Journée internationale de commémoration des victimes de l’Holocauste/75e: Détacher le judaïsme d’Israël, c’est en faire un cadavre sans vie dépourvu d’âme (After the Holocaust, any argument that Jews can survive as a religion without a state is profoundly ridiculous)

Image may contain: 1 person, text

Vous qui aimez l’Éternel, haïssez le mal! Psaume 97: 10
Celui qui est sans foyer n’est pas une personne. Le Talmud
Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples. Je savais que, au milieu de facteurs enchevêtrés, une partie essentielle s’y jouait. Il fallait donc en être. Charles de Gaulle (avril 1941)
99% des migrants non européens s’intègrent parfaitement à la nation française (…) l’islam n’est pas une menace pour la France, il est une composante depuis le VIIIe siècle. (…) ce qui se cache aujourd’hui derrière le « souverainisme » désigne en fait la même xénophobie, la même fermeture, la même absence de confiance en soi que les idéologies anti-italienne, antipolonaise, antiarménienne, et antisémites des siècles passés. Jacques Attali
Le souverainisme n’est que le nouveau nom de l’antisémitisme. Jacques Attali
Ecoutez-les : ils se lamentent cette semaine sur la montée de l’antisémitisme ; mais ils s’arrangent pour ne pas désigner les coupables. Ainsi font les faux-culs de l’antiracisme. Leur silence vaut camouflage. Ce qu’ils cherchent à taire est, il est vrai, le résultat de leur idéologie. Car ils savent, ces prétendues belles âmes, que la haine du juif a muté avec leur consentement tacite. Elle n’est plus tant dans la vieille extrême droite nostalgique de fantômes vichyssois qu’au cœur de la nouvelle société arabo-musulmane issue de l’immigration. Un rapport de l’Ifop confirme ces jours-ci qu’un Français juif sur trois se sent menacé au quotidien. 84% des juifs âgés entre 18 et 24 ans disent avoir été victimes d’actes antisémites. Ce mercredi, Emmanuel Macron entame en Israël un court séjour à l’occasion du 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz. Mais les nazis d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux d’hier. Certes, certains attentats commis à l’étranger contre des musulmans par des suprémacistes blancs – notamment ceux de Christchurch (Nouvelle Zélande) le 15 mars 2019 – permettent aux faussaires d’alerter sur le danger d’une renaissance de l’extrême droite. En France, Jacques Attali est de ces intellectuels qui s’emploient à brouiller les réalités. C’est lui qui a déclaré, le 3 octobre 2019 : « 99% des migrants non européens s’intègrent parfaitement à la nation française (…) l’islam n’est pas une menace pour la France, il est une composante depuis le VIIIe siècle ». Dans un tweet du 4 octobre, il a aussi assuré : « Le souverainisme n’est que le nouveau nom de l’antisémitisme ». Mais ceux qui n’osent nommer les ennemis des Juifs avalisent une ignominie. Ils sont les traîtres. Oui, les Français juifs ont été trahis par la République capitularde. Ils ont été trahis par ceux qui avaient pour mission de protéger la nation de cette authentique « lèpre qui monte » qu’est l’antisémitisme. Or, quand Macron emploie cette expression, c’est pour dénoncer les peuples qui se réveillent. Le président porte une lourde responsabilité dans l’occultation des sources. Dans mon essai – Les Traîtres – je rappelle les procédés ignobles qui furent ceux du chef de l’Etat quand il laissa croire, à l’instar de Bernard-Henri Lévy, que l’antisémitisme était porté par les Gilets jaunes et plus généralement par les populistes. Je reprends ici quelques lignes de mon livre : « Quand Macron rend hommage à Simone Veil devant le Panthéon, en juillet 2018, il évoque « les vents mauvais qui à nouveau se lèvent ». Mais il ne vise pas là, comme on pourrait s’y attendre vu les circonstances, la judéophobie islamique qui massacre des innocents en France et ailleurs. Non, il vise les populistes, les eurosceptiques, tous ceux qui ne le suivent pas. Pour la Macronie et ses désinformateurs agréés, l’antisémitisme est, forcément, au centre du mouvement des Gilets jaunes. Le chercheur Jean-Yves Camus a beau objecter : « Le mouvement des Gilets jaunes en tant que tel n’est pas antisémite », le bourrage de crâne élyséen ne changera rien à son réquisitoire hystérique. Voici dont un chef d’Etat qui accuse une partie de son peuple d’être porteur d’une maladie de l’esprit qui touche, en réalité, ceux qui se sont soumis à l’islam le plus rétrograde mais que Macron, en revanche, choisit d’épargner. ». Comment respecter un pouvoir qui démissionne, toute honte bue ? Ivan Rioufol
La participation de Donald Trump [à la ‘Marche pour la vie’] est entièrement opportuniste. Il ne me semble pas qu’il ait des convictions morales solides. Il a découvert que les chrétiens conservateurs évangéliques le soutiennent, ils sont eux-mêmes pro-vie donc finalement il leur donne ce qu’ils veulent. Il est peut-être hypocrite à propos du droit à l’avortement, mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’il a nommé des juges pro-vie à la Cour Suprême. Et je préfère avoir un président hypocrite qui reste constant dans sa politique sur l’avortement, qu’un président qui soit sincèrement pro-vie mais qui ne soit pas suffisamment engagé pour cette cause… George W. Bush était fermement engagé pour la vie également. Il ne faut pas oublier que les alliés de Trump comme ses ennemis adorent les exagérations pour parler de lui… Et encore une fois, l’essentiel est dans ce qu’il fait et non pas dans la sincérité de ses actions. (…) l’avortement n’est pas une nouvelle fracture, c’est une ligne de clivage depuis les années 1980 lors de la première campagne électorale de Ronald Reagan. Le fait que l’avortement demeure une fracture depuis toutes ces années est particulièrement intéressant: le pays a beaucoup évolué, même au sujet de la libération sexuelle. Un rapport de 2003 publié dans The Atlantic par Thomas B. Edsall intitulé «Blue Movie» montre de manière éloquente comment les questions de sexualité, incluant l’avortement, permettent de prédire avec précision le parti pour lequel les personnes interrogées vont voter. Depuis, les États-Unis sont devenus plus libéraux sur ces questions. La pornographie s’est répandue et est devenue largement accessible. Le mariage homosexuel a gagné un soutien majoritaire à une vitesse fulgurante et particulièrement auprès des jeunes. Après l’arrêt Obergefell qui déclare le droit constitutionnel du mariage homosexuel, pour les chrétiens la question des droits des homosexuels n’est plus centrée sur l’homosexualité elle-même mais sur la confrontation entre les droits LGBT et la liberté de conscience des croyants. Tous les vieux combats culturels concernant les questions de sexualité ont été perdus par la droite… à l’exception de l’avortement. Étrangement, l’opinion publique à propos de l’avortement n’a pas véritablement évolué depuis 1973. La plupart des Américains sont favorables à l’avortement, qui est légalisé, mais en y appliquant des restrictions. Alors qu’en 1973 l’arrêt Roe v. Wade prévoit un avortement sans restrictions. Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que même si les «millennials» sont bien plus libres sur les questions de sexualité que les générations précédentes, et malgré le fait qu’ils sont la génération la plus laïque de l’histoire des États-Unis, l’opposition à un avortement sans restriction demeure forte parmi eux. Je ne suis pas certain d’avoir la clef d’explication de ce phénomène mais je pense que la technologie est un élément de compréhension. Les avancées des échographies ont permis aux gens de véritablement voir pour la première fois ce qui se passe dans l’utérus et de prendre conscience qu’ils n’y voient pas qu’un morceau de chair mais un être humain en train de se développer. Les miracles de la médecine actuelle qui sauve la vie de bébés nés grands prématurés sont plus parlants pour cette génération que les sermons des prêtres. (…) La probabilité de la réélection de Donald Trump dépend de sa capacité à rallier sa base et à convaincre les conservateurs qui rechignent à voter démocrate, mais qui n’avaient pas voté pour lui en 2016 à cause de doutes profonds sur sa personne. Trump n’a pas été aussi mauvais que ce que je craignais. Pour autant je ne crois pas qu’il a été un bon président. Néanmoins, je vais sûrement voter pour lui en 2020, et ce pour une bonne raison: le parti démocrate est extrêmement hostile envers les conservateurs religieux et sociétaux mais aussi envers nos libertés fondamentales. Leur combat pour la théorie du genre et l’extension maximale des droits de la communauté LGBT sont les principaux piliers du programme démocrate. Les activistes progressistes ont désigné les chrétiens conservateurs comme leur principal ennemi. Sur ces questions et sur la protection de la liberté d’expression, on ne peut pas leur faire confiance. Ils sont devenus les ennemis de la liberté. Il est clair que le nombre d’Américains qui est d’accord avec les traditionalistes sur ces questions diminue. Je crois que dans les mois et les décennies à venir, les juges fédéraux conservateurs que Trump a nommés seront les seuls à offrir une véritable sauvegarde de la liberté religieuse aux États-Unis. Les Républicains au Congrès et à la Maison Blanche n’ont pas vraiment agi en faveur du renforcement de la liberté religieuse contre les revendications des droits LGBT. Ils sont terrifiés à l’idée de passer pour bigots. Malheureusement, beaucoup de chrétiens américains ont eu des faux espoirs avec le Grand Old Party, en pensant qu’il suffisait de voter républicain pour gagner sur ces questions. En réalité, dans tous les domaines, académiques, médicaux, juridiques, dans les entreprises, les droits LGBT et l’idéologie du genre sont triomphants. Voter républicain est le seul moyen de ralentir cette «Blitzkrieg» progressiste et peut être à travers des biais juridiques y mettre fin dans le futur. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est tout ce que nous pouvons faire pour le moment sur le front politique. (…) Il est vrai que Trump a la présidence, les Républicains tiennent la majorité au Congrès et pour ces deux raisons les Républicains nomment un certain nombre de juges fédéraux. C’est un élément important mais ce n’est pas suffisant face au pouvoir culturel immense que les progressistes détiennent de leur côté. Ils contrôlent les plus grands médias d’information et de divertissement, ils contrôlent les écoles et les universités, la médecine et le droit et aussi de manière assez improbable, les grandes entreprises. L’émergence d’un «woke capitalism», un capitalisme progressiste, est un des faits politiques les plus significatifs de la décennie. La majorité des conservateurs n’a pas conscience de leur puissance ni de la manière dont ils se sont clairement positionnés contre le conservatisme social. Ils sont encore attachés à l’ère reaganienne et à illusion que le monde des affaires est conservateur. Quand Ronald Reagan a été élu président en 1980, il a ouvert une nouvelle ère dans la politique américaine, dominée par la droite, plus précisément par les néolibéraux de la droite. Cette ère s’est achevée avec Obama et Trump, mais l’avenir n’est pas écrit. Si on avait dit à un électeur conservateur au moment de l’investiture de Reagan que 30 ans plus tard le christianisme serait déclinant en Amérique, que le mariage homosexuel et l’adoption seraient légaux, que la pornographie violente serait uniformément répandue et accessible à tous y compris aux enfants grâce aux smartphones, que les médecins seraient autorisés à retirer des poitrines féminines à des jeunes filles pour devenir des hommes transgenres, je pense que cet électeur ne croirait pas une seconde qu’un pays qui autorise cela puisse être véritablement conservateur. Et pourtant c’est la réalité de l’Amérique d’aujourd’hui. Si nous sommes un pays conservateur, pourquoi n’avons-nous pas eu un mouvement comme celui de la Manif pour tous, qui pourtant en France, au pays de la laïcité, a conduit des centaines de milliers de personnes dans les rues de Paris pour manifester? J’ai le sentiment que nous sommes plus un pays houllebecquien, même si les conservateurs ne veulent pas l’admettre. Les chrétiens traditionnels, catholiques, protestants, orthodoxes, ont perdu la guerre culturelle. Nous devons nous préparer à une longue période d’occupation et de résistance. C’est ce que j’appelle choisir l’option bénédictine. Même si mon livre s’est bien vendu aux États-Unis, proportionnellement il a eu plus de succès en Europe. En France, en Italie, en Espagne et dans d’autres pays européens mes lecteurs sont des catholiques de moins de 40 ans. Lorsque vous êtes aussi jeune et que vous allez encore à la messe, vous n’avez pas à être convaincu de la vérité du diagnostic que je porte sur le malaise culturel actuel. De même, vous n’avez pas besoin d’être convaincu de l’impuissance de l’église post-soixante-huitarde dans cette crise. En Amérique, les chrétiens n’ont pas encore vu pleinement cette vérité. Cela nous attend dans cette nouvelle décennie. Ce sera un choc douloureux mais nous ne serons pas en mesure de constituer une vraie résistance tant que nous n’accepterons pas cette réalité. Après Trump, le déluge. Rod Dreher
Le voyage de milliers de réfugiés juifs, en 1947, sur le vieux navire « Exodus » en direction de la Palestine. Otto Preminger retrace la naissance de l’État d’Israël dans une fresque majestueuse portée par Paul Newman et Eva Marie Saint. En 1947, des réfugiés juifs européens en partance pour la Palestine mandataire sont refoulés par les autorités britanniques et placés dans des camps d’internement sur l’île de Chypre. Alors que les Nations unies s’apprêtent à se prononcer sur le plan de partage de la Palestine, Ari ben Canaan, un agent de la Haganah, une organisation paramilitaire sioniste, se fait passer pour un officier anglais et embarque des centaines de réfugiés sur un vieux navire rebaptisé Exodus. Lorsque le subterfuge est découvert, Canaan menace de faire sauter le bateau et obtient ainsi du général Sutherland la levée du blocus britannique. L’infirmière américaine Kitty Fremont, qui s’est prise d’affection pour Karen, une jeune passagère à la recherche de son père biologique, fait partie du voyage vers Haïfa. Tandis que Kitty se rapproche d’Ari, sa protégée s’éprend de Dov, un rescapé d’Auschwitz qui, une fois à terre, s’engage dans les rangs de l’Irgoun, une organisation clandestine aux méthodes violentes… Fondée sur le best-seller de Leon Uris, dont Otto Preminger a confié l’adaptation – créditée – à Dalton Trumbo, scénariste inscrit sur la liste noire d’Hollywood, cette fresque de plus de trois heures entrelace destins individuels et grande histoire, amours contrariées et soubresauts politiques avec une fluidité époustouflante, dénuée de tout effet démonstratif. Si elle s’autorise quelques libertés avec les faits et dédaigne le point de vue des Arabes, cette épopée, tournée dans des décors naturels à Chypre et en Israël, dépeint avec finesse le traumatisme des rescapés de l’Holocauste – personnifié par Dov, interprété par Sal Mineo, dans une bouleversante séquence d’interrogatoire. Elle met aussi l’accent sur la confusion des autorités britanniques, les dissensions entre factions sionistes, les germes du conflit israélo-palestinien… Rythmé par la partition exaltée d’Ernest Gold et magnifiquement interprété par Paul Newman et Eva Maria Saint, l’un des chefs-d’œuvre d’Otto Preminger. Arte
Dans la réalité, le navire fut intercepté en 1947 au large de Haïfa par les autorités britanniques, et ses passagers furent tout d’abord transférés à Port-de-Bouc en France, puis redéployés dans des camps de déportés en Allemagne. Ce n’est qu’en 1948, après l’établissement de l’État d’Israël, qu’une première partie des réfugiés de l’Exodus parvint en Palestine. L’attentat de l’hôtel King David eut lieu avant l’affaire de l’Exodus, en juillet 1946, et non en juillet 1947 comme montré dans le film. Il causa notamment la fin du « Mouvement de la révolte hébraïque », réunion de la Haganah, de l’Irgoun, et du Lehi : la Haganah quitta ce mouvement après l’attentat, en protestation contre cette action. De même, l’attaque de la prison d’Acre eut lieu en mai 1947, toujours avant l’affaire de l’Exodus, et fut montée entièrement par l’Irgoun. La tentative de prise de Safed est montrée comme une attaque arabe alors que la ville a été prise par les forces juives en mai 1947 et sa population arabe expulsée. La principale critique de l’historien Larry Portis est que ce film ne présente qu’un côté du conflit, en nous montrant comment quelques rares membres de la Haganah, peu armés mais courageux et unis, parviennent à empêcher l’attaque d’un kibboutz par des Arabes fanatisés et encadrés par d’anciens soldats du Troisième Reich, alors que les Britanniques refusent d’intervenir. Les Arabes ne tueront que deux personnes autour du camp : l’innocente et très blonde Karen, tuée dans la nuit, et le mukhtar du village arabe voisin, Taha, ami d’enfance d’Ari Ben Canaan. Le village arabe est d’ailleurs mystérieusement abandonné, ce qui permet aux jeunes sionistes de se lancer à la défense de Safed dont on entend l’attaque dans le lointain. Wikipedia
Not only were both film and novel tremendous commercial successes, but they were conceived of as the two axes of a single, mutually reinforcing project.* The idea for the book was suggested to Leon Uris by Dore Schary, a top executive at Metro-Goldwyn-Mayer (MGM). The motivation behind the project is described by Kathleen Christison. « The idea for the book » she says, « began with a prominent public-relations consultant who in the early 1950s decided that the United States was too apathetic about Israel’s struggle for survival and recognition. » Uris received a contract from Doubleday and went to Israel and Cyprus where he carried out extensive research. The book was published in September, 1958. It was first re-printed in October the following year. By 1964, it had gone through 30 re-printings. This success was undoubtedly helped by the film’s release in 1960, but not entirely, as Uris’s novel was a book-of-the-month club selection in September, 1959 (which perhaps explains the first re-printing). The film was to be made by MGM. But when the time came, the studio hesitated. The project was perhaps too political for the big producers. At this moment Otto Preminger bought the screen rights from MGM. He then produced and directed the film, featuring an all-star cast including Paul Newman, Eva Marie-Saint, Lee J. Cobb, Sal Mineo, Peter Lawford and other box-office draws of the moment. The film also benefited from a lavish production in “superpanavision 70” after having been filmed on location. The music was composed by Ernest Gold, for which he received an Academy Award for the best music score of 1960. The screenplay was written by Dalton Trumbo. In spite of its length—three and a half hours—the film was a tremendous popular and critical success. It is noteworthy that the release of “Exodus” the film in 1960 indicates that its production began upon Exodus the book’s publication. It is reasonable, therefore, to suppose a degree of coordination, in keeping with the origins of the project. In short, it was a major operation which brilliantly succeeded. It has been estimated that in excess of 20 million people have read the novel, and that hundreds of millions have seen the film. Not only was this success a financial bonanza, but its political impact has been equally considerable. There can be little doubt that “Exodus” the film has been one of the most important influences on US perceptions and understanding of the hostilities between the Israeli state and the Palestinian people. It is thusly illuminating to return to the message communicated by this film, in attempting to gage its role in ideological formation. “Exodus” is the story of the Exodus 1947, a ship purchased in the United States and used to transport 4,500 Jewish refugees to Palestine. In reality, the novel and film take great liberties with the original story. Intercepted by the British authorities in the port of Haïfa, the real-life refugees were taken to the French port of Sête, where they were held, becoming the object of intense Zionist agitation and propaganda. Eventually they were transported to Germany and held temporarily in transit camps. Although this incident was used by Uris as the point of departure for his novel, the book is a work of fiction. Not only were the characters invented, but the events did not correspond to reality except in the most general way. In Uris’s narrative, an intercepted ship (not named “Exodus”) is intercepted on the high sea and taken to Cyprus where the passengers are put in camps. Representatives of the Haganah, the secret Jewish army in Palestine, arrive secretly in Cyprus in order to care for, educate and mobilize the refugees. The agent-in-chief is Ari Ben Canaan, played by Paul Newman. Ben Canaan is the son of Barak Ben Canaan, prominent leader of the Yishuv, the Jewish, Zionist community in Palestine. Tricking the British with great intelligence and audacity, Ari Ben Canaan arranges for the arrival of a ship purchased in the United States, on which he places 600 Jewish refugee children—orphans from the Nazi extermination camps and elsewhere. Once the children are on the ship, Ben Canaan names the ship the “Exodus”, and runs up the Zionist flag. He then informs the British authorities that, if the ship is not allowed to depart for Palestine, it will be blown up with all aboard. Before having organized this potential suicide bombing (of himself, the Haganah agents and the 600 children), Ben Canaan has met Kitty Fremont, an American nurse who has become fond of the children and, it must be said, of Ari Ben Canaan. This love interest is carefully intertwined with the major theme: the inexorable need and will of the Jewish people to occupy the soil of Palestine. As it might be expected, the British give in. After some discussion between a clearly anti-semitic officer and those more troubled by the plight of the refugees, the ship is allowed to depart for Palestine. It arrives just before the vote of the United Nations Organization recommending the partition of Palestine between the Jewish and non-Jewish populations. As the partition is refused by the Palestinians and the neighbouring Arab states, war breaks out and the characters all join the ultimately successful effort against what are described as over-whelming odds. Even Kitty and Major Sutherland, the British officer who tipped the balance in favour of releasing the “Exodus,” join the fight. Sutherland’s participation, representing the defection of a British imperialist to the zionist cause, if particularly symbolic. Why did Sutherland jeopardize his position and reputation, and then resign from the army? His humanitarian was forged by the fact that he had seen the Nazi extermination camps when Germany was liberated and, more troubling, his mother was Jewish, although converted to the Church of England. Sutherland has a belated identity crisis which led him, too, to establish himself in the naitive Israel. The other major characters is the film similarly represent the “return” of Jewish people to their “promised land.” For example, Karen, the young girl who Kitty would like to adopt and take to the United States, is a German Jew who was saved by placement in a Danish family during the war. Karen will elect to stay with her people, in spite of her affection for Kitty. Karen is also attached to Dov Landau, a fellow refugee, 17 year-old survivor of the Warsaw ghetto and death camps. Once in Palestine, Dov joins a Zionist terrorist organization (based on the Irgun) and, in the book and film (but not, of course, in reality), places a bomb in the wing of King David Hotel housing the British Command, causing considerable loss of life. The role of human agency, leadership and the nature of decision-making, are a dimension of “Exodus” that is particularly revealing of the propagandistic intent of the film. Most noteworthy is the fact that all the major characters are presented as exceptional people, and all are Jewish, with the exception of Kitty. However, it is not as individuals that the protagonists of the film are important, but rather as representatives of the Jewish people. In this respect, in its effort to portray Jewishness as a special human condition distinguishing Jews and Jewish culture from others, that “Exodus” is most didactic. Ari Ben Canaan is clearly a superior being, but he merely represents the Jewish people. They are, collectively, just as strong, resourceful and determined as Ari. This positive image is highlighted by the portrayal of other ethnic groupings present in the film. The British, for example, are seen, at best, as divided and, at their worst, as degenerate products of national decay and imperialistic racism. The most striking contrast to the collective solidarity, intellectual brilliance, and awesome courage of the Jews is, with the “Arabs.” In spite of their greater numbers, the culture and character of the Arabs show them to be clearly inferior. Ari, who is a “sabra”—a Jewish person born in Palestine—and, as a consequence, understands the Arab character, knows that they are no match for determined Jews. “You turn 400 Arabs loose,” he says, and “they will run in 400 different directions.” This assessment of the motional and intellectual self-possession of the Arabs was made prior to the spectacular jail break at Acre prison. The very indiscipline of the Arabs would cover the escape of the determined Zionists. The Arab leaders are equally incapable of effective action, as they are essentially self-interested and uncaring about their own people. In the end, it is this lack of tolerance and human sympathy in the non Jews that most distinguishes Jews and Arabs. In Exodus the novel, Arabs are constantly, explicitly, and exclusively, described as lazy and shiftless, dirty and deceitful. They have become dependant upon the Jews, and hate them for it. In “Exodus” the film, however, this characterization is not nearly as insisted upon, at least not in the dialogue. Still, way they are portrayed on the screen inspires fear and distrust. (…) What is absent from Preminger’s film—the moral misery, the existential despair, the doubts and confusion of the survivors of the Judeocide—is focused upon in Gitaï’s film. Conversely, what is absent from Gitaï’s film—the expression of Zionist ideals, aspirations and dogma, the glorifications of one ethnic group at the expense of others—is the very point of Preminger’s. This thematic inversion is particularly evident in reference to two aspect of the films: firstly, in the use of names and, secondly, in the dramatic monologues or soliloquies which end both films. In “Exodus”, the use of names for symbolic purposes is immediately evident. “Exodus” refers to the biblical return of the Jews from slavery to the Holy Land—their god-given territory, a sacred site. This sacred site is necessary to Jewish religious observance and identity. Only here, it is explained in “Exodus,” can Jews be safe. Only here, it is asserted, can they throw-off invidious self-perceptions, imposed by antisemitism and assimilation pressures, and become the strong, self-reliant and confident people they really are. This vision of Jewish identity propagated by Zionism is implicitly challenged in Kedma. Again, the title of the film is symbolically significant. “Kedma” means the “East” or “Orient”, or “going towards the East.” The people on the Kedma—Jewish refugees from Europe, speaking European languages and Yiddish—were arriving in another cultural world an alien one, in the East. The result would be more existential disorientation and another ethnically conflictual environment. The difference in perspective manifest in the two films is found also in the names given to the protagonists. In Kedma, an example is given of the abrupt Hebrewization of names as the passengers arrived in the new land, thus highlighting the cultural transformation central to the Zionist project. In “Exodus,” there is much explicit discussion of this aspect of Zionism, and some of the names given to central characters reveal the heavy-handedness of its message. It is, of course, a well-established convention to give evocative names to the protagonists of a literary or cinematographic work. Where would be, for example, Jack London’s The Iron Hell, without his hero, Ernest Everhard? The answer is that the novel might be more impressive without such readily apparent propagandistic trappings. And the same is true for Exodus. Leon Uris’s chief protagonist is Ari Ben Canaan, Hebrew for “Lion, son of Canaan.” This role model for Jewish people everywhere is thusly the direct heir of the ancient Canaanites, precursors of the Jewish community in the land of Palestine. This historical legacy and patrimony established, Paul Newman had only to play the strong fighter—ferocious, hard and wily—with his blond mane cut short, in the military style. The object of Ari’s affections, however ambivalent they may be, is Kitty Fremont, played by Eva Marie Saint. Not only does the pairing of the earnest and ever-hard Ari, the “Lion,” and the compliant but faithful “Kitty” imply a classic gender relationship, but the coupling of this prickly Sabra and the cuddly American symbolizes the special relationship between the United States and native state of Israel that has come to be called the “fifty-first state” of the union. The other major character, played by the baby-faced Sal Mineo, is “Dov Landau,” the 17-year-old survivor of the Warsaw ghetto and Auschwitz. This name evokes the dove of peace and the infancy indirectly evoked by the term “landau” (baby carriage?). The irony is that the angelic Dov, alights on Palestinian soil with the fury of a maddened bird of prey. He is the consummate terrorist—angry and bloodthirsty. Dov’s conversion to Zionism as a collective project, as opposed to a vehicle for his personal vengeance, comes at the end of the story when peace has been (temporarily) achieved through unrelenting combat. Dov then leaves Israel for MIT (Massachusetts Institute of Technology) where he will perfect the engineering skills learned building bombs in Warsaw and in Palestine. Peace means refining the technical capacity for the new nation’s defence. In the meantime, Dov’s fiancee, the soft and sweet Karen, has been cruelly murdered by the Arabs. « Exodus » and « Kedma » differ most notably in the latter’s avoidance of the kind of crude propaganda that Leon Uris and Otto Preminger so heavily developed. Rather than forcing his viewers to accept a vision of the birth of Israel founded upon characters, distortions and omissions from historical reality, Amos Gitaï chose to simply place characters that we see briefly in a specific situation which is the real focus of the film. Whereas Preminger symbolized the destiny of a people in the story of strong characters, Gitaï illustrated the tragedy of an historical conjuncture in which the historical actors were largely incidental. We see this aspect of Gitaï’s thematic inversion of Preminger’s film in the soliloquies delivered in both films. At the very end of “Exodus,” Ari Ben Canaan delivers a speech at Karen’s graveside, in which he justifies the Zionist project as the just and prophetic return of a people forced to err in a hostile world for 2000 years. The resistance encountered to this project, he explains, is only the result of evil, self-interested individuals (such as the Grand Mufti of Jerusalem) who are afraid of losing their privileges once the Arabs learn that Jewish settlement is in their interest. Ari concludes: “I swear that the day will come when Arab and Jew will live in Peace together.” The film then ends with a military convey receding into the distance, towards a new battle in the just cause. In Kedma, there are two soliloquies, delivered not by strong and self-composed leaders, but by distraught, frightened people, caught in a web woven by the apprentice sorcerers in the background—the real architects of the situations in which destinies are sealed and lives are broken. The first speech is made by a middle-aged Polish Jew. Appalled by the new cycle of suffering he witnessed upon arrival in Palestine, he shouts that suffering, guilt and martyrdom have become essential to the Jewish character. Without it, he cries, the Jewish people “cannot exist.” This is their tragedy. The second expression of despair is made by an aged Palestinian peasant, pushed off his land, fleeing the combat. Disregarding the danger, he says: “we will stay here in spite of you. Like a wall, and we will fill the streets with demonstrations, generation after generation.” How to reconcile the Holocaust (the fascist judeocide) and the Nakba (the Palestinian « disaster » of the Zionist ethnic cleansing)? Gitaï’s « Kedma » places the contemporary dilemma within its historical and existential context. Preminger’s “Exodus” did everything not to provide movie-goers with the elements necessary to informed understanding. This is the difference between, on the one hand, demagogy and propaganda and, on the other hand, a call to reason and justice. Representations of leadership in « Exodus » were carefully contrived to create support, in the United States and elsewhere for the State of Israel. It is for this reason that the machinations and tractations of the world leaders who created the situation are conspicuously absent from the story. In « Kedma, » on the contrary, the absence of leaders and any characterization of leadership is designed to have an entirely different effect: namely the evocation of the hatred and human suffering caused when people are instrumental in the service of political and ideological projects. Larry Portis
‘En parler jamais, y penser toujours !’… A l’inverse du «communautarisme», politiquement impensé en France, mais quotidiennement évoqué («communautés» gay, juive, musulmane, arménienne, etc.), la pensée commune française est infectée par la pensée communautaire. Considérée comme étant d’origine anglo-saxonne, cette pensée a pourtant façonné (et miné) la société coloniale en Afrique du Nord. Ce n’était pas «classe contre classe» dans l’égalité citoyenne comme en métropole, mais religion contre religion, dans l’inégalité statutaire et juridique (« citoyens français», «Européens», «israélites», «sujets français musulmans», «indigènes»)… Des millions de Français et d’étrangers habitant aujourd’hui en France ont vécu dans cette pratique politique quotidienne, inconsciemment transmise à leurs enfants. Que l’héritage du communautarisme colonial provienne du refoulé politique français, qu’il ait été fécondé par la pensée politique musulmane (statut des dhimmis ou «protégés»), ou par le communautarisme institutionnel ottoman, a aujourd’hui peu d’importance. Ce qui importe en revanche, c’est qu’au Maghreb, depuis 1945, le communautarisme a conduit à son terme naturel, une épuration ethnique soft, c’est-à-dire au départ concomitant (Algérie) ou successif (Tunisie, Maroc) des «communautés» française, européenne et israélite. Les deux premières ont quitté le Maghreb dans le cadre de la légitime lutte d’indépendance ; la dernière a été délégitimée par son identité extra-musulmane. Les guerres du Proche-Orient ne sont pas étrangères au phénomène (au moins au Maroc et en Tunisie) : elles ont produit une insécurité de basse intensité qui, en trente ans, a vidé le Maghreb de ses communautés juives bimillénaires. Le résultat est connu. Alors que l’Afrique du Sud a préservé son miracle multiethnique, et est aujourd’hui le géant économique de l’Afrique, le Maghreb s’est économiquement réduit comme peau de chagrin. Son PIB n’excède pas celui des Bouches-du-Rhône (90 milliards d’euros), département nourri et irrigué par l’apport des migrants de toute la Méditerranée (« israélites», pieds-noirs, musulmans nord-africains, arméniens…). La violence antisémite qui frappe aujourd’hui en France est moralement et politiquement insupportable. Elle est d’autant plus dramatique que les jeunes beurs qui la mettent en oeuvre rejouent (inconsciemment ?) des scènes qui ont vidé l’Afrique du Nord de ses communautés… Le gouvernement israélien prend acte de cet état de fait, mais Israël n’a-t-il pas justement été créé pour cela ? La perspective d’un départ programmé des juifs de France, ne serait-ce que d’une importante minorité d’entre eux, serait l’échec le plus retentissant de la République française depuis Vichy. Mais cette violence est aussi économiquement et intellectuellement catastrophique. Faut-il rappeler que la nation américaine, la plus riche du monde, est aussi la plus brassée ? Le Proche-Orient, entré il y a plus d’un demi-siècle dans un processus de purification ethnico-religieuse, s’abîme dans les crises et la récession économique, au fur et à mesure que le quittent ses minorités : Européens, juifs d’Europe, Arméniens, juifs arabes, et maintenant chrétiens d’Orient. Intellectuellement, il est plus insupportable encore, qu’en dehors des plus hautes autorités de l’Etat français, il revienne aux intellectuels juifs de France de lancer des signaux d’alarme. Le principe de la démocratie confie à des médiateurs ou représentants (du peuple) la défense de tous les citoyens. Confier la défense d’une «communauté» agressée à ses propres médiateurs est une régression. Il est vrai que traditionnellement, les israélites d’Europe ont été interdits d’activités productives et cantonnés aux services et activités d’échange. L’émancipation des juifs de France au XIXe siècle, puis les traumatismes du XXe siècle, alliés aux fantastiques progrès de l’école, ont accompagné la «montée en gamme» de cette population. Les intellectuels d’origine juive (ou de judaïsme revendiqué) animent aujourd’hui largement le débat public national (au grand dam de Tariq Ramadan), et il va sans dire que leur départ vers les Etats-Unis ou Israël serait une perte incalculable. La France généreuse accueille 80 % de migrants avec un niveau d’études infrasecondaire (quand plus de 80 % des migrants aux Etats-Unis sont diplômés du supérieur), peut-elle de surcroît se permettre de se vider d’une partie croissante de ses forces vives intellectuelles ? Pierre Vermeren
Il y a un syndrome de Jérusalem des dirigeants français. Le syndrome en question, bien connu des psychiatres, projette le visiteur dans un univers mystico-fantasmatique où il se sent illico investi d’une mission sacrée. Certes, ni Jacques Chirac en 1996, ni Emmanuel Macron, aujourd’hui, ne se sont pris pour le Messie. Pourtant, leur passage, dans des contextes bien différents, se sera déroulé avec les mêmes réflexes, suscitant la même vague d’émotion. Au terme d’une longue balade, le 22 janvier, dans la vieille ville, après force accolades et mots profonds – « en ce petit lieu, tant de jaillissements… »- le président, euphorique, s’est rendu à l’Eglise Sainte-Anne. Edifiée par les Croisés, puis transformée en mosquée par Saladin, elle fut offerte à la France en 1856 par les Ottomans de la Sublime Porte, alors maitres de la Palestine, pour services rendus contre l’Empire russe pendant la guerre de Crimée. Et là, divine surprise pour les témoins palestiniens qui n’apprécient guère de voir reconnue par près de 40 chefs d’Etat la centralité d’Israël dans la mémoire du génocide ! Emmanuel Macron, endossant sans le savoir tout en le sachant les habits du Jacques Chirac de 1996, s’est engueulé – ce mot trivial est cependant le seul qui convienne – avec les gardes de la sécurité israélienne. Ces derniers étaient sur les dents depuis des jours. Il y avait de quoi. Recevoir les grands de ce monde dans une capitale sous haute tension n’est pas une mince affaire. La veille, le quotidien palestinien Al Hayat al Jedida, organe officiel de l’Autorité palestinienne, avait publié sans complexe l’édito d’un certain Yahya Rabah qui écrivait mot pour mot, à propos de ce Forum sur le génocide : « Un coup de feu perturbera la cérémonie et un cadavre annulera l’événement ». Le Shin Bet, le renseignement intérieur, prend tout au sérieux et, quoiqu’on puisse en dire sur les réseaux sociaux marqués du sceau de la haine d’Israël, sans la vigilance du Shin Bet, les citoyens de l’Etat hébreu et ses visiteurs auraient du souci à se faire. L’Eglise Sainte-Anne est bel et bien domaine français mais en matière d’anti-terrorisme, les Israéliens sont au parfum. Les agents pénètrent donc dans les lieux, ce qui est à la fois illégitime et compréhensible. Voire « souhaitable » nous confie une source française anonyme, consciente des dangers de la ville sainte et habituée au professionnalisme des collègues israéliens. C’est alors qu’Emmanuel Macron voit rouge. Jérusalem baignait, cette après-midi là, dans une lumière de Golgotha. Les cieux déversaient les eaux du déluge sur la terre promise. Le protocole français, fine mouche, avait prévu 200 parapluies. Il y eut une éclaircie. Macron vit se profiler dans les nuées la silhouette de Chirac et entendit à travers l’orage l’impayable apostrophe, en english dans le texte, de son prédécesseur en 1996. Les hommes du Shin Bet, à l’époque, redoutaient comme aujourd’hui l’incident mortel et s’interposaient entre le « Rais » gaulois et la foule palestinienne. Ce fut alors que tonna l’immortel : « You want me to back to my plane ?????? ». Saisi par l’éternel syndrome de Jérusalem, Macron à son tour gronda : « I don’t like what you did in front of me », « Je n’aime pas ce que vous avez fait devant moi ! » et ordonna qu’on vire illico de Sainte-Anne, territoire français, les agents de l’Etat hébreu, ces étrangers, ces provocateurs. L’affaire fit la Une de la presse israélienne, palestinienne et, forcément, française. Comme de bien entendu, on loua d’un côté la merveilleuse colère du frenchie face à ces gros bras israéliens tandis qu’on s’étonna, de l’autre, d’une telle similitude avec l’affaire Chirac. En réalité, nous sommes en mesure de prouver que le président a été saisi de ce fameux syndrome qui fait les saints, les martyrs et les bonnes consciences. C’était en effet diablement compliqué, en même temps que l’on honorait Israël en acceptant pour la première fois d’y commémorer le génocide (l’historienne Annette Wievorka a écrit là-dessus une fort belle tribune dans les colonnes du Monde), très compliqué d’assurer les Palestiniens de l’historique empathie tricolore à leur égard. Le Macron version Forum de la Shoah pourfend l’antisémitisme, ce qui, du reste, ne rassure pas un instant les Français juifs, en dehors des représentants peu représentatifs des institutions communautaires, mais le Macron version Eglise Sainte-Anne entonne le grand air de la résistance à l’occupation. Bien joué. Enfin, dernier aspect du syndrome de Jérusalem des dirigeants français : le retour du refoulé de la fille ainée de l’Eglise. Il n’a jamais été admis et ne sera sans doute jamais admis au tréfonds des consciences que les juifs aient pu défier le temps, l’oubli et la mort, pour retrouver la Jérusalem biblique et en arpenter les rues en êtres libres et souverains. Que musulmans et chrétiens palestiniens y vivent avec eux dans la même dignité constitue l’espérance naturelle des hommes de paix. Cette espérance, un jour, finira par être comblée. Mais la paix, justement, ne pourra se négocier et s’accomplir qu’en abandonnant les préjugés tenaces, la vision des Israéliens comme venus d’ailleurs et non comme fils fidèles de cette ville. En oubliant ce très politique et très démago syndrome de Jérusalem. Martine Gozlan
Mon identité relationnelle séduisait une foule de gauche qui me considérait comme un rabbin en phase avec les temps modernes, quelqu’un qui rendait la religion accessible et pertinente. Ma défense d’Israël plaisait à un public opposé de conservateurs qui considéraient Israël comme injustement diffamé par la gauche. Les chrétiens évangéliques affluaient vers le message d’Israël en tant que phare de la liberté et bastion des droits de l’homme. Cependant, plus je défendais Israël, en particulier par le biais d’annonces dans les médias, plus mes amis et admirateurs libéraux commençaient à me déserter. Comment mon message universel d’une famille humaine pouvait-il s’intégrer à ma défense passionnée d’un État-nation juif? Comment ma croyance en l’égalité de toute l’humanité pouvait-elle coexister avec ce qu’ils considéraient comme le déplacement des Palestiniens par Israël? L’accord nucléaire du président Barack Obama avec l’Iran de l’époque a mis ce conflit en exergue. Les libéraux se sont réjouis de son élection et de sa politique. Ceux qui l’aimaient et le soutenaient étaient les mêmes personnes qui étaient d’accord avec mes réflexions sur le judaïsme, soutenaient mes campagnes anti-génocide dans des endroits tels que le Rwanda et approuvaient ma poursuite de l’éducation sur l’Holocauste. Alors, comment pouvais-je m’opposer si fermement à Obama sur l’Iran? N’avais-je pas compris que ce leader éclairé faisait la paix? Le dédain que les gens ressentaient pour mon opposition féroce à la politique iranienne d’Obama était pour eux une déception non pas de mes vues politiques, mais de ma foi. Le judaïsme n’est-il pas une religion de paix? Comment pouvions-nous haïr les mollahs iraniens? J’ai soudain ressenti le choc de deux identités. Mon identité juive et rabbinique me disait de suivre Ésaïe, de battre des épées en socs de charrue, remplissant le monde d’amour et d’harmonie. Mais en regardant la menace existentielle qui pèse sur Israël, je ne sentais plus que les paroles d’Isaïe étaient immédiatement pertinentes; les paroles du roi David dans les Psaumes semblaient plus appropriées: «Ceux qui aiment Dieu détestent le mal. Alors que nous publiions plus d’annonces – y compris avec Elie Wiesel – contre l’accord avec l’Iran, soulignant l’abomination de donner au premier parrain du terrorisme au monde 150 milliards de dollars d’actifs non gelés – en grande partie en espèces – je me sentais perdre ma base libérale autrefois fidèle. « Peut-être que Shmuley nous avait trompés et était un fondamentaliste extrémiste depuis le début. »  (…) Le judaïsme a permis au peuple juif d’être la première et seule nation à survivre par la croyance plutôt que par les frontières, avec des rabbins plutôt que des combattants, et la Bible et les prophètes plutôt qu’une économie et des marchés. Mais Theodor Herzl est arrivé et a gâché la fête. Quel genre d’existence était-ce, a-t-il demandé, alors qu’il examinait l’humiliation sans fin des Juifs européens – même ceux qui, comme Alfred Dreyfus, avaient pensé qu’ils pourraient s’assimiler et être accepté des non juifs ? C’est une vie misérable, pensait Herzl. Nous n’avons aucune dignité. Nous avons besoin d’un État-nation. Un foyer juif. Un endroit où les Juifs peuvent vivre avec la prospérité et la sécurité fournies par leur propre armée. Les rabbins ont crié à la faute. Est-ce à dire qu’Israël remplacerait le judaïsme? En effet, nombre des premiers sionistes étaient farouchement laïcs. Ce n’est pas difficile de comprendre pourquoi. Ils pensaient que le judaïsme avec sa dépendance ultime en Dieu plutôt que les efforts de l’individu freinait le peuple juif. Herzl prédisait un État juif avant 50 ans. Il s’était trompé de cinq ans. Cependant, ces cinq années critiques sont arrivées avec un événement: l’Holocauste. Si Israël avait respecté sa prédiction, 6 millions de vies juives auraient pu être épargnées. La politique nazie était l’émigration juive avant son anéantissement. C’est juste qu’aucun pays – y compris les États-Unis – ne voulait les accepter. Ils ont donc été tués à raison de 10 000 par jour. En fait, ce qu’Herzl avait fait, c’est de révéler la profonde erreur de Zakkai. Oui, le judaïsme a permis au peuple juif de survivre – jusqu’à ce qu’il soit gazé et transformé en cendres dans les crématoires d’Auschwitz, Majdanek, Bergen-Belsen et Dachau. Après l’Holocauste, tout argument selon lequel les Juifs peuvent survivre en tant que religion sans État est profondément ridicule, c’est pourquoi le Neturei Karta, en plus d’être un embarras pour le judaïsme alors qu’il traîne avec des tueurs tels que l’ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad, est également profondément ignorant. Le monde n’est pas habitué à voir les Juifs se défendre et préférerait que nous soyons le peuple du livre plutôt que le peuple des Uzi. Je suis rabbin. Je veux que le peuple juif soit une lumière pour les nations. Je crois que le judaïsme a des enseignements rédempteurs à partager avec le monde sur la famille, la sexualité, le mariage, la dignité humaine, la mise en perspective de l’accumulation de richesses, l’égalité des femmes, le respect de tous les enfants de Dieu, la haine du mal et la lutte contre les violations des droits de l’homme. (…) Mais alors que le monde se tournait vers Israël, j’ai ressenti l’appel de mon peuple. Comment pourrais-je ne pas défendre l’État juif, où deux de mes enfants ont servi dans l’armée et où mon peuple réalisait l’ancien rêve de retourner en Israël et à Sion? Je me suis lancé dans les guerres d’Israël via des débats publics sur le campus, des débats publics sur CNN, Fox et MSNBC et des campagnes publicitaires mondiales qui ont défendu l’État juif. Cette décision a entraîné la perte d’une grande partie de mon public de gauche. Comment une personne éclairée comme moi pouvait  parler des droits de l’homme et du sauvetage des relations personnelles et ne pas me soucier des Palestiniens, mes critiques, qui étaient aussi les critiques d’Israël. Comment pouvais-je justifier l’agression d’Israël? Ma réponse selon laquelle Israël est le grand espoir arabe est tombée sur une sourde oreille. Je crois que l’épanouissement d’une démocratie au Moyen-Orient avec tous les droits pour tous ses citoyens arabes et musulmans ferait mentir les dictateurs arabes qui prétendent que des choses comme la liberté de la presse sont impossibles au Moyen-Orient. Il y avait un parti pris contre Israël qui semblait difficile à surmonter. (…) Alors que le monde se retournait contre Israël et que l’antisémitisme se développait à travers le monde, être un combattant pour Israël signifiait souvent perdre l’opportunité d’être une lumière pour les nations. Le monde dans son ensemble n’allait pas écouter quelqu’un l’accuser d’antisémitisme. Le monde n’allait pas voir quelqu’un qui défendait Israël – qu’il diffamait comme un occupant de l’apartheid – comme une lumière morale et spirituelle. Comme mon fils Mendy me l’a dit, c’est presque comme si les nations du monde étaient si brutales envers nous qu’elles ont complètement réorienté notre mission nationale de la propagation de la parole de Dieu à la survie de base. Et après qu’ils nous aient forcés à survivre, ils nous ont reproché de riposter et ont dit que ceux qui se battent n’ont pas le droit de prêcher un message spirituel d’unité universelle et de guérison cosmique. L’élection du président Donald Trump a amplifié ce fossé. Ces Juifs reconnaissants à Trump d’avoir déplacé l’ambassade américaine en Israël à Jérusalem; le retrait de l’accord nucléaire iranien catastrophique; l’arrêt de la diffamation d’Israël aux Nations Unies; l’arrêt du financement de l’Autorité palestinienne tant qu’elle utilise cet argent  pour récompenser l’assassinat de Juifs; et la reconnaissance des hauteurs du Golan, sont traités comme indignes d’un rabbin.  (…) Nous ne devons pas renoncer à expliquer que la spiritualité juive et sa réussite à soutenir le peuple juif sont intimement liées à Israël. Oui, le monde n’est pas habitué à voir les Juifs se défendre et préférerait que nous soyons le peuple du livre plutôt que le peuple des uzis. Un cynique pourrait dire que le monde ne déteste pas tant les Juifs que les Juifs qui détiennent le pouvoir et se défendent pour eux-mêmes. Prenez Hollywood, par exemple. Presque tous les mois, l’industrie sort un excellent film sur la tragédie de l’Holocauste – mais elle n’a produit aucun film positif sur Israël depuis que Paul Newman a joué dans «Exodus». Des juifs avec des étoiles jaunes de David sur eux mourant et étant gazés touchent les scénaristes, réalisateurs et producteurs hollywoodiens. Les Juifs qui se battent dans les chars Merkava sur les hauteurs du Golan, ou les commandos israéliens qui prennent d’assaut les avant-postes terroristes à Gaza pour s’assurer qu’ils ne seront plus jamais abattus, est considéré non pas aussi héroïque mais oppressant pour les voisins d’Israël. D’un autre côté, avoir des guerriers israéliens a considérablement amélioré le judaïsme. Avoir une maison pour laquelle nous sommes prêts à nous battre et à nous défendre dans les relations publiques mondiales a donné au peuple juif une dignité que nous ne possédions pas auparavant lorsque nous étions une nation pitoyable. Les évangéliques chrétiens affluent désormais non seulement pour soutenir l’État juif, mais aussi pour en apprendre davantage sur la judéité de Jésus. (…) Sans Israël, le peuple juif – et la religion juive par extension – n’aurait pas l’impact qu’il a sur les chrétiens évangéliques. De même, sans Israël, il n’y aurait pas une véritable renaissance du judaïsme – non seulement avec les centaines de yeshivots et de séminaires qui ont ouvert, mais avec les communautés juives du monde entier qui ont renforcé leurs liens avec leur foi en raison de l’inspiration d’Israël. Pour le moment, nous ne gagnerons pas nécessairement les mondialistes alors que nous nous battons pour Israël. Ils nous puniront pour notre défense de nous-mêmes. Mais je crois qu’avec le temps, cela va changer. Il y aura un retour de bâton contre le libéralisme faux et frauduleux d’aujourd’hui qui diabolisait Israël alors qu’il fêtait l’Iran, la Turquie et la Chine. Quant au prix que nous paierons jusque-là, je pense qu’il en vaut vraiment la peine. Israël en vaut la peine. La patrie juive en vaut la peine. L’État juif en vaut la peine. Non seulement parce que sans Israel, il n’y aurait pas de sanctuaire pour les Juifs à l’ère de la persécution mondiale, mais parce que, comme le dit le Talmud, ‘Celui qui est sans foyer n’est pas une personne.’ Même pour les Juifs qui vivent dans la diaspora, c’est Israël qui donne à notre identité juive sa dignité. C’est Israël qui donne un sens à notre observance juive. Et c’est Israël qui donne à chaque homme, femme et enfant juif la plus grande fierté. Quel sens auraient nos prières quotidiennes sans la supplication de la présence divine retournant à Jérusalem? Comment pouvons-nous chercher à être connectés aux enseignements d’Abraham sans comprendre qu’ils proviennent d’un lieu et d’un temps particuliers en Israël? Détacher le judaïsme d’Israël, c’est faire de notre religion un cadavre sans vie dépourvu d’âme. Tant que le monde ne verra pas la vertu d’Israël – un événement rendu beaucoup plus difficile par l’antisémitisme mondialement ancré – mon avis est que nous ne pouvons pas abandonner la bataille pour joindre les deux. Nous ne devons pas renoncer à expliquer que la spiritualité juive et sa réussite à soutenir le peuple juif sont intimement liées à Israël. Rabbin Shmuley Boteach
My relationships identity appealed to a liberal crowd that saw me as a rabbi in tune with modern times, someone who made religion accessible and relevant. My defense of Israel appealed to an opposite audience of conservatives that saw Israel as being unfairly maligned by the left. Evangelical Christians flocked to the message of Israel as a beacon of freedom and bastion of human rights. However, the more I stood up for Israel, especially through ads in the media, the more my liberal friends and admirers began to desert me. How did my universal message of one human family mesh with my passionate defense of a Jewish nation state? How did my belief in the equality of all humankind coexist with what they saw was Israel’s displacement of the Palestinians? Then-President Barack Obama’s nuclear deal with Iran brought this conflict into stark relief. Liberals delighted in his election and his policies. Those who loved him and supported him were the same people who agreed with my thoughts on Judaism, supported my anti-genocide campaigns in places such as Rwanda, and agreed with my furtherance of Holocaust education. So how could I so strongly oppose Obama on Iran? Did I not understand this enlightened leader was making peace? The disdain people felt for my ferocious opposition to Obama’s Iran policy was a disappointment not in my politics, but my faith. Is Judaism not a religion of peace? How could we hate the Iranian mullahs? I suddenly felt the clash of two identities. My Jewish, rabbinical identity told me to follow Isaiah, beating swords into plowshares, filling the world with love and harmony. But in looking at the existential threat facing Israel, I did not feel the words of Isaiah were immediately relevant; the words of King David in Psalms seemed more appropriate: “Those who love God hate evil.” As we took out more ads — including with Elie Wiesel — against the Iran deal, pointing out the abomination of giving the world’s foremost sponsor of terror $150 billion in unfrozen assets — much of it in cash — I felt myself losing my once-stalwart liberal base. “Perhaps Shmuley had bamboozled us and was an extremist fundamentalist all along.” (…) Judaism ensured the Jewish people would be the first and only nation to survive by belief rather than borders, with rabbis rather than fighters, and the Bible and Prophets rather than an economy and markets. But along came Theodor Herzl and spoiled the party. What kind of existence is this, he asked, as he surveyed the never-ending humiliation of European Jewry — even those who, like Alfred Dreyfus, had thought they might assimilate into non-Jewish acceptance? This is a wretched life, Herzl thought. We have no dignity. We need a nation state. A Jewish home. A place where Jews can live with prosperity and security provided by their own army. The rabbis cried foul. Does this mean Israel would replace Judaism? Indeed, many early Zionists were fiercely secular. It’s not hard to understand why. They felt Judaism with its ultimate reliance on God rather than the efforts of the individual was holding back the Jewish people. Herzl predicted a Jewish state within 50 years. He was off by about five. However, those critical five came with an event: the Holocaust. If Israel had met his prediction, 6 million Jewish lives might have been spared. The Nazi policy was Jewish emigration before it was annihilation. It’s just that no country — including the United States — would take them in. So they were killed at a rate of about 10,000 per day. In effect, what Herzl did was expose Zakkai’s decision as profoundly incorrect. Yes, Judaism allowed the Jewish people to survive — until they were gassed and turned into ash in the crematoria of Auschwitz, Majdanek, Bergen-Belsen and Dachau. After the Holocaust, any argument that Jews can survive as a religion without a state is profoundly ridiculous, which is why the Neturei Karta, aside from being an embarrassment to Judaism as they hang out with killers such as former Iranian President Mahmoud Ahmadinejad, also are profoundly ignorant. The world is not accustomed to seeing Jews stand up for themselves and would prefer us being the people of the book rather than the people of the Uzi. I am a rabbi. I want the Jewish people to be a light unto the nations. I believe Judaism has redemptive teachings to share with the world on family, sexuality, marriage, human dignity, putting the accumulation of wealth in perspective, equality of women, respect for all of God’s children, hatred of evil and fighting human rights abuses. (…) But as the world turned on Israel, I felt the call of my people. How could I not stand up for the Jewish state, where two of my children served in the army and where my people were fulfilling the ancient dream of returning to Israel and Zion? I threw myself into the Israel wars via public debates on campus, public debates on CNN, Fox and MSNBC and global advertising campaigns that defended the Jewish state. With that decision came the loss of much of my liberal audience. How could I, an enlightened person who spoke about human rights and rescuing relationships, not care about the Palestinians, my critics, who were also Israel’s critics. How could I justify Israel’s aggression? My response that Israel is the great Arab hope was met with deaf ears. I believe the flourishing of a democracy in the Middle East with full rights for all its Arab and Muslim citizens would give lie to Arab dictators who claim that things such as press freedom are impossible in the Middle East. There was a bias against Israel that seemed hard to surmount. (…) As the world turned against Israel and as anti-Semitism sprang up around the world, being a fighter for Israel often meant forfeiting the opportunity to be a light unto the nations. The world at large was not going to listen to someone accusing it of anti-Semitism. The world was not going to see someone who defended Israel — which it vilified as an apartheid occupier — as a moral and spiritual light. As my son Mendy told me, it’s almost as if the nations of the world were so brutal toward us that they completely reoriented our national mission from spreading the word of God to basic survival. And after they forced us into survival mode, they faulted us for fighting back and said those who fight have no right to preach a spiritual message of universal oneness and cosmic healing. The election of President Donald Trump has magnified this divide. Those Jews thankful to Trump for moving the American embassy in Israel to Jerusalem; withdrawing from the catastrophic Iran nuclear deal; stopping the vilification of Israel at the United Nations; ceasing the funding to the Palestinian Authority as long as it channels that money in a pay-for-slay policy for killing Jews; and recognizing the Golan Heights, are treated as unworthy of the mantle of Jewish teacher. If you show the Jewish virtue of hakarat hatov, basic gratitude, toward a president who has strengthened and legitimized Israel immeasurably, especially at the United Nations, you are promoting darkness to the nations rather than serving as a light. (…) We must not give up on explaining that Jewish spirituality and its success in sustaining the Jewish people is intimately connected with Israel. Yes, the world is not accustomed to seeing Jews stand up for themselves and would prefer us being the people of the book rather than the people of the Uzi. A cynic might say the world does not so much hate Jews as hate Jews who have power and stick up for themselves. Take Hollywood, for example. Nearly every month, the industry releases an excellent movie about the tragedy of the Holocaust — yet it has not produced one positive movie about Israel since Paul Newman starred in “Exodus.” Jews with yellow Stars of David on them dying and being gassed moves and touches Hollywood writers, directors and producers. Jews battling in Merkava tanks on the Golan Heights, or Israeli commandos storming terrorist outposts in Gaza to ensure they never again are slaughtered, is seen not so much as heroic but as oppressive to Israel’s neighbors. On the other hand, having Israel warriors has greatly enhanced Judaism. Having a home for which we are prepared to fight and stand up for ourselves in global PR has given the Jewish people a dignity we previously did not possess when we were a pitied nation. Christian evangelicals now flock not only to support the Jewish state but to learn about the Jewishness of Jesus. (…) Were it not for Israel, the Jewish people — and the Jewish religion by extension — would not have the impact it is having on evangelical Christians. Likewise, were it not for Israel, there would not be a true renaissance of Judaism — not only with the hundreds of yeshivot and seminaries that have opened but with Jewish communities the world over that have strengthened their bonds to their faith because of Israel’s inspiration. (…) Right now, we may not necessarily win over the globalists as we fight for Israel. They will punish us for standing up for ourselves. But I believe that in time, this will change. There will be a backlash against the false and fraudulent liberalism of today that would demonize Israel even as it fetes Iran, Turkey and China. As for the price we pay until then, I feel it absolutely is worth it. Israel is worth it. The Jewish homeland is worth it. The Jewish state is worth it. Not only because without Israe there would be no sanctuary for Jews in an age of global persecution, but because as the Talmud says, “He who is without a home is not a person.” Even for Jews who live in the Diaspora, it is Israel that gives our Jewish identity dignity. It is Israel that gives our Jewish observance meaning. And it is Israel that gives every Jewish man, woman and child the greatest pride. What meaning would our daily prayers have without the supplication of the divine presence returning to Jerusalem? How do we seek to be connected to the teachings of Abraham without understanding that they stemmed from a particular place and time in Israel? To detach Judaism from Israel is to make our religion a lifeless corpse bereft of soul. Until such time as the world comes to see Israel’s virtue — an event made much harder by globally ingrained anti-Semitism — my advice is that we cannot give up the battle on joining the two. We must not give up on explaining that Jewish spirituality and its success in sustaining the Jewish people is intimately connected with Israel. Rabbi Shmuley Boteach

Cachez cet Israël que je ne saurai voir !

En ce 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz …

Au lendemain d’un forum où l’on honorait Israël en acceptant pour la première fois d’y commémorer le génocide …

Qui vit à nouveau syndrome de Jérusalem oblige …

Selon l’heureuse formule de Martine Gozlan du magazine Marianne …

Un président français « entonner à nouveau,  pour rassurer les Palestiniens de l’historique empathie tricolore à leur égard, le grand air de la résistance à l’occupation » …

Mais aussi de la rafraichissante rediffusion sur Arte

Avec ses distorsions historiques, ses Arabes fanatisés et encadrés par d’anciens soldats du Troisième Reich et ses Britanniques refusant d’intervenir …

D’un Exodus avec toute la force et la passion bien vivantes de l’idéal sioniste  …

Et à l’heure où comme le rappelait Pierre Vermeren il y a déjà 16 ans …

Une France généreuse qui accueille 80 % de migrants au niveau d’études infrasecondaire contre plus de 80 % de diplômés du supérieur aux Etats-Unis …

Est en train de payer le prix à nouveau, après les pays arabes avant elle et sur fond de cécité redoublée, de la fuite de ses élites juives …

Pendant que le meilleur défenseur qu’ait connu tant le peuple juif qu’iranien ou même chrétien depuis Reagan …

Se voir moquer comme le premier idiot du village venu …

Comment ne pas voir avec le rabbin américain Shmuley Boteach …

Qu’ « après l’Holocauste, tout argument selon lequel les Juifs peuvent survivre en tant que religion sans État est profondément ridicule » …

Et que « détacher le judaïsme d’Israël, c’est faire d’en faire un cadavre sans vie dépourvu d’âme « ?

The Clash Over Support for Israel
Have the Jews paid a price for defending Israel?
Rabbi Shmuley Boteach
Jewish Journal
Jan 22, 2020

I am a lover and supporter of Israel. I dedicate much of my life and waking hours to defending, supporting and promoting Israel. I say this not to brag or take credit, but to be crystal clear that in asking whether Israel has helped or hurt Judaism, I am not querying whether the state of Israel should exist or whether it has been a blessing to the Jewish people.

Israel is the greatest modern miracle of the Jewish nation. Its existence has saved countless lives. It is the sole democracy in the Middle East and is a global bastion of human rights. Had Israel existed in 1940, 6 million Jews may not have died, and the Holocaust might not have occurred. Israel is the pride and joy of the Jewish people. Those who do not agree with this statement likely are ignorant of Jewish history and blind to Jewish purpose.

But what is the price Judaism has paid for the state of Israel? Is it possible for the Jewish people to remain a light for other nations as they engage in daily struggles to protect and promote their nation state as it is assailed from all sides?

I joined the Chabad movement as a boy, attending summer camp and meeting the Rebbe, Menachem Mendel Schneerson, when I was about 10 years old. The Rebbe’s universal message of globally spreading Judaism appealed to me. By 14, I had switched to a full-time, live-in Chabad yeshiva in Los Angeles. By 19, I was the Rebbe’s student emissary in Sydney, and by 22, along with my wife, Debbie, his full-time rabbinical emissary at Oxford University.

I reveled in making Judaism a light unto the nations. Why should Christianity and Islam, daughter religions of Judaism, make all the impact, with Judaism getting no credit? Where was the Jewish message for non-Jews about passionate marriages, kosher sex, raising inspired children and creating close-knit communities? Why was Judaism a spiritual backwater that appealed only to Jews?

My intention was not to proselytize non-Jews to Judaism. To the contrary, I wanted everyone to find purpose in their own identities and backgrounds. I wanted everyone to — as my friend Marianne Williamson once said — “honor their own incarnation.” But I also wanted universal Jewish values to influence them.

To that extent, I diverged from the traditional Hillel and Chabad campus model of focusing almost exclusively on Jews, and created a student organization that had thousands of non-Jews. Within two years of its creation, the Oxford L’Chaim Society had grown to become the second largest in Oxford’s history.

At that time, the late 1980s, I was keenly aware my beloved Israel was under attack. I was astonished by how much hatred the Jewish state engendered. I dedicated myself and our organization to Israel’s defense. In 11 years, we hosted six men who had or would serve as Israel’s prime ministers: Benjamin Netanyahu, Ariel Sharon, Ehud Olmert, Shimon Peres, Yitzhak Shamir and Yitzhak Rabin. This was in addition to hundreds of other pro-Israel speakers and debaters.

The more I stood up for Israel, especially through ads in the media, the more my liberal friends and admirers began to desert me.

We trained students to be Israel’s spokespeople at important forums such as the Oxford Union. Some of our student leaders and participants went on to be top political officials, including Ambassador Ron Dermer, Mayor Eric Garcetti of Los Angeles and Sen. Cory Booker (D-N.J.), who was one of Israel’s greatest champions before turning on Israel with his support for the Iran nuclear agreement and his vote against the Taylor Force act in Senate committee.

While I continued to defend Israel, I published books on sex, relationships and marriage. I was wearing two hats: Hebrew warrior and relationship guru. The two peacefully coexisted — until about a decade ago, when they began to sharply diverge.

My relationships identity appealed to a liberal crowd that saw me as a rabbi in tune with modern times, someone who made religion accessible and relevant. My defense of Israel appealed to an opposite audience of conservatives that saw Israel as being unfairly maligned by the left. Evangelical Christians flocked to the message of Israel as a beacon of freedom and bastion of human rights.

However, the more I stood up for Israel, especially through ads in the media, the more my liberal friends and admirers began to desert me. How did my universal message of one human family mesh with my passionate defense of a Jewish nation state? How did my belief in the equality of all humankind coexist with what they saw was Israel’s displacement of the Palestinians?

Then-President Barack Obama’s nuclear deal with Iran brought this conflict into stark relief. Liberals delighted in his election and his policies. Those who loved him and supported him were the same people who agreed with my thoughts on Judaism, supported my anti-genocide campaigns in places such as Rwanda, and agreed with my furtherance of Holocaust education.

So how could I so strongly oppose Obama on Iran? Did I not understand this enlightened leader was making peace? The disdain people felt for my ferocious opposition to Obama’s Iran policy was a disappointment not in my politics, but my faith. Is Judaism not a religion of peace? How could we hate the Iranian mullahs?

After the Holocaust, any argument that Jews can survive as a religion without a state is profoundly ridiculous.

I suddenly felt the clash of two identities. My Jewish, rabbinical identity told me to follow Isaiah, beating swords into plowshares, filling the world with love and harmony. But in looking at the existential threat facing Israel, I did not feel the words of Isaiah were immediately relevant; the words of King David in Psalms seemed more appropriate: “Those who love God hate evil.”

As we took out more ads — including with Elie Wiesel — against the Iran deal, pointing out the abomination of giving the world’s foremost sponsor of terror $150 billion in unfrozen assets — much of it in cash — I felt myself losing my once-stalwart liberal base. “Perhaps Shmuley had bamboozled us and was an extremist fundamentalist all along.”

But the clash here was not about Shmuley-the-relationship-counselor versus Shmuley-the-Hebrew-warrior; it was a clash of Shmuley the rabbi, representing the universalist goals of Judaism, with Shmuley the Israel fighter, representing the existential survival needs of the Jewish nation-state.

As many saw it, it was a conflict between Jewish universalism and Hebrew parochialism; Judaism as a religion for all people versus Israel as a state for only Jewish people.

It was at this point I recalled the story of Roman Emperor Vespasian and the greatest rabbi of the last years of the Second Temple, Rabbi Yochanan ben Zakkai.

The gist of the story is this: It’s 2,000 years ago and the Romans have surrounded Jerusalem. They are about to invade, annihilate the population and destroy the Holy Temple. The Jewish rebels fighting the Romans have made it a capital offense for anyone — including the greatest rabbis — to leave Jerusalem, for fear traitors will seek terms with the Romans or betray the Jewish cause.

Zakkai decides the Jewish cause is lost. The Romans will destroy everything. He fakes his death and is taken out of Jerusalem in a coffin, as bodies cannot be buried in the holy city. He is granted an audience with Vespasian, who is then a general, and greets him with the words, “Hail, Caesar.” Vespasian says the rabbi deserves death for giving him the imperial salutation when he is only a commanding general. Just then, a messenger comes in from Rome and says, “Hail, Caesar. The Roman emperor in the capital city has been deposed. You have been proclaimed the new emperor by your troops.”

Vespasian looks at Zakkai and is impressed, thinking the man is some kind of prophet. Vespasian agrees to grant the rabbi three wishes, the most important of which is Zakkai’s request that even if Jerusalem is destroyed, Vespasian will allow the rabbis and teachers to go to the city of Yavneh and establish a yeshiva there for the continuity of Judaism, the religion, unmolested by Rome.

But wait. What about the Temple? What about Israel? What about Jerusalem? What about the Jewish nation state? Clearly, Zakkai made a decision. Israel was lost, but Judaism would remain. The Jewish people would live on not through borders, an army and a capital, but through Jewish mitzvot and Torah observance. The people would survive through rabbis rather than soldiers, through scripture rather than a state, through the minute strictures of the halachah rather than the borders of a country.

From that fork in the road where Zakkai could have asked Vespasian to spare the country instead of sparing the Torah and teachers comes our present dilemma. For 2,000 years, Zakkai’s gamble — for which he was strongly criticized by fellow Talmudists — more or less worked. The Jewish people survived in exile through their Judaism.

I say “more or less” because survival came at the price of humiliation, expulsion, persecution, constant attack and finally, annihilation in the Holocaust. Yet for all those immeasurable and unspeakable horrors, Judaism and the Jewish people survived, even as millions did not.

Judaism ensured the Jewish people would be the first and only nation to survive by belief rather than borders, with rabbis rather than fighters, and the Bible and Prophets rather than an economy and markets.

But along came Theodor Herzl and spoiled the party. What kind of existence is this, he asked, as he surveyed the never-ending humiliation of European Jewry — even those who, like Alfred Dreyfus, had thought they might assimilate into non-Jewish acceptance? This is a wretched life, Herzl thought. We have no dignity. We need a nation state. A Jewish home. A place where Jews can live with prosperity and security provided by their own army.

The rabbis cried foul. Does this mean Israel would replace Judaism? Indeed, many early Zionists were fiercely secular. It’s not hard to understand why. They felt Judaism with its ultimate reliance on God rather than the efforts of the individual was holding back the Jewish people.

Herzl predicted a Jewish state within 50 years. He was off by about five. However, those critical five came with an event: the Holocaust. If Israel had met his prediction, 6 million Jewish lives might have been spared. The Nazi policy was Jewish emigration before it was annihilation. It’s just that no country — including the United States — would take them in. So they were killed at a rate of about 10,000 per day.

In effect, what Herzl did was expose Zakkai’s decision as profoundly incorrect. Yes, Judaism allowed the Jewish people to survive — until they were gassed and turned into ash in the crematoria of Auschwitz, Majdanek, Bergen-Belsen and Dachau.

After the Holocaust, any argument that Jews can survive as a religion without a state is profoundly ridiculous, which is why the Neturei Karta, aside from being an embarrassment to Judaism as they hang out with killers such as former Iranian President Mahmoud Ahmadinejad, also are profoundly ignorant.

The world is not accustomed to seeing Jews stand up for themselves and would prefer us being the people of the book rather than the people of the Uzi.

I am a rabbi. I want the Jewish people to be a light unto the nations. I believe Judaism has redemptive teachings to share with the world on family, sexuality, marriage, human dignity, putting the accumulation of wealth in perspective, equality of women, respect for all of God’s children, hatred of evil and fighting human rights abuses.

As a religion, we can and should impart those values. No one gave us the opportunity to do so when authorities shoved us into ghettos, resulting in poverty-level existence. However, the emancipation of European Jewry provided that opportunity. Judaism finally might be heard.

Jewish luminaries such as philosopher Moses Mendelssohn (1729-86) began the process, even as they compromised some of the core of Judaism in an effort to make it more palatable. The creation of the United States gave Jews full rights and acceptance, and for the first time in 2,000 years, there arose the possibility that rabbis and Jewish thinkers might go public via TV, radio and later, the internet, as well as publish books that profoundly impact hundreds of millions of non-Jews.

Modern media and a new, open, liberal mindset allowed Judaism — for the first time in history — to become a light unto the nations, without having to influence the world through the medium of Christianity or Islam.

I firmly jumped on this bandwagon, using Jewish wisdom to counsel non-Jewish families on a national TV show. I sought to rescue faltering marriages, restore lost intimacy and passion from monogamous relationships, and help parents inspire their children with values.

But as the world turned on Israel, I felt the call of my people. How could I not stand up for the Jewish state, where two of my children served in the army and where my people were fulfilling the ancient dream of returning to Israel and Zion?

I threw myself into the Israel wars via public debates on campus, public debates on CNN, Fox and MSNBC and global advertising campaigns that defended the Jewish state.

With that decision came the loss of much of my liberal audience. How could I, an enlightened person who spoke about human rights and rescuing relationships, not care about the Palestinians, my critics, who were also Israel’s critics. How could I justify Israel’s aggression?

My response that Israel is the great Arab hope was met with deaf ears. I believe the flourishing of a democracy in the Middle East with full rights for all its Arab and Muslim citizens would give lie to Arab dictators who claim that things such as press freedom are impossible in the Middle East. There was a bias against Israel that seemed hard to surmount.

The quandary I faced took me back two millennia to Zakkai, sitting before Vespasian. Would I be silent on Israel so I could remain a rabbi to the gentiles? Would I allow Israel to suffer while I spoke on television about kosher sex? Would I allow my closest friend and former student president Cory Booker to betray Israel and the United States by voting to give the killer mullahs in Tehran $150 billion so Booker’s many admirers would continue to see me as the enlightened Chassidic rabbi who mentored him? Would I be silent to remain popular among the Hollywood set while Israelis were blown up on buses and in cafes?

No, I would not. I would not remain silent, regardless of personal cost.

But this wasn’t primarily about me and the price I personally paid. It was about a choice. As the world turned against Israel and as anti-Semitism sprang up around the world, being a fighter for Israel often meant forfeiting the opportunity to be a light unto the nations. The world at large was not going to listen to someone accusing it of anti-Semitism. The world was not going to see someone who defended Israel — which it vilified as an apartheid occupier — as a moral and spiritual light.

As my son Mendy told me, it’s almost as if the nations of the world were so brutal toward us that they completely reoriented our national mission from spreading the word of God to basic survival. And after they forced us into survival mode, they faulted us for fighting back and said those who fight have no right to preach a spiritual message of universal oneness and cosmic healing.

The election of President Donald Trump has magnified this divide. Those Jews thankful to Trump for moving the American embassy in Israel to Jerusalem; withdrawing from the catastrophic Iran nuclear deal; stopping the vilification of Israel at the United Nations; ceasing the funding to the Palestinian Authority as long as it channels that money in a pay-for-slay policy for killing Jews; and recognizing the Golan Heights, are treated as unworthy of the mantle of Jewish teacher. If you show the Jewish virtue of hakarat hatov, basic gratitude, toward a president who has strengthened and legitimized Israel immeasurably, especially at the United Nations, you are promoting darkness to the nations rather than serving as a light.

There now is an undeniable conflict between being an Israel warrior and serving as an exponent of Judaism, such that the more one engages in the former, the less effective he or she is in the latter. And one is forced to choose?

To detach Judaism from Israel is to make our religion a lifeless corpse bereft of soul.

Don’t believe me? Take a look at Hillel and Chabad on campus. They care deeply about Israel. Still, they pay, at best, lip service to the battle against the boycott, divestment and sanctions movement on college campuses without mounting any serious and coordinated national campaign to combat it. Why? Their local directors will say — in their minds, with good cause — that if they stand for Israel or fight openly against Israel Apartheid Week, then students won’t come for chicken soup on Friday night. Hillel directors and Chabad rabbis feel they are forced to choose between advocating for Israel and losing more liberal-minded Jewish students, or forfeiting the fight for Israel and getting Jewish students to come to Torah classes or lectures on the Holocaust.

I cannot tell you how many college campus activists have expressed to me privately that Israel now is so toxic a subject on campuses that mixing it with their Jewish activities would cause them to lose more than half their participants.

To these Chabad rabbis and Hillel directors, I responded, “But, wait. If you’re going to cut out Israel from your programs — with the exception for some meaningless tokenism like having a falafel party on Yom HaAtzmaut — then you’ve cut out the heart of Judaism. Israel is central to everything Judaism stands for. What’s next? If God is offensive to atheists and makes you look backward and unscientific for your beliefs, do you drop Him as well? If mikveh is misunderstood by women as a belief that their menses make then unclean, do we cut out that, too? Or the Sabbath, if people believe it’s a day of idleness for people who are lazy and don’t want to work, will the Sabbath also be stripped out of Judaism?”

To this, one of Hillel’s most generous benefactors told me, “Look. I would never say this in public, but the battle for Israel on campus is lost. We should have woken up two decades ago. But we didn’t. And now, if we prioritize fighting for Israel, we cannot be impactful with teaching Judaism.”

So what can we do? Is Israel an unqualified blessing, or has its creation come at the expense of Jewish globalism? Has the creation of a nation-state in our ancient homeland in the Middle East compromised the universal impact we Jews were meant to make as a religion? Has Israel made us parochial rather than global? Myopic rather than universal? Limited rather than expansive? Controversial rather than popular?

Has Israel and the battle we must wage for Israel undermined the Jewish people’s capacity to use Jewish spirituality to influence the nations? The answer is yes and no.

We must not give up on explaining that Jewish spirituality and its success in sustaining the Jewish people is intimately connected with Israel.

Yes, the world is not accustomed to seeing Jews stand up for themselves and would prefer us being the people of the book rather than the people of the Uzi. A cynic might say the world does not so much hate Jews as hate Jews who have power and stick up for themselves. Take Hollywood, for example. Nearly every month, the industry releases an excellent movie about the tragedy of the Holocaust — yet it has not produced one positive movie about Israel since Paul Newman starred in “Exodus.” Jews with yellow Stars of David on them dying and being gassed moves and touches Hollywood writers, directors and producers. Jews battling in Merkava tanks on the Golan Heights, or Israeli commandos storming terrorist outposts in Gaza to ensure they never again are slaughtered, is seen not so much as heroic but as oppressive to Israel’s neighbors.

On the other hand, having Israel warriors has greatly enhanced Judaism. Having a home for which we are prepared to fight and stand up for ourselves in global PR has given the Jewish people a dignity we previously did not possess when we were a pitied nation.

Christian evangelicals now flock not only to support the Jewish state but to learn about the Jewishness of Jesus. In my book “Kosher Jesus,” I argue, based on Christian scripture and the New Testament, that Jesus was a Jewish patriot who fought for the freedom of Israel against the Roman oppressors and was put to death by Roman proconsul Pontius Pilate for his defiance.

Were it not for Israel, the Jewish people — and the Jewish religion by extension — would not have the impact it is having on evangelical Christians. Likewise, were it not for Israel, there would not be a true renaissance of Judaism — not only with the hundreds of yeshivot and seminaries that have opened but with Jewish communities the world over that have strengthened their bonds to their faith because of Israel’s inspiration.

But for those who are more liberally minded and are true globalists, yes, standing up for Israel has somewhat impaired our ability to influence them with Jewish values. For example, the World Economic Forum at Davos, Switzerland, may be the ultimate statement of globalist influence. When I was last there three years ago, Iranian President Hassan Rouhani was treated as a global celebrity, feted by world leaders, even as Benjamin Netanyahu, who spoke two hours after him, couldn’t fill half the room because attendees were boycotting his appearance.

Right now, we may not necessarily win over the globalists as we fight for Israel. They will punish us for standing up for ourselves. But I believe that in time, this will change. There will be a backlash against the false and fraudulent liberalism of today that would demonize Israel even as it fetes Iran, Turkey and China.

As for the price we pay until then, I feel it absolutely is worth it. Israel is worth it. The Jewish homeland is worth it. The Jewish state is worth it. Not only because without Israe there would be no sanctuary for Jews in an age of global persecution, but because as the Talmud says, “He who is without a home is not a person.” Even for Jews who live in the Diaspora, it is Israel that gives our Jewish identity dignity. It is Israel that gives our Jewish observance meaning. And it is Israel that gives every Jewish man, woman and child the greatest pride.

What meaning would our daily prayers have without the supplication of the divine presence returning to Jerusalem? How do we seek to be connected to the teachings of Abraham without understanding that they stemmed from a particular place and time in Israel? To detach Judaism from Israel is to make our religion a lifeless corpse bereft of soul.

Until such time as the world comes to see Israel’s virtue — an event made much harder by globally ingrained anti-Semitism — my advice is that we cannot give up the battle on joining the two. We must not give up on explaining that Jewish spirituality and its success in sustaining the Jewish people is intimately connected with Israel.

We Jews create strong families because we understand bonds that stretch across time and space, like our connection to Israel. We understand holiness because of the holy land of Israel. We understand ecstasy and longing because every year, we read of Moses’ ecstatic longing to enter Israel. We understand the need to keep one’s word and fulfill one’s promises — because after 2,000 years of exile, God kept his promise and returned us to the glorious, beautiful and majestic land of Israel, even as we continue to wait for the long-promised complete redemption of our people with the Messiah, when Israel and all the nations of the Earth will live in peace, men will beat their swords into plowshares, and no man will ever again teach his son the art of war.

May it happen now.


Rabbi Shmuley Boteach is the author of 33 books, including “Judaism for Everyone,” “Renewal: A Guide to the Values-Filled Life,” “Kosher Sex,” “Kosher Adultery” and “Lust for Love,” co-authored with actress and activist Pamela Anderson. Follow him on Twitter and Instagram @RabbiShmuley. 

Voir aussi:

Colère de Macron : le syndrome de Jérusalem des présidents français
Martine Gozlan
Marianne
23/01/2020

Rédactrice en chef
Travaille sur les questions et les pays d’Islam et couvre le conflit israélo-palestinien. A publié de nombreux livres sur l’islamisme, entre autres Pour comprendre l’intégrisme islamiste (Albin Michel 2002), Le sexe d’Allah ( Grasset 2004), Le désir d’islam (Grasset 2005), Sunnites-Chiites, pourquoi ils s’entretuent (Le Seuil 2008), L’imposture turque (Grasset 2011), ainsi qu’un récit sur l’Etat hébreu Israël contre Israël (L’Archipel, 2012) et une biographie Hannah Szenes l’étoile foudroyée (l’Archipel 2014).

En marge du sommet international sur la mémoire de la Shoah et l’antisémitisme qui réunit une quarantaine de chefs d’Etat en Israël, le président français a eu une vive altercation ce 22 janvier, comme Jacques Chirac en 1996, avec la sécurité israélienne, cette fois à la basilique Sainte-Anne, domaine français au cœur de la vieille ville.

Il y a un syndrome de Jérusalem des dirigeants français. Le syndrome en question, bien connu des psychiatres, projette le visiteur dans un univers mystico-fantasmatique où il se sent illico investi d’une mission sacrée. Certes, ni Jacques Chirac en 1996, ni Emmanuel Macron, aujourd’hui, ne se sont pris pour le Messie. Pourtant, leur passage, dans des contextes bien différents, se sera déroulé avec les mêmes réflexes, suscitant la même vague d’émotion. Au terme d’une longue balade, le 22 janvier, dans la vieille ville, après force accolades et mots profonds – « en ce petit lieu, tant de jaillissements… »- le président, euphorique, s’est rendu à l’Eglise Sainte-Anne. Edifiée par les Croisés, puis transformée en mosquée par Saladin, elle fut offerte à la France en 1856 par les Ottomans de la Sublime Porte, alors maitres de la Palestine, pour services rendus contre l’Empire russe pendant la guerre de Crimée. Et là, divine surprise pour les témoins palestiniens qui n’apprécient guère de voir reconnue par près de 40 chefs d’Etat la centralité d’Israël dans la mémoire du génocide ! Emmanuel Macron, endossant sans le savoir tout en le sachant les habits du Jacques Chirac de 1996, s’est engueulé – ce mot trivial est cependant le seul qui convienne – avec les gardes de la sécurité israélienne. Ces derniers étaient sur les dents depuis des jours. Il y avait de quoi.

Recevoir les grands de ce monde dans une capitale sous haute tension n’est pas une mince affaire. La veille, le quotidien palestinien Al Hayat al Jedida, organe officiel de l’Autorité palestinienne, avait publié sans complexe l’édito d’un certain Yahya Rabah qui écrivait mot pour mot, à propos de ce Forum sur le génocide : « Un coup de feu perturbera la cérémonie et un cadavre annulera l’événement ». Le Shin Bet, le renseignement intérieur, prend tout au sérieux et, quoiqu’on puisse en dire sur les réseaux sociaux marqués du sceau de la haine d’Israël, sans la vigilance du Shin Bet, les citoyens de l’Etat hébreu et ses visiteurs auraient du souci à se faire. L’Eglise Sainte-Anne est bel et bien domaine français mais en matière d’anti-terrorisme, les Israéliens sont au parfum. Les agents pénètrent donc dans les lieux, ce qui est à la fois illégitime et compréhensible. Voire « souhaitable » nous confie une source française anonyme, consciente des dangers de la ville sainte et habituée au professionnalisme des collègues israéliens.

La colère du Frenchie

C’est alors qu’Emmanuel Macron voit rouge. Jérusalem baignait, cette après-midi là, dans une lumière de Golgotha. Les cieux déversaient les eaux du déluge sur la terre promise. Le protocole français, fine mouche, avait prévu 200 parapluies. Il y eut une éclaircie. Macron vit se profiler dans les nuées la silhouette de Chirac et entendit à travers l’orage l’impayable apostrophe, en english dans le texte, de son prédécesseur en 1996. Les hommes du Shin Bet, à l’époque, redoutaient comme aujourd’hui l’incident mortel et s’interposaient entre le « Rais » gaulois et la foule palestinienne. Ce fut alors que tonna l’immortel : « You want me to back to my plane ?????? ». Saisi par l’éternel syndrome de Jérusalem, Macron à son tour gronda : « I don’t like what you did in front of me », « Je n’aime pas ce que vous avez fait devant moi ! » et ordonna qu’on vire illico de Sainte-Anne, territoire français, les agents de l’Etat hébreu, ces étrangers, ces provocateurs.

L’affaire fit la Une de la presse israélienne, palestinienne et, forcément, française. Comme de bien entendu, on loua d’un côté la merveilleuse colère du frenchie face à ces gros bras israéliens tandis qu’on s’étonna, de l’autre, d’une telle similitude avec l’affaire Chirac. En réalité, nous sommes en mesure de prouver que le président a été saisi de ce fameux syndrome qui fait les saints, les martyrs et les bonnes consciences. C’était en effet diablement compliqué, en même temps que l’on honorait Israël en acceptant pour la première fois d’y commémorer le génocide (l’historienne Annette Wievorka a écrit là-dessus une fort belle tribune dans les colonnes du Monde), très compliqué d’assurer les Palestiniens de l’historique empathie tricolore à leur égard. Le Macron version Forum de la Shoah pourfend l’antisémitisme, ce qui, du reste, ne rassure pas un instant les Français juifs, en dehors des représentants peu représentatifs des institutions communautaires, mais le Macron version Eglise Sainte-Anne entonne le grand air de la résistance à l’occupation. Bien joué.

Enfin, dernier aspect du syndrome de Jérusalem des dirigeants français : le retour du refoulé de la fille ainée de l’Eglise. Il n’a jamais été admis et ne sera sans doute jamais admis au tréfonds des consciences que les juifs aient pu défier le temps, l’oubli et la mort, pour retrouver la Jérusalem biblique et en arpenter les rues en êtres libres et souverains. Que musulmans et chrétiens palestiniens y vivent avec eux dans la même dignité constitue l’espérance naturelle des hommes de paix. Cette espérance, un jour, finira par être comblée. Mais la paix, justement, ne pourra se négocier et s’accomplir qu’en abandonnant les préjugés tenaces, la vision des Israéliens comme venus d’ailleurs et non comme fils fidèles de cette ville. En oubliant ce très politique et très démago syndrome de Jérusalem.

Voir également:

Le coût du communautarisme
Pressions et violences contre les juifs peuvent amputer une nation d’une de ses forces vives.
Pierre Vermeren
Libération
13 juillet 2004

«En parler jamais, y penser toujours !»… A l’inverse du «communautarisme», politiquement impensé en France, mais quotidiennement évoqué («communautés» gay, juive, musulmane, arménienne, etc.), la pensée commune française est infectée par la pensée communautaire. Considérée comme étant d’origine anglo-saxonne, cette pensée a pourtant façonné (et miné) la société coloniale en Afrique du Nord. Ce n’était pas «classe contre classe» dans l’égalité citoyenne comme en métropole, mais religion contre religion, dans l’inégalité statutaire et juridique (« citoyens français», «Européens», «israélites», «sujets français musulmans», «indigènes»)… Des millions de Français et d’étrangers habitant aujourd’hui en France ont vécu dans cette pratique politique quotidienne, inconsciemment transmise à leurs enfants. Que l’héritage du communautarisme colonial provienne du refoulé politique français, qu’il ait été fécondé par la pensée politique musulmane (statut des dhimmis ou «protégés»), ou par le communautarisme institutionnel ottoman, a aujourd’hui peu d’importance.

Ce qui importe en revanche, c’est qu’au Maghreb, depuis 1945, le communautarisme a conduit à son terme naturel, une épuration ethnique soft, c’est-à-dire au départ concomitant (Algérie) ou successif (Tunisie, Maroc) des «communautés» française, européenne et israélite. Les deux premières ont quitté le Maghreb dans le cadre de la légitime lutte d’indépendance ; la dernière a été délégitimée par son identité extra-musulmane. Les guerres du Proche-Orient ne sont pas étrangères au phénomène (au moins au Maroc et en Tunisie) : elles ont produit une insécurité de basse intensité qui, en trente ans, a vidé le Maghreb de ses communautés juives bimillénaires.

Le résultat est connu. Alors que l’Afrique du Sud a préservé son miracle multiethnique, et est aujourd’hui le géant économique de l’Afrique, le Maghreb s’est économiquement réduit comme peau de chagrin. Son PIB n’excède pas celui des Bouches-du-Rhône (90 milliards d’euros), département nourri et irrigué par l’apport des migrants de toute la Méditerranée (« israélites», pieds-noirs, musulmans nord-africains, arméniens…).

La violence antisémite qui frappe aujourd’hui en France est moralement et politiquement insupportable. Elle est d’autant plus dramatique que les jeunes beurs qui la mettent en oeuvre rejouent (inconsciemment ?) des scènes qui ont vidé l’Afrique du Nord de ses communautés… Le gouvernement israélien prend acte de cet état de fait, mais Israël n’a-t-il pas justement été créé pour cela ? La perspective d’un départ programmé des juifs de France, ne serait-ce que d’une importante minorité d’entre eux, serait l’échec le plus retentissant de la République française depuis Vichy.

Mais cette violence est aussi économiquement et intellectuellement catastrophique. Faut-il rappeler que la nation américaine, la plus riche du monde, est aussi la plus brassée ? Le Proche-Orient, entré il y a plus d’un demi-siècle dans un processus de purification ethnico-religieuse, s’abîme dans les crises et la récession économique, au fur et à mesure que le quittent ses minorités : Européens, juifs d’Europe, Arméniens, juifs arabes, et maintenant chrétiens d’Orient. Intellectuellement, il est plus insupportable encore, qu’en dehors des plus hautes autorités de l’Etat français, il revienne aux intellectuels juifs de France de lancer des signaux d’alarme. Le principe de la démocratie confie à des médiateurs ou représentants (du peuple) la défense de tous les citoyens. Confier la défense d’une «communauté» agressée à ses propres médiateurs est une régression.

Il est vrai que traditionnellement, les israélites d’Europe ont été interdits d’activités productives et cantonnés aux services et activités d’échange. L’émancipation des juifs de France au XIXe siècle, puis les traumatismes du XXe siècle, alliés aux fantastiques progrès de l’école, ont accompagné la «montée en gamme» de cette population. Les intellectuels d’origine juive (ou de judaïsme revendiqué) animent aujourd’hui largement le débat public national (au grand dam de Tariq Ramadan), et il va sans dire que leur départ vers les Etats-Unis ou Israël serait une perte incalculable. La France généreuse accueille 80 % de migrants avec un niveau d’études infrasecondaire (quand plus de 80 % des migrants aux Etats-Unis sont diplômés du supérieur), peut-elle de surcroît se permettre de se vider d’une partie croissante de ses forces vives intellectuelles ?

Voir encore:

Absent Leaders: Heroes and Villains in Otto Preminger’s “Exodus” and Amos Gitaï’s Kedma

Larry Portis

Events in the Middle East have become more and more difficult to ignor. They are unquestionably vital, not only to our interests, but to our ideals. For this reason our understanding of the history of the region, and our vision of it, should be a major preoccupation. The problem is that, given the centrality of the region in contemporary geo-political relations, it is difficult to distinguish between historical facts and the ideological distortions of them. This is why a backward look at the film “Exodus” is both timely and important. Produced and directed by Otto Preminger, « Exodus » was released in 1960, and had enormous success. In evaluating this success, we are helped by the release in 2002 of another film, « Kedma », directed by Amos Gitaï. These two films treat the same subject—the clandestine arrival of Jewish refugees in Palestine in 1947 in the midst of armed conflict. This was the eve of the partition of Palestine, proposed by the United Nations Organization but rejected by the non Jewish (or, rather, non-zionist) population and states of the entire eastern mediterranean region. Following the British announcement of their withdrawal from the protectorate established in 1920 by the mandate system of the treaty of Verseille, the stage was set for a defining event of the short, brutal twentieth century : the creation of the state of Israel and the population transfers and ethnic conflicts that accompanied it. Comparison of the two films, both in terms of their genesis as artistic creations and as political statements, elucidates aspects of a complex process of ideological formation. Seen terms of representations of leadership, the two films are extremely different. “Exodus” is a glorification of a certain type of leadership, at a certain level of decision-making. It works only at the level of strategic and tactical zionist command within Palestine immediately before, during and after the war for the creation of the state of Israel. The film is discrete relative to a higher level (higher in terms of power relations)—that of international diplomacy. Although decisions of the British military administration are implicitly criticized in the film, such criticism is not allowed to call into question Britain itself as an actor on the international stage. When either the British or the United-Statesians (and the French and Italians) are referred to, it is always as individuals, not representatives of overall national sentiments. Representations of leadership, and this includes tacit representations of the absence of leadership and/or the absence of leaders, are important in the films both in relation to their narrative content and to the ideological or perceptual effects intended by their directors. In Kedma, representations of leadership are only implicit. Amos Gitaï was concerned to present an historical situation by depicting a single incident, the origins of which are not explained directly and, in the course of which, individuals are shown to be subordinate to developments over which they have no real control. The incident in question is the illegal arrival of a ship, “Kedma,” on the coast of Palestine. There is an important qualification to make before any attempt to compare these films. The problem is that a discussion of the narrative content of Preminger’s film “Exodus” would not be legitimate without speaking of Exodus the novel, written by Leon Uris. Not only were both film and novel tremendous commercial successes, but they were conceived of as the two axes of a single, mutually reinforcing project.* The idea for the book was suggested to Leon Uris by Dore Schary, a top executive at Metro-Goldwyn-Mayer (MGM). The motivation behind the project is described by Kathleen Christison. « The idea for the book » she says, « began with a prominent public-relations consultant who in the early 1950s decided that the United States was too apathetic about Israel’s struggle for survival and recognition. » Uris received a contract from Doubleday and went to Israel and Cyprus where he carried out extensive research. The book was published in September, 1958. It was first re-printed in October the following year. By 1964, it had gone through 30 re-printings. This success was undoubtedly helped by the film’s release in 1960, but not entirely, as Uris’s novel was a book-of-the-month club selection in September, 1959 (which perhaps explains the first re-printing). The film was to be made by MGM. But when the time came, the studio hesitated. The project was perhaps too political for the big producers. At this moment Otto Preminger bought the screen rights from MGM. He then produced and directed the film, featuring an all-star cast including Paul Newman, Eva Marie-Saint, Lee J. Cobb, Sal Mineo, Peter Lawford and other box-office draws of the moment. The film also benefited from a lavish production in “superpanavision 70” after having been filmed on location. The music was composed by Ernest Gold, for which he received an Academy Award for the best music score of 1960. The screenplay was written by Dalton Trumbo. In spite of its length—three and a half hours—the film was a tremendous popular and critical success. It is noteworthy that the release of “Exodus” the film in 1960 indicates that its production began upon Exodus the book’s publication. It is reasonable, therefore, to suppose a degree of coordination, in keeping with the origins of the project. In short, it was a major operation which brilliantly succeeded. It has been estimated that in excess of 20 million people have read the novel, and that hundreds of millions have seen the film. Not only was this success a financial bonanza, but its political impact.

has been equally considerable. There can be little doubt that “Exodus” the film has been one of the most important influences on US perceptions and understanding of the hostilities between the Israeli state and the Palestinian people. It is thusly illuminating to return to the message communicated by this film, in attempting to gage its role in ideological formation. “Exodus” is the story of the Exodus 1947, a ship purchased in the United States and used to transport 4,500 Jewish refugees to Palestine. In reality, the novel and film take great liberties with the original story. Intercepted by the British authorities in the port of Haïfa, the real-life refugees were taken to the French port of Sête, where they were held, becoming the object of intense Zionist agitation and propaganda. Eventually they were transported to Germany and held temporarily in transit camps. Although this incident was used by Uris as the point of departure for his novel, the book is a work of fiction. Not only were the characters invented, but the events did not correspond to reality except in the most general way. In Uris’s narrative, an intercepted ship (not named “Exodus”) is intercepted on the high sea and taken to Cyprus where the passengers are put in camps. Representatives of the Haganah, the secret Jewish army in Palestine, arrive secretly in Cyprus in order to care for, educate and mobilize the refugees. The agent-in-chief is Ari Ben Canaan, played by Paul Newman. Ben Canaan is the son of Barak Ben Canaan, prominent leader of the Yishuv, the Jewish, Zionist community in Palestine. Tricking the British with great intelligence and audacity, Ari Ben Canaan arranges for the arrival of a ship purchased in the United States, on which he places 600 Jewish refugee children—orphans from the Nazi extermination camps and elsewhere. Once the children are on the ship, Ben Canaan names the ship the “Exodus”, and runs up the Zionist flag. He then informs the British authorities that, if the ship is not allowed to depart for Palestine, it will be blown up with all aboard. Before having organized this potential suicide bombing (of himself, the Haganah agents and the 600 children), Ben Canaan has met Kitty Fremont, an American nurse who has become fond of the children and, it must be said, of Ari Ben Canaan. This love interest is carefully intertwined with the major theme: the inexorable need and will of the Jewish people to occupy the soil of Palestine. As it might be expected, the British give in. After some discussion between a clearly anti-semitic officer and those more troubled by the plight of the refugees, the ship is allowed to depart for Palestine. It arrives just before the vote of the United Nations Organization recommending the partition of Palestine between the Jewish and non-Jewish populations. As the partition is refused by the Palestinians and the neighbouring Arab states, war breaks out and the characters all join the ultimately successful effort

against what are described as over-whelming odds. Even Kitty and Major Sutherland, the British officer who tipped the balance in favour of releasing the “Exodus,” join the fight. Sutherland’s participation, representing the defection of a British imperialist to the zionist cause, if particularly symbolic. Why did Sutherland jeopardize his position and reputation, and then resign from the army? His humanitarian was forged by the fact that he had seen the Nazi extermination camps when Germany was liberated and, more troubling, his mother was Jewish, although converted to the Church of England. Sutherland has a belated identity crisis which led him, too, to establish himself in the naitive Israel. The other major characters is the film similarly represent the “return” of Jewish people to their “promised land.” For example, Karen, the young girl who Kitty would like to adopt and take to the United States, is a German Jew who was saved by placement in a Danish family during the war. Karen will elect to stay with her people, in spite of her affection for Kitty. Karen is also attached to Dov Landau, a fellow refugee, 17 year-old survivor of the Warsaw ghetto and death camps. Once in Palestine, Dov joins a Zionist terrorist organization (based on the Irgun) and, in the book and film (but not, of course, in reality), places a bomb in the wing of King David Hotel housing the British Command, causing considerable loss of life. The role of human agency, leadership and the nature of decision-making, are a dimension of “Exodus” that is particularly revealing of the propagandistic intent of the film. Most noteworthy is the fact that all the major characters are presented as exceptional people, and all are Jewish, with the exception of Kitty. However, it is not as individuals that the protagonists of the film are important, but rather as representatives of the Jewish people. In this respect, in its effort to portray Jewishness as a special human condition distinguishing Jews and Jewish culture from others, that “Exodus” is most didactic. Ari Ben Canaan is clearly a superior being, but he merely represents the Jewish people. They are, collectively, just as strong, resourceful and determined as Ari. This positive image is highlighted by the portrayal of other ethnic groupings present in the film. The British, for example, are seen, at best, as divided and, at their worst, as degenerate products of national decay and imperialistic racism. The most striking contrast to the collective solidarity, intellectual brilliance, and awesome courage of the Jews is, with the “Arabs.” In spite of their greater numbers, the culture and character of the Arabs show them to be clearly inferior. Ari, who is a “sabra”—a Jewish person born in Palestine—and, as a consequence, understands the Arab character, knows that they are no match for determined Jews. “You turn 400 Arabs loose,” he says, and “they will run in 400 different directions.” This assessment of the emotional and intellectual self-possession of the Arabs was made prior to the spectacular jail break at Acre prison. The very indiscipline of the Arabs would cover the escape of the determined Zionists. The Arab leaders are equally incapable of effective action, as they are essentially self-interested and uncaring about their own people. In the end, it is this lack of tolerance and human sympathy in the non Jews that most distinguishes Jews and Arabs. In Exodus the novel, Arabs are constantly, explicitly, and exclusively, described as lazy and shiftless, dirty and deceitful. They have become dependant upon the Jews, and hate them for it. In “Exodus” the film, however, this characterization is not nearly as insisted upon, at least not in the dialogue. Still, way they are portrayed on the screen inspires fear and distrust. The contrast between the ethnic stereotyping exhibited in “Exodus” and the portrayal of characters in Amos Gitaï’s Kedma could not be greater. In Kedma, there is no discussion of strategy or tactics, and thusly no invidious reflections upon one ethnic group’s capacity in relation to another’s. People simply find themselves in situations, and attempt to survive. This is how the survivors of the Judeocide perpetrated by the German government describe their experiences during the voyage, before the Kedma arrives. This is how all the characters—European Jews and Palestinians—react once the ship has disembarked its passengers. In Kedma, there are no leaders visible. Their existence can only be supposed. Their plans, strategies and justifications are unexplained. They remain in the background as part of a larger tragedy produced by forces over which “ordinary” people seemingly have little or no control. Gitaï’s film expresses a lack of confidence in leadership and, in this way, Kedma can be understood as a reading (and viewing) of « Exodus. » There is, in fact, a remarkable parallel development of the two films. What is absent from Preminger’s film—the moral misery, the existential despair, the doubts and confusion of the survivors of the Judeocide—is focused upon in Gitaï’s film. Conversely, what is absent from Gitaï’s film—the expression of Zionist ideals, aspirations and dogma, the glorifications of one ethnic group at the expense of others—is the very point of Preminger’s. This thematic inversion is particularly evident in reference to two aspect of the films: firstly, in the use of names and, secondly, in the dramatic monologues or soliloquies which end both films. In “Exodus”, the use of names for symbolic purposes is immediately evident. “Exodus” refers to the biblical return of the Jews from slavery to the Holy Land—their god-given territory, a sacred site. This sacred site is necessary to Jewish religious observance and identity. Only here, it is explained in “Exodus,” can Jews be safe. Only here, it is asserted, can they throw-off invidious self-perceptions, imposed by anti-semitism and assimilation pressures, and become the strong, self-reliant and confident people they really are. This vision of Jewish identity propagated by Zionism is implicitly challenged in Kedma. Again, the title of the film is symbolically significant. “Kedma” means the “East” or “Orient”, or “going towards the East.” The people on the Kedma—Jewish refugees from Europe, speaking European languages and Yiddish—were arriving in another cultural world an alien one, in the East. The result would be more existential disorientation and another ethnically conflictual environment. The difference in perspective manifest in the two films is found also in the names given to the protagonists. In Kedma, an example is given of the abrupt Hebrewization of names as the passengers arrived in the new land, thus highlighting the cultural transformation central to the Zionist project. In “Exodus,” there is much explicit discussion of this aspect of Zionism, and some of the names given to central characters reveal the heavy-handedness of its message. It is, of course, a well-established convention to give evocative names to the protagonists of a literary or cinematographic work. Where would be, for example, Jack London’s The Iron Hell, without his hero, Ernest Everhard? The answer is that the novel might be more impressive without such readily apparent propagandistic trappings. And the same is true for Exodus. Leon Uris’s chief protagonist is Ari Ben Canaan, Hebrew for “Lion, son of Canaan.” This role model for Jewish people everywhere is thusly the direct heir of the ancient Canaanites, precursors of the Jewish community in the land of Palestine. This historical legacy and patrimony established, Paul Newman had only to play the strong fighter—ferocious, hard and wily—with his blond mane cut short, in the military style. The object of Ari’s affections, however ambivalent they may be, is Kitty Fremont, played by Eva Marie Saint. Not only does the pairing of the earnest and ever-hard Ari, the “Lion,” and the compliant but faithful “Kitty” imply a classic gender relationship, but the coupling of this prickly Sabra and the cuddly American symbolizes the special relationship between the United States and native state of Israel that has come to be called the “fifty-first state” of the union. The other major character, played by the baby-faced Sal Mineo, is “Dov Landau,” the 17-year-old survivor of the Warsaw ghetto and Auschwitz. This name evokes the dove of peace and the infancy indirectly evoked by the term “landau” (baby carriage?). The irony is that the angelic Dov, alights on Palestinian soil with the fury of a maddened bird of prey. He is the consummate terrorist—angry and bloodthirsty. Dov’s conversion to Zionism as a collective project, as opposed to a vehicle for his personal vengeance, comes at the end of the story when peace has been (temporarily) achieved through unrelenting combat. Dov then leaves Israel for MIT (Massachusetts Institute of Technology) where he will perfect the engineering skills learned building bombs in Warsaw and in Palestine. Peace means refining the technical capacity for the new nation’s defence. In the meantime, Dov’s fiancee, the soft and sweet Karen, has been cruelly murdered by the Arabs. « Exodus » and « Kedma » differ most notably in the latter’s avoidance of the kind of crude propaganda that Leon Uris and Otto Preminger so heavily developed. Rather than forcing his viewers to accept a vision of the birth of Israel founded upon characters, distortions and omissions from historical reality, Amos Gitaï chose to simply place characters that we see briefly in a specific situation which is the real focus of the film. Whereas Preminger symbolized the destiny of a people in the story of strong characters, Gitaï illustrated the tragedy of an historical conjuncture in which the historical actors were largely incidental. We see this aspect of Gitaï’s thematic inversion of Preminger’s film in the soliloquies delivered in both films. At the very end of “Exodus,” Ari Ben Canaan delivers a speech at Karen’s graveside, in which he justifies the Zionist project as the just and prophetic return of a people forced to err in a hostile world for 2000 years. The resistance encountered to this project, he explains, is only the result of evil, self-interested individuals (such as the Grand Mufti of Jerusalem) who are afraid of losing their privileges once the Arabs learn that Jewish settlement is in their interest. Ari concludes: “I swear that the day will come when Arab and Jew will live in Peace together.” The film then ends with a military convey receding into the distance, towards a new battle in the just cause. In Kedma, there are two soliloquies, delivered not by strong and self-composed leaders, but by distraught, frightened people, caught in a web woven by the apprentice sorcerers in the background—the real architects of the situations in which destinies are sealed and lives are broken. The first speech is made by a middle-aged Polish Jew. Appalled by the new cycle of suffering he witnessed upon arrival in Palestine, he shouts that suffering, guilt and martyrdom have become essential to the Jewish character. Without it, he cries, the Jewish people “cannot exist.” This is their tragedy. The second expression of despair is made by an aged Palestinian peasant, pushed off his land, fleeing the combat. Disregarding the danger, he says: “we will stay here in spite of you. Like a wall, and we will fill the streets with demonstrations, generation after generation.” How to reconcile the Holocaust (the fascist judeocide) and the Nakba (the Palestinian « disaster » of the Zionist ethnic cleansing)? Gitaï’s « Kedma » places the contemporary dilemma within its historical and existential context. Preminger’s “Exodus” did everything not to provide movie-goers with the elements necessary to informed understanding. This is the difference between, on the one hand, demagogy and propaganda and, on the other hand, a call to reason and justice. Representations of leadership in « Exodus » were carefully contrived to create support, in the United States and elsewhere for the State of Israel. It is for this reason that the machinations and tractations of the world leaders who created the situation are conspicuously absent from the story. In « Kedma, » on the contrary, the absence of leaders and any characterization of leadership is designed to have an entirely different effect: namely the evocation of the hatred and human suffering caused when people are instrumental in the service of political and ideological projects.

Voir enfin:

La thèse mortifère de l’envahissement de la France

Il faut à tout prix dénoncer les discours délirants, d’Eric Zemmour, de William Goldnadel, ou même, dans de trop nombreuses de ses déclarations, d’Alain Finkielkraut, écrit Jacques Attali. Tant les discours hostiles aux musulmans en France sont mortifères.

Jacques Attali
Les Echos
3 oct. 2019

Quand on parle de « souverainisme », beaucoup de gens veulent croire qu’on ne parle, en Europe, que d’une maîtrise des importations et d’un refus des disciplines communautaires. En réalité, dans la plupart des cas, ceux qui en font l’apologie parlent en fait ainsi à mots couverts d’un refus des migrants, et plus largement, d’un refus des musulmans.

Rien ne serait pourtant plus terrible, en particulier dans la société française, que de laisser dénoncer impunément la présence musulmane, et de transformer une (légale) critique de l’islam en un (illégale) racisme antiafricain (et en particulier antiarabe).

L’islam n’est pas une menace

D’abord, les discours ainsi tenus sont faux. Il n’y a aucun envahissement de la France ni de l’Europe par l’Islam ou par l’Afrique. Les migrants non européens en France ne représentent pas, en solde net annuel, 450.000 personnes, comme le prétendent les extrêmes, mais moins de 185.000 personnes (et encore, en tenant compte des naturalisations, qui en représentent la moitié), soit moins d’un demi pour cent de la population française.

99 % d’entre eux s’intègrent parfaitement dans la nation française ; ils font des études, fondent des familles, parlent en français à leurs enfants, créent des entreprises, deviennent professeurs ou médecins. Les mères musulmanes et africaines ne sont pas de moins bonnes mères que les autres françaises ou résidentes en France. Et les musulmans ne sont pas beaucoup plus pratiquants que ne le sont aujourd’hui les fidèles des autres monothéismes.

L’islam n’est pas une menace pour la France ; il en est une composante depuis le VIIIe siècle. C’est même par lui, et par les philosophes juifs, que la pensée grecque est arrivée en France au tournant du premier millénaire. Et jamais le monde ne s’est mieux porté que quand judaïsme, chrétienté et Islam travaillaient ensemble à faire triompher la raison sur l’obscurantisme.

Bien sûr, on doit tout faire pour faciliter l’intégration des migrants, favoriser la réussite de leurs enfants ; et s’opposer à toutes les tentatives religieuses, d’où qu’elles viennent, pour imposer une conception du monde, ou un mode de vie, contraires aux règles de la laïcité, non respectueuses des droits des femmes ou, plus généralement, violant les lois de la République. Ce n’est pas le cas en France de la quasi-totalité des gens de foi, quelle que soit leur foi. Et en particulier ce n’est pas le cas des musulmans.

Discours hostiles

Ces discours hostiles aux musulmans de France sont mortifères. En particulier quand ils viennent de Juifs, qui devraient ne pas oublier que l’antisémitisme vise à la fois les uns et les autres. Il faut donc à tout prix dénoncer les discours délirants d’Eric Zemmour, de William Goldnadel, ou même, dans de trop nombreuses de ses déclarations, d’Alain Finkielkraut ; et de tant d’autres.

En particulier, il est triste de voir des descendants de Juifs d’Algérie oublier le rôle magnifique que les musulmans algériens ont joué pour soutenir et protéger leurs parents, aux temps horribles de l’antisémitisme triomphant en métropole, et plus encore en Algérie, sous Vichy, sous Giraud, et même sous de Gaulle.

Il ne serait pas de l’intérêt de la communauté juive française que les musulmans de France en viennent à penser que leurs concitoyens juifs se joignent à ceux qui veulent les chasser du pays, alors que les deux communautés sont encore considérées par d’autres Français comme des nouveaux venus indésirables. Ce serait aussi faire le jeu de ce qui aimerait importer en Europe le tragique conflit du Moyen-Orient.

Ne pas oublier le passé

La France ne se résume pas à un passé, souvent insupportable, ni à une histoire, souvent critiquable. La France n’est pas à prendre en bloc, à vénérer en tant que telle. Elle doit savoir critiquer son propre rôle dans l’esclavage, dans le colonialisme, dans la xénophobie, dans l’antisémitisme, dans la collaboration, dans la destruction de la nature. Elle ne doit pas céder à ces fantasmes de « grand remplacement », et elle doit se souvenir qu’elle porte le nom d’un peuple envahisseur, et qu’elle est, depuis son origine, le lieu privilégié d’installation d’innombrables peuples, dont chaque Français, d’où qu’il vienne, est l’héritier.

Elle ne doit pas oublier non plus que ce qui se cache aujourd’hui derrière le « souverainisme » désigne en fait la même xénophobie, la même fermeture, la même absence de confiance en soi que les idéologies anti-italienne, antipolonaise, antiarménienne, et antisémites des siècles passés.

La France est un devenir dont le passé ne peut être pris en bloc, mais doit être soigneusement trié, selon des critères que, justement, la République française a contribué à construire.

La France n’est grande que quand elle est ouverte, accueillante, sûre d’elle-même. Quand elle se construit, siècle après siècle en confiance, dans le brassage et l’intégration d’idées et de familles nouvelles, venues enrichir la communauté nationale. Quand elle permet de donner à la mondialisation la dimension qui lui manque tant, celle de la démocratie, de la justice sociale, et de la défense des libertés, contre toutes les dictatures.

Voir par ailleurs:

Rod Dreher: « Les Américains sont-ils redevenus conservateurs? »

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Donald Trump participe ce vendredi à la «Marche pour la vie» de Washington, et la Cour suprême des États-Unis est redevenue majoritairement conservatrice sous son mandat. L’essayiste américain Rod Dreher nuance pourtant ce basculement politique.
Paul Sugy
Le Figaro
24 janvier 2020

Rod Dreher est un journaliste et écrivain américain, éditorialiste à l’American Conservative. Il a publié Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus: le pari bénédictin (Artège, 2017).


FIGAROVOX. – Donald Trump assiste ce vendredi à la «Marche pour la vie» à Washington. C’est la première fois qu’un président américain y participe. Pourtant il y a quelques années, il se déclarait «pro-choix»…

Rod DREHER. – La participation de Donald Trump est entièrement opportuniste. Il ne me semble pas qu’il ait des convictions morales solides. Il a découvert que les chrétiens conservateurs évangéliques le soutiennent, ils sont eux-mêmes pro-vie donc finalement il leur donne ce qu’ils veulent. Il est peut-être hypocrite à propos du droit à l’avortement, mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’il a nommé des juges pro-vie à la Cour Suprême. Et je préfère avoir un président hypocrite qui reste constant dans sa politique sur l’avortement, qu’un président qui soit sincèrement pro-vie mais qui ne soit pas suffisamment engagé pour cette cause…

Est-il réellement «le président le plus pro-vie de l’histoire» comme l’a expliqué Russel T. Vought au Daily Wire?

Je ne connais pas la réponse à cette question. Il se peut qu’il le soit, mais George W. Bush était fermement engagé pour la vie également. Il ne faut pas oublier que les alliés de Trump comme ses ennemis adorent les exagérations pour parler de lui… Et encore une fois, l’essentiel est dans ce qu’il fait et non pas dans la sincérité de ses actions.

Le droit à l’avortement est-il une nouvelle ligne de fracture pour la politique américaine?

Non, l’avortement n’est pas une nouvelle fracture, c’est une ligne de clivage depuis les années 1980 lors de la première campagne électorale de Ronald Reagan. Le fait que l’avortement demeure une fracture depuis toutes ces années est particulièrement intéressant: le pays a beaucoup évolué, même au sujet de la libération sexuelle.

Tous les vieux combats culturels concernant les questions de sexualité ont été perdus par la droite… à l’exception de l’avortement.

Un rapport de 2003 publié dans The Atlantic par Thomas B. Edsall intitulé «Blue Movie» montre de manière éloquente comment les questions de sexualité, incluant l’avortement, permettent de prédire avec précision le parti pour lequel les personnes interrogées vont voter. Depuis, les États-Unis sont devenus plus libéraux sur ces questions. La pornographie s’est répandue et est devenue largement accessible. Le mariage homosexuel a gagné un soutien majoritaire à une vitesse fulgurante et particulièrement auprès des jeunes. Après l’arrêt Obergefell qui déclare le droit constitutionnel du mariage homosexuel, pour les chrétiens la question des droits des homosexuels n’est plus centrée sur l’homosexualité elle-même mais sur la confrontation entre les droits LGBT et la liberté de conscience des croyants. Tous les vieux combats culturels concernant les questions de sexualité ont été perdus par la droite… à l’exception de l’avortement. Étrangement, l’opinion publique à propos de l’avortement n’a pas véritablement évolué depuis 1973. La plupart des Américains sont favorables à l’avortement, qui est légalisé, mais en y appliquant des restrictions. Alors qu’en 1973 l’arrêt Roe v. Wade prévoit un avortement sans restrictions.

Les miracles de la médecine actuelle qui sauve la vie de bébés nés grands prématurés sont plus parlants pour cette génération que les sermons des prêtres.

Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que même si les «millennials» sont bien plus libres sur les questions de sexualité que les générations précédentes, et malgré le fait qu’ils sont la génération la plus laïque de l’histoire des États-Unis, l’opposition à un avortement sans restriction demeure forte parmi eux. Je ne suis pas certain d’avoir la clef d’explication de ce phénomène mais je pense que la technologie est un élément de compréhension. Les avancées des échographies ont permis aux gens de véritablement voir pour la première fois ce qu’il se passe dans l’utérus et de prendre conscience qu’ils n’y voient pas qu’un morceau de chair mais un être humain en train de se développer. Les miracles de la médecine actuelle qui sauve la vie de bébés nés grands prématurés sont plus parlants pour cette génération que les sermons des prêtres.

Dans la campagne pour sa réélection, Donald Trump va-t-il tenter de rallier un électorat profondément conservateur?

Oui évidemment, il n’a plus grand monde à convaincre. La probabilité de la réélection de Donald Trump dépend de sa capacité à rallier sa base et à convaincre les conservateurs qui rechignent à voter démocrate, mais qui n’avaient pas voté pour lui en 2016 à cause de doutes profonds sur sa personne.

Les activistes progressistes ont désigné les chrétiens conservateurs comme leur principal ennemi.

Trump n’a pas été aussi mauvais que ce que je craignais. Pour autant je ne crois pas qu’il a été un bon président. Néanmoins, je vais sûrement voter pour lui en 2020, et ce pour une bonne raison: le parti démocrate est extrêmement hostile envers les conservateurs religieux et sociétaux mais aussi envers nos libertés fondamentales. Leur combat pour la théorie du genre et l’extension maximale des droits de la communauté LGBT sont les principaux piliers du programme démocrate. Les activistes progressistes ont désigné les chrétiens conservateurs comme leur principal ennemi. Sur ces questions et sur la protection de la liberté d’expression, on ne peut pas leur faire confiance. Ils sont devenus les ennemis de la liberté.

Il est clair que le nombre d’Américains qui est d’accord avec les traditionalistes sur ces questions diminue. Je crois que dans les mois et les décennies à venir, les juges fédéraux conservateurs que Trump a nommés seront les seuls à offrir une véritable sauvegarde de la liberté religieuse aux États-Unis. Les Républicains au Congrès et à la Maison Blanche n’ont pas vraiment agi en faveur du renforcement de la liberté religieuse contre les revendications des droits LGBT. Ils sont terrifiés à l’idée de passer pour bigots. Malheureusement, beaucoup de chrétiens américains ont eu des faux espoirs avec le Grand Old Party, en pensant qu’il suffisait de voter républicain pour gagner sur ces questions. En réalité, dans tous les domaines, académiques, médicaux, juridiques, dans les entreprises, les droits LGBT et l’idéologie du genre sont triomphants. Voter républicain est le seul moyen de ralentir cette «Blitzkrieg» progressiste et peut être à travers des biais juridiques y mettre fin dans le futur. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est tout ce que nous pouvons faire pour le moment sur le front politique.

À en croire les journaux français, les États-Unis vivent en ce moment un crépuscule du progressisme… Est-ce aussi votre sentiment?

C’est faux, mais je peux comprendre que cela semble apparaître de cette manière pour quelqu’un qui ne s’intéresse qu’au pouvoir politique. Il est vrai que Trump a la présidence, les Républicains tiennent la majorité au Congrès et pour ces deux raisons les Républicains nomment un certain nombre de juges fédéraux.

L’émergence d’un « woke capitalism  », un capitalisme progressiste, est un des faits politiques les plus significatifs de la décennie.

C’est un élément important mais ce n’est pas suffisant face au pouvoir culturel immense que les progressistes détiennent de leur côté. Ils contrôlent les plus grands médias d’information et de divertissement, ils contrôlent les écoles et les universités, la médecine et le droit et aussi de manière assez improbable, les grandes entreprises. L’émergence d’un «woke capitalism», un capitalisme progressiste, est un des faits politiques les plus significatifs de la décennie. La majorité des conservateurs n’a pas conscience de leur puissance ni de la manière dont ils se sont clairement positionnés contre le conservatisme social. Ils sont encore attachés à l’ère reaganienne et à illusion que le monde des affaires est conservateur.

Quand Ronald Reagan a été élu président en 1980, il a ouvert une nouvelle ère dans la politique américaine, dominée par la droite, plus précisément par les néolibéraux de la droite. Cette ère s’est achevée avec Obama et Trump, mais l’avenir n’est pas écrit. Si on avait dit à un électeur conservateur au moment de l’investiture de Reagan que 30 ans plus tard le christianisme serait déclinant en Amérique, que le mariage homosexuel et l’adoption seraient légaux, que la pornographie violente serait uniformément répandue et accessible à tous y compris aux enfants grâce aux smartphones, que les médecins seraient autorisés à retirer des poitrines féminines à des jeunes filles pour devenir des hommes transgenres, je pense que cet électeur ne croirait pas une seconde qu’un pays qui autorise cela puisse être véritablement conservateur. Et pourtant c’est la réalité de l’Amérique d’aujourd’hui.

Les chrétiens traditionnels, catholiques, protestants, orthodoxes, ont perdu la guerre culturelle.

Si nous sommes un pays conservateur, pourquoi n’avons-nous pas eu un mouvement comme celui de la Manif pour tous, qui pourtant en France, au pays de la laïcité, a conduit des centaines de milliers de personnes dans les rues de Paris pour manifester? J’ai le sentiment que nous sommes plus un pays houllebecquien, même si les conservateurs ne veulent pas l’admettre. Les chrétiens traditionnels, catholiques, protestants, orthodoxes, ont perdu la guerre culturelle. Nous devons nous préparer à une longue période d’occupation et de résistance. C’est ce que j’appelle choisir l’option bénédictine. Même si mon livre s’est bien vendu aux États-Unis, proportionnellement il a eu plus de succès en Europe. En France, en Italie, en Espagne et dans d’autres pays européens mes lecteurs sont des catholiques de moins de 40 ans. Lorsque vous êtes aussi jeune et que vous allez encore à la messe, vous n’avez pas à être convaincu de la vérité du diagnostic que je porte sur le malaise culturel actuel. De même, vous n’avez pas besoin d’être convaincu de l’impuissance de l’église post-soixante-huitarde dans cette crise. En Amérique, les chrétiens n’ont pas encore vu pleinement cette vérité. Cela nous attend dans cette nouvelle décennie. Ce sera un choc douloureux mais nous ne serons pas en mesure de constituer une vraie résistance tant que nous n’accepterons pas cette réalité. Après Trump, le déluge.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :