Education: My tailor is rich ! (Anywhere people: France’s start up nation prepares its world city’s future expatriates)

My tailor is rich. Where is Brian? – Et maintenant in English

Paris  c’est  une  ville-monde. Maîtriser l’anglais à la fin du collège, c’est indispensable dans sa vie professionnelle, pour voyager, pour être pleinement intégré dans le monde. Benjamin  Griveaux (candidat LREM  à  la  mairie  de  Paris, 2019)
J’ai souhaité entamer cette rentrée politique par l’éducation car c’est la pierre angulaire qui permet à l’enfant de construire sa vie. C’est la clé de l’émancipation et de la liberté. J’ai demandé à Carole Diamant de présider un Conseil de l’éducation composé de spécialistes, de Parisiens et de jeunes qui pourront nous éclairer sur les choix à faire. J’ai un projet qui me tient particulièrement à cœur : permettre aux enfants de devenir parfaitement bilingues en anglais à la fin du collège. (…) Tous les linguistes disent que l’apprentissage doit se faire avant 11 ans, notamment pour l’oral. Notre idée est de proposer une immersion dans les crèches et dans les écoles sur le temps périscolaire en s’appuyant sur des ressortissants étrangers ou des professeurs d’anglais. Pour que le bilinguisme ne soit réservé pas aux plus prestigieuses institutions parisiennes. (…) L’amélioration de la qualité de l’air à Paris passe par des mobilités plus propres évidemment. Mais on peut agir demain très concrètement dans les salles de classe où nos enfants passent cinq à six heures par jour. Changer les systèmes de ventilation, les fameuses VMC, dans les 8 000 salles de classe parisiennes représentera 10 M€ par an pendant six ans. Pour une ville qui investit 1,5 milliard par an, consacrer 10 millions à la santé des élèves parisiens cela semble raisonnable et possible et je m’étonne que cela n’ait pas encore été fait. Enfin, je propose qu’il y ait trois examens respiratoires : l’un à l’entrée en maternelle à 3 ans, l’autre à l’entrée en CP à 6 ans et le dernier à l’entrée en collège à 11 ans. (…) Il y a ceux qui promettent la révolution et qui ne tiennent pas leurs promesses. Moi je préfère le petit matin au grand soir. C’est en additionnant les petits pas qu’on y arrivera. (…) Les enfants en situation de handicap ne doivent plus être à part mais intégrés au sein de la communauté éducative comme au Canada ou en Belgique. Il faut commencer par rendre accessibles les écoles et les stations de métro les desservant. Benjamin Griveaux
Les jeunes enfants apprennent très vite et très bien les langues étrangères. Benjamin Griveaux m’a chargée de piloter ce Conseil de l’éducation composé d’une dizaine de spécialistes et de gens de bonne volonté qui seront chargés de faire émerger des propositions, la première concernant l’apprentissage de l’anglais. Ce conseil réfléchira aussi à la façon de sensibiliser les enfants dès le plus jeune âge aux questions d’environnement, aux dépenses énergétiques ou au recyclage des déchets et du papier qui sont les enjeux de demain. Carole Diamant
65 % des jeunes de dix-sept à vingt-trois ans dont les parents sont  CSP+  sont  déjà  allés  plusieurs  fois  en  vacances  ou  en  voyage  à  l’étranger  contre  46  %  des  jeunes  issus  des  classes  moyennes  et  seulement 38 % de ceux dont les parents sont employés ou ouvriers. Ce  clivage  social  se  double  d’une  fracture  territoriale.  La  proportion  de  jeunes  ayant  eu  l’occasion  de  partir  plusieurs  fois  à  l’étranger  décline  linéairement  avec  le  gradient  d’urbanité  :  58  %  dans  l’agglomération parisienne, 48 % dans les agglomérations de plus de 100  000  habitants,  43  %  dans  celles  de  20  000  à  100  000  habitants,  39  %  dans  celles  de  moins  de  20  000  habitants  et  seulement  30  %  au  sein  des  communes  rurales.  L’habitus  international  ne  s’acquiert  pas  qu’au  travers  de  voyages  et  de  séjours  à  l’étranger  mais  aussi,  bien  entendu,  grâce  à  la  maîtrise  de  la  langue  internationale  reine  :  l’anglais. Forts de ce constat, 34 % des jeunes ayant des parents CSP+ ont bénéficié à un moment ou à un autre de leur scolarité de cours de  langues  extra-scolaires  payés  par  leurs  parents  contre  21  %  des  enfants  de  la  classe  moyenne  et  23  %  des  enfants  issus  des  milieux  populaires. En la matière, le clivage géographique entre Franciliens et provinciaux est encore plus marqué que le critère social, comme si le fait d’habiter dans une métropole pleinement mondialisée rendait encore  plus  évidente  la  nécessaire  maîtrise  des  langues  étrangères.  Seulement   23   %   des   jeunes   provinciaux   ont  ainsi  eu  droit  à  des  cours  de  langues  étrangères  payés  par  leurs  parents  contre  42    %  des  Franciliens.  Cet  écart  quasiment  du  simple  au  double  met  en  évidence  une  nouvelle  inégalité  en  train  de  fausser  très  profondément  la  compétition  scolaire.  La  sélection sur les mathématiques, jusqu’alors pratiquée,  était  censitairement  beaucoup  moins violente qu’une sélection sur la maîtrise de l’anglais et d’autres langues étrangères, capacité bien plus liée aux origines sociales et au capital culturel hérité que le niveau en mathématiques. Ces  chiffres  montrent,  par  ailleurs,  que  l’acquisition  d’une  langue  étrangère  est  devenue  un  enjeu  majeur  pour  toute  une  partie  de  la  population  de  la  métropole  parisienne.  Cette  demande  sociétale  d’un  nouveau  genre  n’a  pas  échappé  à  Benjamin  Griveaux,  candidat LREM  à  la  mairie  de  Paris,  qui  a  intégré  en  bonne  place  dans  son  programme de campagne l’objectif que tous les adolescents parisiens soient  bilingues  anglais  à  la  sortie  du  collège. (…) À notre connaissance, c’est la première fois que dans une campagne municipale la maîtrise de l’anglais est affichée comme un objectif politique. Il n’est pas anodin que ce soit un représentant de LREM qui se soit emparé de ce sujet car l’électorat macronien comprend, notamment  à  Paris,  une  très  forte  population  de  cadres  et  de  diplômés  du  supérieur,  catégories  très  ouvertes  sur  l’international.  Ces  électeurs  macroniens  correspondent  en  tout  point  aux  «  people  from  anywhere » (ceux de partout) que l’essayiste David Goodhart oppose dans  son  analyse  brillante  sur  la  société  britannique  aux  «  people  from somewhere » (ceux de quelque part). David Goodhart insiste à juste titre sur l’ampleur de la fracture séparant ces deux populations tant en termes de niveau éducatif, de rapport à l’immigration et à la globalisation, de goûts culturels, d’attitude face au changement ou de degré d’attachement au cadre national. Si tout les oppose donc, ces deux  groupes  ont  néanmoins  quelque  chose  en  commun  :  l’anglais,  qui est à la fois leur langue maternelle mais également la langue internationale par excellence.De ce point de vue, et au regard des chiffres évoqués précédemment, le clivage entre « Somewhere » et « Anywhere » pourrait bien à  terme,  en  France,  se  creuser  davantage  qu’en  Grande-Bretagne  ou aux États-Unis. Du fait de la tertiairisation des économies occidentales, les secteurs de la logistique (en lien avec l’import/export) et  du  tourisme  fournissent  de  nombreux  emplois  peu  qualifiés  mais  nécessitant  souvent  un  minimum  de  maîtrise  de  l’anglais.  En  Grande-Bretagne ou aux États-Unis, ces jobs peuvent être occupés par les « people from somewhere » locaux. En France, c’est moins évident.  De  la  même  manière,  un  jeune  Britannique  ayant  grandi  dans une famille ouvrière du Yorkshire ou des Midlands aura moins de difficultés culturelles et linguistiques à s’expatrier pour trouver un emploi  dans  l’anglosphère  (États-Unis,  Canada,  Australie…)  qu’un  fils d’ouvrier de Lens ou d’Alès. Les enfants des « Somewhere » français n’ont, en effet, contrairement à leurs homologues britanniques et américains, pas hérités de la maîtrise de l’anglais à la naissance. Ce capital, les enfants des « Anywhere » tricolores sont en train de l’acquérir à marche forcée pour ressembler à leurs alter ego d’outre-Manche  et  d’outre-Atlantique  avec  qui  ils  ont  vocation  à  être  en  compétition  dans  un  marché  du  travail  des  cadres  supérieurs  qui  s’internationalise de plus en plus. Jérome Fourquet

TRAVAILLE TON ANGLAIS ! (La  sélection sur les mathématiques, jusqu’alors pratiquée,  était censitairement  beaucoup  moins violente qu’une sélection sur la maîtrise de l’anglais et d’autres langues étrangères, capacité bien plus liée aux origines sociales et au capital culturel hérité)

Jérome fourquet
Directeur du département Opinion et Stratégies d’entreprise de l’Ifop.
Dernier ouvrage paru :  L’Archipel français, Paris, Seuil, 2019.
Le front de la compétition scolaire la plus aiguë s’est déployé sur un nouveau terrain ces dernières années. Dans un contexte de globalisation  et  de  concurrence  accrue  entre  des  diplômés  de  plus  en  plus  nombreux,  maîtriser  l’anglais  devient  un  atout  décisif.  Dotés d’une vision stratégique particulièrement aiguisée des champs scolaire et professionnel, les cadres, les professions intellectuelles et les habitants de l’agglomération francilienne investissent massivement pour  que  leurs  enfants  acquièrent  ce  précieux  capital  linguistique.  Moins  au  fait  de  l’«  upgradation  »  –  pour  reprendre  un  terme  en  vogue dans ces milieux très prompts à adopter des anglicismes – des règles de cette compétition acharnée, les autres milieux sociaux et les provinciaux ne déploient manifestement pas les mêmes efforts et les écarts se creusent très nettement.Ainsi, 65 % des jeunes de dix-sept à vingt-trois ans dont les parents sont  CSP+  sont  déjà  allés  plusieurs  fois  en  vacances  ou  en  voyage  à  l’étranger  contre  46  %  des  jeunes  issus  des  classes  moyennes  et  seulement 38 % de ceux dont les parents sont employés ou ouvriers.
Ce  clivage  social  se  double  d’une  fracture  territoriale.  La  proportion  de  jeunes  ayant  eu  l’occasion  de  partir  plusieurs  fois  à  l’étranger  décline  linéairement  avec  le  gradient  d’urbanité  :  58  %  dans  l’agglomération parisienne, 48 % dans les agglomérations de plus de 100  000  habitants,  43  %  dans  celles  de  20  000  à  100  000  habitants,  39  %  dans  celles  de  moins  de  20  000  habitants  et  seulement  30  %  au  sein  des  communes  rurales.  L’habitus  international  ne  s’acquiert  pas  qu’au  travers  de  voyages  et  de  séjours  à  l’étranger  mais  aussi,  bien  entendu,  grâce  à  la  maîtrise  de  la  langue  internationale  reine  :  l’anglais. Forts de ce constat, 34 % des jeunes ayant des parents CSP+ ont bénéficié à un moment ou à un autre de leur scolarité de cours de  langues  extra-scolaires  payés  par  leurs  parents  contre  21  %  des  enfants  de  la  classe  moyenne  et  23  %  des  enfants  issus  des  milieux  populaires. En la matière, le clivage géographique entre Franciliens et provinciaux est encore plus marqué que le critère social, comme si le fait d’habiter dans une métropole pleinement mondialisée rendait encore  plus  évidente  la  nécessaire  maîtrise  des  langues  étrangères.  Seulement   23   %   des   jeunes   provinciaux   ont  ainsi  eu  droit  à  des  cours  de  langues  étrangères  payés  par  leurs  parents  contre  42    %  des  Franciliens.  Cet  écart  quasiment  du  simple  au  double  met  en  évidence  une  nouvelle  inégalité  en  train  de  fausser  très  profondément  la  compétition  scolaire.  La  sélection sur les mathématiques, jusqu’alors pratiquée,  était  censitairement  beaucoup  moins violente qu’une sélection sur la maîtrise de l’anglais et d’autres langues étrangères, capacité bien plus liée aux origines sociales et au capital culturel hérité que le niveau en mathématiques.
L’APPRENTISSAGE DE L’ANGLAIS AU PROGRAMME DES MUNICIPALES
Ces  chiffres  montrent,  par  ailleurs,  que  l’acquisition  d’une  langue  étrangère  est  devenue  un  enjeu  majeur  pour  toute  une  partie  de  la  population  de  la  métropole  parisienne.  Cette  demande  sociétale  d’un  nouveau  genre  n’a  pas  échappé  à  Benjamin  Griveaux,  candidat LREM  à  la  mairie  de  Paris,  qui  a  intégré  en  bonne  place  dans  son  programme de campagne l’objectif que tous les adolescents parisiens soient  bilingues  anglais  à  la  sortie  du  collège  :  «  Paris  c’est  une  ville-monde. Maîtriser l’anglais à la fin du collège, c’est indispensable dans sa vie professionnelle, pour voyager, pour être pleinement intégré dans le monde1. »À notre connaissance, c’est la première fois que dans une campagne municipale la maîtrise de l’anglais est affichée comme un objectif poli-tique. Il n’est pas anodin que ce soit un représentant de LREM qui se soit emparé de ce sujet car l’électorat macronien comprend, notam-ment  à  Paris,  une  très  forte  population  de  cadres  et  de  diplômés  du  supérieur,  catégories  très  ouvertes  sur  l’international.  Ces  élec-teurs  macroniens  correspondent  en  tout  point  aux  «  people  from  anywhere » (ceux de partout) que l’essayiste David Goodhart oppose dans  son  analyse  brillante2  sur  la  société  britannique  aux  «  people  from somewhere » (ceux de quelque part). David Goodhart insiste à juste titre sur l’ampleur de la fracture séparant ces deux populations tant en termes de niveau éducatif, de rapport à l’immigration et à la globalisation, de goûts culturels, d’attitude face au changement ou de degré d’attachement au cadre national3. Si tout les oppose donc, ces deux  groupes  ont  néanmoins  quelque  chose  en  commun  :  l’anglais,  qui est à la fois leur langue maternelle mais également la langue inter-nationale par excellence.De ce point de vue, et au regard des chiffres évoqués précédem-ment, le clivage entre « Somewhere » et « Anywhere » pourrait bien à  terme,  en  France,  se  creuser  davantage  qu’en  Grande-Bretagne  ou aux États-Unis. Du fait de la tertiairisation des économies occidentales, les secteurs de la logistique (en lien avec l’import/export) et  du  tourisme  fournissent  de  nombreux  emplois  peu  qualifiés  mais  nécessitant  souvent  un  minimum  de  maîtrise  de  l’anglais.  En  Grande-Bretagne ou aux États-Unis, ces jobs peuvent être occupés par les « people from somewhere » locaux. En France, c’est moins évident.  De  la  même  manière,  un  jeune  Britannique  ayant  grandi  dans une famille ouvrière du Yorkshire ou des Midlands aura moins de difficultés culturelles et linguistiques à s’expatrier pour trouver un emploi  dans  l’anglosphère  (États-Unis,  Canada,  Australie…)  qu’un  fils d’ouvrier de Lens ou d’Alès. Les enfants des « Somewhere » français n’ont, en effet, contrairement à leurs homologues britanniques et américains, pas hérités de la maîtrise de l’anglais à la naissance. Ce capital, les enfants des « Anywhere » tricolores sont en train de l’acquérir à marche forcée pour ressembler à leurs alter ego d’outre-Manche  et  d’outre-Atlantique  avec  qui  ils  ont  vocation  à  être  en  compétition  dans  un  marché  du  travail  des  cadres  supérieurs  qui  s’internationalise de plus en plus.
UN NOUVEAU CLIVAGE LINGUISTIQUE
Cette  marginalisation  linguistique  vient  renforcer  un  clivage  mis  en  lumière  dans  un  livre  d’Erkki  Maillard  et  de  Salomé  Berlioux  publié  en 2019, Les Invisibles de la République1. S’inscrivant dans la continuité des travaux pionniers de Christophe Guilluy2, les auteurs se penchent dans  ce  livre  qui  a  rencontré  un  large  écho  sur  un  angle  mort  des  politiques publiques et du débat national : le sort de la jeunesse de la France périphérique. Si les « millennials » d’un côté  et  la  jeunesse  des  banlieues  de  l’autre  bénéficient  d’un  fort  intérêt  médiatique,  la  jeunesse qui grandit dans les campagnes ou les villes petites et moyennes souffrait d’invi-sibilité. En s’appuyant sur leur expérience du terrain, Erkki Maillard et Salomé Berlioux ont notamment mis en lumière le déficit d’accès à l’information en matière d’orientation scolaire et universitaire, la plus faible présence de figures inspirantes (membres de la famille, de l’entourage)  dans  ces  territoires  qu’en  milieu  urbain  ou  bien  encore  les  difficultés matérielles et financières à envisager la poursuite d’études supérieures dans une région autre que la sienne. Tous ces handicaps contextuels,  matériels,  culturels  et  financiers  se  combinent  et  aboutissent  à  nourrir  des  freins  psychologiques  plus  prégnants  parmi  les  jeunes de cette France périphérique. De manière consciente ou non, ces derniers sont ainsi nombreux à développer une forme d’autocensure. Alors qu’ils ne sont qu’à l’orée de leur vie d’adulte, le champ des possibles,  tel  qu’ils  l’envisagent,  apparaît  plus  borné  et  restreint  que pour les jeunes qui ont grandi dans les grandes villes. L’enquête  réalisée  par  l’Ifop  pour  la  Fondation  Jean-Jaurès  et  l’association Chemins d’avenir1 a permis d’objectiver, chiffres à l’appui,  le  diagnostic  posé  par  Salomé  Berlioux  et  Erkki  Maillard.  Si  68 % des jeunes vivant dans l’agglomération parisienne ont le sentiment d’avoir eu ou d’avoir toutes les informations nécessaires pour bien s’orienter, ils ne sont que 58 % dans ce cas parmi les jeunes ruraux  et  des  villes  de  moins  de  20  000  habitants. De la même manière, seuls 28 % des jeunes ruraux déclarent disposer dans leur entourage d’un ou de modèles qui les ont  inspirés  dans  leur  choix  de  formation  ou  de  carrière.  Cette  proportion  s’établit  à  42  %  parmi  les  jeunes  résidant  dans  le  centre d’une grande agglomération. Ayant grandi  dans  des  écosystèmes  différents  n’offrant  pas  le  même  degré  d’ouverture  culturelle  et  d’opportunités  d’orientation,  ces  jeunesses  de  France  ne  s’autorisent  pas les mêmes projets d’orientation. Ainsi, seul un jeune sur deux de la France rurale et des petites villes définit son choix d’études supérieures  comme  ambitieux  contre  60  %  de  ceux  qui  vivent  dans des agglomérations de plus de 20 000 habitants et 67 % des jeunes Franciliens. On mesure dans ces 17 points d’écart entre les réponses  de  la  France  périphérique  et  celle  de  la  jeunesse  francilienne  le  poids  d’une  autocensure  condensant  des  handicaps  culturels,  un  déficit  d’information  et  une  moindre  exposition  à  diverses opportunités.
Erkki Maillard et Salomé Berlioux ont un double mérite, celui d’avoir mis en lumière ces inégalités de destin et celui de se mobiliser sur le terrain pour réduire ce déterminisme sociogéographique. Mais alors qu’ils ont contribué à un début de prise de conscience collective tardive et salutaire, on constate que la compétition scolaire prend des formes  renouvelées,  plus  détournées,  dont  la  maîtrise  précoce  de  l’anglais est un parfait symptôme.
 
Voir aussi:
MY TAILOR IS RICH ! (Quand la start up nation prépare à la ville monde ses futurs expatriés)
Benjamin Griveaux : « Je souhaite que les enfants soient bilingues en anglais à la sortie du collège »

Le candidat LREM à la mairie de Paris a mis en place un Conseil de l’éducation qui sera présidé par Carole Diamant, professeure de philosophie en zone sensible et déléguée générale de la Fondation égalité des chances.
Paris XVe, ce mercredi. Benjamin Griveaux, candidat LREM à la mairie de Paris, et Carole Diamant, professeure de philosophie, dévoilent leurs propositions pour l’éducation des petits Parisiens.
Christine Henry
Le Parisien
28 août 2019

A l’approche de la rentrée scolaire, Benjamin Griveaux, candidat LREM à la mairie de Paris, présente ses propositions en matière d’éducation. Au programme : l’apprentissage de l’anglais dès le plus jeune âge, la lutte contre la pollution dans les écoles ou bien encore la place des élèves en situation de handicap… Et la création d’un Conseil de l’éducation qui sera présidé par Carole Diamant, enseignante en philosophie et fervente partisane de l’égalité des chances.

Le Parisien : Comment abordez-vous cette rentrée ?
Benjamin Griveaux : J’ai souhaité entamer cette rentrée politique par l’éducation car c’est la pierre angulaire qui permet à l’enfant de construire sa vie. C’est la clé de l’émancipation et de la liberté. J’ai demandé à Carole Diamant de présider un Conseil de l’éducation composé de spécialistes, de Parisiens et de jeunes qui pourront nous éclairer sur les choix à faire. J’ai un projet qui me tient particulièrement à cœur : permettre aux enfants de devenir parfaitement bilingues en Anglais à la fin du collège.
Comment comptez-vous vous y prendre ?
Tous les linguistes disent que l’apprentissage doit se faire avant 11 ans, notamment pour l’oral. Notre idée est de proposer une immersion dans les crèches et dans les écoles sur le temps périscolaire en s’appuyant sur des ressortissants étrangers ou des professeurs d’anglais. Pour que le bilinguisme ne soit réservé pas aux plus prestigieuses institutions parisiennes.
Cet objectif est-il réaliste ?
Carole Diamant : Les jeunes enfants apprennent très vite et très bien les langues étrangères. Benjamin Griveaux m’a chargée de piloter ce Conseil de l’éducation composé d’une dizaine de spécialistes et de gens de bonne volonté qui seront chargés de faire émerger des propositions, la première concernant l’apprentissage de l’anglais. Ce conseil réfléchira aussi à la façon de sensibiliser les enfants dès le plus jeune âge aux questions d’environnement, aux dépenses énergétiques ou au recyclage des déchets et du papier qui sont les enjeux de demain.
Il y a eu un pic de pollution ces derniers jours. Que préconisez-vous pour maintenir les enfants en bonne santé ?
Benjamin Griveaux : L’amélioration de la qualité de l’air à Paris passe par des mobilités plus propres évidemment. Mais on peut agir demain très concrètement dans les salles de classe où nos enfants passent cinq à six heures par jour. Changer les systèmes de ventilation, les fameuses VMC, dans les 8 000 salles de classe parisiennes représentera 10 M€ par an pendant six ans. Pour une ville qui investit 1,5 milliard par an, consacrer 10 millions à la santé des élèves parisiens cela semble raisonnable et possible et je m’étonne que cela n’ait pas encore été fait. Enfin, je propose qu’il y ait trois examens respiratoires : l’un à l’entrée en maternelle à 3 ans, l’autre à l’entrée en CP à 6 ans et le dernier à l’entrée en collège à 11 ans.
Ces propositions ont été raillées par les écologistes… Sont-elles suffisantes ?
Il y a ceux qui promettent la révolution et qui ne tiennent pas leurs promesses. Moi je préfère le petit matin au grand soir. C’est en additionnant les petits pas qu’on y arrivera.
Une classe pour les enfants autistes va ouvrir dans une école maternelle du IXe à la rentrée. Que proposez-vous pour les handicapés ?
Les enfants en situation de handicap ne doivent plus être à part mais intégrés au sein de la communauté éducative comme au Canada ou en Belgique. Il faut commencer par rendre accessibles les écoles et les stations de métro les desservant.

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