
Toi qui as fixé les frontières, dressé les bornes de la terre, tu as créé l’été, l’hiver ! Psaumes 74: 17
L’essentiel est d’être bon aux gens avec qui l’on vit. (…) Défiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher au loin dans leurs livres des devoirs qu’ils dédaignent de remplir autour d’eux. Tel philosophe aime les Tartares, pour être dispensé d’aimer ses voisins. Jean-Jacques Rousseau (L’Emile, 1762)
Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref franchouillard ou cocardier, nous est étranger, voire odieux. Bernard-Henri Lévy (profession de foi du premier numéro du journal Globe, 1985)
The little man loves his country because it’s all he’s got. Sergeant Leroy Taylor
Look at the rest of the world: they keep trying to come to America. This must be the place to be. Respondents to Francesco Duina
For me to give up hope on the country in which I live in is almost to give up hope for self. So I gotta keep the light burning for me and for my country or I’m gonna be in the dark. 46-year-old unemployed black woman in Birmingham with plans to become a chef
For me, yeah, it starts with the individual, naturally. And according to our constitution, rules and rights, you know … everybody is afforded that without question … I believe, right, that I can have a conversation not just with you; I could sit down, talk with the President of the United States … you know? Older African American Birmingham resident
You have to have some shred of dignity. Even the bottom-of the-barrel person has to have some shred of dignity … and so when we’re struggling and we’re super poor and broke and going through all these things, you almost have to believe in something better or higher … and the Americans’ ideals ring on that level because they’re a lot different than maybe other countries’ because the American ideals are supposed to embody those things that are, are like good for humanity, you know … and it’s true. Middle-aged white man living out of a car in Billings, Montana, with his young and pregnant wife
Tout racisme est un essentialisme et le racisme de l’intelligence est la forme de sociodicée caractéristique d’une classe dominante dont le pouvoir repose en partie sur la possession de titres qui, comme les titres scolaires, sont censés être des garanties d’intelligence et qui ont pris la place, dans beaucoup de sociétés, et pour l’accès même aux positions de pouvoir économique, des titres anciens comme les titres de propriété et les titres de noblesse. Pierre Bourdieu
Un peuple connait, aime et défend toujours plus ses moeurs que ses lois. Montesquieu
Aux États-Unis, les plus opulents citoyens ont bien soin de ne point s’isoler du peuple ; au contraire, ils s’en rapprochent sans cesse, ils l’écoutent volontiers et lui parlent tous les jours. Ils savent que les riches des démocraties ont toujours besoin des pauvres et que, dans les temps démocratiques, on s’attache le pauvre par les manières plus que par les bienfaits. La grandeur même des bienfaits, qui met en lumière la différence des conditions, cause une irritation secrète à ceux qui en profitent; mais la simplicité des manières a des charmes presque irrésistibles : leur familiarité entraîne et leur grossièreté même ne déplaît pas toujours. Ce n’est pas du premier coup que cette vérité pénètre dans l’esprit des riches. Ils y résistent d’ordinaire tant que dure la révolution démocratique, et ils ne l’abandonnent même point aussitôt après que cette révolution est accomplie. Ils consentent volontiers à faire du bien au peuple ; mais ils veulent continuer à le tenir à distance. Ils croient que cela suffit ; ils se trompent. Ils se ruineraient ainsi sans réchauffer le coeur de la population qui les environne. Ce n’est pas le sacrifice de leur argent qu’elle leur demande; c’est celui de leur orgueil. Tocqueville
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie. G.K. Chesterton
Condamner le nationalisme parce qu’il peut mener à la guerre, c’est comme condamner l’amour parce qu’il peut conduire au meurtre. C.K. Chesterton
Il faut constamment se battre pour voir ce qui se trouve au bout de son nez. George Orwell
Le plus difficile n’est pas de dire ce que l’on voit mais d’accepter de voir ce que l’on voit. Charles Péguy
Nous apprenons à nous sentir responsable d’autrui parce que nous partageons avec eux une histoire commune, un destin commun. Robert Reich
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme ans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Hussein Obama (2008)
Pour la première fois de ma vie d’adulte, je suis fière de mon pays. Michelle Obama
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton (2016)
Il n’y a pas d’identité fondamentale, pas de courant dominant, au Canada. Il y a des valeurs partagées — ouverture, compassion, la volonté de travailler fort, d’être là l’un pour l’autre, de chercher l’égalité et la justice. Ces qualités sont ce qui fait de nous le premier État postnational. Justin Trudeau
Nous qui vivons dans les régions côtières des villes bleues, nous lisons plus de livres et nous allons plus souvent au théâtre que ceux qui vivent au fin fond du pays. Nous sommes à la fois plus sophistiqués et plus cosmopolites – parlez-nous de nos voyages scolaires en Chine et en Provence ou, par exemple, de notre intérêt pour le bouddhisme. Mais par pitié, ne nous demandez pas à quoi ressemble la vie dans l’Amérique rouge. Nous n’en savons rien. Nous ne savons pas qui sont Tim LaHaye et Jerry B. Jenkins. […] Nous ne savons pas ce que peut bien dire James Dobson dans son émission de radio écoutée par des millions d’auditeurs. Nous ne savons rien de Reba et Travis. […] Nous sommes très peu nombreux à savoir ce qu’il se passe à Branson dans le Missouri, même si cette ville reçoit quelque sept millions de touristes par an; pas plus que nous ne pouvons nommer ne serait-ce que cinq pilotes de stock-car. […] Nous ne savons pas tirer au fusil ni même en nettoyer un, ni reconnaître le grade d’un officier rien qu’à son insigne. Quant à savoir à quoi ressemble une graine de soja poussée dans un champ… David Brooks
J’entends les voix apeurées qui nous appellent à construire des murs. Plutôt que des murs, nous voulons aider les gens à construire des ponts. Mark Zuckerberg
Mes arrière-grands-parents sont venus d’Allemagne, d’Autriche et de Pologne. Les parents de [mon épouse] Priscilla étaient des réfugiés venant de Chine et du Vietnam. Les Etats-Unis sont une nation d’immigrants, et nous devrions en être fiers. Comme beaucoup d’entre vous, je suis inquiet de l’impact des récents décrets signés par le président Trump. Nous devons faire en sorte que ce pays reste en sécurité, mais pour y parvenir, nous devrions nous concentrer sur les personnes qui représentent vraiment une menace. Etendre l’attention des forces de l’ordre au-delà des personnes qui représentent de vraies menaces va nuire à la sécurité des Américains, en dispersant les ressources, tandis que des millions de sans-papiers qui ne représentent aucune menace vivront dans la peur d’être expulsés. Mark Zuckerberg
We can suggest what you should do next, what you care about. Imagine: We know where you are, we know what you like. A near-term future in which you don’t forget anything, because the computer remembers. You’re never lost. Eric Schmidt (Google)
I don’t believe society understands what happens when everything is available, knowable and recorded by everyone all the time. (…) Let’s say you’re walking down the street. Because of the info Google has collected about you, we know roughly who you are, roughly what you care about, roughly who your friends are. (…) I actually think most people don’t want Google to answer their questions. They want Google to tell them what they should be doing next. Eric Schmidt
The average American doesn’t realize how much of the laws are written by lobbyists (…) Washington is an incumbent protection machine. Technology is fundamentally disruptive. (…) Google policy is to get right up to the creepy line and not cross it. Google implants, he added, probably crosses that line. (…) With your permission you give us more information about you, about your friends, and we can improve the quality of our searches. We don’t need you to type at all. We know where you are. We know where you’ve been. We can more or less now what you’re thinking about. Eric Schmidt
There’s such an overwhelming amount of information now, we can search where you are, see what you’re looking at if you take a picture with your camera. One way to think about this is, we’re trying to make people better people, literally give them better ideas—augmenting their experience. Think of it as augmented humanity. Eric Schmidt
Les démocrates radicaux veulent remonter le temps, rendre de nouveau le pouvoir aux mondialistes corrompus et avides de pouvoir. Vous savez qui sont les mondialistes? Le mondialiste est un homme qui veut qu’il soit bon de vivre dans le monde entier sans, pour dire le vrai, se soucier de notre pays. Cela ne nous convient pas. (…) Vous savez, il y a un terme devenu démodé dans un certain sens, ce terme est « nationaliste ». Mais vous savez qui je suis? Je suis un nationaliste. OK? Je suis nationaliste. Saisissez-vous de ce terme! Donald Trump
I think it’s very unfortunate. (…) it’s almost like they’re embarrassed at the achievement coming from America. I think it’s a terrible thing. (…) because when you think of Neil Armstrong and when you think about the landing on the moon, you think about the American flag. And I understand they don’t do it. So for that reason I wouldn’t even want to watch the movie. (…) I don’t want to get into the world of boycotts. Same thing with Nike. I wouldn’t say you don’t buy Nike because of the Colin Kaepernick. I mean, look, as much as I disagree, as an example, with the Colin Kaepernick endorsement, in another way, I wouldn’t have done it. In another way, it is what this country is all about, that you have certain freedoms to do things that other people may think you shouldn’t do. So you know, I personally am on a different side of it, you guys are probably too, I’m on a different side of it. Donald Trump
Très intéressant de voir des élues démocrates du Congrès, “progressistes”, qui viennent originellement de pays dont les gouvernements sont des catastrophes complètes et absolues, les pires, les plus corrompus et les plus ineptes du monde (si tant est qu’on puisse parler de gouvernement) et qui maintenant clament férocement au peuple des États-Unis, la plus grande et la plus puissante nation du monde, comment notre gouvernement doit être dirigé. Pourquoi ne retournent-elles pas d’où elles viennent, pour aider à réparer ces lieux totalement dévastés et infestés par le crime ? Puis, qu’elles reviennent et qu’elles nous montrent comment elles ont fait. Ces endroits ont bigrement besoin de votre aide, vous n’y partirez jamais trop vite. Je suis sûr que Nancy Pelosi serait très heureuse d’organiser rapidement un voyage gratuit ! Donald Trump
Ces idées ont un nom : nationalisme, identitarisme, protectionnisme, souverainisme de repli. Ces idées qui, tant de fois, ont allumé les brasiers où l’Europe aurait pu périr, les revoici sous des habits neufs encore ces derniers jours. Elles se disent légitimes parce qu’elles exploitent avec cynisme la peur des peuples. (…) Je ne laisserai rien, rien à toutes celles et ceux qui promettent la haine, la division ou le repli national. Je ne leur laisserai aucune proposition. C’est à l’Europe de les faire, c’est à nous de les porter, aujourd’hui et maintenant (…) Et nous n’avons qu’un choix, qu’une alternative : le repli sur nous frontières, qui serait à la fois illusoire et inefficace, ou la construction d’un espace commun des frontières, de l’asile et de (…) faire une place aux réfugiés qui ont risqué leur vie, chez eux et sur leur chemin, c’est notre devoir commun d’Européen et nous ne devons pas le perdre de vue. (…) C’est pourquoi j’ai engagé en France un vaste travail de réforme pour mieux accueillir les réfugiés, augmenter les relocalisations dans notre pays, accélérer les procédures d’asile en nous inspirant du modèle allemand, être plus efficaces dans les reconduites indispensables. Ce que je souhaite pour l’Europe, la France commence dès à présent à le faire elle-même. Emmanuel Macron
On vous demande une carte blanche, et vous salissez l’adversaire, et vous proférez des mensonges. Votre projet, c’est de salir, c’est de mener une campagne de falsifications, de vivre de la peur et des mensonges. La France que je veux vaut beaucoup mieux que ça. Il faut sortir d’un système qui vous a coproduit. Vous en vivez. Vous êtes son parasite. L’inefficacité des politiques de droite et de gauche, c’est l’extrême droite qui s’en nourrit. Je veux mener la politique qui n’a jamais été menée ces trente dernières années. Emmanuel Macron (2017)
Le patriotisme est l’exact contraire du nationalisme. Le nationalisme en est sa trahison. Emmanuel Macron
Nous n’avons pas besoin de visages basanés qui ne veulent pas être une voix basanée. Nous n’avons pas besoin de visages noirs qui ne veulent pas être une voix noire. Nous n’avons pas besoin de musulmans qui ne veulent pas être une voix musulmane. Nous n’avons pas besoin d’homos qui ne veulent pas être une voix homo. Si vous craignez d’être marginalisé et stéréotypé, ne vous présentez même pas, nous n’avons pas besoin de vous pour représenter cette voix. Ayanna Pressley (représentante démocrate, Massachusetts)
So apparently Donald Trump wants to make this an election about what it means to be American. He’s got his vision of what it means to be American, and he’s challenging the rest of us to come up with a better one. In Trump’s version, “American” is defined by three propositions. First, to be American is to be xenophobic. The basic narrative he tells is that the good people of the heartland are under assault from aliens, elitists and outsiders. Second, to be American is to be nostalgic. America’s values were better during some golden past. Third, a true American is white. White Protestants created this country; everybody else is here on their sufferance. When you look at Trump’s American idea you realize that it contradicts the traditional American idea in every particular. In fact, Trump’s national story is much closer to the Russian national story than it is toward our own. It’s an alien ideology he’s trying to plant on our soil. Trump’s vision is radically anti-American. The real American idea is not xenophobic, nostalgic or racist; it is pluralistic, future-oriented and universal. America is exceptional precisely because it is the only nation on earth that defines itself by its future, not its past. America is exceptional because from the first its citizens saw themselves in a project that would have implications for all humankind. America is exceptional because it was launched with a dream to take the diverse many and make them one — e pluribus unum. (…) Trump’s campaign is an attack on that dream. The right response is to double down on that ideal. The task before us is to create the most diverse mass democracy in the history of the planet — a true universal nation. It is precisely to weave the social fissures that Trump is inclined to tear. David Brooks
In the matter of immigration, mark this conservative columnist down as strongly pro-deportation. The United States has too many people who don’t work hard, don’t believe in God, don’t contribute much to society and don’t appreciate the greatness of the American system. They need to return whence they came. I speak of Americans whose families have been in this country for a few generations. Complacent, entitled and often shockingly ignorant on basic points of American law and history, they are the stagnant pool in which our national prospects risk drowning. (…) Bottom line: So-called real Americans are screwing up America. Maybe they should leave, so that we can replace them with new and better ones: newcomers who are more appreciative of what the United States has to offer, more ambitious for themselves and their children, and more willing to sacrifice for the future. In other words, just the kind of people we used to be — when “we” had just come off the boat. O.K., so I’m jesting about deporting “real Americans” en masse. (Who would take them in, anyway?) But then the threat of mass deportations has been no joke with this administration. On Thursday, the Department of Homeland Security seemed prepared to extend an Obama administration program known as Deferred Action for Childhood Arrivals, or DACA, which allows the children of illegal immigrants — some 800,000 people in all — to continue to study and work in the United States. The decision would have reversed one of Donald Trump’s ugly campaign threats to deport these kids, whose only crime was to have been brought to the United States by their parents. Yet the administration is still committed to deporting their parents, and on Friday the D.H.S. announced that even DACA remains under review — another cruel twist for young immigrants wondering if they’ll be sent back to “home” countries they hardly ever knew, and whose language they might barely even speak. Beyond the inhumanity of toying with people’s lives this way, there’s also the shortsightedness of it. We do not usually find happiness by driving away those who would love us. Businesses do not often prosper by firing their better employees and discouraging job applications. So how does America become great again by berating and evicting its most energetic, enterprising, law-abiding, job-creating, idea-generating, self-multiplying and God-fearing people? Because I’m the child of immigrants and grew up abroad, I have always thought of the United States as a country that belongs first to its newcomers — the people who strain hardest to become a part of it because they realize that it’s precious; and who do the most to remake it so that our ideas, and our appeal, may stay fresh. That used to be a cliché, but in the Age of Trump it needs to be explained all over again. We’re a country of immigrants — by and for them, too. Americans who don’t get it should get out. Bret Stephens
N’en déplaise aux chiens de garde de la pensée unique, il n’y a rien de choquant dans ce texte. Trump ne critique ni des peuples ni des cultures, mais des gouvernements. Il mentionne des « élues démocrates », mais sans les citer nommément. Quant à ce qu’elles partent à l’étranger redresser ces pays qui sont à les entendre tellement mieux que les États-Unis, il ne s’agit pas d’un exil, puisqu’il mentionne explicitement qu’elles en reviennent. La seule flèche réelle est à l’encontre de Mme Pelosi, qui a le plus grand mal à tenir les rênes de ses troupes démocrates à la Chambre des Représentants. (…) Quatre élues démocrates se sentirent donc indignées par ces tweets: Ilhan Omar (Minnesota), Ayanna Pressley (Massachusetts) et Rashida Tlaib (Michigan), et Alexandria Ocasio-Cortez (New York). Trois d’entre elles ne correspondent même pas au portrait brossé par Trump puisqu’elles sont nées aux États-Unis, mais qu’importe, les médias se chargent de tous les raccourcis. (…) Ayanna Pressley déclencha une polémique il y a quelques jours par une vision de la société uniquement basée sur l’appartenance raciale, religieuse ou sexuelle, soit l’exact opposé du melting pot américain (…) Pour Mme Pressley, quelqu’un est blanc ou noir avant d’être Américain. Rashida Tlaib, qui grandit dans le paradis socialiste du Nicaragua, devint la première élue musulmane du Michigan. Ce qui n’est pas en soi un problème, si ce n’est qu’elle se fit remarquer dès son arrivée au Congrès par de nombreuses attaques antisémites. Elle traita également Trump de « fils de pute » dans sa première déclaration officielle, ce qui donne le niveau de finesse de la dame. Sur la carte du monde dans son bureau, elle recouvrit Israël avec un Post-It sur lequel il était marqué « Palestine ». Elle soutient l’organisation de promotion de l’islam CAIR, proche des Frères Musulmans. Bref, elle affiche clairement son allégeance (…) Ilhan Omar est née en Somalie et avoua en public son allégeance somalienne. Son statut civil est délicat: des rumeurs persistantes affirme qu’aurait pu être mariée à son propre frère pour s’installer aux États-Unis. Elle est en délicatesse avec le fisc américain pour de fausses déclarations fiscales. Politiquement, elle se fit remarquer par son indifférence à l’égard des attentats du 11 septembre 2001 (rien de plus pour elle que « des gens ont fait quelque chose ») mais surjoua son émotion à l’évocation de l’opération de secours « Black Hawk Down » où des soldats américains virent libérer un des leurs dans un hélicoptère abattu dans une mission de maintien de la paix. Enfin, elle refuse toujours de condamner publiquement Al-Qaeda (…) Alexandria Ocasio-Cortez est la plus souvent mise en avant par les médias, au point d’avoir son abréviation AOC. Issue d’une riche famille de New-York, elle travailla brièvement comme serveuse (permettant de donner corps à ses « humbles débuts » dans son récit personnel) avant d’embrasser la carrière politique. Depuis son élection, son radicalisme de gauche et ses délires utopiques montrent à quel point elle est coupée de la réalité. Ses sorties plongent régulièrement les responsables démocrates dans l’embarras. Elle réussit à faire fuir Amazon qui envisageait de s’installer à New York, perdant ainsi l’opportunité de créer 25’000 emplois, un exploit remarqué. Sans-frontiériste convaincue et imbue de son image, elle se fit aussi photographier dans une poignante séquence où elle pleure face à une clôture grillagée… Le tout étant en fait une mise en scène dans un parking vide. (…) Avec des rivales comme celles-ci, Trump pourrait dormir sur ses deux oreilles pour 2020. Leur bêtise et leur extrémisme fait fuir les électeurs centristes et provoque des remous jusque dans le camp démocrate. (…) Trump n’a que faire des accusations de racisme ; il est traité de raciste cent fois par semaine depuis qu’il est Président. De leur côté, les stratèges démocrates sont on ne peut plus embarrassés par leurs « étoiles montantes ». Nancy Pelosi essayait depuis plusieurs semaines de diminuer leur exposition médiatique dans l’espoir de restaurer un semblant de crédibilité au Parti Démocrate pour l’échéance de 2020 ; tout vient de voler en éclat. Les médias ne s’intéressent même plus aux candidats à l’investiture présidentielle. Seules comptent les réactions et les invectives des élues d’extrême-gauche. Pire encore, par réaction, les autres Démocrates ont été contraints de s’aligner avec elles pour prendre leur défense – augmentant encore l’alignement du parti avec ces extrémistes repoussantes pour qui n’est pas un militant d’extrême-gauche. En poussant le Parti Démocrate dans les cordes de l’extrême-gauche comme il le fait, Trump s’assure que les Démocrates passent pour des fous et des illuminés sans la moindre crédibilité. Les glapissements hystériques d’AOC, la vulgarité antisémite de Rashida Tlaib, l’obsession raciale de Ayanna Pressley et la sympathie affichée d’Ilhan Omar pour les islamistes auront tôt fait de détourner les Américains modérés de se rendre aux urnes pour chasser « l’ignoble Trump » du pouvoir – lui sur lequel il n’y a plus grand-chose à ajouter tant les médias lui envoient quotidiennement du fumier depuis trois ans. Stéphane Montabert
Obama est le premier président américain élevé sans attaches culturelles, affectives ou intellectuelles avec la Grande-Bretagne ou l’Europe. Les Anglais et les Européens ont été tellement enchantés par le premier président américain noir qu’ils n’ont pu voir ce qu’il est vraiment: le premier président américain du Tiers-Monde. The Daily Mail
Culturellement, Obama déteste la Grande-Bretagne. Il a renvoyé le buste de Churchill sans la moindre feuille de vigne d’une excuse. Il a insulté la Reine et le Premier ministre en leur offrant les plus insignifiants des cadeaux. A un moment, il a même refusé de rencontrer le Premier ministre. Dr James Lucier (ancien directeur du comité des Affaire étrangères du sénat américain)
We want our country back ! Marion Maréchal
La jeune génération n’est pas encouragée à aimer notre héritage. On leur lave le cerveau en leur faisant honte de leur pays. (…) Nous, Français, devons nous battre pour notre indépendance. Nous ne pouvons plus choisir notre politique économique ou notre politique d’immigration et même notre diplomatie. Notre liberté est entre les mains de l’Union européenne. (…) Notre liberté est maintenant entre les mains de cette institution qui est en train de tuer des nations millénaires. Je vis dans un pays où 80%, vous m’avez bien entendu, 80% des lois sont imposées par l’Union européenne. Après 40 ans d’immigration massive, de lobbyisme islamique et de politiquement correct, la France est en train de passer de fille aînée de l’Eglise à petite nièce de l’islam. On entend maintenant dans le débat public qu’on a le droit de commander un enfant sur catalogue, qu’on a le droit de louer le ventre d’une femme, qu’on a le droit de priver un enfant d’une mère ou d’un père. (…) Aujourd’hui, même les enfants sont devenus des marchandises (…) Un enfant n’est pas un droit (…) Nous ne voulons pas de ce monde atomisé, individualiste, sans sexe, sans père, sans mère et sans nation. (…) Nous devons faire connaitre nos idées aux médias et notre culture, pour stopper la domination des libéraux et des socialistes. C’est la raison pour laquelle j’ai lancé une école de sciences politiques. (…) Nous devons faire connaitre nos idées aux médias et notre culture, pour stopper la domination des libéraux et des socialistes. C’est la raison pour laquelle j’ai lancé une école de sciences politiques. (…) La Tradition n’est pas la vénération des cendres, elle est la passation du feu. (…)Je ne suis pas offensée lorsque j’entends le président Donald Trump dire ‘l’Amérique d’abord’. En fait, je veux l’Amérique d’abord pour le peuple américain, je veux la Grande-Bretagne d’abord pour le peuple britannique et je veux la France d’abord pour le peuple français. Comme vous, nous voulons reprendre le contrôle de notre pays. Vous avez été l’étincelle, il nous appartient désormais de nourrir la flamme conservatrice. Marion Maréchal
« Pourquoi la Suède est-elle devenue la Corée du Nord de l’Europe ? » C’est la question qu’un Danois avait posée sous forme de demi-boutade au caricaturiste suédois Lars Vilks lors d’une conférence à laquelle j’ai participé en 2014. En guise de réponse qui n’avait d’ailleurs pas convaincu, Vilks avait marmonné en disant que la Suède avait une prédilection pour le consensus. Aujourd’hui, il existe à cette question une réponse plus convaincante qui nous est donnée par Ryszard Legutko, professeur de philosophie et homme politique polonais influent. Traduit en anglais par Teresa Adelson sous le titre The Demon in Democracy: Totalitarian Temptations in Free Societies (Le démon de la démocratie : les tentations totalitaires au sein des sociétés libres), son livre paru chez Encounter montre de façon méthodique les similitudes surprenantes mais réelles entre le communisme de type soviétique et le libéralisme moderne tel qu’il est conçu par la Suède, l’Union européenne ou Barack Obama. (Avant d’analyser son argumentation, je tiens toutefois à préciser que là où Legutko parle de démocratie libérale, un concept trop complexe selon moi, je préfère parler de libéralisme.) Legutko ne prétend pas que le libéralisme ressemble au communisme dans ce que celui-ci a de monstrueux et encore moins que les deux idéologies sont identiques. Il reconnaît pleinement le caractère démocratique du libéralisme d’une part et la nature brutale et tyrannique du communisme d’autre part. Mais une fois établie cette distinction nette, il met le doigt sur le point sensible commun aux deux idéologies. C’est dans les années 1970 au cours d’un voyage effectué en Occident qu’il s’est rendu compte pour la première fois de ces similarités. Il s’est alors aperçu que les libéraux préféraient les communistes aux anti-communistes. Par après, avec la chute du bloc soviétique, il a vu les libéraux accueillir chaleureusement les communistes mais pas leurs opposants anticommunistes. Pourquoi ? Car selon lui le libéralisme partage avec le communisme une foi puissante en l’esprit rationnel propre à trouver des solutions. Cela se traduit par une propension à améliorer le citoyen, à le moderniser et à le façonner pour en faire un être supérieur, une propension qui conduit les deux idéologies à politiser, et donc à dévaloriser, tous les aspects de la vie dont la sexualité, la famille, la religion, les sports, les loisirs et les arts. (…) Les deux idéologies recourent à l’ingénierie sociale de façon à créer une société dont les membres seraient « identiques dans les mots, les pensées et les actes ». L’objectif serait d’obtenir une population en grande partie interchangeable et dépourvue de tout esprit dissident susceptible de causer des ennuis. Chacune des deux idéologies assume complètement le fait que sa vision particulière constitue le plus grand espoir pour l’humanité et représente la fin de l’histoire, l’étape finale de l’évolution de l’humanité. Le problème, c’est que de tels plans d’amélioration de l’humanité conduisent inévitablement à de terribles déceptions. En réalité, les êtres humains sont bien plus têtus et moins malléables que ne le souhaitent les rêveurs. Quand les choses vont mal (disons la production alimentaire pour les communistes, l’immigration sans entraves pour les libéraux), apparaissent deux conséquences néfastes. La première est le repli des idéologues dans un monde virtuel qu’ils cherchent ardemment à imposer à des sujets réfractaires. Les communistes déploient des efforts colossaux pour convaincre leurs vassaux qu’ils prospéreront bien plus que ces misérables vivant dans des pays capitalistes. Les libéraux transforment les deux genres – masculin et féminin – en 71 genres différents ou font disparaître la criminalité des migrants. Quand leurs projets tournent au vinaigre, les uns et les autres répondent non pas en repensant leurs principes mais, contre toute logique, en exigeant l’application d’un communisme ou d’un libéralisme plus pur et en s’appuyant fortement sur le complotisme : les communistes blâment les capitalistes et les libéraux blâment les entreprises pour expliquer par exemple pourquoi San Francisco détient aux États-Unis le record d’atteintes à la propriété ou pourquoi la ville de Seattle est gangrenée par une mendicité épidémique. La deuxième conséquence survient quand les dissidents apparaissent immanquablement. C’est alors que les communistes comme les libéraux font tout ce qu’ils peuvent pour étouffer les opinions divergentes. Autrement dit, les uns comme les autres sont prêts à forcer leurs populations ignorantes « à la liberté » selon les termes de Legutko. Ce qui signifie, bien entendu, le contrôle voire, la suppression de la liberté d’expression. Dans le cas du communisme, les bureaux de la censure du gouvernement excluent toute opinion négative vis-à-vis du socialisme et les conséquences sont fâcheuses pour quiconque ose persister. Dans le cas du libéralisme, les fournisseurs d’accès à Internet, les grands réseaux sociaux, les écoles, les banques, les services de covoiturage, les hôtels et les lignes de croisière font le sale boulot consistant à mettre hors-jeu les détracteurs qui tiennent ce qui est appelé un discours de haine consistant notamment à affirmer l’idée scandaleuse selon laquelle il n’y a que deux genres. Bien entendu l’islam est un sujet insidieux : ainsi le fait de se demander si Mahomet était un pédophile, est passible d’une amende, et une caricature, d’une peine de prison. Résultat : en Allemagne à peine 19% des citoyens ont l’impression qu’ils peuvent exprimer leur opinion librement en public. Daniel Pipes
Ce qui est nouveau, c’est d’abord que la bourgeoisie a le visage de l’ouverture et de la bienveillance. Elle a trouvé un truc génial : plutôt que de parler de « loi du marché », elle dit « société ouverte », « ouverture à l’Autre » et liberté de choisir… Les Rougon-Macquart sont déguisés en hipsters. Ils sont tous très cools, ils aiment l’Autre. Mieux : ils ne cessent de critiquer le système, « la finance », les « paradis fiscaux ». On appelle cela la rebellocratie. C’est un discours imparable : on ne peut pas s’opposer à des gens bienveillants et ouverts aux autres ! Mais derrière cette posture, il y a le brouillage de classes, et la fin de la classe moyenne. La classe moyenne telle qu’on l’a connue, celle des Trente Glorieuses, qui a profité de l’intégration économique, d’une ascension sociale conjuguée à une intégration politique et culturelle, n’existe plus même si, pour des raisons politiques, culturelles et anthropologiques, on continue de la faire vivre par le discours et les représentations. (…) C’est aussi une conséquence de la non-intégration économique. Aujourd’hui, quand on regarde les chiffres – notamment le dernier rapport sur les inégalités territoriales publié en juillet dernier –, on constate une hyper-concentration de l’emploi dans les grands centres urbains et une désertification de ce même emploi partout ailleurs. Et cette tendance ne cesse de s’accélérer ! Or, face à cette situation, ce même rapport préconise seulement de continuer vers encore plus de métropolisation et de mondialisation pour permettre un peu de redistribution. Aujourd’hui, et c’est une grande nouveauté, il y a une majorité qui, sans être « pauvre » ni faire les poubelles, n’est plus intégrée à la machine économique et ne vit plus là où se crée la richesse. Notre système économique nécessite essentiellement des cadres et n’a donc plus besoin de ces millions d’ouvriers, d’employés et de paysans. La mondialisation aboutit à une division internationale du travail : cadres, ingénieurs et bac+5 dans les pays du Nord, ouvriers, contremaîtres et employés là où le coût du travail est moindre. La mondialisation s’est donc faite sur le dos des anciennes classes moyennes, sans qu’on le leur dise ! Ces catégories sociales sont éjectées du marché du travail et éloignées des poumons économiques. Cependant, cette« France périphérique » représente quand même 60 % de la population. (…) Ce phénomène présent en France, en Europe et aux États-Unis a des répercussions politiques : les scores du FN se gonflent à mesure que la classe moyenne décroît car il est aujourd’hui le parti de ces « superflus invisibles » déclassés de l’ancienne classe moyenne. (…) Toucher 100 % d’un groupe ou d’un territoire est impossible. Mais j’insiste sur le fait que les classes populaires (jeunes, actifs, retraités) restent majoritaires en France. La France périphérique, c’est 60 % de la population. Elle ne se résume pas aux zones rurales identifiées par l’Insee, qui représentent 20 %. Je décris un continuum entre les habitants des petites villes et des zones rurales qui vivent avec en moyenne au maximum le revenu médian et n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois. Face à eux, et sans eux, dans les quinze plus grandes aires urbaines, le système marche parfaitement. Le marché de l’emploi y est désormais polarisé. Dans les grandes métropoles il faut d’une part beaucoup de cadres, de travailleurs très qualifiés, et de l’autre des immigrés pour les emplois subalternes dans le BTP, la restauration ou le ménage. Ainsi les immigrés permettent-ils à la nouvelle bourgeoisie de maintenir son niveau de vie en ayant une nounou et des restaurants pas trop chers. (…) Il n’y a aucun complot mais le fait, logique, que la classe supérieure soutient un système dont elle bénéficie – c’est ça, la « main invisible du marché» ! Et aujourd’hui, elle a un nom plus sympathique : la « société ouverte ». Mais je ne pense pas qu’aux bobos. Globalement, on trouve dans les métropoles tous ceux qui profitent de la mondialisation, qu’ils votent Mélenchon ou Juppé ! D’ailleurs, la gauche votera Juppé. C’est pour cela que je ne parle ni de gauche, ni de droite, ni d’élites, mais de « la France d’en haut », de tous ceux qui bénéficient peu ou prou du système et y sont intégrés, ainsi que des gens aux statuts protégés : les cadres de la fonction publique ou les retraités aisés. Tout ce monde fait un bloc d’environ 30 ou 35 %, qui vit là où la richesse se crée. Et c’est la raison pour laquelle le système tient si bien. (…) La France périphérique connaît une phase de sédentarisation. Aujourd’hui, la majorité des Français vivent dans le département où ils sont nés, dans les territoires de la France périphérique il s’agit de plus de 60 % de la population. C’est pourquoi quand une usine ferme – comme Alstom à Belfort –, une espèce de rage désespérée s’empare des habitants. Les gens deviennent dingues parce qu’ils savent que pour eux « il n’y a pas d’alternative » ! Le discours libéral répond : « Il n’y a qu’à bouger ! » Mais pour aller où ? Vous allez vendre votre baraque et déménager à Paris ou à Bordeaux quand vous êtes licencié par ArcelorMittal ou par les abattoirs Gad ? Avec quel argent ? Des logiques foncières, sociales, culturelles et économiques se superposent pour rendre cette mobilité quasi impossible. Et on le voit : autrefois, les vieux restaient ou revenaient au village pour leur retraite. Aujourd’hui, la pyramide des âges de la France périphérique se normalise. Jeunes, actifs, retraités, tous sont logés à la même enseigne. La mobilité pour tous est un mythe. Les jeunes qui bougent, vont dans les métropoles et à l’étranger sont en majorité issus des couches supérieures. Pour les autres ce sera la sédentarisation. Autrefois, les emplois publics permettaient de maintenir un semblant d’équilibre économique et proposaient quelques débouchés aux populations. Seulement, en plus de la mondialisation et donc de la désindustrialisation, ces territoires ont subi la retraite de l’État. (…) Même si l’on installe 20 % de logements sociaux partout dans les grandes métropoles, cela reste une goutte d’eau par rapport au parc privé « social de fait » qui existait à une époque. Les ouvriers, autrefois, n’habitaient pas dans des bâtiments sociaux, mais dans de petits logements, ils étaient locataires, voire propriétaires, dans le parc privé à Paris ou à Lyon. C’est le marché qui crée les conditions de la présence des gens et non pas le logement social. Aujourd’hui, ce parc privé « social de fait » s’est gentrifié et accueille des catégories supérieures. Quant au parc social, il est devenu la piste d’atterrissage des flux migratoires. Si l’on regarde la carte de l’immigration, la dynamique principale se situe dans le Grand Ouest, et ce n’est pas dans les villages que les immigrés s’installent, mais dans les quartiers de logements sociaux de Rennes, de Brest ou de Nantes. (…) In fine, il y a aussi un rejet du multiculturalisme. Les gens n’ont pas envie d’aller vivre dans les derniers territoires des grandes villes ouverts aux catégories populaires : les banlieues et les quartiers à logements sociaux qui accueillent et concentrent les flux migratoires. Christophe Guilluy
Comment expliquer que les ouvriers constituent toujours le groupe social le plus important de la société française et que leur existence passe de plus en plus inaperçue ? Stéphane Beaud et Michel Pialoux (Retour sur la condition ouvrière, 1999)
J’ai regardé les premières cartes qui avaient été faites par l’IFOP concernant les ronds-points occupés par les Gilets jaunes. Ce qui était frappant, c’était la parfaite corrélation avec celle de la France périphérique, développée autour d’un indicateur de fragilité sociale. Ce qui est très intéressant c’est que cette carte fait exploser toutes les typologies traditionnelles : la division est-ouest entre la France industrielle et la France rurale par exemple. En réalité, le mouvement est parti de partout, aussi bien dans le sud-ouest que dans le nord-est, on voit donc quelque chose qui correspond exactement à la France périphérique, c’est-à-dire à la répartition des catégories modestes et populaires dans l’espace. Cette typologie casse celle de la France du vide qui n’est plus pertinente et cela nous montre bien les effets d’un modèle économique nouveau qui est celui de la mondialisation. C’est pour cela que je dis que le mouvement des Gilets jaunes n’est pas une résurgence de la révolution française ou de mai 68, cela est au contraire quelque chose de très nouveau : cela correspond à l’impact de la mondialisation sur la classe moyenne au sens large : de l’ouvrier au cadre supérieur. La classe moyenne, ce ne sont pas seulement les professions intermédiaires, c’est un ensemble, ce sont les gens qui travaillent et qui ont l’impression de faire partie d’un tout, peu importe qu’il y ait des inégalités de salaires. (…) Ce qui était malsain dans l’analyse qui en a été fait, cela a été le moment ou l’on a dit « en réalité, ils ne sont pas pauvres ». On opposait une nouvelle fois les pauvres aux classes populaires alors que la presque totalité des pauvres sont issus des classes populaires. Il y a un lien organique entre eux. Quand on prend ces catégories, ouvriers, employés, paysans etc.…ils peuvent être pauvres, au chômage, et même quand ils ont un emploi, ils savent très bien que la case pauvreté est toute proche sur l’échiquier. Surtout, ils ont un frère, un cousin, un grand parent, un ami, un voisin qui est pauvre. On oublie toujours de dire que la pauvreté n’est pas un état permanent, il y a un échange constant entre classes populaires et pauvreté. Opposer ces catégories, c’est refuser ce lien organique entre pauvres et travailleurs modestes. C’est donc ne rien comprendre à ce qui se joue actuellement. (…) Ce que nous constatons aujourd’hui, c’est une dysfonction entre l’économie et la société. Et cela est la première fois. Avant, l’économie faisait société, c’était les 30 glorieuses avec un modèle économique qui intègre tout le monde et qui bénéficie à l’ensemble de la société. Là, nous avons un modèle qui peut créer de la richesse mais qui ne fait pas société. Le modèle économique mondialisé, parce qu’il n’a pas de limites, frappe les catégories sociales les unes après les autres. Après les employés, il y a les professions intermédiaires, les jeunes diplômés, et après nous aurons les catégories supérieures. La seule chose qui protège les catégories supérieures est qu’elles vivent aujourd’hui dans des citadelles. C’est ce qui fait aussi que la baisse du soutien des Français au mouvement des Gilets jaunes touche ces catégories-là. Mais cela n’empêche pas que le socle électoral d’Emmanuel Macron se restreint comme peau de chagrin, cela est mécanique. Depuis les années 80, on a souvent compensé ces destructions d’emplois sur ces territoires par des emplois publics, mais les gens ont parfaitement compris que ce modèle était à bout de souffle. Les fonctionnaires de catégorie B et C, qui sont présents dans le mouvement, ont compris que cela était fini, qu’ils n’auraient plus d’augmentations de salaires ou que leurs enfants ne pourront plus en profiter. On a bien là une angoisse d’insécurité sociale qui s’est généralisée à l’ensemble de ces catégories qui étaient, hier, totalement intégrées à la classe moyenne, et cela démontre bien comment un mouvement parti des marges est devenu majoritaire. Cela est la limite du modèle économique néolibéral. Je n’aurais aucun problème à adhérer au modèle néolibéral, s’il fonctionnait. On a vu comment cela avait commencé, ouvriers d’abord, paysans etc.. Et aujourd’hui, des gens que l’on pensait finalement sécurisés sont touchés ; petite fonction publique et retraités. Or, ce sont les gens qui ont, in fine, élu Emmanuel Macron. Son effondrement vient de ces catégories-là. Mais les classes populaires n’ont rien contre les riches, ils jouent au loto pour devenir riches, la question est simplement de pouvoir vivre décemment avec son salaire et d’être respecté culturellement. Nous payons réellement 30 années de mépris de classe, d’ostracisation, d’insultes en direction du peuple. (…) C’est ce que ne comprennent pas les libéraux. Je crois que le débat –libéral-pas libéral- est vain. Si je dis qu’il y a un problème avec ce modèle dans ces territoires, alors on me dit que je suis pour la suppression des métropoles ou que je suis favorable à un retour à une économie administrée. Et surtout, ce qui est intolérable, c’est que je cliverais la société en termes de classes sociales. En relisant récemment une biographie de Margaret Thatcher, je me suis rendu compte que le plus gros reproche fait aux travaillistes et aux syndicats dans les années 70 était justement de cliver la société à partir des classes sociales. L’argument était de dire qu’ils sont de mauvais Anglais parce qu’ils fracturent l’unité nationale. Ce qui est génial, c’est que nous voyons aujourd’hui exactement les mêmes réactions avec la France périphérique. Une arme sur la tempe, on vous dit d’arrêter de parler des inégalités. Ils veulent bien que l’on parle de pauvres mais cela ne va pas plus loin. Mais quand on regarde finement les choses, Emmanuel Macron n’aurait pas pu être élu sans le niveau de l’État providence français. À la fin il passe, évidemment parce qu’il fait le front des bourgeoisies et des catégories supérieures, des scores soviétiques dans les grandes métropoles mais aussi et surtout parce que la majorité de la fonction publique a voté pour lui, tout comme la majorité des retraités a voté pour lui. C’est-à-dire les héritiers des 30 glorieuses et surtout le cœur de la redistribution française. Emmanuel Macron se tire deux balles dans le pied en attaquant la fonction publique et les retraités. Nous assistons à un suicide en direct. C’est ce qui explique qu’il soit très vite passé de 65 à 25%. Finalement, et paradoxalement, le modèle français ne résiste au populisme et perdure dans le sens de la dérégulation néolibérale que grâce à un État providence fort. Mais en l’absence d’un État providence- ce que veulent les libéraux- nous aurons alors le populisme. (…) J’en veux à la production intellectuelle et universitaire parce qu’à partir du moment ou on met les marges en avant, les journalistes vont suivre cette représentation en allant voir une femme isolée dans la Creuse qui vit avec 500 euros, en se disant qu’elle est Gilet jaune, tout cela pour se rendre finalement compte qu’elle ne manifeste pas. Parce que quand on est pauvre, on n’a même pas l’énergie de se mobiliser, le but est de boucler la journée. Historiquement, les mouvements sociaux n’ont jamais été portés par les pauvres, et cela ne veut pas dire qu’ils ne soutiennent pas le mouvement. Ce que nous voyons aujourd’hui, ce sont des journalistes qui vont dans les salons des Gilets jaunes pour vérifier s’ils ont un écran plat, un abonnement Netflix, ou un IPhone. Ils sont prêts à les fouiller, cela est dingue. Lors des manifestations de 1995, les journalistes ne sont pas allés vérifier si les cheminots avaient un écran 16/9e chez eux, ou quand il y a eu les émeutes des banlieues, de vérifier si le mec qui brule une voiture vit chez lui avec une grande télé ou pas. Cette façon de délégitimer un mouvement est une grande première. C’est la première fois que l’on fait les poches des manifestants pour savoir s’ils ont de l’argent ou pas, et s’il y en a, on considère que cela n’est pas légitime. Ce qu’ils n’ont pas compris, c’est que si on gagne le revenu médian à 1700 euros, la perspective est que, même si cela va aujourd’hui, cela ne va pas aller demain. L’élite n’a toujours pas compris que les gens étaient parfaitement capables de faire un diagnostic de leurs propres vies. Cette condescendance dit un gigantesque mépris de classe. J’ai moi-même été surpris, je ne pensais pas que cela irait si vite. En quelques heures, les Gilets jaunes sont devenus antisémites, homophobes, racistes, beaufs… Et là encore, on voit bien que l’antiracisme et l’antifascisme sont devenus une arme de classe. (…) Nicolas Mathieu vient d’avoir le prix Goncourt avec son livre « Leurs enfants après eux », dont il dit qu’il s’agissait du roman de la France périphérique. Le combat culturel est en cours. Cela gagne le champ littéraire, culturel et médiatique. Les Gilets jaunes ont gagné l’essentiel, ils ont gagné la bataille de la représentation. On ne pourra plus faire comme si cette France n’existait pas, comme si la France périphérique était un concept qui ne pouvait pas être incarné par des gens. Si nous sommes encore démocrates nous sommes obligés de le prendre en compte. Ce qu’il faut espérer, c’est que les élites se rendent compte que les peuples occidentaux sont encore relativement paisibles. Le mouvement réel de la société, que nous constatons partout dans le monde occidental, et que nous ne pourrons pas arrêter, continue d’avancer, de se structurer, et que cela est de la responsabilité des élites d’y répondre. Ils n’ont pas d’autre choix, celui de l’atterrissage en douceur. Je crois que ce qui vient d’arriver, c’est que le rapport de force vient de changer, la peur a changé de camp. Aux Etats-Unis, au Royaume Uni, en Europe, maintenant, ils ont le peuple sur le dos. Et puis il y a une vertu à tout cela, prendre en compte les aspirations des plus modestes, c’est pour moi le fondement de la démocratie, c’est-à-dire donner du pouvoir à ceux qui n’en ont pas plutôt que de renforcer le pouvoir de ceux qui l’ont déjà. (…) Nous avons eu en direct ce qui essentiel pour moi ; la fracture culturelle gigantesque entre tout le monde d’en haut au sens large et la France périphérique. Ce qui s’est déployé sous nos yeux, ce n’est pas seulement la fracture sociale et territoriale mais plus encore cette fracture culturelle. L’état de sidération de l’intelligentsia française rappelle clairement celle de l’intelligentsia britannique face au Brexit, et cela est la même chose aux Etats-Unis avec l’élection de Donald Trump. Cette sidération a déclenché immédiatement l’emploi des armes de l’antifascisme, parce qu’ils n’ont rien d’autre. Ils ont découvert la dernière tribu d’Amazonie et – incroyable -elle est potentiellement majoritaire. C’est un mouvement très positif, contraire à toute l’analyse intellectuelle qui voit le peuple dans le repli individualiste, qui refuse le collectif, ou dans des termes comme celui de la « droitisation de la société française » alors que les gens demandent des services publics et un État providence. Après, on pointe le fait qu’ils sont contre l’immigration, ce à quoi on peut répondre « comme tout le monde », soit une très large majorité de Français. Le plus important est que nous avons sous les yeux un peuple qui veut faire société et des élites qui ne veulent plus faire société, comme je le disais dans « No Society » (Flammarion). C’est un moment de rupture historique entre un monde d’en haut, intellectuels, politiques, showbiz etc.… qui a peur de son propre peuple. Ils ne veulent plus faire société avec un peuple qu’ils méprisent. C’est la thèse de Christopher Lasch de la « sécession des élites ». On le voit aussi avec le discours anti-média des Gilets jaunes qui ne fait que répondre à 30 ans d’invisibilisation de ces catégories. Les classes populaires n’étaient traitées qu’au travers des banlieues et ils payent aujourd’hui ce positionnement. C’est un mouvement fondamentalement collectif et du XXI siècle. Ce qui est très nouveau, c’est que c’est un mouvement social du « No Society », c’est-à-dire sans représentants, sans intellectuels, sans syndicats, etc. Cela n’est jamais arrivé. Tout mouvement social est accompagné par des intellectuels mais pour la première fois nous ne voyons personne parler en leur nom. Cela révèle 30 ans de sécession du monde d’en haut. Le peuple dit « votre modèle ne fait pas société », tout en disant « nous, majorité, avec un large soutien de l’opinion malgré les violences, voulons faire société ». Et en face, le monde d’en haut, après le mépris, prend peur. Alors que les gens ne font que demander du collectif. (…) Les politiques pensent qu’en agglomérant des minorités ils font disparaître une majorité. Or, les minorités restent des minorités, on peut essayer de les agglomérer, mais cela ne fait pas un tout. Il est très intéressant de suivre l’évolution de la popularité de Donald Trump et d’Emmanuel Macron à ce titre. Trump garde son socle électoral alors que Macron s’est effondré, comme Hollande s’est effondré avant lui. Cela veut dire que l’on peut être élu avec un agglomérat de minorités, cadres supérieurs, minorités ethniques ou sexuelles -c’est à dire la stratégie Terra Nova – et cela peut éventuellement passer avec un bon candidat d’extrême droite en face. Mais cela ne suffit pas. Cela est extrêmement fragile. Quel rapport entre les catégories supérieures boboïsées de Paris et les banlieues précarisées et islamisées qui portent un discours traditionnel sur la société ? Quel rapport entre LGBT et Islam ? Et cela, c’est pour longtemps. Ils n’ont pas compris que les pays occidentaux, précisément parce qu’ils sont devenus multiculturels, vont de plus en plus s’appuyer sur un socle qui va être celui de la majorité relative. L’électorat de Donald Trump est une majorité relative mais cela est malgré tout ce que l’on appelait la classe moyenne dans laquelle des minorités peuvent aussi se reconnaitre. On a présenté les Gilets jaunes comme étant un mouvement de blancs « Ah..ils sont blancs », comme si cela était une surprise de voir des blancs dans les zones rurales françaises. Mais ce que l’on ne voit pas, c’est que beaucoup de Français issus de l’immigration participent à ce mouvement et qu’ils ne revendiquent aucune identité, ils sont totalement dans l’assimilation. Ils font partie d’un tout qui s’appelle la classe moyenne, ou l’ancienne classe moyenne. Le mouvement a été très fort à la Réunion, on voit donc bien que cela n’est pas ethnique. Mais cela a été présenté comme cela parce que cela permettait d’avoir le discours sur l’antiracisme et l’antifascisme. Il y a eu une ostracisation des Gilets jaunes par la gauche bienpensante parce que trop blancs, mais il y aussi eu une mise à l’écart et un mépris très fort de la part de la bourgeoisie de droite. C’est la même posture que vis-à-vis du White Trash américain : ils sont pauvres et ils sont blancs, c’est la honte de la société. (…) La question culturelle et ethnique existe, je veux bien que l’on clive, mais ce qui est intéressant c’est de voir que par exemple qu’un juif de Sarcelles rejette le CRIF ou Bernard-Henri Levy. C’est fondamental parce que cela dé-essentialise la communauté juive. C’est la même fracture que l’on retrouve dans toute la société. De la même manière, les musulmans ne se retrouvent absolument pas plus dans les instances musulmanes que dans Jamel Debbouze. Et à ce propos, ce que l’on voit le plus souvent, c’est que le destin des gens issus des classes populaires qui parviennent à s’élever, c’est de trahir. C’est banalement ce qui se passe parce que cette trahison permet l’adoubement. Edouard Louis fait son livre en ciblant sa propre famille, alors il fait la une des magazines. On a vu le même phénomène aux Etats-Unis avec le livre de J.D. Vance (Hillbilly Elegy), qui est quand même plus intéressant, mais il décrit aussi le « White Trash » en disant que la classe ouvrière américaine n’est quand même pas terrible, qu’ils sont fainéants, qu’ils boivent et qu’ils se droguent, et cela lui a permis d’accéder au New York Times. En rejetant son propre milieu. Je n’ai pas de jugement moral sur les classes populaires, je prends les Français tels qu’ils sont. Je ne demande à personne d’arrêter de penser ce qu’il pense, notamment sur l’immigration. De toute façon cette question va être réglée parce que 80% des Français veulent une régulation, et qu’on ne peut pas penser cette question comme on le faisait dans les années 60, parce que les mobilités ont évolué. La question n’est même plus à débattre. Les gens que je rencontre en Seine Saint Denis qui sont majoritairement d’origine maghrébine ou sub-saharienne veulent l’arrêt de l’immigration dans leurs quartiers. C’est une évidence. Il ne faut pas oublier que les deux candidats de 2017 rejetaient le clivage gauche droite. Les gens se positionnent par rapport à des thématiques comme la mondialisation ou l’État providence, et de moins en moins sur un clivage gauche droite. Aujourd’hui, des gens comme ceux qui sont avec Jean-Luc Mélenchon ou avec Laurent Wauquiez veulent réactiver ce clivage. En faisant cela, ils se mettent dans un angle mort. Gauche et droite sont minoritaires. Jean-Luc Mélenchon a derrière lui la gauche identitaire qui dit – »nous sommes de gauche »- mais cela lui interdit de rayonner sur ce monde populaire. La question est donc celle du débouché politique, mais tout peut aller très vite. L’Italie a basculé en 6 mois. (…) À la fin des années 90, j’avais fait une analyse croisée sur la relance de politique de la ville et les émeutes urbaines. On voyait bien que toutes les émeutes urbaines génèrent une relance des politiques de la ville. La réalité est ce que cela marche. Et surtout, le mouvement des Gilets jaunes n’existerait pas en France et dans le monde sans les violences aux Champs-Élysées. Le New York Times a fait sa Une parce qu’il y avait cela, parce que cela est parfaitement corrélé à ce qu’est la communication aujourd’hui. Il y a cette violence et il faut la condamner. Mais cela veut aussi dire que nous ne sommes plus au XXe siècle. C’est tout le mythe du mouvement social qui est ringardisé. Réunir des gens à République et les faire manifester jusqu’à Bastille avant qu’ils ne rentrent chez eux, c’est fini. C’est aussi une réécriture du mouvement social qui est en train de se réaliser. Christophe Guilluy
La Corse est un territoire assez emblématique de la France périphérique. Son organisation économique est caractéristique de cette France-là. Il n’y a pas de grande métropole mondialisée sur l’île, mais uniquement des villes moyennes ou petites et des zones rurales. Le dynamisme économique est donc très faible, mis à part dans le tourisme ou le BTP, qui sont des industries dépendantes de l’extérieur. Cela se traduit par une importante insécurité sociale : précarité, taux de pauvreté gigantesque, chômage des jeunes, surreprésentation des retraités modestes. L’insécurité culturelle est également très forte. Avant de tomber dans le préjugé qui voudrait que « les Corses soient racistes », il convient de dire qu’il s’agit d’une des régions (avec la PACA et après l’Ile-de-France) où le taux de population immigrée est le plus élevé. Il ne faut pas l’oublier. La sensibilité des Corses à la question identitaire est liée à leur histoire et leur culture, mais aussi à des fondamentaux démographiques. D’un côté, un hiver démographique, c’est-à-dire un taux de natalité des autochtones très bas, et, de l’autre, une poussée de l’immigration notamment maghrébine depuis trente ans conjuguée à une natalité plus forte des nouveaux arrivants. Cette instabilité démographique est le principal générateur de l’insécurité culturelle sur l’île. La question qui obsède les Corses aujourd’hui est la question qui hante toute la France périphérique et toutes les classes moyennes et populaires occidentales au XXIe siècle : « Vais-je devenir minoritaire dans mon île, mon village, mon quartier ? » C’est à la lumière de cette angoisse existentielle qu’il faut comprendre l’affaire du burkini sur la plage de Sisco, en juillet 2016, ou encore les tensions dans le quartier des Jardins de l’Empereur, à Ajaccio, en décembre 2015. C’est aussi à l’aune de cette interrogation qu’il faut évaluer le vote « populiste » lors de la présidentielle ou nationaliste aujourd’hui. En Corse, il y a encore une culture très forte et des solidarités profondes. À travers ce vote, les Corses disent : « Nous allons préserver ce que nous sommes. » Il faut ajouter à cela l’achat par les continentaux de résidences secondaires qui participe de l’insécurité économique en faisant augmenter les prix de l’immobilier. Cette question se pose dans de nombreuses zones touristiques en France : littoral atlantique ou méditerranéen, Bretagne, beaux villages du Sud-Est et même dans les DOM-TOM. En Martinique aussi, les jeunes locaux ont de plus en plus de difficultés à se loger à cause de l’arrivée des métropolitains. La question du « jeune prolo » qui ne peut plus vivre là où il est né est fondamentale. Tous les jeunes prolos qui sont nés hier dans les grandes métropoles ont dû se délocaliser. Ils sont les pots cassés du rouleau compresseur de la mondialisation. La violence du marché de l’immobilier est toujours traitée par le petit bout de la lorgnette comme une question comptable. C’est aussi une question existentielle ! En Corse, elle est exacerbée par le contexte insulaire. Cela explique que, lorsqu’ils proposent la corsisation des emplois, les nationalistes font carton plein chez les jeunes. C’est leur préférence nationale à eux. (…) La condition de ce vote, comme de tous les votes populistes, est la réunion de l’insécurité sociale et culturelle. Les électeurs de Fillon, qui se sont majoritairement reportés sur Macron au second tour, étaient sensibles à la question de l’insécurité culturelle, mais étaient épargnés par l’insécurité sociale. À l’inverse, les électeurs de Mélenchon étaient sensibles à la question sociale, mais pas touchés par l’insécurité culturelle. C’est pourquoi le débat sur la ligne que doit tenir le FN, sociale ou identitaire, est stérile. De même, à droite, sur la ligne dite Buisson. L’insécurité culturelle de la bourgeoisie de droite, bien que très forte sur la question de l’islam et de l’immigration, ne débouchera jamais sur un vote « populiste » car cette bourgeoisie estime que sa meilleure protection reste son capital social et patrimonial et ne prendra pas le risque de l’entamer dans une aventure incertaine. Le ressort du vote populiste est double et mêlé. Il est à la fois social et identitaire. De ce point de vue, la Corse est un laboratoire. L’offre politique des nationalistes est pertinente car elle n’est pas seulement identitaire. Elle prend en compte la condition des plus modestes et leur propose des solutions pour rester au pays et y vivre. Au-delà de l’effacement du clivage droite/gauche et d’un rejet du clanisme historique, leur force vient du fait qu’ils représentent une élite et qu’ils prennent en charge cette double insécurité. Cette offre politique n’a jamais existé sur le continent car le FN n’a pas intégré une fraction de l’élite. C’est même tout le contraire. Ce parti n’est jamais parvenu à faire le lien entre l’électorat populaire et le monde intellectuel, médiatique ou économique. Une société, c’est une élite et un peuple, un monde d’en bas et un monde d’en haut, qui prend en charge le bien commun. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le vote nationaliste et/ou populiste arrive à un moment où la classe politique traditionnelle a déserté, aussi bien en Corse que sur le continent. L’erreur de la plupart des observateurs est de présenter Trump comme un outsider. Ce n’est pas vrai. S’il a pu gagner, c’est justement parce qu’il vient de l’élite. C’est un membre de la haute bourgeoisie new-yorkaise. Il fait partie du monde économique, médiatique et culturel depuis toujours, et il avait un pied dans le monde politique depuis des années. Il a gagné car il faisait le lien entre l’Amérique d’en haut et l’Amérique périphérique. Pour sortir de la crise, les sociétés occidentales auront besoin d’élites économiques et politiques qui voudront prendre en charge la double insécurité de ce qu’était hier la classe moyenne. C’est ce qui s’est passé en Angleterre après le Brexit, ce qui s’est passé aux Etats-Unis avec Trump, ce qui se passe en Corse avec les nationalistes. Il y a aujourd’hui, partout dans le monde occidental, un problème de représentation politique. Les électeurs se servent des indépendantismes, comme de Trump ou du Brexit, pour dire autre chose. En Corse, le vote nationaliste ne dit pas l’envie d’être indépendant par rapport à la France. C’est une lecture beaucoup trop simpliste. Si, demain, il y a un référendum, les nationalistes le perdront nettement. D’ailleurs, c’est simple, ils ne le demandent pas. (…) [Avec la Catalogne] Le point commun, c’est l’usure des vieux partis, un système représentatif qui ne l’est plus et l’implosion du clivage droite/gauche. Pour le reste, la Catalogne, c’est l’exact inverse de la Corse. Il ne s’agit pas de prendre en charge le bien commun d’une population fragilisée socialement, mais de renforcer des positions de classes et territoriales dans la mondialisation. La Catalogne n’est pas l’Espagne périphérique, mais tout au contraire une région métropole. Barcelone représente ainsi plus de la moitié de la région catalane. C’est une grande métropole qui absorbe l’essentiel de l’emploi, de l’économie et des richesses. Le vote indépendantiste est cette fois le résultat de la gentrification de toute la région. Les plus modestes sont peu à peu évincés d’un territoire qui s’organise autour d’une société totalement en prise avec les fondamentaux de la bourgeoisie mondialisée. Ce qui porte le nationalisme catalan, c’est l’idéologie libérale libertaire métropolitaine, avec son corollaire : le gauchisme culturel et l’« antifascisme » d’opérette. Dans la rhétorique nationaliste, Madrid est ainsi présentée comme une « capitale franquiste » tandis que Barcelone incarnerait l’« ouverture aux autres ». La jeunesse, moteur du nationalisme catalan, s’identifie à la gauche radicale. Le paradoxe, c’est que nous assistons en réalité à une sécession des riches, qui ont choisi de s’affranchir totalement des solidarités nationales, notamment envers les régions pauvres. C’est la « révolte des élites » de Christopher Lasch appliquée aux territoires. L’indépendance nationale est un prétexte à l’indépendance fiscale. L’indépendantisme, un faux nez pour renforcer une position économique dominante. Dans Le Crépuscule de la France d’en haut (*), j’ironisais sur les Rougon-Macquart déguisés en hipsters. Là, on pourrait parler de Rougon-Macquart déguisés en « natios ». Derrière les nationalistes, il y a les lib-lib. (…) L’exemple de la Catalogne préfigure peut-être, en effet, un futur pas si lointain où le processus de métropolisation conduira à l’avènement de cités-Etats. En face, les défenseurs de la nation apparaîtront comme les défenseurs du bien commun. Aujourd’hui, la seule critique des hyperriches est une posture trop facile qui permet de ne pas voir ce que nous sommes devenus, nous : les intellectuels, les politiques, les journalistes, les acteurs économiques, et on pourrait y ajouter les cadres supérieurs. Nous avons abandonné le bien commun au profit de nos intérêts particuliers. Hormis quelques individus isolés, je ne vois pas quelle fraction du monde d’en haut au sens large aspire aujourd’hui à défendre l’intérêt général. (…) [Pour Macron] Le point le plus intéressant, c’est qu’il s’est dégagé du clivage droite/gauche. La comparaison avec Trump n’est ainsi pas absurde. Tous les deux ont l’avantage d’être désinhibés. Mais il faut aussi tenir à l’esprit que, dans un monde globalisé dominé par la finance et les multinationales, le pouvoir du politique reste très limité. Je crois davantage aux petites révolutions culturelles qu’au grand soir. Trump va nous montrer que le grand retournement ne peut pas se produire du jour au lendemain mais peut se faire par petites touches, par transgressions successives. Trump a amené l’idée de contestation du libre-échange et mis sur la table la question du protectionnisme. Cela n’aura pas d’effets à court terme. Ce n’est pas grave car cela annonce peut-être une mutation à long terme, un changement de paradigme. La question est maintenant de savoir qui viendra après Trump. La disparition de la classe moyenne occidentale, c’est-à-dire de la société elle-même, est l’enjeu fondamental du XXIe siècle, le défi auquel devront répondre ses successeurs. (…) On peut cependant rappeler le mépris de classe qui a entouré le personnage de Johnny, notamment via « Les Guignols de l’info ». Il ne faut pas oublier que ce chanteur, icône absolue de la culture populaire, a été dénigré pendant des décennies par l’intelligentsia, qui voyait en lui une espèce d’abruti, chantant pour des « déplorables », pour reprendre la formule de Hillary Clinton. L’engouement pour Johnny rappelle l’enthousiasme des bobos et de Canal+ pour le ballon rond au moment de la Coupe du monde 1998. Le foot est soudainement devenu hype. Jusque-là, il était vu par eux comme un sport d’ « ouvriers buveurs de bière ». On retrouve le même phénomène aux États-Unis avec le dénigrement de la figure du white trash ou du redneck. Malgré quarante ans d’éreintement de Johnny, les classes populaires ont continué à l’aimer. Le virage à 180 degrés de l’intelligentsia ces derniers jours n’est pas anodin. Il démontre qu’il existe un soft power des classes populaires. L’hommage presque contraint du monde d’en haut à ce chanteur révèle en creux l’importance d’un socle populaire encore majoritaire. C’est aussi un signe supplémentaire de l’effritement de l’hégémonie culturelle de la France d’en haut. Les classes populaires n’écoutent plus les leçons de morale. Pas plus en politique qu’en chanson. Christophe Guilluy
En Europe comme aux Etats-Unis, la contestation émerge sur les territoires les plus éloignés des métropoles mondialisées. La « France périphérique » est celle des petites villes, des villes moyennes et des zones rurales. En Grande-Bretagne, c’est aussi la « Grande-Bretagne périphérique » qui a voté pour le Brexit. Attention : il ne s’agit pas d’un rapport entre « urbains » et « ruraux ». La question est avant tout sociale, économique et culturelle. Ces territoires illustrent la sortie de la classe moyenne des catégories qui en constituaient hier le socle : ouvriers, employés, petits paysans, petits indépendants. Ces catégories ont joué le jeu de la mondialisation, elles ont même au départ soutenu le projet européen. Cependant, après plusieurs décennies d’adaptation aux normes de l’économie-monde, elles font le constat d’une baisse ou d’une stagnation de leur niveau de vie, de la précarisation des conditions de travail, du chômage de masse et, in fine, du blocage de l’ascenseur social. Sans régulation d’un libre-échange qui défavorise prioritairement ces catégories et ces territoires, le processus va se poursuivre. C’est pourquoi la priorité est de favoriser le développement d’un modèle économique complémentaire (et non alternatif) sur ces territoires qui cumulent fragilités socio-économiques et sédentarisation des populations. Cela suppose de donner du pouvoir et des compétences aux élus et collectivités de ces territoires. En adoptant le système économique mondialisé, les pays développés ont accouché de son modèle sociétal : le multiculturalisme. En la matière, la France n’a pas fait mieux (ni pire) que les autres pays développés. Elle est devenue une société américaine comme les autres, avec ses tensions et ses paranoïas identitaires. Il faut insister sur le fait que sur ces sujets, il n’y a pas d’un côté ceux qui seraient dans l’ouverture et de l’autre ceux qui seraient dans le rejet. Si les catégories supérieures et éduquées ne basculent pas dans le populisme, c’est parce qu’elles ont les moyens de la frontière invisible avec l’Autre. Ce sont d’ailleurs elles qui pratiquent le plus l’évitement scolaire et résidentiel. La question du rapport à l’autre n’est donc pas seulement posée pour les catégories populaires. Poser cette question comme universelle – et qui touche toutes les catégories sociales – est un préalable si l’on souhaite faire baisser les tensions. Cela implique de sortir de la posture de supériorité morale que les gens ne supportent plus. J’avais justement conçu la notion d’insécurité culturelle pour montrer que, notamment en milieu populaire, ce n’est pas tant le rapport à l’autre qui pose problème qu’une instabilité démographique qui induit la peur de devenir minoritaire et de perdre un capital social et culturel très important. Une peur qui concerne tous les milieux populaires, quelles que soient leurs origines. C’est en partant de cette réalité qu’il convient de penser la question du multiculturalisme. Christophe Guilluy
Pour la première fois, le modèle mondialisé des classes dominantes, dont Hillary Clinton était le parangon, a été rejeté dans le pays qui l’a vu naître. Fidèles à leurs habitudes, les élites dirigeantes déprécient l’expression de la volonté populaire quand elles en perdent le contrôle. Ainsi, les médias, à travers le cas de la Pennsylvanie – l’un des swing states qui ont fait le succès de Trump -, ont mis l’accent sur le refus de mobilité de la working class blanche, les fameux « petits Blancs », comme cause principale de la précarité et du déclassement. Le « bougisme », qui est la maladie de Parkinson de la mondialisation, confond les causes et les conséquences. Il est incapable de comprendre que, selon la formule de Christopher Lasch, « le déracinement déracine tout, sauf le besoin de racines ». L’élection de Trump, c’est le cri de révolte des enracinés du local contre les agités du global. (…) La gauche progressiste n’a eu de cesse, depuis les années 1980, que d’évacuer la question sociale en posant comme postulat que ce n’est pas la pauvreté qui interdit d’accéder à la réussite ou à l’emploi, mais uniquement l’origine ethnique. Pourtant, l’actuelle dynamique des populismes ne se réduit pas à la seule révolte identitaire. En contrepoint de la protestation du peuple-ethnos, il y a la revendication du peuple-démos, qui aspire à être rétabli dans ses prérogatives de sujet politique et d’acteur souverain de son destin. Le populisme est aussi et peut-être d’abord un hyperdémocratisme, selon le mot de Taguieff, une demande de démocratie par quoi le peuple manifeste sa volonté d’être représenté et gouverné selon ses propres intérêts. Or notre postdémocratie oscille entre le déni et le détournement de la volonté populaire. (…) Au XIXe siècle, la bourgeoisie a eu recours à la loi pour imposer le suffrage censitaire. Aujourd’hui, les classes dominantes n’en éprouvent plus la nécessité, elles l’obtiennent de facto : il leur suffit de neutraliser le vote populiste en l’excluant de toute représentation par le mode de scrutin et de provoquer l’abstention massive de l’électorat populaire, qui, convaincu de l’inutilité du vote, se met volontairement hors jeu. Ne vont voter lors des élections intermédiaires que les inclus, des fonctionnaires aux cadres supérieurs, et surtout les plus de 60 ans, qui, dans ce type de scrutin, représentent autour de 35 % des suffrages exprimés, alors qu’ils ne sont que 22 % de la population. Ainsi, l’écosystème de la génération de 68 s’est peu à peu transformé en un egosystème imposé à l’ensemble de la société. Dans notre postdémocratie, c’est le cens qui fait sens et se traduit par une surreprésentation des classes favorisées aux dépens de la France périphérique, de la France des invisibles. (…) On est arrivé à une situation où la majorité n’est plus une réalité arithmétique, mais un concept politique résultant d’une application tronquée du principe majoritaire. Dans l’Assemblée élue en 2012 avec une participation de 55 %, la majorité parlementaire socialiste ne représente qu’un peu plus de 16 % des inscrits. La majorité qui fait et défait les lois agit au nom d’à peine plus de 1 Français sur 6 ! Nous vivons sous le régime de ce qu’André Tardieu appelait déjà avant-guerre le « despotisme d’une minorité légale ». On assiste, avec le système de l’alternance unique entre les deux partis de gouvernement, à une privatisation du pouvoir au bénéfice d’une partitocratie dont la légitimité ne cesse de s’éroder. (…) Plus les partis ont perdu en légitimité, plus s’est imposée à eux l’obligation de verrouiller le système de crainte que la sélection des candidats à l’élection présidentielle ne leur échappe. Avec la crise de la représentation, le système partisan n’a plus ni l’autorité ni la légitimité suffisante pour imposer ses choix sans un simulacre de démocratie. Les primaires n’ont pas d’autre fonction que de produire une nouvelle forme procédurale de légitimation. En pratique, cela revient à remettre à une minorité partisane le pouvoir de construire l’offre politique soumise à l’ensemble du corps électoral. Entre 3 et 4 millions de citoyens vont préorienter le choix des 46 millions de Français en âge de voter. Or la sociologie des électeurs des primaires à droite comme à gauche ne fait guère de doute : il s’agit des catégories supérieures ou moyennes, qui entretiennent avec la classe politique un rapport de proximité. Les primaires auront donc pour effet d’aggraver la crise de représentation en renforçant le poids politique des inclus au moment même où il faudrait rouvrir le jeu démocratique. (…) D’un tel processus de sélection ne peuvent sortir que des produits de l’endogamie partisane, des candidats façonnés par le conformisme de la doxa et gouvernés par l’économisme. Des candidats inaccessibles à la dimension symbolique du pouvoir et imperméables aux legs de la tradition et de l’Histoire nationale. Sarkozy et Hollande ont illustré l’inaptitude profonde des candidats sélectionnés par le système à se hisser à la hauteur de la fonction. Dans ces conditions, il est à craindre que, quel que soit l’élu, l’élection de 2017 ne soit un coup à blanc, un coup pour rien. D’autant que les hommes de la classe dirigeante n’ont ni les repères historiques ni les bases culturelles pour défendre les sociabilités protectrices face aux ravages de la mondialisation. En somme, ils ne savent pas ce qu’ils font parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils défont. Quant au FN, privé de toute espérance du pouvoir, contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, il offre un repoussoir utile à la classe dirigeante, qui lui permet de se survivre à bon compte. Il est à ce jour encore la meilleure assurance-vie du système. Patrick Buisson
Les «élites» françaises, sous l’inspiration et la domination intellectuelle de François Mitterrand, on voulu faire jouer au Front National depuis 30 ans, le rôle, non simplement du diable en politique, mais de l’Apocalypse. Le Front National représentait l’imminence et le danger de la fin des Temps. L’épée de Damoclès que se devait de neutraliser toute politique «républicaine». Cet imaginaire de la fin, incarné dans l’anti-frontisme, arrive lui-même à sa fin. Pourquoi? Parce qu’il est devenu impossible de masquer aux Français que la fin est désormais derrière nous. La fin est consommée, la France en pleine décomposition, et la république agonisante, d’avoir voulu devenir trop bonne fille de l’Empire multiculturel européen. Or tout le monde comprend bien qu’il n’a nullement été besoin du Front national pour cela. Plus rien ou presque n’est à sauver, et c’est pourquoi le Front national fait de moins en moins peur, même si, pour cette fois encore, la manœuvre du «front républicain», orchestrée par Manuel Valls, a été efficace sur les électeurs socialistes. Les Français ont compris que la fin qu’on faisait incarner au Front national ayant déjà eu lieu, il avait joué, comme rôle dans le dispositif du mensonge généralisé, celui du bouc émissaire, vers lequel on détourne la violence sociale, afin qu’elle ne détruise pas tout sur son passage. Remarquons que le Front national s’était volontiers prêté à ce dispositif aussi longtemps que cela lui profitait, c’est-à-dire jusqu’à aujourd’hui. Le parti anti-système a besoin du système dans un premier temps pour se légitimer. Nous approchons du point où la fonction de bouc émissaire, théorisée par René Girard va être entièrement dévoilée et où la violence ne pourra plus se déchaîner vers une victime extérieure. Il faut bien mesurer le danger social d’une telle situation, et la haute probabilité de renversement qu’elle secrète: le moment approche pour ceux qui ont désigné la victime émissaire à la vindicte du peuple, de voir refluer sur eux, avec la vitesse et la violence d’un tsunami politique, la frustration sociale qu’ils avaient cherché à détourner. Les élections régionales sont sans doute un des derniers avertissements en ce sens. Les élites devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Y-a-t-il une solution pour échapper à une telle issue? Avouons que cette responsabilité est celle des élites en place, ayant entonné depuis 30 ans le même refrain. A supposer cependant que nous voulions les sauver, nous pourrions leur donner le conseil suivant: leur seule possibilité de survivre serait d’anticiper la violence refluant sur elles en faisant le sacrifice de leur innocence. Elles devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Pour cela, elles devraient admettre de déconstruire la gigantesque hallucination collective produite autour du Front national, hallucination revenant aujourd’hui sous la forme inversée du Sauveur. Ce faisant, elles auraient tort de se priver au passage de souligner la participation du Front national au dispositif, ce dernier s’étant prêté de bonne grâce, sous la houlette du Père, à l’incarnation de la victime émissaire. Il faut bien avouer que nos élites du PS comme des Républicains ne prennent pas ce chemin, démontrant soit qu’elles n’ont strictement rien compris à ce qui se passe dans ce pays depuis 30 ans, soit qu’elles l’ont au contraire trop bien compris, et ne peuvent plus en assumer le dévoilement, soit qu’elles espèrent encore prospérer ainsi. Il n’est pas sûr non plus que le Front national soit prêt à reconnaître sa participation au dispositif. Il y aurait intérêt pourtant pour pouvoir accéder un jour à la magistrature suprême. Car si un tel aveu pourrait lui faire perdre d’un côté son «aura» anti-système, elle pourrait lui permettre de l’autre, une alliance indispensable pour dépasser au deuxième tour des présidentielles le fameux «plafond de verre». Il semble au contraire après ces régionales que tout changera pour que rien ne change. Deux solutions qui ne modifient en rien le dispositif mais le durcissent au contraire se réaffirment. La première solution, empruntée par le PS et désirée par une partie des Républicains, consiste à maintenir coûte que coûte le discours du front républicain en recherchant un dépassement du clivage gauche/droite. Une telle solution consiste à aller plus loin encore dans la désignation de la victime émissaire, et à s’exposer à un retournement encore plus dévastateur. (…) Car sans même parler des effets dévastateurs que pourrait avoir, a posteriori, un nouvel attentat, sur une telle déclaration, comment ne pas remarquer que les dernières décisions du gouvernement sur la lutte anti-terroriste ont donné rétrospectivement raison à certaines propositions du Front national? On voit mal alors comment on pourrait désormais lui faire porter le chapeau de ce dont il n’est pas responsable, tout en lui ôtant le mérite des solutions qu’il avait proposées, et qu’on n’a pas hésité à lui emprunter! La deuxième solution, défendue par une partie des Républicains suivant en cela Nicolas Sarkozy, consiste à assumer des préoccupations communes avec le Front national, tout en cherchant à se démarquer un peu par les solutions proposées. Mais comment faire comprendre aux électeurs un tel changement de cap et éviter que ceux-ci ne préfèrent l’original à la copie? Comment les électeurs ne remarqueraient-ils pas que le Front national, lui, n’a pas changé de discours, et surtout, qu’il a précédé tout le monde, et a eu le mérite d’avoir raison avant les autres, puisque ceux-ci viennent maintenant sur son propre terrain? Comment d’autre part concilier une telle proximité avec un discours diabolisant le Front national et cherchant l’alliance au centre? Curieuses élites, qui ne comprennent pas que la posture «républicaine», initiée par Mitterrand, menace désormais de revenir comme un boomerang les détruire. Christopher Lasch avait écrit La révolte des élites, pour pointer leur sécession d’avec le peuple, c’est aujourd’hui le suicide de celles-ci qu’il faudrait expliquer, dernière conséquence peut-être de cette sécession. Vincent Coussedière
With their politicization of their victory, their expletive-filled speech, and their publicly expressed contempt for half their fellow citizens, the women of the U.S. women’s soccer team succeeded in endearing themselves to America’s left. But they earned the rest of the country’s disdain, which is sad. We really wanted to love the team. What we have here is yet another example of perhaps the most important fact in the contemporary world: Everything the left touches, it ruins. Dennis Prager
The San Francisco Board of Education recently voted to paint over, and thus destroy, a 1,600-square-foot mural of George Washington’s life in San Francisco’s George Washington High School. Victor Arnautoff, a communist Russian-American artist and Stanford University art professor, had painted “Life of Washington” in 1936, commissioned by the New Deal’s Works Progress Administration. A community task force appointed by the school district had recommended that the board address student and parent objections to the 83-year-old mural, which some viewed as racist for its depiction of black slaves and Native Americans. Nike pitchman and former NFL quarterback Colin Kaepernick recently objected to the company’s release of a special Fourth of July sneaker emblazoned with a 13-star Betsy Ross flag. The terrified Nike immediately pulled the shoe off the market. The New York Times opinion team issued a Fourth of July video about “the myth of America as the greatest nation on earth.” The Times’ journalists conceded that the United States is “just OK.” During a recent speech to students at a Minnesota high school, Rep. Ilhan Omar (D-Minn.) offered a scathing appraisal of her adopted country, which she depicted as a disappointment whose racism and inequality did not meet her expectations as an idealistic refugee. Omar’s family had fled worn-torn Somalia and spent four-years in a Kenyan refugee camp before reaching Minnesota, where Omar received a subsidized education and ended up a congresswoman. The U.S. Women’s National Soccer Team won the World Cup earlier this month. Team stalwart Megan Rapinoe refused to put her hand over heart during the playing of the national anthem, boasted that she would never visit the “f—ing White House” and, with others, nonchalantly let the American flag fall to the ground during the victory celebration. The city council in St. Louis Park, a suburb of Minneapolis, voted to stop reciting the Pledge of Allegiance before its meeting on the rationale that it wished not to offend a “diverse community.” The list of these public pushbacks at traditional American patriotic customs and rituals could be multiplied. They follow the recent frequent toppling of statues of 19th-century American figures, many of them from the South, and the renaming of streets and buildings to blot out mention of famous men and women from the past now deemed illiberal enemies of the people. Such theater is the street version of what candidates in the Democratic presidential primary have been saying for months. They want to disband border enforcement, issue blanket amnesties, demand reparations for descendants of slaves, issue formal apologies to groups perceived to be the subjects of discrimination, and rail against American unfairness, inequality, and a racist and sexist past. In their radical progressive view — shared by billionaires from Silicon Valley, recent immigrants and the new Democratic Party — America was flawed, perhaps fatally, at its origins. Things have not gotten much better in the country’s subsequent 243 years, nor will they get any better — at least not until America as we know it is dismantled and replaced by a new nation predicated on race, class and gender identity-politics agendas. In this view, an “OK” America is no better than other countries. As Barack Obama once bluntly put it, America is only exceptional in relative terms, given that citizens of Greece and the United Kingdom believe their own countries are just as exceptional. In other words, there is no absolute standard to judge a nation’s excellence. About half the country disagrees. It insists that America’s sins, past and present, are those of mankind. But only in America were human failings constantly critiqued and addressed. (…) The traditionalists see American history as a unique effort to overcome human weakness, bias and sin. That effort is unmatched by other cultures and nations, and explains why millions of foreign nationals swarm into the United States, both legally and illegally. (…) If progressives and socialists can at last convince the American public that their country was always hopelessly flawed, they can gain power to remake it based on their own interests. These elites see Americans not as unique individuals but as race, class and gender collectives, with shared grievances from the past that must be paid out in the present and the future. Victor Davis Hanson
There is a ‘try a hijab on’ booth at my college campus. So you’re telling me that it’s now just a fashion accessory and not a religious thing? Or are you just trying to get women used to being oppressed under Islam? I said that it was (getting women used to) being oppressed because there are so many women in Middle Eastern countries that are being punished and stoned for refusing to wear a hijab. Nobody is talking about that in the West because all they see is everyone being at peace, but that is the beauty of America. Kathy Zhu
Did you know the majority of black deaths are caused by other blacks? Fix problems within your own community before blaming others. (…) This applies for every community. If there is a problem, fix things in your own community before lashing out at others and trying to find an issue there. That is all I wanted to say. It is not a problem against black people. Obviously I am not racist or stuff like that. Kathy Zhu
My first act will be to ask Megan Rapinoe to be my secretary of State and thus return “love rather than hate” to the center of America’s foreign policy. Jay Inslee (Washington governor)
The progressive agenda is America’s agenda, and we need to get out there and fight for it! Elizabeth Warren
America is changing. By 2043, we’ll be a nation [that’s] majority people of color, and that’s — that is the game here — that’s what folks don’t want to understand what’s happening in this country. Roland Martin (African-American journalist)
How’d we lose the working class? Ask yourself, what did we do for them? You called them stupid. You marginalized them, took them for granted and you didn’t talk to them. For 20 years, the right wing has invested tremendous amounts of money in talk radio, in television, in every possible platform to be in their ears, before their eyes, and on their minds. And they don’t call them stupid. Rick Smith (talk-show host)
On several polarizing issues, Democrats are refusing to offer the reassurances to moderate opinion that they once did. They’re not saying: We will secure the border and insist on an orderly asylum process, but do it in a humane way; we will protect the right to abortion while working to make it less common; we will protect gun rights while setting sensible limits on them. The old rhetorical guardrails — trust us, there’s a hard stop on how far left we’ll go — are gone. Ramesh Ponnuru
This month, Netroots Nation met in Philadelphia. The choice was no accident. Pennsylvania will probably be the key swing state in 2020. Donald Trump won it by only 44,000 votes or seven-tenths of a percentage point. He lost the prosperous Philadelphia suburbs by more than Mitt Romney did in 2012 but more than made up for it with new support in “left behind” blue-collar areas such as Erie and Wilkes-Barre. You’d think that this history would inform activists at Netroots Nation about the best strategy to follow in 2020. Not really. Instead, Netroots events seemed to alternate between pandering presentations by presidential candidates and a bewildering array of “intersectionality” and identity-politics seminars. Senator Elizabeth Warren pledged that, if elected, she would immediately investigate crimes committed by border-control agents. Julian Castro, a former Obama-administration cabinet member, called for decriminalizing illegal border crossings. But everyone was topped by Washington governor Jay Inslee. “My first act will be to ask Megan Rapinoe to be my secretary of State,” he promised. Naming the woke, purple-haired star of the championship U.S. Women’s Soccer team, he said, would return “love rather than hate” to the center of America’s foreign policy. It is true that a couple of panels tried to address how the Left could appeal to voters who cast their ballots for Barack Obama in 2012 but switched to Trump in 2016. (…) But that kind of introspection was rare at Netroots Nation. Elizabeth Warren explicitly rejected calls to keep Democrats from moving too far to the left in the next campaign (…) Warren and her supporters point to polls showing that an increasing number of Americans are worried about income inequality, climate change, and America’s image around the world. But are those the issues that actually motivate people to vote, or are they peripheral issues that aren’t central to the decision most voters make? Consider a Pew Research poll taken last year that asked respondents to rank 23 “policy priorities” from terrorism to global trade in order of importance. Climate change came in 22nd out of 23. There is a stronger argument that Democrats will have trouble winning over independent voters if they sprinting so far to the left that they go over a political cliff. (…) Many leftists acknowledge that Democrats are less interested than they used to be in trimming their sails to appeal to moderates. Such trimming is no longer necessary, as they see it, because the changing demographics of the country give them a built-in advantage. Almost everyone I encountered at Netroots Nation was convinced that President Trump would lose in 2020. (…) It’s a common mistake on both the right and the left to assume that minority voters will a) always vote in large numbers and b) will vote automatically for Democrats. Hillary Clinton lost in 2016 in part because black turnout fell below what Barack Obama was able to generate. There is no assurance that black turnout can be restored in 2020. As for other ethnic groups, a new poll by Politico/Morning Consult this month found that Trump’s approval among Hispanics is at 42 percent. An Economist/YouGov poll showed Trump at 32 percent among Hispanics; another poll from The Hill newspaper and HarrisX has it at 35 percent. In 2016, Trump won only 29 to 32 percent of the Hispanic vote. Netroots Nation convinced me that progressive activists are self-confident, optimistic about the chances for a progressive triumph, and assured that a Trump victory was a freakish “black swan” event. But they are also deaf to any suggestion that their PC excesses had anything to do with Trump’s being in the White House. That is apt to be the progressive blind spot going into the 2020 election. John Fund
The immigrant is the pawn of Latin American governments who view him as inanimate capital, someone who represents thousands of dollars in future foreign-exchange remittances, as well as one less mouth to feed at home — if he crosses the border, legality be damned. If that sounds a cruel or cynical appraisal, then why would the Mexican government in 2005 print a comic booklet (“Guide for the Mexican Migrant”) with instructions to its citizens on how best to cross into the United States — urging them to break American law and assuming that they could not read? Yet for all the savagery dealt out to the immigrant — the callousness of his government, the shakedowns of the coyotes and cartels, the exploitation of his labor by new American employers — the immigrant himself is not entirely innocent. He knows — or does not care to know — that by entering the U.S., he has taken a slot from a would-be legal immigrant, one, unlike himself, who played by the rules and waited years in line for his chance to become an American. He knowingly violates U.S. immigration law. And when the first act of an immigrant is to enter the U.S. illegally, the second to reside there unlawfully, and the third so often to adopt false identities, he undermines American law on the expectation that he will receive exemptions not accorded to U.S. citizens, much less to other legal immigrants. In terms of violations of federal law, and crimes such as hit-and-run accidents and identity theft, the illegal immigrant is overrepresented in the criminal-justice system, and indeed in federal penitentiaries. Certainly, no Latin American government would allow foreigners to enter, reside, and work in their own country in the manner that they expect their own citizens to do so in America. Historically, the Mexican constitution, to take one example, discriminates in racial terms against both the legal and illegal immigrants, in medieval terms of ethnic essence. Some $30 billion in remittances are sent back by mostly illegal aliens to Central American governments and roughly another $30 billion to Mexico. But the full implications of that exploitation are rarely appreciated. Most impoverished illegal aliens who send such staggering sums back not only entered the United States illegally and live here illegally, but they often enjoy some sort of local, state, or federal subsidy. They work at entry-level jobs with the understanding that they are to scrimp and save, with the assistance of the American taxpayer, whose laws they have shredded, so that they can send cash to their relatives and friends back home. In other words, the remitters are like modern indentured servants, helots in hock to their governments that either will not or cannot help their families and are excused from doing so thanks to such massive remittances. In sum, they promote illegal immigration to earn such foreign exchange, to create an expatriate community in the United States that will romanticize a Guatemala or Oaxaca — all the more so, the longer and farther they are away from it. Few of the impoverished in Mexico paste a Mexican-flag sticker on their window shield; many do so upon arrival in the United States. Illegal immigration is a safety valve, by which dissidents are thanked for marching north rather than on their own nations’ capitals. Latin American governments really do not care that much that their poor are raped while crossing the Mexican desert, or sold off by the drug cartels, or that they drown in the Rio Grande, but they suddenly weep when they reach American detention centers — a cynicism that literally cost hundreds their lives. America is increasingly becoming not so much a nonwhite nation as an assimilated, integrated, and intermarried country. Race, skin color, and appearance, if you will, are becoming irrelevant. The construct of “Latino” — Mexican-American? Portuguese? Spanish? Brazilian? — is becoming immaterial as diverse immigrants soon cannot speak Spanish, lose all knowledge of Latin America, and become indistinguishable in America from the descendants of southern Europeans, Armenians, or any other Mediterranean immigrant group. In other words, a Lopez or Martinez was rapidly becoming as relevant or irrelevant in terms of grievance politics, or perceived class, as a Pelosi, Scalise, De Niro, or Pacino. If Pelosi was named “Ocasio-Cortez” and AOC “Pelosi,” then no one would know, or much care, from their respective superficial appearance, who was of Puerto Rican background and who of Italian ancestry. Such a melting-pot future terrifies the ethnic activists in politics, academia, and the media who count on replenishing the numbers of unassimilated “Latinos,” in order to announce themselves the champions of collective grievance and disparity and thereby find careerist advantage. When 1 million of some of the most impoverished people on the planet arrive without legality, a high-school diploma, capital, or English, then they are likely to remain poor for a generation. And their poverty then offers supposed proof that America is a nativist or racist society for allowing such asymmetry to occur — a social-justice crime remedied best the by Latino caucus, the Chicano-studies department, the La Raza lawyers association, or the former National Council of La Raza. Yet, curb illegal immigration, and the entire Latino race industry goes the way of the Greek-, Armenian-, or Portuguese-American communities that have all found parity once massive immigration of their impoverished countrymen ceased and the formidable powers of the melting pot were uninterrupted. Democrats once were exclusionists — largely because they feared that illegal immigration eroded unionization and overtaxed the social-service resources of their poor citizen constituents. Cesar Chavez, for example, sent his thugs to the border to club illegal aliens and drive them back into Mexico, as if they were future strike breakers. Until recently, Barack Obama and Hillary Clinton called for strict border enforcement, worried that the wages of illegal workers were driving down those of inner-city or barrio American youth. What changed? Numbers. Once the pool of illegal aliens reached a likely 20 million, and once their second-generation citizen offspring won anchor-baby legality and registered to vote, a huge new progressive constituency rose in the American Southwest — one that was targeted by Democrats, who alternately promised permanent government subsidies and sowed fears with constant charges that right-wing Republicans were abject racists, nativists, and xenophobes. Due to massive influxes of immigrants, and the flight of middle-class citizens, the California of Ronald Reagan, George Deukmejian, and Pete Wilson long ago ceased to exist. Indeed, there are currently no statewide Republican office-holders in California, which has liberal supermajorities in both state legislatures and a mere seven Republicans out of 53 congressional representatives. Nevada, New Mexico, and Colorado are becoming Californized. Soon open borders will do the same to Arizona and Texas. No wonder that the Democratic party has been willing to do almost anything to become the enabler of open borders, whether that is setting up over 500 sanctuary-city jurisdictions, suing to block border enforcement in the courts, or extending in-state tuition, free medical care, and driver’s licenses to those who entered and reside in America illegally. If most immigrants were right-wing, middle-class, Latino anti-Communists fleeing Venezuela or Cuba, or Eastern European rightists sick of the EU, or angry French and Germans who were tired of their failed socialist governments, the Democratic party would be the party of closed borders and the enemy of legal, meritocratic, diverse, and measured immigration. Employers over the past 50 years learned fundamental truths about illegal immigrants. The impoverished young male immigrant, arriving without English, money, education, and legality, will take almost any job to survive, and so he will work all the harder once he’s employed. For 20 years or so, young immigrant workers remain relatively healthy. But once physical labor takes its toll on the middle-aged immigrant worker, the state always was expected to step in to assume the health care, housing, and sustenance cost of the injured, ill, and aging worker — thereby empowering the employer’s revolving-door use of a new generation of young workers. Illegality — at least until recently, with the advent of sanctuary jurisdictions — was seen as convenient, ensuring asymmetry between the employee and the employer, who could always exercise the threat of deportation for any perceived shortcoming in his alien work force. Note that those who hire illegal aliens claim that no Americans will do such work, at least at the wages they are willing to, or can, pay. That is the mea culpa that employers voice when accused of lacking empathy for out-of-work Americans. If employers were fined for hiring illegal aliens, or held financially responsible for their immigrant workers’ health care and retirements, or if they found that such workers were not very industrious and made poor entry-level laborers, then both the Wall Street Journal and the Chamber of Commerce would be apt to favor strict enforcement of immigration laws. Wealthy progressives favor open borders and illegal immigration for a variety of reasons. The more immigrants, the cheaper, more available, and more industrious are nannies, housekeepers, caregivers, and gardeners — the silent army that fuels the contemporary, two-high-income, powerhouse household. Championing the immigrant poor, without living among them and without schooling one’s children with them or socializing among them, is the affluent progressive’s brand. And to the degree that the paradox causes any guilt, the progressive virtue-signals his loud outrage at border detentions, at separations between parents in court and children in custody, and at the contrast between the burly ICE officers and vulnerable border crossers. In medieval fashion, the farther the liberal advocate of open borders is from the objects of his moral concern, the louder and more empathetic he becomes. Most progressives also enjoy a twofer: inexpensive immigrant “help” and thereby enough brief exposure to the Other to authenticate their 8-to-5 caring. If border crossers were temporarily housed in vacant summer dorms at Stanford, Harvard, or Yale, or were accorded affordable-housing tracts for immigrant communities in the vast open spaces of Portola Valley and the Boulder suburbs, or if immigrant children were sent en masse to language-immersion programs at St. Paul’s, Sidwell Friends, or the Menlo School, then the progressive social-justice warrior would probably go mute. Victor Davis Hanson
Libéralisme économique et libéralisme culturel sont les deux faces d’une même monnaie. Les libertaires favorables à l’extension infinie des droits individuels et à la destruction des « structures » traditionnelles (famille, nation) font le jeu du libéralisme économique, puisque celui-ci se déploie sur et par la dilution des sentiments d’appartenances (nation, famille, corporations) qui laisse l’individu isolé. À l’inverse, la recherche permanente du profit amène à marchandiser ce qui, dans la philosophie kantienne, ne devait pas l’être dans la mesure où l’objet avait une dignité – Pour Emmanuel Kant, « tout a un prix ou une dignité » alors que pour Adam Smith « tout a un prix ». Le marché, quand il n’est pas contenu, fait partout son intrusion et remodèle les structures selon ses besoins. Dans leurs livres, Christopher Lasch et, après lui, Jean-Claude Michéa – s’en sont donc logiquement pris à la gauche, et à la matrice dont elle est issue, la philosophie des Lumières dont le programme d’émancipation individuelle par la Raison universelle se fait au mépris de la tradition. (…) Le détachement aussi bien social, économique que géographique, qui est aujourd’hui celui des élites par rapport aux modes de vie et aux préoccupations populaires, met en péril la démocratie américaine. La méritocratie leur sert à justifier leur pouvoir et leur isolement. Le populisme, au contraire, offre selon Christopher Lasch une alternative à la fois à l’État-providence et au Marché. Il s’appuie sur les communautés, fondements de la démocratie américaine, plutôt que sur les individus. (…) La vie civique est détériorée parce que l’ »art de la controverse » a été perdu : le journalisme est devenu « objectif », le milieu universitaire s’est coupé du réel et l’école a été isolée de ce qui enflamme les imaginations (religion, politique). Les lieux-tiers comme les quartiers, situés entre la famille et le monde extérieur, ont subi les assauts du marché et les intrusions de l’État. (…) La religion est reléguée dans la « coulisse du débat public », ce qui signifie pour Christopher Lasch la sécularisation des États-Unis. Les élites américaines estiment que notre époque est sortie de l’enfance de l’humanité, associée à la religion – elle-même confondue avec la superstition. Elles se signalent par leur refus des limites. Elles vivent dans l’ »illusion de la maîtrise » de son destin et du monde. Substituts à la religion, la psychanalyse – bien qu’utilisée par Christopher Lasch dans ses travaux -, la médecine contemporaine qui promet de guérir tous les maux, ou encore la politique multiculturaliste, souhaitent toutes en finir avec la honte et la culpabilité au nom de « l’estime de soi ». La maladie a remplacé le péché dans la nouvelle « religion » des élites qui ne mérite pas ce nom. Christopher Lasch préfère la désigner comme un « pharisianisme laïc » (…) Comme Christopher Lasch l’écrit lui-même : « d’une façon ou d’une autre, l’essentiel de mes travaux récents tourne autour de la question de l’avenir possible de la démocratie ». La parution de La révolte des élites est postérieure à la théorie de Francis Fukuyama selon laquelle la chute de l’URSS acte la fin de l’Histoire et provoquerait l’extension du modèle de la démocratie libérale au monde. Plutôt que de réfléchir à l’extension ou non de ce modèle, Christopher Lasch interroge cette démocratie américaine telle qu’elle est ou, plutôt, telle qu’elle est dévoyée à ses yeux, en s’appuyant sur la tradition états-unienne (les Pères fondateurs, le populisme, Abraham Lincoln etc.). La thèse de Christopher Lasch – le lecteur s’en rend très rapidement compte – s’applique aussi à l’Europe occidentale. Le constat fait par l’historien au début de son essai nous est familier : « le déclin de l’activité industrielle et la perte d’emplois qui en résulte ; le recul de la classe moyenne ; l’augmentation du nombre des pauvres ; le taux de criminalité qui monte en flèche ; le trafic de stupéfiants en plein essor ; la crise urbaine ». Il n’est pas anodin que l’on ait parlé de révolte des peuples contre les élites quand les partisans du Brexit ont gagné le référendum, et après l’élection de Donald Trump – la géographie électorale a alors montré combien les votes étaient corrélés au niveau de diplômes. La trahison des élites est une expression qui a aussi servi à qualifier la ratification en 2007 par les parlementaires français du traité de Lisbonne, alors que le projet pour une Constitution européenne (TCE) avait été rejeté par référendum en 2005. Le taux d’abstention aux élections est aussi compris comme un détachement des élites des préoccupations des gens ordinaires, soit exactement l’analyse faite par Christopher Lasch dans son livre. « Jamais, selon lui, la classe privilégiée n’a été aussi dangereusement isolée de son environnement ». Il décrit le « fatal éloignement du côté physique de la vie » des classes intellectuelles. « Leur seul rapport avec le travail productif, déplore Christopher Lasch, est en tant que consommateur ». L’historien et sociologue définit ces élites comme les personnes qui « contrôlent les flux internationaux d’argent et d’informations, président aux fondations philanthropiques et aux institutions d’enseignements supérieurs (…) gèrent les instruments de la production culturelle et fixent ainsi les termes du débat public » (directeurs de journaux, hommes politiques, dirigeants de grandes entreprises, universitaires etc.). Elles travaillent aussi bien dans le public que dans le privé et concentrent les avantages financiers, d’éducation et de pouvoir. La bourgeoisie aisée constitue le cœur de ces élites. Pour l’ancien marxiste qu’est Christopher Lasch, la lutte des classes est encore une réalité. L’ambition politique défendue dans son livre correspond à ce qui est d‘après lui l’idéal originel américain d’une société sans classe. Il est étonnant, néanmoins, de ne pas trouver dans cet essai un long développement sur ce que Jacques Ellul, l’un des « maîtres » de Christopher Lasch, appelait le « système technicien »¹¹. L’historien et sociologue, dans son analyse, met bien plus l’accent sur les modes de vie et les évolutions urbaines. (…) Les élites américaines ciblées par Christopher Lasch se définissent moins par leur idéologie, que par leur mode de vie distinctif. Sans vision politique commune, elles ne peuvent pas, d’après lui, être qualifiées de « classe dirigeante ». Elles cherchent moins à commander qu’à « échapper au sort commun » et à la « vie commune ». Elles vivent repliées sur elles-mêmes. Alors qu’ils contribuaient auparavant – souvent de façon intéressée, certes- au financement des équipements de la communauté (bibliothèques, hôpitaux, universités etc.), les 20% les plus riches de la population se rendent aujourd’hui indépendants « non seulement des grandes villes industrielles en pleine déconfiture », du fait notamment de la globalisation, « mais des services publics en général », qu’ils n’utilisent plus. Ils investissent en masse dans l’éducation et l’information plutôt que dans la propriété. Leur argent leur permet de se constituer des ghettos volontaires : ils monopolisent les collèges et universités les plus célèbres où est encore transmise la culture humaniste et ils ont recours à des services de ramassage de déchets ainsi qu’à des sociétés de sécurité privées. Coupées de la solidarité nationale économique (la fraude fiscale des entreprises dites « multinationales » en est un exemple), les élites le sont aussi de la solidarité politique. La plupart des personnes qui font partie des élites ont « cessé de se penser américains » ou de se sentir « impliquées dans le destin de l’Amérique pour le meilleur et pour le pire ». Le sujet central du livre de Christopher Lasch, la démocratie, se confond en fait en bonne partie avec celui de la nation, dont les élites pensent qu’elle est un cadre obsolète et contraignant. Un tel détachement des élites, de la nation et du peuple, implique une dangereuse déresponsabilisation. Il en est la cause directe. (…) Comme l’homme-masse de Ortega y Gasset, les élites sont inconséquentes à l’égard des générations futures, elles exigent des droits plutôt que d’être exigeantes envers elles-mêmes. En se disant « citoyens du monde », elles séparent la citoyenneté de la nationalité et se déchargent donc de leurs obligations civiques. La fracture sociale décrite et analysée par l’auteur est aussi une fracture géographique. Aux yeux des élites, qui vivent majoritairement sur les côtes du pays, l’« Amérique du milieu », est un fardeau obscurantiste, rétrograde car rétif à l’esprit émancipateur des Lumières, en tout cas à l’idée qu’elles s’en font. (…) Si les élites s’emploient à « créer des institutions parallèles ou alternatives », c’est parce qu’elles ne cherchent pas à « imposer leurs valeurs à la majorité (qu’elles perçoivent comme incorrigiblement raciste, sexiste, provinciale et xénophobe) » et « encore moins à (la) persuader au moyen d’un débat public rationnel » (puisque la majorité, selon les élites, n’est pas raisonnable ni rationnelle). Ici est la limite de leur optimisme progressiste. La vie de la majorité n’en est pas moins, évidemment, bouleversée par les décisions prises par les élites politique, médiatique, universitaire et économique. Christopher Lasch qualifie de « touristique » la vision du monde des élites qu’il décrit. « Ce qui, ajoute-t-il, a peu de chances d’encourager un amour passionné pour la démocratie ». Leur idéal est celui de la mobilité. Elles se meuvent dans les réseaux internationaux, plutôt qu’elles ne s’inscrivent dans des lieux. « Jamais, souligne l’auteur, la réussite n’a été plus étroitement associée à la mobilité ». Elles participent ainsi, malgré elles, à faire surgir en réaction ce que Christopher Lasch appelle un nouveau « tribalisme ». Vingt ans après la parution de la Révolte des élites, ce constat est plus vrai que jamais. Les infra-nationalismes, dont la Catalogne est une des illustrations, relèvent de ce même processus de fragmentation. (…) S’il relativise exagérément le danger islamiste, Christopher Lasch s’inquiète cependant du multiculturalisme promu par les élites. Elles en ont une image là aussi touristique, celle du « bazar » qui met à leur portée les vêtements et cuisines les plus diverses du monde. Une telle conception biaise leur approche de la démocratie. L’État, selon les élites, a pour mission de démocratiser « l’estime de soi ». Des mesures dites « tolérantes », comme la discrimination positive, sont prises au nom de la diversité pour réparer le préjudice qu’auraient subi dans l’histoire les minorités, qu’elles soient ethniques ou sexuelles. Le « sociétal » efface les rapports de classe. Selon Christopher Lasch, une telle politique déresponsabilise et assiste ces minorités au lieu de les inciter à gagner « le respect ». Elle favorise la formation de parodies de communautés, caractérisées par un « entre-soi » sectaire. Des critères comme l’ethnie et le sexe y conditionnent les opinions. Si une personne en dévie, elle devient un traître à sa cause – elle est par exemple accusée de « penser blanc ». Christopher Lasch a ce mot terrible : « nous sommes devenus aujourd’hui une nation de minorités ». Il note très justement que ces communautés, substituts pour la gauche à la classe ouvrière, « ne cherchent plus à transformer révolutionnairement les rapports sociaux mais à intégrer les structures dominantes ». Ladite classe ouvrière a été sacrifiée sur l’autel du libéralisme promu par les élites américaines. Elles sont libérales, dans les deux sens du mot : pour la marchandisation croissante du monde et pour une prétendue « libération » sur le plan des mœurs. Un tel programme idéologique affaiblit l’État-nation « par le haut », au sens où par exemple la globalisation transfère le pouvoir du politique vers les multinationales, et par « le bas », les discours différentialistes générant du communautarisme. La fragilisation de l’État-nation provoque, d’une part, une unification du monde par le marché et le droit, et, d’autre part, une fragmentation identitaire et ethnique. Christopher Lasch estime qu’elle est profondément liée à l’effondrement de la classe moyenne sans laquelle il n’y aurait pas eu d’État-nation. C’est pourquoi ce qui reste de la classe moyenne aux États-Unis, au moment où Christopher Lasch écrit, est l’ « élément le plus patriote, pour ne pas dire chauvin et militariste de la société ». Laurent Ottavi
Lasch n’a jamais fait mystère de sa dette envers l’héritage protestant et l’étude de la théologie protestante dans la formulation de sa philosophie de l’espérance. Ce que lui ont apporté des théologiens comme Jonathan Edwards ou Reinhold Niebuhr, et des penseurs comme Emerson ou William James peut être résumé dans l’idée que l’espérance est la prédisposition mentale de ceux qui persistent à vouloir croire, envers et contre tout, dans l’infinie bonté de la vie, même en présence des preuves du contraire, et «dans la justice, la conviction que l’homme mauvais souffrira, que les hommes mauvais retrouveront le droit chemin, que l’ordre qui sous-tend le cours des évènements n’a rien à voir avec l’impunité». Et il n’est pas anodin que, se sachant condamné, Lasch ait consacré les deux derniers chapitres de son dernier livre à la religion dans lesquels il rappelle que, face à l’hybris technologique et l’illusion de la maîtrise totale, seule une vision religieuse de l’existence nous rappelle à notre nature divisée d’être «dépendant de la nature et en même temps incapable de la transcender», d’ «humanité oscill[ant] entre une fierté transcendante et un sentiment humiliant de faiblesse et de dépendance». À l’opposé de l’obsession de la certitude au détriment de la réalité du monde des démiurges de la Silicon Valley ou des gnostiques New Age, Lasch écrit que c’est «à la croyance douillette d’une coïncidence entre les fins du Tout-Puissant et nos fins purement humaines que la foi religieuse nous demande de renoncer». Seul ce sens des limites peut nous amener à réinvestir le monde par une «activité pratique qui lie l’homme à la nature en qualité de cultivateur soigneux». En d’autres termes, en fondant une éthique de l’attention au monde, comme nous y exhorte Matthew Crawford, sans doute le continuateur le plus juste de l’œuvre de Lasch. (…) Lasch avait très bien analysé avant la lettre le phénomène Trump au travers de la nouvelle droite, ou conservatisme de mouvement, incarnés successivement par Barry Goldwater ou Reagan. Tout comme ces derniers, Trump est parvenu à formuler un récit bien plus cohérent qu’il n’y paraît à partir de questions comme la crise des opiacés, les délocalisations, l’immigration, la menace chinoise et à s’en servir pour «diriger le ressentiment “petit bourgeois” à l’endroit des riches vers une “nouvelle classe” parasitaire constituée par des spécialistes de la résolution des problèmes et des relativistes moraux», afin d’en appeler aux «producteurs de l’Amérique» à se mobiliser autour de leur «intérêt économique commun» pour «limiter le développement de cette nouvelle classe non productive, rapace». Ainsi, concluait Lasch, le grand génie de la nouvelle droite était d’avoir retourné à son profit «les classifications sociales imprégnées de la tradition populiste – producteurs et parasitaires- et à les mettre au service de programmes sociaux et politiques directement opposés à tout ce que le Populisme avait toujours signifié». La différence est que Reagan est arrivé à la Maison Blanche au début de la contre-révolution monétariste, qui inaugurait la spécialisation de l’économie US dans le recyclage des surplus de la planète, alors que Trump arrive à un moment ou cette politique ininterrompue depuis la fin des années 1970 ne laisse qu’un champ de ruines, ce qui explique leurs divergences sur la question du commerce international. L’élection de Reagan était concomitante de l’entrée des États-Unis dans la période d’exubérance financière que connaissent tous les centres de l’économie-monde lorsqu’ils entament une phase de financiarisation, alors que celle de Trump est intervenue près de 10 ans après le début de la crise terminale de ce que Giovanni Arrighi appelait le long vingtième siècle ou siècle américain. Mais sur le fond, Trump n’est qu’un avatar actualisé de Reagan, allant d’ailleurs jusqu’à reprendre exactement le même slogan que ce dernier dans sa campagne victorieuse de 1980. (..) Récupéré sélectivement par des idéologues aux marges du parti républicain, comme Steve Bannon, qui a fait de La révolte des élites un de ses livres de chevet, Lasch est pour l’essentiel absent du paysage intellectuel engagé à gauche, à l’exception de The Baffler dans lequel officient des auteurs comme George Scialabba ou Thomas Frank. Il est tout aussi ignoré par les mouvements regroupés autour de Sanders, en raison de sa critique du progrès, qui le rend inaudible à leurs oreilles, et de leur tropisme en faveur d’une social-démocratie scandinave. C’est regrettable, car Lasch incarne un vrai socialisme à l’américaine, une sorte de proudhonisme américain, qui exhorte la gauche à chercher à s’allier, non pas avec les «médias de masse et les autres entreprises d’homogénéisation culturelle, ni avec la vision d’une société sans pères, et sans passé […] mais avec les forces qui, dans la vie moderne, résistent à l’assimilation, au déracinement et à la “modernisation forcée”». Mais, paraphrasant Simon Leys à propos d’Orwell, la gauche américaine, en persistant dans sa béatitude progressiste et sa perception simpliste et commode du capitalisme comme un système patriarcal, vertical et autoritaire, ne fait au fond que reproduire avec Lasch les mêmes erreurs qui l’ont poussée régulièrement à se laisser scandaleusement confisquer ses plus puissants penseurs. Renaud Beauchard
Naguère, c’était “la révolte des masses” qui était considérée comme la menace contre l’ordre social et la tradition civilisatrice de la culture occidentale. De nos jours, cependant, la menace principale semble provenir de ceux qui sont au sommet de la hiérarchie sociale et non pas des masses. Christopher Lasch
Many of the more privileged Americans who frequent fancy restaurants, stay in hotels and depend on hired help for lawn and pool maintenance, home repair and childcare don’t think illegal immigration is that big of a deal. Those in the higher-paid professions do not fear low-wage competition for their jobs in law, medicine, academia, the media, government or the arts. And many who have no problem with the present influx live in affluent communities with good schools insulated from the immediate budgetary consequences of meeting the needs of the offspring of the 11 million here illegally. These wealthier people aren’t so much liberal in their tolerance of illegal immigration as they are self-interested and cynical. In contrast, the far more numerous poor and lower middle classes of America, especially in the Southwest, are sincerely worried — and angry. (…) For the broad middle class, the poor and minorities — people who dine mostly at home, travel infrequently, mow their own lawns and change their children’s diapers — inexpensive service labor is not seen as much of a boon to them. Plus, lower- and middle-class Americans live in communities where schools are more impacted by an influx of Spanish-only speakers. And as janitors, maids, groundskeepers, carpenters, factory workers and truckers, they fear competition from lower-wage illegal alien laborers. Legal immigrants who wait years in line to enter the United States legally can be particularly unsympathetic to others who cut in front — in violation of the law. Victor Davis Hanson (October 6, 2006)
The furor of ignored Europeans against their union is not just directed against rich and powerful government elites per se, or against the flood of mostly young male migrants from the war-torn Middle East. The rage also arises from the hypocrisy of a governing elite that never seems to be subject to the ramifications of its own top-down policies. The bureaucratic class that runs Europe from Brussels and Strasbourg too often lectures European voters on climate change, immigration, politically correct attitudes about diversity, and the constant need for more bureaucracy, more regulations, and more redistributive taxes. But Euro-managers are able to navigate around their own injunctions, enjoying private schools for their children; generous public pay, retirement packages and perks; frequent carbon-spewing jet travel; homes in non-diverse neighborhoods; and profitable revolving-door careers between government and business. The Western elite classes, both professedly liberal and conservative, square the circle of their privilege with politically correct sermonizing. They romanticize the distant “other” — usually immigrants and minorities — while condescendingly lecturing the middle and working classes, often the losers in globalization, about their lack of sensitivity. On this side of the Atlantic, President Obama has developed a curious habit of talking down to Americans about their supposedly reactionary opposition to rampant immigration, affirmative action, multiculturalism, and political correctness — most notably in his caricatures of the purported “clingers” of Pennsylvania. Yet Obama seems uncomfortable when confronted with the prospect of living out what he envisions for others. He prefers golfing with celebrities to bowling. He vacations in tony Martha’s Vineyard rather than returning home to his Chicago mansion. His travel entourage is royal and hardly green. And he insists on private prep schools for his children rather than enrolling them in the public schools of Washington, D.C., whose educators he so often shields from long-needed reform. In similar fashion, grandees such as Facebook billionaire Mark Zuckerberg and Univision anchorman Jorge Ramos do not live what they profess. They often lecture supposedly less sophisticated Americans on their backward opposition to illegal immigration. But both live in communities segregated from those they champion in the abstract. The Clintons often pontificate about “fairness” but somehow managed to amass a personal fortune of more than $100 million by speaking to and lobbying banks, Wall Street profiteers, and foreign entities. The pay-to-play rich were willing to brush aside the insincere, pro forma social-justice talk of the Clintons and reward Hillary and Bill with obscene fees that would presumably result in lucrative government attention. Consider the recent Orlando tragedy for more of the same paradoxes. The terrorist killer, Omar Mateen — a registered Democrat, proud radical Muslim, and occasional patron of gay dating sites — murdered 49 people and wounded even more in a gay nightclub. His profile and motive certainly did not fit the elite narrative that unsophisticated right-wing American gun owners were responsible because of their support for gun rights. No matter. The Obama administration and much of the media refused to attribute the horror in Orlando to Mateen’s self-confessed radical Islamist agenda. Instead, they blamed the shooter’s semi-automatic .223 caliber rifle and a purported climate of hate toward gays. (…) In sum, elites ignored the likely causes of the Orlando shooting: the appeal of ISIS-generated hatred to some young, second-generation radical Muslim men living in Western societies, and the politically correct inability of Western authorities to short-circuit that clear-cut connection. Instead, the establishment all but blamed Middle America for supposedly being anti-gay and pro-gun. In both the U.S. and Britain, such politically correct hypocrisy is superimposed on highly regulated, highly taxed, and highly governmentalized economies that are becoming ossified and stagnant. The tax-paying middle classes, who lack the romance of the poor and the connections of the elite, have become convenient whipping boys of both in order to leverage more government social programs and to assuage the guilt of the elites who have no desire to live out their utopian theories in the flesh. Victor Davis Hanson
Illegal and illiberal immigration exists and will continue to expand because too many special interests are invested in it. It is one of those rare anomalies — the farm bill is another — that crosses political party lines and instead unites disparate elites through their diverse but shared self-interests: live-and-let-live profits for some and raw political power for others. For corporate employers, millions of poor foreign nationals ensure cheap labor, with the state picking up the eventual social costs. For Democratic politicos, illegal immigration translates into continued expansion of favorable political demography in the American Southwest. For ethnic activists, huge annual influxes of unassimilated minorities subvert the odious melting pot and mean continuance of their own self-appointed guardianship of salad-bowl multiculturalism. Meanwhile, the upper middle classes in coastal cocoons enjoy the aristocratic privileges of having plenty of cheap household help, while having enough wealth not to worry about the social costs of illegal immigration in terms of higher taxes or the problems in public education, law enforcement, and entitlements. No wonder our elites wink and nod at the supposed realities in the current immigration bill, while selling fantasies to the majority of skeptical Americans. Victor Davis Hanson
Who are the bigots — the rude and unruly protestors who scream and swarm drop-off points and angrily block immigration authority buses to prevent the release of children into their communities, or the shrill counter-protestors who chant back “Viva La Raza” (“Long Live the Race”)? For that matter, how does the racialist term “La Raza” survive as an acceptable title of a national lobby group in this politically correct age of anger at the Washington Redskins football brand? How can American immigration authorities simply send immigrant kids all over the United States and drop them into communities without firm guarantees of waiting sponsors or family? If private charities did that, would the operators be jailed? Would American parents be arrested for putting their unescorted kids on buses headed out of state? Liberal elites talk down to the cash-strapped middle class about their illiberal anger over the current immigration crisis. But most sermonizers are hypocritical. Take Nancy Pelosi, former speaker of the House. She lectures about the need for near-instant amnesty for thousands streaming across the border. But Pelosi is a multimillionaire, and thus rich enough not to worry about the increased costs and higher taxes needed to offer instant social services to the new arrivals. Progressives and ethnic activists see in open borders extralegal ways to gain future constituents dependent on an ever-growing government, with instilled grudges against any who might not welcome their flouting of U.S. laws. How moral is that? Likewise, the CEOs of Silicon Valley and Wall Street who want cheap labor from south of the border assume that their own offspring’s private academies will not be affected by thousands of undocumented immigrants, that their own neighborhoods will remain non-integrated, and that their own medical services and specialists’ waiting rooms will not be made available to the poor arrivals. … What a strange, selfish, and callous alliance of rich corporate grandees, cynical left-wing politicians, and ethnic chauvinists who have conspired to erode U.S. law for their own narrow interests, all the while smearing those who object as xenophobes, racists, and nativists. Victor Davis Hanson
For the last two decades, Apple, Google, Amazon and other West Coast tech corporations have been untouchable icons. They piled up astronomical profits while hypnotizing both left-wing and right-wing politicians. (…) If the left feared that the tech billionaires were becoming robber barons, they also delighted in the fact that they were at least left-wing robber barons. Unlike the steel, oil and coal monopolies of the 19th century that out of grime and smoke created the sinews of a growing America, Silicon Valley gave us shiny, clean, green and fun pods, pads and phones. As a result, social media, internet searches, texts, email and other computer communications were exempt from interstate regulatory oversight. Big Tech certainly was not subject to the rules that governed railroads, power companies, trucking industries, Wall Street, and television and radio. But attitudes about hip high-tech corporations have now changed on both the left and right. Liberals are under pressure from their progressive base to make Silicon Valley hire more minorities and women. Progressives wonder why West Coast techies cannot unionize and sit down for tough bargaining with their progressive billionaire bosses. Local community groups resent the tech giants driving up housing prices and zoning out the poor from cities such as Seattle and San Francisco. Behind the veneer of a cool Apple logo or multicolored Google trademark are scores of multimillionaires who live one-percenter lifestyles quite at odds with the soft socialism espoused by their corporate megaphones. (…) Instead of acting like laissez-faire capitalists, the entrenched captains of high-tech industry seem more like government colluders and manipulators. Regarding the high-tech leaders’ efforts to rig their industries and strangle dissent, think of conniving Jay Gould or Jim Fisk rather than the wizard Thomas Edison. (…) The public so far has welcomed the unregulated freedom of Silicon Valley — as long as it was truly free. But now computer users are discovering that social media and web searches seem highly controlled and manipulated — by the whims of billionaires rather than federal regulators. (…) For years, high-tech grandees dressed all in hip black while prancing around the stage, enthralling stockholders as if they were rock stars performing with wireless mics. Some wore jeans, sneakers, and T-shirts, making it seem like being worth $50 billion was hipster cool. But the billionaire-as-everyman shtick has lost his groove, especially when such zillionaires lavish their pet political candidates with huge donations, seed lobbying groups and demand regulatory loopholes. Ten years ago, a carefree Mark Zuckerberg seemed cool. Now, his T-shirt get-up seems phony and incongruous with his walled estates and unregulated profiteering. (…) Why are high-tech profits hidden in offshore accounts? Why is production outsourced to impoverished countries, sometimes in workplaces that are deplorable and cruel? Why does texting while driving not earn a product liability suit? Victor Davis Hanson
Tout ce que demande aujourd’hui le Kansas, c’est qu’on lui donne un petit coup de main pour se clouer à sa croix d’or.(…) Votez pour interdire l’avortement et vous aurez une bonne réduction de l’impôt sur le capital (…). Votez pour faire la nique à ces universitaires politiquement corrects et vous aurez la déréglementation de l’électricité (…). Votez pour résister au terrorisme et vous aurez la privatisation de la sécurité sociale. Thomas Frank
One of the reasons that inequality has probably gone up in our society is that people are being treated closer to the way that they’re supposed to be treated. Larry Summers
Purity of thought — mental cleansing of all possible bias — is demanded of the populace. (…) We were living in a form of dictatorship without knowing it . . . a dictatorship of elite moral narcissists who decided between right and wrong . . . before we could even begin to evaluate the facts for ourselves. Roger L. Simon
Tout ce que demande aujourd’hui le Kansas, c’est qu’on lui donne un petit coup de main pour se clouer à sa croix d’or.(…) Votez pour interdire l’avortement et vous aurez une bonne réduction de l’impôt sur le capital (…). Votez pour faire la nique à ces universitaires politiquement corrects et vous aurez la déréglementation de l’électricité (…). Votez pour résister au terrorisme et vous aurez la privatisation de la sécurité sociale. Thomas Frank
Nothing is more characteristic of the liberal class than its members’ sense of their own elevated goodness.” The liberals’ need to repeatedly signal their virtue has become ever more tortured, as with the “civil rights” struggle for gender-neutral bathrooms. Thomas Frank
In his new book, the social critic Thomas Frank poses another possibility: that liberals in general — and the Democratic Party in particular — should look inward to understand the sorry state of American politics. Too busy attending TED talks and vacationing in Martha’s Vineyard, Frank argues, the Democratic elite has abandoned the party’s traditional commitments to the working class. In the process, they have helped to create the political despair and anger at the heart of today’s right-wing insurgencies. They may also have sown the seeds of their own demise. (…) Frank has been delivering some version of this message for the past two decades as a political essayist and a founding editor of The Baffler magazine. “Listen, Liberal” is the thoroughly entertaining if rather gloomy work of a man who feels that nobody has been paying attention. Frank’s most famous book, “What’s the Matter With Kansas?” (2004), argued that Republicans had duped the white working class by pounding the table on social issues while delivering tax cuts for the rich. He focused on Kansas as the reddest of red states (and, not incidentally, the place of his birth). This time Frank is coming for the Ivy League blue-state liberals, that “tight little network of enlightened strivers” who have allegedly been running the country into the ground. Think of it as “What’s the Matter With Massachusetts?” Frank’s book is an unabashed polemic, not a studious examination of policy or polling trends. In Frank’s view, liberal policy wonks are part of the problem, members of a well-educated elite that massages its own technocratic vanities while utterly missing the big question of the day. (…) As Frank notes, today some people are living much better than others — and many of those people are not Republicans. Frank delights in skewering the sacred cows of coastal liberalism, including private universities, bike paths, microfinance, the Clinton Foundation, “well-meaning billionaires” and any public policy offering “innovation” or “education” as a solution to inequality. He spends almost an entire chapter mocking the true-blue city of Boston, with its “lab-coat and starched-shirt” economy and its “well-graduated” population of overconfident collegians. Behind all of this nasty fun is a serious political critique. Echoing the historian Lily Geismer, Frank argues that the Democratic Party — once “the Party of the People” — now caters to the interests of a “professional-managerial class” consisting of lawyers, doctors, professors, scientists, programmers, even investment bankers. These affluent city dwellers and suburbanites believe firmly in meritocracy and individual opportunity, but shun the kind of social policies that once gave a real leg up to the working class. In the book, Frank points to the Democrats’ neglect of organized labor and support for Nafta as examples of this sensibility, in which “you get what you deserve, and what you deserve is defined by how you did in school.” (…) The problem, in Frank’s view, is not simply that mainstream Democrats have failed to address growing inequality. Instead, he suggests something more sinister: Today’s leading Democrats actually don’t want to reduce inequality because they believe that inequality is the normal and righteous order of things. As proof, he points to the famously impolitic Larry Summers, whose background as a former president of Harvard, former Treasury secretary and former chief economist of the World Bank embodies all that Frank abhors about modern Democrats. (…) No surprise, under the circumstances, that the working class might look elsewhere for satisfying political options. (…) Frank gives Obama a middling-to-poor grade — something in the D range, let’s say — for what he deems to be the president’s vague and rambling answer to the “social question.” Frank compares Obama unfavorably with Franklin Roosevelt, another Democratic president who inherited an economic crisis from his Republican predecessor. Roosevelt took advantage of the Great Depression to reshape American society in fundamental ways, introducing social welfare and labor protections that shifted real power into the hands of the middle and working classes. (Frank largely gives Roosevelt a pass on the New Deal’s own structural inequalities, including its exclusions of women and nonwhite workers.) Obama, by contrast, let the crisis go “to waste,” according to Frank, tweaking around the regulatory edges without doing anything significant to change the economic balance of power. (…) Frank sees this uneven recovery as a tragedy rather than a triumph, in which Obama “saved a bankrupt system that by all rights should have met its end.” He says little, however, about what sort of system might have replaced it, or about what working-class voters themselves might say that they want or need. In a book urging Democrats to pay attention to working-class concerns, there are decidedly few interviews with working people, and a lot of time spent on tech conferences and think tanks and fancy universities. Beverly Gage
Thomas Frank, who wrote the bestselling What’s the Matter with Kansas? (2004), admonishes the Democratic party for its residual moderation, and Roger L. Simon, a playwright and novelist and one of the founders of PJ Media, writes from a conservative perspective. They come at the issue from different angles but reach surprisingly congruent conclusions. “Today,” notes Frank, “liberalism is the philosophy not of the sons of toil” but of the winners in the “knowledge economy”: “Silicon Valley chieftains, the big university systems, and the Wall Street titans who gave so much to Barack Obama’s 2008 campaign.” Similarly, Simon shows how “moral narcissism has allowed the Democratic party to become a hidden party of the rich, thus wounding the middle class.” Frank traces the origins of today’s liberal elitism back to the McGovern years and the influential arguments of Washington lobbyist Fred Dutton. Dutton’s book The Changing Sources of Power (1971) showed that the professional upper middle class, once a mainstay of the GOP, had in the Nixon years migrated to the anti-war wing of the Democratic party. Contemptuous of blue-collar America, the upper-end professionals wanted to become the party of the “aristocrats — en masse.” Likewise, Simon reflects on the ways in which liberal “compassion” became a “masquerade for selfishness, a way for elites to feel good about themselves” while insulating themselves from accountability. Simon describes this masquerade as a form of narcissism in which “what you believe, or claim to believe or say you believe — not what you do or how you act or what the results of your actions may be — [determine] how your life will be judged.” Kim Holmes of the Heritage Foundation, in his new book, describes the same disconnect, in which words are judged independently of actions, but he calls it “postmodernism.” “The postmodernist Left,” he writes, “is radically subjective, arguing that all truth is merely a matter of interpretation.” And liberals, because they hold largely uncontested power in Hollywood, Silicon Valley, and most of the media, generally get to decide which interpretation shall prevail. Liberalism’s dreams of an American aristocracy, as I explained in my 2014 book The Revolt against the Masses, were integral to the modern ideology from its very inception in the aftermath of World War I. High-toned New Deal liberals looked down on Harry Truman, the Kansas City haberdasher, but liberal social snobbery emerged with full force in the Kennedyites’ open disdain for Lyndon Johnson. LBJ biographer Robert Caro described the denizens of Camelot as people who were “in love with their own sophistication”: They were “such an in-group, and they let you know they were in, and you were not.” “Think of the snotty arrogance displayed,” Caro continued, “as these people laughed at LBJ’s accent, his mispronunciations, his clothes, his wife.” In the years since Kennedy, liberal politics has been driven by an alliance of the top and the bottom, the over-credentialed and the under-credentialed, against the middle. Liberals, notes the American-born British journalist Janet Daley, have taken on the pseudo-aristocratic tone of disdain for the aspiring, struggling middle class that is such a familiar part of the British scene. Rather than face up to the failures of the Great Society to fully incorporate African Americans into the general American prosperity, liberals have lost interest in social mobility: The aim now is to make the marginal more comfortable. (The problem is not solely with liberals: Social snobbery blinded most politicians to the rumblings that emerged as Trumpism.) Bill Clinton, explains Kim Holmes, was strongly influenced by the political philosophy of John Rawls. When President Clinton criticized the welfare system as “trapping” people in poverty, he was, says Holmes, “trying to find a balance,” as Rawls did, “between liberty and the welfare state.” Thomas Frank will have none of it: Against those Democratic-party moderates who found Clinton preferable to the Republicans, he thunders: “Bill Clinton was not the lesser of two evils. . . . He was the greater of the two.” Frank denounces both the 1994 crime bill and welfare reform as perfidious acts, without providing empirical evidence to support his assertions. Holmes points out that, in recent years, liberals have jettisoned any affection for the evidence-based arguments of the Clinton years and adopted instead an “epistemic relativism” that assumes that “all knowledge is expedient and politicized.” Holmes describes postmodern liberalism as “schizophrenic”: In the name of an identity politics advancing the interest of putative victims, it marries epistemological skepticism and the absolute certainties of politically correct posturing. Obama exemplifies this double game. Obama the cultural relativist, who is not a Muslim but has a strong affinity for Islam, insists that the Islam he encountered as a young boy in Indonesia was a religion of peace (even as he asserts that Western civilization should still be doing penance for the Crusades). At the same time, notes Roger Simon, Obama can say with great confidence that ISIS — the Islamic State — is not Islamic. Frank has a point when he notes that the incestuous relationships among Hollywood, Washington, Wall Street, and Silicon Valley that define the Obama years had already blossomed in the Clinton era. But with Obama, the ties have grown even tighter. Ninety percent of the first Obama administration’s staffers had a professional degree of some kind; some 25 percent had either graduated from Harvard or taught there. The situation Frank describes is a government of, by, and for the increasingly self-interested professionals. When the Russians recently invaded parts of Syria, the worst thing the Obama administration could think to say about them was that their actions were “unprofessional.” Fred Siegel
Une vague d’optimisme a balayé le monde des affaires américaines… De France on ne se rend pas compte a quel point la baisse du chômage dans ce pays est spectaculaire. De nouvelles usines, de nouveaux équipements et des mises à niveau d’usines qui stimulent la croissance économique, stimulent la création d’emplois et augmentent les salaires de manière significative. (…) Le taux de chômage nominal officiel est descendu à 4,1%. Il a diminué de 2% au cours de la seule dernière année. C’est le plus bas depuis 17 ans. (…) Le chômage a diminué pour les travailleurs dans tous les niveaux d’éducation. Parmi les diplômés du secondaire qui n’ont jamais fréquenté l’université et qui ont 25 ans et plus, il a atteint son plus bas niveau. Le Bureau of Labor Statistics indique que le taux de chômage des travailleurs noirs et hispaniques a chuté au plus bas depuis 1972. C’était il y a 45 ans ! Des générations complètes de défavorisés n’avaient jamais connu une telle demande d’embauche et le plein emploi. Les personnes dépendantes de « food stamps » ont diminué de plus de 2 millions en 2017. Les « food Stamp » sont des bons d’achat à échanger dans les commerces alimentaires pour les personnes et familles à faible ou aucun revenu, les migrants et les étudiants vivant dans le pays pour se nourrir. L’économie, revitalisée par l’enthousiasme des perspectives d’avenir, se développe à nouveau. L’indice de confiance des consommateurs du Conference Board est à son plus haut niveau depuis 17 ans et l’Indice des perspectives de l’Association nationale des manufacturiers est à sa moyenne annuelle la plus élevée de son histoire. La Federal Reserve Bank d’Atlanta a publié une estimation de la croissance du PIB 2018 d’un taux de 5,4%. Comme dans les années glorieuses. Même le journal expert en misérabilisme, de gauche, le New York Times a dû admettre : « Une vague d’optimisme a balayé les chefs d’entreprise américains et commence à se traduire par des investissements dans de nouvelles usines, équipements et mises à niveau d’usines qui stimulent la croissance économique, stimulent la création d’emplois. et peut enfin augmenter les salaires de manière significative. « (…) Selon les estimations les plus récentes du Département du Trésor, 90% des personnes verront, dès février 2018 une augmentation de leur salaire net. Une autre étude conclut que plus d’un million de travailleurs recevront des augmentations de salaire en 2018. Les entreprises ont commencé à anticiper la baisse de l’impôt sur les sociétés de 38 à 21%. 300 entreprises ont annoncé des augmentations de salaire et des primes. (…) Le PIB a atteint 3% au cours des deux derniers trimestres de 2017. (Au cours des 32 trimestres de la « reprise » d’Obama, il n’a enregistré que deux fois un PIB de plus de 3%). Les entreprises américaines ont créé plus de 1,7 million de nouveaux emplois, dont près de 160 000 emplois manufacturiers et 58 000 autres emplois dans l’exploitation minière et l’exploitation forestière. L’extraction de pétrole et de gaz dont la réglementation anti-libérale interdisait l’exportation a été ouverte. En décembre, 1,5 million de barils ont été exportés hors des États-Unis. La guerre des prix avec les pays producteurs de l’OPEP qui devait mettre l’industrie pétrolière des gaz de schiste américaine à genoux a fait l’inverse. Elle a stimulé l’innovation, les embauches et les seuils de rentabilité ont étés abaissés. Le tribulations à la baisse de l’OPEP, n’ont servi qu’a mettre les pays de l’OPEP dans la difficulté. Les salaires ont progressé en taux annualisé de 2,9%, soit le rythme le plus rapide en plus de huit ans. (…) Au 1er janvier, les accords patronaux devant l’embellie du marché ont augmenté le salaire minimum dans 18 états. Agoravox
Harvey Weinstein (…) était aussi, et surtout, un partisan inconditionnel de M. Barack Obama et de Mme Hillary Clinton. Nul n’incarnait mieux que lui les ambiguïtés de ce gratin démocrate représenté par la Fondation Clinton. Les soirées caritatives qu’elle organisait assuraient la même fonction que les bonnes œuvres passées de M. Weinstein : celle d’une chambre de compensation sociale où les nouveaux entrants dans le beau monde reçoivent leurs lettres de noblesse — en France, autrefois, on appelait cela une « savonnette à vilain ». Participer à un événement de la Fondation Clinton revient à faire un plein de bonté à gros indice d’octane. Vous y rencontrez une ribambelle de célébrités, un éventail de personnages glorifiés pour leur altruisme et leur infaillible valeur morale et qui, bien souvent, portent un nom simple, comme le chanteur Bono ou la jeune Pakistanaise Malala, Prix Nobel de la paix. Des personnages sanctifiés, béatifiés, au contact desquels s’opère un échange de bons procédés qui permet aux gros poissons du monde des affaires de se procurer à coups de contributions financières un brevet de bon Samaritain. Au centre de ce jeu de passe-passe, les Clinton jouent les maîtres de cérémonie. Ils ont un pied dans chaque camp, celui des grandes âmes vertueuses et celui, moins reluisant, de l’affairisme entrepreneurial. M. Weinstein personnifiait mieux que quiconque cette Bourse des valeurs morales. (…) Le progressisme de M. Weinstein se mesurait en lauriers au moins autant qu’en dollars. Le prodige de Hollywood siégeait au conseil d’administration de divers organismes à but non lucratif ; les films de sa société, Miramax, récoltaient Oscars et Golden Globes à foison ; en France, il a même reçu la Légion d’honneur. En juin 2017, quatre mois avant qu’éclate le scandale de ses agressions et de ses manœuvres pour réduire au silence les victimes de sa tyrannie sexuelle, le club de la presse de Los Angeles lui décernait encore le Truthteller Award, le prix du « diseur de vérité ». (…) Dans le monde de M. Weinstein, l’engagement politique se place sous le patronage de l’industrie du luxe, à Martha’s Vineyard comme dans les Hamptons — deux hauts lieux de la jet-set américaine —, au gala de soutien d’un candidat comme à une soirée de bienfaisance. (…) Dans le monde des grandes fortunes, le progressisme fait office de machine à laver pour rendre sa rapacité plus présentable. (…) Bien des gens de gauche se perçoivent comme des résistants à l’autorité. Mais, aux yeux de certains de ses dirigeants, la gauche moderne est un moyen de justifier et d’asseoir un pouvoir de classe — celui notamment de la « classe créative », comme certains aiment à désigner la crème de Wall Street, de la Silicon Valley et de Hollywood. L’idolâtrie dont font l’objet ces icônes du capitalisme découle d’une doctrine politique qui a permis aux démocrates de récolter presque autant d’argent que leurs rivaux républicains et de s’imposer comme les représentants naturels des quartiers résidentiels aisés. Que cette gauche néolibérale mondaine attire des personnages comme M. Weinstein, avec leur capacité prodigieuse à lever des fonds et leur révérence pour les « grands artistes », n’a rien pour nous surprendre. Dans ces cercles qui mêlent bonne conscience et sentiment de supériorité sociale, où se cultive la fiction d’un rapport intime entre classes populaires et célébrités du showbiz, le cofondateur de Miramax était comme un poisson dans l’eau. Ils sont légion, les habitués de ce milieu qui, sachant parfaitement à quoi s’en tenir, prennent à présent de grands airs scandalisés devant les turpitudes d’un des leurs. Leur aveuglement est à la mesure de leur puissance. Ces temps-ci, les voici qui errent dans un labyrinthe de miroirs moraux déformants en versant des larmes d’attendrissement sur leurs vertus et sur leur bon goût. Thomas Frank
Pour la huitième année consécutive, la nationalité française vient d’être désignée meilleure nationalité du monde selon l’Indice de qualité de la nationalité de Kälin et Kochenov (QNI). Pour établir ce constat, les auteurs de cette évaluation s’appuient sur plusieurs critères internes et externes aux pays étudiés tels que la paix et la stabilité, la puissance économique, le développement humain, la liberté de voyager ou de travailler à l’étranger… La nationalité française arrive ainsi en tête du classement avec un score de 83,5%, juste devant la nationalité allemande et néerlandaise à égalité avec 82,8%. Le Danemark complète le podium (81,7%). D’autres grands pays sont loin derrière. Ainsi, le Royaume-Uni arrive huitième (80,3%). Et la nationalité britannique devrait dégringoler dans les prochaines années avec le Brexit, selon l’étude de Kälin et Kochenov. La nationalité américaine se classe pour sa part 25e (70%), la nationalité chinoise 56e (44,3%) et la russe 62e (42%). BFMTV
Nous devrions être très reconnaissants à Francesco Duina pour son nouveau livre, Broke and Patriotic: Pourquoi les Américains pauvres aiment leur pays. Il commence par le dilemme suivant. Les pauvres aux États-Unis sont à bien des égards moins bien lotis que dans les autres pays riches, mais ils sont plus patriotes que les pauvres de ces autres pays et encore plus patriotes que les riches de leur propre pays. Leur pays est (parmi les pays riches) au sommet en termes d’inégalité et de soutien social, et pourtant ils croient de manière écrasante que les États-Unis sont «fondamentalement meilleurs que les autres pays». Pourquoi? Duina n’essaya pas de résoudre ce problème pour lui-même. Il est sorti et a enquêté sur les pauvres patriotes en Alabama et au Montana. Il a trouvé des variations entre ces deux endroits, par exemple des personnes aimant le gouvernement pour les avoir un peu aidées et des personnes aimant le gouvernement pour ne pas les aider du tout. Il a trouvé des variations entre les hommes et les femmes et les groupes raciaux, mais surtout un intense patriotisme construit autour de mythes et de phrases identiques. (…) Duina est très respectueux de tous ceux à qui il a parlé et très académique dans sa prose. Mais il cite suffisamment de déclarations de ses interlocuteurs pour indiquer clairement, à mon sens, que leur patriotisme est en grande partie une foi religieuse délibérément délirante basée sur l’ignorance et l’évitement des faits. Tout comme les moins fortunés sont un peu plus religieux, ils sont aussi un peu plus patriotes et ne font aucune distinction entre les deux. Duina rapporte que beaucoup des personnes avec qui il s’est entretenu l’ont assuré que Dieu favorisait les États-Unis au détriment de tous les autres pays. Un homme a même expliqué son extrême patriotisme et celui des autres comme un besoin religieux de croire en quelque chose qui donne la «dignité». Il existe bien sûr un parallèle avec le racisme américain, comme beaucoup de pauvres Américains de race blanche s’y sont depuis des siècles à la notion qu’au moins ils sont meilleurs que les non-blancs. La croyance qu’au moins un est meilleur que les non-Américains est répandue dans toutes les couches de la population. Duina note que même pour ceux qui luttent le plus désespérément, il peut être plus facile de penser que tout va bien et que le système qui les entoure est plus facile que de reconnaître l’injustice. Paradoxalement, si les gens étaient mieux lotis, leur patriotisme pourrait diminuer. Le patriotisme décline également à mesure que l’éducation augmente. Et il semble que le nombre de types d’informations et d’attitudes données sera réduit. Tout comme on a constaté que les gens préféraient bombarder un pays en proportion inverse de leur capacité à le localiser correctement sur une carte, je suppose qu’ils seraient un peu moins susceptibles de croire que les États-Unis les traitent mieux que les pays scandinaves s’ils connaissaient les faits. sur les pays scandinaves. Actuellement, ils ne le décident pas. Duina cite des personnes qui lui ont assuré que tous les Suédois fuient la Suède dès qu’ils ont terminé leurs études universitaires gratuites, que le Canada peut avoir des soins de santé, mais qu’il est une dictature, qu’en Allemagne ou en Russie ils vous couperont la main ou la langue, que au Japon communiste, on vous coupera la tête pour avoir parlé contre le président, etc. Toutes ces croyances, toutes dans le même sens (dénigrer les autres nations), sont-elles des erreurs innocentes? Un homme assure à Duina que les autres nations sont inférieures parce qu’elles se livrent à des exécutions publiques, puis plaide en faveur de telles exécutions aux États-Unis. Un certain nombre de personnes déclarent supérieur aux États-Unis parce qu’il jouit de la liberté de religion et rejettent ensuite l’idée qu’un non-chrétien puisse jamais être président des États-Unis. Les sans-abri lui assurent que les États-Unis sont le pays par excellence des opportunités. Beaucoup parlent de «liberté» et dans de nombreux cas, ils désignent les libertés énumérées dans le Bill of Rights, mais dans d’autres, ils désignent la liberté de marcher et de conduire. Ils opposent cette liberté de circuler avec les dictatures, bien qu’ils n’aient que peu ou pas d’expérience, bien que cela semble mieux contraster avec ce que les Américains pauvres connaissent probablement davantage: l’incarcération de masse. La conviction que les guerres sur des nations étrangères sont bénéfiques pour leurs victimes et constituent des actes de générosité semble presque universelle, et les nations étrangères sont souvent décriées pour la présence de guerres (sans se rendre compte que nombre de ces guerres impliquent l’armée américaine, qui est financée des millions de fois. financement nécessaire pour éliminer la pauvreté aux États-Unis). Un homme croit que le Vietnam est toujours divisé en deux comme la Corée. Un autre estime que le président irakien a invité les États-Unis à l’attaquer. Un autre est tout simplement fier du fait que les États-Unis ont «la meilleure armée». Interrogés sur le drapeau des États-Unis, beaucoup expriment immédiatement leur fierté concernant la «liberté» et les «guerres». Quelques libertaires ont exprimé leur soutien à l’idée de ramener des troupes à la maison, accusant ainsi d’autres nations réticence à être civilisé – y compris ceux du Moyen-Orient, qui «n’a jamais été civilisé». (…) L’existence même de pays moins bien lotis et d’immigrants fuyant vers les États-Unis est généralement considérée comme la preuve du statut de plus grande nation sur Terre, même si d’autres pays riches sont mieux lotis et plus désirés par les immigrants. Les résultats incluent un public passif prêt à absorber d’énormes injustices, un public disposé à suivre les politiciens qui promettent de les tromper mais à le faire patriquement, un public favorable aux guerres et au mépris du droit international et de la coopération, et un public disposé à rejeter les avancées dans les lois sur les soins de santé ou les armes à feu, les politiques climatiques ou les systèmes éducatifs s’ils sont élaborés dans d’autres pays. Ce livre nous en dit plus sur les origines de Trump que sur les 18 derniers mois de Fox news, mais c’est le moins que l’on puisse dire. David Swanson
As long as they remain deeply patriotic, America’s poor won’t rise up. Indeed, they’ll continue to fill the ranks of the military, strive and sacrifice to help America assert itself in the world, and even feed into and support the slogans and successes of the country’s political leaders – starting with Donald Trump. So, a pressing question arises: why are America’s poor so patriotic? Francesco Duina
I could understand why those Americans who were well-off would be patriotic. But I wanted to understand why low-income Americans are so patriotic when there are reasons to think that they would have issues with their country or its underlying social contract, considering their personal circumstances. (….) What I thought to be a puzzle is, for them, not a puzzle at all. First, they don’t attribute their situation to their country — they don’t say, “I’m in this situation because of the society I live in.” They take ownership of their life histories. And so why would they be resentful toward their country? Also — and this is one of the most moving things that I discovered — if anything, the idea of the greatness of America actually gives them something to hang onto, despite everything. “Everything else has gone poorly for me. Don’t take my being an American away from me, because it’s the one thing that I can still hang onto with pride.” I would push them by saying, “Well, what about rich people? Do you think it’s unfair that they have what they have?” They’d say, “No, they’ve earned everything they’ve made.” (…) One of the interviewees that really struck me was Marshall, in Montana, who chose to be homeless, in a way. He said, “Look, I am so free. I can be homeless, and they don’t force me to go anywhere. I live on the prairie, I’m working on an app right now, and I’m taking a sabbatical from life. What other country would allow me to just do my thing?” That is really a trait of American society in many ways: “We’re all equal and therefore this equality guarantees me some sense of freedom. I may have nothing, but I have that freedom. I can come and go, do whatever I want, and say whatever I want. This country guarantees that.” And the fact that they would recognize and hold onto that was really moving. What I heard satisfied my curiosity. Culturally, the United States is very free — freedom of religion, freedom of thought, freedom of saying and doing whatever you want to do. And they’re accurately describing that. There’s certainly more conformity in many countries, a lot more pressure to do things in certain ways. (…) Many of the people I spoke with perceive the country to be a special project designed to give deliverance, to free humanity from problems that have plagued people throughout history. The hope that the U.S. represents for humanity is what gives them hope and dignity as well, and what makes them continue, despite the odds. Many of them were very optimistic as a result. Something I heard a lot was, “Tomorrow something is going to change. I’m poised for a change.” (…) Yeah, despite all of the data that suggests that, in fact, there’s less social mobility nowadays in the United States than in many other advanced countries, and your personal financial success is tied to contextual and structural things, not personal qualities — there’s clearly a sense that this is a place of enormous wealth, and that the American Dream is still alive. I would say, “But you know, you don’t get as much as other people in other countries.” And they would say, “Well, I don’t know what other people get, but I get a lot. I’m not going to go hungry tonight. There will be kitchens and shelters that I can go to and churches that will help me. So the wealth will reach me. And if I have a problem, it’s my problem, not the system’s problem.” (…) I think this discourse of American greatness is something that Trump tapped into very, very much. To the extent that one wonders why “Make America great again” resonated so well, you have elements of the answer in this book, whether with low-income people or middle-class people. I would think that Bernie Sanders also tapped into it a bit, but in a very different way. (…) My respondents have a genuine attachment to the idea of America, and I think that’s because, in the end, what one discovers is that America is for the people and the people own it. We should all try and understand their patriotism. Much depends on it. They contribute heavily to the military — their investment in the country, in a way, contributes to stability and social peace. As long as they believe in the American Dream and in the United States as a country they are unlikely to demand fundamental changes of society. And so, if we want to understand why the United States is a stable country, we have to understand why people latch on so tightly to it, even though they appear to be suffering and getting a lot less than the poor elsewhere. Francesco Duina
[how Donald Trump was able to win the 2016 presidential election] I think there are two or three reasons. One is nationalism. National identity is especially important to certain sections of the population, but I think that the Democratic Party has assumed a type of « global elite, » East Coast-West Coast mentality. In so doing, I think it has forgotten a bit about national identity. For those who feel like many other things in their lives have fallen by the wayside, such a person could hear “Make America Great Again » and it would resonate. I also think that people who voted for Trump were, as he said, « not interested in that P.C. stuff. » Sociologists and others would rephrase « political correctness » as « collective demands for equality. » This is a way of saying that these collective identities — whether it’s blacks, gays, women, etc. — demand things from the government as a matter of right. To be clear, I would agree that those demands are legitimate. In a way this is, historically speaking, a non-American thing. It goes against the tradition of individualism. You have certain basic rights as an individual, not as a group. I think the people who voted for Trump by and large could be characterized as more individualistic-oriented. They lack interest in the government providing things for them and are more interested in the government getting out of their way. His voters and other supporters also feel that the government is corrupt and catering to all sorts of people instead of them. (…) I think the Trump supporters were, in a way, reacting against identity politics. (…) His voters and other supporters wouldn’t say that they are embracing white supremacy at all. They would say, « I’m embracing true American values that are values of individualism and civic nationalism based on certain principles. » They would also say, like Trump, “I am not racist. I don’t hate anybody. I love women, I love gays and I love everybody. » (…) That goes back to this sense of individual self-determination. They feel that they are unable to determine their own future as hard-working individuals, which should be the key to success in America. They think to themselves, “Well we do work hard, yet we’re unable to be successful because the government has been helping ‘special interests’ but also corporate America. » As you said, these people also don’t want to be told what to do. (….) Another way of thinking about it that I find useful is to differentiate between the nation and the state. I think that Trump ran a campaign that was based on the nation, not the state. The state was made the culprit, almost. It was a partner in crime. It’s a swamp. The state has not done its job. It has, over the decades, done the wrong things — gone against the fundamental American values of individual self-determination and colorblindness and all of these things. On the other hand, I think Trump has said we need to go back to the nation. The nation is good. We need to rescue it. He played the « nation card, » and it worked fantastically. We also need to define terms. The nation is the fundamental social contract, which in every country is a bit different. In the American case, it is civic individualism, based on certain civic values such as self-determination and freedom and the like. That’s what is celebrated. That’s the key to how Trump won. That’s why it doesn’t matter what you throw at him and his supporters. It can be logic, it can be fact. It doesn’t matter whether Trump contradicts himself one moment or the other because that’s not what they’re listening to. He is just a provocateur, as a revolutionary agent against the status quo. (…) Symbols of patriotism are everywhere in America. National anthems at major sport events, the Pledge of Allegiance in schools, flags everywhere. Then you see those flags outside of homes which are not well kept, but somebody with barely any means has a flag pole with a big American flag. Over the years I started wondering about that: It just doesn’t make sense to me. The poor in America are actually worse off by most measures than the poor in other advanced countries. Whether it’s the number of hours worked, the social safety net, intergenerational mobility, you name it. But by most measures, the American poor are the most patriotic, compared to the poor elsewhere, and certainly relative to rich Americans. (…) What is a puzzle for you and me is actually not a puzzle for them at all. It is, in fact, the opposite. It is precisely because so many things have gone wrong for them that they get so much mileage out of being an American, which still happens to be a very prestigious national identity. One could argue that in a way it gives them a sense of identity like nothing else. They’re hanging on to it precisely because they have nothing else to hang on to. Saying they are possessed by false consciousness is actually a condescending take. Because when you talk to these people they are quite knowledgeable about American history. They are quite knowledgeable about the American social contract. They don’t have their history wrong. I think they’re being too harsh on themselves. They also differentiate between themselves and the government and say, “What happened to me is my responsibility.” In the end, they hang onto this idea. They feel motivated to continue and to do better the next morning. Many of them said that. I would push back and ask, « Have you reconciled what happened to you with your love of country? Didn’t you get screwed? » They would respond, “No, what happened to me is my thing.” This is not false consciousness. This is a true sense of dignity that they get from the social contract as they perceive it. (…) The God thing, I should say, was also very prevalent. This sense that they’re walking with God and that America is God’s country. God loves America more than he loves other countries. This sense, still, of walking with God in God’s country, trying to do the right thing. (…) Why don’t the poor rise up and rebel in America? Well, I think I discovered that part of the reason is that they still believe in the nation. Not necessarily the state, but the nation. They still believe in it. Well, if they do, then they’re not going to ask for a major rewrite of the social contract. Maybe, if you want to be cynical about it, it is a way of perpetuating the inequality and the status quo. At the same time, I felt enormous power and self-determination and hope and knowledge. (…) One fellow said to me, « It’s got to be choices. It’s got be bad choices or good choices, but it’s got to be choices. It comes down to choices. » But this same man had just told me how his father had beaten him up all his life. He was 14 years old and homeless; he ran away. Those are not choices. It was very difficult to get them away from that type of thinking. They thought that the rich essentially deserved it. The rich were generous. They get a lot of things as a result of that. (…) Now, I also spoke to a few people — out of the 90 total, three or four — who were not so patriotic. They would talk about feeling that the system has duped us. They want to rip up the American flag. We are invaders of other countries. There’s imperialism. The rich don’t care for us. The government doesn’t care for us. One guy told me that American nationalism and the American flag reminded him of a bunch of preppy boys at a fraternity party at some university. But no matter how you measure it, the poor in America are very patriotic. Francesco Duina
Why do the worst-off American citizens love their country so much? Patriotism may be defined as a belief in the greatness, if not superiority, of one’s country relative to others. Depending on how one defines the term exactly, somewhere between 85 to 90% of America’s poor are “patriotic.” They would rather be citizens of their country, for instance, than of any other country on Earth, and they think America is a better place than most other places in the world. This is striking for at least three reasons. First, those are very high figures in absolute terms. Secondly, the corresponding figures for working class, middle class, and upper class Americans are generally lower. And, thirdly, the worst-off in most other advanced nations are also less patriotic than America’s—even in countries where people receive better social benefits from their government, work fewer hours, and have better chances of upward intergenerational mobility than their counterparts in the United States. Why are America’s poor so patriotic? The short answer is: We don’t know for sure. And we should, because so much depends on the patriotism of poor Americans. Their love of country contributes to social stability, informs and supports America’s understanding of itself as a special place, and is essential for military recruitment. It is also a force that can be tapped into by politicians eager to rally a large contingent of voters. (…) I came away with three overarching insights. First, many view the United States as the “last hope”—for themselves and the world. Their strong sense is that the country offers its people a sense of dignity, a closeness to God, and answers to most of humanity’s problems. Deprive us of our country, the people I met told me, and you deprive us of the only thing that is left for us to hang on to. (…) In my interviews, people separated the country’s possibilities from their own frustrations; many took full responsibility for their own troubles in life. That comment connected to a second insight. America appeals to the poor because it is rich. “The land of milk and honey” was a phrase I heard often. The poor see it as a place where those who work hard have a chance to succeed. In my interviews, people separated the country’s possibilities from their own frustrations; many took full responsibility for their own troubles in life. “People make their own life, make their own money the way that they wanna make it and however much they wanna make it,” said Jeff, a white man in a bus station in Billings, Montana. Many saw this as an American virtue. Here, at least, your failures belong to you. Your chances aren’t taken away by others. “If you fail,” said Harley, a vet now on food stamps, “gotta be bad choices.” This sentiment was articulated with particular frequency by African American interviewees in Alabama—something that particularly struck me, given the legacies of slavery and segregation in that part of the country. For the same reason, many were confident that the future was about to bring them better things. Several felt that they had just turned a corner—perhaps with God on their side. Rich Americans, they told me, deserve what they have. Besides, they added, look at the rest of the world: They keep trying to come to America. This must be the place to be. That related to a third source of pride in the nation: America is the freest country on earth. Many of the people I met spoke of feeling very free to come and go from different places, and to think as they wish. America allows people to be as they want, with few preconceived notions about what the good life should look like. Such a narrative took on libertarian tones in Montana. For some, this included the freedom to be homeless, if they choose. As Marshall, a young, white homeless man, told me in Billings, “it’s a very free country. I mean, I’m actually, I live on the streets, I’m kinda choosing to do that … sabbatical. Nobody bothers me for it; I’m not bothering anybody. I got my own little nook. There are other places in the world where I’d be forced into some place to shelter up or, you know, herded off or … jailed.” When conversations turned to freedom, guns were often mentioned. Guns give one security and make hunting possible—enabling one to feed one’s self and family. I was accordingly often reminded that Americans rebelled against the English by making guns. Guns equal freedom. And America, thankfully, ensures gun ownership. Taken together, these conversations helped me understand that the patriotism of the poor is rooted in a widespread belief that America belongs to its people. There is a bottom-up, instinctive, protective, and intense identification with the country. This is a people’s country. Of course, some of this patriotism is clearly grounded in misconceptions about other countries. One person told me that there are only two democracies in the world: Israel and the United States. Another told me that Japan is a communist country. Yet another that in Germany one’s tongue can get cut off for a minor crime. Many also assumed that other countries are poorer than they really are. But these were almost tangential reflections that further justified—rather than drive—their commitment to the country. They seldom came up on their own unless I asked about the limitations of other countries. As I completed my interviews and reflected on what I heard from these patriots, I realized that their beliefs about America are not a puzzle to be solved. In America, there is no contradiction between one’s difficult life trajectories and one’s love of country. If anything, those in difficulty have more reasons than most of us to believe in the promise of America. Francesco Duina
Being poor in America is terrible in a lot of ways. But even the poorest American is ensured a vote upon turning 18, their day in court if charged with a crime with a jury of their peers, a right to a public defender, their right to speak their mind and criticize anyone in government without the state prosecuting him, their right to assemble and protest, the right to own a firearm if they have no mental impairment or criminal record, no search or seizure of their property without a warrant, rights against self-incrimination, the right to believe whatever religion they want or none at all, and the right to be free from cruel and unusual punishment. There are wealthy moguls in China who don’t have half those rights I’d argue the more interesting question is not why do the poor assess living the United States so positively, but why the wealthy assess living the United States so negatively? (And why is there often an implicit assumption that the wealthy see their country clearly and accurately, while the poor do not?) Perhaps the remarkable opportunities of the wealthy give them a skewed view of life at home and abroad. Yes, a wealthy person is more likely to have traveled to more foreign countries, and have more firsthand experience with life in other countries. But what do they see in their encounters with other countries? The life of a wealthy person in New York is not all that different from the life of a wealthy person in London or Paris or Dubai or Tokyo or Shanghai. It’s not surprising that almost everyone at the Davos conference gets along well. They’ve all been to the best schools, they all enjoyed enormous opportunities in their careers, they all dress in similar tailored suits, live well, eat well, enjoy the finer things in life . . . It is unsurprising that a CEO from Silicon Valley meets a CEO from Switzerland and, after chatting over a tray of canapes, concludes they’re not so different after all.If you have been lucky enough to stay or even just step inside more than one luxury hotel in more than one world capital, you’ll realize they all look more or less the same. The lobby of the Four Seasons doesn’t look all that different from one in the Mandarin Oriental, which doesn’t look all that different from the one in Ritz-Carlton, and most of us would be stumped if we had to pick out which one was which, and in which city. There’s a worldwide homogeny to the signifiers of the luxury lifestyle. While there’s a lot of overwrought denunciation of “globalists” out there these days, it’s safe to conclude that most of the wealthy elite in any given nation have more in common with other countries’ wealthy elites than with their own countrymen. (…) You’re more likely to spot symbols of religious faith, flags, sports team paraphernalia — all kinds of displays that declare, ‘this is where we come from, this is who we are, this is why we’re proud to be who we are.’ It is not surprising that poor and middle-class citizens would find “globalism” as an odd and not-that-appealing prospect, and express patriotism (and perhaps nationalism) in ways that wealthier, more cosmopolitan citizens find naive and parochial. Jim Geraghty
Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, la France a connu, en effet, la crise des gilets jaunes, mouvement social sans précédent dans sa forme et par son intensité, ainsi qu’une grève d’une durée historique à la SNCF. Ces deux événements traduisent un antagonisme profond entre les composantes les plus populaires du monde du travail et un président perçu comme défendant les intérêts des classes possédantes et de la finance. Jérôme Fourquet
Alors que les cotes de popularité à mi-mandat des présidents de la République étaient jusqu’à présent identiques chez les cadres et les ouvriers, celle d’Emmanuel Macron est 27 points plus élevée chez les premiers que chez les seconds. Parmi les nombreux enseignements de l’enquête sur la pénibilité au travail publiée ce mardi 21 janvier par la Fondation Jean Jaurès et l’Ifop, figure un exemple édifiant de ce que le politologue Jérôme Fourquet, directeur du pôle « opinion » de l’institut de sondage, qualifie de « réactivation de l’imaginaire de la lutte des classes ». Alors que les cotes de popularité à mi-mandat des présidents de la République étaient jusqu’à présent identiques chez les cadres et les ouvriers, celle d’Emmanuel Macron est 27 points plus élevée chez les premiers que chez les seconds. Résultat, un « fossé béant » entre France « d’en haut » et France « d’en bas », qui, selon la Fondation Jean Jaurès, supplante « le clivage gauche-droite jadis très structurant en matière de popularité de l’exécutif ». « Les présidents de gauche et de droite, quel que soit leur niveau de popularité, disposaient de soutiens sociologiquement assez homogènes du fait de la nature, au final, assez interclassiste des électorats du Parti socialiste et de l’UMP ces quinze dernières années », rappellent les auteurs de l’enquête. A titre d’exemple, Jacques Chirac jouissait, en décembre 2004, d’une cote de popularité de 48 % chez les cadres et de 47 % chez les ouvriers. En décembre 2009, Nicolas Sarkozy était aussi populaire (30 %) chez les uns que chez les autres. Même en battant des records d’impopularité, François Hollande était à des niveaux équivalents en décembre 2014 dans les classes « populaires » (17 %) ou « bourgeoises » (18 %). Le président de la République en personne semble avoir entériné ce clivage, non sans mépris, en séparant « les gens qui réussissent » de « ceux qui ne sont rien »… Marianne
Attention: une question peut en cacher une autre !
En ces temps d’inversions généralisées …
Où il faut à présent construire des murs …
Pour empêcher d’entrer des gens qui, nous dit-on, ne veulent même plus de l’Amérique ou de la France …
Où non seulement les pauvres ne votent plus à gauche …
Mais les riches ne votent plus à droite …
Comment à la lecture des propos du sociologue américain Francesco Duina …
Sur son livre « Pourquoi les Américains pauvres aiment leur pays » …
Ne pas voir en creux l’incroyable meilleur des mondes où vivent tant de nos intellectuels …
Où l’on se paie le luxe non seulement du meilleur du confort matériel …
Mais, entre condescendance et pur mépris social, de la tranquille inconscience …
De sa propre contribution et responsabilité personnelle et collective …
Dans l’origine, entre délocalisations et immigration sauvage, des difficiles conditions de vie que l’on fait semblant de déplorer …
Chez ces « déplorables accrochés à leurs armes et à leur religion » …
A qui il ne reste plus, incarné par le Trump honni, que leur identité nationale ?
Mais surtout comment ne pas se poser …
Sur ces gens qui après leur avoir pris tout le reste voudraient en plus leur prendre l’amour de leur pays …
La pourtant évidente question – et seule en fait véritable surprise – que suppose cette énième recherche …
Dont parlait déjà il y a plus de 30 ans l’historien américain Christopher Lasch …
A savoir pourquoi cette « sécession des élites » …
Qui pousse ces Américains si (culturellement) riches …
A tant détester leur propre pays ?
Pourquoi les pauvres patriotes?
David Swanson
World beyond war
Juin 15, 2018
Nous devrions être très reconnaissants à Francesco Duina pour son nouveau livre, Broke and Patriotic: Pourquoi les Américains pauvres aiment leur pays. Il commence par le dilemme suivant. Les pauvres aux États-Unis sont à bien des égards moins bien lotis que dans les autres pays riches, mais ils sont plus patriotes que les pauvres de ces autres pays et encore plus patriotes que les riches de leur propre pays. Leur pays est (parmi les pays riches) au sommet en termes d’inégalité et de soutien social, et pourtant ils croient de manière écrasante que les États-Unis sont «fondamentalement meilleurs que les autres pays». Pourquoi?
Duina n’essaya pas de résoudre ce problème pour lui-même. Il est sorti et a enquêté sur les pauvres patriotes en Alabama et au Montana. Il a trouvé des variations entre ces deux endroits, par exemple des personnes aimant le gouvernement pour les avoir un peu aidées et des personnes aimant le gouvernement pour ne pas les aider du tout. Il a trouvé des variations entre les hommes et les femmes et les groupes raciaux, mais surtout un intense patriotisme construit autour de mythes et de phrases identiques.
Je pense qu’il convient de souligner que les Américains les plus riches ne sont que légèrement moins patriotes que les Américains pauvres, et que la question morale de savoir pourquoi on devrait aimer une institution qui cause de grandes souffrances aux autres est identique à celle de pourquoi on devrait aimer une institution qui crée de grandes choses. souffrance personnelle (et que la plus grande souffrance créée par le gouvernement des États-Unis se situe en dehors des États-Unis). Je soupçonne qu’une grande partie de ce que Duina a trouvé parmi les pauvres pourrait se retrouver dans certaines variations parmi les moins pauvres.
Duina est très respectueux de tous ceux à qui il a parlé et très académique dans sa prose. Mais il cite suffisamment de déclarations de ses interlocuteurs pour indiquer clairement, à mon sens, que leur patriotisme est en grande partie une foi religieuse délibérément délirante basée sur l’ignorance et l’évitement des faits. Tout comme les moins fortunés sont un peu plus religieux, ils sont aussi un peu plus patriotes et ne font aucune distinction entre les deux. Duina rapporte que beaucoup des personnes avec qui il s’est entretenu l’ont assuré que Dieu favorisait les États-Unis au détriment de tous les autres pays. Un homme a même expliqué son extrême patriotisme et celui des autres comme un besoin religieux de croire en quelque chose qui donne la «dignité». Il existe bien sûr un parallèle avec le racisme américain, comme beaucoup de pauvres Américains de race blanche s’y sont depuis des siècles à la notion qu’au moins ils sont meilleurs que les non-blancs. La croyance qu’au moins un est meilleur que les non-Américains est répandue dans toutes les couches de la population.
Duina note que même pour ceux qui luttent le plus désespérément, il peut être plus facile de penser que tout va bien et que le système qui les entoure est plus facile que de reconnaître l’injustice. Paradoxalement, si les gens étaient mieux lotis, leur patriotisme pourrait diminuer. Le patriotisme décline également à mesure que l’éducation augmente. Et il semble que le nombre de types d’informations et d’attitudes données sera réduit. Tout comme on a constaté que les gens préféraient bombarder un pays en proportion inverse de leur capacité à le localiser correctement sur une carte, je suppose qu’ils seraient un peu moins susceptibles de croire que les États-Unis les traitent mieux que les pays scandinaves s’ils connaissaient les faits. sur les pays scandinaves. Actuellement, ils ne le décident pas.
Duina cite des personnes qui lui ont assuré que tous les Suédois fuient la Suède dès qu’ils ont terminé leurs études universitaires gratuites, que le Canada peut avoir des soins de santé, mais qu’il est une dictature, qu’en Allemagne ou en Russie ils vous couperont la main ou la langue, que au Japon communiste, on vous coupera la tête pour avoir parlé contre le président, etc. Toutes ces croyances, toutes dans le même sens (dénigrer les autres nations), sont-elles des erreurs innocentes? Un homme assure à Duina que les autres nations sont inférieures parce qu’elles se livrent à des exécutions publiques, puis plaide en faveur de telles exécutions aux États-Unis. Un certain nombre de personnes déclarent supérieur aux États-Unis parce qu’il jouit de la liberté de religion et rejettent ensuite l’idée qu’un non-chrétien puisse jamais être président des États-Unis. Les sans-abri lui assurent que les États-Unis sont le pays par excellence des opportunités.
Beaucoup parlent de «liberté» et dans de nombreux cas, ils désignent les libertés énumérées dans le Bill of Rights, mais dans d’autres, ils désignent la liberté de marcher et de conduire. Ils opposent cette liberté de circuler avec les dictatures, bien qu’ils n’aient que peu ou pas d’expérience, bien que cela semble mieux contraster avec ce que les Américains pauvres connaissent probablement davantage: l’incarcération de masse.
La conviction que les guerres sur des nations étrangères sont bénéfiques pour leurs victimes et constituent des actes de générosité semble presque universelle, et les nations étrangères sont souvent décriées pour la présence de guerres (sans se rendre compte que nombre de ces guerres impliquent l’armée américaine, qui est financée des millions de fois. financement nécessaire pour éliminer la pauvreté aux États-Unis). Un homme croit que le Vietnam est toujours divisé en deux comme la Corée. Un autre estime que le président irakien a invité les États-Unis à l’attaquer. Un autre est tout simplement fier du fait que les États-Unis ont «la meilleure armée». Interrogés sur le drapeau des États-Unis, beaucoup expriment immédiatement leur fierté concernant la «liberté» et les «guerres». Quelques libertaires ont exprimé leur soutien à l’idée de ramener des troupes à la maison, accusant ainsi d’autres nations réticence à être civilisé – y compris ceux du Moyen-Orient, qui «n’a jamais été civilisé».
Il existe un soutien similaire similaire à la prolifération incroyablement destructrice d’armes à feu aux États-Unis, qui contribue à la supériorité de ce pays.
Une faute attribuée à d’autres pays est de priver les enfants de leurs parents. Pourtant, on suppose au moins que certains condamnant cette pratique ont trouvé un moyen de s’excuser ou de ne pas en prendre conscience dans les nouvelles récentes aux États-Unis.
L’un des défauts les plus communs, cependant, est de couper la tête des gens. Cela semble être une vision si commune de ce qui ne va pas avec les pays étrangers, que je me demande même si le soutien des États-Unis à l’Arabie saoudite est en partie motivé par un moyen aussi efficace de garder la population américaine sous sédation.
D’une manière ou d’une autre, le public américain a été persuadé de toujours comparer les États-Unis avec les pays pauvres, y compris ceux dans lesquels le gouvernement américain soutient des dictateurs brutaux ou impose des souffrances économiques, et jamais avec les pays riches. L’existence même de pays moins bien lotis et d’immigrants fuyant vers les États-Unis est généralement considérée comme la preuve du statut de plus grande nation sur Terre, même si d’autres pays riches sont mieux lotis et plus désirés par les immigrants.
Les résultats incluent un public passif prêt à absorber d’énormes injustices, un public disposé à suivre les politiciens qui promettent de les tromper mais à le faire patriquement, un public favorable aux guerres et au mépris du droit international et de la coopération, et un public disposé à rejeter les avancées dans les lois sur les soins de santé ou les armes à feu, les politiques climatiques ou les systèmes éducatifs s’ils sont élaborés dans d’autres pays.
Ce livre nous en dit plus sur les origines de Trump que sur les 18 derniers mois de Foxnews, mais c’est le moins que l’on puisse dire.
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Les livres de David Swanson incluent Guérir l’exceptionnalisme.
Voir aussi:
Why Are the Poor Patriotic?
David Swanson
Peaceworker
We should be very grateful to Francesco Duina for his new book, Broke and Patriotic: Why Poor Americans Love Their Country. He begins with the following dilemma. The poor in the United States are in many ways worse off than in other wealthy countries, but they are more patriotic than are the poor in those other countries and even more patriotic than are wealthier people in their own country. Their country is (among wealthy countries) tops in inequality, and bottoms in social support, and yet they overwhelmingly believe that the United States is “fundamentally better than other countries.” Why?
Duina didn’t try to puzzle this one out for himself. He went out and surveyed patriotic poor people in Alabama and Montana. He found variations between those two places, such as people loving the government for helping them a little bit and people loving the government for not helping them at all. He found variations between men and women and racial groups, but mostly he found intense patriotism built around identical myths and phrases.
I think it’s worth pointing out that wealthier Americans are only slightly less patriotic than poor Americans, and that the moral question of why one should love an institution that creates great suffering for others is identical to that of why one should love an institution that creates great suffering for oneself (and that the greatest suffering the United States government creates is outside the United States). I suspect that much of what Duina found among the poor could be found in some variation among the less poor.
Duina is very respectful of everyone he spoke with, and very academic in his prose. But he quotes enough of his interviewees’ statements to make it quite clear, I think, that their patriotism is largely a willfully delusional religious faith based on ignorance of and avoidance of facts. Just as the less wealthy are a bit more religious, they are also a bit more patriotic, and they draw no clear line between the two. Duina reports that many of the people he spoke with assured him that God favored the United States above all other nations. One man even explained his own and others’ extreme patriotism as a religious need to believe in something when struggling, something to provide “dignity.” There is, of course, a parallel to U.S. racism, as many poor white Americans for centuries have clung to the notion that at least they are better than non-whites. The belief that at least one is better than non-Americans is widespread across every demographic.
Duina notes that even for those struggling most desperately a belief that all is right and just with the system around them can be easier on the mind than recognizing injustice. If people were better off, paradoxically, their patriotism might decrease. Patriotism also declines as education increases. And it seems likely to decline as particular types of information and attitudes are conveyed. Just as people have been found to favor bombing a nation in inverse proportion to their ability to correctly locate it on a map, I suspect people would be marginally less likely to believe the United States treats them better than a Scandinavian country would if they knew facts about Scandinavian countries. They currently decidedly do not.
Duina quotes people who assured him that every Swede flees Sweden as soon as they’ve completed their free college education, that Canada may have healthcare but is a dictatorship, that in Germany or Russia they’ll cut off your hand or your tongue, that in communist Japan they’ll cut off your head for speaking against the president, etc. Can all of these beliefs, all in the same direction (that of disparaging other nations) be innocent errors? One man assures Duina that other nations are inferior because they engage in public executions, and then advocates for public executions in the United States. A number of people declare the United States superior because it has freedom of religion, and then reject the idea that any non-Christian can ever be U.S. president. Homeless people assure him that the United States is the quintessential land of opportunity.
Many speak of “freedom,” and in many cases they mean the freedoms listed in the Bill of Rights, but in others they mean the freedom to walk or drive. They contrast this freedom to move about with dictatorships, despite having little or no experience with dictatorships, although it seems best contrasted with something poor Americans are likely to have a lot more familiarity with: mass incarceration.
The belief that wars on foreign nations benefit their victims and are acts of generosity seems nearly universal, and foreign nations are often disparaged for having wars present (with no apparent awareness that many of those wars involve the U.S. military which is funded with millions of times the funding that would be required to eliminate poverty in the United States). One man believes that Vietnam is still divided in half like Korea. Another believes the president of Iraq invited the United States to attack it. Another simply takes pride in the United States having “the best military.” When asked about the U.S. flag, many immediately express pride in “freedom” and “wars.” A few libertarians expressed support for bringing troops home, blaming other nations for their unwillingness to be civilized — including those of the Middle East, which has “never been civilized.”
There is similar strong support for the incredibly destructive proliferation of guns in the United States as something that makes the United States superior.
One fault attributed to other countries is taking children away from parents, yet one assumes that at least some who condemn that practice have found a way to excuse it or not become aware of it in recent news from the United States.
One of the more common faults, though, is chopping people’s heads off. This seems such a common view of what is wrong with foreign countries, that I almost wonder if U.S. support for Saudi Arabia is in part motivated by such an effective means of keeping the U.S. population sedated.
Somehow, the U.S. public has been persuaded to always compare the United States with poor countries, including countries where the U.S. government supports brutal dictators or imposes economic suffering, and never with wealthy countries. The very existence of countries that are worse off, and from which immigrants flee to the United States is generally taken as proof of Greatest Nation on Earth status, even though other wealthy nations are better off and more desired by immigrants.
The results include a passive public willing to absorb huge injustices, a public willing to follow politicians who promise to screw them but to do so patriotically, a public supportive of wars and dismissive of international law and cooperation, and a public willing to reject advances in healthcare or gun laws or climate policies or education systems if they are made in other countries.
This book tells us more about where Trump came from than the past 18 months of cable news, but Trump is the least of it.Φ
David Swanson is an author, activist, journalist, and radio host. He is director of WorldBeyondWar.org and campaign coordinator for RootsAction.org. Swanson’s books include War Is A Lie and Curing Exceptionalism. He blogs at DavidSwanson.org and WarIsACrime.org. He hosts Talk Nation Radio.
Voir également:
The Patriotism of the Poor Isn’t So Mysterious
Jim Geraghty
National Review
November 21, 2019
Francesco Duina is professor of sociology at Bates College and author of Broke and Patriotic: Why Poor Americans Love Their Country. Over in the Guardian, he grapples with what strikes him as a surprising and troubling phenomenon:
The World Values Survey indicate that 100% of Americans who belong to the lowest income group are either “very” or “quite” proud of their country. This isn’t the case for any other major advanced country in the world. These positive feelings are also resilient: they intensified, in fact, during the Great Recession of the late 2000s.
As long as they remain deeply patriotic, America’s poor won’t rise up. Indeed, they’ll continue to fill the ranks of the military, strive and sacrifice to help America assert itself in the world, and even feed into and support the slogans and successes of the country’s political leaders.
I realize that these days, MSNBC’s Chris Matthews is now the subject of jokes about unregulated methane emissions, but way back in 2002 he wrote a book, Now Let Me Tell You What I Really Think that included a clarifying anecdote from Matthews’ days as an armed officer of the U.S. Capitol Police in the 1960s.
But the core of the force was made up of “lifers” from the military, enlisted guys who’d done long hitches with the Army, Navy, or Marines. I’d spend hours hanging out with these guys. My favorite was Sergeant Leroy Taylor. He was one of those citizen-philosophers who instinctively grasped this country’s real politics, the kind that people live and are ready to die for. He and the other country boys would talk about how they would do anything to defend the Capitol. More than some of the big-shot elected officials, my colleagues in blue revered the place and what it meant to the republic. It wasn’t about them, but about something much bigger.
I will never forget what Leroy once told me and the wisdom it contained: “The little man loves his country, Chris, because it’s all he’s got.”
Being poor in America is terrible in a lot of ways. But even the poorest American is ensured a vote upon turning 18, their day in court if charged with a crime with a jury of their peers, a right to a public defender, their right to speak their mind and criticize anyone in government without the state prosecuting him, their right to assemble and protest, the right to own a firearm if they have no mental impairment or criminal record, no search or seizure of their property without a warrant, rights against self-incrimination, the right to believe whatever religion they want or none at all, and the right to be free from cruel and unusual punishment. There are wealthy moguls in China who don’t have half those rights.
I’d argue the more interesting question is not why do the poor assess living the United States so positively, but why the wealthy assess living the United States so negatively? (And why is there often an implicit assumption that the wealthy see their country clearly and accurately, while the poor do not?)
Perhaps the remarkable opportunities of the wealthy give them a skewed view of life at home and abroad.
Yes, a wealthy person is more likely to have traveled to more foreign countries, and have more firsthand experience with life in other countries. But what do they see in their encounters with other countries? The life of a wealthy person in New York is not all that different from the life of a wealthy person in London or Paris or Dubai or Tokyo or Shanghai. It’s not surprising that almost everyone at the Davos conference gets along well. They’ve all been to the best schools, they all enjoyed enormous opportunities in their careers, they all dress in similar tailored suits, live well, eat well, enjoy the finer things in life . . . It is unsurprising that a CEO from Silicon Valley meets a CEO from Switzerland and, after chatting over a tray of canapes, concludes they’re not so different after all.
If you have been lucky enough to stay or even just step inside more than one luxury hotel in more than one world capital, you’ll realize they all look more or less the same. The lobby of the Four Seasons doesn’t look all that different from one in the Mandarin Oriental, which doesn’t look all that different from the one in Ritz-Carlton, and most of us would be stumped if we had to pick out which one was which, and in which city. There’s a worldwide homogeny to the signifiers of the luxury lifestyle. While there’s a lot of overwrought denunciation of “globalists” out there these days, it’s safe to conclude that most of the wealthy elite in any given nation have more in common with other countries’ wealthy elites than with their own countrymen.
If you step into lower-class or middle-class person’s house in “flyover country” in the United States, or Morocco, or Israel, or France, or Brazil, you will much more likely to immediately spot distinctions and differences. Even something as simple as tea with grandma is going to be immediately distinctive from country to country — the Japanese tea set is going to look different from the English tea set, and different from the Turkish tea set, and if you see a samovar, there’s a good chance you’re in Russia. If there is Frida Kahlo or Diego Rivera art on the walls, there’s a really good chance the inhabitants are Mexican or have Mexican heritage. You’re more likely to spot symbols of religious faith, flags, sports team paraphernalia — all kinds of displays that declare, ‘this is where we come from, this is who we are, this is why we’re proud to be who we are.’ It is not surprising that poor and middle-class citizens would find “globalism” as an odd and not-that-appealing prospect, and express patriotism (and perhaps nationalism) in ways that wealthier, more cosmopolitan citizens find naive and parochial.
Voir de même:
Data indicates that 100% of Americans who belong to the lowest income group are either ‘very’ or ‘quite’ proud of their country. Why is that?
To be poor anywhere in the world is hard, but being poor in America is especially difficult. While the income of wealthier Americans has grown significantly in the recent decades, the wages of the country’s worst-off have stagnated. The available social benefits (for unemployment, illness or old age, for instance) pale in comparison with those enjoyed by poor people in other advanced countries. America’s poor also work longer hours than their counterparts elsewhere, while their children have less opportunity to escape poverty than if they lived in Europe.
On these and other fronts America has let them down. From time to time, observers, like Thomas Edsall of the New York Times and the former United States secretary of labor Robert Reich, have asked why the poor don’t rebel despite these stark inequities. As the Economist recently put it, “Why aren’t the poor storming the barricades?” For answers, we have to take into account the intensity of their patriotic feelings.
If we define patriotism not only as an attachment to country but also as a belief in its greatness, if not superiority – the brand of patriotism expressed by America’s poor is extraordinary. Data analysis from the authoritative General Social Survey (run by the National Opinion Research Center at the University of Chicago) shows that over 90% of America’s poorest would rather be citizens of the United States than of any other nation. The figure is higher than that for working-class, middle-class and upper-class Americans. About 80% also believe that America is a “better” country than most other countries.
In parallel, data from the World Values Survey indicate that 100% of Americans who belong to the lowest income group are either “very” or “quite” proud of their country. This isn’t the case for any other major advanced country in the world. These positive feelings are also resilient: they intensified, in fact, during the Great Recession of the late 2000s.
As long as they remain deeply patriotic, America’s poor won’t rise up. Indeed, they’ll continue to fill the ranks of the military, strive and sacrifice to help America assert itself in the world, and even feed into and support the slogans and successes of the country’s political leaders – starting with Donald Trump. So, a pressing question arises: why are America’s poor so patriotic?
To find out, I spent time in Alabama and Montana, two “hotbeds” of patriotism among the poor as measured with data from the General Social Survey. I headed to urban and rural settings in both states, and spoke to people in bus stations, laundromats, homeless shelters, used clothing stores, senior citizen centers, public libraries and other places. I talked with people of different races, genders, religious and political orientations, histories of military service and ages. The findings were at once striking and humbling.
First, America’s poor still see their country as the “last hope” for themselves specifically and for humanity more generally. Because of its foundational social contract, the country offers each citizen a sense of dignity. As Ray (all names have been disguised), an older African American man in Birmingham, Alabama, told me, only in America is everybody equal in principle to everyone else:
“For me, yeah, it starts with the individual, naturally. And according to our constitution, rules and rights, you know … everybody is afforded that without question … I believe, right, that I can have a conversation not just with you; I could sit down, talk with the President of the United States … you know?” Add to this the lingering traces of Manifest Destiny, the long-held belief that America is God’s country, and why would anyone – especially someone poor – not want to live here? God, I was told by many, loves all of humanity – but God loves America best of all.
Certainly, as one man told me, the government or some leaders have at times gone astray from the country’s promises. But the essence of the nation is pure and unique. And this serves as a lifeline for those who struggle financially. Thus, as Darrius, a middle-aged white man living out of a car in Billings, Montana, with his young and pregnant wife, stated:
“You have to have some shred of dignity. Even the bottom-of the-barrel person has to have some shred of dignity … and so when we’re struggling and we’re super poor and broke and going through all these things, you almost have to believe in something better or higher … and the Americans’ ideals ring on that level because they’re a lot different than maybe other countries’ because the American ideals are supposed to embody those things that are, are like good for humanity, you know … and it’s true.”
Second, to many, America is seen as the land of “milk and honey”. It’s perceived as a rich and generous place, where those who work hard can achieve much. The people I spoke with took personal responsibility for the difficult trajectories they had experienced, even if in fact all odds were stacked against them. As Kysha, an African American woman in her 60s in a shelter in Birmingham, told me, “It’s on you … you got a chance like anyone else … everybody got a chance. Some people don’t wanna do right. You gotta realize that.” America, moreover, gives money to countries all over the world: it’s a place of abundance, that attracts people from all over the world. Under this reasoning, anyone who’s poor in America should be thankful to be here.
Third, the US is seen as the land of freedom – in the physical, spiritual and mental senses. Marshall, a young man from Montana, told me he was homeless by choice because he wanted a “sabbatical” from life. “Nobody bothers me for it, if I am not bothering anybody.” Where else, he asked me, could he be left alone and not be, “you know, herded off or … jailed”? America is seen as a place of self-determination and choice. Guns came up often in my conversations with people. People mentioned them for the very practical reason that they’re needed to hunt for food. How else to put meat on the table or in the freezer? The constitution grants the right to bear arms, and guns are perceived as essential symbols of freedom. Just think back to the American Revolution, when the settlers had to make their own weapons to fight British oppression.
In Montana, these thoughts often took on libertarian tones, while in Alabama they often connected to the civil rights movement. Some variations could also be seen across racial and other dimensions. But, on the whole, they amounted to a surprisingly consistent and strong perspective shared by most of the people I met.
What at first looks like a puzzle may not be a puzzle at all. America’s poor hang on fiercely to the ideals of freedom, dignity, abundance, and self determination that America has long represented precisely because they have so little else to depend on. Is this a kind of delusion on the part of poor Americans? Is there cynicism or exploitation in the country’s continued promotion of those ideals? Or is there nothing negative or sinister about it? Is it merely an example of what’s beautiful and inspiring about the strength and perseverance of the human spirit and, yes, America itself? I leave the answer to you.
- Francesco Duina is professor of sociology at Bates College. His most recent book is Broke and Patriotic: Why Poor Americans Love Their Country
- Voir de plus:
The bottom line for impoverished Americans is, of course, that they have less money than their fellow citizens.
Which leads to other things they likely have less of: nutritious food, personal safety, health benefits, vacation time, career opportunities, child care, retirement funds, peace of mind. And the list goes on.
Still, there’s one thing the poorest Americans do possess a lot of: patriotism. It’s a fact: By many measures, the Americans who have the least nevertheless love their country the most, despite ample cause for feeling the opposite.
Paradoxical, no? It struck Professor of Sociology Francesco Duina that way, too. But, as he learned in researching his latest book, it isn’t really a paradox after all.
From his research, Francesco Duina offers three possible reasons why the poorest Americans love their country the most.
New from Stanford University Press, Broke and Patriotic: Why Poor Americans Love Their Country lets economically disadvantaged people explain their devotion to the United States. It’s a collection of views that may move readers to think again about America’s poorest citizens — whose patriotism, as Duina suggests, fueled the White House aspirations of both Donald Trump and Bernie Sanders.
+An excerpt from Broke and Patriotic
Visiting four municipalities in Alabama and Montana, Duina interviewed more than 60 subjects who had poverty in common but were otherwise quite diverse. The book is his third study of American culture, after Winning: Reflections on an American Obsession, from 2011, and 2014’s Life Transitions in America.
Duina notes that while social scientists have studied the patriotism of many groups, this is the first research to look specifically at the patriotism of low-income Americans.
What led you to write Broke and Patriotic?
I could understand why those Americans who were well-off would be patriotic. But I wanted to understand why low-income Americans are so patriotic when there are reasons to think that they would have issues with their country or its underlying social contract, considering their personal circumstances.
As you point out, worse-off folks in places like Sweden and France typically enjoy greater public benefits than America’s poor. And yet poor Americans are more patriotic than their counterparts in other wealthy countries.
What I thought to be a puzzle is, for them, not a puzzle at all. First, they don’t attribute their situation to their country — they don’t say, “I’m in this situation because of the society I live in.” They take ownership of their life histories. And so why would they be resentful toward their country?
Also — and this is one of the most moving things that I discovered — if anything, the idea of the greatness of America actually gives them something to hang onto, despite everything. “Everything else has gone poorly for me. Don’t take my being an American away from me, because it’s the one thing that I can still hang onto with pride.”
I would push them by saying, “Well, what about rich people? Do you think it’s unfair that they have what they have?” They’d say, “No, they’ve earned everything they’ve made.”
You describe three common elements, broadly speaking, within your respondents’ love of country. They feel that America represents an exceptional promise of hope, and also that the U.S. is both wealthy and generous — the land of milk and honey. But what hit home for me was how they explained America’s greatness in terms of American freedoms.
One of the interviewees that really struck me was Marshall, in Montana, who chose to be homeless, in a way. He said, “Look, I am so free. I can be homeless, and they don’t force me to go anywhere. I live on the prairie, I’m working on an app right now, and I’m taking a sabbatical from life. What other country would allow me to just do my thing?”
That is really a trait of American society in many ways: “We’re all equal and therefore this equality guarantees me some sense of freedom. I may have nothing, but I have that freedom. I can come and go, do whatever I want, and say whatever I want. This country guarantees that.” And the fact that they would recognize and hold onto that was really moving. What I heard satisfied my curiosity.
Culturally, the United States is very free — freedom of religion, freedom of thought, freedom of saying and doing whatever you want to do. And they’re accurately describing that. There’s certainly more conformity in many countries, a lot more pressure to do things in certain ways.
Many of Duina’s interviewees felt that that social equality helps to guarantee their freedom. (Theophil Syslo/Bates College)
A respondent that you call Eddie said the U.S. is “the last best hope of man on earth.” That’s quite a sentiment.
Great guy, very talented. Many of the people I spoke with perceive the country to be a special project designed to give deliverance, to free humanity from problems that have plagued people throughout history. The hope that the U.S. represents for humanity is what gives them hope and dignity as well, and what makes them continue, despite the odds.
Many of them were very optimistic as a result. Something I heard a lot was, “Tomorrow something is going to change. I’m poised for a change.”
And then there’s the American Dream, the U.S. as the land of milk and honey.
Yeah, despite all of the data that suggests that, in fact, there’s less social mobility nowadays in the United States than in many other advanced countries, and your personal financial success is tied to contextual and structural things, not personal qualities — there’s clearly a sense that this is a place of enormous wealth, and that the American Dream is still alive.
I would say, “But you know, you don’t get as much as other people in other countries.” And they would say, “Well, I don’t know what other people get, but I get a lot. I’m not going to go hungry tonight. There will be kitchens and shelters that I can go to and churches that will help me. So the wealth will reach me. And if I have a problem, it’s my problem, not the system’s problem.”
How is this book relevant to our current politics?
I think this discourse of American greatness is something that Trump tapped into very, very much. To the extent that one wonders why “Make America great again” resonated so well, you have elements of the answer in this book, whether with low-income people or middle-class people. I would think that Bernie Sanders also tapped into it a bit, but in a very different way.
Who is the book written for?
People who are interested in understanding the United States, how it functions, what keeps it together — what is at the heart of its social contract, its national identity. My respondents have a genuine attachment to the idea of America, and I think that’s because, in the end, what one discovers is that America is for the people and the people own it.
We should all try and understand their patriotism. Much depends on it. They contribute heavily to the military — their investment in the country, in a way, contributes to stability and social peace. As long as they believe in the American Dream and in the United States as a country they are unlikely to demand fundamental changes of society. And so, if we want to understand why the United States is a stable country, we have to understand why people latch on so tightly to it, even though they appear to be suffering and getting a lot less than the poor elsewhere.
Voir encore:
June 11, 2018
They don’t feel it. Another way of thinking about it that I find useful is to differentiate between the nation and the state. I think that Trump ran a campaign that was based on the nation, not the state. The state was made the culprit, almost. It was a partner in crime. It’s a swamp. The state has not done its job. It has, over the decades, done the wrong things — gone against the fundamental American values of individual self-determination and colorblindness and all of these things.On the other hand, I think Trump has said we need to go back to the nation. The nation is good. We need to rescue it. He played the « nation card, » and it worked fantastically.We also need to define terms. The nation is the fundamental social contract, which in every country is a bit different. In the American case, it is civic individualism, based on certain civic values such as self-determination and freedom and the like. That’s what is celebrated.That’s the key to how Trump won. That’s why it doesn’t matter what you throw at him and his supporters. It can be logic, it can be fact. It doesn’t matter whether Trump contradicts himself one moment or the other because that’s not what they’re listening to. He is just a provocateur, as a revolutionary agent against the status quo.What was the genesis of your book?Symbols of patriotism are everywhere in America. National anthems at major sport events, the Pledge of Allegiance in schools, flags everywhere. Then you see those flags outside of homes which are not well kept, but somebody with barely any means has a flag pole with a big American flag.Over the years I started wondering about that: It just doesn’t make sense to me. The poor in America are actually worse off by most measures than the poor in other advanced countries. Whether it’s the number of hours worked, the social safety net, intergenerational mobility, you name it. But by most measures, the American poor are the most patriotic, compared to the poor elsewhere, and certainly relative to rich Americans.I wanted to talk to these people and ask, « Why do you love this country so much? Why is it such a prominent aspect of your life? »Americans do not like to talk about class. The old truism holds that everyone is middle-class in America. What was your approach to finding people to speak with? I spent time at places like bus stations, laundromats and homeless shelters. I went to Montana and Alabama. I would begin general conversations with people. Those are places where people usually have a lot of time on their hands.I would start talking to people, waiting for a moment. Maybe there was a basketball game on or something. The American flag shows up and I would say, « Hey, listen, I’m kind of curious: Are you patriotic? Do you like the American flag? » They would start talking to me. Then I would probe a little deeper and then eventually I would say, “Listen, I’m traveling across the country. I would like to talk to you, if you want to, for about a half hour or 45 minutes of your time. I’ll give you a little bit of money, I have some funding. Can we talk? « I think it was rather smooth. I never had any trouble that way. People were very happy to talk. Many of the conversations became very emotional for them, and for me actually, once I got into their life stories and what happened to them over time. These are very poor people, working-class people, who had difficult lives. They really were hanging on to their America that deeply. It was very meaningful for me and for them. I also made sure to ensure variety by traveling to urban and rural areas, men and women, people of different ethnic and racial backgrounds.Why would poor and working-class people be so patriotic? This country has failed them. Is this a form of false consciousness?What is a puzzle for you and me is actually not a puzzle for them at all. It is, in fact, the opposite. It is precisely because so many things have gone wrong for them that they get so much mileage out of being an American, which still happens to be a very prestigious national identity. One could argue that in a way it gives them a sense of identity like nothing else. They’re hanging on to it precisely because they have nothing else to hang on to.Saying they are possessed by false consciousness is actually a condescending take. Because when you talk to these people they are quite knowledgeable about American history. They are quite knowledgeable about the American social contract.They don’t have their history wrong. I think they’re being too harsh on themselves. They also differentiate between themselves and the government and say, “What happened to me is my responsibility.” In the end, they hang onto this idea. They feel motivated to continue and to do better the next morning. Many of them said that.I would push back and ask, « Have you reconciled what happened to you with your love of country? Didn’t you get screwed? » They would respond, “No, what happened to me is my thing.” This is not false consciousness. This is a true sense of dignity that they get from the social contract as they perceive it.In America, aren’t we brainwashed by capitalism through these myths about meritocracy and individualism? Every society has to reproduce itself.I largely agree. But I must ask, who’s not brainwashed? I lived in Denmark for a year and I go to Denmark quite often. I love the society and it’s very humane and has done great in many ways. It’s a different society and an « almost perfect society, » as they describe it. But they are equally collectively hypnotized around their nation and what they call themselves: « the Tribe. » There are plenty of myths about themselves and plenty of stories they tell themselves about who they are. Citizens of Denmark are so homogeneous and so collectively oriented they’re just as brainwashed as anybody else.Who are we to judge? Who am I to judge the person in Montana who tells me, “Yeah, I love the United States. I can own guns and that way I can feed my family.” Of course I can say, “Look, I can go to Canada and do the same thing.” But who am I to judge their logic?How did the people you spoke to narrate the stories of their own lives?I was talking to people who were prostitutes, former drug addicts and current drug addicts. Many were homeless. They would say several things in common. One was that they felt free to come and go and do the things they wanted and also to do and think whatever they wanted. In Montana, I met a young white person in the library who was homeless. I asked him, “Why are you homeless?” He said to me, “I’m homeless because it’s basically a sabbatical from life for me. I’m working on an app.” I thought, that cannot possibly be true. He then said, “In other countries, they would probably force me into a shelter. Whereas here, I can stay homeless and nobody bothers me for it.” I thought to myself, that is amazing.A type of radical autonomy.Certainly. Many of them felt very autonomous. Many of these people would also say fantastical things to me like, “Look, I’ve turned a corner a month ago » or « I found God six months ago. Now I’m in good standing before God I don’t drink anymore. On Monday I have a job lined up. » I don’t know if that was true or not.The God thing, I should say, was also very prevalent. This sense that they’re walking with God and that America is God’s country. God loves America more than he loves other countries. This sense, still, of walking with God in God’s country, trying to do the right thing.What were some of the conversations and life stories that really moved you?One person I spoke with was a white woman struggling with brain cancer. She was young. She had three kids. We chatted at a bus station in Colorado but she was from Alabama. She was talking to me about her life. It was very important to her to have her kids read the Pledge of Allegiance, recite it at home. She was struggling to teach them the right values before she dies.There was an African-American I met in Alabama. She was studying at a community college or the like to be a chef. She said to me, “Life out of country, life out of me.” She was saying: If you take the country away from me, you take the life away from myself; I have to have that. She was in her late 30s or early 40s.I also met this couple who were living out of a very old Saab. I met them at laundromat in Billings, Montana. He was probably 20 years older than she was. He was probably in his 40s. She was in her early 20s. She had served in the military. He hadn’t.She was expecting. We had an amazing conversation. They were very articulate and very thoughtful. It was him who said, “We have to be patriotic. You have to have a shred of dignity. Yeah, the system is corrupt, the police are corrupt, we’re being watched by everybody. » Mind you, this is Montana, so they were very libertarian.Does a person believe that the system is fair because to accept the truth of how unfair and biased it is would be too devastating? Why don’t the poor rise up and rebel in America? Well, I think I discovered that part of the reason is that they still believe in the nation. Not necessarily the state, but the nation. They still believe in it.Well, if they do, then they’re not going to ask for a major rewrite of the social contract. Maybe, if you want to be cynical about it, it is a way of perpetuating the inequality and the status quo. At the same time, I felt enormous power and self-determination and hope and knowledge.How did the poor and working-class people you spoke with feel about the rich?I asked that question many times. I would wait for the right moment when, for example, a big Mercedes would drive by. In almost all cases, what I heard was, « They earned it and they made it on their own. Just like my failures and my faults, their successes are their successes. » Now I would challenge that and say, « Come on, you were probably born in a certain context that was not helpful to you. They were probably born in well-to-do families. »
I have these quotes in my head. One fellow said to me, « It’s got to be choices. It’s got be bad choices or good choices, but it’s got to be choices. It comes down to choices. » But this same man had just told me how his father had beaten him up all his life. He was 14 years old and homeless; he ran away. Those are not choices. It was very difficult to get them away from that type of thinking. They thought that the rich essentially deserved it. The rich were generous. They get a lot of things as a result of that. These poor and working-class people actually told me that.
Now, I also spoke to a few people — out of the 90 total, three or four — who were not so patriotic. They would talk about feeling that the system has duped us. They want to rip up the American flag. We are invaders of other countries. There’s imperialism. The rich don’t care for us. The government doesn’t care for us. One guy told me that American nationalism and the American flag reminded him of a bunch of preppy boys at a fraternity party at some university.
But no matter how you measure it, the poor in America are very patriotic.
Voir aussi:
Why Poor Americans Are So Patriotic
Even in Hard Times, Pride in Country Offers Comfort, Security, and the Hope That Life Will Get Better
Why do the worst-off American citizens love their country so much?
Patriotism may be defined as a belief in the greatness, if not superiority, of one’s country relative to others. Depending on how one defines the term exactly, somewhere between 85 to 90% of America’s poor are “patriotic.” They would rather be citizens of their country, for instance, than of any other country on Earth, and they think America is a better place than most other places in the world.
This is striking for at least three reasons. First, those are very high figures in absolute terms. Secondly, the corresponding figures for working class, middle class, and upper class Americans are generally lower. And, thirdly, the worst-off in most other advanced nations are also less patriotic than America’s—even in countries where people receive better social benefits from their government, work fewer hours, and have better chances of upward intergenerational mobility than their counterparts in the United States.
Why are America’s poor so patriotic? The short answer is: We don’t know for sure. And we should, because so much depends on the patriotism of poor Americans. Their love of country contributes to social stability, informs and supports America’s understanding of itself as a special place, and is essential for military recruitment. It is also a force that can be tapped into by politicians eager to rally a large contingent of voters.
To understand this patriotism, I spent parts of 2015 and 2016 in Alabama and Montana—two distinctly different states that are both ‘hotbeds’ of patriotism among the poor. I hung out in laundromats, bus stations, homeless shelters, public libraries, senior citizen centers, used-clothing stores, run-down neighborhoods, and other venues. And I interviewed 63 poor Americans of different ages, genders, religious and political orientations, races, and histories of military service.
I came away with three overarching insights.
First, many view the United States as the “last hope”—for themselves and the world. Their strong sense is that the country offers its people a sense of dignity, a closeness to God, and answers to most of humanity’s problems. Deprive us of our country, the people I met told me, and you deprive us of the only thing that is left for us to hang on to.
This feeling of ownership is national and personal. Consider the words of Shirley (all names here are pseudonyms, per my research rules), a 46-year-old unemployed black woman in Birmingham with plans to become a chef: “For me to give up hope on the country in which I live in is almost to give up hope for self. So I gotta keep the light burning for me and for my country or I’m gonna be in the dark.”
That comment connected to a second insight. America appeals to the poor because it is rich. “The land of milk and honey” was a phrase I heard often. The poor see it as a place where those who work hard have a chance to succeed. In my interviews, people separated the country’s possibilities from their own frustrations; many took full responsibility for their own troubles in life. “People make their own life, make their own money the way that they wanna make it and however much they wanna make it,” said Jeff, a white man in a bus station in Billings, Montana.
Many saw this as an American virtue. Here, at least, your failures belong to you. Your chances aren’t taken away by others. “If you fail,” said Harley, a vet now on food stamps, “gotta be bad choices.” This sentiment was articulated with particular frequency by African American interviewees in Alabama—something that particularly struck me, given the legacies of slavery and segregation in that part of the country.
For the same reason, many were confident that the future was about to bring them better things. Several felt that they had just turned a corner—perhaps with God on their side. Rich Americans, they told me, deserve what they have. Besides, they added, look at the rest of the world: They keep trying to come to America. This must be the place to be.
That related to a third source of pride in the nation: America is the freest country on earth. Many of the people I met spoke of feeling very free to come and go from different places, and to think as they wish. America allows people to be as they want, with few preconceived notions about what the good life should look like. Such a narrative took on libertarian tones in Montana.
For some, this included the freedom to be homeless, if they choose. As Marshall, a young, white homeless man, told me in Billings, “it’s a very free country. I mean, I’m actually, I live on the streets, I’m kinda choosing to do that … sabbatical. Nobody bothers me for it; I’m not bothering anybody. I got my own little nook. There are other places in the world where I’d be forced into some place to shelter up or, you know, herded off or … jailed.”
When conversations turned to freedom, guns were often mentioned. Guns give one security and make hunting possible—enabling one to feed one’s self and family. I was accordingly often reminded that Americans rebelled against the English by making guns. Guns equal freedom. And America, thankfully, ensures gun ownership.
Taken together, these conversations helped me understand that the patriotism of the poor is rooted in a widespread belief that America belongs to its people. There is a bottom-up, instinctive, protective, and intense identification with the country. This is a people’s country.
Of course, some of this patriotism is clearly grounded in misconceptions about other countries. One person told me that there are only two democracies in the world: Israel and the United States. Another told me that Japan is a communist country. Yet another that in Germany one’s tongue can get cut off for a minor crime. Many also assumed that other countries are poorer than they really are. But these were almost tangential reflections that further justified—rather than drive—their commitment to the country. They seldom came up on their own unless I asked about the limitations of other countries.
As I completed my interviews and reflected on what I heard from these patriots, I realized that their beliefs about America are not a puzzle to be solved. In America, there is no contradiction between one’s difficult life trajectories and one’s love of country. If anything, those in difficulty have more reasons than most of us to believe in the promise of America.
