’illustre: est-il raisonnable, par exemple, qu’une femme puisse retirer son consentement après l’acte sexuel parce que, le lendemain, elle apprend que son partenaire lui a menti sur sa situation matrimoniale?/p>

Vous décrivez dans votre livre la puissance du féminisme radical américain. Le féminisme est-il devenu l’alternative au «trumpisme»?/p>

Dans un pays qui pointe à la 49e place mondiale en termes d’égalité professionnelle et où un cinquième des hommes pensent encore que les femmes feraient mieux de rester à la maison, je comprends l’activisme des féministes américaines. Et c’est vrai que depuis la Marche des Femmes à Washington en 2016, elles sont très en pointe dans la lutte anti-Trump. On l’a encore vu lors des élections il y a quelques jours. Vous n’imaginez pas cependant à quel point les féministes sont divisées. Les plus radicales ne cherchent pas à en finir avec le patriarcat mais à prendre leur revanche en instaurant le matriarcat. L’homme blanc de plus de 50 ans est la cible préférée de ces féministes, mais elles s’en prennent aussi aux femmes blanches, accusées de ne pas être suffisamment conscientes des privilèges «associés» à leur couleur de peau. Alors pour répondre à votre question: non, ce genre de féminisme, si l’on peut dire, n’est pas une alternative au trumpisme puisqu’il est lui aussi, une manifestation de la «fracturation identitaire» qui mine les États-Unis./p>

Voir également:

The Issues That Tore Us Apart
Victor Davis Hanson
National Review
November 6, 2018/

Our differences — on immigration, race, the role of work, the value of America itself — are intensifying.Slavery was the issue that blew up America in 1861 and led to the Civil War.

But for the 85 years between the nation’s founding and that war, it had seemed that somehow America could eventually phase out the horrific institution and do so largely peacefully.

But by 1861, an array of other differences had magnified the great divide over slavery. The plantation class of the South had grown fabulously rich — and solely dependent — on King Cotton and by extension slave labor. It bragged that it was supplying the new mills of the industrial revolution in Europe and had wrongly convinced itself that not just the U.S. but also Britain could not live without Southern plantations.

Federal tariffs hurt the exporting South far more than the North. Immigration and industrialization focused on the North, often bypassing the rural, largely Scotch-Irish South, which grew increasingly disconnected culturally from the North.

By 1861, millions of Southerners saw themselves as different from their Northern counterparts, even in how they sounded and acted. And they had convinced themselves that their supposedly superior culture of spirit, chivalry, and bellicosity, without much manufacturing or a middle class, could defeat the juggernaut of Northern industrialism and the mettle of Midwestern yeomanry.

Something similar to that array of differences is slowly intensifying America’s traditional liberal–conservative and Democratic–Republican divides.

I. Globalization

Globalization is accentuating two distinct cultures, not just economically but also culturally and geographically.

Anywhere industries based on muscular labor could be outsourced, they often were. Anywhere they could not be so easily outsourced — such as Wall Street, Silicon Valley, the entertainment industry, the media, and academia — consumer markets grew from 300 million to 7 billion. The two coasts with cosmopolitan ports on Asia and Europe thrived.

Perhaps “thrived” is an understatement. Never in the history of civilization had there been such a rapid accumulation of global wealth in private hands as has entered the coffers of Amazon, Apple, Facebook, Google, Microsoft, and hundreds of affiliated tech companies. Never have private research marquee universities had such huge multibillion-dollar endowments. Never had the electronic media and social media had such consumer reach. Never has Wall Street had such capital.

The result has been the creation of a new class of millions of coastal hyper-wealthy professionals with salaries five and more times higher than those of affluent counterparts in traditional America. The old working-class Democrat ethos was insidiously superseded by a novel affluent progressivism.

Conservationism morphed into radical green activism. Warnings about global warming transmogrified into a fundamentalist religious doctrine. Once contested social issues such as gay marriage, abortion, gun control, and identity politics were now all-or-nothing litmus tests of not just ideological but moral purity.

A strange new progressive profile supplanted the old caricature of a limousine liberal, in that many of the new affluent social-justice warriors rarely seemed to be subject to the ramifications of their own ideological zealotry. New share-the-wealth gentry were as comfortable as right-wing capitalists with private prep schools, expansive and largely apartheid gated neighborhoods, designer cars, apprentices, and vacations.

For the other half of America, cause and effect were soon forgotten, and a new gospel about “losers” (deplorables, irredeemables, crazies, clingers, wacko birds) explained why the red-state interior seemed to stagnate both culturally and economically — as if youth first turned to opioids and thereby drove industry away rather than vice versa.

Half the country, the self-described beautiful and smart people, imagined a future of high-tech octopuses, financial investments, health-care services, and ever more government employment. The other half still believed that America could make things, farm, mine, produce gas and oil — if international trade was fair and the government was a partner rather than indifferent or hostile.

II. Clustering

Cheap transportation and instant communications paradoxically made the country far more familiar and fluid, even as local and distinct state cultures made Americans far more estranged from one another. The ironic result was that Americans got to know far more about states other than their own, and they now had the ability to move easily to places more compatible with their own politics. Self-selection increased, especially among retirees.

Small-government, low-tax, pro-business states grew more attractive for the middle classes. Big-government, generous-welfare, and high-tax blue states mostly drew in the poor and the wealthy. Gradually, in the last 20 years, our old differences began to be defined by geography as well.

In the old days, the legacy of frontier life had made Idaho somewhat similar to Colorado. But now immigration and migration made them quite different. East versus West, or North versus South, no longer meant much. Instead, what united a Massachusetts with a California, or an Idaho with Alabama, were their shared views of government, politics, and culture, and whether they shared (or did not share) bicoastal status. The Atlantic and Pacific coasts were set off against the noncoastal states; Portland was similar to Cambridge in the fashion that Nashville and Bozeman voted alike. As was true in 1861 or 1965, geography often intensified existing discord.

III. Open Borders

The old consensus about immigration eroded, namely that while European and British commonwealth immigration was largely declining, it mattered little given that immigration from Latin America, Asia, and Africa would be diverse, meritocratic, measured — and legal.

The old melting pot would always turn foreigners into Americans. No one seemed to care whether new arrivals increasingly did not superficially look like most Americans of European descent. After all, soon no one would be able to predict whether a Lopez or a Gonzalez was a conservative or liberal, any more than he had been able to distinguish the politics of a Cuomo from a Giuliani on the basis of shared Italian ancestry.

Indeed, the professed views of Bill and Hillary Clinton, Joe Biden, Barack Obama, and Harry Reid before 2009 about illegal immigration were identical to those of Donald Trump in 2018: Secure the border; ensure that immigration was legal and meritocratic; deport many of those who had arrived illegally; and allow some sort of green-card reprieve for illegal aliens who had resided for years in the U.S., were working, and had no arrest record — all in exchange for paying a small fine, learning English, and applying for legal-resident status.

The huge influxes of the 1990s and 21st century — 60 million non-native residents (citizens, illegal aliens, and green-card holders) now reside in the U.S. — destroyed that consensus, once shared across the racial and ideological spectrum, from the late civil-rights leader and Democratic representative Barbara Jordan to labor leader Cesar Chavez.

Instead, a new opportunistic and progressive Democratic party assumed that the Latino population now included some 20 million illegal residents, and about that same number of first- and second-generation Hispanics. The 2008 Obama victory raised new possibilities of minority-bloc voting and seemed to offer a winning formula of galvanizing minority voters through salad-bowl identity-politics strategies. Purple states such as California, Colorado, Nevada, and New Mexico gradually turned blue, apparently due to new legions of minority-bloc voters.

One way of making America progressive was not just winning the war of ideas with voters, but changing the nature and number of voters, namely by welcoming in large numbers of mostly impoverished immigrants, assuring them generous state help, appealing to their old rather than new identities, and thereby creating a new coalition of progressives committed to de facto and perpetually open borders.

IV. The Salad Bowl

Racial relations deteriorated. Affirmative action was no longer predicated on the sins of slavery and Jim Crow and aimed at reparations in hiring and admissions for African Americans, often on the implicit rational of helping the poorer to enter the middle class.

Instead, “diversity” superseded affirmative action and eventually constituted an incoherent binary of white–non-white. Yet that divide could not be logically defined either by race (hence the anomalies of everything from Elizabeth Warren’s constructed minority identity to the nomenclature gymnastics of Kevin de León), or by economic or historical oppression, or by present income and wealth.

On entry to the U.S., affluent immigrants from Mumbai, poor arrivals from Oaxaca, Chilean aristocrats, or Taiwanese dentists would all be deemed “minorities” and courted as such by political operatives. Stepping foot on American soil equated with experiencing racism, and racism generated reparational claims of an aggrieved identity.

Of course, when a third of the country was now asked to self-identify in existential fashion and for self-interested purposes as non-white rather than incidentally as Americans of Punjabi, Arab, Mexican, African, or Chinese heritage, then it was natural that those who did not fit the racial arc that supposedly always bent to predetermined justice would began to shed their own once proud ethnic heritages as Americans of Irish, Armenian, Greek, or Eastern European descent. They’d likewise start to reactively see themselves as “white” — in a way that overshadowed their prior particular ethnic fides. We were well on our way to embracing an old but also quite new force multiplier of existing difference.

Increasingly, half the country views its history and institutions as inspirational, despite prior flaws and shortcomings, and therefore deserving of reverence and continuance. The other half sees American history and tradition as a pathology that requires rejection or radical transformation.

V. The Post-War Order

The world of post-1945 is coming to a close — after the end of the Cold War, the collapse of the Soviet Union, the unification of Germany, the creation of the European Union, the ascendance of a mercantilist and authoritarian China, and the post-9/11 rise of radical Islamic terrorism. Our closest NATO allies near the barricades of Russian aggression and radical Islam are the least likely of the alliance to prepare militarily. Yet Russia is a joke compared with the challenge of China. The European Union project is trisected by north-south financial feuding, east-west immigration discord, and Brexit — and the increasing realization that pan-European ecumenicalism requires more force and less democracy to survive than did the old caricatured nation-state.

The post-war rationales for American global leadership — we would accept huge trade imbalances, unfair trading agreements, often unilateral and costly interventions given our inordinate wealth and power and fears of another 1939 — no longer persuade half the nation.

The descendants of the architects of the old order were no longer able to make the argument that warplanes over Afghanistan, Iraq, or Libya were central to U.S. security, or at least in cost-to-benefit terms aided the United States. And it did not help that the classes who made the argument for American preemptory international interventions had few answers on how to deter Iran, challenge an aggressive China, or denuclearize North Korea; further, they appeared to have weird contempt for those Americans who were asked to pay the taxes and send their daughters and sons abroad to fight and sometime die for what seemed an increasingly ungrateful “other.”

The lesson of Iraq was about more than the wisdom or folly of that intervention. It was a warning that those who advocated optional wars might not always continue to support the war when it turned ugly and unpopular — and was deemed injurious to their own careers. That fact also turned half the country off on its leadership.

America is not isolationist, but an increasing number of its citizens sees overseas interventions as an artifact of globalization. Rightly or wrongly, they do not believe that the resulting rewards and costs are evenly distributed, much less in the interest of America as a whole.

It is now old-hat to say that the Detroit of 1945, at the time perhaps the world’s most innovative and ascendant city, now looks like Hiroshima or Hamburg of 1945, while Hiroshima and Hamburg of 2018 resemble the equivalent of 1945 Detroit. The point is not that the post-war order itself destroyed Detroit, but that Americans see something somewhere wrong when we helped rebuild the industrial cities of the world and crafted an order under which they thrived but in the process ignored many of our own.

Advice from Hippocrates 

The various ties that bind us — a collective educational experience, adherence to the verdict of elections, integration and assimilation, sovereignty between delineated borders, a vibrant popular and shared culture, and an expansive economy that makes our innate desire to become well-off far more important than vestigial tribalism — all waned. Entering a campus, watching cable news, switching on the NFL, listening to popular music, or watching a new movie is not salve but salt for our wounds.

In the absence of political, cultural, or social ecumenicalism, perhaps we can at least for now privately retreat to the old Hippocratic adage of “first, do no harm” to one another.

Voir de plus:

Our House Divided: Multiculturalism vs. America
Following Trump’s lead—and Lincoln’s.
Thomas D. Klingenstein
The American mind
November 4, 2018

Many conservatives did not see that Trump had framed the 2016 election as a choice between two mutually exclusive regimes: multiculturalism and America. What I call “multiculturalism” includes “identity politics” and “political correctness.” If multiculturalism continues to worm its way into the public mind, it will ultimately destroy America. Consequently, the election should have been seen as a contest between a woman who, perhaps without quite intending it, was leading a movement to destroy America and a man who wanted to save America. The same contest is being played out in the midterm elections.

I realize the term “multiculturalism” is somewhat dated, but I mean to freshen it up by using it in its most comprehensive sense—as a political philosophy. Multiculturalism conceives of society as a collection of cultural identity groups, each with its own worldview, all oppressed by white males, collectively existing within permeable national boundaries. Multiculturalism replaces American citizens with so-called “global citizens.” It carves “tribes” out of a society whose most extraordinary success has been their assimilation into one people. It makes education a political exercise in the liberation of an increasing number of “others,” and makes American history a collection of stories of white oppression, thereby dismantling our unifying, self-affirming narrative—without which no nation can long survive.

During the 2016 campaign, Trump exposed multiculturalism as the revolutionary movement it is. He showed us that multiculturalism, like slavery in the 1850’s, is an existential threat. Trump exposed this threat by standing up to it and its enforcement arm, political correctness. Indeed, he made it his business to kick political correctness in the groin on a regular basis. In countless variations of crassness, he said over and over exactly what political correctness prohibits one from saying: “America does not want cultural diversity; we have our culture, it’s exceptional, and we want to keep it that way.” He also said, implicitly but distinctly: the plight of various “oppressed groups” is not the fault of white males. This too violates a sacred tenet of multiculturalism. Trump said these things at a time when they were the most needful things to say, and he said them as only he could, with enough New York “attitude” to jolt the entire country. Then, to add spicy mustard to the pretzel, he identified the media as not just anti-truth, but anti-American.

Trump is a walking, talking rejection of multiculturalism and the post-modern ideas that support it. Trump believes there are such things as truth and history and his belief in these things is much more important than whether he always tells the truth himself or knows his history—which admittedly is sometimes doubtful.

His pungent assertion that there are “shithole” countries was an example of Trump asserting that there is truth. He was saying that some countries are better than others and America is one of the better ones, perhaps even the best. Multiculturalism says it is wrong to say this (as it was “wrong” for Reagan to call the Soviet Union “evil”). Trump is the only national political figure who does not care what multiculturalism thinks is wrong. He, and he alone, categorically and brazenly rejects the morality of multiculturalism. He is virtually the only one on our national political stage defending America’s understanding of right and wrong, and thus nearly alone in truly defending America. This why he is so valuable—so much depends on him.

His shortcomings are many and some matter, but under present circumstances what matters more is that Trump understands we are at war and he is willing to fight. In conventional times, Trump might have been one of the worst presidents we ever had; but in these most unconventional times, he may be the best president we could have had.

2016 and the Meaning of America

“If we could first know where we are, and whither we are tending, we could then better judge what to do, and how to do it.”

Most conservatives did not see Trump in 2016 as a man defending America. This was in large part because they did not see that America was in need of defending. What conservatives did see was Trump’s policies (which didn’t line up with conservative ones) and his character (which didn’t line up, period), and they concluded the country was nowhere near in bad enough shape, and Hillary Clinton not enough of a danger, to justify enthusiasm for a man so manifestly unfit for the role.

In what might be a case of everybody’s-out-of-step-but-me, many conservatives have concluded that if the electorate voted into office a man so obviously unfit to be president, there must be something wrong with the electorate.

I think the explanation for Trump’s victory is actually quite straightforward and literal: Americans, plenty of whom still have common sense and are patriotic, voted for Trump for the very reason he said they should vote for him, to put America first or, as his campaign slogan had it, “to make America great again”—where “America” was not, as many conservatives imagine, code for “white people.” In other words, the impulse for electing Trump was patriotic, the defense of one’s own culture, rather than racist./p>

In a thoughtful essay in the Spring of 2017 on the future of the conservative movement, Yuval Levin expressed the view, common among conservatives, that the country was in decent shape. He was puzzled therefore why a number of thinkers associated with the Claremont school held “that things almost could not be worse” and that it was therefore necessary “to mount a total revolution.”/p>

Levin and like-minded conservatives have matters backwards. Multiculturalism, not Trumpism, is the revolution. Trump’s campaign, and its defense by his intellectual supporters, was not a call for a revolution but a call to stop a revolution. Trump’s intellectual supporters did not say things could not get worse; they said without a sharp change in course there was a good chance we shall never get back home again./p>

Trump’s entire campaign was a defense of America. The election was fought not so much over policies, character, email servers, or James Comey, as it was over the meaning of America. Trump’s wall was not so much about keeping foreigners out as it was a commitment to a distinctive country; immigration, free trade, and foreign policy were about protecting our own. In all these policies, Trump was raising the question, “Who are we as a nation?” He answered by being Trump, a man made in America, unmistakably and unapologetically American, and like most of his fellow citizens, one who does not give a hoot what Europeans or intellectuals think./p>

Clinton, in the other corner, was the great disdainer, a citizen not of America but of the world: a postmodern, entitled elitist who was just more of Obama, the man who contemptuously dismissed America’s claim to being exceptional. What she called the “deplorables” were the “anti-multiculturalists.” She was saying, in effect, that she did not recognize the “deplorables” as fellow citizens, and they were, as far as she was concerned, not part of the regime she proposed to lead./p>

Perhaps Trump’s most effective answer to Clinton’s and the Democrats’ multiculturalism was his attacks on political correctness, both before and after the election. Trump scolded Jeb Bush for speaking Spanish on the campaign trail. He pointed out that on 9/11 some Muslims cheered the collapse of the twin towers. He said Mexico was sending us its dregs, suggested a boycott of Starbucks after employees were told to stop saying “Merry Xmas,” told NFL owners they should fire players who did not respect the flag, expressed the view that people from what he called “shitholes” (Haiti and African countries being his examples) should not be allowed to immigrate, exposed the danger of selecting judges based on ethnicity, and said Black Lives Matter should stop blaming others./p>

The core idea of each of these anti-P.C. blasts, when taken in aggregate, represent a commitment to America’s bourgeois culture, which is culturally “Judeo-Christian,” insists on having but one language and one set of laws, and values: among other things, loyalty, practical experience, self-reliance, and hard work. Trump was affirming the goodness of our culture. Odd as it may sound, he was telling us how to live a worthy life. Trump is hardly the ideal preacher, but in a society where people are thirsting for public confirmation of the values they hold dear, they do not require pure spring water. Even Trump’s crass statements objectifying women did not seem to rattle Trump women voters, perhaps because it did not come as news to them that men objectify women. In other words, Trump was being a man, albeit not the model man, but what mattered was that he was not the multicultural sexless man. A similar rejection of androgyny may have been at work in the Kavanaugh hearings./p>

It was only a generation or so ago that our elite, liberals as well as conservatives, were willing to defend America’s bourgeois culture, American exceptionalism, and full assimilation for immigrants. Arthur Schlesinger expressed his view of assimilation this way: the “American Anglo-Saxon Protestant tradition … provides the standard to which other immigrant nationalities are expected to conform, the matrix into which they are to be assimilated.” That meant giving up one’s home culture, not necessarily every feature and not right away, but ultimately giving up its essential features in favor of American culture. In other words, there are no hyphenated Americans./p>

Trump understands that “diversity is our greatest strength,” which is multiculturalism boiled down to an aphorism, is exactly backwards. America’s greatest strength is having transcended race, and the one major exception was very nearly our undoing. In light of this history, the history of the world (one “tribal” war after another), and the multicultural car wreck that is Europe today, to manufacture cultural diversity is nothing less than self-immolating idiocy. Trump might not put it in these words, but he gets it. The average American gets it too, because it is not very difficult to get: it is common sense./p>

Conservatives and Republicans are Complicit/p>

Trump’s strengths are his courage, his common sense, and his rhetoric. He gets to the essential thing, the thing that no one else will say for fear of being called a “racist” or “fascist” or one of the other slurs that incite the virtue-signaling lynch mob./p>

His “shithole” remark was one example. Another occurred in 2015 when Trump, after a terrorist attack, proposed a ban on all Muslims until “we figure out what the hell is going on.” Virtually everyone, the Right included, screamed “racism” and “Islamophobia.” Of course, to have defended Trump would have violated the multicultural diktat that Islam be spoken of as a religion of peace. But like Trump, the average American does not care whether Islam is or is not a religion of peace; he can see with his own eyes that it is being used as an instrument of war. When Muslim terrorists say they are doing the will of Allah, Americans take them at their word. This is nothing but common sense./p>

Trump’s attempt to remove District Judge Gonzalo Curiel from a lawsuit in which Trump University was the defendant, in part because of the judge’s Mexican ancestry, was another instance where cries of “racism,” from the Right every bit as loud as from the Left, substituted for common sense. It was thought absurd for Trump to claim the judge was biased because of his ethnicity, yet it was the elite’s very insistence in making ethnicity a factor in the appointment of judges that invited Trump to respond in kind. We make ethnicity an essential consideration and then claim ethnicity should not matter. That is not common sense./p>

Getting to the essential, commonsensical heart of the matter is the most important element of Trump’s rhetoric, but even his often cringeworthy choice of words sometimes advances the conservative cause. This is a sad reflection of the times, but these are the times we live in, and we must judge political things accordingly. When, for example, Trump mocked Judge Kavanaugh’s accuser, he was doing something else that only he can: taking multiculturalism, and its “believe all women” narrative, head on. We should continue to cringe at Trump’s puerility, but we should appreciate when it has value./p>

In each of these instances, when conservatives joined liberals in excoriating Trump, conservatives were beating up our most important truth teller. Conservatives and Republicans should be using these instances to explain America and what is required for its perpetuation. In the examples listed above, they should have explained the importance of having one set of laws, full assimilation, and color blindness; the incompatibility of theocracy with the American way of life; that under certain circumstances we might rightly exclude some foreign immigrants, not because of their skin color but because they come from countries unfamiliar with republican government. Instead conservatives are doing the work of the multiculturalists for them: insinuating multiculturalism further into the public mind. Conservatives have, without quite realizing it, agreed to play by the multiculturalist’s rules and in so doing they have disarmed themselves; they have laid down on the ground their most powerful weapon: arguments that defend America./p>

The Kavanaugh Hearings: Multiculturalism at Work /p>

In exposing the dangers of multiculturalism, Trump exposed its source: radical liberal intellectuals, most of whom hang about the humanities departments (and their modern day equivalents) at our best colleges and universities, where they teach the multicultural arts and set multicultural rules. And from the academy these ideas and rules are drained into the mostly liberal, mostly unthinking opinion-forming elite who then push for open borders, diversity requirements, racism (which somehow they get us to call its opposite), and other aspects of multiculturalism./p>

Multicultural rules were in full force in the Kavanaugh hearings. Armed with the chapter of the multicultural creed that covers “male oppression of women,” Democrats could attack Kavanaugh with accusations conjured out of nothing. At the same time, multicultural rules required Republicans to fight with one hand behind their backs: they were forced to allow a case with no basis to go forward, could not attack the accuser, and had to use a woman to question her. Republicans reflexively accepted their assigned role as misogynists (and would have been accepting the role of racists had the accuser been black). True, Republicans had no choice; still when one is being played one needs to notice./p>

Had Trump tweeted, “I don’t give a rat’s ass about the sex or color of the questioner,” I suspect the majority of Americans would have applauded. After all, that is the American view of the matter. It’s not the average American who requires a woman questioner or a black one. We know that because Trumpsters have told us. It’s not typically the parents in our inner-city schools who demand teachers and administrators with skin color that matches that of their children. It’s not ordinary Mexican immigrants who are agitating to preserve their native culture. It’s the multiculturalists./p>

Multicultural rules flow from multiculturalism’s understanding of justice, which is based not on the equality of individuals (the American understanding) but on the equality of identity groups oppressed by white males. In the Kavanaugh hearings, the multiculturalists did not see a contest between two individuals but rather between all women who are all oppressed and all white men who are all oppressors. Americans claimed the multiculturalists violated due process and conventional rules of evidence, but from the multiculturalists’ perspective what Americans saw as violations were actually multiculturalism’s understanding of due process and rules of evidence. Americans were seeing a revolution in action./p>

We now find ourselves in a situation not unlike that which existed before the Civil War, where one side had an understanding of justice that rested on the principle of human equality, while the other side rested on the principle that all men are equal except black men. One side implied a contraction and ultimate extinction of slavery; the other, its expansion. It was a case of a ship being asked to go in two directions at once. Or to use Lincoln’s Biblical metaphor, “a house divided against itself cannot stand.” Lincoln did not mean that the country could not stand part free and part slave. It could, as long as there was agreement that slavery was bad and on the road to extinction. But once half the country thought slavery a good thing and the other thought it a bad thing the country could no longer stand. It was the different understandings of justice that were decisive because when there are two understandings of justice, as in the Civil War and now, law-abidingness breaks down. In the Civil War, this resulted in secession. Today, this results in sanctuary cities and the “resistance.” To get a sense of how close we are to a complete breakdown, imagine that the 2016 election, like the Bush-Gore election, had been decided by the Supreme Court. One shudders to think./p>

“What to do, and How to do it.”/p>

Conservatives have been dazed by Trumpism. Even those conservatives who now acknowledge that Trump has accomplished some good things are not certain what is to be learned from Trumpism that might inform the future of the conservative movement./p>

The lesson is this: get right with Lincoln. He made opposition to slavery the non-negotiable center of the Republican party, and he was prepared to compromise on all else. Conservatives should do likewise with multiculturalism. We should make our opposition to it the center of our movement. Multiculturalism should guide our rhetorical strategy, provide a conceptual frame for interpreting events, and tie together the domestic dangers we face. We must understand all these dangers as part of one overarching thing./p>

This approach, however, will not work unless conservatives begin to think about politics like Lincoln did. That they do not may explain why so many of them missed the meaning of the 2016 election. This topic is complex but I think it comes down to this: As compared to Lincoln’s thinking about politics, conservative thinking tends to be too narrow (i.e., excludes too much) and too rigid./p>

What for Lincoln was the single most important political thing—the public’s understanding of justice—many of today’s conservatives think not important at all. It should not then be surprising why they missed, or underappreciated, the political dangers of multiculturalism with its assault on the American understanding of justice. Having missed or underappreciated multiculturalism, conservatives could not see that those attributes of Trump that in conventional times would have been disqualifying were in these times just the ones needed to take on multiculturalism. Trump was not a conventional conservative, yet his entire campaign was about saving America. This is where conservatism begins./p>

Education is another area that conservatives believe is less politically important than Lincoln did. Conservatives must relearn what Lincoln knew, and what, until the mid-twentieth century, our universities and colleges also knew: the purpose of higher education, in particular elite higher education, is to train future citizens on behalf of the common good. If the elite universities are promoting multiculturalism, and if multiculturalism is undermining America, then the universities are violating their obligation to the common good no less than were they giving comfort to the enemy in time of war. In such a case, the government, the federal government if need be, can rightfully impose any remedy as long as it is commensurate with the risk posed to the country and is the least intrusive option available./p>

Reorienting the conservative movement is a formidable undertaking, but we have a few big things in our favor: for starters, most of the country, including many who are not Trumpsters, appear to object to multiculturalism and its accompanying speech codes. In addition, multiculturalism, as with abolition, has the potential to energize the conservative movement. Conservatives, who are in the business of conserving things, come to life when there is something important to conserve because this allows them to stake out a very distinctive and morally powerful position with enough room to accommodate a broad coalition. In this case, that really important “something” is our country./p>

Thomas D. Klingenstein is a principal in the investment firm of Cohen, Klingenstein, LLC and the chairman of the Board of Directors of the Claremont Institute./p>

Voir par ailleurs:

Le tourisme maternel en plein essor aux Etats-Unis
Virginie Robert
Les Echos
20/04/2011

Le passeport américain fait toujours des envieux. Si l’on en croit une enquête publiée par le « New York Times « , obtenir le fameux document bleu marine serait même devenu une activité économique comme une autre. Les autorités viennent de fermer une sorte de maternité clandestine abritée dans une maison de San Gabriel (Californie). S’y rendaient des femmes chinoises prêtes à payer des milliers de dollars pour y accoucher. Entrées avec leur visa de touriste, elles repartaient ensuite dans leur pays, leur bébé américain sous le bras. Car, aux Etats-Unis, le 14eamendement de la Constitution accorde la nationalité à tout enfant né sur le territoire.

Le « tourisme maternel  » se développe ainsi depuis la Chine, la Corée du Sud et le Mexique. Des annonceurs vendent des forfaits qui incluent le voyage, le séjour et les soins médicaux. Les dernières statistiques disponibles de 2008 font part de 7.462 bébés nés de parents étrangers résidant aux Etats-Unis, ce qui est peu au regard des 4,3 millions de naissances enregistrées cette année-là. L’empressement à donner la nationalité américaine à un enfant qui, a priori, ne vivra pas aux Etats-Unis est perçu comme une sorte d’assurance sur l’avenir : il pourra lui-même la demander, à 21 ans, pour ses parents. Mais contrairement à des enfants de clandestins, qui vivent sur place et qui finiront par s’intégrer, les enfants nés du tourisme maternel demeureront, a priori, totalement étrangers à la civilisation américaine.

La prééminence du droit du sol aux Etats-Unis est aujourd’hui contestée par ceux qui ne supportent plus les flux d’immigration clandestine. En Arizona, les législateurs de l’Etat ont déposé un projet de loi qui nierait la nationalité américaine à des enfants nés de parents sans papiers. Même s’il peut être contesté au niveau fédéral, ce texte n’en est pas moins un indice de la montée de la xénophobie aux Etats-Unis.

Voir aussi:

L’assistante sociale dont les signalements ne mènent à rien
Il y a neuf mois, Patricia, assistante sociale dans une ville de Seine-Saint-Denis (93) a fait un burn-out.
Marie Vaton
Le Nouvel Obs
08 novembre 2018

Ça se passe dans une ville moyenne de Seine-Saint-Denis (93), limitrophe de Paris. Une petite fille de huit ans pleure à la fin des cours. La maîtresse vient la voir, la console, l’interroge. La petite ne parle pas. L’institutrice s’inquiète, insiste. Elle sent bien que quelque chose ne va pas./p>

Un jour, l’enfant finit par lui dire qu’elle souffre. Elle a mal parce que sa mère la frappe quotidiennement. La maîtresse fait ce qu’elle est censée faire : elle en informe sa hiérarchie./p>

Tout le dispositif de la protection de l’enfance se met alors en branle : l’école fait un signalement à l’organisme chargé de recueillir les informations préoccupantes pour l’enfance en danger, la Cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP). La CRIP transmet ensuite cette information aux professionnels médicaux-socio afin qu’ils puissent prendre la mesure de la situation : concrètement, rendre visite à la famille de l’enfant pour évaluer le danger et proposer une mesure de placement d’urgence le cas échéant.

Rien ne s’est passé

Si tout s’était passé comme prévu, la PMI (Protection maternelle et infantile), les travailleurs sociaux et les éducateurs de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) se seraient réunis pour réfléchir ensemble à la meilleure façon de protéger la fillette. Peut-être aurait-elle été placée, du moins temporairement. Peut-être aurait-on proposé une aide psychologique à ses parents. Mais ça ne s’est pas passé comme prévu. Rien ne s’est passé en réalité./p>

Depuis le signalement, aucune visite familiale n’a été programmée, aucune médiation proposée, aucune mesure décidée. Non par manquement professionnel mais par manque de personnel chez les professionnels de la petite enfance./p>

C’était il y a un an. Depuis, comme tous les après-midis, la petite fille rentre chez ses parents après l’école. Et tous les matins, sa maîtresse fait semblant de ne pas voir les bleus qui recouvrent sa peau.

Les « familles 115 »

Des histoires comme celle de cette petite fille, Patricia* en entend tous les jours. Elle a 55 ans et se décrit comme une assistante sociale « à l’ancienne ». Formée il y a 25 ans par des humanistes passionnés, dévoués, enthousiastes, à une époque où « ce métier avait encore un sens », dit-elle.

Il y a neuf mois, elle a fait un burn-out.

« Parce qu’il n’y a rien de pire que de recevoir de la souffrance et de ne pouvoir rien faire, pour nous les travailleurs sociaux qui dédions notre vie professionnelle à accompagner les gens. »Elle raconte que son travail a commencé à se dégrader il y a dix ans environ. « Avant, on pouvait mener des actions collectives, nous étions encore entendus par le gouvernement », dit-elle. Mais aujourd’hui, « les familles viennent nous voir avec des problématiques multiples qu’il nous est devenu impossible de résoudre seuls ».

Au cœur de la détresse sociale du 93, le plus pauvre de France, Patricia voit le même scénario se répéter depuis quelques années : coup dur, perte d’emploi, chômage, dettes qui s’accumulent et, in fine, des familles entières qui ne peuvent plus payer leur loyer et se retrouvent à la rue du jour au lendemain.

Celles-là, Patricia et ses collègues les appellent les « familles 115 » :

« Parce que numéro pour les signaler au Samu social est saturé continuellement. Et qu’il n’y a souvent pas d’autres solutions que de les envoyer aux urgences de l’hôpital pour qu’elles aient un toit pour la nuit. »

Des délais de traitement qui ont triplé

« Avant, insiste Patricia, on avait des relais dans les administrations, comme la CAF, pour les cas urgents comme ceux-là, on était écouté, estimé ». Mais depuis quatre ans, « tout l’administratif est dématérialisé avec des délais de traitement qui ont triplé depuis quatre ans ».

Alors que dire à un vieux monsieur qui touche moins de 800 euros de retraite par mois et n’arrive plus à payer son loyer parce que ses allocations de solidarité ne sont toujours pas arrivées après un an d’attente ? Que répondre à une maman qui a besoin d’une aide financière en urgence parce qu’elle n’a plus de quoi faire les courses pour manger alors qu’il faut minimum deux mois pour faire valider une telle demande ?

Avant de partir en congé maladie, Patricia a reçu une mère de famille en détresse, avec trois enfants à charge.

« La mère soupçonnait sa fille de 15 ans d’être rentrée dans la prostitution après avoir retrouvé dans sa chambre une carte électronique d’un hôtel miteux. Elle a écrit elle-même au juge en expliquant la situation, expliquant qu’elle ne s’en sortait pas et qu’elle avait besoin d’une aide socio-éducative. »Le juge a traité sa demande et ordonné une mesure éducative… qui n’a toujours pas été suivie d’effets, faute de personnel suffisant dans l’organisme de protection de l’enfance pour suivre son dossier.

« Vous vous rendez compte ? Il a fallu que le juge prolonge sa mesure pour espérer qu’elle soit un jour appliquée ! »

Hiérarchie obsédée par les chiffres

Patricia n’est pas la seule assistante sociale à avoir craqué. Dans son service, les arrêts maladie se sont multipliés ces dernières années.

« Tous les matins, on se demandait laquelle de nous se mettrait à pleurer la première dans l’open space. »Ce qu’elle raconte, c’est ce qui se passe « dans tous les départements de France, dans tous les services de protection sociale », selon elle : une hiérarchie « obsédée par l’idée de faire du chiffre, qui nous demande de recevoir les familles à la chaîne, mais ne nous donne pas le temps ni les moyens de les aider ».

Une direction « sourde et aveugle », « qui ne cesse de répéter mécaniquement qu’il faut de faire plus et mieux avec moins », au point d’en arriver à des restrictions de budget aussi absurdes que stupides, « comme celles de devoir se fournir soi-même en feuilles, crayons et post-it ».

Un jour, Patricia a fait un signalement sur une mère toxique, probablement atteinte du syndrome de Münchhausen.

« J’ai mené mon enquête pendant plusieurs mois et j’ai préconisé un placement parce que l’enfant était en danger. Persuadée que son petit de trois ans était atteint d’une grave maladie, sa mère lui avait fait faire des dizaines d’examens inutiles dans tous les hôpitaux d’Île-de-France ! »Quand elle a soumis son dossier à son supérieur, ce dernier a levé un sourcil, refusant la demande de placement au prétexte qu’il ne faut pas séparer la mère de l’enfant :

« Il n’avait même pas lu mon enquête. »

Intoxiqués au plomb

Patricia ne s’est pas découragée et a fait comme d’habitude : elle a continué malgré tout à prendre le temps de recevoir correctement les personnes, d’assurer un suivi de qualité sur la durée. Comme cette mère, victime de violences conjugales importantes, qu’elle recevait régulièrement depuis 2009.

« Après s’être réfugiée un temps chez sa sœur, cette dame a réussi à trouver un petit deux-pièces insalubre pour elle et son fils qu’elle payait tout de même 750 euros. »Patricia a tout fait pour faire avancer son dossier de demande de logement social. Peine perdue.

« Neuf ans plus tard, elle n’a toujours aucune nouvelle de sa demande de logement social. Et entre-temps, elle et son fils ont été gravement intoxiqués au plomb dans leur appartement. »

« Dernier rempart humain »

En février dernier, Patricia a fini par jeter l’éponge, épuisée, dégoûtée. « C’est comme ça », se désole-t-elle :

« Les pauvres, tout le monde s’en fout. Contrairement à ce qui se passe dans les hôpitaux, ils ne menacent pas notre système de santé. »Elle dit que si les travailleurs sociaux sont sacrifiés, c’est que leur travail touche à l’essence même de ce qui terrifie la plupart des gens de la classe moyenne : la dégringolade brutale, la mise au ban sociale, le déclassement./p>

« Pourtant, nous sommes le dernier rempart humain avant la grande bascule et les garde-fous de la paix sociale. »A force de grignoter sur ce bien commun, elle prédit que bientôt, il ne restera plus grand-chose d’humain au pays des droits de l’homme :/p>

« On va se retrouver avec des émeutes sociales monstres comme aux Etats-Unis, et ce sera trop tard pour réagir. »

*Le prénom a été changé.

Voir par ailleurs:

Hillbilly elegist JD Vance: ‘The people calling the shots really screwed up’

The writer talks about elitism, the American underclass — and why his ‘Mamaw’ would have sympathised with Trump
Shawn Donnan
The Financial Times

The first rule of Lunch with the FT is that there must be lunch. So I am somewhat unnerved when I walk into Hadley’s Bar + Kitchen, which JD Vance, hillbilly bard and venture capitalist, has nominated as the venue for a late lunch. Vance is already sitting in a booth with a colleague and his son. More importantly, he is diving enthusiastically into a mountain of french fries and chicken wings.

“Are you the guy from the FT?” he asks when he spots me, wiping his chin and standing up to shake hands. We exchange pleasantries, and I venture that we’re supposed to be having lunch. He smiles, pleads hunger, and asks for a few more minutes to wrap things up. So I repair to the empty bar, where I study the menu and chat to a friendly bartender who is effusive about the restaurant’s beer-battered avocado tacos.

Hadley’s is emblematic of the sort of refashioned, Americana-laden eateries that you find increasingly in heartland cities such as Columbus, Ohio, where Vance is in the process of moving with his family. Think of it as a millennial-supervised remake of the American diner. The menu is heavy on reasonably priced burgers but loaded with urbanite flourishes (“Vegan Club Sandwich with heirloom tomatoes”) and improbably named craft beers (“Barley’s Blood Thirst”). Monday was “Vegan Monday”. Today is “Taco Tuesday”, and with $3 tacos on offer, the bill looks like a bargain.

Before there was Fire and Fury, Michael Wolff’s gossipy insider account of Donald Trump’s first year in office, arguably the most talked-about work of the Trumpian era was Hillbilly Elegy, Vance’s bestselling memoir of growing up in the heart of deindustrialised America. The book turned the 33-year-old into a national figure in the US, as the spokesman cum anthropological explainer for the downtrodden people of rural Appalachia — his family’s ancestral home — and small-town, rust belt Ohio, where he was raised. In the countdown to Trump’s election in November 2016, it was hailed as a handbook to the frustrations of the millions of voters in the white American underclass.

Vance depicts his family with deep affection, but Hillbilly Elegy also offers a clear-eyed critique of his clan’s violent and dysfunctional ways. Vance gives an unforgiving portrait of his mother, who struggled with heroin addiction; in one terrifying incident when he was 12, she got behind the wheel in a drug-induced haze, and threatened to drive the car off the road and kill them both. And all morning I’ve been thinking of “Uncle Pet”, the relative Vance introduces early in his book by recounting the time he almost skinned a man with an electric saw for insulting his mother. I’ve also been mulling Vance’s own frank confessions of his inherited Scots-Irish temper and his pugilistic social media persona and wondering what to brace for from this supposed whisperer of Trumpians.

The man who eventually sits down across from me has the conservative appearance of a politician from middle America — and behaves like one. He is wearing a dark grey suit and pressed blue shirt and tie. He is also studiously polite. If there is an inverse of the hillbilly stereotype, this is it.

The sober mien isn’t accidental. Vance features heavily in Republican discussions in Ohio. He has twice explored and decided against a run for the US Senate in the past year, although senior Republicans pressed him to jump in. When he was first considering his options last summer, Vance tells me, he and his wife decided they “would be miserable” if he pursued it. “The more I thought about it, the more I thought, if I go ahead and do this, given where my family is right now, I’m actually a bad person.”

Like so many Americans before him, Vance’s escape route from poverty came via the military. He served in Iraq before going to Yale Law School and then completed a meteoric rise with a stint in Silicon Valley. As a rising star in venture capital circles, he worked for the entrepreneur and one-time outspoken Trump supporter Peter Thiel. There is a whiff of the metropolitan elite about his life today: he now travels the country giving speeches and working with investor Steve Case, the AOL co-founder.

Yet we are meeting in Columbus, the capital of Ohio, because Vance has made a deliberate choice to move with his family to low-key middle America, far from the coastal metropolises most people with his qualifications choose to inhabit. Middletown, the former factory town where he was raised largely by his maternal grandmother (“Mamaw” to his readers), is less than two hours away by car. Jackson, Kentucky, spiritual mountain home to the Vances, is four hours away. “I’ve basically been homesick ever since I left for [Marines] boot camp,” he says. “It’s always been this process of ‘When do I go back?’ ”

Vance has bigger expectations for his return, too. If Hillbilly Elegy was about documenting the broken parts of America, his goal now is to find fixes. He has already established a non-profit to address issues raised by the opioid crisis ravaging many communities. But the move to Columbus also looks like a bit of pragmatic branding. Much of his appeal, beyond his storytelling talents, lies in the intersection of several attributes: his sense of place; his loyalty to what before 2016 was often a forgotten demographic; and his status as a dedicated conservative who is critical of both Trump and his Republican party as well as opposition Democrats. Without a move home, it’s not hard to imagine Vance losing relevance.


We order: fish tacos for him and one of the same for me, paired with a deep-fried avocado taco. We pass on beer and both order Diet Cokes. Vance’s criticism-for-all ethos has already prompted a backlash from the left and the right. The left-leaning New Republic has dubbed him a “false prophet” for the white working-class. Some Republicans in Ohio mock him in private for what they see as his naked political ambition.

The truth is that his politics are complicated. A year into Trump’s presidency, Vance still has an ambivalent view of the man, melding awe and discomfort. “He is one of the few political leaders in America that recognises the frustration that exists in large parts of Ohio, Pennsylvania, eastern Kentucky and so forth,” Vance says. He has been and remains critical of Trump’s dog-whistle politics related to race and immigration. And he is sceptical about the president’s long-term strategy. “The part that is forward-looking and answers the question ‘What do we do now?’ — it’s just not there yet.”

Vance is more scathing still when he discusses a broader Republican party that he sees as intellectually ossified. It cleared the way for Trump, he argues, by blindly pushing an agenda of Reaganesque trickle-down economics and engaging in misplaced military adventures in the years before the real estate developer’s brash arrival.

“I wasn’t as critical of my party in 2016 as I was the person,” he says. “But when I look at tax reform, when I look at healthcare reform, I see Trump as the least worrisome part of the Republican party’s problem, which is that we are basically living in the 1980s. We are constantly trying to resurrect domestic policies from the 1980s.”

Such as? “Let’s cut taxes for the wealthy! Let’s cut the social safety net! . . . The fundamental thesis that underlined basic Republican policies in the early 1980s, which is right, is that you had an economy which was simultaneously stagnating and experiencing high inflation. I don’t think the primary problem facing the American economy right now is that. It is that the opportunities that are out there require an adjustment in skills, an adjustment in training . . . And if that’s the problem, I don’t necessarily see how unleashing tax cuts for the wealthy . . . ” Vance trails off as our food arrives. The tacos are small enough that I immediately order another.

In the end Vance did not vote for Trump. He voted for Evan McMullin, the conservative independent, instead. But he still has a charitable view of the man who has blown up the norms of American political discourse. That is partly because Vance believes that Trump’s crudeness — and what he sees as the prudish response it elicits from city elites — was vital to the president’s appeal in places such as Appalachia.

Mamaw would not have voted for Trump, had she been alive, because of his history as a philanderer. Yet “the vulgarity that turns a lot of people off, Mamaw would have appreciated and thought was hilarious”. His grandfather was a life-long Democrat, although he voted for Ronald Reagan in 1984. “I think, like a lot of folks, he would have voted against Hillary Clinton,” says Vance. “That sort of condescending elitism that the Clinton campaign came to represent would have turned my grandfather off.”

By this point I have bitten into my deep-fried avocado taco. While everything around it — the cabbage slaw and black bean and corn salsa — is delicious, the avocado itself is a flavourless mush.

The top-down condescension that he found so aggravating in 2016 remains alive and well in American politics, Vance argues. “The elite Republican view of why people voted for Donald Trump is that Trump voters are stupid. I think the elite Democratic view is that Trump people were bigoted and immoral. And that’s probably still very much reflected in popular culture,” he says, picking at his fish tacos.

I point out that based on his Ivy League résumé, profession and accomplished spouse — he met his wife Usha at Yale and she is currently clerking for the chief justice of the US Supreme Court — he has become a card-carrying member of the very elite he scorns. Vance laughs. “I react viscerally to this idea that I am a member of the elite, even though it’s objectively true.”

Becoming a father has made him consider this question more seriously. The arrival of his son helped him to reconcile with his now-clean mother, and Vance says he feels an urgent need to make sure his child understands his own impoverished roots.

“My greatest fear, within that context, is that, in 18 years, will [my son] feel more comfortable around our law school classmates — or will he feel more comfortable around people like my grandma? I want him to feel more comfortable around people like my grandma. But my intuition is that is going to take a lot of work,” Vance says.

In Sun Valley, Idaho, last summer with his wife and then four-week-old son for the annual Allen & Co media conference, he found himself perplexed by his luxurious surroundings. “There is this level of comfort that, I think, is completely weird,” he says. “I understood for the first time what the Bible means when it talks about the difficulty of a rich man entering Heaven. It’s really tough to be a virtuous person when everyone is constantly taking care of you.”

Discomfort is also a theme when Vance talks about Silicon Valley. In the years that he lived there, he says, he found the relentless optimism jarring. “There are a lot of entrepreneurs [in Silicon Valley] developing the next app for clothes shopping who say, not ironically, that ‘we are changing the world’. You’re not changing the world. The guy that’s developing a new therapy that’s non-opioid analgesic pain relief? That guy’s changing the world. He’s going to save thousands of lives.”


His new life in Columbus is built around a belief that many of the entrepreneurs in cities in the American heartland don’t have the access to risk capital that they deserve. He works for Revolution, Steve Case’s venture capital firm, on a campaign called “Rise of the Rest” that is intended to fill the gap. Already he has found companies to invest in, like one in Indianapolis that makes cheap home tests to allow people to check for lead in their water. Vance also embraces wholeheartedly Case’s vision of a looming “third wave” of technological change that is more industrial and about “hard tech”. Much of that wave of innovation, he believes, will come out of America’s traditional industrial centres and universities rather than places such as Silicon Valley. His faith goes beyond the future of American industry. God is a growing theme in his personal life, too. He is in the process of converting to Catholicism and mulling a book on “Christianity and social capital”, which he describes as an exploration of the role of religious institutions in society viewed through his own personal story.

Just as he is explaining that, we are interrupted by our desserts. We have each ordered what turn out to be towering milkshakes, and we share a moment of awe when they arrive.

I’m curious about the future he sees for poor white Americans. Amid all the studies of rising mortality rates and a growing drug crisis fuelled by prescription opioids, isn’t he pessimistic?

“No,” he answers. “I’d say I’m a short-term realist, a long-term optimist. I do really believe in the power of identification and recognition. We’re in this period where everyone is starting to wake up, whether it’s because they know someone who has just had a heroin overdose or whether they are a policy expert and they have read this paper by [Nobel laureate] Angus Deaton [and his wife and fellow economist Anne Case] about dying in poor white America . . . That recognition gives me a lot of optimism.”

And what of America? His book is often grouped into a genre you might call “American decline” that covers predictions of everything from the end of the American dream to the crumbling of the postwar international order. “I do think that whatever is happening right now is really transformational and the postwar order is probably going to have to change in some fundamental way,” he says. “But I am still an optimist on that front. I think that my theory for what is happening is not that classical liberalism has failed. It’s not that western democracy has failed. It’s not that the postwar consensus has failed. It’s that the people who have been calling the shots for 20-30 years really screwed up.”

“So you’re still optimistic about America?” I ask.

“I am. I am. You just have to be. I don’t want to be one of those people who thinks the next 50 years are going to be a story of decline.”

That feels like a rare bit of optimism in a polarised America, I think as I pay the bill. In a country where vitriol rules, Vance is remarkably sanguine. America, he seems to be saying, will comfortably survive Donald Trump.

Shawn Donnan is the FT’s world trade editor


Cinéma/First man: Look what they’ve done to my flag, Ma ! (First postnational hero: why can’t Lalaland recognize a true American hero when it sees one ?)

23 octobre, 2018
Condamner le nationalisme parce qu’il peut mener à la guerre, c’est comme condamner l’amour parce qu’il peut conduire au meurtre. C.K. Chesterton
Deliverance did for them [North Georgians] what ‘Jaws’ did for sharks. Daniel Roper (North Georgia Journal)
The movie, ‘Deliverance’ made tourist dollars flow into the area, but there was one memorable, horrifying male rape scene that lasted a little more than four minutes, but has lasted 40 years inside the hearts and minds of the people who live here. CNN
Il n’y a pas d’identité fondamentale, pas de courant dominant, au Canada. Il y a des valeurs partagées — ouverture, compassion, la volonté de travailler fort, d’être là l’un pour l’autre, de chercher l’égalité et la justice. Ces qualités sont ce qui fait de nous le premier État postnational. Justin Trudeau
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme ans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Hussein Obama (2008)
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton (2016)
On vous demande une carte blanche, et vous salissez l’adversaire, et vous proférez des mensonges. Votre projet, c’est de salir, c’est de mener une campagne de falsifications, de vivre de la peur et des mensonges. La France que je veux vaut beaucoup mieux que ça. Il faut sortir d’un système qui vous a coproduit. Vous en vivez. Vous êtes son parasite. L’inefficacité des politiques de droite et de gauche, c’est l’extrême droite qui s’en nourrit. Je veux mener la politique qui n’a jamais été menée ces trente dernières années. Emmanuel Macron (2017)
Les démocrates radicaux veulent remonter le temps, rendre de nouveau le pouvoir aux mondialistes corrompus et avides de pouvoir. Vous savez qui sont les mondialistes? Le mondialiste est un homme qui veut qu’il soit bon de vivre dans le monde entier sans, pour dire le vrai, se soucier de notre pays. Cela ne nous convient pas. (…) Vous savez, il y a un terme devenu démodé dans un certain sens, ce terme est « nationaliste ». Mais vous savez qui je suis? Je suis un nationaliste. OK? Je suis nationaliste. Saisissez-vous de ce terme! Donald Trump
La NFL et CBS voulaient vraiment Rihanna pour l’année prochaine à  Atlanta. Ils lui ont fait l’offre, mais elle a dit non à cause de la polémique sur le genou au sol. Elle n’est pas d’accord avec la position de la NFL. Proche de la chanteuse Rihanna
Je sais que ça ressemble à un sacrifice de privilégiée, mais c’est tout ce que je peux faire. Frapper la NFL au niveau des annonceurs, c’est le seul moyen de leur faire vraiment mal. Je sais que s’opposer à la NFL, c’est comme s’opposer à la NRA (une association américaine qui fait la promotion des armes à feu, ndlr). C’est très dur, mais vous ne voulez pas être fier de votre vie? Amy Schumer
Car les yeux du monde sont dorénavant tournés vers l’espace, vers la Lune et les planètes au-delà, et nous avons fait le serment de ne pas voir cet espace sous le joug d’un étendard hostile et spoliateur, mais sous la bannière de la liberté et de la paix. Nous avons fait le serment de ne pas voir l’espace envahi par des armes de destruction massive, mais par des instruments de connaissance et de découverte. Cependant, les promesses de cette nation ne pourront être tenues qu’à l’impérieuse condition que nous soyons les premiers. Et telle est bien notre intention. En résumé, notre suprématie dans le domaine scientifique et industriel, nos espoirs de paix et de sécurité, nos obligations envers nous-mêmes et envers les autres, tout cela exige de nous cet effort ; afin de percer ces mystères pour le bien de l’humanité toute entière et devenir la première nation au monde à s’engager dans l’espace. Nous levons les voiles pour explorer ce nouvel océan, car il y a de nouvelles connaissances à acquérir, de nouveaux droits à conquérir, qui doivent être conquis et utilisés pour le développement de tous les peuples. Car la science spatiale, comme la science nucléaire et toutes les technologies, n’a pas de conscience intrinsèque. Qu’elle devienne une force bénéfique ou maléfique dépend de l’homme et c’est seulement si les États-Unis occupent une position prééminente que nous pourrons décider si ce nouvel océan sera un havre de paix ou un nouveau champ de bataille terrifiant. John Kennedy (12.09.1962)
In the end it was decided by Congress that this was a United States project. We were not going to make any territorial claim, but we were to let people know that we were here and put up a US flag. My job was to get the flag there. I was less concerned about whether that was the right artefact to place. I let other, wiser minds than mine make those kinds of decisions. Neil Armstrong
C’est de la folie totale. Et un mauvais service rendu à un moment où notre peuple a besoin de rappels de ce que nous pouvons accomplir lorsque nous travaillons ensemble. Le peuple américain a payé pour cette mission, sur des fusées construites par des Américains, avec de la technologie américaine et pour transporter des astronautes américains. Ce n’était pas une mission de l’ONU. Marco Rubio
I think it’s very unfortunate. (…) it’s almost like they’re embarrassed at the achievement coming from America. I think it’s a terrible thing. (…) because when you think of Neil Armstrong and when you think about the landing on the moon, you think about the American flag. And I understand they don’t do it. So for that reason I wouldn’t even want to watch the movie. (…) I don’t want to get into the world of boycotts. Same thing with Nike. I wouldn’t say you don’t buy Nike because of the Colin Kaepernick. I mean, look, as much as I disagree, as an example, with the Colin Kaepernick endorsement, in another way, I wouldn’t have done it. In another way, it is what this country is all about, that you have certain freedoms to do things that other people may think you shouldn’t do. So you know, I personally am on a different side of it, you guys are probably too, I’m on a different side of it. Donald Trump
Pour répondre à la question de savoir s’il s’agissait d’une revendication politique, la réponse est non. Mon but avec ce film était de partager avec le public les aspects invisibles et inconnus de la mission états-unienne sur la lune – en particulier la saga personnelle de Neil Armstrong et ce qu’il a pu penser et ressentir pendant ces quelques heures de gloire. Damien Chazelle
Cette histoire est humaine et elle est universelle. Bien sûr, il célèbre une réalisation américaine. Il célèbre également une réalisation ‘pour toute l’humanité. Les cinéastes ont choisi de se concentrer sur Neil qui regarde la Terre, sa marche vers le Petit Cratère Occidental, son expérience personnelle et unique de clôturer ce voyage, un voyage qui a eu tant de hauts et de bas dévastateurs. Mark et Rick Armstrong
Je pense que cela a été largement considéré à la fin comme une réalisation humaine [et] c’est ainsi que nous avons choisi de voir les choses. Je pense aussi que Neil était extrêmement humble, comme beaucoup de ces astronautes, et qu’à maintes reprises, il a différé l’attention de lui-même aux 400 000 personnes qui ont rendu la mission possible. Ryan Gosling
I think this was widely regarded in the end as a human achievement [and] that’s how we chose to view it. I also think Neil was extremely humble, as were many of these astronauts, and time and time again he deferred the focus from himself to the 400,000 people who made the mission possible. He was reminding everyone that he was just the tip of the iceberg – and that’s not just to be humble, that’s also true. So I don’t think that Neil viewed himself as an American hero. From my interviews with his family and people that knew him, it was quite the opposite. And we wanted the film to reflect Neil. I’m Canadian, so might have cognitive bias. Ryan Gosling
As a half-Canadian, half-French, I agree with everything Ryan said. Damien Chazelle
We’ve read a number of comments about the film today and specifically about the absence of the flag planting scene, made largely by people who haven’t seen the movie. As we’ve seen it multiple times, we thought maybe we should weigh in. This is a film that focuses on what you don’t know about Neil Armstrong. It’s a film that focuses on things you didn’t see or may not remember about Neil’s journey to the moon. The filmmakers spent years doing extensive research to get at the man behind the myth, to get at the story behind the story. It’s a movie that gives you unique insight into the Armstrong family and fallen American Heroes like Elliot See and Ed White. It’s a very personal movie about our dad’s journey, seen through his eyes. This story is human and it is universal. Of course, it celebrates an America achievement. It also celebrates an achievement “for all mankind,” as it says on the plaque Neil and Buzz left on the moon. It is a story about an ordinary man who makes profound sacrifices and suffers through intense loss in order to achieve the impossible. Although Neil didn’t see himself that way, he was an American hero. He was also an engineer and a pilot, a father and a friend, a man who suffered privately through great tragedies with incredible grace. This is why, though there are numerous shots of the American flag on the moon, the filmmakers chose to focus on Neil looking back at the earth, his walk to Little West Crater, his unique, personal experience of completing this journey, a journey that has seen so many incredible highs and devastating lows. In short, we do not feel this movie is anti-American in the slightest. Quite the opposite. But don’t take our word for it. We’d encourage everyone to go see this remarkable film and see for themselves. Rick and Mark Armstrong and James R. Hansen
In ‘First Man’ I show the American flag standing on the lunar surface, but the flag being physically planted into the surface is one of several moments of the Apollo 11 lunar EVA that I chose not to focus upon. To address the question of whether this was a political statement, the answer is no. My goal with this movie was to share with audiences the unseen, unknown aspects of America’s mission to the moon — particularly Neil Armstrong’s personal saga and what he may have been thinking and feeling during those famous few hours. I wanted the primary focus in that scene to be on Neil’s solitary moments on the moon — his point of view as he first exited the LEM, his time spent at Little West Crater, the memories that may have crossed his mind during his lunar EVA. This was a feat beyond imagination; it was truly a giant leap for mankind. This film is about one of the most extraordinary accomplishments not only in American history, but in human history. My hope is that by digging under the surface and humanizing the icon, we can better understand just how difficult, audacious and heroic this moment really was. Damien Chazelle
[The moon landing] cost money, it tore families apart. There was this tremendous sacrifice and loss that came with the success story that we all know,” Chazelle said. “That, in some ways more than anything, was what motivated us — trying to put a human face to that toll and really pay tribute to the people who literally gave everything so that all of us can grow up knowing that people walked on the moon. Damien Chazelle
By focusing on that loss and sacrifice and failure, it humanizes this person who we think of as an idol and helps us really understand that this wasn’t easy, this wasn’t superheroes that did it. Josh Singer
I don’t know if I’ll do that. That’s a hard one — never conquered the script on that. To tell the drama of it is going to be difficult. I’ve met with him, played golf with him. He’s a very nice guy but he likes his privacy and I can’t blame him for that. Clint Eastwood
Voulant absolument se décoller des références L’Etoffe des héros et Apollo (la grandeur de la nation américaine dans toute sa splendeur), Chazelle bidouille les séquences dans l’espace en secouant sa caméra, en bricolant l’image et en filmant les poils de barbe de son personnage. C’est parfois un peu fatigant parce que systématique.  En revanche – et c’est là où l’eastwoodien qui est en lui se réveille – la partie intimiste est passionnante. Armstrong est prêt à tout sacrifier pour être le premier. Pas forcément pour recevoir les applaudissements mais pour nourrir sa propre névrose. Comme si le héros américain, bouffé par une machine mythologique basée sur le « do it yourself » devait forcément en passer par là. Armstrong a le visage fermé et Ryan Gosling, qui n’est pas l’acteur le plus expressif au monde, est parfait. Claire Foy, son épouse, également ; femme de tête, actrice de coeur. La face cachée de la Lune est finalement ce qu’il y a de plus intéressant à voir. L’Express
Avec La La Land, Damien Chazelle, le jeune prodige de Hollywood, remettait de la fragilité dans la glorieuse comédie musicale à l’américaine : danser et chanter n’y était pas si facile pour les deux acteurs principaux, et la mise en scène exploitait subtilement leurs faiblesses. Dans cette biographie de Neil Armstrong, la discipline incertaine, laborieuse, faillible, c’est la conquête spatiale elle-même. Le cinéaste insiste sans cesse sur la précarité des engins et vaisseaux pilotés par l’astronaute, du début des années 1960 à ses premiers pas sur la Lune, le 21 juillet 1969. Leitmotiv des scènes d’action : les antiques cadrans à aiguilles s’affolent, les carlingues tremblotent, fument, prennent feu… La réussite, lorsqu’elle survient, paraît arbitraire, et ne parvient jamais à dissiper l’effroi et le doute devant l’entreprise du héros. Voilà comment, dès la saisissante première scène, le réalisateur s’approprie le genre si codifié du biopic hollywoodien. Le visage de Ryan Gosling est l’autre facteur majeur de stylisation. Avec son jeu minimaliste, son refus de l’expressivité ordinaire, l’acteur de Drive bloque la sympathie et l’identification. Damien Chazelle filme sa star en très gros plans, avec une fascination encore accentuée depuis La La Land : Ryan Gosling est lunaire bien avant d’alunir et il le demeure ensuite. Le scénario donne et redonne, trop souvent, l’explication la plus évidente à cette absence mélancolique — la perte d’une fille, emportée en bas âge par le cancer. Cette tragédie intime, véridique, devient même la composante la plus convenue, avec flash-back mélodramatiques sur le bonheur familial perdu, un peu comme pour le personnage de spationaute de Sandra Bullock dans Gravity, d’Alfonso Cuarón. Or l’attendrissement sied peu à Damien Chazelle, cinéaste cruel, dur — voir le sadisme de Whiplash, et le gâchis amoureux de La La Land, pour cause d’égocentrisme des deux amants. Le film brille, en revanche, dès qu’il s’agit de la distance qui éloigne toujours plus le héros des siens — sa femme et ses deux fils —, au fil des expériences spatiales. Sommé par son épouse d’annoncer son départ vers la Lune à ses enfants, Neil Armstrong leur parle soudain comme s’il était en conférence de presse, sans plus d’émotion ni de tendresse — scène glaçante. Plus tard, l’homme (en quarantaine après une mission) est séparé de sa femme par une épaisse cloison de verre. La paroi devient alors, tout comme le casque-miroir du scaphandre, le symbole d’une vie à part, « hors de ce monde » — les mots de l’épouse. A la même époque, des mouvements sociaux dénoncent, aux Etats-Unis, les dépenses publiques faramineuses consacrées à la conquête spatiale, tandis que des millions de citoyens vivent mal. Damien Chazelle s’attarde sur cette critique-là, comme pour contredire la formule d’Armstrong une fois sur la Lune : « … un grand pas pour l’humanité »… Scepticisme et froideur contribuent ainsi à élever First Man au-delà de l’hagiographie attendue, au profit d’une réelle étrangeté, et d’une grande tenue. Télérama
Damien Chazelle nous propose d’entrer dans l’intimité de ce héros de l’espace. Cernant au plus près ce personnage complexe, qui n’arriva jamais à faire le deuil d’une enfant de deux ans emportée par une tumeur au cerveau, il nous fait ainsi entrer dans la psyché de ces pionniers de l’aventure spatiale. Très vite, et une scène en particulier est terrifiante, Neil Armstrong est littéralement absorbé par son envie d’infini, de découverte, au point de dire au revoir à ses enfants, en 1969, sous forme d’interview ! (…) Entre drame intime et conquête spatiale, le dernier opus de Damien Chazelle est aussi un véritable documentaire sur ces moments exceptionnels.  (…) Si le scénario fait l’impasse sur le fanion américain hardiment planté sur le sol lunaire, il ne fait pas l’économie des problèmes liés aux dépenses titanesques de la recherche spatiale aux USA. Sommes absolument exorbitantes dont le but inavoué était de rattraper le retard sur l’URSS dans ce domaine… Actu.fr
What do words cost? In contemporary Hollywood, quite a bit, apparently. If you believe those who say First Man was hurt by Ryan Gosling’s ‘globalist’ defense of director Damien Chazelle’s decision not to depict astronaut Neil Armstrong’s planting of an American flag on the moon—and the Internet is crawling with those who make that claim—then Gosling’s explanation cost up to $45,000 a word this weekend. First Man, from Universal and DreamWorks among others, opened to about $16.5 million in ticket sales at the domestic box office. That’s $4.5 million short of expectations that were pegged at around $21 million. At the Venice Film Festival in late August, Gosling, who is Canadian, spoke about 100 words in defending the flag-planting omission. “I don’t think that Neil viewed himself as an American hero,” he said:  “From my interviews with his family and people that knew him, it was quite the opposite. And we wanted the film to reflect Neil. If the ensuing controversy really suppressed ticket sales—and who can know whether sharper-than-expected competition from Venom and A Star Is Born was perhaps a bigger factor?—the $45,000-per-word price tag is just a down payment. Under-performance by First Man of, say, $50 million over the long haul would raise the per-word price to a breathtaking $500,000. Such is the terror of entertainment in the age of digital rage and partisanship. The simplest moment of candor at a routine promotional appearance can suddenly become a show-killer. The real math, of course, is mysterious. To what extent a slip of the tongue or an interesting thought helped or hindered a film or television show will never be clear. But, increasingly, the stray word seems to be taking a toll on vastly expensive properties that have been years, or even decades, in the making. Michael Cieply
Movies about space exploration have tended to be pretty strong box-office performers lately, whether they’re films based on events that did happen, films based on events that didn’t happen or films based on events that will one day happen if only we could get Matt Damon enough potatoes. So it’s been a surprise to see “First Man,” the Neil Armstrong drama starring Ryan Gosling and Claire Foy and directed by “La La Land” filmmaker Damien Chazelle, do as poorly as it has. The film took in just $16 million last week in its first weekend of release, despite showing on nearly 4,000 screens. (…) It didn’t do much better on its second weekend — barely $8 million in receipts and bested by four other releases. Absent a major awards run, the film seems poised to become a disappointment for its studio, Universal, not to mention its star and its previously red-hot director. (…) “First Man,” about one of the great unifying American achievements of the 20th century and the internal conflict of the man who risked hi s life to achieve it, was humming along, seemingly set for a nice theatrical run after its premieres at the upscale Venice and Toronto film festivals in the late summer. That’s when several outlets, including Business Insider, pointed out the absence of an iconic moment in the moon-landing saga, with Armstrong not shown planting the American flag on the lunar surface. Gosling himself, a Canadian, poured some unintentional gasoline on the flame when he told reporters that “I don’t think he saw himself as an American hero,” referring to Armstrong. (…) This in turn set off political leaders, particularly Sen. Marco Rubio (R-Fla.). (…) The Rubio criticism was echoed by a number of public figures, including fellow Armstrong moonwalker Buzz Aldrin, who tweeted photos many saw as a pointed response to the omission. (…) By the time it was over, the film had become as divisive as the lunar-landing itself was unifying. Some Hollywood pundits certainly thought so. In a post on the trade site Deadline, Michael Cieply asked, “What Do Words Cost? For ‘First Man,’ Perhaps, Quite A Lot,” and broke down the box-office underperformance by the word count in Gosling’s interview. Meanwhile, the Hollywood Reporter columnist Scott Feinberg advanced the theory even more directly. “FIRST MAN got Swiftboated,” he posted on Twitter, referring to the politically motivated set of attacks during the 2004 presidential election about John Kerry’s Vietnam War record. “I genuinely believe its box-office performance was undercut by the BS about the planting of the American flag.” He makes a potent case, given the decibel level of the controversy and the fact that “First Man” contains subject matter that might be expected to play strongly in red states. (…) One inference they both might have pointed out, and even agreed on: In times so divided, making a movie about unity could be the most politicizing act of all. Steven Zeitchik
The First Man true story reveals that unlike many astronauts, Neil Armstrong was not the hotshot type, nor was he a fame-seeker. He was a man of few words who was driven to accomplish something no other human being had done. Up to his death, he largely remained a bit of an enigma. (…) The movie is based on author James R. Hansen’s New York Times bestselling biography First Man: The Life of Neil A. Armstrong. First published in 2005, the book is the only official biography of Armstrong. (…) Film rights to the book were sold in 2003, prior to its publication, but a Neil Armstrong movie took years to get off the ground. Initially, Clint Eastwood had been attached to direct. (…) As we explored the First Man true story, we quickly discovered that there are no good photos of Neil Armstrong on the Moon. (…) The reason for the lack of photos of Armstrong on the lunar surface is because most of the time it was Armstrong who was carrying the camera. (…) Aldrin (…) felt horrible that there were so few photos of Armstrong but there was too much going on at the time to realize it. The most iconic shot of an astronaut on the Moon is of Buzz Aldrin standing and posing for the camera. If you look closely at that photo, you can actually see Armstrong taking the picture in the visor’s reflection. (…) We do know that he took with him remnants of fabric and the propeller from the Wright Brothers plane in which they took the first powered flight in 1903. (…) Armstrong’s Moon walk lasted 2 and 3/4 hours, even though it feels much shorter in the movie. Astronauts on the five subsequent NASA missions that landed men on the Moon were given progressively longer periods of time to explore the lunar surface, with Apollo 17 astronauts spending 22 hours on EVA (Extravehicular Activity). The reason Armstrong and Buzz Aldrin didn’t get to spend more time outside the Lunar Module is that there were uncertainties as to how well the spacesuits would hold up to the extremely high temperatures on the lunar surface. History vs. Hollywood
When Neil Armstrong and Buzz Aldrin planted the American flag on the moon in 1969, it marked one of the proudest moments in US history. But a new film about Armstrong has chosen to leave out this most patriotic of scenes, arguing that the giant leap for mankind should not be seen as an example of American greatness. The film, First Man, was unveiled at the Venice Film Festival yesterday, where the absence of the stars and stripes was noted by critics. Its star, Ryan Gosling, was asked if the film was a deliberately un-American take on the moon landing. He replied that Armstrong’s accomplishment « transcended countries and borders ». (…)The planting of the flag was controversial in 1969. There was disagreement over whether a US or United Nations flag should be used. Armstrong said later: « In the end it was decided by Congress that this was a United States project. We were not going to make any territorial claim, but we were to let people know that we were here and put up a US flag. My job was to get the flag there. » The Telegraph
On Thursday evening, Ryan Gosling made international news when he justified the fact that the new Damien Chazelle biopic of Neil Armstrong will skip the whole planting the American flag on the moon thing. Gosling, a Canadian, explained, “I think this was widely regarded in the end as a human achievement [and] that’s how we chose to view it.” Now, the real reason that the film won’t include the planting of the American flag is that the distributors obviously fear that Chinese censors will be angry, and that foreign audiences will scorn the film. But it’s telling that the Left seems to attribute every universal sin to America, and every specific victory to humanity as a whole. Slavery: uniquely American. Racism: uniquely American. Sexism: uniquely American. Homophobia: uniquely American. Putting a man on the moon: an achievement of humanity. All of this is in keeping with a general perspective that sees America as a nefarious force in the world. This is Howard Zinn’s A People’s History of the United States view: that America’s birth represented the creation of a terrible totalitarian regime, but that Maoist China is the “closest thing, in the long history of that ancient country, to a people’s government, independent of outside control”; that Castro’s Cuba had “no bloody record of suppression,” but that the U.S. responded to the “horrors perpetrated by the terrorists against innocent people in New York by killing other innocent people in Afghanistan.” In reality, however, America remains the single greatest force for human freedom and progress in the history of the world. And landing a man on the moon was part of that uniquely American legacy. President John F. Kennedy announced his mission to go to the moon in 1961; in 1962, he gave a famous speech at Rice University in which he announced the purpose of the moon landing (…) The moon landing was always nationalist. It was nationalism in service of humanity. But that’s been America’s role in the world for generations. Removing the American flag from an American mission demonstrates the anti-American animus of Hollywood, if we’re to take their values-laden protestations seriously. Ben Shapiro
When the prime minister says Canada is the world’s “first postnational state,” I believe he’s saying this is a place where respect for minorities trumps any one group’s way of doing things. (…) The New York Times writer who obtained this quote said Trudeau’s belief Canada has no core identity is his “most radical” political position. It seems especially so combined with criticism Trudeau is a lightweight on national security and sovereignty. Not too many Canadians, however, seem disturbed by Trudeau talking about us as a “postnational state.” Maybe they just write it off as political bafflegab. But of all the countries in the world, Canada, with its high proportion of immigrants and official policy of multiculturalism, may also be one of the few places where politicians and academics treat virtually all forms of nationalism with deep suspicion. Of course, no one defends nationalism in its rigid or extreme forms. Ultranationalism has been blamed for us-against-them belligerence throughout the 20th century, which led to terrible military aggressions out of Germany, Japan, the former Yugoslavia, China and many regions of Africa. But would it be wise to let nationalism die? What if our sense of a national identity actually was eradicated? What if borders were erased and the entire world became “transnational?” We sometimes seem to be heading that way, with the rise of the European Union, the United Nations and especially transnational deals such as the North American Free Trade Agreement and the looming Trans-Pacific Partnership. The aim of these transnational business agreements is to override the rules, customs and sovereignty of individual nations and allow the virtually unrestricted flow of global migrants and money. Such transnational agreements benefit some, especially the “cosmopolitan” elites and worldwide corporations. But the results for others are often not pretty. (…) Trudeau contradicts himself, or is at least being naive, when he argues Canada is a postnational state. On one hand Trudeau claims Canada has no “core identity.” On the other hand he says the Canadian identity is quite coherent – we all share the values of “openness, respect, compassion, willingness to work hard, to be there for each other, to search for equality and justice. » Can it be both ways? Most Canadians don’t think so. Regardless of what Trudeau told the New York Times, a recent Angus Reid Institute poll confirmed what many Canadians judge to be common sense: 75 per cent of residents believe there is a “unique Canadian culture.” I wish some of that common sense about nationalism was being brought to the housing affordability crisis in Vancouver and Toronto. (…) As a result many average Canadians who are desperate to make a home and livelihood in Metro Vancouver can’t come close to affording to live here. It’s the kind of thing that can happen when too many politicians believe we’re living in the world’s first “postnational state.” Douglas Todd
Dans le cas de Christophe Guilluy, traité par le géographe, Jacques Lévy, invité le 9 octobre des Matins de Guillaume Erner sur France Culture, d’ « idéologue géographe du Rassemblement national », ce sont vingt-et-un géographes, historiens, sociologues, politistes, membres de la rédaction de la revue Métropolitiques, qui se sont chargés de l’exécution pour la partie scientifique, quand Thibaut Sardier, journaliste à Libération se chargeait du reste consistant, pour l’essentiel, à trouver une cohérence à des potins glanés auprès de personnes ayant côtoyé Christophe Guilluy ou ayant un avis sur lui. La tribune des vingt-et-un s’intitule « Inégalités territoriales : parlons-en ! » On est tenté d’ajouter : « Oui, mais entre nous ! ». On se demande si les signataires ont lu le livre qu’ils attaquent, tant la critique sur le fond est générale et superficielle. Ils lui reprochent d’abord le succès de sa France périphérique qui a trouvé trop d’échos, à leur goût, dans la presse, mais aussi auprès des politiques, de gauche comme de droite. Pour le collectif de Métropolitiques, Christophe Guilluy est un démagogue et un prophète de malheur qui, lorsqu’il publie des cartes et des statistiques, use « d’oripeaux scientifiques » pour asséner des « arguments tronqués ou erronés », « fausses vérités » qui ont des « effets performatifs ». Christophe Guilluy aurait donc fait naître ce qu’il décrit, alimentant ainsi « des visions anxiogènes de la France ». Ce collectif se plaint de l’écho donné par la presse aux livres de Christophe Guilluy qui soutient des « théories nocives », alors que ses membres si vertueux, si modestes, si rigoureux et si honnêtes intellectuellement sont si peu entendus et que « le temps presse ». Le même collectif aurait, d’après Thibaut Sardier, déclaré que l’heure n’était plus aux attaques ad hominem ! On croit rêver. Thibaut Sardier, pour la rubrique « potins », présente Christophe Guilluy comme un « consultant et essayiste […], géographe de formation [qui] a la réputation de refuser les débats avec des universitaires ou les interviews dans certains journaux, comme Libé ». L’expression « géographe de formation » revient dans le texte pour indiquer au lecteur qu’il aurait tort de considérer Christophe Guilluy comme un professionnel de la géographie au même titre que ceux qui figurent dans le collectif, qualifiés de chercheurs, ou que Jacques Lévy. Je cite : « Le texte de Métropolitiques fait écho aux relations houleuses entre l’essayiste, géographe de formation, et les chercheurs. » Si l’on en croit Thibaut Sardier, Christophe Guilluy aurait le temps d’avoir des relations avec LES chercheurs en général. Le même Thibaut Sardier donne à Jacques Lévy, le vrai géographe, l’occasion de préciser sa pensée : « Je ne veux pas dire qu’il serait mandaté par le RN. Mais sa vision de la France et de la société correspond à celle de l’électorat du parti. » Le journaliste a tendance à lui donner raison. La preuve : « La place qu’il accorde à la question identitaire et aux travaux de Michèle Tribalat, cités à droite pour défendre l’idée d’un ‘grand remplacement’ plaide en ce sens. » Thibaut Sardier se fiche pas mal de ce que j’ai pu effectivement écrire – il n’a probablement jamais lu aucun de mes articles ou de mes livres – tout en incitant incidemment le lecteur à l’imiter, compte tenu du danger qu’il encourrait s’il le faisait. Ce qui compte, c’est que je sois lue et citée par les mauvaises personnes. Ne pas croire non plus à l’affiliation à gauche de Christophe Guilluy. Le vrai géographe en témoigne : « On ne peut être progressiste si on ne reconnaît pas le fait urbain et la disparition des sociétés rurales. » Voilà donc des propos contestant l’identité politique que Christophe Guilluy pourrait se donner pour lui en attribuer une autre, de leur choix, et qui justifie son excommunication, à une époque où il est devenu pourtant problématique d’appeler Monsieur une personne portant une moustache et ayant l’air d’être un homme ! Et l’on reproche à Christophe Guilluy de ne pas vouloir débattre avec ceux qui l’écrasent de leur mépris, dans un article titré, c’est un comble, « Peut-on débattre avec Christophe Guilluy ? » Mais débattre suppose que l’on considère celui auquel on va parler comme son égal et non comme une sorte d’indigent intellectuel que l’on est obligé de prendre en compte, de mauvais gré, simplement parce que ses idées ont du succès et qu’il faut bien combattre les théories nocives qu’il développe. Michèle Tribalat
Étant donné l’état de fragilisation sociale de la classe moyenne majoritaire française, tout est possible. Sur les plans géographique, culturel et social, il existe bien des points communs entre les situations françaises et américaines, à commencer par le déclassement de la classe moyenne. C’est « l’Amérique périphérique » qui a voté Trump, celle des territoires désindustrialisés et ruraux qui est aussi celle des ouvriers, employés, travailleurs indépendants ou paysans. Ceux qui étaient hier au cœur de la machine économique en sont aujourd’hui bannis. Le parallèle avec la situation américaine existe aussi sur le plan culturel, nous avons adopté un modèle économique mondialisé. Fort logiquement, nous devons affronter les conséquences de ce modèle économique mondialisé : l’ouvrier – hier à gauche –, le paysan – hier à droite –, l’employé – à gauche et à droite – ont aujourd’hui une perception commune des effets de la mondialisation et rompent avec ceux qui n’ont pas su les protéger. La France est en train de devenir une société américaine, il n’y a aucune raison pour que l’on échappe aux effets indésirables du modèle. (…) Dans l’ensemble des pays développés, le modèle mondialisé produit la même contestation. Elle émane des mêmes territoires (Amérique périphérique, France périphérique, Angleterre périphérique… ) et de catégories qui constituaient hier la classe moyenne, largement perdue de vue par le monde d’en haut. (…) la perception que des catégories dominantes – journalistes en tête – ont des classes populaires se réduit à leur champ de vision immédiat. Je m’explique : ce qui reste aujourd’hui de classes populaires dans les grandes métropoles sont les classes populaires immigrées qui vivent dans les banlieues c’est-à-dire les minorités : en France elles sont issues de l’immigration maghrébine et africaine, aux États-Unis plutôt blacks et latinos. Les classes supérieures, qui sont les seules à pouvoir vivre au cœur des grandes métropoles, là où se concentrent aussi les minorités, n’ont comme perception du pauvre que ces quartiers ethnicisés, les ghettos et banlieues… Tout le reste a disparu des représentations. Aujourd’hui, 59 % des ménages pauvres, 60 % des chômeurs et 66 % des classes populaires vivent dans la « France périphérique », celle des petites villes, des villes moyennes et des espaces ruraux. (…) Faire passer les classes moyennes et populaires pour « réactionnaires », « fascisées », « pétinisées » est très pratique. Cela permet d’éviter de se poser des questions cruciales. Lorsque l’on diagnostique quelqu’un comme fasciste, la priorité devient de le rééduquer, pas de s’interroger sur l’organisation économique du territoire où il vit. L’antifascisme est une arme de classe. Pasolini expliquait déjà dans ses Écrits corsaires que depuis que la gauche a adopté l’économie de marché, il ne lui reste qu’une chose à faire pour garder sa posture de gauche : lutter contre un fascisme qui n’existe pas. C’est exactement ce qui est en train de se passer. (…) Il y a un mépris de classe presque inconscient véhiculé par les médias, le cinéma, les politiques, c’est énorme. On l’a vu pour l’élection de Trump comme pour le Brexit, seule une opinion est présentée comme bonne ou souhaitable. On disait que gagner une élection sans relais politique ou médiatique était impossible, Trump nous a prouvé qu’au contraire, c’était faux. Ce qui compte, c’est la réalité des gens depuis leur point de vue à eux. Nous sommes à un moment très particulier de désaffiliation politique et culturel des classes populaires, c’est vrai dans la France périphérique, mais aussi dans les banlieues où les milieux populaires cherchent à préserver ce qui leur reste : un capital social et culturel protecteur qui permet l’entraide et le lien social. Cette volonté explique les logiques séparatistes au sein même des milieux modestes. Une dynamique, qui n’interdit pas la cohabitation, et qui répond à la volonté de ne pas devenir minoritaire. (…) La bourgeoisie d’aujourd’hui a bien compris qu’il était inutile de s’opposer frontalement au peuple. C’est là qu’intervient le « brouillage de classe », un phénomène, qui permet de ne pas avoir à assumer sa position. Entretenue du bobo à Steve Jobs, l’idéologie du cool encourage l’ouverture et la diversité, en apparence. Le discours de l’ouverture à l’autre permet de maintenir la bourgeoisie dans une posture de supériorité morale sans remettre en cause sa position de classe (ce qui permet au bobo qui contourne la carte scolaire, et qui a donc la même demande de mise à distance de l’autre que le prolétaire qui vote FN, de condamner le rejet de l’autre). Le discours de bienveillance avec les minorités offre ainsi une caution sociale à la nouvelle bourgeoisie qui n’est en réalité ni diverse ni ouverte : les milieux sociaux qui prônent le plus d’ouverture à l’autre font parallèlement preuve d’un grégarisme social et d’un entre-soi inégalé. (…) Nous, terre des lumières et patrie des droits de l’homme, avons choisi le modèle libéral mondialisé sans ses effets sociétaux : multiculturalisme et renforcement des communautarismes. Or, en la matière, nous n’avons pas fait mieux que les autres pays. (…) Le FN n’est pas le bon indicateur, les gens n’attendent pas les discours politiques ou les analyses d’en haut pour se déterminer. Les classes populaires font un diagnostic des effets de plusieurs décennies d’adaptation aux normes de l’économie mondiale et utilisent des candidats ou des référendums, ce fut le cas en 2005, pour l’exprimer. Christophe Guilluy
Les candidats ont compris que la France périphérique existait, c’est pourquoi leurs diagnostics sont assez proches. Mais ils ont la plus grande difficulté à remettre en cause leur modèle économique, aussi ne dépassent-ils pas le stade du constat. Un parti et un discours politiques s’adressent d’abord à un électorat. Or, l’électorat de la France périphérique se trouve ailleurs que dans les grands partis de gouvernement, ce qui complique un peu les choses. François Fillon a compris que son socle électoral libéral-conservateur ne suffisait pas et qu’il devait aussi parler à cette France populaire périphérique. Au PS, certains cadres m’ont contacté pendant la primaire car ils ont compris que quelque chose se jouait dans ces territoires. Mais ces élus lucides sont enfermés dans leur électorat, ce qui n’aide pas ces thématiques à émerger. En réalité, aucune thématique n’a émergé dans la campagne présidentielle. Une fois l’affaire Fillon retombée, le débat portera sur un autre sujet monothématique :  quel niveau le Front national atteindra. Cela permet de ne pas parler de l’essentiel. (…) Le Front national n’est que la fin d’une longue histoire de mise à l’écart de ce qu’on appelait hier la classe moyenne et aujourd’hui les classes populaires. Ces dernières soulèvent des problèmes aussi essentiels que le choix du modèle économique mondialisé, le multiculturalisme, les flux migratoires. Passer son temps à se demander si Marine Le Pen peut atteindre 30%, 35%, 45% voire être élue permet de faire l’impasse sur le fond. Si rien n’est fait, Marine Le Pen ou un autre candidat contestant le modèle dominant sous une autre étiquette gagnera en 2022, si ce n’est en 2017. On est à un moment de basculement. Il suffit de prolonger les courbes et les dynamiques en cours pour comprendre que si cela ne se fait pas maintenant, cela arrivera plus tard. De deux choses l’une : soit on décide de se rendre sur ces territoires délaissés et de prendre au sérieux le diagnostic des habitants, soit on reste dans une logique de citadelle qui consiste à serrer les fesses pour préserver l’essentiel et essayer de passer encore un tour. (…) Rien ne sert de s’alarmer sans comprendre les causes des phénomènes qu’on combat. Le FN n’est qu’un indicateur. De la même manière, après le Brexit et l’élection de Trump, le monde d’en haut a exprimé son angoisse. Mais les racines du Brexit sont à chercher dans le thatchérisme qui a désindustrialisé le Royaume-Uni. Et les racines de la victoire de Trump se trouvent dans les années 1980 et 1990, époque de dérégulation et de financiarisation de l’économie sous Reagan et Clinton. Sur le temps long, l’émergence du Front national correspond bien sûr à l’installation d’une immigration de masse mais aussi à la désindustrialisation de la France engagée à la fin des années 1970. (…) C’est systémique. Jusqu’à une certaine mesure, la diabolisation du FN marche. Car si on prend une à une les grandes thématiques qui structurent l’électorat, comme le rapport à la mondialisation, le capitalisme mondialisé, la financiarisation, l’immigration (70% des Français considèrent qu’il faut arrêter les flux migratoires !), on obtient des majorités écrasantes en faveur du discours du FN. Et pourtant le Front national ne rassemble qu’une minorité d’électeurs. Cela veut bien dire que la diabolisation fonctionne, quoique de plus en plus mal. Si le système en place parvient à faire élire un Macron, il préservera l’essentiel mais en sortira fragilisé : certains sondages donnent Marine Le Pen à 40% voire 45% au second tour, ce qui est considérable par rapport aux 18% de Jean-Marie Le Pen en 2002. La dynamique est de ce côté-là. De ce point de vue, la grande différence entre Marine Le Pen et Donald Trump c’est que celui-ci avait la puissance du Parti républicain derrière lui, ce dont ne dispose pas la présidente du FN. (…) N’oublions pas que la France d’en haut agglomère beaucoup de monde, toutes les catégories qui veulent sauver le statu quo ou l’accentuer, autant dire les privilégiés et les bénéficiaires du système économique en place. Ce qui est intéressant chez Macron, c’est qu’il se définit comme un candidat ni de gauche ni de droite. Il arrive d’en haut et en cas de duel avec Marine Le Pen au second tour, on verra un clivage chimiquement pur : le haut contre le bas, les métropoles mondialisées contre la France périphérique, etc. Même si ces sujets-là ne seront à mon avis pas abordés si on a droit à une quinzaine antifasciste entre les deux tours. On voit bien que le clivage droite-gauche est cassé. Mais l’amusant, c’est qu’au moment où ce clivage ne marche plus, on organise des primaires de gauche et de droite dont les vainqueurs (Hamon et Fillon) sont d’ailleurs aujourd’hui dans l’impasse ! (…) J’avais rencontré Emmanuel Macron et lui avais montré mes cartes. Dans son livre Révolution, il cite d’ailleurs La France périphérique plusieurs fois. C’est quelqu’un d’intelligent qui valide mon diagnostic sans bouger de son système idéologique. Selon la bonne vieille logique des systèmes, quand le communisme ne marche plus, il faut plus de communisme, quand le modèle mondialisé ne fait pas société, quand la métropolisation ne marche pas, il faut encore plus de mondialisation et de métropolisation ! Le bateau ne change pas de direction mais tangue sérieusement (…) Pour le moment, personne n’offre de véritable modèle alternatif. C’est toute la difficulté. Quand je me balade en France, j’entends des élus qui ont des projets de développement locaux mais tout cela est très dispersé et ne fait pas un projet à l’échelle du pays. D’autant que ces élus et ces territoires détiennent de moins en moins de pouvoir politique. A l’image de la Clause Molière contre le travail détaché, c’est par petites touches que le système sera grignoté. Mais n’oublions pas que les élus locaux ne pèsent absolument rien ! Les départements n’ont par exemple plus aucune compétence économique, ce qui fait que la France périphérique a perdu non seulement sa visibilité culturelle mais aussi son pouvoir politique. Changer les choses exige une certaine mobilité intellectuelle car il ne s’agira pas de gommer du jour au lendemain le modèle économique tel qu’il est. On ne va pas supprimer les métropoles et se priver des deux tiers du PIB français ! Dans l’état actuel des choses, l’économie française se passe de la France périphérique, crée suffisamment de richesses et fait un peu de redistribution. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si l’idée du revenu universel arrive aujourd’hui sur le devant de la scène avec Benoît Hamon. (…) La question centrale demeure : comment donner du travail à ces millions de Français ? Comment faire société avec cette France rurale et péri-urbaine ? Le revenu universel valide la mise à l’écart de la classe moyenne paupérisée dans les pays développés. A partir de là, reste à gérer politiquement la question pour éviter les révoltes et autres basculements politiques violents. Dans l’esprit des gagnants de la mondialisation, cela risque de se faire à l’ancienne, avec beaucoup de redistribution, des cotations, voire un revenu universel. Mais ils oublient un petit détail : ce gros bloc constitue potentiellement une majorité de Français !  En réalité, les tenants du système n’ont aucun projet pour le développement économique de ces territoires, si ce n’est de prétendre que la prospérité des métropoles arrivera par ruissellement jusqu’aux zones rurales et que le numérique nous fera nous en sortir. Ils ne perçoivent absolument pas la dynamique de désaffiliation politique et culturelle qui s’approfondit dans ces territoires. Ce n’est pas socialement  ni politiquement durable. Si la France d’en haut ne fixe pas comme priorité le sauvetage des classes populaires, le système est condamné. Les métropoles sont devenues les citadelles intellectuelles du monde d’en haut (…) Le FN, qui est le parti de la sortie de la classe moyenne, a capté les catégories délaissées les unes après les autres. D’abord les ouvriers, premiers touchés par la mondialisation, puis les employés, les paysans et maintenant la petite fonction publique. En face, le monde hyper-intégré se réduit comme peau de chagrin. Christophe Guilluy
Ce qui est intéressant, c’est que les deux candidats sont ceux qui se positionnent en dehors du clivage gauche-droite. Ceux qui ont été identifiés à droite et à gauche, issus des primaires, ne sont pas au second tour. La structure n’est plus le clivage gauche / droite. Le clivage qui émerge est lié complètement au temps long, c’est-à-dire à l’adaptation de l’économie française à l’économie monde. Dès 1992, avec Maastricht, ce clivage était apparu, avec la contestation d’un modèle mondialisé. Si on veut remonter plus loin, les causes sont à chercher dans le virage libéral, qui est le basculement des sociétés occidentales dans le néolibéralisme. C’est une logique ou les sociétés vont se désindustrialiser au profit de la Chine ou de l’Inde par exemple. Cela est aussi vrai avec Donald Trump ou le Brexit, qui nait de la financiarisation de l’économie américaine sous Clinton et du thatchérisme. Ce sont des dynamiques de temps long qui vont avoir un impact d’abord sur les catégories qui sont concernées par ce grand plan social de l’histoire : celui des classes moyennes. Tout cela se fait au rythme de la sortie de la classe moyenne. Logiquement, ce sont d’abord les ouvriers, qui subissent ce processus de désaffiliation politique et culturelle, qui sont les premiers à grossir le nombre des abstentionnistes et à rejoindre les mouvements populistes. Puis, ce sont les employés, les agriculteurs, qui suivent ce mouvement. La désaffiliation aux appartenances s’accentue. Les ouvriers qui votaient à gauche se retrouvent dans l’abstention ou dans le vote Front national, c’est également le cas aujourd’hui du monde rural qui votait à droite. Ce que l’on constate, c’est que l’effet majeur de la disparition des classes moyennes est de mettre hors-jeu les partis traditionnels. Parce que le Parti socialiste ou Les Républicains ont été conçus pour et par la classe moyenne. Or, ces partis continuent de s’adresser à une classe moyenne qui n’existe plus, qui est mythique. Il ne reste plus que les retraités, cela a d’ailleurs été le problème de François Fillon, qui a perdu par son incapacité à capter le vote de la France périphérique, ces gens qui sont au front de la mondialisation. Il ne capte que ceux qui sont protégés de la mondialisation ; les retraités. C’est le même constat à gauche, dont le socle électoral reste la fonction publique, qui est aussi plus ou moins protégée de la mondialisation. Nous parlons d’électorats qui se réduisent d’année en année, ce n’est donc pas un hasard que les partis qui s’adressent à eux ne parviennent plus à franchir le premier tour. C’est aussi ce qui passe en Europe, ou aux États Unis. Les territoires populistes sont toujours les mêmes, l’Amérique périphérique, l’Europe périphérique. Ce sont toujours ces territoires où l’on créé le moins d’emplois qui produisent ces résultats : les petites villes, les villes moyennes désindustrialisées et les zones rurales. La difficulté est intellectuelle pour ce monde d’en haut ; les politiques, les journalistes, les universitaires etc… Il faut penser deux choses à la fois. Objectivement, nous avons une économie qui créée de la richesse, mais ce modèle fonctionne sur un marché de l’emploi très polarisé, et qui intègre de moins en moins et créé toujours plus d’inégalités sociales et territoriales C’est ce qui a fait exploser ce clivage droite gauche qui était parfait, aussi longtemps que 2 Français sur 3 faisaient partie de la classe moyenne. Si on n’intègre pas les gens économiquement, ils se désaffilient politiquement. (…) C’est son modèle inversé. Emmanuel Macron comme Marine Le Pen ont fait le constat que cela ne se jouait plus autour du clivage gauche / droite. Ils ont pris en compte la polarisation de l’économie, entre un haut et un bas, et sans classes moyennes. Dans ce sens-là, l’un est la réponse de l’autre. (…) Géographiquement, c’est l’opposition entre la France des métropoles et la France périphérique qui structure le match Emmanuel Macron/ Marine Le Pen. On a déjà pu voir quelques cartes sur l’opposition est ouest, mais ce clivage est ancien, hérité, il ne dit rien des dynamiques en cours. Lorsque j’étais étudiant ces cartes est ouest existaient déjà, elles expriment l’héritage de l’industrie, et donc de la désindustrialisation. C’est là où il y a le plus de chômage, de pauvreté, d’ouvriers, et le plus de gens qui votent FN. Ce qui est intéressant, c’est de voir les dynamiques. C’est en zoomant à partir des territoires qui créent le plus d’emplois et ceux qui en créent le moins. Par exemple, en Bretagne, ou Marine Le Pen fait 6% à Rennes, et 20% dans les zones rurales. C’est toujours un distinguo entre les dynamiques économiques. Aujourd’hui les classes populaires ne vivent plus aux endroits où se créent les emplois et la richesse. Le marché de l’immobilier s’est chargé, non pas dans une logique de complot, évidemment, mais dans une simple logique de marché, de chasser les catégories dont le marché de l’emploi n’avait pas besoin. Ces gens se trouvent déportés vers les territoires où il ne se passe rien. Or, les élites n’ont de cesse de parier sur la métropolisation, il est donc nécessaire que s’opère une révolution intellectuelle. Il serait peut-être temps de penser aux gens qui ne bénéficient pas de ces dynamiques, si on ne veut pas finir avec un parti populiste en 2022. (…) Tout le bas ne peut pas être représenté que par le Front national. Il faut que les partis aillent sur ces thématiques. Il y a toujours eu un haut et un bas, et des inégalités, la question est qu’il faut que le haut soit exemplaire pour le bas, et qu’il puisse se connecter avec le bas. Il faut que le « haut » intègre les problématiques du « bas » de façon sincère. C’est exactement ce qui s’était passé avec le parti communiste, qui était composé d’une base ouvrière, mais aussi avec des intellectuels, des gens qui parlaient « au nom de ». Aujourd’hui c’est la grande différence, il n’y a pas de haut qui est exemplaire pour le bas. La conséquence se lit dans le processus de désaffiliation et de défiance des milieux populaires dans la France périphérique mais aussi en banlieues. Plus personne n’y croit et c’est cela l’immense problème de la classe politique, des journalistes etc. et plus généralement de la France d’en haut. Ces gens-là considèrent que le diagnostic des gens d’en bas n’est pas légitime. Ce qui est appelé « populisme ». Et cela est hyper fort dans les milieux académiques, et cela pèse énormément. On ne prend pas au sérieux ce que disent les gens. Et là, toute la machinerie se met en place. Parce que l’aveuglement face aux revendications des classes populaires se double d’une volonté de se protéger en ostracisant ces mêmes classes populaires. La posture de supériorité morale de la France d’en haut permet en réalité de disqualifier tout diagnostic social. La nouvelle bourgeoisie protège ainsi efficacement son modèle grâce à la posture antifasciste et antiraciste. L’antifascisme est devenu une arme de classe, car elle permet de dire que ce racontent les gens n’est de toute façon pas légitime puisque fasciste, puisque raciste. La bien-pensance est vraiment devenue une arme de classe. Notons à ce titre que dans les milieux populaires, dans la vie réelle les gens, quels que soient leurs origines ne se parlent pas de fascisme ou d’antifascistes, ça, ce n’est qu’un truc de la bourgeoisie. Dans la vie, les gens savent que tout est compliqué, et les gens sont en réalité d’une hyper subtilité et cherchent depuis des décennies à préserver leur capital social et culturel sans recourir à la violence. Le niveau de violence raciste en France reste très bas par rapport à la situation aux États Unis ou au Royaume Uni. Cette posture antifasciste, à la fin, c’est un assèchement complet de la pensée. Plus personne ne pense la question sociale, la question des flux migratoires, la question de l’insécurité culturelle, celle du modèle économique et territorial. Mais le haut ne pourra se régénérer et survivre que s’il parvient à parler et à se connecter avec le bas. Ce que j’espère, c’est que ce clivage Macron Le Pen, plutôt que de se régler par la violence, se règle par la politique. Cela implique que les partis intègrent toutes ces questions ; mondialisation, protectionnisme, identité, migrations etc… On ne peut pas traiter ces questions derrière le masque du fascisme ou de l’antifascisme. Christophe Guilluy
La Corse est un territoire assez emblématique de la France périphérique. Son organisation économique est caractéristique de cette France-là. Il n’y a pas de grande métropole mondialisée sur l’île, mais uniquement des villes moyennes ou petites et des zones rurales. Le dynamisme économique est donc très faible, mis à part dans le tourisme ou le BTP, qui sont des industries dépendantes de l’extérieur. Cela se traduit par une importante insécurité sociale : précarité, taux de pauvreté gigantesque, chômage des jeunes, surreprésentation des retraités modestes. L’insécurité culturelle est également très forte. Avant de tomber dans le préjugé qui voudrait que « les Corses soient racistes », il convient de dire qu’il s’agit d’une des régions (avec la PACA et après l’Ile-de-France) où le taux de population immigrée est le plus élevé. Il ne faut pas l’oublier. La sensibilité des Corses à la question identitaire est liée à leur histoire et leur culture, mais aussi à des fondamentaux démographiques. D’un côté, un hiver démographique, c’est-à-dire un taux de natalité des autochtones très bas, et, de l’autre, une poussée de l’immigration notamment maghrébine depuis trente ans conjuguée à une natalité plus forte des nouveaux arrivants. Cette instabilité démographique est le principal générateur de l’insécurité culturelle sur l’île. La question qui obsède les Corses aujourd’hui est la question qui hante toute la France périphérique et toutes les classes moyennes et populaires occidentales au XXIe siècle : « Vais-je devenir minoritaire dans mon île, mon village, mon quartier ? » C’est à la lumière de cette angoisse existentielle qu’il faut comprendre l’affaire du burkini sur la plage de Sisco, en juillet 2016, ou encore les tensions dans le quartier des Jardins de l’Empereur, à Ajaccio, en décembre 2015. C’est aussi à l’aune de cette interrogation qu’il faut évaluer le vote « populiste » lors de la présidentielle ou nationaliste aujourd’hui. En Corse, il y a encore une culture très forte et des solidarités profondes. À travers ce vote, les Corses disent : « Nous allons préserver ce que nous sommes. » Il faut ajouter à cela l’achat par les continentaux de résidences secondaires qui participe de l’insécurité économique en faisant augmenter les prix de l’immobilier. Cette question se pose dans de nombreuses zones touristiques en France : littoral atlantique ou méditerranéen, Bretagne, beaux villages du Sud-Est et même dans les DOM-TOM. En Martinique aussi, les jeunes locaux ont de plus en plus de difficultés à se loger à cause de l’arrivée des métropolitains. La question du « jeune prolo » qui ne peut plus vivre là où il est né est fondamentale. Tous les jeunes prolos qui sont nés hier dans les grandes métropoles ont dû se délocaliser. Ils sont les pots cassés du rouleau compresseur de la mondialisation. La violence du marché de l’immobilier est toujours traitée par le petit bout de la lorgnette comme une question comptable. C’est aussi une question existentielle ! En Corse, elle est exacerbée par le contexte insulaire. Cela explique que, lorsqu’ils proposent la corsisation des emplois, les nationalistes font carton plein chez les jeunes. C’est leur préférence nationale à eux. (…) La condition de ce vote, comme de tous les votes populistes, est la réunion de l’insécurité sociale et culturelle. Les électeurs de Fillon, qui se sont majoritairement reportés sur Macron au second tour, étaient sensibles à la question de l’insécurité culturelle, mais étaient épargnés par l’insécurité sociale. À l’inverse, les électeurs de Mélenchon étaient sensibles à la question sociale, mais pas touchés par l’insécurité culturelle. C’est pourquoi le débat sur la ligne que doit tenir le FN, sociale ou identitaire, est stérile. De même, à droite, sur la ligne dite Buisson. L’insécurité culturelle de la bourgeoisie de droite, bien que très forte sur la question de l’islam et de l’immigration, ne débouchera jamais sur un vote « populiste » car cette bourgeoisie estime que sa meilleure protection reste son capital social et patrimonial et ne prendra pas le risque de l’entamer dans une aventure incertaine. Le ressort du vote populiste est double et mêlé. Il est à la fois social et identitaire. De ce point de vue, la Corse est un laboratoire. L’offre politique des nationalistes est pertinente car elle n’est pas seulement identitaire. Elle prend en compte la condition des plus modestes et leur propose des solutions pour rester au pays et y vivre. Au-delà de l’effacement du clivage droite/gauche et d’un rejet du clanisme historique, leur force vient du fait qu’ils représentent une élite et qu’ils prennent en charge cette double insécurité. Cette offre politique n’a jamais existé sur le continent car le FN n’a pas intégré une fraction de l’élite. C’est même tout le contraire. Ce parti n’est jamais parvenu à faire le lien entre l’électorat populaire et le monde intellectuel, médiatique ou économique. Une société, c’est une élite et un peuple, un monde d’en bas et un monde d’en haut, qui prend en charge le bien commun. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le vote nationaliste et/ou populiste arrive à un moment où la classe politique traditionnelle a déserté, aussi bien en Corse que sur le continent. L’erreur de la plupart des observateurs est de présenter Trump comme un outsider. Ce n’est pas vrai. S’il a pu gagner, c’est justement parce qu’il vient de l’élite. C’est un membre de la haute bourgeoisie new-yorkaise. Il fait partie du monde économique, médiatique et culturel depuis toujours, et il avait un pied dans le monde politique depuis des années. Il a gagné car il faisait le lien entre l’Amérique d’en haut et l’Amérique périphérique. Pour sortir de la crise, les sociétés occidentales auront besoin d’élites économiques et politiques qui voudront prendre en charge la double insécurité de ce qu’était hier la classe moyenne. C’est ce qui s’est passé en Angleterre après le Brexit, ce qui s’est passé aux Etats-Unis avec Trump, ce qui se passe en Corse avec les nationalistes. Il y a aujourd’hui, partout dans le monde occidental, un problème de représentation politique. Les électeurs se servent des indépendantismes, comme de Trump ou du Brexit, pour dire autre chose. En Corse, le vote nationaliste ne dit pas l’envie d’être indépendant par rapport à la France. C’est une lecture beaucoup trop simpliste. Si, demain, il y a un référendum, les nationalistes le perdront nettement. D’ailleurs, c’est simple, ils ne le demandent pas. (…) [Avec la Catalogne] Le point commun, c’est l’usure des vieux partis, un système représentatif qui ne l’est plus et l’implosion du clivage droite/gauche. Pour le reste, la Catalogne, c’est l’exact inverse de la Corse. Il ne s’agit pas de prendre en charge le bien commun d’une population fragilisée socialement, mais de renforcer des positions de classes et territoriales dans la mondialisation. La Catalogne n’est pas l’Espagne périphérique, mais tout au contraire une région métropole. Barcelone représente ainsi plus de la moitié de la région catalane. C’est une grande métropole qui absorbe l’essentiel de l’emploi, de l’économie et des richesses. Le vote indépendantiste est cette fois le résultat de la gentrification de toute la région. Les plus modestes sont peu à peu évincés d’un territoire qui s’organise autour d’une société totalement en prise avec les fondamentaux de la bourgeoisie mondialisée. Ce qui porte le nationalisme catalan, c’est l’idéologie libérale libertaire métropolitaine, avec son corollaire : le gauchisme culturel et l’« antifascisme » d’opérette. Dans la rhétorique nationaliste, Madrid est ainsi présentée comme une « capitale franquiste » tandis que Barcelone incarnerait l’« ouverture aux autres ». La jeunesse, moteur du nationalisme catalan, s’identifie à la gauche radicale. Le paradoxe, c’est que nous assistons en réalité à une sécession des riches, qui ont choisi de s’affranchir totalement des solidarités nationales, notamment envers les régions pauvres. C’est la « révolte des élites » de Christopher Lasch appliquée aux territoires. L’indépendance nationale est un prétexte à l’indépendance fiscale. L’indépendantisme, un faux nez pour renforcer une position économique dominante. Dans Le Crépuscule de la France d’en haut (*), j’ironisais sur les Rougon-Macquart déguisés en hipsters. Là, on pourrait parler de Rougon-Macquart déguisés en « natios ». Derrière les nationalistes, il y a les lib-lib. (…) L’exemple de la Catalogne préfigure peut-être, en effet, un futur pas si lointain où le processus de métropolisation conduira à l’avènement de cités-Etats. En face, les défenseurs de la nation apparaîtront comme les défenseurs du bien commun. Aujourd’hui, la seule critique des hyperriches est une posture trop facile qui permet de ne pas voir ce que nous sommes devenus, nous : les intellectuels, les politiques, les journalistes, les acteurs économiques, et on pourrait y ajouter les cadres supérieurs. Nous avons abandonné le bien commun au profit de nos intérêts particuliers. Hormis quelques individus isolés, je ne vois pas quelle fraction du monde d’en haut au sens large aspire aujourd’hui à défendre l’intérêt général. (…) [Pour Macron] Le point le plus intéressant, c’est qu’il s’est dégagé du clivage droite/gauche. La comparaison avec Trump n’est ainsi pas absurde. Tous les deux ont l’avantage d’être désinhibés. Mais il faut aussi tenir à l’esprit que, dans un monde globalisé dominé par la finance et les multinationales, le pouvoir du politique reste très limité. Je crois davantage aux petites révolutions culturelles qu’au grand soir. Trump va nous montrer que le grand retournement ne peut pas se produire du jour au lendemain mais peut se faire par petites touches, par transgressions successives. Trump a amené l’idée de contestation du libre-échange et mis sur la table la question du protectionnisme. Cela n’aura pas d’effets à court terme. Ce n’est pas grave car cela annonce peut-être une mutation à long terme, un changement de paradigme. La question est maintenant de savoir qui viendra après Trump. La disparition de la classe moyenne occidentale, c’est-à-dire de la société elle-même, est l’enjeu fondamental du XXIe siècle, le défi auquel devront répondre ses successeurs. (…) On peut cependant rappeler le mépris de classe qui a entouré le personnage de Johnny, notamment via « Les Guignols de l’info ». Il ne faut pas oublier que ce chanteur, icône absolue de la culture populaire, a été dénigré pendant des décennies par l’intelligentsia, qui voyait en lui une espèce d’abruti, chantant pour des « déplorables », pour reprendre la formule de Hillary Clinton. L’engouement pour Johnny rappelle l’enthousiasme des bobos et de Canal+ pour le ballon rond au moment de la Coupe du monde 1998. Le foot est soudainement devenu hype. Jusque-là, il était vu par eux comme un sport d’ « ouvriers buveurs de bière ». On retrouve le même phénomène aux États-Unis avec le dénigrement de la figure du white trash ou du redneck. Malgré quarante ans d’éreintement de Johnny, les classes populaires ont continué à l’aimer. Le virage à 180 degrés de l’intelligentsia ces derniers jours n’est pas anodin. Il démontre qu’il existe un soft power des classes populaires. L’hommage presque contraint du monde d’en haut à ce chanteur révèle en creux l’importance d’un socle populaire encore majoritaire. C’est aussi un signe supplémentaire de l’effritement de l’hégémonie culturelle de la France d’en haut. Les classes populaires n’écoutent plus les leçons de morale. Pas plus en politique qu’en chanson. Christophe Guilluy
Nous sommes dans un processus de sortie lente – mais dans un processus de sortie quand même – de la classe moyenne de la part des différentes catégories qui la composent, les unes après les autres. C’est ce que j’ai voulu identifier. La notion de classe moyenne est déjà morte mais on utilise encore cette catégorie comme si elle existait encore. Mais en réalité, en parlant des classes moyennes aujourd’hui, on parle des catégories supérieures. Finalement, quand on regarde les élections, toutes les vagues populistes reposent sur deux éléments. D’une part, une sociologie, c’est-à-dire le socle de l’ancienne classe moyenne que sont les catégories populaires, ouvriers, employés, petits paysans, petits indépendants, etc…et on retrouve ces mêmes catégories partout. Et d’autre part des territoires. C’est la géographie des périphéries avec à chaque fois les mêmes logiques quel que soit le pays occidental que l’on considère. (…) Les classes ouvrières britannique et américaine ont été fracassées beaucoup plus rapidement que la classe populaire française. Il y a les effets de l’État providence en France qui sont réels, et qui a fait que nous avons encore des catégories protégées dans notre pays. (…) Emmanuel Macron a fait des scores de dirigeant soviétique dans les grandes métropoles, avec des pourcentages incroyables à Paris, Bordeaux, Toulouse etc…Emmanuel Macron se sauve avec les deux gros bataillons que sont les retraités et les fonctionnaires – la majorité des fonctionnaires ont voté Macron – qui sont les deux catégories qui sont en train d’être tondues par ce président. Nous sommes donc effectivement à la limite d’un système qui se raccroche à des catégories encore protégées mais le vent tourne. (…) Aujourd’hui, 30% des 53-69 ans vivent sous le seuil de pauvreté, nous voyons les choses se transformer en douceur pour des catégories que l’on pensait préservées. Cela est le contexte français, mais en Grande Bretagne par exemple, les retraités ont été fracassés tout de suite et n’ont pas hésité à voter en faveur du Brexit. L’idée que les retraités vont continuer à protéger le système est à mon avis un leurre. C’est la même chose pour les fonctionnaires, les catégories B et C qui s’en prennent plein la figure ne vont pas éternellement protéger un système dont elles ne bénéficient pas. Cela est vraiment intéressant de constater que tout évolue partout mais toujours en fonction des contextes. (…) Les catégories modestes ont été relativement mieux protégées en France qu’elles ne l’ont été aux Etats-Unis ou en Grande Bretagne. On a bien un contexte français très particulier avec une fonction publique très importante etc…c’est là-dessus que nous faisons la différence. Mais une fois encore, cela n’est qu’une question de temps. Et le temps joue effectivement vers la disparition de cette classe moyenne. C’est donc bien la structuration sociale de l’ensemble des pays développés qui est en train de se modifier avec ces 20-30% de gens « en haut » qui vont s’en sortir et une immense classe populaire qui n’est plus dans l’espoir d’une amélioration de ses conditions de vie. (…) ces gens ont vraiment joué le jeu de la mondialisation et de l’Europe. Il n’y a jamais eu d’opposition de principe, ils ont joué le jeu et après 20 ou 30 ans ils font le diagnostic pour eux-mêmes et pour leurs enfants que finalement cela n’a pas marché. Il s’agit simplement d’un constat rationnel de leur part. Ce qui est frappant, c’est que tous les modèles sont affectés, du modèle américain au britannique, au modèle français républicain, jusqu’au modèle scandinave. (…) Mais (…) la disparition de la classe moyenne a commencé par les ouvriers, les paysans, les employés, les professions intermédiaires et demain, ce sera une fraction des catégories supérieures qui sera emportée. On voit déjà que les jeunes diplômés du supérieur n’arrivent plus à s’intégrer. Le processus est enclenché et il va détruire aussi des catégories qui pensent encore être protégées. (…) A partir du moment où la gauche a abandonné la question sociale, elle a abandonné les catégories populaires et c’est la dessus que le divorce s’est réalisé. Ce mouvement s’est accompagné d’une forme d’ostracisation des plus modestes qui était très forte dans certains milieux de gauche, et aujourd’hui la rupture est totale. On a en plus un processus de sécession, que Christopher Lash avait vu très tôt, qui est celle des bourgeoisies, qui s’ajoute au phénomène de citadellisation des élites, qui fait qu’il n’y a pas plus de connexion entre ces catégories. (…) Il faut arrêter le discours du magistère des prétentieux. Cette idée de rééducation du peuple, en lui montrant la voie, n’est pas possible. Une société c’est une majorité de catégories modestes et l’objectif d’une démocratie, c’est de servir prioritairement ces catégories. C’est dans ce sens là qu’il faut aller. Il faut prendre ces gens au sérieux, il faut prendre en compte les diagnostics des classes populaires sur leurs souhaits d’être protégés, ce qui ne veut pas dire être assistés. Ces catégories veulent du travail, elles veulent qu’on les respecte culturellement, et ne pas se faire traiter de « déplorables » ou de sans dents » – ce qui fait partie intégrante du problème identitaire que nous avons aujourd’hui qui est le produit de ces attaques là -. (…) Les gens veulent de la protection, du travail, de la régulation économique mais aussi une régulation des flux migratoires. Je parle ici de tout le monde d’en bas, parce que la demande de régulation des flux migratoires vient de toutes les catégories modestes quelles que soient les origines. Tout le monde veut la même chose alors que lorsque les gens parlent de la question migratoire, on les place sur la question raciale, non. C’est anthropologiquement vrai pour toutes les catégories modestes, et cela est vrai partout. Dans tous les pays, les catégories modestes veulent vivre tranquillement, ce qui ne veut pas dire vivre derrière des murs, mais vivre dans un environnement que l’on connaît avec des valeurs communes. (…) Ce qui est amusant aujourd’hui, c’est qu’il y a une ethnicisation des classes moyennes – on pense blanc – cela montre bien la fin du concept qui était censé être intégrateur pour le plus grand nombre. (…) Les autoritaires ne sont pas ceux que l’on croit. Sauver les démocraties occidentales, c’est faire entendre le plus grand nombre. (…) Soit le monde d’en haut refuse d’entendre la majorité et on basculera dans une forme d’autoritarisme soft, ce qui pourrait faire durer le système un peu plus longtemps, mais avec le risque que cela se termine très mal. Soit  on essaye de faire baisser la tension en disant : « maintenant on essaye d’intégrer économiquement et culturellement le plus grand nombre ». Cette réflexion existe, il n’y a pas encore de parti politique qui représente tout cela, qui fait cette connexion, mais cela est en gestation. Il n’y a pas 50 sorties possibles de cette impasse, il n’y en a qu’une. Inclure les catégories populaires parce qu’elles sont la société elle-même. C’est pour cela que le discours sur les marges a été destructeur. Les ouvriers, les ruraux etc…ce ne sont pas des marges, c’est un tout, et ce tout est la société. Maintenant tout est sur la table, les diagnostics sont faits. Alors il faut se retrousser les manches et aller dans le dur en essayant de réellement inventer quelque chose de plus efficace, et en oubliant ce truc absurde du premier de cordée. Mais là, il faut bien remarquer le problème que nous avons concernant le personnel en place. Ils pensent tous la même chose. Il faut une révolution culturelle du monde d’en haut, ce qui devrait être à la portée des nations occidentales…cela ne coûte pas cher. La question pour eux est donc de protéger ou disparaître. Christophe Guilluy
Les catégories populaires – qui comprennent aussi les petits agriculteurs, ainsi que les jeunes et les retraités issus de ces catégories – n’ont donc nullement disparu. Leur part dans la population française est restée à peu près stable depuis un demi-siècle. La nouveauté, c’est uniquement que «le peuple» est désormais moins visible, car il vit loin des grands centres urbains. Le marché foncier crée les conditions d’accueil des populations dont les métropoles ont besoin. En se désindustrialisant, les grandes villes nécessitent beaucoup moins d’employés et d’ouvriers. Face à la flambée des prix dans le parc privé, les catégories populaires cherchent des logements en dehors des grandes agglomérations. Le problème crucial politique et social de la France, c’est donc que la majeure partie des catégories populaires ne vit plus là où se crée la richesse. Nulle volonté de «chasser les pauvres», pas de complot, simplement la loi du marché. Le projet économique de la France, tourné vers la mondialisation, n’a plus besoin des catégories populaires, en quelque sorte. C’est une situation sans précédent depuis la révolution industrielle. (…)  Dans tous les pays développés, on vérifie le phénomène déjà constaté en France: la majorité des catégories populaires vit désormais à l’écart des territoires les plus dynamiques, ceux qui créent de l’emploi. Ces évolutions dessinent les contours d’une Amérique périphérique et d’une Angleterre périphérique tout autant que d’une France périphérique. De la Rust Belt américaine au Yorkshire britannique, des bassins industriels de l’est de l’Allemagne au Mezzogiorno italien, villes petites et moyennes, régions désindustrialisées et espaces ruraux décrochent. (…)  La dimension sociale et économique du vote populiste se complète par une dynamique culturelle. Les catégories les plus fragiles socialement (celles qui ne peuvent mettre en œuvre des stratégies d’évitements résidentiels et scolaires) sont aujourd’hui les plus sensibles à la question migratoire. Les mêmes demandent à être protégés d’un modèle économique et sociétal qui les fragilise. Dans des sociétés multiculturelles, l’assimilation ne fonctionne plus. L’autre ne devient plus soi, ce qui suscite de l’inquiétude. Le nombre de l’autre importe. Personne n’a envie de devenir minoritaire dans les catégories populaires. En France, l’immobilier social, dernier parc accessible aux catégories populaires des métropoles, s’est spécialisé dans l’accueil des populations immigrées. Les catégories populaires d’origine européenne et qui sont éligibles au parc social s’efforcent d’éviter les quartiers où les HLM sont nombreux. Elles préfèrent consentir des sacrifices pour déménager en grande banlieue, dans les petites villes ou les zones rurales afin d’accéder à la propriété et d’acquérir un pavillon. Dans chacun des grands pays industrialisés, les catégories populaires « autochtones » éprouvent une insécurité culturelle. (…) ce sont bien les territoires populaires les plus éloignés des grandes métropoles qui portent la dynamique populiste. La Rust Belt et les régions désindustrialisées de Grande-Bretagne pèsent respectivement plus dans le vote Trump ou dans le Brexit que New York ou le Grand Londres. Dans les zones périurbaines de Rotterdam, ce sont bien aussi les catégories modestes (qui ne se confondent pas avec les pauvres) qui voient leur statut de référent culturel remis en question par la dynamique migratoire et qui votent pour Geert Wilders. Ainsi, si la situation de l’ouvrier allemand n’est pas celle du paysan français, de l’employé néerlandais ou d’un petit travailleur indépendant italien, il existe un point commun : tous, quel que soit leur niveau de vie, font le constat d’être fragilisés par un modèle économique qui les a relégués socialement et culturellement. (…) On ne s’intègre pas à un modèle ou à un système de valeur mais à une population à qui on désire ressembler. On se marie, on tisse des liens d’amitié, de voisinage avec des gens qui sont proches. Or cette intégration ne se réalise pas dans n’importe quelle catégorie sociale, mais d’abord dans des milieux populaires. Et ce qui a changé depuis les années 1970 et surtout 1980, c’est précisément le changement de statut de ces catégories populaires. Les ouvriers, les employés, les « petites gens » sont désormais perçus en grande partie comme les perdants de la mondialisation. Quel nouveau venu dans un pays peut avoir envie de ressembler à des « autochtones » qui ne sont pas en phase d’ascension sociale et que, de surcroît, leurs propres élites méprisent en raison de l’attachement des intéressés à certaines valeurs traditionnelles ? Souvenons-nous de la phrase de Hillary Clinton présentant les électeurs de Donald Trump comme des « déplorables » pendant la campagne présidentielle de 2016 aux États-Unis. C’est pourquoi, alors que la France, les États-Unis, la Grande-Bretagne ou la Scandinavie se sont construits sur des modèles culturels très différents, tous ces pays connaissent la même dynamique populiste, la même crise sociale et identitaire et le même questionnement sur la pertinence de leurs modèles d’intégration. (…) la rupture entre le haut et le bas (…) nous conduit à un modèle qui ne fait plus société. La disparition de la classe moyenne n’en est qu’une conséquence. Le monde d’en haut refuse d’écouter celui d’en bas qui le lui rend bien notamment en grossissant les camps de l’abstention ou du vote populiste. Cette rupture du lien, y compris conflictuel, entre le haut et le bas, porte en germe l’abandon du bien commun et nous fait basculer dans l’asociété. Trump vient de l’élite américaine, c’est un des points communs qu’il partage avec Macron. Tous les deux se sont affranchis de leur propre camp pour se faire élire : Macron de la gauche, Trump du camp républicain. Ils ont enterré le vieux clivage gauche-droite. Les deux ont compris que nous étions entrés dans le temps de la disparition de la classe moyenne occidentale. L’un et l’autre ont saisi que, pour la première fois dans l’histoire, les classes populaires, celles qui constituaient hier le socle de la classe moyenne, vivent désormais sur les territoires qui créent le moins d’emplois : dans l’Amérique périphérique et dans la France périphérique. Mais la comparaison s’arrête là. Si Trump a été élu par l’Amérique périphérique, Macron a au contrai- re construit sa dynamique électorale à partir des métropoles mondialisées. Si le président français est conscient de la fragilisation sociale de la France périphérique, il pense que la solution passe par une accélération de l’adaptation de l’économie française aux normes de l’économie mondialisée. À l’opposé, le président américain fait le constat des limites d’un modèle qu’il convient de réguler (protectionnisme, remise en cause des traités de libre-échange, volonté de réguler l’immigration, politique de grands travaux) afin de créer de l’emploi sur ces territoires de la désindustrialisation américaine. Il existe un autre point de divergence fondamental, c’est le refus chez Trump d’un argumentaire moral qui sert depuis des décennies à disqualifier les classes populaires. Christophe Guilluy
Les pays de l’OCDE, et plus encore les démocraties occidentales, répondent pleinement au projet que la Dame de fer appelait de ses vœux. Partout, trente ans de mondialisation ont agi comme une concasseuse du pacte social issu de l’après-guerre. La fin de la classe moyenne occidentale est actée. Et pas seulement en France. Les poussées de populisme aux Etats-Unis, en Italie, et jusqu’en Suède, où le modèle scandinave de la social-démocratie n’est désormais plus qu’une sorte de zombie, en sont les manifestations les plus évidentes. Personne n’ose dire que la fête est finie. On se rassure comme on peut. Le monde académique, le monde politique et médiatique, chacun constate la montée des inégalités, s’inquiète de la hausse de la dette, de celle du chômage, mais se rassure avec quelques points de croissance, et soutient que l’enjeu se résume à la question de l’adaptabilité. Pas celle du monde d’en haut. Les gagnants de la mondialisation, eux, sont parfaitement adaptés à ce monde qu’ils ont contribué à forger. Non, c’est aux anciennes classes moyennes éclatées, reléguées, que s’adresse cette injonction d’adaptation à ce nouveau monde. Parce que, cahin-caha, cela marche, nos économies produisent des inégalités, mais aussi plus de richesses. Mais faire du PIB, ça ne suffit pas à faire société. (…) Election de Trump, Brexit, arrivée au pouvoir d’une coalition improbable liant les héritiers de la Ligue du Nord à ceux d’une partie de l’extrême gauche en Italie. De même qu’il y a une France périphérique, il y a une Amérique périphérique, un Royaume-Uni périphérique, etc. La périphérie, c’est, pour faire simple, ces territoires autour des villes-mondes, rien de moins que le reste du pays. L’agglomération parisienne, le Grand-Londres, les grandes villes côtières américaines, sont autant de territoires parfaitement en phase avec la mondialisation, des sortes de Singapour. Sauf que, contrairement à cette cité-Etat, ces territoires disposent d’un hinterland, d’une périphérie. L’explosion du prix de l’immobilier est la traduction la plus visible de cette communauté de destin de ces citadelles où se concentrent la richesse, les emplois à haute valeur ajoutée, où le capital culturel et financier s’accumule. Cette partition est la traduction spatiale de la notion de ruissellement des richesses du haut vers le bas, des premiers de cordée vers les autres. Dans ce modèle, la richesse créée dans les citadelles doit redescendre vers la périphérie. Trente ans de ce régime n’ont pas laissé nos sociétés intactes. Ce sont d’abord les ouvriers et les agriculteurs qui ont été abandonnés sur le chemin, puis les employés, et c’est maintenant au tour des jeunes diplômés d’être fragilisés. Les plans sociaux ne concernent plus seulement l’industrie mais les services, et même les banques… Dans les territoires de cette France périphérique, la dynamique dépressive joue à plein : à l’effondrement industriel succède celui des emplois présentiels lequel provoque une crise du commerce dans les petites villes et les villes moyennes. Les gens aux Etats-Unis ou ailleurs ne se sont pas réveillés un beau matin pour se tourner vers le populisme. Non, ils ont fait un diagnostic, une analyse rationnelle : est-ce que ça marche pour eux ou pas. Et, rationnellement, ils n’ont pas trouvé leur compte. Et pas que du point de vue économique. S’il y a une exception française, c’est la victoire d’Emmanuel Macron, quand partout ailleurs les populistes semblent devoir l’emporter. (…) Emmanuel Macron est le candidat du front bourgeois. A Paris, il n’est pas anodin que les soutiens de François Fillon et les partisans de La Manif pour tous du XVIe arrondissement aient voté à 87,3 % pour le candidat du libéralisme culturel, et que leurs homologues bobos du XXe arrondissement, contempteurs de la finance internationale, aient voté à 90 % pour un banquier d’affaires. Mais cela ne fait pas une majorité. Si Emmanuel Macron l’a emporté, c’est qu’il a reçu le soutien de la frange encore protégée de la société française que sont les retraités et les fonctionnaires. Deux populations qui ont lourdement souffert au Royaume-Uni par exemple, comme l’a traduit leur vote pro-Brexit. Et c’est bien là le drame qui se noue en France. Car, parmi les derniers recours dont dispose la technocratie au pouvoir pour aller toujours plus avant vers cette fameuse adaptation, c’est bien de faire les poches des retraités et des fonctionnaires. Emmanuel Macron applique donc méticuleusement ce programme. Il semble récemment pris de vertige par le risque encouru pour les prochaines élections, comme le montre sa courbe de popularité, laquelle se trouve sous celle de François Hollande à la même période de leur quinquennat. Un autre levier, déjà mis en branle par Margaret Thatcher puis par les gouvernements du New Labour de Tony Blair, est la fin de l’universalité de la redistribution et la concentration de la redistribution. Sous couvert de faire plus juste, et surtout de réduire les transferts sociaux, on réduit encore le nombre de professeurs, mais on divise les classes de ZEP en deux, on limite l’accès des classes populaires aux HLM pour concentrer ce patrimoine vers les franges les plus pauvres, et parfois non solvables. De quoi fragiliser le modèle de financement du logement social en France, déjà mis à mal par les dernières réformes, et ouvrir la porte à sa privatisation, comme ce fut le cas dans l’Angleterre thatchérienne. (…) Partout en Europe, dans un contexte de flux migratoire intensifié, ce ciblage des politiques publiques vers les plus pauvres – mais qui est le plus pauvre justement, si ce n’est celui qui vient d’arriver d’un territoire 10 fois moins riche ? – provoque inexorablement un rejet de ce qui reste encore du modèle social redistributif par ceux qui en ont le plus besoin et pour le plus grand intérêt de la classe dominante. C’est là que se noue la double insécurité économique et culturelle. Face au démantèlement de l’Etat-providence, à la volonté de privatiser, les classes populaires mettent en avant leur demande de préserver le bien commun comme les services publics. Face à la dérégulation, la dénationalisation, elles réclament un cadre national, plus sûr moyen de défendre le bien commun. Face à l’injonction de l’hypermobilité, à laquelle elles n’ont de toute façon pas accès, elles ont inventé un monde populaire sédentaire, ce qui se traduit également par une économie plus durable. Face à la constitution d’un monde où s’impose l’indistinction culturelle, elles aspirent à la préservation d’un capital culturel protecteur. Souverainisme, protectionnisme, préservation des services publics, sensibilité aux inégalités, régulation des flux migratoires, sont autant de thématiques qui, de Tel-Aviv à Alger, de Detroit à Milan, dessinent un commun des classes populaires dans le monde. Ce soft power des classes populaires fait parfois sortir de leurs gonds les parangons de la mondialisation heureuse. Hillary Clinton en sait quelque chose. Elle n’a non seulement pas compris la demande de protection des classes populaires de la Rust Belt, mais, en plus, elle les a traités de « déplorables ». Qui veut être traité de déplorable ou, de ce côté-ci de l’Atlantique, de Dupont Lajoie ? L’appartenance à la classe moyenne n’est pas seulement définie par un seuil de revenus ou un travail d’entomologiste des populations de l’Insee. C’est aussi et avant tout un sentiment de porter les valeurs majoritaires et d’être dans la roue des classes dominantes du point de vue culturel et économique. Placées au centre de l’échiquier, ces catégories étaient des références culturelles pour les classes dominantes, comme pour les nouveaux arrivants, les classes populaires immigrées. En trente ans, les classes moyennes sont passées du modèle à suivre, l’American ou l’European way of life, au statut de losers. Il y a mieux comme référents pour servir de modèle d’assimilation. Qui veut ressembler à un plouc, un déplorable… ? Personne. Pas même les nouveaux arrivants. L’ostracisation des classes populaires par la classe dominante occidentale, pensée pour discréditer toute contestation du modèle économique mondialisé – être contre, c’est ne pas être sérieux – a, en outre, largement participé à l’effondrement des modèles d’intégration et in fine à la paranoïa identitaire. L’asociété s’est ainsi imposée partout : crise de la représentation politique, citadéllisation de la bourgeoisie, communautarisation. Qui peut dès lors s’étonner que nos systèmes d’organisation politique, la démocratie, soient en danger ? Christophe Guilluy
Qui pourrait avoir envie d’intégrer une catégorie sociale condamnée par l’histoire économique et présentée par les médias comme une sous-classe  faible, raciste, aigrie et inculte ? (…) On peut débattre sans fin de la pertinence des modèles, de la crise identitaire, de la nécessité de réaffirmer les valeurs républicaines, de définir un commun: tous ces débats sont vains si les modèles ne sont plus incarnés. On ne s’assimile pas, on ne se marie pas, on ne tombe psas amoureux d’un système de valeurs, mais d’individus et d’un mode vie que l’on souhaite adopter. Christophe Guilluy
En 2016, Hillary Clinton traitait les électeurs de son opposant républicain, c’est-à-dire l’ancienne classe moyenne américaine déclassée, de « déplorables ». Au-delà du mépris de classe que sous-tend une expression qui rappelle celle de l’ancien président français François Hollande qui traitait de « sans-dents » les ouvriers ou employés précarisés, ces insultes (d’autant plus symboliques qu’elles étaient de la gauche) illustrent un long processus d’ostracisation d’une classe moyenne devenue inutile.  (…) Depuis des décennies, la représentation d’une classe moyenne triomphante laisse peu à peu la place à des représentations toujours plus négatives des catégories populaires et l’ensemble du monde d’en haut participe à cette entreprise. Le monde du cinéma, de la télévision, de la presse et de l’université se charge efficacement de ce travail de déconstruction pour produire en seulement quelques décennies la figure répulsive de catégories populaires inadaptées, racistes et souvent proches de la débilité. (…) Des rednecks dégénérés du film « Deliverance » au beauf raciste de Dupont Lajoie, la figure du « déplorable » s’est imposée dès les années 1970 dans le cinéma. La télévision n’est pas en reste. En France, les années 1980 seront marquées par l’émergence de Canal +, quintessence de ll’idéologie libérale-libertaire dominante. (…) De la série « Les Deschiens », à la marionnette débilitante de Johnny Hallyday des Guignols de l’info, c’est en réalité toute la production audiovisuelle qui donne libre cours à son mépris de classe. Christophe Guilluy
La diabolisation vise moins les partis populistes ou leur électorat (considéré comme définitivement « perdu » aux yeux de la classe dominante) que la fraction des classes supérieures et intellectuelles qui pourrait être tentée par cette solidarité de classe et ainsi créer les conditions du changement. (…) Si l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis a provoqué autant de réactions violentes dans l’élite mondialisée, ce n’est pas parce qu’il parle comme un « white trash » mais parce que au contraire il est issu de l’hyper-classe. En évoquant le protectionnisme ou la régulation des flux migratoires, Donald Trump brise le consensus idéologique à l’intérieur même de la classe dominante. Il contribue ainsi à un basculement d’une fraction des classes supérieures qui assurent la survie du système. Le 45e président n’a pas gagné parce qu’il a fait le plein de voix dans la « white working class » mais parce qu’il a réalisé l’alliance improbable entre une fraction du monde d’en haut et celui de l’Amérique périphérique. La prise de conscience des réalités populaires par une fraction de l’élite est un vrai risque, elle peut se réaliser à tout moment, dans n’importe quel pays ou région. Christophe Guilluy
Quitte à scier, comme la polémique qui a suivi et semblent l’indiquer les premiers chiffres d’exploitation en berne, la branche sur laquelle l’industrie cinématographique américaine reste néanmoins assise …
Comment ne pas regretter …
Ce qu’aurait pu en faire, avant son jet de l’éponge et à l’inverse d’un réalisateur et d’un acteur principal issus du « premier Etat postnational » autoproclamé, un Clint Eastwood ?
Et comment surtout ne pas y voir …
Après l’ancien collègue d’Armstrong Buzz Aldrin, le sénateur Rubio ou le président Trump
L’énième illustration et confirmation ….
De cette entreprise systématique de déconstruction et de délégitimation des valeurs de la classe moyenne américaine et occidentale …
Qui comme le décrit si bien le désormais sulfureux lui aussi géographe français Christophe Guilluy notamment dans son dernier ouvrage …
Est en train non seulement de démoraliser tout le socle populaire d’une classe moyenne hier encore triomphante …
Mais de priver une immigration désormais hors de contrôle de toute chance d’assimilation ?
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Fier d’être américain : Buzz Aldrin twitte une photo du drapeau américain sur la Lune en pleine controverse avec le film “First Man”

L’astronaute légendaire Edwin “Buzz” Aldrin a twitté dimanche soir des photos historiques de l’alunissage d’Apollo 11 au cœur de l’indignation suscitée par la décision du réalisateur de First Man Damien Chazelle d’exclure le drapeau américain d’être planté sur la Lune.

Joshuah Caplan

Breibart

traduction Nouvel Ordre mondial

3 septembre 2018

Buzz Aldrin a twitté deux photos de la mission de 1969, mettant en évidence le drapeau américain, avec divers hashtags, dont “#proudtobeanAmerican” et “onenation”.

Samedi, Aldrin a tweeté quatre photos de lui-même en portant un t-shirt qui se lit “Buzz Aldrin, Future Martian”, avec un astronaute plantant le drapeau américain sur une planète.

De plus, l’astronaute emblématique a retwitté la photo de l’utilisateur @pir8lksat40 qui le salue avec une photo de l’alunissage derrière lui.

Aldrin a également retwitté une photo de lui-même en saluant tout en se tenant à côté d’une photo agrandie de la mission Apollo 11 qui inclut le drapeau sur la lune.

La semaine dernière, Chazelle a rejeté les critiques selon lesquelles l’omission du drapeau américain était censée être une revendication politique. “Pour répondre à la question de savoir s’il s’agissait d’une revendication politique, la réponse est non”, a déclaré le réalisateur de First Man dans une interview avec Variety. “Mon but avec ce film était de partager avec le public les aspects invisibles et inconnus de la mission états-unienne sur la lune – en particulier la saga personnelle de Neil Armstrong et ce qu’il a pu penser et ressentir pendant ces quelques heures de gloire.”

Mark et Rick Armstrong, les fils de l’astronaute d’Apollo 11 Neil Armstrong, ont critiqué ceux qui ont étiqueté le sujet “d’antiaméricain”.

“Cette histoire est humaine et elle est universelle. Bien sûr, il célèbre une réalisation américaine. Il célèbre également une réalisation ‘pour toute l’humanité’”, peut-on lire dans la déclaration des Armstrong. “Les cinéastes ont choisi de se concentrer sur Neil qui regarde la Terre, sa marche vers le Petit Cratère Occidental, son expérience personnelle et unique de clôturer ce voyage, un voyage qui a eu tant de hauts et de bas dévastateurs.”

Dans une interview accordée au Telegraph, Ryan Gosling, star de First Man, a déclaré que la décision d’exclure le drapeau américain était motivée par l’idée que l’alunissage est considéré comme un “accomplissement humain plutôt qu’américain”.

“Je pense que cela a été largement considéré à la fin comme une réalisation humaine [et] c’est ainsi que nous avons choisi de voir les choses”, a déclaré l’acteur, qui joue Armstrong, au journal britannique. “Je pense aussi que Neil était extrêmement humble, comme beaucoup de ces astronautes, et qu’à maintes reprises, il a différé l’attention de lui-même aux 400 000 personnes qui ont rendu la mission possible”, a déclaré l’acteur au journal britannique.

Le sénateur Marco Rubio (F-FL) a pris Twitter pour faire exploser l’omission du drapeau américain comme une “folie totale” et un “mauvais service” rendu au peuple américain. “C’est de la folie totale. Et un mauvais service rendu à un moment où notre peuple a besoin de rappels de ce que nous pouvons accomplir lorsque nous travaillons ensemble”, a écrit Rubio. “Le peuple américain a payé pour cette mission, sur des fusées construites par des Américains, avec de la technologie américaine et pour transporter des astronautes américains. Ce n’était pas une mission de l’ONU.”

Voir aussi:

Hollywood Just Cut The Flag Out Of The Moon Landing. Here’s Why That Matters.

On Thursday evening, Ryan Gosling made international news when he justified the fact that the new Damien Chazelle biopic of Neil Armstrong will skip the whole planting the American flag on the moon thing. Gosling, a Canadian, explained, “I think this was widely regarded in the end as a human achievement [and] that’s how we chose to view it.”

Now, the real reason that the film won’t include the planting of the American flag is that the distributors obviously fear that Chinese censors will be angry, and that foreign audiences will scorn the film. But it’s telling that the Left seems to attribute every universal sin to America, and every specific victory to humanity as a whole. Slavery: uniquely American. Racism: uniquely American. Sexism: uniquely American. Homophobia: uniquely American. Putting a man on the moon: an achievement of humanity.

All of this is in keeping with a general perspective that sees America as a nefarious force in the world. This is Howard Zinn’s A People’s History of the United States view: that America’s birth represented the creation of a terrible totalitarian regime, but that Maoist China is the “closest thing, in the long history of that ancient country, to a people’s government, independent of outside control”; that Castro’s Cuba had “no bloody record of suppression,” but that the U.S. responded to the “horrors perpetrated by the terrorists against innocent people in New York by killing other innocent people in Afghanistan.”

In reality, however, America remains the single greatest force for human freedom and progress in the history of the world. And landing a man on the moon was part of that uniquely American legacy. President John F. Kennedy announced his mission to go to the moon in 1961; in 1962, he gave a famous speech at Rice University in which he announced the purpose of the moon landing:

For the eyes of the world now look into space, to the moon and to the planets beyond, and we have vowed that we shall not see it governed by a hostile flag of conquest, but by a banner of freedom and peace. We have vowed that we shall not see space filled with weapons of mass destruction, but with instruments of knowledge and understanding. Yet the vows of this Nation can only be fulfilled if we in this Nation are first, and, therefore, we intend to be first. In short, our leadership in science and in industry, our hopes for peace and security, our obligations to ourselves as well as others, all require us to make this effort, to solve these mysteries, to solve them for the good of all men, and to become the world’s leading space-faring nation. We set sail on this new sea because there is new knowledge to be gained, and new rights to be won, and they must be won and used for the progress of all people. For space science, like nuclear science and all technology, has no conscience of its own. Whether it will become a force for good or ill depends on man, and only if the United States occupies a position of pre-eminence can we help decide whether this new ocean will be a sea of peace or a new terrifying theater of war.

The moon landing was always nationalist. It was nationalism in service of humanity. But that’s been America’s role in the world for generations. Removing the American flag from an American mission demonstrates the anti-American animus of Hollywood, if we’re to take their values-laden protestations seriously.

Voir également:

Why Neil Armstrong’s sons don’t think the biopic ‘First Man’ is anti-American

The Washington Post

September 3

Ryan Gosling is not an American, but he is part of a species that visited a celestial body beyond Earth.

That is one perspective the Canadian used in describing the Apollo 11 mission, and specifically Neil Armstrong, whom he plays in the upcoming film “First Man.”

It depicts the 1969 mission to land men on the moon and return them safely. But the film does not show Armstrong and Buzz Aldrin unfurling and planting an American flag on the lunar surface. And its creators, including Gosling, say they view the moment as a human achievement more than an American one, and have suggested Armstrong did not believe he was an “American hero.”

“From my interviews with his family and people that knew him, it was quite the opposite,” Gosling said, according to Britain’s Telegraph newspaper. “And we wanted the film to reflect Neil.”

Predictably, the Canadian actor’s comments, paired with the omission of the Stars and Stripes, have sparked outrage, particularly in American conservative circles. The criticism, in turn, has prompted Armstrong’s sons to defend the film’s depiction of events and its attention to quieter, lesser-known aspects of their father’s life.

“This story is human and it is universal. Of course, it celebrates an America achievement. It also celebrates an achievement ‘for all mankind,’ as it says on the plaque Neil and Buzz left on the moon,” according to a statement released Friday by Rick and Mark Armstrong.

The statement was also attributed to “First Man” biographer James R. Hansen, according to Hollywood Reporter.

“It is a story about an ordinary man who makes profound sacrifices and suffers through intense loss in order to achieve the impossible,” the men said. Their father died in 2012.

Some conservative figures have taken Gosling’s Telegraph interview as proof of Hollywood globalism run amok, and an outcropping of the ongoing controversy over NFL players kneeling during the national anthem to protest police killing of black citizens.

Sen. Ted Cruz (R-Tex.) weighed in Saturday among conservatives propelling social media calls for boycotts of the film.

“Really sad: Hollywood erases American flag from moon landing. This is wrong, and consistent with Leftists’ disrespecting the flag & denying American exceptionalism,” Cruz, who is in an unexpectedly tight reelection race, wrote on Twitter. “JFK saw that it mattered that America go to the moon — why can’t Hollywood see that today?”

“Fox & Friends,” a Fox News program favored by President Trump, discussed the issue Friday.

Co-host Pete Hegseth simply called Gosling “an idiot.”

Ainsley Earhardt, his co-host, grimly assessed the social implications.

“This is where our country is going. They don’t think America is great,” she said. “They want to kneel for the flag.” Later in the day, #BoycottFirstMan was trending on social media.

Chuck Yeager, the legendary American pilot who was the first to break the sound barrier, called leaving out the flag-planting “more Hollywood make-believe.”

On Sunday Aldrin tweeted photos of the historic moment with the hashtag #proudtobeanAmerican.

Director Damien Chazelle, who also helmed “La La Land” and “Whiplash,” has echoed the sentiments of the Armstrong brothers on the selective storytelling.

“I wanted the primary focus in that scene to be on Neil’s solitary moments on the moon — his point of view as he first exited the [Lunar Module], his time spent at Little West Crater, the memories that may have crossed his mind during his lunar [exploration],” he said in a statement Friday, according to Hollywood Reporter.

The film, which debuted this past week at the Venice Film Festival, will arrive stateside Oct. 12, and have plenty of American flags waving throughout.

“First Man” does not show the flag planting, but there are several shots of the U.S. flag on the moon, Daily Beast writer Marlow Stern said after attending the screening.

Ironically, the controversy may endure longer than the flag itself: Aldrin told controllers he saw the flag knocked over with a blast of spacecraft exhaust, NASA has said.

The flag really wasn’t designed to endure the blastoff, let alone the lunar environment, or lack thereof. It was purchased from a Sears store for $5.50, NASA said. Department-store flags cannot even withstand terrestrial wear and tear, like sunlight and wind, for more than a few years.

On the moon, decades of extreme temperatures, ultraviolet radiation and micrometeorites have probably disintegrated the flag entirely, scientists say, and the bombardment of unfiltered sunlight has probably bleached flags left on subsequent missions stark white.

Even the original flag planting was controversial. Debate raged over whether to raise an American flag or a banner of the United Nations. Congress forbid NASA from placing flags of other countries or international bodies on the moon during U.S.-funded missions, the agency said.

“In the end, it was decided by Congress that this was a United States project. We were not going to make any territorial claim, but we were to let people know that we were here and put up a U.S. flag,” Armstrong said, according to Newsweek. “My job was to get the flag there. I was less concerned about whether that was the right artifact to place. I let other, wiser minds than mine make those kinds of decisions.”

Voir de même:

‘First Man’: Neil Armstrong film fails to fly flag for US patriotism
Anita Singh
The Telegraph
29 August 2018

When Neil Armstrong and Buzz Aldrin planted the American flag on the moon in 1969, it marked one of the proudest moments in US history.

But a new film about Armstrong has chosen to leave out this most patriotic of scenes, arguing that the giant leap for mankind should not be seen as an example of American greatness.

The film, First Man, was unveiled at the Venice Film Festival yesterday, where the absence of the stars and stripes was noted by critics.

Its star, Ryan Gosling, was asked if the film was a deliberately un-American take on the moon landing. He replied that Armstrong’s accomplishment « transcended countries and borders ».

Gosling explained: « I think this was widely regarded in the end as a human achievement [and] that’s how we chose to view it. I also think Neil was extremely humble, as were many of these astronauts, and time and time again he deferred the focus from himself to the 400,000 people who made the mission possible. »

« He was reminding everyone that he was just the tip of the iceberg – and that’s not just to be humble, that’s also true.

« So I don’t think that Neil viewed himself as an American hero. From my interviews with his family and people that knew him, it was quite the opposite. And we wanted the film to reflect Neil. »

Gosling joked: « I’m Canadian, so might have cognitive bias. » The film’s director, Damien Chazelle, Who previously worked with Gosling on the Oscar-winning La La Land, is French-Canadian.

The planting of the flag was controversial in 1969. There was disagreement over whether a US or United Nations flag should be used. Armstrong said later: « In the end it was decided by Congress that this was a United States project. We were not going to make any territorial claim, but we were to let people know that we were here and put up a US flag.

« My job was to get the flag there. I was less concerned about whether that was the right artefact to place. I let other, wiser minds than mine make those kinds of decisions. »

First Man is based on an authorised biography of Armstrong by James Hansen. It has the backing of the astronaut’s family, including his two sons, and of NASA.

Armstrong died in 2012, aged 82. President Obama paid tribute to him as « among the greatest of American heroes – not just of his time, but of all time ».

First Man also features Claire Foy as Armstrong’s first wife, Janet, mother of his two boys. She said her focus was on the family dynamics behind the space mission: « I wanted to honour how these children saw their mum and dad. Their dad wasn’t an astronaut to them, he was their dad. »

Venice in recent years has been a launch pad for Oscar campaigns – including last year’s best picture winner, The Shape of Water – and First Man will be a contender.

Other films being unveiled include a new version of A Star Is Born, featuring Lady Gaga and Bradley Cooper.

There is only one woman director in the official line-up, Jennifer Kent, prompting criticism from female filmmakers. However, the Festival director, Albert Barbera, has resisted pressure to introduce gender balance, saying: « If we impose quotas, I resign. »

:: The London Film Festival released its competition line-up yesterday with five of the 10 contenders directed by women. Tricia Tuttle, the festival’s artistic director, said it was « a real pleasure to see that half of these films come from female directors ».

Voir de plus:

Neil Armstrong’s Sons, Director Damien Chazelle Defend Absence of Flag-Planting Scene in ‘First Man’
Dave McNary
Variety
August 31, 2018

Neil Armstrong’s sons and director Damien Chazelle have defended the absence of a flag-planting scene in the movie “First Man,” which details the 1969 moon landing.

Rick Armstrong and Mark Armstrong released a statement jointly with “First Man” author James R. Hansen on Friday in the wake of claims that the lack of the flag planting in the movie is unpatriotic.

“We do not feel this movie is anti-American in the slightest,” the trio said. “Quite the opposite. But don’t take our word for it. We’d encourage everyone to go see this remarkable film and see for themselves.”

“First Man” is directed by Chazelle from a script by Josh Singer, based on Hansen’s book “First Man: The Life of Neil A. Armstrong.” The film stars Ryan Gosling as Neil Armstrong and focuses on the the years leading up to the Apollo 11 mission in 1969. “First Man” had its world premiere at the Venice Film Festival on Wednesday and hits theaters in the U.S. on Oct. 12.

Gosling has also responded to the criticism, telling reporters when asked about the omission, “I think this was widely regarded in the end as a human achievement [and] that’s how we chose to view it. I also think Neil was extremely humble, as were many of these astronauts, and time and time again he deferred the focus from himself to the 400,000 people who made the mission possible.”

“In ‘First Man’ I show the American flag standing on the lunar surface, but the flag being physically planted into the surface is one of several moments of the Apollo 11 lunar EVA that I chose not to focus upon,” he said in a statement. “To address the question of whether this was a political statement, the answer is no. My goal with this movie was to share with audiences the unseen, unknown aspects of America’s mission to the moon — particularly Neil Armstrong’s personal saga and what he may have been thinking and feeling during those famous few hours.”

“I wanted the primary focus in that scene to be on Neil’s solitary moments on the moon — his point of view as he first exited the LEM, his time spent at Little West Crater, the memories that may have crossed his mind during his lunar EVA,” Chazelle added. “This was a feat beyond imagination; it was truly a giant leap for mankind. This film is about one of the most extraordinary accomplishments not only in American history, but in human history. My hope is that by digging under the surface and humanizing the icon, we can better understand just how difficult, audacious and heroic this moment really was.”

Armstrong died in 2012 at the age of 82.

Here’s the statement from Armstrong’s son and Hansen:

We’ve read a number of comments about the film today and specifically about the absence of the flag planting scene, made largely by people who haven’t seen the movie. As we’ve seen it multiple times, we thought maybe we should weigh in.

This is a film that focuses on what you don’t know about Neil Armstrong. It’s a film that focuses on things you didn’t see or may not remember about Neil’s journey to the moon. The filmmakers spent years doing extensive research to get at the man behind the myth, to get at the story behind the story. It’s a movie that gives you unique insight into the Armstrong family and fallen American Heroes like Elliot See and Ed White. It’s a very personal movie about our dad’s journey, seen through his eyes.

This story is human and it is universal. Of course, it celebrates an America achievement. It also celebrates an achievement “for all mankind,” as it says on the plaque Neil and Buzz left on the moon. It is a story about an ordinary man who makes profound sacrifices and suffers through intense loss in order to achieve the impossible.

Although Neil didn’t see himself that way, he was an American hero. He was also an engineer and a pilot, a father and a friend, a man who suffered privately through great tragedies with incredible grace. This is why, though there are numerous shots of the American flag on the moon, the filmmakers chose to focus on Neil looking back at the earth, his walk to Little West Crater, his unique, personal experience of completing this journey, a journey that has seen so many incredible highs and devastating lows.

In short, we do not feel this movie is anti-American in the slightest. Quite the opposite. But don’t take our word for it. We’d encourage everyone to go see this remarkable film and see for themselves.

Voir encore:

Cinéma: First Man, La la lune

Le réalisateur de Whiplash retrace la vie de l’astronaute Neil Amstrong, homme névrosé et obsédé. Le film décolle souvent mais pas toujours.

Eric Libiot

L’Express

Damien Chazelle est un Clint Eastwood en velours. L’un et l’autre racontent des héros (du quotidien ou de la grande histoire) mus par leur seule obsession. Eastwood fait plutôt dans le brutal, quand Chazelle y met de la rondeur et quelques pas de danse. Mais entre Red Stovall (Honkytonk Man) et William Munny (Impitoyable) d’un côté, Andrew (Whiplash) et Sebastian (La la land), de l’autre, il n’est question que d’hommes qui se détruisent pour parvenir à leurs fins. Le revers de la médaille du héros américain. Difficile de dire quelle voie va emprunter Chazelle – il est moins désabusé que le grand Clint – mais s’il se durcit la couenne, il pourrait devenir un portraitiste passionnant du rêve étoilé d’aujourd’hui.

First Man. Le premier homme sur la lune (et pourquoi pas rallonger le titre en italien et en chinois tant qu’à faire ?), raconte l’épopée de Neil Armstrong, le gars qui fit un petit pas pour l’homme et un grand pour l’humanité. Pilote moyen qui parvint à s’envoler et à marquer son temps à force d’abnégation et de maîtrise. Héros national mais tête de lard, père absent et mari mal luné. On a assez envie de lui mettre deux claques.

Ryan Gosling parfait

Voulant absolument se décoller des références L’Etoffe des héros et Apollo (la grandeur de la nation américaine dans toute sa splendeur), Chazelle bidouille les séquences dans l’espace en secouant sa caméra, en bricolant l’image et en filmant les poils de barbe de son personnage. C’est parfois un peu fatigant parce que systématique.

En revanche – et c’est là où l’eastwoodien qui est en lui se réveille – la partie intimiste est passionnante. Armstrong est prêt à tout sacrifier pour être le premier. Pas forcément pour recevoir les applaudissements mais pour nourrir sa propre névrose. Comme si le héros américain, bouffé par une machine mythologique basée sur le « do it yourself » devait forcément en passer par là. Armstrong a le visage fermé et Ryan Gosling, qui n’est pas l’acteur le plus expressif au monde, est parfait. Claire Foy, son épouse, également ; femme de tête, actrice de coeur. La face cachée de la Lune est finalement ce qu’il y a de plus intéressant à voir.

First Man. Le premier homme sur la lune, de Damien Chazelle. 2 h 22.

First Man – Le premier homme sur la lune – Bande Annonce

Voir aussi:

First Man : le premier homme sur la lune

Louis Guichard

Télérama

17 octobre 2018
Après La La Land, Ryan Gosling enfile le scaphandre de Neil Armstrong avec une froideur lunaire fascinante. Une biographie distanciée et troublante.

Avec La La Land, Damien Chazelle, le jeune prodige de Hollywood, remettait de la fragilité dans la glorieuse comédie musicale à l’américaine : danser et chanter n’y était pas si facile pour les deux acteurs principaux, et la mise en scène exploitait subtilement leurs faiblesses. Dans cette biographie de Neil Armstrong, la discipline incertaine, laborieuse, faillible, c’est la conquête spatiale elle-même. Le cinéaste insiste sans cesse sur la précarité des engins et vaisseaux pilotés par l’astronaute, du début des années 1960 à ses premiers pas sur la Lune, le 21 juillet 1969. Leitmotiv des scènes d’action : les antiques cadrans à aiguilles s’affolent, les carlingues tremblotent, fument, prennent feu… La réussite, lorsqu’elle survient, paraît arbitraire, et ne parvient jamais à dissiper l’effroi et le doute devant l’entreprise du héros. Voilà comment, dès la saisissante première scène, le réalisateur s’approprie le genre si codifié du biopic hollywoodien. Le visage de Ryan Gosling est l’autre facteur majeur de stylisation. Avec son jeu minimaliste, son refus de l’expressivité ordinaire, l’acteur de Drive bloque la sympathie et l’identification. Damien Chazelle filme sa star en très gros plans, avec une fascination encore accentuée depuis La La Land : Ryan Gosling est lunaire bien avant d’alunir et il le demeure ensuite.

Le scénario donne et redonne, trop souvent, l’explication la plus évidente à cette absence mélancolique — la perte d’une fille, emportée en bas âge par le cancer. Cette tragédie intime, véridique, devient même la composante la plus convenue, avec flash-back mélodramatiques sur le bonheur familial perdu, un peu comme pour le personnage de spationaute de Sandra Bullock dans Gravity, d’Alfonso Cuarón. Or l’attendrissement sied peu à Damien Chazelle, cinéaste cruel, dur — voir le sadisme de Whiplash, et le gâchis amoureux de La La Land, pour cause d’égocentrisme des deux amants. Le film brille, en revanche, dès qu’il s’agit de la distance qui éloigne toujours plus le héros des siens — sa femme et ses deux fils —, au fil des expériences spatiales. Sommé par son épouse d’annoncer son départ vers la Lune à ses enfants, Neil Armstrong leur parle soudain comme s’il était en conférence de presse, sans plus d’émotion ni de tendresse — scène glaçante. Plus tard, l’homme (en quarantaine après une mission) est séparé de sa femme par une épaisse cloison de verre. La paroi devient alors, tout comme le casque-miroir du scaphandre, le symbole d’une vie à part, « hors de ce monde » — les mots de l’épouse. A la même époque, des mouvements sociaux dénoncent, aux Etats-Unis, les dépenses publiques faramineuses consacrées à la conquête spatiale, tandis que des millions de citoyens vivent mal. Damien Chazelle s’attarde sur cette critique-là, comme pour contredire la formule d’Armstrong une fois sur la Lune : « … un grand pas pour l’humanité »… Scepticisme et froideur contribuent ainsi à élever First Man au-delà de l’hagiographie attendue, au profit d’une réelle étrangeté, et d’une grande tenue.

Voir également:

What Do Words Cost? For ‘First Man,’ Perhaps, Quite A Lot
Michael Cieply
Deadline

October 14, 2018

What do words cost? In contemporary Hollywood, quite a bit, apparently.

If you believe those who say First Man was hurt by Ryan Gosling’s ‘globalist’ defense of director Damien Chazelle’s decision not to depict astronaut Neil Armstrong’s planting of an American flag on the moon—and the Internet is crawling with those who make that claim—then Gosling’s explanation cost up to $45,000 a word this weekend.

First Man, from Universal and DreamWorks among others, opened to about $16.5 million in ticket sales at the domestic box office. That’s $4.5 million short of expectations that were pegged at around $21 million. At the Venice Film Festival in late August, Gosling, who is Canadian, spoke about 100 words in defending the flag-planting omission. “I don’t think that Neil viewed himself as an American hero,” he said:  “From my interviews with his family and people that knew him, it was quite the opposite. And we wanted the film to reflect Neil. »

If the ensuing controversy really suppressed ticket sales—and who can know whether sharper-than-expected competition from Venom and A Star Is Born was perhaps a bigger factor?—the $45,000-per-word price tag is just a down payment. Under-performance by First Man of, say, $50 million over the long haul would raise the per-word price to a breathtaking $500,000.

Such is the terror of entertainment in the age of digital rage and partisanship. The simplest moment of candor at a routine promotional appearance can suddenly become a show-killer.

The real math, of course, is mysterious. To what extent a slip of the tongue or an interesting thought helped or hindered a film or television show will never be clear.

But, increasingly, the stray word seems to be taking a toll on vastly expensive properties that have been years, or even decades, in the making. Asked in May by a Huffington Post interviewer whether Star Wars character Lando Calrissian was “pansexual,” Jonathan Kasdan, co-writer of Solo: A Star Wars Story, answered: “I would say yes.”

What followed was a full-throated digital debate about sexual identity in the Star Wars series. Some fans loved it. Some didn’t. But the film, which had about $213.8 million in domestic ticket sales, seriously lagged its predecessors, leaving a scary question: Did Kasdan’s answer cost Disney and Lucasfilm some millions of dollars per word?

On the conservative side of the Great Divide, Roseanne Barr cost herself and ABC tens of millions of dollars per word when she compared former Obama White House advisor Valerie Jarrett to a combination of the Muslim Brotherhood and Planet Of The Apes, in a brief Tweet that led to her own firing and her show’s cancellation. On the progressive side, Marvel and Star Wars writer Chuck Wendig was just fired for a series of Tweets saying things at least as rude about Republicans (though the cost-per-word is clearly lower than Barr’s).

In retrospect, I begin to understand a backstage encounter I once witnessed between Bob Weinstein and Viggo Mortensen before a press conference at the Toronto International Film Festival.

Weinstein was delivering a ferocious, finger-jabbing lecture about what Mortensen could and could not say as he answered questions about his role in John Hillcoat’s The Road.

Back in 2009, this struck me as a rude, heavy-handed attempt to censor an intelligent actor who was perfectly capable of speaking for himself. But having seen what a few misplaced words can now cost, I suspect that Weinstein was ahead of his time.

Voir aussi:

The dangers of Trudeau’s ‘postnational’ Canada
Douglas Todd
The Vancouver Sun
April 28, 2016

Justin Trudeau says Canada is the world’s first « postnational state. » But the goal of the alternative, transnationalism, is to override the rules, customs and sovereignty of individual nations and allow the virtually unrestricted flow of global money.

I’m trying to understand Justin Trudeau’s idealistic thinking.

When the prime minister says Canada is the world’s “first postnational state,” I believe he’s saying this is a place where respect for minorities trumps any one group’s way of doing things.

‘There is no core identity, no mainstream in Canada,’ Trudeau claimed after the October election. ‘There are shared values – openness, respect, compassion, willingness to work hard, to be there for each other, to search for equality and justice.”

The New York Times writer who obtained this quote said Trudeau’s belief Canada has no core identity is his “most radical” political position. It seems especially so combined with criticism Trudeau is a lightweight on national security and sovereignty.

Not too many Canadians, however, seem disturbed by Trudeau talking about us as a “postnational state.”

Maybe they just write it off as political bafflegab. But of all the countries in the world, Canada, with its high proportion of immigrants and official policy of multiculturalism, may also be one of the few places where politicians and academics treat virtually all forms of nationalism with deep suspicion.

Of course, no one defends nationalism in its rigid or extreme forms. Ultranationalism has been blamed for us-against-them belligerence throughout the 20th century, which led to terrible military aggressions out of Germany, Japan, the former Yugoslavia, China and many regions of Africa.

But would it be wise to let nationalism die?

 

What if our sense of a national identity actually was eradicated? What if borders were erased and the entire world became “transnational?”

We sometimes seem to be heading that way, with the rise of the European Union, the United Nations and especially transnational deals such as the North American Free Trade Agreement and the looming Trans-Pacific Partnership.

The aim of these transnational business agreements is to override the rules, customs and sovereignty of individual nations and allow the virtually unrestricted flow of global migrants and money.

Such transnational agreements benefit some, especially the “cosmopolitan” elites and worldwide corporations. But the results for others are often not pretty.

Indeed, a case can be made that the housing affordability crises in Metro Vancouver and Toronto is a result of a “postnational” mindset.

Canada’s politicians are failing to put serious effort into protecting residents of Vancouver or Toronto from transnational financial forces.

Before digging further into the influences behind our overheated housing markets, however, I’ll make a case for healthy nationalism.

Avoid extremes

The first thing to keep in mind is to not judge nationalism by its extremes.

As G.K. Chesterton once said, condemning nationalism because it can lead to war is like condemning love because it can lead to murder.

In recent years many regions have developed generally positive forms of nationalism: Scotland, the Czech Republic, the U.S., Argentina, Japan, Sweden to name a few.

Healthy nationalism encourages diverse people to cooperate.

“Patriotism is what makes us behave unselfishly. It is why we pay taxes to support strangers, why we accept election results when we voted for the loser, why we obey laws with which we disagree,” writes Daniel Hannan, author of Inventing Freedom.

“A functioning state requires broad consensus on what constitutes the first-person plural. Take that sense away, you get Syria or Iraq or Ukraine or – well, pretty much any war zone you can name.”

Though Canada’s particular style of nationalism is fluid and not simple to define, it’s part of what makes the country attractive to immigrants, who often arrive from dysfunctional regions torn by corruption and cynicism about national officials.

Many immigrants seem to realize that it’s not normally nationalism that foments catastrophic division – it’s religion, race or tribalism.

In contrast, some of the world’s most economically successful and egalitarian countries have a sense of mutual trust and appreciation for good government that is in part based on the glue of nationalism.

People in proud Nordic countries, for instance, often decorate even their birthday cakes with their national flags. At the same time Nordic nations are generous to their disadvantaged and in distributing foreign aid.

Michael McDonald, former head of the University of B.C.’s Centre for Applied Ethics, thinks Trudeau’s belief that Canada is the world’s first “postnational state” emerges out of his concern that it’s dangerous to “affirm a dominant culture that suppresses and marginalizes those outside the mainstream.”

But even though the ethics professor believes it’s important to protect minorities, he isn’t prepared to overlook the value of nationalism.

McDonald believes being Canadian is like being a member of a community, or a big family.

“Some are born into the family and others are adopted. There is a shared family history – interpreted in diverse ways,” McDonald says.

“Not everyone is happy being in the family. Some think being a family member is important and others do not. But we are shaped by our families, and we shape ourselves within and sometimes against our families. So also with our country.”

Transnationalist dangers

Embracing McDonald’s view that Canada is a giant, unruly but somewhat bonded family, I’d suggest Trudeau contradicts himself, or is at least being naive, when he argues Canada is a postnational state.

On one hand Trudeau claims Canada has no “core identity.” On the other hand he says the Canadian identity is quite coherent – we all share the values of “openness, respect, compassion, willingness to work hard, to be there for each other, to search for equality and justice.”

Can it be both ways?

Most Canadians don’t think so. Regardless of what Trudeau told the New York Times, a recent Angus Reid Institute poll confirmed what many Canadians judge to be common sense: 75 per cent of residents believe there is a “unique Canadian culture.”

I wish some of that common sense about nationalism was being brought to the housing affordability crisis in Vancouver and Toronto.

While some of the strongest support for transnationalism comes from big business, we need to hear more from economists who stand up for healthy nationalism.

They include the famous Scottish economist Adam Smith, who is often cited as the father of capitalism. Smith believed free enterprise would work most effectively within the cultures of unified nations.

 

Healthy nationalism requires loyalty between citizens and leaders, says Geoffrey Taunton-Collins, who writes for http://www.adamsmith.org. A nation’s leaders are expected to protect their citizens from outside powers.

That is not what is happening in Vancouver and Toronto, where the forces of transnationalism have been allowed to run amok. “The city has become a commodity,” former Vancouver city councillor Jonathan Baker recently lamented. It’s being increasingly occupied by transnational wealth.

Global capital is coming to Toronto and Vancouver because it seeks a haven that has no ethical, legal or physical boundaries, Eveline Xia and UBC planning department director Penny Gurstein wrote this month in The Vancouver Sun.

Xia and Gurstein say federal and B.C. politicians are not protecting citizens from transnational speculators. Unlike the officials who represent London, Hong Kong or Singapore, Xia and Gurstein say, Canadian politicians are failing to regulate residency requirements on home purchases or charge nonresidents extra fees.

As a result many average Canadians who are desperate to make a home and livelihood in Metro Vancouver can’t come close to affording to live here.

It’s the kind of thing that can happen when too many politicians believe we’re living in the world’s first “postnational state.”

Voir enfin:

First Man (2018)

History vs. Hollywood
Questioning the Story:

How much of Neil Armstrong’s life does the First Man movie cover?

The biopic covers the period of Neil Armstrong’s life from 1961 up to the Apollo 11 Moon landing on July 20, 1969. On that day, Armstrong became the first person to set foot on the lunar surface. He was joined by Buzz Aldrin approximately 20 minutes later. This can be seen in the Apollo 11 Moon Landing Video.

Was astronaut Neil Armstrong really an introverted and quiet hero like he’s portrayed to be in the movie?Yes. The First Man true story reveals that unlike many astronauts, Neil Armstrong was not the hotshot type, nor was he a fame-seeker. He was a man of few words who was driven to accomplish something no other human being had done. Up to his death, he largely remained a bit of an enigma.

Is the First Man movie based on a Neil Armstrong book?

Yes. The movie is based on author James R. Hansen’s New York Times bestselling biography First Man: The Life of Neil A. Armstrong. First published in 2005, the book is the only official biography of Armstrong. It chronicles his involvement in the space program, concluding with the climactic Apollo 11 mission. At the same time, it explores his personal life as well. Armstrong gave his full support to Hansen and encouraged others to provide any necessary information that the author requested. Film rights to the book were sold in 2003, prior to its publication, but a Neil Armstrong movie took years to get off the ground. Initially, Clint Eastwood had been attached to direct.

Was Ryan Gosling the first choice for the role of Neil Armstrong?

Yes. Director Damien Chazelle told People Magazine that the first time he ever met Ryan Gosling was to pitch him the role in the Neil Armstrong biopic. This was before the director and actor teamed up to make the 2016 musical La La Land together.

Is the movie’s opening scene, in which Neil Armstrong pilots an X-15 rocket plane into the stratosphere, depicted accurately?

For the most part, yes. He indeed had trouble returning to Earth as the plane began to bounce off the atmosphere instead of slicing back into it. Armstrong was more than 20 miles above the Earth. The only part of that scene that isn’t as realistic is when we’re able to look out the window of his plane and see the white clouds just below. At 120,000 feet, he was roughly double the altitude of the highest clouds, so realistically, the clouds would have been much further beneath him. -TIME

Is the song playing when Neil and Janet dance in the living room based on an actual song that they listened to?

Yes. The eerie space melody that Neil and Janet dance to in the biopic is an actual song that they listened to. “It was a track that Neil and Janet shared with each other and that Neil wound up bringing with him on the Apollo 11 mission, » says director Damien Chazelle. « It’s called ‘Lunar Rhapsody’. It’s quite appropriate, but it’s this sort of weird Theremin orchestral track from the early days of the Theremin [an electric instrument with metal antennas].” -People.com

Did Neil Armstrong really lose a daughter to brain cancer?

Yes. On January 28, 1962, Neil and Janet lost their two-year-old daughter Karen to a case of pneumonia while suffering from a malignant brain tumor. « I thought the best thing for me to do in that situation was to continue with my work, » said Armstrong, « keep things as normal as I could, and try as hard as I could not to have it affect my ability to do useful things. » He became an astronaut that same year. The movie seems to depict this time in Armstrong’s life rather accurately. -First Man Book Interview

Did Neil Armstrong’s home really catch on fire?

Yes. Though the scene was cut from the final version of the movie, the First Man true story confirms that the Armstrongs’ Houston home caught fire in the spring of 1964. Janet woke in the middle of the night and smelled smoke, at which time she alerted Neil. Astronaut Ed White (portrayed by Jason Clarke in the movie) was their neighbor at the time and jumped the fence to help. The Armstrongs nearly lost their lives. Neil passed their ten-month-old son Mark through a window to Ed. He then went to save his six-year-old son Rick, holding a wet cloth over Rick’s face as they made it outside to the backyard. Neil described the 25 feet to Rick’s bedroom as « the longest journey I ever made in my life. » Rick was okay except for a burn on his thumb.

Not shown in the movie, the Armstrongs’ home burned to cinders in a 1964 house fire. They nearly lost their lives. Actor Ryan Gosling stands in the backyard of the burning home in a scene omitted from the biopic (above).

Did Neil Armstrong almost die while training for the lunar landing?

Yes. Two Lunar Landing Research Vehicles were built. Each used a single jet engine turned right-side up to simulate the Moon’s one-sixth gravity of Earth. On May 6, 1968, Neil Armstrong was piloting one of the vehicles roughly 100 feet above the ground. Unanticipated depletion of helium used to pressurize the fuel tanks led to a total failure of his flight controls and the LLRV started to go into a roll. He ejected and parachuted safely to the ground. Future analysis concluded that if he had ejected just half a second later, his parachute would not have deployed in time. His brush with death can be seen in the Neil Armstrong LLRV Training Crash Video. The top image below shows Neil Armstrong floating to the ground after Lunar Landing Research Vehicle 1 exploded into a ball of flames upon hitting the field. -First Man book

Did astronaut Neil Armstrong injure his face during the Lunar Lander training accident like in the movie?

No, he did not injure his face when he was forced to eject from the Lunar Landing Research Vehicle and parachute to the ground. The worst that happened was that he bit his tongue hard during his impact with the ground.

Did Neil Armstrong really have a serious talk with his kids about the possibility of him not returning from the mission?

Yes. Armstrong’s sons, Rick and Mark, told USA Today that their father indeed talked with them before going to space and walking on the moon. « That scene came from us, » Rick said. He and his brother collaborated with director Damien Chazelle for two-and-a-half years. As for the specifics of the conversation, Mark says he was too young to remember, but Rick says that the movie gets the gist of it right. However, he never remembers directly asking his father, « Do you think you’re coming back? »

« I didn’t have any doubt that he was coming back, » says Rick, who was 12 at the time. « So I wouldn’t have asked that. » -Collider

« We think we’re coming back, but there is some risk, » is basically what Armstrong told his sons. With regard to the oldest son shaking his father’s hand at the end of the conversation, that was added by the filmmakers. Rick said that it could have happened, or maybe it was a hug. He wasn’t sure.

Were Neil and Buzz really running low on fuel as they approached the moon’s surface?

As Neil Armstrong and Buzz Aldrin descended to the moon’s surface in the Lunar Lander, they believed that they were running low on fuel because the computers were telling that to mission control, indicating that they had less than a minute to either touch down or abort the mission. The nail-biting sequence is true. However, they later learned that the lander hadn’t actually been low on fuel.

« You got a bunch of guys about to turn blue. We’re breathing again. Thanks a lot, » flight controller Charlie Duke radioed to Armstrong after the successful landing. -The Wrap

Does the lunar footprint in the famous photo belong to Neil Armstrong?

No. The famous photo of the lunar footprint that is often shown with Armstrong’s iconic quote, « That’s one small step for man, one giant leap for mankind, » is actually Buzz Aldrin’s footprint, not Neil Armstrong’s. Therefore, it’s not the footprint of the first step taken on the Moon, which we see in the movie. Aldrin made the bootprint in the photo as part of an experiment to test the properties of the lunar regolith (the loose rock and dust sitting on top of the lunar bedrock).

Why aren’t there any good photos of Neil Armstrong on the Moon?

As we explored the First Man true story, we quickly discovered that there are no good photos of Neil Armstrong on the Moon. The best image is displayed below. It was taken by fellow astronaut Buzz Aldrin and shows Armstrong removing equipment from storage in the Lunar Module. The reason for the lack of photos of Armstrong on the lunar surface is because most of the time it was Armstrong who was carrying the camera. Some people blamed Aldrin for the insufficient number of photos of Armstrong, reasoning that he wanted the limelight since Armstrong was first to step onto the moon. Aldrin later addressed the criticism, saying he felt horrible that there were so few photos of Armstrong but there was too much going on at the time to realize it.

The most iconic shot of an astronaut on the Moon is of Buzz Aldrin standing and posing for the camera. If you look closely at that photo, you can actually see Armstrong taking the picture in the visor’s reflection.

Did Neil Armstrong really leave his daughter Karen’s bracelet on the moon?

No. It is here that the movie perhaps takes one of its biggest liberties. There is no historical record that Armstrong left a bracelet of his daughter’s on the moon (in the film, he drops it into Little West Crater). Astronauts flew with a PPK (personal preference kit), which included any non-regulation or sentimental items that they wanted to bring with them. Armstrong said that he lost the manifest for his PPK, so we can’t be sure what all it contained. We do know that he took with him remnants of fabric and the propeller from the Wright Brothers plane in which they took the first powered flight in 1903. Since Karen’s death is believed to have set the course of Armstrong’s life (especially at NASA), it’s not hard to imagine him bringing a sentimental item of Karen’s like the bracelet to the moon. We just don’t know for certain if he did, and if so, what he brought. -TIME

How much time did Neil Armstrong spend walking on the Moon?

Armstrong’s Moon walk lasted 2 and 3/4 hours, even though it feels much shorter in the movie. Astronauts on the five subsequent NASA missions that landed men on the Moon were given progressively longer periods of time to explore the lunar surface, with Apollo 17 astronauts spending 22 hours on EVA (Extravehicular Activity). The reason Armstrong and Buzz Aldrin didn’t get to spend more time outside the Lunar Module is that there were uncertainties as to how well the spacesuits would hold up to the extremely high temperatures on the lunar surface. -Space.com

Did Neil Armstrong and his wife Janet stay together?

No. After 38 years of marriage, Neil Armstrong’s wife Janet divorced him on April 12, 1994 after a long separation. He had begun a relationship with Carol Held Knight, a widow who he had met at a golf tournament in 1992. Armstrong married Knight, who was 15 years his junior, on June 12, 1994, exactly two months after his divorce became final.

Apollo 11 Moon Landing Footage & Related Videos

Below, you can further explore the true story behind the Neil Armstrong biopic First Man by watching actual footage of the 1969 Apollo 11 Moon landing, including witnessing Armstrong take the first steps on the surface of the Moon. You can also view footage of his ejection from the Lunar Landing Research Vehicle (LLRV) and its subsequent crash, which happened more than a year prior to landing on the Moon.

Neil Armstrong Lunar Lander Training Crash
Apollo 11 Moon Landing Live Broadcast Footage
First Man Movie Trailer

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The Impact of “Deliverance”

Stacey Eidson
Metro spirit
April 15, 2015

Long before moviegoers watched in horror as actor Ned Beatty was forced to strip off his clothes and told to “squeal like a pig” during a film set in the rural mountains of North Georgia, there was the novel by Atlanta writer and poet James Dickey that started it all.

It’s been 45 years since “Deliverance” first hit the book shelves across this nation, but the profound impact that the tale of four suburban men canoeing down the dangerous rapids of a remote Georgia river and encountering a pair of deranged mountain men can still be felt today.

When the book was first released back in April of 1970, the reaction was definitely mixed, to say the least. Most critics praised the adventurous tale, describing the novel as “riveting entertainment” or a “monument to tall stories.”

The New York Times called the book a “double-clutching whopper” of a story that was a “weekend athlete’s nightmare.”

“Four men decide to paddle two canoes down the rapids of a river in northern Georgia to get one last look at pure wilderness before the river is dammed up and ‘the real estate people get hold of it,’” the New York Times book review stated in 1970.

But to the shock of the reader, the whitewater adventure turns into a struggle for survival when the character Bobby Trippe is brutally sodomized by a mountain man while his friend Ed Gentry is tied to a nearby tree.

“In the middle of the second day of the outing, two of the campers pull over to the riverbank for a rest,” the New York Times wrote in 1970. “Out of the woods wander two scrofulous hillbillies with a shotgun, and proceed to assault the campers with a casual brutality that leaves the reader squirming.

“It’s a bad situation inside an impossible one wrapped up in a hopeless one, with rapids crashing along between sheer cliffs and bullets zinging down from overhead. A most dangerous game.”

The New Republic described “Deliverance” as a powerful book that readers would not soon forget.

“I wondered where the excitement was that intrigued Lewis so much; everything in Oree was sleepy and hookwormy and ugly, and most of all, inconsequential. Nobody worth a damn could ever come from such a place.”

“How a man acts when shot by an arrow, what it feels like to scale a cliff or to capsize, the ironic psychology of fear,” The New Republic review stated. “These things are conveyed with remarkable descriptive writing.”

But the Southern Review probably said it best by stating that “Deliverance” touched on the basic “questions that haunt modern urban man.”

The book spent 26 weeks on the New York Times best-selling hardback list, and 16 weeks on that newspaper’s paperback list.

Within two years, it had achieved its eighth printing and sold almost 2 million copies.

The novel was having an immediate impact on the image of northern Georgia, according to the book, “Dear Appalachia: Readers, Identity, and Popular Fiction since 1878” by author Emily Satterwhite.

“Dickey’s novel created for readers an Appalachia that served as the site of a collective ‘nightmare,’ to use a term adopted by several of Dickey’s reviewers,” Satterwhite wrote. “The rape of city men by leering ‘hicks,’ central to the novel… became almost synonymous with popular conceptions of the mountain South.”

The book is a tall tale written by a man raised in a wealthy neighborhood in Atlanta, who both loved and feared the mountains of North Georgia, according to Satterwhite.

“Dickey’s father, James II, was a lawyer who loved hunting and cockfighting; his North Georgia farm served as a refuge from his wife, her family inheritance and the Buckhead mansion and servants that her wealth afforded them even in the depths of the Great Depression,” Satterwhite wrote, adding that James Dickey, like his father, was also uncomfortable with his family’s wealth. “Dickey preferred to claim that he grew up in the mountains. He attributed his blustery aggressiveness to his ‘North Georgia folk heritage’ and averred, ‘My people are all hillbillies. I’m only second-generation city.’”

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But that was far from the truth.

“Though Dickey’s ancestors had indeed lived in mountainous Fannin County, Georgia, they were not the plain folks he made them out to be,” Satterwhite wrote. “He failed to acknowledge that they were slaveholders and among the largest landowners and wealthiest residents of the county. Dickey’s romantic — and racist — vision of Appalachia as a place apart stayed with him his entire life.”

Dickey’s conflicting feeling about these so-called “mountain people” of North Georgia is evident in many of the conversations between two of the novel’s main characters, graphic artist Ed Gentry and outdoor survivalist Lewis Medlock.

In the beginning of the book, Lewis attempts to describe to Ed, the narrator of the novel and the character who is generally believed to be loosely based on Dickey himself, what makes the mountains of northern Georgia so special.

Lewis insists that there “may be something important in the hills.”

But Ed quickly fires back, “I don’t mind going down a few rapids with you and drinking a little whiskey by a campfire. But I don’t give a fiddler’s f*** about those hills.”

Lewis continues to try to persuade Ed by telling him about a recent trip he took with another friend, Shad Mackey, who got lost in these very same mountains.

“I happened to look around, and there was a fellow standing there looking at me,” Lewis said. “‘What you want, boy down around here?’ he said. He was skinny, and had on overall pants and a white shirt with the sleeves rolled up. I told him I was going down the river with another guy, and that I was waiting for Shad to show up.”

The man who stepped out of the woods was a moonshiner who, to Lewis’ surprise, offered to help.

“‘You say you got a man back up there hunting with a bow and arrow. Does he know what’s up there?’ he asked me. ‘No,’ I said. ‘It’s rougher than a night in jail in south Georgia,’ he said, ‘and I know what I’m talking about. You have any idea whereabouts he is?’ I said no, ‘just up that way someplace, the last time I saw him.’”

What happened next opened Lewis’ eyes to these mountain people, he told Ed.

“The fellow stood up and went over to his boy, who was about fifteen. He talked to him for a while, and then came about halfway back to me before he turned around and said, ‘Son, go find that man.’

“The boy didn’t say a thing. He went and got a flashlight and an old single-shot twenty-two. He picked up a handful of bullets from a box and put them in his pocket. He called his dog, and then he just faded away.”

Several hours later, the boy returned with Shad, who had broken his leg. When Lewis finishes his story, it’s obvious the tale means very little to Ed.

“That fellow wasn’t commanding his son against his will,” Lewis said. “The boy just knew what to do. He walked out into the dark.”

Ed quickly asks, “So?”

“So, we’re lesser men, Ed,” Lewis said. “I’m sorry, but we are.”

“From the ubiquitous rendition of the ‘Dueling Banjos’ theme song to allude to danger from hicks to bumper stickers for tourists reading, ‘Paddle faster, I hear banjoes,’ the novel and film have created artifacts that many of us encounter on an almost weekly basis.”

When the pair reaches the fictitious mountain town of Oree, Georgia, in the novel, Ed is clearly even less impressed.

“An old man with a straw hat and work shirt appeared at Lewis’ window, talking in. He looked like a hillbilly in some badly cast movie, a character actor too much in character to be believed. I wondered where the excitement was that intrigued Lewis so much; everything in Oree was sleepy and hookwormy and ugly, and most of all, inconsequential. Nobody worth a damn could ever come from such a place.”

As Lewis continues to negotiate with the mountain men, Ed becomes even more harsh in his description of Oree and its residents.

“There is always something wrong with people in the country, I thought. In the comparatively few times I had ever been in the rural South I had been struck by the number of missing fingers. Offhand, I had counted around twenty, at least. There had also been several people with some form of crippling or twisting illness, and some blind or one-eyed. No adequate medical treatment maybe. But there was something else. You’d think that farming was a healthy life, with fresh air and fresh food and plenty of exercise, but I never saw a farmer who didn’t have something wrong with him, and most of the time obviously wrong.

“The catching of an arm in a tractor park somewhere off in the middle of a field where nothing happened but that the sun blazed back more fiercely down the open mouth of one’s screams. And so many snakebites deep in the woods as one stepped over a rotten log, so many domestic animals suddenly turning and crushing one against the splintering side of a barn stall. I wanted none of it, and I didn’t want to be around where it happened either. But I was there, and there was no way for me to escape, except by water, from the country of nine-fingered people.”

The South Squeals Like a Pig

The portrait of mountain people as toothless, sexual deviants in a “country of nine-fingered people” was too much for many Southerners to accept.

“The consequences of fictional representation have never been more powerful for the imagination of mountainness — or perhaps even for southernness, ruralness, and ‘primitiveness’ more generically — than in the case of ‘Deliverance,’” Satterwhite wrote.

By the time director John Boorman brought “Deliverance” to the big screen in 1972 starring Burt Reynolds as Lewis and Jon Voight as Ed, the damage to the South’s reputation was in full force.

The movie, which was primarily filmed in Rabun County in North Georgia during the summer of 1971, grossed about $6.5 million in its first year and was considered a great success at home and internationally.

“Indeed, it would be difficult to overstate the thoroughness with which ‘Deliverance,’ transformed by Dickey and director John Boorman into a film classic, has imbricated itself into Americans’ understanding and worldview,” Satterwhite wrote. “From the ubiquitous rendition of the ‘Dueling Banjos’ theme song to allude to danger from hicks to bumper stickers for tourists reading, ‘Paddle faster, I hear banjoes,’ the novel and film have created artifacts that many of us encounter on an almost weekly basis.”

Ironically, the movie’s most memorable line, “Squeal like a pig!” was never a part of the book. It was allegedly improvised by the actor during filming.

But the South wanted to still promote Dickey, an accomplished Atlanta author, so articles in the Columbia Record and other South Carolina and Georgia newspapers frequently featured Dickey’s novel. The film version of “Deliverance” was also honored at the Atlanta film festival.

“Southern hopes for self-promotion were evident at the film’s premiere in Atlanta,” Satterhite wrote. “Dickey leaned over to say to Jimmy Carter, then the governor: ‘Ain’t no junior league movie is it, Governor?’ ‘It’s pretty rough,’ Carter agreed, ‘but it’s good for Georgia.’ Carter paused. ‘It’s good for Georgia. I hope.’”

However, the success of “Deliverance” had such an impact on the Peach State, Carter decided to create a state film office in 1973 to ensure Georgia kept landing movie roles.

As a result, the film and video industry has contributed more than $5 billion to the state’s economy since the Georgia Film Commission was established.

But the release of “Deliverance” was, without question, a difficult time for rural Southerners, wrote Western Kentucky University professor Anthony Harkins, author of “Hillbilly: A Cultural History of an American Icon.”

The mountaineers of “Deliverance” were “crippled misfits and savage sodomizers of the North Georgia wilderness” who terrorize the foursome of Atlanta canoeists who simply want to run the rapids of the fictitious Cahulawassee River.

“Indisputably the most influential film of the modern era in shaping national perceptions of southern mountaineers and rural life in general, Deliverance’s portrayal of degenerate, imbecilic, and sexually voracious predators bred fear into several generations of Americans,” Harkins wrote. “As film scholar Pat Arnow only partly facetiously argued in 1991, the film ‘is still the greatest incentive for many non-Southerners to stay on the Interstate.’”

“As film scholar Pat Arnow only partly facetiously argued in 1991, the film ‘is still the greatest incentive for many non-Southerners to stay on the Interstate.’”

In fact, Harkins points out that Daniel Roper of the North Georgia Journal described the movie’s devastating local effect as “Deliverance did for them [North Georgians] what ‘Jaws’ did for sharks.”

“The film’s infamous scenes of sodomy at gunpoint and of a retarded albino boy lustily playing his banjo became such instantly recognizable shorthand for demeaning references to rural poor whites that comedians needed to say only ‘squeal like a pig’ or hum the opening notes of the film’s guitar banjo duet to gain an immediate visceral reaction from a studio audience,” Harkins writes.

Harkins believes that’s not at all what Dickey intended in writing both the book and the movie’s screenplay.

“To (the character) Lewis (and Dickey), the mountain folk’s very backwardness and social isolation has allowed them to retain a physical and mental toughness and to preserve a code of commitment to family and kin that has long ago been lost in the rush to a commodified existence,” Harkins wrote. “Lewis praised the ‘values’ passed down from father to son.”

But all of that meaning appeared to be lost in the film, Harkins wrote. Instead, Hollywood was much more interested in the horrific tale and captivating adventure of traveling down a North Georgia river being chased by crazed hillbillies.

The film was about the shock and fear of such an incident in the rural mountains that enthralled moviegoers.

“The film explicitly portrays Lewis (Burt Reynolds) shooting the rapist through the back with an arrow and the man’s shocked expression as he sees the blood smeared projectile protruding from his chest just before he dies violently,” Harkins wrote.

Surprisingly, Dickey seemed to thoroughly enjoy that scene in the film during the movie’s New York premiere, Harkins writes.

“Known for his outrageous antics and drunken public appearances, (Dickey) is said to have shouted out in the crowded theater, ‘Kill the son of a bitch!’ at the moment Lewis aims his fatal arrow,” Harkins wrote. “And then ‘Hot damn’ once the arrow found its mark.”

Many years later, Ned Beatty, the actor in the famous rape scene wrote an editorial for the New York Times called “Suppose Men Feared Rape.”

“‘Squeal like a pig.’ How many times has that been shouted, said or whispered to me since then?” wrote Beatty, who, according to Atlanta’s Creative Loafing would reply, “When was the last time you got kicked by an old man?”

Beatty wrote the editorial amid the outcry of 1989’s high-profile Central Park jogger rape case, and offered his experience with the snide catcalls, Creative Loafing reported.

“Somewhere between their shouts and my threats lies a kernel of truth about how men feel about rape,” he wrote. “My guess is, we want to be distanced from it. Our last choice would be to identify with the victim. If we felt we could truly be victims of rape, that fear would be a better deterrent than the death penalty.”

The Shock in Rabun County, Georgia

The rape of Ned Beatty’s character was easily the most memorable scene in the film, and, needless to say, many of the residents in Rabun County who were interviewed after the movie was released were less than thrilled.

“Resentment grew even while the film was being made,” Harkins wrote. “As word of how the mountaineers were being portrayed spread, (James Dickey’s son) Christopher Dickey, who was staying with his family in a low-budget motel and had more contact with the local residents acting or working on the set than did Boorman and the lead actors staying in chalets at a nearby golf resort, began to fear for his safety. Shaped by a century of media depictions of brutally violent mountaineers, he worried that some ‘real mountain men’ with ‘real guns’ might ‘teach some of these movie people a lesson.’”

Although many people in the region still bristle at the movie’s portrayal of locals as ignorant hillbillies, there were some major benefits to the book and film.

“That river doesn’t care about you. It’ll knock your brains out. Most of the people going up there don’t know about whitewater rivers. They are just out for a lark, just like those characters in ‘Deliverance.’ They wouldn’t have gone up there if I hadn’t written the book.”

Both helped create the more than $20 million rafting and outdoor sports industry along the Chattooga River in North Georgia.

In 2012, the national media descended on Rabun County again when reporters quickly learned the film’s 40th anniversary was going to be celebrated during the Chattooga River Festival.

“The movie, ‘Deliverance’ made tourist dollars flow into the area, but there was one memorable, horrifying male rape scene that lasted a little more than four minutes, but has lasted 40 years inside the hearts and minds of the people who live here,” CNN reported in 2012.

Rabun County Commissioner Stanley “Butch” Darnell told the media he was disgusted by the way the region was depicted in the film.

“We were portrayed as ignorant, backward, scary, deviant, redneck hillbillies,” he told CNN. “That stuck with us through all these years and in fact that was probably furthest from the truth. These people up here are a very caring, lovely people.”

“There are lots of people in Rabun County that would be just as happy if they never heard the word, ‘Deliverance’ again,” he added.

The news media interviewed everyone, including Rabun County resident Billy Redden, who as a teen was asked to play the “Banjo boy” in the film.

“I don’t think it should bother them. I think they just need to start realizing that it’s just a movie,” Redden, who still lives in Rabun County and works at Walmart, told CNN in 2012. “It’s not like it’s real.”

The Rabun County Convention and Visitor’s Bureau also pointed out that tourism brings in more than $42 million a year in revenue, which makes for a huge surplus for a county whose operating budget was about $17 million at the time.

Several local businesses embraced the 2012 festival including the owners of the Tallulah Gorge Grill.

The Tallulah Gorge is the very gorge that Jon Voight climbed out of near the end of the 1972 film and the owners of the Tallulah Gorge Grill wanted to celebrate that milestone.

“It is hard to believe that 40 years have passed since this movie first brought fame to the Northeast Georgia Mountains,” Tanya Jacobson-Smith wrote on the grill’s website promoting the festival. “Much has happened over the years here in Rabun County Georgia and around the world. Some good, some bad. Some still believe the movie was a poor portrayal of this county and it’s people. Other’s believe it is at least part of what has helped this region survive.”

Both thoughts are justified, Jacobson-Smith wrote.

“When ‘Deliverance’ was released in 1972, it was for many outside the community their first introduction to the beauty of the Blue Ridge Mountains, and the ways of the people living and working in their shadow,” she wrote. “Many of us (myself included) saw the breathtaking beauty of this area for the first time via the big screen. We caught a glimpse into the lives of the people who inhabit this place, some good and some not so good. There are those who believe that ‘Deliverance’ made the mountain people seem ‘backwards, uneducated, scary, and even deviant.’ I believe there were also many who, like myself, saw a people of great strength, caring and compassion. A community knit together by hardship, sharing and caring for each other and willing to help anyone who came along.”

She wrote that, as in any community, if people look hard enough and thoroughly examine its residents, they will find some bad, but most often they will find “a greater good that outshines the bad.”

“That is certainly the case here in the Northeast Georgia Mountains,” she wrote. “Most importantly ‘Deliverance’ introduced the world to the natural beauty of this mountain region, the unforgettable sounds of the Appalachian music and the wild excitement of river rafting. Drawn here by what they saw on the big screen, tourists flocked to the area to see and experience for themselves the good things they had seen in the movie.”

As a result, tourists filled hotels and campgrounds to capacity, tasted the local fare in restaurants and cafes and discovered the thrill of swimming in, or paddling on, the state’s beautiful rivers and lakes.

“Forty years later, people from all over the world still come to this area to experience the beauty and simplicity of mountain living,” she wrote. “It is here in these beautiful mountains that ‘strangers’ find a vibrant community of lifelong residents and newcomers, working together to maintain a quality of life that has been lost in much of today’s world.”

Over the years, Rabun County and surrounding North Georgia communities have embraced these changes. Some parts of the area have become a playground for high-end homeowners with multi-million-dollar lakefront property.

But there was also some growing pains.

Thousands of “suburbanites” flocked to the river in search of whitewater thrills and exhibited what author Anthony Harkins calls “the Deliverance syndrome.”

These individuals showed the “same lack of respect and reverence for the river that the characters in the film had displayed,” Harkins wrote, adding “to the shame of local guides, some even would make pig squeals when they reached the section of the river where the rape scene had been filmed.”

Some of those individuals paid a price.

“Seventeen people drowned on the river between 1972 and 1975, most with excessive blood-alcohol levels, until new regulations were imposed when the river was officially designated Wild and Scenic in 1974,” Harkins wrote.

Ironically, some people like to point out that “Deliverance” author James Dickey tried to warn people prior to his death in 1997 about their need to respect the rivers located in the mountains of North Georgia.

“That river doesn’t care about you. It’ll knock your brains out,” Dickey told the Associated Press in 1973. “Most of the people going up there don’t know about whitewater rivers. They are just out for a lark, just like those characters in ‘Deliverance.’ They wouldn’t have gone up there if I hadn’t written the book. There’s nothing I can do about it. I can’t patrol the river. But it just makes me feel awful.”

Voir par ailleurs:

Comment le néolibéralisme détruit les classes moyennes, par Christophe Guilluy

« There is no such thing as society » (« La société, cela n’existe pas »), ce message de Margaret Thatcher de 1987, au plus fort de son pouvoir, vous en tirez le titre de votre dernier livre*. Vous êtes devenu thatchérien ?
Christophe Guilluy : Moi, non. Mais le monde, oui. En tout cas, les pays de l’OCDE, et plus encore les démocraties occidentales, répondent pleinement au projet que la Dame de fer appelait de ses vœux. Partout, trente ans de mondialisation ont agi comme une concasseuse du pacte social issu de l’après-guerre. La fin de la classe moyenne occidentale est actée. Et pas seulement en France. Les poussées de populisme aux Etats-Unis, en Italie, et jusqu’en Suède, où le modèle scandinave de la social-démocratie n’est désormais plus qu’une sorte de zombie, en sont les manifestations les plus évidentes. Personne n’ose dire que la fête est finie. On se rassure comme on peut. Le monde académique, le monde politique et médiatique, chacun constate la montée des inégalités, s’inquiète de la hausse de la dette, de celle du chômage, mais se rassure avec quelques points de croissance, et soutient que l’enjeu se résume à la question de l’adaptabilité. Pas celle du monde d’en haut. Les gagnants de la mondialisation, eux, sont parfaitement adaptés à ce monde qu’ils ont contribué à forger. Non, c’est aux anciennes classes moyennes éclatées, reléguées, que s’adresse cette injonction d’adaptation à ce nouveau monde. Parce que, cahin-caha, cela marche, nos économies produisent des inégalités, mais aussi plus de richesses. Mais faire du PIB, ça ne suffit pas à faire société.
Comme géographe, vous avez imposé dans le débat hexagonal la notion de « France périphérique« . Ce n’est pas une de ces fameuses exceptions françaises ?

Election de Trump, Brexit, arrivée au pouvoir d’une coalition improbable liant les héritiers de la Ligue du Nord à ceux d’une partie de l’extrême gauche en Italie. De même qu’il y a une France périphérique, il y a une Amérique périphérique, un Royaume-Uni périphérique, etc. La périphérie, c’est, pour faire simple, ces territoires autour des villes-mondes, rien de moins que le reste du pays. L’agglomération parisienne, le Grand-Londres, les grandes villes côtières américaines, sont autant de territoires parfaitement en phase avec la mondialisation, des sortes de Singapour. Sauf que, contrairement à cette cité-Etat, ces territoires disposent d’un hinterland, d’une périphérie. L’explosion du prix de l’immobilier est la traduction la plus visible de cette communauté de destin de ces citadelles où se concentrent la richesse, les emplois à haute valeur ajoutée, où le capital culturel et financier s’accumule. Cette partition est la traduction spatiale de la notion de ruissellement des richesses du haut vers le bas, des premiers de cordée vers les autres. Dans ce modèle, la richesse créée dans les citadelles doit redescendre vers la périphérie. Trente ans de ce régime n’ont pas laissé nos sociétés intactes. Ce sont d’abord les ouvriers et les agriculteurs qui ont été abandonnés sur le chemin, puis les employés, et c’est maintenant au tour des jeunes diplômés d’être fragilisés. Les plans sociaux ne concernent plus seulement l’industrie mais les services, et même les banques… Dans les territoires de cette France périphérique, la dynamique dépressive joue à plein : à l’effondrement industriel succède celui des emplois présentiels lequel provoque une crise du commerce dans les petites villes et les villes moyennes.

Les gens aux Etats-Unis ou ailleurs ne se sont pas réveillés un beau matin pour se tourner vers le populisme. Non, ils ont fait un diagnostic, une analyse rationnelle : est-ce que ça marche pour eux ou pas. Et, rationnellement, ils n’ont pas trouvé leur compte. Et pas que du point de vue économique. S’il y a une exception française, c’est la victoire d’Emmanuel Macron, quand partout ailleurs les populistes semblent devoir l’emporter.

En quoi la victoire d’Emmanuel Macron est-elle un cas particulier ?

Emmanuel Macron est le candidat du front bourgeois. A Paris, il n’est pas anodin que les soutiens de François Fillon et les partisans de La Manif pour tous du XVIe arrondissement aient voté à 87,3 % pour le candidat du libéralisme culturel, et que leurs homologues bobos du XXe arrondissement, contempteurs de la finance internationale, aient voté à 90 % pour un banquier d’affaires. Mais cela ne fait pas une majorité. Si Emmanuel Macron l’a emporté, c’est qu’il a reçu le soutien de la frange encore protégée de la société française que sont les retraités et les fonctionnaires. Deux populations qui ont lourdement souffert au Royaume-Uni par exemple, comme l’a traduit leur vote pro-Brexit. Et c’est bien là le drame qui se noue en France. Car, parmi les derniers recours dont dispose la technocratie au pouvoir pour aller toujours plus avant vers cette fameuse adaptation, c’est bien de faire les poches des retraités et des fonctionnaires. Emmanuel Macron applique donc méticuleusement ce programme. Il semble récemment pris de vertige par le risque encouru pour les prochaines élections, comme le montre sa courbe de popularité, laquelle se trouve sous celle de François Hollande à la même période de leur quinquennat. Un autre levier, déjà mis en branle par Margaret Thatcher puis par les gouvernements du New Labour de Tony Blair, est la fin de l’universalité de la redistribution et la concentration de la redistribution. Sous couvert de faire plus juste, et surtout de réduire les transferts sociaux, on réduit encore le nombre de professeurs, mais on divise les classes de ZEP en deux, on limite l’accès des classes populaires aux HLM pour concentrer ce patrimoine vers les franges les plus pauvres, et parfois non solvables. De quoi fragiliser le modèle de financement du logement social en France, déjà mis à mal par les dernières réformes, et ouvrir la porte à sa privatisation, comme ce fut le cas dans l’Angleterre thatchérienne.

Cette situation, vous la décrivez comme explosive…

Partout en Europe, dans un contexte de flux migratoire intensifié, ce ciblage des politiques publiques vers les plus pauvres – mais qui est le plus pauvre justement, si ce n’est celui qui vient d’arriver d’un territoire 10 fois moins riche ? – provoque inexorablement un rejet de ce qui reste encore du modèle social redistributif par ceux qui en ont le plus besoin et pour le plus grand intérêt de la classe dominante. C’est là que se noue la double insécurité économique et culturelle. Face au démantèlement de l’Etat-providence, à la volonté de privatiser, les classes populaires mettent en avant leur demande de préserver le bien commun comme les services publics. Face à la dérégulation, la dénationalisation, elles réclament un cadre national, plus sûr moyen de défendre le bien commun. Face à l’injonction de l’hypermobilité, à laquelle elles n’ont de toute façon pas accès, elles ont inventé un monde populaire sédentaire, ce qui se traduit également par une économie plus durable. Face à la constitution d’un monde où s’impose l’indistinction culturelle, elles aspirent à la préservation d’un capital culturel protecteur. Souverainisme, protectionnisme, préservation des services publics, sensibilité aux inégalités, régulation des flux migratoires, sont autant de thématiques qui, de Tel-Aviv à Alger, de Detroit à Milan, dessinent un commun des classes populaires dans le monde. Ce soft power des classes populaires fait parfois sortir de leurs gonds les parangons de la mondialisation heureuse. Hillary Clinton en sait quelque chose. Elle n’a non seulement pas compris la demande de protection des classes populaires de la Rust Belt, mais, en plus, elle les a traités de « déplorables ». Qui veut être traité de déplorable ou, de ce côté-ci de l’Atlantique, de Dupont Lajoie ? L’appartenance à la classe moyenne n’est pas seulement définie par un seuil de revenus ou un travail d’entomologiste des populations de l’Insee. C’est aussi et avant tout un sentiment de porter les valeurs majoritaires et d’être dans la roue des classes dominantes du point de vue culturel et économique. Placées au centre de l’échiquier, ces catégories étaient des références culturelles pour les classes dominantes, comme pour les nouveaux arrivants, les classes populaires immigrées. En trente ans, les classes moyennes sont passées du modèle à suivre, l’american ou l’european way of life, au statut de losers. Il y a mieux comme référents pour servir de modèle d’assimilation. Qui veut ressembler à un plouc, un déplorable… ? Personne. Pas même les nouveaux arrivants. L’ostracisation des classes populaires par la classe dominante occidentale, pensée pour discréditer toute contestation du modèle économique mondialisé – être contre, c’est ne pas être sérieux – a, en outre, largement participé à l’effondrement des modèles d’intégration et in fine à la paranoïa identitaire. L’asociété s’est ainsi imposée partout : crise de la représentation politique, citadéllisation de la bourgeoisie, communautarisation. Qui peut dès lors s’étonner que nos systèmes d’organisation politique, la démocratie, soient en danger ?

Voir aussi:

Guilluy / Smith : démolition médiatique demandée!

Ces intellectuels qui pensent mal et que certains médias exécutent


Depuis la parution de leur dernier livre, Christophe Guilluy et Stephen Smith sont victimes d’une fatwa. Coupables de penser différemment de la majorité de la « communauté scientifique », sur les sujets démographiques et migratoires notamment, ils sont minutieusement disqualifiés médiatiquement. 


Une constante des liquidations professionnelles en sciences sociales est le mélange d’attaques personnelles – on s’en prend à l’auteur, on se livre à une analyse psychologique et idéologique de l’auteur, de son passé, de penchants politiques dont il n’est pas forcement conscient lui-même – et de critiques qui, pour être percutantes, nécessitent de faire des raccourcis ou une lecture partielle, parfois des démonstrations frauduleuses. Au mieux, on le taxe d’imprudence, au pire on l’accuse de faire le jeu du camp du mal et des heures les plus sombres qui ne sont pas toutes derrière nous.

Eux pour tous et tous contre un !

Deux affaires récentes racontent le règlement de compte de deux gêneurs, Stephen Smith et Christophe Guilluy. Le premier a écrit un livre traitant de l’avenir des migrations subsahariennes qui a rencontré un gros succès – La ruée vers l’Europe : La jeune Afrique en route pour le Vieux Continent. Le second vient de publier No Society, la fin de la classe moyenne occidentale, dont certains commentaires laissent à penser qu’il n’a pas été vraiment lu. C’est le cas lorsqu’on lui attribue l’expression « ancienne classe moyenne blanche » qui n’apparaît jamais dans son livre (Libération).

Dans ces deux affaires, un procès en légitimité est fait aux auteurs qui, contrairement à ceux qui les ont pris en grippe, n’auraient pas les compétences nécessaires pour traiter les sujets qu’ils abordent.

Deux solutions pour liquider professionnellement un gêneur : ou on y va seul, mais soutenu par des titres qui rendent la contestation quasiment impossible aux yeux du grand public ou des journalistes, ou, n’écoutant que son courage, on chasse en groupe et on se met à plusieurs pour revendiquer les compétences dont manquerait le fauteur de trouble.

« Vrai » scientifique contre « faux » scientifique

Le procès fait à Stephen Smith relève du premier cas. Le démolisseur, François Héran, est présenté, à tour de rôle ou en même temps, comme philosophe, anthropologue,  sociologue ou démographe, sans oublier ses titres académiques : directeur de l’Ined pendant 10 ans, fraîchement nommé professeur au Collège de France et directeur du tout récent Institut Convergences sur les migrations. Avec tout ça, il ne peut que parler d’or. C’est le syndrome Mister Chance. Si l’on y ajoute le fait que la première salve a été tirée dans une revue de réputation scientifique – Population & Sociétés, le quatre pages de l’Ined – l’effet médiatique est assuré. En effet, le plan de bataille a consisté à frapper fort sur le terrain scientifique, puis à finir le travail dans la presse ou sur internet. Le timing est impeccable. Et si l’accusé se rebelle, l’accusateur est à peu près sûr d’avoir le dernier mot ; un journal ne se risquerait pas à refuser ses pages à un aussi grand savant. Sans compter la reprise en boucle sur internet. Aucun décodeur donc pour voir si la réfutation, dénommée scientifique avec une certaine emphase par son auteur et ceux qui le répètent sans en connaître, tient la route. Pas même les « Décodeurs » du Monde qui titra le 12 septembre 2018 sur la « réponse des démographes », comme si un homme aussi prestigieux – « sociologue, anthropologue et démographe, meilleur spécialiste du sujet » – ne pouvait qu’entraîner l’ensemble de la profession derrière lui. Il faut dire, à la décharge du Monde, que la publication dans la supposée très sérieuse revue Population & sociétés de l’Ined peut le laisser croire.

Permis de tuer

Le succès provient d’abord de la satisfaction idéologique procurée par la dénégation d’un risque de migrations massives en provenance de l’Afrique. Ouf ! On croit tenir là un argument scientifique à opposer aux prophètes de malheur. Une lecture attentive et critique est alors impossible, y compris par les chercheurs en sciences sociales qui en auraient les moyens et dont c’est la mission. C’est ainsi que la sociologue Dominique Méda répondit ceci à Guillaume Erner, l’animateur des Matins de France Culture, qui l’interrogeait lundi 15 octobre sur la nécessité d’un débat avec ceux qui pensent mal (il était question de Christophe Guilluy): « Je pense qu’il faut absolument débattre. Je pense à une autre controverse sur l’immigration, le fait qu’on va être submergés par l’Afrique subsaharienne [là, Guillaume Erner intervient pour préciser qu’il s’agit de Stephen Smith et de François Héran qui ont été tous deux reçus, séparément, dans l’émission]… C’est très bien, évidemment il faut donner autant… Les médias ont un rôle absolument central… dans cette question. Il faut donner autant de place à l’un qu’à l’autre… Et montrer… François Héran a fait une démonstration magistrale pour montrer la fausseté des thèses du premier. Donc il faut absolument débattre. »

Cette déclaration de Dominique Méda est intéressante car elle dénote une conception du débat  particulière – débattre, oui, à condition d’être sûr d’écraser son adversaire – et un aveuglement sur les qualités scientifiques de la démonstration de François Héran, qu’elle qualifie de magistrale. Elle a donc privilégié sa satisfaction idéologique à l’interrogation scientifique qui aurait pu l’alerter sur le caractère frauduleux de la démonstration magistrale en question.

On ne « fact-check » pas les bons scientifiques !

J’ai la chance de porter un intérêt aux questions méthodologiques et d’avoir déjà exercé cet intérêt sur les écrits antérieurs de François Héran. Mais, comme on va le voir, la critique était à la portée d’un lecteur ordinaire. François Héran fait l’hypothèse, dans sa démonstration magistrale, qu’il existe un rapport fixe dans le temps entre la population résidant en Afrique subsaharienne et celle d’immigrés de cette origine résidant en Europe, et donc en France. Si la population subsaharienne double d’ici 2050, celle vivant en France doublerait aussi.

La première question à se poser est : est-ce que cette relation repose sur une observation antérieure ? Les instituts de statistiques, lorsqu’ils élaborent des projections, apportent un soin tout particulier à quantifier ce qui s’est passé avant le démarrage de la projection. Il serait, à cet égard, utile d’avoir l’avis de l’Insee qui réalise les projections de population pour la France sur la méthode de projection de François Héran.

Que disent donc les observations rétrospectives de ce rapport supposé fixe par François Héran ? De 1982 à 2015, la population immigrée d’Afrique hors Maghreb a été multipliée par 5,1 en France, alors qu’elle ne l’a été que par 2,4 en Afrique hors Maghreb. L’hypothèse à la base de la démonstration magistrale est donc fausse et conditionne entièrement la conclusion qu’en tire François Héran. Ce raisonnement était à la portée de tous, a fortiori des sept membres du comité de rédaction de Population & Sociétés, dont le rédacteur en chef Gilles Pison. Là aussi, la satisfaction idéologique et le fait que tous partagent la même idéologie ont prévalu sur l’esprit critique attendu d’un comité de rédaction. C’est même la partie de l’histoire qui m’attriste le plus : les relecteurs de la revue de vulgarisation de l’Ined, institut public de recherche scientifique, n’y ont vu que du feu.

Je passe ici sur la morgue et le mépris affichés à l’égard de Stephen Smith dans d’autres publications. Cette exécution s’est faite au prix d’une simplification outrancière de son livre qui, rappelons-le, présente, en conclusion, cinq scénarios qui ne se réduisent pas à celui critiqué par François Héran dans lequel Stephen Smith se demande ce qui se passerait si l’Afrique subsaharienne rejoignait en trente ans un niveau de développement équivalent à celui du Mexique.

« Je ne veux pas dire que Christophe Guilluy serait mandaté par le RN, mais… »

Dans le cas de Christophe Guilluy, traité par le géographe, Jacques Lévy, invité le 9 octobre des Matins de Guillaume Erner sur France Culture, d’ « idéologue géographe du Rassemblement national », ce sont vingt-et-un géographes, historiens, sociologues, politistes, membres de la rédaction de la revue Métropolitiques, qui se sont chargés de l’exécution pour la partie scientifique, quand Thibaut Sardier, journaliste à Libération se chargeait du reste consistant, pour l’essentiel, à trouver une cohérence à des potins glanés auprès de personnes ayant côtoyé Christophe Guilluy ou ayant un avis sur lui.

La tribune des vingt-et-un s’intitule « Inégalités territoriales : parlons-en ! » On est tenté d’ajouter : « Oui, mais entre nous ! ». On se demande si les signataires ont lu le livre qu’ils attaquent, tant la critique sur le fond est générale et superficielle. Ils lui reprochent d’abord le succès de sa France périphérique qui a trouvé trop d’échos, à leur goût, dans la presse, mais aussi auprès des politiques, de gauche comme de droite. Pour le collectif de Métropolitiques, Christophe Guilluy est un démagogue et un prophète de malheur qui, lorsqu’il publie des cartes et des statistiques, use « d’oripeaux scientifiques » pour asséner des « arguments tronqués ou erronés », « fausses vérités » qui ont des « effets performatifs ». Christophe Guilluy aurait donc fait naître ce qu’il décrit, alimentant ainsi « des visions anxiogènes de la France ». Ce collectif se plaint de l’écho donné par la presse aux livres de Christophe Guilluy qui soutient des « théories nocives », alors que ses membres si vertueux, si modestes, si rigoureux et si honnêtes intellectuellement sont si peu entendus et que « le temps presse ». Le même collectif aurait, d’après Thibaut Sardier, déclaré que l’heure n’était plus aux attaques ad hominem ! On croit rêver.

Thibaut Sardier, pour la rubrique « potins », présente Christophe Guilluy comme un « consultant et essayiste […], géographe de formation [qui] a la réputation de refuser les débats avec des universitaires ou les interviews dans certains journaux, comme Libé ». L’expression « géographe de formation » revient dans le texte pour indiquer au lecteur qu’il aurait tort de considérer Christophe Guilluy comme un professionnel de la géographie au même titre que ceux qui figurent dans le collectif, qualifiés de chercheurs, ou que Jacques Lévy. Je cite : « Le texte de Métropolitiques fait écho aux relations houleuses entre l’essayiste, géographe de formation, et les chercheurs. » Si l’on en croit Thibaut Sardier, Christophe Guilluy aurait le temps d’avoir des relations avec LES chercheurs en général. Le même Thibaut Sardier donne à Jacques Lévy, le vrai géographe, l’occasion de préciser sa pensée : « Je ne veux pas dire qu’il serait mandaté par le RN. Mais sa vision de la France et de la société correspond à celle de l’électorat du parti. » Le journaliste a tendance à lui donner raison. La preuve : « La place qu’il accorde à la question identitaire et aux travaux de Michèle Tribalat, cités à droite pour défendre l’idée d’un ‘grand remplacement’ plaide en ce sens. » Thibaut Sardier se fiche pas mal de ce que j’ai pu effectivement écrire – il n’a probablement jamais lu aucun de mes articles ou de mes livres – tout en incitant incidemment le lecteur à l’imiter, compte tenu du danger qu’il encourrait s’il le faisait. Ce qui compte, c’est que je sois lue et citée par les mauvaises personnes.

« Peut-on débattre avec Christophe Guilluy ? »

Ne pas croire non plus à l’affiliation à gauche de Christophe Guilluy. Le vrai géographe en témoigne : « On ne peut être progressiste si on ne reconnaît pas le fait urbain et la disparition des sociétés rurales. » Voilà donc des propos contestant l’identité politique que Christophe Guilluy pourrait se donner pour lui en attribuer une autre, de leur choix, et qui justifie son excommunication, à une époque où il est devenu pourtant problématique d’appeler Monsieur une personne portant une moustache et ayant l’air d’être un homme !

Et l’on reproche à Christophe Guilluy de ne pas vouloir débattre avec ceux qui l’écrasent de leur mépris, dans un article titré, c’est un comble, « Peut-on débattre avec Christophe Guilluy ? » Mais débattre suppose que l’on considère celui auquel on va parler comme son égal et non comme une sorte d’indigent intellectuel que l’on est obligé de prendre en compte, de mauvais gré, simplement parce que ses idées ont du succès et qu’il faut bien combattre les théories nocives qu’il développe.

Voir encore:

Peut-on débattre avec Christophe Guilluy ?

Thibaut Sardier

Le géographe, théoricien de la «France périphérique», annonce dans son dernier essai la disparition de la classe moyenne occidentale. Celui qui avait ouvert une réflexion intéressante sur les inégalités de territoires a radicalisé son discours. Quitte à refuser toute controverse ?

Consultant et essayiste, Christophe Guilluy, géographe de formation, a la réputation de refuser les débats avec des universitaires ou les interviews dans certains journaux, comme Libé. Pourtant, il y a matière à discussion. Son dernier livre, No Society (Flammarion, 2018), élargit à l’Occident des réflexions auparavant centrées sur la France et explique que les classes moyennes ont disparu, créant des sociétés de plus en plus polarisées. D’un côté, Guilluy distingue des dominants vainqueurs de la mondialisation, volontairement retranchés à l’abri des grandes métropoles. De l’autre, l’ancienne classe moyenne blanche, appauvrie, se trouve selon lui reléguée dans les espaces ruraux et périurbains, ce que Guilluy englobe sous le terme «France périphérique» quand il ne s’intéresse qu’à l’Hexagone. Ces perdants de la mondialisation conserveraient toutefois un soft power dont on trouve la trace dans la victoire de Trump et des partis populistes européens, qui défendraient les sujets jusqu’ici négligés par les élites : «Souverainisme, protectionnisme, préservation des services publics, refus des inégalités, régulation des flux migratoires, frontières, ces thématiques dessinent un commun, celui des classes populaires dans le monde», écrit-il.

A ses contradicteurs, Guilluy oppose une fin de non-recevoir. Il invite à ne pas écouter «les médias» et «le monde académique», dont le discours a pour seul but de légitimer les dominants. A plus forte raison s’ils tentent d’introduire de la nuance : «Cette rhétorique […] vise à mettre en avant la complexité pour mieux occulter le réel. Dans ce schéma, les classes populaires n’existent pas, la France périphérique non plus.»

Certains tentent pourtant le débat contradictoire. Dans la tribune qu’ils signent, les membres de la revue en ligne Métropolitiques, spécialisée dans les questions d’aménagement urbain, appellent à des débats sur les enjeux socio-spatiaux que connaissent nos sociétés. Rédacteur en chef de la revue, Aurélien Delpirou (1) justifie l’initiative : «Les débats sont préemptés par quelques figures devenues référentes pour les médias et pour les politiques. Il y a un grand décalage entre les idées qu’ils véhiculent et les savoirs académiques.» Premier objectif : critiquer les éléments qui fondent le raisonnement de Guilluy. Membre de Métropolitiques, la sociologue Anaïs Collet montre la difficulté à parler de disparition de la classe moyenne en France : «Même si on se limite aux « professions intermédiaires » de l’Insee, qui en forment le cœur incontestable pour les définir, les classes moyennes regroupent encore un quart des actifs, une proportion qui reste en croissance.» La chercheuse réfute aussi l’hypothèse d’un décrochage des classes moyennes d’hier, qui seraient devenues les classes populaires d’aujourd’hui : «Depuis trente ans, les enfants des professions intermédiaires sont la catégorie qui a le plus progressé parmi les diplômés du supérieur, même si les plus fragiles sont effectivement en difficulté.»

Mais la controverse entre Guilluy et le monde universitaire dépasse les enjeux scientifiques, elle concerne aussi les questions politiques. Organisé autour de l’idée que «Guilluy contribue, avec d’autres, à alimenter des visions anxiogènes de la France», le texte de Métropolitiques fait écho aux relations houleuses entre l’essayiste, géographe de formation, et les chercheurs. Le 9 octobre sur France Culture, Jacques Lévy le présentait comme un «idéologue géographe du Rassemblement national». Le géographe précise à Libération : «Je ne veux pas dire qu’il serait mandaté par le RN. Mais sa vision de la France et de la société correspond à celle de l’électorat du parti.» Dans No Society, la place qu’il accorde à la question identitaire et aux travaux de Michèle Tribalat, cités à droite pour défendre l’idée d’un «grand remplacement», plaide en ce sens. Difficile pourtant de situer politiquement Guilluy. Docteur en géographie, Laurent Chalard a retracé les étapes de sa réception politique. Il rappelle que ses premières tribunes furent publiées dans des journaux de gauche comme Libé dans les années 2000, et qu’il fut reçu à l’Elysée tant par Nicolas Sarkozy que par François Hollande. «Il a un fort prisme marxiste, avec la grande place donnée aux classes sociales, mais aussi une influence chevènementiste, avec un attachement à la souveraineté nationale», précise Chalard. Pour Lévy, l’opposition nette qu’il opère entre des métropoles mondialisées et des périphéries héritières de la France rurale le rattache à un courant conservateur. «On ne peut être progressiste si on ne reconnaît pas le fait urbain et la disparition des sociétés rurales», explique Lévy.

A la question politique s’ajoute celle de la médiatisation. «Sa médiatisation débute en 2011-2012, lorsque ses thèses sont reprises par Sarkozy,explique Chalard. Cela suscite une méfiance vis-à-vis de Guilluy, qui n’a pas de doctorat et se tient à l’écart du monde universitaire. Certains mandarins estiment que ce sont eux qui devraient avoir voix au chapitre.» A rebours des premiers ouvrages comme l’Atlas des nouvelles fractures françaises ou Fractures françaises, plutôt bien accueillis par nombre d’universitaires qui disent y avoir trouvé des pistes de réflexion, ceux parus à partir de 2014 sont jugés plus polémiques et scientifiquement peu fondés, ce qui débouche sur un «Guilluy bashing» parfois jugé excessif. C’est le cas de Pierre Veltz, économiste et sociologue : «Même s’il n’était pas le premier, il a pointé le fait que les groupes en difficulté ne se trouvent pas uniquement dans les banlieues, qu’il y avait aussi un décrochage dans les périphéries (2)», analyse-t-il avant de nuancer : «Mais contrairement à ce qu’il dit, les fractures sociales traversent les territoires.» Même constat pour l’économiste Laurent Davezies : «Il s’est fait lyncher. Cela l’a poussé à radicaliser son discours.»

Avec ses deux derniers ouvrages, c’est bien cette «radicalisation» qui pose problème, car elle diffuse une vision pessimiste des questions sociales et spatiales qui, par son succès médiatique, devient une prophétie autoréalisatrice. «Après dix ans à répéter les mêmes termes, vous construisez une réalité», explique l’économiste Frédéric Gilli, membre de Métropolitiques. Or, d’autres lectures sont possibles : «En France, les inégalités sont relativement contenues, grâce notamment à la redistribution. Elles sont bien plus fortes dans les pays anglo-saxons ou les pays émergents», souligne Veltz. Christophe Guilluy répondrait sans doute que son dernier livre s’intéresse désormais à tout l’Occident.

Pour l’équipe de Métropolitiques, qui signe la tribune, l’heure n’est plus aux attaques ad hominem. Il ne s’agit pas de refuser à Guilluy sa légitimité à parler, mais de revendiquer la possibilité de débattre pour élaborer une vision plus pertinente du territoire : «La France a longtemps construit son imaginaire territorial autour des campagnes, par opposition à la ville. Malgré l’urbanisation du territoire, nous sommes restés dans ce mode binaire», explique Gilli, qui espère ainsi «une société plus apaisée». Pour cela, il faudra poursuivre les efforts de vulgarisation, dans les médias, «mais aussi dans nos cours, où nous ne cessons de vulgariser les connaissances», souligne Collet. Un défi : il est plus délicat d’émettre des idées complexes que des oppositions binaires entre dominants et dominés, ou entre métropoles et espaces périphériques. Pas facile de nuancer l’idée d’un crépuscule de la France sans nier pour autant les difficultés des territoires.

(1) Trois signataires de la tribune sont cités dans cet article : Aurélien Delpirou, Anaïs Collet et Frédéric Gilli.

(2) La France invisible de Stéphane Beaud, Joseph Confavreux, Jade Lindgaard (La Découverte, 2006).

Voir enfin:

Face au Brexit, à Trump, aux populismes, le Front des bourgeoisies sort les crocs

«There is no society» : la société, ça n’existe pas. C’est en octobre 1987 que Margaret Thatcher prononce ces mots. Depuis, son message a été entendu par l’ensemble des classes dominantes occidentales. Voyage dans l’histoire du scandale de la destruction des classes moyennes, avec « No Society », le dernier livre de Christophe Guilluy, publié chez Flammarion. Extrait 1/2.

Représentantes autoproclamées de la société ouverte et du vivre-ensemble, les classes dominantes et supérieures du XXIe siècle ont réalisé en quelques décennies ce qu’aucune bourgeoisie n’avait réussi auparavant : se mettre à distance, sans conflit ni violence, des classes populaires. La citadellisation, que la technostructure appelle « métropolisation », n’est que la forme géographique du processus de sécession des bourgeoisies au temps de la mondialisation.

Une bourgeoisie asociale

L’arnaque de la société ou de la ville ouverte offre au monde d’en haut une supériorité morale qui lui permet de dissimuler la réalité de son repli géographique et culturel. L’« open society » est certainement la plus grande fake news de ces dernières décennies. En réalité, la société ouverte et mondialisée est bien celle du repli du monde d’en haut sur ses bastions, ses emplois, ses richesses. Abritée dans ses citadelles, la bourgeoisie « progressiste » du XXIe siècle a mis le peuple à distance et n’entend plus prendre en charge ses besoins. L’objectif est désormais de jouir des bienfaits de la mondialisation sans contraintes nationales, sociales, fiscales, culturelles… et, peut-être, demain, biologiques.

En 1979, l’historien et sociologue Christopher Lasch révélait comment la culture du narcissisme et de l’égoïsme allait conduire l’Amérique à sa ruine antisociale. Il dessinait déjà avec précision le portrait d’une nouvelle bourgeoisie asociale, et notamment son incapacité à évoluer et à interagir en dehors de ses propres réseaux. Inadaptée à la vie en société, elle vit aujourd’hui totalement dans le déni de la réalité des classes populaires.

On comprend dans ce contexte que l’émergence du monde des périphéries populaires et la menace qu’elle fait peser aient provoqué un tel vent de panique dans le monde d’en haut. Un petit monde de plus en plus fermé qui semble désormais tenté par la fuite de Varennes.

Vent de panique : le front des bourgeoisies

La vague populiste qui traverse l’Occident a déclenché un mouvement de panique sans précédent au sein de la classe dominante. Rappelons-nous par exemple les réactions politiques, médiatiques, académiques suscitées par le vote en faveur du Brexit ou l’élection de Donald Trump. Insultes, refus affichés des résultats électoraux : le comportement des classes dominantes et supérieures a révélé tous les symptômes de l’hystérie d’une bourgeoisie asociale. Découvrant la fragilité de sa position, le monde d’en haut a réagi en faisant front et en renforçant sa bunkerisation.

Extrait de No Society, Christophe Guilluy, Flammarion, 2018.

Comment l’Etat, et donc les hommes politiques, sont devenus dépendants des marchés financiers

«There is no society» : la société, ça n’existe pas. C’est en octobre 1987 que Margaret Thatcher prononce ces mots. Depuis, son message a été entendu par l’ensemble des classes dominantes occidentales. Voyage dans l’histoire du scandale de la destruction des classes moyennes, avec « No Society », le dernier livre de Christophe Guilluy, publié chez Flammarion. Extrait 2/2.

Atlantico

L’abandon du bien commun accompagne fatalement le processus de sécession du monde d’en haut. Ne pouvant assumer politiquement cette démission, et notamment le démantèlement d’un État-providence jugé trop coûteux, les classes dominantes ont créé les conditions de leur impuissance à réguler, à protéger. Cela passe par une dépendance accrue au système bancaire et aux normes supranationales du modèle mondialisé. Peu à peu, les marges de manœuvre des pouvoirs publics et politiques se sont ainsi réduites. Cet affaiblissement progressif de la gouvernance politique et sociale permet aujourd’hui de justifier la fuite en avant économique et sociétale promue par des classes dominantes désormais irresponsables.

Créer les conditions de l’impuissance des pouvoirs publics

Depuis des décennies, la classe dominante n’a de cesse de déplorer les conséquences d’un modèle économique et sociétal qu’elle promeut par ailleurs avec constance. Elle plébiscite par exemple un modèle fondé sur la division internationale du travail qui condamne les classes populaires occidentales, mais feint de déplorer l’explosion du chômage et de la précarité. Elle abandonne sa souveraineté monétaire à la Commission européenne et aux marchés financiers mais s’inquiète aujourd’hui de l’explosion de la dette et de la dépendance des États aux banques.

Si les effets de la « loi de 1973 » font débat (entre libéraux et antilibéraux de gauche et de droite) et qu’elle n’est évidemment pas la cause unique de l’envolée de l’endettement français (les emprunts d’État existaient avant 1973), elle a néanmoins contribué à créer les conditions d’un renforcement de la dépendance aux marchés financiers. Cette loi, inspirée de la Réserve fédérale américaine, interdit à la Banque centrale de faire des avances au Trésor français, c’est-à-dire de prêter de l’argent à l’État à un taux équivalent à zéro. Obligé de financer son endettement par des emprunts aux banques privées, l’État perd alors une part essentielle de sa souveraineté. Ce mécanisme, opérationnel dans l’ensemble des pays développés, a permis à l’industrie de la finance de prendre le contrôle de l’économie, mais aussi du monde politique. La suite est connue. La dépendance à l’industrie de la finance plonge les États dans la spirale de la dette en justifiant la nécessité d’une baisse des dépenses publiques et à terme le démantèlement de l’État-providence. Protégé par son impuissance, le très rebelle François Hollande pouvait déclarer sans risque : « Mon ennemi, c’est la finance », et suggérer une hypothétique reprise en main du politique sur la banque (la fameuse promesse de la séparation entre les banques de dépôts et les banques d’affaires), il savait que cette proposition transgressive ne serait jamais suivie d’effet.


US Open/50e: Reviens, Arthur, ils sont devenus fous ! (Contrary to Ali or Kaepernick, the Jackie Robinson of tennis stayed committed to respectful dialogue knowing real change came from rational advocacy and hard work not emotional self-indulgence)

9 septembre, 2018

Arthur Ashe participates in a hearing on apartheid, at the United Nations in New York.

Segregation and racism had made me loathe aspects of the white South, but had scarcely left me less of a patriot. In fact, to me and my family, winning a place on our national team would mark my ultimate triumph over all those people who had opposed my career in the South in the name of segregation. (…) Despite segregation, I loved the United States. It thrilled me beyond measure to hear the umpire announce not my name but that of my country: ‘Game, United States,’ ‘Set, United States,’ ‘Game, Set, and Match, United States.’ (…) There were times when I felt a burning sense of shame that I was not with blacks—and whites—standing up to the fire hoses and police dogs. (…) I never went along with the pronouncements of Elijah Muhammad that the white man was the devil and that blacks should be striving for separate development—a sort of American apartheid. That never made sense to me. (…) Jesse, I’m just not arrogant, and I ain’t never going to be arrogant. I’m just going to do it my way. Arthur Ashe
I’ve always believed that every man is my brother. Clay will earn the public’s hatred because of his connections with the Black Muslims. Joe Louis
I’ve been told that Clay has every right to follow any religion he chooses and I agree. But, by the same token, I have every right to call the Black Muslims a menace to the United States and a menace to the Negro race. I do not believe God put us here to hate one another. Cassius Clay is disgracing himself and the Negro race. Floyd Patterson
Clay is so young and has been misled by the wrong people. He might as well have joined the Ku Klux Klan. Floyd Patterson
Bluebirds with bluebirds, red birds with red birds, pigeons with pigeons, eagles with eagles. God didn’t make no mistake! (…) I don’t hate rattlesnakes, I don’t hate tigers — I just know I can’t get along with them. I don’t want to try to eat with them or sleep with them. (…)  I know whites and blacks cannot get along; this is nature. (…) I like what he [George Wallace] says. He says Negroes shouldn’t force themselves in white neighborhoods, and white people shouldn’t have to move out of the neighborhood just because one Negro comes. Now that makes sense. Muhammed Ali
A black man should be killed if he’s messing with a white woman. (…) We’ll kill anybody who tries to mess around with our women. Muhammed Ali
Long before he died, Muhammad Ali had been extolled by many as the greatest boxer in history. Some called him the greatest athlete of the 20th century. Still others, like George W. Bush, when he bestowed the Presidential Medal of Freedom in 2005, endorsed Ali’s description of himself as “the greatest of all time.” Ali’s death Friday night sent the paeans and panegyrics to even more exalted heights. Fox Sports went so far as to proclaim Muhammad Ali nothing less than “the greatest athlete the world will ever see.” As a champion in the ring, Ali may have been without equal. But when his idolizers go beyond boxing and sports, exalting him as a champion of civil rights and tolerance, they spout pernicious nonsense. There have been spouters aplenty in the last few days — everyone from the NBA commissioner (“Ali transcended sports with his outsized personality and dedication to civil rights”) to the British prime minister (“a champion of civil rights”) to the junior senator from Massachusetts (“Muhammad Ali fought for civil rights . . . for human rights . . . for peace”). Time for a reality check. It is true that in his later years, Ali lent his name and prestige to altruistic activities and worthy public appeals. By then he was suffering from Parkinson’s disease, a cruel affliction that robbed him of his mental and physical keenness and increasingly forced him to rely on aides to make decisions on his behalf. But when Ali was in his prime, the uninhibited “king of the world,” he was no expounder of brotherhood and racial broad-mindedness. On the contrary, he was an unabashed bigot and racial separatist and wasn’t shy about saying so. In a wide-ranging 1968 interview with Bud Collins, the storied Boston Globe sports reporter, Ali insisted that it was as unnatural to expect blacks and whites to live together as it would be to expect humans to live with wild animals. “I don’t hate rattlesnakes, I don’t hate tigers — I just know I can’t get along with them,” he said. “I don’t want to try to eat with them or sleep with them.” Collins asked: “You don’t think that we can ever get along?” “I know whites and blacks cannot get along; this is nature,” Ali replied. That was why he liked George Wallace, the segregationist Alabama governor who was then running for president. Collins wasn’t sure he’d heard right. “You like George Wallace?” “Yes, sir,” said Ali. “I like what he says. He says Negroes shouldn’t force themselves in white neighborhoods, and white people shouldn’t have to move out of the neighborhood just because one Negro comes. Now that makes sense.” This was not some inexplicable aberration. It reflected a hateful worldview that Ali, as a devotee of Elijah Muhammad and the segregationist Nation of Islam, espoused for years. At one point, he even appeared before a Ku Klux Klan rally. It was “a hell of a scene,” he later boasted — Klansmen with hoods, a burning cross, “and me on the platform,” preaching strict racial separation. “Black people should marry their own women,” Ali declaimed. “Bluebirds with bluebirds, red birds with red birds, pigeons with pigeons, eagles with eagles. God didn’t make no mistake!” In 1975, amid the frenzy over the impending “Thrilla in Manila,” his third title fight with Joe Frazier, Ali argued vehemently in a Playboy interview that interracial couples ought to be lynched. “A black man should be killed if he’s messing with a white woman,” he said. And it was the same for a white man making a pass at a black woman. “We’ll kill anybody who tries to mess around with our women.” But suppose the black woman wanted to be with the white man, the interviewer asked. “Then she dies,” Ali answered. “Kill her too.” Jeff Jacoby
Muhammad Ali was the most controversial boxer in the history of the sport, arguably the most gifted and certainly the best known. His ring glories and his life on the political and racial frontline combine to make him one of the most famous, infamous and discussed figures in modern history. During his life he stood next to Malcolm X at a fiery pulpit, dined with tyrants, kings, crooks, vagabonds, billionaires and from the shell of his awful stumbling silence during the last decade his deification was complete as he struggled with his troubled smile at each rich compliment. (…) He was a one-man revolution and that means he made enemies faster than any boy-fighter – which is what he was when he first became world heavyweight champion – could handle. (…) but (…) His best years as a prize-fighter were denied him and denied us by his refusal to be drafted into the American military system in 1967. At that time he was boxing’s finest fighter, a man so gifted with skills that he knew very little about what his body did in the ring; his instincts, his speed and his developing power at that point of his exile would have ended all arguments over his greatness forever had he been allowed to continue fighting. Ali was out of the ring for three years and seven months and the forced exile took away enough of his skills to deny us the Greatest at his greatest, but it made him the icon he became. “We never saw the best of my guy,” Angelo Dundee told me in Mexico City in 1993. Dundee should know. He had been collecting the fighter’s sweat as the chief trainer from 1960 and would until the ring end in 1981. (…) He had gained universal respect during the break because of his refusal to endorse the bloody conflict in Vietnam, but he often walked a thin line in the 70s with the very people that had been happy to back his cause. He was not as loved then as he is now, and there are some obvious reasons for that. In 1970 there were still papers in Britain that called him Cassius Clay, the birth name he had started to shred the day after beating Sonny Liston for the world title in 1964. In America he still divided the boxing press and the people. In the 70s he attended a Ku Klux Klan meeting, accepted their awards and talked openly and disturbingly about mixed race marriages and a stance he shared with the extremists. His harshest opinions are always overlooked, discarded like his excessive cruelty in the ring, and explained by a misguided concept that everything he said and did, that was either uncomfortable or just wrong, was justifiable under some type of Ali law that insisted there was a twinkle in his eye. There probably was a twinkle in his eye but he had some misguided racist ideas back then and celebrated them. In the ring he had hurt and made people suffer during one-sided fights and spat at the feet of one opponent. He was mean and there is nothing wrong with that in boxing, but he was also cruel to honest fighters, men that had very little of his talent and certainly none of his wealth. The way he treated Joe Frazier before and after their three fights remains a shameful blot on Ali’s legacy. I sat once in dwindling light with Frazier in Philadelphia at the end of three days of talking and listened to his words and watched his tears of hate and utter frustration as he outlined the harm Ali’s words had caused him and his family. Big soft Joe had no problem with the damage Ali’s fists had caused him, that was a fair fight but the verbal slaughter had been a mismatch and recordings of that still make me feel sick. I don’t laugh at that type of abuse. (…) Away from the ring excellence he went to cities in the Middle East to negotiate for the release of hostages and smiled easily when men in masks, carrying AK47s, put blindfolds on him and drove like the lunatics they were through bombed streets. “Hey man, you sure you know where you’re going?” he asked one driver. “I hope you do, coz I can’t see a thing.” He went on too many missions to too many countries for too long, his drive draining his life as he handed out Islamic leaflets. He was often exploited on his many trips, pulled every way and never refusing a request. On a trip to Britain in 2009 he was bussed all over the country for a series of bad-taste dinners that ended with people squatting down next to his wheelchair; Ali’s gaze was off in another realm, but the punters, who had paid hundreds for the sickening pleasure, stuck up their thumbs or made fists for the picture. The great twist in the abhorrent venture was that Ali’s face looked so bad that his head was photo-shopped for a more acceptable Ali face. Who could have possibly sanctioned that atrocity? During his fighting days he had men to protect him, men like Gene Kilroy, the man with the perm, that loved him and helped form a protective guard at his feet to keep the jackals from the meat. When he left the sport and was alone for the first time in the real world, there were people that fought each other to get close, close enough to insert their invisible transfusion tubes deep into his open heart. His daughters started to resurrect their own wall of protection the older they got, switching duties from sitting on Daddy’s lap to watching his back like the devoted sentinels they became. In the end it felt like the whole world was watching his back, watching the last moments under the neon of the King of the World. Steve Bunce
I think Ali is being done a disservice by the way in which he’s these days cast as benign. He was always a lot more complicated than that. (…) Ali has been post-rationalised as a champion of the civil rights movement. But far from promoting the idea of black and white together, his was a much more tricky, divisive politics. John Dower
Far from being embarrassed about sharing jaw-time with the Grand Chief Bigot or whatever the loon in the sheet called himself, Ali boasted about it. The revelation of his cosy chats with white supremacists comes in a television documentary screened on More4. As Ali finds himself overtaken as the most celebrated black American in history, True Stories: Thrilla In Manila provides a timely re-assessment of his politics. (…) Before his third fight with Frazier, Ali was at his most elevated, symbolically as well as in the ring. Hard to imagine when these days he elicits universal reverence, back then he was a figure who divided America, as loathed as he was admired. At the time he was taking his lead from the Nation of Islam, which, in its espousal of a black separatism, found its politics dovetailing with the cross-burning lynch mob out on the political boondocks. Ali was by far the organisation’s most prominent cipher. The film reminds us why. Back then, black sporting prowess reinforced many a prejudiced theory about the black man being good for nothing beyond physical activity. But here was Ali, as quick with his mind as with his fists. When he held court the world listened. Intriguingly, the film reveals, many of his better lines were scripted for him by his Nation of Islam minders. Ferdie Pacheco, the man who converted Ali to the bizarre cause which insisted that a spaceship would imminently arrive in the United States to take the black man to a better place, tells Dower’s cameras that it was he who came up with the line, « No Viet Cong ever called me nigger ». There was never a more succinct summary of America’s hypocrisy in forcing its beleaguered black citizenry to fight in Vietnam. (…) The film suggests it was his opponent who got the blunt end of Ali’s political bludgeon. The pair were once friends and Frazier had supported Ali’s stance on refusing the draft. But leading up to the fight Ali turned on his old mate with a ferocity which makes uncomfortable viewing even 30 years on. Viciously disparaging of Frazier, he calls him an Uncle Tom, a white man’s puppet. Ali riled Frazier to the point where he entered the ring so infuriated that he abandoned his game plan and blindly struck out. So distracted was he by Ali’s politically motivated jibes, he lost. Indeed, what we might be watching in Dower’s film is not so much the apex of Ali’s political potency as the birth of sporting mind games. Jim White
In 1974, in the middle of a Michael Parkinson interview, Muhammad Ali decided to dispense with all the safe conventions of chat show etiquette. “You say I got white friends,” he declared, “I say they are associates.” When his host dared to suggest that the boxer’s trainer of 14 years standing, Angelo Dundee, might be a friend, Ali insisted, gruffly: “He is an associate.” Within seconds, with Parkinson failing to get a word in edgeways, Ali had provided a detailed account of his reasoning. “Elijah Muhammad,” he told the TV viewers of 1970s Middle England, “Is the one who preached that the white man of America, number one, is the Devil!” The whites of America, said Ali, had “lynched us, raped us, castrated us, tarred and feathered us … Elijah Muhammad has been preaching that the white man of America – God taught him – is the blue-eyed, blond-headed Devil!  No good in him, no justice, he’s gonna be destroyed! “The white man is the Devil.  We do believe that.  We know it!” In one explosive, virtuoso performance, Ali had turned “this little TV show” into an exposition of his beliefs, and the beliefs of “two million five hundred” other followers of the radically – to some white minds, dangerously – black separatist religious movement, the Nation of Islam. At the height of his tirade, Ali drew slightly nervous laughter from the studio when he told Parkinson “You are too small mentally to tackle me on anything I represent.” (…) By the time he met Ali in 1962, Malcolm X was Elijah Muhammad’s chief spokesman and most prominent apostle. His belief that violence was sometimes necessary, and the Nation of Islam’s insistence that followers remain separate from and avoid participation in American politics meant that not every civil rights leader welcomed Muhammad Ali joining the movement. “When Cassius Clay joined the Black Muslims [The Nation of Islam],” said Martin Luther King, “he became a champion of racial segregation, and that is what we are fighting against.” The bitter irony is that soon after providing the Nation of Islam with its most famous convert, Malcolm X became disillusioned with the movement.  A trip to Mecca exposed him to white Muslims, shattering his belief that whites were inherently evil.  He broke from the Nation of Islam and toned down his speeches. Ali, though, remained faithful to Elijah Muhammad.  “Turning my back on Malcolm,” he admitted years later, “Was one of the mistakes that I regret most in my life.” (…) By then, though, Ali’s own attitudes to the « blue-eyed devils” had long since mellowed.  In 1975 he converted to the far more conventional Sunni Islam – possibly prompted by the fact that Elijah Muhammad had died of congestive heart failure in the same year, and his son Warith Deen Mohammad had moved the Nation of Islam towards inclusion in the mainstream Islamic community. He rebranded the movement the “World Community of Islam in the West”, only for Farrakhan to break away in 1978 and create a new Nation of Islam, which he claimed remained true to the teachings of “the Master” [Fard]. “The Nation of Islam taught that white people were devils,” he wrote in 2004.  “I don’t believe that now; in fact, I never really believed that. But when I was young, I had seen and heard so many horrible stories about the white man that this made me stop and listen. » The attentive listener to the 1974 interview, might, in fact, have sensed that even then Ali wasn’t entirely convinced about white men being blue-eyed devils. He had, after all, set the bar pretty high for “associates” like Angelo Dundee to become friends. “I don’t have one black friend hardly,” he had said.  “A friend is one who will not even consider [before] giving his life for you.” And, despite calling Parky “the biggest hypocrite in the world” and “a joke”, he could also get a laugh by reassuring the chat show host: “I know you [are] all right.” Adam Lusher
[want police to back off] No. That represented our progressive, our activists, our liberal journalists, our politicians. But it did not represent the overall community because we know for a fact that around the time that Freddie Gray was killed, we start to see homicides increase. We had five homicides in that neighborhood while we were protesting. What I wanted to see happen was that people would build a trust relationship with our police department so that they would feel more comfortable with having conversations with the police about crime in their neighborhood because they would feel safer. So we wanted the police there. We wanted them engaging the community. We didn’t want them there beating the hell out of us. We didn’t want that. (…) We’ve not seen any changes in those relationships. What we have seen was that the police has distanced themselves, and the community has distanced themselves even further. So there is – the divide has really intensified. It hasn’t decreased. And of course, we want to delineate the whole concept of the culture of bad policing that exists. Nobody denies that. But as a result of this, we don’t see the policing – the level of policing we need in our community to keep the crime down in these cities that we’re seeing bleed to death. Reverend Kinji Scott (Baltimore)
The crime victories of the last two decades, and the moral support on which law and order depends, are now in jeopardy thanks to the falsehoods of the Black Lives Matter movement. Police operating in inner-city neighborhoods now find themselves routinely surrounded by cursing, jeering crowds when they make a pedestrian stop or try to arrest a suspect. Sometimes bottles and rocks are thrown. Bystanders stick cell phones in the officers’ faces, daring them to proceed with their duties. Officers are worried about becoming the next racist cop of the week and possibly losing their livelihood thanks to an incomplete cell phone video that inevitably fails to show the antecedents to their use of force.  (…) As a result of the anti-cop campaign of the last two years and the resulting push-back in the streets, officers in urban areas are cutting back on precisely the kind of policing that led to the crime decline of the 1990s and 2000s. (…) On the other hand, the people demanding that the police back off are by no means representative of the entire black community. Go to any police-neighborhood meeting in Harlem, the South Bronx, or South Central Los Angeles, and you will invariably hear variants of the following: “We want the dealers off the corner.” “You arrest them and they’re back the next day.” “There are kids hanging out on my stoop. Why can’t you arrest them for loitering?” “I smell weed in my hallway. Can’t you do something?” I met an elderly cancer amputee in the Mount Hope section of the Bronx who was terrified to go to her lobby mailbox because of the young men trespassing there and selling drugs. The only time she felt safe was when the police were there. “Please, Jesus,” she said to me, “send more police!” The irony is that the police cannot respond to these heartfelt requests for order without generating the racially disproportionate statistics that will be used against them in an ACLU or Justice Department lawsuit. Unfortunately, when officers back off in high crime neighborhoods, crime shoots through the roof. Our country is in the midst of the first sustained violent crime spike in two decades. Murders rose nearly 17 percent in the nation’s 50 largest cities in 2015, and it was in cities with large black populations where the violence increased the most. (…) I first identified the increase in violent crime in May 2015 and dubbed it “the Ferguson effect.” (…) The number of police officers killed in shootings more than doubled during the first three months of 2016. In fact, officers are at much greater risk from blacks than unarmed blacks are from the police. Over the last decade, an officer’s chance of getting killed by a black has been 18.5 times higher than the chance of an unarmed black getting killed by a cop. (…) We have been here before. In the 1960s and early 1970s, black and white radicals directed hatred and occasional violence against the police. The difference today is that anti-cop ideology is embraced at the highest reaches of the establishment: by the President, by his Attorney General, by college presidents, by foundation heads, and by the press. The presidential candidates of one party are competing to see who can out-demagogue President Obama’s persistent race-based calumnies against the criminal justice system, while those of the other party have not emphasized the issue as they might have. I don’t know what will end the current frenzy against the police. What I do know is that we are playing with fire, and if it keeps spreading, it will be hard to put out. Heather Mac Donald
It’s ironic that Jerry’s longest-lasting legacy is that the big shoe company co-opted his slogan. Nike has Just Do It in all of their ad campaigns. Sam Leff (Yippie, close friend of Hoffman’s)
Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs. Il y a des cadavres dans les rues et des meurtriers qui s’en tirent avec leurs congés payés. Colin Kaepernick
Je pense que tous les athlètes, tous les humains et tous les Afro-Américains devraient être totalement reconnaissants et honorés [par les manifestations lancées par les anciens joueurs de la NFL Colin Kaepernick et Eric Reid]. Serena Williams
Je ne suis pas une tricheuse! Vous me devez des excuses! (…) Je ne suis pas une tricheuse! Je suis mère de famille, je n’ai jamais triché de ma vie ! Serena Williams
The NBA’s suspension of Abdul-Rauf, which resulted from his defying a provision in the league’s operations manual requiring all players to « stand and line up in a dignified posture … during the playing of the American and/or Canadian national anthems » lasted just one game (page 52). But, really, the anthem controversy never goes away—and it will surface again. Maybe in Seattle, if SuperSonics fans suddenly get perturbed with forward Sam Perkins. As a member of the Jehovah’s Witnesses, who refuse to pledge allegiance to any government, Perkins stands at attention but well out of line from his teammates during the national anthem. Or maybe it will be in Charlotte, where Hornets owner George Shinn—who has also added an invocation to the pregame festivities at Charlotte Coliseum—intimidates his team into compliance. Shinn says he tells the Hornets, « I’m going to be up there in the stands watching, and if you’re down there picking your nose and not standing at attention, then you’re telling me you don’t like it here and want to be traded. » Or maybe it will happen when another celebrity strolls to the pitcher’s mound, remote mike in hand, ramparts and twilight’s last gleamings all mixed up in his brainpan, and carves Francis Scott Key’s 1814 paean to war into little pieces. So it seems like the appropriate time—once Sullivan puts down that two-iron—to ask, Has the national anthem as pregame ritual outlived its usefulness? The practice of playing The Star-Spangled Banner is clearly rooted in wartime patriotic fervor. During World War I it became customary to play the song before baseball games, and it was during WWII that it became de rigueur to play the anthem at all sporting events. There are other nations that take the playing of their national anthem as seriously as the U.S. In Israel Hatikvah (The Hope) used to be played only before international basketball games and soccer matches, but since the 1991 Persian Gulf war it has been a staple at almost all athletic competitions. In Kenya the national anthem, Ee Mungu nguvu yetu (O God of All Creation), is played not just before every sporting event but also before nearly every public gathering. And the ’95 Ryder Cup was a virtual anthemfest. Last year at Oak Hill Country Club in Rochester, N.Y., the Spanish anthem was played for Seve Ballesteros; the Scottish for Bernard Gallacher, Colin Montgomerie and Sam Torrance; the British for Howard Clark, Nick Faldo, David Gilford and Mark James; the Swedish for Per-Ulrik Johansson; the German for Bernhard Langer; the Italian for Costantino Rocca; the Irish for Philip Walton; and the Welsh for Ian Woosnam. And, of course, The Star-Spangled Banner for all the guys on the U.S. side. The event started out more like a battle of the bands than a golf match. In most countries, however, national anthems are reserved for international or championship games. Bemused by the Abdul-Rauf flap, North Carolina center Serge Zwikker, who is from the Netherlands, professes not to know the words to the Dutch anthem. « But maybe I could hum a few bars, » he adds hopefully. Which is exactly what many entertainers—beginning, perhaps, with Robert Goulet, who blanked during a catastrophic rendition of The Star-Spangled Banner at the Muhammad Ali-Sonny Liston fight in Lewiston, Maine, in 1965—have done after accepting the intimidating national anthem assignment. Most people at U.S. sporting events don’t even hum along or for that matter stand at attention. Members of the media file pregame notes to the office, peruse stat sheets or stay in the press room munching potato chips. Fans nosh on hot dogs, chat with their neighbors or look for Jack Nicholson. Those who are enthralled with the anthem have become so only because they have turned it into their personal fight song. The athletes, in most cases, are indifferent. « It gets to the point where you start forgetting about the meaning because you do it so often, » says San Francisco Giants outfielder-first baseman David McCarty. Still, players offer some darned fine observations on the anthem. « I guess we sing it to give someone the opportunity to make 50 dollars, » says Cincinnati Reds pitcher Mark Portugal. Be serious, guys. « Maybe it’s because people are amazed you can play a kid’s game and make more money than the president, » says Detroit Pistons center Mark West. « You’ve got to celebrate that somehow. » Hey, come on now. « Personally, I use that time to scan the crowd for babes, » says Atlanta Hawks forward Matt Bullard. « That’s how I met my wife. » And St. Louis Cardinals reliever Dennis Eckersley offers this take: « The anthem is part of the game. It wouldn’t seem right, would it, if they didn’t play it? But I don’t like it when the Canadian teams are in town because then we have to listen to two anthems. » Now that The Star-Spangled Banner is again an issue—as it was most potently during the late 1960s and early ’70s—in all its red-white-and-blue complexity, wouldn’t it be better for pro leagues to turn tail and start phasing it out before this gnarly matter comes around once more? After all, it’s not written anywhere that the national anthem must be played, not even, believe it or not, in the NBA operations manual. In Dallas, bible-thumping Mavericks owner Donald Carter has substituted God Bless America for The Star-Spangled Banner, and no one has protested. Isn’t America ready for a secular song to be installed as the official let’s-play-ball ditty? Don’t bet on it. Though Americans rarely show the anthem proper respect, they seem to like the simple fact that it’s there. The Baltimore Orioles stopped playing The Star-Spangled Banner for one week during the 1954 season, hoping to use the song only on holidays and special occasions. In reaction the city council passed a resolution suggesting that the anthem be played before every game, and that’s why, four decades later, we’re obligated to hear the home fans turn that final « Oh, say … » into a cheer for the O’s. In ’66, when the Chicago White Sox tried to pinch-hit with God Bless America, so vehement was the backlash that the fans asked for a special vote on the issue, pledging on their ballots to sing the winning song loud and clear. (The national anthem received 74% of the vote.) Most revealing, after an Atlanta Falcons game in the mid-’70s the Atlanta-Fulton County Stadium scoreboard mistakenly flashed PLEASE RISE AND JOIN IN SINGING OUR NATIONAL ANTHEM instead of THANK YOU FOR ATTENDING THE GAME. The crowd stood awkwardly for several minutes before the P.A. announcer told everyone to go home. Let’s face it: Americans are intimidated by the national anthem, fearful that some cosmic chandelier will come crashing on their heads if they put it out to pasture. How about a compromise? How about sending a DH up for The Star-Spangled Banner? How about not playing it all the time and reserving it for the Final Four, the Super Bowl, the World Series and other big-time events? Perhaps then it would become meaningful to more people. Yes, it might be scary out there without the anthem to kick around every night. But the pregame song doesn’t have to be scrapped. Just mix it up, raise America’s pop-culture index with other offerings such as America the Beautiful and This Land Is Your Land. But those are just suggestions. Positively, absolutely, bounce them off Mike Sullivan first. Sports Illustrated (1996)
For her country, Osaka has already succeeded in a major milestone: She is the first Japanese woman to reach the final of any Grand Slam. And she’s currently her country’s top-ranked player. Yet in Japan, where racial homogeneity is prized and ethnic background comprises a big part of cultural belonging, Osaka is considered hafu or half Japanese. Born to a Japanese mother and a Haitian father, Osaka grew up in New York. She holds dual American and Japanese passports, but plays under Japan’s flag. Some hafu, like Miss Universe Japan Ariana Miyamoto, have spoken publicly about the discrimination the term can confer. “I wonder how a hafu can represent Japan,” one Facebook user wrote of Miyamoto, according to Al Jazeera America’s translation. For her part, Osaka has spoken repeatedly about being proud to represent Japan, as well as Haiti. But in a 2016 USA Today interview she also noted, “When I go to Japan people are confused. From my name, they don’t expect to see a black girl.” On the court, Osaka has largely been embraced as one of her country’s rising stars. Off court, she says she’s still trying to learn the language. “I can understand way more Japanese than I can speak,” she said. (…) Earlier this year, Osaka reveled a four-word mantra keeps her steady through tough matches: “What would Serena do?” Her idolization of the 23 Grand Slam-winning titan is well-known. “She’s the main reason why I started playing tennis,” Osaka told the New York Times. Time
Des sportifs semblent désormais plus facilement se mettre en avant pour évoquer leurs convictions, que ce soient des championnes de tennis ou des footballeurs. Mais ces athlètes activistes restent encore minoritaires. Peu ont suivi Kaepernick lorsqu’il s’est agenouillé pendant l’hymne national. La plupart se focalisent sur leur sport, ils ne sont pas vraiment désireux de jouer les trouble-fête. Dans notre culture, ces sportifs sont des dieux, qui peuvent exercer une influence positive. Ils peuvent être un bon exemple d’engagement civique pour des jeunes. Et puis une bonne controverse comme l’affaire Kaepernick permet de pimenter un peu le sport et d’élargir le débat au-delà du jeu. Orin Starn (anthropologue)
Son genou droit posé à terre le 1er septembre 2016 a fait de lui un paria. Ce jour-là, Colin Kaepernick, quarterback des San Francisco 49ers, avait une nouvelle fois décidé de ne pas se lever pour l’hymne national. Coupe afro et regard grave, il était resté dans cette position pour protester contre les violences raciales et les bavures policières qui embrasaient les Etats-Unis. Plus d’un an après, la polémique reste vive. Son boycott lui vaut toujours d’être marginalisé et tenu à l’écart par la Ligue nationale de football américain (NFL). L’affaire rebondit ces jours, à l’occasion des débuts de la saison de la NFL. Sans contrat depuis mars, Colin Kaepernick est de facto un joueur sans équipe, à la recherche d’un nouvel employeur. (…) Plus surprenant, une centaine de policiers new-yorkais ont manifesté ensemble fin août à Brooklyn, tous affublés d’un t-shirt noir avec le hashtag #imwithkap. Le célèbre policier Frank Serpico, 81 ans, qui a dénoncé la corruption généralisée de la police dans les années 1960 et inspiré Al Pacino pour le film Serpico (1973), en faisait partie. Les sportifs américains sont nombreux à afficher leur soutien à Colin Kaepernick. C’est le cas notamment des basketteurs Kevin Durant ou Stephen Curry, des Golden State Warriors. (…) La légende du baseball Hank Aaron fait également partie des soutiens inconditionnels de Colin Kaepernick. Sans oublier Tommie Smith, qui lors des Jeux olympiques de Mexico en 1968 avait, sur le podium du 200 mètres, levé son poing ganté de noir contre la ségrégation raciale, avec son comparse John Carlos. Le geste militant à répétition de Colin Kaepernick, d’abord assis puis agenouillé, a eu un effet domino. Son coéquipier Eric Reid l’avait immédiatement imité la première fois qu’il a mis le genou à terre. Une partie des joueurs des Cleveland Browns continuent, en guise de solidarité, de boycotter l’hymne des Etats-Unis, joué avant chaque rencontre sportive professionnelle. La footballeuse homosexuelle Megan Rapinoe, championne olympique en 2012 et championne du monde en 2015, avait elle aussi suivi la voie de Colin Kaepernick et posé son genou à terre. Mais depuis que la Fédération américaine de football (US Soccer) a édicté un nouveau règlement, en mars 2017, qui oblige les internationaux à se tenir debout pendant l’hymne, elle est rentrée dans le rang. Colin Kaepernick lui-même s’était engagé à se lever pour l’hymne pour la saison 2017. Une promesse qui n’a pas pour autant convaincu la NFL de le réintégrer. Barack Obama avait pris sa défense; Donald Trump l’a enfoncé. En pleine campagne, le milliardaire new-yorkais avait qualifié son geste d’«exécrable», l’hymne et le drapeau étant sacro-saints aux Etats-Unis. Il a été jusqu’à lui conseiller de «chercher un pays mieux adapté». Les chaussettes à motifs de cochons habillés en policiers que Colin Kaepernick a portées pendant plusieurs entraînements – elles ont été très remarquées – n’ont visiblement pas contribué à le rendre plus sympathique à ses yeux. Mais ni les menaces de mort ni ses maillots brûlés n’ont calmé le militantisme de Colin Kaepernick. Un militantisme d’ailleurs un peu surprenant et parfois taxé d’opportunisme: métis, de mère blanche et élevé par des parents adoptifs blancs, Colin Kaepernick n’a rallié la cause noire, et le mouvement Black Lives Matter, que relativement tardivement. Avant Kaepernick, la star de la NBA LeBron James avait défrayé la chronique en portant un t-shirt noir avec en lettres blanches «Je ne peux pas respirer». Ce sont les derniers mots d’un jeune Noir américain asthmatique tué par un policier blanc. Par ailleurs, il avait ouvertement soutenu Hillary Clinton dans sa course à l’élection présidentielle. Timidement, d’autres ont affiché leurs convictions politiques sur des t-shirts, mais sans aller jusqu’au boycott de l’hymne national, un geste très contesté. L’élection de Donald Trump et le drame de Charlottesville provoqué par des suprémacistes blancs ont contribué à favoriser l’émergence de ce genre de protestations. Ces comportements signent un retour du sportif engagé, une espèce presque en voie de disparition depuis les années 1960-1970, où de grands noms comme Mohamed Ali, Billie Jean King ou John Carlos ont porté leur militantisme à bras-le-corps. Au cours des dernières décennies, l’heure n’était pas vraiment à la revendication politique, confirme Orin Starn, professeur d’anthropologie culturelle à l’Université Duke en Caroline du Nord. A partir des années 1980, c’est plutôt l’image du sportif businessman qui a primé, celui qui s’intéresse à ses sponsors, à devenir le meilleur possible, soucieux de ne déclencher aucune polémique. Un sportif lisse avant tout motivé par ses performances et sa carrière. Comme le basketteur Michael Jordan ou le golfeur Tiger Woods. Le Temps
It was an incredible match. I mean, Arthur was an innovator. It was the first time he sort of sat down at the side of the court in between — they didn’t have chairs at the side of the court for a long time; we sort of had to towel off and go on — but he would sit and cover his head with the towel and just think. It was the first time you were conscious of the mental side of tennis. Arthur was instrumental in that. . . . Arthur was a thinker. Virginia Wade
Arthur didn’t need Vietnam. Arthur had his own Vietnam right there in the United States in those days, and some of the things that I saw while I was there — he didn’t need that. The thing that I always think about, and this was always the most important thing in my mind, was that Arthur represented so many possibilities. Arthur was the first to do so much so often that those of us who knew him would say: ‘What’s next? What mountain was he going to climb next?’ Arthur was always different. (…) Growing up, Arthur was a sponge. . . . That was just his nature. He was a voracious reader, and he had to satisfy his intellect. I tell people if Arthur had concentrated on just tennis, he would have been the best in the world. But tennis was a vehicle. . . . He wanted to be able to take kids outside of their environs, outside of their element for a little while and expose them to what they can be. . . . And, let’s face it, most parents don’t have the wherewithal to do that. It’s not easy. What happens is you get somebody like Arthur — and following Arthur, LeBron James is starting to do things — to expose kids. It’s so important that that happens. (…) “Until Arthur came along and Althea came along, tennis was a sport of the elites. Then you get two playground children — one from Harlem, one from Richmond — to break into the bigs. People had to stop and think about that. It opened the doors for other people, and that’s what it was all about. That’s what it was all about for him. Johnnie Ashe
The Apollo program was a national effort that depended on American derring-do and sacrifice. History is usually airbrushed to remove a figure who has fallen out of favor with a dictatorship, or to hide away an episode of national shame. Leave it to Hollywood to erase from a national triumph its most iconic moment. The new movie First Man, a biopic about the Apollo 11 astronaut Neil Armstrong, omits the planting of the American flag during his historic walk on the surface of the moon. Ryan Gosling, who plays Armstrong in the film, tried to explain the strange editing of his moonwalk: “This was widely regarded in the end as a human achievement. I don’t think that Neil viewed himself as an American hero.” Armstrong was a reticent man, but he surely considered himself an American, and everyone else considered him a hero. (“You’re a hero whether you like it or not,” one newspaper admonished him on the 10th anniversary of the landing.) Gosling added that Armstrong’s walk “transcended countries and borders,” which is literally true, since it occurred roughly 238,900 miles from Earth, although Armstrong got there on an American rocket, walked in an American spacesuit, and returned home to America. (…) It was a chapter in a space race between the United States and the Soviet Union that involved national prestige and the perceived worth of our respective economic and political systems. The Apollo program wasn’t about the brotherhood of man, but rather about achieving a national objective before a hated and feared adversary did. The mission of Apollo 11 was, appropriately, soaked in American symbolism. The lunar module was called Eagle, and the command module Columbia. There had been some consideration to putting up a U.N. flag, but it was scotched — it would be an American flag and only an American flag. (…) There may be a crass commercial motive in the omission — the Chinese, whose market is so important to big films, might not like overt American patriotic fanfare. Neither does much of our cultural elite. They may prefer not to plant the flag — but the heroes of Apollo 11 had no such compunction. National Review
Billed as being based on “a crazy, outrageous incredible true story” about how a black cop infiltrated the KKK, Spike Lee’s BlacKkKlansman would be more accurately described as the story of how a black cop in 1970s Colorado Springs spoke to the Klan on the phone. He pretended to be a white supremacist . . . on the phone. That isn’t infiltration, that’s prank-calling. A poster for the movie shows a black guy wearing a Klan hood. Great starting point for a comedy, but it didn’t happen. The cop who actually attended KKK meetings undercover was a white guy (played by Adam Driver). These led . . . well, nowhere in particular. No plot was foiled. Those meetups mainly revealed that Klansmen behave exactly how you’d expect Klansmen to behave. The movie is a typical Spike Lee joint: A thin story is told in painfully didactic style and runs on far too long. (…)  Washington (son of Denzel) has an easygoing charisma as the unflappable Ron Stallworth, a rookie cop in Colorado Springs who volunteers to go undercover as a detective in 1972, near the height of the Black Power movement and a moment when law enforcement was closely tracking the activities of radicals such as Stokely Carmichael, a.k.a. Kwame Ture, a speech of whose Stallworth says he attended while posing as an ordinary citizen. In the movie, Stallworth experiences an awakening of black pride and falls for a student leader, Patrice (a luminous Laura Harrier, who also played Peter Parker’s girlfriend in Spider-Man: Homecoming), inspiring in him the need to do something for his people. (…) The Klan also turn out to be grandstanders and blowhards given to Carmichael-style paranoid prophecies and seem to hope to troll their enemies into attacking them. When Lee realizes he needs something to actually happen besides racist talk, he turns to a subplot featuring a white-supremacist lady running around with a purse full of C-4 explosive with which she intends to blow up the black radicals. It’s so unconvincing that you watch it thinking, “I really doubt this happened.” It didn’t. The only other tense moment in the film, in which Driver’s undercover cop (who is Jewish) is nearly subjected to a lie-detector test about his religion by a suspicious Klansman, is also fabricated. Lee frames his two camps as opposites, but whether we’re with the black-power types or the white-power yokels, they’re equally wrong about the race war they seem to yearn for. The two sides are equally far from the stable center, the color-blind institution holding society together, which turns out to be . . . the police! After some talk from the radical Patrice (whose character is also a fabrication) about how the whole system is corrupt and she could never date a “pig,” and a scene in which Stallworth implies the police’s code of covering for one another reminds him of the Klan, Lee winds up having the police unite to fight racism, with one bad apple expunged and everybody else on the otherwise all-white force supporting Ron. That Spike Lee has turned in a pro-cop film has to be counted one of the stranger cultural developments of 2018, but Lee seems to have accidentally aligned with cops in the course of issuing an anti-Trump broadside. (…) (See also: an introduction in which Alec Baldwin plays a Southern cracker called Dr. Kennebrew Beauregard who rants about desegregation for several minutes, then is never seen again.) Lee’s other major goal is to link Stallworth’s story to Trumpism using David Duke. Duke, like Trump, said awful things at the time of the Charlottesville murder and played a part in the Stallworth story when the cop was assigned to protect the Klan leader (played by Topher Grace) on a visit to Colorado Springs and later threw his arm around him while posing for a picture. Saying Duke presaged Trump seems like a stretch, though. After all the nudge-nudge MAGA lines uttered by the Klansmen throughout the film, the let-me-spell-it-out-for-you finale, with footage from the Charlottesville white-supremacist rally, seems de trop. BlacKkKlansman was timed to hit theaters one year after the anniversary of the horror in Virginia. That Charlottesville II attracted only two dozen pathetic dorks to the cause of white supremacy would seem to undermine the coda. The Klan’s would-be successors, far from being more emboldened than they have been since Stallworth’s time, appear to be nearly extinct. National review
The all-seeing social-justice eye penetrates every aspect of our lives: sports, movies, public monuments, social media, funerals . . .A definition of totalitarianism might be the saturation of every facet of daily life by political agendas and social-justice messaging. At the present rate, America will soon resemble the dystopias of novels such as 1984 and Brave New World in which all aspects of life are warped by an all-encompassing ideology of coerced sameness. Or rather, the prevailing orthodoxy in America is the omnipresent attempt of an elite — exempt from the consequences of its own ideology thanks to its supposed superior virtue and intelligence — to mandate an equality of result. We expect their 24/7 political messaging on cable-channel news networks, talk radio, or print and online media. And we concede that long ago an NPR, CNN, MSNBC, or New York Times ceased being journalistic entities as much as obsequious megaphones of the progressive itinerary. But increasingly we cannot escape anywhere the lidless gaze of our progressive lords, all-seeing, all-knowing from high up in their dark towers. (…) Americans have long accepted that Hollywood movies no longer seek just to entertain or inform, but to indoctrinate audiences by pushing progressive agendas. That commandment also demands that America be portrayed negatively — or better yet simply written out of history. Take the new film First Man, about the first moon landing. Apollo 11 astronaut Neil Armstrong became famous when he emerged from The Eagle, the two-man lunar module, and planted an American flag on the moon’s surface. Yet that iconic act disappears from the movie version. (At least Ryan Gosling, who plays Armstrong, does not walk out of the space capsule to string up a U.N. banner.) Gosling claimed that the moon landing should not be seen as an American effort. Instead, he advised, it should be “widely regarded as a human achievement” — as if any nation’s efforts or the work of the United Nations in 1969 could have pulled off such an astounding and dangerous enterprise. I suppose we are to believe that Gosling’s Canada might just as well have built a Saturn V rocket. (…) Sports offers no relief. It is now no more a refuge from political indoctrination than is Hollywood. Yet it is about as difficult to find a jock who can pontificate about politics as it is to encounter a Ph.D. or politico who can pass or pitch. The National Football League, the National Basketball Association, and sports channels are now politicalized in a variety of ways, from not standing up or saluting the flag during the National Anthem to pushing social-justice issues as part of televised sports analysis. What a strange sight to see tough sportsmen of our Roman-style gladiatorial arenas become delicate souls who wilt on seeing a dreaded hand across the heart during the playing of the National Anthem. Even when we die, we do not escape politicization. At a recent eight-hour, televised funeral service for singer Aretha Franklin, politicos such as Jesse Jackson and Al Sharpton went well beyond their homages into political harangues. Pericles or Lincoln they were not. (…) Politics likewise absorbed Senator John McCain’s funeral the next day. (…) Even the long-ago dead are fair game. Dark Age iconoclasm has returned to us with a fury. Any statue at any time might be toppled — if it is deemed to represent an idea or belief from the distant past now considered racist, sexist, or somehow illiberal. Representations of Columbus, the Founding Fathers, and Confederate soldiers have all been defaced, knocked down, or removed. The images of mass murderers on the left are exempt, on the theory that good ends always allow a few excessive means. So are the images and names of robber barons and old bad white guys, whose venerable eponymous institutions offer valuable brands that can be monetized. At least so far, we are not rebranding Stanford and Yale with indigenous names. Victor Davis Hanson
Johnnie Ashe, like Wade, remembers his brother as an intellectual and an innovator, as someone who was meant to change the world. That’s why, when Johnnie came to understand that the military wouldn’t send two brothers into active duty in a war zone at the same time, he volunteered for a second tour in Vietnam. He was three months away from coming home.Since Johnnie stayed on active duty, Arthur could compete for both the U.S. amateur and U.S. Open championships in 1968. He is the only person to have won both. Ashe had many projects that helped extend his legacy beyond that of a pioneering tennis player who won 33 career singles championships; ever the thinker, bringing tennis and educational opportunities to youths was Ashe’s passion. He helped found the National Junior Tennis & Learning network in 1968, a grass-roots organization designed to make tennis more accessible. Today, the NJTL receives significant funding from the USTA. The Washington Post
Arthur Ashe always had an exquisite sense of timing, whether he was striking a topspin backhand or choosing when to speak out for liberty and justice for all. So we shouldn’t be surprised that the 50th anniversary of his victory at the first U.S. Open — a milestone to be celebrated on Saturday at the grand stadium bearing his name — coincides with a national conversation on the First Amendment rights and responsibilities of professional athletes. Mr. Ashe has been gone for 25 years, struck down at the age of 49 by AIDS, inflicted by an H.I.V.-tainted blood transfusion. But the example he set as a champion on and off the court has never been more relevant. As Colin Kaepernick, LeBron James and others strive to use their athletic stardom as a platform for social justice activism, they might want to look back at what this soft-spoken African-American tennis star accomplished during the age of Jim Crow and apartheid. (…) He began his career as the Jackie Robinson of men’s tennis — a vulnerable and insecure racial pioneer instructed by his coaches to hold his tongue during a period when the success of desegregation was still in doubt. At the same time, Mr. Ashe’s natural shyness and deferential attitude toward his elders and other authority figures all but precluded involvement in the civil rights struggle and other political activities during his high school and college years. The calculus of risk and responsibility soon changed, however, as Mr. Ashe reinvented himself as a 25-year-old activist-in-training during the tumultuous year of 1968. With his stunning victory in September at the U.S. Open, where he overcame the best pros in the world as a fifth-seeded amateur, he gained a new confidence that affected all aspects of his life. Mr. Ashe’s political transformation had begun six months earlier when he gave his first public speech, a discourse on the potential importance of black athletes as community leaders, delivered at a Washington forum hosted by the Rev. Jefferson Rogers, a prominent black civil rights leader Mr. Ashe had known since childhood. Mr. Rogers had been urging Mr. Ashe to speak out on civil rights issues for some time, and when he finally did so, it released a spirit of civic engagement that enveloped his life. “This is the new Arthur Ashe,” the reporter Neil Amdur observed in this paper, “articulate, mature, no longer content to sit back and let his tennis racket do the talking.” In part, Mr. Ashe’s new attitude reflected a determination to make amends for his earlier inaction. “There were times, in fact,” he recalled years later, “when I felt a burning sense of shame that I was not with other blacks — and whites — standing up to the fire hoses and the police dogs, the truncheons, bullets and bombs.” He added: “As my fame increased, so did my anguish.” During the violent spring of 1968, the assassinations of the Rev. Dr. Martin Luther King Jr., whom Mr. Ashe had come to admire above all other black leaders, and Senator Robert F. Kennedy, whom he had supported as a presidential candidate, shook Mr. Ashe’s faith in America. But he refused to surrender to disillusionment. Instead he dedicated himself to active citizenship on a level rarely seen in the world of sports. His activism began with an effort to expand economic and educational opportunities for young urban blacks, but his primary focus soon turned to the liberation of black South Africans suffering under apartheid. Later he supported a wide variety of causes, playing an active role in campaigns for black political power, high educational standards for college athletes, criminal justice reform, equality of the sexes and AIDS awareness. He also became involved in numerous philanthropic enterprises. By the end of his life, Mr. Ashe’s success on the court was no longer the primary source of his celebrity. He had become, along with Muhammad Ali, a prime example of an athlete who transcended the world of sports. In 2016, President Barack Obama identified Mr. Ali and Mr. Ashe as the sports figures he admired above all others. While noting the sharp contrast in their personalities, he argued that both men were “transformational” activists who pushed the nation down the same path to freedom and democracy. Mr. Ashe practiced his own distinctive brand of activism, one based on unemotional appeals to common sense and enlightened philosophical principles as simple as the Golden Rule. He had no facility for, and little interest in, using agitation and drama to draw attention to causes, no matter how worthy they might be. A champion of civility, he always kept his cool and never raised his voice in anger or frustration. Viewing emotional appeals as self-defeating and even dangerous, he relied on reasoned persuasion derived from careful preparation and research. Mr. Ashe preferred to make a case in written form, or as a speaker on the college lecture circuit or as a witness before the United Nations. His periodic opinion pieces in The Washington Post and other newspapers tackled a number of thorny issues related to sports and the broader society, including upholding high academic standards for college athletic eligibility and the expulsion of South Africa from international athletic competition. In the 1980s, he devoted several years to researching and writing “A Hard Road to Glory,” a groundbreaking three-volume history of African-American athletes. In retirement Mr. Ashe became a popular tennis broadcaster known for his clever quips, yet as an activist he never resorted to sound bites that excited audiences with reductionist slogans. Often working behind the scenes, he engaged in high-profile public debate only when he felt there was no other way to advance his point of view. Suspicious of quick fixes, he advocated incremental and gradual change as the best guarantor of true progress. Yet he did not let this commitment to long-term solutions interfere with his determination to give voice to the voiceless. Known as a risk taker on the court, he was no less bold off the court, where he never shied away from speaking truth to power. He was arrested twice, in 1985 while participating in an anti-apartheid demonstration in front of the South African Embassy and in 1992 while picketing the White House in protest of the George H.W. Bush administration’s discriminatory policies toward Haitian refugees. The first arrest embarrassed the American tennis establishment, which soon removed him from his position as captain of the U.S. Davis Cup team, and the second occurred during the final months of his life as he struggled with the ravages of AIDS. In both cases he accepted the consequences of his principled activism with dignity. Mr. Ashe was a class act in every way, a man who practiced what he preached without being diverted by the temptations of power, fame or fortune. When we place his approach to dissent and public debate in a contemporary frame, it becomes obvious that his legacy is the antithesis of the scorched-earth politics of Trumpism. If Mr. Ashe were alive today, he would no doubt be appalled by the bullying tactics and insulting rhetoric of a president determined to punish athletes who have the courage and audacity to speak out against police brutality toward African-Americans. And yet we can be equally sure that Mr. Ashe would honor his commitment to respectful dialogue, refusing to lower himself to the president’s level of unrestrained invective. (…) Mr. Ashe would surely be gratified that to date, this high road has led to more protest, not less, confirming his belief that real change comes from rational advocacy and hard work, not emotional self-indulgence. As we celebrate his remarkable life and legacy a quarter-century after his death, we can be confident that Mr. Ashe would rush to join today’s activists in spirit and solidarity, solemnly but firmly taking a knee for social justice. Raymond Arsenault

Reviens, Arthur, Ils sont devenus fous !

En ces temps devenus fous …

Où après les médias et, enterrements compris, la haute fonction publique

Et, entre le négationnisme (pas de drapeau américain sur la lune) et la réécriture de l’histoire (les quelques mois d’infiltration du KKK par une équipe de policiers noir et blanc dans une petite ville du Colrado au début des années 70 transformés en film blaxploitation avec toute l’explosive subtilité d’un Spike Lee), Hollywood …

Comme au niveau des grosses multinationales du matériel de sport à l’occasion du 30e anniversaire d’un slogan de toute évidence fauché au yippie Jerry Rubin

Mais faussement attribué (droits obligent ?) aux dernière paroles du tristement célèbre premier exécuté (volontaire et déjà gratifié par Norman Mailer de son panégyrique littéraire) du retour de la peine de mort aux Etats-Unis …

La marchandisation d’un joueur (métis multimillionnaire abandonné par son père noir et adopté par des parents blancs) dont le seul titre de gloire est, outre ses chaussettes anti-policiers et ses tee-shirts à la gloire de Castro, son refus d’honorer le drapeau de son pays pour prétendument dénoncer les brutalités policières contre les noirs …

Tout semble dorénavant permis pour dénigrer l’actuel président américain et les forces de police …

Comment ne pas repenser …

En ce 50e anniversaire …

De la première victoire, dès la création du premier tournoi professionnel, d’un joueur de tennis noir à une épreuve de Grand chelem …

A la figure hélas oubliée d’un Arthur Ashe

Qui, de l’apartheid sud-africain à la défense des réfugiés haïtiens ou des enfants atteints du SIDA jusqu’à l’ONU …

Et loin des outrances racistes à l’époque d’un Mohamed Ali …

Ou de la violence actuelle (et surtout de ses conséquences sur les plus démunis quoi qu’en dise son biographe) du collectif Black lives matter que prétend défendre un Colin Kaeperinck …

Et sans parler du lamentable scandale, au nom d’un prétendu sexisme et face à une improbable nippo-haïtienne élevée aux Etats-Unis mais ne parlant pas japonais, de Serena Williams en finale du même US Open hier …

Avait toujours su joindre l’intelligence et le respect des autres comme de son propre pays à la plus redoutable des efficacités ?

What Arthur Ashe Knew About Protest

The tennis great was committed to respectful dialogue, refusing to lower himself to the level of invective

Raymond Arsenault
Mr. Arsenault is a biographer of Arthur Ashe.
The New York Times
Sept. 8, 2018

Arthur Ashe always had an exquisite sense of timing, whether he was striking a topspin backhand or choosing when to speak out for liberty and justice for all. So we shouldn’t be surprised that the 50th anniversary of his victory at the first U.S. Open — a milestone to be celebrated on Saturday at the grand stadium bearing his name — coincides with a national conversation on the First Amendment rights and responsibilities of professional athletes.

Mr. Ashe has been gone for 25 years, struck down at the age of 49 by AIDS, inflicted by an H.I.V.-tainted blood transfusion. But the example he set as a champion on and off the court has never been more relevant. As Colin Kaepernick, LeBron James and others strive to use their athletic stardom as a platform for social justice activism, they might want to look back at what this soft-spoken African-American tennis star accomplished during the age of Jim Crow and apartheid.

The first thing they will discover is that, like most politically motivated athletes, Mr. Ashe turned to activism only after his formative years as an emerging sports celebrity. He began his career as the Jackie Robinson of men’s tennis — a vulnerable and insecure racial pioneer instructed by his coaches to hold his tongue during a period when the success of desegregation was still in doubt. At the same time, Mr. Ashe’s natural shyness and deferential attitude toward his elders and other authority figures all but precluded involvement in the civil rights struggle and other political activities during his high school and college years.

The calculus of risk and responsibility soon changed, however, as Mr. Ashe reinvented himself as a 25-year-old activist-in-training during the tumultuous year of 1968. With his stunning victory in September at the U.S. Open, where he overcame the best pros in the world as a fifth-seeded amateur, he gained a new confidence that affected all aspects of his life.

Mr. Ashe’s political transformation had begun six months earlier when he gave his first public speech, a discourse on the potential importance of black athletes as community leaders, delivered at a Washington forum hosted by the Rev. Jefferson Rogers, a prominent black civil rights leader Mr. Ashe had known since childhood. Mr. Rogers had been urging Mr. Ashe to speak out on civil rights issues for some time, and when he finally did so, it released a spirit of civic engagement that enveloped his life. “This is the new Arthur Ashe,” the reporter Neil Amdur observed in this paper, “articulate, mature, no longer content to sit back and let his tennis racket do the talking.”

In part, Mr. Ashe’s new attitude reflected a determination to make amends for his earlier inaction. “There were times, in fact,” he recalled years later, “when I felt a burning sense of shame that I was not with other blacks — and whites — standing up to the fire hoses and the police dogs, the truncheons, bullets and bombs.” He added: “As my fame increased, so did my anguish.”

During the violent spring of 1968, the assassinations of the Rev. Dr. Martin Luther King Jr., whom Mr. Ashe had come to admire above all other black leaders, and Senator Robert F. Kennedy, whom he had supported as a presidential candidate, shook Mr. Ashe’s faith in America. But he refused to surrender to disillusionment. Instead he dedicated himself to active citizenship on a level rarely seen in the world of sports.

His activism began with an effort to expand economic and educational opportunities for young urban blacks, but his primary focus soon turned to the liberation of black South Africans suffering under apartheid. Later he supported a wide variety of causes, playing an active role in campaigns for black political power, high educational standards for college athletes, criminal justice reform, equality of the sexes and AIDS awareness. He also became involved in numerous philanthropic enterprises.

By the end of his life, Mr. Ashe’s success on the court was no longer the primary source of his celebrity. He had become, along with Muhammad Ali, a prime example of an athlete who transcended the world of sports. In 2016, President Barack Obama identified Mr. Ali and Mr. Ashe as the sports figures he admired above all others. While noting the sharp contrast in their personalities, he argued that both men were “transformational” activists who pushed the nation down the same path to freedom and democracy.

Mr. Ashe practiced his own distinctive brand of activism, one based on unemotional appeals to common sense and enlightened philosophical principles as simple as the Golden Rule. He had no facility for, and little interest in, using agitation and drama to draw attention to causes, no matter how worthy they might be. A champion of civility, he always kept his cool and never raised his voice in anger or frustration. Viewing emotional appeals as self-defeating and even dangerous, he relied on reasoned persuasion derived from careful preparation and research.

Mr. Ashe preferred to make a case in written form, or as a speaker on the college lecture circuit or as a witness before the United Nations. His periodic opinion pieces in The Washington Post and other newspapers tackled a number of thorny issues related to sports and the broader society, including upholding high academic standards for college athletic eligibility and the expulsion of South Africa from international athletic competition. In the 1980s, he devoted several years to researching and writing “A Hard Road to Glory,” a groundbreaking three-volume history of African-American athletes.

In retirement Mr. Ashe became a popular tennis broadcaster known for his clever quips, yet as an activist he never resorted to sound bites that excited audiences with reductionist slogans. Often working behind the scenes, he engaged in high-profile public debate only when he felt there was no other way to advance his point of view. Suspicious of quick fixes, he advocated incremental and gradual change as the best guarantor of true progress.

Yet he did not let this commitment to long-term solutions interfere with his determination to give voice to the voiceless. Known as a risk taker on the court, he was no less bold off the court, where he never shied away from speaking truth to power.

He was arrested twice, in 1985 while participating in an anti-apartheid demonstration in front of the South African Embassy and in 1992 while picketing the White House in protest of the George H.W. Bush administration’s discriminatory policies toward Haitian refugees. The first arrest embarrassed the American tennis establishment, which soon removed him from his position as captain of the U.S. Davis Cup team, and the second occurred during the final months of his life as he struggled with the ravages of AIDS. In both cases he accepted the consequences of his principled activism with dignity.

Mr. Ashe was a class act in every way, a man who practiced what he preached without being diverted by the temptations of power, fame or fortune. When we place his approach to dissent and public debate in a contemporary frame, it becomes obvious that his legacy is the antithesis of the scorched-earth politics of Trumpism. If Mr. Ashe were alive today, he would no doubt be appalled by the bullying tactics and insulting rhetoric of a president determined to punish athletes who have the courage and audacity to speak out against police brutality toward African-Americans. And yet we can be equally sure that Mr. Ashe would honor his commitment to respectful dialogue, refusing to lower himself to the president’s level of unrestrained invective.

Not all of the activist athletes involved in public protests during the past two years have followed Mr. Ashe’s model of restraint and civility. But many have made a good-faith effort to do so, resisting the temptation to respond in kind to Mr. Trump’s intemperate attacks on their personal integrity and patriotism. In particular, several of the most visible activists — including Mr. Kaepernick, Stephen Curry and Mr. James — have kept their composure and dignity even as they have borne the brunt of Mr. Trump’s racially charged Twitter storms and stump speeches. By and large, they have wisely taken the same high road that Mr. Ashe took two generations ago, eschewing the politics of character assassination while keeping their eyes on the prize.

Mr. Ashe would surely be gratified that to date, this high road has led to more protest, not less, confirming his belief that real change comes from rational advocacy and hard work, not emotional self-indulgence. As we celebrate his remarkable life and legacy a quarter-century after his death, we can be confident that Mr. Ashe would rush to join today’s activists in spirit and solidarity, solemnly but firmly taking a knee for social justice.

Raymond Arsenault is the author of “Arthur Ashe: A Life.”

Voir aussi:

Arthur Ashe’s real legacy was his activism, not his tennis
We remember Ashe for his electrifying talent. But he had a social conscience that was way ahead of its time
Raymond Arsenault
The Guardian
9 Sep 2018

No one had expected a fifth-seeded, 25-year-old amateur on temporary leave from the army to come out on top in a field that included the world’s best pro players. The era of Open tennis, in which both amateurs and professionals competed, was only four months old. Many feared that mixing the two groups was a mistake. Yet Ashe, with help from a string of upsets that eliminated the top four seeds, defeated the Dutchman Tom Okker in the championship match – in the process becoming the first black man to reach the highest echelon of amateur tennis.

As an amateur, Ashe could not accept the champion’s prize money of $14,000. But the lost income proved inconsequential in light of the other benefits that came in the wake of his historic performance. He became not only as a bona fide sports star but also a citizen activist with important things to contribute to society and a platform to do so. Ashe began to speak out on questions of social and economic justice.

Earlier in the year, the assassinations of Martin Luther King and Robert Kennedy had shocked Ashe out of his youthful reticence to become involved in the struggle for civil rights. Over the next 25 years, he worked tirelessly as an advocate for civil and human rights, a role model for athletes interested in more than fame and fortune.

“From what we get, we can make a living,” he counseled. “What we give, however, makes a life.”

Ashe’s 1968 win was truly impressive but his finest moment at the Open came, arguably, in 1992, four and a half months after the public disclosure that he had Aids and nearly a decade after he contracted HIV during a blood transfusion. If we apply Ashe’s professed standard of success, which placed social and political reform well above athletic achievement, the 25th US Open, not the first, is the tournament most deserving of commemoration. Without picking up a racket, he managed to demonstrate a moral leadership that far transcended the world of sports.

On 30 August, on the eve of the first round, a substantial portion of the professional tennis community rallied behind the stricken champion’s effort to raise funds for the new Arthur Ashe Foundation for the Defeat of Aids (AAFDA). The celebrity-studded event, the Arthur Ashe Aids Tennis Challenge, drew a huge crowd and nine of the game’s biggest stars. The support was unprecedented, leading one reporter to marvel: “The tennis world is known by and large as a selfish, privileged world, one crammed with factions and egos. So what is happening at the Open is unthinkable: gender and nationality and politics will take a back seat to a full-fledged effort to support Ashe.”

Participants included CBS correspondent Mike Wallace, then New York City mayor David Dinkins and two of tennis’s biggest celebrities, the up-and-coming star Andre Agassi and the four-time Open champion John McEnroe, who entertained the crowd by clowning their way through a long set. To Ashe’s delight, McEnroe, once known as the “Superbrat” of tennis, even put on a joke tantrum against the umpire.

Several days earlier, on a more serious note, McEnroe had spoken for many of his peers in explaining why he felt passionate about Ashe’s cause.

“It’s not something you can even think twice about when you’re asked to help,” he insisted. “The fact that the disease has happened to a tennis player certainly strikes home with all of us. I’m just glad someone finally organized the tennis community like this, and obviously it took someone like Arthur to do it.”

Ashe was thrilled with the response to the Aids Challenge, which raised $114,000 for the AAFDA. One man walked up and casually handed him a personal check for $25,000. Later in the week the foundation received $30,000 from an anonymous donor in North Carolina. Such generosity was what Ashe had hoped to inspire, and when virtually all of the US Open players complied with the foundation’s request to attach a special patch – “a red ribbon centered by a tiny yellow tennis ball” – to their outfits as a symbolic show of support for Aids victims, he knew he had started something important.

This awakening of social responsibility – among a group of athletes not typically known for political courage – was deeply gratifying to a man whose previous calls to action had been largely ignored. Seven years earlier he was fired as captain of the US Davis Cup team in part because leaders were uncomfortable with his growing political activism, especially his arrest during an anti-apartheid demonstration outside a South African embassy. This rebuke did not shake his belief in active citizenship as a bedrock principle, however, and as the 1992 Open drew to a close he demonstrated just how seriously he regarded personal commitment to social justice.

When his lifelong friend and anti-apartheid ally Randall Robinson asked Ashe to come to Washington for a protest march he immediately said yes, even though the march was scheduled four days before the end of the Open. The march concerned an issue that had become deeply important to Ashe: the Bush administration’s discriminatory treatment of Haitian refugees seeking asylum in the US. With more than 2,000 other protesters, Ashe gathered in front of the White House to seek justice for the growing mass of Haitian “boat people” being forcibly repatriated without a hearing.

In stark contrast to the warm reception accorded Cuban refugees fleeing Castro’s communist regime, the dark-skinned boat people were denied refuge due to a blanket ruling that Haitians, unlike Cubans, were economic migrants undeserving of political asylum. To Ashe and the organizers of the White House protest, this double standard – which flew in the face of the political realities of both islands – smacked of racism.

“The argument incensed me,” Ashe wrote. “Undoubtedly, many of the people picked up were economic refugees, but many were not.”

Ashe knew a great deal about Haiti: he had read widely and deeply about the island’s troubled past; he had visited on several occasions; he and his wife had even honeymooned there in 1977. More recently, he had monitored the truncated career of President Jean-Bertrand Aristide, a self-styled champion of the poor whose regime was toppled by a military coup with the tacit support of the Bush administration. Ashe felt compelled to speak out.

“I was prepared to be arrested to protest this injustice,” he said.

Considering his medical condition, he had no business being at a protest; certainly no one would have blamed him if he had begged off. No one, that is, but himself. At the appointed hour, he arrived at the protest site in jeans, T-shirt and straw hat, a human scarecrow reduced to 128lbs on his 6ft 1in frame, but resolute as ever. Big, bold letters on his shirt read: “Haitians Locked Out Because They’re Black.”

The throng included a handful of celebrities, but Ashe alone represented the sports world. He didn’t want to be treated as a celebrity, of course; he simply wanted to make a statement about the responsibilities of democratic citizenship. While he knew his presence was largely symbolic, he hoped to set an example.

Putting oneself at risk for a good cause, he assured one reporter, “does wonders for your outlook … Marching in a protest is a liberating experience. It’s cathartic. It’s one of the great moments you can have in your life.”

Since federal law prohibited large demonstrations close to the White House, the organizers expected arrests. The police did not disappoint: nearly 100 demonstrators, including Ashe, were arrested, handcuffed and carted away. Ashe, despite his physical condition, asked for and received no favors. After paying his fine and calling his wife Jeanne to assure her he was all right, he took the late afternoon train back to New York.

The next night, while sitting on his couch watching the nightly news, he felt a sharp pain in his sternum. Tests revealed he had suffered a mild heart attack, the second of his life. Prior to the trip to Washington, Jeanne had worried something like this might happen. But she knew her husband was never one to play it safe when something important was on the line.

On the tennis court, he had always been prone to fits of reckless play, going for broke with shots that defied logic or sense. Off the court, particularly in his later years, Arthur Ashe almost always went full-out. He did so not because he craved activity for its own sake but rather because he wanted to live a virtuous and productive life. Even near the end, weakened by disease, he still wanted to make a difference. And he did, as he always did.

      • Raymond Arsenault, the John Hope Franklin professor of southern history at the University of South Florida, St Petersburg, is the author of Arthur Ashe: A Life, recently published by Simon & Schuster

    Voir également:

    ‘Arthur was always different’: Reflecting on Ashe’s legacy, 50 years after U.S. Open win
    Ava Wallace
    The Washington Post
    September 3, 2018

    Virginia Wade has many memories of Arthur Ashe, but the one that sticks in her mind isn’t from 50 years ago in New York, when in 1968 they won the first U.S. Open singles titles and Ashe became the first African American man to win a Grand Slam championship. Her favorite memory is from seven years later at Wimbledon.

    Ashe claimed the last of his three major titles in England in 1975 in a match against heavy favorite Jimmy Connors. Wade remembers cool, unruffled Ashe’s daring tennis against the 22-year-old Connors, who hollered back at the crowd when it shouted encouragement. She also remembers the changeovers.

    “It was an incredible match. I mean, Arthur was an innovator,” Wade, 73, said last week. “It was the first time he sort of sat down at the side of the court in between — they didn’t have chairs at the side of the court for a long time; we sort of had to towel off and go on — but he would sit and cover his head with the towel and just think. It was the first time you were conscious of the mental side of tennis. Arthur was instrumental in that. . . . Arthur was a thinker.”

    As the U.S. Open celebrates its 50th anniversary, the U.S. Tennis Association is also honoring Ashe for all that he was: thinker, pioneer, activist, champion.

    The 1968 winner already has a significant presence at Billie Jean King National Tennis Center — the facility’s biggest and most prestigious stage is named for him — but this fortnight, his visage is inescapable. There is a special photo exhibit on the walkway between Court 17 and the Grandstand, and a special “Arthur Ashe legacy booth” decked out in the colors of UCLA, his alma mater. Fans can be seen walking around sporting white T-shirts featuring a picture of Ashe wearing sunglasses, cool as can be.

    At the start of Monday’s evening session, Lt. Gen. Darryl Williams gave Ashe’s younger brother Johnnie a folded American flag in honor of his brother, who died in 1993 from AIDS-related pneumonia after contracting the disease from a tainted blood transfusion. Ashe was an Army lieutenant when he won the U.S. Open as an amateur in 1968; Johnnie, 70, was in the Marine Corps for 20 years.

    Johnnie Ashe, like Wade, remembers his brother as an intellectual and an innovator, as someone who was meant to change the world. That’s why, when Johnnie came to understand that the military wouldn’t send two brothers into active duty in a war zone at the same time, he volunteered for a second tour in Vietnam. He was three months away from coming home.

    “Arthur didn’t need Vietnam. Arthur had his own Vietnam right there in the United States in those days, and some of the things that I saw while I was there — he didn’t need that,” Johnnie said Monday night. “The thing that I always think about, and this was always the most important thing in my mind, was that Arthur represented so many possibilities. Arthur was the first to do so much so often that those of us who knew him would say: ‘What’s next? What mountain was he going to climb next?’ Arthur was always different.”

    Since Johnnie stayed on active duty, Arthur could compete for both the U.S. amateur and U.S. Open championships in 1968. He is the only person to have won both.

    Ashe had many projects that helped extend his legacy beyond that of a pioneering tennis player who won 33 career singles championships; ever the thinker, bringing tennis and educational opportunities to youths was Ashe’s passion. He helped found the National Junior Tennis & Learning network in 1968, a grass-roots organization designed to make tennis more accessible. Today, the NJTL receives significant funding from the USTA.

    “Growing up, Arthur was a sponge. . . . That was just his nature,” Johnnie Ashe said. “He was a voracious reader, and he had to satisfy his intellect. I tell people if Arthur had concentrated on just tennis, he would have been the best in the world. But tennis was a vehicle. . . . He wanted to be able to take kids outside of their environs, outside of their element for a little while and expose them to what they can be. . . . And, let’s face it, most parents don’t have the wherewithal to do that. It’s not easy. What happens is you get somebody like Arthur — and following Arthur, LeBron James is starting to do things — to expose kids. It’s so important that that happens.”

    Billie Jean King called the NJTL one of the best things that ever happened to the sport.

    “Arthur and I had many conversations over the years about how to we make tennis better — for the players, the fans and the sport,” King said in an email Monday. “We both thought tennis needed to be more hospitable, and for Arthur a big part of that was improving access and opportunity to our sport for everyone. Arthur, and Althea Gibson before him, opened doors for people of color in our sport. And, from Venus and Serena [Williams] to Naomi Osaka and Frances Tiafoe, we are seeing the results of his efforts today.”

    Ashe’s efforts as a humanitarian inspired James Blake, who now chairs the USTA Foundation. Blake was growing up when Ashe’s humanitarian career was front and center, both as the leader of the group Artists and Athletes Against Apartheid and as a figure who spoke out to educate the nation about AIDS.

    “He never looked for sympathy,” Blake said. “Instead, he looked for a way to make life better for others that were struggling.”

    Blake counts himself as one who benefited from Ashe’s barrier-breaking career. It’s a legacy not lost on the USTA; Katrina Adams, its president and chief executive, is a black woman.

    But before Maria Sharapova lost in the fourth round to Carla Suarez Navarro and the riveted crowd turned its attention to Roger Federer’s match, Monday night was about Arthur Ashe. Johnnie’s flag came wrapped in a wooden display case.

    “I was thinking what I was going to design to keep it in, but I don’t have to. This is nice,” Johnnie said.

    “Until Arthur came along and Althea came along, tennis was a sport of the elites. Then you get two playground children — one from Harlem, one from Richmond — to break into the bigs. People had to stop and think about that. It opened the doors for other people, and that’s what it was all about. That’s what it was all about for him.”

    Voir de même:

    Waiting for the Next Arthur Ashe
    Harvey Araton
    NYT
    Sept. 7, 2018

    On the second of two occasions when he had the privilege of a conversation with Arthur Ashe, MaliVai Washington, having just become the country’s No. 1 college player as a Michigan sophomore in 1989, happened to mention that he was thinking of turning pro.

    Ashe did not exactly tell him what he wanted to hear.

    “I don’t think he thought it was a very good idea,” Washington said.

    Ashe won the first United States Open at the West Side Tennis Club in Forest Hills 50 years ago to the day of Sunday’s men’s final, to be played in a stadium named for him. He also won the 1970 Australian Open and a third and final major in 1975 at Wimbledon.

    After all these years there are the formidable but not mutually exclusive legacies of Ashe: as the only African-American man to win a Grand Slam tournament and as a venerated humanitarian. Washington came tantalizingly close to living up to the former and has found a contextual purpose in the latter.

    Washington, who made it to the Wimbledon final in 1996, can recall some self-imposed pressure to hoist the trophy Ashe had claimed there 21 years earlier because “when you’re the No. 1 black player, you feel a sense of responsibility.”

    That said, Washington was admittedly more focused on the biggest payday of his career, potential lifetime membership in the All England Club and a permanent engraving on its champions wall.

    “I’m honestly not thinking then that much about history and social issues, about how this is going to impact on America, what impact is it going to have on kids,” he said of the final, which he lost to Richard Krajicek of the Netherlands in straight sets. “But at 35, 45, O.K., I can think more intelligently about it and understand the impact.”

    Washington is now 49, the age at which Ashe died in 1993 of AIDS after getting H.I.V. through a blood transfusion. Family life in northern Florida is good for Washington, with a wife, two teenage children, a real estate business and an eponymous foundation in an impoverished area of Jacksonville that for 22 years has provided a tennis introduction for children unlikely to find a private pathway into the sport.

    Washington’s program is affiliated with the National Junior Tennis League, which Ashe co-founded in 1969 to promote discipline and character through tennis among under-resourced youth. If, in the process, another Ashe happened to emerge, so much the better. But that was not the primary function, or point.

    “We’re not a pathway to pro tennis by any stretch of the imagination,” Washington said. “At my foundation, we don’t have that ability, that capacity, never had an interest in going in that direction. We highly encourage kids to play on their high school team, go on to play or try out for their college team.

    “But our biggest bang for our buck is teaching life skills. Stay in our program, and you’ll have a focus on high school education, be on a good track when you leave high school. You’re not going to leave high school with a criminal record, or with a son or daughter.”

    Why there was no African-American male Grand Slam champion successor to Ashe in the years soon after his trailblazing is no great mystery, Washington said.

    Fifty years ago, tennis was largely the province of the wealthy and white, lacking a foundational structure to facilitate such an occurrence. Which doesn’t mean that Ashe didn’t influence the rise of a Yannick Noah, the French Grand Slam champion whom Ashe himself discovered in Cameroon. Or the likes of Richard Williams and Oracene Price, whose parental vision birthed the careers of Venus and Serena Williams. They in turn have been followed by a raft of African-American female players, including the 2017 U.S. Open women’s champion, Sloane Stephens, and the runner-up, Madison Keys.

    This year’s women’s final, on Saturday afternoon, will feature Serena Williams and Naomi Osaka, a half-Japanese, half-Haitian player whose father used the Williams family as a model for his own daughters’ tennis ambitions.

    Looming over the lack of an African-American Grand Slam successor to Ashe is the vexing question of why the United States hasn’t produced a male champion since Andy Roddick won his only major title in New York in 2003. That most of the men’s titles have been claimed by a small handful of European players might be more of a tribute to them than a defining failure of the United States Tennis Association’s development capabilities.

    But on the home front, the issue is a pressing one, especially during America’s Grand Slam tournament, year after year.

    Washington retired in 1999 with four tour victories and a 1994 quarterfinal Australian Open result in addition to his Wimbledon run. He was followed by James Blake, who rose to No. 4 in the world during a 14-year career that included 10 tour titles and three Grand Slam quarterfinals, including two at the U.S. Open.

    Martin Blackman, the U.S.T.A.’s general manager for player development, agreed that a breakthrough by one or two young Americans — white or black — in the foreseeable future could help trigger a wave of next-generation stars from an expanding landscape of prospects at a time when African-American participation has significantly declined in baseball, and football is confronted with health concerns.

    “With tennis starting to be recognized as a really athletic sport, I think we do have a unique opportunity to pull some better athletes into the game,” said Blackman, an African-American man who played briefly on tour and once partnered with Washington to make the junior doubles semifinals of the 1986 Open. “So now it comes down to what can we do at the base to recruit and retain as many great young players as possible, make the game accessible and then get them into the system to stay.”

    Even with better intentions, and greater investment, it still took a set of circumstances worthy of a Disney script to land Frances Tiafoe, one of the more promising young American players, on tour.

    The son of immigrants from Sierra Leone, Tiafoe, 20, was introduced to the sport at a club in College Park, Md., where his father, Frances Sr., had found custodial work. Talent and a noticeable work ethic attracted well-heeled benefactors and helped Tiafoe climb to his current ranking of No. 44.

    He gained his first victory at the U.S. Open over France’s Adrian Mannarino, the 29th seed, in the first round before losing next time out. His father watched from the player’s box on the Grandstand court, high-fiving Frances’ coaches and trainer when the Mannarino match ended, and soon after contended that his son wasn’t all that unique.

    “There have to be thousands of kids like Frances out there, thousands who don’t have the same opportunities,” Frances Sr. said. “I’m not just talking about going to college, but going to the pro level, or just to have that chance, see if it’s possible.”

    This is where Washington holds up a metaphorical sign for caution, if not for an outright stop. Most people, he said, have little understanding of just how forbidding the odds are of becoming a pro, much less a champion.

    Like the Williams sisters, Washington — who was born in Glen Cove, N.Y., but grew up in Michigan — had the benefit of a tennis-driven father, William, who saw four of his five children play professionally. MaliVai, who typically goes by Mal, had by far the most success.

    “When I was a junior player, I was playing seven days a week and there were times when I was in high school where I was playing before school and after school,” he said. “It is so very difficult to win a major. I tried to win one, came close.”

    Then, speaking of Roger Federer and Rafael Nadal, he added: “Federer and Nadal, they’ve won 20 and 17. What makes them so great is hard to understand. You just can’t throw money at kids and think it’s going to happen.”

    So how is it done? Where does one start?

    With smaller social achievements, Washington said. With helping young people love the game recreationally, while pursuing a better life than those in less affluent African-American communities have been dealt.

    He talked of a young female graduate of his program who recently finished college without any debt, thanks to a tennis scholarship. And for the foundation’s head tennis pro, he hired Marc Atkinson, who began playing at Washington’s facility in sixth grade and walked onto the Florida A&M tennis team.

    “He’s married with three kids, and at some point, I imagine he’s going to introduce the sport to his kids,” Washington said. “You know, I often think back to my ancestors and the challenges they had, whether it’s my parents growing up in the Deep South in the 1940s and 1950s, or my great-great-grandpa who was born a slave. I can trace my lineage back to people who were getting up and getting after it, who were trying to make a better life for themselves and their kids.

    “So with the thousands of kids that we’re helping, that tennis champion may be part of that next generation, or the one after that. You don’t know, but maybe 20 years from now, or 50 years from now, you’ll be able to look at a kid and track back a lineage to my youth foundation and that would be really cool.”

    Told that he sounded more like Ashe the humanitarian than Ashe the Grand Slam champion, Washington nodded with approval. His two meetings with Ashe produced “no deep conversations,” he said, and he did not heed Ashe’s advice on staying in school, though he eventually earned a degree in finance from the University of North Florida.

    A voice was nonetheless heard, and still resounds.

    Voir encore:

    Etats-Unis
    Frédéric Potet

La Croix
28/04/1997

A trois reprises, et par la plus pure des coïncidences, la question du sportif noir dans la société américaine s’est retrouvée sur le devant de l’actualité, ces trois dernières semaines. Il y eut d’abord, le 25 mars à Hollywood, l’attribution de l’Oscar du meilleur documentaire à When we were kings, le film de Leon Gast, sorti en France depuis mercredi, et dont le personnage central est le boxeur Mohammed Ali. Vint ensuite, le 13 avril, la victoire au Master d’Augusta (Géorgie, Etats-Unis) de la nouvelle étoile du golf mondial, le jeune Tiger Woods. Deux jours plus tard, enfin, l’Amérique célébrait le 50e anniversaire de l’intégration du premier joueur noir dans une équipe de base-ball professionnel, Jackie Robinson.

Robinson-Ali-Woods. Ces trois noms résumeraient presque la longue marche de l’émancipation du sportif noir aux Etats-Unis. Chacun d’entre eux représente une période, elle-même synonyme d’idéaux et de quête vers la reconnaissance. Si le film de Leon Gast nous montre bien quel incomparable combattant de la cause black fut Mohammed Ali, gageons qu’Ali ne serait pas devenu Ali à l’époque de Woods et que Robinson serait resté un modeste anonyme s’il avait joué dans les années 60.

Nul ne l’ignore plus aujourd’hui : si Jackie Robinson a pu trouver place au sein des Brooklyn Dodgers en cette année 1947, ce fut principalement pour des raisons extrasportives. Ce petit-fils d’esclave était en effet d’un tempérament suffisamment doux et détaché pour ne pas répondre aux concerts d’insultes dont il allait être la cible durant toute sa carrière. A l’instar de son aîné Jesse Owens, sprinter quatre fois médaillé d’or à qui Hitler refusa de serrer la main aux Jeux Olympiques de 1936 à Berlin, Jackie Robinson ne devait jamais rejoindre d’organisation militante. Sa présence au sein d’une équipe de la Major League (première division) allait pouvoir permettre, sans heurt, l’arrivée d’une nouvelle population dans les stades : le public noir.

Le roi dollar fait taire les langues

Autre contexte et autre façon de voir les choses, vingt ans plus tard. En 1964, quelques jours après son premier titre mondial, Cassius Clay intègre le mouvement politico-religieux des Blacks Muslims et devient Mohammed Ali. Trois ans plus tard, il refuse de partir au Vietnam, arguant qu’aucun Vietcong ne l’a « jamais traité de négro ». Rien d’étonnant lorsqu’en 1974, sur une idée du promoteur Don King, il part affronter George Foreman au Zaïre. L’africanisme possède son meilleur apôtre. Dans le film de Leon Gast, le boxeur incarne une sorte de roi-sorcier revenant au pays après plusieurs siècles d’exil. Ali ne fait alors rien d’autre que de la politique. Comme en ont fait les sprinteurs Tommie Smith, John Carlos et Lee Evans (qui deviendra entraîneur en Afrique) le jour où ils brandirent leur poing sur le podium des Jeux de Mexico de 1968.

De cette corporation de champions engagés, Arthur Ashe, décédé en 1993 après une vie passée à lutter contre diverses injustices (apartheid, sida, sort des réfugiés haïtiens), sera le dernier. Les années 80 et 90 sont un tournant. Le basketteur Michael Jordan devient le sportif le mieux payé au monde. Le sprinteur Carl Lewis, le boxeur Mike Tyson et aujourd’hui le très politiquement correct Tiger Woods vont répéter tour à tour qu’« on ne mélange pas sport et politique ». Le roi dollar fait taire les langues alors que, curieusement, le militantisme noir connaît un regain d’intérêt aux Etats-Unis.

Le paradoxe est même total le 16 octobre 1995 quand Louis Farrakhan, leader de la Nation of Islam, réunit un million de personnes à Washington. Ce jour-là, des slogans proclamant l’innocence d’O.J. Simpson reviennent souvent dans la foule. L’ancienne vedette de football américain est suspecté d’avoir tué sa femme. L’affaire a rendu l’Amérique totalement zinzin. A telle enseigne qu’O.J. est devenu une icône pour la population noire. Plus personne, alors, ne se rappelle que du temps de sa splendeur au coeur de la jet-set de Los Angeles, Simpson s’était appliqué à faire oublier aux Blancs qu’il était noir, allant jusqu’à prendre des cours de diction pour changer son accent. La politique, lui aussi, O.J. le disait déjà : ce n’était pas son job.

Voir par ailleurs:

Neil Armstrong Didn’t Forget the Flag
Rich Lowry
National review
September 5, 2018

The Apollo program was a national effort that depended on American derring-do and sacrifice. History is usually airbrushed to remove a figure who has fallen out of favor with a dictatorship, or to hide away an episode of national shame. Leave it to Hollywood to erase from a national triumph its most iconic moment.

The new movie First Man, a biopic about the Apollo 11 astronaut Neil Armstrong, omits the planting of the American flag during his historic walk on the surface of the moon.

Ryan Gosling, who plays Armstrong in the film, tried to explain the strange editing of his moonwalk: “This was widely regarded in the end as a human achievement. I don’t think that Neil viewed himself as an American hero.” Armstrong was a reticent man, but he surely considered himself an American, and everyone else considered him a hero. (“You’re a hero whether you like it or not,” one newspaper admonished him on the 10th anniversary of the landing.)

Gosling added that Armstrong’s walk “transcended countries and borders,” which is literally true, since it occurred roughly 238,900 miles from Earth, although Armstrong got there on an American rocket, walked in an American spacesuit, and returned home to America.

Apollo 11 was, without doubt, an extraordinary human achievement. Armstrong’s famous words upon descending the ladder to the moon were apt: “One small step for man, one giant leap for mankind.” A plaque left behind read: “HERE MEN FROM THE PLANET EARTH FIRST SET FOOT UPON THE MOON, JULY 1969 A.D. WE CAME IN PEACE FOR ALL MANKIND.”

But this was a national effort that depended on American derring-do, sacrifice, and treasure. It was a chapter in a space race between the United States and the Soviet Union that involved national prestige and the perceived worth of our respective economic and political systems. The Apollo program wasn’t about the brotherhood of man, but rather about achieving a national objective before a hated and feared adversary did.

The Soviets’ putting a satellite, Sputnik, into orbit first was a profound political and psychological shock. The historian Walter A. McDougall writes in his book on the space race, . . . The Heavens and the Earth:

In the weeks and months to come, Khrushchev and lesser spokesmen would point to the first Sputnik, “companion” or “fellow traveller,” as proof of the Soviet ability to deliver hydrogen bombs at will, proof of the inevitability of Soviet scientific and technological leadership, proof of the superiority of communism as a model for backwards nations, proof of the dynamic leadership of the Soviet premier.

The U.S. felt it had to rise to the challenge. As Vice President Lyndon Johnson put it, “Failure to master space means being second best in every aspect, in the crucial arena of our Cold War world. In the eyes of the world first in space means first, period; second in space is second in everything.”

VIEW SLIDESHOW: Apollo 11

The mission of Apollo 11 was, appropriately, soaked in American symbolism. The lunar module was called Eagle, and the command module Columbia. There had been some consideration to putting up a U.N. flag, but it was scotched — it would be an American flag and only an American flag.

The video of Armstrong and his partner Buzz Aldrin carefully working to set up the flag — fully extend it and sink the pole firmly enough in the lunar surface to stand — after their awe-inspiring journey hasn’t lost any of its power.

The director of First Man, Damien Chazelle, argues that the flag planting isn’t part of the movie because he wanted to focus on the inner Armstrong. But, surely, Armstrong, a former Eagle Scout, had feelings about putting the flag someplace it had never gone before?

There may be a crass commercial motive in the omission — the Chinese, whose market is so important to big films, might not like overt American patriotic fanfare. Neither does much of our cultural elite. They may prefer not to plant the flag — but the heroes of Apollo 11 had no such compunction.

Voir de plus:

What BlacKkKlansman Gets Wrong

It’s a slow, didactic film about a minor episode.

Kyle Smith
National Review
August 28, 2018

Billed as being based on “a crazy, outrageous incredible true story” about how a black cop infiltrated the KKK, Spike Lee’s BlacKkKlansman would be more accurately described as the story of how a black cop in 1970s Colorado Springs spoke to the Klan on the phone. He pretended to be a white supremacist . . . on the phone. That isn’t infiltration, that’s prank-calling. A poster for the movie shows a black guy wearing a Klan hood. Great starting point for a comedy, but it didn’t happen. The cop who actually attended KKK meetings undercover was a white guy (played by Adam Driver). These led . . . well, nowhere in particular. No plot was foiled. Those meetups mainly revealed that Klansmen behave exactly how you’d expect Klansmen to behave.The movie is a typical Spike Lee joint: A thin story is told in painfully didactic style and runs on far too long. Screenwriters ordinarily try to start every scene as late as possible and end it as early as possible; Lee just lets things roll. If the point is made, he keeps making it. If the plot tends toward inertia, that’s just Lee saying, “Don’t get distracted by the story, pay attention to the message I’m sending.” He’s a rule-breaker all right. The rules he breaks are “Don’t be boring,” “Don’t be obvious,” and “Don’t ramble.”

But! BlacKkKlansman keeps getting called spot-on, and (as Quentin Tarantino showed in Django Unchained) the moronic nature of the Klan and its beliefs makes it an excellent target for comedy. Lee doesn’t exactly wield an épée as a satirist, though: His idea of a top joke is having the redneck Klansman think “gooder” is a word. Most of the movie isn’t even attempted comedy.

Lee’s principal achievement here is in showcasing the talents of John David Washington, in the first of what promise to be many starring roles in movies. Washington (son of Denzel) has an easygoing charisma as the unflappable Ron Stallworth, a rookie cop in Colorado Springs who volunteers to go undercover as a detective in 1972, near the height of the Black Power movement and a moment when law enforcement was closely tracking the activities of radicals such as Stokely Carmichael, a.k.a. Kwame Ture, a speech of whose Stallworth says he attended while posing as an ordinary citizen. In the movie, Stallworth experiences an awakening of black pride and falls for a student leader, Patrice (a luminous Laura Harrier, who also played Peter Parker’s girlfriend in Spider-Man: Homecoming), inspiring in him the need to do something for his people. He dismisses Carmichael’s call for armed revolution as mere grandstanding, really just a means for drawing black people together. After the speech, the audience goes to a party instead of a riot.

The Klan also turn out to be grandstanders and blowhards given to Carmichael-style paranoid prophecies and seem to hope to troll their enemies into attacking them. When Lee realizes he needs something to actually happen besides racist talk, he turns to a subplot featuring a white-supremacist lady running around with a purse full of C-4 explosive with which she intends to blow up the black radicals. It’s so unconvincing that you watch it thinking, “I really doubt this happened.” It didn’t. The only other tense moment in the film, in which Driver’s undercover cop (who is Jewish) is nearly subjected to a lie-detector test about his religion by a suspicious Klansman, is also fabricated.

Lee frames his two camps as opposites, but whether we’re with the black-power types or the white-power yokels, they’re equally wrong about the race war they seem to yearn for. The two sides are equally far from the stable center, the color-blind institution holding society together, which turns out to be . . . the police! After some talk from the radical Patrice (whose character is also a fabrication) about how the whole system is corrupt and she could never date a “pig,” and a scene in which Stallworth implies the police’s code of covering for one another reminds him of the Klan, Lee winds up having the police unite to fight racism, with one bad apple expunged and everybody else on the otherwise all-white force supporting Ron.

That Spike Lee has turned in a pro-cop film has to be counted one of the stranger cultural developments of 2018, but Lee seems to have accidentally aligned with cops in the course of issuing an anti-Trump broadside. He has one cop tell us that anti-immigration rhetoric, opposition to affirmative action, “and tax reform” are the kinds of issues that white supremacists will use to snake their way into high office. Tax reform! If there has ever been a president, or indeed a politician, who failed to advocate “tax reform,” I guess I missed it. What candidate has ever said on the stump, “My fellow Americans, I propose no change to tax policy whatsoever!” If Lee grabbed us by the lapels just once per movie, it might be forgivable, but he does it all the time. (See also: an introduction in which Alec Baldwin plays a Southern cracker called Dr. Kennebrew Beauregard who rants about desegregation for several minutes, then is never seen again.)

Lee’s other major goal is to link Stallworth’s story to Trumpism using David Duke. Duke, like Trump, said awful things at the time of the Charlottesville murder and played a part in the Stallworth story when the cop was assigned to protect the Klan leader (played by Topher Grace) on a visit to Colorado Springs and later threw his arm around him while posing for a picture. Saying Duke presaged Trump seems like a stretch, though.

After all the nudge-nudge MAGA lines uttered by the Klansmen throughout the film, the let-me-spell-it-out-for-you finale, with footage from the Charlottesville white-supremacist rally, seems de trop. BlacKkKlansman was timed to hit theaters one year after the anniversary of the horror in Virginia. That Charlottesville II attracted only two dozen pathetic dorks to the cause of white supremacy would seem to undermine the coda. The Klan’s would-be successors, far from being more emboldened than they have been since Stallworth’s time, appear to be nearly extinct.

Voir encore:

US Open: furieuse, Serena Williams crie au scandale et se dit volée par l’arbitre

Cette finale en forme de choc des générations face à la Japonaise Naomi Osaka s’est transformée en véritable psychodrame ce samedi à l’US Open. Jamais entrée dans ce match qui était pour elle une vraie page d’histoire, Serena Williams a sombré dans la chasse à l’arbitre, s’estimant volée.
RMC
09/09/2018

« Je ne suis pas une tricheuse! Vous me devez des excuses! »: des phrases répétées à plusieurs reprises par Serena Williams à l’arbitre, soudainement propulsé en pleine lumière. C’est bien ce qui restera dans les livres d’histoire à propos de cette finale de l’US Open. Tant pis pour Naomi Osaka, impeccable pour remporter, en deux sets, ce choc face à son idole et le premier Grand Chelem de sa carrière (6-2, 6-4).

En cas de victoire ce samedi, l’Américaine pouvait entrer définitivement dans l’histoire en égalant le record de Margaret Court, détentrice de 24 Majeurs, record absolu. La géante de 36 ans a toujours eu du mal avec les moments d’histoire… Pour égaler Steffi Graf et ses 22 sacres en Grand Chelem, Serena Williams en était déjà passée par une demi-finale perdue à Flushing Meadows, deux finales perdues à Melbourne puis Roland-Garros avant le soulagement de Wimbledon 2016. Désillusion encore en demie de l’US Open la même année pour repousser d’un Majeur ce record de l’ère Open qu’elle détient désormais seule.

Williams et l’US Open, c’est compliqué…

Idole de tout un pays, l’Américaine aura également toujours eu du mal à jouer sur son sol. Pour des raisons diverses. Son boycott du tournoi d’Indian Wells durant 14 ans était dû à ces insultes racistes dont elle avait été victime. A l’US Open, où elle a conquis six trophées, la joueuse de 36 ans a connu des émotions contraires, entre ses sacres et ses désillusions. En 2011, face à Samantha Stosur, elle avait écopé d’une amende pour avoir explosé de colère contre l’arbitre, qui lui avait annulé un point pour cause de « come on » lâché avant la fin de l’échange.

Tiens, tiens, des problèmes avec l’arbitre… comme ce samedi. Rattrapée par la pression, Serena Williams a fini par exploser. La faute à son tennis, pas en place, malmené par une Naomi Osaka sans complexe et remarquable, qu’elle a d’ailleurs chaudement félicité à l’issue du match. La faute aussi à ce que l’Américaine a ressenti comme une injustice.

Après un premier set à sens unique, la joueuse de 36 ans a écopé d’un avertissement de la part de l’arbitre. Motif? Coaching. « Je ne suis pas une tricheuse! Je suis mère de famille, je n’ai jamais triché de ma vie », a-t-elle lancé, pleine de colère. Est-ce un quiproquo? Si son entraîneur a bien semblé lui faire un signe, la cadette des soeurs Williams assure ne pas avoir reçu de coaching. Difficile de trancher.

« Ai-je coaché? Oui, je l’ai coachée avec des gestes, a expliqué Patrick Mouratoglou sur Eurosport après la rencontre. Elle ne m’a pas vu. J’ajoute que dans 100% des cas, les joueuses bénéficient de coaching et normalement, surtout en finale d’un Grand Chelem, l’arbitre prévient la joueuse avant un éventuel avertissement. »

Raquette cassée et point perdu

La situation s’est envenimée tandis que la recordwoman de titre en Grand Chelem dans l’ère Open venait de se faire débreaker alors qu’elle semblait pourtant reprendre l’ascendant. Serena Williams en a fracassé sa raquette de rage – chose d’une extrême rareté pour elle – et a donc pris… un nouvel avertissement et un point de pénalité. Fureur.

Au changement de côté, l’arbitre en a fait les frais. « Vous m’avez volé un point! Je ne suis pas une tricheuse », a répété l’Américaine. Estimant que la joueuse était allée trop loin, l’arbitre a donc enchaîné avec un troisième avertissement, synonyme de jeu de pénalité. Derrière, après un jeu de service façon parpaings de Williams, Naomi Osaka a servi pour le match. Pour s’imposer.

Son coach crie au scandale

Pas de poignée de main à l’arbitre pour Serena Williams, qui avait bien tenté d’invoquer le superviseur pour faire annuler son jeu de pénalité… sans succès. « Une fois de plus, la star du show a été l’arbitre de chaise. Pour la deuxième fois dans cet US Open et la troisième fois pour Serena Williams en finale de l’US Open, s’est insurgé son coach Patrick Mouratoglou sur Twitter. Devraient-ils être autorisés à avoir une influence sur le résultat d’un match? Quand déciderons-nous que cela ne doit plus jamais arriver? » Une allusion à ce « coaching par l’arbitre » dont avait bénéficié Nick Kyrgios contre Pierre-Hugues Herbert au deuxième tour.

Une accolade chaleureuse avec son adversaire, des appels à la foule pour applaudir la Japonaise… Serena Williams, en larmes, aura tenté de faire bonne figure sur le podium, avant de s’éclipser. Dur pour son adversaire, presque honteuse d’avoir battu son idole dans de telles conditions. Avec le superviseur, l’Américaine estimait que les hommes n’étaient pas traités de la même manière qu’elle le fut ce samedi. Le débat est ouvert. Sans doute à raison.

Voir enfin:

Serena has mother of all meltdowns in US Open final loss
Brian Lewis
New York Post
September 8, 2018

What was supposed to be history descended into histrionics.

Serena Williams came into Saturday’s U.S. Open final looking for a record-setting title. What she got was a game penalty and an emotional meltdown.

It overshadowed Naomi Osaka’s 6-2, 6-4 win over her idol for her first Grand Slam title, and put a mark on the Open’s golden anniversary.

Though Williams repeatedly demanded an apology from chair umpire Carlos Ramos and got a game penalty after calling him a “liar” and a “thief,” she ended the match in tears. And Osaka — who sat in the stands at Arthur Ashe Stadium when she was 5, watching Williams play — was in tears herself as the pro-Williams crowd rained boos upon the victor’s stand, which included USTA officials.

All in all it was a pitiful scene, Williams actually getting her apology from Osaka instead of Ramos.

“I know everyone was cheering for her. I’m sorry it had to end like this,” said a tearful Osaka, 20, so shaken she nearly dropped her trophy. Meanwhile, Williams — who’d regained her composure — put her arm around her young foe and implored the crowd to stop booing.

“I felt bad because I’m crying and she’s crying,” said Williams. “She just won. I’m not sure if they were happy tears or they were sad tears because of the moment. I felt like, wow, this isn’t how I felt when I won my first Grand Slam. I was like, wow, I definitely don’t want her to feel like that. Maybe it was the mom in me that was like, ‘Listen, we got to pull ourselves together here.’ ”

Williams had come in seeking a milestone win, one that would’ve tied Margaret Court’s all-time record for Grand Slams (24). But Osaka — and Williams’ own temper tantrum — scuttled those plans.

In the second game of the second set, Ramos hit Williams with a code violation for receiving coaching from Patrick Mouratoglou from her player’s box.

“You owe me an apology,” Williams said. “I’ve never cheated in my life. I have a daughter and stand for what’s right for her.”

Still, Mouratoglou admitted he’d given her advice, though threw in the disclaimer she may not have seen it from the other end of the court.

“I just texted Patrick, like, what is he talking about? Because we don’t have signals, we’ve never discussed signals. I don’t even call for on-court coaching,” Williams said. “I’m trying to figure out why he would say that. I don’t understand. Maybe he said, ‘You can do it.’ I was on the far other end, so I’m not sure. I want to clarify myself what he’s talking about.”

Williams got a second code violation four games later, up 3-2. After Osaka broke her serve, Williams broke her racket in frustration and was assessed a point penalty.

“You will never, ever be on another court of mine as long as you live. You’re the liar. When are you going to give me my apology? Say it! Say you’re sorry!” Williams ranted, before ending with, “You’re a thief, too.”

That was the last straw, and Ramos hit her with a third code violation for verbal abuse, which cost Williams a game to put Osaka up 5-3. An irate Williams argued in vain to tournament referee Brian Earley and got closed out two games later.

The U.S. Open released a statement saying “the chair umpire’s decision was final and not reviewable by the Tournament Referee or the Grand Slam Supervisor who were called to the court at that time.” Williams contends that letter of the law wouldn’t have been followed if she’d been male.

“I’ve seen other men call other umpires several things. I’m here fighting for women’s rights and for women’s equality. For me to say ‘thief’ and for him to take a game, it made me feel like it was sexist,” Williams said. “He’s never taken a game from a man because they said ‘thief’. For me it blows my mind.”

Voir de plus:

Colin Kaepernick, ou le difficile retour du sportif engagé

L’ancien quarterback des San Francisco 49ers est toujours sans équipe, ostracisé pour avoir osé boycotter l’hymne national des Etats-Unis. D’autres sportifs le soutiennent dans son activisme politique

Valérie de Graffenried
Le Temps
15 septembre 2017

Son genou droit posé à terre le 1er septembre 2016 a fait de lui un paria. Ce jour-là, Colin Kaepernick, quarterback des San Francisco 49ers, avait une nouvelle fois décidé de ne pas se lever pour l’hymne national. Coupe afro et regard grave, il était resté dans cette position pour protester contre les violences raciales et les bavures policières qui embrasaient les Etats-Unis. «Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs. Il y a des cadavres dans les rues et des meurtriers qui s’en tirent avec leurs congés payés», avait-il déclaré.

Plus d’un an après, la polémique reste vive. Son boycott lui vaut toujours d’être marginalisé et tenu à l’écart par la Ligue nationale de football américain (NFL).

Des manifestations en sa faveur

L’affaire rebondit ces jours, à l’occasion des débuts de la saison de la NFL. Sans contrat depuis mars, Colin Kaepernick est de facto un joueur sans équipe, à la recherche d’un nouvel employeur. Un agent libre. Plusieurs manifestations de soutien ont eu lieu ces dernières semaines. Le 24 août dernier, c’est devant le siège de la NFL, à New York, que plusieurs centaines de personnes ont manifesté contre son ostracisme. La NAACP, une organisation de défense des Noirs américains, en était à l’origine. Le 10 septembre, une mobilisation similaire a eu lieu du côté de Chicago.

Plus surprenant, une centaine de policiers new-yorkais ont manifesté ensemble fin août à Brooklyn, tous affublés d’un t-shirt noir avec le hashtag #imwithkap. Le célèbre policier Frank Serpico, 81 ans, qui a dénoncé la corruption généralisée de la police dans les années 1960 et inspiré Al Pacino pour le film Serpico (1973), en faisait partie.

Le soutien de Tommie SmithLes sportifs américains sont nombreux à afficher leur soutien à Colin Kaepernick. C’est le cas notamment des basketteurs Kevin Durant ou Stephen Curry, des Golden State Warriors. «Sa posture et sa protestation ont secoué le pays dans le bon sens du terme. J’espère qu’il reviendra en NFL parce qu’il mérite d’y jouer. Il est au sommet de sa forme et peut rendre une équipe meilleure», vient de souligner Stephen Curry au Charlotte Observer.

La légende du baseball Hank Aaron fait également partie des soutiens inconditionnels de Colin Kaepernick. Sans oublier Tommie Smith, qui lors des Jeux olympiques de Mexico en 1968 avait, sur le podium du 200 mètres, levé son poing ganté de noir contre la ségrégation raciale, avec son comparse John Carlos.

Effet domino

Le geste militant à répétition de Colin Kaepernick, d’abord assis puis agenouillé, a eu un effet domino. Son coéquipier Eric Reid l’avait immédiatement imité la première fois qu’il a mis le genou à terre. Une partie des joueurs des Cleveland Browns continuent, en guise de solidarité, de boycotter l’hymne des Etats-Unis, joué avant chaque rencontre sportive professionnelle.

La footballeuse homosexuelle Megan Rapinoe, championne olympique en 2012 et championne du monde en 2015, avait elle aussi suivi la voie de Colin Kaepernick et posé son genou à terre. Mais depuis que la Fédération américaine de football (US Soccer) a édicté un nouveau règlement, en mars 2017, qui oblige les internationaux à se tenir debout pendant l’hymne, elle est rentrée dans le rang.

Colin Kaepernick lui-même s’était engagé à se lever pour l’hymne pour la saison 2017. Une promesse qui n’a pas pour autant convaincu la NFL de le réintégrer.

Des cochons habillés en policiers

Barack Obama avait pris sa défense; Donald Trump l’a enfoncé. En pleine campagne, le milliardaire new-yorkais avait qualifié son geste d’«exécrable», l’hymne et le drapeau étant sacro-saints aux Etats-Unis. Il a été jusqu’à lui conseiller de «chercher un pays mieux adapté». Les chaussettes à motifs de cochons habillés en policiers que Colin Kaepernick a portées pendant plusieurs entraînements – elles ont été très remarquées – n’ont visiblement pas contribué à le rendre plus sympathique à ses yeux.

Mais ni les menaces de mort ni ses maillots brûlés n’ont calmé le militantisme de Colin Kaepernick. Un militantisme d’ailleurs un peu surprenant et parfois taxé d’opportunisme: métis, de mère blanche et élevé par des parents adoptifs blancs, Colin Kaepernick n’a rallié la cause noire, et le mouvement Black Lives Matter, que relativement tardivement.

Avant Kaepernick, la star de la NBA LeBron James avait défrayé la chronique en portant un t-shirt noir avec en lettres blanches «Je ne peux pas respirer». Ce sont les derniers mots d’un jeune Noir américain asthmatique tué par un policier blanc. Par ailleurs, il avait ouvertement soutenu Hillary Clinton dans sa course à l’élection présidentielle. Timidement, d’autres ont affiché leurs convictions politiques sur des t-shirts, mais sans aller jusqu’au boycott de l’hymne national, un geste très contesté. L’élection de Donald Trump et le drame de Charlottesville provoqué par des suprémacistes blancs ont contribué à favoriser l’émergence de ce genre de protestations.

Le retour des athlètes activistes

Ces comportements signent un retour du sportif engagé, une espèce presque en voie de disparition depuis les années 1960-1970, où de grands noms comme Mohamed Ali, Billie Jean King ou John Carlos ont porté leur militantisme à bras-le-corps.

Au cours des dernières décennies, l’heure n’était pas vraiment à la revendication politique, confirme Orin Starn, professeur d’anthropologie culturelle à l’Université Duke en Caroline du Nord. A partir des années 1980, c’est plutôt l’image du sportif businessman qui a primé, celui qui s’intéresse à ses sponsors, à devenir le meilleur possible, soucieux de ne déclencher aucune polémique. Un sportif lisse avant tout motivé par ses performances et sa carrière. Comme le basketteur Michael Jordan ou le golfeur Tiger Woods.

Élargir le débat au-delà du jeu

«Des sportifs semblent désormais plus facilement se mettre en avant pour évoquer leurs convictions, que ce soient des championnes de tennis ou des footballeurs. Mais ces athlètes activistes restent encore minoritaires. Peu ont suivi Kaepernick lorsqu’il s’est agenouillé pendant l’hymne national. La plupart se focalisent sur leur sport, ils ne sont pas vraiment désireux de jouer les trouble-fête», précise l’anthropologue. Pour lui, ce nouvel activisme reste néanmoins réjouissant.

«Dans notre culture, ces sportifs sont des dieux, qui peuvent exercer une influence positive. Ils peuvent être un bon exemple d’engagement civique pour des jeunes.» Et puis, ajoute Orin Starn, une bonne controverse comme l’affaire Kaepernick permet de pimenter un peu le sport et d’élargir le débat au-delà du jeu. Colin Kaepernick ne commentera pas: il refuse les interviews. Mais il continue, sur Twitter, de faire vivre son militantisme et ses convictions. Egal à lui-même.

Voir de même:

Colin Kaepernick, le footballeur américain militant contre les violences policières, devient l’un des visages de Nike

En choisissant le joueur pour sa campagne publicitaire, l’équipementier prend parti dans la mobilisation contre les violences policières infligées aux Noirs américains, qui irrite au plus haut point Donald Trump.

Le Monde

Le joueur de football américain Colin Kaepernick, à l’origine en 2016 du mouvement de boycott de l’hymne américain, est devenu l’un des visages de la dernière campagne de publicité de l’équipementier sportif Nike. Il apparaît aux côtés de la reine du tennis féminin Serena Williams et de la mégastar de la NBA LeBron James dans cette campagne, qui coïncide avec le 30e anniversaire du célèbre slogan « Just do it » de la marque à la virgule.

Sur son compte Twitter, Colin Kaepernick a publié lundi 3 septembre le visuel montrant en gros plan son visage en noir et blanc avec le message « Croyez en quelque chose. Même si cela signifie tout sacrifier ».

Depuis qu’il a lancé son mouvement pour protester contre les violences policières exercées à l’encontre des Noirs américains en posant un genou à terre lors de l’hymne américain, Colin Kaepernick est devenu une personnalité controversée aux Etats-Unis, célébrée par les uns et détestée par les autres, notamment par le président américain Donald Trump, entré en guerre ouverte à l’automne dernier contre les joueurs protestataires.

Lire aussi :   La révolution Kaepernick, ou comment Black Lives Matter a fait école dans les stades américains

Entrée sur le terrain politique pour Nike

Colin Kaepernick n’a pas retrouvé d’équipe depuis l’expiration de son contrat avec San Francisco au début de 2017 et a attaqué en justice la Ligue nationale de football américain (NFL), qu’il accuse de collusion pour l’empêcher de poursuivre sa carrière.

Il est sous contrat depuis 2011 avec Nike qui, à la différence de la plupart de ses autres partenaires, n’a pas résilié son contrat de sponsoring. A trois jours du coup d’envoi de la saison 2018 de NFL, Nike frappe fort en termes de marketing. L’équipementier prend surtout clairement parti – et c’est une première pour une entreprise de cette taille – sur une question qui divise le pays depuis près de deux ans et qui irrite au plus haut point Donald Trump.

Sur le site Internet de la chaîne ESPN, Gino Fisanotti, dirigeant de Nike, a lancé :

« Nous croyons que Colin est l’un des sportifs les plus charismatiques de sa génération, qui utilise la puissance du sport pour faire bouger le monde. »

Le grand groupe américain qui fournit les équipements et les tenues des 32 équipes engagées en NFL et a renouvelé au mois de mars son partenariat pour huit ans avec l’association d’équipes professionnelles de football américain va encore plus loin. Il a prolongé son contrat de partenariat avec Colin Kaepernick et s’est engagé à créer une basket à son nom, honneur suprême pour un sportif professionnel, tout en finançant sa fondation d’aide à l’enfance.

Trump face à la fronde des sportifs

La marque connue pour ses campagnes de publicité novatrices s’expose aussi au courroux de Donald Trump. S’il n’a pas encore envoyé l’un de ses tweets assassins, le président américain mène depuis l’automne dernier une bataille personnelle contre ces joueurs de football américain qui, inspirés par Colin Kaepernick, posent un genou à terre ou lèvent un poing, tête baissée, durant l’hymne américain joué avant chaque match.

Pour Donald Trump et une partie de l’opinion publique américaine, ces gestes sont antipatriotiques, une insulte aux militaires qui ont servi et trouvé la mort sous le drapeau américain. Le président avait demandé aux propriétaires d’équipes de les sanctionner, voire de les licencier.

Lire aussi :   Après le boycott de l’hymne américain, la NFL décide d’obliger les joueurs à rester debout

La NFL pensait avoir désamorcé une réédition de la crise de 2017, qui a pénalisé ses recettes publicitaires et les audiences TV, en édictant au printemps dernier une réglementation autorisant les joueurs à protester à condition qu’ils restent dans les vestiaires pendant l’hymne. Mais cette réglementation a depuis été suspendue pour éviter les recours en justice. C’était avant que Nike ne fasse resurgir Kaepernick et son combat sur le devant de la scène et ne relance de plus belle la polémique.

« Je pense que tous les athlètes, tous les humains et tous les Afro-Américains devraient être totalement reconnaissants et honorés » par les manifestations lancées par les anciens joueurs de la NFL Colin Kaepernick et Eric Reid, a déclaré Serena Williams.

Lire aussi :   Donald Trump ouvre un nouveau front intérieur, cette fois-ci contre le monde du sport

Réplique sur les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux n’ont pas tardé à réagir, les partisans de Donald Trump lançant une campagne appelant au boycottage ou à la destruction des produits de l’équipementier, avec l’apparition des hashtags #BoycottNike #JustBurnIt. L’ingénieur du son de John Rich, du duo de musique country Big and Rich, aurait ainsi découpé ses chaussettes Nike, alors qu’un certain Sean Clancy postait sur Twitter la vidéo de l’immolation par le feu d’une paire de chaussures de sport. « D’abord la NFL me force à choisir entre mon sport préféré et mon pays. J’ai choisi mon pays. Puis Nike me force à choisir entre mes chaussures préférées et mon pays », a-t-il écrit. Lydia Rodarte-Quayle invite, elle, à mettre à la poubelle les vêtements de la marque.

Des prises de position aussitôt tournées en ridicule par d’autres internautes, qui se moquent notamment du fait que les partisans du président détruisent des équipements qu’ils ont payés – souvent au prix fort. Ainsi Adolph Joseph DeLaGarza, joueur de football (soccer) du Dynamo de Houston, relève le manque de logique de la démarche : « Donc, en ne voulant pas soutenir ou promouvoir @Nike, vous découpez des chaussettes déjà payées et PUIS vous tweetez @Nike. Logique ! »

Voir de plus:

Nike’s « Just do it » slogan is based on a murderer’s last words, says Dan Wieden

Marcus Fairs
Deezen|
Design Indaba 2015: the advertising executive behind Nike‘s « Just do it » slogan has told Dezeen how he based one of the world’s most recognisable taglines on the words of a convict facing a firing squad (+ interview).Dan Wieden, co-founder of advertising agency Wieden+Kennedy, described the surprising genesis of the slogan in an interview at the Design Indaba conference in Cape Town last month. »I was recalling a man in Portland, » Wieden told Dezeen, remembering how in 1988 he was struggling to come up with a line that would tie together a number of different TV commercials the fledgling agency had created for the sportswear brand. »He grew up in Portland, and ran around doing criminal acts in the country, and was in Utah where he murdered a man and a woman, and was sent to jail and put before a firing squad. »Wieden continued: « They asked him if he had any final thoughts and he said: ‘Let’s do it’. I didn’t like ‘Let’s do it’ so I just changed it to ‘Just do it’. »The murderer was Gary Gilmore, who had grown up in Portland, Oregan – the city that is home to both Nike and Wieden+Kennedy. In 1976 Gilmore robbed and murdered two men in Utah and was executed by firing squad the following year (by some accounts Gilmore actually said « Let’s do this » just before he was shot).

Nike’s first commercial featuring the « Just do it » slogan

Nike co-founder Phil Knight, who was sceptical about the need for advertising, initially rejected the idea. « Phil Knight said, ‘We don’t need that shit’, » Wieden said. « I said ‘Just trust me on this one.’ So they trusted me and it went big pretty quickly. »

The slogan, together with Nike’s « Swoosh » logo, helped propel the sportswear brand into a global giant, overtaking then-rival Reebok, and is still in use almost three decades after it was coined.

Campaign magazine described it as « arguably the best tagline of the 20th century, » saying it « cut across age and class barriers, linked Nike with success – and made consumers believe they could be successful too just by wearing its products. »

The magazine continued: « Like all great taglines, it was both simple and memorable. It also suggested something more than its literal meaning, allowing people to interpret it as they wished and, in doing so, establish a personal connection with the brand. »

Dan Wieden

Born in 1945, Wieden formed Wieden+Kennedy in Portaland with co-founder David Kennedy in 1982. The company now has offices around the world and has « billings in excess of $3 billion, » Wieden said.

Wieden revealed in his lecture at Design Indaba that shares in the privately owned agency had recently been put into a trust, making it « impossible » for the firm to be sold.

« I’ve sworn in private and in public that we will never, ever sell the agency, » Wieden said. « It just isn’t fair that once sold, a handful of people will walk off with great gobs of money and those left behind will face salary cuts or be fired, and the culture will be destroyed. »

He added: « The partners and I got together a couple of years ago and put our shares in a trust, whose only obligation is to never ever, under no circumstances, sell the agency.”

Here is an edited transcript of our interview with Dan Wieden:


Marcus Fairs: You’re probably bored to death of this question but tell me how the Nike slogan came about.

Dan Wieden: So, it was the first television campaign we’d done with some money behind, so we actually came up with five different 30 second spots. The night before I got a little concerned because there were five different teams working, so there wasn’t an overlying sensibility to them all. Some were funny, some were solemn. So I thought you know, we need a tagline to pull this stuff together, which we didn’t really believe in at the time but I just felt it was going to be too fragmented.

So I stayed up that night before and I think I wrote about four or five ideas. I narrowed it down to the last one, which was « Just do it ». The reason I did that one was funny because I was recalling a man in Portland.

He grew up in Portland, and ran around doing criminal acts in the country, and was in Utah where he murdered a man and a woman, and was sent to jail and put before a firing squad. And they asked him if he had any final thoughts and he said: « Let’s do it ».

And for some reason I went: « Now damn. How do you do that? How do you ask for an ultimate challenge that you are probably going to lose, but you call it in? » So I thought, well, I didn’t like « Let’s do it » so I just changed it to « Just do it ».

I showed it to some of the folks in the agency before we went to present to Nike and they said « We don’t need that shit ». I went to Nike and [Nike co-founder] Phil Knight said, « We don’t need that shit ». I said « Just trust me on this one. » So they trusted me and it went big pretty quickly.

Marcus Fairs: Most of Dezeen’s audience is involved in making products, whether it’s trainers or cars or whatever. What is the relationship between what you do and the product?

Dan Wieden: Well if you notice in all the Nike work – I mean there is work that shows individual shoes, but a lot of the work that we do is more talking about the role of sports or athletics. And Nike became strong because it wasn’t just trying to peddle products; it was trying to peddle ideas and the mental and physical options you can take. So it was really unusual and it worked very well.

Marcus Fairs: And what about other clients? What do you do if the client just wants you to show the product?

Dan Wieden: Well, it depends on the client as well. But you have to be adding something to a product that is beyond just taste, or fit, or any of that kind of stuff. You have to have a sensibility about the product, a sort of spirit of the product almost.

Marcus Fairs: And do you turn down brands that have product which you don’t think is good enough?

Dan Wieden: Oh sure. And we fire clients!

Voir encore:

September 7, 2018

Last year, Naomi Osaka commanded the world’s attention when she bested the U.S. Open’s defending champion Angelique Kerber in a stunning upset in the very first round. This year, the 20-year-old upstart has a shot at claiming the title herself as she challenges six-time champion Serena Williams in a historic final on Saturday.

In what Osaka termed her “dream match” against her idol, Saturday’s game pits tennis’ rising star against one of the game’s ultimate greats — if Williams wins she would tie Margaret Court for the overall record of 24 Grand Slam singles titles.

The two have competed only once before, and it’s the newcomer who holds the upper hand. As Serena herself put it, Osaka is “a really good, talented player. Very dangerous.”

Ahead of Saturday’s face off, here’s what to know about the new kid on the block.

A first for Japan

For her country, Osaka has already succeeded in a major milestone: She is the first Japanese woman to reach the final of any Grand Slam. And she’s currently her country’s top-ranked player.

Yet in Japan, where racial homogeneity is prized and ethnic background comprises a big part of cultural belonging, Osaka is considered hafu or half Japanese. Born to a Japanese mother and a Haitian father, Osaka grew up in New York. She holds dual American and Japanese passports, but plays under Japan’s flag.

Some hafu, like Miss Universe Japan Ariana Miyamoto, have spoken publicly about the discrimination the term can confer. “I wonder how a hafu can represent Japan,” one Facebook user wrote of Miyamoto, according to Al Jazeera America’s translation.

For her part, Osaka has spoken repeatedly about being proud to represent Japan, as well as Haiti. But in a 2016 USA Today interview she also noted, “When I go to Japan people are confused. From my name, they don’t expect to see a black girl.”

On the court, Osaka has largely been embraced as one of her country’s rising stars. Off court, she says she’s still trying to learn the language.

“I can understand way more Japanese than I can speak,” she said.

‘Like no one ever was’

In her press conferences, which for now are English only, Osaka has earned a reputation for her youthful candor and nerdy sense of humor.

In response to a reporter asking about her ambitions, she said, “to be the very best, like no one ever was.” After an awkward pause, she clarified, “I’m sorry; that’s the Pokémon theme song. But, yeah, to be the very best, and go as far as I can go.”

At Indian Wells this year, where Osaka stunned her higher-ranked opponents and claimed victory after searing past the world’s number one Simona Halep in the semis and besting Daria Kasatkina in the finals, she proved herself no longer just the underdog. She then proceeded to give what she described as “the worst acceptance speech of all time.”

“Hello, hi, I am—okay never mind,” it began, before a litany of thank you’s petered out into giggles.

But don’t let her soft-spoken persona or goofy interviews fool you. On court, Osaka brings the heat, uncorking both ferocious power and an aggressive baseline game.

W.W.S.D.

Earlier this year, Osaka reveled a four-word mantra keeps her steady through tough matches: “What would Serena do?”

Her idolization of the 23 Grand Slam-winning titan is well-known.

“She’s the main reason why I started playing tennis,” Osaka told the New York Times.

When the two played in Miami in March, six months after Serena nearly died giving birth, Osaka won. Then she Instagrammed a photo of her shaking hands with her idol, captioned only, “Omg.”

After Osaka cleared the U.S. Open semis on Thursday and it became clear she was not only headed to her first Grand Slam final but was also about to face her hero once more, she was asked if she had anything to say to Serena. Her message? “I love you.”

Voir enfin:

Playing the national anthem is a vestige of wartime fervor. So why is it still a part of U.S. sports events?

No song in the English language is as routinely mangled and misinterpreted, as frequently tortured and trivialized, as relentlessly debased and diluted as The Star-Spangled Banner. Well, maybe Feelings—but you don’t have to get on your feet and take off your hat for Feelings. The words to the U.S. national anthem are elusive, the tune is impossible to carry unless you’re Robert Merrill, and the reasons the song is played before virtually every sporting event have long since been forgotten. « I guess they play it because a lot of old people fought in wars, and it means a lot to them, » says Kansas State guard Elliot Hatcher, offering what might be called the historical perspective.

But it must be more complicated than that. Otherwise, why would the nation have paid so much attention last week when Denver Nuggets guard Mahmoud Abdul-Rauf became either a heroic symbol of a man acting on his principles or Public Enemy No. 1 by refusing to stand for the national anthem before games? Duck, Mahmoud—there’s cross fire. From the left, here’s Hamid Algar, a professor of Islamic studies at Cal: « Unfortunately, too many Muslims are too ignorant or intimidated by the propaganda of anti-Islamic rhetoric to stand behind Mahmoud. » And from the right, here’s pro golfer Mike Sullivan: « I don’t think they should suspend him. I think they should shoot him. »

The NBA’s suspension of Abdul-Rauf, which resulted from his defying a provision in the league’s operations manual requiring all players to « stand and line up in a dignified posture … during the playing of the American and/or Canadian national anthems » lasted just one game (page 52). But, really, the anthem controversy never goes away—and it will surface again. Maybe in Seattle, if SuperSonics fans suddenly get perturbed with forward Sam Perkins. As a member of the Jehovah’s Witnesses, who refuse to pledge allegiance to any government, Perkins stands at attention but well out of line from his teammates during the national anthem. Or maybe it will be in Charlotte, where Hornets owner George Shinn—who has also added an invocation to the pregame festivities at Charlotte Coliseum—intimidates his team into compliance. Shinn says he tells the Hornets, « I’m going to be up there in the stands watching, and if you’re down there picking your nose and not standing at attention, then you’re telling me you don’t like it here and want to be traded. » Or maybe it will happen when another celebrity strolls to the pitcher’s mound, remote mike in hand, ramparts and twilight’s last gleamings all mixed up in his brainpan, and carves Francis Scott Key’s 1814 paean to war into little pieces.

So it seems like the appropriate time—once Sullivan puts down that two-iron—to ask, Has the national anthem as pregame ritual outlived its usefulness? The practice of playing The Star-Spangled Banner is clearly rooted in wartime patriotic fervor. During World War I it became customary to play the song before baseball games, and it was during WWII that it became de rigueur to play the anthem at all sporting events. There are other nations that take the playing of their national anthem as seriously as the U.S. In Israel Hatikvah (The Hope) used to be played only before international basketball games and soccer matches, but since the 1991 Persian Gulf war it has been a staple at almost all athletic competitions. In Kenya the national anthem, Ee Mungu nguvu yetu (O God of All Creation), is played not just before every sporting event but also before nearly every public gathering. And the ’95 Ryder Cup was a virtual anthemfest. Last year at Oak Hill Country Club in Rochester, N.Y., the Spanish anthem was played for Seve Ballesteros; the Scottish for Bernard Gallacher, Colin Montgomerie and Sam Torrance; the British for Howard Clark, Nick Faldo, David Gilford and Mark James; the Swedish for Per-Ulrik Johansson; the German for Bernhard Langer; the Italian for Costantino Rocca; the Irish for Philip Walton; and the Welsh for Ian Woosnam. And, of course, The Star-Spangled Banner for all the guys on the U.S. side. The event started out more like a battle of the bands than a golf match.

In most countries, however, national anthems are reserved for international or championship games. Bemused by the Abdul-Rauf flap, North Carolina center Serge Zwikker, who is from the Netherlands, professes not to know the words to the Dutch anthem. « But maybe I could hum a few bars, » he adds hopefully.

Which is exactly what many entertainers—beginning, perhaps, with Robert Goulet, who blanked during a catastrophic rendition of The Star-Spangled Banner at the Muhammad Ali-Sonny Liston fight in Lewiston, Maine, in 1965—have done after accepting the intimidating national anthem assignment. Most people at U.S. sporting events don’t even hum along or for that matter stand at attention. Members of the media file pregame notes to the office, peruse stat sheets or stay in the press room munching potato chips. Fans nosh on hot dogs, chat with their neighbors or look for Jack Nicholson. Those who are enthralled with the anthem have become so only because they have turned it into their personal fight song.

The athletes, in most cases, are indifferent. « It gets to the point where you start forgetting about the meaning because you do it so often, » says San Francisco Giants outfielder-first baseman David McCarty. Still, players offer some darned fine observations on the anthem. « I guess we sing it to give someone the opportunity to make 50 dollars, » says Cincinnati Reds pitcher Mark Portugal. Be serious, guys. « Maybe it’s because people are amazed you can play a kid’s game and make more money than the president, » says Detroit Pistons center Mark West. « You’ve got to celebrate that somehow. » Hey, come on now. « Personally, I use that time to scan the crowd for babes, » says Atlanta Hawks forward Matt Bullard. « That’s how I met my wife. » And St. Louis Cardinals reliever Dennis Eckersley offers this take: « The anthem is part of the game. It wouldn’t seem right, would it, if they didn’t play it? But I don’t like it when the Canadian teams are in town because then we have to listen to two anthems. »

Now that The Star-Spangled Banner is again an issue—as it was most potently during the late 1960s and early ’70s—in all its red-white-and-blue complexity, wouldn’t it be better for pro leagues to turn tail and start phasing it out before this gnarly matter comes around once more? After all, it’s not written anywhere that the national anthem must be played, not even, believe it or not, in the NBA operations manual. In Dallas, bible-thumping Mavericks owner Donald Carter has substituted God Bless America for The Star-Spangled Banner, and no one has protested. Isn’t America ready for a secular song to be installed as the official let’s-play-ball ditty?

Don’t bet on it. Though Americans rarely show the anthem proper respect, they seem to like the simple fact that it’s there. The Baltimore Orioles stopped playing The Star-Spangled Banner for one week during the 1954 season, hoping to use the song only on holidays and special occasions. In reaction the city council passed a resolution suggesting that the anthem be played before every game, and that’s why, four decades later, we’re obligated to hear the home fans turn that final « Oh, say … » into a cheer for the O’s. In ’66, when the Chicago White Sox tried to pinch-hit with God Bless America, so vehement was the backlash that the fans asked for a special vote on the issue, pledging on their ballots to sing the winning song loud and clear. (The national anthem received 74% of the vote.) Most revealing, after an Atlanta Falcons game in the mid-’70s the Atlanta-Fulton County Stadium scoreboard mistakenly flashed PLEASE RISE AND JOIN IN SINGING OUR NATIONAL ANTHEM instead of THANK YOU FOR ATTENDING THE GAME. The crowd stood awkwardly for several minutes before the P.A. announcer told everyone to go home. Let’s face it: Americans are intimidated by the national anthem, fearful that some cosmic chandelier will come crashing on their heads if they put it out to pasture.

How about a compromise? How about sending a DH up for The Star-Spangled Banner? How about not playing it all the time and reserving it for the Final Four, the Super Bowl, the World Series and other big-time events? Perhaps then it would become meaningful to more people. Yes, it might be scary out there without the anthem to kick around every night. But the pregame song doesn’t have to be scrapped. Just mix it up, raise America’s pop-culture index with other offerings such as America the Beautiful and This Land Is Your Land.

But those are just suggestions. Positively, absolutely, bounce them off Mike Sullivan first.

Voir par ailleurs:

Baltimore Residents Blame Record-High Murder Rate On Lower Police Presence
NPR
December 31, 2017

LAUREN FRAYER, HOST:

This year, Baltimore has had well over 300 murders for the third year in a row. Some activists say the high murder rate is because police have backed off and relaxed patrols in neighborhoods like the one where Freddie Gray was arrested. Gray was a black man who died while he was in the back of a Baltimore police van in 2015. Reverend Kenji Scott lives in Baltimore. He’s held positions in local city government and is a pastor and community activist.

KINJI SCOTT: When you think about young people who are out here facing these economic challenges and are homeless and live in places that are uncertain and you’re a parent, you’re scared, not just for yourself really but for your children. I mean, the average age of a homicide victim in Baltimore City right now is 31 years old. We had a young man who attended one of the prime high schools, Poly. His name was Jonathan Tobash, and he was 19 years old, was a Morgan student. And he was killed on his way to the store. That’s the state of Baltimore right now.

FRAYER: What do you see? Is this something that happens in the middle of the night, or is this something that when you live there you see this?

SCOTT: You see this all the time. You’re talking about homicides in the middle of the night. No. The average homicide in Baltimore happens during the day. We have broad daylight shootings all over the city. You’ve had shootings and people have been shot, gunned down and killed in front of the police station.

FRAYER: After the death of Freddie Gray, yourself, families of victims, didn’t you want police to back off?

SCOTT: No. That represented our progressive, our activists, our liberal journalists, our politicians. But it did not represent the overall community because we know for a fact that around the time that Freddie Gray was killed, we start to see homicides increase. We had five homicides in that neighborhood while we were protesting. What I wanted to see happen was that people would build a trust relationship with our police department so that they would feel more comfortable with having conversations with the police about crime in their neighborhood because they would feel safer. So we wanted the police there. We wanted them engaging the community. We didn’t want them there beating the hell out of us. We didn’t want that.

FRAYER: Do you think your experience with high murder rate in Baltimore is unique?

SCOTT: No, it’s not. It’s not. I lost my brother in St. Louis in 2004. I just lost my cousin in Chicago. No, it’s not unique, and that’s the horrible thing.

FRAYER: It’s been three and a half years since Ferguson, Mo., since the killing of Michael Brown, since the Black Lives Matter movement was born to demand reforms to policing. What did they put on the table, and has it worked?

SCOTT: The primary thrust nationwide is what President Obama wanted to do – focus on building relationships with police departments in major cities where there has been a history of conflict. That hasn’t happened. We don’t see that. I don’t know a city that I’ve heard of – Baltimore for certain. We’ve not seen any changes in those relationships. What we have seen was that the police has distanced themselves, and the community has distanced themselves even further. So there is – the divide has really intensified. It hasn’t decreased. And of course, we want to delineate the whole concept of the culture of bad policing that exists. Nobody denies that. But as a result of this, we don’t see the policing – the level of policing we need in our community to keep the crime down in these cities that we’re seeing bleed to death.

FRAYER: Are you optimistic for 2018?

SCOTT: I’m not because as I look at the conclusion of 2017, these same cities – St. Louis, Baltimore, New Orleans and Chicago – these same chocolate (ph), these same black cities are still bleeding to death, and we’re still burying young men in these cities. I want to be hopeful. I’m a preacher. I want to be hopeful. But as it stands, no, not until we really have a real conversation with our frontline officers in the heart of our black communities that does not involve people who are, quote, unquote, « leaders. » We need the frontline police officers, and we need the heart of the black community to step to the forefront of this discussion. That’s what’s important. And that’s when we’re going to see a decrease in crime.

FRAYER: Reverend Kinji Scott in Baltimore, thank you very much.

SCOTT: Thank you.


Hystérie anti-Trump: C’est une nouvelle guerre civile, imbécile ! (Who cares for the color of the cat if it catches the mice ?)

7 septembre, 2018
Peu importe que le chat soit noir ou blanc pourvu qu’il attrape les souris. Deng Xiaoping
Le problème – dont le président n’a pas pris toute la mesure – est que de nombreux hauts responsables de sa propre administration œuvrent activement de l’intérieur pour bloquer certains de ses projets et faire obstacle à ses pires penchants. Je suis bien placé pour le savoir. Je suis l’un de ces responsables. Soulignons tout de suite que notre action n’a rien à voir avec la “résistance” populaire menée par la gauche. Nous souhaitons la réussite de cette administration et pensons que nombre de mesures qu’elle a prises ont d’ores et déjà rendu l’Amérique plus sûre et plus prospère. Mais nous sommes convaincus que notre premier devoir est à l’égard de ce pays, et que le président persiste à agir d’une façon qui nuit à la santé de notre république. C’est pour cette raison que de nombreux responsables nommés par M. Trump se sont engagés à faire tout leur possible pour préserver nos institutions démocratiques et contrecarrer les impulsions les plus nocives de M. Trump jusqu’à ce qu’il quitte ses fonctions. La racine du problème, c’est l’amoralité du président. Quiconque travaille avec lui se rend rapidement compte que ses décisions ne se fondent sur aucun principe fondamental discernable auquel il serait attaché. Bien qu’élu sous l’étiquette républicaine, le président montre peu d’attachement aux idéaux portés depuis longtemps par les conservateurs : esprits libres, marchés libres, peuple libre. Au mieux il invoque ces idéaux dans des occasions soigneusement mises en scène. Au pire, il les attaque frontalement. Outre son acharnement à répandre l’idée selon laquelle la presse est “l’ennemie du peuple”, les réflexes du président Trump sont en général hostiles au commerce et à la démocratie. Que l’on ne se méprenne pas. Il y a eu, sur certains points, des avancées brillantes dont la couverture médiatique négative quasi permanente de cette administration n’a pas su rendre compte : une déréglementation efficace, une réforme fiscale historique, des forces armées plus puissantes, etc. Mais ces réussites ont été acquises en dépit, et non grâce au style de leadership du président, qui est impétueux, dans l’affrontement, mesquin et inefficace. Chaque jour, que ce soit à la Maison Blanche ou dans les différents départements et agences du gouvernement, les hauts responsables font part en privé de leur incrédulité devant les déclarations et les initiatives du commandant en chef. La plupart s’efforcent de protéger leurs activités de ses coups de tête. Les réunions avec lui s’égarent dans tous les sens, il se lance dans des diatribes à répétition, et son impulsivité débouche sur des décisions mal mûries, mal informées et parfois irresponsables, sur lesquelles il faut ensuite revenir. “Il est absolument impossible de prévoir s’il va changer d’avis ou pas dans la minute qui suit”, me confiait récemment un haut responsable exaspéré à la sortie d’une réunion dans le bureau Ovale au cours de laquelle le président avait opéré un virage à 180 degrés sur une décision politique majeure qu’il avait prise une semaine auparavant. Son comportement erratique serait plus inquiétant encore sans la présence dans et autour de la Maison Blanche de discrets héros. Certains de ses conseillers sont traités de scélérats par les médias. En privé pourtant, ils se démènent pour que les mauvaises décisions restent confinées dans l’Aile ouest – même s’il est évident qu’ils n’y réussissent pas toujours. Cela leur sera peut-être d’un maigre réconfort dans cette période chaotique, mais les Américains doivent savoir qu’il y a des adultes dans la pièce. Résistant et membre autoproclamé du cabinet Trump (NYT)
La politique du journal, c’est de décourager les sources anonymes au sein même des papiers des journalistes. Donc, publier une tribune anonyme, c’est très inhabituel ! Je ne crois pas que cela soit contesté au sein de la rédaction. On accepte les explications du chef de rubrique Opinions et de la porte-parole du journal, selon lesquels le sujet est d’une telle importance qu’il fallait faire une exception à la règle. Cela restera l’exception. (…) Je ne dirais pas que c’est du sabotage. Ce personnage, homme, femme, je ne sais pas qui a témoigné, n’a révélé que ce qu’on savait déjà à travers plusieurs déclarations de gens qui connaissent bien le fonctionnement, ou plutôt le dysfonctionnement, de la Maison Blanche actuelle, puis par le livre de Bob Woodward qui dit exactement la même chose. La seule nouveauté, c’est que cela vienne directement de l’intérieur de la Maison Blanche. (…) Trump lui-même a dit pendant la campagne qu’il pourrait se promener sur la Ve avenue à New York en tirant sur les gens et que ça ne lui coûterait aucune voix. Il s’est toujours placé en dehors de la moralité, et ses électeurs ont approuvé. (…) Un tiers de l’électorat continuera à le soutenir quoi qu’il arrive. C’est vérifié dans les sondages. Ils sont inébranlables. Ensuite, une autre partie des Républicains, environ 10% de l’électorat, flotte un peu. A des doutes. Un article comme celui qu’on vient de publier pourrait les faire basculer, ou du moins semer le trouble. Il faut aussi regarder les sondages sur la popularité de Trump, autour de 43-44%, ce qui est très mauvais pour un Président à ce stade de son mandat. Cela signifie qu’il va largement perdre les élections de mi-mandat le 6 novembre prochain, où la totalité de la Chambre des représentants est renouvelée. Tous les sondages donnent les Républicains perdants. Les Démocrates n’ont besoin de faire tomber que vingt-trois sièges pour avoir la majorité, ce n’est pas énorme. (…) Nous savions déjà qu’une majorité de Républicains émettait des doutes sur le fonctionnement de Donald Trump. Ils disent tous en « off » leur inquiétude. Et comment pour un observateur rationnel ne pas être convaincu que ce monsieur n’est à pas à la hauteur, qu’il est incapable, et dangereux ? Mais en public, les responsables républicains, à de rares exceptions près, ne vont jamais admettre que l’empereur est nu. (…) La déclaration de Michael Cohen est beaucoup plus grave pour Trump, elle l’a clairement placé dans l’illégalité. Michael Cohen a accusé, avec des preuves, Donald Trump d’avoir commis des actes illégaux. Le Président devrait donc être inculpé pour cela. (…) Il semble qu’il y ait eu une discussion entre membres de la haute administration là-dessus et qu’ils aient renoncé. Il me semble beaucoup plus probable que les démocrates, s’ils gagnent en novembre, enclenchent la procédure de destitution (impeachment). Qui échouera d’ailleurs, car s’il suffit d’une majorité à la Chambre pour déclencher la procédure, il faut les deux tiers au Sénat pour la condamnation, et les Démocrates n’auront jamais les deux tiers. (…) Ce sont surtout les grandes entreprises qui enregistrent des profits spectaculaires, pour une bonne part à cause des baisses d’ impôts. Mais les salaires stagnent, les gens ne voient pas de changement dans leur vie. Sauf ceux qui ont des titres en Bourse, c’est-à-dire une minorité d’Américains. L’Amérique qui était déjà prospère est encore plus prospère. L’ironie, c’est que l’électorat de Trump, «my guys» comme il les appelle, la classe ouvrière blanche, démunie, reste démunie. Elle n’a pas bénéficié de la politique de Trump, mais pas du tout. (…) Les contre-pouvoirs, dont la presse, font la démonstration que les Etats-Unis sont un Etat de droit. L’erreur de Trump est d’avoir pensé qu’il pouvait les balayer d’un revers de main, qu’il s’agisse de la presse, ou des institutions judiciaires. Ce n’est pas possible dans une vieille République comme la nôtre. Les institutions sont bien ancrées, on voit qu’elles réagissent. La démocratie américaine a plus de deux cents ans, elle se réveille. C’est vrai qu’on était endormi. On ne se rendait pas compte de l’enjeu. Tous les résultats des élections partielles montrent une très forte mobilisation de la résistance contre Trump. C’est parce qu’on croit très fort dans les valeurs de la démocratie. (…) Je ne suis pas naïf, j’ai fait presque toute ma carrière dans le sud profond, je connais très bien l’électorat Trump. Il faut absolument que les démocrates incorporent dans leurs programmes ces inquiétudes. Il faut absolument plus d’égalité dans la distribution des richesses. On voit d’ailleurs la percée d’une gauche qu’on croyait morte. Les élections partielles portent au pouvoir des hommes et femmes politiques qui s’affichent clairement à gauche, presque dans le socialisme à l’européenne – Bernie Sanders portait ce message, mais avec des failles, trop vieux, trop tourné vers le passé. Je pense à cette latino-américaine qui vient d’être élue dans le Bronx, Alexandra Ocasio-Cortez, et à cette jeune femme noire à Boston, Ariana Presley. Avec ces femmes démocrates très à gauche, un grand chamboulement est en train de se produire. Adam Nossiter (correspondant du “New York Times” en France)
Une autre chose qui devrait compter, c’est la décision prise par le Times de publier un éditorial anonyme. Il n’y a pas si longtemps, le journal avait juré qu’il allait sévir contre l’utilisation de sources anonymes dans ses reportages. L’argument pour cela était et demeure que c’est une erreur de laisser des personnes s’en prendre anonymement à d’autres sans risquer d’être réfutées et également d’empêcher les lecteurs de porter des jugements sur la véracité et les motivations d’un auteur. Mais cela c’était à l’ère A.T. – Avant Trump. Depuis la candidature à la présidence de Trump, le rédacteur en chef, Dean Baquet, a décidé que Trump ne méritait pas d’être traité selon les normes traditionnelles d’équité parce qu’il fallait l’empêcher de devenir président. C’est ainsi que chaque article est devenu un article d’opinion anti-Trump. À présent, les sources anonymes font partie de la routine, et en effet beaucoup de reportages n’existeraient pas sans elles. Cette pratique déloyale s’est maintenant déplacée dans la section éditoriale. Les mauvaises idées sont contagieuses. En réalité, ce qu’a fait le New York Times, c’est éliminer les reportages et les faits et se cacher derrière une longue et péjorative citation anonyme. Ce n’est pas du journalisme. C’est de la lacheté. Michel Goodwin
La ministre des Armées Florence Parly a annoncé un investissement massif dans les moyens spatiaux de l’armée. Une réponse à l’ »arsenalisation » de l’espace par les Etats-Unis, la Russie et la Chine… et à l’espionnage du satellite français Athena Fidus par un satellite russe l’an dernier. Challenges
Mounk convincingly argues that democracy and liberalism are not synonymous and that in the face of uneven growth and a multicultural world, friction (or worse) between the two concepts is now almost predictable. The People vs Democracy delivers a clear-eyed take on how liberal democracy fell out of favor in swaths of the Anglosphere and elsewhere. Not surprisingly, Mounk is alarmed by the rise of populism and what he diagnoses as liberal democracy’s fragility. He acknowledges that nationalism will be with us for the foreseeable future and posits the possibility that “citizens have built up loyalty to their political system because it kept the peace and swelled their pocketbooks, not because they hold a deep commitment to its most fundamental principles”. Does he overstate? Only maybe. Over decades, political values become baked into the national DNA. In the US, they are embedded in the constitution and celebrated on 4 July. Yet those same conventions are being buffeted by sustained centrifugal forces. In Mounk’s words, “democracy is deconsolidating”. (…) Although Mounk is openly discomfited by nationalism, he is impressed by its potency and durability, calling it the “most defining political force of its time”. He contends that in the 18th and 19th centuries, nationalism “nearly always took the form of a hankering for ethnic purity as well as democracy”. To be sure, the homogeneous impulse, a frequent component of nation-building, was a part of the American Genesis. In the drive to ratify the constitution, common ancestry and religion were enlisted, with English and Protestant the operative ties that bound. John Jay, the nation’s first chief justice and an abolitionist, wrote of Americans being “a people descended from the same ancestors, speaking the same language, professing the same religion”. Alexander Hamilton was not the only voice; the debate still rages. An immigration proponent, Mounk observes that going back in time citizenship was usually restricted to a subset of the overall population. In ancient Athens, the status of citizen was limited to the offspring of two Athenian parents. By contrast, the Roman empire was more elastic in its approach, mindful that citizenship and ethnic sameness counted for less when an emperor occupied the throne. The People vs Democracy is conscious of how the west arrived at its current inflection point. In addition to listing the usual causes, Mounk writes that too much distance emerged between government and the governed. As an illustration he points to the European commission, an opaque and unelected bureaucracy that affects the lives of hundreds of millions. Mounk also casts a wary eye at tribalism. Like Columbia University’s Mark Lilla, he rejects identity politics as antithetical to the “possibility of a truly open and multiethnic society”. And therein lies the challenge for Mounk and proponents of modern-day liberal democracy: preserving democracy with its attendant checks and balances while protecting individual freedoms in the face of growing antagonisms. As expected, The People vs Democracy lists possible remedies to this malaise, including “inclusive patriotism”. Mounk’s solutions will probably come up short as the haves and have-nots continue to move down separate paths, with the rich hiving off and the cognitive elites pairing off. Moreover, in the US reconciliation is further complicated by political affiliation becoming increasingly aligned with race and religion. These divides are organic if not intractable. Mounk is dead-on when he observes that candidates can no longer preach the virtues of the status quo when life is an unbridgeable moat to far too many. Citizens do not want to be sneered at as would-be vandals by their duly elected stewards. The world is no longer flat and, once again, blood and soil are relevant. Voters derided as “deplorables”, that is those who came up short in the march toward globalization, will no longer tolerate being ignored. How liberalism and democracy eventually respond to this latest test is the critical but unanswered question. The Guardian
If advisors [and] Trump staffers are working to undermine him because they know better on everything. If he can’t impose his will on his own branch of government, then what’s the difference between a government run by a technocratic junta and what we have now? There’s a reason people across the political spectrum were using the word “coup” yesterday after the op-ed appeared. Although to lefties, of course, the main knock on the junta is that they haven’t done enough to restrain him. Republicans are collaborators, they insist, not resisters. Hot air
Aside from the cultists, millions of voters cast their ballots knowing that he was a flawed man. They knew, and still know, that he’s cheated on his wife. They wished, and still wish, that he wouldn’t rage on Twitter, that he showed more self-discipline, and that he had more integrity. But they preferred him to Hillary Clinton, another corrupt candidate. But there’s something else that voters have “priced in,” too: They expect that Trump will face stiff resistance from the Republican establishment, and that the permanent class of civil servants — the “deep state” we hear so much about — will loathe and seek to undermine him. So when you run to the Times or to the Post and make anonymous claims, Trump’s supporters quite fairly question your motives. If the crisis is so bad, and your motives are so pure, why not go on the record? That said, I’ve been living alongside Trump supporters every day of my life since he came down that escalator. I know what they see in him. I know what they expect in him. And I’ll tell you what’s not “priced-in”: Actual instability. True stories of dangerous behavior. Some certain hardcore cohort of Twitter trolls and Trumpists will never leave their man. Some number of Republican congressmen would stand by his side no matter what, too. But constitutional correction in this case doesn’t require unanimity. It does require testimony and evidence that verifies your claims. We have reached a miserable point in American democracy. Unelected public servants so distrust the political branches of government that they actually work to undermine elected officials or refuse to even attempt to utilize constitutional systems of checks and balances. If you’re telling the truth, there exist within the Trump administration people who believe that our nation is led by a man who’s too unstable to govern. Yet to these people, even that level of a national emergency doesn’t justify the risk to career and reputation inherent in resignation and public testimony? A nation once worth dying for is now only worth leaking for? The alternative explanation, of course, is even worse: Maybe you and your fellow anonymous leakers aren’t telling the truth. Maybe you’re exaggerating so much that you’re stoking a false sense of fear and urgency. Based on the gap between the president’s Twitter feed and the administration’s actions, it’s clear that something is happening to thwart his will or change his mind. But is there a real fire behind all this smoke? We just don’t know. David French
The number of Americans filing new claims for unemployment benefits dropped to its lowest level in 49 years last week. Labor Department data released on Thursday show that seasonally adjusted initial claims filed in the week ending September 1 fell to 203,000, down 10,000 from the previous week. The last time the number of weekly jobless claims was this low was December, 1969, when 202,000 filed initial requests for benefits. Job openings started outstripping job seekers in March, and the labor market is now considered near full employment. The U.S. economy reached a record 6.7 million job openings in April, hundreds of thousands more than the number of unemployed workers. The number of openings has never been higher than the number of job seekers since the government started keeping statistics on both in 2000. At the same time, wages have mostly stagnated, confusing economists who continue to expect that their growth will pick up. The economy grew at a 4.2 percent rate in the second quarter of 2018, the fastest in four years. The Federal Reserve has hiked interest rates twice this year and is considering doing so again in response to the economy’s robust growth. National Review
Le président Donald Trump éprouve une difficulté indiscutable à former et à garder une équipe opérationnelle autour de lui ainsi qu’à prévenir des commentaires moqueurs à son égard par des membres de son gouvernement. Ajoutons à cela l’enquête en cours sur une éventuelle collusion entre son équipe de campagne et le gouvernement russe, et alors tous les ingrédients d’un film de suspense, à rebondissements, se trouvent réunis. Au milieu de la tourmente, cependant, le président américain peut éprouver un certain réconfort dans l’aide non intentionnelle que lui apportent ses ennemis idéologiques, c’est-à-dire les membres d’une gauche – représentée par le Parti démocrate et des analystes politiques proches de ce parti – dont les critiques envers Trump sont tellement biaisées et incohérentes qu’elles perdent largement en crédibilité et en lisibilité. (…) Prenons d’emblée le cas du conflit syrien. Après avoir établi une « ligne rouge » concernant l’éventuel usage d’armes chimiques en Syrie, le Président Obama renonça à mettre sa menace à exécution lorsque le régime de Bachar el-Assad employa ce type d’armes contre la population civile de son pays. La reculade d’Obama envoya un signal clair aux adversaires des États-Unis dans la région, notamment l’Iran et la Russie : ces derniers pouvaient désormais occuper le terrain en Syrie (comme ils ne se privèrent pas de le faire) sans craindre une riposte américaine. Et pourtant, cela ne dérangea guère, ou pas du tout, les membres du Parti démocrate. Or, lorsque le président Trump décida en mai de l’an passé de lancer des attaques aériennes sur les installations militaires du régime de Bachar el-Assad (et ce en réaction à l’emploi à nouveau d’armes chimiques par ce régime), le Parti démocrate offrit le spectacle de la division. En effet, tandis que les leaders de ce parti dans les deux chambres du pouvoir législatif américain – Chuck Schumer et Nancy Pelosi – manifestèrent un soutien, certes mitigé, à cette initiative, bien de leurs camarades condamnèrent leur prise de position, montrant de ce fait un parti sans position claire à cet égard. En ce qui concerne la Corée du Nord, la gauche américaine n’a pas lésiné sur les critiques à la rhétorique belliciste de Donald Trump à l’égard du dictateur Kim Jong-un. Elle a été, en revanche, bien avare de mots pour admettre que la fameuse « patience stratégique » d’Obama, appliquée à la Corée du Nord, fut un véritable fiasco ayant permis au dictateur Kim Jong-un de faire des progrès considérables dans la militarisation de son programme nucléaire. L’attitude de l’opposition démocrate sur le dossier nord-coréen est devenue encore moins lisible, et plus intenable, après l’annonce d’une rencontre prochaine entre Donald Trump et Kim Jong-un. En effet, plutôt que de montrer un enthousiasme quelconque pour la fenêtre d’opportunité qu’ouvre une telle rencontre, bien des membres de ce parti – y compris la candidate à la présidence lors des élections de 2016, Hillary Clinton – mettent l’emphase sur le manque de sobriété et d’expérience diplomatique de Donald Trump, ce qui, martèlent-ils, peut faire capoter les négociations entre les deux pays. Qu’on se le dise : le sommet États-Unis-Corée du Nord peut finir dans un cul-de-sac, ou même pourrait ne pas avoir lieu du tout. Mais indépendamment de l’issue de cette initiative, il n’en demeurera pas moins que le prédécesseur de Trump, en dépit de son expérience politique et de sa prudence diplomatique, n’était pas parvenu à mettre  Kim Jong-un en disposition de négocier. Puis, de même qu’au sujet de la Corée du Nord, les démocrates américains ne cessent de dénoncer la rhétorique offensive de Donald Trump à l’égard de Téhéran et sa menace de sortir les États-Unis de l’accord négocié par Barak Obama sur le nucléaire iranien. Il n’empêche que c’est bien cette rhétorique qui a poussé les partenaires européens concernés par cet accord à tenter de revoir celui-ci dans le but d’accommoder les objections et les exigences de Donald Trump. Dernier mais non le moindre, des membres de la gauche américaine ont regretté à maintes reprises l’absence d’une « grande stratégie » de politique extérieure chez Donald Trump. Et ils n’ont pas entièrement tort ; car le document publié par l’administration américaine en janvier dernier à ce sujet est prolixe en déclarations de principes et d’objectifs mais ne détaille pas les moyens d’y parvenir. Or, là où se trouve l’inconsistance de la gauche américaine à cet égard, c’est dans le fait qu’elle rechigne à admettre que le Président Obama, lui, ne mit en place une stratégie pouvant être classée parmi les grandes stratégies. Pourquoi, alors, s’en prendre exclusivement à la stratégie de Trump au lieu de proposer quelque chose de nouveau à ce sujet ? D’autre part, affirmer que « Trump a créé un vide temporaire dans le leadership mondial » – comme le fait Jake Sullivan, un haut fonctionnaire du Département d’État dans l’administration Obama – équivaut à ignorer un fait fondamental, à savoir : le vide en question existait déjà avant la présidence de Donald Trump et trouve en grande partie sa cause dans les atermoiements de Barak Obama face aux multiples contentieux internationaux. Les incohérences à répétition de la gauche américaine trahissent un manque d’idées en matière de politique extérieure, comme le reconnaît Zack Beauchamp, ancien chercheur d’un groupe de réflexion (think tank) de centre gauche : le Center for American Progress. Tirer à boulets rouges sur tout ce que Donald Trump puisse dire ou faire en matière de politique extérieure ne parviendra jamais à cacher ou à compenser les atavismes et les carences de la gauche américaine en ce domaine. Une aubaine pour l’actuel président américain. Fabio Raphael Fallio
Derrière les menaces tous azimuts qu’a brandies Donald Trump au cours des derniers mois, l’administration américaine joue en réalité un jeu assez complexe à l’échelle mondiale, vis-à-vis de ses partenaires de l’ALENA (Canada et Mexique), de l’UE, de la Chine ainsi que du Japon et de la Corée du Sud. La méthode se déploie en plusieurs temps. En premier lieu, ont été mises en place les taxes douanières sur l’acier et l’aluminium, assez généralisées, et qui ne sont pas d’une grande efficacité en termes de protection. En réalité, au-delà même du message à l’attention de l’électorat populaire américain, elles consistaient surtout à envoyer un message de détermination aux partenaires commerciaux des Etats-Unis dans le conflit commercial qui s’annonçait. Les taxes sur l’acier n’étaient toutefois pas à même d’enclencher une négociation commerciale poussée, que ce soit à l’échelle de l’ALENA ou avec l’UE. La deuxième phase repose sur la menace, bien plus redoutable, de mesures douanières substantielles dans l’industrie automobile. Sur la base de ce qui a déjà été mis en place dans l’acier, on constate que les menaces sur les industries automobiles des divers pays partenaires sont prises très au sérieux, que ce soit au Mexique, au Canada, en Europe ou au Japon. On a vu le Mexique s’engager dans une renégociation commerciale poussée, en acceptant des quotas et une révision des règles encadrant la provenance des composants des produits pouvant bénéficier d’une exemption de taxes douanières. L’enjeu de l’Alena est, de toute évidence, également majeur pour le Canada, dont les Etats-Unis sont de loin la première destination d’exportation.Il apparaissait clairement que les menaces douanières des Etats-Unis vis-à-vis des ses deux voisins visaient à une reconfiguration de l’accord de libre-échange, en maintenant cet accord in fine à condition que les trois pays se mettent d’accord sur un certain nombre de conditions. On voit en fait une stratégie à peu près comparable vis-à-vis de l’Europe. La Commission européenne insiste sur le fait qu’il ne s’agit en aucun cas de négocier sous la menace un accord commercial alternatif au défunt TTIP. On voit néanmoins une négociation large s’enclencher, sur la base des menaces qui pèsent sur le secteur automobile européen, et allemand en particulier. L’administration américaine était parvenue à un embryon d’accord avec la Commission lors du voyage de Jean-Claude Juncker en juillet à Washington, visant à supprimer les taxes douanières sur les produits industriels en dehors du secteur automobile. Derrière l’objectif de la suppression des droits de douane, on constate une négociation par secteurs. La partie américaine cherche surtout, pour rééquilibrer dans une certaine mesures les échanges, à développer les débouchés des entreprises américaines en Europe. Pour des raisons électorales notamment, Donald Trump insiste constamment sur l’accroissement par l’Europe mais aussi par la Chine des importations de soja américain. De la même façon, les négociations comportent systématiquement un volet sur les exportations de LNG américain. La proposition européenne consistant à supprimer les droits de douane dans l’automobile sur une base réciproque présente un certain intérêt pour les Etats-Unis, puisque les droits de douane européens sur les automobiles sont plus élevés que leur équivalent américain (bien que les USA taxent plus fortement les camions). Mais Donald Trump cherche avant tout à obtenir une renégociation plus générale qui amènent à un rééquilibrage partiel des échanges. Comme le montre son insistance sur les exportations de soja, il n’est sans doute pas guidé par une grande vision technologique. A ce stade, la méthode offre néanmoins une certaine lisibilité. Alors que le Mexique et le Canada (plus progressivement) en sont amenés à accepter une révision de l’Alena, l’UE s’efforce de présenter les négociations comme ne visant qu’à éviter une surenchère douanière. La partie américaine tente néanmoins de mettre au centre de son jeu vis-à-vis de l’Europe ce qui s’apparenterait également à une reconfiguration des échanges. (…) L’éditorial de Mohamed El Erian, célèbre économiste et financier, est un signe marquant, parmi de nombreux autres récemment, de l’évolution du débat sur la question commerciale aux Etats-Unis. L’amorce du débat par Trump sous la forme de menaces à tout va centrées sans grande cohérence sur la métallurgie semblait indiquer une approche chaotique sans véritable objectif si ce n’est électoral. Si la finalité de la stratégie en termes de promotions de certains secteurs interroge encore, il s’avère que l’on a affaire à une stratégie en plusieurs temps visant à une reconfiguration généralisée des échanges des Etats-Unis avec ses principaux partenaires commerciaux. Le cas européen présente tout de même une difficulté particulière, puisque l’UE, mais surtout la zone euro, évoluent vers un modèle généralisé d’excédents commerciaux. Au cœur de ce système, l’Allemagne présente un excédent de sa balance courante qui dépasse désormais largement les 8% du PIB. L’abaissement du taux de change de l’euro a été rendu indispensable par la crise qui a frappé l’union monétaire et fragilisé toute sa partie Sud. Ce faisant, le taux de change de l’euro est bien trop bas pour l’Allemagne, dont les excédents, par conséquent, ne cessent de croître. De plus, l’ensemble des pays de la zone se sont lancés sur la voie de la compression salariale pour compenser l’atonie de leur productivité et relancer tant bien que mal leur croissance par les exportations vers le reste du monde, et notamment vers les Etats-Unis. Le déséquilibre commercial européen est, d’une certaine façon, inhérent à l’union monétaire et à sa philosophie économique. Mohamed El Erian a raison dans son analyse de la dynamique des négociations, et de l’importance des négociations au sein de l’Alena pour la suite des négociations avec le reste du monde, et notamment avec la Chine. Les négociations avec l’Europe sont néanmoins bien plus compliquées qu’elles ne le sont avec le Mexique et le Canada. Donald Trump peut obtenir des concessions visant à accroitre les exportations américaines vers l’Europe dans certains secteurs, mais il est considérablement plus compliqué de parvenir à un véritable rééquilibrage, puisque les déséquilibres européens sont inhérents à la structure monétaire et politique de la zone euro. L’inertie liée à cette situation peut permettre à la partie européenne d’éviter le fond du sujet. Sur le plan monétaire notamment, l’euro est fortement sous-évalué pour l’Allemagne, mais les dirigeants américains étaient les premiers à justement encourager la BCE sur la voie de la relance monétaire et donc de l’affaiblissement du taux de change de l’euro pour maintenir à flot les économies en crise au sein de la zone. Par ailleurs, l’économie européenne montre déjà d’importants signes d’essoufflement, alors que les Etats-Unis affichent actuellement des chiffres de croissance élevés, à la suite du programme de baisse d’impôts. La dimension intrinsèque des excédents commerciaux européens avait permis à l’UE d’éviter ce débat à l’époque où Barack Obama n’avait de cesse de l’évoquer. Le risque lié à une approche comparable face à Donald Trump reste celui d’une fuite en avant sur le plan des tensions et des menaces. (…) Dans le fond, au-delà de la politique douanière ou de la construction de terminaux pour le LNG américain, tout véritable rééquilibrage des échanges entre l’Europe et le reste des pays développés nécessiterait un rééquilibrage, en premier lieu, au sein de l’Union européenne et de la zone euro en particulier. Ce sujet est le grand absent des débats européens, qui ont tendance à se focaliser sur les aspects plus institutionnels, comme le dispositif anti-crise de la zone euro, qui est au cœur des projets d’Emmanuel Macron. La zone euro suit un modèle d’accroissement continu de ses excédents commerciaux, à une échelle désormais massive. Les excédents de l’Allemagne vis-à-vis du reste de la zone euro se sont transformés, au cours de la crise de l’euro, en excédents vis-à-vis du reste du monde. Le débat européen devrait se concentrer sur les moyens de rééquilibrer la dynamique intra-européenne, au moyen d’un modèle de développement qui ne repose pas autant sur la demande extérieure comme moteur de la croissance. De plus, la France, qui n’a pas suivi les mêmes ajustements que les pays les plus durement touchés par la crise comme l’Espagne, le Portugal ou l’Italie, connait pour sa part une situation de déficit commercial chronique. Autant que la question du dispositif institutionnel de la zone euro, les efforts de rééquilibrage européen devraient se concentrer sur les conditions économiques réelles, qu’il s’agisse de salaires, d’investissement ou de moyens technologiques. Cette approche serait gagnante dans le sens où elle permettrait à l’Europe de s’ancrer dans une dynamique de croissance de meilleure qualité tout en limitant sa vulnérabilité face aux aléas mondiaux. Rémi Bourgeot
L’auteur –pour des raisons de simplification, on va partir du principe que c’est un auteur– choisit de rester anonyme pour des raisons évidentes. Pas seulement parce que cette lettre lui coûterait sa place (au minimum), mais parce que ce qu’il raconte est injustifiable. Les procédés qu’il décrit sont un coup terrible porté à la démocratie américaine et à la fonction présidentielle. Il s’agit presque d’un coup d’État clandestin. La crise constitutionnelle est déjà là, et c’est lui et ses homologues agissant dans l’ombre qui l’ont déclenchée. David A. Graham souscrit à cette thèse. Dans The Atlantic, il évoque un «coup d’État anti-démocratique». Et de fait, voici un haut fonctionnaire –nommé, donc, pas élu!– qui se vante de désobéir au président démocratiquement élu et se félicite que des membres de l’exécutif contournent les ordres présidentiels, travaillent à «piloter l’administration dans la bonne direction jusqu’à ce que –d’une manière ou d’une autre– tout cela se termine». Comme le dit Graham, «si contrôler le président demande de désobéir aux ordres et de recourir à la tromperie, cela devient plus dur à défendre». En vertu de quelle autorité de hauts fonctionnaires justifient-ils de tels agissements? Si l’on apprenait que l’entourage d’Obama en avait fait autant, comment réagirait-on? Mais Obama n’était pas fou, ni dangereux, ni impulsif, répondrez-vous. Eh bien, c’est une question de point de vue. On est tous le fou de quelqu’un. Dans la mesure où aucune preuve scientifique n’est établie de la folie de Trump, et même si la majorité de son entourage, voire du monde, estime qu’il a les fils qui se touchent, la loi américaine ne permet pas que des individus prennent de leur propre chef des décisions contraires aux devoirs que leur impose leur fonction. «TRAHISON?», a rageusement tweeté Trump après la publication de cet article. La question se pose, en effet. Car soit l’entourage de Trump estime qu’il est inapte à gouverner, que c’est un danger pour son pays et dans ce cas, son devoir est de mettre en branle une procédure de destitution pour l’empêcher de nuire, soit cet entourage se trompe ou est de mauvaise foi, auquel cas cette dénonciation et ces actes de rébellion larvée relèvent de la trahison. Voilà à la fois le problème et le talent de Trump: en rabaissant le niveau de la plus haute fonction de l’État, il a fait dégringoler tout son entourage avec lui. Celles et ceux qui œuvrent autour de lui à défaire ce qu’il fait utilisent des méthodes répréhensibles, hors de toute morale. Et l’’amoralité, c’est justement ce que reproche l’auteur de l’éditorial à Donald Trump, et ce qu’il évoque pour justifier son action et celle des autres «résistants». Si le mot «résistant» a une connotation en français qu’elle n’a pas en anglais américain –question d’histoire nationale bien sûr, le vocabulaire choisi par l’auteur anonyme pour se désigner et désigner ses homologues n’en est pas moins très fort, quasiment lyrique: il parle de «héros méconnus dans et autour de la Maison-Blanche», rien de moins. Il explique que «certains de ses conseillers ont été présentés comme des scélérats par les médias. Mais en privé, ils se donnent beaucoup de mal pour contenir les mauvaises décisions dans l’aile ouest, même si clairement, ils n’y arrivent pas toujours». Ce sont, selon lui, les «adultes» qui surveillent Donald Trump et qui l’empêchent de nuire. Curieusement, ces «adultes» ne trouvent pas la situation suffisamment alarmante pour continuer à respecter la loi. Le vingt-cinquième amendement permet à l’exécutif d’engager une procédure de destitution –certes complexe, heureusement d’ailleurs– du président. Ces «adultes» ne sont pourtant pas confrontés à une situation désespérée qui exige des actes de résistance héroïque –par exemple une dictature où la vie des lanceurs et lanceuses d’alerte serait en danger, et le président indéboulonnable par des voies légales. C’est loin d’être le cas aux États-Unis. Si ces personnes n’engagent pas de procédure de destitution, alors que de leur propre aveu la situation est grave et que Trump est fou, il s’agit d’un choix. C’est qu’elles risquent quelque chose (au hasard: perdre la majorité républicaine un peu partout, au Congrès, à la présidentielle de 2020), parce que la base qui soutient Trump est encore forte, mais que au cas où ça tournerait au vinaigre pour le quarante-cinquième président des États-Unis, au cas où, «d’une manière ou d’une autre», son mandat s’achevait de manière un peu précipitée, elles puissent sortir de l’ombre et sauver leur peau en clamant: «Moi, j’étais résistant» à toutes celles et ceux qui ne manqueront pas de demander des comptes aux responsables de cette calamiteuse administration et seront tentés de raser quelques crânes. Pour Ben Mathis-Lilley, journaliste politique à Slate.com, «c’est définitivement une explication très plausible pour expliquer pourquoi cette personne a choisi de publier cette tribune». « Mais d’un autre côté, spécule-t-il, peut-être que cet individu anonyme en avait tout simplement assez de lire et d’entendre des critiques de l’administration Trump, et qu’il n’a pour seule motivation que l’envie de se défendre en public. » Slate
The anonymous op-ed was also perfectly timed: It ran just days before Woodward’s book on Trump hits the shelves. The book tells of a White House in chaos and a mentally deranged president (I didn’t know Woodward had credentials in psychiatry), based on what he was told by Chief of Staff John Kelly. Kelly, by the way, denies everything. But that’s a minor detail. The author of the op-ed concedes that the Trump administration has accomplishments, but claims that they were made in spite of, not thanks to, Trump. Failures are attributed to Trump but accomplishments are assigned to his team. In reality, the Trump administration has generated unbelievable economic growth (4.1%), unemployment in the U.S. is at a record low, there are millions of new jobs, and millions of citizens have come off food stamps. A second Supreme Court justice will soon be appointed. China and Europe are yielding to Trump’s will. He is forcing NATO allies to pay more, improving the NAFTA treaty (despite warnings that Trump’s election would prompt Mexico to sever ties with the U.S.), stepping up sanctions against Russia, convincing North Korea to give up nuclear weapons, and has withdrawn from the 2015 nuclear agreement with Iran. He has moved the U.S. Embassy in Israel to Jerusalem. He has fulfilled his campaign promises, including making tax cuts. But the only thing that the liberal media can see is that Trump is deranged. James Freeman, a senior opinions editor at the Wall Street Journal, said in an interview Thursday that it might be acceptable to run an anonymous op-ed if, for example, revealing the name would endanger the author’s life. But that is not the case here. We’re talking about something very unusual – an op-ed that disputes the incredible achievements of the current administration. The American Left has lost its head. Its anti-Trump sentiment is taking this camp to alarming places. The New York Times, which a week before the election said there was a 95% chance that Democratic candidate Hillary Clinton would win, is keeping up its anti-Trump campaign. That is why it hired « Anonymous. » Anonymous became the resident hero of this shameful campaign, fueled not by the good of the public but rather by a power-hungry agenda. Nothing more. In the meantime, the New York Times, the Washington Post, CNN, and MSNBC are enthusiastically reporting and discussing this op-ed. At this rate, they’ll want to give him a Pulitzer even though (between us) the anonymous « hero » is nothing more than a coward with an agenda. I wonder: What will the American media do if Trump wins in 2020? Boaz Bismuth
The same “Resistance” howling about Trump’s desire to forge a détente with Russia based on a shared interest in fighting Islamic terrorists and preventing Iran from becoming the nuclear hegemon of the Middle East once bent over backwards to empower Iran. They gave the ayatollahs a clear path to a nuclear weapon, as well as $150 billion to finance their wars in Syria and Yemen, and their global terror attacks. The same Never Trump Republicans attacking Trump for his efforts to denuclearize the Korean Peninsula without war happily supported then-Secretary of State Condoleezza Rice as she cut a deal that only empowered Pyonyang. The Obama administration alumni who now insist that Putin is America’s number-one enemy did everything they could to appease him – in exchange for nothing — for years. As for Israel, the Israeli Left, and its American and European supporters, they have been attacking Netanyahu relentlessly for fostering close ties with the leaders of Hungary, Lithuania, Poland, Rwanda, Kenya, and the Philippines. At the same time, they insist that Israel must cough up its capital city and its heartland to the Palestine Liberation Organization (PLO) and its terrorist regime. Just last week, a delegation of leftist lawmakers and political activists made a pilgrimage to Ramallah, where they met with PLO chief and Palestinian Authority Chairman Mahmoud Abbas. They cooed and purred about his great visionary leadership, and insisted forcefully that Israel and the Trump administration must recognize his greatness. This would be the same Abbas who spends hundreds of millions of donor-transferred dollars every year to pay the salaries of terrorists. This is the same Abbas that continues to reject Israel’s right to exist, who wrote a dissertation arguing that the Holocaust is a Zionist fabrication; who has spent the past fifty years waging a political war to delegitimize Israel’s very existence. Beyond the rank hypocrisy of these critics and their criticism, their “morality” card ignores the key fact that Trump’s policies, like Netanyahu’s policies, are succeeding in making the U.S. and Israel stronger, and making the world safer. In contrast, the “moral” policies of their opponents made the world more threatening and dangerous to the U.S. and to Israel. (…) Like Israel, the U.S. cannot help its allies if it doesn’t help itself. The U.S. cannot advance its interests if they are subjected to automatic vetoes by allies acting selfishly. It cannot advance its interests if it maintains faith with “moral” policies, like the Iran nuclear deal and similarly failed nuclear agreements with North Korea, at the expense of actual counter-proliferation strategies that may involve smiling and waving while standing next to Kim Jong-un and Vladimir Putin. The hypocrisy and substantive failure of the “moral” policies of Trump’s and Netanyahu’s critics show that the assaults against these leaders are not about the proper ends of foreign policy, or even about morality. They are a power play. And given the disastrous failures of the “Resistance’s” foreign policies, it is clear that the outcome of this power struggle is something to which no one can be indifferent. Caroline Glick
Lyndon Johnson had a repulsive habit of referring openly to his sexual organ as “Jumbo”—and occasionally displaying it to startled staffers—a felony in our present culture. Worse still, he often gave dictation while defecating on the toilet. John Kennedy crudely seduced dozens of his own female staffers. One, Mimi Alford, who came to work a 19-year-old virgin, wrote an entire memoir of her mechanical trysts inside the White House with JFK, including his inaugural seduction, which, by any contemporary definition, would now qualify as sexual assault. She lamented that he once had pawned her off to fellate one of his aides. A perverted rapist as our beloved commander-in-chief? No need to imagine a Wolff version of the Clinton White House. I could an imagine a Wolff in FDR’s White House circa early 1945 having a field day: jazzing up the clandestine nocturnal trysts between the wheelchair-bound president and his mistress Lucy Mercer. His daughter Anna would be exposed as the go-between, the upstart young proto-Ivanka who had moved into the White House and became virtually a ceremonial First Lady. All the while the Roosevelt team would struggle to lie to the press about the president’s sky-high blood pressure, chain-smoking, martini drinking, and growing feebleness. In place of Steve Bannon’s shoot-from-the-hip notions of geopolitics, a Harry Hopkins or freelancing and estranged Eleanor Roosevelt could offer mini-interviews on the administration’s successful politicking with good old Uncle Joe at Yalta. The difference is that FDR had the press in his pocket and even was too crafty to trust any of his “friends” with unfettered access. Wolff’s ogre purportedly sloppily eats Big Macs in bed, golfs more than Obama did, has no hair at all on the top of his head, and at 71 is supposedly functionally illiterate. OK, perhaps someone the last half-century read out loud to Trump the thousands of contracts he signed. But what we wish to know from Wolff is how did his trollish Trump figure out that half the country—the half with the more important Electoral College voice—was concerned about signature issues that either were unknown to or scorned by his far more experienced and better-funded rivals? Why did not a well-read Marco Rubio or later Yale Law graduate Hillary Clinton focus on unfair trade and declining manufacturing, illegal immigration, unnecessary and optional overseas interventions, and the excesses of the deep administrative “swamp” state? Who discovered these issues or knew how to develop them? Was it really the feisty Corey Lewandowski? The genius Paul Manafort? How, then, could Wolff’s idiot grasp that these concerns were the keys to flipping purple swing-states that had previously been written off as reliably Democratically patronized clinger/irredeemable/deplorable territory by far better informed and more tech-savvy campaign operatives? Once Trump was in power, how does Wolff explain the near phenomenal economic turnaround in the latter part of 2017? Does he not see that the stupider you make Trump in his successful first year, by inference the even stupider you make the supposedly smarter actors in their many failed years? Although psychological in part, the upswing is not accidental. So far economic robustness seems predicated on massive deregulation, the expectation and then the reality of comprehensive tax reform and reduction, wooing home capital and industry, expanded energy production, loud business boosterism, recalibrating foreign investment and trade, and declining illegal immigration. Did Trump do that between scarfing down cups of Häagen-Dazs? Did his team act on their own while Trump was too busy scraping the crumbs out of the bottoms of his barrels of KFC? Why did not the supposedly far more sober and judicious Obama comprehend how to achieve 3 percent GDP growth. Could not Larry Summers or Timothy Geithner have ushered in record consumer and business confidence? Why did not black employment reach 2018 levels in 2013? Is not a man like Obama who eats arugula instead of daily swigging a dozen diet sodas far more studious and intellectually curious on all matters economic? Are we dunces really to believe merely building a high-rise in Manhattan takes more savvy than editing in near absentia the Harvard Law Review? Abroad, why did not the supposedly worldly Hillary Clinton as secretary of state tweet her support for the Iranian revolutionaries in the streets in 2009—in the manner that a supposedly buffoonish and semi-literate and combed-over Donald Trump instinctively did in 2018 ? Victor Davis Hanson
The Peter Strzok–Lisa Page texts, along with the careers of former FBI director James Comey and his deputy Andrew McCabe, reveal a politicized and in some sense rotten FBI hierarchy, beholden far more to its own exalted sense of a progressive self than merely to investigating crimes against the people. Lois Lerner was a clumsy reflection of how the IRS long ago became weaponized in service to auditing deplorables. Former CIA director John Brennan and Director of National Intelligence James Clapper used their supposedly nonpartisan positions to further political agendas. That each in his own way is clownish does not mitigate their rank efforts to graft intelligence agencies onto political causes. The same deterioration is true of many in the Department of Justice, who, along with the FBI, misled FISA-court justices, as if that were the only, or perhaps the easiest, way to obtain politically driven surveillance on U.S. citizens. Americans now are woke to the reality that straying too much into the forbidden zone guarantees that their communications can be monitored on the pretense that they’re colluding with some nefarious power. Yet if foreigners are the menace, why did our proverbial best and brightest traffic with a paid foreign spy at election time to sabotage a political campaign, then trump even the improper use of electronic surveillance with the insertion of paid informants? Google, Facebook, and Twitter are facing accusations of censoring social-media accounts and massaging Internet searches according to their progressive political agendas. The masters of the universe have given us the stereotype of 20- and 30-something social-warrior geeks, fiddling with their algorithms to virtue-signal their left-wing fides to a global audience. YouTube restricted more than 50 Prager University videos — often because either a human or computerized auditor did not approve of the videos’ presentation of America’s historical role as beneficent. Tie-dyed T-shirts, flip-flops, and faded jeans do not mask the reality that some $3 trillion in global capitalization is pledged to ensure that the nations’ computers, pads, and smartphones will not be polluted by traditionalist thinking. First-time congressional candidate Elizabeth Heng, a conservative from central California, found her video ad blocked on Facebook and Twitter. Apparently, her description of the Cambodian holocaust that her parents fled was too graphic or politically incorrect, or both. But then again, in California, everything is politicized, from plastic straws to single-user restrooms, in an Orwellian effort to distract us from the fact that we do not have enough water, usable roads, or workable public schools to remain a civilized state. Language is especially enlisted to disguise bothersome reality. During the Obama administration, no one would ever have known from “overseas contingency operations,” “man-caused disasters,” “workplace disasters,” and “holy struggles” that radical Islamic terrorists were seeking to kill Westerners from San Bernardino to Paris. As in the case of illegal aliens, undocumented aliens, illegal immigrants, undocumented immigrants, immigrants migrants, the progressive rationale is that anyone killed or harmed by a terrorist or migrant is usually a nobody and so an acceptable casualty in the greater war against incorrect speech and attitude. When our public colleges now find that an increasing number of newly admitted students cannot do college-level work when they begin their courses, administrators drop the old idea of catch-up “remedial” classes or compensatory “remediation” courses. The new language conveys that students are now suddenly qualified, or at least it virtue-signals the university’s effort to be suitably sensitive to the fact that in California nearly half of those entering the CSU system cannot read or compute at what previously had been thought to be a college level. Our very names and identities have become politicized. Desperate to highlight their progressive purity (or to enhance careers), politicians sometimes reinvent their nomenclatures and ancestries to suggest solidarity with those deemed racially, ethnically, or economically oppressed. Who now is who or what? Senator Elizabeth Warren claimed falsely — albeit not quite in the clumsy fashion of left-wing political activist and professor Ward Churchill — that she was part Native American. Socialist New York state senate candidate Julia Salazar recently and falsely rebranded herself as a virtual foreign-born immigrant. Was their intent to pose as poorer, more victimized Americans without actually having to become poorer or more victimized? White-male aspirant for a Texas Senate seat Patrick Francis O’Rourke has used the Latino nickname “Beto,” probably on the assumption that “Beto O’Rourke” might ensure a little more street cred among Texas’s Latino voters. I suppose “Pat O’Lopez” would be too shameless? But then again, California Senate candidate Kevin de León has added both a “de” and an accent to remind voters that he is not just an Anglicized Kevin Leon who could be mistaken for a third-generation Portuguese American. Americans have long accepted that Hollywood movies no longer seek just to entertain or inform, but to indoctrinate audiences by pushing progressive agendas. That commandment also demands that America be portrayed negatively — or better yet simply written out of history. Take the new film First Man, about the first moon landing. Apollo 11 astronaut Neil Armstrong became famous when he emerged from The Eagle, the two-man lunar module, and planted an American flag on the moon’s surface. Yet that iconic act disappears from the movie version. (At least Ryan Gosling, who plays Armstrong, does not walk out of the space capsule to string up a U.N. banner.) Gosling claimed that the moon landing should not be seen as an American effort. Instead, he advised, it should be “widely regarded as a human achievement” — as if any nation’s efforts or the work of the United Nations in 1969 could have pulled off such an astounding and dangerous enterprise. I suppose we are to believe that Gosling’s Canada might just as well have built a Saturn V rocket. Comic-book sales are static, purportedly because tired readers now find their make-believe heroes sermonizing, preachy, and predictable rather than one-dimensionally heroic. Social justice has entered the world of fantasy — and extends to science-fiction novels as well. Will 1984 have to be either banned or subjected to race/class/gender Bowdlerization? Sports offers no relief. It is now no more a refuge from political indoctrination than is Hollywood. Yet it is about as difficult to find a jock who can pontificate about politics as it is to encounter a Ph.D. or politico who can pass or pitch. The National Football League, the National Basketball Association, and sports channels are now politicalized in a variety of ways, from not standing up or saluting the flag during the National Anthem to pushing social-justice issues as part of televised sports analysis. What a strange sight to see tough sportsmen of our Roman-style gladiatorial arenas become delicate souls who wilt on seeing a dreaded hand across the heart during the playing of the National Anthem. Even when we die, we do not escape politicization. At a recent eight-hour, televised funeral service for singer Aretha Franklin, politicos such as Jesse Jackson and Al Sharpton went well beyond their homages into political harangues. Pericles or Lincoln they were not. Activist professor Michael Eric Dyson laced his supposed eulogy with an adolescent rant against Donald Trump: “Your lugubrious leach, your dopey doppelgänger of deceit and deviance” — and all that alliterative gibberish that apparently follows from a Ph.D. Politics likewise absorbed Senator John McCain’s funeral the next day. Sarah Palin —his persistently loyal 2008 running mate, who has never uttered an unkind word about him — was not invited. Apparently, her presence would now be seen as too politically incorrect; it might have polluted the observance with a deplorable odor or reminded us that she was once considered useful in appealing to the clinger/irredeemable/“crazies” vote. Meghan McCain, Barack Obama, and former president George W. Bush all did their best to praise the deceased, but in passing could not resist deprecating the current president. We have forgotten that the ancillary to de mortuis nihil nisi bonum dicendum est (about the dead nothing but good should be said) is “in speaking of the dead, nothing but good should be said about the still living.” It is certainly not an admirable trait to deplore incivility by gratuitously attacking a sitting president at a funeral — especially when neither the presidential encomiasts, nor the object of their encomia, had always been particularly civil and polite to each another in the past. Even the long-ago dead are fair game. Dark Age iconoclasm has returned to us with a fury. Any statue at any time might be toppled — if it is deemed to represent an idea or belief from the distant past now considered racist, sexist, or somehow illiberal. Representations of Columbus, the Founding Fathers, and Confederate soldiers have all been defaced, knocked down, or removed. The images of mass murderers on the left are exempt, on the theory that good ends always allow a few excessive means. So are the images and names of robber barons and old bad white guys, whose venerable eponymous institutions offer valuable brands that can be monetized. At least so far, we are not rebranding Stanford and Yale with indigenous names. Victor Davis Hanson
Donald Trump in his Twitter storms apparently has no idea that he is winning. The Brett Kavanaugh opening hearing turned into a progressive circus, with shouting would-be Democratic presidential candidates vying with screaming protesters to see who could be the most obnoxious. Ossified senior Democrat senators appeared bewildered how to match or somehow channel the street theater of activists on their left flank and ended up being sort of punked by their own protesters. It will be hard for network news to find a soundbite from all that to look presentable, given that democracy cannot function when elected officials join the mob. The consecutive Friday and Saturday funerals of the late Aretha Franklin and Senator John McCain reminded us why funerals are not good occasions for politicking and editorializing and end up reflecting poorly on those who try. There are 364 days a year to damn Trump without doing so at a funeral, especially by crowd-pleasing invective from those who call for civility and unity — and in the past often have shown neither to each other. New revelations about the strange nexus between Christopher Steele, Bruce Ohr, and a Russian oligarch only remind the public that Robert Mueller is looking for Russian collusion (to the extent that he is now, or ever was really) in all the wrong places. Future unredacted disclosures about the FISA warrants or communications between now-disgraced DOJ and FBI officials will be interesting. The great economic news — unemployment, GDP growth, Wall Street records, energy production, retail sales, and consumer confidence — continues to outpace even optimistic predictions. Abroad, the Iranian and Turkish economies are in shambles, and those countries’ hostility to the U.S. is proving to be a bad economic gamble. There is progress on NATO funding. Nobody is protesting over the supposedly radical decisions of leaving the Paris climate accord and the Iran deal, moving the U.S. embassy to Jerusalem, or assuming that, after 70 years, the surviving Palestinian “refugees” and their children, grandchildren, and great-grandchildren — like the 13 million who in 1945-7 walked back from Eastern Europe into Germany, or the 1 million Jews long ago ethnically cleansed from the Arab world, or the millions of “displaced persons” in post-war Western Europe — are no longer refugees. China shows signs of economic tension and does not seem to have its heart in an existential trade war with the U.S., given that it could probably keep its huge trade surpluses by simply trimming them down in art-of-the-deal fashion. NAFTA might be rebranded and improved. In other words, Trump’s superb foreign-policy team (Pompeo, Mattis, Bolton, and Haley) and his economic and judicial-appointments advisers have real accomplishments that reflect well on the Trump administration, and thus are driving the media and the Left into abject hysteria. All this is missing is a little silent forbearance on Trump’s own part to allow both his achievements and his critics, respectively, to speak for themselves, without need of his Twitter editorialization. Victor Davis Hanson
At the recent eight-hour, televised funeral of iconic singer Aretha Franklin, many of the speakers such as Al Sharpton and Jesse Jackson turned the event into a political wake—calling for everything from increased voter registration to tighter standards on drinking water. Activist and professor Michael Eric Dyson embarrassed himself with adolescent hits against President Donald Trump: “You lugubrious leach, you dopey doppelganger of deceit and deviance, you lethal liar, you dimwitted dictator, you foolish fascist.” On the next day, the televised state funeral for Sen. John McCain likewise soon became just as political. McCain and President Trump were hardly friends. During the 2016 election, Trump had in crude fashion impugned McCain’s stellar military service, which included a horrific five-and-a-half years as a prisoner of war in a dank North Vietnamese prison. For his part, McCain had earlier cruelly called Trump supporters “crazies.” Later he helped to bring the largely discredited anti-Trump Fusion GPS dossier to the attention of federal authorities. And he flipped on Obamacare to cast the deciding vote that defeated Trump’s effort to repeal and replace it. That McCain-Trump discord soon became thematic in the funeral eulogies. In not-so-veiled allusions, daughter Meghan McCain received loud applause for blasting Trump, as if she had delivered a partisan campaign speech: “We gather here to mourn the passing of American greatness, the real thing, not cheap rhetoric from men who will never come near the sacrifice he gave so willingly, nor the opportunistic appropriation of those who live lives of comfort and privilege while he suffered and served.” Former President Barack Obama used his time similarly to reference Trump, with similar not so subtle attacks, “Much of our politics can seem small and mean and petty. Trafficking in bombast and insult, phony controversies and manufactured outrage.” Likewise, former President George W. Bush, no friend of Trump, took a swipe as well. He contrasted McCain with Trump’s policies on illegal immigration and the summit with Vladimir Putin, “He (McCain) respected the dignity inherent in every life, a dignity that does not stop at borders and cannot be erased by dictators.” Once a funeral is turned into politics, then politics takes on a life of its own. Meghan McCain, Obama, and Bush were apparently all unaware of the paradox of calling for greater tolerance and civility while using a funeral occasion to score political uncivil points against a sitting president. Once solemnity is sacrificed, it becomes legitimate to remember that Bush himself once infamously looked into the eyes of Putin and said he saw a soul “straightforward” and “trustworthy”—a characterization mocked by John McCain. Obama had waged an often brutal 2008 campaign against McCain that saw low insinuations leveled at McCain as too old and at times near senile. Bush was accused by McCain in 2000 of running a dirty primary battle. Why are funerals of celebrities and politicians turning into extended and televised political rallies? Partly, the volatile Donald Trump and his frantic political and media critics are locked in a crude, no-holds-barred war against each other—waged everywhere nonstop. Partly, everything in America has become politicized. There is no escape from partisanship—not in movies, sitcoms, comic books, late-night TV, professional sports, social media, the Internet and 24/7 cable news. Not even the dead escape it. Now the funerals of notables apparently will be televised, scripted, and offer good ratings for political score-settling. Nothing is left sacrosanct. Victor Davis Hanson
The all-seeing social-justice eye penetrates every aspect of our lives: sports, movies, public monuments, social media, funerals . . .A definition of totalitarianism might be the saturation of every facet of daily life by political agendas and social-justice messaging. At the present rate, America will soon resemble the dystopias of novels such as 1984 and Brave New World in which all aspects of life are warped by an all-encompassing ideology of coerced sameness. Or rather, the prevailing orthodoxy in America is the omnipresent attempt of an elite — exempt from the consequences of its own ideology thanks to its supposed superior virtue and intelligence — to mandate an equality of result. We expect their 24/7 political messaging on cable-channel news networks, talk radio, or print and online media. And we concede that long ago an NPR, CNN, MSNBC, or New York Times ceased being journalistic entities as much as obsequious megaphones of the progressive itinerary. But increasingly we cannot escape anywhere the lidless gaze of our progressive lords, all-seeing, all-knowing from high up in their dark towers. (…) Americans have long accepted that Hollywood movies no longer seek just to entertain or inform, but to indoctrinate audiences by pushing progressive agendas. That commandment also demands that America be portrayed negatively — or better yet simply written out of history. Take the new film First Man, about the first moon landing. Apollo 11 astronaut Neil Armstrong became famous when he emerged from The Eagle, the two-man lunar module, and planted an American flag on the moon’s surface. Yet that iconic act disappears from the movie version. (At least Ryan Gosling, who plays Armstrong, does not walk out of the space capsule to string up a U.N. banner.) Gosling claimed that the moon landing should not be seen as an American effort. Instead, he advised, it should be “widely regarded as a human achievement” — as if any nation’s efforts or the work of the United Nations in 1969 could have pulled off such an astounding and dangerous enterprise. I suppose we are to believe that Gosling’s Canada might just as well have built a Saturn V rocket. (…) Sports offers no relief. It is now no more a refuge from political indoctrination than is Hollywood. Yet it is about as difficult to find a jock who can pontificate about politics as it is to encounter a Ph.D. or politico who can pass or pitch. The National Football League, the National Basketball Association, and sports channels are now politicalized in a variety of ways, from not standing up or saluting the flag during the National Anthem to pushing social-justice issues as part of televised sports analysis. What a strange sight to see tough sportsmen of our Roman-style gladiatorial arenas become delicate souls who wilt on seeing a dreaded hand across the heart during the playing of the National Anthem. Even when we die, we do not escape politicization. At a recent eight-hour, televised funeral service for singer Aretha Franklin, politicos such as Jesse Jackson and Al Sharpton went well beyond their homages into political harangues. Pericles or Lincoln they were not. (…) Politics likewise absorbed Senator John McCain’s funeral the next day. (…) Even the long-ago dead are fair game. Dark Age iconoclasm has returned to us with a fury. Any statue at any time might be toppled — if it is deemed to represent an idea or belief from the distant past now considered racist, sexist, or somehow illiberal. Representations of Columbus, the Founding Fathers, and Confederate soldiers have all been defaced, knocked down, or removed. The images of mass murderers on the left are exempt, on the theory that good ends always allow a few excessive means. So are the images and names of robber barons and old bad white guys, whose venerable eponymous institutions offer valuable brands that can be monetized. At least so far, we are not rebranding Stanford and Yale with indigenous names. This new politicized borg ferrets out every aspect of our lives. Nothing is safe, nothing sacred. Dead or alive, the relentless social-justice messaging continues. Like some sort of time machine, we go back in time to alter history as if a few corrections and adjustments will change and thus improve the entire present. Progressive politics seeks to connect and energize us as millions of shared malignant cells inside a metastasizing tumor — or to destroy us in the attempt. Victor Davis Hanson
Quel crédit peut-on attribuer à un auteur qui reste anonyme et qui explique qu’il reste à son poste parce qu’il veut limiter les dégâts et contenir le Président ? Cela ne parle ni en faveur de la moralité ni de la stabilité psychologique de la dite personne. De deux choses l’une, soit nous avons affaire à un clone de tous ces responsables de la haute administration allemande entre 1933 et 1945 qui expliquaient qu’ils servaient Hitler pour “éviter le pire”; soit nous avons affaire à la énième opération de l’establishment washingtonien pour déstabiliser Donald Trump, qui ne respecte pas les moeurs de la tribu. Nous sommes dans une guerre des mots sans précédent, entre les élites néo-libérales (qu’elles soient républicaines ou démocrates) et un selfmade man vulgaire, coureur, égotiste, qui ne recule devant aucune surenchère de communication pour faire plier ses adversaires. Il est très frappant de voir que, depuis le début de sa campagne des primaires, les adversaires de Trump commettent toujours la même erreur : ils le sous-estiment. Et plus ils le sous-estiment, plus Trump en profite. Insulter Donald Trump c’est d’abord le sous-estimer. Surtout, c’est alimenter ce qui le rend attractif auprès de ses électeurs: le fait qu’il soit rejeté par le système le rend éligible pour tous ces “déplorables” que la classe supérieure a écrasé de son mépris pendant toutes les années de la mondialisation néolibérale. Ajoutons un élément: combien pouvons-nous citer de présidents américains depuis Wilson qui n’aient pas été amoraux ou instables ou les deux? Peut-être Coolidge et Hoover; éventuellement Eisenhower; sûrement Carter. Mais dans le cas des deux derniers, ils ont tout de même alimenté la logique de guerre (renversement des gouvernements légitimes de l’Iran en 1953 et du Guatemala en 1954 par Eisenhower; ingérence en Afghanistan de Carter en 1978 afin de pousser l’URSS à l’invasion). Quant à nos icônes, Roosevelt, Kennedy, Obama, cela fait longtemps que leur légende a été écornée. C’est le moment de citer Lord Acton: “Tout pouvoir corrompt. Le pouvoir absolu corrompt absolument”. (…) On juge un arbre à ses fruits. Les adversaires de Trump peuvent raconter ce qu’ils veulent sur la personnalité de Trump, il reste à expliquer qu’au bout du compte il y ait une politique cohérente – détestable, si vous voulez, mais qui est lisible. Vous avez le droit de haïr la personne de Trump; vous pouvez enrager à lire son compte twitter; mais l’ordre ne sort jamais du chaos. Il y a une politique trumpienne, différente mais aussi cohérente que celle de Reagan en son temps. Jean-Pierre Chevènement la résume dans Le Figaro du 5 septembre: “Il rompt avec le multilatéralisme qui organisait autour de l’establishment américain la solidarité de tous les autres, y compris le Parti communiste chinois au sein d’un ensemble mondial hiérarchisé. Son mot d’ordre: “America first!” exprime avant tout la volonté de rebattre les cartes d’un jeu dont il estime que les règles doivent être revues, l’objectif central étant évidemment d’enrayer la montée de la Chine sur le long terme et de perpétuer l’hégémonie mondiale des Etats-Unis”. Nous ne comprenons pas la cohérence de la politique produite parce que nous sommes fascinés par le concepteur de cette politique, qui cultive son personnage comme un leurre, à l’abri duquel il avance en grande partie masqué. Trump n’est pas fou; il pratique la diagonale du fou, ce qui est très différent. Le personnage historique auquel il me fait le plus penser, c’est Bismarck : le fondateur de la première unité allemande annonçait toujours ce qu’il ferait et personne ne le croyait ou on le jugeait dérangé tellement il savait être grossier, direct, brutal en paroles. Il a été constamment sous-estimé et a pu engranger succès après succès en divisant ses adversaires. Bismarck aussi était à bien des égards haïssable mais il a au bout du compte réorganisé l’Europe autour de l’Allemagne, industrialisé le pays, développé ses infrastructures, créé le premier Etat-providence. (…) L’ouverture la plus large possible de l’économie américaine s’est produite au détriment de la cohésion sociale et territoriale du pays. Effectivement, Trump s’est adressé à tous ceux qu’Hillary Clinton appelait “les déplorables”. On pourrait parler de “l’Amérique périphérique”, même si elle est géographiquement centrale. Cette Amérique adhère à l’idée que l’on puisse refonder l’industrie américaine en élevant les droits de douane – en fait ce que fait Trump c’est de renégocier les accords commerciaux pour qu’ils deviennent à l’avantage des Etats-Unis. Elle est d’accord pour limiter la poussée des salaires vers le bas que permet l’immigration massive, régulière ou clandestine. En fait, nous assistons à une nouvelle Guerre de Sécession. La côte Est et la côte Ouest avaient tendance, depuis la présidence du premier Bush, à vouloir faire sécession, politiquement, économiquement, socialement, sous l’impulsion des élites néo-libérales. Et Donald Trump a pris la tête de l’autre Amérique, celle des perdants de la mondialisation, pour défendre l’unité du pays. A la différence de la première “Guerre Civile”, il n’y a pas de batailles rangées ni de morts de masse ; il y a en revanche une guerre sociale qui a produit des millions de pauvres et de forçats de l’emploi multiple ; c’est une guerre institutionnelle, médiatique, politique, financière, une sorte de “guerre civile froide”, dont nous ne devons pas sous-estimer la violence ni les dévastations psychologiques. Deux visions des Etats-Unis s’affrontent : celle d’une Amérique impériale dont les élites néolibérales éclairées se sont accommodées pendant vingt-cinq ans de la paupérisation d’une grande partie de la population ; ou bien celle du retour des Etats-Unis à un pacte national fondé sur la protection commerciale, la réindustrialisation, le contrôle de l’immigration, une politique favorable à la famille traditionnelle etc…. Et personne ne peut dire à ce jour qui va gagner cette guerre : a première vue, les élites néo-libérales devaient la gagner, tout comme les classes aisées de l’Italie antique ont imposé la fin de la République romaine et la création de l’Empire; un peu comme à la fin de la République romaine, on a oscillé dans l’Amérique des années 1990-2015 entre “optimates” républicains et “popolares” démocrates; mais Hillary Clinton ou les innombrables candidats républicains issus de l’establishment, n’avaient pas prévu qu’un milliardaire impulsif puisse se faire le porte-parole de “l’Amérique périphérique”, non pas pour entretenir l’alternance entre les factions oligarchiques mais pour revenir à la logique nationale, pré-impériale. Il était prévisible que les impériaux cherchent par tous les moyens à abattre le chef d’une armée qui se débanderait sans lui. C’est une lutte implacable et nous ne devons pas être dupes des apparences, surtout si notre sympathie va au camp impérial. Il serait temps que les néolibéraux acceptent de reconnaître leur propre violence; au lieu de passer leur temps à se donner bonne conscience en dénonçant celle de Trump. Edouard Husson

Et si comme l’ont bien compris ses partisans et s’obstinent à l’ignorer ses détracteurs, c’était la méthode apparemment « folle » de Trump qui à l’instar du chat de Deng Xiaoping était la plus efficace pour attraper les souris ?

En ces temps devenus fous …

Où en une Amérique n’ayant pas connu, minorités comprises, de chômage aussi bas depuis près de 50 ans …

Et en train de largement retrouver, y compris dans l’espace, sa puissance militaire …

Alors qu’autour d’elle, sans parler des Etats-voyous comme l’Iran ou des organisations terroristes comme l’Autorité palestinienne …

Les profiteurs de la mondialisation et du parapluie atomique américain commencent pour la première fois, de la Chine à l’Europe, à se calmer ou s’amender

Tout semble permis …

Jusqu’à la subversion revendiquée – mais courageusement anonyme en pleine campagne comme par hasard des élections de mi-mandat – de l’élu du peuple …

Ou la transformation de son propre enterrement en arme de guerre contre l’exécutif de son propre pays …

Du moment qu’on est du côté de la bonne cause, c’est-à-dire de gauche …

Il faut d’urgence lire l’analyse de l’historien Edouard Husson sur Atlantico …

Qui bien seul avec quelques rares commentateurs français comme Laure Mandeville du Figaro ou avec sa fougue habituelle l’universitaire Guy Millière

Ou américains comme l’historien militaire Victor Davis Hanson ou israéliens comme l’éditorialiste Caroline Glick

Garde la tête froide et rappelle, de Wilson, Coolidge et Hoover à Eisenhower, Reagan et Carter (sans parler de Kennedy ou Clinton), les nombreux autres cas de présidents américains dits « instables » …

Mais surtout pointe ce qui se joue vraiment derrière les actuelles gesticulations et imprécations …

A savoir une véritable nouvelle guerre civile pour l’instant froide …

Pour tenter d’arracher à des élites néolibérales dites « éclairées » le rééquilibrage de la prospérité en faveur d’une “Amérique périphérique » paupérisée par la mondialisation (les fameux « accros de la religion et des armes d’Obama et les « deplorables » d’Hillary Clinton) …

Autrement dit, le  « retour à un pacte national fondé sur la protection commerciale, la réindustrialisation, le contrôle de l’immigration, une politique favorable à la famille traditionnelle » …

Trump instable, dangereux et surveillé par sa propre administration… et pourtant efficace : comment comprendre ce qui se passe vraiment à Washington
Un membre de l’administration de Donald Trump vient de publier, anonymement, une tribune dans le New York Times. Tribune, dans laquelle, il s’attaque à la méthode de gouvernement d’un Trump qu’il juge amoral et instable.
Atlantico
7 Septembre 2018

Atlantico : Dans une tribune anonyme publiée par le New York Times, un haut membre de l’administration de Donald Trump s’attaque à la méthode de gouvernement d’une personnalité jugée amorale, instable. Au delà de la ligne politique, et en ne prenant en compte que la personnalité de Donald Trump, comment évaluer le risque que celle-ci peut représenter pour les Etats-Unis ?

Edouard Husson : Quel crédit peut-on attribuer à un auteur qui reste anonyme et qui explique qu’il reste à son poste parce qu’il veut limiter les dégâts et contenir le Président ? Cela ne parle ni en faveur de la moralité ni de la stabilité psychologique de la dite personne. De deux choses l’une, soit nous avons affaire à un clone de tous ces responsables de la haute administration allemande entre 1933 et 1945 qui expliquaient qu’ils servaient Hitler pour “éviter le pire”; soit nous avons affaire à la éniième opération de l’establishment washingtonien pour déstabiliser Donald Trump, qui ne respecte pas les moeurs de la tribu. Nous sommes dans une guerre des mots sans précédent, entre les élites néo-libérales (qu’elles soient républicaines ou démocrates) et un selfmade man vulgaire, coureur, égotiste, qui ne recule devant aucune surenchère de communication pour faire plier ses adversaires. Il est très frappant de voir que, depuis le début de sa campagne des primaires, les adversaires de Trump commettent toujours la même erreur : ils le sous-estiment. Et plus ils le sous-estiment, plus Trump en profite. Insulter Donald Trump c’est d’abord le sous-estimer. Surtout, c’est alimenter ce qui le rend attractif auprès de ses électeurs: le fait qu’il soit rejeté par le système le rend éligible pour tous ces “déplorables” que la classe supérieure a écrasé de son mépris pendant toutes les années de la mondialisation néolibérale.

Ajoutons un élément: combien pouvons-nous citer de présidents américains depuis Wilson qui n’aient pas été amoraux ou instables ou les deux? Peut-être Coolidge et Hoover; éventuellement Eisenhower; sûrement Carter. Mais dans le cas des deux derniers, ils ont tout de même alimenté la logique de guerre (renversement des gouvernements légitimes de l’Iran en 1953 et du Guatemala en 1954 par Eisenhower; ingérence en Afghanistan de Carter en 1978 afin de pousser l’URSS à l’invasion). Quant à nos icônes, Roosevelt, Kennedy, Obama, cela fait longtemps que leur légende a été écornée. C’est le moment de citer Lord Acton: “Tout pouvoir corrompt. Le pouvoir absolu corrompt absolument”.

Dans cette même tribune, l’auteur anonyme indique cependant « Il y a des points positifs que la couverture systématiquement négative ne parvient pas à « capturer » ». Derrière l’amoralité et l’instabilité décrite, comment juger de la cohérence de la politique menée par Donald Trump depuis le début de son mandat ? Dès lors, comment comprendre ce paradoxe entre instabilité personnelle et cohérence politique ?

On juge un arbre à ses fruits. Les adversaires de Trump peuvent raconter ce qu’ils veulent sur la personnalité de Trump, il reste à expliquer qu’au bout du compte il y ait une politique cohérente – détestable, si vous voulez, mais qui est lisible. Vous avez le droit de haïr la personne de Trump; vous pouvez enrager à lire son compte twitter; mais l’ordre ne sort jamais du chaos. Il y a une politique trumpienne, différente mais aussi cohérente que celle de Reagan en son temps.

Jean-Pierre Chevènement la résume dans Le Figaro du 5 septembre: “Il rompt avec le multilatéralisme qui organisait autour de l’establishment américain la solidarité de tous les autres, y compris le Parti communiste chinois au sein d’un ensemble mondial hiérarchisé. Son mot d’ordre: “America first!” exprime avant tout la volonté de rebattre les cartes d’un jeu dont il estime que les règles doivent être revues, l’objectif central étant évidemment d’enrayer la montée de la Chine sur le long terme et de perpétuer l’hégémonie mondiale des Etats-Unis”.

Nous ne comprenons pas la cohérence de la politique produite parce que nous sommes fascinés par le concepteur de cette politique, qui cultive son personnage comme un leurre, à l’abri duquel il avance en grande partie masqué. Trump n’est pas fou; il pratique la diagonale du fou, ce qui est très différent. Le personnage historique auquel il me fait le plus penser, c’est Bismarck : le fondateur de la première unité allemande annonçait toujours ce qu’il ferait et personne ne le croyait ou on le jugeait dérangé tellement il savait être grossier, direct, brutal en paroles. Il a été constamment sous-estimé et a pu engranger succès après succès en divisant ses adversaires. Bismarck aussi était à bien des égards haïssable mais il a au bout du compte réorganisé l’Europe autour de l’Allemagne, industrialisé le pays, développé ses infrastructures, créé le premier Etat-providence.

La logique d’une attaque provenant de l’administration elle-même, dans un objectif évident de déstabilisation, ne rate-t-elle pas l’essentiel de ce qu’est Donald Trump – c’est à dire le symptôme d’une population qui se retrouve majoritaire dans des idées liées au protectionnisme, ou au contrôle de l’immigration ? Ce type d’attaques n’est-elle pas, en ce sens, vouée à l’échec ?

L’ouverture la plus large possible de l’économie américaine s’est produite au détriment de la cohésion sociale et territoriale du pays. Effectivement, Trump s’est adressé à tous ceux qu’Hillary Clinton appelait “les déplorables”. On pourrait parler de “l’Amérique périphérique”, même si elle est géographiquement centrale. Cette Amérique adhère à l’idée que l’on puisse refonder l’industrie américaine en élevant les droits de douane – en fait ce que fait Trump c’est de renégocier les accords commerciaux pour qu’ils deviennent à l’avantage des Etats-Unis. Elle est d’accord pour limiter la poussée des salaires vers le bas que permet l’immigration massive, régulière ou clandestine.

En fait, nous assistons à une nouvelle Guerre de Sécession. La côte Est et la côte Ouest avaient tendance, depuis la présidence du premier Bush, à vouloir faire sécession, politiquement, économiquement, socialement, sous l’impulsion des élites néo-libérales. Et Donald Trump a pris la tête de l’autre Amérique, celle des perdants de la mondialisation, pour défendre l’unité du pays. A la différence de la première “Guerre Civile”, il n’y a pas de batailles rangées ni de morts de masse ; il y a en revanche une guerre sociale qui a produit des millions de pauvres et de forçats de l’emploi multiple ; c’est une guerre institutionnelle, médiatique, politique, financière, une sorte de “guerre civile froide”, dont nous ne devons pas sous-estimer la violence ni les dévastations psychologiques.

Deux visions des Etats-Unis s’affrontent : celle d’une Amérique impériale dont les élites néolibérales éclairées se sont accommodées pendant vingt-cinq ans de la paupérisation d’une grande partie de la population ; ou bien celle du retour des Etats-Unis à un pacte national fondé sur la protection commerciale, la réindustrialisation, le contrôle de l’immigration, une politique favorable à la famille traditionnelle etc….

Et personne ne peut dire à ce jour qui va gagner cette guerre : a première vue, les élites néo-libérales devaient la gagner, tout comme les classes aisées de l’Italie antique ont imposé la fin de la République romaine et la création de l’Empire; un peu comme à la fin de la République romaine, on a oscillé dans l’Amérique des années 1990-2015 entre “optimates” républicains et “popolares” démocrates; mais Hillary Clinton ou les innombrables candidats républicains issus de l’establishment, n’avaient pas prévu qu’un milliardaire impulsif puisse se faire le porte-parole de “l’Amérique périphérique”, non pas pour entretenir l’alternance entre les factions oligarchiques mais pour revenir à la logique nationale, pré-impériale. Il était prévisible que les impériaux cherchent par tous les moyens à abattre le chef d’une armée qui se débanderait sans lui. C’est une lutte implacable et nous ne devons pas être dupes des apparences, surtout si notre sympathie va au camp impérial. Il serait temps que les néolibéraux acceptent de reconnaître leur propre violence; au lieu de passer leur temps à se donner bonne conscience en dénonçant celle de Trump.

Voir aussi:

Indoctrination Saturation

The all-seeing social-justice eye penetrates every aspect of our lives: sports, movies, public monuments, social media, funerals . . .A definition of totalitarianism might be the saturation of every facet of daily life by political agendas and social-justice messaging.

At the present rate, America will soon resemble the dystopias of novels such as 1984 and Brave New World in which all aspects of life are warped by an all-encompassing ideology of coerced sameness. Or rather, the prevailing orthodoxy in America is the omnipresent attempt of an elite — exempt from the consequences of its own ideology thanks to its supposed superior virtue and intelligence — to mandate an equality of result.

We expect their 24/7 political messaging on cable-channel news networks, talk radio, or print and online media. And we concede that long ago an NPR, CNN, MSNBC, or New York Times ceased being journalistic entities as much as obsequious megaphones of the progressive itinerary.

But increasingly we cannot escape anywhere the lidless gaze of our progressive lords, all-seeing, all-knowing from high up in their dark towers.

The Peter Strzok–Lisa Page texts, along with the careers of former FBI director James Comey and his deputy Andrew McCabe, reveal a politicized and in some sense rotten FBI hierarchy, beholden far more to its own exalted sense of a progressive self than merely to investigating crimes against the people.

Lois Lerner was a clumsy reflection of how the IRS long ago became weaponized in service to auditing deplorables. Former CIA director John Brennan and Director of National Intelligence James Clapper used their supposedly nonpartisan positions to further political agendas. That each in his own way is clownish does not mitigate their rank efforts to graft intelligence agencies onto political causes.

The same deterioration is true of many in the Department of Justice, who, along with the FBI, misled FISA-court justices, as if that were the only, or perhaps the easiest, way to obtain politically driven surveillance on U.S. citizens. Americans now are woke to the reality that straying too much into the forbidden zone guarantees that their communications can be monitored on the pretense that they’re colluding with some nefarious power. Yet if foreigners are the menace, why did our proverbial best and brightest traffic with a paid foreign spy at election time to sabotage a political campaign, then trump even the improper use of electronic surveillance with the insertion of paid informants?

Google, Facebook, and Twitter are facing accusations of censoring social-media accounts and massaging Internet searches according to their progressive political agendas. The masters of the universe have given us the stereotype of 20- and 30-something social-warrior geeks, fiddling with their algorithms to virtue-signal their left-wing fides to a global audience.

YouTube restricted more than 50 Prager University videos — often because either a human or computerized auditor did not approve of the videos’ presentation of America’s historical role as beneficent. Tie-dyed T-shirts, flip-flops, and faded jeans do not mask the reality that some $3 trillion in global capitalization is pledged to ensure that the nations’ computers, pads, and smartphones will not be polluted by traditionalist thinking.

First-time congressional candidate Elizabeth Heng, a conservative from central California, found her video ad blocked on Facebook and Twitter. Apparently, her description of the Cambodian holocaust that her parents fled was too graphic or politically incorrect, or both. But then again, in California, everything is politicized, from plastic straws to single-user restrooms, in an Orwellian effort to distract us from the fact that we do not have enough water, usable roads, or workable public schools to remain a civilized state.

Language is especially enlisted to disguise bothersome reality. During the Obama administration, no one would ever have known from “overseas contingency operations,” “man-caused disasters,” “workplace disasters,” and “holy struggles” that radical Islamic terrorists were seeking to kill Westerners from San Bernardino to Paris. As in the case of illegal aliens, undocumented aliens, illegal immigrants, undocumented immigrants, immigrants migrants, the progressive rationale is that anyone killed or harmed by a terrorist or migrant is usually a nobody and so an acceptable casualty in the greater war against incorrect speech and attitude.

When our public colleges now find that an increasing number of newly admitted students cannot do college-level work when they begin their courses, administrators drop the old idea of catch-up “remedial” classes or compensatory “remediation” courses. The new language conveys that students are now suddenly qualified, or at least it virtue-signals the university’s effort to be suitably sensitive to the fact that in California nearly half of those entering the CSU system cannot read or compute at what previously had been thought to be a college level.

Our very names and identities have become politicized. Desperate to highlight their progressive purity (or to enhance careers), politicians sometimes reinvent their nomenclatures and ancestries to suggest solidarity with those deemed racially, ethnically, or economically oppressed. Who now is who or what?

Senator Elizabeth Warren claimed falsely — albeit not quite in the clumsy fashion of left-wing political activist and professor Ward Churchill — that she was part Native American. Socialist New York state senate candidate Julia Salazar recently and falsely rebranded herself as a virtual foreign-born immigrant. Was their intent to pose as poorer, more victimized Americans without actually having to become poorer or more victimized?

White-male aspirant for a Texas Senate seat Patrick Francis O’Rourke has used the Latino nickname “Beto,” probably on the assumption that “Beto O’Rourke” might ensure a little more street cred among Texas’s Latino voters. I suppose “Pat O’Lopez” would be too shameless? But then again, California Senate candidate Kevin de León has added both a “de” and an accent to remind voters that he is not just an Anglicized Kevin Leon who could be mistaken for a third-generation Portuguese American.

Americans have long accepted that Hollywood movies no longer seek just to entertain or inform, but to indoctrinate audiences by pushing progressive agendas. That commandment also demands that America be portrayed negatively — or better yet simply written out of history. Take the new film First Man, about the first moon landing. Apollo 11 astronaut Neil Armstrong became famous when he emerged from The Eagle, the two-man lunar module, and planted an American flag on the moon’s surface. Yet that iconic act disappears from the movie version. (At least Ryan Gosling, who plays Armstrong, does not walk out of the space capsule to string up a U.N. banner.)

Gosling claimed that the moon landing should not be seen as an American effort. Instead, he advised, it should be “widely regarded as a human achievement” — as if any nation’s efforts or the work of the United Nations in 1969 could have pulled off such an astounding and dangerous enterprise. I suppose we are to believe that Gosling’s Canada might just as well have built a Saturn V rocket.

Comic-book sales are static, purportedly because tired readers now find their make-believe heroes sermonizing, preachy, and predictable rather than one-dimensionally heroic. Social justice has entered the world of fantasy — and extends to science-fiction novels as well. Will 1984 have to be either banned or subjected to race/class/gender Bowdlerization?

Sports offers no relief. It is now no more a refuge from political indoctrination than is Hollywood. Yet it is about as difficult to find a jock who can pontificate about politics as it is to encounter a Ph.D. or politico who can pass or pitch.

The National Football League, the National Basketball Association, and sports channels are now politicalized in a variety of ways, from not standing up or saluting the flag during the National Anthem to pushing social-justice issues as part of televised sports analysis. What a strange sight to see tough sportsmen of our Roman-style gladiatorial arenas become delicate souls who wilt on seeing a dreaded hand across the heart during the playing of the National Anthem.

Even when we die, we do not escape politicization. At a recent eight-hour, televised funeral service for singer Aretha Franklin, politicos such as Jesse Jackson and Al Sharpton went well beyond their homages into political harangues. Pericles or Lincoln they were not.

Activist professor Michael Eric Dyson laced his supposed eulogy with an adolescent rant against Donald Trump: “Your lugubrious leach, your dopey doppelgänger of deceit and deviance” — and all that alliterative gibberish that apparently follows from a Ph.D.

Politics likewise absorbed Senator John McCain’s funeral the next day. Sarah Palin —his persistently loyal 2008 running mate, who has never uttered an unkind word about him — was not invited. Apparently, her presence would now be seen as too politically incorrect; it might have polluted the observance with a deplorable odor or reminded us that she was once considered useful in appealing to the clinger/irredeemable/“crazies” vote.

Meghan McCain, Barack Obama, and former president George W. Bush all did their best to praise the deceased, but in passing could not resist deprecating the current president. We have forgotten that the ancillary to de mortuis nihil nisi bonum dicendum est (about the dead nothing but good should be said) is “in speaking of the dead, nothing but good should be said about the still living.” It is certainly not an admirable trait to deplore incivility by gratuitously attacking a sitting president at a funeral — especially when neither the presidential encomiasts, nor the object of their encomia, had always been particularly civil and polite to each another in the past.

Even the long-ago dead are fair game. Dark Age iconoclasm has returned to us with a fury.

Any statue at any time might be toppled — if it is deemed to represent an idea or belief from the distant past now considered racist, sexist, or somehow illiberal. Representations of Columbus, the Founding Fathers, and Confederate soldiers have all been defaced, knocked down, or removed. The images of mass murderers on the left are exempt, on the theory that good ends always allow a few excessive means. So are the images and names of robber barons and old bad white guys, whose venerable eponymous institutions offer valuable brands that can be monetized. At least so far, we are not rebranding Stanford and Yale with indigenous names.

This new politicized borg ferrets out every aspect of our lives. Nothing is safe, nothing sacred. Dead or alive, the relentless social-justice messaging continues. Like some sort of time machine, we go back in time to alter history as if a few corrections and adjustments will change and thus improve the entire present.

Progressive politics seeks to connect and energize us as millions of shared malignant cells inside a metastasizing tumor — or to destroy us in the attempt.

Voir également:

Comment Donald Trump est en train de gagner le défi de la guerre commerciale (curieusement, sans humilier ses partenaires)

L’accord entre les Etats-Unis et le Mexique s’apparente à une victoire politique pour Donald Trump, sans trop de dégâts économiques pour le Mexique, incite le Canada et sans doute les Européens à accélérer les négociations pour éviter le pire.

Rémi Bourgeot

Atlantico

2 septembre 2018

Atlantico : A l’occasion d’une interview donnée à Bloomberg, Donald Trump a jugé insuffisantes les propositions faites par les Européens de réduire à 0 les droits de douane sur les automobiles, tout en menaçant d’une sortie des Etats-Unis de l’OMC. Après avoir conclu un accord le Mexique, et dans le contexte d’une négociation qui pourrait aboutir avec le Canada, comment évaluer les récents rapports de force entre Donald Trump et les Européens ? Comment expliquer le refus par Donald Trump des propositions européennes : peut-il réellement obtenir plus ?

Rémi Bourgeot : Derrière les menaces tous azimuts qu’a brandies Donald Trump au cours des derniers mois, l’administration américaine joue en réalité un jeu assez complexe à l’échelle mondiale, vis-à-vis de ses partenaires de l’ALENA (Canada et Mexique), de l’UE, de la Chine ainsi que du Japon et de la Corée du Sud.La méthode se déploie en plusieurs temps. En premier lieu, ont été mises en place les taxes douanières sur l’acier et l’aluminium, assez généralisées, et qui ne sont pas d’une grande efficacité en termes de protection. En réalité, au-delà même du message à l’attention de l’électorat populaire américain, elles consistaient surtout à envoyer un message de détermination aux partenaires commerciaux des Etats-Unis dans le conflit commercial qui s’annonçait. Les taxes sur l’acier n’étaient toutefois pas à même d’enclencher une négociation commerciale poussée, que ce soit à l’échelle de l’ALENA ou avec l’UE.

La deuxième phase repose sur la menace, bien plus redoutable, de mesures douanières substantielles dans l’industrie automobile. Sur la base de ce qui a déjà été mis en place dans l’acier, on constate que les menaces sur les industries automobiles des divers pays partenaires sont prises très au sérieux, que ce soit au Mexique, au Canada, en Europe ou au Japon. On a vu le Mexique s’engager dans une renégociation commerciale poussée, en acceptant des quotas et une révision des règles encadrant la provenance des composants des produits pouvant bénéficier d’une exemption de taxes douanières. L’enjeu de l’Alena est, de toute évidence, également majeur pour le Canada, dont les Etats-Unis sont de loin la première destination d’exportation.Il apparaissait clairement que les menaces douanières des Etats-Unis vis-à-vis des ses deux voisins visaient à une reconfiguration de l’accord de libre-échange, en maintenant cet accord in fine à condition que les trois pays se mettent d’accord sur un certain nombre de conditions.

On voit en fait une stratégie à peu près comparable vis-à-vis de l’Europe. La Commission européenne insiste sur le fait qu’il ne s’agit en aucun cas de négocier sous la menace un accord commercial alternatif au défunt TTIP. On voit néanmoins une négociation large s’enclencher, sur la base des menaces qui pèsent sur le secteur automobile européen, et allemand en particulier. L’administration américaine était parvenue à un embryon d’accord avec la Commission lors du voyage de Jean-Claude Juncker en juillet à Washington, visant à supprimer les taxes douanières sur les produits industriels en dehors du secteur automobile. Derrière l’objectif de la suppression des droits de douane, on constate une négociation par secteurs. La partie américaine cherche surtout, pour rééquilibrer dans une certaine mesures les échanges, à développer les débouchés des entreprises américaines en Europe. Pour des raisons électorales notamment, Donald Trump insiste constamment sur l’accroissement par l’Europe mais aussi par la Chine des importations de soja américain. De la même façon, les négociations comportent systématiquement un volet sur les exportations de LNG américain.

La proposition européenne consistant à supprimer les droits de douane dans l’automobile sur une base réciproque présente un certain intérêt pour les Etats-Unis, puisque les droits de douane européen sur les automobiles sont plus élevés que leur équivalent américain (bien que les USA taxent plus fortement les camions). Mais Donald Trump cherche avant tout à obtenir une renégociation plus générale qui amènent à un rééquilibrage partiel des échanges. Comme le montre son insistance sur les exportations de soja, il n’est sans doute pas guidé par une grande vision technologique. A ce stade, la méthode offre néanmoins une certaine lisibilité. Alors que le Mexique et le Canada (plus progressivement) en sont amenés à accepter une révision de l’Alena, l’UE s’efforce de présenter les négociations comme ne visant qu’à éviter une surenchère douanière. La partie américaine tente néanmoins de mettre au centre de son jeu vis-à-vis de l’Europe ce qui s’apparenterait également à une reconfiguration des échanges.

Selon un éditorial de Mohammed El-Erian, paru dans les colonnes de Bloomberg, l’accord signé avec le Mexique mettrait les Etats-Unis en position de force concernant les prochaines négociations qui s’annoncent. Quelles seraient les conséquences pour l’Europe d’une défaite politique, et économique dans le cadre de la guerre commerciale ? 

L’éditorial de Mohamed El Erian, célèbre économiste et financier, est un signe marquant, parmi de nombreux autres récemment, de l’évolution du débat sur la question commerciale aux Etats-Unis. L’amorce du débat par Trump sous la forme de menaces à tout va centrées sans grande cohérence sur la métallurgie semblait indiquer une approche chaotique sans véritable objectif si ce n’est électoral. Si la finalité de la stratégie en termes de promotions de certains secteurs interroge encore, il s’avère que l’on a affaire à une stratégie en plusieurs temps visant à une reconfiguration généralisée des échanges des Etats-Unis avec ses principaux partenaires commerciaux.

Le cas européen présente tout de même une difficulté particulière, puisque l’UE, mais surtout la zone euro, évoluent vers un modèle généralisé d’excédents commerciaux. Au cœur de ce système, l’Allemagne présente un excédent de sa balance courante qui dépasse désormais largement les 8% du PIB. L’abaissement du taux de change de l’euro a été rendu indispensable par la crise qui a frappé l’union monétaire et fragilisé toute sa partie Sud. Ce faisant, le taux de change de l’euro est bien trop bas pour l’Allemagne, dont les excédents, par conséquent, ne cessent de croître. De plus, l’ensemble des pays de la zone se sont lancés sur la voie de la compression salariale pour compenser l’atonie de leur productivité et relancer tant bien que mal leur croissance par les exportations vers le reste du monde, et notamment vers les Etats-Unis. Le déséquilibre commercial européen est, d’une certaine façon, inhérent à l’union monétaire et à sa philosophie économique.

Mohamed El Erian a raison dans son analyse de la dynamique des négociations, et de l’importance des négociations au sein de l’Alena pour la suite des négociations avec le reste du monde, et notamment avec la Chine. Les négociations avec l’Europe sont néanmoins bien plus compliquées qu’elles ne le sont avec le Mexique et le Canada. Donald Trump peut obtenir des concessions visant à accroitre les exportations américaines vers l’Europe dans certains secteurs, mais il est considérablement plus compliqué de parvenir à un véritable rééquilibrage, puisque les déséquilibres européens sont inhérents à la structure monétaire et politique de la zone euro. L’inertie liée à cette situation peut permettre à la partie européenne d’éviter le fond du sujet. Sur le plan monétaire notamment, l’euro est fortement sous-évalué pour l’Allemagne, mais les dirigeants américains étaient les premiers à justement encourager la BCE sur la voie de la relance monétaire et donc de l’affaiblissement du taux de change de l’euro pour maintenir à flot les économies en crise au sein de la zone. Par ailleurs, l’économie européenne montre déjà d’importants signes d’essoufflement, alors que les Etats-Unis affichent actuellement des chiffres de croissance élevés, à la suite du programme de baisse d’impôts.

La dimension intrinsèque des excédents commerciaux européens avait permis à l’UE d’éviter ce débat à l’époque où Barack Obama n’avait de cesse de l’évoquer. Le risque lié à une approche comparable face à Donald Trump reste celui d’une fuite en avant sur le plan des tensions et des menaces.

Quels sont les leviers dont disposent les Européens pour permettre une accalmie sur le front de la guerre commerciale, tout en aboutissant à un résultat « gagnant-gagnant » ? 

Dans le fond, au-delà de la politique douanière ou de la construction de terminaux pour le LNG américain, tout véritable rééquilibrage des échanges entre l’Europe et le reste des pays développés nécessiterait un rééquilibrage, en premier lieu, au sein de l’Union européen et de la zone euro en particulier. Ce sujet est le grand absent des débats européens, qui ont tendance à se focaliser sur les aspects plus institutionnels, comme le dispositif anti-crise de la zone euro, qui est au cœur des projets d’Emmanuel Macron. La zone euro suit un modèle d’accroissement continu de sesexcédents commerciaux, à une échelle désormais massive. Les excédents de l’Allemagne vis-à-vis du reste de la zone euro se sont transformés, au cours de la crise de l’euro, en excédents vis-à-vis du reste du monde. Le débat européen devrait se concentrer sur les moyens de rééquilibrer la dynamique intra-européenne, au moyen d’un modèle de développement qui ne repose pas autant sur la demande extérieure comme moteur de la croissance. De plus, la France, qui n’a pas suivi les mêmes ajustements que les pays les plus durement touchés par la crise comme l’Espagne, le Portugal ou l’Italie, connait pour sa part une situation de déficit commercial chronique. Autant que la question du dispositif institutionnel de la zone euro, les efforts de rééquilibrage européen devraient se concentrer sur les conditions économiques réelles, qu’il s’agisse de salaires, d’investissement ou de moyens technologiques. Cette approche serait gagnante dans le sens où elle permettrait à l’Europe de s’ancrer dans une dynamique de croissance de meilleure qualité tout en limitant sa vulnérabilité face aux aléas mondiaux.

Voir de même:

Les perdants de Novembre 2016 cherchent à instaurer un régime totalitaire aux Etats-Unis

Guy Millière

Dreuz

24 août 2018

L’article que j’ai rédigé pour fournir un antidote à la désinformation française n’a pu prendre en compte les développements les plus récents.

Ceux-ci, comme je m’y attendais, ont suscité une frénésie médiatique délirante en France, ce qui est logique : les journalistes français (à de rares exceptions près) ne font que recopier stupidement ce qu’écrivent leurs confrères de gauche et d’extrême gauche aux Etats-Unis, en y ajoutant quelquefois leur propre haine envers les millions d’Américains qui ont voté pour Donald Trump.

Disons donc ce qui doit l’être.

La présidence Trump n’est pas “cernée par les affaires judiciaires”, comme l’écrit le correspondant du journal de gauche Le Figaro. Aucune affaire judiciaire ne concerne la présidence Trump. Strictement aucune.

Stormy Daniels ne fait pas “trembler Donald Trump”, comme l’écrit un autre gratte papier ignare du même journal de gauche. Stormy Daniels est une prostituée vieillissante qui ne peut plus exhiber ses parties intimes dans des films pour adolescent acnéique et qui a cherché à gagner de l’argent facile en faisant chanter Donald Trump avant l’élection de 2016. Donald Trump a payé en lui faisant signer un document demandant qu’elle cesse son chantage. Il n’a aucunement tremblé. Il a fait ce qu’ont fait avant lui des milliers d’hommes riches aux Etats-Unis confrontés à des chantages du même type. Certains hommes riches refusent de payer. On peut comprendre que Donald Trump ait payé. L’élection était importante, et il avait à sauver les Etats-Unis et le monde d’une présidence Hillary Clinton. La prostituée vieillissante a violé le contrat qu’elle a signé ce qui, si la justice américaine fonctionnait normalement, devrait lui coûter cher. Que le parti démocrate et les médias aient transformé en star une personne aussi sordide montre qu’ils se vautrent dans la fange : je ne comparerai pas le parti démocrate et les médias qui ont glorifié Stormy Daniels a des porcs, ce serait insultant pour les porcs.

Michael Cohen n’est pas un “fidèle déchu”, et ne fera pas “tomber Donald Trump” : Michael Cohen se révèle être un avocat sans scrupules, coupable de quelques fraudes qui n’ont rien à voir avec Donald Trump. Il a été l’un des avocats de Donald Trump. Il a été mis sous pression par un procureur voulant le pousser à accuser Trump : il a accusé Trump et s’est accusé lui-même d’actes qui ne sont ni des crimes ni des délits. Il s’est conduit en minable lâche. Il a pris comme avocat l’un des exécuteurs des basses œuvres du clan mafieux Clinton, Lanny Davis. Il a échangé les soixante-cinq ans de prison dont on le menaçait contre (vraisemblablement) cinq ans de prison, à la condition qu’il accuse Trump. Ce dont il a accusé Trump ne fait pas courir le moindre risque à Trump, puisqu’il ne s’agit pas de crimes ou de délits. Trump a payé la prostituée maître chanteuse (et une autre prostituée maître chanteuse) avec son propre argent pour se protéger de la diffamation. Aucun texte de loi n’interdit de faire ce que Trump a fait. Et il ne s’agit pas de contribution illégale à la campagne électorale. L’accusation énoncée par Michael Cohen est tout juste destinée à exciter les médias de gauche et d’extrême gauche et à calomnier. Michael Cohen fera sa peine de prison et apparaîtra comme ce qu’il est : un minable lâche. Il a perdu toute chance d’être amnistié par Trump. Il a fait son choix et a préféré la prison. C’est son droit. Fin de l’histoire.

Il n’y a aucun “coup dur judiciaire” pour Donald Trump, comme l’écrit la correspondante venimeuse du magazine de gauche Le Point. Michael Cohen n’est plus l’avocat de Donald Trump et Donald Trump n’est aucunement concerné par les turpitudes de Michael Cohen. Paul Manafort, accusé lui-même de fraude fiscale, a travaillé pour la campagne électorale de Trump moins de cent jours, et n’a aucun autre lien avec Donald Trump, qui n’a aucun lien avec les crimes éventuels de Paul Manafort. Vu le traitement odieux subi par Paul Manafort, incriminé seulement parce qu’il a travaillé pour Donald Trump, il est très vraisemblable que Paul Manafort sera amnistié par Donald Trump.

Donald Trump n’est pas “ébranlé”, et il n’y a pas de “revers judiciaires de deux collaborateurs de Trump”, comme l’écrit le correspondant du journal de gauche Le Monde. Donald Trump préside. Michael Cohen et Paul Manafort ne sont pas des “collaborateurs de Trump”. Ni l’un ni l’autre n’a depuis des mois le moindre contrat ni le moindre contact avec Trump. Ils ne subissent pas des “revers judiciaires” mais des pratiques judiciaires totalement arbitraires venues de l’Etat profond mis en place par Obama.

Il y a eu des agents russes qui ont acheté des espaces publicitaires pour quelques milliers de dollars, ce qui se produit lors de chaque élection, mais il n’y a pas eu d’“ingérence russe” comme l’écrit un ignorant sournois dans le journal d’extrême gauche Libération. Et il n’y a eu aucun lien entre la Russie et la campagne de Donald Trump. Il y a eu, par contre, des liens entre des agents russes et la campagne de Hillary Clinton, avec la complicité de l’administration Obama finissante. Comme quasiment tous les journaux et magazines français, Libération, de manière crapuleuse, soutient les crapules Hillary Clinton et Barack Obama et accuse Trump des crimes commis par Hillary Clinton et Barack Obama.

Libération interviewe un ancien de l’administration Obama (à ce stade de conduite crapuleuse, pourquoi se gêner ?), un certain Norman Eisen, qui dit que la présidence Trump est “la présidence la plus corrompue de l’histoire” : quel élément apporte-t- il à l’appui de ses dires ? Aucun. Absolument aucun. Aucune trace de corruption n’existe chez Donald Trump, qui, étant multimilliardaire, n’a nul besoin de la présidence pour s’enrichir et a même renoncé à son salaire de Président pour le donner à des œuvres charitables. Norman Eisen venant de la présidence la plus crapuleuse de l’histoire, la présidence Obama, qu’il énonce des vomissures n’a rien d’étonnant.

Il n’y a rien à reprocher à Donald Trump. Ni “collusion”. Ni “obstruction à la justice”.

Il y a eu, par contre, une tentative d’empêcher l’élection de Donald Trump par une utilisation crapuleuse de la CIA, du FBI, du Ministère de la justice, d’agents russes et d’un agent britannique par le parti démocrate, Hillary Clinton et Barack Obama.

Il y a eu, dès le jour de l’élection de Donald Trump, une tentative par un réseau de crapules totalitaires d’annihiler le résultat d’élections démocratiques et de renverser un Président démocratiquement élu. Cela s’appelle une tentative de coup d’Etat.

Depuis le 9 novembre 2016, une opération de type totalitaire est menée pour renverser Donald Trump. C’est extrêmement grave. C’est la démocratie et l’état de droit qui sont menacés aux Etats Unis. C’est dangereux pour le monde.

Je dois l’ajouter : l’opération de type totalitaire ne pourrait se mener sans des complicités parmi les Républicains.

L’erreur la plus grave de Donald Trump a été de nommer Jeff Sessions au Ministère de la justice et d’avoir choisi Rod Rosenstein comme vice-ministre de la justice. L’un et l’autre n’ont cessé de se comporter en traîtres. Sans leur trahison, les choses seraient très différentes. Des criminels seraient en prison (Hillary Clinton, John Brennan, James Clapper, Andrew McCabe, James Comey) et des innocents (Carter Page, George Papadopoulos, Michael Flynn) ne seraient pas persécutés. Robert Mueller serait hors d’état de nuire. Donald Trump ne pouvait pas savoir que Jeff Sessions et Rod Rosenstein étaient des traîtres. Il aurait le droit constitutionnel de les évincer. Il ne peut pas, car l’establishment républicain s’y oppose.

Cinq forces sont à l’œuvre pour mener l’opération de type totalitaire : le parti démocrate, les grands médias devenus organes de propagande, l’état profond mis en place par Obama, l’establishment républicain, les imposteurs appelés Never Trumpers. Jeff Sessions et Rod Rosenstein sont à l’intersection de l’état profond et de l’establishment républicain. Robert Mueller est une émanation de l’état profond.

Une sixième force est à l’œuvre : les “médias sociaux” (Facebook, Twitter, YouTube, etc.) qui, façon Goebbels, commencent à sortir leur revolver quand ils voient la parole ou les écrits d’un conservateur soutenant Trump. C’est extrêmement grave, oui.

Dois-je le dire pour rassurer ceux qui me lisent ? L’opération de type totalitaire ne réussira pas. Soit Donald Trump gagnera les élections de mi-mandat, et il pourra se défaire de Jeff Sessions et Rod Rosenstein et nommer un Ministre de la justice digne de ce nom qui en finira avec Robert Mueller, et, en ce cas, il poursuivra sa politique. Soit les Démocrates obtiendront la majorité à la Chambre des représentants, et Donald Trump ne sera pas destitué (il faudrait une majorité des deux tiers au Senat, soit soixante-six voix sur cent, et les Démocrates ne l’auront pas), mais son action intérieure et extérieure sera fortement entravée par la frénésie destructrice des forces totalitaires.

Voir de plus:

McCain a fait de son enterrement un meeting anti-Trump
Guy Millière
Dreuz

3 septembre 2018

Pour lui rendre hommage à Phoenix en Arizona, [MCCain] a choisi deux Démocrates, dont Joe Biden, ancien vice-président d’Obama, qui n’a pas manqué l’occasion de s’en prendre à Donald Trump. Et pour lui rendre hommage à Washington, il a choisi George Walker Bush, Barack Obama, et sa fille Meghan. George Walker Bush, un homme que j’ai estimé quand il était Président (mais beaucoup moins depuis) s’est à nouveau conduit de manière peu estimable. Barack Obama a tenu un discours perfide et mensonger qui lui ressemble et a montré qu’il était plus que jamais un être sordide. Meghan McCain a montré, elle, que son but n’était pas de faire l’éloge de son père, mais de s’en prendre à Donald Trump avec autant de bassesse que le plus vil des Démocrates. Je respecte sa douleur. Je ne respecte pas ce qu’elle a fait lors de la cérémonie d’enterrement, et, dès lors que tout a été préparé avant la mort de John McCain, j’imagine aisément la haine ressentimentale qui a imprégné celui-ci à la fin de sa vie.

Le parti démocrate est devenu un parti infect, crapuleux, aux tentations totalitaires, flirtant avec des comportements fascistes.

L’establishment républicain que George Walker Bush a incarné est complice des Démocrates.

Meghan McCain, qui a une place à la télévision dans un talk show gauchiste, appartient à la cohorte des Never Trumpers qui font le lit de la destruction de l’Amérique.

Avoir dit que l’Amérique était grande avant Trump est cautionner tout ce qu’a fait Obama, que je ne vais pas rappeler ici en détail. Mais cela veut dire que l’Amérique était grande aux yeux de Meghan McCain quand un Président provoquait des émeutes raciales, laissait proliférer les gangs, monter le chômage, la pauvreté, l’immigration illégale, les meurtes de policiers, et permettait à l’Etat Islamique de massacrer et de former des terroristes.

Donald Trump a été élu contre les gens qui pensent ainsi, contre Obama, contre Hillary Clinton, contre les Démocrates crapuleux, contre l’establishment républicain, contre des médias également crapuleux, contre des conservateurs méprisant le peuple, contre des traîtres tels que John et Meghan McCain.

Ces gens là le haïssent parce qu’il n’est pas de leur monde. Ils crachent sur lui et ils crachent sur le peuple de l’Amérique profonde, qu’ils disent “déplorable”.

Le but de ces gens là est que la tentative de transformation des Etats-Unis en une république bananière, voire bien pire encore, à la fin de la présidence Obama ne soit pas mise au jour et que leurs petites et grandes turpitudes puissent se poursuivre.

Leur but est que le peuple américain ne découvre pas que comparé à ce qu’ils ont fait, le Watergate a été une infime broutille.

Leur but est que le peuple américain ne sache pas que Donald Trump accomplit immensément, dans tous les domaines, et de diffamer, salir, en espérant que cela aura un effet.

Ces gens là ont beau s’activer, le peuple américain qu’ils méprisent voit la croissance, le plein emploi, le retour à la sécurité dans le pays. Il voit aussi ce que Trump accomplit ailleurs sur la planète.

La “vague démocrate” dont on ne cesse de parler semble s’essoufler avant d’atteindre le rivage. Qu’en restera-t-il début novembre ?

Le parti démocrate choisit des candidats gauchistes abrutis et incultes (pléonasme). Les candidats soutenus par Trump montent en puissance. La crédibilité des grands médias est en chute libre.

Etant pour le pluralisme, je souhaite une défaite cuisante aux Démocrates aux fins que le parti démocrate redevienne un parti digne de ce nom.

Aimant profondément un pays qui est désormais mon pays, je souhaite que le redressement enclenché par Trump se poursuive.

Je souhaite pour les mêmes raisons que Jeff Sessions et Rod Rosenstein soient chassés du gouvernement au plus tôt, parce qu’ils couvrent les activités de criminels : Hillary Clinton, Barack Obama, John Brennan, James Comey, Andrew McCabe, et parce que c’est à cause d’eux que le grand inquisiteur Mueller mène une chasse aux sorcières monstrueuse et que les grands médias peuvent mentir impunément. Et je souhaite que Trump déclassifie les documents accablants que Jeff Sessions se refuse à divulguer. Il se dit qu’il va le faire. J’espère que c’est vrai. Il serait temps !

Je ne doute pas un seul instant que le redressement se poursuivra. Je vois ce que voient les Américains qui m’entourent car je partage leur vie.

Je connais un pays que les correspondants des médias français qui vivent en vase clos entre New York City et Washington DC ne connaissent pas et méprisent parce qu’il méprisent le peuple américain. Leur mépris suinte de leurs articles et de leurs commentaires. Ils intoxiquent les esprits. Ils mentent. Ils occultent. Ils ont renoncé au métier de journalistes. Donald Trump a dit que les médias désinformateurs américains sont les ennemis du peuple américain. Il a raison. Les médias désinformateurs français sont les ennemis du peuple français.

Lire un titre (presque identique) dans deux Pravda francaises (Le Figaro et Le Point) disant que “L’Amérique rend hommage à John McCain, l’anti-Trump” est consternant. L’Amérique n’est pas composée uniquement de journalistes de gauche et de politiciens de Washington, et l’essentiel du peuple américain n’a pas rendu hommage à John McCain, et ne s’est pas interessé au meeting politique anti-Trump qui s’est tenu à Washington. John McCain était si anti-Trump qu’il méprisait les électeurs de Trump (qu’il a traité de malades mentaux), soit plusieurs dizaines de millions d’Américains. John McCain est très différent de Trump : il n’a jamais été Président, s’est montré incapable de gagner une élection présidentielle et a trahi son camp. Donald Trump s’est montré capable d’être élu Président, a accompli davantage en vingt mois que John McCain dans toute sa vie politique, et n’a trahi personne. Lire dans les articles français que Donald Trump vient de la téléréalité est honteux et montre la prépondérance du crétinisme en milieu journalistique. Les journalistes français pensent que gérer pendant quatre décennies une entreprise planétaire, c’est faire de la téléréalité, et ne savent apparemment rien de ce que fait Donald Trump pour l’économie et la société américaine et pour le monde. S’ils savent, ils n’en parlent pas. Ils préfèrent Emmanuel Macron qui, lui, n’a rien accompli de sa vie et se montre plus minable que François Hollande. Crétinisme en milieu journalistique, disais-je ?

Guy Millière

PS. Donald Trump dénonce les biais des “médias sociaux”. Il a raison là encore. Google n’est plus un moteur de recherche, mais un vecteur de propagande (si vous cherchez quelque chose sur Israël en utilisant Google, vous trouverez à torrent de la propagande “palestinienne”, et si vous cherchez un article sur un Israélien tué par un terroriste, vous trouverez des articles d’Electronic Intifada accusant l’armée israélienne ; sur tous les sujets, c’est la même chose). Youtube et Twitter censurent les conservateurs, Facebook suit le même mouvement. C’est scandaleux. Ce qui devait être un vecteur de liberté devient un instrument d’oppression.

Voir de plus:

L’édito du New York Times révèle un danger peut-être plus grand que Trump lui-même

L’auteur de la tribune qui a semé le chaos à la Maison-Blanche peut avoir agi dans son seul intérêt.
Bérengère Viennot
Slate
7 septembre 2018

Difficile d’ignorer que depuis quelques jours, un véritable séisme secoue la Maison-Blanche et l’Amérique tout entière. Mardi 11 septembre sortira un livre –Fear: Trump in the White House de Bob Woodward, l’un des journalistes du Washington Post qui ont contribué à révéler le scandale du Watergate– qui affirme qu’en coulisses, l’entourage de Trump le prend pour un sombre crétin.

On pourra y lire, entre autres, qu’outre les jugements personnels peu flatteurs portés à l’encontre du président des États-Unis, un certain nombre de ses hauts fonctionnaires agissent derrière son dos pour contrer ses décisions.

Au lendemain de l’annonce de la parution du livre et de la publication de ses extraits les plus croustillants, le New York Times a publié un éditorial anonyme écrit par un haut fonctionnaire de l’administration Trump, où l’on peut lire que nombre de membres de l’entourage présidentiel savent pertinemment que le président américain est un danger pour la nation et qu’une résistance s’est organisée au sein même de la Maison-Blanche.

Prouver, pas juste dire

Cet éditorial est à la fois fascinant et terrifiant. Il décrit un Donald Trump «impétueux», «belliqueux», «mesquin», qui fait des «caprices», prend des décisions «qui ne tiennent pas debout, mal informées et parfois dangereuses». L’article montre Trump tel que tout le monde le connaît déjà, mais cette fois de l’intérieur, confortant dans son opinion la grande partie du monde qui était déjà convaincue que le président américain ne tournait pas rond.

Son auteur –son autrice?– explique qu’il écrit cette lettre pour rassurer le public: certes, Trump déraille, mais «des adultes» sont là et veillent au grain. Que si les hauts fonctionnaires «résistants» n’invoquent pas le vingt-cinquième amendement, celui qui permettrait de déclencher une procédure de destitution de Trump, c’est uniquement pour éviter de provoquer une «crise constitutionnelle».

La lecture de cet éditorial fantasque provoque chez le lectorat un enchaînement de réactions à la fois épidermiques et intellectuelles. Ah, on en était sûr, Trump est un malade, ça fait du bien de le lire noir sur blanc, et écrit par des témoins directs en plus, maintenant on a des preuves. Spoiler: non, on n’en a pas. Ce n’est pas parce qu’une source anonyme le dit que c’est vrai.

Ensuite: youpi, voilà qui va apporter de l’eau au moulin de celles et ceux qui veulent destituer Trump. Or non, désolée encore une fois pour le faux espoir: personne en l’état actuel des choses n’a les moyens de le faire. Il faudrait pouvoir prouver, pas juste dire, qu’il agit comme un dingue, ce qui ne risque pas d’être possible sur la seule foi de sources anonymes, ni sur celle de révélations d’un livre, que ce soit celui de Woodward ou de ceux qui l’ont précédé.

Coup terrible porté à la démocratie

L’auteur –pour des raisons de simplification, on va partir du principe que c’est un auteur– choisit de rester anonyme pour des raisons évidentes. Pas seulement parce que cette lettre lui coûterait sa place (au minimum), mais parce que ce qu’il raconte est injustifiable. Les procédés qu’il décrit sont un coup terrible porté à la démocratie américaine et à la fonction présidentielle. Il s’agit presque d’un coup d’État clandestin. La crise constitutionnelle est déjà là, et c’est lui et ses homologues agissant dans l’ombre qui l’ont déclenchée.

David A. Graham souscrit à cette thèse. Dans The Atlantic, il évoque un «coup d’État anti-démocratique». Et de fait, voici un haut fonctionnaire –nommé, donc, pas élu!– qui se vante de désobéir au président démocratiquement élu et se félicite que des membres de l’exécutif contournent les ordres présidentiels, travaillent à «piloter l’administration dans la bonne direction jusqu’à ce que –d’une manière ou d’une autre– tout cela se termine». Comme le dit Graham, «si contrôler le président demande de désobéir aux ordres et de recourir à la tromperie, cela devient plus dur à défendre».

En vertu de quelle autorité de hauts fonctionnaires justifient-ils de tels agissements? Si l’on apprenait que l’entourage d’Obama en avait fait autant, comment réagirait-on? Mais Obama n’était pas fou, ni dangereux, ni impulsif, répondrez-vous. Eh bien, c’est une question de point de vue. On est tous le fou de quelqu’un.

Dans la mesure où aucune preuve scientifique n’est établie de la folie de Trump, et même si la majorité de son entourage, voire du monde, estime qu’il a les fils qui se touchent, la loi américaine ne permet pas que des individus prennent de leur propre chef des décisions contraires aux devoirs que leur impose leur fonction.

«TRAHISON?», a rageusement tweeté Trump après la publication de cet article.

La question se pose, en effet. Car soit l’entourage de Trump estime qu’il est inapte à gouverner, que c’est un danger pour son pays et dans ce cas, son devoir est de mettre en branle une procédure de destitution pour l’empêcher de nuire, soit cet entourage se trompe ou est de mauvaise foi, auquel cas cette dénonciation et ces actes de rébellion larvée relèvent de la trahison.

«Résistants»

Voilà à la fois le problème et le talent de Trump: en rabaissant le niveau de la plus haute fonction de l’État, il a fait dégringoler tout son entourage avec lui. Celles et ceux qui œuvrent autour de lui à défaire ce qu’il fait utilisent des méthodes répréhensibles, hors de toute morale. Et l’’amoralité, c’est justement ce que reproche l’auteur de l’éditorial à Donald Trump, et ce qu’il évoque pour justifier son action et celle des autres «résistants».

Si le mot «résistant» a une connotation en français qu’elle n’a pas en anglais américain –question d’histoire nationale bien sûr, le vocabulaire choisi par l’auteur anonyme pour se désigner et désigner ses homologues n’en est pas moins très fort, quasiment lyrique: il parle de «héros méconnus dans et autour de la Maison-Blanche», rien de moins.

Il explique que «certains de ses conseillers ont été présentés comme des scélérats par les médias. Mais en privé, ils se donnent beaucoup de mal pour contenir les mauvaises décisions dans l’aile ouest, même si clairement, ils n’y arrivent pas toujours». Ce sont, selon lui, les «adultes» qui surveillent Donald Trump et qui l’empêchent de nuire.

Curieusement, ces «adultes» ne trouvent pas la situation suffisamment alarmante pour continuer à respecter la loi. Le vingt-cinquième amendement permet à l’exécutif d’engager une procédure de destitution –certes complexe, heureusement d’ailleurs– du président.

Ces «adultes» ne sont pourtant pas confrontés à une situation désespérée qui exige des actes de résistance héroïque –par exemple une dictature où la vie des lanceurs et lanceuses d’alerte serait en danger, et le président indéboulonnable par des voies légales. C’est loin d’être le cas aux États-Unis.

Un coup monté par Trump lui-même?

Si ces personnes n’engagent pas de procédure de destitution, alors que de leur propre aveu la situation est grave et que Trump est fou, il s’agit d’un choix. C’est qu’elles risquent quelque chose (au hasard: perdre la majorité républicaine un peu partout, au Congrès, à la présidentielle de 2020), parce que la base qui soutient Trump est encore forte, mais que au cas où ça tournerait au vinaigre pour le quarante-cinquième président des États-Unis, au cas où, «d’une manière ou d’une autre», son mandat s’achevait de manière un peu précipitée, elles puissent sortir de l’ombre et sauver leur peau en clamant: «Moi, j’étais résistant» à toutes celles et ceux qui ne manqueront pas de demander des comptes aux responsables de cette calamiteuse administration et seront tentés de raser quelques crânes.

Pour Ben Mathis-Lilley, journaliste politique à Slate.com, «c’est définitivement une explication très plausible pour expliquer pourquoi cette personne a choisi de publier cette tribune». «Mais d’un autre côté, spécule-t-il, peut-être que cet individu anonyme en avait tout simplement assez de lire et d’entendre des critiques de l’administration Trump, et qu’il n’a pour seule motivation que l’envie de se défendre en public.»

À moins, bien sûr, comme le suggère Corentin Sellin, spécialiste de la politique américaine, dans une interview accordée à Libération, que cette lettre ne soit «un coup monté par Trump pour discréditer le New York Times». Ce qui expliquerait le côté fantasque de la lettre et son absurdité, car ces «résistants», en la publiant, se condamnent eux-mêmes à devoir arrêter leurs activités souterraines.

Selon Dick Howard, professeur de philosophie politique à l’université de Stony Brook (New York) et auteur de Les ombres de l’Amérique, de Kennedy à Trump (à paraître le 20 septembre), ce serait en effet pour Trump un moyen de rassembler ses troupes autour de lui avant les élections de mi-mandat, en novembre, qui pourraient le voir perdre sa majorité à la Chambre des représentants et une majorité démocrate lancer une procédure de destitution.

Pour Howard, cet épisode marque possiblement la fin d’un cycle politique, un «réalignement» de la politique américaine, où les trente ans de règne républicain entamé avec l’élection de Reagan en 1981 et interrompu par les deux doubles mandats démocrates de Clinton et d’Obama arrivent à leur terme dans une apothéose.

La politique non-partisane d’Obama, qui refusait de régner sur un seul parti et voulait se placer au-dessus de la politique, aurait provoqué un retour de bâton d’une violence folle avec la présidence Trump et son sectarisme politique poussé à l’excès, avance Howard. Reste à savoir ce qui pourra le remplacer…

Si on veut être encore plus kafkaïen, on peut même imaginer que c’est l’entourage de Trump qui a monté ce coup dans son intérêt sans le lui dire, le sachant bien incapable, intellectuellement, de fomenter une stratégie aussi élaborée. À ce stade de spéculation, comme aurait dit John Kelly, le chef de cabinet de la Maison-Blanche: «On est chez les fous.

Voir par ailleurs:

Entre Trump et Merkel, adapter la politique de la France
Jean-Pierre Chevènement

Le Figaro

6 septembre 2018

La critique que l’establishment nord-américain exerce à l’égard de la politique de Donald Trump juxtapose de très nombreux griefs. Ainsi, l’ancien président Obama incrimine un réflexe de conservatisme émanant de couches sociales menacées dans leur «stabilité économique», leur «statut social», leurs «privilèges» ou leur «identité culturelle» (discours de Johannesburg du 17 juillet 2018). Cette critique trop rapide me paraît révélatrice d’une certaine tache aveugle qui dissimule à l’establishment nord-américain les fractures sociales engendrées par la globalisation dans les régions industrielles traditionnelles – ainsi la «Rust Belt» – et surtout la montée d’une inquiétude plus générale dans la société américaine: et si la globalisation conduisait non seulement à la désindustrialisation mais aussi à un certain déclin des États-Unis?

Trump, sans le dire explicitement, incrimine les conséquences des choix opérés il y a quatre décennies par l’establishment américain, républicain d’abord puis démocrate, en faveur du libre-échange notamment avec la Chine. L’actuel déficit commercial américain (862,7 milliards de dollars en 2017 dont 395,8 milliards avec la Chine) ne montre pas que les États-Unis vivent au-dessus de leurs moyens: pour Trump, ce déficit abyssal est d’abord le résultat de l’alliance déséquilibrée nouée entre les firmes multinationales américaines et le Parti communiste chinois au temps de Deng Xiaoping.

Trump attaque sur tous les fronts à la fois. D’abord le déficit commercial avec la Chine, dont par ailleurs le PIB (en dollars courants) s’approche de celui des États-Unis (12.237 milliards de dollars contre 19.390) et l’a même nettement dépassé en parité de pouvoir d’achat (23.000 milliards de dollars contre 19.000), selon la Banque mondiale, une Chine qui n’applique qu’avec réticence les règles de l’OMC en matière de propriété intellectuelle et de subventions publiques. Ensuite la dénucléarisation de la Corée du Nord, véritable test à l’égard de Pékin. En troisième lieu le déficit avec l’Union européenne (160,8 milliards de dollars), principalement avec l’Allemagne qui ne consacre par ailleurs qu’un très modeste effort à sa défense (1,1 % de son PIB). Trump, enfin, veut remettre en cause la domination de l’Iran sur le Moyen-Orient, résultat des deux guerres du Golfe, en dénonçant l’accord du 14 juillet 2015 qui était pourtant un autre moyen de la contenir.

Le président des États-Unis se veut «antisystème»: il combat le libre-échange qui est la philosophie de base des institutions de Bretton Woods (FMI, Banque mondiale) et plus encore de l’OMC. Il rompt avec le multilatéralisme qui organisait autour de l’establishment américain la solidarité de tous les autres, y compris le Parti communiste chinois, au sein d’un ensemble mondial hiérarchisé. Son mot d’ordre: «America first!» exprime avant tout la volonté de rebattre les cartes d’un jeu dont il estime que les règles doivent être revues, l’objectif central étant évidemment d’enrayer la montée de la Chine sur le long terme et de perpétuer l’hégémonie mondiale des États-Unis.

Ce retournement de tendance historique par rapport au paradigme libre-échangiste et multilatéral qui organisait depuis quarante ans l’hégémonie «soft» des États-Unis sur leurs alliés prend ceux-ci par surprise. Ils sont confrontés à une hégémonie «hard» qui les transforme en États tributaires. Ainsi leurs entreprises, si elles rechignent à plier devant les oukases du Centre (en matière d’investissements à l’étranger par exemple), sont-elles mises à l’amende en vertu de l’extraterritorialité du droit américain. En maintenant un conflit à demi gelé en Ukraine, les États-Unis croient s’être enfin approprié la clé de la sécurité européenne.

Dans le système de domination états-unien, un paradigme dur s’est ainsi substitué à un paradigme mou. À bien y réfléchir, cela a commencé avant Trump: avec les «révolutions arabes» et la crise ukrainienne. Dans les deux cas, la volonté d’exporter les «valeurs occidentales» a engendré la crise (sanctions ou diverses formes d’ingérence en Libye et en Syrie).

Ce changement de paradigme se fait au nom de l’intérêt national américain: ce sont deux conceptions de l’intérêt national qui s’affrontent dans le débat de politique intérieure américaine sur le multilatéralisme.

La cristallisation de ce débat autour de la Russie n’est qu’un trompe-l’œil. Le vrai sujet, c’est la Chine. Trump avec elle raisonne d’abord en termes commerciaux. L’establishment traditionnel met davantage en avant les «valeurs» face aux régimes qualifiés d’«autoritaires». La Russie à cet égard n’est qu’une pièce dans un dispositif plus vaste. Confrontés à l’échec de leur politique de «changement de régime» à Moscou, les États-Unis aujourd’hui ne peuvent espérer freiner le rapprochement de la Russie avec la Chine et l’Asie qu’en revoyant une politique des sanctions manifestement contreproductive. Il suffirait pour cela d’exercer sur l’Ukraine les pressions qui l’amèneraient à appliquer enfin les clauses de l’accord de Minsk qui lui incombent. Tel ne semble pas être aujourd’hui le chemin choisi. En attendant, rien ne s’opposerait à des «deals» circonscrits (à la Syrie par exemple), où la realpolitik, des deux côtés, trouverait son compte, si la question de l’Iran n’y faisait obstacle.

Fondée sur des rapports de force brutaux, la politique de Trump peut paraître procéder d’une logique simpliste: un déficit commercial abyssal peut-il être réduit par la hausse des droits de douane? Cette politique ne sera-t elle qu’une parenthèse qui se refermera bien vite? Il peut paraître bizarre de substituer à une politique étrangère globale visant à rassembler des alliés une somme de «deals» dont le premier effet est de rapprocher adversaires et partenaires. Ceux-ci dans l’immédiat paraissent tétanisés et divisés quant à la réponse à apporter à une politique dont le véritableobjet – la perpétuation de la suprématie américaine – est soustrait au débat public.

L’Union européenne est divisée par nature. Elle n’est pas capable aujourd’hui de définir une relation stratégique avec la Chine ou face aux États-Unis. Sur l’Iran ou en matière commerciale, Trump est en position de force. Il peut sans peine exciter au sein de l’Union européenne les contradictions: Brexit, taxation des grosses cylindrées, insuffisant effort de défense des Européens, et notamment de l’Allemagne, dont le statut politico-militaire limite la capacité qu’elle a de jouer «dans la cour des grands», sanctions rédhibitoires à l’égard des entreprises qui ne respecteraient pas les orientations de la politique américaine en Iran, faiblesse intrinsèque de la monnaie unique face aux secousses internationales prévisibles, etc.

Une lecture historique de la première mondialisation (1860-1914) ne permet pas sans aveuglement d’écarter un scénario qui ressusciterait encore une fois le «piège de Thucydide», c’est-à-dire le déclenchement par accident d’une «guerre préventive» entre deux coalitions formées l’une autour d’une puissance dominante (Athènes au Ve siècle avant J.-C. ou la Grande-Bretagne au XIXe siècle), l’autre autour d’une puissance montante (Sparte dans la guerre du Péloponnèse ou le IIe Reich allemand avant 1914).

Ce scénario qui fait partie du jeu de Trump face à la Chine peut rester virtuel. Y a-t-il une alternative? La Chine sera de toute façon demain une très grande puissance mais pas forcément la puissance hégémonique mondiale.

L’Union européenne, à certaines conditions réalistes, pourra peut-être devenir une entité stratégique. Ce n’est pas tant le néoprotectionnisme de Trump qui menace la paix dans le monde. En effet, le regain du protectionnisme à la fin du XIXe siècle a montré que la croissance de l’économie mondiale et même celle du commerce international pouvaient s’en accommoder. L’accord avec le Mexique est un bon accord, malheureusement trop peu commenté, qui subordonne l’importation aux États-Unis de voitures fabriquées au Mexique à un salaire minimum des ouvriers mexicains. Le néoprotectionnisme peut aller de pair avec le recentrage des économies chinoise et américaine sur leur marché intérieur. C’est plutôt de la configuration bipolaire du monde (en «G2») et de l’exacerbation des tensions entre les deux pôles que procède aujourd’hui le plus grand danger.

Un certain multilatéralisme peut-il être restauré? Avec peu de moyens, la Russie a rétabli sa souveraineté. L’Union européenne ne peut, selon moi, y parvenir par la voie de l’intégration. Les rapports de force en son sein sont trop déséquilibrés. Les résultats de notre commerce extérieur témoignent du manque de compétitivité de l’économie française qui depuis quatre décennies a laissé s’effilocher son industrie. Moins que jamais le gouvernement de Mme Merkel issu des élections de 2017 ne veut d’une «union de transferts» que le président Macron ne lui a d’ailleurs pas proposée. Un budget de la zone euro «à deux chiffres» ne peut être l’outil d’une politique économique contracyclique sérieuse. Certes la France pourrait proposer une politique contracyclique plus efficace où les investissements s’effectueraient principalement sur le territoire des pays contributeurs. Il serait peut-être ainsi possible de tempérer le mercantilisme allemand (un excédent de la balance courante, manifestement excessif,de 8,1 % du PIB).

La France et l’Allemagne pourraient aussi essayer de promouvoir l’euro comme monnaie internationale parallèlement au dollar, mais la volonté politique en existe-t-elle alors que les Européens, depuis les accords de la Jamaïque (1976), se sont toujours accommodés de l’abus du privilège du dollar par les États-Unis?

Plus encore qu’une politique économique contracyclique, ce qui fait défaut à l’Union européenne, c’est une capacité d’action stratégique dans le domaine monétaire mais aussi en matière de politique extérieure et d’intervention militaire, de politique migratoire, d’aide au développement, et enfin de promotion des technologies du futur.

À ces défis, l’intégration n’est pas une bonne réponse: les processus de décision à vingt-sept ou à dix-neuf sont trop lents. Surtout manque la volonté politique appuyée sur un puissant sentiment d’adhésion populaire qui pourrait fonder une ambition stratégique à l’échelle mondiale. Soyons réalistes: l’Union européenne restera pour l’essentiel une union de nations, c’est-à-dire une confédération. La nation reste en effet le cadre de la démocratie et de l’affirmation de la volonté politique des peuples. Au sein de l’Union européenne, plusieurs grands États pourraient ensemble constituer le noyau d’une entité stratégique opérationnelle. Un traité dans les traités serait sans doute pour cela nécessaire. Il n’y a pas de contradiction entre ce «noyau dur» et l’UE à vingt-sept ou la zone euro à dix-neuf, mais au contraire complémentarité. Ce qui compte, c’est la volonté politique de défendre les intérêts européens. Par ailleurs, le bon sens commanderait de réfléchir à un nouveau partenariat stratégique avec la Russie pour lever l’hypothèque de la sécurité européenne.
Desserrer les pinces du «G2» et contribuer à restaurer un véritable multilatéralisme

L’Europe, à ces conditions seulement, pourrait peser comme acteur stratégique mondial. Elle pourrait ainsi desserrer les pinces du «G2» et contribuer à restaurer un véritable multilatéralisme, plus propice que le tête-à-tête sino-américain à la stabilité et à la paix dans le monde.

L’Union européenne pourrait même tirer parti du néoprotectionnisme américain: la défense de l’État social en effet exige des frontières. Une certaine régionalisation de l’économie mondiale permettrait une meilleure régulation sociale au plan intérieur. De même, en matière migratoire, la prise en compte de tous les facteurs (développement des pays d’origine qui ont besoin de leurs élites, capacité d’intégration des sociétés d’accueil) pourrait conduire à un «mix» consensuel entre pays du Nord et pays du Sud, autour de formules équilibrées, cohérentes avec le maintien des valeurs universelles: il faudrait pour cela aider les pays du Sud à devenir de véritables États nations.

Trump incarne un défi qui ne peut être relevé que sur la base d’une vision stratégique, par une France remise au centre du jeu européen», selon la formule employée, un jour, parle président de la République. De toute évidence, des révisions s’imposent à notre politique pour tenir compte des changements majeurs intervenus depuis un an.

Voir encore:

La gauche américaine a fait de l’anti-Trumpisme sa nouvelle politique étrangère

Tirer à boulets rouges sur tout ce que Donald Trump puisse dire ou faire en matière de politique extérieure ne parviendra jamais à cacher les carences de la gauche américaine en ce domaine.
Fabio Rafael Fiallo
Contretemps
4 avril 2018

Le président Donald Trump éprouve une difficulté indiscutable à former et à garder une équipe opérationnelle autour de lui ainsi qu’à prévenir des commentaires moqueurs à son égard par des membres de son gouvernement. Ajoutons à cela l’enquête en cours sur une éventuelle collusion entre son équipe de campagne et le gouvernement russe, et alors tous les ingrédients d’un film de suspense, à rebondissements, se trouvent réunis.

Au milieu de la tourmente, cependant, le président américain peut éprouver un certain réconfort dans l’aide non intentionnelle que lui apportent ses ennemis idéologiques, c’est-à-dire les membres d’une gauche – représentée par le Parti démocrate et des analystes politiques proches de ce parti – dont les critiques envers Trump sont tellement biaisées et incohérentes qu’elles perdent largement en crédibilité et en lisibilité.

Le phénomène est devenu manifeste dans le domaine de la politique extérieure.

L’exemple syrien

Prenons d’emblée le cas du conflit syrien. Après avoir établi une « ligne rouge » concernant l’éventuel usage d’armes chimiques en Syrie, le Président Obama renonça à mettre sa menace à exécution lorsque le régime de Bachar el-Assad employa ce type d’armes contre la population civile de son pays. La reculade d’Obama envoya un signal clair aux adversaires des États-Unis dans la région, notamment l’Iran et la Russie : ces derniers pouvaient désormais occuper le terrain en Syrie (comme ils ne se privèrent pas de le faire) sans craindre une riposte américaine. Et pourtant, cela ne dérangea guère, ou pas du tout, les membres du Parti démocrate.

Or, lorsque le président Trump décida en mai de l’an passé de lancer des attaques aériennes sur les installations militaires du régime de Bachar el-Assad (et ce en réaction à l’emploi à nouveau d’armes chimiques par ce régime), le Parti démocrate offrit le spectacle de la division. En effet, tandis que les leaders de ce parti dans les deux chambres du pouvoir législatif américain – Chuck Schumer et Nancy Pelosi – manifestèrent un soutien, certes mitigé, à cette initiative, bien de leurs camarades condamnèrent leur prise de position, montrant de ce fait un parti sans position claire à cet égard.

En ce qui concerne la Corée du Nord, la gauche américaine n’a pas lésiné sur les critiques à la rhétorique belliciste de Donald Trump à l’égard du dictateur Kim Jong-un. Elle a été, en revanche, bien avare de mots pour admettre que la fameuse « patience stratégique » d’Obama, appliquée à la Corée du Nord, fut un véritable fiasco ayant permis au dictateur Kim Jong-un de faire des progrès considérables dans la militarisation de son programme nucléaire.

Face à la Corée du Nord

L’attitude de l’opposition démocrate sur le dossier nord-coréen est devenue encore moins lisible, et plus intenable, après l’annonce d’une rencontre prochaine entre Donald Trump et Kim Jong-un. En effet, plutôt que de montrer un enthousiasme quelconque pour la fenêtre d’opportunité qu’ouvre une telle rencontre, bien des membres de ce parti – y compris la candidate à la présidence lors des élections de 2016, Hillary Clinton – mettent l’emphase sur le manque de sobriété et d’expérience diplomatique de Donald Trump, ce qui, martèlent-ils, peut faire capoter les négociations entre les deux pays.

Qu’on se le dise : le sommet États-Unis-Corée du Nord peut finir dans un cul-de-sac, ou même pourrait ne pas avoir lieu du tout. Mais indépendamment de l’issue de cette initiative, il n’en demeurera pas moins que le prédécesseur de Trump, en dépit de son expérience politique et de sa prudence diplomatique, n’était pas parvenu à mettre  Kim Jong-un en disposition de négocier.

Puis, de même qu’au sujet de la Corée du Nord, les démocrates américains ne cessent de dénoncer la rhétorique offensive de Donald Trump à l’égard de Téhéran et sa menace de sortir les États-Unis de l’accord négocié par Barak Obama sur le nucléaire iranien.

L’absence de « grande stratégie »

Il n’empêche que c’est bien cette rhétorique qui a poussé les partenaires européens concernés par cet accord à tenter de revoir celui-ci dans le but d’accommoder les objections et les exigences de Donald Trump.

Dernier mais non le moindre, des membres de la gauche américaine ont regretté à maintes reprises l’absence d’une « grande stratégie » de politique extérieure chez Donald Trump. Et ils n’ont pas entièrement tort ; car le document publié par l’administration américaine en janvier dernier à ce sujet est prolixe en déclarations de principes et d’objectifs mais ne détaille pas les moyens d’y parvenir.

Or, là où se trouve l’inconsistance de la gauche américaine à cet égard, c’est dans le fait qu’elle rechigne à admettre que le Président Obama, lui, ne mit en place une stratégie pouvant être classée parmi les grandes stratégies. Pourquoi, alors, s’en prendre exclusivement à la stratégie de Trump au lieu de proposer quelque chose de nouveau à ce sujet ?

D’autre part, affirmer que « Trump a créé un vide temporaire dans le leadership mondial » – comme le fait Jake Sullivan, un haut fonctionnaire du Département d’État dans l’administration Obama – équivaut à ignorer un fait fondamental, à savoir : le vide en question existait déjà avant la présidence de Donald Trump et trouve en grande partie sa cause dans les atermoiements de Barak Obama face aux multiples contentieux internationaux.

Les incohérences à répétition de la gauche américaine trahissent un manque d’idées en matière de politique extérieure, comme le reconnaît Zack Beauchamp, ancien chercheur d’un groupe de réflexion (think tank) de centre gauche : le Center for American Progress.

Tirer à boulets rouges sur tout ce que Donald Trump puisse dire ou faire en matière de politique extérieure ne parviendra jamais à cacher ou à compenser les atavismes et les carences de la gauche américaine en ce domaine. Une aubaine pour l’actuel président américain.

Voir enfin:

Pourquoi la France doit se préparer à la guerre des étoiles

La ministre des Armées Florence Parly a annoncé un investissement massif dans les moyens spatiaux de l’armée. Une réponse à l’ »arsenalisation » de l’espace par les Etats-Unis, la Russie et la Chine… et à l’espionnage du satellite français Athena Fidus par un satellite russe l’an dernier.

C’est un satellite russe discret, connu sous le nom de Louch (ou Olymp). Lancé en 2014, l’engin s’était rapidement signalé en allant renifler d’un peu trop près des satellites de l’opérateur américain Intelsat situés sur l’orbite géostationnaire (36.000 km de la Terre). Ce n’était qu’un apéritif. La ministre des Armées Florence Parly a révélé vendredi 7 septembre que ce satellite de trois tonnes s’était approché « d’un peu trop près », en 2017, du satellite militaire français Athena-Fidus, dédié aux communications militaires sécurisées. « De tellement près qu’on aurait pu croire qu’il tentait de capter nos communications », a ironisé la ministre, en visite au Centre spatial toulousain du CNES, l’agence spatiale française. Avant d’envoyer un message clair à Moscou : « Tenter d’écouter ses voisins, ce n’est pas seulement inamical. C’est un acte d’espionnage. Nous avons pris les mesures qui s’imposaient. Nous le surveillons attentivement. »

Cette tentative d’espionnage par un satellite « butineur », le terme consacré, est loin d’être une première. Depuis une dizaine d’années, l’espace s’est lourdement militarisé. Une véritable « arsenalisation », selon le cabinet de la ministre, qui va obliger la France à repenser totalement la protection de ses satellites, civils comme militaires. « Nous savons très bien que d’autres très grandes puissances spatiales déploient en orbite des objets intrigants, expérimentent des capacités potentiellement offensives, conduisent des manœuvres qui ne laissent guère de doutes sur leur vocation agressive, a martelé Florence Parly. Nous ne sommes pas protégés contre ces menaces. Nous sommes en danger si nous ne réagissons pas. »

Destruction au laser

En quoi consistent ces menaces ? Il y a d’abord les satellites butineurs, comme le fameux Louch, qui viennent se placer dans les cônes d’émission des satellites pour tenter de capter les communications. « Il y a aussi la possibilité de corruption de personnels des stations-sols, d’installation de logiciels espions, et l’utilisation de satellites capables de désorbiter les nôtres grâce à des bras mécaniques », indique-t-on au cabinet de Florence Parly, qui évoque aussi des lasers capables de saturer les capteurs des satellites, des brouilleurs de télécommunications et, stade ultime, des armes capables de détruire les engins spatiaux (lasers, armes à impulsions électromagnétiques, missiles anti-satellites).

Ces scénarios n’ont rien du film de science-fiction : dès 2007, la Chine avait détruit un de ses vieux satellites avec un missile pour démontrer sa capacité spatiale offensive, ce qui avait généré des dizaines de milliers de débris. Les Etats-Unis avaient répondu en faisant de même en 2008. Une « guerre des étoiles », terme employé par Florence Parly dans son discours, n’est donc clairement plus à exclure. « Les Etats-Unis, la Chine et la Russie sont convaincus qu’il peut y avoir un intérêt à détruire des systèmes spatiaux, assure Xavier Pasco, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Les Etats-Unis envisagent carrément une dissuasion spatiale (« space deterrence » : quiconque leur cherche des noises sur orbite en paiera le prix fort.) Donald Trump a même ordonné au Pentagone, en juin dernier, de créer d’ici à 2020 une Space Force, sixième branche des forces armées.

100 milliards par an dans le spatial

La France peut-elle rester dans le jeu ? Elle ne boxe évidemment pas dans la même catégorie que Washington. Selon le cabinet de la ministre, 100 milliards de dollars sont investis tous les ans dans le secteur spatial, dont la moitié par les Etats-Unis (50 milliards dont 20 pour la NASA, 20 milliards pour le département de la défense, et 10 milliards pour les autres agences). Ce qui place les Etats-Unis loin devant la Chine (10 à 11 milliards), la Russie (4 milliards) et la France (environ 2 milliards).

Florence Parly assure pourtant que rien n’est perdu. Emmanuel Macron a chargé la ministre de lui présenter une « stratégie spatiale de défense » d’ici la fin de l’année. Un groupe de travail rassemblant le Commandement interarmées de l’espace, la DGA, la Direction du renseignement militaire ou encore l’Onera, est à l’œuvre au ministère des Armées. Piloté par le cabinet de la ministre, il remettra ses conclusions à Florence Parly en novembre. Un grand discours présidentiel sur le sujet est prévu début 2019.

La France ne part heureusment pas de zéro. Elle dispose de satellites d’observation Helios, qui seront remplacés par trois nouveaux satellites CSO : le premier sera lancé de Kourou dès la fin de l’année. Elle disposera de satellites d’interception électromagnétique, dits CERES, à partir de 2020, permettant de repérer les commandements ennemis. Les forces françaises peuvent aussi compter sur deux satellites de télécommunications militaires Syracuse 3, qui seront remplacés à partir de 2021 par trois Syracuse 4. Au total, la loi de programmation militaire 2019-2025 prévoit un investissement de 3,6 milliards d’euros dans le spatial.

La surveillance spatiale, talon d’Achille français

Ce montant pourrait pourtant se révéler insuffisant. C’est du côté de la surveillance de l’espace que le bât blesse. Certes, le radar français GRAVES, développé par l’Onera, permet de repérer les objets de plus d’un mètre carré sur les orbites basses, soit 3.000 objets environ. Certes, ce système va être modernisé pour pouvoir repérer 5 à 6.000 objets. Certes, les armées peuvent aussi compter sur le système GeoTracker de l’industriel ArianeGroup et sur les télescopes TAROT du CNRS pour repérer les objets en orbite géostationnaire (36.000 km).

Mais ces moyens apparaissent insuffisants pour surveiller un trafic spatial en forte croissance, avec un nombre de satellites qui devrait passer de 1.500 à 7.000 engins dans dix ans. Pour être réellement efficace, souligne-t-on au ministère des Armées, il faut observer l’espace depuis l’espace. Une première étape sera, indique Florence Parly, de « placer des charges utiles secondaires d’observation de l’environnement de nos satellites, autrement dit des caméras de surveillance ». Ce sera le cas sur la prochaine génération de satellites Syracuse. Le ministère devrait aussi s’appuyer sur les services des futures constellations de satellites des acteurs du New Space, mais aussi des systèmes développés par les acteurs traditionnels (Airbus, Thales) pour améliorer ses capacités de surveillance.

Vers des armes anti-satellites françaises ?

La France pourrait-elle par la suite passer aux armes spatiales offensives ? Le scénario n’est absolument pas exclu. « Toutes les options sont sur la table, martèle Florence Parly. Comme je n’ai pas hésité à armer les drones ou à me battre pour les budgets de défense, je n’hésiterai pas proposer au président de la République des décisions fortes. » Mais ce genre de « décisions fortes » risque de coûter cher : si la France veut vraiment peser dans le spatial militaire, il sera probablement nécessaire de débloquer des fonds supérieurs aux 500 millions annuels consacrés au segment. Ce qui obligerait le ministère à trouver des marges de manoeuvre à l’intérieur du cadrage budgétaire de la LPM… ou d’augmenter encore le budget des armées.

En attendant le grand soir, Florence Parly a annoncé le lancement d’un chantier moins onéreux : simplifier la gouvernance du spatial de défense. La responsabilité est aujourd’hui partagée entre une multitude d’acteurs (CNES, Onera, DGA, DRM, COSMOS, CIE…). Une rationalisation ne sera probablement pas de trop.


Présidence Trump: Ils déversent leurs problèmes sur les États-Unis (As with many of his crusades, guess who basic numbers always seem to support in the end ?)

15 juillet, 2018

La France ne peut plus être un pays d’immigration, elle n’est pas en mesure d’accueillir de nouveaux immigrants (…) Le regroupement familial pose par son ampleur des problèmes très réels de logement, de scolarisation et d’encadrement so­cial. (…) On ne peut tolérer que des clandestins puissent rester en France. (…) Il faut tout mettre en œuvre pour que les décisions de reconduite à la frontière soient effectives (…) La très grande majorité des dossiers déposés à l’Ofpra s’avère injustifiée (de l’ordre de 90 %), ces demandes n’étant qu’un prétexte pour bénéficier des avantages sociaux français (…) Les élus peuvent intervenir efficacement et les collectivités locales […] doivent avoir leur mot à dire quant au nombre d’immigrés qu’elles accueillent sur leur territoire », afin de « tenir compte du seuil de tolérance qui existe dans chaque immeuble (…) Les cours de “langues et cultures des pays d’origine” doivent être facultatifs et déplacés en dehors des horaires scolaires. (….) l’islam n’apparaît pas conforme à nos fondements sociaux et semble incompatible avec le droit français (…) Il y a bien incompatibilité entre l’islam et nos lois. C’est à l’islam et à lui seul de [s’adapter] afin d’être compatible avec nos règles. (…) ce n’est pas aux pouvoirs publics d’organiser l’islam. On n’intègre pas des communautés mais des individus (…) Il convient de s’opposer (…) à toute tentative communautaire qui viserait à instaurer sur le sol français des statuts personnels propres à certaines communautés. (…) Les activités cultuelles doivent être exclues de la compétence des associations relevant de la loi de 1901. (…) la mainmise de l’étranger sur certaines de ces associations est tout à fait inacceptable. (…) la création de lieux de culte doit se faire dans le respect (…) du patrimoine architectural de la France. Etats généraux RPR-UDF (1er avril 1990)
At that point, you’ve got Europe and a number of Gulf countries who despise Qaddafi, or are concerned on a humanitarian basis, who are calling for action. But what has been a habit over the last several decades in these circumstances is people pushing us to act but then showing an unwillingness to put any skin in the game. (…) Free riders (…) So what I said at that point was, we should act as part of an international coalition. But because this is not at the core of our interests, we need to get a UN mandate; we need Europeans and Gulf countries to be actively involved in the coalition; we will apply the military capabilities that are unique to us, but we expect others to carry their weight. Obama (2016)
Trump’s approval rating trajectory has diverged from past presidents. Trump’s approval rating has actually ticked up as the 2018 midterm elections approach. The Hill
Nous protégeons l’Allemagne, la France et tout le monde et nous payons beaucoup d’argent pour ça… Ça dure depuis des décennies mais je dois m’en occuper parce que c’est très injuste pour notre pays et pour nos contribuables. Nous sommes censés vous défendre contre la Russie alors pourquoi payez-vous des milliards de dollars à la Russie pour l’énergie ! En fait l’Allemagne est captive de la Russie. Donald Trump
Quand le Mexique nous envoie ces gens, ils n’envoient pas les meilleurs d’entre eux. Ils apportent des drogues. Ils apportent le crime. Ce sont des violeurs. Donald Trump
Ce que je dis – et j’ai beaucoup de respect pour les Mexicains. J’aime les Mexicains. J’ai beaucoup de Mexicains qui travaillent pour moi et ils sont géniaux. Mais nous parlons ici d’un gouvernement beaucoup plus intelligent que notre gouvernement. Beaucoup plus malin, plus rusé que notre gouvernement, et ils envoient des gens. Et ils envoient – si vous vous souvenez, il y a des années, quand Castro a ouvert ses prisons et il les a envoyés partout aux États-Unis (…) Et vous savez, ce sont les nombreux repris de justice endurcis qu’il a envoyés. Et, vous savez, c’était il y a longtemps, mais (…)  à titre d’exemple, cet horrible gars qui a tué une belle femme à San Francisco. Le Mexique ne le veut pas. Alors ils l’envoient. Comment pensez-vous qu’il est arrivé ici cinq fois? Ils le chassent. Ils déversent leurs problèmes sur États-Unis et nous n’en parlons pas parce que nos politiciens sont stupides. (…) Et je vais vous dire quelque chose: la jeune femme qui a été tuée – c’était une statistique. Ce n’était même pas une histoire. Ma femme me l’a rapporté. Elle a dit, vous savez, elle a vu ce petit article sur la jeune femme de San Francisco qui a été tuée, et j’ai fait des recherches et j’ai découvert qu’elle a été tuée par cet animal … qui est venu illégalement dans le pays plusieurs fois et qui d’ailleurs a une longue liste de condamnations. Et je l’ai rendu public et maintenant c’est la plus grande histoire du monde en ce moment. … Sa vie sera très importante pour de nombreuses raisons, mais l’une d’entre elles sera de jeter de la lumière et de faire la lumière sur ce qui se passe dans ce pays. Donald Trump
Ou vous avez des frontières ou vous n’avez pas de frontières. Maintenant, cela ne signifie pas que vous ne pouvez pas permettre à quelqu’un de vraiment bien devenir citoyen. Mais je pense qu’une partie du problème de ce pays est que nous accueillons des gens qui, dans certains cas, sont bons et, dans certains cas, ne sont pas bons et, dans certains cas, sont des criminels. Je me souviens, il y a des années, que Castro envoyait le pire qu’il avait dans ce pays. Il envoyait des criminels dans ce pays, et nous l’avons fait avec d’autres pays où ils nous utilisent comme dépotoir. Et franchement, le fait que nous permettons que cela se produise est ce qui fait vraiment du mal à notre pays. Donald Trump
I was in primary school in my native Colombia when my father was murdered. I was six – just one year older than my daughter is now. My father was an officer in the Colombian army at a time when wearing a uniform made you a target for narcoterrorists, Farc fighters and guerrilla groups. What I remember clearly from those early years is the bombing and the terror. I was so afraid, especially after my dad died. At night, I would curl up in my mother’s bed while she held me close. She could not promise me that everything was going to be all right, because it wasn’t true. I don’t want my daughter to grow up like that. But when I turn on my TV, I see terrorist attacks in San Bernardino and in Orlando. There are dangerous people coming across our borders. Trump was right. Some are rapists and criminals, but some are good people, too. But how do we know who is who, when you come here illegally? I moved to the US in 2006 on a work permit. It took nearly five years and thousands of dollars to become a US citizen. I know the process is not perfect, but it’s the law. Why would I want illegals coming in when I had to go through this? It’s not fair that they’re allowed to jump the line and take advantage of so many benefits, ones that I pay for with my tax dollars. People assume that because I’m a woman, I should vote for the woman; or that because I’m Latina, I should vote for the Democrat. The Democrats have been pandering to minorities and women for the last 50 years. They treat Latinos as if we’re all one big group. I’m Colombian – I don’t like Mariachi music. Donald Trump is not just saying what he thinks people want to hear, he’s saying what they’re afraid to say. I believe that he’s the only candidate who can make America strong and safe again. Ximena Barreto (31, San Diego, California)
This week, as President Trump comes out in support of a bill that seeks to halve legal immigration to the United States, his administration is emphasizing the idea that Americans and their jobs need to be protected from all newcomers—undocumented and documented. To support that idea, his senior policy adviser Stephen Miller has turned to a moment in American history that is often referenced by those who support curbing immigration: the Mariel boatlift of 1980. But, in fact, much of the conventional wisdom about that episode is based on falsehoods rooted in Cold War rhetoric. During a press briefing on Wednesday, journalist Glenn Thrush asked Miller to provide statistics showing the correlation between the presence of low-skill immigrants and decreased wages for U.S.-born and naturalized workers. In response, Miller noted the findings of a recent study by Harvard economist George Borjas on the Mariel boatlift, which contentiously argued that the influx of over 125,000 Cubans who entered the United States from April to October of 1980 decreased wages for southern Florida’s less educated workers. Borjas’ study, which challenged an earlier influential study by Berkeley economist David Card, has received major criticisms. A lively debate persists among economists about the study’s methods, limited sample size and interpretation of the region’s racial categories—but Miller’s conjuring of Mariel is contentious on its own merits. The Mariel boatlift is an outlier in the pages of U.S. immigration history because it was, at its core, a result of Cold War posturing between the United States and Cuba. Fidel Castro found himself in a precarious situation in April 1980 when thousands of Cubans stormed the Peruvian embassy seeking asylum. Castro opened up the port of Mariel and claimed he would let anyone who wanted to leave Cuba to do so. Across the Florida Straits, the United States especially prioritized receiving people who fled communist regimes as a Cold War imperative. Because the newly minted Refugee Act had just been enacted—largely to address the longstanding bias that favored people fleeing communism—the Marielitos were admitted under an ambiguous, emergency-based designation: “Cuban-Haitian entrant (status pending).” (…) In order to save face, Castro put forward the narrative that the Cubans who sought to leave the island were the dregs of society and counter-revolutionaries who needed to be purged because they could never prove productive to the nation. This sentiment, along with reports that he had opened his jails and mental institutes as part of this boatlift, fueled a mythology that the Marielitos were a criminal, violent, sexually deviant and altogether “undesirable” demographic. In reality, more than 80% of the Marielitos had no criminal past, even in a nation where “criminality” could include acts antithetical to the revolutionary government’s ideals. In addition to roughly 1,500 mentally and physically disabled people, this wave of Cubans included a significant number of sex workers and queer and transgender people—some of whom were part of the minority who had criminal-justice involvement, having been formerly incarcerated because of their gender and sexual transgression. Part of what made Castro’s propaganda scheme so successful was that his regime’s repudiation of Marielitos found an eager audience in the United States among those who found it useful to fuel the nativist furnace. U.S. legislators, policymakers and many in the general public accepted Castro’s negative depiction of the Marielitos as truth. By 1983, the film Scarface had even fictionalized a Marielito as a druglord and violent criminal. Then and now, the boatlift proved incredibly unpopular among those living in the United States and is often cited as one of the most vivid examples of the dangers of lax immigration enforcement. In fact, many of President Jimmy Carter’s opponents listed Mariel as one of his and the Democratic Party’s greatest failures, even as his Republican successor, President Ronald Reagan, also embraced the Marielitos as part of an ideological campaign against Cuba. Julio Capó, Jr.
For an economist, there’s a straightforward way to study how low-skill immigration affects native workers: Find a large, sudden wave of low-skill immigrants arriving in one city only. Watch what happens to wages and employment for native workers in that city, and compare that to other cities where the immigrants didn’t go. An ideal “natural experiment” like this actually happened in Miami in 1980. Over just a few months, 125,000 mostly low-skill immigrants arrived from Mariel Bay, Cuba. This vast seaborne exodus — Fidel Castro briefly lifted Cuba’s ban on emigration -— is known as the Mariel boatlift. Over the next few months, the workforce of Miami rose by 8 percent. By comparison, normal immigration to the US increases the nationwide workforce by about 0.3 percent per year. So if immigrants compete with native workers, Miami in the 1980s is exactly where you should see natives’ wages drop. Berkeley’s Card examined the effects of the Cuban immigrants on the labor market in a massively influential study in 1990. In fact, that paper became one of the most cited in immigration economics. The design of the study was elegant and transparent. But even more than that, what made the study memorable was what Card found. In a word: nothing. The Card study found no difference in wage or employment trends between Miami — which had just been flooded with new low-skill workers — and other cities. This was true for workers even at the bottom of the skills ladder. Card concluded that “the Mariel immigration had essentially no effect on the wages or employment outcomes of non-Cuban workers in the Miami labor market. » (…) Economists ever since have tried to explain this remarkable result. Was it that the US workers who might have suffered a wage drop had simply moved away? Had low-skill Cubans made native Miamians more productive by specializing in different tasks, thus stimulating the local economy? Was it that the Cubans’ own demand for goods and services had generated as many jobs in Miami as they filled? Or perhaps was it that Miami employers shifted to production technologies that used more low-skill labor, absorbing the new labor supply? Regardless, there was no dip in wages to explain. The real-life economy was evidently more complex than an “Econ 101” model would predict. Such a model would require wages to fall when the supply of labor, through immigration, goes up. This is where two new studies came in, decades after Card’s — in 2015. One, by Borjas, claims that Card’s analysis had obscured a large fall in the wages of native workers by using too broad a definition of “low-skill worker.” Card’s study had looked at the wages of US workers whose education extended only to high school or less. That was a natural choice, since about half of the newly-arrived Cubans had a high school degree, and half didn’t. Borjas, instead, focuses on workers who did not finish high school — and claimed that the Boatlift caused the wages of those workers, those truly at the bottom of the ladder, to collapse. The other new study (ungated here), by economists Giovanni Peri and Vasil Yasenov, of the UC Davis and UC Berkeley, reconfirms Card’s original result: It cannot detect an effect of the boatlift on Miami wages, even among workers who did not finish high school. (The wages of Miami workers with high school degrees (and no more than that) jump up right after the Mariel boatlift, relative to prior trends. The wages of those with less than a high school education appear to dip slightly, for a couple of years, although this is barely distinguishable amid the statistical noise. And these same inflation-adjusted wages were also falling in many other cities that didn’t receive a wave of immigrants, so it’s not possible to say with statistical confidence whether that brief dip on the right is real. It might have been — but economists can’t be sure. The rise on the left, in contrast, is certainly statistically significant, even relative to corresponding wage trends in other cities. Here is how the Borjas study reaches exactly the opposite conclusion. The Borjas study slices up the data much more finely than even Peri and Yasenov do. It’s not every worker with less than high school that he looks at. Borjas starts with the full sample of workers of high school or less — then removes women, and Hispanics, and workers who aren’t prime age (that is, he tosses out those who are 19 to 24, and 60 to 65). And then he removes workers who have a high school degree. In all, that means throwing out the data for 91 percent of low-skill workers in Miami in the years where Borjas finds the largest wage effect. It leaves a tiny sample, just 17 workers per year. When you do that, the average wages for the remaining workers look like this: (…) For these observations picked out of the broader dataset, average wages collapse by at least 40 percent after the boatlift. Wages fall way below their previous trend, as well as way below similar trends in other cities, and the fall is highly statistically significant. There are two ways to interpret these findings. The first way would be to conclude that the wage trend seen in the subgroup that Borjas focuses on — non-Hispanic prime-age men with less than a high school degree — is the “real” effect of the boatlift. The second way would be to conclude, as Peri and Yasenov do, that slicing up small data samples like this generates a great deal of statistical noise. If you do enough slicing along those lines, you can find groups for which wages rose after the Boatlift, and others for which it fell. In any dataset with a lot of noise, the results for very small groups will vary widely. Researchers can and do disagree about which conclusion to draw. But there are many reasons to favor the view that there is no compelling basis to revise Card’s original finding. There is not sufficient evidence to show that Cuban immigrants reduced any low-skill workers’ wages in Miami, even small minorities of them, and there isn’t much more that can be learned about the Mariel boatlift with the data we have. (…) Around 1980, the same time as the Boatlift, two things happened that would bring a lot more low-wage black men into the survey samples. First, there was a simultaneous arrival of large numbers of very low-income immigrants from Haiti without high school degrees: that is, non-Hispanic black men who earn much less than US black workers but cannot be distinguished from US black workers in the survey data. Nearly all hadn’t finished high school. That meant not just that Miami suddenly had far more black men with less than high school after 1980, but also that those black men had much lower earnings. Second, the Census Bureau, which ran the CPS surveys, improved its survey methods around 1980 to cover more low-skill black men due to political pressure after research revealed that many low-income black men simply weren’t being counted. (…) In sum, the evidence from the Mariel boatlift continues to support the conclusion of David Card’s seminal research: There is no clear evidence that wages fell (or that unemployment rose) among the least-skilled workers in Miami, even after a sudden refugee wave sharply raised the size of that workforce. This does not by any means imply that large waves of low-skill immigration could not displace any native workers, especially in the short term, in other times and places. But politicians’ pronouncements that immigrants necessarily do harm native workers must grapple with the evidence from real-world experiences to the contrary. Michael Clemens (Center for Global Development, Washington, DC)
His name was Luis Felipe. Born in Cuba in 1962, he came to the United States on a fishing boat and ended up in prison for shooting his girlfriend. He founded the New York chapter of the Latin Kings in 1986. Soon he was ordering murders from his prison cell. Esquire
Judge Martin says the extreme conditions are necessary to protect society.  »I do not do it out of my sense of cruelty, » the judge said at the sentencing, after Mr. Felipe had expressed remorse for the killings. But noting that the defendant had been convicted for ordering the murder of three Latin Kings and the attempted murder of four others, the judge said that without such restrictions,  »some of the young men sitting in this court today who are supporters of Mr. Felipe might well be murdered in the future. » (…) That Mr. Felipe, a man of charisma and intelligence, is nonetheless a ruthless criminal is not in dispute. His accounts of his background vary. He has said that his mother was a prostitute and that both parents are now dead. At the age of 9, he was sent to prison for robbery. On his 19th birthday in 1980, he arrived in the United States during the Mariel boatlift. In short order, Mr. Felipe became a street thug, settling in Chicago. There he joined the Latin Kings, a Hispanic organization established in the 1940’s. He moved to the Bronx. One night in 1981, in what has been described as a drunken accident, he shot and killed his girlfriend. He fled to Chicago and was not apprehended until 1984. Sentenced to nine years for second-degree manslaughter, he ended up at Collins Correctional Facility in Helmuth, N.Y. At Collins, he found an inmate system lorded over by black gangs and white guards. In 1986, he started a fledgling New York prison chapter of the Latin Kings. In a manifesto that followers circulated, he laid out elaborate laws and rituals, emphasizing Latin pride, family values, rigorous discipline and swift punishment. He was paroled in 1989 but by 1991 had returned to prison. He was eventually sent to Attica for a three-year sentence for possession of stolen property. His word spread, not least because he wrote thousands of letters, his prose a mix of flamboyant grandiosity and street bluntness. As King Blood, Inka, First Supreme Crown, Mr. Felipe corresponded with Latin Kings in and out of prison. (At its peak, the gang was estimated to have about 2,000 members.) He soared with self-aggrandizement, styling himself as both autocratic patriarch and jailhouse Ann Landers, dispensing advice about romance, family squabbles, schoolyard disputes. But in 1993 and 1994, disciplinary troubles erupted throughout the Latin Kings, with members vying for power, filching gang money, looking sideways at the wrong women. Infuriated, King Blood wrote to his street lieutenants: B.O.S. (beat on sight) and T.O.S. (terminate on sight).  »Even while he was in Attica in segregation, he was able to order the leader of the Latin Kings on Rikers Island to murder someone who ended up being badly slashed in the face, » said Alexandra A. E. Shapiro, a Federal prosecutor. One victim was choked and beheaded. A second was killed accidentally during an attempt on another man. A third was gunned down. Federal authorities, who had been monitoring Mr. Felipe’s mail, arrested 35 Latin Kings. Thirty-four pleaded guilty. Only Mr. Felipe insisted on a trial. The Latin Kings still revere him, said Antonio Fernandez, King Tone, the gang’s new leader, who is trying to reposition it as a mainstream organization.  »He brought a message of hope, » he said. NYT
Luis « King Blood » Felipe, who founded the New York chapter in 1986 (…) ran the gang from prison like a demented puppet-master. He ordered the murders of three Kings and plotted to murder three others. He routinely dispatched « T.O.S. » orders–shorthand for « Terminate on Sight. » In one particularly gory execution, a rival was strangled, decapitated and set afire in a bathtub. His Kings tattoo was peeled off his arm with a knife. Convicted of racketeering in 1996, Felipe was sentenced to life imprisonment in solitary confinement to cut him off from the Kings. LA Times
Julio Gonzalez, a jilted lover whose arson revenge at the unlicensed Happy Land nightclub in the Bronx in 1990 claimed 87 lives, making him the nation’s worst single mass murderer at the time, died on Tuesday at a hospital in Plattsburgh, N.Y., where he had been taken from prison. He was 61 (…) Mr. Gonzalez was born in Holguín, a city in Oriente Province in Cuba, on Oct. 10, 1954. He served three years in prison in the 1970s for deserting the Cuban Army. In 1980, when he was 25, he joined what became known as the Mariel boatlift, an effort organized by Cuban-Americans and agreed to by the Cuban government that brought thousands of Cuban asylum-seekers to the United States. It was later learned that many of the refugees had been released from jails and mental hospitals. Mr. Gonzalez was said to have faked a criminal record as a drug dealer to help him gain passage. (…) Mr. Gonzalez had just lost his job at a Queens lamp warehouse when he showed up at Happy Land. There he argued heatedly with his girlfriend, Lydia Feliciano, about their six-year on-again, off-again relationship and about her quitting as a coat checker at the club. Around 3 a.m., a bouncer ejected him. According to testimony, Mr. Gonzalez walked three blocks to an Amoco service station, where he found an empty one-gallon container and bought $1 worth of gasoline from an attendant he knew there. He returned to the club. (…) Mr. Gonzalez splashed the gasoline at the bottom of a rickety staircase, the club’s only means of exit, and ignited it. Then he went home and fell asleep. (…) Ms. Feliciano was among the six survivors. She recounted her argument with Mr. Gonzalez to the police, who went to his apartment, where he confessed. “I got angry, the devil got to me, and I set the fire,” he told detectives. (…) During a video conference-call interview at the time, he said he had not realized how many people were inside Happy Land that night, that he had nothing against them and that his anger had been directed at the bouncer. NYT
Cet exode des Marielitos a commencé par un coup de force. Le 5 avril 1980, 10 000 Cubains entrent dans l’ambassade du Pérou à La Havane et demandent à ce pays de leur accorder asile. Dix jours plus tard, Castro déclare que ceux qui veulent quitter Cuba peuvent le faire à condition d’abandonner leurs biens et que les Cubains de Floride viennent les chercher au port de Mariel. L’hypothèse est que Castro voit dans cette affaire une double opportunité : Il se débarrasse d’opposants -il en profite également pour vider ses prisons et ses asiles mentaux et sans doute infiltrer, parmi les réfugiés, quelques agents castristes ; Il espère que cet afflux soudain d’exilés va profondément déstabiliser le sud de la Floride et affaiblir plus encore le brave Président Jimmy Carter, préchi-prêcheur démocrate des droits de l’homme, un peu trop à gauche pour endosser l’habit de grand Satan impérialiste que taille à tous les élus de la Maison Blanche le leader cubain. De fait, du 15 avril au 31 octobre 1980, quelque 125 000 Cubains quitteront l’île. 2 746 d’entre eux ont été considérés comme des criminels selon les lois des Etats-Unis et incarcérés. Le Nouvel Obs
Avec l’autorisation du président Fidel Castro, 125 000 Cubains quittent leur île par le port de Mariel pour trouver refuge aux États-Unis. Cet exode massif posera plusieurs problèmes aux Américains qui y mettront un terme après deux mois. Le 3 avril 1980, six Cubains entrent de force à l’ambassade du Pérou à La Havane pour s’y réfugier. Les autorités cubaines demandent leur retour sans succès. Voulant donner une leçon au Pérou, le président Castro fait retirer les gardes protégeant l’ambassade. Celle-ci est submergée par plus de 10 000 personnes qui sont vite aux prises avec des problèmes de salubrité et le manque de nourriture. Pendant que d’autres ambassades sont envahies (Costa Rica, Espagne), la communauté cubano-américaine entreprend une campagne de support. Voulant récupérer le mouvement, Castro annonce le 23 avril une politique de porte ouverte pour ceux qui veulent quitter Cuba. Il invite les Cubains habitant aux États-Unis à venir chercher leurs proches au port de Mariel. Cet exode, qui se fait avec 17 000 navires de toutes sortes, implique environ 125 000 personnes, en grande partie des gens de la classe ouvrière, des Noirs et des jeunes. Son envergure reflète un profond mécontentement face à l’économie cubaine et la baisse de la ferveur révolutionnaire. D’abord favorables à cet exode, les États-Unis sont vite débordés. Le 14 mai, le président Jimmy Carter fait établir un cordon de sécurité pour arrêter les navires. Placés dans des camps militaires et des prisons fédérales, les réfugiés sont interrogés à leur arrivée. Parmi eux, on retrouve des criminels et des malades mentaux qui ont quitté avec le soutien des autorités cubaines, ce qui a un effet négatif sur la population. Carter cherche à remplacer l’exode maritime par un pont aérien avec un quota de 3000 personnes par année. Mais aucun accord n’est conclu avec Cuba. Submergées par un exode en provenance de Haïti, les autorités américaines mettront fin à l’exode cubain le 20 juin 1980. Perspective monde
As BuzzFeed investigative reporter Ken Bensinger chronicles in his new book, Red Card: How the U.S. Blew the Whistle on the World’s Biggest Sports Scandal, the investigation’s origins began before FIFA handed the 2018 World Cup to Russia and the 2022 event to Qatar. The case had actually begun as an FBI probe into an illegal gambling ring the bureau believed was run by people with ties to Russian organized crime outfits. The ring operated out of Trump Tower in New York City. Eventually, the investigation spread to soccer, thanks in part to an Internal Revenue Service agent named Steve Berryman, a central figure in Bensinger’s book who pieced together the financial transactions that formed the backbone of the corruption allegations. But first, it was tips from British journalist Andrew Jennings and Christopher Steele ― the former British spy who is now known to American political observers as the man behind the infamous so-called “pee tape” dossier chronicling now-President Donald Trump’s ties to Russia ― that pointed the Americans’ attention toward the Russian World Cup, and the decades of bribery and corruption that had transformed FIFA from a modest organization with a shoestring budget into a multibillion-dollar enterprise in charge of the world’s most popular sport. Later, the feds arrested and flipped Chuck Blazer, a corrupt American soccer official and member of FIFA’s vaunted Executive Committee. It was Blazer who helped them crack the case wide open, as HuffPost’s Mary Papenfuss and co-author Teri Thompson chronicled in their book American Huckster, based on the 2014 story they broke of Blazer’s role in the scandal. Russia’s efforts to secure hosting rights to the 2018 World Cup never became a central part of the FBI and the U.S. Department of Justice’s case. Thanks to Blazer, it instead focused primarily on CONCACAF, which governs soccer in the Caribbean and North and Central America, and other officials from South America. But as Bensinger explained in an interview with HuffPost this week, the FIFA case gave American law enforcement officials an early glimpse into the “Machiavellian Russia” of Vladimir Putin “that will do anything to get what it wants and doesn’t care how it does it.” And it was Steele’s role in the earliest aspects of the FIFA case, coincidentally, that fostered the relationship that led him to hand his Trump dossier to the FBI ― the dossier that has now helped form “a big piece of the investigative blueprint,” as Bensinger said, that former FBI director Robert Mueller is using in his probe of Russian meddling in the election that made Trump president. HuffPost
There are sort of these weird connections to everything going on in the political sphere in our country, which I think is interesting because when I was reporting the book out, it was mostly before the election. It was a time when Christopher Steele’s name didn’t mean anything. But what I figured out over time is that this had nothing to do with sour grapes, and the FBI agents who opened the case didn’t really care about losing the World Cup. The theory was that the U.S. investigation was started because the U.S. lost to Qatar, and Bill Clinton or Eric Holder or Barack Obama or somebody ordered up an investigation. What happened was that the investigation began in July or August 2010, four or five months before the vote happened. It starts because this FBI agent, who’s a long-term Genovese crime squad guy, gets a new squad ― the Eurasian Organized Crime Squad ― which is primarily focused on Russian stuff. It’s a squad that’s squeezed of resources and not doing much because under Robert Mueller, who was the FBI director at the time, the FBI was not interested in traditional crime-fighting. They were interested in what Mueller called transnational crime. So this agent looked for cases that he thought would score points with Mueller. And one of the cases they’re doing involves the Trump Tower. It’s this illegal poker game and sports book that’s partially run out of the Trump Tower. The main guy was a Russian mobster, and the FBI agent had gone to London ― that’s how he met Steele ― to learn about this guy. Steele told him what he knew, and they parted amicably, and the parting shot was, “Listen, if you have any other interesting leads in the future, let me know.” Steele had already been hired by the English bid for the 2018 World Cup at that point. What Chris Steele starts seeing on behalf of the English bid is the Russians doing, as it’s described in the book, sort of strange and questionable stuff. It looks funny, and it’s setting off alarm bells for Steele. So he calls the FBI agent back, and says, “You should look into what’s happening with the World Cup bid. » (…) It’s tempting to look at this as a reflection of the general U.S. writ large obsession with Russia, which certainly exists, but it’s also a different era. This was 2009, 2010. This was during the Russian reset. It was Obama’s first two years in office. He’s hugging Putin and talking about how they’re going to make things work. Russia is playing nice-nice. (…)That’s what I find interesting about this case is that, what we see in Russia’s attempt to win the World Cup by any means is the first sort of sign of the Russia we now understand exists, which is kind of a Machiavellian Russia that will do anything to get what it wants and doesn’t care how it does it. It was like a dress rehearsal for that. (…) It’s one of these things that looks like an accident, but so much of world history depends on these accidents. Chris Steele, when he was still at MI-6, investigated the death of Alexander Litvinenko, who was the Russian spy poisoned with polonium. It was Steele who ran that investigation and determined that Putin probably ordered it. And then Steele gets hired because of his expertise in Russia by the English bid, and he becomes the canary in the coal mine saying, “Uh oh, guys, it’s not going to be that easy, and things are looking pretty grim for you.” (…) I don’t know if that would have affected whether or not Chris Steele later gets hired by Fusion GPS to put together the Trump dossier. But it’s certain that the relationship he built because of the FIFA case meant that the FBI took it more seriously.   (…) I think [FIFA vice president Jérôme Valcke] and others were recognizing this increasingly brazen attitude of the criminality within FIFA. They had gone from an organization where people were getting bribes and doing dirty stuff, but doing it very carefully behind closed doors. And it was transitioning to one where the impunity was so rampant that people thought they could do anything. And I think in his mind, awarding the World Cup to Russia under very suspicious circumstances and also awarding it to Qatar, which by any definition has no right to host this tournament, it felt to him and others like a step too far. I don’t think he had any advance knowledge that the U.S. was poking around on it, but he recognized that it was getting out of hand. People were handing out cash bribes in practically broad daylight, and as corrupt as these people were, they didn’t tend to do that. (…) The FIFA culture we know today didn’t start yesterday. It started in 1974 when this guy gets elected, and within a couple years, the corruption starts. And it starts with one bribe to Havelange, or one idea that he should be bribed. And it starts a whole culture, and the people all sort of learn from that same model. The dominoes fell over time. It’s not a new model, and things were getting more and more out of hand over time. FIFA had been able to successfully bat these challenges down over the years. There’s an attempted revolt in FIFA in 2001 or 2002 that Blatter completely shut down. The general secretary of FIFA was accusing Blatter and other people of either being involved in corruption or permitting corruption, and there’s a moment where it seems like the Executive Committee was going to turn against Blatter and vote him out and change everything. But they all blinked, and Blatter dispensed his own justice by getting rid of his No. 2 and putting in people who were going to be loyal to him. The effect of those things was more brazen behavior. (…) It was an open secret. I think it’s because soccer’s just too big and important in all these other countries. I think other countries have just never been able to figure out how to deal with it. The best you’d get was a few members of Parliament in England holding outraged press conferences or a few hearings, but nothing ever came of it. It’s just too much of a political hot potato because soccer elsewhere is so much more important than it is the U.S. People are terrified of offending the FIFA gods There’s a story about how Andrew Jennings, this British journalist, wanted to broadcast a documentary detailing FIFA corruption just a week or so before the 2010 vote, and when the British bid and the British government got a hold of it, they tried really hard to stifle the press. They begged the BBC not to air the documentary until after the vote, because they were terrified of FIFA. That’s reflective of the kind of attitudes that all these countries have. (…) it reminds me of questions about Chuck Blazer. Is he all bad, or all good? He’s a little bit of both. The U.S. women’s national team probably wouldn’t exist without him. The Women’s World Cup probably wouldn’t either. Major League Soccer got its first revenue-positive TV deal because of Chuck Blazer. (…) At the same time, he was a corrupt crook that stole a lot of money that could’ve gone to the game. And so, is he good or bad? Probably more bad than good, but he’s not all bad. That applies to the Gold Cup. The Gold Cup is a totally artificial thing that was made up ultimately as a money-making scheme for Blazer, but in the end, it’s probably benefited soccer in this country. So it’s clearly not all bad. (…) The money stolen from the sport isn’t just the bribes. Let’s say I’m a sports marketing firm, and I bribe you a million dollars to sign over a rights contract to me. The first piece of it is that million dollars that could have gone to the sport. But it’s also the opportunity cost: What would the value of those rights have been if it was taken to the free market instead of a bribe? All that money is taken away from the sport. And the second thing was traveling to South America and seeing the conditions of soccer for fans, for kids and for women. That was really eye-opening. There are stadiums in Argentina and Brazil that are absolutely decrepit. And people would explain, the money that was supposed to come to these clubs never comes. You have kids still playing with the proverbial ball made of rags and duct tape, and little girls who can’t play because there are no facilities or leagues for women at all. When you see that, and then you see dudes making millions in bribes and also marketing guys making far more from paying the bribes, I started to get indignant about it. FIFA always ties itself to children and the good of the game. But it’s absurd when you see how they operate. The money doesn’t go to kids. It goes to making soccer officials rich. (…) When massive amounts of money mixes with a massively popular cultural phenomenon, is it ever going to be clean? I wish it would be different, but it seems kind of hopeless. How do you regulate soccer, and who can oversee this to make sure that people behave in an ethical, clean and fair way that benefits everyone else? It’s not an accident that every single international sports organization is based in Switzerland. The answer is because the Swiss, not only do they offer them a huge tax break, they also basically say, “You can do whatever you want and we’re not going to bother you.” That’s exactly what these groups want. Well, how do you regulate that? I don’t think the U.S. went in saying, “We’re going to regulate soccer.” I think they thought if we can give soccer a huge kick in the ass, if we can create so much public and political pressure on them that sponsors will run away, they’ll feel they have no option but to react and clean up their act. It’s sort of, kick ’em where it hurts. (…) But also, the annoying but true reality of FIFA is that when the World Cup is happening, all the soccer fans around the world forget all their anger and just want to watch the tournament. For three and a half years, everyone bitches about what a mess FIFA is, and then during the World Cup everyone just wants to watch soccer. There could be some reinvigoration in the next few months when the next stupid scandal appears. And I do think Qatar could reinvigorate more of that. There’s a tiny piece of me that thinks we could still see Qatar stripped of the World Cup. That would certainly spur a lot of conversation about this. Ken Bensinger
The United States has the world’s largest trade deficit. It’s been that way since 1975. The deficit in goods and services was $566 billion in 2017. Imports were $2.895 trillion and exports were only $2.329 trillion. The U.S. trade deficit in goods, without services, was $810 billion. The United States exported $1.551 trillion in goods. The biggest categories were commercial aircraft, automobiles, and food. It imported $2.361 trillion. The largest categories were automobiles, petroleum, and cell phones. (…) The Largest U.S. Deficit Is With China More than 65 percent of the U.S. trade deficit in goods was with China. The $375 billion deficit with China was created by $506 billion in imports. The main U.S. imports from China are consumer electronics, clothing, and machinery. Many of these imports are actually made by American companies. They ship raw materials to be assembled in China for a lower cost. They are counted as imports even though they create income and profit for these U.S. companies. Nevertheless, this practice does outsource manufacturing jobs. America only exported $130 billion in goods to China. The top three exports were agricultural products, aircraft, and electrical machinery. The second largest trade deficit is $69 billion with Japan. The world’s fifth largest economy needs the agricultural products, industrial supplies, aircraft, and pharmaceutical products that the United States makes. Exports totaled $68 billion in 2017.Imports were higher, at $137 billion. Much of this was automobiles, with industrial supplies and equipment making up another large portion. Trade has improved since the 2011 earthquake, which slowed the economy and made auto parts difficult to manufacture for several months. The U.S. trade deficit with Germany is $65 billion. The United States exports $53 billion, a large portion of which is automobiles, aircraft, and pharmaceuticals. It imports $118 billion in similar goods: automotive vehicles and parts, industrial machinery, and medicine. (…) The trade deficit with Canada is $18 billion. That’s only 3 percent of the total Canadian trade of $582 billion. The United States exports $282 billion to Canada, more than it does to any other country. It imports $300 billion. The largest export by far is automobiles and parts. Other large categories include petroleum products and industrial machinery and equipment. The largest import is crude oil and gas from Canada’s abundant shale oil fields. The trade deficit with Mexico is $71 billion. Exports are $243 billion, mostly auto parts and petroleum products. Imports are $314 billion, with cars, trucks, and auto parts being the largest components. The Balance
On connaît les photos de ces hommes et de ces femmes débarquant sur des plages européennes, engoncés dans leurs gilets de sauvetage orange, tentant à tout prix de maintenir la tête de leur enfant hors de l’eau. Impossible également d’oublier l’image du corps du petit Aylan Kurdi, devenu en 2016 le symbole planétaire du drame des migrants. Ce que l’on sait moins c’est que le « business » des passeurs rapporte beaucoup d’argent. Selon la première étude du genre de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (l’UNODC), le trafic de migrants a rapporté entre 5,5 et 7 milliards de dollars (entre 4,7 et 6 milliards d’euros) en 2016. C’est l’équivalent de ce que l’Union européenne a dépensé la même année dans l’aide humanitaire, selon le rapport. (…) En 2016, au moins 2,5 millions de migrants sont passés entre les mains de passeurs, estime l’UNODC qui rappelle la difficulté d’évaluer une activité criminelle. De quoi faire fructifier les affaires de ces contrebandiers. Cette somme vient directement des poches des migrants qui paient des criminels pour voyager illégalement. Le tarif varie en fonction de la distance à parcourir, du nombre de frontières, les moyens de transport utilisés, la production de faux papiers… La richesse supposée du client est un facteur qui fait varier les prix. Evidemment, payer plus cher ne rend pas le voyage plus sûr ou plus confortable, souligne l’UNODC. Selon les estimations de cette agence des Nations unies, ce sont les passages vers l’Amérique du Nord qui rapportent le plus. En 2016, jusqu’à 820 000 personnes ont traversé la frontière illégalement, versant entre 3,1 et 3,6 milliards d’euros aux trafiquants. Suivent les trois routes de la Méditerranée vers l’Union européenne. Environ 375 000 personnes ont ainsi entrepris ce voyage en 2016, rapportant entre 274 et 300 millions d’euros aux passeurs. Pour atteindre l’Europe de l’Ouest, un Afghan peut ainsi dépenser entre 8000 € et 12 000 €. Sans surprise, les rédacteurs du rapport repèrent que l’Europe est une des destinations principales des migrants. (…) Les migrants qui arrivent en Italie sont originaires à 89 % d’Afrique, de l’Ouest principalement. 94 % de ceux qui atteignent l’Espagne sont également originaires d’Afrique, de l’Ouest et du Nord. En revanche, la Grèce accueille à 85 % des Afghans, Syriens et des personnes originaires des pays du Moyen-Orient. (…) des milliers de citoyens de pays d’Amérique centrale et de Mexicains traversent chaque année la frontière qui sépare les Etats-Unis du Mexique. Les autorités peinent cependant à quantifier les flux. Ce que l’on sait c’est qu’en 2016, 2 404 personnes ont été condamnées pour avoir fait passer des migrants aux Etats-Unis. 65 d’entre eux ont été condamnés pour avoir fait passer au moins 100 personnes.Toujours en 2016, le Mexique, qui fait office de « pays-étape » pour les voyageurs, a noté que les Guatémaltèques, les Honduriens et les Salvadoriens formaient les plus grosses communautés sur son territoire. En 2016, les migrants caribéens arrivaient principalement d’Haïti, note encore l’UNODC. (…) Sur les 8189 décès de migrants recensés par l’OIM en 2016, 3832 sont morts noyés (46 %) en traversant la Méditerranée. Les passages méditerranéens sont les plus mortels. L’un d’entre eux force notamment les migrants à parcourir 300 kilomètres en haute mer sur des embarcations précaires. C’est aussi la cruauté des passeurs qui est en cause. L’UNODC décrit le sort de certaines personnes poussées à l’eau par les trafiquants qui espèrent ainsi échapper aux gardes-côtes. Le cas de centaines de personnes enfermées dans des remorques sans ventilation, ni eau ou nourriture pendant des jours est également relevé. Meurtre, extorsion, torture, demande de rançon, traite d’être humain, violences sexuelles sont également le lot des migrants, d’où qu’ils viennent. En 2017, 382 migrants sont décédés de la main des hommes, soit 6 % des décès. (…) Le passeur est le plus souvent un homme mais des femmes (des compagnes, des sœurs, des filles ou des mères) sont parfois impliquées dans le trafic, définissent les rédacteurs de l’étude. Certains parviennent à gagner modestement leur vie, d’autres, membres d’organisations et de mafias font d’importants profits. Tous n’exercent pas cette activité criminelle à plein temps. Souvent le passeur est de la même origine que ses victimes. Il parle la même langue et partage avec elles les mêmes repères culturels, ce qui lui permet de gagner leur confiance. Le recrutement des futurs « clients » s’opère souvent dans les camps de réfugiés ou dans les quartiers pauvres. Facebook, Viber, Skype ou WhatsApp sont devenus des indispensables du contrebandier qui veut faire passer des migrants. Arrivé à destination, le voyageur publie un compte rendu sur son passeur. Il décrit s’il a triché, échoué ou s’il traitait mal les migrants. Un peu comme une note de consommateur, rapporte l’UNODC. Mieux encore, les réseaux sociaux sont utilisés par les passeurs pour leur publicité. Sur Facebook, les trafiquants présentent leurs offres, agrémentent leur publication d’une photo, détaillent les prix et les modalités de paiement. L’agence note que, sur Facebook, des passeurs se font passer pour des ONG ou des agences de voyages européennes qui organisent des passages en toute sécurité. D’autres, qui visent particulièrement les Afghans, se posent en juristes spécialistes des demandes d’asile… Le Parisien
Mr. Trump’s anger at America’s allies embodies, however unpleasantly, a not unreasonable point of view, and one that the rest of the world ignores at its peril: The global world order is unbalanced and inequitable. And unless something is done to correct it soon, it will collapse, with or without the president’s tweets. While the West happily built the liberal order over the past 70 years, with Europe at its center, the Americans had the continent’s back. In turn, as it unravels, America feels this loss of balance the hardest — it has always spent the most money and manpower to keep the system working. The Europeans have basically been free riders on the voyage, spending almost nothing on defense, and instead building vast social welfare systems at home and robust, well-protected export industries abroad. Rather than lash back at Mr. Trump, they would do better to ask how we got to this place, and how to get out. The European Union, as an institution, is one of the prime drivers of this inequity. At the Group of 7, for example, the constituent countries are described as all equals. But in reality, the union puts a thumb on the scales in its members’ favor: It is a highly integrated, well-protected free-trade area that gives a huge leg up to, say, German car manufacturers while essentially punishing American companies who want to trade in the region. The eurozone offers a similar unfair advantage. If it were not for the euro, Germany would long ago have had to appreciate its currency in line with its enormous export surplus. (…) how can the very same politicians and journalists who defended the euro bailout payments during the financial crisis, arguing that Germany profited disproportionately from the common currency, now go berserk when Mr. Trump makes exactly this point? German manufacturers also have the advantage of operating in a common market with huge wage gaps. Bulgaria, one of the poorest member states, has a per capita gross domestic product roughly equal to that of Gabon, while even in Slovakia, Poland and Hungary — three relative success stories among the recent entrants to the union — that same measure is still roughly a third of what it is in Germany. Under the European Union, German manufacturers can assemble their cars in low-wage countries and export them without worrying about tariffs or other trade barriers. If your plant sits in Detroit, you might find the president’s anger over this fact persuasive. Mr. Trump is not the first president to complain about the unfair burden sharing within NATO. He’s merely the first president not just to talk tough, but to get tough. (…) All those German politicians who oppose raising military spending from a meager 1.3 percent of gross domestic product should try to explain to American students why their European peers enjoy free universities and health care, while they leave it up to others to cover for the West’s military infrastructure (…) When the door was opened, in 2001, many in the West believed that a growing Chinese middle class, enriched by and engaged with the world economy, would eventually claim voice and suffrage, thereby democratizing China. The opposite has happened. China, which has grown wealthy in part by stealing intellectual property from the West, is turning into an online-era dictatorship, while still denying reciprocity in investment and trade relations. (…) China’s unchecked abuse of the global free-trade regime makes a mockery of the very idea that the world can operate according to a rules-based order. Again, while many in the West have talked the talk about taking on China, only Mr. Trump has actually done something about it. Jochen Bittner (Die Zeit)
Is the Trump administration out to wreck the liberal world order? No, insisted Secretary of State Mike Pompeo in an interview at his office in Foggy Bottom last week: The administration’s aim is to align that world order with 21st-century realities. Many of the economic and diplomatic structures Mr. Trump stands accused of undermining, Mr. Pompeo argues, were developed in the aftermath of World War II. Back then, he tells me, they “made sense for America.” But in the post-Cold War era, amid a resurgence of geopolitical competition, “I think President Trump has properly identified a need for a reset.” Mr. Trump is suspicious of global institutions and alliances, many of which he believes are no longer paying dividends for the U.S. “When I watch President Trump give guidance to our team,” Mr. Pompeo says, “his question is always, ‘How does that structure impact America?’ ” The president isn’t interested in how a given rule “may have impacted America in the ’60s or the ’80s, or even the early 2000s,” but rather how it will enhance American power “in 2018 and beyond.” Mr. Trump’s critics have charged that his “America First” strategy reflects a retreat from global leadership. “I see it fundamentally differently,” Mr. Pompeo says. He believes Mr. Trump “recognizes the importance of American leadership” but also of “American sovereignty.” That means Mr. Trump is “prepared to be disruptive” when the U.S. finds itself constrained by “arrangements that put America, and American workers, at a disadvantage.” Mr. Pompeo sees his task as trying to reform rules “that no longer are fair and equitable” while maintaining “the important historical relationships with Europe and the countries in Asia that are truly our partners.” The U.S. relationship with Germany has come under particular strain. Mr. Pompeo cites two reasons. “It is important that they demonstrate a commitment to securing their own people,” he says, in reference to Germany’s low defense spending. “When they do so, we’re prepared to do the right thing and support them.” And then there’s trade. The Germans, he says, need to “create tariff systems and nontariff-barrier systems that are equitable, reciprocal.” But Mr. Pompeo does not see the U.S.-German rift as a permanent reorientation of U.S. foreign policy. Once the defense and trade issues are addressed, “I’m very confident that the relationship will go from these irritants we see today to being as strong as it ever was.”  (…) In addition to renegotiating relationships with existing allies, the Trump administration is facing newly assertive great-power adversaries. “For a decade plus,” Mr. Pompeo says, U.S. foreign policy was “very focused on counterrorism and much less on big power struggles.” Today, while counterterrorism remains a priority, geopolitics is increasingly defined by conflicts with powerful states like China and Russia. Mr. Pompeo says the U.S. must be assertive but flexible in dealing with both Beijing and Moscow. He wants the U.S. relationship with China to be defined by rule-writing and rule-enforcing, not anarchic struggle. China, he says, hasn’t honored “the normal set of trade understandings . . . where these nation states would trade with each other on fair and reciprocal terms; they just simply haven’t done it. They’ve engaged in intellectual property theft, predatory economic practices.” Avoiding a more serious confrontation with China down the line will require both countries to appreciate one another’s long-term interests. The U.S. can’t simply focus on “a tariff issue today, or a particular island China has decided to militarize” tomorrow. Rather, the objective must be to create a rules-based structure to avoid a situation in which “zero-sum is the endgame for the two countries.” Mr. Pompeo also sees room for limited cooperation with Russia even as the U.S. confronts its revisionism. “There are many things about which we disagree. Our value sets are incredibly different, but there are also pockets where we find overlap,” he says. “That’s the challenge for a secretary of state—to identify those places where you can work together, while protecting America against the worst pieces of those governments’ activities.” (…) And the president’s agenda, as Mr. Pompeo communicates it, is one of extraordinary ambition: to rewrite the rules of world order in America’s favor while working out stable relationships with geopolitical rivals. Those goals may prove elusive. Inertia is a powerful force in international relations, and institutions and pre-existing agreements are often hard to reform. Among other obstacles, the Trump agenda creates the risk of a global coalition forming against American demands. American efforts to negotiate more favorable trading arrangements could lead China, Europe and Japan to work jointly against the U.S. That danger is exacerbated by Mr. Trump’s penchant for dramatic gestures and his volatile personal style. Yet the U.S. remains, by far, the world’s most powerful nation, and many countries will be looking for ways to accommodate the administration at least partially. Mr. Trump is right that the international rules and institutions developed during the Cold War era must be retooled to withstand new political, economic and military pressures. Mr. Pompeo believes that Mr. Trump’s instincts, preferences, and beliefs constitute a coherent worldview. (…) The world will soon see whether the president’s tweets of iron can be smoothly sheathed in a diplomatic glove. Walter Russell Mead
Illegal and illiberal immigration exists and will continue to expand because too many special interests are invested in it. It is one of those rare anomalies — the farm bill is another — that crosses political party lines and instead unites disparate elites through their diverse but shared self-interests: live-and-let-live profits for some and raw political power for others. For corporate employers, millions of poor foreign nationals ensure cheap labor, with the state picking up the eventual social costs. For Democratic politicos, illegal immigration translates into continued expansion of favorable political demography in the American Southwest. For ethnic activists, huge annual influxes of unassimilated minorities subvert the odious melting pot and mean continuance of their own self-appointed guardianship of salad-bowl multiculturalism. Meanwhile, the upper middle classes in coastal cocoons enjoy the aristocratic privileges of having plenty of cheap household help, while having enough wealth not to worry about the social costs of illegal immigration in terms of higher taxes or the problems in public education, law enforcement, and entitlements. No wonder our elites wink and nod at the supposed realities in the current immigration bill, while selling fantasies to the majority of skeptical Americans. Victor Davis Hanson
Much has been written — some of it either inaccurate or designed to obfuscate the issue ahead of the midterms for political purposes — about the border fiasco and the unfortunate separation of children from parents. (…) The media outrage usually does not include examination of why the Trump administration is enforcing existing laws that it inherited from the Bush and Obama administrations that at any time could have been changed by both Democratic and Republican majorities in Congress; of the use of often dubious asylum claims as a way of obtaining entry otherwise denied to those without legal authorization — a gambit that injures or at least hampers thousands with legitimate claims of political persecution; of the seeming unconcern for the safety of children by some would-be asylum seekers who illegally cross the border, rather than first applying legally at a U.S. consulate abroad; of the fact that many children are deliberately sent ahead, unescorted on such dangerous treks to help facilitate their own parents’ later entrance; of the cynicism of the cartels that urge and facilitate such mass rushes to the border to overwhelm general enforcement; and of the selective outrage of the media in 2018 in a fashion not known under similar policies and detentions of the past. In 2014, during a similar rush, both Barack Obama (“Do not send your children to the borders. If they do make it, they’ll get sent back.”) and Hillary Clinton (“We have to send a clear message, just because your child gets across the border, that doesn’t mean the child gets to stay. So, we don’t want to send a message that is contrary to our laws or will encourage more children to make that dangerous journey.”) warned — again to current media silence — would-be asylum seekers not to use children as levers to enter the U.S. (…) Mexico is the recipient of about $30 billion in annual remittances (aside from perhaps more than $20 billion annually sent to Central America) from mostly illegal aliens within the U.S. It is the beneficiary of an annual $71 billion trade surplus with the U.S. And it is mostly culpable for once again using illegal immigration and the lives of its own citizens — and allowing Central Americans unfettered transit through its country — as cynical tools of domestic and foreign policy. Illegal immigration, increasingly of mostly indigenous peoples, ensures an often racist Mexico City a steady stream of remittances (now its greatest source of foreign exchange), without much worry about how its indigent abroad can scrimp to send such massive sums back to Mexico. Facilitating illegal immigration also establishes and fosters a favorable expatriate demographic inside the U.S. that helps to recalibrate U.S. policy favorably toward Mexico. And Mexico City also uses immigration as a policy irritant to the U.S. that can be magnified or lessened, depending on Mexico’s own particular foreign-policy goals and moods at any given time.
All of the above call into question whether Mexico is a NAFTA ally, a neutral, or a belligerent, a status that may become perhaps clearer during its upcoming presidential elections. So far, it assumes that the optics of this human tragedy facilitate its own political agendas, but it may be just as likely that its cynicism could fuel renewed calls for a wall and reexamination of the entire Mexican–U.S. relationship and, indeed, NAFTA.
Victor Davis Hanson
This year there have been none of the usual Iranian provocations — frequent during the Obama administration — of harassing American ships in the Persian Gulf. Apparently, the Iranians now realize that anything they do to an American ship will be replied to with overwhelming force. Ditto North Korea. After lots of threats from Kim Jong-un about using his new ballistic missiles against the United States, Trump warned that he would use America’s far greater arsenal to eliminate North Korea’s arsenal for good. Trump is said to be undermining NATO by questioning its usefulness some 69 years after its founding. Yet this is not 1948, and Germany is no longer down. The United States is always in. And Russia is hardly out but is instead cutting energy deals with the Europeans. More significantly, most NATO countries have failed to keep their promises to spend 2 percent of their GDP on defense. Yet the vast majority of the 29 alliance members are far closer than the U.S. to the dangers of Middle East terrorism and supposed Russian bullying. Why does Germany by design run up a $65 billion annual trade surplus with the United States? Why does such a wealthy country spend only 1.2 percent of its GDP on defense? And if Germany has entered into energy agreements with a supposedly dangerous Vladimir Putin, why does it still need to have its security subsidized by the American military? Trump approaches NAFTA in the same reductionist way. The 24-year-old treaty was supposed to stabilize, if not equalize, all trade, immigration, and commerce between the three supposed North American allies. It never quite happened that way. Unequal tariffs remained. Both Canada and Mexico have substantial trade surpluses with the U.S. In Mexico’s case, it enjoys a $71 billion surplus, the largest of U.S. trading partners with the exception of China. Canada never honored its NATO security commitment. It spends only 1 percent of its GDP on defense, rightly assuming that the U.S. will continue to underwrite its security. During the lifetime of NAFTA, Mexico has encouraged millions of its citizens to enter the U.S. illegally. Mexico’s selfish immigration policy is designed to avoid internal reform, to earn some $30 billion in annual expatriate remittances, and to influence U.S. politics. Yet after more than two decades of NAFTA, Mexico is more unstable than ever. Cartels run entire states. Murders are at a record high. Entire towns in southern Mexico have been denuded of their young males, who crossed the U.S. border illegally. The U.S. runs a huge trade deficit with China. The red ink is predicated on Chinese dumping, patent and copyright infringement, and outright cheating. Beijing illegally occupies neutral islands in the South China Sea, militarizes them, and bullies its neighbors. All of the above has become the “normal” globalized world. But in 2016, red-state America rebelled at the asymmetry. The other half of the country demonized the red-staters as protectionists, nativists, isolationists, populists, and nationalists. However, if China, Europe, and other U.S. trading partners had simply followed global trading rules, there would have been no Trump pushback — and probably no Trump presidency at all. Had NATO members and NAFTA partners just kept their commitments, and had Mexico not encouraged millions of its citizens to crash the U.S. border, there would now be little tension between allies. Instead, what had become abnormal was branded the new normal of the post-war world. Again, a rich and powerful U.S. was supposed to subsidize world trade, take in more immigrants than all the nations of the world combined, protect the West, and ensure safe global communications, travel, and commerce. After 70 years, the effort had hollowed out the interior of America, creating two separate nations of coastal winners and heartland losers. Trump’s entire foreign policy can be summed up as a demand for symmetry from all partners and allies, and tit-for-tat replies to would-be enemies. Did Trump have to be so loud and often crude in his effort to bully America back to reciprocity? Who knows? But it seems impossible to imagine that globalist John McCain, internationalist Barack Obama, or gentlemanly Mitt Romney would ever have called Europe, NATO, Mexico, and Canada to account, or warned Iran or North Korea that tit would be met by tat. Victor Davis Hanson

Attention: un dépotoir peut en cacher un autre !

Au lendemain du Sommet de l’Otan et de la visite au Royaume-Uni

D’un président américain contre lequel se sont à nouveau déchainés nos médias et nos belles âmes …

Et en cette finale de la Coupe du monde en un pays qui, entre dopage et corruption, empoisonne les citoyens de ses partenaires …

A l’heure où des mensonges nucléaires et de l’aventurisme militaire des Iraniens

Aux méga-excédents commerciaux et filouteries sur la propriété intellectuelle des Chinois …

Comme aux super surplus du commerce extérieur, la radinerie défensive et la mise sous tutelle énergétique russe des Allemands

Et sans parler, entre deux attentats terroristes ou émeutes urbaines, du « business » juteux (quelque 7 milliards annuels quand même !) des passeurs de prétendus « réfugiés » …

Sur fond de trahison continue de nos clercs sur l’immigration incontrôlée …

L’actualité comme les sondages confirment désormais presque quotidiennement les fortes intuitions de l’éléphant dans le magasin de porcelaine …

Comment qualifier un pays qui …

Derrière les « fake news » et images victimaires dont nous bassinent jour après jour nos médias …

Et entre le contrôle d’états entiers par les cartels de la drogue, les taux d’homicides records et les villes entières vidées de leurs forces vives par l’émigration sauvage …

Se permet non seulement, comme le rappelle l’historien militaire américain Victor Davis Hanson, d’intervenir dans la politique américaine …

Mais encourage, à la Castro et repris de justice compris, ses citoyens par millions à pénétrer illégalement aux États-Unis …

Alors qu’il bénéficie par ailleurs, avec plus de 70 milliards de dollars et sans compter les quelque 30 milliards de ses expatriés, du plus important excédent commercial avec les Etats-Unis après la Chine ?

Reciprocity Is the Method to Trump’s Madness
Victor Davis Hanson

National Review

July 12, 2018

The president sends a signal: Treat us the way we treat you, and keep your commitments.Critics of Donald Trump claim that there’s no rhyme or reason to his foreign policy. But if there is a consistency, it might be called reciprocity.

Trump tries to force other countries to treat the U.S. as the U.S. treats them. In “don’t tread on me” style, he also warns enemies that any aggressive act will be replied to in kind.

The underlying principle of Trump commercial reciprocity is that the United States is no longer powerful or wealthy enough to alone underwrite the security of the West. It can no longer assume sole enforcement of the rules and protocols of the post-war global order.

This year there have been none of the usual Iranian provocations — frequent during the Obama administration — of harassing American ships in the Persian Gulf. Apparently, the Iranians now realize that anything they do to an American ship will be replied to with overwhelming force.

Ditto North Korea. After lots of threats from Kim Jong-un about using his new ballistic missiles against the United States, Trump warned that he would use America’s far greater arsenal to eliminate North Korea’s arsenal for good.

Trump is said to be undermining NATO by questioning its usefulness some 69 years after its founding. Yet this is not 1948, and Germany is no longer down. The United States is always in. And Russia is hardly out but is instead cutting energy deals with the Europeans.

More significantly, most NATO countries have failed to keep their promises to spend 2 percent of their GDP on defense.

Yet the vast majority of the 29 alliance members are far closer than the U.S. to the dangers of Middle East terrorism and supposed Russian bullying.

Why does Germany by design run up a $65 billion annual trade surplus with the United States? Why does such a wealthy country spend only 1.2 percent of its GDP on defense? And if Germany has entered into energy agreements with a supposedly dangerous Vladimir Putin, why does it still need to have its security subsidized by the American military?

Canada never honored its NATO security commitment. It spends only 1 percent of its GDP on defense, rightly assuming that the U.S. will continue to underwrite its security.

Trump approaches NAFTA in the same reductionist way. The 24-year-old treaty was supposed to stabilize, if not equalize, all trade, immigration, and commerce between the three supposed North American allies.

It never quite happened that way. Unequal tariffs remained. Both Canada and Mexico have substantial trade surpluses with the U.S. In Mexico’s case, it enjoys a $71 billion surplus, the largest of U.S. trading partners with the exception of China.

Canada never honored its NATO security commitment. It spends only 1 percent of its GDP on defense, rightly assuming that the U.S. will continue to underwrite its security.

During the lifetime of NAFTA, Mexico has encouraged millions of its citizens to enter the U.S. illegally. Mexico’s selfish immigration policy is designed to avoid internal reform, to earn some $30 billion in annual expatriate remittances, and to influence U.S. politics.

Yet after more than two decades of NAFTA, Mexico is more unstable than ever. Cartels run entire states. Murders are at a record high. Entire towns in southern Mexico have been denuded of their young males, who crossed the U.S. border illegally.

The U.S. runs a huge trade deficit with China. The red ink is predicated on Chinese dumping, patent and copyright infringement, and outright cheating. Beijing illegally occupies neutral islands in the South China Sea, militarizes them, and bullies its neighbors.

All of the above has become the “normal” globalized world.

If China, Europe, and other U.S. trading partners had simply followed global trading rules, there would have been no Trump pushback — and probably no Trump presidency at all.
But in 2016, red-state America rebelled at the asymmetry. The other half of the country demonized the red-staters as protectionists, nativists, isolationists, populists, and nationalists.

However, if China, Europe, and other U.S. trading partners had simply followed global trading rules, there would have been no Trump pushback — and probably no Trump presidency at all.

Had NATO members and NAFTA partners just kept their commitments, and had Mexico not encouraged millions of its citizens to crash the U.S. border, there would now be little tension between allies.

Instead, what had become abnormal was branded the new normal of the post-war world.

Again, a rich and powerful U.S. was supposed to subsidize world trade, take in more immigrants than all the nations of the world combined, protect the West, and ensure safe global communications, travel, and commerce.

After 70 years, the effort had hollowed out the interior of America, creating two separate nations of coastal winners and heartland losers.

Trump’s entire foreign policy can be summed up as a demand for symmetry from all partners and allies, and tit-for-tat replies to would-be enemies.

Did Trump have to be so loud and often crude in his effort to bully America back to reciprocity?

Who knows?

But it seems impossible to imagine that globalist John McCain, internationalist Barack Obama, or gentlemanly Mitt Romney would ever have called Europe, NATO, Mexico, and Canada to account, or warned Iran or North Korea that tit would be met by tat.

Voir aussi:

Pompeo on What Trump Wants
An interview with Trump’s top diplomat on America First and ‘the need for a reset.’
Walter Russell Mead
The Wall Street Journal
June 25, 2018

Is the Trump administration out to wreck the liberal world order? No, insisted Secretary of State Mike Pompeo in an interview at his office in Foggy Bottom last week: The administration’s aim is to align that world order with 21st-century realities.
Many of the economic and diplomatic structures Mr. Trump stands accused of undermining, Mr. Pompeo argues, were developed in the aftermath of World War II. Back then, he tells me, they “made sense for America.” But in the post-Cold War era, amid a resurgence of geopolitical competition, “I think President Trump has properly identified a need for a reset.”
Mr. Trump is suspicious of global institutions and alliances, many of which he believes are no longer paying dividends for the U.S. “When I watch President Trump give guidance to our team,” Mr. Pompeo says, “his question is always, ‘How does that structure impact America?’ ” The president isn’t interested in how a given rule “may have impacted America in the ’60s or the ’80s, or even the early 2000s,” but rather how it will enhance American power “in 2018 and beyond.”
Mr. Trump’s critics have charged that his “America First” strategy reflects a retreat from global leadership. “I see it fundamentally differently,” Mr. Pompeo says. He believes Mr. Trump “recognizes the importance of American leadership” but also of “American sovereignty.” That means Mr. Trump is “prepared to be disruptive” when the U.S. finds itself constrained by “arrangements that put America, and American workers, at a disadvantage.” Mr. Pompeo sees his task as trying to reform rules “that no longer are fair and equitable” while maintaining “the important historical relationships with Europe and the countries in Asia that are truly our partners.”
The U.S. relationship with Germany has come under particular strain. Mr. Pompeo cites two reasons. “It is important that they demonstrate a commitment to securing their own people,” he says, in reference to Germany’s low defense spending. “When they do so, we’re prepared to do the right thing and support them.” And then there’s trade. The Germans, he says, need to “create tariff systems and nontariff-barrier systems that are equitable, reciprocal.”
But Mr. Pompeo does not see the U.S.-German rift as a permanent reorientation of U.S. foreign policy. Once the defense and trade issues are addressed, “I’m very confident that the relationship will go from these irritants we see today to being as strong as it ever was.” He adds that he has a “special place in my heart” for Germany, having spent his “first three years as a soldier patrolling . . . the West and East German border.”
In addition to renegotiating relationships with existing allies, the Trump administration is facing newly assertive great-power adversaries. “For a decade plus,” Mr. Pompeo says, U.S. foreign policy was “very focused on counterrorism and much less on big power struggles.” Today, while counterterrorism remains a priority, geopolitics is increasingly defined by conflicts with powerful states like China and Russia.
Mr. Pompeo says the U.S. must be assertive but flexible in dealing with both Beijing and Moscow. He wants the U.S. relationship with China to be defined by rule-writing and rule-enforcing, not anarchic struggle. China, he says, hasn’t honored “the normal set of trade understandings . . . where these nation states would trade with each other on fair and reciprocal terms; they just simply haven’t done it. They’ve engaged in intellectual property theft, predatory economic practices.”
Avoiding a more serious confrontation with China down the line will require both countries to appreciate one another’s long-term interests. The U.S. can’t simply focus on “a tariff issue today, or a particular island China has decided to militarize” tomorrow. Rather, the objective must be to create a rules-based structure to avoid a situation in which “zero-sum is the endgame for the two countries.”
Mr. Pompeo also sees room for limited cooperation with Russia even as the U.S. confronts its revisionism. “There are many things about which we disagree. Our value sets are incredibly different, but there are also pockets where we find overlap,” he says. “That’s the challenge for a secretary of state—to identify those places where you can work together, while protecting America against the worst pieces of those governments’ activities.”
Mr. Pompeo says his most important daily task is to understand what the president is thinking. As he prepared for the job, “I spoke to every living former secretary of state,” Mr. Pompeo says. “They gave me two or three big ideas about things you needed to do to successfully deliver on American foreign policy. Not one of them got out of their top two without saying that a deep understanding and good relationship with the commander in chief—with the person whose foreign policy you’re implementing—is absolutely central.”
He continues: “It needs to be known around the world that when you speak, you’re doing so with a clear understanding of what the president is trying to achieve. So I spend a lot of time thinking about that—trying to make sure that I have my whole workforce, my whole team, understanding the commander’s intent in a deep way.”
And the president’s agenda, as Mr. Pompeo communicates it, is one of extraordinary ambition: to rewrite the rules of world order in America’s favor while working out stable relationships with geopolitical rivals. Those goals may prove elusive. Inertia is a powerful force in international relations, and institutions and pre-existing agreements are often hard to reform.
Among other obstacles, the Trump agenda creates the risk of a global coalition forming against American demands. American efforts to negotiate more favorable trading arrangements could lead China, Europe and Japan to work jointly against the U.S. That danger is exacerbated by Mr. Trump’s penchant for dramatic gestures and his volatile personal style.
Yet the U.S. remains, by far, the world’s most powerful nation, and many countries will be looking for ways to accommodate the administration at least partially. Mr. Trump is right that the international rules and institutions developed during the Cold War era must be retooled to withstand new political, economic and military pressures.
Mr. Pompeo believes that Mr. Trump’s instincts, preferences, and beliefs constitute a coherent worldview. The secretary’s aim is to undertake consistent policy initiatives based on that worldview. This endeavor will strike many of the administration’s critics as quixotic. But Mr. Pompeo is unquestionably right that no secretary of state can succeed without the support of the president, and he is in a better position than most to understand Mr. Trump’s mind.
The world will soon see whether the president’s tweets of iron can be smoothly sheathed in a diplomatic glove.
Voir également:

De Cuba aux Etats-Unis : il y a trente ans, les Marielitos

Michel Faure

C’était il y a trente ans très exactement. Mai 1980. J’étais jeune journaliste, envoyé spécial de Libération à Key West, en Floride. Je restais des heures, fasciné, sur le quai du port où arrivaient, les unes après les autres en un flot continu extraordinaire, des embarcations diverses -bateaux de pêche, petits et gros, vedettes de promenade, yachts chics– chargées de réfugiés cubains.

C’était une noria incessante, menée avec beaucoup d’enthousiasme. Ces bateaux battaient tous pavillon des Etats-Unis et, pour la plupart, étaient la propriété d’exilés cubains vivant en Floride. Ils débarquaient leurs passagers sous les vives lumières des télévisions et les applaudissements d’une foule de badauds émus aux larmes et scrutant chaque visage avec intensité, dans l’espoir d’y retrouver les traits d’un parent, d’un ami ou d’un amour perdu de vue depuis plus de vingt ans.

Puis les bateaux repartaient pour un nouveau voyage à Mariel, le port cubain d’où partaient les exilés et qui leur donnera un surnom, « los Marielitos ».

La Croix Rouge et la logistique gouvernementale américaine ont fait du bon travail. Les arrivants, épuisés, l’air perdu, souvent inquiets, étaient accueillis avec égards, hydratés, nourris et enveloppés de couvertures.

Ils passaient à travers un double contrôle, médical et personnel, avant d’être rassemblés sous un immense hangar, libres de répondre, s’ils le souhaitaient, aux questions des journalistes, avant d’être transportés par avion à Miami.

Quand les Cubains étaient accueillis sous les bravos

Ceux que j’ai rencontrés, dans ces instants encore très incertains pour eux, racontaient plus ou moins la même histoire : la misère de tous les jours sous la surveillance constante des CDR, les Comités de la révolution, les commissaires politiques du quartier qui avaient (et ont toujours) le pouvoir de vous rendre la vie à peu près tolérable ou de vous la pourrir à jamais.

Oser dire qu’on aurait aimé vivre ailleurs n’arrangeait pas votre cas. Un mot du CDR et vous perdiez votre boulot. Le travail privé n’existant pas, le seul fait de survivre était l’indice d’un délit, genre travail au noir. Pour des raisons éminemment politiques, vous vous retrouviez donc en prison, délinquant de droit commun.

Bref, la routine infernale, les engrenages implacables et cruels de la criminalisation de la vie quotidienne pour quiconque ne courbait pas l’échine.

A Miami, dans un stade gigantesque, j’ai assisté quelques jours plus tard à des scènes de tragédies antiques, émouvantes à en pleurer. Les milliers de sièges du stade étaient occupés par des familles cubaines vivant aux Etats-Unis et, de jour comme de nuit, arrivaient de l’aéroport des autobus qui déposaient leurs occupants débarqués de Mariel (en ce seul mois de mai 1980, ils furent 86 000).

Ils étaient accueillis dans le stade sous les bravos. Puis, dans le silence revenu, un speaker énonçait ces noms interminables dont le castillan a le secret, ces Maria de la Luz Martinez de Sanchez, ou ces José-Maria Antonio Perez Rodriguez.

Et soudain, un cri dans un coin du stade, le faisceau lumineux des télés pointé vers un groupe de gens sautant en l’air de joie puis dévalant les escaliers du stade pour tomber dans les bras des cousins ou frères et sœurs retrouvés.

La stratégie de Fidel Castro

Cet exode des Marielitos a commencé par un coup de force. Le 5 avril 1980, 10 000 Cubains entrent dans l’ambassade du Pérou à La Havane et demandent à ce pays de leur accorder asile.

Dix jours plus tard, Castro déclare que ceux qui veulent quitter Cuba peuvent le faire à condition d’abandonner leurs biens et que les Cubains de Floride viennent les chercher au port de Mariel.

L’hypothèse est que Castro voit dans cette affaire une double opportunité :

  • Il se débarrasse d’opposants -il en profite également pour vider ses prisons et ses asiles mentaux et sans doute infiltrer, parmi les réfugiés, quelques agents castristes ;
  • Il espère que cet afflux soudain d’exilés va profondément déstabiliser le sud de la Floride et affaiblir plus encore le brave Président Jimmy Carter, préchi-prêcheur démocrate des droits de l’homme, un peu trop à gauche pour endosser l’habit de grand Satan impérialiste que taille à tous les élus de la Maison Blanche le leader cubain.

De fait, du 15 avril au 31 octobre 1980, quelque 125 000 Cubains quitteront l’île. 2 746 d’entre eux ont été considérés comme des criminels selon les lois des Etats-Unis et incarcérés.

L’économie de la région de Miami a absorbé en deux ou trois ans le choc de cet exode et, depuis, se porte très bien, notamment parce que de nombreux exilés étaient des professionnels diplômés (médecins, professeurs…) qui non seulement se sont facilement intégrés au sein de la société de Miami, mais l’ont aussi dynamisée.

Parmi les Marielitos, un poète : Reinaldo Arenas

En août 1994, 30 000 autres Cubains, « los Balseros » -ainsi nommés parce qu’ils s’enfuyaient par la mer sur des embarcations aussi précaires que des « balsas », des chambres à air de camion- ont rejoint à leur tour les côtes de Floride.

Puis la politique a repris la main. Castro a compris que le spectacle de ces exodes à répétition et le nombre et la qualité des exilés fragilisaient l’image du régime et son avenir. Les Etats-Unis, quant à eux, ont entendu les voix des conservateurs défenseurs des frontières.

Tout cela a abouti à un accord migratoire qui traduit une politique américaine absurde et déshonorante consistant à n’admettre sur le territoire des Etats-Unis que ceux qui l’auront touché du pied, et renvoyer tous les autres en direction de Cuba qu’ils fuyaient.

L’accommodement avec une dictature l’a emporté sur la générosité à l’endroit de ses réfugiés.

Parmi les Marielitos, il faut noter la présence de l’écrivain et poète Reinaldo Arenas, qui mourra quelques années plus tard du sida, à New York. Son véritable crime fut d’être homosexuel et son livre, « Avant la Nuit », a été remarquablement adapté en 2000 par Julian Schnabel avec le film « Before the Night Falls ». Il montre la terrible épreuve que fut pour tous les exilés le passage des contrôles du port de Mariel.

Voir de même:

Trump Was Right: Castro Did Send Criminals to U.S.

The Weekly Standard

If you ever worry about the quality of news on the Internet, consider a recent story at BuzzFeed from reporter Adrian Carrasquillo. The writer notes indignantly that Donald Trump’s infamous campaign comments about Mexican immigrants were not unprecedented: Speaking on a radio talk show, in 2011, Trump had anticipated his claim that « Mexico was sending criminals and rapists » to the United States (in Carrasquillo’s words) by « appear[ing] to suggest Fidel Castro had hatched a similar gambit. »

Here is what Trump said in 2011:

I remember, years ago, where Castro was sending his worst over to this country. He was sending criminals over to this country, and we’ve had that with other countries where they use us as a dumping ground.

Carrasquillo acknowledged that Trump’s facts are not imaginary— »Trump was speaking about the Mariel boatlift in 1980, when more than 125,000 Cubans came to the U.S. because of the island’s floundering economy »—but he seems to have gleaned what knowledge he has about the Mariel boatlift from the Internet, or perhaps a friend or neighbor: « Castro did send prisoners and mentally ill people to the U.S. mixed in with other refugees, » Carrasquillo wrote.

In fact, of course, it was not Cuba’s « floundering economy »—Cuba’s economy, it could reasonably be argued, has always been floundering—that prompted the exodus; it was Fidel Castro’s malice. The Jimmy Carter administration, as Democratic administrations tend to do, had been seeking a rapprochement with the Cuban regime, and in early 1980, Castro—habitually angered by the official American welcome to Cuban refugees—rewarded Carter’s credulity by emptying his nation’s jails, prisons, and mental institutions and sending their occupants, in overcrowded vessels, across the Straits of Florida to Miami.

It was an extraordinarily cruel, and cynical, gesture on Castro’s part; but of course, hardly surprising. And in any case, it swiftly halted Carter’s flirtation with Cuba.

What Adrian Carrasquillo doesn’t appear to know, however, and what gives this episode contemporary resonance, is that the Mariel boatlift, and its attendant migrant crisis, had political repercussions that extend to the present day. One of the repositories for Cuban criminals chosen by the Carter White House was Fort Chaffee, Arkansas, where there were subsequent riots and mass escapes. The governor of Arkansas, one Bill Clinton, was furious that his state had been chosen to pay the price for Carter’s misjudgment—and he complained loudly and publicly about it. So loudly, in fact, that it made Carter’s efforts to settle refugees elsewhere politically toxic.

Jimmy Carter never forgave Bill Clinton for the Mariel/Fort Chaffee debacle. And vice versa, since it was one of the main reasons which led to Clinton’s defeat for re-election in November 1980. It also explains the continued enmity between the senior living Democratic ex-president, Carter, and Clinton—whose wife Hillary is currently running for president.

A handful of lessons may be drawn from all this: The roots of political issues are deep and complicated; the settlement of refugees is a sensitive matter; and it seldom pays presidents to trust the Castro regime. From a journalistic standpoint, however, it raises an urgent question: Does BuzzFeed employ editors with knowledge of events before, say, 2011?

Voir de plus:

Years Before Mexican Comments, Trump Said Castro Was Sending Criminals To U.S.
« I remember, years ago, where Castro was sending his worst over to this country. He was sending criminals over to this country, and we’ve had that with other countries where they use us as a dumping ground. »
Adrian Carrasquillo
BuzzFeed News
October 6, 2016

Four years before Donald Trump roiled the presidential race by announcing that Mexico was sending criminals and rapists — their worst — to the U.S., he appeared to suggest Fidel Castro had hatched a similar gambit.

Speaking on Laura Ingraham’s radio show in 2011, Trump took a rhetorical tact that will be familiar to anyone paying even a passing interest to the 2016 presidential election.

« You either have borders or you don’t have borders. Now, that doesn’t mean you can’t make it possible for somebody that’s really good to become a citizen. But I think part of the problem that this country has is we’re taking in people that are, in some cases, good, and in some cases, are not good and in some cases are criminals, » Trump said.

« I remember, years ago, where Castro was sending his worst over to this country. He was sending criminals over to this country, and we’ve had that with other countries where they use us as a dumping ground, » he continued. « And frankly, the fact that we allow that to happen is what’s really hurting this country very badly. »

Liberal media watchdog Media Matters provided the audio from their archives, after a request by BuzzFeed News.

While Trump does not mention Fidel Castro’s full name, he made similar comments about Cubans on conservative radio last summer, just weeks after his initial remarks about Mexicans during his June announcement.

“And they’re sending — if you remember, years ago, when Castro opened up his jails, his prisons, and he sent them all over to the United States because let the United States have them,” Trump said. “And you know, these were the many hardcore criminals that he sent over. »

Trump was speaking about the Mariel boatlift in 1980, when more than 125,000 Cubans came to the U.S. because of the island’s floundering economy. Castro did send prisoners and mentally ill people to the U.S. mixed in with other refugees.

In a statement, Trump campaign senior advisor and Hispanic outreach director, AJ Delgado, said his remarks in 2011 were absolutely correct and only underscore his « keen awareness » of historical facts.

« The 1980 Mariel boatlift out of Cuba certainly did contain thousands of criminals, including violent criminals, the Castro regime having taken it as an opportunity to empty many of its prisons and send those individuals to the U.S, » she said, stressing that the matter is not in dispute.

« Worth noting, this 2011 audio also proves Mr. Trump’s years-long consistency: even five years ago, he was advocating for the same sound immigration policies he advocates today — one that places Americans’ safety and security first, » she added.

Trump’s relationship with Cuban-American voters is somewhat unusual for a Republican nominee. For years, support for the embargo on Cuba has been a major Republican plank; a recent Newsweek report also alleged that Trump violated the Cuban embargo when he disguised payments from his companies in Cuba in an attempt to make money on the island.

The Republican nominee changed his opinion on immigration multiple times in the past few years, including during the campaign. But he has also struck a nativist and restrictionist tone on the dangers and nefarious intentions of foreigners coming to the country for years. Though Barack Obama’s two campaigns showed the traditionally Republican voting bloc beginning to fray somewhat, that’s put more pressure on those voters, particularly younger ones.

« We know how Donald Trump feels about the Hispanic community, and this is just more of the same, » said Joe Garcia, a Cuban-American Democrat running for congress in Florida where Trump has become a flashpoint in his race against Rep. Carlos Curbelo, who has also denounced Trump. « Whether he makes hateful statements today or five years ago, Trump’s sentiments toward minority groups have been very clear. »

Ana Navarro, a CNN commentator and Republican strategist who has staunchly opposed Trump, noted that being a « marielito » was somewhat taboo for a while, « but it’s important not to forget all the good people who came. Many have gone on to make great contributions to the U.S. »

Jose Parra, a Democratic strategist from Florida who served as a senior adviser to Sen. Harry Reid, argued the comments leave no doubt that Trump doesn’t just have it out for Mexicans.

« Now we know that when he says Mexicans, he means all Hispanics, » Parra said. « He was talking about Cubans in this case… the issue is Hispanics not Mexicans. It’s immigrants period. »

Nathaniel Meyersohn contributed reporting.

Voir encore:

Trump Says Mexican Immigrants Are Just Like « Hardcore Criminals » Castro Sent To U.S.
Trump also took credit for bringing to the public’s attention the death of a San Francisco woman killed by an undocumented immigrant.
Andrew Kaczynski
BuzzFeed News
July 10, 2015

Republican presidential candidate Donald Trump on Wednesday compared undocumented Mexican immigrants to the « hardcore criminals » Fidel Castro sent to the United States in the early 1980s.

Speaking on conservative radio, the real estate mogul addressed the controversy surrounding his characterization of Mexican immigrants as « rapists » in his presidential announcement speech.

« A lot of people said, ‘Would you apologize?’ I said, ‘Absolutely, I’d apologize, if there was something to apologize for, » Trump told radio host Wayne Dupree on Wednesday.

« But what I said is exactly true. You understand that, Wayne. And what I’m saying — and I have great respect for the Mexican people. I love the Mexican people. I have many Mexicans working for me and they’re great. »

« But that’s — we’re not talking about — we’re talking about a government that’s much smarter than our government, » Trump continued. « Much sharper, more cunning than our government, and they’re sending people. »

Trump then went on to compare the immigrants coming into the country from Mexico to Cuban exiles who came to the U.S. as a part of the Mariel boatlift in 1980. Many of those exiles were later found to be inmates released from Cuban prisons and mental health facilities.

« And they’re sending — if you remember, years ago, when Castro opened up his jails, his prisons, and he sent them all over to the United States because let the United States have them, » Trump stated. « And you know, these were the many hardcore criminals that he sent over. And, you know, that was a long time ago but essentially Mexico is sending over — as an example, this horrible guy that killed a beautiful woman in San Francisco. Mexico doesn’t want him. So they send him over. How do you think he got over here five times? They push him out. They’re pushing their problems onto the United States, and we don’t talk about it because our politicians are stupid. »

Trump then took credit for bringing to the public’s attention the death of the San Francisco woman killed by an undocumented immigrant.

« I don’t even think it’s a question of, uh, good politics. I think they’re just stupid. I don’t think they know what they’re doing. So I bring it up and, you’re right, it became a big story, » said Trump.

« And I’ll tell you something: the young woman that was killed — that was a statistic. That wasn’t even a story. My wife brought it up to me. She said, you know, she saw this little article about the young woman in San Francisco that was killed, and I did some research and I found out that she was killed by this animal … who illegally came into the country many times, by the way, and who has a long record of convictions. And I went public with it and now it’s the biggest story in the world right now. … Her life will be very important for a lot of reasons, but one of them would be that she’s throwing light and showing light on what’s happening in this country. »

Voir par ailleurs:

The White House Used This Moment as Proof the U.S. Should Cut Immigration. Its Real History Is More Complicated

Julio Capó, Jr.

Time
August 4, 2017

This week, as President Trump comes out in support of a bill that seeks to halve legal immigration to the United States, his administration is emphasizing the idea that Americans and their jobs need to be protected from all newcomers—undocumented and documented. To support that idea, his senior policy adviser Stephen Miller has turned to a moment in American history that is often referenced by those who support curbing immigration: the Mariel boatlift of 1980. But, in fact, much of the conventional wisdom about that episode is based on falsehoods rooted in Cold War rhetoric.

During a press briefing on Wednesday, journalist Glenn Thrush asked Miller to provide statistics showing the correlation between the presence of low-skill immigrants and decreased wages for U.S.-born and naturalized workers. In response, Miller noted the findings of a recent study by Harvard economist George Borjas on the Mariel boatlift, which contentiously argued that the influx of over 125,000 Cubans who entered the United States from April to October of 1980 decreased wages for southern Florida’s less educated workers. Borjas’ study, which challenged an earlier influential study by Berkeley economist David Card, has received major criticisms. A lively debate persists among economists about the study’s methods, limited sample size and interpretation of the region’s racial categories—but Miller’s conjuring of Mariel is contentious on its own merits.

The Mariel boatlift is an outlier in the pages of U.S. immigration history because it was, at its core, a result of Cold War posturing between the United States and Cuba.

Fidel Castro found himself in a precarious situation in April 1980 when thousands of Cubans stormed the Peruvian embassy seeking asylum. Castro opened up the port of Mariel and claimed he would let anyone who wanted to leave Cuba to do so. Across the Florida Straits, the United States especially prioritized receiving people who fled communist regimes as a Cold War imperative. Because the newly minted Refugee Act had just been enacted—largely to address the longstanding bias that favored people fleeing communism—the Marielitos were admitted under an ambiguous, emergency-based designation: “Cuban-Haitian entrant (status pending).” At this week’s press conference, Miller avoided discussions of guest workers because they enter under separate procedures. It’s important to note, however, that the Marielitos also entered under a separate category.

In order to save face, Castro put forward the narrative that the Cubans who sought to leave the island were the dregs of society and counter-revolutionaries who needed to be purged because they could never prove productive to the nation. This sentiment, along with reports that he had opened his jails and mental institutes as part of this boatlift, fueled a mythology that the Marielitos were a criminal, violent, sexually deviant and altogether “undesirable” demographic.

In reality, more than 80% of the Marielitos had no criminal past, even in a nation where “criminality” could include acts antithetical to the revolutionary government’s ideals. In addition to roughly 1,500 mentally and physically disabled people, this wave of Cubans included a significant number of sex workers and queer and transgender people—some of whom were part of the minority who had criminal-justice involvement, having been formerly incarcerated because of their gender and sexual transgression.

Part of what made Castro’s propaganda scheme so successful was that his regime’s repudiation of Marielitos found an eager audience in the United States among those who found it useful to fuel the nativist furnace. U.S. legislators, policymakers and many in the general public accepted Castro’s negative depiction of the Marielitos as truth. By 1983, the film Scarface had even fictionalized a Marielito as a druglord and violent criminal.

Then and now, the boatlift proved incredibly unpopular among those living in the United States and is often cited as one of the most vivid examples of the dangers of lax immigration enforcement. In fact, many of President Jimmy Carter’s opponents listed Mariel as one of his and the Democratic Party’s greatest failures, even as his Republican successor, President Ronald Reagan, also embraced the Marielitos as part of an ideological campaign against Cuba. And the political consequences of the reaction to Mariel didn’t stop there: the episode also helped birth the English-only movement in the United States, after Dade County residents voted to remove Spanish as a second official language in November of 1980. (The new immigration proposal that Trump supports would also privilege immigrants who can speak English.)

While the Mariel boatlift—with its massive influx of people in a short period of time—may appear to be an ideal case study for economists to explore whether immigrants decreased wages for U.S.-born workers, its Cold War-influenced and largely anomalous history makes it less so.

During this week’s press conference, Miller later told Thrush that, more than statistics, we should use “common sense” in crafting our policies. As the case of the Mariel boatlift shows, so-called common sense can be inextricably informed by ulterior motives, prejudice and global political disagreement. When history is used to inform policy decisions, this too must be factored.

Historians explain how the past informs the present

Julio Capó, Jr. is assistant professor of history at the University of Massachusetts, Amherst and was a visiting scholar at the United States Studies Centre at the University of Sydney. His book on Miami’s queer past, Welcome to Fairyland, is forthcoming from the University of North Carolina Press.

Voir aussi:

There’s no evidence that immigrants hurt any American workers
The debate over the Mariel boatlift, a crucial immigration case study, explained.
Michael Clemens

Aug 3, 2017

Pressed by a New York Times reporter yesterday for evidence that immigration hurts American workers, White House senior adviser Stephen Miller said: “I think the most recent study I would point to is the study from George Borjas that he just did about the Mariel Boatlift.” Michael Clemens recently explained why that much-cited study shouldn’t be relied upon:

Do immigrants from poor countries hurt native workers? It’s a perpetual question for policymakers and politicians. That the answer is a resounding “Yes!” was a central assertion of Donald Trump’s presidential campaign. When a study by an economist at Harvard University recently found that a famous influx of Cuban immigrants into Miami dramatically reduced the wages of native workers, immigration critics argued that the debate was settled.

The study, by Harvard’s George Borjas, first circulated as a draft in 2015, and was finally published in 2017. It drew attention from the Atlantic, National Review, New Yorker, and others. Advocates of restricting immigration declared that the study was a “BFD” that had “nuked” their opponents’ views. The work underpinning the paper became a centerpiece of Borjas’s mass-market book on immigration, We Wanted Workers, which has been cited approvingly by US Attorney General Jeff Sessions as proving the economic harms of immigration.

But there’s a problem. The study is controversial, and its finding — that the Cuban refugees caused a large, statistically unmistakable fall in Miami wages — may be simply spurious. This matters because what happened in Miami is the one historical event that has most shaped how economists view immigration.

In his article, Borjas claimed to debunk an earlier study by another eminent economist, David Card, of UC Berkeley, analyzing the arrival of the Cubans in Miami. The episode offers a textbook case of how different economists can reach sharply conflicting conclusions from exactly the same data.

Yet this is not an “on the one hand, on the other” story: My own analysis suggests that Borjas has not proved his case. Spend a few minutes digging into the data with me, and it will become apparent that the data simply does not allow us to conclude that those Cubans caused a fall in Miami wages, even for low-skill workers.

The Mariel boatlift offered economists a remarkable opportunity to study the effect of immigration

For an economist, there’s a straightforward way to study how low-skill immigration affects native workers: Find a large, sudden wave of low-skill immigrants arriving in one city only. Watch what happens to wages and employment for native workers in that city, and compare that to other cities where the immigrants didn’t go.

An ideal “natural experiment” like this actually happened in Miami in 1980. Over just a few months, 125,000 mostly low-skill immigrants arrived from Mariel Bay, Cuba. This vast seaborne exodus — Fidel Castro briefly lifted Cuba’s ban on emigration -— is known as the Mariel boatlift. Over the next few months, the workforce of Miami rose by 8 percent. By comparison, normal immigration to the US increases the nationwide workforce by about 0.3 percent per year. So if immigrants compete with native workers, Miami in the 1980s is exactly where you should see natives’ wages drop.

Berkeley’s Card examined the effects of the Cuban immigrants on the labor market in a massively influential study in 1990. In fact, that paper became one of the most cited in immigration economics. The design of the study was elegant and transparent. But even more than that, what made the study memorable was what Card found.

In a word: nothing.

The Card study found no difference in wage or employment trends between Miami — which had just been flooded with new low-skill workers — and other cities. This was true for workers even at the bottom of the skills ladder. Card concluded that “the Mariel immigration had essentially no effect on the wages or employment outcomes of non-Cuban workers in the Miami labor market.”

You can see Card’s striking result in the graph below: There’s just no sign of a dip in low-skill Miami wages after the huge arrival of low-skill Cubans in 1980. The red line is the average wage, in each year, for workers in Miami, ages 19 to 65, whose education doesn’t go beyond high school. The dotted red lines show the interval of statistical confidence, so the true average wage could fall anywhere between the dotted lines.

These estimates come from a slice of a nationwide survey, in which small groups of individuals are chosen to represent the broader population. (It’s known as the March Supplement of the Current Population Survey, or CPS). Carving out low-skill workers in Miami alone, that leaves an average of 185 observations of workers per year, during the crucial years.

The gray dashed line shows what the wage would be if the pre-1980 trend had simply continued after 1980. As you can see, there is no dip in wages after those Cubans greatly increased the low-skill labor supply in 1980. If anything, wages rose relative to their previous trend in Miami. The same is true relative to wage trends in other, similar cities.

Current Population Survey, Clemens

Economists ever since have tried to explain this remarkable result. Was it that the US workers who might have suffered a wage drop had simply moved away? Had low-skill Cubans made native Miamians more productive by specializing in different tasks, thus stimulating the local economy? Was it that the Cubans’ own demand for goods and services had generated as many jobs in Miami as they filled? Or perhaps was it that Miami employers shifted to production technologies that used more low-skill labor, absorbing the new labor supply?

Regardless, there was no dip in wages to explain. The real-life economy was evidently more complex than an “Econ 101” model would predict. Such a model would require wages to fall when the supply of labor, through immigration, goes up.

Slicing up the data — all too finely

This is where two new studies came in, decades after Card’s — in 2015. One, by Borjas, claims that Card’s analysis had obscured a large fall in the wages of native workers by using too broad a definition of “low-skill worker.” Card’s study had looked at the wages of US workers whose education extended only to high school or less. That was a natural choice, since about half of the newly-arrived Cubans had a high school degree, and half didn’t.

Borjas, instead, focuses on workers who did not finish high school — and claimed that the Boatlift caused the wages of those workers, those truly at the bottom of the ladder, to collapse.

The other new study (ungated here), by economists Giovanni Peri and Vasil Yasenov, of the UC Davis and UC Berkeley, reconfirms Card’s original result: It cannot detect an effect of the boatlift on Miami wages, even among workers who did not finish high school.

In short, different well-qualified economists arrive at opposite conclusions about the effects of immigration, looking at the same data about the same incident, with identical modern analytical tools at their disposal. How that happened has a lot to teach about why the economics of immigration remains so controversial.

Suppose we are concerned that the graph above, covering all low-skill workers in Miami, is too aggregated — meaning it combines too many different kinds of workers. We would not want to miss the effects on certain subgroups that may have competed more directly with the newly-arrived Cubans. For example, the Mariel migrants were mostly men. They were Hispanic. Many of them were prime-age workers (age 25 to 59). So we should look separately at what happened to wages for each of those groups of low-skill workers who might compete with the immigrants more directly: men only, non-Cuban Hispanics only, prime-age workers only. Here’s what wages look like for those slices of the same data:

Here again, if anything, wages rose for each of these groups of low-skill workers after 1980, relative to their previous trend. There isn’t any dip in wages to explain. And, again, the same is true if you compare wage trends in Miami to trends in other, similar cities.

Peri and Yasenov showed that there is still no dip in wages even when you divide up low-skill workers by whether or not they finished high school. About half of the Mariel migrants had finished high school, and the other half hadn’t. So you might expect negative wage effects on both groups of workers in Miami. Here is what the wage trends look like for those two groups.

The wages of Miami workers with high school degrees (and no more than that) jump up right after the Mariel boatlift, relative to prior trends. The wages of those with less than a high school education appear to dip slightly, for a couple of years, although this is barely distinguishable amid the statistical noise. And these same inflation-adjusted wages were also falling in many other cities that didn’t receive a wave of immigrants, so it’s not possible to say with statistical confidence whether that brief dip on the right is real. It might have been — but economists can’t be sure. The rise on the left, in contrast, is certainly statistically significant, even relative to corresponding wage trends in other cities.

Here is how the Borjas study reaches exactly the opposite conclusion. The Borjas study slices up the data much more finely than even Peri and Yasenov do. It’s not every worker with less than high school that he looks at. Borjas starts with the full sample of workers of high school or less — then removes women, and Hispanics, and workers who aren’t prime age (that is, he tosses out those who are 19 to 24, and 60 to 65). And then he removes workers who have a high school degree.

In all, that means throwing out the data for 91 percent of low-skill workers in Miami in the years where Borjas finds the largest wage effect. It leaves a tiny sample, just 17 workers per year. When you do that, the average wages for the remaining workers look like this:

For these observations picked out of the broader dataset, average wages collapse by at least 40 percent after the boatlift. Wages fall way below their previous trend, as well as way below similar trends in other cities, and the fall is highly statistically significant.

How to explain the divergent conclusions?

There are two ways to interpret these findings. The first way would be to conclude that the wage trend seen in the subgroup that Borjas focuses on — non-Hispanic prime-age men with less than a high school degree — is the “real” effect of the boatlift. The second way would be to conclude, as Peri and Yasenov do, that slicing up small data samples like this generates a great deal of statistical noise. If you do enough slicing along those lines, you can find groups for which wages rose after the Boatlift, and others for which it fell. In any dataset with a lot of noise, the results for very small groups will vary widely.

Researchers can and do disagree about which conclusion to draw. But there are many reasons to favor the view that there is no compelling basis to revise Card’s original finding. There is not sufficient evidence to show that Cuban immigrants reduced any low-skill workers’ wages in Miami, even small minorities of them, and there isn’t much more that can be learned about the Mariel boatlift with the data we have.

Here are three reasons why Card’s canonical finding stands.

Borjas’s theory doesn’t fit the evidence

The first reason is economic theory. The simple theory underlying all of this analysis is that when the supply of labor rises, wages have to fall. But if we interpret the wage drop in Borjas’s subgroup as an effect of the Boatlift, we need to interpret the upward jumps in the other graphs above, too, as effects of the Boatlift. That is, we would need to interpret the sharp post-Boatlift rise in wages for low-skill Miami Hispanics, regardless of whether they had a high school degree, as another effect of the influx of workers.

But wait. The theory of supply and demand cannot explain how a massive infusion of low-skill Cuban Hispanics would cause wages to rise for other Hispanics, who would obviously compete with them. For the same reason, we would need to conclude that the boatlift caused a large rise in the wages of Miami workers with high school degrees only, both Hispanic and non-Hispanic — who constitute the large majority of low-skill workers in Miami. And so on.

Economic theory doesn’t offer a reason why such a big benefit should happen. So we should be suspicious of jumping to the rosy conclusion that the Mariel boatlift caused big wage increases for the other 91 percent of low-skill workers in Miami. One could reach that conclusion by the same method Borjas used, if one sought such a result. But we should hesitate to make strong conclusions — one way or another — from any handpicked subset of the data.

The study states that this was done because, among other reasons, the arrival of non-Cuban Hispanics in some of the other cities that Miami is being compared to — including Anaheim and Rochester — may have driven down wages in those places. But the graphs shown here are just for Miami, unaffected by that hypothetical concern.

As you can see above, the wages of low-skill Hispanics as a whole jumped upward in Miami in the years after the boatlift. Dropping the data on groups that experienced wage increases, without a sound theoretical reason to do so, ensures by construction that wages fall in the small group that remains. The method determines the result.

There’s too much noise in the data to conclude native workers were hurt

The second reason the data backs Peri and Yasenov’s interpretation is statistical noise caused by small subsamples. Because there is a great deal of noise in the data, if we’re willing to take low-skill workers in Miami and hand-pick small subsets of them, we can always find small groups of workers whose wages rose during a particular period, and other groups whose wages fell. But at some point we’re learning more about statistical artifacts than about real-world events.

Remember the key Borjas sample in each year — the one that experienced a large drop in wages — was just 17 men. By picking various small subsets of the data, a researcher could hypothetically get any positive or negative “effect” of the boatlift.

Race made a difference here

Yet another reason to believe the Card study remains solid has to do with something very different from statistical noise. Average wages in tiny slices of the data can change sharply because of small but systematic changes in who is getting interviewed. And it turns out that the CPS sample includes vastly more black workers in the data used for the Borjas study after the boatlift than before it.

Because black men earned less than others, this change would necessarily have the effect of exaggerating the wage decline measured by Borjas. The change in the black fraction of the sample is too big and long-lasting to be explained by random error. (This is my own contribution to the debate. I explore this problem in a new research paper that I co-authored with Jennifer Hunt, a professor of economics at Rutgers University.)

Around 1980, the same time as the Boatlift, two things happened that would bring a lot more low-wage black men into the survey samples. First, there was a simultaneous arrival of large numbers of very low-income immigrants from Haiti without high school degrees: that is, non-Hispanic black men who earn much less than US black workers but cannot be distinguished from US black workers in the survey data. Nearly all hadn’t finished high school.

That meant not just that Miami suddenly had far more black men with less than high school after 1980, but also that those black men had much lower earnings. Second, the Census Bureau, which ran the CPS surveys, improved its survey methods around 1980 to cover more low-skill black men due to political pressure after research revealed that many low-income black men simply weren’t being counted.

You can see what happened in the graph below, which has a point for each year’s group of non-Hispanic men with less than high school, in the data used by Borjas (ages 25 to 59). The horizontal axis is the fraction of the men in the sample who are black. The vertical axis is the average wage in the sample. Because black men in Miami at this skill level earned much less than non-blacks, it’s no surprise that the more black men are covered by each year’s sample, the lower the average wage.

But here’s the critical problem: The fraction of black workers in this sample increased dramatically between the years just before the boatlift (in red) and the years just after the boatlift (in blue). That demographic shift would make the average wage in this group appear to fall right after the boatlift, even if no one’s wages actually changed in any subpopulation. What changed was who was included in the sample.

Why hadn’t this problem affected Card’s earlier results? Because there wasn’t any shift like this for workers who had finished high school only (as opposed to less than high school). Here is the same graph for those workers (again, non-Hispanic males 25 to 59):

Here, too, you can see that in the years where the survey covered more black men, the average wage is lower. But for this group, there wasn’t any increase in the relative number of blacks surveyed after 1980. If anything, black fraction of the sample is a little lower right after 1980. So the average wage in the post-boatlift years (blue) isn’t any lower than the average wage in the pre-boatlift years (red). About two-thirds of Card’s sample was these workers, where the shift in the fraction of black workers did not happen.

When the statistical results in the Borjas study are adjusted to allow for changing black composition of the sample in each city, the result becomes fragile. In the dataset Borjas focuses on, the result suddenly depends on which set of cities one chooses to compare Miami to. And in the other, larger CPS dataset that covers the same period, there is no longer a statistically significant dip in wages at all.

You might think that there’s an easy solution: Just test for the effects of the boatlift on workers who aren’t black. But this is really pushing the data further than it can go. By the time you’ve discarded women, and Hispanics, and workers under 25, and workers over 59, and anyone who finished high school— and blacks, you’ve thrown away 98 percent of the data on low-skill workers in Miami. There are only four people left in each year’s survey, on average, during the years that the Borjas study finds the largest effect. The average wage in that minuscule slice of the data looks like this:

With samples that small, the statistical confidence interval (represented by the dotted lines) is huge, meaning we can’t infer anything general from the results. We can’t distinguish large declines in wages from large rises in wages — at least until several years after the boatlift happened, and those can’t be plausibly attributed to the boatlift. Taking just four workers at a time from the larger dataset, a researcher could achieve practically any result whatsoever. There may have been a wage decline in this group, or a rise, but there just isn’t sufficient evidence to know.

David Card’s canonical conclusion stands

In sum, the evidence from the Mariel boatlift continues to support the conclusion of David Card’s seminal research: There is no clear evidence that wages fell (or that unemployment rose) among the least-skilled workers in Miami, even after a sudden refugee wave sharply raised the size of that workforce.

This does not by any means imply that large waves of low-skill immigration could not displace any native workers, especially in the short term, in other times and places. But politicians’ pronouncements that immigrants necessarily do harm native workers must grapple with the evidence from real-world experiences to the contrary.

Michael Clemens is an economist at the Center for Global Development in Washington, DC, and the IZA Institute of Labor Economics in Bonn, Germany. His book The Walls of Nations is forthcoming from Columbia University Press.

Voir aussi:

The Republican candidate wants to deport immigrants and build a wall to keep Mexicans out. So what drives los Trumpistas?

Lauren Gambino

‘Trump is our wakeup call’

Raul Rodriguez, 74, Apple Valley, California

I always carry a bullhorn with me to rallies and campaign events. Into it I shout: “America, wake up!” Americans have been asleep for way too long. We need to realise that the future of our country is at stake.

If we don’t elect Donald Trump, we’ll get another four years of Barack Obama and frankly, I don’t know what would happen to this wonderful country of ours. Obama has already done so much to destroy our way of life and Hillary Clinton is promising to carry on where he left off. Like Obama, she wants to change our fundamental values – the ones people like my father fought to defend.

My father was born in Durango, Mexico. When he came to the US he joined the military and served as a medic during the second world war. He was a very proud American – he truly loved this country. I think I got my sense of patriotism from him.

Obama and Hillary Clinton want to have open borders. They let illegal immigrants cross our borders and now they want to accept thousands of Syrians. We don’t know who these people are. If they want to come to this country, they have to do it the right way, like my father did it.

I’m tired of politicians telling voters what they want to hear and then returning to Washington and doing whatever their party tells them to do. Politicians are supposed to represent the people – not their parties or their donors.

Part of the reason I like Donald Trump is because he isn’t an established politician. Sometimes that hurts him and people get offended. But the truth hurts. Even if he doesn’t say it well, he’s not wrong. Trump is our wakeup call.

‘Democrats treat Latinos as if we’re all one big group’

Ximena Barreto, 31, San Diego, California

I was in primary school in my native Colombia when my father was murdered. I was six – just one year older than my daughter is now. My father was an officer in the Colombian army at a time when wearing a uniform made you a target for narcoterrorists, Farc fighters and guerrilla groups.

What I remember clearly from those early years is the bombing and the terror. I was so afraid, especially after my dad died. At night, I would curl up in my mother’s bed while she held me close. She could not promise me that everything was going to be all right, because it wasn’t true. I don’t want my daughter to grow up like that.

But when I turn on my TV, I see terrorist attacks in San Bernardino and in Orlando. There are dangerous people coming across our borders. Trump was right. Some are rapists and criminals, but some are good people, too. But how do we know who is who, when you come here illegally?

I moved to the US in 2006 on a work permit. It took nearly five years and thousands of dollars to become a US citizen. I know the process is not perfect, but it’s the law. Why would I want illegals coming in when I had to go through this? It’s not fair that they’re allowed to jump the line and take advantage of so many benefits, ones that I pay for with my tax dollars.

People assume that because I’m a woman, I should vote for the woman; or that because I’m Latina, I should vote for the Democrat. The Democrats have been pandering to minorities and women for the last 50 years. They treat Latinos as if we’re all one big group. I’m Colombian – I don’t like Mariachi music. Donald Trump is not just saying what he thinks people want to hear, he’s saying what they’re afraid to say. I believe that he’s the only candidate who can make America strong and safe again.

‘Trump beat the system: what’s more American than that?’

Bertran Usher, 20, Inglewood, California

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Bertran Usher, centre. Photograph: Edoardo Delille and Giulia Piermartiri/Institute

Donald Trump is the candidate America deserves. For decades, Americans have bemoaned politicians and Washington insiders. We despise political speak and crave fresh, new ideas. When you ask for someone with no experience, this is what you get. It’s like saying you don’t want a doctor to operate on you.

But Trump is a big FU to America. He beat the system and proved everyone wrong. What’s more American than that?

As a political science student who one day hopes to go into politics, I am studying this election closely. Both candidates are deeply unpopular and people of my generation are not happy with their choices. I believe we can learn what not to do from this election. I see how divided the country is, and it’s the clearest sign that politicians will have to learn to work together to make a difference. It’s not always easy, but I’ve seen this work.

I was raised in a multicultural household. My mother, a Democrat, is Latino and African American, raised in the inner city of Los Angeles. My father, a Republican, is an immigrant from Belize. My parents and I don’t always see eye to eye on everything, but our spirited debates have helped add nuance to my politics.

I’m in favour of small government, but I support gay rights. I believe welfare is an important service for Americans who need it, but I think our current programme needs to be scaled back. I think we need to have stricter enforcement of people who come to the country illegally, but I don’t think we should deport the DREAMers [children of immigrants who were brought to the country illegally, named after the 2001 Development, Relief, and Education for Alien Minors Act].

Trump can be a nut, but I think he’s the best candidate in this election. Though there are issues of his I disagree with, at least he says what’s on his mind, as opposed to Hillary Clinton, who hides what she’s thinking behind her smile.

It’s up to my generation to fix the political mess we’re in. I plan to be a part of the solution.

‘Trump’s The Art Of The Deal inspired me to be a businessman’

Omar Navarro, 27, Torrance, California

When I was a kid, people would ask what I wanted to be when I grew up. I would tell them: I want to be president of the United States. If that doesn’t work out, I want to be a billionaire like Trump.

In a way, I supported him long before he announced he was running for president. He was my childhood hero. I read The Art Of The Deal as a student; it inspired me to become a businessman. Now I own a small business and am running for Congress in California’s 43rd district.

Trump built an empire and a strong brand that’s recognisable all around the world; he’s a household name and a world-class businessman. Almost anywhere you go, you can see the mark of Donald Trump on a building or property. When I see that, I see the American Dream.

Some people ask me how I can support Donald Trump as the son of a Mexican and Cuban immigrants. They are categorising me. In this country we label people: Hispanic, African American, Asian, Caucasian. We separate and divide people into social categories based on race, ethnicity, gender and creed. To me, this is a form of racism. I’m proud of my Hispanic heritage but I’m an American, full stop.

Like all immigrants, my parents came to this country for a better opportunity. But they did it legally. They didn’t cut the line. They assimilated to the American way of life, learned English and opened small businesses.

Why should we allow people to skirt the law? Imagine making a dinner reservation and arriving at the restaurant to find out that another family has been seated at your table. How is that fair?

We have to have laws and as a country we must enforce those laws. A society without laws is just anarchy. If someone invited you to their house and asked you to remove your shoes would you keep them on? If we don’t enforce the rules, why would anyone respect them? I believe Donald Trump will enforce the rules.

‘He has taken a strong stand against abortion’

Jimena Rivera, 20, student at the University of Texas at Brownsville

I’m Mexican, so I don’t have a vote, but I support Donald Trump because he is the one candidate who opposes abortion. He may have wavered in the beginning, but since becoming the nominee he has taken a strong stand against abortion.

Hillary Clinton is running as the leader of a party that has pushed a very pro-choice platform. Even Democrats like her running mate, Tim Kaine, who is a devout Catholic, compromise their faith to support abortion.

I don’t always agree with his positions on immigration. I see the border wall every day. I’m not convinced that it’s effective. The people who want to cross will find a way. I don’t think it’s right that they do, but most of them are looking for a better way of life. A wall won’t stop them.

‘Lower taxes and less regulation will create more jobs’

Marissa Desilets, 22, Palm Springs, California

I am a proud Hispanic conservative Republican woman. I became politically engaged as a political science and economics major at university. By my junior year, I was a member of the campus Republicans’ club. As a student of economics, I am very impressed with Trump’s economic agenda. I believe we must cut taxes for everyone and eliminate the death tax. Lowering taxes and reeling back regulations will create more jobs – meaning more tax-paying Americans. This in turn will generate more revenue for the Treasury.

I also support Trump because he favours strong leadership and promised to preserve the constitution of the United States. We must have a rule of law in this country. We must close our open borders. Like Trump says: “a nation without borders is not a nation.” This doesn’t mean we should not allow any immigrants. We should welcome new immigrants who choose to legally enter our beautiful country.

This won’t be the case if Hillary Clinton becomes president. I would expect the poor to become poorer and our country to become divided. I believe that liberals’ reckless domestic spending will bankrupt our future generations. I refuse to support a party that desires to expand the government and take away my civil liberties.

‘He has gone through so many divorces, yet raised such a close-knit family’

Dr Alexander Villicana, 80, Pasadena, California

I am an example of the opportunities this country has to offer. My parents came from Mexico at the turn of the 20th century. They were not educated but they worked hard to make a better life for us and it paid off.

I went to school and studied cosmetic surgery. Now I work as a plastic surgeon and have been in practice for the last 40 years. I have a beautiful family and my health. I am Hispanic – but I am a citizen of the United States and I feel very patriotic for this country that has given me so much.

I’m supporting Trump because I agree with his vision for our economy. He has experience at the negotiating table, so he knows what to do to create jobs and increase workers’ salaries. In Trump’s America people would be rewarded for their hard work rather than penalised with hefty taxes.

The security of our nation is a top priority for me. I think it would be impossible to deport 11 million people who are here illegally, but we have to do a better job of understanding who is in our country and who is trying to come into our country.

A lot of what Trump says, especially about security and immigration, is twisted by the media. What he said about Mexicans, for example, that wasn’t negative – it was the truth. There are Mexicans bringing over drugs and perpetrating rapes. But what he also said – and the media completely ignored – is that many Mexicans are good people coming over for a better quality of life.

He may be blunt and occasionally offensive but I find him likable. I was so impressed by Trump and his family at the Republican National Convention. It’s hard for me to imagine that someone who has gone through so many divorces has managed to raise such a close-knit family. None of his children had to work and yet they spoke with eloquence and integrity about their father.

‘When Trump is harsh about Mexicans, he is right’

Francisco Rivera, 43, Huntington Park, California

People ask me how I can support Donald Trump. I say, let me tell you a story. I was in line at the movie theatre recently when I saw a young woman toss her cupcake into a nearby planter as if it were a trash can. I walked over to her and said, “Honey, excuse me, does that look like a garbage can to you?” And you know what she told me? “There’s already trash in the planter, so what does it matter?”

I asked her what part of Mexico she was from. She seemed surprised and asked how I knew she was from Mexico. “Look at what you just did,” I told her. “Donald Trump may sound harsh when he speaks about Mexicans, but he is right. It’s people like you that make everyone look bad.”

I moved from Mexico with my family when I was seven. I still carry a photo of my brother and I near our home, to remind people how beautiful the city once was. Now I spend my time erasing graffiti from the walls and picking up trash. Sixty years ago, we accepted immigrants into our country who valued the laws, rules and regulations that made America the land of opportunity. Back in those days, people worked hard to improve themselves and their communities.

I’m tired of living in a lawless country. It’s like we put a security guard at the front door, but the Obama administration unlocked the back door. And I have seen what my own people have done to this country. They want to convert America into the country they left behind. This country has given me so many opportunities I wouldn’t have had if my mom had raised her family in Mexico. I want America to be great again, and that’s why in November I am going to vote for Donald Trump.

‘I voted for Obama twice, but Hillary gets a free pass’

Teresa Mendoza, 44, Mesa, Arizona

In my day job I am a real estate agent but every now and then I dabble in standup comedy. Comedy used to be a safe space. You could say whatever you wanted to and it was understood that it was meant to make people laugh. Now everything has to be politically correct. You can’t say “Hand me the black crayon” without someone snapping back at you: “What do you mean by that?” Donald Trump offended a lot of people when he gave the speech calling [Mexicans] rapists and criminals but he didn’t offend me.

I was a liberal Democrat all my life. Before this I voted for Obama twice. I wanted to be a part of history. If it wasn’t for Obamacare and the ridiculous growth of our federal government, I’d probably still be a Democrat, asleep at the wheel. But I woke up and realised I’m actually much more in line with Republicans on major policy points.

I like to joke that I’m an original anchor baby. My parents came from Mexico in the 1970s under the Bracero work programme making me a California-born Chicana. We later became US citizens. But now that I’m a Republican, Hillary Clinton is trying to tell me I’m “alt-right”. It’s strange isn’t it? All of a sudden I’m a white nationalist.

My sons and I go back and forth. They don’t like Trump. But it’s what they’re hearing in school, from their friends and teachers, who are all getting their news from the same biased news outlets.

I’m very concerned about the role the media is taking in this election. The networks sensationalise and vilify Trump while they give Hillary Clinton a free pass. It amazes me. I don’t care if Trump likes to eat his fried chicken with a fork and a knife. I do care that Clinton has not been held responsible for the Benghazi attacks.

Voir également:

En 2016, le business des passeurs de migrants s’élevait à 7 milliards de dollars

Zoé Lauwereys
Le Parisien
10 juillet 2018

L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (l’UNODC) livre un rapport détaillé sur le trafic fructueux des passeurs.

On connaît les photos de ces hommes et de ces femmes débarquant sur des plages européennes, engoncés dans leurs gilets de sauvetage orange, tentant à tout prix de maintenir la tête de leur enfant hors de l’eau. Impossible également d’oublier l’image du corps du petit Aylan Kurdi, devenu en 2016 le symbole planétaire du drame des migrants. Ce que l’on sait moins c’est que le « business » des passeurs rapporte beaucoup d’argent. Selon la première étude du genre de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (l’UNODC), le trafic de migrants a rapporté entre 5,5 et 7 milliards de dollars (entre 4,7 et 6 milliards d’euros) en 2016. C’est l’équivalent de ce que l’Union européenne a dépensé la même année dans l’aide humanitaire, selon le rapport.

A quoi correspond cette somme ?

En 2016, au moins 2,5 millions de migrants sont passés entre les mains de passeurs, estime l’UNODC qui rappelle la difficulté d’évaluer une activité criminelle. De quoi faire fructifier les affaires de ces contrebandiers. Cette somme vient directement des poches des migrants qui paient des criminels pour voyager illégalement. Le tarif varie en fonction de la distance à parcourir, du nombre de frontières, les moyens de transport utilisés, la production de faux papiers… La richesse supposée du client est un facteur qui fait varier les prix. Evidemment, payer plus cher ne rend pas le voyage plus sûr ou plus confortable, souligne l’UNODC.Selon les estimations de cette agence des Nations unies, ce sont les passages vers l’Amérique du Nord qui rapportent le plus. En 2016, jusqu’à 820 000 personnes ont traversé la frontière illégalement, versant entre 3,1 et 3,6 milliards d’euros aux trafiquants. Suivent les trois routes de la Méditerranée vers l’Union européenne. Environ 375 000 personnes ont ainsi entrepris ce voyage en 2016, rapportant entre 274 et 300 millions d’euros aux passeurs.Pour atteindre l’Europe de l’Ouest, un Afghan peut ainsi dépenser entre 8000 € et 12 000 €.

L’Europe, une destination de choix

Sans surprise, les rédacteurs du rapport repèrent que l’Europe est une des destinations principales des migrants. Les pays d’origine varient, mais l’UNODC parvient à chiffrer certains flux. Les migrants qui arrivent en Italie sont originaires à 89 % d’Afrique, de l’Ouest principalement. 94 % de ceux qui atteignent l’Espagne sont également originaires d’Afrique, de l’Ouest et du Nord. LIRE AUSSI >Migrants : pourquoi ils ont choisi la France

En revanche, la Grèce accueille à 85 % des Afghans, Syriens et des personnes originaires des pays du Moyen-Orient.

En route vers l’Amérique du Nord

Le nord de l’Amérique et plus particulièrement les Etats-Unis accueillent d’importants flux de migrants. Comme l’actualité nous l’a tristement rappelé récemment, des milliers de citoyens de pays d’Amérique centrale et de Mexicains traversent chaque année la frontière qui sépare les Etats-Unis du Mexique. Les autorités peinent cependant à quantifier les flux. Ce que l’on sait c’est qu’en 2016, 2 404 personnes ont été condamnées pour avoir fait passer des migrants aux Etats-Unis. 65 d’entre eux ont été condamnés pour avoir fait passer au moins 100 personnes.Toujours en 2016, le Mexique, qui fait office de « pays-étape » pour les voyageurs, a noté que les Guatémaltèques, les Honduriens et les Salvadoriens formaient les plus grosses communautés sur son territoire. En 2016, les migrants caribéens arrivaient principalement d’Haïti, note encore l’UNODC.

Un trafic mortel

S’appuyant sur les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le rapport pointe les risques mortels encourus par les migrants. Première cause : les conditions de voyage difficiles. Sur les 8189 décès de migrants recensés par l’OIM en 2016, 3832 sont morts noyés (46 %) en traversant la Méditerranée. Les passages méditerranéens sont les plus mortels. L’un d’entre eux force notamment les migrants à parcourir 300 kilomètres en haute mer sur des embarcations précaires.C’est aussi la cruauté des passeurs qui est en cause. L’UNODC décrit le sort de certaines personnes poussées à l’eau par les trafiquants qui espèrent ainsi échapper aux gardes-côtes. Le cas de centaines de personnes enfermées dans des remorques sans ventilation, ni eau ou nourriture pendant des jours est également relevé. Meurtre, extorsion, torture, demande de rançon, traite d’être humain, violences sexuelles sont également le lot des migrants, d’où qu’ils viennent. En 2017, 382 migrants sont décédés de la main des hommes, soit 6 % des décès.

Qui sont les passeurs ?

Le passeur est le plus souvent un homme mais des femmes (des compagnes, des sœurs, des filles ou des mères) sont parfois impliquées dans le trafic, définissent les rédacteurs de l’étude. Certains parviennent à gagner modestement leur vie, d’autres, membres d’organisations et de mafias font d’importants profits. Tous n’exercent pas cette activité criminelle à plein temps. Souvent le passeur est de la même origine que ses victimes. Il parle la même langue et partage avec elles les mêmes repères culturels, ce qui lui permet de gagner leur confiance. Le recrutement des futurs « clients » s’opère souvent dans les camps de réfugiés ou dans les quartiers pauvres.

Les réseaux sociaux, nouvel outil des passeurs

Facebook, Viber, Skype ou WhatsApp sont devenus des indispensables du contrebandier qui veut faire passer des migrants. Arrivé à destination, le voyageur publie un compte rendu sur son passeur. Il décrit s’il a triché, échoué ou s’il traitait mal les migrants. Un peu comme une note de consommateur, rapporte l’UNODC.Mieux encore, les réseaux sociaux sont utilisés par les passeurs pour leur publicité. Sur Facebook, les trafiquants présentent leurs offres, agrémentent leur publication d’une photo, détaillent les prix et les modalités de paiement.L’agence note que, sur Facebook, des passeurs se font passer pour des ONG ou des agences de voyages européennes qui organisent des passages en toute sécurité. D’autres, qui visent particulièrement les Afghans, se posent en juristes spécialistes des demandes d’asile…

Voir enfin:

How The Pee Tape Explains The World Cup

Bidding for the 2018 World Cup was the first glimpse of today’s “Machiavellian Russia,” Ken Bensinger explains in his new book about FIFA’s corruption scandal.

On the morning of May 27, 2015, Swiss police officers raided the Baur au Lac Hotel in Zurich and arrested nine of the world’s top soccer officials on behalf of the United States government. In the coming days, the world would learn about deep-seated corruption throughout FIFA, global soccer’s governing body, that stretched from its top ranks to its regional confederations to its marketing partners around the world.

Top soccer officials from across North, South and Central America and the Caribbean were among those implicated in the case, which also brought down top executives from sports marketing firms that had bribed their way into controlling the broadcast and sponsorship rights associated with soccer’s biggest events. FIFA’s longtime president, Joseph “Sepp” Blatter, eventually resigned in disgrace.

It was the biggest organized-corruption scandal in sports history, and some within FIFA were skeptical of the Americans’ motives. In 2010 the U.S. had bid to host the 2022 World Cup, only to lose a contentious vote to Qatar. For FIFA officials, it felt like a case of sour grapes.

But as BuzzFeed investigative reporter Ken Bensinger chronicles in his new book, Red Card: How the U.S. Blew the Whistle on the World’s Biggest Sports Scandal, the investigation’s origins began before FIFA handed the 2018 World Cup to Russia and the 2022 event to Qatar. The case had actually begun as an FBI probe into an illegal gambling ring the bureau believed was run by people with ties to Russian organized crime outfits. The ring operated out of Trump Tower in New York City.

Eventually, the investigation spread to soccer, thanks in part to an Internal Revenue Service agent named Steve Berryman, a central figure in Bensinger’s book who pieced together the financial transactions that formed the backbone of the corruption allegations. But first, it was tips from British journalist Andrew Jennings and Christopher Steele ― the former British spy who is now known to American political observers as the man behind the infamous so-called “pee tape” dossier chronicling now-President Donald Trump’s ties to Russia ― that pointed the Americans’ attention toward the Russian World Cup, and the decades of bribery and corruption that had transformed FIFA from a modest organization with a shoestring budget into a multibillion-dollar enterprise in charge of the world’s most popular sport. Later, the feds arrested and flipped Chuck Blazer, a corrupt American soccer official and member of FIFA’s vaunted Executive Committee. It was Blazer who helped them crack the case wide open, as HuffPost’s Mary Papenfuss and co-author Teri Thompson chronicled in their book American Huckster, based on the 2014 story they broke of Blazer’s role in the scandal.

Russia’s efforts to secure hosting rights to the 2018 World Cup never became a central part of the FBI and the U.S. Department of Justice’s case. Thanks to Blazer, it instead focused primarily on CONCACAF, which governs soccer in the Caribbean and North and Central America, and other officials from South America.

But as Bensinger explained in an interview with HuffPost this week, the FIFA case gave American law enforcement officials an early glimpse into the “Machiavellian Russia” of Vladimir Putin “that will do anything to get what it wants and doesn’t care how it does it.” And it was Steele’s role in the earliest aspects of the FIFA case, coincidentally, that fostered the relationship that led him to hand his Trump dossier to the FBI ― the dossier that has now helped form “a big piece of the investigative blueprint,” as Bensinger said, that former FBI director Robert Mueller is using in his probe of Russian meddling in the election that made Trump president.

Ahead of Sunday’s World Cup final, which will take place in Moscow, HuffPost spoke with Bensinger about Red Card, the parallels between the FIFA case and the current American political environment, FIFA’s reform efforts, and whether the idea of corruption-free global soccer is at all possible.

The following is a lightly edited transcription of our discussion.

You start by addressing the main conspiracy theory around this, which is that this was a case of sour grapes from the United States losing out on hosting the 2022 World Cup. But the origin was a more traditional FBI investigation into Russian organized crime, right?

That’s correct. And there are sort of these weird connections to everything going on in the political sphere in our country, which I think is interesting because when I was reporting the book out, it was mostly before the election. It was a time when Christopher Steele’s name didn’t mean anything. But what I figured out over time is that this had nothing to do with sour grapes, and the FBI agents who opened the case didn’t really care about losing the World Cup. The theory was that the U.S. investigation was started because the U.S. lost to Qatar, and Bill Clinton or Eric Holder or Barack Obama or somebody ordered up an investigation.

What happened was that the investigation began in July or August 2010, four or five months before the vote happened. It starts because this FBI agent, who’s a long-term Genovese crime squad guy, gets a new squad ― the Eurasian Organized Crime Squad ― which is primarily focused on Russian stuff. It’s a squad that’s squeezed of resources and not doing much because under Robert Mueller, who was the FBI director at the time, the FBI was not interested in traditional crime-fighting. They were interested in what Mueller called transnational crime. So this agent looked for cases that he thought would score points with Mueller. And one of the cases they’re doing involves the Trump Tower. It’s this illegal poker game and sports book that’s partially run out of the Trump Tower. The main guy was a Russian mobster, and the FBI agent had gone to London ― that’s how he met Steele ― to learn about this guy. Steele told him what he knew, and they parted amicably, and the parting shot was, “Listen, if you have any other interesting leads in the future, let me know.”

It was the first sort of sign of the Russia we now understand exists, which is kind of a Machiavellian Russia that will do anything to get what it wants and doesn’t care how it does it.

Steele had already been hired by the English bid for the 2018 World Cup at that point. What Chris Steele starts seeing on behalf of the English bid is the Russians doing, as it’s described in the book, sort of strange and questionable stuff. It looks funny, and it’s setting off alarm bells for Steele. So he calls the FBI agent back, and says, “You should look into what’s happening with the World Cup bid.” And my sense is the FBI agent, at that point, says something along the lines of: “What’s the World Cup? And what’s FIFA?”

He really didn’t know much about it, to the point that when he comes back to New York and opens the case, it’s sort of small and they don’t take it too seriously. They were stymied, trying to figure out how to make it a case against Russia. Meanwhile, the vote happens and Russia wins its bid for the 2018 World Cup.

So it’s more a result of the U.S. government’s obsession, if you will, with Russia and Russian crime generally?

The story would be different if this particular agent was on a different squad. But he was an ambitious agent just taking over a squad and trying to make a name for himself. This was his first management job, and he wanted to make big cases. He decides to go after Russia in Russia as a way to make a splash. It’s tempting to look at this as a reflection of the general U.S. writ large obsession with Russia, which certainly exists, but it’s also a different era. This was 2009, 2010. This was during the Russian reset. It was Obama’s first two years in office. He’s hugging Putin and talking about how they’re going to make things work. Russia is playing nice-nice. The public image is fairly positive in that period. It wasn’t, “Russia’s the great enemy.” It was more like, “Russia can be our friend!”

That’s what I find interesting about this case is that, what we see in Russia’s attempt to win the World Cup by any means is the first sort of sign of the Russia we now understand exists, which is kind of a Machiavellian Russia that will do anything to get what it wants and doesn’t care how it does it. It was like a dress rehearsal for that.

Steele has become this sort of household name in politics in the U.S., thanks to the Trump dossier. But here he is in the FIFA scandal. Was this coincidental, because he’s the Russia guy and we’re investigating Russia?

It’s one of these things that looks like an accident, but so much of world history depends on these accidents. Chris Steele, when he was still at MI-6, investigated the death of Alexander Litvinenko, who was the Russian spy poisoned with polonium. It was Steele who ran that investigation and determined that Putin probably ordered it. And then Steele gets hired because of his expertise in Russia by the English bid, and he becomes the canary in the coal mine saying, “Uh oh, guys, it’s not going to be that easy, and things are looking pretty grim for you.”

That’s critical. I don’t know if that would have affected whether or not Chris Steele later gets hired by Fusion GPS to put together the Trump dossier. But it’s certain that the relationship he built because of the FIFA case meant that the FBI took it more seriously. The very same FBI agent that he gave the tip on FIFA to was the agent he calls up in 2016 to say, “I have another dossier.”

The FBI must get a crazy number of wild, outlandish tips all the time, but in this case, it’s a tip from Christopher Steele, who has proven his worth very significantly to the FBI. This is just a year after the arrests in Zurich, and the FBI and DOJ are feeling very good about the FIFA case, and they’re feeling very good about their relationship with Christopher Steele.

If we think about the significance of the dossier ― and I realize that we’ve learned that the FBI had already begun to look into Trump and Russia prior to having it ― it’s also clear that the dossier massively increased the size of the investigation, led to the FISA warrants where we’re listening to Carter Page and others, and formed a big piece of the investigative blueprint for Mueller today. Steele proved his worth to the FBI at the right time, and that led to his future work being decisive

To the investigation itself: In 2010, FIFA votes to award the 2018 World Cup to Russia and the 2022 World Cup to Qatar, and you quote (now former) FIFA vice president Jérôme Valcke as saying, “This is the end of FIFA.” So there were some people within FIFA that saw this vote as a major turning point in its history?

I think he and others were recognizing this increasingly brazen attitude of the criminality within FIFA. They had gone from an organization where people were getting bribes and doing dirty stuff, but doing it very carefully behind closed doors. And it was transitioning to one where the impunity was so rampant that people thought they could do anything. And I think in his mind, awarding the World Cup to Russia under very suspicious circumstances and also awarding it to Qatar, which by any definition has no right to host this tournament, it felt to him and others like a step too far.

I don’t think he had any advance knowledge that the U.S. was poking around on it, but he recognized that it was getting out of hand. People were handing out cash bribes in practically broad daylight, and as corrupt as these people were, they didn’t tend to do that.

You write early in the book that this all started with the election, as FIFA president, of João Havelange in 1974. He takes advantage of modern marketing and media to begin to turn FIFA into the organization that we know today. Is it fair to say that this corruption scandal was four decades in the making?

I haven’t thought of it that way, but in a way, you’re right. The FIFA culture we know today didn’t start yesterday. It started in 1974 when this guy gets elected, and within a couple years, the corruption starts. And it starts with one bribe to Havelange, or one idea that he should be bribed. And it starts a whole culture, and the people all sort of learn from that same model. The dominoes fell over time. It’s not a new model, and things were getting more and more out of hand over time. FIFA had been able to successfully bat these challenges down over the years. There’s an attempted revolt in FIFA in 2001 or 2002 that Blatter completely shut down. The general secretary of FIFA was accusing Blatter and other people of either being involved in corruption or permitting corruption, and there’s a moment where it seems like the Executive Committee was going to turn against Blatter and vote him out and change everything. But they all blinked, and Blatter dispensed his own justice by getting rid of his No. 2 and putting in people who were going to be loyal to him. The effect of those things was more brazen behavior.

Everyone knew this was going on. Why didn’t it come to light sooner?

It was an open secret. I think it’s because soccer’s just too big and important in all these other countries. I think other countries have just never been able to figure out how to deal with it. The best you’d get was a few members of Parliament in England holding outraged press conferences or a few hearings, but nothing ever came of it. It’s just too much of a political hot potato because soccer elsewhere is so much more important than it is the U.S. People are terrified of offending the FIFA gods.

There’s a story about how Andrew Jennings, this British journalist, wanted to broadcast a documentary detailing FIFA corruption just a week or so before the 2010 vote, and when the British bid and the British government got a hold of it, they tried really hard to stifle the press. They begged the BBC not to air the documentary until after the vote, because they were terrified of FIFA. That’s reflective of the kind of attitudes that all these countries have.

A lot of the things that resulted from the bribery and the corruption, or that were done to facilitate bribery and corruption, helped grow the sport here. The Gold Cup, the Women’s World Cup, the growth of the World Cup and Copa America. To the average fan, these are “good” developments for the sport. And yet, they were only created to make these guys rich. How do you square that?

Well, it reminds me of questions about Chuck Blazer. Is he all bad, or all good? He’s a little bit of both. The U.S. women’s national team probably wouldn’t exist without him. The Women’s World Cup probably wouldn’t either. Major League Soccer got its first revenue-positive TV deal because of Chuck Blazer.

A lot of these guys were truly surprised. If they thought they were doing something wrong, they didn’t think it was something that anyone cared about.

At the same time, he was a corrupt crook that stole a lot of money that could’ve gone to the game. And so, is he good or bad? Probably more bad than good, but he’s not all bad.

That applies to the Gold Cup. The Gold Cup is a totally artificial thing that was made up ultimately as a money-making scheme for Blazer, but in the end, it’s probably benefited soccer in this country. So it’s clearly not all bad.

You’d like to think that we could take these things that end up being a good idea, and clean them up and wash away the bad.

Blazer is a fascinating figure, and it seems like there are hints of sympathy for him and some of the other corrupt players in the book. Were all of these guys hardened criminals, or did they get wrapped up in how the business worked, and how it had worked for so long?

There’s no question he’s greedy. But there’s something about the culture of corruption that it can almost sneak up on a person. Blazer had a longer history of it. He always had a touch of corruption about him. But I think a lot of the officials in the sport came up because they loved the sport and wanted to be involved in running it. And then they found out that people were lining their pockets and they thought: “Everyone else is doing it. I’d be a fool not to participate in this.”

And when they end up getting arrested and charged, it’s not the same as a mafia guy in Brooklyn. A lot of these guys were truly surprised. If they thought they were doing something wrong, they didn’t think it was something that anyone cared about. They clearly aren’t innocent, and they went to great lengths to hide it. But at the same time, the impunity came from a culture of believing it was OK to do that stuff. And this really was a case of the FBI and DOJ pulling the rug out from under these people.

One point you stress in the book is that fundamentally, this was a crime against the development of the sport, particularly in poorer nations and communities. How did FIFA’s corruption essentially rob development money from the lower levels of soccer?

That’s something that took me a little while to understand. But when I understood the way the bribery took place, it became clearer to me. The money stolen from the sport isn’t just the bribes. Let’s say I’m a sports marketing firm, and I bribe you a million dollars to sign over a rights contract to me. The first piece of it is that million dollars that could have gone to the sport. But it’s also the opportunity cost: What would the value of those rights have been if it was taken to the free market instead of a bribe?

All that money is taken away from the sport. And the second thing was traveling to South America and seeing the conditions of soccer for fans, for kids and for women. That was really eye-opening. There are stadiums in Argentina and Brazil that are absolutely decrepit. And people would explain, the money that was supposed to come to these clubs never comes. You have kids still playing with the proverbial ball made of rags and duct tape, and little girls who can’t play because there are no facilities or leagues for women at all. When you see that, and then you see dudes making millions in bribes and also marketing guys making far more from paying the bribes, I started to get indignant about it. FIFA always ties itself to children and the good of the game. But it’s absurd when you see how they operate. The money doesn’t go to kids. It goes to making soccer officials rich.

Former U.S. Soccer President Sunil Gulati pops up a couple times. He’s friends with Blazer, he ends up with a seat on the Executive Committee. Is there a chance U.S. Soccer is wrapped up in this, and we just don’t know about it yet?

I will say that I don’t believe Gulati is a cooperator. People wonder that and it’s reasonable. It’s curious how this guy who came up in Blazer’s shadow and rose to so much power, and literally had office space in the CONCACAF offices, could be clean. And he might not be clean, but more likely, he’s the kind of guy who decided to turn a blind eye to all the corruption and pretend he didn’t see it.

That said, there are legitimate questions about how U.S. Soccer operates that weirdly parallels a lot of the corruption that we saw in South America, the Caribbean and Central America. The relationship between U.S. Soccer, MLS and this entity called Soccer United Marketing ― that relationship is very questionable. MLS has the rights to the U.S. Soccer Federation wrapped up for years and years to come. There hasn’t been open bidding for those rights since 2002, I think it is. SUM has MLS, but it also has the rights for the U.S. Soccer Federation for men and women. There’s a lot of money to be made, and SUM’s getting all that, and since they haven’t put it out for public bid, it’s really not clear that U.S. Soccer is getting full value for its product. And in that sense it parallels the sort of corruption we saw.

What do you make of FIFA’s reform efforts?

FIFA is battling itself as it tries to reform itself. I’m suspicious of current FIFA president Gianni Infantino. This is a guy who grew up 6 miles from Sepp Blatter. His career echoes that. He was the general secretary of UEFA, which is not unlike being the general secretary of FIFA. Both of them are very similar in a lot of ways, in their ambitions and their role being the sport’s bureaucrat. Their promises to win elections by spilling money all over the place is just too similar. That said, I think Infantino recognizes that that culture is what led to these problems, and he sees an organization that’s in financial chaos right now. This World Cup’s going to bring in a lot of money, but the last three years have been massively income-negative. They’re losing money because of sponsors running away in droves and massive legal bills. I think he sees a pathway to financial security for FIFA by making more money and being more transparent.

When massive amounts of money mixes with a massively popular cultural phenomenon, is it ever going to be clean? It seems kind of hopeless.

But he still talks about patronage and handing out money, and federations around the world are still getting busted for taking bribes. The Ghana football federation got dissolved a week before the World Cup because a documentary came out that showed top officials taking bribes on secret camera. It’s still a deeply corrupt culture. Baby steps are being taken, but it seems like 42-plus years of corruption can’t be cleaned up in two or three years.

On that note, one of the marketing guys in the book says, “There will always be payoffs.” That stuck out to me, because I’m cynical about FIFA’s willingness or ability to clean this up at all. From your reporting, do you believe “there will always be payoffs” is the reality of the situation, given the structure of our major international sporting organizations?

This is like, “What is human nature all about?” When massive amounts of money mixes with a massively popular cultural phenomenon, is it ever going to be clean? I wish it would be different, but it seems kind of hopeless. How do you regulate soccer, and who can oversee this to make sure that people behave in an ethical, clean and fair way that benefits everyone else? It’s not an accident that every single international sports organization is based in Switzerland. The answer is because the Swiss, not only do they offer them a huge tax break, they also basically say, “You can do whatever you want and we’re not going to bother you.” That’s exactly what these groups want. Well, how do you regulate that?

I don’t think the U.S. went in saying, “We’re going to regulate soccer.” I think they thought if we can give soccer a huge kick in the ass, if we can create so much public and political pressure on them that sponsors will run away, they’ll feel they have no option but to react and clean up their act. It’s sort of, kick ’em where it hurts.

My cynicism about the ability for anyone to clean it up made me feel sorry for Steve Berryman, the IRS agent who’s one of the main investigators and one of your central characters. He said he’ll never stop until he cleans up the sport, and I couldn’t help but think, “That’ll never happen.”

That’s right. It’ll never happen. People like him are driven. It’s not just soccer for him. He cared so much about this. He felt, “I have to do this until it’s over, or else it’s a failed investigation.” I think people like him sometimes recognize that they can never get there, but it’s still disheartening, every piece of new corruption we see, and these guys think, “I’ve worked so hard, and … ”

The World Cup is going on right now, it’s in Russia, and corruption has barely been a part of the story. Do you think the book and the upcoming Qatari World Cup will reinvigorate that conversation, or are people just resigned to the belief that this is what FIFA is?

There is some of that resignation. But also, the annoying but true reality of FIFA is that when the World Cup is happening, all the soccer fans around the world forget all their anger and just want to watch the tournament. For three and a half years, everyone bitches about what a mess FIFA is, and then during the World Cup everyone just wants to watch soccer. There could be some reinvigoration in the next few months when the next stupid scandal appears. And I do think Qatar could reinvigorate more of that. There’s a tiny piece of me that thinks we could still see Qatar stripped of the World Cup. That would certainly spur a lot of conversation about this.

You talk at the end of the book about a shift in focus to corruption in the Asian federation. Are DOJ and the FBI tying up loose ends, or are there deeper investigations still going?

There are clear signs that there’s more. This is still cleaning up pieces from the old case, but just Tuesday, a Florida company pleaded guilty to two counts of fraud in the FIFA case. It was a company that was known from the written indictments, but no one had known they were going to be pleading guilty, so it was a new piece of the case. This company’s going to pay $25 million in fines and forfeitures, and it was sort of a sign from DOJ that they have finished what they’re going to do.

That piece at the end of the book with the guy going off to the South Pacific is a guy named Richard Lai. He’s from Guam and he pleaded guilty in May or June of 2017. That was a pretty strong clue, too, that they’re looking at the Asian Football Confederation, which is the one that includes Qatar. I do know from sources that the cooperators in the case are still actively talking to prosecutors, and still spending many, many hours with them discussing many aspects of the case. So I wouldn’t be surprised to see more. That said, a lot of the people who were involved in the case in the beginning have moved on. It’s natural to have some turnover, and people who inherit a case aren’t necessarily as emotionally bought into it as the people who started. So at some point, it could get old.

But not Steve Berryman. He’s still going?

Steve Berryman will never stop.

Voir par ailleurs:

Immigration : quand la droite était (très) à droite
Arnaud Folch
Valeurs actuelles
30/06/2018

Immigration. Alors que Laurent Wauquiez assume une ligne décomplexée sur l’immigration et qu’il tient ce week-end le conseil national des Républicains, Valeurs actuelles a retrouvé les propositions chocs des états généraux de l’opposition RPR-UDF sur l’immigration, signées à l’époque par Alain Juppé, François Bayrou, Alain Madelin… Florilège.

« La France ne peut plus être un pays d’immigration », elle « n’est pas en mesure d’accueillir de nouveaux immigrants »… Voilà, entre autres, ce à quoi s’engageaient la droite et le centre, en cas de retour au pouvoir, à l’occasion de ses “états généraux de l’opposition” (RPR et UDF, transformés en UMP) consacrés à l’immigration, des 31 mars et 1er avril 1990 à Villepinte.

Parmi les participants : Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, Michèle Alliot-Marie, Roselyne Bachelot, Alain Juppé, Gérard Longuet, mais aussi… François Bayrou. Co­responsable, au nom du RPR, de cette convention, c’est Nicolas Sarkozy lui-même qui a cosigné (avec Alain Ma­delin) la préface du compte rendu de 39 pages publié à cette occasion.

Affirmant que « la France ne doit pas être considérée comme un simple espace géographique sur lequel plusieurs civilisations pourraient coexister » et dénonçant le « faux antiracisme militant », ce qui est depuis devenu l’UMP en appelait alors clairement à « la fermeture des frontières » et à la « suspension de l’immigration ». Loin, très loin, du “contrôle régulé” et de “l’immigration choisie” aujourd’hui défendus…

Pas question non plus de « régularisation au cas par cas » pour les « clandestins » (on ne parlait pas alors de “sans-papiers”). Seule solution envisagée : une politique assumée d’expulsions : « On ne peut tolérer que des clandestins puissent rester en France. […] Il faut tout mettre en œuvre pour que les décisions de reconduite à la frontière soient effectives. » Vingt ans après, en 2010, Éric Besson, alors ministre de l’Immigration, reconnaissait pourtant que près de 80 % d’entre elles n’étaient pas exécutés…

Expulsables, aussi, pour la droite des années 1990, les “faux réfugiés” : « La très grande majorité des dossiers déposés à l’Ofpra[Office français de protection des réfugiés et apatrides, NDLR] s’avère injustifiée (de l’ordre de 90 %), ces demandes n’étant qu’un prétexte pour bénéficier des avantages sociaux français. » Même les étudiants étrangers ne sont pas épargnés : « Il faut conditionner le séjour des étudiants étrangers en France à un déroulement normal du cursus universitaire : le titre de séjour doit être renouvelé annuellement en tenant compte des résultats obtenus » – une proposition jamais mise en pra­tique.

Également dans le collimateur : « Le regroupement familial, [qui] pose par son ampleur des problèmes très réels de logement, de scolarisation  et d’encadrement so­cial. » Proposition alors « lar­gement ap­prouvée » par l’ensemble de la droite et du centre : « Corriger l’automaticité du regroupement familial et la réserver aux immigrés titulaires d’une carte de long sé­jour (10 ans) » – ce qui, là encore, n’est toujours pas le cas.

Afin de ne plus attirer de nouveaux immigrés, la droite n’hésitait pas non plus à briser le “tabou” de « notre système de protection sociale », dont il faut « éliminer les points faibles qui créent une incitation artificielle à l’immigration ». C’est ainsi, notamment, que doivent être « vigoureusement combattus […] l’accès aux soins médicaux et hospitaliers par des étrangers en situation irrégulière » – qui envisage aujourd’hui la suppression de la CMU ? Quant à « l’immigré chô­meur, [il] percevrait alors non des allo­cations chômage mais une allocation pour le retour sous forme de capital ou de rente ».

Flirtant avec la “préférence nationale” prônée par le FN, la droite allait jusqu’à s’interroger « s’il ne convient pas de réserver certaines prestations sociales aux nationaux » : « Dans ce domaine, rap­pelle-t-elle, le législateur a admis dans le passé le bénéfice des prestations aux seuls nationaux […] : être étranger en France, ce n’est pas avoir automatiquement et intégralement tous les droits liés à la citoyenneté française. »

“Ce n’est pas aux pouvoirs publics d’organiser l’islam”

N’hésitant pas à pointer « la fécondité des étrangères très supérieure à celle des Françaises (3,2 enfants contre 1,84) et spécialement celle des Maghrébines (entre 4 et 5 enfants) », la droite d’il y a vingt et un ans estimait que « l’automatisme actuel d’acquisition de la natio-nalité pour les jeunes nés en France de parents étrangers n’est pas bon » : « la nationalité doit être demandée par le jeune étranger : elle n’est plus accordée automatiquement » – en 2011, la nationalité française (et l’impossibilité d’être expulsé) est pourtant toujours attribuée d’office entre 16 et 18 ans à tout enfant d’étrangers né sur le sol français.

Particulièrement sévère dans le ta­bleau qu’il dresse des banlieues, où « la lutte des races [sic] remplacerait maintenant bien souvent la lutte des classes », le document de ces états généraux pro­pose de lutter contre la « concentration des populations immigrées » par la mise en place de quotas – mais sans utiliser le mot : « Les élus peuvent intervenir efficacement [et] les collectivités locales […] doivent avoir leur mot à dire quant au nombre d’immigrés qu’elles accueillent sur leur territoire », afin de « tenir compte du seuil de tolérance qui existe dans chaque immeuble ». On imagine les réactions, y compris en son sein, si la droite évoquait aujourd’hui ces mêmes “seuils de tolérance”…

Tout aussi décomplexée promettait d’être la droite concernant l’école, où « l’importance numérique des enfants d’immigrés est trop forte dans certains secteurs géographiques » : « L’école, avançait-elle, n’est pas un lieu d’expression multiculturelle. » Alors que Jean-François Copé proposait, à la fin 2010, des « cours d’ara­be », et Fabienne Keller l’introduction de « cours sur l’histoire de l’Afrique », la droite d’alors était sur une ligne 100 % in­verse : « Les cours de “langues et cultures des pays d’origine” doivent être facultatifs et déplacés en dehors des horaires scolaires. »

Concernant l’islam, nul besoin à l’époque de “débat”, comme l’UMP va en organiser le 5 avril (contre l’avis des centristes), pour assumer que « l’islam n’apparaît pas conforme à nos fondements sociaux et semble incompatible avec le droit français » : « Il y a bien incompatibilité entre l’islam et nos lois. » Les choses, il y a vingt ans, étaient on ne peut plus claires : « C’est à l’islam et à lui seul de [s’adapter] afin d’être compatible avec nos règles. »

Aux antipodes de la voie suivie en 2007 avec la création du Conseil français du culte musulman (CFCM), la droite affirmait en 1990 que « ce n’est pas aux pouvoirs publics d’organiser l’islam ». « On n’intègre pas des communautés mais des individus », estimait-elle : « Il convient de s’opposer […] à toute tentative communautaire qui viserait à instaurer sur le sol français des statuts personnels propres à certaines communautés. »

Pas question, non plus, d’associations musulmanes – permettant aujourd’hui de financer les mosquées : « Les activités cultuelles doivent être exclues de la compétence des associations relevant de la loi de 1901. » Et d’ajouter que « la mainmise de l’étranger sur certaines de ces associations est tout à fait inacceptable », au point de proposer d’« abroger les dispositions socialistes de 1982 supprimant l’autorisation préalable pour les associations étrangères » – qui ne l’ont jamais été. Enfin, « la création de lieux de culte doit se faire dans le respect […] du patrimoine architectural de la France » – ce qui exclut les minarets !

Nicolas Sarkozy l’écrivait dans sa pré­face : cette « véritable politique alternative de l’immigration […] répond aux préoccupations des Français et pourra soustraire enfin ce dossier aux extrêmes qui se le sont accaparé ». Vingt et un ans plus tard, après seize ans de présidence de droite, le discours n’a pas changé. Mais les problèmes – et le FN – demeurent.


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