Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres: gardez-vous d’être troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume, et il y aura, en divers lieux, des famines et des tremblements de terre. Tout cela ne sera que le commencement des douleurs. Alors on vous livrera aux tourments, et l’on vous fera mourir; et vous serez haïs de toutes les nations, à cause de mon nom. Jésus (Matt. 24: 6-9)
La logique des pandémies dans l’histoire a toujours été une logique de guerre. C’est une logique qui vise à la guerre entre les hommes à l’intérieur de la société et entre les hommes à l’extérieur de la société. C’est une logique de guerre civile et une logique de guerre entre les civilisations. Comme c’est une logique de guerre, je pense que les moyens doivent être aujourd’hui stockés non pas individuellement mais au niveau des états. Et que les états utiliseront les moyens dont ils disposent le jour où on en aura besoin. Si vous mettez du tamiflu partout, vous allez le retrouver vendu sur internet ou dérobé dans les pharmacies par des gangsters. (…) Qu’est-ce qu’on peut faire du tamiflu aujourd’hui alors que le tamiflu doit être gardé pour une pandémie et que la pandémie n’existe pas ? Imaginez de voir dans les pharmacies françaises du tamiflu pour un Français sur quatre ? Les gens se battraient pour en avoir, le revendraient, se le voleraient et tout ça pour une chose qu’ils ne sauraient même pas comment s’en servir le jour où ça viendrait. Ce serait une totale absurdité. Au contraire, il faut rassurer les populations en disant: les armes vont être stockées par les institutions étatiques, elle sont en lieu sûr, elles ne vont pas disparaitre et le jour où on en aura besoin, elles seront là. Jean-Philippe Derenne (23.10.2005)
Les événements qui se déroulent sous nos yeux sont à la fois naturels et culturels, c’est-à-dire qu’ils sont apocalyptiques. Jusqu’à présent, les textes de l’Apocalypse faisaient rire. Tout l’effort de la pensée moderne a été de séparer le culturel du naturel. La science consiste à montrer que les phénomènes culturels ne sont pas naturels et qu’on se trompe forcément si on mélange les tremblements de terre et les rumeurs de guerre, comme le fait le texte de l’Apocalypse. Mais, tout à coup, la science prend conscience que les activités de l’homme sont en train de détruire la nature. C’est la science qui revient à l’Apocalypse. René Girard
L’avenir apocalyptique n’est pas quelque chose d’historique. C’est quelque chose de religieux sans lequel on ne peut pas vivre. C’est ce que les chrétiens actuels ne comprennent pas. Parce que, dans l’avenir apocalyptique, le bien et le mal sont mélangés de telle manière que d’un point de vue chrétien, on ne peut pas parler de pessimisme. Cela est tout simplement contenu dans le christianisme. Pour le comprendre, lisons la Première Lettre aux Corinthiens : si les puissants, c’est-à-dire les puissants de ce monde, avaient su ce qui arriverait, ils n’auraient jamais crucifié le Seigneur de la Gloire – car cela aurait signifié leur destruction (cf. 1 Co 2, 8). Car lorsque l’on crucifie le Seigneur de la Gloire, la magie des pouvoirs, qui est le mécanisme du bouc émissaire, est révélée. Montrer la crucifixion comme l’assassinat d’une victime innocente, c’est montrer le meurtre collectif et révéler ce phénomène mimétique. C’est finalement cette vérité qui entraîne les puissants à leur perte. Et toute l’histoire est simplement la réalisation de cette prophétie. Ceux qui prétendent que le christianisme est anarchiste ont un peu raison. Les chrétiens détruisent les pouvoirs de ce monde, car ils détruisent la légitimité de toute violence. Pour l’État, le christianisme est une force anarchique, surtout lorsqu’il retrouve sa puissance spirituelle d’autrefois. Ainsi, le conflit avec les musulmans est bien plus considérable que ce que croient les fondamentalistes. Les fondamentalistes pensent que l’apocalypse est la violence de Dieu. Alors qu’en lisant les chapitres apocalyptiques, on voit que l’apocalypse est la violence de l’homme déchaînée par la destruction des puissants, c’est-à-dire des États, comme nous le voyons en ce moment. Lorsque les puissances seront vaincues, la violence deviendra telle que la fin arrivera. Si l’on suit les chapitres apocalyptiques, c’est bien cela qu’ils annoncent. Il y aura des révolutions et des guerres. Les États s’élèveront contre les États, les nations contre les nations. Cela reflète la violence. Voilà le pouvoir anarchique que nous avons maintenant, avec des forces capables de détruire le monde entier. On peut donc voir l’apparition de l’apocalypse d’une manière qui n’était pas possible auparavant. Au début du christianisme, l’apocalypse semblait magique : le monde va finir ; nous irons tous au paradis, et tout sera sauvé ! L’erreur des premiers chrétiens était de croire que l’apocalypse était toute proche. Les premiers textes chronologiques chrétiens sont les Lettres aux Thessaloniciens qui répondent à la question : pourquoi le monde continue-t-il alors qu’on en a annoncé la fin ? Paul dit qu’il y a quelque chose qui retient les pouvoirs, le katochos (quelque chose qui retient). L’interprétation la plus commune est qu’il s’agit de l’Empire romain. La crucifixion n’a pas encore dissout tout l’ordre. Si l’on consulte les chapitres du christianisme, ils décrivent quelque chose comme le chaos actuel, qui n’était pas présent au début de l’Empire romain. (..) le monde actuel (…) confirme vraiment toutes les prédictions. On voit l’apocalypse s’étendre tous les jours : le pouvoir de détruire le monde, les armes de plus en plus fatales, et autres menaces qui se multiplient sous nos yeux. Nous croyons toujours que tous ces problèmes sont gérables par l’homme mais, dans une vision d’ensemble, c’est impossible. Ils ont une valeur quasi surnaturelle. Comme les fondamentalistes, beaucoup de lecteurs de l’Évangile reconnaissent la situation mondiale dans ces chapitres apocalyptiques. Mais les fondamentalistes croient que la violence ultime vient de Dieu, alors ils ne voient pas vraiment le rapport avec la situation actuelle – le rapport religieux. Cela montre combien ils sont peu chrétiens. La violence humaine, qui menace aujourd’hui le monde, est plus conforme au thème apocalyptique de l’Évangile qu’ils ne le pensent. René Girard
La prophétie de malheur est faite pour éviter qu’elle ne se réalise ; et se gausser ultérieurement d’éventuels sonneurs d’alarme en leur rappelant que le pire ne s’est pas réalisé serait le comble de l’injustice : il se peut que leur impair soit leur mérite. Hans Jonas
Annoncer que la catastrophe est certaine, c’est contribuer à la rendre telle. La passer sous silence ou en minimiser l’importance, à la façon des optimistes béats, conduit au même résultat. Ce qu’il faudrait, c’est combiner les deux démarches : annoncer un avenir destinal qui superposerait l’occurrence de la catastrophe, pour qu’elle puisse faire office de dissuasion, et sa non-occurrence, pour préserver l’espoir. C’est parce que la catastrophe constitue un destin détestable dont nous devons dire que nous n’en voulons pas qu’il faut garder les yeux fixés sur elle, sans jamais la perdre de vue. Jean-Pierre Dupuy
Depuis 30 ans, de mon observatoire hospitalier, j’ai vécu de nombreuses crises sanitaires, HIV, SRAS, MERS, résurgence de la tuberculose, bactéries multi-résistantes, nous les avons gérées dans le calme et très efficacement. Aucune n’a donné lieu à la panique actuelle. Je n’ai jamais vécu un tel degré d’inquiétude pour une maladie infectieuse et d’ailleurs pour aucune autre. Et pourtant, Je ne suis pas inquiet quant aux conséquences médicales du Coronavirus. Rien dans les chiffres actuels sur la mortalité et la diffusion du virus ne justifie la panique mondiale sanitaire et surtout économique. Les mesures prises sont adaptées et efficaces et elles permettront le contrôle de l’épidémie. C’est déjà le cas en Chine, foyer initial et de loin le plus important de cet agent infectieux, ou l’épidémie est en train de s’éteindre. L’avenir proche dira si je me suis trompé. Par contre, je suis inquiet des vols de masques et que ceux nécessaires à la protection des personnels soignants et des personnes à risque, nos anciens et celles déjà malades, en particulier les patients immunodéprimés, soient distribués pour une efficacité nulle dans les aéroports, les cafés et les centres commerciaux. (…) Je suis inquiet pour nos anciens déjà seuls et qu’il ne faut plus ni voir ni toucher de peur de les tuer. Ils mourront plus vite mais “seulement” de solitude. Nous avions l’habitude de ne pas rendre visite à nos parents et grands-parents si nous avions la grippe, pas de les éviter “au cas où” et pour une durée indéterminée, ce n’est en rien différent pour le coronavirus. (…) Je suis inquiet que notre système de santé, déjà en grandes difficultés, soit prochainement débordé par un afflux de malades au moindre signe de syndrome grippal. Ce sont alors toutes les autres maladies que nous ne pourrons prendre en charge. Un infarctus du myocarde ou une appendicite, ce sont toujours des urgences, un virus rarement. La couverture médiatique sur le coronavirus est très anxiogène et elle participe à l’affolement de chacun. (…) Le coronavirus ne tue (presque) que les organismes déjà fragiles. (…) Les morts qui se compteront alors par millions seront ceux de l’affrontement des individus dans l’indifférence totale de l’intérêt collectif. Pr Gilbert Deray
Le décompte en direct du nombre de cas et de morts en particulier fait ressentir que la progression du danger est terrible, alors qu’une telle multiplication est propre à toutes les épidémies ! Le même traitement dramaturgique appliqué à n’importe quelle autre infection respiratoire virale produirait la même perception de catastrophe. Imaginez : la grippe saisonnière tue entre 10’000 et 60’000 personnes en France chaque année dans l’indifférence générale. Un décompte « live » de l’extension géographique du virus et du nombre de morts serait tout aussi terrifiant… La carte donnée en sommet d’article reflète l’évolution hebdomadaire de l’épidémie de grippe saisonnière en France au cours de la saison 2016-2017. Rien de fondamentalement différent avec le Sars-CoV-2. Voici comment on transforme des événements sanitaires banals en catastrophe apparente… Cette considération, froide puisque rationnelle, ne devant impliquer aucun déni de la gravité des complications vécues dans une faible proportion des cas. Ceux sur lesquels nous alertent des médecins en front dans les services d’urgence, et qui bien sûr sont dramatiques. Toute détresse respiratoire aigüe requérant une assistance respiratoire est terrible, a fortiori lorsqu’il y a un certain nombre de cas. Toujours cet équilibre : bien sûr, le Sars-CoV-2 n’est pas une simple grippette ! Mais la grippe saisonnière non plus… Les appels à la panique (on en a lus) sont compréhensibles et face à tout « négationnisme » peuvent même faire sens. Mais aussi causer des dommages psychotraumatiques ! Ce qui est un nouveau sacré paradoxe. Comment paniquer sans paniquer tout en paniquant quand même suffisamment, mais pas trop non plus, voilà la situation compliquée dans laquelle nous sommes. Petit koan zen : paniquer sereinement ? Peut-être plus simplement : soyons responsables, engagés et vigilants pour ne nourrir ni l’inconscience ni la panique ! La notion de risque est cognitivement déroutante. Nous avons beau avoir affiné nos modèles probabilistes, la notion de risque encouru se réduit à une alternative bête et méchante pour chacun(e) d’entre nous : ou bien nous sommes en danger (ce qui est forcément hyper grave !), ou bien pas. Que nous ayons une chance sur cent, sur mille ou sur un million de mourir de quelque chose, notre cerveau effectue cette réduction en pilote automatique et c’est en l’occurrence le principal processus à l’origine de la psychose. D’où l’importance d’une mise en perspective de la part des scientifiques et des autorités. On observe un silence assourdissant des scientifiques et des autorités quant à cette juste mise en perspective des données. Certes, comparaison n’est pas raison. Rappeler, comme je l’ai fait précédemment, que la mortalité annuelle due à la pollution atmosphérique est de 550’000 personnes en Europe chaque année (1’000’000 en Chine, 5’000 en Suisse) relève d’un autre ordre de données puisque chaque personne décédée n’en aura pas contaminé d’autres… Toutefois, et sans cynisme, rappeler des ordres de grandeur est essentiel pour nuancer et contraster les données. Le monde entier panique parce que (à ce jour) le Sars-CoV-2 a tué 5’000 personnes, dans une pandémie que nous avons les moyens d’arrêter par des mesures raisonnables. Alors que le problème cité plus haut en tue chaque année près de 9’000’000 dans le monde, sans que les autorités ne s’en soucient réellement nulle part et sans générer la moindre panique collective ! Les maladies respiratoires infectieuses « courantes » font chaque année 2,6 millions de morts à travers le monde. Nous en sommes à 6’500 morts pour le COVID-19. La pire épidémie de grippe saisonnière en France (en 2017, ayant causé 60’000 morts) a réduit, de manière infime mais significative, l’espérance de vie nationale. Pour l’instant, avec le Sars-CoV-2, nous sommes dans un événement de faible amplitude de ce point de vue-là, et il faudrait des dizaines de milliers de morts supplémentaires chez nos voisins pour constater le moindre effet de cet ordre sur les statistiques de mortalité… Cela n’enlève rien au drame de chaque décès et au problème sanitaire majeur qui est posé. Mais doit nous protéger contre cette perception fausse en termes de santé publique que la situation actuelle est catastrophique. Elle est grave, dramatique, préoccupante, mais reste limitée en rapport de ce que serait une véritable catastrophe ou à d’autres problèmes sanitaires actuels bien plus délétères mais moins visibles. Les projections alarmistes des autorités sanitaires reposent sur des modèles mathématiques systématiquement surévalués. Les prédictions des épidémiologues font froid dans le dos. Dans le pire des cas, si nous ne faisions rien, il pourrait y avoir jusqu’à 70’000 morts en Suisse nous dit-on. La probabilité que ces projections se confirment est toutefois proche de zéro. Elles reposent sur une amplification à l’extrême des variables possibles selon le scénario du pire. Si le pire n’est en théorie pas absolument impossible, il est improbable en proportion de l’exagération des hypothèses. L’exemple chinois montre qu’avec des mesures au besoin vigoureuses il sera possible de contenir puis inverser les courbes épidémiques. D’où, bien sûr l’importance de la mobilisation en cours, mais sans peur particulière. Les données plaident à ce stade pour une certaine « banalité » du Sars-CoV-2. Contrairement à ce qui est déclamé, le nouveau coronavirus semble montrer pour l’instant une virulence et une létalité comparables à celles de différents coronavirus déjà en circulation dans nos contrées. C’est en tout cas l’analyse de l’Institut Méditerranée Infection, principal centre de compétence pour les maladies infectieuses en Europe. Son danger réside dans sa diffusion rapide et le nombre de cas requérant une hospitalisation. Ceci aujourd’hui compris et mesuré, les mesures prises visent à contenir autant que possible l’augmentation du nombre de cas critiques. Une fois le pic (et le flip) passés, le Sars-CoV-2 a toutes les probabilités de subsister comme le 21ème d’une série composée de 20 virus infectieux respiratoires déjà actifs, avec des caractéristiques en termes de virulence / contagiosité / létalité « habituelles ». Ou même de disparaître dans les mois qui viennent, aidés en cela par la mobilisation collective. Nous avons toutes les raisons d’espérer en l’immunité de groupe et l’effet d’atténuation. Lorsqu’une épidémie se répand, les personnes infectées (sans dommage pour l’immense majorité d’entre elles) développent une immunité qui par effet de masse devient un facteur de protection collective. Toute la logique vaccinale est basée sur ce principe. Ici, on évalue à 60% le seuil à partir duquel l’immunité de groupe mettra en échec la propagation du virus. C’est bien sûr beaucoup, mais certains de ces effets seront toutefois heureusement agissant avant cela… L’atténuation est un processus en lien avec le saut de la barrière inter-spécifique. On sait que le Sars-CoV-2 avait pour hôtes habituels d’autres espèces de mammifères. Quand un virus trouve le moyen d’envahir une nouvelle espèce et de s’y transmettre, on constate une virulence initiale, qui tend à s’atténuer par la suite. En fait, un virus n’a pas intérêt à tuer l’hôte qu’il envahit puisque sa propre survie en dépend. On peut donc espérer que la virulence -statistiquement relative- décroisse au cours des semaines. En particulier, l’usage de la chloroquine (la nivaquine, antipaludique bien connu des voyageurs tropicaux du siècle passé) semble prometteur. Il s’agit d’un médicament efficace sur les coronavirus, peu coûteux, dont la pharmacocinétique est parfaitement connue. Le Pr Raoult vient de démarrer un essai clinique à Marseille, faisant suite à une première étude in vivo publiée par les Chinois et faisant état de résultats intéressants : il réduirait la durée de portage viral de 12 à 4 jours (ces résultats étant à confirmer) dessinant un possible usage curatif aussi bien que pour prévenir la contagion. D’autres médicaments déjà employés sur d’autres virus sont en train d’être évalués, avec de bonnes chances de présenter une efficacité thérapeutique. Soyons sérieux, certes. Mais de grâce sortons de cette spirale insensée qui nous tient en haleine dans un état d’esprit apocalyptique. Il s’agit d’une situation sans précédent récent, mais avec un virus dans l’ensemble plutôt banal -malgré des conséquences graves dans une petite proportion de cas. Ces caractéristiques ne laissent pas sérieusement penser à ce stade que nous soyons face à une catastrophe sanitaire. Un état d’urgence sanitaire, oui. Une responsabilité sanitaire, oui. Un nécessaire engagement sanitaire de chacun(e), oui. Jean-Dominique Michel
The history of human coronaviruses began in 1965 when Tyrrell and Bynoe found that they could passage a virus named B814. It was found in human embryonic tracheal organ cultures obtained from the respiratory tract of an adult with a common cold. The presence of an infectious agent was demonstrated by inoculating the medium from these cultures intranasally in human volunteers; colds were produced in a significant proportion of subjects, but Tyrrell and Bynoe were unable to grow the agent in tissue culture at that time. At about the same time, Hamre and Procknow were able to grow a virus with unusual properties in tissue culture from samples obtained from medical students with colds. Both B814 and Hamre’s virus, which she called 229E, were ether-sensitive and therefore presumably required a lipid-containing coat for infectivity, but these 2 viruses were not related to any known myxo- or paramyxoviruses. While working in the laboratory of Robert Chanock at the National Institutes of Health, McIntosh et al reported the recovery of multiple strains of ether-sensitive agents from the human respiratory tract by using a technique similar to that of Tyrrell and Bynoe. These viruses were termed “OC” to designate that they were grown in organ cultures. Within the same time frame, Almeida and Tyrrell performed electron microscopy on fluids from organ cultures infected with B814 and found particles that resembled the infectious bronchitis virus of chickens. The particles were medium sized (80–150 nm), pleomorphic, membrane-coated, and covered with widely spaced club-shaped surface projections. The 229E agent identified by Hamre and Procknow and the previous OC viruses identified by McIntosh et al had a similar morphology. In the late 1960s, Tyrrell was leading a group of virologists working with the human strains and a number of animal viruses. These included infectious bronchitis virus, mouse hepatitis virus and transmissible gastroenteritis virus of swine, all of which had been demonstrated to be morphologically the same as seen through electron microscopy. This new group of viruses was named coronavirus (corona denoting the crown-like appearance of the surface projections) and was later officially accepted as a new genus of viruses. Ongoing research using serologic techniques has resulted in a considerable amount of information regarding the epidemiology of the human respiratory coronaviruses. It was found that in temperate climates, respiratory coronavirus infections occur more often in the winter and spring than in the summer and fall. Data revealed that coronavirus infections contribute as much as 35% of the total respiratory viral activity during epidemics. Overall, he proportion of adult colds produced by coronaviruses was estimated at 15%. (…) Given the enormous variety of animal coronaviruses, it was not surprising when the cause of a very new, severe acute respiratory syndrome, called SARS, emerged in 2002–2003 as a coronavirus from southern China and spread throughout the world with quantifiable speed. This virus grew fairly easily in tissue culture, enabling quick sequencing of the genome. Sequencing differed sufficiently from any of the known human or animal coronaviruses to place this virus into a new group, along with a virus that was subsequently cultured from Himalayan palm civets, from which it presumably had emerged. During the 2002–2003 outbreak, SARS infection was reported in 29 countries in North America, South America, Europe and Asia. Overall 8098 infected individuals were identified, with 774 SARS-related fatalities.26 It is still unclear how the virus entered the human population and whether the Himalayan palm civets were the natural reservoir for the virus. (…) Curiously data from seroepidemiologic studies conducted among food market workers in areas where the SARS epidemic likely began indicated that 40% of wild animal traders and 20% of individuals who slaughter animals were seropositive for SARS, although none had a history of SARS-like symptoms. These findings suggest that these individuals were exposed through their occupation to a SARS-like virus that frequently caused asymptomatic infection. Infection control policies may have contributed to the halt of the SARS epidemic. The last series of documented cases to date, in April 2004, were laboratory-acquired. (…) Since 2003, five new human coronaviruses have been discovered. Three of these are group I viruses that are closely related and likely represent the same viral species. Jeffrey S Kahn and Kenneth McIntosh (Nov 2005)
The immune system is a marvel of complexity and efficiency. It is designed to protect us from foreign invaders of all kinds, the most important of which are infectious agents, and from dangerous enemies that are generated within, like cancer. It is composed of a variety of defense strategies: it can generate chemicals to kill invaders; it can mobilize armies of cells to swallow them up; and it has an elaborate system whereby it can recognize thousands of substances that are foreign to our bodies and then neutralize them. For years it was thought by immunologists to be an autonomous system, though there were disconcerting stories about patients along the way that suggested that the mind might have something to do with the way it worked. For the most part these stories were discounted by the experts, but now there is concrete evidence that cannot be ignored that the brain is involved in the system. (…) there is a long history of awareness that the emotions have something to do with our susceptibility to or ability to fight off infection, but none of it is generally accepted by medical doctors and rarely applied in everyday practice. Frequent colds and genitourinary infections are among the most common but it is likely that psychological factors play a role in all infectious processes. As with cancer, it is the efficiency of the immune system to do its job of eradicating the infectious agent that is at issue. Stressful emotions can reduce that effectiveness and allow the infection to flourish but there is ample anecdotal evidence that people have the capacity to enhance immunologic efficiency by improving their emotional states. John E. Sarno (Healing back pain, 1991)
Overall, this Review suggests that the psychological impact of quarantine is wide-ranging, substantial, and can be long lasting. This is not to suggest that quarantine should not be used; the psychological effects of not using quarantine and allowing disease to spread might be worse. However, depriving people of their liberty for the wider public good is often contentious and needs to be handled carefully. If quarantine is essential, then our results suggest that officials should take every measure to ensure that this experience is as tolerable as possible for people. This can be achieved by: telling people what is happening and why, explaining how long it will continue, providing meaningful activities for them to do while in quarantine, providing clear communication, ensuring basic supplies (such as food, water, and medical supplies) are available, and reinforcing the sense of altruism that people should, rightly, be feeling. Health officials charged with implementing quarantine, who by definition are in employment and usually with reasonable job security, should also remember that not everyone is in the same situation. If the quarantine experience is negative, the results of this Review suggest there can be long-term consequences that affect not just the people quarantined but also the health-care system that administered the quarantine and the politicians and public health officials who mandated it. The Lancet
L’idée d’une Chine naturellement pacifique et trônant, satisfaite, au milieu d’un pré carré qu’elle ne songe pas à arrondir est une fiction. L’idée impériale, dont le régime communiste s’est fait l’héritier, porte en elle une volonté hégémoniste. La politique de puissance exige de « sécuriser les abords ». Or les abords de la Chine comprennent plusieurs des grandes puissances économiques du monde d’aujourd’hui : la « protection » de ses abords par la Chine heurte de plein fouet la stabilité du monde. Et ce, d’autant qu’elle est taraudée de mille maux intérieurs qui sont autant d’incitations aux aventures extérieurs et à la mobilisation nationaliste. Que veut la République Populaire ? Rétablir la Chine comme empire du Milieu. (…) À cet avenir glorieux, à la vassalisation par la Chine, les Etats-Unis sont l’obstacle premier. La Chine ne veut pas de confrontation militaire, elle veut intimider et dissuader, et forcer les Etats-Unis à la reculade. (…) Pékin a récupéré Hong-Kong – l’argent, la finance, les communications. L’étape suivante, c’est Taïwan – la technologie avancée, l’industrie, d’énormes réserves monétaires. Si Pékin parvient à imposer la réunification à ses propres conditions, si un « coup de Taïwan » réussissait, aujourd’hui, demain ou après-demain, tous les espoirs seraient permis à Pékin. Dès lors, la diaspora chinoise, riche et influente, devrait mettre tous ses œufs dans le même panier ; il n’y aurait plus de centre alternatif de puissance. La RPC contrôlerait désormais les ressources technologiques et financières de l’ensemble de la « Grande Chine ». Elle aurait atteint la masse critique nécessaire à son grand dessein asiatique. Militairement surclassés, dénués de contrepoids régionaux, les pays de l’ASEAN, Singapour et les autres, passeraient alors sous la coupe de la Chine, sans heurts, mais avec armes et bagages. Pékin pourrait s’attaquer à sa « chaîne de première défense insulaire » : le Japon, la Corée, les Philippines, l’Indonésie. La Corée ? Privée du parapluie américain, mais encore menacée par l’insane régime nord-coréen, elle ferait face à un choix dramatique : soit accepter l’affrontement avec le géant chinois, se doter d’armes nucléaires et de vecteurs balistiques, et d’une défense antimissiles performante, soit capituler, et payer tribut, tel un vassal, au grand voisin du sud. Elle pourrait théoriquement s’allier au Japon pour que les deux pays – dont les rapports ne sont jamais faciles – se réarment et se nucléarisent ensemble. Il est également possible – c’est le plan chinois – qu’ils se résolvent tous deux à capituler. Le Japon, géant techno-industriel, nain politico militaire, archipel vulnérable, serait confronté au même dilemme. L’Asie du Sud-Est, sans soutien américain ni contrepoids à la Chine en Asie du Nord, est désarmée. Tous montreraient la porte aux Etats-Unis, dont les bases militaires seraient fermées, en Corée et au Japon. Les Etats-Unis seraient renvoyés aux îles Mariannes, Marshall et à Midway – comme l’entendait le général Tojo, le chef des forces armées impériales du Japon et l’amiral Yamamoto, le stratège de l’attaque de Pearl Harbour en 1941. La Chine est-elle maîtresse de l’Asie ? Reste à neutraliser l’Inde, l’égale démographique, la rivale démocratique, anglophone, peu disposée à s’en laisser compter. Mais il faut la clouer sur sa frontière occidentale par l’éternel conflit avec le Pakistan islamiste et nucléaire. La Chine doit neutraliser l’Inde, ou l’attaquer, avant que ses progrès économiques et militaires ne lui confèrent une immunité stratégique. La Mongolie « extérieure » est récupérée, Pékin ne s’étant jamais accommodé de son indépendance ni de sa soumission à la Russie. Plus loin, le traité de Pékin de 1860, qui donna à la Russie les territoires de l’Extrême-Orient russe, pourra être effacé ou abrogé, la faiblesse russe allant s’aggravant. Au XXIe siècle, l’hégémonie asiatique, c’est le tremplin vers la domination mondiale. Harold Mackinder, le géopoliticien britannique, affirmait il y a un siècle que la domination du cœur de l’Eurasie, c’était la domination du monde. Les déplacements tectoniques intervenus dans l’économie et la politique mondiale font de l’Asie peuplée, riche et inventive, le pivot de la domination mondiale. Tel est le grand dessein chinois, à un horizon qui peut être placé entre 2025 et 2050. Pour qu’il réussisse, la condition nécessaire est l’élimination des Etats-Unis comme facteur stratégique majeur dans l’Asie-Pacifique. Objectera-t-on qu’il y a là une bonne dose d’irréalisme ? Le PNB du Japon de 1941 ne se montait guère qu’à 20 pour cent de celui des Etats-Unis. L’erreur de calcul est commune dans les affaires internationales, et fournit souvent la poudre dont sont faites les guerres. L’aptitude à se méprendre du tout au tout sur les rapports de force est caractéristique des dictatures. La Pax Sinica désirée par le nouvel hégémon bute sur bien d’autres obstacles. La course au nationalisme des dirigeants du régime est non seulement le produit atavique d’une tradition dont nous avons démonté les ressorts – « de même qu’il n’y a pas deux soleils dans le ciel, il ne peut y avoir qu’un empereur sur terre », dit le Livre des rites confucéen – elle est également le produit d’une fuite en avant provoquée par les multiples crises qui affligent la Chine. Le régime devrait résoudre la quadrature du cercle pour maîtriser ces crises : la perspective est improbable. L’échec probable rend possible l’ouverture d’un nouveau cycle de crise systémique. L’agressivité nationaliste du régime en serait aggravée. Jamais ses chefs n’ont été aussi isolés de la société, jamais la Chine n’a été aussi anomique qu’elle ne l’est devenue sous la férule de Jiang Zemin. L’absurde méga-projet de projet de barrage des Trois-Gorges sur le Yangzien en est l’éclatante démonstration : ce chantier pharaonique absorbe des investissements gigantesques au détriment de bien des projets plus réalistes, dans le but de résoudre en quelque sorte d’un seul coup la pénurie d’électricité nationale. Les études de faisabilité et d’impact environnemental ont été bâclées : nu ne sait ce qui adviendra de ce bricolage géant sur le géant fluvial de Chine du Sud. Les risques de catastrophe écologique sont considérables. Des millions de villageois ont été délogés. La corruption s’est emparée du projet, au point de menacer la stabilité et la solidité du barrage : le sable a remplacé le béton dans un certain nombre d’éléments du barrage. Une société moderne ne peut être gérée sur la base des choix arbitraires de quelques centaines de dirigeants reclus, opérant dans le secret et en toute souveraineté. Ce que les tenants, aujourd’hui déconfits, des « valeurs asiatiques », n’avaient pas compris, dans leurs plaidoyers pro domo en faveur d’un despotisme qu’ils prétendaient éclairé, c’est que les contre-pouvoirs, les contrepoids, que sont une opposition active, une presse libre et critique, des pouvoirs séparés selon les règles d’un Montesquieu, l’existence d’une société civile et de multitudes d’organisations associatives, font partie de la nécessaire diffusion du pouvoir qui peut ainsi intégrer les compétences, les intérêts et les opinions différentes. Mais, pour ce faire, il convient de renoncer au modèle chinois, c’est-à-dire au monolithisme intérieur. La renonciation au monolithisme extérieur n’est pas moins indispensable : la Chine doit participer à un monde dont elle n’a pas créé les règles, et ces règles sont étrangères à l’esprit même de sa politique multimillénaire. La Chine vit toujours sous la malédiction de sa propre culture politique. La figure que prendra le siècle dépendra largement du maintien de la Chine, ou de l’abandon par elle, de cette culture, et de sa malédiction. Laurent Murawiec (2000)
As early as Dec 27, a Guangzhou-based genomics company had sequenced most of the virus from fluid samples from the lung of a 65-year old deliveryman who worked at the seafood market where many of the first cases emerged. The results showed an alarming similarity to the deadly Sars coronavirus that killed nearly 800 people between 2002 and 2003. Around that time, local doctors sent at least eight other patient samples from hospitals around Wuhan to multiple Chinese genomics companies, including industry heavyweight BGI, as they worked to determine what was behind a growing number of cases of unexplained respiratory disease. The results all pointed to a dangerous Sars-like virus. That was days before China notified the World Health Organisation (WHO) on Dec 31 about the emergence of an unidentified infectious disease, two weeks before it shared the virus’ genome sequence with the world, and crucially, more than three weeks before Chinese authorities confirmed publicly that the virus was spreading between people. Concerns about the new disease were initially kept within a small group of medical workers, researchers and officials. On Dec 30, Dr Li Wenliang was one of several in Wuhan who sounded the first alarms and released initial evidence online. Dr Li, who was punished for releasing the information, would perish from the disease five weeks later, after contracting it from a patient. On Jan 1, after several batches of genome sequence results had been returned to hospitals and submitted to health authorities, an employee of one genomics company received a phone call from an official at the Hubei Provincial Health Commission, ordering the company to stop testing samples from Wuhan related to the new disease and destroy all existing samples. (…) Then on Jan 3, China’s National Health Commission (NHC), the nation’s top health authority, ordered institutions not to publish any information related to the unknown disease, and ordered labs to transfer any samples they had to designated testing institutions, or to destroy them. The order, which Caixin has seen, did not specify any designated testing institutions. It was Jan 9 when the Chinese authorities finally announced that a novel coronavirus was behind Wuhan’s viral pneumonia outbreak. Even then, the transmissibility of the virus was downplayed, leaving the public unaware of the imminent danger. Finally, on Jan 20, Dr Zhong Nanshan, a leading authority on respiratory health who came to national attention in his role fighting Sars, confirmed in a TV interview that the disease was spreading from person-to-person. (…) On the evening of Dec 30, several doctors in Wuhan, including the late Dr Li Wenliang, privately shared CapitalBio’s results as a warning to friends and colleagues to take protective measures. Those messages then circulated widely online and sparked a public uproar demanding more information. Several people, including Dr Li and two other doctors who sent the messages that night, were later punished by the authorities for « spreading rumours ». Caixa Global (29.02. 2020)
La vie continue. Il n’y a aucune raison, mis à part pour les populations fragilisées, de modifier nos habitudes de sortie. Emmanuel Macron (7.03.2020)
We want to build “group immunity” while waiting for a vaccine, by letting the least vulnerable people catch the virus while protecting the elderly and sick. This could take “months, or even longer. There’s no easy message to you this evening… The reality is that a large part of the Dutch population will be infected by the coronavirus. That is what the experts are telling us. But unlike Italy or Spain which have imposed draconian measures on movement to curb the virus, the Netherlands is not going to go “completely locked. In that scenario, we would actually have to shut down our country for a year or even longer, with all its consequences, as the virus could re-emerge immediately if the measures were withdrawn. Mark Rutte (Dutch Prime Minister)
There’s no other country in the world managing the epidemic in the same way. But it’s not an insane decision. And it might actually pay off. The idea is more to minimize the number of casualties over the long term, and that’s completely unique. All other countries are firefighting in the short term. Pr Francois Balloux (University College London)
En Italie, le patient « zéro » n’a pas pu être identifié. Seul le patient «un» est connu: un cadre de 38 ans, pris en charge au service des urgences de Codogno, en Lombardie et qui semble avoir été un amplificateur majeur de la diffusion initiale du nouveau coronavirus. On ignore toutefois comment cet homme a contracté l’infection, n’ayant pas voyagé lui-même dans une zone à risque, ni fréquenté des personnes déjà malades. Une hypothèse évoque une contamination à Munich, en Allemagne, auprès d’une personne en provenance de Shanghai. « Le virus est probablement arrivé d’un autre pays européen, donc pas directement de Chine. Puis il a circulé de façon souterraine de fin janvier au 21 février, explique le Pr Massimo Galli chef de service des maladies infectieuses de l’hôpital Luigi Sacco (Milan). Il s’est diffusé de façon très efficace dans la zone rouge, sans qu’aucune mesure de contrôle ne soit mise en place. » À ce stade, les premiè·res malades n’ont donc pas été diagnostiqué·es, leurs symptômes pouvant être assimilés à de simples grippes saisonnières. Ce n’est que dans la dernière semaine de février qu’une première alerte a pu être donnée, notamment grâce à Attilio Fontana, président de la Lombardie, qui a annoncé s’être mis de lui-même en quarantaine, un de ses collaborateurs ayant été infecté par le virus. Il a alors annoncé cette décision sur Facebook via une vidéo où on le voit en train de mettre un masque chirurgical. Plus de 300 personnes avaient alors déjà été testées positives en Lombardie. On devait également découvrir que l’Italie n’avait pas fait de véritable contrôle des retours d’Italien·nes en provenance de Chine en janvier. Le gouvernement avait certes interdits certains vols, mais des Italien·nes qui étaient en Chine sont rentré·es en Italie par des voies différentes, via d’autres pays –de même que des citoyen·nes chinois·es ont pu venir par ces mêmes voies en Italie. « Je crois que nous avons fait des erreurs, reconnaît Mateo Renzi. L’Italie était la première à décider d’arrêter les vols entre la Chine et l’Italie en janvier. Cette décision semblait une très bonne décision mais c’était seulement un bloc de vols directs. Mais beaucoup de Chinois ont décidé d’arriver en Italie avec d’autres vols. Aujourd’hui, il n’est pas nécessaire d’arrêter les vols directs. Ce qui est nécessaire, c’est d’arrêter les occasions de rendez-vous, les échanges. Aujourd’hui, c’est plus important de fermer les écoles que les vols directs. » Ce fut l’une des premières explications avancées par les spécialistes italien·nes pour expliquer la situation de leur pays: on y pratiquait beaucoup plus de tests de dépistage que dans les autres pays d’Europe. Ainsi, les patient·es présentant des symptômes mais ne nécessitant pas d’hospitalisation étaient d’emblée comptabilisé·es. (…) Les explications des spécialistes italien·nes peuvent sans aucun doute expliquer l’augmentation du nombre de cas détectés en Italie. Pour autant elles ne suffisent pas à expliquer l’important taux de mortalité du coronavirus observé dans le pays. Une analyse complète publiée le 17 février par le Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies (CCDC) établit que le taux de létalité du Covid-19 augmente avec l’âge: 3,6% chez les 60-69 ans, 8% chez les 70-79 ans et 14,8% chez les plus de 80 ans. Or on sait que la population italienne est celle dont la moyenne d’âge est la plus élevée de l’Union européenne. Près d’un·e Italien·ne sur quatre (23%, contre 19,6% en France –données Eurostat) est âgé·e de plus de 65 ans. Et au niveau mondial, l’Italie occupe la deuxième place derrière le Japon. Est-ce suffisant pour expliquer le nombre important de cas et de décès observés dans le pays? Les avis des spécialistes, ici, divergent. (…) La situation ainsi créée met avant tout en lumière les difficultés massives rencontrées par un système sanitaire devant, en urgence, répondre à un afflux massif et brutal de malades. La leçon est d’autant plus importante que ce phénomène a concerné la Lombardie, l’une des régions les plus riches d’Europe et les mieux équipées, en infrastructures comme en compétences. « S’il y a autant de morts, c’est que nous n’avons pas réussi à les soigner, estime l’épidémiologiste italien Carlo La Vecchia. En Italie, les services sanitaires ne sont plus en mesure de fournir d’assistance respiratoire. Il n’y a pas assez d’appareils, mais surtout il n’y a pas assez de personnel en mesure de les utiliser. Nous manquons de structures adaptées. » (…) L’un des meilleurs systèmes de santé au monde, celui de la Lombardie, est à deux pas de l’effondrement», explique le Dr Pesenti dans une interview au quotidien milanais Il Corriere della Sera. (…) « C’est un cauchemar, confie le Dr Bassetti. Nous avons beaucoup de patients âgés avec des comorbidités, mais nous avons aussi beaucoup de patients plus jeunes, qui souffrent de pneumonies avec une insuffisance respiratoire», explique le médecin, ce qui requiert «une ventilation pendant une semaine ou deux ». (…) Il faut se rappeler que la pandémie de grippe de 1918 (très bien étudiée aux États-Unis) avait diffusée en trois vagues successives. La première (fin du printemps 1918) souvent appelée «annonciatrice» avait des caractéristiques qui ressemblent un peu à la dynamique observée actuellement avec le Covid-19. La deuxième (au début de l’automne 1918) fut la plus haute et la plus meurtrière. Quant à la troisième (hiver 1918-1919) elle fut plus haute que la première, mais inférieure à la deuxième. Un tel scénario est tout à fait envisageable désormais avec le Covid-19. Nous assisterions alors aujourd’hui à des soubresauts un peu erratiques qui ne seraient que le tout début d’un processus qui s’annoncerait prolongé mais long et entrecoupé de répits durant les périodes estivales, au moins dans les latitudes tempérées. Un élément plaide pour une telle «pause estivale»: c’est le calme relatif actuellement observé dans l’hémisphère sud. Cette hypothèse se verrait renforcée si nous devions observer, à l’approche de l’hiver austral (juin-septembre), une émergence marquée de l’activité virale en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud et en Amérique Latine. Slate
While countries across Europe have shut schools, sporting events and even restaurants and bars, Mr. Johnson has largely kept Britain open, opting for more targeted measures like asking people with respiratory symptoms to stay home. In effect, his government has said that mass closures will not halt the outbreak, and that exposing a large segment of the population will help build immunity and limit future infections. That strategy has startled some epidemiologists, drawn criticism from a former health secretary and political ally, and prompted angry demands that Mr. Johnson’s government reveal more of its reasoning. Cases of the coronavirus in Britain, held low for weeks as officials tracked down the contacts of known patients, have now surged, rising to nearly 800 on Friday from fewer than 600 a day before. With testing limited to hospital patients, Mr. Johnson said on Thursday that the true number of people infected may be as many as 10,000. (…) The government is leaning heavily on skepticism in some scientific circles about the effectiveness of mass closures. Some epidemiologists fear that closing schools only pulls front-line doctors and nurses away from their work, and believe that large events are less dangerous for spreading the virus than more intimate gatherings at bars or at people’s homes. It has also said that the measures it has taken, like asking people with persistent coughs and high temperatures to stay home for a week, will reduce the spread of the virus considerably. But British advisers are also leaning on a more contentious theory: that exposing a large proportion of the population to the coronavirus could help people develop immunity, and put Britain in a better position to defend itself against the virus roaring back next winter. Sir Patrick Vallance, England’s chief scientific adviser, said the government was looking “to build up some kind of herd immunity so more people are immune to this disease and we reduce the transmission.” Herd immunity, a term usually used to refer to the way mass vaccinations can stop the spread of disease and protect people who are not immune, is not seen by many scientists as a tool to be used against the coronavirus. Mr. Vallance has said that it would require roughly 60 percent of Britons to become infected, creating enough immunity in the population that a second surge in cases next winter would be less severe. But experts said that was an unusual and untested approach, and that it would be impossible to keep older and more vulnerable people from becoming infected too, putting them at a significant risk. They cautioned that the science was unsettled on how quickly people develop immunity to the coronavirus, and for how long. And experts urged the government to show more of the evidence behind its thinking. (…) In this instance, Mr. Johnson has fashioned himself as the dispassionate answer to leaders across Europe who have acted more aggressively. But his government is not immune from public alarm, signaling late Friday night that it would reverse course on at least some aspects of its approach. It told British news outlets that it would ban some mass gatherings, like sporting matches and concerts, starting next weekend, and lay the groundwork for more widespread working at home. (…) Mr. Johnson’s government itself moved on Friday to postpone hundreds of local elections and the London mayoral election for a year after a watchdog said the coronavirus would affect campaigning and voting. But Mr. Johnson has resisted other measures, like closing schools, restricting mass gatherings, steering people away from restaurants or bars and banning crowds from sporting events. “They’re trying to walk this terrible balance between not alarming the public, not hurting the economy, but making sure you try to flatten this epidemic,” said Roy Anderson, a professor of infectious disease epidemiology at Imperial College London. “Is it going to work? I’m not sure, to be honest.” The strategy amounts to a blunt admission by the British government that stopping the coronavirus here was now impossible, and replicating the success of places like Hong Kong that have encouraged more extreme social distancing a futile hope. Instead, Britain is effectively banking that its more modest restrictions will keep the outbreak limited until summer, scientists said. By then, it hopes that the warmer weather will reduce further transmission — though virologists still do not know if that will hold true — and the National Health Service, free of the usual wintertime crowds, will be better able to cope with whomever is infected. (…) But the clamor for short-term firefighting has picked up in recent days. Jeremy Hunt, the former health secretary, who like Mr. Johnson is a Conservative lawmaker, broke ranks and called for more stringent restrictions: banning visitors from nursing homes, encouraging people to work from home and closing schools. The New York Times
C’était déjà tendu sur le bateau, lundi après-midi… On est passé in extremis. Et l’accueil des Belillois est glacial : ils nous reprochent d’apporter le virus, de vider les rayons des supermarchés et de risquer de prendre les rares lits d’hôpital. Mathilde
Ceux là même qui à longueur de temps pestent contre les nuisances sonores et olfactives de nos campagnes (clochers, coqs, tracteur, fumier etc…etc..) font profils bas? et ils ont bien raison!!!! peut être sont ils porteurs du virus sans le savoir, quitte à contaminer les autochtones, mais bon sang restez chez vous qu’il à dit le ministre !!!!!!!! Autochtone en colère
« En chômage technique, nous sommes avec deux enfants dans un appartement de 60 m². Nous préférons nous isoler à Sauzon, où nous avons une résidence secondaire », confiait ce mardi matin un couple de Parisiens sur la place du marché resté ouvert. Comme eux, de nombreux résidents secondaires ont fait le choix de quitter leur résidence principale, anticipant les restrictions de déplacements et faisant fi des alertes sanitaires. « Il serait dommage que cet afflux de visiteurs aggrave la situation plutôt bien contenue jusqu’ici dans le territoire », s’alarme un médecin du pays d’Auray, qui constitue l’un des premiers foyers épidémiques apparus en France, et où les établissements scolaires sont fermés depuis déjà 15 jours. Les personnels de la compagnie Océane, qui exploite les liaisons maritimes avec le continent pour le compte de la Région Bretagne, ont constaté depuis dimanche une hausse massive du nombre de passagers sur leurs navires. Les bateaux taxis sont sollicités pour contourner la limitation du nombre de voyageurs, « mais nous refusons, car nous ne sommes pas équipés sanitairement », témoigne l’un d’eux. Les entreprises de gardiennage de véhicules sont débordées, les loueurs de voitures ont fermé et des files d’attente sont rapidement apparues devant les commerces du port de Palais. De quoi créer de vives tensions sur la plus grande des îles bretonnes (quelque 5 500 résidents à l’année), qui ne compte officiellement aucun cas coronavirus. « C’était déjà tendu sur le bateau, lundi après-midi… On est passé in extremis. Et l’accueil des Bellilois est glacial : ils nous reprochent d’apporter le virus, de vider les rayons des supermarchés et de risquer de prendre les rares lits d’hôpital », résume Mathilde, venue se réfugier à Locmaria avec sa fille. « Mon voisin m’a fait la morale derrière sa haie, alors que je déchargeais mes valises… Du coup, on culpabilise et on fait profil bas, en se promettant d’appliquer au mieux les mesures de confinement, sans quitter la maison, où il y a de quoi faire au jardin ! ». Dans un communiqué annonçant la limitation des rotations vers le continent, Frédéric Le Gars, président de la communauté de communes de Belle-Ile-en-Mer, demandait dès lundi aux résidents secondaires de ne pas venir, « eu égard aux capacités de l’île ». « Il y a clairement un risque de saturation de notre hôpital local, qui n’a pas de salle de réanimation, et donc d’engorgement des évacuations sanitaires vers le continent », alerte Thibault Grollemund, nouveau maire de Palais et président du conseil de surveillance de l’hôpital de Belle-Ile. Il appelle ses concitoyens « à la retenue et au civisme. L’île continuera d’être approvisionnée normalement, pas la peine de se précipiter dans les magasins ». Il demandait depuis plusieurs jours une limitation du nombre de passagers et de rotations, réduites à deux par jour à partir de ce mercredi et peut-être à une seule dans les jours qui viennent. Trop tard pour beaucoup d’îliens, qui se sentaient jusqu’ici protégés par l’océan. Le Télégramme
Aug 8, 2011 (CIDRAP News) – Researchers who combed through scores of serologic studies estimate that the global cumulative incidence of pandemic H1N1 influenza infection before vaccines became available was probably below 20%, far lower than the 50% that pandemic planners had envisioned as a possible worst case. They came up with an overall estimate of 11% to 21%, according to their report in PLoS One … [ie. 0.7 to 1.4 billion] CIDRAP
June 25, 2012 — A study published today in The Lancet Infectious Diseases Online Firstexternal icon provides the first global estimates of how many people died as a result of the 2009 H1N1 influenza pandemic. The study, co-authored by 9 members of the CDC Influenza Division, used an improved modeling approach which resulted in an estimated range of deaths from between 151,700 and 575,400 people who perished worldwide from 2009 H1N1 virus infection during the first year the virus circulated. A disproportionate number of deaths occurred in Southeast Asia and Africa, where access to prevention and treatment resources are more likely to be limited. Study authors hope that this work can be used not only to improve how influenza deaths are estimated, but also to improve the public health response during future pandemics in parts of the world that suffer more influenza-related deaths. These global estimates are more than 15 times higher than the number of laboratory-confirmed deaths reported to the World Health Organization (WHO). WHO has acknowledged for some time that official, lab-confirmed reports are an underestimate of actual number of influenza deaths. Diagnostic specimens are not always collected from people who die with influenza; for others, influenza virus may not be detectable by the time of death. Because of these challenges, modeling is used to estimate the actual burden of disease. (…) Though the most recent influenza pandemic was hard on the young, the impact on the global population overall during the first year was less severe than that of previous pandemics. Estimates of pandemic influenza mortality ranged from 0.03% of the world’s population during the 1968 pandemic to 1–3% of the world’s population during the 1918 pandemic. It was estimated that 0.001–0.007% of the world’s population died of respiratory complications associated with 2009 H1N1 virus infection during the first 12 months the virus circulated (or 0.001–0.011% when cardiovascular deaths were included). Because respiratory or cardiovascular influenza-related complications can lead to death, researchers estimated both respiratory and cardiovascular deaths to reach a total global estimate of mortality. An estimated 105,700-395,600 respiratory deaths occurred, while an additional 46,000-179,900 deaths were attributed to cardiovascular complications. (Influenza-associated cardiovascular deaths were only estimated in persons 18 years of age and older since cardiovascular complications are relatively rare in children younger than 18 years.) CDC
By the time the vaccines became widely available in November, though, H1N1 was already on the decline. By January, many countries were canceling their vaccine orders, and a German physician and former Social Democratic politician was leading a campaign lambasting the WHO for declaring a “fake” pandemic to gin up business for pharmaceutical manufacturers. That doesn’t seem fair, given that H1N1 did infect as much as 24% of the world’s population. The overall fatality rate was quite low, at about 0.02% of estimated cases — five time lower than the 0.1% average fatality rate for the seasonal flu — but that’s mainly because H1N1 had little effect on the demographic usually hit hardest by influenza: those 65 and older. For younger people, H1N1 was more dangerous than the seasonal flu, and in countries in South Asia and Africa with youthful populations the H1N1 pandemic really was a big deal, with the CDC later estimating a global death toll ranging from 151,700 to 575,400. Still, that’s lower than the range that the CDC and WHO now put on the annual death toll from seasonal flu: 290,000 to 650,000. In the U.S., an estimated 60.8 million people contracted the new H1N1 virus from April 2009 through April 2010, 274,304 were hospitalized and 12,469 died. Because the CDC changed the statistical model it uses to make such estimates in 2010 that last number can’t really be compared to recent estimates of seasonal flu fatalities, which ranged from 12,000 in 2011-2012 to 61,000 in 2017-2018. But earlier estimates of overall flu-related deaths in 2008-2009 and 2009-2010 indicate that both flu seasons were less deadly than average. (…) of the cases reported to the WHO so far 3.4% have resulted in fatalities. That’s probably misleadingly high because there are so many unreported cases, and in South Korea, which has done the best job of keeping up with the spread of the virus through testing, the fatality rate so far is about 0.7%. But even that is 35 times worse than H1N1 in 2009 and 2010. Multiply 12,469 by 35 and you get 436,415 — which would amount to the biggest U.S. infectious-disease death toll since the 1918 flu. Hospitalization rates are also many times higher for Covid-19, meaning that if it spread as widely as H1N1 it would overwhelm the U.S. health-care system. That’s one very important reason governments (and stock markets) around the world have reacted so much more strongly to Covid-19 than to the 2009 H1N1 pandemic. Another reason is somewhat more hope-inspiring. It’s that public health experts generally don’t think influenza can be controlled once it starts spreading, other than with a vaccine, whereas several Asian countries seem to have successfully turned back the coronavirus tide, for now at least. Influenza can’t be controlled because as much as half the transmission of the disease occurs before symptoms appear. With Covid-19 that proportion seems to be lower, meaning that even though it’s more contagious than influenza once symptoms appear, it may be possible to control by testing widely and quickly isolating those who have the disease. This is one reason (there are others) the WHO’s Tedros won’t call it a pandemic. “The threat of a pandemic has become very real,” he said Monday. “But it would be the first pandemic in history that could be controlled.” H1N1 couldn’t be controlled in 2009, but was mild enough that this did not lead to disaster. Covid-19 is a much more dangerous disease that maybe, just maybe, can be stopped. Bloomberg
Nous sommes encore au tout premier stade de la pandémie liée au virus A (H1N1) et le plus difficile est sans doute à venir. Keiji Fukuda, l’adjoint du directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), estimait vendredi que 2 milliards de personnes dans le monde seront touchées par cette infection dans les deux ans à venir. Des prédictions basées sur l’extrême rapidité de circulation du virus qui, quatre mois seulement après son apparition au Mexique, aura bientôt frappé la totalité des pays de la planète : 160 des 193 États membres de l’OMS sont désormais concernés. Selon Grégory Hartl, porte-parole de l’Organisation, il y aurait déjà près de 800 décès dus à cette grippe dans le monde, pour des centaines de milliers de personnes déjà contaminées. Si le taux de mortalité semble faible, il n’est pas encore mesuré avec précision, tant le nombre exact de personnes ayant été infectées reste imprécis. Le virus, très contagieux, n’entraîne dans une majorité de cas que des troubles bénins, pouvant passer inaperçus, avec cependant un petit pourcentage de formes graves, là encore pas clairement chiffrées pour l’instant. C’est ce qu’a d’ailleurs confirmé vendredi le porte-parole de l’OMS en précisant que «plus il y a de cas, plus il y aura de morts», sans pouvoir avancer un taux de mortalité. «Nous n’avons ni le numérateur, ni le dénominateur pour faire le calcul» reconnaissant que «plusieurs questions n’ont toujours pas de réponse». Pour l’instant, les menaces qui pèsent sur notre pays, relativement épargné, sont de deux ordres. La première est celle d’une épidémie active annoncée et qui semble inéluctable, dès le mois de septembre, avec comme risque principal une désorganisation socio-économique – dont l’importance est encore difficile à apprécier -, si beaucoup de salariés, employés, ouvriers, cadres, sont malades en même temps. Et avec un taux certain de décès à déplorer, mais qui restera relativement limité. L’autre menace, c’est la mutation du virus H1N1 vers une forme plus grave et qui provoquerait alors un nombre de morts bien plus important. Ainsi, la pandémie de 1918 terriblement mortelle avait été précédée d’une épidémie estivale relativement bénigne. Cependant, les pandémies grippales de 1957 et 1968 n’ont pas connu une telle situation et les virus en cause n’ont pas évolué vers plus de virulence. «Nous devons savoir qu’il peut y avoir des changements et être prêts à cela», a dit M. Hartl. «Pour le moment, nous n’avons observé aucun changement dans le comportement du virus. Ce que nous observons, c’est son expansion géographique.» Dans l’hypothèse d’une telle mutation, quelle sera l’efficacité du vaccin qui est en cours de préparation ? Personne pour l’instant n’est capable de répondre à cette question. Mais par exemple, on sait que lors de la pandémie de 1918, ceux qui avaient été contaminés pendant la phase estivale et n’avaient souffert que d’une forme bénigne. Le Figaro
L’ensemble des chiffres sur la mortalité reste approximatif car l’incidence des grippes (tant saisonnières que celle-ci) est potentiellement sous-évaluée (et donc leur mortalité sur-évaluée) : étant donné le caractère bénin des symptômes, une proportion difficile à estimer de la population malade ne consulte pas et peut n’être pas prise en compte dans ces statistiques. D’après les données disponibles, le taux de mortalité global de cette grippe A (H1N1) reste faible et serait inférieur à celui de la grippe saisonnière. Ainsi « la proportion des morts dues au virus de la grippe A s’élève à 0,2 – 0,3 pour mille, soit un taux inférieur à la grippe habituelle, qui tuerait à peu près un patient sur mille ». Néanmoins chez les populations sans facteurs de risques et en particulier chez les enfants et les jeunes adultes, cette grippe A présente un taux de mortalité de 3 à 13 pour 100 000 qui est environ 50 fois plus élevé que ce qui est observé pour les grippes saisonnières dans ces populations où le taux de mortalité est de l’ordre de 0.2-0.3 pour 100 000. Dans le monde, la grippe saisonnière tue chaque année entre 250 000 et 500 000 personnes. En France, la grippe tue entre 10 000 et 15 000 personnes par an et elle en tue chaque année de l’ordre de 36 000 aux États-Unis. Elle ne tue cependant que la fraction de la population la plus fragile : les personnes âgées, celles atteintes d’affections de longue durée ou les plus jeunes enfants. Ce profil de léthalité semble se dessiner pour la grippe A (H1N1) et pour les pays riches. Richard Besser, directeur des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) indique qu’il est : « encourageant de constater que ce virus n’avait pas l’air jusqu’à présent plus sévère qu’une souche de grippe saisonnière. » Le Brésil, où la grippe A (H1N1) a tué 657 personnes (août 2009), est le pays qui compte le plus grand nombre de décès dûs au H1N1 dans le monde. Néanmoins, à l’issue de la phase pandémique, les États-Unis sont le pays comptant le plus de victimes avec 3 132 décès, le Brésil arrivant en 2e position avec 1 705 morts. L’impact psychologique de la létalité de la grippe A (H1N1) de 2009 diffère grandement de la grippe saisonnière. En effet, alors que « les virus de la grippe saisonnière peuvent entraîner des formes compliquées voire mortelles notamment chez les personnes âgées (90 % des décès touchent des personnes de plus de 65 ans), le virus A(H1N1) semble s’en prendre plus particulièrement aux adultes jeunes et aux enfants, globalement les sujets de 5 à 50 ans. L’explication la plus plausible est que les sujets jeunes n’ont pas eu l’occasion d’être exposés aux virus de la famille H1N1 qui ont circulé abondamment jusque dans les années 1950 ». Ainsi, en tenant compte de l’espérance de vie des victimes, cette souche de grippe pourrait avoir sensiblement dépassé celles des grippes saisonnières les plus sévères. (…) L’un des plus grands élevages industriels de porcs, situé à La Gloria (en) dans la municipalité de Perote dans l’État de Veracruz, au Mexique, est suspecté, par la population locale fortement touchée et les autorités environnantes, d’être à l’origine de la pandémie. Dans un premier temps, les autorités mexicaines pensent y avoir trouvé le patient zéro : Edgar Hernandez, malade fin mars d’un cas avéré de H1N1. Toutefois, le 30 avril, le centre de contrôle d’Atlanta publie un rapport sur un autre cas au Mexique ayant développé le virus mi-mars, soit 15 jours avant Hernandez. Le 23 juin 2009, le New York Times rapporte que le département de l’Agriculture des États-Unis a déclaré que « contrairement à l’hypothèse courante qui est que le virus pandémique de la grippe a pour origine des fermes industrielles du Mexique », le virus a « plus probablement émergé de porcs en Asie et a voyagé jusqu’en Amérique du Nord chez un humain ». Dans son numéro de juillet-septembre 2009, le magazine l’Écologiste défend le point de vue que « l’élevage concentrationnaire des animaux favorise les recombinaisons de virus », en s’appuyant sur des références scientifiques. (…) L’Organisation mondiale de la santé, tient depuis la détection du virus un décompte des décès imputables, de manière confirmée, au moins en partie à la grippe A H1N1. Celui-ci s’élevait le 4 juin 2010, à 18 138 mort. Cependant, les tests qui mènent à ces confirmations ne sont pas menés de façon systématique. L’afflux de ces confirmations varie donc d’un pays à l’autre et d’une période à l’autre et peuvent conduire à une sous-estimation significative du nombre de cas réels. Les estimations du nombre total de morts tombent généralement dans les marges des morts des grippes saisonnières (250 000 – 500 000 morts toute souches confondues). Une estimation publiée en juin 2012 fait état de 280 000 morts : 201 200 morts de causes respiratoires et 83 300 de causes cardiovasculaires pendant la première année. Fin janvier 2010, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe auditionne l’OMS, suspecté « d’avoir exagéré la menace de la grippe « sous la pression des laboratoires » ». Il est reproché notamment à l’OMS d’avoir récemment modifié la définition d’une pandémie mondiale grippale, retirant la notion d’un taux de mortalité supérieure à une grippe normale. Avec ces nouveaux critères, une pandémie existe dès qu’un nouveau virus se répand rapidement à travers le monde, même si sa mortalité est faible. Une enquête affirme également que des « liens d’intérêt entre six experts de l’OMS et des firmes pharmaceutiques sont avérés. » Wikipedia
Racism worse enemy than epidemic. Xinhua
President Xi Jinping says China deserves to be treated as a great power, but on Wednesday his country expelled three Wall Street Journal reporters over a headline. Yes, a headline. Or at least that was the official justification. The truth is that Beijing’s rulers are punishing our reporters so they can change the subject from the Chinese public’s anger about the government’s management of the coronavirus scourge. “China Is the Real Sick Man of Asia” was the headline over Walter Russell Mead’s Feb. 3 column in the Journal. Mr. Mead, a fellow at the Hudson Institute, writes a weekly column on foreign affairs for us. He did not write the headline. Anyone who reads the piece can see it describes the problems in Chinese governance exposed by the response to the coronavirus outbreak. Beijing has since sacked Wuhan province officials, proving Mr. Mead’s point. As for that headline, we have heard from thoughtful people that to Chinese ears the “sick man” reference echoes in insensitive fashion the West’s exploitation of China in the mid-19th century during the opium wars. Others say it refers to Japan’s 20th-century invasion of China. We take the point, and we were happy to run letters to the editor criticizing the headline. Most Americans, however, understand the phrase in the context of the dying Ottoman Empire as “the sick man of Europe.” That was our historical analogy. These days the “sick man” phrase is used to describe many countries, most notably the Philippines as the sick man of Asia. The Financial Times, the Economist and the Guardian all referred to Britain as “the sick man of Europe” in the throes of Brexit. The Global Times, a publication that expresses Chinese government views, republished a Reuters article in 2016 whose lead sentence referred to Egypt as the “sick man of the Middle East.” In 2011 Foreign Affairs used the headline “The Sick Man of Asia: China’s Health Crisis” over an article by Yanzhong Huang, a professor who grew up in China and graduated from Fudan University. In any event, Mr. Mead’s column and headline were never published in China. That’s because the Journal is banned there. Our website has been shut down since 2014. Our reporters can cover China for the rest of the world but not for Chinese readers. That didn’t stop the Chinese government from starting a public campaign against the headline. A Foreign Ministry spokesman denounced the column, and several Chinese propaganda organs spread the same theme. “Racism worse enemy than epidemic,” read a headline in Xinhua lumping Mr. Mead’s article with one from Der Spiegel. Our email inbox was soon flooded with complaints about the headline, all containing remarkably similar language and demanding an apology. A campaign was orchestrated to get Mr. Mead barred from Twitter. If you think this was spontaneous outrage, you don’t understand how China’s government works to influence public opinion at home and abroad. Beijing knows how to exploit America’s identity politics to charge “racism” in service of its censorship. And now China has escalated to ban our three reporters, who had nothing to do with the headline or Mr. Mead’s column. As our readers know, and as we have explained to Chinese officials for years, our news and opinion departments are run independently and have separate reporting lines to the publisher. The Wall Street Journal
The world should thank China for its gargantuan efforts and sacrifices to prevent the spread of the disease to other countries, an act that is really startling the universe and moving the gods. Now we can say with confidence that the U.S. owes China an apology, and the world owes China thanks. Xinuha
Amid China’s intensifying propaganda campaign to reverse global perceptions of the Wuhan coronavirus epidemic in that country, Chinese state media Xinhua News Agency is taking the gambit to new heights, suggesting the « United States owes China an apology » and that the world ought to acknowledge China for its remarkable achievements in its fight against the novel virus. « The world should thank China for its gargantuan efforts and sacrifices to prevent the spread of the disease to other countries, an act that is really startling the universe and moving the gods (驚天地、泣鬼神), » the commentary reads. Frustration and anger have been felt across China over the initial cover-up of the deadly virus and under-reported number of infections and deaths, with the confidence of many Chinese in the communist regime rattled and the legitimacy of Xi Jinping’s leadership coming into question. To address the crisis, the government has adopted radical lockdowns and launched a propaganda campaign of sugar-coated stories about patients’ recoveries, frontline medical workers, and of course, members of the Chinese Communist Party. State media outlets began to play down the threat in mid-February, hailing the Chinese government as a « role model » in the global fight against the virus. A Feb. 24 editorial from the Global Times, a media mouthpiece for Beijing, even assailed other countries (Japan, South Korea, Iran, and Italy) as « slow to respond to the virus. » On March 3, Chinese state media went a step further with a commentary republished on Xinhua News by the outspoken Chinese investor Huang Shen (黃生). According to Huang, the U.S. denying entry to those who had been in China as the outbreak began was unfair, as China has not reciprocated the travel ban; in fact, he said the U.S. should apologize to China for these wrongdoings, which are damaging to the Chinese economy. Huang also cast doubts over the number of confirmed cases in the U.S., believing it to be severely under-reported, and said he imagines that U.S. President Donald Trump must be extremely anxious over the outbreak. Meanwhile, China has made significant progress in the fight against the disease, and many businesses have reopened, Huang added. Huang went on to ridicule the idea that China owes the world an apology, saying there is no reason to expect contrition from the communist country, especially when numerous studies point to the U.S., Italy, and Iran as the possible origins of the virus. He believes China should instead take credit for preventing the virus from spreading to the world. « Now we can say with confidence that the U.S. owes China an apology, and the world owes China thanks, » he concluded. Taiwan news
Chinese propaganda mouthpieces have launched a broad array of attacks against the facts, attempting to create a new narrative about China’s historic victory over the Wuhan virus. Chinese state media is praising the government’s “effective, responsible governance, » but the truth is that Beijing is culpable for the spread of the pathogen around China and the world. Chinese officials knew about the new virus back in December, and did nothing to warn their citizens or impose measures to curb it early on. Instead of acting with necessary speed and transparency, the party-state looked to its own reputation and legitimacy. It threatened whistleblowers like the late Dr. Li Wenliang, and clamped down on social media to prevent both information about the virus and criticism of the Communist Party and government from spreading. Unsurprisingly, China also has enablers abroad helping to whitewash Beijing’s culpability. World Health Organization Director-General Tedros Adhanom Ghebreyesus refused for months to declare a pandemic, and instead thanked China for “making us safer,” a comment straight out of an Orwell novel. This is the same WHO that has refused to allow Taiwan membership, due undoubtedly to Beijing’s influence over the WHO’s purse strings. Most egregiously, some Chinese government officials have gone so far as to claim that the Wuhan virus was not indigenous to China at all, while others, like Mr. Tedros, suggest that China’s response somehow bought the world “time” to deal with the crisis. That such lines are being repeated by global officials and talking heads shows how effectively China’s propaganda machine is shaping the global narrative. The world is quickly coming to praise the Communist Party’s governance model, instead of condemn it. The reality is that China did not tell its own people about the risk for weeks and refused to let in major foreign epidemiological teams, including from the U.S. Centers for Disease Control. Thus, the world could not get accurate information and laboratory samples early on. By then, it was too late to stop the virus from spreading, and other world capitals were as lax in imposing meaningful travel bans and quarantines as was Beijing. Because of China’s initial failures, governments around the world, including democratic ones, now are being forced to take extraordinary actions that mimic to one degree or another Beijing’s authoritarian tendencies, thus remaking the world more in China’s image. Not least of the changes will be in more intrusive digital surveillance of citizens, so as to be able to better track and stop the spread of future epidemics, a step that might not have been necessary if Beijing was more open about the virus back in December and if the WHO had fulfilled its responsibilities earlier. Regardless of how much some governments and global voices praise China, Xi and the Communist Party care about dominating the propaganda war because the Wuhan virus has stood their nation on a razor’s edge. Xi’s own legitimacy is not merely at stake. His government is ferociously fighting to divert blame and attention, fearing that the world rightfully may utterly reassess modern China, from its technocratic prowess to its safety. Decades of a carefully curated global image may crumble if nations around the globe start paying attention to China’s lax public health care, incompetent and intrusive government, and generally less developed domestic conditions. Xi’s fears are well founded, as a global reconsideration of China is long overdue. Legitimate criticisms and doubts about China’s governance and growth model were long suppressed by Chinese pressure and the willingness of many to buy into the Communist Party’s public line. Public shaming of foreign corporations, global influence operations, and “elite capture” — all are policies Beijing has deployed to maintain China’s public image. That carefully tended image is now cracked. Those concerned with global health issues may wonder why it is that China is wracked regularly by viral epidemics in addition to coronavirus, such as SARS, African Swine Fever, and avian flu (another outbreak is happening right now). Others may begin to look more carefully at China’s environmental devastation and the hundreds of thousands of premature deaths each year from air and water pollution. On the trade side, many foreign corporations already have been reconsidering their operations in China, due to rampant intellectual property theft and rising production costs; now, they may seriously question how safe it is to continue to do business in China. Not only is the health of their employees at risk, but they no longer can be assured that China will be a stable supplier. If coronavirus becomes a seasonal phenomenon, as some experts predict, then even with a vaccine, new strains of the pathogen will always raise the specter of another out-of-control epidemic overwhelming the party-state’s capabilities and infecting the rest of the world. More broadly, the pandemic of 2020 has brought doubts about globalization into the mainstream. Decades of open borders, unceasing intercontinental travel, study abroad, just-in-time inventory systems, and the like have created unexpected vulnerabilities in populations and economies thanks to unfettered openness. To worry about such weaknesses is not to adopt a Luddite reactionary stance, but to try and salvage the bases of the post-World War II global economic architecture. Those who assumed that global markets were the optimal economic model and would always work, now have to consider whether globalization is the best system for dealing with pandemics like coronavirus, let alone old-fashioned state power plays like China imposed on Japan back in 2010, when it blocked the export of rare-earth minerals over territorial disputes in the East China Sea. Perhaps the biggest long-term economic effect of coronavirus will be on long-standing assumptions about global supply chains. Because of the way the global economy has developed since 1980, to question globalization today is in large part to question the world’s relationship to China. As Sens. Marco Rubio and Tom Cotton have pointed out, America and the world have a prudential responsibility to reconsider their dependence on China. It is only since the outbreak of the pandemic that Americans have come to learn that China is the major supplier for U.S. medicines. The first drug shortages, due to dependence on China, have already occurred. Eighty percent of America’s “active pharmaceutical ingredients” comes from abroad, primarily from China (and India); 45% of the penicillin used in the country is Chinese-made; as is nearly 100% of the ibuprofen. Rosemary Gibson, author of “China Rx,” testified last year to the U.S.-China Economic and Security Review Commission about this critical dependence, but nothing has changed in this most vital of supply chains. The medicine story is repeated throughout the U.S. economy and the world. The unparalleled economic growth of China over the past generation has hollowed out domestic industries around the globe and also prevented other nations, such as Vietnam, from moving up the value-added chain. Many industries are quite frankly stuck with Chinese companies as their only or primary suppliers. Thus, the costs of finding producers other than China, what is known as “decoupling,” are exorbitant, and few countries currently can replicate China’s infrastructure and workforce. The world never should have been put at risk by the coronavirus. Equally, it never should have let itself become so economically dependent on China. The uniqueness of the coronavirus epidemic is to bring the two seemingly separate issues together. That is why Beijing is desperate to evade blame, not merely for its initial incompetence, but because the costs of the system it has built since 1980 are now coming into long-delayed focus. Coronavirus is a diabolus ex machina that threatens the bases of China’s modern interaction with foreign nations, from tourism to trade, and from cultural exchange to scientific collaboration. Xi can best avoid this fate by adopting the very transparency that he and the party have assiduously avoided. Yet openness is a mortal threat to the continued rule of the CCP. The virus thus exposes the CCP’s mortal paradox, one which shows the paralysis at the heart of modern China. For this reason alone, the world’s dependence on China should be responsibly reduced. To begin with, Washington must mandate that some significant percentage of major drugs, everyday medicines, first-aid material such as masks and gowns, and higher-end medical equipment like ventilators, will be produced domestically, so that we are better prepared for the next pandemic. In addition, controlling our own supply of vital medicines and equipment will allow Washington to continue to be able to assist other countries during similar emergencies, something we are not able to do with coronavirus and which Beijing is stepping in to take advantage of. Second, America’s broader economic dependence on China needs to be reduced. Materials such as rare earths, 80% of which come from China, should be produced at home when possible, while the U.S. military needs to limit its exposure to Chinese goods for everything from transistors to tire rubber. Thirdly, Washington must ensure that China does not capture the global semiconductor chip-making industry, which is a priority for Beijing. To surrender the crown jewel of the digital economy would put America in a position of permanent dependence vis-à-vis China. The coronavirus pandemic is a turning point for China and the world. Today, Washington and other global capitals are solely responsible for the success or failure of their own efforts to control the Wuhan virus. In the short term, however, they should not let Mr. Xi and China get away with rewriting the history of the epidemic. In the longer run, they must look to reform globalization by prudently reshaping their economies and societies in the shadow of future crises. Michael Auslin
La Corée du Sud a connu une diminution constante des nouveaux cas de coronavirus pendant quatre jours consécutifs, bien qu’elle soit l’un des pays les plus touchés en dehors de la Chine, même si l’attention mondiale s’est portée sur les épidémies en Italie et en Iran. Le pays a connu une moyenne de plus de 500 nouvelles infections par jour au cours des deux dernières semaines, mais vendredi dernier, ce nombre est tombé à 438, puis à 367 samedi et 248 dimanche. Le président sud-coréen Moon Jae-in a noté lundi la « tendance au ralentissement » des nouvelles infections dans son pays, mais a mis en garde : « Nous ne devons pas du tout nous reposer sur nos lauriers ». (…) La diminution constante des cas a été attribuée à divers facteurs, notamment les tests de masse, l’amélioration des communications publiques et l’utilisation de la technologie. Les tests approfondis effectués sur les membres de l’église Shincheonji de Jésus, qui était liée à plus de 60 % des cas du pays, a été achevée. Les responsables sud-coréens ont fait part de leur expérience en matière d’endiguement de l’épidémie, affirmant qu’il est difficile de mettre en œuvre dans une société ouverte les mesures de confinement imposées par la Chine à Wuhan, où l’épidémie a pris naissance. (…) « Sans porter atteinte au principe d’une société transparente et ouverte, nous recommandons un système de réponse qui associe la participation volontaire du public à des applications créatives de technologies avancées », a déclaré le vice-ministre sud-coréen de la santé, Kim Gang-lip, aux journalistes. Les mesures conventionnelles et coercitives telles que le verrouillage des zones touchées présentent des inconvénients, a-t-il déclaré, sapant l’esprit de démocratie et aliénant le public qui devrait participer activement aux efforts de prévention. « La participation du public doit être assurée par l’ouverture et la transparence », a-t-il déclaré. La Corée du Sud a été proactive en fournissant à ses citoyens les informations nécessaires pour assurer leur sécurité, notamment en organisant des points de presse deux fois par jour et en envoyant des alertes d’urgence par téléphone portable aux personnes vivant ou travaillant dans les districts où de nouveaux cas ont été confirmés. Des détails sur les antécédents de voyage des patients confirmés sont également disponibles sur les sites web municipaux, parfois avec des informations sur le lieu de résidence ou l’employeur du patient, ce qui permet de les identifier individuellement, ce qui suscite des inquiétudes quant à la protection de la vie privée. L’importance du maintien d’une bonne hygiène a également été soulignée. Les Sud-Coréens sortent rarement de chez eux sans porter de masque facial, et de nombreux bâtiments affichent des panneaux indiquant « Pas de masque, pas d’entrée ». Les employés des restaurants et des commerces de détail portent des masques lorsqu’ils servent les clients. La Corée du Sud a également mis en place des mesures créatives, notamment une cinquantaine de stations de test au volant dans tout le pays, où il ne faut que 10 minutes pour effectuer l’ensemble de la procédure. Les résultats des tests sont disponibles en quelques heures. Le coût des tests Covid-19 est prohibitif dans de nombreux pays, mais en Corée du Sud, tous les tests sont gratuits. Le pays est également capable de traiter jusqu’à 15 000 tests de diagnostic par jour, et le nombre total de tests a atteint près de 200 000. Cette capacité de test a permis au pays d’identifier les patients à un stade précoce et de minimiser les effets néfastes, selon les experts de la santé. Mais cela a également permis à la Corée du Sud d’avoir le deuxième plus grand nombre d’infections confirmées dans le monde après la Chine, bien que celle-ci ait été remplacée par l’Italie cette semaine. La Corée du Sud a mis en place des « procédures spéciales d’immigration » pour surveiller les arrivées pendant deux semaines sans avoir à interdire l’entrée du pays aux voyageurs entrants. Les personnes arrivant de Chine, y compris de Hong Kong et de Macao mais à l’exclusion de Taïwan, font vérifier leur température corporelle, tandis que leurs coordonnées nationales sont vérifiées et qu’elles doivent remplir un questionnaire de santé. On leur demande également de télécharger une application d’autodiagnostic sur leur téléphone portable et de se soumettre à une gestion intensive s’ils présentent des symptômes. La Corée du Sud utilise également sa technologie informatique de pointe et ses caméras de surveillance omniprésentes pour suivre les sources d’infection, en identifiant les mouvements des cas confirmés sur la base de leurs transactions par carte de crédit et du suivi des téléphones portables, et en divulguant ces informations pour aider à retrouver ceux qui ont pu entrer en contact avec eux. Pour faire face à la pénurie de lits d’hôpitaux, le pays a transformé de nombreux centres de formation professionnelle et autres installations publiques en « centres de vie et de traitement » où les patients présentant de légers symptômes du coronavirus sont placés en quarantaine. Le professeur Kim Woo-joo, de la faculté de médecine de l’université coréenne, a déclaré que le pays avait acquis de l’expérience en traitant des urgences sanitaires antérieures, comme la pandémie de grippe H1N1 de 2009, qui a provoqué environ 750 000 cas et 180 décès en Corée du Sud, et l’épidémie de syndrome respiratoire du Moyen-Orient (SRAS) de 2015, qui a infecté 186 personnes et entraîné au moins 39 décès dans le pays. (…) Le pays a par la suite formé des agents de santé pour faire face aux épidémies, en particulier pour tester les infections, suivre et isoler les contacts. (…) Malgré ces installations, Kim a déclaré qu’il serait difficile pour une société ouverte comme la Corée du Sud ou d’autres pays de l’OCDE, d’appliquer des mesures de confinement comme en Chine. (…) Kim a mis en garde contre un optimisme prématuré, notant qu’il y a eu de petits groupes d’infections dans certains hôpitaux, appartements, églises et maisons de retraite dans des endroits autres que Daegu, y compris Séoul et la ville voisine de Seongnam City. South China Morning Post
Boris Johnson a choisi l’immunité collective tout en combinant des mesures fortes envers les plus fragiles et en renforçant les moyens hospitaliers afin de prendre en charge les cas extrêmes en demandant par exemple à certaines industries de fabriquer bien plus d’appareils respiratoires. Cette position est bien sûr controversée par ceux qui considèrent que cela va faire exploser le système de santé, or, ce pari n’est pas aussi insensé qu’il est prétendu, surtout en absence de vaccin, et devant également l’impossibilité de se tester hormis les cas graves. L’hypothèse pour l’instant tient (55 morts au RU). Y compris mondialement (7154 décès sur 7,53 milliards… comparés aux millions de morts de la bronchite, du cancer, du paludisme, de la gastro etc etc, même si tout n’est pas comparable évidemment). En fait, se trouve de plus en plus en jeu deux théories, l’une scientiste et principalement allopathique, considérant que le corps humain est une « machine » bien trop fragile sans protection s’il n’y a pas divers stimulants et prothèses diverses de plus en plus « intelligentes », l’autre à la fois ancienne et contemporaine fait le pari que le corps vivant humain est capable, sous certaines conditions, de s’immuniser, se « réparer » (voir les travaux de Jean-Jacques Wunenburger) ce qui ne veut pas dire qu’en cas d’affaiblissement bactérien ou virale l’allopathie soit inutile ne nous méprenons pas ; en fait nous devrions aujourd’hui plutôt combiner toutes les médecines, positives, énergétiques, mécaniques, allo et homéopathiques. Alors que seules les remèdes allopathiques sont remboursés… (…) Tout cela pour dire que nous sommes peut-être enfin à la croisée des chemins où une véritable discussion en profondeur va émerger, tout en ne mélangeant pas les niveaux : nécessité d’avoir une prise en charge irréprochable pour les cas les plus graves, hygiène de base fondamentale, et confiance dans l’interaction entre les êtres humains susceptible de créer cette immunité solidaire. Lucien SA Oulahbib
L’État français n’aurait donc pas « dysfonctionné » pendant l’été 2003, en tout cas pas plus que les autres pays européens, contrairement à ce qui a été asséné lors de la crise politique qui a suivi cette terrible canicule. La mise en cause du ministre de la Santé de l’époque, Jean-François Mattei, du directeur général de la santé, Lucien Abenhaim, et même de Jean-Pierre Raffarin par le Parti socialiste et en particulier par Patrick Pelloux, l’urgentiste de l’hôpital Saint-Antoine apparaît aujourd’hui à la lumière de cette enquête comme relevant d’une analyse insuffisante et partiale. (…) Intrigué par le décalage entre les conséquences de la canicule de 2003 en France et le silence de nos voisins sur cette vague de chaleur qui ne les a pas épargnés, [Jean-Marie Robine] a proposé à l’Union européenne de financer un travail de recherche sur le décompte précis des morts sur le Vieux Continent en 2003. (…) Sur les 122 jours d’été, de juin à septembre, 95 ont présenté partout en Europe un excès de mortalité. « Tout l’été, et pas seulement le mois d’août, a été caractérisé par une surmortalité, explique Jean-Marie Robine. Ily a eu trois pics de décès. La première quinzaine de juin, il a concerné le Portugal, l’Italie, l’Espagne et le sud de la France, avec 10 000 décès supplémentaires. La deuxième quinzaine de juillet, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne, avec là encore 10 000 décès en plus. » Enfin, les 15 premiers jours d’août, la vague de chaleur du sud de l’Espagne, remontant en diagonale vers le nord-est et centré sur Paris, explose en feu d’artifice au nord, au sud, à l’est et à l’ouest en faisant 45 000 morts supplémentaires. Au total, 70 000 morts en plus sont recensés en Europe, avec les 5 000 décès de septembre. L’Espagne a présenté le taux de morts le plus élevé rapporté à sa population (14 % en plus et 15 000 décès) comme le Luxembourg. Viennent ensuite la France et l’Italie avec 12 % en plus et 20 000 décès, suivi de l’Allemagne (9 500), le Portugal (2 500) la Belgique (1 200), la Suisse et les Pays-Bas (1 000). Personne en Europe n’était préparé à une telle vague de chaleur. Contrairement à ce qu’a laissé entendre une enquête parlementaire en France, il n’y a eu ni héros, ni coupable. Le Figaro
Enrayer la propagation d’une maladie infectieuse dans une population par l’immunisation d’un certain pourcentage des individus. Le principe de l’immunité de groupe, aussi appelée immunité collective, grégaire ou de troupeau, sur lequel le gouvernement britannique mise pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, est bien connu avec les vaccinations. Outre qu’ils protègent à l’échelle individuelle, les vaccins permettent de contribuer à la protection d’autres personnes. Bien souvent, la vaccination prévient la multiplication de l’agent pathogène, virus ou bactérie, chez la personne vaccinée. Celle-ci n’est donc plus susceptible de transmettre l’infection à ses proches, et elle agit « vis-à-vis du reste de la population, comme une barrière contre l’agent pathogène en interrompant la chaîne de transmission », selon un dossier pédagogique de Santé publique France. Cette stratégie peut-elle être appliquée, sciemment, au nouveau coronavirus, contre lequel il n’existe aucun vaccin et auquel a priori 100 % de la population est sensible ? Alors que tous les pays prônent des mesures de distanciation sociale et de confinement, les Anglais sont les seuls à faire le pari d’une immunité collective, estimant que si 60 % de la population est infectée, cela permettrait d’éviter un second pic épidémique en 2021. Une politique contestée de toute part, car jugée risquée. Même le Britannique Roy Anderson, un des grands spécialistes de l’immunité de groupe et qui a théorisé cette notion, ne semble pas l’envisager dans le cas présent. Dans un article publié en ligne le 9 mars dans la revue The Lancet, il insiste au contraire sur les mesures de distanciation sociale, et d’isolement précoce des malades. En outre, les projections concernant l’impact du SARS-CoV-2 en cas de laisser-faire sont très pessimistes. L’équipe de Neil Ferguson (Imperial College, Londres) a travaillé sur cette option. Dans le cas de la France, si aucune action d’atténuation ou de confinement n’était menée, ses modélisations prévoyaient entre 300 000 et 500 000 morts dans l’hypothèse la plus pessimiste, les services de réanimation se trouvant rapidement submergés. Ces chiffres, présentés à l’exécutif français par le conseil d’experts mis en place par le gouvernement, ont contribué au durcissement des mesures de « distanciation sociale » prises ces derniers jours. Neil Ferguson devrait présenter les projections concernant différents pays européens dans les prochains jours. (…) C’est ce mécanisme qui explique que lors de la pandémie grippale A (H1N1) de 2009-2010, les personnes nées avant 1957 ont été relativement protégées : elles avaient une immunité partielle contre le virus, car elles avaient déjà rencontré des virus grippaux de type H1N1, qui ont largement circulé entre 1918 et 1957, avant d’être supplantés par des souches H2N2. D’une certaine manière, la grippe saisonnière bénéficie aussi d’une protection de groupe : l’ampleur des épidémies est limitée chaque année car seuls 20 % à 30 % des personnes seraient susceptibles de contracter le virus pour une année donnée. Les autres ne le sont pas car infectées les années précédentes et immunisées ou simplement vaccinées. Le Monde
Lorsque l’épidémie est arrêtée de façon artificielle, elle repart dès qu’on réinjecte du virus. Jean-Stéphane Dhersin
Une épidémie comme ça ou une pandémie, c’est du terrorisme, le terrorisme de la nature et on se protège comme contre le terrorisme. Si vous croyez que vous allez échapper à tout risque ça n’existe pas. Il faut accepter un certain nombre de risques. (…) Il y a une réalité et des fantasmes. Le 27 février on en avait à peu près 77.000 malades (…) On est loin des milliards et des 70%, ce sont les chiffres des épidémiologistes. Et ils manipulent des chiffres et n’ont pas trop d’idées de ce qu’il y a dedans. (…) Il s’est passé ce que j’avais prévu en Chine. Sur 1,3 milliard d’habitants on a 80.000 cas. Cette maladie c’est la petite sœur du SRAS. Qu’est-ce qu’a fait le SRAS ? il est arrivé et il a disparu. Les contaminations sont exponentielles puis deviennent linéaires et deviennent sigmoïdes donc en baisse. La courbe de malades n’est pas exponentielle à l’infini, le seul endroit où elle continue ainsi, c’est en Italie. En Corée du Sud depuis quelques jours il n’y a quasiment plus de nouveau cas. (…] Il n’y a pas d’Etat réellement dans ces deux pays. L’Italie est complètement débordée et aux Etats-Unis cela augmente de façon très inquiétante. (…) Faisons tout ce que l’on peut collectivement et individuellement pour limiter la maladie et quand elle arrive pour la soigner, c’est très simple. Jean-Philippe Derenne
Décision a été prise de laisser l’épidémie suivre son cours et de ne pas tenter de l’arrêter brutalement. Cela ne veut pas dire ne rien faire: les pouvoirs publics mettent désormais toute leur énergie à ralentir la propagation du virus pour éviter l’engorgement des services d’urgence. Il s’agit «d’aplanir» la courbe épidémique, en limitant les contacts entre les gens, notamment, pour l’étaler dans le temps. Allonger sa durée pour limiter son ampleur à un instant T. C’est le seul moyen de limiter l’engorgement des hôpitaux.Il faudra ensuite attendre, peut-être plusieurs mois, qu’un nombre suffisant de personnes soient infectées pour atteindre l’«immunité de groupe». Le seuil au-delà duquel le virus ne parvient plus à circuler, car il n’y a plus assez de gens à contaminer. C’est aussi la stratégie adoptée par la Grande-Bretagne et l’Allemagne, de manière plus officielle. Angela Merkel s’attend à ce qu’il faille que 60 à 70 % des Allemands soient infectés! Idem en Grande-Bretagne. On comprend mieux les mots soigneusement choisis par Emmanuel Macron pour préparer les Français. Ce n’est pas forcément un mauvais choix, entendons-nous. Les mesures drastiques prises en Italie avaient laissé croire pendant un temps que la France pourrait faire elle aussi le pari de l’endiguement. Il aurait fallu pour cela appeler au confinement de toute la population, fermer les commerces, limiter drastiquement les déplacements et mettre en place des systèmes coercitifs pour que ces mesures soient respectées. Cela revenait à tuer l’économie, bouleverser la vie démocratique en reportant les élections, et restreindre in fine la liberté des citoyens. Une décision d’autant plus difficile que le résultat serait resté incertain. Car si la Chine a réussi à éteindre la flambée du virus aujourd’hui, rien ne dit que le pays ne devra pas faire face à un «rebond» de l’épidémie dans les semaines ou les mois à venir. En effet, avec «seulement» 80.000 malades sur 1,4 milliard d’habitants, la population chinoise dans sa très grande majorité n’a pas «rencontré» le virus et n’est donc pas immunisée. «Lorsque l’épidémie est arrêtée de façon artificielle, elle repart dès qu’on réinjecte du virus», rappelle Jean-Stéphane Dhersin, professeur à l’université Sorbonne Paris Nord et directeur adjoint scientifique de l’Institut national des sciences mathématiques et de leurs interactions du CNRS. De nouveaux foyers épidémiques risquent de s’allumer à tout moment. Le virus est très contagieux et présente la particularité d’être aussi transmis par des personnes asymptomatiques, ce qui en fait un cauchemar pour la prévention. L’Italie, si elle parvient elle aussi à stopper l’épidémie, ce qui est loin d’être gagné, devrait faire face à la même situation. C’est en lisant entre les lignes de l’allocution solennelle du président de la République jeudi soir que l’on peut se faire une idée du choix stratégique opéré en coulisse. En déclarant que l’épidémie de Covid-19 en cours était «la plus grave crise sanitaire qu’ait connue la France depuis plus d’un siècle», Emmanuel Macron s’est évidemment projeté dans l’avenir. Car avec 3661 cas identifiés et 79 morts jeudi, ce n’est pas la situation actuelle qui est dramatique, mais bien celle qui nous attend: des millions de personnes infectées, des centaines de milliers de cas graves, et des dizaines de milliers de morts potentiels. En d’autres termes, décision a été prise de laisser l’épidémie suivre son cours et de ne pas tenter de l’arrêter brutalement. Cela ne veut pas dire ne rien faire: les pouvoirs publics mettent désormais toute leur énergie à ralentir la propagation du virus pour éviter l’engorgement des services d’urgence. Il s’agit «d’aplanir» la courbe épidémique, en limitant les contacts entre les gens, notamment, pour l’étaler dans le temps. Allonger sa durée pour limiter son ampleur à un instant T. C’est le seul moyen de limiter l’engorgement des hôpitaux. Il faudra ensuite attendre, peut-être plusieurs mois, qu’un nombre suffisant de personnes soient infectées pour atteindre l’«immunité de groupe». Le seuil au-delà duquel le virus ne parvient plus à circuler, car il n’y a plus assez de gens à contaminer. C’est aussi la stratégie adoptée par la Grande-Bretagne et l’Allemagne, de manière plus officielle. Angela Merkel s’attend à ce qu’il faille que 60 à 70 % des Allemands soient infectés! Idem en Grande-Bretagne. On comprend mieux les mots soigneusement choisis par Emmanuel Macron pour préparer les Français. Ce n’est pas forcément un mauvais choix, entendons-nous. Les mesures drastiques prises en Italie avaient laissé croire pendant un temps que la France pourrait faire elle aussi le pari de l’endiguement. Il aurait fallu pour cela appeler au confinement de toute la population, fermer les commerces, limiter drastiquement les déplacements et mettre en place des systèmes coercitifs pour que ces mesures soient respectées. Cela revenait à tuer l’économie, bouleverser la vie démocratique en reportant les élections, et restreindre in fine la liberté des citoyens. Une décision d’autant plus difficile que le résultat serait resté incertain. Car si la Chine a réussi à éteindre la flambée du virus aujourd’hui, rien ne dit que le pays ne devra pas faire face à un «rebond» de l’épidémie dans les semaines ou les mois à venir. En effet, avec «seulement» 80.000 malades sur 1,4 milliard d’habitants, la population chinoise dans sa très grande majorité n’a pas «rencontré» le virus et n’est donc pas immunisée. «Lorsque l’épidémie est arrêtée de façon artificielle, elle repart dès qu’on réinjecte du virus», rappelle Jean-Stéphane Dhersin, professeur à l’université Sorbonne Paris Nord et directeur adjoint scientifique de l’Institut national des sciences mathématiques et de leurs interactions du CNRS. De nouveaux foyers épidémiques risquent de s’allumer à tout moment. Le virus est très contagieux et présente la particularité d’être aussi transmis par des personnes asymptomatiques, ce qui en fait un cauchemar pour la prévention. L’Italie, si elle parvient elle aussi à stopper l’épidémie, ce qui est loin d’être gagné, devrait faire face à la même situation. Plutôt que de gérer une épidémie en dents de scie, la France va donc essayer de contrôler une épidémie au long cours. De la «méchanceté» du virus et sa létalité dépendront en grande partie le bilan humain qu’il faudra dresser à la fin de la crise. En Chine, les autorités ont dénombré 20 % de cas graves. Selon des estimations, la mortalité serait comprise entre 0,5 et 1 %… La question du nombre de cas sans aucun symptôme n’est toutefois pas clairement tranchée et pourrait laisser espérer une situation un peu moins dramatique. À l’inverse, si les hôpitaux n’arrivent pas à absorber l’affluence de malades, le bilan humain pourrait s’envoler. D’où l’urgence de ralentir la propagation du virus. La fermeture des établissements scolaires, qui sont des accélérateurs des contaminations, va bien dans ce sens. De même que l’interdiction de tous les rassemblements de plus de 100 personnes sur tout le territoire prise vendredi. On peut en revanche s’interroger sur l’opportunité d’avoir maintenu les élections dans ce contexte, mais c’est là un arbitrage politique qui dépasse la seule science épidémiologique. Le Figaro
Some health officials believe that the virus arrived in Italy long before the first case was discovered. “The virus had probably been circulating for quite some time,” Flavia Riccardo, a researcher in the Department of Infectious Diseases at the Italian National Institute of Health tells TIME. “This happened right when we were having our peak of influenza and people were presenting with influenza symptoms.”Before the first case was reported, there was an unusually high number of pneumonia cases recorded at a hospital in Codogno in northern Italy, the head of the emergency ward Stefano Paglia told the newspaper La Repubblica, suggesting it is possible patients with the virus were treated as if they had a seasonal flu. Health facilities hosting these patients could have become sites for infection, helping proliferate the spread of the virus. Time
Freshly killed hens are much better than frozen meat in supermarkets, if you want to make perfect chicken soup. The flavor is richer. Ran
Traditional medicine is a treasure of Chinese civilization, embodying the wisdom of the nation and its people. Xi Jinping
What a tragedy that the 100,000 pangolins that are purged every year are sacrificed over the false belief that their scales can aid in blood circulation and cure rheumatism! Melissa Chen
Wet markets, like the one in Wuhan that was ground zero for the COVID-19 pandemic raging across the globe, are common throughout Asia. The larger newly-industrialized cities in China play host to hundreds of such markets, providing fresh produce and meat but also functioning as social nuclei. Dubious food safety and hygiene standards aside, what made the Wuhan Seafood Market such a swarming petri dish for viral pathogens is the compendium of dead and live wildlife that were kept in close proximity, sometimes festering in their own fecal matter. Pictures and video clips circulated on Weibo and other social media platforms showed the range of animals on sale — wolf pups, rats, peacocks, raccoons, porcupines, snakes, crocodiles and foxes, all jammed side-by-side in flimsy cages awaiting their own slaughter, making it easy for zoonotic diseases to leap from species to species and from animals to humans. Scientists believe that the pangolin, an endangered Southeast Asian mammal that looks like the lovechild of a scaly anteater and an armadillo, was the intermediary that helped bridge the novel coronavirus’s jump from its original host, bats, to humans. To date, the virus has infected more than 200,000 and killed more than 8,000 people worldwide. The Chinese preference for wet markets and exotic wildlife has deep social, historical and cultural roots. Around 1960, Chairman Mao’s disastrous Great Leap Forward led to agricultural collapse and the starvation of tens of millions of people, a trauma that continues to make an indelible print on China’s collective psyche today. For one, it necessitated a scarcity mindset. Under starvation conditions, does it really matter what vessel of bodily flesh was delivering your next caloric intake? Why would you squander any body part? There’s an old Cantonese saying that goes, ‘anything that walks, swims, crawls, or flies with its back to heaven is edible’. The myth that freshly killed animals taste superior is very pervasive, particularly among the older generation. ‘Freshly killed hens are much better than frozen meat in supermarkets, if you want to make perfect chicken soup,’ a 60-year-old woman named Ran told Bloomberg while shopping at a Chinese wet market. ‘The flavor is richer.’ Perhaps because home refrigeration only became widespread in China in the last few decades, Chinese folks with rural roots still associate freshness with how recently the meat was slaughtered. This is why sellers keep their animals alive and only butcher them before their customers’ eyes. As for what’s driving the demand for exotic wildlife, we need only look to Traditional Chinese Medicine (TCM) which is very widely-adopted in China and among the Chinese diaspora. Its philosophical roots can be traced all the way back to the ancient text The Yellow Emperor’s Classic of Medicine, written roughly 2,000 years ago. This is the source material that lays out the various therapeutic effects of specific wild animal parts and suggests that consuming exotic meats confers wealth and status upon its devotee. What a tragedy that the 100,000 pangolins that are purged every year are sacrificed over the false belief that their scales can aid in blood circulation and cure rheumatism! Meanwhile, Beijing continues to aggressively promote TCM both internationally and domestically, in a bid to project nationalistic pride and soft power. Late last year, the state-run China Daily news website reported Xi Jinping saying that ‘traditional medicine is a treasure of Chinese civilization, embodying the wisdom of the nation and its people’. Most recently, Chinese officials have also been touting the success of deploying TCM methods to treat over half of the hospitalized COVID-19 patients in Hubei province, an ironic move given that it was the very indulgence of magical belief in traditional remedies that most likely caused the coronavirus outbreak in the first place. To its credit, the Chinese government has since taken swift action to close down some 20,000 wildlife farms and punish over 2,000 people for wildlife crimes since COVID-19 broke out uncontrollably. They have also temporarily banned the wildlife trade until the epidemic is over, but not without carving out exceptions for wild animals for the purposes of TCM. Unless this loophole is closed, people can and will simply abuse the system and use TCM as an excuse to smuggle in more meat and partake in the trade. Meanwhile, several articles have decried the problematic ways in which Chinese eating and hygiene habits have been discussed in light of the outbreak, especially because they may lead to stereotyping Chinese people as a whole for being barbaric and uncivilized. These stereotypes, they fear, will only end up fueling xenophobia and racism. The temptation here is to avoid falling into the trap of cultural relativism. It’s perfectly appropriate to criticize China’s rampant consumption of exotic animals, lack of hygiene standards and otherwise risky behavior that puts people at risk for zoonotic infections. Until these entrenched behaviors based on cultural or magical beliefs are divorced from Chinese culture, wet wildlife markets will linger as time-bombs ready to set off the next pandemic, which in a globalized age is proving only too easy to do. We already know that more than 75 percent of emerging diseases originate in animals and that in the last century, at least 10 infectious diseases jumped from animals to people. China should be aghast at its role setting off the global domino effect at Wuhan Seafood Market in late 2019. After countless infections and death, the obliteration of trillions of dollars and the radical retooling of modern life as we know it, the least China could do is introduce higher food safety regulations, eradicate all wet markets and ban the wildlife trade, once and for all. Melissa Chen
As a result of backdoor globalisation, Italian businesses are being forced to restructure. At the moment there are approximately 4,000 Chinese-run clothing factories in Prato. These new production dynamics are compelling the remaining Italian businesses based there to rethink their markets. More than half of Italian-owned businesses in the industrial zone have gone to the wall over the past decade. « There are now more Chinese garment manufacturers than there are Italian textile producers. Marco Landi (Tuscany branch of trade body CNA)
More than 99% of Italy’s coronavirus fatalities were people who suffered from previous medical conditions, according to a study by the country’s national health authority. After deaths from the virus reached more than 2,500, with a 150% increase in the past week, health authorities have been combing through data to provide clues to help combat the spread of the disease. (…) The new study could provide insight into why Italy’s death rate, at about 8% of total infected people, is higher than in other countries. The Rome-based institute has examined medical records of about 18% of the country’s coronavirus fatalities, finding that just three victims, or 0.8% of the total, had no previous pathology. Almost half of the victims suffered from at least three prior illnesses and about a fourth had either one or two previous conditions. More than 75% had high blood pressure, about 35% had diabetes and a third suffered from heart disease. The average age of those who’ve died from the virus in Italy is 79.5. As of March 17, 17 people under 50 had died from the disease. All of Italy’s victims under 40 have been males with serious existing medical conditions. While data released Tuesday point to a slowdown in the increase of cases, with a 12.6% rise, a separate study shows Italy could be underestimating the real number of cases by testing only patients presenting symptoms. According to the GIMBE Foundation, about 100,000 Italians have contracted the virus, daily Il Sole 24 Ore reported. That would bring back the country’s death rate closer to the global average of about 2%. Bloomberg
The transformation of a town in Tuscany from a traditional stronghold of the Italian textile industry into a capital of cheap clothing is causing widespread discontent among locals who complain they are losing out to the Chinese on their own turf. But the Chinese view the rapidly expanding fast-fashion market in Prato, a satellite town of fashionable Florence, as an opportunity for Italian companies to exploit the desirability of the « Made in Italy » brand in new ways. (…) The long thread of history connecting Prato with textiles stretches back to the 12th Century, when garment manufacturing was regulated by the wool merchants’ guild. Before the arrival of the Chinese, thousands of small Italian textile units were a source of cheap « Italian made » clothes, producing them on the side from Italian-made fabric – often with the help of hired Chinese workers. But the Chinese have beaten the Italians at their own game by setting up their own businesses and driving down prices by importing far cheaper fabrics from China. The Prato industrial zone now accounts for more than 30% of Italy’s textile imports from China. BBC
Milan’s world-renowned textile industry has long been popular with Chinese investors. The BBC described it as being “led by the Chinese,” who have operated over 4,000 shops in the region since 2013. Chinese sweatshop workers may have brought the disease from Wuhan, China, to Northern Italy soon after the outbreak started in December. That would certainly help explain Italy’s high caseload. But some experts believe the Italian outbreak came from Germany. Massimo Galli, head of the infectious disease department at Milan’s Sacco Hospital, has matched the genetic sequencing of the Italian strain of the virus to a case that emerged in Germany in January. Galli told Reuters: The sequence closest to the base of the branch, which is the one that probably precedes the others, came from a person infected in Munich in all likelihood between Jan. 19-22. He elaborates: We can imagine that a person who contracted the virus in the context of those infected in Munich came to Italy and the area where the virus first spread without showing any symptom. CNN
Many overseas Chinese return home during China’s new year celebrations. In 2020, the celebrations ran from January 21 to February 20. Many U.S. tech companies in the Seattle area employ many Chinese H-1B visa-workers or sponsor Chinese to become legal immigrants, even though many Americans also apply for jobs at the companies. By January 29, companies began asking their employees not to travel to China. Bedford’s analysis also shows how travelers from Iran and Italy brought infections to cities on the East Coast. Breitbart
On January 19, 2020, a 35-year-old man presented to an urgent care clinic in Snohomish County, Washington, with a 4-day history of cough and subjective fever. On checking into the clinic, the patient put on a mask in the waiting room. After waiting approximately 20 minutes, he was taken into an examination room and underwent evaluation by a provider. He disclosed that he had returned to Washington State on January 15 after traveling to visit family in Wuhan, China. The patient stated that he had seen a health alert from the U.S. Centers for Disease Control and Prevention (CDC) about the novel coronavirus outbreak in China and, because of his symptoms and recent travel, decided to see a health care provider. (…) On hospital day 8 (illness day 12), the patient’s clinical condition improved. Supplemental oxygen was discontinued, and his oxygen saturation values improved to 94 to 96% while he was breathing ambient air. The previous bilateral lower-lobe rales were no longer present. His appetite improved, and he was asymptomatic aside from intermittent dry cough and rhinorrhea. As of January 30, 2020, the patient remains hospitalized. He is afebrile, and all symptoms have resolved with the exception of his cough, which is decreasing in severity. NEJM
Eighty-three percent of our economy will be suppressed to relieve pressure on the 17% represented by health care. This will have to last months, not weeks, to modulate the rate at which a critical mass of 330 million get infected and acquire natural immunity. Will people put up with it once they realize they are still expected to get the virus? Wouldn’t it make more sense to pour resources into isolating the vulnerable rather than isolating everyone? (…) Essentially we are killing other sectors indefinitely to manage the load on the health-care sector. (…) America’s shutdown strategy is interesting because it was not a choice that any one person or authority made. You can’t blame the NBA or Tom Hanks or Congress. Donald Trump is being pilloried for leaning against panic, urging comparisons to the flu, suggesting the stock market is overreacting. Like the bus, another reason to pillory Mr. Trump will come along in five minutes and not one of his critics will engage in soul-searching over whether he might have had a point. (…) There’s a vast gap between people washing their hands, avoiding crowds, shielding the old and using good judgment, and sweeping lockdowns and curfews. Holman W. Jenkins, Jr.
Extended longevity has played some role in changing the population structure. But it actually has most to do with how rapid the decline in fertility has been in a population. One of the points that we were trying to make is that it’s not necessarily just about isolating the older population—we are identifying that they’re the most vulnerable—but the general social distancing that’s being encouraged to flatten the curve. I think our point was that’s actually more important when you have a higher fraction of your population that is vulnerable. But we can use Italy’s example to take practical steps in fighting the pandemic. We might pinpoint areas with older populations and try to anticipate a little bit where the burden of care is going to be the most severe. Jennifer Beam Dowd (Oxford)
Florida is like an uber-Italy. Florida is going to be a tough situation, I would predict. In a place with so many elderly people, many of them living close together in retirement homes, social distancing will be extra important to avoid disaster. It’s not destiny to say Florida is going to be absolutely clobbered by this. There is time with social distancing to flatten the peak. Maybe we can make this the dog that didn’t bark, so to speak. Andrew Noymer (University of California, Irvine)
Il n’y a pas eu de blocage généralisé comme en Chine, les gens continuent d’aller au travail. Si le coronavirus est présent, c’est surtout dans les conversations. Pierre-Yves Baubry
Le port du masque est un réflexe culturel. On le met, quand on est malade, dès qu’on entre dans un espace public pour protéger les autres ; et de manière préventive, pour se protéger en cas d’épidémie. Et l’éducation à l’hygiène commence dès les petites classes. Stéphane Corcuff
Plus d’un million de Taïwanais vivent ou travaillent en Chine, des millions de touristes venus du continent y voyagent chaque année, les échanges commerciaux entre les deux pays sont constants et Taïwan n’est situé qu’à 130 kilomètres des côtes chinoises… Autant dire qu’une propagation du coronavirus à grande échelle sur cette île de 23 millions d’habitants semblait inévitable. Pourtant, à ce jour, Taïwan n’a recensé que 49 cas et un décès, ce qui en fait un pays à la pointe dans cette crise planétaire. Si les autorités gèrent aussi bien la situation, c’est en grande partie en raison du traumatisme provoqué par l’épidémie de Sras de 2003. Durement touchée, Taïwan avait décidé de tirer les leçons de cette crise, en créant notamment un système de « commandement unifié ». Un mécanisme interministériel chapeauté par le ministre de la Santé pour coordonner la lutte contre les épidémies à tous les échelons de l’administration du pays. Suite à des cas de fièvres et de pneumonies sur des vols provenant de Wuhan repérés fin décembre, les autorités décident d’activer ce dispositif le 20 janvier 2020. Des mesures pour tenter d’enrayer la propagation du virus sont aussitôt prises, avec des contrôles et des restrictions d’accès au territoire. Les vols en provenance de Wuhan sont annulés, puis ceux reliant la Chine, à l’exception de cinq aéroports. L’entrée à Taiwan des ressortissants de Chine, Hong Kong et Macao est suspendue, sauf de rares exceptions. Les étrangers ayant visité ces régions sont interdits de séjour. Les Taïwanais venant des provinces de Chine touchées par le virus sont soumis à une quarantaine. Et, à mesure que les cas se confirment à travers le monde, les autorités décident d’étendre la mesure en voyageurs de Corée du Sud, d’Iran ou d’Italie. Ceux provenant de pays au stade 2 sont soumis à un suivi strict, avec prise de température et port du masque obligatoire. Les masques, précisément, deviennent une priorité pour limiter la contamination. Taïwan cesse ses exportations et décide non seulement de relancer sa production en la matière, mais aussi de la renforcer drastiquement. Et entreprend de les rationner. Mais « au lieu de faire des tickets de rationnement, les autorités ont décidé d’organiser la vente, avec un système de jours pairs et impairs et en utilisant la carte vitale plutôt que des prescriptions », explique le sinologue Stéphane Corcuff. Le gouvernement va même jusqu’à développer une application qui permet de voir en temps réel dans quelles pharmacies des stocks de masques sont disponibles. Outre la réactivité de son gouvernement, Taïwan peut aussi compter sur « un système de santé hyper-performant », analyse le chercheur Stéphane Corcuff, maître de conférences à Science-Po Lyon. « Le nombre et le niveau de formation des médecins est très élevé, la couverture est universelle, le budget de la santé n’a pas connu de coupes et le secteur est très intégré à la recherche ». Une recherche fondamentale rapidement mise à contribution dans la crise et qui développe en ce moment même des tests de dépistage et des vaccins. Mais les autorités de l’île ont également mis l’accent sur l’information et la sensibilisation. Tous les jours, le centre de commandement unifié tient des conférences de presse pour faire le point sur la situation, rappeler les consignes de sécurité et expliquer les décisions mises en œuvre. « Ces conférences sont très suivies, explique Pierre-Yves Baubry rédacteur pour le site d’information gouvernemental taïwanais Taïwan Info. Et, pour la population, comprendre les mesures rassure beaucoup. » Or, ces consignes sont étroitement respectées par l’administration, les écoles, les universités ou les hôpitaux, mais aussi par les entreprises. Toutes sont équipées de désinfectants pour les mains et les prises de températures sont régulières. Et au quotidien, « les gens font attention », estime Pierre-Yves Baubry, notamment en portant des masques dans les transports en commun. « Le masque est aussi un signe de civisme, ça montrer qu’on est mobilisé, qu’on fait attention à l’autre », souligne ce Français installé à Taïwan depuis 12 ans. « Le port du masque est un réflexe culturel, confirme Stéphane Corcuff.On le met, quand on est malade, dès qu’on entre dans un espace public pour protéger les autres ; et de manière préventive, pour se protéger en cas d’épidémie ». Par ailleurs, les mesures d’hygiène font partie intégrante de la société taïwanaise, en raison notamment de son histoire avec le Japon ou les États-Unis, deux pays pour qui la notion de salubrité est importante. « Et l’éducation à l’hygiène commence dès les petites classes », rapporte le chercheur. Le civisme de la population et la communication du gouvernement, qui n’hésite pas à mettre en avant les différents acteurs de la société impliqués dans la lutte, contribuent à « un vrai sentiment de mobilisation générale » à Taïwan, pointe Pierre-Yves Baubry. Un sentiment renforcé par l’isolement du pays sur la scène internationale, exclu notamment de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « L’impression, c’est que Taïwan doit se débrouiller seule et ne peut s’appuyer que sur ses propres forces ». Un isolement qui a participé à la réactivité de l’île au début de l’épidémie, estime le spécialiste de Taïwan Stéphane Corcuff. « Le niveau de préparation était probablement plus élevé parce que le pays se sent isolé, vulnérable et redouble donc de vigilance. D’une certaine manière, son exclusion des instances internationales renforce sa détermination ». A l’heure actuelle, mis à part une rentrée des classes retardée et quelques évènements culturels annulés ou reportés, la vie à Taïwan n’a pas été bouleversée par l’épidémie de coronavirus. Les déplacements à l’intérieur du pays ne sont pas limités et les entreprises ont continué de fonctionner normalement. « Il n’y a pas eu de blocage généralisé comme en Chine, les gens continuent d’aller au travail, témoigne Pierre-Yves Baubry. Si le coronavirus est présent, c’est surtout dans les conversations. » Malgré ce que le chercheur Stéphane Corcuff estime être un « sans faute » pour le moment, les autorités se gardent de tout triomphalisme. Si le ministre de la Santé Chen Shih-Chung – devenue une personnalité publique incontournable dans cette crise – a expliqué la semaine dernière que la situation « est sous contrôle » à Taïwan, il a également prévenu qu’avec la propagation exponentielle du virus dans le monde, il y avait le risque d’une nouvelle vague d’infections, nécessitant de « rester vigilant ». RFI
I’ve been in this business for 30 years. I’ve been through MERS, SARS, Ebola, the first Gulf war and the second, and I don’t recall anything like this. There’s unnecessary, exaggerated panic. We have to calm people down. People are thinking that there’s a kind of virus, it’s in the air, it’s going to attack every one of us, and whoever is attacked is going to die. That’s not the way it is at all. It’s not in the air. Not everyone [who is infected] dies; most of them will get better and won’t even know they were sick, or will have a bit of mucus. But in Israel and around the world, “everybody is whipping everybody else up into panic — the leaders, via the media, and the wider public — who then in turn start to stress out the leaders. We’ve entered some kind of vicious cycle. We’re talking about a virus that is not airborne. Infection is via droplet transmission… Only if you are close to someone who has the virus, and you get the saliva when he sneezes or coughs, can you get ill. And if you don’t, then maintain personal hygiene, primarily by washing hands. Quarantine is an effective precaution, but there has to be temperate use. You can shut down a whole country, but there are other means. At this stage, we know how the virus behaves, how it spreads, and which groups are in danger. We know now that his virus is primarily dangerous to old people, and to people with a history of chronic disease, and those who are immunocompromised. Leaders who are appearing every night at 8 p.m. to announce all kinds of steps, some of them very important, should first and foremost calm people down. (…) the virus does not appear to be “too intelligent” — unlike flu, “which is very intelligent, it changes, adapts, and it infects people via their airway passages.” Some of the harsh steps taken in Israel — which has essentially closed its borders, limited gatherings to no more than 10 people, closed all educational facilities, and shut down malls, restaurants and places of entertainment and culture — were motivated by the leaders’ acknowledged awareness that the Israeli health system will buckle under any further strain. Home quarantine has been ordered for “everyone who has passed by someone who may have been infected by someone else,” he protested, “because they know that our health system cannot withstand coming under any more strain, because we are perennially stretched to the limit. Prof. Jihad Bishara
The mighty Chinese juggernaut has been humbled this week, apparently by a species-hopping bat virus. While Chinese authorities struggle to control the epidemic and restart their economy, a world that has grown accustomed to contemplating China’s inexorable rise was reminded that nothing, not even Beijing’s power, can be taken for granted. We do not know how dangerous the new coronavirus will be. There are signs that Chinese authorities are still trying to conceal the true scale of the problem, but at this point the virus appears to be more contagious but considerably less deadly than the pathogens behind diseases such as Ebola or SARS—though some experts say SARS and coronavirus are about equally contagious. China’s initial response to the crisis was less than impressive. The Wuhan government was secretive and self-serving; national authorities responded vigorously but, it currently appears, ineffectively. China’s cities and factories are shutting down; the virus continues to spread. We can hope that authorities succeed in containing the epidemic and treating its victims, but the performance to date has shaken confidence in the Chinese Communist Party at home and abroad. Complaints in Beijing about the U.S. refusing entry to noncitizens who recently spent time in China cannot hide the reality that the decisions that allowed the epidemic to spread as far and as fast as it did were all made in Wuhan and Beijing. The likeliest economic consequence of the coronavirus epidemic, forecasters expect, will be a short and sharp fall in Chinese economic growth rates during the first quarter, recovering as the disease fades. The most important longer-term outcome would appear to be a strengthening of a trend for global companies to “de-Sinicize” their supply chains. Add the continuing public health worries to the threat of new trade wars, and supply-chain diversification begins to look prudent. Events like the coronavirus epidemic, and its predecessors—such as SARS, Ebola and MERS—test our systems and force us to think about the unthinkable. If there were a disease as deadly as Ebola and as fast-spreading as coronavirus, how should the U.S. respond? What national and international systems need to be in place to minimize the chance of catastrophe on this scale? Epidemics also lead us to think about geopolitical and economic hypotheticals. We have seen financial markets shudder and commodity prices fall in the face of what hopefully will be a short-lived disturbance in China’s economic growth. What would happen if—perhaps in response to an epidemic, but more likely following a massive financial collapse—China’s economy were to suffer a long period of even slower growth? What would be the impact of such developments on China’s political stability, on its attitude toward the rest of the world, and to the global balance of power? China’s financial markets are probably more dangerous in the long run than China’s wildlife markets. Given the accumulated costs of decades of state-driven lending, massive malfeasance by local officials in cahoots with local banks, a towering property bubble, and vast industrial overcapacity, China is as ripe as a country can be for a massive economic correction. Even a small initial shock could lead to a massive bonfire of the vanities as all the false values, inflated expectations and misallocated assets implode. If that comes, it is far from clear that China’s regulators and decision makers have the technical skills or the political authority to minimize the damage—especially since that would involve enormous losses to the wealth of the politically connected. We cannot know when or even if a catastrophe of this scale will take place, but students of geopolitics and international affairs—not to mention business leaders and investors—need to bear in mind that China’s power, impressive as it is, remains brittle. A deadlier virus or a financial-market contagion could transform China’s economic and political outlook at any time. Many now fear the coronavirus will become a global pandemic. The consequences of a Chinese economic meltdown would travel with the same sweeping inexorability. Commodity prices around the world would slump, supply chains would break down, and few financial institutions anywhere could escape the knock-on consequences. Recovery in China and elsewhere could be slow, and the social and political effects could be dramatic. If Beijing’s geopolitical footprint shrank as a result, the global consequences might also be surprising. Some would expect a return of unipolarity if the only possible great-power rival to the U.S. were to withdraw from the game. Yet in the world of American politics, isolation rather than engagement might surge to the fore. If the China challenge fades, many Americans are likely to assume that the U.S. can safely reduce its global commitments. So far, the 21st century has been an age of black swans. From 9/11 to President Trump’s election and Brexit, low-probability, high-impact events have reshaped the world order. That age isn’t over, and of the black swans still to arrive, the coronavirus epidemic is unlikely to be the last to materialize in China. Walter Russell Mead
Au début du 21e siècle, les cosmopolites jaillissaient que la haute technologie, les communications instantanées, les agences et accords transnationaux, les capitaux à circulation libre, les sociétés internationales et une nouvelle élite mondiale étrangement uniforme avaient finalement fait le nationalisme, les frontières et même la nation. – se déclare tout hors de propos. Le nationalisme a apparemment été relégué à la poubelle de l’histoire, alors que nous atteignions le sommet du citoyen socratique du monde. Il y avait toujours deux défauts à ces reportages étourdissants d’adolescents de journalistes d’opinion du New York Times de renommée mondiale sur la mondialisation gagnant-gagnant, avec leur éloge des aéroports étincelants et du train à grande vitesse supérieur dans ce qui était autrement la Chine communiste, ou des récits de vol la première classe sur Qatar Airlines était paradisiaque par rapport à United ou American Airlines. Premièrement, la mondialisation n’était pas la fin de l’histoire. Il s’agit d’un phénomène récurrent, cyclique et au mieux moralement neutre qui a toujours, au moins en termes relatifs, grandi et diminué au cours des 2 500 dernières années de civilisation – bien que le transcontinentalisme récent ait des conséquences plus importantes à l’ère de l’interconnexion électronique. Il n’a jamais été gravé dans le marbre que l’Union européenne pourrait à tout jamais abolir les frontières nationales et inventer quelque chose de permanent appelé l’européanisme. Ou que la nouvelle Route de la Soie chinoise lierait le monde sous l’hégémonie chinoise. Ou que les protocoles internationaux de l’Organisation mondiale de la santé rendraient quelque chose comme le coronavirus pratiquement impossible. Ou que le monde se rétrécirait alors que des dizaines de millions volaient sur des Boeing 737 Maxes identiques. (…) Un deuxième problème: pourquoi avons-nous supposé que la mondialisation était intrinsèquement supérieure, disons, au nationalisme, ou que l’agglomération pancontinentale était supérieure aux petits pays autonomes? Bien sûr, l’absorption des coutumes et protocoles locaux dans une culture uniforme pourrait être bénéfique dans certaines régions, mais pourquoi par extension serait-elle dans la plupart des régions? Pourquoi les projets et empires mondialisés en soi devaient-ils être préférés aux républiques locales? La prémisse de la dystopie d’Orwell en 1984 est que les nations du monde d’après-guerre ont été absorbées par seulement trois empires transcontinentaux rivaux, l’Océanie, l’Eurasie et l’Estasie; et avec une telle agrégation cauchemardesque vient la mort de la libre expression et de l’individualisme lui-même. Les arguments de vente supposés de la mondialisation – marchés mondiaux, goûts populaires partagés, langue et devise commerciales communes, culture d’élite sans nation, facilité de déplacement, diffusion d’informations et communications – n’ont jamais été aussi simples. Le réseau transocéanique facile qui reliait Christopher Steele, John Brennan, Stefan Harper, Joseph Mifsud et divers marchands de ragots oligarchiques russes était-il la preuve des attraits d’une culture mondiale commune? Après tout, nous sentons-nous vraiment à l’aise avec les laboratoires de virologie occidentalisés sous le contrôle du Parti communiste chinois qui pourraient avoir la capacité de propager une erreur à travers le monde en quelques heures? Est-ce vraiment une bonne chose que l’importation de cloisons sèches chinoises toxiques ou d’aliments pour chiens chinois contaminés sape les fournisseurs américains et nous rend ainsi plus «compétitifs» et détruit de manière créative les entreprises qui «doivent» être détruites? Pensez-vous que ce soit une bonne affaire de tout produire, de nos médicaments pour le cœur à la chimiothérapie, en Chine? Trump a été élu en partie parce que les électeurs se méfiaient de la mondialisation asymétrique. Il a fait campagne pour des frontières sûres, une immigration légale et la fin de l’externalisation des industries clés (défense, industries stratégiques et fabrication) dans une Chine totalitaire et hostile, et il a promu l’indépendance générale des États-Unis en matière de carburant, de nourriture et de composants clés. de la vie quotidienne. L’antithèse de son programme – ouverture des frontières, libre circulation de tous les ressortissants étrangers, augmentation de la production de la consommation américaine clé en Chine – est-elle le moyen de lutter contre le coronavirus? La diversité est-elle réellement notre force lorsque plus d’un million d’immigrants illégaux au cours des trois dernières années en provenance d’Amérique centrale appauvrie et du sud du Mexique – sans sanction légale, sans vérification des antécédents criminels, principalement sans diplôme et compétences secondaires, sans audits de santé et sans aucune connaissance ou familiarité avec l’Amérique – simplement écrasé en masse la frontière américaine et se déclarant résidents permanents sinon citoyens de facto? Dans mon quartier, nous voyons des routes voisines maintenant jonchées de canapés abandonnés, de réfrigérateurs tombés en panne et de pneus usés; les fusillades occasionnelles entre gangs rivaux; les salons de coiffure illégaux des arbres d’ombrage, les garderies illicites et les meutes de chiens non autorisés et non vaccinés – sont-ils tous en train de m’apprendre à célébrer la diversité et à comprendre la culture de la plupart des pays du monde? Savons-nous vraiment quels étudiants chinois en technologie dans la Silicon Valley – avec des nuances, des Levi et des tongs – sont parfois employés par l’armée chinoise? Est-ce que ça importe? Ceux qui se jettent à Davos sont-ils du genre à qui nous faisons confiance pour guider notre avenir politique, commercial, d’entreprise et de divertissement, pour protéger la Déclaration américaine des droits? Est-il si soigné que les joueurs de la NBA adaptent désormais leur expression politique aux souhaits de leurs facilitateurs financiers en Chine? Les visions globalisées d’Angela Merkel sur l’immigration sont-elles descendues sur terre dans les fétides camps de réfugiés de Turquie et de Lesbos et Chios? Je peux comprendre pourquoi des grands brillants ou puissants ou au moins bien connectés – Bill Gates, Mark Zuckerberg, Jeff Bezos, George Soros, Barack Obama, Bill et Hillary Clinton, Emmanuel Macron, les génies de la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, le Conseil des relations étrangères et l’Union européenne – applaudissent la mondialisation du monde. Mais je ne suis pas rassuré que leur argent, leurs titres, leur influence, leurs diplômes ou leurs relations signifient qu’ils sont soit sages, soit même toujours bien intentionnés. La description par Mike Bloomberg de l’agriculture supposée ne rien savoir, ancienne et moderne, rappelle à quel point l’éclat commercial mondial et la stupidité pratique sont souvent symbiotiques. Pensions-nous vraiment que l’islam fondamentaliste accepterait simplement l’empiétement de l’Occident sur sa culture de l’âge sombre et permettrait de perturber sa portée et son influence ferventes, simplement parce que nous l’avons appelé «mondialisation» – sans voir cette uniformité croissante comme une menace pour son huitième siècle vue sur le monde et à l’emprise des imams et des mollahs? Était-il vraiment imprévu que Ben Laden ou les talibans ou le flippant al-Baghdadi puissent trouver les médias sociaux occidentalisés et Internet utiles pour accélérer la terreur anti-occidentale? Le fait que Ben Laden était autrefois un playboy à Beyrouth ou dans son entourage soi-disant collé au porno occidentalisé sur son ordinateur ne suggère pas qu’il ressentait autre chose que de la haine pour le monde moderne occidentalisé et souhaitait utiliser ses propres protocoles pour le détruire. Comme il est étrange que la plupart des pires islamistes soient des créatures de la mondialisation, sans lesquelles personne ne se soucierait beaucoup de leurs activités locales de levée de l’enfer et de voyous dans les rues de Bagdad, Damas ou Le Caire. Ou étaient-ils des créatures virtuelles du centre commercial Western Strip: accrochés au consumérisme tout en méprisant les forces qui l’ont créé, comme des vieilles basses vétéranes au fond de l’étang qui ne peuvent toujours pas résister à mordre sur les leurres brillants qui les enrouleront. Si notre mondialisation l’avenir est ce qui est régurgité tous les soirs sur les nouvelles internationales homogénéisées standard CNN ou BBC, l’orthodoxie politique de Davos, les platitudes de Bruxelles et de Strasbourg, ou l’éthos mondialisé qui a envoyé Bill Clinton à Moscou pour une contrepartie de 500000 $ en honoraires ou Hunter Biden à Burisma ou Google pour extraire des données et masser les recherches internationales sur Internet de plus de 3 milliards de personnes, alors je préférerais vivre sous les coutumes et la culture d’une nation survolée. Oui, la mondialisation sans entraves a donné aux populations appauvries de l’Afrique subsaharienne un coup de feu aux produits pharmaceutiques vitaux, et elle a propagé le capitalisme de marché qui a sorti des milliards de la pauvreté. L’ironie est que les gardiens les plus fiables et les plus fiables de la science mondialisée et internationalisée dangereuse – ou de la culture, du commerce et de la politique harmonisés volatils – n’étaient pas des technocrates orwelliens internationaux et apatrides mais des États-nations viables qui pourraient encore réglementer et filtrer les excès et les dangers du mondialisme. . En fin de compte, nous n’avons aucun contrôle sur Wuhan, en Chine, mais il a apparemment beaucoup de contrôle sur nous. Il y avait aussi des concepts occidentaux à l’ancienne et honorés tels que l’autonomie et l’autarcie – indépendance et autosuffisance – qui ont maintenant été diabolisés comme chauvinisme et protectionnisme. (…) Lorsque nous devenons des citoyens du monde, c’est-à-dire des citoyens de partout, nous finissons par devenir des citoyens d’utopie. Autrement dit, en tant que citoyens de οὐ τόπος – de «pas de place». Victor Davis Hanson
By the early 21st century, cosmopolitans were gushing that high-tech, instant communications, transnational agencies and agreements, free-flowing capital, international corporations, and a new eerily uniform global elite had, finally, made nationalism, borders, and even the nation-state itself all irrelevant. Nationalism was apparently relegated to the dustbin of history, as we hit peak Socratic citizen-of-the-worldism. There were always two flaws to these adolescent giddy reports from world-bestriding New York Times op-ed journalists about win-win globalization, with their praise of gleaming airports and superior high-speed rail in what was otherwise Communist China, or accounts of flying first-class on Qatar Airlines was heavenly compared with backward United or American Airlines. One, globalization was not the end of history. It is a recurrent, cyclical, and at best morally neutral phenomenon that has always, at least in relative terms, waxed and waned over the past 2,500 years of civilization — although recent transcontinentalism carries greater consequences in the era of electronic interconnectedness. (…)It was never set in stone that the European Union could forever abolish national borders and invent something permanent called Europeanism. Or that the new Chinese Silk Road would tie the world together under Chinese hegemony. Or that the World Health Organization’s international protocols would make something like the coronavirus virtually impossible. Or that the world would shrink as tens of millions flew on identical Boeing 737 Maxes. (…) A second problem: Why did we assume that globalization was inherently superior to, say, nationalism, or that pancontinental conglomeration was superior to small autonomous countries? Of course, absorption of local customs and protocols into a uniform culture could be beneficial in some areas, but why by extension would it be in most all areas? Why were globalized projects and empires per se to be preferred to local republics? The premise of Orwell’s dystopian 1984 is that the nations of the postwar world have been absorbed by just three transcontinental feuding empires, Oceania, Eurasia, and Eastasia; and with such nightmarish aggregation comes the death of free expression and individualism itself. Globalization’s supposed selling points — worldwide markets, shared popular tastes, a common commercial language and currency, a nationless elite culture, ease of travel, dissemination of information, and communications — were never so simple. Was the easy transoceanic networking that linked Christopher Steele, John Brennan, Stefan Harper, Joseph Mifsud, and various Russian oligarchical gossip-mongers proof of the attractions of a common global culture? After all, do we really feel comfortable with Westernized virology labs under the control of the Chinese Communist Party that might have the ability to spread a mistake throughout the world in a matter of hours? Is it really a great thing that imported toxic Chinese drywall or tainted Chinese dog food undercuts American suppliers, and thereby makes us more “competitive,” and creatively destroys those businesses that “need” to be destroyed? Do we think it is good business to have everything from our heart medicines to chemotherapy produced in China? Trump got elected in part because voters were wary of asymmetrical globalization. He campaigned on secure borders, legal-only immigration, and an end to the outsourcing of key industries (defense, strategic industries, and manufacturing) to a totalitarian and hostile China, and he promoted general American independence in fuel, food, and key components of everyday life. Is the antithesis of his agenda — open borders, the free flow of all foreign nationals, more production of key U.S. consumption in China — the way to combat the coronavirus? Is diversity actually our strength when over a million illegal immigrants over the past three years from impoverished Central America and southern Mexico — without legal sanction, without criminal background checks, mostly without high-school diplomas and skills, without health audits, and without any knowledge of or familiarity with America — simply en masse crashed the U.S. border and declared themselves permanent residents if not de facto citizens? In my neighborhood, we see nearby roads now littered with abandoned couches, cast-off refrigerators, and worn-out tires; the occasional shoot-outs between rival gangs; shade-tree illegal barber shops, illicit day-care centers, and unlicensed, unvaccinated packs of dogs — are these all teaching me to celebrate diversity and to get with the culture of most of the world? Do we really know which particular Chinese technology students in Silicon Valley — with shades, Levi’s, and flip-flops — are in the sometime employment of the Chinese military? Does it matter? Are those who jet into Davos the sort that we trust to guide our political, commercial, corporate, and entertainment future, to protect the American Bill of Rights? Is it so neat that the NBA players now tailor their political expression to fit the wishes of their financial enablers in China? Has Angela Merkel’s globalized visions of immigration come down to earth at the fetid refugee camps of Turkey and Lesbos and Chios? I can understand why brilliant or powerful or at least well-connected grandees — Bill Gates, Mark Zuckerberg, Jeff Bezos, George Soros, Barack Obama, Bill and Hillary Clinton, Emmanuel Macron, the geniuses of the World Bank, the International Monetary Fund, the Council on Foreign Relations, and the European Union — applaud the globalization of the world. But I am not reassured that their money, titles, influence, degrees, or connections mean that they are either wise or even always well-intentioned. Mike Bloomberg’s description of supposed know-nothing farming, ancient and modern, reminds one of how global commercial brilliance and practical stupidity are often symbiotic. Did we really think that fundamentalist Islam would simply accept Western encroachment on its Dark Age culture and allow the disruption of its fervent reach and influence, simply because we called it “globalization” — without seeing such growing uniformity as a threat to its eighth-century view of the world and to the sway of imams and mullahs? Was it really unforeseen that Bin Laden or the Taliban or the creepy al-Baghdadi might find Westernized social media and the Internet useful in expediting anti-Western terror? The fact that Bin Laden was once a playboy in Beirut or in his dotage supposedly sat glued to Westernized porn on his computer did not suggest he felt anything but hatred for the Westernized modern world and wished to use its own protocols to destroy it. How strange that most of the worst Islamists were creatures of globalization, without which no one would have cared much about their usual local hell-raising and thuggery in the streets of Baghdad, Damascus, or Cairo. Or were they virtual creatures of the Western strip mall: hooked on consumerism while despising the forces that created it, like veteran old bass at the bottom of the pond that still cannot resist biting on the shiny lures that will reel them in. If our globalized future is what is regurgitated nightly on the standard homogenized CNN or BBC international news, the political orthodoxy of Davos, the platitudes of Brussels and Strasbourg, or the globalized ethos that sent Bill Clinton to Moscow for a quid pro quo $500,000 honorarium or Hunter Biden to Burisma, or Google to data-mine and massage the international Internet searches of over a 3 billion people, then I would prefer to live under the customs and culture of a flyover nation. Yes, unfettered globalization gave the impoverished people of sub-Saharan Africa a shot at lifesaving pharmaceuticals, and it spread market capitalism that lifted billions out of poverty. The irony is that the most reliable and trustworthy custodians of dangerous globalized and internationalized science — or volatile harmonized culture, commerce, and politics — were not Orwellian international and stateless technocrats but viable nation-states that still might regulate and filter out globalism’s excesses and dangers. In the end, we have no control over Wuhan, China, but it apparently has a lot of control over us. There also used to be old-fashioned, honored Western concepts such as autonomia and autarkeia — independence and self-sufficiency — that have now been demonized as chauvinism and protectionism. (…) When we become citizens of the world, that is, citizens of everyplace, then we end up citizens of utopia. That is, as citizens of οὐ τόπος — of “no place.” Victor Davis Hanson
The current coronavirus disease, Covid-19, has been called a once-in-a-century pandemic. But it may also be a once-in-a-century evidence fiasco. At a time when everyone needs better information, from disease modelers and governments to people quarantined or just social distancing, we lack reliable evidence on how many people have been infected with SARS-CoV-2 or who continue to become infected. Better information is needed to guide decisions and actions of monumental significance and to monitor their impact. Draconian countermeasures have been adopted in many countries. If the pandemic dissipates — either on its own or because of these measures — short-term extreme social distancing and lockdowns may be bearable. How long, though, should measures like these be continued if the pandemic churns across the globe unabated? How can policymakers tell if they are doing more good than harm? Vaccines or affordable treatments take many months (or even years) to develop and test properly. Given such timelines, the consequences of long-term lockdowns are entirely unknown. The data collected so far on how many people are infected and how the epidemic is evolving are utterly unreliable. Given the limited testing to date, some deaths and probably the vast majority of infections due to SARS-CoV-2 are being missed. We don’t know if we are failing to capture infections by a factor of three or 300. Three months after the outbreak emerged, most countries, including the U.S., lack the ability to test a large number of people and no countries have reliable data on the prevalence of the virus in a representative random sample of the general population. This evidence fiasco creates tremendous uncertainty about the risk of dying from Covid-19. Reported case fatality rates, like the official 3.4% rate from the World Health Organization, cause horror — and are meaningless. Patients who have been tested for SARS-CoV-2 are disproportionately those with severe symptoms and bad outcomes. As most health systems have limited testing capacity, selection bias may even worsen in the near future. The one situation where an entire, closed population was tested was the Diamond Princess cruise ship and its quarantine passengers. The case fatality rate there was 1.0%, but this was a largely elderly population, in which the death rate from Covid-19 is much higher. Projecting the Diamond Princess mortality rate onto the age structure of the U.S. population, the death rate among people infected with Covid-19 would be 0.125%. But since this estimate is based on extremely thin data — there were just seven deaths among the 700 infected passengers and crew — the real death rate could stretch from five times lower (0.025%) to five times higher (0.625%). It is also possible that some of the passengers who were infected might die later, and that tourists may have different frequencies of chronic diseases — a risk factor for worse outcomes with SARS-CoV-2 infection — than the general population. Adding these extra sources of uncertainty, reasonable estimates for the case fatality ratio in the general U.S. population vary from 0.05% to 1%. That huge range markedly affects how severe the pandemic is and what should be done. A population-wide case fatality rate of 0.05% is lower than seasonal influenza. If that is the true rate, locking down the world with potentially tremendous social and financial consequences may be totally irrational. It’s like an elephant being attacked by a house cat. Frustrated and trying to avoid the cat, the elephant accidentally jumps off a cliff and dies. John P.A. Ioannidis (Stanford University)
La maladie actuelle du coronavirus, Covid-19, a été qualifiée de pandémie du siècle. Mais elle pourrait aussi être le fiasco de preuves du siècle. À une époque où tout le monde a besoin de meilleures informations, des modélisateurs de maladie et des gouvernements aux personnes mises en quarantaine ou se soumettant simplement à la distance sociale, nous manquons de preuves fiables sur le nombre de personnes infectées par le SRAS-CoV-2 ou qui continuent de l’être. Une meilleure information est nécessaire pour guider des décisions et des actions d’une importance monumentale et pour surveiller leur impact. Des contre-mesures draconiennes ont été adoptées dans de nombreux pays. Si la pandémie se dissipe – d’elle-même ou suite à ces mesures – une distanciation sociale et des confinements extrêmes à court terme peuvent être supportables. Cependant, pendant combien de temps de telles mesures devraient-elles être maintenues si la pandémie se propage à travers le monde sans relâche? Comment les décideurs peuvent-ils dire s’ils font plus de bien que de mal? Les vaccins ou les traitements abordables mettent plusieurs mois (voire des années) à être développés et testés correctement. Compte tenu de ces délais, les conséquences du confinement à long terme sont totalement inconnues. Les données recueillies à ce jour sur le nombre de personnes infectées et l’évolution de l’épidémie ne sont absolument pas fiables. Compte tenu des tests limités à ce jour, certains décès et probablement la grande majorité des infections dues au SRAS-CoV-2 ne sont pas repérés. Nous ne savons pas si nous ne parvenons pas à capturer les infections par un facteur de trois ou de 300. Trois mois après l’apparition de l’épidémie, la plupart des pays, y compris les États-Unis, n’ont pas la capacité de tester un grand nombre de personnes et aucun pays ne dispose de données fiables sur la prévalence du virus dans un échantillon aléatoire représentatif de la population générale. Ce fiasco de preuves crée une énorme incertitude quant au risque de mourir du Covid-19. Les taux de létalité signalés, comme le taux officiel de 3,4% de l’OMS, provoquent l’horreur – et n’ont aucun sens. Les patients qui ont été testés pour le SRAS-CoV-2 sont de manière disproportionnée ceux qui présentent des symptômes graves et de mauvais résultats. Comme la plupart des systèmes de santé ont une capacité de test limitée, le biais de sélection peut même s’aggraver dans un avenir proche. La seule situation où une population entière et fermée a été testée était le bateau de croisière Diamond Princess et ses passagers en quarantaine. Le taux de létalité était de 1,0%, mais il s’agissait d’une population largement âgée, dans laquelle le taux de mortalité du Covid-19 est beaucoup plus élevé. En projetant le taux de mortalité du Diamond Princess sur la structure par âge de la population américaine, le taux de mortalité parmi les personnes infectées par le Covid-19 serait de 0,125%. Mais comme cette estimation est basée sur des données extrêmement minces – il n’y a eu que sept décès parmi les 700 passagers et membres d’équipage infectés – le taux de mortalité réel pourrait aller de cinq fois moins (0,025%) à cinq fois plus (0,625%). Il est également possible que certains des passagers infectés décèdent plus tard, et que les touristes aient des fréquences de maladies chroniques différentes – un facteur de risque de pire issue de l’infection par le SRAS-CoV-2 – que la population générale. En ajoutant ces sources supplémentaires d’incertitude, les estimations raisonnables du taux de létalité dans la population générale des États-Unis varient de 0,05% à 1%. Cet énorme éventail affecte considérablement la gravité de la pandémie et ce qu’il convient de faire. Un taux de létalité de 0,05% dans l’ensemble de la population est inférieur à celui de la grippe saisonnière. Si tel est le véritable taux, confiner le monde avec des conséquences sociales et financières potentiellement énormes peut être totalement irrationnel. C’est comme un éléphant attaqué par un chat domestique. Frustré et essayant d’éviter le chat, l’éléphant saute accidentellement d’une falaise et meurt. John P.A. Ioannidis (Stanford University)
Quel fiasco du siècle ?
Lorsque …
Pour sauver les habitudes culinaires et médicinales si particulières de nos amis chinois …
Qui ont mis près d’un mois à révéler à leur propre population et au monde la nature du virus qu’ils ont lâché sur la planète …
Et pour prolonger de quelques mois la vie de nos octogénaires …
A l’instar d’une Italie vite débordée pour cause de non-isolement de ses premiers malades ..
Nous prétendons, entre psychose collective et emballement médiatique, confiner le monde entier …
Avec des conséquences sociales et financières et même psychologiques et mentales potentiellement suicidaires …
Alors que le taux de mortalité dans la seule situation où une population entière, fermée et largement âgée a été testée…
Ne dépassait pas 1% ?
A fiasco in the making? As the coronavirus pandemic takes hold, we are making decisions without reliable data
John P.A. Ioannidis
STAT
March 17, 2020
If we assume that case fatality rate among individuals infected by SARS-CoV-2 is 0.3% in the general population — a mid-range guess from my Diamond Princess analysis — and that 1% of the U.S. population gets infected (about 3.3 million people), this would translate to about 10,000 deaths. This sounds like a huge number, but it is buried within the noise of the estimate of deaths from “influenza-like illness.” If we had not known about a new virus out there, and had not checked individuals with PCR tests, the number of total deaths due to “influenza-like illness” would not seem unusual this year. At most, we might have casually noted that flu this season seems to be a bit worse than average. The media coverage would have been less than for an NBA game between the two most indifferent teams.
Some worry that the 68 deaths from Covid-19 in the U.S. as of March 16 will increase exponentially to 680, 6,800, 68,000, 680,000 … along with similar catastrophic patterns around the globe. Is that a realistic scenario, or bad science fiction? How can we tell at what point such a curve might stop?
The most valuable piece of information for answering those questions would be to know the current prevalence of the infection in a random sample of a population and to repeat this exercise at regular time intervals to estimate the incidence of new infections. Sadly, that’s information we don’t have.
In the absence of data, prepare-for-the-worst reasoning leads to extreme measures of social distancing and lockdowns. Unfortunately, we do not know if these measures work. School closures, for example, may reduce transmission rates. But they may also backfire if children socialize anyhow, if school closure leads children to spend more time with susceptible elderly family members, if children at home disrupt their parents ability to work, and more. School closures may also diminish the chances of developing herd immunity in an age group that is spared serious disease.
This has been the perspective behind the different stance of the United Kingdom keeping schools open, at least until as I write this. In the absence of data on the real course of the epidemic, we don’t know whether this perspective was brilliant or catastrophic.
Flattening the curve to avoid overwhelming the health system is conceptually sound — in theory. A visual that has become viral in media and social media shows how flattening the curve reduces the volume of the epidemic that is above the threshold of what the health system can handle at any moment.
Yet if the health system does become overwhelmed, the majority of the extra deaths may not be due to coronavirus but to other common diseases and conditions such as heart attacks, strokes, trauma, bleeding, and the like that are not adequately treated. If the level of the epidemic does overwhelm the health system and extreme measures have only modest effectiveness, then flattening the curve may make things worse: Instead of being overwhelmed during a short, acute phase, the health system will remain overwhelmed for a more protracted period. That’s another reason we need data about the exact level of the epidemic activity.
One of the bottom lines is that we don’t know how long social distancing measures and lockdowns can be maintained without major consequences to the economy, society, and mental health. Unpredictable evolutions may ensue, including financial crisis, unrest, civil strife, war, and a meltdown of the social fabric. At a minimum, we need unbiased prevalence and incidence data for the evolving infectious load to guide decision-making.
In the most pessimistic scenario, which I do not espouse, if the new coronavirus infects 60% of the global population and 1% of the infected people die, that will translate into more than 40 million deaths globally, matching the 1918 influenza pandemic.
The vast majority of this hecatomb would be people with limited life expectancies. That’s in contrast to 1918, when many young people died.
One can only hope that, much like in 1918, life will continue. Conversely, with lockdowns of months, if not years, life largely stops, short-term and long-term consequences are entirely unknown, and billions, not just millions, of lives may be eventually at stake.
If we decide to jump off the cliff, we need some data to inform us about the rationale of such an action and the chances of landing somewhere safe.
John P.A. Ioannidis is professor of medicine, of epidemiology and population health, of biomedical data science, and of statistics at Stanford University and co-director of Stanford’s Meta-Research Innovation Center.
Voir aussi:
Le danger du coronavirus n’est pas celui que vous croyez
Gilbert Deray
Néphrologue et pharmacologue, chef du service de Néphrologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris
The Huffington Post
13/03/2020
SANTÉ – Depuis 30 ans, de mon observatoire hospitalier, j’ai vécu de nombreuses crises sanitaires, HIV, SRAS, MERS, résurgence de la tuberculose, bactéries multi-résistantes, nous les avons gérées dans le calme et très efficacement.
Aucune n’a donné lieu à la panique actuelle. Je n’ai jamais vécu un tel degré d’inquiétude pour une maladie infectieuse et d’ailleurs pour aucune autre.
Mesures adaptées
Et pourtant, Je ne suis pas inquiet quant aux conséquences médicales du Coronavirus. Rien dans les chiffres actuels sur la mortalité et la diffusion du virus ne justifie la panique mondiale sanitaire et surtout économique.
Les mesures prises sont adaptées et efficaces et elles permettront le contrôle de l’épidémie. C’est déjà le cas en Chine, foyer initial et de loin le plus important de cet agent infectieux, ou l’épidémie est en train de s’éteindre.
L’avenir proche dira si je me suis trompé.
Inquiétudes
Par contre, je suis inquiet des vols de masques et que ceux nécessaires à la protection des personnels soignants et des personnes à risque, nos anciens et celles déjà malades, en particulier les patients immunodéprimés, soient distribués pour une efficacité nulle dans les aéroports, les cafés et les centres commerciaux.
Je suis inquiet des vols de gels nettoyants.
Je suis inquiet de ces rixes pour acheter du papier toilette et des boîtes de riz et de pâtes.
Je suis inquiet de cette terreur qui conduit à faire des stocks obscènes de nourriture dans des pays où elle est disponible dans une abondance tout aussi obscène.
Je suis inquiet pour nos anciens déjà seuls et qu’il ne faut plus ni voir ni toucher de peur de les tuer. Ils mourront plus vite mais “seulement” de solitude. Nous avions l’habitude de ne pas rendre visite à nos parents et grands-parents si nous avions la grippe, pas de les éviter “au cas où” et pour une durée indéterminée, ce n’est en rien différent pour le coronavirus.
Santé
Je suis inquiet que la santé ne devienne un objet de communication belliqueuse et de conflit comme un autre, alors qu’elle devrait être une cause ultime de lutte dans le rassemblement.
Je suis inquiet que notre système de santé, déjà en grandes difficultés, soit prochainement débordé par un afflux de malades au moindre signe de syndrome grippal. Ce sont alors toutes les autres maladies que nous ne pourrons prendre en charge. Un infarctus du myocarde ou une appendicite ce sont toujours des urgences, un virus rarement.
Médias
La couverture médiatique sur le coronavirus est très anxiogène et elle participe à l’affolement de chacun.
Cela conduit aux théories du complot les plus folles du genre, “ils nous cachent quelque chose”. Rien n’est obscur, c’est impossible en médecine dans ce monde du numérique où la connaissance scientifique est immédiate et sans filtre.
Le coronavirus ne tue (presque) que les organismes déjà fragiles.
Je suis inquiet que ce minuscule être vivant ne fasse que dévoiler les immenses fractures et fragilités de nos sociétés. Les morts qui se compteront alors par millions seront ceux de l’affrontement des individus dans l’indifférence totale de l’intérêt collectif.
Voir également:
Jean-Dominique Michel
L’épidémie en cours due au coronavirus Sars-CoV-2 est en train de générer un phénomène de panique planétaire. Ceci alors même que les autorités sanitaires ont dit et répété que la peur constituait un risque pire que l’épidémie elle-même. Et que les données dont nous disposons aujourd’hui, avec quelques semaines de recul, sont dans l’ensemble plutôt rassurantes. Explications et décryptages.
Le Pr Gilbert Deray, Médecin-chef du service de néphrologie de l’Hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris, vient de publier une tribune poignante : « Depuis 30 ans, écrit-il, de mon observatoire hospitalier, j’ai vécu de nombreuses crises sanitaires, HIV, SRAS, MERS, résurgence de la tuberculose, bactéries multi-résistantes, nous les avons gérées dans le calme et très efficacement.
Aucune n’a donné lieu à la panique actuelle. Je n’ai jamais vécu un tel degré d’inquiétude pour une maladie infectieuse et d’ailleurs pour aucune autre.
Et pourtant, je ne suis pas inquiet quant aux conséquences médicales du coronavirus. Rien dans les chiffres actuels sur la mortalité et la diffusion du virus ne justifie la panique mondiale sanitaire et surtout économique. Les mesures prises sont adaptées et efficaces et elles permettront le contrôle de l’épidémie. C’est déjà le cas en Chine, foyer initial et de loin le plus important de cet agent infectieux, ou l’épidémie est en train de s’éteindre. »
Ajoutant à juste titre que : « La couverture médiatique sur le coronavirus est très anxiogène et elle participe à l’affolement de chacun. »
Je ne suis ni microbiologiste, ni infectiologue. Mon domaine d’expertise, l’anthropologie médicale, consiste à analyser de manière scientifique les pratiques de soins et les dispositifs de santé publique. Ce que je fais depuis plus de 30 ans et m’a valu d’être invité à enseigner dans une quinzaine de programmes universitaires et de Hautes écoles en santé.
Mon expérience en santé mentale me laisse très préoccupé par la psychose collective que nous sommes en train de générer, et qui impacte violemment la vie de chacun(e) d’entre nous. Ces réactions de panique vont avoir des conséquences socio-économiques, culturelles et sociales dévastatrices. Quelques rappels sont essentiels quant à ce que nous savons et ce qui nous piège collectivement dans de graves distorsions cognitives.
Nos autorités font (à peu près) tout juste… et donc à peu près tout faux ?!
J’ai déjà écrit au sujet des nombreux paradoxes existant autour de cette épidémie. Celui-ci n’est sans doute pas le moindre : les décisions prises par nos autorités sont dans l’ensemble raisonnablement proportionnées. Elles rappellent qu’il n’y a pas de lieu de paniquer, seulement d’être prudents. Elles jouent une partition compliquée mais essentielle : être suffisamment alarmistes pour mobiliser autour des justes messages de prévention, sans nourrir des peurs excessives. Et elles se font donc tirer dessus des deux côtés !
C’est bien sûr la quadrature du cercle : comment garder raison sans paniquer ni minimiser les risques, de sorte à prendre les meilleures décisions face à une épidémie dont tout indique que nous pourrons la juguler efficacement.
Le Conseil d’État et le médecin cantonal genevois ont répété que les mesures prises visaient à contenir le rythme de croissance de l’épidémie pour éviter que les services d’urgence des hôpitaux soient saturés et protéger les personnes à risque. Le Pr Romand a rappelé avec fermeté que nous n’étions absolument pas en situation de catastrophe sanitaire.
Les toutes dernières mesures prises (fermetures des écoles en particulier) le sont sans que l’on sache si elles sont nécessaires ou inutiles. Le principe de précaution et une pression populaire manifeste ont conduit le Conseil fédéral à s’aligner sur les gouvernements qui ont déjà décidé de ce « grounding » scolaire. L’avenir nous dira ce qu’il en est d’une éventuelle contagiosité des enfants, qui ne tombent eux-mêmes pas malades du coronavirus. Il n’est en effet pas évident qu’ils puissent être contagieux en l’absence de symptômes comme la toux, mais les autorités ont préféré éviter d’avoir à le constater trop tard si d’aventure c’était le cas. Les donnée dont nous disposons indiquent pour l’instant que les pays qui ont fermé les écoles contenaient beaucoup mieux l’épidémie…
Quelques rappels utiles :
1/ L’épidémie en cours ne présente pas de danger pour l’immense majorité des gens.
La philosophie de l’OMS est de paniquer diligemment face à tout nouveau danger épidémique. L’idée est qu’il vaut mieux paniquer trop tôt que trop tard et ne pas perdre de temps face à des mesures d’endiguement. Avec une dramatisation contradictoire : on fait peur pour faire bouger les gouvernements, tout en professant par ailleurs que le virus est moins dangereux que la peur qu’il génère (?!) Il importe donc de dire et de rappeler que les données à ce stade sont rassurantes : plus de 98% des personnes qui ont contracté le virus en guérissent, et sauf facteur de risque (comme le grand âge et/ou une pathologie somatique grave), l’infection est habituellement banale, et ne présente pas de danger particulier ! Sa mortalité (nous y reviendrons) n’est pas plus élevée que celle d’autres coronavirus. Par contre, et c’est tout le problème, elle s’avère dangereuse pour des groupes à risque avec le besoin de soins intensifs dans les cas critiques…
Le tableau statistiques suivant décrit la mortalité constatée en Italie sur les 1017 premiers cas, par tanche d’âge.
2/ Le taux de mortalité est fortement surévalué.
Pour une raison très simple : nous sommes incapables de quantifier à ce stade le nombre de personnes infectées mais non dépistées (notamment parce qu’elles ne sont pas ou que peu symptomatiques ou, depuis peu, qu’on ne fait plus de dépistage hormis pour les cas critiques). Le taux de mortalité est donc établi selon le ratio entre le nombre de cas déclarés et le nombre de personnes décédées, ce qui crée une évidente distorsion à la hausse.
Le taux originellement indiqué par l’OMS est en cours de révision à la baisse. Le virologue Christian Drosten, référence en Allemagne, l’évalue dans une fourchette allant de 0,3% à 0,7%. Selon les données suisses, on est actuellement à 0,6% au lieu des 2 à 3,5% attendus -ce qui nous remet dans les statistiques de létalité habituelles des coronavirus courants.
On ne le dira jamais assez : les précautions imposées ne le sont pas à cause du danger que court tout un chacun, mais dans le but d’une part de ralentir la progression de l’épidémie pour éviter de surcharger les hôpitaux et de l’autre de protéger les personnes à risque. Ce sont des mesures de précaution pour autrui que nous devons bien sûr tous respecter mais pas parce que nous serions en danger !
3/ Les autres facteurs de morbidité/mortalité sont occultés.
C’est une sacrée question ! Les vrais fléaux collectifs en santé aujourd’hui sont la malbouffe, la pollution, la sédentarité et le stress. Ils sont impliqués dans la totalité des pathologies chroniques (maladies cardio-vasculaires, diabète, cancers, maladies auto-immunes, neurodégénératives, et même psychiatriques, etc.) avec un ordre de causalité allant de 50 à 80% selon les pathologies. Et une mortalité globale stratosphérique en comparaison du COVID-19 !
Or, ces maladies sont elles-mêmes le principal facteur de risque pour celui-ci…
Les différences dans les taux de mortalité du COVID-19 selon les pays et régions, une fois les statistiques pondérées de la distorsion indiquée au point précédent, devront être pondérées une nouvelle fois en fonction de l’exposition aux grands facteurs de risque mentionnés ici.
Si des « tueurs silencieux » rendent certaines personnes malades et partant incapables de se protéger contre un virus normalement inoffensif, est-ce le virus qui est en cause ou cet effondrement de la capacité immunitaire du fait de facteurs pour lesquels rien de sérieux n’a jamais été fait sur le plan sanitaire ?!
Pour en donner un seul exemple, le Grand Conseil du canton de Genève vient d’adopter (à l’initiative du député et médecin Bertrand Buchs) une motion visant à taxer les sucres ajoutés dans l’alimentation. La Norvège, exemplaire en la matière, a obtenu une baisse de 50% des cas de diabète par une politique volontariste. Une politique de santé digne de ce nom, mise en œuvre avec la même détermination que celle que les autorités montrent face au COVID-19, permettrait de réduire drastiquement les pathologies chroniques qui dévastent la santé de la population… et la rendent vulnérables face à des épidémies comme celle-ci.
Cette considération bien sûr ne changeant rien à l’urgence de la protection à court terme des personnes à risque.
4/ Le prisme déformant des médias génère une transe collective.
Le décompte en direct du nombre de cas et de morts en particulier fait ressentir que la progression du danger est terrible, alors qu’une telle multiplication est propre à toutes les épidémies ! Le même traitement dramaturgique appliqué à n’importe quelle autre infection respiratoire virale produirait la même perception de catastrophe. Imaginez : la grippe saisonnière tue entre 10’000 et 60’000 personnes en France chaque année dans l’indifférence générale. Un décompte « live » de l’extension géographique du virus et du nombre de morts serait tout aussi terrifiant…
La carte donnée en sommet d’article reflète l’évolution hebdomadaire de l’épidémie de grippe saisonnière en France au cours de la saison 2016-2017. Rien de fondamentalement différent avec le Sars-CoV-2. Voici comment on transforme des événements sanitaires banals en catastrophe apparente…
Cette considération, froide puisque rationnelle, ne devant impliquer aucun déni de la gravité des complications vécues dans une faible proportion des cas. Ceux sur lesquels nous alertent des médecins en front dans les services d’urgence, et qui bien sûr sont dramatiques. Toute détresse respiratoire aigüe requérant une assistance respiratoire est terrible, a fortiori lorsqu’il y a un certain nombre de cas. Toujours cet équilibre : bien sûr, le Sars-CoV-2 n’est pas une simple grippette ! Mais la grippe saisonnière non plus…
Les appels à la panique (on en a lus) sont compréhensibles et face à tout « négationnisme » peuvent même faire sens. Mais aussi causer des dommages psychotraumatiques ! Ce qui est un nouveau sacré paradoxe.
Comment paniquer sans paniquer tout en paniquant quand même suffisamment, mais pas trop non plus, voilà la situation compliquée dans laquelle nous sommes. Petit koan zen : paniquer sereinement ? Peut-être plus simplement : soyons responsables, engagés et vigilants pour ne nourrir ni l’inconscience ni la panique !
5/ La notion de risque est cognitivement déroutante.
Nous avons beau avoir affiné nos modèles probabilistes, la notion de risque encouru se réduit à une alternative bête et méchante pour chacun(e) d’entre nous : ou bien nous sommes en danger (ce qui est forcément hyper grave !), ou bien pas. Que nous ayons une chance sur cent, sur mille ou sur un million de mourir de quelque chose, notre cerveau effectue cette réduction en pilote automatique et c’est en l’occurrence le principal processus à l’origine de la psychose. D’où l’importance d’une mise en perspective de la part des scientifiques et des autorités.
6/ On observe un silence assourdissant des scientifiques et des autorités quant à cette juste mise en perspective des données.
Certes, comparaison n’est pas raison. Rappeler, comme je l’ai fait précédemment, que la mortalité annuelle due à la pollution atmosphérique est de 550’000 personnes en Europe chaque année (1’000’000 en Chine, 5’000 en Suisse) relève d’un autre ordre de données puisque chaque personne décédée n’en aura pas contaminé d’autres…
Toutefois, et sans cynisme, rappeler des ordres de grandeur est essentiel pour nuancer et contraster les données. Le monde entier panique parce que (à ce jour) le Sars-CoV-2 a tué 5’000 personnes, dans une pandémie que nous avons les moyens d’arrêter par des mesures raisonnables. Alors que le problème cité plus haut en tue chaque année près de 9’000’000 dans le monde, sans que les autorités ne s’en soucient réellement nulle part et sans générer la moindre panique collective !
Les maladies respiratoires infectieuses « courantes » font chaque année 2,6 millions de morts à travers le monde. Nous en sommes à 6’500 morts pour le COVID-19.
La pire épidémie de grippe saisonnière en France (en 2017, ayant causé 60’000 morts) a réduit, de manière infime mais significative, l’espérance de vie nationale. Pour l’instant, avec le Sars-CoV-2, nous sommes dans un événement de faible amplitude de ce point de vue-là, et il faudrait des dizaines de milliers de morts supplémentaires chez nos voisins pour constater le moindre effet de cet ordre sur les statistiques de mortalité…
Cela n’enlève rien au drame de chaque décès et au problème sanitaire majeur qui est posé. Mais doit nous protéger contre cette perception fausse en termes de santé publique que la situation actuelle est catastrophique. Elle est grave, dramatique, préoccupante, mais reste limitée en rapport de ce que serait une véritable catastrophe ou à d’autres problèmes sanitaires actuels bien plus délétères mais moins visibles.
Les mesures d’exception qui sont prises le sont précisément pour éviter une catastrophe.
7/ Les projections alarmistes des autorités sanitaires reposent sur des modèles mathématiques systématiquement surévalués.
Les prédictions des épidémiologues font froid dans le dos. Dans le pire des cas, si nous ne faisions rien, il pourrait y avoir jusqu’à 70’000 morts en Suisse nous dit-on. La probabilité que ces projections se confirment est toutefois proche de zéro. Elles reposent sur une amplification à l’extrême des variables possibles selon le scénario du pire. Si le pire n’est en théorie pas absolument impossible, il est improbable en proportion de l’exagération des hypothèses. L’exemple chinois montre qu’avec des mesures au besoin vigoureuses il sera possible de contenir puis inverser les courbes épidémiques. D’où, bien sûr l’importance de la mobilisation en cours, mais sans peur particulière.
8/ Les données plaident à ce stade pour une certaine « banalité » du Sars-CoV-2.
Contrairement à ce qui est déclamé, le nouveau coronavirus semble montrer pour l’instant une virulence et une létalité comparables à celles de différents coronavirus déjà en circulation dans nos contrées. C’est en tout cas l’analyse de l’Institut Méditerranée Infection, principal centre de compétence pour les maladies infectieuses en Europe.
Son danger réside dans sa diffusion rapide et le nombre de cas requérant une hospitalisation. Ceci aujourd’hui compris et mesuré, les mesures prises visent à contenir autant que possible l’augmentation du nombre de cas critiques.
Une fois le pic (et le flip) passés, le Sars-CoV-2 a toutes les probabilités de subsister comme le 21ème d’une série composée de 20 virus infectieux respiratoires déjà actifs, avec des caractéristiques en termes de virulence / contagiosité / létalité « habituelles ». Ou même de disparaître dans les mois qui viennent, aidés en cela par la mobilisation collective.
9/Nous avons toutes les raisons d’espérer en l’immunité de groupe et l’effet d’atténuation.
Lorsqu’une épidémie se répand, les personnes infectées (sans dommage pour l’immense majorité d’entre elles) développent une immunité qui par effet de masse devient un facteur de protection collective. Toute la logique vaccinale est basée sur ce principe. Ici, on évalue à 60% le seuil à partir duquel l’immunité de groupe mettra en échec la propagation du virus. C’est bien sûr beaucoup, mais certains de ces effets seront toutefois heureusement agissant avant cela…
Les mesures prises visent à lisser la progression de l’épidémie pour entre autres mettre à profit dans la durée l’émergence de cette immunité de groupe.
L’atténuation est un processus en lien avec le saut de la barrière inter-spécifique. On sait que le Sars-CoV-2 avait pour hôtes habituels d’autres espèces de mammifères. Quand un virus trouve le moyen d’envahir une nouvelle espèce et de s’y transmettre, on constate une virulence initiale, qui tend à s’atténuer par la suite. En fait, un virus n’a pas intérêt à tuer l’hôte qu’il envahit puisque sa propre survie en dépend. On peut donc espérer que la virulence -statistiquement relative- décroisse au cours des semaines.
10/Les perspectives de traitement sont bonnes.
En particulier, l’usage de la chloroquine (la nivaquine, antipaludique bien connu des voyageurs tropicaux du siècle passé) semble prometteur. Il s’agit d’un médicament efficace sur les coronavirus, peu coûteux, dont la pharmacocinétique est parfaitement connue. Le Pr Raoult vient de démarrer un essai clinique à Marseille, faisant suite à une première étude in vivo publiée par les Chinois et faisant état de résultats intéressants : il réduirait la durée de portage viral de 12 à 4 jours (ces résultats étant à confirmer) dessinant un possible usage curatif aussi bien que pour prévenir la contagion. D’autres médicaments déjà employés sur d’autres virus sont en train d’être évalués, avec de bonnes chances de présenter une efficacité thérapeutique.
Conclusion
Soyons sérieux, certes. Mais de grâce sortons de cette spirale insensée qui nous tient en haleine dans un état d’esprit apocalyptique. Il s’agit d’une situation sans précédent récent, mais avec un virus dans l’ensemble plutôt banal -malgré des conséquences graves dans une petite proportion de cas. Ces caractéristiques ne laissent pas sérieusement penser à ce stade que nous soyons face à une catastrophe sanitaire. Un état d’urgence sanitaire, oui. Une responsabilité sanitaire, oui. Un nécessaire engagement sanitaire de chacun(e), oui.
Raison pour laquelle nous nous devons de suivre scrupuleusement les instructions des autorités. A chacun son métier -je n’aimerais pas exercer le leur. Nous avons un devoir de solidarité et de responsabilité que nous devons assumer avec engagement et diligence.
Une fois la psychose et l’épidémie contenues ou passées, il sera important de se poser quelques questions.
Nous n’en sommes malheureusement pas encore là. D’ici là, poursuivons activement mais sereinement nos efforts !
Globalization Bleeding
The recurring dream — or nightmare — of being a ‘citizen of the world’
Victor Davis Hanson
National review
March 3, 2020
By the early 21st century, cosmopolitans were gushing that high-tech, instant communications, transnational agencies and agreements, free-flowing capital, international corporations, and a new eerily uniform global elite had, finally, made nationalism, borders, and even the nation-state itself all irrelevant. Nationalism was apparently relegated to dustbin of history, as we hit peak Socratic citizen-of-the-worldism.There were always two flaws to these adolescent giddy reports from world-bestriding New York Times op-ed journalists about win-win globalization, with their praise of gleaming airports and superior high-speed rail in what was otherwise Communist China, or accounts of flying first-class on Qatar Airlines was heavenly compared with backward United or American Airlines.
Nothing New under the Sun
One, globalization was not the end of history. It is a recurrent, cyclical, and at best morally neutral phenomenon that has always, at least in relative terms, waxed and waned over the past 2,500 years of civilization — although recent transcontinentalism carries greater consequences in the era of electronic interconnectedness.
By a.d. 200, there was a globalized Roman world of 2 million square miles, stretching from Hadrian’s Wall to the Persian Gulf, and from the Rhine to the Atlas Mountains. Like frogs around the pond of Mare Nostrum, all official business was conducted in Latin or, increasingly in the East, Greek. A Roman citizen could enjoy habeas corpus from Bithynia to the Atlantic. Thousands of small towns were marked by fora and agorae, colonnades, and basilicas. While multiracial and non-Italian, otherwise uniformly equipped and trained legions secured the vast borders. It was quite an achievement of providing aqueducts, security, and property rights to 70 million disparate peoples, but it was no longer really the earlier Roman Republic of the Scipios, either.
Yet by a.d. 500, the vast sameness was eroding. Most of the Empire in the West and the old borders in East had been picked apart by Vandals, Visigoths, Osogoths, Huns, Sasanians, and a host of other tribes and migrant and aggressive peoples.
History’s succession of subsequent would-be imperial globalists — the Byzantines, the Caliphates, the Ottomans, Napoleon, Stalin and Hitler — for a while collapsed national borders and spread uniform language, architecture, customs, and culture until their dreams eventually imploded, usually from overreach, military defeat, corruption, bankrupt ideology, demographic calcification, rampant inflation, or sheer inefficiency and bloated bureaucracy.
It was never set in stone that the European Union could forever abolish national borders and invent something permanent called Europeanism. Or that the new Chinese Silk Road would tie the world together under Chinese hegemony. Or that the World Health Organization’s international protocols would make something like the coronavirus virtually impossible. Or that the world would shrink as tens of millions flew on identical Boeing 737 Maxes.
History does not end in something, it continues on with everything.
Tribalism, nations, empires, and globalizations all grow and collapse, not unlike natural long-term changes in climate. Or, as the Greeks believed, societies are like the endless cycles of natural birth, aging, and decline of humans themselves.
One World, One Bigger Problem
A second problem: Why did we assume that globalization was inherently superior to, say, nationalism, or that pancontinental conglomeration was superior to small autonomous countries? Of course, absorption of local customs and protocols into a uniform culture could be beneficial in some areas, but why by extension would it be in most all areas? Why were globalized projects and empires per se to be preferred to local republics?
The premise of Orwell’s dystopian 1984 is that the nations of the postwar world have been absorbed by just three transcontinental feuding empires, Oceania, Eurasia, and Eastasia; and with such nightmarish aggregation comes the death of free expression and individualism itself.
Globalization’s supposed selling points — worldwide markets, shared popular tastes, a common commercial language and currency, a nationless elite culture, ease of travel, dissemination of information, and communications — were never so simple. Was the easy transoceanic networking that linked Christopher Steele, John Brennan, Stefan Harper, Joseph Mifsud, and various Russian oligarchical gossip-mongers proof of the attractions of a common global culture?
After all, do we really feel comfortable with Westernized virology labs under the control of the Chinese Communist Party that might have the ability to spread a mistake throughout the world in a matter of hours? Is it really a great thing that imported toxic Chinese drywall or tainted Chinese dog food undercuts American suppliers, and thereby makes us more “competitive,” and creatively destroys those businesses that “need” to be destroyed? Do we think it is good business to have everything from our heart medicines to chemotherapy produced in China?
Trump got elected in part because voters were wary of asymmetrical globalization. He campaigned on secure borders, legal-only immigration, and an end to the outsourcing of key industries (defense, strategic industries, and manufacturing) to a totalitarian and hostile China, and he promoted general American independence in fuel, food, and key components of everyday life. Is the antithesis of his agenda — open borders, the free flow of all foreign nationals, more production of key U.S. consumption in China — the way to combat the coronavirus?
Is diversity actually our strength when over a million illegal immigrants over the past three years from impoverished Central America and southern Mexico — without legal sanction, without criminal background checks, mostly without high-school diplomas and skills, without health audits, and without any knowledge of or familiarity with America — simply en masse crashed the U.S. border and declared themselves permanent residents if not de facto citizens? In my neighborhood, we see nearby roads now littered with abandoned couches, cast-off refrigerators, and worn-out tires; the occasional shoot-outs between rival gangs; shade-tree illegal barber shops, illicit day-care centers, and unlicensed, unvaccinated packs of dogs — are these all teaching me to celebrate diversity and to get with the culture of most of the world?
Do we really know which particular Chinese technology students in Silicon Valley — with shades, Levi’s, and flip-flops — are in the sometime employment of the Chinese military? Does it matter?
Are those who jet into Davos the sort that we trust to guide our political, commercial, corporate, and entertainment future, to protect the American Bill of Rights? Is it so neat that the NBA players now tailor their political expression to fit the wishes of their financial enablers in China? Has Angela Merkel’s globalized visions of immigration come down to earth at the fetid refugee camps of Turkey and Lesbos and Chios?
I can understand why brilliant or powerful or at least well-connected grandees — Bill Gates, Mark Zuckerberg, Jeff Bezos, George Soros, Barack Obama, Bill and Hillary Clinton, Emmanuel Macron, the geniuses of the World Bank, the International Monetary Fund, the Council on Foreign Relations, and the European Union — applaud the globalization of the world. But I am not reassured that their money, titles, influence, degrees, or connections mean that they are either wise or even always well-intentioned. Mike Bloomberg’s description of supposed know-nothing farming, ancient and modern, reminds one of how global commercial brilliance and practical stupidity are often symbiotic.
Did we really think that fundamentalist Islam would simply accept Western encroachment on its Dark Age culture and allow the disruption of its fervent reach and influence, simply because we called it “globalization” — without seeing such growing uniformity as a threat to its eighth-century view of the world and to the sway of imams and mullahs?
Was it really unforeseen that Bin Laden or the Taliban or the creepy al-Baghdadi might find Westernized social media and the Internet useful in expediting anti-Western terror? The fact that Bin Laden was once a playboy in Beirut or in his dotage supposedly sat glued to Westernized porn on his computer did not suggest he felt anything but hatred for the Westernized modern world and wished to use its own protocols to destroy it. How strange that most of the worst Islamists were creatures of globalization, without which no one would have cared much about their usual local hell-raising and thuggery in the streets of Baghdad, Damascus, or Cairo. Or were they virtual creatures of the Western strip mall: hooked on consumerism while despising the forces that created it, like veteran old bass at the bottom of the pond that still cannot resist biting on the shiny lures that will reel them in.
If our globalized future is what is regurgitated nightly on the standard homogenized CNN or BBC international news, the political orthodoxy of Davos, the platitudes of Brussels and Strasbourg, or the globalized ethos that sent Bill Clinton to Moscow for a quid pro quo $500,000 honorarium or Hunter Biden to Burisma, or Google to data-mine and massage the international Internet searches of over a 3 billion people, then I would prefer to live under the customs and culture of a flyover nation.
Yes, unfettered globalization gave the impoverished people of sub-Saharan Africa a shot at lifesaving pharmaceuticals, and it spread market capitalism that lifted billions out of poverty. The irony is that the most reliable and trustworthy custodians of dangerous globalized and internationalized science — or volatile harmonized culture, commerce, and politics — were not Orwellian international and stateless technocrats but viable nation-states that still might regulate and filter out globalism’s excesses and dangers. In the end, we have no control over Wuhan, China, but it apparently has a lot of control over us.
There also used to be old-fashioned, honored Western concepts such as autonomia and autarkeia — independence and self-sufficiency — that have now been demonized as chauvinism and protectionism. But it once was a reassuring fact to Americans that most of their lifesaving drugs and pharmaceuticals were produced in North America and Europe under Western auspices rather than in China and India, as it is now reassuring that most Americans consume oil and natural gas that are extracted at home and not imported from the Middle East, Russia, or North Africa. One of the reasons that maximum pressure is working on Iran, and that the theocracy is desperate, is that the Great Satan doesn’t need Iranian oil — and that the Little Satan doesn’t need it, either.
We should be relieved that the U.S. is still self-sufficient in grains, fruits, meats, and vegetables — and can export its fuels and foods to others rather than solely vice versa, given that it produces them according to standards that are far superior to China’s, Russia’s, or what is found in Africa and Latin America.
When we become citizens of the world, that is, citizens of everyplace, then we end up citizens of utopia. That is, as citizens of οὐ τόπος — of “no place.”
Voir également:
China Is the Real Sick Man of Asia
Its financial markets may be even more dangerous than its wildlife markets.
The mighty Chinese juggernaut has been humbled this week, apparently by a species-hopping bat virus. While Chinese authorities struggle to control the epidemic and restart their economy, a world that has grown accustomed to contemplating China’s inexorable rise was reminded that nothing, not even Beijing’s power, can be taken for granted.
We do not know how dangerous the new coronavirus will be. There are signs that Chinese authorities are still trying to conceal the true scale of the problem, but at this point the virus appears to be more contagious but considerably less deadly than the pathogens behind diseases such as Ebola or SARS—though some experts say SARS and coronavirus are about equally contagious.
China’s initial response to the crisis was less than impressive. The Wuhan government was secretive and self-serving; national authorities responded vigorously but, it currently appears, ineffectively. China’s cities and factories are shutting down; the virus continues to spread. We can hope that authorities succeed in containing the epidemic and treating its victims, but the performance to date has shaken confidence in the Chinese Communist Party at home and abroad. Complaints in Beijing about the U.S. refusing entry to noncitizens who recently spent time in China cannot hide the reality that the decisions that allowed the epidemic to spread as far and as fast as it did were all made in Wuhan and Beijing.
The likeliest economic consequence of the coronavirus epidemic, forecasters expect, will be a short and sharp fall in Chinese economic growth rates during the first quarter, recovering as the disease fades. The most important longer-term outcome would appear to be a strengthening of a trend for global companies to “de-Sinicize” their supply chains. Add the continuing public health worries to the threat of new trade wars, and supply-chain diversification begins to look prudent.
Events like the coronavirus epidemic, and its predecessors—such as SARS, Ebola and MERS—test our systems and force us to think about the unthinkable. If there were a disease as deadly as Ebola and as fast-spreading as coronavirus, how should the U.S. respond? What national and international systems need to be in place to minimize the chance of catastrophe on this scale?
Epidemics also lead us to think about geopolitical and economic hypotheticals. We have seen financial markets shudder and commodity prices fall in the face of what hopefully will be a short-lived disturbance in China’s economic growth. What would happen if—perhaps in response to an epidemic, but more likely following a massive financial collapse—China’s economy were to suffer a long period of even slower growth? What would be the impact of such developments on China’s political stability, on its attitude toward the rest of the world, and to the global balance of power?
China’s financial markets are probably more dangerous in the long run than China’s wildlife markets. Given the accumulated costs of decades of state-driven lending, massive malfeasance by local officials in cahoots with local banks, a towering property bubble, and vast industrial overcapacity, China is as ripe as a country can be for a massive economic correction. Even a small initial shock could lead to a massive bonfire of the vanities as all the false values, inflated expectations and misallocated assets implode. If that comes, it is far from clear that China’s regulators and decision makers have the technical skills or the political authority to minimize the damage—especially since that would involve enormous losses to the wealth of the politically connected.
We cannot know when or even if a catastrophe of this scale will take place, but students of geopolitics and international affairs—not to mention business leaders and investors—need to bear in mind that China’s power, impressive as it is, remains brittle. A deadlier virus or a financial-market contagion could transform China’s economic and political outlook at any time.
Many now fear the coronavirus will become a global pandemic. The consequences of a Chinese economic meltdown would travel with the same sweeping inexorability. Commodity prices around the world would slump, supply chains would break down, and few financial institutions anywhere could escape the knock-on consequences. Recovery in China and elsewhere could be slow, and the social and political effects could be dramatic.
If Beijing’s geopolitical footprint shrank as a result, the global consequences might also be surprising. Some would expect a return of unipolarity if the only possible great-power rival to the U.S. were to withdraw from the game. Yet in the world of American politics, isolation rather than engagement might surge to the fore. If the China challenge fades, many Americans are likely to assume that the U.S. can safely reduce its global commitments.
So far, the 21st century has been an age of black swans. From 9/11 to President Trump’s election and Brexit, low-probability, high-impact events have reshaped the world order. That age isn’t over, and of the black swans still to arrive, the coronavirus epidemic is unlikely to be the last to materialize in China.
Le taux d’infection de la Corée du Sud diminue sans que les villes ne soient verrouillées comme en Chine et en Italie. La Corée du Sud comptait 7 513 cas de Covid-19 à la date du lundi 9mars, les infections quotidiennes chutant pour le quatrième jour consécutif. Les fonctionnaires attribuent cette diminution aux tests de masse, à l’amélioration de la communication publique et à l’utilisation de technologies avancées
La Corée du Sud a connu une diminution constante des nouveaux cas de coronavirus pendant quatre jours consécutifs, bien qu’elle soit l’un des pays les plus touchés en dehors de la Chine, même si l’attention mondiale s’est portée sur les épidémies en Italie et en Iran. Le pays a connu une moyenne de plus de 500 nouvelles infections par jour au cours des deux dernières semaines, mais vendredi dernier, ce nombre est tombé à 438, puis à 367 samedi et 248 dimanche.
Le président sud-coréen Moon Jae-in a noté lundi la « tendance au ralentissement » des nouvelles infections dans son pays, mais a mis en garde : « Nous ne devons pas du tout nous reposer sur nos lauriers ».
Son point de vue a été souligné par le KCDC, qui a déclaré que parmi les nouveaux patients se trouvaient plus de 60 personnes qui ont été infectées alors qu’elles travaillaient à proximité les unes des autres dans un centre d’appel d’une compagnie d’assurance.
« Le nombre total de nouveaux cas confirmés est en baisse, mais ces cas d’infection massive sont préoccupants », a déclaré le directeur adjoint du KCDC, Kwon Jun-wook.
Une régulation sans confinement et sans coercition
La diminution constante des cas a été attribuée à divers facteurs, notamment les tests de masse, l’amélioration des communications publiques et l’utilisation de la technologie. Les tests approfondis effectués sur les membres de l’église Shincheonji de Jésus, qui était liée à plus de 60 % des cas du pays, a été achevée.
Les responsables sud-coréens ont fait part de leur expérience en matière d’endiguement de l’épidémie, affirmant qu’il est difficile de mettre en œuvre dans une société ouverte les mesures de confinement imposées par la Chine à Wuhan, où l’épidémie a pris naissance.
La Chine a également instauré une stricte distanciation sociale et une surveillance étendue des citoyens et a assuré leur adhésion aux mesures préventives avec des sanctions et des récompenses, ce qui a entraîné une baisse significative du nombre de nouveaux cas.
« Sans porter atteinte au principe d’une société transparente et ouverte, nous recommandons un système de réponse qui associe la participation volontaire du public à des applications créatives de technologies avancées », a déclaré le vice-ministre sud-coréen de la santé, Kim Gang-lip, aux journalistes.
Les mesures conventionnelles et coercitives telles que le verrouillage des zones touchées présentent des inconvénients, a-t-il déclaré, sapant l’esprit de démocratie et aliénant le public qui devrait participer activement aux efforts de prévention. « La participation du public doit être assurée par l’ouverture et la transparence », a-t-il déclaré.
« Pas de masque, pas d’entrée »
La Corée du Sud a été proactive en fournissant à ses citoyens les informations nécessaires pour assurer leur sécurité, notamment en organisant des points de presse deux fois par jour et en envoyant des alertes d’urgence par téléphone portable aux personnes vivant ou travaillant dans les districts où de nouveaux cas ont été confirmés.
Des détails sur les antécédents de voyage des patients confirmés sont également disponibles sur les sites web municipaux, parfois avec des informations sur le lieu de résidence ou l’employeur du patient, ce qui permet de les identifier individuellement, ce qui suscite des inquiétudes quant à la protection de la vie privée.
L’importance du maintien d’une bonne hygiène a également été soulignée. Les Sud-Coréens sortent rarement de chez eux sans porter de masque facial, et de nombreux bâtiments affichent des panneaux indiquant « Pas de masque, pas d’entrée ». Les employés des restaurants et des commerces de détail portent des masques lorsqu’ils servent les clients.
« Je n’aime pas porter un masque. Je n’ai pas pris la peine de porter un masque comme d’habitude lorsque j’ai éternué plusieurs fois dans le métro. Puis d’autres banlieusards m’ont désapprouvé et se sont éloignés de moi. À ce moment-là, j’ai décidé de suivre la tendance et de porter un masque », a déclaré Min Gyeong-wook, un employé de 35 ans.
Des tests quotidiens
La Corée du Sud a également mis en place des mesures créatives, notamment une cinquantaine de stations de test au volant dans tout le pays, où il ne faut que 10 minutes pour effectuer l’ensemble de la procédure. Les résultats des tests sont disponibles en quelques heures. Le coût des tests Covid-19 est prohibitif dans de nombreux pays, mais en Corée du Sud, tous les tests sont gratuits. Le pays est également capable de traiter jusqu’à 15 000 tests de diagnostic par jour, et le nombre total de tests a atteint près de 200 000.
Cette capacité de test a permis au pays d’identifier les patients à un stade précoce et de minimiser les effets néfastes, selon les experts de la santé. Mais cela a également permis à la Corée du Sud d’avoir le deuxième plus grand nombre d’infections confirmées dans le monde après la Chine, bien que celle-ci ait été remplacée par l’Italie cette semaine.
La Corée du Sud a mis en place des « procédures spéciales d’immigration » pour surveiller les arrivées pendant deux semaines sans avoir à interdire l’entrée du pays aux voyageurs entrants.
Les personnes arrivant de Chine, y compris de Hong Kong et de Macao mais à l’exclusion de Taïwan, font vérifier leur température corporelle, tandis que leurs coordonnées nationales sont vérifiées et qu’elles doivent remplir un questionnaire de santé. On leur demande également de télécharger une application d’autodiagnostic sur leur téléphone portable et de se soumettre à une gestion intensive s’ils présentent des symptômes.
Dépister les personnes à risque et les soigner
La Corée du Sud utilise également sa technologie informatique de pointe et ses caméras de surveillance omniprésentes pour suivre les sources d’infection, en identifiant les mouvements des cas confirmés sur la base de leurs transactions par carte de crédit et du suivi des téléphones portables, et en divulguant ces informations pour aider à retrouver ceux qui ont pu entrer en contact avec eux.
Les personnes à risque sont placées en isolement et font l’objet d’une gestion individuelle approfondie par les autorités sanitaires.
Pour faire face à la pénurie de lits d’hôpitaux, le pays a transformé de nombreux centres de formation professionnelle et autres installations publiques en « centres de vie et de traitement » où les patients présentant de légers symptômes du coronavirus sont placés en quarantaine.
Le professeur Kim Woo-joo, de la faculté de médecine de l’université coréenne, a déclaré que le pays avait acquis de l’expérience en traitant des urgences sanitaires antérieures, comme la pandémie de grippe H1N1 de 2009, qui a provoqué environ 750 000 cas et 180 décès en Corée du Sud, et l’épidémie de syndrome respiratoire du Moyen-Orient (SRAS) de 2015, qui a infecté 186 personnes et entraîné au moins 39 décès dans le pays.
« La Corée du Sud a tiré des enseignements précieux de ces épidémies », a déclaré M. Kim. « La sensibilisation du public à la nécessité de l’hygiène individuelle, comme le lavage des mains et le port de masques, a également été grandement renforcée, grâce à l’expérience acquise lors des précédentes épidémies ».
Le pays a par la suite formé des agents de santé pour faire face aux épidémies, en particulier pour tester les infections, suivre et isoler les contacts.
« Il n’y a pas beaucoup de pays dans le monde comme la Corée du Sud qui disposent à la fois des cerveaux et des produits nécessaires pour faire face aux épidémies de virus », a déclaré Hwang Seung-sik, professeur de santé publique à l’université nationale de Séoul.
Aucune mesure de confinement
Malgré ces installations, Kim a déclaré qu’il serait difficile pour une société ouverte comme la Corée du Sud ou d’autres pays de l’OCDE, d’appliquer des mesures de confinement comme en Chine.
Cette difficulté a été mise en évidence lorsque Hong Ik-pyo a été contraint de démissionner de son poste de porte-parole du parti démocratique au pouvoir après avoir été critiqué pour ses propos selon lesquels la ville de Daegu, l’épicentre de la récente épidémie, devrait être fermée. Ces remarques sont arrivées à un moment politiquement sensible, avec les élections parlementaires prévues pour le 15 avril.
Kim a mis en garde contre un optimisme prématuré, notant qu’il y a eu de petits groupes d’infections dans certains hôpitaux, appartements, églises et maisons de retraite dans des endroits autres que Daegu, y compris Séoul et la ville voisine de Seongnam City.
Le district de Guro à Séoul a déclaré lundi qu’au moins 46 personnes ont été infectées dans un centre d’appel d’une compagnie d’assurance, où les employés travaillant dans des pièces fermées ne sont pas autorisés à porter des masques pour pouvoir parler clairement au téléphone. Quatre autres cas concernaient des membres de la famille des employés, et 207 personnes travaillant au même étage ont été testées.
« Le meilleur scénario est que le virus meure fin mars. Le pire scénario est que le virus se répande largement dans la zone métropolitaine de Séoul et dans la province de Gyeonggi qui l’entoure », a déclaré M. Kim. Près de la moitié des 51 millions de citoyens sud-coréens vivent dans cette région.
Kim Dong-hyun, président de la Société coréenne d’épidémiologie, a déclaré qu’il est difficile d’empêcher la maladie de Covid-19 de se propager parmi les membres de la communauté, car le partage du virus peut se produire pendant les périodes asymptomatiques. « Les pays devraient prendre des mesures préventives drastiques, même au stade initial de l’apparition du virus », a-t-il ainsi déclaré.
Voir encore:
Why the Coronavirus Hit Italy So Hard
The country has the second-oldest population on earth, and its young mingle more often with elderly loved ones.
Matt Simon
Wired
3.17.2020
Italy has been hit particularly hard, with some 2,000 deaths thus far. Overwhelmed hospital staffers have had to make devastating decisions about who to treat and who they must let perish. The reason why Italy is suffering so badly, write University of Oxford researchers in a new paper in the journal Demographic Science, may be twofold: The country has the second-oldest population on earth, and its young tend to mingle more often with the elderly, like their grandparents. Such demographic research will be critical in facing down the threat elsewhere, as more countries grapple with a deadly pandemic that’s just getting started and we learn more about how the virus is transmitted within families and communities.
In Italy, 23 percent of the population is over age 65, compared to the US, where that population is 16 percent. “Extended longevity has played some role in changing the population structure,” says University of Oxford demographer and epidemiologist Jennifer Beam Dowd, lead author of the new paper. “But it actually has most to do with how rapid the decline in fertility has been in a population.” That is, it’s affected more by Italians having having fewer children than it is by them living longer.
At the same time, young Italians tend to interact a lot with their elders. Dowd’s Italian coauthors note that young folks might live with their parents and grandparents in rural areas but commute to work in cities like Milan. Data on the composition of Italian households bears out this familial arrangement too.
The study’s authors argue that this frequent travel between cities and family homes may have exacerbated the “silent” spread of the novel coronavirus. Young people working and socializing in urban areas interact with large crowds, where they may pick up the disease and take it home. If they have no symptoms, they’ll have no clue that they’re infecting their elders, the most vulnerable population.
“We know now that the mortality is higher in older individuals, but what’s not clear yet is why,” says Carlos Del Rio, executive associate dean of the Emory School of Medicine at Grady Health System, who wasn’t involved in this research. For example, it could be a matter of older people having weaker respiratory systems, which could also lead to a higher mortality rate among seniors for diseases like pneumonia.
Other researchers studying why children don’t seem to get that sick from Covid-19 have pointed out the corollary: Kids tend to have “pristine” lungs that have not already been damaged by a lifetime of inflammation caused by allergies, pollutants, and diseases. This might make them more resistant to attack by the new virus.
Despite a full lockdown in place in Italy since the weekend, the virus has already spread far and wide. But with this kind of demographic knowledge, public health officials can better confront the threat elsewhere, Dowd says. “One of the points that we were trying to make is that it’s not necessarily just about isolating the older population—we are identifying that they’re the most vulnerable—but the general social distancing that’s being encouraged to flatten the curve,” says Dowd. Flattening the curve means slowing the rate of new infections, buying researchers time to develop treatments and vaccines, and giving hospitals some respite. “I think our point was that’s actually more important when you have a higher fraction of your population that is vulnerable,” she says.
But while separating younger and older people might work in theory, it can create practical problems. For example, desperate to flatten the curve, local officials in the US are closing schools. If parents can’t look after their children—because they’re still working out of the home, or because they’re ill themselves—that care might fall on grandparents.