Immigration illégale: Pour un Guantanamo européen (Why can’t the rest of the West learn from Australia’s tough « turn back the boats policy » and all-out war against people smugglers?)

https://www.aph.gov.au/~/media/05%20About%20Parliament/54%20Parliamentary%20Depts/544%20Parliamentary%20Library/Research%20Papers/2016-17/QuickGuides/QG-BoatTurnbacks-01.gif?la=en
C’est précisément en raison de la mort de l’impérialisme que nous voyons l’apparition du monde pré-moderne. Aujourd’hui, il n’y a aucune puissance coloniale qui accepte de s’atteler à cette tâche, cependant les occasions, peut-être même le besoin de colonisation, sont aussi grands qu’ils ne l’ont jamais été au XIXe siècle. (…) le cas d’Ossama Ben Laden a maintenant démontré, pour ceux qui ne l’avait pas déjà réalisé, qu’aujourd’hui le monde entier est, potentiellement au moins, notre voisin. Robert Cooper
Les Etats qui bordent le détroit de Malacca, c’est-à-dire l’Indonésie, la Malaisie, Singapour, sont des Etats relativement développés» qui ont pris «des initiatives» contre les pirates. Mais les Etats africains, notamment dans le golfe de Guinée, ou dans l’est de l’Afrique, «n’ont pas les mêmes moyens». C’est pourquoi, il n’a pas exclu que certains Etats, sans moyens d’intervention contre les pirates, «renoncent à la barrière symbolique des eaux territoriales», la surface maritime où un Etat exerce sa souveraineté: soit une largeur ne dépassant pas 12 milles marins nautiques, selon la convention des Nations unies sur le droit de la mer. Jean-David Levitte (conseiller de Sarkozy, Libération, le 12 avril 2008)
Après trente ans d’expérience en Afghanistan, au Yémen ou en Somalie, je veux dire que l’accès humanitaire, en Israël, est assez remarquable. Il n’y a pas un seul prisonnier palestinien perdu, disparu. Le système a une histoire et des mécanismes de transparence. A certains égards, Israël respecte mieux la IVe convention de Genève que beaucoup d’Etats. Nous avons un dialogue très riche avec les Israéliens sur les dossiers que nous suivons, des détenus au comportement des forces armées. (…) Les « missing » sont des gens sur le sort desquels la famille n’a pas de certitude formelle, vivants ou morts. On ne fait pas de distinction entre civils et militaires. Ils sont environ 45. Il y a deux civils israéliens, peut-être trois, qui sont présumés vivants à Gaza et qui sont notre priorité absolue. On est en « clash » avec le Hamas sur ce sujet. (…) En 2014, nous avons eu des mois de discussion avec l’armée israélienne sur les leçons à retenir de la guerre à Gaza, cet été-là. C’est la même discussion que nous avons avec les Américains, les Français ou les Saoudiens : sur la distinction civils/militaires, la proportionnalité, etc. On a mené un travail confidentiel avec eux, comme avec les Brigades Al-Qassam [branche armée du Hamas]. (…) Dans une guerre, les soldats ont le droit de tuer des menaces réelles ; on ne défend pas le droit à la vie dans toutes circonstances. L’équation entre la proportionnalité stratégique et les obligations humanitaires, c’est une immense question qui renvoie même à l’utilisation de l’arme atomique à Hiroshima. Elle interroge sur la pertinence du droit de la guerre dans le contexte de l’après 11 septembre 2001, avec l’organisation Etat islamique (EI), avec la guerre asymétrique contre des mouvements armés plus ou moins terroristes qui se cachent derrière la population. Nous, nous opérons à un niveau inférieur : l’analyse empirique de la conduite des opérations, et les victimes civiles. Pour cela, nous avons différents angles de vue : les précautions prises, l’utilisation d’artillerie en milieu urbain, la définition des cibles. Le cuisinier du Hezbollah en est-il une ? J’ai bossé pas mal en Afghanistan avec les troupes de l’Otan. Ces questions secouent le monde entier. » (…) Les manifestations près de la clôture sont régies par le paradigme du maintien de l’ordre. Mais il est clair qu’on n’est ni à Berlin ni à Gênes [sommet du G8 en 2001]. Dans ces manifestations de civils se greffent en filigrane des opérations militaires qui justifient l’utilisation d’armes létales (…) Les Palestiniens, eux, sont dans une logique de poussée. Plus ils s’approchent de la clôture, plus ils sont en danger, quoi qu’on pense de leurs motivations. Ce mouvement est voulu, planifié, avec une logistique. On discute avec le Jihad islamique palestinien (JIP) ou le Hamas pour minimiser l’exposition des plus vulnérables, des enfants de 7 à 12 ans qui font des concours d’héroïsme. Jacques de Maio (ex-chef de la Croix-Rouge en Israël)
Protecting children at the border is complicated because there have, indeed, been instances of fraud. Tens of thousands of migrants arrive there every year, and those with children in tow are often released into the United States more quickly than adults who come alone, because of restrictions on the amount of time that minors can be held in custody. Some migrants have admitted they brought their children not only to remove them from danger in such places as Central America and Africa, but because they believed it would cause the authorities to release them from custody sooner. Others have admitted to posing falsely with children who are not their own, and Border Patrol officials say that such instances of fraud are increasing. (…) [Jessica M. Vaughan, the director of policy studies for the Center for Immigration Studies] said that some migrants were using children as “human shields” in order to get out of immigration custody faster. “It makes no sense at all for the government to just accept these attempts at fraud,” Ms. Vaughan said. “If it appears that the child is being used in this way, it is in the best interest of the child to be kept separately from the parent, for the parent to be prosecuted, because it’s a crime and it’s one that has to be deterred and prosecuted.” NYT
Plus de 11 000 femmes nigérianes ont été secourues en Méditerranée l’année dernière, selon l’Office pour les migrations internationales (OMI). 80% d’entre elles faisaient l’objet d’un trafic à des fins d’exploitation sexuelle. “Il y a maintenant des filles qui n’ont que 13, 14 ou 15 ans”, m’a dit un agent anti-trafic de l’OMI. “L’Italie n’est qu’un point d’entrée. De la, elles sont dispatchées et vendues à des mères maquerelles partout en Europe.” Ben Taub
En 2015, le risque de mourir en Méditerranée (0, 37%) était inférieur au risque en France d’une personne de plus de 45 ans de subir un AVC (0, 4$%); en 2016, 363 000 migrants ont traversé la Mare nostrum (…) et 4 576 s’y sont noyés ou ont disparu, soit 1, 3% ou le double du risque de décéder après une intervention chirurgicale – toutes catégories confondues – dans un pays industrialisé, ou encore le double du risque de mourir d’une anesthésie générale au sud du Sahara. En 2017, entre janvier et fin aout, 126 000 migrants ont traversé la Méditerranée et 2 428 ont été portés disparus, soit 1, 92%, ce qui est légèrement inférieur à la mortalité post-opératoire en chirurgie cardiaque en Europe de l’ouest (2%). Même si le risque est heureusement limité, on se demande évidemment pourquoi il ne cesse d’augmenter alors que les yeux du monde sont braqués sur la Méditerranée et que les secours devraient se perfectionner. La réponse: l’humanitaire est trop bon ! En effet, les bateaux de secours se rapprochent de plus en plus des eaux territoriales libyennes et, s’il y a danger de naufrage, n’hésitent plus à y entrer pour sauver les migrants. Si bien que les trafiquants embarquent un nombre croissant de migrants sur des embarcations toujours plus précaires (notamment des canots pneumatiques longs de 9 mètres, fabriqués en Chine, sur lesquels se serrent 130 personnes). (…) Les trafiquants emmènent donc les migrants à la limite des eaux territoriales, avant de repartir avec le moteur hors-bord dans un autre bateau en laissant les leurs clients dériver. A charge pour les humanitaires … Ceux-ci font bien, voire très bien leur travail, au risque de voir les migrants de moins en moins regardants sur la navigabilité des embarcations choisies par les trafiquants. Au cours des premiers six mois de 2017, quelque 93 000 migrants ont été secourus et transportés vers l’Italie, soit presque les trois quarts du total ayant embarqué pour la traversée pendant cette période. Stephen Smith
Je crois que le diagnostic du FN sur l’impuissance politique est juste. La France n’a pas vraiment la maîtrise de la politique migratoire, qui est une compétence partagée avec l’UE et la Commission européenne est favorable à une politique migratoire très généreuse compte tenu de ses anticipations démographiques. (…) Marine Le Pen propose de diviser par 20 le nombre d’entrées légales en cinq ans pour ne laisser entrer que 10 000 étrangers par an, tout en réduisant à zéro toute immigration clandestine. Quel genre d’État faut-il pour y arriver vraiment ? Telle est la question. En fait, elle déclare vouloir en finir avec tous les droits accordés a priori aux immigrants, même sous certaines conditions. Elle compte interdire le regroupement familial, dont il faut souligner qu’il n’est pas la part la plus importante des flux familiaux, contrairement aux conjoints de Français. Comment limiter les flux de ces derniers ?  Il ne suffit pas de sortir de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme. Restent de sérieux obstacles : la Cour de justice de l’UE, qui garantit le respect des traités et dont les décisions font jurisprudence pour les juridictions nationales, mais aussi la jurisprudence du Conseil d’État. Bref, si l’objectif visant à limiter le nombre d’entrées d’étrangers est légitime, cela implique de prendre toute une série de décisions qui ne seront pas sans effet sur les droits des citoyens. [ce qui est irréalisable] En l’état du droit français et plus largement européen. Michèle Tribalat
Soucieux de ne pas laisser la main aux nationalistes, le camp européen a eu à cœur d’accorder ses violons à la veille de ces échéances européennes capitales. C’est l’une des raisons qui a conduit Pedro Sanchez, le nouveau chef du gouvernement espagnol à réserver à la France son tout premier déplacement à l’étranger. (…) Parlant d’une même voix, ils ont plaidé pour la mise en place de « centres fermés » sur les côtes européennes pour gérer les migrants qui débarquent de Méditerranée. Une proposition également appuyée par Berlin. Dans ces plateformes, les migrants attendraient l’examen de leur cas, essentiellement en Italie, pays principal d’arrivée actuellement, mais aussi en Espagne. Pour appliquer cette proposition, il faudrait que tous les pays européens acceptent d’accueillir les réfugiés qui obtiendraient le droit d’asile, quitte à les y contraindre. Emmanuel Macron a ainsi brandi la menace de sanctions (financières ou institutionnelles) envers ceux qui refuseraient de le faire, comme l’ont d’ores et déjà annoncé les pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie), très hostiles aux migrants. « On ne peut avoir des pays qui bénéficient massivement de la solidarité de l’UE et qui revendiquent massivement leur égoïsme national quand il s’agit de sujets migratoires », a-t-il lancé. Le Parisien
French President Emmanuel Macron stood at the Arc de Triomphe last month and rebuked President Donald Trump’s « America First » policy at a ceremony marking the 100th anniversary of the end of World War I. But three weeks later protesters stormed the monument in central Paris in a massive, violent riot that saw it defaced with slogans calling for Macron’s resignation and leaving the statue of Marianne, the symbol of France’s revolution, with its face smashed in. (…) Any working theory of international relations understands that nations and actors put their own interests first. Whereas Trump proudly trumpets « America First, » Macron essentially said he’s more interested in signaling his country’s moral values than advancing the interests of his citizenry. Today Macron’s approval rating stands at about 23%, while Trump’s is double that at about 46%. Macron has positioned himself as the enemy of nationalist leaders rising around Europe, but leaders like Hungary’s anti-refugee Viktor Orban and Italy’s Matteo Salvini remain more popular than him in their respective countries. While Trump has often clashed with European leaders over his unilateral decisions to withdraw from the Paris agreement on climate change or the Iran nuclear deal in the name of American interests, Europe’s unity and leadership has weakened terribly. Macron’s chief ally, German Chancellor Angela Merkel, also lost recent elections and has announced plans to step down when her term ends in 2021. (…) In a speech to Europe’s leadership in Brussels, US Secretary of State Mike Pompeo blasted multinational, multilateral institutions like the United Nations and the European Union as ineffective, failing to address the concerns of the people. Pompeo called on « noble nations » around the world to put their interests first and « reform or eliminate » multinational bodies that don’t work as intended. Pompeo pointed to China and Russia disregarding treaties and asserting their national wills as evidence that undemocratic countries were reaping the benefits of the liberal world order, while Europe failed to act. On Twitter, Trump teased Macron as having only now come around to the realization that imposing costs on workers to pay for a grand vision of global change had proved untenable. While champions of morality in politics may have celebrated Macron’s rebuke of Trump’s « America First » policies, which are often seen as inhumane and turning away from the US’s much-publicized values of compassion and openness, the massive mobilization of the Yellow Vests and the downfall of liberal leaders across Europe may give Trump the last laugh. Business insider
Nous avons appris que les migrations font partie intégrante de la mondialisation, reliant entre elles les sociétés d’une même région et d’une région à l’autre et faisant de nous tous des pays d’origine, de transit et de destination. Nous sommes conscients qu’il importe que nous nous efforcions sans cesse, à l’échelle internationale, d’approfondir nos connaissances et notre analyse des migrations, sachant qu’il sera plus aisé d’améliorer les politiques favorisant un développement durable pour tous à partir d’une même compréhension de la situation. Nous devons recueillir et diffuser des données de qualité. Nous devons également veiller à ce que les migrants actuels et potentiels soient pleinement informés de leurs droits, obligations et possibilités en ce qui concerne des migrations sûres, ordonnées et régulières, et connaissent les risques de la migration irrégulière. Nous devons en outre mettre à disposition de tous les citoyens des informations objectives, claires et fondées sur des données factuelles au sujet des avantages et des difficultés que présentent les migrations, en vue de démonter les discours trompeurs qui donnent une image négative des migrants. (…) Grâce à cette démarche globale, nous comptons faciliter des migrations sûres, ordonnées et régulières, tout en réduisant l’incidence et les répercussions négatives de la migration irrégulière grâce à la coopération internationale et à l’ensemble de mesures proposé dans le présent Pacte mondial. (…) Nous nous efforçons de créer des conditions favorables qui permettent à tous les migrants d ’ enrichir nos sociétés grâce à leurs capacités humaines, économiques et sociales, et facilitent ainsi leur contribution au développement durable aux niveaux local, national, régional et mondial. (…) Afin de tenir ces engagements, nous entendons : a) Élaborer des procédures et des accords relatifs à la recherche et au sauvetage des migrants dont l’objectif premier soit de protéger le droit à la vie et qui fassent respecter l’interdiction des expulsions collectives, assurent une procédure régulière et des évaluations individuelles, améliorent les capacités d’accueil et d’assistance, et garantissent que la fourniture d’une aide de nature exclusivement humanitaire ne puisse être considérée comme illégale ; b) Étudier les conséquences des lois et politiques relatives aux migrations pour nous assurer qu’elles n’entraînent pas de nouveaux risques de disparition de migrants ou d’aggravation du phénomène, notamment en répertoriant les itinéraires dangereux empruntés par les migrants et en travaillant avec d’autres États ainsi qu’avec les parties prenantes et les organisations internationales concernées afin de déterminer les risques qui se posent dans certains contextes et d ’ établir des mécanismes visant à prévenir les situations dangereuses et à y remédier, en accordant une attention particulière aux enfants, notamment ceux qui ne sont pas accompagnés ou qui sont séparés de leur famille. (…) Afin de tenir cet engagement, nous entendons (…) Promouvoir une information indépendante, objective et de qualité, y compris sur Internet, notamment en sensibilisant les professionnels des médias aux questions de migration et à la terminologie afférente, en instituant des normes déontologiques pour le journalisme et la publicité et en cessant d’allouer des fonds publics ou d’apporter un soutien matériel aux médias qui propagent systématiquement l ’ intolérance, la xénophobie, le racisme et les autres formes de discrimination envers les migrants, dans le plein respect de la liberté de la presse. Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières (Marrakech, Maroc, 10 et 11 décembre 2018)
Renoncer à l’Aquarius a été une décision extrêmement difficile à prendre, mais elle permettra à nos équipes de reprendre les opérations de recherche et de sauvetage le plus rapidement possible. Nous refusons de rester les bras croisés sur le rivage alors que des gens continuent de mourir en mer. Tant que des êtres humains continueront à tenter la traversée la plus dangereuse du monde, SOS MEDITERRANEE remplira son devoir d’assistance en répondant à l’urgence par tous les moyens professionnels possibles. Frédéric Penard (directeur des opérations de SOS Méditerranée)
Les Nations unies n’ont en principe pas du tout vocation à lancer pareille initiative et il est clair que les États cosignataires africains, islamiques, asiatiques ou d’Amérique latine qui n’y ont pas intérêt ne respecteront jamais les règles « morales » édictées dans ce « Pacte » et surtout les devoirs financiers que seuls les pays démocratiques occidentaux sont sommés de mettre en œuvre. D’évidence, la plupart des mesures de cet accord multilatéral sont impossibles à mettre en place dans la vaste majorité des pays membres des Nations Unies. L’effort et le coût se porteront donc sur une minorité de pays développés sur le plan juridique et social. Entre bases de données géantes, biométrie, et dépenses nécessairement astronomiques, préconisées par les rédacteurs du texte onusien, on comprend mal ce qui a pu mener à ce projet. Ensuite, l’aspect « non-contraignant » du dit Pacte vise en fait assez habilement à contourner les lois des États souverains et les bases mêmes de la démocratie. Il  n’empêchera d’ailleurs absolument pas le « pacte » d’avoir des effets légaux ultérieurs pour les signataires. En effet rien n’empêchera les tribunaux, cours constitutionnelles et autres instances étatiques de judiciariser peu à peu les normes onusiennes comme on l’a déjà vu en France avec la cour constitutionnelle qui, répondant à une « question prioritaire de constitutionnalité », a donné raison à des lobbies immigrationnistes désireux de dépénaliser les migrations illégales et à accorder aux clandestins qui enfreignent les lois les mêmes droits sociaux que les citoyens qui cotisent depuis des années et paient des impôts pour y avoir droit. La « migration » organisée au niveau global est par conséquent l’outil d’une volonté manifeste de réduire toutes les personnes, citoyennes, étrangères, régulières ou irrégulières, à des entités juridiques et socio-économiques interchangeables, indifférenciées. L’appartenance à la citoyenneté nationale ne peut dans cette perspective en aucun cas donner lieu à des privilèges et droits particuliers « supérieurs » à ceux des étrangers, envers qui les nations occidentales ont, a contrario, des devoirs imprescriptibles. Ces confusions mettent dans le même sac réguliers et illégaux, migrants économiques et réfugiés, vrais et faux demandeurs d’asile. Elles ne trompent certes pas du tout les publics avertis, mais elles introduisent d’énormes confusions dans l’esprit des masses, surtout des peuples occidentaux abreuvés de doxa « diversitaire » cosmopolitiquement correcte et, de ce fait, culpabilisés/diabolisés dès qu’ils osent limiter l’immigration (droit de tout État souverain) ou refusent même simplement l’immigration illégale. Celle-ci, normalement sévèrement punie par les lois dans tout État appliquant la loi, est aujourd’hui présentée comme légitime par nature puisque les frontières seraient une anomalie, d’où le nom de l’ONG pro-Migrants financée par Georges Soros : « No Borders ».  (…) Outre la mise en place de « campagnes d’information », de sites internet et de procédures d’information avant le départ et dès l’arrivée du « migrant », les États d’accueil doivent fournir à ce dernier des renseignements détaillés sur « les formalités à remplir, les conditions de vie et les outils juridiques en vigueur » et, bien sûr, « garantir l’accès aux soins de santé, la justice et au marché du travail », mesures déjà en vigueur en France d’ailleurs, où la seule aide aux migrants irréguliers « mineurs non-accompagnés » (souvent faux mineurs d’ailleurs), coûte déjà deux milliards par an. D’évidence, le Pacte est bel et bien un projet de facilitation massive de la « migration », ou plutôt de « l’immigration », régulière comme irrégulière. Les « campagnes plurilingues » qui « doivent » donner l’état des conditions de vie dans chaque pays d’accueil potentiel sont par ailleurs la porte ouverte au shopping migratoire. (…) L’objectif n°16 du Pacte global est de « donner les moyens aux migrants et sociétés de réaliser une inclusion et cohésion sociale complètes », et c’est à ce titre qu’il s’agit de promouvoir le « reportage éthique » sur le sujet des migrants. Passant sans vergogne du devoir d’objectivité à la nécessité de « dissiper » le négatif, le Pacte enjoint les signataires à mettre en lumière les « contributions positives » des migrants. L’active participation des médias est requise dans cette vaste entreprise de positivisme forcené, notamment en formant et « sensibilisant » les professionnels des médias aux problématiques et à la « terminologie » liées à la migration. Ceux qui feraient montre d’intolérance, de xénophobie, de racisme et toute autre forme de discrimination à l’égard des migrants verraient leurs subsides se tarir. La même vigilance serait de mise en « période électorale », ce qui laisse à penser que le Pacte Global vise à interdire l’immigration comme sujet politique !  (…) L’argument a été donné de si nombreuses fois pour invalider les objections au Pacte Global qu’il faut préciser ce qu’il a de faux en plus de malhonnête. Bien entendu s’il n’y a aucune conséquence à signer pareil accord on peut retourner la question et demander « ce que ça peut bien leur faire » de ne pas signer. En réalité les accords dits non-contraignants sont un outil tout à fait courant des relations internationales et ne tombent pas nécessairement hors du droit international. Nombre de chercheurs en droit se sont penchés sur la prolifération de ces accords internationaux notamment en ce qu’ils questionnent la loi en tant que telle. Le Global Compact, en se disant non-contraignant, permet aux gouvernements de faire l’économie d’une bureaucratie lente et coûteuse, certes, mais aussi du débat parlementaire interne et de contourner ainsi un processus de décision démocratique. Or cet argument de la « non-contrainte » du pacte occulte plusieurs aspects, dont celui du « politiquement contraignant » et du poids symbolique de tels accords. Ainsi certains avis ou décisions du Parlement européen, purement « consultatifs » et sans effet juridique, se voient tout de même entérinés par la Commission en raison de leur haute valeur symbolique et politique difficiles à ignorer sans risque. D’autre part, un accord international tel que celui des Nations Unies, même non-contraignant, peut renforcer la densité de traités parfaitement contraignants, en ramollir d’autres, et être tout à fait pris en compte par la justice elle-même en tant qu’il compte comme preuve d’une pratique internationale et de droit coutumier. Il n’est pas rare d’avoir recours à ce type d’accord pour sa malléabilité, sa facilité de mise en œuvre, que ce soit dans les domaines militaire, environnemental ou des droits de l’homme. Prétendre que ces accords seraient sans effet est un mensonge et une grave erreur, ne serait-ce que dans l’appel d’air qu’il provoque, informant les migrants du monde entier de leur droit souverain devant les nations. Et à tout le moins, le Global Compact on Migration est la manifestation d’un nouvel ordre transfrontières reposant sur le fichage des citoyens quels qu’ils soient, et l’effacement de certaines cultures au profit d’autres mieux protégées ou pourvues de moyens disproportionnés pour s’implanter. Alexandre del Valle
Les attaques répétées et ciblées contre les organisations humanitaires, qui viennent s’ajouter à la négligence criminelle des Etats membres de l’UE qui ne respectent en aucun cas leurs obligations maritimes et internationales, entraînent des risques croissants pour les personnes en détresse en mer . Cette année seulement, plus de 2 100 personnes, à notre connaissance, sont mortes en Méditerranée, tandis que beaucoup d’autres ont été interceptées par les garde-côtes libyens, qui sont soutenus par l’UE. Ces naufragés sont ensuite renvoyés de force en Libye, où des traitements inhumains les attendent.  L’Aquarius a tenté de combler le manque de dispositifs de sauvetage en Méditerranée durant ces 34 derniers mois. Mais les attaques inacceptables et répétées à son encontre ont fini par l’arrêter. Aujourd’hui, quasiment aucune opération de recherche et de sauvetage ne subsiste en mer et ce vide est pour nous le plus mortifère des échecs de l’Europe. Sauver des vies en mer est et restera notre mission et, aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin du soutien de tous les citoyens qui croient encore en nos valeurs d’humanité en mer et désirent concourir à nos efforts pour trouver un nouveau navire et un nouveau pavillon.  Sophie Beau (SOS Méditerranée France)
Amnesty International et 80 autres ONG ont appelé aujourd’hui les dirigeants des 18 nations du Pacifique (Fip) à exiger la fermeture d’un camp de rétention financé par l’Australie sur l’île de Nauru, où ils se réuniront en sommet du 3 au 6 septembre.Le camp de rétention abrite des demandeurs d’asile qui ont tenté de rejoindre l’Australie par la mer. Mais à cause d’une politique d’immigration draconienne, ils sont envoyés dans des infrastructures reculées du Pacifique, dans le micro-Etat de Nauru ou en Papouasie-Nouvelle-Guinée. L’Australie justifie sa politique par la nécessité d’empêcher les arrivées de bateaux de clandestins et d’ainsi sauver la vie de migrants tentés d’entreprendre le périlleux voyage maritime. Même si la demande d’asile des migrants est jugée fondée, ils ne sont pas acceptés sur le sol australien. Dans une lettre ouverte, Amnesty et 80 organisations non gouvernementales ont demandé aux dirigeants des nations du Fip d’agir et d’effacer « la tâche sur la région ». Le Figaro
The only way you can stop the deaths is in fact to stop the boats. We must resolve to stop this terrible problem and the only way you can stop the deaths is to stop the people smuggling trade. That’s why it is so urgent that the countries of Europe adopt very strong policies that will end the people-smuggling trade across the Mediterranean. Tony Abbott (2015)
Since he came to power in September 2013, Mr Abbott’s measures have effectively brought an end to the arrival of asylum seekers by boat after more than 20,000 arrived – or almost a boat a day – in 2013. His suite of policies included deporting all arrivals to detention centres in remote Pacific islands and barring them from returning to Australia. This has meant some people have languished in the centres for years, while those recognised as refugees could be released into countries such as Papua New Guinea, a poverty-stricken nation with high rates of violence and disease, and Nauru, a tiny, isolated and effectively bankrupt island. Mr Abbott has adopted a more secretive approach to asylum seekers than his predecessors, saying Australia faced a war-like situation and he wanted to avoid releasing information that would help people smugglers. The government no longer issues media statements when boats arrive and generally refuses to discuss its efforts to tow back vessels to foreign waters. However, the government began to provide more information late last year as its policies proved successful in ending boat arrivals. »The point is not to provide sport for public discussion, the point is to stop the boats, » Mr Abbott said last year. Despite critics saying his measures are in breach of international law, Mr Abbott has insisted they are the most effective way to stop the flow of boat arrivals and the people smuggling trade. Like Europe, Australia has witnessed numerous tragedies in which rickety boats sunk while attempting the voyage, leaving hundreds of asylum seekers dead. Australia’s tough response marks a vast shift from the 1970s, when Canberra opened the doors to thousands of boat people fleeing the Vietnam war and its aftermath. Malcolm Fraser, a former conservative prime minister, allowed 2,059 Indo-Chinese boat people to settle, along with more than 200,000 refugees whose claims were settled in Malaysia, Hong Kong and Thailand from 1976 to 1982. Mr Fraser, who died last month, said the Abbott government’s policies were cruel and tyrannical and had « destroyed the rule of law as we know it ». Most of the asylum seekers in recent years have come via Indonesia from Iran, Iraq, Afghanistan and Sri Lanka. Critics say conditions in the offshore detention camps are inhumane and that Australia’s approach is inconsistent with international law and with the country’s obligations as a signatory to the United Nations 1951 Refugee Convention. A UN report last month found that Australia’s detention of children and the indefinite holding of asylum seekers in harsh conditions on Manus Island in Papua New Guinea was a violation of the international convention against torture. But (…) Responding to the capsizing of a boat off Libya which left some 800 people dead, Mr Abbott extended his mantra to Europe, saying the « only way you can stop the deaths is in fact to stop the boats ». (…) But some analysts have warned that Mr Abbott’s approach will not work in Europe because Australia has the advantage of being geographically isolated, so that forcefully deterring boat arrivals leaves them with no alternative destinations… The Telegraph
I want to make sure we scrutinise each application so we’re getting the best possible migrants. People who are going to work. Not be on welfare. People who will integrate into our community. We want to make sure particularly that people coming through the spousal program that they are in legitimate relationships. (…) Our country is built on migration. We’ve had wonderful people who have come to our country over a long period of time. We have a lot to protect. Lot of values that those migrants believe in strongly. Ultimately apart from our indigenous population all of us are from migrant stock. We want to make sure we get the best people into our country so we can protect our values. As you say we’ve been listening to concerns that Australians have had. Peter Dutton (Australian Minister for Home Affairs, 2018)
Australia’s migration rate is the lowest it’s been in 10 years, largely due to Peter Dutton and the way the Department of Home Affairs has cracked down on “fraudulent” migrants. In the past financial year, the nation’s migration rate has dropped by 10 per cent with 21,000 less people being allowed into Australia (…) Australia’s deportation rates are also on the rise after the Migration Act was amended in 2014 that enforces all migrants pass and maintain a “character test” to stay here. The amendment gave Mr Dutton the powers to expel anyone he deems a risk to Australian society and has resulted in thousands of deportations since December 2014 when the law was changed. News.com
« Treize mères ont tenté de se suicider, dont sept en 48 heures » dans le camp de réfugiés de l’île australienne Christmas, annonçait mercredi dernier la Commission australienne des droits de l’Homme, une agence gouvernementale. Pensant maximiser les chances de leurs enfants de rester en Australie en les laissant orphelins, ces femmes étaient prêtes à mourir. Devant cette détresse, le Premier ministre australien, Tony Abbott, a affirmé qu’il ne céderait pas à un « chantage moral » et a précisé que « le gouvernement n’allait pas se laisser conduire sa politique par des gens qui arguent de la morale à mauvais escient ». Terre d’immigration, l’Australie accueille chaque année plus de 200 000 étrangers. Pourtant, l’immigration est devenue un sujet de crispation, notamment lors des dernières élections. Et depuis un an, le pays mène une politique extrêmement sévère de lutte contre l’immigration clandestine à travers l’opération « frontières souveraines ». Les bateaux d’immigrés sont ainsi interceptés en pleine mer, avant même d’atteindre les côtes de l’île. Placés dans des camps provisoires, les passagers hommes, femmes et enfants sont ensuite transférés dans des centres de rétention basés en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou sur les îles du Pacifique de Nauru et Manus, en attendant que leur dossier soit examiné. (..) le Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations unies s’inquiète, et l’Australie pourrait être accusée de violer la loi internationale et la convention des réfugiés de 1951, qui imposent le « non-refoulement » des réfugiés et leur droit à une procédure équitable d’examen de leur demande d’asile. Scott Morrison, ministre australien de l’Immigration, a défendu mardi la position de son gouvernement, refusant que l’on « essaie d’exploiter et de manipuler l’adhésion de l’Australie (aux conventions internationales) comme outil pour saper sa politique de forte protection des frontières qui est de stopper les bateaux et les morts en mer ». En 2013, près de 20 000 clandestins, arrivés par bateau, ont demandé l’asile en Australie. Mais depuis six mois, aucune embarcation clandestine n’aurait atteint les côtes australiennes, affirme fièrement le gouvernement conservateur. Le Point (2015)
On the 10th and 11th of December there will be an international congress in Marrakesh Morocco. The participating countries are set to sign this agreement and although this joint agreement is not binding it is still meant to be the legal framework on which the participating countries commit themselves to build new legislation. One basic element of this new agreement is the extension of the definition of hate speech. The agreement wants to criminalise migration speech. Criticism of migration will become a criminal offence. Media outlets that give room to criticism of migration can be shut down. It is declaring migration as a human right so it will, in effect, become impossible to criticise Mrs Merkel’s welcome migrants politics without being at risk of being jailed for hate speech. Marcel de Graaff
In 2015 Angela Merkel pushed for an open-door migration policy across the EU. Critics said the move was motivated by Germany’s need to boost its workforce by at least one million. The document is an « intergovernmentally negotiated agreement, prepared under the auspices of the United Nations, that covers all dimensions of international migration in a holistic and comprehensive manner”. Austria, Australia, Bulgaria, Croatia, the Czech Republic, Hungary, Italy, Israel, Poland, Slovakia and Switzerland have already stated they will not sign the agreement. One of the “guiding principles” of the document asks for a “whole-of-society approach” to promoting mass migration, including the role of the media. Governments are asked to “promote independent, objective and quality reporting… and stopping allocation of public funding or material support to media outlets that systematically promote intolerance, xenophobia, racism and other forms of discrimination towards migrants”. The Express
On assiste à une prise de conscience des peurs que suscite en Europe la question migratoire, et de la volonté de juguler les flux de la part des dirigeants européens. Et c’est assurément par l’Italie et l’Autriche que ces changements adviennent. On a beaucoup dit, hier soir, que le processus bloquait parce que l’Italie avait des revendications particulières qu’elle voulait voir prises en compte. Or c’est justement grâce au rôle de l’Italie que ce conseil a lieu et que la stratégie européenne de contrôle des flux commence à changer. (….) Je pense que l’Italie va se sentir confortée dans sa stratégie de refus d’accueillir les navires de migrants. Concrètement, tout conduit à une décomplexion par rapport aux mesures de restriction de l’immigration et d’interdiction d’accès aux ports nationaux. Malte en profitera peut-être aussi pour durcir d’accueil des navires de migrants. Quant aux décisions prises, elles reposent effectivement sur le volontariat. Lorsque l’on suit cela de près, rien de très neuf n’émerge de cet accord. Il s’agissait d’abord, pour les dirigeants européens, que ce sommet ne tourne pas au psychodrame: ça aurait pu bien mal finir! Les partisans d’une politique migratoire ferme prennent la main, mais Bruxelles et pas mal d’États membres restent dans l’optique d’une politique européenne concertée. Toute la culture européenne est une culture de consensus et de compromis. Et cette recherche d’équilibre est fragile. Il n’y a plus que Macron, à la sortie du conseil, pour mettre en avant l’idée d’un «dialogue européen». Les autres chefs d’État ou de gouvernement ont plutôt insisté sur la nécessité de tarir les flux migratoires. (…) c’est le triomphe du «en même temps». Cela dit, Emmanuel Macron n’invente rien: François Hollande faisait la même chose, à savoir accueillir beaucoup moins de migrants que prévu sans l’assumer publiquement. Sur le fond, Macron est soulagé de ne pas avoir à assumer l’accueil de nouveaux migrants auprès de sa population, et publiquement il se targue de respecter les droits de l’homme et de bousculer l’Europe sur cette question. (…) Le fond de l’accord est assez peu contraignant, voilà le fond de l’affaire. L’Italie va par exemple pouvoir continuer sa politique de fermeté migratoire avec ce qui apparaît comme une forme de blanc-seing de la part du conseil européen. Politiquement, c’est une vraie victoire pour elle. Les Autrichiens ou les Italiens se rendent d’ailleurs compte que leur position est exactement celle attendue par les populations d’Europe occidentale. Cela constitue une situation politique inédite: la convergence d’un message porté par les dirigeants d’Europe centrale et italiens et des attentes d’une large partie de l’opinion des pays de l’Ouest. Politiquement, les résultats sont encore difficiles à cerner. Il reste que, sociologiquement et culturellement, les pays d’Europe de l’Est ont une influence considérable et portent une parole influente dans toute l’Europe. Ce qu’Angela Merkel et Emmanuel Macron sont obligés de prendre en compte. (…) Le «laboratoire» de cette mesure sera l’Italie. Il faudra installer de vrais moyens, des hommes, du matériel et des procédures, notamment à la frontière entre la Libye et le Niger. Et l’enjeu portera sur la durée des procédures, qui doit passer de plusieurs mois à seulement quelques semaines. Mais il va sans dire que les migrants n’iront pas s’arrêter volontairement à ces postes de tri… Un Sénégalais de vingt ans, par exemple, qui tente d’atteindre l’Europe ne fuit ni la guerre, ni aucune persécution, ni même la famine, il n’a donc pas de moyens légitimes d’obtenir l’asile: il ne s’y présentera pas de lui-même. Il faut ainsi mettre les moyens pour obtenir une vraie politique migratoire européenne et renforcer le mécanisme de garde-frontières européens. Ce qui demanderait un coût de plusieurs milliards: l’Union européenne sera de toute façon amenée à dépenser beaucoup d’argent pour mettre au point cette politique réclamée par les peuples… Car raccompagner un clandestin à la frontière coûte cher. (…) Je pense que, pour un pays comme l’Italie, cela ouvre la possibilité de mieux contrôler ses eaux, voire d’aller intervenir au plus près des ports libyens pour bloquer les passeurs ou les ONG en mettant ensuite ses partenaires devant le fait accompli. L’Italie aurait d’ailleurs l’aval des populations européennes en recourant à ce genre de démarche. Cet accord européen pourra créer un socle d’action pour que l’Italie monte d’un cran dans sa politique migratoire. Le climat européen et les mentalités changent énormément: nous sommes à un moment de rupture, notamment par rapport au renvoi des migrants. Il y a donc aussi un problème de droit qui doit être posé… Jean-Thomas Lesueur
La France et, plus largement, l’Union européenne (UE) sont mises à l’épreuve d’une pression migratoire sans précédent. L’UE chiffre le nombre de migrants arrivés entre 2015 et 2017 sur son territoire, et qui ne peuvent prétendre à l’asile, à 1,5 million. En France, le nombre de demandeurs d’asile a augmenté de 17% pour la seule année 2017, dépassant ainsi la barre des 100 000. En parallèle, la primo-délivrance des titres de séjour bondit de 13,7 % en 2017, avec 262 000 titres de séjour délivrés, ce qui peut s’expliquer notamment par une forte augmentation des premiers titres de réfugiés et bénéficiaires de la protection subsidiaire (35 825 titres, +56,5% par rapport à 2016). A l’inverse, le nombre d’étrangers reconduits est de 26 000 pour 2017, et le nombre de mesures d’éloignement exécutées était de 18% en 2016. 75 587 étrangers sont donc restés sur notre territoire malgré la mesure d’éloignement prononcée à leur encontre. A cet égard, force est de constater que les dispositions de la loi asile et immigration votée en août sont totalement insuffisantes. Les ténors de La République en marche ont beau claironner leur « fermeté », nous nous demandons où elle se trouve au milieu de dispositions favorables aux migrants (notamment l’augmentation de la durée de titre de séjour des bénéficiaires de la protection subsidiaire), de mesures proprement hallucinantes (comme l’octroi automatique de l’asile aux frères et sœurs des mineurs réfugiés) et de mesures essentiellement techniques et procédurales (la réduction du délai de traitement de l’asile). Quant à l’augmentation de la durée de séjour en Centre de rétention administrative, l’extension des pouvoirs d’investigation ou le raccourcissement des délais de dépôt des demandes (…) ces dispositions n’interviennent qu’a posteriori, une fois que le migrant illégal est déjà sur notre territoire. Or, tant qu’il sera possible d’y pénétrer illégalement, et de commencer à s’y installer, l’immigration illégale ne fera que croître, et les morts en mer sur le chemin de l’UE également. (…) La priorité absolue doit être la lutte sans merci contre l’immigration illégale. Il est urgent de rétablir le délit de séjour irrégulier en France, supprimé sans explication par le quinquennat précédent. De même, le respect de nos lois est un principe non négociable : le placement en centre de rétention administrative des étrangers en situation irrégulière, puis leur expulsion, doit redevenir la règle et non l’exception. (…) Au lieu de continuer à favoriser l’immigration illégale (en n’expulsant pas les clandestins et en continuant d’offrir des services comme l’Aide médicale d’Etat) au détriment de l’immigration légale (qui nécessite de faire des queues scandaleuses dans nos préfectures pour l’obtention de titres de séjour légal), nous devons faire l’inverse. (…) les demandeurs d’asile provenant de pays dits « sûrs », comme l’Albanie, ne doivent plus pouvoir déposer leur demande d’asile dans notre pays, mais dans leur pays, au consulat français le plus proche de chez eux. De la même manière, nous devons installer des centres offshore de traitement des demandes d’asile, non seulement dans les camps de réfugiés du Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU, mais aussi et surtout dans les pays d’origine et de transit, de telle sorte que les migrants, d’où qu’ils viennent, n’aient pas besoin de poser le pied sur le territoire européen pour y déposer leur demande d’asile : il ne doit plus y avoir d’excuse à l’entrée de manière illégale sur notre territoire. Les migrants entrant illégalement dans l’UE par bateau ou voie terrestre pourront alors être interceptés et transférés vers ces centres offshore. (…) nous devons pouvoir éloigner l’intégralité des étrangers en situation irrégulière. (…) Le problème est bien connu : les pays d’origine de l’immigration ne délivrent pas suffisamment de laissez-passer consulaires, documents aujourd’hui indispensables à l’éloignement. Face à ce problème ancien, la vieille solution du conditionnement de l’aide au développement de la France à cette délivrance de documents ne sera jamais qu’une solution partielle et peu applicable. Nous devons donc aussi signer des accords avec des pays tiers afin que tous les clandestins ressortissants de pays récalcitrants à leur retour puissent être acheminés vers des centres de rétention construits dans le pays tiers, sur le modèle de l’Australie avec le camp de rétention à Nauru. C’est une solution gagnant-gagnant pour la France (le migrant illégal est expulsé) et pour le pays tiers (le centre de rétention fournit de l’emploi et est assorti d’aides financières), et qui permet de court-circuiter l’assentiment du pays dont l’étranger est ressortissant. De plus, l’éloignement se fait vers un endroit où le migrant sera en parfaite sûreté, nous protégeant ainsi des décisions idéologiques de la CEDH. Cette politique étant fortement dissuasive (comme démontré par l’Australie, première à avoir appliqué cette politique, où le nombre de traversées illégales, et donc le nombre de morts en mer, ont largement baissé), l’effort budgétaire (certes conséquent) ne sera que temporaire, car une fois le système en place, plus personne ne cherchera à venir illégalement sur notre territoire. William Thay et Florian Gérard-Mercier

Et si on écoutait les Australiens ?

Alors qu’avec l’annonce, sous la pression de nouvelles autorités italiennes enfin dignes de ce nom, de leur volonté d’affréter un nouveau navire après l’immobilisation définitive de l’Aquarius …

De prétendus humanitaires qui avaient, entre l’augmentation des chargements et la réduction de la navigabilité des embarcations, réussi l’exploit de non seulement faire exploser les profits des passeurs mais d’augmenter le nombre de migrants disparus en mer  …

Viennent de confirmer la nature proprement scandaleuse de leur entreprise de chantage moral et de collusion active avec les trafiquants d’êtres humains …

Et que sous prétexte d’une prétendue nécessité économique ou démographique, des gouvernants qui jusqu’ici ô combien moralisateurs viennent de démontrer leur incroyable autisme et surdité aux volontés de leurs électeurs …

S’apprêtent à signer une convention onusienne appelant à criminaliser ou pénaliser toute critique de leur folie immigrationniste …

Pendant qu’au rythme actuel, nos voisins africains pourraient doubler en 30 ans leur population de 1,2 à 2, 5 milliards …

Comment ne pas voir …

L’urgente nécessité d’emboiter le pas d’une Australie qui avec son prétendu « Guantanamo » et sa rétention de toute information susceptible de faciliter la tâche des trafiquants a réussi en quelques années à diviser son nombre d’arrivées de bateaux clandestins par – excusez du peu – 20 000 …

Et surtout de réviser enfin des conventions et un droit international bien impuissants

Face à de nouvelles formes de criminalité qui par leur exploitation cynique – jusqu’à l’utilisation à Gaza comme à Tijuana d’enfants « boucliers humains » – de tous les vides et de toutes les ficelles de la législation sur les réfugiés …

Ressemblent de plus en plus furieusement …

Au type de conflits asymétriques que représentent …

Non seulement la piraterie de haute mer qui nous rappelle les plus sombres heures des razzias barbaresques

Mais le terrorisme djihadiste aux combattants sans uniforme visant exclusivement des civils ?

Trois mesures pour mettre fin à l’immigration illégale

Une tribune du think tank, Le Milliénaire

William Thay et Florian Gérard-Mercier
Causeur
1 novembre 2018

Une tribune du think tank, Le Millénaire, qui travaille à la refondation du projet politique des Républicains.

L’immigration est un sujet trop essentiel pour ne pas le traiter de manière factuelle, sans hystérie et sans caricature. Le dernier remaniement, avec l’abaissement protocolaire du ministre de l’Intérieur de la 2ème à la 11ème place, démontre pourtant qu’il ne s’agit pas d’une priorité pour Emmanuel Macron, alors même que les questions d’immigration et de sécurité sont redevenues dans les derniers sondages les premières préoccupations des Français.

La France et, plus largement, l’Union européenne (UE) sont mises à l’épreuve d’une pression migratoire sans précédent. L’UE chiffre le nombre de migrants arrivés entre 2015 et 2017 sur son territoire, et qui ne peuvent prétendre à l’asile, à 1,5 million. En France, le nombre de demandeurs d’asile a augmenté de 17% pour la seule année 2017, dépassant ainsi la barre des 100 000. En parallèle, la primo-délivrance des titres de séjour bondit de 13,7 % en 2017, avec 262 000 titres de séjour délivrés, ce qui peut s’expliquer notamment par une forte augmentation des premiers titres de réfugiés et bénéficiaires de la protection subsidiaire (35 825 titres, +56,5% par rapport à 2016). A l’inverse, le nombre d’étrangers reconduits est de 26 000 pour 2017, et le nombre de mesures d’éloignement exécutées était de 18% en 2016. 75 587 étrangers sont donc restés sur notre territoire malgré la mesure d’éloignement prononcée à leur encontre.

A cet égard, force est de constater que les dispositions de la loi asile et immigration votée en août sont totalement insuffisantes. Les ténors de La République en marche ont beau claironner leur « fermeté », nous nous demandons où elle se trouve au milieu de dispositions favorables aux migrants (notamment l’augmentation de la durée de titre de séjour des bénéficiaires de la protection subsidiaire), de mesures proprement hallucinantes (comme l’octroi automatique de l’asile aux frères et sœurs des mineurs réfugiés) et de mesures essentiellement techniques et procédurales (la réduction du délai de traitement de l’asile). Quant à l’augmentation de la durée de séjour en Centre de rétention administrative, l’extension des pouvoirs d’investigation ou le raccourcissement des délais de dépôt des demandes… ce ne sont, très honnêtement, que des rustines sur une jambe de bois. En effet, ces dispositions n’interviennent qu’a posteriori, une fois que le migrant illégal est déjà sur notre territoire. Or, tant qu’il sera possible d’y pénétrer illégalement, et de commencer à s’y installer, l’immigration illégale ne fera que croître, et les morts en mer sur le chemin de l’UE également.

Pour faire face à un enjeu migratoire d’une ampleur sans précédent, ne sont donc à la hauteur ni les ajustements paramétriques et normatifs votés par la majorité, ni l’immigration zéro dont rêve le Front national. En effet, le zéro immigration (y compris qualifiée) nous serait extrêmement dommageable économiquement, et romprait avec notre ADN de pays accueillant envers les étrangers partageant nos valeurs républicaines.

Au contraire, nous estimons nécessaire rien de moins qu’une révolution copernicienne en matière migratoire, traduite dans les faits par une action ferme et résolue aux niveaux nationaux et européens.

La priorité absolue doit être la lutte sans merci contre l’immigration illégale. Il est urgent de rétablir le délit de séjour irrégulier en France, supprimé sans explication par le quinquennat précédent. De même, le respect de nos lois est un principe non négociable : le placement en centre de rétention administrative des étrangers en situation irrégulière, puis leur expulsion, doit redevenir la règle et non l’exception. Malgré ce que nous dit le gouvernement, ce n’est pas du tout sa priorité, et cela le sera encore moins avec M. Castaner à l’Intérieur : l’allongement de la durée maximale de rétention et l’augmentation du taux d’occupation (qui avoisine les 100%) n’ont pas été pris en compte dans le budget 2018. Le budget des Centres de rétention administrative est de 45,8 millions d’euros pour 2018 alors que le budget exécuté en 2016 était de 61,3 millions d’euros pour le placement en rétention de 44 086 personnes. Comment veut-on exécuter cette politique si l’on n’y alloue même pas les moyens budgétaires nécessaires ?

Cependant, la simple application des lois existantes est loin de suffire. Nous devons changer de paradigme. Au lieu de continuer à favoriser l’immigration illégale (en n’expulsant pas les clandestins et en continuant d’offrir des services comme l’Aide médicale d’Etat) au détriment de l’immigration légale (qui nécessite de faire des queues scandaleuses dans nos préfectures pour l’obtention de titres de séjour légal), nous devons faire l’inverse. Trois mesures s’imposent.

Premièrement, les demandeurs d’asile provenant de pays dits « sûrs », comme l’Albanie, ne doivent plus pouvoir déposer leur demande d’asile dans notre pays, mais dans leur pays, au consulat français le plus proche de chez eux. De la même manière, nous devons installer des centres offshore de traitement des demandes d’asile, non seulement dans les camps de réfugiés du Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU, mais aussi et surtout dans les pays d’origine et de transit, de telle sorte que les migrants, d’où qu’ils viennent, n’aient pas besoin de poser le pied sur le territoire européen pour y déposer leur demande d’asile : il ne doit plus y avoir d’excuse à l’entrée de manière illégale sur notre territoire. Les migrants entrant illégalement dans l’UE par bateau ou voie terrestre pourront alors être interceptés et transférés vers ces centres offshore.

Deuxièmement, nous devons nous doter d’un système de gestion de l’immigration légale à la fois simple, efficace, et surtout fiable, à l’instar de l’ensemble des pays développés ayant une politique migratoire où la loi est appliquée. En effet, nous devons bien mieux distinguer entre immigration légale et illégale. Pour cela, il est impératif de créer enfin un véritable statut de résident, avec des cartes de résident à la durée de validité égale à la durée du contrat de travail (ou des études) de l’étranger. De même, il convient de créer un statut de résident permanent, qui pourra être octroyé aux étrangers les plus qualifiés (ex : expatriés de multinationales, scientifiques ou artistes reconnus), qui dispensera l’étranger de devoir renouveler sans cesse son titre de séjour et lui évitera la tentation de demander la nationalité pour de simples questions de droit au séjour. Ce système, amplement prouvé dans des pays comme le Canada ou le Japon, permettra de désengorger les préfectures de manière drastique et permettra à ces dernières de se focaliser sur la répression de l’immigration illégale.

Enfin, nous devons pouvoir éloigner l’intégralité des étrangers en situation irrégulière. En effet, tous les efforts investis dans les politiques des visas, des frontières et de l’asile sont réduits à néant si les déboutés et les migrants ayant  pénétré illégalement sur notre territoire ne sont qu’une petite minorité à être éloignés. Il n’y a pas de gestion possible de l’immigration sans politique de retour efficace pour les illégaux. Le problème est bien connu : les pays d’origine de l’immigration ne délivrent pas suffisamment de laissez-passer consulaires, documents aujourd’hui indispensables à l’éloignement. Face à ce problème ancien, la vieille solution du conditionnement de l’aide au développement de la France à cette délivrance de documents ne sera jamais qu’une solution partielle et peu applicable. Nous devons donc aussi signer des accords avec des pays tiers afin que tous les clandestins ressortissants de pays récalcitrants à leur retour puissent être acheminés vers des centres de rétention construits dans le pays tiers, sur le modèle de l’Australie avec le camp de rétention à Nauru. C’est une solution gagnant-gagnant pour la France (le migrant illégal est expulsé) et pour le pays tiers (le centre de rétention fournit de l’emploi et est assorti d’aides financières), et qui permet de court-circuiter l’assentiment du pays dont l’étranger est ressortissant. De plus, l’éloignement se fait vers un endroit où le migrant sera en parfaite sûreté, nous protégeant ainsi des décisions idéologiques de la CEDH. Cette politique étant fortement dissuasive (comme démontré par l’Australie, première à avoir appliqué cette politique, où le nombre de traversées illégales, et donc le nombre de morts en mer, ont largement baissé), l’effort budgétaire (certes conséquent) ne sera que temporaire, car une fois le système en place, plus personne ne cherchera à venir illégalement sur notre territoire.

Ces trois mesures mettront un terme définitif à l’immigration illégale tout en permettant toujours un accueil des véritables réfugiés (et ce dans de bien meilleures conditions qu’aujourd’hui), et faciliteront grandement la vie des étrangers résidant légalement en France, leur permettant ainsi de mieux s’intégrer.

Voir aussi:

Des ONG alertent sur le « Guantanamo australien »
Le Figaro.fr avec AFP
30/08/2018

Amnesty International et 80 autres ONG ont appelé aujourd’hui les dirigeants des 18 nations du Pacifique (Fip) à exiger la fermeture d’un camp de rétention financé par l’Australie sur l’île de Nauru, où ils se réuniront en sommet du 3 au 6 septembre.

Le camp de rétention abrite des demandeurs d’asile qui ont tenté de rejoindre l’Australie par la mer. Mais à cause d’une politique d’immigration draconienne, ils sont envoyés dans des infrastructures reculées du Pacifique, dans le micro-Etat de Nauru ou en Papouasie-Nouvelle-Guinée. L’Australie justifie sa politique par la nécessité d’empêcher les arrivées de bateaux de clandestins et d’ainsi sauver la vie de migrants tentés d’entreprendre le périlleux voyage maritime. Même si la demande d’asile des migrants est jugée fondée, ils ne sont pas acceptés sur le sol australien.

Dans une lettre ouverte, Amnesty et 80 organisations non gouvernementales ont demandé aux dirigeants des nations du Fip d’agir et d’effacer « la tâche sur la région ». « Les leaders des îles du Pacifique ne peuvent ignorer plus longtemps cette question qui doit figurer en tête du menu des discussions du Fip », écrit Roshika Deo, chercheuse chez Amnesty pour le Pacifique. Les demandeurs d’asile envoyés à Nauru et sur l’île papouasienne de Manus subissent « un traitement cruel et dégradant », poursuivent les ONG. « Les informations sur des violences généralisées contre les réfugiés en Papouasie-Nouvelle-Guinée sont nombreuses de même que sur les violences et le harcèlement sexuel contre les femmes et les enfants sur Nauru ». D’après l’organisation Refugee Council of Australia, plus de 200 personnes vivent dans le camp de Nauru, dont des dizaines d’enfants.

Voir également:

Australie : les méthodes musclées contre l’immigration clandestine
Le gouvernement australien ne se démonte pas malgré les violentes critiques qui se multiplient contre son traitement des immigrés clandestins.
Léa Desrayaud
Le Point
10/07/2014

« Treize mères ont tenté de se suicider, dont sept en 48 heures » dans le camp de réfugiés de l’île australienne Christmas, annonçait mercredi dernier la Commission australienne des droits de l’Homme, une agence gouvernementale. Pensant maximiser les chances de leurs enfants de rester en Australie en les laissant orphelins, ces femmes étaient prêtes à mourir. Devant cette détresse, le Premier ministre australien, Tony Abbott, a affirmé qu’il ne céderait pas à un « chantage moral » et a précisé que « le gouvernement n’allait pas se laisser conduire sa politique par des gens qui arguent de la morale à mauvais escient ».

Terre d’immigration, l’Australie accueille chaque année plus de 200 000 étrangers. Pourtant, l’immigration est devenue un sujet de crispation, notamment lors des dernières élections. Et depuis un an, le pays mène une politique extrêmement sévère de lutte contre l’immigration clandestine à travers l’opération « frontières souveraines ». Les bateaux d’immigrés sont ainsi interceptés en pleine mer, avant même d’atteindre les côtes de l’île. Placés dans des camps provisoires, les passagers hommes, femmes et enfants sont ensuite transférés dans des centres de rétention basés en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou sur les îles du Pacifique de Nauru et Manus, en attendant que leur dossier soit examiné.

Violation de la convention sur les réfugiés

Le gouvernement australien a annoncé, en début de semaine, avoir intercepté deux bateaux de demandeurs d’asile sri-lankais alors qu’ils se dirigeaient vers les îles Cocos et Christmas. Un premier bateau a été directement renvoyé aux autorités sri-lankaises. Les 41 personnes à bord ont alors été arrêtées avant d’être relâchées après avoir payé une amende. Un autre bateau, parti de Pondichéry, en Inde, le 13 juin avec 153 personnes à bord, dont 37 enfants, a été appréhendé au large de l’île Christmas mardi. Les avocats des passagers ont réussi à ce qu’ils ne soient pas renvoyés au Sri Lanka, mais les autorités australiennes n’ont pas précisé le sort qui les attend.

Or, le Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations unies s’inquiète, et l’Australie pourrait être accusée de violer la loi internationale et la convention des réfugiés de 1951, qui imposent le « non-refoulement » des réfugiés et leur droit à une procédure équitable d’examen de leur demande d’asile. Scott Morrison, ministre australien de l’Immigration, a défendu mardi la position de son gouvernement, refusant que l’on « essaie d’exploiter et de manipuler l’adhésion de l’Australie (aux conventions internationales) comme outil pour saper sa politique de forte protection des frontières qui est de stopper les bateaux et les morts en mer ».

En 2013, près de 20 000 clandestins, arrivés par bateau, ont demandé l’asile en Australie. Mais depuis six mois, aucune embarcation clandestine n’aurait atteint les côtes australiennes, affirme fièrement le gouvernement conservateur.

Voir de même:

How Australia’s migrant policy works – and is it transferable to the Mediterranean?

As Tony Abbott claims Europe should copy his controversial « turn back the boats policy », we look at how Australia’s approach has evolved and whether it could work here

Tony Abbott’s call for Europe to adopt Australia‘s own hard-line « stop the boats » approach to asylum seekers crossing the Mediterranean has come under heavy criticism.

Experts have warned the controversial Australian methods – which include deploying the navy to tow back boats, setting up remote island detention centres and even providing fresh lifeboats for the voyage back to foreign water – are inhumane, unlawful and will not work in Europe.

But how exactly does Australia’s approach work – and could it really be replicated here?

 Voir encore:

Australia’s migration rates the lowest they’ve been in 10 years

OUR nation’s migration rate hasn’t been this low since 2007 and it’s all to do with Peter Dutton waging war on “fraudulent” claims.

Natalie Wolfe
News.com.au
July 13, 2018

AUSTRALIA’s migration rate is the lowest it’s been in 10 years, largely due to Peter Dutton and the way the Department of Home Affairs has cracked down on “fraudulent” migrants.

In the past financial year, the nation’s migration rate has dropped by 10 per cent with 21,000 less people being allowed into Australia.

Speaking on the Today show this morning, the Home Affairs Minister said the drop was about “restoring integrity to our border”.

“Looking more closely at the applications that are made. Making sure that we’re bringing the best migrants possible into our country,” Mr Dutton said.

Mr Dutton said the people who were being rejected the most were those making “fraudulent claims”, admitting some people trying to gain access to Australia were “overstating their qualifications” with false documents.

The nation’s immigration intake hasn’t been this low since John Howard was prime minister.

The 2017/18 intake plummeted to 162,417 and there has been a 46 per cent increase in visa refusals, while skilled migrant numbers dropped by more than 12,000, and the family stream was cut by 15 per cent to 47,732.

“I want to make sure we scrutinise each application so we’re getting the best possible migrants,” Mr Dutton said on Today.

“People who are going to work. Not be on welfare. People who will integrate into our community.”

Mr Dutton said one area the Department of Home Affairs was specifically cracking down on was false relationships and accused the Labor government of “ticking and flicking” through applications to meet the annual target of 190,000 migrants.

“We want to make sure particularly that people coming through the spousal program that they are in legitimate relationships,” he said.

Senior Labor frontbencher Anthony Albanese agreed with Mr Dutton, telling Today the government had toughened up the system.

“Of course it’s a good result if there’s more integrity in the system,” Mr Albanese told Nine.

Despite the drastic drop, Today host Ben Fordham insisted Australia’s migration system was still “pretty generous” — a claim Mr Dutton agreed with.

“We still have a pretty generous approach to things though. It’s not like we’ve turned off the taps. There are still plenty of people coming here because they want to live in the greatest country on earth,” Fordham said.

Mr Dutton replied: “Of course. We’re a destination for many people. 65 million people in the world that are displaced.

“Our country is built on migration. We’ve had wonderful people who have come to our country over a long period of time. We have a lot to protect. Lot of values that those migrants believe in strongly. Ultimately apart from our indigenous population all of us are from migrant stock. We want to make sure we get the best people into our country so we can protect our

values. As you say we’ve been listening to concerns that Australians have had.”

Australia’s deportation rates are also on the rise after the Migration Act was amended in 2014 that enforces all migrants pass and maintain a “character test” to stay here.

The amendment gave Mr Dutton the powers to expel anyone he deems a risk to Australian society and has resulted in thousands of deportations since December 2014 when the law was changed.

New Zealanders have been particularly hurt by the 2014 change, especially a 17-year-old Kiwi boy who has been stuck in an adult detention centre since March.

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Accord sur les migrants : l’Italie et l’Autriche, nouveaux chefs de file de l’Europe ?
Paul Sugy Etienne Campion
Le Figaro
29/06/2018

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Pour Jean-Thomas Lesueur, les leaders des pays d’Europe centrale et d’Italie sont désormais les hérauts d’une opinion européenne de plus en plus favorable à un durcissement de la politique migratoire. C’est cette voix qu’ils ont fait entendre au Conseil européen.


Jean-Thomas Lesueur est délégué général de l’Institut Thomas More.


FIGAROVOX.- Cette nuit, le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte semble être parvenu à imposer ses conditions lors des négociations sur les migrants. L’Italie est-elle en train de prendre un rôle de leader en Europe?

Jean-Thomas LESUEUR.- Sur cette question, en effet. À la lecture du communiqué du Conseil européen, on trouve une inflexion, qu’on peut trouver trop lente bien sûr, dans le sens d’un durcissement de la réponse à la question migratoire. Dans le vocabulaire employé, on relève des euphémismes, des prudences, tout un champ lexical de pondération, mais il est notamment question du rôle des ONG, ce qui est nouveau. On assiste à une prise de conscience des peurs que suscite en Europe la question migratoire, et de la volonté de juguler les flux de la part des dirigeants européens. Et c’est assurément par l’Italie et l’Autriche que ces changements adviennent. On a beaucoup dit, hier soir, que le processus bloquait parce que l’Italie avait des revendications particulières qu’elle voulait voir prises en compte. Or c’est justement grâce au rôle de l’Italie que ce conseil a lieu et que la stratégie européenne de contrôle des flux commence à changer.

L’accord signé est-il significatif? On voit que beaucoup de décisions reposent sur le volontariat des pays, notamment pour établir des postes de contrôle en dehors de l’Union européenne. Que va-t-il sortir de concret?

Je pense que l’Italie va se sentir confortée dans sa stratégie de refus d’accueillir les navires de migrants. Concrètement, tout conduit à une décomplexion par rapport aux mesures de restriction de l’immigration et d’interdiction d’accès aux ports nationaux. Malte en profitera peut-être aussi pour durcir d’accueil des navires de migrants.

Quant aux décisions prises, elles reposent effectivement sur le volontariat. Lorsque l’on suit cela de près, rien de très neuf n’émerge de cet accord. Il s’agissait d’abord, pour les dirigeants européens, que ce sommet ne tourne pas au psychodrame: ça aurait pu bien mal finir! Les partisans d’une politique migratoire ferme prennent la main, mais Bruxelles et pas mal d’États membres restent dans l’optique d’une politique européenne concertée. Toute la culture européenne est une culture de consensus et de compromis. Et cette recherche d’équilibre est fragile. Il n’y a plus que Macron, à la sortie du conseil, pour mettre en avant l’idée d’un «dialogue européen». Les autres chefs d’État ou de gouvernement ont plutôt insisté sur la nécessité de tarir les flux migratoires.

La position de la France est-elle hypocrite?

Oui, c’est le triomphe du «en même temps». Cela dit, Emmanuel Macron n’invente rien: François Hollande faisait la même chose, à savoir accueillir beaucoup moins de migrants que prévu sans l’assumer publiquement. Sur le fond, Macron est soulagé de ne pas avoir à assumer l’accueil de nouveaux migrants auprès de sa population, et publiquement il se targue de respecter les droits de l’homme et de bousculer l’Europe sur cette question.

Pourquoi les récalcitrants, comme l’Autriche ou la Hongrie, ont-ils signé l’accord, si ce n’est pour sa flexibilité et le flou qui entoure les décisions prises?

Le fond de l’accord est assez peu contraignant, voilà le fond de l’affaire. L’Italie va par exemple pouvoir continuer sa politique de fermeté migratoire avec ce qui apparaît comme une forme de blanc-seing de la part du conseil européen. Politiquement, c’est une vraie victoire pour elle. Les Autrichiens ou les Italiens se rendent d’ailleurs compte que leur position est exactement celle attendue par les populations d’Europe occidentale. Cela constitue une situation politique inédite: la convergence d’un message porté par les dirigeants d’Europe centrale et italiens et des attentes d’une large partie de l’opinion des pays de l’Ouest. Politiquement, les résultats sont encore difficiles à cerner. Il reste que, sociologiquement et culturellement, les pays d’Europe de l’Est ont une influence considérable et portent une parole influente dans toute l’Europe. Ce qu’Angela Merkel et Emmanuel Macron sont obligés de prendre en compte.

Comment va-t-on «trier» entre les migrants économiques et les réfugiés qui demandent l’asile? Quels moyens seront mis en œuvre?

Le «laboratoire» de cette mesure sera l’Italie. Il faudra installer de vrais moyens, des hommes, du matériel et des procédures, notamment à la frontière entre la Libye et le Niger. Et l’enjeu portera sur la durée des procédures, qui doit passer de plusieurs mois à seulement quelques semaines. Mais il va sans dire que les migrants n’iront pas s’arrêter volontairement à ces postes de tri… Un Sénégalais de vingt ans, par exemple, qui tente d’atteindre l’Europe ne fuit ni la guerre, ni aucune persécution, ni même la famine, il n’a donc pas de moyens légitimes d’obtenir l’asile: il ne s’y présentera pas de lui-même.

Il faut ainsi mettre les moyens pour obtenir une vraie politique migratoire européenne et renforcer le mécanisme de garde-frontières européens. Ce qui demanderait un coût de plusieurs milliards: l’Union européenne sera de toute façon amenée à dépenser beaucoup d’argent pour mettre au point cette politique réclamée par les peuples… Car raccompagner un clandestin à la frontière coûte cher.

Et que deviendront les migrants des navires de sauvetage en mer affrétés par les ONG?

C’est la première fois que le sujet est évoqué dans les conclusions d’un Conseil européen. Je pense que, pour un pays comme l’Italie, cela ouvre la possibilité de mieux contrôler ses eaux, voire d’aller intervenir au plus près des ports libyens pour bloquer les passeurs ou les ONG en mettant ensuite ses partenaires devant le fait accompli. L’Italie aurait d’ailleurs l’aval des populations européennes en recourant à ce genre de démarche. Cet accord européen pourra créer un socle d’action pour que l’Italie monte d’un cran dans sa politique migratoire. Le climat européen et les mentalités changent énormément: nous sommes à un moment de rupture, notamment par rapport au renvoi des migrants. Il y a donc aussi un problème de droit qui doit être posé…

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Michèle Tribalat, démographe et Cassandre

Causeur

Causeur. En 1995, vous publiez Faire France, qui offre une vision franchement optimiste de l’intégration des immigrés et de leurs enfants. Puis, à la fin des années 1990, vous semblez changer d’avis ou au moins d’état d’esprit. En 1999, sur la base d’une enquête menée l’année précédente à Dreux, vous publiez Voyage au cœur du malaise français. Que vous est-il, ou que nous est-il arrivé ?

Michèle TribalatJe travaille sur l’immigration depuis quarante ans. Les questions de mesure et de méthode m’ont toujours plus intéressée que la nature des résultats. Mon évolution est directement liée aux études successives que j’ai menées. En 1992, les résultats de l’enquête statistique « Mobilité géographique et insertion sociale (MGIS) » (qui était la base statistique de Faire France) incitaient à un certain optimisme. Cette enquête reposait sur trois échantillons tirés du recensement de 1990 : un premier composé d’immigrés appartenant aux grands courants migratoires, un échantillon dit témoin de la population de France métropolitaine et un troisième échantillon portant sur des enfants nés en France de parent(s) immigré(s). On y observait une sécularisation importante des jeunes d’origine algérienne, des unions mixtes en nombre non négligeable pour les débuts de vie en couple de ces jeunes, une certaine mobilité sociale, ainsi qu’un recul des pratiques matrimoniales traditionnelles. La sécularisation des jeunes d’origine algérienne paraissait prometteuse. Je n’ai pas, alors, anticipé le mouvement de désécularisation que je décris dans mon dernier livre (Assimilation. La fin du modèle français, Éditions du Toucan, 2013), qui a coïncidé avec la réislamisation des jeunes. Combiné à une forte endogamie religieuse, il ne favorise pas la mixité ethnique des mariages.

Pourquoi n’avez-vous rien vu venir ? Est-ce parce que vous manquiez de données ?

L’enquête MGIS était rétrospective et recueillait l’histoire des individus sur le temps long, autrement dit, le passé. Elle ne pouvait donc, en aucun cas, répondre aux interrogations sur l’évolution récente et les phénomènes émergents. Il aurait fallu mener des enquêtes de ce type régulièrement. Je ne l’ai pas obtenu pour le recensement de 1999 et il a fallu attendre 2008 pour qu’une nouvelle enquête statistique soit entreprise. Pendant ce temps, les médias continuaient à commenter les résultats de 1992, laissant croire que ces résultats seraient éternellement pertinents. Et ils en faisaient souvent un usage inapproprié. Exemple, j’avais mis en garde contre l’extrapolation du taux de mixité lors des débuts de vie en couple des jeunes d’origine algérienne pour évaluer le taux de mariages mixtes : une copine c’est une chose, une épouse une autre. Je n’ai guère été entendue. Par ailleurs, ces résultats nationaux étaient trop souvent opposés aux perceptions communes, qui se forgent souvent dans l’environnement local. L’observation nationale fait la moyenne de situations locales extrêmement contrastées et ne constitue donc pas un outil suffisant à la description du réel. Différents niveaux de réalité peuvent coexister de manière contradictoire. Il est possible que des situations locales évoluent mal sans que les données nationales n’en rendent compte, au moins pendant un certain temps.

Donc, c’est l’enquête sur Dreux qui vous a « ouvert les yeux » ? Avez-vous forgé de nouveaux outils d’observation ou, à tout le moins, revu vos méthodes de travail ?

Non, en un sens, c’est parce que j’avais compris l’importance de l’observation locale pour détecter à temps d’éventuelles dérives que je me suis retrouvée à Dreux. Mon idée était que, pour y parvenir, il fallait se porter sur des lieux où la concentration ethnique est très élevée et construire des outils d’observation rigoureux dans quelques communes soigneusement sélectionnées. J’avais donc élaboré, en 1996, un projet d’observatoire de la vie locale que je comptais proposer à des élus locaux. J’ai eu un premier contact positif avec André Gerin pour étudier la faisabilité d’un tel projet à Vénissieux. Puis, en 1997, l’institut de sondage IPSOS m’a proposé de prendre en charge une étude commandée par le député-maire de Dreux, Gérard Hamel, dont l’aboutissement pouvait être la mise en place d’un tel observatoire. L’observation était locale mais l’enjeu national : ce qui se passait à Dreux était peut-être annonciateur de difficultés à grande échelle. Suite à ce travail, un rapport a été remis au maire en 1998 et a abouti à la publication du Voyage au cœur du malaise français. En revanche le projet d’observatoire local a capoté. Comme l’indique la postface de Gérard Hamel, celui-ci n’était pas très content des conclusions de l’enquête et n’avait aucune envie de prolonger l’observation.

Il ne voulait pas voir ce qu’il voyait, en somme. Comment en êtes-vous venue à intégrer la dimension culturelle, ethno-religieuse, dans vos travaux de démographe ?

Ma formation démographique m’a conduit très tôt à me poser des questions de méthode et, avec le temps, j’ai essayé de faire en sorte que l’appareil statistique français soit adapté. Avec Bernard Aubry, j’ai également utilisé les recensements et les enquêtes annuelles de recensement qui les ont remplacés, pour construire des indicateurs de concentration ethnique et de voisinage, qui ont révélé de grandes disparités géographiques. Aujourd’hui, la catégorie des immigrés est entrée dans les mœurs statistiques françaises et l’Insee a introduit le pays de naissance et la nationalité de naissance des parents dans la plupart de ses grandes enquêtes. Le dernier pas à franchir est l’introduction de ces données dans les enquêtes annuelles de recensement.

N’étant ni anthropologue ni sociologue, je traite des origines ethniques ou de l’affiliation religieuse sous l’aspect démographique, par exemple pour observer comment certaines pratiques évoluent avec l’âge. C’est ainsi que j’ai pu montrer que l’importance accordée à la religion était plus grande chez les jeunes adultes musulmans que chez les plus vieux, alors qu’on observait le phénomène inverse chez les catholiques. Classer n’implique aucune fixité de comportement dans le temps. Classer, c’est ce que fait la statistique tout le temps. Je ne vois pas pourquoi les variables culturelles et religieuses seraient écartées d’emblée avant d’avoir été étudiées. L’introduction de la religion dans l’enquête « Trajectoires et origines » de 2008, ce qui n’avait pas été possible en 1992, nous a appris beaucoup de choses. Il a ainsi été possible d’estimer le nombre de musulmans, et pour un démographe, les nombres comptent, d’estimer leur potentiel démographique et d’analyser l’évolution de leur rapport à la religion selon l’âge, notamment à travers une transmission croissante de l’islam.

Votre travail sur Dreux marque un double virage dans votre œuvre : vous découvrez que l’intégration des enfants d’immigrés marque sérieusement le pas et subissez vos premiers procès en sorcellerie…

Il faut dire que j’avais connu un certain état de grâce médiatique. À la parution de l’étude « Mobilité géographique et insertion sociale », l’accueil de la presse avait été dithyrambique. DansLe Monde du 24 mars 1995, Philippe Bernard écrivait « C’est une révolution salutaire dans l’approche de la question des immigrés en France qu’inaugure l’enquête de l’Institut national d’études démographiques (INED) sur l’insertion des populations d’origine étrangère… Cette démarche inédite a permis d’embrasser, bien au-delà des seuls étrangers, la population des jeunes Français de première et parfois de deuxième génération suivant l’immigration. Plutôt que de continuer à manier un vocabulaire hypocrite propice aux manipulations, l’étude saisit la question ethnique à bras-le-corps, transgressant un tabou sans pour autant encourir la moindre suspicion de xénophobie ou de ségrégation. » Et, en prime, Philippe Bernard reprenait l’expression Français de souche sans guillemets !

À la fin des années 1990, le ton de la presse a changé. Moi, j’ai le sentiment d’avoir évolué avec les résultats de mes recherches. Certains ont préféré voir dans cette évolution personnelle somme toute normale au cours d’une existence un revirement idéologique. Par exemple, dans un article publié dans Le Monde du 17 juin 2003, Xavier Ternisien préconisait de me psychanalyser pour trouver la raison cachée de ces changements. D’autres y ont vu la persistance d’un racisme jusque-là passé inaperçu. Pourtant, en 1998, l’année de la remise du rapport sur Dreux, sortait un livre que j’avais coécrit avec Pierre-André Taguieff – Face au Front national. Arguments pour une contre-offensive – dans lequel je démontais les supercheries statistiques du rapport Milloz de 1997 – « L’immigration sans haine ni mépris. Les chiffres qu’on vous cache ». Ma réponse à cet auteur proche du FN me vaudra même, en 1999, le prix Lyssenko, décerné par le Club de l’Horloge, c’est dire si j’étais d’extrême droite ! Mais les procès en sorcellerie que vous évoquez n’avaient rien de spontané. Un collègue de l’INED avait allumé la mèche.

Au-delà de conflits de bureau, que vous reprochait-on ?

En 1998, Hervé Le Bras sortait l’artillerie lourde dans un livre intitulé Le Démon des origines. Il y réglait ses comptes avec l’INED en général et avec moi en particulier, après une histoire interne qui n’avait pas tourné à son avantage. Dans ce livre, il revenait sur un ouvrage collectif, publié sous ma direction, en 1991, dans lequel il croyait déjà déceler les racines du mal qui me rongeait. « Les plus dangereux éléments de l’extrême droite ne sont donc pas ses noyaux durs, mais les pseudopodes qu’elle émet dans des directions éloignées et variées qui permettent aux venins idéologiques du Front national de se répandre dans une large partie de la société », écrivait-il en désignant l’INED comme l’un de ces pseudopodes. Le Bras distinguait les opportunistes des autres, qui « se trouvent sous l’emprise d’une sorte de fanatisme démographique, telle M. Tribalat, la prophète de l’assimilation et de la population “de souche”. Ce dernier groupe est de loin le plus dangereux car il agit masqué, peut-être à l’insu de ses membres qui sont persuadés, soit de leur mission, soit que la poursuite de leur intérêt personnel par tous les moyens n’a pas de conséquence politique ». En gros, j’étais un relais de la pensée frontiste, probablement à mon insu mais aussi par… ambition personnelle !

Plusieurs mois durant, le livre de Le Bras a été le prétexte de salves savamment orchestrées dans la presse, dont les-heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire n’étaient évidemment pas absentes. On a même vu circuler à l’INED un document anonyme qui fournissait de prétendues informations sur moi et sur des personnalités liées au Front national – j’y étais traitée de nataliste conservateur et l’on mettait en cause, pour insuffisance professionnelle, ma nomination comme directeur de recherche.

De cette époque date l’étiquette de démographe « douteuse » ou « contestée » que la presse aime m’accoler encore aujourd’hui. Ajoutez à cela que Marine Le Pen a déclaré en 2010 avoir aimé mon livre Les Yeux grands fermés, et vous comprendrez que mon compte était bon !

Si Marine Le Pen vous fait les yeux de Chimène, c’est qu’elle cherche une caution scientifique à sa critique de l’immigration. Que pensez-vous du diagnostic frontiste sur la question ?

Si le FN a, depuis longtemps, fait de l’immigration étrangère son cheval de bataille, jusqu’au début des années 2000, son discours constant sur la question n’avait pas grand-chose à voir avec l’évolution réelle des flux migratoires. En effet, après le cycle migratoire des Trente Glorieuses, la France a connu vingt-cinq ans de « plat » migratoire, avec une proportion d’immigrés n’évoluant pas et une population immigrée qui augmentait au rythme de la population native. Le FN contestait alors farouchement les « chiffres officiels ». Ensuite nous sommes passés à un nouveau cycle. Le cycle migratoire des années 2000, équivalent en intensité de celui des Trente Glorieuses, a offert des opportunités nouvelles au FN. Loin de les contester, Marine Le Pen utilise d’ailleurs volontiers les chiffres donnés par le ministère de l’Intérieur sur l’immigration étrangère. Mais je crois que le diagnostic du FN sur l’impuissance politique est juste. La France n’a pas vraiment la maîtrise de la politique migratoire, qui est une compétence partagée avec l’UE et la Commission européenne est favorable à une politique migratoire très généreuse compte tenu de ses anticipations démographiques.

Partager certains de ses constats ne signifie pas donner quitus au Front national. Approuvez-vous le programme de Marine Le Pen en matière d’immigration et de contrôle des frontières ?

Marine Le Pen propose de diviser par 20 le nombre d’entrées légales en cinq ans pour ne laisser entrer que 10 000 étrangers par an, tout en réduisant à zéro toute immigration clandestine. Quel genre d’État faut-il pour y arriver vraiment ? Telle est la question. En fait, elle déclare vouloir en finir avec tous les droits accordés a priori aux immigrants, même sous certaines conditions. Elle compte interdire le regroupement familial, dont il faut souligner qu’il n’est pas la part la plus importante des flux familiaux, contrairement aux conjoints de Français. Comment limiter les flux de ces derniers ?  Il ne suffit pas de sortir de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme. Restent de sérieux obstacles : la Cour de justice de l’UE, qui garantit le respect des traités et dont les décisions font jurisprudence pour les juridictions nationales, mais aussi la jurisprudence du Conseil d’État. Bref, si l’objectif visant à limiter le nombre d’entrées d’étrangers est légitime, cela implique de prendre toute une série de décisions qui ne seront pas sans effet sur les droits des citoyens.

Que faut-il en conclure ? La politique migratoire restrictive que nombre de Français demandent explicitement est-elle irréalisable ?

En l’état du droit français et plus largement européen, oui.

Immigration: le «formidable» modèle australien

Certains, ici ou là, sortent régulièrement de leur chapeau le « modèle australien » comme solution idéale à la crise des réfugiés. D’une certaine manière, l’Europe, à travers l’accord signé avec la Turquie, cherche à appliquer ce modèle. Elle rencontre les mêmes difficultés et devrait aboutir au même constat : ce modèle est exactement ce qu’il faut éviter, à tous points de vue : économique, social, politique et humanitaire. Mais la réalité n’est pas le premier critère de décision lorsqu’il s’agit de sujets que le populisme attise constamment pour s’assurer des succès électoraux.

Sur quoi est fondé le modèle australien ? Et quelles sont d’abord les spécificités de l’Australie ? Au départ, le continent australien a été un gigantesque bagne que le Royaume-Uni a colonisé. Colonisation qui s’est faite au prix d’un ethnocide à l’encontre des aborigènes. Aujourd’hui, l’Australie est un pays à majorité blanche à deux pas de l’Asie, une île sans aucune frontière terrestre avec un autre pays, que l’on ne peut gagner que par les airs ou, pour les candidats migrants, par la mer, avec tous les risques que cela comporte.

Un camp qui rapporte…

Face à ces migrants qui, selon les officiels australiens, menacent un pays pourtant réputé pour son sens de l’accueil (mais il faut être riche et/ou blanc pour être bien accueilli), le gouvernement de Canberra a mis au point une politique du « no way », c’est-à-dire du refoulement radical de toute personne non pourvue d’un visa en bonne et due forme. Il a conclu des accords financiers avec des pays « voisins » (à quelques milliers de kilomètres quand même), comme la Papouasie-Nouvelle-Guinée, pour qu’ils ouvrent des camps de rétention de ces migrants, contre rémunération. Plus précisément, deux camps sont financés par les Australiens : celui de Manus, sur une île de PNG, et Nauru, petit Etat indépendant grand comme un huitième de la région bruxelloise, peuplé de 11.500 habitants et autrefois paradis fiscal – aujourd’hui, sa principale source de revenus est la gestion de ce camp.

Ne peuvent venir en Australie que des « bons migrants », c’est-à-dire capables de s’intégrer dans l’économie et de contribuer à la croissance australienne. J’entends déjà rugir dans les forums toutes celles et tous ceux pour qui cela tombe sous le sens et que « nous ne sommes pas là pour accueillir toute la misère du monde ».

Sauf que…

Les atteintes aux conventions internationales et aux droits humains

L’Australie a adhéré, comme la Belgique et 191 autres pays, à la Déclaration de New York sur les réfugiés et les migrants adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU le 19 septembre 2016. Sans la moindre ambiguïté, cette déclaration rappelle que, « depuis que le monde est monde, les hommes se déplacent, soit pour rechercher de nouvelles perspectives et de nouveaux débouchés économiques, soit pour échapper à des conflits armés, à la pauvreté, à l’insécurité alimentaire, à la persécution, au terrorisme ou à des violations des droits de l’homme, soit enfin en réaction aux effets négatifs des changements climatiques, des catastrophes naturelles (dont certaines sont liées à ces changements) ou d’autres facteurs environnementaux. » Si ces flux ont augmenté, il reste que « les réfugiés et les migrants jouissent des mêmes libertés fondamentales et droits de l’homme universels ».

Il faut trouver des solutions valables pour tous, conformes aux droits humains. Cette solution ne peut être que mondiale : « Aucun État ne peut à lui seul gérer ces déplacements.  » Et les signataires de la Déclaration s’engagent à « sauver des vies » dans une tâche « avant tout morale et humanitaire ». Il faut aussi trouver des « solutions durables et à long terme. » Mais ils sont déterminés à combattre « avec tous les moyens à notre disposition les mauvais traitements et l’exploitation dont sont victimes d’innombrables réfugiés et migrants en situation vulnérable. »

Des solutions précaires

L’Australie s’est donc engagée à respecter tout cela. Mais en même temps, l’Australie a décidé de régler seule le problème, par des solutions précaires et à court terme, qui infligent aux personnes des traitements dégradants, voire les met en danger de mort. Le tout pour un coût économique désastreux  : plus de 3 milliards d’euros en 5 ans.

Les critiques à l’encontre de cette politique sont nombreuses. Le Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies l’a publiquement condamnée à plusieurs reprises. La Commission des Droits de l’Homme de l’ONU dénonce quant à elle le fait que des réfugiés sont forcés de rentrer dans leur pays, même s’ils risquent d’y être massacrés, comme les Rohingyas de Birmanie.

Des témoignages effrayants attestent des conditions inhumaines vécues par les réfugié.e.s emprisonné.e.s à Nauru ou à Manus en Papouasie, tels ceux du journaliste Behrouz Boochani (qui a fui l’Iran et s’est retrouvé dans ces camps) et le film bouleversant qu’il a réalisé à partir de témoignages oraux, qui évoque le moment où l’Australie a cessé d’alimenter les camps en eau et électricité, et où les détenus se sont retrouvés confrontés à la violence des populations locales qui ne voulaient pas d’eux. En 2015, face aux critiques de plus en plus nombreuses et afin d’éviter que l’opinion publique soit davantage informée, le gouvernement australien décide que tout reportage sur les conditions de détention à Nauru ou Manus sera illégal.

Les réactions en Australie

L’institut Lowy, un « think tank » australien, pointe aussi les défauts majeurs de la politique australienne  :

1.  Considérant le coût déjà énorme engagé pour les opérations actuelles, il ne serait pas possible d’assumer l’augmentation de ces dépenses si le nombre de réfugiés venait à augmenter ;

2.  Les capacités d’asile de Papaouasie-Nouvelle-Guinée ou de Nauru sont limitées ;

3.  Les agissements de la police sont déjà à la limite de l’illégalité ;

4.  L’Australie est le pays le plus riche de la région. Le moindre conflit dans l’Asie du Sud ou du Sud-Est entraînerait une augmentation importante des demandes d’asile, sans parler des changements climatiques et des désastres naturels qui peuvent frapper la région.

Pour toutes ces raisons, l’institut Lowy appelle l’Australie à reconsidérer sa politique et à jouer un rôle véritablement exemplaire pour le reste du monde : « Le fait que l’Australie n’est actuellement pas confrontée au défi d’une arrivée massive de bateaux ou de demandeurs d’asile est une autre raison pour qu’elle s’engage. Comme les Australiens l’ont appris ces dernières années, il n’y a aucune volonté politique de se concentrer sur une solution à long terme lorsqu’on est au milieu d’une crise des réfugiés. Et c’est pourquoi l’Europe a besoin que l’Australie conceptualise, propose et conduise aujourd’hui les réformes nécessaires. » D’autant que l’Australie a joué un rôle essentiel dans l’application de la Convention de 1951 sur les réfugiés et l’asile, et qu’elle a eu des pages plus glorieuses en la matière.

Des mouvements citoyens se mobilisent aussi, comme « I have a room » et, à l’instar de la Plateforme citoyenne, propose à des gens d’accueillir des réfugié.e.s chez eux.

Un problème mondial

N’en déplaise à la Pologne, à la Hongrie, à la N-VA et à tous ceux qui pensent que la crise des réfugié.e.s peut se régler avec des murs et des politiques « fermes mais humaines », aucun pays ne peut régler seul une crise mondiale, que les conflits croissants et les dérèglements climatiques ne font qu’accroître. La focalisation du discours politique sur la question migratoire est un leurre, au sens premier du terme, un piège pour détourner l’attention ; l’argent public qui est consacré à cette chasse est gaspillé et ne produit aucun résultat à long terme, sans parler du fait qu’il est utilisé pour le non-respect des engagements internationaux que nous avons signés.

Vouloir comme certains réguler la migration pour n’accepter chez nous que la crème est scandaleux : c’est s’assurer que le problème ne sera jamais réglé à la source, si on prive ces pays des élites dont ils ont besoin pour assurer leur développement.

Une politique mondiale, comme le développe l’institut Lowy, repose sur quelques principes : d’abord, la relocalisation des réfugiés, afin de répartir la charge entre plusieurs pays favorisés. Mais le plus important est bien entendu de consacrer l’argent, aujourd’hui englouti à perte dans des murs et des accords avec des régimes indignes, à la reconstruction de ces pays, afin que leurs ressortissant.e.s n’aient plus besoin de les fuir, et que celles et ceux qui en sont parti.e.s puissent y retourner. L’argent doit aussi être investi dans les pays plus pauvres mais en paix, qui peuvent accueillir ces réfugié.e.s – pas dans des camps de concentration.

Et puis, il faut le rappeler encore et encore : les réfugié.e.s n’ont pas envie de venir en Europe. Ils et elles ne sont pas les soldats d’une armée d’invasion. Ce sont des hommes, des femmes et des enfants qui cherchent à sauver leur peau en prenant d’énormes risques et en perdant tout. Nous avons toutes et tous intérêt et envie qu’il n’y ait plus de réfugié.e.s  : celles et ceux qui les aident, celles et ceux qui les détestent, et surtout les réfugié.e.s.

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Alexandre del Valle

Valeurs actuelles

3 décembre 2018

Le Pacte “Global Compact” vise à favoriser une immigration extra-européenne massive, tant légale qu’illégale. Alexandre del Valle souligne ici les postulats tiersmondistes et anti-souverainistes qui sous-tendent ce texte.

Le « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières » lancé en avril 2017 par l’Assemblée générale des Nations Unies et que les États du monde entier sont invités à ratifier avant le 11 décembre 2018, suscite depuis des semaines des débats houleux entre « immigrationnistes » et « populistes », mais pas seulement, car le Pacte, de son vrai nom « Global Compact », vise en fait à favoriser une immigration extra-européenne massive, tant légale qu’illégale (les deux confondues de façon perverse), que les pays d’accueils européens sont sommés d’accepter et d’organiser sous peine d’être qualifiés de « racistes » et « xénophobes ». Alexandre del Valle souligne ici les postulats tiersmondistes et anti-souverainistes qui sous-tendent le texte mais que les 193 États de l’Assemblée générale de l’ONU, à l’anti-occidentalisme revanchard, ont d’autant plus facilement adopté qu’ils ont intérêt à se débarrasser de populations excédentaires sans travail et que seuls les Etats européens en respecteront réellement les termes « non-contraignants » pour se donner bonne conscience. Sauf si les désistements en chaîne observés ces dernières semaines – Hongrie, Pologne, Slovaquie et République Tchèque en tête – et les demandes d’amendements formulés par nombre d’États occidentaux non-dupes, se multiplient.


Gommer la différence entre « immigrés » et « réfugiés », étrangers et citoyens…

Plusieurs remarques préliminaires sont à faire : les Nations unies n’ont en principe pas du tout vocation à lancer pareille initiative et il est clair que les États cosignataires africains, islamiques, asiatiques ou d’Amérique latine qui n’y ont pas intérêt ne respecteront jamais les règles « morales » édictées dans ce « Pacte » et surtout les devoirs financiers que seuls les pays démocratiques occidentaux sont sommés de mettre en œuvre. D’évidence, la plupart des mesures de cet accord multilatéral sont impossibles à mettre en place dans la vaste majorité des pays membres des Nations Unies. L’effort et le coût se porteront donc sur une minorité de pays développés sur le plan juridique et social.

Entre bases de données géantes, biométrie, et dépenses nécessairement astronomiques, préconisées par les rédacteurs du texte onusien, on comprend mal ce qui a pu mener à ce projet. Ensuite, l’aspect « non-contraignant » du dit Pacte vise en fait assez habilement à contourner les lois des États souverains et les bases mêmes de la démocratie. Il  n’empêchera d’ailleurs absolument pas le « pacte » d’avoir des effets légaux ultérieurs pour les signataires. En effet rien n’empêchera les tribunaux, cours constitutionnelles et autres instances étatiques de judiciariser peu à peu les normes onusiennes comme on l’a déjà vu en France avec la cour constitutionnelle qui, répondant à une « question prioritaire de constitutionnalité », a donné raison à des lobbies immigrationnistes désireux de dépénaliser les migrations illégales et à accorder aux clandestins qui enfreignent les lois les mêmes droits sociaux que les citoyens qui cotisent depuis des années et paient des impôts pour y avoir droit.

La « migration » organisée au niveau global est par conséquent l’outil d’une volonté manifeste de réduire toutes les personnes, citoyennes, étrangères, régulières ou irrégulières, à des entités juridiques et socio-économiques interchangeables, indifférenciées. L’appartenance à la citoyenneté nationale ne peut dans cette perspective en aucun cas donner lieu à des privilèges et droits particuliers « supérieurs » à ceux des étrangers, envers qui les nations occidentales ont, a contrario, des devoirs imprescriptibles.

La légitimation de l’immigration illégale par les confusions sémantiques des termes immigration/immigration/migrants/immigrés

Ces confusions mettent dans le même sac réguliers et illégaux, migrants économiques et réfugiés, vrais et faux demandeurs d’asile. Elles ne trompent certes pas du tout les publics avertis, mais elles introduisent d’énormes confusions dans l’esprit des masses, surtout des peuples occidentaux abreuvés de doxa « diversitaire » cosmopolitiquement correcte et, de ce fait, culpabilisés/diabolisés dès qu’ils osent limiter l’immigration (droit de tout État souverain) ou refusent même simplement l’immigration illégale. Celle-ci, normalement sévèrement punie par les lois dans tout État appliquant la loi, est aujourd’hui présentée comme légitime par nature puisque les frontières seraient une anomalie, d’où le nom de l’ONG pro-Migrants financée par Georges Soros : « No Borders ».

Pour faire accepter les « droits » inaliénables de « migrants » qui n’en ont pourtant normalement aucun face à un État souverain libre d’accueillir ou de ne pas accueillir qui il veut, l’idée est de légitimer « le migrant » (avec un grand M) dans son ensemble, s’il vient du « Sud » et de pays anciennement colonisés par l’Europe, en le présentant comme une « victime » a priori, un réfugié par nature s’il vient d’un pays plus pauvre, une personne persécutée chez elle par des tyrans après avoir exploitée dans le passé par les États européens d’accueil….

De ce fait, le « migrant » cesse d’être un individu responsable capable d’être honnête ou malhonnête, éligible ou pas, mais un « créditeur » par essence dont les droits seraient inversement proportionnels aux devoirs du débiteur occidental. Conformément à cette doxa, le Global Compact on Migration laisse entendre en toute logique idéologique que ce ne sont nullement les pays qui laissent cyniquement leurs ressortissants partir – et refusent par mauvaise foi de les reconnaître comme co-nationaux lorsqu’ils y sont renvoyés – qui sont appelés à supporter le coût de leur entreprise immigrationniste, mais les seuls pays d’accueil.

De même, si l’Arabie Saoudite est la première destination de la migration (après les États-Unis), le pacte ne pose pas les mêmes enjeux pour la monarchie wahhabite totalitaire esclavagiste – où les immigrés n’ont aucun droit par principe et sont des inférieurs, que pour les pays d’Europe égalitaristes au point de ne plus distinguer entre ami et ennemi, étranger et national, membre de sa civilisation et issu de civilisations différentes, voire hostiles comme l’islamisme. De ce fait, les Saoudiens voient arriver sur leur sol soit des coreligionnaires sunnites, soit des non-musulmans qui n’auront jamais ni la nationalité saoudienne ni des droits de citoyens, alors que l’Europe est sommée d’organiser l’arrivée et de favoriser l’implantation de populations mêmes si elles sont adeptes de cultures hostiles à leurs valeurs fondamentales comme l’islamisme radical ou la haine envers l’Occident séculier et libéral.

La page du site des Nations Unies dédiée à ce Pacte « historique » a d’ailleurs un peu plus d’honnêteté intellectuelle que son document de 34 pages : la photo centrale est celle d’une femme voilée et de son mari, les deux faisant un signe de cœur avec leurs mains. C’est là en fait la seule (mais éclairante) allusion à la dimension « culturelle » de la « migration » en question, d’emblée affichée comme islamique, et ce clin d’œil n’est peut-être pas un détail innocent quand on sait que la majorité des 57 pays composant l’Organisation de la Coopération islamique, l’OCI, a adopté ce Pacte à l’Assemblée générale des Nations Unies.

Dissymétrie des responsabilités des pays face aux migrants : un engagement intenable

Le Global Compact on Migration, qui devait au départ engager les 193 pays membres des Nations Unies, fait fi de la disparité criante entre régions développées au niveau socio-économique et juridique et régions à la traîne, et il fait l’impasse sur la dimension culturelle de la migration, ce qui fait d’un accord prétendument « multilatéral » un programme de sur-responsabilisation des seuls pays d’Occident. D’après les Nations Unies, 258 millions de personnes vivent hors de leur pays et sont donc considérés comme « migrants », terme que le Pacte décide de mettre sur le même pied que « réfugiés », alors que ces derniers bénéficient d’un cadre légal particulier.

Qu’il se déplace pour raisons économiques ou pour fuir un pays en guerre, « le migrant » (personnifié de façon habile conformément aux règles de la com efficace) devient ainsi une abstraction juridique, supportant des droits – et des obligations paraît-il, dont le Pacte se garde bien de donner les contours – où qu’il soit, à quelque étape et lieu de son parcours migratoire qu’il se trouve. Or ces droits, pour s’exercer, doivent faire l’objet d’une protection qui incombe au pays dans lequel le migrant se trouve. Ainsi, le Pacte prévoit que soit fournie au migrant une information précise sur ses moyens de réclamation et de compensation en justice si ses droits étaient bafoués (qu’il ait un statut ou non), accompagné d’un accès facilité à une assistance juridique (publique ou « abordable » financièrement). On n’imagine pas que ce soit en Arabie Saoudite, au Soudan ou au Bangladesh que cet accès à la justice sera être le mieux mis en place, au contraire des pays d’Occident justiciables par ailleurs de la Cour européenne de Justice. Les coûts que cela implique reviendront donc toujours majoritairement aux pays hôtes (de transit ou de destination), sans que le Pacte ne se soucie de savoir comment une justice financée par l’impôt des nationaux pourra absorber indéfiniment ces procédures en « extra ».

Un migrant nouvellement arrivé sur le sol français pourrait ainsi se prévaloir du droit français et international pour mettre l’État au pas quant au respect de ses droits. Le migrant en situation illégale serait également protégé, le Pacte précisant que l’illégalité ne doit pas être un « prétexte » à fragiliser l’individu davantage. De même, s’agissant d’accès aux services « de base » (c’est-à-dire notamment soins de santé et sécurité sociale), qu’il s’agit d’accélérer et de faciliter, ce sont encore les pays d’Europe surtaxés qui financent – à perte – des systèmes de ce type.

Faciliter l’immigration de masse et le shopping migratoire

Outre la mise en place de « campagnes d’information », de sites internet et de procédures d’information avant le départ et dès l’arrivée du « migrant », les États d’accueil doivent fournir à ce dernier des renseignements détaillés sur « les formalités à remplir, les conditions de vie et les outils juridiques en vigueur » et, bien sûr, « garantir l’accès aux soins de santé, la justice et au marché du travail », mesures déjà en vigueur en France d’ailleurs, où la seule aide aux migrants irréguliers « mineurs non-accompagnés » (souvent faux mineurs d’ailleurs), coûte déjà deux milliards par an. D’évidence, le Pacte est bel et bien un projet de facilitation massive de la « migration », ou plutôt de « l’immigration », régulière comme irrégulière. Les « campagnes plurilingues » qui « doivent » donner l’état des conditions de vie dans chaque pays d’accueil potentiel sont par ailleurs la porte ouverte au shopping migratoire.

De même, les procédures de « réunification familiale » – un « droit du migrant » et qui « faciliterait son inclusion dans sa société d’accueil » ! – doivent selon les rédacteurs du Pacte être simplifiées et accélérées. À nouveau, le Pacte ne parle du « migrant » que comme entité générique dépourvue de culture, d’identité voire d’origines, comme une figure sans tache idéalisée bénéficiaire de principe de « droits » qu’il revient au pays hôte de « protéger ». Entre un Nigérian, qui peut avoir en moyenne 6 enfants et dont la culture familiale induit des liens très forts sur plusieurs générations, et le Suisse (moins de deux enfant par femme), le Pacte ne fait pas de différence. Quoique très précis sur les mesures concrètes à prendre vis-à-vis du migrant, le document est d’une abstraction confondante sur le comment du financement, l’impact sur les pays concernés, ou tout simplement les circonstances de telles mesures.

Lorsqu’il s’agit de faire « participer » le secteur privé et les employeurs à l’inclusion des migrants – notamment en permettant la formation « sur le terrain », des cours de langue ciblant l’occupation professionnelle, la reconnaissance de compétences obtenues autrement que par le diplôme – les Nations Unies semblent avoir balayé d’un revers de main la situation économique et la réalité du marché du travail de la vaste majorité de ses membres. La France compte en effet 5 649 600 demandeurs d’emploi, l’Espagne plus de dix millions. Les prérequis incombant aux jeunes européens sont de plus en plus exigeants, notamment en termes de compétences en langues étrangères (rappelons qu’à Bruxelles il est fréquent que le candidat doive connaître trois langues), pourtant, le Pacte demande que la « maîtrise de la langue » serait revue à la baisse afin de magiquement « faciliter l’emploi des migrants »…

Appel à la censure et « rééducation » de l’Occidental rempli de préjugés anti-immigration

Le Global Compact est un « tout pour l’autre » vertigineux, où les mesures éminemment concrètes à l’égard des migrants forment un contraste saisissant avec la simple « considération » accordée aux inquiétudes « légitimes » des États et communautés d’accueil. Le citoyen sera donc heureux de savoir que les Nations Unies ont constaté son « désarroi », mais le Pacte lui rappelle benoîtement que la migration est avant tout un « avantage » et, au pire, un « défi ». C’est d’ailleurs en ces termes que le Pacte déclare que l’accès à une information « objective, factuelle et claire sur les avantages et les défis de la migration » doit être fourni à tous, afin de « dissiper les discours qui génèrent une perception négative des migrants ».

L’objectif n°16 du Pacte global est de « donner les moyens aux migrants et sociétés de réaliser une inclusion et cohésion sociale complètes », et c’est à ce titre qu’il s’agit de promouvoir le « reportage éthique » sur le sujet des migrants. Passant sans vergogne du devoir d’objectivité à la nécessité de « dissiper » le négatif, le Pacte enjoint les signataires à mettre en lumière les « contributions positives » des migrants. L’active participation des médias est requise dans cette vaste entreprise de positivisme forcené, notamment en formant et « sensibilisant » les professionnels des médias aux problématiques et à la « terminologie » liées à la migration.

Ceux qui feraient montre d’intolérance, de xénophobie, de racisme et toute autre forme de discrimination à l’égard des migrants verraient leurs subsides se tarir. La même vigilance serait de mise en « période électorale », ce qui laisse à penser que le Pacte Global vise à interdire l’immigration comme sujet politique ! Autorités publiques et médias seraient ainsi soumis à des « mécanismes » spécifiquement mis en place pour protéger le migrant – ce qui laisse à penser que pour les Nations Unies, les nationaux d’un pays sont nécessairement hostiles aux nouveaux venus, et que la culture nationale ne vaut pas la peine, elle, d’être protégée, promue, ou « mise en lumière ». Avec des activités culturelles (« sport, musique, les arts, festivals culinaires, volontariat et autres événements sociaux »), le Pacte entend « faciliter » (décidément le mot-clé de cet accord) la compréhension et « l’appréciation » mutuelles des cultures migrantes et celles des communautés de destination.

Tout comme en France la protection des « minorités » évacue l’antisémitisme musulman (ciblant pourtant une « minorité »), l’élan humaniste et gestionnaire du Pacte Global se préoccupe du migrant dont les droits doivent être protégés des assauts que lui porterait nécessairement la communauté d’accueil. La culture du migrant doit d’ailleurs être « incluse », « acceptée », « appréciée », « mise en lumière », par les autochtones, dont la culture d’accueil est censée tout absorber, en « s’adaptant » au besoin jusqu’à la distorsion à « l’Autre » appelé à être considéré comme le « Même ». C’est jusque dans les soins de santé que le Pacte entend faire subir cette adaptation culturelle et économique : il s’agit en effet « d’incorporer les besoins de santé des migrants aux politiques de soins de santé nationale et locales » et ce, notamment, en réduisant les barrières de communication…y compris culturelles, en « sensibilisant » les fournisseurs de soins de santé aux cultures diverses. La disruption générée dans les hôpitaux occidentaux, où médecins masculins ne peuvent ausculter nombre de patientes musulmanes sans un tiers mâle présent par exemple, ne serait dans cette optique à sens unique que le fruit d’un manque d’acceptation par la culture arrivante de la culture d’accueil, et ce problème est évacué au profit d’un discours d’intégration où c’est la communauté d’accueil qui doit absolument « intégrer ».

Le Pacte désavoué par de plus en plus de pays d’Europe

Pologne, Hongrie, Slovaquie et République Tchèque ont tous fait savoir qu’ils ne signeraient pas l’accord, une décision peu surprenante de la part du Groupe de Visegrad, dont les positions assez dures sur l’immigration sont connues (et commentées) depuis longtemps. La Croatie et la Bulgarie ont également signalé leur refus en novembre, et l’Estonie n’a confirmé son soutien qu’après un débat échauffé au gouvernement. Fin novembre ce sont encore l’Australie et Israël qui quittaient la table et fin octobre l’Autriche après s’être montrée réticente au pacte, actait son refus de signer. L’Italie a déclaré qu’elle ne se rendrait pas à Marrakech et souhaitait laisser le temps à son Parlement de prendre une décision informée, un report de décision partagé également par la Suisse. Au total, ce sont donc 10 non-signataires et 2 pays qui souhaitent reporter la signature (Suisse et Italie), et il y a fort à parier que le gouvernement « populiste » italien de M. Conte ne signera pas. Ce n’est pas un hasard si ce sont majoritairement des pays occidentaux qui désavouent ce Pacte Global qui devait au départ rallier les 193 membres des Nations Unies. Prétendant d’abord être un accord « multilatéral », les objectifs et mesures envisagées pour les atteindre prennent place dans des contextes très différents d’une région à l’autre et n’engageront tout simplement pas les mêmes responsabilités pour les pays membres. Il est évident que les pays d’Afrique (une cinquantaine aux Nations Unies), les pays d’Asie-Pacifique (également une cinquantaine), ceux d’Amérique Latine-Caraïbes (33) ne font pas face aux mêmes difficultés que les 22 pays occidentaux (y compris Canada et États-Unis). Ce sont donc à nouveau les pays les plus avancés en matière de droits et de libertés qui se verront le plus tenus et le paradoxe de sociétés développées qui voient se retourner contre elles les outils qu’elles ont développés, à l’image des droits de l’homme dévoyés pour museler l’esprit voltairien français, est poussé à son paroxysme.

La Représentante pour la Migration Internationale aux Nations Unies, Louise Arbour, déclarait le 27 novembre que les désistements en chaîne de ces derniers mois donnaient une piètre image des pays en question, soulignant les « avantages économiques » que la migration est capable de produire « si elle est bien gérée ». En réalité il n’est aucun chiffre disponible à ce jour qui permette d’affirmer l’avantage concret de l’immigration, qui prennent en compte les accommodements, les délibérations, les dérogations, les procédures judiciaires, qui accompagnent « l’intégration » de nouveaux venus dans un pays donné. En janvier 2016, le Fond Monétaire International publiait un rapport sur les « défis économiques » posés par la vague migratoire, rapport largement relayé comme « très positif » par les médias. L’apport économique (notamment en contribuant par les taxes) des migrants dépendait massivement de leur entrée sur le marché du travail, entrée que le rapport estimait entre deux et cinq ans après leur arrivée, si on voulait bien ajuster les attentes en termes de langue et de compétences notamment. En réalité, les aspects « positifs » étaient enrobés de « pourrait » précautionneux et conditionnés à des circonstances structurellement difficiles à mettre en place.

Pacte « non-contraignant », ou comment contourner le débat public et parlementaire : une tendance des relations internationales en pleine croissance

L’argument a été donné de si nombreuses fois pour invalider les objections au Pacte Global qu’il faut préciser ce qu’il a de faux en plus de malhonnête. Bien entendu s’il n’y a aucune conséquence à signer pareil accord on peut retourner la question et demander « ce que ça peut bien leur faire » de ne pas signer. En réalité les accords dits non-contraignants sont un outil tout à fait courant des relations internationales et ne tombent pas nécessairement hors du droit international. Nombre de chercheurs en droit se sont penchés sur la prolifération de ces accords internationaux notamment en ce qu’ils questionnent la loi en tant que telle. Le Global Compact, en se disant non-contraignant, permet aux gouvernements de faire l’économie d’une bureaucratie lente et coûteuse, certes, mais aussi du débat parlementaire interne et de contourner ainsi un processus de décision démocratique. Or cet argument de la « non-contrainte » du pacte occulte plusieurs aspects, dont celui du « politiquement contraignant » et du poids symbolique de tels accords.

Ainsi certains avis ou décisions du Parlement européen, purement « consultatifs » et sans effet juridique, se voient tout de même entérinés par la Commission en raison de leur haute valeur symbolique et politique difficiles à ignorer sans risque. D’autre part, un accord international tel que celui des Nations Unies, même non-contraignant, peut renforcer la densité de traités parfaitement contraignants, en ramollir d’autres, et être tout à fait pris en compte par la justice elle-même en tant qu’il compte comme preuve d’une pratique internationale et de droit coutumier. Il n’est pas rare d’avoir recours à ce type d’accord pour sa malléabilité, sa facilité de mise en œuvre, que ce soit dans les domaines militaire, environnemental ou des droits de l’homme. Prétendre que ces accords seraient sans effet est un mensonge et une grave erreur, ne serait-ce que dans l’appel d’air qu’il provoque, informant les migrants du monde entier de leur droit souverain devant les nations. Et à tout le moins, le Global Compact on Migration est la manifestation d’un nouvel ordre transfrontières reposant sur le fichage des citoyens quels qu’ils soient, et l’effacement de certaines cultures au profit d’autres mieux protégées ou pourvues de moyens disproportionnés pour s’implanter.

Voir encore:

le 06/12/2018

[COMMUNIQUE] Fin de l’affrètement de l’Aquarius : pour une reprise imminente des opérations de sauvetage

SOS MEDITERRANEE est déterminée à retourner en mer alors que le nombre de morts en Méditerranée augmente

Après avoir secouru près de 30 000 personnes en 34 mois, SOS MEDITERRANEE, en partenariat avec Médecins Sans Frontières (MSF), a été contrainte de prendre la décision de mettre fin à l’affrètement du navire l’Aquarius. Face aux attaques incessantes dont le navire et ses équipes ont fait l’objet, cette décision devrait favoriser la reprise rapide et durable de la mission de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale. Ainsi, en dépit du climat hostile dans lequel évoluent les ONG de secours en mer, SOS MEDITERRANEE demeure pleinement engagée à fournir une assistance vitale aux naufragés et se prépare à reprendre les opérations de recherche et de sauvetage début 2019.

Dix-huit mois de criminalisation, de décrédibilisation et de diffamation contre les ONG de recherche et de sauvetage ont encore davantage fragilisé les capacités de sauvetage en mer – déjà insuffisantes -, alors qu’augmentait le taux de personnes mortes noyées sur cette route migratoire connue pour être la plus dangereuse au monde. De la sorte, une campagne politique, judiciaire et administrative acharnée, soutenue par plusieurs Etats européens, a contraint l’Aquarius à rester à quai durant les deux derniers mois, l’empêchant ainsi de reprendre ses activités de recherche et de sauvetage. SOS MEDITERRANEE n’entend pas demeurer inactive plus longtemps : l’association compte poursuivre sa mission et repartir sauver des vies en mer dans le respect le plus complet du droit maritime international.

« Renoncer à l’Aquarius a été une décision extrêmement difficile à prendre, mais elle permettra à nos équipes de reprendre les opérations de recherche et de sauvetage le plus rapidement possible », a déclaré Frédéric Penard, directeur des opérations de SOS MEDITERRANEE. « Nous refusons de rester les bras croisés sur le rivage alors que des gens continuent de mourir en mer. Tant que des êtres humains continueront à tenter la traversée la plus dangereuse du monde, SOS MEDITERRANEE remplira son devoir d’assistance en répondant à l’urgence par tous les moyens professionnels possibles ».

Soumis à de multiples pressions politiques, l’Aquarius a été, à deux reprises en moins de deux mois, sciemment exclu des registres de l’État du pavillon de Gibraltar, puis du Panama. Le navire humanitaire doit aujourd’hui répondre à des allégations d’activité criminelle, des accusations disproportionnées et infondées. « Les attaques répétées et ciblées contre les organisations humanitaires, qui viennent s’ajouter à la négligence criminelle des Etats membres de l’UE qui ne respectent en aucun cas leurs obligations maritimes et internationales, entraînent des risques croissants pour les personnes en détresse en mer », a déclaré Sophie Beau, directrice de SOS MEDITERRANEE France. « Cette année seulement, plus de 2 100 personnes, à notre connaissance, sont mortes en Méditerranée, tandis que beaucoup d’autres ont été interceptées par les garde-côtes libyens, qui sont soutenus par l’UE. Ces naufragés sont ensuite renvoyés de force en Libye, où des traitements inhumains les attendent.  L’Aquarius a tenté de combler le manque de dispositifs de sauvetage en Méditerranée durant ces 34 derniers mois. Mais les attaques inacceptables et répétées à son encontre ont fini par l’arrêter. Aujourd’hui, quasiment aucune opération de recherche et de sauvetage ne subsiste en mer et ce vide est pour nous le plus mortifère des échecs de l’Europe ».

SOS MEDITERRANEE explore déjà activement les options pour un nouveau navire et un nouveau pavillon, et étudie sérieusement toutes les propositions d’armateurs qui lui permettraient de poursuivre sa mission de sauvetage.  « C’est un signe fort de solidarité du monde maritime envers notre mission civile de recherche et de sauvetage. Depuis notre toute première mission, en février 2016, nos opérations n’ont été possibles que grâce au soutien incroyable que nous recevons de la société civile », a déclaré Sophie Beau. « Sauver des vies en mer est et restera notre mission et, aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin du soutien de tous les citoyens qui croient encore en nos valeurs d’humanité en mer et désirent concourir à nos efforts pour trouver un nouveau navire et un nouveau pavillon. »

Dossier de presse : http://www.sosmediterranee.fr/medias/sosmeddossierpresse.pdf

Voir encore:

PC GONE MAD: Criticising migration could become CRIMINAL offence under new planA LEADING MEP has warned EU citizens they could be “jailed” for criticising migration policies if a new United Nations agreement is acted upon.

Thomas Hunt

The United Nations Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration seeks to make immigration a universal human right. MEP Marcel de Graaff said: “I would like to say some words on the global compact on migration. On the 10th and 11th of December there will be an international congress in Marrakesh Morocco. The participating countries are set to sign this agreement and although this joint agreement is not binding it is still meant to be the legal framework on which the participating countries commit themselves to build new legislation.

“One basic element of this new agreement is the extension of the definition of hate speech.

“The agreement wants to criminalise migration speech. Criticism of migration will become a criminal offence.

“Media outlets that give room to criticism of migration can be shut down.

“The compact for migration is legalisation of mass migration.

The United Nations Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration could be signed next week (Image: GETTY • EU)

“It is declaring migration as a human right so it will, in effect, become impossible to criticise Mrs Merkel’s welcome migrants politics without being at risk of being jailed for hate speech.”

In 2015 Angela Merkel pushed for an open-door migration policy across the EU. Critics said the move was motivated by Germany’s need to boost its workforce by at least one million.

The document is an « intergovernmentally negotiated agreement, prepared under the auspices of the United Nations, that covers all dimensions of international migration in a holistic and comprehensive manner”.

Austria, Australia, Bulgaria, Croatia, the Czech Republic, Hungary, Italy, Israel, Poland, Slovakia and Switzerland have already stated they will not sign the agreement.

One of the “guiding principles” of the document asks for a “whole-of-society approach” to promoting mass migration, including the role of the media.

Governments are asked to “promote independent, objective and quality reporting… and stopping allocation of public funding or material support to media outlets that systematically promote intolerance, xenophobia, racism and other forms of discrimination towards migrants”.

Italian deputy prime minister Matteo Salvini said on Wednesday that Italy will not sign the United Nations Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration next month.

He said: « Just like the Swiss, who carried forward the Global Compact up until yesterday and then said ‘everyone stop’, the Italian government will not sign anything and will not go to Marrakech.

« The floor of parliament must debate it. The Italian government will allow parliament to decide.”

Italian Prime Minister Giuseppe Conte warned the migration document tackles issues citizens are divided on.

Mr Conte said: « The Global Migration Compact is a document that raises issues and questions that many citizens have strong feelings about.

« Therefore, we consider it right to put the debate in parliament and subject any final decision on the outcome of that debate, as Switzerland has done.

« So the government will not participate in Marrakech, reserving the option to adopt the document, or not, only when parliament has expressed its opinion.”

Slovak Foreign Minister Miroslav Lajcak has decided to resign in protest at parliament’s decision on Thursday to reject a UN pact on the treatment of migrants, his ministry said.

Mr Lajcak was President of the United Nations General Assembly when the migration pact was adopted and had earlier threatened to quit if his country did not support it.

The Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration was approved in July by all 193 member UN nations except the United States, which backed out last year, and is due to be ratified formally in December.

The ministry said: ”Foreign Minister Miroslav Lajcak has decided, following today’s vote in parliament, to resign.”

Slovakia’s Prime Minister Peter Pellegrini has said his government would « never » accept the pact because of its take on migration as a generally positive phenomenon, which contradicts Slovakia’s will to distinguish among the migrants.

Besides Bratislava, other European Union members like Austria, Hungary or the Czech Republic shunned the pact, while Switzerland delayed its decision.

The pact was conceived after the biggest influx of migrants into Europe since World War Two, many fleeing conflicts and poverty in the Middle East, Africa and beyond.

Voir enfin:

 

 

  • French President Emmanuel Macron rebuked US President Donald Trump last month for putting the interests of US citizens above demonstrating moral values.
  • Three weeks later, Paris was set ablaze by thousands of working-class protesters who objected to Macron promoting an environmentally friendly fuel tax.
  • Macron is about half as popular in France as Trump is in the US. Macron has set himself up as the enemy of nationalist leaders across Europe, but they’re more popular than him.
  • The Trump administration on Tuesday called for European countries to ditch the leadership of the United Nations and the European Union and instead to join the US in putting the interests of their own citizens first.
  • As Macron backpedals on his high-minded fuel tax without appeasing the protesters, it looks as if Trump is having the last laugh.

French President Emmanuel Macron stood at the Arc de Triomphe last month and rebuked President Donald Trump’s « America First » policy at a ceremony marking the 100th anniversary of the end of World War I.

It was a move that, by all accounts, infuriated Trump.

Trump went home from Paris being roundly mocked for the wide perception that he had let rainfall keep him from honoring fallen soldiers, and he fumed at Macron on Twitter.

But three weeks later protesters stormed the monument in central Paris in a massive, violent riot that saw it defaced with slogans calling for Macron’s resignation and leaving the statue of Marianne, the symbol of France’s revolution, with its face smashed in.

« Patriotism is the exact opposite of nationalism, » Macron said on November 11. « Nationalism is a betrayal of patriotism. By saying our interests first, who cares about the others, we erase what a nation holds dearest, what gives it life, what makes it great and what is essential: its moral values. »

His remarks were widely seen as a slap in the face to Trump. But they fell on deaf ears, even among his countrymen.

France’s lower and middle classes in the intervening weeks launched a massive mobilization that saw 36,000 marching in colors in the street.

The French who felt unseen, who felt Macron had not put their interests first, donned high-visibility yellow vests to protest their president’s raising taxes on diesel fuel, a move designed to make the country’s economy more green.

While Macron may have sought to improve the lot of all French people by building a green economy that could attract morally sound investments from around the world, the tax increase immediately hurt the suburban and rural working class. In return, it provides only theoretical, roundabout path toward their long-term gain.

Macron’s high-minded rhetoric fell flat among these workers, and, after the destruction at the Arc de Triomphe, Macron made the first major reversal of his presidency and called off the tax increase, beaten by protests he initially dismissed.

But Macron’s U-turn wasn’t enough, and the Yellow Vests, as they’ve come to be known, have planned more protests for the coming weekend.

‘X country name first’

Any working theory of international relations understands that nations and actors put their own interests first.

Whereas Trump proudly trumpets « America First, » Macron essentially said he’s more interested in signaling his country’s moral values than advancing the interests of his citizenry.

Today Macron’s approval rating stands at about 23%, while Trump’s is double that at about 46%.

Macron has positioned himself as the enemy of nationalist leaders rising around Europe, but leaders like Hungary’s anti-refugee Viktor Orban and Italy’s Matteo Salvini remain more popular than him in their respective countries.

While Trump has often clashed with European leaders over his unilateral decisions to withdraw from the Paris agreement on climate change or the Iran nuclear deal in the name of American interests, Europe’s unity and leadership has weakened terribly.

Macron’s chief ally, German Chancellor Angela Merkel, also lost recent elections and has announced plans to step down when her term ends in 2021.

In a speech to Europe’s leadership in Brussels, US Secretary of State Mike Pompeo blasted multinational, multilateral institutions like the United Nations and the European Union as ineffective, failing to address the concerns of the people.

Pompeo called on « noble nations » around the world to put their interests first and « reform or eliminate » multinational bodies that don’t work as intended.

Pompeo pointed to China and Russia disregarding treaties and asserting their national wills as evidence that undemocratic countries were reaping the benefits of the liberal world order, while Europe failed to act.

Read more: Trump’s mockery of Obama for his response to Crimea backfires with a new Ukraine crisis

On Twitter, Trump teased Macron as having only now come around to the realization that imposing costs on workers to pay for a grand vision of global change had proved untenable.

While champions of morality in politics may have celebrated Macron’s rebuke of Trump’s « America First » policies, which are often seen as inhumane and turning away from the US’s much-publicized values of compassion and openness, the massive mobilization of the Yellow Vests and the downfall of liberal leaders across Europe may give Trump the last laugh.

2 Responses to Immigration illégale: Pour un Guantanamo européen (Why can’t the rest of the West learn from Australia’s tough « turn back the boats policy » and all-out war against people smugglers?)

  1. jcdurbant dit :

    YANKEE GO HOME AND TAKE ME WITH YOU

    The mindset of undocumented aliens in such instances comes across to the hosts as something like, “I demand that you never send me back to the country I ostensibly love, and further demand that I must stay in the country I don’t especially appreciate or even like.”

    All these asymmetries become force multipliers of one another, creating widespread exasperation on the part of Americans. That vexation especially is magnified when foreign diplomatic officials or residents inside the U.S. lecture Americans on their moral shortcomings for not opening their border without restraint. Especially exasperating are American elites who talk down to the so-called deplorables and irredeemables about their racism, nativism, xenophobia, and general inferiority — with the full expectation that the elites themselves have enough money, influence, and clout to exempt them from the consequences of what they advocate for others. (Don’t believe for a second that New York Times columnists put their children in schools where half the student body does not speak English, or that MSNBC talking heads live across the street from recent M-13 arrivals, or that NPR hosts are sometimes rear-ended by hit-and-run illegal-immigrant drivers or find their social-security numbers or IDs stolen by illegal aliens, or even that Jane Fonda cleans her own toilets or Hollywood grandees mow their own lawns.)

    Trump was many things to many people, no doubt. But what fueled his ascendance was a promise not to embark on radically abnormal agendas (as alleged by his critics), but to return things to perceived symmetry.

    Thus, China must play by the rules that others do, given that it would not like to be treated as it treats others. The Muslim world would not long tolerate Western visitors demeaning Middle Eastern values, customs, and religions, or Evangelicals building churches in Riyadh — and should at least be cognizant of such hypocrisy. And would Mexico allow 10 million illegal aliens to crash its southern border and, once inside, demand of Mexico City rights and entitlements that their own governments in Central America would never extend to them?

    Fairly or not, by 2016, Americans saw far too much of such asymmetry: disequilibrium in NATO contributions, too little parity in NAFTA, Paris climate-accord virtue-signaling rather than concern with actual carbon reductions, a distorted Iran Deal, etc. Half the country — the poorer interior — no longer accepted the usual apologies that the U.S. was so rich and powerful that it could always absorb such overhead for the sake of global harmony and collective advancement.

    Symmetry is what Americans believe leads to mutual respect and, with it, stability and peace. Asymmetry leads only to pent-up anger, contempt, frustration, furor — and conflict.

    VDH

    https://www.nationalreview.com/2018/12/americans-frustrated-with-international-disequilibrium-trade-immigration/

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  2. jcdurbant dit :

    WHAT ROTTEN SECRET IMMIGRATION DEAL WITH THE AUSTRALIANS ? (Guess who just leaked the transcript of a Trump-Turnbull phone call about an Obama secret refugee swap deal involving Rwandans killers of Western tourists in Uganda ?)

    « Basically, we are taking people from the previous administration that they were very keen on getting out of the United States. We will take more. We will take anyone that you want us to take.”

    Malcom Turnbull

    « It is not because [the refugees] are bad people. It is because in order to stop people smugglers we had to deprive them of the product. The problem with the boats it’s that you are basically outsourcing your immigration program to people smugglers and also you get thousands of people drowning at sea. »

    Malcom Turnbull

    https://www.abc.net.au/news/2017-08-04/donald-trump-told-malcolm-turnbull-refugee-deal-was-stupid/8773368

    « [The deal] has always been subject to American vetting procedures. That has always been part of the arrangement, and those procedures from their Department of Homeland Security are ongoing. (…) It’s always better when these conversations remain confidential — but I haven’t got any further comments to make on it. As I said, it was a courteous, frank conversation. »

    Malcom Turnbull

    https://www.abc.net.au/news/2017-08-04/trump-turnbull-transcript-refugee-deal-human-rights-groups/8774180

    “That’s just insane. It’s almost like if you want to get out of a bad situation in a third-world country, murder someone from the country you want to go to and then you’ll get there—which is just so ironic.”

    ” Mark Ross (American safari leader)

    “This is the punishment for the Anglo-Saxons who sold us out. »

    Rwandan rebel note

    Their captors were members of the Army for the Liberation of Rwanda, an offshoot of that country’s feared Interahamwe militia, who wanted the American and British governments to end their aid to the Tutsi-led government in Rwanda. The rebels seemed to have a plan to kill any American and British visitors they found, while sparing others. Some tourists scattered as soon as the attack began, while a French diplomat managed to negotiate the release of others, but about 17 were taken on a forced, shoeless jungle march toward the border with the Democratic Republic of the Congo.

    Rwandan officials began canvassing refugee camps and detention centers where Hutus, including former Army for the Liberation of Rwanda fighters, were being held. They looked for individuals who had mentioned the Bwindi attack or said they knew of others who did. Suspects and informants were moved to the Kami military camp, outside the Rwandan capital Kigali, then brought to a police headquarters in the city for questioning by Americans. Bimenyimana, Nyaminani and a third man, Francois Karake, all confessed to being involved in the murders of the Americans, U.S. prosecutors said. In mid-2002 and early 2003, the Justice Department brought sealed indictments against the men for the murders of the two Americans, Haubner and Miller.

    After protracted negotiations with the government of Rwanda, the three defendants were flown out of the country. They made their first U.S. court appearance in Puerto Rico, and then appeared in federal court in Washington. At a March 2003 news conference at Justice Department headquarters, the Bush administration portrayed the case as striking a blow for the U.S. in the war on terrorism. « This indictment should serve as a warning, » said Michael Chertoff, who was chief of the Department of Justice’s Criminal Division at the time. « Those who commit acts of terror against Americans will be hunted, captured and brought to justice. »

    A year and half later, the Justice Department announced that it was seeking the death penalty in the case, citing the “especially heinous, cruel and depraved” acts involving torture of the victims. Prosecutors said Bimenyimana, Nyaminani and Karake posed “a continuing and serious threat to the lives and safety of other persons, including … citizens of those countries which support the Rwandan government.”

    The men’s defense attorneys told a different story. They said their clients’ confessions were the product of torture by Rwandan officials, including the commander of the Kami camp, Capt. Alex Kibingo.

    Prosecutors insisted that their stories were fabricated. They said American officials had already interrogated each of the suspects in Rwanda and heard only a single claim of abuse: Nyaminani claimed that on one occasion in which he had failed to confess, Kibingo hit him four or five times on the lower back with a flip-flop. Even that incident was false, prosecutors insisted.

    The situation had strong parallels to military tribunals at Guantanamo Bay. Perhaps the suspects were guilty of this crime, perhaps not. As members of Army for the Liberation of Rwanda, they may well have been involved in brutality, even atrocities. But the torture Huvelle concluded they suffered in custody so tainted the case against them that their responsibility for the gruesome murders in the Bwindi forest would likely never be established.

    Without the confessions, prosecutors stood little chance of proving their case. They soon dropped the appeal and moved to dismiss the case entirely, while leaving open the theoretical possibility of refiling it in the future. By February 2007, the criminal case was over. But the defendants were not free men. Had they been American citizens, they would have walked out of Huvelle’s courtroom and onto the streets. But two of the men would remain behind bars for another 11 years—and the third even longer.

    Before the criminal case was even complete, defense attorneys served notice that their clients wanted asylum in the U.S.—a kind of nightmare scenario that critics of U.S. terrorism prosecutions have long warned about.

    The three said that as Hutus, they feared they’d face persecution if returned to Rwanda, whose government was now led by rival Tutsis. The men also feared being brought up on charges related to the murders and subjected to a sham trial or further torture. The dispute crystallized into asylum cases in which the U.S. government fought to return the men to Rwanda and the men sought to stay in the U.S., or least not be sent back to the country of their birth. The court battle wound its way to the 4th U.S. Circuit Court of Appeals in Virginia, teeing up an unresolved issue under U.S. law: whether executive branch officials have a free hand to credit another country’s assurances of humane treatment, which Rwanda was offering, or whether judges are entitled to examine the plausibility of such promises.

    In March 2015, an array of human rights groups weighed in on behalf of the three Rwandans, warning about the dangers of allowing U.S. officials unfettered discretion to deport foreigners in similar circumstances. The onslaught of critical attention—much of it from organizations generally friendly to the Obama administration—seems to have prompted the government to scramble to reconsider its stance in the case and look for a way out. Both sides asked the court to put off oral arguments and allow for talks about a settlement that would involve sending the men to a third country.

    From the U.S. government’s perspective, there were strong reasons to explore such a deal—not least the prospect that an unfavorable ruling by a federal appeals court or the Supreme Court could limit officials’ options in future cases. But finding a country to take the men proved daunting, former officials and people close to the three told POLITICO. Again, there were echoes of Guantanamo Bay. Former Defense Secretary Donald Rumsfeld famously branded the war-on-terror prisoners sent there as “the worst of the worst.” When U.S. diplomats later called on foreign governments to take the men, Rumsfeld’s words proved a major obstacle to finding willing nations.

    The U.S. decision to brand the Rwandans not only as murderers but as depraved killers worthy of the death penalty similarly made it tough for State Department officials tasked with finding a country willing to resettle the three. The case of the three Rwandans also involved another complicating factor: citizens of Great Britain, New Zealand and Uganda died in the Bwindi attack. Tourists from Canada, Switzerland and elsewhere were among those taken captive. If the U.S. turned to some of its closest allies, it could be effectively asking them to take men once accused of butchering or kidnapping their own citizens.

    For more than three years, the court challenge to the planned deportation was deferred. Monthly reports filed with the court said negotiations were underway with an unidentified third country to take the men without disclosing the country. Finally, on Nov. 8, 2018, there was a dramatic change: Bimenyimana and Nyaminani dropped their court cases and agreed to a deal with the government under which they would never seek reentry to the U.S.

    But where were they going? On that, the court papers were silent. Officials at the Farmville, Va., immigration detention center where the men had spent the better part of a decade said two of the men, Bimenyimana and Nyaminani, had been released, but offered no other details. Officials at U.S. Immigration and Customs Enforcement referred questions to a Justice Department spokesperson, who declined to comment.

    However, three people familiar with the case later told POLITICO that Bimenyimana was sent to Australia. Two sources confirmed that Nyaminani was also taken in by the Australians. Though their precise living arrangements remain unclear, the men went to Australia voluntarily and there’s no indication they were jailed or detained by authorities there.

    In response to POLITICO’s request for an interview about the transfers, the Australian Embassy in Washington referred questions to the country’s Home Affairs Department, which declined to discuss the decisions involved. “The department does not comment on individual cases,” a spokesperson said.

    However, an Embassy official sent an email statement responding in general terms about the country’s process for granting “humanitarian” visas in cases involving “persecution or discrimination that amounts to a gross violation of … human rights.” Pointing out that Australia plans to accept nearly 19,000 foreigners on humanitarian grounds this fiscal year, the official highlighted an official guide that said the process involves assessing the “character” of potential admittees and includes “checks related to national security, criminality, war crimes and crimes against humanity.” It also said Australian officials work “closely with … international partners in conducting checks.”

    For the United States, the deal solved two-thirds of the problem. The remaining Rwandan man, Karake, is being held in an ICE detention center about 20 miles west of downtown Miami. The facility, at the end of a road on the fringes of the Everglades and behind a military-style security checkpoint, holds hundreds of detained immigrants, including some of the most violent and emotionally troubled. Karake will turn 55 in June.

    In phone interviews with POLITICO, Karake said that he, too, was considered for asylum in Australia. He recalled in broken English that, around September, a woman from the Australian Embassy visited and told him he was being offered residence in Australia on “humanitarian” grounds.

    It’s unclear why Australia balked at taking Karake, but one reason might be an altercation he got into with a guard at the Virginia immigration detention center in September 2015, as talks about resolving the appeals were underway. “Mr. Karake became irate and attacked the guard striking him multiple times on the head with his fists. He also used a pencil to inflict wounds, as well as biting the guard,” a police report said.

    Karake was charged in a Virginia court with malicious wounding. The case was continued repeatedly before being dropped last March, shortly after Karake’s defense attorney diedat home. Karake was moved from Virginia to Florida a short time later.

    In Australia, the arrival of the Rwandans is not public knowledge, in keeping with the secrecy surrounding many of the U.S.-Australian interactions over refugee issues.

    The decision to accept the two men poses obvious risks for Australian leaders involved at various stages of the process, heightened by the extreme political pressure that has surrounded immigration issues in that country for nearly two decades. At the time the U.S. began seeking a destination for the Rwandans, in 2015 and 2016, Australia was courting U.S. help to resolve a refugee-related crisis that had become a longstanding stain on its international reputation: the country’s policy of sending shipborne migrants to offshore camps on New Guinea and Nauru.

    “Turnbull was desperate,” University of Melbourne foreign policy analyst Jay Song said. “People were dying. There was mounting criticism among civil society, NGOs and academics. … It looked really bad for the Australian government.”

    President Barack Obama was open to helping Australia by taking many of the migrants and resettling them in the U.S., but it was less clear what the Australians could do in return. In September 2016, Turnbull made an unexpected, public pledge to take part in a U.S.-led effort to resettle migrants fleeing drug cartel-related violence in Central America who might otherwise have ended up as asylum-seekers at the U.S. border. A former U.S. official said Obama administration officials also wanted Australia to do more—to make a series of gestures on refugee-related issues, not simply a one-off promise to accept some Central Americans.

    Shortly after the U.S. elections in 2016, Australia announced that the U.S. agreed to take in as many as 1,250 of the offshore migrants. The deal was quickly billed by the media as a “people swap,” but officials on both sides denied any explicit linkage between the U.S. and Australian actions. The terms of the refugee transfers are contained in two separate, parallel documents that remain classified. Former and current officials familiar with the negotiations refused to say whether the agreements mention the Rwandans.

    Turnbull’s announcement of the deal five days after Trump’s surprise victory was long on celebration of the the United States’ commitment to take in the refugees from Australia’s offshore camps and short on detail about what Australia had agreed to do in return. But the deal was soon on the rocks, thanks to Trump, who’d campaigned on reducing illegal immigration and the United States’ own intake of refugees.

    When the two men spoke in late January 2017, Trump made clear he viewed the deal to take Australia’s migrants as at odds with the policies he was trying to advance. “This is a stupid deal. This deal will make me look terrible,” Trump told Turnbull, according to the transcript leaked to the Post. “This shows me to be a dope.”

    Because of the unusual secrecy surrounding the deal, it’s unclear whether Trump knew something former U.S. officials have emphasized to POLITICO: Australia’s pledges went beyond taking in the Central American migrants. It remains unclear to whom Turnbull was referring when he sought to sell Trump on the pact by mentioning Australia was taking individuals that the Obama administration was “very keen on getting out of the United States.”

    Asked whether the transfer of the Rwandans was explicitly part of the deal, one source familiar with the situation pointed POLITICO to that portion of Turnbull’s comments and said: “The prime minister understood the deal completely. President Trump did not.”

    It seems unlikely that Australia ever signed an ironclad commitment to the Obama administration to take the three Rwandans—in part because only two ended up going and in part because Turnbull also stressed during the call that both the U.S. and Australia retained the right to reject any individual migrant on security grounds. Trump was persuaded to abide by the agreement and backed down from his threat to scuttle it, although he insisted that the migrants from Australia’s offshore centers be subjected to “extreme vetting.”

    With Australians heading to the polls for a general election Saturday in which the two major parties are polling neck and neck, it’s unclear how the revelation that Australia took in the Rwandans on Prime Minister Scott Morrison’s watch could affect his chances of reelection.

    Turnbull, who spearheaded the deal with the U.S., was forced out of the prime ministership last August by a challenge from within his own Liberal Party and replaced by Morrison, a former immigration and border protection minister known for his hard-line approach.

    Several Australians were at the Ugandan gorilla park on that day in 1999 and were caught up in the attack, although none was killed. They include Payton Roocke, then a 23-year-old sometime student on an all-expenses-paid trip he’d won. He ran from the scene in his underwear and wound up in a rock crevasse.

    Several relatives of those killed who talked to POLITICO for this story also reacted with shock and outrage to the relocation. “You’re joking,” said Jean Strathern of New Zealand, whose 26-year-old old daughter, Michelle, was among those killed in the massacre. “You’re not kidding me, are you? We are absolutely blown away, absolutely. Wow. It makes shivers run down your spine. They’re only two, three hours away on a plane. … We’re a bit too close for comfort.”

    Not all the foreigners who were at the park that violent day are outraged that the two men were settled in Australia. From the beginning of the prosecution, at least one American who was on hand during the attack had doubts that, out of the 150 fighters who attacked the park, the FBI had managed to find the three who specifically killed the Americans…

    https://www.politico.com/magazine/story/2019/05/15/australia-elections-rwanda-prisoners-refugee-swap-us-226875

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